Vous êtes sur la page 1sur 24

Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa

Édition du 19 octobre – Volume LXXVII No 7

ARTS ET CULTURE

Dossier spécial :

La drogue
dans tous ses états
Photo Yanick Macdonald

Hippocampe
Le présent conjugué
au passé
SPORTS

P. 6-9, 14, 15, Photo Jessica Rose

18, 19, 23 Hockey


Faux départ
le 19 octobre 2009

Ariane Marcotte
Isabelle Larose
actualites@larotonde.ca

ÉLECTION PARTIELLE 2009


Actualités
Chaput élu de justesse avec une participation anémique
Philippe Teisceira-Lessard
Celui qui contestatait une grande partie de l’exécutif actuel ira V-P SOCIAL

C
’est finalement Alexandre
Chaput qui a remporté
l’élection partielle pour le maintenant les rejoindre dans les bureaux de la FÉUO. Chaput 357 votes
poste de vice-président aux
activités sociales. Avec 38,3 % des pour l’annonce des résultats avaient Zoom, répond Chaput. Il y a certai- déjà représentée par Dennis Stark Landry 349 votes
voix exprimées, l’actuel coordonna- cependant oublié les relations beau- nes choses dont je n’aimerais pas au Conseil d’administration, a élu
teur des Productions Zoom succède coup plus tendues entre Chaput et qu’elles se répètent, donc c’est cer- Guillaume Pelegrin pour compléter Campbell 226 votes
de justesse à Jean Guillaume, le der- une partie de l’actuel exécutif, nom- tain que je vais travailler fort pour la délégation. Avec 54 % du vote,
mément Seamus Wolfe, Roxanne qu’il y ait des choses à l’interne qui celui-ci a terminé la course avec six
nier v-p qui avait démissionné dans
la controverse. Dubois et Julie Séguin. On se sou- s’améliorent. Mais mon but pour électeurs de plus que Matthew Ar- COMMON LAW
« J’aurai beaucoup de travail à faire
pour organiser de bons événements
viendra que l’hiver dernier avait
été le théâtre d’une tumultueuse
ma rentrée dans l’exécutif n’est pas
de recommencer une grosse guerre
mindo Joseph, son rival, un ancien
vice-président aux activités sociales
Pelegrin 44 votes
contestation de la réélection de ces entre les différentes visions. » de la FÉUO. Des sifflets et des quoli-
sur le campus. C’est ma première
priorité », a-t-il fait part à La Rotonde exécutifs de la FÉUO, ainsi que de Wolfe aussi semble prêt à passer bets se sont fait entendre à l’annonce Joseph 38 votes
quelques minutes après le vote. l’élection de Jean Guillaume, à qui à autre chose : « Je ne vis pas dans de la victoire de Pelegrin, bien connu
Avec moins de 3 % de participa- Chaput succède. À cette occasion, le
nouvel élu était au premier rang des
le passé. Ce n’est pas comme ça que
je travaille, ce n’est pas utile. […]
pour ses prises de position souvent
contraires à celles de la FÉUO.
ÉDUCATION
tion, cette élection partielle peut
difficilement avoir la même crédibi-
lité que l’élection générale de février
contestataires.
« J’ai appris comment travailler
Pour lui, je pense que ce n’était pas
vraiment une contestation de tout
Finalement, la faculté d’Édu-
cation a élu MacArthur Millen
Millen 8 oui 0 non
dernier. avec tout l’exécutif et tout le monde le groupe, mais qu’elle concernait comme directrice pour succéder à
« C’est une question difficile », ac- de la FÉUO pendant l’été », tempère plus l’autre candidat aux [activités] Myriam Bérubé. Sans aucun adver- GESTION
corde Seamus Wolfe, président de la le principal intéressé. « Juste après sociales. » saire sur le bulletin, la candidate
FÉUO et du comité électoral. « On le dévoilement des résultats, j’ai eu
des félicitations des membres de Directeurs de faculté
a vu l’ensemble des huit votes de
ses collègues lui revenir. « On sait
Steeves 155 votes
sait que dans toutes les élections
partielles, les taux de participation
ne sont jamais hauts. Pour un pos-
l’exécutif présents. Jusqu’à date, la
réception a été chaleureuse. J’ar- Du côté des directeurs de faculté,
qu’éducation est un cas spécial. Ils
rentrent en septembre pour seule-
Huranchyk 17 votes
te de v-p social, dans une période
d’examen, je suis confortable avec le
rive tout de même à mon poste avec
mes propres opinions, mes propres
trois étudiants ont été élus. Arrivé
troisième dans la course pour la pré-
ment un an, ils sont isolés dans leur
faculté, les cours sont organisés de Mackie 5 votes
taux de participation. Heureux, non, façons de voir comment les choses sidence de la FÉUO l’hiver dernier, façon différente. C’est complète-
mais confortable, oui. Ça va. » devraient fonctionner. » Tyler Steeves a été élu directeur de la ment différent. On ne peut appli-
Cette vision des choses diffère-t- faculté de Gestion, avec un écrasant quer les mêmes critères d’analyse »
TAUX DE PARTICIPATION
Wolfe a aussi une réponse toute

3%
prête pour ceux qui osent accuser elle de celle de Wolfe, par exemple? 87 % des voix exprimées, battant du a objecté Wolfe lorsque La Rotonde D’ENVIRON
la méthode de scrutin traditionnelle « Je peux seulement critiquer avec même coup deux de ses collègues. a remis en doute la representativité
pour la participation anémique. ce que j’ai vécu comme employé à La section de Common Law, de cette élue.
« L’idée que le vote électronique
ait augmenté le taux de participa-
tion l’année dernière est trompeuse.
Oui, c’est une partie de la raison, ab-
solument. Mais la vraie raison pour « J’ai appris comment
expliquer ce taux, c’est qu’il y avait
beaucoup de candidats, avec beau- travailler avec tout
coup d’idées. C’était vraiment enga-
geant pour tout le campus. »
Avec seulement huit votes de re-
l’exécutif et tout le
tard sur le gagnant, Bruce Landry
a pour sa part recueilli 37,4 % des
monde de la FÉUO
voix, un score plus qu’honorable
pour celui qui en était à sa première pendant l’été »
tentative électorale au niveau fé- - Alexandre Chaput
dératif. Iain Campbell, quant à lui,
a fini avec 24,2 % d’appui, malgré
ce qui fut considéré par plusieurs
comme la meilleure campagne de la
course.
Chaput se fait bon joueur avec
anciens opposants : « J’aimerais
m’asseoir avec Bruce et Iain pour
voir leur vision de la FÉUO et du
poste de v-p social, parce que j’ai
seulement gagné par huit votes. Il y
a donc beaucoup d’étudiants qui ont
voté pour eux. Je respecte le fait que
beaucoup d’étudiants ont donc voté
pour leur plateforme. »

Les conséquences
de la contestation
Photo Mathieu Langlois
Peu de gens présents au 1848 Alexandre Chaput et Tyler Steeves étaient tout sourire suite à l’annonce des résultats.

2 • www.larotonde.ca actualites@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Actualités
COMMERCIALISATION DU CAMPUS

Politique-cadre pour les dons


attendue « dans les prochains
mois » À la suite du panel-discussion sur la commercialisation du
campus, Allan Rock veut voir une politique d’encadrement
à moyen terme.
Philippe Teisceira-Lessard ukrainiennes ont exposé leurs points naître la contribution essentielle
de vue sur ces questions, points de des donateurs pour les universités,
Des visions opposées sont entrées vue ancrés dans leur réalité respecti- ils souhaitaient aussi qu’une politi-
en collision au matin du 9 octobre ve et alimentés par leur expérience. que d’encadrement soit clairement
dernier, à l’occasion d’un panel-dis- Éric Martin, le doctorant en pen- mise de l’avant.
cussion sur la commercialisation du sée politique, avait sans aucun doute
campus. la position la plus radicale des qua- Des résultats sous peu?
Devant une audience relativement tre intervenants. Pour lui, la ques-
dense, quatre panélistes ont pris la tion de la dénomination d’édifices Allan Rock, recteur de l’Univer-
parole pour exposer leur vision de ou de programmes avec des noms sité d’Ottawa, était présent pendant
la problématique et des actions à de donateurs (entreprises ou en- presque tout l’événement, restant
poser, et pour répondre aux ques- trepreneurs) n’est que la pointe de totalement impassible à la seule
tions des étudiants. Cette initiative l’iceberg, qu’une partie d’un problè- occasion où il a été interpellé direc-
conjointe de l’administration, de la me beaucoup plus grand : l’immix- tement. On se souviendra que c’est
Fédération étudiante (FÉUO) et de tion des entreprises privées dans de à la première activité de cette série,
l’Association des étudiants diplômés multiples secteurs, dont l’éducation l’an dernier, que le recteur avait été
(GSAÉD) faisait suite à une activité supérieure, qui lui étaient traditon- agressivement interpellé par Marc
semblable portant sur l’indépen- nellement interdits. Kelly, activiste radical bien connu.
dance de la recherche qui s’était te- Pour sa part, Glen Tugman, em- « L’objectif, aujourd’hui, c’est de
nue au mois d’octobre dernier. Une ployé par la Banque Scotia pour gérer solliciter des réactions, des perspec-
audience assez nombreuse pour ce ses programmes d’appui et de dons, a tives diverses pour pouvoir exami-
genre d’événement était assise dans plutôt plaidé une position contraire. ner les points saillants et élaborer
les gradins, visiblement à l’affût des Il a exposé aux étudiants que les en- une politique », a rappelé Rock.
arguments des intervenants. treprises donatrices comme la sienne « On a des lignes directrices, mais
Le nom même de cette activité donnaient réellement de bonne foi et pas de politique », poursuit-il avant
ne faisait pas l’unanimité. Alors que pour jouer un rôle d’exemple dans la d’affirmer souhaiter voir une politi-
les deux associations étudiantes du communauté. « En termes de poli- que « dans les prochains mois ».
campus parlaient clairement d’une tique, l’Université est prise avec un Questionné sur la possibilité que « En termes de politique, l’Université est
discussion sur la commercialisation beau problème : comment gérer des l’U d’O adopte le modèle de l’Univer-
du campus, l’administration, elle, gens qui veulent aider? » a-t-il décla- sité du Québec à Montréal (UQAM), prise avec un beau problème : comment
organisait un panel sur la recon- ré à propos de l’élaboration possible Allan Rock échappe un sourire.
naissance des donateurs. Cette dif-
férence de point de vue illustre bien
d’une politique de dons.
Au centre de cet affrontement
« C’est une approche possible, c’est
tôt pour en parler. Les gens en ont
gérer des gens qui veulent aider? »
la principale pomme de discorde
qui animait les quatre hommes dis-
bien pacifique se trouvaient Domi-
nique Arel, professeur en études
parlé. » Le modèle en question pré-
voit l’interdiction de tout baptême
- Glen Tugman
cutant sur la scène de l’Agora. ukrainiennes, et Robert Johnson, en l’honneur de donateurs ainsi que
Un syndicaliste, un banquier, un représentant de l’Association cana- la mise sur pied d’un comité chargé Photo Mathieu Langlois
candidat au doctorat en pensée po- dienne des professeurs d’université. de choisir des personnalités impor- Allan Rock suivait attentivement le panel-discussion sur la commercialisation
litique et un professeur en études Si tous les deux semblaient recon- tantes pour la communauté. du campus.

DROITS DES FEMMES

Colloque de la Chaire conjointe en Études des femmes


En vedette : « Les droits des femmes sur l’échiquier politique ».
Ariane Marcotte députées, des représentantes d’or- digne-t-elle. « Oui, il y a des lois, oui, les]. Pourtant, je ne vois pas que des « Je suis confiante que l’on va cer-
ganismes de femmes ainsi que des les gouvernements ont prévu des femmes carriéristes et ignorantes tainement atteindre notre objectif
Le 19 octobre aura lieu au pavillon chercheuses, afin d’examiner les lois pour contrer le problème, mais de leur passé, ce n’est pas ce que je d’environ 70 personnes. »
Desmarais le premier colloque de stratégies à adopter pour faire avan- il ne faut pas que ces lois restent sur vois sur le terrain. » Wolfe animera Le budget opérationnel pour
la Chaire conjointe en Études des cer les droits des femmes dans le papier; elles doivent être appliquées une conférence sur le leadership fé- l’événement permettra aux orga-
femmes de l’Université d’Ottawa milieu politique canadien. et respectées. » ministe dans la politique nord-amé- nisateurs d’offrir l’entrée libre aux
et de l’Université de Carleton. Le Parmi les nombreuses confé- ricaine. participants. Dans un souci d’acces-
thème de la journée portera sur rencières invitées, on retrouvera la Ignorance sibilité à tous, l’ensemble du collo-
« Les droits des femmes sur l’échi- docteure Leslie Wolfe, présidente Conférences gratuites et que se déroulera moitié en français,
quier politique ». Le rassemblement du Centre for Women’s Policy Stu- Toujours selon Wolfe, la croyance ouvertes au public moitié en anglais dans la journée.
a pour but de donner l’heure juste dies à Washington D.C., qui a réussi populaire selon laquelle les jeunes Pour vous inscrire gratuitement,
sur la situation féminine en milieu un parcours impressionnant. Selon femmes des générations X et Y ne Une douzaine de conférenciè- veuillez communiquer avec Nathalie
politique, de proposer des solutions celle-ci, malgré les nombreuses per- s’intéressent pas ou s’intéressent res prendront la parole le 19 octo- Blanchard à l’adresse suivante : scs-
et de conscientiser les individus qui cées dans le domaine des droits des peu aux enjeux féministes est faus- bre. Agnès Whitfield, l’instigatrice comm@uottawa.ca ou par téléphone
évoluent dans ce milieu. femmes au cours des dernières dé- se : « Les gens ont certains préjugés du colloque, en partenariat avec au 613-562-5800, poste 2642.
cennies, la bataille pour l’égalité des envers ces femmes. Tant les hom- l’Alliance féministe de l’action in- Le colloque de la Chaire conjoin-
Des noms de marque sexes n’est pas tout à fait terminée. mes que les femmes croient que les ternationale (AFAI) et l’Institut te en Études des femmes a lieu
« Je trouve choquant d’entendre jeunes [filles] sont indifférentes face canadien de recherche sur les fem- aujourd’hui, 19 octobre, de 9h à
Le colloque réunira pour l’occa- que le viol et la violence conjugale à ces enjeux et croient que le com- mes (ICREF), s’attend à une bonne 17h30, dans la pièce 3120 du pa-
sion plusieurs conférencières : des existent encore de nos jours », s’in- bat du féminisme est derrière [el- participation de la part du public : villon Desmarais.

