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Département de Géologie

Filière Master Géosciences Appliquées et


Géo-environnement

Mémoire de Fin d’études


Par

Mariem BOUIMIZAR

APPLICATION DES GÉOSTATISTIQUES POUR


CARACTÉRISER LA GÉOCHIMIE DE SURFACE
DANS LE BASSIN VERSANT DU SOUSS

Soutenue le 04/12/2008 devant la commission d’examen :

B. KABBACHI : Professeur à la Faculté des Sciences d’Agadir Président


A. ELMOUDEN : Professeur à la Faculté des Sciences d’Agadir Encadrant
S. BOUTALEB : Professeur à la Faculté des Sciences d’Agadir Examinateur
M. AOUTEM :Professeur à la Faculté des Sciences d’Agadir Examinateur

Année Universitaire : 2007/2008


Remerciements

Je tiens à exprimer mes plus vifs remerciements à tous ceux qui m'ont aidé à
réaliser ce travail.
Il m'est agréable de remercier Monsieur A. ELMOUDEN, Professeur à la
Faculté des Sciences d'Agadir et de lui exprimer ici toute ma reconnaissance pour le
vif intérêt dont il a fait preuve pour diriger ce travail. Il a su apporter les bons conseils
pour mener à bien ce projet, son encouragement m'a été d'un réconfort primordial.
J’exprime ma reconnaissance à Monsieur B. KABBACHI, Professeur à la
Faculté des Sciences d’Agadir, pour avoir accepter de présider mon jury.
Je tiens également à remercier Monsieur S. BOUTALEB, Professeur à la
Faculté des Sciences d'Agadir et Monsieur M. AOUTEM, qui m'ont aidé à la
compréhension et à l’utilisation des outils de statistique. Leur esprit d'analyse a été
pour moi d'une grande importance. Qu'ils trouvent ici ma sincère reconnaissance.
Mes remerciements s'adressent aussi aux membres du jury qui ont bien voulus
juger ce mémoire malgré leur charge de travail, me permettent de leur exprimer ma
profonde gratitude.
Que Mlle N. El Kamali, Mme R. Hilal, et Monsieur H. EL AOULI,
Professeurs au département de géologie de la Faculté des Sciences d’Agadir, trouvent
ici l’expression de ma profonde gratitude, pour leur aide, et leurs conseils très
enrichissants.
Mes remerciements vont aussi à tous les enseignants du département de
géologie de la faculté des sciences d'Agadir.
Je tiens également à remercier la secrétaire du département de géologie N.
ZARGUI.
Il m'est agréable de présenter mes remerciements à Monsieur A. KARBASSI,
Professeur à la Faculté de l’Environnement de Téhéran, IRAN, qui m'a bénéficié de
son expérience et de ces conseils sur l'interprétation de la CAH.
Je tiens également à remercier tous ceux qui m'ont aidé de près ou de loin, à
tous ceux qui m'ont encouragé, à tous ceux qui m'ont accordé leur confiance.

Je dédie ce travail à mes chers parents


à mes frères et soeurs
à tous les miens
RÉSUMÉ
Au cours des deux dernières décennies, le bassin versant du Souss a fait l’objet
de plusieurs études géochimiques. Des centaines des teneurs en métaux lourds et en
éléments majeurs couvrent des dizaines de sites sont disponibles. Ces sites concernent
les roches mères saines, les roches altérées, les sols, les sédiments superficiels
fluviatiles de l’oued Souss et de ses affluents et les sédiments estuariens. En effet, ces
données pourraient constituer une importante mine d’informations à dépouiller. Ce
travail présente l’intérêt des géostatistiques dans l’interprétation de ces données dont
le but est de mettre en relief les composantes anormales nécessaires aux études géo-
environnementales.
L’utilisation des techniques statistiques multi-variables permet d’une part de
caractériser géochimiquement l’ampleur de l’altération météorique exercée au niveau
du bassin versant du Souss et d’autre part d’identifier le comportement géochimique
des sédiments et leur contamination métallique induite par les effluents urbains et
industriels déversés dans le système hydrologique du Souss. De ce fait on a utilisé les
méthodes statistiques suivante : la matrice de corrélation, l’analyse en composantes
principales (ACP) et la classification ascendante hiérarchique (CAH).
Le dépouillement des résultats d’analyses permet de conclure que l’altération
dans le bassin versant du Souss est très modérée du fait du climat aride de la région.
Ainsi elle a permis de dégager les anomalies métallifères que présentent les sols. Au
niveau des sédiments fluviatiles et estuariens, l’analyse a permis de distinguer trois
groupes : le premier est constitué par des échantillons de l’Oued Souss qui
représentent le fond géochimique naturel, le deuxième groupe présente des sédiments
fluviatiles des affluents contaminés comme l’Oued Issen qui draine les roches
évaporitiques du Trias et le troisième groupe concerne principalement les sédiments
du bas estuaire pollués particulièrement par Pb, Cu et Zn par des effluents
domestiques et industriels que l’estuaire reçoit.

Mots clés :

Oued Souss ; bassin versant ; géochimie ; pollution métallique ; géostatistiques


TABLE DES MATIERES

INTRODUCTIONGENERALE…………………………………………………………1

CHAPITRE I : CARACTERISATION DU BASSIN VERSANT DU SOUSS

I- Cadre géographique ………………………….……..…………..…..…………...… 4

II- CadreClimatologique………………………..…………...………………..……….5

II-1 Précipitations………………………...……………….….……………………..5
II-2 Températures…………………..……………………….…..…………..………7
II-3 Végétation………..……………………………….…………..………..……....7

III- Cadre géologique…….………………………………...………….………………8

III-1 Lithologie…………….……………………………..…………..………….…. 8

III-1-1 Le cadre montagneux……………………..…..….…..………………..….. 8


III-1-2 La plaine du Souss …………………..…………………………….…..…. 8
III-1-3 L’estuaire de l’oued Souss …………………………..…….…..………..... 9

III-2 Pédologie……………...………………………………….……….……..…..... 10

IV- Cadre hydrologique…………………………………………………………...…11


.
CHAPITRE II : TRAITEMENTS STATISTIQUES POUR CARACTERISER
LES PROCESSUS GEOCHIMIQUES DE SURFACE DANS LE BASSIN DU SOUSS

I- Analyses statistiques……………………………………………………………….14

I-1 Principe de traitements statistiques……………………………………………14

I-2 L’analyse statistique sur les données géochimiques des roches et des sols..…16
.
I-2-1 Les formations lithologiques étudiées…….…………………..…………. 16
I-2-2 La matrice de corrélation sur les roches et les sols………….…...……… 17

I-2-3-ACP sur les roches et sols…………..………………………………..… ..18

I-2-3-1 L’ACP sur la roche saine…………………….………………..…... 18


I-2-3-2 L’ACP sur les sols……………………………………..……..…….19
I-2-3-3 L’ACP sur l'ensemble de roches saines, altérées et les sols………..22
II- Analyses statistiques sur les sédiments fluviatiles du bassin du Souss……...……23
II-1 L’ACP sur les sédiments fluviatiles…………..………………………………24
II-2 La CAH sur les sédiments fluviatiles…………………………..……………..26

II-3 L’ACP sur les sédiments fluviatiles et les sols………………………..……...27


III- Analyses statistiques sur les sédiments estuariens du Souss……………..…..…. 28

III-1 Etude de la matrice de corrélation…………………...………………….......29


III-2 ACP sur les sediments estuariens……………………..…………………....30
III-3- L’ACP sur les sédiments estuariens et fluviatiles…...…………………......32
III-4 La CAH sur les sédiments fluviales et estuariens……………...………..….33

