'

BlBLlOTHEQUE • BLANCHE
Alain Soral
Sociologie
du dragueur
d
o
w
n
l
o
a
d
p
a
r
a
d
i
s
e
DUMÊMEAUTEUR
Essais
Les Mouvements de mode expliqués aux parents (en collaboratioa
avec Hector Obalk et Alexandre Pasche), Robm LAffont, 1984.
La   de mode, S.I.S., 1987.
Sociologie du dragueur, éditions Blanche, 1996.
féminisation?, éditions Blanche, 1999.
Jusqu'oà va-t-on descendre?, éditions Blanche, 2002;
krate l Saint-Tropez, éditions Blanche, 2003.
La Vie d'un vaurien, éditions Blanche, 2001.
Uilka du dbir, étlititms Blanche, 2004.
1flms tle court mltrage
Chouabadaballet, une dispute
...... ,....,SonJJ, 1990.
lM ....... , mism aft'ecâw: et
Sàat,_ ... Jflnu, 1993.
d
o
w
n
l
o
a
d
p
a
r
a
d
i
s
e
Alain SORAL
SOCIOLOGIE
DU
DRAGUEUR
L E LIVRE SUR L'AMOUR ET LA FEMME
Colltction dirigée par Franck Sprogler
ÉomoNs BLANCHE
4, rue Caroline
PARis 17•
d
o
w
n
l
o
a
d
p
a
r
a
d
i
s
e
Le vrai, c'est le Tout
tk   G. UŒ Hegtl.
femme est l'avenir de l'homme.
Devise du proxtnète antillais.
M Lucim Goldmann.
Bntt.ru JKMr sa pratique
,., .... IA/orique et tl
JKMr son
d
o
w
n
l
o
a
d
p
a
r
a
d
i
s
e


UN LIVRE SUR LE SUJET
d
o
w
n
l
o
a
d
p
a
r
a
d
i
s
e
LA DRAGUE SUJET À RISQUES
On n'a pas attendu le sida pour que la drague soit un sujet à
risques.
Avouer son statut de dragueur dans un dîner en ville vous grille
bien plus sOrement que toute autre activité parasitaire:
immobilier,   et autres pratiques sur
l'abrutissement, le vol ou le pur loisir.
La quête des plaisirs dans le refus du travail n'est pourtant pas
ce que les semblent reprocher à celui qui s'attable avec eux
pour manger à l'œil; on fait plutôt grief au dragueur de son

Une immorale
Le dragueur est immoral parce qu'il joue avec les femmes et
qu'il trahit l'amour. Aux yeux des élites en cour, il est plus
que le professeur Garetta, un syndic de faillite en
cheville avec un repreneur, Jean-Claude Carrière et le grand Lama.
Pour eux vivre sur le dos des humbles c'est adh&er pleinement à la
humaine, mais refuser de l'amour à des
histoires d'alcôve c'est lui tourner le dos.
Une minable
1
,. En prolongeant la discussion, comme souvent, l'argument
:vcr;e. Cc que le mondain reproche au dragueur, en fait, c'est de
t•h! s occuper des femmes. Activité minable; le dragueur serait à
dta :.:: fez_nme cc que la passion pour la mécanique est au goOt
VOitures. En avouant son chancelante, son
7
manque
dâir,le
et la sexuelle du
lins dans le cambouis.
PAS UN INTEI.l..ECTUEL
tMorique
rien de plus de la grice
ti& l des qualités natives (regard
... ,. la technique du dragueur ne vaut
au sida elle n'est pas transmissible.
iOde sourire d'enfant ou l'inverse, et
parce que sans qual ités excessives
)OU!cbe moyenne ... ), celui-là drague
ett universelle. Il sait parler aux filles,
•er; u peut le faire, le refaire, il peut meme
caJ'ftme 1IDOS les garçons des rues, il manie le
db qu'ü s'agit d'expliquer, son complexe
froUa impressionner il veut faire son

a d1oisi de Yiv1e par-dessus tout,
taire c'est cesser de vivre (les
:del n1&) ; une vic pleine, riussie
'DI:Ual temp ll'6critwe. La drague
la-..
MUr 1 la RDiation objective d'Wire
  œ qui le n*OÛft en plus du
Le IC &it un film et ça
il •••1 •Je dnlma
  des femmes, c'est le prox6lète.
aJa pratique, mais son mq,ris de J'amour et des femmes
laUICUD retournement, il n'a jamais été poète
1

nreJ le proxénète devient discret dès
1011 sujet. S'il met des filles sur le trottoir c'est sans
a'a rien lieur reprocher. n vit sur leur ventre comme
Je dos des pauvres, parce que le luxe est à ce prix. En
la vindicte il devient meme lâche et il a honte; sans
1111111
c:clui qui vit des femmes est aussi au bas de l'échelle ;
.,, pu le braqueur qui fait la vaisselle. Et si avec la
alda pris goOt aux pratiques déviantes, la nuit c' est le
tëmme.
I!INrzu.ECTUEL N'EST PAS UN DRAGUEUR
•ta, en gros, c'est toujours la meme approche. Un
· · resté longtemps près de sa mère
2
tombe
fille au loin. Elle est mystérieuse, il ne lui adresse
at merveilleuse, il ose à peine la regarder.
•at pas, le poète peut à loisir multiplier les
yeux de porcelaine, ses seins de nacre, sa vulve
ICDt la Beur ... Plus on s'éloigne de l'expérimenté,
: j'ai "tiré" à ce jour plus de sept cents jeunes
a'en suis pas fier, j'étais plutôt poète), mais je
au grand jamais, qui eOt le goOt du fruit, ni
9
; plut&t poisson-fromage. N'ai-je
le pœtc qui s'est pincé le nez
pour lui?
nous &laire : Ma fmzme au sexe
ame Breton, antiquau-e et
rue. Ses bonbons sont anciens
ce qui est fort classique ;
'faHOcialjon peu poétique: sexe
Plus on approche la
bonbons   ..
,,_     r&emment (moins d'un
loin des femmes.
tous pédés.
reni Aristote, grâce aux
--&.
;ar si«le pour que
plûlosophe 1 l expliquer
; aujourd'hui la mode
Je profil du penseur
t. petiœ ou moyenne
de la
et des femmes.
excellence, eut une vie ascétique de professeur
raconte qu'à la promenade il se masturbait chaque
le m&ne arbre. Quelque ffit sa méthode pour tenir le
.__. demeure pas moins qu'il passa sa vie comme un
quitter Pour les penseurs de sa trempe le
lla femme comme tribut à payer à l'esprit, allait sans
comme de ranger pensée ct femme dans deux
distinctes.
ce renoncement fut moins bien supporté.
qui l'on doit le fameux Monde comme volont! et
m.rtiol,, est aussi l'auteur d'un Essai sur les femmes
commenté; extrait: I.:homme s'ifforce en toute chose
soit par l'inteLligence, soit par la force; la
tiiVIIre, est toujours et partout réduite d une domination
i;14irecte, c'est-d-dire qu'elle n'a de pouvoir que par
t!atallli seul qu'elle exerce une influence immédiate. En
ll/llllre porte les femmes à chercher en toutes choses un
lll"rlil'/'lwmme, et l'intérêt qu'eiles semblent prendre aux
est toujours une ftinte, un détour, c'est-à-dire pure
Rousseau l'a dit: ''Les femmes en gtnéral
flrl. ne se connaissent à aucun et n'ont aucun génie".
qui tenta sa vie durant de sortir le penseur de la
  des philosophes, n'eut pas pour autant plus
dames. Le incontesté du "surhomme" se fit
Lou Andreas-Salomé encore gamine, à qui il
oé demander personnellement la main. Comble
la jolie mondaine {réputée depuis pour avoir
penseurs) préféra épouser un disciple du maître.
-,le vieil enseignant finit par choper la
noyer sa solitude aux putes.
tplc:s nous viennent d'Allemagne, pays réputé
que pour ses séducteurs, ajoute encore
11
U&udc comme moyen de IC protéger de la femme (apprOche
thforique)
Triomphe de la sur l'entendement, le dési r est
l'ennemi du penseur; penseur qui le redoute comme il redoute la
femme, incarnation de son d&ir.
Sauf pour les
1
, la femme est donc dans l'esprit du
philosophe: d€possession de soi, chute de l'intégrité, chemin
contraire de la raison et de la Pour être encore plus clair:
quand la femme arrive le sexe se dresse, et le livre a tendance à vous
tomber des mains.
Pour 1•bomme de raison inquiet de son désir et des femmes,
l'objet de pensE-e qu'est le livre devient vite un rempart; son plus sOr
IDOJCil de se garder des femmes (un livre maintenu ouvert devant les
yeux vous c:acbant l'objet du et ce d'autant mieux que la
ralexion qu•ilsuscitc, en mobilisant les "en haut", en laisse
moins pour le bas)
2

Parce qu'il a choisi la inverse, le penseur est
particulieraneot wln&able &ce lia femme. La tradition classique,
coal6quente, lui conseille donc de l'mter.
Le petit pro&ucur de I:Ange bleu, qui faillit l cette règle, s'en
..,.,..,...._.d encore les doigts. TomW dans la plus profonde déchéance
,ur s'b laiul Rduire par Dietrich, le vieil intellectuel
Noipuli, et finira dans un ultime sursaut de
lâciditi par 1e dans sa salle de classe. La dernière image
montre apippant son bureau comme un naufragé sa bouée.
hi' ce ptao, le penseur est le contraire du proxénète. I.:un
- aauf'Jea femmes, l'autre ne connait rien mais il connaît
t {)w Ill BIM -...,, j   tk Pl__,, •inrl Id j ill fois pldls et
-........,.,.,,
... ,..,., li'icJ. NlbpliJ,. ,,. oJ!i«.
premier les longues la branlette
palmes Au second le peep show, les
blanche; seul goOt pour la production allemande
le philosophe.
a l'amour comme au-delà de   de la
et l'amour qu'elle suscite (je demande là encore
qui font exception) sont donc historiquement et
l'au-delà de l'étude, de la et du livre. La
nç, tel est le choix imposé au penseur; telles sont à

en vtgueur.
IIPCIRc:S et classiques auxquelles il faut ajouter leurs
tllCliDS: Passion et Raison, Nature et Culture,
laldemc:nt. Sans oublier la Femme et l'Homme,
aa et extensions présentées comme origine, où le
-denim lui l'imagerie occidentale voit d'un côté
magique et inquiétante de nature, de séduction
ct de l'autre l'homme assimilé au seul homme qu'il
me, de culture, de raison et d'équité
hïrdont il rend la femme responsable.
ttollo, masquée naît l'ontologie
1
• Un groupe
oritai1res parmi les hommes, mais jouissant de
du livre, instituent la femme "continent
ement hostile". Et comme cette femme qu'ils
pas encore ouvert la bouche, leur vision peut
puisqu'elle est "hors sujet''.
contemporains, l'absence   sur les
ldences humaines semble indiquer que ces
Nltent implicitement en vigueur dans la
par l'État.
l'lj-4-llM • f1t1S œnscim« qu'on parle de sui--mtme, on
• « fiÙ est /Mn pratique pour expliquer ct que l'on
...,. flli., fort peu ripmu »,
lallllles livres, certes.
cc constat de fait n'autoris(
ct penseur d€froqué, en
n'importe quel proxénète en aurait
·-aphorismes sur les femmes ?
nous révèle sans
il pensait surtout à sa mère, et nous
ame Schopenhauer.
cette jolie définition du mariage
'f#•fl" tles maurs : u est
lijJ'Inmt, en vue la posmsion
m. tle kurs propn'ttls  
dell, il n'aurait pas pesé beaucoup
J:A,bku .
. OS4:»plltc:s, pas des voyous, me
La raison nous oblige à cette
la femmes ignore à peu près la
V8ia prâlable à la philosophie.
4U'ur-CB DONC?
drague c'est les hire
renrer des philosophes
GUe ct la
l"amour et la femme
sociaux, analysables et connaissables
selon l'ordre du monde
1
• On a le
Bororos, mais il est mal venu de faire avec nos femmes
couramment avec les Noirs.
Ollo WW.ing1r
peueur du qui ait osé "se lâcher" sur La femme
philosophique
2
qui lui soit consacré
Philosophe viennois, juif et antisémite, il se
t-troi"is ans peu la publication de son livre: Sexe
Kraus, Ludwig Wittgenstein et Sigmund Freud,
niDs et amis, le considéraient comme un penseur

pero en 1903, eut un retentissement immense dans les
allema nde sa publication. Il n'en eut
aucun en France, pays où les intellectuels sont
port& sur les femmes. Son unique traduction en
aux anntts soixante-dix, encore est-elle due à un
6Douvant, respectable et cohérent, auquel on peut
t6r 100 formalisme idéaliste, s'inscrit dans la pure
Ille misogynie philosophique occultée qui étend
ÏQ1liC d'Aristote: I:esclave est entièrmmzt privé de la
; Ill femme la possUe, mais faible et inefficace, à
:Il JGut admettre que les femmes n'ont qu'un sens
M œ/4 est Iii sans aucun doute à la prépondérance de
m mentale; car l'exigence de justice est une
• elle pose ks conditiom dans Lesquelles on dbire
.... Nous disons aussi des femmes que leurs intbêts
foi/Iles qw ma des hommes et que leur facultl de
  moindre.
r•arn,..,.,, n oser lire au lit tl c8tl de Claudia Schiffer.
•   n'est qu'un pnit tate d'humeur d'une
L'Âfe4'llomtne, 1975.
15
Dam WlC parfaite de "politicaly correct" à
la ûançaisc'• Alï•d• Bachoter pourtant agrégée de philosoph'
.
te
aœute Ica cleu cent quatre-vangt-onze pages serrées du livr
d'Otto en une demi-ligne : à côtl propos tout à
(p. lia). C'est toUt. quoi Élisabeth Badinter passe
sujet du livre qui est "la Femme" telle que
l'a wc et la plupart des philosophes classiques avec lui.
À Badinter ait décidé de révolutionner la
philosopbif semble pas dans ses intentions, ni dans
inconséquent, de la pan
de qualifier de délirants des
MDI'C tradition de ses pairs.
V«iningu sont délirants, comme le prétend
cette dame'*'' le dbn011tret
2
, alors c'est toute la philosophie
d' ca pusant par Kant ct Schopenhauer qui doit
eue d61ire, puisqu'elle partage les vues d'Otto
Wrjni'9f 1a1œpoiat ct d'autres sujets.
discoun en miroir
    au la deux discours traditionnels sur la
faiUII14\ DOIJ!f t8at traum\t par le livre
3
• Livre du poète où cet
IUDi-.1111: NUI.&ût parta&ll' JCS hallucinations nostalgiques. Livre
cache mal sa rancœur d'avoir dû choisir
  des femmes.
IWtiaQ 4'Ji;plalt, miiQsynie qui déplatt 4, ces deux discours
P'S mo.ins lea deux faces d' une même
  œ et du refus des femmes réelles
• peu le philosophe, d' où vient
divoun, la pratique
au poète et au philosophe, la connaissance du
Gd4!c sur la pratique. Ni nanti, ni et pas trop
n assume son désir physique des femmes, fait de
tude et de violence mêlés. Soumis à l'impératif
de par les rues se coltiner les filles de chair; son
ou la femme et le livre
la dngue se veut donc une approche sérieuse de la
Qn:e de dépasser l'apologie-misogynie des discours
qui, partant d'un amour ambigu mais assumé
une évolution progressive, se pose aussi la
qui la pose et pourquoi?
6tude sociologique sur le dragueur par un
analysée d' un parcours vécu; celui d'un homme
les bommes
2
, mais qui se penche sur les femmes
ct lui sont issus.
IJU DRAGUEUR DANS TOUS LES SENS DU TERME,
aden dragueur de rues qui aimait les livres
bien qu'entre les deux il n' a pas choisi.
MIR lttmulitre 014 t)
S.be,   n'est pas «Tout un fait
IDIII « fW fNIIII n'importe qui • (Les Mou), mais
bali"'lllft tk 114m'Of'l.
'

'
1
l
lA FEMME
DU DRAGUEUR '
LA FEMM ... UNE MALADIE
Le dragueur poussé dans la rue (symptômes)
Soyons le dragueur quand il drague ne fait pas ça
froidement, de façon contrôlée, avec la morgue et le recul d'un
Kierkegaard
1
• Il n'est en rien l'auteur d'un projet esthétique,
surtOUt 1 ses débuts.
Le dragueur est d'abord un jeune homme jeté dans la rue par
son d&ir. Un désir impérieux qu'il ne parvient ru à réfréner, ni à
int6ioriser, ni 1 sublimer en quoi que ce soit d'autre
2
et qui n'est
pas la pulsion sans objet d'un "rebelle sans cause", mais un besoin
de femmes parfaitement incarné. Si bien qu'à l'âge où les autres
garçons arrivent 1 se ménager quelques plages de désir en dehors
des femmes
3
pour se consacrer à l'étude, au travail et aux projets
d'avenir, le dragueur ne fait qu'une chose qui l'épuise entièrement:
draguer. Qu'il reste chez lui, qu'il essaie de se concentrer sur autre
chose ou qu'il se tienne simplement immobile, il a alors la sensation
morbide d'ette enterré vivant.
Le dragueur passe donc ses journées à marcher dans la rue et ce
pour deux raisons bien simples: parce que la rue est le plus grand
1 femmes; parce que la marche à pied est le moyen le plus
12bonoel de c&oyer dans la rue le maximum de femmes
1
.
Que leur veut·il? Parler, faire connaissance, juste boire un café
COIDme il l'usure en les abordant? Nenni. Le dragueur n'a rien à
1 k,. r,_,__ __ _J
Journal du séducteur.
J Not ...
f

Ill   la masturbation .
.... Jlo/,y/nk,
21
dire aux filles, leur compagnie amical: ne l'intéresse pas, il se fout
encore plus de ce qu'elles peuvent avotr à raconter. Le dragueur ne
cherche qu'une chose, profonde, radicale: l'mtimzt!. C'est-à-d
1
re
les baiser.
La violence de son d&ir de femmes est l'enfer du dragueur et ce
qui le des autres bommes. Si pour la majorité d'entre eux la
conquete d'une belle fille peut etre le moteur qui les pousse au
travail, pour le dragueur l'amour est sans délai; son désir trop fort
lui interdit de tourner autour du pot.
De   cette démarche peut paraître rieuse, amusante à
certains. Mais le dragueur souffre de son manque permanent de
femmes, et son cUsir quels que soient ses talents se trouve frustré
plus souvent qu'assouvi
1
• Esclave de son sexe, il vit sur le trottotr
dans l'envie et la frustration.
C'est que la drague est une course sans fin. Contrairement à la
plupart des garçons de son âge, le dragueur ne cherche pas
l'amour pour s'y tenir et sc ranger; comme le chasseur, il ne ure
pas le gibier mort. Qu'une femme accepte de se laisser faire,
aussit&t il en veut une autre; ct celle qui se refuse lui laisse
toujoun un sotWenir de regret plus fort que la petite satisfaction
sordide tir& de celles qui sc sont prendre. Les grandes, les
petites, les fines, les rondes, les brunes, les blondes, il veut les
Nilcr IOUtes. Les l'excitent, les gentilles l'émeuvent.
Daos une journée de marche l pied ça fait du monde, et le
dragueur sou&ie d'un manque d'ubiquité permanent et définitif.
La comme un radar, il scrute l'horizon pour voir s'il ne
chose- voire quelque chose de mieux- sur le
tr«mar den face. Une ombre qui tourne au coin c'est peut-être
l'am · • fu' · .
our qu1 1 en lt, une paare de Jambes qui fusent à quelques
• une promesse d'éternité. Il suit, il mate, il s'excite, il
pour aborder. Et quand la gueule ne tient pas les
PRHDeues du cul il lu· · d' • ·
'il '
1
arnve en çtfe soulagé ; au moms une
• De rqpcaena paa de ne pas avoir tirée.
22
Le dragueur souffre des femmes qu'il n'a pas, de celles qu' il
n'a pas eues et de celles qui se autres. Tout geste
adressé à un autre que lut 1 agresse comme une
o;r • • b
obscénité. Deux qut sem rassent lui foutent la hame,
ï est jaloux de tout 1 amour du monde. De tout cet amour qui
:ui ühappe et qu'il cherche à capter en sillonnant les rues, avec
la minutie d'un éboueur.
J.:amour est un acte qui ne peut s'accomplir qu'avec lui, et encore.
Dès qu'il a obtenu ce qu'il voulait d'une femme, une voix
intérieure la gratifie du vilain qualificatif qui lui permet de
J'expédier: saaaloooope ... Puis il s'enfuit comme un voleur.
Le soir pour s'endormir, le dragueur repense aux moments forts
de sa journée {s'aidant souvent d' une main pour les revivre, voire
les améliorer); et quand il don, le dragueur rê,·e que les femmes,
toutes les femmes, viennent à lui sans effort.
Le manque de mère (diagnostic et explication)
Le dragueur est un jeune homme à qui sa mère manque.
Cette explication peut paraître évidente aux lecteurs familiarisés
avec le freudisme et la psychologie des profondeurs. Elle peut aussi
sembler non spécifique, tant l'homme en général est cet animal à
qui sa mère manque toute sa vie, et qui ne se remet jamats
complhement de leur séparation.
Le dragueur est simplement cet homme à qui sa mère manque
plus qu'aux autres hommes et qui passe tout son temps à la chercher.
La mère comme et nostalgie
la   un mammifère prématuré que Je de
1
. fatt passer du liquide chaud du ventre au vtde frotd de
aJr, alors qu'il n'est pas prêt.
Pour le mammifère prématuré qu'est le nourrisson, la naissance
est cene chute de l'erre qui le précipite avec violence dans un
monde vide et froid comme la mort.
23
Et ce qui pamet au nourrisson venu "avant le temps norrn l"
1
daM le '9Îcle &oid du monde, avant de pouvoir devenir da:
p.r le aooacle, c'est la chaleur de l'amour de la mère.
5
et
Le •mp de la IIXre est donc le temps qu'il faut au oourrisso
pourMpatt; sa uansition de l'etre au monde.
0
Seul tbè cfnant le monde qui soit aussi dans le monde, la
est le prelâier •etre au monde" du nourrisson. Si bien que
  venu avant le "temps normal", ne peut être au
.. ._œ que pit qu'il faut d'abord qu'il soit par elle pour
porilir lire le monde.
l'alcoœ de mère est un manque d'être. Cet être
CfiÏ lai quand il voudra plus tard devenir dans le monde.
Dilcit cl'ltre du dragueur qui le contraint à une
<CIUip •••• clans )a peur de la solitude, de l'immobilité et de tout
'
cc qui le ram*lson manque d'etre originel. A ce trou qui
iatadit toat liea entre le bonheur de la vie intra-utérine et le
malheur du monde. Cette en son etre qu'il cherche à
combler CD œmbl•at celle des femmes, qu'il fuit ensuite comme le
Yicle 6oidde la mort.
À 1111\asla in•mes, le dragueur ne cherche obscurément
2
qu'à
--la put qui lui manque J pour transiter de l'être au
--_,...... 1/!._ •
pDUftllt conn cmlta'.
""'repos. U oà les autres peuvent se ressourcer dans la
de la .-re aimante, au confort du paradis perdu
4
,
- ftre l'Dl repos de la mère manquante - n'a pour
la fbife CD avant. Quelle peut etre la nostalgie du
ea el'et, li la IIOitalgie est le de retour à ce qui fait
Je IOUYicane il n'y a que froidure et manque, alors
le "'*aueur s'en remet au ciel. Sans espoir incarné,
... .,.., 1t1 IIIMWiir • pNSI /lnlmiZ en. p/MI
•• }llldfl- ,_,.,., folw.
sans projet   sa .est rien suicidairel; avec
derriùe la de cet mystique qui est son
handicap, ma•s qw le diff&enc1e, quelle que soit la noirceur de ses
aaes, du cynique et du
DE LA PEUR DES FEMMES
Lors de ses premiùes amoureuses, le jeune homme
ne connatt de l'amour et des femmes que sa Amalgame utile
à des sentiments, mais nuisible à la compréhension des
vues et attentes des filles de l'autre sexe.
Les premiers sentiments que le débutant mâle éprouve pour
celle qu'il dQïre sont donc un respect mêlé de peur. Respect de la
qu'il peur des femmes qu'il ne connaît pas mais à qui
il attribue, faute de pratique, l'angélisme d'une
entre son cœur d' enfant et son sexe d'adulte, l'adolescent
novice a surtout peur de détruire, par la pénétration de cette femme,
la de sa et l'amour né du respect qu'il a
pour die.
Ce mb=anisme pervers qui fait de l'amour le meilleur allié et le
pire ennemi du d6ir est universel. Sans doute le restera-t-il aussi
que les hommes naîtront du ventre des femmes
2

U IWJVAISE vtJE, PATHOLOGIE DU DRAGUEUR
La foi et le doute
I!amour de la est l'origine de la foi. aimé de
etene c'est avoir la foi.
!!,,. a • .. _. .. Ill, ptu 1111 jouimur eolkctif d cmuum!ristc Ju RtmeJi

'
l)llr A ••..-.., • mime n 11011 n'lprouve pas pour l'homme«
.,..., •• ., •;,. tltrrDW JIDIIr un n'est Jonc ptu Ju mime Ot'tln.
25
Avoir la toi c'est aoire en soi, croire que l'on "est" par
sup&iew: croire que le monde est à vous et qu' il est fait pour vous.
Le dans la est le contraire de l'homme
de fui. En6ant uns amour il est l'homme du doute, celui qui doute
de lui et qui doute de 10Ut.
Investi de la vfrili a priori par le regard d'une qui
est tout- mait qui n'at toUt que pour lui - l'homme de foi est l'€tre
des certitudes s•ns besoin de preuves, des immanentes.
dans un confort intellectUel qui n'est que l'extension non
sue de SOil co-"lbt ai'ecti( il est l'ennemi de la pensée qui
c:hen:he, de la t6itt qui d&ange. Radicalement inapte au doute, il
nie uas daalaar la ponibiliti de tout autre que lui, comme si en
accepter l'clisœaœ Cligeait de lui qu'il renie sa mère. Baignant
dans l'IINIJ nœ cie .. amologie tautologique
1
comme un fœtus
d•ns IOil jus •aMciqae, l'homme de foi est de cene
qualitf dcw -.ausles auua dEpendent: l'humanitl.
NE d'une albe aœ yam fioids dqK>urvue d'amour, l' homme du
dou11e qu'at le dnpeur n'a qu'une seule certitude: rien ne lui est
C:loaD6.1df, il &Glue dans la peur du monde qui
n'• pli fait pour lui, auquel ü fàudra qu'il se &sse s'il ne veut pas
cre•ao S'Chant que jamais rien n'est sQr, il progresse comme on
  • l pelib pu. Et pendant que l'homme de foi
nin d•aa • daaprcusc cenitude
2
fait et refait le tour du
le d .. neur l'Dt possettion pan 1 la du
SUtde,aecwaui•nt
1
·..: -•-- nA• la n ... ti. l'' tell . 3
aua-mcmc r- ,.--que et m ectJ.on .
manquante, l'attitude du
la mau'VIUe mùe dont il a p&ti.


S'il s'agit d'une mm faible et de l'interruption brutale d' une
relation par exemple à la suite d 'un remariage où
l'enfant a au nouveau conjoint, le dragueur sera plutôt
passif et m6ancolique. Le genre amoureux permanent, pâmt en
sbie, d peu critique dans son regard sur les femmes.
S'il s'agit d'une indifférente et d'une relation froide où la
peu par l'enfant n'a fait que son devoir, en
s'arrangeant par mille petits gestes pour qu'il s'en rende compte
1
, le
dragueur sera plus actif Le genre sensuel et séducteur en série, mais
pris de cri.lcs &6Juentes d'abattement et de sentiments d'abandon.
S'il s'agit d'une abandonneuse et d'une relation où la
mtte, Kduction   s'est régulièrement tirée avec
un riche ou le plombier, le dragueur sera aussi hyperactif Le genre
d dur avec les femmes, mais souvent dominé dans ses
relations durables avec elles.
canoniques qui peuvent bien sOr être
combmœs, modifi«s et compliquées par d'autres intervenants tels
(ue:   la belle-mère, les sœurs, les voire
es an''?auz domestiques.
Mau quels que soient son profil exact, ses mobiles et ses
excuses2 1 .
A
1 h d
• a mt1U11aue se reconna1t à ce que que c ose e
de et de pervers dans la relation qu'elle a créée
tout.: llt. Relation qui tient du manque et du manquement et qw de
1
2
&ç. ne sent pu l'amour.
27
Que le dragueur soit celui de l'attente, de la solitude ou d
ressentiment, lui aussi ne fait qu'un dans son sentiment écrasant du
manque de Manque de mère qut s'accompagne d'unu
plus ou moins consciente envers la femme, mais aussi d:
son dans l'attente de la mère parfaite. Ambtvalence
trouble chez le dragueur d'une haine et d' un amour immense, car
aucun homme - et a fortiori un jeune homme - ne peut détester sa
au point de n'en plus vouloir aucune autre.
Chemin de l'amour plus long et plus tortueux pour lui. Si chez
  la peur des femmes est compensée par le souvenu de la
bonne comme promesse d'un bonheur qu'il sait être de ce
monde pour rnoir ftcu, chez le dragueur la peur des femmes est
redoubl& par l'ombre de la mauvaise mère qui fait de la femme
l'&rangùe absolue. dont l'altérité radicale repousse
dangereusement l'espoir de dconciliation dans l'au-delà; au-ddà
de la mùe, dans le ciel de nuit du ventre et de la douce mort.
Le strac:tanl et le causal
Pour ae pu ()C)Q{Ondre le manque de mère radical du dragueur
10\CC le maoque accidentel que peut ressentir tout être humain, il
fat la relation qu' entretiennent avec leur handicap,
l'haadicapl de naiuance et ua handicapé par accidenL
Autant l'accidc:nti peut avoir le sentiment valorisant d'être
DOnnai, puis d'avoir lors d'un combat héroïque avec la
'fie, autant l'handicapé de naissance a le sentiment humiliant d'être
-' iDfi&ieurl,
Pace au manque de màe, le dragueur ressent la même sensation
que l'handicapé de naiuaoœ. Sa relation au manque n'est pas causale
•• MrUclurale. na' a pas letlkment le sentiment d'avoir manqué de
.. e oum ... beaucoup, il ur le manque personnifié.
L'ENVIE ET LE DtGOtrr DES FEl\.fMES
J.!adolcsceace comme sursexualité (la nature)
Quand le sentiment, de l'ordre de la représentation affective, se
combine au Msir d'origine organique et biologique, on a coutume
de dire qu'il y a amour. C'est pourquoi l'amour est la préoccupation
principale des adolescents, êtres dont la queue pousse tout en
restant tm attachés leur mère.
Par ailleurs
1
, nous avons vu que la mère sert de médiation entre
un dbir organique sans représentation
2
, et la femme pour laquelle
l'adolescent a des sentiments à travers sa mère.
Pour que l'amour adolescent se réalise normalement, il faut donc
que l'image afti:aive de la mère soit présente pour orienter le désir, mais
qu'elle s'dfatt au dernier moment pour laisser la place à la jeune fille.
Ainsi, le d6ir est un désir de femme accompagné de sentiment. Soit cet
amour hiœroscxud et reproductif que réclame l'espèce, qui ne connaît
de nonne que la nécessité
3

Blocaae infantile et perception (l'accident)
Nous savons
4
qu'une relation trop privilégiée avec la mère peut
générer, dans l'esprit de l'adolescent, une image affective si forte
qu'eUe refuse de s'effacer devant la jeune fille. Ce jeune homme,
appelé communément "tapette", souffre de la pathologie inverse à
celle du dragueur. I.:un a eu trop de mère, l'autre n'en a pas eu assez.
Le qui la mère manque a envie de femmes plus que
tout
1
utR adolescent. Mais l'affection défaillante et négative de la
ltlaUVaire en lui une fixation infantile, un blocage des
1 Cf. •L'
2 ,.;,mwlitl tk Ill Pftlr tks md'.
.
4w. 1--. tk   • n'lt•nt pas une affection, aucune tmage ne lut est
3
IJtt ·---·
"'- f
Ail • •
Ms a ... ,_,. «nniÎtu espriJs confus, /'(lt110Ur l""";s n tst !''
• • .,W du seul critm trans«ndant iJ toute ùJ!ologre qu en la vtc.
1
11
•,.,. Ill l«turc tk Moral Proust.
29
de la fe mme qui lui rendent la copulat
• 1 . ''1 $ IOn
inconciliable avec es sentiments qu 1 ressent. on besoin d'amo
immense se trouve ainsi coupé de son   la mère
n'assurant pas la En complet décalage avec lui-mêrnee
comme avec l'environnement normatif qui le pousse au cult, Ja têt;
du dragueur ne cherche pas la même chose que sa queue, sans
poll!taDt vouloir autre chose
2

Ame d'enfant dans un corps d'homme dévoré de d6ir, le dragueur
a doAc le dqoOt de sa sexualité débordante, comme le dégoOt de ceUe
clafemraeaqu'il passe pourtant son temps à solliciter.
ptHU ks jeu11es fiDes
Palœ que le manque de mère bloque son image de la femme au
stade de la pareli originelle qui lui manque, le dragueur est par
les jeunes 6Pcs. Dans leurs grands yeux vides, il croit voir cet amour
d'IIVIDtle • 1r dont il a tant besoin.
La Jf'IDt fine incarne la pureté pour le dragueur, non pas parce
,.. ___ . at naif
1
, mais parce que cette représentation refuge lui est
n6cemire. C'est gricc qu'il peut supporter l'image de
alopehypw1W1& qu'il a de la femme mOre .
...... , .... ,
Lè infàn::ile du dragucw; ct le refus de la dimension sc:xueUe
r ........ qu'il gâlhe, sc concentre particulièrement sur le sexe
lild!L 'he dont la concritisc ct synthétise pour lui le
..... , de ramouru la des femmes.
: · · llU'il de ce sanctuaire une apparence qui corres-
ftpRMn'Rtiona de son affect immature4: porte céleste de
(orale banMOieule au parfum fleuri et au goOt sucré 1, le dragueur
la plaie informe, velue, suppurante et nauséabonde 2
qu'on lui comme un t résor. Il cherchait le céleste, il
d&UOtle Olpne dans lequel il se sent par ailleurs confor-
!2bk. pourw qu'il n'aille pas y regarder de près ou y fourrer le nez 3.
Le dbir cllçu du dragueur s'accomplit alors comme châtiment
de l'autre el de soi, dans la perversité d'un acte bref et distancié dont
te constat morbide est l'opposé de la communion amoureuse.
S'ensuit un .œpris des femmes condamnées quoi qu'elles fassent.
I:h6itation lse donner équivalant pour le dragueur à un défaut
  impardonnable, comme le serait une mère qui ne
reconnattrait pas son enfant. Son acceptation faisant d'elle une
salope ftipp6c ou dqoOtante, selon qu'eUe apprécie ou pas ce sexe
qui c:scitc le dragueur autant qu'ille dégoOte.
À   des jeunes filles et en raison de cette attirance
pcrvcne qui pousse le chien à lécher la main qui le bat, le dragueur
est aUSJi par les pétasses.
Si la Cl'* de la absente le pousse à l'action, cette action,
le clngueur est las, s'infléchit souvent en un retour vers
1 amour qu'il c:onnatt, celui de la mauvaise mère qu'incarne la pétasse.
Pute que le dragueur au fond ne renonce pas à conquérir sa

telle qu'elle est. Parce que la qu'il connaît- celle qui lui
- c'est d'abord J'abandonneuse, le dragueur a ten-
P! l la pétasse qui marchande à Ja gentille qui s'offre.
us que sa propre mère 1 offrir sa maternité sincère, la
31
gentille lui semble pour cette raison moralement suspecte C
· · 1 1 • 1 • · d •
1
. · ette
suspiCIOn , c est ennut une re atton trop simple qu
1
dragueur lui reprochera définitivement. e e
À cette explication psychologique s'en ajoute une autre plus
sociologique.
Le soir, fatigué de sa quête de la bonne mère mais toujours à sa
recherche, le dragueur qui ne peut pas dormir se retrouve dans les
lieux l femmes que sont les boîtes de nuit.
Lieux organisés de rencontres et d'échanges, les boîtes sont en
raison de leur fonction même de véritables viviers à pétasses2.
Parmi de pures jeunes filles faisant l'apprentissage de leur
161uction, s'agitent par grappes ces filles moins jeunes dont le but
adusif est d' leurs charmes contre un brin de promotion
IDODdainc, afiA d'&happer au travail. Pétasses fascinantes de calcul
ct de froideur devant lesquelles le dragueur fatigué s'hum1lie,
d&irant comme un gosse ces filles perdues dans leurs rêves de luxe
wJaaire et qui n'ont, comme sa mère, pas un regard pour lui.
À la fin de 100 journalier, le dragueur fourbu se retrouve
donc: chaque nuit aux antipodes de ses besoins. Loin de la bonne
màoe qu'il face i la pétasse qu'illui faut conquérir. Si bien
que lonqu'il y parvient i force de dissimulation et de ruse, le
plaieir qu'il en encore son trouble.
I!ExiGBNcB ET LE DWo'OT DE SOI
Le drapear drague parce que sa mère lui manque. Mais en
18ÏIOD. de 100 l'acte qui suit immanquablement une
drape aboutie le aussi immanquablement.
Aiui, le blocage infantile de ses affectives le
pèûUel Nfuser l'amour des jeunes filles gentilles, et à se faire
hiJIJ:: par dea pEtasiCS dans des endroits sordides.
dwia malheumJaement contraires A ses besoins.
ll\!rt.
1
aidJIJ·-··•**-
!   ... ,,. iba., ...,., •rNM.ills JIDIIdtUI/#1
s 9-· 1k ••"-" •nau flsr·
1
1
,
peur, bonte et souffrance
[)tsir de peur du monde né du manque de mère peur d
femmes redoublée par l'ombre de la mauvaise mère, hon'te de
désir perçu comme dégoûtant et honte de ne parvenir à Je satisfaire
qu'imparfaitement, tel est le lot du dragueur à ses débuts.
À quoi viennent s' ajouter la certitude profonde qu'aucune femme
ne peut l'aimer pour ce qu' il est, et une absence tout auss1 profonde
d'amour de soi. Comment une inconnue pourrait-elle aimer celui
que sa propre mère n'a pas aimé? Comment a1mer soi-même ce que
sa propre n'aimait pas ?
La possibilitE du jeu
Ce désamour du dragueur est paradoxalement sa force dans sa
relation avec les autres.
Ne croyant profondément en rien de bien qui puisse venir
d'eux, ni en lui-même, la simulation, la tromperie et le Jeu lui
semblent non seulement loisibles mais nécessaires. Vu ce qu'il croit
du monde et de lui-même, il a tout intérêt à mentir. Dans sa quête
de la sincérité originelle, le travesùssement de soi et la manipulation
des autres sont donc son avenir et son meilleur atout.
Qu'EST·CE QUE LA FEMME ?
Le seul sujet avec lequel le dragueur ne joue pas, c'est la
question dans laquelle il est tout entier embarqué: «Qu'est-ce que
la femme? •
Comme son salut passe par elle et qu' il n'a pas la foi, il ne peut Y
que par l'intellection
1
. Tenter de découvrir
collltnent ça fOnctionne pour pouvoir s'en procurer autant qu il !uJ
en faut, iusqu'l Car le dragueur sent bien, même s'il ne peut

motJijinuion tks prlsuppos!s,  

 
- "œ ,....,. œ qw p rnlllf:lle.
jj
encore l'expliquer, que savoir comment on entre dans les fern-
ill
d
, . .... es
c'est, à terme, son me eur moyen en sorur.
La mauvaise mère, propédeutique lla connaissance
On se pose plus de questions sur ce qui vous échappe que sur ce
qui semble vous appartenir. Pour cette raison la mauvaise mère est
la condition de possibilité d'un questionnement sans concession sur
les femmes. Et si les autres garçons réfléchissent moins sur ce sujet
que le dragueur, c'est que l'ombre de la bonne mère leur interdit ce
doute sacrilège. Baignant dans l'évidence de leur représentations
fonctionnelles comme des poissons dans l'eau, comprendre ne leur
est pas nécessaire, draguer et souffrir non plus.
!!espoir de l'amour malgré tout
Parce que la nostalgie de l'être n'a pas de fondement chez le
dragueur, son désir d'exister est tout entier tourné vers l'avenir. Le
passé et l'inaction ne lui rappellent pas le paradis perdu de l'eue-
avec-la-mère, ils lui rappellent la mort
1

À la fois et plein d'espoir, le dragueur ne conçoit le
bonheur que dans l'avenir, par l'action; de là son incroyable énergie
malgré son fatalisme.
l'amour, si le dragueur sent qu'il en a besoin pour eue
c'est qu'il doit exister, sinon l'absurdité de sa vie serait si grande
qu'eUe se nierait elle-meme.
Le dragueur ses actes n'est donc ni blasé, ni cynique. n
contratrc avec passion des moments actifs d'espoir, de
ct de conquetes, et des moments d'abattemeal
oà il lw semble que l'amour et la vie véritables ne pourront lui
venu que du ciel.
!trc en attente ct en devenir, le dragueur est donc intégralemeot
vers l'amour qu'il ct pour lequel il se bat.  
parfait comme celui d'un fils et d'une mà'e qu'illui faudra troti..C
pour etn: et devenir.
'
DIFftRENTES WCfiONS FACE AU MANQUE DE Mbœ
Parce qu'il souffre du manque de mhe, le dragueur cherche à
l'inconnue pour se trouver lui-même. Mais il existe à
f.évidence plus de garçons qui souffrent de ce mal qu'il y a de
dragueurs.
Si le manque de est une condition mais
insuffisante, quels autres facteurs entrent dans la constitution du
dragueur qui lui rendent la drague encore plus nécessaire?
Et pour commencer, quelles autres que la drague peut
entraîner le manque de ?
mythomanie et tricherie
Tenter de combler l' &art qui ce qu'il voudrait être de ce
qu'il est par l'effort, telle est l'activité honorable du dragueur. Mais
d'autres que lui choisissent l'immobilité du mensonge à ce parcours
devttité.
0
du refoulement pour celui qui refuse d'admettre par
:cil, ou moralisme
1
, la déchéance que constitue pour lui le désir
du "::t de. femmes.   stoïcienne, voire nietzschéenne
consiste à mépriser son mal pour ne pas avoir à se
Parte
qui est qu il pouvoir opposer la volonté du refus à un mal
11
chair, le refoulé traite en ennemi extérieur ce qui le
37
constitue, perdant ainsi toute chance d'agi r sur ce qu'il
M
,
1
f: . d
est. ensongc courageux pour ce qu 1 aJt en urer en stlence cel
qui reste la victime d'une trop haute opinion de l'homme ou de
  mais aussi de celui qui refuse de se vou td qu'il a é:é
fait
1
• du manque qui travaille dans l'ombre l
l'explosion du le pauvre enfant sans mère risquant de
devenir, ann& ann&, un dangereux mamaque adulte mQr
pour jouer les h&os de thriller i la rubnque des fatts dt vers.
Autre mensonge, la mythomanie de cel ui qui accepte SOD
manque, mais qui trop faible pour le chasser en draguant sc
contente de le combler par l'imagination.
Au contraile du drapeur qui ment aux autres sans y croire dans
une dâDan:bc de v6ili, le mythomane s'invente des des
regards qui en disent long ct meme une autre mère afin que le
mensonge recouvre le manque jusqu' à son origine. de
pacotille auquel personne ne croit, mais qui donne à l'adolc:sccM
mythomane cette dimension n'est pas sans charme'.
//wantque aaœ iUiœ peamaneote du .œt doublœ de gloriole ne fe se
du qdwmaae adulte œt immaure, œpugnaot d'ioconsiscmce,
*d'emhcvuillct etiWlODb: • • au c:omJ:*lin des catà à •
la auaa tmailleot.
.............
•• ' • '•11 _,
Si le glisse dans la con versation de table: v ' t
. d
01 ure,
""rtCJDCDt, matson e campagne et rentrée d'argent immine t
apy-- l . . . , 'il .
n e
, vant de se atsscr mVItcr, c est qu a VIte compris que l'étalage
  pouvait sensiblement augmenter son charme.
Stratégie vulgaire ct efficace
1
immanquablement limitée par le
concret : la voiture la maison de campagne réelle
l'appartement sUl et l'argent qu' il n'a pas, mais dont se sert
avoir mbnel y penser l'adolescent mieux né que lui 2.
Le pouvoir du
Dans notre encore patriarcale
3
, la possess1on et le
pouvoir sont li& l'image du père. Le contournement monda10
consiste donc, pour l'adolescent qui veut s'attirer des user de
ce pouvoir cxtmeur son pouvoir propre à travers les obJets liés
ou symboliquement au père. Possessions et symbole
du que sont justement la voiture du père, ou offerte par le père,
l'appanemcnt, la maison de campagne et l'argent que l'adolescent
dépense, mais qu'il ne gagne pas.
Parce qu'il a recours ce pouvoi r extérieur à son ménte, le
mondain n'est pas contraint à une drague aussi âpre que celu1 qut
n'a pour charme que son baratin ct sa bite. Aisance fort peu
naturelle qui   pas le nanti de se prendre pour un
séducteur, alon qu'il n'est qu' un membre interchangeable d'un