actualites@larotonde.ca www.larotonde.ca • 3
Actualités le 19 octobre 2009

EMPLOIS ÉTUDIANTS EMPLOIS ÉTUDIANTS » VOX-POP

Quand les hommes de pouvoir déclarent vouloir Quel emploi avez-vous


occupé cet été?
combattre le chômage Cet été a pris des allures cauchemardesques en ce qui concerne
la recherche d’emploi. Pour tenter de comprendre quelle a été
Ces emplois qui n’aimaient pas les étudiants… l’expérience de la population estudiantine de l’Université d’Ot-
tawa, plusieurs étudiants ont été interrogés au sujet de leur
Catherine Dib Que se passe-t-il sur le marché du universitaire, pour qui les frais d’études emploi cet été. Une multitude se sont déniché un emploi satis-
travail? ne s’avèrent pas être une partie de plai- faisant grâce à une stratégie digne de Jean Sarkozy, c’est-à-dire
Libre à chacun de danser la faran- sir non plus. » par le biais d’un parent ou d’un contact, tandis que d’autres ont
dole à l’annonce de la première légère Bien sûr, on ne peut traiter du man- repris le poste qu’ils occupaient les années précédentes.
baisse mensuelle du taux de chômage, que d’emploi sans aborder la redoutable Les conséquences
puisqu’il s’agit d’un signe que le pays récession. Cet été a été peu fructueux en Texte: Catherine Dib - Photos: Philippe Dumas
s’est remis de la récession. Toutefois, offres d’emplois, plusieurs centres de Pour l’instant, la chute flagrante de
des étudiants se serrent la ceinture en placement recevant des demandes par l’emploi étudiant se situe entre juin
chœur en vue d’une année caractérisée vagues de la part d’étudiants au chô- 2008 et juin 2009. « Il s’avère ardu de
par le chômage, pointant son vilain nez mage ou sous-employés qui passaient deviner quelles répercussions à long ter-
depuis la récession. d’un travail peu gratifiant à un autre. De me le chômage étudiant amènera », sou-
En effet, on peut observer une aug- multiples compressions de personnel lève Lindsay. « Pour l’instant, on peut
mentation de 5 % du chômage depuis ont touché les secteurs de la restaura- anticiper moult bacheliers abordant le
l’année dernière, pour atteindre un tion, de l’hôtellerie, ainsi que d’autres marché sans aucune expérience acquise
taux de 16,4 % en août dernier. Statis- activités reliées au tourisme, contraire- dans leur domaine, les offres d’emploi
tique Canada fait part de ces chiffres ment à la vente au détail, qui, elle, conti- en vue de leur carrière étant limitées.
dans un document publié le 4 septem- nue d’engager. La question, cependant, Certains pourraient aussi désirer obte- Vincent Hardy – Sociologie
bre 2009. n’est pas quel secteur engage, mais où nir un deuxième diplôme plus pratique,
Ces données contribuent par ailleurs trouver des emplois à temps plein, étant avec des connaissances plus concrètes et J’ai travaillé pour le gouvernement fédéral, auquel j’ai pu accéder
au rapport intitulé « Signes vitaux Ca- donné que le marché regorge encore à moins théoriques pour le monde du tra- par le programme COOP. J’étais retourné dans le poste que j’oc-
nada 2009 ». Ce dernier est en quel- ce jour de postes à temps partiel. Cindy vail », poursuit-elle. Une certitude peut cupais l’année passée, car je revenais d’un voyage d’échange et j’ai
que sorte un bulletin de la Fondation Lindsay, coordonnatrice régionale de cependant se placer parmi tous ces dou- manqué de temps pour chercher autre chose de manière appliquée.
communautaire du Canada (FCC), qui l’Ontario de la FCC, exprime la problé- tes : les étudiants mal pris ont recours J’étais tout de même content d’avoir pu garder ce poste cet été.
prend le pouls de seize communautés matique comme suit : « Si vous regardez à de l’aide financière du gouvernement.
à travers le Canada à partir de don- cela concrètement, une bonne fraction En effet, il y a une croissance notable du
nées et de statistiques déjà disponibles des emplois offerts aux étudiants sont à nombre de demandes au Régime d’aide
à l’analyse. Cette information sert à temps partiel, autant en été que durant financière aux étudiants de l’Ontario à
dégager des conclusions au sujet des l’année académique. La moyenne des travers les campus. Pour lesdits prêts,
espaces examinés, notamment celle heures se situant autour de 23, un étu- le gouvernement présume que l’argent
plutôt troublante au sujet du chômage diant a difficilement les moyens de payer amassé durant la saison estivale servira
étudiant, principalement en Ontario et le loyer, l’épicerie, l’électricité, etc. Une aux études. Un certain montant est donc
au Québec. situation peu enviable pour l’étudiant déduit du prêt avant même sa remise.

Laurence Pelletier – Étude des conflits et droits humains

J’ai travaillé dans un petit café, un emploi que j’ai pu obtenir


grâce à des contacts. Si j’avais seulement posé ma candidatu-
re, je ne sais pas si on m’aurait sélectionnée. Par ailleurs, j’ai
cessé de travaillé là pour pouvoir œuvrer en tant que barmaid,
emploi qui est mieux rémunéré et que j’ai pu une fois de plus
obtenir grâce à des contacts.

France Schnob – Biologie

Ayant déménagé récemment, le poste de gérante que j’espé-


rais obtenir ne m’était plus accessible. Je suis commis dans
une fromagerie près de chez nous, ce qui est plutôt commode,
Photo Jessica Rose
La situation de l’emploi est critique chez les étudiants. même si j’avais postulé à d’autres endroits, mais personne
n’avait rappelé!

Kévin Létourneau – Histoire et science politique Allie Atuhh – Soins infirmiers Peter Dosnan – Art général

J’ai travaillé à l’hôtel de ville de Welland, où j’étais employé J’ai pu travailler dans une épicerie de fruits et légumes. J’ai été J’ai collaboré avec mon oncle en accomplissant des rénovations
l’année passée. Je prévoyais en fait rester à Ottawa, mais, faute satisfaite de emploi, même si la recherche pour celui-ci s’est pour une compagnie. Mon but, cet été, était toutefois d’être gar-
d’offres d’emploi, j’ai décidé dès le mois d’avril de réintégrer avérée difficile. L’important, c’était de pouvoir amasser de l’ar- dien à la plage, mais j’ai postulé un peu trop tard et je n’avais
mon ancien poste. gent pour l’année scolaire. pas trop insisté.

4 • www.larotonde.ca actualites@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Actualités
RÉGIME D’AIDE FINANCIÈRE CAMPUS

L’Ontario reprend ses livres Quinze nouveaux étages « verts »


À partir de cette année, le prêt spécial pour les manuels La construction de la tour Vanier est commencée.
scolaires sera restreint aux bénéficiaires du RAFÉO.
Danielle Webb, traduction nancier de l’éducation ou, à tout le
par Philippe Teisceira-Lessard moins, selon Melanson, aurait pu
tranmettre l’information à propos
Toronto – De la même manière de cette mesure de manière plus ef-
qu’elle avait été créée il y a environ ficace.
un an, la Subvention au titre des « Actuellement, les frais de sco-
manuels et de la technologie (SMT) larité augmentent chaque année,
s’est vue amputée d’une bonne par- alors le retrait de cette mesure ne
tie de son budget dans un silence fait que compliquer les choses pour
presque complet par le ministère les étudiants », a commenté Sernos-
ontarien de la formation et des col- kie, qui ressent toujours les effets de
lèges et universités. la récession économique au cœur de
Sous le nouveau régime régle- laquelle elle a perdu son emploi.
mentaire, seuls les étudiants qui bé- Cette session-ci, l’étudiante n’est
néficient déjà de prêts en vertu du pas inscrite à des cours, mais se
Régime d’aide financière aux étu- contente de joindre les deux bouts
diants de l’Ontario (RAFÉO) pour- dans ces temps difficiles.
ront recevoir le prêt d’une somme « Je ne peux pas me permettre
de 150$. d’aller à l’école. J’ai perdu mon em-
Pour Stephanie Sernoskie, étu- ploi en février et je vis pauvrement
diante à l’Université de Toronto, cet depuis », a-t-elle confié.
important recul constitue une mau- Alors que Sernoskie, n’étant ins-
vaise nouvelle. crite à aucun cours, n’aurait pas pu
« Cette prestation ne s’élevait pas profité du prêt cette année, Melan-
à un très gros montant, mais c’était son croit que ce sont des étudiants
mieux que rien. Que le gouverne- comme elle qui pourraient avoir le
ment ontarien retire cette possibi- plus besoin de ce coup de pouce.
lité aux étudiants qui ne sont pas « Les étudiants à temps partiel ne
bénéficiaires du RAFÉO est insul- sont pas éligibles, bien qu’ils soient
tant, a-t-elle déclaré. Je ne peux pas le plus à risque d’avoir besoin d’ar-
Image Université d’Ottawa
m’empêcher de me demander pour- gent, dit-elle. Plusieurs étudiants Un immense chantier se trouve au coeur du campus.
quoi cette mesure a été instaurée en ont été incapables de trouver un
premier lieu. » emploi convenable, les familles Isabelle Larose jusqu’à 234 étudiants. La tour abrite- Un bâtiment durable
Cependant, Sernoskie n’est pas la perdent leurs emplois et le coût de ra également une salle de conférence,
seule personne confuse par cette dé- l’éducation dans cette province est La construction de la tour Vanier, le un espace multifonctionnel ainsi que « Ce qui est intéressant, avec la
cision. Shelley Melanson, présidente le deuxième plus élevé au pays. » plus gros projet de l’Université de- des installations de recherche dans tour Vanier, c’est qu’elle est construi-
de la branche ontarienne de la Fédé- « Le fait que le prêt a été coupé puis 25 ans, vient tout juste d’être des domaines comme la psychologie, te selon les principes du développe-
ration canadienne des étudiantes et après seulement un an indique bien entamée. L’édifice de 15 étages, qui l’économie et la neuroscience. « La ment durable », croit le directeur
étudiants (FCÉÉ), croit que ce prêt que ce gouvernement ne fait pas de sera contigu au pavillon Vanier, tour et le pavillon Vanier formeront du Service des immeubles. Certifié
était mal pensé dès sa création. l’éducation postsecondaire l’une de sera certifié LEED Or (“Leadership un complexe dédié aux sciences so- LEED Or, l’édifice sera muni d’un
« Voilà un exemple de ce qui se ses priorités », ajoute Melanson. in Energy and Environmental De- ciales qui bénéficiera à tout le mon- système hautement performant qui
passe lorsque le gouvernement ne Cette dernière suggère par sign”). de, puisque l’esprit d’appartenance, permettra des économies d’énergie
consulte pas correctement les étu- ailleurs une remise sur les frais de Avec un budget total de 115 mil- non seulement entre les étudiants, d’environ 50 %. Brun del Re expli-
diants » a remarqué Melanson. scolarité pour tous les étudiants, lions $, la construction de la tour mais également entre les membres que que la cohabitation des systè-
Selon elle, le prêt ne comble pas le une mesure qui irait bien plus loin Vanier et la rénovation du pavillon du corps professoral sera amélioré mes de chauffage et de climatisation
vrai besoin qui existe dans le sys- que la SMT. du même nom accaparent la ma- en regroupant tous les services », permet de « bouger l’énergie ». Par
tème d’éducation postsecondaire. « Dans un contexte d’économie jeure partie des 150 millions $ ajoute Brun del Re. exemple, la chaleur produite par
Cela indique clairement que les étu- du savoir, on doit faire en sorte que d’investissement prévus dans le Une fois terminé, le pavillon abri- un système de climatisation pour-
diants doivent toujours être impli- l’éducation soit accessible et abor- plan quinquennal déposé en 2007. tera, entre autres, le Département rait être utilisée pour le chauffage.
qués dans le processus. dable, soutient-elle. La façon la plus Les travaux, qui devaient initiale- de criminologie, l’École de service « On veut récupérer l’énergie au
L’implication d’étudiants dans efficace d’y parvenir est de réduire ment se résumer à la rénovation social, l’Ins- maximum »,

« On veut récupérer
la prise de décision aurait pu offrir les coûts initiaux et de s’assurer que du pavillon Vanier, ont toutefois titut d’études résume Brun
au gouvernement de nombreuses les obstacles financiers ne réduisent dû être revus en 2008 en raison des femmes, del Re. La tour
options visant à adoucir le coût fi- pas la participation. » de la croissance rapide de la fa- l’Institut des sera également
culté des Sciences sociales. L’Uni-
versité a opté pour la construc-
langues offi-
cielles et du
l’énergie au maximum » munie
toit
d’un
végétal.
BRÈVE tion d’une nouvelle tour, car les bilinguisme - Claudio Brun del Re De la verdure
espaces prévus dans le plan de (ILOB) ainsi pourra aussi
Le CRCCF de l’Univer- tous les aspects du Canada français. rénovation étaient devenus insuf- que le Dépar- être observée
sité d’Ottawa : lauréat du Les recherches publiées par celui-ci fisants. « La demande en termes tement de communication de la à l’intérieur même du bâtiment, car
prix du 3-juillet-1608 depuis ses débuts ont donc permis d'étudiants, mais également en faculté des Arts. Divers services un mur « vivant » composé de plan-
de mieux comprendre l’histoire, la matière de recherche et de besoins tels que le Service d’appui à l’ensei- tes y sera aménagé. « C’est un élé-
Le Centre de recherche en civili- société et les cultures entourant la académiques, nécessitait une telle gnement et à l’apprentissage pour- ment intéressant d’un point de vue
sation canadienne-française de francophonie au pays. construction », explique Claudio raient également y être relocalisés. visuel, mais ce type de mur contri-
l’Université d’Ottawa a reçu, le « Aujourd’hui, c’est toute la fran- Brun del Re, directeur du Service Selon le plan révisé, « de deux à bue également à améliorer la qualité
30 septembre dernier, le prix du cophonie nord-américaine qui nous des immeubles. quatre étages resteront vacants en de l’air grâce au phénomène de la
3-juillet-1608 décerné par le Conseil intéresse, car nous croyons que dans attente de programmes et de pro- purification naturelle », de préciser
supérieur de la langue française du le domaine de la recherche comme Un complexe dédié jets futurs ». le directeur.
Québec. Ce prix prestigieux récom- dans les autres secteurs de la vie aux sciences sociales Les rénovations au pavillon Va- Les concepteurs ont en outre ac-
pense un organisme ayant contri- collective, il n’y a d’espoir que dans nier, quant à elles, permettront de cordé une importance particulière à
bué de façon exceptionnelle au fait la solidarité des francophones, où Érigé sur l’emplacement de l’an- loger l’École de psychologie et le l’éclairage du bâtiment en s’inspirant
français en Amérique du Nord. qu’ils se trouvent », a déclaré Yves cien Centre de l’étude de l’enfant, la Service vétérinaire et animalier. du pavillon Desmarais, qui est parti-
Rattaché à la faculté des Arts, le Frenette, directeur du CRCCF, lors tour Vanier ajoutera 22 000 mètres Le système de ventilation sera éga- culièrement apprécié pour sa clarté.
CRCCF existe depuis 1958. Il a pour de son discours de remerciement. carrés de nouveaux espaces. Plu- lement refait afin d’améliorer la Si tout se déroule comme prévu, la
principale mission de stimuler et de sieurs salles de classe seront amé- qualité de l’air, qui n’était pas sa- tour Vanier devrait pouvoir accueillir
promouvoir la recherche concernant Julie-Anne Lapointe nagées, dont une pouvant accueillir tisfaisante. les étudiants d’ici janvier 2012.

actualites@larotonde.ca www.larotonde.ca • 5
Actualités le 19 octobre 2009

Revue de presse universitaire Point d’ordre


Philippe Teisceira-Lessard Ariane Marcotte, Chef de pupitre Actualités

FCÉÉ-Québec propose des réformes...


