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Ir,rÊun AUTEUR

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GILBERT SIMONDON

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Du Mod.e d'existence des objas techniqur-r, Paris, Aubier, l9y8 (réimpr. 1989, zoor). L'Indiuidu et sa genèse physico-biologique, Paris, PUF, ry6+ (rééd. Grenoble, Millon,

rs9).
L'Indiuiduation psychique et collectiue, Paris, Aubier, 1989. Deux leçons sur I'animal et l'homme,Paris, Ellipses, zoo4. L'Inuention dans les techniques, Cours et conférences, Paris, Le Seuil, zoo5. L'Indiuiduation à la lumière des notions dz forme et d'informatioz, Grenoble, Millon,
2OO5.

Cours sur la Perception

Gg6+-rç6), Chatou, La Transparence, zoo6.

IMAGINATION ET INVENTION
(t965-r966)

Edition établie par Nathalie Simondon
et présentée

par Jean-Yues Chateau

*
LES EDITIONS DE r-A TRANSPARENc' I

nHrlos""Jr?à

PRESENTATION
Une théorie de l'image à la lumière de k notion d'inuention et dr I'inuention à Ia lumière de k notion d'image

,

r. srTUATroN DU COURS nr. 1961-1966 OÂNS L'ENSETGNEMENT

ET

t'c,uvnn

DE GILBERT sIMoNDoN

Imagination et Inuention ' est un cours professé en 196;-1966, à Ia Sorbonne (à I'Institut de Psychologie de la rue Serpente), dans le cadre du certificat de psychologie générale qui, dans I'organisation des études alors en vigueur, constituait la base des licences de psychologie et l'un des quatre certificats obligatoires de la licence d'enseignement de philosophie. Ce système, dont nous avons eu la chance de bénéficier juste avant sa suppression à la fin de I'année suivante, ry66-r967, fut remplacé, en philosophie, par une licence en trois années, dont tout enseignement de psychologie fut supprimé. Ce cours est donc un ultime témoignage de ce qui, vers la fin de cette époque, pouvait se faire dans cet enseignet. Le cours sv Imagination et Inuention a été publié sous forme de polycopié distribué aux étudiants, puis dans le Bulletin dz Psychologie entre novembre 1965 et mai ry66. Nous en avons édité certains passages, qui correspondaient à l'invention dans le domaine des techniques, dans : Gilbert Simondon, L'Inuention dans les techniques, Cours et conférences, Paris, Le Seuil, zoo5, édition établie et présentée par Jean-Yves Chateau. Pour ce qui est d'une présentation simple de I'ensemble de la pensée de Simondon, on pourra consulter none Vocabulaire dz Simondoz (Paris, Ellipses, zoo8 ; première édition dans Le Vocabukire d.es philosophes, vol. V, Paris, Ellipses, zoo6). Dans la suite de cette présentation, quand nous nous réftrerons au Cours sur Imagination et Inuention, nous donnerons seulement I'indication de la page sans rappeler le titre.

rsBN 978-2-3to5r-q7-8 Dépôt légal : zoo8, octobre @ Les Éditions de La Transparence, zooS 8, avenue des Pommerots, 784oo Chatou

www. latrans parence. fr
Assistante éditoriab :

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Nathalie David

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VIII IMAGINATION

ET IN

pnÉspNrettoN rx effet, si on le compare à celui qui avait été proposé aux étudiants trois ans auparavant, à la fois est nourri de réftrences internationales très nombreuses à des travaux spécialisés de psychologie scientifique et présente une conception d'une grande originalité, oir les autres doctrines, notamment philosophiques, interviennent non pas tant pour être exposées, mais examinées, discutées, analysées, situées. Ce coprs est ainsi, en même temps, plus scientifique et technique par I'information qu'il expose, et plus théorique et philosophique par la conception d'ensemble qu'il propose. Des diverses doctrines étudiées, scientifiques ou

ment de psychologie générale, qui constituait une part importante de la formation des philosophes, du moins de ce que Gilbert Simondon y faisait, car il ne faut pas méconnaître la force de sa personnalité et son
originalité. Le Cours de ry65-r966 porte sur l'imagination et I'invention. D'un certain point de vue, cela limitait par principe I'ampleur du développement et le degré de détail des analyses qu'il était possible de consacrer à chacune des deux notions, même si, on le verra, c'est une théorie réunissant organiquement les deux qui est présentée ici, et oir, par principe, aucune des deux ne peut pâtir de la place consacrée à I'autre. Mais, de plus, divers éléments Peuvent être considérés en complément de ce cours, tant en ce qui concerne I'imagination que I'invention, qui étaient disponibles à l'époque pour les étudiants, outre ceux qui nous sont accessibles aujourd'hui dans les cours ultérieurs de Simondon.
a) En ce qui concerne I'irnagination, Simondon avait donné I'année précédente (1964-196), à la Sorbonne, un cours sur la perception', dans

philosophiques, c'est

la portée philosophique qui est avant tout

et

constamment recherchée, la manière dont elles permettent de construire

lequel

abordait les relations entre perception et imagination, d'une façon qui anticipe, nous y reviendrons, la perspective et les thèses du .o.rrc d. ry65-t966, en ce qu'elles ont de plus novateur et de plus radical. Dans la deuxième partie (à proPos de n I'image intra-perceptive dans la percepdon des formes ) et du ( contour subjectif o, p' 8z), il se
réftre explicitement à ce passage de son cours sur la perception. D'autre part, dans son cours sur lrnagination et Inaention (notamment dans les n lectures conseillées ) et dans la troisième Partie, p- r27 et r3o), Simondon renvoie à un cours sur I'imagination qui avait été fait en ry62-r961 par un autre professeur de psychologie, Juliette Favez' Boutonier, et publié au CDU (en 1965). Ce cours présentait les principales théories classiques de I'imagination que l'on trouve chez des philosophes ou des psychologues proches de la philosophie' notamment depuis Taine (comme Ribot, Bergson, Sartre, Husserl, Freud, Jung, Eliade, Lacan, Ortigues, Bachelard, Piaget). Simondon considère comme
acquise, grâce à ce cours récent, la connaissance de base de ces doctrines, atrxquelles il se réftre sans les réexposer dans leurs éléments et leurs détails, et il caractérise son proPre cours, à la première phrase de son Préambule, comme la présentation d'une < théorie (p. l). Ce cours, en

il

non pas une théorie au sens d'une doctrine exclusive des autres, mais une perspective d'ensemble qui, sans chercher à discuter le détail des autres doctrines si ce n'est pas utile au propos essendel, les présente surtout pour faire apparaître par leur moyen les problèmes qu'on ne peut manquer de se poser à propos de I'imagination. Simondon ne fait pas une grande confiance à la dialectique ou à la discussion réfutative pour avancer vers la vérité, ni même pour I'exposer. Bien sûr tout ne se vaut pas, et sa ( théorie , disqualifie un certain nombre de thèses, mais il cherche toujours avant tout ce qui peut être positif en elles et, chaque fois que cela est possible, un point de vue suscepdble de faire apparaître les thèses en conflit comme des positions qui ont quelque chose de juste mais qui sont partielles, et qui se complètent lorsque I'on trouve le point neutre par rapport auquel elles se répartissent. La théorie recherchée est celle qui permet de prendre les choses de façon suffisamment globale pour que les diverses réalités et les divers niveaux d'analyse, qu'il faut savoir distinguer sans nécessairement les séparer, puissent être mis en relation. C'est ce que I'on peut rapporter à la méthode < génétique, de
Simondon.

Or

ce cours se caractérise précisément par l'ampleur de la conception

"

r. Ce cours, qui avait été distribué aux étudiants sous forme de polycopié, puis avait dans le Bulletin d.e Prychologie (de janvier à mai 1965), a été édité en z0o6 aux éditions de La Transparence, avec une préface de Renaud Barbaras, sous le titre : Cazrrs sur la Perception Q964-ry6).
été

publié

qui se fonde sur la psychologie scientifique, telle qu'on I'entend ordinairement, la psychanalyse, la psychologie génétique, la psychologie animale, mais aussi la biologie, la zoologie, l'éthologie, la littérature, I'esthétique, la sociologie, autant que sur la philosophie. Dans la perspective retenue, la connaissance des travaux scientifiques d'actualité exposés n'empêche pas Simondon de reprendre et de justifier certaines des analyses des psychologues anciens, tels que Taine ou Ribot, loin du mépris oir certains, pourtant moins savants, avaient tendance à les tenir en les déclarant o dépassés o (attitude fréquente de Sartre). L'ampleur de la conception se manifeste aussi par le fait qu'elle se préproposée,

on le voit. 1989 et zoor)' t. z. tpri pcut paraîti" éronnanre d'abord. la justification de cette insertion. celui de I'image. sur Ia nature et le statut de I'objet imaginé. sente. pour des raisons de principe. (i. Notamment. comme déterminées dans le cycle d'une genèse. pour en faire la théorie. En ce qai concerne l'inuention. publiédepuis i958. monrre les relations entre processus de concrétisation (point de vue technologique objectif) et invention (point de vue de I'inventeur. des divers niveaux biolo- et psychologiques d'analyse du vivant. sans les confondre. de manière décisive. en un sens' de la psychologie). cit. mais d'étudier chacune à la lumière de l'étude de I'autre..t'rraient lire Du Modz dbxistence des objets techniques'. étudiant n l'évolution de la réalité technique n dont le mode d'existence a été ainsi caractérisé. toutes deux pouvant être considérées comme phases d'un même processus cyclique de genèse. de . généralement. et les fonctions intellectuelles (qu'on appelle parfois n supérieures .r isole d'ordinaire.23. cours de 1968 intitulé : L'Inuention et le déueloppemrnt da uchniqucs. ainsi qu'il est habituel chez Simondon. qui sont deux points de vue en quelque sorre solidaires ei même èquivalents : u I'invention est l'aspect mental' psycholopropre d'existence > n. Or ce risque de partialité est bien réel : < imagination ) est un terme qui présente une certaine ambiguïté (Simon- -ôd. et il n'aurait pas été possible pour Simondon de séparer les deux. Simondon. Il s'agit de faire aussi bien une vraie théorie de exisre au terme d'une u genèse spécifique procédant de I'abstrait au concrer > . soit considérer surtout I'activité imageante ou imaginante et ( tirer quelques conclusions. plus précisément. L'Inuention dans les techniques. Publié chez Aubier-Montaigne (Paris. car c'est la seule voie pour découvrir la nature de chacune d'elles. dans d'autres textes concernant aussi bien I'imagination que I'invention et leurs relations. Mais surtout. I'imagination suscepdble de rendre compte de l'invention (de la possibilité et du fait de I'invention). de manière brève.X IMAGINATION ET INVE pnÉsBxrerroN xr chapitre. La théorie que présente Simondon ne joue pas de cette technologie. giques psychologie individuelle autant que des comportements de grouPes. des vivants animrux aussi bien qu'humains. rééditions en ry69. qu'une vraie théorie de I'invention apportant une lumière sur la nature de I'imagination et de I'image mentale .tè I'o. Cet ouvrage (sa thèse secondaire) présente une rhéorie de I'invention des objets techniques et précisément aussi des relations entre I'invention et I'imagination. relevant. comme rendant compte de manière homogène. bien que sans éviter de souligner les différences. Le premier chapitre de la première parrie Du Mode d'existence du objex techniques étudie (c'est son titre) le ( processus de concrétisation ) caractéristique de Ia genèse de I'objet technique: il est ce qui z. Le second chapitre.r faits de culture et de civilisation. b) d'un même organisme. voire de l'invention. notamment dans les techniques. d'étudier les rapports entre elles par la voic d'une des notions. ni. op. d. mais d'établir leurs relations efFectives simple Ainsi. au moment même oir ce cours fut donné. L'lnucntion dans les techniques. même si l'intitulé de son cours ne s'était rapporté qu'à I'une ou à l'autre : il présente une théorie qui. non pas une théorie de I'imagination et de I'image dont on pourrait tirer secondairement des conséquences à propos de la création. comme la motricité.84. des compléments utiles et éclairants pouvaient être trouvés. Du Modz d'existence des objets tecbniques. P. il ne s'agit ni de tenir n imagination > et u invention ) pour des termes à peu près synonymes' ni I'imagination pour une faculté intervenanr de I'extérieur dans le domaine de I'inveniion. ni une théorie de la création et de I'invention qui envelopperait ou supposerait sans examen suffisant une représentation de l'imagination et de I'image. les étudiants po. soit considérer surtout l'imaginé et construire la représentation de I'activité imageante ou imaginante qui est censée y correspondre. Les S II et III de ce second gique. outre les couis qui seront réalisés les années suivantes et dont la lecture peut compléter àujourd'hui celle du cours de ry65-r966 '. la sensorialité. De manière générale. la perception. des fonctions psychiques q. L'uNlrÉ cÉNÉrrque DE L'IMAGINATIoN ET DE L'ItnrENTIoN Le but du cours n'est pas d'analyser les relations entre ces notions. 4. car on peut. de la "olr. Telle est. ce sont ces coufs dont nous avons publié et présenté les principaux dans: (1. dans un cours de psychologie. I'imagination. et auquel Simondon se réftre brièvement dans son cours. présentent de façon très synthétique les relations entre imagination et invention dans une perspective qui correspond à celle que développe le cours de ry61-r966: unité génétique fondée sur un dynamisme transductif de I'image. 1958. on pourra consulter la présentation que nous avons faite de l'ouvrage cité. sur les rapports de la psychologie et de la technologie chez Simondon. de considérations de don note que son usage possède pour cela avantages et inconvénients). I'association de ces detx notions dans le cours ne constitue en rien un alourdissement ni même une extension véritable de son objet. les rend solidaires comme des moments successifs dans le développement "n"lyr. enfants ou adultes. p. r.).. 4c. . Simondon.

à certains égards. même dans les trois premières parries. L'imaginaiion et I'image mentale ne sonr pas non plus étudiées sans tenir compte du fait qu'elles ne se rapportent pas toujours à un objet déjà p. 186). Sartre dira de façon un peu cavalière er sans avoir vraiment cherché peut-être à comprendre Bergson. mais parfois à un objet que I'on va réaliser matériellement dans l'extériorité et qui. Gallimard. c'est une manière éminemment bergsonienne de critiquer et de philosopher (voir la première page de La Pensée et le mouaant: u Ce qui a le plus manqué à la philosophie. Simondon va. de la façon la plus décisive : il traite de la nature de l'imagination en relation avec celle de I'invention : c'est tenir compte. mais sans non plus confondre ses différents régimes. et théorie du -ouvement et de I'activité conduisant à la création et à I'invention. comme souvenr. s'il ne s'agit évidemment pas de confondre une chose inventée et une image.tçn. c'est la précision n). (r9oz. machine. Paris.9+6). PUF. que ce dernier ne dit pas u clairement ) ce que c'est que ce schéma dynamique et comment il fonctionne (L'Imaginaire. il est notable que Sartre construit une théorie de l'imagination sans prendre vraimenr en considération la création artistique. Bergson se réfère à cet ouvrage dans son article sur L'effort intellectuel. il en âit apparaître I'intérêt et la profondeur. révélant ainsi ce qui est porentiel dans toutJ image et ce qui esi le régime général du développement de I'image. sur un manuscrit. en tout cas la capacité de trouver des renforts dans la science la plus instruite et la plus inventive et de résister à des critiques rapides. I'invention fait sortir fimage de I'intérieur de l'être vivant pour se réaliser dans le milieu (difftrence de nature ontologique : elles n'ont pas le même u mode d'existence '). rééd. q. Simondon note en conclusion que. r97r. indépendam*int et en dehors du moment de I'invention. dont on se souvient et que I'on " reproduit u de façon plus ou -àitt déformée et recomposée. vivante. voire de I'invention.6z-g). inyente des réalités techniques effectives : il s'agit de penser l'image de telle manière que I'on puisse comprendre sa possibilité dans ces divers cas. au cours de son analyse du rapporr du schéma dynamique à o Llnvention. à partir de la seconde moitié du XIX. encore moins I'invention rechnique..Il) étudie l'imagination des artistes. de I'activité d'imagination que I'on aurait pu considérer èn général et sans prêter attention à ces diÊ révèle er permer de comprendre dans sa réalité ftrences . toujours possible dans I'image même la plus statique.) virtuellement contenue dans les trois stades antérieurs du cycle de l'image o (p.. rectifie profondément la doctrine b'ergsonienne par un tel apport de précision et que c'en est une contestation . la développer. et surtout dans celui des techniques. mais aussi. lui apporter une justification qui n'était pas jusque-là aussi apparente ou effective. lui apporter de Ia précision et. oir il prend l'exemple de la construction d'une tale. p. ont posé le problème de I'imagination en liant l'étude de sa nature à celle de la création. En cela. est : n Images mentales et inventions .r948. Ainsi peut-on caractériser de la façon la plus générale la problématique du cours de ry61-r966.XII IMAGINATION ET INVENTION pn-É. on le verra. à se dépasser et à sortir d'elle-même comme dans I'invention. la nature de I'imagination et de I'image. même si elle est simplement esquissée.rpotJ"rrt à trois stades de son dévelopPement. voir aussi p. ry4o. productrice d'æuvres.rà.. quand la critique prend cette forme. concrète. On peut bien sûr considérer que Simondon.r productrice ou créatrice en général et I'imagination qui r.. elle est de part en part théorie de I'imagination et de I'image son titre sur -. tzz.srNtetroN xrrr ambiguité. est zusceptible de fonctionner techniquemenr : comment penser I'image . et l'invention proprement dite prolonge ce mouvement essentiel de I'image. Or. même dans la quatrième partie. mais. . dans les differents domaines oir elle est éildiée. génétique.. z" éd. notammenr p. r9j9. explicative. la reprendre. son "nalyse effective. Telle est toujours l'ambiguité de l'apport de précision en philosophie. dans son. pour què cela soit possible ? L'imagination reproductrice et I'imagination pràductrice ne sont ni opposées ni confondues. de même que fimagin"iio. p"t. la manière dont les psychologues classiques français. également celle des invenreurs. siècle '. u Idées o. rgoo). d'une certaine manière. toujours soucieuse de comprendre ce qui peut être intéressant chez les auteurs les plus anciens. cependant cetie < tendance à dépasser l'individu sujet qui s'actualise dJns I'invention est (. et peut-être cela fait-il partie des conditions de son incompréhension. Psychologie phénoménolagique dz l'irnagination.. un titre (ou un sous-titre) envisagé pour ce coufs paf Simondon. Taine (De l'intelligence... convaincante. édition du Centenaire. en général. ni à un objet que I'on imagine àe façon créative (u productrice D' et non plus o reproductrice >). Ribot. sinon dans ses résultats (d'un point de vue de la réception). n'est pas une conséquence. voire de son injustice à l'égard de Bergson. parfois (à la difference d'un objet ou d'une æuvre d'art). rzotz1 et L'Imagination. de la nécessité pour la théorie de l'imagination et de I'image de pouvoir rendre compte de I'imagination créatrice. Pour le dire rapidement avant de I'expliquer dans la suite. Paris.6sraz sur limagination créanice (Alcan. qui porte selon l'inuention'. moyennant les précisions apportées.men- l'image dans I'effort d'invendon. est cependant d'une grande r. recueilli dans L'Énergie spirituelle.r.. même si Ia réponse qu'il apporte. il reprend. dans le domaine des sciences et des techniques . Si l'on peut dire que Bergson ne développe pas I'analyse de I'imagination dans I'invention technique de façon suffisamment détaillée et précise pour qu'elle se monrre justifiée. qui portent explicitemenr sur I'image selon des points de vue différents cor. ce faisant. dans la position du problème qu'il se donne. 1936. coll. une application dans des conditions parriculières. Paris. elle n'est pas sans intérêt. PUF. mais on peut aussi considérer que. l'image sous toutes ses formes tend. p.

Cela ne dispense en rien évidemment de la tâche d'élaboration des définitions. juger absolument hétérogènes les images menrales et les images matérialisees. que de multiplier inutilement les entités (par exemple . Ici. transductive. à sa manière et dans le cadre de son ample conception. du préjugé métaphysique aussi bien qu'une définition de son essence qui en exclurait une variété ni la possibilité de son r. avant toute construction systématique et toute définition préalable qui serait censée garantir une fois pour toutes de I'errance.. malgié une apparence er une argumenration parfois très élaborée. il ne comm. (p. etc. redisons-le. mais de façon détaillée et comme pour eux-mêmes. leur liaison est intime. les images perceptives et les images mentales. avec la perception. Certaines définitions peuvent correspondre à des consrructions habiles et cohérenres mais qui barrent I'accès au réel dans sa complexité effective au lieu de le favoriser. Peut-il sembler au moins dans un premier temps. Pour des raisons de principe. les articulations du réel (comme on pourrait dire de façon platonicienne). p". surtout depuis la fin du xIX" siècle. on suit d'abord ce que l'expérience la plus large. mais d'une unité organique. qu'affrontent et sur lequel s'affrontent les psychologues et les philosophes. Le risque est aussi bien de tout ramener (par exemple tout ce que I'on nomme u image u dans la langue commune) à une seule déûnition. 4) ou u imagination . les considérations sur I'image n'étant que prétexte de psychologie pour les aborder: les trois substantielles premières parties traitent de l'image. prétend nous apprendre . en tour cas pas ce qui peut se régler et se originalité par rapport à eux. mais dans I'unité transductive (c'est-à-dire qui opère de place .. Notons qu'il ne s'agit pas. il y a chez Simondon une position de principe et ce qu'on serait tenté d'appeler un o narurel . D'autre part. Ce qui caraoérise la recherche de Simondon. ne relevant de façon dernière ni de I'identité ni de la difference. ici càmme souvent' en sorte d'échapper autant que faire se peut à cette difficulté de principe. son caractère génétique (sur ce point. de considérer que ce qui intéresserait surtout Simondon serait la question technologique de l'invention. à un seul modèle. recueillant non pas (seulement) dans I'unité du concept et de la définition. plus que tout autre. que la nature de I'image peut être déterminée sans exclure des variations qui lui seraient propres' évolution. quelque critique qu'il puisse être amené parfois à formuler à l'égard de Bergson.r. le n rasoir d'Occam u doit être manié avec délicatesse er surtout de façon récurrenre.. q. l'image. Le grand risque est que les définitions les plus rigoureuses et les plus serrées détournent par narure de suivre . chercher à établir une définition. D'une part. qui doit pouvoir valoir pour elle aussi bien. c'esr seulemenr ainsi que ces articulations se révèlent réellement). telle qu'en témoignent les uns et les autres de manière multiple et pas toujours cohérente. des problèmes de l'image et de I'imagination'. génétique. par méthode. radicale.rt le plus caractéristique et le plus essentiel de la réalité: son évolurivité. ge qu'il y a de plus importanr. sans même y songer peut-être. Il n'est pas possible. décisive..). comme tâche prioritaire. donne un fondement génétique et transductif à la compréhension de I'invention. ou plutôt transductive. parce qu'elles ne suivenr pas.XIV IMAGINATION ET INT pnÉsnNterroN xv possible ou qui ramènerait de force à I'unité une forme hétérogène. qu'on pourrait utiliser ensuite . telle qu'elle y est analysée. prenant ainsi en comPte des contraintes très exigeantes pour la théorie de l'imagination. cela accroît sa difficulté : il faut détnir en tenant compre de la possibilité que ce que I'on définit de façon peut-être juste à tel momenr comprenne en soi des potentiels propres qui le feront échapper à cette définition. de s'instruire avant tout de I'expérience elle-même. (( désir o. la forme d'une discussion de définitions possibles conduisant à l'élaboration de celle qui permettrait de rendre compte de ce que I'expérience semble nous aPprendre. esr de reconnaître la plus grande quanriré de differences dans la réalité telle que la propose I'expérience et de lui faire son droit en Ia Le souci d'étudier I'imagination et I'invention comme une totalité organique génétique et cyclique ne détourne donc pas Simondon de traiter. pour Simondon.eule essence. Les problèmes de définition des notions ne paraissent pas. car une définition de I'image qui interdirait I'hypothèse d'une évolutivité génétique qui lui serait essentielle relèverait. et notamment celui. I une . er surtour son dynamisme génédque (or. les relations de l'imagination et de I'invention ne sont pas seulement plus équilibrées. u symbole . n perception ). 3. on revendique. C'est par une auscultation fine de I'expérience.o--. L'IMAGE MENTALE ET L'ltllAGINATIoN : PRoBLÈMES fixer d'abord. de leurs rapports. mais il commence (dès le Préambule et l'Introduction) en soulignant les problèmes que posenr er que risquent de cacher les définitions er les simples significations arrachées aux mots comme < image o. à quoi I'on cherche alors de force à réduire toute la diversité. etc. En somme. un instrument sans revenir sur sa valeur. pour Simondon. de donner à ce traitement. profondément bergsonien).ù. (p. et. il accorde une place éminente et une attention excePtionnellement détaillée et instruite à l'invention technique. p". de toutes les ramifications que suggère d'abord I'expérience.ri . on le voit. difficiles à déterminer de façon juste.

simondon avait abordé la question des rapports de l'imagination et de la perception dans son cours de I'année précédente sur la perception'. G. 5. L'Imaginaire. 15. il se définit par c€tte conscience > u. p. C'est que I'on ne peut séparer percePtion et imagina' "tior.ÀoËI. . il faut les Penser ensemble' C'est une thèse importante de ce cours. L'image esr ( une cerraine façon qu'a I'objet de paraître à la conscience.rr. L'Imaginaire.XVI IMAGINATION ET INVENTION en place) de ce dont on suit finement la genèse.pti'. t9. d. Sartre..un même genre. même si l'on peut en distinguer les notions : n La capacité de percevoir esr peu éloignée de la force d'imaginer. venons de citer (et il y en a d'autres encore). Or. pour saisir cette grande proximité et cette liaison intime.. on ne peut ainsi séparer réellemenr imagination et perception. de Pierre Janet que certe caracrérisation originaire de l'imagination et de I'image prend le sens d'une opposition er d'une incompatibilité radicales evec la perception. . G. z. L'objet de I'imagination n'est pas vraiment un objet réel : < I'image est une conscience > r. l'objet de I'image n'est jamais rien de plus que la conscience qu'on en a. Tandis que n I'objet de la perception déborde constamment la conscience . dès que I'on n'envisage pas exclusivemenr le pouvoir de fiction de I'imagination. z3r. p. Pour le redire de façon netre : o la formation d'une conscience imageante s'accompagne (. L'Imagination.3. Paris. L'image n'est pas une lbid.r. avec lequel le cours sur lrnagination et Inuen'tion présente une grande conrinuité. il faut donà suivre les differences entre elles tout en faisani apparaître leur liaison.. même si on ne les confond pas. z3t. n. Encore faut-il avoir une conceprion juste de la perception autant que de l'imagination. Cours sur la Perception. Sartre. Il s'ensuit qu'elles s'excluent I'une I'autre o'.. s'oppose absolument à < exister en fait > r.diuidu et sa genèse physico-biologique. 4. car on cacherait sinon un air de famille réel entre elles et une continuité génétique effèctive.. L'intérêt â. Mais.. précisément. cela veut dire notamment que ce n'est qu'une conscience. pas une réalité objective. cit' L'année 1966'1967. p. sans que Sartre (auteur encore très en vue à l'époque de ce cours' notamment pour sa théorie de I'imagination) soutient comme un des fondements de sa doctrine : n I'image et la perception.r.t lignes âe i'Imaginaire. l'évolution. 3. selon Simondon. Sartre définit l'imagination. Sartre peut opposer I'image à la perception dans la mesure oùr celle-ci est analysée comme conscience de passivité. dont témoignent les cours donnés à la sorbonne q. L'lmaginaire. conscience d'une cerraine objectivité qui se donne. r Ibid. non Pas comme de genre à espèce ou d'espèce à espèce d. conscience de quelque chose qui s'impose. J. p. 3.-P.r. 6. zo.. p. apparaissait (n déjà dans sa thèse principale sur L'Indiuiduation. loin d'être deux facteurs psychiques élémentaires de qualiié semblable er qui entreraient simplement da. PUF) date de ry64' z. comme n la grande fonction "irréar. qu'il ne faut pas commencer par chercher à réduire. Coars sur la Perception. une certaine façon qu'a la conscience de se donner un objet > +. p.. p. capacité et force). p. Percevoir. G. sous le titre : L'I.. op. représenrent les deux grandes attitudes irréductibles de la conscience. Millon. mais dont il serait difficile ou stérilisant de fixer la riotion à"r. Si-o'"do" pour les problèmes de perception. Ibid. dont I'imaginaire esr le n corrélatif noématique >'.) d'un anéantissement d'une conscience p. mais.-ièt. dont la troisième partie L'individuaperceptives unités des par un chapitre sur l'individuation tion psychique o) "o--in. La perception et I'imagination ne sonr pas identiques (est significative la diftrence indiquée par les rermes choisis pour les caracrériser . mais comme des phases d'un processus de développement quasi organique. Simondon fit cours sur La Sensibilité et sur SensibilitJ et Perception. . C'est qu'o exister en image. 4. tant elles sont étroitement liées I'une à I'autre en dcte.. Simondon. voire la dispaàtion : on a sans doute intérêt à appeler-n images o des réalités assez àiffér. ce n'est pas si diftrent que cela d'imaginer. no. et récipioquement > o. de dcs notions lumière à la L'Indiuiduation : voit forme et . sinon cerre identité. ou. qui avait déjà été exposée dans celui de I'année précédente sur la perception. il s'y donne comme absent : on ne peut pas vraiment I'observer. J.'information.rs des combinaisons diftrentes.-P.rn genre commun (il serait rrès pauvre du fait de sa généralité) . p. Ibid.l. cette thèse contredit frontalemenr noramment I'idée principale que pnÉsBNrerroN xvrr lisante" de la conscience ).. zz9.t d'"blrd leur ségrégation.25.r. dans la mesure otr il est impossible de percevoir sans imaginer. er or) I'imagination enrretienr des rapports multiples avec la perception. Simondo n. I'on donne à ce mot le sens d'une construction fictive o . dans le cadre d'un cours d'Initia' tion à la psychologie moderne (Bulktin dr Ps\cholngie de décembre ry66 ù mai 1967). il ne peut être I'objet que d'une u quasi-observarion > '. dès les pr.. zoo5. cette façon se caractérise par le fait que l'objet s'y donne comme ne s'y donnanr pas en chair et en os. si I'on préftre. C'est par réference et opposition à Ia o fonction du réel . on verra qu'elles ne sonr pas très diftrentes I'une de l'autre.r. dont la première édition (partielle.

ce n'esr pas une simple propriété observée de l'image. dans L'Imaginatioz '. une réalité existant dans le monde extérieur (toute réalité est image. c'est sa définition nécessaire et essentielle. même si elle ne I'est pas actuellement). un peu comme s'il y avait un danger vital de confusion (l'hallucination. er notarnment à l. 5. Ibid.. dit Sartre. une diffërence seulement de degré). La o spontanéité . On peut supposer au contraire que les aspects conscients de I'activité locale sont des cas d'affleurement presque exceptionnels qui se rattachent à une trame contin. difficulté. voire absurde. 3a. comme la plupart des doctrines. tlo). c'èst donc I'insrrument même de la réfutation iadicale de la théorie de Bergson qui est contesré et rerourné conrre sartre. a un intérêt. 4). C'est précisément sur ce point fondamental. rour en reconnaissant clairement de grands mérites à son analyse. indépendammenr de I'activité d'une conscience. r89. (p. . précise Simondon. à Sartre.rrce imageante. Pour lui. et il en parle comme d'une bévue. elle fonde I'impossiimages. c'est cela qui fait sa ( pauvreté essentielle ). mais non entièrement justifié: < Le mot d'image est généralement compris comme désignant un contenu mental dont on peut avoir conscience . Pour Sartre. dans la mesure oir o elle met I'accent sur le rapport d'existence et d'action entre I'objet et le sujet qui se tisse à travers image ou symbole et non. I'imagination est fonction o irréalisante >. là est la principale Q". (à laquelle il réduit l'image) le conduit. a. une < conscience imageante . mais qu'elles sont insuffisanres . si le mot < imagination . qui renvoie à la n psychologie des facultés ). p.. Cependant. car en cerrains cas. chapitre III. expriment une activité qui les forme.r. pour le sujet humain.XVIII IMAGINATION ET INVENTION pnÉsnNrerroN xrx perception. paftiellement dans la situation d'anticipation. cela paraît. Simondon approuve sartre de lier essentiellement fonction imageante et fonction symbolique'. Or.. p.acan. comme consriturive du problème tel que le pose Sarrre. qui lui paraît discutable. il faut bien reconnaîtrè une r. dans la mesure oir il fait de l'image.28. 293c. er supposent peut-être l'existence d'une fonction qui les emploie . chapitre I. I'image puisse exister dans r lbid.13. il faut chercher un point de vue oir elles puissent se compléter. ù. elle l'irréalise. Ibid. On peut dire ainsi que n la conscience imageante pose son objet comme un néant o ' : elle le vise comme irréel. refuse de suivre Sartre. autrement que comme une conscience. en même remps.i.rs. o (p. une telle apparition consciente de I'image est ef[ectivement possible. entre souvenir er perception. S'efforçant de monrrer que rous les philosophes et psychologues ont fait la faute de penser I'imagination à partir de la perception et par difiërence avec elle (diffërence de degré). Yoir L'Imaginaire. p. ou plutôt tel que la réalité apparaisse de façon complète. Yoir L'Imagination. abcolue à I'image (c'est-à-dire à la conscience imageante). Ibid. c'est dans la mesure oir n il suppose que les images menmles procèdent d'un cerrain pouvoir. p. à s'opposer avec nerteté à Bergson (qui avait pourtant affirmé clairement. c'est dans cette mesure aussi que les analyses de sartre sont intéressantes. il y a nécessité de trouver n dans []a nature intime [de Ainsi. de I'image r n'est qu'une < espèce de contrepartie indéfinissable du fait que I'objet se donne comme un néanr > +. qu'il n'y avait pas. p. et il trouve que n I'interprétation de Sartre est extrêmement intéressante . dans Matière et Mémoire. impossible. on n'y trouve que ce qu'on y met. à refuser du même geste toute réalité objective des images. er surrout dans celle du symbole-souvenir . néanrisante.. Sartre semble en prendre le contre-pied de façon radicale et systématique.. c'esr la conceprion de la n conscience imageÀte o. contrairement à certains psychanalystes. Elle s'oppose à Ia fonction de réel. dont la perception est la forme majeure. mais rien ne nous prouve que même dans les cas les meilleurs la prise de conscience épuise toute la réalité de cetre acriviré locale. I'extériorité objective. en accordanr une n spàntanéité. Cela le conduit aussi. sur les rapporrs de signification permettant de rapprocher plus ou moins images et symboles des signes o (p. Mais peur-être s'en- ferme-t-il lui-même dans cette problématique trop exclusive. Comme souvent. la maladie). Mais sa conception de la * co. 3. auquel il consacre quelques pages. dans Matière et Mémoire. pauvreré en réalité objectiue. Toute sa théorie semble reposer là-dessus. I'image] un élément de distinction radicale ) par rapport à la perception'.. bilité de reconnaître aux images un mode d'existence suffisammenr consistant et autonome.. d'un archaisme philosophique et psychologique. dans la mesure oir elle est susceptible d'être perçue.. 4t-7o. pour Sartre. z. que Simondon. Simondon ne s'oppose pas ranr à telle ou telle thèse : il cherche plutôt à montrer que les thèses en présence ont toures quelque chose de vrai.. cerre conception de Ia o conscience imageante ) permer de donner roure sa parr au caractère subjectif des mais c'esr trop puisque. y compris celle de Husserl. Il rappelle tranquillement que la thèse de Sartre correspond en un sens à un usage courant aujourd'hui. p.

. des images par rapporr au sujet .À Sartre qui ptopoi. il suffit de la compléter par la caractérisation de ce qui est subjectif dans I'image. po. qu'il invoque. sur ce point. 7). dit-il. p.. j'ai murmuré le nom des eaux lointaines. mais un vrai monde. le nom du monde enseveli.. Tel est. la description des images en termes de subjectivité s'est imposée o s).pr. z.-P. Ibid. p. Sans doute. (p. Voici donc restaurée la thèse bergsonienne de I'extériorité de I'image : elle n'a rien d'absurde en ellemême et correspond à I'expérience la plus commune. (ibid. selon I'expression de Sartre (ibid. c'est s'absenter ) 2.. .). le défaut du terme n imagination o : il risque d'induire en erreur. Simondon avait voulu trouver un appui chez un penseur conremporain célèbre pour ses écrits dans ce domaine. mais moins que ce que l. siècle que . la conception de l'imagination de Gaston Bachelard. .. ( souvent cette absence est sans loi. s'impose le réalisme de r.rr. Imaginer. édition du Centenaire. que " de rejeter I'extériorité des images.). z.rrte pas lui-mème' "e mais qu'il cite dans sa bibliographie. Paris...pnl les Anciens . car o alors. cet élan est sans persévérârrc€ )).*irt. Ibid.. Simondon et (Matière . nous le ve.. pour lui.. Simondon oppose I'ancienneté de l'expérience humaine (depuis extériorité et une sorte d'objectivité aux images. en somme. Essai sur l'inagination du mouuement. mais il va montrer que la formule bergsonienne qui fait de I'image un intermédiaire est tout à fait justiûable si I'on veut caractériser sa nature : une o réalité intermédiaire entre sujet et objet. < La marière. LAir et les songes.)O( IMAGINATION ET INVENTION pnÉsnNrerroN xxr Homère) : o fl]'aspect d'indépendance et d'objectivité de I'image a f. èdirt.rorrr. Notons que si. Sans doute. â'aban- r. que la réalité matérielle comme image pour aurenr que nous pouvons la percevoir (que ce soit actuellement ou non). malgré la force propre de l'argument fondé sur le témoignage de l'expérience humaine la plus ancienne. Simondon demande de ne pas commencer par altérer et simplifier l'expérience : < pourquoi exclure comme illusoires les caractères par lesquels une image résiste au librearbitre. cependant I'imagination poétique véritable inaite au uolage vers un autre monde. Gaston Bachelard. O" reconnaît bien ici la manière habituelle de Simondon : il ne s'agit pas. p. 16r). +. certes. Simondon ne procède pas à une réfutation pointilleuse de Sarrre. Corti. q"'il prés.et Mëmoire. parce que le cours de Madame Favez-Boutonier sur I'imaginaassez longuement la conception bachelardienne.Ce qui n'esr pas l'objet premier de Bergson dans Matière et Mémoire: il s'agit pour lui d'abord de caractériser non pas tant la nature générde de l'image (comme réalité matérielle). À cette mode intellectuelle récenre. dans la mesure où il conduirait à rattacher exclusivement les images au sujet qui les produit er n à exclure l'hlpothèse d'une extériorité primitive (p. par principe. L'Imaginaire. Bachelard peut sembler proche de Sartre et l'avoir compris. Sartre. dans la mesure où. sans doute.ions. habitant la conscience comme un intrus qui vient déranger I'ordre d'une maison oir il n'esr pas invité ? > (p. p. u [c]'est une attitude courante chez les penseurs contemporains pour qui I'image renvoie à une "conscience imageante". à celle que l'on peut opposer à une n psychologie des facultés o : faire une parr trop importante. ce serait aller contre le sens commun fondé sur une expérience fort ancienne de I'humanité. mais il fait porter son difftrend sur le principr que constitue le recueil de l'expérience . t2: << Que de fois au bord du puirs. et se présente d'elle-même selon ses forces propres.Z). il aurait pu évoquer. comparable à celle à laquelle ce dernier se livre contre ses adversaires. 1943. quand il dit dans LAir et les Songes: n percevoir et imaginer sonr aussi antithétiques que présence et absence. il ne reprend pas son problème.r. en un sens.. ô mes objets ! comme nous avons parléo !o Ce monde imaginé n'esr pas sans existence et sans force sur le rêveur.rà pas vraiment la thèse de Bergson. concret et abstrait. o tion avait présenté du cours. . Certes. Mais c'est pour préciser dans la fin de sa phrase : u c'est s'élancer vers une vie nouvelle r. est un Àsemble d"'images". Cela. c'est I'ampleur séculaire de cette expérience. refuse de se laisser diriger par la volonté du sujet. à la subjectivité. si I'on veut rendre compte de sa nature complète . en recommandant de lire roure ses æuvres (et o particulièrement La Psychanalyse du ft. ro. r1-r5... p. de polémiquer et de réfuter dans le détail les analyses de Sartre. même s'il est désormais enseveli . Voir J. et elle établit un rapport effectif avec ce qui s'y trouve : o Que de fois I'univers m'a soudain répondu. mais il relativise l'argument sartrien du caractère ancien et dépassé de la tentative bergsonienne : refuser toute objectivité et toute force propre au monde des images.. 3. . .). Et par "image" nous entendons une cerraine . (titre de la première section de I'Introduction donner les préjugés.r. passé et avenir. telle que nous en faisons communément I'expéiience.ù. Simondon fait donc porrer sur la théorie sarrrienne une critiquè comparable. par exemple. sous peine de nier leur réaIité. à la première ligne âe sa méthode . de o décrire o les images et de < laisser de côté les théories o (propos qui rappelle précisément celui de Bergson au début du premier chapitre de Matière et Mémoire). appelle une chose une exisrence située à mi-chemin entre la "chose'i la "représentarion" . qui le dispense d'avoir davantage à discuter et à dialectiser. Ce n'esr guère qu'à partir du xVII. sur la vieille pierre couverte d'oseille sauvage et de fougère. qui est plus que ce que l'idéaliste appelle une représentation.

la vouloir y échapper. C'est qu'on ne peur pas séparer la u fonction de l'irréel . Sartre organise son propos comme une polémique contre I'idée qu'elle pourrait être considérée comme une réalisation: o On pense qu'il y a eu passage de I'imaginaire au réel. édition du Centenaire. t4. il faut montrer n le caracrère primitif. (p.effectif. à . qui doit se gagner sur et contre lui. enrière- ment centrée non pas seulement sur son opposition à la perception.XXII pnÉsnNrR:troN xxrrr I'irréalité >'. qui rend possible cette conception opposanr absolument le perçu et l'imaginé. le réel et I'image (contre Bergson qui. p. 1947. C'est que parfois o le rêve est plus fort que l'expérience ) r .. Quand il thématise le rapport à l'æuvre d'an comme telle (à I'exrême fin de L'Imaginaire.. consrruite par opposition notionnelle exclusive. 4o. mais que l'æuvre d'art comme telle. 5. elle peut être créatrice véritablement. Ici. Les images ne sont pas toutes répétition ou représentation de ce qui a été perçu . et des images dont le rycle y conduit). 5. a. La Tene et les rêueries dz la aohntë. Car. comme dans la perception. 4. 6. la o fonction du toute sa place à la puissance de I'imagination créatrice. Plutôt que de chercher à penser I'imagination à partir de la perception (envisagée comme répétition de la perception. si nous voulons placer I'image en avanr même de la perception. Est-ce cette conception de I'image et de l'imagination. son grain. avec la perception. p.. ou plutôt ses résultats. Corti. si I'on peut dire. Ibid. qui interdit de penser une imagination n réalisante o. ou mieux à recevoir) la possibilité d'une imagination créatrice et encore moins d'une imagination . On a affaire à deux atmosphères intellectuelles er de sensibilités diftrentes. rééd. tel est I'objet que se donne Bachelard au début de La Terre et les rêueries de la uolonté. Id. ce ne sonr que o les résultats des coups de pinceau. en tout cas essentielle. les images dépendent de la force de l'imaginarion. Essai sur I'imagination des forces. affirme Bachelard en réponse à Sartre : n un trouble de la fonction de l'irréel retentit sur la fonction du réel n'. er Sarrre pousse sa systématisation jusqu'à dire qu'il est n dans sa nature même. qu'elle soit de degré ou de nature). de I'imaginaire comme monde. comme une aventure de la perception >r. 16z). p.: dans sa description. 946 ) ? . de réceptivité. in L Energie spirinelb. massive. p. 13. d'un devenir-réel à paftir de I'imagination'. Ibid. 3. La Psychanalyse du feu. mais sur son incompatibilité avec elle. elles font rêver. 1965. I'invention technique d'une machine dans n L'effon intellectuel . il ne semble jamais envisagé comme le produit possible d'une réalisation. mais sans que cela ne conduise à négliger la force des images. ou dans sa diftrence avec la perception. Bachelard. p. coll. Mais cela n'est point vrai. on est porté à oublier rout ce qui est inconscient et qui s'épanche dans la vie consciente. quand le réel est présent dans toute sa force. il y a aussi des images qui précèdent et informent la perception. n Idées o. o n [l]l ne faut point se lasser d'affirmer r. I'empâtement de la toile. andyse. ce qui est o "beau". dans la seconde partie de sa conclusion : o il semble qu'il soit temps de tirer quelques conclusions . p. semble ne pas envisager véritablement (autrement que selon ses æuvres. au contraire. même si c'est moins clairement et précisément que Sartre ne le souhairerait. Paris. métaphysique. et il faut u redoubler d'attention si nous voulons découvrir I'activité prospective des images. 16ù. Tandis que la psychologie sarrrienne de l'imagination. même dans le domaine artistique (mais qu'en serait-il si on envisageait le domaine de l'objectivité technique !) ? Ou bien est-ce plutôt I'absence de considération pour la possibilité de l'imagination inventive dans le domaine technique (où ce n'est pas seulement I'objectivation matérielle. p. comme dans les techniques : le inventive d'un fonctionnement réel objectif. mais le fonctionnement effectif.162). le caractère psychiquement fondamental de I'imagination créatrice o. 3.. diagnostique Bachelard conscience n'est pas n imageante ). le vernis qu'on a passé sur les couleurs >. est objet de perception. ry38. en revanche. Bachelard fait t lbid. comme chez Sartre. une fois qu'ils sont donnés à percevoir.. des objets techniques de Simondon. er I'imagination créatrice (et non pas reproductrice) est ce qui précède toute perception et peut I'informer: elle est prospective du réel. p. pour elle. dans lequel on peut vivre et avec lequel il faut compter il y a de la n névrose. mais c'est qu'il précède depuis toujours toute expérience objective. Le monde imaginaire ainsi décrit est bien loin de la n néantisation o sartrienne et de sa conception de I'imaginarion comme n fonction irréalisante >. Paris. Gallimard. La considération de I'imagination comme n fonction irréalisante o (par opposition à la n fonction du réel > que serait essendellemenr la perceprion) semble empêcher qu'on puisse la comprendre comme fonction de réalisation. isolé de I'univers . Ibid. de passivité . (problématique qui consonne bien avec celle du o mode d'existence . il faut dire que n I'ceuvre d'art est un irréel . n Le psychisme humain se formule primitivement en images o 6. r. que ( ce qui est réel ). dit-il. de réel o. z. mais elles s'imposent aussi avec leur force propre. elles constituent un monde que I'on peut contempler et explorer. des images créatrices. de o I'objet d'art.. G. c'est un être qui ne saurait se donner à la perception >... qui est requis).. Si I'on veut définir le < type existentiel de l'æuvre d'art . (p. elle est o imaginante ).

par exemple celui d'être la reprise et la reproduction plus ou moins déformée ou recomposée de ce qui a déjà existé .A THÉORIE: LE PRIMAT DE L'IMAGÊ. 9). dans I'anticipation. celles qui sont tournées vers le futur (anticipation. Les images peuvent être purement mentales ou bien matérialisées en n objets-images. r8). et celles qui sont tournées vers ce qui est présent (la perception). schéma' etc. à reconnaltre la n relative indépendance des images )) r ( on ne peut les gouverner que de manière indirecte o . mais à des étapes d'une activité unique soumise à un processus de d&eloppement " (p. il faut distinguer les images qui sont tournées vers le passé (souvenir). possédé par certaines images et on ne s'en délivre pas toujours facilement. .. peuvent trouver leur compatibilité et leur cohérence dans le cadre de cette conception qui semble dissoudre les oppositions traditionnelles en changeant le sens et la valeur de bien des formules utilisées jusqueJà : on peut dire maintenant que I'image dépend du sujet et. anticiPation à long terme de I'expérience de I'objet. à suivre de place en place la manière dont chaque moment ou phase rend possible le suivant en constituant des conditions en partie originales pour sâ genèse (cela correspond à ce que Simondon nomme u démarche transductive o). puis au cours de la relation perceptivon les aspects de choisir entre la thèse de la subjectivité radicale des images et I'affirmation de son caractère simplement objectif . pour faire droit à la diversité polymorphe et sans cesse évolutive de la réalité des images et de l'imagina- " (p. entre le moi et le monde (p.il&i . (3) Enfin. o elles conservent une certaine opacité D . etc.. Or.. ( contenant en quelque mesure volonté. à la fois concret et absnait. attente. I'image mentale qui ont fourni matière aux discussions et aux études déjà publiées ne correspondent pas à diftrentes espèces de réalités. invention). . on est bien conduit. cependant. note Simondon. la méthode consiste à examiner dans quelle mesure on peut en former une conception génétique. appétit et mouvement. en quoi consiste alors I'image.. elles sont comme des monades secondaires habitant à certains moments le sujet et le quittant à d'autres o. +). Il ne s'agit Pas non plus. pour ne pas être conduit à réduire toutes les sortes d'images à une seule essence. (institutions. (P. en général. enfin dans le souvenir. selon Simondon. en même tion. qu'elle semble se confondre parfois avec la conscience elle-même dans son rapport à un objet extérieur. qui conduit le jeune vivant dans son milieu. dans une pure spontanéité motrice. par lequel u le sujet possède un analogue du milieu extérieur >. les diverses images s'organisant progressivement en sousensembles sous I'effet de I'expérience (c'est la phase de la perception).tl). existe une activité locale faisant du sujet un véritable générateur de signatx servant à anticiper. mais sans pour cela confondre et négliger les diffërences.) habitant le sujet et se développant en lui avec une relative indépendance par rapport à I'activité unifiée et conscient. et ultérieurement dans I'invention. On ne peut les ramener toutes à un seul statut. L'image est alors conçue comme un n quasi-organisme (. Car le mot n image ) peut être pris temps. qu'elle a son propre dynamisme. les images s'organisent et se slttématisent en n un véritable monde mental . il faudrait Peut-être parfois dire n symbole )). I'image devient un mode d'accueil des signaux et informations venant du milieu et une source de schèmes de réponses à ces stimulations. et. Ainsi. il faut refuser de en des sens diftrents : image mentale. parfois. L'image n'est pas seulement une n motrice. n les images imprègnent les civilisations et les chargent de leur force o. il ne s'agit pas de ramener ces diverses formes à I'identité. (notamment sous I'influence de Ia résonnance affectivoémotive). ou bien. Dans ces conditions. (r) I'image est d'abord. mais résultante D (comme si elle dépendait entièrement d'une pure n conscience imageante spontanée o). enfin à conserver et à "recycler" dans I'action les signaux incidents venant du milieu " (p.)OOV IMAGINATION ET INVENTION pn-ÉssNt{rroN )ocv 4. On peut être hanté. puis à recevoir. C'est le comportement programmé génétiquement. sans se laisser conduire pour cela à oublier qu'elles se forment et se développent en étroite relation entre elles.. mais de montrer qu'en un sens. mais parfois aussi qu'elle semble être dans le sujet et qu'on peut l'observer comme un objet extérieur. voire u désir ). elle est aussi un ( germe o : les images ont ( un mode complexe d'existence et de proliferation . un faisceau de tendances motrices. LË CYCLE DE L'IMAGE ET DE L'INVENTIoN Ainsi donc. I. mais de montrer que. (z) Ensuite. Au total. Dans son développement quasi organique. produits. Ainsi les qui semblent parfois contradictoires. avant toute expérience et reconnaissance d'objet. en mettant de côté d'abord préjugés et théories. si I'on veut décrire la réalité et son expérience. plutôt qu'image. ( perception o. au début de la vie. elles apparaissent presque comme des organismes secondaires au sein de l'être pensant: parasites ou adjuvantes. Les images mentâles seraient ( comme des sous-ensembles structuraux et fonctionnels de cette activité organisée qu'est l'activité psychique caractères observés des images. elle paraît réalité intermédiaire entre I'objectif et le subjecti[ entre le concret et I'abstrait. de ( rernener toute l'activité mentale à I'image en cours de genèse. l). il faut dire que I'image a un caractère à la fois objectif et subjectif. richesses). image matérielle.

les images morrices primitivis n'ont d'autre contenu que ces mouvements eux-mêmes (mouvements autocinétiques non finalisés). de toure sponranéité motrice : Ies images ne proviennent pas d'abord de perceptions antécédenres. Cours sur la Perception. dont le sujet est capable en fonction de son équipement organique et des aléas de la découverte du milieu. du rôle maternel. (ibid. par lui-même. Cf. ils {*. à la première identification des objets (vivants ou non) qu'il y rencontre. se rappeler mémoire. jouer à vide ses conduites avant de les appliquer à un objet réel . pour ce qui est de leur rapPort aux perceptions.r.ri.)OC\[ IMAGINATION ET INVENTION pnÉsnNrerroN rc<vrr (4) L'inuention peut alors survenir comme un cltangement d'organisation du système des images. refusanr toute possibilité d'inconscient. erc.r. endogène. identifiés. quand la perception. lù. Ces schèmes d'action existent sont distingués. ce sont les conduites motrices spontanées qui sont primitives. elle est précédée par la motricité (p. du mouvement. p. Il faut donc. progressivemenr reconnus (comme selon I'explication empiriste) . de la n prégnation >. imagination . soit progressivement et de façon différentielle. . puisqu'elles précèdent la perception (réception des signaux venanr du milieu). Sarrre ne conçoit pas que le mouvemenr puisse être origine première des images.). l. . ainsi que I'importance de I'action. virtuellement utilisés. proviennent des mouvements spontanés. +). pas au sens. qui se ravers image ou symbole >. Or. fournir un contenu aux anticipations. I'action ou I'affectivité puissenr êrre sources d'images et analogon pour elles.orrr p". tient à des réflexes anti-associationnistes. pourraient motiver et orienter ces mouvements. non seulemenr on peur dire avec Bachelard que I'imagination est plus primitive que la perception (l'imagination reproductrice n'érant pas le modèle ou I'essence de I'imagination.t pto. les conduites de réaction au milieu ne sont pas premières . Simondon. comme il possède son propre corps ) (p. (p. seulement un cas parriculier). de mémoire ou de perception. Les objets (vivants ou non) qui sont identifiés dans le milieu . en tout cas. comme ce pourra être le cas ultérieurement. de l'affectivité et du savoir. ignorant le problème de la réalisation d'une æuvre à partir de I'imagination. et. chaque fois diftrent.%). par exemple. soit en très pèu de temps (c'est le cas. une conceprion qui refuse le primat de la vie et du mouvemenr par fPport à la conscience et la perception. comme anticipation. se cacher. plus originairement. par lhctiuité motice d'exploration autocinétique. tous ne sont pas des images r. acceprer I'idée que les premières images ne sonr donc pas conscientes. elles sont motrices. par laquelle il constitue. mais la condition pour que le mouvement. elles les précèdent et les informent. Comme programmes partiels des comportements. p. dans I'image. n Ce qui caractérise l'image. mais cette activité existe aussi bien en présence de I'objet (dans la perception) qu'avant I'expérience. de vécu. images premières. I'image joue ou peut jouer un rôle. < parce que les facultés ont été définies d'après les tâches dominantes : anticiper. et le souci de ne pas les confondre avec des perceptions n'est pas décisif pour les détnir . il faut reconnaître que la sensorialité n'est pas première. le nombre de griffes. par exemple. par où s'est formé un savoir. d'abord perçus. comme symbole-souvenir .èd. La crainte de voir associer la notion d'image à celles d'anticipation. permerranr au sujet d'aborder le milieu avec de nouvelles anticipations : elle marque la fin d'un cycle et le début d'un nouveau. généralemenr. le souvenir. s'il ne faut pas confondre imaginer et percevoir. Maii cela ne v-eut pas dire que les conduites motrices primitives sont accompagnées d'imaçs (considérées comme des représenrations conscienres qui. G. donnés sur le mode de ce qui peut être r. plus radicalement encore. faire face. institués. C'est parce que Sartre pense I'image comme conscience et comme une essence avant tout déterminée par rapport et contraste avec la perception. tisse à .ç. z. artaquer. mais c'est surtout la n psychologie des facultés > qui constitue une difficulté. < Priigungr. Sartre a aperçu n le rapport d'existence et d'action entre I'objet et le sujet. plus ou moins complètement. y compris l'être humain. et ils peuvent. que sa conceprion ne peur que paraître insuffisante à Simondon'. sous forme de préparation des situations de renconrre de I'objet et d'anticipation des réponses. leur donner un but. pt. Or. contre les faits. I'expérience seronr là) . aux trois moments du temps correspondent perceprion. se lever. I'organisme peut. ce que I'on méconnaît quand on fait de la perception une essence sui generis exclusive de toute influence de I'imagination et. roo. où la perception est consciente. z93r)': la perception et. d'expérience. tels qu'ils s'organisenr conformément à des programmes spécifiques de I'individu et en fonction des renconrres qui s'opèrent aléatoiremenr dans le cadre du milieu où il se trouve. mais. er si n fp]armi les souvenirs. constirués. liées aux conduites les plus simples par lesquelles le vivant prend possession du milieu . Faisant de l'image une conscience et la considéranr comme incompatible avec la perception. ou après. en donc dans l'être vivant comme anticipation des conduites possibles. elles r. Cette activité locale venanr du sujet. si l'on ne veut pas défendre coûte que coûre. r L'organisme est un ensemble de schèmes de conduite aussi nettement définissables er ayant une valeur taxonomique aussi nerte que la forme des phanères. ce sonr des séquences dont l'être vivant posèd. fuir. de perception. dans ces fonctions. c'est qu'ils aient été d'abord objets de conscience. chez l'être vivanr. programme en lui-même. c'est qu'elle est une activité locale. percevoir.

dans ces conditions. L'image. peut les précéder et faire advenir son objet par anticiparion et Proprement recrutement. une (p. le mouvemenr un peu organisé et constanr: c'esr la première forme de I'image. elle est une initiative organisée. peut-être < catégories de perception u. proies ou prédateurs. tant que ce recrutement et cette constitution ne sont pas suffisamment avancés : elle se présente comme une activité anticipatrice. c'est la même chose). elle ne peut être confondue ni avec la perception ni avec la conscience. de constance >. précède la perception et la conscience (en tout cas. lieu de repos. par principe. <Une anticipation ne peut être seulement une initiative . que ce soit la conduite perceptivo-motrice la plus simple ou la perception la plus élaborée.r àt o lru o. mais aussi au moins d'une certaine phénoménologie : la perception n'est pas première. < [L]a source primordiale de l'a priori paraît bien être.. u les images apparaissent sous forme d'anticipation perceptives de potentialités. est ( une première forme de l'image a priori.INVENTION pnÉsexterroN xxrx motrices à partir de cette source unique et première qu'est I'organisme avec ses schèmes moteurs rayonnant à partir du schéma corporel . L'activité motrice. I'image. que roure activité du sujet peut faire évoluer ? Y compris dans les perceptions les plus simples (conduites perceprivo-motrices progressives). l'élit. Les images morrices se " réfèrent au o schéma corporel ). non seulement de la psychologie traditionnelle.t peur rap- n . Il ne s'agit toujours pas de confondre perceprion et imagination. I'image qui fait advenir l'objet pour le sujet.Mais surtout. d'être appelée u image >. dans la perception (n images intra-perceptives >). comment l'activité anticipatrice de I'imagination. capable. Elle est produite par une activité locale du système neryeux. pour ainsi dire. rayonnent à partir de lui et lui sont inhérentes (p. mais qu'elle se trouve être organisée et strucrurée avec un minimum de constance et qu'elle conduit à I'identification d'un objet (c'est alors seulement que la les recrutant au cours des rencontres occasionnées par ses autocinèses. reconnu. otr. lo).+r). L'image. Si I'on a compris que I'image dans la situation motrice primitive pré-perceptive. la conscience non plus. est possible : c'est elle qui le recrute. mais de tenir compte du fait que la perception. recherché. de fait) au cours de la conduite motrice et de I'activité de génération de signaux en direction du milieu qui I'accompagne. identifié. essentiellemenr. le retient.. qui le constitue en objet susceptible d'être perçu. qui assure le sentimenr que l'objet ne change pas de forme lorsqu'on fait varier sa position er donc ce qui . cela même qui paraît absurde et impossible pour la phénoménologie sarrrienne. les objets que ses programmes comportemenraux rendent possibles pour lui (bons ou mauvais objets. Cette anticipation prend la forme d'une projection dans le milieu d'images possibilité dans le sujet une activité locale. dont le contenu est essentiellement moteur (p. lors de la rencontre avec le milieu. mais qu'elle Ie recrute (elle le rencontre. consistance par rapport à elle-même. sous forme d'anticipations de mouvement. donc. 66) au point qu'existe la possibilité de leur comparaison avec des . d'origine endogène.ù. On devra dire qu'elle ne reçoit pas son objet comme dans une donation. " o ébauche de perception r. figure maternelle ou substitut. C'est par elle que la rencontre avec I'objet propremenr dit. n'esr pas rapport statique à l'objet mais sans cesse susceptible d'évoluer. est suggérée. en tant qu'elle n'est pas purement essai et errance. dans ce cas. dans ce cas. puisque I'on se situe avant la perception et la conscience (et I'on échappe aux problèmes embrouillés traditionnels concernanr les relations entre imagination et perception). de n faire naître perpétuellement des ébauches de mouvements qui ne sonr pas des réponses à des stimulations. aucun signal provenant du milieu ne serait reçu comme tel. la vitalité. er qui constituent ainsi le postulat de toutes les conduites nouvelles (p. comme un cercle que I'on fait pivoter sur l'axe d'un de ses diamètres continue d'être perçu comme un cercle et non comme une ellipse b. dans ces conditions. dans la mesure où u elles sont plus générales que les objets individuels o (p. ayanr une srrucrure. ce qui s'appelle perception. qui n'est rien d'autre en quelque sorre que la vie. mérite bien. Il y a ici une réforme profonde qui La donation de l'objet dans la perception a comme condition de possibilité de la perception sera atteinte). C'est. une activité de l'imagination. (p. la conscience qui caractérise la perception comme présence à ce dont la présence s'impose de façon irrécusable) .+o). en fonction de I'activité du sujet selon toutes ses dimensions . I'image intra-perceptive joue un rôle dans o I'effet concepts. sans laquelle il n'y aurait aucune ségrégation des signaux qui peuvent exister dans le milieu er.. le mouvement. lr) . mais la vie. peut-être sera-t-on moins étonné de voir maintenant que I'image peut avoir sa place inévitablemenr. I'organisme. ne peut correspondre à une perception (réception de signaux provenanr d'un objet du milieu). elle est o anticipation de I'objet . et quand le mouvement est organisé. une forme . lz). ni de reprendre un point de vue n associationniste .Mais il ne s'agit pas seulemenr de consrater que la perception d'un objet suppose les faces qui en restenr inaperçues (qu'o. que I'on a observée avant I'existence même de la perception. elle n'est pas déterminée par l'objet (perçu ou quasi perçu). pourrait-elle être éliminée durant la perception.

dans la perception. elle est ce en quoi apparaît une structure de I'objet répondant directement au sujet de la perception. il y a passage à une universalisation de cette possibilité : le symbolisation permet de reconstruire tout le réel de façon objective et calculée et elle peut êffe communiquée comme telle à tous les autres. cette tendance prend la forme d'un analogon du milieu. et même telle qu'un phénoménologue n'aurait rien d'essentiel à lui reprocher). La ségrégation des unités perceptives. si on I'analyse d'assez près. leur classement. leur organisation en une figure et son contour ressemblent à n une induction intra-perceptive >.pnÉspNtarroN porter à la mémoire ou à un savoir général sur la structure de I'espace). À tout. la puissance et I'activité de I'imagination et de I'image. On saisit la I un analogue du monde. Enfin. On ne peut rendre compte de ce qu'est effectivement percevoir sans faire intervenir >oo<t d'imaginer. I'efFet de contour apparaît. condition de I'invention technique. qui sert de fond à " Ia figure de ce qui est perçu et fait apparaître immédiatement la différence par rapport à ce qui est attendu. I'image étant ainsi un processus potentiel d'amplification du donné actuel à tout moment: lors de la phase de la rymbolisation. Il serait encore correct de dire que le contour subjectif est une véritable image intra-perceptiue. Ce sont des cas de n perception différentielle (p. mais est gestaldste. L'Inaention dans les techniques. o ne nécessitant pas un travail après la perception sur des images o. z3o. Mais. ordre de grandeur intermédiaire entre le monde. qui rend possible dele simuler ' de façon rédiste et efûcace. la nécessité d'avoir tvec son objet une relation déréalisante. Simondon. auquel il renvoie ici : quand. qui enveloppe tout et échappe à la manipulation. de rédisation. ou celui du berger qui. même s'il doit pour cela être d'abord possible (dimension ontogénétique de I'invention). lors de I'invention. Le âit et la puissance de la symbolisation et de l'invention technique sont une prcuve irréfutable que I'imagination peut être une fonction de réel. (p. dans la deuxième phase du cycle de la genèse des images. pendant I'activité perceptive. On peut dire que. dans la symbolisation. conduisant à recruter dans le milieu des objets rcmplissant ses attentes programmées. alors on ne peut attribuer à l'image. spontanées. et les éléments. qui sont manipulables. On voit l'importance décisive de la prise en compte de I'invention et de sa liaison étroite avec l'imagination dans la théorie de l'image. Z8) : il y a une image riche et complexe. elle est isomorphe à la représentation du sujet. en quelque sens qu'on I'entende. Elle n'est pas un germe de néant au sein de la perception. mais activité différentielle. il y a possibilité de nÊcrutement de réalité. c'est le cas de la mère qui < voit que son enfant couve quelque chose . elle ne détruit pas nécesSairement son rapport au réel. sans compter. et l€s images sont d'abord motrices. la relation figure-fond apparaît. cette image n'est pas un élément. c'est un point sur lequel Simondon avait déjà insisté dans de fort belles pages du Cours sur la Perception de I'année précédente. d'anticiper. Or. fait apparaître la difficulté de séparer l'activité de percevoir et celle r. < [L]'image intra-perceptive est suscitée dans I'activité perceptive ) avec facilité et spontanéité. l'image est encore ce qui fait que celleJà n'est pas pure passivité.46-47. au-delà des distinctions notionnelles de base. c'est un être effectivement inédit qui peut êûe recruté. à la dimension du sujet de la perception. p. Les premières conduites sont motrices. mais I'activité perceptive la suscite comme exprimant une configuration conforme à la distribution et à la valence des éléments o (on voit clairement que I'analyse n'a rien d'associationniste. La possibilité de se souvenir. elles jouent un rôle décisif comme images n intra-perceptives ). Si I'on doit rendre compte de la possibilité d'une imagination véritablement créatrice. mais instantanée. ou du moins pouvoir en sortir I tout moment. dans son essence universelle. la considération du ncontour subjectif u ou de nl'image associée. surtout. qui mérite d'être relue attentivement.. productrice d'æuvres. Voir G. * . même quand ce contour n'est aucunement matérialisé dans la réalité objective. p. Cours sur la Perception. dans la perception. constitue les formes majeures de cette tendance de I'image à se dépasser. Ensuite. Elle participe à la vitalité de la perception. elle n'est pas non plus donnée par les éléments pris un par un. de symboliser. mais opèrant o à I'intérieur du champ percepdf lui-même. Cette page du Cours sur la Perception '.82) fait apparaître que I'on ne peut sans artifice séparer perception et image dans I'expérience. qui recrute de quoi tendre à sortir du donné. r Cf. c'est à un changement d'ordre de grandeur qu'on a rffaire : dans I'invention effective d'un objet technique. Certaines perceptions peuvent o d'un seul coup d'æil n renseigner sur une situation complexe otr le nombre et I'enchevêtrement des facteurs est trop grand pour pouvoir être perçu (ce qu'on appelle parfois o intuition o) . voit qu'il manque une ou plusieurs bêtes à son troupeau. auquel on peut se rapporter efficacement comme C'est ce qui rend possible à I'invention d'advenir. elles s'organisent entre elles comme un système de symboles.s les phases de ce cycle de l'image. et plus encore capable d'inventer des objets techniques fonctionnant effectivement.

à tous ses stades. 186). [e Jean-Yues Chateau t. Pose cerre théorie. comparable en son déroulement ar. à la première page de sa préface. notammcnt dans les techniques. C'est la radicalité et la cohérence de m signification biologique qui s'expriment dans le fait que I'image y rpparaît elle-même comme une sorte d'organisme en développement. op. passe par l'image. Cependant. comme la voie par laquelle le psychisme vient tu vivant (pas seulement humain). pour les raisons qu'on vient de rappeler brièvement. à la manière dont procède l'évolution vitale selon Lamarck.ry1). le changement d'ordre de grandeur a une portée ontologique (n ontogénétique o). 185-186). Toutefois. I'image mentale n'est limitée par le sujet individuel qui la porte (p. (p. Cctte théorie fait apparaître I'imagination et I'image comme une fonction vitale fondamentale. comme le dit fort justement Renaud Barbaras.. L'image. et I'invention proprement dite prolonge ce mouvement en révélant objectivement ce qui est le régime général du développement des images : n [l]a véritable invention dépasse son but. I'intention initiale de résoudre un problème n'est qu'une amorce. le lien symbolique des imagessouvenirs. < Si l'invention était seulement I'organisation d'un donné. : < I'invention se distingue des images qui la précèdent par le fait qu'elle (. rtr* . de l'imagination et de I'invention que pro- et qui deviennent dans des organismes plus complexes I'objet de fonctions régulières n (ibid. il faut noter que la ( tendance à dépasser I'individu sujet qui s'actualise dans I'invention est d'ailleurs virtuellement contenue dans les trois stades antérieurs du cycle de I'image . les contraintes de cet objet impliquent un plus long détour. cit. comme une paft de l'équipement mental. elle recrute plus que ce qu'elle prévoit. À aucun des trois stades de sa genèse. Pour ce qui est de ceux qui sont propres à I'invention. les classes perceptives qui servent de système subjectif d'accueil à I'information incidente postulent une application universelle . mais dès qu'apparaît un objet séparé. (p. (p. Cette présentation s'est attachée principalement aux problèmes des rapports entre lmegination et invention. Le cours sur Imagination et Inuentioz montre qu'on pourrait en dire autant de I'imagination. n Selon cette théorie théorie de I'imagination et de I'invention présentée ici permet de reisir de façon particulièrement claire et synoptique l'unité thématique ct problématique de la pensée de Simondon. il s'opère à I'intérieur des images et entre elles o un changement de structure qui est aussi un changement d'ordre de grandeur. puisque. dans I'invention. la fonction vitale de la perception et son rapport aux ttructures motrices premières. r8y. c'est de l'être qui est recruté. et auec l'inuention réussie. s'il exprime. reste pas dans l'être vivant. I'attachement du sujet aux situations ayant constitué son histoire. la projection amplifiante de la tendance motrice. sans création d'un objet. mais des phases successives d'un unique processus de genèse. mais enjambe les limites spatio-temporelles du vivant pour se raccorder au milieu qu'elle organise. incorporant aux organismes des propriétés qui étaient laissées aux effets aléatoires du milieu.rx autres processus de genèse que le monde vivant nous présente (phylogénèse et ontogénèse) n (p. du cycle de I'image. dans le sens centripète. et même plus radicalement. dans une ccrtaine mesure. dont elle provient. avant I'expérience de l'objet. esr une hypothèse implicite de déploiement dans le monde . enfin.) r. on pourre se reporter à notre présentation du volume de cours ct conférences de Simondon consacrés à L'Inaention dans les techniques. prépare aussi et surtout I'usage de réversibilité qui le convertit en voie d'accès vers les choses..)'. imagination reproductrice et invention ne sont ni des réalités séparées ni des termes opposés. avanr " même celui de I'invention.pnÉsBNretroN xrorrrr forme de l'unité de I'image. Le Cours sur la Perception fait apparaître la perception ( comme une modalité privilégiée du rapport vivant et donc actif de I'homme à son monde >. cette incorporation à I'univers des choses productibles d'une surabondance d'être n'aurait pas lieu. tend à se dépasser et à sortir d'elle-même. car l'organisation se limiterait à la résolution du problème . l). une mesure plus large qui réalise une incorporation de réalité.

