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Interdiction du chalutage en eaux profondes : Le Conseil des ministres europens face ses responsabilits

Mardi 10 dcembre 2013, une trs courte majorit, les parlementaires europens ont refus dinterdire le chalutage en eau profonde, technique de pche conomiquement marginale mais particulirement destructrice de lenvironnement marin et de son patrimoine biologique. Or ce vote de refus savre, en ralit, minoritaire. Plusieurs dputs ont inform le bureau du Parlement europen quils staient tromps dans leur vote et quils le modifiaient en faveur de linterdiction. Le rsultat rel du vote est donc invers : une majorit de parlementaires europens (343 contre 330) a souhait voter pour linterdiction du chalutage en eau profonde comme le proposaient la Commissaire europenne et le groupe cologiste, comme ly invitaient lensemble de la communaut scientifique et des centaines de milliers de citoyens. Juridiquement, ce nouveau rsultat na cependant aucune valeur. Si, titre individuel, des rectifications de vote peuvent tre signales aprs un scrutin en assemble pleinire, pour cause derreur technique, le rsultat global intervenu lors dun scrutin public ne peut pas tre modifi aprs quil a eu lieu. Cest une rgle de droit incontestable quaucun recours ne saurait entamer. On ne peut nanmoins en rester politiquement l. La position du Parlement europen ne saurait tre tenue pour ce quelle nest pas, surtout quen matire de pche le Parlement est co dcisionnaire avec le Conseil des ministres europens. Il est dsormais de la responsabilit de celui-ci de tenir compte du vrai rsultat du vote, favorable linterdiction. Le rglement Pche profonde est entre ses mains. A lui de trouver un compromis quilibr avec la position majoritaire du Parlement europen, compromis qui pourrait consister fixer un objectif dinterdiction dans les quatre ans venir et organiser entre temps une transition pour prparer la reconversion en palangriers de la dizaine de chalutiers concerns, favorisant ainsi la continuit de lemploi. Le gouvernement franais, trs impliqu sur ce dossier, peut tre le moteur de ce compromis. Il a loccasion de montrer que la transition cologique dont il se rclame nest pas un vain mot et se traduit dans les actes. Jean-Paul Besset