Meo!!Oftle de l'individualité du charme qui nous entraîne loin
de la ct DCM" ob. réfléchir plus profondément au rôle du
i l ce qu'il œpraente sur le plan affectif et social.
.
..... ., ,.,.,_, IIM qu41ill cc 'l'" ut un privi/}gr.
tk l'i•tolllrinl« comWJc k a /6
... Mr411 CM) tniN/arl 14 ,.""'' p11r /cs ,& a Ill
Le ou le social dès la famille
La relation du nourrisson à sa mère doit se comp dr
. 1 . œ
un un1ven c os auq uel nen ne manque et qui peut t t ·
d
• ou du
reste u monde dans la communion presque parfaite de l'
nfo d l
' . .
amour
co n u avec ongme.
Avec l'arrivée   l'irruption de ce premier autre marque la
fin de cette pure tntlmité, le dépénssement de l'amour commt
teatiment unique et indivisible; la chute de l'être parfait. Le au
la c'est pour le petit enfant le début de la famille mais
a1llli le charme rompu; la fin du face-à-face, du pur rappon dual
p6ar entrer dans le règne impur des sentiments triangulaares; le
&leu contre un. Monde déchu de la rivalité et de la séduction
èbmme amour ambigu, la privation de la mère par ce premier autre
qu'at le inaugure aussi l'ère de la brutalité, le sentiment de la
trahiton avec pour co rollai res l e doute, l'acceptation de la
COilCUiialœ et l'idée du partage.
Car le introduit plus que lui dans la famille; en même
tetwap1 qU'il marque la limite du charme et de la toute puissance de
la   Dy &it entrer l'ordre du monde. Un pied dans la famalle ct
un pied au-dehon
1
, il est cet autre familier qui inaugure le: long
des autres et l'interdit, non plus comme du
charme ou comme J'eu de séduction mais comme loi sans VIsage
, . .
de l'opacité. Avec le père, la famille à peme créée
5
ou
sur le social, cet au-delà du psychologique pur
Miqaellè monde ne se laissera désormais plus réduire
1
• raie
Le pàe pour l'enfant c'est donc l'initiation à la loi, l'idée mo
de
l'amour Hé au mérite qui met fin à l'arno
' ur comme da à
amour de la et d avant la loi désormais nostal .
1
• cet
J
M
.
Et parce que e _r.re, par sa présence, soumet la mi à
1
t:. .
' Il d d l ' .;re a •amilJe
et la fam1 e au mon e ans espnt de l'enf: •
1

. à l' . . ant, 1 tncarne
sy
métnquement amour-ongme de la mhe le m d
. 1 'b'l' ' on e comme
aveni r et prOJet; a posst 1 Ité de la transformar
1

00
d
. , e so1 par
l'apprentissage; le dépassement d une vérité jusqu'alors réduite à
J'ontologie.
Le c'est donc le monde plus dur de l'effort, du mérite et de
la morale qui rejette dans la faiblesse de l'inassumé le monde
maternel du pur plaisir où tout était dO.
:Uaffection d'un   le projet et la foi en l'avenir
Si le est violence de l'arrachement à la   il est aussi
arrachement et violence nécessaires, les transformations phystques
que subit le nourrisson ne lui permettant pas de rester dans
l'immobilité de l'être avec la mère, quel qu'en soit son dés1r
2

Comme l'amour de la crée le sentiment de la légitimité et
donne foi en l'origine, cet autre amour plus sévère qu'est J'amour
du père donne foi en l'avenir. D'abord parce que le père, en
obligeant l'enfant à se détourner de sa mère, l'oblige à se tourner
vers le monde, mais aussi parce que le père, s'identUiaot au fi.ts qut
prolonge sa propre vie et ses espoirs, investit cette ouverture sur le
monde de la projection du meilleur de lui-même. .
Ainsi l'affection d'un   par son amour au
J>etit garçon à la fois l'idée et l'envie du projet; ajoutant la fo1 en
l'avenir à la confiance en soi.
41
LA fAMOU:., !!ADOLESCENT ET LE MONDE
l'a®lcsceace est ce moment de crise où l'enfant devenant adulte
un brusque changement de point de vue. Inversant ses
penpe:c:tivel, il cesse de voir le monde à travers les yeux de la famille
pour voir
11
&mille avec les yeux du monde. En quelques mois, le
monde cale d'b pour lui ce qu'il y avait au-delà de la famille et
la famille clfchoit en-deçl du monde. D'où crise de rejet des
puatl' l qui l'adolescent de lui avoir menti; de l'avoir
6duquf llloD un ordre et une rblité qu'il découvre inversés. Colère
11eint6e de .œpris pour ceux que cette inversion rend soudain petits,
cl&iaYMil cie leur toUte-puissance prescriptrice, jugés et jaugés à
r .... elu P"'Dde nouveau, plus grand que la famille.
Auitwlc cie l'IF ingrat envers la structure éducative qui a
'""" l fadolaœnt de la dépasser. Car sans les attentions
pà ilfp1 ctue IQDt l'amour de la mùe et la juste sévérité du père, la
confinee ca lOi ct la confiance en l'autre feraient défaut, l'adolescent
iel' •• ,_.Gtions dans le dur et vaste monde serait pris de terreur.
lt mfme li. la MlCDIÎOBS de la et du père ont quelque
-C:· mzmiDDger '0!1•1 la crue du monde adulte elles
,
PM mojos la m6diation nécessaire au passage de
• • •   ci'aprà la f.unille, comme la mère fut la
- lui paJaÎl de passer de la vie intra-utérine au monde
claMa .. œ il hait nowrisson.
,.,..., •tflrq .. ; lm.,,......, jtJiolues ""
,. 'fliroetles
  de son fils, le rôle de préparateur à l'aven
1
·r
·
.
.
D<::CCSSa!re ct
de celu1 de la au sein de la famille.
Parce que le fils n'a eu que la relation à sa mère comme
5
uucruration affective et comme l'adolescent puis l'adulte
€duqué sans père a tendance à voir le monde comme prolongement
de sa à ne pouvoir envisager les relations humaines que sut le
mode du charme, comme séduction Vision sensualiste
et individualiste qui ne permet ni l'éclosion du jugement moral, ni
de comprendre le bien dans sa dimension collective. Inaptitude à
l' éthique souvent doublée du manque de projet dans sa limite maternelle à la quête du plaisir, quand ce n'est pas à la pure
passivité de l'attente.
Sauf s'il a eu la chance d'être d'une mère exceptionnelle
(capable de jouer pleinement les deux rôles), le fils du père absent risque de voir son activité d'homme réduite à la recherche du plaissr sous l'emprise du charme; d'être au regard de la norme
1
le
contraire d'un homme et d' un honnête homme
2

Parce que le fils a vu son père écrasé par les autres, par
sa femme ou battu par la vie, l'adolescent dont le père n'a pas su
devenir un homme a tendance à juger sa réussite imposssble dans
un monde peuplé de gens hostiles et trop grands pout lw.
Né pour n.Mre son seul espoir est de devenir son. propre père en
'
'
3
----f'.- à Jus-m&ne par un
5
accomplissant à travers un projet · De T<;IDUU'-
d
mbler
long ct douloureux travail qui lui permettra peut-être e co
son manque, mais jamais son retard.
Parce que le fils a par un père immature qui a vu en
lui un rival qui lui prenait sa femme, où encore un vassal sur
lequel exercer sa tyrannie
1
• Parce que ce véritable meurtre du fils a
la juste du bon père par la déstabilisation, la
violence et l'humiliation
2
, le fils du père hostile se trouve
d'une structuration paternelle Adolescent, il conçoit la vic
comme 1 l'ordre fondamental ement inique et
destructeur; la haine du lui tient lieu de v1sion du monde; le
mcwtrc de projet préalable à tout autre.
LI! ION GA&ÇON, LE Ptot, L'AMOUREUX,
LE ÊDucntUR ET LE DRAGUEUR
Combiner bonne mm, mauvaises mères, bon père et mauvais
pùes noua donne, en gros; les attitudes de l'adolescent
face li' amour et la vie3.
L!_-}: fils de la bonne et du bon est un bon garçon,
-·IIJU-
-Lcfibdelabo lo....... d .
pa nne mqç et u mauvaas nl-re un amoureux
•• ...._ou doat la . . Y'" '
-Le 6Js de lam . VIllOn du monde se réduit à l'affectiE
.,..,... CDtR la ufte et du bon   un séducteur
-Le .&::•- de laq autbentaque et l'abus de la hiérarchie.
- mauYaJse JDà-e et d .
d,aaueur, II\IÎI d•a •-- cieL u mauvau   un fou ou un
1
- •x cas un
Le bon garçon, contraire du dragueur
Plein de confiance en lui et de confiance en l'autre c nfi
d
. , , o ant en
l'a\-enir du mon e comme en celut qu tl s'y le bon g
, . . . ' arçon
est un type sympa, à 1 atse et sans vtce. Il atme les filles comme il
aime le cul, les femmes et ses semblables ne sont pas un problàne
pour lUJ. Souvent issu d'un milieu
1
, ce confort supplémentaire
aJOUte à sa native la petite pointe de morgue ou
d'arrogance
2
qui le distingue du garçon un peu simple de plus
basse extraction. Ceux qui ne voient dans la drague qu' un
d'adolescent assimilent volontiers le bon garçon
désinvolte et jouisseur au dragueur, mais le dragueur ne s'y trompe
pas. D cordialement ce joueur un peu con 3 qui drague à ses
heures de loisir en amateur et lui gâche le   Il le
surtout de pouvoir tout ignorer des laideurs du monde sans même
avoir à fournir l'effort de la trahison.
Dure ironie, c'est pourtant le bon garçon que le dragueur
s'efforce d'imiter pour emballer les filles. Avec ce qu'il trimballe, il
sait qu'il a tout à se faire passer pour le contraire de ce qu'il
est.
Lf; DRAGUEUR, trJœ SANS AŒR.E, NI PbE
Le dragueur est un enfant sans mère qui ne peut pas avoir
rtcoun au pour la lui ramener. Il va donc falloir qu'il se la
chercher tout seul, dans un monde qu'il perçoit et hostile: .
Une chance dans son malheur, comme il ne croit pas en lw ru
en son avenir, il n'a que ça à &ire.
Ni etre, ni devenir: l'abandon, l'arbitraire et la rue
l'affection de sa   sans le sentiment d'équité qu'aurait
dQ lu1 donner la JUSte sévénté du   le dragueur vi t dans la
scosation permanente de l'abandon et de l'arbitraire.
Affcctivcment et socialement paumé
1
, il sait qu' il ne peut
compter sur aucune protection, sa vie fragile lui semble à la merci
d'une violence aveugle qui peut l'anéantir à tout instant. HostiHté
diffuse, visages étrangers et précarité qui font de la rue l' exacte
pm&oogemcnt de cc qu'il porte en lui; la possibilité de fuir dans son
le parfait exutoire de l'inquiétude qui le personnifie.
1Ul1tt affective du dragueur confrontée à son obligation
.... socialement
le dragueur la cherche dans le monde; une
l rb, un père pour que cet être se tourne vers l'avenir
•r.c un homme, en se sortant enfin de la famille.
lilloonc donc les rues le manque au cœur, la peur
aet:llreprd noir; sans trop croire à ses chances, faute de
... lai et de cette confiance en l'autre qu'une et
aelui ODt pas permis d'acquérir
2
• Comment un
d'ftrangen et d'ennemis pourrait-il être mieux
.... lai que ta propres parents, quand ses propres
et en ennemi ?
_..et la juste .nérité du père, le prisme de
monde apparatt dans toute sa violence
le dragueur, la famille c'était le
le moade plein de violence et de
a appris que la famille c'est ce qui
Sans espoir, le dragueur passe pourtant son temp à h h
!1. • d ·
5
c erc er
cette mère et ce pere qut onneratent un sens à sa vt·e
. . .
, comme une
appanuon. msuppon able.le pousse à y croire, comme il
l
ui permet d affronter la rue ternfiante où tout peut a ·
rn ver ;
encore le danger de l' action à la mon elle de
 
Digoiit du monde et ressentiment radical
Comme l'absence de mère génère le dégoOt de la femme réelle
et son idéalisation dans l'attente de la femme parfaite, l'absence de
la juste du parce qu'elle laisse place à la violence et à
l'arbitraire, génère le dégoOt du monde et son
Espoir d' un monde nouveau à l'ordre rénové, d' un monde td
qu' il devrait être qui s'accompagne chez le dragueur d' un
ressentiment radical. Ressentiment envers le monde entier, les
femmes, ceux qui le peuplent et d'abord son Dieu qui permit que
ses parents soient.
La peur, la haine et la plll'eté
Ressentiment radical qui ajouté à la peur donne la haine,
accompagnée pourtant d' une égale aspiration à la pureté. Rêve et
besoin d'un monde meilleur né de l' idéalisation du manque en
pure amour et totale où le dragueur pourrait enfin se
reposer.
Intelligmce et pervenité
Comme la confiance et la satiété génèrent croyance et
le manque et la peur, pour peu qu'on en
stunulent l'intelligence. Ne pouvant s'appuyer sur le pouvotr que
donnent la certitude de soi et la confiance en l'autre, par manque de
Parents dignes de ce nom, le dragueur partout en terre ne
peut que sur l'intelligence s'il veut arriver à ses fins.
Bten qu' il ait toutes les raisons de désespérer du monde, le
47
dragueur n'en pas moins au bonheur
1
, mais lié malgré lui à ce
dont il est fait, il a tendance à rester attaché à cet amour plein de froidure
et de haine qu'il a toujours connu. Aspirations contradictoires qui le
poussent la perversité, haïssant le bonheur en même temps qu'ille
cherche, méprisant sa simplicité douceâtre, bien décidé même à le
repousser si d'aventure il se pour le punir d'arriver trop tard.
Idée du bonheur obsédante qui lui fait détester les gens heureux,
comme ceux qui voudraient partager leur bonheur avec lui.
Impossibles échanges qu'il ressent comme autant d' aumônes,
d'humiliations que ces nantis du bonheur lui jettent à la gueule sans
comprendre qu'il ne peut communier avec eux, faute de mémoire
commune, de souffrance partagée.
Jalousie teintée de hame pour les enfants du bonheur à laquelle
vient s'ajouter une sorte de fierté; ceUe d'avoir survécu jusqu'ici sans
amour; cet élu à l'envers en droit de garder ses distances avec
des etres que le manque de tragique a rendus petits et dont le
dragueur ne veut accepter, malgré sa solitude, que les silences de
respect et des regards d'excuse.
Le c'est vrai, est entihement par
Maas pour ceux qui limiteraient la drague à la recherche du
au plaisir que procure le spectacle de sa
P 16!uctaon,. J que chez le dragueur cette préoccupation
doat plus au travail de lantrospection qu'à la contemplation.
Alors que 1 · · 2
. , e narcassaque trouve dans l'amour de soi toute sa
d ecre, le dragueur démuni des attributs n6:cssaires que sont
    de et la calme protection du pùe, cherche en
lw les raasons d'etre ct d'.,; ... _
Tan 'il -...-.r.
que la t qu ne pu conquises et ramenics en lui, j'ai bien peur
pause narassaque du dragueur ne r6:luise l une peau Je dlagrin.
1 LI..,....,_,.,._
.._ • • ,.;, ;1 ,.., ,., IOn p/llisir /161
lQ.-.
,.,ftU..,. k-.-.-.
LE CHOIX DU t>P.AGUEUR:
IŒCONSTRUCTION OU CATt\l>"l"ROPIŒ
La force du dragueur - putsqu'll faut bien qu'il en ait une -
c'est son absence totale d'ill ustons ct de chotx. Marche ou
même la solution drogue .ne lui est pas permise,
cette déchéance requtcrt l eXJ stcnce d une nostalgie qu'il n'a pas.
La drogue du dragueur c'est l'action de la drague. Et même s'il a
emie de crever souvent
1
, sa pratique le structure, la technique qu'il
acquiert lui donne une forme d'espoir, ccl ut d'y arriver malgré tout.
Du manque à la technique, ou comment aller chercher la
. . '
sans pouvou rccounr au pere
Le dragueur manque d'amour mais il en a besoin. Il s'efforce
donc de mettre de son côté d'autres chances que celles qu'il n'a pas
eues; sa structuration affecti ve et sociale, plus t:1ible et négative, lui
tenant lieu de capacité d'analyse de semblables plus normaux,
dom la structuration inversée lui saute 1mmédiatement aux yeux 2•
Sans confiance ni pouvoirs d'aucune sorte, Je voilà nu face à la
femme, elle-même: dépouill ée des prérogatives de la mère.
Confrontation étrange:, inquiétante: mais inlassablement
qui, d&arrasséc des transcendances, se dévotlc en son réahsme  
comme Uc/mique. Technique dont J'acquisi tion et la
devront lui pc:rmeure la pénétration systémanque de
toute inconnue quelle: qu'elle soit.
LI....,.,., rerillllc/Oer symbolique
son lointain cousin Je seriai killer, le dragueur est atteint
d'une pathologie affective qui remonte à la petite enfance.
49
1i
. qut' le pousse à la répériuon compulsive d'un acte ,,;
01
raumansme
•• ent
. l d"-Ote ct dont il cherche en le perpétrant à se débarras•a
qut c ..
6
v •
d . --.r.
Seriai killcr symbolique, le dragueur s<: contente e tuer ses proies av
dans les limiteS du jeu et de la légalité. Même s'il est
:.;xe doigts, quand l'humiliation de l'échec lui monte à la tête en une
bralure trop vive, de lâcher le symbohque pour passer au concret
Ua ftre   paumé ct simulateur
Qui pownit croire que cc petit gars vif et enjoué qui drague avec
aooc:halaDœ sur le trottoir cache en réalité le manque et la peur, le
détespoir aux bouJRes sukidaires du gosse abandonné ?
tire l deux Yisages, le dragueur est ce paumé intégral contraint
de simuler la f'la
1
; œtte aisance naturelle du bon garçon dont le
drapcur se si qu'il la jalouse de toute sa baine et la
fOUt 100 labeur.
secret de devoir jouer pour conquérir sa vérité, le
clrapeur statut ambigu n' aime ni les tricheurs, ni les
meateun. Il déteste leur conscience trouble leur lâcheté habile
oornme il redoule eu lui la tentation de se au jeu; faiblesse
coUDrtable qui, le maintenant dans son état transitoire, lui ôterait
IIOUie ch•nœ de.,. a ir autte que cc qu'il est.
Le..._ ela clraaaeur
La qufte du dracr.. " ·
.
daaa -.-cur •aue de manque ct d'interrogauon
._.,cr.-"! CŒaemc lia femme. TKs faible dans sa
-:--. ...... fort dana .... A _ d il
0
te
. la e Je demander, aJOU
le ... L-..1· laquelle il cache, comme une
.......:ap de IOil eaf.ance.
EJtrbncmcnt humaine, la démarche inq ' é
ill
Ul tante du dr
plalt aux femmes orgue euses qu'elle valorise. eU é
aguc:ur
filles gentilles au cœur plus maternel.
' c: meut aussi les
Charme naturel ignoré du dragueur début
.
. .
ch
fb'
ant mau qu& lu&
facilite la .d e; sau 1en sOr auprès des pétasses dont l'intér& , .
pas d'offiir leur ventre sec. 0
est
La drape comme ttponsc (la mère, la femme)
Dans un premier temps, la drague obéit à un désir sans calcul
empreint de spiritualité; à une démarche de connaissance idéaliste
de la femme absolue, projection infantile de la mère manquante.
La drape comme survie (le père, le social)
Besoin de connaissance idéaliste qu' il faut bien financer. Et
comme le diagueur sans ressources consacre tout son temps aux
filles, il en vient naturellement à compter sur elles pour lui en
fournir les moyens. Démarche sans doute moins courante que la
traditioaoelle demande de bourse, mais qui a le mérite de relier
l'étude l ses conditions matérielles
1
sans sortir du sujeL
Approche globale qui permet en tout cas au dragueur de
un vite sa pure pathologie de la idéale
2
, pour
découYrir les fnnmes dans leur diversité. Gentille.s!  
bonflkha ou bourgeoises issues de familles et des milieux divers
'il
qu pEnatre avec elles.
.
.
ualiœ
Par la prtcariti de sa situation ct un apprennssage orant sa q
de Il llitWiird le dragueur en quete d'amour découvre peu à peu le
SOcial qui .. toure l'affectif. Sociall la fois plus vaste
dEl •
· d
l' -a:...-:.> est pourtant 1 ongane
'lm•uat que
ma11 ont aul;\;w.
etlafinalief.
'
DRAGUE ET PHILOSOPHIE
Le dragueur, de certitudes sur et sur le
monde, ne peut donc accepter évidence n'ait pas
identifié la provenance et la vahd1té. Né dans lmqu1étude et la
dépossession, il a pris l'habitude de forger ses outils au feu du
concret par la pratique et   rien n:est im;ffiédiat
Bien sOr l ses débuts sa patholog.e d orphelin de 1 amour influe
sur sa vision, mais sa structuration trop faible, l'obligeant à l'action,
lui permet d'identifier peu l peu la structuration plus forte des
autres et d'identifier la sienne par effet retour. Structure inverse et
minoritaire qui, libéttt du de la norme, permet au dragueur
l'analyse, la critique et le projet de sa propre transformation
1

Le dragueur malgré son absence de culture livresque se retrouve
donc dans la position naturelle du philosophe, habité du besoin de
refus des évidences et de la volonté du progrès2.
ProJet du vra1 et du bien qui ne fait qu'un avec sa recherche
d'amour mais dont la r&lisation, compte tenu de sa situation relève
pour l'instant du miracle.
'
3
LA DRAGUE:
PA'IHOIDGIE, TECHNIQUE ET THÉRAPEUTIQUE
Maintenant que l'on sait quel être est le dragueur, int&essons-
nous à la drague; pratique que nous devons d' abord délimiter et
définir avant de l'aborder comme technique.
'
A LA RECHERCHE DE LA BONNE MÈRE,
AVEC LA MAUVAISE DANS LE CŒUR
La maman, la putain
La drague procède donc d'abord d'une inversion de l'idée de la
femme. Inversion de la représentation nécessaire à la drague que le
dragueur accomplit plus facilement que d'autres, grice au souvenir
de sa Désir radicalement inassouvi, ressentiment haineux et
vision négative dus à la mauvaise qui autorisent le dragueur à
pr:ndre toutes les femmes qu'il croise pour des putains. Vistan
PéJ?rative, certes déprimante, mais qui facilite grandement sa
désmhibition quand les bons garçons marquent un temps d'arrêt
devant autant de saintes et de princesses.
. Le jeune dragueur éprouve bien stlr de la fascination pour les
Inconnues qu'il désire mais cette fascination ne s'accompagne
d'au
'
d ' · bi
'il
cun respttt. Pour lui les femmes sont des putes esua es qu
?unir d'être des putes; les baiser et le leur faire payer étant le seul
tu:nent compatible avec son désir
1

.
Sur le trottoir le dragueur emploie donc toute son

H.
llr4is   du ch8timmt consisu bien s(Jr à les Jai" payer pour plus les uer,
n'en est pas encore/4.
55
baiser l'inconnue, pour la punir de n'être pas venue d'elle-même
lorsqu'elle sa Et quand, un travail sournois, la
vient ratifier sa progressiOn tecbruque, le dragueur joun
de l'avoir deux fois, du sexe et de la tête. S'ensuit un
apaisement physique où l'apprenti peut acte cérébral,
ce que la bonte d'être incapable de ne? faue d'autre de son
cerveau ne le renvoie sur le boulevard, sanctJonner de plus belle.
U, avec désir et haine, il s'ingwie à circonvenir celles qu'il rend
responsables de sa jeunes filles, bourgeoises, pétasses.
qu'en chacune d'elles se cache l'être
miraculeux qui viendra le démentir.
On nait dngueur ct on le devient
La drague constitue toujours un travail sur soi par lequel le
jeune homme s'efforce de vaincre sa timidité naturelle, son respect
paralysant pour la femme-mère. De ce point de vue aucun garçon
ne na1"t dragueur
1

Par ailleurs, un garçon qui ne naît pas d'une mauvaise mère et
d'un mauvau n'a aucune raison de développer la pathologie
qui pousse à la drague. La bonne ne génère pas cette haine
2
qui permet de briser le respect paralysant pour la femme; le bon
protection et promotion mondaine, rend inutile la pratique
subversive ct revancharde de la drague. Qu'un bon garçon décide de
devenir dragueur par snobisme ou imitation, il lui manquera très
la motivation qui permet au dragueur authentique de tenir la
dUtance. Quelques refus, autant de situations sordides lui rendront
bientôt ccne.pratiquc sans rappon avec sa sensibilité profonde
'?oms qu'elle lui avait paru. Quant au dragueur, s'il
peut au jeu de la drague, les violences et
les   c est justement pan:e que pour lui la drague n'est
PIIUOJcu.
Mais l'abandon et l'hoatiliti, conditions n&essaires drague,
ontiennent en rien le savoir-faire du dragueur 1 S
1
1
ne c . l' . . . · eu e a
pratique. qut permet acqutsttton d'une technique par
J'apprenussage transformer le dragueur vmuel, en
dragueur accomplJ.
On naît donc ct on le devient, il faut la pathologie et la
pratique. La drague s appren?, pourtant seul le dragueur peut
J'apprendre ; la v10lence subtc et le travail fourni en
constituent la double exigence de sa
À propos de la séduction naturelle des femmes
à la drague masculine qui procède d' une inversion
volontaire et d'un apprentissage, la fémirune peut Etre
qualifiée de "naturelle" dans la mesure oô la femme n'a nen à
contredire en elle, ni d'action à entreprendre pour se retrouver en
situation de conquête. Quelle qu'die soit, qu01 qu'elle fasse, le souvenir
de la mère en fait l'être manquant aux yeux du garçon; son sein, le
sein manquant sans qu'elle ait outre mesure à le mettre en vaJeur2•
Mais sunout, la femme naissant du même et non de l'autre n'a
aucune raison de prendre l'homme pour le prolongement de sa
mère, et   pour lui la dévotion sancttfianre que celui-ci
pour elle. Si soit-il, l'homme ne représente pas pour
la femme cette originelle, promesse nostalgique de retour 1
l'etre, qui rend la femme magique au cœur de l'bomme
3
• .
A cene cause naturelle vient s'ajouter toute une construcoon
culturelle qui la prolonge et la masque. Culture de la femme
l!lagique, livresque et pœtique propagée en Occident par l:S clercs;
rtcouvene A son tour par la culture de la
consommation promue plus récemment par les publicttatreS.
1
lille milllpllore: il fout qu'il y ait un tnrain tk football f1011TI/'! 'i/ :
IIMfuj, ...., k *'"abt fo«/NNJJ r.e œnt11111 ni k .foolhtdl. ni k nom tles bftnpes.
2;:'-•••j,
1 c:-•••,., k IMIIIm a _

• roi 1''-une es1 k projn tk Ùl 16 ftmme est
IC' "''" M t:nk 1/Jn IC tl n. •• ..,.-··• • JOÏ/.
' 4 4rl'lwr.uas:c • Cl• « poinl tk IIW l'apllorisrfle k moms fonU qrn
S7
Pour ces raisons étroitement la séduction
de ta fi:mme te situe beaucoup plus dans le regard de l'honatllrtlk
dans sa
1
epr&mtation du monde, que dans la femme ct
t'r • f • } Clllt..
La femme, eue auectt et soc1a comme l'homme \' .
lim
• L d • h b' • • ! 0!1
Kducdon fOrcEatcnt 1t1.:e par es m 1 Jtlons antemc:s et a:
tdles que la et le travail ; la ne faisant
souvent que se soumettre l un culturel
fchaUF de sa promotion mondaine. Attitude a
la magie et qui ne peut exister sans la complicité
011
perverse des hommes, pour qui la femme fatale est l':nguillondtb
passion comme da loisirs &otiques.
Contre la femme magique, la pratique
Ce que le dragueur dans la rue A force de pratique,
c'est que la pr&endue s&luction naturelle des femmes pat-
sinon comme nostalgie infantile à dépasser, et comme soumiuionl
un ordre coUcctif toujours pret à se soumettre qui le: subvcmL
Magie de coït coït, une croyance
psychologique mu& en mensonge social, er dont la dém}·stifiatioc
dragueur un avantage certain sur les mns a!!S11
tur les tëmmcs. Car ille constate, et en bon apprc:nû il ne rnanqœ
pas de l'appliquer, plus le dragueur rompt ouvertcmwt avec b
de la femme magique ct plus il affiChe

du dogme, plus la s'inverse dans 1 espnt cks
hunes.
Ironie   si l'on songe que cette Mcolll'crr:
proœde d'une vision et de l'espoir inverse- Le
l9ait ' J. ·- • -
aq ,n;mmes comme des putes par proJcctl
00
cdlcS
de Il mke, et dans l'espoir d'!trc: pardû (Ul
qua, CD collfirmant de son cas, auratent 'il
ptmaeate d'aimer enfla la femme. Or voill que ces fc:tJllllC:S
Iedoutait, et qu'il agresse sur le trottoir parce qu'dit$ tu.à Id
• fthappf, IICCeplleat de se soumenre maintenant
Wlrnaiie. À lOD artDd ftolmement, sa reprbcJltation pathol
 

• ses   efficaces. Il
cUcoUftC cp'e'-cet femmes soa-dasaot magtques à une

epi la rend pmtsables, manipulables. Fon de sa
d&OO .... retourne donc sur le boulevard approfondir
la que..,. er; 8l'O pu uo

cUgoOt yubilatoire, punir de plus
e p•!Mr, œmme sa .œre.
·, ... ' _. "'' : ' .
DaiA BONNE NÙE, AVEC I.A IWIV""" DANS U
1.B IIAIJVAIS ftu TOUT AlJTOUa DE 101
a'ert rieD et qui .ae poàcle rieD, la d"iae
aa ftlftGch-e et • vâitL Conunr il •ne 1M1
aJat lui apporter: ramour de la i"YN' •••
dolaa cœcaa:s que•
des Jftju&& Ellreu er Cq. •
UV.Iilè- JDlrcl 011 la &mme tei-dir1D1
IJ&Ur•qlliatpeal pea ..
uau de:
; de
.ce dernier
1
, la
l JllCSUrc: q u. il
  au
, E:un ill es et
seul atout
i·.DIDC Je
lpeu par
ct do
rie l'a
lnlftP
cl' une
cele
a,....,.._" d•l'ami POilr l'erifant ni ,fOnJ part
de s_oiln désir de fefimmd e, le dragueur n le de rencontrer
l
'bon'* l qua pournt en 10 onner tout le re..'""'"l que
. . d
d
1
.
1
H

o;oo mauvau
  contraLDt e g-.tr er en ua • amé par cette c,econd.. b
2
r--
d
A

" a sence ,
al es""'re la venue u maatre et de: l'arn
1
qua saura le: g 'd
1 h . d la .
ua er,
f.,;ompagner sur C: C emm C \'le.
En comme   de la DDASS, il s'imagine ce
fiii.Uncl. JDlmense et parfatt; c est pourquoa malgré son vace et sa
diNde. le dragueur garde au fond du co:ur une de  
morale ct de: la fidélité à la hauteur de son manque.
Palbologie du mauvais père qut rend le dragueur si exigtant et si
mSïant sur le chapitre de l'amitié et du respect, que son attente
l'absence ne peut qu'être déçue; trahte un JOUr oà
faucre par la faiblesse humaine.. Indignité fatale ct récurrente qua
caaaaint le dragueur à réserver son besom d'admiration au bon
l wcair; 1 ce père parfait qu'illui faut devenir pour se respecter lui-
gbrteetenfin sc sentir aimé.
J!zi&ènce d'etre plus que soa qui inlassablement le
gaar sur son chemin de conscience et de lutte. Fantôme de
qui lui pourrit la vie, mais auquel le dragueur ne peut
lulppcrqu'en l'incarnant, se libérant ainsa en devenant son propre
.. , .. ,.. manque et de sa ru telle infantilisante.
LEs BOURGEOISES
utile que la pétasse, moins fascinante que la
fille 3 dont la fratcbeur estompe le milieu auquel elle
la a.-.-isc est la cible privilégiée du dragueur. Par eUe
...,....
6
....
1
· ·
· 1 · manquent
d'un coup aux deux P amrs qu• Ul
r,_ .,_, IMi", I'ÏirMf' If'" IMi mwoinu tk lMi • ,.,.u f*'trll
•-A•*9WVI' tJe s'tlimer ul f'l'il til .
•••• Mk. J. bolmt ,m.
- cMpim premïn.
; avec en plus pour la motivaûon
IOcialc:.
t·DCJW plaire au dragueur, le dragueur
agressive n'est pas
  contentent pas d'incarner les
F*PPfOChe audacieuse et sauvage du
de la niaiserie des
de revanche sociale par le sexe
Rfioidir, n'est pas sans titiller en
un ordre qui a toujours ses
lt._!âela: h6itier
2

et   la jeune fille au fort ct
est donc la victime rêvée du dragueur.
  elle cherche se couper de la tutelle morale de
cons réacs •, au mieux •braves gens qui ne
tpren1clre •, ce qui permet au dragueur de
.caltent. Sur un plan plus concret, les parents
·
absents restant quand meme
le loyer de l'incontournable studenc, le dragueur
... , .. confort son asœndant physique sur la jeune
aac:c pamuale et des ellllllttdemeots.
1e mific cks qu'il sait intûesKes, et
l UD lfOUpe rend la bourgeoise
liCS
la projection de lOD blocage
(due A sa pathologie de la mauvaise
regarder la jeune .61lc comme l'etre pur
CODna!tre l'amour '· Fascination qui
de voir la bourgeoite et la
et qui ne demandent qu'l
BIOURIWL
âche•meJ la jeuDe fille, cible Jtv6c du
JI pin .h.
01
er pour lui, le risque de

un reprd boudeur tout son
t•hbotdam s&luire, et qu'il brCile mainten
de finrimiœ afin d'accéder au repos. ant
JqiOI du drape_ur, bien le ptre contresens ct
.-le dragueur doat Eviter de commettre s'il ne veut
._. .• &.ne. Car la jeune fille, de par son ct sa relation
toat le de ce qu'il est au fond: un
i,b1111Düie et iagile; soit tout cc qu'une jeune fille
1 ti01Jft c antisexy chez un mec ».
iq\lleDlea,t, elle ne veut pas d'un fils mais attend la
le second, le au sens soctal ct
- IOitle bon garçon, beau gosse et fils de riche
2
(genre blondinet
IPI!iel looW lia James Dean) qui la fera vibrer dans le confort et
IWIDlaie aab9entionn6e;
- ICIÎll'bomme de bmtr ans myst6ieux et taciturne (genre Brando
.._ u Dl:&iÏIT falO) qui saura lui enseigner le sexe avec le brin
lirllfnâre qui lui jusqu'au bout de trouver ça beau.
C. â a exclusive de l'amour l'attention
de la jeune ftlle pour les questions sociales, ce peu   joue
dans la- dea laiL Le cJraaueur peut s6tuire la jeune fille parce
.. !elle •
pa tout ce qui les Rpare; mais elle peut aussi
;'llilabei!IIIC'f n• scrupules celui qu'eUe aura d«ouvert fragile dans
ju•wecat puœ qu'elle ne mc:suR pas son parcours de
....... • ment puaue par la nature et son milieu, la jeune
ICDt d'amour et si, la r&liœ vous
plut t. plaœ MWe qu'elle s'en fait, peu lui importe que
polir
"'UU deviez leiiOUnler wus contenter d'eau fratchc
3

mwk i"• *-' lis JlinllllitiiiDa atll'aiper
,.,1 ... ,. ·-•.• s'il,_,,.,..,,_ eottlt"/ller •
.... , ......... --·-ct.,.. 2.
.Cil ... , ..... rtiiÏitlff1* tl
/M .. I.A., Gofll .., • p.s filles lf'IÏ·
INIIc  
J•bllllir• ••· u ••••u li
M1M

La jeune fille, catégorie sociale
Autonome mais encore du monde, la jeune fùle est
t entiùe vers son désir. Désir d'aimer et de: jouir sans
toU
• d
d
frein auquel sans outc: toute a olescc:nte, mais qui
des moyens matériels pour se réaliser en comportement.
n Comportement de "jeune fille" qui cache, derrière les caprices
de l'âge, un privilège économique et sa vision du monde. Une
durée variable interdite aux enfants de pauvres,
conuaints de passer plus vite, et parfois même directement, de
ren&nce   adulte par l'obligation du travail. Premier travail,
premier salaire qui libère de l'autorité parentale, mais qui interdit
en meme: temps l'insouciance sans laquelle cette liberté n'est
qu'un mot; un rêve qui s'évanouit au moment même où il
s'accomplit pour d'autres
1

La jeunesse n'est donc pas qu'un âge:, c'est aussi une question
de moyens; pour lc:s enfants de pauvres la "jeunesse" est courte
2
,
tandis que celle des enfants de riches peut se prolonger
l .
Mentalité de gosses de riches dans un corps aux désirs de
femme, les jeunes filles, sous prétexte d' exprimer leur nature, usent
de leur privilège d'insouciance comme d'une liberté universelle.
Inconscience sociale qui les fait entrer de plein droit et sous sa
forme la plus cruelle dans le moule de la femme-séduction.
Femme-enfant et déjà femme fatale; soit cette petite allumeuse
immature et perverse qui fit mourir d'amour le jeune Werther et
qui &it bander les vieux cons.
/IOÎtll tk tir« le dragueur n'est jamais qu'un mfont tk paurm: intmlit tk
::.'l'li s'qj'ottv: tk s'm payer une sur k ventre arrogant des ft/les Je bonnes
20..Sk .
3
I.., llm e/k peut se finir six ans.
kr iUet, binrt& quinquag!naires de la gbz!ratirm 68 nous que pour
lia:-gllll tk ltz nouwl/e bourgeoisie d'après-guerre, elle est pranquemmt sans
67
de la fco•me de trente ans
Jiiilter poUQ& \'US la sortie par la suivant
1
-...,. -61\, , la porali e, a
tem . et les hm1tcs de sa •. A
110 • lOUvent cdw de sa rencontre avec le sérieux du
Apns da d&uts tapageurs, la jeune fille déjà vie•lhssanre
4lOac dans le rang, doublement remise à sa place sur Je
charme et celui de la participation à l'effort collectif.
Wlc coDICience nouvelle de soi ct de la vic qui favori se en
elle rfdosïoa du besoin de l'amour adulte; soit cet amour durable
&itcle ct de travail

qui le couple, comme
Chaapments brusques et profonds qui font de la femme
be-Mire l"ADii-jenne fille par excellence, la chance et le vrai repos
du dragueur.
Narquœ par la vie, donc humaine, la femme de trente ans a de
famour l donner, du c:œur au ventre et plus de temps à perdre. Dans
fimimjef elle s'OUYR avec la douceur sereine d' une mère, le dragueur
ae cniDt dooc pu de la traiter comme une amie. Échange de paroles
D08 JC"UI oaturels qui calme sa haine des femmes tout
ea too désir, et qui permet au dragueur de  
• apoir, l'amour maternel tapi l'arrogante
16t•câoa da 6Ua trop jeunes pour oser aimer. des
............, le dnpcar œpœnd des forœs de cene
qui a ph hir plœ l elle il prend confiance en lui; sa VISIOn
Maeca JII'OiftiiC, pour lui c'est donc tout

Mais qu•une &mme avec qui il baise, une femme qu• a age
de sa quand U ftait petit garçon, ose lui dire les mots
...... -"tu Nin 14 jeu_,eft!
    IMu ,. 11

J'amour que sa propre ne lui a
1
· nmais d'
u l' . ts, trouble 1
Jragueur après avou Car pour le dra à , e
u ::.. b . gueur 1 affect
. fantile une ne a1Se pas, elle aime son fil d'
Ill "-1" . s un amour
tque et Pour lui une fe d
"" · · 1 b' ... , ' mme e trente
ans qu
1
a1me a tte ne peut etre qu une femme dég dé
1
• . ra e, trop
vieille pour amour et trop Impure pour lui llou,·ou
. . · rs cette
patholog:te mauva1se mère lui interdit d'aimer la femme
et   plus longtemps 1 amour expert de cette mère d
repli. Un beau matin, le dragueur toujours insatisfait quitte
la trentenaire et reprend la route, avec dans le cœur un sentiment
de ttgrct plein de contradiction.
DRAGUE ET StDUCTION
La technique de la drague étant pour le dragueur le moyen de
soumetne les femmes, nous ne pouvons aller plus loin sans aborder
maioœnant celui qui se présente depuis des lustres comme le maître
inconteltf de la sp«ialité: le séducteur
1

Àp10p01 de la Kduction masculine
Comme nous l'avons vu au début du livre
2
, la séduction de la
femme c'est le pouvoir de la mère. Pouvoir d'avant le père et le
donc identifié un pouvoir magique et éternel par l'homme
qui a tendance promouvoir et reproduire le modèle de la femme-
s6:luction par nostalgie du temps où son bonheur était et !a
femme toute-puissante. Femme réduite à la séduction dans 1 espnt,
puis par l'esprit de l'homme, mais femme qui accepte de se
co fi . . 1 elle de sa nature
0
ormer l cette tdée masculine et cu tur
puisqu'eUe tiR son pouvoir de cette aliénation.
da lunu tk Ill supposk s!Juction   mlpris pour le dragueur
2
Cf. "l. mht tor1J1M 1ft a PIOSIII/gie" liU du1pi'" pttmier.
69
Comme aoua l'avons vu également par la suite •
1
tc
Dai•at pa1 de l' homme n'a aucune ra
1
son de a _emme ne
..__ . Par CL r- evotr celui-ci
ua QR réu:rence au prenuer hom ,
J*e. rbomme poa•r elle s'inscrit le départ dans le est le
Cl08G'«.
et le
Mais ai   que l'hOmme n'est pas pour la ._ __ e
- - L , • • . •QUJll cette
aetare du UUIIIICUI' avec 1 ongme qut fonde la séducti

mae, . l' ' Il é · on
et Il sexue e n cessaue à la perpétuation d
t•apke De 1uftit pu l expliquer la séduction exercée par certainse
alan•quoi est&i1r la Rduction du séducteur? '
Comme oous l'avons plusieun fois énoncé dans ce chapitre 2, la
J6cluction maeculinc c'est le pouvoir du père.
À la fOis le pouvoir syn•bolique du père concret, soit l'autorité du
pà'c au tria de la &mille, mais aussi le pouvoir concret du
l)*mbolique
3
, IOÏt le pcnnoir supra-familial que confère l'économique
dans aoae lia iris pattiarcale et marchande. Pouvoir du pèrt
r6el ou symbolique, pouVUÜ' symbolique de J'autorité ou concret de
l'argeat, le pouvoir filndateur de la séduction masculine, est
laon imAF un pouvoir social dO son origine.
Au c:oatraire de la .aluction dont la cause est hors du
moadc daasl'esprit de l'homme
4
, la femme identifie d'emblée la
16tuaioa m81culiae l une force mondaine. Combinaison sans
de l'autolilt du familial et du pouvoir du père social
qe•oa pcat CijNimcr ca rames simples comme la valorisation du
duuac J*le h•ae Charme du luxe (pouvoir concret de l'argent)
qui pu11.et le IWie da charme (pouvoir symbolique fo_ndé sur le
reipeCt) a nNIIIe8t l'iavene, car - le dragueur en salt quelque
clto11- Ual le eupport du luxe, le charme n'est pas grand-chose.
zq.-,.,_.,..., .,,.,_z.. . . . •u
2 f;t OZi ,.,., ..... L!iU" ........ •u ..... J«i4k '
... ,. lt il".
J

earrocantc naïveté du séducteur duc ll'ignorancc du rôle

1011
pùc ct sa mère
Dans l'ignorance des causes supra-individuelles et bassement
de ses
1
, le croit au pouvoir magique de
sa Kducnon .• la de son individualité par
des actes qu 1l veut transgressifs, cet arrogant naïf ne fait jamais
qu'exprimer son oisiveté de nanti par l'activité de loisir la plus
courue des membres interchangeables de sa collectivité.
Inconsàencc sociale à laquelle il ajoute la croyance infantile en un
pouvoir magique de la femme qu'il aurait surhumaiaement
Suraraluation symbolique d'un adversaire mythifié d'où
cc double immature tire sa d'homme supérieur, et son
d&ir de continuer à jouer sans le savoir sous la tutd.le mammaire et
pb'nniaire de maman et papa.
Le aiducteur, figure historique
si le cinéma historique nous donne l'image trompeuse
d'etres humains poss&lant une structure mentale partout et de tout
temps idcntique
2
, il est en réalité très difficile d'imaginer un
16duc:tcur grec, aztèque, bororo ou esquimau.
Comment transposer en effet un rôle social, émanant d'un
cenaio type de société, dans une société dont les règles
difRrentes ne lui permettent pas forcément d'exister? Que feratt
notre séducteur chez les Grecs où les femmes ne sont plus le
temple de la séduction, chez les Aztèques qui croyaient
qu'immoler des vierges servait à faire pousser les chez
Bororos dont le moindre geste érotique est un acte rehgteux
A une stricte ritualisation, chez les Esquimaux enfin qut vous
offrent leur femme à baiser en signe de bienvenue? Essayez
 