CONCLUSION GENERALE

PERSPECTIVES

Bibliographie

Annexes
LISTE DES FIGURES

Fig. 1- Situation géographique du bassin versant du Souss……………..…....……….4


Fig. 2- carte orographique du bassin du Souss…………………..…………..…….… 5
Fig. 3- carte des précipitations du bassin du Souss……………………………..….… 6
Fig. 4- Variations pluviométriques interannuelles à la station de Taroudant (1960-
1997)……………………………………………….. ……………………………..…..6
Fig. 5- Variations des températures moyennes mensuelles à Agadir, Taroudant et
Aoulouz………………………………………………………………………………..7
Fig. 6- Carte géologique du bassin du Souss …………………………………..……..9
Fig. 7- Répartition schématique simplifiée des sols du Souss …………...……….....10
Fig. 8- Réseau hydrographique du versant de l’oued Souss………………….....……11
Fig. 9- L'estuaire de l'oued Souss ……………………………………………………12
Fig.10- Localisation des profils analysés……………….....…………………………17
Fig.11- Projection du nuage de points dans l'espace des variables………….....…….19
Fig.12- Projection du nuage de points dans l'espace des variables………….....…….20
Fig.13- Projection du nuage de points dans l'espace des individus……..........………20
Fig.14- Localisation des minéralisations dans le bassin du Souss ………….…….…21
Fig.15- Projection du nuage de points dans l'espace des individus…………….... ….22
Fig.16 Localisation des sites de prélèvements des sédiments fluviatiles………….…24
Fig.17- Projection du nuage de points dans l'espace des variables et individus….24-25
Fig.18- Dendrogramme sur les sédiments fluviatiles de l’oued Souss……………….26
Fig.19- Projection du nuage de points dans l'espace des variables et individus…..…28
Fig.20- Localisation des sites de prélèvement des sédiments estuariens……...…..…29
Fig.21- Projection du nuage de points dans l'espace des variables et des individus....31
Fig.22- Variation des teneurs en métaux lourds dans les sédiments estuariens…..….32
Fig.23- Projection du nuage de points dans l'espace des variables et des individus....33
Fig.24- Dendrogramme sur les sédiments fluviatiles et estuariens…..........................34
Fig.25- Projection du nuage de points dans l’espace des variables et des individus...35
INTRODUCTION
GENERALE
Introduction générale
Le bassin versant du Souss est l’un des principaux bassins hydrographiques au
Maroc. C’est un bassin très individualisé qui présent des contrastes climatiques,
lithologiques et topographiques. D’où son intérêt dans l’étude des phénomènes de
l’altération et des actions anthropiques et leurs conséquences sur la qualité des
sédiments livrés à l’Océan Atlantique.
En effet, au cours de ces dernières décennies, plusieurs études géochimiques
ont été réalisées au niveau du bassin et concernent les roches mères saines et altérées,
les sols, les sédiments fluviatiles et estuariens (A. ELMOUDEN, 1992 et M.
SNOUSSI, 1988).
Ces travaux constituent une mine de données géochimiques avec des centaines
de valeurs des teneurs en éléments mineurs et majeurs dont le re-dépouillement
statistique donnera une idée globale sur les comportements géochimiques des
matériaux superficiels, sols et sédiments, formés sous le climat aride du Souss et
subiuant l’action anthropique des agglomérations urbaines et des activités
industrielles, agraire et touristique en expansion dans la région.
L’objectif principal de cette étude est de dépouiller ces données géochimiques
par l’approche géostatistique dont le but est d’une part de caractériser les phénomènes
de l’altération météorique exercés dans le bassin versant du Souss, et d’autre part de
comparer les sédiments fluviatiles et estuariens avec les sols pour en dégager la part
de l’action de l’homme sur la qualité de ces sédiments. Les analyses ont été effectuées
par les auteurs sur le même fraction granulométrique et par la même appareillage
appartenant au même laboratoire : Spectrométrie de Fluorescence X du Laboratoire de
géochimie de l’Université de Bordeaux I.
Notre travail que consiste à utiliser la géostatistique comporte l’analyse en
composantes principales, la matrice de corrélation et la classification ascendante
hiérarchique. Les logiciels des statistiques qu’on applique sont StatLab et MVSP.
- La première partie sera consacrée à une étude descriptive des paramètres
physiques du bassin versant du Souss, en particulier, sa position géographique, son
climat, sa lithologie et sa topographie.
- La deuxième partie sera consacrée à des comparaisons statistiques des
teneurs en métaux lourds et en éléments majeurs des roches, des sols et des sédiments
dont le but de tirer des interprétations nécessaires à la compréhension des phénomènes
géochimiques de surface dans le bassin versant du Souss.
CHAPITRE I :
CARACTERISATION DU
BASSIN VERSANT DU
SOUSS
I- Cadre géographique
Le bassin versant du Souss se situe dans le sud-ouest marocain,
approximativement entre 9,30 et 7,30 degrés de longitude ouest et entre 30 et 31 degré
de latitude nord. Il est formé par le versant sud du Haut Atlas occidental, le flanc nord
de l’Anti-Atlas occidental, le dôme volcanique du Siroua et la plaine du Souss. Le
bassin du Souss a une superficie d'environ 16 000 km2 (Fig. 1).

Fig. 1- Situation géographique du bassin versant du Souss

La plaine du Souss constitue un bassin subsident de forme triangulaire de 140


km de long et 38 km de largeur et présentant une superficie de 4600 km². Cette plaine
est bien individualisée dans son cadre montagneux, on en distingue :
- le Haut-Atlas culmine à 4165 m au Jbel Toubkal,
- les plateaux calcaires de l’Anti-Atlas culminent à 2512 m à Adrar
n’Aklime ;
- le massif du Siroua s’élève à une altitude de 3300 m.
Fig. 2- Carte orographique du bassin du Souss (ELMOUDEN, 1991)

II- Cadre Climatologique

Trois facteurs déterminent le climat dans le Souss :


- le cadre montagneux élevé et fermé au nord, le Haut-Atlas, qui forme une
barrière pour les fronts froids. A l’Est et au sud, Siroua et l’Anti-Atlas, moins élevés
que le Haut-Atlas, diminuent l’effet desséchant des vents chauds sahariens.
- l’ouverture sur l’Océan Atlantique fait bénéficier les zones côtières d’un
climat doux et humide.
- la latitude saharienne du Souss se manifeste dans la vallée surtout vers le Sud
et le Sud-Est où les vallées sèches et fermées peuvent être plus arides que la plaine.

II-1 Précipitations

Les précipitations présentent une grande variabilité spatiale et temporelle.


La carte des précipitations de la figure 3 montre que l’intensité des pluies est
liée à l’altitude :
- au dessous de 1000m comprenant la plaine, les vallées sèches de l’Anti-Atlas
et le couloir d’Argana, la pluviométrie annuelle ne dépasse pas 300mm.
- entre 1000 et 2000m où se situent les plateaux de l’Anti-Atlas et les bas
versants du Haut-Atlas et du Siroua, les hauteurs moyennes des pluies sont
comprissent entre 300 et 500mm/an.
- au dessus de 2000m, les précipitations augmentent de 500mm/an à plus de
900mm/an vers les sommets.

Fig. 3- Carte des précipitations du bassin du Souss (DIJON, 1969. modifiée par ELMOUDEN, 1991)

Les pluies tombent en général entre Octobre et Avril avec un maximum entre
Novembre et Mars. La durée des pluies et leur intensité au cours de l'année sont très
irrégulière (Fig. 4).

Fig. 4- Variations pluviométriques interannuelles à la station de Taroudant (1960-1997)


II-2 Températures

Elles sont contrôlées par l’altitude, la position par rapport à l’océan et le relief.
La figure 5 illustre les variations des températures moyennes mensuelles au
niveau de trois stations (Agadir, Taroudant et Aoulouz).
On constate une concordance entre les températures à Aoulouz et à Taroudant.
Ces deux stations montrent : 3 mois chauds (Juillet, Août et Septembre), avec une
moyenne supérieur à 25°C et une moyenne des maxima supérieur à 30°C ; 6 mois
relativement chauds (Mars à Juin et Octobre-Novembre) avec une moyenne de 20°C
et une moyenne de maxima supérieur à 25°C ; et enfin 3 mois doux (Décembre à
février) avec 14°C de moyenne.
La station d’Agadir, située près du littoral, se distingue des deux autres
stations par des températures hivernales largement plus fraîches (de Juillet à
Septembre, la moyenne n’est que de 21.9°C), en revanche les températures de
Novembre à Février sont légèrement plus élevées à Agadir.

Fig. 5- Variations des températures moyennes mensuelles à Agadir, Taroudant et Aoulouz

II-3 Végétation

L'originalité floristique du bassin du Souss est la présence de l'arbre de


l'Arganier, mais ces arbres ne constituent pas la forêt proprement dite, car ils sont très
dispersés et de petite taille.
Le couvert végétal dans le Souss est moins important; ce qui accélère l’érosion
déjà importante sous le climat aride qui manifeste le bassin.
III- Cadre géologique

III-1 Lithologie

La carte lithologique simplifiée (Fig.6) montre que le bassin du Souss est


constitué des formations carbonatées des plateaux de l’Anti-Atlas et la zone sub-
atlasique, les roches cristallophylliennes de l’ossature de l’Anti-Atlas et les massifs
anciens du Siroua et du Haut Atlas, les affleurements schisto-gréseux du flanc sud du
Haut Atlas occidental, la couverture argilo-gréseuse du couloir d’Argana et enfin les
alluvions quaternaires dans la plaine.

III-1-1 Le cadre montagneux

Les formations géologiques qu'on peut distinguer dans ce domaine sont :


- les roches cristallines : dans l'Anti-Atlas ces affleurements sont
principalement des tufs et brèches volcaniques. Dans le Haut-Atlas ces roches sont
des granites et migmatites hercyniens du Tichka. Le massif du Siroua est formé par
des granites, des granodiorites et des micaschistes (CHOUBERT, 1963).
- les roches schisto-gréseuses; caractérisent le Haut-Atlas et constituées par
des schistes, grès et des quartzites.
- les roches argilo-gréseuses rencontrées dans le couloir d'Argana et
constituées à la base par des conglomérats, des grès, grès argileux et argiles rouges ;
au sommet par des argiles salifères et gypsifères, cet ensemble d'origine continentale
est couvert par des basaltes.
- les roches carbonatées : ce sont les plus répandues dans le bassin, On
distingue :
 les calcaires dolomitiques (calcaire inférieur) qui couvrent les différents
domaines à savoir l'Anti-Atlas, Haut-Atlas et le massif de Siroua.
 les calcaires schisteux (calcaires supérieurs) qui affleurent surtout dans
les vallées de l'Anti-Atlas et à l'Ouest de Tichka dans le Haut-Atlas.
 les calcaires et calcaires marneux qui occupent la zone sub-atlasique.
 les calcaires jurassiques qui constituent le Haut-Atlas occidental.

III-1-2 La plaine du Souss


La plaine du Souss fait partie du sillon Préafricain. C'est une étroite zone
d'effondrement à remplissage sédimentaire récent, encaissée entre le Haut-Atlas au
nord et l'Anti-Atlas au sud (COMBE et ELHEBIL, 1977).
Les terrains sont d'origine, lithologie et d'âge divers (DIJON, 1969) : On y
distingue les calcaires gréseux et coquilliers du Pliocène marin d'Agadir ; les marno-
calcaires Plio-villafranchiens dans la rive gauche de l'Oued Souss; les cônes de
déjection essentiellement conglomératiques d'âge Villafranchien et Quaternaire dans
la rive droite ; les alluvions actuelles et les sables côtiers récents de la zone dunaire.

Fig. 6- Carte géologique du bassin du Souss (ELMOUDEN, 1991)

III-1-3 L’estuaire de l’oued Souss

L’estuaire de l’oued Souss constitue la partie terminale de l’oued Souss. C'est


un écosystème d'une grande importance écologique et économique pour la région car
il fait parti de la réserve biologique du Souss-Massa. Toutefois cet estuaire reçoit de
nombreux rejets urbains qui y déversaient directement sans aucun traitement
préalable.
L'estuaire proprement dit est subdivisé en deux parties (Fig.7) :
- l'estuaire fluvial, d'Ait-Melloul en amont de l'embouchure, est sous
l'influence de la marée dynamique. Son lit est large et recouvert de sables et
conglomérat.
- l'estuaire marin, du 7km à l'embouchure, est essentiellement sous l'influence
de la marée saline et des eaux usées. Les faciès sédimentaires sont constitués de
sables bioclastiques dans les chenaux; de vase, grise en surface mais souvent réduite
en profondeur, dans la zone intertidale et de sables vaseux très réduits vers l'amont.