IMAGINATION ET INVENTION fte65ee66) .

L'image mentale est comme un sous-ensemble relativement indépendant à l'intérieur de l'être vivant sujet . qui peut être sa production. à sa naissance. l. au cours de I'interaction entre I'organisme et le milieu. peut surgir I'invention qui est la mise en jeu d'un système dimensionnel plus puissant. tendant à la saturation. I'image. anticipation à long terme de I'expérience de I'objet . le cycle recommence. per une nouvelle anticipation de la rencontre de l'objet. Selon cette théorie du rycle de l'image. comparable en son déroulement aux autres processus de genèse que le monde vivant nous présente (phylogénèse et ontogénèse).a principale difficulté que rencontre cette théorie du cycle de I'image provient de deux sources : . devient symbole. quatrième phase du devenir des images. elle dwient système d'accueil des signaux incidents et permet à I'activité perceptivo-motrice de s'exercer selon un mode progressif. capable d'intégrer plus d'images complètes selon le mode de la compatibilité synergique. enrichie des apports cognitifs et intégrant la résonance affectivo-émotive de I'expérience. Enfin. Après I'invention. De I'univers de symboles intérieurement organisé. mais à des étapes d'une activité unique soumise à un processus de développement. mais des phases successives d'un unique processus de genèse. imagination reproductrice et invention ne sont ni des réalités séparées ni des termes opposés. I'image est un faisceau de tendances motrices.PREAMBULE Ce cours présente une théorie : les aspects de l'image mentale qui ont fourni matière aux discussions et aux études déjà publiées ne correspondent pas à diftrentes espèces de réalités. lorsque lc sujet est à nouveau séparé de I'objet.

à une situation.. enfin dans le souvenir. chaque symbole tend vers I'autre symbole. la formule de la chose.rrr. L'image-symbole peut emprunter le secours de la matérialité des objets : un n souvenir ). elles prennent sens par leur réunion. Une clef sans serrure. a donné quelque chose de lui-même à cette réalité . . sortanr terre . comme dans le rite des relations d'hospitalité. et aussi plus essentiel. *:'i :{r : çomme symbole-souvenir.encore d'une maison dans laquelle on a vécu . le tableau noir existe . Le signe est. endogène.. Le même mot d'image paraît être appliqué à des réalités différentes lien entre elles. comme aniicipation. sa réunion sans vide à I'autre fragment authentifiait la relation. les deux symboles. Parmi les souvenirs. il faudrait dire. . et ultérieurement dans l'inrrentiôn. Le rapport qui existe entre la clef et la serrure est de cette espèce. partiellemeni-dans la Ia chose nommée. En fait. ce qui veut dire qu'un symbole est un fragment d'un tout primordial qui a été divisé selon une ligne accidentelle . z. les symboles vont par paires. il prend sens par la réunion avec son complémentaire. il implique une tendance à la reconstitution de I'unité primitive..r. dans l'anticipation. . qui s'ajoute à cette réalité. leur action sur le milieu n'en a pas moins de force. soit fond?es par une ressem- Dans l'étude de la genèse des images. :J. ils n'en prolifèrenr pas moins.ip. parce que les àcultés ont été définies d'après les tâches dominantes *nii. er surrout dans celle du symbole-souvenir. . est un mode d'accès au tout . fragments d'objets . les symboles étaient les deux fragments d'un objet unique scindé par rupture.o-p1. La relation du couple humain est ainsi interprétée par Platon comme reconstituant I'unité primitive de I'androgyne complet (mythe du Banquet). tous images.r. mais de monrrer que. se retrouve quand le mot de symbole signifie critère de ralliement. d. o. imagination. ne serait-ce qu'un fragment de métal venant d'un champ de bataille. situation d'anticipation. Plus matériellement. "pér. relative à la rectitude des dénominations. ou. Le symbole. ce qui caractérise I'image.. qui sont complémentaires. mais rien ne nous prouve que même dans les cas les meilleurs la prise de conscience épuise toute la réalité de cette activité locale. chaque famille conservait et transmettait à ses descendants le fragment reçu.-percevoir.rt . Ils tirent leur sens de I'image-souvenir mentale.4 IMAGINATION ET INVENTION pnÉetvlnulr 5 r. Enfin. ' aux trois moments du temps correspondent perception. un terme supplémentaire. ou (( perception ). Initialement. tend vers le milieu où se situe son répondant. I * i8. c'est la psychologie des facultés qui crée un barrage conceptuel. entretient avec le symbolisé une relation analytique . par rapprochement. ayant participé avec force à une action. et plus unirreisel. et permettre en quelque mesure de la réactiver . il ne s'agit pas de ramener toute I'activité mentale à l'image en cours de genèsè. le symbole est nostalgique. les symboles. par là on peut comprendre la valeur des objets symboliques qui concrétisent I'image-souvenir. existe une activité locale faisant du sujet un véritable générateur de signaux servanr à anticiper. au contraire. Ce sens primitif. en revanche.. ce qui ferait du signe le chiffre. enfin à conseryer et à ( reclrcler o dans laction les signaux incidents venant du milieu. on peur laisser de côté la-question du Cratyle. ou une serrure sans clef.t . nous nommerons symboles les images-souvenirs qui résultent d'un échange intense entre le sujet et une situation. ils se rattachenr à un soubassement qui les porte après les avoir préparés. le sujet.. sans blance intrinsèque ou une analogie entre la structure du signe et celle de I {. une relique (la partie vaut le tout). d'institution conventionnelle. d'un grand danger. tel est le souvenir d'un combat. se rappeler. mais cette activité existe aussi bien en présence de I'objet (dans la perception) qu'avant I'expérience. pour le sujet humain. là est la principale diÊ ficulté. comme un drapeau pour un ancien combattant.t par lui-même sans le mot qui le désigne . Le mot d'image est généralement compris comme désignant un contenu mental dont on peut avoir conscience. un reste. selon les cas. on peut supposer au conrraire que les aspects conscienrs de I'activité locale sont des cas d'affleuremenr presque exceptionnels qui se rattachent à une trame conrinue .e des champignons qui ne produisenr pas certe partie visible. le Symbole des Apônes ou le Symbole de Nicée sont des professions de foi réalisant la coïncidence mentale d'une pluralité d'hommes et écartant I'hérésie.orrt p". apparition conscienre de I'image est effectivement possible. pàrtée par le mycélium plus durable. qui peuvent être soit arbitraires. mémoire.rt ""iil d. ne sont pas des réalités complètes . reconstituent I'unité primitive . n symbole o. cfu ( désirr. c'est qu'elle est une activité locale. puis à recevoir. elle permet de le susciter. permettant l'authentification de tous ceux qui appartiennent à un groupe . qui est aussi le sens fort. qui est réellement le symbole. comme la partie visible du champignon. un point important de terminologie mérite d'être éclairé pour éviter des confusions : celui du rapporr entre signe et symbole. par rapport à la réalité désignée. tËll. car en cerrains cas. il conserye une image qui est assez intense pour être comme un fragment de la réalité de la situation. où I'on brisait une pierre.. puis au cours de la relation perceptivo-motii.

Par contre. car il rattache les images au sujet qui les produit. Mais pourquoi exclure comme illusoires les caractères par lesquels une image résiste au libre-arbitre. car il suppose que les images mentales procè- dent d'un certain pouvoir. CONCRET ET ABSTRAIT. le terme n imagination ) peut induire en erreur. expriment une activité qui les forme. selon l'expression de Sartre. Cette rédaction se présente comme symbole du cours. un lambeau de vêtement pris à une personne sont un fragment de l'intermédiaire de la relation symbolique. Le symbole n'est jamais flatus uocis . il suppose un réalisme implicite. C'est une attitude courante chez les penseurs contemporains pour qui I'image renvoie à une n conscience imageante D. Même sans matérialisation adjuvante. sont la base des voults seryant aux opérations magiques . les images mentales peuvenr être employées comme voults. au livre YI de l'Odyssée. et supposent peut-être I'existence d'une fonction qui les emploie. une simple mèche de cheveux. et tend à exclure I'hypothèse d'une extériorité primitive des images par rapport au sujet. il est précieux. à distance. et se présente d'elle-même selon ses forces propres. renvoie à la o psychologie des facultés o .6 rrraecINetIoN ET INvENTION en lesquels la partie vaut le rout et communique avec lui. PASSÉ ET AVENIR I. refuse de se laisser diriger par la volonté du sujet. OBJET ET SUJET Le mot d'n imagination cependant. sa réalité et permettent d'agir sur la personne. L. . au moment où Athéna apparaît à la jeune princesse pour I'inciter à aller laver les vêtements sur le rivage oil Ulysse . habitant la conscience comme un intrus qui vient déranger I'ordre d'une maison où il n'est pas invité ? L'aspect d'indépendance et d'objectivité de l'image a frappé les Anciens : Homère. par INTRODUCTION A. représente le songe se tenant au chevet du lit de Nausicaa.IMAGE CoMME nfuulÉ INTERMÉDIAIRE ENTRE OBJET ET SUJET.

si nous croyons voir bouger les figures de rêve. manifeste. Elle n'est pas non plus du réel vulgaire et quotidien. contre I'unité personnelle. en particulier). le remplacement temporaire des absents par leur colosse. Le songe. . Par les images. C'est seulement à partir du XVII'siècle que la description des images en termes de subjectivité s'est imposée..8 rrrmcrNenoN ET INvENTIoN TNTRODUCTTON 9 aborde en naufragé. au conrraire. Toute image forte est en quelque mesure douée d'un pouvoir ântomatique. qui ne reçoit pas de stimulation intense . On la densité des images du monde numineux. Dans le calme de la nuit. L'image qui envahit le sujet esr une apparition. habitant le sujet et se développant en lui avec une relative indépendance Par rapport à I'activité unifiée et consciente ment sponranément dans I'atmosphère (vapeurs. au-dessus de I'ordre des réalités quotidiennes . elles sont comme des monades secondaires habitant à certains moments le sujet et le quittant à certains autres.. des Cerbères. respecte Ia charge d'extériorité et de relative indépendance des images par rapport au sujet. CONCRET ET ABSTRAIT L'image n'est pas une réalité sans forces. elle peut être plus forte que lui et changer sa destinée par un averrissemenr ou une interdiction. mais elles peuvent aussi apporter la réserve de leur pouvoir et de leur savoir implicite au moment oùr des problèmes doivent être résolus. dans les situations contraignantes. la vision de l'esprit est semblable à celle des yeux. renforçaient par des perceptions cntièrement objective et objectiviste. livre I$. 2. Les simulacres émis jadis par des objets ayant cessé d'exister peuvent se conseryer et s'unir les uns aux autres selon les hasards de leurs courses vagabondes . mais parce que nous recevons un grand nombre de simulacres successifs représentant des attitudes progressivement variées. une intention. de désirs ou de crainte. Malebranche se défiait du pouvoir des imaginations fortes. une réalité qui n'a pas sa source dans le sujet mais qui. En fait. statue qui était honorée comme celui qu'elle représentait. de besoins. Elles peuvent être.it p"r p"t.r'. I'erreur du rêve consiste ieulement à attribuer une vie actuelle à I'objet qu'ils représentenr. faibles et anciens. elle révèle. déclare.. intenses. ils se soudent les uns aux autres. ce qui restitue I'impression de mouvement. explique par des causes physiques commenr de nombreuses images se for- pourrait supposer que ce caractère à la fois objectif et subjectif des images traduit en fait ce statut de quasi-organisme que possède I'image. un germe de dédoublement. ces simulacres. appétit et mouvement. Mais. et ne posséder qu'un faible < pouvoir idéo-moteur . avec les figures de rêve qui I'animent. avaient noté combien la pompe des grands apporte de prestige à ceux qui s'entourent de gens d'armes et de tumulte. Les simulacres qui produisent les rêves existent réellement. mais elle traduit bien et concrétise cer aspecr de relative extériorité de l'image. Les rites d'évocation (néhuia). nuages semblables à des géants ou à de hautes montagnes). . - . Z6Z-IZ6). Spinoza a décrit la servitude humaine et a trouvé dans la connaissance inadéquate que donnent les images un des principes de cette servitude (voir l'analyse de la jalousie. elle est du o numineux . elles n'obéissent pas avec autant de souplesse à I'activité de la pensée. car il savait combien l'image intervient dans la conduite de la vie. mais a une charge de présage . il manifeste un pouvoir. vient à lui et le recherche. Pascal. etc. Contenant en quelque mesure volonté. pleines de danger. peuvent émouvoir l'âme. Lucrèce (De Rerum Natura. car il oriste des groupements. Montaigne. dans la méditation et le recueillement. les images interviennent avec force. qu'elles vivent actuellement (IV. elles conservent une certaine opacité comme une population étrangère au sein d'un état bien organisé. sans efficacité ni conséquences . L'intensité des stimulations sensorielles et des réactions spontanées apporte un pouvoir moteur à I'image de la justice. d'images en devenir. les images que la conscience admet peuvent n'être pas virulentes.. donnant des Centaures. dans l'action. elles apparaissent presque comme des organismes secondaires au sein de l'être pensant : parasites ou adjuvantes. la vie mentale contient quelque chose de social. n'est pas seulement ce que nous nommerions un événement subjecdf . comme le fantôme esr dir passer au rravers des murailles. la représentation des disparus par des images.. car elle peur se surimposer au monde de la représenrarion objective et de la situation présente. des Scyllas : le Cenraure provient de la soudure des simulacres provenant d'un cheval et d'autres simulacres provenant d'un homme. à mi-chemin entre I'objectif et le subjectifl La croyance aux fantômes er aux spectres esr peut-êrre un vestige dégradé de la relation au u numineux > . bien que les êtres dont ils sont issus aient disparu . même quand ces aspects concrets sont seulement évoqués et non perçus. comme des toiles d'araignée ou des feuilles d'or. on ne peut les gouverner que de manière indirecte . Mais il est important de noter que les plus rationalistes des philosophes anciens onr essayé d'expliquer par des causes physiques ce caracrère d'extériorité de l'image plutôt qu'à le nier. de la force armée. les images ne sont pas aussi limpides que des concepts . Une telle explication. stables ou mouvants.

un trait de physionomie ou un détail vestimentaire attire l'attention : ctcst I'espion. l'Anglais est pour un Français un voyageur en @stume à carreaux. Ce phénomène de causalité cumulative a joué un rôle important dans l'établissement des stéréotypes des diverses minorités. les perceptions provoquent un enrraînement par la situation . I'image est un échantillon de vie. I'agent secret. cst mangeur de grenouilles et d'escargots. enfin des conrenus affectifs et émotifs . une distance moyenne. synthétise en quelques traits des charges morrices. elles ne correspondent pas au concret pur. parce que chaque image a un poids. le Français. tandis que la pensée conceptuelle les en sépare. Fauconnet. les camarades). son air taciturne. un certain niveau d'instruction. ces images expriment différents degrés de la distance sociale : le degré imaginaire de saleté corespond à l'éloignement.. Ies Femmes dans les civilisations patriarcales. mais non des concepts ou des perceprions. de certains détails vus ou entendus). les choix professionnels prédéterminent un certain mode d'éducation des enfants. et que I'on peut peser et comparer des images. On peut choisir une activité en pensanr à I'image du train ou de I'autorail qui nous permettra d'aller dans la ville où I'on doit exercer cette activiré. les images prennent tour leur relief vital er amènenr la décision . . ou n le vilain nom qu'il porte >. les peuples proches (par exemple les Anglais vus par les Américains) sont considérés comme propres .. affectives.IO IMAGINATION ET INVENTION NII Dans les rapports entre nations et ethnies interviennent les clichés ou images stéréotypées que I'on nomme en anglais < stereotypes o (voir cnquête de I'UNESCO). a montré comment s'efFectue (surtout dans les sociétés primidves) l'attribution de la responsabilité. de pureté. la charge affectivo-émotive de ces images devient prépondérante. car elle est assez abstraite pour dégager le sujét des situations prégnantes et assez concrète pour fournir un échantillon ayant chance d'être fidèle. elles expriment lussi des attitudes. et des idéaux définis . une certaine force. ou plus généralement d'émotion. à leur tour. sont perçus comme des n Don Juan o. actuellement les adolescents dans nos sociétés : la crainte et la haine des adultes les immobilise dans un rôle étroit. il faut être à une certaine distance du réel. d'un accusé. ce qui implique. La meilleure situation pour le choix est celle qui permet la formation et I'usage d'images réellement mixres. mais elle reste partiellemenr abstraite à cause de l'aspect lacunaire et partiel de cet échantillon. purement mentde et subjective à l'origine : c'est ce que montre Gunnar Myrdal dans l'importante enquête sur le statut des Noirs aux États-Unis .) qui sont des amorces d'activité en suspens. et de telles représenrations jouent un rôle déterminant dans I'organisation de la conduire. Chez I'enfanr se constiruent de telles représentations semi-concrètes des personnes qui vivent à moyenne distance (les éducateurs. le semi-concrer de I'image comporre des aspects d'anticipation (projets. En ce sens. er c'esr pour cela qu'elle permer le choix. des conrenus cognitifs (représentation du réel. au bout de quelques rycles d'échanges récurrents allant de I'image au réel et du réel à I'image par la perception. en cçrtaines régions des États-Unis. et cette fois de manière objective. En temps de paix. l'échantillon de vie que donne I'image de chaque profession envisagée possède des éléments d'anticipation (élan vers les voyages. seule I'image est en fait régulatrice. il se produit un phénomène de causalité cumulative qui finit par faire exister comme attitude réelle et étet social objectif le contenu d'une image stéréotypée. un moyen de refus : elle calcule et montre les inconvénients. en devenant des modèles. dans son ouvrage sur La Responsabilité. Dans les situations d'urgence et d'inquiétude. cognitives. I'auteur cite également des Ertes du Moyen Âge énonçant comme présomptions supplémentaires dc culpabilité < la mauvaise mine . les conséquences lointaines . par rapporr à I'objet. car. Les réalités trop purement quotidiennes er concrères ne peuvent devenir aussi ôrtement normatives : nul n'est prophète en son pays. I'image de I'ennemi se pose sur n'importe quel individu dont (exemple de ceux qui exercenr certe profession. comme les Juifs dans les pays chrétiens d'Occident. ces images ne sont pas des perceprions. pour choisir..). Grâce à cene synrhèse qu'opèrent les images. ces représentations semiooncrètes expriment de manière statique des allures perceptives assez caricaturales : le Français est en Allemagne un n Monsieur décoré qui ne Le cheminement vers la liberté commence avec la connaissance selon l'ordre des causes. C'est aussi un . des données cognitives rait pas la géographie. ne pas se trouver déjà engagé . avec de grandes dents. I'image primitive s'est réalisée et trouve dans l'état social assez de justifications pour se stabiliser. La pensée abstraite est surtout un frein. les moyens deviennent homogènes aux fins. et matérialise n l'image du jeune ) que se font les adultes. I'image. les préjugés qu'ont les employeurs ou logeurs Blancs sur les qualités et défauts des Noirs prédéterminent la possibilité ou I'impossibilité de telles ou telles conduites (par exemple les professions) . vision de l'avenir). modèles). enfin un retentissement affectif (impression de sécurité. En fait. pour I'Anglais. comme intermédiaire entre I'abstrait et le concret. recherche du pouvoir. En certains cas. En cas de guerre ou de conflit. également abstraites et concrères. des craintes: les Français.. Dans le choix d'une profession.

fait de conscience mais aussi ob. I'image est une résulttnte. les monuments' les objets techniques.12 IMAGINATION ET INVENTION TNTRODUCTION r3 phénomène de causalité cumulative qui a stabilisé pendant des siècles I'image de I'esclave antique. Par ses traits particuliers. Le vêtement. si le produit est vendu au distributeur. l'emploi des matières plastiques dans les vêtements). et des queues de tigre à accrocher aux voitures). déposée dans la t[ode. mais par I'usage qu'elle fait de la mode en tant que faisceau d'attitudes manifestées et rendues perceptibles. au contraire. rend vulnérable . richesse. préserve conrre la pluie ou le froid. tout ce qui intervient comme intermédiaire entre sujet et objet peut prendre valeur d'image er jouer un rôle de prothèse à la fois adaptatrice et restrictive. représentation cognitive. Le vêtement intervient comme sélecteur. le commerce crée des conditionnements donnant une existence imaginaire à des produits qui ne portenr pas en eux de caractères assez nets pour déterminer le choix. jusqu'à ce qu'ils ffouvent l'occasion d'être réassumés et déployés jusqu'au stade imaginal en se trouvant réincorporés à une invention tccents. mais elle est aussi un germe : elle peut devenir une amorce de @ncepts et de doctrines. I'aft. le masque. pour bonasse et pacifique qu'il soit. I'allure de la mode féminine selon Courrèges n'implique pas les mêmes valeurs que celles de Chanel . des phénomènes rcls que l'évolution de la mode ne sont nullement superficiels. les costumes des corps de rnétiers tendent aussi à disparaître. Toute image est suscepdble de s'incorporer à un processus de récurrence matérialisant ou idéalisant. provenance étrangère) qui se surajoutent à leurs caractères propres. De nos jours. Mais la valeur imaginale de I'intermédiaire entre sujet et objet se reporte sur les indices de niveau de vie. comme réalité intermédiaire entre I'abstrait et le concret' entre le moi et lc rnonde. comme le masque de théâtre qui immobilise I'expression de la physionomie mais donne à la voix une grande portée. va aussi du r{cl objectif au mental. L'étude de l'imagination doit opérer une recherche de sens des objetsimages. devient institution. Même en dehors du sujet.iet. il reste possible de le colorer (Azur) ou de charger d'images le distributeur luimême (le tigre Esso. un produit ou un objet sonr tour habillés d'images (niveau social. n'est pas seulement mentale : elle se matérialise. c'est I'emballage qui est porreur d'images (cas des poudres à laver) . mais développe et amplifie les possibilités retenues. un aspect transitoire de superstructure . produit. rffections et émotions. avec un ruban tigré enroulé autour du tuyau. quand il le veut. le tigre que I'on met symboliquement dans le moreur. mais aussi le mode d'accueil des images concrétisées en objets. lles images expriment des faits gociaux et économiques (par exemple. ou. est diffusée aussi bien par les réseaux commerciaux que par les o mass media n diffusant I'information. Qui va du mental au réel objectif par les processus sociaux de causalité cumulative. ils sont porteurs de signifiGttions latentes. mais dès qu'elles sont matérialisées et objectivées. Pour cette raison. Volontairement. ce rôle prothétique restreint le nombre des possibilités. chaque personne apporre les données concrètes qui la rendent reconnaissable. Presque tous les objets produits par I'homme tont en quelque mesure des objets-images . tels que la mode. car il adapte à certains gestes. un certain style de vie . la découverte de leur sens. Si I'on peut considérer comme action I'ensemble des échanges économiques. non pas seulement cognitives. I'image devient source dc perceptions complexes éveillant mouvement. une personne choisit un groupe d'attitudes.'on ne pcut les ûaiter comme une pure résultante. les objets-images sont presque des organismes' ou tout au moins des germes capables de revivre et de se développer dans le rujct. se propagent et se reproduisent à I'état néotdnique. En effet. le rôle joué par I'image dans la décision apparaît aisément . mais aussi conatives et rffcctivo-émotives . ils se multiplient. Des phénomènes collectifs. c'est-à-dire de la . impliquent I'existence du caractère semi-abstrait de I'image. par la coupe des vêtements. parce que I'imagination n'est pas seulement I'activité de production ou d'évocation des images. quand le produit est vendu emballé. de limites. jusqu'à la forte prise de conscience de Sénèque. comme I'essence. en un senc. lui donne une intense epecité de propagation . à travers les échanges et I'activité des groupes. et sur des détails tels que la coiffure. l'azur esr couleur du ciel. le personnage mettent I'organisme à une distance moyenne des choses et stabilisent le rapport au monde physique et social en le médiatisant. une expression' un épiphéàomène. les déformations professionnelles ) attirent moins I'attention qu'au XVII' siècle (comédies de Molière) . de possibilités. la même personne affirme son appartenance à un groupe er son adhésion à un ensemble de normes partiellement conceprualisables et abstraites. est capable de bondir. Son caractère intermédiaire. En ce sens. les images içnprègnent les civilisations et les chàrgent de leur force . cllcs constituent aussi une charge et introduisent une tension qui détermine partiellement le devenir social. les particularités du langage. Chacune de ces images se développe en éléments moteurs et affectifs . cur le véhicule. les o nouvelle. La causalité circulaire. interdit d'autres gestes. I'image. I'individu esr perçu comme moderne ou traditionnel. En adoptant une mode définie.

elles aboutissent dans l'état de veille raircnnable à un équilibre mutuel. il existe . a servi à la perceptior à.t entre passé et avenir. dans la parure ou le vêtement. tierce réalité cntre I'objectif et le subjectif. peut tendre vers le souvonir. mais par I'effet des réducteurs de I'image.r. ou technique. et en suscirant à nouveau leur plénitude imaginale de réalité inventée et produite.r I5 perspective pour elles d'une nouvelle existence. nessÉ.tt. soit purement mentales.rrrr. en les remettant en invention. de sauuer Li phA nomènes en les réinstallant dans le devenir. L'image est le substitut de la sensation. éventuellemént. C'est cetre charge d'invention qui peut revivre quand I'objet-image est redécouvert et analysé. L'analyse esthétique et I'analyse technique vont dans le sens de I'invention. sous les Ëpèces d'une reviviscence de sensations complexes. Le concret de la réalité inventée n'esr pas. L'image et la sensation correspondante ont des effets égaux et semblables. soit matérialisées en objets-images. esthétique. sa réalité d'image Get alors paradigmatique : elle permet de comprendre d'autres réalités connexes avec lesquelles elle s'articule et dont elle est solidaire. tandis que la sensation antagoniste est le réducteur spécial' Le polypier d'images qu'est I'esprit est ainsi comparable au polypier de cellules qu'est le corps : les cellules sont en interaction les unes par rapport rux autres . en effet. le moins stable en apparence. est invention réelle dans la mesure où le vêtement intègre en unité des disponibilités économiques et des normes opératoires_ou perceptives : les bottes blanches d'hiver et les manteaux imperméables de même couleur correspondent à la disponibilité de matières plastiques synthétiques teintées dans la masse. par l'approfondissemenr de I'image qu'ils recèlent. pour tous les rerrains et tous les ciels. la prise de conscience ne suffit pas. tous les sens ônt leurs images. I'image. au moyen. I'objet-image. réincorporation efficace au monde . prothétique. en asrronautique . ce qui veut dire qu'ils se déclarent comme objets prothétiques pour I'extérieur. mais dans les cas les plus fréquents cette hallucination est détruite par les ænsadons antagonistes. et se manifester surtout comme une réftrence au passé.du passé qui s'amenuisent avec les nent des souvenirs larvaires. esr un næud d'actualité [é1u réseau des réalités conremporaines .. plus ou moins timidement. Toute véritable et complète découverte de sens est en même temps réinstallation et récupération. la mode vestimentaire par exemple. Cet aspect a été rndysé par Taine. L'existence des différentes catégories d'objets-images. phénoménologique. ainsi que par les souvenirs et jugements généraux.rté. Pour la vie individuelle. mais aussi à la recherche d'un haut àegré de perceptivité dans de mauvaises conditions d'éclairage . L'objet-image esr un véritable intermédiaire enrre concrer et abstrait quand il condense plusieurs fonctions en unité (s'il corres- pond à une seule fonction. d'une-transposition : ce qui.nt une redécouverte du sens de ces objets-images en les percevant comme organismes.. les vêtemènts sonin opticalisés. les images aussi .. ET AvENIR Le mode complexe d'existence et de proliferation des images signalé par de nombreuses métaphores appartenant aussi bien au domaine viwnt qu'au monde non-vivant (cristallisation) fait des images. machines entrent en obsolescence et Jevien. il reste abstrait) et emploie des solutions qui h rattachent au réseau des réalités contemporaines . puisque ce genre de réalité a pour sens de se manifester et d'imposer sa nâture d'image.. instrument d'activité mentale plus maniable que la sensation elle-même' .. qui forment par leur cohésion un corPs de réducteurs auxiliaires. ce n'est pas dens son contenu ou son mode propre d'apparition. le tiavail en usine ou sur les chantiers. rectiûant Promptement I'illusion qui accompagne I'image et se développerait en hallucination. appelle un mode particulier d'analyse que I'on pourrait nommer. sociale. pour le vêtement de ville et d'intérieur. en effet.14 IMAGINATION ET INVENTION . car les organismes n'ont pas seulement une srrucrure connaissable. une analogie entre les vêrements bordés de blanc et les balisages ou repères que lùn emploie en aviarion. au sens propre du terme. ils tendent et se développent. pour le sujet individuel comme pour les tlouPes. vêtements et ceux des ouvriers travaillant sur les routes. car elles opè.. pourrait être repensé selon des normes de perceptivité ayant un sens fonctionnel pour la circulation sur les ro.rni p"r. arbitraire et subjectif comme un mouvement de fantaisie individuelle. non comme vêtements de ville ou d'intérieur. c'est-à-dire en ellemême. ce qui assure la stabilité chromatique. rangs sociaux et des grades. fantômes vestiges des civilisations disparues. Si I'image est différente de la sensation. il tend vers I'universel parce qu'il est plurifonctionnel. des intermédiait. psychologique. L'image comporte toujours une hallucination plus ou moins longue. ordinairement moins énergique et moins précise que la sensation proprement dite. Les objets-images æuvres d'art' vêtements. 3. C'est une tâche philosophique. dans I'ouvrage intitulé De I'intelligence: :une image Gtt une sensation spontanément renaissante.

ce qui meurt renaîtra.orri moins effiàces. à un mode nouveau de réalité. couvée o. ou long terme : il existe des-spécialistes en prospective spéciarisée.opposée. Ce qui est détruit reviendra. Les nécessités de la prévision à bng term. I'image complète de la mort déclare et prophétise I'annonce d'une naissance.rpé. Le sang des martyrs est tcmence.l ( veaux.h.. jusqu'au bris du pot-àJait. reprend de vieux rêves. I'in.emploi de I'image comme souvenir: dans I'anticipation. et l'. permet la _De prefiguration d'un avenir proche ou lointain. c'est-à-dire sa fonction prophétique. s'écrie que Dieu lui rendra la vie et le fera renaître. techniques. gui répondent aux légendes d'Icare et à I'aventure prométhéenne.u voyage manière. comme les estampes qui repréienrent des scènes h'istoriques. prticulièrement dans I'acte prophétique.'anciennes images-objets.. pàur l'homme. il a jeté sur la foule ses intestins arrachés.nid"nr la mesure où I'image mentale se matérialise non seulemenr par les processus de causalité" cumu- par son sens er son mode de déploiement.tive dans le domaine collectif (entreprises. . La prophétie comme image verbale accompagne et exprime ce cycle souterrain qui va du passé à I'avenir comme d'un Automne à un Printemps. ûn des premiers témoins. exemple à suivre pour les autres générations :_l'image-souvenir veut se réincarner . .. l'image est la base de I'anticipation. un rcfuge pour le désir d'éternité. il est rrès rare que I'imagination soit puremenr repro_ d'ctrice ou purement créatrice. Pour la vie collective.rer. c'est ce pouvoir qualitatif cette physis qui donne I I'avenir sa véritable dimension comme développement en cours..précisém.r"leurs. La mort prépare une naissance. le recours à I'avenir était empreint d'une fortË ch"rge affective . À llrrr forte raison. ainsi que dans _ I'opération ircrificielle. communiquent et se prêtent brcc. prothétiques.. dlc ajoute à la prospective une force u proactive D' Une forme bien ancienne et oubliée de I'image est celle des religions. il ne s'agit pas seulement de voir mais d'inventer et de vivre : la t{ritable prévision est en une certaine mesure praxis.r. Ia fiction scientifique est une des voies par lesquelles I'image tltrouve son pouvoir d'avenir.à-*. du désir..a . esr souvenir autant qu'invention. Pour prévoir. en &hors et au-dessus des rationalisations prospectives. qui sont surtout des drapolations. schématisée autremenr que I'ancienne. comme nous le trouvons dans les romans d'anticipation. le futur est annexé par le savoir. condent l'écho d'aspirations anciennes. saisi par avance selon I'aspect cognitif et émotif. . au moment oir. un nouveau visage de la vie.rr. et fait en une certaine mesure violence au présent pour I'amenei à s'ouvrir vers un avenir de reviviscence. .. cochons. Ce qui manque à la prospective pour être Urc réelle anticipation.rt didr. L'aile. de l.. déjà matérialisées dans d.. assure cette continuité de l'acte fidèle à son progrès . L'activité d'andcipation . voire natiâns) corresponà l t" fonction des projets et des anticipations rationnelles à court. cet efFort de rationalisation collective du regard leié sur I'avenir esr une des caractéristiques du monde . les réducteut. le temps commence à s'organiser comme Itopace . tout au moins en domaine écotromique et démographique. mémoire autant qu'anticipation. et se projette vers I'avenir . L'anticipation. Et. _ Cependant. moyen.rrt.orr. . Les religions sont pourtant des modes d'être selon lesquels prrsé et avenir.. était devenu matière de science. r*llement anticipé.ssai syrrrbàftque de solutions aux problèmes prévus. selon la ponée envisagée. L'image.. et il peut se produire une proliferation amplifianre comparable à celle que La Fontaine décrit dans la fable oùr pirrette voit àe. nouvelle vie. p. cette évocation préiente des idéaux] véhicules d.-por"in : au siècle dernier.. l'image incorpore du passé et peur le rendre disponible pour le travail prospàctif. G émotive.< jusque ès signes célestes )). déjà exsangue. la dimension dtrvenir restait mythique et recélait un recours voilé à la transcendance. tendance au développement de I'acte déjà commencé. gonflé d'espérance. mais aussi selon les voies d. qui agit brutalement comme réducteur. coloré de I'idée sociale. La douloureuse consommation du passé prépare une renaishnce. et.. pour I'action ont introduit la rationalisation dans la dimendon d'avenir et en ont chassé le mythe. l'invention est si fortement tendue vers I'avenir qu'elie donne l'existence. avec les historiens scienthtes. non pes seulement supputé. cependant.r. elle apporte avec elle la sous-jacence d'une anticipation. comme les anticipations du vol humain et d. L" prorp. à son tour.16 IMAGINATION ET INVENTIoN TNTRODUCTTON r7 lative. réserve d'émotion orienlê liée à un savoir. Dans le livre des Macchabées.r".rtion créant des objets-images esthétiques. elle Glt I'image du monde réel saisi dans sa tendance et poussé plus loin. ce qui se Gorrompt refleurira en un immense cycle. u. mais non de véritables inventions.r. ou du vouloir. à travers I'image constituée.. I'image retrouve sa dcnsité et sa force qui la porte vers I'anticipation de I'avenir collectif. Seul le passé. ou_les images d'Épinal qui proclament la légende de l'épopée napoléonienne. Et I'on peut penser à la parole n si le grain ne meurt. L'imagination des artistes et des écrivains peut préformer un nouvel état social. prêt à mourir. L'érrocatln du passé . polià et formalisée par le souvenir actif. hors du sujet. il n'est plus le champ privilégié & I'optatif.

le retentissement affectivo-émotif achève I'organisation dci imag. et à l'état libre. croissance er développement manifestenr des étapes èt des cycles. i perpétuellement intermédiaires entre leur passé et leur avenir: ils sont aussi bien des véhicules d'expérience et de savoir que des modes définis d'attente. Ensuite. dans I'expérience percePtivo-motrice. surtout chez les organismes complexes. puis à un état final de liaison systématique et nécessitante où les éncrgies primitivement cinétiques sont devenues des tensions d'un sys!èrne. elles s'organisent et se stabilisent en groupements intérieurement corrélés celon les dimensions du rapport entre I'organisme et le milieu. elle marque la fin d'un cycle et le début d'un nouu. et aussi de rournures de langage. d'évocations et de cornmunications . HypoTHÈsn ou DyNAMrsMr cÉrvÉrrquE DE L'TMAGE: PHASES ET NIVEATIX Les études d'ontogénèse ont montré que les processus de croissance ne couvrent pas de manière uniforme tous les organes et systèmes fonc- tionnels d'un être vivant: il existe des déphasages de chacune de ces croissances partielles par rapporr aux aurres. B. son intensité peut donc varier a co1g préadapte. de statues. paiailleurs. le rythme de conflagration et de déflagration. ses modes d'accès complexes. par un changpment de niveau. de formule comme les proverbes qui sont de véritables images verbales (comparables aux slogans) : ces images assurent la continuité culturelle des groupes.". I'invention opère un chan- Ne peut-on supposer. tnticipation. que les images menrales sont comme des sous-ensembles structuraux et fonctionnels de ceme activité organisée qu'est I'activité psychique ? Ces sous-ensembles pourraient ainsi posséder un dynamisme génétique analogue à celui d'un org?nç ou système d'organes en voie de croissance. L'invention pourrait alors être considérée comme un changement dbryanisatioz du système des images adultes rarnenant. I'activité mentale à un nouvel état d'images libres renaisPcrme$ant de recommencer une genèse: I'invention serait une noude nnce du cycle des images. ce serait. il se fait un véritable monde mental oir se trouvent des régions. les images deviennent effectivement et directement fonctionnelles . dans ces conditions. l'cxpérience. le rerour de la Grande Année. après cette étape d'interaction avec le milieu correspondant à un tpprentissage. Enfin. puis une nouvelle systématilrtion interne et symbolique. des points-clefs qualitatifs par lesquels le sujet possède un analogue du milieu extériear. et il serait possible de distinguer essentiellement trois étapes : d'abord celle de la croissance pure et spontanée. comme une anticipation non contrôlée par la référence externe à l'expérience du milieu. comme le chemin vers le haut et le chemin vers le bas chez les philosophes grecs anciens. De tels processus sont très apparents au séparés par des périodes de cours des métamorphoses de certaines espèces vivantes. mais ils existent aussi dans le développement organique tement humain. permettant d'aborder le milieu avec vtlles anticipations d'où sortiront des adaptations qui n'avaient pas été possibles avec les anticipations primitives. l'équivalent des étapes . et I'ontogénèse du compor- cmbryonnaires de la croissance organique. les images rubiraient des mutations successives qui modifieraient leurs relations llutuelles en les faisant passer d'un statut de primitive indépendance mutuelle à une phase d'interdépendance au moment de la rencontre de l'objet. et des vitesses diffërentes. elle port evec les coordinations héréditaires de mouvements éthologiques ont révélées . matérialisées sous forme de dessins. chaque cycle comportant trois phases : l'anticipation. Elle montre des pré-adaptations mais non des adaptations. cycle. Chacune des phases de la genèse de l'image peut être mise en rapPort lvec une activité ou o fonction o dominante : Avant l'épreuve de I'objet apporté par le milieu. se développe ici pour elle-même. d'outils et de machines. est riche en éléments moteurs endogènes . dans l'image. Autrement dit. embryon d'activité motrice et perceptive. chaque image.I8 IMAGINATIoN ET INVENTIoN INTRODUCTION r9 Cet ordre de tierce réalité n'est ni pleinement perceptible ni entièrement conceptualisable: l'étude de I'image doit en ce domaine se compléter par l'évocation des mythes du devenir. l'image devient un mode d'accueil des informations venant du milieu et une source de schèmes de réponses à ces stimulations . ayant lui aussi ses contraintes. et même la notion de Némésis. anrérieure à I'expérience de I'objet à laquelle I'activité fonctionnelle se gement de niveau. Une part de la réalité des groupes est faite d'images. et sonr : { 'i t. la systématisation. Autrement dit. de vêtements. des domaines. si bien qu'il est malaisé de préciser le momenr où un organisme arrive à l'état adulte complet .. ir topologie. I'image. transition ou s'effectue une dédiftrenciation suivie d'une réorganisation. de monuments. c'est-à-dire sans corrélation étroite avec les autres sous-ensembles de I'organisation psychique.s selon un mode systématique de liaisons.

ùn souvenir est une véritable image a posteriori quand il se manifeste avec une prégnance er une intensité qui lui conftrent un pouvoir organisateur . Mais on doit noter que tout souvenir n'est pas une image.F i g # $ s long terme des conduites.t . traduit la spontanéité de l'organisme et la préexistence d'une activité d'anticipation se déployant avant l'expérience. ne pouvant plus accueillir d'expérience nouvelle. la résonance. au lieu de le conserver comme principe inconditionnel d'intelligibilité du devenir. 3 'I' Une telle hypothèse générale de la genèse des images pourrait conduire à une interprétation dialectique (l'image a posteriori a les caractères d'une synthèse). se manifester à l'état séparé sous forme d'erreurs ou d'illusions mais qui. est une organisation analogique de symboles . on pourrait dire qu'il s'agit ici.20 IMAGINATION ET INVENTION t. le sujet conserye er détient en lui un analogon de la réalité extérièure qui peui se matérialiser en caricature. perpétuellemenr appropriée et réadaptée à la situation. Cet univers oir les mouvements. Après la perception. p€rmet de la faire renaître. plus o puissantes >. comme changement de niveau. ces modes d'organisation étant autant de n logiques u qui peuvent fournir des points d'appui à la pensée réflexive et systématisente. un état de système oir se conserveni. c'est en ce sens que I'on peut parler d'images a priori. et qui engage cet organisme dans les situations selon des catégories telles que la relation au prédateur. Autrement dit. ou vital : c'est celui qui implique la participation de tout I'organisme comme moyen d'ac$alisation. mais I'aspect dialectique des rapports entre I'organisme et le milieu n'est qu'un aspect partiel du processus de genèse. n'esr pas nouvelle en psychologie.Àt la catégorie des images-souvenirs. le monde des imagessouvenirs réalise un véritable univers mental. I'anticipation est en ce sens une préexistence des coordinations héré- . ou plutôt constitue les bornes et les voies d'un univers mental polarisé et tendu. Le niveau primaire peut être nommé biologique. condensent à la fois le mouvement spontané endogène de I'anticipation à long terme qu'était I'image a priori et la pluralité hétérogène du. d'un souvenir. on peut penser qu'une étude approfondie des rapports entre I'organisme et le milieu permettrait de comprendre I'origine du schème dialectique et par conséquent conduirait à le situer. il devient nécessaire de définir les principaux niveaux auxquels peut se situer la genèse dynamique des images. capables de surmonter les incompatibilités éprouvées. ajustée à la strucrure des objets sous forme de schème pré-perceptif ou intra-perceptif. Cetre anricipation à court terme. Par cette image qui conserve une densité objective et contient une référence à I'altérité du réel éprouvé. Dans la relation directe au milieu. au partenaire. la conserve avec son réseau de forces et de tendances. comme peut-êtrè dans celui des à i: '. ne peut se produire et développer un nouveau cycle. dans cette irnage a posteriori. antérieure à I'expérience. L'échec du changement de structure de I'univers des symboles se manifeste dans des modalités pathologiques lorsque I'invention. et se présente comme échantillon d'une situation plutôt que comme souvenir d'une expérience. habituellemerrt. sont devenus des forces et des énergies d'état en suspens selon le mode potentiel. il a un pouvoir qualitatif. en voult. Si I'invention opère un changement de niveau. rê. et la prédominance des éléments moteurs primaires dans cette activité est à rapprocher du fait individus. c'est l'efFet affectivo-émotif.perçu afipoitée par I'expérience. . est marquée par la prédominance des contenus cognitifs. I'image est alors le point remarquable qui se conserve quand la situation n'exisre plus ..rrt inaperçues parce qu'elles sont au service de I'activité perceptive. comme anticipation que. En ce sens. . à le relativiser.-. I'expérience est déjà la phase antithétique correspondant à la relation la plus serrée entre I'organisme et le milieu. dans le développement des espèces. liés à des structures exogènes. à la proie. c'est surtout comme affirmation d'une succession progressive des modes d'organisation des images à travers les diftrentes phases. jusqu'au mode hallucinatoire d'apparition et d'action (cas des Leerlaufreaktion en éthologie : ce sonr des aitivités à vide). Cette synthèse à proportions égales d'énergie endogène morrice et d'information venue du milieu est un symbole concret de la relation enrre le sujet et le milieu.. en cerrains cas. que le sujet doit modifier sa structure pour trouver des dimensions d'organisation plus vastes. qui prend la place prépondérante . Si l'idée d'une évolution dialectique peut être conservée. Par analogie er extension de vocabulaire. en æuvre d'art. p"rr. la motricité précède la sensorialiré. la phase thétique.:T INTRODUCTIOI\ de motivation. avec la capacité de reviviscence des situations à partir de l'évocation de I'image. l'image fournit I'activité locale qui est un mode d'accueil des informations incidentes. et efFectiv. il condense une situation. ce souvenir particulier est un point remarquable qui a un sens pour une topologie du système de l'expérience passée en train de s'organiier . c'est lorsqu'il est saturé. ce mixte particulier ï représente un point d'insertion de l'activité mentale dans le milieu. La densité émotionnelle et le faisceau de nuances qualitatives qui s'incorporent à ce souvenir particulier constituent une charge. il est une source de réactivation des attitudes. on pourrait parler d'irnages a lraesenti qui peuvenr.

informé par l'activité locale qui lui confère I'unité. q. la situation réciproque de la matière et de la forme est comparable à celle de I'apport exogène d'information incidente. de désir. animée par un transfert analogique de niveau en niveau. I'activité locale produisant les images ne serr plus de mode d'accueil à des catégories primaires d'exisrence. à la perception de son étar présenr. si la logique implicite des images a priori fournit le modèle primitif d'une réflexivité intuitive tandis que celle des images intra-perceptives est I'amorce d'une systématisation inductive ou déductive. impliquant une participation de tout I'organisme. par exemple. Ce même niveau formel d'activité se manifeste selon la modalité de I'expérience présente par une schématisation abstraite de la classification. trop peu stable pour servir de paradigme. de I'aliment. d'état de besoin éprouvé. .rrt centre actif de spontanéité er rayonnant vers la pluralité des situations ou des objets. Le niveau secondaire. il développe un analogue mental de ce cession ou de l'évolution . elles supposent comme source d'intelligibilité et de développement un éprouvé complexe. par I'intuition réflexive. de I'attitude d'ascendance ou de soumission pour les espèces sociales. ne vise pas seulement à faire apparaltre la relativité de l'intuition. situations selon les modes primaires du danger. réflexif.22 IMAGINATION ET IN\'ENTION INTRODUCTION 2J ditaires d'actes instinctifs comme I'agression. dans l'application du schème hylémorphique . p"r-. I'image proprement psychique est le symbole affectivo-émotif de I'objet. Ce complexe mémoriel est un repère pour I'organisation de la représentation du milieu. venant du milieu. mais à montrer qu'aucune de ccs trois systématisations ne recouvre de manière complète I'activité d'invention. avec ses valences. une expression rypique avec une certaine intonation de I'interlocuteur. conrenant I'association d'un trait représentatif et d'une modalité de réaction du sujet. de la pro- dimente la structuration des figurations et des mythes à signification collective large . tandis que I'usage a posteriori rappoft primaire. pris comme exemple non limitatif du niveau formel de cette activité. Dans l'expérience. avec un enchaînement d'images qui préparenr la rencontre de l'objet. l'image a priori apparaît sous forme d'intuition motrice. elle suppose qu'il existe un objet. La résonance est faite surrour d'apprentissages intenses mais limités à des situations rypiques comme les réalise le phénomène de Prâgung étudié par les éthologistes. Par exemple. l'image sert ici d'insrrument d'adaptation à l'objet. s'identifie à la source unique et inconditionnelle de la projection. le sujet. au lieu d'être l'éveil d'une activité instinctive. À un niveau de formalisation moins élevé.. à la saisie diftrentielle ûne des signaux incidents . ayant son origine dans des situations historiques. L'expérience perceptive est dirigée par des formes ou < patterns o innés correspondant à la saisie du r*r à. la doctrine de Plotin. il subsiste comme image quelques mots. se manifeste sous forme de motivation er d'anricipation consciente. la fuite. il serait possible d'orienter l'étude de l'image vers une analyse des contenus culturels. que I'on peur nommer psychologique. Il peut exister enfin un troisième niveau de I'activité des images que I'on devrait nommer formel ou. L'esquisse d'un rattachement des modes réflexifs à I'activité des images. le monde des images a posterizri paraît bien être le principe des réflexivités amplifiantes. d'une conversation.'il opère des systématisations effectuées du point de vue du sujet dominant son rapport au milieu.. De telles intuitions se rrouvent au principe de doctrines philosophiques comme le platonisme. de plan d'action. en ce sens. L'anticipation. de la rencontre du partenaire. bien que ce terme ne soit pas pleinemenr satisfaisant. chez le sujet. Comme anticipation. il remonte idéalement à l'origine absolue de I'existence actuelle et de I'expérience. ou de la pensée dialectique. du discours. comme on la voit à I'Guvre. au lieu d'engager directement I'organisme dans chaque situation de rapport au milieu. de schème de projection p"rt"ni d'r. mais à la reconnaissance et à l'analyse de I'objet. Enfin. implique dans I'activité locale constiruanr les images une participation plus spécialisée du système nerveux . ou celle de Bergson avec I'idée d'élan vital . capables de refaire idéalement la genèse des événements et de I'histoire à partir d'un nombre limité de repères dotés d'une valence particulière I c'est ce tyPe d'organisation des image s en analogoz de l'univers qui intervient dans les pensées philosophiques de rype dialectique . en un certain sens. Après I'expérience. au monisme de I'intuition a priori s'oppose en ce cas la per- manente dualité des deux principes hétérogènes saisis ensemble . er non pas seulement une situation. l'activité a priori des images se déploie dans lcs différentes espèces de pensée initiatique. à I'appréciation des variations et des differences. et opère une anticipation pure. unie à une valence affectivo-émotive définie.

se réfléchit ou se réfracte.h"rrg.r.Le développe- si la vie des synchronisations dans le devenir génétique des images mentales r. uitr"rrt après l'inrense activité du jour. impression de liberté dans la phase inchoative du .ioir de la vie. CHAMPS D.. Dans l'élan de l'être jeune.. c'est pourquoi on dit que la nuit porte qU.s situations âc h vie. est commun à ces deux phases. Et pour aller jusqu'au bout de I'hypothèse analogique. tele qu'elle existe d'ans le tlavai].éc. une dimension sociale. Le déclassement actuel des vieillards a pour corrélatif un affaiblissement des modes prophétiques de l" p. du renouvellement. er senr quii . L. éprouvant . L'image que le lujct a de son activité et même de ses projets est le reflet d'une situation. correspond au contraire aux images les plus directemenr insérées "temps dans. c'est le moment oir-l'iniividu r..t ceNÈsn DES IMAGEs est comparée à une journée dont la jeunesse serait le matin. remplacée par une pluralité de prospectives pratiques.e unique.invention.rrâ l'anticipation de l'activité.rNDr_ VIDU Dans la Narure.r."ppoir aux objets .. parce four nouveau.nt conduire leur tribu vers la terre promise. mais oir le plan du ionstruit tient compte du donné. cent. . c'cst parce que le caractère de liberté illimitée du pouvoir moreur. syNcHRoNrsATroN AVEC LE RyTHME NycrnÉ. esr celui d'un parallélisme au moins partiel de I'ordre des événemenrs et de celui de i'activité du sujet..t I'origine de ses conduites. mais le rôle prophétique du vieillard s'ajoutait dans I'Antiquité à la possession de-la iagesse. les situations ancienne-Jrrt o. au momenr où le sujet renonce partiellement à I'activité insérée. prenant.niée collective et de I'usage officiel et public de la divination.ss.qui implique une réfërence au réel er une prépondérance des éléments cogttitifr. sous forme d'honneurs et de titres.-ent de cycle où s'opèrent parfois les changements de . se récapitule quand I'action cesse ou se relâcÀe."i d"nr 1'adaptation réussie de la maturité. . les images qui sont des projets. La relation directe au milieu.APPLICATION DE I. conduisant à voir les situations sous un images et des visages' et le passé se systématise....I'expansion L'alrernance des jours et des nuits module plus ou moins profondément (selon le type de vie. Le sujet organise sa relation au réel comme un territoire où tout n'est pas construit. qui iont des inventions majeures ou mineures. 2. plus fortement les motivations qui le portent à l'action. c'est-à-dire à se màttre en accord phénomènes "rr.24 IMAGINATION ET INVENTION INTRODUCTION 25 CÉT. de la journée se projettent comme les rayons qui divergent à partlr d'u. l'évocation invâlontaire du passé peut prendre assez de relief pour faire surgir comme spectres I'imaç des êtres disparus . principe àes aniicipations. peut-on observer ? conseil. Plus tard. la journée et. . I'objet apparaît avec une organisation dont la ligne ne prolonge pas toujours celle du projet anticipateur. imaginée selon les lignes du désir. L'IMAGE À r'ocrÉRIEUR DE L. n priori. sont celles du souvenir. on observe que les activités rycliques tendent à se synchroniser..'1.Âment éprorirées s'évoquent et reprennent vie. l. des amorces de réalisation .. . Les"chapitres en sonr des rnent de I'individu fait apparaître et successivement diverger à partir d'une commune origine une pluralité de pouvoirs qui sont autant de pOstulats de rencontre des objets. prémédité. il faudrait dire que la vieillesse correspond à la possibilité de l. fruit d'une longue expérience. plus largement. foyer et source : I'action futur.TÉ- C..uÉner amplifiante du projet. Les images du soir. enfin..r. autant d'anticipations -de. & l^ rencontre des objets réels se profile et stordonne dans ^od._ Les patriarches Savai. cc. après le repos et avanr le début de l'action dominent les anticipations du mouvemenr.. Au contraire... voulu. récurrenrs qui sont susceptibles d'interftrer avec eiles.. la vie. LA vIE coMME cYcLË DE r. comme moyen de communicarion et de réévocation postfacto des rctes fondamentaux de la vie.À. la nuit est le d. Il n'en va pas ainsi dans nos sociétés.Ë1o. la perception . Chaque journée prend partieileÀent l'apparence d'un cycle complet qui entraîne une variation conrinue de la prédominance de telle àu telle catégorie d'images.A NOTION DE CYCLE TIeuE DE L'IMAGE. mais eussi une résonance subjective et une force magique dans la conscience de soi. ligrr..rr.) I'activitéïumaine.elle fait apparaître des solutions qui ne paraissaient pas contenues dtns I'univers de la veille. lc meilleur . I'illimité du vàuloir projette pour la vie entière I'enveloppe de toutes les réditgs possibles.rrt^I. le degré d'urbanisatiàn. le faisceau des actes potentiellement projetés æ diffirse. la première lueur de l'aube chassJtoute cette foule des images du passé.. laisse la première place aux images-symboles. dans I'expérience du réel éprouvé comme limite ei comme obstacle. L'unité de I'intuition morrice .ré. s'ordànne en ensembles selon une topologie affectivo-émorive nuancée de regret ou de satisfaction. e-rt ima[i. 1. fait selon un plan.

dans la phase primitive. 4. I'année a été bonne ou mauvaise. ou même de traiter le monde comme une réserve d'images. I'art n'y est plus spectacle mais substitut de la réalité sous forme de symboles qui sont des pseudo-objets . Mauss a indi[ué la manière dont la vie des Esquimaux est changée lorsque la longue nuit polaire ramène la vie collective avec ses rires et ses cérèmonies. Alors. de l" jeuness. . . elle est consommée. selon une logique de la participation.rlt.. elle consacre la gloire des héros et pousse à I'action élevée. arts. l'action se détend.. qui est comme re matin du rycle de I'année..oÀplir. selon une perspective de projection vers l'avenir. c'est-à-dire non Pas une manière de percevoir. I'année vieillit. puis de déclin correspondent directement au fonds commun d'images constituant les cultures. plus cumulatives.trË d. le début de l'année était à pâques.r. ésotérique. comme les poèmes de Tyrtée.s'évoque le souvenir des morts. de maturation.emblent supposer que . des images a priori. les sciences pures ont bien une naissance. et introduisant à une connaissance initiatique. LE CYCLE DES IMAGES ET LE DEVENIR DES CIVILISATIONS de tend vers I'unité du hic et nunc approfondi qu'on nomme I'universel .. la vie collective a subi dans le passé et conrinue a-ctuellement à subir le contrecoup des saisons soit selàn le rphme du travail agricole soit selon I'alternance du travail et des loisirs. tendues vers I'action. . Par contre. I'exploit. .r..'". D. le travail se roralise sous forme de récolte faite. à"r.ntr. Jors que l'été est le temps de I'isolement et de I'activité individuelle.les régions tempérées et plus encore dans les régions circumpolaires. Des expressions telles que u I'auror. dans le monde. I'Automne. sans qu'il y ait d'ailleurs une coÏncidence nécessaire entre chacune des moàalités en évolution (religion. Jadis.rir. constructrices d'un réel objet. ceci signifie sans doure que les formes de culture soumises à un devenir cyclique sont celles qui impliquenr une réel ordonné et aménagé. produisent un univers - -. perpétuellement présentes dans la vie comme sens des rapports humains au niveau moyen. c'est le monde du roman. est à dominante aristocratique et sacrée. un achèvement selon la subjectivité. le àéveloppement du conrenu des cultures.temps du renouveau. le printemps. Pascal comparant I'humanité à un homme unique qui apprendrait toujours et n'oublierait jamais. mais non doublé.tt. elle se désacralise. classique. puis décadente) par lesq_uelles passenr les differentes modalités culturelles... célébrant I'acte. un univers complet.nées. Le 15 aofit esr comparable au momenr de midi et à la pleine maturité de la vie. les cultures classiques posent des perceptions.. est permet d'échapper luins' allure historique I'emorce d'une fissure les. Dans norre mythologie. celui du réalisme du travail. Enfin. classique.. les formes culturelles se détachent de la vie réelle comme un double qui la masque. Enfin l'Hiver apporte en sa dormance I'aftente d'une renaissance. p.26 IMAGINATION ET INVENTION TNTRODUCTION 27 3.Ë. du désir. âË t" science gr€cque ) ou ( le crépuscule des idoles n .métaphores analogiques du jour et de la nuit. læ premier est la prépondérance.Été.ee logie des saisons rejoint celle des âges de la vie et des heures du jour. Autrement dit. pÀ1. au lieu de célébrer les hauts faits ou de susciter les forces qui poussent à agir.. "rr. et de la vieillesse. parce que ces cycles ont plus ou moins profondément synchronisé _rous . . classique. Tout ce qui. on peut trouver deux traits dominants.. au midi de l'année. elle donne le spectacle de I'action en train de s'accomplir . comme I'art de Pindare et d'Eschyle ou comme nos Chansons de Geste . de l'action en rrain d. Dans. du romantisme. une culture trouve dans les images de la légende des situations actuelles et communes.). o. Dans la succession des phases primitive. au lieu d'inciter à I'action ou d'instaurer des perceptions d'un d'images qui habille et masque le monde sans adhérer à lui. quand les cultures sont dans toute leur for. de.r* 1o. mais elles sont plus progressives.. on peur se demander si la notion de cycle ne permer pl"s d. alors que les cultures à leur àé. selon une logique de l'identification. L'IMAGINATToN ET LEs sAIsoNs forte charge d'images mentales . de valeurs élevées.1. La mytho3a1lu. comme la nuit . de I'imaginaire comme un second réel.rrdre compte de la succession d'étapes qui se manifer. la période post-classique recherche les images affectivo-émotives intenses.rr. et servant de normes à la connaissance et à l'action individuelles. poignantes .. décadente. les cultures archarques sont centrées eutour de I'action. mais une façon d'éprouver les images apportées par I'art. elles sont essentiellement plastiques. s'appliquent en une certaine mesure aux successions historiques_de phases (archa'r'que ou primitive. de l'élan..est le. roites étés.*poraire l'une des trois phases du rycle des images. elle est rèaliste parce que sa modalité est le présent de I'actuel complet. correspondant à une vision positive du monde. comme le note la genèse des images er sonr vus à rravers la pÉdomin"rr. . les processus de croissance. à Ia forci de l'âge : c'esr la culmination dans I'image poétique de nMidi.lin. il se crée dors une esthétique. cett. Les valeurs esthétiques deviennent dominantes et constituent En faisant un pas de plus vers le caracère collectif de la genèse des images.

. les symboles prennent sens selon la perspective d'une vie antérieure imaginaire. cai la troisième étape n'est pas celle de la positivité qu'Auguste comre découvre dans ra loi àes troir lt"t. perception. lrnrueLISATIoN Dire que la motricité précède la sensorialité. a'i*"g. souvenir symborique seraient ainsi res trois modalités fondamentales du contenu d'images constituant la base des cultures..r. diftrentes en cela des sciences. c'est à I'occasion d'activités . l.. La notion d'objet mériterait d'ailleurs d'être analysée avec précision.)r- A. qrr...il produit: il construit des ruines. . par opposition à I'activité plastique.t. pnBvrrÈns PARTIE .r. Les recherches de Jennings sur les organismes les plus simples montrent que les réactions (conduites en présence d'un objet) sont précédées par des spontanéités motrices existant avant la réception de signaux caractéristiques d'un objet. CONTENU MOTEUR DES IMAGES L-IMAGE AVANT L EXPERIENCE DE L OBJET ) . Chez les espèces les plus simples. car elle correspond à un mode de relation entre I'organisme et le milieu qui suppose un degré assez élevé d'organisation de la réception des signaux. DONNÉES BIOLOGIQUES: COMMENT I-A MOTRICITÉ PRÉcÈpn I-A SENSoRIALITÉ r.tio1.r"irràt .i . c'est affirmer que le rchème stimulus-réponse n'est pas absolument premier. mer au passé ce qu. et qu'il se réfère à une situation de rapport actuel entre I'organisme et le milieu qui a déjà été préparé par une activité de I'organisme au cours de sa croissance. . priicipes nouveaux. changent de structure^. L'art esthétique. A.. savoir esr progressif et continu alors qu'après chaque rycre les cultures se désorganisent.28 IMAGINATION ET II\TVENTION à la perception pour entrer dans I'univers affectivo-émotif . C'est cet p. AspECT pHvLocÉuÉrleuE : LE oÉvnroppnurNT DE r-e uornrcrrÉ pnÉcÈns cELUI DE I-A sENsoRIArrrÉ .od. d.. "ri Platon chasse de la cité.éro.

encore très primitifs. de manière finalisée et économique. elles ne constituent un moyen efficace de recherche que dans un milieu supposé homogène sur de grands parcours... comme tentative .et_conservent donc une pan impoit"t t.-. il se peut que les'.lle*. dont le . thèse. de petite taille_.h.o.de la représentarion analogique du milieu. ou avec les conduites l-ro--é. c'est I'inverse qui se produit.Âenrs er leur permettre de s'effectuer utilement. que les perceptions d'objets peuvenr apparaître' chez les espèces supérieures. organisme er milieu. et aussi plus constants . parce que Iéq.nt les conduites autocinétiques sont dangereuses puisqu'elles peuvent porter I'organisme à. La relation perceptivo-mo. .t t perceptif est beaucoup plus pauvre q-u'il ne faudrait pour dirig. mais non polarisée par le milieu . moteur des changements de structure que l'être vivant peut apporrer à son organisation les activités finalisées de recherche ill.nombre de mouvements qui n'aboutissent à rien. Le hasard ne se manifeste pas seulement.rté et de hasard.ra.du système mais se trouve intégrée à I'organisme sous forme d'une capacité possédée par le système ..rrt.. même si elle disparaît ultérieurement d. celle des initiaiives de I'organisme qui va à la rencontre du milieu. -o.. .. et qui constituent ainsi le postulat de toutes les conduites nouVelles.r. dans I'occurrence des stimuli provenant du milieu et apportanr des informations. mais ne réalisent pas une adaptation. d.ronà.r:.rerveu* hi.. homogène._ dès. adaptée. et qui est la première forme de I'image a priori. activités spontanées.-ents qui ne sonr pas des réponses à des stimulations.. de réponse à un objet soient beaucoup plus fréquents q. les tropismes eux-mêmes.r par Jennings " auoiding reactions o.r* de faire naître perpétuellement des ib".t au milieu avec une série complexe de possibilités de conduites déjà prêtes . l'équipement moteur est en avance rur l'équipemenr sensoriel. -o. selon ce-tte hypo_ nirait I'aspect le plus primitif de ce que deviendra la genèse d'images anticipatrices dans les organismes possédant un systèrne . . sans directivité marquée dans Natur. les conduites spontanées sont une anticipation p.r. essai fictif qui ne conduit à I'acte qu'après la réception de repères perceptifs permertant d'assurer l'ajustement au milieu réel. il se déploie aussi. base de l'invention."* des oiganismes tres élémentaires. existaient chacun comme source primordiJe d.rà-. De telles conduites manifestent I'existence d'une activité locale qui. photocinèses). correspond I'acdvité local^e. l'anticipation endogène venue de I'organisme.errière d'objet. qu'interviennent des-discontinuités. à I'intérieur de I'organisme. alà t. comme le sont en général les .. l'activité qui se manifeste dani les mouvemenrs browno'rdes àes organismes inferieurs. Et I'on peut supposer que chez les organismes supérieurs c€tte sponranéité anticipatrice se conserve mais est intégrée à factivité du système nerveux sous forme d'une source d'iniltiatives. mais chez les espèces inftrieures.. d'une fonction de nouveauré endogène.t caracère autocinétique de la conduite primaire dË I'org"nir-e. second acte d'un drame dans lequel les déux piotagonistes.. les images de mouvements seraient .ra"rr.-. les conduites spontanées d'anticipation ne peuvent être adaptatives que si elles resrent virtuelles.rip.r. C'est seulement avec les pathies.rrr.. le centre de gravité restant fixe). mais encore na*.st errentiellemenr moteur.la rencontre d'un prédateur. i. les mouvements brownoides et les cinèses sont plus primaires que les tropismes. ..ru . dès qu'apparaissent de véritables objets et non de simples gradients.. "n Contenues dans le système nerveux au lieu d'être effectivement réalisées les unes après les autres. à partir d'une source endogène. . four- Dire que la motricité précède la sensorialité dans le développement des espècËs. qu'apparaît une Véritable réaction à un objet. en effet.rtement centralisé et fortement télencéphalisé.iontinue à fournir la base des anticipations. rappà. c'esr affirmer que les êtres vivants les plus primitifs font un grand. des schèmes de conduites prêtes à se réaliser.lo IMAGTNATION ET TNVENTTON CONTENU MOTEUR DES IMAGES 3r spontanées.orrt.o-port. manifestent les mouvements brownoTdes (comme le montrent les observations de Viaud sur le mode de dispersion d'une population dans un milieu .r-"n.. Nous supposons donc que la première forme de I'anticipation avant la relation de I'organisme à I'objet est I'ensemble d'activitès faisant de I'organisme un système auto-cinétique . sur le modèle des conduites perccptives. une orientation... c'est la rencontre de ces deu* nourreautés qui fait la relation perceptive: au faisceau de signaux. nécessaire des perceptions. ou dans les conduites d'essais et d'erreurs. non-réactionnelles. à.rrr. cette activité est seulemenr ralentie ou accélérée par les conditions du milieu (thermocinèses.rt. nouveauré exogèné.iti. e^fficacement. . de toutes les tentatives Provenant de I'organisme et lui permettant d'aborder activemenr l. cela conduit à penser que cette avance de l'équipe-e"t moteur se conserve avec le développement. Ils constituent une réaction à des agents plus qu'à de véritables objets.