........ UA en Arabie Saoudite s·
-11jourd.1Wi '···
• en acale
epie le puisse exister, pour qu'il apparaisse
.._,.b. . .
1
c:
en un
.. •liOuc, 1 1aut donc que soient réunie
1
d
.. .
s es
;. _'tlons socaale.s et psychologiques,
qw n CXJStent pas obligatoirement de: tout
• q,e>ques ou cenaines sociétés étant
nbtre pour que le séducteur puisse
l[llefiQIJrOlc.
le connaître Don
homme envers les femmes ct les
•I.R apparaît pour la première fois en
ftiDe.llt dans l'imaginaire collecof avec
lia fin du xvn• Vers 1690 le verbe
._... !Deld .,a WDt .œJiaieœ de «détourner du bien, foire tombtr
.. _... poqr pnadn le sens palen de «faire tomber en faute tn
1., .....,_ IJIIÏ _,_ ,_femme à s'abandonner d lui hon
.. ,. • S, pratique et de la séduction
O. Juaa cc h6-os nqp"' éternel, en lequel
aujquld'hui   du Kducteur.
S' ...... 1* J*.k de fain: RmODter la figure du séducteur
• .._,4U•i1 perde le sens qu'il a pour nous, c'est
IIQCIIltle si«le français, est l'époque
oio du pouvoir, les antagonismes
aa•J aOtrea qui ont rendu possible
aiui que sa prolifération en une
rop
ftftAition, au sein de l'élite, de la bourgeois
1
·e 1 b ·
r-
.
a oneuse et püoanaire en trath ' de le pouvoir, et de la noblesse oisive,
JOuisseuse, sop .et en trai n de le perdre. La
paaque de la n étant Jama,IS que l'expression, r&luite à la
spbb'e symbolique et culturelle, d une impuissance concrète et
politique. Impuissance d'une noblesse de cour réduite à exercer la

de 100 pouvoir sur les femmes et les humbles, pour oubher
que le pou'fOir r6:l est désormais aux mains de la bourgeoisie de robe •.
Louis XIV, monarque du Don Juan de Molière, c'est
ravmement de la monarchie absolue (remède au danger de la
Soude) par l'alliance du roi et de la bourgeoisie contre les nobles
a .. .-.aa l   C'est dans ce contexte politique hautement
tlrlligique qu'il faut penser l'apparition de cette pratique d'élite
.,-..tique qu'est la s6Juction masculine: dernier pouvoir d'une
rne co train de le perdre ; piège doré mis en place par Versailles et
aaaorW par la vie de cour.
Noble 16lucteur politiquement émasculé pour lequel Molière,
d'ontiaaire moqueur avec ses héros, se montre plein de respect,
pailqu'co la statue du commandeur son Don Juan acquiert
la dimension transcendante qui nous interdit de réduire son
l de la simple faiblesse de caractère et d'esprit.
S61uction soi-disant subversive qui fait du grand seigneur
•&Il •at homme envers les femmes et les humbles, un bien gentil
•iJ;war avec son roi. Car pour la monarchie et ses nouveaux alliés,
mieas-ftut une noblesse cruelle avec les femmes par l'amour
qae des nobles ayant les moyens de devenir cruels avec leur
nlfpllr la YatUs du mariage et la loi salique
2
• Comparée aux
falla de fucendance fœdale la séduction c'est la canquete rédwte
de l'autre sans les ;erres qui allaient avec; soit à l'intérieur
là daae pouEdante, la circulation des femmes am de la
llfon·politique qui permit aux anceues de Don Juan de
.. ,. de puiuaocc avu: le roi.
13
viriliœ et de libre le '- .
l
.b . , eur sa
Ulte en 1 erttnage et en am
oureuses
accapare les commandes et transfi '
l'babillant d'un pouvoir sulfuonne
,
1
.
qu on e du pouvoir d'où
1
• Don Juan, pantin pitoyable réduit en fuit à
qui priféreront bientôt se laisser
gentilshommes de la
un discours au se.nicc
t Louis XIV. Comme chez tous les auteurs
de surface : faire   du séducteur, se
des médecins et des bourgeoiS,
du pouvoir.
,._ (dont le pouvoir de séduction n'est en
-.liU lia s6fuction) pour un libre penseur
t,'-'DOirt pamet au roi, à travers Molière, de
iadre de croire à la supériorité de leur
ida concret dont il est en train de les
Moliàe de la bourgeoisie sous les traits
!eGil gentilhomme ou du malade
RJn au roi de faire croire aux nobles
Nil aux bourgeois par nature; et de
aux J'CU du petit peuple, afin de
inac:ikement r6lctionnaire et
qui n'en constitue
••ia .,our uaeoir son pouvotr,
... tlwc.; ........ St:ierta (6#«
•• ,..., ,..is 1 u
odcrnisct le pays et enrichir l' État; État mercantile diri" éd .
Ill . . .
1
. . g e fa.tt
la
bourgeoiSie montante qu1 1qu1dera l' · .


son rot.
La writable se passe de séducteur
De l'autorité morale issue de La famille au prestige mondain tiré d
l'argent, la séduction masculine se résume toujours au pouvoir d:
dont il faut s.Qr user et abuser pour que la séduction
accouche du séducteur; son d un homme en vue suffisamment con
pour passer son temps à essayer de baiser des femmes.
de séduire qui nous oblige à exclure des attributs du
s6fucœur, les deux seules qualités séduisantes, malgré elles, que
sont l'intelligence et la beauté.
l!intdligence, que les non-spécialistes reconnaissent dans la
maftrise du verbe, est communément considérée par les femmes
comme la véritable séduction de l'homme supérieur.
Sone   culturd et masculin de la séduction féminine, cet
autre attribut du pouvoir du père
1
ne peut malheureusement pas être
pom 1 l'actif du les hommes réellement pourvus
d'iordligenœ âant en général trop occupés par la quête du savoir pour
s'en ICrVÏr l subjuguer les femmes
2

Quant A la beauté, pouvoir de séduction na ru rel et passif; elle est
par les femmes comme une qualité féminine, à l'inverse
de l'intelligence.
1
Lt 1hw '1'1111o1U..t k projn du scwoir uns mfan_tine, comme ltz
l)s iltdW 1'-.our n /4IIIJStlligie tk /'/Ire d4ns celk tk 1er-pau lll'fO"·
flli •oru 1111torise i ranger tlljiniti11ement Philippe Sollers, P
11
'
'* lif'o .._ '- tks sltllll:teUn.
7S
w:
fOUr la _plutiquc comme bell e fille .
1
, é
le pouvoir sulfureux qu'on anribue au n mane du
cet qu'iaani- l' · 1 Ra
ucteur ni 1
espnt • rcment pris au sérieux é .' e
foad par qui associent son ph ysique à au
•lfculiDiti, le beau gosse malgré lui comme une fe a ut de
...... . n 1 lim'
mme en
son mtc cet ne e tte pas aux jeux de 1
a comme un handicap.
p age, à
fapparcnce de l'esprit ct un physique agréable, voilà au
.foacl la du Pouvoi r dénué de
lntU:e&claJllCC qu'on peut finalement à :
- un social que masque une croyance naïve en la
...... de
- la pratique dtro d'une trop dégénérée pour y voir son
impuisupce ct la ptostitution indirecte qui s'y cache;
- une illusion de la grAce par laquelle le séducteur se croit
autorisE l mq,riler toutes formes d'effort en et la drague du
iintpeur ca panic:ulier.
la cks e ce ffiiiP'Nc A la Mduction (cWinitions)
Coaapadc au pouvoir social de tout homme en vue convoité
lui et pcrsuacW du contraire (auquel peut se résumer la
  du

la drague du dragueur apparaît
  pour ce qu'elle est: la pratique lucide et laborieuse d' un
(pauvre ou d&la11c!) chc:rchant l par et contre
W.iJNIIC's
Drape qui, au contraire de la exige une
comprfhenaion rigoureuse du contexte social dont aucune force
P
rofonde ni ne vient protéger'· Pratique . ,
. . . qut n est
ni une croyance, nt . un paru prts cst?éuque mais l'apprentissa e
de ce qw est, dans le but d y rcméd
1
er. g
de la drague qui est aussi une école de pensée et
une \ision du monde: inftnimcm causaliste pour qui toute
est une succession tnlnterrompue de résistances à surmonter
de à Vision dépourvue de transcendance
d'ontologie
2
pour qui il n' y a pas plus d'être sans comprendre, que
de salut sans action.
Approche qui remet dragueur et séducteur à leur juste place, et
autorise une définition lucide de leurs activités respectives:
-un dragueur c'est un pauvre capable de baiser des riches ;
- un séducteur, un riche juste bon à baiser des pauvrc.s ct les
filles des amis de ses parents.
L\ DRAGUE DtBARRASSÉE DE LA StOUCTION
(PETIT DhOUR HISTORIQUE)
La drague a-t-elle toujours existé?
Après avoir montré que le secret de la séduction se trouve dans
son histoire'\ il n'aurait pas été sérieux de procéder différemment
avec la drague. Et comme J'histoire intime de la drague, soit le
dragueur vu de l'intérieur, a été J'objet du livre en son
commencement, c'est maintenant de J'extérieur qu' il nous faut
l'approcher, comme un individu dont la pratique est aussi le reflet
de globale de la société.
D'abord, voyons par le recours au vers quelle
2
1
Nit. foi qw l'11mour ni pou110ir d'tJchflt octroyl /'flr pm.
O....J __ . •
. . t} •
.lk on g qut m;tmt
1
m
J Hilloi · · . , ·
f 7:     popu.attqns.
O!IJùwrJ k pctÏt Robert.
77
et "dragueur" ont pris le sens
l'anglais to drag: ,.. • D
• raguer·
tiiUOyer fond d'un port, d'une
tmiliurire). (Vm 1960) à raco/;,
• • ptcheur à
-. IIM drogue. (1829) bateau mum d'une
des mmes sous-man'rlts. (l't'l'l'
dtrJtJw: cr.: il drague sur les boulevards ...
ta filets", "tirer", "pecher des coquillages c:
1
, •dEblayer le fond du port de ses  
... explosifs" ... Si le sens origtnal de:
pli' la le dragueur de rue ct
lent vas 1960 que le verbe droguer d6ignc
radiYiiE d'ua homme cherchant sur les boulevards une
IIR&eik•tvee uoe fëmme.
Maa atœndrc les soixante pour que des
que nul ne songe A prendre pour des
sur les boulevards au point de
dragueur, les soixante c:cst
nolution de la
tl d ldte ,_ Ja tranlfimnation profonde de son
IIOIIIÛQI -..ocàle, .Jnaj que par la modification
........ matlli.
Il ÎtMÎQa...oa •Aide, par l'exode rural, au
'fii&M •1 la afaùoa des banlieues ;
• • l
'WIDGt elu ICCtCUt œruali'C ,
.._ la majoc• nouvelle de
• •
IIIIP-1'11 • J • .,wills ,
1

mixte et uniforme des nouv Ll a
.
. •
e es couches
qw s accompagne, sur le pian des mentalités, de
la de masse. d'objets de
d'abord par les besoms en biens d'équipement de ses
populaùoiiS fraichement puis par le désir, combien
de posséder les produats nouveaux mts sur le
Plaisir de consommer qui devient à partir des années soixante
l'ollique de loisir d'une population globalement
U'l"'form«, d&ormais 6:onomiquement et mentalement à
la c;GIIIOmmatioo.
C'est dans le terreau urbain de cette masse sociale mixte et
jiUUÏIIIJlte que le dragueur va proliférer. Petit salarié ne
c:oan'!in•llt plus du d6ir que la consommanon, mais dJSposant du
temps 11kessaire à la consommation qu'est le temps de loisir.
Rmployt solitaire cherchant à jouir de son temps libre ct de la
molütude sur les boulevards commerçants des villes. Homme enfin
pour qui la femme, premier objet du désir, reste par excellence
l'ohjef l consommer.
La drague c'est le Msir produit par la consommation de
  du supermarché. Une pratique de loiSJr qui peut roumer
l la pathologie chez des individus dépourvus de   affectif
«da poutoild'acbat requis
1
• Pathologie affective qui est aussi une
penersioo sociale du normatif, quand le dragueur
IJ'&Ematique inYetSC l'acte macchand de consommer en parasitisme
ctllllllinelitfa
&olaomique et pilule: l'ige d'or ck la drague

social, la drague comme la société dont _die
•"RRt';liiiC p6iode ascendante, un âge d'or, une crise et un

l:asceodaoce de la drague c'est la croissance, le muacle
des aJU1fts cinquante
2
dont sortira dix ans plus tard la
de œDIOmmation ct le dragueur, consommateur d
6
A l'lae d'or de la drague, on peut le situer e <:mmes.
1966 d d · exactement
'. ate
1
e m
19
•s
7
e sur le de la pilule
I•IILtic:o LC:ep>tic•n•:ael e et 3, de la cnse inau .
•.t· . l .. . h . guree
"h<KIIIlqua"meDt par e prem.er c oc •.
Ce qui manquait au dragueur de temps libre et du
d'achat du cUbut des soixante, la pilule. Avant 1
pilule, la femme dans l'angoisse de tomber enceinte
2
avait un:
niiOil t&ieule de redouter le coït impromptu que le dragueur lui
propoait. Soumise l l'incertitude des jours et à la
da menstrues, elle n'était pleinement disposée au plaisir
que quelqaa joun par mois. Avec la pilule, la femme désangoisséc
ft cnfin lOI rU de de la rareté qui indisposait le dragueur
autant qu'eUe, pour devenir objet de désir plein temps. Cet
obllade physiolosiquc surmonté, le dragueur n'aura
phu l craindre, 1ur le marché du les ruptures de stock

Crile et tldetle Mdin
En 1979 la crile inaugurée en 1973 s'aggrave encore. Pour
  mareb•nde on parle de choc pour
la dntcuc d'uac maladie nouvelle apparue chez les gays
3
de :"le\\
._ktedc LosADpla: le sida.
Pour la IOdbi de consommation comme pour le dragueur, le
lida c'at l'antipilule. La libelli sexuelle octroyée par le
ea 10tufeia confilqu6e (ct bien en deçà) par la maladie. u
pracique sociale de la dnguc, déjl freinée par la crise, ne peut que
Mdjna.
80
En 1966 la pilule anticonceptionnell e avait
1
· l' b"d' al r. ouvert e banc de 1
consonunauon 1 1 10 e sur 'ond de croissance . À .
3
'd 1 d' d' nomtque parnr
de 1986 le st a, ma a te devenue   ·d.
r d d . ernie mon tale le
referme sur 10n e cnse Vingt an '
. . . s pour que la
consommauon exponenueUe, véntable maladie sociale tr
. ll d
1
. . , ouve son
cxpi'CS510n sexue e ans e stda; vmgt ans pour que l'lige du lais·
1
,. . _.... . l'a, d l' p tr ct
de msouaance n:uevtenne "t>e e amour malheureux.
DERNIERS PR&u.Aiu.Es AVANT D'ABORDER LA TECHNIQUE
Les faux dragueun
Pour ceux que le sida n'aurait pas encore refroidis (je parle bien
sQr au figurt), tliminons encore ceux qui nous semblent inaptes à
la drague telle que nous l'avons
Déclinaison moderne du Don Juan, le nanti qui se veut
méchant homme est au fond un gentil garçon. Plein d'arrogance
dans les situations sans risques, mais de vice, sa compétence
se limite 1 ses terrains lieux de
d'hiver et d'été, clubs privés, boums d'amis ... Ne ru
l'ttbec, ni le sordide (violence et le nanti latssé sans
JlrOteaion perd rapidement ses moyens; meme et avec des
dFons, dans la rue il se révèle trop tendre pour tenu la distance.
Séduisant comme une belle fille, Je belllltre plaît et n_'a pas
besoin de draguer. Du coup quand J'envie lui d'agt;;:on
CUveau rarement sollicité l'handicape; plus iJ en fan mo dça
.. -L r
...,_ en fatt à atten re
-"'IC. c.n de drague, son rôle se rgume ..., .. b est
en sil , . d
1
· · er les tcnc reux
enc:e qu une femme ait envte e Ul; JOU
81
... ce qu'il •• &ire pour ne pas etre . .
te.,. •
pns trop VIte JlOtJ
l'alti
tlo.6 dtDtla jupes d'une mhe omnipotente 1, l'ami del
clama adore la lemmes et sc complaît au milieu d'elles. Mo p
upirationa machines mais dot6 d'une mentalité de
Jute ea leur que la femme est l'avenir de !'homme.
l'apdt de l'hum•nitL Pret, pour tirer, aux pires bassesses (ponet
la paqueu, trahir les potes .•. ), ce broute-minou d'un
flux-ad at   du dragueur authentique; ce qui n'ôte rien
•• eflicacitL
Ami da dames nns de conquete, l'amoureux en
  l1tvu d'amour inaccessible dans l'ombre d'une femme tendre
u. mbe. P1cumichard, il6meut les filles maternelles, si bien
l'Je 100 1ta auprà d'elles devient souvent r6alité. Logique perverse
qui l lOUVent pour pouvoir caver de nouveau.

C.IO'!UDateur docile, le con du tamedi soir ne sait draguer
flll'ea blade bourr4 ct dana Ja .lieuz prnus A cet effet (Macumba,
.. ). nmidc l jeun, •• faible personnalité. et 1:
fnastration accumul" durant la semaine le desu_ncn
Pllticuliarement aux accidenta de la route et aux viols collectifS, Je
œmpt ci'uo "'ek ead.
Le non-sens de la dragueuse
Pour celles qui_ prendraient ce chapitre pour un guide umsexe
qu'en ratson du rôle par la mère 1
drague f6:r:'inine   un effet inhibant à  
de sa prem1ère (qUl est, Je le rappelle, d'attirer J'autre à soi
dans un but de consommation sexuelle).
Par son action, la dragueuse donne l'impression à celui qu'elle
drague de r6ister à sa séduction naturelle, au point de jeter le doute
sur ses intentions et sur sa
2
• Effet d6astreux bien
connu des séductrices, qui nous oblige à considérer la drague
fâninine comme l'expression perverse d'un refus de plaire, voire
une provocation :
- refus de plaire déguisé de la féministe crypto-lesbienne;
- revendication de l'intellectuelle confuse qui, prenant l'o:dipc:
pour une démocratie, manifeste par cette malhabile sa
lutœ contre les J;
-provocation de   ingrate ou timide, qui s'efforce par
100 arrogance de déguiser un manque de confiance en elle tout à
&itjusrifié;
-provocation systématique de l'allumeuse enfin, qui dans une
ltlalijpe d'échec se sen de la drague pour repousser ce qui lui fait
peur, tout en ayant l'air d'y toucher.
Apessions diverses parfaitement débandantes pour le mâle
ltaDdard (il existe bien sOr des pervers) qui nous obligent à réfuter
l'existence d'un équivalent du dragueur. Dragueur

- ni la séductrice dont le désir de pouvoir peu sexuel et encore
IDOÏ!llsubversif a' a -.'voir avec l'homme qu'en tant qu'ille dwent i
8J
•81Dti, ni bellltre, ni ami des dames, ni amoureux, oi
ni Mlirant, le dragueur qui aime le corps des femmes est
• poofaaateur du mythe faninin.
Pla que tous il a de voir s'ouvrir l lui l'inconnue qui
r •• irc ct qui jouit du pouvoir de se refuser; moins qu'aucun autre
il ac peut supporter de laisser au basard, ni li' arbitraire, le soin de
d6cider pl' lui.
S6dUdiNC eflinlœ pm:c qu'il a compris que la séduction n'existe
.,., ramour pour lui elt ua tnmil aux antipodes d'un luxe qui s'ignore;
« pluli&t que d'llllleadR 100 salut de la grice ou de la de
l'IUIIrc, il
IC 6cr l100 intcllipce ct miser sur l'action.
"'Peaantor• accompli, il a trop le respect du pour en
pllfli&U la ICCrets avec n'importe qui. "Punisher" sans relâche, ses
p'liain IODl bRâ mais ik gardent longtemps leur   de
ael' ........ padeDtla lina
Comme l'biiiOGe du draJueur et ce livre l'attestent, la smsibilid
a' at pu uac petc:epâon passive, maïa une structuration affective et
IICillt. ,_ • umaa et d'accidcau
1
, elle pbe et ordonne les
rcprbdltations en un P?int de vue personnel qut n'est ni universel,
ni A vécu dtffé rent, sensibilité
eexp&ïenct, sa elle peut se raconter, ne peut être comprise_ au sens
  du mot
1
- que par un andtvidu de même sen sibilité.
nécessatrement due à une succession
d'accidents identiques ou équivalents. En cl.ür et pour nous
rbumer: l'expérience ne sc transmet pas, et encore moins à •
n'importe qw.
Bien sOr, chacun acquiert par la vie une palette de sensations
par lesquelles il s'imagine ressentir tout ce que ressentent les
autres. n existe pourtant des différences de quantité de souffrance
ou de joie qui se muent en différence de qualité structurant
difRremment la sensibilité
2
. Une sensation pouvant par sa violence
ou sa répétition devenir une sensation d'un autre ordre,
inimaginable pour ceux qui ne l'ont pas vécu à cc: niveau
d'mtrnsiti. Quand les survivants des camps de la mort répondent
invariablement l ceux qui leur demandent de: raconter l'horreur:
• \bus ne pouvez pas comprendre », ils ne font qu'exprimer cette
idlc subtile pour l'intellect, mais qu'une souffrance inouïe leur a
readue évidente. Il n'y a pas de communication possible: sans
sensible. La douleur n'est pas la mesure de toutes les
doaleun, un homme n'est donc pas- et en tout cas jamais a priori:
•IOftlallomme, foit tk torts les hommes et qui les vaut tous et que
IMIII .. .) .
Les mots ne sont que des mots, la culture livresque n'est pas le
admctbe n'est pas comprendre, comprendre encore moins
lsa.'Oir &ire. Et pour revenir au sujet sensible qui nous occupe, la
- traduite en actes du dragueur- ne s'apprend
l'Cillait pu dans les livres.
c.-
.
,_
.
• "'111101., tk potii!Oir msuire lt" apprlhmdle par"' ronnausance.
l'Cl Ullrllelatfll n "" clulpim prnn'"·
.
• ,..., ...,_ il'uniiKI"#I qui pourquo1 Jean-Paul Satm
'
""' ewrtprù tiM 11ition Jn Jamnls Je l11 tem
• •
fordmnu Mo-/ctmtinrM tk pnit-bourgeois no171UIIlm.
85
Ua lifte lW' la drape ça giche le
Ea dehors du de la sensibilité né .
l
• . . . d l d
cessatre
acquasataon e a rague comme tcchntque 1 int ·
• • A • ervtent le
Y-uuaQQC de sa relattVJté. Car meme en admettant que n•·
qui
, . d fa li
unpone
pulSIC m, ... e çon vresque la méthode du dragueur et
efficacité des ftlles déclinerait à mesure de 1::
d.iftùsaon. Le dragueur est efficace parce que sa technique est rare ·
que sa subversion devienne la et la drague ne vaudra plus rien:
-Pas de drague sans dragueur ; la drague est d'abord une
teduùque incarnée.
-Trop de dragueurs, plus de drague; même sa
tec:lmique, la drague n'en reste pas moins relative et é\·olunve.
Ea d'autres termes: plus ça marche, moins ça marche; et la VJe
obfissant l uae dialectique qui aime prendre la logique à contre-
pied
2
, il est possible qu'avec ce livre Je salaud devenant la norme, ce
soit enfin le gentil qui emballe.
La quadon du physique
Pour dragua- avoir un physique est un avantage certain; encore
&ut-ü comprendre quelle image correspond cette expression dans
l'aprit da filles.
'&wl _p,;,;. n Mlull
Dans un .U.p: de femme, Je jeune homme
retrouver la Pas sa traits pour traits, maJs 1
d'amour parfaite qu'il vit à ses premien instants : douce, lisse et
1 Snui!Jilill ,.,., ,_ immltliiiU t1ott 011 l#lmt fo11te tle poUliOir

,a, i /'al
Z p,., tmtëw ,. Ctmtjlk COIU'f'd: • l'l«momw 1IUI " f1ll
    1 fN'W • e'at il Ill •   1
1
..... 1) f• ,..,.,'Mû 11M1rie i I'OWII ., àst il ill uuue t.,- '
frwifl 1 ,._ ""' •'lill '"/Ml Il P•zj,tw, itl r6lli# li.
. mpOrelle, parce que fondamentalement indifférenciée dans la
1
nte d .
eption encore sans ré1erence u nournsson qu'il était 1.
pere Premier visage non marqué par le temps, synonyme de félicité
dont la nostalgie va fonder, pour la vie, l'idée masculine de la beauté
des femmes.
Et parce que la est aussi la première image d'amour du
nourrisson femelle, la femme voit aussi dans ce visage uniforme de
la beauté et de la féminité. Harmonie un peu statique et fade tant
recherchée par l'homme mais dont la femme ne peut se contenter,
la beauté qu'elle recherche en l'autre passant pour elle par l'image
du père
2

Synonyme de force sociale et d'action
3
, la beauté que la femme
attend de l'homme doit, pour être masculine, refléter la
djfférenciation volontaire et porter les marques du temps.
Conception vivante et dynamique qui vient   la douceur
féminine originaire pour fonder, dans l'esprit des femmes, l'idée
plus complexe de la beauté de l'homme
4

Beauté masculine toujours associée aux effets valorisant de
l'action (mobilité, accidents, rides ... ), tandis que la femme est jugée
d'autant plus belle qu'elle donne l'impression visuelle d'avoir été
tpargnü par le tcnps.
Idée différente de la beauté qui s'applique aussi au corps:
-corps masculin d'autant plus impressionnant qu'il exprime la
puissance du mouvement;
, -corps de la femme d'autant plus attrayant qu' il évoque
1 anente de l'amour dans le frémissemenr de la danse.
Pour en revenir au dragueur et notre sujet, dire d'un garçon
1
iJz   visuelle Je faisant par l'identificati()fl progmsive des j{)fiC'fionJ, le
dlnut tk rtpr/scntalionJ ne t10ÎI au d!hut rien en la
F7ftltl. a n'est à()n(; pas lm qui wlilc rerc, mau la culpabilité tk
2 l'' .

'11111c_âr relatif du bcl/4m qui plaît aux hommet mau que fer femmes
J Cf


f lfUC Pbe 11n11 dire" au chapim 2. . .
rkmc tk la physique une t'déc moms pauvre que tks
IJru Cflntmtmt souvent en la matim d'un pn4 de faikur ct de J)m!trie.
87
9ifie pas, dans l'esprit des filles, qu'il ad
'il . .l>.J

qu posKUc Une gueule et un
lutter PQUC la vie; soit exactement ce qu
1
par son hùtoirc et sa sensibilité.
est aussi une question de confiance en
sentir beau en est une autre:
  mauvaùe mùe, peut se sentir moche et finir
IQIIlC id dans une sorte de malaise communicatif
1
;
... _'""'' JP.Oche par le regard d'une
beau et finir par en persuader son
laD4i:C Cil lui
2

aiUeun, la confiance injustifiée finit
QJldlc que soit sa beauté objective et son
c'est d'abord de son profond sentiment de
N101t tire son efficacité.
on eat vraiment moche, mieux
rie; uoc un atatut social et de l'argent
Plus ll'aiee jouer les s&lucteurs.
a'Ciaa'obe•itte l rater pauvre, il faut alors
.. que des boudins ou des
violteee telle qu'il se rapproche:
, ,. ..... vraiment sam espoir;
rdll peu qu'on a.
LA TECHNIQUE
Le sérieux du dragueur et de la drague abordons
œainttn.tnt la technique comme jeu.
de
En de drague, le seul critère de vérité c'est Rentrer
llïnttrieur des femmes, pas pour ce qui s'y trouve, mais parce qu'y
pan-enir est té difficile.
La pénétration pouvant aussi relever de la chance ou du
 
1
,1'acte du dragueur aura bien sOr d'autant plus de valeur
que b femme se sera d'abord opposée à cette réduction dégradante .
. plus le dragueur tirera, plus il pourra prétendre mai'triser son
la femme.
La temps de la drague: avant, pendant et après
Tuer bande moment crucial qui détermine les trois temps de la
drague, pour le dragueur il y a donc avant, pendant et après.
- Avant, soit comment parvenir à la pénétration.
- Pendant, soit de quelle façon la pénétrer.
- soit quoi faire une fois cette intromission accomplie?
AVANT
l!util
e rttours aux stéréotypes
dan l'
s urgence de la rue, la drague n'a ni le temps, ni
89
la IDOyeDS de la Et comme filles de ku t côté n'ont pa
...;a.aa a. qu' il faut pour deviner le, bt;aut6 cachées d s
d . l ' . 1 u
IIUewt vaut pour ut en raJOUter .
Sacbaat que la charmante qui c:aactérise l'attraction
mMCuJine s'accompagne, dans l'esprit des adolescents, d'un brin de
- .·allltiR: du père ct la sociérél, le dragueur pour
erre stUde plaire et devra s'appliquer à fJire le rebelle.
La   de consommation faisant par ailleurs l'éloge du
lebelle pour promouvoir les produits rebelles dont les jeunes som
&iaadts, le dragueur pour stimuler le désir des fi lles devra singer
l'ua.deces suppons promotionnels.
lebellcs institutionnels dont les médias fournissent le catalogue
da aouveautés, mais dont les archétypes se li mitent en fait aux
deux standards qui la consommation planétaire
l'amâicainc, soit:
-l'acteur rebelle, blond propret issu des couches moyennes,
inc:arM par James Dean; et
- le chanteur rebelle, brun plus crad à l' usage des ados
populaires, né sous les traits d'Elvis Presley
4

de music-hall fort justement appelés "sans causes"
5
dont le message peut se résumer à :
- une attitude rebelle (gestes supposés sexy de la mauvaise
6lucaboo, le plus lOuvent et
- uoc panoplie Rbdle {coiffure, vetcments, accessoires ... ).
La ela rebelles actuels - de Mickey Rourke
Palrick Bruel- haot des cUriv& de ces deux canoniques, le
1 Aitui pOlir l'a#mbkr t) l 'itlk lfll'tm s'm ftlil, le dragueur: noir devra se foire
1-.-et I'.U. mime s'ils sorrttousiG hfltliants.
2S.•t C'tll ,..
J RMt moh et •111res prtM11i1s Je m•11e Joni vil /11 socUtl Je
,.. .... ,.., ....... ...
f Soil Ill •=.-.., M r...,.._ ocriJMMI ln rrzpports Norti-Sui
.. "* k 6Jaa (M•w.a ., Jl .... âl) ..... moüu ride n pi11S toudle tF
ld11 ' lilla
Jr,,._ ,.,.,.,_,a Ill • * protiMiu contrt 1'
1111
............. ,dO.
.1-gueur novice pour être sOr sa prest.ati'o •
w.. •
1
n n aura qu'à
s'etTorcerde combmer es deux.
{}lltlqrm oddltifs utiles
Le physique se à l'analyse de nature composite iJ e t
encore possible de par l'adjonction d'astucieux additi;s
tels que:
chien, qui renforce   maternelle et peut rendre
de fiers services au dragueur doté d'un physique inquiétant ou pas
assez enfantin;
-le tout court (dans le même esprit mais moins .f.tcile à se
procurer);
- l'auto la moto de forte cylindrée, le gadget
technologique et fun (montre-télévision, trottinette à moteur ... ) qui
renforcent notablement le ''charme social" du dragueur auprès des
filles peu pourvues d'émoi maternel;
- le tour de magie (hommage au music-haU ou les
premiers rebelles) qui facilite le premier contact et subjugue celles
qui rêvent de vo1r l'amour surgir comme un lapin d'un chapeau;
-le tournevis sous J'œil enfin, substitut du pouvoir du pà'e moins
prestigieux que la mais aussi efficace (surtout combiné
avec chien); à recommander en dernier recours aux dragueurs
vraiment ttop défavorisés par le sort.
!!action
La question du physique passons à l'action.
Sachant qu'en venu de sa sensibilité, les qualités du dragueur
sont: le culot, le vice, la haine (baiser le monde entier) et le charme
voyons maintenant comment s'en servir.
Pt tillier constat
. À lgal, mecs qui ont besoin des filles semblent moins ks
CftiJr qui donnent l'impression tk pouvoir s'en passe:
91
Ce premier conatat met le dragueur face à la quadrature du
p.de: CIGIIMMDt aller au-devant des filles tout en leur f.ûsant croire
•oa n'• pu baoiD d'elles?
D'aLotdeleurdoanant l'illusion qu'il ne s'agit pas d'unbtsoin
Jraaia" cl'wac ••· Pour ce &ire, le du dragueur sera franc et
jou4: pu de voix tremblante, d'œil de mains moites
d".aolciiCRt eG manque; vous n'etes pas là pour prmdrt, vous etes
a..,.. ....
&me qui cle•ra a'exprimer avec l'aisance nonchalante de celui
cpi•Jrdoà:.J'iMe que les belles filles courent les rues et qu'elles
•• .cc:ueillanœs doit envahir l'esprit de votre interlocutrice alors
mfm· p ,.,..)a .,aliciœz.
04te demande dqw• en hommage et cet hommage
ca cl'fcb•nae, wua poW'l'eZ confesser que cette envie et
œ rhoa e:xprimcDt en iàit un besoin suplrin4r; un intb!t pour eUe
(ft -'de telle 10rte qu'elle pense qu'il peut aussi lui rapporter.
Le
PM walirl dfatdtcr en d&ir lqa- le manque inhibant qui vous
pN ne lia dapc cziw: bien sOr une mise en condition préalable .
...._ .. ci'CIIIItptaidre quiœoque, impdgnez-vous de la multitude
• clé·---dela mlü du choix; la conscience du nombre
eaœ 4IUÏ   de   de l'unique, de cette sourde attente
qui UQitble le jucement et ete tous moyens. Dans la rue, observez les
i ""4'a « appliqueHous l dhaillcr lea pila: les demi-moches qui
"Je jowuu, la wlpUa l talons, la vieilles maquiUm qui y croient
tbua •• appcJa ll'amour diffus et vous
erçlcla .-pour Ja pmadre votR manque au s&ieux.
,._1Utir «-abjet mnisl leur ju* place, pour vous remotivcr
..... .. ... aaa&ble, et pour vow donner confiance
lu 'Ricees pli_., Par uo ,Uaaemcnt subtil substituez.
•••• , « ial.,;na-ta; YOtK cUsir
llfdmana
Choi\i,l'ez maintenant une fille qui plaît' et afin de
l'en,·ie que avez d'elle, sutvcz la. Pour vous
ron' .uncK de la potenuahté de son déstr, tentez d'interpréter ses
Jan' un $COS favorable: pas trop pressée, elle ùnnute, son
rq;ard traine, elle espère ... La certitude de son attente s'addmonne à
ta ,·ôtre, \'OUS €tes à pomt pour l'abordage.
le boudin
Difficile d'emballer une fille sur une Impression vague, plus
encore sur une 1mpression fausse. Pour éviter de se faire avot r sur la
marchandise et de ramer pour rien, il faut aussi apprendre à déJOUer
les pièges. Méfiez-vous des talons trop hauts, JUpes trop
longues, des pulls sur les fesses, des souttcns p1geonnant, des
pilosités oxygénées et autres maquillages
1
.•. Avant de vous lancer,
rappelez-vous que seule l'existence avérée du détaJI excitant
1
peur
venir au secours de la motivation quand la dtfficulté augmente.
Ca bordage: vitesse et simplicité
\btn: motivation certairie, faites-vous remarquer d'elle. Ni frustré,
ni pervers: c'est d'abord l'aisanu de votre désir qu'tl faut lui
communiquer, si vous voulez ensuite le lui faire part.1ger. Par un signe
incongru: a:illade, grimace, geste, stffiet ... , vous l'obligez à croiser
œg;trd, et sous ce mince prétexte vous l'abordez franchemenL
Le baratin
,. St l'abord direct permet d'estomper ce qu'il contient
d Inquiétant, le baratin ostensible donne aussi le mérite du courage
/tliu IÏmplt: : jt:unt: fillt: d'al/urt' moduu, tuntt:nairt
À ftoùJ la ln t'nit: aut:ndn qutlqut's tout ht:Urt:usu pour
''OIIs y risqun. ,
g;;     lu ongles rongli im'flnabltmt:nt la flspplt:.
IIOirr tlu k tlsnon " Bt:llt: dt: loin loin d'êtrt' kilt: •, uvant dt: l11ssm-g11mbadn
'"''lfi
11
111ÎOIJ 11 'lt!nta pas Il rt:ga;der tk fr/s.
93
•• llmrik donc de lui demander l'beure, le nom
cl'uat ne, da llG ou aubes pr&enu bidons, l ce stade elle sait dqà
• •
Ne eacore l quel type psychologique vous avez
lllill:lte JDODdaine, narcissique, perverse
•• ) povr l"instant vous ratissez large
1
en
rw;.ane:
la fOis animal et enfantin;
&itles pour les caresses se montrent adroites, mobiles
eaiiWes;
bovo:be, du baiser, broque l'amour plus encore que
aatoneot;
..,-.otN 'fOU ni trop ni est un modèle
l!a cel décisifs et fragiles oà eUe vous dWùlle à son tour,
feWpkllioD elu doute peut pber le douœ, comme la confiance en
a la confiaDCP en l'aune. Pour briter que le malaise s'installe vous
eapaez: donc la conversation sur un ton rapide et
- bitez les de mots, les phrases saccadées, les
sileoœs qui fOnt dfto&:bir;
-pour vous en pdmunir ayez toujoun en userve quelques
phrues types et eocbatnements
-pour c:haaer ..,._ illquiltude amusez-la et faites-la rire. Vous
etes un towbilloa Jqu qui passe dans 11 vie pour la distraire une
minute, peuWtre plus...
œ premier effet de surprise, pour maintenir sa
wus devrez vous risquer lia d«onteoanœr:
- altema penuasion (le et (le fils) , de sorte
qu'au-dell de l'hommage souriant de votre se ce
d'int&tt poarellc et de sOrcti de soi   nait l'intimité;
-et quaocl, c:onfiaaœ, cO.e ICia COIWaÎDCUe que vous pourriez lui
lppOIIEi beaucoup, WUI pc!i'IIIG COIDMeDCef l pendre-
Pour de vous laisser égarer par ce lyrisme nécessaire
udqucs à ne P:U
'
_ pour limiter les osques d accrochage, le comenu du baratin doit
• le plus inexistant possible. Jamais de politique, de morale ou
même si par miracle vous vous accordiez sur ces sujets
vcs, il serait ensuite de revenir au cul;
_pour donner à la discussion le ton de la profondeur sans
qu'die n'en ait aucune, parlez-lui d'elle et d'amour. Amusée et
flame. eUe vous d'abord sans en croire un mot, mais votre
U'"Oir-faire ct la médiocrité des autres aidant
1
, elle se dira.., peut-
être.- • puis • pourquoi pas ? •, et vous serez déjà à deux doigts de
monter dedans;
- pour rééquilibrer une déclaration enflammée, rien de tel
ensuite que les mondanités. Amoureux passionné, vous n'en êtes
pas moins acteur, chanteur, écrivain et cinéaste (dosez en fonction
du milieu supP.Osé). Comme elle s'intéresse au monde du spectacle,
\'OUS l'invitez 1 un casting et, pour vous excuser de parler boulot, à
l'anniversaire de Yannick Noah;
-dans l'esprit de celle qui aime rêver, promettre sans se soucier
de rrnir est la marque d'une certaine dimension poétique; n'hésitez
donc jamais 1 mentir, en cas de ça brouille aussi les

ptSœS;
-plus proche du plaisir narcissique que de l'amour partagé,
l' &gance chez un homme est toujours suspecte; à moins que vous
ne vouliez passer pour une tapette n'en abusez pas;
-IOJcz plut& du genre insistant
2
, les femmes ont un faible pour
les bonunea qui savent ce qu'ils veulent. Se faire forcer la main leur
llCnDct de De pas assumer la responsabilité de la faute et d'en jouir
rus pleinement. Au besoin éloignez-vous avant de revenir à la charge,
temps de lui laisser qu'elle s'était déjà habituée à vous;
!/!
7
'-tts+ fW son rlgulier, ill dlose !lllnt   ne s'nn/xrrrasK plus tk
zf:'-,_, 1. /otnm-.
fez\;
71
:0 ,..,_ /tiM»e 'l'li t1it • non • est une qui tiiJ « pail-llrr • a qu'une
fli 4il cf •lite • tf# 1111e fonme qui tiiJ • oui •.
95

'
pu une en soi, n'oubliez
pas non
et mondaine, la
•• 'VOUS permettre de qui eUe
,._? (sachant que la aime l'amour
lllU'I faut user de plus de persuasion pour le
,.el (trhmt que plus la conversation la
10U cleftcz en rajouter sur le social pour aboutir);
•• mec ? (et si oui, en est-elle vraiment
plllleoeill:
      IÏIIIII1ÎOG (salaire ou argent de poche, ct

&miliale (les deux souvent li6) l;
un local? Sans quoi il est inutile de
pMelld vouloir, sans trop prendre ses
1· ... 4e la lettre, efforcez-vous d'en l_e
wNfJif il dev1a 'VOUS permettre  
• d lOD etpoir de rencontrer le grand
èt- haut (l'a-t-elle
•-te de cc que vous pourriez lui (tenda"' ·ce
·

.
U! mysnque dolllinantc) ou lw (tendance mondaine
.
eJigera dans tous les cas la pénétration de ses voies
· .1.1
bl

es.
M
édiation an110 ucta e autant qu mavouée, l' arrivisme mondai
d
.
.
1
n
rejoignant le
mysnque sur e terrain de la mauvaise foi.
Les aftlltaF' du téléphone
Lever n'est pas tirer, et même après un sans-faute une deuxiême
rencontre est souvent nécessaire
1

Pour sc revoir, le rendez-vous donné avant de se quiner possède
un in<Uniable charme poétique, il se révèle malheureusement à
l'usage d'un fort mauvais rendement. Deux fois sur trois, ceUe que
vous aviez subjuguée analysera, loin de votre influence, son
comportement comme un coup de folie et préférera s'en tenir là.
Quant l vous, pris dans le feu d' une autre rencontre tout aussi
cmt!Dtr, 'VOUS risquez le moment venu de ne pas pouvoir vous y
n:odre
Pour mter ce gichis et vous donner les moyens d'assurer le suivi
n6ccuaire, il n'y a qu'une chose à faire :
-pn:ndre
2
son numéro de téléphone;
-pour ça ayez toujours sur vous une feuille de papier et un stylo
(pu d'6quipcment sophistiqué, ça fait professionnel) ;
- pour minimiser les risques de refus, commencez à noter son
pc6lom ct czigcz la suite en douceur, comme une évidente nécessiœ
(Jiareranp&e pour lui laisser sur son l'adresse du casting
et c:dle de Yan nick Noah) ;
-pour vous assurer qu'elle ne vous refile pas un faux
IQ.·Ie l haute voix de façon volontairement erronée (st elle ne
IVOIIIcorrige pu c'est mauvais signe); et
.
-•unout ne lui donnez jamais le v&tre. Quelle que solt sa
sur le moment, sachez qu'une fille rendue à elle-meme ne
  fi,.._ tkloœl Ofl tl'obligations, une tlrague #rond

• foV. S'ü m /4141 UM troisilme &'est ti1fo que mm/1.
,
P,    

qllllflli
011
tkmrmtle quoi que a soit tl 1111e fille qu on
ill rtponse est • non "·
97
lan inconnu; et qu'on ne sc: Ill
..-.........;tllaDJla position de celui qui attend et etq  
"" . Ull(
taUtleboulot que vous avez •att, un tel dt
la pmwe que la drague est ratée).
dc en poche, choisissez ce
d
• L
• votre dq,art sou am preservera le charm
' •-- . t
dt 'la reacontle et vous p..-;era au m1eux pour la suite
cNjllc swprenant c:Wsir, maintenant vous incamcx le
IIMit "'ipp qui vous laiw en outre le choix des retrouvaille$
tflqhoniqucs auxquelles vous lui laisserez le
• pever qu lq joUII (trop tet vous ramez, trop tard cllt
•• 2• ,.__.elle oublie).
s .... cmhlimna' Qcctrique, le œléphone est le médium
11.1.-.ar la coow:natioa iatùne et la psychologie à deux sous
(as•alnp:, ..,ance. .• ). vois aveugle auréolée de charme, de
..,.eke • d'aaenœ atteint Il son efticaciœ maximale; tout vous est

,. •..• :
-l la tOis loin ct pœsc:nt et absent, vous alternez le reve ct
rimpudeur;
- et une m bien cbauftœ, vous lui resservez comme un devin
les pd il• ICCiti»-IOidila laa de totre rencontre 1 pour qu'die soit
• •
- tiM Mlle Ül cl'Uil ftOdcot-.oua fiable, vous raccrochez un
peu ct le pnmier afin de continuer à mener
le jeu.
_ de profiter de la dynamique pour votre prestati
, 1 d' .
on
(plus de confiance: c est p us atSance et de culot, donc plus de
succès); ,
_ d'affiner 1 analyse de la € à la de la suivante
par les comparaisons d'aboutir à une meilleure synthèse
  sensible de la des suivis);
_ et grâce à la collecte des de téléphone,
de vous constituer un stock pour le soir et les jours de pluie.
Diverses variations selon les lieux
[)ans/a rue
Abordez devant les vitrines et aux feux rouges. En mouvement,
arrangez-vous pour croiser avant de rattraper (suivre fait toujours
plus malsain et plus
Travaillez le regard dans le reflet du carreau, avant de tenter un
touché de main sur la barre (on peut aussi tenter de lui voler un
objet pour le lui rendre).
Danandez conseil au rayon alimentation (ça met en confiance),
puis aidez à porter les paquets. Pour les mères de famille on peut
alllSi faire risette aux enfants.
Faites semblant   dans le genre artistique (paroles de
article ... ) et après quelques œillades, glissez un
Pttit II10t par l'entremise du garçon.
99
1!'11UÏt, taites boire (mais pas trop pour ne pas
ua livre -ardu (genre essai du
de SocioloJie) pour avoir une raison de vous
edW.. .. 'dltlia,:,W. dwep cœs-de sujet
1

ne d&mbulaat pas toujours seule, le dragueur
siluatioaa plus complexes.
WfiQfe ,..,_.celui qui l'accompagne {par
tea-1. Ja menace ••• ); sachant que son
. atltre et d'autant plus tenace
(cette peut
  kilos).
-
Elit tsl en bande
Adressez-vous à clle sans soucier de l'entourage, ce culot
005
donnera à ses yeux le mérite du courage et de l'originalité. Vu
v

immanquablement désagréables des autres, vous
)es r
1
. à 1 c. •
. rez pas grand ma ensUite es 1a1re passer pour une bande de
n au
1
. d b .
cons (tenir compte à auss1 es ga ants en présence) .
.
Elle est av« une roprne
Avec le traditionnel boudin, mi faire-valoir, mi chien de garde
qu'elle trimbale avec elle par cruauté maligne, abordez d'abord
les deux, puis orientez-vous plutôt vers l'autre;
m&ne si c'est énorme, en général la belle exigera d' elle-même de
ses prérogatives. Si la moche n' est pas dupe, alors
débarrassez-vous-en franchement (envoyez-la au cinéma et si elle
s'accroche, demandez-lui si dans le duo c'est toujours elle qui fait le
boudin qui regarde).
La quantiti, chemin de la qualité
Débutants et occasionnels ont du mal à se débarrasser de l'idée
toute faite
1
selon laquelle « pour tirer des belles, il faudrait s'y
consacrer pleinement afin de ne pas galvauder son talent ,.,
Cexpérience prouve au contraire que l'excelLence, comme toute
pratique menée à son sommet, requiert un apprentissage. Que la
est l'unique chemin de la qualité.
Plus on drague, mieux on drague. Alors pour tirer les plus belles
demain, commencez aujourd'hui à draguer les moins bien.
  de ne pas oser draguer des belles
La tendance inverse qui consiste à croire que « pour tirer à coup

dans le boudin ,.   à la .
Ptallqut
boudin qui se fait draguer pens
c en
d'elle (d'où réaction agressive);
pour oser en draguer une mieux (d'QI)
toDjoun avec plus de
• • • • qu'une moche pour qut tout
je puis dire) 1 « remuer le couœau
ùslllt m permanence le regard tont
qaais rarement leurs proposmons
•dft avec le sourire.
ea&it:
IOGt plus agréable à draguer que
faciles A tirer (en plus en us
dans le par manque de et un â
l'V • • d (b . b app t
du gain qu'une ongme mo este onmc e nordique, du Middle-
et plus des ex-pays   ne suffit pas à
excuser, la "top-mode! ne non plus aucun don pour
J'esprit.
Vivant Je plus souvent avec une dans un petit local
( tudio d'agence), pour son travail de se lever tôt et de se
:ourrir de salade, la "top-model" ne en outre aucun
social.
Une fois 6vanoui le mirage et l'illusion du prestige,
la pratique r6itérée des "top-models" permet juste de vérifier qu'il
ne peut y avoir de beauté (physique, morale et sociale) que
chez les filles de bonne famille. Bien tnstruues,
anentionn6es et pourvues d'agréables locaux, pour elles seules le
dragueur peut durablement éprouver ce sentiment d'harmonte
profonde o\) puiser le repos.
Quant aux quelques dizaines de vraies "top-models" qui
peuplent la (celles qui gagnent réellement des dollars par
millions)
1
, il ne faut pas rêver, si vous n'êtes pas popstar, acteur
ou prince de l'immobilier, vos chances d'elles sont
quasiment nulles et ne valent pas le temps que vous y perdrez.
PENDANT
Soit le passage à l'acte et l'acte en lui-même.
Deuxibne constat
us filks donnmt l'impression de préférer les mecs qui semblmt ks
""""''Ire et ne pas trop les respecter.
103
vous avez fait lors d
·
1
e votre
Sl e le vient au re d Prc!ll,! .•
n ez-vou ..
sc.