Fig. 7- L'estuaire de l'oued Souss (ELMOUDEN, 1991)

III-2 Pédologie

Dans le bassin du Souss les sols sont de type peu évolué résultant par des
processus pédogènétiques de type désertique qui résultent d’un climat aride. Selon R.
WATTEEUW (1964) qui distingue trois groupes de sols (Fig. 8) :
 les sols peu évolués, comprennent :
- les sols sableux : largement développés au Sud d'Ait Melloul, d'origine
fluviatile et éolienne.
- les sols colluviaux : localisés surtout entre l'Oued Issen et l'Oued Ouaar
sur les formation schisto-gréseuses.
- les alluvions anciennes et actuelles ; au niveau des différents affluents de
l'Oued Souss.
 les sols bruns, contiennent :
- les sols bruns calcaires : développés au nord d'Ait Melloul sur les
matériaux provenant des terrains marno-calcaires du Crétacé, trouvés aussi dans
des endroits limités au piémont de l'Anti-Atlas calcaire.
- les sols bruns isohumiques : très répandus à l'Est de la plaine et dans la
région d'Ait Melloul.
- les siérozems: ils couvrent la plus grande partie de la rive gauche de la
plaine et le cône de déjection de l'oued Issen. Ces sols généralement sablo-
limoneuse et de teneur en calcaire convenable, occupent le centre de la plaine.
- les sols des hautes altitudes : ils sont du type peu évolué car la durée de
pédogenèse est réduite en raison des phénomènes d'érosion.

Fig. 8- Répartition schématique simplifiée des sols du Souss (ELMOUDEN, 1991)

IV- Cadre hydrologique


L'Oued Souss est le principal collecteur des eaux du bassin. Il débouche dans
la plaine par les gorges d'Aoulouz et reçoit un certain nombre d'affluents dont les plus
importants sont issus du Haut-Atlas, les oueds issus de l'Anti-Atlas n'atteignent l'Oued
Souss que lors des crues exceptionnelles.
Le réseau hydrographique peut être subdivisé en quatre ensembles à
hydrologie distincte (DIJON, 1969, COMBE et al., 1977) (Fig. 9) :
- le haut bassin versant du Souss, localement appelé Assif n'Iouzioua, des
gorges d'Aoulouz qui sont Assif Tifnout, Mekor, Immerguéne et Oumzaourou
alimentent aussi ce bassin. Les débits moyens à Aoulouz sont estimés par R. DIJON
(1969) à 8 m³/s et par M. COMBE et al (1977) à 7 m³/s.
- les affluents haut-atlasiques, entre Aoulouz et Taroudant, atteignent l'oued Souss
grâce au relief du Haut-Atlas où les précipitations sont importantes. Les principaux
affluents sont : Lmdad, Bousrioul, Talkjount, et Aguerd Elhad. Le débit à Taroudant
n'est estimé qu'à 3 m³/s à cause des infiltrations importantes (COMBE et al., 1977).
Entre Taroudant et Ait Melloul, les oueds les plus importants sont : Ouaar, Ait Elhadj,
Beni Mhand et Issen. Le débit moyen est estimé à Ait Melloul à 10.1 m³/s (COMBE
et al., 1977) et à 4 m³/s (DIJON, 1969) alors que l'oued Issen de 2.5 à 3.1 m³/s.
- les affluents anti-atlasiques, les oueds les plus importants de la rive gauches
sont ceux de l'oued Tangarfa et oued Arrhène. Le débit de ces affluents n'est pas
évalué car ils n'atteignent oued Souss que lors des fortes crues.
- le lit du Souss, il se devise en plusieurs bras sur une largeur de 4km ; entre
Aoulouz et Taroudant, les phénomènes d’évaporation et d’infiltration sont intenses.
En aval de Taroudant, l’oued commence à s’encaisser de 10 à 12m et les rentrées sont
importantes.
La construction des barrages fait diminuer le débit ainsi que les apports des
affluents qui atteignent l'oued Souss.
Dans l’estuaire de l’oued Souss (Fig. 7), la partie fluviale de ce dernier est
généralement à sec le long de l'année à l'exception de quelques crues qui sont
généralement violentes et de courte durée. Cette partie reçoit aussi les eaux usées de
l'agglomération urbaine d'Ait-Melloul.

Fig.9- Réseau hydrographique du versant de l’oued Souss (modifiée par ELMOUDEN, 1991)
12
CHAPITRE II : TRAITEMENTS
STATISTIQUES POUR
CARACTÉRISER LES PROCESSUS
GEOCHIMIQUES DE SURFACE
DANS LE BASSIN DU SOUSS
L'altération météorique se définit généralement comme l’ensemble des
phénomènes qui provoquent, dans les conditions thermodynamiques de l'interface des
continents, un ameublissement des roches sous l'action des agents météoriques.
L'ameublissement d'origine physique conserve à la roche son individualité
minéralogique et chimique (désagrégation mécanique), alors que celui d'origine
chimique entraîne une modification des caractéristiques chimiques et minéralogiques
initiales de la roche (altération chimique). Cette dernière s’effectue généralement par
l’hydrolyse qui soustrait les ions chimiques des minéraux primaires en les
transformant en d’autres minéraux dites « néoformés ». Les ions extraits par
l’hydrolyse peuvent être conservés, enrichis ou appauvris dans les sols suivant les
conditions climatiques et topographiques de la région, ce qui définît le type et le degré
de l’altération. Le produit de l’altération sera ensuite transporté par les eaux et le vent
vers les bassins sédimentaires où il se dépose sous forme de roches sédimentaires
meubles puis consolidés par la diagenèse. Le transport et le dépôt des particules
terrigènes se fait au dépend de leur qualité chimique qui est fonction de l’agent de
transport, de son énergie, du type du bassin, et de l’action anthropique qu’il reçoit soit
au cours du transport ou après le dépôt. Les variations et l’altération de la qualité
chimique de ces sédiments seront traitées statistiquement au niveau du bassin du
Souss d’une part pour caractériser l’altération météorique qui s’exerce dans le bassin
et d’autre part pour qualifier chimiquement les sédiments fluviatiles de l’oued Souss
et de ses affluents, ainsi que l’effet de l’estuaire et de l’action anthropique sur ces
sédiments avant leur transfert vers l’océan.

I- Analyses statistiques
I-1 Principe des traitements statistiques

En général, un tableau contient les mesures de variables (colonnes) et des


individus (lignes). Dans le cas qui nous intéresse, ces individus correspondent aux
roches saines, roches altérées, sols et aux sédiments fluviatiles et estuariens. L’analyse
exploratoire d’un tel tableau pourrait être résumé sous forme des représentations
graphiques des individus qui sont considérés au même titre que les variables.
Dans ce mémoire nous présenterons les résultats de certaines méthodes d'es
analyses statistiques à savoir : l’analyse en composantes principales (ACP), la matrice
de corrélation et la classification ascendante hiérarchique (CAH).
L'ensemble des traitements statistiques a été effectué à l'aide du logiciel
STATlabTM pour la représentation de l’ACP et le logiciel MVSP pour la
représentation de la CAH. Ces deux logiciels permettent de représenter directement
les résultats sous forme de graphiques.
L’ACP est une méthode d'analyse statistique multi-variée. Cette méthode,
purement algébrique et géométrique, ne prévoit aucune hypothèse de lois sur les
données traitées. Elle consiste en une hiérarchisation de l'information contenue dans
un tableau de données, et ceci par le calcul des axes d'allongement maximum d'un
nuage de points selon plusieurs axes. Cette méthode, permet de mettre en évidence les
interrelations entre les variables et les éventuelles ressemblances entre individus ou
groupes d'individus présentant les mêmes caractéristiques sur un axe donné. Cette
méthode a pour objectif de définir la signification des principaux axes factoriels, dans
notre cas les axes factoriels 1 et 2, et de regrouper les données dont les
caractéristiques chimiques sont semblables.
La CAH est une méthode automatique de classification complémentaire de
l'ACP dans la mesure où elle permet de classer les individus ou les groupes
d'individus déjà mis en évidence par l'ACP. La CAH procède par agrégation
successive d'individus puis de groupes d'individus en fonction de leurs ressemblances
par rapport à un ensemble de critères. Le premier objectif de la CAH, comme
d'ailleurs de toute classification, est de répartir une population en groupes d'individus
d'observation homogène, chaque groupe étant bien différencié des autres. Les
individus ainsi analysés sont progressivement regroupés selon leur degré de
ressemblance jusqu'à l'obtention d'une unique classe les regroupant tous. Cette
procédure implique alors le choix de deux critères permettant le regroupement des
individus et des classes d'individus. De nombreux critères de regroupement existent
en rapport avec les objectifs de notre étude et le type de variables que nous utilisons.
Le premier critère concerne le choix de la distance entre individus (indice qui mesure
combien deux individus sont différents). Le second critère s'intéresse à la distance
entre groupes d'individus. Dans cette étude, nous avons choisi la distance par
Coefficient de Similarité comme critère de ressemblance entre deux individus.
(CHERY et al., 1999)
Cette classification propose une série de partitions représentées sous forme
d’arbre appelé dendrogramme ou arbre de classification qui nous permet d’établir des
groupes d'individus en fonction de leur nature chimique. Ces méthodes ont été déjà
utilisées en géochimie de surface et en hydrochimie par plusieurs auteurs (SANDERS,
1989, KARBASSI, 2004).
Dans notre cas le traitement statistique est effectué sur une matrice de données
constituée de 16 variables quantitatives mesurées de 84 individus échantillonnés dans
différents sites dont 60 individus représentant à trois catégories de roches (roches
mères saines, altérées et les sols), 17 individus représentant les sédiments fluviatiles et
7 individus représentant les sédiments estuariens.
Les variables quantitatives prises en compte dans ce traitement sont les teneurs
en métaux lourds (Pb, Cu, Zn, Ni, Sr, Cr et Co), les teneurs en éléments majeurs
(SiO2, Al2O3, Fe2O3, MgO, CaO, K2O, Na2O, les pertes au feu et la fraction
granulométrique inférieur à 4 µm.

