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KYRIAKODROMION

(SERMONS POUR LES DIMANCHES ET FÊTES DE

QUELQUES SAINTS DE TOUTE

L’ ANNEE)

CENTRE DE LA MISSION ORTHODOXE MITROPOLIA DE L'QFRIQUE CENTRAL KINSHASHA CONGO

2006

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TABLE DES MATIERES

DIMANCHE DE PAQUES DIMANCHE DE THOMAS DIMANCHE DES MYRRHOPHORES DIMANCHE DU PARALYTIQUE DIMANCHE DE LA SAMARITAINE HOMELIE SUR L’EVANGILE DU DIMANCHE DE L’AVEUGLE NE HOMELIE SUR L’ASCENSION DE NOTRE SEINGEUR JESUS CHRIST DIMANCHE APRES L'ASCENSION DIMANCHE DES SAINTS PERES DU I ER CONCILE OECUMENIQUE DE NICEE HOMELIEPOUR LE DIMANCHE DE LA PENTECÖTE « LOUEZ DIEU DANS SES SAINTS ! » (Ps. 150,I) LE SYNAXAIRE DANS LA TRADITION DE L'ÉGLISE DEUXIEME DIMANCHE DE MATTHIEU TROISIEME DIMANCHE DE MATTHIEU QUATRIEME DIMANCHE DE MATTHIEU GI NQUIEME DIM ANCHE DE MATTHIEU SIXIEME DIMANCHE DE MATTHIEU SEPTIEME DIMANCHE DE MATTHIEU HUITIEME DIMANCHE SE MATTHIEU NEUVIEME DIMANCHE DE MATTHIEU DIXIEME DIMANCHE DE MATTHIEU ONZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU DOUZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU TREIZIEME DIMANCHE JE MATTHIEU QUATORZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU QUINZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU SEIZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU DIX-SEPTIEME DIMANCHE DE MATTHIEU DIMANCHE 1ER DE LUC DIMANCHE DEUXIEME DE LUC DIMANCHE TROISIEME DE LUC DIMANCHE QUATRIEME DE LUC DIMANCHE CINQUIEME DE LUC DIMANCHE SIXIEME DE LUC DIMANCHE SEPTIEME DE LUC DIMANCHE HUITIEME DE LUC DIMANCHE NEUVIEME DE LUC DIMANCHE DIXIEME DE LUC DIMANCHE ONZIEME DE LUC (DIMANCHE DES SAINTS ANCETRES) DIMANCHE DOUZIEME DE LUC (DIMANCHE DES DIX LEPREUX) DIMANCHE TREIZIEME DE LUC DIMANCHE QUATORZIEME DE LUC DIMANCHE QUINZIEME DE LUC DIMANCHE DE ZACCHEE DIMANCHE DU PUBLICAIN ET DU PHARISIEN

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DIMANCHE DU FILS PRODIGUE DIMANCHE DU JUGEMENT DERNIER DIMANCHE D'APOKREO DIMANCHE DE LA TYROPHAGIE PREMIER DIMANCHE DE CAREME DIMANCHE DE L ORTHODOXIE DEUXIEME DIMANCHE DE CAREME (DIMANCHE DE SAINT GREGOIRE PALAMAS) TROISIEME DIMANCHE DE CAREME (DIMANCHE DE L ADORATION DE LA CROIX) QUATRIEME DIMANCHE DE CAREME (DIMANCHE DE SAINT JEAN CLIMAQUE) CINQUIEME DIMANCHE DE CAREME (DIMANCHE DE SAINTE MARIE L EGYPTIENNE) CINQUIEME DIMANCHE DE CAREME (DIMANCHE DE SAINTE MARIE L'EGYPTIENNE) DIMANCHE DES RAMEAUX DIMANCHE AVANT L'EXALTATION DE LA CROIX DIMANCHE APRES L’ EXALTATION DE LA CROIX DIMANCHE AVANT NOËL DIMANCHE APRES NOËL DIMANCHE AVANT LA THEOPHANIE DIMANCHE APRES LA THEOPHANIE DIMANCHE DES SAINTS PERES QU'EST-CE QUE NOUS CROYONS DE L'EGLISE? QU'EST-CE QUE NOUS CROYONS DE L'EGLISE? LES SAINTES ECRITURES ET LA TRADITION LA SAINTE TRADITION DE L'EGLISE SERMON SUR LA BEAUTE DE L'EGLISE LA PRIERE DE L'EGLISE POUR LES MORTS. SERMON SUR LES SAINTES ICONES LE SIGNE DE LA CROIX DANS LA VIE DU CHRETIENS NATIVITE DE LA MERE-DE DIEU L’EXALTATION DE LA PRECIEUSE ET VIVIFIANTE CROIX HOMELIE SUR LES ARCHANGES MICHEL ET GABRIEL ET LES AUTRES PUISSANCES CELESTES ET INCORPORELLES ENTREE AU TEMPLE DE LA MERE DE DIEU ET TOUJOURS-VIERGE MARIE LA NAISSANCE SELON LA CHAIR DE NOTRE SEIGNEUR DIEU ET SAUVEUR JESUS CHRIST HOMELIE POUR LE JOUR DE L’AN LA THEOPHANIE-LE BAPTEME DANS LE JOURDAIN-DE NOTRE SEIGNEUR ET DIEU ET SAUVEUR JESUS CHRIST HOMELIE SUR LES TROIS HIERARQUES BASILE LE GRAND, GREGOIRE LE THEOLOGIEN ET JEAN CHRYSOSTOME LA RENCONTRE (HYPAPANDE) DE NOTRE SEIGNEUR ET DIEU ET SAUVEUR JESUS-CHRIST ANNONCIATION DE NOTRE TRES-SAINTE DAME LA MERE-DE-DIEU ET TOUJOURS-VIERGE MARIE HOMELIE SUR LE SAINT ET GLORIEUX PROPHETE, PRECURSEUR ET BAPTISTE

JEAN

HOMELIE SUR LES SAINTS, GLORIEUX ET ILLUSTRES CORYPHEES DES APOTRES PIERRE ET PAUL ET SUR TOUS LES SAINTS ET GLORIEUX DOUZE APOTRES

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LA

TRANSFIGURATION DE NOTRE SEIGNEUR ET DIEU ET SAUVEUR JESUS-

CHRIST LA DORMITION DE NOTRE TRES-SAINTE DAME LA MERE DE DIEU

TOUJOURS-VIERGE MARIE

ET

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DIMANCHE DE

PAQUES

Mes chers frères et soeurs en Christ:

KHRISTOS ANESTI! LE CHRIST EST RESSUSCITE! Aujourd'hui notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ est ressuscité des morts! Aujourd'hui Jésus-Christ est sorti du tombeau le troisième jour!Aujourd'hui le mortel a revêtu l'immortalité, le corruptible a revêtu l'incorruptibilité!(Compare 1 Cor.15:53). Le Christ a vaincu le mort! Le Royaume des Cieux a été ouvert pour les hommes! Une nouvelle vie a commencé pour l'humanité, une vie immortelle, une vie sans fin! Aujourd'hui la Sainte Eglise Orthodoxe célèbre Pâques. Les Chrétiens Orthodoxes sont remplis de joie. Ils se saluent les uns les autres avec la salutation pascale traditionelle.: "Le Christ est ressuscité!" dont la réponse est: "Il est vraiment ressuscité! " Celle-ci est la salutation la plus belle et la plus joyeuse dans n4imorte quelle langue, A partir d'aujourd'hui jusqu'à l'Ascension elle est employée par les Orthodoxes au lieu du "Bonjour!" et toute autre salutation ordinaire. Notre Eglise Orthodoxe célèbre aujourd'hui la plus grande Fête de l'année, la Fête des Fêtes, la Reine des Fêtes. Les offices de notre Eglise sont pleins de joie, de la joie de la Réssurection. Les églises résonnent avec des chants joyeux des fidèles. La Résuurection du Christ est le plus grand événement qui a jamais eu lieu pour l'humanité. C'est la Résurrection du Christ qui nous donne un but à notre vie, qui donne une raison à notre existence. Sans la Résurrection du Christ il n'y a pas de vraie vie après la mort. Sans la Résurrection du Christ, notre existence perd sa raison et devient sans but. L'homme partout a toujours craint la mort. Il a essayé de l'une façon ou l'autre de diminuer l'effet de la mort. L'homme a essayé de rendre la mort moins terrible et moins redoutable. Les uns, comme les Egyptiens de l'antiquité, essayaient d'empêcher la décomposition du corps, en employant des huiles et des pommades. Ainsi ils ont réussi à conserver des corps des rois défunts pendant plus de quatre mille années. Mais ces corps n'étaient que des corps morts, sans mouvement, sans vie. Des autres, comme les Grecs de l'antiquité, essayaient de se consoler par la croyance en l'immortalité de l'âme. Ils croyaient que le corps meurt, mais l'âme humaine restera vivante dans l'éternité. Mais un vrai homme, un homme entier, ne consiste pas en une âme seulement. Un vrai être humain est composé d'une âme et d'un corps. Ainsi la doctrine de l'immortalité de l'âme toute seule ne donne pas de consolation à l’humanité. Des autres, comme nos ancêtres, croyaient que les esprits des défunts habitent les corps des animaux ou des oiseaux. Mais l'esprit d'un animal ou d'un oiseau est beaucoup plus bas que celui de. l'homme. Même les animaux les plus sages ou les plus rusés ne peuvent ni penser comme l'homme, ni parler comme l'homme. Même les animaux les plus grands, comme l'éléphant ou les plus féroces, comme le lion, ne sont pas égaux à l'homme. Ils ne peuvent pas construire des bâtiments ou faire des sculptures, comme l’homme. C'est l'homme qui a été créé à l'image de Dieu, non pas aucun bête ou oiseau. Avoir la vie d'un animal ou d'un oiseau ne remplace pas la vie d'un homme. La vie des animaux est remplie par la mort. La plupart des animaux sont proie pour des autres. Chaque animal et chaque oiseau meurt à la fin. En habitant le corps d'un animal, on n'échappe pas à la mort. D'autres croyaient que l'esprit de l'homme vit encore d'une façon dans ses enfants. Pour eux la meilleure chose était d'avoir beaucoup d'enfants, pour, continuer leur nom et pour hériter leurs biens; et la pire était de mourir sans avoir d'enfant. On trouve cette idée souvent dans l'Ancien Testament, car le peuple de Dieu de l'Ancien Testament vivait encore avant la Résurrection du Christ. Ainsi, quand le Patriarche Abraham dans le Livre de la Genèse offrit son fils Isaac comme sacrifice à Dieu, c'était presque la même chose que de se sacrificier lui-même, ' surtout parce que Isaac était resté son fils unique, et le Seigneur lui avait promis: "C'est par Isaac qu' u ne descendance perpétuera ton nom."(Gen. 21:12) Mais être fécond et avoir beaucoup d'enfants ne résout pas le problème de la mort. Au contraire, il l'augmente! Chaque enfant qui naît, mourra un jour tôt ou tard; ainsi après quelques générations il y aura une foule d'esprits des morts qui chercheront la perpétuation de leur nom, ou même de participer de la vie de leurs descendants. Même si l'esprit d'un défunt vivait encore dans ses enfants et ses petits-enfants vivants (chose que nous les Chrétiens

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ne croyons pas), même si l'esprit d'un défunt vivait encore dans ses descendants vivants, il n'échapperait pas ainsi à la mort, puisque les enfants et les petits-enfants eux-mêmes mourront à leur tour. Mais, comme le Saint Apôtre Paul écrit dans sa Première Epitre aux Corinthiens: "Le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis.(1 Cor. 15:20). Le Christ notre Dieu a vaincu la mort! Le Christ le Dieu-homme, Lui Qui est parfaitement Dieu et parfaitement homme, a vaincu pour nous les hommes la mort, et l'a arrachée de la nature humaine. La semaine passée, le Dimanche des Rameaux, nous avons salué notre Seigneur Jésus-Christ comme Vainqueur de la mort, parce qu'il avait ressuscité Son ami Lazare de la mort le quatrième jour, en renversant tout le procès physique de la décomposition Mais cette victoire-là n'était qu'une victoire temporaire, parce que Lazare a du mourir encore une fois. Aujourd'hui la victoire du Christ sur la mort est devenue permanente. Comme l'Apôtre Paul a écrit aux Romains: "Le Christ, une fois ressuscité des morts, ne meurt plus; la mort n'exerce plus de pouvoir sur Lui.(Rom. 6:9). Notre Seigneur Jésus-Christ ne mourra plus jamais. La vie du Christ Ressuscité n'est pas la même que Sa vie avant Sa Crucifixion et Sa mort. La vie du Christ Ressuscité est un nouveau mode de vie pour l'humanité, une vie plus parfaite et plus réelle que la vie mortelle que nous vivons maintenant. C'est une vie transformée, une vie transfigurée, une vie divinisée, dans laquelle l'homme devient "participant de la divine Nature".(2 Pierre 1:4). Quand les femmes les Myrophores sont allées aujourd'hui de bonne heure au Tombeau de Christ, avec de l'huile de myron, des aromates et des parfums, pour en oindre le Corps du Christ Crucifié, elles ont trouvé que le Tombeau était vide; le Corps du Christ n'était pas là. Le Corps du Christ avait été changé, avait été transfiguré, en étant ressuscité. Ainsi la Résurrection du Christ n'était pas seulement une résurrection de l'âme humaine, mais c'était une résurrection de tous les deux, de la mort C'est en paasant par la mort, en subissant la mort, que le Christ a vaincu la mort La mort du Christ sur la Croix a ouvert une nouvelle voie pour toute l humanité, une voie qui conduit à la vie éternelle. La croix, qui était jadis un symbole de la mort, et vraiment de la mort la plus dégradante, la croix est devenue un symbole de la résurrection et de la vie éternelle la croix est devenue le symbole chrétien par excellence. Comment devenons-nous les hommes participants de la 'Résurrection victorieuse du Christ, et ainsi "participants de la divine Nature » ? Nous le devenons par le Saiint Baptême Comme l'Apôtre Paul a écrit aux Romains: "Ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans Sa mort que tous nous avons été baptisés? Nous avons donc été ensevelis avec Lui par le Baptême'dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle." Comme notre Sainte Eglise Orthodoxe chante aujourd'hui parmi ses beaux chants pascaux: "Hier, avec Toi, ô Christ, j'étais enselevi, avec Toi je me réveille aujourd'hui, prenant part à Ta Résurrection, après les souffrances de Ta Crucufixion, accorde-moi de partager, Sauveur, la gloire du Royaume des Cieux." Ainsi, mes chers frères et soeurs en Christ, dans notre Sainte Eglise Orthodoxe nous sommes devenus déjà participants, par le Saint Baptême, de cette nouvelle Vie, de la Vie de la Résurrection, de la Vie sans fin en Christ. Nous mourrons un jour, certes, et nous serons jugés après notre mort.Mais Dieu, en Son amour pour nous, nous a accordé déjà un avant-goût, une participation, imparfaite encore, de la Résurrection, et ainsi de la divine Nature. C'est ainsi pourquoi nous sommes déjà remplis de joie à cette splendide Reine des Fêtes: le Paskha du Seigneur, Pâques d'aujourd'hui jusqu'à la Fête de l'Ascension:

"Christ est ressuscité des morts, par la mort II a vaincu la mort, et à ceux qui étaient aux tombeaux Il a fait don de la vie." A Lui, avec le Père et le Saint-Esprit, soit toute gloire, honneur et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin ALITHOS ANESTI! IL EST VRAIMENT RESSUSCITE!