mais dqà pour admettre
faire foire la chose qu•iuc
• t. ne faut
lait que vous etes venus tous 1 d Pli
ttpondre « oui à celui
1 d qut na""
, vous evez commencer ....
de
par lt:
mander et agir. t
le moment, vous vérifier•z •
'"  
la =p plus si, pour
topt le travail d'approche nécessaire au
DClturparvenir l s'exprimer physiquement
f"A!Ir'l'•rù. Esprit prisent jusque dans la lllllC
d'autant mieux la virilité qu'il oc 1(
•• outil de plaisir. Par conséquent:
•me trop grande disponibilité pour b
lier)' 'VOlJSi:rait passer pour un o.s. du SCJt:
80D la priciosité du concertisu
bo
n finit souvent par être trouvé beau), la femme n'en est
b' ' dl , pas mom•
un
. pressionnc::e par cet o Jet qu e n a pas
1
, st nécessaire à so
1
.• ·
• J> l , n p atstr
Petite fille, JOUer " a poupée 1 amusait; devenue: grande
provoquer votre la. flatte et l'émeut (et comme die
vous croit fort par atlleun, elle se sent obligée de
d
.

surpasser). Autant e ratsons, quelles que soient vos propre
1
. d' fi
s
répugnances envers Ut, en etre er et de le lui confier.
ù paJSage en force
Puisque vous savez maintenant que pour l'amener au plaisir il
fallait la forcer un peu, pourquoi changer de méthode à deux doigts
du bonheur? Inutile donc de s'attarder en avez
dql perdu assez de temps comme ça :
- plus vous entrerez sèchement, plus votre sentimenr de la
pénétrer sera fort ;
- quant à elle, son plaisir étant parent de la douleur, croyez
qu'elle appréciera aussi ce surcroît de virilité.
Bien remplir les espaces
Sur la question controversée de la taille, pour le confort de tous
comme pour la confiance en soi, mieux vaut, c'est sfir, bien remplir
les espaces. D'où l'intérêt de la subJuguer d'abord par votre énorme
personnalité; comme ça quand l'objet entre en pÎ$te (à sec de
surtroft), c'est déjà gagné.
Dans l'amour tout est!Hau
Si ce qui vous attire dans le sexe c'est le mal, sacbez que pour
l'amour tout est beau quand elle aime. Alors queUes que
SOtent Vos propres réticences sur la chose, soyez crad i elle vous
de l'aider à repousser les limites physiques de sa soif de
·rM••UiiiÏfé
  .
.
...,..._,dlnelk, rtn trou n'lùnt pas un mau ""J' ..
105
lA
Si pour vous • ma queue dans sa tête ,. symbolise ass b
niveau de   pour die .. téter le sem du père :Z, ttn
d'infamant
1
• Profitez donc de ce malentendu pour 1:·attu
d6:ouvrir qu'en fait eUe aimait ça (et pendant qu'die y es/f.J. atre
vous donc faire le nettoyage complet); ce geste dtfférenun t4
mais toujours ne fera qu'accroître votre


des artistes
I:anus situant un cran plus haut que la bouche sur l'«hclk
des preuves physiques de l'amour
2
, même si ça vous emmerde
faites semblant d'y tenir (dites-lui qu'il vous importe de b
connaître à fond, que vous avez besoin qu'die soit à vous tout
Maintenant qu'elle sait que vous vous intéressez
vraiment à elle, vous pouvez sans crainte remettre à plus tard IJ
promesse de cette intimité suprême; et garder du même coup une
bonne raison de revenir.
LA communion plaisirs
Subjuguée au mental comme au physique, plus ça va plus dk
ressent ce que vous ressentez. Il est donc inutile de vous occuper
d'elle, jouissez, elle jouira (au moins de vous avoir fait jouir).
Et si la véritable satisfaction (celle du travail bien fait, du devœr
accompli) consiste à faire crier « oui ,. à celle qui vous avait dit
• non ,., vous pouvez aussi décider de la rater un peu, afin qu'elle oe
garde pas un souvenir trop physique de votre relation
3

106
}Uussir sa sortie
SJ ce que la femme prffi re dans l'amour c'est "pendant" et
•a rès", pour \'OUS (malheureusement pour dle) plutôt "avant ...
et   AJon pour ne pas vous sentir obligé de prolonger son
l;ustr, sou\'enez.-vous du peu d'empressement qu'elle mit à
premters désirs (d'où le dur boulot de la drague) ct aussitôt joui
barrez-vous. Comme son respect va plutôt aux hommes qui n'ont pas
rrop de temps à perdre avec les femmes, votre départ précipité ne
pourra que conforter la bonne on que toutes vos pratiques
1
lui
ont donnée de vous; et vous éviterez de vous ennuyer.
APRÈS
La étant rarement à la hauteur de l'imagination, le plus
souvent vous décidez d'en rester là. Et comme vous ne voulez pas
làire de peine en disant les choses (par exemple qu'une seule séance
a suffi selon vous à épuiser le sujet), vous disparaissez simplement
2

Mais dans le cas plus rare où le passage à l' acte est venu
confirmer tous vos espoirs (aptitudes physiques et morales dans un
adre agriable), comment gérer au mieux ce petit capital?
ùoisiŒe constat
9uanà d oublier
3
, ils
toujoun tomptn sur les filles pour les leur rappeler.
Ttoisibnes principes
le masque du prince charmant-aventurier-rebdle n' étant
107
pu possible jour et nuit, comment britcr d'apparaître tel qu'en vous
mtmc
1
qu•nd la relation se prolonge?
D'êacd en ftiwtt de vous relicher J'obtention des
rfpaJuasJ. Lui dboiler le qui a besoin d'eUe (et de tant
4fauues) pour ne pas sombrer, alon que c'est le contraire qui lw a
plu en 10UI, ICI'I.it une imm&liatement
La ltl'atqie de la drague ne pouvant rien attendre du miracle de
l'amour, pour durer vous avez deux options:
- ne pas laisser la relation s'installer et incarner l'absence;
-ou, ai vous compter rester, tourner cc inéluetable
de mim et de fàiblcssc 1 votre avantage, en supplément de charme
et de 'ririliti.
Sans quoi celle qui aura que vous la baisiez au-dessus
de •os moyens saura sc ressaisir, ct vous n' aurez plus qu'une
pour 6chappcr au retour de biton:
-en remc:ttic une couche
3
;
- ànon dquerpir.
Coosist.ant l passer de temps en temps l l'improviste (environ
une fois par semaine), le "coup de vent" permet de jouer sur le
conqc de fanwmes n& de la frustration (tant que vous n'êtes pas
assez Il, •ous fies tout cc qu'elle   sans avoir besoin de
composer en profondeur, ni de donner trop d'explications.
Technique fort utile quand on un gros stock
4
Je
• d • 6"' ,
coup, e vent cependant un majeur :
elle (au bout de trois mois environ) qu'elle
a Obtiendra Jamus plus de voua, elle 6nit par vous remplacer.
Lt/ilpin («<ui qu'on
Autre technique pour ne pas laisser s'installer l' h b' d

1 ·
.
a ttu e et
,.&cuver le manqu.e, e la pm dans ses dt verses variantes: promesses
d'appels non tenues ou volontairement
absences ct retards aux rendez· vous.
Attention toutefois, le lapin pour être efficace doit et
savamment plus d' un sur deux et c'est elle qui ne
plus.
IA.rilion
Viuiante plus subtile du lapin (qui finit à la longue par perdre en
eflicaciœ), la disparition : au milieu du repas au restaurant (en lui
laiaunt l'addition), au pendant le film, au milieu de la nuit
quand elle dort. .. En plus du prestige de l'absence, cette technique a
l'avantage de donner au disparu cette dimension qui se
combine fort bien avec la mythification
1

Pour biter la lassitude n& de l'habitude, autre technique qui a
fait ses preuves : la jalousie. Fondée sur la concurrence, cette
teduûquc qui prolonge la relation triangulaire de l'œdipe (quand elle
rinlùait avec sa pour accaparer l'attention du phe) est
auureUement mise en œuvre par le dragueur dans sa pratique
quocidjenne; il lui suffit pour ça de manquer   et de
Comme nous J'avons la limite de la p6lagogie. c'est
lacwnp•rjhjljti IC'l•ible de l'autn: l. On ne peut donc pas tout dire ct
- apJiqucr l n'importe qui. Alors si vous comptez rester (pour
109
profiter du confort, vous reposer un peu), vous devrez proc&ter à la
mythification progressive de votre minable, afin de parer à son
En rajouter, mentir vous permettra de
donner ll'aveu progressif de votre fragilité souffrante cette dimension
spectaculaire qui vous le rejet que suscite la misère ordinaire.
Enfance malheureuse, accidents terribles
1
  pas à pulSer
dans la populiste, relisez Sue, Hugo, Zola, Mallot...} et
autres souffrances Mlectables contribueront à donner à votre
aupm d'eUe la valeur du repos du guerrier.
Proddures plus compliquées
La fille agriable vivant rarement totalement pour rester il
vous faudra aussi baiser son entourage
2
• Savoir jouer utilement des
faiblesses ... ) et des de chacun
intelligence ... ) pour s'immiscer avantageusement dans les rapports
et tirer parti des conflits.
C'est le plus difficile. Pour des raisons œdipiennes le
aime rarement qu'on lui baise sa fille. En attendant d'avoir pu
le charmer (solidarité d'hommes face à la mère, souvenirs de
jeunesse, complicité ... ) ou à défaut vous faire respecter (lassitude,
... ), il devra se sentir obligé de vous accepter par amour pour
elle (n'hésitez donc pas à lui dire que vous souffrez de sa défiance
pour qu'elle aille le lui reprocher).
Sans toutefois aller jusqu'aux complications, adressez-vous
d'abord à la femme qui sommeille en elle. Charmez-la mais sans la
1 Dont ln n 14 puMur 110111 cmttrtlipent tl Jisptzritions soudaines

2 Au fipris'munli.
110
gduirc, au besoin jouez le confident (contre le ère .
marche pas, faites tout pour culpabiliser son
51
ça ne
rajoutant sur l'enfant perdu.
mel en en
...tf« les les amies
Pour limiter le.ur influence aupras d'elle sans vous mettre en
danger (en en batsant une ou deux maladroitement) fattes 1 ·
• 'ell
. J
'
'
Ul
aoue es sont Ja ouses d eUe et secrètement de
vous (d oà leurs poSSlbles médisances). Comme c'est toujours vra
1
d'une au moins, ça marche à tous les coups.
AM-les frères, les amis
Pour les fières, jouez la complicité (solidarité face au JXrc:, l'autre
ct proposez votre aide (conseils, menus services ... ). Grâce aux
confidences ainsi soutirées (petites histoires de filles, d'argent, de
drogue. •• ), ils seront bientôt tous vos obligés. Quant aux amis, veillez,
comme avec les filles, à ce qu'elle interprète toute récrimination comme
de la rancœur d'amoureux déçu; ainsi vous flatterez son orgueil et
intUêts.
Enfin ne négligez jamais le petit personnel (bonne, jardinier ... );
c'est souvent par celui auquel on n'a pas assez prêté attention que le
malheur arrive.
Le lapin (c:elui qu'on se fait poser)
Pour mnuer les effets néfastes du lapin et son goOt désagrahle
  doute, inhibition ... ), ne donnez jamais de simples rendez-
IVOiu isol&, mais groupez-les plutôt par série de ?'ois quatre
l*!bd'une heure environ. Au pire c'est bien le diable s1 vous ne
pu au moins un coup, au mieux vous faiteS le grand chelem.
d'ftre un salaud (synthàc)
wus lui montrez de respect (coups de vent, lapins,
111
disparitions ... ), plus vous la trompez (jalousie), plus vous lui
mentez (mythification du   pluJ elle aime. Comme en
plus .vous la de tout accepter, vous a\·ez moins honte d'être
aussa salaud avec elle· pour vous c'e5t donc tout
Deux cette sensation dBagtiable d' êtR mal
si bien servi soit-on, et surtout cette solitude tenace
qui vous poursuit jusqu'au cœur de l'intimité.
Le dngue l pluaicun: le tandem
Comme le montre le peu de résultats obtenus par les cons du
samedi soir (où en absence de baise, la biture prélude au baston), on
drague mal a plusieurs. n peut cependant arriver au dragueur,
d'ordinaire solitaire de se mettre en "tandem" avec un
'
pour sc un peu.
Cette association, qui permet par ailleurs d'enrichir son savoir-
faire par la confrontation des techniques, procède d' une toute autre
approche que la drague en solo. À deux la tension est moindre, on a
plus de courage, plus d' audace. Deux gars qui draguent ensemble
sont moins inquiétants qu'un seul, c'est donc plus facile et plus
léger. Mais cene activité de détente, la limite du loisir, ne doit pas
àirc oublier que le vrai dragueur est celui qui sait draguer seul en
toute circonstance, et que c'est seulement par la pratique
en solo qu'on entretient les fondamentaUL
.....
Autre drague deux d'un sens tout différent : le nage
d'initiation.
Dans ce cas il s'agit de prendre sous son aile un jeune nanti en
rupture de ban pour profiter de son réseau (entrtt dans les boîtes
sœurs et copines, boums dans les beaux quartiers ... ).
Comme en fin de parcours il retournera d'où il vient avec, en plus,
un peu de votre savoir-Wre, n' hésitez jamais l tirer le premier.
112
La délicate question du viol
En dehors de la pure pathologie et de la pure violence (avec
couteau, à six sur un parking), le danger et l'ambiguïté du
tiennent d'abord à la du désir féminin. Désir qui a
tendance à avancer et à se mentir à lui-même (comme s'il
fallait qu'ilia dépasse pour son plus grand plaisir) 1.
La femme   pas, au moins à cet endroit. de frontihe
franche entre le • oui " et le ., non" se trouve naturellement en
faux face au désir de l'homme qui s'annonce plus cbirement,
aussi face à la vérité qw, en logique, comme en morale, n'admet p.1s
  (il faut que se soit vrai ou faux. b1en ou mal, oui ou non) :r.
Cexistence même de la séducnon (qui à en croire la presse
constitue la principale acovité des femmes) n'est d'ailleurs
possible que par cette incertitude: comme espace et stratégie du
entre le «oui • et le « non "· Sans cette mdécision, les
la mode et le magazine « EUe • perdraient leur raison d'être; la vie des
femmes se réduisant alors au travail et à la reproduction.
Ajoutons que sur ce terrain féminin du "peut-être", l'homme
d'abord un étranger. Un maladroit contraint de masquer ct de différer
son qui dit « oui " trop vite, pour parvenir à fins.
Jeu codifié et de la qui n'en est pas un
rappon de forces comprenant un nsque. Celui de voir l'arteote trop
repoussée se muer en frustration, la frustrauon en castration
symbolique, elle-même interprétée comme un défi. Jeu délicat qui
exige de celui qui y contrarie sa nature un solide éqUilibre
formoent plus instable pour qui n'a pas tous les moyens du jeu'·
Si rétrospectivement on est sOr qu'il y a eu viol quand elle a dit
• non • jusqu'au bout, dans certaines situations ambiguës il n'est
113
de le le • non ,.
. tesse d etrc un • oua .. qm JOUe :\ se faire prier.
11
P:C*r tout risque, l'homme doit stopper au premier
• (COMm-e l'exigent les alors la
de '!'Oft etres de sexes ne pourra plus que
1 WUIMlve brutale: coup de foudre ou prostitution. Ajoutons
Cille cette :de normalisation caricaturale et trréaüste nous
de Californie, ttat qui compte, malgré le plus fort taux
cr ........ "''mmaires, la plus grosse concentration de
1

Mait Cdlt: approche interpersonnelle: des origines du viol ne doit
.,. OCC.Itcr cette autre détermination plus collective et plus diffuse
qu'ar le harœlcment sexuel. Pas le sexuel sur le Lieu
de t{Mail dont parlent les médias
2
; le vrai, justement cel ut des
T • qui nous de: fc:mmes· objets et autres femmes
r..la pour vanter leurs produits. Pression libidinale constante et
txNjoun accrue qui, compte tenu de la sexuelle des masses
ne peut qu'entrafner une montée globale de la
Une baisse: du respect de la femme progressivement
A celle qui now aguiche sur les affiches, à la télé et sur les
pâiodiques: la ..   dont l'image semble dire: • Je suis trop
belle, trop grande et trop pour toi •, et A laquelle la mode
pousse les jcwaes filles à ressembler
3

Comment ne pas penser que ce racolage glacial n'ait pas de
funestes sur les relations entre les sexes et sur la
statistique ?
Quant au dragueur dont la pratique multiplie les situations à
risques, disons que le viol constitue pour lui un de: maîtrise
ebat il se pmnunit par sa technique•. Une faute qui est plutôt le
&il dea amareun et des normaux (les fameux cons du samedi soir);
"D'oublier les malheumax dont le maaque est trop fort pour qu'ils
Ul
puissent répondre par le mensonge de la drague au mensonge de la
séduction.
LA 'l"RANSFORMATION PROGJU;SsfVE
DU SENS DE L\ DRAGUE POUR LE DRAGUEUR
De la maîtrise à la virtuosité
La maîtrise qui rend le but à atteindre moins incenain lui
aussi de son intéret. La motivation pour se maintenir se
sur la technique, qui de moyen devient sa propre fin.
Le dragueur dont l'efficacité progresse suit aussi ce chemin, qui
de son pour les femmes le progressivement au plais1r
de la drague elle-même. Au maximum de ses capacités
1
, le
dragueur alors de la technique à mventant des
figures et s'imposant des handicaps pour tenter de rompre la
monotonie du jeu.
utioublt
Essayer d'en faire deux en même temps, dans le même endroit
jardin public, immeuble ... }.
Décider d'en faire au moins trois de suite (d'où l'intérêt des
téléphones et des rendez-vous groupés).
faire les trois copines sans qu'aucune ne le sache pour
1
D-i tdon mon     pour trois «qui at
.. .
...,._Mnlt mau
115
les deux autres. Ou encore mieux : la fille, la sœur, la mère, la
bonne, le tt le chat sur le toit •.
Mal reçu pour commencer, vous parvenez il emballer à
l tirer le jour meme pour finir avec les clefs du local et des
sous (pour k pturoun complet ajoutez la voiture et la carte bleue).
'\bus avez la cote avec l'une, vous d«idc:z de commencer par l'autre
pour respecter l"ordre alphabétique; ou vous essayer de conclure sans
jamais femhrasser; ou <k ne la prendre que par le petit. ..
Vous draguez avec un nœud papillon et des lunettes scotchées
dans une boîte à la mode ; ou sans chaussettes et avec un T-shirt
d'Act-Up devant Saint-Nicolas-du-Chardonnais
2
•••
De la dnJUe comme châtiment et incruste, i la drague comme
Smtion
Pour le dragueur de moins en moins intéressé par un sujet qu'il
connait à fond, le top c'est de ne meme plus les baiser (puisqu'elles
sont &ites pour ça) et de voir combien de temps il peut tenir sur le
charme de sa simple pmence. Quelque peu d6nobilisé, le dragueur
se tourne alors vers d'autres sujets d'occupations, découvrant
notamment la culture dans les des filles de bonne
&mille où il a ses quartiers
3

1 O. /lftll-.,;,.,"" bel amtpk ü grtlllll dl6iml tlinu Il film ü Pi"
P#IOII)PUJÜtli.
2 F;q cwtluNU,W illllgris#.
J Bibliolltlqtul p11rm1n11 tllcorlllit"s • du
  • r
116
D'abord pathologie compulsive (manque), puis connaissance
pratique et moyen de survie (incruste), il comprend maintenant la
drague comme la tMrapie par laquelle il est parvenu à se libérer de
la drague elle-même. Activité déjà nostalgique qui, dénuée du désir
bôllant des débuts et de la virtuosité arrogante de la maturité, survit
désormais en lui comme savoir-faire et destin
1
• Une sone d'ascèse
poétique les moments de grâce naissent souvent du sordide,
l'ignoble parfois confine au génie.
La fraternitE des dragueurs
Ces moments troubles et troublants qu'il ne supporterait pas de
!iv&er lia réprobation ignare, ni à l'adhésion graveleuse des non-initiés,
le dragueur aime à les partager avec ceux qui partagent aussi sa
seruibi/il/
2
• D'où cene fraternité des dragueurs
3
aimant à échanger au
hasard d'une rencontre de rue, prouesses, misè.res et ficelles du métier.
Au point qu'on se demanderait presque s'ils ne pratiqueraient pas, un
peu, pour le plaisir de raconter.
ÀlfOJM ül'lwmosUlUllitl cachte du dragueur
À ce point du récit, l'idée pourrait venir à certains que le
dragueur se trompe d'objet, que la femme en fait n'était pas son
chemin. Hypothèse déjà évoquée au chapitre premier\ qui nous
oblige l répéter que le problème existentiel du dragueur est
r6:llement de trop aimer les femmes :
-femmes à qui il reproche de n'être physiquement jamais assez
le mensonge réel des apparences (mode, maquillage)
VICDt s'ajouter l son idéalisation de la mère manquante;
llli/e 4 Ill survie et 4 sa promotion montiaine; destin parce
2 Cc
411
fil il s'y IOIUnetk pour paromir 4 lui «happer.
L"!"""'.Utmsible f{lli erige, nous l'avons vu, une structuration social-
-vs<11a:.,..,..
  "u rme IÙI1fllltm et t/e /'ami pour l'enfant n/ SIUJS pbe" liU
f Cf. •L• .
.
ft k dip(Jt tles femmes", "Bioc11ge infantile et percept1on
11'1
il ftl_)I'OCbe de n'etre moralement jamais
1Weciai9.1l .Ue de leur menteur (le fameux
• .-.. •• •) vient s'ajouter 1 son ressenttment envers la
àodonneusc;
qui il .reproche en somme de n'etre pas assez
l'a,:Dour extreme dont il a besoin, ct auquel renonœr
llui-meme
1

.aeiMMnt cet autre qu'il ne doute pas de reconnaître s'il se
llui, le dragueur passe de femmes en femmes parce que,
• faible, il ne peut ni s'en contenter, ni sc passer du peu
t•o8ie llui. Attente et d6:eptions qu'il concilie par cet érotisme
mmplaisamment d&rit, dont le est
dt..• dca œtôuler, puisqu'il exprime
2
totalement cc qu'il est.
Q.•ot dont la relation est à chercher du
dei du pke 1, la vraie question est plut&t de savoir pourquoi il
faudrait absolument, pour certains, qu'elle recouvre autre chose
qu'une communion d'esprits.
Draguer da hommes c'est autre chose
Fondtt sur une optimisation fonctionnelle des possibilités
d'fc:bange grAce l des codes et des lieux prbrus 1 cet effet \ la
se situe à l'oppose! du mensonge et de la
ia.luat.ion qui prâident l la Entre bommes on se
• comme on est tous Il pour ça, on ne tourne pas autour
... pet. Gaia de plaisir et de temps apprmables dont les hommes
••10111 pu au corpt des feD!mes auraient tort de se priver, mais
Je poblmte de la peur et de la m&onnaissancc de
'-'·
  ,.,....,... • dltlpill; ,_.,
_. ... , ........
LEs FEMMES C'EsT UN TRUC DE PtDÉ
(CONCLUSION PROVISOIRE)
Amplement pénétrée, comprise et expliquée, la femme
cJ&ormais sans n'évoque plus au dragueur que cette ruse
par laquelle la nature contraint l'homme simple à se
reproduire.
  son désir pour se survivre risque alors d' emprunter
deux voies:
- 1•une, oà ce désir se sublime en une élévation spirituelle
1
qui
peut aller de l'improbable aspiration mystique
2
à une pure volonté
deoonnaissance (comme ce livre l'atteste);
- l'autre, moins impénétrable, oà glissant vers des objectifs
libidinaux plus virils, son désir se tourne finalement vers les
hommes
3
• Évolution maintes fois observée chez les gros
consommateun passant la quarantaine\ pour qui les femmes tirées
lia pelle sont devenues (si je puis dire) un truc de pédé.
Deux avenirs qui - l'un dans l' autre - mettraient le vieux
dnpeur dans la position du Grec du W Pédé sublime dont
011 DOUS dit qu'il incarne le sommet de la culture occidentale, mais
pu pourquoi ce si grand démocrate avait banni les femmes de sa vie
pliu6: et de IOUle vic publique
5
...
!JWI't.Jplw, IMI'Itüloiff tl. einlnUL
111116:*":, ae/Qe M" ewùitte.
4
LE MONDE
VU DU DRAGUEUR
A\'ant d'imaginer ce que le dragueur deviendra quand il aura
dépassé la drague (sortant ainsi du sujet de cette première partie),
faisons le point sur sa vision du monde au sommet de son activité.
La maîtrise dans la douleur d'un monde fondamentalement
hostile
Si le monde se présente au bon garçon comme une évidence
faite d'amour de bonne mère et de juste autorité du père, le
dragueur. vicume de la mauvaise mère et du mauvais père, le
conçoit au contratre comme une lutte permanente contre la solitude
et la peur
1

Contraint à l'intelligence par un monde qui l'abandonne et qui
l'opprime, le dragueur, à la manière d'un juif qu'aucun Dieu
n'aurait élu, sait qu'il ne peut devoir son salut qu'à sa seule capacité
d'analyse
2
• Vision du monde née d'un double traumatisme qui n'en
constitue pas moins sa vérité, et qui finit par faire de lui cet être
paradoxal capable de tirer de son immaturité affective une
indéniable efficacité sociale.
La nécessité du mensonge et la quête de la vérité
Monde fondamentalement hostile et guidé par le mal, où
pour Je dragueur trahison et exploitation. Trahison de
1 /'nlrst l . .
peu, I'U(tura e, et courageuse qu'zl ne faut pas confondre avec la
2
  du lxm garfO'I soudain sorti tk son milieu.
lllttt:::fllloia ltllnt comme souvent la condition psychologique d'une pensle un
l'eu ottionnle.
123
  l laquelle le souvenir de la mauvaise mère le rend
parucuhhc:ment sensible; exploitation des humbles que sa situation
pr6:airc.' permet de contempler de près.
Pcsstmtsmc: qui, à l'envie de vivre, ne lui laisse,
compte tenu de sa position sociale, que le choix de la manipulation.
Mensonge de la drague qui revient aussi à construire en
songe   inverse de la goOt intellectuel de l'exactitude
qui, l son besoin d'amour, pousse le dragueur à espèrer le
bien et l faire le contraire.
l!eapoir du miracle
  cette contradiction positive - car elle lui permet d'avancer
-entre son désespoir objectif né de l'analyse, et son espoi r
irraisonné d'un miracle possible. Miracle de l'amour et du grand
soir qui n'e.n autre que l'attente de la bonne mère et du bon père
qui viendraient abolir la connaissance pessimiste que le dragueur a
des femmes et du monde, pour lui permettre en toute innocence de
tout recommencer.
LEs CATÉGORIES AFFECTIVES OU DRAGUEUR
Prendre, donner
Parce que sa mauvaise mère (faible, indifférente, abandonneuse)
n'a pas su lui donner l'amour nécessaire à son épanouissement, le
dragueur s'acharne à punir celles qui, comme elle, ne pensent  
prendre ct n'ont rien A donner.
Mais parce qu'il a dO apprendre à prendre, de peur qu'on ne
lui donne rien pour ce qu'il est, le dragueur sait au fond de lui-
124
ml!me (là où il garde cet amour que la .
·
1
. mauvaiSe
1
mauvais ne Ul Ont pas permis de donne )
1
e. et e
h
• d r ' que e véntable
  ange c est eux personnes qui donnent et d
compter.
• se onnent sans
Que l'une prenne ct que l' autre donne c'est l'c:xplo' tan'
1• l' ' 1 on.
Que une et autre ne cherchent qu'à prendre, c'est la guc:rre,
Alors en attendant d'avoir acquis la force de donner le drague
. , ur
s'aguemt en prenant et en punissant ; tuant panout la mauvaise
mm pour que son cas ne se reproduise pas.
D'oà sn catégories de femmes
Deux   qui fondent le jugement moral et l'action du
dragueur, comme ils ses trois catégories de femmes:
celles qui prennent, celles qui donnent, et celles qui, intenables,
alternent prendre et donner. Soit.
Mondaines et     qui, sachant qu'elles intriguent
l'homme, ne pensent qu'à intriguer, employant tous leurs charmes à
capter le pouvoir du (concret ou symbolique) sans avoir un
le fils.
Mystiques et soumises qui, sachant qu'elles n'ont grand-
chose l perdre, ni grand-chose à donner, veulent systémanquement
VOU. forcer l l'&hange, ct pour lesquelles le dragueur n'éprouve
que mq,n. ct cruauté.
À la fOis mystiques et mondaines qui, entre ces deux
cat•rie• dnaloriaantes à leurs yeux, tentent d'y échapper en
Pl•not •na raae de l'une à J'autre. Folles que le dragueur respecte
125
- !!!U!i• auxqueUes U ne peut non plus
--Je clc la bonac màe- celle qui ne serait
ai boanicbe z, ai folle, elle constitue
drlgueur Ja de l'espoir. Catégorie
OGIDtficuH d•Wl flfment Ullique: l11 qui, en
· .. .... _ C!llfcories, viea.drait enfin les abolir pour lui.
.U=t iaduitea par la mauvaise   dont le point
I•IM:-ce qualificatif Fn&a1 dont le dragueur affuble les
IMfli De ftUieDt pa, ou ne anent pu donner: la
•erie qui entache la dca femmes, toutes un peu
, .. ., 110\Ua un peu bonniches
3
:
- p4111aerie de la salope qui, avide de promotion mondaine, finit
boaaicbede riche;
-pEcan crie de la bonnkbe, mtime oppreuift qui en donnant
dlen:ba ••••-P.'"""dte;
- de la boa1JCOÏie qui cloaae en tam que mm pour
'!lie'" ........ ea taat que bcJaraeoùe;
la jeuDe fille qui joue l la salope pour mieux se
La poursuite insatiable de l'objet méprhé
S
1
le dragueur_ a le moral d'appliquer aux filles un
châtiment propomonncl la qu'Il découvre en U
· ù l' l"b
c: es, cc
moralume tourne a 1 1 à mesure que son érotisme ven'"
d • L É .
0
-Ur se
charge e perverslto;, rousme pervers qui, de pl us en plus,
recherche ct • la pétassene tant condamnée, pour trouver en
chaque femme le pla1sir de punir.
Lts CAUCORŒS SOClAUS DU DRAGL'I:.UJt
I..:arnaque et l'incruste comme seule forme de l'échange
Ex-enfant malheureux, le dragueur emploie toute son énergtc:
d'adulte à tenter de récupérer ce que sa fam11le ne lui a pas donné
(amour, confort), et à la punir pour ce qu'elle lui a fait subir
(abandon, humiliation). Blocage né de la souffrance, qui Ju1
fait étendre son ressentiment au monde entier, estimant ainsi que
tout lui est dO.
Pour le dragueur qui ne pense qu'à prendre, toute relation aux
autres se réduit donc au parasitisme: à l'arnaque débouchant sur
l'incruste; au mieux à la complicité silencieuse des parasites entre
eux. Parasitisme vengeur et immature qui lui fait appréhender l.a
société qui l'entoure de façon purement affective; affectivité à
l'origine des trois catégories sociales existant selon lui. Soit.
Ceux qui parce qu'ils prennent er à qui il faut
rtpreodre.
perçus comme mau\"ais mau\'aises mères. jeunes
6Uca et bons garçons ... a\·ec tout ce que cette projection familialiste
    mépris mêlé d'espoir de réconci.l.iation (retour de
127
l'enfant   ct q
1
d .
. ;-•- ' uc: e ragueur a1me, comme une famille
PGU10ir.fastu chez ewt 1.

Cca qui, comme lui, savent prendre à ceux qui possèdent.
Braoc:bâ que le dragueur divise en deux sous-groupes:
- les respectables constitués du petit monde des

mcrusteun imaginatifs: dragueurs, petits délinquants et autres
aventwicn lla subversion poétique un peu suicidaire, refusant au
nom d'un ressentiment authentique leur cooptation par la
bourpoisic;
-les branchés méprisables ensuite, constitués de l'élite des
crâteurs fumeux: publicitaires, artistes et autres petits bourgeois
axivisœs cbcn:h.ant, en imitant la subversion des purs, à entrer comme
amuseurs dans la grande famille de la bourgeoisie
2

A qui l'on prend, qui ne savent pas prendre et n'auraient donc
rien à donner.
Pauvres qui inspirent au dragueur un sentiment de dégoOt mêlé
de compassion et de
1
; une commisération qui, sans être de la
n'est pas assez matwe pour de la solidariœ.
la mkbtoceti structurale des jeunes 6lla et des bons garçon•
Meme s'il ne l'explique pas, le dragueur sait que les enfants de
la bourgeoisie ne mesurent pas vraiment ses souffrances, ni la
de certains de leurs actes envers lui, puisque leur vécu
diir&mt la a dotâ d'une sensibilité éloignée de la sienne.
JAr·-·-:. -ltcisl. swmu IOfljotm 1• moitiS
.. ,J• i Mile?"
.,. cJz'• 16.-Jc "'• ie Mlli 68 rqwis i
. ........ il • .
..... .,. .. ,..,.,. .... ,.,..
IZR
lors, leur reprocher sur le terrain de la c ·
. 1 d 1 . onsctence morale
ce qut e e eur structurattan social-af:fi . ( .
. 1 ecove SOit de
l'inconscient au sens e plus profond du terme 1}
1
..
1
,.
re eve pour le
dragueur de qui co
. . • mme pour sa
traque de la tourne Vtte chez lui au à la

d'autant plus immorale qu'elle frappe en premier lieu
les jeunes filles et les bons garçons qui montr6 sensibl à
d l
"l .
es
son charme, one putot es moms mauvais d'entre-eux.
qui devient bientôt la cause principale de la dffiance et
du rejet pour lesquels le dragueur a pris l ' habitude de les
condamner d'avance; les condamnant du coup à retourner
d'où ils viennent, alors qu'ils avaient de sortir de leur milieu
en s'approchant de lui
IMMATtJRirt ET IMMORALI'rt DU DRAGUEUR
Le blocage familiaHste et l'équivalent-travail
Cette vision purement affective, qui pousse le dragueur à
projeter sur tous un espoir filial d'amour et de reconnaissance
forcément (car il n'y a pas de raison que des aient
pour lui une quelconque attention parentale), a deux
essentielles sur sa vision du monde:
-l'une avantageuse du point de vue de la puisqu'elle
permet au dragueur de justifier par la d'un espoir
'Yst6natiquement trahi, une conduite immorale faite de mensonges
et de chitimenrs non moins
- l'autre plus funeste du point de vue de son adaptation,
Puisque ce blocage de la de   au stade de
famille l'empeche d'interpréter l'accomplissement de son
1
frnu/im plus Ill" se limilllnt 4 l'aff«tif pour ignorer k socùz/ lW«
-··be Ïttccmsa"m«.
129
de d'objets, d'argenL .. ) comme le
un eft'on sooal, SOtt le trtwai/ des autres.
,.......,., , .... • hJOil
Pour le dragueur qui ne conçoit pas   social adulte,
l'idEe mtme de lui est insupportable puisq u' elle
l'obligerait l ce qui lui manque
1

Fondamentalement asocial en raison de cette inapti tude
patholoaique l l'effort collectif, le dragueur s'est donc
popcllftanent dans ce parasitisme affectif
qu'est la drague. Technique de psychologique qui
c:oracspood lia fuis son manque, à ses besoins et à son
UNE SUBVEISION LlMI'ItE ET UNE VISION SANS AVENIR
La lutte sociale mluite au sexe des filles
!:argument gauchiste selon lequel « baiser la bourgeoise, c'est
baiser la bourgeoisie • n' est pas, sur le plan de la subversion
politique, cmtible non plus.
Cette vision œdipienne, et ambivalente de la lutte
sociale, permet surtout au dragueur de sc cacher sa fascination pour
les nantis. Fascination honteuse qui, qu'elle s' attarde, a tout de
la cooptation boudeuse.
Subvcnion ambiguë tant du point de vue de la conscience que
cie lOD puisqu'en baisant la fille de bonne famille, le
dragueur contribue surtout à l'instruire sur les dangers de se laisser
ct&o,a- par un pauvre. Apportant ainsi aux conseils   mal
JN'ISIIUda parœu, leur confirmation pratique
2
.
J.C. •u• • ., M/IÏIII ,_ 14 fiMIIMriw màr n k ,.,.u - flll

••Jilkirt•W« /M'mû
... ,. -... , ,_.,.;,.
130
Une lutte sociale authentique eximoo · b'
'il I..Lilo.
à
• •
e-ratt l t fl s<lr du
clrai'JCUf qu S ac::Ve une VlSlOn du monde un peu 1
li ·

• ..L a. .
l'
p us po ttque
Mai• son 1mmatuntc:: auecnvc empêchant de voir dans 1
.
11
·
..L-L


e trava1 e
de tout soctal, il ne peut que sc complaire dans 108
r6le, finalement tngrat ct sous-payé, d'auxiliaire objectif d 1
. .
e a
bowJeOISle·
LI drape interdit l'amour
Quant au miracle de l'amour tant recherché, la technique de la drague qui interdit toute rencontre authentique, en compromet la
meme. Et si par miracle il survenait enfin, c'est l'érotisme pa vus du dragueur devant tant de pureté qui risquerait
aloa de te contre lui.
Solitude et mort
Ea .aeadant un salut dont il risque le jour venu de ne savoir qaoi &ft, le dragueur qui n'aime pas trop les filles   les tùer. Se contentant en guise d'amour du sentiment de puissance qa lai prorure l'emprise qu'il a sur elles; ct pour le plaisir, d'une
4epluslaid.
des partialement orientée vers ce qu'elles ont

bœf et solitude durable. Ne sachant que trahir les aunes
ae pu trop ac trahir lui-meme, le dragueur surmonte pour un
cc ncage par la fuite en avant. Mais la
IOil

profonde, le dragueur, si performant sott-

aveoar.
qu'ille sait qu'ille fuit dans la rue.
5
LA FEMME
DU DRA:GUEUR
-
Pour comprendre par quel tour de force épistémologique le
dragueur peut prétendre s'élever au-dessus de lui- même et, de
contempler la femme telle qu'elle est, posons d'abord les conditions

de la conna1ssance.
LE BESOIN ET :I:IRRESPECT,
PROPÉDEUTIQUE À LA CONNAISSANCE
Comme nous l'avons déjà évoqué succinctement au début du
livre
1
, on se pose plus de questions sur ce qui se refuse que sur ce
qui semble aller de soi.
I.;absence de dési r et l' évid ence (qui ont tous deux pour
conséquence de rendre la réalité non problématique) sont donc les
deux ennemis de la pensée. Pensée qui est l'identifi cati on
progressive des médiations, ou encore des obstacles qui s'opposent
momentanément à la réalisation de votre désir.
Si le désir de l'homme est de voler, il doit d'abord comprendre ce
qui l'en empêche et découvrir les lois physiques qui lui
permettront, en les dominant, de s' élever dans les airs. Idem pour le
dragueur qui a dO découvrir comment fonctionnaient les femmes
pour arriver à monter dedans.
b . La connaissance en général exige donc le désir (de voler, de

le manque (d'ailes, de femmes), ainsi que la conscience
une certa · 1· d .
IDe so Itu e. Savotr qu'on ne pourra pas compter sur
maut111ise m .1 • .1 1 · " "D t r, • • . cre, " a connausance et
 
l'intervention de Dieu (pour vous donner des ailes), ni du
(pour le dragueur)
1

Étude qui exige en outre un certain irrespect. Irrespect de Dieu
pour le physicien qui refuse d'obéir sa loi (Galilée). Irrespect des
femmes et des conventions pour le dragueur qui refuse de croire à la
femme magique des gentils garçons.
Analyser c'est l'objet
Cette démystification a pour nom l'analyse. Analyse qui
exige qu'on entre dans   étudier et qu'on le démonte sans
ménagement, pour voir ce qu'il a dans le ventre et de quoi il est fait
D'Ambroise Paré disséquant des cadavres pour comprendre le
fonctionnement du corps humain, au dragueur abordant l'inconnue
pour comprendre la femme, c'est toujours la meme démarche de
destruction irrespectueuse (du moins dans un premier temps).
Démarche de connaissance nécessairement hérétique
2
qui requiert
de la pan de celui qui s'y risque le désir, certes sublimé, de pénétrer
l'objet et de le mettre à mal; soit une certaine virilité intellectuel/el.
LE DANGU DES PROJECTIONS
PA1HOLOGIQUES ET IDtoLOGIQUES
Si un certain désir irrespectueux est nécessaire au mouvement
de la connaissance (l'apathie et la sacralisation générant toutes deux
l'adhésion immobile), il entraîne, notamment dans les sciences
il s'agit toujours de relations entre les etres, un a priori
négatif qua n est pas sans conséquences sur le jugement.
des projections pathologiques (ressentiment envers la
mauvauc mà-e pour le dragueur), ou idéologiques (identification de
1 Cf. motultzin• n ·u potwoirtJ, tul duzpïm 2.
2 u t'Ofltt't• lumt 14 wrsion fout/rn tk I'É lise.
J p., .., snu fi. ri. g .
l'ki .. . P • sms COIICTn profo,dlmnrt !llglltnr de
·r-"--..K" ;.hrf'" tk }etm Prtl(ln.
116
la ftiJUDC à la bourgeoise de gauche chez la f&ninistJ ) . fi
croit dw-ire l' objet qu'on a devant tes yeux, alors qe, qut qu'on
. d .,._ 1 A
u on proJette SUr
lui ce qu'on avalt a tete.
Si toute de connaissance CXJge une ·
1
.._
.
.
.
, malS que
route vo connent une le p bi"' d
d
'
.
, ro .. me e
la une connatssance obJective sc trouve alors po1é 1.
Le point de vue ou la subjectivitE
La partie du livre a eu, entre autre, pour objet de
montrer comment s'élaborait la sensibilité d'un sujet l parnr de ses
relations la et au père. Relations oedtptennes
suucrurant son affectivité et sa "socialité" pour former son pomt tk
vue personnel sur les autres et le monde.
Point de vue forcément subjectif que le sujet normal a tendance
à prendre pour la vérité objective, puisque cette structuration social-
affective lui est inconsciente
2

Par chance (pour la connaissance), le dragueur, par la
mauvaise et le mauvais père d' une structuration social-
aftèc:tive
3
, est parvenu durant ce livre identifier toute
une s&ie d'autres points de vue que le sien:
-celui du mauvais
-du bon garçon,
-elu p6dé (tapette ou gace),
-de l'amoureux (en série ou non),
-du nanti,
-elu Kduc:teur,
-elu bcllatre,
-de l'ami des dames,
-du con du samedi soir.
ldcmi6cations qui, par effet retour, ont au dragueur de
1 -z.:ry.-. 1t1111 irltmlion• que pmnuJ hrt Ill mluction
4
• wb,.., •'hat ,...,. llllnlltntiOff •o'" l/al1mlfll
......
  ies bi ,..fO'U ... cMfitn
4
·
• ...,., •• ,, 2.
IJ1

situer le sien comme un point de vue subjectif qu'il n'a plus pu
on, prendre pour seule
,
S. Dfcealaire identification pr&lable
Cette prise de conscience, assez rare, d'une subjectivité par elle-
m!me a permis au dragueur de comprendre :
- que celui qui n'a pas l'idée de situer son point de vue a
tendance lie prendre pour "le point de vue de Dteu", exprimer
laon insu un personnel qu'il prend pour la vérité
1
;
-que cette opinion déguisée ne peut prétendre s'engager sur la
'90Ïc de   sans avoir, au préalable, identifié le point de vue
d' w elle parle 2.
I!OBJECTIVJ1t EST-EJJ.E POSSIBl-E?
Ce relativisme admis, toute connaissance se réduirait donc A la
vérité d'un point de vue éminemment subjectifl. La vérité du
monde - sorte de regard objectif d' un dieu caché et silencieux -
restant inaccessible ll'homme
4