I-2- L’analyse statistique sur les données géochimiques des roches


et des sols

La première analyse consiste à étudier les relations qui peuvent exister entre
les différents éléments chimiques présent dans les échantillons prélevées au niveau
des différents profils (Fig 10) en utilisant la matrice de corrélation, l’ ACP et la CAH.

I-2-1 Les formations lithologiques étudiées

L’échantillonnage a été effectué suivant des coupes qui comportent de bas en


haut : la roche mère saine, la roche altérée et le sol. Ces profils concernent :
 les calcaires et les calcaires dolomitiques de l’Anti-Atlas (1, 2, 6) ;
 les roches cristallophylliennes de l’Anti-Atlas (3 et 4);
 les roches calcaires et calcaires marneux de la zone sub-atlasique (5, 12, 13,
14,17);
 les formations cristallines et cristallophylliennes du Haut-Atlas et du Siroua (7,
8, 9);
 les schistes et les quartzites primaires du Haut-Atlas (15, 16, 18, 19);
 les roches argilo-gréseuses du Permo-Trias qui caractérisent le couloir d'Argana
(20).
 Les colluvions et les alluvions de la plaine du Souss (10, 11)
Fig. 10- Localisation des profils analysés

I-2-2 La matrice de corrélation sur les roches et les sols

Le coefficient de corrélation est un coefficient statistique permettant de mettre


en évidence une liaison entre deux types de séries de données statistiques. Il est
compris entre 1 et -1 et on considère généralement que si sa valeur absolue est
supérieure à 0,95, il y a une liaison forte entre les deux séries. Si la valeur est positive,
les séries évoluent dans le même sens, si elle est négative, elles évoluent en sens
opposé.
On constate que les métaux lourds (Cr, Ni et Co) sont positivement corrélés
entre eux et avec le fer et l’aluminium (Tab. 1) ce qui indique que leur origine est
dans les roches basiques et négativement avec CaO ,le Zn est corrélé avec Ni, Pb, Co
et Fe2O3. Le Cu ne montre aucune corrélation. On remarque aussi que les CaO et
MgO présentent des corrélations négatives. La perte au feu présente une bonne
corrélation avec CaO et MgO, elle montre aussi des corrélations négatives avec SiO 2,
Al2O3, Fe2O3 et K2O. La plus part des métaux sont d’origine naturelle car ils sont liés
à la roche mère originelle.
Pb Cu Zn Ni Sr Cr Co SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO CaO K2O Na2O PF
Pb 1.00
Cu 0.45 1.00
Zn 0.63 0.29 1.00
Ni 0.40 0.05 0.53 1.00
Sr -0.18 -0.09 -0.12 -0.14 1.00
Cr 0.44 0.01 0.48 0.91 -0.10 1.00
Co 0.50 0.40 0.61 0.74 -0.05 0.77 1.00
SiO2 0.23 0.12 0.22 0.41 -0.46 0.40 0.40 1.00
Al2O3 0.29 0.07 0.41 0.75 -0.25 0.74 0.70 0.78 1.00
Fe2O3 0.34 0.08 0.54 0.85 -0.15 0.85 0.81 0.56 0.86 1.00
MgO -0.18 -0.11 -0.03 -0.38 0.11 -0.40 -0.42 -0.53 -0.68 -0.50 1.00
CaO -0.28 -0.12 -0.40 -0.55 0.38 -0.55 -0.53 -0.91 -0.84 -0.70 0.38 1.00
K2O 0.14 0.19 0.15 0.31 -0.43 0.24 0.33 0.75 0.69 0.45 -0.52 -0.74 1.00
Na2O -0.07 0.01 0.25 0.36 0.08 0.34 0.34 0.43 0.53 0.50 -0.37 -0.46 0.09 1.00
PF -0.19 -0.08 -0.25 -0.48 0.32 -0.46 -0.46 -0.94 -0.81 -0.64 0.53 0.84 -0.68 -0.48 1.00

Tab. 1- Matrice de corrélation. Les variables en gras correspondent aux coefficients de


corrélations significatifs

I-2-3 ACP sur les roches et sols

I-2-3-1 L’ACP sur la roche saine

Le plan factoriel A1-A2 (Fig. 11) rapporte une inertie totale 66.52% avec
49.59% pour A1 et 16.93% pour A2. Ce plan met en évidence la bonne association
existant entre les métaux lourds notamment Ni, Cr et Co avec les oxydes de fer.
L’axe factoriel A1 montre l’opposition de deux pôles, un Carbonaté-
magnésien pauvre en métaux et un autre Silico-alumineux riche en métaux. L’axe
factoriel A2 permet de distinguer deux pôles ; un pôle positif pour les éléments SiO2,
K2O et Al2O3 et un pôle négatif qui représente les métaux lourds qui sont liés au fer.
Donc on peut conclure que l’axe 1 définie la nature lithologique et l’axe 2 la
minéralisation.
Les éléments chimiques définissant l'axe factoriel 1 ont permis la répartition
des échantillons dans l'espace des individus en deux groupes. Un groupe composé par
les roches silico_alumineuses et ferromagnésiennes et l'autre groupe par les roches
calcaires et dolomitiques.
Un échantillon bien individualisé (Rs2) sur le plan A1-A2 montre un
enrichissement en Sr. En revenant au tableau de données, cet échantillon présente une
anomalie en Zn (292.90 µg/g). Cette anomalie pourrait être due à un apport excessive
en Zn lors de la formation des dolomies ou à une erreur analytique.
Fig. 11- Projection du nuage de points dans l'espace des variables et des individus

I-2-3-2 L’ACP sur les sols

Comme pour les roches mères saines, le plan factoriel 1-2 qui représente
60.60% de l'information permet de distinguer deux pôles selon la nature lithologique,
l'axe factoriel 1 (46.73 % de la variance) montre un pôle carbonaté-magnésien opposé
à un pôle silico-alumineux riche en métaux, ce dernier montre selon l'axe A2 un lot
riche en Pb, Cu, et Zn. (Fig.12). On remarque que ces derniers sont liés à la fraction
fine alors que dans les roches mères ils sont plutôt liés au fer.
Les éléments chimiques définissant l'axe factoriel A1 ont permis la répartition
des échantillons dans l'espace des individus en deux groupes. Un groupe composé par
les roches silico-alumineuses et l'autre groupe par les roches carbonatées.
L'axe factoriel 2 (13.88% de la variance) est déterminé positivement par NaO, Al2O3
et Fe2O3 négativement par le Cu, Pb et la fraction fine. Cet axe pourrait représenter un
axe de minéralisation.

Fig. 12- Projection du nuage de points dans l'espace des variables

Dans l’espace des individus (Fig.13) on observe que l'échantillon A8 prélevé


dans les microgranites d'Aoufour se situe dans le pôle carbonaté, ceci peut être
expliqué par une contamination en CaCO3 provenant des régions calcaires voisines
par voie aérienne (Fig. 8)

Fig. 13- Projection du nuage de points dans l'espace des individus


Le plan A1-A2 montre des anomalies de concentrations métallifères en Pb et
Cu pour les sols A2 et A15; A2 est prélevé dans les Dolomies du Précambrien de
l'Anti-atlas alors que A15 est prélevé dans les Quartzites d'Imoulass (Haut-Atlas).
Cette anomalie est probablement favorisée par le fait que ces sols sont associés aux
filons minéralisés surtout en Pb et Cu. Ceci qui peut être donc expliqué par l'influence
des minéralisations plombifère et cuprifère situées dans la région d'Ida Ouzeddout
dans l'Anti-Atlas et dans le complexe de granodiorites et de migmatites du Tichka
dans le Hau-Atlas (Fig.14).

Fig. 14- Localisation de la minéralisation plombifère et cuprifère influençant R2 et R15

Bq : Basalte, Ankérites, Plioquaternaire ; a : alluvions du Pléistocène supérieur et


Holocèn ; d : dune du Pléistocène supérieur et Holocène; q2 : Pléistocène moyen; q1 :
Pléistocène inférieur « Villafrancien » ; p-q : Pliocène supérieur probable et Pléistocène le
plus ancien« Villafrancien » pro-parte miCI : Calcaire lacustre de l’Aquitanien.Phonolites de
Sioroua ; mC : Miocéne ou Moi-pliocéne continental avec des basaltes, trachytes et
phonolites et formation pyroclastique ; m-pCI : grandes Hamadas ; esC : Eocène supérieur
continental ou lagunaire ; e : Eocène non subdivisé avec basanites ; CsC : faciès détritiques
rouge du Crétacé supérieur ; es : Crétacé supérieur ; em : Crétacé moyen ;Ci : roches
basiques ; jC : Jurassique gréseux rouge du Haut Atlas ; Jm : Jurassique moyen et Toarcien ;
Ji : Lias ; t : argiles rouges, évaporites, basalte et dolerites (sills et dyke)du Trias suprérieur ;
hn-b : Namurien inférieur marin (Tindouf) ; ht-v : Dinanien non subdivisé ; dm-s : Dévonien
moyen et supérieur. S : Silurien ; o : Ordovicien non subdivise. ; Os : Ordovicien supérieur
(Caradoc, Ashgill) ; Oi : Ordovicien inférieur grés et pelites (Tremadoc, Arenig, Llandeilo) ;
K-o: Cambro-Ordovicien schisteux gréseux ; Km : Cambrien moyen schisteux ; kiC :
Cambrien inférieur schisteux.
I-2-3-3 L’ACP sur l'ensemble de roches saines, altérées et les sols

Comparé aux ACP précédents (roches et sols), l’axe factoriel 1-2 qui
représente 65.06% de l'information montre que l’axe 1 définit la nature lithologique et
l’axe 2 la minéralisation. (Fig.15).