Il existe ainsi une séméiologie dei corporelles propres à chaque espèce. Genz a observé de jeunes Bondrées apivores qui. préadapté à un objet. cà. comme sur un nid imaginaire. nécessairement des réactions à des objets ou à des situations réelles . De tels schèmes moteurs soulignent les rêves. façon de progresser. mais aussi une préparation à I'action. Lorenz et de I'objet et d'anticipation des réponses Tinbergen ont montré que les coordinationqhéréditaires ne sont Pas il possède son propre corps . elle esr une initiative organisée.. Même pendant la veille. mais aussi par les schèmes de comportemenr: manière de boire. si les éléments du système d'action.rr gratuit. des mouveÀ. . et si la motivation est très forte.o. virtuellement utilisés. Une espèce esr reconnaissable non pas seulemenr par la foime des grganes. les ont découvertes' Or.r. fuir.Àbl. de sauter. est une véritable anticipation pratique de sa présence et même de sa structure . assez Particuliers à chaque espèce. il existe donc une véritable base biologique de I'imaginaire. les mouvements propres à la capture des abeilles.rrr. le nombre de griffes. le rassemblement agressif. . Les émotions. Le cri d'alarme. . dans la colère.. cn captivité. poirrg. les situations étant improvisées.. la conduite des parents envers les jeunes comPortent des coordinations d'actions qui font image et peuvent être compris par etc. de saisir un objet. Existe-t-il une base biologique d. "ttitudet moins complètement. si la motivation est fort€.. Ces découvertes sont importantes pour une recherche de I'origine des images de mouvement' car elles montrent que l'organisme possède une réserve de schèmes complexes de conduite pouvant être activés de manière endogène. comme programmes partiels des comportements. et ils peuvent. en particulier. se lever. de ramper. se cacher. selon son système dtaction. mais servir d'instrument à un mode primitif de communication par les mouvements.r. maiche. accomplissaient à vide. LE sysrÈME D'ACTroN coMME BASE oNTocÉNÉrrqur DEs TMAGEs MOTRICES 3. gui ne sont pas seulement un retentissemenr.. I'action imaginée avec force est accompagnée d'anticipations motrices qui sont son conrenu organique lè plus constant : phonation esquissée. De plus. antérieurement à I'expérience de I'objet. ne peuvent guère fournir la base d'une saisie directe du sens des conduites par d'autres espèces. sous les espèces drr système d'action. Lucrèce les a notés au cours du sommeil chez les chiens.rt . les rites de pariade. mais le fondement de I'activité étant fourni par ces schèmes que l'être possède et qu'il peut à rour momenr susciter. il y a là une base pour I'activité locale d'anticipation. comme Darwin I'a montré : rétraction des lèvres qui découvre les dents pour préparer à mordre. schèmes de conduite aussi nertement définissables et ayanr une valeur taxonomique aussi nerre que la ôrme des phanères. les coordinations héréditaires dépassent souvent en généralité l'espèce qui les manifeste. contractions musculaires.ô--. Le mouvement.r. I'anatomie d'un orgaÀisme. etc. comme s'il était dans une situation. le mode de leur agencemenr.2 IMAGTNATTON ET rN-TENTrON CONTENU MOTEUR DES IMAGES l' 2. une consistance par rapport à elle-même. lorsque les motivations sont suffisantes . comme structure. comportent des anticiparions motrices mettant en jeu des éléments du système d'acrion. attaquer. espèce de langage naturel interspécifique. L'organisme. il n'est besoin d'aucune stimulation pour que le programme instinctif se déroule. une faible stimulation externe suffit. anticipation des conduites possibles. I'action instinctive peut continuer à se dérouler en vertu d'un ordre complètement endogène.tr-. qui est l'équivalent dynamique et cinématique de ce qu'est.rr. Il manque seulement à cette action les composantes taxiques qui l'adaptent à l'obiet réel lorsqu'il est présent (cas du roulage d'æuf chez I'Oie grise). qui peut aller jusqu'à un jeu -ot.r. leur taille relative. LES cooRDINATIoNS rrÉnÉonernns D'ACTIoNS DANS LES TMAGES MOTRICES une anticipation ne peut être seulement une initiative. oculaires. séquences dont l'être vivant possède le programme en lui-même. Les modalités de I'objet correspondant aux coordinations héréditaires ne sont pas précises. après déclenchement par un itimulus.. comme I'organisme peut. ayant une structure. Aux séquences élémentaires du système d'action s'ajoutent des coordinations héréditaires faisant partie des activités instinctives telles que I'observation courante. ces processus mettent en valeur très particulièrement la spontanéité du système nerveux et le jeu de la motivation. sous forme de préparation des situations de renconrre d'autres espèces.. fournir un contenu aux anticipations. plus ou conduites avant de les appliquer à . Ces schèmes d'action existent donc dans l'être vivant . puis les études éthologiques.. jouer à vide ses un objet réel . sans présence d'aucun nid d'Abeilles à déterrer. au cours desquels on note. faire fa. pourtant' il existe une certaine préfiguration de I'objet spécifique correspondant au déclenchement des activités instinctives. Enfin.. si bien qu'elles peuvent non seulement alimenter des anticipations. en ce qui touche à I'anticipation des conduites morrices ? Oui.t. il postule I'objet.rt d. d. une forme. Râber l'a étudié chez le Dindon mâle élevé dans . serrés.

des éducateurs' et peut-être du socius en général.même si leur espèce n'a jamais savent nager sponranément. la mise en jeu du développement perceptif sous forme ". Mais on p. il importe de noter que I'image de la mère. un comportement est déjà virtuellement prêt. le phénomène de Prâgung (imprinting). coup de foudre. même si ultérieurement ce contenu est transformé par une élaboration complexe. des images de vol. elle a ses lois propres. et ne résultent pas de I'influence du milieu. Le cadre des coordinations héréditaires est probatlement trop étroit pour permertre d'expliquer la genèse et le contenu de toutes les images à contenu essentiellement mais il montre que ces images peuvent avoir un conrenu antérieur à une perception définie. dans le cas des coordinations instinctives .rrr. d'après les récits anciens des tentatives réelles de vol. L'importance des coordinations héréditaires est d'aurant plus grande que la relation au stimulus spécifique peut être relativement aléatoire. Au sujet des images du vol.t d'exercice et d'apprentissage impliquant réftrence aux objets. tour en restant conjecturale. doit répondre à certains signaux spécifiques). mais on peut se demander si.t nent de la perception des oiseaux. sous une forme schématique et fruste. . qui fait partie de son système d'action et intervient dans ses coordinations héréditaires. mais très importants dans la locomotion humaine (le saut et l'élan) étaient incorporés à ces anticipations . la mise en jeu endàgène de comportements instinctifs en I'absence du stimulus adéquain'amène p". On peut se demander si de telles périodes sensibles où se réalise une < Prliguag o n'existent pas aussi chez I'homme dans le cadre des conduites instinctives (passions. Cette réalité autonome des conduites virtuelles est une base organique d'anticipations. Cependant.. que des schèmes de mouvement inessentiels chez les oiseaux. mais la perception du stimulus o mère o n'est pas du tout sélective . c'esr le cas. un chien. la relation devient plus sélective (la n mère. préparé par une course.r. et constitue I'une des bases des images motrices. sont pris comme u être à suivre o . induite pai l'anticipation motrice.5 . les premiers essais de vol ont utilisé le saut dans I'air. il demande seulement un support objectif. un homme. Il existe donc certains <patterns o perceptifs jouant le rôle de stimuli déclenchants. qui ne sont pas tirées de la perception. consé- quences d'expériences primitives faites sur la base d'anticipations ins- tinctives.r. n'est pas une séquence de réactions . sloNreNÉIrÉ oBs ANTIcIIATIoNS MoTRIcES AU couRs DE t'oNTocÉ. est surtout I'anticipation d'une conduite . Jung a donné une interprétation de ielles images en supposant que l'évolution avait laissé subsister dans les espèces supérieures des images provenanr de formes vivanres apparues à âes stades antérieurs de l'évolution (par exemple le dragon. un objet noir aplati sur le sol amène au contraire la conduite précopulatoire.J4 IMAGINATION ET INVENTION CONTENU MOTEUR DES IMAGES 3' I'isolement. en ce cas. Carmichael) montrent que le développement moteur peut être contemPorain du déveloPpement perceptif mais qu'il ne lui est ni postérieur ni subordonné étape par étape . Elle pourrait être partiellement confirmée par le fait que certains animaux par exemple des mammifè1s. n'est pas nécessaire pour que le développement moteur fasse apparaître des schèmes organisés . . représenration hallucinatoire du stimulus spécifique. I'anticipation motrice des conduites se produit en vertu du développement endogène. pour I'homme. de prédestination du partenaire). Les études des embryologistes (Coghill. elle est l'être que I'on peut suivreCet apprentissage qui se fait complètement et en une seule fois est nommé n Prtigungo par l'école éthologique. Les études de l'école éthologique ont montré qu'il se produit. I'organisation des mouvements' au cours de I'ontogénèse. cette interprétation est séduisanie. est préformée . Ce serait l'origine des differences individuelles dans les catégories primordiales de la représentadon des parents. ou si ellrs otont.nt se demander aussi si_les images motrices du vol sont bien de véritables anticipations. vécu près des cours d'eau depuis très longtemps.-. 1s11ç51. chez certaines espèces.rit. par exemple I'ensemble d'attitudes du jeune Oiseau par rapport à la mère. se rapportant à I'image du reptile). en cas de très forte motivation.NÈsB -o1. Nous savons cependant que les images de mouvement n'ont pas toujours pour contenu I'anticipation de conduites inscrites dans le programme spécifique des coordinations héréditaires . et soutenu par des ailes battantes. après transposition subjective. on peut norer. Ceci montre que I'homme imagine partiellement le vol à partir de l'élan de la course èt du saut en longueur. t dit. intéresianre. ultérieurement. sentiment d'élection définitive. pourvu qu'ils se présentent un certain nombre de jours ou d'heures après la naissance des jeunes. un chiffon noir suspendu er agité par le vent déclenche la conduite agressive . ce n'esr pas É fieu d'en faire I'inventaire pour analyser les images motrices. 4. sa force et sa rapidité montfenr le rôle de I'image comme anticipation essentiellement motrice des situations. une conduite définie.

I'organisme jeune est en possession d'un savoir-faire qui n'aurait de sens que si le problème de la recherche de l'objet était résolu . Les conduites de jeu et les activités à vide peuvent s'interpréter au moins partiellement à partir de cette genèse à rebours des séquences de comportement.presque quelconque : une bobine sur li plancher. de telles constructions ne valent pas plus que la poupée de chiffons. même au bout d'une année. À partir de cette obsèrvation. dans un comporrement complexe. mise en phases préparatoires de recherche et de rransporr de l'objet font défaut.. Des phénomènes collectifs se greffent sur cette activité de recrutement à partir des tendances motrices pré-perceptives.. etc. une boule de chiffons. mais la condition première de possibilité de ces phénomènes est I'existence de motivations préalables . c'est-à-dire possédant seulement les caractères de support de I'opération motrice. or.re portée générale. capable de saisir avec ses griffes et de mordre. en chaque cas.r. non-motivés. dans le comportement complet. carmichael. I'activité d'exécurion. Si I'on ajoute à cette manière de voir I'idée que des capacités motrices créent un besoin quand elles arrivent à l'état de plein développement.to. ne peut compenser les effeti de I'inve"rsion des membres. bercé. s'exercer sur un objet. on peut saisir une des causes de I'activité imaginaire d'anticipalion . etc. I'enfant. Ainsi.i"pt. de là vient I'erreur des adultes qui. elle peut s'actualiser à propos d'un objet-substitut. sexuellement recherché. on peut comPrendre I'existence. à un moment oir I'immaturité sexuelle rend impossible les phases préalables de ce comportement.). rejeté du groupe. de jeunes Cormorans possèdent le mouvement qui leur permet de construire un nid par fixation de brindilles avant de savoir porter les brindilles. L'essentiel du jeu est pré-perceptif. une peloie de laine. chez I'adulte. ainsi. c'est-à-dire devenir des images de ce qui doit être combattu. la plus purement motricè et la plus stéréorypée. mais conforme aux ?dtterns moteurs de ne peut donc. I'essendel est que cet objet puisse être pris dans les bras. Des résultats analogues ont été obtenus par Grohmann étudiant expérimentalement I'apparition des mouvemints de vol chez les pigeons (par immobilisation d'un groupe-témoin). sur un matérÈl expérimental analogue. constituant tn K Pattern r. Un jeune Chat. un tel pou. a montré qu'une immobilisation de plusieurs jours par I'action d'une substance chimique ne rerarde pas I'accès à la pleine capacité motrice. quand ces tendances ne sont pas absorbées par les situations intégrées à I'existence quotidienne . piend pour substitut de la proie un objet. il est support et but de mouvements préformés. mais à partir de la configuration des tendances motrices préalables. et recrutent des objets substitutifs pour le jeu. les rechercher. garde avec attitude d'intimidation. Les êtres humains eux-mêmes peuvent être recrutés comme suPports de jeu moteur. au début. cai les l'anticipation commence par la fin du comport. telles sont les adoptions d'animaux traités de manière maternelle par des adultes. Chez l'être humain. les iéquences qui apparaissent les premières au cours de I'ontogénèse sont lis activiiés d'exécution. de véritables automates mimant I'enfant véritable d'un point de vue perceptif : pour le jeu. les conduiies instinctives apparaissent aussi de manière inversée. de pouvoirs spécifiques de recrutements d'objets quelconques comme supports moteurs de tendances motrices (agression. ou bien la chasse et la mise à mort ritualisée. correspondant à la phase de consommation qui. mais seulement d'une grande variété d'objets quelconques Pouvant être recrutés par les tendances motrices groupées en configurations. fabriquent pour les enfants des poupées qui sont des objets d'art.roi.. mais non de chercher des proies et de les détecter. c'est que I'image de la proie est encore i. qui est l'exercice préalable des activités d'exécution au moment oir les activités de préparation et de recherche sont encore impossibles. \feiss. est la dernière. les prendre. Le jeu primaire et instinctif n'a pas besoin de figurations perceptives. le même objet presque quelconque peur d'ailleurs être I'occasion de difftrenrs ( jeux ) moreurs . il se constitue une image non pas à partir des caractéristiques objectives de l'objet-substitut. a montré I'inhérence à I'organisation nerveuse et à la structure du corps des schèmes organisés de mouvements : la transplantation des membres perturbe les réactions actrices au point qu'aucun apprentissage.r.. toujours sur des UrodÈles. un foyer de motivations est constitué par l'inhérence à I'individu de montages . apparaissanr comme une forme progressivement développée et diftrenciée de manière endogène. parmi toutes ces recherches.rt un faisceau de mouvemenrs de capture. celles de Kortlandt sont particulièrement importantes. opératoire suscite comme supporr objectif un substitut. protection.. car elles montrenl que. un animal familier .IMAGINATION ET INVENTIoN CONTENU MOTEUR DES IMAGES 37 '6 coghill a étudié l'ontogénèse du comportemenr de la natation chez les Urodèl^es. quand la phase d'exécution des comportements est prête. La ressemblance perceptive joue ici un rôle beaucoup moins accentué que Ia convenance motrice comme substitut . transporté . qui a u.. le jeu de la poupée correspond à la fin des séquences de compoftement de la reproduction. informe selon les normes perceptives. il demande seulement un objet mès élémentaire et à peu près quelconque : un ourson en peluche.ment réei complet.

comme celui qui donne chez I'homme des images de vol. Le rôle joué par les apprentissages dans les conduites définitives peut être considérable sans rien enlever au caracrère primitif d'images motrices correspondant à des systématisations partielles du comportement.titt. En fait. c'est la disponibilité de la Gestah morrice. Il n'a pas été possible d'apprendre à écrire à des singes en guidant leur main pendant de longues heures. des notions telles que celle de u singerie . L'insertion du schème dans le milieu dem"nde det Les phénomènes dits n d'imitation o sembleraient devoir faire penser que la perception d'un mouvement est nécessaire pour que ce mouve-. etc. Ce sont elles également qui permerrenr le jeu. (expériences sur les effets du port de lunettes prismatiques déformantes).imitation servile des mouvements perçus. Peut-être s'agit-il de schèmes moteurs extrêmement primitifs. de Ia nécessité pour l'Oiseau de compenser pour se poser l'effort du vent. modifier de manière très importante les adaptations sensori-motrices. recom- . avec les besoins correspondant à l'exercice de cette disponibilité constiruée. avant la naissance.J8 IMAGINATION ET II{VENTION CONTENU MOTEUR DES IMAGES J9 moteurs organisés.). évoqué plus haut. sur l'origine des images de mouvement. les apprentissages peuvent. Mais en fait. ne rePosent sur aucun fondement sérieux. perfectionnement du chant spécifique) . SYMPATHIQUE port objectif (poupée.. ballon. et impliquant un recours à I'information perceptive. mais une organisation o gestaltisée > de mouvemenrs.rt. qui n'est pas seulement une dépense motrice incoordonnée. PTTÉUOUÈNCS O'TNOUCTION '. Ces occasions de fonctionnemenrs séparés. une attiûde caractéristique. il s'agirait donc d'une forme d'apprentissage ne suPposant pas de sPontanéiié ni la préexistence d'une image motrice chez le sujet qui reproduit un mouvement. C'esr cetre existence des lignes essentielles d'un comportemenr que I'on peut considérer comme fournissant le contenu des images motrices d'anticipation des conduites.' supPosant la possibilité chez les animaux de l. en présence de la même espèce de nourriture. insulaires en quelque façon. mais ces apprentissages interviennent surtour dans le cadre des relations perceptivo-morrices. LES IMAGES MOTRICES ET L'IMITATION. parmi d'autres possibles. mais de tels faits sont rares et entrent plutôt dans la catégorie gZnérale des perfectionnements d'un schème inné que dans celle à'une l-itation pure. Ces animaux ne p. qui le libère des effets contraignants de la pesanteur Par I'effet de la poussée hydrostatique . mais il ne faut voir Ià qu'une conjecture. il sera réincorporé dans ses lignes essentielles au < pattern " définitif plus complexe. chez I'homme. comme ceux des réactions ou mouvements libres de I'enfant flott". de I'origine de schèmes moteurs a priori (en apparence au moins). mises avec d'autres Poules à. airs musicaux. dans le liquide amniotique. très diftrents de tout jeu. avec d'assez fortes motivations. provisoirement abandonné. les phénomènes adjuvants d'apprentissage. ne se produiraient pas si le développemenr ontogénétique du comportemenr s'accomplissait selon un plan de simultanéité absolue de la croissance des sous-ensembles. Chaque étape (voir u Prone progression in human infant aboutit en fin ") de cycle à un comporremenr défini.. qui pourrait se suffire à lui-même s'il n'était seulement un momenr d'une genèse plus vasre. avec une grande plasticité. un tel schème -ot... une agitation. qui est la base du recrutement d'objets quelconques comme supporrs d'images. D'ailleurs. les premières' pourtant rassasiées. non dans la réorganisation de la < Gestah > motrice . Ces remarques ne permettent pas de résoudre le problème.ieun. les études de Gesell ont montré que I'ontogénèse du comportement est semblable à la croissance : non seulement elle se fair selon des principes de polarité. selon des gradients. généralement appuyés sur un sup- apprentissages. Les phénomènes pris pour des faits d'imitation sont généralement des cas d'induction sympathique : Katz et Revesz ont découvert ce phénomène en observant des Poules d'abord nourries solitairement jusqu'à refus de la nourriture .trt p. correspondanr à un besoin d'agir selon une direction définie par ce montage moreur. or.rn trt non plus apprendre à se servir d'un dispositif comme la serrure à'une boîte en voyant agir un de leurs congénères qui sait la faire fonctionner. mais de plus elle s'efFecrue selon des cycles successifs séparés par des dédiftrenciations préparant de nouvelles structurarions. au lieu de I'image. à cause de son carâctère très primitif et très large. ètre reptoduit par un autre individu de la même espèce . er non pas de façon homogène comme un ballon que I'on gonfle.ttt pourrait animer des images allant jusqu'à I'intuition du vol orbital avec une liberté relative par rapPort à I'habitacle . Certains faits d'imitation existent chez les Oiseaux (mots du langage humain. synthétique. d'orienration. servant à insérer une configuration de mouvements dans le milieu perceptivo-moteur réel et concret' existent aussi chez les animaux en liaison avec les stéréotypies motrices les plus nettes et les plus stables : le schème du vol est inné chez les Oiseaux. mais ce schème a priori ne rienr pas compte de l'inclinaison du sol.

Parce qu'il faut s'élever en bout de piste et franchir. rNrrÉnrNcE DEs TMAGES MorRrcEs eu scHÉue coRpoREL On nomme schéma corporel la représentation que chacun se fait de son corps. ordre que celle de la course à grande vitesse pour prendre élan bien correspond qui ruisseau. à force de vitesse. comme une à un usage des possibilités motrices humaines. marches militaires) . la u force de l'exemple o s'exerce par les effets de l'induction sympathique . haie. ni recul. a accordé une importance particulière aux phénomènes de récupération des fonctions par réorganisation d'ensem- ble après lésion. en particulier pour les activités les plus instinctives . En reprenant la notion de système d'action déjà présenrée. il ne s'agit pas d'imitation. Le schéma corporel intervient comme un sélecteur dans l'anticipation imaginative des diÊ férents mouvements. mais aussi discours. I'organisme traduit bien la correspondance entfe I'intuition motrice. mais. jadis étudiés par Le Bon). films. Par exemple. c'est développer en soi-même cette Progressive application de toutes les forces à l'élan. au sortir de l'æuf. cette interprétation est conforme au principe holistique de Goldstein. 6. il s'effectue une restructuration complète. anesthésiés. pour des conduites telles que se rassembler. La modalité des images motrices est le possible. développé en théorie générale de I'organisme et de ses fonctions. un franchir un obstacle. cet effet est sensible pour la prise de nourriture. chants révolutionnaires. soit par suite d'amputations ou d'incapacités motrices de divers ordres . mais la part des anticipations morrices dans I'organisation du schéma corporel est considérable. c'est-à-dire selon les catégories primaires des conduites. se lever et partir. le schéma corporel intègre des données sensorielles de divers ordres. Cette image motrice Peut se développer avec une assez bonne précision analogique parce qu'elle est du et -ê-. Avoir l'intuition concrète du mouvement d'un objet. quand I'anesthésie cesse. ils adoptent d'emblée un mode de reptation comparable à celui des animaux qui n'ont pas de pattes . chez les Poules. Goldstein cite une expérience au cours de laquelle des cobayes. se mettre à fuir. musique (discours de Hitler. car la conduite de picorage. la détection des difftrents rypes d'induction sympathique pourrait servir de mode d'investigation des conduites instinctives . en éprouvant I'impression qu'on libère son énergie sans réserve et en risquant le tout pour le tout. Il est plus sensible encore pour les rites de pariade (films dits érotiques) et pour la manifestation de la violence (phénomènes dits o de foule . parce qu'elles sont issues d'un système d'action d'abord éprouvé comme le réseau organisé des mouvements du corps ProPre. les obstacles sur lesquels on se précipite. et qui sert de repère dans I'espace. chanrs. de plus en plus vite. . mais après une mutilation. entrer dans une salle. extéroceptives er proprioceptives. ces animaux aussi gravement mutilés n'essayent pas de se traîner sur les moignons de leurs membres . une image concrète de mouvement implique toujours en quelque mesufe une réference au schéma corporel du sujet. Cette représentation schématique constante et nécessaire à la vie normale peut subir des altérations. est innée absolumenr . sans hésitation ni ralentissement. cette approche de la piste sous un angle défini ne correspondent pas à un usage du schéma corporel humain. Naturellement. Les mouvements qui Peuvent être imaginés sont ceux qui correspondent à une mise en æuvre possible du schéma corporel humain. c'est en quelque mesure se mettre à sa place et dans sa situation. le poussin sait picorer .. utilisée par la propagande des régimes totalitaires. . Goldstein. non seulement lorsque I'ensemble du corps est intact. résumé exhaustif et organisé des intuitions motrices. elle intervient essentiellement dans les domaines où il existe des conduites instinctives. Il correspond au fait que l'individu sair se servir d'emblée de l'ensemble de ses organes. soit en fonction de lésions du cerveau (lobe pariétal).rs aisé d'imaginer un avion qui va atterrir. et I'organisation du corps.'T 5 T 40 IMAGINATION ET INVENTION . De tels effets d'induction existent chez I'homme. parce que ce ralentissemçnt. selon I'intuition motrice. dans I'ouvrage intitulé La Stntcture de l'organisme. Par contfe' il est beau. Tous les modes de reproduction et de transmission de séquences temporelles peuvent susciter I'induction sympathique : télévision. sans doute. imaginer un avion qui décolle. sous cet aspect particulier. comme si notre corps était cet objet. selon une doctrine qui généralise le rapport figure-fond énoncé par la Psychologie de la Forme . ni déviation possible. c'est l'intuition des mouvements possibles dans leur organisation et leur enchaînement.otrp -oi. image semi-concrète des possibilités du corps. sont amputés des quatre membres . I'induction sympathique suppose la préexistence d'une image motrice ayant valeur de motivation. la motricité est réorganisée comme un tout à partir des possibilités fonctionnelles restantes de tout I'organisme . En fait. La base primordiale des differentes images motrices. le mouvement et le bruit de picorage exercenr une induction sympathique qui équivaut à la renaissance de la motivation qui avait disparu .i CoNTENU MOTEUR DES IMAGES 4r mencent à manger dès que les secondes se jettent sur la nourriture . on pourrait dire que le schéma corporel contient I'intuition du système d'action de chaque individu.

aux mouvements de rejet et d'évitement.l. et est n dévorée en un instant par les vilaines bêtes qu'elle y avait fait mettre .tr I'ensemble de - I. : 42 IMAGINATION ET INVENTION I I CoNTENU MOTEUR DES IMAGES 4J i! Il est probable que certaines pressions culturelles interviennent chez l'adulte humain pour limiter l'emploi des images motrices comme moyen d'intuition de la réalité . pHoBIEs nr BxecÉnerloNs coMPULsrvEs: cARAcrÈRE AMPLIFIANT ons Érnrs D'errENTE de (agoraphobie. Provenant d'un On nomme phobie. Elles peuvent seulement résulter d'une activité mentale d'anticipation pré-perceptive Prolongeant les catégories primaires des coordinations héréditaires et se déploypt à vide. Perrault. ce monde déjà organisé est traité selon le mode secondaire. le serpent et le crapaud étaient des occasions de manifestation de dégoirt très accentué . la peur morbide B..^.. l'arrivée inopinée du roi. le mode logique (ou formel) apparaît quand les objets sont pris comme cadres ou supports de relations.ieter la reine et ses enfants dans . sous forme d'anticipations de mouvement. puis. impliquant la projection sur le réel des images du mouvemenr selon la logique du schéma corporel humain.orpor.) pour pouvoir s'exercer. tuition motrice. le schéma corporel s'étend jusqu'à I'animation inrerne des objets d'usage les plus immédiatement liés .T .'évocation précédente des conditions organiques de I'anticipation la conduite. le sujet est ramené d'abord à une activité de niveau primaire . pour mimer des objets en mouvement. Plus tard. recule devant I'emploi de la parole ou de l'écrit. Le terme n psychique o. En résumé. est délicat à employer. situations de certaines certains objets. ce phénomène existe de manière atténuée dans le psychisme courant : les coordinations héréditaires d'actions relatives à la fuite. le niveau psychique de l'activité se réÊre à un milieu déjà exploré et organisé selon le mode biologique. les lignes de l'avenir postulé onr autanr d'importance que les données du présent ou le retentissement de l'expéri. comme tel. l'ogresse. L'in". .. sous forme d'anticipation du comporrement. pour caractériser un niveau. soit par des modalités culturelles. les catégories de la perception I'emportent peu à peu sur celles de I'image motrice . le plein développemenr des conduites intègre les spontanéités motrices à des séquencei-organisées. de certains actes. Toutefois. comme mode d'expression. proie. selon les catégories percePtivomotrices de I'action courante. sans contrôle ni limite perceptive.r. Ainsi. attaque. chez les enfants.. LES IMAGES DANS LES PATION Érers D'ATTENTE ET D'ANTICI- de la perception et de I'acrion montre qn. mais aussi en même remps automobile et cheval. pleine o d. prédateur.. se jette elle-même la tête la première dans la cuve.rr.ous forme de souvenir. des objets qui peuvent être sélectionnés soit par certaines conditions de l'expérience individuelle.o-portement. Ce même caracrère d'une logique projective de I'anticipation apparaît dans la dynamique des états d'arrenre et d'anticipation du sujet. ce qui réduit leur disponibilité pour le jeu. et des iéq. vipères. par ailleurs. ce qui suppose qu'ils aient déjà été identifiés au niveau secondaire. Mais une étude de l'origine des modes de I'expression verbale devra très probablement restiruer les conditions primitives d'une sémantique du geste. pour nos ancêtres. recrutent. ou claustrophobie). Pour éviter des confusions. pô. l'organis-è. peut-êrre vaudrait-il mieux dire o secondaire ) par opposition à primaire. on peut admettre que le niveau psychique correspond à un . au dégofit.. . les catégories et les activités psychiques ne s'opposent pas à l'ensemble des activités primaires : elles viennent après. c'est-à-dire à un territoire .rrrr. réalise un animisme implicite.. enragée de ne pouvoir faire exécuter sa vengeance. d fonctionnement de l'organisme qui n'engage Pas cet organisme tout entier dans la situation.À la suite d'une heureuse péripétie. à un niveau qu'on peur nommer psychique. imagine un supplice ordonné par une ogresse : faire. dans le conte intitulé La Belle au Bois dormant. De telles croyances ne Peuvent évidemment s'appuyer sur I'expérience perceptive.r. enfin. d.r"p"tdt.rrr^. psychique. mais on doir norer iombien I'utilisation motrice du schéma corporel est étendu e. Devant une situation inconnue.tt. un enfant qui joue n'esr pas seulement automobiliste ou cavalier. la gesticulation. et supposent que le milieu soit déjà inventorié et classé selon les catégories primaires (défense.. c. r. anticipation prend la forme d'une projection dans le milieu d'images motiices à partir de cette source unique et première qu'est I'organisme avec ses schèmes moteurs rayonnant à partir du schéma. au sens propre du terme. d'activité dont il est le principe. au cours de I'ontogénèse. de couleuvres et de serpents .. quand le milieu est devenu territoire. la source primordial e de l'a priori paraît bien être. ce qui veut dire que le sujet passe des situations aux objets . mais qui fait appel surtout au système nerveux et aux organes des sens .

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objet réel. L'élaboration psychique suit ici les lignes du système d'action de I'organisme ; dans le bestiaire imaginaire, il n'existe pas seulement des animaux repoussants correspondant au dégoût, au vomissement - dévorants et agressifs correspondant à la mais aussi des animaux -, réaction d'évitement er d'aurres enfin à l'étouffemenr, au manque d'air : c'est, en particulier, le o souffle ), cette salamandre imaginaire qui suffoque celui qui respire son exhalaison toxique ; il existe aussi, selon les mêmes catégories imaginaires, un ( souffle , qui est une grosse chenille, mortelle pour le bétail, quand elle est cachée dans I'herbe. Il est probable que ces croyances ne sonr pas absolument gratuites : le crapaud a en effet, dans la peau, un venin, mais c'est surtout chez lui un moyen de défense, tout à fait passive, et d'ailleurs peu efficace, contre des agresseurs ; I'intervention de l'activité imaginaire se manifeste ici par une véritable projection amplificatrice de cette propriété d'avoir du venin ; le crapaud imaginaire a aussi une ( bave n empoisonnée, et de plus il lance à ceux qui I'approchent des jets d'urine qui brûlent les yeux. On assiste donc ici à une amplification par projection en divers sens et selon diverses modalités de I'action vénéneuse. Quant aux n souffles o, salamandres ou chenilles, il est possible que des accidents réels aient été causés ; certaines chenilles peuvent faire des piqûrres venimeuses dans l'æsophage, lorsqu'elles sont absorbées par les ruminanrs, et I'enflure peut gêner la respiration ; mais la grande crainte des bouviers vise la météorisation du bétail, qui a une origine très differente ; la malfaisance imaginaire des n souffles , résulre de I'amplification et de la projection en divers sens du pouvoir de faire enfler et d'étouffer. Les images motrices, comme schèmes de comportement ou comme intuitions du déroulemenr interne des phénomènes, sonr amplifiées par une activité psychique qui les agrandit, les systémarise, er surrour les projette sur les choses supposées objectives et réelles. Ces choses, en fair, sont avant tout des résultats de I'activité de projection amplifiante caractéùsant le fonctionnement psychique a priori, illimité, sans frein objectif et stimulé de manière endogène par la force des morivations. Ces automatismes de I'amplificarion et de la projection pourraient sans doute être découverts dans les différenrs aspecrs des mythes collectifs ou des croyances individuelles ; selon les lieux et selon les temps, les objets offerts par le monde comme écran de cette projection amplifiante sont differents ; mais les dimensions fondamentales de l'activité qu'il projette restent les mêmes, parce que le réseau de motivations change peu. Tout au moins, ce réseau de motivations exprime des conditions qui ne se modifient que lentement au cours du remps ; de nos jours et

dans nos sociétés, les mythes de mangeurs d'hommes et de dévoreurs d'enfants tendent à disparaître : c'est que la hantise de la faim, comme motivation de base, tend à s'efFacer. L'ogre, le monstre carnivore, la Bête mangeant troupeaux et bergers, comme celle du Gévaudan, ce sont des images du passé. Pour bien imaginer l'ogre, il faut avoir faim, et être hanté par le désir de dévorer ses semblables, comme cela s'est produit dans le siège de certaines villes, au cours des guerres. Rejetée comme horrible hors de la personnalité, cette tendance sert Pourtant de germe à I'image de I'ogre, quand elle est amplifiée et projetée à I'extérieur, sur un être ayant forme humaine mais qui est supposé chercher à se nourrir toujours et par élection de chair humaine fraîche. Le Minotaure, le Morhout de la légende de Tristan et Yseult, les Goules, etc., représentent le résultat à diftrentes époques et dans diffërents contextes culturels, de la même projection. Mais en d'autres cas le processus d'amplification continue à s'exercer sans produire une projection ; autrement dit, le mythe n'apparaît pas, il n'y a ni crapaud mangeur ni ogre dévorant, seulement une exagération compulsive de certains aspects de protection, de préparatifs, de précautions. Ombredane, dans le cours sur la motivation et le problème des besoins, analyse un certain nombre de cas d'exagérations compulsives. La compulsion est une conduite que l'individu accomplit sans autre motivation que d'écarter I'angoisse ou la culpabilité qui s'élèveraient si l'acte n'était pas accompli ; l'exagération compulsive est I'amplification démesurée d'une activité pouvant, à l'origine, être une précaution raisonnable. L'exagération traduit cet effet d'amplification lié à I'aspect a

priori de l'anticipation motrice dans I'imagination en exercice ;

la

crainte de manquer de nourriture, au lieu de se projeter en images d'ogres ou de monstres, peut s'exprimer par I'amassement indéfini de réserves alimentaires (sucre, sel) ; certains aspects de I'avarice peuvent être interprétés comme exagérations compulsives ; Ombredane cite les personnes qui ne partent jamais sans un ( en-cas )), Petit rePas portâtif permettant de lutter contre une brusque privation de nourriture, même si un trajet purement urbain rend cette précaution totalement inutile ; Ombredane cite aussi les exagérations des soins de propreté, la lutte contr€ les microbes, etc. Naturellement, ces conduites ont bien été notées dans les maladies mentales, mais elles existent aussi dans la vie courante non-pathologique, et peuvent prendre une tournure collective, au point d'être de véritabl es patterns of culture, : chaque civilisation amplifie certains modes de défense, avec les exagérations correspondantes : contre la pauvreté, contre la maladie, contre la transgression de
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certaines normes, etc. Ceci équivaut à une projection imaginaire collective sous forme d'images mythiques, complémentaires de ces conduites d'anticipation exagérée (le Juif errant, le Diable comme renrareur er séducteur...). Des phénomènes comme la course aux armemenrs sont, au moins partiellemenr, de I'ordre de I'amplification par exagération compulsive ; ils ont pour corrélatifs des images mphiques de l'ennemi : le péril jaune, les rouges, etc. Mac Laren, dans le film Neighbours (les voisins) a traduit ces phénomènes d'amplification et d'accélération des conduites rivales et opposées. (Jmbredane indique Ombredane rndrque par par ailleurs ailleurs comment la la montée de de I'anxiété recrute des indices de plus en plus précoces d'une situation objective pouvant conduire à un manque, bien avant le moment où le manque est réel : la peur de manquer d'air sous un runnel, liée à la claustrophobie, fait ressentir vivement les ffaces de fumée, de poussière, qui indiquent le caractère confiné de l'atmosphère du lieu ; une psychose des n pauvres gens privés d'air pur ) commence à se développer dans les grandes villes, alors que la composition chimique de I'atmosphère est loin d'indiquer un danger d'asphyxie. Peut-on considérer certaines allergies comme comparables à ces processus d'amplificadon d'une activité de défense ? Oui sans doute, en ce qui concerne les ef[èts, mais I'aspect psychique d'activité est voilé, dans le cas des allergies, tandis qu'il est ner er conscient pour les exagérations compulsives, qui s'accompagnent d'une multitude de justifications et de raisonnemenrs.
2. ASPECTS PARTICULIERS DES IMAGES BLEMENT

DE rA CRAINTE;

rn nÉoou-

L'attente négative, la crainte, a son mode particulier d'organisation qui a voulu faire de la pensée philosophique, avec I'esprit critique, un moyen de délivrer I'humanité des effets de la crainre, c'est-à-dire des images qu'elle engendre et des exagérations qu'elle produit. Selon Lucrèce, la crainte fondamentale qui afflige l'homme est celle de la mort. Toutes les craintes annexes, par exemple celle de la maladie, de la pauvreté, ne sont que des aspects détournés er mineurs de la réaction devant la menace de la mort. La crainte de la mort a pour caracrère essentiel que, dans cet effet de I'imagination, I'homme se dédouble : il se voit debout à côté de son propre cadavre et se lamente sur ce pauvre mort qui est lui-même, un peu comme lorsqu'on voit un ami mort. Ce dédoublement imaginaire et illusoire conduit à ressentir par anticipation une grande doudes images. Elle a été attentivemenr étudiée et décrite par Lucrèce,

leur, car on suppose qu'il y aura un moment où l'on sera ce cadavre et oir, pourtant, conscience et sensibilité seront conservées. Ce dédoublement, Lucrèce le combat et le réfute, car selon le matérialisme atomistique strict, dès que l'homme meurt, les atomes (molécules) qui le composaient se dispersent ; l'âme, qui n'existe que sous la forme du rassemblement des atomes légers contenus dans l'enveloppe corporelle, se disperse, et il n'y a plus de conscience ; les forces de liaison qui faisaient le composé vivant ayant cessé d'exister, rien ne subsiste de ce composé que des éléments aussi dispersés après la mort qu'avant la naissance ; le néant d'après est tout à fait analogue au néant d'avant ; avent notre naissance, nous ne sentions ni n'avions conscience ; après notre mort, nous ne sentirons ni n'aurons conscience de rien. Mais il ne suffit pas de décrire I'illusion de l'imagination stimulée par la crainte ; il faut encore analyser ses effets pour les combattre. L'animal, quand il éprouve la peur, absorbe sa peur dans la réaction de fuite. L'homme connaît d'avance I'inutilité de la fuite quand le danger est omniprésent, comme la tempête ou I'orage. Privé de tout refuge dans le monde physique, I'homme invente alors un recours transcendant en un être plus puissant: il forge I'image des dieux pour pouvoir les supplier. En fait, c'est encore à partir de lui-même que I'homme opère un dédoublement en posant à I'extérieur de lui l'image d'un être analogue mais plus puissant. Le malheur est que, après le danger, I'image dédoublée, réalisée, matérialisée, demeure, et menace l'homme du haut du ciel : il faut lui rendre un culte, l'honorer, lui offrir, pour apaiser son courroux, des sacrifices honteux, sanglants, criminels comme celui d'Iphigénie. En somme, par ce dédoublement qui lui a permis d'apaiser momentanément sa crainte, I'homme a perdu sa liberté. Il s'est aliéné, pour employer une expression qui sera reprise plus tard par Feuerbach. La religion est la crainte superstitieuse liée à cette image réalisée, ritualisée, et aux rites qui s'y rattachent. L'analyse de Lucrèce (reprise chez Horace) conduit à voir le surnaturel comme un ensemble d'images tirées du réel et de la vie humaine, puis illusoirement agrandies et séparées pour servir de support au geste de supplier, de but aux sacrifices et aux rites auxquels l'homme est conduit par la peur. De manière accessoire, Lucrèce propose des méthodes destinées à lutter contre le pouvoir de I'imagination, avec ses prestiges et ses illusions qui enlèvent à I'homme sa liberté, en particulier dans les passions amoureuses ; on voit s'ébaucher une sorte de médecine des passions par I'intermédiaire de la représentation objective de la nature. La sagesse épicurienne vise à donner à I'individu la connaissance exacte de ses

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IMAGINATION ET INVENTIoN

CONTENU MOTEUR DES IMAGES 49

limites et aussi de ses besoins réels, qui sont très modestes (il suffit d'éviter la douleur et de satisfaire les besoins naturels et nécessaires). On pourrait dire que la sagesse épicurienne consiste à donner au présent toute sa plénitude en ne le laissant pas dévorer par les forces de I'imagination qui perpétuellement anticipe et arrache l'homme au présent pour le lancer à la recherche de tout ce qui n'est pas actuellement donné. Au lieu de rester en repos dans les limites de son présent, I'homme va courir les mers, essaye de s'emparer du pouvoir, veut des richesses, et dilapide ainsi sa seule richesse : un peu de temps pour vivre. L'imagination est une force qui arrache au présent, empêche le repos dans l'état d'ataraxie, tire vers l'avenir anticipé er vers des réalités que I'actuelle sensation ne donne pas. L'imagination a le pouvoir de rendre I'homme étranger à la situation présente et indiftrenr à ce qui lui est donné réellement, comme si ce n'était pas à lui. En rermes actuels, ou tout au moins récenrs, on pourrait dire que l'image altère la sensation, la dénature, diminue la force du présent, base de la sagesse. Pour lutter contre I'image en ranr que pouvoir d'anticipation, Lucrèce a effectivement éré amené à bien reconnaître I'effet de projection qui la caructérise. Mais le dédoublemenr paraît très particulièrement lié aux érats d'aftenre négatifs, impliquant une crainre ; I'indépendance apparente de I'image, séparée du sujet bien qu'elle I'exprime, correspond à une barrière que le sujet instaure entre lui-même et la réalité posée par le dédoublement. Dans la crainte, le sujet se met à I'intérieur d'une espèce de camp retranché, édifié avec les moyens qu'il a à sa disposition ; I'avenir est étranger parce qu'il est à I'extérieur ; le monde se dichotomise en intérieur et extérieur parce que I'apparition de la barrière est le résultat du mouvement de défense, d'expulsion ; les dieux eux-mêmes qui sont imaginés pour lutter conrre les réalités menaçantes sont étrangers à l'ordre humain actuel du sujet, parce qu'ils sont au-delà de cette barrière défensive. Ce qui esr au point de départ, c'est le geste défensif qui sépare le proche du lointain, installe des défenses pour conserver la réalité proche, et dédouble en quelque manière le sujet pour envoyer un émissaire de lui-même, sous forme d'un Dieu plus fort, combattre l'adversité menaçante dans le camp extérieur. Le sujet a envoyé combaftre hors du camp retranché un autre moi qui emporte un peu de sa réalité, et ainsi crée le point de départ de l'aliénation, qui est, en fait, une dualisation.

3. I'IMAGE DANS LEs

Érars D'errENTE posITIFs

les états d'affente sont positifs, impliquant désir et recherche active, I'image correspond bien aussi à une projection amplifiante, mais il ne se crée pas un dédoublement, parce que la dichotomie du proche et

Q"*d

du lointain n'est plus postulée ; l'état d'attente positive agit comme par une suppression des obstacles et des distances réelles. Le désir positif constitue des images selon une relation d'immanence, à l'inverse de la
transcendance constituée par la crainte.

L'analyse de Lucrèce ne s'applique peut-être pas à tous les dieux des Anciens: ils n'étaient pas tous au même degré ceux que l'on invoque dans la crainte et à qui on offre des sacrifices sanglants ; sous la religion lointaine et ofÊcielle de la cité se développaient des cultes initiatiques ayant davantage de sens pour l'homme intérieur dans le recueillement de ses pensées quotidiennes que pour les cérémonies collectives. De plus, la crainte n'est pas le seul motif puissant qui puisse stimuler le désir de s'adresser à une image ; le regret de la perte des disparus, la volonté de les retrouver, de continuer à vivre avec eux, est une motivation aussi puissante ; passer de l'état d'actuelle séparation à une nouvelle réunion future, c'est chercher le chemin qui conduit aux Enfers pour aller, comme Orphée, chercher Eurydice et la ramener à la lumière. Voyage, cheminement, passage, purifications et attentes ont pour sens de renouer ce qui a été rompu, de retrouver une médiation 1à où la mort a porté son glaive. L'espérance cherche des voies et prépare un voyage ; les images de I'espérance ne visent pas à écarter pour se défendre ; elles ne posent pas de transcendance, mais tracent le chemin d'une continuité entre les rivages de la vie et de la mort ; c'est le sujet qui doit se ffansformer et se purifier pour être digne du voyage ; I'au-delà commence dès maintenant et dès les premiers pas. Médiation, immanence de la révélation, destinée du divin à travers l'humanité et sous la forme de I'existence humaine, c'est ce qui se trouve dans la religion d'espérance qu'est le Christianisme naissant. L'idée même d'incarnation et f image de la nativité résument ce mouvement qui est le contraire de I'aliénation : le divin peut être là, hic et nunc, dans la paille et sur le bois, comme sur cette planche oir nous posons nos mains. La nativité est l'image de I'absence de distance du divin ; comme la vie d'un enfant, le divin commence là. Le mot d'immanence ne convient d'ailleurs pas parfaitement pour exprimer cette genèse sans hiatus, car l'immanence paraît enfermer et contenir ce qui est immanent. L'anticipation selon I'espérance amène une continuité par rapPort au présent qui est comme une naissance.

le recours au merveilleux. mais ils entourent les plus importants. tend vers une médiation qui s'arrête à michemin . esr bien plus fréquent. soit avec la direction centrifuge du geste qui écarte pour éloigner. ces moyens constituent précisément un écran intermédiaire. comme I'arc-en-ciel qui est toujours entre nous-mêmes et l'horizon. Le roman a été longtemps le support de I'activité d'imagination comme pouvoir d'évasion . visibles surtour dans les images religieuses. dans la crainte transcendantalisante. en raison des barrières de la naissance. deFranz Cumont. La participation au merveilleux est rendue possible par la presse (surtout les hebdomadaires à grands tirages photographiques) et aussi par la radiodiffusion et la télévision . il s'ensuit un effet de rapprochement subjectif . la projection amplifiante continue à exister. qui fait partie d'une catégorie intermédiaire entre I'engagement dans le présent des situations et I'absence. par la description des aspects quotidiens de l'existence des personnages historiques les plus prestigieux: amours des rois. non-accessible. l'éternité personnelle est une nouvelle vie. dans des circonstances relativement communes de leur vie. selon I'expression qu'Edgar Morin a employée pour caractériser certains phénomènes culturels et de transmission d'information. comparables à celles de I'existence quotidienne et vulgaire que chacun mène . Mais ces cas purs. éprouvée comme limitée et déterminée. roure la richesse et la diversité des images par lesquelles les diftrents peuples ont évoqué la vie future . On peut noter que la participation à ce monde intermédiaire est rendue possible par le fait que les personnages merveilleux sont décrits. flottant enrre I'extrême distance et la parfaite proximité. ont commerce avec eux : c'est la cour et non le souverain . Il n'est pas possible d'évoquer. Le déversement des désirs dans le monde intermédiaire du merveilleux a pour corrélatif un appauvrissement de l'horizon du réel . aussi. il existe. au moins pour les croyances de l'Antiquité. actrices : ces personnages ne sont pas parmi les plus importants. il se produit une espèce d'immobilisation des images projetées à une distance intermédiaire entre celle de la vraie rranscendance et celle de I'immanence par rapport au sujet : ainsi se consrirue un monde imaginaire des images d'anticipation. dans les religions individuelles de I'espérance . immobile. et renàue la continuité du temps avec la première existence. se transformer. Il s'agit là d'une n rierce réalité . un ouvrage beau et profond : Lux Perpetua. ni celui de la participation intérieure selon le monde de la naissance dans le hic et nunc immédiat : par rencontre de ces deux mouvements tendant I'un vers la transcendance et I'autre vers l'immanence. filmés. chronique de la n petite histoire . qui caractérise I'anticipation du renouvellement selon l'espérance. et surtout plus virtuelles. sont rares . il est fils. même sommairemenr. ces personnages portent des signes d'appartenance à un monde éloigné. le voyage.IMAGINATION ET INVENTION 'O CoNTENU MOTEUR DES IMAGES 5r La dimension d'éternité prend elle aussi un sens diftrent. parce qu'elles sont moins installées.. Un exemple de cette tierce réalité est fourni par le merveilleux actuel des princes. Le dédoublement suivi d'aliénation est le contraire de I'introduction initiatique. mais elle ne prend ni le sens exclusif d'un mouvement vers I'extérieur. le cas mixte des états d'attente. d'une part de ses motivations . comme on le voit dans les lanternes des morts surmonrées d'un Coq (cimetière de Germigny près d'Orléans). Sous la forme du feuil- . les princesses sont supérieures aux reines. I'anticipation de la réincarnation ou de la résurrection dépasse la morr. une résurrection. flottant entre les réalités de fond et le sujet.. 4. La participation au merveilleux historique comme monde intermédiaire s'établit de la même manière. le recours au merveilleux traduit l'existence de fortes limites et de la monotonie des situations ou des tâches. pour tisser le voile de merveilleux actuel. se rapproche du quotidien. symbolisée par le matin et par la flamme. qui n'ont pas grand espoir de voir leur condition. de communion. de crainte et d'espérance mêlées. car elles peuvent devenir des reines. une barrière . intégrée au corps social. Les moments d'accès à ces écrans sont ceux du loisir. jamais irréversible : la mort même n'esr pas un obstacle absolu. oir crainte et espérance se mêlent en proporrions variables. de l'étiquette. né des limites éprouvées dans la vie quotidienne. de l'extrême richesse. LEs IMAGES D'ANTrcIpATroN DANS rns Érers MIxrEs. supérieur. LE MERvEILLEtrx coMME carÉconrn DE L'ANTTCIpATIoN MIxrE La projection amplifianre apparaît toujours dans l'æuvre de l'image anticipatrice. artistes. ou encore de l'éloignement spatial. photographiés. soit avec la recherche immédiate de communication initiatique. e pour effet de priver cette vie réelle. il opère un déploiement imaginaire du pouvoir personnel par la participation à la geste d'un héros. la cour tend vers la ville. En ce cas. comme celles de la ménagère ou de la dacrylo. comme anticipation de l'avenir personnel. mais par ailleurs. posanr le rranscendantal de I'image dédoublée devenue idole. dit Platon. L'Amour. est fils de Poros et de Pénia (Abondance et Privation) . Palingénésie et résurrection se rrouvenr dans des modÀ d'anticipation où la réalité présente n'est jamais définitive. moins éloignées.

de Nonchalante et de Babillarde est un analogon de leur virginité . se révèle dans la splendeur de sa robe blanche lorsque glisse la peau d'âne. mais ceux du merveilleux existent selon la dimension des modes du devenir anticipateur. ou de cadavre.52 IMAGINATION ET IN-r'ENTION CoNTENU MOTEUR DES TMAGES leton. des enchaînemenrs illimités d'épisodes. il alimente très directement les états d'attenre et d'anticipation par le suspense qu'il crée entre les épisodes. Il existe aussi des symboles perceptifs. Souvenr. a certes conservé ses couleurs vermeilles. réside dans I'objet . au milieu de la confusion des menaces de bataille. [. surrout dans le feuilleton. qui ne subit pas de métamorphoses. comme on le voit dans les romans du XIX. et se referment dès que le prince a passé. n'est pas I'expression d'une communication perceptive entre les deux réalités . un symbole qui permer d. être vivant. que la psychanalyse a étudiés. le miracle . cet aspect complémentaire de I'imaginaire par rapport au réel. reprend vie en se métamorphosant au moment où Violaine l'allaite . l'animal esr en fait un être humain en disgrâce qui doit être racheté et sauvé par beaucoup d'amour et de . au lieu d'être figuré dans le déroulement de I'action du héros (ce qui autorise la participation du sujet). L'accès au merveilleux peut parfois se nuancer de surnaturel. la véritable princesse. mort et déjà froid. C'est le miracle qui vient après l'attente extrême. comme dans LÂge d'or. otr l'enfant de Mara. mais elle est dans un château entouré de ronces et de buissons.. Les qualités du merveilleux sont le contretype de celles du réel vécu. La quenouille de verre est un symbole de la virginité parce qu'elle se brise d'un seul coup et de manière irréversible. ou comme dans lei conres et mythes. chaque type d'état d'arrenre suscite un merveilleux qui lui correspond : Cendrillon rêve au Prince . les guerriers. l'objet n'a pas été métamorphosé. ce sont les modes du devenir qui fondent I'analogie. comme Peau d'Âne. parfois même par un véritable sacrifice . Finette seule conserve sa quenouille intacte. au moment de l'essai de la bague. réalité. L'extrême désir se projette dans l'objet qu'il suscite et transfigure : la princesse attendait. mais reste l'analogon d'une aurre réalité. en miniature. or et diamant. elle aussi : n Esr-ce vous. quand la métamorphose des objets est une métamorphose demandant le concours d'un pouvoir surnaturel . mais seulemenr pour celle qui aura eu le courage de le mettre dans son lit. selon la catégorie de l'anticipation. siècle.a bague d'or de Peau d'Âne. dans I'insécurité et le danger. Il en est ainsi dans la légende o De l'Enfant qu une femme tendit à h Vierge Marie. il s'opère en ce cas une conversion de I'objet devenant.rei la ') jeune fille. pensenr aux grandes actions claires et illustres oir I'on a pour soi la netteté d'une juste cause et le soutien du surnaturel. la pantoufle ou la bague ne sont pas perceptivement liées à la femme désirée . qui est ici essentielle. la pantoufle de vair (zibeline) perdue par cendrillon est un analogon. elle est cachée dans la farine et se trouve tout à coup découverte. La conservation de l'état d'aftente après la fin du roman peut susciter des suites multiples.rr"gè. L'oiseau Bleu aussi est un prince. lorsqu'enfin il faut faire venir la gardeuse de dindons. il faut I'ardeur d'un prince qui se sent ( tout de fsu . franchit la barrière de la sacralité et appelle un miracle. de figuration. blessée par un fuseau. enchaîné par un sort dans son état animal. parce que I'objetsymbole suscite. pour I'amour du sien qu'elle auait perdu o. I'objet reçoit un pouvoir de métamorphose. support de l'attenre chargée de désir er de crainte. les ronces et les buissons s'écartent d'eux-mêmes. elle peut être perdue . la baguesymbole sert d'amorce à la métamorphose de la souillon en princesse. Dans ce dernier conte. la clef de I'avenir est dans l'intensité de l'état présent de désir. LAdroite Princesse.o. se traduit dans la perte d'intérêt qui intervient quand la fin est dévoilée prématurément. Un tel changement de nature prolonge et amplifie le mouvement des sentiments humains. Parfois. Le lien symbolique qui existe. la quenouille de verre de Finette. et I'objet-symbole. . tètrou. le plus fort des sentiments humains. trouvée par le prince dans le gâteau. mon prince ? lui dit-elle . dans la souillon que tous méprisent. chargé d'aftente. est précieuse . I'amour maternel. les mêmes désirs et les mêmes craintes que le symbolisé . et seule l'intensité du désir peut lui rendre la vie . vous vous êtes bien fait attendre. En d'autres cas. anté-perceptif qui impliquent des catégories d'action. non de perception. la bague. Cette modalité temporelle. que I'on dit hanté ou habité par un ogre . en allant des hautes classes aux classes inftrieures et de la ville aux campagnes. pour que tous les grands arbres. porté sur un objet apparemmenr ignoble mais transfigurable : le crapaud peut redevenir un prince. pofteur des chances du désir. en même temps qu'à I'exacerbation du désir par I'attente : la bague a déi\ été vainement essayée à toutes les femmes du pays. Ici. mais il esr en un état voisin de la mort. on doit préciser la diftrence importante qui existe entre I'objet métamorphosable. On peut évoquer encore LAnnonce faite à Marie de Claudel. la Belle au Bois dormant. ici. cachée sous son manteau et sous la suie qui couvre ses joues. qui apparaissent alors comme un appel à un pouvoir surnaturel pour qu'il réalise ce que l'être humain peut seulement appeler de ses væux et attendre. Dans un autre conte de Perrault. entre des objets. joue aussi un rôle d'analogon qui permet de retrouver.

après Pénia.ri e. ce qui éiait desséché reverdit. dans une conception ryclique du temPs qui revient sur lui-même au bout de la Grande Année. des légendes supposent la présènce du surnaturel dans les métamorphoses qu'on pourrait nommer amplifiantes : là où il n'y avair rien. I'image cohérenie du possible comme anticipation pensée selon I'avenir et la crainte intervient dans ce que I'on nommait en philosophie u la vie morale r. elles sont seulement le contre-type de situations réellement éProuvées ou perçues. pi". dirigé seulement par I'intuition primordiale d'une ligne. plusieurs (en particulier celles des grandes statues) appartiennent à la catégorie de o l'imagination reproductrice n . Il existe aussi dans I'individu humain des forces productives qui. qui a construit pendant de longues années le palais idéal à Hauterives. d'un thème moteur.rrr. de ryran. feuilles . arrivant un soir chez le boucher qui a tué trois petits enfanrs. si elles étaient assez légères. jettent racines. elle peut être jugée et se rrouve prédéterminable. c'est-à-dire de I'homme qui agit par amour de ce qu'il fait. qu'elle a fidèlement aimé. proliftrant. ces pierres étaient ramassées aussitôt . mais d'autres. qui n'avait pu puiser une seule gourre d'eau dans son baril. facteur de réalité dans le temps projeté. Telles sonr aussi les légendes hagiographiques où les Bâtons de pèlerin' secs et noueux. lépreuse. et il l'a liée à I'intuition du mouvemenr... et les enfants reviennent à la vie. les amorces du monde imaginaire se trouvent dans les moments de moindre tension de l'activité obligatoire et collective . Bergson a ressenri profondémenr cerre nécessité d'ouverture pour la vie morale. surtout les arrangements non-figuratifs de pierres. découvrait au cours de sa tournée les pierres aux formes singulières qu'il organisait en ensembles fantastiques . soit p"i l. pouvoir amplifiant du surnaturel. Un film intitulé Violons dTngres présente le palais idéal.e au vivanr ressuscité . En ce sens. parce qu'il existe à nouveau ce sens de I'ouverture et cette dimetrrion illimitée d'avenir selon laquelle aucune action particulière ne peur créer un irrémissible n jamais plus . elles s'inspirent des temples du Cambodge. Parmi les formes ainsi créées. Ces images de l'avenir. er I'on peur se demander si elle ne joue pas un rôle aussi essentiel que celui q. sent son cæur se fendre et pleure au souvenir de ses fautes passées . regret et remords peuvent se transmuer en repentir. c'est alors en fonction des seuls désirs et des reul. Cet homme. au moment où le héraut a annoncé que n le Dieu dégagi sa responsabilité . quelque chose se manifeste. mouvement de la vie et de l'évolution créatrice). comme les vies que choisissent les âmes dans le mythe platonicien. les plus lourdes étaient prises plus tard et ûansportées au moyen d'une brouette. ne comportent pas d'élément créateur .t fl. Les Surréalistes ont accordé beaucoup d'importance à cette manifestation de I'imagination humaine qui s'exerce en dehors des voies de I'imitation. l'image de I'avenir comme destinée individuelle ou collecdve rencorrrr. alors que l'obligation se ratrache àla uis a tergl. grâce à lui. .!! IMAGINATION ET INVENTION CONTENU MOTEUR DES IMAGES '4 est muldple. le Chevalier au barillet. " souffrances éprouvées au cours de la vie antérieure que la plupart des âmes se réincarnent dans un corps de lutteur. le facteur Cheval. selon son récit. que Cheval avait vus pendant son service militaire . Le développement du bricolage dans les sociétés industrielles contemporaines ne correspond pas seulement à certaines nécessités socio-économiques (raréfaction des serviteurs. ou de Paon. ainsi. laisr. Parfois cependant. solitaire et délaissée. n'est pas la seule voie qui permette à l'anticipation imaginaire de l'avenir d'exercer son pouvoir amplifiant.. pose la main sur le bord du saloir où ils reposenr. i. Peuvent construire un monde réservé où s'exerce et se concrétise le schème moteur: c'est le travail de l'amateur. Le postulat initial de I'amateurisme est une relative dichotomie qui isole du temps et du lieu de I'obligation collective le théâtre et I'objet de la passion constructive. la présence du surnaturel permet à l'irréversible d'être délié de son irréversibilité. plus simplemenr mais aussi plus généralemenr. en mère qui allaite son enfanr. et aussitôt cette larme se multiplie et bouillonne . plus modestement. avec d'autres exemples des produits de ce même genre d'activité chez d'autres amateurs. et à ce qui n'a plur de vie de la rerrouver. I'irrémédiable n'exisre plus : saint Nicolas. cadarrr. Dans la métamorphose.. précisément Parce que le Dieu dégage sa responsabilité. du geste de construire qui se diversifie en allant de I'avant. a donné corps. venant de I'excès même de Pénia.e " accordé à l'obligation. à un rêve qu'il avait eu. d. limites et éprouve une cerraine fermeture . expriment véritablement ce pouvoir amplifiant. car il est aussi la métamorphose de la jeune fille. Le recours au merveilleux. redevenant des arbres vivants. une larme tombe sur la bonde ouverte du baril. Grâce au surnaturel. le baril déborde et donne naissance à un ruisseau d'eau vive. L'image elle-même de la cité idéale est pleinement déterminée et limitée. coirt élevé des réparations . et en épouse spirituelle de Pierre de craon. Poros. Quand le devenir n'esr pas conçu comme amplificateur (soit par I'intervention de la grâce. à la force déterminante et nécessitante selon I'ordre des causes qu'exerce sur le sujet la pression sociale. travaillant seul pendant de longues années. au surnaturel. Le saint est celui qui renverse le cours dé I'irréversible.

ou compensée par une grande perte de remps quand il faut changer. mais elles exigent ensuite la non-simultanéité des différentes opérations d'usage. désintéressé. elle ne devient celle de I'irréel que si I'individu est privé de faccès aux conditions de réalisation. pouvant être alimentées avec toute espèce de courant électrique. PRINCIPE DE CONNAISSANCE NÉ. c'esr la réinstallation d'un artisanat d'honneur. en régime de loisir et de liberté. soit par le recours au merveilleux ou au surnaturel. comme anticipation motrice. poussée parfois jusqu'à un excès non-fonctionnel . même si elle emploie comme relais le pouvoir de structures conceptuelles.TNTUITION COMME IMAGE A PRIORI PURE. partiellement au moins. dans tous les cas. sans rapport direct avec le o travail noip des classes laborieuses. I'effet de I'anticipation comme image a priori est une prolifération amplifiante à partir d'une origine unique située dans le sujet . le factotum devant à tout instant répondre. I'atelier privé restitue la dimension à. on retrouve cette préoccupation de la disponibilité de l'opérarion fabricatrice par rapport à l'intention imaginante. L'imagination comme anticipation n'esr plus ainsi une fonction qui détache de la réaliré et se déploie dans I'irréel ou le fictif . nôrs pn L'INTUITION L'intuition de la projection amplifiante à partir des potentialités actuelles peut servir de base à une opération réflexive par laquelle le sujet s'installe dans I'unicité du mouvement-source pour accomPagner intuitivement la différenciation dans le multiple et dans le devenir successif de cette intention ou force initiale. le bricolage apparaît aussi comme l'organisation d'une disponibilité opératoire permanente d'outils et de matières ouvrables. dans une perspective d'arr.. la flexibilité esr souvent plus apparente que réelle. La modalité de l'imaginaire est celle du potentiel . scHÈME DE I-a pRoJEcrIoN DANs LE PI-AToNIsME. on peut dire que I'image. d'un développement comportant differenciation et supplément d'être . soit enfin par une action véritable sur une matière ouvrable en situation de loisir . elle est même plus purement inconditionnelle et plus parfaitement unique que les . dans un décor où se multiplie la splendeur du réel. à des demandes imprévisibles non préparées par un projet. pour I'individu . En analysant de près les caractères de l'équipement destiné aux bricoleurs. pur). à tous les matériaux. d'une tâche à I'aurre.ni. vestige des emplois de "factotttm>>. dans le cadre du loisir laissé par les occupations de la société industrielle . L. du manque d'autonomie. le salarié. Ces machines à tout faire réservent abstraitemenr une parfaite liberté selon I'anticipation à long rerme. CoNTENU MOTEUR DES IMAGES cellaire des tâches de la vie courante. de tels équipements paraissent avoir été pensés selon le sentiment de la liberté illimitée d'un usage virtuel (donc selon la logique du projet. dans un n travail en miettes . En résumé. La rhétorique de la virtualité est l'indice d'anticipation imaginaire caractérisant I'activité de bricolage. l'employé. I'image a priori est idée. er ils deviennent maîtres de I'ensemble de l'æuvre. selon le hasard des urgences. I'ouvrier. Une telle vision est.!'ji IMAGINATION ET INVENTIoN '6 et de I'entretien des principaux objers d'usage) et à I'utilisation d'un équipement complexe dans un habitat décentralisé . rn.PTBXTVB r. plutôt que selon la préoccupation d'un usage fonctionnel. le fonctionnaire. adaptables à toutes les tâches. d'une maturation. non pas concept. soit par l'identification à un monde imaginaire oir d'autres agissent à la place du sujet. les montages et combinaisons d'outillage . avec une participation importante des Classes aisées. cc déploie selon diftrents contextes culturels en apportant une métamorphose amplifiante de I'objet. et I'impression de liberté peut n'être qu'apparenre. les machines destinées aux amateurs se présentent volontairement et systématiquement comme parfaitemenr convertibles. cette proliferation multiplie dans l'avenir les voies et les formes . mais. elle opère vers I'avenir la projection amplifiante des potentidités du présent du sujet. ce qui nuit à l'anticipation à court terme et à I'adaptation dans le présent qui caractérise l'organisation intra-perceptive des tâches d'exécution. Comme principe d'une pensée philosophique. production locale indépendante de l'économie domaniale et manoriale. elle amorce une activité effective de réalisation. elle est I'analogue d'une croissance. grâce à lui.. depuis la première ébauche selon I'intuition de l'image jusqu'à l'achèvemenr concrer de la réalisation. où il y a indépendance de la conception et de la réalisation. retrouvent l'accès immédiat à des instrumenrs de producrion. initiatique ou mystique. '7 C. On peut noter l'importance du développement de ce genre d'activité dans utte société comme celle des Ét"tsUnis. née partiellement comme un mode de compensation de la régularité contraignante. et du caractère par. En fait. parce que le sujet qui projette I'image est le propriétaire des instrumenrs de production et le détenteur de la matière ouvrable nécessaire. selon I'expression de Friedmann. à niveau économique élevé..

le regard contemplatif va dans le sens des rayons qui projettent l'existence . ils ne connaissaienr pas non plus de source de lumière assez petite Pour Pouvoir être traitée comme un point géométrique. elle installe donc bien I'esprit. Dans la doctrine platonicienne. venait se placer entre la tource de lumière et l'estrade où les thaumaturges brandissent les cilhouettes qui portent ombre. il faut saisir cerre théorie de la connaissance à partir de I'expérience de la dégradation progressive d'un modèle original (archérype) à travers les diftrentes images.IMAGINATIoN ET INVENTIoN CoNTENU MOTEUR DES IMAGES 59 '8 idées . comme les copies de copies. la connaissance fait à I'envers le chemin suivi par la projection ou par I'imitation démiurgique. ou les reflets de reflets. les Anciens ne connaissaient pas les sysrèmes d'optique qui permettent d'obtenir la ponctualité . ce qui les amplifie. ce qui permet. les multiplie. audelà de I'essence et de I'exisrence. à partir des ombres et des reflets du monde de génésis et pbtora. de voir les modèles euxmêmes et la source de la projection . au-delà de l'essence et de l'existence. imprécis. qui remonte vers les intelligibles. d'arriver au terme de l'une des dialectiques dans le vestibule du Bien. La connaissance remonte en sens inverse de cette projection par degrés successifs qui donne l'existence sensoriellement perceptible. la source une de toute projection. multiples sous un cerrain aspecr. Dans I'illuminisme. l'excellence er la supériorité du Bien par rapport au multiple et au devenir ne pourraient se comprendre sans un postulat essentiel : le Bien esr source de l'intelligibilité et de la participation dans le monde des intelligibles. analogue au soleil qui. mais elle est I'intuition du mouvement des rayons qui projettent . et finalement de I'essence per rapport à I'existence dans le sensible. à l'a priori le plus complet et le plus radical. derrière les idées. à la projection qui dégrade et éloigne. se trouvent du côté de la copie alors que le modèle possède I'unité de l'unicité et la perfection de I'essence intelligible . au lieu de rester entre les thaumaturges et l'écran. à qui se retourne d'un effort violent. mais elle devient aussi plus floue. qui peuvent le représenrer. mais tout près de la source même d'où partent les rayons en lcur unité. démiurgique lorsqu'on passe des intelligibles aux sensibles . Il peut paraître paradoxal de considérer la théorie platonicienne de la participation comme exprimant une image primordiale de mouvemenr pur. directe dans le monde des intelligibles. le sujet du regard coïncide avec I'unité de la source d'où ils émanent. cette relation est assimilable à celle de l'être Par raPPort ru devenir. l'exisrence esr une projection des essences. Dans la projection d'ombres (thaumaturgie). c'est-à-dire à partir des images les plus multipliées et les plus inconsistanres de la projection. les idées. La dialectique philosophique. Ce n'est pas le mouvement. peur encore s'appliquer au cheminemenr de la connaissance dans le monde intelligible. par étapes successives de purification et d'initiation. il est possible. Cependant. puisqu'elle apparaît avant tour comme un exemple de théorie contemplative. plus ou moins éloignées. dans le monde des sensibles. de l'Un par rapport au multiple. en étant non plus parmi les copies et dans les existences en devenir. comme il est dit du Bien. parce que la projection à partir d'une source de lumière se fait selon le principe des triangles proportionnels . comme origine première de la projecrion. multiple. mais I'intuition de toute projection vers I'existence et le multiple. le plus antérieur à tout mode d'être. Sensible. et qui deviennent d'aurant plus imprécises qu'elles sont plus éloignées de la réalité première. bien avant les ombres portées (existences) et même avant les modèles (essences). c'est-à-dire à la source. ce qui aurait rendu la netteté indépendante du npport d'agrandissement. employée analogiquement à partir du paradigme des sensibles. La contemplation philosophique n'est pas une participation à I'activité démiurgique. jouent dans la projection amplifiante un rôle qui n'esr pas celui de la source de la projection . mais aussi les dégrade. comme copie démiurgique. L'initiation philosophique la plus haute n'est donc pas seulement une connaissance des modèles (Idées) mais un mode d'être qui fait coïncider le philosophe avec la source absolue des formes et des existences . leur permet de porter ombre. existe. pcrmet d'assister à la démiurgie qui projette les existences comme si un Spectateur. il est le Soleil du monde intelligible . Le savoir philosophique est un regard qui accompagne la projection en train de se faire. La relation de modèle à copie est la base de la participation . il éclaire les idées-archérypes . . I'ombre est d'autant plus grande qu'elle est éloignée du modèle portant ombre. les yeux tournés vers le mur oir se portent les ombres. la démiurgie en train de s'accomplir. éclairant les objets. C'esr ce qui donne sa portée au mFthe de la caverne. c'est bien l'intuition de l'anticipation à l'état pur qui est cherchée dans cette remontée au principe le plus inconditionnel. le passage de I'essence intclligible parfaite à l'existence selon la génération et la corruption est lndogue. cerre méthode de conversion.

n'est pas simple métaphore . la contemplation. l'intuition donne la connaissance parce qu'elle s'efFectue au terme d'une remontée qui permet de retrouver une anticipation absolue. images des nombres . chez Bergson. toute couPée d'incises. elle reste présente à travers les étapes du devenir. voient . après avoir vu. qui est liberté et unité. le mouvement est toujours inchoatif . il continue l'évolution.6o IMAGINATION ET INVENTION CoNTENU MoTEUR DES IMAGEs 6t 2. L'origine est toujours présente. 3. de saisir en sa nature profonde la vie sans l'obstacle des concepts. est l'équivalent de la participation et de la procession n'est plus une dégradation obligeant le philosophe à s'attacher à la contemplation de I'unité en son origine . se fait dans le recueillement et le silence . le philosophe peut se détacher des habitudes du langage et des servitudes mécanisées de la pensée conceptuelle pour saisir par intuition les continuités qualitatives et dynamiques du moi profond. comme une phrase unique que l'on aurait commencée depuis longtemps. et de saisir le monde selon la procession. au contraire. et qui. I'unité du jaillissement primordial se conserve dans la continuité du mouvement de la vie qui va se diversifiant à travers la matière . l'intuition du mouvant n'est plus contrainte de s'absorber dans la pure anticipation du geste créateLû a priori. préparée par I'exercice (lectures des textes. de I'explication. Par un violent effort de torsion sur soi-même. INTUITIoN DU MoLTvANT ET coNNAIssANcE DE t'ÉvoturIoN cnfurnrcp Une intuition pure du mouvant permet. Mais Pourtant' le caractère primordial du contenu moteur en toute image d'anticipation a . chez Bergson. l'intuition n'est pas. tracent la figure de la solution. il n'est jamais isolé de son passé. Mais ce n'est pas toute l'existence. Dans cette doctrine encore. une Permanente anticipation de lui-même. Ce qui. car I'intuition permet de saisir l'évolution comme créatrice. après la contemplation. Aussi bien. les géomètres écrivent. qui est comme une extase. la Création n'est pas localisée à l'origine. I'intuition est une participation au mouvement créateur de l'évolution . conversation). La connaissance est une conversion qui amène au point où il est possible de saisir la procession qui organise les existences à partir de l'Un. car l'aboutissement à l'épanouissement de la personne lui paraît une limite arbitraire. le mouvement n'éloigne Pas de l'origine. pure subjectivité . il anticipe. comme chez Platon qui veut faire du philosophe le magistrat d'une cité aux lois fixes. Selon une telle doctrine.r. Autrement dit. On trouve. Les doctrines philosophiques de I'intuition diftrent selon les époques si I'on s'attache aux idéaux normatifs : celle de Platon propose des . une âttitude dualiste qui reflète assez bien celles de Platon et de Plotin. la pensée logique et conceptuelle correspond à une connaissance de ce qui e$ partes extra partes. Teilhard de Chardin a ajouté à la dimension individuelle ou personnelle de cette participation à un devenir créateur celle du collectif. elle accompagne le fleuve à trevers son cours. selon Bergson. suit l'évolution dans son développement. Bergson et plus encore Teilhard de Chardin font de I'intuition le point de départ d'une participation réelle au devenir de la vie à travers I'humanité. prolonge et continue sa Participarion . qui se trouvent rejetées au profit de la source unique connue par intuition et participation. PROCESSION ET CONVERSION une seconde voie est possible dans l'usage de I'intuition d'anticipation : celle que Plotin emploie pour monter vers I'Un. dans un état qui est un complet a priori par rapport à tout déploiement de l'expérience sensorielle et de I'existence temporelle. car il n'y a pas de dégradation. après avoir cherché. quittant la source. qui ont un rôle pragmatique et utilitaire mais pluralisent et immobilisent le réel . la matière elle-même est comme un mouvement qui se défait . du geste de communication. la contemplation révélatrice est le point de départ du discours. découvrant la manière dont il particiPe. supérieur à toutes les hypostases .rr. selon l'ordre du quantitatif et du statique. au principe de la procession . reflétant un certain aspect de la civilisation.. Plotin compare la contemplation au moment oir les géomètres. fixes que la projection amplifiante a seulement pour rôle de multiplier et de faire exister . il reste source à travers l'existence.t. ce qui est en lui n'est pas autre chose que l'élan originel qui maintenant se prolonge à travers le sujet. non plus. en ce sens. fæs automatismes et les aspects de fermeture s'ordonnent selon ce mouvement unique qui les dépose au cours de sa marche : instincts et Sociétés closes sont comme les eaux qui tournent en rond pendant que lc front d'eau du fleuve poursuit sa marche. I'image. serait pourtant toujours la même en train de durer. le sujet.irr. la connaissance est rendue possible Parce que le sujet est dépositaire de l'élan vital : il retrouve en lui ce qui existe au dehors . la conversion n'est pas nécessairement suivie d'une redescente vers l'existence temporelle. on pourrait dire que le mouvant est une perpétuelle origine qui se prolonge. en ce cas. car l'élan Vital est un perpétuel a priori. I'esprit exprime ce qu'il a vu en paroles et en discours. celle de Plotin invite à l'extase dans la saisie mystique de I'lJn. À n'importe quelle étape de son développement. toute la temporalité.

d'un jeune de la même espèce. À chacune de ces catégories de situation corresPond une mobilisation définie du système d'action de I'organisme. après la longue route tèn mahran hodon de la pensée philosophique. c'est l'état d'alerte et de vigilance qu'un être vivant est obligé de conserver hors de son territoire- . cette doctrine philosophique riche en images a priori a-t-elle pu devenir très naturellement l'inspiratrice de la plus haute école de philosophie politique du monde antique.. la catégorie informationnelle du biologique est celle de la première adaptation dans un milieu qui n'est Pas encore organisé. Les images a priori sont ftcondes. ici. reconnu et classé. selon la métrétique philosophique des idées-nombres. et le modèle des plus audacieux des réformateurs. cerÉconrEs BIoLocIeuEs IRIMAIRES ET cATÉcoRIEs PsYcHIQUES sEcoNDAIREs. nôrn DU MILIEU oRcANIsÉ EN TERRIToIRE On peut considérer comme biologique la relation au milieu qui s'efFectue selon les catégories primaires de valence et de signification . donnant l'adaptation globale à une situation ainsi qualifiée . même et surtout lorsqu'elles se réinsèrent dans le monde comme des anticipations à long terme. DONNÉES BIOLOGIQUES SUR LES FONCTTONS PERCEPTTVES r. la philosophie est aussi une connaissance des mixtes..IXIÈME PARTIE CONTENU COGNITIF DES IMAGES IMAGE ET PERCEPTION A. de la génésis eis ousian. la première prise d'information que l'être vivant doit effectuer est celle qui permet de répondre à des questions telles que o s'agit-il d'un prédateur. Aussi. de la dyade indéfinie.t* 6z IMAGINATIoN ET INVENTIoN priori. d'une proie. DEI. reconnu comme étant cet objet-ci. d'un partenaire sexuel. déjà saisi dans I'expérience . était latent chez Platon . malgré la fixité des archérypes. ? o. oùr par conséquent n'importe quoi peut apparaître n'importe oir et n'importe quand . I'objet n'est Pas encore identifié en tant qu'individuel.