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DIMANCHE DE THOMAS

Mes chers frères et soeurs:

LE CHRIST EST RESSUSCITE!

Je vous salue avec la salutation traditionelle des Chrétiens Orthodoxes à cette époque, la saison de Pâques, quand nous sommes pleins de joie à cause de la Résurrection du Tombeau de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ. Une semaine entière a déjà passé depuis le Dimanche de Pâques, quand nous avons éclaté de joie dans la célébration de la Résurrection Mais nous célébrons encore la Résurrection, parce que c'est pendant quarante jours que le Seigneur Ressuscité est apparu à Ses Apôtres et les a entretenus du Royaume de Dieu.(Actes 1:3). Et aujourd'hui nous avons une autre fête, une fête joyeuse, une fête du Seigneur, encore une fête de la Résurrection. Et pourquoi? C'est parce que aujourd'hui est le huitième jour de la Résurrection. Et qu'est-ce qui est devenu aujourd'hui? Nous lisons dans l'Evangile selon Jean comme suite: "Huit jours plus tard - (c'est-à-dire, après la Résurrection) - les Disciples se trouvaient à nouveau dans la maison et Thomas avec eux. Jésus vint, toutes portes closes, et se tint au milieu d'eux: n Paix soit à vous!" dit-Il » .(Jean 20:26). Nous avons aujourd'hui encore une apparition du Seigneur Ressuscité Voilà, une cause de grande joie! Nous nous souvenons des Vêpres, que nous avons célébrées il y a une semaine dans notre Eglise Orthodoxe, les Vêpres du Dimanche de Pâques, pendant lesquelles nous avons lu l 1 Evangile dans beaucoup de langues, autant que nous le pouvions. Quel Evangile était-ce? C'était dans l'Evangile selon Jean, le récit de la première apparition de Jésus ressuscité à Ses Apôtres, quand II leur a donné le Saint-Esprit en disant: "Ceux à qui vous remettez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus".(Jean 20:23). C'était ces Bonnes Nouvelles, de la Résurrection et de la rémission des péchés, que nous avons déclarées au monde entier, dans autant de langues possibles. Mais tous les Douze Disciples n'étaient pas présents à cette apparition du Seigneur

Ressuscité. Judas Iscariote, qui avait livré le Seigneur, s'était pendu; et Matthias n'était pas encore élu à sa place. Mais Thomas, lui aussi n'était pas là Et quand les autres lui ont dit: "Nous avons vu le Seigneur, il ne les a pas crus. Il leur a répondu: "Si je ne vois à Ses mains la marque des clous, si je ne mets la main dans Son côté, je ne croirai pas."(Jean 20:25). Il a posé des conditions avant croire

à la Résurrection. Il voulait se rassurer que c'était vraiement le Christ que les autres avaient vu et

pas un imposteur, un démon qui les avait trempés en se faisant ressembler au Seigneur Jésus. Et comment se rassurerait-il? Il serait sur que c'était le Christ,, s'il voyait dans les mains les marques des clous, avec lesquels Jésus avait été cloué à la Croix. Les marques des clous seraient l'assurance que c'était vraiement le Seigneur, parce que les marques de la Crucifixion sont les signes, les démonstrations visibles, de l'amour de Dieu pour nous et de Son humilité. Nul démon ne peut âe manifester avec ces marques de la Crucifixion, parce que les démons sont les esprits de la haine et de l’orgueuil, et l'amour et l'humilité leur sont tout à fait étrangers. De plus, Thomas a posé une deuxième condition avant croire à la Résurrection. Il ne voulait pas voir seulement , mais aussi toucher et sentir avec ses mains, afin de se rassurer que c'était vraiement le Christ Ressuscité et pas un fantôme, une apparition de l'esprit d'un mort comme de tous les autres morts. Il voulait sentir que c'était un corps ressuscité qui avait apparu, c'est à dire, un homme entier, avec l'âme et le corps. Sans la résurrection du corps, il n'y a pas de vraie Résurrection. Un être humain entier, un homme, ne consiste pas seulement en l'âme, mais en l'âme et le corps. Pour ça, Thomas a demandé, comme preuve de la résurrection, de sentir avec ses mains le corps du Seigneur Ressuscité, et juste dans les marques des clous et de la lance. Alors, huit jours plus tard, c'est-à-dire-aujourd'hui, le Seigneur Jésus est apparu de nouveau

à Ses Disciples, et cette fois Thomas était avec eux. Cette fois aussi, comme l’autre fois la semaine passée, les portes étaient fermées, mais Jésus est entré sans ouvrir les portes. De la même façon II était sorti du Tombeau sans déplacer la grande pierre qui couvrait le Tombeau. Un Ange a enlevé la pierre après la Résurrection, quand le Christ était déjà sorti, pour montrer aux femmes que le Tombeau était vide De la même façon Jésus est entré dans le chambre où se cachaient les Disciples sans ouvrir les portes; car Son corps ressuscité n'est pas limité dans l'espace. Mais il faut bien

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entendre, ce n'était pas un corps de fantôme. Le Seigneur a montré cela en mangeant un morceau de poisson devant Ses Disciples. Le corps du Seigneur après la Réssurrection était un corps spirituel, c'est-à-dire un corps rempli du Saint-Esprit, comme à la Transfiguration Il était devenu un corps plus réel qu'auparavant La pierre qui couvrait le Tombeau se passera et disparaîtra à la fin du monde; les portes fermées aussi. Mais le corps ressuscité de Jésus restera en toute éternité. Après être entré, le Seigneur a salué et béni Ses Disciples de la même façon qu au jour de Pâques, en leur disant: "Paix soit à vous!" Le prêtre Orthodoxe donne la même bénédiction dans les offices de notre Eglise, lorsqu'il dit: "Paix à tous!" La paix que le Seigneur nous donne est un don très grand Elle n'est pas comme le paix du monde, seulement de n'être pas troublé par des ennemis humains, La paix que le Seigneur nous donne est la vraie paix, la paix intérieure, que nous sentons dans' le coeur. Quand on possède vraiement cette paix, on n'est pas troublé par les assauts des ennemis, tant des ennemis humains que des démons. Les Saints ont montré qu'ils possédaient cette paix du coeur. Ensuite le Seigneur Jésus a dit à Thomas: "Porte ton doigt ici: voici Mes mains; avance ta main et mets-la dans Mon côté, et ne sois pas incrédule, mais croyant."(Jean 20:27). En disant cela, Il a montré qu'il savait tout ce que Thomas avait dit aux autres été là Disciples, qu'il avait été là parmi eux, bien qu'il fût invisible; Il a montré qu'il avait été là comme Dieu, Qui est présent partout. Et Thomas, lui, il ne pouvait dire que: "Mon Seigneur et mon Dieu!" En face du Seigneur Ressuscité, en Le voyant avec ses propres yeux, il est passé de l'incrédulité à la foi, à toute croyance, en confessant que le Seigneur Jésus-Christ est Dieu Jusqu'à maintenant dans l'Evangile, les Disciples ont confessé le Seigneur comme Fils de Dieu. Mais maintenant c'est Thomas, le Disciple incrédule, qui est le premier à confesser que Jésus est Fils de Dieu, et Dieu Lui-même. "O, bienheureuse incrédulité de Thomas" chantons-nous cette semaine dans notre Eglise Orthodoxe. Pourquoi disons-nous bienheureuse cette incrédulité? parce que c'était pour nous que le Bon Dieu a fait s’absentir Thomas, et c'était pour nous qu Il a laissé Thomas devenir incrédule. Dieu a permis tout, cela, afin de raffermir notre foi, afin de raffermir notre foi en Sa Résurrection. En laissant Thomas douter, le Christ a donné une démonstration de Sa Résurrection devant Ses Apôtres, démon stration qui reste valide pour tout le monde En réalisant les conditions de Thomas, le Seigneur a éloigné ses doutes, et au même temps II a répondu aux doutes d'une foule innombrable de gens dans le futur. De plus, l’incrédulité de Thomas a fourni l'occasion de nous enseigner la nature de Sa Résurrection. Thomas voulait voir que c'étaitun homme entier, composé d'une âme et d'un corps, qui a été ressuscité L'apparition du Christ Ressuscité à Thomas aujourd'hui nous donne une leçon et une assurance que c'est tout l'homme qui est ressuscité, l'âme et le corps, dans la Résurrection du Christ. Au même temps II montre que ce n’est pas un corps de chair, un corps matériel, comme nous avons dans cette vie, mais un corps transfiguré, un corps changé en corps spirituel, un corps éternel qui ne mourirae.pas. Et ce qui est le corps ressuscité du Christ, le même sera notre corps dans la réssurection générale à la fin du monde. Cette confession de Thomas: "Mon Seigneur et mon Dieu» est une confession qui surpasse toute autre confession de foi en Christ dans les Evangiles, une confession qui forme un sommet des Evangiles, mais après cette confession, le Seigneur Jésus a dit à Thomas: "Parce que tu Me vois, tu crois Heureux ceux qui croiront sans avoir vu."Heureux était Thomas de voir le Seigneur Ressuscité et de passer de l'incrédulité à la foi. Mais plus heureux sommes nous, et tous les autres Chrétiens, qui croyons à la Résurrection du Christ, sans avoir vu aucune apparition du Seigneur Ressuscité. Après la Pentecôte, l'Apôtre Thomas a voyagé vers l'est, en Asie. Il a voyagé plus loin de Jérusalem que tous les autres Apôtres, et il a apporté la foi au Christ Ressuscité jusqu'au sud de l’Inde. Là au sud de l'Inde, l'Apôtre Thomas a fondu une Eglise qui existe encore dans nos jours. Mes chers frères et soeurs, soyons toujours remplis de joie dans la Résurrection de notire Seigneur et Dieu Jésus Christ, et Lui remercions toujours pour tout ce qu'il nous a fait. A Lui, avec le Père et le Saint-Esprit, soit toute gloire et toute adoration, maintenant, toujours, et dans les siècles des siècles.

ALITHOS ANESTI

IL EST VRAIEMENT RESSUSCITE!

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DIMANCHE DES MYRRHOPHORES

Mes chers frères et soeurs:

LE CHRIST EST RESSUSCITE! Aujourd'hui, le TroisièmeDimanche de la Sainte Pâques notre Eglise, l'Eglise Sainte Orthodoxe, célèbre le Dimanche des Myrrhophores.' Elle fait la commémoration des Saintes Femmes qui étaient Disciples du Seigneur Jésus Christ, et qui ont apporté de l’huile appelé e la Myrrhe, pour L'oindre le matin du Dimanche de la Résurrection. Notre Eglise fait aussi aujourd'hui la commémoration des deux Disciples Joseph et Nicodème qui L'ont enterré. Ces deux disciples n'appartenaient pas aux Douze Disciples, ni aux autres Soixante-dix Disciples que le Seigneur a aussi envoyés pour prêcher Joseph et Nicodème étaient des Conseilleurs des Juifs qui étaient aussi disciples du Seigneur Jésus, mais en secret, parce qu'ils avaient crainte des Juifs Si les Juifs avaient su que Joseph et Nicodème étaient des disciples de Jésus ils les auraient expulsés du Conseil et ils les auraient tués C'est pour cette raison que Nicodème n'est pas venu de jour vers le Seigneur, mais de nuit; nous pouvons lire l'entretien qu'il a eu une nuit avec le Seigneur dans le troisième chapitre de l'Evangile selon Jean. Mais le Grand Vendredi, quand le Seigneur Christ est mort sur la Croix, et quand tous les autres disciples sauf Jean se sont enfuits, ces deux disciples secrets ont prit courage Joseph, qui venait du village Arimathée, "osa se rendre vers Pilate, pour demander le corps de Jésus"(Marc 15:43).Et Nicodème est venu aussi, "apportant un mélange d'environ trente kilos de myrrhe et d’aloès."(Jean 19:39),quand le Seigneur est mort et tout espoir semble perdu, eux deux gardent courage Joseph demande du gouverneur Pilate le corps de Jésus, et il l'enterre ouvertement dans un nouveau tombeau taillé dans un rocher, qu'il s'était fait pour lui-même Et Nicodème, il a prit part à cette enterrement en achetant et en apportant une grande quantité de myrrhe et d’loès, c'est-à-dire d'huile odoriférante et d épices de bonne odeur, comme on employerait à 1'enterrement d'un roi Ces deux ont fait descendre le corps du Seigneur de la Croix, ils l'ont enveloppé d'un linceul pur et l'ont placé dans le tombeau. Quel acte terrible, qui nous remplit de peur! Lui Qui est assis sur le trône des Cherubim Il est porté sur les épaules de Joseph Lui Qui est vêtu de lumière inaccessible dans les cieux, Il est revêtu maintenant d'un linge. Lui Qui est Lui-même la Vie, et Qui est l'Auteur de toute vie, Il est enterré comme un mort Et ce n'est pas à un des Douze Disciples, à un des Apôtres, qu'est confiée cette tâche, mais à un disciple auparavant presque inconnu. Le Grand Vendredi nous avons beaucoup chanté sur Saint Joseph de l’Arimathée, dans les grandes belles et imponantes offices du jur. A côté du Christ, le Dieu-Homme, c'est Joseph qui est le grand acteur humain dans les événements du jour. Et qu'est-ce qu’il a fait? Il a préparé le corps du Seigneur pour la Résurrection. Il a fait savoir que Jésus était vraie-ment mort. Il a enterré le corps du Christ dans le tombeau, et il a couvert l'entrée du tombeau avec une grande pierre. Tout cela ce sont des actions humaines, le plus qu'il pouvait faire. Et en les faisant, Saint Joseph ne savait pas du tout que le corps de Jésus ressusciterait. Joseph a enterré le Seigneur avec le plus d'honneur et de révérence qui lui étaient possibles. Nous chantons aujourd'hui un petit hymne (appelé un tropaire) à I’honneur de Saint Joseph:

"Le noble Joseph, lorsque de la Croix il eut descendu Ton corps immaculé, l'enveloppa d'un blanc linceul, et l'embauma de précieux parfums, et pour sa sépulture il le déposa dans un tombeau tout neuf; mais le troisième jour Tu es ressuscité, Seigneur, accordant au monde la grande miséricorde." Le prêtre Orthodoxe, en célébrant la Divine Liturgie, recite cet hymne à vois bas quand il met le Disque et le Calice sur la Sainte Table après la Grande Entrée. Or l'action du prêtre dans la Divine Liturgie ressemble à celle de de Saint Joseph. Celui-ci a mis le corps de Jésus dans le tombeau, mais Dieu l'a ressuscité le troisième jour. Et le prêtre met le Pain et le Vin sur la Sainte Table, sur un tissu, appelé l antiminsion, qui souvent porte une icône de l'enterrement du Seigneur; mais c'est Dieu Qui vivifie et ressuscite le Pain et le Vin, en les changeant en Corps et Sang ressuscites du Christ.