VISion prudente et pessimiste qui   l'usage
puisqu'elle tend l rendre équivalentes, au nom de la diversité des
subjectivit&, la vision du savant et la vision du fou ' ; celle du dragueur
sur les femmes, et de n'importe quelle hysœrique.
1 Ainsi bÜSiiiHIA BMJinur tiOiJ-e/Ie tltms 1'/Kmtme jlmRJisll'twmir dM mtJfJik au
l#t4 tl'y rramtltlllrr le sim.
2 D'Of) r. txiiUirrlaÏ011 tk a lmr.
J ü fin"'elk •'hat !MS tl'o/Jj«<inll ptiÛJpi'OII pnl
• • • • • .3- 1!1 •
tlfJISb_,.- ,.,.,2114.,JIIII4 ,_ pFMUtell!hJai!J.
.,,.,.,.,..,.,_.
S C.. ,_ tlfiÏ pr4liM • I'HiltoiR de la Cotie tk Midwl Po.tC'tiiiÜ • lottpmps
.,,; tl'Mbi 1!11oriqw • r. ,.,._, pw:/lisu; amtmle
4/k -o ••• ,.,_ ,r:ttw fW r. foi,._ «<Wtf:: tk
• • • r.
1
Pour cette insuffisanc
.
. d' . .e. th
e pratique la IIJlSIC soucaer untt<:: procèd d'ail( '
bjûard.lisation de fait des subjectivit
6
: e
eurs à deux types
- l'une quantitalitlt!, actuelle .
. .
ment en r . admet unplacatement comme juste le point d
po tttque, et qua
C'est   de démocratique qui habit t e
1
.VU: l_e plus répandu.
l
'
/ ' ·
1
e opmton ma
0
· ·
- autre qua ttatttlt!, en vigueur dans
1

J
0
talre;
. .
es setences exacte
.
admet proVISOirement comme juste la vision .
• s, qua

. E'
.
qut marche la mie .
r-wrant croare anstean plutôt que la Bible
be

d il
' · d
·
ou r.. sa lh Te$ster
quan sagtt e mettre un satellite sur orbite.
Coaue la statistique
Plalons un exemple.
Quand un sondage dcent, dans un ""riodiqu r.e. • •
-.1. d
· r
r-
e n;manan,
nous 1n1ormer que les Français ont eu en moye
.L..-- 1
·
nne et
uunuat eur VIc:
-11,3 partenaires sexuels pour les hommes, contre
- 3,-f seulement pour les femmes,
comment l'interpdter? Doit-on en
-qu'on n'a sondé que des mourants ?
-que les femmes sont plus fidèles que les hommes?
-qu'ua phu grand nombre d'entre eux baisent toujours avec le
plu petit nombre de salopes ? (pour que ce soit possible);
-ou,.comme il y a dire et faire
1
, que les bommes à qui on a pc*
IC sont plus volontiers que les femmes. Auqud
mensongers ne nous donnent pas, contrairement 1
lear YOC:ation, une vision objective de la condition sexuelle dea
aous plut&t (autre
lea tcmdâ dans leur ensemble considèrent qu'il est plus
pour un homme que pour une femme de multiplier les
suivant ainsi l'opinion qu'ils devaient éclairer.
JJ9
. Plus la subjectivit6 du point de vue et
  • inmtable de toute d6narche de connaissance
1
font
qu'on ne peut objectivement les opinions des
faits, puisque ces opinions conditionnent la perception de ces faits
2

Axiome sociologique dont on peut, par contre, d6duire
objectivement que la statistique n'est pas une science, si ce n'est
celle des opinions qui s'ignorent et des opinions déguis6es. Le panel
est sunout repr6sentatif de l'acceptation des
qui prâident ll'6tablissement du panel. La diversité des sondés
cache   du sondeur ; les réponses, la pertinence des
questions ; et la quantification des réponses, leur interprétation.
Du sondeur aux sondés, des questions aux réponses, la
est en réalité partout. Et même en admettant qu' un
IOildage soit une vérité numérique, trouver objective la moyenne des
n'en reste pas moins une id6e parfaitement subjective.
l!id& de fonctionnalité
Que l'opinion d'un homme avisé puisse être plus objective que
celle de mille ignorants répondant par « oui » ou par « non » à une
de questions, nous à l'id6e de fonctionna/il!.
Ainsi le dragueur peut prétendre que sa vision des femmes est
plus objective que celle des autres, tout simplement parce qu'elle
marche mieux. A tentatives et physiques 6gaux, le dragueur emballe
plus que le pœte; et si sa vision lui permet de mieux anticiper les
r&aions des fillct et de les motiver, c'est sans doute qu'il a mieux
compris que la moyenne, ou la féministe, comment elles
mlllCrioDDCDt dans la
Couplie lia (la wlcur de l'explication), la fànctioooaliœ
(qui BIC' cmuue
3
vrai ce qui a tendance à se
d
'ailleurs le critère d'obj ectivité en vigueur dans toutes les
est · 1 Q à 1 h' l h' · ·
. . tines uoles . u.mt a p 1 osop 1e et aux sc1ences humames
d 1 à l' . . · " 1 . '
rid tes depuJS es ustres OlSl\etc cu turo-mondéWle et au service
d'É:t. on com.prend rechignent d:vant un critère qui les
obliger:ait au   du travail et aux .
LE DRAGUEUR OU À UNE CEJO'AJNE OBJECI'IVlrt PAR
L'JDENTIFICATION DE SA SUBJECTMTt ET J:ATTEINTE DtPASSIONNÉE
D'UNE CERTAINE EFFICACITÉ FONCTIONNELLE
Engagé lui sur un parcours de connaissance, le dragueur
soumet lentement ses préjugés à la nécessité du résultat. La
corrigeant l'intentionnalité, sa pratique accède ainsi
peu peu à une certaine objectivitl fonctionnelle.
Son initial a sa pathologie (intentionnalité due à son
point de vue de devenue technique (fonctionnalité) devient
enfin thérapeutique (sérénité)l. Libéré de sa monomanie, le
dragueur peut alors s'ouvrir à d'autres dimensions de la femme
(notamment la bonne mère et la travailleuse que sa pathologie lui
cachait), et utiliser sa capacité d'analyse à d'autres fins critiques.
Comparant les pomts de vue et leurs intentions, le dragueur
alors à une vision du monde plus universelle. Vision
synthttique iJ peut prétendre à une certaine morak•
qui ne doit plus rien à l'opinion, ni à Dieu.
1 Lts .
de la nat urt notamment.
ce qu'il adviendrait a/on de Philippt Lacout-l.Abanhe, André Comte-
J C &/gard Morin, Cornelius CaJtoriadù, jacques Derrida ...
comme cMtiment tt incruste, tl/a drague commt élévation" et
4 test un truc fk p!dls" au chapitre l
k, t le est en outre focilit! sur ce chemm Je conscience par
Q 1.,;, IOuibtlills sociaks bourgeoi# et d'opprimé qui se dlchirent ct st m'tiquent
141
Le problàne c' est que de cc poi nt de vue élevé, atteint à force de
souffrance et de pratiquc
1
, le dragueur ne voit plus la fmzme (a
priori des projections pathologiques et idéologiques) mais les
/t!tlt1MS dans leur diversité :
-màa (mauvaises ou bonnes),
- jeune filles,
- ~  
- bonniches,
- bourgeoises,
- femmes de trente ans,
-folles (mystiques et salopes},
-dragueuses,
- flippées,
- travailleuses,
-et autres féministes,
rencontrées dans ce livre.
I..:.objcctivité du dragueur admise sc pose donc pour lui, et pour
la connaissance, le problème non moins crucial de l'unité de l'objet
étudié. Raconter la f m ~ ~ exigeant :
- que l'on décèle d'abord cc que ces femmes ont co commun,
ma1gR leur évidente diversité psychologique et sociale;
- et qu'on explique ensuite pourquoi cette identité constatée
constitue une structure commune, à l' origine d'une c.erta'me forme
d'nprilflminin
2

La femme entre la m ~ r e et la fille
Pour avancer sur cc second chemin d'objecùv'
1
te.:onstaton 1
d'abord, avec le dragueur, que toutes ces femmes possèdent deux
points commuas:
141.
*premier moment de l'existence où l'affectivité nats ·
- c.. . . sante est
c.. nn6e de l'exténeur par sa relauon aux premiers autres 1 qu
1 .. ço z
1
. . lai e sont
et Je père ; re aooo tnangu re de   qui définit lafilL .
lam . é . <e ,
_ fille qu
1
nous renv01e n cessatrement à la mère, soit au c
fc d 1
,. é . orps
. constitue la emme e neur, et dont la fonction ob;ectiv,..
qUJ l
J
(biologique) est a . .
Toute femme, quelles que sotent les contmgences (affectives
sociales), est donc d'abord mère par son corps (qu'elle Je refuse

non) et fille par sa naissance (qu'elle soit heureuse ou pas).
et l'œdipe constituant les deux déterminations qui font de toute
femme:
_un être voué à une certaine fonction: la maternité;
_ fonction elle-même interprétée par une certaine structure de
rf!Jrlsmtations, l'œdipe.
Cespri t vient d'abord du corps
Pour bien comprendre l'influence des aspirations naturelles du
corps sur la pensée et leur cheminement ultérieur dans la pensée,
d'abord la croyance religieuse qui ferait de l'esprit une
entité extérieure au corps, venue d'on ne sait où pour l'habiter et le
guider,
3
• Absurdité démentie par J'expérimentation la plus simple:
supprimez le corps d'une femme, ou d'un homme, et vous
constaterez qu'il ne restera rien de son esprit non plus. Pour
l'observateur sérieux, l'origine de l'esprit est d'abord à chercher à
l'intérieur du corps. Corps qui est à la fois corps et esprit: l'esprit
Jl(nse à la nourriture d'abord parce que le corps a faim, à son lit
parce que le corps est fatigué, et accessoirement à y faire l'amour
Parce que la fonction biologique du corps est de se reproduire.
cause entendue, pour savoir quelles représentations induit
nécessairement cette aspiration intérieure de la femme (en tant que
]P-._.
2
1U1trrs 4 f1œ1ir tous ks autres.
plrr f!Ouwnt ttrr: k ''pbe absent".
J Clll)wnn.   qui pmlu" tklns tout transcmdllnlll/, de DatrJrta
.
. . des
tt tur s'11ppuie nolllmmmt k fbmmsme m:qne
143
mammifhe) 1 la reproduction, procédons encore une fois
toute prise de conscience ne pouvant résulter que du
refus de l'mdence
1

En faisant partir ce refus de la normalité du sujet concerné lui-
meme (puisque l'anorexie mentale est répertoriée comme maladie
de jeune fille),
-en en listant les symptômes,
-et en en faisant une interprétation cohérente,
nous aurons une bonne chance de déduire avec objectivité à quelles
aspirations naturelles, normalement induites par l'évolunon de son
corps, la jeune fille anorexique s'oppose du haut de ses
repriscntations pathologiques (et sans doute œdipiennes).
Sachant que l'anorexie mentale est dans la plupart des cas :
-une pathologie psychique qui survient chez une jeune fille ;
-li' activité cérébrale et physique supérieure à la moyenne (elle
travaille bien à l'école et fait du sport);
-au moment de l'adolescence (soit quand son corps d'enfant se
transforme pour faire d'elle une femme au sens biologique du
terme).
liansformations à laquelle la jeune fille s'oppose:
- en ne mangeant plus;
-contrariant de ce fait (par l'anémie) l'évolution
de son corps vers sa plus grande différenciation sexuelle d'avec le
corps de l'homme (disparition des masses graisseuses: seins, fesses,
puis des   soit de tous facteurs de féminité et d'attraction
sexuelle).
l+f
Refus refus des formes des règl- d
1
..
al
, '"s et e a pasSIVIté .
s'accompagnent, m gré la fatigue: qu1
_d'une augmentauon de et h .
pr&édemment constatée;. , P Ys• que
_et, sur le plan psychique, d un sentiment ambi\al
__ 1 • ent c.nvers ce
qui est a r=lStance à 1 envie augmentant son unpo
d
. r. • (d, , rtance et
l'attente e sa où de J'anorexie et de la
boufume chez les Jeunes filles mo ms gravement troublées).
Sansfaction qui, refoulée jusqu'au bout, peut en outre conduire
J'anorexique à la mort
1

Symptômes fort qui à l'évidence:
-le refus d'une jeune fille;
-possédant un goût certain pour les activités traditionnellement
  (études, sport);
-de sc soumettre à sa en deventr;
- conçue inconsciemment comme une
Refus de devenir corporellement, et donc auss1 psychologiquement
(la venant d'abord du corps) dont la
fonction (l'accomplissement}, le besoin (la plénitude) et l'envie (le
plaisir) sont
2
:
remplir (d'où refus et de laisser entrer dans
son corps des substances étrangères chez
-dans un certa10 état de passivité (passtvité de l'attraction par le)
lOnnes, d'où recherche de maigreur et hyperacthité chez l'anoraique):
-par quelqu'un d'extérieur (l'homme); .
-objectivement supérieur en force (musculature et érecnon) et
en (pénétration)
3
;
· veau
- homme vers lequel la pousse un sentiment nou
et de vide intérieur (destin biologique).
14S
Sùita au du corps
fois admise cette influen ce d irect e du corps sur les
aspuattons de l' Ame, puis grâce à l' anorexique, la
normale de l' adolescente à   des
lllOIIll de l'enfance, voyons plus à fond comment ce
corps nubile influe sur la de femme.
- Contrairement l'homme qui porte son sexe
(tumescence et à   du corps, les organes
reproducteurs constituent chez la femme une importante
situ& au beau milieu d' elle-même ...
  l'idée que sa lui viendra d'un apport physique
ezt&ieur, comme un vide intérieur qu'il lui faut faire remplir (et
qu'elle attend par l'œdipe d' un substitut du père).
- Contrairement à l' homme, fertile sans discontinuer, la
manifestation spectaculaire des rappelle la
femme son rôle biologique, son lien plus grand aux exigences de la
nature et ses rythmes
1
.. .
D'oà une plus grande sensibilité au concret, des reveries à la fois
plus sentimentales (attente physique de l' autre) et plus tem: à terre
(souci de jouir pour atteindre la plénitude, puis de faire vivre sa

- Contrairement à l'homme dont le corps plus musculeux
l'oriente naturellement ven l'action (la chasse et le travail manuel
primitif), le corps de la femme, constitué (en moyenne) de deux fois
moins de muscles pour trois fois plus de graisse (seins, fesses et
ventre), est d'abord conçu pour attirer le mâle dans le but de le
pousser lla procdation. .•
D'oà une conscience plus pdcoce et plus aigul de son pouvoir
d'attraction sexuelle, ainsi qu'une perception plus des
autres et du monde extûieur (songez que le premier point de
CODI8Ct de l'homme en mouvement est le nez, tandis que c'est le
Jeia chez la tèmme).
llY-' • Il'-1•WIIIk
• !. fiiOR œlfM,., ill .. ;.ritws ,.,.flip,.
....mJa ilsqda Milomtim.
146
Cette plastique, où la graisse habille de sa douce
- .
ur courbe
rangulosité _de la musculature, rend le de la
c. mme plus tnstable (matgreur, et plus la d ..
1e . h .
uree
objective de sa ucnon p ystque (culotte de cheval, seins aux
genoux)... . . .
D'oil une certame _urgence mconscrente à se c.1ser qui n'en p:u
sans orienter ses prauques culturelles (maquill.Ige, mode, dnnse
comédie puis, son but atteint, décoration '
_ naturelle plus éphémère qui, à une foree
physique inférieure et à une passivité non motos cert.1ine (se f.1ire
pénétrer par un objet plus dur), oblige la femme à la p)ychologte ...
D'oil une certaine tendance à la manipulation (intrtgue,
séduction) plus qu'à la force brute pour parvenir à ses fins'·
-Finalité qui nous ramène à la maternité, en prévision de
laquelle la nature a doté la femme d'une réserve énergétique
(graisse) et d'une endurance phystque supéneure (qui sc vérifie
notamment par l'espérance de vie) ...
D'oil sa plus grande opiniâtreté dans l'effort mis au service d'un
projet souvent peu spectaculaire (gestion du quoudien) ct plutôt
terre à terre (petit commerce).
- Par ailleurs, son plaisir à la fois plus intime (c'est elle qui
reçoit), naturellement parent de la douleur et du traumatisme (jouir
de se faire pénétrer par un objet dur qui pourrait lui faire mal),
entraîne la femme dans une rdation plus complexe à son propre
désir. Désir qui lui fait courir en outre le risque objectif de la
gJ'O$SCsse et de la maternité ...
D'oil cette ambiguïté psychologique envers ce qu'elle et
n:doute, sa plus grande circonspection devant un acte qu'elle
commet d'autant moins facilement qu'elle lui accorde une plu)
grande importance, et un sens des responsabilités à la mesure des

2

1 Ur
. . k
.. /lminista n'!tant posribles f/1« du lulut d'unt pontiOII
L'• (Jiren,"gr ramncns idcntifiü. •
•om .
• • sortrr ""' lltJt
  moms diucumcnt ronctm! pouvant toujours sm ,..
tk /11
147
- subjective et t raumatisme et
enfantement) relativement inhibante à laquelle la nature, soucieuse
de de l'espèce, par la ruse d' un plaisir
afin de pousser la lui ses inquiétudes ...
D'où cette perdre la tête (sauf pour les et les
mal baistts qui d'ailleurs le déplorent) s'être ct à ne
pas avoir ensuite une conscience très exacte de ce qui s'est passé
(trous de mémoire, mauvaise foi).
- Plaisir plus intense que l'homme est obligé de rechercher
aillcun, soit dans le projet (politique, scientifique, sportif: culturel),
soit, pour les fiottes, dans cette ambivalence sexuelle (possibilité de
mais aussi d'être dont la femme est dépour.rue ...
D'où cette impression diversement ressentie (copulation, danse,
écriture de femme) et diversement appréciée (anorexie, saphisme,
fmtinisme) foire baiser quoi qu' elle fasse.
Les représentations
Mais l'existence de l'anorexique nous oblige à admettre
que ces aspirations, sans doute à peu près communes tous les corps
de femmes, sont à un second niveau en
capables de les modifier et même, dans ce cas extrême, de s' y opposer.
Interprétations œdipiennes (la différence féminin-masculin
donnant naissance à la relation mère-enfant-père) générant, à partir
d'aspirations naturelles identiques, une diversification des
représentations dont l'anorexique nous permet d'établir deux
tendances
&prlsenllltions
Les représentations œdipiennes à tendance fonctionnelle, oi)
l'interprétation et la sublimation des aspirations naturelles du
corps
1
permettent à la fille d'accomplir dans le monde des autres
son destin biologico-organique de direct.
1 0.1mr azmpk Je lllhlimMiot! tks j'otraiotu J10IUI0"1 les
,,.   '"'-"'es atalm'·.
148
tes tq'rtsentations œdipiennes à tendance disfonctionnell •
J
d' . é . e, ou
Jes ace• enu œ 1p1ens, n cessatrement pl us rares tel "l
. :.. .. ..
1
. , s que a
m..auune et e mauvats pèr e" étudiés dans le cas du
ou. la. abusi ve" évoq uée dans le cas du pédé,
s'opposent à l aspuanon naturelle du corps par l'élaboration d' une
mort. Dégoût de soi, dégoOt de l'autre, dégoOt de la
mou de donner la vie qui hantent l'anorexique et, dans une
moindre mesure, l'homosexuel(le) et la féministe 1.
L\ DISSYMtnuE DE !!ŒDIPE
S'il est que la jeune fille a envie de faire l'amour parce
qu' elle a des ovaires (aspirations du corps), il ne l'est pas moins
qu'elle a des histoires d'amour parce qu'elle a des ovaires et un

œdipiennes).
Cerner de plus près l ' esprit féminin nous amène donc à étudier
de plus prb l'oedipe, en tant que structure où se joue, en fai t,
l'accomplissement ou le refus de cette fhninité commandée par le
corps.
Le principal throricien de l'œdipe s' étant surtout attaché à décrire
le sien (celui du fils de la bourgeoisie européenne à la fin du
XIr sittle), puis à le croire universel (d' où son aveu: La grande
qui n'a jamais !té éclaircie, et à /aquelk j'ai été de
maigrt hmle années de recherches dans I'Ome_fbmmne,
la femmâ 3); étudier l'esprit féminin donc
  les diflttences existant entre l'œdipe de la fille et celw
du &arçon, puis qu' on en quoi ces deux œdipes
deux structureS différenteS de
Uœdipe masculin (mère-fils 1 père)
Nous l'avons vu au chapitre 2
1
:
« La relation du nourrisson (mâle) à ~ a mère doit (d'abord) se
comprendre comme un univers clos auquel rien ne manque et qui
peut tout ignorer du reste du monde dans la communion presque
parfaite de l'amour confondu avec l'origine ... Avec l' arrivée du père,
l'irruption de ce premier autre marque la fin de cette pure intimité,
le dépérissement de l'amour comme sentiment unique et
indivisible ; la chute de l'être parfait. Le père au côté de la mère
c'est pour le petit garçon ... le charme rompu; la fin du face-à-face
du pur rapport dual. La privation de la mère par ce prenuer autre
qu'est le père inaugure aussi l'ère de la brutalité, il marque la limite
du charme et de la toute-puissance de la mère, il y fait entrer l'ordre
du monde. Un pied dans la famille et un pied au-dehors ... Avec le
père, la famille à peine créée s'ouvre irrémédiablement sur le social,
cet au-delà du psychologique pur (des relations affectives
immédiates) auquel le monde ne se laissera désormais plus réduire
(les relations extra-familiales: jeux d'enfants, apprentissage scolaire,
vie active, étant toutes plus ou moins médiatisées par l'effort d' un
travail, fondement de l'échange social). Et parce que le père, par sa
présence, soumet la mère à la famille et la famille au monde dans
l'esprit de l'enfant, il incarne, symétriquement à l'amour-origine de
la mère, le monde comme avenir et projet (transcendance); la
possibilité de la transformation de soi par l'apprentissage, le
dépassement d'une vérité jusqu'alors réduite à l'ontologie. Le père
c'est (concrètement puis symboliquement} le monde plus dur de
l'effort, du mérite et de la morale qui rejette dans la faiblesse de
l'inassumé le monde maternel du pur plaisir où tout était dO •·
Ce m ~   '   du père, amplement vécu et décrit, a pour le garçon
deux sens:
1) Le sens (freudien) d'une rivalité avec le père.
Rivalité que le garçon ne peut pas dsoudre par le charme (ne
ISO
vant pas Je père). D'où la nécessaire de
f,;:Ort (Jes les fèces, puts, !'_apprentissage) pour devenir plus
fort que lut afin de reconquenr la mhe, et secondairement
conqu&ir le
Mais ausst:
2) Le sens (moins bien idenllfié par Je freudisme) d'extermmation
de la toute-puissance de la mère par son évidente sujétion
au père.
Soit la fin du règne du pur amour et de la pure affectivité
familiale, le monde du "je, tu, il" constitué du fils, de la mère et du
père, par l'irrupnon d' un autre monde plus froid mais plus vaste, le
monde du "nous, vous, ils" situé au-delà de l'amour et de la famille,
où tout désormais passe par l'effort et le travail.
Psychologico-affectif et économico-social
Le meurtre du père est donc pour le garçon le moment
structurant qui génère (sens 1):
- l'ordre des représentations et la catégorie mentale
1
du
psychologico-affictif.
Règne maternel du pur amour, de la dépossession et de la
rivalité. Soit cet espace sensible et mental intra-œdipien de
l'affiaivitt qu'a parfaitement décrit le freudtSme.
Puis (sens 2) du fait de J'imposstbilité pour Je garçon de
ce conflit dans et par Je psychoJogico-affectif (par la pure
s6luction) :
- le second ordre des représentations et la seconde catégorie
mentale de l'!conomico-sociale 2•
Règne concret et symbolique du père qui engl >be et réduit la
psychologico-affective de la mère à l'intimité et à la
1
.L. tl la fois   a mtmdnnmt, sinon d'où l'mlnUlnnmt

lrRi ori /', ristmœ mm   pour 1
4
tkuz diJriplines distinctes
1.;:;
1
tk ks /tres: la pS)chol. a la so_dologie, ": psydk et
snn tk la pseudo-scimu «onomzqt«, la mrcro et Il macrr>-
151
noatalgie pour devenir, dans l'esprit du garçon, ln cntégone de la
lutte, du projet la Soit cette vision extra
œdipienne et du monde (bien qu' issue de l' a:dipe) que le
freudisme se montre incapable   •
Cœdipe hinin
Par l'œdipe et meurtre du père, le fils dispose donc de deux
catfgorics mentales pour se représenter le monde.
mentales dont l'amour pur pour la mère suivi de la rivalité franche
a..:c le (par la lutte et le travail) sont les origines concrètes ; ni
biologiques, ni mmphysiques.
Or, du fait de la dissymétrie de l'a:dipe et conséquemment de
l'absence de meurtre du père chez la fille (pas de rivali té fille 1
ces deux catégories distinctes et hiérarchi sées qui
strUCturent l'esprit masculin ne se retrouvent pas chez la
l'identique.
D'abord peut-on supposer, compte tenu des déterminations
biologiques (côté fiUe) et de la .. socialisation" des aspirations du
corps (côté que la relation mère·nourrisson femelle
(féminin·féminin) est d'emblée moins satisfaisante que la
relation mâle (féminin·masculin). Moindre
complémentarité et moindre perfection de cc premier amour et de
ce premier dont plus tard la fille aura une moindre nostalgie
- d'oà sa plus grande solidité, devenue femme, face aux
de la vic 2.
Acceptation plus précoce de la séparation (le sevrage) encore
&vorilœ par l'apparition du père et l'attraction (masculin·féminin)
qu'il exerce sur sa fille et que sa fille exerce sur lui.
Du &it de la ditsym&rie de l'a:dipe, fille et garçon se retrouvent
donc dans une situation affective inverse :
-le IU9Nl ftfase de grandir pour continuer l vivre avec sa
1 R 111/111 ,_ ,., tk 1ft l'.jflipal Malaise dan• la civilisation
/1 lill lW Sifow•l P-w m 1929.
Ùl • tka fois mo;, fW ki -..., ltlfll plus ,.""'"''

1
JI • ••u•;., 101111m1 JIOhn.-
l
•.mour parfait
1
• Se à la séparation reviend
1
.
...... • fi" 1 :l> d . ra pour Ut à
cptcr da tronter e pc:re et e fatre sienne 1 d
1
ace 1 vail a ou oureuse
posttion amour tra ;
op _ b 61fe (d'où maturité plus précoce) pour sortir de
l
'aJDOW' moim sanstaisant de la mère et aller vers l'amour d
. do
ur-re.
!\)Ur elle r:uxwur n est ne cene passivité nostalgique opposée à
l'edôrt. mats son proJet: le travazl la siduction.
U o'r a l'œdipe féminin ni meurtre du père (pas de
6lle 1 père), ru pour autant de meurtre de la mère (à cause de
l'attaChement fondamental du nourrisson à son géniteur direct), mais
plutôt une évolution continue de l'amour-rivalité de la mère à
ramour-s&!uction du ptte, à l'intérieur d'une seule et même catégorie
psychologico-affecti\'e, où tout travail est structurdlemenr conçu
cnaune la continuation de par un autre moyen.
lA.ItDucnos PSYCHOLOGISTE OU LA SENSIBIUTÉ F.é.n:NJNE
De par sa structuration œdipienne, l'esprit féminin qui n'a pas
connu la rupture du meurtre du père, et le saut catégorique qu'il
impose, se meut donc à l'intérieur d'un seul ordre de représc:ntations et
d'UDc seuJc: arfgorie mentale qui constitue à la fois sa sensibilité et son
Cllhi tdc-u w: nt
2
: le toul · · 'eaif.
D'où une tendance fàcheuse (pour la pensée} à appréhender les
llh6lornènes humains selon leur seules déterminations affectives et
P'1thologiques, et à ne pas comprendre, faute d'en I:S causes
· · es, les phénomènes politiques en leur spécifiaté.
f{lll ntp/iqw que le jeunr homme végétant dans /'allente
f1lnle "n temps W,g tJ comprendre et tJ a«epter les su tl Il
li-e d, • /' · • · / .J nt heurtant iJ Url(
COlt li
11
trllnsrendantal sennbllllé éd' ti tifier par
  pr11tiq"e que Kant n'! pat. manqu apon'e
logique de Ill cependant nécessaire mtultlon con;;P 1 onist(
è /a ü t/lplllM' p
11
r /'llaboration du "schbnatume,!
1
con,c;fu;; i t
11
 

 

et prl-hlgllien (en ce senr qu
1
P
l'esprit).
/53
que le bon sens populaire (et les femmes)

-jtnuh eiOUCier de les justifier, ni de les expliquer:
• • quand ses purement
sa .. fiNat passer totalement l du politique, ou;
.... .-.,.qu•nd sa plus grande sensibilité aux origines
Gal humaines s'exprime par chance à bon escient
psychotopste qui sc d' ailleurs parfaitement
  permet lla femme de passer sans heurt de
l ramour, et de la à la vie familiale, en
lee apirations de son corps par une vision intra-
IOUll'aplique par l'amour, la et la séduction.
pt_ychologiste qui   par contre inexacte et
(clysfonctionnelle), quand elle tend à la
tlle:41t • nade aus seuls lchanges affectifs et psychologiques
• la œascieace de la double d&ermination
'Jhar pWM•ae humain l la fois historique, affectif et social
1fluhe ca 6ût d'une tlouiM tlhnmitullion psychologico-affective
(iMaa aMÎJÏ ranc) Cl

· (extra-œdipienne).
- u p.1Jcholopco-affectif ne pouvant qu'expliquer
paaaülrw" Je. ac111 individueb et les relations entre individus
6cudirll).
- Jœial apliquaat globalement la d6narche des
• Jeun relation•; dimarchc collective qui
au41ef•, a •lpf la. divcnit6 psychologique

1

Ùl réduction psychologiste, en dehors d'expliquer paniell
. .
(d'
emem
1
-lacions 1numes 1spute entre Marcel et Tosiane)
5
..
es
.
, montre
donc parfaitement mcapable de saisir les mécanismes sociau
(contlit Marcel et   p.etits commerçants, et la
di stribunon) , o\) si saga tOUJOUrs de relations d' intérêts
entre les divers groupes qui constituent une société
donnée (salariés et petits patrons, ouvriers et cadres, petits patrons
et directoire des multinationales, salariés et actionnaires, secteur
public, appareil d'État et caste ... ).
Pire, quand ce psychologisme
1
se targue d'expliquer ces
collectifs (mouvement sociaux) par des causes
indi,;duelles (humeurs personnelles), il chute alors vertigineusement
de la relative au contresens, de l'analyse partielle à la
stupidité.
Une 'ision globale et cohérente des différentes actions humaines
(que nous appellerons pros!e) exige donc nécessairement:
- la conscience de leur double détermination psychologico-
affectivc (amour, rivalité et séduction des individus) et économico-
socialc (échanges et rivalités d' intérêt entre les différents groupes
snci:nn: déterminés par la division du travail);
- puis le dépassement synthétique de l'opposition, ou de la
juxtaposition syncrétique, du psychologico-affectif et de
1'6conomico-social par leur juste hiérarchisation causale. I.:affectif
&ant à la fois l'origine et le but du social. Le social, le moyen de la
rEalisation de l'affectif et, par l'histoire, sa condition de possibilité.
typlqu11 d'lmpenslts flminines
Or, du &it de sa structuration mentale (dissymétrie de l'a:dipe et
psychologiste}, l'esprit féminin se montre le souvent
lllcapable d'une vision globale cohérente, faute de.pouvmr
ses anal!ses psychologiques partielles dans leur JUste perspecnve
Ecooo.nico-socia.le. Deux exemplest tirés, pour ne pas être taXé de
1 ().;- Ptw -· s't L
'-· _.,._mateun n'om plus lt
1Jt' _,1er r- ,.. meT tiC llln' f/1# IQ • .,_, ..
'-Pit n'oru phu tl'argmt.
155
parta pris, de deux ouvrages majcuu de deux "penseuses•
âDincDteS:
-LA Oripts tJMIOI4iitarismt' : Le Systbne totalitaire de Hannah
AJmdt (extraits des pages 27 29):
Utw S!Oàlll sas cùusn J. us massn .. Ce caractbe éphbnbe (tks
,_..,.
1
toUliuiru) 11 s11ns doute un rapport avec  
prowrhi.U Jes m.ssn et de la gloire qm repose sur elle; mais tl
s'ezpliq•e tl'IIJJtlfllage par   totalitaire du    
ks formlltions totabtatres ne restetlt au pouvotr qu aussi
IJII'ella Jnnnnmt m mouvt'mmt et mment en
,_,a IJIIÏ la atofll'r. Aussi, thns un cmam sens, cme pr!cant! mfme
., ... ,. p/111& flatteur pour les chefs disparus, puisqu'elit
,_·;ls 0111 mus; i conlllminer leur sujet avec k virus sp!cifiqut
•IOIIII"IMristM; Cllli s'il est vrai qu'il aiste une personnalité ou une
moMlill ( ... ) On aurait donc tort de croire que l'inconstanet
Jts tn4Sits signifie qu'elles sont gubies de l'ilLusion totalttatrt
( ... ) fexplrinta a prDfU11 i mainus "f'rises que la valeur publicitalfe
tlM crime n a mlpris global dt'J critères moraux est indépendante du
simpk Îtltlrlt, qui est mulltrt' le fat:teur psychoLogique le plus put'ssanl
nt poliliqw. lÂUnldÙm qu'exercent le mal el le crime sur la mentalil!
M Ill JIOPIII«''•'est JltiS n011t1elk. On a toujours vlrifil que La populact
•lw «<eS Je llioletJ« en avec admiration : ce n'est
...... tiiiiÙ c'est tris fon".
Ccae prose, que son du peuple et son incompr6hcnsion
quasi hyst&ique des sociaux permettent de ranger
d'emblœ entre la Comase de et Kampf, nous donne
al lignes. un aperçu des ravages que peut produire la
t6f1laioa plyeholopœ quand elle s'essaie lia
1

Par la volonti d"un seul homme (le dictateur), les clacses sociales
DOUI Danait aucune cW6nition) sont transform6cs en
pat aaaJic et sans un mot sur les profondes
Mil Al ::Il • tomme,. ,.tm 4
,_ ... ,..,, k liNa d,. ,_,..,.
n
sformations qu' un tel tour de fore . . )
tra d . tifi e extgeralt
Ss
es dont on appren pour JUS er ce chanuement q 'ell '
llla b . o u es sont
d
'une inconstance prover. zale (un peu comme une
1
·eune fill , )
. . d' bli e r et
otJblieuses (mals pas au pomt ou er leur inconstance), et que k
mal et le crune exercent sur la populace (ces masses décidément
inconsunces passent de classes en masse et de masses en pop
1
,. . . d l'
u ace
au gré de ,e auteur) attraction (sans doute
sexuelle) due à sa mentaltte (on ne nous d1ra pas d'où lui vient cette
mentalité)   a vénfiée (on nous dira pas non plus
qui est cc on, m deputs quand dure ce tou;ours qu'on a eu l'éternité
pour vérifier).
Quant au totalitari..sme, on apprend par un raisonnement de la
lJlême rigueur qu'il a l'obsession (sexuelle?) du mouvmzmt perp!tuel
(son but serait donc d'échapper à la loi de la
thermodynamique, auquel cas il serait d'origine physique) puis
(petit crochet par la biologie) qu'il s'agit en fait d' un virus spkifique
(comme le sida ?) mais aussi, pour ne pas etrc en reste avec
l'animisme, qu'il découle d'une personnalité ou d'une mentalité
totalitaire (entre l'explication tautologique et le père sévère).
Quant à l'origine de la passion de ces masses congénitalement
dégénérées pour ce moloch totalitaire, on la trouvera bien stlr dans la
t1akur publicitaire du crime dont on apprend qu'il est du
simple intérêt, par ailleurs censé être le facteur psychologique le plus
puissant m polttique (la passion a sans doute des raisons que la ra1son
ignore), sans oublier bien sOr l'attraction qu'exercmt le mal d le crime
sur la mentalité de la populace dont on apprend (en guise
d'explication) qu'elle n'est pas nouvelle puisqu'on (encore lui) l'a
toujours vérifié (il est donc inutile de le démontrer) et enfin que la
Populace salue (comme un seul homme) les actes de violence en
'tmarquant avec admiration: « ce n'est peut-!tn: pas beau, mais c'est très
fort,. (citation).
Pour arrêter le massacre et ne pas remuer plus longtemps cette
bo
. bi . .
ue néo-fasciste
1
, nous oserons suggérer que la vénta e ongmc
du totalitarisme est plutôt à chercher dans la tête de Hannah Arendt
lllym
4
COmme fa trois tomes.
157
dont l'œuvre consiste à décréter totalitaire toute explication du
monde à peu cohérente, sous le prétexte - assurément
totalitaire-qu'elle est bien incapable d'en fourrur aucune.
- exemple: XY, de l'idmtit! masculine, d'Élisabeth
Badinter (extraits des pages 28, 29 et 51):
Le des repr!sente unt: coupure dam
l'histoire de la virilit! ... La chasse est devenue une distraction. Les
jeunes nobles passent plus de temps dans le salon ou le boudoir des
femmts   s'entraîner dans les gamisom. D'autre pan, lt!r valeurs
f!minints s'imposent au monde de l 'aristocratie et de la haute
bourgeoisie. lA d!licatesse des mots et des attitudt!S l'emporte sur les
caractbt:s traditionnels t:k Ja virilitL La réilolution de 1789 mettra un
tnme d atte !volutton.
On ne peut qu' admirer l'analyse profonde des Lumihes
(Voltaire:, Condorcet, Diderot. .. } dont la volonté et le rôle
historique attestés furent bien sOr de permettre que les j"eunt!r nobleJ
passent plus de temps dans le salon ou le boudoir des femmes où sur le
plan de l'esprit, la délicatesse des mots et des attitudes l'empone sur les
traditionnels de la virilitl. On appréciera aussi le: jugement
politique hautement progressiste porté sur la révolution de 1789 qui,
et c'est bien dommage pour le boudoir, mettra un tnme à cette
!volution.
Sur cette période de lutte: pour la d!licatesse, on apprend
égalemenr que si au xvm· siècle un homme digne de ce nom potltlatt
pleum- en pub/tc et avotr des vapeurs, à la fin du XIX• il ne le peut plus
sous peme d'y latsser sa dignité masculin.
Il ne: vient bien sOr pas une seconde à l'esprit embué de
psychologisme de madame Badinter que l'homme digne de ce nom
est le noble de cour, qui représente au XVIII• moins de 0, 1%
de la population française, le reste (sans doute indigne de porter le
n?m.d'homme) étant constitué pour l'essentiel de paysans dont la
dJgntl! '!'asculme public n'a, en gros, pas varié d'un iota du
Moyen Age à nos jours.
158
Absence de meurtre du père, morale et conformisme
Si. dans ces exemples, la vision purement psychologistc de1
faits histonques ces deux pe.nsées de femmes à deux opinions de
bonnes femmes, 11 apparaît auss1 que ces deux visions, l'une d'une
boUrgeoise de droite, l'autre d'une bourgeoise de gauche, sc rejoignent
par leur . . .
.
La ra1son de cette 1mmorahté, vtstblement mconsciente, et de
cette sujétion infantile au pouvoir politique en place a sans doute
deux explications:
_l'impossibilité logique pour une vision intra-œdiptenoe
d'accéder à la morale, et
-l'absence de meurtre du père.
Impossibilité logique pour une vision intra-œdipienne d'accéder
à la morale, puisque sans la conscience du second ordre et de la
seconde catégorie mentale de l'économico-social, l' idée du b1en se
limite à l'amour instinctif de sa propre famille (enfants et conjoint),
et ne peut accéder à l'idée du bien universel qui exige l'élévation de
l'affectivité intra-œdipienne à la raison extra-œdipienne du
jugement moral. Jugement moral qui, s'élevant au-dessus de la
prHérence affective et du charme pour se fonder sur le rôle
  assumé par l'individu, est de l'ordre du m6rite
conféré par l'effort. Mérite au nom duquel il devient alors possible
de donner raison à l'étranger, à celui qui n'est pas de la famille, du
clan ou du groupe social.
Accéder à une vision morale exige donc de l'esprit qu'il soit
d'abolir la préférence affective familiale pour que la loi
même pour tous, et qu'ainsi l'amour puisse s'élever au
à ce respect des autres qui passe nécessairement par le plus
luste partage du travail et des richesses' .
Quant à l'absence de meurtre du père, en conduisant la fille au
respect absolu du père, il conduit plus tard l'esprit féminin à
1
&.,.  
1!.. -'-·
Wflfts tk l'homme", la Rlvo/ution tk 1789 comme ac
._fe, ' n k rrfos
tk Ill Convention tJ'tlCt'Ot'tkr des droits po/•t.qua
hiiJO,., flll'el/n m auront/a vision psydlologi.ste ti'É/isa/Jdh Badinter.
JS9
ressentir l'ordre dominant comme indiscutable et indépas bi
Respect inconscient ct irraisonné du pouvoir et de son e:
limite la capacité de critique ct d'opposition à la soumissionqu,
l'intrigue
1
; la conception féminine du politique à la gestion de
qui est
2
, quand cc n'est pas aux bonnes œuvres et à la culture
(quant lla Pasionaria, son adhésion à la cause a tout de la passion
amoureuse comme son nom l'indique).
Manque de virilité intellectuelle et pensée magique
Enfin, pour revenir à la motivation la plus profonde de la
penséel, la femme n'ayant pas par son corps le même désir de
plnltiTr l'objn, nous dirons que sa volonté d'analyse (pénétration
sublimée) est moindre. D'où sa plus grande attirance pour la pensée
magique
4

Dql vouée par la dissymétrie de l'œdipe au psychologisme et,
sur un plan plus abstrait, aux analyses partielles dénuées de

5
, on peut raisonnablement en conclure que la femme est
profond6ncnt inapte l cette activité sérieuse et exigeante qu'est la
pmsle
6
• Activité qui, en raison de cc que la femme est par son corps
(structuration biologico-organique) ct par son esprit (structuration
psychologico-affcctivc), revient littéralement chez elle, et pour
J1011er 14 contTtldiaion en soi.
1 Ou piFY t) /11 /l#fltlo-OI'fHJiitùm tles contl•mnlltioffl tle principe comme J/ltJJ
fen._,tWimw S.rbt n Simone tk
2 Com,_ NDIM, «le lY»>tf1mtttle t"Ommmt (ltJ gestion), mJIÜ
f'ID#Ïolt. ,..,.,oi (le Jln1jll), « qtà 1.
,.lili .. ,.
j Cf. • ..,.,.. &'• ,..,,   •
f Nca!......, *"' klfomlrtes 10111 ID dïnws 111* tzrlaui«s. . tt
J CÀ f'IÏ l• fi'NÏIIHW 111r Ir pla 11111 tlimplinn pucell•rrtt
..,,......
tt
«5 Soil le, • .,.. titi,. • ., CGIIRJtl ptw ""' Mflll eoAJrniN
• • •ta!l .. DIU .M llfflliiL
Inconscience de l a double ditermination •t
b'
1

... a.m tva ence
affective
Faute d:une double détermm.auon qui viendrait ordonner sa
sentimentalité sur le plan soc1al, moral ct   fémioi.n
s'exprime par une affectivité d' une étrange duplicité:
- où le courage (moindre nostalgie de l'être tt force d'enfanter)
s'accompagne de la petitesse du projet (réduit par le manque de
vision la gestion du quotidien ct l'intngue)l;
- où l'amour incondit ionnel du (instinct
mammjfère)
2
et de   aimé (image du père) s'accompagne d'une
certaine amoralité envers tout ce q01 est extérieur à la fa mille (cette
vision purement œdipienne ne lUI permettant pas d'accéder la
morale);
- où cette capacité supérieure à a1mer l'ind1\idu {l'enfant, le
et l' homme) s' accompagne d'une propension à la cruauté
mentale dh que la femme ne se sent plus aimée (réactions
passionnelles de la femme bafouée: vengeance, mensonge,
trlllJiSC)n .•• );
-où cette relation passionnelle à l'homme s' accompagne d'une
absence notoire de solidarité entre femmes. et même d'une certaine
tDÎSC)gynie fmùnine (sans meurtre du père, il n' y a pas solidarité
entre filles mais rivalité des sœurs)
3
;
-où une maturité physique (désir d'aller vers le père le
Image et la pubem) et psychologique (rivahté a;·ec la mère fa\onsant
la compréhension du mécanisme de la séduction) plus précoce,
''IClCOmpagne d'une conscience du monde moins étendue (conscience
Pllrement psychologiste et sentimentaliste qui ne lui permet pas
d'att6:irz ll'âhique, ni à la raison).
161
Norme, accidents et pratique
Pour ce tableau (que certains pourraient croire
misogyne), ajoutom en guise d'espoir que si le corps r.,;t demeuré
jusqu'ici un invariant (on se reprodun toujours de la même façon),
l'oedipe comme masculin est une structure existentielle:
- fiOmll#iw, donc soumise aux accidents du vécu (mauvaiS père,
mauvaise mùe dans le cas du dragueur) et
- donc soumise à des évolutions {famille
BlODoparcatale, enfantement in vitro ... ).
l!etprit ffminin, comme masculin, découlant de ceue
lùUCftraboD n'est donc pas une essmce (forme platoniCienne,
ütelope ... ) obfissant l une loi éternelle absolue
1
, maiS une
làltaac:e l ua certain type de représentations, où :
(œdipe et accidents, pratique sociale et évolutions} se
l
-r• (ùpincionsdu corps)
· J!Hiduilre en moyenne:
- qui lisent plutôt Le Parisien et Çà m'int!resse (au
œntna plutet ct scientifique) ; ct
-       qui lisent plut&t Elle et Voici (au contenu
luganent psychologico-affectif avec rubrique astrologie).
Dans c:eae perspective l la fois structuraliste ct vivante
1
, il serait
#int6'c:IIAillt de chercher (comme nous l'avons f.Ut pour le dragueur
3
):
- quels accideDts œdipiens (màe masculine, &ms ... ) ct
- quelles pratiqua IOCiales (dfclassement, ttavail ... )
oat pu paUiettle l cenaines femmes d'ezception d'atteindre une
penlh d'une Willtf iDtdlectuclle et d'une profondeur politique
CJ1M peu cl'homma oat atfdnre daDJ l'hitMiœ
4