Toute situation entièrement nouvelle.. s'attendant à trouver des ennemis ou des proies. il vit selon un régime biologique de perceptions. en particulier. par exemple 9 sur ro. après un très court repérage catégoriel. plus I'organisation du milieu est poussée. I'activité d'organisation primitive prend plus de place . 2. À la fin de I'action. dans les conduites perceptivo-motrices progressives. Or. qui commence par le dégrossissage selon les valences primaires. ce sont des conduites qui se défont aussi rapidement qu'elles s'accomplissent.64 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU cocNrrrF DEs IMAGES 65 Dans le territoire. au moyen d'expériences et d'observations. au contact direct de I'objet. On a noté. en particulier. Ceci a pour conséquence. instruments) réussissent beaucoup mieux lorsqu'un animal se rrouve dans son territoire que lorsqu'il est dans une situation oùr il n'a pas pu organiser le milieu. capable de grands détours compliqués quand il chasse. c'esr-àdire postérieure à I'identification de I'objet après ce premier dégrossissage qu'est le classement selon les catégories vitales. mais avec cette conduite perceptivo-motrice progressive. à la diffërence des actions consommatoires intervenant en fin d'opération. il manquerait toutes les occasions. IMAGE ET coNcEPT Les éthologistes ont défini avec précision.2éro de la classification perceptive. se cacher pour rien dans son terrier à la moindre alerte. mais de situer la fréquence des conduites de rype biologique ou psychique. au moment de la consommation. toute rupture intense dans une situation normale. Ici. le dégrossissage préalable selon les catégories primitives est réduit . le Philanthe qui chasse les Abeilles domestiques n'a pas assez de capacité de synthèse sensorielle et d'intégration de l'information prise à distance pour masser toute la prise d'information avant de commencer à se jeter sur sa proie . L'IMAGE coMME ANTrcrpATroN rvuÉoIATE DANS I'IDENTIFICITIoN Dn r'oB. agit de même. quand les possibilités de concentration plurisensorielle de l'information sont plus faibles. rapprochant le Philanthe de I'Abeille et lui permettant de mettre en æuvre un sens diftrent du précédent. autant d'informations sont recueillies pour identifier I'objet que si la synthèse sensorielle avait été possible à partir de la position primitive d'observation. en fonction des erreurs évitées. Ainsi. de la défense. etc. s'il attendait d'avoir réuni assez d'information pour attaquer à coup sfir. prendre une attitude active et se rapprocher. Ces conduites sont cependant possibles et fëcondes selon leur logique d'erreurs et d'essais de plus en plus engagés. par suite de la nouveauté ou du caractère émouvant de la situation. se monrre d'une grande inertie quand on lui propose en captivité un problème qui se résoudrait aisément par un détour simple. mais il ne voit pas les choses comme des objets permertanr des conduites intelligentes. ou encore des partenaires. dans les occurrences de signaux. car l'insuffisance de I'information unisensorielle des premières étapes. L'homme. on peut supposer que les animaux ne peuvenr avoir d'activité propremenr psychique qu'à I'intérieur de leur territoire. Quand le système nerveux est moins développé. or.nr. C'est que. de la première surtout. Il ne s'agit pas d'opposer I'animal à I'homme. après la perception massée ou après les étapes successives de conduite d'approche. dans ce monde nouveau et inorganisé. er que ce territoire est d'autant moins vaste et fortement organisé que I'animal a moins de capacités perceptives et de possibilités d'intégration. Chaque vague de données sensorielles est le " releaser o (déclencheur) d'une réaction définie qui permet de recevoir une nouvelle vague d'informations fournies par un autre s. et ce que I'on nommait jadis régression peut parfaitement se comprendre comme une mise en æuvre de catégories perceptives de type biologique. laisse de grandes chances d'erreur. chaque étape qui précède se fonde sur une ébauche de perception qui est préci- . constituent une occasion de repriseà. d'ailleurs. il n'est pas possible d'éviter I'erreur. il faut parler. se rapprocher pour rien d'une proie possible. parce que les premiers essais engagent relativement peu d'activité et sont parfaitement réversibles .nr. le champ est libre pour I'activité psychique. la conduite est perceptivo-motrice en ce sens qu'elle est faite de vagues successives de prises d'information et de réactions motrices qui modifient le rapport entre l'organisme et le milieu. le rôle des images intra-perceptives est primordial : comme la perception n'est donnée qu'en fin d'activité. des conduites de rype percepdf primaire où la prise de position par rapport au milieu ne peut attendre que l'information soit complète . que les résolutions de problèmes impliquant une imagination inventive comme celle que I'homme déploie (détour. à la limite. plus aussi la nécessité préalable d'efFectuer. c'est-à-dire dans un monde où il n'y a plus de nouveauté selon les carégori€s vitales de I'attaque. car il n'y a pas de doute sur la classe de l'objet. c'est-à-dire commencer à agir. que le Jaguar. ce qui est une véritable conjecture opératoire sur la nature possible de l'objet comme appartenant à I'une des catégories auxquelles s'applique le système d'action de l'individu. l'être vivant peut déployer une activiré proprement psychique.

66 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU cocNITIF DEs IMAGEs 67 sément I'image . de forme (abdomen gonflé) et de couleur (gris et non rouge) qui est l'image perceptive I priori de l'Épinoche femelle pour le mâIe. comme I'ont montré les expériences de l'école éthologique sur la perception du prédateur par les Oiseaux de basse-cour. même par I'homme. des analogues des concepts pour les conduites plus élaborées fondées sur des apprentissages. il y a donc liaison a priori. AspEcrs soclALrx L'éthologie a mieux analysé les o releasers. Les images de classes sont gestaltisées. Mais on peut les considérer comme la base de certains concepts qui sont en fait des images enrichies et précisées par I'expérience. quand le sujet esr dans une situation où les données sensorielles arrivent de manière nouvelle et imprévue. C'est une classe entière qui déclenche la poursuite . la bousculade de gens qui fuient sont d'abord perçus de manière primitive. elle constitue la clef neurophysiologique de la réaction . ce qui importe. parfois en une seule fois (Prligung). soit de prise d'information prudente et détournée. ces configurations stables permettent à la perception d'être efficace et suivie d'action sélective même quand elle ne s'adresse pas à un individu déterminé. comme plus générales que les objets individuels. pour que la réaction d'alarme intervienne. L'impression qu'il se passe quelque chose. il s'agit souvent de groupements de stimuli visuels. il est possible de donner des exemples de ces images supposant une vaste compossibilité et amenant une attitude définie. Faut-il les considérer comme analogues aux concepts. Les images apparaissent ainsi. non pas les résultats d'une expérience inductive. il faut non seulement que le leurre présente le stimulus ( cou court >. Cet intérêt du nouveau arnenant un haut niveau de vigilance peut ensuite se diversifier selon des catégories définies : arrivée de personnes amicales ou hostiles. Ces a priori gestaltisés sont habituellement organisés en série plus ou moins complexe. bonne ou mauvaise nouvelle. chaque configuration.. . ultérieurement. mais encore que le bec soit situé en avant. Abeille sauvage. soit de défense. << 3. parce que les faits d'apprentissage jouent un rôle masquant dans les conduites humaines. Le cours sur l'Instinct a paru dans le tome Psycbologie.) . par exemple dans les réactions de poursuite so<uelle du papillon Eumenis Semele mâle. ces configurations sont donc. il y a liaison a priori de la couleur et du pattern. au cours d'une conduite comme la parade sexuelle. quelque chose de terrible. la situation se referme sur I'identification d'un objet. mais seulement à un représentant de l'espèce présentant les caractères requis (voir le cours sur I'Instinct de ry64-t96)' . D. surgissement d'une obligation. dans les conduites animales que dans les conduites humaines. de mouvement. comporte une vaste compossibilité et amène une attitude. En fait. sous forme d'anticipations perceptives de potentialités.. de la forme et du mouvement. CenecrÈREs PARTTCULTERS DES IMAGES DANS LES PERCEPTIONS rNsrrNcrrvEs sELoN rns nspÈcrs. une émeute. sous forme de phanères. les apports des autres sens viendront réduire cette anticipation riche de possibles. si précis que. On peut citer encore la combinaison gestaldsée d'attitude (tête levée). É.. Si elles ne sont pas des concepts. ils peuvent assurer l'évitement des croisements entre variétés de la même espèce (cas des plumes colorées et r. c'est le caractère 4 priori et gestaldsé de chacune des images permettant une séquence d'action . donc des constructions a posteriori résumant I'expérience. ces catégories u priori de la perception sont une des bases des associations et évocations spontanées qui interviennent après la perception . dans cette configuration. Dans d'autres configurations. pour les Oiseaux. dans le sens du déplacement . si les stimuli incidents n'ont pas les caractères correspondant à l'image. Le type de figurations varie selon le sens dominant de chaque espèce . étant le signal qui permet la séquence suivante . bien qu'elle ne comporte aucune précision informationnelle. la réaction ne peut avoir lieu. ou de menaçant. I'objet volant qui déclenche I'approche du Philanthe peut être Abeille domestique. qu'un évènement important vient d'arriver est la plus riche de toutes. pour les conduites instinctives.. Un rassemblement autour d'un accident. et comme base des concepts ? Elles sont diftrentes des concepts en ce qu'elles sont des a priori permettant I'insertion de l'être vivant dans son milieu. Bourdon. l'image est I'anticipation de l'objet à rravers des caractères potentiels plus riches que la saisie de I'objet identifié . avant que I'on ait vu ce que c'est. amenant la nage caractéristique de la conduite de cour. soit de fuite. par vagues successives. XVIII ft964-r96) du Bulletin de (N. c'est cette configuration qui accueille les données sensorielles . mais. supposant la compatibilité primordiale nécessaire pour qu'une attitude effective de réponse soit amorcée et permette de continuer I'approche. elles prolongent les images d'anticipation à long terme et s'insèrent dans la relation au milieu même si les motivations sont moins fortes que celles qui permettent aux images complètement pré-perceptives de s'exprimer. avec laquelle commence I'activité proprement psychique. Dans le cas de I'homme.

la situation est devenue boiteuse. les mouvements. Le même fait s'est produit en France assez récemment lorsqu'une petite fille nommée Delphine a été victime d'un attentat terroriste. I'image de la femme-enfant. est aussi. cette image se retrouve dans les ersatz animaux permettant de combler un besoin de satisfactions instinctives . quand elle adopte des animaux. pleurant sur le champ de bataille ses parents morts. on peut noter l'existence. rendant possible la perception des réalités avec un sens défini . prédateurs. en particulier pour l'espèce humaine . un groupement de traits. tandis que le frein instinctif du déploiement de la conduite n'sxi51s plus. sélectionné pour les besoins de I'industrie du film (jadis Shirley Temple) incarne I'image qui est le n releaser o des conduites instinctives. qui est à la fois l'enfant à protéger et le héros viril. tout au moins la o gamine o. des situations oùr elle était le partenaire d'adultes masculins. c'est ce que l'on pourrait nommer la n conscience possible o de l'individu . les journaux du monde entier ont publié la photographie d'une petite coréenne de 4 ou 5 ans. toute seule au milieu d'un terrain chaotique. Tinbergen suppose que la même fonction existe chez I'homme. tandis que le Moineau ou le Rouge-gorge sont traités maternellement. sinon I'enfant. les poupées. au cours des combats entre animaux. correspondent. les n idoles schématiques o. et non un objet déterminé. mais aussi parce que les armes frappent au loin. proies. les images intraperceptives élémentaires apparaissent les unes après les autres. En fonction du développement de chaque individu. en plus de son allure de bébé optimum. au contraire. si elle est stimulée au début par la vision de I'adversaire. Tinbergen estime enfin que les déclencheurs des conduites instinctives ne peuvent agir que dans une situation perceptive concrète . étant seulement une configuration. parents. ayant d'une part des caractères correspondant aux n releasers o sexuels. un enfant. Brigitte Bardot. sanglant . il existe une configuration caractéristique de l'enfant perçu par les parents (front bombé. peuvent aussi jouer le rôle de stimuli-clefs du comportement . mais de la capacité de saisir perceptivement le sens d'une situation . pourra percwoir comme bataille la parade sexuelle des animaux. Parfois. non encore éveillé sexuellement. . d'autre pan les traits de I'enfant). est parfaitement saisie par un enfant jeune. certaines circonstances collectives ont réalisé d'autres groupements. pour un très grand nombre d'espèces. des chants. les journalistes I'image du cadavre agressive ou photographes de guerre jouent le rôle de capteurs de I'image inhibitrice . il existe une régulation des conduites qui intervient à trevers les changements de configuration que la situation concrète et complète comporte . Particulièrement. était sexualisée par des danses. (Effectivement. le n poilu o.) Tinbergen estime que les guerres contemporaines sont devenues très meurtrières non seulement à cause de I'augmentation du pouvoir des armes. d'attitudes de soumission ou d'abandon qui inhibent l'agressivité de l'adversaire. ainsi. l'enfant optimum. des condensations de configurations perceptives (par exemple. même avant toute blessure. On peut noter aussi que l'industrie du film réalise parfois des groupements. Ces condensations sont possibles parce que chaque image. au moment de la guerre de Corée. ou bien assez indétermi- nent dans les formes d'art ou les représentations magiques et religieuses. il ne s'agit pas ici d'un développement perceptif ou intellectuel global. Les statuettes stéatopyges préhistoriques sont encore plus surprenantes . une femme qui n'a pas d'enfant. la perception du sang versé inhibe très fortement I'agressivité . sont des ersatz d'enfants . tels que celui du petit soldat. un enfant perçoit mal les situations qui se rapPortent aux sentiments amoureux. qui correspond à I'allure féminine optimum. on peut donc supposer que les images intervenant dans la perception sont ou bien soumises à évolution. blessé. À la représentation d'une pièce de théâtre classique. Shirley Temple. à des images intra-perceptives. manifestent une allure de la femme qui n'est pas conforme aux canons des sociétés européennes modernes. ne pose nullement de principe du tiers exclu.68 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU cocNITIF DES IMAGES 69 arrangées en étendards que les Canards ont sous les ailes . Enfin. car la stimulation des conduites agressives se fait autant ou plus qu'avant par l'image de I'adversaire. Les images biologiques correspondant aux conduites instinctives sont-elles constantes pour une même espèce à travers le temps ? C'est une question délicate. ces scènes sont Pour lui sans structure. elle correspond à une image instinctive. les chants. sans qu'il soit possible d'avoir I'image des ennemis blessés ou morts . est au contraire freinée dès que I'adversaire est vu à terre. une luffe. rycladiques ou minoennes. fabriquées par les adultes. une dispute comme celle du début du Cid. en certains de ses rôles. qui perçoit certaines allures et configurations ayant un sens pour les conduites instinctives. Ainsi. vides . la cour du nées pour recevoir des formulations differentes quand elles intervien- mâle comporte des battements d'ailes qui montrent ces groupements de plumes) . Un Oiseau à long bec pointu n'appelle pas les sentiments maternels. menton effacé). parce que les situations de compétition correspondent à sa relation au milieu. choisit ceux qui ont les caractères de I'image de I'enfant . pour un modf d'injustice subie.

avec les réactions qui leur correspondent. les paysans ont saisi immédiatement le changement de propriété de la terre. en tant que familier ou inconnu. elles ne sont pas moins spontanées et moins primaires que celles qui permettent l'adaptation primordiale aux situations de danger. Ceci laisse prévoir I'importance du caractère perceptif et primaire des stéréorypes (clichés) culturels. mais Guiraud critique cette interprétation. Y a-t-il une perception réellement primaire de I'effrayant. un jeune Chimpanzé est effraÉ par une poupée dont les yeux sont faits de boutons de bottines . il n'est guère douteux que des possibilités de qualifier d'emblée des groupements de stimuli selon les catégories instinctives existent chez de nombreuses espèces. la conscience possible joue un rôle de premier plan . cet état primaire absolu n'existe que lorsque I'arrivée d'information est trop faible pour que la dichotomisation en réactions de fuite ou d'approche soit possible I c'est fréquemment le cas pour le jeune. elles se modifient selon les conditions collectives (sentiment du danger. mais non le fait que l'autorité politique n'était plus détenue par le Tsar . de façon aussi primaire et aussi gestaltisée que le partenaire ou le parent nourricier . Sur le plan des phénomènes. si toutefois elles existent. la conscience possible est ici celle du ( nonRomain o. inattendue . mêlant tout ce qui est exotique et barbare. par exemple. pression dans le sens de I'uniformité) et constituent la base des régulations psychosociales . car elle implique un aspect collectif : à une certaine époque et dans une situation déterminée. il est difficile d'en rendre compte à partir des notions de gestaltisation définies par l'éthologie. est sans doute une des premières perceptions gestaltisées de I'enfant . le nouveau est une catégorie qui contient en elle toutes les possibilités de réactions . accueillant certains traits. la conscience possible agit comme un sélecteur d'informations incidentes.cole de la Forme) ont tenté de ffouver des structures visuelles jouant ce rôle de signal d'derte ou possédant un pouvoir d'appel. L'Homme est zoon politikon. refusant d'autres traits . Naturellement. I'idée que le domaine des réalités sociales est celui des apprentissages tandis que les catégories directement biologiques selon les instincts seraient spontanées est très théorique. dès que les différents individus détectent sa présence dans I'eau. la valence de familiarité ou d'étrangeté est impliquée dans la saisie perceptive comme celle du prédateur ou de la proie. il y a des images intraperceptives qui ont un sens pour les situations psychosociales . du déviant. ou bien les deux seules catégories primaires sont-elles celles de la répulsion et de l'appel ? Mais la nouveauté est-elle répulsive ou attrayante ? Elle est répulsive comme danger possible. ce serait une structure visuelle < pithécophobogène n . mais elle est aussi attrayante comme présence possible d'un objet quelconque qui peut être proie ou partenaire. qui a des adaptations sensorielles imparfaites . les structures innées servant de base à la perception ne pourraient atteindre un pareil degré de sélectivité et de précision. il ne s'agit pas d'un dressage. Par exemple. dans la genèse des mythes et Ia déformation des nouvelles.70 IMAGINATION ET INVENTTON CoNTENU COGNITTF DES TMAGES 7t La notion de conscience possible concerne bien la perception des situations selon un mode primitif pourtant. elles sont bien primaires. du dangereux. toutefois. qui se répand dans I'eau dès que I'un des individus du groupe de Vairons est blessé . cet état. il paraît donc assez malaisé d'affirmer que le nouveau est par lui-même répulsif ou attrayant . de rapport aux parents ou aux jeunes . un groupe défini est capable de saisir le sens de certaines situations. quoiqu'il s'agisse d'un primaire collectif . on pourrait dire qu'il n'y a rien de biologique dans ces manières de percevoir. des psychologues (en particulier ceux de l'É. la réponse est alors la vigilance. puisqu'il s'agit de représentations conscientes et appartenant par un biais aux contenus culturels. En effet. est en fait une véritable perception . contenue dans le sang. d'un apprentissage. présence d'un prédateur éventuel. Le sens visuel étant dominant chez les Primates. il existe une substance. avant d'être affirmée de manière définitive et universelle. ainsi. Pourtant. mériterait des recherches plus précises. le visage humain vu de face. surtout dans le registre de la sensibilité dominante de chaque espèce . Mais en certains cas les réactions orientées paraissent être imposées à l'organisme par la . la mobilisation préalable des réactions est l'état de vigilance exaltée . la représentation de l'étranger. la propagation des rumeurs. la curiosité. après la première vague de prise d'information. le Christianisme a été vu à Rome comme une religion initiatique qui faisait des sacrifices humains de jeunes enfants. le socius est perçu immédiatement. cette substance porte la terreur dans le groupe entier . alors que d'autres situations n'ont pas de sens pour lui. selon Guiraud. pourra être aiguillé vers la mise en jeu du système d'action pour la fuite ou pour I'approche . au moment de la Révolution russe. Il est effectivement très difficile de dire quel est le degré de généralité (donc la richesse de potentialité en formes compossibles) que recèle une perception primaire. ils ont une réaction de fuite immédiate. L'existence d'images constituant les catégories primitives de la perception. chez le Vairon. parce que cette conception correspondait à la représentâtion de cultes initiatiques réels dans certaines religions de pays éloignés . affirmant que la poupée effraye le jeune singe parce qu'elle est nouvelle dans son expérience.

les victimes sont en certains câs porteuses de n Patterns ) percepdfs qui stimulent telle ou telle catégorie de réactions instinctives. car les victimes possèdent un ( potentiel victi- nôrr DE L'IMAGE INTRA-pERcEprIvE DANS LEs cHolx. on pourrait dire qu'il s'agit d'anacoluthes du comportemcnt. et continuer ainsi jusqu'à l'activité de consommmation-exécution. ceci expliquerait le caractère de large compatibilité des images. réversibles au début. on ne peut pas en rendre compte en invoquant seulement I'impulsivité du sujet. dans les perceptions primaires de rype progressif. comme première perception selon le régime progressif. avec une importance differente selon les espèces. autrement dit. mais non de déclencheur d'une activité de consommation ou d'exécution . la bifurcation vers les activités brusques d'exécution n'est probablement pas complètement aléatoire.çry. c'est la sffucture du couple agresseur-victime qui explique les actes délictuetx. à partir de la simple perception de classe initiale. et n'est pas conforme aux normes collectives . un passage direct et abrupt à une activité d'cxécution . Il est probable que les deux modalités perceptives existent. Mais ce schéma général de I'anacoluthe de comportement reste trop sommaire . 4. Les disputes et les coups sont de même type et marquent la bifurcation des séquences progressives de comportement vers des réactions instinctives. une employée. et entraînant une réaction définie appropriée. ælon le régime progressif. une telle réaction a formellement les caractères d'une réaction instinctive (réponse directe et immédiate à un stimulus configurationnel). l'intervention d'une séquence de comportement instinctif. et induisent. comme dans un fonctionnement automatique. particulièrement dans les cas où la préméditation intervient peu . indiftrence) apparaissent seulement comme conclusion de la perception progressive. et non pas seulement inconvenant. Cette fonction de déclencheur direct d'une réaction d'exécution est d'autant plus effacée que les conduites fondées sur l'apprentissage remplacent plus complètement les conduites instinctives autonomes . i* : 72 TMAGTNATTON ET rN'TENTrON j CONTENU COGNITIF DES IMAGES 7J structure du stimulus ayant un sens immédiat . mais elle n'est pas une véritable réaction instinctive. cet auteur préconise des mesures de prévention et de cure s'adressant aux victimes.. Certains faits de délinquance paraissent bien pouvoir être interprétés selon ce schéma du passage brusque à l'activité d'exécution. Mais à côté de cette image de compossibilités en régime de perception progressive. comme si l'image des compossibilités avait été confondue avec un déclencheur spécifique. il est difficile de dire si toute perception commence par des étapes très générales telles que la réaction à la nouveauté. car la réponse stéréotypée à un stimulus-clef manque de plasticité et d'adaptabilité. les attitudes possibles (salut. une Tourterelle ayant toujours vécu en cage réagit par la fuite à la présentation d'un Serpent. ou tout au moins à une différenciation de type social et collectif (une jeune bourgeoise. son manque de contrôle des émotions. sans réaction préalable de vigilance ou de curiosité. de Jérusalem. vICTIMo- LOGIE ET PSYCHOLOGIE DES PROFONDEURS On pourrait dire. car elle a commencé comme une perception de régime progressif et a dévié vers une réaction spontanée. ne comportânt point de logique du tiers exclu : ce sont les principes d'une logique des classes comme système de compossibilité. et non le délinquant seul . il faut faire une place à des configurations spécifiques ayant un sens prédéterminé. marque un saut brusque dans le régime de la perception. Dans ces conditions. sélectivement reçu sans apprentissage. ou bien si certaines perceptions commencent d'emblée par la réception d'un signal déjà fortement orientant. cependant. la coexistence dans le même être vivant des deux emplois de I'image intra-perceptive (comme classe potentielle ou comme déclencheur) peut être l'occasion de changements du régime de corrélation entre perception et activité amenant. comme la vision d'un Serpent par un Oiseau. joue un rôle de déclencheur d'attitudes et de sélecteur d'informations. et capables de déclencher directement une activité de consommation ou d'exécution. en résumé. partiellement au moins. parce qu'elle n'est pas progressive. au contraire. Il faut tenir compte aussi de la présence des stimuli configurationnels qui amorcent le court-circuit opératoire. par analogie avec l'étude des procédés d'orpression. pour se dédoubler ensuite selon un plan dichotomique en attitude de fuite ou d'approche. et avec des conséquences diftrentes pour I'introduction d'apprentissages. De jeunes Singes ont des réactions d'effroi devant un être humain habillé de grands voiles noirs correspondant à l'image du fantôme. ce saut brusque est délictueux. comportant des dichotomies successives. c'est se diriger vers une identification progressive qui aboutit à la reconnaissance de la personne. et enchaîne directement l'activité consommatoire (tentative de viol). Selon Mendelssohn. ainsi.). après une réception d'information .. le comportement du sujet. comme celui de cour. voir une femme. s'il franchit les étapes des séquences instinctives elles-mêmes. une élégante. comme s'il y avait chez la victime un certain pouvoir d'appel des gestes délictueux. que l'image.

a pensé que la perception permettait des choix correspondant à des pulsions très sélectives du sujet. mais elle présente formellement l'intérêt d'une hypothèse audacieuse qui attribue le déterminisme des choix personnels profonds à des perceptions complexes décelant chez les autres sujets des tendances qui ne s'expriment pas dans I'action quotidienne et courante . même si la température de couleur de la source varie dans de larges limites (de celle du Soleil. cette hypothèse se comprend mieux si I'on admet une structure de la personnalité en couches et niveaux (psychologie des profondeurs) . cette fonction peut être nommée dérivation. la non-indifftrence à telle ou telle catégorie de photographies indiquerait sélectivement I'existence dans le sujet d'une pulsion capable d'orienter sélectivement vers une catégorie définie d'actes. la constance des formes a des limites . rapport à ce savoir. les couleurs sont altérées si la structure du spectre de radiations devient discontinue. proximité d'autres objets.ET. Par contre. également conjectural. ROLE DE L IMAGE INTRA. il s'opère une certaine concentration de délits de même espèce sur certaines personnes (par exemple les tentatives de viol). vers 6yoo" K. I'interprétation théorique de Szondi s'appuie sur la distinction des caractères dominants et des caractères récessifs .r r-74 TMAGTNATTON ET TNVENTTON CoNTENU COGNITIF DES IMAGES 75 mal o qui stimule les agresseurs éventuels. tendance à étrangler) . angle sous lequel I'objet est vu). enfin la dérivation . Effectivement. etc. en laissant toutefois la liberté des diverses sublimations socialement admises. I'activité locale permet la sélection d'une information relative à cette variation actuelle . dans la pratique. ce qui permet de supposer que les victimes émettent une certaine information orientant les actes délictueux. pulsions qui prédisposent à telle ou telle catégorie d'actes (par exemple. Szondi. la constance peut être en défaut . comme I'objet peut évoluer pendant la perception elle-même. un objet circulaire continue à être perçu comme circulaire même si le plan du cercle n'est pas perpendiculaire au rayon visuel . qu'on peut nommer de niveau secondaire. formes. les tests projectifs de perception prennent un relief intense dans la perspective de la théorie des pulsions de Szondi. Il convient d'étudier successivement l'identification de I'objet. une constance des degrés de gris. comme c'est On nomme constance un effet général de la perception qui . L'image intra-perceptive . la prise d'information différentielle. I'information incidente intervient comme élément de décision dans cette compossibilité. r. à I'usage de tests de choix de photographies de differentes catégories de criminels . il existe une constance des couleurs. la constance des couleurs se maintient malgré les changements de composition chromatique de l'éclairage. couleurs) et ce qui est effectivement nouveau par assure la les malgré faisceaux propriétés absolues comme des de saisie des objets rapports variables et changeants qu'ils entretiennent avec le sujet au cours de leurs déplacements et malgré les changements de conditions de milieu (éclairement. proprement psychique. une constances des tailles. elle aboutit. quand le plan du cercle est presque parallèle aux rayons visuels.oue toujours le rôle du modèle. mais qui mérite d'être cité. nôrn DE L'TMAGE INTRA-pERcEprrvE DANS L'IDENTIFICATIoN L'oB. à celle de la flamme d'une bougie). dans un ordre de recherches voisin. l'activité locale du sujet est avant tout différentielle. la constance a des limites . I'image est le système de compossibilité des états . Il faudrait cependant un supplément de recherches. qui est le terme extrême de la prise d'information selon les classes et le passage à la saisie diftrentielle. par exemple celui de la constance des formes . cependant. L'information n'est plus en ce cas relative à la classe ou à I'identité de l'objet. avec une méthodologie rigoureuse. pour valider l'hypothèse de base de la victi mologie. la diftrence entre les données sensorielles et I'image est interprétée comme un état de l'objet . mais. Enfin. dimensions. coNsrANcE pERcEpTIVE ET ADAPTATIoN DE B. La théorie de Szondi est contestée. par exemple quand la réception d'informations se fait dans un territoire où l'objet est identifié et où les domaines d'apparition de chaque catégorie de données se trouvent déjà classés et ordonnés. de plus grande généralité auquel est rapporté I'ensemble des signaux incidents . du < pattern. En chaque catégorie. ces trois activités sont de plus en plus fines et prolongent la prise d'information progressive du régime primaire. dans une perception de rype secondaire.PERCEPTIVE DANS I-A D'INpoRMATIoN PRTSE Quand les perceptions de type instinctif n'ont pas lieu d'exister. Le principe de constance se décompose en plusieurs aspects particuliers. ce qui veut dire que le signal utile est I'indice de la diftrence entre ce que I'on sait déjà de I'objet (quiddité. tant qu'il s'agit d'un spectre continu de radiations dans le visible. par exemple.

de la couleur. l'image supPose donc un code de ffansformation de l'objet. tendu. est comparable à un calcul implicite rapide de l'échelon dimensionnel ou chromatique. Très généralement. paraît énorme. la perception de la taille reste aléatoire . Un isolateur de ligne téléphonique. le mouvement. differentielle. anticipée sur le continuum de la taille. cefte anticipation à court terme est déçue : visuellement l'avion est en avant du point d'oùr provient le son. que les signaux incidents sont reçus et interprétés comme donnant connaissance d'une personne grande ou petite. des papiers peints : tout cela paraissait different de ce que l'on voit quand on pénètre dans un appartement. permet de saisir un objet en vision réduite. c'est qu'il n'y a pas d'image des poteries de cheminées dans les maisons. c'est-à-dire à une situation de l'objet où le champ dimensionnel (ou qualitatif) est limité. La sensibilité à l'état demande une image perceptive riche et précise.. la réception est donc. une impression de non-constance (agrandissement. sans objets de dimension connue dans I'entourage immédiat).). donc de la situation sur un continuum. L'activité PercePtive. rapetissement. La constance. pour étudier la constance percePtive. mis à I'extérieur. de taille nettement supérieure à celle des autres qui sont sur les massifs de cheminées . quand l'objet sort de son entourage habituel. au bout de quelques essais. La constance au sens habituel du terme est un cas Particulier de I'activité d'anticipation à court terme permettant I'identification de l'objet et la réception permanente des signaux permettant de le suivre. pris comme enclume dans un atelier. I'entourage. actuellement anticipé. contient réftrence à I'expérience. un morceau de rail de chemin de fer. ainsi. qu'il n couve quelque chose )' peut être attri- . La fonction perceptive de constance implique la mise en jeu d'une activité d'anticipation à court terme comParable à celle des servomécanismes et des prédicteurs qui assurent la poursuite des objets en pointage automatique . et pouvant être modifiés par l'éducation .. gai. les données sensorielles sont reçues de manière stable et normalisée. posé sur une table. un homme que I'on connaît. L'information reçue est comparée à ce < pattern. si les données perceptives cadrent avec ces anticipations. L'image. paraît plus gros que les rails fixés aux traverses. I'image intra-perceptive de l'avion à réaction tient compte du décalage entre la localisation sonore et la localisation visuelle. Si les conditions imposent spontanément une percePdon réduite (par exemple lorsqu'une personne apparaît au sommet d'une falaise. la recherche visuelle est dirigée vers le point de I'espace où I'objet paraît émettre un son . le schème de I'objet constituant son image en tant que système de compossibilités intrinsèques Permet la perception de l'état actuel comme une figure sur le fond des compossibles intrinsèques. c'est-à-dire des rypes d'entourage permettant I'anticipation dimensionnelle et I'activité comparative. la vision à travers une lunette de visée. par exemple. une formule de potentialité permettant de prévoir les transformations des signaux reçus en fonction de l'entourage et de l'action en cours. d'un objet connu. il peut exister une discontinuité d'ordre de grandeur provoquant. est comme un objet virtuel dont I'apparition en tel ou tel lieu est anticipée à partir de I'entourage. I'anticipation est réadaptée. pour presque tous les objets mobiles d'abord détectés par le son. posée dans un escalier. objet sonore et objet visuel sont supPosés être en coincidence spadale . déjà en ce cas.. c'est par raPPort à ce masque prédéterminé. pârce que le son qui arrive en ce moment-ci est celui qui a été émis par I'avion une ou deux secondes plus tôt. Inversement. S'il s'agit d'un unique objet qui se déplace. ici. une poterie de cheminée. couleurs changées. relativement à la constance. on cherche à le voir plus loin . comme celui d'une mère qui saisit avant le médecin que son enfant est malade. quand I'objet apparaît. Ainsi. mais avec les avions rapides. 2.. apparaît secondairement comme fatigué. en fonction de la distance et des objets qui I'entourent. de situation sur un continuum . par le jeu de la constance. on ne saurait s'il s'agit d'un adulte ou d'un enfant. Entre deux univers de cette espèce. des objets de maison. elle comporte des postulats relatifs à un type déterminé d'objets. Ce que I'on nomme u intuition ) ou o pressentiment )). I'anticipation imaginaire des changements de ses dimensions et aspects permet. et n'est pas universelle . comparative. l'éclairement.76 TMAGTNATTON ET INVENTION CoNTENU COGNITIF DES IMAGES 77 le cas avec les sources électroluminescentes à vapeur de mercure. impliquant activité d'anticipation. paraît beaucoup plus gros que sur le poteau . pendant la guerre. de saisir I'objet comme constant. production d'images. identifié malgré la distance. sans le rapport intrinsèque de la dimension de la tête par rapport à la dimension du corps. les maisons éventrées laissaient voir à la lumière du jour et à l'extérieur des meubles. on fait appel à la perception réduite. qui découpe une petite plage sans entourage. paraissent plus petits . il y a des univers de constance pour un objet déterminé. et très sale sous la lumière du soleil. L'TMAGE DANS LA pERcEprIoN plrpÉnnNTTELLE Quand. c'est par rapport à ces images qu'il est saisi . L'univers des toits n'est pas celui de I'intérieur des maisons. de la forme . quand on entend le son d'un avion à réaction au-dessus de la tête.

sans la présence de I'objet perçu. en fait. Cette dimension de l'individuel comme système de compossibilité d'un certain nombre d'états liés entre eux se trouve illustrée et mise en valeur par la méthode clinique d'observation. après identification de I'objet. un amateur de montagne est plus capable qu'un profane de percevoir l'état qui précède un orage. Les personnes qui ont longtemps veillé un malade savent percevoir avec une grande finesse le moment où son état s'améliore ou bien. pourtant. et non pas seulement un champ d'activité . il ne pourrait pas compter mentalement ses moutons au moyen de l'image . cette image ne joue son rôle que dans la perception. mais comme un véritable organisme dans telle ou telle attitude. c'est pourquoi les animaux qui habitent un territoire défini sont souvent les premiers à percevoir un changement irréversible. répondant aux problèmes à résoudre qui comportent un très grand nombre de principes très subtils . qui permet au sujet. mais elle rendrait sensible un changement s'il était possible de modifier en une seule nuit le nombre des colonnes de cet édifice. lorsqu'il le connaît bien . elles sont un mode d'accueil de I'objet. et c'est le décadrage entre I'image et les données de la percepdon qui apparaît avec netteté . et par conséquent non-descriptible . Les réactions des Oiseaux ou des Insectes sont parfois utilisées pour prédire le temps par les personnes qui les ont longuement observées . c'est ce que Pascal nomme le cæur. mais elles ne peuvent remplacer I'objet. il faut que le lieu soit devenu un territoire. ces images restent des schèmes. l'image qui permet cette perception ne serait pas assez mobilisable pour . la nécessité de les saluer sans froisser personne et sans oublier de saluer d'abord les personnages les plus importants.78 rMAcrNATroN ET nwENTroN CoNTENU COGNTTTF DES rMAGËS 79 bué à la richesse de I'image de la compossibilité des états de I'enfant que seule la mère possède . et l'image tirée inductivement de I'expérience d'autres enfants du même âge (il s'agit d'ailleurs plutôt d'un concept) ne peut pas être aussi bien adaptée à la perception diftrentielle que celle qui vient des différents états de cet enfant lui-même. non-manipulable. Le mot d'intuition est souvent employé quand la perception d'un état implique que le sujet tienne compte d'un grand nombre de données à la fois. une anticipation à court terme de ses états possibles. un orateur a aussi une perception d'état de son public. comme I'intuition de la mère devant son enfant qui commence à être malade . Le mode opératoire découle naturellement de cette perception d'état . il voit qu'il manque une ou plusieurs bêtes . carla mise en équation de ces ordres préftrentiels interftrant avec une topologie complexe serait fort ardue. de la lumière. un état alarmant . un cas souvent cité est celui de l'image des colonnes du Panthéon. contracté. ces réactions sont appropriées à l'état perçu de I'ensemble de l'atmosphère. sans se livrer à aucune opération discursive et à aucune exploretion . des tendances qui donnent au sujet une impression définie. il s'agit de la perception d'un état . organisée en système de n masques o. parfois même le pressentiment d'une avalanche peut précéder l'événement qui paraît aléatoire et imprévisible. cette perception déborde parfois sur l'état actuel. l'image mentale ne permettrait pas de compter les colonnes. l'esprit de finesse habite celui qui possède déjà une image de l'organisme qu'il aborde. un grand nombre d'images mentales. Mais en fait. présentent ce caractère de masque nondétaillable. elle apparaît aussi dans les techniques et plus généralement dans I'intuition du connaisseur assez familiarisé avec une réalité organisée pour connaître concrètement la compossibilité de tous ses états . Par exemple. pour pouvoir résoudre le problème de l'esprit de finesse. avant l'éruption de la Montagne Pelée. il n'y a pas de représentation indépendante de I'image comme réalité énumérable et manipulable. on a vu les Serpents quitter en masse le lieu où allait se produire le cataclysme et aller se noyer dans la mer. la disposition de difftrentes personnes dans une salle. il faut avoir une image assez précise de cette société pour qu'elle puisse être vue non comme une pluralité discrète de personnes. Le bon président de séance perçoit l'état de I'assemblée comme on saisit les attitudes successives d'une bête . I'image qui sert de fond à la perception est comparable à celle qu'un berger a de son troupeau . c'est qu'elles ont pu former un schème interne qui permet de percevoir l'état actuel par rapport au modèle particulier du sujet. d'avoir une perception de son état. sans compter. Dans le cas de la perception différentielle. au contraire. en particulier celles des voyants.. le médecin ne peut comparer cet enfant qu'à d'autres enfants du même âge. une chute de neige . se détériore . La perception difftrentielle des états de l'objet ne s'adresse d'ailleurs pas seulement à un être humain . de I'humidité. Pourtant. étalé. assez fine pour servir de base à une perception de l'état actuel dans la signification qu'il prend pour le sujet. de clichés auxquels est comparée la manière d'être actuelle. Cette représentation concrète est une image.. étiré. Ce genre de perception de l'état demande une connaissance singulière du lieu en tous ses détails . l'esprit de géométrie ne pourrait résoudre ces problèmes en un temps assez court. voilà des exemples d'application de I'esprit de finesse . dont l'essence est de dwelopper chez I'observateur une représentation concrète du sujet. la diversité de leurs conditions.

contenu de réception psychique. aPPartient à cette genèse de modèles de neutralisation des occurrences Perceptives . mais ne les saturent pas. Seules les occurrences complètement aléatoires ne Peuvent être neutralisées par l'image. il cause. nôrr On peut assister à une mise au point de I'activité réceptrice pendant la perception elle-même. nÉRrveuoN 3. tel est le phénomène de la boule de cristal. assez forte pour éveiller un sujet endormi. Si les données sensorielles sont trop pauvres pour équilibrer l'image. car ils sont plus pauvres que les images. au sujet de la perception. les rythmes et variations continues font partie du système d'accueil des signaux incidents. ou dans la pénombre. c'est-à-dire saisis comme nouveaux et capables de déclencher une attitude nouvelle ou une action dans le sujet. par exemple une loi d'occurrence itérative . quand le tnouvement primaire cesse. et seuls les décadrages par rapport à ces modèles sont effectivement perçus au sens propre du terme. . le caractère mystérieux de la Joconde. une photographie floue. il faut à peu près zo secondes pour la constituer pleinement. pourvu qu'il porte quelques amorces de structure.8o IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU cocNITIF DEs IMAGES 8r permettre l'énumération. dans I'expérience du mouvement consécutif visuel. En ce cas. C'est ce retard qui permet à I'image de surgir sous forme de signal différentiel envoyé illusoirement à la réception psychique. I'image seule est aussi obscure que la perception sans le secours de l'image. en ce cas. en tant que porteurs de nouveauté possible. DE L'IMAGE DANS I'ADArTATIoN AU CHANGEMENT. après la réunion. un arrêt brusque du bruit fait percevoir le silence comme un véritable signal positif. Ce rôle joué par I'image intra-perceptive permet de rendre compte la de capacité énorme de réception sensorielle d'information. une personne vue à travers le brouillard. on s'adapte au passage régulier des trains la nuit. au bruit des machines. (On peut citer aussi I'exemple ancien du tic-tac du moulin. alors que la faculté d'appréhension attentive d'éléments discrets et nouveaux est limitée à quelques unités binaires par seconde . moins riches que les images. parce que les données sensorielles sont juste suffisantes pour susciter des images . de tous les présents . cet effet peut d'aillcurs se produire sur n'importe quel fond (par exemple un visage humain).) L'efficacité de ces masques subjectifs des incidences est telle qu'elle peut. une irrégularité dans le régime des signaux incidents déclenche une véritable réception psychique. sous forme d'un coup d'arrêt du bruit. auxiliaire de la perception. Tout un ensemble de phénomènes d'habitudes. le négatif des signaux externes continue à agir pendant plusieurs secondes . comme rien ne lui fait équilibre. L'image est asservie aux incidences. à quoi servent les millions de points distincts que la vue peut recueillir en un court laps de temps ? ils alimentent précisément cette activité réceptrice diftren. lorsque les données apportées par les signaux incidents présentent une régularité. lorsqu'elle porte à faux. qui est essentiellement un appel d'images avec des données perceptives inachevées. mais sufÊsantes cependant pour la susciter. en sens inverse du mouvement primaire. par effet diftrentiel et dérivation. jouant le rôle d'un négatif Cinématique des occurrences perceptives. seules les erreurs. où les reflets suscitent les images. qu'il s'agisse d'une occurrence surnuméraire ou d'une absence. Ce sont les mêmes images d'incidences régulières qui permettent de receuoir les accélérations et les ralentissements comme réalité nouvelle sur un fond de mouvement déjà donné .. quelques détails. la perception fonctionne en ce cas comme un comparateur qui envoie à la réception proprement psychique les signaux de dérivation. créer des illusions PercePtives intenses .reçoit les données extérieures comme on corrige des réponses tielle. est ( comme un fantôme. l'image interne du mouvement reçu. un tableau seulement esquissé peuvent avoir une force d'évocation plus grande que des æuvres précises et achevées . sont transmises au véritable récepteur. l'arrêt de la courroie raÉe ou du disque porteur de spirale crée un effet consécutif de mouvement illusoire. etc. qui codées en appliquant une grille . et. par contre. pERcEpTroN DE r-a. une impression illusoire de mouvement inverse du mouvement primaire. après quelques secondes d'adaptation. ne viendrait-il pas d'une certaine imprécision mêlée à des traits qui appellent les images mentales ? Un grand nombre d'arts utilisent la suggestion. et de tous les tableaux qui paraissent regarder le spectateur. c'est I'image qui structure le message reçu par le sujet. quand la variation des occurrences perceptives est trop rapide . au sens où I'on entend le mot d'habitude quand il s'agit d'une adaptation diminuant la vigilance. On pourrait dire que I'image interne des rythmes et des régularités neutralise les occurrences de signaux. nécessaire et essentiel pour que la comparaison puisse s'effèctuer. mais avec un retard. c'est-à-dire les noncoïncidences entre l'image (jouant le rôle normatif de la grille) et les données actuelles incidentes (les réponses). possède une certaine inertie . moins précis qu'elles .

où elle Provoque élargissement. Voir G. on doit découvrir une diftrence entre les illusions perceptives produites avec un matériel non-significatif et celles que produit un matériel significatif ayant les mêmes propriétés géométriques. serait causé par la force verticale de réaction élastique que le sujet imagine dans la pierre. et l'oblique interceptée est une corde que tendent deux diables. Chatou. dans le Bulletin d'e Psychologie de mai t965. ici encore. qui nomme Einfthlung (empathie) cette introduction dans I'objet perçu d'une tendance. coNTouR suBJEcrIF ET IMAGE essoclÉn L'existence d'images intra-perceptives a été découverte au cours des études sur la perception visudle des formes. Des effets. n peinture muette sur un tableau o. expliqué selon la théorie del'Einf)hlung. les espacements. intervenant comme un pouvoir de modification des dimensions et des rapports des sous-ensembles perceptifs. Effectivement. primitivement isolé. puis inséré dans une pile de rectangles et de carrés verticalement superPosés où il apparaît comme une pierre supportant le poids de tout l'édifice.).hlung ne sont nullement exceptionnels ou rares. des actions dans les formes des choses. et introduite dans les objets. Cours sur zoo6. des barrières.) h Perception (ry64-ry6). É. I'oblique devient une corde ou un filin tendu sur une poulie par un ouvrier qui soulève un sac. 'Woodworth emploie pour désigner cette catégorie p. On pourrait peut-être en effet résumer aussi bien les phénomènes de contours subjectifs que ceux del'Einfihlungen disant que le sujet de la perception a tendance à saisir dans les configurations du réel des sousensembles ayant non seulement la taille moyenne de I'organisme humain vivant. éprouvée par le sujet en présence du spectacle des choses. La Transparence. manifeste une déformation qui exagère sa dimension vefticale. des résistances.216 s4. c'est-à-dire celle des portes. pour que ces déformations induites par le sujet soient harmonieusement compensées .8z IMAGINATIoN ET INvENTIoN coNTENU cocNrrrF DEs TMAGEs 83 C. et que les vastes plans horizontaux sont affectés d'une certaine courbure. cet effet. la bande venicale à bords parallèles devient un frt de colonne antique dans un décor de ruines. des colonnes qui constituent les éléments significatifs. On arriverait peut-être à montrer que les effets de l'Einf. il est malaisé en ce cas d'éviter les interftrences venant de I'adaptation perceptive à l'échelle du phénomène perçu (effets de perspective. il se produit un changement d'ordre de grandeur de l'objet perçu lorsqu'on passe de la version nonsignificative. rétrécissement. qui est le symbole graphique de réalités de grande taille comme un monument ou des êtres humains. élévation. de phénomènes perceptifs l'expression d'u image attachée o. Simondon. L. des forces. (N. Les architectes constructeurs de vastes monuments (temples. sinon un animisme implicite. c'est bien dans ce sens qu'il faudrait conduire la recherche si l'on veut détecter et mesurer avec précision et objectivité I'influence sur la perception de I'imaginaire actuel . à la version significative. L'objet se modifie dans la représentation perceptive de manière conforme à la tendance implicitement introduite par le sujet. c'est pour cette raison que les colonnes des temples ne sont ni parallèles ni également espacées. les dimensions. au point que le carcé apparaît comme un rectangle quand il est vu dans la situation d'une pierre qui supporte du poids . p. C'est ainsi que I'illusion de Poggendorf a été montée par Filhene en version significative . considérée comme étant d'origine purement centrale. théâtres) corrigent d'emblée les lignes.. expansion de I'une des parties par rapport aux autres. comPensant d'avance la déformation perceptive qui les ferait paraître gauches. Pour faire des expériences concluantes sur ces effets dc I'image intra-perceptive. représentation du schéma corporel dans la situation. dans I'expérience du contour subjectif (voir le cours sur la Perception. Piéron a proposé que l'on monte cette configuration dans un ensemble non seulement significatif mais concret et réel. Éliane Vurpillot a égdement comparé différents montages de l'illusion de Poggendorf en version non-significative ou en version significative . par Schumann. n84 et suivantes) '. dans un grand nombre d'expériences sur des représentations géométriques ou des maquettes réalistes. il faudrait que les figures géométriques non significatives aient la même taille que les figures significatives réelles. et non d'effets proprement optico-géométriques. un carré. r. forces imaginaires dans la conûguration des objets. mais encore les propriétés de base de tous les organismes. centraux et psychologiques.. tout au moins un organicisme latent de la perception qui suppose des tensions. TMAGES CÉOVIÉTRIQUES Si les déformations perceptives proviennent de l'introduction de r. par exemple avec un homme tirant l'eau du puits au moyen d'une corde passant derrière une planche. non périphériques. D. correspondent bien à la théorie dynamique de Lipps G8gù. et qu'il existe. Selon Lipps. et mise en lumièrer particulièrement.IMAGE INTRA-PERCEPTIVE DANS I-A PERCEPTION DES FORMES. c'est-à- . contraction.

impliquant changements spontanés au cours de la perception qui prolonge. la compadbilité. LEs nÉvpnsrsrrrrÉs bilités. tendre tout entier dans le même sens . Ce qui correspondrait à l'équilibre stable. se dilate pour soulever un fardeau. c'est la formule du maximum de contenance et de solidité avec le minimum de cire employée. la polarité. Les groupements percepdfs ne se font Pas au hasard. mais la correspondance. toujours précaire et tendue. se mouvoir en bloc. d'autre part en raison du mode d'adossement des cellules les unes contres les autres par l'imbrication des fonds . Contrairement à I'erreur habituelle des amateurs de technique photographique en grandes masses violentes et contrastées. donne I'impression d'un dessin à l'encre de Chine. L'ordre de grandeur des contours et des images attachées est le même que celui oir se manifestent les effets habituels de l'Eiffihlung parce qu'il correspond à une des catégories les plus primaires de la perception. le point de vue subjectif est tantôt au-dessus de I'escalier. à cause de son caractère aléatoire. en un certain sens. donc à un état dégradé. L'ruecE coMME srNGUr-ARrrÉ ou svsrÈME pRrvILÉcIÉ os coMpA- flsrtrrÉ pERcEprrvE ENTRE oRDREs DE GRANDEUR Un deuxième argument important en faveur du caractère métastable des équilibres perceptifs est l'existence de réversibilités . d'une part grâce à la structure hexagonale. ni non plus en vertu des seules symétries et des seuls équilibres géométriques . au moins en une certaine mesure. De semblables groupements en unités organiques sont possibles avec des sons. en se superposant l'un à I'autre. les divers types possibles de configurations perceptibles. Ainsi. la rencontre de répondants vivants du sujet dans l'univers. ici. Un contour est la frontière active d'une population d'éléments. L'Einf:ihlung pevt être rapprochée de ces effets de saisie de sous-ensembles organisés et organiques comme intermédiaires entre l'ordre élémentaire des microstructures et l'ordre des configurations d'ensemble . ce qui fait image. au minimum d'énergie potentielle du système. mais elles peuvent aussi être induites par I'attention volontaire. il s'agit d'un équilibre. I'orientation des mouvements et du schéma corporel. du n piqué o dans la vue prise pour que des ensembles se détachent . 2. l'une en arcs de cercle. anéantissant les détails par un développement et un tirage n durs r. comme il n'y a pas de lignes de fuite. entre les alvéoles individualisées et le rayon qui les groupe. ensemble de deux croix de Malte imbriquées. c'est que la potentialisation continue à s'accomplir pendant la perception elle-même . c'est faire de la corde le prolongement du bras. des chances multiples de structuration subjective. autrement dit. Si des réversi- Il est possible de redonner un sens au principe d'isomorphisme de la Psychologie de la Forme en I'appliquant au niveau intermédiaire et moyen d'ordre de grandeur des réalités perçues . ee 3. qui bascule de lui-même lorsque le condensateur gouvernant l'élément inactif atteint la diftrence de potentiel convenable pour que cet élément devienne conducteur. un saut brusque fait passer de l'une des configurations à l'autre. ce serait l'état dégradé d'une configuration désordonnée oir se mélangeraient simultanément. mais ne présente pas réellement I'effet de masses de la réalité. quand I'une est figure. ces effets de réversibilité ne seraient guère concevables si I'on supposait que la perception définitive correspond à l'état le plus probable. mais de cet équilibre particulier et rare que réalisent les . percevoir une corde comme droite parce qu'elle est tendue par une force. Le même phénomène se produit avec la croix de Rubin. elle a un sens fonctionnel comme le tégument d'un organisme par rapport aux organes qu'il recouvre et dont il manifeste la pluralité groupée. I'autre est fond et paraît se prolonger sous la figure. peuvent apparaître. c'est se mettre soi-même comme organisme à la place de cette corde . ce qui montre que l'équilibre figurefond n'est pas assimilable à un équilibre stable. Les réversibilités apparaissent particulièrement avec les figures géonrétriques pouvant être vues selon une perspective spatiale. dans un ensemble perceptif ce n'est ni les microstructures ni les configuradons d'ensemble. I'autre en rayons . il n'y a pas de contour subjectif quand les détails à grouper n'existent pas ou ne sont pas apparents. le régime de la perception comportant des configurations réversibles est formellement semblable à celui d'un basculeur. la n bonne forme o des nids d'abeilles correspond à un système de compadbilité. comme I'escalier de Schrôder. d'une république de détails . si parfaites et géométriques qu'elles soient. il faut aussi de la précision. ou I'imaginer comme le corps qui s'étire dans I'effort de tension. un aft totalitaire d'oppositions violentes. ce n'est pas l'opposition toute simple des blancs et des noirs qui découpe des régions dans un ensemble .8+ TMAGTNATToN ET rNvENTroN coNTENU cocNITIF DES IMAGES 8y dire la capacité de se mouvoir. rare et précieux. par exemple à partir d'un bruit blanc offrant. Les inversions se font d'ellesmêmes. entre I'ordre moléculaire et I'ordre solaire des réalités. tantôt au-dessous . un contour enveloppe un sous-ensemble qui pourrait être un organisme vivant. au moment du basculement perceptif.

des sous-ensembles apparaissant comme jouant un rôle de médiateurs et d'intermédiaires. c'est la cicatrice ou la tache.! X 86 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU cocNrrrF DES TMAGEs 87 inventions humaines. Des formes géométriqaes peuaent deuenir prégnantes Dans la perception la plus courante. Et de manière générale. I'ampoule en verre mince qui enferme un filament et le soustrait à I'action de I'atmosphère . mais ces cas sont précisément ceux oir I'apparition d'une régularité sur un fond de chaos ou de confusion aléatoire est une singularité qui marque que I'on change de domaine . Les formes géométriques sont habituellement artificielles . elles sont interprétées au moyen de croyances légendaires. du singulier. dues à l'érosion. le ballon. Dans I'existence et dans les diverses situations. Les singukrités sont plus prégnantes que les régularités certaine formule singulière qui caractérise chaque personne en tenant compte de certains aspects accidentels. mais quand ils sont pris comme solutions d'un problème. a. le bathyscaphe. mais leur présence insolite comme signal. source possible d'information. non en tant que systèmes dont l'énergie est dégradée. Dans un milieu de configurations déatoires une forme géométrique est prégnante parce qu'elle est forcément potentialisée comme signal virtuel. les triangles sont rares dans la nature sauvage. est déjà le signe de la frontière. Si. comme les fondations d'une tour de guet. l'amorce de virage après la longue monotonie des parcours sans détail . et qu'on se trouve sur un fond de hutte préhistorique ou sur quelque trace d'une activité humaine plus récente. I'irrégularité. cet équilibre. dans un monument qui est tout entier de style homogène. occurrence d'originalité. on rencontre tout à coup un cercle bien découpé sur le sol. elle est nouvelle en ce lieu. comme un cercle de champignons. il est fonctionnellement le système de compatibilité entre deux milieux inclus I'un dans I'autre. entre une configuration plus vaste et une matière élémentaire . ce qui est prégnant. donc quand. ce ne sont pas les formes elles-mêmes qui sont prégnantes. ce qui. ce qui est prégnant. Il est vrai pourtant qu'en certains cas les régularités sont éminemment remarquables et deviennent prégnantes. comme la ligne droite qui est le plus court chemin d'un point à un autre. les clôtures des lois et des institutions humaines . au milieu d'une lande et de terres inhabitées. sphère). rattache ces structures de systèmes en état stable aux formes prégnantes (ligne droite. au lieu d'être la formule du système d'ensemble. Derrière elle se profilent les interdits. est I'enveloppe d'un univers au sein d'un autre univers . et deviennent les cercles des fees ou les pas de danse des sorcières . car il y a des cas où les formes géométriques sont au contraire des solutions d'exception au problème de maxima et de minima que pose le rapport entre deux ordres de grandeur de la réalité. Même produites par la nature. au milieu d'un décor chaotique de ravinement. par exemple. c'est le nid de poule. ce qui saute aux yeux. comme dans I'antique et dure légende de la fondation de Rome. ces minima deviennent des optima. donne la surface plane et horizontale des eaux ou la surface sphérique de la goutte en suspension dans un liquide isotonique . l'information apporte la connaissance de la nouveauté. la forme sphérique est une bonne forme quand c'est une structure intermédiaire telle que la citerne. rare et imprévisible : elle indique que I'Homme a passé par là. qui se dressent sur les sols friables recouverts de grosses pierres plates surprennent par la finesse de leurs lignes verticales et minces. n'a pâs une particulière prégnance . les cercles parfaits et les carrés. ce qui fait image et se détache. ce n'est pas la régularité. Le cas des figures géométriques comme images prégnantes ne signifie donc pas que la prégnance s'attache aux états d'équilibre stable et aux formes les plus probables d'après les lois du hasard. ou la sphère qui est la plus petite surface permettant d'enfermer un volume déterminé. gagné sur la menace du désordre et du chaos. c'est que sous certains aspects ils réalisent des minima dimensionnels. Sur la route bien plane et droite. Une personne se diftrencie d'une autre parce que les régularités et les symétries de I'organisme s'ordonnent selon une par lcurs rapports mutuels Un arc en plein cintre. cependant. c'est I'imprévisible qui s'impose et devient figural sur le fond des régularités. au terme de I'amortissement de toutes les oscillations par dégradation de l'énergie. les n cheminées des ftes . du fossé qu'il ne faut pas franchir sous peine d'être abattu par son frère.) . cette forme est prégnante et saute aux yeux. les dangers. la ligne droite. leur rencontre est prégnante dans la nature sauvage . n'est évidemment pas le même que celui qui. cette prégnance n'est . la plus simple de toutes les formes géométriques. ou bien les compatibilités d'organes dans un corps vivant. au milieu d'un visage lisse et régulier. le caractère géométrique pur et constant. elle cause un état d'alerte et un sursaut de la vigilance comme un véritable signal de changement de régime ou d'imminence d'une rencontre. b. donc de I'imprévisible. ou encore les æuvres d'art qui instituent une harmonie entre la structure de chacun des éléments et celle du tout . c'est la source de nouveauté qui fait piège pour une action continue (scandale signifie u piège . ils sont des moyens. de I'accidentel.

la forme naturelle de I'arbre est remplacée par la monstruosité de cubes ou de boules végétales (Musset a décrit les ifs ( en rangs d'oignon o de Versailles . ne sonr pas . Les textures peuvent d'ailleurs être produites de manière artificielle. volontairement ou involontairemenr . Une forme géométrique violente. le tout étant saisi d'une seule vue . on peut voir aujourd'hui le jardin du château de Villandry). il est comme le centre actif à partir duquel se dédoublent et s'opposent les caractères extrêmes des formes surbaissée et ogivale. une disposition horizontale. dans tous les cas. la texrure originelle que la taille. pourtant.n taillés de granit ou de porphyre n'aurair besoin d'aucun plâtre. Plus I'outil est primitif. c. ajoutant aux objets des objets supplémenraires. les fibres du chêne n'ont pas le même dessin que celles du châtaignier ou de l'érable. quand I'immeuble comme celui de la rue Croulebarbe a la . C'est le cas de la cathédrale d'Orléans (Sainte-Croix) vue du cloître de la cathédrale. sur un irain.que brme d'une tour élancée et d'ailleurs cctte esthétique analytique correspond à une perception implicite de I'opération des choses : les nervures verticales.it.L'art a été longtemps de type synthétique. sur une maison. des nervures parallèles à la plus grande dimension d'un objet correspondent à la meilleure résistance à la torsion er au flambage. ne prend pas en charge. la forme découpant et maîtrisant la matière avec la dureté artificiellement normative de la géométrie à travers la nature. si l'on représente géométriquement sur une feuille de papier ce genre d'arc. devenues plurifonctionnelles. comme celle que donne le tournage en imposant une figure de révolution au bois. il serait contraire à I'harmonie perceptive de disposer sur un immeuble les tôles nervurées dans le sens hoiizontal. instrument de torture des formes implicites: ce rabot ûace des moulures. lorsque les surfaces elles-mêmes.88 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU cocNrrrF DES TMAGES 89 pas due aux caractères intrinsèques de I'arc en demi-cercle pur. le polissage. c'est-à-dire à partir du Sud : un ârc en pleincintre est surmonté d'un arc surbaissé et encadré par deux fenêtres en ogive. sans rapport défini avec la sûucrure matérielle. qui est comme un dialogue des trois formes. sans peinture et sans plâtre. Chaque matériau possède déjà les microstrucrures. comme un tableau qu'on suspend devant le mur quand la maison esr consrruite. enfin.t ti. car. ne prolonge pas les formes implicites et muettes de la matière brute devenue matière ouvrable. on peut consrarer . Une muraille construite en blocs bien ajustér . plus . des ouvrages d'arr. L'image intra-perceptiue est le style commun de k texture et de la confguration Une pareille médiation est une rencontre rare. mais celles qui jouent dans un ensemble le rôle du médiateur entre des termes extrêmes de hauteur ou de timbre . oùr les formes prégnantes ne sont effectivement pas toujours les plus singulières. le ffaitemenr au jet de sable peuvàt manifester sans rien ajouter ou cacher. mais parce qu'elles sont comme la mesure unique qui rend compadbles les termes extrêmes : elles représentent la singularité réussie de cette compatibilité. primitifs . quand il est comme le médiateur d'autres formes qui. il peut le devenir. tendue. . amorceraient une multitude de petits remous et seraient contraires à I'aérodynamisme des surfaces . ne correspondrait pas au meilleur écoulement possible des filets d'eau . et au sens générd du mouvement du train. comme ces ifs que le jardinier découpe selon la fantaisie pauvre en formes du maître des lieux . en ce cas. on accepterait mal un wagon dont les tôles seraient nervurées verticalement. c'est-à-dire dans le scns de la longueur du wagon. les tôles nervurées devant résister à la déformarion. Or. Entre la matière et la forme peut exister un rapport violent et arbitraire. des caténaires. qui ne produit pas des objets supplémentaires eisàcondaires venant masquer les objets de base. il existe des formes élémentaires dans la matière. de la longueur du train conforme à I'horizontalité des voies. dans cet ensemble. ne peuvenr être posées de manière arbitraire par rapport à la configuration de l'ensemblè dans lequel elles jouent un rôle . d'autre peinture. il n'est pas particulièrement prégnant .r. aussi fines et nombreuses que le désire I'artisan.ment encore. et non horizontalement. ainsi. chaque bois a ses lignes. Mais il commence à se dégager un arr analytique. cer art consisre à traiter du premier coup la matière pour qu'elle apparaisse avec la texture et l'aspect qui s'intégreronr directement à la configuration. qui est comme l'essence petceptivJ de la configuration. s'éloignent également de part et d'autre de cette proportion moyenne. Il serait possible sans doute de trouver des exemples analogues dans les arts du son. le plein-cintre joue un rôle médiateur intense . ce ( couteau à deux mains o des tonneliers qui se laisse gui- der par les fibres. une plaque de métal sorrant du laminoir se plie de façon diftrente selon la direction du pli par rapport au sens de la déformation causée par le laminoir . ne respecte pas.très élevée. et qui peut ne pas se produire dans les occasions courantes. mieux on peut suivre les lignes réelles de la matière . comme celles dont on revêt les wagons des trains rapides ou cerrains immeubles modernes (rue Croulebarbe à Paris). comme les lignes du bois . De même encore. telle est la plane. par rapport au plein-cintre. le caractère prégnant s'attache aux qualités moyennes non parce qu'elles sont I'effet d'une dégradation tendant vers I'homogénéité. par opposition au rarabiscot.