et reçoit des menaces légales

Un immense projet de réforme de la FCÉÉ


La loi du moindre effort
Afin d’élaborer le dossier concernant la dro- vérité absolue, je me suis dit qu’il fallait en
proposée par son organe québécois (FCÉÉ-
Québec) a été accueilli par une mise en de- gue sur le campus de l’Université d’Ottawa prendre et en laisser. Dire que tout va bien
meure de la part de l’exécutif national. qui paraît dans cette édition de La Rotonde, côté drogues chez les jeunes, ce ne serait pas
Le projet de réforme comporte trois lon- j’ai dû passer outre mes préjugés et m’infor- bien vendeur.
gues sections et prévoit entre autres l’ouver- mer sur la consommation des drogues dans Malgré tout, il reste que les drogues de per-
ture des assemblées générales annuelles à les établissements scolaires. Après tout, qui, formance, telles le Ritalin et le speed, sont pri-
plus de représentants de la presse, en plus de de nos jours, n’a jamais vu un de ses camara- sées des étudiants universitaires, comme les
contraindre la FCÉÉ à publier l’ensemble des des de classe « gelé » lors d’un cours? intervenants dans notre dossier le confirment.
poursuites légales dans lesquelles elle impli- Pour bien comprendre le problème, j’ai C’est triste, très triste.
quée depuis cinq ans, le salaire des membres lu des articles de journaux, Cyberpresse, L’Université est ferme sur les cas de plagiat,
de l’exécutif depuis trois ans et à démettre cer- Le Devoir, La Presse, etc. J’ai aussi pris le qui devraient, selon moi, être moins graves
McMaster vole son nouveau recteur à tains membres de cet exécutif. Plusieurs chan- temps de regarder une série documentaire que d’avoir recours aux drogues de perfor-
Queen’s gement concernent aussi le mode de fonction- fascinante sur Canal Vie, intitulée La dro- mance.
nement démocratique de l’association. gue à l’école. Dans cette dernière, on s’in- Je trouve malheureux que des gens de mon
L’hebomadaire The Silhouette de l’Université En réponse à cet envoi, la FCÉÉ a fait par- quiète de voir que la consommation de ma- âge aient si peu confiance en leur intelligence
McMaster a annoncé l’identité du prochain venir au président de FCÉÉ-Québec un avis rijuana commence parfois dès l’âge de neuf qu’ils ne trouvent pas d’autre moyen que de
recteur de son institution. Il s’agit de Patrick légal clamant que son organisation ne faisait ans. Toujours selon le documentaire, fini le « booster » leur cerveau pour pouvoir se me-
Deane, le vice-recteur aux affaires académi- plus partie de l’association nationale. Il s’agit petit joint entre deux cours à la polyvalente; surer à leurs pairs. Voilà donc où la société et
ques à l’Université Queen’s de Kingston. d’une histoire à suivre. maintenant, la cour d’école fait place aux ses exigences auront poussé la jeunesse.
Ce natif de l’Afrique du Sud est détenteur drogues chimiques : speed, ecstasy, cocaïne, Je trouve dommage que nous donnions
d’une maîtrise et d’un doctorat en littéra- Ryerson perd 130 000 $ pour ne pas voire crack! une raison de plus aux générations précé-
ture anglaise. Il a d’ailleurs enseigné dans avoir vendu assez de cola Le plus étonnant reste que la série docu- dentes, qui se plaisent à dire que les jeunes
ce domaine à l’Université de Toronto et à mentaire en question ne s’intéressait qu’aux d’aujourd’hui vivent par la loi du moindre
la Western Ontario University. Il a par la L’Université Ryerson vient de perdre cas vécus à l’école primaire et secondaire. effort. À ceux et celles qui travaillent pour ar-
suite occupé de nombreux postes de direc- 130 000 $ en subvention de la compagnie Imaginez alors un instant où l’on en sera river à leurs fins, je lève mon chapeau; à ceux
tion dans cet établissement, de même qu’à américaine Coca-Cola pour ne pas avoir quand cette génération cognera aux portes et celles qui ont choisi une voie plus facile,
l’Université de Winnipeg, avant d’aboutir à vendu autant de boisson gazeuse que son des cégeps et des universités… Du moins, si j’espère que votre conscience vous rattrapera
Queen’s. Jeff Green, le journaliste de The contrat d’exclusivité avec celle-ci l’exigeait. ceux qui ont pris ce chemin s’y rendent. avant qu’il soit trop tard. Ne croyez pas que
Silhouette, écrit que son profil plus social Cette entente coûte trois quart de millions Malheureusement, les médias – et je m’in- ces gestes répréhensibles soient sans consé-
tranche nettement avec celui des vice-rec- de dollars à la multinationale, somme clus – n’étant pas non plus porteurs de la quences négatives.
teurs et vice-recteurs associés de McMas- qu’elle remet à l’université. Cette dernière
ter, qui, eux, sont plutôt tournés vers les l’utilise principalement pour financer des
domaines du génie et des sciences en géné- bourses pour les étudiants et les athlètes de
ral. Cela pourrait signifier une résurgence l’institution.
des humanités à McMaster. Or, le contrat stipule aussi que Ryerson doit
Deane remplacera Peter George, l’actuel vendre un nombre gardé confidentiel de bois-
recteur en place depuis 1995. À ce titre, ce der-
nier fut le recteur ayant la plus longue carrière
sons gazeuses, sans quoi le contrat est auto-
matiquement renouvelé pour un an sans que est branchée!
à McMaster. Coca-Cola ait à verser plus d’argent.

Vous ne voulez rien manquer de l’actualité du


campus ? Le compte rendu du CA de la Fédéra-
tion Étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO)
se trouve sur le www.larotonde.ca !

Nous avons besoin de votre plume!

info@larotonde.ca
larotonde.ca

COMITE DES
CAMPAGNES

6 • www.larotonde.ca actualites@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Actualités
DOSSIER DROGUES

Des consommateurs racontent…


À l’occasion de la couverture, par La Rotonde, du dossier concernant la drogue sur le campus de l’Université d’Ottawa, nous avons lancé un appel aux
étudiants consommateurs pour obtenir quelques témoignages sous le couvert de l’anonymat. Deux étudiants du premier cycle ont gentiment accepté
notre invitation : Gabriel, 22 ans, étudiant en psychologie, et François, 21 ans, étudiant en géographie.
Ariane Marcotte commerce Ritalin. Le médicament
que certains nomment “kiddy coke”,
Gabriel est consommateur de « ou « cocaïne des enfants », est ma-
speed », aussi connu sous les noms joritairement prescrit aux plus jeu-
de « peanut » ou « méthamphétami- nes et de plus en plus fréquemment.
ne », pour ne nommer que ceux-ci. Il s’agit avant tout d’un stimulant
Il en consomme depuis sa dernière du système nerveux central qui
année de cégep; cela fait maintenant agit en recaptant la dopamine, un
deux ans que cette habitude est de- peu comme les antidépresseurs. Ce
venue régulière. recaptage de la dopamine résulte
Le « speed » est une drogue qui en une augmentation de la concen-
stimule l’esprit en le gardant en tration chez le consommateur. À
éveil, accélère le rythme cardiaque l’usage médico-légal, le Ritalin est
et procure un sentiment d’euphorie prescrit pour éliminer les troubles
constant chez l’utilisateur. déficitaires de l’attention, dont l’hy-
« J’ai commencé à en prendre un peractivité.
peu par paresse », avoue Gabriel. Apparemment, cette drogue, lé-
« Avec mon emploi et mes études, gale sous prescription, serait très
je n’avais pas le temps d’aller au prisée par les étudiants désirant
gym et je voulais perdre du poids. augmenter leur concentration et
Ma sœur en prenait et elle avait leurs performances académiques.
perdu beaucoup de poids grâce à ça. « Ça a été vraiment facile pour
Ça m’a paru comme une pilule mi- moi d’en avoir », témoigne François.
racle, plutôt que de faire un régime, « Je suis allé chez mon médecin de
aller m’entraîner, etc. Au fond, avec famille, j’ai jasé avec lui – j’avoue
la “peanut,” c’est un peu comme si que j’en ai “beurré épais” – et puis
je faisais mon jogging pendant toute j’ai eu ma prescription, donc, en
une journée! Ça a fonctionné côté principe, c’est tout à fait légal…
poids : j’ai perdu 25 livres depuis Est-ce que j’en ai besoin en réalité?
mon cégep. » Oui, je suis une personne vraiment
Évidemment, de nombreux effets distraite en temps normal, mais de
secondaires ont par la suite affecté là à dire que cela vient d’un trouble
l’étudiant. « Au début, ce n’était pas déficitaire de l’attention… non! Je
si pire », se rappelle-t-il. « J’avais n’ai pas vraiment d’effets secondai-
parfois des maux de tête, je faisais res nuisibles pour le moment. J’ai
de l’insomnie de temps en temps et entendu dire que ça pouvait donner
j’avais toujours des sueurs froides; le cancer, mais je ne sais pas si c’est
jusque-là, ça se supportait, à mon prouvé. En tout cas, c’est certain
avis. Je me disais que c’était un fai- que je suis cent fois plus efficace
ble prix à payer pour ce que ça m’ap- qu’avant dans mes travaux, ça ne se
portait. C’est comme devenu une ha- compare même pas! »
bitude pour moi. Je n’en prends pas Aux dires de ces deux étudiants,
tous les jours, quand même, mais ils ne sont pas les seuls dans cette
au moins deux fois par semaine. Je situation sur le campus. « Les gens
ne sais pas si ça compte comme une sont bien naïfs ou ne veulent pas
forme de trouble de l’alimentation… voir la vérité, selon moi », affirme
mais j’ai l’impression que si j’arrête, François. De quoi se poser de sé-
je vais redevenir un “petit gros”! » rieuses questions, si nos deux étu-
À long terme, Gabriel affirme diants disent vrai.
qu’il éprouve parfois de la confu- L’étudiant moyen est-il désor-
sion et qu’il est très nerveux. De mais en mesure de se comparer à
plus, avec le temps, il a trouvé une ces étudiants hyperperformants?
raison supplémentaire de consom-
mer du « speed » : « Je travaille
25 heures par semaine et je vais à
l’université à temps plein… En plus,
je dois avouer que je passe pas mal
de temps dans les bars. Ce n’est pas
vraiment un secret pour les gens qui
m’entourent : personne ne peux vi-
« En tout cas, c’est certain que je suis
vre un rythme de vie comme celui-là
en étant à jeun! Je ne me sens pas
vraiment jugé, beaucoup de monde
cent fois plus efficace qu’avant dans mes
le fait de toute manière. »
travaux, ça ne se compare même pas! »
- François
Le fameux Ritalin

Quant à François, lui aussi étu-


diant à l’Université d’Ottawa, il
prend plutôt du méthylphénidate,
mieux connu sous la marque de

actualites@larotonde.ca www.larotonde.ca • 7
Actualités le 19 octobre 2009

DOSSIER DROGUES

La FÉUO profite de la manne Les habitudes de


Les boissons énergisantes sont très populaires au PIVIK.
Philippe Teisceira-Lessard souvent incapable de connaître la
quantité exacte. Il y a aussi la pré-
d’acheter de très grandes quanti-
tés », explique simplement Nicolas
consommation
chez les étudiants
Alors que certaines drogues font sence de taurine, un acide aminé Aubert, co-gérant du PIVIK. « On
l’objet de campagnes de sensibili- qu’on retrouve naturellement dans m’a proposé de me vendre 100 cais-
sation, d’autres substances de per- le corps. Mais dans ce cas, ce sont ses, alors, avec mon collègue, on a
formance passent plutôt inaperçues des quantités beaucoup plus impor- décidé de faire une tour à l’entrée du
dans notre quotidien. On les appelle
café ou boisson énergisante, et les
tantes. De plus, le mélange de ca-
féine et de taurine, on n’en connaît
magasin. »
En entrevue avec La Rotonde,
La Rotonde s’est interrogée sur les habitudes de consommation
étudiants les consomment avec un pas bien les conséquences encore », Aubert explique aussi que les connues sur le campus. Voici donc l’entrevue intégrale réalisée
appétit insatiable. explique Marie-Josée Cyr, coordon- boissons énergisantes sont vita-
natrice de la formation clinique du les pour le chiffre d’affaire de son avec Lyne Beauchesne, professeure de criminologie à l’Université
Red Bull, Hype programme de nutrition de l’Uni- commerce.
et autres potions magiques versité d’Ottawa. « Le Red Bull est très bien placé d’Ottawa. Mme Beauchesne donne des cours qui portent
« L’énergie, on ne trouve pas ça [dans le palmarès des meilleurs
Depuis l’essor des boissons éner- dans la caféine. Elle est dans les glu- vendeurs]. La cannette de Red Bull notamment sur le milieu de la drogue et sur le milieu policier.
gisantes dans le marché nord-amé- cides, les protéines ou les lipides. est dans le Top 5. [Avec] la boisson
ricain, nombreux sont les diététis- Ces boissons contiennent beaucoup, énergisante, il y a des pics, dans Ariane Marcotte les étudiants, la bonne performance
tes et les médecins qui prennent la mais beaucoup de sucre : c’est le su- l’année. Là, on est en train d’en faire académique et la conciliation tra-
parole pour avertir les consomma- crose, le sucre à bonbon, un sucre un. Par exemple, une boisson sur LR : Avez-vous déjà eu connais- vail-études, c’est tout à fait logique
teurs du danger que ces breuvages simple. Ce n’est pas le genre de su- deux que je vendais, hier soir, c’était sance d’une descente policière que cela augmente avec le temps. De
posent. cre qu’on veut retrouver dans une une boisson énergisante. » sur le campus de l’Université plus, grâce à l’Internet et aux maga-
« Ce qui est inquiétant, c’est la boisson », poursuit-elle. Roxanne Dubois, vice-présidente d’Ottawa, y compris dans les zines, ils ont de plus en plus accès
prétention d’offrir de l’énergie. On Malgré les avis de précaution aux finances de la FÉUO, est l’élue résidences de l’Université? à la vente en gros et moins dispen-
y retrouve de la caféine, mais on est contre ce type de boissons, on re- responsable des commerces du syn- dieuse de produits légaux. Lorsque
trouve ces dernières en très grandes dicat. Elle ne voit pas de fossé ma- LB : Honnêtement, non. Cela ne j’aborde les drogues de performan-
quantités sur le campus. C’est no- jeur entre les valeurs prônées par veut pas dire, par contre, qu’il n’y en ce dans mes cours, je suis toujours
tamment le cas au PIVIK, l’épicerie son organisation et celles qui s’ap- a jamais eu. étonnée de voir que la majorité
étudiante appartenant à la FÉUO, pliquent concrètement dans la ges- connaissent bien ces produits.
dont la façade est souvent rem- tion du PIVIK. LR : Quelles sont, selon vous, les
plie de pyramides de caisses « Le PIVIK, en incluant les pro- drogues les plus en vogue chez LR : Les médias parlent énor-
de boisson énergisante. duits vendus, mais sans se limiter à les étudiants universitaires? mément de la drogue au niveau
« Tout ça, c’est finan- ça, est un commerce qui respecte les des études secondaires ; cela
cier. Le Hype, il faut valeurs de la FÉUO et qui aspire à LB : Les drogues récréatives. Les mène t-il à une banalisation
savoir que j’ai eu un être rentable. […] On a deux grou- drogues de performance aussi sont des drogues sur les campus
très bon deal avec pes de valeurs : être certain que [les prisées par les étudiants, mais universitaires?
mon fournisseur. étudiants] ont accès à des produits beaucoup moins que les drogues ré-
Je suis obligé responsables et puis avoir un com- créatives comme la marijuana, par LB : En fait, ce sont les drogues de
merce qui n’est pas dans le rouge exemple. Côté drogues de perfor- performance qui sont tout simple-
mance, ce sont les stimulants légaux ment banalisées. Oui, on sait qu’il
« Une boisson sur deux que je vendais,
année après année. »
qui sont les plus populaires, comme y a de la drogue dite récréative
Peu de changements en vue les boissons énergisantes, les com- dans les universités, mais le pro-