Er a   . .
quels acctdents œdtptens (mère abusive pèr .. c:. 'bl c:. •
-
' '- e, ramille
JJ!Onoparentale ... ) et . . .
_ quelles ?rattques (paramtsme, extrême division du
ttarail. emplois. du remaue ... )
peuvent condutre des hommes, dans une proportion grandissante, à
penser er à se comporter comme des femmes.
Disons pour conclure qu'en vertu de ce qu'elle est par son
corps et par son esprit, le chemin de la femme vers la est
encore plus escarpé que celui de l' homme; et comme les hommes
qui pensent et agissent comme tels sont une infime minonté,
il est logique que cette minorité, plus réduite encore chez les
femmes, tende carrément vers zéro.
L'historicité de l'œdipe
Si le corps est notre invariant, la variable historique oi) se JOUe la
di\'ersilication du genre humain en spécificités culturelles et civilisations
doit alors se chercher du côté du deuxième niveau de détermination
qu'est l'œdipe. Œdipe (celui de Freud, Je mien) qui est d'abord une
structure particulière de la parenté:  
-La monogamie, en permettant l'apparition de l'image du père
(dans la polyandrie le père indifférencié reste indifférent) permet,
par l'identification au père et sa projection sur Je fils, la volonté de
1'!16ration mais aussi, par le meUrtre du père (complexe d'œdipe),
la possibilité pour le fils d'une certaine critique réflexive sur  
du bien et l'ordre établi .
. - en permettant à la collectivité de passer de la
division familiale du travail (totémisme
2
) à sa division sociale, a
permis dans l ' histoire l'émergence d'un groupe d'individus
suivant les manizgH font les de
fi difftrmls. Monogamie: r!glme juniiique m t·mu un homme ou une
a110ir plusieurs conjoinls m mbnc temps (Pcot Robert).
orgtlnisation soetilk fomiliflk Jontlle totnns a leur culk,
COnstitue (selon Freud) la forme pnmlllvc tk la morale {Peot
163
spécialisés dans l'échange; échange nécessitant la numération
(comptabilité) puis par la complexification progressive dts
échanges, un certain formalisme mathématique; soit la vision du
monde particulièrement pénétrante d'un groupe social à la folS
commerçant et rationaliste: la bourgeoisie.
Ainsi, le fait que la pensée (au sens supérieur et conceptuel du
terme} ait été la création exclusive des hommes de la bourgeoisit
occidentale t n'est pas un hasard, mais une consubstantialité;
l'expression culturelle indissociablement masculine, moraliste et
rationaliste
2
d'une structure historique particulièrement fécondt :
l'œdipe.
LEs COMPOSANTES DE I:ESPRIT FtP.fiNIN (RtCAPITULATIF)
- Les aspirations du corps (le biologico-organique) : attenre
physique de la plénitude (se faire remplir et maternité) et ses suites
(maquillage, danse, mode, décoration d'intérieur) interprétées par:
- les repr!smtations œdipiennes (le psychologico-affectif) qui
déterminent chez la femme-corps devenue femme-sujet, ses
relations aux autres et à son propre corps, et qui peuvent être de
deux types:
- fonctionnelles: quand l'amour du père (puis de son
substitut) favorise les aspirations du corps (amour et maternité,
maternage et vic familiale), ou
- quand des accidents cx:dipiens ont
généré des représentations qui s'y opposent; soit:
- par le refus de la féminité physique (anorexie,
homosexualité, féminisme), ou au contraire
intrigue);
-par l'apologie de la féminité mentale (séduction,
1 saint Thomas d'Aquin grr:c.
2 l'arpmmt ontologique de Ducarus à la rociltl sans dassu Man. (fi
 

ptlr ltJ 11olontl de Rousseau, /'impbatif ('(lt/gorique de Kant fi
1 etpntllhsolu tk
164
dans les deux cas immatures (refus  
:o. )
(
• r:. • l
ctre mere
pe
rverses mauv:use 101 p us ou moins consc
1
·ente d d.
et
u tscours
justificatif).
Enfin:
- l'origine (l'économico-social) qui, du fait de la
psychologtste due à la dissymétrie de l'œdipe constitue
l'impntsl fbninin (ce que la femme a du mal à se r;présenter
cnmmetd).
Ainsi la moindre conscience de leur diversité et des
antagonismes &onomiques crée-t-elle dans l'esprit des femmes, et
dans l'esprit des femmes immatures
1
, l'illusion
que les femmes constituent un groupe social homogène. Alors que
du des hommes, il n'y a guerre que les gays pour croire que
leur saualiœ puisse leur tenir lieu de condition sociale
2

6
lE
E'f LE MONDE DE CE POINT DE VUE
Bien que le chapitre nous ait fourni toutes les clefs
utiles à l'explication du (représentations
dysfonctionnelles des aspirations du corps, réduction psychologiste
due à la dissymétrie de l'œdipe, d'où inconscience d'une position
  privilégiée), faisons l'effort de nous pencher
quand même sur cet intéressant phénomène culturo-mondain.
I..A IUSTORIQUE DE LA CRMTION CULTUREI.I.E
La culture est créée par ceux qui Ja créent.
Si l'on admet cette vérité de Lapalisse, depuis la nuit des temps
sous tous les cieux terrestres, la création culturelle qu'elle soit
poetique, musicale, philosophique, picturale ou littéraire, a été le
fait exclusif des hommes.
Quant à la période récente qui a vu, c'est vrai (depuis Je début
de ce et surtout depuis la fin de la deuxième guerre
mondiale), la prolifération d'œuvres féminines
1
, le manque de recul
historique interdit à quiconque d'affirmer avec certitude la
de leur qualités
2

1
Pour que l'histoire garde en mémoire quelques œuvres de génie,
es hommes ont dO produire c'est entendu, un nombre colossale de
stupides et médiodres, ce qui ne ebange rien au fait que
ulrant cette même et longue période, les femmes sur le plan
CU rurel ' ·
n ont nen produit du tout.
1 p .
''"cipa/
· · 1
Philosopl, ement dans le domaine littbaire, la productzon muszca e et
2 Si IQ lks femmes restant quasiment nulle.
ft 91l'il lk Fkzubtrt semble chaque jour un peu plus justifile, qui
dans un des œuvres de Margumte Duras?
169
et peu fllttCUJC (plltll 1 dJr,
cutUNI)e), le• a wu., t rt t •H•
n'ont produit 1ucuuc: t_cllvrr clr.
,.,. parce qu'elle• en ont • •.
qui te pa1c cet de uvolr par qui ?
de la tloltaee IDIICUIIne comme c1uae
et _..triee de• lemme•
le raponaable de cette
e. hiea .ar R&rimln•rion un. doure
-·qui le beurœ a œwc contcsraûont de poidt.
IUt ela masculins d'œuvre• culturellu
• IODt, eux auui, • dan• toutet le• dîaciplines
liGtaet, sc:ientitique•, anlniquc1) l la
cie Cœuvre -niale, en tant que nouvelle,
immanquablement l'ordre (le dogme ou
pour la philosophie ct l1 science, Je clauiciame, la
oale hon aoGt pour les am) ct l tnlvcra lui, les inrt!rfr• et le•
' 1!1 ela poupe IOdai dont cet ordre (la mon.rchie pour le
èlq; e œllnlique, la bou1poilt pour marchande). tlltt
ia•itu& qui, dan. l'hiltoire, a rarement J'occ••ion
6ire Matir sa ditapprobation aux auteun dea œuYres
et prape•iatet par toutes Ica traca11erie. poiSiblc• tt
iMitlea (coaclamnation de Socrate par arhfniennc,
chi contre Jftus-Chrl•t, condamnation de
,., le tribuaal de l'Inquisition, prudence philo•ophiquc
    et Spiaoa, proces contre Flaubert pour M'*""
mfvente ou pour Mourt. Van
tf Pll'*utiona poUdtree et exil pour Marx, priiOII
•e 180ft pour Che Ouewara. •• ) •.
la MRra hommea, ces ctfateun n'en ont 1"
1
,... • llleMJeur œuwa l biea, 10umat au prix de leUr
., ..........
,.,.,., urdr...,.,.
Püc, durant metne période: ct les ClC\L'( (celle Ct
ttUX de DOD'C classique ocodentale), personnes les m
1
eux
plao&:s pour s'adonner à la création culturelle, parce qu'dies en av:llent
k loisir d les moyens, ont toujours été les femmes. Femmes de ces
. d . 1 . ,
mlnJCS groupes soaaux ommants qut, orsqu'dles se sont entichées
de alaboo n'ont jamais produit que de la copie   œ
m.,dioc) ct du maniérisme (copie d'œuvm masculines féminis&s) '·
En matiùc de culture, le meîlleur apport de ces femmes du
monde fut, au mieux, de mettre un peu de leurs privilèges au
w:uicc des pics dans la g&le
3
:
-par la cttation de salons (comme celui de Mme de Staël et
p1as prà de nous celui de Gertrude Stein) ou, à défaut des moyens
Dlcaaires,
-par le doo de leur propre personne (dans le cas admirable de
lamy \ba \\atpbalen) ou, à défaut d'une telle
-par œlui, plus narcissique quoique agréable, de leur anatomie
(œn•gv: pour Lou Andreas-Salomé).
Pour luer tout doute, il faudrait bien sOr nous situer aux temps
ale moc habitude n'avait pu créer de tradition culturelle.
Orip.es diffici.kment atteignables des aspirations et des relations
h
ch . 4 •
7
Del que oous avons dqà abordées au plieMent apttre par ·
-kCDI'pl (sa aspirations biologico-organiques) et
- fWipe (mations du nourrisson aux premiers autreS que sont
la "!n; ct le pàe),
etq.e DOUS.UOns maintenant essayer d'atteindre par:
111
-l'hisloirt du fait meme de   de l'œdipe.
Rcmonto.;. donc ll'aubc de l'humanité pour sur la
paroi d'une potte la œuvre d'an: un bison avec côté le
de la main qui la peinte.
À qui &ait cette main ?
La question parait saugrenue tant il est m dcnt pour tOUS q ue
cette main &it la main d' un homme
1

Essayons de comprendre pourquoi.
Dans la caverne, le feu, les enfants, la sécurité, le début de la
socialisation ; dehors, le danger, la nature hostile et la nourriture
qu' il faut aller chasser. Dedans, la qui ga rde sa
dehors, l' homme-chasseur plus apte à cette t1che pour
l a double raison qu'il n' en fa nte pas et q u'il es t plus fon
Un jour un homme revient à la caverne d'où b
femme sort peu, et trace sur la paroi l'animal vtvant qu'il a
dehors. Pourquoi ? Pour tenter d'agi r sur lui> S1mplemenr se le
• La question qui nous 1mporte sc si tue sur un autre
plan. Pourquoi la fe mme qui passait ses journées devant de.s parois
nues, n' a-t-ell e pas cu, elle aussi, le ct l'idée d'y peindre )CJ
qui l'entouraient ou lui tenaient à cœur : son enfant,
l' anamal devenu nourriture? Quo1 qu'tl en soit ct n'en déplaise aux
on n'a ni enfants, ru plats peints sur les parois
des grottes mats des animaux de mains d'bommes.
• St donc l'entrave masculine ne suffit pas à expliquer La stt.riliti
des femmes (putsquc des bommes dans les mtmes
conùiuons y sont parvenus tout).
F.t &i dh l'ongine (à une oà il est difficile de toUt
p:ar la tradiuon) les femmes n'ont pas ressenti l'c:n\<Ïc: ct le
be\otn de
1
  pem etre que le premier ennemi de la ·
• • , CU ,,.."
mtnane n est pas 1 homme, comme: le
ma11 lol femme dle·mEme.
172
Corigine masculine de la valorisation de la femme
Pour un peu plus la vision féministe selon laquelle
l'homme ne: serait qu'irrespect ct exploitation des femmes, ajoutons
que Ja valorisation de: la femme est encore une: œuvre adusivc:mem
masculine.

Comprenons pourquot.
Si les aspirations du corps et l'œdipe nous poussent à valoriser
l'autre (la femme: et la mère pour l'homme, l'homme ct le père pour la
femme), le fait que: la mère: soit aussi l'autre pour l'homme: alors
qu'elle est/( mêm( pour la femme (origine biologique de la
dissymétrie de l'œdipe:) entraîne de: l'image de soi un respect différenL
Si le meurtre du crée chez le: garçon un respect de l'homme
autrt que celui qu'il a pour la femme: (respect d'ordre: moral au-delà
du respect purement affectif), chez la fuie: la rivalité avec la mère et
sœurs pour la du père: (séduction qui la maintient c:n
la catégorie morale) tend à dévaloriser l'image qu'elle se fait
femmes et d'elle-même
1

Différence psychologique qui explique sans doute que la
valorisation de la femme reste: la préoccupation principale des
!lcintrts et des poètes, alors qu'elle n'est pas même au cœur de la
rtttnte littérature fémininc:
2

- Pour revenir l'histoire, cette valorisation toute masculine de
la femme tient à l'origine à ce constat magique: pour l'homme des
la femme est donneuse de vie.
-Quand plus tard l'homme, identifiant son rôle: de père,
CO!nprend qu'il est pour quelque chose: dans ce miracle, son respect
la femme devient moins direct et plus narcissique, puisqu'il
leSse aussi à la mère de ses enfants.
la haute valorisation de la femme est sans doute
du coupk (l'union cxogamique et monogamique)
1
& "''flk Ife •
• • •

  ou œ nnutlhO'tl tk
0.., '- • nNhO'tl ndturr/k.
,...__, IIÏOW ICIImc- phu& iiiiiOUr tk 1011 lfÜk
173
!dolllt l'ioatitutionnalisation passe en Occident par la
!Cation s:eliiieuse de la Vierge Marie de Bâle, 1431).
oapll:: J*lequclla fi:mme ct l'homme devteonent devant Dieu lC$
d'un pour la vie, ct dont l'enfant de cetn:
Mill at la mante inc:amation-
Que sa viaion de la femme soit psychologique, magique
clyol$tique ou spirituelle, ce n'en est pas moins l'homme qui
chaque foia la femme l une certaine hauteur
1
• Obligé, c'est vrat, de
.rapecrer et son pour pouvoir se respecter lui-meme.
CW&IIaadon avantagasc (pour elle) de la femme magique
Le pouvoir que la femme a sur l' homme lui provient donc
d'.bo.rd du rapect que l'homme a de l'image qu'il se fait d'elle.
Respect qui puise principalement sa source dans l'image de la
Dalrez. et certet pas dans la reconnaissance d' une quelconque
ou intellectuelle des femmes.
Aiasi plus l'homme, par sa pratique, prend conscience de la filk (la
plblw: bonniche, salope ou folle) que lui cachait la mm, plus son
rapcct a priori de la femme s'abaisse au niveau des femmes delies
  d&ouvre l'ambivaleoœ ct la dupliciœ
3

Pour eue encore plus clair: le pouvoir de la femme est d'abord
Celui que l'homme lui donne en ae trompant un peu sur elle; ct le
moins que czp&ienc:e de dragueur me permette d' affinner
c'est que la &mmes ont, en IDOJCIUlC, plus l perdre qu'l gagner l
eue mieux COGDUCS.
La l6daccricel et auara femmes m•lialw:a
4
ont si bic: a compris
tet iat'rtc de ruter Qlagique au cœur de l'homme, qu'elles
s'iaJ6Dieat pu tout un ta.s d' •atucea (appelEes Hel action) l
lü jJmfti:J" CIIIIIJ'l{ lM -+* tle ,.;, l'j•••t fil le_, tMttll-


-••rfii._Hfou••ihi,...,.JFL u·a
••=- 4W •n•ll • • fll.fui
1
ai'• p '.& *" "•"
d
•mcurcr dans l' inexplicable et l'inexpliqué. Évoquan l'é
1
' · h t; · • . t terne
flmimn c aque 01s qu on voudrau les engager sur le terrain
du concept et de la transparence; préférant imriau- 1 ô
liu il L<> 1 . . • P Ut t
que de dévo er uctement eur maptttude et leur
Corigine masculine du féminisme
Comble de l'ironie c'est bien sOr en Occident, là ol! LI femme est
le plus respectée et où elle a le plus de pouvoir, que naît le
féminisme. Féminisme politique dont le créateur en France 1 n'est
pas une femme, mais l'obscur Léon Richier à qui les
doivent la création, en 1869, des "Droits de la femme" ct
l'organisation, en 1878, de leur premier congrès.
Quant au féminisme théorique de Simone de Beauvoir2, il est
de son propre aveu la succursale féminine de l'exiStentialisme de
Jean-Paul Sartre, dont il épouse le parti pris
philosophique-' (ce qui de la part d'une héroïne ne constitue
pas le comble de l'émancipation).
LE FboNJ.sME COMME PIŒTENDU "roiNT DE VUE" DE LA FE.\WE
Si la naissance et le vécu élaborent chez le sujet un point tk
P«rticulier (notamment celui du dragueur par la structuration
social-affective de sa sensibilité, comme la prcmiùe partie du livre
s'est efforcée de la raconter).
Si l'identification réflexive de ce point de vue particulier ..

constitue la condition préalable à toute pensée un tant son peu
1
NOUs 14issons k t{jtt/e ftminisme anglo-saxon dont les dltmninati()fiS punui?a
;,:;:;miles typiquement protestantes nour semb/enJ ltranFs i la SII'Uilhon
tktu IQmes t14ns Le Dcuxiàne sexe._ . • ur
t'Onsisutnt 4 franciser la tnminologre clrnquanre b po
!7 • • n du flminisme deux SOUJ-produtts  

ts
f'IÎ 11'11 rim puisqu'elle Cert/IITIS
11
nr
Il UJr l'OS "*'tti/ SUT soi.
175
objective (comme le d&ut de la seconde parti ' .
de l'expliquer).
e
5
est enslllte efforcét
Pourquoi en irait-il autrement quand il s'aaôt d' c:
P
1
.
b" une tenun
ar que et de quel droit 1 deux po ts d e.
b
. · J'
m e vue ff,., ; __
ten pamcu ters (par exemple celui de Simone d n_ .
d
'Éli L-th B d' • · e .ucauvou et c 1 ·
sauc a mter) s éngeraient-ils en point l e Ut
· d fi
= a
en alors qu'aucun questionneme éfl
n'a permis, ni à l'une ni à l'autre, d'accéder seul:: extf
consaence de soi ?
nt à b
Qu'il existe un espn't f bninin (soit une ff-'-' -e d
1 ch l
"-UUJUll C VOlt
es oses , comme nous avons tenté de le démontrer au précéd
chapitre) qu'il existe un uniqUt pomteX
11111: M Iii   Evtdence d autant plus criante que le voc
01
bJc
•tmaiDfsme• dqà, chez Simone et Élisabeth, deux points
de vue COIIlitladiaoires par ailleurs aussi peu représentatifs l'un que
l'auue da de la plupart des femmes.
Le masculinisant ou le point de vue de Simone de
Beaawir (la flipp&)
Pnulim1 IOUle SIOfl enfonce la fillette a /tl brimée et muJille { ... ]
ertes, Ill pubnt/ transforme le corps de la fille ... (mais) ltJ
flminitu SIOfll 11Uinlrtzhles {. •• ] insolites ginants les snns 10111
un tùlns les nercices llioknts ils rappellent leur prht:nct, il
frlmisstmt, ils font mill. Dorhummtla force musculaire, l'endurance.
l'agi/ill tle la femme sont inflrieures tl celle de l'llomme. Le
tllslquilibre des skrhions hOimonales me une instahilit/ nmlallt et
fltUO-motrice. La crise mnutruel/e est douloureuse : maux de tite;
courbtltures, douleurs de ventre mu/mt plnihles ou mime impoJSib/a
les aaiflills normales; tl ces fi'Ullaises s'ajoutent soutlt:nl des troubles
psyc/liques {. •• ]as troubles(. .. ] font du eotps un leran qui s'inttrpost
Ill ftm1111t: el le mmule, "" brouillard brtJlant qui pèse sur elle,
fhDII.ffe {. .. } Oppmsk, elle tlmetu lltriiiF tl e/Je-m/ml·
• • • • • (t
21},; • AIINfl&llaw ,., .,. ·,-, M .-· • m.U 1. """""'* mrl'
fpgg ZNwfti • • œ
/16
(Lt tome II,     premtère pa
1

. 2 La . fil' . r te .
Formauon, : }ttme te, extratt\ de, page 89 à 91).
Cette description apocalyptique (qui court <ll nst ,ur des dtzaines
de pages)
1
l'évidence le potnt de vue d' une adolescente
proche de 1 (et du saphume).
Vision que faute de l'identifier, revendique
comme une pnse de consctence qu'elle projette ensuite
sur la des femmes (heureusement étranghes pour la plupart
à cette vision de flippée). Refus de la comme une
qui se double logiquement de de la
masculinité, conçue comme norme er transcendance, pour fournir
la structure du masculinisant:
- oil Simone, ressentant son propre corps comme un leran qui
la en vtent à penser le corps
féminin, qui la constitue pourtant totalement
2
, comme ce qui
l'empeche et à postuler, au-delà de la femme réelle
(biologique et historique), une fmzme parée de toutes les
qualités masculines
-conceptualisation pathologique que Simone étend également a
l'histoire, pour n'y plus voir que celle des les
femmes à la création culturelle, et ainst de transcend"
11m l'!tre. Création culturelle pensée elle aussi en dehors de toute
r&lîté, et qui permet à Simone de ne pas réaliser non plus que cet
être au-de/tl de la auquel elle asptre, son corps,
hommes et l'histoire, n'est rien d'autre que l'esprzt mascultn
historiquement exprimé par la création culturelle. . .
Point de vue pathologique en une tbéonsatton
particulièrement faible
3
qut exprime surtout, et .à son
tnsu, la revendication sociale d'un privilège fraîchement
• par
une jeune fille de Ja bourgeoisie montante. Celui de pouvotr
":ifmzli s'tsclajf" tkux, trois Lolita r) gro1 seins de ma connaifJlJna.
:j.. Z.. vimt d'a/xml du corpsN au chapit" 5. •
Olmuk k pi" de Descartes (l'individUIIIimu trrmsantl4nt#l), k
(l'K.;., (le tl1111lisme transcmtlantal du corps tl de l'esprit) tl le pi" .ae Hege
llbrofuJ /IOIIr rldui" une prltmdut fresque • 4 un
itl/t,Jisme subJectif.
177
le 1 pour sc: consacrer la création culturelle; soit aux loisirs
traditionnels des filles et des q,ouses du groupe social dominant
Le Uminisme ou l'esprit revendiqué
comme
16
diffâenœ" (la pétasse)
À ce fmtinisme des llippées de la nouvelle
bourgeoisie   va succéder un second féminisme,
ananant cette fois des petites bourgeoises dans la société
de consommation
2

vague Rministe jouant un rôle social identique (celui
d'assurer la promotion des couches moyennes féminisées par les
nouveaux emplois du tertiaire) l'aide d'un discours radicalement
inverse. Au refus et intellectualisant de la fbninit!
des l'apologie de la flminitl mentale d'un
de masse; non plus cette fois au nom du «projet
tÜ l 'existant tk se vers l'!tre ,. (tout un
programme) l, mais au nom de cet !terne/ féminin dénoncé par
Simone de Beauvoir comme mythe et
féminisant moins exigeant que le féminisme
masculinisant qui le mais autrement plus efficace
puisqu'il permet:
- sur le plan de présenter l'esprit fbninin, non plus
comme une accomplir (pour que les femmes en
s'émancipant de l'autre rejoignent enfin l'Esprit) 4, mais comme une
au nom de laquelle la réduction psychologistc:
ne ser.ut plus une pensée limitée, mais une autre façon de pensc:r
5
;
- sur le plan social et politique, de par ce tour de passe-
118
n2ssc: philosophique la difflrence de l'esprit f!minin comme
r-
.
.
une
progresstste en so1, et m€me comme une alternat·
''
. •
1 ve souhaitable (ce qUl revtent à considérer l'incompréhension de
)"6conomico-social un progrès social, l'incompréhension du
politique comme un dr01t un politique) ;
_et sur le plan mondam (terram réel du féminisme), de justifier
par "la cause des l'arrivisme vulgaire de n'impone quelle
pWSSC:
1
• Ce second fémmtsme permettant aussi bien à Tma Kieffer
<k sc faire passer pour une intellectuelle humaniste, qu'à Tabatah
Cash d'apparaitre comme une héroïne du combat des femmes pour
leur émancipation.
De la ftipp« lla ct retour
Ainsi l'agaçante mais émouvante revendication des jeunes filles
de la nouvelle bourgeoisie d'après-guerre d'exister autrement que
par le mariage et la séduction (comme artistes et penseuses) permet
aux petites bourgeoises arrivées de la société de consommation de
jouer sur les deux tableaux. De n'être en somme:
-Di mœ, au oom du droit au travail (d'abord confondu avec les loisirs
cukwda 1 plc:io IPmps, puis avec les faux métiers de la communication);
-ni travailleuse, au nom du droit à la séduction
2

Confusion, ou mauvaise foi, d'un féminisme de masse promu
par les m6iias (notamment les magazines féminins) qui permet
d'aujourd'hui de succéder aux flippées d'hier, avant
de faiR de ces les flippées de demain:
-la brave fille égarée par ces prétendus acquis cumulés
se retrouvant obligée d'être et
(aalariœ et s61uisante) sans cesser d'être mère, soit un tnple travail;
  woman se retrouvant à quarante ans
3
vieille (selon
119
ses propres seule et sans pour qu'elle a
les meilleures de sa vte de femme à enrich'
• tr un
groupe financier toujours auss1 macmste.
Rares sont les (mise au point)
La plupart des femmes   ni bourgeoises de gauch
flipp&s, ni arrivistes, rares sont les e
Percevant la comme une grâce (plutôt qu' une
le travail comme une obligation (plus qu' une
lib&ation), la femme normale n'a souvent pas d'autre choix que de
prendre un emploi
1
pour nourrir sa famille. Sunout quand cdle-c
1
se dduit, pour cause de divorces de plus en plus une
mm seule ses enfants.
Mais les
2
logiquement
dans les m&lias (qui sont depuis trente ans le déversoir de
tous les parasitismes culturo-mondains), ceux-ci peu peu
en discours dominant leur vision pourtant fon éloignée de la €
VISion minoritaire et discours médiatique qui ne constitue pas
meme un lobby puisque ces féministes de la communication n'ont:
-ni réel pouvoir (celui-ci restant en général dans les mains
masculines des actionnaires majoritaires du groupe qui les emploie) ;
-ni le d&inage, l'intrigue et le couchage rest:ant -
&uœ de pouvoir - la rqle traditionnelle des promotions internes.
Lecture ldiflante de c Elle »
Le mapzinc hinin
5
constituant le premier diffuseur de cette
llfllai • ....., ,..,. aM,_ tl'iMMI œ""'w sunùfJisll (111
Îllht/Jk * lt.lllllilwM n r. mise • ,arr.
.. .. .. ,Ollie,..
180
Jlt"it'.iM amplemt•nt étudiée, te.ntons d'en mesurer l'appon
pJI>•Id la lecture d'un de ses sommatres :
;,..a..t,...
-.•iwtett#« ELLE (n• 2590, 21-27 aoOt 1995)
1
:
,, .
....
:7 fi": /linl141 pour maigrir?
-
raisons s'y adonner.
lkt ;:_:(»til est kur conditton dans mo
llt
1
StJUfrr: Et maintmant star la Ill!.
llfr:&"telleiOIIrtk votre pasonnalitl.
lirr e•r..Miina(se)? Combatif( Et dtcouvrez profil
-;· c Kù/tllzpp!s 1 • (une essaie de récupérer ses
n crl:t& par leur .
.,_.,.-e: Un knlrbillon
Qicd cluzrme.
tnotilles dans  
i&w: Ctnole Bouqua .
..........
MlltV tl Saint-Tropez, plus
(il s'agit de décoration d'intérieur).
ftMta qw ks gosses sont re/ouf
Musique. Till. Artt. Cinbna. Lectures. BD.
Btt/111111. Enllironnmtml. Sant/.
V. fie des
181
Propamsne qui nous résume par le menu tout l'tsprit /mzinin
1



-la &onomico-sociale (celle où les lectrices de EUE
lleBl en employées, cadres, patronnes rentières ) s'
, ... y
trouve au profil psychologique et autre "psychostyle•
.otrt profil psychologique. tus-11ous
?);
-le uavail s'y trouve conséquemment réduit à la paresse
•'-•&r NÙtms tk s'y adonn") et au voyage (De Monaco à Saint-
la phu MJux hôtels);
  au régime amaigrissant (Actualit!: un(
,..;pr?);
"""lla num&ologie et à l'astrologie (Num&oscop(,
lia mondanité {Claudia Schiff": Et star
mode (Haute couture: Un tourbillon de à la
Bo.quet: « Le maquillage pour moi c'est le boulot/»)
  {Artisans: I.:homme de tJerre};
  de séduction (au nom duquel il est
aux lectrices de dépenser leur pouvoir d'achat en

•IIÏIDI
0
1e (FemTMS: Où en est leur condition dans k
_... aas r61actrices de Eu.E de déplorer que trop de
le monde: ne puissent encore se à
de la consommation de masse, dont leur magaune

IDfU bU Ill lllp«''S.
"
1110
1.1 ••• ··•flmi,;, tv •
182
dkoration l'existence de magazines masculins aussi
qut' « tEx press •, « Sciences et Vie ,., «Monsieur
BricOlage • ou • France Football •
1
nous apprennent que l'homme
dl capable de passions un peu moins limitées.
- ..   • et « Science et vie » dénotant en effet un certain
de comprendre le monde, que ce soit en tant que société
humaine ou en tant que nature.
- La pratique du bricolage révélant que ce même désir de
mattriser la r&lité existe en dehors de toute culture livresque.
- [amour du football ajoutant à cette soif universelle de
connaiwnce et de maîtrise, le désir de les partager dans l'émotion
d'un effort coUectif:
PassioDS masculines ou moquées par les féministes,
ct pourtant autrement porteuses d'espoir, quant à la possibilité de
panenir un jour A une société humaine souveraine et réconciliée,
que le de repr6entations débiles issues de leur problèmes à
sc &ire remplir
2

La PI)Ch•nalJIC de bazar et les conseils "psy"
Sur le plan de la penstt, le féminisme culturel a apporté deux
chota: le hinisme, et un goOt certain pour la psychanalyse.
Ezpliquam tout par l'amour limité à la recherche du plaisir et à
la séduction
3
, la psychanalyse comme la femme ne sort pas de
l'œdipe; dia étaient donc faites pour se rencontrer.
Mais le sy«bue freudien exigeant quand l'apprentissage et
la lllaftrise d'un subtil appareillage conceptuel, le goOt des
pensie magique et sa médiatisation par les
fEmlnulS ont t6t fait de réduire la théorie psychanalytique à un
PIJcbo!oai'DlC de bazar, pRtcxœ A tous les conseils
1 Da.
• "•L
2 n. t:.wJ 10r11 tks llommn JH1fl1' l'immmse miiJO"K·
Jt• Les fcw; de l'amour .
• ,.
. . __ ,_
, - • .., « tk ill CfJIIINii.aM« rme f/111011
f • l'• a• .. • ..,_ 5. . ,
n, - f111 •llo.tit i fH''" bon,•dlesfll
2 El,., lrcJJ!IfG• jllpp/l'<
183
Aprà avoir le droit au plaisir de l'époque
ela croissance (de la pilule au premier choc pétrolier}, le conseil
psy s'est peu peu radicalisé en une plaisir
pour faire face lla crise de la est auss1 celle du
Tournant de plus en plus au gmde pratique sur le bon usage
de la sodomie et les techniques de fellation, il reflète aujourd'hui
l'cxtreme de en fin de parcours, prêtes à tout pour
sc faire tirer.
Le roman tartignol
En terme de marché, il y a longtemps que la littüarure est une
affaire de femmes; principales acheteuses des romans avant d'en
eue les lectrices, l' édition a dO se mettre au diapason de leur
appauvrissante réduction psycbologiste pour sauver son commerce.
D'où la prolifération de romans tartignols dont les personnages
n'ont plus d'autre épaisseur que leurs petits
psychologico-affectifs, de préférence en milieu bourgeois.
Romans etrmûnés à l'usage exclusif des femmes et des tapettes, qui
ont progressivement contraint l'homme à se réfugier :
- dans le polar et le roman américain t ou encore ·
danl
• • '
- s essai (historique, sociolocrique) · forme explicative que
les fi · o· '
.   peu, préférant plutôt que de comprendre ltrt
f1t1ses par 1 &stoue, et de préférence par une histoire d'amour
1

l!Uriture de femme ou la psychologisation du vide
Le roman conte · · 1
féminisée de mporam expnmant. une vision de pus
qu
1
la consc&encc et des relanons humaines il ét.alt fatal
e es 'emmes qui écri , . '
vents y taillent une part grandissante.
184
Pratique compensatoire née le plus
. d J' . . 1 souvent d' un th
affecnve et e , l'écriture de fc e pa ologie
emme exprim d'
remarquablement Unitaire cette Vtsio d fl ' e une façon
P
athétique et frivole, une bourgeoi ••
5
n e 1.'. lppée, à la fois
. ........ ans en1ant ni travail
fait part de son senttment légitime d'inutilité d . . nous
Psychologisme tactile et tourmenté,

le refus see ::_én.eur.
prolonge de son attente comblée par les mots . plie se
b
· ' f d ... pour const:ttuer un
style; a us sensttJ u Je-ne-sais-pas" du "peut-êtr .. . d
1
••
· b " 1 r:. • ' e et e à-
quOI- on vou ant se tatre passer pour l'expres
5100
concise d'une
vision complexe du monde, alors qu'il n'est que le stigmate d
d
. .Q 2
e son
in •gence meme .
du qui atteint son sommet dans les romans de
Marguerite Duras, dont le style dépouillé à l'enreme exprime on ne
peut mieux ce que voit la femme écrivain et ce qu'eUe compmtd; à
vrai dire pas grand-chose.
Le cinéma de femme et de jeune fille
Quant au de femme et de jeune fille, pour se référer A
deux récents: La Leçon piano (film australien de facture
classique) et Les gens normaux n'ont rim     (6lm français
de style "nouvelle vague"), il est intéressant de remarquer qu'au-ddà
de leur diversité formelle, ils racontent la même histoire: celle d'une
trahison justifiée par le désir d'être séduite; et qu'ils expnment b
même problématique: celle d'une bourgeoise flippée (immature ct
narcissique) ayant de gros à devenir pttasse.
Cart contemporain comme décoration d'intmeur
Comme l'écriture les arts plastiques sont pour la selon
' . · d'mtérieur.
son degré de malaise, figuration du vtde ou décoranon
185
S. le pllll social, la galerie d'art offrant à la
      uoe DOUVelle raison de counr les bouuques, voire un
1 •• '
eutre UIOJCD de fàire du commerce , 1 n est pas etonnant que les
WIU qu'oa y apose m&iteat de plus en plus de figurer à la
.,...,.. c IMCie f.t dEcoraCioa ».
La ...,_lwlt&ll,.mceapr'tation
Quaat 11a musique, si la femme excelle dans l'art limité de
l'iaterprEteùon: chant classique ou de variété, exécution
instturw:I'Ule du rq,ertoire classique, elle se révèle beaucoup moins
lfaileiàqu'elleaboldcl'improvisation jazzistique
2
(variation sur
e et la œmpositioo. (invention m6odique) ; soit dès qu'il
i"fii. wiÎAMM de a6llion musicale.
-
Bnfin n'oublions pas entre les deux, celle Ui . .
de Ja par sa q dirc:ctelllent
x-awllo!fique d'ailJeurs haut et fort SOn Sta;::; d' de
'T."" artlstc:.
t. la &,.,., • '
0
""' 1• pé- ou l'on d"
.._. (GdllldUJaon) etre
i)o Jia6ain, aux mfdia.,"' J>a$uut pa. Lo lili,.;,;,."'•• do
.. h6orq..,! la <ultu«.l<!miu;," m&ug, &,
d'-o! mondain, d, mu!.< a«<a;..,, oà 1a
lCn;oc: 1 se garganser de mots pour meubler son vide
la pltasse 1 se remplir les poches, et la bonniche ne pas
MIIDiu à desquelles perdurent les formes
•=a de Ja traditionnelle exprimant Je et la
tocable de "culture en deux écoles
romrœr
1
:
: mal baisées (littérature, journalisme, an
et
.,.
1
)OI!Ies cabotines (comédie, danse, variétés). .
lldc:l, souvent incultes, feignant d'admirer les
• jaJousant secrètement les secondes ·
La ÂM'MDŒ ET LA POUI1QVE
de .la {approche historique)
. . médiatique nous
••e. confusions du
IUr .la notion mlme de fhmni/1.
. k til/br tf_,..
,_., MJ..w 1. tliltw .
• -MMgWriklJrnsltriwiJ
-. rrltlhw .. ..,...,. ... œ '7-
 
181
Le travail d'abord l'emprise de l'homme sur la nature p
c. h . . d ar
l'utilisation de sa 10rce p ystque au servtce 'un projet (chasse
agriculrurc, artisanat ... ), travail et sont symboliquemen:
lib. Mais 1'6nancipation de ce travail physique primitif étant aussi
la voie de toute sociale, celle-ci s' accompagne
  du souci d'effacer les stigmates d' une
d&ormais
Ainsi l'aristocrate affiche-t-il une volontaire pour
ta distance maximale d'avec le monde du travail. Le grand
IUIIt contraint plus de par ses valeurs morales t,
l'interdit en parant sa femme des attributs d'une
ae peut arborer lui-même
2

et au bas de 1 tout travail physique
qui l'accomplit, la travailleuse
parfois meme physiquement, moins
la est donc devenue par
fAI!U'IIPJll8rtenllOc:e ou de l'accession l'élite.
apparat. .. ) par
DIM:C avec la du
Ü rejette aussi bien que
.ct ne vont donc pas
brochette d'animateurs culturo·
de Bernard-Henri Lévy, de
-..a
3
l'incarnant bien mieux
- O:Wie ou J,..nnie Longo.
JA t:MC'JIIIon masculine du tra11ai/ et ,_ ... h
1

.., .. ..., emut
Mais J'association du travail à fa
111
1
• •
ascu rnné d 1 f1
physique a eu pour effet pervers de rejeter da l' b e a oree
uavaiJ, tout aussi essentiel et respectable
0111
re cet autre
'J r. . . • '"·' a maternité
Travaa de la procréation et de l'éd · d ·
. ucanon es enfants
non reconnu par la conceptton rnasculrne maas
1
. . R d' • auss1 p;u es
even tquer le droit au travatf pour les femmes
revenant en effet :
- 1 ignorer, au nom d'une conception éminemment
machiste
1
, Je travail de la maternité et du maternage accompli p.1r
Jes femmes depuis la nuit des temps ;
-et par conséquent à se faire le chantre de la double journée.
Du coup, les femmes qui étaaent traduionnellemenr co-
et cogestionnaires d'une peute entreprise familiale
(la famiJle), ell es accomplissaient un travail valorisant
(l'amour et l'éducation des enfants), se retrouvent aujourd'hui,
pour la plupart d'entre elles, employées subalternes. Salariées
d'une entreprise qui ne leur appartient pas (la socaéré
anonyme), 1 servir huit heures par jour la soupe A un homme
qu'elles n'ont pas choisi (Je patron), avant de retourner la servir
chez elles.
Le tout bien sOr grâce aux acquis du féminisme.
VfpUtf face au travail: revendication légitime et
llnf'+=iniate des travailleuses
•À travail   salaire égal » signifie pour les femmes, c:;m;
JIOur les autres
2
la revendication d'être payé selon 500 trav ' la
•- ' !> 1 pércnce comme
-.a en venu d'une qualité étrangère " a com f. . ment
•• la d. . sociale par aate
·--, religion ou le sexe. Reven 1cauon ·
189
autant qu'en totale opposition avec la  
e• t • • IOn
f!ministe de faire des femmes une catcgone soc1ale à pan 1:
_ le ftminisme masculinisant admettant implicitement une
iD&rioritf ffmioine l combler;
_ le f&Dinisme de la clifUrence habilitant un traitement tout
aussi
Mail cette tevendication des femmes face: au travail n'a pu
dewenir tqitime que parce que leur y est devenue: réelle. Le
technique et le du secteur tertiaire,
suneDUS ces trente derniùes années, n ex1gc:ant plus cette force
physique qui faisait de la une: qualité supérieure
IOUftllt Dfcn•ire et dttuminante
2

Ce que les Uministes avec orgueil comme une
coaquete politique n'est donc, en réalité, que: la conséquence
iD6KtiNe de du travail; ce qu'elles présentent comme
r;at6et des ftmmes plut&t celui de la productivité.
Quai a propà social, l'emploi des femmes ne: sc: substituant
pas ••s'ajoutant lia œ et au maternage:, il équivaut pour
la plupart d'aaue elles l un doublement du temps de travail; soit à
une iadEnllb(e socialel. 1 1 .. ! • 1
La kr Ft (pM .... qae l'homme) n'est une catégorie: sociale
Si la ar le sigae d'une certaine accession à l'oisiveté
woadain.e, la femme pas plus que l'homme n'est une catégorie
i l!ioililtde la-bcJoqraeoise (qu'eUe soit féministe: ou non)
aremeal celui de la traYailleuse, qu'elle et ses semblables
'IP"'set.
      • opposée tlll Mul tiM
...... ,,., attwtple lfllljolm ptU Je setiJ
, ,., .,;; le lrfiWil t/'1111 Jwmtrll
Mais du fajt de l.t r6duction psycho! ·
de J'œdipe-, les femmes ont dans leur à la diss}'tnétrie
minorer l'importance de ces différences
1
e une tendance à
soc1a es· à s .
plusfrmmt- que les hommes ne • e senttr par
. . · se sentent 1
Primat de la séducuon, caractéri stique d l' . r . . ·
1
h
. e espnt q .
cmJXche a sympat •sante féministe de réal"s
1
• .u
1
d 1 fc • ,
1
er que e premter
oppresseur e a emme n est pas 1 homme en soi m . l 'b
1
· h · ' rus omme ou la
femme pus ne e, tout en fatsant de la femme plu b 11 d
1
. . seeet e a
femme plus Jeune ses ennerrues déclarées.
Femmes situées au-dessus d'elle sur l'échelle sociale
0
·
.
, u nueux
armées sur le terratn de la séduction, qui nous ramènent à

• .
nos
fameuses
-bourgeoises flippées (plus riches) ou
- arrivées (plus séduisantes)
sans \"ergogne et en leur nom: femmes de ménage,
standardistes, vendeuses, caissières, shampouineuses et
IDUteSautn:s femmes moins bien loties qu'elles.
Le flmioiame : appauvrissement culturel politiquement
r&ctionoaire
I.:art de femme étant, selon son degré de névrose: réduction
psycbologiste, figuration du vide, imitation ou décoration
d'iot6ieur, il représente dans tous les cas de figures un indéniable
culturel.
Sur le plan politique, Je féminisme, en substituant la .frivolité de
la au sérieux des déterminations éconorruques, sert
masquer l'arrogance de leurs
l'arrivisme de pétasses tout auss1 réacttonnrures ·
• /IOflrquo; il" 'aiste par, malgré 1a dltmse sexuelle des  
"&'*" *' boumcoistllmancrples de mouvement dt dlfms
't ,,. , .,. ' assa crJ1II pour ne
,_lit;
11 misbtlb/cs SQÎent-ils. n'ltant pas encorr
2 fil 'il s4git d'abord d'une question d'argent. 'mes ou des f'ilYS
titlr:i, a y..,. qw ks /lministn rldamcnl rarement ais plutôt des
1..::_ nt k plus 1111a11d, comme Cuba ou la mc, m
Gl) Ils IOciales plus prononclcs.
191
Sous une apparence progressiste, le tant culturel
politique se donc un facteur d'abetissement, d'oppression
de division 10eiale pervers :
-la pr&endue opposition hommes 1 femmes minant la
salariale sur le lieu de travail, au profit d' un stakhanovisme
cr . Mmlt'JI l prouver leur compétence;
- le pdtendu d&at sur l'entr6: des femmes en politique (alors
que rien ne s'y oppose dans la Constitution et que les femmes
repr&cntcnt plus de la des   servant à masquer
l'absence de projet politique, en s'y substituant
1

Le ffminisme de la social-
dfmocnte
Mais si le correspond sans doute à
t•infiret lucide d'un pouvoir divisant pour régner (c'est de bonne
guerre), son progtession dans l'esprit du temps a deux
causes plus profondes:
- la proportion grandissante des employés du tertiaire dans le
monde aocial, et
-l'affaiblissement de l'image du pàe et de son rôle au sein de la
famille (quand œlle-ci exÎS(C encore).
Deux causes intimement qui nous amènent à notre
prochain chapitre, soit l la /hni11isati011 l la fois structurelle et
scr!Mfiaique de DOt sociba occidentales 1.
I.!ORIGINE ÉCONOMIQUE DE LA FÉMINISATION
La féminisation du monde par l'évolution du travail
Nous avons vu au précédent chapitre
1
que l' extension du
secteur tertiaire avait entraîné, ces trente dernières années, une
certaine féminisation physique du monde économico-social. Les
métiers de services (essenti ellement travail de bureau) ne
nécessitant plus cette force musculaire qui limitait l'accès des
femmes à la plupart des métiers traditionnels
2