Fig. 15- Projection du nuage de points dans l'espace des variables et des individus

Nous pouvons constater dans la projection que les individus sont associés
selon leurs profils, c'est-à-dire qu'on a un ensemble de triplets [Rs, Ra et A] bien
représentatif ce qui signifie que les sols et les roches altérées sont issus de leurs
roches mères. Ceci reflète qu'ils ont la même composition chimique, c'est-à-dire que
l'altération chimique est en général faible voire absente dans quelques endroits. Donc
c’est la désagrégation mécanique qui prédomine sous les conditions climatiques et
topographiques que connait actuellement le bassin versant du Souss.
Les sols A2 et A15 sont anormalement riches en Pb, Zn et Cu. Cette anomalie
est due probablement à une origine géologique (Fig.14) A2 peut être lié aux
minéralisations zincifères des carbonates et tufs volcaniques Précambriennes de
l’Anti-Atlas et aux minéralisations cuprifères des dolomies du Précambrien et A15
peut être associé aux intrusions magmatiques du massif de Tichka.
On peut conclure que l'analyse statistique multi-variable nous a permis de
mettre en évidence l’origine géologique des éléments chimiques des sols et des roches
altérées , ce qui indique la faiblesse de l'effet de l’altération exercée sur le bassin
versant du Souss.

II- Analyses statistiques sur les sédiments fluviatiles du bassin


du Souss
Dans ce paragraphe, les techniques statistiques seront appliquées aux teneurs
en éléments chimiques mesurés dans les sédiments fluviatiles, d’une part pour
identifier l’origine de ces sédiments et d’autre part de détecter l’éventuelle pollution
métallique qu’ils reçoivent.
Les sédiments fluviatiles analysés représentent la mince pellicule fine
décantée après le passage de la crue. Les sites des prélèvements sont reportées sur la
figure 16 et le tableau des concentrations des éléments analysés (en annexe p. 47)
regroupe les teneurs en éléments chimiques, perte au feu et la fraction fine<4µm.
Les stations échantillonnées sont :

 le cour principal : pont d’Ait Melloul, Ouled Taima, pont de Taroudant


et pont d’Aoulouz respectivement O1, O2, O3, O4;
 les affluents anti-atlasiques : Oued Arrhene (O5) ;
 les affluents haut-atlasiques : Oueds Lmdad, Bousrioul, Targua,
Talkjount, Aguerd Elhad, Ait Ehadj, Hssain, Beni Mhand et Issen
respectivement 6, 7, 8, 9, 10, 11, 13, 14, 15, 16, 17.
La lithologie des sous bassins versant nous permet d’identifier tout apport
extérieur aux sédiments des affluents.
Fig.16- Localisation des sites de prélèvements des sédiments fluviatiles

II-1 L’ACP sur les sédiments fluviatiles

Comme pour les roches, les axes de corrélation qui sont représentés sont les
axes factoriels 1 et 2. Leurs contributions respectives à l'inertie totale du nuage sont
de 38.04% pour A1 et 32.48% pour A2. (Fig.17).

A)
B)

Fig. 17- Projection du nuage de points dans l'espace des variables (A) et des individus (B)

La répartition des points de prélèvements de part et d'autre dans le plan


factoriel A1-A2 permet de distinguer trois groupes :
- un premier groupe qui est composé de O1, O2, et O3 (station aval), chargé en
éléments en traces Pb, Cu, Cr, Ni, Zn, Co. La concentration de ces éléments dans ces
sédiments pourrait être expliquée par deux choses : la première c’est que ces éléments
sont liés à la fraction fine (Fig 17-A) et cette fraction augmente vers les stations de la
plaine où l’énergie de l’agent du transport diminue, la deuxième explication c’est
l’action anthropique des trois grandes agglomérations (Taroudant, Ouled Taima et Ait
Melloul) et par l’activité agricole très répandus dans cette portion de la plaine. Pour le
Plomb on peut dire que sa teneur pourrait être du aussi aux gaz d'échappement des
véhicules, rappelons qu'on a un pont où la circulation est permanente. On note aussi
que l’individu O7 (oued Bousrioul) est marqué par des concentrations très élevées en
Cu et Zn, ceci est du probablement à une origine géologique fournit par des
minéralisations cuprifères et zincifères associées à la fraction fine transportée par
l’oued Bousrioul.
- Le second groupe comprend les stations amont (O4, O5, O6, O8, O9, O10,
O11, O13) qui sont essentiellement carbonatées. Cet enrichissement en calcaire
pourrait être du à l’érosion des berges carbonatés, principalement au niveau de la zone
sub-atlasique, par la violence des crues.
- Le troisième groupe est constitué par les stations O14, O15, O16, O17
(couloir d'Argana) figurant en haut de l'axe factoriel 2 présente des sédiments
fluviatiles fortement sodiques du à la dissolution des roches évaporitiques du Trias
drainées par l’Oued Issen.
L'importance de SiO2 que montre l'axe factoriel 2 indique que les affluents
haut-atlasiques contribuent à l'alimentation de l'oued Souss en produit sableux. Ceci
reflète l'influence de l'altération à voie mécanique.

II-2 La CAH sur les sédiments fluviatiles

Le dendrogramme a bien individualisé les groupes en fonction de leur


ressemblance géochimique. Quatre groupes sont donc distingués (Fig. 18) :
 Groupe A : regroupe les sédiments riches en métaux notamment en Pb,
Cu et Zn ;
 Groupe B : regroupe les sédiments de nature carbonatée et qui
proviennent des oueds qui travers la zone sub-atlasique et anti-
atlasique calcaires;
 Groupe C : regroupe les sédiments de nature silico-
alumineux provenant des oueds drainant les schistes et les grés du
Haut-Atlas;
 Groupe D : regroupe les sédiments des roches évaporitiques du Trias
riches en sodium.

Fig. 18- Dendrogramme sur les sédiments fluviatiles de l’oued Souss


II-3 L’ACP sur les sédiments fluviatiles et les sols

L'objectif de cette analyse c'est de comparer les sédiments fluviatiles de l’oued


Souss et de ces affluents avec les sols du bassin versant.
Pour cette raison, on va faire une ACP rassemblant les sols et les sédiments
fluviatiles et un autre pour les paramètres étudies : les éléments majeurs, les éléments
traces et la granulométrie (fraction inférieur à 4µm). (Fig.19).
Les deux axes 1 et 2 du plan factoriel n'expriment que 58.81% de
l'information, cette valeur est relativement faible mais reste significative.
Dans l'espace des variables (Fig.19-A), l'axe factoriel 1 qui représente 43.39%
de la variance est définie positivement par les éléments majeurs CaO et MgO et par
l'élément trace Sr qui est habituellement associé à la fraction carbonatée,
négativement il est défini par les métaux Co, Cr, Ni, Zn, Pb et Cu et par les éléments
majeurs Al2O3, Fe2O3, K2O, SiO2 et Na2O.
Dans l'espace des individus (Fig.19-B), les deux axes factoriels 1 et 2
montrent que les individus ont des positions dispersées. Néanmoins, on peut
remarquer que la plus part des sols sont regroupés dans le pôle silico-alumineux alors
que les sédiments fluviatiles sont associés au pôle carbonaté-magnésien. Ceci reflète
que les sédiments fluviatiles sont en majorité dilués par les particules carbonatés
provenant de l’érosion des berges favorisées par la violence des crues.

A)
B)

Fig. 19- Projection du nuage de points dans l'espace des variables (A) et individus (B)

Le traitement statistique appliqué aux sédiments fluviatiles et aux sols nous a


permis de mettre en évidence :
 la nature chimique des sédiments fluviatiles des différents affluents
est contrôlée par la lithologie du bassin versant,
 l'individualisation des terrains sodiques liée à la dissolution des
roches évaporitiques du Trias;
 les sédiments fluviatiles du cour principal sont enrichis en métaux
lourds notamment Pb, Zn et Cu ce qui est expliqué par la
granulométrie et l’action anthropique ;
 les sédiments fluviatiles sont regroupés en deux ensembles, le
premier silico-alumineux dont l’origine schisteuse et gréseuse du
Haut-Atlas et du couloir d’Argana ; le deuxième ensemble reflète
les sédiments enrichis en CaCO3 par l’érosion des berges des zones
sub-atlasiques et haut-atlasiques carbonatées.

III- Analyses statistiques sur les sédiments estuariens du Souss

Les zones estuariennes jouent un grand rôle dans la modification des


sédiments qu’ils reçoivent du réseau fluviatile. En effet, d’une part, la rencontre des
eaux douces et des eaux salées provoquent la solubilisation des métaux qui sont liés
aux sédiments d’où leurs appauvrissement dans ces derniers (SNOUSSI, 1988).
D'autre part, les estuaires reçoivent généralement des effluents urbains et industriels
qui sont riches en métaux, ces dernières ont une grande affinité avec la fraction fine
où ils sont adsorbés (CROUDACE et CUNDY, 1995 et NEGREL, 1997).
L’utilisation de l’outil statistique aux sédiments superficiels de l’estuaire de
l’oued Souss (Fig. 20) et leur comparaison avec les sédiments fluviatiles nous permet
d’une part de mettre en relief l’effet de l’estuaire sur le comportement géochimique
des sédiments et d’autre part de montrer l’impact des rejets urbains sur la qualité
chimique de ces sédiments.

