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Gestion de stock

Un stock est un ensemble de matières, de pièces ou de produits finis servant à faciliter la production ou encore à satisfaire à une demande interne formulée par un des divers services d’une entreprise, ou à une demande externe provenant des clients.

Il existe différents types de stocks :

Stocks de matière première et de fourniture

Stocks de pièces usinées

Stocks de produit en cours

Stocks de produits finis

Stocks de pièces de rechange destinées à la maintenance.

 

Les stocks ont une origine multiple :

1. Production et consommation sont asynchrones et séparées dans l’espace .

2. Les décisions sont prises en univers incertain, d’où l’existence de stocks de sécurité .

3. Les stocks permettent d’éviter qu’un problème local ne se diffuse immédiatement à l’ensemble de la chaîne.

4. Les stocks permettent de jouer sur les économies d’échelle.

Les stocks ont donc essentiellement un rôle :

De stabilisation de la production (lissage saisonnier…).

De sécurisation (tolérance aux pannes, aux variations de la demande…).

De réduction des délais (livraison sur stock).

Les stocks posent des problèmes :

D’espace de stockage.

De coûts.

De dissimulation des insuffisances du système de production.

La gestion de stock est destinée à arbitrer entre la disponibilité des produits et le coût de stockage qui sont deux contraintes contradictoires

Classification des stocks

Il existe différentes méthodes de gestion des stocks.

De manière générale, tous les produits ne sont pas gérés de la même manière. La complexité des méthodes de gestion est fonction de l’importance (économique, stratégique…) du composant considéré.

Pour faciliter les regroupements de produits d’importances similaires, on utilise très fréquemment la méthode dite de classification ABC .

Il existe différentes appellations pour cette méthode :

Méthode ABC .

Méthode des 2080.

Loi de Pareto.

L’hypothèse de base de la méthode ABC est la suivante :

Environ 80 % des effets est le produit de 20 % des causes.

D’un point de vue pratique, on utilise souvent un classement en trois groupes (80155) au lieu de deux, d’où l’appellation ABC.

On commence par choisir un critère significatif de l’analyse à mener. Dans notre cas, on pourra prendre la valeur du stock de chaque composant.

On classe les différents composants par ordre décroissant de valeur stockée.

On calcule la part de chaque composant dans la valeur du stock.

On calcule les parts cumulées.

On appelle de rang A, les composants représentants les premiers 80 %, de rang B les 15 % suivants et de rang C , les 5 % restants.

Politique s de gesti on de sto c k E lles visent à répondr e

Politique s de gesti on de sto c k

E lles visent à répondr e aux quest i ons :

Quand déc lencher l’a p provisionn ement du s tock?

C ombien c ommander ?

L a réponse dépend de la politiqu e de gestion adopté :

Quand ?

En gestion par point d e comman de , l’appro visionnem e nt du stoc k est déclen ché lorsque l’o n observe q ue le stock descend e n dessous d ’un niveau s , le point d e c ommande .

En gestion calendaire , l’approvisi onnement est déclenc à interv a lle régulie r T .

En gestion calendaire condition nelle, l’app r ovisionne m ent est c lenché à i n tervalle régulier T, l orsque le s t ock desce n d en dess o us du nive a u s

C

ombien?

En gestion par point d e comman de , on com mande un e quantité f i xe q appel é q uantité é c onomique de comma n de.

En gestion calendaire , la quantit é command ée est éga l e à la diffé r ence entr e le stock résid u el R et le n iveau de r e complète m ent du stoc k S

Indicateu rs de ges t ion de st ock

D eux indic a teurs imp o rtants

Taux de rot ation du st ock : nomb re de renou vellement de stock p a r période.

Taux de ru p ture : mes u re le nom b re de fois l’on a m a nqué de s t ock.

L’objectif est de maximiser la rotation et de minimiser les ruptures, soit deux impératifs contradictoires.

Coûts des stocks

Le critère de gestion généralement retenu est celui de la minimisation des coûts .

La fonction de coût C s’écrit sous la forme :

où :

c r est le coût unitaire de rupture et I r la rupture moyenne

c p est le coût unitaire de possession et I p le stock moyen possédé

c c est le coût unitaire de commande et I c le nombre moyen de commande

Le coût de rupture correspond à l’ensemble des coûts liés à une rupture de la chaîne logistique :

Pertes de ventes immédiates et futures.

Coûts des arrêts de production.

Coûts des pénalités de retard.

Ces coûts peuvent être extrêmement élevés, mais ils sont généralement très difficiles à prévoir.

Le coût de possession correspond à l’ensemble des coûts engendrés par le stockage du produit :

Coût des surfaces.

Coût d’entretien des surfaces (électricité, assurance…).

Coût financier (emprunt ou placement, coûts d’opportunité).

Le coût de commande correspond à l’ensemble des coûts engendrés pour obtenir les produits.

On peut y trouver les coûts de passation de commande ou les coûts de préparation d’une fabrication.

Gestion calendaire de stock

Gestion calendaire de stock à rotation nulle

On se trouve dans le cas de stock à rotation nulle lorsqu’il n’y a pas de report possible des invendus aux périodes suivantes.

Il s’agit ici de déterminer le niveau de stock S ( variable de commande ) minimisant le coût C(S) la période de révision calendaire T est fixée.

On doit déterminer S le stock initial de manière à minimiser :

Cas où la loi de demande X est discrète

Exemple : un pâtissier met en fabrication des gâteaux chaque jour avec un coût de fabrication de 25 dhs et un prix de vente de 60 dhs l’unité. Supposons que la vente quotidienne de ce gâteau soit de 2,5 en moyenne et que la demande suit une loi de poisson :

~

Combien fautil mettre de gâteaux en fabrication chaque jour pour maximiser le bénéfice?

Le stock optimal S * est celui vérifiant les conditions

1 0 1 0

Calcul de C(S+1) C(S)

I r (S) s’écrit

I p (S) s’écrit

1

1

0

Relation entre I r (S) et I p (S)

0

0

1

∞ ∞

0

0

1

D’où l’expression de C(S)

On en déduit l’expression de C(S+1) C(S)

1 1

Calcul de I r (S+1) I r (S)

1

1

1

1

1

Les conditions d’optimalité deviennent alors

0

1 0

S * est donc optimal si

Dans l’exemple on a

1

c p =25 et c r =6025=35 d’où c p /(c p + c r )=0,417 et S*=3

Cas où la loi de demande X est continue

Considérons un marchant de journaux qui vend un quotidien à 3,5 dhs l’unité qui lui même l’acquière à 2,8 dhs auprès de son grossiste qui lui reprend les invendus à 2,6 dhs l’unité.

La question qui se pose ici est quel est le nombre d’exemplaire à commander S de manière à minimiser le coût de gestion?

On suppose que la loi de X suit une N(300,20).

Le coût de gestion s’écrit ici

=

0

La condition d’optimalité s’écrit dans le cas d’une loi continue C’(S*)=0

Comme dans le cas discret on montre ici que :

D’où :

De plus :

 

D’où :

S* est donc optimale si :

Dans notre exemple

c r =3,52,8=0,7 dhs et c p =2,82,6=0,2 dhs

S* est donc telle que P(X>S*)= 0,2222 et S*= 315.

Conséquences économiques de la solution optimale

La marge nette moyenne B(S) est définie par :

m u est la marge unitaire.

Si X suit P( λ) on peut montrer que :

λP X S‐1 ‐SP X S

d’où la valeur de B(S).

Application : cas du pâtissier (S=3)

2,5P X 2 ‐3P X 3 0,4133

3 2,5 0,4133 0,9133

35 0,4133 25 0,9133 37,30dhs

35 2,5 ‐37,30 50,20 dhs

Si X suit une loi N(m,σ ) on montre que :

Avec

2

2

√2

d’où la valeur de B(S).

Application : cas marchant de journaux ( S=315)

On a t S =0,75 et g(0,75)=0,1312 donc

I r (S)=20x0,1312=2,624 journaux

I p (S)=17,624 journaux

d’où C(S)= 5,36 dhs et B(S)=204,64 dhs

Gestion de stock à rotation non nulle

On parle de stock à rotation non nulle lorsque les invendus d’une période seront vendus aux périodes suivantes.

La variables de commande du système est le niveau de recomplètement S , c.à.d. le niveau de stock que l’on cherche à retrouver périodiquement.

Deux cas sont possibles

Cas où la demande observée est inférieure au niveau de recomplètement,

Cas où la demande observée est supérieur au niveau de recomplètement.

Le problème ici est de déterminer S* minimisant le coût

Calcul de I p (S)

Pour S fixé et sur une période T, I p (S) s’écrit :

Cas où la demande x < S

2

Cas où la demande x > S

0

2

Sur 0 ,

le stock moyen vaut 2 0 et 0 ailleur.

D

2

0

1

2

2

Hypothèse simplificatrice : rupture en fin de stock

Si x>S, I p (S) =S/2

Le stock moyen possédé s’écrit sous cette hypothèse :

Cas discret :

1

2

2

 

0

1

2

2

0

2

2 2

1

1

2

0

2

2

Cas continue :

0

2

2

2

0

2

2

2 2

1

0

2

1

2

2

On peut donc exprimer C(S) en fonction uniquement de I r (S) :

2

2

Détermination de la solution optimale

Le niveau optimal de recomplètement S* vérifie dans le cas d’une loi de demande :

Discrète

Continue

2

1

2

Conséquences économique de la solution optimale

Tout comme dans le cas de stock à rotation nulle, on peut déduire les principaux indicateurs de la solution optimale choisie en utilisant la relation :

Si X suit P( λ)

λP X S‐1 ‐SP X S

X suit une loi N(m,σ )

Application : on suppose que la demande hebdomadaire d’ampoule de 60 W suit une loi N(300,20), le réapprovisionnement se fait en début de semaine chez le grossiste au prix de 3dhs l’unité. Les ampoules sont vendues au prix de 3,5dhs l’unité. On suppose le taux d’opportunité annuel de 20%.

- Le coût de possession hebdomadaire par ampoule c p =3x0,2/52=0,0115dhs (sur la base de 1année = 52 semaines)

- Le coût unitaire de rupture c r =3,53=0,5dhs

- Le stock optimal S* =340

- I r (S*)=s g(t S* )=0,0028

- I p (S*)=190,08

- C (S*)=2,28

- B (S*)=147,72dhs

Gestion par point de commande

Elle se caractérise par

Un montant de commande constant : quantité économique de commande noté q.

Une périodicité de commande variable : on commande lorsque le stock passe en dessous du point de commande s .

Deux cas se présente :

La gestion (q,s) en univers certain. On commande avant rupture de stock donc pas de coût de rupture. La variable de décision q sera déterminée de manière à minimiser le coût de gestion

La gestion (q,s) en univers incertain. Dans ce cas le coût de rupture intervient. Les variables de décision (q,s) seront déterminées de manière à minimiser le coût de gestion :

, , , ,

Gestion en univers certain

On cherche à déterminer la valeur de la variable de décision q ; la commande périodique ; qui minimise le coût de gestion qui ne comprend que deux termes

Calcul de I p (q) : pour minimiser le coût de possession, on passe commande de manière à ce que le stock soit nul au moment arrivent les nouveaux articles. Le stock varie donc entre q et 0, d’où

I p (q) =q/2

Calcul de I c (q) : si on note D la demande annuelle alors

I c (q) = D/q

nombre moyen de commande annuelle.

On est donc amené à chercher l’optimum de la fonction

On annule C’(q)

² 2

1

2

d’où

2

quantité appelée : quantité économique de Wilson

Exemple : un ustensile de cuisine est acheté par un supermarché au prix unitaire de 30 dhs. Les ventes annuelles, notées D sont estimées à 2400 unités. Cette demande est considérée comme uniforme sur l’année. Vu le caractère certain de la demande et du délai d’obtention (ici de 20 jours ouvrables), on peut éviter toute rupture d’approvisionnement en passant commande à temps. On considère que l’année comporte 48 semaines de 6 jours ouvrables, soit 288 jours. Le coût de passation d’une commande de 300 dhs et est indépendant de la quantité commandée. L’article est vendu 40 dhs l’unité. Le taux d’opportunité annuel est de 20%.

c p = 30x0,2=6dhs

c c = 300dhs

q* = 490

I

p (q*)=245

I

c (q*)=4,898

C(q*)=2939,39

B(q*)=21060,21

Gestion en univers incertain

On généralise le modèle en supposant que

La demande est connue en probabilité

Le délai d’obtention L est certain

La fonction de coût à minimiser est

, ,

Hypothèses simplificatrices

1. Déterminer la quantité économique q en arbitrant entre le coût de commande et le coût de possession à partir de la demande moyenne.

2.

Déterminer le point de commande s en arbitrant entre le coût de rupture et le coût de possession en utilisant la gestion calendaire pendant le délai d’obtention L, en retenant comme point de commande le niveau de recomplètement optimal.

Détermination de la quantité économique : on minimise le coût de gestion

en remplaçant la demande annuelle certaine par la demande annuelle moyenne.

Détermination du stock de sécurité : en prenant pour point de commande s le niveau de recomplètement S qui minimise le coût de gestion calendaire durant le délai d’obtention L

avec :

I r (S)= nombre moyen d’articles non fournis durant L.

I p (S)= le stock moyen possédé durant L.

Le coût unitaire de possession durant le délai d’obtention L s’écrit

c’ p =c p q*/D

q* est la quantité économique.

La demande X durant le délai L s’écrit, si X suit N(m, σ²), X=N(Lm, L σ²) avec L délai exprimé en année. S* est donc tel que :

2

Conséquences économiques

Nombre moyen de commandes : dépend uniquement de q et se calcule par la formule

I c (q) = D/q.

Nombre moyen de ruptures : dépend de s et se calcule par la formule

I r c est le nombre moyen de rupture au cours d’un cycle calculé par la formule de gestion calendaire.

Stock moyen possédé : dépend de q et de s et se calcule par la formule suivante

Cas de ventes manquées perdues

,

2

2

Cas de ventes manquées différées

,

2

2

On en déduit le coût de gestion

, ,

Et la marge nette moyenne

, ,

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Gestion de stock

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