lorsqu'elles sont rectangulaires. par un véritable balisage en réseau (chaussures blanches. ourlets de couleur vive à un vêtement) . particulièrement lorsqu'on dispose de l'ordonnance de vastes surfaces et de grands volumes où I'on peut organiser selon une progression définie le réseau des fenêtres. drapeau utilisé dans les courses d'automobiles) . routes. de Buenos Aires : un point. la lumière accentue le relief de I'enduit. mais jouent un rôle dans la rigidité de I'ensemble (technique de construction des véhicules sans châssis. s'alignent. de fausses fenêtres . le plus capable d'intégrer des réalités nouvelles. des rouleaux de ruban adhésif o opticalisé ) peuvent être collés sur des voitures automobiles. à la configuration d'ensemble. De telles formules sont intéressantes pour I'architecture. au couvent de l'Arbresle. à I'opposé de la chapelle. cela est possible avec le style de Le Corbusier. chaque ligne de la configuration d'ensemble est plurifonctionnelle . d'air. non seulement d'êtres humains pour les différentes pièces. dans ces longues cellules. l'image est la rencontre réelle du postulat des éléments et du postulat de I'ensemble en une axiomatique perceptive de compatibilité. Le corps humain lui-même peut être n opticalisé . à exdter leur perceptivité. au lieu d'être cachés dans les coins et noyés sous les revêtements. progressent avec de longues lignes de fuite dans les couloirs. mais elle s'est emparée de ces modfs à haute perceptivité pour en faire un usage rhétorique. d'informations . Le Corbusier a été très sensible au rapport des microstructures à la configuration. l'intérieur des cellules a été crépi d'un revêtement dur à base de ciment. mires. fleurs. c'est-à-dire surchargé selon le mode baroque par le bijou ou des modfs peints ou collés: camées en forme d'échiquier. détaché de la fonctionnalité. soufflé en vagues et crêtes par un ( canon o qui projetait latéralement I'enduit. donc irritant et vain au sens propre de ces deux termes. si des formes encore inconnues d'énergie devaient un jour être distribuées. Cet architecte ne dissimule pas ses matériaux. par exemple. On peut nommer image ce style commun à la configuration d'ensemble et à l'élément. la non-dissimulation du matériau permet de faire converser en image les textures et les configurations . Un baroque contemporain apparaît et se développe avec les automatismes proliftrants de l'Optical Art. un rectangle. Comme dans un organisme vivant. employé pour certains autocars). arbitraire par rapport à la configuration. n'importe quel détail peut être ajouté f1uis5. et cet apport de détails rocailles est illimité en surcharge et complexité. Le baroque au moins dans ses développements les plus automapourrait se définir par I'indépendance des microtisés et vulgarisés structures par rapport aux configurations.. les tuyaux et câbles. en fait. ce collectif est un collecteur et distributeur. de creusement des surfaces. n'emploie pas de plâtrage. ce qui est plurifonctionnel reste ouvert. se rassemblent. non saturé . I'image n'est pas donnée par les seuls éléments. il n'est pas impossible que la mode de I'opticalisation elle-même s'inspire de techniques de balisage (pistes. capables de créer seulement.IVENTION gl seulement des revêtements.!I "ç CoNTENU COGNTTTF DES IMAGES 90 IMAGINATION ET II. engendrant des impressions de courbure. Une recherche logique et mathématique sur les textures a été faite par César Jannello. elle n'est pas non plus imposée par les lignes de l'ensemble. il ne faut pas confondre avec cette prolifëration automatique des microstructures perceptives des recherches oir les microstructures sont intégrées à la configuration de manière à souligner les articulations de cette configuration. cibles. et l'étagement des plans en hauteur. puis servent à habiller des objets ayant déjà leur forme et leur sens . sont développés pour eux-mêmes. grâce à la conception modulaire. précisément parce que son unité est celle de I'image qui n'est pas matérielle et qui fait le pont entre les textures et la configuration. géométriques et contrastés. Il n'existe sans doute pas beaucoup de couvents au monde dont le style pourrait admettre que l'on dépose une citerne métallique de propane tout près des bâtiments. une ligne peuvent se dwelopper selon la formule d'une progression définie d'avance selon un réseau pluridimensionnel. selon le principe de la poutre. on pourrait faire passer d'autres canalisations. on peut noter que cet art analytique est le plus accueillant. dans ses fonctions perceptives. sur divers objets. le ciment apparaît comme ciment. sur les T renversés des couloirs du couvent dominicain de I'Arbresle. de gonflement. et I'on éprouve un peu I'impression d'être dans une . par effet totalitaire. peintures et tatouages de diverses espèces montrent que le vêtement est remplaçable. mais encore d'énergie. d'eau. jouant un rôle de masque. un couloir est un lieu de passage . Enfin. des cheminées.eproàuisant en noir et blanc le dessin du signal à'arrêt absolu des chemins de fer (un carré divisé en quatre carrés blancs et rouges) . ce qui laisse flottante et indéterminée I'image intra-perceptive . En ce dernier cas. par un apport de microstructures qui se surimposent à la forme du corps humain de manière relativement arbitraire. Naturellement. à quinze mètres de la chapelle . bifurquent. Enfin. sur des meubles. On pourrait aussi. prolonger sans rupture le couvent pour I'agrandir. suspendus géométriquement à des T renversés en cornière. qui en créent seulement le besoin chez le sujet. des modfs microstructuraux. le sens de la n rationalité intra-perceptive o demande que la direction des nervures soit parallèle à la plus grande dimension de chacune des plaques de tôle. boucles d'oreilles .

en éthologie. dans la compadbilité tendue et pensée des matières les plus élémentaires et des vasres configurations insérant cette part de réel dans le monde. la pierre du pays. rnannrNrrNc) : Lorcnz a décrit en r9j. I TROISIÈME PARTIE CONTENU AFFECTIVO-ÉUOTIT' DES IMAGES IMAGE A POSTERIORI. Dans I'art analytique. En redescendant vers Saugues. était de vivre avec des animaux dans un cadre narurel. elle est symétrique de l'exisrence de I'organisme du sujet par rapport à la limite qui sépare Ie sujet du monde. de rendances. un cours d'eau à franchir. en les laissant libres de conserver le tempo de leur exisrence spontanée. par rapport à un Oiseau né en incubatrice artificielle. le rôle de la mère. I'Homme peut jouer. un mode d'acquisition consisranr en une sorte d'imprégnation très brève et très précoce. son revêtement granuleux. et le paysage de fond des montagnes et de la ville . taillé à grands éclats. il ne s'agit pas de l'état de repos d'un système unique. Lorenz a découvert ce mode de conditionnemenr parce qu'il a estimé que I'impératif catégorique des chercheurs. la prégnance des formes est l'expression de l'inhérence de I'image intra-perceptive . Elle est l'acte du sujet qui rrouve sens à tous les ordres de grandeur du réel perçu. Ce bloc massif et simple. ou de bornes. sur ce plateau âpre et sauvage. non celui du plus bas niveau d'énergie d'un système . cette image n'est pas donnée.pierre de la montagne . De même. mais du couplage de deux systèmes. on trouve de ce même granit riche en quarrz. tel est le segment d'autoroute par lequel. les émissions vocales. et ne résulte pas d'un état d'équilibre stable. il est en quelque façon la dernière des pierres tumulaires qu'on rrouve au long de la route. le monument prend sens parce qu'il est la sûucrure de singularité qui collecte et concentre la force des choses. il n'est entouré d'aucune limite. comme s'il y avait un lien d'unité profonde et substantielle entre la nature et la technicité. elle est l'amorce de I'expression concrète de forces. En résumé. d'aucun décor. par exemple. de significations qui se dégagent de I'acte perceptif et donnent à un monument sa portée. Lorenz a perfectionné cette méthode d'observation par participation en apprenant les gestes. L'équilibre qui s'exprime dans I'image intra-perceptive est celui du vivant par rapport à un milieu. les attitudes qui permettent à l'être humain d'intervenir en formant avec I'animal observé un groupe naturel . avec ses hauts lampadaires. une dénivellation à vaincre peuvent suffire pour créer ce couplage (qui est I'image intra-perceptive) entre la dimension de I'ensemble intégré au monde er les microstructures de l'ouvrage humain . tel est aussi le segment du nouveau parcours de la route traversant Châtelleraulq en déviation à travers le quartier neuf. érigé au Mont Mouchet. on arrive à Clermont près de Montferrand. I'image intra-perceptive est le point-clef d'insertion dans le monde de ce couplage.* tl' 1 92 IMAGINATION ET INVENTION caverne en roc brut. Tel est le sens de ce monument aux morts de tous les maquis. en venant de Paris. Ce mode d'acquisition engendre des modes d'activité et de réactions aux stimuli pris pour des instincts congénitaux alors qu'il s'agit en fait d'apprentissages d'une espèce particulière. s'il sait répon- . suier et monde . le lien entre la narure et la technicité apparaît lorsque la configuration se rattache à la réalité géographique sur laquelle I'ouvrage d'art a été construit . r-e pnÉcNATroN (r. Étant né du sol et restant attaché au lieu comme la mémoire qu'il perpétue. NIVEAU DES CONDITIONNEMENTS ÉTÉVTENTAIRES PRÂGUNG ET PÉRIoDES SENsIBLES r. et servant de suppons aux clôtures.nÀcuNc. devant le vaste horizon ouvert. est comme le prolongement de la. OU SYMBOLE A. Cette stabilité de I'image comme opération commune de la texture et de la configuration ne se limite pas à un effet perceptif fermé sur luimême .

et ayanr acquis une valence déterminée. Particulièrement. le jeune Coucou. mais aussi de conditionnements héréditaires. on peut donc dire que pratiquement le fait d'être né dans un milieu déterminé permet la reconnaissance de ce milieu à certains stimuli caractéristiques et crée la tendance à choisir ce milieu de préférence à d'autres. le fait reste . qu'il s'agisse des animaux ou des hommes. Cependanr. par exemple. Des chercheurs américains ont capturé des rongeurs d'une même espèce. Chez l'Homme. ou encore ( ran ). ou tout au moins se fixe selon un régime d'échanges entre le jeune et son entourage . Ces observations ne sont pas isolées . ainsi. la proportion de ceux qui choisissaient le même habitat que celui de leurs parents était plus élevée que celle des sujets âisant le choix contraire. Ces rongeurs étaient ensuite élevés en laboratoire. Homme ou animal d'une autre espèce. d'une disposition organique (développement plus ou moins grand des surrénales) modifiant le régime des besoins. puisque les descendants du Coucou né. devenu adulte. qu'il s'agisse du parent naturel ou d'un parent adoptif. sont dotées du pouvoir de reconnaîrre I'espèce des parents nourriciers . sans arbres. selon certaines recherches. transmissibles aux descendants. peut laisser place à unc rransmission d'information ou de dispositions réactionnelles par unc voie chimique non-nerveuse (expériences sur les Planaircs) . où es-tu ? . dans un nid de Fauvette. qui paraissent être des traits de caractère et des caractéristiques innées de la personnalité. s'il cfface les n traces o mnésiques nerveuses. la sensibilité à la lumière. Canard) fixe en lui l'image de l'être-parent. lcs rrrorlllités réactionnelles. Lorenz a étudié I'ensemble des conduites de l'oison Martina en apprenanr ce que veut dire le n wiwiwiwi . de type affectivo-émotif. peur-êrre en cerrains cas par I'expérience héréditairement ûansmise. parmi les descendants des rongeurs ayant vécu en terrain boisé. il peut s'agir. un certain nombre de signaux et de réponses sont nécessaires . répondant à telle ou telle image . ils impliquent association d'une certaine modalité du comporrement à un ensemble caractéristique de stimuli ayant fait partie du milieu. un jeune Oiseau (Oie grise. Naturellement. les cas observés d'enfants-loups onr montré la prédilection de ces enfants pour le genre de nourriture (par exemple de la viande crue) qu'ils avaient eu à manger chez leurs parents nourriciers animaux .). les apprentissages ne sont pas seulement représenrarifs ou moteurs . et ils ont attiré I'attention sur I'irréversibilité de ces apprenrissages fondamentaux. cerre expérience globale ne permer pas de dire quel est le siège de ce principe de choix qui s'est transmis . l'équilibre thermique. est capable de reconnaître le nid de l'espèce qui lui a servi d'hôte. par exemple. le n wirrrrr. Sans faire d'hypothèses sur les représenrarions chez les animaux. avec possibilité pour les sujets de se diriger aussi bien vers le bois que vers le terrain découvert . préférence pour tel ou tel genre d'habitat. celles dont les femelles pondent leurs æufs dans les nids d'autres Oiseaux. les réactions de défense ou de sympathie peuvent porrer la marque déterminante d'apprentissages précoces et irréversibles. continuent à pondre dans des nids de Fauvette. ces faits sont remarquables parce qu'ils apparaissent comme une interference du non-humain avec l'humain. et les difftrents cris de I'adulte. sonr probablement aussi des apprentissages reçus de manière très précoce (habitudes alimentaires. on peur les rapprocher de plusieurs catégories de faits. Lorenz a noté qu'il se produit des apprentissages en très peu de temps . etc. un certain nombre d'heures ou de jours après sa naissance. I'apprenrissage équivaut ici à une ( seconde nature n. et le choix diftrentiel peut être I'effet d'une recherche de preferendum. on a remarqué que les variétés parasites de I'espèce Coucou. le support de I'information dans les organismes n'esr peur-être pas exclusivement cérébral. il semble que les réactions de choix devant des configurarions du milieu puissent non seulement faire l'objet d'apprentissages individuels. dans des conditions identiques . En instituant ainsi une relation très précoce entre le jeune animal et I'observateur. alors que la relation avec un parent nourricier humain peut être parfaitement durable si l'être humain a appris à répondre selon la sémantique de I'espèce. et peut-être aussi réaction de symparhie ou d'antipathie à l'égard de personnes ayant telle ou telle allure. les autres en forêt. les descendants de chacun des deux groupes étaient amenés dans un dispositif expérimental constitu é par un souterrain débouchant à la limite enrre un espace boisé et un espace découverr. aussi bien que les préftrences alimentaires ou les autres réactions de choix. la valence des diverses configurations de stimuli peur êrre modifiée par I'apprentissage individuel précoce. mais il abandonne bientôt ce parenr adoptif qui ne répond pas à ses signaux caractéristiques.94 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU errBcuvo-ÉMorrF DEs TMAGES 95 dre aux diftrents cris du jeune Oiseau comme le ferait sa mère. pour cela. les uns dans un milieu de rase campagne. wirrrrr ). de I'oison (n je suis ici. Mais un très grand nombre d'autres apprentissages. puis. ou bien n gangingang ). er c'est dans le nid de cette espèce qu'il pond de préférence .. ce qui expliquerait que le remplacemenr d'un système nerveux par un autre (transmission héréditaire des seules strucrures de I'espècc). la prégnation s'effectue. ( gangangangang )). On peut d'ailleurs aller plus loin . D'ailleurs. qui jouent un si grantl rirlc tllrrs . un oison peut commencer par suivre un chien.

et plus généralement de l'entourage. le rapporr à I'objet esr aussi primitif que le rapport au socius ou au parenr . mise à l'épreuve permanenre de I'affection de ceux qui I'entourent) qui rendent l'adaptation difficile et souvent provoquent le rejet : il manque l'image complète de la mère. et I'entourage comporte des objets privilégiés aussi bien que des êtres privilégiés comme la mère. complètement dépendants de leurs parents pour la nourrirure . LES IMAGES DE r'oB. mais pour les nidifuges.nts. AspEcrs HUMATNS DEs coNDrrroNNEMENrs ÉrÉupNTArREs 3. sont des réalités aussi primordiales. même si I'enfant est bien traité dans une famille adoptive. il peut continuer à présenter les caractères de la conduite des abandonniques (indifférence affective. I'abri. lorsque cet âge est dépassé. Mais toutes les images ne concernent pas les êtres humains . . incluant une réponse affectivo-émotive à un groupement défini d'images. par exemple. au cours de l'ontogénèse. constitue une base très durable de réactions affectivo-émotives à des situations déterminées . à gratter le sol. un enfant abandonné a besoin de constituer en lui I'image de la mère à un âge déterminé . de difftrenciation accenruée entre les images d'êtres vivanis (p"r. de la constitution de réactions affectivo-émotives définies fait apparaître des périodes privilégiées que I'on peut nommer périodes sensibles . le parent a surrour une valence de protecteur.96 IMAGINATION ET INVENTIoN coNTENU eppccrrvo-ÉMorrF DES TMAGES 97 les choix. mais permeftant d'analyser les déterminants des conduites d'espèces placées moins haut dans l'échelle des vivants. Stekel a étudié sous cet angle la sexualité humaine. et considérer cette acquisition de valences affectivoémotives comme pouvant s'instituer toutes les fois que le sujet se trouve dans une situation neuve. ainsi. La nécessité. ce sont des images complètes qui sont ainsi introduites dans le psychisme élémentaire (voir les études de Mélanie Klein) et qui servenr de modèles aux choix et aux réactions ultérieures du sujet. il existe aussi une relation primitive aux objets. Même dans le cas de I'Homme. mais il se produit ensuite un dédoublement qui sépare les images de la relation aux êtres vivants de celles qui représentent le milieu comme base du territoire peu à peu organisé. dans certaines catégories. de guide . Mais on peut dilater cerre interprétation. congénères) et les objets . Pour les Oiseaux.ET Il est assez probable que les premières expériences ne comporrenr pas Les études de psychanalyse ont insisté sur I'importance des expériences précoces de I'enfant en présence de la mère. le parent est absent ou déjà mort (Reptiles. le processus d'introjection. les parents sont les intermédiaires nécessaires entre le jeune et le monde dans le cas des nidicoles. et où le manque de structures préalables laisse à la conduite une certaine marge d'indétermination. dans les deux ouvrages intitulés L'Homme impuissant et Ld Femme frigide. Insectes) au moment de la naissance du jeune. le caractère très précoce de la relation aux objets sans rapport direct avec le parenr ne fait pas de doute. En ce qui concerne les animaux. la nourriture esr recherchée et prise dès la naissance par le jeune. peut-être moins intéressante pour une comparaison avec I'homme. Ce domaine permettrait de nouvelles recherches pour une éthologie plus générale. enfin. Éthologie et psychanalyse onr mis I'accent sur les phénomènes d'apprentissage irréversible relevant de la relation primitive aux parenrs et aux autres êtres vivants. définissent et fixent la valence des images. les prégnations concernent le milieu. le refuge. et on peur supposer qu'il se produit des élections d'objets privilégiés ayant la même valence que le parenr dans les cas cités par Lorenz. a été analysée avec beaucoup moins d'attention . elle n'a été envisagée qu'à rravers le rattachement symbolique à la première. d'attitudes. qui a déjà des adaptarions sensorielles et les automatismes coordonnés du système d'action rendant cette activiré autonome (tendance à picorer. Dans tous ces cas. à déterrer les nids d'insectes souterrains comme chez les Bondrées). qui ne se rapportent pas nécessairement à l'enfance. L'autre catégorie. 2. celle des objets. où l'éveil des motivations est intense. La nourriture n'est d'ailleurs pas le seul rype de fonction pouvanr provoquer des prégnations qui définissent des images primordiales . seul le nid est une réalité non vivante ayanr rang d'objet . la réalité n'est probablement pas aussi simple ni aussi homogène. Les conduites d'une vie entière apparaissent comme dirigées par les composantes affectivo-émotives de certains moments fondamentaux de I'histoire du sujet. puis des éducateurs. souvent. oit I'auteur analyse les causes d'un grand nombre de cas de dyspareunie. En outre. qui sont une des bases de I'organisation du comportement. tout au moins pour certaines espèces. Mais on peur se demander s'il ne s'agit pas là d'une vision quelque peu anthropocentrique des diftrentes situations. incorporation imaginaire d'un objet ou d'une personne aimée ou hai'e dans le moi ou le surmoi du sujet. car les réactions de fuite devant le signal indiquant I'approche du prédateur spécifique peuvenr être aussi précoces que celles de recherche de nourrirure. de perceptions offertes par les adultes.

ne provoquant pas d'expériences affectivo-émotives négatives. La Casa dei Bambini est un milieu riche en objets stimulants et non-trompeurs. reproduction à l'échelle de véhicules ou d'engins. préhensibles. donc de barrières économiques. on pourrait dire que Maria Monressori a voulu ne pas faire de l'enfant un être artificiellement nidicole. Une éducatrice de génie. autant qu'il a besoin de trouver des présences humaines aimantes et généreuses. Pour emprunter une métaphore à I'ornithologie. ces jouets. comme la fille de la première. car une méthode peut être acrive tour en faisant appel à des réalités essentiellement humaines . a fait un large accueil à ce principe de la méthode Monressori. elle a voulu faire un o milieu révélateun d'objets autour de l'enfant. qu'on peur nommer jouet. er non le même. peur être remplacée par une autre poule jaune. bien qu'il ne soit pas toujours ce que I'adulte entend par ce mot. d'ailleurs. dans les centres urbains.. et nommée u Jaunette ). mais il est évident qu'à partir de telles bases une place aussi importante que possible est faite à la découverte sponranée par la manipulation et I'observation. Les normes de I'adulte restent à I'extérieur de I'objet d'élection : le modèle réduit. stables. qui passe par I'intermédiaire d'un achat. des boutons en clef de barrique qui se laissent saisir en préhension palmaire (1" préhension digitale vient plus tard et manque de force pendant longtemps). à moins qu'ils ne deviennent semblables à des instruments (modèles réduits d'auromobiles utilisés comme automobiles de courses lancées à la main). satisfaire ses besoins organiques. considérée. permeftanr à I'enfant d'organiser lui-même son territoire d'objets sans avoir recours de manière permanente à I'adulte soigneur pour s'habiller. pour le meilleur et pour le pire. élue comme objet préféré. il forme couple avec lui. cadeaux). outre qu'elles enchaînent la liberté de choix dans l'élection de l'objet-symbole. ici. ceci ne signifie pas malgré l'interprétation . non-décevants. En dehors de cet aspect systématique et cohérenr. et de relations avec les adultes représentatifs ou de troc . elle a mis à la mesure des prises de l'enfant les objets qui sont les points-clefs de son univers matériel : des lavabos qui ne soient pas à la taille de l'adulte. il s'agit d'activités centrées sur les objets. qui sait ménager des successions et filiations dans les noms et les formes. ou plus simplement chef de gare . très ouverte aux objets. esr encore une occasion de jeu de rôle par laquelle l'enfant peur jouer à être comme adulte. le jeu de la poupée se déroule partiellement en présence de l'adulte. La pédagogie de Maria Montessori est un beau travail de physiologie des fonctions perceptivo-motrices chez I'enfant. on peut considérer le jouet (ou I'objet familier recruré par I'enfanr sans intention de I'adulte) comme correspondant à des prégnations relatives âux choses. Nous ne cherchons pas à développer ici les aurres aspecrs de cette méthode pédagogique. ce sont des jouets-accessoires. Il en est le répondanr er I'associé. mais il ne suffirait pas de dire qu'il s'agit d'une méthode acrive. En ce sens et dans cette mesure. En effet.TT. et que I'aspect didactique ou autoritaire est réduit d'autant . sent un caractère déjà socialisé à ce choix. des boutons de porte qui obéissent atx forces et au type de préhension des jeunes enfants. de ritualisations (achat à NoëI. une poule jaune. quand il est jeu de rôle et non première expression des activités d'exécution de I'instinct parental. En eftèr. qui constituent. un vieux réveil. Ces normes adultes. se laver. représentant du Moi. mais un autre en couplage serré avec le Moi. 98 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU errBcuvo-ÉMorrF DEs rMAcEs 99 Et pour l'homme.. faux objets par lesquels I'enfant rrouve un plus petit que soi qui lui permet d'être semblable à un adulte dans un monde de convention et d'artifice . ce peut être un animal. . Laissons de côté les poupées.du Moi en rant que psychanalytique que I'objet soit le symbole . sont ainsi les protofypes de la relation à I'objet. sans confusion avec le Moi (sauf en certains cas exrrêmes où les apparrenances deviennent comme une enveloppe. ou rour au moins un nidicole artificiellement prolongé . parce qu'elle a pensé que I'enfant avait besoin de trouver des objets manipulables. occasion de la formation des images. impo. un peu comme l'adulte choisit des voitures selon une série. arsenal des jeux de rôle. une des sources majeures des objets d'élection pour les enfants . un arbre.image du Moi. à tort ou à raison. de la mère surtout. des pierres. Maria Monressori. pour que le nouveau prolonge affectivement I'ancien . moitié du tout dorigine dont les symbolà proviennent par division aléatoire. C'est toute une dynastie d'objets élus qui peur se succéder ainsi. son meilleur ami. et leurs caractères sonr occasion de prégnation dans l'enfant. l'objet est l'autre. chef de l'équipe lançant les missiles ou les satellites. capitaine attaquanr le fort Alamo. le symbolon admet des remplacements . comme le symbolon avec I'autre symbolon. et baptisée u Jaunette 2 . habilement éditée par le construcreur. le jouet est le répondant du moi dans le milieu. on peut saisir toute I'importance normative et pédagogique de la consrruction des jouets. par rapport au Moi. un épiderme du Moi). La civilisation américaine de l'époque. a compris l'importance du rapport direct entre I'enfant er les objets . De là résulte ce lien profond er essentiel dans la vie de I'enfant avec I'objet élu. se développant dans des pays où la densité humaine était faible et le personnel peu nombreux. il n'est pas que I'humain qui soit réel.

son nom. peut-être toute une vie. car la stin image consécutive ) ne mérite que paftiellement mulation sensorielle y joue un rôle. sous des formes multiples. dans la prégnation chez les animaux. un jouet. s'adressant à des connaisseurs. avec un plus fort contraste. avec une rhétorique du signe de reconnaissance. pour les produits de qualité. choisit la couvée supra-normale artificielle ou étrangère et délaisse la sienne . dans les choix. L'objet-symbole. n'ouvrenr jamais les objets dont ils se servent. au lieu de I'accompagner fidèlement dans sa croissance. De plus. le protorype du monde. à l'âge adulte. eux. Cela réserve de cruelles et amères déceptions lorsque l'objet a été réellement élu et qu'il se casse entre les mains de I'enfant. comme il y a une transition presque continue entre les effets d'images consécurives et les véritables images-souvenirs n'impliquant pas de stimulation périphérique récenre. En certaines civilisations qui laissent subsister une certaine continuiré entre I'enfance et l'âge adulte. sur le comptoir du magasin. Un très grand nombre de jouets sont comme la soupière d'un conre d'Auvergne : les hôtes du Dauphin d'Auvergne ne devaient pas I'ouvrir sous peine d'être chassés. ne doit pas être une réserve de secret. Cependant. L'IMAGE coNsÉcurrvn Si I'on entend par n image > une représentation concrète à contenu sensoriel construite en I'absence de stimulations sensorielles ou apparaissant en I'absence de ces stimulations le phénomène nommé -. par les motifs (n panerns r) très inrenses. cet associé parfait du moi.IMAGE MENTALE. semblent indiquer que la netteté des catégories sensorielles intervient dans la prégnation. les divers aspecrs de l'élection des objets sous forme de prégnation restent à étudier de manière méthodique et objective. en demi-teintes. Le sens de la vue est chez I'homme celui qui peur convoyer (au moins dans les récepteurs périphériques) le plus d'information . mais le seul fait que le jouet puisse devenir CoNTENU erpnctlvo-ÉMorlF DES TMAGEs ror trouve sa couvée normale à côté d'une couvée ( supra-normale o comportant soit un plus grand nombre d'æufs. pour assurer et remplir pleinement son rôle élémentaire de point-clef du monde objet. à cette prééminence correspond une aptitude élevée des organes ou des voies .li T i IOO IMAGINATION ET INVENTION avec les camarades.. mais on peut relever d'assez fortes présomptions en faveur de I'existence de tels effèts. Cet effet peut être rapproché du rôle joué. NIVEAU DES PROCESSUS PSYCHIQUES : L. une enceinte mystérieuse qu'il ne faut pas ouvrir. chez l'être humain. les civilisations qui opposent les valeurs d'enfance à celles de l'âge adulte n'agissent pas de même . en résistant à I'usure et aux chocs. I'image du jeune demandant la nourriture étant spécifiquement prédéterminée. il est. de la signature du fabricant.. devrait durer toure une enfance. une clef de Barbe-Bleue devant des parents qui. l'ouverture du bec du jeune au moment de I'approche du parenr est un stimulus-clef sélectif qui conditionne le don de nourriture. le stimulus supra-normal joue donc un rôle en certains cas dans les choix suivis de prégnations. soit des æufs plus gros. et en ne se détruisant pas si I'enfant l'ouvre. Par exemple. soit enfin des æufs dont le motif tacheté est plus vigoureusement dessiné. elles offrent un emballage discret. mais il y a continuité entre ce cas d'extrême sélectivité et d'aurres cas où la prégnation peut intervenir à I'intérieur d'une marge d'indétermination. quelques observations sur la préftrence marquée pour les objets présentant des couleurs saturées er vives plutôt que des teintes délavées aux couleurs atténuées. LE SYMBOLE r. bien que l'objet ne soit plus présent. le conditionnement (emballage) des produits de consommation couranre manifeste une recherche des couleurs vives et des contrastes . comme la civilisation américaine conremporaine. devant une situation de choix où se B. le mythe du jouet chez I'adulte amène assez généralement le mépris des normes de fiabilité : le jouet n'esr pas sérieux . vivemenr colorés qui servent de stimuli spécifiques et interviennenr comme de véritables clefs de la prégnation . chez les jeunes enfanrs. En résumé. on peut dire qu'il n'y a pas besoin de prégnations. conrrasrés. même quand ce serait utile. Nous ne prétendons pas faire une analyse du retentissement sur I'enfant des avatars du jouet devenu objet d'élection. Il resterait à dire selon quels caractères perceprivo-moreurs s'effecruenr les apprentissages irréversibles de la relation entre l'enfanr er les objets . ainsi que de formes d'imagination traduisant les traditions et les goûts d'une population définie (série Mickey Mouse). Les élections d'objets peuvenr faire sentir leurs effets. tels sont les motifs de l'intérieur du bec et du gosier des jeunes Oiseaux ouvrant le bec dans I'attente de la nourriture . il importe d'envisager I'image consécutive. Dans ce cas précis. le grand Pluvier. objet d'élection souligne l'imporrance de sa consrrucrion selon des normes de fiabilité élevée. et n'avoir ni secret ni faiblesse . il suffit donc qu'il fonctionne au moment de la vente. pour I'enfant.

rouge. régiort lumineuse du ciel (pas le soleil lui-même. Les premières images consécurives sont vraisemblablement dues à des phénomènes rétiniens. pourpre. I'image naît une seconde fois. on peut s'attendre à trouver des images consécutives d'autant plus nettes qu'un sens est plus largement adaptable . durant plusieurs secondes. jaune. En résumé. que le stimulus soit continu ou transitoire. revenanr) de Bidwell . puis en fermant les paupières sous le soleil. la plage lumineuse paraît renaître après un bref intervalle. d'images consécutives sonores. ou encore < ghost o (fantôme. secondaires. après avoir fixé une figure de couleur vive. olfactives ? Théoriquemenr. tactiles. le son-image se présente comme un faible son continu. elle se produit après stimulation de l'æil par une plage lumineuse. par exrension du rerme. . intermédiaire entre la perception er le souvenir. dans la pratique. est nommée n image consécutive o . enfin. peut-être aussi des centres. d'où les noms d'images consécutives primaires. tertiaires. en général de fréquence élevée (on dit que o les oreilles sifflent o). coNTENU errncnvo-ÉMorrF DEs TMAGEs roi.IO2 IMAGINATION ET INVENTION nerveuses. si les images consécutives se rattachent aux phénomènes d'adaptation sensorielle active. cette image secondaire se nomme image de Purkinje. On ne peut cependant affirmer qu'il s'agisse seulemenr de phénomènes de fatigue des différentes parties de la rétine . on peut les obtenir en fixant d'abord . et effectivement. l'image secondaire est de courte durée . tome II. si la stimulation a été assez forte . Les effèts consécutifs paraissent être d'aurant moins marqués que la capacité d'adaptation er la capacité de réception d'information d'un sens sont moins grandes. Après un second intervalle. L'image consécutive visuelle primaire esr nommée image de Hering. car elles suivent les mouvemenrs des yeux et changent de grandeur selon que l'écran sur lequel on fixe les yeux est plus ou moins éloigné (Cuvillier. on peut obtenir certains de ces effets (au moins les deux premiers) en fermant brusquement les yeux après avoir fixé une plage colorée. I'audirion. si. L'interftrence des effets consécutifs avec une stimulation lumineuse diffirse à travers les paupières produit des résultats qui sont d'une grande richesse esthétique . ce phénomène se produit aussi pour des figures à contraste en blanc et noir. parfois légèrement teinté. ou bien peut-on parler. peut se super- . vert. n'onr rien à voir avec les images consécutives véritables . mais. les images consécutives surimposées aux objets sont alors en gris. et propose celui de n sensations consécutives r. c'est la raison pour laquelle Cuvillier refuse à ces phénomènes le nom d'images. selon Yves Le Grand. généralement avec une coloration complémentaire si la plage stimulante était colorée . on y voit I'image consécutive sous forme d'une figure de même forme teintée de la couleur complémentaire. . scotopique). Les images consécutives appartiennent-elles seulement à la vision. une fenêtre par exemple . ou blanche. elle peur se produire par vagues et selon diftrentes modalités. page 3r3 : les effets de contraste consécutif (ou contraste successif) sont nommés à tort images consécutives : ce sont des images consécutives de fatigue.rn. cerre réapparition. après I'audition d'un son intense. Si la plage est très brillante (il s'agit d'une plage blanche). car cela peut détruire des éléments rétiniens). couvre cependant une étendue considérable dans les rapports d'énergie (rzo à r3o décibels) et les rapporrs de fréquence (rz octaves) . page r9o) . Manuel dz Philosophie. et en les serrant plus ou moins. bleu. qui possède plusieurs régimes (photopique. résultant d'un phénomène d'adaptation. si les récepteurs onr été vivement stimulés sans possibilité d'adaptation préalable. ou satellite de Hamaker. par exemple par une explosion . on peut observer un son consécutif.). rour en étant moins largement adaptable que la vision. les oscillations de phases positives et négatives des images consécutives (phases de Hess) peuvenr être rapprochées des ondulations de prééquilibre observées par Broca er Sulzer. ces phénomènes appartiennenr à la catégorie de I'inhibition adaptative active bien plutôt qu'à celle de la fatigue. on porte son regard sur un écran blanc. ce qui donne en général une teinte pourpre persistante qui se surimpose aux effets proprement consécutifs et interfère avec eux. mais le son-image n'esr pas la répétition du stimulus . et parfois une image quaternaire ou image négative de Hamaker. après un intervalle assez long se présente I'image tertiaire (image de Hess). mais les paupières sonr translucides et la lumière continue à passer à travers la peau en se coloranr par rransmission à travers le sang. Les images consécutives peuvent d'ailleurs se superposer aux perceptions. tome r. ce qui fait varier à la fois la quantité de lumière transmise et sa composition chromatique. et cette impression subsiste pendant quelques centièmes de seconde. l'image n de fatigue . il semble judicieux d'accepter la distinction qu'établit Yves Le Grand dansl'Optique physiologique.. mésopique. les images consécutives véritables sont des phénomènes de persistance. or. à faire réapparaître après un court intervalle la stimulation réelle causée par les objets . loÀque la stimulation cesse er se trouve remplacée par I'obscurité. c'est-àdire des effets d'adaprarion qui. etc. on observe dans I'image consécutive une fuite de couleurs (vert.

Le bruit de fond des organes des sens apporte une stimulation qui interfère avec les signaux effectivement apportés par le milieu et qui peut alimenter I'image immédiate . p.). visuel à alimenter telle catégorie d'images immédiates plus qu'une autre. la courbe des seuils inferieurs indique que. Quel est le degré de précision de l'image immédiate ? Il semble très diftrent selon les sujets. des récepteurs ou des centres (si toutefois on peut admettre qu'il existe un n bruit de fond o des voies nerveuses et des centres) constitue par lui-même une source de signaux. cette stimulation liminaire peur se produire d'ailleurs de diftrentes manières. les images immédiates auditives les plus courantes sont des paroles. en la faisant décroître de manière progressive. pour autant que la distinction entre sensation et perception puisse être adoptée comme désignant de manière pratique une activiré périphérique d'une activité centrale plus intégrée. plus aussi les images peuvent être prises pour des stimulations réelles et objectives. selon le sens considéré. mais aussi des souvenirs plus anciens et éventuellement des normes collectives. qu'elle continue à sentir collé à son front. Je remarquais bientôt qu'ils se répétaient indéfinimenr. un disque semblable. Le cas des faibles signaux extérieurs est celui qui est cité par Egger . si ce bruit de fond était un bruit blanc. la sensibilité des récepteurs est plus grande entre 6oo et Sooo Hertz. chez le sujet normal. dans La Parole intérieure. il m'est arrivé d'écouter les sons lointains d'une cloche ou d'une horloge. C'est que mon imagination en prolongeait la série après que mon oreille avait cessé de percevoir. ce qui est précisément l'étendue du registre de la voix humaine avec ses harmoniques . dans le cas des stimulations lumineuses intenses. ou s'il paraît être éclairé . et la chose me paraissait invraisemblable. de prestidigitateurs et de jeux de société utilisent cette confusion de I'image immédiate et des données sensorielles. Un très grand nombre de ( tours . l'équilibre entre le contraste successif et l'image se produit au bout de deux minutes environ.IO4 IMAGINATION ET INVENTION poser à une véritable image de persistance et I'annuler . il n'est pas équiénergétique . TMAGES coNTENU erructryo-ÉMorrF DEs TMAGEs rot rvuÉnrerBs ET rMAcEs ErnÉrrques On donne le nom d'image immédiate à un mode de persistance plus complexe. ce n'est d'ailleurs pas seulement l'image immédiate qui intervient. et aussi selon l'âge. alors qu'il n'y a rien. lorsque les organes récepteurs sont stimulés de manière juste liminaire . il se retrouve dans le registre visuel. aussi bien. il arrive un moment où le sujet ne peut plus dire si l'écran est encore faiblement éclairé. plus il fait effort. donc d'une perception et non d'une simple donnée sensorielle. soit par suite de la faible énergie des signaux. pour les sons faibles. qui adhère légèrement à la peau quand on I'applique en appuyant. plus il peut soutenir la confusion entre des images immédiates et des perceptions objectives. le dernier entendu et le premier imaginé avaienr présenté les mêmes caractères et je n'avais pu les distinguer à temps. et on invite le sujet à faire tomber le disque sans s'aider de ses mains : la personne essaye effectivement de faire tomber un disque imaginaire. Les récepteurs visuels ne manifestent pas chez l'homme le même changement de sélectivité en fonction du niveau des signaux. plus l'oreille fonctionne comme un sélecteur et éventuellement un générateur sélectif de bruits endogènes . comme une pièce de monnaie. . Dans le registre auditif. 2. cette sélectivité disparaît pour les énergies plus élevées (courbes de Fletcher) . des chants. Comme les sons perçus étaient très faibles et aussi peu localisés que possible. Dans le registre tactile. malgré le phénomène de Purkinje. plus le sujet est motivé. peuvent être le plus aisément confondues avec la perception réelle d'un objet. on peut citer parmi d'autres l'expérience suivante : on montre à une personne un disque. décrit les cas d'audition lointaine d'une cloche ou d'une horloge : n Plusieurs fois. Les images immédiates sont celles qui. mais qui peut se décoller au moindre mouvement . er apparaissanr comme la persistance ou la répétition d'une donnée déjà structurée. les suggestions venant d'autres personnes sont très efficaces. mais on l'enlève en cessant d'appuyer. on applique sur le front du sujet. généralement. plus il est sélectif (ou u coloré . plus les sons sont faibles. on nomme image eidétique une image surtout visuelle qui a un degré de précision comparable à celui de la perception directe et qui se prête à . soit parce que le n bruit de fond . to6 (cité par Cuvillier). et ceci de manière progressive à partir des conditions initiales d'une vision correcte (expérience de vision tachistoscopique) . des bruits se situant dans la bande de fréquences que sélectionnent les récepteurs auditifs quand ils reçoivent des sons faibles. il conduirait seulement à une élévation des seuils . en appuyant. Egger. d'après les recherches de Roberrson et Fry. ce qui ne prédétermine pas le < brouillard de fond. avec une stimulation initiale de roo b/m'et un champ d'observation ultérieure de roo b/m'. mais. Dans le cas de la perception du mouvement autocinétique (Charpentier. acceptant un délai plus grand que celui de la persistance sensorielle à caractère périphérique. ensuite. et aussi dans le registre racdle : si I'on projette une lumière sur un écran. Aubert). assez peu accentué.

Devant de tels cas. d'ordinaire. ou tour au moins j en ai une représentation exacre. mais o . Elle est intéressante dans la mesure oir on peut ratracher le phénomène des images eidétiques à un régime défini de I'activité mentale er à un niveau de vigilance diftrent de celui qui donne la pensée réflexive ou I'attitude critique.. le sujet voit simuhanément tout l'échiquier et to. c'àst-à-dire que je vois l'échiquier qui est devant mon adversaire.. et une aptitude symbolique abstraite très développée. la créativité suppose. intégrée au développement d'un symbolisme intellectuel. comme La Bourdonnais. qui suppose à la fois une vue directe. à chaque coup de I'adversaire. Pour Taine. l'échiquier m'apparaît en enrier avec ce nouveau changement. concrète du réel. ne sachant ni lire ni écrire. et continuent ainsi pendant plusieurs heures . l" case . plusieurs parries. avec une très ferme prégnance des détails. et peut-être de I'imagination inventive en général .ti " été joué de la partie.r à. s'il veut les voir. les termes extrêmes de I'ancien et du nouveau. S'agit-il d'une aptitude élevée ou assez primitive ? Taine affirme que ( ce ne sont pas les plus profonds joueurs qui poussent le plus loin ce tour de force u . neuve. les derniers témoins d'un univers mental aujourd'hui disparu o. ils commandent eux-mêmes le mouvement de leurs propres pièces. cite le cas des joueurs d'échecs qui peuvent conduire une partie d'échecs les yeux fermés. ni I'ombre des pièces. Taine note qu'une mémoire concrète riche en images comparables aux images eidétiques existe chez de nombreux arrisres : certaines images bien plus irrégulières. peut avoir I'expérience des images eidétiques lorsqu'il se ffouve dans une situation de violente stimulation émotive. il ne voit ni le tapis verr.r rc6 IMAGINATIoN ET INVENTIoN à i I CoNTENU erprcrrvo-ÉMorrF DEs TMAGES ro7 l'exploration mentale . donnerait une base à la créativité.rt clairement devant lui. nécessaire à la construction ordonnée et organisée d'une æuvre nouvelle . qui a cette faculté. er conrre de très habiles . . en efFet. mais les très grands joueurs.t la couleur exactement telles que le rourneur les a faites. on leur nomme là pièce déplacée et la nouvelle case qu'elle occupe . dans De I'intelligence (r. il permet I'apprentissage rapide de I'information mise sous forme concrère. Je vois la pièce. et non pas celle d'un autre échiquier o (ouvrage cité. Taine. ce joueur affirme qu'avant de commencer if commence par bien regarder l'échiquier tel qu'il esr au début.rt. comme s'ils {i irr l.rroy". par exemple. et selon la description de l'un de ses amis. souvenr ils gagnent.8o) rapporte le cas des jeunes calculateurs prodiges. géographie. en m'appuyanr particulièremenr sur les mouvements successifs de cette pièce. Cette hypothèse est peut-être exagérément 3 conforme à une théorie de l'évolution unilinéaire. avec une étendue er une lucidité d'imagination tout à fait prodigieuses . Taine.ior'r. On peur norer que certe capacité coïncide avec le maximum d'activité perceptive (produisant le maximum d'illusions optico-géométriques de ro à 14 ans). en particulier de Colburn. des diagrammes. mais. un mot. sans quoi ils ne pourraient prévoir les suites probables du coup qu'ils viennent de subir et du coup qu'ils. il le peut. Essertier (Les Formes inferieures dc lbxplication. afin de pouvoir se rattacher et revenir mentalement à certe première impression . comme dans un miroir intérieur.. Taine ajoute que ces représentations se répètent ou durent involoniairement.. p. américain. tout sujet. p. certains joueurs peuvent mener simultanément. des nombres peuvent être soumis à des opérations..t très petits détails de leur srructure . avec l'ordonnance des diverses pièces.o-Àander. En ce sens.81) a émis I'hypothèse d'une nature primitive des images eidétiques : elles seraient une survivance ( de cette mémoire prodigieuse que l'on rencontre parfois chez le primitif. cette remarque irait dans le sens des observations faites sur les jeunes calculateurs prodiges. comme d. qui sont parfois très ignorants et arrivent malaisément à se perfectionner dans la théorie mathématique. Et même s'il fallait admettre que l'eidétisme est un aspect de la pensée sauvage. des schémas. n Et au fur et à mesure qu'on déplace une pièce."rt. q.i .rt . par exemple. de la pensée sauvage er d'un symbolisme abstrait.. la tête tournée conrre le mur : u On a numéroté les pions et les cases ..i 1. . Il est clair qu'à chaque coup la figure de l'échiquier tout entier. pièces telles qu'elles étaient en réalité au dernier coup joué. vu écrit. dans le même ouvrage. plus nuancées. je rejoue mentalemenr rour . revenant. une activité de rype assez primitif.urr. ce ne serait pas une raison pour considérer cette activité mentale comme une simple survivance ou un signe de < régression o. peut être épelé I'envers . leur est présente. certains traits concrets de la situation se fixent et peuvenr faire réapparaître plus tard la scène de manière presque hallucinatoire. plus difficiles à rappeler que celles des joueurs d'échecs se présentenr avec une précision . Il est bien plus facile de me uomper lorsque je regarde l'échiquier qu'aurrement. ses calculs. ne peuvent jouer mentalemenr que deux parties ensemble .ti l.. 8r). enveloppant les mentalités en même temps que les formes sociales. en vision eidétique. étaient écrits sur un tableau . Et lorsque j'ai quelque doute dans mon esprit sur la position exacte d'une pièce. pendant les insomnies. le développemenr de l'eidétisme passe par un maximum chez les enfants de ro à 14 ans . comme aptitudes réunies dans le même sujet.ro. L'eidétisme peut au contraire apparaître comme une des racines de I'imagination artistique.

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IMAGINATIoN ET INVENTIoN

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errnctlvo-ÉvorlF

DES IMAGES

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ou statuaires qui, après avoir considéré attentivement un modèle, peuvenr faire son portrait de mémoire. ( Gustave Doré a cette faculté ; Horace Vernet I'avait; Abercrombie cite un peintre qui, de souvenir et sans I'aide d'aucune gravure, copia un marcyre de Saint-Pierre par Rubens, avec une imitation si parfaite que, les deux tableaux étant placés I'un près de I'aurre, il fallait quelque attention pour distinguer la copie de l'original. o Taine cite également le cas de Mozart qui, ayant entendu deux fois le Miserere d'Allegri, à la chapelle Sixtine, le nota tour entier de mémoire : n il était défendu d'en donner copie, et l'on crut le maître de chapelle infidèle, tant le tour de force était grand >'. De même, Balzac revoyait les objets en lui-même, éclairés et colorés comme ils l'étaient au moment où il les avait aperçus ; Testut, anatomiste, allait à ses cours en ayant devant les yeux ( la vue imaginaire de la région à décrire o. Ces deux derniers cas, cités par Cuvillier, sont à rapprocher d'une expérience d'apprentissage
égale, chez certains peintres, dessinateurs

mais conservation des déplacemenrs, des directions, des positions) ; les caractères conservés par I'image eidétique consriruenr comme autanr de points de soudure entre le sujet et son enrourage ; ces points de soudure réservent les voies d'accès ultérieures du sujet aux objets du milieu ; ils offrent aussi des éléments pour une activité combinatoire. D'ailleurs, plusieurs auteurs, observant I'eidétisme, ont noté la plasticité de ces images ; le point de départ est bien fourni par l'état initial d'une situation effectivement perçue ; mais le sujet peut ensuite agir mentalement sur I'image eidétique en lui imposant des transformadons, comme s'il agissait effectivemenr sur des objets (écrire un nombre à la craie sur un tableau imaginaire, modifier la position des pièces sur l'échiquier imaginé en vision eidétique) ; quand la représentarion devient incerraine, I'image eidétique, d'après les témoignages des joueurs d'échecs étudiés par Taine, peut être restaurée par une récapitulation des différentes modifications successives qui onr eu lieu au cours de la partie. \floodworth cite les recherches d'Urbantschitsch (rgoù sur les images eidétiques, ainsi que celles de Jaensch, er estime, à l'inverse de I'opinion de Taine, que l'image eidétique est notablement diftrente de la perception ; elle ne ressemble pas à une photographie, parce que ses détails ne sont pas tous simultanémenr présents ; elle se développe progressivement ; lorsqu'une question relative à un détail est demandée, il peut se Passer un certain temps avant que ce point s'éclaircisse suffisamment Pour permettre une réponse. o De petits détails se révèlent, alors que des parties adjacentes de I'image resreronr en blanc (Kltiver r9p). La quantité de détails signalés ne correspond en aucune façon à la somme de ce qu'on pourrait trouver dans une image réelle. o La plasticité de I'image eidétique est telle que certains sujets peuvenr la modifier délibérément ou sous l'influence de la suggestion ; les objets peuvenr changer de forme ou de couleur, er se mouvoir à I'intérieur de l'image. EnfiÀ, chez les enfants, on nore que les sujets n'obdennent de bonnes images que des scènes qui les intéressent; les images eidétiques fixent les objets significatifs d'une siruarion, et les traits significatifs de ces objets particuliers ; elles sonr en ce sens très diftrenres des photographies ou des tableaux des peintres qui s'intéressent aux rapports des masses d'ombre et de lumière sans dégager les lignes saillantes des objets remarquablcs (\Woo dwor th, Psy c h o lo gi e exp é r im enta le, p. 6 z- 61) . Pour \(/oodworth, I'image eidétique esr un phénomène dc nrérrrrirc beaucoup plus que de perception ; elle possède les caracre\r'cs dcs innl;,cs mnésiques, et non pas ceux de la perception. Cette conclu.sion sc rlrl)proche assez de celle de Binet, étudiant la mémoire du jouctrr d'i.chccs

de Brière de Boismont, cité par Taine ; Brière de Boismonr s'esr exercé à imprimer en lui la figure d'un de ses amis, er esr arùvé à avoir une représentation mentale visible, paraissant exrérieure et o placée dans la direction du rayon visuel ), avec la grandeur et les attributs du modèle ; o I'image est vâporeuse et d'une autre nature que la sensation objective..., mais limitée, colorée ,. Taine affirme que des écoles de dessin de Paris entraînent leurs élèves à reproduire de mémoire un ensemble d'objets vus pendant peu de temps ; cerre aptitude se développe : au début, les élèves éprouvent de la difficulté ; l'image disparaît dès que I'objet est voilé ; ensuite, I'image revient et peur être maintenue pendant un temps suffisant pour permettre le dessin. On peut ajouter que les prestidigitateurs développent ce mode de mémoire par image eidétique ; après avoir vu le public d'une salle pendant quelques secondes, cerrains sont capables, les yeux bandés, de décrire les personnes qui composent le public, comme s'ils étaient doués de perception exrra-sensorielle ; en fait, ils utilisent I'image eidétique. L'image immédiate se distingue de I'image eidétique par le fait que l'image immédiate, très proche de la sensarion et de la perception, conserve des caractères concrets dépounnrs de significarion ; dans I'image eidétique, les caractères, tout en restant concrets, sont déjà sélectionnés dans le sens de leur fonction typique et significative (absence des ombres et des détails de sculpture des differentes pièces dans le jeu d'échecs,
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faut avoir entendu soi-même ce Miserere pour apprécier l'ampleur et la pré-

cision d'une telle mémoire musicale.

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IIO IMAGINATION ET I}iN/ENTION
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et découvrant qu'elle contient la représentation du mouvement que la pièce peut faire (n le Fou n'est point telle pièce de forme baroque, c'est fTspnux du essentiellement une pièce qui a une marche oblique v, laboratoire d.e psychologie d.e k Sorbonne, t892, page 44).On peut dire que I'image eidétique est déjà, en un certain sens très élémentaire, le symbole, parce qu'elle découpe la perception et la stylise en fonction du sujet conservant le souvenir. Le fait que l'image eidétique mérite d'être étudiée comme phénomène mnésique n'enlève d'ailleurs rien au caractère particulier de son acquisition. Et I'on pourrait peut-être noter, sous réserve de recherches ultérieures, qu'il existe une certaine continuité entre les phénomènes d'empreinte et ceux d'eidétisme ; les situations intenses, amenant un haut degré de vigilance, favorisent I'acquisition d'une image eidétique qui peut d'ailleurs ne pas concerner directement I'objet créant l'émotion et suscitant la vigilance élevée. Ainsi, au cours d'une conversation téléphonique apprenant une nouvelle importante et demandant des réponses attentives et précises, il peut arriver que l'on acquière en vision eidétique le souvenir d'un détail visuel sans rapport logique avec le contenu de la communication, qui ne demande aucune activité perceptive visuelle : image du filetage d'une vis de l'appareil de téléphone, d'un détail du mobilier, etc. Le plus souvent, les images eidétiques acquises au cours d'une situation intense sont liées à l'objet central et significatif autour duquel s'organise cette situation ; mais si la situation est abstraite et symbolique, intéressant un seul sens, comme dans une conversation téléphonique, I'image fixée peut ne pas être liée à l'objet central et significatif, ce qui montre que la situation n chaude o suscite pour les diftrents ordres d'activités perceptivo-sensorielles un état comparable aux périodes sensibles favorisant I'empreinte.
3. LEs IMAcEs-souvENrRS
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selon la perspective de I'eidétisme, car rien ne permer, théoriquement, de restreindre à la seule catégorie visuelle ces phénomènes d'empreinte perceptivo-sensorielle ; on rrouve d'ailleurs chez Prousr d'autres images eidétiques olfactives, comme celle de I'odeur de pétrole d'une auromobile, noyau d'une multitude d'impressions visuelles, sonores, relatives aux voyages, aux horizons des routes, aux paysages traversés. La reviviscence, selon la description de Proust, se produit par I'intermédiaire de cette odeur, de longues années plus tard, et dans une situation bien difftrente de celle du voyage, puisque le sujet senr I'odeur de pétrole qui monte de la rue alors qu'il se réveille dans un hôtel parisien. (Nous employons le mot n eidétique , en opéranr une cerraine généralisation, car ce terme, à l'origine, ne s'appliquait qu'à la catégorie visuelle.) L'existence d'un centre eidétique actif dans I'image-souvenir se heurte à un argument souvent présenté et devenu classique, celui de I'impossibilité de l'énumération des éléments de I'objet représenté ; en particulier, si I'on demande à une personne déclarant qu'elle n voit , bien le

( TypEs

TMAGTNATTFs

; NorIoN D'IMAGINATIoN REIRODUCTRICE; ) ; LES IMAcES cÉNÉnlquns

L'image-souvenir est celle qui peut réapparaître un temps quelconque fin de la situation perceptive à laquelle elle se rapporte ; l'image est alors I'occasion d'une représentation, d'une reviviscence, caractérisant l'état secondaire et le distinguant de l'état primaire, qui se prolonge plutôt qu'il se représente dans I'image consécutive et dans l'image immédiate. Une question théorique se pose: en quelle mesure faut-il distinguer I'image-souvenir de I'image eidétique ? En fait, le noyau d'image éidétique peut servir de centre actif à une image-souvenir complexe. L'exemple célèbre de la madeleine de Proust pourrait être analysé
après la

Panthéon en imagination, de compter les colonnes qu'elle o voit,,, l'énumération est généralement impossible ; à partir de l'épreuve de cette incapacité, certains auteurs ont contesté le caractère concret des images-souvenirs er ont considéré les descriptions d'images comme un pur bavardage. En fait, une telle épreuve n'est nullement concluante ; les chercheurs qui ont étudié les difftrentes opérations d'analyse perceptive (en particulier le Professeur de Possel, pour consrruire une machine à lire), onr reconnu I'importance des supporrs concrers, des points d'arrêt qui permetrenr au regard qui analyse d'avoir des repères dans I'objet. Il est à peu près impossible, en effer, de compter les barreaux d'une grille, les rangs de briques d'un mur, sans prendre des repères. Quand les hétérogénéités naturelles de I'objet offrent d'ellesmêmes ces repères (un barreau rouillé, un auffe plus mince, erc.), I'analyse perceptive est aisée. Dans un objet réel vu en situation concrère, les hétérogénéités locales peuvenr être importantes er progressives, accompagnant et guidant I'activité perceptive : les colonnes du Panthéon, disposées en cercle, sonr roures éclairées de manière difftrente par la lumière ; de plus, les intervalles apparents qui les séparent, du point de vue de I'observateur, sont en progression ascendante, par I'effet de la perspective, des extrêmes vers le centre. La résistance de ces repères, points d'appui de l'activité perceptive analysanre, n'exisre plus dans I'image, parce que l'image est déjà plus abstraite et plus ( pure u que la perception ; sur I'image menrale du Panthéon, il ne reste plus les ombres ni les détails, les diftrences de reinte, qui individualisent les

IIZ IMAGINATION

ET INVENTION

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colonnes, donnant une structure interne à la série. Par contre, l'énuméretion des éléments d'une image eidétique reste possible quand ces éléments sont differenciés par leur fonction significative, comme c'est le cas pour un mot écrit (les lettres, en tant que leffres, sont différentes les unes des autres, non seulement dans la perception, mais dans I'image). Les chercheurs de la deuxième moitié du XIX' siècle ont été sensibles aux diftrences individuelles en matière de vivacité et de précision des images-souvenirs ; d'abord, on peut se demander si toutes les personnes ont à un même degré cette capacité de représentation mentale semiconcrète ; mais les descriptions et analyses subjectives sont délicates à interpréter, si on cherche à les utiliser comme base d'estimation absolue pour mesurer le degré de u concrétude , des images des différents sujets. Par contre, une rypologie a des chances d'être moins arbitraire quand il s'agit de comparer, chez une même personne, le degré de vivacité et de précision des images relevant des différentes catégories sensorielles. Cet aspect diftrentiel, d$ù noté dans la littérature et dans les arts, a été signalé par Fechner en 186o et étudié par Galton (r88o). Fechner, demandant à ses sujets d'évoquer l'image d'un objet défini, notait des différences d'aptitude dans cette évocation. Galton avait constitué un questionnaire de la n table à déjeuner o : les sujets étaient invités à évoquer I'image de leur table à déjeuner au moment où ils prennent leur repas du matin, en précisant le degré de définition des objets, l'éclat plus ou moins vif de la scène, le caractère des couleurs (distinctes, naturelles...). Les érudits et les savants interrogés par Galton avaient tendance à répondre qu'ils n'avaient pas d'images mentales; mais d'autres réponses montraient que certains objets (un ou deux, par exemple, de ceux qui étaient posés sur la table) restaient nets dans I'image-souvenir de plusieurs sujets ; après avoir cherché à établir une corrélation (inverse) entre la vivacité de I'imagination et les dons intellectuels, les investigateurs continuant les recherches de Galton se tournèrent vers l'étude des types imaginatifs, selon la diversité des aptitudes de chaque sujet pour I'imagerie visuelle, auditive, etc. Les études de Charcot sur l'aphasie ont montré que telle ou telle classe d'images prédomine selon les individus considérés ; en systématisant ses observations, Charcot a ramené à quatre les ( types imaginatifs ) : type uisuel, type audit$ type moteur, Vpe mixte. Le n visuel o se rappelle un texte en se représentant la page où il est imprimé ; au moment de I'apprentissage, il a recours à des schématisations spatiales, emploie les gravures, les repères colorés, les graphiques ; il a de plus tendance à convertir en représentations visuelles des données

relevant d'autres sens, et trouve, s'il est poète, des métaphores exprimant dit : n les dentelles du son que le fifre découpe o). Hugo employait la gravure, le dessin à I'encre de Chine, avec de fortes oppositions d'ombre et de lumière, pour traduire sa vision de scènes et de situations complexes oir interviennent aussi des éléments non-visuels (par exemple: un orage sur un château accroché au flanc d'une colline escarpée). Il déclarait que les idées abstraites évoquaient en lui des images concrètes : la loi, c'est I'image de juges en robe rouge, la couleur, I'opposition du vert d'une plante et du rouge d'une draperie, la forme, o un bloc rond, une épaule de femme > (cité par Cuvillier, d'après Ribot, Idees généralrt, p.ry).Le type visuel peut d'ailleurs se diversifier selon la prédominance des représentations concrètes des formes, des couleurs, des rapports géométriques, des signes typographiques. Michel-Ange, devenu presque aveugle, employait le toucher pour reconnaître et admirer les statues. Un peintre comme Delacroix accorde la primauté, dans son æuvre, à la recherche des couleurs intervenant non seulement comme éléments, mais comme image, parce qu'elles donnent I'atmosphère de la scène (voir p{ exemple le tableau intitulé < Femmes d'Alger ), tout inondé d'une lumière blonde baignant les objets et les personnages) ; un autre tableau de Delacroix s'intitule o Bataille entre un cheval bai et un cheval bai-brun dans une écurie o. Naturellement, il faut tenir compte de la culture romantique de l'époque (la couleur est un manifeste contre le classicisme de la ligne ; Hugo dit : n je mis un bonnet rouge au vieux dictionnairs o), mais la couleur a chez Delacroix une force significative qu'elle n'a pas chez tous les peintres de la même époque. La mémoire visuelle géométrique concrète correspond à des performances telles que celles des joueurs d'échecs. Quant au type n visuel typographique ), il se trouve chez les personnes qui voient mentalement imprimé chaque mot qu'on prononce ; Bourdon, dans L'Intelligence, p. 44, cite le cas d'un étudiant qui voyait ses propres paroles écrites ou imprimées, n généralement en plus gros caractères que celles des autres o. Fernald (tgo) a montré que I'image proprement ( photographique o d'un mot est très rare ; il n'a jamais trouvé, au cours de ses expériences, un sujet réellement capable de lire les lettres d'un mot d'arrière en avant, sur I'image mentale ; généralement, les sujets à qui on demande ce travail se plaignent que les lettres ne restent pas toutes à leur place, quand ils essayent de lire à I'envers ; les sujets qui ont de bonnes aptitudes pour évoquer les images visuelles arrivent à lire à I'envers quand ils ont trouvé un procédé consistant à décomposer le mot en plusieurs groupes de syllabes et à renverser séparément chaque syllabe. Au contraire,
cette conversion (Hugo

si nets en poésie et en musique. étaient . Stricker affirmait être lui-même un cas typique . aux sons. Stricker a particulièrement étudié le rype moreur. cité par Cuvillier).. on la trouve surtout dans les textes composés aux époques où l'écriture était peu répan- due : ce n pharmahon >>. liste des paires de nerfs crâniens. comme illustrant les propriétés de I'image eidétique proprement dite . est plus ou moins important selon les auteurs. p. généralement et pour les sujets les mieux doués en imagerie visuelle. dans La Parole intérieure. affirme que route pensée s'accompagne d'une sorte de bruit intérieur. Sans reprendre I'exemple de Mozart. Binet. On doit noter d'ailleurs que la supériorité du n visuel o ne s'étend guère au-delà du retournement de la séquence allant de gauche à droite en séquence inverse . selon certains chercheurs. dans une séquence sonore complexe. D'ailleurs. assonances.. a fait perdre I'usage des procédés de mémorisarion sans support matériel. comme n Rodrigue. conceptuelle . I'existence de blocs indissocia- bles qui se répètent dans le texte. est favorable à la fixation des images sonores . sont réduites. ont constaté que le sujet qui a appris ainsi le carré éprouve d'importantes difficultés à le réciter de bas en haut. l'image visuelle n'est pas assez complète pour permettre de lire dans toutes les directions.. cette aptitude devenir image n'est pas directement liée à la significadon théorique. généralement des enfants. en lisant à la manière habituelle. dans I'image mentale courante. Les rares cas où des sujets. les séquences sonores sont très malaisément réversibles par travail sur l'image mentale . c'est ce que montre l'épreuve du cané d. composé de 16 ou 25 lettres disposées en carré. parce qu'il existe un lien entre la représentation auditive et les mouvements permetrant de prononcer un mot ou d'émettre un son . qui était capable dès l'enfance d'accompagner de mémoire des opéras enriers. et d'éliminer chaque fois une lettre (cette méthode séquentielle unidirectionnelle est comparable à celle que I'on pourrait employer sur une image auditive . Pampérigouste. Egger. qui est comme une parole mentale. tel que d'épeler le mot d'un bout à I'autre à plusieurs reprises. Selon Mùller. et qu'il faut apprendre.. qui font image . Daudet a une grande tendresse pour les bruits. et on y rrouve ce que l'École de la Gestalt nommait des u significations implicites o incluses dans la structure des noms des personnes et des lieux : Tistet Védène. abstraite. les mots n pittoresques . comme dit Platon. et de plus importantes encore à le réciter en suivant les lignes obliques.rr4 IMAGINATION ET ITWENTION coNTENU eprnctrvo-ÉMorrF DEs TMAGEs rrt les sujets qui n'ont pas de bonnes images visuelles ont finalement recours à un procédé moins efficace. au lieu d'être visuels ou auditifs. rythme) facilite la mémorisation et permet de reprendre l'évocation à I'un des points d'articulation (strophe. tout n'est pas également source d'image mentale : il existe des structures privilégiées que même les sujets les moins doués pour les images auditives retiennent sans déformation. as-tu du cæur ? ) -à n Tout autre que mon Père l'éprouverait sur I'heure ! . . on peut cependant norer que l'étendue du registre de la voix humaine n'est pas aussi considérable que celle de I'audition. ces propriétés. et aussi selon les écoles. au nombre desquels se rrouvaienr rous les aspects récurrents des séquences sonores. Mûller. vers) sans recommencer à réciter tout le texte . Il existe un ensemble considérable de procédés mnémotechniques qui utilisent les images sonores : liste des noms des empereurs romains. se répétait intérieurement d'énormes symphonies. dans I'ouvrage intitulé Du langage et de la musique. bien que le maximum de sensibilité de I'audition corresponde aux sons habituellement présents dans l'expression verbale et le chant . la méthode employée pour vaincre cette difficulté est la même chez le n visuel ) ou ( I'auditif o . ce n'est qu'abstraitement qu'on peut renverser le cours du temps). les sons. Fernald. Binet note aussi que les personnes de ce type. devenu sourd. et celui de Mendelssohn. Dans la littérature. elle consiste à utiliser des groupements et des localisations .. c'esr-à-dire cette drogue contre l'oubli. pour apprendre un texte. les auditifs se répètent verbalement les noms des chiffres (Psychologie du raisonnement.e lemes. La structuration des séquences (rimes. Le rype imaginatif moteur est parfois associé. au type auditif. par exemple dans une langue l'envers un mot efl vision eidétique. se montrent capables de lire à long et inhabituel. le titre du poème de Hugo o Oceano nox ) constitue facilement une image auditive sans que I'on songe à la signification : n Nuit sur I'Océan . dans l'acquisition. déjà cité. dans un texte dit. même si le sujet a une tendance visuelle très marquée . les onomatopées sont assez nombreuses dans les Contes. à la vision neffe d'un groupe inversible de deux ou trois lettres au maximum. sans support graphique : pour faire de tête une addition. doivent être considérés étrangère inconnue -. le sort fait aux bruits. zr. le couplage n'esr donc pas total entre la phonation et I'audition. se gravent dans l'esprit le son de leurs paroles. comme les noms suivis de l'épithète de nature. Le type o auditif o est décrit par Binet comme correspondant à la traduction en noms et mots des signes utilisés pour une opération faite mentalement. ses mots-images. il est possible de citer celui de Beethoven qui. tous les sujets travaillent de la même façon.

Enfin. en fait. choc. sable. Bowers. séquence réversible. Le Manuel pratique de Psychologie expérimentalc de M. d'autres dans la catégorie sonore. leur acquisition. serait de rype olfactif : la représentation de personnes. le classement correspondant à toutes les réponses du sujet est comparé à la manière dont il estime lui-même appartenir à tel ou tel type imaginatif. C'est que nos civilisations ne sont guère manouvrières . qui porte les enfants à toucher aux robinets. il serait important d'analyser les caractères de I'imagerie de manière moins sensorielle et plus formalisée. etc. mais la perception n'épuise nullement la réalité du mouvement du corps propre . étudié par Toulouse en 1897. Il est d'ailleurs possible que certaines personnes représentent une tendance vers un type olfactif ou gustaûf : Zola. . L'image kinesthésique du mouvement est cependant nette dans la représentation de certains objets dont l'usage implique un geste très défini. et des divergences assez sensibles peuvent apparaître. pour retrouver I'orthographe d'un mot. on peut parler d'habitudes . après avoir mobilisé ce registre de représentations kinesthésiques concrètes par quelques mouvements arrondis du poignet. la vivacité des images de mouvement liées à ces objets apparaît dans la tendance à agir sur ces objets. Charcot ajoute à ces trois types purs un type mixte : selon leur origine. auteur de la Physiologie du goût. le mouvement des objets dans le champ perceptif . à la situation (contrôle moteur et perceptivo-moteur) . sans écrire. et constituent un des aspects de l'attachement aux détails concrets du monde et à certaines modalités du travail. Dans l'æuvre de Baudelaire. Selon 'W'oodworth. velouté. certaines personnes ont besoin de l'écrire. Cuvillier estime que chez un gourmet comme Brillat-Savarin. altération. de rues. Fernald.. c'est celle de la légitimité du parallèle établi ainsi entre le contenu acteur des images et les contenus percepdfs . récurrences . le rype mixte est en fait le rype le plus commun . en ce cas. tantôt motrices. en se contraignant d'avance à maintenir la bouche ouverte. le disque d'appel de I'appareil de téléphone. un écrou. un boulon. bois. le sujet doit estimer quelle image est la plus nette et la plus vive. mais comment distinguer exactement I'habitude motrice de I'image motrice ? La véritable question qu'il faudrait se poser. << mutter>>. faits d'images et peut-être aussi de sensations de mouvements articulatoires. Naturellement. ce sont elles qui permettent d'évoquer telle matière. un peu comme on s'éclaircit la voix avant de chanter. un bouton de sonnette . ce qui prouve que leurs images verbales sont essentiellement motrices. les types purs sont rares. Paul Fraisse expose la méthode la plus complète et la plus récente. devaient exister de riches images gustatives. aux sonnettes. certains sujets n'arrivent pas à imaginer ces mots. L'étude de la perception de la causalité par Michofte permet de discerner quelques cypes d'images de mouvement (reptation. on verrait alors que I'indice de mouvement (stabilité.. Au terme de ces estimations. poursuite) qui apparaissent dans les catégories perceptives et peuvent aussi se conserver dans la représentation mentale. comme un robinet. poussière. beaucoup plus essentiellement. de maisons. peut être importante chez certains sujets . Ce n'est pas essentiellement I'organe des sens recevant l'information qui détermine à lui seul une classe d'images mentales. en traitant les images comme des groupements de signaux. aux appareils de téléphone. plus logique. tantôt visuelles. chez le même sujet. Davis. Au contraire. a. durée. par les anciens chercheurs. insistantes. les notations olfactives sont fréquentes. << utisp r). tantôt auditives. Mtller. de constituer à lui seul un rype d'imagination. à ce titre. On pourrait ajouter que la part motrice de certaines images comme celles des mots. il peut y avoir des images de mouvement dans la catégorie visuelle. changement de configuration de la situation) affecte un très grand nombre d'images.). mais plutôt d'autres caractères relevant de la situation : configuration stable et simultanée.. terre de telle ou telle consistance. le mouvement perçu est. sans besoin réel. évoquait pour lui des odeurs. Stricker avait défini une épreuve permettant de montrer I'importance de l'élément moteur d'une image verbale si l'on essaye de penser des mots ne pouvant être prononcés qu'en fermant la bouche (comme n bubble>>. des chiffres. sans cependant représenter une inépuisable variété comparable à celle des images sonores ou visuelles . les images sont. saveur de résine d'une aiguille de pin mise dans la bouche. séquence irréversible. celle de la comparaison systématique par paires entre les images de registre diftrent . Pourtant. le phénomène le plus courant est le pouvoir remarquable d'évocation d'images des autres registres que possèdent les stimulations olfactives ou gustatives : odeur de goudron des routes. le registre tactile ne paraît pas avoir été jugé digne. un o auditif n peut imaginer les mots cités en conseryant la bouche ouverte. il existe évidemment des réceptions liées au mouvement et permettant de I'adapter aux objets. d'autres encore dans la catégorie tactile. les mots du registre tactile sont peu nombreux si I'on sort de la catégorie des tissus et de I'ameublement (soyeux. La dominance de tel ou tel type d'imagerie chez un sujet peut être étudiée par des ( tests objectifs d'imagerie > progressivement perfectionnés depuis Binet par Angell.fi6 IMAGINATION ET INVENTIoN coNTENU erprcrrvo-ÉMorlF DEs IMAGEs n7 presque tous kinesthésiques. en fait.. il existe des images tactiles.

comme dans le cas de I'empreinte. petit ou moyen. on photographie chaque sujet pendant un dixième de seconde . au contraire. elles se sont confondues. z6o) montre comment s'efFecrue le passage des perceptions particulières aux images génériques. selon Berkeley. courbé. I'objet ne peur pas être imaginé sans ses qualités. par un procédé purement physique d'atténuation des détails individuels et de conservarion des caractères se présentant chez un grand nombre de sujets du groupe considéré. on voit que seuls apparaissent nerrement les traits présents chez sept. de les composer et de les diviser de diverses manières (homme à deux têtes. aucune de ces images particulières n'a survécu complètemenr dans son esprit : < les vingt ou trente résurrections se sont émoussées les unes les autres . mais c'est toujours une main particulière. en étendant le questionnaire de Galton. ou bien si. On ne peur.ll. grand. ayanr été photographiés dans des conditions de surexposition telle qu'ils n'apparaissenr que faiblement chacun.II8 IMAGINATION ET IN'r'ENTION coNTENU arrucrrvo-ÉMorrF DEs TMAGEs rrg comme I'avait constaté Betts en r9o9. on peut bien imaginer détaché du corps la main. (o abstrait o ne signifie pas ici o résultant d'un processus d'abstraction o mais hautement formalisé. en se superposant de façon aléatoire à d'autres détails individuels. Berkeley. doit durer une seconde. si bien que les détails fortement marqués sonr ceux qui ont bénéficié d'un processus physique de sommation des quantités de lumière successivemenr appor- *- . on photographie sur la plaque unique chacun des sujets pendant une fraction du remps de pose total correspondant à la somme de toutes les prises de vues successives . a étudié la possibilité de cette interprétation générale de l'activité mentale. un travail de condensation. Aucun effort de pensée ne pourra me procurer l'idée abstaite r. ce processus ne s'arrête pas à un premier degré. et il est alors possible de chercher à expliquer toute I'activité mentale à partir de cette activité dont l'image générique est un premier résultat. fixage. la pensée abstraite est radicalement differente de la n pensée concrète . Après avoir bien centré et cadré l'appareil (pour que les yeux er la ligne du nez de tous les sujets coïncident sur la plaque sensible). et si la prise de vue. n de même. les aurres détails sonr flous. et a déclaré ne pas posséder o I'admirable faculté d'abstraire ses idées o . Taine (De I'intelligence. dix sur dix sujets. droit. a nié également la continuité. noir. refuse la continuité entre ces contenus percepdfs et la pensée théorique hautement formalisée. huit. constituant I'air de famille reconnaissable. dans le tome II de l'ouvrage intitulé De l'intelligence. plus exactement. sans hiatus marquant une difference de nature entre le contenu des perceptions et celui des idées. le temps total d'exposition de la plaque sensible est bien d'une seconde en rour. en raison du par la réponse qu'on lui donne. imaginer séparément d'un objet des qualités qui ne peuvenr exister qu'incarnées dans cet objet . a mérité longuement I'attention et l'étude de la philosophie. d'organisation qui donne à I'image une signification générique compatibilisant une pluralité d'expériences concrètes . C'est la question qui oppose I'empirisme (affirmant la continuité) à I'idéalisme qui. un nez particulier. er tirage en positif. dans les Principles of Human Knowledge. ainsi délabrées. prenanr plusieurs membres de la même famille. ainsi. Galton. Ç's51 Les images mentales sont-elles génériques ou Particulières ? joué la connaissance théorie de rôle en là une question qui. même quand il admet I'origine perceptive du contenu des images. Quand un sujet a vu vingt ou rrenre araucarias. dans le passage des sens particuliers au sens commun s'effecrue déjà un travail de généralisation et d'abstracrion. de simplification. mais toujours avec une forme et une couleur particulière . c'est faire remonter I'origine de leur acquisition à une circonstance. avec forme et couleur particulières . I'image est en ce cas le résultat d'un processus d'induction primaire et concrète . agglutinées par leur ressemblance. Considérer les images mentales comme particulières. Cette affirmation est contraire à la conceprion de I'induction chez Aristote . par un processus de fusion. pour laquelle il faut alors chercher une origine et une source non-percePtive (innéité. Berkeley ne se reconnaît que la faculté d'imaginer. er ce travail se continue dans le passage de l'intellect patient à l'intellect agenr. ou. éranr données les conditions d'éclairage. c'est affirmer qu'il se produit o dans la mémoire ). arrive à dégager les traits communs. Le problème est de savoir si l'on peut passer graduellement des perceptions aux idées abstraites. de sommation. Taine. historiquement bien déterminée dans l'existence du sujet. Descartes a affirmé avec vigueur la discontinuité entre la perception et les principes du savoir théorique (idées innées) . entre une pluralité de circonstances perceptives d'acquisition et la réapparition d'une imagesouvenir unique. Huxley pense que les images génériques se consriruenr comme les portraits génériques obtenus par photographies composites selon le procédé mis au point par Galton vers r88o. et ma représentation actuelle n'esr que leur résidu o. de se représenter I'idée des choses particulières qu'il a perçues. vision en Dieu). I'idée que je me forme d'un homme doit êffe d'un homme blanc. s'il y a dix sujets. le doute méthodique conduit à rejeter aussi bien les idées adventices que les idées factices. centaure). Après développemenr. basané. le nez. comme les théories scientifiques). Les considérer comme génériques.

le bolet Satan devient un n faux o . ou bien si la dynamique des images se rapproche plus de la croissance des êtres vivants. l'âme ne lisant. ramifier I'arbre . Il resterait pourtant à savoir si l'induction s'efFectue selon le processus de totalisation par sommation dont les portraits composites sont l'équivalent physique (assez peu différent du processus physiologique de frayage des voies invoqué pour expliquer la formation des habitudes de manière uniquement mécanique chez Descartes). la classe de ce qui ressemble aux orties.r Ii I2O IMAGINATION ET INVENTION tées sur les mêmes régions de la plaque par les dix prises de . on peut noter que le nombre de présentations des objets n'intervient qu'indirectement dans la formation d'une image. et à I'activité de l'image qui. par un système analogique. pratiquement. C'est ce qui explique la dichotomie fréquente en n bons ) er ( mauvais o. Par contre. Ce procédé n'a pas été systématiquement exploité. la sffucture d'embranchement est commune à la taxonomie du naturaliste. s'il ne s'agissait pas d'empreintes successives venant s'embrancher sur une expérience primordiale. origine de la classe. la bouche dans le sol. La connaissance inductive par les images a été efficace dans I'Histoire naturelle ancienne. il fait peut-être partiellement une erreur sur le rôle trophique des racines. recommençant chaque année son processus initial de germination manifesté par le tronc. un véritable mode de calcul automatique. L'image est déjà un procédé de connaissance partiellement formalisé et permettant la généralisation par systématisation analogique. À l'époque. et pour former aussitôt. On peut noter en effet que la connaissance inductive qui servait de base à Aristote par son adéquation avec la réalité objective est celle qui porte sur le monde vivant considéré comme objet d'investigation taxonomique . les diftrentes variations du rype d'une espèce végétale ou animale à partir d'une souche primitive s'efFectuent selon un processus de réactions adaptatives à des conditions nouvelles (altitude. car il exige des coïncidences euclidiennes alors que les êtres vivants ont plutôt une structure topologique.*. . c'està-dire au fond de concentration du multiple en unité. à partir de cette première empreinte. l'image générique des animaux et celle des végétaux. avec ou sans poils urticants : le lamier blanc. peut-être à cause d'une connaturalité des processus de croissance ou d'évolution des vivants et des modes de développemenr des images. divise et subdivise une classe en sous-classes. climat. Anglais). à travers le véhicule qu'est I'image. une refonte théorique du savoir conserve raremenr les cheminements dichotomiques de la découverte. professionnels. il suffit d'être tombé une seule fois dans une touffe d'orties pour en conserver une image précise. comme I'arbre qui. de I'empreinte primitive aux étapes successives. au cours de la vie du sujet. er le cheminement du savoir concret a plutôt une srructure d'arbre se développant en ramifications de plus en plus complexes qu'une structure de sommation. quand on connaît le cèpe. c'esr le nouveau par rapport à l'ancien. au cours des expériences successives qui apportent des caractères nouveaux. une origine absolue dans l'expérience . or.. le procédé fut appliqué non seulement aux différents membres d'une même famille. le réel est habituellement beaucoup plus complexe et plus simultané . on peut avoir vu des milliers d'arbres sans avoir aucunement une image précise de ces arbres. il constitue. malgré la théorie de Ribot qui adopte Ia conception de Taine et de Huxley sur les images génériques. Les classes inductives. vrais et faux : il a fallu rajouter des sous-classes. non-superposables aux données de I'empreinte primitive. en se tota- . ce qui est dichotomique. mais il exploite énergiquement les possibilités de systématisation et de découverte de I'image. le lamier rose. En fait. la la première expérience. elle contient aussi I'idée que le savoir progresse à partir de l'expérience. interaction avec les autres espèces) qui présente une importante analogie formelle avec celui de I'image-souvenir s'enrichissanr er se diftrenciant à partir d'une empreinte primitive. Avant de rejeter en bloc la thèse empiriste. la possibilité de progrès indéfini de la pensée. même s'ils appartiennent à une espèce unique dont les diftrents individus sont très semblables. etc. C'est l'image qui. en essayant de former par superposition mentale. Autrement dit.rues. etc. mais à des groupes ethniques $uifs. I'apport d'un savoir nouveau . mais pourranr rattachées à cette ligne de savoir par une sorte de greffe . et voir que l'affirmation d'Aristote selon laquelle u pense jamais sans image n'est pas seulement la reconnaissance d'une infirmité impliquant nécessité d'extraire et d'apprendre . après inversion de r8oo. se subdivise progressivemenr depuis les maîtresses branches jusqu'aux ramuscules. il faut comprendre sa classe est donnée dans CoNTENU arrrcrrvo-ÉMorrF DES IMAGES rzr portée. ont un germe. reçoit à partir de la souche première (l'empreinte initiale) des embranchemenrs manifestant les empreintes ultérieures venues s'ordonner par apporrs succes- . quoiqu'il soit un peu rigide. mais on pourrait le perfectionner . les dichotomies viennent d'empreintes secondaires. Quand Aristote dit avec audace qu'une plante est comparable à un animal qui vivrait tête en bas. il serait difficile d'expliquer la grande généralité de la dichotomie dans la pensée concrète. qui travaille sur le résultat actuel d'un processus d'évolution des êtres vivants. la dichotomie provient simplement de ce qu'il faut rajouter. à une classe déjà constituée. En fait. comme l'arbre y a ses racines. I'empirisme contient et affirme.

mais il n'y a pas. un peu aberrant. qui est la mère selon I'empreinte originelle. De même. que la Mère ou le Père sont le modèle de l'autorité ou de la source des biens.la classification des roches. encore peu formalisée. Mais il s'agit là d'une systématisation idéale. des lignées. dans la même mesure et simultanément. a la même importance que tel autre. la classe est déjà donnée avec la première empreinte . la mauvaise mère et la belle-mère sonr moins fondamentales que la bonne mère. les divergences déductives. on sait que les Cygnes ont été considérés comme des Oiseaux nécessairement blancs jusqu'au jour où I'on a trouvé des Cygnes noirs en Australie . est beaucoup moins nette lorsque les processus de formation. il n'y a pas de privilège ni d'antériorité par rapport à d'autres cas . des variétés. pour abstraire la définition du chien à partir des différents chiens effectivement rencontrés. il importe de se demander si le schéma de I'empirisme rend bien compte du devenir des images. est moins perméable à I'induction taxonomique que les espèces d'animaux ou de plantes. et selon l'induction. le contenu de I'image du Cygne comporre encore la blancheur. Si cet araucaria de notre première expérience était petit et verr foncé sur un terreau noir. elle sert de souche aux apports ultérieurs qui modifient I'extension de la classe sans remanier complèremenr sa compréhension. Il en va de même. avec tous les phénomènes de métamorphisme. une image originelle de cet arbuste régulier aux aiguilles vertes et drues. il y a un premier araucaria. ils sont équivalents en ce qui concerne leur apport informatif à la compréhension de la classe vers laquelle ils convergent . selon l'image. dans la nature. mais de multiples interactions selon un mode de simultanéité. et de manière assez paradoxale. tel chien. qui ne peuvent être que successifs dans I'expérience du sujet. Les expériences ultérieures se définissent par des apports de divergence ayant un sens par embranchement secondaire sur la source archérypale originelle: la mauvaise mère. pour la compréhension. adventives . allant de l'unité des principes à la multiplicité des conséquences. L'origine des classes esr contenue dans une empreinte jouant un rôle archérypal de premier modèle. Pour reprendre l'exemple de I'araucaria choisi par Taine. de principe. Cette structure d'arbre. Pour prendre un exemple plus âcile à analyser que celui de la bonne mère et de la mauvaise mère. tous les araucarias que nous avons vus ne sont pas sur le même plan . I'induction efface I'historicité des apports d'information. la mauvaise mère est 1 . et un troisième comme un araucaria au tronc lisse ou aux branches non recourbées . le caractère de blancheur aurait dû disparaître de la compréhension du Cygne . autremenr dit. sont symétriques aux convergences inductives. la belle-mère. dans laquelle les traits primitifs continuenr à jouer un rôle majeur. l'exrension s'esr effectivement étendue. devenant la bonne mère de façon explicite seulement quand les expériences ultérieures onr révélé l'existence de mauvaises mères . elles sont asymétriques. en fait. En effet. non lorsqu'on veut décrire la genèse de I'image et le mode de connaissance qu'elle donne : les divergences et les convergences des images sont marginales. logiquement. onr un sens par rapport à la mère donnée à l'origine. tous les individus sont logiquement équivalents comme source d'information . vraie peut-être lorsqu'on parle d'une connaissance conceptuelle. dans le processus de déduction exploitant les résultats de I'induction (déduction n formelle . symétrie entre la bonne mère et la mauvaise mère. d'embranchements.T22 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU errecrrvo-ÉMorrF DEs TMAGES rz) sifs partiellement divergents autour du tronc premier. et qui sera source ç des normes pour toutes les empreintes successives. C'est en ce sens que la maison paternelle est le modèle de toutes les maisons. malgré les apparences du langage. du recours en cas de détresse. tous sont également. grand et blanc . des familles. Cette manière de présenter le cheminement de l'image dans le souvenir par des embranchements asymétriques s'écarte donc assez notablement d'une ligne inducdve rassemblant dans la compréhension de la classe le contenu commun aux différenrs câs individuels concrets anrérieurement rencontrés . er le Cygne noir d'Australie apparaît comme marginal. qui restera la plus vraie. mais la compréhension ne s'esr pas appauvrie de la caractéristique de la blancheur du plumage . les expériences successives (en tant que sources d'images-souvenirs) s'inscrivent comme des variantes par rapport à un texte de base dont l'antériorité est respecrée comme un terme de réftrence absolu er une source inépuisable de normes compâratives. des groupes. petit et roux. un autre plus grand et jaune sera vu comme o un grand araucaria jaune ). d'ailleurs. n'impliquent pas une évolution à étapes successives à partir d'une souche.) : les conséquences sont au même niveau les unes que les autres . oùr la connaissance courante a déjù reconnu. des chiens . les differents cas concrets observés sont ainsi théoriquement simultanés et aussi importants les uns que les autres. la plus éminente dans le souvenir. particulièrement dans I'image-souvenir. avant le travail scientifique. une exception en ce qui concerne la couleur. la plus authentique. Tout en cherchant à expliquer les raisons qui ont permis la réussite épistémologique d'une connaissance par images. selon les images . le schéma empiriste devenu traditionnel semble bien supposer qu'il s'opère une réduction progressive de plusieurs cas à une notion plus commune et plus abstraite (compréhension de la classe) .

d'une part. Ce couple de qualités incompatibles et pourtant liées exprime l'état de sursaturation de l'image-souvenir. I'image-symbole attache le sujet aux événements dont il a le souvenir complexe. irréductibles les unes aux autres . il faut qu'elle condense une expérience intense. le processus de totalisation décrit par Taine.ç r24 TMAGTNATION ET II{VENTION . dans le tome II de l'ouvrage intitulé De I'intelligence. le symbole est aussi le chemin vers I'objet. irréductible à toute ( attitude de conscience ). mais les souvenirs lointains. I'image d'une personne aureur d'une longue liste de bienfaits et d'une aussi longue liste de méfaits n'est pas du tout la même que celle d'une personne qui ne fait ni bien ni mal. on peut dire que I'action du révélateur a lieu après chaque apport de I'expérience. inversement. Et les ffaces sont efficaces pour susciter I'objet quand tous les diffërents aspects de I'objet sont simultanément représentés dans le système des t s ri i 3 ::- i t. consriruant les classes de totalisarion. resrant perpétuellement neuffe . accenruée. et que le souvenir. nourricière et captative. d'autre part. un ( arbre . homogènes les unes par rapport aux autres dans I'une des voies dichotomiques. il s'agit plutôt de ce que l'on nommera plus tard isomorphisme (Théorie de la Forme) que d'une véritable induction impliquant réception passive des données reçues par la perception. est corrigé er remanié à chaque nouvel apporr d'une expérience inrense. c'est-à-dire d'un changement de structure. c'est I'hétérogénéité des empreintes rattachées à une même source qui donne au symbole sa rension interne. L'image devenue symbole condense une expérience contradictoire . au lieu de rester à l'état d'organisation latente jusqu'à la fin de la série. Ribot. ouvre le registre de deux images génériques séparées de totalisation . Ainsi. en ce sens qu'il est un moyen pour le susciter. état métastable qui est la condition nécessaire de I'invention. pour que I'image-souvenir puisse évoluer au point de devenir un symbole. qui ne peut être connu et pensé que par réference à la mère originelle et authentique. Enfin. pour prolonger la métaphore photographique. Enfin. et le fait dépendre de ces événements dont il conserve un fragment réel et représentatif. et des méfaits. restituant la compatibilité dans un système nouveau. à partir des traces. La caractéristique épistémologique la plus importante de I'image-souvenir est l'indépendance de l'extension par rapport à la compréhension . une espèce de monstre.t T CoNTENU errectrvo-ÉMorlF DEs IMAGES rz. le restituer. les expériences. peuvenr se recouvrir et effacer ainsi partiellement leur individualité historique : la liste des bienfaits. de contrefaçon de la mère. la connaissance selon I'image est donc differente de la connaissance inductive classiquement décrite. ( contre nature )). il faut que les dichotomies préalables. si les bienfaits er les méfaits interftraient dans un unique registre. liant énergiquement l'être vivant au milieu. soienr t . pour que les totalisations puissent s'effecruer. fondatrice de la classe. qui fait sortir toute la vie mentale des images et de leurs relations. source de vie et menace d'absorption niant I'individu-enfant). elle se présente sous cette forme avec I'opacité d'un véritable objet. d'une même personne. '. surchargé par les empreintes successives qui constituent ainsi une série dans laquelle les aPPorts nouveaux peuvent entrer en conflit avec les apports anciens sans les effacer. On doit d'ailleurs noter que Taine. équivalent de l'objet comme concret.i lL ffi! . et des situations comme enveloppantes . il est possible que la totalisation intervienne dans les cas où il n'existe pas d'empreinte. ils s'effaceraient les uns les autres . avec un équilibre inrerne qui constitue la cohérence mais aussi en même remps la tension de ce système. et qui le rend difftrent d'une totalisation comparable à celle du portrait composite. n'attendent pas pour trouver leur organisation que toutes les n prises de vues o successives et partielles aienr pu avoir lieu . forrement accentués émotivement' et par ailleurs relativement pauvres en information. c'est-à-dire dans les cas où l'acquisition des souvenirs se fait avec des motivations relativement faibles et resre près du fonctionnemenr de la mémoire immédiate. or. et partiellement réfractaire même à une élucidation par la conscience . on peut prévoir le processus de saturation de l'image et de formation du symbole . peut exister à l'intérieur de la constitution progressive de l'image en progrès vers l'état de symbole : quand les dichotomies principales sont efFectuées.s tf il tr ffir e& &F +i* isr *i :l empreintes relatives à cet objet. Nous ne prétendons nullemenr que I'hypothèse de la constitution des images génériques par un procédé de totalisation ne rend pas compte d'un certain nombre de processus . Huxley. a recours en fait à I'idée d'un processus de développement analogue dans le cas des phénomènes naturels et dans celui des images mentales. à parrir d'une conception de la constitution de I'image-souvenir par embranchement d'empreintes successives sur un tronc commun et primitif provenant de la première empreinte. er se développanr à travers une série d'empreintes successives qualitativemenr difftrentes. d'images-souvenirs développées à partir d'une première empreinte tend à devenir un symbole quand les tendances opposées des empreintes successives amènent la structure primitivement asymétrique (la mauvaise mère comme cas aberrant de la mère primitive) à un état de symétrie où I'image est un couple de qualités incompatibles et pourtant liées ensemble (la mère qui est à la fois bonne et mauvaise.

soit employer le corps comme ob. soit recruter ou même construire de nouveaux objets qui sont des analogues de la réalité représentée par I'image. 8S-S9). I'Imago est la figure d'équilibre qui rend symétriques I'indépendance et la liaison à la mère. le passage progressif de l'image au symbole se fait par interaction entre ces mémoires partielles : I'image est antérieure aux empirismes partiels et elle se développe en allant plus loin que leurs effectuées par un mode plus implicite et plus résultats. peut donc avoir les propriétés d'une image générique. apportant d'autres satisfactions mais faisant perdre la sécurité et les satisfactions rattachées à la dépendance. se sont manifestées I'une après I'autre dans leur pleine expression. mimique expressive). que l'image soit celle d'une personne unique ou d'un groupe . de renoncement à I'individualité séparée (voir le cours de Madame Favez-Boutonier sur L'Imagination. il ne se crée pas une Imago . la mère est représentée comme une espèce de lieu de repos. vourrs ET L'image-souvenir. de I'Américain. l'Imago se constitue comme une figure d'équilibre tendu qui. Le symbole induit des c. la simultanéité tendue de ce couple divergent d'aspirations s'exprime symboliquement dans le désir de la mort lié aux formes précoces de lien avec autrui . par exemple et en particulier. et au cours de l'expérience. au sein du moi. vraiment marginale par rapport à la relation à la mère. et est ainsi à la base de certaines structures dont le complexe est un facteur concret. etc. et du désir d'affranchissement correspondant au développement personnel de I'enfant . met cette relation sur le même plan et au même niveau que I'indépendance. La situation d'origine de I'enfant humain est la relation d'extrême dépendance vis-à-vis de la mère . un groupe ethnique. r. du rapport réel avec autrui comme source d'altérité. I'image de I'Anglais.IVENTION : CoNTENU errBcrrvo-ÉMorrF DEs TMAGES tz7 primitif de mémoire. de nirvana. Pour reprendre les expressions employées plus haut. et par rattrapage. empiristes correspondent à des mémoires partielles . retour à une existence intra-utérine . elle rend compte d'attitudes manifestant le næud de forces contradictoires qu'est tout complexe. de cette liaison. mais cette action peut soit s'exprimer directement. en fait. La tendance du symbole à se développer en action manifeste la tension interne que recèle le groupement de caractères divergents . NorIoN D'IMAGo . p. pour tel individu. et même de plusieurs images génériques en relation d'interaction.iet intermédiaire (imitation. celle les processus décrits par les théories qui correspond aux empreintes . par des conduites et des attitudes. représentation inconsciente qui est sous le complexe et constitue I'un des organiseurs du développement psychique : I'Imago organise des images et des pensées . le sevrage correspond à la naissance de I'autonomie. et elle peut renvoyer à cette réalité autre parce qu'au lieu de résumer et de condenser linéairement les expériences successives. de l'Italien. Telle est. a un contenu mental analogue à celui de l'image d'une personne : le caractère générique de la portée d'une image disparaît quand I'image est constituée .). aussi la connaissance selon les images entraîne-t-elle la substitution possible d'un individu à un autre comme support de la responsabilité (otages. c'est pourquoi le développement de I'image dans la direction du symbole s'efFectue de la même manière. la connaissance selon I'image confond I'individu et le groupe . tant que la possibilité d'autonomie reste asymétrique.ro 126 IMAGINATION ET II. revenant sur le caractère absolument premier du rapport à la mère. elle les concrétise et les condense en une entité paradoxale qui est Ia manifestation. t . objet d'aspiration. et de manière asymétrique. EN euEL sENs L'IMAGo Esr uN syMBoLE Lacan (tome VIII de l'Encyclopédiefançaise) nomme Imago I'entité paradoxale. L'TMAGTNATRE coMME MoNDE oBJETS-SYMBOLES oRGANIsÉ . l'Imago du sein maternel qui est à la base du complexe du sevrage. on pourrait dire qu'une dichotomie se produit au moment où la possibilité d'autonomie vient se greffer sur la relation primitive à la mère . la représentation inconsciente qu'est I'Imago du sein maternel correspond à la dualité simultanée de la liaison étroite avec la mère. L'Imago est symbole parce qu'elle renvoie à une réalité autre que celle du moi. une nation . une dépendance éprouvée comme menace et danger d'absorption. I'image est antérieure à la répartition des tâches entre ces mémoires partielles. selon la perspective qui vient d'être évoquée. sans que la source de l'information soit constituée par une pluralité d'individus de la classe envisagée : ce peut être un individu aussi bien que la pluralité d'individus constituant une famille. en faisant après-coup. occasionnelle. L'Imago réunit donc en un équilibre tendu et symétrique deux situations qui. sans construction intermédiaire.

la Nature . comme celle du spectre des qualités et attitudes entre deux termes extrêmes opposés (comme la vie et la mort. Mais les srrucrures binaires aussi permettent la communication. L'Imago est symbole parce qu'elle ramène à I'objet dans toute l'étendue de ses manifestations possibles. pourrant. plus elle peut accueillir d'expériences. contient virtuellement tout l'éventail des situations possibles par rapporr à un être déterminé . etc. Enfin. richesse et pauvreté.. en particulier selon la perspective des études de Mircea Eliade. elle marque le début de la réversibilité vers I'action. I'Imago comme organiseur est bien déjà un symbole élémentaire. une formalisation bi- naire ouvre une classe plus large pour I'interprétation de I'expérience qu'une formalisation ternaire. et le rival. déploie un large spectre de relations possibles jalonnées par des situations effectivement éprouvées.F . de la Divinité : tel est. une gamme de possibilités qui la rendent capable de correspondre à toutes les situations réelles du rapport à une réalité : la mère. de la Loi. la marâtre . . Toutefois. Pour Mircea Eliade. la Société. Les structures ternaires permettent effectivement aux individus d'un même groupe de communiquer. I'Imago maternelle est la réunion en couple simultané des deux perspectives successives du rapport avec la mère. comme source de toute subsistance et la mère comme anéantissement de I'individualité de l'enfant) . puis le complexe d'CEdipe. elle est par avance le résumé exhaustif des rapports concrets. parce qu'il marque les termes extrêmes de I'expérience. parce qu'elles résument les changements de situation provoqués par le développement du sujet dans son rapport à une même personne . cette distinction revient à peu près à dire que les images sont plus primitives que les symboles.) qri ne peur être formalisé par la simple bipolarité d'un spectre qualitatif continu. des attitudes 1 1 : 4l . I'Imago. Plus une formalisation est élémentaire. comme celle du complexe d'G. Lacan cite d'autres complexes et I'Imago correspondante : au complexe de I'intrusion correspond l'aber ego. L'Imago n'est pas seulement le résumé de l'éprouvé . vigilante et consciente. la dichotomie de la vie et de la mort individuelles s'y . consciente ou non-consciente. tension entre des termes extrêmes. il peut paraître étrange de considérer des modes primaires de pensée comme des formalisations.dipe.. la bivalence contenues dans I'Imago expriment la dualité réelle d'autrui et du sujet. moins insérées dans I'action du groupe. les symboles formalisant des rypes d'empreinte où intervient. et constitue donc aussi un mode d'accès à la réalité symbolisée. il existe un cerrain raccordement qui rattache au sein d'une même culture les srructures binaires individuelles aux structures ternaires impliquanr la présence de la Société. parce qu'elles formalisent I'expérience de l'interaction et donnenr un terrain d'universalité correspondant à l'expression intellectualisée. grâce à la dualité des termes extrêmes. qui est à la fois une réplique du moi. Elle formalise la série aléatoire des empreintes. L'Imago est symbole parce qu'elle fait passer du spectre discontinu de I'expérience historique au spectre continu des possibles contenus entre des termes extrêmes antithétiques . le symbole est surtout religieux. elle condense et réordonne l'expérience pour en faire un mode d'accès universel à une réalité donnée. Simplement. er n'impliquant pas le même degré de vigilance : les contes et légendes. un moule d'images appartenant au passé de I'humanité (et peur-êrre à des étapes pré-humaines du devenir de I'espèce). même s'il faut admettre que la réalité du symbole est plus complexe que celle de l'image. en particulier. Mircea Eliade reprend à peu près l'idée d'archérype de Jung: l'archétype est comme un schéma de I'imagination. vivement attirante. des images. 728 IMAGINATIoN ET INVENTIoN coNTENU errucrrvo-ÉMorrF DEs TMAGEs rz9 qui rejoignent autrui de manière bivalente. l'intrus. à partir du sujet. alors que les images se réêrent à l'existence individuelle . présentent parfois des structures binaires (l'ogresse. mais nécessite une structure au moins ternaire.. l'Imago. les myrhes. il existe une difference entre I'image et le symbole. c'est bien d'une formalisation qu'il s'agit dans les images et les symboles faisant le fond commun d'une culture. Dans la perspective de Lacan. alors que les images expriment une dualité de personnes. du point de vue de l'enfant. le symbole apparaissant au niveau des complexes où il y a trois termes (complexe d'CEdipe). adulte. il peut tour contenir. le mode binaire répond à la succession temporelle de l'hétéro généité des attitudes et des rapporrs dans une situation qui se modifie. Naturellement. selon des modalités moins universellement collectives. tandis que la formalisation rernaire implique une simultanéité objective et une pluralité dans le champ des objets (par exemple le père et la mère simultanément présents par rapport à I'enfant et en rapport entre eux comme couple en même temps qu'ils sont individuellement en rapporr avec I'enfant). en plus des variations de la relation à autrui formalisables en spectre continu. le rapport bipolaire entre la vie et la mort enveloppe rout . orgueil et humilité. qui sont comprises entre les termes extrêmes inclus dans I'Imago (ici. parce qu'elle contient en représentation. la mère pensées. Mais il ne semble pas qu'il y ait de diftrence de nature entre une formalisation de type primaire. la Loi. la présence efficace d'un tertium quid (le Père. le salut individuel dans une religion . la dualité. la dépendance et l'autonomie) et une fôrmalisation formalisation plus plus complexe complexe faisant fâisant intervenir une structure ternaire. oscillations de la Némésis).

désirs) . de même que l'imitation extérieure est une copie directe du modèle au moyen du corps propre ou de mouvements projetant les caractères imités en une reproduction matérielle o. le jeu. créé-créateur. même quand elle concerne l'individu seul ou son rapport très primitif au parent . elle se fait de manière progressive par le recours à des objets qui. ces structures de rattrapage sont aussi des structures de conversion. quelle que soit sa portée.Fectives entre elles. la conversion du binaire en rernaire est rendue possible par une structure intermédiaire (sacré-profane. la santé et la maladie. sur les rapporrs de signification permetrant de rapprocher plus ou moins images et symboles des signes. puisqu'il s'agit d'une vie et d'une mort éternelles . 92 et suivanres. il importe de signaler la théorie de Piaget qui. nie la distinction entre la fonction imaginaire et la fonction symbolique: il s'agit de la pensée irréfléchie. le propre de la fonction symbolique est la connexion entre des signifiants et des signifiés .) Sartre. les symboles stabilisés par les conventions. c'est-à-dire sous forme d'un spectre continu de rype binaire. dans La Formation du symbole chez I'enfant. font la transition avec les concepts . mais il existe. mais elle s'insère dans une structure plus complexe du point de vue du terme privilégié (le sacré. Les actions éthico-religieuses de passage et de transformation de soi. Par contre. et donnant la signification. si l'on peut dire. c'est qu'il s'opère une véritable formalisation implicite des images selon les dimensions les plus simples. I'assimilation du réel au moi. faute de temps. L'apparition de l'invention dans I'activité humaine n'est pas une nouveauté absolue et brusque . prennent de plus en plus de relief et d'indépendance en concrétisant. le créateur. z. mais il comporre bien une formalisation des expériences. les images étant plus primitives que les symboles. temporel-éternel) qui est. déjà dans I'image. en particulier par le langage. et particulièrement le commentaire de la thèse de M. comme le sacrifice. I'imaginaire individuel reflète des conditions très universelles d'existence dans la mesure où il exprime la vie et la mort. Ortigues sur Le Discours et le symbole. nécessitant une étude spécialisée qui est laissée de côté dans ce cours. y compris celle de Husserl.I3O IMAGINATION ET INVENTION coNTENU errncrrvo-ÉMorrF DEs TMAGEs r1r retrouve dans un contexte de surnaturel. tout en maintenant dans une perspective génétique la distinction entre I'image et le symbole. La distinction entre image simple et symbole correspond à I'accès au niveau de la représentation : quand les images admettent l'établissement de correspondances af. t'onyET-sYMBoLE Le cas pur de l'image ou du symbole comme réalités mentales ne pourrait être entièrement étudié qu'en faisant appel à l'analyse de la rêverie et des rêves. I'interprétation de Sartre est extrêmement intéressante. le plaisir et la douleur. p. la joie et la tristesse. condensant et organisant en système de compa- . une activité de construction qui fait qu'elle n'est pas le simple prolongement de la perception : n l'image simple est une imitation intérieure de I'objet auquel elle se rapporte. qui vise la possession de l'objet. le registre de l'individuel est binaire. permettant. Ce que nous voulons dire. particulièrement. à double enrrée. selon Piaget. Donc. correspondant à la vie individuelle. plus tard. La théorie de Piaget. voir le cours sur L'Imagination par MadameFavez-Boutonier. il vaudrait donc mieux parler de n symbole binaire )) ou o symbole ternaire o plutôt que d'image dans le premier cas et de symbole dans le second. Enfin. (Pour une étude des diffërenres carégories de I'imaginaire et une discussion de la terminologie. parce qu'elle met l'accent sur le râpport d'existence et d'action entre l'objer et le sujet qui se risse à travers image ou symbole et non. utilise des symboles manifestant I'affectivité (intentions. une symétrisation des empreintes. le passage au niveau symbolique s'efFectue . cette formalisation donne déjà aux images une signification et une portée symboliques. simples adjuvants au début. n'exclut pas la possibilité de formes de transition entre images et symboles. d'envisager quel rôle jouent les objets employés comme supports ou instruments de la formalisation symbolique. dans la perspective d'une étude ultérieure de I'invention et de la création. l'éternel) qui est supérieur et antérieur à l'autre. comme la plupart des doctrines. serait-il même possible d'acquérir des symboles ternaires permertant la communication avec autrui sur un mode universel ? Le monde de I'imaginaire individuel prépare l'accès au registre habituellement nommé symbolique . elle n'apparaît vraiment qu'à un niveau oùr il y a au moins le jeu. il est nécessaire. dans L'Imaginnire. I'image-souvenir peut déjà recevoir une formalisation. celui du rappoft au moi. car elle n'est dichotomique qu'à l'un de ses termes extrêmes. comme le rêve. permettant les correspondances . si les symboles binaires n'étaient pas formés. ne peuvent recevoir leur formalisation que dans de telles structures de conversion entre la forme binaire et les formes plus complexes. er par là même un pouvoir symbolique. car il y a symbole dès qu'il y a formalisation des empreintes . rattache la distinction entre image et symbole à celle qu'il établit entre les fonctions d'accommodation et les fonctions d'assimilation . Bien que la définition de la n conscience imageante n de Sartre puisse être discutée.

comme des fragments de vêtement. les demeures jadis habitées par un personnage célèbre ûouvent plus âcilement des acheteurs à un prix élevé. on voit le corps propre servir d'objet intermédiaire quand il s'agit. dans I'imitation expressive. manipulés. dans la fonction de souvenir et d'évocation. entre anciens élèves du même professeur. les appartenances d'une personne sont en une certaine mesure en relation symbolique avec elle. De nos jours . de faire revivre non seulement l'enseignement du professeur. et il s'effectue ainsi partiellement une assimilation au sujet. l'évàcation des disparus s'accompagne d'un certain effet d'induction de leurs habitudes.orr. c'est le bon et mauvais maître qui revit p"r. mais toute I'ambiance du temps où cette promotion écoutait ses leçons : rous ceux qui symbolisent ainsi en imitant sont membres d'un groupe. notre culture est pourtant globalement défavorable à l'emploi d'objets achetés d'occasion . et elle induit l'imitation mimétique prenanr le corps comme objet intermédiaire. tout ce qui constituait la caricature motrice et les attitudes individuelles appartenant en propre à cette personne.. les gestes habituels. !6 . à rravers l'image. revendent des robes ou des manteaux ayant appartenu à des actrices .i' T :1 & t leur substrat concret à ces aspects abstraits d'une évocation intégrale à travers le corps propre comme objet intermédiaire le plus disponible. i * 4 s j .rporrd bien à la reviviscence du souvenir . si bi. lés star. dans des conduites moins purement réflexives : certaines maisons.oi. Notre culture restreint I'aitivité mimétique.. car cette réalité est privée de I'une de ses parties. acheta sa lampe d'argile. est plus forte que la répugnance à porter des vêtements qui ne sont pas neufs. tous ces éléments interviennent dans la célébration du passé. comme si l'objet mimé prenait possession de celui qui mime. la foule se précipita sur le héros pour le porter en triomphe. Mais la recherche des appartenances est courante. le ffait est sans doute inhabituel en matière de pensée philosophique . une boucle de cheveux. les concepts les plus fréquemment utilisés par le maître dont le souvenir esr en même temps consacré et profané par I'imitarion. des triomphei et des humiliations . on peut noter d'ailleurs combien les significarions sont [éàs à des conditions concrères d'activité. combien elles adhèrent aux symboles . Selon les catégories du souvenir devenu image-symbole. ces objets symboliques. considérée comme vulgaire. On peut nommer objets intermédiaires ou analogues. un peu d'eau d'un fleuve. un éclat de pierre. mais aussi mode d'accès selon une opération d'influence qui prend sens dans I'opération magique. si minime soit-elle. I'accent.r. et en particulier I'activité verbale. avec le meilleur et le pire.r. les objets intermédiaires les plus facilement mobilisables sont ceux qui peuvent être détachés. mais la recherche de participation à la vie d'une personne célèbre et admirée. de nos jours et en France. En dehors du corps propre. des paroles qu'ils auraient prononcées dans telle ou telle circonstance .r. la remémorarion des bonnes et des mauvaises notes. et la croyance en leur force opérante est si forte qu'elle peut produire des mouvements collectifs puissants: au moment oùr Lindbergh se posa au Bourget après avoir traversé l'Atlantique.i ïi t: { t I $ . persuadé qu'il pourrait. le plus facilement utilisable de tous les objets intermédiaires est le corps. les tournures expressives. la mémoire fournit. selon le mode de la participation par possession d'objets. prêtent i. mode d'accès par le savoir conscient. conseryés. des normes. . sans doute parce qu'ils . par usage d'un symbolon matériel. Un auteur ancien se moque de I'admirateur d'un sage qui. les sectateurs des grands maîtres sont en général moins matériellement idolâtres. des choix qu'ils auraient faits. les imagines des ancêtres. Cette activité du mime avait le même sens que les portraits. La fonction symbolique de l'imitation. ses tics. qu'ort peut éprouver I'impression non de penser par soi-même mais de s'exprimer à la manière de ce professeur lorsqu'on emploie les mêmes schémas : I'activité d'expression. le souvenir est un analogon de la réalité sur laquelle il a été prélevé. c'est le spectre entier du souvenir qui se réincarne.r. _ Le premier. comme celle que Chateaubriand rapporta du Jourdain. telle ou telle manière d'utiliser les schémas dialectiques peur resrer indissociable de I'image du professeur qui les a enseignês. s'imprégner du savoir du philosophe . c'est retenir quelque chose de la réalité à laquelle on l'emprunte. le cortège était précédé de mimes qui évoquaient la mémoire du disparu en repioduisant sa manière de marcher. mais aussi sur le Spirit Of Saint-Louis pour en arracher des morceaux afin de les conserver comme souvenirs. Dans les funérailles de la Rome anrique. et il constitue un mode d'accès à cette réalité. quand elle est employée de façon inrense. en étudiant à la lueur de cette lampe. De la même manière. il s'agit bien d'une caricarure multiforme plutôt que d'une photographie uniforme . emportés. Chaque culture définit d'ailleurs la classe d'objets permettant la participation selon le mode du transfert d'appartenances . elle suscite l'objet mimé et le fait vivre par évocarion. pourranr. liés par une espèce de rituel : le ton de voix. On nomme < souvenirs . après la mort de ce sage.r3Z IMAGINATION ET INVENTION les coNTENU epplcrrvo-ÉMorrF DEs IMAGES rJj tibilité une pluralité de fonctions simultanées et successives. par l'intermédiaire du lien de propriété . les vêtements et les maisons occupent une place éminente comme objets intermédiaires. qu'il est joué. Prendre un souvenir-symbole.

sont comme des enveloppes du corps propre . Dans une catégorie voisine. peut être perçue comme indépendante de ce sujet. des situations et des êrres. ses frontières acrives . ils matérialisent et expriment ses limites. est en même temps celui qui. ils expriment les < points chauds . ce sonr des effecteurs qui ne portent pas sur des objets. de même. devient ainsi progressivement symétrique. 1' profonde à une fonction. du corps. parce qu'elle déborde vers I'objet le sujet qui manifeste. sans apprentissage préalable . dessins. est à peu près comparable à la croyance selon laquelle la corde de pendu porte bonheur . est assez souple et mobile pour servir à I'expression. et qui forment des instruments ou un territoire : c'est la catégorie des organes ou mouvemenrs de manifestarion. et existent pour l'extérieur et vers I'extérieur. ce qui. ils se raccordenr au monde. visible. ce fait que la perte de I'objet prothétique soit comme une mutilation pour celui qui savait l'employer n'amène pas comme conclusion selon une logique conceptuelle la possibilité d'un transfert de force ou de pouvoir à n'importe quelle autre personne ayant pu s'emparer de I'objet. Ces objets sont des points remarquables. et celui que le sujet charge de transmettre au monde le pouvoir de son propre organisme . car les phanères manifestenr une capacité relationnelle de I'organisme. car la manifestation du pouvoir apparaît dans les attitudes et les phanères. La manifestation. n'est univoque que lorsqu'elle est orientée. avec les organes de base. mais qui manifestent et affichent un mode d'être. les deux sens. parce que le porteur du sceptre s'évanouit alors que le sujet le prend en main . Le symbole . ce par quoi ils s'articulent de manière efficace er remarquable avec le mode naturel et social. l'objet prothétique est alors aussi bien centripète que centrifug. une attitude. Ce statut intermédiaire entre celui d'un organisme et celui d'un objet du milieu rend possible la formation du symbole à partir de la manifestation perçue à travers un objet. le mode d'être des organes de manifestation peut. de couleur. on rrouve les objets directement produits par une personne : leftres manuscrites. strictement. est déjà virtuellement détachable de I'individu pour continuer à exprimer sa force. I'arme symbolique est à la fois une menace contre le sujet et un objet qu'il peut prendre en main pour menacer autrui. à I'origine vivement asymétrique. diftrents rypes de coiffirres) . mais la logique implicite des images permet précisément cette croyance au transfert du pouvoir par le moyen de I'objet prothétique. en effet. liés à I'extérieur et chargés d'expression plus que les organes nécessaires à la vie. par là. ils expriment l'insertion du corps dans le monde extérieur. et non pas. un étar. L'image-souvenir. organisation.. c'est aussi la manifestation qui forme I'amorce du souvenir tendant à restituer I'objet et la situation . comme les cheveux et l'extrémité des membres. et aussi parce que leur relative extériorité leur permet d'être surchargés artificiellemenr de vernis. généralement plus durables qu'une simple acrion. le sceptre d'un empereur sont des appartenances très directement symboliques parce qu'elles prolongent de manière prothétique les organes de manifestation.. la fonction symbolique est en conrinuité avec celle des phanères dans les diftrentes espèces. comme organes de manifestation. et parfois liés de manière *i. puis les objets de collection. et les objets du monde extérieur soumis à manipulation. Il existe ainsi une catégorie de réalité intermédiaire entre I'organisme comme Éalité autosuffisante et nécessaire. t le sceptre perçu est dirigé en un seul sens . dans cette même mesure. travaux d'amateurs. parce qu'ils sont détachables sans nuire à la vie. de parures et bijoux. Les armes d'un guerrier. remplaçant la série linéaire et discontinue du souvenir. le sceptre est une figuration matérialisée de la u main de gloire o à I'index étendu. les cheveux et les ongles ont la vertu des extrémités . d'une manière très différente de celle des organes essenriels. la suppression de l'objet-instrument enlève au corps l'un de ses pouvoirs. porté par autrui. Naturellement. les organes de manifestation se raccordent de manière continue au vêtement et à la parure (perruques) . les deux orientations se croisent et déploient entre elles le spectre continu des occasions imaginaires d'expérience. dans la liaison prothétique. ses possibilités d'action . à un rang. mais le sceptre devient symbole quand il est à la fois dirigé contre le sujet et dirigé par le sujet vers le monde . même détachés du corps. et d'être traités dans le sens d'une intensification ou d'une spécialisation de leur fonction perceptive (ongles longs.I34 IMAGINATION ET INVENTION coNTENU errBcrrvo-ÉMorrF DES TMAGES t1. selon un mode ( sauvage . s'adresse au sujet. tout ce qui est mobile. qui n'opèrent pas sur le monde. de perception et d'action . appeler un complément instrumental prothétique qui fixe et immobilise en symbole matérialisé (donc détachable) le médiateur de la manifestation . la manifestation. des rermes extrêmes de la réalité . dans les espèces dont les phanères ne sont pas aisément modifiables. détaché de tout organisme. a tendance à être choisi comme objet intermédiaire conservanr des propriétés absolues . I'idée que les cheveux et les ongles détiennent de la force vitale. dans les organes moteurs proprement dits . et aussi parce que. Ce sont précisément ces organes de manifestation qui sont recrutés en premier comme symboles. elle devient un système tendu et métastable quand le même objet prothétique. dans des fonctions telles que la respiration ou la nutrition . ils sont suivis par les objets d'usage comme les meubles. portée par un organisme comme le sceptre au bout du bras .

comme une arme vue de profil qui contient potentiellement le geste qui la tournera vers aurrui ou contre le sujet . au lieu de laisser flotter I'univers des symboles entre le monde des objets et le sujet. ils traduisent aussi bien la force des choses que les virtualités d'action du sujet . productive. mais de manière complètement différente des objets du milieu. créatrice. le relatif détachement de ces objets significatifs les mobilise. on peut prendre celui de la croix : elle est souvenir tant qu'elle perpétue la mort du Christ .86 TMAGTNATToN ET rNvENTroN coNTENU eprEcrrvo-ÉMorrF DEs IMAGEs rj7 est une apPartenance ayant srmultanement est simultanément plusieurs plusleurs propnétalres propriétaires et plusieurs orientations vers I'objet. des objets ou organes de manifestation. mais elle devient symbole à I'intérieur de la Chrétienté quand elle devient en plus le signe dtr kbarum ou celui des Croisés. construit avec le plus grand nombre possible d'objets-symboles empruntés à l'être réel. en le ritualisant. Mais le cycle de l'image ne peut être inversé . les arts pratiquent un certain exorcisme qui. Par là. les symboles ne sont pas situés par rapport au moi. on pourrait dire. . en même temps qu'il perd ses propres appartenances . Que le symbole est toujours ( passant > et jamais o issant . particuliers. L'image-souvenir est devenue un symbole quand l'orientation. ces rermes extrêmes des situations. à son territoire . façonne à la ressemblance d'un être vivant. baptise d'un nom propre. elle est la tension entre ces deux images. Tous ces emplois de l'imaginaire symbolique sont naïfs en une certaine mesure. les symboles sont des o objets absolus . se concrétisent pendant que le souvenir des organismes porteurs et des circonstances particulières se fond et s'estompe. s'interposant entre le vivant et le milieu. car ils reprennent un contenu formalisé. qui ne sonr pas faits de l'équilibre entre deux orientarions opposées se neutralisant provisoirement. la magie puise dans l'imaginaire des moyens d'évocation ou d'influence en matérialisant des symboles qu'elle réindividualise. ces deux directions de I'arme marquent les termes extrêmes de I'attaque et de Ia défense . mais il est pétri d'imaginaire. on pourrait dire que le monde mental des symboles est celui des objets n vus de profil . au sens où n abstraction ) signifie o extraction à partir de . en I'insérant dans le monde objectif et dans la régularité sociale . en langage héraldique. avec des objets orientés ayaît un sens défini et univoque par rapport au sujet lui-même . que l'insertion dans l'univers peut être retrouvée . I'arme-symbole n'est ni tenue en main par le sujet ni brandie conrre lui par autrui .. La formalisation du souvenir qui donne le symbole est I'opération qui transforme les objets < issants o. car son sens esr alors renversé quand il est dit : n in ltoc signo uinces ) . ce n'est pas de l'intérieur et sans opération constructive. le fixe en le représentant. modificatrice des structures. sans sujet aussi bien que sans milieu extérieur pour les insérer. chargés de sens et de force . Le souvenir de I'arme tenue en main par le sujet. De manière concrète. leur capacité d'indiquer des potentiels. mais ayant conservé leur pouvoir. I'image-souvenir tend vers le sratur de l'objet. ou bien ils peuvent habiter le sujet qui se sent possédé et qui perd sa liberté et son pouvoir d'initiative dans I'action . l'individuel prend une portée universelle. prêt à amorcer un changement de structure. mais il s'agit d'une extraction des éléments de manifesrarion à partir des situations complères . le successif devient simultané. les symboles peuvent être pris pour du réel objectif. ce passage à la fonction de symbole est d'ailleurs I'indice d'un changemenr de la portée du Christianisme par rapport à la réalité temporelle. leur capacité d'expression.. ce qui fait qu'ils ne peuvent adapter le sujet comme organisme agissant à son milieu. âit d'eux les pierres d'attente de I'imagination inventive . en objets ( passants o qui attendent d'être repris en main selon le projet ori ils reffouveront une orientarion. la direction particulière de la manifestation a perdu son univocité originelle devant la dualité possible des orientations. dans le symbole. Le sujet en qui la majorité des images se convertit en symboles perd partiellement ses souvenirs en tant qu'historiques. tout comme celui de I'arme menaçante dans la main d'un autre. alors qu'ils sonr pourranr i : t des points-clefs des situations. le voult est un analogon de l'être à envoûter. Comme exemple supplémentaire. L'évolution de l'image-souvenir vers l'état de symbole esr un certain processus d'abstraction. sirués par rapport au sujet et à la situation. en essayant de le rendre à nouveau concret sans continuer le cycle de l'image qui s'est formalisée en symbole en perdant les attaches du souvenir daté et personnel. en devenant symétrique. Le symbole n'est qu'un pseudo-objet. chargé de toute l'énergie potentielle d'un système métastable. pour l'employer comme mode d'accès dans I'opération analogique d'invocation ou d'envoûtement . celui de symbole. datés. sortes de points-clefs porteurs des forces. ce qui était aux autres commence à appartenir virtuellement au sujet. Dans les maladies mentales. Mais ces images forment un symbole quand l'arme esr en même remps saisie comme pouvant menacer le sujet er être prise en main par lui pour menacer autrui . ne donnent que des images. tandis que l'image est issante et non passante. ils sont des pouvoirs sans support. les rend disponibles.. détachés des circonstances empiriques de leur apparition. Le monde des symboles est une espèce de pandémonium flottant entre la situation d'objet et celle de sujet.

les solutions apparaissent comme des restitutions de continuité autorisant la progressivité des modes opératoires. et parmi les images-souvenirs ainsi collectées. sous sa forme la plus condensée. le souvenir. propose des instruments pour une action nouvelle . Mais il importe de noter que le cycle de l'image est une genèse marquée en chacune de ses étapes par une décantation. seules subsistent celles que fixe I'empreinte d'une situation intense .!i '. non dans une inversion du cycle déjà accompli. mais la manifestation ne s'épuise pas en elle-même . selon un cheminement antérieurement invisible dans la strucrure de la réalité donnée. Le souvenir. comme il s'agit d'emplois qui interrompent le cycle de I'image et I'empêchent d'arriver à son état d'achèvement. dans la magie. ils se ramènent à I'unité sous les espèces d'un défaut d'adaptation intrinsèque de I'action à elle-même dans ses diftrentes séquences et dans les sous-ensembles qu'elles impliquent . Est problématique la situation qui dualise I'action.\ t: . au rerme de laquelle devient possible un nouveau cycle d'action à rravers I'objet inventé. Ainsi s'explique le fait que le monde imaginaire puisse paraître plus riche que celui de I'invention : les images sont plus nombreuses que les symboles. le symbole est un mixte de sujet et d'objet qui a valeur instrumentale pour I'invention . un monde artificiel d'apparences. la fabrication d'un instrument.l i1 I . en inversant un devenir dont l'achèvemenr ne peut être que dans I'invention.} .I38 IMAGINATIoN ET INVENTIoN lorsque la formalisation s'est accomplie. QUATRIÈME PARTIE L INVENTION rt . quelques-unes seulement se formalisent en symboles pour organiser le monde de l'imaginaire servanr de base à I'invention. LEs orrrÉnnurps nspÈcEs DE coMpATrBrLrrÉ." ) $ r*é s . celle du symbole. par une réduction du nombre des élémenrs conservés et proposés finalement comme matières d'invention . l'associarion de plusieurs opérateurs sont diftrents moyens de rétablir la compatibilité & . qui a auranr de sens fonctionnel par rapport à I'action à entreprendre après l'invention que par rapporr à I'action déjà accomplie. toutefois. et dans le recommencement d'un nouveau rycle de rapport avec le réel. en se formalisant en symbole. elle ne s'épuise pas non plus dans l'imaginaire. le rêve. de communication ou d'influence dans les arts. la fantaisie. quand elles sont seulemenr des imagessouvenirs. L'invention est I'apparition de la compatibilité extrinsèque entre le milieu et l'organisme et de la compatibilité intrinsèque enrre les sous-ensembles de l'action. hiatus et incompatibilité sont les deux modes problématiques fondamentaux. Le détour. le symbole absorbe la manifestarion. soit parce qu'il manque un moyen terme. par une discontinuité jouant le rôle d'un barrage.r ou pÉroun rl + 'il r 3 À quelle situation correspond I'invention ? À un problème. d'un accomplissemenr opératoire continu dans son projet. la critique platonicienne des arts comme fauteurs d'illusion s'applique essentiellement aux arts qui cherchent à rerrouver une existence à partir de symboles. Il serait certes intéressant d'étudier pour eux-mêmes les emplois directs de I'imaginaire comme modes d'expression. soit parce que la réalisation d'une parrie de I'action détruit une aurre partie également nécessaire . roures les tendances motrices ne reçoivent pas la confirmation d'une expérience perceptive . L'TNVENTToN ÉrÉrranNrerRE . la tronçonne en la séparant en segments. c'est-àdire à I'interruption par un obstacle. l'étude de ces modalités présente plus d'intérêt pour I'histoire des groupes et des cukures que pour I'explicitation du devenir complet de I'image considérée comme une quesrion de psychologie u générde o. la rhérorique. RôLE DE L'AcrrvrrÉ LrBRE i l:' DANS LA DÉCOUVERTE DES MÉDIATIONS r. n'esr qu'un momenr du devenir de I'image. il ne peur que se dégrader er consrruire illusoirement un faux concret. qui n'est qu'une étape.T t * A. r-A coNDulrE ÉrÉMENTATRE f' ti. Dès qu'une action est accomplie et une expérience faite.-è. la magie .

comPatible avec ses forces .$ . c'est I'anticipation collective qui modifie chacune des actions individuelles en construisant le système de la synergie. mais l'invention conserve sa place fonctionnelle de système de transfert entre des ordres différents . donc la tension vers une simultanéité des départs quand l'obstacle sera levé .r ! t: r{. le groupe des voyageurs existe virtuellement selon le résultat. Dès que le problème ne Peut trouver sa solution que dans un ordre de grandeur très diftrent de celui de l'individu et du geste élémentaire par la taille ou la complexité. dans les conditions du problème se manifestent négativemenr les lignes possibles d'une solution . l'association par communauté d'intentions au sein d'un groupe homogène est un cas privilégié. le recours à des médiations hétérogènes est nécessaire. Dans un cas semblable. mais sur un trajet infime. L'invention consiste en ce cas. mais il est aisément mis de côté par rous les voyageurs unissant leurs efforts .. le régime de I'opération pensée comme achevée et complète. La racine de la solution est la communication entre deux ordres de grandeur. qui est celui de la compatibilité : les diftrentes interruptions des voyages primitivement indépendants créent la collectivité des voyageurs arrêtés. Le problème est résolu quand une communication est établie entre Ie système d'action du sujet pour qui se pose le problème et le régime de réalité du résultat . il déplace toute la charge indivisible. le cabestan. comme le rocher n'est pas divisible.r. dans le cas choisi. est plus considérable . I'interruption de I'action causée par l'évènement-problème amorce le passage à I'ordre de grandeur du résultat. Avec un treuil ou un palan. cette mise en balance ne peut avoir lieu que si le tout du rocher est poussé au même instant par tous les voyageurs. Il s'effectue ainsi un rerour structuranr du contenu de l'anticipation sur la formule de l'action présente . il faut encore que cerre anticipation revienne vers le présent en modifiant la structure et les conditions de I'opération actuelle . agit comme s'il âéplaçait une infime fraction de la charge. portant sur ces médiations. ou plutôt d'un retour d'organisation dont la source est I'ordre de grandeur du résultat. or. car c'est au même instant qu'ils peuvent tous reprendre leur voyage. dans ses caractères dimensionnels. intensité de la force et déplacement. les machines simples. en laquelle gît la solution. visible dans I'unité du résultat. car chaque voyageur est parfaitement capable d'imaginer tout seul commenr il continuerait à marcher si le rocher était déplacé . il s'agit là d'un rerour d'information. le régime opératoire qui I'a produit. ou même le plan incliné. car il ne demande pas de médiation instrumentale ni de division du travail. le sujet fait partie de l'ordre àe réalité en lequel le problème est posé . Dans l'exemple du rocher. s ment-problème (un barrage sur le passage de chacun). dont les données . Quand le problème est résolu. par exemple. le treuil de carrier. de manière à les adapter aux capacités de I'organisme de I'opérateur. réalisant ainsi par un effet négatif le champ dans lequel peut se déployer I'action compatible. celui du résultat (le chemin ouverr pour tous) et celui de l'événe- i I & t f ï t 1 rt * . I'invention est la découverte de médiation entre ces ô . d'alimentation récurrenre (feed-back) qui va du régime du résultat complet à I'organisation des moyens et des sous-ensembles selon un mode de compatibilité. le résultat collectif est comPatible avec le résultat individuel.r. I'accumulation de gens arrêtés par le rocher les uns après les aurres constitue progressivement une simultanéité des attenres et des besoins. comme le levier. c'est cette comPatibilité intrinsèque qui rend possible la compatibilité extrinsèque du rapport entre la force d'un homme et le poids d'une fraction du rocher. à faire varier les deux facteurs. par conrre. Le couplage des effons. le chemin étant ouvert à chacun quand il est ouvert au groupe . à chacun de ses gestes. et la tâche d'invention. I'invention est facilitée par le fait que les sujets sont en même temPs des opérateurs virtuels . de même. un opérateur unique. tro.. intrinsèque et extrinsèque. le rocher qui a roulé au milieu d'un chemin encaissé arrête successivement plusieurs voyageurs. L'invention établit un certain rype d'action en retour. la dimension de I'acte final du résultat englobe. I'organisation de la compatibilité sous la forme de la synergie revient à mettre en balance la force de chacun des voyageurs avec une fraction du rocher à déplacer .rt modifiées : dans la nouvelle persPective du résultat collectif (et non plus individuel) I'opération devient le déplacement Pâr chaque voyageur d'une fraction du rocher . car il est trop lourd pour un seul homme. manifestent dans leur structure Ia fonction de ûansfert essentielle que ces dispositifs matérialisent. la simultanéité virtuelle des départs imaginés régresse vers la simultanéité des efforts. bien qu'ils soient arrivés devant I'obstacle à des moments diftrents. régresse vers l'acte de résolution er vers I'invention . ici. selon le thème d'une fable classique.t I4O IMAGINATION ET INVENTION r t L'INVENTIoN r4r . I'action individuelle de pousser est compatible avec la somme des actions des autres individus grâce à la simultanéité additive des poussées parallèles . tout en respectant le principe de la conservation du travail. L'anticipation et la prévision ne suffisent pas. dérerminés par chaque voyage p{ticulier. en fait. d$à. qui font du chemin le lieu de passage de plusieurs itinéraires individuels sans couplage muruel . le problème. est insoluble selon les données de départ. il ne fait pas parrie de celui du résultat imaginé .

mais c'est I'homme qui suppose aussi est bénéficiaire de ce détour. par rapport à laquelle peut intervenir une conduite de détour. En dehors du territoire. Ces diftrentes médiations ont une essence commune comme système d'adaptation . médiation grâce à laquelle le système d'acrion du sujet peut avoir prise sur la production du résultat par une action ordonnée. outre o.! 'tf fl un détour cognitif. le corps humain est inefficace . fait partie d'une conduite définie. la poursuite d'un but. ou mieux dans une besace. en efFet.t médiateur est une barre.t. Enfin. à un certain niveau de vigilance' etc. mais il existe difftrents niveaux de découverie de la médiation réalisant la compatibilité. : conduite de prédation. Pour les problèmes de déplacemenr des fardeaux (il y a problème quand le système d'acrion et les forces corporelles ne sonr p"i dir.. par au liquide. le détour par I'instrument. il est cependant nécessaire de noter que les diftrentes situations expérimentales ne permettent la mesure que si les conditions de base sont comparables . la compatibilité intrinsèque de I'organisme s'étend à une situation qui. de dresser. en agissant sur I'objet intermédiaire. les inventions les plus élémentaires consistent en l'usage d'un médiateur adaptatif qui relie le régime du résultat aux aptitudes àe I'op_érateur. Des objets intermédiaires sonr nécessaires pour sauvegarder I'intégrité du corps dès que I'objet esr rrop fortement hétérogène par rapport à I'organisme sèlon I'une de ses caractéristiques (température extrême. pour transporrer un liquide.. chez I'animal. et existent comme résultat d'un apprentissage généralement précoce.ils ne peuvent être divisés. de capturer. L'étude des situations impliquant un détour a été faiæ généralement pour mesurer I'intelligence dans les différentes espèces animales . les molécules de liquide ou les grains de poudre sonr d'un ordre de grandeur qui ne les rend pas efficacement manipulables par le corps humain sans un objet intermédiaire qui les rassemble par milliards .T I4Z IMAGINATION ET INVENTION I s t . I'obj. correspondant à une motivation déterminée. mais pourtant non quelconque. Par l'invention. conservant sa spontanéité et son pouvoir d'auto-reproduction. qui est. d'animaux ou plus généralement d'êtres vivants. er par rapport à lbrganisme Japport humain. opère comme s'il s'adressait à un objet solide d'un ordre de grandeur hàmogène au sien. comme dans le porrage des grandes pièces de gibier. mais seulement de choisir. le détour réalisable sans organisation préalable du territoire est un détour à courte distance du but. est comParable à un objet intermédiaire aux multiples propriétés . ils ont été prédéterminés au moment de la reconnaissance. il it 5 . tout au moins. il en va di même pour les corps pulvérulents ou les petits objets. causticité. composition ni toxique ni corrosive.. qui a formé des images dirigeant l'action. ne réalise pas cette compatibilité. ainsi. un plateau. et déjà marqué. ce qui correspond seulement à la phase terminale d'un comportement.. fuite. un cas intermédiaire entre I'invention de détour et la médiation instrumentale est l'usage. toxicité). comme problème. les fardeaux solides. comme I'itinéraire principal. bien appropriée au porrage sur l'épaule. sonr manipulés par I'intermédiaire de machines qui réalisent I'adaptation des forces . I'organisme de I'opérateur. euand c'est le volume du fardeau qui crée le problèm. qu'il n'est pas nécessaire de construire. ? L IN'r'ENTION r43 deux ordres. les détours possibles font partie de manière actuelle du territoire . Ia conduite de détour peut ne Pas aPParaître parce qu'il n'y a pas eu d'organisation préalable .. qu'il faut mettre dans un sac. sous forme d'un changement d'itinéraire. comme une enveloppe. le dressage est I'institution d'un détour de comportement. torrrè"r. s. si la médiation consiste seulemenr en un mode opératoire modifié ou supplémenraire. il faut un solide intermédiaire. prises non coupanres. de déveloPper : la classe considérable des animaux domestiques et des plantes cultivées a été sans doute une des premières dépositaires de l'activité inventive de l'espèce humaine. Parfois. en un temps où les instruments étaient encore peu nombreux et rudimentaires.ment efficaces). primitivement. ne peut être dissociée de l'organisation préexistante d'un territoire .). le détour est sPontané dans t . pour un très grand nombre d'espèces. Autrement dit. avec substitution temporaire de l'objet-instrument à l'objet-but . quand le problème vient de la diqproporiion de la force de I'opérateur et de la masse du fardeau. or. Cette catégorie de l'être vivant modifié. une subordination de la chaîne actonale de sélection ou fabrication de I'objet à la poursuite du but. etc. comme un solide manipulable. dont quelques cas concrets ont été cités plus haut. acidité. c'est selon les lignes différenciées de ce territoire que le détour est possible. comme objets intermédiaires. À cette première réserve sur la généralité de la conduite de détour comme invention s'en ajoute une seconde : le détour' Pour une espèce déterminée. et de caractéristiques physico-chimiques comparibles avec la conservation de l'organisme (température moyenne. d'abandon d'un itinéraire principal très fréquenté pour un itinéraire secondaire plus rarement pris.. le but étant déjà perceptible mais ne pouvant être directement atteint. dans les deux cas. l'objet médiateur renrre dans la catégorie générale des adaptateurs d'impédance. n'est pas seulement un détour opératoire . elle est moins complexe que si elle fait intervenir un objet intermédiaire dont la sélection et l'usage demandent des modes opératoires médiats .

plus qu'une perception directe .de détour au sens anthropomorphique du terme -_que . par exemple.en!. même si par hasard un tentacule du Poulpe vient à rencontrer le Crabe. avec des transitions insensibles depuis les schèmes moteurs simples (comme le saut tortillé du Lapin. parce que la classe de comporrement est changZe. alors que le même grillage. il s'agit alors en fait.I44 IMAGINATION ET INVENTION t'ItnrENTIoN r4t détour. est au contraire un obstacle impliquant des maxima et des minima de plus en plus importants dans la distance par rapport au but . or. barre à mi-hauteur I'aquarium dans lequel se déroule cette tentative de capture du Crabe par le Poulpe . peur ne plus l'ètre dans la fuite. il n'y a pas intégration de cette donnée sensorielle tactile au problème initialement posé en termes de stimulus visuel . et K.r"tions créant la crainte . mais à condition de préciser qu'il s'agit du détour impliquant une représentarion. constitue un détour progressif et continu. On peut rapprocher de ce dispositif celui que Piéron a employé pour le Poulpe. et particulièrement dans les apprentissages de labyrinthes avec repères visuels . Lewin a signalé la difficulté qu'éprouvent les jeunes enfants à s'approcher d'un but à reculons. èt de Bierens de Haan . un grillage disposé en spirale autour d'un but. considérer le détour comme une invention dans les conduites animales ? Oui. dans ces conditions. ce type de détour est celui qui implique la représenration àes effets éloignés des actes (n foresight . en ce cas. la marche à reculons esr une conduite spontanée chez cerraines espèces rransporrant un fardeau (Fourmis. qui éprouvent beaucoup plus de difficultés que les Singes ou les Chiens devant un problème de détour. invisible dans I'eau.rr. c'esr seulement dans la phase terminale du comporremenr près du refuge. lié à la course) jusqu'aux comportements spécifiques plus complexes (la fuite en zigzagdu Lièvre) et aux ( manæuvres . par exemple du remplacement du bond terminal du prédateur par un prolongement de I'approche lente en reptation. pour pouvoir faire un détour. nous retrouvons ici. par conrre. Mac Dougall attribuent les succès dans les problèmes de détour à une intuition anticipatrice comparable à l'Einsicht remarquée par Kôhler dans diftrents types de tâches. un Chat réussit à résoudre un problème de détour progressif mais non un problème impliquant des oscillations de distance par rapport au but.it. Les expériences de détour ont été tentées sur un grand nombre d'espèces animales . d'une véritable substùution d'un mode d'action à un aurre. on doit norer qu'il existe comportemenr que se posent les problèmes de détour correspondant à la majorité des situations expérimenrales. de manière générale. dans les . la réussite apparaît d'un seul coup. en rermes de flexibilité du diftrentes espèces de f I I T d'un trajet nouveau. un détour possible dans I'explorarion. Phoque) . Bierens de Haan donne à un Poulpe la possibilité de uoir à petite distance un Crabe . mais un mode d'action spécifique . 'W'. le concret perceptif unisensoriel doit être dépassé par une activité centrale de synthèse pour que I'intuition de la solution apparaisse . le bond ou le vol rectiligne . le Poulpe est arrêté par l'obstacle tactile et moteur de la plaque de verre . c'est ce changement de catégorie. ou à faible distance de la proie I'on peut parler. qui n'est pas toujours possible ou qui demande un apprenrirr"g. l'animal partant de l'extérieur. le détour n'est pas exactement un détour par rapport à un but. plutôt qu'en termes d'invention 'I a . les expériences sur les Singes sont devenues classiques. Cette observation présente un intérêt très grand pour l'étude théorique du détour comme invention . selon que le parcours implique des alternances de rapprochement et d'éloignement par rapport au but ou bien au contraire possède un caractère progressif et continu . ainsi que les observations sur les Poules. C'esr donc. malgré le rype de stimulation pouvant déclencher une conduite ne comporranr pas le détour mais. De ce point de vue. donc par une discontinuité dans la courbe des erreurs en fonction des temps. le détour apparaît aussi bièn comme modalité de la fuite ou de la défense que comme aspecr de la poursuite des proies. I'animal doit d'abord arriver à la catégorie de compomement dans laquelle le détour existe. Ainsi. peut-on. elle montre que l'intégration perceptive des données de plusieurs sens est un adjuvant important pouf la découverte des solutions . ainsi que des expériences de Bierens de Haan sur le même animal. quand le but est à I'extérieur de la spirale.) et le maintien prolongé d'une direction d'activité. la perception du but inhibe les actes qui détournent de ce but. Fischel a posé à des Tortues un problème de détour en leur donnant un morceau de Lombric derrière une paroi de celluloid . une plaque de verre. selon les expériences de Hobho. l'animal partant du centre. de classe de comportem. la stimulation ayant été visuelle. permettant au prédateur de s'approcher sans être vu ou éventé . la présence de l'Einsicht se manifeste par une augmentation brusque des succès. une image. Pompiles). la donnée tacdle est pourtant une indication qui pourrait amorcer la solution du problème de détour : le tentacule a effectué le détour qui permettrait la capture du Crabe. (par exemple pour s'asseoir sur une chaisei alors que la marche à reculons fait partie de la conduite de défense. pour I'animal. des femelles qui entraînent le prédateur loin de leur petit (caille. en le tirant.. même au sein de la une situation définie et fait réellement parrie du système d'action de I'animal.

qui vit dans les manguiers.) et I'usage d'un instrument bien détaché du milieu et rattaché à I'organisme comme une prothèse. par exemple dans les cas d'apprentissages de labyrinthes admettant plusieurs solutions. propriétaire de la recette. On comprend pourquoi I'organisation préalable d'un territoire avec explorations multiples et variées esr une des conditions de la résolution des problèmes de détour. etc. donnés une fois pour roures comme un caractère de l'espèce. l'attaque. Prométhée. ont observé cette construction des nids de feuilles. Hingston. Lansiaux et Roussy ont noté chez des Araignées I'utilisation d'une petite pierre comme poids tenseur de la toile quand I'ancrage de I'un des rayons inferieurs était rendu impossible par l'absence de support . z. la construction du nid. car c'est l'occasion du développement d'images compatibilisant les données des divers sens . puis les fixe bord à bord en utilisant comme navette une larve sécrétant un fiI. Le détour comme invention concrère a d'ailleurs sa réciproque sous la forme du raccourci. il s'agit d'une manæuvre habituelle à tous les individus de I'espèce. Ridley. La Fourmi rouge des tropiques. ce cas établit la continuité entre les simples organisations (aplanissement du sol. mais plutôt d'une confusion analogique ou d'une extension de I'instinct. avec Icare. ce qui permet un comPortement collectif avec division du travail (certaines ouvrières maintiennent les feuilles bord à bord pendant que d'autres manient les larves). Piéron estime qu'on ne peut en ce cas parler d'invention. un peu comme une carte routière est une réserve toujours prête d'itinéraires. quand elle peut se développer comme mode de compatibilité plurisensorielle. du genre Pofurhachis. malgré cela. avec une idée plus générale du progrès étroitement lié aux capacités inventives et à leur retentissement sur la société. ce comportement impliquant usage. l'image. comme une manifestation propre de I'intelligence humaine. qui apparaîr comme une amélioration des conduites. re uÉontroN TNSTRUMENTALE Le recrutement d'un objet appartenanr primitivemenr au milieu extérieur et son emploi comme instrumenr a été considéré longtemps. est une recette appartenant à I'espèce. au contraire. comme outil ou instrument.. particulièrement chez les philosophes et moralistes. et qui survient aussi comme invention brusque. rapproche plusieurs feuilles les unes des autres. Ammophih urnaria. Doflein. le contexte cognitif dans lequel peut apparaître la situation de détour est plus complexe que le fonctionnement des organes des sens comme récepteur . 14 . mais non d'invention individuelle. ce qui fait I'infirmité initiale par défaut d'équipemenr tour constitué assure aussi la supériorité finale.. Mais s'agit-il d'une invention individuelle ? Minkiewicz. les capacités humaines ne sonr pas limitées . en train de damer la surface du sol au-dessus de son nid avec un petit caillou tenu entre ses mandibules. a observé des Ammophiles polonaises en train de faire la même opération avec des écailles de fruits de bouleaux. bien qu'il y ait usage d'une médiation instrumentale semblable à celles qu'emploie I'activité artisanale humaine. d'innovation individuelle. tantôt sont plus rares et paraissent bien devoir être attribuées à une invention individuelle. ce qui implique une certaine plasticité et adaptabilité aux données du milieu dans la sélection de l'instrument . ce cas est comparable à celui des différentes utilisâtions d'instruments citées plus haut. les Peckham ont observé une Guêpe. six ou sept Fourmis les tirant. Là encore. Ces idées se rrouvent aussi chez les Sophistes et chez Lucrèce. t Pourtant. d'un être vivant. I'homme. en r93j. les détours possibles préexistent dans l'image. Bugnion. C'était donc un lieu commun réflexif important dans I'Antiquité classique . il doit façonner des outils et apprendre à s'en servir. tarière) ni le savoir opératoire inné pour les employer sans apprentissage préalable . la petite pierre transportée correspond à une réorganisation du milieu .146 IMAGINATIoN ET INVENTIoN L'TNvENTIoN r47 situation perceptive. On peut donc parler d'organisation. mais il apparaît dans des conditions oir l'instrument remplace comme fragment détaché des autres objets une occasion convenable que la situation aurait pu offrir d'ellemême . er ils sont d'auranr plus rapidemenr découverts que cette image est plus précise. ou chez Camponotus senex. dans des conditions qui tantôt indiquent une activité stéréorypée se retrouvant généralement chez les differents individus d'une même espèce. on pourrait le retrouver même dans la mythologie. Oecophylk smaragdina. En r9o5. * 1. l'usage des instruments se trouve chez les espèces animales. ne possède ni ces organes-outils (pince. creusement. Les Stoi'ciens onr fréquemment repris le développement du thème suivant : chaque espèce animale possède sous forme d'organes spécialisés son équipemenr propre pour la défense. sysrème actif de réception des données sensorielles. d'où le nom d'n Homo faben choisi pour désigner notre espèce. mais alors que l'équipement et le savoir-faire inné des animaux se trouvent limités. qui se retrouve chez d'autres espèces de Fourmis. est une réserve de solutions pour l'invention concrète. cette actiuité locale servanr de système récepteur aux signaux sensoriels ..

expéditive.) qui est recrutée au moment de la difficulté. I'objet recruté en premier lieu comme instrumenr étant un objet long (planche.ù. données^toutes faites à des linges' sont choisies en verru de leurs qualités perceptives pour servir d'éléments d'échafaudage. ainsi. s'il atteint le but. Bierhens de Haan a trouvé des Chardonnerets capables de résoudre ce problème du premier coup. c'est en . mais nous n'avons pu faire assez d'observations pour savoir si l'emploi de la chute libre pour faire descendre des fardeaux est courant chez les Fourmis .mmanihemenr des bâtons) . et les conduites indirectes comme celle qui consiste. Erhardt affirme que de tels actes de traction sont normalement utilisés dans les conditions naturelles de vie de plusieurs espèces d'Oiseaux (Mésanges. arrivent à emmancher ensuite les segmenrs pour résoudre le problème du fruit suspendu au-dessus de la cige . er non pour grimper.t des règi. alors que d'autres doivent apprendre la manæuvre . mais une image mentale complète formée grâce aux élémenti -oi. cas. en tout état de cause..r. . Mais s'agit-il bien d'une invention individuelle ou plutôt d'une conduite spécifique ? Il s'agit à coup sûr d'une conduite bien adaptée à la situation. dans ces conditions.. les Singes supérieurs qui manipulent spontanément le.meni une perception. avec ou sans obstacles (barreaux) rendant la saisie des rapports plus complexe. Goélands et Corbeatx brisent les coques dures en les laissant tomber sur des rochers.t ... La simple enquête perceptive au moment où le problème est posé conduit bien à des sélections d'objets comme médiateurs.'le sing.incliner . le recrutement dans le milieu d'un instrument. soit un échafaudage de caisses ou une échelle qu'on laisse à leur disposition dans la cage parmi d'aurres objets. car la longueur totale des déplacements et le temps de travail se trouvaient à peu près divisés par quinze par rapport à ce qu'auraient demandé des montées et descentes successives complètes. jeu de manipulatiàn) qui servent de système d'accueil à des données perceptives . tâton. grande . mais sans discernement adéquat de leurs propriétés opératoires complexes . aussi. cLst grâce à ces éléments moteurs qu'il se constitue une image mentale active pouvant servir de solution à un problème. il s'agissait ici d'une conduite parfaitement individuelle et à I'extérieur de la fourmilière.rvENTroN r49 les 'w.s de l'équilibre dans la superposition ou dans l'appui contre les parols (qui correspondraient. il place l'échelle verticalemenr conûe unè paroi ians l. la Fourmi a fait basculer dans le vide successivement les charges (il s'agissait de cadavres de Fourmis) et est descendue ensuite sur le sol pour achever le transport. comme aussi l'acte de coincer un fruit pour le manger dans des creux d'écorce d'arbre (chez les Sitelles). de haut. du rôie joué par la spontanéité des conduites conrenant à l.trrc impliqués dans la manipularion et l'exploration.origine des éléÉnts moteurs (n besoin . cette conduite peut être rapprochée de la découverte du raccourci.rné échelle. efficace et rapide. la Fourmi n'a cependant Pas récupéré un certain nombre de cadavres qui. Chardonnerets). c'est l'image de I'emmanchement (réalité perceptivo-motric. er que I'emploi de l'instrument à reconsrruire est découvert à ûavers I'image mentale déjà constituée au cours de cet apprentissage ouverr. particulièrement sous la forme de la ficelle ou du fil attaché à cet objet. Linvention instrumentale demande non pas séul. ce qui demanderait des conditions mécaniques d'équilibrË stable."î et une expérience préalable sous forme àe manipulàorrs .*"rr de ces objets comme point d'agpui instantané pour sauter. . *. bâton). Il y a.ip.au forçage dans l'. emmanchables qu'on met à leur disposirion. .. ce qui prouve que des conduites qu'on peut dire. ces animaux uti- Un aspect voisin de I'instrument pour atteindre un but éloigné est celui du problème de I'instrument servant à attirer un objet hors de portée directe.. pour un Oiseau. en un certain sens. . d'exploration. ces conduites indirectes abondent dans les modes opératoires des diffërentes espèces . nous avons observé chez la Fourmi rousse de nos contrées l'utilisation de la pesanteur pour transporter des charges .rction proprement dite d'un instrumenr demande une capacité d'intégration plus :1. i" . étaient tombés sur le bord d'une table au lieu d'aller jusqu'au sol .r1. avanr roure conduire finalisée. .r. Singes dans des situations où.rrr.. bien une grande caisse sur une petite qu'une petite . à élever dans les airs une coque et à la laisser tomber sur un rocher oir elle se brise . Les Bouvreuils agissent de même pour câsser les écailles des pommes de pin. déviés dans leur chute par le vent. des caisses or.I48 IMAGINATION ET INVENTION r'Il. Krihler a étudié I'emploi de médiations instrumenrales chez lisent soit des bâtons emmanchés les uns dans les -"r. après avoir décroché les quelques Fourmis mortes qui avaient été retenues au bord de la planche par des fibres de bois provenant du sciage brut."rr. mais .r.r. continuité entre le détour.'-. On voit ici toute l'import".5o m du sol. à r.. ne pouvanr atteindre directement un but (par exemple un fruit suspendu au-dessus de la cage). d*. par application de normes humaines { .o-p"àble à une e*ploration pour la structurarion du territoire. on pourrait dire q.r..orrt. quoiqu'elle ait conduit à un certain gaspillage de la charge . au lieu de Porter les charges une à une d'une planche en bois oir elles se trouvaient. la conduire que l'on observè met en æuvre surtour une sélection perceptive.

t n * I r- g ! ? & . mais. à des facteurs aléatoires qui surviennent dans I'exécution d'une tâche. r. puis orientant et inclinant le cadavre plat du Campagnol pour qu'il glisse le mieux possible dans la crevasse de dimension convenable. est ici un détour par le passé . il s'agit du recrutement sélectif de certaines données de l'expérience passée par la représentation actuelle du but concret à atteindre. coNDUITE DE oÉroun ET DE LA uÉprerroN INsTRUMENTALE Dans les deux cas. de la même axiomatique. comme en une algèbre implicite . parce qu'il y a homogénéité entre ces modes. a l $ "1. caractérisée par une discontinuité. ne sonr pas seulement collectives chez les Insectes. la découverte de solutions pratiques (de la praxi) est très analogue aux simplifications et structurations qui interviennent au cours d'un apprentissage . I'extrême complexité des conditions de I'acrion humaine fait que les inventions se signalent habituellemenr par une dispersion des modes opératoires. Voilà pourquoi la condition des inventions concrètes est I'exploration. la manipulation. I'argument le plus courant pour refuser à de telles réussites chez les animaux le nom d'invention consiste à dire que les conduites en question se trouvent communément dans une espèce.nolmÉ. impliquant des schèmes moreurs. par une conduite organisée et économique.rÉs d'organisation des tâches. un champ gradient important qui entre en interaction avec toute la population d'images mentales condensant l'expérience passée. Dans la vie humaine comme dans la vie animale. mais le fait qu'un comporrement se rencontre fréquemment dans une espèce ne prouve pas qu'il ne résulte pas d'une multitude d'inventions concordanres er parallèles . ils découvrent les liens et les coupent) . ont été établies. comme organisation. D'ailleurs. eu'une distance entre objets soit un Parcours effectivement accompli. il faut d'abord qu'il soit posé en termes cohérents. dans la situation problématique. le problème de la capacité d'invention chez les animaux coïncide ici avec celui de leur intelligence. L'invention.rvENTIoN r5r représentation du problème . à I'inverse de Fabre. Cette interaction entre le chamP de la finalité (gradient de but de l'action anticipée) et le champ de l'expérience permet paradoxalement à une situation simple. parce que c'est l'organisme qui la donne. Des observations et des expériences ont été faites. des relations de continuité entre l'organisme et l'objet qui constitue le but . mais intense à cause de la tension vers un but proche. en particulier celle de Fabre sur les Nécrophores essayant d'ensevelir une Taupe que I'expérimenrateur a attachée à une baguette l'empêchant de descendre (les Nécrophores finissent par venir voir ce qui se produit . 3. il ne s'agit effectivemenr pas d'invention.'. voit dans la réaction des Nécrophores une marque d'intelligence . et la coruuuNns DE re. faisant partie du même système. c'est ce que Piéron nomme une recerre spécifique . soit pour les neutraliser s'ils sont défavorables . I'organisation préalable du territoire oir se posera le problème et oùr seront trouvés les instruments de la solution . l'invenrion la plus simple est celle qui porte sur les modes opératoires. les rapports éprouvés des objets avec les capacités d'action effectuent la plus primitive des formalisations. alors que l'emploi d'une formule apprise d'une recerte . les modes opératoires avec leur contenu moteur constiruent par euxmêmes la plus élémentaire des axiomatiques qui n'a pas besoin d'être construite.des cadres plus conduit à I'uniformité. parfois fortuitement. il existe une nécessité permanente de faire face à la nouveauté partielle des situations par une activité d'organisation des modes opératoires .I'O IMAGINATION ET INVENTION t'Il. qu'une masse soit ce qui a été soulevé avec un effort défini. dans I'expérience passée. la proximité du but et I'intensité de la motivation créent une forte Pente. il s'opère une organisation parce que la sûucture la plus simple et la plus petite (un but à atteindre dans I'action actuelle) gouverne un ensemble plus vaste . cette expérience est commentée par Viaud qui. si le comporrement est stéréotypé. à travers I'activité s'effectuent des traductions en termes homogènes d'opération des dimensions et Propriétés des choses. pour qu'un problème puisse être résolu. plus I'image mentale de la situation et des objets est riche et précise. c'est-à-dire homogènes. de moduler une population d'images mentales portant le résultat d'explorations et de manipulations ayaint demandé une très longue et très complexe activité . si l'on tient compte pauvres et du sysrème d'action beaucoup plus limité de la plupart des espèces animales. Viaud ajoute des observations qu'il a faites dans la plaine d'Alsace sur des Nécrophores essayant d'enfouir un Campagnol dans des crevasses du sol. ingénieuses. soit pour les utiliser s'ils sont favorables. ou ce qui a résisté à tout effort de déplacement. explorant la forme de la crevasse. plus les chances de découverte d'une organisation adéquate sont élevées . C'est pourquoi il est raisonnable de considérer comme un crirère d'adaptation inventive la réponse. au cours des explorations et des manipulations. I'uniformité des modes opératoires ne prouve pas que le processus d'invention soir absent : le nombre de possibles est limité. Mais encore faut-il que tous les termes du problème aient auParavant été convertis en termes opératoires.

pour que l'invention ait les meilleures chances d'exisrer. serviteurs ou esclaves. on peut nommer gain le rapporr des mesures de ces durées entrant en relation d'interaction et se faisant équilibre sous forme de champ d'expérience et de champ de finalité dans la situation problématique. des images rrop accentuées ne permettenr pas I'invention. sans être pourtant complètement neutres. faiblement finalisée. coordonnables. on comprend dans ces conditions. ne laissent pas des images aisément utilisables. Si les processus d'acquisition étaient aussi fortement polarisés que les situations problématiques. Tant que chaque individu imagine. TENTION PORTANT SUR LES SIGNES ET LES SYMBOLES r. de la résistance des masses et de la direction des outils .nce passée . La plus modeste des inventions pratiques est aussi le résultat d'un acte d'amplification qui tire en quelques instants profit de longs apprentissages antérieurs. parce qu'elle ne sort pas de I'opérateur qui est le milieu de la formalisation et de I'exécution. pour que les images soient des instruments d'invention obéissant à la situation finalisée où elles s'organisent. c'est-àdire engendrant des images mobiles. obéissant aux lignes de force d'un champ de finalité. Ce n'est donc pas la seule association de souvenirs. Cette condition esr formellement la même que celle d'une amplification par interaction de champs. excès de la récompense ou de la punition). d. développée par la situation finalisante. à savoir ce recrurement amplifiant des images déjà constituées antérieuremenr par le champ de finalité immédiate du problème. Pour exécuter une tâche. prépare de manière optimale l'organisation inventive. manquerait de sa condition de base : un gain supérieur à I'unité. . au moyen d'ordres et d'un système univoque et cohérent de données directrices pour I'exécution des tâches. particulièrement dans le cas de I'Homme.rr. les images qui expriment le désir de voler n'ont guère contribué à I'invention de l'avion. dès I'Antiquité. pourquoi les situations violemment stimulantes (émotion intense. si une image actuelle. I-a FORMALTSATTON Ir{ÉTROTOCIQUE OBJECTIVE: DES TECHNIQUES AI''X SCIENCES Comment a pu s'effectuer. la transmission des ordres ne Peut rester un assujettissement pas-à-pas . manipulation libre) oir I'activité est faiblement motivée.r'2 IMAGINATION ET INVENTION r'TNvENTIoN rt1 et plus complexe. Lorsque. l'état neutre. alors que l'acquisition désintéressée. ou évocation d'images mentales qui permet l'invention organisatrice . invente et exécute. er de courres durées (situations problématiques) à fort gradient de but .i {i .t . mais seulement I'itération. du désir ou de la crainte. I'invention organisatrice ne serait pas possible. car elles n'oÊ friraient plus alors aucune prise au champ modulant développé par la situation finalisante . le conducteur restant à côté des auxi- *i 't' I T . I'image fortement polarisée du schème ou du projet. le passage des situations concrètes à une formulation symbolique permettant de résoudre non seulement I'infinie diversité des problèmes pratiques en chaque situation. L'emploi d'animaux domestiques pour effectuer une tâche demande déjà à celui qui les dirige une représentation plus théorique de I'activité des opérateurs. la persévération . la pensée pratique peut rester implicite.l. au contraire. mais seulement un contenu de phantasmes. J I I * i . porrùI. par I'intermédiaire de la formalisation partiellement théorique et abstraite que demande I'emploi des auxiliaires vivants dont il âut organiser I'action en vue d'une fin.*péri. pour rendre cohérents les efforts finalisés d'une équipe. l'effort de symbolisation n'est pas contraint de se déployer en un système indépendant de signes. toutefois. cet état de faible polarisation correspond au résultat du processus de saturarion décrit plus haur. peu finalisés. mais à plus faible gradient. pour que l'amplificarion exisre. il faut qu'elles soient dans un état voisin de la neutralité tout en restant faiblement chargées .. ne peur être matière de véritable invention pratique porranr sur le réel. mobiles. assez fortement polarisée pour faire équilibre à I'image actueilè et la neutrafiser.I}. . c'esr-à-dire faiblement polarisée. porteuse d'expérience. pour bon nombre de problèmes de mécanique ou d'hydrostatique) ? On peut supposer que ce passage des cas particuliers concrets aux cas généraux et théoriques s'est effectué.ài. parce que sa condition. le rapporr est de tl4 ce qui veut dire qu'il n'y a pas d'amplification . I'homme fait appel à d'autres hommes. pour synchroniser les activités et harmoniser les exécutions fragmentaires. une conception communicable et Par conséquent exprimable . dans une situation problématique ultérieure. grâce à un couplage aussi irréversible qu'il se peut entre I'actuel et le passé . B. détachables. aussi près q.l j i I t i ii I liaires animaux. de I'application des forces. il faut donc une alternance de longues durées (exploration. er qui se produit après I'expérience de I'objet .r. L. à partir de I'action. il faut que les images condensanil'. fait surgir une seule image du passé. mais aussi des problèmes généraux et théoriques par rapport auxquels les difficultés réelles apparaissent comme des cas particuliers (comme ce fut le cas. du projet et de la réalisation.

on senr leur influence dans la stéréométrie des Anciens et dans les formulations oir il s'agit. la recette doit se convertir en modalité logique. L'architecture (construction par une équipe ayant un chef). Ainsi. la métroiogie n'est pas encore la science comme symbolisme universel des opérations de conversion. La règle et le compas sont des instruments d'exécution. à l'un des bouts. c'est seulement après réussite de la transmission complète des règles du jeu d'échecs à une machine automatique que I'on a pu considérer ce système comme complètement formulé.également chargéés . sont des techniques qui ont tôt développé des positions abstraites de problèmes . à un stade ultérieur de la recherche. cette difficulté est si grande qu'elle àonduit souvent à des formalisations n théoriques . la prise de conscience de la valeur logique des inventions et de la possibilité de représenter clairement les modes opératoires dans un i"ttg"g. n'avait pas été insérée dans le système donné comme ordre au joueur automatique . de la conservation de l'énergie ou de la matière malgré les changements de signe ou d'état physique.n. il a fallu réinventer logiquement de manière explicite les activités pratiquées par I'homme selon des règles mi-implicites. ordre donné et structure de I'exécution se ûouvent être des formalisations de la tâche selon les exigences de la transmission d'information de celui qui sait et veut à celui qui exécute et obéit. de mener une ligne ayant telles propriétés . avec le mouvent. et préparant l'existence d'un monde indépendant de réalités inventées..t T'4 IMAGINATION ET INVENTION L'Il. le schème du funiculaire. de construire à partir d'un élément donné. Un aspect particulier de la formalisation des tâches aux fins de transmission des ordres s'est manifesté avec I'apparition des machines automatiques complexes capables de recevoir tous les ordres avant le début de I'opération. le géomètre est pour lui-même.fois. mi-explicites .rvENTIoN rii donc formalisable de I'ensemble du projet esr nécessaire. en une seule personne. de ûacer. qui ne se neutralisent pas d'une voiture à l'autre. à ung voiture montante et à I'autre bout à une voiture descendante. donc formulation de la tâche de manière univoque à rravers un système d'ordres. les funiculaires oir le câble est fixé. mais elle lui prépare des instruments et lui ouvre un domaine fonctionnel. Le recours à une médiation instrumentale sous forme d'un autre être vivant ou d'une machine provoque. mais mertait deux ou plusieurs pions I'uniur l'autre dans la même case : cetre règle. ce qui esr une réinvention des modès opératoires achevant de les rendre indépendants du sujer. il reste seulement. universel coihcide bien. réalisent une invention par maintien d'une quantité constante d'énergie potentielle du système pour des voitures supposées. une des premières machines à jouer aux échecs obéissait à toutes les règles codifiées du jeu d'échecs. en termes opératoires. l'universalisation métrologique permet de mesurer des grandeurs et de découvrir des constances par conversion d'une forme concrète en une autre' ce qui est une Source à'in rention. exprimable en nombres et figures. Le recours à la représentation abstraite commence avec l'usage des animaux domestiques et prend sa pleine extension avec I'esclavage ou avec des formes du travail impliquant subordination. qu'il s'agisse de matière ou d'énergie. plus la compatibilité peut s'efFectuer par mise en rapport de réalités percePtivement hétérogènes. et à des représentations qui ne sont que pédagogiques. celui qui donne I'ordre et celui qui cherche à I'exécuter avec sa propre règle et son propre compas. la forme de I'ordre donné est resrée dans le style de la géométrie pendant des siècles. Ordre et organisation. la traduction en termes uniformément explicites des tâches et des problèmes. c'est-à-dire simplifiées. La recherche de modes d'expression précis et iniégraux des techniques a conduit à l'universalisation (à des hns d'homogénéité et d'univocité) des unités de mesure et du système interne qui lés rattache les unes aux autres (système métrique décimal) .t progrès au siècle des Lumières (voir en particulier l'Enryclopédie de Diderot ei d'Alembeft comme exemple d'une expression explicite des modalités opératoires des métiers). faisant partie du savoir implicite et pratique. pour la machine' à vaincre les frottements et à assurer les accélérations et décélérations des départs et arrêts. la consrruction des navires. oùr la compatibilité est directement . Les formula- l: t dons abstraites des problèmes de géométrie en analyse se sont universalisées à l'époque oir l'on a cherché à construire des machines capables de ffacer toutes les courbes. par exemple. Tout. En particulier. traduit d'abord un idéal métrologique étendu à I'ensemble de l'univers. Ainsi. Un grand nombre d'inventions apparaissent comme une organisation des conditions de la constance. même si. dans nos civilisations. probablemenr parce qu'elle a incorporé à son contenu un ensemble d'énoncés qui jouaient un rôle dans la transmission des ordres d'exécution rationnels.t. la navigation. Plus est parfait le développement du système symbolique de mesure. L'idée que rien ne se perd et rien ne se crée. Un aspect supplémentaire de la nécessité de formalisation des modes opératoirès impliquant leur réinvention explicite et préparant leur oÈjectivation est celui de l'enseignement à des enfants ou à des adultes non par I'apprentissage direct par pratique et manipulation mais sous formè d'e"prèssion claire . par le recrurement des effets supplémentaires imprévus qui apparaissent. sous formes de données et de règles .

d'un mode défini de retentissement ou d'une motivation. non-humain ou même non-vivant. elle aussi. d'une émotion. Le symbolisme métrologique. mais il contient malgré tout des schèmes d'inventions réelles du )ox siècle rentrant dans le cadre des applications du principe de la conservation de l'énergie. Ce premier niveau de formalisation. selon une logique implicite des commencements et des fins. peut donner naissance à celui des ffamways ou des trains électriques couplés par le circuit électrique d'alimentation . condition de possibilité des mesures employant comme instrument la balance (par I'intermédiaire des poids) ou plus directement les systèmes élastiques. selon une dichotomie qui se traduit par la séparation du loisir et de l'activité de travail. il faut non seulement le synchronisme mais le parallélisme et la proximité des voies. avec les structures complexes du faste et du néfaste selon les temps et les lieux. dans le rapport avec le monde. l'action. Très exactement d'ailleurs. prépare I'invention scientifique et développe une représentation du monde où le savoir et le pouvoir sont mutuellement convertibles l'un dans I'autre. On pourrait dire que ce mode de formalisation est objectif aussi indépendant que possible des réferences à un sujet . se distingue de I'opération . c'est-àdire ce qui. donc à la séparation mais aussi à la compatibilité des modes de travail et de loisir : le calendrier est religieux. ne serait plus nécessaire. donnant un niveau plus élevé d'expansion. c'esr-à-dire simplifié . ritualisant les moments-clefs de début et de fin des travaux et des jeux. ou du ralentissement de I'un avec le démarrage de l'aurre. se séparant du premier par une dichotomie nécessaire pour que I'homogénéité des modes opératoires soit conservée i tout ce qui n'est pas opératoire. tandis que la formalisation religieuse est le principe et le garant de cette dichotomie et du rythme d'alternance entre temps de loisir et temps de travail. 2. un troisième seuil pourrait être franchi par une seconde conversion en énergie chimique dans des batteries d'accumulareurs. que dans le cas des funiculaires. FoRMALTsATIoNs DE TypE suBJEcrrF (Nonu. En ce sens. il tend vers l'exécution des tâches par un opérateur impersonnel. Quant à la conservation des masses. elle a. des arrêts et des reprises. car la synchronisation de la montée de I'un des véhicules avec la descente de I'aurre. en continuité avec les procédés opératoires des techniques. permet de comprendre et d'inventer des compatibilités de plus en plus vasres . ce qui donne la même conservarion d'énergie mécanique. Ce cas cité des funiculaires et des machines de Gramme des tramways est seulement pédagogique. à I'activité d'invention. hors des situations homogènes et concrètes. est affectivo-émotif. elle a permis de formaliser la métrologie de base de la Chimie au remps de Lavoisier.rrrvrs ET ARTISTrquns) Mais un autre mode de formalisation est possible. avec les batteriestampon' il n'est besoin ni de synchronisme ni de proximité pour que la compatibilité soit conservée. utiles au point de départ comme moyen de communication pour donner des ordres ou opérer un dressage éducatif lorsque I'opérateur délègue à un tiers la fonction d'exécution tout en gardant la direction du travail. après avoir rationalisé l'étude technique des combustions pour l'éclairage puis des autres oxydations (respiration de I'Homme). individuelle et collective. avec les machines de Gramme. les changements de régime. même si les célébrations ponctuent les grandes phases de changement du travail au cours des saisons. c'est la formalisation artistique qui est le pendant de celle des modes opératoires du travail (le temps de l'art est celui du loisir). les machines de Gramme de l'un des véhicules fonctionnenr en réceptrices (donc comme moteurs) pendant que celles de I'autre fonctionnenr en génératrices (donc comme frein). par conversion en électricité. et étend de plus la compatibilité aux accélérations et décélérations synchronisées . soulignant les transitions. qui sont des normes et des ritualisations mais non des procédés. Nécessaire pour franchir la distance et I'hétérogénéité entre la conceprion et l'exécution. en s'érendanr. peut aussi se formaliser et s'exprimer selon des catégories subjectives autorisant la participation et l'action par communication d'un sentiment. Les arts et les modalités religieuses de la vie collective correspondent à la formalisation de l'action par opposition aux opérations. Ainsi.ry6 IMAGINATIoN ET INaTENTIoN r'TNVENTIoN rj7 percepdble sous forme de mouvement de montée et de descente. ses modes de compatibilité. T l Ê . les formalisations d'opérations. la formalisation symbolique tisse un monde abstrait de représentations d'objets et de formules de relations qui est la réserve universelle de détours et de médiations dans I'exercice de l'activité inventive. il faut encore le synchronisme mais la proximité n'esr plus nécessaire . avec le funiculaire. servant à la propitiation des débuts du travail par les prémices offertes. c'est une formalisation pour un opérateur quelconque qui offre un terrain au développement du savoir scientifique comme système universel des compatibilités. se détachent progressivement de cette fonction asymétrique de communication pour devenir une symbolique universelle et homogène qui sert de base aux opérations abstraites.

d. au lieu d'être une occasion de choix de sujets hauts en couleurs. anéantit. puis la couleur. et la barrière juridique coutumière (que celui qui est sans faute jette la première pierre). devenant parfois non-compréhensibles ou insignifiantes . et qui tendent vers une expression universelle. il a donné une cité des normes résolvant le problème de la compatibilité entre les empires. il èst en train de découvrir en ce moment la logique de sa . les moments. est un des développemenrs contemporains de la formalisation de l. à chaque nouvelle incorporatiorr. les paroles par rapport à l'ensemble du contenu sonore et par râpport à l'image rotrt dèrr. le film devenait une tribune de disde tirades. de baptême de promotion. Une déclaration de guerre ou la signature d'un traité sont des actions qui existenr comme manifestations formalisées. À chaque éloque.rri*ment admis le son. tantôt en exergue et tantôt accessoires. puis. ou ... ou les normes dei rapporrs entre riches et pauvres. c'est I'architecture qui a joué ce rOl. aux rites d'initiation ou d'exclusion.. d'argumentations .ttues compatibles . créateur de normes et d'une systématique complète des rapporrs enrre les individus et entre les groupes . la couleur aussi sera complètement comPatible avec les autres asPects composants quand elle sera. permet de les comparer et de les metffe en rapport même si elles se déploient dans des conditions hétérogènes et concrètement dissemblables selon les lieux. celle de I'enregistrement d'images sur une bande magnétique. au cours de h mème æuvre.rrives.rri nodon et de la technique de la bande sonore' le son a incorporé aussi des bruits. dans Ie domaine normatif aussi... panégyrie permanente et universelle des arts' parce qu'elle per- Ê ..action. ce qu'il aurait été à l'état isolé. elle produit aussi une représentation complète et universalisable. des cérémonies d'inauguration. er une grande part de la pensée politique théorique se déploienr en inventant à chaque étape un système de compatibilité ro.. et avec une technique autorisant cette compatibilité éiroite. iantôt remarquable et tantôt à peine visible.orrrroait de manière essentielle.éd. l'Homme er interdits religieux (le sabbat est âit pour non I'Homme pour le Sabbat). . c'est un mode de compatibilité entre des formes précédemment isolées. . en découvrant des " modes de compatibilité de leur emploi simultané.de . c'està-diie apporr du rôle des acteurs . les limites des ". ce qui esr vraiment I'invention d'une époque. s'est développé.r. la télévision. rrr.ibilité avec le mode nouveau de transmission et de production qrr'. dans le domaine du symboliime artistique. le Christianisme a offert des normes pour les rapports entre ceux qui avaient des droits er ceux qui n'avaienr pas de droits selon les cités anciennes . ù formalisation va dans le sens de I'extension' de la découverte d. ainsi. Les révolutions aussi. et I'enlourage empirique de chacun des sujets.I'8 IMAGINATION ET INVENTION L'INvENTIoN r59 Cette modalité religieuse de formalisarion. avec l'élargissement de la "o. les nations. le son a d'abord été parole au cinéma. et s'exprimant par une symbolique de I'action pouvanr être enseignée et propagee. l'invention donne des modes d'expression et de communication nécessaires à la participation collective et opère une découverte de compatibilité avec I'ensemble des idéaux du groupe. il doublait I'image t"tt t. hommes du même pays et étrangers. fondre avec elle . communicables. réaction de puristes. En toutes ces occasions. et les parol. L'invention. Les formalisations axiologiques s'adressenr aux points-clefs et mo-.s.orrt mises au même niveau que les bruits et sons. forQuant à I'invention artistique.rrr. chaque nouvelle extension du domaine de l'action humaine se marque par une invention qui autorise une systématique de compatibilité englobant ce domaine (droit international.i. à ce qui institue. er dépassant. att.". ainsi.nt. Ln..r. a proclamé le vrai cinéma détruit . principalemenr sous forme d'un système ".i . dans la mesure oir elle opère la mafiùtion du loisir. c'est qu'un nouvel élément n'est plus.t.nt une symbolique de I'action en produisanr un univers exprimable de normes. à tour ce qui opère une action comme origine absolue ou fin d'une existence. on Peut voir que cet art' considéré à I'origine comme une formalisation de la vision du mouvement.nts-clefs de I'action. dans nos sociétés. Au XVII' siècle. Si I'on prend seule-ént la cinématographie. les inventions successives de formes symboliques recrutent par élargissement des effets et des modes d'apparition de la réalité qui n'avaiettt p"t primitivement droit de cité en domaine artistique . avec I'ensemble d'un univers juridique. les inventions normatives opèrent une découverte de compatibiiité pour des modes d'existence qui n'avaient pas de sens ni àe point d'insertion dans les srrucrures normatives pié.r de la cité. sous cefte nouvelle foime. puis droit spatial). au nom de I'homogénéité. comme moyen d^'expression unique . correspond au rFhme des fttes et des commémorations.r. après incorporation. La clef de ces extension. ayant la logique proPre de chacun des genres et de chacune des formes d'art . encore récente. évidemment.h"q. .o*p"tibilité entre des données à I'origine hétérogènes. Cette symbolique établit un système de conversion des àctions les unes dans les autres. cet art' pourtant. et répondent à des problèmes .o*p". Elles donn. . en alternance avec ces composants. les individus. tend vers I'universel. le droit.rr d'axiomes de décision entraînant une représentation universelle du monde et des hommes. et en cela.

primordiale.. absorbant à la mesure de ses moyens les arts plastiques. c'est trouver un système des unités fondamentales assez ii-ple. les morales de chacune des classes ou des castes.rthétiq. hecto.. comme était naguère I'imprimerie s'adjoignanr la lithographie et les gravures à grand tirage. dans I'intervalle d'indifference qui restaiiau-dessous du seuil des morales précédentes . . comparables à la musique. Quand les Anciens onr découvert que les "u es. de l'art du jardinier et du fontainier.. LEs pRocnssus D'AMPLIrICATIoN DANS I-A' FoRMALISATIoN mettait I'intégration de la sculpture. les volumes. Les relations les plus complexes entre grandeurs à mesurer trouvent ainsi une possibilité de réduction et de commutation .uliers.res étaient des hommes et non des biens ou des outils qui parlent. elle ne contredit pas L" .r.t porrède une normativité intrinsèque comme rôle (jouer jusqu bo. Plus anciennement.o-pl..rt l* plus petit. bie. à la sculpture. tantôt la recherche juridique qui offrit aux ( valeurs o un groupement compatible en constituant un système complet d'après le problème dominant de l'époque qui devenair comme une vasre demeure pour tous les aurres problèmes . assez près du sujet pour qu'il soit antérieur à tout cas complexe soumis à la décision normative . ils ont donné une structure normative à la relation du maître aux esclaves en la modulant au moyen du modèle de la relation plus simple et plus primordiale entfe le père et ses enfants (justice.WENTIoN t'Il. L'Italie de la Renaissance avait montré la voie en ce domaine.r.. par exemple. et module des réalités plus vastes. Pour cette raison.r. l'architecture religieuse avait aussi constitué le milieu et le système symbolique universel intégrant sculpture. ils sont plutôt des systèmes symboliq. le dessin (illustrations. Le cinéma. plus puissantes.160 IMAGINATIoN ET II. où se manifeste à chaque époqui un arr dominant servant de système de référence et de conrenant âux autres. au théâtre.l".".'. qui peut être aussi bien rôle de soldat que d'empereur. ce serait une erreur de vouloir les traiter comme des arts à part.tt. la peinture. "rts dans la mesure où cinéma et télévision sont comme I'architecture âu XWI' siècle et le livre au XIX' siècle. et donc capable de moduler ces activités : celle du rôle.rlr.. Dans la morale chrétienne. par sa normativité plus fine. peinture.r d. le pouvoir de modeler l'infinie diversité des relations à'. La source de compatibilité dans les inventions de formalisation est aussi un processus d'amplification. plus simple que celle de toute activité déjà codifiée.rpport permet un élargissemenr de la compatibilité entre les pa. de la peinture. tantôt la théorie politique.ri s'amplifie en gouvefnant les relations avec autrui selon la morale de la chariié. .r.t* ht). musique et chant. les symboliques de I'acrion et les symboliques artistiques sont affectées de relativité historique .une absolue universalité : chaque système s'insère dans une chaîne d'inventions.tète le modèle de la fraternité comme base de toutes les relations humaines donnent à une situation très simple et très dépouillée. Dans le domaine axiologique.Àple l'ordre décimal avec les préfixes déca. la règle de réciautres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous prociie (ne faites ["t ".rt celle d'une dominance organisante plutôt que d. kilo.). inventer une morale. une morale plus récemment inventée s'installe. jouer). Pure et simple. leur capacité ry. moins chargée de formalisation sociale que la relation du pèie aut enfants. elles deviennent commensurables.orpore à son rour les autres aspecrs de la normativité en les situant par rapport à ses catégories. il en va de même . s'efforçant de faire voir et enrendre. de la persona.. n'avaient pas de point commun' n'étaient pas compatibles entre elles . .): . dans des ensembles synthétiques organisés comme les palais ou les hôtels particuliers.orr. d'une structure simple qui est la base du système (unités fondamentales) et leur mode de combinaison (par e*. puis la télévision. ce fut la littérature qui offrit un domaine ouvert aux modalités particulières.ti. avec le stoicisme. grâce au développement de la diffusion du texte imprimé. et de façon pl.o-p"ribilité reposant sur une invention technique en voie de développemenr. . au système juridique du temps de la Révolution de ry89 a fait suite un système économiio-social q. it l" gouverne. De cètte manière.rt. les densités.. ce fut tantôt la pensée religieuse. qui "rr.rvENTIoN t6l 3. Les formalisations s'accompagnent toujours de dominances . Cette démarche esr comparable à celle que nous voyons à l'æuvre dans les arts. dans les cités anciennes. de recrutement' Paf lequel une structure petite et simple go.ti in. une maison des arts er non un arr cherchant à se fermer sur lui-même sous la poussée d'un groupe professionnel inhibant I'ouverrure de I'invention permanente. chaque progrès de I'invention technique servanr J. . gravures) et faisant du livre le milieu àe la compatibilité des arts. la fraternité est la situation-étalon. . dans le domaine normatif. ont pris le relais du livre et du journal comme véhicule des arts . et la plus simple..t. consiste à installer comme source de normativité une image fondamentale. la compatibilite esi réalisée par la découverte' en ayant des réalités complexes Lo--. Dans la formalisation métrologique. plus . de l'ébénisterie.. qui sert de paradigrye à la plus gr"nde. l'invention d'une morale de compatibilité. Protection. À la fin iu xvIII'et surrout au XIX siècle.. réalité.

. . résolvant le problème lvant que la normativité ancienne enrre en jeu. jusqu'à l'état sursaturé qui suit la rencontre de I'objet. L'organisation se produit quand le simple dirige un flux de réalités complexes . g. I'organisation est possible parce qu'elle s'opère pendant l'état de latence des réalités soumises à ltorganisation. à.s ph"ses.. parce qu'elle ne retient pas même l'être concret avec toute son affectivité. Mutatis mutan- ces morales mais évite d'avoir recours à elles. de la manipulation libre. Sans vouloir nier la possibilité théorique ou l'existence actuelle de cultures dans certaines espèces animales. des molécules en état métastable sont. de n I'expérience Pour voir > . plus simple. pour pouvoir jeter la pierre à la femme adultère.o-p"r"-ble à celui que les Processus d'assimilation procurent à I'organis-.l .ti l. produit po. tandis que les donrrees d. dans de la charité sur I'intervalle d'indiftrence qui sépare ia lapidation en elle-même du jet de la première pierre pat l" phr"se n que Ëelui qui est ' sans faute jette la première pierre o. et servanr de paradig-. ce qui .T62 IMAGINATIoN ET INVENTIoN L'INvENTIoN r6J d. pouvant être mise en commun' constituant le support d'une relation de participation cumulative. la réalité endogène faible et minime gouverne et distribu e la réalité exogène.INVNNTION COMME PRODUCTION D'UN OBJET CREÉ OU D'UNE CEUVRE Le processus d'invention se formalise le plus parfaitement quand il produii un objet détachable ou une æuvre indépendante du sujet. autour de chaque centfe fourni par la réference PercePtive et motrice à l'objet s'est construit un système plurivoque de-propriétés des choses et de modes d'accès de l.is. il crèe dans I'exam.r. et ceci est possible parce que les réalités complexes peuvent être provisoirement . or.r synthèses mentales un contenu disponible . la première pierre ne fut jamais jetée.expérience accumulée. les images résultant de I'expérience et I'exprimant possèdent un. mais intérieurement' intrinsèquement' riches en possibilités de transformation. presque neutres' ce qui les rend faciles à distribuèr au moyen de forces de faible niveau.inter_ valle entre le jugement de soi et la décision d.l champ_ d-. l'invention d'une. l'invention. C. parce que la nouvelle norme s'installait en deçà de la loi. à I'intérieur de I'Imago complexe. exré. . Telle est I'Imago avec son caracrère dè plurivocité . apporte avec elle une réserve considérable d'expérience accumulée . Pour que I'interaction organisatrice puisse s'exercer. terre habitée entière) .. homogénéité relative er une fluidité qui les rendent -otil. intérieurement. L'acte d'inveniion n'esr pas essentiellement diftrent des modes de croissance avec organisation qui canctérisent les organismes : au cours de la croiss"r. cité. qui peut être suscitée Par un champ faible. dans l'épisode de la femme adultère qui allait être lapidée. ordr.organisme.ieurement plus près de l'état neutre que ne l'étaient I'iniliative motrice spontanée ou la rencontre percePtive. constituant autant d'inventions.rt à augmenter la sensibilité et en même temps I'universalite de h formalisation. extérieurement presque neutres. ce qui leur permet de se manifester extérieurement comme faiblement polarisées. la situation de réciprocité entre le jugement de soi et le jugement d'autrui .agir conrre auûui. en voie de croissance .rriË.rr. de plus en plus puremenr inchoatif... donne une réserve de contenus en état de latence. et ainsi. Les diftrentes formalisations apporrenr la compatibilité sous forme d'interaction enrre les diftrenm oodr. entre I'homme intérieur et le geste.n ét"t de latence.n. l'expérience condensée cônstitue un système potentialisé comparable aux grosses molécules de la chimie organique .rùvelle formalisation revienr à découvrir un modèle plus petit.r. il fauàrait se la jeter aussi à soi-même . .lagenèse des images. noter que la principale limite de ces cultures réside . saturadon progressive au cours d. la perception conservenr une hétérogénéité relative et adhèrent aux objets. on p. le Christ fait porter ia mor"le leurs rapports externes."rrd. grâce à la structure interne d'ampliâcation. mais seulement la volonté bonne et le respect de la raison en soi-même et en autrui. transmissible. prarique ou symbolique (formalisation) est le résulrar d'une interaction enrre un champ de finalité er un ". mais. Ainsi. qui devient disponible quand elles sont distribuées dans I'organisme constitué .. ce qui revient à considérer la personne humaine comme une fin er non comme un moyen.r..t d.rrr. L.r* une valeur a"Ëlogique exemplaire à un acte.. Kant a proposé . plus considérables .ror-"tivité encore plus universelle. sous certe forme. de grandùr d'une réalité qui s'échelonne (famille. il faut que les matériaux organisés soient homogènes et sensibles aux champs qui les répartissent en modulant leur flux .. I'Imago. et de libérer leur contenu lorsqu'elles ont été mises en place. elles recèlent une énergie potentielle élevée.orrrii. tels-sont aussi les résultats de I'exploration. la formalisation dànne ainsi ". La genèse des images. dans l.irr. ce sont àinsi des structures de plus en plus simples qui servent de base à la formalisation normative. plus rapproché du sujet. structure recrure et répanit pour un résultat amplifiant des ressources fournies par le milieu .

chose pouvant exister et avoir un sens de manière indépendante de I'activité du vivant qui I'a faite. càmme le moreur. Le caractère d'universalité et d'intemporalité de l'objet créé est susceptible de se manifester à des degrés pl. nid ou d un territoire s'efface avec le couple ou le groupe qui l'a constitué .. or. mais il est particulièrement net. etc. Les variaiions sur la couche externe sont à la fois infinies en nombre et assez limitées . on tfouve diftrentes couàh. tous les coloris. comme dans le domaine du vêtement . c'est dans les formes les plus élémentaires que la conservation de I'objet constitué ou sécrété par les générations précédenres esr la plus . le dissimulent. . fréquente en Italie. Un grand nombre d'objets techniques sont irabillés . toutefois. la nécessité de ménager une relative liberté de mouvements. er la production dbbjets. même si l'individualité de l'objet créé n'est pas conservée au cours des inventions successives.. selon I'expression de Thucydid. est inadéquate et inesseniielle. qu'il a été produit selon un code contenu dans une culture qui peÀet dË I'utiliser loin du lieu et du temps de sa création.. l'objet créé est précisément un élément du réel organisé comme détachable p". d'une parr.. L.1". 164 IMAGINATIoN ET INVENTIoN L'INvENTIoN r6t organisatrice qui manque aux sociétés animales que le pouvoir de création d'objets.. puis les moteurs à cylindres en V. de manière nefte et décisive. ces effets de causalité cumulative ne réapparaissenr guère ensuire.) .r. cependant. est aussi celle des organes partiellement visibles et descriptibles. for-. Il n'y a pas de progrès assuré ranr que la culture. restent indépendanres l'une de I'autre . parce qu'elle attire l'attention sur ce par quoi de tels objets sont des prothèses de l'organisme humain .". tout au moins. dans le domaine des techniques er dans celui des arrs. toutes les modificatio. mi-technique et miJangage.c cRfurIoN DEs oBJETS TEcHNTQUES La continuité du créé. r. En prenant comme exemple l'a.. Cette virtualité consisre en une possibilité permanenre de réincorporations à des æuvres ou à des créations ultérièures sous forme de schème ou d'élémenr. humus des forêts) . qu'avec I'espèce^humaine er sous forme d'objets créés ayant un sens pour une . parce qu'elles sont continues' sans saut nécessairement imposé par la nature des choses . la transmissio n. tout comme celles du vêtement se trouvent limitées par la forme du. et parfois lui imposent une distorsion. si I'on entend par création la constitution â. une définition par I'utilité.. Le processus de création d'objets apparaît en divers domaines. il y eut l'époque des longs moreurs à grand nombre de cylindres en ligne. ces modifications sont limitées par la compatibilité avec I'emploi. et les solutions employées pour les circuits annexes (filtre d'huiË.. chaque objet et chaque æuvre ont à une époque donnée une aire de diffusion limitée. o.rr o. dans la mesure oùr tout ce qui s'adapte à l'être humain court le risque de devenir un moyen de manifestation et d'être recruté comme phanères supplémentaires. La création d'objets permet le progrès. qui est un tissu d'inventions prenant appui les unes sur les lJ.r. ce n'esr pas rant la capacité de spontanéité r.. génératrice d'électricité) . au moins pour nos civilisations. faute d'un objet constitué comme détachable des êtres vivants qui l'ont produit. Autrement dit.. âé. depuis peu le moteur incliné. car les cultures se modifienr avec les sociétes . comme le poète latin : < non omnis moriar rr.r. de la mesure de la cylindrée à la dénomination du rype ou de la série.t moins élevés. c'est précisément sous ce rapport que l'universalité et I'intemporalité sont le plus directement entia.rr. ce qui leur ajoute des significations locales et transitoires qui surchargent le contenu technique. i'"i. dans la pauvreté des moyens de transmission successive.. c'est comme invention d'une compatibilité entre l'automobile de tourisme et d'autres productions techniques (par exemple la carrosserie unique pour voitures commerciales et pour n breals . et de conserver une suffisante utilité .ultur.tt ôbj. la couche intermédiaire de réalité. d'autres en nflat-twinr.ffi. la. s'il y a création dans le domaine de la couche externe de manifestation.rtomàbile dite de n tourisme o (bien que ce mot n'ait plus grand sens par rapport à la majorité des usages actuels). correspondant au senriment intérieur du sujet créareur qui pense produire un n htéma es aei )'. plus récenres englobant les précédenres. j. selon les catégories des besoins.r. les engrenages. L'organisation d'un ". n'apparaît nettement que si l'on fait atrtraction de la destirr"tiott d'utilité des objets techniques . il existe dans I'objet créé une universalité et une éternité virtuelles. mais pourtanr interprétable par d'aurres êtres vivants qui le réutilisenr en prenant pour point de départ le résultat de I'effort terminal de leurs prédécesseurs.. part. corps. son taux de comPression.tt de manifestation. sont possibles. avec sa double dimension d'universalité spatiale et d'éternité temporelle. ne mourrai pas tout entier r. le nombre de paliers.r ?. sans parler de l'incorpor"iio.oées. qui affiche sa cylindrée.tr d. de type familial) ou entre I'automobile et û . Chose acquise pour touiours.r q"1 vont de l'objet de manifestation (à l'extérieur) à I'objet technique à peu près purement créé (dans les parties peu visibles ou inconnues de la majorité des utilisateurs. infinies.ace comme support organisé des générations suivantes (coraux.

rsion . par exemplè pour un tableau de bord d'automobile.off.s modalités générales unifiant les solutions et les alignant soir sur les techniques de pointe soit sur les réalisations dont l'uàge constant impose des normes communes à I'ensemble d'une populatioÀ. on trouve les alliages légers dans les appareils médicaux. comparable aux règLs d'une langu. par I'emploi visible d'alliages légers ou d'aluminium ayant un sens fonctionnel dans la construction aéronautique. au moment oùr la toile était remplacée par des surfaces métalliques . L'emploi d'un matériau manifestant I'actualité ne reflète d'ailleurs pas seulement. er esr déjà plus profonde que la simple manifestation exrerne . en raison du caractère n pilote u de I'aviation progressant à pas de géants. sur laquelle les couches externe er moyenne se développent en parasites.s moyennes des objets créés fait qu'il existe à chaque moment non pas seulement des collections parallèles des objets créés. la couche interne. Chaque objet créé participe ainsi à factivité contemporairre^de création selon d. selon une norme d'actualité. jadis rapporté à la carrosserie de l'exrérieur. le prestige d'une technique triomphante en laquelle le matériau a une utilité fonctionnelle. on vit sur l'auromobile de rourisme une proliftration d'automatismes mineurs et d'asservissements ùyant une utilité dans la marine et l'aviation. dans l'auromobile de r9zr. catégories d'usage. discontinue.. esr plus une sémantique qu'une esthétique . I'aluminium était un métal plus u technique o qr. relation sémantique avec I'univers des techniques en voie de progrès. au même momenr. plus réservée. cette essence est première et peut exister sâns manifestation ni expression. qui les fait appàraître comme le produit d'une époque er d'une civilisation. l'inesseitiel faisant apparaître I'objet inventé à l'état fondamental .l. Au contraire. aux objets un certain mode de communication entre I'homme et les choses. on quitte la couche de manifesrarion externe de la réalité technique pour passer à la couche intermédiaire de la communication avec I'utilisateur. Cette sémantique de I'actualité du créé se traduisait. dans un très grand nombre d'appareils ménagers. le langage de l'avion . oir I'usage d'appareils dont les caractéristiques I'on voit se généraliser "très au-dessous des possibilités actuelles de production. selon un cype défini de lignes er de volumes. dans les agrandisseurs photographiques. de difficulté extrême. de technicité productive et résistante..r. à ce moment. est à peu près nulle.-.. qui n'est pas non plus sans influence sur le vêtement (angles vifs ou formes arrondies et amples.rr l'objet inventé peut en certains cas causer une régression.lon i. à toute l'activité contemporaine.. répartis selon 1. cet emploi correspond aussi à la transposition en tous domaines d'une tendance qui s'est affirmée dans un secreur si général qu'il institue des d'autres catégories d'objets. . 1. autrË. L'utilité du choix de I'aluminium en petites quantités. .r. en explorant à chaque momenr les possibilités les plus récentes. Par là. I'objet créé est un réel institué par l'invention.. tendant à devenir une koinè. Cette communication . comme s'il fallait que l'homme ûouve en chaque objet une occasion d'explorer l'effet des plus récentes découvertes. comme le placard intégré aux murailles. par exemple l'habitation moderne.. le . en lui donnant les caractères d'un organisme. victorieuses d.t. poignées). à bagages de l'automobile. mais un monde des objets créés. Lamanifestation (couche externe) et I'expression (couche moyenne) ne pourraient exister si elles n'étaient portées par. ii*tody"-"misme d. l'organîation de la couche interne et Proprement technique fait de I'objet crééle produit d'une véritable invention qui le formalise concrè.ntion et I'objet créé . après la Seconde Guerre mondiale. de guerre.t. elle enregisrre et incorpore Toutefois. optiques sont il . corrch. dans la communication avec son conducreur..rrir. s'adressant partiellement au connaisseur. réalisent un décapag: q. fait Àaintenant partie de I'ensemble et reçoit un grand développement.i foi-. dans la couche interne et la couche moyenne. et oùr les instruments de bord sont nécessaires. au sein d'une technique définie.rvENTIoN 167 apprentissages durables et fait rayonner des normes perceptives :t op"ér"toir. et jusque dans I'ameublement (boutons de portes. où les masses à mouvoir dépassent la force d'un homme. dans la mesure oir il le peut.rl la maison à vastes surfaces vitrées a imposé à I'automobile ses grandes glaces presque planes. comparablgs à d1s baies. elle se manifeste simultanément dans un très grand nombre de catégories de la production. en son essence . invention est aussi plus n sauvage _> que la productiàn ultérieure à grande diffi. une création. Les situations de danger.roy".s circonstances sociales et psycho-sociales. par la recherche des conditions d'une compatibilité intrinsèque : il ne s'agit plus ici d'un acte de manifestation ni à'rrt. cette esthétique des objets créés.166 IMAGINATIoN ET INVENTIoN r'Il.. la réaction des couches exter. mais d'une adéquation directe et immédiate entre l'acte d'inv.. il ne s'agit encore que d'une organisation de compatibilité extrinsèque.. car I'ensemble est ainsi allégé de manière inûme . mais l'apparition de ce métal au pointclef qu'est le tableau de bord permer à I'auromobile de parler. la version primitive d'. avec une importance variable s. comme cela s'est produit récemment dans le domaine de la photographie. participant ainsi. . tendance vers les grandes ou les petites dimensions) .

la couche intermédiaire. que I'on pourrait nomstructurale et fonctionnelle.ï.hoËi.rr*ge donnant la première place à la couche la plus essentielle . au moment où il opère. ce sysrème met en æuvre un appareil IoÂp"t"ble à une chambre photographique professionnelle. l'appareil de reportage appartient à un journaliste qui prend des photographies à l'occasion d'une enquête ou d'un . .... après la prise de vue.r . Le système Polaroi'd Land.rrtout pour les vues en couleur qui tolèrent peu d'erreurs ..t.o.r. Ces deux dichotomies successives onr donné une tripaitition finale au rerme de laquelle on rrouve. sans mise au poini àe distance. réelle des objets .. les appareils à grande diffusion correspondent à une fonction de loisir... est de prendre une photographie . alors que I'appareil professionnel conservait le système de la plaque sensible sur support de verre ou en plan-fiIm. Itblet technique comme produit de l'invention se caractérise de manière essentielle par son caractère organique. La troisième dichotomie s'esr produite avec le lancement industriel du développemenr er du tirage qui ne permet plus le contrôle ni I'adaptation unitaire de chaque tirage aux écarrs du temps d'expositio. on peut ïoir q. la chambre photographique équipée de plan-fiIm. géographiques. aPPorte une comPadbilité temporelle et locale ent. s'opposant à mer aussi .r-. On peut norer que certe tripartition correspond à des fonctions nettement séparées de l'usage de la photographie par les diftrents opérateurs . photo-chimique et Ie phénomène d'optique h déàuverte d'unle prépaiation conservant longtemps sa sensibilité après la fabrication. la chambre photographique est dans les mains d'un homme dont la fonction essentielle. Particulièrement. enfin. et même plus perfectionnés des appareils de rePortage' il est possib]e de "rr.. er la prise de vue professionnelle . ainsi. de". dans l'exemple qui a été .r. correspondant à la prédominance de l'expression. un premier clivage s'est produit quand la grande majorité des amateurs a abandonné à des artisans le soin de développer er tirer les pellicules . l'invention a consisté à faire tra"lr"rr. mais il s'est spécialisé dans la fonction de reportage en se perfectionnant.loppement vue par vue. du materiau sensible entre la fabrication et le développement' ce qui permet d'insérer la prise de vue dans cet intervalle temporel.168 IMAGINATIoN ET INvENTIoN L'INVËNTIoN 169 mais qui possèdent en revanche quelques automarismes assez limités.t. avec une optique très élémentaire er un réglage automatique de I'ouverrure du diaphragme. L'ancien appareil d'amareur n'a pas disparu..hi-iq. qui prennenr une importance difftrente selon les usages et les milieux sociaux .r. I'appareil d'amareur est devenu un appareil à pellicules roulées. permeffant d'éviter de grosses erreurs sur les temps d'exposition. les chambres noires et les produits photo-chimiques tels que le bitume de Judée étaient connus I'invention de la photographie . la couche exrerne de manifeit"iiott i'exprime dans la grande diffirsion des appareils simplifiés mais automatiiés et fermés. . En s'éloignant du lieu et du momenr de I'invention.ord.t p. vailler directement et automatiquement la lumière sur une matière photo-sensible à I'intérieur d'une petite chambre noire formant une i-"g. mais de manière auxifiaire. et ouvrant sans apprentissage l'usage de la photographie à un large public ignorant tout de l'optique et de la photométrie. dont ils sont une manifestation' et à laquelle ils se ffouvent négativement adaptés par le fait que leurs automatismes n'ont pas d'é"tendue . ".. pourvus de tous les réglages optiques et photométriques.. enfin. les dàu" processus dont I'interaction constitue la photographie comme inveniion ..rffir"ri. le soubassemenr de la photographie comme invention ne doit pas être cherché seulement d"ns I'appareil de prises de vues. ."nt les spécialisations divergentes selon diftrentes couches. faciles à transporter et à expédier. . il" prise de vue a une valeur professionnelle. surface chimique photo-sensible .o-p"tibilité réside dans la mise en suspens de l'activité . le développement et le tirage quelques secondes ou dizaines de .^1. dans les emplois scientifiques. i" . la photàgraphie s'est d'abord développée chez les amateurs savanrs et les piofessiànnels. au lieu de continuer l'évolution divergente qui t .rssi ielui qui maintient le degré le plus élevé de compatibilité entre les processus oPtiques et les Processus_ chimiques : avec un appar.rt a. Et. or. pour la couche purement technique.t oy"g.i. po. au moins en ce qui concerne le grand fot-"t employé et le dispositif du soufflet' L'appaieil Polaroid Laid. à ce momenr. c'est à cette industrialisation que correspondent les appareils de prise de vue utilisant des chargeurs fermés. surtout par -Érr. les différents perfectionnements successifs ont appàrte les conditions d'une compatibilité plus parfaite entre le phénophysique. se concrétise dans les appareils de reportage. mais aussi développer et rirer les éléments sensibles ..r. sachant non seulement utiliser correcremenr un appareil de prises de vues. I'objet technique peut d'ailliurs subir un c_hy-aSe selon les différentes couches.*ant également sans altération I'effet de la lumière après exposition sous forme d'image latente jusqu'au développement .rr. l'. .p*.'"ppliquerà des conditions éloignées de celles d'un jour lumineux èt de sujets situés à plusieurs mètres de I'opérateur.rto-iorrélation la divergence de l'évolution adaptative qui spécialise le produit selon les catégorËs d'utilisateurs.il professiànnel utilisant des plaques ou du plan-fiIm. qui passer ". mais dans la compatibilité entre cette réduction de chambre noire qu'est un appareil ..

r.s aspects de l'activité des amareurs. et ne constituent pas seulement une organisation limitée et consciente de moyens en vue d'une fin parfaitement connue avant la réalisation.rl. Le caractère plurifonctionnel se complète par le fait que le foyer. la chaudière . mais. navires."g. I'invention d" diiporiti' pokroid Land est un fruit de I'industrialisation très poussée . lorsqu'on emploie des charbons fournissant beaucoup de gaz.car les propriétés de I'objet dépassent l'attente . tout le long de la chaudière. l'invention est réalisée à l'occasion d'un problème ..-. mais ce dispositif ne peur être appliqué. l'invention apporte une vague de condensations.. l'inversion du schéma des bouilleurs consiste en ce que ce n'est plus l'eau qui est dedans et les gaz chauds au dehors. le franchissemenr d'un échelon de progrès essentiel a le pouvoir de faire reconverger en unité de base les difftrentes branches d. ainsi que de sa fragilité.. avec rétro-action des photographies sur I'attitude des acteurs. car ils acheminent I'air chaud. lout l'échange thermique étant condensé à I'intérieur. loàomobiles).. une première photographie servant à améliorer le cadrage. mais les effets d'une invention dépassent la résolution du problème. mais il importe avant tout de noter pour la présente étude le fait que I'inventio.tr photo-Àimique. la compatibilité est d'ordre topologique .h. Il y a dans la véritable invention un saut. s'il s'agissait d'étudier en euxmêmes les faits d'évolution des objets techniques . De cette manière. A poste fixe. qui porte sur l'essentiel. . en passanr par le i.. et de la nécessitè d'un bâti réftactaire pour canaliser la flamme autour des bouilleurs.. De manière Presque paradoxale. situés atx deux extrémités de la chaudière. depuis I'usage pro- écarte l'aspect de manifestation fessionnel jusqu'à celui des loisirs. et d'indépendance opératoire complète par rapport à un univers industriel concentrarionnaire. o. il serait partiellement faux de dire que l'invention est faite pour atteindre un bui. selon un effet courant en matière technologique. l'enveloppe extérieure de la chaudière peut être calorifugée.. compatibilisés par le phénomène de I'image latente. et servent d'autre part à l'échange thermique . I'invention est occasion de découverte en Par cet "tp.t emplois analogues. en particulier la décentralisation extrême de I'activité d'exécution. non seulement les fonctioni anciennes sont conservées et mieux accomplies. telle est I'invention de llarc seguin qui a créé la chaudière tubulaire propre à la production d'énergie thermique à poste mobile (locomotives. et qui apporte un progrès majeur. à cause de sorgrand poiàs et de son encombrement. pour la photographie.. l'entourage réfractaire est supprimé. à un véhicule rerrestre. En d'aurres cas. mais aussi diminue la masse d'eau à échauffer. ce dispositif aurait naturellemenr pu être généralisé.. car on pourrait imaginer de faire pro- liferer les bouilleurs autour du corps de la chaudière . un pouvoir amplifiant qui dépasse la simple tr . rassemble en unité ces faisceaux divergents et couvre route l'étendue des emplois possibles. il n'y a rien d'autre que ces tubes entre le foyer et la boîte à fumée. cetre compatibilité appartient à la catégorie des états d'équilibre. autorisant la succession temporelle des phases par la mise en suspens d'une activité. Marc Seguin a rendu compatibles la chaudière simplement cylindrique et une multitude de bouilleurs en inversant le schéma des bouilleuis et en les mettant dans la chaudière' ce qui non seulement accroît la surface de chauffe. mais la concrétisation apporte en plus des propriétés nouvelles. qui se prolonge à I'intérieur des rubes. Naturellemenr. D'autres exemples pourraient être pris. Dans cette même mesure.rsant la chaudière parallèlement à son axe et I'eau autour des tubes. comme la mise en place des personnages avanr une prise de vue cinématographique. d'une part. grâce à la surabondance d'efficacité de l'objet créé quand il est réellement inventé.r"n. pour augmenter le rendement du rapporr foyerlchaudière. la surface de chauffe avait été accrue par I'adjonction de bouilleurs extérieurs au corps rylindrique de la chaudière . des fonctions complémentaires qui n'avaient Pas été recherchées. plus réduit. et qu'on pourrait nommer o fonctions surabondantes ). certe véritable invention. constituant la classe d'un véritable avènement de possibilités venant s'ajouter aux propriétés attendues de l'objet. la disposition des sujets et le réglagè optique de la photographie suivante. cette nouvelle vague d'inventiàn en-màtière de photographie augmente à ce point la compatibilité entre le processus physique et le processus chimique qu'elle rend possible la rétro-action à I'intérieur de la prise de vue.u1e technique primitivement unique.pot. ainsi.1.riq. réaliser un effet enrièrement prévisible d'avance . que des progrès mineurs d'adaptation sociale ou économique avaient superficiellement diftrenciées. il s'agit du proceisus physique de formation d'image réelle et du process. en particulier.rrt progrès majeur revenant sur un dispositif déjà inventé pour le perfectionner est un acte instituant une compatibilité entre des processus primitivement incompatibles . restirue ceri"ini d.rvENTloN r7l et l'aspect d'expression de la chambre photographique fondamentale. de concrétisations qui simplifient l'objet en chargeant chaque structure d'une pluralité de fonctions .r l. ces tubes deviennent ainsi plurifonctionnels. effectue ier.nt une part de la combusdon. mais les gaz dans àes tubes tia't. le foyer envoyant directement la flamme et les gaz chauds dans les tubes tr"rré.T7O IMAGINATION ET INVENTION L'Il.t matière . amplifiant.