Fig. 20- Localisation des sites de prélèvement des sédiments estuariens

III-1 Etude de la matrice de corrélation

La matrice de corrélation (Tab.2) entre les différents éléments analysés montre


une très bonne corrélation entre la matière organique (perte au feu) et les métaux Pb,
Zn et Cu, les coefficients de corrélation sont respectivement de 0.77, 0.78 et de 0.79.
Cette association entre la matière organique et les concentrations en métaux lourds
(Pb, Zn et Cu) s’expliquent par le rôle important que joue la matière organique dans la
fixation et la complexation des métaux lourds dans les sédiments estuariens. On
constate également que le Pb est parfaitement corrélé avec le Cu et le Zn (r= 0.99 et
r= 1.00) et le Cu avec le Zn (r= 1.00). Ce qui indique qu’ils ont la même origine
naturelle ou anthropique.
Pb Cu Zn Ni Sr Cr Co SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO CaO K2O Na2O PF
Pb 1.00
Cu 0.99 1.00
Zn 1.00 1.00 1.00
Ni 0.22 0.26 0.22 1.00
Sr 0.42 0.34 0.37 -0.30 1.00
Cr 0.24 0.27 0.24 0.78 -0.40 1.00
Co -0.15 -0.06 -0.14 0.66 -0.51 0.64 1.00
SiO2 -0.52 -0.54 -0.53 -0.68 -0.02 -0.27 -0.18 1.00
Al2O3 -0.59 -0.58 -0.59 0.55 -0.56 0.27 0.44 -0.20 1.00
Fe2O3 -0.30 -0.24 -0.27 0.70 -0.81 0.49 0.59 -0.46 0.82 1.00
MgO -0.20 -0.16 -0.19 -0.45 -0.32 -0.24 0.07 0.26 -0.27 -0.05 1.00
CaO 0.38 0.34 0.35 -0.22 0.88 -0.44 -0.42 -0.26 -0.50 -0.62 -0.08 1.00
K2O -0.28 -0.19 -0.27 0.45 -0.58 0.43 0.81 -0.15 0.48 0.60 0.26 -0.35 1.00
Na2O -0.48 -0.55 -0.49 -0.03 -0.26 -0.12 -0.20 0.21 0.54 0.30 -0.26 -0.48 -0.36 1.00
PF 0.77 0.79 0.78 0.60 0.13 0.33 0.08 -0.93 -0.08 0.25 -0.33 0.27 -0.02 -0.32 1.00

Tab. 2- Matrice de corrélation. Les variables en gras correspondent aux coefficients de


corrélations significatifs

III-2 ACP sur les sédiments estuariens

De même que les analyses précédentes, seuls les axes A1 et A2 ont été
représentés (Fig. 21) le plan factoriel 1-2 représente 68.96% de l'information. On
constate que les métaux lourds Pb, Zn et Cu sont dans proche de la perte au feu qui
représente ici la matière organique non pas les carbonates comme dans le bassin
versant. Le Cr et le Ni sont dans le pôle de l’aluminium et le potassium qui représente
la phase lithologique, d’où leur origine naturels.
Dans l'espace des individus la répartition des points de prélèvement montre
l'existence d'un seul groupe qui est globalement lithologique naturel, avec la présence
de deux échantillons bien individualisés sur ce plan (Ef et E5). On constate que Ef
montre une anomalie de concentration métallifère notamment en Pb, Zn et Cu. Alors
que E5 indique sa richesse en CaCO3 due à la présence des coquilles.
Fig. 21- Projection du nuage de points dans l'espace des variables et des individus

L'analyse des données géochimiques met en évidence l’enrichissement de


l’effluent en Pb, Zn et Cu où ils y sont liés à la matière organique. Dans les zones
amont et aval de l’estuaire ces teneurs sont constantes, ce qui indique leur transit
directement vers l’océan. Les métaux Cr, Co et Ni dont l’origine est lithologique
conservent leur teneurs dans les sédiments. (Fig. 22).
Fig. 22- Variation des teneurs en métaux lourds dans les sédiments estuariens

III-3 L’ACP sur les sédiments estuariens et fluviatiles

Dans l’espace des individus (Fig.23-B) on constate que les sédiments fluviatiles sont
groupés en ensemble et les estuarien ensemble ce qui indique l’effet de l’estuaire dans
la modification de la chimie des sédiments entrant dans l’estuaire. Cependant on
remarque quelques anomalies, représentés par O14, O16 et E4 qui sont distincts.

A)
B)

Fig. 23- Projection du nuage de points dans l'espace des variables (A) et des individus (B)

Fig.23- Projection du nuage de points dans l'espace des variables et des


individus

III-4 La CAH sur les sédiments fluviales et estuariens


Trois groupes distincts peuvent être identifiées sur le dendrogramme (A, B, C
et D) produits à partir d’une classification des sédiments fluviatiles et estuariens, on
constate (Fig. 24) :
 Groupe A : formé par les sédiments fluviatiles du cours principal et de
l’estuaire fluviale E2;
 Groupe B : constitué principalement par les sédiments estuariens et
ceux de l’oued Issen ;
 Groupe C : déterminé par les sédiment fluviatiles essentiellement
carbonatés;
 Groupe D : regroupe les sédiments contaminés par les roches
évaporitiques du Trias.
Fig. 24- Dendrogramme sur les sédiments fluviatiles et estuariens

Pour mieux comprendre l’impact de l’effluent urbain de Tarrast (Ef) sur la qualité
des sédiments estuariens on va faire une autre ACP sur le plan factoriel A1-A2 en
éliminant cet effluent.
Dans l’espace des variables on constate trois pôles, à savoir, un pôle calco-
magnésien qui englobe aussi la perte au feu contrairement à la première ACP, le
deuxième groupe est formé des éléments majeurs qui est en opposition avec un
troisième pôle formé essentiellement des éléments traces. (Fig.25).
Sur ce plan on peut conclure que les sédiments qui représentent une pollution
métallique sont ceux situés à l’aval de l’oued Souss (O1, O2, O3) et les sédiments de
l’estuaire fluvial (E2). D’où on peut conclure que l’effluent urbain contribue à la
pollution de l’estuaire par les métaux liés préférentiellement à la matière organique.
Ces métaux seront soit transférés directement vers l’océan soit solubilisés par les eaux
marines en forme dissoute. Sur le plan des individus on constate une individualisation
de deux ensembles ; un formé par les sédiments estuariens chimiquement pauvre par
solubilisation et riche en sodium et un autre fluviatile plus riche en métaux..
Fig. 25- Projection du nuage de points dans l’espace des variables et des individus
CONCLUSION GENERALE
Conclusion générale
L’approche géochimique réalisée sur les données géochimiques de surface du
bassin versant du Souss après avoir définit les paramètres qui caractérisent ce dernier
à savoir le climat, la lithologie et la topographie. En conclusion :
La nature lithologique du bassin est variée, on y rencontre les formations
carbonatées des plateaux de l'Anti-Atlas et la zone sub-atlasique, les roches
cristallophylliennes de l'ossature de l'Anti-Atlas et les massifs anciens du Siroua et du
Haut-Atlas, les affleurements schisto-gréseux du flanc sud du Haut-Atlas occidental,
la couverture argilo-gréseuse du couloir d'Argana et enfin les alluvions quaternaires
dans la plaine.
Le climat du Souss est tributaire des composantes suivantes : le cadre
montagneux, la latitude saharienne et l’ouverture sur l’océan atlantique. Il est
généralement de type aride dans la plaine, subaride dans les zones de moyennes
altitudes et humide vers les hautes altitudes.
Ces facteurs naturels contrôlent le type, la nature et le degré de l’altération
dans le bassin du Souss comme ils déterminent la nature chimique et minéralogique
des sédiments livrés à l’océan.
La composition chimique des sédiments transportés par les oueds reflète
généralement la composition chimique des sols et des roches du bassin versant, en
effet les sédiments carbonatés du Crétacé et de l’Eocène sont plus riches en CaO et
MgO alors que ceux qui drainent les formations schisteuses et silto-gréseuses du
Permo-Trias ont une composition chimique riche en Al2O3 et SiO2.
La nature chimique des sédiments estuariens est contrôlée par une double
influence naturelle (continentale et marine) et anthropique (rejets des eaux usées).
L’analyse statistique multi-variée (coefficients de corrélation, ACP et CAH) a
permis d’identifier le comportement géochimique de différents éléments majeurs et
traces dans les roches et de classifier les sédiments en fonction de leur ressemblance
chimique. Cette analyse a permis de tirer les conclusions suivantes :
Sur la roche saine et le sols qui la surmonte, le traitement statistique a permis
la subdivision des individus selon la nature lithologique des formations en
affleurement, néanmoins le plan factoriel des individus montre certaines anomalies
représentant des contamination métalliques qui pourraient être liées aux
minéralisations qui sont associées aux filons minéralisés surtout en Pb et Cu de la
région d'Ida Ouzeddout dans l'Anti-Atlas et dans le complexe de granodiorites et de
migmatites du Tichka dans le Haut-Atlas.
La représentation graphique a montré que les sols et les roches altérées sont
chimiquement semblables à la roche saine. C’est-à-dire que l'altération chimique est
faible voire absente dans le bassin du Souss. Donc le phénomène prépondérant dans la
zone d’étude est la désagrégation mécanique.
Sur les sédiments fluviatiles, le traitement statistique a mis en évidence que les
sédiments sont étroitement liés à la nature lithologique du bassin versant qui est
dominée par les formations calcaires. Ainsi l'analyse a permis de regrouper les
sédiments fluviatiles fortement sodiques dûs à l’érosion des roches évaporitiques du
Trias drainées par l’Oued Issen et les sédiments du cours principal contaminés par la
pollution métallique notamment en Pb, Cu et Zn qui peut être d'une origine
anthropique ou d'une cause granulométrique. On note également une contamination
métallique zincifère au niveau des sédiments fluviatiles drainés par l’oued Bousrouil
dans le Haut-Atlas.
Sur les sédiments estuariens, l’ACP et la matrice de corrélation nous ont
permis de distinguer deux groupes de métaux : le premier groupe formé de Pb, Zn et
Cu qui sont d’origine anthropique et proviennent de l’effluent où ils sont associés à la
matière organique, le deuxième groupe constitué de Cr, Ni et Co qui sont d’origine
naturelle et leur teneur est constante dans les sédiments estuariens. Les teneurs en
métaux anthropogéniques diminuent vers l’embouchure ce qui est expliqué par la
solubilisation ou par le transfert direct vers l’océan.
La comparaisson des sédiments fluviatiles et les sédiments estuariens sans l’effluent
montre l’individualisation de deux ensembles de sédiments : un est constitué des
sédiments estuariens chimiquement pauvre et un autre constitué par les sédiments
fluviatiles plus riche en métaux et plus carbonaté. E2 constitue une anomalie dont
l’origine est à chercher dans la pollution locale.
PERSPECTIVES