Parmi les Juifs des époques de la Bible, comme chez nous les Africains, il y avait une division du travail entre les hommes et les femmes. Ceci est très apparent avec les coutumes de

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funérailles. Lors de l'enterrement, quand le corps était apporté et déposé dans le tombeau, cela demandait plus de force et était la tâche des hommes. Mais l'onction du corps dans le tombeau avec l'huile était la tâche des femmes. Or, en plus de Ses disciples masculins, le Seigneur avait aussi des disciples féminins dans Son entourage- Ces femmes L'accompagnaient dans Son ministère, en Le servant, surtout pour les besoins matériels: Après l'enterrement du Christ par Saints Joseph et Nicodème, ces femmes avaient la tâche de Lui oindre le corps dans le tombeau avec de l'huile et des épices odoriférantes, pour chasser autant possible la mauvaise odeur de décomposition que dégage le corps humain après la mort. Elles ne pouvaient pas le faire tout de suite, après l'enterrement par Saint Joseph, parce que le Samedi était en point de commencer, le sabbat juif quand tout travail était interdit. Ainsi elles ont du attendre jusqu'au troisième jour, le Dimanche. Entretemps elles ont acheté du myrrhe, c'est-à-dire de l huile la plus odoriférante et la plus chère. Et pendant la nuit du Dimanche, à l'aurore, avant le lever du soleil quelques-unes d'entre elles sont déjà parties pour le tombeau pour faire ce qu'elles pensaient être le dernier acte de révérence et d'amour qu'elles pouvaient rendre au Seigneur. Malgré la crainte que les disciples masculins montraient, et malgré leur propre faiblesse féminine, elles ont pris courage, et elles sont allées au tombeau en petits groupes, pour échapper autant possible à l'observation des Juifs. Ainsi ce sont elles qui sont devenues les premiers témoins de la Résurrection, parce que ce sont elles qui ont trouvé que le tombeau était vide. Ce sont elles qui ont reçu les nouvelles très joyeuses de l'Ange, que le Christ est ressuscité. Ce sont elles qui sont devenues des Apôtres avant les Apôtres, qui sont devenues les Apôtres des Apôtres, en apportant la joyeuse nouvelle de la Résurrection aux Apôtres du Christ. Dans notre Eglise Orthodoxe, nous appelons ces femmes qui ont apporté de la myrrhe au tombeau du Christ, les Myrrhophores. Nous chantons beaucoup à leur sujet chaque Dimanche dans les offices de notre Eglise, et nous dévouons ce Dimanche-ci spécialement à leur honneur. Chacun des quatre Evangelistes nous raconte une visite différente par les Myrrhophores. Saint Jean nous parle d'une visite par Sainte Marie Madeleine toute seule. Les autres racontent des visites en groupe, en nous donnant le nom des femmes qui ont composé ce groupe. Sainte Marie Madeleine était toujours là. Elle est allée avee chaque groupe de Myrrhophores. Saint Matthieu nous parle d'une visite par Marie Madeleine "et l'autre Marie"(Matth. 28:1l) la plupart des Pères de l'Eglise nous disent que "l'autre Marie" était la Sainte Vierge, la Mère de Dieu. Les autres femmes Myrrhophores étaient: Salomé, qui était la mère des Apôtres Jacques et Jean; Marie, qui était la mère de l'autre Apôtre Jacques, le fils d'Alphée; Yoanna, qui était la femme de Houza, l'intendant du roi Hérode et Suzanne. Ces femmes, les Myrrhophores, ont trouvé que le tombeau du Christ était vide, et elles ont vu un ou deux anges. Les anges leur ont dit que le Christ était ressuscité, et ils leur ont commandé de donner les joyeuses nouvelles de Sa Résurrection à Ses Disciples, c'est-à-dire aux Saints Apôtres. Elles ont fait cela, mais les Apôtres ne les ont pas crues, jusqu'à ce que le Christ leur fût apparu Lui- même, le soir du même jour, le Dimanche de Pâques. Et quand le Christ est apparu à Ses Disciples, Il leur a reproché, parce qu'ils n'avaient pas cru les femmes Myrrhophores.(Marc. 16:14). Mais la première apparition du Christ Ressuscité n'était pas à Ses Apôtres Il est apparu en premier à la Myrrhophore Sainte Marie Madeleine. Il est aussi apparu le Dimanche le matin . aux deux Maries, Sainte Marie Madeleine et "l'autre Marie » , c'est-à-dire la Mère de Dieu, en leur disant:

"Rejouissez vous ! » Je parle maintenant surtout à mes soeurs en Christ, les femmes Orthodoxes. Voyez-vous que c'était des femmes qui étaient les premiers à voir le Christ Ressuscité, que c'était des femmes qui ont apporté les nouvelles de la Résurrection aux Apôtres? Dans toute l'histoire de l'Eglise le rôle des femmes a été très important, tant pour g^arder la vraie foi, que pour la transmettre aux autres. Dans la persécution des Chrétiens qui s'accomplit dans notre siècle en Russie, c'est surtoul; les grand- mères qui ont préservé la foi pendant presque 70 années de persécution terrible. Mes frères et mes soeurs, une des Myrrhophores, Sainte Marie Madeleine, est devenue ensuite très active pour la propagation de la Foi du Christ. Elle était remplie de tant de zèle pour l'Evangile, qu'elle est appelée "l'Egale-aux-Apôtres".Elle a montré du courage comme un homme, tant de courage qu'elle est allée jusqu'à l'empereur Tibérius à Rome, lui un oeuf rouge et lui a dit:

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"Le Christ est ressuscité!" C'est à cause de Sainte Marie Madeleine que nous les Chrétiens Orthodoxes avons la coutume de briser des oeufs rouges aux Pâques et de nous saluer les uns les autres avec la salutation pascale: "Le Christ est ressuscité!" Mes frères et mes soeurs:

ALITHOS ANESTI! IL EST VRAIEMENT RESSUSCITE!

DIMANCHE DU PARALYTIQUE

Mes chers frères et soeurs:

KHRISTOS ANESTI!

LE CHRIST EST RESSUSCITE!

Oui, nous nous trouvons encore pendant la saison de Pâques, pendant les grands quarante jours entre la Résurrection de notre Seigneur et Dieu Jésus Christ et Son Ascension aux cieux. Ainsi f nous les Chrétiens Orthodoxes, nous nous saluons encore avec la joyeuse salutation pascale Aujourd'hui dans notre Eglise, l'Eglise Sainte Orthodoxe, nous célébrons le Dimanche du Paralytique. Nous l'appelons le Dimanche du Paralytique, parce que nous lisons aujourd'hui dans la Divine Liturgie l'histoire dans l'Evangile selon Jean qui raconte la guérisan d'un homme paralysé. L'Apôtre Jean nous dit que le Seigneur Jésus est allé à une piscine à Jérusalem qui s'appelait Bethesda Il nous dit aussi que celle-ci n'était pas une piscine ordinaire, mais une piscine avec des pouvoirs miraculeux. "Car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l'eau; et celui qui y descendait le premier après que l'eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.(Jean 5:4). «Même pendant l'époque de l'Ancien Testament, il y avait des miracles, des guérisons, des résurrections des morts, et d'autres; mais ces miracles étaient assez rares. Ce sont surtout les Prophètes Elie et Elissée qui ont fait des miracles, mais la plupart des Prophètes n'en ont pas fait. Même le plus grand de tous les Prophètes, Saint Jean-Baptiste, n'a fait aucun miracle. Il y avait aussi des miracles qui ont été faits par des anges. Ils étaient eux aussi assez rares, et d'efficace limitée. Un tel miracle par un ange s'accomplissait donc de temps en temps ici, à la piscine de Bethesda. Chaque fois ce n'était qu'une seule personne qui était guérie; le premier qui entrait dans la piscine. Mais à cause de ce miracle assez rare, "sous les portiques de cette piscine étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l'eau. »( Jean 5:3 Parmi ces malades qui attendaient le mouvement prochain de l'eau de Bethesda, il y avait un homme paralysé. Lui, il était là depuis déjà 38 années Et chaque fois que l'eau était agitée parl'ange, c'était toujours quelqu'un d'autre qui entrait avant lui dans la piscine et était guéri. Lui le paralytique, il restait là depuis 38 années, en espérant que peut-être un jour il serait le premier à descendre dans l'eau agitée Quel espoir! quelle patience! 'Qu'est-ce que ça veut dire, être paralytique? On ne peut pas marcher, on ne peut pas utiliser les jambes, peut-être ni les bras non plus; pour chaque besoin on dépend de l'aide d’autrui. On ne peut faire presque rien soi-même Cet homme paralysé dans l'Evangile d'aujourd'hui était comme ça Surtout il avait besoin de l'aide de quelqu'un pour descendre dans la piscine après le mouvement de l'eau Ainsi il était condamné à se coucher là, en regardant les autres, et il n'y avait personne pour l'aider. Il regardait toujours quelqu'un d'autre descendre dans la piscine et devenir guéri. Le Seigneur l'a vu, et II savait qu'il était là depuis longtemps à Bethesda. Le Bon Dieu sait toujours toute l'histoire personnelle de chacun. Il sait aussi tout ce que nous pensons dans notre coeur ou dans notre cerveau. Mais II demande à l'homme paralysé, "Veux-tu être guéri?" Pourquoi le lui demande-t-Il, quand II sait déjà ce qui est dans le coeur de chacun? Il le lui demande parce que le Seigneur ne veut pas agir sana notre co-opération. Et notre co-opération s'accomplit surtout dans notre volonté. Avant d'agir Dieu veut que nous le voulions nous-mêmes. Ainsi II demande au paralytique s'il veut être guéri, parce qu'il veut que cet homme exprime sa volonté, qu.'il dise qu'il veut vraiemant devenir sain. Qu'est-ce que l'homme répond? Il dit: "Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine quand l'eau est agitée, et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi." (Jean 5,7). ne répond pas directement à la question du Seigneur Jésus, mais il fait sa plainte. Certes,

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il veut être guéri, mais pour lui c'est une chose presque impossible Il ne peut le faire lui seul, parce qu'il est paralysé et ne peut pas se bouger avec les mains assez vite pour être le premier à entrer dans la piscine après l'agitation de l'eau. Mais il n'a pas d'aide, il n'a personne d'autre qui puisse l'aider. Il est presque dépourvu de tout espoir d'être guéri par l’agitation de l'eau. Il ne pense qu'à une manière de se guérir, à celle qu'il connait: dans la piscine de Bethesda Sa réponse veut dire: "Je veux, mais ce m'est impossible." Mais le Seigneur, Lui Qui aime les hommes, accepte sa réponse, comme indicative de sa volunté d'être guéri. Et Il le guérit d'une façon toute-à-fait inattendue. Il n'agite pas l'eau de la piscine. Il n'emploie pas du tout la piscine. Il guérit cet homme comme II guérit beaucoup d'autres malades, avec un seul parole. Il dit au paralytique: "Lève-toi, prends ton lit, et marche." Il lui commande ainsi de faire trois choses: de se lever, de prendre son lit et de marcher. En lui commandant de se lever, Il demande la co-opération de l’homme pour accomplir la guerison. Si celui-ci n'avait pas de foi, il dirait, "Je ne peux pas", et la guerison ne s'accomplirait pas. Le Bon Dieu demande toujours notre coopération, notre foi en Lui. Sans Lui nous ne pouvons rien. Sans nous, Il pourrait encore faire tout; mais II préfère de se limiter, parce qu'il a créé l'homme à Son image. Il lui a donné une volonté libre. Ainsi II attend toujours notre foi, notre co-opération. A cet homme paralysé II demande de faire quelquechose qui lui était auparavant impossible. Il lui demande de se lever. Puis le paralytique, ayant la foi et la volonté d'obéir, il obéit à l'ordre du

Seigneur, il fait la tentative de se lever, et

Le Seigneur Jésus a ensuite ordonné au paralytique de prendre son lit. Son lit, qui l'avait porté pendant trente-huit années ou plus, il doit maintenant le porter lui-même. Son lit, qui pendant tant d'années a été le signe de sa maladie, de son infirmité, ceci est devenue maintenant le signe de sa guerison, de son état sain. Le Christ lui a commandé aussi de marcher en portant son lit, pour montrer la guerison à tout le monde. Mais, ceci est une chose défendue par la loi de Moïse, parce que c'était le samedi, le jour de sabbat, quand tout travail est interdit aux Juifs, et où. il n'est pas permis non plus de porter des fardeaux. Comme en beaucoup d'autres cas qui sont racontés dans les Evangiles, le Seigneur a fait une guerison le jour de samedi, chose qui a rendu les Juifs furieux, parce que ceux-ci le con- sidéraient plus important de se tenir à la lettre de la loi que de faire une bonne action pour un être humain qui en avait besoin. Et cette fois, Jésus a fait quelquechose de plus, quelque-chose qui provoquerait l'hostilité des Juifs contre Lui: Il a dit à l'homme guéri de porter son lit le jour de sabbat, en attirant ainsi l'attention des Juifs sur la geuérison. Est-ce que le Seigneur a rompu la loi? Pas du tout! Il a montré que Lui, le Fils de l'Homme, est maître même du sabbat j (Marc 2:28). Il a montré qu'il est mieux de faire du bien de sabbat que de faire du mal, mieux de sauver une âme que de la tuer.(Marc 3:4). De plus II nous a montré que nous, les Chrétiens, ne sommes pas liés par la loi juive Surtout nous n'observons pas le sabbat juif, parce que il y a un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu"(Hebr. 4:9), comme nous dit l’Epître aux Hébreux Nous les Chrétiens, nous n'avons pas le samedi comme jour de repos, mais le jour suivant, le dimanche, qui nous est comme un huitième jour de la semaine. Le repos que nous avons le dimanche nous est déjà un signe en avance du vrai repos que nous aurons dans le futur, après la fin de ce monde, après la résurrection de tous les morts. Mais cet âge futur a déjà commencé, avec la Résurrection du Christ. Voilà pourquoi le dimanche, le jour de la Résurrection du Christ, est notre jour de repos pour nous les Chrétiens. Nous, nous sommes aussi comme des hommes paralysées. Bien que nous puissions bouger le corps, dans notre âme nous sommes des gens incapables. Nous ne pouvons pas nous promener avec l'âme en suivant le sentier étroit et difficile qui conduit au Royaume des Cieux. Nous ne sommes pas comme des hommes qui se tiennent debout, mais comme des hommes couchés, dépendants de l'aide de quelqu'un d'autre. Mais qu est-ce qui peut nous aider? Tout le monde est comme nous. Nous sommes une foule de malades qui attendent une chance assez rare d'être guéri. Et pour cette opportunité il y a compétition nous devons lutter les uns contre les autres. Mais le Seigneur est venu pour nous guérir chacun, en nous commandant, de se lever avec Lui, en entrant maintenant dans la joie et la nouvelle vie de Sa Résurrection Les eaux du Baptême ont toujours le pouvoir de guérir les âmes paralysées, de donner la nouvelle vie de la Résurrection à chacun qui

quel miraclel il le peut! il se lève!

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répond à l'invitation du Seigneur ressuscité. Pour ceux qui sont déjà baptisés, c'est la participation à Son Corps et Son Sang dans la Divine Communion qui, donne la nouvelle vie de la Résurrection à nos âmes paralysées. Venons-nous donc souvent, chaque dimanche si possible, vers le Saint Calice de la Divine Communion pour donner la vie de la Résurrection à nos âmes qui deviennent paralysées à cause de nos péchés. Et donnons gloire au Seigneur Jésus, en disant: "Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui étaient aux tombeaux Il a fait don de la vie."

ALITHOS ANESTI!

IL EST VRAIEMENT RESSUSCITE!

DIMANCHE DE LA SAMARITAINE

Mes chers frères et soeurs:

KHRISTOS ANESTI!

LE CHRIST EST RESSUSCITE!