Féminisation physique évidente (il suffit de comparer l' allure
d'un agriculteur ou d' un mineur de l'entre-deux guerre à celle d' un
employé de bureau d'aujourd' hui
3
) à laquelle est venue s'ajouter
une féminisation mentale beaucoup plus perverse:
-l'extrême parcellisation du travail (taylorisme dans les secteurs
primaires et secondaires, développement du tertiaire) ayant produit
une réduction considérable du champ d'activité et de responsabilité
du travailleur qui, n' accomplissant plus à longueur de journée
1
qu une tâche répétitive (taylorisme) ou fort éloignée de la
production (tertiaire), ne parvient plus à en saisir le lien avec le
reste de l'activité collective·
d'
'
où une réduction de son champ de conscience sociale. Sa
pranque quotidienne ne lui permettant plus de se situer dans le
l Cf "Ltfi::L...r·n•- la l ' . "
'1 - J • •
n '""' . ... po rtrque et "L'lgalité face au trtWfll :
2
111111
-fbnrmste tks travailleuses".
lourde et industrie Ugère constituant les secteurs
3     ancrennement majoritaires.
fllt tk la lfOnfktte pour masquer œtte humiliante fbninitl sociale.
195
monde ct de une idtt de son fonctionnement, m d'avot
1 .
r a
mosndrc incidcocc sur son koluuon.
Salariat du tertiaire et du taylorisme pour qui
l'&onomico-social cesse peu d'etre perçu comme une
humaine ct un enjeu, pour devenir une sone d'espace naturel et
neutre se meuvent les variations psychologico-affectives, seules
détttftlinations d&ormais identifitts
1

du champ de conscience de l'homme moderne
(majorit.aircmœt petit du tertiaire ou soumis au taylorisme)
qui n'est pas sans nppeler ]a psychologiste propre l
l'espnt fEminin- La dmsion du travail jouant un rôle analogue i la
ctiuymlaie de l'œdipe. en masquant progressivement à l'homme
l'influeoœ de l'&onom.ico-social sur ses motivations et sur ses
rdaDoos au auaa, au point de lui faire identifier le politique i la
naturel.
Ainsi la   du tertiaire
majorilaue a du taylorisme ne signifie pas seulement
que l'homme perd peul peu ses muscles dans l'automatisation ede
travail de bunau, mais plw profondiment, qu'A force de ne plus
noir benn de comprudrc quel est son r6le social pour ac:compljr
sa tkbr, l'id& ac lai Yient rnbuc plw de sc poser la question.
D'tliii'IN' Il-•
1
D'où l'holution du de Simone de Beauvoirt
tlisabetb Badinter:
IN
_ le tcminisme de Simone exprimant, d•u::vn IIU)nde
J'homme , la vision psychologiste minoritaire d'une fila'mc: iuue
de l.t nouvdlc bourgeoisie du tettiaire;
- le fe minisme exprimant au contraire rarG
d'une devenue majoritaire
1
• La vilion
monde par l'extension du tertiaire dans lequel if
effectivement de plus en plus dur d'etre un bomme.
Cene extension du teniairc d'une c:xtreme
di,; sion du tra\·ail) devenu secteur mixte ct majoritaire a deux
conséquences sur le monde psychologico-affcctif:
- la mà'c traYaillant devient de plus en plus .... mm abfeare"'
pour son tn&nt
2
;
- cn&nt doat le pbe par du travail clcWcot
paraJl&mcot ·ae pm &iblc"
5

Allianu d'une   et d'ua
qui contribue grandement ll'lclatemeat de la
famille. Au point de remettre en tl'* l'existence meme de
dont nous awons YU qu'il constitue la structure historique.,_
proiR"ÏHDe et de la coa'Cienœ occidentale.
La IDà'c et Je pm, oa Je r6lc ltnletUnDt de l'œdipe
Saas. la pracnce de la mbc et la pr&cnce d'un pm dipe dc-cc
:om (na abteDt, ni faible), le
'"J'ClnntctDeDt
par l'amour
 
Le nourriuon ou la (le originel)
D'abord l'être humain vient au monde en rece\"ant tout et en ne
donnant rien. Le nourrisson vivant effectivement du pur don de la
(don de nourriture et d'amour primitivemem indissociEs) sans
aucun souci de: rEciprocité.
proviSOire, mais premier moment fort agréable dont la
nostalgie: crée, dans l'esprit de l'homme, l'idée d'une vérité
harmonieuse et permanente qui aurait existé avant l'histoire
1

du paradis perdu dont la (qui n'est autre que la
rém1n1scc:nce de la mhe et du nourrisson indissociés) constitue
auss1 notre péché onginel, pu1squ'c:n fondant l'espoir du retour, ou
la quête:, de cet état de perfection où l'on jouissait sans contrepartie,
elle fonde: ct légitime: l'1dée du parasitisme:
2

La famille:, lieu provisoire du parasitisme infantile et école de
l'assumation
3
Le nourrisson étant incapable de: subvenir à ses besoins les plus
élémentaires, mais l'adulte ne pouvant plus compter sur sa
pour lui donner le sein et le langer, la fam1llc constitue {avant
l'école) le lieu de transition qui permet à l'homme de: passer de la
non-réciprocité du parasitisme mfantile à la réciprocité du travail
adulte, par une combinaison de tendresse et d'apprentissage.
Cambivalenc:c du désir ct le rôle du père
Apprentissage de la sublimation par l'éducation du désir, qui
permet à l'enfant d'élever sa tendance immédiate à la jouissance
passive (désir du sein attaché à la mhc:) en volonté ct projet
1 !Jie   premi" ltre antlrieur tll'itre, commune au platonisme tin [01'1ne$ a au
nlo-kantume de 1 'ontologie.
2
sa relation plut pri11illgi!e tl/a l'homme en a sans Jouk u
nomtlfJe ;uf'br'eure, d'où un plus grand MJ()Ïn d'itre se trruluisant tkn.s k ,;:.:


un plus grtznd que dte% w '
'.f. u /tzmdfe, l'tzdokscmt et k monJe• au dtapure 2.
199
d' accompl issement social par le travail et la connaissance 1

Chemin de au monde sur lequel l'individu a une
Bchcuse tend:mce la rechute. de Ja
t!Olottll, au dési r d'escamoter le lien existant entre ses rêves et les
efforts l accomplir pour les
D'où la   sunout pour le garçon, que la juste sévérité du
pà'e vienne la tentation de demeurer dans
du premier attachement à la mère, désormais synonyme de refus du
travail ct
1

AD-dell de la famille, le monde; au-delà de l'amour, le tn.U,
Si donc, à l'intérieur de la famille, les échanges assurant
cahlsioo sont d' abord des échanges affectifs (la mère nourrit
• r&r« d'abord p.m:e qu'elle l'aime et secondairement parce
n&cswre à l'achat de sa nourriture}, cette vision 6
a par ailleurs tendance à occulter cc deuxième
que constitue le travail. Travail qui dans la
bien plus que l'amour.
-·l'enfant vivant dans ct par la m;ew:j
•:nt un sens essentiellement affectif; pour
ca aociété, l' échange signifie maj' c 1rit<airc:u:
l-PI•subsistcr de fournir un lquivt1/enl-lt'tiiNIÙ
3

Ana, IOftW de la vision infantile de l'échange, c'c*.
de la D6ca•iœ de participer à l'effort collc ... •if Viii ne
rn 1 de l'amour de l'autre qui sipific db
... fllleltdfr'r: fC"'igmee morale d'assumer sa part de nw

Loi morale de opposée à la jouissance
premiare que J'adulte, jamais totalement remis de sa
d'avec la mare et de sa chute de l'être parfait, tend à rechercher en
s'efforçant de: vivre sans effon. Ce qui revient dans le monde social à
vivre du travail des autres.
Tentation ou d'un retour au pur parasitisme qui vient
pervertir le travail comme assumation en refus du travail, voire: en
travail parasitaire
1

lnassumt quj constitue donc l'origine psychologico-affective:
- de la tendance à vouloir occulter le lien existant entre désir et
travail ;
- comme: de cc: qui deviendra par l'histoire, l'exploitation
économico-sociale des hommes par d'autres hommes
2

LA MARCHE DU MONDE (SUITE) : LE PARASm5ME
Le parasitisme de l'exploitation
Apras l'équivalent-travail, le parasitisme est donc la dc:uxiame
loi du monde.
Faire faire son travail par les autres, tirer profit de l'autre en lui
prenant le fruit ou une partie du fruit de son travail n'étant rien
d'autre: que: l'expression sociale du nostalgique: de: retrouver cet
premier où le: nourrisson vivait et jouissait sans contrepartie: 3.
1 Celui qu · • l fi ,
CtJchn. ,' na pas a s s'qforfant tk g k
2
, . m.s 'lk11ant des autra.
1
ce procasus !tant
tl .L
r:oku, ma tn;dmd WalraJ et sa   de la
fe tral!a d' p/giSJr n est donc pas unt' dltermination tk '- -'-
' • c lstr qu' d /' b · L "' Vrucur que
t1'1qui
11
al . on (1 o t:/(ln/ tl ce q ''1 .
PvÏsslznc;;;::::''· k plaisir qu'on m tiu !tant rn SOrk 14
constuu!c pgr contmu dans l'objn. r on uc la
201
:4 .. cha uavail   comme volon ré de
w projet f:t l effort rc'\dcnt comu1t rcwur cie
là telltatioD immature ct le du rravaiJ
'lhvaU dont l'effort vise A le: de
aadaeatique et travail parasitaire qu'on ne peut
la aeule mesure de leur
ulle viaion ct une globale de
parasitaire de l' exploitation
masculin) qui s'entoure
plaa psychologique de la Kduction. Sorte de
dont le but social est aussi d'«happcr •
cver dans la hiharchie par une aucrc
ICqlliiiC par la profession.
plus f6minine) de aa Gel
3
n'est pas sans rappeler celui du
plut& le parasiœ du parasiœ
eecboique, l bain l'uoe creoae .....
votrure de sport, puis l<l villa avec piscine, puis le bateau de course,
puis le puis l'avion, puis le yacht avec l'hfficopœre jusqu'l
constituer   de la panoplie du gros con).
Logique du vide et du parasitisme qui fait qu'en les boulots
les plus inutiles sont souvent les mieux r6nun&6, puisque moins on
bosse, plus il faut d'argent pour le supporter '·
lA haut dM
La ville étant le lieu des échanges, les échanges l'origine des
intermédiaires et les l'occasion du parasitisme, la
ville est fatalement l'endroit où se concentre l'élite des parasites:
possédante des exploiteurs et
- élite culturo-mondaine des pétasses de tous sexes.
Les premiers &hangeant leur mauvaise conscience contre l'orifice ou la
ma\JV31Se foi des seconds; tous essayant d'oublier à coup de dtners en
ville, d'autocélébration et   de l'extreme
2
, leur nuisance
honteuse et leur insondable vacuité.
Parasstisme des élites instituées qui fait de la grande ville et de
Paris en France, la capitale de l'argent mal gagné et du luxe, de la
culture et du mensonge, de la laideur et de la mode, de la et
de la séduction, pendant que les braves gens (agriculteurs, ouvriers,
infumihes, boulangers, facteurs ... ) et des élites plus légitimes
(enseignants, ingénieurs, chercheurs, administrateurs ... ) se coltinent
le boulotl.
et le rôle du
Si le pùe est l'école de l'assumation (séparation d' avec la
travail et projet), le c' est aussi la reconduction des
1 À l'invme celut qui fait un travail passionnant a dt ttmps 1) t:Ontllcfn' tl 14
ni d'éntrgie tl l'acte inutile.
2 Prix lmlraim, nuit des Clsars, drogue, Paris-Dakar, l flUI a l'ilasti Ut
tradllronnelle course tl la rostlte.
q tl
3
!luDm tl   mi· lrtlllai/kur, 1'-IM-.r..L _,_
tk   ltl11101iHtion.
1 -·...,...._.-QI ,., est tl
203
par la projection dynastique et l'h&itage (du prestige du sang
i} celui du sang
Mais le père c'est encore le meurtre du père. Soit le moyen et la
(par la conscience de l'économico-soaal et l'llccession l 1.
morale) de la critique du père ; mnque de sa loi peu 1 peu penade
par la te ntation dynastique en dtrive socrate et historifJfl' _.
l 'inasrumt.
Ainsi, à   des (proJet et nac:c
i mmanquablement le parasitisme des fils (des
  bientôt par le petit-fils
1
pour ua - •
projet et un nouveau à son tour perverti par
Ainsi (et en gros):
- le droit du plus fort romai n (malheur au YIÜnm)
droit du romain, (par saint Paul) pour œ
plusfoihk ;
- droit du plus fai ble apostolique romain qai
tou r en droit divin (monarchique), critiqaf
DideroL .. ) pour devenir le droit 1l4lllrd des
- droit naturel de la bourgeoisie m•ol11llile
Robespierre ... ) qui l son tour (de .._
droit du bourgeois (enrichissez-YOUJ), cri•ïta•
(Marx, Unine ... ) pour dew:nir:....
-le droit 1111 tl/sir (freudien).
Droit au qui nous l raNI
contemporaine de   qne aoat dns
critiquer, afin de pounuivre cette
l'inaung et de la c:riâque de
J.!ORJGINE O>tOLOGIQUE DE lA F1:MINISATION
De la justification de l'exploitation 1 son inconscience
La meilleure façon de justifier l'exploitation (pour là
de l'exploiteur comme pour l'ob6ssance de   c'est de bitir
une tMorie de l'inégalité entre les hommes.
\'6-ité transcendante d'autant plus crédible qu'on l'aura reçue
des dieux ou de la nature
1
, et sdon laquelle certains seraient
pour &ire le travail (esclaYes, serfs, employés, dominés-.) et d'autreS
pour e.n jouir (Gréco-Romains, nobles, employeurs, dominants ... ).
que se passe-t-il dans une société ayant  
la nôtre par exemple, cdle des droits de l'homme? Eexploitation,
contraire la morale des exploiteurs eux-memes, doit alors eue
Comment?
- Soit par la scimœ iœnomique;   outrance {et
parfaitement stérile) de l'économie politique permettant de
masquer l'exploitation des bommes sous l'exactitude apodictique et
politiquement neutre des mathématiques.
- Soit par L'inconscient; le nec plus ultra (pour la culpabilité)
6:ant encore que cette exploitation reste cachée l'exploiteur lui-
même. D'où   de la psychanalyse.
Ù rôle dans la psychanalyse
2
En réduisant le rôle du sa seule rivalité affective avec le
fils (occultant ainsi son rôle social d'6iucateur et de contrepoids
1 z.. riœak

(ms • 1. flmirmu m
COtufUIHt.-.1
tks COIIKI/s pty) pnwtmat ,_, eumpk M .,
h pl tu fon (sllutitnl 11•'•"1/e, i•ni•as ... ) ,., 1111e Ïlll"/"lt•tion
à si'-atks ••iwaw
lwif
w lf*iseT k -Jn 14 f111Ciui•.J
1
se, ,.;,
;;-"':"' etpl"'''"'- swds a;:ii!J
IOCIIIk ,_.,_,kt mo,oau
1
•r, er er pctlifitr rs M .s Mlin..
. ,. la pou r l'enfant de demeure d

r ans
1
,. n'·" de sa dépendance à la
uomatu u: 1:>- • •
- la psychanalyse habilite le pur parasmsme mfannle au nom de
la
pour le fils, de lutter contre le refouJ.:
n d . . d 'é .
1 cet empêcheur e JOUir et es panou1r qu'est le !>ère·
_psychanalyse qui limite du même coup le monde à La famille
les aux seules causes affectives
1
, pour rejeter la
Jldaticm plaisir 1 travail en dehors de toute réalité;
_ théorie psychanalytique qui permet ainsi à l'individu (qui en
1
les moyens) de prolonger indéfiniment son parasitisme mfantiJe,
d'abord sur le dos de sa famiUe puis sur celu1 de La coUecnvité, au
nom d'un droit au dlsir qut a force de prescriptioa
mbficalc.
li'fÇJhulylc, de l'inconscience
la psychologie des profondeurs rcmarquoat
familialiste et purement parasitaire de
llp:Nld A la situation objective des patients
._..pour de sa théorie
2
• Tous cadet(te)s de-
bOur pour lesquels le seul obstacle A la jouissance et a
effectivement le moralisme (plus ou
pcrven) du pbe, et non une plus triviale question de Q)8j
sociale et de pouvoir d'achat J.
RanarquOa. encore:
. -qu'en reje••nt la question du travail dans un inconviall
· 'la
M:OIIC m CUR ne pourra da.oiler
1
la ps-&. ...... a-.-
au bo · '
uraeoaa lOD parasitisme, l'habillant meme des
1 Rià;w, llitul 1. ._u _
• . ...... _,.,..,_,.; .. ,;Off ù l'ntml ....... 1
2&- lt/IJ: i•i ..
Je.,,_ • • SÂII'-
#1( .. •7 fll'•l • œ • • •
•• • ••• ,..,.,. ...... If.
'' ....  

PifA\ ...
-
émancipatrices d'une lutte douloureuse, mais courageuse, contre le
pàe (l'interdit) ct le refoulé (la névrose).
Remarquons enfin:
- que ce rôle idéologique (et inconscient) de la psychanalyse n'est
sans doute pas étranger à son colossal succès auprès de ceux qui en
constituent la clientèle naturelle : les cadets de la bourgeoisie
1

Les limües de l'œdipe bourgeois
Mais pour ceux qui n'ont ni le pouvoir, ni les moyens
économiques de leurs désirs, lever l'interdit du père ne suffit pas. Le
patron
2
, sorte de père du père, lui faisant une ombre symbolique
d'ailleurs des plus concrètes sur le plan de la réalité.
Quant à la libido, nous avons vu précédemment
3
qu'elle a
constitué de tous temps l'activité de loisir la plus courue des nantis,
et qui plus est des nantis oisifs que sont les cadets de la
Pas étonnant donc que les travailleurs et les pauvres soient si
peu réceptifs à la vision psychanalytique, et si éloignés du divan. La
névrose étant un luxe auquel ils n'ont pas droit, ils savent se
contenter du malheur.
Du désir psychanalytique à la consommation de masse
Parce qu'elle fait une apologie discrète du parasitisme,
l'idéologie freudienne va être successivcmem reprise et adaptée par
tous ceux (individus ou groupes sociaux) qui, accédant ou voulant
accéder à un certain parasitisme, ressentiront le besoin de se cacher
derrière le droit au désir
5

I Leurs aîn!s lui pr!fbantla  
2 Ou k crmsortmm, ou l'État.
1 Cf slductzon" au chapim 1.
4
d Ùs prloccupauons lrotiqua llllnt inl!mNnmt proportionM/ks aux bi. ·
u travail
o tgflltons
5
Il rn imbrsmnt rNnarqu" «lui qui le droit au
  t:dui qui aux moytmJ n d r m le
o son at,dul fOudainc t) d!fmdrc /ibert! rlaltsatJon;
207
Ainsi:
_au droit au Ms1r du freudisme d'avant-guerre, réservé à la
aèmc: de: la bourgeoisie: viennoise (Anna O. se remet de sa névrose),
succédera:
_ te droit au désir du surrialisme de l'entre-deux-guerres, prôné
par une avant-garde: de petits bourgeois cherchant à réussi r dans le$
ans (L'Âge d'or de Bunuel provoque: l'exclusion du Jockey Club de
son producteur le vicomte de Noailles), auquel succédera :
- k dro1t au désir de /'exùtentialisme conçu par
Jean-Paul Sartre pour plaire à ses étudiantes et conforter dans leur
bon droit b futurS cadres du tertiaire (la jeune fille rangée s'engage
<bos le féminisme) ; auquel succédera :
- le droit au dési r du gauchisme des années soixante-dix,
fC\OCodiqué par les enfants des cadres du tertiaire voulant jouir des
auntagc:s acquis par leurs parents en dépensant leur argent de:
poche: dans la de consommation (le: fils de: la féministe:
1
s'achète de$ d1sques pop); auquel succédera :
- le droit au dés1r social-d!mocrate d'aujourd'hui, au nom
duquel chacun est désormais enjoint de consommer afin de: faire
tou mer!. société de consommation (le rebelle-lycéen-rappc:ur porte
une veste: de survêtement   un sweat-shirt "Champion", un
bas de jogging "Han es" et une paire de "Reebok").
Le parasitisme éhonté de la bourgeoisie "de gauche"
Ces courants successifs qui jalonnent l'évolution sociale et
poli tique de la bo urgeoisie "de gauche" (de
mtelLectuel-artiste au conseiller-publicitaire) va lui permettre de
JOUer sur tous les tableaux. De dénoncer en meme temps:
- le: paternalisme: rétrograde: des petits patrons des P.M.E. et des
de: la bourgeoisie de: droite traditionnelle, et:
- les revendications bassement matérialistes des ouvriers
1 · • , .

tk nu'!"' s d l'autoritl Ju pm pour insptrrr liU /Jooi,-

208
lia C.G.T.
1
, de sympathies totalit.airesZ;
au nom de la lutte et progressiste (voir meme
dvolutionnaire) du contre le pouvoir du et le travail de
droite
3

Double opposition et double rejet du monde ouvrier et de la
bourgeoisie traditionnelle, qui permettra au bourgeois du dhir tk
gauche de participer activement la mise en place de la   de
consommation à un poste bien  
- soit comme apologiste du droit au d6ir
(intellectuel de la nouvelle gauche, journaliste au « Nouvel Obs •,
publicitaire. .. );
- soit comme liquidateur de la petite entreprise et du salariat
français au profit du pouvoir financier (conseiller en management
et ressources humaines, cadre chez Havas, ministre
mitterrand iste ... ) .
Le tout bien sfu en se proclamant de gauche, ancien soixante-
huitard, lecteur de Sartre, amateur et meme membre
du parti socialiste.
Le goi}t pour la culture par la bourgeoisie"de gauche" a
en outre un gros avantage, elle lui permet d'être de gauche sans
faire de politique. Charme auprês de tous ceux (de
Pompidou Mitterrand) qui rêvaient de voir la gauche
l'art, afin que la gestion puisse enfin devenir scientifique
4

Comme d'un la culture est pour exprimer le sentiment
d'&hec et d' injustice sociale (sinon l'art rejoignant la vie perdrait sa
raison d'être}, et comme de l'autre la culture, même de gauche, se
finance avec l'argent de droite, grâce cette répartition:
1 Le /f.lrMa • Slguy c-'est qui?» Je Daniel OJim-Bentlit inll#prant k tl/dm th.
/IOU110ir IIJ/arial ap"s a11oir déconridhi l'enseignement public.
2
&lire t! ce tujet notre citation Je HannaJI Amuù au chapim 5.
:. Conknu littlral Je L'ana-Œdipe Je Gilks Delnae et Félix Gruut.ri, ie
boutgeoise Je et du till ire intell«twl Jet tmn1es
où /,ruJiniahle effet Jack Lang.
209
devenu l'escroc (Bernard Tapie);
- le foncttonnaarc, le voleur parfois irresponsable jusqu'au
meurtre (Michel Garetta) ;
-la fanme, la (Tabatah Cash ou Tina Kicffer);
-le jeune, le rebcUe ou l'fuadiant en rien (Daniel Cohn-Bendit
habilll en rappcur) ;
avec dans le r6lc de l'intellectuel au commentaire:
-l'animateur de soucieux d'audimat Oacques Pradel
ouvrant le ban Jean-Marc Morandini).
Pas ltonnant qu'avec cc spectacle, le citoyen devenu pur
consommateur lui aussi sa part de gSteau; grattant son
"Millionnaire" comme un nourrisson qui geint pour avoir le sein.
Passivitl larvaire et exigeante qui trouve son compl6ment dans
le fascisme technocratique qu'on est en train de lui servir.
toligarchic s'activant de son lui ôter
tout pouvoir citoyen
1
; sans se priver toutefois d'attribuer la baisse
de la consommation ct à un manque de civisme

2

J.!ORIGINE STRATÉGIQUE DE U FÉMJNISATION
les origines inconscientes de la social-
(évolution de la structure et des
passons à ses origines conscientes: la
constituant pour ceux qui sur la J un
facteur de profit et d'ob6ssance.
    • • p•r l• mise en place Je stru(lures lchappant 4 tout
imoc?Ot•qw rom"!e la turortJs lk Maanricht. . . .
1 par la baisse Jutau.x J mtlrtt Ju ltvm A..
Oll,_rrlue lconomico-politique composte tks groupes ftnanaers (au C'6f111al),
'«ltriO-flmionnaircs (tl la production) aJa politiqua {tl la communiaztion).
211
D&ir, jeunesse et
Lhomme ayant une tendance infantile à 1'6goïsme
1
, la femme,
comme l'enfant, une tendance inconsciente à ne pas saisir Je monde
de ceux qui tirent profit de la social-democratie
ont donc tout int6rêt:
- ce que l' homme reste un adolescent soucieux de consommer
sans se ptioccuper des autres (donc de politique);
- et :\ ce que la femme, déjà peu portée sur la politique, ne soit
pas trop de son désir de séduire et de consommer par le
séneux de la maternité.
D'où l'apologie permanente du jeunisme propre la
commurucation sooal-démocrate. Le rebelle et la pétasse constituant le
couple id&! de !"abrutissement au service de la consommation
3

La femme, igérie social-démocrate
Nous avons déjà vu comment la société de consommation
utilisatt la femme pour faire marcher son commerce:
- utilisation de l'image de la femme par la publicité en associant
systématiquement son corps aux marchandises pour pousser les
bommes à les consommer
4
;
-utilisation du désir de séduction de la femme pour la pousser 1
consommer ce que lus montrent les magazines: cosmétique, mode,
culrure et autres produits dérivés.
Mais à mesure de l'aggravation de la crise (de la concurrence,
des dssparités économiques et de la surproduction, donc de la
consommation) la social-démocratie compte de plus en plus sur la
femme pour relancer, voire sauver le marché:
1 Ik paT 101'1 plus grand Î111U1Um! (tf. "Le nourrisson ou la non-rkiprodll").
2 Cf. •u, rtduaion pi)'Chologtm ou la smnbllit! fbmnine" au dt4pi'" 5.
J Stms oublin-14 piuuse tk m4.!allm qu'nt ausn la tapdU. • ,
f Sur« point, k se   le Jonc mbversif4 la conJ()f11miiiÎtM, """'!"
crmsomm•nt le meSSIIge plut61 que le produtl, tl prend en quelque IM1e I 'Milf
Ubi4iMJ ù la pub i lOTI propre piège.
212
- le relancer, en qu'elle tmrait sur l'homme (1'6temel
ennemi) un retard de con11ommation combler du fait de son
plus !Uent à l'autonomie fino&ncihc: (on J'j ncitcra donc 1 s'acheter
sa propre voiture pour ne plus subir celle de son mari
1
);
- le sauver, en compta nt sur l 'esprit flminin
2
, son gros
incomcicnt social ct son goOt des objets, pour tenter de nous faire
accepter le r6lc de pur consommateur auquel la
nous a condamnEs.
La ou le monde A travers les yeux d'une
jeune femme
Si la femme n'est pas l'aveni r de l' homme, cHe est à coup sOr
celle de la De là son à ce que les jeunes
femmes
- au commentaire, ?a des postes de communication et
d'animation elles pourront exercer en toute Hbertt leur
critique l la multi pli cation des femmes
journalistes de télévision choisies pour leur esprit  
-ou encore (pour les moins jeunes) à des postes d'exécutants de
gestion elles appliqueront avec û le les restructurations
drastiques. Leur psychologisme les rendant d'autant plus
manipulables que leur moindre les rend moi ns
corruptibles
4

En se servant du droit à la et de la lutte démocratique
contre la discrimination sexuelle, l'oligarchie social-démocrate
verrouille ainsi progressivement tout esprit d'opposition sérieux.
comptant sur la désinformation narureUe du psychologisme
fémtntn et son matraquage médiatique:
- pour hSLer ln féminisntion générale;
213
- et contraindre les machlstcs r«alcitrants (dont je m'eno!'gUeillis
de faire panie) un mutisme honteux
1

Si pour le di cton (d'ailleurs peu la sort 50U\' ettt de
la bouche des enfants, pour la social-démocratie elle doit impb2ti-
vc: ment sontr de la bouche de la jeune fille bourgeoise "de gauche".
Jeune, donc éloignée du sérieux du tra\·ail et de la
fille, donc enfermée dans un psychologisme des plus sentimental;
bourgeoise, donc congénitalement parasite; de gauche, donc
d'une inconsc:ience culturelle. La jeune fille bourgeoise •de
gauche" e'>t encore mieux placée que son frhe (le cadet de la
bourgeoisie) pour ne rien comprendre 1 la marche du monde
1
et
ne s'i ntéresser qu' à ses pents intimes (essentiellement
de rempltssJge).
La compte donc tout sur elle
pour nous éclairer; c' est pourquot elle sponsorise et promeut la
moindre de ses œuvres, allant jusqu '1 inviter la •
cinéaste Judith J l « 7 sur 7 .. , au côté de
Pasqua.
Association moins ridicule qu' il n'y parait, puisqu'avec elle la
social ·démocratie caresse un rêve qui est aussi son salut: cdui que
nous regardtons tous le monde 1 travers les reux d'une jeune fi1k
bourgeoise "de gauche"\ afin de lui biter, vue l'aggJa\'aÔon de la
crise, de devou recourir à la persuasion et bien moans
commerciale du second
1 Il n'm pnll ·lt" pas inutik tk nzJ'I'd" 11.a pltlules p '1m tMilw m j'Uorj •
qui   t# mm. qui 16/mtmr a .« sml rnpMu#ltk M IV
mfantJ; 10it rontnzirt du nzmolli-rrlxlk tlOIIl ella .-nzt
tl voir de plus m plus nutl i SlliÏsJm.
.
2 Un ind1vidu n 'fl}'lml ttut:llwe 1fiÜtm tluoml"ntdrr cr p 'i/ w ûà Dl,_ fllu r '
tk romprrndrr pour ''''" n fKJM' Rffi'Ïnr.
J ()u i tl dlfo f'llhb'INS mlmoires i lt1U. .,
4 Bonne lionne mm, ill jnntc Jilk M tboür J'IÛI "" :;.,,
d'intlrtt, c'ut /11 rommurJICIIIÏtnl t«UI-.illll«nU
1
""
J)•tlmilflqumrmt i ill dlpmWr.
214
À l'lnvtnt, ü
Interdit de jeunesse par la de sa siruation, mais
sur la voie de la conscience par les deux sensibilit6 (bourgeoise et
d' qui se et se critiquent en lui
1
, le est le
contraire de la jeune fille bourpise "de gauche" (que dragueur il
s'est chaque fois qu'il a pu).
Parce que la vie l'a contraint à un   du
sentimentalisme et geignard dont la social-d6nocratie nous
gave, parce que son n'est celui d'aucun groupe social
le € est le mieux pour comprendre le
fonctionnement du monde dans sa et par /'ùulrll
gln!ral, seul fondement et seul but d'une vraie


NUISANCES, CONTRADICTIONS ET LIMITES
DE LA SOCIAL·DÛIOClt.AllE
Si cette globale, la fois (taylorisme et
tertiaire), affective (fin du (extension de la
"de gauche") et stratégique (intérêt de l'oligarchie) a
permis la société de consommation de prosp&er jwqu'A la social·
cette même féminisation n' a fan que masquer les
contradictions et les inconséquences qui travaillent 1 sa pene.
LA notion   inllrimr
Si la d'objets, en vue d'atteindre au standiogJ, a
produit durant la croissance (du plan Marshall au premier choc
21.5
un c_nrichlucmcnt matlricl inJh 1\ill'
bicm pult de contommaùon lud1qU( tel que t<-lf,
hi·fi, touriamc oraanltl, culture & mane •••
Cet cnrlc.h•ucmtnt e'ctt d'un
mut au ni ccnaln 1 rqne da Oh,cu, aahit culn.n<tUts C't dt
loiair r6.1uitet' l'actt d'achat, de la con ' cncc, du .ru de
la ruponaabillt6
1
ct du KRI civique au profit de mc du <!Wr tt
du pllraaitiamc...

Autant de Maradationa IJ)innadlet ct morales qUI ont conrouru
l une: bai11C: de la qu•hll de lM vie c:n
Baiste ohjc(tivc 1le la de la \'Îc Knûbk
db que: la prnKrcuwn (nnt inuc: du (ntces ain: pour ne pu
la11cr) ne: ptut plu•
Car pour qu'il y ait A 111 fi.,j, protit de la contommadon pw
ct pour le• tenAnt• ile l'uhKar(hic) ct progrution du pouvoir d'l(hat
(donc du at11nd111K) de ceux qui n'en &ont pas (l'immense maJonel
du • ill alli qu'il y ait croiuancc2,
P1111tc de 1.111nt, le profit des una (l'oligarchie) tc maintatnt
.tu Mt riment du pouvoir d'achat da auua (vow te moij.
Avec lo1 cmc.J, le 1\0U\'oir d'achat baiuant tt l'obi&Jaboa de
con.'ommcr \C   plu• pressante: (pour sauver la pt06u puatla
wut l'individu ne n:sac:nt bicoc6t plat
que • o\} conduit le l)'ltbnt.
Lafrurtmtlon OfJtlflltlt
216
dont on a sciemment tous les garde· fous
1
, tourne alon l la
frustration organisée.
Frustration explosive d' un désir simultanément et
quj conduit celui qui n'avait déjà plus de morale (cd lc.ci
remplaœc par le droit au désir) à n'avoir plus le moral non plus (Il
baisse du pouvoi r d'achat , la précari té sociale et le ch6mage le
conduisant à la misère et au malheur).
Double démoralisation qui conduit la société tour entihe A
l'insécurité, la violence et la répression.
I nsécurité du travail et des revenus face l la violence d' une
exploitation devenue criante, à laquelle répond la violence de la
délinquance. Le tout encadré par la répression (cont re la
violence de la délinquance) et le flkage organasé (pour protéger l.a
violence de l'exploitation).
De la division du travailleur à la crise généralisée
2
Sur le chemin de la conscience et de la liberté, l'homme a deux
ennemis:
- l'ennemi extérieur qu'est l'exploiteur. Exploiteur qui va
constituer un groupe, puis une classe soctale par la dérive
historique de l' inassumé (c'est l'histoire de l'explottatt on des
hommes par d' autres hommes que le marxtsme a parfaitement
identifiée, ma is sa ns en saisir les origines psycho logi co·
affectives) ;
. - l'ennemi intbieur qu' est le désir non sublimé en
•nassumé. Lutte intime du plaisir contre la réalité, que le freudisme
z. Conscimcç soda/ç dt' l'lquivalcnt-travatl, rô/ç lducatif du P"t'
1
la sublim_arion prf(/f.içmmçnt abordlçs, t' autrt:s ltvlu
..I.rtse qu1 n çn pas ron;oncturçl/ç mais  
1

d< /ç dbnontrçr.
our ( hapllrt t't'tt
217
a su identifier, mais sans en saisir les conséquences économico-
sociales •.
Le génie de la social-démocratie aura été de réussir à faire
exterminer l'un par l'autre: la solidarité du monde du travail et la
conscience de la classe exploitée, par le désir égoïste qui existe en
chaque individu. Ajoutant ainsi à la division du travail (déjà facteur
d'inconscience sociale) la division du
Schizophrénie objective
2
générée par l'idéologie du désir et la
société de consommation, qui ont peu à peu propagé l'inconscience
bourgeoise (de la relation plaisir-travail) à toutes les couches
sociales devenues masse travailleuse et consommante.
-Masse dont l'exploitation assure le parasitisme de la
classe exploiteuse et qui n'a donc pas les moyens du parasitisme
pour   contrairement à ce que lui chante l'idéologte du
d&ir pour la pousser à consommer
3

- Mtuse COIIS()mmank dont la consommation assure en outre les
profits de la classe exploiteuse qui a mis en place la société de
conJOmmation, parce qu'elle en possède les moyens de production.
lcl6»logie du désir au service du profit qui a fini par opposer le
tnvaillcur au consommateur jusque dans l'individu. Conduisant la
l mettre un nombre grandissant de travailleurs
français au ch&mage pour optimiser la consommation (en baissant
les coOts de production)
4
, alors que ses consommateurs sont ces
memes travailleun qui, devenus ch&meurs, n'ont plus d'argent pour
consommer.
,. économique confinant à l'absurde qui révèle toute
l mconscaence bourgeoise véhiculée par la science économique et le
désir freudien. Idéologies complémentaires dont le refus commun
218
de   (sur les deux terrains de l'&onomico-social et
du psychologico-affectif) vise un seul et m!me but : cel ui de
masquer aux autres, à elle-même et finalement à la société toute
la dangereuse inconséquence de son parasitisme.
Le choix de la conscience ou le chaos
Ainsi le profit (au cœur même de la logique commerçante d'une
classe sociale née de la nécessité des intermédiaires et devenue
'
progressivement maître de l' écbange)
1
, après avoi r dynamisé la
r aison (par le développement des sciences au service de
l'optimisation des et de la production) 2, risque-t-il
finalement de détruire ce qu'il a contribué à porter à son plus haut
degré.
La dérive historique et sociale de l'inas.rum! ramenant en 6n de
course le probl ème de l 'éq uivalent -travail, masqué par le
parasitisme de l'échange, sous la forme explosive d'un retour du
refoulé.
Parasitisme constitutif de la bourgeoisie dont l'inconscience a
peu à peu gangrené la société toute entière, et qui
visiblement mener le monde au chaos
3
plutôt que de renoncer aux
abus qu' a entraînés sa position.
À moins que la crise, parce qu'eUe est à la fois la et
le révélateur de ces contradictions, ne provoque in extremis une
crise de conscience collective :
1 D'ahorJ peur des raisons tl'lcklk, car si 14 peut se t:xm1m1er tl un cMt
J'un d'agricuheurs, avec l'aarois.rement dlmogmphique d l'erptmsion du 1IJOtllk
tlf1Pal'rlh nlcœairr:ment la quatrième ftgurt de l'intnmldûzire, ce commerpmt tlont le
pouvoir ne vinlt ni de la force, ni àJJ ciel, ni de 14 tmr, 11lllis du ptznJsitùme progtt»if qu'il
mise en rdation.
2 Alors que ks ttÏINIIIt tltms un Elllt-Cili fonJi sur ks hoplites d ne
de sortir de la pensée pt1rt peur ltlllelllllm" sur k c/Janb! llldgtlire {stJoft
tr«
1
tk '- · appt: lie.
, "'saena

3 Car   la iconomiF se thile ;,C8pllbk
rl'i""rm, c'est l'lmeule.
219
-la conscience de la nécessité économique, sociale et morale du
travail et de son partage, pour que naisse enfm une collectivité
humaine authentique;
- collectivité humaine enfin réconciliée qui n'est autre que la
réalisation supérieure de l'amour auquel chacun aspire en venant
au monde.
'

I.!AMOUR
MALGRÉ TOUT
Maintenant que nous avons fait le tou r du vaste monde,
revenons à son origine qui est aussi notre premier problème:
l'amour.
LA DISSYMÉTRIE DES SEXES
Les filles et les garçons
Comme nous l'avons vu précédemment
1
, les filles s'intéressent à
l'amour parce qu'elles ont des ovaires et un père, les garçons parce
qu'ils ont un pénis et une mère.
Ovaires et père contre pénis et mère, d'emblée l'amour des filles
et celui des garçons n'ont rien en commun, si ce n'est de les réunir
dans l'amour lui-même.
Mais si l'intimité physique comble le corps des filles en ravivant
en elles la sensation d' être investies et dépassées par la toute-
puissance du père, cette plénitude dans laquelle s'abolit le désir
féminin ne peut pas suffire au garçon. Poussé par sa bite à pénétrer
cul, seins, bouches et autres commissures, il ne parvient pas pour
autant à retrouver sa complétude originaire; sa mère lui restant à
jamais impénétrable.
D'où ce désir de pénétration sublimée par laquelle le garçon
devenu.   se met en quête d'un bonheur lié au mystère
I..:impossibilité de pénétrer sa mère le poussant à
P nétrer l mconnue par amour, puis l'inconnu par l'analyse 2 à
mesure qu'il sublime un désir toujours insatisfait. '
1
Cf chapitre 5.
2 Soit l'ind!t ·
1
llgare 14 •- ermm par la pensée a non pas cette partie obscure L l'L

nomme
223
Le sexe et le sacré
Tout chez la femme lui faire confondre le sexe et le 1 •

- sa mission biologique, qui la relie par l'enfantement cette
éternité concrète qu'est la chaîne des générations:
-sa quête de la plénitude, qui l'entraîne de l'orgasme rép.trateur
à la transe extatique où Dieu entre par son ventre alors qu'elle
devrait s'élever à Dieu
2

Constituée d'une seule catégorie mentale par la dissymétrie de
l'œdipe (le psychologico-affectif) pour elle tout est mélangé:
immanence et transcendance, érotisme et commisération, sensation,
émotion, passion, morale, plaisir, amour, ventre et tête ...
Réduisant le bonheur au confort et l'idée de lla
dépendance physique
3
, elle ne conçoit rien de sacn! <>inon les enfants
ct l'amour. Amour au nom duquel elle finit par sacraliser l'objet qui
lui donne le plaisir; soit ce que l'homme considère comme le
pro&nccnlui.
Parce qu'il est fait pour pénétrer mais qu'une mère c'est sacd,
l'homme a inventé cene catégorie transcendante au sexe pour que la
femme en soit exclue: le
Volonté de sublimation totale, projet orgueilleux et civilisateur au
nom duquel l'homme supérieur s'efforce d'élever son désir à l'Esprit,
le sac:d est   de la spiritualitl. Spiritualité devant laqueJJe
il exige que la femme s'drace pour laisser place l Dieu.
ù pl&itude et la sublimation
. La dont le désir de plénitude s'oppose l la conscienœ a
sent! dans l'itlle de Dieu l'affront et le rival. Deux bonnes
22f
raisons pour l'homme p2r une technique apprise dh le
berceau; enfant. séduire le ptte était déji sa \"ocaUOn
1

Jouant sur l'attachement mystique de l'homme l sa ct le
besoin frustre qu'il a de pén&rer, d1e s'arrange donc pour que ça
dure et que ça recommence, en 1e refusant d'abord, en donnant
eruu1tc, puis en menaçant de se l'autre. Effort smpur dont
elle attend en retour le pur plaisir d'être prise c:t de ne plus
s'apparteni r; so1t tout JUSte cc qu'eUe comprend de D1cu.
Dans cette lune, l'homme en manque de et à la b.'lndai on
facile a tout La purée il redevient m.attrc de
son cerveau le trouble de l'érection vient la dltumesccnce).
Quant au plaisir qui suit la conquête, puh l'effort du coït, tl ne \:
Jamais sans ttav:ul
1
, chez lui-même la est une pTOJ«'um.
Lui faire perdre la tête tout en gardant la au froid, tel est $00
suprême plai$ir. Plaisir masculto de la domination qui s'oppose u
respect ; pour lui séduire sa est une déch61nces.
Maintenant qu'il a bien su la prendre, elle fait jatlllf la fontnmc
de jouvence et le regarde inondée d'amours; lui s'est \•idé les
couilles. Comme dans Sarah, la chanson de Johnny, elle croit que ça
commence alors que tout est fini.
I!A.'dOUll DANS LA DUJltE
!!idEe: du couple:
Le, _désir de s'anéantir dans la plénttude ct le d6ir de sc projeter
1 mconnu(e) rassemblent la femme et l'homme aussi sQrcmcnt
qu tls les séparent.
l' h:iais si. ses ont tendance à: disperser
mme Simple:, lldée de la sublirution totale, par laquelle
1 Cf "I... L l' .J • ,.
zc·r•r-     Œ IIIMduzpltrt5.
J 1..11 1«/tnlf/W• .., cùplirr J.
i t.qw/k sn./ k pnu se rlso.lrt fKJflr hre 111 *Ill
225
l'homme ,dépasser, comporte aussi le danger
concret de sa dtSpannon, puasqu en se détournant des femmes il ne
sc reproduit plus. Risque d'anéantissement qui rejoint finalement
celui que fait courir à la femme le désir de ne plus s'appartenir, si
l'homme à qui elle se donne ne la respecte pas
1