Les analyses statistiques ont permis de mettre en évidence un certain nombre


de conclusions sur le comportement géochimique des surfaces. De nombreuses
améliorations pourraient compléter ultérieurement ce travail :
- une étude similaire dans des profiles bien échantillonnés dans le bassin du
Souss.
- une étude sur la fraction dissoute par les affluents de l’oued Souss afin de
comprendre l’altération chimique.
- une Analyse des sédiments estuariens après l’arrêt des rejets, car depuis
novembre 2002, une station d’épuration a été mise en place et plus aucun rejet n’a été
déversé dans l’estuaire.
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ANNEXES
Tab.3- Température moyenne mensuelles des régions Aoulouz, Taroudant et Agadir

stations SEP OCT NOV DEC JANV FEV MAR AVR MAI JUIN JUIL AOUT
Agadir (62-96) 21,58 20,25 17,95 15,1 14,15 15,31 16,55 17,08 18,85 20,25 22,06 22,32
Taroudant (62-96) 24,57 21,46 17,79 13,97 13,66 15,18 17,19 18,29 19,44 22,11 26,28 26,51
Aoulouz (69-96) 25,1 20,9 17,67 14,06 13,39 14,48 15,96 17,22 19,98 21,88 27,22 28,71

Tab.4- Précipitations à la région de Taroudant

ANNEE SEP OCT NOV DEC JANV FEV MAR AVR MAI JUIN JUIL AOUT TOTAL
60-61 0 20,8 0 0 0 0 3,2 2 4 1 0 0 31
61-62 0 0 16 104,2 33 0 90 19,1 1 2,5 0 0 265,8
62-63 8,5 29 40,8 89,5 163,2 149,5 0 17,5 2,5 0 0 0 500,5
63-64 0 0 21 216 15 13 30,5 21 10 0 0 0 326,5
64-65 0 0 4 121,2 50,9 59 11,4 0 0 1,8 0 0 248,3
65-66 4,5 157,7 26,3 0 0 30 0 0 1 0 0 1 220,5
66-67 0 12,6 107,2 0 6 29,2 33,5 48 4,5 0 0 0 241
67-68 12,2 68,2 194,8 0 0 68,6 61,7 16,2 0 0 0 0 421,7
68-69 6 0 120 0 0 83,4 25,1 12,6 0 0 0 0 247,1
69-70 0 0,6 60,7 3,9 164,6 0,5 13,9 0 0 3,6 0 0 247,8
70-71 4,1 38,3 14,2 149,3 13,6 10,4 52,3 68,4 1,9 0 0,2 1,4 354,1
71-72 0 0,3 16,6 0 13,2 51,5 22,3 35,9 0,9 0 0 0,8 141,5
72-73 0 25,3 47 18,8 1,7 11,2 10,2 21,6 0 0 0 0 135,8
73-74 0 0,3 5,1 72,4 1,6 0 112,3 26,9 0 0 0 0 218,6
74-75 0,3 0 0 4,3 36,2 20 16,8 15,7 0,8 0 0 0 94,1
75-76 0,9 0 0 68,4 1,5 76,7 12,1 32 8,6 0 0 0 200,2
76-77 23,6 34,9 0 74 34,8 17,2 0 2,3 0 0 0 0 186,8
77-78 2,9 29,5 38,2 46 23 54,9 1 6,3 0 0 0 0 201,8
78-79 0 3,3 1,1 22,3 175,9 9 4,3 1,7 0 0 0 0 217,6
79-80 0 44,6 2,8 0 36,4 10 94,4 6,1 1,4 0 0 3,8 199,5
80-81 0 10,9 38,9 0 0 42,4 17,8 0 0,4 0 0 0 110,4
81-82 0 23,7 0 7 86,5 7,2 39 81,1 3,5 0 0 0 248
82-83 0,8 0 24,5 0 0,8 38,2 1,1 0 11,8 0 0 0 77,2
83-84 0 10,5 62,9 10,5 0 3,5 39 26,7 0 0 0 0 153,1
84-85 6,4 0 69,8 4,7 124,3 7,9 2,5 13,9 0 0 0 0,4 229,9
85-86 0 0,8 10 19,3 0,4 47,7 41,8 19,8 0,2 0 0 0 140
86-87 17,3 0,4 5 0 37,1 21,3 0 0 14 0 8 0 103,1
87-88 8,4 29,3 42,6 92,7 40 82,9 28,6 0 10,3 0,5 0 0 335,3
88-89 1,9 49,1 147,7 0 25 4,3 5 55 0 0 0 3 291
89-90 0 11,7 50,3 54,4 9,6 0 23,4 53,2 0,4 0 0 0 203
90-91 2,7 3,7 0,7 73,9 0 59,3 38,3 0 0 0 0 0 178,6
91-92 0 4,2 1,5 47,8 0 12,7 0 3 0 0 0 14,5 83,7
92-93 0 27,2 0 6,2 31 7,7 13,8 0 25,6 0 0 0 111,5
93-94 0 55,4 46,8 2,5 14,4 13,9 20,7 0 0 0 0 0 153,7
94-95 0,5 1,3 2 2,6 0 8,4 84,8 19,9 0 0 0 0 119,5
95-96 5,9 4,8 55,4 90,3 141 43,1 89,1 4 13,8 12 0 0 459,4
96-97 0 0 37,3 129,9 50,8 0 31,1 26,3 0 0 0 0 275,4
MOY 2,8892 18,876 35,438 41,408 35,986 29,584 28,946 17,735 3,1514 0,5784 0,2216 0,673 215,49
Tab. 5- Concentration de différents éléments dans la roche saine
(Les concentrations des métaux lourds en µg/g et des éléments majeurs et Pf en %)

N Pb Cu Zn Ni Sr Cr Co SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO CaO K2O Na2O PF


Rs1 0,10 0,10 22,10 8,80 351,50 24,20 0,10 9,01 2,60 0,69 7,27 40,10 0,05 0,99 38,92
Rs2 21,90 0,10 262,90 12,40 181,30 16,50 0,10 11,12 0,87 0,20 26,92 21,04 0,03 0,34 39,19
Rs3 13,60 0,10 198,50 47,60 361,80 51,40 9,30 60,23 15,63 7,01 6,35 0,95 1,65 4,43 2,33
Rs4 7,30 0,10 111,20 31,80 128,90 44,80 13,50 58,63 15,69 5,99 7,56 1,49 3,54 1,91 3,73
Rs5 13,40 0,10 24,60 12,90 129,10 27,80 0,10 37,67 3,86 0,66 26,97 13,88 0,69 0,23 15,66
Rs6 12,40 7,80 45,70 32,40 129,10 46,20 0,10 50,53 11,90 4,68 9,56 5,24 5,03 0,25 11,98
Rs7 15,20 0,10 58,80 50,40 168,00 66,40 15,90 66,88 16,22 6,79 1,42 0,42 2,09 1,72 3,39
Rs8 6,40 0,10 28,70 7,70 153,90 13,10 0,10 70,45 16,34 3,31 0,44 0,27 4,29 1,66 2,45
Rs9 3,10 0,10 89,30 34,10 344,50 53,70 10,70 56,58 17,58 5,91 3,97 3,94 2,10 3,22 5,47
Rs10 6,10 0,10 24,40 15,50 131,30 32,20 0,10 20,44 4,32 0,85 3,70 39,69 0,34 0,17 30,12
Rs13 7,20 0,10 30,20 22,10 151,80 35,60 0,10 56,13 8,98 2,26 9,62 10,56 2,20 0,59 8,93
Rs14 10,80 0,10 13,70 8,80 531,00 15,70 0,10 7,16 1,04 0,30 18,90 29,67 0,04 0,08 42,49
Rs15 1,90 0,10 24,10 15,90 133,50 9,60 0,10 76,65 12,81 0,96 0,49 0,14 7,31 0,46 0,79
Rs17 3,70 0,10 10,40 3,60 784,00 15,20 0,10 10,93 1,61 0,50 7,59 39,45 0,06 0,10 23,67
Rs18 38,70 0,10 113,00 56,80 266,30 94,70 23,50 53,16 20,67 11,03 0,44 0,69 3,37 0,56 7,99
Rs19 25,60 0,10 115,70 55,20 383,10 89,60 23,40 58,64 20,73 8,79 1,19 0,77 2,98 2,17 3,20
Rs20 26,30 0,10 18,10 13,40 148,60 50,10 0,90 79,38 11,04 2,90 0,16 0,25 0,65 3,81 0,93

Tab. 6- Concentration de différents éléments dans les roches altérées


(Les concentrations des métaux lourds en µg/g et des éléments majeurs et Pf en %)

N Pb Cu Zn Ni Sr Cr Co SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO CaO K2O Na2O PF