hier soir, c’était une boisson énergisante. » Si Aubert et Dubois reconnais-


primés de caféine, etc. Bien sûr, tout
est dans l’abus de ces dernières…
Au fond, ce n’est pas parce que tu
blème est moins grave que dans
les polyvalentes, car un étudiant
universitaire a des objectifs précis :
sent le besoin pour plus de pro-
- Nicolas Aubert duits sains, l’introduction de ceux-
ci ne semble pas être un projet à
prends un café avant d’aller à ton
cours que tu es considéré comme un
il est à l’université de son propre
gré et donc est conscient qu’il doit
court terme. drogué, tout de même. C’est un peu contrôler sa consommation, ne pas
Cela peut notamment s’expliquer le même principe. tomber dans l’excès pour réussir
par le manque à gagner créé par à atteindre ses objectifs. Les jeu-
l’interdiction, l’hiver dernier, de la LR : Croyez-vous que le pro- nes sont bombardés de messages
vente de produits du tabac, inter- blème se soit aggravé avec les contradictoires; on les incite à
diction qui faisait suite à un référen- années? pousser leurs limites par le sport
dum sur la question. Dans un article extrême, par exemple, et puis on
paru dans La Rotonde le mois der- LB : Pour ce qui est de la marijuana, leur dit de ne pas pousser celles-ci
nier, Éric Perron rapportait que les par exemple, je ne pense pas, non. quand on en vient aux études… Sa-
dernières estimations faisaient état Évidemment, c’est différent pour les vez-vous, au fond, la drogue la plus
de 12 % à 16 % de perte de revenus drogues dites de performance. Avec nocive, sur les campus comme dans
suite à cette décision. Cette inter- toute la pression que l’on met sur la société, c’est l’alcool.
diction de vente influence-t-elle
vraiment l’amélioration de l’offre de
produits? BRÈVE
« Forcément. Le tabac, c’est
simple : tu commandes, tu reçois, Changement d’horaire ront à la disposition des étudiants.
tu vends. Cet argent-là, il faut pour la bibliothèque Morisset Ces derniers pourront emprunter
qu’on le trouve ailleurs », répond les documents au moyen des ma-
Aubert, pour qui la perte du tabac Grâce aux étudiants et au concours chines d’auto-emprunt. Des gar-
semble être un frein majeur au dé- des bonnes idées 2009, les portes de diens assureront la sécurité des
veloppement. la bibliothèque Morisset resteront visiteurs nocturnes, qui devront
Quant à Dubois, elle propose plu- ouvertes 24 heures sur 24 tous les présenter leur carte d’étudiant ou
tôt aux étudiants de s’orienter vers jours de la semaine pendant les pé- d’employé de l’Université d’Ottawa
d’autres commerces pour trouver riodes d’examens, qui se déroulent entre 22h30 et 7h.
des produits sains. « Il faut se rap- cette année du 7 au 22 décembre Pour célébrer le lancement de cet
peler que c’est un dépanneur. On va 2009 ainsi qu’en avril 2010. horaire, les étudiants étaient invi-
dans les dépanneurs pour acheter ce L’accès à tous les étages ainsi tés, le jeudi 8 octobre 2009 à 14h, à
genre de trucs. Il y le Café Alt, qui qu’aux salles de groupes et d’étude prendre un café sur la terrasse située
offre des options qui sont plus san- sera permis. Les ordinateurs pu- devant la bibliothèque Morisset.
té. Le commerce a été bâti sur des blics et autres appareils électroni-
valeurs responsables. » ques tels que les imprimantes se- Catherine Dib

8 • www.larotonde.ca actualites@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Actualités
DOSSIER DROGUES

Sortir d gouffre Quels sont les services offerts aux étudiants ?


Isabelle Larose qui offre des services dans le do-
maine de la toxicomanie et du jeu
De l’aide pour les étudiants aux pri- compulsif.
ses avec des problèmes de dépen-
dance est disponible à l’Université, Jeux compulsif et crack
mais aussi autour du campus. Bien
que l’Université ne dispose pas des « Comme on est voisin de l’Uni-
ressources nécessaires pour aider versité, les étudiants peuvent venir
un étudiant à cesser sa consom- consulter entre deux cours sans
mation de drogue, le Service de changer leur horaire », explique
counselling joue souvent un rôle Yvon Lemire, directeur des Ser-
déterminant pour les étudiants qui vices de dépendance et de santé
ne considèrent pas que leur succès mentale du Centre de santé com-
scolaire et leur motivation peuvent munautaire de la Côte-de-Sable.
être affectés par une dépendance. Bien qu’il soit difficile de chiffrer
« La situation que j’observe sou- le nombre d’étudiants aux prises
vent, c’est que les étudiants ne avec des problèmes de dépen-
font pas le lien entre le fait qu’ils dance, Lemire sait que les univer-
consomment régulièrement et leur sitaires font partie de sa clientèle
baisse de motivation, par exemple. : « Le stress est de plus en plus
Souvent, les étudiants viennent présent dans notre société et la
nous voir parce qu’ils sont déprimés. consommation de drogue ou d’al-
Lorsqu’on se met à parler avec eux, cool est souvent une échappatoire,
on découvre qu’ils fument du «pot» une façon de noyer ou de geler ses
quotidiennement depuis quelques problèmes.» La dépendance à l’al-
mois. On les aide alors à réaliser cool, à la marijuana et au hachisch
que leur consommation peut avoir sont les cas les plus fréquents au
des impacts sur leur motivation, Centre. Lemire affirme toutefois
leurs études ou leur énergie », expli- que la consommation de crack à
que Donald Martin, chef du Service Ottawa est devenue problématique
de counselling et de développement depuis quelques années à cause de
personnel. son faible coût et de la facilité de
s’en procurer. « Le crack crée un
Un monbre incertain besoin d’augmenter sa consomma-
tion très rapidement. On devient
Le problème de dépendance est vite dépendant, donc la période
stable sur le campus et reste tout entre le moment où tout va bien
de même marginal, d’après Martin. et celui où tout va mal est moins
Le pourcentage des consultations grande », explique-t-il.
reliées à la consommation de dro- Au-delà des drogues, le jeu com-
gue et d’alcool au Service de coun- pulsif est un autre type de dépen-
selling se situerait autour de 5 %. dance qui touche la population
« Ça ne veut pas dire qu’il n’y a estudiantine. « La génération ac-
pas de problèmes, mais beaucoup tuelle a grandi devant des Nintendo.
d’autres options sont disponibles Aujourd’hui, avec Internet, les étu-
dans la communauté. Il est donc diants peuvent s’évader de la réa-
difficile de savoir combien d’étu- lité en jouant à des jeux devant leur
diants utilisent des services pour ordinateur, sans nécessairement
mettre fin à leur dépendance », aller au casino. Durant ce temps, ils
explique Martin. oublient leurs problèmes », men-
Le Service de counselling est tionne Lemire.
l’une des ressources offertes par le
Service d’appui au succès scolaire «Il faut trouver
de l’Université. Ainsi, tous les étu- ce qui se cache en dessous. »
diants dans le besoin peuvent ren-
contrer gratuitement un conseiller, Le Centre offre des services de
habituellement dans les 48 heures counselling en psychothérapie ainsi
qui suivent leur demande. que des traitements de plus longue
Ce service peut donc aider les durée pour réduire ou arrêter les
étudiants à gérer les impacts né- problèmes de dépendance. Selon
gatifs de la consommation de dro- Lemire, « le plus gros pas à faire
gue ainsi qu’à les guider dans un est de régler ce qui a entraîné la
éventuel changement de leur style consommation ou le problème de
de vie. Toutefois, lorsqu’il s’agit de dépendance. Il faut trouver ce qui se
graves problèmes de dépendance, cache en dessous. »
le Service de counselling n’a d’autre Le Centre de santé commu-
choix que de référer les étudiants nautaire de la Côte-de-Sable n’a
vers des services plus spécialisés. aucune liste d’attente. Un étudiant
« Si un étudiant arrive ici et me dans le besoin peut donc obtenir
dit qu’il est accroché à la cocaïne, un rendez-vous en moins de deux
il n’est pas vraiment à la bonne pla- jours.
ce », affirme Martin. Dans de tels
cas, le Service redirige les étudiants Service de counselling de l’Univer-
vers d’autres ressources disponi- sité d’Ottawa : 613-562-5200
bles autour de l’Université, comme
le Centre de santé communautaire Centre de santé communautaire de
de la Côte-de-Sable (rue Nelson), la Côte-de-Sable : 613-789-8941

actualites@larotonde.ca www.larotonde.ca • 9
Arts et Culture
le 19 octobre 2009

Sonia Noreau
culture@larotonde.ca

SUR LE CAMPUS

CHUO : ta radio communautaire!


La musique, l'information et
la communauté : c’est nous!
- CHUO

Nedggy Mauricin Variété sur les ondes sion. Par exemple Jambo Ottawa Les palmarès ne chose, car ces groupes peuvent

L
est une émission francophone se faire connaître par la population
e CHUO, 89,1 FM est une ra- Le CHUO est une radio bilingue qui parle de sujets variés comme Il y a plusieurs palmarès : le top étudiante et par les autres auditeurs
dio communautaire bilingue qui inclut les diverses communautés l’actualité politique, économique, 10, le top 30, le top jazz, le top inter- de CHUO.
dans la région d’Ottawa qui culturelles dans sa programmation. sociale et culturelle dans les diffé- national, le top électronique, le top Cette radio communautaire, la
met en valeur la diversité. Toute personne qui écoute la station rentes communautés. Par ailleurs, hip-hop et le top loud. Ces palma- seule bilingue au Canada, est un
Cette station de radio est si- peut se reconnaître dans l’une des bien que la majeure partie de la rès incluent beaucoup de contenu moyen de diffuser des opinions
tuée sur le campus de l’Université émissions. De plus, les émissions, programmation soit en anglais et canadien, tant francophone qu’an- diverses, de faire écouter de la
d’Ottawa. En 1984, elle a obtenu qui peuvent être informatives, hu- en français, il faut souligner qu’il y glophone. Le top 10 contient de la musique des quatre coins de la
une licence du Conseil de la radio- moristiques, ou traiter tant de lit- a des émissions dans d’autres lan- musique rock et punk. Dans ce pal- planète et de faire participer des
diffusion et des télécommunica- térature que des Gee Gees, sont va- gues. Par exemple, il y a une émis- marès, la plupart des groupes sont communautés multiculturelles.
tions canadiennes (CRTC). Le 31 riées et il y en a pour tous les goûts. sion en espagnol qui s’intitule El canadiens. Originaire de Tel-Aviv, Surtout, CHUO est une opportu-
mai 1991, elle a eu sa place sur la La variété musicale est un élément Tren Latino, et une en italien, Voi Israël, Monotonix est un exemple nité pour les étudiants de l’Univer-
bande FM (89,1). Depuis, la parti- qui ne manque pas à la radio. Il y a Ch’ascoltate, qui traite de poésie de groupe étranger qui figure au sité de faire connaître leurs talents
cipation des bénévoles ajoute une du hip-hop, du rap, du gospel, du italienne. Jabouin ajoute égale- palmarès. Ceci démontre l’ouver- tout en en apprenant sur la radio.
belle couleur à la radio. Quicon- rock, de la musique classique, haï- ment que « les émissions tentent ture dont CHUO fait preuve en dif- C’est une ouverture sur le monde,
que veut s’impliquer à la radio en tienne, francophone, jazz, etc. de prendre conscience qu'il y a une fusant de la musique en provenance comme le mentionne le site officiel
tant que producteur, journaliste De plus, plusieurs émissions population étudiante qui écoute, d’autres pays. De plus, ce top 10 de la station : « La musique, l'in-
ou programmeur peut le faire en ciblent « les communautés de mi- mais [que] beaucoup d'auditeurs comporte de la musique pour tous formation et la communauté : c’est
envoyant un courriel à info@chuo. norités visibles et linguistiques ne sont pas des étudiants de l'Uni- les goûts. Par ailleurs, il semble qu’il nous! » Pour plus d’information
fm et en assistant à l’une des séan- francophones », explique Émilie versité, mais plutôt de la commu- y ait beaucoup de musique de grou- sur le CHUO, 89,1 FM, consultez
ces d’information. Jabouin, une animatrice de l’émis- nauté en général ». pes indépendants. Ceci est une bon- le www.chuo.fm.

10 • www.larotonde.ca culture@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Arts et Culture
CNA

Hippocampe : Quand le passé nous hante


Julie-Anne Lapointe du présent, Carl, des scènes d’une
vie oubliée.
C’est avec ingéniosité et beaucoup Le décor aux couleurs vives et
de créativité qu’a été présentée aux meubles anciens ne laisse pas
la pièce de théâtre Hippocampe, le spectateur indifférent. Ce qui
écrite par Pascal Brullemans et peut lui sembler au départ un lieu
mise en scène par Eric Jean. Le banal, avec des escaliers menant à
Théâtre de Quat’Sous présentait la la porte d’entrée, un petit lit centré
pièce au Centre national des Arts dans la pièce, un piano à la gauche
du 14 au 17 octobre dernier, dans et d’autres accessoires de chambre
le cadre de la saison 2009-2010 du à coucher, ne tarde pas à prendre
Théâtre français. Loin d’être une vie sous ses yeux. Deux portes, aux
pièce à thématique marine, Hippo- extrémités de la scène, s’ouvrent
campe fait allusion aux souvenirs chacune à leur tour pour dégager
et aux personnages nostalgiques une puissante lumière et hypnotiser
qui finissent par être rattrapés par les personnages, jusqu’à ce qu’ils se
leur passé. perdent dans un souvenir. Le porte-
D’une durée d’une heure qua- manteau aspire les personnages qui
rante sans entracte, la pièce se dé- se trouvent à proximité. Sur le mur
roule dans une chambre située au du fond à la tapisserie ancienne se
sous-sol, en 1966, 1969 et 1999. Carl dessine parfois le contour d’un fan-
emménage dans son nouvel appar- tôme ou d’un personnage du passé.
tement, perdu dans ses pensées et Les lampes et le téléphone fonction-
sa solitude. Suzanne, sa mère, est nent à leur guise. Des accessoires
tout le contraire de lui. Elle prend apparaissent, d’autres disparais-
son rôle de mère très au sérieux en sent. C’est l’ensemble de la chambre
se pointant plus souvent que jamais qui vit, et non seulement les person-
à l’appartement, prête à aider son nages.
fils avec les tâches ménagères et à Le spectateur est donc plongé Photo Yanick Macdonald
combler le silence en parlant de tout dans un univers surréel où le temps Les personnages sont hantés par leur passé dans Hippocampe.
et de rien. est abstrait et la réalité, nébuleuse.
À une autre époque, Suzanne est L’éclairage et la musique permet-
jeune et belle et cherche l’aventure. tent toutefois une transition fluide Université d’Ottawa
Le sous-sol est un cabaret clandes- entre les époques, ce qui permet au
tin où Romu tente tant bien que mal spectateur de suivre le fil de l’histoi-
d’accueillir une foule assez nom- re sans trop de confusion. Quoique Quoi ? Cabaret francophile avec Un heureux mélange de
breuse pour faire un peu de profit la pièce fasse référence à un uni-
pendant que Laura joue un air au vers imaginaire, les personnages, Mathieu Lippé chansons, de slam et de contes
piano. Elle attend avec impatience eux, sont bien réels. Les comédiens
le moment où Romu et elle parti- apportent sans difficulté une tou-
Quand ? Le jeudi 22 octobre à 21 h portés par des rythmes et des
ront ensemble voir la mer, comme
promis.
che de réalisme à l’histoire avec un
jeu crédible tantôt comique, tantôt
Où ? Bistro 1848, musiques du monde!
L’appartement est le cœur de la émouvant. Centre universitaire
pièce, le lien entre la Suzanne du Hippocampe illustre un monde
passé, avant l’accident qui lui fera où s’entremêlent souvenirs, émo- Entrée libre
perdre la mémoire, et la Suzanne tions, perceptions et réalités. Peu à
du présent. Les époques s’entre- peu, les personnages se mettent à
croisent, les personnages navi- douter de tout, du passé comme du
guent sans cesse entre le passé et présent. L’univers créé par Eric Jean
le présent, mais le lieu demeure le et l’atmosphère qui s’en dégage sont
même. La chambre dans laquelle se si puissants que le spectateur, cap-
déroulent les événements des deux tivé par la pièce, ne peut qu’oublier
époques n’est pas prête à oublier ses ses tracas quotidiens pendant toute
souvenirs. Elle fait vivre au locataire la durée du spectacle.

embauche!
La Rotonde est à la recherché d’un Chef de pupitre pour la section
Arts et culture.