Aujourd'hui, le Cinquième Dimanche des Pâques, nous lisons pendant la Divine Liturgie l'histoire de la rencontre du Seigneur Jésus avec une femme de Samarie, histoire qui est racontée dans l'Evangile selon Jean. C'est pourquoi nous appelons ce Dimanche-ci le Dimanche de la Samaritaine L'histoire de cette rencontre a une importance spéciale pour nous, qui appartenons à une Eglise missionnaire Qui étaient les Samaritains? Il faut regarder un peu dans l'histoire du peuple Hébreu, dans l'Ancien Testament. Après les grands rois David et Salomon, le Royaume d'Israël a été divisé, en deux. Les tribus de Juda et de Benjamin formaient un royaume, appelé Juda, avec sa capitale à Jérusalem. Les autres dix tribus formaient un autre royaume, qui s'appelait Israël, avec sa capitale à Samarie, une ville qui est située au nord de Jérusalem. Sept siècles encore avant la naissance du Christ les Assyriens, un peuple qui à cette époque-là avait un très grand empire, ont vaincu la Samarie, et ont transporté tous les habitants du pays dans un autre pays qui de nos jours s'appelle Iraq. En leur place les Assyriens ont mis d'autres gens, et les Samaritains étaient les descendants de ces autres gens. Ils avaient adopté le culte du même Dieu que les Juifs, c'est-à-dire du Seigneur, mais les Juifs ne les acceptaient pas, car les Samaritains n'étaient pas membres du peuple choisi des Juifs. Encore à l'époque du Christ, 700 années plus tard, il y avait une grande inimitié entre les Juifs et les Samaritains, tant d'inimitié qu'ils n'avaient pas de relations les uns avec les autres. Or, le pays des Samaritains se trouvait entre la Judée et la Galilée. Ainsi il était nécessaire que notre Seigneur Jésus-Christ traverse la Samarie en passant de la Judée à la Galilée. Fatigué par la route, Il s'était assis près d’un puits. Il avait envoyé Ses Disciples à la ville voisine pour acheter des provisions. Ainsi II était tout seul. Mais II ne resta pas longtemps tout seul. Une femme Samaritaine est venue au puits pour tirer de l'eau. Jésus a commencé à parler avec elle, chose très exceptionelle. Car les Juifs d'ordinaire évitaient parier aux Samaritains. Surtout un Rabbi, un Maître juif, ne leur parlait pas. Et si un Rabbi parlait à une femme Samaritaine, voilà quelque chose encore plus exceptionelle. Mais le Seigneur Jésus, le Maître et le Docteur de tout le monde, a commencé à parler avec cette Samaritaine, parce qu'il voulait l'attraper, et l'employer pour attraper beaucoup d'autres Samaritains, comme des poissons, à la foi en Lui. Et comment commence-t-Il? Il commence tout simplement, en demandant à la femme de Lui donner de l'eau du puits à boire La Samaritaine est très surprise par cette requête; elle dit: "Comment! Tu es Juif et Tu me demandes à boire à moi, une Samaritaine?"(Jean 4:9). Le Seigneur prend cette opportunité de Se révéler un peu. Il dit: "Si tu savais le don de Dieu et Qui est Celui Qui te dit: 'Donne-moi à boire', c'est toi qui L'en aurais prié et II t'aurait donné de l'eau vive."(Jean 4:10). La femme ne comprend pas. Elle pense qu'il parle de l'eau naturelle dans le puits. Elle Lui répond: "Seigneur, Tu n'as rien pour puiser. Le puits est profond Où la prends-Tu donc, l'eau vive?"(Jean 4:11). Jésus lui explique qu'il ne parle pas sur l'eau du puits. Il lui dit:

"Quiconque boit de cette eau - c'est-à-dire de l'eau du puits - aura soif à nouveau; mais qui boira de l'eau que Je lui donnerai n'aura plus jamais soif; l'eau que Je lui donnerai deviendra en lui source de l'eau jaillissant en vie éternelle."(Jean 4:13-14). Il parle du don du Saint-Esprit, Qui sera donné à

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ceux qui croiront en Jésus Christ. Car nous savons tous combien l'eau est nécessaire pour la vie du corps. Dans notre pays nous ne pouvons pas subsister beaucoup de jours sans eau. De la même façon, le Saint-Esprit est nécessaire pour la subsistance et la vie de l'âme. Mais le don du Saint- Esprit nous est donné une fois seulement, à notre Chrismation, quand nous sommes oints par le prêtre avec l'Huile Sainte, appelée le Myron , tandis qu'il dit; "Sceau du don du Saint-Esprit. Amin. » Pour tous ceux qui deviennent Orthodoxes par le Baptême, la Chrismation a lieu tout de suite après le Baptême, quand le Chrétien nouveau est habillé du vêtement blanc Ce don du Saint-Esprit reste dans notre âme, comme un puits qui fait jaillir de l'eau spirituelle, que l'âme boit. Si nous employons ce don, en le puisant par la prière, c'est comme si nous ouvrons des canaux, et l’eau du don du Saint-Esprit coulera toujours dans notre âme, en l'arrosant. Si nous n'employons pas ce don, c'est comme si nous fermons les canaux et remplissons le puits, et notre âme deviendra très sèche faute de l'eau du Saint Esprit. Mais ce don ne nous est donné qu'une fois pendant notre vie, le jour où nous devenons des Chrétiens Orthodoxes. C'est ainsi que le Seigneur dit à la Samaritaine: "Qui boira de l'eau que Je lui donnerai n'aura plus jamais soif. » La Samaritaine ne comprend pas encore Elle pense qu'il parle de l'eau pour la vie du corps. Elle dit: "Seigneur, donne-la moi, cette eau-là, afin que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à passer ici pour puiser."(Jean 4:15). Nous savons tous que la tâche des femmes de puiser l'eau leur est assez louxde. Si l'eau dont Jésus parlait pouvait être substituée pour l'eau du puits, quelle bénédiction cela serait!

Parce que la femme ne comprend pas, le Seigneur change Sa manière de pêcher. Il lui dit:

"Va, appelle ton mari et reviens ici,"(Jean 4:16), comme s'il les invitait pour leur donner le don de cette eau. Mais la femme répond: "Je n'ai pas de mari."(Jean 4:17). Maintenant Jésus se révèle comme Celui Qui connaît toute l'histoire personnelle de chacun. Il lui dit: Tu as raison de dire: 'Je n'ai pas de mari', car tu as eu cinq maris, et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari." ^ Cette révélation est trop désagréable pour la Samaritaine, et elle change vite de sujet. Elle Lui dit:

"Seigneur, je vois que Tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous, dites: C'est à Jérusalem qu'on doit adorer."(Jean 4:19-20).'' Elle considère plus agréable de parler des différences entre les Juifs et les Samaritains que de son état personnel. Mais le Seigneur, Qui aime tous les hommes, emploi ce changement de sujet pour faire encore une révélation et de mettre fin à la querelle entre les Juifs et les Samaritains. Il dit à la femme: "Crois-Moi, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorez le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas, car le salut vient des Juifs."(Jean 4:21- 22). Ainsi II dit que les Juifs étaient la Vraie Eglise de l'Ancien Testament et les Samaritains étaient dans erreur. Mais II continue: "L'heure vient - et nous y sommes - où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité, car ce sont là les adorateurs tels que les veut le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c'est en esprit et vérité qu'ils doivent adorer."(Jean 4:23-24). Tant pour les Juifs que pour les Samaritains, l'adoration de Dieu était une chose très localisée. Pour eux il n'y avait qu'un endroit où l'on pouvait adorer et offrir des sacrifices. Hors de cet endroit unique il était interdit d’offrir des sacrifices; et il n'était pas possible de célébrer la pâque de l'Ancien Testament hors du lieu unique du culte. Jésus dit que tout cela changera et est déjà en train de changer Il dit que les vrais adorateurs de Dieu L'adoreront en esprit et en vérité. Ils L'adoreront en esprit, parce qu'ils ne seront pas limités à un seul lieu de culte, mais ils pourront adorer le Dieu en chaque endroit du monde. Jésus dit: "Dieu est esprit", c'est-à-dire Dieu n'a pas de corps. Dans la Bible, quand on parle du "bras" de Dieu, ou des "yeux" de Dieu, ou quand d'autres expressions semblables sont employées, comme si Dieu avait un corps, celles sont seulement des expressions imagées, pour nous rendre à nous humains quel ques-vérités de Dieu plus compréhensibles. C'est seulement Dieu le Fils Qui a pris un corps humain. Ainsi nous devons adorer Dieu comme esprit. Aussi notre adoration de Dieu doit âtre avec notre esprit humain, pas seulement par des actions conventionelles avec les lèvres ou les mains. Notre pensée et surtout notre coeur doivent être dirigée vers Dieu quand nous L'adorons. Les vrais adorateurs de Dieu L'adoreront aussi en vérité. C'est seulement en adorant Dieu dans la vraie foi, en croyant qu'il est un seul Dieu en Trois Personnes, que l'on peut

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L'adorer avec la vraie adoration. Notre Eglise s'appelle l'Eglise Orthodoxe; le mot "Orthodoxe" vient de la langue grecque, et veut dire: "la gloire juste". Ainsi notre Eglise est l'Eglise de la Gloire Juste, l Eglise de l'adoration juste. Après avoir reçu cet enseignement profond, la femme Samaritaine dit son espoii, l'espoir tant des Samaritains que des Juifs: que le Messie viendra. "Je sais," dit-elle, "que le Messie, Celui Qu'on nomme le Christ, doit venir. Quand II viendra, Il nous annoncera tout."(Jean 4:25) Maintenant le Seigneur se révèle Lui-même, en disant: "Je Le suis. Moi Qui te parle." En écoutant ceci, la femme devient si excitée qu'elle laisse sa cruche au puits. Elle court à la ville et dit aux gens: "Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-ce pas le Christ?"(Jean 4:28- 29). La femme Samaritaine est devenue missionnaire. La femme pécheresse, qui habitait avec un homme qui n'était pas son mari, est devenue évangeliste. La femme d'un peuple rejeté par les Juifs est devenue apôtre. Un bon nombre des Samaritains de cette ville ont cru au Christ à clause de la parole de cette femme. (Jean 4:39). Selon la tradition de l'Eglise, cette femme s'appelait Photinie (ce qui est un nom assez commun chez les Grecques). Elle a été baptisée plus tard avec toute sa famille, et elle est devenue une ouvrière fervente de l'Evangile, prêchant aux femmes de beaucoup de pays Ainsi elle est honorée du titre "Egale-aux-Apôtres". Enfin Sainte Photinie est morte pour le Christ, recevant le diadème d'une Grande-Martyre. Ses cinq soeurs et ses deux fils sont devenus, martyrs avec elle. Mes chers frères et soeurs, nous avons appris beaucoup de l’Evangile d'aujourd'hui. Soyons aussi fervents à donner à nos familles, à nos voisins, et à tout le monde, la Bonne Nouvelle du Christ et de Sa Résurrection. A Lui, avec le Père et le Saint-Esprit, soit toute gloiie et adoration, maintenant, toujours, et aux siècles des siècles.

HOMELIE SUR L’EVANGILE DU DIMANCHE DE L’AVEUGLE NE

Chers Frères et soeurs,

KHRISTOS ANESTI!

LE CHRIST EST RESSUSCITE

Les jours et les semaines ont passé depuis la sainte Fête de la Lumière de la Résurrection, et pour la dernière fois, nous vous saluons en nous écriant: Le Christ est ressuscité!". Le Christ est ressuscite, et à nous les hommes qui étions plongés dans les ténèbres de la mort et dans l'aveuglement du péché, Il nous a fait don de la lumière et de la vie. Le Seigneur Jésus a dit de Lui-même: Je suis la Lumière du monde" (Jean 8). Et avant même d avoir dissipé les ténèbres de la mort en descendant aux enfers, avant devoir resplendit dans le tombeau, pendant sa vie publique, Il a annoncé par avance et a préparé le renouvellement de toutes choses, l'illumination de tous les hommes qui allait avoir lique dans l'Eglise, par Ses mir clés. Les miracles du Christ que nous rapportent les Evangiles -peu nombreux en comparaison de tous ceux qu'il a accomplis: la guérison des aveugles, des boiteux, des estropies, des paralytiques, des lépreux, la délivrance des possédés, la résurrection des morts, tous ces miracles sont des signes de Sa puissance divine qu'il donnait aux hommes pour qu'ils puissent croire en Lui, comme le vrai Sauveur, comme le Messie qui était venu délivrer l'humanité de la seule vraie maladie: la séparation de Dieu, le péché. Chacun des miracles racontes dans l’évangile est donc, chers Frères, un récit symbolique, une image, de la guêrison de toute notre humanité, et pas seulement de la personne pour laquelle II avait accordé ce bienfait. C’est pour cette raison que les récits des miracles de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ restent si important pour nous, aujourd' hui. Prenons, par exemple, l'évangile que nous avons lu aujourd'hui dans 1’Eglise, en poursuivant depuis Pâcues la lecture suivie de l'Evangile selon Saint Jean. Vous vous souvenez, chers Frères, qu'il y a quelques semaines, lorsque nous avons lu le récit de la guérison du Paralytique, Jésus, en le rencontrant peu après dans le temple, lui avait dit:' "Te voilà guéri, ne pèche plus; de peur qu'il ne t arrive pire encore" (Jean 5, 14). Il senble donc que la maladie de cet infirme était la conséquence d'un grave péché. Dieu, en effet, dans Son grand amour des hommes, ne veut ni le mal ni la mort, mais II permet quelquefois que la maladie vienne

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frapper un pécheur pour le corriger, pour l'humilier, pour l'amener au repentir. Car, plus que tout autre chose, l’épreuve de la maladie sait nous rapprocher de Dieu. La maladie peut donc être une conséquence du peché, mais pas forcément. Avec notre vue étroite et trop humaine des choses, nous voudrions bien mettre des lois partout et pouvoir dire que toutes les maladies sont l'effet du péché, Tout comme les amis de ob, qui lui reprochaient de continuer à se considérer comme juste devant Dieu, alors qu'il était affligé de tous les maux possibles; les Disciples du Seigneur en rencontrant l'aveugle .de naissance croyaient rouvoir assurer que son infirmité était, comme celle au paralytique, un châtiment divin, et ils se demandaient seulement si c'était une punition pour un péché personnel - mais comment cela serait-il possible puisqu'il était aveugle avant même d’avoir pu faire usa, e de sa liberté? - ou bien était ce. la punition d'un péché commis par ses parents. Chez les Juifs de l'Ancien Testament comme dans beaucoup de peuples, on considéraiit en effet que les fautes de parents retombaient sur leurs descendants. Certains ont même poussé cette croyance jusqu'aux absurdes doctrines de la métempsychoses et des réincarnations successives des âmes des ho mes dans différents corps humains ou mêmes animaux, jusqu'à ce qu'ayant expié leurs fautes elles puissent gagner le ciel. Mais deja avant la venue du Christ, Dieu avait révélé au prophète Ezéchiel que chacun devrait rendre compte pour sa propre vie, pour toutes ses paroles et tous ses actes, devant le tribunal de Dieu "Un fils ne portera pas, dit le Seigneur, la faute de son pére, ni un pére la faute de son fils: au juste sera imputé la justice et au méchant sa méchanceté " (Ezechiel 18, 20). La maladie n est donc pas nécessairement un châtiment de Dieu, et encore moins un châtimentpour la faute d’une autre personne. Chacun de nous reste responsable de sa propre vie, et les causes de" nos maux restent le plus souvent mystérieusement cachées. Il ne nous appartient, pas de les rechercher, mais plutôt de savoir les endurer avec patience et foi. Admirez, chers Frères, dans ce récit de l’aveugle né comment Dieu gouverne les choses de manière admirable, par des événements apparement contradictoires. Ce pauvre mendiant aveugle n’avait pas péché, ni ses parents, pour mériter un tel malheur, mais son infirmité avait été permise par Dieu pendant tant d'années pour que par lui soit révélée la puissance du Christ, le Dieu-homme, pour qu’il devienne par sa guérison un véritable apôtre du Christ. La cécité de ce pauvre homme est prise par le Seigneur comme le signe de notre aveuglement à nous tous qui sommes devenus aveugles à la suite du péché d'Adam. C'est chacun de nous les mortels qui, tant qu'il est privé de la foi, se tient comme un mendiant à la porte du temple, sans rien voir et sans comprendre que le Christ passe là à nos côtés. Ne songeant même pas à écrier "Jésus, file de David, aie pitié de nous!" comme avaient fait les deux aveugles de Jéricho (Matthieu 20, 30) Le pauvre aveugle ne comprenait pas que cet étranger qui passait là était la "Lumière du monde", "la vraie Lumière, qui est venue dans le monde. Et le monde fut créé par Lui et le monde ne l'a pas reconnu", comme l'écrivait saint Jean dans le prologue de son évangile. Le Seigneur Jésus a donc choisi ce pauvre aveugle comme signe et représentant de notre humanité et,, tout en révélant qu’ il est Lui la vraie lumière, Il "cracha à terre, fit de la boue avec sa salive et enduisit de cette boue les yeux de l'aveugle". Quel geste inattendu, Lui le Fils de Dieu tout puissant, qui guérissait des foules innombrables de malades par un seul mot, ou même sans rien dire, par le seul attouchement de la franche de son vêtement, Il se penche maintenant à terre et confectionne un étrange remède. Le Médecin des âmes et des corps, le Sauveur du monde, avait-il donc besoin de faire appel à des remèdes humains? Mon, bien sûr, mais la encore, més Frère, le geste du Christ est un signe, un symbole plein do sens divin. Il voulait d’abord rappeler par cet acte que Lui, le Fils de l'homme, qui apparaît sur terre comme un homme ordinaire, Il est le Verbe de Dieu qui le sixième Jour de la création a pris de la glaise du sol, a modèle l'homme et lui a insufflé un souffle de vie (Genèse,2,7) de sorte que l’homme créé de la terre, vivait et respirait du souffle même de Dieu Il a été crée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Et maintenant, voyant ce même homme déchu, prive de la vue et comme sans vie, puisqu'il est privé de l’amour et de la communion avec Dieu, Il vient Lui même sur la terre, comme un homme, Il s’incarne afin de renouveler sa créature. Il prend à nouveau de la terre, la sanctifie de son souffle - c'est à dire de la parole divine sortie àe la bouche-et II recrée l’homme pour lui donner la vraie lumière, la lumière de la présence de Dieu.

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Jésus donne ensuite l’ordre à l'aveugle d'aller se laver à la piscine de Siloé devant tout le monde, afin de rendre le miracle évident et indubitable. Et en revenant, l'homme voyait clair. Il était , guéri et renouvelé. Il pouvait voir la lumière. Cu plutôt, comme le dit le Psaume, c'est dans la lumière de Dieu qu'il pouvait voir la lumière du monde: "C'est dans Ta lumiére que nous verrons la lumière" (Psaume 35). Qu'est-ce ue cela singifie? Ne reconnaissez-vous pas là, ses Frères, les ritos du saint saintBaptême? Vous vous souvenez qu'alors, apres que le prêtre eût soufflé sur nous pour expulser Satan, après que nous ayons renoncé aux oeuvres des ténèbres, nous nous sommes tournés vers la vraie lumière, vers l’Orient, et nous avons été plongés dans l'eau a trois reprises, comme l’aveu le dans la piscine de Siloé. Et en recontant de l'eau, nous avons été renouvelés, recréé, illuminés. D'aveugles de naissance que nous étions, nous les fils d’Adam, nous avons revêtus; le Christ et nous sommes devenus fils de Dieu, fils de la Lumière. Comprenez-voua donc quel était la grandeur de ce signe prophétique que le Seigneur voulait montrer, en se servant de ce pauvre aveugle? Mais le récit ne s'arrête pas là. Après avoir gruéri l'aveugle, Jésus ne lui a même pas laissé de temps de lui montrer sa reconnaissance et de le remercier, Il a disparu de la vue de celui qui aurait été désormais capable de le voir de sos yeux. Il en est aussi souvent de même pour chacun d’antre nous dans notre relation avec Dieu. Après nous avoir guars de l'ignorance, après notre conversion et la joie de notre baptême, .Dieu semble se cacher et se retirer de notre vie. Maintenant que nous avons tout pour le reconnaître et pour vivre avec Lui selon Sa volonté, Il semble nous échapper et nous laisser seuls. C'est alors le temps de l'épreuve, c’est alors le, moment de montrer la sincérité de notre foi et de notre amour. Dieu, qui est venu sur la terre pour se révéler à nos, se cache pour que nous Le poursuivions, pour que nous le recherchions jour et nuit en criant, comme l'Epouse du Cantique des cantiques: "Dans les rues et sur les places, sur ma couche dans la nuit, j'ai cherché Celui que mon coeur aime" (Cantique des cantiques 3). Combien de chrétiens, qui onl; été

sauvés de l'ignorance et de l'impiété par le Christ, restent-ils ainsi ingrats, comme ces neufs lépreux qui avait été guéris par Jésus, et un seul revint sur ses pas à la recherche du Seigneur pour lui rendre grâce (Luc 17, 12)! L r Aveugle lui, n'était pas un ingrat, mais sa guérison était encore imparfaite. Certes il voyait clair maintenant. Miracle unique et encore jamais vu. «Qui a jamais entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né?" répondit-il aux Pharisiens. Il voit mais il ne sait pas encore qui est véritablement Jésus. Tout en reconnaissant la grandeur du miracle, il n'en tire pas pour cela la conclusion que cet "homme qu'on appelle Jésus" est le Fils de Dieu. Tout on étant encore imparfait dans lu connaissance.il n'en est pas moins sincère, et c'est sans crainte qu'il repond aux Fharisièns fourbes et hypocrites; alors que ses propres parents, par crainte d'être exclus de la synagogue, se dérobent et répondent; "Nous savons que c'est notre fils et qu'il est ne aveugle;Mais comment il voit maintenant et qui lui a ouvert les veux, nous ne le savons pas. Interrogez-le"» Il répond même avec audace à leurs questions répétées et menaçantes:

"Si el est un pécheur je ne sais pas. Je ne sais qu'une chose: J'étais aveugle et à présent j'y vois

Est-ce que voua anssi vous voudriez devenir ses disciples?" Admirez donc, mes freres, le courage de cet homme qui, sans être encore un disciple, supaorte les injures, les coups des Juifs et l'expulsion du temple pour ne pas urahir la vérité. A demi-gueri, puisqu'il ne voit que la lumière sensible sans connaître encore que le Christ est Dieu incarne, il supporte pourtant la persécution pour lui et pour la cause de la vérité. Combien plus, nous qui avons connu la plénitude de la vérité en entrant dans la sainte Eglise Orthodoxe, nous qui avons goûte à la vie éternelle, devrons-nous donc être prêt à tout endurer pour l’amour de notre Sauveur ! Mais revenons à notre aveugle. Vous pouvez remarquer que c'est seulement après avoir" été ~ frappé et axpulsé par ceux qui croyaient détenir la vérité en s'attachant à l'obs-rvance du sabbat et à des traditions humaines, qu'il rencontre à nouveau le Christ. Cette fois pour être pleinement illuminé de la vraie lumière de la foi. Il en est auesi de même pour nous, chers Frères, après notre renaissance dans le baptêrne, après avoir été recréés et illuminés, il nous faut être souris à l'épreuve, a l'épreuve du retrait volontaire de Dieu, de l'absence de Dieu dans notre vie intérieure, à l'épreuve de la sécheresse dans

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la prière, de la solitude, à l'épreuve des tentations du monde et àu combat contre nous-mêmes, et aussi à l’'preuve de l'indifférence, du mépris et peut-être même de la persécution violente des autres hommes, de ceux qui, comme les Pharisiens du temps du Christ, croient détenir la vérité et veulent faire disparaître le Sauveur. C'est seulement en passant par le feu de ces épreuves et de ces afflictions, comme l'ont fait tous les saints, les martyrs ou les ascètes, que nous pouroos désormais purifiés et affermis - rencontrer de nouveau le Christ et le connaître comme Fils de Dieu et Sauveur, dans la Grâce du Saint Esprit. "Crois-tu au Fils de l’homme?" demande le Christ à l'ancien aveugle, une fois qu'il eut été explulsé du temple. Mais qui est-il, Seigneur, que je crois en lui?" répond avec sa sincérité habituelle l’homme dont les yeux du coeur sont encore voilés, tout comme les yeux du sainte Marie Magdeleine, le matin de la résurrection, ne pouvaient pas encore reconnaître le Seigneur ressuscité qu'elle avait pourtant si souvent vu, qu'elle avait suivi sur toutes les routes de Galilée en Judée, et le confondaient avec le jardinier. Qui est-il? demande l'aveugle. "Qui es-tu?" demande aussi chacun de nous en priant chaque pour et en appelant le Seigneur pour qu'il vienne ouvrir le yeux de notre âme. C'est ce cri que le Christ attendait de l'aveugle et qu'il attend aujourd'hui de chacun d'entre nous Alors, Il se révélera tout à fait; et nous dira aussi: "Tu le vois, celui qui te perle c'est lui". A la Sa maritaine qui recherchait le Messie, Il avait dit la même chose: "Je" le suis, moi qui te parle". Et en se prosternant a terre, en signe d'adoration rendue à Dieu, l'aveugle s’cria: Je crois seigneur ! » Cette confession de foi n'est plus celle du débutant, du catéchumène, de celui qui s'engage tout juste sur le chemin de 1a foi en recherchant encore Dieu; mais elle est la confession de foi des Apôtres et des saints qui ont vu et connu que Jesus-Christ est le Seigneur c'est à dire Dieu, pour qui le Sauveur est présent dans leur vie a tout moment. C'est la foi de l’apôtre Thomas qui, après avoir vu et touché le Seigneur ressuscite, s’écria: "Mon Seigneur et mon Dieu!" Je crois, crie l'aveugle, c'est à dire: désormais je Te vois vraiment, Seigneur, et jamais plus Tu' ne t’éloigneras de moi. C'est roi la Lumière du monde, qui nous rends la vue, qui m'as donné la vie. C’est en Toi que je vois désormais la lumière et que je vois tous les hommes comme ton image. C'est en Toi que j'aime mes frères. C'est en Toi que j'ai trouvé dès ici-bas la joie éternelle et les délices du Paradis. Chaque fois que je me détourne du tumulte du monde et du bruit: pour te prier dans le silence, chaque fois que je'me penche pour Te crier: "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi!" je Te vois des yeux de mon coeur qui ont été ouverts par la foi et purifiés par les épreuves, Tu viens vers moi pour mes révéler les mystères que l'oeil n'a pas vu, que l'oreille n'a pas entendu, mais que Dieu révèle à ceux qu'il aime. Vous tous qui étiez aveugles de naissance, réjouissez-vous. Le Seigneur est ressuscité pour nous ouvrir les yeux et pour nous illuminer, et c'est dans la sainte Église que nous pouvons à tout moment le VOIR, le goûter, le toucher. A Lui soit la Gloire, l'honneur et l'adoration avec le Pére et le Très Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

HOMELIE

SUR L’ASCENSION DE NOTRE SEINGEUR JESUS CHRIST

Très chers frères, aujour’dui notre sainte Eglise Orthodoxe a célébré 1’un des plus grandes fetes do l'année, l'accomplissement de tout le mystère de la venue de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la terre, en commémorant son ascension au ciel, son retour dans le sein du Père, que, comme Dieu et Fils de Dieu, Il n'avait jamais quitté. Se penchant du haut de sa demeure céleste par compassion pour l'homme déchu et soumis à la mort, Il est descendu de la hauteur de Sa gloire inaccessible, Lui le Dieu sans commencement, le Créateur e la la Maître du ciel et de la terre, Il est descendu ici-bas vers nous les condamnés et II s’est revêtu de notre corps Par un amour sans mesure II a même pris sur Lui le signe de notre péché, de notre séparation de Dieu depuis la chute d’Adam: la mort. Le Fils de Dieu est devenu Fils de 1’ homme. Il est apparu sur la terre, Il s’est conduit comme un homme ordinaire, souffrant avec nous la faim, la soif, l’ignorance, tout excepté le péché, car Lui seul est sans péché. Il a marché de Galilée en Judée, prêchant par la parole et par tant de miracles que le Royaume de Dieu était

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proche. Si proche qu'à ceux qui l’avaient suivi, Il révéla que ce Royaume de Dieu c'est lui-même. C’est Jésus-Christ, le Dieu-homme, qui est la vole, la vérité et la Vie éternelle. Pour accomplir jusqu'au bout la mission que le Père céleste lui avait confiée - la Salut de l'humanité.- il s'est même soumis volontairement à la pire des choses: Il s'est laissé condamné, injurié, rrappé, crucifié comme un brigand, comme un criminel. Lui, l'Innocent, le Pur, l'Iramaculé, Il est mort sur la Croix en portant ainsi sur Lui tous nos péchés, tout le poids de notre dette. Il est descendu aux enfers pour écraser le maître de la mort, notre tyran, Satan. Il a brisé par la Croix les portes d'airain et les verrous de fer du royaume de l'Enfor. Et là, du fond des ténèbres, Il a fait resplendir la lumière de

Sa divinité pour tous ceux qui étaient tenus prisonniers par le Diable. Parvenu jusqu'au fond de l’abîme qui nous séparait de Dieu, au comble de sa descente, s'appuyant sur Sa Croix comme un levier, 1l a alors commencé son mouvement de remontée. Prenant par la main Adam;, Eve et tous les justes qu'il avait délivrés de 1'coprise de Satan, Notre Seigneur est remonté aussitôt, triomphant, et II est ressuscité du tombeau le troisième jour. Son âme et son corps avaient pour un moment été séparés par Sa mort sur la Croix, mais Sa divinité restait unie à l'un et à l'autre, si bien qu'en remontant de l'enfer Son âme a retrouvé Son corps que c'est plein de gloire, resplendissant de la lumière divine qu'il est sortie du tombeau, en remplissant de joie les femmes myrophoros et Ses disciples. Par la suite, pendent les quarante Jours qui se sont écoulés depuis Pâques Jusqu'à cette sixième semaine qui vient de s'achever, Notre Seigneur est apparu de diverses manières à Ses Apôtres, afin de les confirner dans la foi dans Sa résurrection d'entre les morts, pour qu'ils deviennent après cela les témoins de Sa Résurrection. Car le Christianisme n'est rien d'autre ue cela, mes Frères, 1e témoignage devant les hommes, par la' parole et par notre mode de vie, que le Christ est ressuscite et que par Sa Résurrection des morts Il a délivré de la malédiction de la mort et du péché tous ceux qui veulent croire en Lui. Pendanttquarante Jours nous avons chanté sans cesse, à "

en perdre haleine: " LE CHRIST EST RESSUSCITE DES MORTS

en suivant les offices de l'Eglise, nous avons appris comment vivre dans cette lumière de la Résurreotion. Mais il restait encore une chose à accomplir à Notre Seigneur pour achever son

oeuvre. Avant Sa Passion, Il avait dit à Ses Disciples: "Je suis sorti d'auprès du Pére et suis venu dans le monde. De nouveau Je quitte le monde et Je vais vers le Père, pour vous préparer une place