Ra1 6,50 0,10 19,70 11,70 341,50 13,20 0,10 7,30 2,07 0,49 6,10 42,93 0,05 0,23 40,49
Ra2 24,40 0,10 67,90 14,40 148,60 28,70 0,10 8,13 3,45 0,40 4,09 43,57 0,06 0,44 39,39
Ra4 7,50 0,10 113,60 40,70 140,40 56,70 23,30 53,08 14,94 9,97 8,94 2,15 2,32 2,79 4,04
Ra5 11,80 0,10 35,40 9,40 127,10 25,80 0,10 49,07 4,12 0,80 18,31 11,67 0,77 0,13 14,69
Ra6 7,60 4,80 45,40 35,40 126,00 44,60 0,10 55,47 14,60 4,48 7,62 3,01 5,65 0,39 7,89
Ra7 11,80 0,10 71,70 50,90 191,40 81,00 24,50 58,40 18,60 8,69 1,56 0,84 3,46 1,70 5,46
Ra8 9,30 0,10 33,20 8,80 239,40 21,40 0,10 65,50 19,66 3,23 0,80 0,37 4,79 1,78 2,66
Ra9 9,40 0,10 87,70 29,90 398,40 54,70 10,70 58,58 17,56 6,04 4,11 1,34 2,25 5,06 3,62
Ra10 11,90 0,10 39,80 19,90 150,30 23,90 0,10 24,48 6,57 1,80 9,52 29,56 0,95 0,25 26,53
Ra11 20,90 0,10 75,60 34,80 231,70 57,30 0,10 37,98 11,50 3,50 7,55 18,36 1,93 0,86 17,50
Ra12 5,90 0,10 18,10 10,80 222,90 17,80 0,10 9,35 2,44 0,44 4,03 43,78 0,10 0,74 38,79
Ra14 3,20 0,10 15,60 8,60 492,80 16,90 0,10 6,83 0,99 0,29 16,71 31,57 0,03 0,86 42,38
Ra15 14,80 0,10 24,50 6,00 125,70 6,40 0,10 77,61 11,95 0,85 0,79 0,74 6,00 0,30 1,24
Ra16 9,30 0,10 67,00 11,30 106,50 28,50 4,40 65,96 15,41 4,23 2,52 0,40 6,44 0,84 3,49
Ra17 4,50 0,10 11,30 10,00 860,30 25,10 0,10 15,45 2,10 0,72 8,02 34,77 0,12 1,19 24,13
Ra18 43,70 7,00 148,50 58,60 297,30 103,60 27,60 52,48 21,28 6,41 0,53 3,69 3,28 0,66 9,73
Ra19 20,20 0,10 117,60 58,10 324,90 88,20 22,20 55,97 22,34 7,81 1,89 0,34 3,40 2,00 4,74
Ra20 20,10 0,10 65,00 61,80 178,10 72,90 4,70 43,44 16,80 6,28 5,05 9,06 2,70 2,72 12,81
Tab. 7- Concentration de différents éléments dans les sols
(Les concentrations des métaux lourds en µg/g et des éléments majeurs, Pf et F<4µm
en %)

N Pb Cu Zn Ni Sr Cr Co SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO CaO K2O Na2O PF F4µ


A1 26,80 2,10 80,80 42,50 255,40 49,90 6,60 42,50 12,53 5,56 7,31 8,61 2,85 0,43 19,10 7,92
A2 109,40 10,00 242,50 42,60 200,10 77,90 21,50 56,90 14,95 7,32 4,87 2,45 2,69 0,39 8,88 13,2
A3 24,10 0,10 144,60 41,60 331,90 50,80 13,60 59,98 15,83 7,41 3,08 0,98 2,49 2,55 6,08 1,96
A4 17,60 0,10 86,50 37,20 161,50 83,40 12,20 58,47 15,81 8,15 4,12 0,89 2,68 2,25 5,96 4,14
A5 27,00 2,50 51,80 23,30 154,20 34,10 0,10 63,49 8,95 2,33 9,04 6,09 1,42 0,39 7,58 3,15
A6 16,70 7,80 83,60 43,00 152,00 70,10 21,90 54,89 14,58 6,70 5,93 1,94 3,96 0,84 10,04 8,98
A7 20,70 4,10 79,30 42,70 210,00 88,10 28,30 55,69 19,73 8,32 1,43 0,89 3,50 1,77 7,33 2,7
A8 18,50 0,90 55,40 21,50 176,00 21,70 0,10 38,88 9,66 2,79 3,13 37,67 1,33 0,60 5,03 1,73
A9 7,70 2,00 85,70 31,30 408,70 51,40 12,90 56,54 20,08 8,02 2,04 0,84 2,43 2,96 5,38 3,83
A10 28,50 11,20 68,00 36,10 178,20 66,50 1,50 64,43 13,95 5,69 2,92 2,40 2,99 0,49 6,01 4,69
A11 19,60 63,40 68,10 28,80 233,50 42,00 14,60 43,49 10,10 3,57 7,12 16,28 1,92 1,45 15,16 0
A12 17,80 0,10 43,80 19,70 192,20 36,20 0,10 49,73 13,49 3,53 1,04 0,51 3,69 1,38 25,70 12,2
A13 21,30 0,10 51,60 32,70 215,10 61,20 0,10 34,25 8,25 3,56 11,42 16,62 2,01 0,21 22,93 10,1
A14 11,60 0,10 55,60 23,50 363,70 27,30 0,10 26,61 5,71 2,29 14,15 22,38 0,59 0,08 27,40 1,45
A15 71,90 193,20 181,10 32,20 179,70 41,90 34,50 61,69 14,70 5,47 1,38 0,90 4,63 1,45 8,42 2,36
A16 17,30 26,80 140,20 33,90 182,50 59,90 18,20 54,68 15,67 10,67 3,22 1,28 4,30 0,94 7,23 3,15
A17 12,00 0,10 41,70 22,60 356,60 41,60 0,10 36,74 4,59 1,43 11,97 22,37 0,78 0,04 21,46 3,24
A18 29,10 0,10 108,10 47,60 292,50 82,20 17,60 45,77 18,92 7,33 1,58 8,48 2,50 0,71 13,19 6,85
A19 23,70 0,10 116,00 46,70 292,70 82,60 24,80 57,56 19,89 7,97 1,48 0,58 3,13 1,53 6,35 2,26
A20 25,60 0,10 65,60 51,10 178,50 69,30 13,10 55,11 16,87 8,56 1,27 2,65 3,68 2,58 7,84 5,64

Tab. 8- Concentration de différents éléments les sédiments fluviatiles


(Les concentrations des métaux lourds en µg/g et des éléments majeurs, Pf et F<4µm
en %)

N Pb Cu Zn Ni Sr Cr Co SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO CaO K2O Na2O PF F4µ


O1 35,80 13,60 110,30 45,00 228,40 69,60 24,40 42,52 16,35 7,05 5,85 7,06 3,50 0,52 15,95 38
O2 31,90 12,60 113,10 48,20 240,80 59,50 11,20 42,31 14,90 6,15 6,54 8,38 2,99 0,76 16,81 27,1
O3 34,00 10,60 100,50 41,60 226,00 56,00 8,80 41,48 14,41 6,41 7,70 8,25 3,12 0,70 16,76 29,8
O4 27,10 3,80 78,80 25,30 368,40 36,70 0,10 44,43 10,39 4,35 6,02 14,98 1,89 1,00 15,98 6,4
O5 39,90 3,60 83,90 32,20 219,50 51,60 0,10 43,69 10,60 4,95 10,91 9,58 2,00 0,60 16,61 8,4
O6 20,50 0,10 77,50 36,50 267,00 49,10 2,10 35,85 8,83 3,83 8,20 15,24 2,09 0,19 24,99 25,6
O7 22,20 14,00 142,60 48,20 234,60 58,60 11,10 39,17 11,74 4,98 7,11 12,66 2,71 0,51 20,07 18,5
O8 30,80 0,10 96,00 28,40 258,90 52,30 1,90 49,50 11,80 4,08 8,57 11,89 1,97 0,86 10,30 2,5
O9 18,30 0,10 71,00 33,80 248,20 59,50 0,10 40,59 8,41 3,68 11,41 13,78 1,36 0,32 19,58 17
O10 21,70 0,10 63,10 34,10 320,30 57,20 0,10 40,07 9,54 3,95 9,69 16,53 1,49 0,53 17,24 11,3
O11 18,80 0,10 88,30 39,00 438,70 59,80 3,10 48,03 12,79 5,75 3,80 12,92 1,85 1,01 12,53 3
O12 21,40 3,40 84,90 42,10 324,30 67,90 6,50 45,18 12,68 4,89 6,45 12,58 2,07 1,06 13,90 12,7
O13 9,80 0,10 65,00 44,00 325,00 62,40 0,10 43,61 10,20 3,97 7,03 16,67 1,35 0,52 15,26 15,6
O14 24,70 0,10 50,20 29,20 217,10 50,30 8,60 67,81 14,62 5,28 1,03 2,17 2,52 1,50 3,96 10
O15 24,10 3,60 80,20 41,20 304,70 59,40 9,10 56,69 15,61 6,20 2,93 5,04 2,94 1,17 8,07 3,6
O16 25,30 0,10 29,20 31,40 181,90 49,20 0,10 74,80 12,55 4,19 0,53 0,83 1,98 0,90 3,20 9,3
O17 26,40 0,10 60,10 40,20 276,30 67,00 4,60 59,07 14,38 5,13 3,89 5,45 2,78 1,04 7,12 2,8
Tab. 9- Concentration de différents éléments dans les sédiments estuariens
(Les concentrations des métaux lourds en µg/g et des éléments majeurs et Pf en %)

N Pb Cu Zn Ni Sr Cr Co SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO CaO K2O Na2O PF


E1 27,90 1,70 84,80 31,00 284,10 59,10 0,10 49,36 13,72 5,84 6,85 8,12 2,52 1,42 10,89
E2 29,50 20,50 115,30 43,30 253,00 64,40 14,30 42,38 14,93 6,66 6,36 8,28 3,14 0,68 16,31
E3 24,50 5,00 81,00 38,80 299,30 80,30 10,60 55,86 13,68 5,60 5,06 6,31 2,51 1,55 8,18
Ef 164,50 115,30 527,10 42,00 407,10 70,60 2,20 39,62 11,65 5,31 4,40 10,03 2,11 0,75 24,16
E4 20,70 0,10 76,70 26,10 321,20 40,40 0,10 54,22 13,35 5,32 5,65 7,05 2,05 2,24 8,69
E5 26,30 0,10 72,50 33,60 491,10 46,60 0,10 48,42 13,78 4,81 4,37 12,55 2,14 1,34 11,49
E6a 31,40 3,50 89,80 48,00 284,20 72,70 9,40 41,36 17,32 6,98 4,48 6,72 2,50 2,69 16,50
E6b 21,70 2,90 90,40 40,50 282,00 62,30 0,10 45,29 15,35 6,44 4,32 7,42 2,02 2,27 15,48
E7a 26,30 7,10 93,90 41,70 281,20 67,50 7,30 44,04 15,88 6,61 3,97 7,21 2,78 1,56 16,55
E7b 24,10 5,40 80,70 42,10 277,50 68,80 6,80 49,63 16,21 6,26 4,39 6,51 2,87 1,56 11,10