Vous avez jusqu’au 28 octobre pour soumettre votre CV ainsi


qu’une lettre de présentation à Céline Basto, Directrice générale,
à l’adresse direction@larotonde.ca, ou en personne, au 109 www.viecommunautaire.uOttawa.ca
Osgoode. 613-562-5800, poste 4424

Pour plus de details sur le poste, visitez le www.larotonde.ca

culture@larotonde.ca www.larotonde.ca • 11
DOSSIER DROGUES

Les informations sur la drogue sont nombreuses. Statistiques, faits cocasses ou données

Le monde est stone


précieuses, Ariane Marcotte, Sonia Noreau et Maxime Goulet tracent les grandes
lignes de ce dossier spécial sur les drogues.

Les stéroïdes anabolisants :


Effets secondaires chez l'homme : augmentation du volume des seins, atrophie des testicules, impuissance,
hypertrophie de la prostate et diminution du nombre de spermatozoïdes.

Effets secondaires chez la femme : augmentation de la pilosité faciale, hypertrophie du clitoris, diminution du
volume des seins, perturbation du cycle menstruel et baisse du timbre de la voix. Ces effets masculinisant
sont permanents.
Le Ritalin :
Nom scientifique: méthylphénidate, le ritalin est prescrit pour traiter les troubles de déficit d’attention.

Effets secondaires les plus souvent notés : Légère perte d’appétit, légers problèmes de sommeil, perte de
poids transitoire, irritabilité, des tics moteurs peuvent apparaître si le dosage est trop élevé, les tics disparais-
sent en réduisant la dose. En cas de surdose; dépression sévère et léthargie.
L’amphétamine («speed») et la méthamphétamine («crystal meth») :
Les amphétamines ont été originalement prescrites comme coupe-faim en traitement de l'obésité.

La méthamphétamine est produite dans les laboratoires clandestins à l’aide de produits chimiques assez ré-
pandus et de médicaments en vente libre: notamment l’iode, le phosphore rouge, l’acide chlorhydrique, l’éther
et l’ammoniac. D'autres produits parfois rajoutés: solvant industriel, drano ou lithium de batterie.

La drogue bloque aussi bien les sensations de fatigue que d’appétit.

L’utilisation chronique de la méthamphétamine peut causer de l’insomnie sévère et une dépression extrême.

Elles peut mener à des psychoses ressemblant à la schizophrénie; des comportements violents et paranoïa-
ques, des modèles de comportement répétitifs et des hallucinations.
Statistiquement parlant…
À la fin des années 1990, il y aurait eu, à l'échelle mondiale, 24 millions de consommateurs d'amphétamines.
Parmi ce groupe, 58 % vivaient en Amérique. Lors du même sondage, 10% des étudiants interrogés dans 16
campus universitaire canadien affirmaient avoir consommer ce type de stupéfiant.
Poètes et romanciers bien connus pour leur consommation de drogues :
Charles Baudelaire William S. Burroughs
Paul Verlaine Frédéric Beigbeder
Arthur Rimbaud Guy de Maupassant
Personnages littéraires qui sont nés suite à l’inspiration de la cocaïne :
Sherlock Holmes; Dr. Jekyll et Mr. Hyde
Des musiciens qui parlent de drogues dans leurs chansons :
The Beatles : “Lucy in the Sky with Diamonds”
Loco Locasse : « Bonzaïon »
Deep Purple : “Smoke on the Water”
Marilyn Manson : “I Don’t Like the Drugs (But the Drugs Like Me)”
Bob Dylan : “Mr. Tambourine Man”
Bob Marley : “Burnin’ and Lootin’”
Manu chao : “Me gustas tu”
Dopage dans le football du SIC du 1er avril 2008 au 31 mars 2009 :
Adrian Davis - cocaïne - sanction: 2 ans de suspension;
Stephen Sacchitiello - Nandrolone - sanction: suspension à vie
Dan Taudin-Chabot - Tamoxifen - sanction: 2 ans de suspension

12 • www.larotonde.ca redaction@laroto
on@larotonde.ca
Morts prématurées de sportifs. Dans ces cas, le dopage a causé directement ou indirectement la mort :

Le Gallois Arthur Linton, passe l’arme à gauche 15 jours après avoir remporté le Bordeaux-Paris en 1896 (21 heures de course), des
suites d'une surconsommation de strychnine.

Le cycliste danois, Knud Enemark Jensen, meurt d'une consommation excessive de Ronicol au cours des 100 km contre la montre par
équipes lors des Jeux Olympiques d'été de 1960 à Rome.

Tom Simpson, cycliste britannique, décède d'une consommation excessive d'amphétamines sur le Mont Ventoux le 13 juillet 1967.

Ralf Reichenbach, lanceur de poids, mort à 47 ans le 12 février 1998, d'un accident cardiaque causé par l'abus d'anabolisants.

Le joueur de soccer Marc-Vivien Foé, mort d'une crise cardiaque en plein match le 26 juin 2003.

Marco Pantani, cycliste italien, est mort à 36 ans d'une overdose de cocaïne, le 14 février 2004.

www.larotonde.ca •
Geneviève Labrie, joueuse professionnelle de volley-ball est morte le 14 septembre 2005, par une overdose de stéroïdes.
le 19 octobre 2009

13
Arts et Culture le 19 octobre 2009

DOSSIER DROGUE

Critique d’œuvres stupéfiantes


Dans le cadre du dossier sur les drogues, Sonia Noreau et Julie-Anne Lapointe font
la critique d’œuvres littéraire set cinématographiques marquées par l’usage de substances
illicites. Cocaïne, ecstasy et autres se retrouvent au cœur des scénarios suivant.

Nouvelles sous
Requiem for a ecstasy
Dream
D
e toute évidence, Frédé-

Naked Lunch
ric Beigbeder ne ment pas
lorsqu’il affirme que les nou-

R
equiem for a Dream trace un velles de Nouvelles sous ecstasy ont
paradoxe entre la poursuite de été écrites sous l’influence de cette
ses rêves et l’obsession destruc- drogue. L’auteur, qui avoue à brû-
tive qui agit comme barrière à l’at- le-pourpoint avoir déjà consommé

N
aked Lunch est l’un des teinte du bonheur. Basé sur le livre d’ de cette drogue stimulante apparue
meilleurs films jamais pro- Hubert Selby Jr., le film est sorti au dans les années 1980, nous livre le
duits sur la consommation grand écran en novembre 2000. Le résultat littéraire de ses abus. Les
de drogues. Il raconte l’histoire de réalisateur Darren Aronofsky jette étranges effets de cette drogue – «
William Lee, le personnage prin- un regard des plus pessimistes sur la bouffée de chaleur, envie de danser
cipal, un exterminateur ordinaire drogue et la dépendance dans ce film toute la nuit sur de la techno, besoin
qui se découvre agent secret pour « où les personnages s’enfoncent un de caresser des gens, grincements
l’Interzone », l’agence de renseigne- à un dans un tourbillon d’hallucina- de dents, déshydratation accélérée,
ments secrète d’Annaxia, un endroit tions, de perceptions erronées et de angoisse existentielle, tentatives de
imaginaire d’inspiration moyen- déceptions. suicide, demandes en mariage » –
orientale dont l’étrangeté garde le Sara (Ellen Burstyn), une veuve qu’il énumère en préface se perçoi-
spectateur sur le qui-vive. Après dans la cinquantaine, passe ses vent très clairement, dans ce bou-
avoir tué sa femme en obéissant journées à écouter la télévision et à quin. Les thèmes récurrents ainsi
aux ordres de sa machine à écrire attendre la prochaine visite de son que le style anormalement intense,
qui se transforme périodiquement fils Harry (Jared Leto). Elle reçoit saccadé, électrisant et inhabituel
en insecte doué de sensualité et de finalement l’appel qui changera le employé par l’auteur trahissent
parole, William Lee part en direc- cours de sa vie : elle est choisie pour la prise de drogue. Clairement, il
tion de l’Interzone pour écrire son participer à un jeu télévisé enregis- n’était pas à jeun.
rapport. Le thème de la drogue est tré devant public. Elle commence La première nouvelle semble
omniprésent dans ce film. La pou- un régime afin de pouvoir porter sa avoir été composée pendant la pha-
dre avec laquelle William Lee exter- robe rouge quand le grand jour se se « maniaque ». L’euphorie quasi
mine les insectes est clairement une présentera. Elle suit donc un traite- hystérique qui se dégage du compte
représentation de la cocaïne. ment de « petites pilules » et perd rendu d’une rencontre entre l’auteur
Les thèmes de la drogue, de la sexua- rapidement du poids. Les effets se- et une jeune femme transpire la
lité, de l’homosexualité, du meur- condaires, toutefois, sont dévasta- consommation d’ecstasy. Le bal de
tre, de la fuite, de l’écriture et des teurs. Sara sombre tranquillement la folie est alors lancé et se poursuit
insectes s’enchaînent à merveille dans une routine obsessive de prise avec constance jusqu’à la dernière
et dans la plus grande étrangeté. de pilules au cours de laquelle elle page. Tout au long du recueil, les
L’excentricité du scénario est pous- ne fait que rêver du succès qu’elle scènes de sexe (en particulier de
sée à un point tel que le spectateur connaîtra quand elle participera en- style sadomaso) et de violence se
abandonne l’espoir de « trouver un fin à l’émission de télévision. succèdent.
sens » et cesse de s’embarrasser de Harry, lui, est héroïnomane. Sa À travers un discours décousu, des
sa rationalité froide. copine Marion (Jennifer Connelley) phrases-chocs d’une grande beauté
C’est alors que la magie commen- est accro à la cocaïne et son ami Ty- apparaissent : « Le plaisir présente
ce : dans ce qui pourrait ressembler ron (Marlon Wayans) est vendeur de un avantage : contrairement au bon-
à une perte de contrôle, Nacked drogue. Les trois passent leur temps heur, il a le mérite d’exister. » Ou
Lunch arrive à transmettre le sen- à consommer de la drogue, comblés encore : « Mon existence poursui-
timent d’un drogué. S’étant enfoncé par leur vie quotidienne tant que vait sa course infernale vers le n’im-
dans un intense processus littéraire, leurs hallucinations perdurent. porte quoi. » En même temps, cer-
William Lee consomme de la dro- Le réalisateur nous plonge sans taines plus étranges savent rappeler
gue et part dans ses propres imagi- retenue dans le monde chaotique des que l’auteur n’est pas dans son état
nations, laissant de côté la réalité. personnages en offrant quelques scè- normal. Par exemple : « Je compli-
Naked Lunch est un film à voir avec nes irréelles illustrant leurs hallucina- mente tout le monde : si Adolf Hitler
une certaine ouverture d’esprit. tions. En somme, le réalisateur pré- était dans cette boîte de nuit ce soir,
Le spectateur sans imagination sente sa conception de la dépendance j’irais l’embrasser en lui disant qu’il
et à l’esprit obtus passera pro- et de l’obsession sans censurer certai- a dû beaucoup souffrir pour faire ce
bablement une mauvaise soirée. nes images difficiles ou répugnantes. qu’il a fait. » Enfin, Nouvelles sous
Toutefois, celui ou celle qui pos- Requiem for a Dream est un film ecstasy est un excellent recueil de
sède cette capacité nécessaire à la à voir, mais avec un brin de recul nouvelles, un peu étrange de prime
cinéphilie qu’est de se laisser al- pour éviter qu’un sentiment de vide abord, mais qu’il faut apprécier
ler rencontrera un film d’une très s’empare de soi une fois le visionne- pour la liberté du style et la beauté
grande qualité. ment terminé. de ses phrases.

S.N. J.L. S.N.