D'oi\ l'idée occidentale du couple comme compromis d' utilité
publique. Le saint sacrement du mariage décrété par l'Eglise
catholique (et qui passe par la sanctification de la Vierge Marie) 2
assurant à la fois la perpétuation de l'espèce, le respect des femmes
et la constance civilisatrice des hommes par nature instables, pour
l'équilibre et la grandeur de la civilisation.
Le mythe de la passion
Au couple comme volonté d'inscrire l' amour dans la durée
s'oppose le mythe de la passion; à la fois désir d'au-delà et désir de
rechute; retour du refoulé d'autant <;ouhaité que les conjoints
mal assortis.
N& de l'attente passive et fantasmée de la communion absolue,
la passion ne peut s'accommoder de la quotidienneté. Cautre idéal
!lui lui est n&cssaire n'étant en réalité que la projection du pathos
oà-. melent l'ignorance de soi et une vision   des autres ; soat
tout ce qui manque à l'individu pour se sentir exister pleinement,
mais qui ne peut venir que de lui.
C'est pourquoi toute passion vécue se voit très vite éteinte par la
dum, et ce qu'elle entrafne de désenchantement sur la relation et
sur t•auue.
C'est pourquoi la passion recèle souvent, sous couvert
d'&otitme torride, cette violence physique par laquelle on s'efforce
de dftr\lire l'autre, avant que la durée ne mette d'elle-même un
--ll'illusioo.
Duala mythologie (Tristan et Iseult, Roméo et Juliette ... )
comme dans nos vies, les plus belles passions sont celles
qu'on n'a pas chaque f01s préservées
des atteintes par une séparanon JUdicieusement prématurée.
Quant à la prétendue beauté de l'amour physique, il .de.la
regarder sans en etre pour voir qu'elle dépasse rarement l
des amants passionnés; l'érotisme des uns c'est la pornographie des
autres.
I.!AMOUR TRAVERSE DIFFICILEMENT LES CLASSES
la d'inscrire l'amour dans le temps (le temps réel
de la conjugalité contre le mythe de la passion intemporelle)
s'impose aussi la nécessité d'inscrire l'amour dans un lieu. Lieu
et concret de la chambre et du plumard où les amants
peuvent se retrouver pour s'aimer; lieu social aussi de la
imaginaire et culturelle sans laquelle ils n'auraient
meme pas pu se rencontrer.
Le lit ou la nécessité d'un lieu
Pour comprendre à quel point l'éclosion de l'amour est liée au
concret, revenons à notre jeune fille de bonne famille et sa
studette tant convoitée par le dragueur t.
Venue récompenser la réussite au bac la studette payk. p 1
. . . . • ...... ar es
est ce heu de tranquilhté mdispensable avec lit ll d
bam · kih , ,sace
set com tc enette, où 1 étudiante peut enfin étudi al
et • · · · ). l' . er au c me
s èl phystque sans mettre son phe mal à l'aise
I.:étudtante pente-bourgeoise qui n'a droit qu'à u ha b
bonne sans cuisine ni salle de bains avec plaqu h m re de
est donc déjà moins bien' partie ou; c te et san i-
l extase; surtout à un âge où le sentim p . atttrer et ressentir
confort et ent a• gu du sordide exige
1 Cf. rl:an; ... 3 . "' -- .
r •• e .   "L'
confort'".
227
Romantisme de l'éu·einte directement Ué au niveau social qu
1
pousse naturellement l'étudiante d'extraction encore plus modeste
(réduite à la chambre en foyer interdite aux visiteurs} à rechercher
l'amour chez des garçons plus riches ou plus vieux, possédant local
et confort.
Différences immobilières d écisives qui permettent
paradoxalement aux jeunes filles de bonnes familles de s'adonner à
la passion en faisant fi des contingences
1
, et même de s'enticher
momentanément d'un pauvre comme le dragueur (ou d'un black).
Alors que les jeunes filles moins bien loties ne peuvent d1ssoc1er
l'amour de ses conditions concrètes (local, plumard et confort).
Préoccupations matérielles qui les poussent tout naturellement vers
les garçons d'extraction supérieure, trop contents de pouvo1r
mépriser ces pauvrasses attirées par le luxe dans lequel ils sont nés.
Sensibilité socio-culturelle et liberté illusoire
Plus profondément encore, l'éclosion de l'amour est fonction de: la
compatibilité des sensibiltt!s. Sen sibil ités d'où naissent les
engouements, certes subjectifs, mais qui résultent de la structuration
social-affective assez objective des individus
2

Sans cette compatibilité des désirs culturellement codtfiés par
une certaine communauté sociale, une attirance autre que fugttiVC:
et fantasmatique paraît bien improbable. On peut imaginer qu'une
jeune fille de bonne famille puisse être excitée à la vue d'un
balayeur malien {ou d'un ferrailleur yougoslave}, déjà moins qu'eUe
ait pour lui le coup de foudre, encore moins qu'elle l'épouse
3
.
En fait, pour des raisons aussi mesquines (argent) que spirirueUes
(culture}, l'amour traverse difficilement les classes soaales; saufbtcn
sOr dans le cas des promotions mondaines de la pétasse ou du
dragueur, réputés justement pour ne pas faire de sentiment.
· 1!J 'ls
1 Vouloir •     • da pmtt 'l'
Frigidaire plein.
2 Cf chapitres 3 5.
3   Ll la L'Amant de lady Cbattcrley tk D.H. qut
finit son roman où la problhnu rommcncrnt.
228
La femme comme objet de prestige
Si chez les animaux c'est le mâle qui faJt la parade du
lion, roue du paon ... ), chez les humains il semble au premier abord
qu'elle est faite par la femme (maquillage, mode ... ).
Mais ce serait oublier que l'être humai n est l'origine un
animal social. Animal social dont la parade sociale (grosse bagnole,
pognon ... ) est aussi l'apanage du mâle.
Parade masculine de la frime et de la flambe, que l'homme
déploie en société pour conquérir la femme; surtout la belle qui,
statistiquement plus rare (la demande étant supérieure à l'offre),
représente un objet de prestige à ses yewc.
Lwce de la belle femme convoitée pour elle-même, mais aussi
pour baiser tous ceux qui n' ont pas les moyens de se la payer.
Concurrence entre mâles d' où naît la relation triangulaire de la
séduction (cette possibilité de se donner à l' autre) dont la pétasse se
fait forte de tirer avantage.
La beauté comme monnaie d'échange et sentiment moral
En jouant sur sa relative rareté et la rivalité des hommes, la belle
a donc sa chance de grimper dans l' échelle sociale en échangeant
beauté contre pognon.
Mais pour l'homme qui en jouit dans l'intimité, la beauté sc
tm vite un sentiment moral indissociable du respect. Respect de l'autre
sans lequel celui qui en veut pour son argent aime à chercher la petite
bête, trouvant bientôt wlgaire une bouche qui lui semblait pulpeuse,
trop long un nez qu'il avait d'abord trouvé grec, pour finir par ne plus
voir qu'un strabisme idiot dans ce que d'autres appellent une
coquetterie dans l'œil.
En fait pour celui qui l'achète, la beauté n'existe guère qu'à
  là et autant qu'il se trouve d' autres hommes pour la lui
enVIer.
229
LEs PETI'I'S ARRANGEMENTS DE I.!AMOUR BOURGEOIS
criants que la avec un riche mais tout aussi
douteux sont les petits arrangements de l'amour bourgeois.
Amour de l'autre, amour des autres et amour du même
Dans la compl6mentarité du couple, l' autre peut aussi bien
servir de masque à l'inconscience de soi, qu'être la récompense du
chemin parcouru:
-incarner la laideur que l'on porte en soi et le châtiment du
mensonge (quand un tocard s'acoquine à une p6tasse);
- ou la d'un amour auquel on aspire et pour lequel on
s'est (lorsque Je rencontre ma femme).
En bref, sauf manage forcé, on a souvent le conjoint qu' on
mérite. Se plaindre de l'autre   jamais qu' une façon un peu
lâche de se plaindre de soi
funsi la Jeune fille et le bon garçon
1
rêvent adolescents d'un
amour authentique qui ne masquerait plus, derrière la conjugalité
bourgeotse, la laideur de l'exploitation d'où leur vient leur confort
2

Avant que la peur de manquer et le manque de conscience ne
ramènent cene quête de l'autre à l'acceptation discrète du même, par
l'alliance à l'autre identique. Renoncement à l'amour et à la liberté
3
,
que la jeune fille et le bon garçon appelleront maturité pour justifier
leur ralliement au modèle parental autrefois critiqué. Mauvaise foi et
cynisme du rmftrmemmt pour lequel:
- la conjugalité sera désormais ce mensonge n6cessaire au
confort;
-le bonheur, le contraire de la vérit6;
- et la passion cet espoir refoulé de communion authentique
1 filk (1 bon gruron dont 14 snuibilitl, faite de (1 de bon pbr.
socüzk pnviUgite.
2 Cf cltapitrr 7.
1
LA qu'on su propru qu'on s'nt
pour rkwn1r caug de soi.
230
sun·ivant comme fantasme; à la fois abrme, menace
destructrice et châtiment moral de l'amour trahi.
Les amours ancillaires
Dans le temps, le bon garçon commençait par baiser la bonne.
Pour le de ce premier amour, son l'amenait alors au
bordel où tout rentrait dans l'ordre.
Aujourd'hui la jeune fille de bonne famille se tape un rappeur
en boite, ses parents encore qu'elle apprenne
par elle-même (à un âge où il faut bien faire des expérience) qu'une
grosse bite dans une chambre de bonne ne peut pas remplacer rras
longtemps le confort.
du moindre mal, les amours ancillaires se à
l'usage un vaccin efficace contre la tentation de se mésallier; là où le
brutal interdit parental court toujours le risque de laisser les
imaginations frustrées sous la menace d' un fantasme intact.
La maîtresse, l'amant
les conjoints trop mal assortis, le cocufiage (et autres "5 à 7")
consuruent l'alternance pratique qui permet d'équilibrer le manque
par le remords. On se fait peur avec sa llllll"tresse (son amant), uis on
rentre rassuré chez sa femme (son mari). p
Le divorce
Si le divorce a sans doute permis à certaines fi
cesser d'être les esclaves d'un man· (qu· . emmes pauvres de
d
t avatt tend à
u patron sur plus faible que lui) chez 1 "ch ance se venger
surtout à l'homme de se débarras;er d' es fin es le divorce permet
en d une emme · "lli
repren re une jeune 1 au . . vtet ssante pour
pou .... "d ' patnmome 1
- ..... t at é à se constiruer2. que a première l'a
1 Cf •Ùl .
2 D'où oh;a  
14 ca/ifomimne
·  
de cette t-J
.. aance
231
quarante-cinq ans, le pauvre, pour tirer de la chair fraîche,
n'a lui pJs d'autre choix que de recourir à l'inceste (surtout dans les
régions   S1 bien qu'il n'y a, au fond, pas grande
d.i.fférence entre l'abus sexuel pratiqué en famille qui horrifie tant la
bourgeoisie des vtlles et, par exemple, le mariage de Johnny et
Adeline qui pennet à un vieux de se taper la fille de son meilleur ami.
La prostitution pure et simple
Pour éviter le coOt d'un divorce, puis d'etre obligé d'épouser sa
maîtresse (ce qui ne fait jamais que déplacer le problème), rien de
tel que le recours à la prostitution.
Aller assou\'ir ses fantasmes aux putes permet en effet à l'époux:
- de continuer à respecter sa femme;
-de se des risques destructeurs de la passion;
- et de ceux, plus onéreux encore, d'une maîtresse en titre qui
cherchera bientôt à se faire épouser.
Prostitution et famille ont d'ailleurs toujours fait si bon ménage,
que 1'1ge d'or du bordel est aussi celui de l'amour bourgeois.
LE DRAGUEUR OU J!AUTRE CHEMIN
-Parce que la mauvaise mère fait qu'il en a toujours revé;
- parce qu'à cause du mauvais père, il ne peut cacher son
sentiment d'injustice sociale derrière les sentiments;
-parce qu'il n'aime ni les bourgeoises, ni les jeunes filles;
-parce qu'il sait reconnaître les et les flippées;
-parce que les femme les hommes qui les connaissent
et aussi ceux qui savent y faire;
-parce qu'il a compris la grandeur du couple;
- parce que devenu son propre l force de souffi'ance et
d'diOn, il peut enfin choisir sa mère·
le au bout du chemin aussi recder l'amour. Et s'il
choisn finalement la solitude, au moins sera-t-<lle assumie.
BŒLIOGRAPHIE
D,abord, les quelques livres qui permettront de mieux
comprendre ce que cet ouvrage s'est efforcé d'accomplir
1
:
humaines et philosophie Lucien Goldmann
  et le Code de Clouscard
Histoire et conscience de classe de Lukacs
formelle, logique dialectique d'Henri Lefibvre
  la pensée d'Henri Wallon
Ensuite, les principaux livres sur le sujet (l'amour, la femme)
classés par ordre (approximatif) d'intérêt décroissant :
Banquet de Platon
- Sexe et caracthe d'Otto Weininger
de l'amour fou de Michel Clouscard
-Mensonge romantique et vérité romanesque de Rent Girard
  et l'Occident Denis de Rougemont
-La Nouvelle Héloïse de Jacques Rousseau
-Les Souffrances du jeune Wenher clef. W. Goethe
-De l'amour de Stendhal
-Des femmes d'Arthur Schopenhauer
-Les Jeunes filles d'Hen1)' de Montherlant
-La et le pantin de Pierre Loujs
- Les Liatsons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos
- Don Juan de Molière
-La Philosophie dans le boudoir de D.A.F. de Sade
-Extension du domaine de la lutte Michel
-La Vie d'un vaurien d'Alain Soral
du séducteur de Soren Kierkegaard
- L,AmÉ a.nt de lady Chatterley de D.H. Lawrence
- L rottsme de Bataille
-De la séduction de jean Baudrillard
l   .
etsat sauvage tk struauralisme glnltique intlgral.
233
_ Le sexe tk
- XY
-Fragments d'un discours amourewc tk Roland Bannes
- L'Amour fou à'Anàrt Brnon
- L'Amour de Duras
- Le Nouveau désordre amoureux tk Pascal  
Alain FinltJdkraut
- Bdle du seigneur à'Albm Cohen
Enfin, autres livres explicitement (ou implicitement) citEs, ou
encore mis en cause:
-Le Petit Robert (tomes 1 et 2)
- L'Organon à'A.ristou
- Le Discours de la méthode tk Rent
-L'Opera posthuma: réforme de l'entendement Spinœll
- La Critique de la raison pure Kant
-Les Fondements de la métaphysique des mo:urs itkm
- La Critique de la raison pratique idem
-La PhEnoménologie de l'esprit tk G. WF.
- L'Esprit du Christianisme et son destin idem
- La Raison dans l'Histoire itkm
- Les Œuvres philosophiques tk Karl Mar%
- Le Matérialisme dialectique à'Hmri Uflbvre
- L'Idéologie structuraliste itkm
- La Théorie du roman tk Georg LuJcaa
- Existentialisme ou marxisme ? ükm
- La DeStruction de la raison ükm
- Introduction la philosophie de Kant tk Lucien Gokhrunm
- Recherches dialectiques itkm
-Le Dieu caché ükm
- Lukacs et Heidegger ükm
- La Création cuJtureUe dans la société moderne ükm
- Le Capitalisme de la séduction tk Mime/ Clotut:tml
- De la modernité, Rousseau ou Sartre itkm
-Les Dqlts lib&aJe itkm
-Du . tÙ Rt:w.stet.
-Le Le Diacoun sur Ja scicnc:es et Jes ans itlcm
- Neveu de Rameau tk Dais Ditkrol
-Les &odes d'histoires de la peos& pbiJoeophique

- DuLa Nmonde dos l l'univas infini itlcm
- •he•oc:e de Ja acjco.:c Pidw
_ L'Activité rationaliste de la physique contemporaine de
Gaston Bachelard
- Psychologie et marxisme   Zazzo
-Les Nouvelles Conférences la
psychanalyse de Sigmund Freud
-Trois essais sur la théorie de la sexualité idem
-Malaise dans la civilisation idem
-Les Fils d'Oreste ou la question du de Christùzne OltiMr
-Les Grands Economistes de Robert L. Heilbroner
-Histoires, savoirs et pouvoirs en économie politique
de Renato Di Ruzza
-L'Accumulation du capital de Rosa Luxembourg
-L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme de Mar Weber
-La Conception matérialiste de la question juive d'Abraham Lion
- Les Origines du totalitarisme de Hannah
- La Pensée aveugle de Jean-Pierre Garnier a Louis Jan011er
- Le Monde comme volonté et comme représentation
d'Arthur Schopenhauer
-La Philosophie comme science rigoureuse d'Edmund Husserl
- et Temps de Martin Heidegger
- L'ttre et le Néant de Jean-Paul Sartre
- Les Mots idem
-L'Existentialisme est un humanisme idem
-L'Agité du bocal de Louis-Ferdinand C!line
- L'Histoire de La folie de Michel Foucault
- La Pensée 68 de Luc Fmy a Alain Renaut
-L'Homme unidimensionnel d'Herbert Marcuse
-L' Anti-Œdipe de Gilles Deleuze et F!lix Guauan·
- PRsentation de Sacher Masoch de Gilles Deleuu
- Les Écrits de Jacques Lacan
- Le intellectuel de François de N!groni
-Afrique fantasmes idem
- Tristes Tropiques de Claude Uvi-StraUSI
-Les éMmentaires de la parenté idem
-Les Essats de sociologie de Marcel MaUSI
- Les Ch.oses de Grorges Perec
-t: Soctété de consommation de Jean Baudriliard
- du spectacle de Guy Debord
- Hollywood Babylone de Kenneth Anger
-Comprendre les media de Marshall Mac LuJum
· media de Michel Co/km
• t!a recherche du temps perdu de Marcel Proust
s Noumrures terrestres d'André Gtde
23S
- L'Accompagoatrace NiM B"berova
- Signe d'Andri Braon
- de l'humoir no1r
- De l'a\\:tssinJt comme un des beaux-ans tk
Thomas Qui nery
Liste de « Que-sais-je? » pouvant éventuellement aider à une
meilleure compréhension du livre:
-Le Structuralisme par
-  
-Descartes et le rationalisme par Rodis-Uwis
-Kant et le kannsme par jean Lacroix
-Hegel ct l'hégélianisme par D'Hondt
- Le Marxasme par Hmn Uftbvre
- La Psychanalyse par
-Introduction l l'économie par Frédéric Teulon
-La Phénoménologie par jean-Françots Lyotard
- La Logique par jean Largeault
- La Dialectique par Claude Bruaire
Quelques films intéressants sur le sujet (l'amour, la femme):
- La Chienne de jean Rmoir
-Le Jour sc de Marcel Camé
-La Nuit de l'iguane de john Huston
-Eve de fo"Ph L Manl(tewza
- Monsieur Ri poiS de René Clémmt
- Dr Jerry et Mr Love de ]my Lewis
-A bout de souffle de Jean-Luc Godard
- La Notte brava de Maur• Bolognini
-La Dolce vita de Fellini
- Macadam Cowboy john
-La Maman et la putain
- Les Galettes de Pont-Aven de foi/ Seria
- Le Droit du plus fort deR. W. Fassbinder
- L'Homme qui aimait les femmes de Truffizut
- Barry Lyndon de Kubrick
- Souvenu de la ma.son jaune de f.-C. Monlftro
- Nakcd de Mil(e Uigh
- Confession d'un dragueur d'Alli;, Sor./
216
TABLE DES MATIERES
PRÉAMBULE: DE LA DIFFICULTÉ
D'ÉCRIRE SUR LE SUJET
lA DRAGUE SUJET A RISQUES
Une immorale
Une minable
LE DRAGUEUR N'EST PAS UN INTELLECTUEL
Une pratique sans expression théorique
Honte et silence des
L'INTEU .ECTUEL N'EST PAS UN DRAGUEUR
lA mièvrerie des poètes
L'étude est masculine et se passe loin des femmes
(approche historique)
L'inexpérience et la rancœur des philosophes
L'étude comme moyen de se protéger de la femme
(approche théorique)
Lt penseur, contraire du proxénète
La femme et l'amour comme au-delà de l'étude,
de la théorie et du livre
UN LIVRE SUR LA DRAGUE QU'EST-CE DONC?
Une hérésie intellectuelle
Un précident: Ono Weininger
Fascination et misogynie, deux discours en miroir
Au-deU des discours, la pratique
Le dragueur ou la femme et le livre
UNE SOCIOLOGIE DU DRAGUEUR DANS TOUS
LES SENS DU TERME
1. LA FEMME VUE DU DRAGUEUR
LA FEMME COMME UNE MALADIE
Le dragueur poussé dans la rue (sympt8mes)
t manque de mère (diagnostic et explication)
L mère comme Stre et nostalgie
  DE LA PEUR DES FEMMES
La AISE MÈRE, PA'IHOLOGIE DU DRAGUEUR

0
1 et e doute
237
5
7
7
7
8
8
9
9
9
10
JO
12
12
13
14
14
15
16
17
17
17
19
21
21
23
23
25
25
25
D
1
fltrt'nts
lA
L
L 'lllxtnd()flnnM
u strUctural ct Je causal
1E ET LE DÉGOÛT DES FEMMES
L'adolc
5
ccnce comme sursexualité (la nature)
Blocage mfantde ct (l'acctdent)
LafascinOJion pour ;euMs filles
u dtgoOt du sexe des femmes
La fascination pour les pltasses
L'EXJGENCE ET LE DÉGOÛT DE SOI
D6 ir, peur, honte et souffiance
La possibilité du jeu
QU'EST-CE QUE LA Π.
La mauvaise mère, la connatssance
L'espoir de l'amour malgré tout
2. LE DRAGUEUlt TEL QU1L SE CONSTITUE
DIFftRENTES RÉACI10NS FACE AU MANQUE
DE MÈRE
Mensonge, mythomanie et tncherie
u rqouletMnJ
La
u mondilin
ù pouvotr du
CE QUE "PÈRE" VEUf DIRE
ù ou le socia1 dès la famille
L'affection d'un le projet et la foi en l'avenir
LA FAMILLE, L'ADOLESCENT ET LE MONDE
LE MAUVAIS PÈRE
u père absnr1
upèrefaibk
LI père hostik
LE BON GARÇON, LE PÉDÉ, L'AMOUREUX,
LE SÉDUCTEUR ET LE DRAGUEUR
Le boo garçon, contraire du dragueur
LE DRAGUEUR, SANS MÈRE NI PÈRE
l'abandon, et Ja rue
L   aB'cctivc du dragueur confroot6: A soo
obliptioo de se dérouiller socialement
26
27
27
27
28
29
29
29
JO
JO
JJ
32
33
33
33
34
3-4
35
37
37
37
38
38
39
40
40
41
42
42
43
43
43
44
4S
4S
46
du monde et ressentiment radical
La peur, la haine et la purett
Intelhgcncc et
Narcissismt' cl introspection
LE CHOL'C DU DRAGUEUR: RECONSTRUCTION OU
CATASTROPHE
Du manque la technique, ou comment aller chercher la
mère sans pouvoir recourir au pêre
Le dragutur, se rial killer symbolique
Un être deux visages: paumt et simulateur
À LA RENCONTRE DES FEMMES
Le charme du dragueur
La drague comme rtponse (la mêre, la femme)
La drague comme survie (le père, le social)
DRAGUE ET PHILOSOPHIE
3. LA DRAGUE: PATIIOLOGIE, TECHNIQUE ET
THÉRAPEUTIQUE
À I.A RECHERCHE DE lA BONNE MÈRE, AVEC
I.A MAUVAISE DANS LE CŒUR
La maman, la putain
Qn naît dragueur ct on le devient
A propos de la stduction naturelle des femmes
Çontre la femme magique, la pratique
A lA RECHERCHE DE lA BONNE MÈRE, AVEC lA
MAUVAISE DANS LE CŒUR ET LE MAUVAIS PÈRE
TOtrr AtrrOUR DE SOI
La drague, pratique sociale
Le culot
Le vice
Baiser le monde entier (la haine)
Le charme maîtris6 (la technique)
Lt r8le du maftre t l de l'ami pour l'enfant nd sans pêre
LES BOURGEOISES
LES JEUNES FILLES
L'amour et le confort
Le danger
Le pire avec les yeux du meilleur
fiJle, cat6gorie sociale
  apatsant de la femme de trente ans
.lV\ UE ET SÉDUCTION
239
47
47
47
48
49
49
50
50
51
51
51
51
52
53
55
55
56
57
58
59
59
59
60
61
62
63
63
64
64
65
66
67
68
69
À propos de Ja s&lucoon masculine
L'arrogante du due à l'ignorance du
rôle par son et sa
Le séducteur, figure htstonque , .
u de cour, de 1
politique des nobles
au sen·ice du roi
La v6itable se passe de s&lucteur
L'intelligmœ
LA hetlutl
La masculine pour ce qu'elle est  
et conclusion)
La drague l\ la (définitions)
LA DRAGUE DÉBARRASSÉE DE LA SÉDUCTION
(PETII' DÉTOUR HISTORIQUE)
La drague a-t-<Ue toujours
Le dragueur, figure historique
Croissance &onomique et pilule: l'âge d'or de la drague
Crise et sida: le dttlin
DER.l\,jffiRS PRÉAI..ABLES AVANT D'ABORDER
LA TECHNIQUE
Les faux dragueurs:
Le nanti

L'am1 des dames
L'amouma m sbie
ù con du samedt JOir
Le non-sens de la dragueuse
Le dragueur authentique (rappel)
ne s'apprend pas dans les livres
Un livre sur la drague ça gâche le
La question du physique
&tzflll flminiM et beat/ nuuadine
Se sentir betzu, se sentir m«M
fJum IUIZ tllllm
LA TECHNIQUE
L'impbatif de
de la drague: avant, pendant, apm
L'utile n:coun
Ql•e'4-u oddbiji ,..,,_1>"
L'ecrion .....
69
71
71
73
74
75
75
76
76
76
77
77
78
79
80
81
81
81
81
82
82
82
83
84
84
"
86
86


Premier constat
• •
Premiers pnnc1pes
Le matage: et repérage
l)éteerer Je boudin
L'abordage: vitesse et
Le baratin
Lts rtgles du baratin
Le but de la conversation
Les avantages du téUphone
Toujours encha1ner
Diverses variations selon les lieux
Dans la rue
Dans le métro, le bus

Au café
Dans les musées, les galeries d'art
Dans les boîtes de nuit
Dans lesfltes
Au square
Procédures plus
Elle est avec un mec
Elle est en bande
Elle est avec tme copine
La quantité chemin de la qualité
L'erreur de ne pas oser draguer des belles
Tentations et limites: le mirage du "top-model"
PENDANT
Deuxième constat
Deuxièmes principes
Le sexe
La virilité
  objet du plaisir
ù passage en force
Bien remplir les espaces
Dans l'amour tout est beau
La pipe
L't:ntrle des artistes
La ion des plaisin
sa sortie
APRÈS
Troisième constat
T ..
roJsJèmes principes
ù coup fk vent
241
91
92
92
93
93
93
95
96
97
98
99
99
99
99
99
100
100
100
100
100
100
101
101
101
101
102
103
103
104
104
104
104
105
105
105
106
106
106
107
107
107
107
108
ù lapm {«lui qu'on pog)
La Jispantton
La
La mythificotion du passé
plus compliquées

Av« la mère
Av« les sœurs, les amies
les amis
Le lapin (celui qu' on se fait poser)
Des avantages d'€tre un salaud (synthèse)
La drague à plusieurs: le tandem
ù stage
La délicate question du viol
lA   PROGRESSIVE DU SENS DE
LA DRAGUE POUR LE DRAGUEUR
De la m:u"trise à la virtuosité
ù®ublt
La
Le grand chelem
La
Les figures imposées
La course aux handicaps
De la drague comme châtiment et incruste, à la drague
comme élévation
La fra des dragueurs
À propos di! I'Jwmosuualité cachée du dragueur
Draguer des hommes c'est autre chose
LES FEMMES C'EST UN TRUC DE PÉDÉS
(CONCLUSION PROVISOIRE)
4. LE MONDE VU DU DRAGUEUR
LA MAITRISE DANS LA DOULEUR D'UN MONDE
FONDAMENTALEMENT HOSTILE
La du mensonge et la quete de la
L'espoir du miracle
LES CATÉGORIES AFFECTIVES DU DRAGUEUR
Prendre, donner
D'oil ses catégories de femmes
UsSIJ/opes
Les bonniches
242
I09
I09
109
I09
llO
llO
llO
111
Ill
Ill
111
112
112
113
115
115
115
115
115
116
116
116
116
117
117
118
119
121
123
123
124
124
124
125
125
125
LrJfollcs
u tm rade . . c: • •
La rie ou la.
La poursutte msatJable de 1 obJet mépnsé UEUR
LES CATÉGORIES SOCW..ES DU DRAG ,
L'a maque et l'incruste comme seule forme de 1 échange
Lts
Lts brancllés

La méchanceté structurale des jeunes filles et des
bons garçons
IMMATURITÉ ET DU J?RAGUEUR
Le blocage familialiste et l' éqwvalenHravall
Lt   du travail
UNE SUBVERSION LIMITÉE ET UNE VISION
VENIR
La lutte sociale réduite au sexe des filles
La drague interdit l'amour
Solitude et mort
'
5. LA FEMME AU-DELA DU DRAGUEUR
LE BESOIN ET l'IRRESPECT PROPÉDEUTIQUE
À lA CONNAISSANCE
Analyser c'est pénétrer l'objet
LE DANGER DES PROJECTIONS PATHOLOGIQUES
ET IDÉOLOGIQUES
Le point de vue ou la subjectivité
Sa néccssatrc identification préalable
L'OBJECTMTÉ EST -El .1 .E POSSIBLE?
la vénté statistique
L tdéc de fonctionnalité
LE DRAGUEUR OU L'ACCESSION À UNE CERTAINE
OBJECTMTÉ PAR L 1DEN'l1FICATION DE SA
SlfBJECTMTÉ ET L'ATIEINTE DÉPASSIONNÉE
t EFFICACITÉ FONCTIONNEl .1 .E
re EXISTE-T-EIJ.E?
}1 entre la mhc ct la fille
L'cspnt vtcnt d'abord du corps
S la fille
aux aspuations du corps
tepré$Cntations
243
125
126
126
127
127
127
127
128
128
128
129
129
130
130
130
131
131
133
135
136
136
137
138
138
139
140
141
142
142
143
144
144
148
Jondionnelles
Et dysfondtonÉnTRŒelles DE L'ŒDIPE
I.ADISSYM
L'o:di masculin (mère-fils/ .
p et tconomlco-social
L • féminin (mère-fille-père)
LA REDUCTION PSYCHOLOGISTE OU LA
SENSIDIUTÉ FÉMININE .
La ou la conscience de la
Deux aemples typiques d'impensées fémmmes .
Absence de meurtre du père, morale et conformiSme
Manque de virilité intellectuelle magtque
Inconscience de la double détermiOatJon et
ambivalence affective
Norme, accidents et pratique
de l'o:dipe ÉM1NIN
LES COMPOSANTES DE L'ESPRIT F
(RÉCAPITULA TIF)
6. LE FÉMINISME OU LA FEMME ET
LE MONDE DE CE POINT DE VUE
LA MASCUUNITÉ HISTORIQUE DE LA CRÉATION
CULTURELLE
L'augument insuffisant de la violence masculine comme
cause de l'inhibition intellectuelle et créatrice des femmes
L tks
L'origine masculine de la valorisation de la femme
  (pour elle) de la femme magique
L ong_Jne masculine du féminisme
LE FEMINISME COMME PRÉTENDU .. POINT DE
VUE" DE LA FEMME
Le féminisme masculinisant ou le point de vue de Simone
de (la
Le féounasme féminisant ou l'esprit féminin revendiqué
comme "diffmnce" (la pétasse)
De la A la pétasse et retour
féministes (mise au point)
LE ME ET LA CULTURE
Leaun: 61i6ante de • EIJ.E,.
.. , tk "Scienœs n vk", dvfoot n
244
148
119
149
ISO
151
152
153
154
155
159
160
161
162
163
164
167
169
170
171
173
174
175
175
176
178
119
1Ml
1Ml
1Ml
112
La de bazar et les conseils "psy"
Le roman tartignol . · d
L' &ri ru re de femme ou la psychologisauon du \'J e
Le de femme et de jeune fill_e • .
L'art contemporain dérorauon d mtérieur
La musique ltnterprétanon . fc • .
La com6clie et la danse, seuls ans authenoquement
La flip!>« ou la femme artiste, contre la (XtasM: ou 1 art
d'€tre femme (conclusion)
LE FÉMINISME ET LA POLITIQUE . .
Le travail contraire de la féminité (approche h1stonque)
La sociale
lA conception masculi11e du travail et la matemiti
L'égalité face au travail: revendication légitime et
des travailleuses
La femme (pas plus que l'homme) n'est une catégorie sociale
Le fémirusme, appauvrissement cultUrel politiquement
réactionnaire
Le faninisme coos&Juence de la féminisation

7. LE MONDE AU-DElA DU DRAGUEUR
L'ORIGINE ÉCONOMIQUE DE LA FÉMINISATION
La féminisation du monde par   du travatl
L'homme
D'où l'évolution du féminisme (remarque)
L'ORIGINE AFFECTIVE DE LA FÉMii'<'lSA TION
La et le !Xre, ou le rôle structurant de l'crdipe (rappel)
LA MARCHE DU MONDE: DÉSIR ET TRAVAIL,
PLAISIR ET CONSOMMATION
Le ou la (le péché originel)
La h.eu provtsoue du parasitisme infantile et école
de 1 assumanon
L'ambivalence du désir et le rôle du
de la fumillc, le monde; au-delà de l'amour le travail
Lmassumé
'
(SUriE): LE PARASffiSME
Le parasJtJSme de 1 exploitation
Lt de la slduction
UJgiqu.e tb4 parasiJi.sme: moins on trovaiJ, pl · •
lulw lieu du parasitisme us il /auz d argenr
L et le rôle du
245
183
184
184
185
185
186
186
187
187
187
188
189
189
190
191
192
193
195
195
196
196
197
197
198
199
199
199
200
201
201
201
202
202
203
203
L'ORIGINE IDÉOLOGIQUE DE LA
205
De la justification de l'exploitation à son inconsCience
205
Le r&e du dans la psychanalyse
205
La psychanalyse, idéologie de l'inconscience bourgeoise
206
Les limites de l'œdipe bourgeois
207
Du dbir psychanalytique à la consommation de masse
207
Le parasitisme éhonté de la bourgeoisie "de gauche"
208
Culnln de gauche, argent de droite
209
Le handicap moral de la bourgeoisie de droite
210
La de consommation comme un œdipe sans
210
L'ORIGINE STRATÉGIQUE DE LA FÉMÎNISATION
211
D&ir, jeunesse et séduction
212
La femme, social-démocrate
212
La sociaJ-dbnocratie ou le monde à travers les yeux d'une
jeune femme

 

rrttiJCÏnttlk tk fille bourgeoise
••
A   1e dklassl
NUISANCES, CONTRADICI10NS ET UMITES DE
LA SOCIAL-DDfOCRATIE
lA--d'
.
i1ltlrlftr
La lllcuritl de la croUSIIIICe
Lll/rutrrltion orgtlllisle
La double dlmorrùbation
De la division du travailleur à la crise Fnûalisœ
Le choix de la conscience ou le chaos
8. L'AMOUR MALGIΠTOtrr
LA DlSSYMtTRIE DES SEXES
Les 6IJes et les garçona
Le IQe et le sac:d
La plmitude et la mhlimllioq
L'AMOUR DANS lA DUREE
L" Mite elu couple
Le mylhe de 11

L'AMOUaTJAVmts!
lit ou la afee1la! d'ua 1ea
Amour de l'autre, amour des autres et amour du même
Les amours ancillaires
La maîtresse, l'amant
Le divorce
La prostitution pure et simple
LE DRAGUEUR OU L'AUTRE CHEMIN
BffillOGRAPIDE
TABLE DES MATIERES
230
231
231
231
232
232
235
239
,
nTREs PARUS AUX EDITIONS BlANCHE
DoLOROSA SOROR, de Florence D UGAS.
L 'É\'A.'(Gil.E o'ÉROS, de Florence D UGAS.
PoST-SCRIPTUM, de Florence D UGAS.
LE GoURGANDlN, de Françoise REY.
BLUE MOYIE, de Françoise REY et Patrick RAYNAL.
ExTASES ANONYMES, de Françoise REY, photos   AMIARD.
SociOLOGIE OU DRAGUEUR, d' Al.ain SORAL.
VERS LA FtMJNISATION ?, d'Alain SORAI...
LA VΠD'UN VAURIEN, d'Alain SORAI...
}USQU'OU VA-T-oN DESCENDRE? d'Alain SoJW...
SocRATE À SAINT-TROPEZ, d'Alain SoJW...
MJstR.ES ou DtsJR, d'Alain SoJW...
PASSIONS DE FEMMES, collectif.
PuJsœs DE FEMMES, collectif.
DtsiiS DE FEMMES, collectif.
2 000 ANS D'AMOUR, collectif.
FANTASMES DE FEMMES, collectif.
l.ETrREs OU OtsJR, de YENIDEN.
Us VESTWRES DE LoNGCHAMP, de Gwaendaëline PAUVERT.
L'ORAGE, de D EFORGES.
Dtsœ, de Foum.
CYBERSEX ET AlJTRES I"OUVELLES, de Pierre BoURGEADE.
UN trt 11\'0tCENT, de Paul VERGUIN.
1iJvEa CHAMPAGNE, de Paul VERGUIN
Tu, de Jean-Loup H UBERT.
DEUX FUUS ET LEUR MERE, de Gilles de SAINT-AVIT.
PASSAGES ou DtSJR, de Gilles de SAINT-AVIT.
L'AMANTE, de Gilles de SAINT-Avrr.
CoN'ŒS POUR PE:III ES FIU.FS CRIMINEllES, de Nadine MONFD.S.
HisToiREs DE Q cu.sstEs X, collectif anonyme.
HisToiRES COCHONNES, collectif anonyme.
L'AUTR2 DRACULA, de Tony MARK.
DIC'nONNAII.E DES FANTASMES ET PERVEISIONS.
LA PHAtroNNE, de Laure CLERGnŒ.
Lu GESTES, d1ubel MAm.
AITroPoan.vr EN bEcnoN, de Guilbume PAIDT.
L'Awout ENCHIJsTt, de Rol•ocl AouT.
Lu SEal IS DE FJ..o1ENœ NIGH'I'INGAU, de A. W. PAlNL
Pl Iii a WOin', de Marie L
ENJaux D'AMOUJ, de Yo et 04
u MoRT, de Georges BATAUH:, illustrations de Gilles de STMI-
JE EST EN JEU de Dominique A.'ITIN.
OF.t.'AUBE}.. 'Urt', de V AJJ:.RJF. BorSGF.L, dessins de Loïc DUBJGEON.
DWT DU CORPS, de Jacques SF.RGU!l\'E.
IMPULSIONS, de Marie Bm.tAN.
HUIS CI.OS IMPERTINFNT', de Marie BoMAN.
LA DERNIERE HEURE, de Marie
LE PANTALON DE 1..A FAUVETTE, de Georges H UGNET.
Jt-: Tf. DIRAI TOUT, de Serge QUAJ>RUPPANl.
LA PRF.MIF.RI!. 1 >E SPERME, de Pellacia DESSERT.
A<lf.NI>A AMOUREUX 1999.
liT AATICHISMI'.S, de Jean-Michel RI BETTE.
LA PERI..E, anonyme anglais.
MA VIE CHEZ LES FEMMES, de Maxim ]AKUBOWSKI.
MONTANA, de Maxim JAKtfflOWSKL
LA SAIJ..P. OE RMn., de Marjorie FAUST.
ÉWGE I>E I..A de V. ]UUJEN et X. DF.t.EU.
1001 RAISONS l>f. PRI'.NURE UN AMANT, de Lily GUI.l.IVëll
TIENs, ON l>llWT OU PoUCHKINE! de Pierre RivAL.
LA Nurr CAROIJNE, de Caroline GRIMM.
UN SIP.CI.I! n'AMOUR CHARNEL., de Tom HICKMAN.
LP. DIVAN, de Sophie CAI>AJ.EN.
LF.s AI.ITRF.s, de Sophie CAI>Al.EN.
de John-Flaheny Cox.
ÉTIJ!NNE, de John-Flaherty Cox.
PAUL, de John-Fiaheny Cox.
LF. I>U BIPF.Ill'., de Laure NoVEl.IA
LA RU<."HE, de Clarisse Nt<X>IDSKL
TENURF.S O<>Ul.F.VRS, de CARTTF.R.
LA VTE OI'.S Pér.s, de Franck SPION<;I..Eil
S.M., de Joël H ESPEY.
LE FAUTF.UIL ROUGE, de Camille CASES.
69, de Mt<:Hët.
SUR LE VIP, de M1CHEL
    EST UNE COURANTE, de Jacques BERGAUD.
· LII'.N, de Vanessa •
LA v """"·
LA PARt.Arr EN SlLE.''-ICE, de Xavier GuEJUUN
SON UE REPos, de Julie SA<:ET .
L-'- H
lEs SoR ' r. IU....:w F.RR<.iOTT.
nu V AL D'AMoUR, d'tlizabcth HERRGcrrr
l..oU9s, .
lF. &.:!!.Au Ftn:, de Sylvia B<>UIU>ON.
IJE L INFAMIE, ck Swlvia Bou
' RIX>N.
CoUPLE, de Claude SANNOIS.
LEs DEUX AMI ES, de Marie-Jo BoNNET.
DES ET DES HOMMES, de Françoise SIMPERE.
LEs u nTUOES AMOUREUSES, de Françoise SIMPERE.
CE QUI TROUBLE LoLA, de Françoise SIMPERE.
NORA LA COI'\QutJw.ITE, d'Alain MAINAR.O.
L4. BtTE, de Pierre  
LE DERNIER TABLEAU, de PIERRE.
RELATIONS SCANDALEUSEMENT PURES, de Francesca MAzztJCATO.
FANTASMES AUX EN CHERES, de Quentin COOPER.
l 'OGRE DE GAND, d'Astrid SCHilliNG.
DEUX MlllL HOMMES, d'ESTEU.E.
SE.PT PE:I II ES HlSTOIRES DE CUL, d'Anne CtCILE.
LA Vœ PRATIQUE, d'Otto GA.-.a.
GlUS ou (.'ORPS, de Marianne A._GOT.
NEPTUNE • SURP, de Muy JAYE LEwis.
DIABouQl!E F'luo.\, Anonyme.
LA GUEJUtE ou UT, de Una CJ.n.
LE Mrn 1 Elllt DE LA PHOTO DonQUE
LA NONNE, du Comte d'IRANCY.
HISTOIRE D1, de GAETANE.
EVEUNE, anonyme anglais.
Vœ D'UNE I'ROS1TnJtE, de T!itREsE.
GuiDE DES APHRODISIAQUES, de Jean-Louis DEOAUOENZI.
LE O.rtc:HISME UBE.RllN, Anonyme.
ÛOE À TROIS, d'tric MOUZAT.
LE PotTE UBERTl'li, de J.-8 . CHOUOARD-DESFORGES.
Ul\"E JEU!Io"E FIU.E A LA PAGE, de v ARlAY.
AVEllrTURES LUBIUQUES, anonyme.
SIDU(.,ON, de Paul FOSSET.
PoT-PoURJU, de Nathalie OURs.
L'ARilbE·BOUTlQUE, de Nicolas MARssAc.
ÛIGIE SOLDATESQUE ou la Messaline moderne, anontme.
FAUSTlNI!, de Marie LlNCOUJrr.
Toun:s CI!S BI!! r.p.s PASSANTES, de Jean-Pierre ANDIIEVON.
HisToiRE DE MARY ET A1ABEUA, Anonyme.
5ouNJsE, de SAL.owt.
Iz DIC'IlONNAm! tllonQUE, de Richard &.ua.\ v.
La 12 !lONES œ L'ANOUI, de Jqitœ LNwa, mu.IJ!tiou d'Alea V MINI&
PL\C\10, COMI'IOüt ET AlTI'IIIIJI!JJX, de W. Smn'-Jflu•
saw,I'UCUI, d't.rik lhm.
GuJœ DU SIX&!. ClAY, cl'trik Jtwa.
Sui!. OUiDe, ftrik Rhals.
)'a IANDil DONC JB stns. cl'tâk lt1hcq,
     
&:RJ'T'l\  

de STRN!>HAL.
ARJ.)EN'TF.S, UURI( CR.
PANAGHE, Anonyme.
BRÙ!.URf-, de CARMIN.
l.J.,ïRf-.S À UN MoN!\11\UR, de Sylvie BOUR<iP.OIS.
U:.S KHMI'RS ROSI'.S, de François OU BUISSON.
"&:RJ'T'l\ 01' l'F.MMES, Collectif.
US PATlE !Tf.S, d'Hugo TRAUF.R.
l.. .. L .. l!\SI'., de Jane Dl'.LYNN.
JOURNAl. !\F.N11MENTAI.D'UNE FEMMR de Philippe Not.LET.
PATIAYA Bt=.ACH, de Franck POUPART.
FoUES D'AMOUR, Anonyme.
En colditùm a11« 1er Éditions Joëlle Losftld
LP.. Df:.stR D!'.'W1GI1MK<;, de Cyril Bm >El.
U. SAl.M' Dl' l.'tJP.PHANT, de Charles Durrs.
LE Guruë OE L'A.\10UR CASHëR, de Sbmulc:y Bo'rëACH.
En colditûm a11« les Éditions Robert Lajfont
ENTRE m1MES, de Jeanne BOURJN et Rfgioe Dl:!mRm:s.
Si vous souhaitez être tenu( e) au courant
de nos publications,
écrivez-nous à l'adresse ci-dessous pour recevoir
mtuitement nos programmes et nos catalogues.
ÉomONS BLANCHE
4, rue Caroline
PARIS 17e
blanche@edldons-JD8DIO.fr
Retrouvez toute l'actualité de la littérature érotique sur
www.souslemanteau.com
Impression réalisée par
La Flèche
en août 2011
Sociologie
du dragueur
Alain Soral
11 paraît difficile d'écrire un sérieux sur une pratique jugée
immorale, minable et très él01gnée de la pensée : la drague.
Pourtant l'amcur n'hésite pas à analyser ce sujet à ri sques;
à étudier t'amour ct la femme à travers les yeux du dragueur.
Pourquoi, quand, où et comment drague-t-on ? Tous ces
aspects de la drague sont abordés dans ce li vre.
Refusant l'apologie de la femme des discours officiels et
ta misogynie. Alain Soral mêle pensée et concret, désir et
technique pour pénétrer le mystère de la femme réelle ; cene
inconnue que le • seriai lover » traque sans relâche dans la rue.
Dans un style clair et concis maniant intelligence, subversion
et humour, il porte un regard lucide sur une pratique sociale
qui, à travers la femme, embrasse la société cout entière.
D'où une critique acerbe du fémini sme quand il veut ériger
la   en mouvement politique.
Crmque vam aussi pour la social-démocratie qui nous
harcèle d tmages de femmes, et feint d'encenser la féminité
nous pousser à la consommation.
Mats du dragueur c'est d'abord la réponse à deux
essentielles: l'Amour, ct comment faire pour
1 obtentr ?
Sociologie du drague /' .
S
1
. ur tsf OIJ'UraKt qu1 a fait co1111aître Alai11
oro ou wond publtr Il d. · 1 •
La y·
1
e d' . · a t!Juts putJiil Vers la fémini sation ?,
un vaunen Ju · •
Saint-Tropez tt Mi· · cv '·a-r-on descendre?, Socrate à
------, · • Ri. hier

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful