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Mr. LIRATNI Moufdi INGENIEUR D’ETAT EN HYDRAULIQUE ECOLE NATIONALE POLYTECHNIQUE D’ALGER (ENPA) 2011 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR
Mr. LIRATNI Moufdi
INGENIEUR D’ETAT EN HYDRAULIQUE
ECOLE NATIONALE POLYTECHNIQUE D’ALGER (ENPA)
2011
GUIDE METHODOLOGIQUE
POUR LE DIAGNOSTIC DES
RESEAUX DE DISTRIBUTION
D’EAU POTABLE
®Avertissement :
Ce document est un essai d’aide à la réflexion ; Il ne s’agit,
en aucun cas, d’un modèle type à reprendre intégralement.
2 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE S O M M
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
S O M M A I R E
1.
GENERALITES
1.1- INTRODUCTION
1.2-
TERMES DESCRIPTIFS DES ELEMENTS D’UN RESAU D’EAU POTABLE
1.3.1- Ouvrage d’adduction
1.3.2- Conduite de transfert ou feeder
1.3.3- Conduite de distribution
1.3.4- Conduite de branchement
1.3.5- Point de livraison
1.3.6- Réseau de distribution
1.3.7- Secteur de distribution
1.3.8- Sous-secteur de distribution
1.3.9- Service d’eau
2.
OBJECTIFS ATTENDUS
3.
METHODOLOGIE PROPOSEE
3.1- Etape 1 : ETAT DU PATRIMOINE
3.1.1
Collecte préalable des informations techniques, repérage du réseau
et élaboration du schéma d’ensemble
3.1.2
Etat de fonctionnement du réseau
3.2- Etape 2 : SECTORISATION (comme outil de diagnostic)
3.2.1-
INVESTIGATIONS, MESURES & RECHRCHES DE FUITES ;
3.2.1.1- Analyse statistique de la production et de la consommation
3.2.1.2- Analyse du fonctionnement du réseau
3.2.1.3- Recherche de fuites
3.2.2- MODELISATION DU RESEAU
3.3- Etape 3 : SCHEMA DIRECTEUR
4.
DEROULEMENT DE L’ETUDE-DIAGNOSTIC DU RESEAU D’A.E.P
4.1- Etape 1 : ETAT DU PATRIMOINE
4.1.1- Collecte préalable des informations techniques, repérage du réseau et élaboration
du schéma d’ensemble ;
4.1.1.1- Historique du système A.E.P ;
4.1.1.2- Mise à jour des plans ;
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3 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 4.1.2- Description détaillée du
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
4.1.2- Description détaillée du réseau et des ouvrages techniques existants :
4.1.2.1- Les ouvrages de production (captage et station de pompage) :
4.1.2.2- Les ouvrages de Stockage (Réservoirs) :
4.1.2.3- Les ouvrages d’alimentation et de distribution (Réseau) :
4.1.3- Etat de fonctionnement du réseau
4.1.3.1- Principe de fonctionnement du système global : (schéma synoptique)
4.1.3.2- Triangulation des vannes de sectionnement
4.1.4- Elaboration d’un Système d’Information Géographique (SIG) spécifique
4.1.4.1- Données disponibles :
4.1.4.2- Conception de la base de données :
a)- Le niveau conceptuel ;
b)- Le niveau logique ;
c)- Le niveau physique ;
4.1.4.3- L’organisation des données
4.1.4.4- Fonctionnement de l’application
4.1.4.5- Mise à jour des données :
4.2- Etape 2 : SECTORISATION (comme outil de diagnostic)
4.2.1- INVESTIGATIONS, MESURES & RECHRCHES DE FUITES
4.2.1.1- COMPAGNE DE MESURES :
a)- Typologie des mesures :
b)- Spécificité des types de mesures :
b.1)- Suivi du temps de marche des pompes
b.2)- Mesures de pressions :
b.3)- Mesures de débits avec des compteurs :
b.4)- Mesures de débit-pression de la Défense Incendie :
4.2.1.2- ANALYSE STATISTIQUE DES BESOINS, DE LA PRODUCTION
ET DE LA CONSOMMATION
a)- BESOINS
b)- PRODUCTION
c)- DISTRIBUTION
d)- ENSEMBLE DU SERVICE :
e)- EGALITES UTILES
4.2.1.2- ETUDE DES CONSOMMATIONS
a)- L’enquête « abonnées »
b)- L’implantation d’un compteur de métrologie en remplacement du compteur
de facturation
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4 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 4.2.1.2- ANALYSE DU FONCTIONNEMENT
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
4.2.1.2- ANALYSE DU FONCTIONNEMENT DU RÉSEAU
a)- Bilan hydraulique complet du réseau
b)- Etude spécifique hydraulique du réseau
4.2.1.3- RECHERCHE DE FUITES
a)- Quantification et sectorisation des fuites
a.1)- La pré localisation des fuites
a.2)- La corrélation acoustique:
a.3)- L’écoute au sol
b)- Contrôle hydraulique après réparation des fuites :
4.2.1.4- ANALYSE DES INCIDENTS SUR LE RESEAU :
4.2.1.5- EXAMEN DES PRESSION SUR LE RESEAU :
4.2.1.6- DE LA COMPAGNE DE MESURES A LA MODELISATION :
4.2.2- MODELISATION DU RESEAU
4.2.2.1- CONSTRUCTION DU MODELE
A)- La modélisation du réseau sur le logiciel Epanet :
a.1)- Le logiciel Epanet : Fonctionnement et spécificités
a.2)- Potentialités du logiciel
a.3)- Spécificités du logiciel
B)- Les données nécessaires à la modélisation du réseau :
b.1)- Caractéristiques des tronçons
b.2)- Caractéristiques des ouvrages spéciaux
b.3)- Caractéristiques des nœuds de demande
4.2.2.2- CALAGE DU MODELE :
A)- Méthodologie de calage
a)- Le calage en volume
a.1)- Le débit de consommation
a.2)- Le débit de fuite
a.3)- Validation du calage en débit ;
b)- Le calage
en niveau ;
c)- Le calage de la pression
B)- Données clé de construction
C)- Autres cas particuliers
D)- RESULTATS DES SIMULATIONS
4

5

GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE

4.3- Etape 3 : PLANIFICATION DU RENOUVELLEMENT DES CONDUITES

 

4.3.1- Identification des facteurs de désordre des réseaux

4.3.1.1- Principaux facteurs de désordres

a)- Désordres liés à l’eau distribuée

b)- Désordres liés à la canalisation

c)- Désordres liés au milieu environnant

4.3.1.2- Age des canalisations

4.3.1.3- Matériaux en contact avec l’eau et leurs principales caractéristiques

4.3.2- Défaillances possibles et conséquences associées à la dégradation du réseau

4.3.2.1- Dégradation de la qualité de l'eau

a)- Phénomène de corrosion

a.1)- Corrosion interne

a.2)- Corrosion externe

b)- Phénomène d’entartrage

b.1)- Les phénomènes biologiques

  • 4.3.2.2 - Défaillances du régime hydraulique

a)- Diminution de la capacité de transport

b)- Fuites

  • 4.3.2.3 Synthèse :

4.3.3- Détermination des critères de renouvellement

4.3.4- Mise en place d’une politique de renouvellement

4.3.5- Systèmes d’aide à la décision pour la programmation des besoins en renouvellement

des réseaux d’eau potable

4.3.5.1- Littérature

4.3.5.2- Le modèle RENCANA

a)- Modèle d’estimation des probabilités d’occurrence des défaillances

b)- Algorithme d’optimisation

c)- Module de visualisation

4.3.5.3- Le modèle SIROCO

a)- Méthodologie

a.1)- Outil de Prévision des Défaillances

a.2)- Outil de Fiabilité Hydraulique

b)- Calcul des indices de criticité selon le modèle FAILNET RELIAB (CEMAGREF)

4.3.5.4- Modèles divers

a)- AQUADIAG

b)- CARE-W

c)- Le modèle PARMS (Pipeline Asset and Risk Management System)

 
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6 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE A N N E
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
A N N E X E S
1- ANNEXE – 1 : Fiches synthétiques (captages, réservoirs, canalisations)
2- ANNEXE – 2 : Modèle de fiche d’intervention défaillances
3- ANNEXE – 3 : Calcul des débits de pointe domestiques par la méthode
de Tribut
4- ANNEXE – 4 : Caractéristiques des matériaux des conduites
5- ANNEXE – 5 : Fonction objective
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7 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 1- GENERALITES : 1.1-
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
1- GENERALITES :
1.1-
INTRODUCTION :
Les systèmes de distribution d’eau potable appartiennent, au même titre que les autres
réseaux techniques, à un environnement urbain et péri-urbain dans lequel ils agissent
et inter-agissant avec les autres réseaux.
L’exploitant d’un réseau d’AEP (alimentation
en
eau
potable)
se trouve
généralement confronté à la difficulté
de
connaître
avec
précision son réseau
compte tenu de sa diversité (généralement de multiples tranches de travaux réalisées
selon des techniques différentes et sur plusieurs années) de son étendue et des
difficultés d’accès.
La gestion des réseaux d’A.E.P (connaître, décrire, entretenir, prévoir, développer) vise
trois (03) objectifs principaux :
-
la bonne gestion du patrimoine de la collectivité ;
-
la qualité du service rendu à l’usager ;
-
la réalisation des travaux d’entretien et d’extension, y compris la modélisation
des données et les calculs techniques.
Dans la pratique, cette gestion se décline par des actions de rationalisation telles que :
- la tenue à jour de la documentation, la visualisation rapide du réseau et de son
environnement (états descriptifs, plans de secteurs, plans d’ensemble à l’échelle
communautaire ou communale)
- l’analyse
et
l’édition de plans
thématiques :
conduites en domaine public ou
privé, types de canalisations, travaux réalisés (historique) et travaux projetés…
- des études de tracé, le suivi des abonnés, des travaux…
-
la
mise
à
disposition
des
données
à
des
tiers
(bureaux
d’études,
entreprises, services incendie…) et la coordination des travaux.
Enfin, il est indispensable de garder trace des interventions effectuées pour
constituer une « mémoire » des événements marquants afin de cibler le mieux
possible les décisions en matière de programmation et d’investissements.
Le réseau d’AEP d’une ville possède plusieurs dizaines de kilomètres de conduites
et une variété étendue d’organes de protection et de distribution. Des contraintes de
gestion de plus en plus fortes exigent l’utilisation, de plus en plus fréquente, de
données représentatives de l’ensemble du réseau. Ces données sont nécessaires pour
une gestion efficace d’un patrimoine que l’on souhaite voir fonctionner continuellement
de manière rentable avec un niveau de service adapté aux attentes des clients.
La mise en place d'un Système d'Information Géographique (S.I.G.) pour le
gestionnaire du réseau d’eau potable avec la constitution des bases de données
descriptives du réseau et de son environnement, nous semble indispensable et un pré-
requis à toute tentative d’analyse.
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8 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Cet essai descriptif de
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Cet essai descriptif de la méthodologie proposée précise les travaux et réflexions qui
peuvent, de notre point de vue, permettre de concevoir ce travail de diagnostic du
réseau «Eau potable » urbain.
Nous illustrerons, dans les paragraphes suivants quelles types de données qui seront
utilisées pour la mise en place de ce travail, les étapes d’acquisition de ces données,
ainsi que les possibilités offertes par les SIG pour faciliter le traitement des
différents types des données, nous permettant de mieux comprendre l’hétérogénéité
spatiale de l’état structurel du réseau et de justifier la saisie de nouvelles données
pour identifier les conduites sources de dysfonctionnement.
La méthodologie proposée est basée sur l‘analyse de l‘état de fonctionnement du
réseau d’eau potable. Cet état de fonctionnement du réseau peut être connu à partir :
-
d’informations directes fournies par un système de surveillance, que sera mis
en place, au fur et à mesure de l’avancement de l’étude diagnostique (mesure de
pression, de vitesse, de débit, de qualité d’eau…etc) ;
-
d’informations indirectes (analyse des incidents survenus sur le réseau, des
interventions, de l‘environnement du réseau…) obtenues par la traçabilité du
gestionnaire du réseau ;
Chez la quasi-totalité des exploitants, il y a toujours absence de mesures directes sur
le réseau, sauf en quelques points critiques connus (station
de
pompage,
station
de
relèvement
..
).
Ce fait (absence de mesures
directes) ne permet pas de quantifier
l‘état de fonctionnement de l‘ensemble du réseau, c‘est pourquoi, cet état est
défini en se basant sur la liste des incidents, et des interventions survenues sur le
réseau durant les dix ou quinze dernières années, ainsi que sur des informations
portant sur l‘environnement du réseau (nature des sols, aménagement du
territoire…).
Ce travail méthodologique comprend deux aspects essentiels et complémentaires :
Aspect « Diagnostic » : Analyser qualitativement et quantitativement tous les aléas
pouvant exister sur le réseau et se manifester par des observations. Il s‘agit dans
tous les cas d‘établir le cheminement possible entre les observations, les causes
possibles, et d‘évaluer les conséquences induites, par une analyse successive et
récursive. L’objectif d’un diagnostic de réseau d’alimentation en eau potable est de
proposer, au vu des éléments techniques et économiques mis en évidence, une politique
d’intervention aux élus et techniciens pour une bonne gestion du patrimoine collectif, qu’il
s’agisse des infrastructures existantes ou de la ressource en eau.
Aspect « Aide
à la décision » : Associer
un « niveau d‘urgence » à chaque tronçon du
réseau afin d‘assurer :
-
le suivi de la réhabilitation (et/ou) renouvellement des infrastructures ;
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9 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - l'assistance à la
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
l'assistance à la réhabilitation (et/ou) renouvellement avec la détermination de
zones prioritaires ;
-
la gestion/maintenance du réseau pour la pérennité du réseau.
Ce niveau d‘urgence sera quantifié, dans la suite du document, à l‘aide d‘une méthode de
recherche
opérationnelle (optimisation)
en
considérant
des
critères
techniques,
économiques, sociaux, environnementaux ainsi que la politique des gestionnaires.
1.2-
DESCRIPTION D’UN RESAU D’EAU POTABLE (REVUE DE LITTERATURE) :
1.2.2
TOPOLOGIE DU RESAU D’EAU POTABLE :
La topologie du réseau est la représentation schématique des différents nœuds d'un
réseau et de leurs liaisons physiques (conduites, pompes, vannes). La disposition des nœuds
et des conduites dépend de la localisation des abonnés, de la présence de routes, des
obstacles naturels, de la présence d’autres réseaux…
En termes de topologie, nous distinguons :
1.2.2.1-
Les réseaux ramifiés
Ce type de réseau se présente selon une structure arborescente à partir du nœud à
charge fixée assurant la mise sous pression. Cette configuration est justifiée par la
dispersion des abonnés.
Cependant, ce type de topologie réduit la fiabilité du réseau dans le cas d’une rupture
d’une conduite, privant en eau les utilisateurs en aval du point de rupture. Elle caractérise
généralement les réseaux de distribution d’eau en milieu rural.
1.2.2.2- Les réseaux maillés
Comportant un certain nombre d’antennes en boucle et pouvant assurer la distribution en
eau, cette configuration caractérise les réseaux de distribution d’eau en milieu urbain où il
existe une concentration des abonnés. La présence de boucle ou de maille réduit les
risques de coupure en cas de rupture de conduites, car assurant une redondance dans
l’acheminement de l’eau et limitant l’impact d’une rupture sur la desserte en eau. Dans la
réalité les deux configurations coexistent dans un même réseau. En milieu rurale, le réseau
sera formé par plus d’antenne et ramifications, alors qu’en milieu urbain on constatera plus
de mailles.
1.2.3
TERMES DESCRIPTIFS DES ELEMENTS D’UN RESAU D’EAU POTABLE :
Les termes descriptifs sont nécessaires dès que l’on souhaite communiquer autour d’ordres
de grandeur et d’une partie du système d’alimentation en eau potable. Le présent article
est une reproduction scrupuleuse du document cité en référence. Ainsi, le lecteur peut
être assuré de la véracité des définitions mentionnées.
Concernant le réseau, les termes "conduites" et "canalisations" sont équivalents.
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10 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Concernant les eaux véhiculées
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Concernant les eaux véhiculées :
"Eau brute" désigne l’eau qui n’a pas été traitée, c’est à dire dans l’état où elle est
prélevée dans le milieu naturel et non introduite dans le réseau de distribution.
L’oxydation simple n’est pas considérée comme un traitement. Le terme d’eau brute
n’implique pas de notion de qualité : elle ne désigne pas obligatoirement une eau
impropre à la consommation. En l’absence de traitement, elle perd sa qualification
d’eau brute pour devenir "eau potable" dès le passage dans le réseau de
distribution.
 "Eau potable" désigne donc uniquement l’eau qui passe dans le réseau de
distribution. Comme vu précédemment, cette dénomination n’implique pas de
paramètres de qualité.
Ces deux désignations servent donc à séparer les volumes non distribués (production,
services) des volumes destinés aux abonnés.
1.2.3.1- Ouvrage d’adduction :
Définition : un ouvrage d’adduction véhicule de l’eau brute ou prétraitée
Les ouvrages d’adductions servent à amener l’eau brute depuis des sites plus ou moins
éloignés où elle est généralement plus
abondante et moins
polluée
vers
les
zones
d’utilisation.
Ils peuvent être à ciel ouvert (canaux, aqueducs) ou en conduite fermées, en maçonnerie ou
constitués d’éléments préfabriqués (fonte, béton, etc ) ...
Ce sont généralement les installations de traitement ou de stockage qui définissent la
limite aval de ces ouvrages. En leur absence, cette limite peut être définie par un organe
de comptage ou à défaut par une vanne de sectionnement. Lorsqu’il y a un captage (et
absence de traitement), celui-ci peut être considéré comme un ouvrage de production.
Dans ce cas, seuls les ouvrages en amont seront considérés comme des ouvrages
d’adduction.
Ces
ouvrages
d’adduction
ne
font
pas
partie
du
réseau
de distribution. Leur
fonctionnement (pression, vulnérabilité aux pollutions), de même que leur nature ne
permettent pas de les assimiler aux autres conduites. On les désigne parfois sous le nom
d’aqueducs
1.2.3.2- Conduite de transfert ou feeder :
Définition : Une conduite de transfert véhicule de l’eau potable sans branchement
particulier d’un ouvrage ou d’un secteur à un autre. On la désigne aussi sous le nom
de feeder
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11 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE La conduite de transfert
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
La conduite de transfert se distingue des ouvrages d’adduction parce qu’elle véhicule de
l’eau potable, presque toujours sous pression. Les ouvrages de traitement ou de stockage
constituent sa limite amont. Mais elle peut aussi prendre son origine dans un secteur.
Son rôle étant essentiellement de transporter de l’eau potable, normalement elle ne
comporte pas de branchement de distribution à l’exception parfois de l’alimentation de
quelques abonnés isolés situés en dehors des zones urbanisées, car elle est elle-même très
souvent implantée en dehors de ces zones.
Par contre, elle peut comporter une ou plusieurs dérivations permettant d’alimenter
d’autres ouvrages ou secteurs. La limite aval de cette conduite et de ses dérivations est
constituée par un ouvrage ou un organe de comptage lorsqu’il s’agit d’un secteur de
distribution.
Pourquoi l’avoir distinguée de la conduite de distribution ? Par destination, elle en diffère
et l’on pourrait être tenté de l’exclure des réseaux pour calculer le rendement de ceux-ci.
Mais comme elle est de même nature et transporte le même produit (qualité, pression)
qu’une canalisation de distribution, elle fait partie intégrante du réseau. La désigner sous
un nom spécifique évite de l’exclure tout en permettant d’affiner l’étude de rendement du
réseau.
1.2.3.3- Conduite de distribution :
Définition : Une conduite de distribution véhicule de l’eau potable et comporte des
branchements
La conduite de distribution alimente les zones à desservir. Implantée majoritairement
dans les zones construites, c’est sur cette conduite que sont effectués les branchements
d’abonnés. Son origine est définie par le réservoir de distribution, par l’organe de
comptage ou de fermeture situé sur la dérivation de la conduite de transfert ou sur
l’ouvrage de mise en pression en cas de refoulement-distribution.
A noter que le diamètre n’intervient pas dans la classification.
1.2.3.4- Conduite de branchement :
Définition : La conduite de branchement véhicule de l’eau potable pour alimenter un
abonné individuel ou collectif à partir d’une conduite de distribution
Cette conduite établit la liaison entre la conduite de distribution et les installations de
l’utilisateur. Le plus souvent à un utilisateur correspond une conduite de branchement.
C’est le cas pour les abonnés domestiques individuels et de la plupart des immeubles
collectifs (qui sont donc desservis par un branchement unique avec un compteur de
première prise, collectif ou général)
Son origine est la prise sur la conduite de distribution, son extrémité est le raccord avec
le point de livraison.
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12 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 1.2.3.5- Point de livraison
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
1.2.3.5- Point de livraison :
Définition : Le point de livraison est l’emplacement où est délivré l’eau potable à
l’abonné.
Plus précisément, le point de livraison est situé au raccord aval du compteur. Cependant
cette notion désigne en même temps l’ensemble des appareils qui y sont regroupés et qui
comprennent au moins un robinet avant compteur et un compteur, et éventuellement, un
clapet de non-retour, un robinet après compteur, un té de purge, un réducteur de pression.
S’il n’y a pas de compteur (cas de certains usages publics), le point de livraison est au
raccord (ou à la bride) aval de l’organe de fermeture, vanne ou robinet, situé en extrémité
aval de la conduite de branchement.
Il ne peut exister de point de livraison sans conduite de branchement, par contre il peut y
avoir plusieurs points de livraison pour une seule conduite de branchement.
Le terme "branchement", couramment utilisé, désigne l’ouvrage qui conduit l’eau potable de
la conduite de distribution à l’installation de l’abonné. Il comprend trois parties :
la prise sur la conduite de distribution publique constituée usuellement d’un té ou
d’un collier de prise en charge et d’un robinet d’arrêt sous bouche à clé. A un
branchement correspond une prise sur la conduite et inversement.
la conduite de branchement, qui relie la prise au point de livraison. Dans certains
cas, un branchement dessert plusieurs points de livraison. La conduite de
branchement comprend alors plusieurs branches. Dans certains de ces cas, le
branchement est limité à l’organe de répartition exclu, tout en comprenant les
points de livraison. Tout cela doit alors être spécifié dans les règlements de
service.
le point de livraison tel que nous venons de le définir.
D’après le modèle de règlement de service, le branchement comprend :
la prise d’eau sur la conduite de distribution publique
le robinet d’arrêt sous bouche à clé
un réducteur de pression, le cas échéant
la canalisation de branchement située tant sous le domaine public que privé
le robinet avant compteur
le regard ou la niche abritant le compteur, le cas échéant
le compteur
le robinet de purge et le robinet après compteur
Quand le compteur est placé chez l’abonné, le branchement comporte une partie sous
domaine public et une partie privative.
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13 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Un branchement peut alimenter
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Un branchement peut alimenter des abonnés domestiques, des industriels, des immeubles
collectifs ou municipaux, mais il peut aussi alimenter (avec ou sans compteur), des appareils
de fontainerie (bouches ou poteaux d’incendie, bouches de lavage, d’arrosage
...
)
dont la
gestion est assurée indépendamment du service des eaux (et qui ne font pas partie des
réseaux).
1.2.3.6- Réseau de distribution :
Définition : Un réseau de distribution est un ensemble cohérent :
de réservoirs et d’équipements hydrauliques
de conduites de transfert ou feeders
de conduites de distribution
de conduites de branchements
de points de livraison
de tous les appareils de robinetterie et de régulation nécessaires
En amont du réseau de distribution, il y a les ouvrages de prélèvement, d’adduction, de
traitement et de pompage qui ne font pas partie du réseau de distribution. En aval, il y a
d’une part les appareils de fontainerie qui sont des abonnés d’un type particulier, d’autres
part les installations propres des abonnés. La limite du réseau est située au point de
livraison du branchement, ou à défaut à la bride aval de la vanne de sectionnement.
Les branchements (en domaine public ou privé) font bien partie du réseau de distribution
jusqu’au point de livraison compris.
1.2.3.7- Secteur de distribution :
Définition : Le secteur de distribution est constitué d’un ensemble de canalisation de
distribution et de branchements dont le volume mis en distribution est mesuré en
permanence
Pour des raisons de commodité de gestion, de topographie ou de géographie, un réseau de
distribution peut être divisé de façon permanente en zones indépendantes (bien qu’elles
puissent dans certains cas se secourir mutuellement) dont chacune est alimentée en un ou
plusieurs points et où l’introduction de l’eau (et la sortie vers une autre zone) est maîtrisée
(comptée, régulée) de façon constante. Ce sont des zones qui sont dénommées secteurs de
distribution.
Les zones à étage de pression différente ne constituent pas forcément des secteurs de
distribution différents.
Le secteur de distribution, qui est une notion à caractère hydraulique, doit être distingué
de l’unité de distribution qui se rapporte aux caractéristiques physico-chimiques de l’eau.
Une unité de distribution est un réseau ou une partie de réseau dont tous les points de
livraison sont reliés hydrauliquement au(x) même(s) ouvrage(s) de production. Cela veut
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14 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE dire que tous les
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
dire que tous les points de livraison d’une unité de distribution délivrent une eau qui
présente sensiblement les mêmes caractéristiques physico-chimiques (aux évolutions
internes près).
1.2.3.8- Sous-secteur de distribution :
Définition : Un sous-secteur de distribution est un sous-ensemble de secteur(s) que
l’on peut isoler à un instant donné
Pour des raisons conjoncturelles de diagnostic de l’état d’un réseau ou de recherche de
fuites par exemple, un secteur de distribution peut être subdivisé à un instant donné en
sous-ensembles dont on pourra temporairement maîtriser l’alimentation pendant les
opérations de mesures. Un sous-secteur peut quelquefois être constitué à partir de
plusieurs secteurs.
Il est aussi appelé "îlot" ou "zone". Le terme "maille" utilisé parfois est à réserver au
calcul hydraulique des réseaux où sa définition est différente de celle du sous-secteur.
1.2.3.9- Service d’eau :
Définition : Un service d’eau est un ensemble cohérent :
d’ouvrages de prélèvement
d’ouvrages d’adduction
d’ouvrages de production et de traitement
d’un réseau de distribution
Le service d’eau ou service d’eau potable regroupe l’ensemble des ouvrages qui permettent
de prélever l’eau dans la ressource, de l’amener à pied d’œuvre, de la rendre conforme aux
normes de qualité, de la mettre en pression et à la disposition de l’abonné.
Il ne faut pas le confondre avec le service des eaux qui dans son acception habituelle est
l’organisme qui gère le service d’eau (aussi parfois le service de l’assainissement) que la
gestion soit déléguée ou en régie.
Dans tout modèle de règlement du service, le "Service des Eaux" est bien l’organisme
gestionnaire.
1.3- MODELISATION HYDRAULIQUE D’UN RESAU D’EAU POTABLE (REVUE DE
LITTERATURE) :
La modélisation du fonctionnement du réseau cherche à décrire le comportement
hydraulique des différents dispositifs du réseau. L’intérêt est de reproduire ce qui se
déroule en réalité dans le réseau à l’aide d’un modèle hydraulique.
La représentation et la précision du modèle sont tributaires des objectifs du service
de l’eau et des analyses escomptées ; le niveau de détail conditionne donc les résultats
de la modélisation.
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15 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE (Harrouz, 1996) distingue plusieurs
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
(Harrouz, 1996) distingue plusieurs types de modèles :
1.3.1- Modèle pour le dimensionnement du réseau :
Le modèle permet de vérifier pour une configuration donnée du réseau, la satisfaction
des exigences des abonnés en termes de pression et de débit. L’intérêt est de
dimensionner les conduites et dispositifs hydrauliques. L’état des conduites et la
demande sont supposés connus.
Le niveau de détail est important, toutes les conduites sont représentées.
1.3.2- Modèle pour l’analyse du fonctionnement hydraulique et diagnostic :
Dans ce cas, le modèle cherche à décrire le fonctionnement d’un réseau existant, par la
détermination de l’état des conduites à travers la mesure de la rugosité des conduites
et la demande des abonnés. Pour un réseau, des données liées à la topologie du réseau,
les types des conduites, la typologie des consommateurs ainsi que des mesures de
pression et débits en des points du réseau sont supposés connus. Un calage du modèle
permet de déterminer certains paramètres inconnus : rugosité, consommation afin de
s’approcher le plus possible du fonctionnement réel du réseau.
1.3.3- Modèle pour la gestion du réseau :
Dans ce cas, le modèle servira à décrire le comportement des sources
d’approvisionnement, des zones de stockage et des stations de pompage. L’intérêt de ce
type de modèle est d’optimiser l’exploitation des sources d’eau et de minimiser les
coûts d’exploitation du réseau en régulant le pompage et le stockage de l’eau dans la
journée. Ce modèle ne retient que les conduites de grand diamètre servant au
transport et à la distribution de l’eau.
1.3.4- Modèle pour la mesure de la qualité de l’eau :
Dans ce cas, le modèle cherche à décrire les temps de séjour (stagnation) de l’eau dans
le réseau. En effet, des temps de séjours importants altèrent la qualité de l’eau dans le
réseau. L’objet du modèle est de mesurer l’évolution d’un produit, à titre d’exemple le
chlore, dans le réseau et d’en mesurer les concentrations à des points précis du réseau.
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16 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 2- OBJECTIFS ATTENDUS :
16
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
2- OBJECTIFS ATTENDUS :
En général, tout projet de diagnostic d’un réseau de distribution d’eau potable, porte les
objectifs suivants :
-
Mettre en évidence les insuffisances du réseau ou des ouvrages pour répondre à la
demande actuelle et future, par une analyse de l’existant (réseau/ouvrage/qualité
de l’eau), un bilan de l’adéquation des besoins-ressources-capacités de stockage et
une simulation du fonctionnement du réseau ;
-
Définir les améliorations à apporter pour assurer la desserte quantitative et
qualitative des abonnés, en toute sécurité ;
-
Estimer les investissements à réaliser afin de permettre aux responsables de
l’organisme exploitant de programmer les travaux nécessaires en fonction des
priorités.
Une bonne appréciation de ces objectifs est nécessaire dans l’optique de la réalisation
d’une étude fructueuse qui prendrait les critères suivants :
Une optimisation du réseau
L’objectif, en terme d’optimisation, du réseau est l’augmentation du rendement qui passera
par une lutte acharnée contre les problèmes de fuite. Une diminution de moitié de l’indice
linéaire de pertes et une augmentation du rendement jusqu’à la valeur de 80% à 85 %
serait.
Une meilleure maîtrise du réseau
Il est également impératif de simplifier la compréhension et ainsi la gestion du réseau en
le sectorisant. L’objectif en termes de sectorisation est difficilement chiffrable mais
l’idée est de fermer plus de maillages et de faire en sorte qu’aucune région ne soit
pénalisée, mais aussi faciliter la détection de fuites.
La maitrise les fluctuations de pressions sur l’ensemble du réseau en période estivale et
hivernale doit être assurée par une homogénéisation de ces pressions en tout point du
réseau. Si l’on devait chiffrer ces propos, il faudrait faire en sorte qu’à n’importe quel
moment de l’année et quelque soit l’endroit où on se situe, les pressions de service soient
comprises entre 2 et 12 bars.
Un programme de renouvellement
Un budget conséquent devrait être mis à la disposition pour renouveler les canalisations et
les accessoires du réseau les plus fragiles. L’objectif associé à cela est une répartition la
plus judicieuse possible de cette enveloppe financière et la proposition d’un échéancier
pertinent sur la durée totale des interventions sur le réseau.
3- METHODOLOGIE PROPOSEE :
L’étude diagnostique des réseaux d’eau potable consiste principalement à déterminer l’état
général de fonctionnement du réseau. Elle peut s’intégrer dans le cadre d’une étude
générale (schéma directeur), dont le but est de mieux appréhender les besoins collectifs
en alimentation en eau potable à plus ou moins long terme et d’optimiser ainsi la
programmation de travaux.
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17 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE La motivation de l’étude
17
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
La motivation de l’étude est de faire apparaître les insuffisances et anomalies de
fonctionnement, afin de définir les éventuels aménagements à prévoir pour améliorer
globalement l’usage de l’eau et optimiser la gestion du réseau. L’objectif est donc de
proposer, au vu des éléments techniques et économiques mis en évidence, une politique
d’intervention aux élus et techniciens pour une bonne gestion du patrimoine collectif, qu’il
s’agisse des infrastructures existantes ou de la ressource en eau.
Les études diagnostic détaillées sont obligatoires pour les réseaux qui doivent être
alimentés à partir d'une ressource de substitution et pour les réseaux et les zones à
risques désignées comme prioritaires au vu des enjeux collectifs évalués et tracés,
préalablement, par les acteurs locaux de l'eau. En général, les réseaux concernés sont
ceux des secteurs alimentés par un ouvrage exploitant une ressource déficitaire, ou
implantés dans une zone à risque.
Pour répondre aux objectifs fixés souhaités, trois grandes étapes sont nécessaires pour
mener à bien cette étude :
3.1- Etape 1 : ETAT DU PATRIMOINE
Précise les éléments et informations essentielles dont doit disposer un maître d’ouvrage
pour poser une première analyse sur l’état physique et le fonctionnement de son réseau.
La phase de terrain permet dans un premier temps de réaliser un repérage exhaustif du
patrimoine hydraulique (conduites, robinets-vannes de sectionnement, appareils de
régulation etc.). Suite à ce repérage, un schéma d’ensemble du réseau d’eau potable est
réalisé sous format informatique et papier avec une base de données associée. Ce
document constitue un premier outil de synthèse et de gestion qui peut être mis à jour
régulièrement en fonction des évolutions techniques du réseau.
Sommairement, cette étape se déroulera en deux phases :
3.1.1-
Collecte préalable des informations techniques, repérage du réseau et
élaboration du schéma d’ensemble :
Historique du système AEP ;
Mise à jour des plans ;
Description détaillée du réseau et des ouvrages techniques existants :
o
o
o
Ouvrages de production (captage et station de pompage) ;
Ouvrages de stockage (Réservoirs) ;
Ouvrages d’alimentation & de distribution (Réseau) ;
3.1.2-
Etat de fonctionnement du réseau :
Principe de fonctionnement de tout le système (schéma synoptique) ;
Triangulation des vannes de sectionnement ;
Connaissance du système d’asservissement, s’il y a lieu ;
17
18 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 3.2- Etape 2 :
18
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
3.2- Etape 2 : SECTORISATION (comme outil de diagnostic)
Outil de diagnostic de l’état et du fonctionnement du réseau à un instant donné, mais
surtout un outil de gestion du patrimoine au quotidien.
La sectorisation consiste à décomposer un réseau en un ou plusieurs niveaux de sous
réseaux pour lesquels les volumes mis en distribution sont mesurés de façon permanente
ou temporaire. La pose de compteurs au niveau des secteurs de distribution, permettra la
réalisation de mesures hydrauliques qui vont définir les volumes de pertes de chaque
secteur de distribution. Ces mesures vont en outre permettre les calculs des indices et
ratios servant à caractériser l’état général du réseau ainsi que le volume nécessaire aux
abonnés de chaque secteur.
Cette étape sera menée en deux volets complémentaires :
3.2.1-
INVESTIGATIONS, MESURES & RECHRCHES DE FUITES :
Etude statistique, investigations de terrain, série de mesures, localisation
avec précision des fuites,...
3.2.1.1-
Analyse statistique de la production et de la consommation :
Etude de la production ;
Etude de la consommation ;
Etude du parc compteurs ;
Etude de la qualité de l’eau distribuée ;
3.2.1.2- Analyse du fonctionnement du réseau :
Bilan hydraulique et électromécanique des groupes de pompage
Bilan hydraulique du réseau
 Etude spécifique hydraulique
3.2.1.3- Recherche de fuites :
Quantification et sectorisation des fuites
 Contrôle hydraulique après réparation des fuites
3.2.2-
MODELISATION DU RESEAU :
Représentation numérique virtuelle du réseau de distribution d’eau potable
permettant de simuler, d’une part, son fonctionnement dans son état actuel
et, d’autre part, l’effet de modifications des infrastructures existantes ou
des conditions d’exploitation.
Dans cette étape, on procèdera à :
La récolte et la saisie des données de base du logiciel utilisé ;
Une série de simulation du fonctionnement du réseau sous différents
scénarios possibles et imaginables ;
18
19 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 3.3- Etape 3 :
19
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
3.3- Etape 3 : RENOUVELLEMENT / REHABILITATION
Cette étape s’articulera sur l’élaboration d’une stratégie pluriannuelle de renouvellement
des réseaux d’A.E.P, ainsi que la confection d’’un outil d’aide à la décision pour le
renouvellement des conduites du réseau. Cet outil nécessitera de disposer d’un modèle
hydraulique du réseau, préalablement élaboré, sur des logiciels de modélisation que nous
décrirons plus loin.
Elle sera scindée en deux phases :
-
Elaboration d’une stratégie de renouvellement :
La décision en matière de renouvellement est sensible et obéit à des critères
économiques et financiers, liés à la disponibilité de ressources suffisantes dans le
temps.
Afin de remédier à l’insuffisance des ressources financières, un lissage des besoins
est effectué, les travaux les plus urgents seront prioritaires. Les critères sociaux
sont traduits par les impacts liés au dysfonctionnement des infrastructures, à des
dommages ou une interruption du service.
Pour permettre d’identifier une approche de nivellement des ressources comme une
démarche exploitable pour la programmation du renouvellement des réseaux AEP et
l’estimation de l’enveloppe budgétaire nécessaire annuellement, nous émettons deux
hypothèses selon lesquelles sera axeé la stratégie de renouvellement des réseaux.
Ces hypothèses permettent de vérifier pour un même budget sur l’horizon de
planification :
o
la relation entre la performance du réseau et l’ordre de réalisation des travaux
de renouvellement ;
o La relation entre la performance du réseau et la politique budgétaire qui peut
prévoir un budget équivalent sur l’ensemble de l’horizon de planification, une
augmentation ou une diminution annuelle de la répartition du budget.
-
Présentation et compilation d’un modèle d’aide à la décision : selon deux
méthodes de recherche opérationnelle :
o
Approche par optimisation économique :
Se basant sur des calculs de probabilité, cette approche cherche à mieux
utiliser les fons financiers disponibles. Il s‘agit de comparer les coûts de
réhabilitions et les coûts de maintien en service, augmentés par les coûts
sociaux. A cet effet, on présentera le modèle RENCANA (C. WEREY, 2000) ;
o
Approche par modélisation du vieillissement (hiérarchisation) des réseaux :
Elle consiste à trouver des relations entre le taux de défaillance ou la durée de
vie et les variables de détérioration (facteurs déclenchants) ; (modèle SIROCO
de CEMAGREF & G2C Environnement) ;
19
20 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 4. DEROULEMENT DE L’ETUDE-DIAGNOSTIC
20
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
4.
DEROULEMENT DE L’ETUDE-DIAGNOSTIC DU RESEAU D’A.E.P :
4.1- Etape 1 : ETAT DU PATRIMOINE
4.1.1- Collecte préalable des
informations techniques, repérage du réseau et
élaboration du schéma d’ensemble :
4.1.1.1- Historique du système A.E.P :
Un premier travail de recherche des documents relatifs au réseau de distribution
d’eau potable (plans, croquis, rapports anciens etc.) est réalisé par le chargé d’études
auprès de la collectivité concernée. Cette première phase de collecte permet
d’effectuer une première synthèse des informations concernant les diamètres des
conduites, l’âge de pose de ces dernières, ainsi que le positionnement géographique des
appareils hydrauliques (ventouses, réducteurs de pression etc...).
Parallèlement à ce travail de collecte de l’information, le repérage exhaustif, sur
terrain, du réseau va permettre de vérifier les informations collectées au préalable et
d’y apporter d’éventuelles corrections si nécessaire.
Toutes les informations recueillies lors de cette opération doivent être enregistrées
sur un support papier ou informatique. L’enregistrement de ces données, mis
régulièrement à jour, permet d’avoir un historique du réseau, tronçon par tronçon, et
donc d’appréhender efficacement l’évolution de l’état des canalisations.
4.1.1.2- Mise à jour des plans :
Suite à ce repérage, le schéma d’ensemble du réseau de distribution est élaboré et
devrait servir à réaliser une mise à jour des plans des réseaux et infrastructures AEP
au format compatible « Autocad » (DXF ou DWG) consolidés par des visites de terrain
visant à appréhender notamment les anomalies potentielles. Ce schéma est utilisé dans
l’élaboration d’un plan de récolement au format numérique de type DAO - Schapfile
(SHP).
La connaissance du réseau existant doit figurer sur des plans de réseaux, mis
régulièrement à jour, qui sont habituellement de deux types :
o
o
les plans généraux ;
les plans détaillés.
Les plans généraux (d’une échelle de 1/25.000e ou 1/10.000e par exemple) donnent
une vision générale du réseau et facilitent la compréhension de son fonctionnement,
notamment lors de l’isolement d’un secteur. Sur ces plans doivent figurer :
o le diamètre et le matériau des conduites ;
20
21 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE o Tous les équipements
21
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
o Tous les équipements et appareils liés au fonctionnement du réseau : réservoirs,
vannes principales, appareils de régulation, ventouse, purges, bouches et poteaux
d’incendie ;
o
Quelques cotes altimétriques du terrain.
Les plans détaillés, souvent à l’échelle du cadastre, donnent :
o le positionnement du réseau et des accessoires, en particulier les différentes
vannes
o
l’emplacement des branchements et éventuellement leur triangulation
o la position des autres réseaux proches (assainissement, gaz, téléphone,
électricité…)
o
le matériau et le diamètre des conduites.
Enfin, ce fond de plan servira de support numérique pour l’élaboration d’un Système
d’Information Géographique (Infonet, TNTmips, Arcgis, QGis,…) associé à la création
d’une base de données regroupant les caractéristiques techniques du réseau.
4.1.2- Description détaillée du réseau et des ouvrages techniques existants :
Chaque ouvrage (captage, réservoir, comptage, station de pompage, chambre de
comptage, traitement
...
)
peut faire l’objet d’une reconnaissance technique détaillée
permettant de :
Situer l’emplacement, le type, la contenance des ouvrages de stockage,
Situer l’emplacement des stations de pompage et de surpression si existante,
de dresser un descriptif de l’installation ;
d’établir des schémas fonctionnels ;
de consigner d’éventuelles anomalies ;
Aussi, à l’aide de matériel spécifique (détecteur de canalisations…etc.), le tracé des
conduites eau potable est reporté sur le cadastre numérisé, et comprend, dans la
mesure des informations récoltées sur terrain, les éléments suivants :
le tracé, la nature, le diamètre des canalisations,
l’emplacement et la nature des appareillages de robinetterie et fontainerie.
l’emplacement des appareils de régulation de pression et de débit,
l’emplacement, la numérotation des appareils de défense contre l’incendie.
4.1.2.1- Les ouvrages de production :
a)- Captages :
Les captages font partie intégrante du système d’adduction; elles permettent
d’exploiter la ressource naturelle ; Ce sont des :
-
Sources naturelles drainées et captées ;
-
Puits ou forages ;
-
Barrages ou prises d’eau ;
21
22 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE De leurs caractéristiques dépendront
22
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
De leurs caractéristiques dépendront les débits d’exploitation, la pérennité de la
ressource et la qualité des eaux. Leur étude diagnostic doit proposer un état des lieux
de l’existant et mettre en évidence l’historique et les problèmes liés à leur
fonctionnement, ainsi que tous les défauts existants.
Enfin, et à l’issue de ce travail, on doit pouvoir conclure s’ils sont en bon état et bien
entretenus et si leur exploitation est bien adaptée au contexte du système dans sa
globalité.
Une présentation sous forme de fiches individuelles permet à l’exploitant de disposer
de l’ensemble des informations utiles pour la gestion de cet ouvrage, en un seul
document.
Dans certains cas, les captages nécessitent des études complémentaires, par exemple,
en cas de venues de sable dans des puits ou augmentation significative de
rabattement…Dans ce cas, une étude de diagnostic complémentaire du puit est
nécessaire ; elle comprendra :
o
o
o
Une inspection Vidéo ;
Un essai de pompage ;
Une de l’exploitation par rapport aux caractéristiques de l’ouvrage…
b)- Stations de pompage :
L’attention sera, principalement, axée sur l’état de l’équipement de pompage :
o
o
o
o
Nombre et caractéristiques des pompes de service et des pompes de secours ;
Remplacement habituels des pompes ;
Position, notice et mode de fonctionnement des pompes ;
Compteurs et leurs âges …
o La vérification de l’adaptation des pompes aux débits pratiqués est d’une importance
vitale pour la pérennité des stations de pompage car une mauvaise elle peut induire à
une forte surconsommation d’énergie.
o
o
Estimation des volumes non comptabilisés (comptabilisés au forfait) ;
Etat actuel et entretien, avec photographies éventuelle ;
o
Problèmes rencontrés au cours des dernières années et remèdes apportés…
Les thèmes à aborder sont récapitulés, en annexe 1, sur la fiche synthétique « captages ».
4.1.2.2- Les ouvrages de Stockage (Réservoirs) :
Les réservoirs permettent une gestion des volumes d’eau stockés nécessaires à la
distribution dans le réseau. La fluctuation du niveau d’eau dans le réservoir (marnage)
doit être connue avec précision pour pouvoir se prononcer sur la capacité du réservoir à
jouer pleinement son rôle de restitution d’eau au réseau ; le comportement du réseau en
dépend pleinement.
Une attention particulière sera portée sur les thèmes suivants :
22
23 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - Une description des
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
Une description des réservoirs sur la base des informations fournies par l’exploitant et
d’une visite des sites ;
-
Une description des réservoirs sur la base d’investigations complémentaires (inspection
des cuves, nivellement des côtes caractéristiques, …) ;
-
Une appréciation des réserves d’incendie ;
-
La relation avec les autres réservoirs ;
-
Analyse des marnages par rapport aux consommations et appréciation du temps de
séjour,
Les thèmes à aborder sont récapitulés, en annexe 1, sur la fiche synthétique « Réservoirs ».
4.1.2.3- Les ouvrages d’alimentation et de distribution (Réseau) :
Les conduites d’adduction et de distribution sont les vecteurs de transport qui
permettent de relier la production aux zones de consommation. Elles constituent le cœur
du réseau ; leur bonne connaissance est la base d’une bonne gestion.
Selon les
besoins, le diagnostic physique devra porter sur
tous les ouvrages
d’alimentation (conduites d’adduction, de distribution, bornes d’incendie…). Les
branchements des particuliers ne font théoriquement pas partie du diagnostic, à
l’exception d’éventuels et anciens branchements en plomb.
Ainsi, l’ensemble des équipements hydrauliques du réseau d’alimentation et de
distribution doit être scrupuleusement informé. Globalement, l‘information relative au
réseau conduira à mettre en évidence, sur une fiche d’identification personnalisée, les
informations suivantes:
-
Secteur, nom de la rue et éventuellement le numéro du bâtiment ;
-
Le diamètre des tronçons ;
-
La longueur des tronçons ;
-
Equipements de réseaux (vannes, des organes de régulation, ventouses, etc… ) ;
-
La date de pose ;
-
Emplacement de la conduite par rapport à la chaussée (ce facteur caractérise le
fait que la conduite se trouve sous la chaussée ou le trottoir) ;
-
Remplacement par rapport aux autres réseaux (assainissement, rejets divers,
etc…) ;
-
Conditions de pose et de protection (Ces données concernent la profondeur de la
canalisation et son lit de pose) ;
-
Le matériau de canalisation ;
-
Dernière intervention (caractéristiques : opérations de recherches de fuites,
travaux de nettoyages effectués, …) ;
-
Points des livraisons particuliers (poteaux et bouches d‘incendie, abonnés spéciaux
(hôpitaux, installations de lutte contre l‘incendie, etc
...
) ;
23
24 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - Pressions (charge hydraulique
24
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
Pressions (charge hydraulique : charge maximale autorisée ; charge prévue (valeur
théorique ; charge de service ; charge de sécurité …) ;
-
Débits ;
-
Nombre d‘abonnés par unité de longueur :
-
Des données de consommation moyenne observée ou relevée sur les
compteurs ou sur des points d‘observation ;
-
Date de branchement du dernier abonné ;
-
Nature de l‘eau (analyses contenant notamment le taux d‘oxygène dissous, le pH et
la conductivité de l‘eau
...
)
;
-
Anomalies diverses : Ceci concerne les informations de diverses origines
correspondant à une anomalie de fonctionnement des installations : - insuffisance
ou excès de pression, - qualité de l‘eau, - débit insuffisant soit trop d‘eau, -
vitesse moins 0.5 m ou plus 3.0 m) ;
-
Date de passage à un nouveau matériau, ou de remplacement ou de réhabilitation :
cette date peut être importante car elle permettra de comparer les
différents matériaux fonte grise/fonte ductile, joint expresse, revêtement
intérieur, revêtement extérieur
...)
;
-
La longueur remplacée ;
-
Le sol et sa corrosivité…
L’ensemble des équipements hydrauliques doit être également scrupuleusement vérifié, à
savoir les réducteurs de pression avec prise systématique des pressions amont et aval de
l’appareil afin de déterminer si les conditions de pression délivrées aux abonnés sont
satisfaisantes.
Les thèmes à aborder sont récapitulés, en annexe 1, sur la fiche synthétique « Canalisations ».
Bien que non exhaustive, cette liste est suffisamment complète pour avoir une
connaissance de tous les éléments nécessaires à la description des réseaux, de leur
environnement immédiat, ainsi que les interactions qu’ils ont subit depuis leur installation.
4.1.3- Etat de fonctionnement du réseau :
4.1.3.1- Principe de fonctionnement du système global : (schéma synoptique)
Un schéma synoptique désigne une présentation, en général graphique de tout le
système d’A.E.P, qui permet de saisir d'un seul coup d'œil l’ensemble des informations
liées en un système complexe global. L'adjectif «synoptique» évoque l'idée de «voir en un
même ensemble». Il apporte une vue synthétique de tous les composants du système
d’A.E.P présente dans la collectivité.
24
25 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Figure 1 : Exemple
25
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Figure 1 : Exemple de schéma synoptique d’un réseau d’A.E.P
4.1.3.2- Triangulation des vannes de sectionnement :
La triangulation consiste en la manœuvre de l’ensemble des Robinets-Vannes de
Sectionnement (RVS) afin de déterminer les diverses anomalies (fuites sur presse-étoupe,
ensablement etc….) qui nécessitent le renouvellement de l’appareil ou des travaux de
dégagement. Cette phase est essentielle puisqu’elle détermine l’étanchéité des tronçons
lors de la sectorisation ultérieure des fuites.
4.1.4- Elaboration d’un Système d’Information Géographique (SIG) spécifique :
Un S.I.G est un ensemble organisé de données graphiques et alphanumériques, permettant
la gestion du territoire. Il comprend un système de gestion de données pour la saisie, le
stockage, l'extraction, l'interrogation, l'analyse et l'affichage de données géographiques ...
L’exploitation des données brutes de terrain, à l’issu de leur enregistrement, permet de
réaliser des statistiques générales et d’établir :
-
des cartes thématiques ;
-
un inventaire du patrimoine réseau : l’évolution de ce patrimoine au regard de
différentes caractéristiques (diamètre, matériau, date de pose, …) permet
d’apporter les arguments techniques aux politiques de réhabilitation et/ou
renouvellement des conduites, et donc d’aider les gestionnaires d’eau dans leurs
décisions ;
25
26 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - des rendements et
26
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
des rendements et indicateurs de performance tels que :
l’indice linéaire de pertes (ILP) est le rapport des volumes perdus durant une
année, sur la longueur du réseau. Il s’exprime généralement en m3/km/jour ..
l’indice linéaire de réparations (ILR) donne le nombre de réparations par an
et par kilomètre de réseau…
L’exploitation régulière des données permet donc d’aboutir à la construction d’un
historique des réseaux d’eau potable, et ainsi d’appréhender l’évolution des conduites dans
le temps.
4.1.4.1- Données disponibles :
Les données disponibles pour réaliser ce SIG sont de deux ordres :
-
Données quantitatives concernant les points d’eau, la ressource en eaux, les
caractéristiques techniques des ouvrages, des indicateurs socio économiques afin
de bien appréhender l’usage du point d’eau. Ces données proviennent principalement
des différents services gestionnaires de l’eau et sont souvent incomplètes. D’autres
données, plus récentes sont acquises dans un premier temps lors du diagnostic
approfondi.
-
Données cartographiques (fonds de cartes, limites administratives, données sur
l’environnement, localisation des points d’eau…) Ces données proviennent des
différents études antérieures existants, et complétées produites par l’équipe sur le
terrain lors des phases de diagnostic.
Concernant ces données quantitatives et cartographiques, un certain nombre de
fiches de collectes ont été conçues pour faciliter le travail de terrain.
L’objectif étant de mettre en évidence plusieurs aspects dans la description du système
global d’AEP de la localité concernée :
1.
Collecter, harmoniser et rendre disponible l’information provenant de
différentes sources.
2.
Rendre cette information compatible avec les différents systèmes utilisés
dans les services au niveau régional et national.
3.
Concevoir et programmer une base de données robuste et facile d’accès,
consultable par tous et modifiables par les services ayant les autorisations
d’administration ;
4.
Envisager une stratégie de diffusion et d’accès à l’information selon les
différents acteurs et leurs besoins spécifiques.
5.
Former les usagers, selon les différentes stratégies retenues et les
différents produis élaborés.
4.1.4.2- Conception de la base de données :
La principale difficulté dans cet exercice est le caractère hétérogène des acteurs et
des sources de données.
26
27 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE La conception et le
27
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
La conception et le développement d’une base de données géographique nécessite un
protocole logique clairement défini au départ qui intègre les aspects nouveaux :
informatique, bases de données ...
La conception s'effectue en trois temps :
-
La conception d'un Model Conceptuel de Données (MCD) sans prendre en compte les
aspects informatiques ;
-
L'implémentation d'un Model Logique de Données (MLD) selon la structure du
logiciel informatique (SIG) choisi ; c’est un système de Gestion et d’exploitation des
données pour les réseaux d’eau A.E.P ;
-
La mise en place d'un Model Physique de Données (MPD) grâce au langage
informatique utilisé dans le logiciel.
a)- Le niveau conceptuel
Le niveau conceptuel représente les informations et leurs relations. Ce modèle intègre
aussi les contraintes de ces données. Ces définitions sont établies en faisant abstraction
de toute contrainte liée à l'organisation et à l'architecture logicielle. Le MCD a pour but
décrire de façon formelle les données qui seront utilisées par le système d'information. Il
est une représentation simplifiée d'une réalité. Classiquement, la méthode de
structuration des données repose sur le modèle Entité/Association. Les entités sont des
objets dotés de propriétés. Elles sont reliées entre elles par des associations, qui, elles-
aussi, possèdent des caractéristiques propres. Une fois le modèle établi et validé par
rapport à la réalité observée, il est traduit en modèle logique de données.
b)- Le niveau logique
Le MLD consiste à décrire la structure de données utilisée sans faire référence à un
langage de programmation en particulier. Il prend cependant en compte les contraintes
informatiques de structuration des données. Il s'agit donc de préciser le type de données
utilisées lors des traitements (texte, entier, réel
...
).
Ainsi, le modèle logique est dépendant
du type de base de données utilisé.
c)- Le niveau physique
Le modèle physique de données (MPD) permet de définir la mise en œuvre de structures
physiques et de requêtes portant sur des données. Le MPD, au contraire des modèles
précédents, dépend du logiciel utilisé. Il correspond à l'implémentation de la base de
données au niveau informatique, grâce à l'utilisation d'un langage de définition de données.
Ce langage permet de créer les tables, structures dans lesquelles seront stockées les
données.
4.1.4.3- L’organisation des données :
La base de données est structurée autour de la table ‘Secteurs’. Cette entité correspond
à des secteurs et sous secteurs du système d’AEP géo référencés. Chaque secteur est
désigné par un identifiant unique, qui doit permettre de relier l’ensemble des informations
contenues dans les différentes tables. Cet identifiant est une concaténation des cinq
niveaux hiérarchiques :
27
28 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - Identifiant Commune (Admin
28
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
Identifiant Commune (Admin 1)
-
Identifiant secteur (Admin 2) ;
-
Identifiant quartier (Admin 3) ;
-
Identifiant Rue (Admin 4) ;
Chaque entité du SIG est reliée à plusieurs tables qui enregistrent les informations
rattachées à ce ‘Secteur’. Les autres tables concernent les données collectées sur le
terrain. Chacune de ces tables contiens également l’identifiant du secteur concerné.
Ces liaisons permettent l’interrogation sur des champs multiples.
4.1.4.4- Fonctionnement de l’application :
Le logiciel en lui-même, doit être composé, d’au moins, trois modules principaux, eux même
subdivisés en sous modules fonctionnels. Cette architecture composite permet une
meilleure adaptabilité du logiciel aux besoins des utilisateurs, en installant un module
central et en proposant plusieurs plug-in optionnels selon les besoins.
-
Le module BaseCore est le noyau central du logiciel, doit être disponible dans une
version protégée des modifications accidentelles par les utilisateurs. C’est
l’interface à partir de laquelle l’utilisateur accède à l’ensemble des fonctions du
logiciel. Il rassemble l’ensemble des formulaires d’édition, consultation et
recherche ainsi que l’ensemble du code nécessaire au fonctionnement du SIG.
-
Le module Cartographique permet d’accéder aux données sous forme
cartographique et d’imprimer des cartes. Un certain nombre de représentation
cartographique des données concernant les infrastructures hydrauliques (type,
fonctionnalité, profondeur, pérennité…), les données socio économiques sont pré
codées, ce qui permet aux utilisateurs non initiés au maniement des SIG d’éditer
facilement leurs propres cartes.
-
La GéoDataBase : Ce module regroupe l’ensemble des tables nécessaire au
fonctionnement du logiciel. Elle est composée de deux types de tables : les tables
attributaires qui enregistrent les données issues des fiches de collecte et des
diagnostiques sur le terrain ; les tables dénommées ‘classes d’entité’ qui
correspondent aux informations nécessaire à l’affichage des cartes dans le module
cartographique.
Ces trois modules principaux interagissent entre eux selon les règles d’interdépendance
suivantes :
La consultation des données se fait par un formulaire ‘Secteurs’ où plusieurs
onglets permettent d’accéder aux données socio économiques, organisationnelles,
les données concernant le réseau…
L’utilisateur peut également accéder aux données par une interface cartographique.
Cette dernière permet également d’éditer un certain nombre de cartes
thématiques, de les imprimer ou de les convertir en fichiers images ;
Un formulaire permet l’ajout ou la modification des données ;
28
29 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE  Une fiche synoptique
29
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Une fiche synoptique permet d’éditer et d’imprimer un résumé des données
disponibles, pour chaque secteur déjà diagnostiqué ;
 Deux formulaires de recherche permettent de trouver rapidement l’information
utile aux utilisateurs ;
Un module complémentaire permet d’imprimer les fiches de collectes utilisées pour
les diagnostique sur le terrain ;
 Un module de mise à jour permet d’actualiser la version du logiciel installée sur les
machines des utilisateurs. Ce module recherche la dernière version sur le site web,
télécharge ce patch puis l’installe.
4.1.4.5- Mise à jour des données :
Un module de mise à jour permet aux versions ‘Administration’ de publier sur le site
internet des fichiers de mise à jours, destinés aux versions de consultation. Suite à la
modification d’enregistrements existants ou à la création de nouveaux enregistrements,
les administrateurs procèdent à la publication sur le site internet des nouveaux fichiers de
données.
4.2- Etape 2 : SECTORISATION (comme outil de diagnostic)
Principe de sectorisation
La sectorisation consiste à sous-découper le réseau d’eau potable en sous secteurs dont
les débits d’entrée et de sortie sont mesurés de manière permanente ou temporaire.
Les sous-réseaux sont appelés "secteurs de distribution" (District Metered Area - DMA -
en anglais) lorsque que la mesure est permanente.
On utilise ensuite, à un degré de découpage plus important, le terme "sous-secteur de
distribution" (ou "îlot") ; le point de mesure est alors temporaire lors d’un diagnostic ou
lors de recherche de fuites. Il peut trouver son origine dans plusieurs secteurs de
distribution.
Le bilan des volumes produits, exportés et importés doit être précis afin d’obtenir une
répartition correcte des volumes/débits.
Le comptage s’exprime généralement en volume, mais peut également être exprimé en
débit, davantage parlant pour les débits de fuites.
Un réseau de distribution est défini par trois (03) niveaux de sectorisation au maximum :
1er niveau : suivi annuel des volumes mis en distribution et des incidents survenus.
Le premier niveau est l’objet de calcul d’indices de performance.
2ème niveau : quantification des résultats d’une campagne de recherche de fuites,
suivi permanent des volumes mis en distribution et des débits nocturnes (lorsque
pertinents) à l’aide de la télégestion, mise en évidence de l’apparition de fuites.
 3ème niveau : aide à la pré-localisation des fuites par manœuvre des vannes et
observation de la variation de débit (step-test).
29
30 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 1 er niveau de
30
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
1 er niveau de sectorisation :
Les plus grands réseaux peuvent avoir entre 10 000 et 200 000 abonnés inclus dans des
secteurs de distribution.
Pour les réseaux d’importance moyenne (y compris les réseaux inter-syndicaux), la
délimitation des secteurs de distribution est fortement influencée par les ressources
allouées et par le découpage en étage de pression.
La délimitation des secteurs est davantage issu d’un travail cartographique simple, qui ne
nécessite pas l’utilisation d’un modèle hydraulique.
On instrumente les ouvrages du réseau de points de mesure permanents, qui permettent un
base de suivi hydraulique et une meilleure pertinence et précision des études technico-
économiques. Ces appareils doivent impérativement être relié au système de télégestion si
celui-ci est disponible.
Ces points de mesures permettent de différencier les contextes hydrauliques, influencés
par :
le type de sol
l’état des conduites
l’état des branchements
le niveau de fuites
le coût de l’eau (plusieurs ressources et élévations)
de solution de recherche active de fuites.
Les vannes d’isolement entre secteurs de distribution doivent être en parfait état de
fonctionnement et doivent être bien connues de l’exploitant.
Une analyse hydraulique sera d’autant plus précise que :
chaque abonné est bien relié à un secteur de distribution
les opérations de secours entre secteurs seront bien maîtrisées
les réparations sont suivies
 les coûts de l’eau mise en distribution et les coûts des opérations de maintenance,
de réparation et de renouvellement sont connus.
L’analyse hydraulique permet en outre de pré-localiser les fuites et d’effectuer un suivi de
l’évolution des consommations et des pertes.
2 ème niveau de sectorisation :
Le deuxième niveau de sectorisation n’est pas indispensable à un suivi des pertes sur le
réseau. Une étude technico-économique permettra de vérifier la véracité de l’installation
d’un deuxième niveau de sectorisation. Leur taille dépend du premier niveau de
sectorisation.
La définition du 2 ème niveau de sectorisation est issue de :
30
31 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE  la localisation des
31
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
la localisation des appareils de comptage existants
les conclusions de l’étude technico-économique
 les opportunités de mise en place de compteurs de sectorisation (travaux,
ouverture de tranchées)
Deux éléments principaux sont suivis :
le volume mis en distribution
le débit minimum nocturne lorsque pertinent
Ce niveau de sectorisation est suffisant pour les secteurs de distribution présentant peu
de matériaux de conduites plastiques. Les appareils de pré-localisation des fuites
permettent un bon niveau de maîtrise des fuites, ce qui ne serait pas le cas si l’on se
contentait du seul 1er niveau de sectorisation pour justifier la réalisation d’une campagne
de recherche de fuites supplémentaire. Si le volume mis en distribution ne baisse pas, il
est possible que l’on ait réparé des fuites de faible débit (fort bruit), ou que d’autres
fuites se soient déclarées dans un emplacement proche du lieu de la dernière réparation
effectuée.
Les récents développements dans le domaine de la transmission de données permettent de
rapatrier très simplement les données (réseau RTC, GSM, radio) jusqu’au poste de
télégestion.
Ainsi, on peut, à un pas de temps défini par l’exploitant :
suivre les volumes journaliers mis en distribution
suivre les débits minimum nocturnes
suivre les volumes nocturnes
calculer les indices de pertes et de consommation
effectuer une mise en perspective de ces paramètres
de paramétrer des seuils d’alarme pour l’apparition de nouvelles fuites
Pour les réseaux importants, la modélisation hydraulique peut s’avérer nécessaire pour
vérifier que les débits peuvent transiter malgré la fermeture des vannes.
La mise en place de points de comptage permanents doit automatiquement s’accompagner
de la vérification de l’étanchéité des vannes séparant deux secteurs de distribution. Des
purges peuvent être également nécessaires sur les extrémités d’antenne fermées par
manœuvre de vannes pendant une durée prolongée. Les secours d’alimentation entre
secteurs hydrauliques doivent pouvoir être effectués.
3 ème niveau de sectorisation :
Un troisième niveau de sectorisation peut n’être qu’optionnel. Il se justifie de moins en
moins du fait des récents développements des appareils de pré-localisation des fuites. Si
le service n’a pas les moyens de recourir à de la pré-localisation de fuite, il peut s’avérer
31
32 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE intéressant de définir un
32
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
intéressant de définir un troisième niveau de sectorisation à l’aide d’un appareil de
comptage des volumes.
Il est difficile de mobiliser du personnel pour effectuer des manœuvres de vannes la nuit.
Cependant les appareils de pré-localisation des fuites comportent des limites de détection,
surtout dans le cadre de réseaux constitués en majorité de canalisation en matière
plastique.
La réalisation d’un troisième niveau de sectorisation doit résulter d’une analyse technico-
économique. Il est souhaitable de ne pas dépasser la longueur de 15 km de réseau, afin de
pouvoir isoler l’ensemble des branches en 2-3 nuits de manœuvres de vannes.
Sur des secteurs de très petites longueurs, le suivi des débits peut être effectuée sur
une plage diurne où les débits ne fluctuent que très peu. Les résultats peuvent être
néanmoins entachés d’erreurs liées à la vétusté du réseau et à son manque d’étanchéité.
4.2.1- INVESTIGATIONS, MESURES & RECHRCHES DE FUITES
4.2.1.1- COMPAGNE DE MESURES :
La dénomination "campagne de mesures", partie intégrante d’un diagnostic de réseau d’eau
potable, va dépendre dans le choix du lieu d’implantation des appareils de mesure et de
leur type, de l’objectif que l’on espère atteindre à l’issue de la campagne. Cette compagne
devrait s’articuler autour de :
Elaboration de mesures permettant de caler un modèle de réseau ;
Elaboration d’une campagne de recherche de fuites ;
a)- Typologie des mesures :
Les mesures peuvent être de trois types principaux :
Mesure de débits
o
suivi du temps de marche des pompes
o
o
o
compteurs équipés de têtes émettrices
débitmètres à insertion
débitmètres à ultrasons
Mesure de pression
o
capteurs piézométriques
Mesure de niveau dans les réservoirs
o
capteurs piézométriques
b)- Spécificité des types de mesures :
b.1)- Suivi du temps de marche des pompes :
Au cœur des armoires électriques des infrastructures de pompage, il est possible de
connecter un logger afin d’enregistrer les arrêts/démarrage :
32
33 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE   soit en
33
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
soit en connectant les fils du logger au commutateur ;
soit en mettant en place des pinces ampérométriques autour des câbles triphasés ;
La conversion en volume est obtenue par multiplication du temps de marche par le débit
unitaire des pompes.
b.2)- Mesures de pressions :
Avant de planifier une implantation d’appareils de mesure de pression, il est nécessaire de
doubler le découpage du réseau étudié en secteurs de distribution (donné par le synoptique
de réseau) par un découpage en étages piézométriques. Ces étages correspondent à des
limites imposées de pressions :
Réservoirs
Appareils de régulation de pression
réducteurs de pression
stabilisateurs amont
stabilisateurs aval
o
o
o
On compte 2 ou 3 appareils de mesures pour chaque étage piézométrique.
Les localisations préférentielles seront :
les pressions en bout de réseau ;
les canalisations de transferts entre réservoirs ;
 à l’aval d’un pompage afin d’obtenir une mesure de la HMT (Hauteur Manométrique
Totale).
b.3)- Mesures de débits avec des compteurs :
Les compteurs doivent être équipés de têtes émettrices correspondantes. Afin de s’en
assurer, il est nécessaire de réaliser une investigation de terrain préalable (diamètre,
marque, numéro de série, tête émettrice déjà présente ou non, photos de l’appareil)
Les têtes captent chaque impulsion générée par une rotation du système (hélices, volute).
Chaque impulsion correspond à un poids d’impulsion précisé sur le compteur. S’il est
inconnu, la différence de relevé de compteur avant pose/après pose permet de l’établir.
Le captage d’impulsion peut être de deux types : magnétique ou optique (moins fiable).
En
liant les
fils
de la tête émettrice et du
logger via un
dé, on peut tester
plusieurs
combinaisons jusqu’à obtenir celle qui permet d’observer des enregistrements sur le
logger.
33
34 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE b.4)- Mesures de débit-pression
34
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
b.4)- Mesures de débit-pression de la Défense Incendie :
Un réseau de distribution d’eau potable peut être à même ou non d’assurer la défense
incendie selon son dimensionnement et ses aménagements (capacité réservoir suffisante).
Bien souvent, l’appareillage de fontainerie mis à disposition pour assurer la défense
incendie est l’Hydrant (ou Poteau Incendie).
La norme en vigueur spécifie, pour un poteau d’incendie normalisé DN 100mm, de pouvoir
subvenir à un incendie sur une base de 60m³/h pendant 2h sous 1 bar minimum de pression.
Chaque poteau concerné fait l’objet d’un essai de débit-pression pendant un laps de temps
représentatif (valeur normalisée atteinte et stabilisée ou les valeurs de débit pour 1 bar
minimum de pression).
Une circulaire ministérielle en vigueur met en exergue la responsabilité des pouvoirs
publics pour ce qui est d’établir des projets et de fixer des débits à prévoir pour
l’alimentation des engins participant à la lutte contre les incendies.
La méthodologie employée consiste à installer, sur les sorties Ø100mm des poteaux
incendie, un débitmètre associé à un manomètre de pression analogique permettant une
mesure précise du débit et de la pression. Une vanne de régulation aval et une conduite
d’évacuation complètent l’installation. Les valeurs d’essai ne sont validées qu’après
stabilisation de l’écoulement sur les paramètres Débit/Pression.
Lors de ces essais, le rendu des résultats, associé à un plan de localisation, doit mettre en
évidence les trois mesures caractéristiques :
-
Pression Statique : Pression mesurée PI ouvert mais vanne de régulation fermée ;
-
Pression Dynamique : Pression Mesurée PI ouvert et vanne de régulation sur
valeurs d’essai ;
-
Le Débit : Débit mesuré sur valeurs d’essai après stabilisation de l’écoulement.
4.2.1.2- ANALYSE STATISTIQUE DES BESOINS, DE LA PRODUCTION ET DE LA
CONSOMMATION
Les termes relatifs aux volumes sont employés pour décrire la performance de la
distribution et de la consommation d’eau potable.
Pour mieux appréhender l’analyse des besoins, de la production et de la consommation,
ceux-ci doivent être définis et évalués, le long du processus d’étude de diagnostic ; Ce sont
eux qui détermineront la fiabilité de l’analyse statistique :
34
35 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE a)- BESOINS : L’élaboration
35
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
a)- BESOINS :
L’élaboration d’un projet de distribution d’eau potable nécessite toujours de réaliser une
approche aussi fine que possible des besoins à satisfaire lors des épisodes de pointe.
Si la détermination des débits liés à l’activité industrielle, agricole ainsi qu’à la gestion des
équipements collectifs et publics peut être cernée à partir de la synthèse des
consommations annuelles et des modes de process ou de fonctionnement de ces abonnés
particuliers, il n’en est pas de même pour la consommation domestique qui revêt un
caractère aléatoire.
La définition des besoins annuels moyens est primordiale sur le plan économique, car elle
détermine le volume total d’eau vendu retenu pour estimer les frais des infrastructures
(Voir annexe -2- : Calcul des débits de pointe domestiques par la méthode de Tribut)
La connaissance des besoins en période de pointe est en revanche capitale pour
l’implantation et le dimensionnement :
des installations de production et de traitement
des équipements de pompage et de stockage
des canalisations et des organes de sécurité et d’exploitation
Afin d’optimiser le fonctionnement de son réseau, le choix des hypothèses relatives aux
débits de pointe doit être clair, sachant qu’un surdimensionnement excessif, par souci de
sécurité et de fiabilité, entraîne souvent :
des coûts de réalisation excessifs
des dysfonctionnements chroniques des installations de pompage et de surpression
des problèmes qualitatifs liés aux temps de séjour dans les canalisations
Les causes principales des variations de débit engendrées par les abonnés domestiques
sont :
évolution des besoins aux cours de la semaine et du mois
modification du rythme de vie de la population au cours de la journée
hasard de la simultanéité des consommations
Les variables de dimensionnement sont :
consommation moyenne journalière (Qmj : volume annuel total/365 jours - m3/j)
consommation de pointe journalière (Qjp = Qmj * K1 - m3/j)
consommation de pointe horaire (Qhp = Qjp/24 * K2 - m3/h)
35
36 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE b)- PRODUCTION : Volume
36
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
b)- PRODUCTION :
Volume mobilisé
Le volume mobilisé est le volume résultant de l’action de l’homme pour modifier les
réserves naturelles
C’est le cas du volume accumulé dans les barrages et de celui qui est utilisé en
réalimentation de nappes par exemple.
Volume prélevé
Le volume prélevé est le volume emprunté au milieu naturel par les ouvrages du
service prévus à cet effet.
Cette notion est essentiellement utilisée dans les rapports avec les Agences de Bassin qui
assoient leurs redevances sur les "volumes prélevés".
Volume des pertes en adduction
Le volume des pertes en adduction est le volume échangé avec l’extérieur dans les
ouvrages d’adduction.
Ce volume représente les échanges d’eau entre les ouvrages d’adduction et le milieu
extérieur. Les pertes sont essentiellement des fuites d’eau vers l’extérieur, mais il peut
également s’agir d’apport d’eau qui se produiraient par temps pluvieux (canaux) ou dans les
traversées de terrains aquifères par des ouvrages peu étanches (maçonneries anciennes,
etc
...
).
Le terme "perte" est à prendre au sens algébrique. Ce volume ne peut être connu
qu’en cas de comptages au prélèvement et à l’entrée es usines.
Volume entrant dans les usines
Le volume entrant dans les usines est le volume d’eau mesuré à l’entrée des ouvrages
de production du service
C’est le même volume que le volume prélevé lorsque les ouvrages d’adduction sont étanches
ou que le prélèvement se fait au lieu même de production et qu’il n’y a pas d’échanges d’eau
brute avec d’autres services.
C’est généralement à ce niveau que sont installés les organes de comptage de l’eau brute
et, pour cette raison, il est souvent confondu avec le volume prélevé. Le volume entrant
dans les usines correspond à la somme algébrique du volume prélevé, corrigé des pertes en
adduction, et, le cas échéant, du volume d’eau brute en provenance ou à destination d’un
autre service.
Volume besoin des usines
Le volume besoin des usines est le volume nécessaire au fonctionnement des ouvrages
de production et rejeté vers l’extérieur
C’est l’expression abrégée de volume utilisé pour les besoins et le fonctionnement des
usines. Il s’agit exclusivement de l’eau rejetée à l’extérieur comme par exemple
l’extraction de boue des décanteurs ou l’eau de lavage des filtres lorsqu’il n’y a pas
recyclage ainsi que l’utilisation sanitaire, l’arrosage des espaces verts, etc ...
Par contre, l’eau utilisée pour la dilution de certains réactifs ne doit pas être prise en
compte dans le besoin des usines.
36
37 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Habituellement, ce volume est
37
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Habituellement, ce volume est calculé par différence entre le volume prélevé ou entrant
dans les usines et le volume produit. Il peut être quelquefois significatif.
Volume produit (ou introduit)
Le volume produit est le volume issu des ouvrages de production en service pour être
introduit dans le réseau de distribution.
La notion de volume produit implique que l’eau provienne d’ouvrages qui sont le plus souvent
des stations de pompage, précédés ou non d’installations de traitement. Dans ce cas, il
s’agit d’un produit refoulé. Si l’eau passe gravitairement des ouvrages au réseau, il s’agit
d’un volume produit gravitaire.
En l’absence de traitement,
le captage peut
être considéré comme un
ouvrage de
production.
c)- DISTRIBUTION
Volume importé
Le volume importé est le volume d’eau potable en provenance d’un service extérieur.
Il s’agit toujours de volumes d’eau potable. Lorsqu’il s’agira d’eau brute, on parlera de
volume en provenance d’un autre service.
Certains distributeurs font la distinction dans les volumes importés, entre ceux qui
proviennent d’un autre service géré par eux et qu’ils nomment alors volumes importés
proprement dits et ceux qui proviennent d’un service non géré par eux, très souvent
moyennant une contrepartie financière. Ils les appellent alors volumes achetés. Cette
distinction a pour objet d’éviter des doubles comptes dans les statistiques regroupant les
caractéristiques d’un ensemble de services.
Volume exporté
Le volume exporté est le volume d’eau potable livré à un service d’eau extérieur.
Il s’agit là aussi exclusivement de volumes d’eau potable. Lorsqu’il s’agira d’eau brute, on
parlera de volume à destination d’un autre service.
Comme pour le volume importé, certains distributeurs font la distinction entre le volume
exporté s’il est livré à un service de la même société et le volume vendu en gros s’il est
fourni à un service d’une autre société.
La prise en compte ou non de ce volume dans le calcul du rendement de réseau fait l’objet
de controverses. C’est un point qui doit être pris en considération car très souvent il s’agit
de volumes importants qui augmentent artificiellement le rendement si l’on en tient compte
dans les volumes consommés.
Il est vrai que ce problème peut être posé pour certains gros consommateurs. Cependant,
bien que transitant à travers une partie du réseau, le volume exporté, par définition, ne
reste pas dans l’entité géographique du réseau et à ce titre, il paraît souhaitable de
l’exclure du calcul.
37
38 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Volume mis en distribution
38
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Volume mis en distribution
Le volume mis en distribution résulte de la somme algébrique des volumes produit,
importé et exporté.
C’est donc le volume produit plus le volume importé moins le volume exporté.
Volume comptabilisé
Le volume comptabilisé résulte des relevés des appareils de comptage des abonnés.
Le terme de comptabilisé est à prendre dans le sens où il comptabilise les relevés de
compteurs. Il tient compte des volumes résultant de la lecture des index (sans correction
d’exactitude), des rectifications qui ont pu être faites après erreur de relevé, des
évaluations pour cause d’inaccessibilité, de dysfonctionnement ou d’absence provisoire de
certains compteurs. (Les volumes utilisés sur des branchements non équipés en
permanence de compteurs ne sont pas compris dans ce volume mais dans le suivant).
Ce volume se rapporte à l’ensemble des compteurs d’abonnés à l’exclusion des compteurs
d’exportation.
Il diffère généralement du volume facturé notamment en cas d’application de forfaits de
facturation ou de dégrèvements.
C’est un volume difficile à rapporter à une période donnée surtout dans un système
traditionnel de relevés de compteurs étalé sur plusieurs mois. Il conviendra d’y porter
toute l’attention nécessaire pour les calculs du rendement.
Volume consommateurs sans comptage
Le volume consommateurs sans comptage est le volume utilisé sans comptage par des
usagers connus, avec autorisation.
C’est le volume consommé par des usagers, autres que le service d’eau, autorisés pour
diverses raisons à utiliser de l’eau sans passer par un appareil de comptage.
Il s’agit surtout de besoins publics : poteaux ou bouches d’incendie, de lavage ou d’arrosage
non équipées de comptage ainsi que des véhicules d’arrosage, de curage, etc ...
Il ne comprend pas le volume de service du réseau défini ci-après.
Ce volume est évalué. Il peut varier de façon très importante d’un réseau à un autre en
fonction du nombre de points de puisage et de l’équipement en appareil de comptage de
ceux-ci. Pour une analyse fine, il convient de bien prendre en compte ces facteurs.
Volume de service du réseau
Le volume de service du réseau est le volume utilisé pour l’exploitation du réseau de
distribution
Il s’agit de l’eau utilisée en toute connaissance de cause par l’exploitant du service pour le
nettoyage des réservoirs, les purges de réseau, les écoulements permanents volontaires,
etc
...
Ce volume est évalué.
38
39 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Volume gaspillé Le volume
39
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Volume gaspillé
Le volume gaspillé est le volume perdu en raison d’incidents d’exploitation
Ce volume est à mettre au compte de l’exploitant du réseau, comme le précédent. Il en
diffère cependant parce que consommé à l’insu de celui-ci. Il s’agit surtout de
débordements de réservoir ou de vidanges mal fermées, etc
caractère exceptionnel, il est évalué.
...
Ce
volume revêt un
Cette perte n’est pas significative de l’état d’un réseau mais lorsqu’elle prend des
proportions importantes, elle devient significative du fonctionnement d’un service.
Volume détourné
Le volume détourné est le volume utilisé frauduleusement.
C’est le volume utilisé par les branchements clandestins, les piquages avant compteurs, la
falsification de ceux-ci, l’utilisation illégale de poteaux d’incendie, etc ...
L’évaluation de ce volume est encore plus malaisée que les précédentes et ne doit être
retenue qu’en cas de volumes significatifs dont la preuve du détournement a été faite.
Volume de fuites
Le volume de fuites est le volume résultant des défauts d’étanchéité du réseau.
Cette notion concerne tous les ouvrages du réseau : réservoirs (à ne pas confondre avec le
débordement), conduites de transfert, de distribution et de branchements, appareils de
robinetterie, de régulation, etc ...
Il peut s’agir de rupture, de joints détériorés ou défectueux, de colliers de prise en
charge, de presse-étoupe, etc ...
Volume défaut de comptage
Le volume défaut de comptage est le volume résultant de l’imprécision et du
dysfonctionnement des organes de comptage des oublis de relevé et des erreurs
dévaluation et de lecture.
C’est l’expression abrégée de volume résultant des défaut de comptage. Ce volume est
évalué
Il représente la différence entre le volume comptabilisé et le volume réellement utilisé
par l’ensemble des utilisateurs disposant d’appareils de comptage. Cette différence
résulte de l’inexactitude des compteurs, (par conception ou par vieillissement) ou de la
mauvaise évaluation (quant il y en a) ou simplement des erreurs de lecture des index. (Ces
deux derniers cas peuvent amener à surévaluer le volume réellement utilisé). Une valeur
approchée de ce volume peut être obtenue par l’analyse du parc de compteurs et
l’étalonnage d’un échantillon représentatif.
Volume des pertes en distribution
Le volume des pertes en distribution est la somme algébrique des volumes de fuites,
gaspillé, détourné et défaut de comptage.
La caractéristique commune des différents types de pertes est qu’elles ne sont pas
directement mesurables. Elles peuvent être évaluées et être déduites globalement par
39
40 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE différence entre volumes mis
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
différence entre volumes mis en distribution et volumes comptabilisés (qui bien que
mesurés, le sont rarement sur des périodes identiques), différence dont on retranche les
volumes consommateurs sans comptage et les volumes de service du réseau qui sont aussi
deux quantités estimées.
Des techniques de mesures et de diagnostics permettent en prenant certaines précautions
d’appréhender ces valeurs de façon satisfaisante.
Volume utilisé
Le volume utilisé est la somme algébrique des volumes comptabilisé, consommateurs
sans comptage, service du réseau, détourné et défaut de comptage.
Ce volume regroupe toutes les utilisations maîtrisées ou non de l’état du réseau. Il
comprend une partie des pertes en distribution.
d)- ENSEMBLE DU SERVICE :
Volume introduit
Le volume introduit (dans le service) est la somme du volume prélevé augmenté du
volume d’eau brute en provenance d’un autre service, des apports en adduction et du
volume importé
Ce volume représente l’ensemble des besoins en eau, potable ou non, d’un service de
distribution d’eau pour assurer l’alimentation de ses propres usagers ainsi que ses clients
extérieurs. Il comprend aussi l’eau du service et les pertes des ouvrages du service des
eaux. Il permet de faire le bilan hydraulique entre les besoins et les ressources en eau.
Volume facturé
Le volume facturé est le volume résultant des factures
Il est fréquemment différent du volume comptabilisé. Il inclut en effet des notions de
consommation minimale forfaitaire, d’eau délivrée gratuitement, de dégrèvement pour
cause de fuite après compteur, ainsi que le volume consommateurs sans comptage. Il inclut
également les volumes exportés facturés. Certains utilisent l’expression du volume vendu
qui en fait correspond au volume facturé moins les admissions en non-valeur.
e)- EGALITES UTILES
L’analyse statistique, proprement dite, servira à quantifier et vérifier les égalités
utiles suivantes :
Volume produit = Volume prélevé - Volume des pertes en adduction - Volume besoin
des usines
Volume mis en distribution = Volume produit + Volume importé - Volume exporté
Volume mis en distribution = Volume comptabilisé + Volume consommateurs sans
comptage + Volume service du réseau + Volume des pertes en distribution
Volume des pertes en distribution = Volume gaspillé + Volume détourné +Volume
des fuites + Volume défaut de comptage
 Volume utilisé = Volume comptabilisé + Volume consommateur sans comptage +
Volume service du réseau + Volume détourné + Volume défaut de comptage
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41 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 4.2.1.2- ETUDE DES CONSOMMATIONS
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
4.2.1.2- ETUDE DES CONSOMMATIONS :
(Travail préalable aux investigations de terrain)
Au préalable, et après avoir mis à jour de manière appropriée le plan du réseau
d’alimentation en eau potable, pour chaque secteur hydraulique, on sélectionne 1% des
abonnés (domestiques et grosses consommations comprises). Dans un premier temps, on
distingue les gros consommateurs (consommation annuelle supérieure à 300 m 3 environ) des
autres.
En second lieu, il faudrait trouver le domaine d’activité auquel appartenaient les
consommateurs. Dès lors, il faut les regrouper de telle sorte qu’au final, on arrive à
obtenir des catégories de consommateurs telles que :
-
Les consommateurs domestiques représentant la majorité des abonnés ;
-
Les bâtiments publics (mairie, douanes, écoles,…) dont l’activité se concentre
uniquement en journée ;
-
Les campings et centres de vacances qui sont occupés une petite partie de l’année
(l’activité des campings s’étalerait sur 3 mois) ;
-
Les estivants qui comme les campings ne sont présents que sur une faible durée
dans l’année ;
-
Les fermes où la forte consommation est liée à l‘élevage et à la culture, donc une
consommation plus étalée dans la journée et la nuit ;
-
Les industriels (carrières, usines, chantiers, …) qui ont une consommation plutôt
linéaire et ce sur une durée précise dans la journée ;
-
Les boulangeries qui présentent la particularité d’avoir une activité importante
avant l’aube ;
-
Les entrepreneurs ou artisans qui eux aussi ont un mode de consommation
légèrement différent des bâtiments publics ou autres industriels ;
Un travail de sélection important sera donc réalisé à partir de la base de données sur les
abonnés.
Les abonnés sélectionnés vont ensuite faire l’objet d’une enquête abonné.
a)- L’enquête « abonnées »
L’enquête des consommations consiste à esquisser les particularités des consommations,
notamment celle des compteurs d’activité. Les questions doivent être de plusieurs ordres :
Administratif
Adresse
Secteur de distribution
...
o
o
o
Description de l’abonné
Type d’établissement
o
o
o
Numéro de compteur
Date de mise en service
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o

Effectif de l’établissement

 

o

Personnel saisonnier

o

Taux de remplissage pour les campings et les hôtels

o

...

 

Description de l’utilisation de l’eau

 
 

o

Nom du responsable interne à l’entreprise

o

Rythme d’activité de l’établissement tout au long de la semaine

o

Plage d’alimentation en eau (pour les secteurs alimentés en discontinu)

o

Description de l’activité nocturne

 

o

Utilisation de l’eau

 

Process

Transport

Refroidissements

Lavages

Autres

 

o

Réaliser un synoptique du schéma d’alimentation en eau

 
 

Informations sur le branchement

 

o

Nombre de points de livraison

o

Diamètre

o

Matériau

o

Année de réalisation

 

o

Présence/accessibilité du compteur

 

Caractéristiques du compteur

 

o

Marque

o

Type

 

A hélices

Volumétrique

A jet unique

A jet multiple

 

o

Classe A, B, C

o

Numéro de série

o

Diamètre nominal

o

Longueur droite amont

 

o

Longueur droite aval

o

Année de pose

o

Installation

 

Horizontale (normale)

Verticale (perte de 70% en précision de la mesure)

Oblique (perte de 30 % en précision de la mesure)

 

o

Appréciation générale du fonctionnement du compteur

 
 

Provenance de l’eau utilisée

 

o

Puits, récupération des eaux de pluie, stockages, citernes

o

Fréquence d’utilisation des différentes ressources

 

Eté/Hiver

Journalière/Hebdomadaire

 

o

Schéma des installations

 
 
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43 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE  Flotteur  Trop-plein
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Flotteur
Trop-plein
Clapet anti-retour
Surpresseur (marque, référence, plage de débit, HMT)
Facturation
Relevé des deux dernières factures
Mode de facturation (relevé, forfait)
Dysfonctionnements
problèmes de pression
o
o
o
horaires d’occurrence
fréquence d’apparition
o
problèmes de qualité des eaux
odeurs
couleur
goût
fréquence d’apparition
Les enquêtes abonné permettent donc de vérifier l’adéquation de la sélection amont
effectuée et d’appréhender des difficultés de terrain (refus de l’abonné, accessibilité du
compteur ) ...
S’il manque des abonnés, on réalise une seconde sélection d’abonnés à enquêter, ou alors on
passe à l’étape ultérieure d’implantation d’un compteur de métrologie chez l’abonné, en
liaison avec le gestionnaire.
b)- L’implantation d’un compteur de métrologie en remplacement du compteur de
facturation :
Lors de la sélection d’un abonné, avant toute implantation d’un compteur métrologique à son
domicile, il est important de bien consigner les coordonnées de la personne, ses heures de
disponibilité, de réaliser avec elle un état des lieux de départ et d’arrivée. Il est important
de bien consigner chacune des interventions nécessaires.
Les relèves de compteurs doivent être effectuées périodiquement suivant le contexte du
réseau diagnostiqué (mise en charge nécessaire sur des secteurs alimentés de manière
discontinue par exemple).
4.2.1.2- ANALYSE DU FONCTIONNEMENT DU RÉSEAU :
a)- Bilan hydraulique complet du réseau :
Bilan d’eau préconisé par l’International Water Association (IAW)
Le bilan d’eau permet de définir pour chaque secteur de distribution et également pour
l’ensemble de la localité, le volume comptabilisé, le volume consommateurs sans comptage,
le volume facturé, le volume défaut de comptage, le volume de service du réseau, le volume
de fuites etc….
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44 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE A priori, un opérateur
44
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
A priori, un opérateur de réseau a tout intérêt à réaliser un bilan d’eau comme le conseille
l’International Water Association (IWA – 2003) pour évaluer correctement les pertes du
réseau.
Cette méthodologie, très rigoureuse, permettra de bien évaluer les pertes apparentes
(volumes détournés et erreurs de mesures) qui doivent absolument être éliminées de
l’évaluation des performances des conduites en elles-mêmes.
Cependant, ce bilan d’eau peut être lourd à mettre en place car il nécessite l’estimation
des volumes à chaque point de comptage clé. En présence de compteurs, les données
relevées sur ceux-ci seront utilisées, mais en l’absence de dispositifs de mesure ; il sera
donc nécessaire de pratiquer « une estimation au plus juste » qui, en fait, est un avis
d’expert donné au niveau local et entaché de très fortes incertitudes.
Tableau 1 : Eléments constitutifs du bilan des volumes d’eau (IWA – 2003)
(La définition de tous ces éléments est donnée au paragraphe 4.2.1.2)
A
B
C
D E
Volume
consommé
facturé (y
compris
volume exporté)
[m3/an]
Volume
consommé non
facturé hors
Volume consommé mesuré et
facturé (y compris volume
exporté) - [m3/an]
Volume consommé non mesuré et
facturé (y compris volume
exporté) - [m3/an]
Volume consommé mesuré et non
facturé (y compris volume
exporté) - [m3/an]
volume
détourné
[m3/an]
Volume consommé non mesuré et
non facturé (y compris volume
exporté) - [m3/an]
Pertes
Volume détourné
apparentes
[m3/an]
[m3/an]
Erreurs de mesure
[m3/an]
Pertes réelles sur réseau
d’adduction d’eau brute et dans
l’usine de traitement le cas
échéant - [m3/an]
Fuites sur le réseau de transport
et/ ou de distribution
Pertes réelles
[m3/an]
[m3/an]
Fuites et surverses des
réservoirs sur le
réseau de transport et/ ou de
distribution - [m3/an]
Fuites sur branchement jusqu’au
point de comptage
[m3/an]
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Volume introduit (prélèvement et importation d’eau brute
et d’eau potable)
[m3/an]
Pertes d’eau
Volume consommé pour tous les
usages
[m3/an]
[m3/an]
Volume eau
Volume d’eau non vendue
vendue
[m3/an]
[m3/an]
45 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Tableau 2 : Calcul
45
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Tableau 2 : Calcul du volume d’eau non vendu et des pertes d’eau (IWA – 2003)
Etape 1 : Définir le volume introduit (prélèvement et importation d’eau brute et d’eau
potable) dans la colonne A.
Etape 2 : Définir le volume consommé mesuré facturé (y compris volume exporté) et le
volume consommé non mesuré et facturé en colonne D ; déduire de la somme le volume
consommé facturé (y compris volume exporté) (colonne C) et le volume d'eau vendue
(colonne E).
Etape 3 : Calculer le volume d’eau non vendue (colonne E) par différence entre le volume
introduit dans le système (colonne A) et le volume d'eau vendue (colonne E).
Etape 4 : Définir le volume consommé mesuré et non facturé et le volume consommé non
mesuré non facturé dans la colonne D ; déduire de la somme le volume consommé non
facturé hors volume détourné colonne C.
Etape 5 : Additionner le volume consommé facturé (y compris volume exporté) et le
volume consommé non facturé hors volume détourné dans la colonne C ; déduire de la
somme le volume consommé pour tous les usages normaux (colonne B).
Etape 6 : Calculer les pertes d’eau (colonne B) par différence entre le volume introduit
dans le système (colonne A) et le volume consommé pour tous les usages normaux
(colonne B).
Etape 7 : Estimer le volume détourné et les erreurs de mesure (colonne D) au mieux selon
les moyens disponibles, déduire de la somme les pertes apparentes (colonne C).
Etape 8 : Calculer les pertes réelles (colonne C) par différence entre des pertes d’eau
(colonne B) et les pertes apparentes (colonne C).
Etape 9 : Estimer les composantes des pertes réelles (colonne D) au mieux selon les
moyens disponibles (analyses de débit nocturne, calculs de fréquence des
ruptures/débits/durées, modélisations, etc.), additionner ces résultats et vérifier avec le
volume de pertes réelles de la colonne C.
L’ensemble de ces informations va permettre le calcul d’un certain nombre d’indices et de
ratios qui sont des indicateurs de l’état du réseau de distribution. On peut citer entre
autre l’indice linéaire de fuites exprimé en m³/j/kml qui repose sur le volume de fuites
journalier rapporté au linéaire de conduites de distribution publiques et privées
(branchements particuliers).
Les indices de performance sont primordiaux pour évaluer la performance du service :
Rendement primaire
R1 (%) = 100 * (Volume comptabilisé) / (Volume mis en distribution)
C’est le rendement le plus simple à calculer, le moins élaboré. Il ne prend en compte pour
les comparer aux volumes mis en distribution, que les volumes comptabilisés et ceux-là
uniquement.
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46 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Il est le seul
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Il est le seul dont les chiffres ne fassent pas intervenir de partie estimée (en négligeant
celle inhérente aux relevés des compteurs abonnés, qui doit représenter un faible
pourcentage du total).
Ce rapport ne permet pas de comparer l’état de deux réseaux de configurations
différentes, par exemple le système de comptage des bouches d’arrosage ou de lavage
peut générer des différences importantes de rendement primaire entre deux services
apparemment identiques. En première analyse, pour un réseau donné, l’évolution de ce
rendement importe plus que sa valeur absolue.
Rendement consommateurs :
R2 (%) = R1 + P1
P1 : pourcentage consommateurs sans comptage
P1 (%) = 100* Volume consommateurs sans comptage / Volume mis en distribution
C’est le rendement qui prend en compte tous les volumes utilisés par les consommateurs, on
peut parler du volume client.
La différence entre le numérateur et le dénominateur correspond à l’eau que le service n’a
pas vendue (ou donnée en cas de livraison gratuite) à ses clients.
Le terme P1 doit être analysé avec précaution car il revêt une grande importance. En
effet, parmi les volumes estimés, il est généralement le plus important (à l’exception du
volume de fuites) et se prête donc à toute une panoplie de "manipulations". Il peut de
même être très différent d’un service à un autre en fonction du nombre des appareils
installés et du nombre de ceux qui sont équipés d’un compteur.
Rendement net
R3 (%) = R1 + P1 + P2
P2 : pourcentage service du réseau
P1 (%) = 100* Volume service du réseau / Volume mis en distribution
Ce rendement est très intéressant puisqu’il compare la totalité de l’eau utilisée sciemment
(par les clients et par le service) à la quantité nécessaire à une qualité constante de
distribution. Il traduit nettement la notion de perte d’eau.
On doit cependant noter le risque d’utilisation de ce rendement qui pourrait inciter
l’exploitant à utiliser une quantité abusive d’eau pour ses propres besoins (volume de
service du réseau) afin d’accroître artificiellement son rendement.
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47 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Cette remarque nous ramène
47
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Cette remarque nous ramène à la réflexion précédente sur la présentation du rendement
où nous signalons qu’il est souhaitable de faire référence à R1 + P1 + P2 sous forme d’une
suite de trois chiffres plutôt qu’à R3 seul.
Rendement hydraulique du service d’eau
R4 (%) = 100* [V(eau brute à destination d’un autre service) + V (exporté) + V(besoin
des usines) + V(utilisé)]/[V(introduit)]
Ce rendement représente en quelque sorte un bilan d’eau. Il met en évidence l’ensemble du
volume gaspillé et du volume de fuites rapporté à l’intégralité du volume introduit.
Pourcentage de pertes en distribution
PP (%) = 100 * V(pertes) / V (mis en distribution)
Ce pourcentage est le complément du rendement net (R3).
Pourcentage de non consommation
PNC (%) = 100 * [V(mis en distribution) - V(comptabilisé) - V(consommateur sans
comptage)]/[V(mis en distribution)]
Ce pourcentage est le complément du rendement consommateurs (R2).
Pourcentage de fuites
PF (%) = 100 * V(fuites) / V(mis en distribution)
Ratio financier
RF (%) = 100 * V(facturé) / V(introduit)
Indice linéaire de pertes en distribution
ILP (m3/j/km) = V(des pertes en distribution) / [L(conduites de transfert) + L
(distribution) + L(branchement)]
Cette notion permet, contrairement aux précédentes, de rapporter le volume de pertes à
l’importance du réseau, et donc de comparer l’état physique de deux réseaux.
Indice linéaire de fuites
ILF (m3/j/km)
L(branchement)]
= V(fuites)
/ [L(conduites
de transfert)
+
L
(distribution) +
Cet
indice
permet
d’appréhender
plus
précisément
l’état
d’étanchéité
du
réseau
proprement dit.
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48 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Indice linéaire de consommation
48
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Indice linéaire de consommation net
ILCN (m3/j/km) = [V(comptabilisé) + V(consommateur sans comptage + V(service de
réseau)] / [L(conduites de transfert) + L (distribution) + L(branchement)]
Cet indice permet d’approcher une notion "d’utilisation du réseau". Comparé à l’indice
démographique de consommation net, il permet de juger de l’utilisation moyenne par
habitant ou "équivalent habitant" en fonction de la concentration.
Indice surfacique de pertes
ISP (m3/m2/an) = V (des pertes) / [S intérieure (conduites transfert) + S intérieure
(conduites distribution) + S intérieure (branchements)]
Indice Linéaire de réparations
ILR = Nombre total
annuel de réparations
/
[
L
(conduites de transfert)
+
L
(distribution) + L(branchement)]
Cet indice très complémentaire de l’ILF donne une bonne indication de la difficulté à
atteindre et maintenir un objectif de rendement.
Il peut être intéressant de scinder cet indice en un indice de réparation de branchements
et un indice de réparation de conduites principales (transfert et distribution) qui
permettent de juger plus précisément de l’état de chaque type de conduite.
Dans le cadre d’un diagnostic de réseau et le découpage de celui-ci en zone ou en secteur,
un indice de réparation élevé sur certaines zones ou secteurs, peut amener à pousser plus
loin les investigations et à prendre des mesures à la fois curatives et préventives comme :
renouvellement de conduites, mise en place de protection cathodique, amélioration des
conditions de pose, etc
...
sur la zone considérée.
Indice démographique de consommation net
IDCN (m3/habitant/an) = [V(comptabilisé) + V(consommateur sans comptage) +
V(service réseau)] / Population recensée.
Cette démarche, très complexe, qui englobe autant d’indices et d’indicateurs, est encore
loin de s’être généralisée. En revanche, il est possible de trouver au niveau local des
indicateurs tels que :
-
Rendement de réseau ;
-
Indice de pertes par branchement ;
-
Indice de pertes linéaires…
48

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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE

b)- Etude spécifique hydraulique du réseau :

Suite au bilan hydraulique établi, un certain nombre de mesures techniques doivent être

envisagées et établies afin d’améliorer les résultats obtenus et d’optimiser la gestion du

réseau de distribution :

  • - Recensement et extrapolation de la population de la collectivité sur les prochaines

années afin d’anticiper l’adéquation entre les ressources disponibles et l’évolution

future de la population ;

  • - Bilan des capacités de stockage (réservoirs) et des temps de séjour correspondants

afin, d’une part, de déterminer si les normes de défense incendie sont respectées

et d’autre part d’améliorer les problèmes de qualité des eaux par traitement au

niveau des réservoirs le cas échéant ;

  • - Analyse des caractéristiques des conduites (âge, diamètre et matériau). Cette

analyse est croisée avec les tronçons ayant connus des problèmes de fuites durant

l’étude afin de déterminer une stratégie de renouvellement qui tient compte

principalement du respect des normes de défense incendie et de l’âge des

canalisations ;

  • - Analyse des volumes comptabilisés et facturés durant les dernières années afin

d’extrapoler l’évolution future des volumes consommés et du nombre d’abonnés.

  • - Statistiques sur l’âge du parc des compteurs particuliers (années de pose) afin de

comptabiliser de manière précise le volume défaut de comptage. Ce volume de sous

comptage peut rapidement augmenter en fonction de l’âge des compteurs

particuliers et représenter jusqu’à 10% et plus du volume comptabilisé pour des

compteurs de plus de 10 ans. Cette perte financière pour le gestionnaire pourra

donc être en partie réduite par une stratégie de renouvellement adaptée des

compteurs particuliers ;

  • - Analyse des volumes de production des ressources de la localité afin de déterminer

la capacité de production minimale (étiage) et maximale. Cette analyse croisée avec

l’extrapolation de la population future va permettre de déterminer l’adéquation

ressources-consommation mais également le cas échéant le nombre d’abonnés

futurs raccordables au réseau de distribution ;

  • - Amélioration de la pression de service et entretien des appareils de régulation.

L’entretien régulier des appareils de régulation permet de réduire efficacement les

risques de fuites sur le réseau. D’autre part, en fonction des conditions de pression

sur le réseau, l’implantation de nouveaux appareils peut s’avérer indispensable. Il

est également important de vérifier si les appareils en place permettent le respect

des normes de défense incendie ;

  • - Analyse du test des poteaux incendie en vue de déterminer les causes des non-

conformités et propositions établies dans un souci du respect des normes de

défense incendie (60 m³/h pendant deux heures sous une pression de 1 bar) ;

  • - Suivi régulier des volumes mis en distribution afin d’éviter les dérives et

l’augmentation du volume de fuites. Un tableau des volumes journaliers mis en

distribution tolérés est proposé pour chaque secteur de distribution afin de

permettre le déclenchement d’une campagne de localisation et de réparation le cas

échéant ;

 
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50 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - Amélioration du ratio
50
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
Amélioration du ratio financier par l’élimination du volume consommateurs sans
comptage. Ce volume est principalement le fait de particuliers qui ne possèdent pas
de compteurs et qui ne rentrent donc pas dans le volume comptabilisé par la
collectivité.
-
Optimisation de la qualité des ressources en eau de la localité. Les analyses
réalisées par le gestionnaire sur les ressources de la localité sont croisées avec
notamment les temps de séjours calculés au niveau des réservoirs et des conduites
de distribution. Si nécessaire un traitement de la ressource peut être proposé
(chlore, etc.).
4.2.1.3- RECHERCHE DE FUITES :
En général, les réseaux d’AEP, qui ont des niveaux de fuite importants, ne présentent
généralement pas de sectorisation de 2 ème ou 3 ème niveau.
Les volumes de pertes importants sont davantage le résultat de multiples fuites de faible
débit non visibles et fuites importantes apparentes. Les débits de fuites non signalées
peuvent s’établir entre 0.5 et 10 m 3 /h. La moyenne se situe généralement autour de 2.2 -
2.3 m 3 /h.
Sur un bilan annuel, une fuite de 2.2 m 3 /h non réparée représentera un volume équivalent à
une casse de 40 m 3 /h réparée rapidement. Pour les réseaux urbains, les consommations
importantes peuvent masquer des fuites importantes. Il importe de bien instrumenter le
réseau pour établir des bilans révélateurs.
a)- Quantification et sectorisation des fuites :
La campagne de recherche de fuites se déroulera en trois phases distinctes :
-
La première consiste en un repérage grossier des foyers fuyards ;
-
La deuxième a pour objectif une localisation plus précise des fuites ;
-
La troisième est l’écoute au sol.
a.1)- La pré localisation des fuites
Le principe de pré localisation est relativement simple. En effet, il consiste en la pose
d’enregistreurs de données acoustiques sur des points d’accès comme les vannes. Cette
écoute se fait la nuit entre 2h et 4h, aux heures de plus bas tirage d’eau mais également
aux heures où le bruit environnant est le plus faible. Le pas de temps de l’enregistrement
est de 1s, ce qui réduit considérablement les erreurs commises à cause de bruits
ponctuels.
Ces appareils, utilisés en groupe d’une dizaine ou plus sont installés sur les points d’accès
au réseau qui peuvent être les robinets-vannes de sectionnement et robinets-vannes de
branchements.
50
51 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Leur zone de couverture
51
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Leur zone de couverture est comprise entre 50 mètres dans les cas défavorables
(conduites en « PVC ou PEHD » ou présence de réducteurs) à 200 m dans les cas
favorables (conduites en acier, fonte grise, fonte ductile…). On couvre ainsi un linéaire
d’environ 4 kml de réseau avec 20 appareils.
L’interprétation des résultats se fait de deux façons :
• Par une lecture visuelle sur les appareils utilisés (voir photo ci-dessous),
• Par le biais d’un logiciel d’interprétation des résultats stockés dans les pré-localisateurs.
Les pré localisateurs qui seront utilisés sont des appareils « intelligents » dans le sens où
ils ne se contentent pas de donner les valeurs en décibels des bruits enregistrés mais qu’ils
indiquent le degré de probabilité de ces fuites. Ces appareils peuvent mesurer le bruit sur
une distance de 200m pour la fonte et sur 50m pour le PVC. Ces distances peuvent varier
suivant la qualité du contact entre l’aimant du pré-localisateur et le carré de vanne.
L’outil est très intéressant en terme de rendement car il nécessite uniquement que les
vannes choisies soient propres. En effet, la pose et la récupération des appareils est
rapide. De plus, l’analyse qu’il effectue accélère également le processus de détection des
fuites.
En fonction des résultats (niveau sonore enregistré par chaque appareil), une recherche
est réalisée par corrélation acoustique sur les zones sélectionnées.
a.2)- La corrélation acoustique :
Suite aux résultats des campagnes nocturnes ou de la pré-localisation et de l’écoute au sol,
une localisation ponctuelle des fuites est effectuée, principalement par corrélation
acoustique.
La corrélation acoustique est la détection par calcul du positionnement des fuites d'eau
sur les réseaux de canalisations en charge et enterrés.
Le corrélateur acoustique est composé de deux amplificateurs qui mettent en forme les
signaux captés par les émetteurs posés sur deux vannes isolant la fuite pressentie. Il est
également doté d’un calculateur qui permet d’analyser les deux signaux réceptionnés par
liaison radio et de visualiser l’amplification sélectionnée. La lecture de pics à l’écran ainsi
que l’écoute de la qualité du bruit au niveau du casque permettent de déceler la présence
d’une fuite ainsi que sa localisation.
Le bruit de fuite se propage vers les deux émetteurs à la vitesse du son. A partir de la
différence de temps delta(t) que met le bruit de la fuite pour arriver au capteur le plus
lointain par rapport au capteur le plus proche de la fuite, on obtient un temps de
propagation. Avec cette valeur, on est en mesure de déterminer la position de la fuite par
le biais de la formule indiquée sur la figure ci-dessous. La seule donnée de base nécessaire
au calcul est la distance L entre les deux émetteurs.
51
52 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Figure 2 : Principe
52
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Figure 2 : Principe de calcul de la position d'une fuite par le corrélateur acoustique
La technique de la corrélation acoustique est une technique très intéressante pour la
localisation des fuites. Lorsque ces dernières sont importantes ou du moins engendrent un
bruit conséquent, elles sont rapidement décelées
La précision de localisation varie de 0.2 à 0.5 m en fonction de l'éloignement des capteurs
(points d'accès au réseau).
La précision est excellente car il y a élimination automatique des bruits parasites, d’où la
possibilité de travailler de jour en plein trafic urbain. Cette précision dépend non
seulement de la distance entre capteurs, mais aussi de la précision avec laquelle est connue
la vitesse de propagation dans la conduite. Celle-ci dépend surtout du diamètre et de la
nature de la canalisation. Dans l’incertitude, cette vitesse peut être mesurée
expérimentalement en créant une fuite artificielle sur une bouche à incendie par exemple.
a.3)- L’écoute au sol :
Les méthodes d’écoute au sol essaient de repérer la position de l’intensité maximum du
bruit ; souvent, cette localisation ne coïncide pas avec la position exacte de la fuite
Le système d’écoute au sol est utilisé en dernier lieu lorsqu’il s‘agit de confirmer la
présence d’une fuite et de la localiser précisément. Comme son nom l’indique, il se traduit
par une écoute au sol le long de la canalisation. Le bruit de fuite est détecté lorsque, d’une
part l’intensité acoustique augmente, et d’autre part lorsque le bruit écouté est révélateur
de la présence d’une fuite.
b)- Contrôle hydraulique après réparation des fuites :
Dans la mesure du possible, les fuites seront réparées le plus rapidement afin de
permettre une seconde écoute de contrôle après réparation.
Après réparation des fuites localisées, une mesure de débit ponctuel ou par
enregistrement, est réalisée au niveau du secteur. Si le débit de fuites n'a pas diminué de
façon significative comme attendu, on recommence une sectorisation par tronçon ou par
pré-localisation et ainsi de suite.
52

53

GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE

 

4.2.1.4- ANALYSE DES INCIDENTS SUR LE RESEAU :

Les données acquises sur le terrain lors d’interventions et de réparations doivent être

reportées sur des fiches. La démarche est envisagée pour les canalisations, les accessoires

de robinetterie et de fontainerie et les branchements. (Voir ANNEXE 2 - modèle de fiche

d’intervention et défaillances).

 

Ces fiches ont pour objectif de rassembler pour chaque opération :

 
 
  • - les caractéristiques de la conduite ou de l’équipement concerné ;

 
  • - L’état général ;

 
  • - le type de désordre observé ;

 
  • - les caractéristiques du remblai existant et de l’environnement ;

  • - tous les éléments liés à l’intervention (durée, pièces utilisées…).

Elles consignent les interventions réalisées par les équipes de réparation, selon le modèle

suivant :

 
 

Identité de l’intervention/incident

 
 

o

Date d’intervention

o

Nature de l’incident/intervention

 
  • Opération sur branchement

  • Fuite sur branchement

  • Opération sur branchement

  • Fuite sur canalisation

  • Opération sur conduite

  • Déboitement de conduite

  • Opération sur collerette, cône, bride, collier, collecteur

  • Fuite sur collecteur

  • Fuite sur vanne

  • Opération sur compteur

  • Opération sur vanne

  • Opération sur ventouse

  • Opération sur plaque

  • Opération sur manchette

  • Fuite sur réseau

  • Opération sur regard

  • Opération sur tronçon

  • Opération sur réservoir

  • Opération sur forage

  • Fuite sur colonne

  • Opération sur réservoir

 

o

Divers

 
  • même modèle que "Nature de l’incident/intervention", afin de

consigner un complément d’information

 

o

Diamètre canalisation/branchement

o

Nature canalisation/branchement

o

Réseau d’adduction ou de distribution

 
53
53
54 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE  Localisation de l’intervention/incident
54
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Localisation de l’intervention/incident
Nom de la rue
Secteur de distribution associé
Sous-secteur de distribution associé
Action réalisée
o
o
o
5.2.1.5- EXAMEN DES PRESSIONS SUR LE RESEAU :
A partir du découpage en secteurs de distribution, réalisé à partir du plan du réseau mis à
jour, et de mesures de pression réalisées sur des secteurs piézométriques, on est en
mesure de définir des objectifs de pression de distribution au point haut et au point bas
de chaque secteur de distribution (ou sous-secteur).
Ainsi, on renseigne les données nécessaires pour chaque entité de distribution :
Identifiant de l’entité
Topo minimum (mNGF) : Topomax
Topo maximum (mNGF) : Topomin
Topo moyenne (mNGF) (= [Topomax - Topomin]/2)
Identifiant du point de pression instrumenté
Topo du point de pression (mNGF) : TopoP
On calcule ensuite, pour une pression cible donnée (pression souhaitée au point étudié) :
La pression au point de livraison de l’habitation la plus haute (= Pcible - (Topomax -
TopoP)/g)
 La pression au point de livraison de l’habitation la plus basse (= Pcible - (TopoP -
Topomin)/g)
En faisant varier les pressions cibles, on parvient à trouver un compromis qui peut ensuite
servir d’objectif au dimensionnement de réseau par modélisation.
4.2.1.6- DE LA COMPAGNE DE MESURES A LA MODELISATION :
La mise en place des points de mesure permet d’obtenir des chroniques d’informations de
..
mieux ces chroniques afin de préparer au mieux la modélisation.
Une macro pourra être jointe pour permettre de traiter les fonctions principales de
natures différentes : débit, niveau, pression
Il est important de pouvoir exploiter au
l’import des fichiers de chroniques à l’obtention de tableaux de rapport et de fichiers de
modulation et de calage pour EPANET.
a)- Module d’import :
Ce module permet de traiter l’import de chroniques de données brutes issues de deux
types d’appareillage :
Format spv Winfluid (HYDREKA)
Format txt Primeworks (PRIMAYER)
54
55 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE a)- Module de tableau
55
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
a)- Module de tableau journalier :
La feuille Excel permettra d’exporter les données de modélisation EPANET et de
présenter un tableau journalier.
4.2.2- MODELISATION DU RESEAU :
La modélisation du fonctionnement du réseau doit décrire le comportement réel du réseau.
En fonction de l’utilisation du modèle, un niveau de détail doit être défini. Le modèle ne
considérera que certaines conduites du réseau et certains abonnés seront rassemblés sur
des nœuds afin de simplifier la modélisation. Il n’existe pas de règles précises pour la
simplification de réseau, mais certaines sont fréquemment utilisées :
o
o
o
o
o
o
Suppression des conduites de petits diamètres ou de petites longueurs ;
Suppression des conduites en antenne ;
Suppression des nœuds intermédiaires ;
Agglomération de plusieurs abonnés en un même nœud ;
Concaténation de conduites de même diamètre et même matériau ;
Distinction entre abonnés de natures différentes : domestique, industriel, autres.
Une multitude de logiciels permettent de simuler le fonctionnement du réseau d’eau
potable et des ouvrages de stockage, de production et de régulation, sur une période
donnée, en tenant compte de la répartition des consommations domestiques, et
éventuellement industrielles et artisanales, au cours de la journée : Epanet (Agence de
Protection de l’Environnement EPA – U.S.A) illustre un exemple type pour la modélisation,
le dimensionnement, l’équilibrage et la simulation du fonctionnement des réseaux d'A.E.P
(maillé et/ou ramifié)
4.2.2.1- CONSTRUCTION DU MODELE :
La construction du modèle sera effectuée par l’intermédiaire d’un traçage d’objets
interactifs représentant chacun un élément de réseau. Chaque objet comporte un modèle
de compilation de données (MCD) associé. Ce MCD peut varier selon le logiciel utilisé pour
la modélisation. Ce sont l’ensemble des MCD qui vont alimenter le calcul hydraulique. Un
des composants du MCD pourra être choisi comme paramètre de calage (exemple de la
rugosité pour les canalisations) :
Canalisations
o
longueur
o
o
o
diamètre
rugosité
etc ...
Réservoirs
volume
o
o
courbe volume/hauteur d’eau
Station de pompage, de surpression
débit
HMT
Organes particuliers (vannes, stabilisateurs)
o
o
55
56 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Sur cette ossature, les
56
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Sur cette ossature, les consignes de fonctionnement sont à entrer dans les MCDs.
Niveaux de fonctionnements
Consignes des régulateurs de pressions/limiteurs de débits
Etat d’ouverture / fermeture des vannes
Des nœuds de consommations sont ajoutés entre deux arcs (canalisations). Ces nœuds
représentent des points de puisage (abonnés, poteaux incendies, bouches de lavage)…
Une attention particulière, à prendre en compte, est la définition des conduites. L’étude du
fonctionnement du réseau et la détérioration hydraulique n’utilisent pas la même définition
de la conduite. Il faut donc mettre en évidence la distinction entre le réseau tel qu’il
existe réellement et la modélisation hydraulique. Cette modélisation doit être attentive à
l’étude de la détérioration structurelle des conduites qui s’articule sur une définition plus
détaillée qui correspond plus au réseau réel. Nous devons trouver un niveau de description
du réseau assurant un compromis entre l’étude de la détérioration structurelle et
hydraulique. Cela nécessite l’adaptation des données disponibles et une définition
appropriée des conduites du réseau.
A)- La modélisation du réseau sur le logiciel Epanet :
a.1)- Le logiciel Epanet : Fonctionnement et spécificités
Le logiciel Epanet est né suite à une initiative du Congrès des Etats–Unis qui visait à
protéger les ressources naturelles du pays. Dès lors, l’EPA (US Environnemental Protection
Agency) a été chargée de développer des techniques permettant de mieux appréhender les
écoulements et les transformations de l’eau dans un réseau d’adduction d’eau potable.
Depuis 1993, le logiciel est disponible gratuitement pour tous les bureaux d’études et les
sociétés d’affermage qui souhaitent l’utiliser.
Afin d’augmenter la convivialité du logiciel pour les sociétés francophones, la Compagnie
Générale des Eaux a financé la version française sur laquelle j’ai travaillé.
Enfin, le logiciel a connu des améliorations depuis sa création. La dernière version date de
l’année 2001
a.2)- Potentialités du logiciel
Le logiciel Epanet est un logiciel de simulation du comportement hydraulique et qualitatif
de l’eau dans les réseaux d’eau potable. Un réseau d’eau potable sur un logiciel se définit
par des tuyaux (tronçons sur le logiciel), des nœuds (intersection de deux tuyaux et
extrémité d’une antenne) mais également d’autres organes (réservoirs, pompes, clapets,
différents types de vannes,…).
Le logiciel permet de calculer le débit parcourant chaque tuyau, la pression à chacun des
nœuds mais également le niveau de l’eau à n’importe quel moment de la journée et quelle
que soit la période de l’année où on se situe. Le moteur de calcul hydraulique intégré
permet de traiter des réseaux de taille illimitée. Il dispose de plusieurs formules de calcul
de pertes de charges, il inclut les différentes pertes de charge singulières et modélise les
pompes à vitesse fixe et variable.
56
57 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE En résumé, le logiciel
57
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
En résumé, le logiciel présente tous les outils pour remplir les objectifs suivants :
o
o
o
o
Régulation des pressions dans le réseau ;
Détection des zones de fonctionnement déficitaire ;
Dimensionnement de réseaux ;
Amélioration de la gestion des équipements d’eau ;
Le logiciel présente également un module qualité qui permet de calculer les concentrations
en substances chimiques, les temps de séjour de l’eau dans différentes parties du réseau.
Il permet également de suivre l’origine de l’eau. L’utilisation de ce module qualité nécessite
un calage hydraulique préalable. Je n’ai pas utilisé les fonctionnalités de ce module au
cours de mon stage.
a.3)- Spécificités du logiciel
Le logiciel possède les mêmes fonctionnalités et possibilités que les autres logiciels de
modélisation des réseaux d’eau potable tels InfoWorks WS ou
Piccolo...
Il présente une
convivialité au niveau de son interface qui permet de le rendre assez facilement
accessible.
Cependant, une formation est nécessaire pour ne pas tomber dans le piège représenté par
cette facilité de manipulation des éléments d’Epanet.
On peut également travailler un réseau saisi sur Autocad avec le logiciel Epanet grâce à
une passerelle permettant le transfert des fichiers (EPACAD). En termes de calcul,
Epanet présente quelques particularités. Par exemple, sur le logiciel Piccolo, il est possible
de demander au logiciel de revoir une demande à la baisse tandis que sur Epanet, une
demande est toujours desservie à 100%. Dès lors, lorsqu’on obtient des pressions
négatives sur un nœud, ceci signifie que la demande n’est pas satisfaite.
b)- Les données nécessaires à la modélisation du réseau :
La première étape de saisie du réseau est de diviser la localité en divers quartiers et
d’attribuer un code aux différents nœuds (nœuds de maillage ou nœuds extrémité
d’antenne) et différents tronçons. Il serait ainsi plus facile de se repérer dans le réseau.
b.1)- Caractéristiques des tronçons
Le linéaire de conduites
L’unité de longueur utilisée pour les tuyaux est le mètre. La construction du réseau est
facilitée par le fait qu’il est possible d’importer un fichier représentant le réseau et se
comportant comme un fond d’écran.
Ensuite, la longueur de chaque tronçon est obtenue à partir du fichier SIG ou le fichier
Autocad déjà opérationnel à ce stade de l’étude.
Les diamètres de conduites
Le deuxième paramètre à insérer est le diamètre des conduites. Ceci ne pose pas de
difficultés majeures si ce n’est qu’il faut considérer que le diamètre nominal des conduites
en fonte est égal au diamètre intérieur tandis que pour les conduites en PVC le diamètre
nominal est égal au diamètre extérieur. Or, le diamètre utilisé pour le calcul est le
diamètre intérieur.
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58 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Les rugosités La dernière
58
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Les rugosités
La dernière caractéristique à saisir pour décrire un tronçon est le paramètre « rugosité ».
Dans un premier temps, nous attribuons une rugosité arbitraire de 0,1mm aux conduites en
fonte et de 0,05mm aux conduites en PVC. La rugosité permet de refléter l’état intérieur
de la conduite. Ce paramètre variant suivant l’âge, la nature de la canalisation et les
sollicitations subies par les conduites, fait partie des paramètres de calage auxquels on ne
peut attribuer une valeur définitive en début de projet.
Enfin, il est préférable d’intégrer les pertes de charge dans le paramètre « rugosité » et
ne pas les attribuer de façon systématique à chaque singularité.
b.2)- Caractéristiques des ouvrages spéciaux
-
Les stabilisateurs de pression aval
Sur Epanet, les stabilisateurs aval sont considérés comme des tronçons. On doit donc
spécifier les nœuds amont et aval du stabilisateur ainsi que la pression de consigne du
stabilisateur. La pression de consigne est la pression que l’on fixe de telle sorte que
quelque soit la pression amont, la pression en aval du stabilisateur ne peut excéder la
pression de consigne. L’acquisition de la pression de consigne s’est faite par une mesure sur
le terrain à l’aide d’un manomètre.
-
Les réservoirs
On doit connaître différentes altitudes pour définir un réservoir : la cote de trop plein, le
radier, les niveaux minimaux, maximaux et initiaux de l’eau. Les données réservoirs seront
transmises par le gestionnaire du réseau.
b.3)- Caractéristiques des nœuds de demande
-
Les cotes au sol
Afin de pouvoir connaître la pression en tout nœud, il est nécessaire de renseigner la case
indiquant l’altitude ou cote au sol du nœud. Cette altitude n’intervient pas dans le calcul de
la charge hydraulique. Ceci est intéressant dans le sens où une altitude mal renseignée ne
faussera pas le calcul.
-
Les demandes aux nœuds
La deuxième donnée inhérente à un nœud est la demande ou débit sortant à ce nœud.
Cette donnée est influente dans le calcul hydraulique. Elle s’exprime en litres par seconde.
La difficulté réside dans le fait que d’une part, il faut identifier et situer les abonnés
géographiquement dans la commune puis leur attribuer une consommation et d’autre part, il
s’agit de les répartir de façon adéquate au niveau de ces nœuds. Il s’agit donc de procéder
à :
-
L’identification des abonnés ;
-
La répartition de ces abonnés autour des nœuds ;
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59 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 4.2.2.2- CALAGE DU MODELE
59
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
4.2.2.2- CALAGE DU MODELE :
Le modèle, une fois construit, ne peut donner de résultats satisfaisants sans une
adaptation des caractéristiques hydrauliques de ses tronçons à la réalité. En effet,
l’usure des conduites avec le temps diminue leurs capacités hydrauliques. Il convient
donc de procéder à un calage des diamètres et des rugosités à partir de données de
terrain.
Le calage est le processus qui permet de vérifier et d’ajuster les grandeurs simulées
par le modèle établi aux données de la campagne de mesures. Le modèle devient donc
une image du fonctionnement du réseau sur la durée de la campagne de mesures.
L’étape de calage est une étape cruciale dans la construction et l’utilisation d’un
modèle mathématique. Elle détermine la pertinence des résultats issus des simulations.
Cette étrape intervient après :
-
Établissement de la structure du réseau
-
Canalisations : Tracé, Diamètre, linéaire ;
-
Nœuds de consommation : Altitudes, Consommations de « base » ;
-
Autres éléments :
Réservoirs (volumes, côtes),
Stations de pompage, de surpression
Organes particuliers : vannes, stabilisateurs
-
Établissement des consignes de fonctionnement
-
Réservoirs / stations de pompage
-
Stabilisateurs, réducteurs
-
Etat d’ouverture / fermeture des vannes
Le calage est la partie la plus importante de la modélisation. Il a pour objet d ajuster
le modèle à la réalité de terrain afin d assurer la meilleure représentativité du
fonctionnement réel du réseau analysé. Cette étape clé ne peut être réalisée qu’à
l’issue d’une analyse pertinente de la campagne de mesures.
La connaissance parfaite du réseau en collaboration avec le gestionnaire, lors des
étapes précédentes, est indispensable au bon déroulement du calage.
A)- Méthodologie de calage :
Un modèle est toujours construit à partir d’une image du fonctionnement du
réseau pour une période donnée. Les modèles sont à réactualiser périodiquement
même si toutes les modifications de structure du réseau sont entrées dans le modèle.
Cette réactualisation est généralement faite lorsque les données de mesures semblent
diverger par rapport aux informations fournies par le modèle.
59
60 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Le calage d’un modèle
60
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Le calage d’un modèle est réalisé en en quatre étapes successives :
-
le calage en volume (débits de consommation, de transit, de pompage…)
-
le calage en niveau (réservoirs)
-
le calage en pression,
-
le calage en qualité (éventuel),
Pour des raisons de simplification et de compréhension, La méthodologie de calage
détaillée dans cette partie est afférente au calage manuel. Le pas de temps de
calage est arbitrairement retenu à 1h sur une journée de 24 h
(Le choix d une période de mesures (1 journée ou plus) et d’un pas de temps de calage
(1h par exemple) est effectuée suivant une analyse multicritère justifiée par la
disponibilité et continuité des mesures, la représentativité des mesures (phénomènes
ponctuels), etc…
Le cycle de 24 h utilisé pour réaliser le calage sera choisi de manière à optimiser les
deux critères suivants :
-
journée ayant le plus de données disponibles et exploitables ;
-
journée
de
plus
forte
consommation
(cette
journée
permettra
de
caler
plus précisément les rugosités).
N.B : Le calage sera effectué à partir des résultats d’essais débits-pressions
effectués sur les poteaux incendies (PI) à divers endroits du réseau. Ces essais
seront sélectionnés en fonction de leur localisation et sur chaque zone du réseau.
a)- Le calage en volume :
La répartition des débits de puisage dans l’espace (volumes de base attribués aux
nœuds) et dans le temps (courbes de modulation) est l’un des paramètres déterminant
de la représentativité du modèle et joue un rôle clé dans la simulation des marnages
des réservoirs et dans la simulation de la répartition des débits entre les différentes
branches d’un réseau maillé ou non.
Le calage en débit s effectue pour les débits mis en distribution sur chacun des
secteurs hydraulique identifiés. Le débit en sortie d un ouvrage de stockage ou mis en
distribution sur un secteur hydraulique est composé de deux composantes distinctes :
Le volume moyen distribué par secteur hydraulique : VMD = V1 – V2
Le volume de pertes (assimilé au volume de fuites) : V4 = V1 – V2 – V3
a.1)- Le débit de consommation :
Pour
caler
le
débit de consommation sur
la
période retenue, il est nécessaire
d’élaborer une courbe de modulation. Cette courbe de modulation correspond au
rapport : débit lié à la consommation sur consommation moyenne du secteur
60
61 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE concerné (débit de base,
61
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
concerné (débit de base, assigné aux nœuds du secteur considéré, issu du fichier de
facturation). C’est cette courbe qui va permettre au logiciel de calculer pour chaque
pas de temps la variation de consommation (et donc les variations de débit dans le
réseau, vitesses, pressions ..).
a.2)- Le débit de fuite :
Le débit de fuite peut-être considéré comme constant au cours d’une simulation entre
T=0 et T=24h.
(On ignore dans la majorité des modélisations les variations de débit de fuites
liées aux évolutions de la pression régnant dans le réseau). En conséquence, la courbe
de modulation des fuites sera constante tout au long de la durée de simulation
retenue (coefficient multiplicateur C= 1).
a. 3)- Validation du calage en débit :
Après avoir lancé la simulation, utiliser le tableau de valeur pour l’objet de suivi (arc
dans le cas d’un calage en débit, nœud dans le cas d une pression…). Copier
les
données et les coller dans un tableur afin de superposer les données (Epanet
permet l’import de données de calage, mais cette manipulation s’avère fastidieuse).
b)- Le calage en niveau :
Le calage du niveau de réservoir passe par :
-
Le renseignement de la valeur initiale de niveau (à T=0) ;
-
Le diamètre
équivalent du réservoir (courbe de volume si
réservoir de forme
particulière) ;
-
L’établissement des contrôles (niveaux des remplissages)
Lorsque les débits amont et aval (entrée/sortie) du réservoir sont calés, que
le fonctionnement lié aux commandes est correct, le niveau du réservoir se cale
automatiquement.
Si le niveau du réservoir est difficile à caler, il peut s’agir :
d’un problème de calage des débits de sortie de l ouvrage de stockage ;
 d’un problème d asservissement (erreur sur les commandes) ;
 d’un fonctionnement particulier du réservoir (remplissage par un robinet à flotteur
avec pertes de charges fluctuantes en fonction du débit de remplissage, courbe de
volume réelle différente de la courbe de volume renseignée dans le logiciel) ;
 d’un débordement du réservoir (passage au trop plein) ;
Une fois de plus, l’analyse et l’interprétation des mesures doivent, en amont du
calage, permettre de diagnostiquer les phénomènes particuliers.
61
62 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE c)- Le calage de
62
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
c)- Le calage de la pression :
Cette partie du calage vise à faire correspondre au plus près (attention à ne
pas tomber dans des absurdités) les résultats de la simulation retournés par le
logiciel de modélisation avec les enregistrements de pression effectués sur le réseau.
Le calage s’effectue en intervenant essentiellement sur la rugosité des conduites,
l’introduction de singularités en certains points du réseau (perte de charge
singulière éventuellement non répertoriée). Le calage s’effectue en deux temps :
-
Calage en statique (validation des altimétries : radier, altitude du point de mesure) ;
-
Calage en dynamique (validation des rugosités et pertes de charges singulières)
Le modèle de réseau sera considéré comme calé lorsque les courbes obtenues par
simulation présenteront le même profil que les courbes de mesure, avec des niveaux
moyens proches. Il n’est pas possible de définir à l’avance l’écart maximum
acceptable, qui sera obligatoirement supérieur aux erreurs cumulées de mesures et
aux incertitudes sur différents facteurs (altimétrie des radiers de réservoir, du PI
suivi…).
B)- Données clé de construction du modèle :
Les hypothèses de construction du modèle (immuables sauf information de départ
erronée donc à corriger) influant sur les résultats de pression sont :
L’altimétrie des nœuds du réseau : altimétrie issues du MNT, courbes
IGN ;
Le diamètre des canalisations (issus du SIG, plans papier ou
investigations de terrain) : les diamètres à modéliser sont les
diamètres intérieurs (même pour le PVC !) ;
Les valeurs de régulations au niveau des organes spécifiques :
stabilisateurs, régulateurs de débit, réducteurs de pression ;
L’état des vannes sur le réseau : ouvertes / fermées ;
Les consignes de fonctionnement des ouvrages de stockage et de
transfert (utiliser les consignes actives durant la campagne de
mesures !).
En cas d’enregistrement de pression avec une amplitude importante, les rugosités
dans les canalisations seront ajustées dans les limites acceptables (limites fournies
par la littérature) jusqu’à ce que la simulation reproduise au mieux les courbes
mesurées. Cette démarche nécessite de faire l’hypothèse que le secteur est bien
défini hydrauliquement.
S’il n’est pas possible de reproduire les courbes mesurées avec des valeurs de
rugosité acceptables, les données de construction du modèle devront être
vérifiées (pressions de consigne des stabilisateurs, présence de vannes fermées),
ainsi que la probabilité d’un état très entartré des canalisations.
En cas d’enregistrement de pression avec un profil « plat » (peu de variations de
pression), pour définir les rugosités dans les canalisations deux stratégies à employer :
62
63 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Par symétrie avec un
63
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Par symétrie avec un autre secteur pour lequel les amplitudes de pression
ont permis de caler au mieux les rugosités (à même date de pose,
même matériau et même diamètre), les rugosités seront reportées d’une
canalisation d’un secteur calé à l autre ;
Par données de littérature, si la première stratégie ne peut être
appliquée (les diamètres, matériaux et âges des canalisations issus des
données du client seront employés) ;
Ponctuellement, les couples de données de débits et de pressions mesurés lors des
essais aux poteaux incendie seront employés. Cette stratégie nécessite que le
fonctionnement hydraulique des secteurs de distribution au cours des mesures
ponctuelles soit identique à celui en place au cours de la campagne de mesures. Cette
hypothèse peut se révéler difficile à vérifier dans certains cas.
C)- Autres cas particuliers :
Pour les cas spécifiques tel que la modélisation :
-
d’un robinet à flotteur (vannes à pertes de charge variables…) ;
-
surpresseur, systèmes asservis, …etc ;
-
défense incendie (poteau par poteau où à l’aide de fireflow2 – logiciel disponible) ...
Il s agira de vérifier et proposer les méthodes disponibles auprès des divers
référents….
D)- RESULTATS DES SIMULATIONS :
Les scénarios étudiés et les insuffisances relevées seront présentés et commentés comme
suit :
-
Les scénarios concernant les besoins actuels seront simulés en prenant en compte la
mise en service prochaine de nouvelles infrastructures hydrauliques ;
-
Les scénarios concernant l’évolution future des besoins (horizon 2035 ou plus)
prendront en compte l’existence d’une éventuelle ressource supplémentaire ; Ils
porteront sur :
Réseau dans son état actuel :
Jour moyen actuel
Jour de pointe actuel
Jour de pointe 2035
Simulations prenant en compte des pistes de projection d’aménagements (PDAU, POS…)
Jour de pointe actuel
Jour de pointe 2035
63
64 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 4.3- Etape 3 :
64
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
4.3- Etape 3 : PLANIFICATION DU RENOUVELLEMENT DES CONDUITES
L’objectif d’une bonne gestion d’un réseau de distribution d’eau potable nécessite de cibler
au plus précis les travaux de réhabilitation (et/ou) renouvellement des conduites. Ce
problème (réhabilitation / remplacement) est assez complexe et intéresse plus d’une
municipalité. Les gestionnaires de réseau ont un sérieux problème à résoudre : ils doivent
identifier les conduites à remplacer ou réhabiliter ainsi que le moment optimal pour
l’intervention tout en tenant compte des moyens financiers de plus en plus limités.
Résoudre ce problème n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît car plusieurs facteurs entrent
en jeu et plusieurs paramètres sont à considérer :
la complexité du réseau,
la détérioration de la capacité de transport des conduites,
le nombre d’interventions enregistrés par les conduites,
les moyens financiers disponibles,
la qualité de l’eau distribuée,
la difficulté de statuer sur l’état structural et la nécessité de
statuer sur cet état,
la quantité et la qualité des données disponibles qui vont permettre
de modéliser les différents processus.
La décision de remplacer ou de ne pas remplacer à un moment précis repose sur la
comparaison entre les deux options suivantes :
remplacer la conduite par une nouvelle conduite et assumer de la sorte les coûts de
remplacement
ou
maintenir la conduite actuelle en reportant les coûts de remplacement mais en risquant des
coûts futurs de réparation plus importants provoqués par d’éventuels bris.
Le cas d’une simple conduite peut facilement être traité mais, si l’on doit considérer
l’ensemble des conduites du réseau et leurs interactions d’un point de vue hydraulique, le
problème se complexifie.
Étant donné les ressources financières limitées des municipalités, il est donc important de
développer des approches ou méthodologies afin de donner aux gestionnaires des éléments
objectifs leur permettant de mieux planifier les interventions. Il devient de plus en plus
nécessaire d’envisager le développement d’outils permettant de minimiser les coûts des
interventions (réhabilitation/remplacement) sur les conduites, notamment pour des
réseaux de distribution de grande dimension.
4.3.1- Identification des facteurs de désordre des réseaux :
Les canalisations d‘adduction et de distribution d‘eau potable font parties du
patrimoine qui s‘inscrit
dans un processus
de
longue
durée.
Par
conséquent, leur
renouvellement
devrait
se rattacher à des considérations liées aux « vieillissements »,
64
65 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE c‘est-à-dire à la dégradation
65
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
c‘est-à-dire à la dégradation dans temps de leurs caractéristiques d‘origines. Lorsqu‘un
réseau vieillit, il se met à ne plus assurer certains objectifs fondamentaux (CHARRAT,
1995) :
-
La sécurité éviter toute rupture du service (arrêt d‘eau),
-
La qualité : garantir la qualité de l‘eau distribuée et la pression disponible ;
-
L’économie : réduction des coûts de production et de pompage.
Ainsi, le réseau d’adduction d’eau potable devient le siège potentiel de dégradations
diverses, responsables de mauvais fonctionnements et de dommages plus ou moins sérieux.
Bien que ces risques de dégradation soient multiples, il est cependant nécessaire
d’apporter une attention particulière :
4.3.1.1- Principaux facteurs de désordres :
D’origine mécanique, chimique ou biologique, les facteurs de désordre interne ou
externe participent à la dégradation des réseaux fragilisant davantage les vieilles
conduites.
Cependant, ces facteurs de désordre, même combinés entre eux, ne sont pas les
seuls éléments à prendre en compte pour engager des opérations de renouvellement
: une telle décision est entraînée par l’apparition de facteurs déclenchants, encore
appelés critères de renouvellement que nous aborderons au paragraphe 4.3.2 ci-
dessous.
Un inventaire des problèmes rencontrés sur le réseau d’eau potable, découlant des
étapes précédentes de l’étude diagnostic devrait conduire à identifier des
désordres sur le réseau liés essentiellement à : l’eau distribuée, à la canalisation
elle-même et au milieu environnement.
a)- Désordres liés à l’eau distribuée :
d’ordre qualitatif :
o
o
o
o
eau agressive (phénomène de corrosion interne)
eau incrustante (entartrage)
eau turbide
eau à forte teneur en fer ou en manganèse,
d’ordre hydraulique :
o
variations de pression, coup de bélier,
b)- Désordres liés à la canalisation :
-
mauvais choix initial du matériau ou du diamètre (surdimensionnement ou sous
dimensionnement) ;
-
mauvaise qualité du matériau :défaut du revêtement ou défaut de structure
(fissuration, ovalisation, graphitisation…) ;
-
Joints des tuyaux défectueux ou inadaptés ;
-
Défaut de pose
65
66 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE c)- Désordres liés au
66
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
c)- Désordres liés au milieu environnant :
-
caractéristiques mécaniques médiocres des terrains (charges transmises aux
canalisations) ;
-
Présence de nappes phréatiques ;
-
Pose ou remplacement d’autres réseaux et travaux de voirie (mouvements et
déstabilisation des sols) ;
-
Courants « vagabonds » générés par des installations électriques ;
-
Variations de température (chocs thermiques fatiguant les conduites ; la charge
supportée par la canalisation augmente lorsque le sol est gelé) ;
-
Agressivité naturelle des terrains ou des remblais (phénomènes de corrosion
externe) ;
-
Présence dans le terrain de produits corrosifs ou chimiques ;
4.3.1.2- Age des canalisations :
Le vieillissement des canalisations et de leurs accessoires est, par nature,
inéluctable : les matériaux se dégradent ou se fragilisent au fil du temps,
l'environnement évolue et les terrains bougent.
Cependant, le vieillissement ne dépend pas que de l’âge de la conduite mais aussi :
o de son environnement : il existe des canalisations de plus de cent ans d'âge en
très bon état et d'autres de dix ans à peine qui sont déjà hors d'usage, car
situées en terrain instable ou agressif ou encore mal posées… ;
o
des qualités intrinsèques des matériaux : résistance à la corrosion insuffisante,
mauvais revêtement de surfaces…
o
des conditions d’exploitation et de pose du réseau : remblayages exécutés avec
des matériaux inadéquats et sans précautions, coups de bélier.
Donc, l'âge
du réseau, même s'il
constitue un
bon
critère, ne permet
que
de
suspecter
l'état
d'usure
potentiel
et
ne
doit
pas
être
le
prétexte
d’un
renouvellement systématique ; il n’est pas en soi un facteur
de désordre, ni
un
facteur déclenchant. Mais il peut en devenir
manifeste véritablement.
un, si aucun autre facteur
ne
se
4.3.1.3- Matériaux en contact avec l’eau et leurs principales caractéristiques :
Il existe trois grandes familles de matériaux, répertoriés dans les trois tableaux présents
ci-après. Il s’agit
-
des matériaux métalliques ;
-
des matériaux à base de ciment ;
-
des matériaux organiques.
Outre les textes
réglementaires, il existe un certain nombre de normes
pour
ces
matériaux.
-
La fonte et l’acier doivent obligatoirement être revêtus :
o
o Intérieurement : à base de mortier de ciment, selon la norme NF A 49-701,
ou à base d’un film organique (exemple époxy), selon la norme NF A 49-709 ;
Extérieurement : à base de résine époxydique, selon la norme NF A 49-706.
66
67 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - Les ciments, mortiers
67
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
Les ciments, mortiers et bétons doivent respecter les normes NF P 15-301, NF P
18-331 et NF P 18-303/305 ;
-
L’usage de matériaux organiques doit satisfaire aux essais de laboratoires
approuvés par le Conseil Supérieur d’Hygiène Public de France (CSHPF) et répondre
aux normes XP P 41-250- 1-2-3 de l’AFNOR, actuellement en cours de révision.
-
Les normes visées pour le PVC (polychlorure de vinyle), le PEHD (polyéthylène haute
densité) et le PRV (plastique renforcé de verre) sont respectivement NF T 54-016,
NF T 54-063 et NF T57-200.
(Voir ANNEXE - 3 - : caractéristiques des matériaux)
4.3.2- Défaillances possibles et conséquences associées à la dégradation du réseau :
L’apparition de dégradations ponctuelles ou récurrentes témoigne d’une défaillance dans le
réseau de distribution d’eau. Les répercussions sont variées et peuvent entraîner risques
sanitaires ou simples désagréments auprès des abonnés, ruptures, percements, fuites, …
Il est donc primordial d’avoir une connaissance de l’ensemble de ces phénomènes pour
pouvoir prétendre à une identification précise sur le terrain.
4.3.2.1- Dégradation de la qualité de l'eau :
a)- Phénomène de corrosion :
La corrosion touche entre le quart et la moitié des canalisations, en particulier les
anciennes canalisations en fonte grise et en acier non revêtues.
a.1)- Corrosion interne :
Elle est liée à la qualité de l’eau et à ses différentes caractéristiques ; elle peut provenir :
-
du pH, du taux d’oxygène dissous, de l’écart par rapport à équilibre calco
carbonique ;
-
de l’oxydation d’ions ferreux en ions ferriques principalement avec une eau douce,
acide ou désaérée. Une coloration noire de l’eau est liée à la présence de
manganèse. Ce phénomène, qui génère une eau rouge et des dépôts, est
fréquemment constaté sur les conduites en fonte grise et en acier non revêtues ;
-
du développement d’un biofilm bactérien sur les parois affectant inévitablement
tous les types de conduites.
De plus, la corrosion des conduites et la formation de dépôts sont favorisées :
-
par une stagnation de l’eau dans le réseau, notamment dans les conduites en
antenne, les zones soumises aux variations saisonnières importantes de population
et les canalisations surdimensionnées ;
-
par une turbidité et des concentrations en ions métalliques élevées.
Des risques de contamination sont à craindre lorsque le biofilm se développe ou lorsqu’une
plus forte consommation de chlore est enregistrée.
67
68 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Ces phénomènes de corrosion
68
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Ces phénomènes de corrosion interne peuvent entraîner une diminution du diamètre
intérieur de la paroi liée à l’existence de dépôts et une fragilisation de la structure
interne de la canalisation.
a.2)- Corrosion externe :
La corrosion externe correspond à un échange d’ions entre le sol et la paroi de la conduite,
avec des origines diverses telles que :
-
Les courants « vagabonds » du sol, générés par la proximité d’installations
électriques en courant continu (voies de chemin de fer, tramways, ouvrages
miniers,), augmentent les risques de corrosion des canalisations métalliques qui sont
d’excellents conducteurs. En l'absence de protection, le phénomène de corrosion
externe est accéléré ;
-
L’hétérogénéité du sol : plus la texture du sol est fine, plus il retient l’eau et plus la
corrosion est importante. L’évaluation de la corrosivité du milieu ambiant est
définie sous la norme AFNOR NF 250 « Evaluation de la corrosivité des sols vis-à-
vis des canalisations en matériaux ferreux » ;
b)- Phénomène d’entartrage :
Le transport d’une eau incrustante peut provoquer un entartrage des conduites. La
formation de ces dépôts calcaires a des répercussions internes sur la qualité de l’eau et
sur son écoulement par réduction de la section utile de la conduite.
b.1)- Les phénomènes biologiques :
L'eau traitée produite dans les stations de traitement d'eau potable par le réseau
jusqu'aux usagers n'est jamais stérile. On parle d’ailleurs de désinfection et non de
stérilisation (LOISEAU G. et JUERY C. – 2002).
Un certain nombre de microorganismes est introduit dans le réseau (pour les germes
totaux, le niveau guide est par exemple de 10 germes / ml pour un dénombrement à 37° C) :
d’une part, parce que les procédés physico-chimiques classiques de traitement ne
permettent pas d'assurer une élimination totale des micro organismes ;
d’autre part, parce que diverses situations d'exploitation en usine peuvent conduire à
des relargages (mauvais rinçage des filtres, distribution des premières eaux produites par
la filtration après lavage…).
A l'intérieur du réseau, ces bactéries qui ont été seulement blessées ou stressées par les
opérations de traitement de l’eau, peuvent se réanimer ou se réparer en fonction de
paramètres tels que la température, les nutriments présents et bien sûr le temps.
Par ailleurs, dans le réseau, certains points offrent des voies d'entrée à la contamination
par des micro organismes. C'est le cas des réservoirs où l'eau est en contact avec l'air, et
où les orifices mal protégés peuvent permettre le passage de poussières ou d'insectes
apportant des contaminations.
68
69 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Les interventions sur le
69
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Les interventions sur le réseau (réparations, branchements), les fuites (en cas de
dépression) et les accidents tels que des retours d'eau ou des cassures peuvent également
être responsables de l'introduction de micro organismes dans le réseau.
La biomasse libre dans le réseau se fixe sur les parois des canalisations, qu'elle soit morte
ou vivante et constitue un premier support pour le développement de couches supérieures
plus actives. Si ces organismes rencontrent des conditions ambiantes satisfaisantes, le
développement d’un biofilm sur les parois peut avoir lieu. On peut définir simplement le
biofilm comme l’ensemble des micro-organismes et de leurs sécrétions macro cellulaires
présents sur la surface interne de la conduite. C’ est cependant, un système dynamique où
s'installe une chaîne alimentaire complexe qui se développe jusqu’à obturation de toute la
section interne.
4.3.2.2 - Défaillances du régime hydraulique :
a)- Diminution de la capacité de transport :
La réduction du diamètre et/ou l’augmentation de la rugosité réduisent les capacités
hydrauliques du réseau.
Cette défaillance est engendrée par l’entartrage calcaire sur les conduites sans
revêtement interne, mais aussi par l’apparition de protubérances corrosives, responsables
également de chutes de pression.
A préciser également qu’une baisse de pression peut être le résultat d’une simple
augmentation de la demande, par croissance de la consommation ou par lutte contre
l’incendie.
b)- Fuites :
Les ruptures de canalisations peuvent être provoquées par :
-
Une action combinée de la corrosion sur la conduite et de mouvements de sols ;
-
Une augmentation de la pression interne ;
-
Une action violente dans le tuyau : coup de bélier, par exemple.
Figure 3 : Ruptures ou fuites apparentes (Source : EISENBEIS Patrick – 1995)
Ces ruptures de conduites peuvent occasionner des dommages plus ou moins sévères, tels
que :
-
inondations chez un particulier ou perturbations du trafic routier ;
-
Coupure d’eau ;
-
Déstabilisation du lit de pose ;
-
Plaintes des abonnés.
69
70 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 4.3.2.3 – Synthèse :
70
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
4.3.2.3 – Synthèse :
Une synthèse des différentes causes qui peuvent entraîner l’affaiblissement d’une
conduite d’eau potable, et donc augmenter le risque d’apparition d’une défaillance est
résumée sur la figure ci-dessous :
Figure 4 : Causes de l’affaiblissement d’une conduite d’eau potable
(Source : EISENBEIS Patrick – 1995)
4.3.3- Détermination des critères de renouvellement
Un bon diagnostic de réseau permet de révéler d’éventuels facteurs déclenchants, ou
critères de renouvellement, qui justifient la décision d’envisager des travaux de
renouvellement.
La détermination de ces critères vient en aide, à tout gestionnaire de réseau d’eau
potable, en lui permettant d’élaborer un programme de renouvellement et de construire un
échéancier financier.
Les principaux motifs, responsables de telles opérations, sont listés ci-dessous :
-
dégradation de la qualité de l’eau par le réseau ;
-
dégradation visible de la conduite ;
70
71 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - plainte des abonnés
71
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
plainte des abonnés pour insuffisance de pression ou mauvaise qualité de l’eau ;
-
Augmentation du nombre de fuites, déterminée en comptabilisant le nombre de
fuites réparées par an ramené au linéaire de canalisation ;
-
Risques de dommages liés aux fuites, notamment dégâts créés par l’eau de fuite ou
dégâts/nuisances engendrés par une interruption de service non programmée pour
les abonnés (hôpitaux, industries, …) ;
-
Evolution des besoins des usagers ;
-
Evolution de la réglementation (matériaux, qualité de l’eau) ;
-
Pose d’un autre réseau - gaz, électricité, assainissement, téléphone, câble…- à
proximité : le renouvellement apparaît opportun si :
o
la conduite en place est en très mauvais état ou très âgée,
o
l’indice linéaire de réparation est important,
o
par souci de sécurité.
-
Travaux de voirie qui ne sont pas un critère de renouvellement en soi. En revanche,
il faut tenir compte de ces travaux lorsqu’ils sont associés à d’autres éléments tels
que :
o
la fragilité et/ou qualité de conduites anciennes : risque de ruptures dans le
cadre du chantier ;
o
l’historique des indices linéaires de réparation (ILR) ;
o
la position de la conduite par rapport à la nouvelle voirie ;
o
o
l’interdiction de rouvrir sur une chaussée neuve ;
l’incertitude sur l’évolution des besoins futurs.
4.3.4- Mise en place d’une politique de renouvellement :
Les
activités
concernant
l‘exploitation du réseau sont
très
variées et
impliquent
un grand nombre de données
et de variables
de différentes sources et qualités en
fonction
de
leurs objectifs
(diagnostic,
interprétation,
prédiction,
planification
de
réhabilitation,…) et de leur exécution (court, moyen ou long terme). Le
gestionnaire et le décideur
doivent souvent prendre des décisions, argumentées et
pertinentes, ce qui nécessite une stratégie d‘étude efficace basée, d‘une part sur la
connaissance du comportement du système de distribution d‘eau potable et d‘autre
part
sur
l‘utilisation
d‘indicateurs
appropriés
sur
l‘évaluation
des performances
de
fonctionnement du système. Ces indicateurs sont établis par le gestionnaire selon ses
priorités
de gestion
mais
aussi
à
partir des
directives et normes
des documents
officiels.
La création d’une base de données géographiques et le lien de celle-ci avec celle des
interventions sur le réseau, permet d‘obtenir des données numérisées concernant le
réseau (diamètre, matériaux…), son environnement (les abonnés, géologique du sol, les
zones de mouvement du sol…) et les interventions réalisées sur le réseau.
L’élaboration d’une politique de renouvellement présente deux principaux objectifs :
anticiper les travaux à engager et planifier les dépenses. Elle cherche à identifier et
programmer dans le temps les travaux à réaliser sur les conduites du réseau, tout en
71
72 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE estimant les ressources financières
72
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
estimant les ressources financières requises. Le but est d’améliorer la fiabilité et le
fonctionnement du réseau.
La programmation pluriannuelle s’effectue selon un processus de prise de décision qui tient
compte d’un ensemble de variables liées à la conduite et à son environnement, les
conditions d’exploitation du réseau, des contraintes techniques et financières.
L’intérêt est de proposer une approche pour la programmation des travaux de
renouvellement et l’estimation de l’enveloppe budgétaire nécessaire à leur réalisation.
Dans ce qui suit, nous décrirons la problématique de renouvellement en identifiant les
difficultés d’identification des besoins et le lissage des travaux dans le temps. Par la suite,
nous identifierons la place de la programmation du renouvellement dans la gestion du
réseau d’alimentation en eau potable (A.E.P) dans son ensemble.
Le renouvellement des réseaux d’eau potable cherche donc à gérer un patrimoine constitué
par les conduites d’eau potable, les organes hydrauliques, les installations de pompages, de
traitement et de stockage de l’eau. Il s’inscrit dans une démarche de gestion du
patrimoine.
D’un point de vue décisionnel, la problématique du renouvellement des réseaux d’eau
potable implique des décisions à court et moyen terme qui dépendent d’une approche
stratégique (à long terme).
Court terme Moyen terme
Moins d’un an
Moyen terme
Long terme
5 ans
Plus de 5 ans
Gestion du réseau au
quotidien :
Programmation
Planification stratégique :
pluriannuelle :
• Interventions sur les
conduites et maintien en
• Prévisions des
défaillances & travaux sur
service du réseau:
réparation, nettoyage…
le réseau ;
• Enveloppes budgétaires
• Augmenter la fiabilité du
réseau et la qualité du
service rendu aux usagers ;
• Evolution de la demande et
extension du réseau;
4.3.5- Systèmes d’aide à la décision pour la programmation des besoins en
renouvellement des réseaux d’eau potable :
4.3.5.1- Littérature :
Les modèles d’aide à la décision pour le renouvellement des réseaux sont des systèmes
intégrés qui utilisent des bases de données et des modules de calculs pour l’évaluation
de la décision de renouvellement sous différents angles à savoir :
-
Evaluation économique en considérant les coûts directs la maintenance, au
renouvellement des conduites, aux pertes d’eau, ainsi que les coûts indirects liés à
la gêne occasionnée et dégâts en cas de défaillances ou travaux de renouvellement ;
-
Etude du phénomène de vieillissement des conduites à l’aide de modèles statistique
de défaillance ;
-
Evaluation technique du fonctionnement hydraulique du réseau à l’aide de modèles
hydrauliques ;
72
73 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - Evaluation de scénarios
73
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
Evaluation de scénarios de politiques de renouvellement à long terme et estimation
des enveloppes budgétaire requises.
Ces modèles requièrent la disponibilité d’un nombre important de données. La disponibilité
de ces données détermine l’approche à utiliser et l’absence de certaines données peut
contraindre à l’utilisation d’une approche au lieu d’une autre. Ces données doivent être
collectées, actualisées et traitées régulièrement dans le cadre du système d’information
du service de l’eau.
L’élaboration d’un outil d’aide à la décision permettant d’évaluer les besoins en
renouvellement, de déterminer les priorités et de programmer dans le temps la réalisation
des travaux sur un horizon donné de manière pluriannuelle doit proposer une séquence
acceptable d’interventions sur le réseau en identifiant les conduites devant faire l’objet de
travaux, ainsi que la nature des interventions à effectuer. Ceci, tenant compte de
contraintes liées à la disponibilité des ressources financières et aux prescriptions
techniques de fonctionnement du réseau sur un horizon de planification donné.
Il convient de proposer une démarche adaptée à la réalité du terrain pour la détermination
d’un ensemble de solutions viables, parmi lesquelles le gestionnaire du réseau d’eau peut
choisir une politique de renouvellement traduisant une programmation pluriannuelle des
travaux de renouvellement.
La décision de renouvellement est sensible à la manifestation d’évènements imprévus
(casses, ruptures, fuites) susceptibles de décrire la détérioration des conduites. Cette
détérioration peut être décrite selon trois niveaux en fonction de l’élément d’analyse pris
en compte. Nous distinguons :
-
La détérioration structurelle de la conduite qui se manifeste par une rupture de la
conduite, fuite ou un affaissement de la chaussée. C’est une détérioration physique
liée au vieillissement ;
-
La détérioration hydraulique se manifeste par une baisse de pression et de débit
en raison du rétrécissement de la section (diamètre) interne des conduites causé
par des dépôts de sédiments, la corrosion ou des fuites, ;
-
La détérioration de la qualité de l’eau qui se manifeste par une coloration de l’eau
provoquée par à des infiltrations de substances ou matières dans les conduites.
D’après (NAFI, 2006), il existe trois types d’approche d’aide à la décision pour le
renouvellement des conduites :
-
Les approches pour la hiérarchisation des conduites permettant d’identifier les
conduites prioritaires nécessitant un renouvellement ;
-
Les approches permettant de déterminer des échéances de renouvellement pour
chaque conduite ;
-
Les modèles d’aide à la décision qui permettent à l’aide de modules divers de
proposer des programmes de renouvellement ;
Les différentes approches existantes peuvent se classer dans l’une ou l’autre de ces
catégories. Pour comparer ces approches, nous pouvons dresser une liste de critères
pouvant être pris en compte ou non par chaque approche ou modèle :
73
74 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - Alternatives de renouvellement
74
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
Alternatives de renouvellement : correspond à la prise en compte ou non d’autres
d’alternatives au renouvellement de conduite à l’identique ;
-
Détérioration structurelle : prise en compte de l’usure physique d’une conduite due
à son âge, ses défaillances passées, son environnement… ;
-
Détérioration hydraulique : diminution de la capacité hydraulique d’une conduite
(augmentation de la rugosité ou baisse du diamètre apparent) ;
-
Effet réseau : prise en compte ou non du rôle de chaque conduite potentiellement
renouvelable dans le réseau hydraulique auquel elle appartient ;
-
Génération/évaluation de politiques : caractérise les modèles proposant
concrètement des politiques de renouvellement, comme la plupart des modèles
d’aide à la décision ;
-
Programmation du renouvellement : permet de proposer un programme pluriannuel
de travaux.
L’outil d’aide à la décision se propose de considérer l’ensemble des critères cités ci-
dessus. Couplé à une modélisation hydraulique (par exemple sur le logiciel Epanet), il prend
en compte les notions de détérioration hydraulique et d’effet réseau :
-
La détérioration structurelle des conduites ;
-
La détérioration hydraulique ;
-
La prise de décision à l’échelle du réseau dans son ensemble ;
-
L’évaluation de plusieurs programmes de renouvellement ;
-
La prise en compte d’autres alternatives de renouvellement que le remplacement à
l’identique.
Il propose également plusieurs alternatives pour chaque conduite (renouvellement ou
renforcement) et est basé sur une optimisation multi objectifs qui permet :
o
de générer des politiques de renouvellement, en minimisant une fonction de
coût tout en maximisant une fonction technique (gain en pression).
o
L’optimisation est assurée par un algorithme génétique couplé avec le modèle
hydraulique sur Epanet ;
d’optimiser de manière efficace le gain en pression sur le réseau par rapport
aux coûts des politiques générées. Il laisse une certaine liberté d’utilisation
à plusieurs titres ;
o
D’adapter quelques paramètres en fonction de ses objectifs.
Pour chaque conduite candidate au renouvellement, trois alternatives sont proposées :
o
ne rien faire (laisser la conduite en place) ;
o
o
renouveler la conduite à l’identique ;
renforcer le tronçon avec une conduite neuve de diamètre standard supérieur…
Les politiques générées sont évaluées et comparées entre elles grâce à deux critères
techniques (gain en pression) et financier (coût). Il s’agit de proposer à terme une série de
politiques de renouvellement viables, parmi lesquelles, c’est au gestionnaire du réseau de
faire un choix.
74
75 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE En outre, des centres
75
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
En outre, des centres de recherche travaillent sur le diagnostic et l’optimisation des
systèmes de distribution d’eau potable. L’objectif étant d’élaborer des méthodes et outils
destinés à l’estimation de l’état et des performances des équipements. Pour cela, 3 axes de
recherche ont été identifiés :
-
La modélisation et l’observation du fonctionnement quantitatif et qualitatif des
réseaux (notamment avec le logiciel PORTEAU) ;
-
L’étude du vieillissement des canalisations et la mise au point de méthodes de
prévision des casses en fonction de la nature et de l’environnement de la
canalisation ;
-
La gestion optimale des flux.
En pratique, de véritables modèles et d’outils d’aide à la décision de renouvellement, que
sont les logiciels de prévision sur les risques de désordres des réseaux d’eau potable sont
en pleine émergence. Deux approches complémentaires pouvant être utilisées dans la
programmation du processus de renouvellement du réseau d‘eau potable, à savoir :
-
Approche par optimisation économique :
Se basant sur des calculs de probabilité, cette approche cherche à mieux utiliser les
fonds financiers disponibles. Il s‘agit de comparer les coûts de réhabilitions et les
coûts de maintien en service, augmentés par les coûts sociaux ;
-
Approche par modélisation du vieillissement (hiérarchisation) des réseaux ;
Elle consiste à trouver des relations entre le taux de défaillance ou la durée de vie
et les variables de détérioration (facteurs déclenchants). Les conduites peuvent
ainsi être hiérarchisées selon l’espérance des défaillances futures.
Cette approche nécessite la mise en place de seuil de défaillance critique pour le
renouvellement et la disponibilité des données sur les interventions susmentionnées.
Ces approches (modèles) cherchent à déterminer la date optimale et l’alternative de
renouvellement pour une conduite donnée ou des conduites homogènes susceptibles de se
détériorer de la même façon. Ils s’appuient sur une analyse économique des coûts de
maintenance, les coûts de renouvellement et les coûts sociaux liés aux impacts des
défaillances et des travaux de renouvellement sur les abonnés et riverains sur un horizon
de temps défini. La comparaison de ces coûts permet généralement de déterminer une
date optimale de renouvellement.
La recherche de la date optimale de renouvellement revient donc à résoudre le problème
mathématique définit par la ou les fonctions objectifs et les contraintes (économique et
technique).
4.3.5.2- Le modèle RENCANA :
Le modèle RENCANA cherche à répondre à la question : renouveler ou attendre ?
Au sein de l’ENGEES (Strasbourg), un travail a attiré notre attention (thèse de doctorat :
Politiques de renouvellement des réseaux d’eau potable- Caty WEREY – ENGEES juin
75
76 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 2000) et qui s’intéresse
76
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
2000) et qui s’intéresse à l’optimisation des échéances de renouvellement des canalisations
d’eau potable à partir de la prévision probabiliste des défaillances, de l’analyse du
fonctionnement hydraulique du réseau et de l’évaluation des coûts de maintien en service
et de renouvellement.
En se basant sur une approche d’optimisation par Programmation Dynamique (DP) en avenir
incertain et des arbres de décisions qui correspondent aux décisions (renouveler ou
attendre) prises à chaque année de l’horizon de planification. A chaque date t intervient
une décision, soit le renouvellement soit le maintien en place de la conduite. L’événement
aléatoire sera l’occurrence d’une défaillance sur la conduite donnée. Le modèle n’intègre
pas l’effet hydraulique du réseau et suppose un remplacement à l’identique, l’optimisation
par Programmation Dynamique présente le risque d’explosion de l’arbre de décision en
fonction du temps et des alternatives de renouvellement, ce qui rend les calculs de plus en
plus difficiles. La recherche des solutions s’effectue à l’échelle de la conduite, la
programmation dynamique permet l’évaluation de scénarios de remplacement en fonction
du temps pour chaque conduite indépendamment des autres conduites constituant le
réseau. Il permet de considérer des coûts sociaux traduisant l’impact des défaillances sur
l’environnement de la conduite.
Cette modèle utilise :
-
Un modèle probabiliste pour estimer les probabilités d’occurrence des interventions
sur les conduites qui assimile les durées entre les différentes défaillances à des
variables aléatoires ;
-
Un algorithme évolutionnaire afin de trouver les solutions optimales ;
-
Un module de visualisation qui permet au gestionnaire d’avoir une vision éclairée
concernant la meilleure solution de remplacement pour son réseau.
Le modèle RENCANA cherche à intégrer l’effet engendré par la rupture d’une conduite sur
le fonctionnement du réseau ; ainsi, il intègre des indices de fiabilité du réseau (Bertin,
1994) qui traduisent la capacité d’un système à satisfaire la demande quand des casses
surviennent sur les conduites. Des indices de non-satisfaction sont définis pour chaque
tronçon, ces indices permettent de traduire la non-satisfaction du consommateur par
rapport à la consommation fournie et celle initialement demandée. Ce modèle utilise le
modèle PHM pour l’estimation des probabilités de défaillance des conduites. Ces
probabilités sont utilisées dans la fonction objectif permettant de minimiser les coûts de
maintenance, les coûts de remplacement à l’identique et les coûts sociaux liés à
l’indisponibilité d’eau en cas de défaillance. Ainsi, le modèle RENCANA prend en compte :
-
l’évolution des défaillances ;
-
les caractéristiques de la conduite et son environnement ;
-
la sensibilité des consommateurs à une interruption de la fourniture d’eau ;
-
la position hydraulique de la conduite.
Ce modèle repose sur le concept de renouvellement curatif. Il n’évite pas le vieillissement
des conduites et par conséquent, une augmentation de la détérioration du système de
distribution. Pour le mettre en pratique, les services d’eau doivent se doter de bases de
données répertoriant les conduites (matériau, diamètre, longueur, date de pose, nombre
76
77 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE d’abonnés, ) et leurs
77
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
d’abonnés,
)
et leurs défaillances. Celles-ci leur permettent d’améliorer leur connaissance
des réseaux mais aussi d’envisager une politique de renouvellement en intégrant des
paramètres économiques dans la recherche de la date optimale de renouvellement des
canalisations.
Dans son ensemble, Cette approche intègre des concepts techniques et socio -
économiques. Elle propose une démarche de gestion du réseau d’alimentation en eau
potable dans laquelle le renouvellement des réseaux A.E.P est partie intégrante. L’approche
préconisée intègre les aspects liés à la détérioration structurale et à la performance
hydraulique et vise à développer une stratégie d’intervention visant à améliorer
concurremment ces deux volets. Par souci de simplification, il est supposé que :
o
la seule option envisageable pour améliorer l’état structural du réseau
est le remplacement d’une conduite par une autre conduite de
diamètre identique et de même matériau,
o l’information concernant l’état du réseau (nombre d’interventions
enregistrées, demandes aux nœuds des consommateurs) est
disponible sur une période initiale de durée T ;
aucune expansion de réseau ne sera réalisée,
o
o
o l’historique propre à chaque conduite est disponible depuis
l’installation de la conduite.
les demandes aux nœuds des consommateurs restent constantes
a)- Modèle d’estimation des probabilités d’occurrence des défaillances :
La planification des interventions est réalisée au début de chaque phase d’intervention de
durée fixe sur la base des données alors disponibles (historiques des interventions,
demandes aux nœuds, données sur les coefficients de Hazen-William, etc…).
Un modèle Weibull-Exponentiel (W-E), de paramètres connus, est d’abord supposé. Ce
modèle sert à générer un historique des interventions pour la période initiale de durée T.
La distribution Weibull est utilisée pour modéliser les temps d’occurrence des premières
interventions et les distributions exponentielles pour modéliser leurs temps d’occurrence.
Ensuite, en se basant sur les informations disponibles au temps T :
- Une première optimisation est effectuée afin de minimiser le coût total des
interventions sur le réseau en considérant une fonction objectif à minimiser qui est
donnée par la fonction coût présentée par l’équation (1) – (Voir ANNEXE 4 - : fonction
objectif) et qui dépend d’un terme de coût de remplacement et d’un terme de coût
de réparation.
Cette optimisation tient compte des aspects liés aux coûts et de la contrainte de pression
minimale et va permettre d’identifier l’ensemble des conduites à remplacer ainsi que le
moment optimal de remplacement pour chaque conduite. Les résultats de l’optimisation
réalisée au début de chaque phase peuvent avoir les conséquences suivantes :
77
78 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 1) les conduites sélectionnées
78
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
1) les conduites sélectionnées pour un remplacement seront effectivement remplacées, et
le nombre d’interventions qui leur sera associé sera nul à la date du remplacement; ces
nouvelles conduites pourront ou non enregistrer une ou plusieurs interventions à partir de
leur date d’installation; enfin, du fait qu’elles sont neuves, elles vont permettre
d’augmenter les pressions aux nœuds du réseau par suite de l’amélioration de leurs
capacités hydrauliques (augmentation du coefficient de Hazen-Williams);
2) les conduites qui n’ont pas été remplacées vont, ou non, enregistrer une ou plusieurs
interventions supplémentaires, et leurs capacités hydrauliques diminueront avec le temps.
Ainsi toutes ces informations enregistrées durant la première phase seront ajoutées à
l’information déjà disponible.
-
Une seconde optimisation est lancée au début de la phase 2 utilisant l’information
disponible à cet instant. Ce processus se poursuit phase après phase jusqu’à
atteindre un nombre maximal de phases fixé préalablement.
Période d’analyse future
∆T
Phase (1)
Phase (2)
etc…
Données sur les interventions pour la période initiale
T’ : Temps présent
Estimation des paramètres du
modèle d’interventions avec une
approche bayésienne
Optimisation sur la
phase (1)
Identification des conduites et
des temps de remplacement
Application des
decisions
Mise à jour des historiques d’interventions et
des coefficients de Hazen-Williams, sur la phase
de 5 ans
Figure 5 : Différentes étapes de la stratégie de planification proposée
78
79 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE La spécificité de cette
79
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
La spécificité de cette approche est qu’elle considère le nombre d’interventions enregistré
par chaque conduite pour modéliser sa détérioration structurale. Cette façon de faire
permet une estimation plus juste des probabilités d’occurrence des interventions. Elle
(méthode) ne peut être généralisée ; elle n’est développée que pour un modèle
d’interventions du type Weibull-Exponetiel et exige un long historique d’interventions (au
moins 8 à 9 interventions sur chaque conduite).
Elle n’est donc pas exhaustive ; Il serait intéressant d’inclure d’autres modèles pour que
les utilisateurs puissent sélectionner celui qui s’ajuste le mieux à leurs données réelles.
b)- Algorithme d’optimisation :
L’algorithme évolutionnaire utilisé est un algorithme génétique (AG). Les AG sont des
méthodes de plus en plus utilisés dans les problèmes d’optimisation combinatoires. Ce sont
des techniques d’optimisation stochastiques basées sur le principe de l’évolution naturelle :
une population initiale d’individus, initialisée aléatoirement (représentant un ensemble de
points dans l’espace de recherche des solutions) évolue selon le principe de la survie du
plus adapté, le meilleur ayant plus de chance de survivre alors que le moins bien adapté
aura tendance à disparaître (Goldberg, 1989). De nouveaux individus sont créés à chaque
génération en utilisant des opérateurs de variation comme le croisement et la mutation. La
probabilité de survie d’un nouvel individu va dépendre de sa fonction d’adaptation
("fitness").
Le choix d’une technique d’optimisation mathématique, comme les AG, pour résoudre le
problème du remplacement des conduites s’appuie essentiellement sur le fait qu’il existe un
grand nombre de combinaisons possibles à évaluer et tester afin de pouvoir identifier
celles dont les coûts sont les plus faibles. Par exemple, considérons le cas où deux options
s’offrent à nous : remplacer ou ne pas remplacer une conduite. Le nombre total de
combinaisons possibles pour un réseau de 100 conduites serait de 2 100 ; soit 1,26 x 10 30
combinaisons possibles, ce qui est extrêmement grand surtout si l’on doit encore ajouter
l’influence des années (remplacer la 1 ère conduite : la 1 ère année, la 2 ème année…etc.).
c)- Module de visualisation
Le module de visualisation permet de voir à chaque phase tous les résultats de la stratégie
de planification des interventions.
Cette approche a été testée sur un réseau de 100 conduites en considérant des horizons
de planification de cinq ans.
Application (1) :
La Figure ci-dessous montre par exemple l’état initial d’un réseau
composé de 100
conduites, de 61 nœuds, qui a subi au total 68 interventions sur une période initiale de 30
ans. A la fin de chaque phase de planification de 5 ans, le module permet d’afficher tous
les remplacements suggérés par le modèle d’optimisation basé sur l’algorithme
évolutionnaire.
79
80 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Figure 6 : Module
80
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Figure 6 : Module de visualisation du modèle de remplacement (phase initiale).
-
Les nombres en noir représentent les numéros de conduites ;
-
Les petites croix en rouge représentent l’indication d’une intervention ;
-
Le nombre en rouge représente le nombre total d’interventions enregistrées sur la
conduite depuis son installation ou depuis sa date de remplacement.
La Figure ci-après montre, pour la phase 3, les remplacements suggérés ainsi que le
nombre d’interventions actualisé de chaque conduite à la fin de cette phase dans le cas où
seul le critère structural est pris en compte. Cette Figure montre que les conduites 16, 28,
63 et 96 seraient remplacées entre la 41e et la 45e année.
80
81 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Figure 7 : Module
81
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Figure 7 : Module de visualisation du modèle de remplacement (phase 3).
Nous avons lancé le modèle sur plusieurs phases et l’analyse des résultats a montré que
durant les dernières phases, les conduites sont remplacées après avoir enregistré un
minimum de 8 à 9 interventions. Pour les deux premières phases, aucune conduite n’a été
remplacée malgré que certaines d’entre elles aient enregistré plus de 9 interventions. Ceci
s’explique par le fait que, durant les premières phases, peu d’informations étaient
disponibles sur les temps d’occurrence des interventions.
Cette façon de faire s’accorde parfaitement avec le comportement d’un gestionnaire de
réseau qui préfère attendre que plus de données soient disponibles avant de procéder aux
remplacements quitte à ce que le nombre d’interventions enregistrés sur certaines
conduites soit relativement important. Ce choix a tendance à retarder les remplacements
susceptibles d’être effectués durant les premières phases d’interventions.
81
82 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Application (2) : Dans
82
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Application (2) :
Dans la deuxième application, les deux critères, structural et hydraulique, sont pris en
compte simultanément. Toute solution proposée par l’algorithme génétique doit respecter
la pression minimale à tous les nœuds du réseau.
La Figure 5 illustre les pressions aux nœuds, au temps t = 35 ans, correspondant à la
meilleure solution trouvée en considérant une pression minimale de 20 m imposée à tous les
nœuds du réseau. Le modèle de remplacement suggère de remplacer une conduite pour
augmenter la pression au 58e nœud (à l’extrémité gauche de la conduite 99) identifié
comme le seul nœud critique. Pour voir l’influence de la pression minimale imposée sur
l’ensemble des conduites à remplacer, différentes pressions variant entre 17 et 23 m ont
été testées. Les résultats ont montré, en toute logique, que plus les contraintes sur les
pressions aux nœuds étaient sévères, plus le nombre de conduites à remplacer était
important.
Figure 8 : Module de visualisation du modèle de remplacement (phase 1).
Les points de couleur bleu ciel représentent les pressions calculées aux nœuds pour la
meilleure solution trouvée. Une seule conduite (N°94) vient d’être remplacée durant cette
phase.
82

83

GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE

4.3.5.3- Le modèle SIROCO :

(source : site internet du projet SIROCO http://www.siroco.org)

Le CEMAGREF et G2C Environnement sont partenaires dans le cadre du programme de

recherche SIROCO (Système Intégré d'aide au Renouvellement Optimisé des COnduites).

L’objetif est le développement d’un système intégré destiné à la planification du

renouvellement des réseaux d’eau potable.

L'enjeu de ce programme est de mieux conduire la stratégie de renouvellement, en

renouvelant plus et mieux, en prenant en compte les caractéristiques méconnues des

réseaux de petites villes et des collectivités rurales.

Ce système intégré repose sur

  • - La construction puis l’alimentation d’une base de données mutualisée entre plusieurs

collectivités destinée à enrichir les modèles de défaillance de façon heuristique

(pour compenser progressivement le faible historique des données) ;

  • - Le développement de modèles de prévision des défaillances pour les différents

éléments constitutifs des réseaux : canalisations, branchements et appareils de

fontainerie élaborés à partir des données centralisées et appliqués localement sur

l'une d'entre elles ;

  • - Le développement de modèles de calcul d’importance stratégique hydraulique des

éléments du réseau, permettant la construction d’indices de fiabilité en lien avec la

satisfaction de la demande;

  • - L’élaboration d’une méthodologie de prévision du renouvellement, intégrant à la fois

les modèles de prévisions de défaillance et les indices de fiabilité ;

  • - Le développement de fonctions spécifiques dans un SIG permettant à la fois la

collecte des données, et l’intégration des modèles et outils dans le système ;

Une des caractéristiques demandées à SIROCO est d’être adapté aux collectivités de

petite et moyenne importance à faible historique de données, et d’être aisément

accessible par les utilisateurs, quelle que soit leur formation en informatique. Il intègre

une expertise de haut niveau qui met en évidence :

• l’audit du réseau,

• la constitution d’un système de données indispensable à SIROCO,

• la collecte, la saisie et le traitement des données,

• Le calcul des scores par tronçon permettant de hiérarchiser le renouvellement,

• l’analyse des résultats et la définition du programme de renouvellement,

• la mise à disposition régulière des résultats via un SIG.

 
83
83
84 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE Figure 9 : Principe
84
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
Figure 9 : Principe de fonctionnement de SIROCO
a)- Méthodologie :
L'objectif de SIROCO est de proposer une méthodologie de choix des conduites à
renouveler prioritairement, basée sur des critères techniques, d'impact, économique, etc…
pour chaque conduite et par an. L'évaluation de certains de ces critères nécessite
l'utilisation d'outils techniques :
-
Un outil de calcul de la probabilité de casses des conduites d'alimentation en eau
potable (qui permettra d'évaluer des critères de renouvellement) ;
-
Un outil de calcul de la criticité hydraulique des conduites d'eau potable.
Ces outils serviront à mettre en place une évaluation multicritères par tronçons d'un
réseau. La finalité étant d'obtenir une hiérarchisation des conduites selon leur priorité de
renouvellement.
a.1)- Outil de Prévision des Défaillances
L'outil de prévision des défaillances, se base sur la connaissance des défaillances passées,
observées et répertoriées. Une défaillance correspondant à une réparation sur une
conduite à la suite d'une casse ou d'une fuite détectée.
Cet outil de prévision nécessite l'existence d'une base de données suffisamment précise
caractérisant les tronçons de canalisation du réseau et répertoriant les défaillances et
leur date d'observation.
Etant donné que la plupart des collectivités n'ayant souvent recueillies et structurées que
peu ou pas de données de maintenance, l'objectif est de mutualiser ces données pour que
84
85 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE leur nombre permette une
85
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
leur nombre permette une analyse statistique fiable afin de mieux connaître le
vieillissement et la dégradation de leur réseaux d'eau potable.
Un logiciel utilise ces données afin de créer des modèles de risque de défaillance, basés
sur les méthodes d'analyse de survie. Cette méthode étudie le temps entre deux
défaillances et mesure l'influence de différents facteurs propres à la conduite et à son
environnement. Elle aboutit à la construction de modèles de défaillance.
En fonction de ces facteurs, le nombre et le taux de défaillances à des échéances de 5 ou
10 ans sont estimés pour chacune des conduites.
La première phase permet de créer un fichier utile pour l'analyse statistique, en
sélectionnant un historique spécifique, le type de défaillance, ainsi qu'en créant
éventuellement de nouvelles variables basées sur les anciennes, afin de faire une analyse
statistique plus fine. Il est également possible de sélectionner un type de conduites (un
seul matériau, par exemple).
La phase d'analyse statistique a pour objectif d'aboutir à la création de modèles de
prévision des défaillances. Ces modèles se différencient selon le nombre de défaillances
subies par les conduites. Lors de l'analyse, les variables significatives sont déterminées, à
partir d'un test statistique que l’on appelle « hypothèse de non-significativité ».
Une fois les modèles élaborés, les taux et nombres de casses sont prédits à différentes
échéances. Ces valeurs peuvent être utilisées pour hiérarchiser les conduites en fonction
des taux de casses, pour les modèles de fiabilité.
a.1)- Outil de Fiabilité Hydraulique
L'objectif
est d'estimer
l'importance hydraulique des conduites d'eau potable en
combinant l'impact hydraulique d'une défaillance sur
défaillance.
les
conduites
et
le risque
de
Le logiciel utilise un modèle hydraulique spécifique. Contrairement aux modèles classiques
qui calculent la pression à partir d'une demande fixe, le module de calcul utilisé dans ce
logiciel se base sur une consommation dépendante de la pression au nœud et de la demande
d'origine. Le calcul de l'Indice de Criticité Hydraulique (HCI) est établi à partir des
impacts des défaillances sur la consommation disponible (donc nécessite de connaître la
prévision des défaillances). Il permet d'évaluer les conséquences d'une casse sur le
fonctionnement hydraulique d'un réseau et de quantifier la criticité de chaque conduite
(Eisenbeis et Al, 2003).
Dans un premier temps, autant de modèles hydrauliques que de tronçons sont calculés. Ces
modèles correspondent au réseau entier en considérant qu'un tronçon est défaillant. Les
données d'origine sont les mêmes que tout modèle hydraulique.
Ensuite l'indice de criticité hydraulique est calculé en couplant résultats hydrauliques du
modèle et risque de défaillance puis en faisant des hypothèses concernant le temps de
réparation, qui peuvent être variables en fonction du diamètre, par exemple.
85
86 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE b)- Calcul des indices
86
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
b)- Calcul des indices de criticité selon le modèle FAILNET RELIAB (CEMAGREF)
Le CEMAGREF a développé le modèle de calcul des indices de fiabilité hydraulique pour
chaque canalisation d’un modèle du réseau.
Ce modèle de calcul des indices de criticité est notamment utilisé dans le module de calcul
SIROCO de G2C Environnement.
Feuille Calc jointe
Le feuille Calc jointe permet de calculer les indices de criticité hydraulique a partir d’un
fichier d’entrée EPANET .inp.
Les cellules grises sont les informations issues du fichier .inp. L’utilisateur doit
paramétrer l’ensemble des cellules orange avant de lancer le calcul.
Des pressions minimum et maximum de fonctionnement peuvent être modifiées pour
chaque noeud. Autrement, les valeurs hmin et hmax peuvent être remplies par défaut.
Pré requis
La feuille fait appel pour son fonctionnement au toolkit EPANET. Il est nécessaire de
vérifier que vous avez bien le fichier "epanet2.dll" dans le répertoire "C :\Program
Files\EPANET2\"
Exploitation
En liaison avec un SIG, les indices de criticité permettent de déterminer les canalisations
candidates prioritaires au renouvellement, en faisant le lien avec l’identifiant de la
canalisation.
Figure 10 : Evaluation et multicritères de SIROCO
86
87 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE 4.3.5.4- Modèles divers :
87
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
4.3.5.4- Modèles divers :
D’autres outils d’aides à la décision se fondent sur un suivi de la qualité de l’eau en réseau.
Ils ont pour but de caractériser la dégradation de la qualité de l’eau suite à :
-
Un vieillissement des conduites (corrosion, relargage…) ;
-
Un problème de conception du réseau (surdimensionnement du diamètre, longueur
des conduites pour un nombre limité de branchements…) entraînant un temps de
séjour trop élevé synonyme d’encrassement important.
a)- AQUADIAG
La démarche AQUADIAG (Veolia Water) est basée sur le report au sein d’un Système
d’Informations Géographiques des résultats d’analyses de différents paramètres (Tableau
ci-dessous).
Ces analyses sont effectuées en différents points d’un réseau avec des prélèvements à
débit faible et des prélèvements à débit élevé.
Tableau 3 : Paramètres analysés lors de la mise en œuvre de la démarche AQUADIAG
Type de prélèvement
Faible débit
Fort débit
Paramètres physico-
chimiques et
bactériologiques
pH
Conductivité
Oxygène
Turbidité
Matières en suspension
Dureté (TH)
Fer
Manganèse
Chlore libre et total
Coliformes & E.COLI
Turbidité
Matières en suspension
Dureté (TH)
Fer
Manganèse
Coliformes & E.COLI
Une analyse (et/ou) une comparaison des résultats obtenus à fort et à faible débit permet
de localiser les zones où il y a problème d’encrassement ou de vieillissement des conduites
(corrosion, relargage…).
b)- CARE-W (Torterotot et al.,2003)
L’un des grands enjeux actuels de l’aide à la décision pour la distribution d’eau potable est
l’intégration des différents types d’outils tels que ceux décrits ci-dessus au sein d’un seul
et même outil. Ainsi le projet européen CARE-W (Computer Aided REhabilitation of
Water Networks) vise à élaborer un logiciel d’aide à la décision pour le renouvellement des
réseaux à destination des gestionnaires et propriétaires de réseaux d’eau potable.
La finalité du projet européen CARE-W est la création d’un système d’outils informatiques
pour l’évaluation et la réhabilitation des réseaux d’eau potable intégrant les aspects :
-
Suivi des performances d’un système ou d’une zone ;
-
Aide à la construction, l’évaluation et la sélection d’une stratégie de réhabilitation à
long terme ;
-
Aide multicritère à la programmation annuelle des projets de réhabilitation ;
87
88 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE - Modèles de prédiction
88
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
-
Modèles de prédiction des défaillances des canalisations ;
-
Modèles d’analyse de la fiabilité hydraulique des réseaux.
L’outil est construit autour d’une structure de bases de données et d’une interface
utilisateur permettant de gérer des données en mettant en œuvre des outils de gestion et
des modules spécifiques. Ces modules sont:
CARE-W-PI : ‘’ Performance Indicators’’ Détermination d’indicateurs de performance
pour le réseau (ou une partie). La mise en œuvre de ces indicateurs s’appuie sur les travaux
menés par l’IWA4.
CARE-W-LTP : ‘’Long Term Planning’’ mise en place d’une stratégie de réhabilitation à long
terme à travers une génération de scénarios d’évaluation générale de contexte (population
raccordée, consommation, prix de l’eau). Ce module utilise le modèle KANEW pour la
programmation à long terme.
CARE-ARP : ‘’ Annual Rehabiliation Program’’ programmation annuelle des projets de
réhabilitation. Ce module s’appuie sur l’utilisation de l’analyse multicritères (Le Gauffre et
al, 2002a)
CARE-W-Fail : ‘’ Failure Forcast Models’’ Modèles statistiques de prédiction des
défaillances de canalisations. Utilise les modèles NHPP, les chaînes de Markov et PHM pour
la prévision de défaillance.
CARE-W-REL : ‘’ Hydraulic Reliability Models’’ Modèles d’analyse de la fiabilité
hydraulique des réseaux.
c)- Le modèle PARMS (Pipeline Asset and Risk Management System)
Le modèle PARMS développé au CSIRO (Australie) par (Burn et al., 2003) à pour but la
planification à long terme des besoins en renouvellement et l’estimation des enveloppes
budgétaires requises. Le modèle utilise une approche de prévision des défaillances basée
sur le Processus de Poisson Non Homogène (NHPP) et une estimation des coûts sur le cycle
de vie des conduites prenant en compte les coûts liés à la défaillance et les externalités
liées à l’interruption de service et gêne occasionnée en cas de défaillance ou de travaux de
renouvellement.
Le modèle a été complété par PARMS-PRIORITY (Mogolia et al., 2006) qui permet de
hiérarchiser les conduites à renouveler et d’assurer une programmation budgétaire dans le
temps en tenant compte de scénarios permettant de prendre en compte des risques liés à
la gestion du réseau et son évolution futur dans le temps.
Le modèle PARMS utilise des modules de calcul qui prennent en compte et considèrent :
o
o
o
o
o
l’évaluation des risques ;
la prévision des défaillances ;
l’évaluation des coûts ;
la génération et évaluation de scénarios ;
la collecte et exploitation de données.
88
89 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE ANNEXE (1) : FICHES
89
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
ANNEXE (1) : FICHES SYNTHETIQUES
« CAPTAGES »
DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
« CAPTAGES »
Informations à rechercher
Etudes préalables,
Vulnérabilité des installations
Visite des sites
Entretien avec l’exploitant
Carnets d’entretien
Puits/forages
Sources et prises
d’eau
Stations de pompage
Coupes techniques et lithologiques (forages et
puits)
Essais de pompage,
Schémas de captage
Historique des débits
Caractéristiques des pompes,
Fonctionnement hiver/été,
Renouvellement…
C O N T E N U
Nombre et type de captage
Localisation géographique, coordonnées Lambert
Date de réalisation
Coupe ou plan technique
Degré de vulnérabilité globale
Alternatives en cas de dysfonctionnement,
Débit pratiqué et débit d’exploitation,
Puits/forages
Sources et prises
Durée journalière de fonctionnement,
Historique des débits,
Pérennité de la source
d’eau
Historique des débits du cours d’eau, étiage ..
Stations de pompage
Nombre et caractéristiques de pompes
compteurs
Liste des problèmes rencontrés, réponses
apportées
Illustrations
Carte de localisation et plans cadastraux
Coupe technique, photographie,
Puits/forages
Sources et prises
d’eau
Courbe caractéristique du puits,
Schéma de captage, photographie,
Courbe ou histogramme d’évolution des débits,
Courbes comparatives débits/pluviométrie,
Investigations complémentaires
Puits/forages
Inspection Vidéo,
Essais de débit, Nivellement et repérage,
Sources et prises
Schéma de captage,
Nivellement et repérage,
d’eau
Compagne de jaugeage
N.B : L’origine et la fiabilité des données seront mentionnées, de même que leurs défauts.
89
90 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE FICHE SYNTHETIQUE : «
90
GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
FICHE SYNTHETIQUE : « RESERVOIRS »
DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
« RESERVOIRS »
Informations à rechercher
Schémas altimétriques et de fonctionnement,
Données de marnage
Entretien avec l’exploitant et/ou le constructeur
Visite des réservoirs
C O N T E N U
Nombre, Localisation géographique
Position et lien dans le réseau
Age et
matériaux.
.
Plan coté schématique (sol, radier, trop-plein…)
Nombre de cuves, volumes et capacités globales des réservoirs…
Volume incendie
Age et type de compteurs, surpresseurs…
Etat actuel, Carnet d’entretien,
Etat du marnage
Liste des problèmes rencontrés, réponses apportées
Illustrations
Plan de localisation géographique et liens avec le réseau
Plan schématique coté, photographie,
Investigations complémentaires
Altimétrie et schéma coté
Inspection des cuves,
Prélèvements et analyses,
Test de marnage du réservoir
N.B : L’origine et la fiabilité des données seront mentionnées, de même que leurs défauts.
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GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE
FICHE SYNTHETIQUE : « CANALISATIONS »
DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU
« RESERVOIRS »
POTABLE
Informations Generales
Diamètre (intérieur – extérieur), profondeur, linéaire, matériau,
Date de pose, emplacement, localisation
Type des différents accessoires
Etat et type de protection interne/externe, type de joint
Description de l’environnement de la conduite
Lit de pose
Nature du terrain et Etat du sol,
Trafic routier,
Autres conduites à proximité
Description de l'intervention :
En cas d’intervention sur une conduite, les constatations faites sur le terrain doivent
permettre
de repérer et relever globalement les désordres ainsi que les effets qui en découlent
Origine de l'intervention : plainte et son motif, recherche de
fuites…
Localisation de la défaillance : conduite, robinetterie,
fontainerie, branchement
Type de défaillance : fissures, casse nette, déboîtement, joint…
Cause prématurée de la défaillance : identifier les paramètres
influents (corrosion, mouvement de terrain, surpression) ;
Conséquences de la défaillance : évaluer les coûts indirects liés à
la restriction d'eau ou aux dommages éventuels (durée de
l'intervention, pertes en eau, nombre d'abonnés touchés, coût de
l'intervention)
N.B :
- La synthèse de l’ensemble de ces données permet un traitement statistique plus fin des
défaillances et informe sur l’urgence des travaux à engager, dans le but d’opter pour la
technique de réhabilitation la plus adaptée ;
-
L’origine et la fiabilité des données seront mentionnées, de même que leurs défauts.
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92 GUIDE METHODOLOGIQUE POUR LE DIAGNOSTIC DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU POTABLE ANNEXE (2) : Modèle
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