14 • www.larotonde.ca culture@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Arts et Culture
outon
Le coin du gl
Éric Ricou

Duo d’exotiques dîners sinien (18$ pour deux personnes), un très intéressant repas. Si vous
choix qui nous permet de goûter connaissez la cuisine sud-indienne,
une variété de mets. Ça me convient vous ne serez pas trop dépaysés.
parfaitement. Plusieurs mets y sont calqués, avec
Après quelques minutes est pla- quelques variations.
cée sur notre table une large assiette Côté viande, le poulet semble
(j’aurais pu m’en servir comme pa- l’emporter. Un cari de poulet épicé
rapluie), sans ustensiles. L’injera, et bien tendre amadoue par l’in-
espèce de crêpe typiquement éthio- clusion de tomates dans la sauce.
pienne à base de teff qui recouvre Le poulet tandouri, également
la superficie du plateau, sera notre tendre, est croustillant, intense
fourchette. En effet, c’est en trem- et satisfaisant. Le cari de boeuf
pant des morceaux déchirés de ce déçoit. Coriace et trop salé, il est
pain spongieux et sur qu’on doit resté sur mon assiette. Les pois
se nourrir. Répartis sur l’injera, chiches, eux, sont vite partis. Par-
on retrouve du boeuf, du poulet, faitement cuits, doux, mais avec
de l’agneau, des lentilles, des pois un peu de mordant, ils baignaient
chiches, du choux et deux oeufs dans une sauce crémeuse et légè-
à la coque, chacun baignant dans rement épicée : un délice. Des len-
sa sauce. C’est, en général épicé et tilles et des épinards en sauce sont
concentré en saveur, avec l’agneau, ternes et inintéressants. Il ne faut
Photo Eric Ricou
exceptionnellement tendre, et le pas oublier le naan, délicieux pain
poulet, pénétré d’épices, qui se dé- plat qui s’avère fort utile pour im-
Oui, bien sûr qu’il y a des plats que Quand je me suis retrouvé de- convivial. L’accueil olfactif, en re- marquent. biber les sauces restantes sur votre
je remangerais toute ma vie. Ce- vant Horn of Africa (364, rue vanche, est chaleureux. Un doux Pour moi, un seul problème : l’in- assiette. Un dessert de payasam,
pendant, rien ne se compare à la Rideau), je me suis bien vite de- et prépondérant parfum d’épices jera. Oui, son goût aigre crée d’in- espèce de pudding de tapioca à la
trépidation que je ressens avant mandé pourquoi je n’avais pas vous atteint en franchissant les téressants contrastes gustatifs. Or, noix de coco, est léger, frais et su-
d’essayer une cuisine ou un aliment fréquenté les lieux plus tôt. En portes. Encourageant. à la longue, on se lasse de le sentir cré, parfait complément au lourd
qui m’est tout nouveau. En paral- matière de restaurants, l’Afrique Au menu, on trouve une variété présent dans chaque bouchée, do- repas.
lèle à mes intérêts gastronomiques est certainement le continent le de plats, où les assiettes de boeuf, minant presque les autres saveurs. Sans avoir été stupéfait par un
croissants a grandi ma curiosité en moins bien représenté dans la ré- de poulet, d’agneau et végétariennes J’y retournerai sans doute, mais miracle gastronomique, ma curio-
matière de bouffe exotique, inusitée gion, c’est pourquoi je me devais dominent. Il y a plusieurs termes pour essayer autre chose. sité a été plus que satisfaite et je
ou tout simplement inconnue de ma d’examiner ce petit établissement qui me sont inconnus. Après un pe- Passons maintenant à l’Asie. À vous conseille vivement d’explo-
bouche. Cette semaine, j’ai, à deux éthiopien. Pour être généreux, di- tit sondage auprès de notre serveur, l’heure du midi, Ceylonta (403, rue rer aussi de votre côté et de dé-
reprises, satisfait cette avidité de sons que le décor du restaurant, il nous donne le conseil suivant : Somerset Ouest) offre, pour 12,95$, couvrir les plaisirs des trouvailles
l’inexploré. aménagé dans une maison, est nous allons manger le plateau abys- un buffet sri lankais, qui s’avère culinaires.

Préface
Sonia Noreau, Chef de pupitre Arts et culture

Une dose de musique


C’est un fait bien connu : le milieu aimer tel ou tel artiste.
artistique n’est pas étranger aux Je me suis mise à penser, après
drogues. L’utilisation de stupé- cette petite découverte, non pas à
fiants par les musiciens, peintres, toutes les drogues que je pourrais
poètes, romanciers, rappeurs, etc., expérimenter pour accroître mes
est un stéréotype très répandu jouissances de mélomane, mais plu-
supporté par plusieurs exemples. tôt à l’effet qu’a la musique sur moi.
Ils ne sont toutefois pas les seuls C’est connu : on dit d’une personne
à consommer, puisque certains qu’elle est dépendante lorsqu’il lui
mélomanes apprécient l’effet qu’a est impossible de fonctionner nor-
la marijuana sur leurs expériences malement sans consommer. Si l’on
musicales. Comme me l’a appris le reste fidèle à cette description, la
centre R. Samuel McLaughlin, cet- musique est une drogue. Combien
te drogue douce, qui est de plus en de fois suis-je arrivée à l’heure à une
plus tolérée en société, a des effets réunion parce que je voulais rebran-
qui peuvent « améliorer » la per- cher mon iPod afin d’éviter de faire
ception qu’un mélomane a de la face au silence de la rue et de profi-
musique : « À faible dose, le can- ter de la compagnie de Mozart dans
nabis produit une légère distorsion l’autobus? N’êtes-vous jamais entrés
de la perception et des sens. Selon en transe au rythme parfait d’une
ses usagers, le son de la musique mélodie touchante? Préférant la mu-
est meilleur, les couleurs devien- sique classique à toute autre, je tom-
nent plus vives et un moment peut be inévitablement dans mon univers
sembler s’éterniser. » en entendant une sonate de Bach ou
La sensibilité aux couleurs, aux le génie pénétrant de Philip Glass.
saveurs et à la musique s’aiguise Ce phénomène ne m’est pas unique.
après un joint. Bien qu’il soit vrai Cette expérience est vécue par tous
qu’« être gelé » améliore à 100 % ceux que je connais à travers tous les
n’importe quelle chanson et permet styles de musique existants. Aussi
de l’expérimenter pleinement, je me « quétaine » que cela puisse sembler
permets respectueusement de sug- – et je ne pose pas la question sans
gérer aux lecteurs de La Rotonde de me sentir un peu ridicule – la musi-
changer de disque s’ils ressentent le que et l’art ne permettent-ils pas de
besoin de prendre de la drogue pour planer autant que la drogue?

culture@larotonde.ca www.larotonde.ca • 15
Sports
le 19 octobre 2009

Maxime Goulet
sports@larotonde.ca

HOCKEY

La chute puis l’envol


que derrière Riley Whitlock à trois de pied ferme, Ottawa a servi à ses
occasions. Afin de combler l’écart de adversaires la même médecine qu’ils
deux buts qui les séparait de leurs avaient subie la veille, l’emportant
rivaux, le gardien ottavien a laissé par la marque de 5 à 2.
sa place à un sixième joueur. L’en- Comme lors du match de ven-
treprise a malheureusement échoué dredi, Gove et Thibaudeau ont
et Carleton a inscrit son dernier but compté pour le Gris et Grenat. Si
Gove a cette fois en-
« Nous avons été plus disciplinés que dans filé un deuxième filet
pendant la partie, les

nos deux autres parties » - Dave Leger recrues Mikaël Morin


et Jonathan Reid ont
cependant elles aussi
participé au pointage.
dans un filet désert pour sceller l’is- Devant la cage ottavienne, Whitlock
sue du match. a bloqué 40 des 42 lancés dirigés
vers lui.
Voir le positif « Nous avons simplement joué
un meilleur match », commentait
À la fin de la partie, les deux gar- Léger pour expliquer la victoire au
diens avaient reçu 28 tirs. Il faut SDS, après la partie. Pierre Berge-
d’ailleurs souligner la performance ron, défenseur vétéran de l’équipe,
d’Alexander Archibald, qui a stoppé n’était pas en uniforme, lui qui était
26 des 28 lancés dirigés vers lui. ennuyé par une blessure au « bas du
Leger, bien que déçu du manque corps ». Il a quand même pu appré-
d’opportunisme de son équipe, a cier la première victoire de son club
tout de même noté une améliora- et pense que la chimie commence à
tion : « Nous avons été plus discipli- être au point : « On a corrigé cer-
nés que dans nos deux autres par- tains défauts. Avec les 13 gars qui
ties », a-t-il commenté au Service sont arrivés cette années, ça fait des
des sports (SDS) après le match. nouveaux et on commence à s’habi-
Il est clair que le Gris et Grenat tuer à jouer ensemble », a-t-il confié
devra raffiner son jeu s’il veut avoir le lendemain du match.
une chance de participer au cham- C’est contre les corbeaux que
Photo Jessica Rose pionnat national. Mathieu Méthot, les Ottaviens prennent leur envol
Première victoire de la saison pour les Gee-Gees.
capitaine de l’équipe, a d’ailleurs et signent leur première victoire
Maxime Goulet supporters, les hockeyeurs otta- la même occasion. Toutefois, le clan lui-même avoué au SDS avoir « at- de la saison. Leur jeu robuste leur
viens se sont inclinés par la mar- de Dave Leger, entraîneur des Gee- tendu la troisième période avant de a permis de vaincre l’adversaire
Le Gris et Grenat était toujours en que de 5 à 2. Gees, s’est ensuite tiré dans le pied [se] mettre en marche ». chez lui. Par ailleurs, la victoire
quête d’une première victoire, ven- Plusieurs fans des Ravens en offrant une double supériorité leur donne une confiance dont
dredi dernier, alors qu’il accueillait s’étaient déplacés pour l’occasion. numérique à ses opposants. Justin Match retour ils avaient bien besoin, eux qui
l’Université de Carleton. Les Gee- Très bruyante, la foule de Carleton Caruana, de Carleton, en a profité connaissent un début de saison
Gees auraient pu se laisser inspi- s’est faite plus discrète pendant un pour niveler la marque. Les Ottaviens avaient la chance un peu laborieux. Reste à voir s’ils
rer par la cérémonie d’ouverture moment, alors qu’Ottawa ouvrait Malgré un but de Corey Thibo- de faire oublier cette défaite amère pourront établir une nouvelle ca-
pendant laquelle des anciens ont le pointage. En effet, Ryne Gove a deau, le Gris et Grenat s’est fait alors qu’ils se rendaient à Carleton, dence. On en saura plus vendredi
été honorés. Cependant, au grand été le premier à trouver le fond du malmener en deuxième période, les le lendemain, pour le match retour. prochain, lorsqu’ils affronteront le
dam de leur instructeur et de leurs filet, donnant l’avance aux siens par Ravens ayant réussi à glisser le dis- Bien que les Ravens les attendaient Collège militaire royale.

GEE-GEES

Survol de la semaine
Marie-Eve Gauthier et Maxime quart. Ensuite, Ottawa a concédé Gees ont perdus trois sets à zéro plusieurs jeux spectaculaires dans s’est dit déçu de la performance de
Goulet des miettes aux Lions et est entré au contre les Bisons du Manitoba. Il nos deux tournois pré-saison, mais ses joueuses. Il faut dire qu’avant
vestiaire avec une avance de 33-10. faut dire que les Manitobaines font nous devons être plus constants la rencontre, sa troupe se classait
Football masculin : les Lions Ce sont des Lions plus affamés que partie du top cinq national. Lionel dans notre exécution », a-t-il confié troisième au pays.
dévorés jamais qui sont revenus au troisiè- Woods, entraîneur des Ottaviennes, au Service des sports après le tour- Pour sa performance remarqua-
me quart, dominant les Gee-Gees soutient que ses joueuses ont livré noi. Soulignons toutefois que Ka- ble, Nikki Moreau, défenseuse ot-
Ottawa (5-2) a remporté un qua- de façon surprenante 21-7 au poin- une bonne bataille. rina Krueger Schwanke a jouer un tavienne, a été nommée joueuse du
trième match de suite cette saison tage. Ceux-ci se sont repris en fin de Celles-ci ont ensuite vaincu St- excellent tournoi avec 14 attaques match pour Ottawa. La défaite a fait
pour assurer sa place en séries éli- match, marquant deux essais sans Mary’s dans un match qui a duré marquantes contre St-Mary’s et 15 chuté les Gee-Gees au classement
minatoires. Concédant plus de 30 réplique. cinq sets serrés. Toutefois, les Ot- contre Dalhousie. : elles passent du premier au troi-
points aux Lions de York (0-7), la Le Gris et Grenat affrontera les taviennes ont bien fait en fin de sième rang en Ontario. Jonhson a
défensive du Gris et Grenat a of- Lancers de Windsor à domicile la match, remportant le dernier set Soccer féminin : confié au Service des sports que leur
fert une performance moins im- semaine prochaine. Une victoire as- 15 à 8. Le lendemain, alors qu’elles Les Gee-Gees cèdent « défi est maintenant de terminer la
pressionnante que d’ordinaire. surerait l’avantage du terrain pour affrontaient les Tigers de Dalhou- la victoire aux Gaels saison avec deux victoires et de se
L’offensive, cependant, a permis le premier match des séries. sie, les volleyeuses ont perdu en préparer pour les séries ».
aux Gee-Gees de dominer indénia- quatre sets qui se sont tous termi- Le Double G rendait visite aux Le prochain rendez-vous des Gee-
blement à 54-31. Volley-ball féminin : Tournoi nés par deux points d’écart. Cette Gaels de Queen’s dimanche der- Gees, au cours duquel elles affron-
Brad Sinopoli s’est imposé une des Martlets de McGill défaite crève-cœur mettait fin à nier. Au grand désarroi de leurs teront Ryerson, a lieu le 24 octobre
fois de plus, inscrivant un touché leur tournoi. fans, les Ottaviennes ont subi leur prochain.
sur une course de plus de 70 ver- Le tournoi a commencé sur une La déception de Woods était deuxième revers de la saison. Steve
ges, pour faire 16-7 au deuxième mauvaise note, puisque les Gee- perceptible : « Nous avons réalisé Johnson, entraîneur de l’équipe, Suite à la page 17

16 • www.larotonde.ca sports@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Sports
RUGBY FÉMININ

Ottawa piqué au vif


Romain Guibert sert pour les deux équipes, malgré positionnement sur le terrain, mais parer du ballon, mais on n’a rien à Concordia pour l’affronter une
une domination ottavienne. Dès la elles n’ont jamais trouvé un moyen fait pour aller vers l’avant. C’était un troisième fois en un mois. Ces deux
Les Gee-Gees avaient encore une troisième minute, les Stingers ont de les inquiéter ou de tirer un avan- peu frustrant », avouait l’entraîneur dernières saisons, le Gris et Grenat
chance d’obtenir l’avantage du ter- inscrit un essai sur une très longue tage de cette possession de balle. Suzanne Chaulk. avait conclu l’année avec une fiche
rain pour leur premier match en course le long de la ligne de touche. Du coup, Concordia en a profité de 2-4, bonne pour le quatrième
séries samedi prochain. Elles devai- L’essai était si excentré que Jackie pour piquer Ottawa à nouveau en Aperçu des séries rang, le dernier donnant accès aux
ent battre Concordia par plus de 18 Tittley n’a pu réussir la transforma- fin de partie. À la 76e minute, Titt- séries. Malheureusement, elles tom-
points. Au final, les Stingers auront tion. Puis, les visiteurs ont continué ley, qui semblait être partout sur le Après trois victoires de suite en baient d’entrée contre le Rouge et
blanchi Ottawa une deuxième fois de mettre de la pression tout au long terrain, a raté une pénalité d’une début de saison, Ottawa a baissé pa- Or, s’inclinant les deux fois.
de suite. Cette fois-ci, la défaite de des 25 premières minutes de jeu, trentaine de mètres, mais elle s’est villon à trois reprises contre les gros- Ottawa, qui a démontré de bon-
8-0 met la table pour le match de mais n’ont pu en profiter, Tittley ra- reprise une minute plus tard quand ses pointures de la division québé- nes choses contre les Stingers en
première ronde à Loyala dimanche tant deux pénalités. ses coéquipières lui ont permis de coise que sont Concordia et Laval. Du deux matchs, a encore toutes ses
prochain. Par la suite, ce fut l’affaire d’Ot- transformer une pénalité dix mètres coup, elles ont fini avec un dossier de chances de créer la surprise. Pen-
Concordia a frappé très tôt et très tawa. Jusqu’à la 70e minute, les plus près. « On n’a pas fait un bon .500, bon pour le troisième rang. dant ce temps, Laval et McGill croi-
tard dans le match, tandis qu’au Gee-Gees ont dominé les Stingers usage de notre possession de balle. Les Gee-Gees seront donc en dé- seront le fer dans l’autre demi-finale
milieu, ce fut la traversée du dé- dans la possession du ballon et le On a fait un bon travail pour s’em- placement la semaine prochaine québécoise.

