Vous êtes sur la page 1sur 1

Le traité de Rapallo

Le 16 avril 1922, Tchitcherine et Rathenau [chefs des diplomaties soviétique et allemande] se rencontrèrent près
de Gênes, à Rapallo, et signèrent un accord. Les deux pays renonçaient simultanément aux dettes de guerre et
aux réparations pour dommages militaires qu’ils pouvaient se devoir mutuellement.
L’Allemagne renonçait à revendiquer les anciennes entreprises allemandes de Russie nationalisées par les
Soviets, à condition que ceux-ci ne satisfassent pas les revendications analogues des autres Etats. Les relations
diplomatiques et consulaires étaient rétablies. Enfin les deux gouvernements décidaient d’appliquer dans leurs
rapports commerciaux le principe de la nation la plus favorisée. Comme le dit Potemkine : « Rapallo fit échouer
la tentative alliée d’un front capitaliste uni. Le plan de relèvement de l’Europe au détriment des pays vaincus et
de la Russie s’effondra. » C’était l’annulation définitive du traité de Brest-Litovsk, la fin de l’isolement
soviétique sur le plan économique et politique. L’Allemagne était le premier pays occidental à rétablir des
relations diplomatiques normales avec l’URSS. Le traité de Rapallo avait été conclu indépendamment du général
von Seeckt chef de la Reichswehr. Il était l’aboutissement d’une politique poursuivie par le baron von Maltzan,
chef du département oriental de la Wilhelmstrasse, et par le comte von Brockdorff-Rantzau. Mais de son côté,
von Seeckt avait inauguré une politique d’accords militaires officieux avec l’Armée rouge. […]
Quelques usines de guerre allemandes furent créées en Russie. Surtout, de 1924 à 1932, des camps
d’entraînement pour les tanks, l’aviation et d’expérimentation pour les gaz de combat, fonctionnèrent
activement, sous la direction d’un organisme secret établi en 1924, la Zentrale Moskau. De même, une
collaboration entre les états-majors fut organisée. Ces liens disparurent au début de la période hitlérienne.

D’après Jean-Baptiste Duroselle, Les problèmes européens de 1922 à 1925, in Histoire des relations
internationales, tome 1.