En vérité je vous le dis: c'est votre intérêt que je parte; car si je ne pars pas, le Paraclet ne

viendra pas vers vous" (Jean 14. 16. 28. 16.7 ). Tel était, chers Frères, le but de la mission du Seigneur Jésus-Christ: rétablir la communication entre le ciel et la terre, ouvrir la voie pour que le Saint-Esprit descende à son tour vers nous et vienne habiter chacun de ceux qui auront cru au Fils, afin de les rendre fils de Dieu et héritiers de tous les dons divins. Le Seigneur Jésus a tout souffert pour nous, afin de libérer notre nature humaine des lions do la mort. Mais II ne s'est pas contente seulement de cela. Il n'a pas seulement délivré le vieil Adam de la prison de l'enfer; mais II l'a relavé et l’a fait monter Jusqu'au ciel. Apres donc s’êtree montré pendant quarante Jours à Ses Disciples de manière internitente, en leur révélant chaque fois par un signe que Son corps huamin, apparemment somblable au notre, n’était pas seulement revenu à la vie ordinaire, mois il avait désormais des propriétés divines. Pendant ces quarante jours - tout comme pendant un bref moment le jour de ca Transfiguration sur la montagne du Thabor- Il a montré à Ses Disciples quel serait l'état de notre corps après la venue de Son Royaume, après la victoire définitive sur la mort, après la Résurrection générale de tous les morts. Alors tous les corps des justes deviendsont comme autant de temples de la lumière de Dieu qui a jailli du tombeau, de cette lumière qui a resplendi sur le Mont Thabor, de cette mené lumière qu’ont vue les saints de notre Eglise quand l'Esprit Saint venait les visiter au moment de la prière. Voila pourquoi le Christ est resté pendant quarante jours sur la terre après Sa Résurrection: comme un témoignage de l etat futur de notre humanité après la Résurrection générale. Après donc avoir confirmé par "tant de signes et d'apparitions sa Resurrection d'entre les morts, le Seigneur conduisit Ses Disciples, auxquels s'etait jointe la Très Sainte Mère de Dieu, vers le Mont des Oliviers, éloigné de Jérusalem de la distance que la Loi juive permettait de franchir un

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En lisant le saint Evangile,

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jour de Sabbat. Il monta avec eux sur la montagne , on leur parlant de la venue prochaine du Royaume de Dieu et en leur promettant de bientôt leur envoyer le Saint-Esprit, par la force duquel ils allaient proclamer Sa Résurrection dans le monde entier. A ces mots, une nuée vint soudain le

recouvrir, tout comme elle L'avait recouvert sur la montagne du Thabor dès que Sa gloire divine était apparue. La même nuée, vous vous en souvenez, mes Frères, apparut autrefois à Moïse sur le Mont Sinaï, dans la Tente du Témoignage au désert, dans le sanctuaire du temple de Salomon à Jérusalem. Cette même nuée apparaît chaque fois que se révèle la gloire de Dieu, pour en mesurer et en atténuer le rayonnement fulgurant, de sorte que l'homme qui en est le spectateur ne meurt point. Ecoutes, par exemple ce que dit le Psaume 17, évoquant la manifestation de la gloire de Dieu: "Il

fit des ténèbres sa retraite, sa

Un éclat fulgurant le precédait" La nuée vint donc

envelopper le corps ae Jésus et, en bénissant avec tendre se Ses Disciples, il s'élève au ciel; ou plutôt, selon l’êvangéliste Saint Luc, Il fut enlevé, Il fut emporté au ciel et disparutde leur vue L'homme Jésus, en portant un corps comme le nôtre, est élevé au ciel, et, ajoute saint Marc, Il "s'assit à la droite de Dieu" «Voilà, mes Frères, le corable du mystère Voilà l’événement si extraordinaire, si inouï; et les Anges, qui avaient éte envoyés pour escorter Jésus, étaient tout stupéfaits de voir ainsi pour la première fois les portes du Ciel s'ouvrir pour un homme, pour cet Homme qui, comme l'annonçait le Prophète Isaïe remontait de là terre en portant un vêtement rouge du sang qu’il avait versé durant Sa Passion (Isaie 63, 1-3). Il ne s'agissait pas d'un simple phénomène de lévitation c'est à dire d élévation d'un corps humain au-dessus de la terre, comme ce Tut le cas pour beaucoup de saints. Mais en parlant de l'Ascension, de Notre Seigneur Jésus au Ciel, l'Ecriture Sainte nous exprime de façon imagée que Jésus Christ regagne la résidence de Dieu, qui, bien sûr, n'habite pas plus le ciel qui est au dessus de nous que la terre ici-bas. Dieu est invisible et infini, Il est au-delà du temps et de l'espace, du corps et de la matière, rien ne peut le limiter Il est partout présent et remplit tout" Combien stupide était la remarque de ce cosmonaute soviétique athée, qui après avoir tourné en orbite autour; de la terre,, disait d'un air triomphant qu'il n'y avait pas vu Dieu! Nous, Chrétiens, nous croyons que Dieu est au-delà du ciel et de toute chose créée; mais, venant en aide à notre faiblesse, l'Ecriture Sainte comme d'ailleurs les anciens mythes de notre peuple nous enseigne de manière imagée que Dieu se trouve au ciel: car naturellement tout hommo regarde vers le haut quand il pense à Dieu, c'est à dire à tout ce qui est grand, infini, beau et parfait. C'est doncen utilisant cette même condescendance, cette même compassion, pour notre faiblesse que le Seigneur Jésus est eleve au ciel corporellement, non pas dans quelque nuage ou vers quelque planète lointaine, mais, après avoir traversé le ciel que nous voyons, caché par la ténèbre qui est le voile de Dieu, II retourne avec son corps dans le Sein du Père, dans la demeure invisible de Dieu, inaccessible à toute créùture, même aux Anges. C'est pourquoi les Anges s'étonnaient et criaient, conformément à la prophétie du Psaume 23: "Levez-vous, princes, et elevez-vous portes éternelles, et le roi de gloire entrera!" Il était descendu sans corps vers la terre pour s'y incarner, c'est pourquoi ces Anges ne l'avaient pas remarque; mais II remonte maintenant, comme un guerrier triomphant, en portant sur lui le corps humain marqué des glorieux signes de Sa Passion, en portant sur lui la nature humaine qu'il a sauvée qu'il a releve. Il remonte du combat, retourne vers le Père et vient siéger à Sa Droite, non plus simple ent comme Verbe et Fils de Dieu, mais aussi comme FILS DE L'HOMME. Voilà, mes Frerès, la grandeur du mystère de l’Ascension: c'est désormais notre nature humaine gui est assise à la droite, de Dieu le Père, en la Personne de Jésus-Christ, le Dieu-Homme L’humanité est devenue participante et porteuse de le divinité. Plus haut que les Anges que les Chérubins qui lui servent de trône, que les séraphins qui se voilent la face devant Lui; c’est nous- mêmes, chacun d’entre nous, qui sommes désormais- appelés à demeurer avec le Christ, en Dieu, dans la Sainte Trinité. Comment? Précisément par la venue en nous du Saint-Esprit. Jésus est monte au ciel et nous a envoyé le Saint Esprit pour que, par Sa Grâce, nous aussi, nous soyons enlevés au ciel, escortés par les saints anges et entourés de nuée; pour que nous aussi, quand II reviendra en gloire à la fin des temps, nous siégions à Sa droite sur les trônes réserves aux justes. Le Seigneur est remonté vers le Père, mais II ne nous a pas laissés orphelins Selon Sa

tente, il s'entour d'une sombre vapeur (

inclina les cieux et descendit, une sombre nuée sous ses pus (

)

)I1

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promesse, Il nous a envoyé le Saint Esprit et sans cesse, Il se penche du haut du Ciel pour nous attirer à Lui. Comme nous le dit le prêtre pendant la sainte Liturgie: "élevons haut nos coeurs", mes Frères! Regardons vers le haut - non pus vers ce ciel visible, mais vers le vrai Ciel, vers Dieu. Vivons chaque jour comme les Disciples après le départ du Christ, qui rentrant à Jérusalem "en grande joie, ils étaient constamment dans le temple a louer Dieu" (Luc 24,53). Louons donc nous aussi constamment le Seigneur, chantons, prions avec actions de Grâce pour tous les bienfaits qu'il nous a donnés, en nous préparant ainsi à recevoir en nos coeurs le don du Saint Esprit qui fera de nous un temple pour la louange éternelle de Sa gloire. Amen. ^

DIMANCHE APRES L'ASCENSION

DIMANCHE DES SAINTS PERES DU I ER CONCILE OECUMENIQUE DE NICEE

Mes chers frères et soeurs en Christ:

Les Joyeux quarante jours de Pâques viennent de s'achever pour cette année. Jeudi dernier notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, a célébré la Grande Fête de l'Ascension de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Maintenant nous ne nous saluons plus avec la salutation Pascale:

"Le Christ est ressuscité! , et sa réponse: "Il est vraiment ressuscité!" Mais néanmoins, mes chers fidèles," il ne faut pas être tristes. Au contraire, il faut nous rejouir. La Fête que nous célébrons maintenant, celle de l'Ascension, est aussi une fête joyeuse. Elle est une promesse de la déification de notre nature humaine, une promess-e que nous les hommes pourrons entrer dans le Royaume de Dieu, eue nous pouvons devenir dieu, "participants de la Divine Nature".(2 Pierre 1:4). L’Ascension est aussi une promesse de la venue du Saint-Esprit, ce que nous allons célébrer dimanche prochain, celui de la Pentecôte. Le Seigneur est parti; cela veut dire qu'il ne nous Se manifeste plus ouvertement dans Son Corps ressuscité; car en réalité -Il est toujours très proche de nous tous, dans l'Eglise. Le Seigneur est parti pour nous envoyer le Saint-Esprit, le Sanctificateur, Qui nous unit au Seigneur Jésus-Christ dans l'Eglise, dans Son humanité déifiée. De plus, aujourd'hui, le Dimanche après l'Ascension, nous avons encore une fête: celle des Saints Pères du Premier Concile Oecuménique. Cette fête commémore un triomphe important? de la Foi Orthodoxe, de la Vraie Foi, sur l'hérésie, sur l'erreur; car si cette victoire n'avait pas eu lieu, la Foi chrétienne aurait perdu toute sa signification, et nous serions des hommes sans espoir. Quelle est l’histoire de ce Concile? Pourquoi fut-il convoqué? Quelle signification a-t-il pour nous aujourd'hui? Je vais répondre à ces questions. Pendant, les trois siècles qui suivirent la naissance du Christ, le diable fit tout ce qu il pouvait pour exterminer la Foi chrétienne. Il employait comme instruments les empereurs et les fonctionnaires de 1'Empire Romain, en les incitant à déclencher des persécutions terribles contre les Chrétiens. Des milliers de Chrétiens furent arrêtés, mis en prison, torturés et même tués pour leur foi en Christ. Mais tout cela, loin de faire disparaître le christianisme, l'a au contraire affermi'. L’ exemple des saints Martyrs attirait beaucoup de gens à la religion du Christ. La persécution la plus grande et la plus féroce fut celle des empereurs Dioclétien et Maximien, qui eut lieu à la fin du troisième et au commencement du quatrième siècle après le Christ. Après cette persécution, l’Eglise se trouva même plus forte qu auparavant. N'ayant pas réussi à exterminer l'Eglise par les persécutions, le diable changea de tactique. Au lieu d'attaquer l'Eglise du dehors, il essaya de l attaquer du dedans, par le moyen de ses propres membres. L'arme qu'il employa fut l'hérésie, l'erreur fondamentale dans la foi. Et l'instrument humain qu'il employa fut l'hérétique Arius. Arius était prêtre dans la grande ville d Alexandrie en Egypte. Il commença à enseigner que notre Seigneur Jésus-Christ n'est pas Dieu, mais une créature, le premier-créé de toute la création. Le Patriarche d'Alexandrie, Saint Alexandre, fit condamner Arius pour cette doctrine dans un concile local à Alexandrie. Mais Arius continua de propager sa doctrine fausse au dehors de l'Egypte, et bientôt elle se répandit partout, devenant la cause d ! une grande inquiétude dans l'Eglise. L'Empereur, qui était alors Constantin le Grand, le premier Empereur Romain qui fût Chrétien, se

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sentit obligé de faire assembler un grand concile de tous les évêques de toutes- les parties de l'Empire, pour décider cette question et pour rétablir l'unité de la foi dans l'Eglise. Ainsi, en l'an 325 après Jésus-Christ, il convoqua le premier concile oecuménique, c'est-à-dire de tout le monde habité. Il assembla les évêques dans la ville de Nicée, près de Constantinople, à l'extrémité occidentale de l'Asie, sur le bord de la petite mer de Marmara, qui se situe entre la Mer Méditerranée"et la Mer Noire, séparant les deux continents de l'Asie et de l'Europe. C'était un' spectacle jusque-là inconnu. Jadis les Empereurs Romains avaient été les ennemis de la foi chrétienne, et ils cherchaient à tuer surtout les évêques, comme les chefs et guides de l'Eglise. Mais maintenant c'était l'Empereur Romain lui-même qui assemblait les évêques avec beaucoup d'honneur, en envoyant des navires de la marine de guerre romaine, ou des chevaux de la poste impériale, pour les transporter. Beaucoup d évêques qui furent présents à ce concile portaient sur leur corps des- cicatrices des tortures qu'ils avaient subies pendant,la dernière persécution. Des autres, comme Saint Nicolas Evêque deMyre en Asie-Mineure (que nous commémorons le 6 Décembre) et Saint Spyridon Evêque de Trimithunte en Chypre (que nous .commémorons le 12 Décembre) étaient des thaumaturges. Des autres, comme Alexandre, Patriarche et Pape d'Alexandrie, et Métrophane de Constantinople, étaient trop âgés pour être présents eux-mêmes, et ils envoyèrent un représentant. Le représentant du Patriarche Alexandre d'Alexandrie fut'Saint Athanase le Grand, qui était alors encore diacre. Ce fut ce même Athanase qui devint le chef de la partie Orthodoxe! au Concile et qui continua le combat contre l'hérésie pendant une quarantaine d'années après, jusqu'à sa mort. Pendant les sessions du Concile il y eut beaucoup de discussions sur la divinité du Christ. Les membres du Concile se concentrèrent surtout sur quelques versets de la Sainte Ecriture et leur interprétation. Enfin la partie Orthodoxe triompha, et le Concile publia un Symbole de la Foi, c'est- à-dire un Credo, qui disait que le Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est "consubstantiel au Père , comme nous le disons dans le Credo que nous disons maintenant. Or, le Credo publié par le Concile de Nicée contient le plupart du Credo que nous récitons maintenant. La dernière partie, à partir de:

"Et en l'Esprit-Saint::: », fut ajoutée par le Deuxième Concile Oecuménique, qui eut lieu à Constantinople presque soixante années plus tard, vers la fin du quatrième siècle après Jésus-Christ. C'est pour cette raison que notre Credo est appelé parfois le Symbole Nicéen, parfois le Symbole Constantinopolitain, et même le Symbole Nicéno-constantinopolitain. Ce Symbole de la Foi fut signé par 318 membres du Concile. Les partisans d'Arius, qui ne signèrent pas le Symbole, furent obligés à se retirer. Ainsi aujourd'hui, le Dimanche après l’Ascension du Seigneur, nous commémorons les 318 Pères Orthodoxes qui signèrent le Symbole de Nicée. Le Premier Concile Oecuménique décida aussi que tous les Chrétiens du monde devaient célébrer le Pâques le même jour. Ce jour devait être le premier dimanche après la première pleine lune qui suit le 20 mars Le Concile décida de plus que c'était le Patriarche d'Alexandrie qui devait calculer chaque année le date du Pâques pour toute l'Eglise. Le Concile publia aussi 20 lois, appelées "canons", qui concernent des affaires variées de la vie de l'Eglise. Pour nous, le plus pratique de ces canons est le vingtième, qui dit que nous devons prier debout, sans se mettre à genoux, tous les dimanches de l'année et tous les jours à partir de Pâques jusqu'à Pentecôte. Ainsi nous les Orthodoxes montrons notre grande joie dans la célébration de la Resurrection du Christ; car les dimanches et la période du Pâques et de l'Ascension sont un symbole de l'âge à venir, après la résurrection commune, à"la fin des temps. La Foi du Concile de Nicée ne fut pas acceptée tout de suite par tous. Au contraire, il y eut une grande lutte après le Concile entre les Orthodoxes et les Ariens (c'est-à-dire les partisans d’Arius). Cette lutte dura presque soixante années. Il y eut même-des Empereurs Romains qui furent partisans d'Arius, et qui essayèrent d'imposer à l'Eglise des professions de foi. conformes à la doctrine d'Arius. Saint Athanase, qui devint lui-même Patriarche d'Alexandrie en succession de Saint Alexandre, fut chassé et exilé six fois de son siège episcopal; de plus, les Ariens essayèrent plusieurs fois de le tuer. Des autres évêques Orthodoxes furent exilés et même tués dans les persécutions contre les Orthodoxes. Mais la Foi de Nicée triompha finalement au Deuxième Concile

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Oecuménique, qui se réunit à Constantinople en l'an 381 après Jésus-Christ. Quelle signification le Premier Concile Oecuménique a-t-il pour nous aujourd hui? Il est pour nous d'une grande importance. D'abord, il nous a donné la plupart du Symbole de la Foi que

nous récitons à chaque baptême et à chaque célébration de la Divine Liturgie. Mais surtout, ce Concile sauva pour nous la religion chrétienne. Si nous nions que le Christ est Dieu et parfaitement Dieu par nature, nous depoullirons' la religion chrétienne de toute sa force. Si nous nions que le Christ est pleinement Dieu, nous nierons pour nous-mêmes toute possibilice de devenir "participants de la Divine Nature"(l2 Pierre 1:4), et ainsi nous nierons pour nous-mêmes la

possibilité de recevoir la vraie vie éternelle. Si nous disons que le Christ n'est

pas Dieu, nous finirons par nier la réalité de Sa Résurrection, et nous deviendrons, comme l Apôtre Paul écrit dans sa Première Epitre aux Corinthiens, "les plus mal-heureux de tous les hommes."(1 Cor. 15:19). Les doctrines d’Arius et des autres hérétiquss nient en réalité la possibilité de notre salut, de notre déification et de la vraie vie éternelle. Contre les hérétiques, Saint Athanase dit:

"Dieu est devenu homme, afin que les hommes deviennent dieu." Mes chers fièles, tenons solidement la Foi des Pères du Premier Concile Oecuménique et de tous les Pères de l'Eglise. Disons au Christ comme l'Apôtre Thomas: "Mon n) Seigneur et mon Dieul , (Jean 20:28).Confessons devant tout le monde le Christ comme notre Dieu, et adorons-Le comme Dieu avec le Père et le Saint-Esprit: un seul Dieu dans la Trinité des Personnes, à Qui soit toute gloire et louange, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

qu'une créature et

HOMELIE POUR LE DIMANCHE DE LA PENTECÖTE

Tres chers Frères, en ce jour de la Pentecôte - c'est à dire le cinquantième Jour Aprés pâques, la sainte Eglise célèbre de manière solennelle 1' anniversaire de Sa naissance. Aujourd'hui, tout comme il y a près de deux-mille ans, s'accomplit le mystère des mystères, l'accomplissement de la promesse que le Seigneur Jésus Christ avait faite a ses Disciples avant de les quitter pour remonter vers Son Père. Aujourd’hui, Il nous envoie sur nous tous les hommes, Son Saint Esprit, le Paraclet, c’est a dire le Consolateur; l’Esprit de Vérité que le monde ne peut as recevoir, mais qu’à la prière de Jésus le Père nous envoie du haut du Ciel, afin qu'il demeure avec nous pour toujours et nous enseigne toute la vérité. Aujourd'hui les portes du ciel, qui s'étaient ouvertes pour laisser passer le Seigneur Jésus remontant de la terre avec son corps, comme un guerrier triomphant, ouvrent le message à l'Esprit Saint qui descend du ciel vers la terre. Et c’est précisément l’habitation de l’Esprit Saint parmi les hommes, qui partament la même foi en Dieu et en Jésus-Christ, qui est le mystère de la Pentecôte, le mystère de 1’ Eglise. Notre Eglise Orthodoxe n'est pas une assemblée commune d’hommes qui se sont réunis parecqu'ils partagent les mêmes idées ou ont des intérêts commune. Non, l'Eglise n'est pas une réalité de ce monde; mais elle est le mysstère de la communion de Dieu avec les hommes dans la Grâce du Saint Esprit, qui a été répandue sur les Apôtres le Jour de la Pentecôte et a été depuis transmise de génération en génération sur tous les chrétiens par le mystère du saint Baptême. Beaucoup d’ hommes se disent chrétiens., sans pour cela appartenir à l'Eglise; car ils n'ont pas reçu ce "sceau du don du S'aint Esprit" que le prêtre applique sur tous les membres de notre corps avec le saint Myron, le Jour du Baptême. Ce rite de la chrismation a été pour nous ce Jour là la répétition du grand événement survenu le Jour de la Pentecôte, quand le Saint Esprit est descendu sur les Apôtres réunis ensemble à Jérusalem dans la prière et l'action de grâces. Voilà pourquoi chaque annèe, lorsque nous célébrons ensemble cette grande fête de la Pentecôte, qui clôt le cecle de Pâques comence depuis le Dimanche du Pharsisient_et du Publicain, c'est pour chacun de nous l'occasion de renouverer la Joie ressentis le Jour de notre baptême. Car si le Saint Esprit sst descendu du ciel

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sur les Apôtres il y-a deux mille ans cele ne signifie pas qu'il n’est descendu qu'une fois. Non, loin de là ! Puisque le Saint Esprit est Dieu, la troisième Personne de la Sainte et adorable Trinité, uni aens être confondu avec le Père et le Fils, Il esr comme eux éternel, sans limite de temps et

d espace, principe et source de toute sainteté, et II ne cesse dès lors plus jamais de se répandre dans l'Eglise, Aujourd'hui comme hier et pour l’éternité , comme une source abondante qui Jaillit et donne la vie, Il donne la vie à l’Eglise et descend habiter en chacun des fidèles pour rendre Dieu vivant on lui. La 'Pentecôte n’est donc pas, mes Frères, un événement du passe, mais elle est une réalité toujours présente è tout moment dans notre Eglise Orthodoxe. Vivons donc aujourd'hui cette

fête comme sinous étions à la place des Apôtres, et tous réunis dans la même foi, dans le même amour, dans la même attente de la venue de Dieu promise par le Seigneur, préparons notre coeur à recevoir le don du Saint Esprit. Quel est ce don? Saint Paul nous le dit dans l’Epître aux Calâtes: " Le fruit de L’Esprit est charité, joie, pais, longanimité, serviabilité, confiance dans les autres, bonté, "

Mais pour mieux nous représenter cet événement, reprenons le récit que nous lisons aujourd'hui dans les Actes des Apôtres. Car c'est; au début du second chapitre de ce livre , qui décrit les premiers temps de l'histoire de l'Eglise, que l'Apôtre saint Luc rapporte l'événement. Conformément à l'ordre du Sauveur, après Son A scension au ciel, les Apôtres étaient retournés à Jérusalem et ils restèrent réunis ensemble dans la chambre haute, "tous d'un même coeur et assidus a

la prière", dans l attente de la réalisation de la promesse faite par Jésus avant de les quitter. Il leur avait dit-alors en les bénissant: "Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint, qui descendra sur vous, et vous serz alors mes témoins à Jérusalem et jusqu'aux extrémités de la terre". Voilà, mes Frères, toute la vie chrétienne: l'attente dans le jeûne et la prière, réunis ensemble par le lien indissoluble de la charité, l’attente de la venue du Saint Esprit. Comme ils se trouvaient donc réunis dans leur lieu habituel, le jour de la Pentecôte - fête juive qui célébreitites moissons et le renouvellement de l'Alliance entre Dieu et les hommes- un coup de vent violent venu en ciel s'abattit et ébranla la pièce. Les mots hébreux et grec qui désignent 1’Esprit Saint peuvent aussi signifier le vent" ou le "souffle"; car l’Esprit de Dieu est en effet si intimement lié à Dieu qu’il est comme Son souffle -c'est à dire 1’expression de Sa vie. L’Esprit-Saint, c'est la transmission de la vie de Dieu, et descendant sur nous, Il nous donne la véritable vie. Dans l Église, l’Esprit Saint est l’air que nous respirons. Sans lui nous serions morts et sépares de Dieu. Le souffle de Dieu descendit donc brusquement sur les Apôtres. Il ébranla la maison .et toute la terre, comme si c'était déjà la fin du monde et la création d'un monde nouveau. Sans rien détruire, Il pénètre dans la pièce et vient reposer sur les Apôtres, paraissant au dessue de leurs têtes Sous forme de langues de eu. Pourquoi donc ce signe? Si 1’Esprit-Saint est Dieu, Il est invisible; pourquoi a-t-il donc besoin de se manifester sous une forme visible? Ces langues de feu ont, vous ailez voir une grande sinification pour nous. Nous pouvons comprendre par cette image que le Saint Esprit, bien qu’il soit Un, comme Dieu est Un et sans division, se répond pourtant de maniêre particulière sur chaque personne. II en esc de même, aujourd'hui, dans cette Pentecôte permanente de l’Eglise. L’Esprit Sqint nous est donné à tous en commun, parceque, réunis ansemble, nous composons le Corps mystique de Jésus-Christ la Sainue Eglise- les dans de Dieu sont donc les biens communs de tous les chrétiens; mais cependant chacun les reçoit, y participe de maniere et à des degrés différents selon sa foi, selon sa vertu, selon ses couvres, selon la fonction qu’il doit accomplir daas l'Eglise. Comme le dit Saint Paul: "A chacun 1a manifestattion (de l’Esprit} est donnèe en vue du bien commun. A l’un c'est le discours de sagesse qui est donné nur 1’Esprit; A tel autre un discours de science, selon le mëme Esprit; A en autre le foi, dans le même Esprit; à tels autres le don des miracles ou le pouvoir de faire des guérisons, à tel autre le don de

Mais tout cela c'est le même et unique Esprit qui l’opère, distribuant des dons à

prophétie (

chacun en particulier, comme II l’entend" (I Corinthiens 12). Un seul Dieu, un seul Christ, un seul Corps du Christ, une seule vraie Eglise, un seul Saint Esprit qui l’anime et la fait vivre; mais diversité de membres, diversité de charismes, diversité de vocations, diversité infinie de caractères. Dieu vient nous visiter et nous fait communier à Lui, en respectant notre caractère et notre personnalité. Il n’y a pas dans l’Eglise d'uniformité, mais une infinie variéte, qui est le reflet de la

douceur et maitrlse de soi

(Calâtes 5, 22).

)

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richesse de Dieu et de son amour pour nous plein de respect. L’Esprit Saint viet donc reposer sur la tête de chacun des Apôtres, sépareraient come une langue de feu. Pourquoi des langues? Les saints Pères nous disant que c'était pour rappeler la communaute de nature de 1'Esprit Saint avec le Christ. Ainsi, si l'esprit Saint est le souffle, la Voix, de Dieu le Père, le Verbe et Fils de Dieu est Sa Langue, par laquelle II nous a parle et nous a enseigne les saints dogmes de la Foi. Il a paraît aussi sous forme de langues, afin de montrer que la Grâce du Saint Esprit reçue par les Apôtres était principalement le don de l'enseignement, de la prédication de la Bonne nouvelle à travers le monde. Mais pourquoi des langues de feu? ''-Parceque cette Bonne Nouvelle, cet Evangile du Salut, annoncé par les Apôtres et par leurs successeurs jusqu'à aujourd'hui sur toute la terre, illumine les âmes comme un feu, elle les réchaulfe et leur conne la vie. L’enseignement des Apôtres et des missionnaires orthodoxes n'est donc pas, mes Frères, une parole ordinaire, qu'on entend et qu'on oublie et ce perd, mais il est parole de Dieu, il porte toute la puissance de ce feu que le Christ est venu Jeter sur la terre. Il est, parole et énergie de l’ Esprit Saint, pour ceux qui ouvrent leur coeur et la reçoivent afin de renouveler leur vie. Voyez ce qui est advenu aux Apôtres. Aussitôt que ces langues de feu se poserent sur eux, ils furent remplis de l'Esprit Saint et commencèrent immédiatement enseiguer à tous les peuples, en parlant dans toutes les langues do ceux qui se trouvaient réunis à Jeru^alem. Voilà un autre miracle de ce jour. A ces simples pêcheurs de Galilée sans instruction, qui ne parlaient que leur dialecte araméen, l'Esprit donne soudain non seulement la connaissance divine pour enseigner les mystéres de Dieu, de la Sainte Trinité, de L'Incarnation du Christ, de Sa Résurrection et du Salut qu'il nous a apporte; mais II leur donne aussi la possibilité de parler et de transmettre cette Bonne Nouvelle à tous les bonnes, à tous 1er peuples. Et quelque temps plus tard, la providence les dispersera et ils iront prêcher jusqu'aux extrémités du monde, jetant les semences qu'après tant de siècles nous avons aussi reçues ici dans la lointaine Afrique. Quel miracle! Les langues , qui autrefois avaient été divisées et confendues par Dieu pour punir les hommes qui s’étaient associes pour la construction de le tour de Babel (Genèse 11), ces langues se trouvent aujourd'hui reunies dans l'Eglise par l'Action du Saint Esprit. Nous compranon bien, ici au Congo, et de manière générale en Afrique, cette tragédie de noire nature humaine divisée par tant de langues et de dialectes, division qui rend noire vie si difficile et qui est la cource de tantes guerres et de révoltes qntre les hommes. Mais voilà qu’en fondant, l’ Eglise, rétablit l'unit perdue de notre nature hummaine.Non paz un impsosant une nouvelle langue commune que tous les chretiens devraient apprendre; mais en laissant la liberté pour chacub peuple, pour chaque nation de vivre et de se nourrir de la sainte Foi orthodoxe "dans sa langue propre, en gardant sa personalité et sa culture. Voyez, depuis le jour de la Pentecôte jusqu’a aujourd'hui, le premier souci des missionnaires orthodoxes a toujours été de traduire et de transmetre dans la langue locale des peuples chez lesquels ils se rendaient, aussi bien l’Ecriture Sainte que la Sainte Liturgie et tout ce qui peut aider la prédication de la Bonne Nouvelle et la formation spirituelle des chrétiens. Dans le Christ Jesus - c'est à dire dans la Sainte Eglise il n'y a ni "Juif ni Grec, dit Saint Paul, mais me seul homme nouveau". Grecs, Russes, Serbes, Roumains, Arabes, Français, Anglais, Congomani, Ougandais, Coréens ou Japonais, patout où se trouvent des fidèles orthodoxes qui communient au même Corps et au même lang de notre Seigneur, la division des peuples et des langues cesse, la haine la rivalité entre les hommes sont abolies, pour laisser un seul peuple nouveau des eifante de Dieu unis dans la charité. Voilà le grand miracle accompli le jour de la Pentecôte et continue jusqu’à ce Jour. Voilà le mystère de la réconciliation des peuples. Voilà la fin de la condamnation de Babel. Comme le prophète Joël l'avait prédit plus de 500 ans avant Jésus-Christ: " "Et voilà qu'après ce la je répandrai non Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens suront des songes, vos jeunes-gens de saintes visions. Même sur les esclaves et les servantes en ces jours-là, je répandrai mon Esprit" (Joël 2)

Rendons gloire à Dieu, mes frères, pour tous les dons qu’il nous a faits, et purifions notre coeur et notre vie, restons unis dans la charité, pour attendre dans la prière et les hymnes que le Saint Esprit, que nous avons reçu en devenant membres de la sainte Eglise le jour de noire bàpteue,

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devienne pour nous aussi feu, lumière, joie ett allégresse éternell. A Lui soit la gloire et l'action de grâces, avec le Père et Son Fils Unique, dans les siècles et des siècles. Amen.