Photo Jessica Rose


Les Gee-Gees ont désormais une fiche de 3-3.

Suite de la page 16 fût, ses joueuses avaient la chance de La fiche d’Ottawa est mainte- cé pour le Gris et Grenat, malgré victoire à Ottawa par le compte de
se reprendre dimanche alors qu’elles nant de zéro victoire et deux défai- quelques difficultés que Dave DeA- 102 à 80. DeAveiro dressait le bilan
Hockey féminin : Premier affrontaient l’Université Concordia. tes et leur prochain rendez-vous, veiro a expliquées ainsi : « Nous de la rencontre ainsi : «Nous avons
affrontement de la saison La partie de dimanche ne fut pas au cours duquel elles affronteront avons joué comme une équipe qui lancé incroyablement bien; nous
plus lucrative venait de descen- étions plus actifs. »
Le premier rendez-vous de la sai-
son régulière ne s’est pas déroulé de
pour le Double
G. En effet, mal-
« Nous avons réalisé plusieurs jeux spectaculaires dans dre de l’autobus.
» Toutefois, son
Lors de leur dernier match du tour-
noi à la ronde, le clan de DeAveiro
la façon la plus souhaitable. Ottawa
affrontait les Martlets, chez elles, à et Grenat s’est
nos deux tournois pré-saison, mais nous devons être
gré 45 tirs, le Gris équipe l’a quand
même emporté
s’est malheureusement incliné par la
marque de 95 à 72 contre McMaster.
McGill. Celles-ci se sont inscrites au
pointage dès la première période, ont
quand même in-
cliné par la mar-
plus constants dans notre exécution » - Lionel Woods
par la marque de
90 à 82 contre
Si l’entraîneur était plutôt déçu de sa
troupe à la suite du dernier match,
ajouté quatre buts au second engage- que de 5 à 2. l’UQÀM, ce qui lui il faut tout de même noter que Josh
ment et un dernier en fin de partie. Dans la défaite, Dominique Le- l’Université de Carleton, est le 25 a fait ajouter : « Mais nous avons Gibson-Bascombe s’est illustré avec
Elles ont donc trouvé le fond du filet febvre et Fannie Desforges ont octobre. bien performé en fin de match. » 35 points dans la rencontre.
à six reprises en 37 tentatives. inscrit chacune un filet. Le mot Le lendemain, les Ottaviens af- Les Gee-Gees ont maintenant
L’instructeur Miguel Filiatrault dé- d’ordre de Filiatrault est resté le Basket-ball masculin : frontaient les Redmens de McGill. une semaine de préparation pour le
clarait que si les première et dernière même : « Nous devons jouer les 60 la classique Redbird de McGill Ceux-ci étaient à la maison et se tournoi Jack-Donohue, qui se tien-
périodes avaient été correctes, la minutes », confiait-il au Service sont défendus tant bien que mal, dra du 23 au 25 octobre à l’Univer-
deuxième a coûté cher. Quoi qu’il en des sports après la défaite. La classique a très bien commen- mais ont tout de même concédé la sité d’Ottawa.

sports@larotonde.ca www.larotonde.ca • 17
Sports le 19 octobre 2009

DOSSIER DROGUES

LA DROGUE,

C’EST MAL?
De nombreuses drogues sont proscrites par les fédérations sportives
universitaires. Maxime Goulet s’est penché sur la question afin de
mieux comprendre les réalités auxquelles font face les athlètes évoluant
dans le Sport interuniversitaire canadien (SIC).

U
ne performance supérieu- qu’est-ce que le recours à la drogue Par exemple, la créatine, couram- meilleurs!), sont toujours en re- on comptait un cas de cocaïne,
re à celle de ses pairs est le peut occasionner dans la vie d’un ment consommée par nombre de tard par rapport aux chimistes qui quatre cas de consommation de
but ultime du sport. Pour y athlète? sportifs, est un acide aminé naturel découvrent les substances, on dé- cannabis et deux pour l’utilisation
arriver, l’Homme a décou- présent dans les fibres musculaires couvrira dans un peu moins d’une de stéroïdes. L’un de ceux-ci, Matt
vert il y a longtemps que certaines Pourquoi certaines substances et le cerveau. Elle améliore la per- dizaine d’années les substances Baxter, des Mustangs de Western,
substances peuvent améliorer ses sont-elles interdites alors que formance des muscles lors d’efforts utilisées aujourd’hui. Pire encore : a reçu une suspension de deux ans
performances. De ce fait, drogue et d’autres sont permises? anaérobiques. Les suppléments de on découvrira les effets de ces expé- pour l’usage de métabolite Letra-
sport sont aujourd’hui intimement créatine sont en vente libre dans les rimentations dans une quarantaine zole (famille des stéroïdes). Bax-
liés. Ce qui est fascinant, c’est la De prime abord, il faut consi- pharmacies et mêmes dans certai- d’années. En effet, on découvre en ter s’est défendu en plaidant qu’il
classification des substances. Ain- dérer que la médecine sportive a nes épiceries. ce moment que certaines médaillées avait ingérer le produit par inad-
si, certaines sont légales, d’autres fait des progrès considérables dans Dans la même optique, Bruno olympiques allemandes des années vertance.
non, et plusieurs sont légales pour les dernières années. En ce sens, le Lafontaine, physiologiste de l’exer- 1970 sont aujourd’hui devenues, à
le citoyen ordinaire alors qu’elles régime alimentaire et la discipline cice et propriétaire de la firme de peu de choses près, des hommes*. Au-delà de la performance im-
sont proscrites par les autorités de vie permettent aujourd’hui aux conditionnement KinO2 Consul- Pour mieux comprendre, il peut médiate, quelles sont les moti-
sportives. Une question doit d’em- athlètes d’atteindre légalement des tation, avance que « si l’organisme être utile d’observer quelques chif- vations de l’athlète?
blée être posée : pourquoi certaines niveaux de performance considé- fonctionne bien, tu peux très bien te fres. En 1990, 47 cas de dopage ont
substances sont interdites alors rablement supérieur à ce qui était débrouiller et faire des performan- été répertoriés dans le SIC. De ces Ce qui sauve – si on peut s’expri-
que d’autres sont permises? jadis possible. ces très respectables ». C’est proba- 47 cas, la moitié mettaient en cau- mer ainsi – l’athlète universitaire
Au-delà de cette formalité qui Ainsi, Denis Piché, entraîneur de blement pour ça que la plupart des se le cannabis et la cocaïne, tandis est le niveau de compétition de la li-
varie d’une législation à l’autre, il l’équipe de football des Gee-Gees, athlètes universitaires font de leur que 23 impliquaient des substances gue dans laquelle il évolue. Pour une
existe des interrogations plus pro- explique qu’« avec les suppléments alimentation une religion. Toute- de la famille des stéroïdes. Plus ré- grande majorité, le sport n’est qu’un
fondes relativement à l’utilisation naturels et légaux qui se vendent fois, Lafontaine ajoute que dans les cemment, le portrait semble avoir complément à leur parcours univer-
de drogues pour accroître les capaci- maintenant, si tu as une bonne ali- sports d’endurance, domaine avec changé du tout au tout. En 2009, sitaire. En d’autres mots, l’aboutis-
tés. Par exemple, au-delà de la per- mentation et si tu as un bon pro- lequel il est plus familier, pour fai- ce sont environ 300 athlètes sur 10 sement de leur cheminement est
formance immédiate, quelles sont gramme d’entraînement [...], tu peux re partie de l’élite mondiale, il faut 000 qui ont été testés. Un nombre généralement celui d’une carrière
les motivations de l’athlète? Quels avoir des résultats incroyables ». Les faire appel à une puissante aide er- infime d’athlètes ont été testés po- dans leur domaine d’étude.
sont les attitudes des intervenants suppléments sont des produits natu- gogénique (qui améliore, facilite ou sitifs pour cause de cocaïne ou de Il faut en déduire que leurs per-
(entraîneurs, parents, fans, orga- rels. Par « naturels », il est entendu favorise l’apport en énergie au corps marijuana. formances sportives n’auront pas
nisations, ligues, etc.) qui gravitent qu’ils sont, soit déjà produits par et par le fait même la perfomance). L’année n’est pas terminée, mais une influence sur leur vie future.
autour du parcours du sportif face l’organisme, soit des vitamines déjà Malheureusement, comme les le bilan devrait ressembler à celui La différence est notable, puisque,
à la consommation? Finalement, contenues dans un régime normal. comités antidopage (même les de l’année précédente. En 2008, pour un athlète professionnel, la

18 • www.larotonde.ca sports@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Sports
CitiusAltiusFortius

performance est au centre de la vie : une consommation sans aucun ris- Arsenault a pris conscience de tage la récupération que la perfor- te qui doit décider de ce qui est bon
elle détermine son salaire (équipe et que pour le corps ou pour son statut la gravité de ses gestes. De son mance comme telle. Il est donc pos- ou non pour lui. Il indique qu’il peut
commanditaire) et sa notoriété au de sportif. propre gré, il a fait de la préven- sible de s’entraîner plus vite, ou plu- être parfois extrêmement difficile de
sein de son corps professionnel. À la veille des camps d’entraîne- tion dans les équipes sportives, tôt, de devenir plus fort plus vite. faire le bon choix. En effet, dès l’en-
En gros, ce qui sauve l’universi- ment des équipes professionnelles, dans les écoles et à la télévision, Dans le SIC, les joueurs sont fance, on est encouragé à utiliser des
taire membre d’une équipe sportive le joueur y a vu une opportunité pour que les autres puissent tirer contraints de suivre des cours de pré- « suppléments ». Ainsi, les enfants
est le fait qu’il n’a pas tant à gagner, d’accroître ses chances de vivre son une leçon de ses erreurs. L’année vention relativement aux produits « mangent leurs épinards pour être
ou plutôt, qu’il a beaucoup plus à rêve de jeunesse. Voilà comment suivante, il a signé un contrat avec légaux et illégaux. Un spécialiste les plus forts » et leur « poisson pour
perdre qu’à gagner. Bref, le jeu n’en Arsenault a vu la situation : s’il est les Tigercats d’Hamilton. Sa place informe des effets de chaque subs- voir plus loin ». Bref, la société in-
vaut pas la chandelle. Toutefois, si sélectionné, il sera un athlète pro- n’était pas assurée, mais il a dé- tance, des produits dans lesquels elle vite à prendre tous les moyens pour
cette réalité est vraie pour la grande fessionnel et gagnera sa vie en fai- cidé d’opter pour le chemin légal, est contenue et toute information fournir les meilleures performances
majorité des athlètes du SIC, plu- sant du sport; sinon, il devra faire cette fois. « Je n’ai pas eu besoin complémentaire utile. Piché affirme possibles. C’est donc à l’athlète de
sieurs peuvent aspirer aux ligues autre chose de sa vie, autre chose de faire l’usage de drogue pour at- que ses joueurs doivent faire appel décider si sa santé est plus impor-
professionnelles et/ou aux équipes que la passion qui l’a animé jusque- teindre les rangs professionnels », au médecin de l’équipe s’ils ont quel- tante pour lui que sa gloire.
nationales et aux Jeux olympiques. là. Quel que soit son choix, le foot- témoignera-t-il plus tard. C’est que problème médical afin de s’assu-
L’exemple de Matt Arsenault il- balleur croyait qu’il aurait une inci- d’ailleurs le message qu’il cher- rer que les produits prescrits n’amè- *«Effets secondaires chez l'hom-
lustre bien ce fait. Celui-ci a joué dence directe sur le reste de sa vie. che à transmettre à ceux qui vou- neront aucune complication. me : augmentation du volume des
cinq ans (1993-1997) avec les Gee- Finalement, lors des camps d’en- draient suivre ses traces. Toujours selon Piché, instructeur seins, atrophie des testicules, im-
Gees et il a été capitaine les trois traînement, il s’est fait suggérer de de l’équipe de football de l’Université puissance, hypertrophie de la pros-
dernières années. Joueur de ligne profiter de sa dernière année d’éligi- Quelles sont les attitudes des d’Ottawa, les moyens de dépistage tate et diminution de la production
offensive talentueux, il a terminé sa bilité dans le SIC pour peaufiner son intervenants qui gravitent utilisés par le SIC sont assez efficaces de spermatozoïdes.
quatrième saison avec un baccalau- jeu. C’est durant cette dernière sai- autour du sportif? pour décourager un athlète qui serait Effets secondaires chez la fem-
réat en poche et l’espoir d’évoluer son qu’il s’est fait prendre. Il n’était tenté d’utiliser des substances illéga- me : Augmentation de la pilosité
pour une équipe professionnelle. pas présent lors du championnat de Certaines aides ergogéniques les pour accroître ses performances. faciale, hypertrophie du clitoris,
Cette année-là, pendant la saison la coupe Vanier et n’a pas pu aider sont naturelles et légales. Prescrites Néanmoins, il admet qu’il est possi- diminution du volume des seins,
morte, il a rencontré un médecin sont équipe. Il n’a pas été éligible d’une façon optimale, elles peuvent ble qu’un joueur réussisse à passer à calvitie hippocratique, perturba-
qui lui a conseillé l’usage du stana- aux honneurs individuels qu’il avait êtres bénéfiques sans être vraiment travers les mailles du système. tion du cycle menstruel et baisse
zol pour améliorer ses capacités. Se- d'excellentes chances de remporter. néfastes à long terme. Ces régimes Selon Lafontaine, qui a complété du timbre de la voix. Malheureuse-
lon le docteur, les effets secondaires Bref, sa carrière universitaire jus- sont encouragés par plusieurs. Il un baccalauréat en sciences de la ment, ces effets masculinisants sont
quasi inexistants et la disparition que-là remarquable a été entachée faut savoir que les suppléments, santé avec une spécialisation en ac- permanents. »
rapide de la substance permettent à jamais. pour la plupart, favorisent davan- tivité physique, c’est surtout l’athlè- - Forces cannadiennes

sports@larotonde.ca www.larotonde.ca • 19
Sports le 19 octobre 2009

Tirs de barrage
Cette semaine, rencontre avec le nouveau et prometteur quart-arrière Catherine Cimon rain! Mais ce serait Morgann Johnson.

de l’équipe de football de l’Université d’Ottawa : Brad Sinopoli. Crois-tu qu’il est toujours possible de ra-
mener la coupe Vanier « à la maison »?
Et, la semaine dernière, une joueuse de
l’équipe de soccer nous a confié qu’un
des joueurs de l’équipe se promenait
Brad : Évidemment que c’est toujours possi- en chandail bedaine au camp d’entraî-
ble! Nous avons eu une période difficile, mais nement… Qui est-ce?
nous continuons de nous entraîner pour ga-
gner la coupe! Brad : Ah, ça c’est Craig Bearss!

Es-tu fatigué d’être sans cesse comparé À propos des joueuses des Gee-Gees,
à Josh Sacobie (ancien quart-arrière lesquelles préfères-tu : celles de l’équi-
des Gee-Gees)? pe de soccer ou encore celles de l’équi-
pe de volley-ball?
Brad : Sans aucun doute. On nous compare
toujours, mais nous avons deux styles très Brad : Les filles de l’équipe de soccer!
différents sur le terrain. D’un autre côté, c’est
naturel de le faire et je ne peux en vouloir à Une en particulier…?
personne.
Brad : (Sourire) Non, toute l’équipe. En géné-
As-tu une idole, un modèle? ral, au football, on a une belle complicité avec
les filles de soccer, car on se croise souvent
Brad : Sans hésiter, je dirais mon père. Il était lors des pratiques et à nos matchs.
l’entraîneur de l’équipe locale (Peterborough)
quand j’étais jeune et je le suivais toujours sur Pour conserver la forme, as-tu une diè-
le terrain lors des matchs. C’est avec lui que te spéciale?
j’ai appris à jouer; c’est lui qui m’a donné le
goût du football. Brad : J’essaie vraiment de faire attention…
Je suis étudiant et, comme tout le monde, je
Tu as un surnom, « l’Étalon italien ». n’ai pas toujours le temps de bien manger,
As-tu une idée d’où cela peut provenir? mais j’essaie!

Brad : Je n’en ai sincèrement aucune idée! On Que dirais-tu à ceux qui seraient inté-
me surnomme comme cela, mais je ne sais pas ressés à te cloner pour conserver quel-
d’où ça vient… Peut-être parce que je cours ques copies de « l’Étalon italien »?
vite?
Brad : Je dirais oui! J’aimerais bien me voir
Nous avons un dossier spécial, cette se- sous une différente perspective, me regarder
maine, à propos de la drogue; à l’instar avec un point de vu extérieur…
de Michael Phelps, et en tant qu’athlète
de haut niveau, as-tu déjà consommé Sur un autre ton, es-tu effrayé par la
des substances illicites? grippe AH1N1?

Brad : Non, jamais! Mais je ne juge pas ceux Brad : Non, pas du tout. Je crois que c’est seu-
qui l’ont fait. C’est leur affaire. lement un état d’esprit et qu’on ne doit pas en
avoir peur.
Et les autres membres de l’équipe?
Et pour finir, comment se porte ton
Brad : Euh… je ne peux pas répondre pour français?
eux, je ne sais rien!
Brad : Il est horrible, je ne suis vraiment pas
À propos de l’équipe, y a-t-il quelques très bon! Je sais seulement dire quelques
“gossip girls” parmi les joueurs? mots comme « ordinateur » et d’autres trucs
que les gars (footballeurs) m’apprennent dans
Brad : Oh oui, beaucoup (rires), surtout dans les vestiaires…
les vestiaires; ça jase et ça placote pas mal!
Note de la journaliste : Avis aux intéressées,
Un nom en particulier? Brad Sinopoli est apparemment “single”, l’in-
formation m’ayant été révélée par certains
Brad : Hummm… il faut que je fasse attention de ses coéquipiers enthousiastes peu avant
Photo Simon Cremer
parce que les gars vont se venger sur le ter- l’interview…

Prolongation
Maxime Goulet, Chef de pupitre Sports

Le voyage
Les gens n’ont rien à faire du voyage, c’est à terminer son parcours en moins de neuf fils de Stefie Graff et d’André Agassi. Théo- rait ensuite dire : « Lui, il a vraiment de la
la destination qui les intéresse. L’important, secondes ne pourrait-il pas être le fruit du riquement, l’enfant devrait fracasser tous les graine de champion ».
pour un fan, c’est l’acte spectaculaire qui qua- clonage? Mieux encore, de la manipulation records et devenir le meilleur tennisman du La question éthique reste la même : jusqu’où
lifie la victoire. La fin justifie les moyens, disait génétique? monde. En pratique, il sera peut être musicien sommes-nous prêts à aller pour gagner? Le
Machiavel. Voilà la règle qui domine, dans la Des rumeurs veulent que certains maria- ou politicien. livre Éthique du dopage (Édition Ellipses)
vie comme dans le sport. C’est là qu’arrive no- ges, en Chine, aient été le fruit d’une orga- Mais ne nous limitons pas à ce qui est suggère le comportement suivant : « Au mini-
tre amie la drogue. nisation méticuleuse. Organisation ayant naturel. Après tout, nous sommes des hom- mum [...] Pour chaque personne, un droit au
Depuis la nuit des temps, l’Homme amé- pour but de faire procréer deux personnes mes, allons plus loin. Par la manipulation respect, à la dignité, à l’autodétermination et
liore ses performances grâce à des méthodes ayant des qualités athlétiques particuliè- génétique, nous pourrions identifier les à l’humanité dans toutes les circonstances de
diverses. Certaines sont proscrites – l’usage res. De la même façon qu’il en a été pour gènes les plus susceptibles de produire des sa vie. »
de plusieurs drogues par exemple, ou en- les chiens, pourquoi ne pas avoir recours athlètes performants pour tel ou tel sport. Si la destination est l’exploit, que le voyage
core la greffe d’un cœur de bœuf. Combien à la « sélection naturelle dirigée » sur les Ensuite, étant donné l’argent investi, il suf- est le chemin pris, le point de départ du succès
de temps ces méthodes seront-elles com- humains? firait d’encadrer les rejetons et de leur faire reste toujours l’une de ces deux obsessions:
pétitives face à d’autres découvertes médi- Prochainement, il existera un exemple pratiquer le sport pour lequel ils ont été l’incapacité d’accepter la défaite ou la volonté
cales? Le premier coureur de 100 mètres frappant de cette hypothèse. Je parle ici du conçus dès leur tendre enfance. On pour- de vaincre à tout prix.

20 • www.larotonde.ca sports@larotonde.ca
le 19 octobre 2009 Sports
CLASSEMENTS

Football - SUO
Équipe PJ V D N PP PC PTS
Queen’s 5 5 0 0 189 77 10
Western 5 4 1 0 198 112 8
Guelph 5 3 2 0 241 150 6
McMaster 5 3 2 0 164 102 6
Laurier 5 3 2 0 127 89 6 Prix nordique de la dramaturgie
et le prix Reumert.
Ottawa 5 3 2 0 132 103 6 Première mondiale francophone

Windsor 5 2 3 0 67 168 4
Waterloo 5 1 4 0 123 160 2
Toronto 5 1 4 0 88 181 2
York 5 0 5 0 57 244 0

Soccer - SUO Est


Équipe PJ V D N BP BC PTS
Queen’s 14 11 1 2 32 5 35
Toronto 14 10 1 3 28 7 33
Ottawa 14 10 2 2 39 7 32
Carleton 15 6 7 2 15 15 20
Laurentian 14 5 7 2 13 22 17
Nipissing 14 4 7 3 25 27 15
Ryerson 14 3 7 4 12 24 13
CMR 13 3 9 1 9 27 10
Trent 14 1 12 1 3 42 4

Rugby - Québec
Équipe PJ V D N PP PC PTS
Laval 6 6 0 0 277 33 12
McGill 6 4 2 0 128 75 8
Concordia 6 4 2 0 136 61 8
Ottawa 6 2 4 0 45 127 4
Sherbrooke 6 1 4 1 24 135 3
SALLE CAISSES DESJARDINS � 333 KING EDWARD – OTTAWA
Bishop’s 6 0 5 1 17 196 1

Photo © Rolline Laporte / rolline@videotron.ca


WWW.THEATRE-TRILLIUM.COM

Les trois étoiles de La Rotonde

1
JOSH GIBSON-BASCOMBE
» BASKET-BALL
Josh Gibson-Bascombe a livré une performance exceptionnelle lors du tournoi de basket-ball qui Vous voulez devenir journaliste?
s’est déroulé à McGill. Le joueur a entre autres inscrit 35 points lors du dernier match.

2
Vous aimez écrire?
RYNE GOVE
» HOCKEY Un sujet d’article vous inspire?
Le hockeyeur s’est illustré en comptant trois fois contre Carleton. Il a marqué un premier but dans la
défaite de vendredi contre Carleton et en a ajouté deux autres à sa fiche dans la victoire des siens le La Rotonde c’est pour VOUS!
lendemain.
Devenez journaliste!

3
NIKKI MOREAU
» SOCCER FÉMININ
info@larotonde.ca
La joueuse de soccer Nikki Moreau s’est illustrée dans la défaite des siennes en réalisant plusieurs
jeux clés.

sports@larotonde.ca www.larotonde.ca • 21
le 19 octobre 2009

Divertissements
Devinettes
Sudoku
Plus on en met et moins ça pèse.
Qu’est-ce ?
Remplissez les cases vides
pour compléter le casse-tête.
J’ai une gorge mais je ne peux pas parler, je coule mais
Chaque chiffre de 1 à 9 doit
ne me noie pas, j’ai un lit mais je ne dors jamais.
être présent dans chaque
rangée horizontale et verticale, Qui suis-je ?
ainsi que dans chaque section
de neuf cases. En me levant je ne fait pas de bruit mais je réveille tout
le monde. Qui suis-je ?

La Rotonde n’est aucunement Qui suis-je ?


responsable de tout problème
de manque d’attention de ses Qu’est-ce qui a 6 pattes et qui marche sur la tête ?
lecteurs en classe en raison
de ce Sudoku.
Qui suis-je ?
Dès que l’on prononce mon nom je me brise...

Qui suis-je ?
Solutions: Des trous; une rivière; le soleil; un pou; le silence

Ont participé à cette édition:


Nedggy Mauricin Marie-Eve Gauthier

Catherine Cimon Philippe Dumas

vous appartient! Éric Ricou Catherine Dib

Simon Cremer Julie-Anne Lapointe

Romain Guibert Danielle Web

Réunion De toute l’équipe de La Rotonde, merci!


des bénévoles
embauche!

La Rotonde est à la recherché d’un Chef de pupitre pour la section Arts et culture.
Venez renconter l’équipe!
12h, mardi le 20 octobre Vous avez jusqu’au 28 octobre pour soumettre votre CV ainsi qu’une lettre de présentation à
109 Osgoode Céline Basto, Directrice générale, à l’adresse direction@larotonde.ca, ou en personne, au 109
Osgoode.

Pour plus de details sur le poste, visitez le www.larotonde.ca

redaction@larotonde.ca www.larotonde.ca • 22
le 19 octobre 2009

Éditorial
le 19 octobre 2009 • Vol. LXXVII No. 5

109, rue Osgoode

P
Ottawa (Ontario)

Toujours plus
K1N 6S1
613 421 4686
lus de travaux, d’examens, de parti-
cipation et d’activités parascolaires.
Plus de sports, plus de trophées, plus
de championnats. Toujours plus. Et
en étant le meilleur, évidemment.
Ça sert à quoi d’aller à des cours si
ce n’est pas pour décrocher un A+? À quoi bon
participer à une quelconque activité si ce n’est
pas pour être le meilleur, le plus beau, le plus
fin? Pourquoi donc faire du sport dans un autre
but que d’arriver premier, champion, meneur
des compteurs et le « plus meilleur » de tous les
temps?
Allumez la télévision, la radio ou branchez-
vous sur le net, vous constaterez qu’on n’en a que RÉDACTION
pour les winners. On nous répète sans cesse que
pour être heureux et aimé, il faut être le premier, Rédacteur en chef
le plus beau, le plus bronzé, le plus « toute », Mathieu Gohier
redaction@larotonde.ca
bref. Même chose en sport. Qui se souviendra du
deuxième athlète sur le podium? Des finalistes Secrétaire de rédaction
du dernier Super Bowl? Idem du côté des arts. Joanie Demers
revision@larotonde.ca
Quelqu’un se souvient-il des nominés pour le
dernier Oscar du meilleur acteur? Évidemment Adjointe à la secrétaire
que non. de rédaction
Pourquoi ce long détour, demanderez-vous? Axelle Perry
Pour en revenir à la pression exercée sur les étu- Actualités
diants et surtout, aux moyens que ceux-ci em- Ariane Marcotte
ploient pour la supporter ou y échapper. Des étu- (Chef de pupitre)
Isabelle Larose
diants se gèlent pour être capable de passer des (Adjointe)
nuits blanches, récolter les A+ et conserver leur actualites@larotonde.ca
bourse. D’autres roulent joint après joint ou boi-
vent sans cesse, histoire d’oublier qu’ils ne sont Arts et Culture
Sonia Noreau
pas les premiers, les meilleurs – bref, parce que culture@larotonde.ca
la pression est souvent insoutenable. Vous trou-
vez ça normal? Sommes-nous rendus à ce point Sports
durs envers les étudiants que ceux-ci doivent Maxime Goulet
sports@larotonde.ca
juguler la pression avec des petites pilules? Ce
serait si simple de dire « oui, chose, t’as le droit Section Opinions
de te planter, même que ça va te faire du bien ». Mathieu Gohier
redaction@larotonde.ca
On apprend de nos erreurs et celles-ci nous pré-
parent à affronter des épreuves plus difficiles. Il Web
fait quoi, l’étudiant qui a toujours réussi et qui Philippe Teisceira-Lessard
se « gourre » pour la première fois? Il craque. web@larotonde.ca
Il est pris au dépourvu devant cette situation in- Direction artistique
connue. Ce n’est certainement pas en se gavant Production
de comprimés aux couleurs de l’arc-en-ciel que Mathieu Langlois
l’étudiant moyen arrivera à découvrir ses forces directart@larotonde.ca
production@larotonde.ca
et ses faiblesses. Ce n’est pas non plus en fumant
de l’herbe qu’il apprendra à se relever de ses er- Photographie
reurs. Jessica Rose
L’esprit de compétition et l’envie de réussite Photo de la couverture
ne sont pas malsains en soi. Ça prendra toujours Mathieu Langlois
des premiers de classe pour créer des vaccins,
dessiner des avions ou inventer la machine à re- ÉDITIONS ET VENTES
monter dans le temps. Dénoncer la pression folle Directrice générale
n’est pas non plus une excuse pour l’incompéten- Céline Basto
ce. Il arrive que des gens ne soient pas à leur pla- direction@larotonde.ca
ce ou, tout simplement, qu’ils n’aient pas les qua- 819 351 2919
lifications pour accomplir une tâche. Cependant, Publicité
ce n’est pas en poussant les étudiants à bout que Edgar Donelle
nous en ferons des citoyens aptes à vivre norma- Accès Média
info@accesmedia.com
lement, avec leurs joies et leurs peines. 514 524 1182
Les étudiants sont les proverbiaux travailleurs
de demain et le monde du travail sera à leur La Rotonde est le journal étudiant de
image – à moins qu’ils ne soient déjà à l’image l’Université d’Ottawa, publié chaque
du monde du travail, c’est-à-dire froids, cruels et lundi par Les Éditions de La Rotonde,
compétitifs. Tout est question d’équilibre. C’est à et distribué à 4000 copies dans la région
nous de refuser cette pression superflue de la so- d’Ottawa-Gatineau. Il est financé en partie
ciété et de répondre plutôt à nos propres critères par les membres de la FÉUO et ceux de
de réussite. Vous voulez être le meilleur joueur l’Association des étudiants diplômés. La
de foot? Faites-le pour vous. Vous voulez avoir Rotonde est membre du Carrefour inter-
un A+ en biologie moléculaire? C’est votre bul- national des presses universitaires franco-
letin, pas celui de vos parents. Bref, les objectifs phones (CIPUF) et de la Presse universi-
qu’on se donne sont souvent bien assez difficiles taire canadienne (PUC).
à atteindre, laissons donc les autres se trouver un
autre winner. La Rotonde n’est pas responsable de
l’emploi à des fins diffamatoires de ses ar-
ticles ou éléments graphiques, en totalité
ou en partie.

redaction@larotonde.ca www.larotonde.ca • 23