lorsque ree de For. les contraintes de cet objet impliquent un long détour. est employée comme moyen de cohésion de l'édifice terminé . sans créadon d'un objet. qui crée la difficulté et pose le problème de l'équilibre. incorPorant aux organismes des propriétés qui étaient laissées aux effets aléatoires du milieu. augmenrant la résistance inrerne du tube et rendant le flux à peu prei independant de la tension instantanée d'anode .. intervenant d'une part comme maillon d'un transfert de forces de compression et d'autre part comme partie d'une surface de couverture .r. le fait que la paroi externe d'une chaudière tubulaire per. La véritable invention dépasse son but . si bien que non seulement l'ensemble est en équilibre. la voûte comme procédé de construction. Si I'on prend. amène propriétés -déparrement des conditions qui étaient celles de la position du un problème. dans la création d'objets par invention. dans la bande des fréquences musicales. sans nécessité de cheville ou ciment . une partie de voûte serait. en possédant des nouvelles en plus de celles qui résolvent le problème.r. non seulemeni dans les -à. en^accomplissant sa fonction d'écran électrostatique. de plus. . et qui deviennent datts des organismes plus complexes l'objet de fonctions régulières. sans élément plan pouvant fléchir. Pont du Gard. ce qui fournit un interiupteur à une infinité j. cette aptitude a été utilisée dans les locomobiles.rt"g. il n'a pas seulement rendu réglable le flux électronique. amplificateurs ou oscillateurs. Cet enjambement amplifiant dépassant les conditions du problème est nécessité. produiien plus un effet accélérateur du flux d'électrons.tp. comme on le voit dans le à'eile. Par conrre.. principalement vers le haut : cette surabondance fonctionnelle pefmet d'employer la voûte pour Porter une autre voirte au-dessus t. chaque pierre est partiellement toiture et muraille et même la clef de voûte reçoit et transmet les forces provenant des autres éléments . à la manière dont procède l'évolution vitale selon Lamarck. ce qui apporte un allègement et un gain de place.r. pour décrire les caractères principaux de I'invention comme formalisation. par les obstacles . le progrès est essentiel à l'invintion constituant un objet créé parce que I'objet. mais apporre en outre une possibilité de modulation par voie électronique I chaqu. I'introduction d'une troisième grille. on s'aperçoit du caractère plurifonctionnel des divers éléments. à l'occasion du à"s déjà évoqué. cette incorporadon à I'univers des choses productibles d'une surabondance d'être n'aurait pas lieu.. " introduit une grille de commande entre cathode eianode dans la valve primitive à effet thermoélecrronique. en déséquilibre .. la grille-écran. elles peuvenr aussi devenir primordiales.tposition de plusieurs étages. mais dans les fonctions modulatrices et détectrices. d'une surabondance fonctionnelle'. châssis.IvENTroN t7i finalité et la recherche limitée d'une adaptation. mais dès qu'apparaît un objet séparé. on peur prendre. une mesure plus large qui réalise une incorporation de réalité. l'intention initiale de résoudre un problème n'est qu-'une amorce. incluse avec I'alternateur dans la conduite forcée. prises eniemble. Si I'invention était seulement I'organisation d'un donné. invendon. comme les poutres. . tout près de I'anode. mais que.rt rempl". la pesanteur est intégrée à la voûte. "rr. intermédiaires enûe la fermeture totale et la pleine ouverrure : la triode à vide est devenue en quelques années la pièce cenrrale de l'amplificateur pour courants téléphoniques. I'objet technique industriel fait partie de la catégorie plus générale des objets artificiels qui représenrenr en divers do-aines les réussites d'une formalisation conduisant à la surabondance fonctionnelle. Les forces développées dans I'ensemble formalisé et plurifonctionnel qu'est la voûte dépassent son ordre de grandeur . comme suppresseur d'émission secondaire. le gain "ppott.état. si bien que la découverte l'emporre sur l'intention initiale . simplement utiles comme adjuvantes_. puis elle a manifesté ses très remarquables propriétés pour les fréquences correspondant aux ondes hertziennes.-piit pas seulement cette fonction de barrage à sens unique. au lieu de se borner à résoudre un problème. elle travaille dans l'édifice . la pesanteur. les déséquilibres comPensés apportent des fories qui rapprochent les unes des autres les diftrentes parties de l'édifice. roures les parties d'une voûte. r' Un exemple plus récent est fourni par la turbine Guimbal. par exemple. LJne nouvelle vague de propriétés du tube électronique s'esr manifestée avec l'inrroduction (à des fins d'isolement électrosiatique) d'une grille-écran enrre la grille de commande et l'anode.r7Z IMAGINATION ET INVENTION L'Ir. cette communication des forces fixe les uns contre les autres les éléments par le seul fait de leur taille en tronc de pyramide. la iésolution du problème par formalisation crée un objet artificiel possédant des propriétés qui dépassent le problème. une mise en mouvement. comme exemple de fonction seulement adjuvante. de prendre exclusivement des exemples dans les objets techniques du monde industriel . prise seule. Il n'est d'ailleurs pas du tout nécessaire.. car l'organisation se limiterait à la résolution du problème .. Les fonctions surabondantes peuvenr parfois être secondaires. en raison de sa grande rigidité et de sa forme géométrique parfaitement rectiligne que ne surcharge plus aucune adjo=nction dè bouilleur. se font mutuellement équilibre. .

o. bois. d'aurres effets de I'univers. dans les tubes électroniques.tr . non-dialecdque. car il n'existe généralemenr pas de solution parfaitemenr sur mesure à un problème particulier. de cette manièfe. cet effet d'amplification Paf recrutement d'effets nâturels dans l'invention technique a des conséquences pratiques et sociales parallèles aux conséquences théoriques. ensuire. le groupe des objets créés incorpore de plus en plus de réalité naturelle. se naturalisent. grâce à la plus-value amplifiante de chaque invention constituant un objet. Par ailleurs. L'invention créatrice d'objet est ainsi la dernière phase d'un processus dialectique qui passe parla perception . L'incorporation dans un ensemble qui esr non seulement logiquement mais aussi réellement et matériellement formalisé. Cet accroissement est comparable à une plus-ualue fonctionnelle due au travail des réalités naturelles incorporées à I'objet créé pour qu'il soit entièrement r. pour provoquer l'amplification d'un faible flux initial de photo-électrons. ces éléments élastiques. non-amplifiant (possibilité de fissures. devient ensuire une partie positive du fonctionnement d'ensemble.. pour être complètement organisé. ce qui a pour résultat le fait que les techniques. de dynode en dynode. Le mécanisme de la plus-value économique que Marx a décrit dans Le Capital exprime dans le monde du travail humain une des conséquences de la mise en æuvre des l" . plus elles tendent à faire Passer la nature dans le créé . pourrait faire croire que la technique capitalise une somme toujours plus grande de réalités naturelles. comme fait la perception. L'invention complète la perception non seulement pârce qu'elle réalise en objet ce que la perception saisit. le bâtimenr en béton précontraint dépasse celui qui aurait été possible en pierre. qui opérerait seulement. il possède alors des propriétés nouvelles qui lui permettent de résoudre. et amène une solution plus grande que le problème. doit être plus complexe et plus riche que ne le suppose le projet strict de résolution du problème . d'effets non recherchés par I'intention finalisée de résolution du problème par organisation conduit à un dépassement des conditions du problème en puissance et en universalité d'applications. comme un organisme.ttt. selon la voie la pl. lorsqu'on a voulu remplacer la construction en pierres par du béton. fait passer les effets naturels dans le monde des techniques. grâce à ce recfutement d'efFets. Le progrès. les inventions créatrices d'objets. compatible avec lui-même . l'invention tient compte de la nature comme supplément nécessaire à la simple finalité pratique et anthropocentrique. réalisant l'enjambement amplifiant caractéristique de I'objet inventé : le béton précontraint permet de réaliser non seulement ce que I'on aurait pu construire en pierres. le groupe des objets créés.i I e !) $r f. d'oir résulte la technique du béton non seulement armé mais précontrainr. d'abord limité par des palliatifs. qui choisit parmi les possibles offerts par la situation. on s'est heurté à des effets négatifs qui empêchaient le remplacement direct. opère un recrutement imPrévu dans le projet de résolution du problème. apportent à la découverte scientifique des données que I'observation perceptive ne Peut extraire du réel. cet effet a été positivement incorporé au fonctionnement d'ensemble dans la cellule dite photomultiplicateur. lJne vue superficielle. une orgânisation . L'objet créé. avec le gain de raccordements homogènes à l'ensemble de la construction. limité par I'emploi de la troisième grille (suppresseur) dans la structure penthode . Il incorpore. mauvaise résistance des blocs aux efforts de traction) . jeu de la dilatation. mais aussi des poutres et des porte-à-faux que seuls le bois ou le métal auraient permis de réaliser. Plus les techniques se font objet. et de ses intentions. appauvrissant l'univers de ces réalités . l'efFet entre dans le système de l'objet créé . Pour cefte raison. où l'effet d'émission secondaire est systématiquement provoqué en cascade. jouaient au mieux leur rôle s'ils restaient perpétuellement en traction. l'émission secondaire d'électrons par l'anode a d'abord été un inconvénient. ce supplément. de moins en moins artificiel en chacun de ses éléments . involontairemenr.I74 IMAGINATION ET II\WENTION t'INVENTIoN 175 que suscite une organisation limitée à une finalité directe et stricte .. mais aussi parce qu'elle ajoute des effets aux conditions primitives au lieu de sélectionner des effets pour une prise d'information. par surabondance d'être. progressivement. se produit devant le sujet i par la plus-value de I'invention. nécessaire pour que I'objet créé soit compatible avec lui-même. ainsi. et fer. n les pièces sont plus grandes que la maison u que I'on voulait construire. d'aurres problèmes. mais en fait. Un effer secondaire nocif dont il faut bien tenir compte dans la recherche de compatibilité exigée par la formalisation de I'objet créé (auto-corrélation structurale et fonctionnelle). la nature se recrée comme formalisation nécessitante et concrétisation à l'intérieur de l'univers des techniques. au sens majeur du terme. parce que. selon l'expression de Teilhard de Chardin. est la conséquence des actes d'invention . travaillant en traction. er avec le bénéfice de I'identité des coefficients de dilatation. ltévolution progressive des techniques. par la nécessité du progrès des techniques. il a fallu armer le béton en lui adjoignant des barres métalliques . il va au-delà des perfectionnements visés par I'inventeur. Ainsi. incorporant toujours plus d'effets ( sauvages ))' est de moins en moins arbitraire. la perception correspond à la phase en laquelle I'effet dépend du milieu.

le tracteur n'est plus seulement agricole (fait pour remorquer une charrue). Or. il est seulement visible de manière privilégiée dans ce domaine qui est un cas particulier touchant de près la société humaine. alors que les conceps d'usage et de finalité. et un porteur universel d'outils alimentés directement en énergie mécanique par le moteur. mais aussi dans leurs rapports avec la narure . La recherche complète des applications de cerre conception de l'objet technique créé par invention dépasserait une étude de psychologie < générale ). Aubier. pour I'essentiel. ces machines' et particulièrement les tracteurs. par I'intermédiaire des objets créés. étaient conçues à partir d'un emploi idéal en régions planes de monocultures sur de grandes surâces continues. et était recruté comme un effet naturel . la production efficace de machines agricoles s'est longtemps heurtée à un manque d'adaptation des machines aux fonctions réelles pour le travail . en ce domaine. car I'objet peut être une synthèse réelle. de la polyculture. Plus généralement. L'évolution dialectique amplifiante n'est pas non plus seulemenr humaine. un tracteur routier monté sur pneumatiques et pouvant rouler vite. en France. de l'élevage. mais non de créer I'objet comme matérialisation d'une image. avec des phénomènes complexes comme ceux qui se produisent lorsqu'une population esr mise en présence d'objets manifestant un développemenr plus avancé que le sien (outils de métal importés dans un pays qui emploie des outils de pierre) dans les ouvrages intitulés L'Homme et la Matière et Milieux et Techniques. sociale et politique . ce qui crée la compatibilité étroite de l'effet de remorquage et de I'effet de source d'énergie: l'invention du mode intrinsèque de compatibilité entre ces deux effets a rendu possible la compatibilité extrinsèque par adaptation du ffacteur multifonctionnel à une gamme continue d'usages entre I'emploi comme tracteur et l'emploi comme moteur. ainsi. puisqu'elle implique I'adapta- tion de l'objet à un système d'usages virtuels qui ne correspondent pas du tout à un concept univoque. Une étude analogue pourrait être faite sur le marché de I'automobile en France . A ce point de vue. pour les régions de polyculture et de petite ou moyenne propriété. r9t8). qui ne sont pas seulement économiques mais culturelles (vok Du Mod. Leroi-Gourhan a étudié les phénomènes de diffusion. c'esr le rapporr de l'homme à la nature qui est soumis à un processus d'évolution dialectique amplifiante dont le fondement actif est dans l'invention. et sa diffirsion a été rapide. exprimant efficacement le rycle de I'image. au sens que prend ce terme en psychologie. cela signifie que le travail des opérateurs ouvriers était incorporé dans le schème des inventions. mais il devient à la fois un générateur de force motrice à poste fixe. elle caractérise tout le domaine des objets créés par invention. er avec I'exigence des conditions d'accueil.176 IMAGINATIoN ET INVENTIoN L INVENTION t77 inventions techniques ayant permis la révolution industrielle . mais à un défaut de connaissance des compatibilités extrinsèques nécessaires. nos sociétés voienr se poser le problème du rapport d'information récurrenre entre le producteur er le consommateur. car non seulement les conséquences mais aussi les conditions de la genèse d'une invention impliquent des contenus collectifs et des aspects historiques. de rransposition des techniques dans le cadre de I'ethnologie. Ie perfectionnement d'un objet technique dans le sens de la concrétisation et de l'élévation du niveau de la compatibilité interne produit une adaptabilité externe que l'on désigne en Amérique par I'adjectif <uersatile) et que I'on peut comparer à la flexibilité. non seulement dans leur rapporr avec la société humaine. l'échec de certains modèles (Frégate de Renault) ne tient pas à des défauts techniques. la mise au point des caractéristiques d'un modèle par le consrrucreur esr une étude de compatibilité non seulement intrinsèque mais aussi extrinsèque. et permettent d'organiser la production d'une chose en vue d'une fin préétablie. sous sa nouvelle forme. par I'expansion hors de l'individu de la phase terminale d'invention créatrice. restent abstraits. ce qui montre qu'il ne s'agissait pas. le succès du modèle 4L répond au contraire à une bonne étude de la pluralité des besoins. en Passant par I'emploi comme tracteur et moteur. parce que ces régions avaient franchi les premières le seuil économique de I'accès au machinisme industriel . Paris. en particulier de la double destination (transport des personnes et des choses) . le ffacteur agricole a été réinventé après r95o. univoques et limités. qui est en fait un utilisateur-opérateur et non pas un consommateur. sPectre continu reliant des . la plurifonctionnalité d'usage correspond à I'une des fonctions essentielles de l'invention comme créatrice de compatibilité .e d'existence des objets techniqaes. doit comporter l'étude des voies de diffusion d'une invention. le fait que I'invention soit créatrice d'objets joue ici un rôle essendel. mais l'effet d'amplification ne se limite pas au domaine du travail des opérateurs . dans le monde rural français de la petite propriété. de préjugés à vaincre ou de conditions économiques à attendre . avec la manière particulière dont le savoir et le pouvoir se transmerrenr sous forme d'objets constitués ou de procédés de production. lorsqu'il s'agit d'objets techniques . car un objet technique véhicule avec lui une information implicite et explicite sur ses conditions d'emploi er sur le choix des modèles . de transmission. inversemenr. une étude complète de marché.

E') o'on. le déveloPPement de cette formalisation. publié danr le Bulletin de l'École prarique de Psychologie de l'Université de Lyon)'. et formalisant toute l'étendue de l'image d'un pouvoir dont le siège était à Rome mais qui tirait sa subsistance des provinces. demeures. parce qu'il dépassait par l'invention la finalité particulière de chacun des actes. le noyau résistant de sacralité (voir l'étude sur Tecltnicité et saualité. enfin. janvier-fevrier 196r. on la trouve aussi dans le domaine du sacré. dans nos sociétés. ce qui est parvenu jusqu'à nous et agit encore. la circulation récurrente d'information entre la production et I'utilisation virtuelle fait communiquer directement I'image et I'objet créé. les analogies topologiques entre les diftrentes couches des objets ne constituent pas l'essentiel des effets de l'activité d'invention comme terme de la genèse des images .nrs cnÉÉs . D. Sans doute. Peut-être même le processus dialectique décrit plus haut peut-il se produire aussi avec la diffirsion du sacré. sinon à I'analyse . parce qu'elle ne tient pas compte de leur mode d'existence. comme on dispose un mobilier en fonction des objets d'art qu'il doit mettre en valeur et dont il sera le milieu. c'esr quand la technique rencontre I'objet et le façonne qu'elle se constitue comme réalité spécifique et indépendante. De I'immense empire romain qui fut un cheÊ d'æuvre d'organisation en de multiples domaines. par la circulation continue des choses et des êtres humains. qui est de résulter d'une invention condensant en objet un faisceau d'informations contenues dans la réalité d'une image parvenue au terme de son devenir. et avec la même opacité par rapport à une analyse conceptuelle en termes d'univocité.. I'automobile devant transporter des personnes et I'automobile devant transporter des marchandises. 2. L'objet peut totaliser er condenser les prises d'informations exprimant les besoins. rattaché au profane par différentes zones qui médiatisent et protègent. Lyon. Il ne s'agit naturellement pas de réduire routes les techniques à des productions d'objets .4spects psycho+ociaux dz la genèse dz l'objet dhsage. des voyages rapides. -'est parce que les Romains de I'Antiquité ont inventé la consrruction des routes comme objets stables. aqueducs. d'imiter. mais la sacralité se Propage en une certaine mesure par contact et intention. alors qu'une définition concepruelle selon la finalité réalise seulement une abstraction unifonctionnelle. Historicité dc I'objet technique. ce qui constitue . voies. dans un système formalisé . à la manière dont procède I'amplification concrétisante des techniques. Tecbnicité et saualité. avec des pouvoirs nouveaux dépassant l'origine. d'organiser un monde limité selon les normes tirées de I'objet créé. de nombreuses techniques ont consisté et consistent encore en découvertes de procédés. La catégorie des objets esthétiques se prête. pARTlcuI-rÈntueur.ET nsrrrÉrrqun L'existence de plusieurs couches autour d'un objet répondant à des images mentales n'est pas une caractéristique exclusive de l'objet technique . les atrenres . c'est I'effet d'amplification par recrutement de réalités primitivement non prévues et inclusion de ces réalités. pouvanr dépasser les barrières temporelles et culturelles. et les sryles. qui impliquent la diffusion au sein d'un groupe d'amateurs Partiellement initiés et parfois capables de reproduire. partie d'un cours de psychologie sociale fait à la Faculté des Lettres d.ç ! r78 TMAGTNATToN ET rNvENTroN L'INVENTIoN 179 termes extrêmes comme le tracteur et le moteur. des ffansports. AUTREs cerÉconrns la source. avec les modes. les désirs. la ritualisation du sacrifice consritue une réticulation spatiale et temporelle qui universalise la sacralité et crée entre nature et sacralité une interaction formellement comparable à celle qui caractérise le développement des objets techniques. routefois. une étude puremenr économique de la genèse et de I'emploi des objets techniques est insuffisante. ou par fragmentation d'un objet primitif unique . selon le postulat de la praxéologie . le mode d'existence de ces objets âit apparaître une pluralité de couches plus ou moins profondes. permettanr l'invention compatibilisante. Pour la même raison. et élude l'invention. c'esr-à-dire en organisation d'une action efficace. Or. du commerce. po'ts. ce réseau d'objets a survécu à I'empire. l'essentiel. entraîne I'incorporation de réalités d'abord non humaines à un monde ayant sens Pour l'homme. c'est ce qui a été créé comme objet. Cours publié sous le titre Psycbosociologie de la Tecbnicité dansle Bullztin de lEcole pratique dc Psychohgie et de Pédagogie. L'on. selon des voies analogues à celles qu'emPrunte la technicité. Toutefois. c'est-à-dire plus ou moins rapprochées du résultat de I'invention. l'objet sacré n'est pas multipliable comme I'objet technique inventé . de rype superficiel. plus facilement à I'observation. concrétisant la technique des communications. avec incorporation d'effets qui ne sont contenus ni dans I'intention finalisée ni dans le projet de ritualisation. Si tous les chemins mènent à Rome. en trois numéros : novembre-décembre t96o. mais cachent àussi en une certaine mesure ce qu'il y a d'essentiellement sacré. conséquence du caractère cumulatif des inventions. c'est bien ce qui se produit aussi dans l'évolution des r. Ceci permettrait de dire que Pour une Part la sacralité correspond à une activité de création concrétisant une genèse d'images. Lyon. et incorporait une nature. mars-juin :96r. (N.

dans la mesure où ils produisent des æuvres indépendantes de leur créateur et plus vastes que les conditions de leur invention. qui est celle d'une réalité exprimée. cette modalité représenre. depuis les vêtements et les bijoux jusqu'aux automobiles er au mobilier . De même. mais n'acceptait pas que I'on nomme cela n musique . une cible. les marques de l'activité humaine constructrice.r. mais en ce cas précisément. une mire. cette violoniste se résignait à utiliser ces objets n selon le rythme imposé n. Une æuvre est moins vaste que les conditions de son invention quand elle est dirigée par une finalité prédéterminée et prédéterminanre qui se donne la possibilité de choisir un objet à modifier en le détachant des conditions de son existence naturelle. bruts ou industriels. une borne . en fonction du caractère déjà pittoresque de ces objets. comme le ciment. capre et réduit . le motif opticalisé est produit à part. I'usage. mais seulemenr masquant. malgré la noblesse de cette attitude de refus selon des normes élevées. nous avons cité le pouvoir de découverte de la pensée de Le Corbusier. au lieu d'amplifier. c'est extraire par sélection un aspect déjà constitué. Une manière d'agir er un ensemble de procédés se conservent et se transmettent à travers le temps sans apprendre. comme exemple actuel. un autre objet en forme de coloquinte. producteur de ses propres normes . Naturellemenr. dans le texte écrit. ce qui manque le plus en ce cas pour qu'il y ait invention est la découverte de compatibilité . ou la narure. toutes choses qui sont habituellement confiées o aux collègues de la batterie o . Ainsi. etc. pour les peindre. le commerce livre des rubans adhésifs opticalisés que I'on peut coller sur n'importe quel objet de n'imporre q. une bouée. on Pourrait dire qu'il s'agit de sons bruts aussi bien que de sons musicaux . ces motifs sont de forme. sans accroissement ni diminution des limites. I'activité des créateurs en matière d'art devrait être archaïsante. l'amateur d'art a tendance à être conservateur. sans perte ni profit. étendu de gens cultivés apprécie les toiles impressionnistes. choisir un paysage. sous la forme du n violon d'Ingres o pratiqué avec goût et distinction. dans un univers fermé et choisi de connaisseur qui opère en chapelle. sans rapport avec le sens. ou tout au moins elle pourrait apparaître comme primitive. c'est-à-dire à apprécier des techniques raisonnablement anciennes . il n'est pas créateur parce qu'il n'est pas démiurgique.I8o IMAGINATIoN ET INVENTIoN L'INVENTToN r8r differents arts. sans dissimulation : ce qui sort du travail industriel.ll. Cette activité. des arbres. Cet usage superficiel n'est pas récent : à d'autres époques. emploient les arts comme un auxiliaire de leur activité principale. le journaliste demande à la photographie d'être techniquement réussie et satisfaisante comme auxiliaire de sa recherche ou de sa découverte. un public assez cas des objets techniques. ce furent les profusions de rubans ou de fleurs. les meubles. parce qu'elle prend dans le monde des réalités homogènes . cette æuvre intègre les effets d'une matière sonore ( sauvage u. est brut d'une certaine façon . Et cela est vrai. un amâteur éclairé demande à I'objet d'art d'être satisfaisant et réussi dans un univers marginal et limité. le morceau de Xenakis est Pourtant une æuvre qui intègre des sons et des bruits très primitifs produits par des instruments faciles à construire. comme dans le l'attitude et la tendance de ceux qui. elle épuise son sujet comme on épuise une énergie naturelle. l'incorpore à une formalisation si complète qu'elle détermine. les motifs optiques peuvent avoir un sens et être intégrés. sur les vêtements.. l'æuvre définitive intègre en modalités L . L'art agit ici par apport d'une pellicule superficielle préétablie sur des choses qui ne sont pas modifiées selon leurs caracrères essentiels . additif sans activité d'incorporation. lorsqu'ils soulignent les points remarquables d'un objet. Ignace Meyerson. selon une remarque de M. pour cette raison. au cours de I'exécution. comme faisant partie de la PercePtion esthétique. manière. une maison. Conformément au schéma de ce retournement dialectique. pour I'essentiel. La musique de Xenakis (par exemple télé-tecteur présenté en avril ry66 par I'ORTF) déconcerte les musiciens professionnels . sans être des créateurs. ni oublier . on peut prendre celui des objets opticalisés. de taille et de couleur adaptées à I'objet et à la situation. de nos jours et en France. et se rrouve imposé de manière violente à des formes dont la genèse ne prévoyait pas cette rencontre . comme les traces des planches de coffrage. une violoniste de I'orchestre montrait avec une tristesse sensible les objets qui lui avaient été donnés comme instruments : un n sifflet à bouche ). mais de manière relativement marginale par raPPort à l'activité centrale. et le caractère à la fois futuriste et sauvage de son emploi des matériaux. des déplacements de la source localisable du son dans la masse des exécutants. en restant dans la couche superficielle du réel. l'objet décoratif et la chanson à la mode font partie de cette catégorie superficielle . La couche moyenne de la production d'objets créés esthétiques est celle où l'activité n'est ni un plaquage aléatoire ni une invention amplifiante mais une élaboration qui reste sur place. I'obsolescence de ces formes d'art est comparable à celle des objets techniques en lesquels prédomine la couche superficielle qui fait d'eux les accessoires d'une attitude définie . comme le journaliste emploie la photographie . Or. modifié selon les remps er les lieux. comme une fusée. peuvent être conservées pour le mode percepdf définitif de la construction . Dans le domaine de I'architecture. existant depuis des millénaires .

telles sànt les sources d'effets que l'art majeur. fond des remps et dans I'humilité étroitement située d'un lieu. archai'sme de la réalité sauvage er caracrère local de la manifestation perceptive de la matière. qui construisent dans leurs villages des aires d'atterrissage et une tour de contrôle sommaire pour les inviter à se poser parmi eux . et considèrent les Blancs comme de simples voleurs et détenteurs. l'interaction étroite du causal et du fonctionnel produit le plus grand rapprochement possible de I'objet créé et de la réalité naturelle. dans la relation de compatibilité qu'elle enrretient avec I'univers des autres æuvres d'art. L'amplification esthétique recrute des effeis acruels. au cours à. technicité. la finalité reste ainsi provisoirement supérieure aux relais de causalité qu'elle asservit . elle l'universalise temporellemenr. par contre. non Pas dans un passé historique. dans l'æuvre constituée. c'est-à-dire impliquant et portant l'existence actuelle du sujet individuel f et collectif . certe matérialité formalisée par llnvention. à ce qui demand. comme en train d'être actuellemenr accomplis. esr une demande de manifestation amplifiante. Ces techni- b F i' i I ! Il t . les galets roulés et polis de la rivière la plus proche ànt été incorptrés à la façade du couvent de I'Arbresle. L'invention technique se perfectionne par la résonance interne de I'objet produit. comme l'empreinte d'un bois de coffrage dans le ciment emplissant les vides. les differents sous-ensembles qui sont ainsi comme des auxiliaires recrutés et situés . est au présent. ou en passanr d'une culture à une aurre. . sans aucune modification de l'objet. et les consritue en système compatible pour toure la durée de l'æuvre. I'objet esthétique n'est complètement cohérent par rapport à lui-même et au monde que selon une perspective dont le point de fuite est dans un avenir indéterminé. d'assez nombreuses techniques de facilitation de I'invention (ou d'augmentation du niveau de créativité) ont été présentées. ce déplacement de catégorie est possible parce que les indigènes attribuent à leurs ancêtres la création de ces avions. éminent. Le passage de la technicité à la sacralité. Il serait possible d'étudier les conditions qui facilitent I'invention chez les individus et dans les groupes . elle donne aussi une dimension d'universalité spatiale à une réalité locale en I'insérant dans un ensemble oir elle joue un rôle plein. qui divergent dans la sacralité et la catégorie esthétique.t bâtiment le pouvoir de manifester la réalité aurochrone en sa matérialité perceptiblé. ce qui veut dire qu'il dépas se le hic et nunc des besoins et des fins en enrôlant dans l'objet créé des sources d'effets qui vivent et se multiplient dans l'æuvre . la sacralité échappe vers I'indéfini du passé à toute causalité historiquement assignable. comme la véritable essence esthétique échappe à toute finalité assignable vers I'indéfini de l'avenir .. comme objet construit et organisé par les êtres primordiaux par rapPort à notre existence.I82 IMAGINATIoN ET IIVVENTIoN L'Il.i. changer de catégorie (sacralité. seule de son espèce en certe place . Les avions-cargos contemporains sont adorés par les indigènes de Fort Moresby (n cargo-cuhr). par exemplele o brainstormingo d'Osborn.-p. c'est-à-dire invenreur d'objets créés. si_bien qu'un même objet peut. c'est-à-dire par la situation en laquelle chaque sousensemble est modulateur de tous les autres . en chaque phénomène. or. est I'origine d'un écho qui se multiplie er se nuance en se diversifiant. comme si elle avait pour sens d'être une manifestation du caractère local des choges en tanr qu'elles sont I'aspect particulier unique d'un univers multiforme. art).. au lieu d'être enseveli dans le passé. le créateur est sensible au virtuèI. d'exist. est revêtue de sacralité. donna. recrute et manifeste en les dilatant vers le temps à venir et I'universalité d'un espace.rvENTIoN r83 perceptives les moments de sa fabrication qui restent ainsi perpétuellement présents. À l'itrrer. la carrière de I'avenir et I'ampleur du monde comme lieu de manifestation . ce qui revient à donner à chacun d'eux un pouvoir modulateur sur la sûucture des autres. mais le perfectionnement consiste à élever le niveau de compatibilité intrinsèque en resserrant le couplage entre les sous-ensembles. mais dans le passé absolu des sources originelles ancestrales et mythiques.. en vue d'un résultat. comme un mot ou une tournure dans unè langue indéfiniment enrichissable . dans I'objet technique qui. selon un processus d'individuation.r t.ti".univers signiplutôt d'exister une seconde fois en renaissant dans un ficatif où chaque réalité locale communique avec l'universel et où chaque instanr. comme dans un organisme. L'æuvre donne une dimension d'avenir au geste transitoire . Il est celui en qui la _d'un genèse des images révèle le désir d'exister des êtres . le sacré est au-delà du causal et le caractère artistique au-delà du fonctionnel . Tout inventeur en matière d'art est futuriste en une certaine mesure. d. le signe enjambement postulé vers I'avenir. la maison paternelle. non comme les constructeurs véritables des avions. le domaine des ancêtres.e. une invention ( naïve ) ordonne selon la finalité et de manière uni-directionnelle. conêre I'universalité spatiale à ce qui la consrirue. La catégorie du sacré est celle du passé absolu et originel. le créateur sauve les phénomènes parce qu'il est sensible à ce qui. or'. seule au monde de son espèce. existe une relation logique entre les trois types de formalisation de l'objet. est rendu possible par le rejet dans le passé de I'origine de l'objet.

le changement de rôles est un des moyens pour substituer progressivement à une strucrure de finalité hiérarchisante un état de résonance interne du groupe . tentative de suppression d'un élément. par transposition. comme un organisme ou un organe au sein d'un organisme plus vaste. un changement de structure qui est aussi un changement d'ordre de grandeur. s'opère et s'exprime dans la position d'un système organisé incluant comme sousensemble l'être vivant par lequel elle advient. mais seulement sous forme de contraintes. elle ne reste pas dans l'être vivant.r. au lieu d'être un système hiérarchisé d'exécution. pour laisser la place à la genèse (sous forme d'images) de représentations complexes et non univoques. changement d'échelle. n'existait pas à l'état d'actualité. mutatis mutandis. au cours d'un processus critique globalement désigné sous le nom d'invention quand ses résultats sont positifs. La dernière veut montrer comment. mais enjambe les limites spatio-temporelles du vivant pour se raccorder au milieu qu'elle [æ groupe découvre des significations er arrive à résoudre un problème en s'inventant lui-même comme organisme. L'invention technique peut ainsi servir de paradigme à des processus de création s'exerçant . induite par un besoin de compatibilité interne. CONCLUSION nÉceprrur-arroN Les trois premières parties du cours étudient la genèse de l'image à travers les étapes du cycle direct de la croissance. en plus d'un aspect général de recherche ouverte. les règles positives sont plus floues (essai de solutions inverses de celles qui existent. par les échanges. tend à éliminer les modes d'activité mentale produisant des représentations strictement univoques. du développement et de la saturation d'un élément sous-individuel de I'activité mentale considéré. au cours des trois étapes précédentes. des coutumes.r. le groupe devient organisme dans la mesure où chaque membre module les autres .I84 IMAGINATIoN ET INVENTIoN ques s'énoncent souvenr sous forme de règles négatives : refus des préjugés. t I .. des attitudes et des spécialités parmi les membres du groupe donne en quelque manière des supports vivants aux représentations : chaque état des rapporrs entre les personnes matérialise un essai de combinaison des principes. Formellement comparable à un changement de milieu (le désir de changer de milieu est d'ailleurs I'un des substituts de I'invention manquée). de la relation hiérarchique. La distribution concrère des doctrines. t. etc. la résolution des problèmes dans les groupes est âcilitée par rour ce qui augmente la plurivocité des représentations et la pluralité des attitudes en chaque participant membre du groupe.tr gZnéralement. ou de sources d'information extérieures à l'être vivant.) . par l'établissement d'une réciprocité entre les éléments sousindividuels (images à l'état de symboles) et les lignes directrices d'un sur-ensemble qui. domaines r pl.n â'". Un groupe s'organise dans la mesure où. en fait. comme une pârt de l'équipement mental. Ceci signifie que I'invention. Il existe un couplage possible entre la créativité dans le groupe et I'attitude inventive chez I'individu : la dialectique socratique en esr un des plus illustres exemples. de limites. de l'attirude systématique et critique (n think ap or shut up. il s'opère. comme la déduction systématique. inversion. lorsque le point de saturation de cet élément est atteint (point de saturation qui dépend des capacités d'organisation de l'information possédées par chaque être vivant). I'esprit de ces méthodes. c'est à ce moment que le groupe devient capable de création. I'invention se distingue des images qui la précèdent par le fait qu'elle opère un changement d'ordre de grandeur . d'Osborn) . chacun des membres n module ) tous les autres.

plantations préventives. tunnels. bien plutôt. de chemins. avant I'expérience de I'objer. les classes perceptives qui servent de système subjectif d'accueil à l'information incidente postulent une application universelle. prépare aussi et surtour l'usage de réversibilité qui le convertir en voie d'accès vers les choses.t la recherche de cette compadbilité interne est ce qui apparaît en premier lieu comme le but de I'invention consciente et volontaire : il peut exister plusieurs formules de compatibilité selon les matériaux employés . parfois à de grandes distances. En ce cas. des ensembles relativement élastiques mais qui doivent être très imperméables et parfaitement drainés . Dans les espèces sociales. à devenir le sur-ensemble organisé des territoires compatibles. . constitue l'enveloppe de I'individu. ou structure particulière d'un territoire. c'est cette relative extériorité qui se réalise dans l'invention par la position d'objets créés servanr d'organiseurs au milieu. en tant que chaussée. Instrument. ni la fabrication d'instruments.): c'est la caractéristique d'adaptation à l'être vivant. un point double en lequel le monde subjectif et le monde objectif communiquent. outil. selon le relief et la cornposition des terrains. doit être douée de cohérence et de stabilité en tant qu'objet physique (imperméabilité. mais inversement. la route. La compatibilité interne qui fait de la route une construction consistante apparaît ainsi comme un système de transfert dans les deux sens entre l'être vivant et le milieu . selon même les possibilités d'avalanches. donc plus grand que lui. pour exister selon la compatibilité interne. le lien symbolique des images-souvenirs. le système des objets créés. leur formule est la continuité souple de la bande de surface. la voie romaine est fondée sur le système de la rigidité des assises . la route romaine se dénivelle dalle par dalle tandis que la route contemporaine se déséquilibre en longues ondulations ou en plis. La compatibilité externe par rapport au sujet se résume dans la viabilité pour un mode de parcours et d'opération défini (traction par chevaux qui proscrit les fortes pentes mais autorise les virages. ce point esr un point triple. de remises. l'image mentale n'est limitée par le sujet individuel qui la porte. organisant leurs fonctions réciproques. La tendance à dépasser l'individu sujet qui s'acrualise dans I'invention est d'ailleurs virtuellement conrenue dans les trois stades antérieurs du cycle de I'image. à la mise en place de routes. véhicules rapides à moteur. Une voie de passage. et resre. dans le sens centripète. sur-ensemble de fonctions organisables en synergie. Pour ces raisons.186 IMAGINATIoN ET IIVVENTIoN coNcLUsIoN t87 organise. plus petits que I'organisme et portés par lui. elle permet aussi la conservation et l'amélioration des défenses. I'attachement du sujet aux situations ayant constitué son histoire.). pour se raccorder au milieu sauvage. La compatibilité externe par rapport au milieu général est faite du tracé de la route. Ces deux compatibilités externes. des sécurités. le point triple est aussi organiseur social. partie de I'enveloppe de Il convient de préciser d'abord . et de la relation avec le social. elle permet à l'individu de se mouvoir à travers le milieu d'une manière continue. L'outil et I'instrument font. À aucun des trois stades de sa genèse. sont le résultat de la compadbilité intrinsèque qui permet à un même objet d'accomplir une pluralité simultanée de fonctions. esr une hypothèse implicite de déploiement dans le monde . il est... par l'æuvre de ce système. comme les chemins et les protections. car il devienr une voie de relations entre les individus. les routes actuelles sont. l'objet créé est en fait un point du milieu réorganisé par I'activité orientée d'un organisme. I'objet porteur du résultat d'une activité d'invention a reçu un supplément de cohérence. de limites à l'intérieur d'un territoire servant de milieu à l'organisme. portage à dos de mulet. dispositifs contre les avalanches. I'individu et médiatisent son rapport avec le milieu. de glissements de terrain. un système de couplage enrre le vivant er son milieu. directe ou à travers une nouvelle médiation plus petite (véhicule). dans la double perspective de la relation avec une nature tendant. C'est topologiquement qu'il faut caractériser cette médiation.. comme des postes avancés. s'il exprime. haies d'arbres. de compatibilité intrinsèque et aussi de compatibilité avec le reste non-élaboré du milieu et avec l'organisme.. viaducs. elle est fondée comme un édifice .. de continuité. enfin. Un objet créé n'est pas une image matérialisée et posée arbitrairement dans le monde comme un objet parmi des objets. En vieillissant. la projection amplifiante de la tendance motrice. développe autour d'elle. Ce caractère auto-constituant de I'objet créé est tellement fort que l'invention est PoRTÉE DE I-A coNcEPTIoN PRoPosÉn le caractère relatif de l'objet créé . par son origine. des médiations supplémentaires telles que ponts. On ne peut opposer ni I'opération constructive humaine à la pratique animale. répartition égale des charges sur le terrain. pour surcharger la nature d'un supplément d'artifice . quand elle est établie. avec le milieu ( sauvâge ) et avec l'individu vivant. par sa fonction.. des ouvrages d'art. beaucoup plus que la résistance bloc par bloc des assises.

même dans les meilleurs cas (sociétés de Termites). comme la construction d'un nid . d'une part. en effet. faisant exister un mode de médiation intermédiaire . Le progrès de I'objet créé consiste en un développement de la compatibilité intrinsèque de I'objet qui étend la portée du couplage enrre le milieu et l'être vivant : rel esr. On ne saurait nier pourtant qu'il existe une diftrence. Une des raisons principales de cette difference réside dans la multiplication des médiations qui existe chez I'homme entre I'objet créé et la nature. mais elle peut aussi intégrer des inventions. d'autre part . Du même coup. sont également des næuds de relations intra-spécifiques et interspécifiques. si la route était déjà faite. rapprochant I'ordre de grandeur du milieu ( sauvage o de celui de l'opérateur individuel. Le simple marquage olfactif ou visuel constitue déjà un bornage cohérent. est indéfiniment anastomosé et comporte une multitude de relais . Si l'on considère I'objet créé comme un médiateur du rappoft enûe les êtres vivants et le milieu. la solution consisre à faire équivaloir à ce n problème résolu D une gradation d'opérations qui se rendent possibles les unes les aurres jusqu'à l'achèvement : nivellemenr. Ce n'esr pas chaque objet créé qu'il faut considérer à part des aurres. les terriers. le marquage a un sens pour les relations sociales intra-spécifiques et interspécifiques. le réseau de moyens d'accès dans les deux sens. de la nature vers l'homme et de I'homme vers la nature. genre dont I'invention est une espèce .). qui se développe au mieux quand on peur employer la méthode du o problème résolu o.. aussi les ordres de grandeur mis ainsi en communication et en interaction sont-ils beaucoup plus importants que dans le règne animal. et plus généralement la constitution d'un territoire. L'objet créé est cumulativemenr organisé par des opérations liées de manière cohérente. croissance et invention convergent dans la production du réseau des objets créés. retraite. En certains cas. par exemple. le développement de tous les objets créés que sont les moyens de cdmmunication d'origine humaine. à cause du caractère de cohérence interne. Les objets créés les plus concrets et les plus complets comme les nids. Le cænosarque est-il objet créé ou organisme ? On saisit ici la continuité entre les fonctions de croissance et I'activité de création. Comme un très grand nombre d'animaux sont pourvus soit d'organes spécialisés. soit de modes opératoires eux-mêmes très spécialisés. comme la termitière qui. Le seul biais par lequel un équivalent de la pluralité humaine de médiations se déploie dans les espèces animales est la spécialisation anatomo-physiologique des individus travaillant en coopérâtion ou I'enchaînement des spécialisations successives des individus au cours de leur vie (Abeilles) : par là se retrouve la pluralité des phases de parfaitement nivelée. en plus de toutes les fonctions habituelles du nid poussées à un degré élevé (thermorégulation) est en plus une voie d'accès aux objets sur lesquels les termites travaillent. lui-même en rapport avec les emplacements fonctionnellement rattachés aux autres activités (repos.. ainsi que des médiateurs de la relation entre les êtres vivants et le milieu. I'usage d'instruments est assez rare chez les animaux . au moins de degré. de manière si étroite que pour certaines espèces il se confond presque avec l'organisme. l'objet créé est hautement plurifonctionnel. mais tendant de plus en plus vers des modes internes de compatibilité qui permerrenr une pénétration plus étendue et plus universelle du milieu naturel. emmagasinage de la nourriture. des hommes. empierrement de base. comme chez les Coraux. de compatibilité multiple de l'objet créé. mais I'univers de médiation qu'ils forment et en lequel chacun sert partiellement de moyen aux aurres. Il existe un rapport direct des modes opératoires et des organes à I'activité créatrice d'objets. car elle commence à exister dès qu'il y a un effet cumulatif et cohérent d'organisation de rapports entre I'individu et le milieu. où I'activité de I'opérateur ne peut disposer d'un enchaînement complexe de médiations. il est aussi l'enveloppe des existences concrètes individuelles. des matériaux . erc. L'objet créé est d'abord le monde comme réalité organisée en territoire ..I88 IMAGINATIoN ET INvENTIoN coNclusroN r89 généralement une manière de supposer le problème résolu par un biais non-tautologique . mais rien n'oblige à considérer la construction et la fabrication des insrruments comme I'occasion principale de I'invention . La catégorie du créé est donc plus large que celle de I'invention. en raison de cette préadaptation. il est moins malaisé de trouver le lien entre I'invention dans les espèces animales et chez I'homme . grâce au transport aisé des machines. en rapport avec l'usage de ces organes. dérivés des voies de passage naturelles jadis employées. jusqu'à la dernière couche de revêtement pour laquelle le travail du profileur demande déjà une chaussée ou le fouissage d'un terrier. une médiation de plus entre l'objet créé et l'être vivant qui le crée. la médiation instrumenrale n'est pas nécessaire. entre les capacités actuelles de production d'objets créés chez l'homme et chez les mieux doués des animaux sous ce rapport. L'objet créé existe dès qu'une activité définie surdétermine le monde naturel et lui confère une topologie qui exprime la présence des êtres vivants selon un mode sélectif de conduites. I'insrrumenr et I'outil ne sont qu'un relais de la création d'objets. il ne serair pas difficile d'en construire une autre à quelques mèffes. et entre I'objet créé et l'opérateur.

selon la définition donnée en r88o par Alfred Espinas dans l'article intitulé Les Origines dz h technologie. l'étude de r I'image rmage mentale menfale pourrait oevenlr un pourrarr devenir un cas partrcuiler particulier de oe l'étude I etude d'un c un ensemble plus vaste de phénomènes . le cycle de l'image mentale Progressant vers l'invention apparaîtrait peut-être comme un degré élevé de I'activité de l'être vivant considéré. Le caractère autocinétique. I'invention reste à I'intérieur des limites de I'exécution. On comprendrait pourquoi. Tel est en particulier le cas de l'activité animale de création d'objets. il exisre un tissu continu de réorganisations implicites. I'invention déborde I'exécution . le caractère de cycle organisé que l'on voir à l'æuvre dans le devenir de l'image mentale tendant vers l'invention. en lesquelles I'invention est distribuée au long de I'exécution. la praxéologie pourrait devenir une praxéologie générale... qui reste ainsi particulier et unique : c'esr I'objet d'arr. Enfin. un cas particulier remarquable est celui de I'adéquation dimensionnelle entre une æuvre et une invention organisatrice : I'objet créé est tout entier organisé en un seul acte. dans I'objet d'art. il se formalise en invention détachable des conditions d'exécution. opérant des raccords partiels d'organisation . intriquées dans le travail. ( science des formes les plus universelles et des principes les plus élevés de I'action dans I'ensemble des êtres vivants . et à ce titre absolu. I'objet créé reste essenriellement dépendanr des conditions particulières de son insertion dans le milieu. qui peut les répéter à l'occasion de tâches analogues. ces réorganisations mineures sont aussi des inventions. de sa destination. dont un des aspects ma. comme un système autocinétique en interaction avec un milieu. 1965. se ûaduit. qui ne sont pas généralisées. comme dans le travail industriel. même dans les formes les plus primitives. par la spontanéité de fonctionnement qui amorce. or.t tàrlt. développement. Les Oigines dz h praxéologie. chez les formes à système nerveux complexe. Mais on est en droit de penser qu'après avoir séparé I'homme des animaux et I'action utile de I'action en général. mais pourtant singulier. sans résidu ni zone floue. chacune étant trop minime pour pouvoir se propager à I'extérieur de la situation. cité par Kotarbinski dans Les Origines dz h praxéologie) '. qui se manifeste par I'initiative motrice dans les formes les moins élevées. Moscou. couvrant plusieurs tâches. incorporant l'étude des formes les plus élémentaires de I'activité. les situations analogues. 196o. rgzz). s'est développée dans le sens de l'économie et de I'organisacion de I'activité humaine. dans I'objet industriel. les inventions ne se manifestenr pas en dehors de l'opérateur. et un effort d'inventions distribuées au cours d'une tâche. des moyens concrets de sa réalisation . guidée à son origine par la ligne des tendances motrices projetant la rencontre des objets. et qui s'achève dans I'invention. Chaque tâche comporre un certain nombre d'actes d'organisation . I'image mentale se charge d'information extéroceptive puis se formalise en symboles du réel avant de pouvoir servir de base à I'invention organisatrice. -ott ent. Académie Polonaise des Sciences. ainsi que Thadée Pszczolowslct (Les Principes dz l'action fficace. Varsovie. . puis de Bogdanov (Tecnlogie. En ce sens. invention et exécution sont contemporaines I'une de I'autre et de même dimension. L'étude de l'image mentale et de I'invention nous conduit ainsi à la praxéologie.. À . si la portée de chacun de ces actes esr inftrieure à la dimension de la tâche. Dans I'objet artisanal. tel est aussi le cas de la production artisanale. c'esr par la phase finale d'invention que le cycle de I'image menrale révèlerait son apparrenance à la catégorie générale des processus d'auro-organisation de l'activité. centre scientifique de Paris. ne se propagenr pas en dehors du champ d'application pour lequel elles ont été faites .e k France et de I Étranger. Si au conrraire I'acre d'invention est massé.ieurs est dans la société humaine I'organisation du travail. mais non les formaliser comme un absolu. c'est le cas de I'activité animale ou de type artisanal. intermédiaire stable entre la ! ]l & t L T â il i r. ce qui serait d'ailleurs assez conforme aux autres recherches d'Espinas. peut êrre aussi imporranr qu'un acte dtinvention massé qui réorganise d-'un coup une situation .I9O IMAGINATION ET INVENTION coNcLUsIoN r9r facture artisanale et I'opération industrielle comme objet complètement organisé. Tadeuz Kotarbinski. mais cet acte ne déborde pas en dehors des limites de I'objet créé. La praxéologie. ajustant dans le détail er en cours d'exécution les tâches à elles-mêmes et au milieu . Hostelet a également confirmé cette tendance vers l'étude de l'activité humaine. avec les recherches de Slutsky. paru dans la Reuue philosophique d. avant la rencontre de I'objet. Selon cette perspective fournie par l'analyse de l'objet créé. à côté des cirs exceptionnels où une réorganisation spectaculaire et de grande envergure se propage à travers une société er fait date. le cycle de I'image.

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rr7. Coghill G. E. Courrèges Bidwell S. : g. Macchabées: ry. ro8.36. :32. Le Rond : ryJ. : rr7. . Horrce:. rt7- Darwin C. de: ro8.47. Carmichael L. rrz. Bierens de Haan J. A. Sénèque: rz. : roz. 46-48. r41. Allegri G. Platon : j. : ro9-rro. Daudet A. : 28. et Moym Age Pindare 27. : r44. fo. : 68.t15. Balzac H.r2o.: n. Binet A. rt1. : rz.36. : ro3. d'Alembert J. : r9r. :8. Homère: 7. rr1.:71. j4. Charpentier A. : ro5. 6r-62. : rr7.6o-6r. : ro8. : ro3. ro4. t zz. 146. Cumont F. R. : rr8-u9. : yo. Betts G.6o. Tyrtée:27. rr7. R. Angell J. Chateaubriand F.58. Épicure | 47-48. Brière de Boismont A.rzr. 49. : u8. Davis: rr7. Bardot B. Charcot J. : ro8. de : 41.: rc6. Baudelaire C. R. Eschyle:27.-R.: r47. rr4. . : rr5. A. tr4. Beethoven L. Bugnion E. 22. J4. Cuvillier A. Lucrèce Plotin : zz. Auben H. Broca A. Thucydide: 164. Bourdon B. Claudel P. van : rr5. Chanel G. : roy. 28. Colburn Z. Berkeley G. Bowers P.6t. H. 12. : rr7. Âge clnsique et Telnps modemes Abercrombie J. Bergson H. 6o. : n3.TNDEX DES NOMS PROPRES Antiquité Aristote iug. : Io8.-M . r38. BogdanovA.8.: t7. A. Brillat-Savarin J. Comte A.

Descartes R. Surréalistes: .8. :36. 4c.t FryG. r17-ry8. r2-t1. 76-77. Mozart'\ù7'. : yr. 66. Lindbergh C.79. : rr3. Doré G. r6t. 92. .rto. Lavoisier A.:47. + r81. : 33.-B. l-a Bourdonnais L. Fletcher H. Mauss M. Schrôder E. : r9r. Mendelssohn J. Leroi-Gourhan A. Causalité/finalité : u-r3. Analogon + i zo. i t8. Jaensch E. 45-46. : v7. Michotte A. : n7-r28. r8o.5. ro9. Molière : 13. : 4o. Purkinje J. . Marx K. : r5o. r8z. La Fontaine J. Roussy: r47. : ro8-rr5. t64. Malebranche N. rzj. Essertier D. INDEX DES PRINCIPAI. H. R. : roz.69. j7. Teilhard de Chardin P.TVENTIoN rNDEx r99 KarzD. 12. Toulouse E. r45. Hingston R. : 96. : 116. zj. i rrj. : rrJ-Lr4. j1. t 39. Sanre J. r5rrjl. Guiraud P. : 83. t58. Ridley: r47. tzo. Mac Laren N. 6o-62. 88. r)9-r43. : 85. to-36. jz-j). Friedmann G. Lewin K. : 82. : ro4. Fernald M. &.:44. : r9r.o. Espinas A. r4o. Szondi L. Eliade M. : ro9. J tropisme. t74-r78. Musset A. Gesell A. Stricker S. . tz1. : rr8. Delacroix E. M. R.I7'. : ro8. G. r33. Piéron H. Sulzer D.14.: ry3. rzo. rtr. de: 9. ro. : 82. Husserl E. : r4y. G. Rubin E. : r8r. rzo. r1-tt. 'Weiss 'Woodworth Xenakis A. r83-r84. : ro3. de : 9. de: rrr. 9. 9o. 167. --â A. 97. ZoIaE. Possel R. tzr. rj9. t59-t6o.: n9. F. r6-t7. : 115-116. : r7z. : 98. L. Genz 31. E. : r1o.83. Taine H. Michel-Ange: rr3. Kohler'W'. P. T. : 85.T.. A. : r5y.: g. : t7o-r7t. rro. rjj-t62. Jennings H. S. 16. image. An : 28. r8r.t S9. : ro9. Stoïciens : 146. Schumann F. G. G. 83. : t1. sacralité. Proust M. r24. rr8-rr9. Concret : 9-ro. Pszczolowski T. réaction. Lorenz K. 68. r45. R. : r9r. De Forest L. Fechner G. V. E. Baroque: 90. zJ. Goldstein K.. : r7y. Temple S. Kotarbinski T. Axiomatique : 90. Ombredane A. ro3. t24. : ro4. : 46. PoggendorfJ. Ribot T. Robenson V. : rr3. r 33. Hugo V. : 14. Perrault C. r1.IX CONCEPTS Abstrait i ro. i 7. 6j-67. r8o. C. et K. de : 88. Diderot D. Amateurisme: 28. rr7. r83. Ortigues E. tr&. l. \f. : 96. : 3o. : 83. : 68. Le Grand Y. Mac Dougall \7. : rrz. ---+ initiative. Sophistes : 146. Gramme Z. r78. rjt. : rr4. de : 16. : ro4. Fauconnet P. Peckham G. i j. Klein M. ro8. : rry. Râber Revesz Erhardt A. souvenir. Morin E. : roz. Imago. : r3o. : 4o-4r. tt4-rtr. t71. Minkiewicz R. Grohmann I. Fischel'W. Vurpillot E. Hitler A. Testut L. S. Kordandt A. J9. r2z. rrt. Cinèse: 3o. 62. Klûver H.:44 Hostelet G. : r9r. Galton F. Seguin M. : rz7. : 6r. 3r. LamarckJ. Anticipation i T4. : roz. : ro8. rr7. t9-z1. : r4y. ryo. 4 concret.-C.: r47.A. t65. r87-r88. Urbantschitsch V. r77r78. Pascal B. Rubens P. : r8r. 122.85-86. Le Bon G.:26. Hobhouse L.27. 4t-57. G. zo.rt7. Viaud G. j4. : ro3.. technicité. 8r. P. Filhene \7. Doflein F. : rc7. Montessori M. r74..: t47. von : ro2.: u. Mendelssohn B.:49. 162.rt7.: ry6. Hess C. r69-t7r. Huxley 1 rr9. : ro5.r47.. 9. r48. : ro9. rzo. r85. 87. Action 126. rz9. Favez-Boutonier J. u9.-tt9. : rrz.I98 IMAGINATIoN ET II. rz4. Jung C. to6-ro9. Fraisse SZ.23. : ry6. Feuerbach L. r3o-rjr. rr3. Tinbergen N. r7z. ---+ abstrait. L. : u. Montaigne M. : 9r.: ry6. : 82. P. Hamaker H. mémoire. rj7. Vernet H. de Monet de: ryy Lansiaux: r47.:7r. 9J-94. : Stekel'Sf. : ro8. Myrdal K. Le Corbusier : 9r. : 83. : 38. 28. l:. ro7. I.89-9r. r7S. rr8.T. Fabre J. : r47. H. rrt. 146. rro. : 4o.: u7. : rro-ur. rt8.: tr7. Archérype -) organicisme. Mahé Lacan J. : ro8. r8r.79. t J1. Spinoza B. rrr. Slutsky E. rz9. Mtiller G. Meyerson I. : r4y.t 4). Jannello C. Egger de rc7. t t Animisme :42. Lipps T.6. : r9r.-P. Compatibilitél. G.t 16. ro5. . r42. Hering E. Piaget J. : 29. rrr. : 83. 84.

rt6. 1c. Problème Einf)hlung (empathie) : 8z-84. 16. zg. 1. 17-58. mémoire. objet-symbole : 12. r42. t77. -* animisme.2OO IMAGINATION ET INVENTION Concrétisation r7r. 7r-72. 167. r66-t67. r59. 15. art. 164. zz. r24. r2g. rro. imagination reproductrice i j.. )z. rzt. 46-47. r57. r38. t51. ry5-ry6. ro8-rr2. 83. 66. )t.30. corps propre : image intra-perceptive 77. 4 pratique: rt3. t64. t75.94. 67. 24. Réalisme:6. rt7. 40-42. + merveilleux. 73. nature. r83-r84. -+ anabgon. ro1. r89. 66-67. 77. u6. image auditive : rr4. image. ro4-to5. r38. r84. jJ. ro7. rrJ. 9J. 87. ry2. Détour : 64. Milieu (relation au) : 3. 41. 7476.89-92. sémantique. Sacralité i Habitude :8r. ryy image-souvenir: y. 81-86. structure. r9o. 2c. r4J. Psychisme i 43. rj7-rJ8. j7. Einsicht: 45. 9t-94. suPerstructure. 2g-j3. technicité. Einsicht. 9?. t71-t76. 64. ro7-Lto. t6z. 85-92. 4j. Décision : ro. 185-186. r3o. rzo. Créateur : 6r. 58. 20. orga. 6j-66. r1o. Constance | 7r-77. t17. r3z. rto-rtl. rg-zt. Organicisme :81. zz. r82.4-1c. 66. image-objet: souvenir. t74-t76. Progrès : 17. J Merveilleux i jr-j7. t24. tz5-t26. jz. tt8. 66.86-87. 4r. 27-28. r8z-r83. rr8-rr9. rtr. rJ4. 3c.69. 99. t73. : g. 66. image immédiate : ro4-rot. t76. image-symbole: S. t3z. 99. Praxéologie: r78. 7o-76. 63-86. motrice 16. too. Nouveau : t6. Rêve:8. 44. Perception: 4. --+ anticipation. j2. rtr. rS8.83-84. rr4. r2r-rzz.6. Corps 4r. pensée sauvage : ro7. rt4. Imago. r)o. rJ. t88. voult. )6. 9 sous-ensemble.tli. rJ8. 97-98. toz. Image cycle de I'image . 16o.. r9r. ro8. t39. rz}-rjt. imaginaire. t71-t74. Pnigung (irnpinting) : zz. r37-r78.8i. rtr-rrt. ror. r8o-tïz. g6. ry8. Métastabilité :84. Itz. ro8. â t). ï26. r4z-t46. --+ forme. 16. 167. Organisme : J. rt6. Pensée pensée rr4. II7. 42. . Pattern. 89-92. r8o. pqychologie des profondeurs : 74.nisme. Résonance i J.rjj. rto.95.. t8z. t8z. symbole. t7t. 2r- Intuition. image eidédque : rot-ro6. image tactile : to3. i19. 67. 7o-7r. rtj. information. : 4r. image attachée: 82. sémantique.z.8r. 19-42. 185-186. Obstacle i zt. r22. r3r. Imago. 9o. simulacre. Prégnation | 93-94.70. psychologie des facultés I /. 42. roz. zz-27. r3. rrr. Institution i 4. rzo. ryo. r88. r79. image anticipatrice : 5o. zz. 49146. jr. image consécutive : ror-ro3. 163. 85. j3-34. + Signe: 4-J. r8r. 186. ]g-4o. 16. Jouet : 98-roo. 86. 99-roo.r7t-t76. t46. t79r8o. Information . rlt. z7. symbole. 24. 158-159. 92. : 2{t l/t . 16z. rJ7. rj4. r8. Imitation r3r-r32. r33. 64.r. 9t-97. t7o. 8z-83. rJ4-r3r.77-8o. rrr. r8-r9. t37-r18. )4. rtr. zL. ro7.34j5. r7g. 28. 24. t6. r73-r74. ryr-rj4. Magie : 25. signe. r83. 161. Forme (Geçah) : t6. r66-t67. rr. r53. --+ information. j6. 17-j8. rj1. 22. r43. t6t-t62. t7o. ro8-rr2. Jo. l. 22. Mémoire : 4. roz- Imagination imagination créatrice : 16.83. Objet objet-but : r43. 49. zo. souvenir. 6g. Imago : rz7-r29. tz4-t26. t72-r7r. image a priori: zo. 8o. information. Divin : 49. rro. r3g. r6j. 87. r2z.. É. 6]66. 92. 51. organisme. )43j. ro8. t6o.78. détour. INDEX 2OI Machine: 14. 44. + to-rz. rri. 79. structure. + Sacrifice | ( {/. 7J. milieu. t77. mémoire. tlz-r34. sur-ensemble. 176. bonne forme : 8y-86. signe.80. 116. r?'o. r2r. t79-r8r. 161-166. --+ forme. territoire. g7-rot. Psychologie Psychologie de la Forme i 4r. 37-)8. rro. simulacre. rrt. r77. Jt. 2628. Microstructure : 84.motion : ro. j8-19. 12. 47. zz-24. 57-18. nature. t5t. 40-43. 44. Initiative : 3o. 86. Dialectique : zr. 7J. 79. rrr-rjz.. 3-4. rt7. t4o. Ensemble r8z. image : 72. t88. r1. Motivation I zo. Prascis : 17. schéma corporel : 4o-42. rr5. r4j. sauver les phénomènes ) : 14. image. t75. r9r. r78. jr-r7. J i tJj. tz4. 1r. zg- -+ intuition. 19. r38. rz9. rr8-rr9. action. Nature 87-88. t6z-r63. t15-ry6. r9o-r9r. souvenir.70-74. )t r3-r4. r)o. Jeu: 3639. Imaginaire . rr831. 52. 96. rtj-r6j.6. 2r. r24. r79. rJt. 16. image olfactive : ro3. r2t. tr. -+ 57. . r2r. 49. symbole. + + analogon. r73.8t-84. -) analogon. 49. rr. to9. i g. 16o. zo. 136. t9. t48-r49. 1c. territoire. territoire. ro. image visuelle : rr4. 27-28. 17. obstacle. 46-47. t4r-t42. Sémantique (ou séméiologie): 32. r3t-r32. 26. 16. r37. rz4. 7j. r9-zo. i 88. Idée : 17. objet intermédiaire : tz6.4. g4-91. -+ -+ 42. 18-19. tlt. ---) solution. r81-tgt.32. rlr. 95. rrr.3o. Figure/fond ro4. 83. jJ-J6. 86-87.22. image a posteriori : zo-zr. jr. 44-4J.. r4j. Formalisation i 23. objet-instrument 142-r4t. rj7. rrg. 96. -+ milieu. i Réaction t9-4o. 6t. r49. 81-86. r49. simulacre. 53. rz6. r41. t14t16. 116. r39-r4o. 59-62. IIO. r83-r89. 55.

rro. 16. 8o. 18y. Synchronisation avec le rythme nycthém&d. virtualisation.rnuR DE L'INDTvIDU. fupect phylogénétique : le développement de celui de la sensorialité . 42. z9 RTALTTÉ. r8-r9.c. c. r54. Surabondance (fonctionnelle) : r7r174. microstructure. r37. tz4-t38. r83. r2o-r22. J.8586. Tropisme :3o3r. Usage: ro. ro4. 4r-42. 2g CONTENU MOTEUR DES IMAGES . -) cinèse. r48. organisme. signe. structure. 1.18. zo. t34. r)j-r)4. 69.7 A. r47. 28. 97. ---+ art.8. 86.70. Sz-51. tJ . z4 z.ZO2 IMAGINATION ET INVENTION Simulacre: 8. Socius : 3j. zo. 64. ry9r7L. I{YPOTHÈSE DU DYNAMISME GÉNÉTIQUE DE L'IMAGE. t67r7o.E cÉNÉrtqun DE L'TMAGE. r88. NorroN DE cycl. sémantique. ET AVENIR. 7 rto. + TABLE DES MATIÈNTS --* symbole-souvenir: 4. sacralité. nature. t4y-r46.. [æ système d'action comme base ontogénétique des images motrices. 7 z.Le qcle PREMIÈRE PARTIE t'nxpÉntnNcE DE t-'on1nr. pnÉsnNtlrloN. 73-74. : Sur-ensemble : 18y-r86. ---+ information. r77. P}IASES ET NTVEAIIX. rS. t1t. 167. I8 Voult : 6. z7-28. r. -) forme. t79. clrAMps D'AppLrcATIoN DE Ij. rO8. ---) information. r74 r83. + 6t. microstructure. r15. rz4. rt6. milieu. sémantique. rz. Jz.rrrÉ TNTERMÉ. rz2-r25. rJ7. Les coordinations héréditaires d'actions dans les images motrices. Sous-ensemble 3. r7)-r7r.72. 16. r8o. z6 des images et le devenir des civilisations. signe. L'IMAGE AVANT A. r8y. + problème. Structure jj. sous-ensemble. rrr. 14. 3z 3. r4z-t4j. r83. 86. rz7-t)o. i j. [Jn : 6o. t5z. Téléologie --+ causalité. 78. PRÉAMBULE.o. COMMENT I-A MOTRICITÉ pNÉCÈOB I-A SENSO- r.DrArRE ENTRE oBJET ET suJET. r1g-r4o. 136. coNcRxr ET ABSTRAIT. mémoire. 96. t1-t6. 97. z6 4. r9o. r47. 146. t6tt6z. simulacre. Objet et sujet. ryr. DoNNÉEs BIoLoGIQUES. rr}. 98. + magie. des images. PASSÉ.I-avie comme cycle de la genèse 3. Solution r84. sur-ensemble. Technicité i 92.16. 63-64. TNTRODUCTTON. 1. rO2. rO5. r8y. t86-r89. z5 L'imagination et les saisons. ri:-r52. ensemble. structure. 6o. 70. 24. Stéréotype l. 6r. ---) forme.3 par Jean-Yves Chateau. L'TMAGE coMME nÉ. -+ analogon.24. : Superstructure: r3. 46-118. L'IMAGE À r'nxrÉp. souvenir-symbole : r33. Imago. Symbole i j-6.2g la motricité précède z.2o-zz. 83-84. 164. Concret et abstrait. ensemble. 43. Territoire i zt. t4o. superSuperstition : 47. 7t-72. 9 3. 82. zJ. r4j. zo-zr. t4r. 99. Passé et avenir. vII : rr. symbole. 24 r. rt B. Souvenir: rj}-ul. image. r48.

Les images motrices et l'imitation. yo ration. la conduite élémentaire du détour. 67 c.42 L'image comme singularité ou système privilégié de compatibilité perceptive entre ordres de grandeur.2O4 IMAGINATION ET INVENTION 4. pRINcIpE DE nÉrunxwr. ro4 n 3.88 c. Images immédiates et images eidétiques. 46 7. Les réversibilités. Les images de z. rro r. Les difftrentes espèces de compatibilité . 63 r.ou syMBoLE). victimologie et psychologie des profondeurs.57 z. Rôle du milieu organisé en territoire. les images génériques. le merveilleux comme catégorie de I'anticipation mixte. 57 A. CoNNAISSANCE TROISIÈME PARTIE . r3r ET oBJETs-s\Mnotæs. 63 - CONTENU COGNITIF DES IMAGES. en quel sensl'Imago est un symbole. 82 r. A. L'IMAGE INTRA-PERCEPTIVE DANS LA PERCEPTION DES FORMES. voulTs z. Les images d'anticipation dans les états mixtes . fupects humains des conditionnements élémentaires. NTVEAU DES CoNDITIONNEMENTS ÉrÉueNreIRES : PRÀcUNG ET PÉRIODES 9l 93 Intuition du mouvant et connaissance de l'évolution créatrice. Catégories biologiques primaires et catégories psychiques secondaires. LE 5YMB6LE' ror e. Le schème de la projection dans le platonisme . Phobies et exagérations compulsives d'attente. L'image consécutive. ooNNÉns BrolocreuEs suR LEs FoNcrIoNs pERcEprrvns. fupects sociaux. NTyEAU DES pRocEssus psycHleuEs : L'IMAçE MENTALE. Les images souvenirs . 85 r. tot z. L'TNyENTION ÉLÉMENTAIRE VERTE OBS l"rÉOrerloNs. . rz7 4. L'IMAGINATRE coMME M6NDE onceNrsÉ. r39 r.L'image comme anticipation immédiate dans l'identification de I'objet. r39 z. fupects particuliers des images dans la crainte .IXIÈME PARTIE PERCEPTION. Contour subjectif et image associée. 4o B. 72 s. Procession et conversion. 7y z. 63 z. 146 Rôle de I'image dans l'adaptâtion au changement. 6o 3. Caractères particuliers des images dans les perceptions instinctives selon les differentes espèces. notion d'imagination reproductrice . nôrr DE L'IMAGE INTRA-pERcEprrvE DANS LA pRrsE D'INFoRMATIoN. L' image dans la perception différentielle. imprinting). 8z z. LEs IMAGES DANS LEs TABLE ors uerlÈn-es 2ot C. caractère amplifiant des états a) Les singukrités sont plus prégnantes que les régul"arités. 97 B. Constance perceptive et adaptation. 65 3. Notion d'Imago. 6o r. 35 y. ST c) L'image inta-perceptiae est le slyle commun de z. 39 6. (rvrecr A posrERIoRI. Image et concept. les types imaginatifs . 7 7 3. 84 3. Perception de la dérivation. CONTENU AFFECTIVO_ÉMOTIF DES IMAGES 93 r. 49 par leurs rapports k textare et de la confgu- 4. L'objet-symbole. rôle de I'intuition. Inhérence des images motrices au schéma corporel. IMAGES cÉor"rÉrnrquEs. Spontanéité des anticipations motrices au cours de l'ontogénèse. Rôle de I'image intra-perceptive dans les choix. 96 DEI. 43 . 3. SENSTBLES. Érers D'ATTENTE ET D'ANTIcrpATroN. Rôle de l'image intra-perceptive dans I'identifiiation de I'objet. 74 eUATRIÈME PARTIE - 1'111vBNTION. rz6 r. 8o . L'image dans les états d'attente positifs. phénomènes d'inducdon sympathique. IMAGE ET I'objet. le dédoublement. nôrn DE L'ACTIVITÉ rrsRx DANS I-A oÉCOu- r. La prégnation (Prtigung. L'INTUITToN coMME IMAGE A pRIoRI puRl.86 b) Des formes géomëniques ?euaent deaenir prégnantes mutuels. La médiation instrum ennfe. r39 .

I93 Cet ouvrage a été achevé d'imprimer en octobre zooS dans les ateliers de rNDEX DES NOMS PROPRES. Autres catégories d'objets créés . Propriétés communes de la conduite de détour et de la médiation instrumentale. I'objet esthétique. Les processus d'amplification dans la formalisation. rgg Normandie Roto Impression (6nyo Lonrai . r. [a formalisation métrologique objective : des techniques arrx sciences. L'INvENTIoN noRTANT suR LEs SIGNES ET LES syMBoLEs.rrvnr. r57 3. rg7 rNDEX DES pRrNCrpAIrx coNcEpTs.6 IMAGINATIoN ET INVENTIoN 3. 186 BIBLIOGRAPHTE. ryr B. 16r 163 c.troN.2c. r8y poRTÉE DE LA coNcEprroN pnonosÉr. L'INVENTIoN coMME pRoDUcrIoN D'uN oBJET cnÉÉ ou D'UNE c. N'd'édition : rr7 N" d'impression : o83127 Imprimé en France .s. rt3 r. r78 coNclusroN. paniculièremenr. La création des objets techniques. r85 nÉceprrurl. 165 2.a. ry3 z. Formalisations de rype subjectif (normatives et artisriques).France) s.