« LOUEZ DIEU DANS SES SAINTS ! » (Ps. 150,I)

(1) (1) Nous donnons ici, en bonnes feuilles, l'introduction du Synaxaire français rédigé par le Père Macaire de l'Athos. Son premier tome paraîtra prochainement (mois de septembre et octobre) (N. d. 1. r.).

Lorsqu'il fut transporté en esprit devant le trône de Dieu préparé pour le jugement de toute chose à la fin des temps, l'Apôtre saint Jean dit: « Puis j'entendis comme la vobe d'une foule

nombreuse et comme la voix de grandes eaux et comme la voix de puissants tonnerres qui disaient:

Alléluia, car le Seigneur, notre Dieu le Tout-Puissant, a pris possession de la royauté. Réjouissons- nous, soyons dans l'allégresse et rendons lui gloire, car les noces de l'Agneau sont venues, son Épouse est parée, et il lui a été donné de se vêtir de lin fin d'une blancheur éclatante — le lin fin, ce sont les œuvres des saints» (Apocalypse 19, 6-10). Ce n'est pas seulement à l'aube de la Résurrection que cela arrivera, mais c'est aussi dès aujourd'hui que la sainte Église, l'Épouse du Christ, s'est revêtue comme de pourpre et de lin fin du sang des martyrs, des larmes des ascètes, de la tempérance des vierges, de la proclamation des apôtres, des écrits des docteurs, de la miséricorde

de toutes les vertus et de toutes les grâces que le Saint-Esprit a fait éclore dans les saints

de tout temps et en tout lieu. Qui pourrait dénombrer cette « nuée de témoins » (cf. Hébreux 12, I) qui nous entoure? Qui pourrait nommer chacun de ces « vivants » qui avec le Christ, par le Christ, dans le Christ, ont triomphé de la mort et ont trouvé accès auprès du trône de Dieu; en qui Dieu se réjouit (ch. Isaïe 41,17) et trouve son repos (Isaïe 57, 15) ? Ils sont devenus concitoyens des Anges et frères du Christ. Et Lui, tel le soleil se reflétant sur les eaux, apparaît en eux à la fois innombrable et unique. Les saints qui habitent aujourd'hui la Jérusalem céleste, la Terre des Vivants, la Cité du grand Roi, sont astres multiples d'un firmament spirituel qu'éclaire le Christ, « Soleil de Justice » (Malachie 4, 2). « A mes yeux tes amis ont beaucoup de prix, ô Dieu — chante David le Roi prophète —,jeles compte et ils sont plus nombreux que le sable » (Ps. 138, 17). Les milliers de saints que Ton trouve commémorés dans tous les

synaxaires et martyrologes d'Orient et martyrologes d'Orient et d'Occident, ne représentent qu'une petite partie de cette et grande assemblée tf (cf. Ps. 39, 10; 81,1, etc.): ce sont les saints qui ont fait l'objet d'un culte public. Mais combien plus nombreux sont ceux qui cachèrent Dieu dans le secret de leur cœur, en restant humblement ignorés de tous et protégés de la vaine gloire des hommes là où le Seigneur les avait placés. De tous temps, de toutes régions, de toutes conditions: patriarches, prophètes, apôtres, martyrs, confesseurs, évêques, prêtres, diacres, moines et vierges, hommes et

, de Dieu et dans les souffrances volontaires fait éclore en notre nature humaine les fleurs variées de la Grâce du Saint-Esprit. « A l’un en effet, c'est le discours de sagesse qui est donné par l'Esprit, à un autre, le discours de science selon le même Esprit; à un autre, la foi dans le même Esprit; à un autre lesf dons de guérison dans cet unique Esprit; à un autre le pouvoir d'opérer des miracles; à un autre la prophétie, à un autre le discernement des esprits; à un autre diverses sortes de langues; à un autre l'interprétation des langues. Mais tout cela, c'est l'œuvre de l'unique et même Esprit qui distribue ses dons à chacun en particulier selon son gré » (I Corinthiens, 12,8-11). Par son Incarnation et en unissant à sa Personne divine notre nature humaine mortelle et pécheresse, le Seigneur Jésus-Christ nous a ouveït les Cieux et nous appelle à y monter à sa suite, lorsque nous aurons manifesté la gloire de sa divinité dans notre vie et dans les conditions où il nous a placés. C'est tout chrétien qui, dans le Christ et par le Christ, est appelé à la sainteté: « Soyez saints, car Je suis saint», disait déjà le Seigneur dans la Loi ancienne (Lévit. II, 44; I Pierre, I, 16). C'est tout chrétien qui, né à la vie nouvelle de l'Esprit par le baptême, est appelé à l'accom- plissement de la vocation d'Adam: faire régner en ce monde la gloire de Dieu. Voilà pourquoi, il n'est pas un endroit du monde qui ne doive être aspergé du sang des martyrs, baigné des larmes des moines, ou qui ne doive résonner de la prédication de la Bonne Nouvelle. C'est en tout temps et en

femmes, enfants et vieillards, pauvres et riches, princes, prostituées et brigands

ils ont par amour

des justes

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tout lieu que s'est élevée, que s'élève et que s'élèvera la prière Mes saints pour le salut du monde. Car, selon le témoignage des premiers Pères, c'est par la prière des chrétiens que le monde peut subsister (Ep. à Diognète). Le monde est sanctifié, sauvé, racheté par la présence des saints, qui y sont comme le levain qui fait lever la pâte (cf. Matthieu 13, 33) et préparent l'humanité à l'ultime révélation du Seigneur Jésus-Christ. Il viendra alors dans sa gloire, pour que la lumière de sa divinité resplendisse sans ombre aucune sur son Corps: l'Église. Alors, sera achevé le nombre des saints qui doivent apparaître sur la terre, dont Dieu seul connaît les noms qu'il garde mystérieusement inscrits dans le « livre de vie de l'Agneau » (Apoc. 21, 27). Alors, le «monde d'En-Haut sera consommé» (S. Grégoire de Nazianze) et les saints de tous les temps seront réunis dans le Corps unique du Christ. Son union à l'Église Épouse aura atteint sa plénitude et l'humanité sera alors la Demeure de Dieu, la Jérusalem céleste (cf. Apoc. 22). Le Christ qui, actuellement se tient caché dans ses saints, rayonnera en eux dans toute l'intensité de la gloire qu'il a éternellement en commun avec le Père et le Saint-Esprit. « Afin que tous soient un, comme toi, Père tu es en moi et moi en toi, afin qu'eux aussi soient en nous » (Jean 17, 21) dit-Il, au moment de s'offrir en sacrifice pour notre salut. Mais jusqu'à ce jour, la maison de Dieu est encore en cours d'édification. Le Seigneur patiente et temporise en attendant que tousles saints entrent dans la construction comme « pierres vivantes » (I Pi. 2,4), adhérant chacun à son tour au Christ, la « Pierre d'angle » (ibid.; Isaïe 28,16), selon la grâce et les qualités qui lui ont été données. Les saints sont tout à la fois un et multiples, et chacun participe de manière unique et irremplaçable à la constitution du corps du Christ, comme autant de membres. Ils sont encore comme l'or et les pierreries qui ornent la robe de l'Épouse, laquelle se tient comme la Reine à la droite du Seigneur, « en vêtements tissés d'or, parée de couleurs variées » (Ps. 44, 10). Semblables au diamant et aux pierres précieuses, ils renvoient partout en des rayons multicolores l'unique lumière du triple Soleil. Mais pour être ainsi pénétrés de lumière, il a fallu auparavant qu'ils soient taillés, ciselés, dégagés de la matière et de ses impuretés par le ciseau et le marteau des souffrances, des persécutions, des afflictions de toutes sortes; qu'ils passent, comme l'or encore grossier, dans la fournaise des tentations, afin d'être affinés et de servir de dignes joyaux sur la robe de l'Église-Épouse. Les saints brillent de la lumière de Dieu, sont devenus dieu par la Grâce du Saint-Esprit dans la mesure même où « baptisés dans le Christ », ils ont « revêtu le Christ » (Galates 3, 27). Dans la mesure où avec le Christ ils ont pris leur croix (cf. Mat. 16, 24, etc.), afin de crucifier en eux le vieil homme plein de passions, de péchés et d'impuretés, ils ont pu aussi participer à la gloire de Sa Résurrection. En communiant à la Passion du Christ par le martyre, l'ascèse, les larmes et la pratique de toutes les vertus évangéliques, les saints ont vaincu la mort avec Lui. Ils sont désormais vivants en Dieu, car le Christ a fait en eux sa demeure. « Je suis crucifié avec le Christ », nous clament-ils: « ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Gai. 2, 19-20). Le Christ est monté au ciel, mais Il n'a pas quitté l'Église de la terre. Le Christ est monté au ciel, mais II nous a envoyé le Saint-Esprit qui fait de tous les saints comme autant de « christs », de dieux par la Grâce. L'œuvre de notre Seigneur Jésus-Christ et sa Personne elle-même, divine et humaine, sont à la fois répétées et prolongées par la vie des saints dans l'Église, sous l'action du Saint-Esprit. Certains de ceux dont l'esprit et le cœur sont insensibles à la vie spirituelle, trouvent ennuyeuses les vies des saints: « C'est toujours la même histoire », disent-ils. Martyrs, confesseurs, ascètes, vierges et saints laïcs; qu'ils aient vécu au premier siècle ou hier, en Asie, en Palestine, en Egypte, en Italie, en Afrique ou en Amérique, c'est en effet toujours la même histoire. Tous ont eu le cœur brûlant d'amour pour le Seigneur et ont participé à Son sacrifice en s'offrant volontairement à la mort, afin d'avoir part à Sa Résurrection. Tous ont été baptisés dans Sa mort par le baptême d'eau, par le baptême du sang, par le baptême des larmes, pour que la vie nouvelle de l'Esprit pénètre en eux et que la gloire de Dieu qui est sur le visage du Christ demeure dans leur cœur et déborde sur leur corps.

Les saints vivent dans le Christ Jésus et le Christ vit en eux. Il répète dans les saints de manière incessante jusqu'à la fin du monde le mystère unique de Sa mort et de Sa résurrection, de l'incarnation de Dieu et de la déification de l'homme. Souvent, dans les fresques qui représentent les

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martyrs — et surtout dans certains réfectoires du Mont-Athos, où sont peints les saints militaires on peut remarquer que les saintsont des postures, des vêtements, des attributs différents, mais qu'ils possèdent à peu près tous le même visage, et ce visage est celui du Christ. Tels sont en effet les

saints: identiques en Christ, mais infiniment divers dans leurs caractères personnels et les conditions dans lesquelles ils ont reproduit l'œuvre du Christ, dans un lieu donné et à un moment précis. Toutefois, cette reproduction de la Passion du Seigneur n'est pas chez les saints morne répétition. Elle est toujours nouvelle, toujours originale, toujours unique et contribue de manière irremplaçable

à l'édification de l'Église des «premiers nés». Le Seigneur Jésus a ouvert la voie, Il a sauvé la nature humaine en mettant à mort la mort dans son propre corps, mais il faut maintenant que chacun de nous, que chaque personne participe librement à cette œuvre de Salut. « Ce qui manque aux tribulations du Christ, écrit saint Paul, je le complète dans ma chair au profit de son corps qui est

l'Église » (Colossiens I, 24). Ces paroles de l'Apôtre ne signifient pas qu'il manquât quoi que ce soit

à l'œuvre du Christ et à notre Rédemption, mais seulement que chacun d'entre nous doit communier

volontairement et de manière personnelle à sa Passion pour avoir part à « l'héritage des saints dans la lumière de Dieu (ibid.) Unis au Christ par la foi et la grâce, les saints accomplissent les œuvres du Christ (cf. Jn 14, 10). En habitant en eux par le Saint-Esprit, c'est le Christ lui-même qui par eux fait des miracles, convertit les païens, enseigne les secrets de la science spirituelle, réconcilie les ennemis et donne à leur corps la force d'affronter avec joie les plus horribles tortures; de sorte que l'Évangile ne cesse d'être écrit jusqu'à aujourd'hui par les œuvres évangéliques des saints (1). (P. Justin Popovitch: « Avec tous les saints » (épilogue de son grand Synaxaire) in Le Messager Orthodoxe, n° 81,1978) Voilà pourquoi les saints proches et lointains, anciens et nouveaux, nous sont des guides sûrs pour trouver le Christ qui habite en eux. « Devenez mes imitateurs, tout comme je le suis moi- même du Christ » (I Cor. II, I), nous disent-ils avec saint Paul. Si nous voulons faire resplendir en nous l'image du Christ, il nous faut donc regarder souvent vers les saints pour avoir des exemples historiques, vécus, pratiques de la manière à suivre. Le peintre qui désire faire le portrait d'une per- sonne qu'a ne voit pas corporellement, se sert d'autres reproductions, les regarde attentivement, les compare pour s'en inspirer; de même, il nous faut regarder vers les saints, lire leurs vies, les comparer, pour savoir comment progresser dans la vie en Christ. Mais, dira-t-on, comment donc imiter ces martyrs qui ont souffert de si terribles tourments, quand il n'y a plus dé persécutions? Comment suivre la voie de ces ascètes qui se sont retirés au fond des déserts pour soumettre leur corps à des austérités que personne ne pourrait supporter aujourd’hui ? Cela n'est pas possible! Certes, les conditions géographiques, historiques, sociologiques, dans lesquelles nous nous trouvons sont fort différentes de celles dans lesquelles vécurent nombre de saints dont nous lisons la vie. Mais, est-ce là vraiment une raison pour dire que la sainteté n'est pas possible et pour nous livrer à la négligence ou réduire l'Évangile à une simple morale ? Le Seigneur n'a-t-Il pas dit que le « Royaume des deux est objet de violence et que ce sont les violents qui s'en emparent » (Mat. II, 12) ? Le langage de la Croix n'a-t-il pas « rendu folle la sagesse du monde» (I Cor. 1,20) ? De tels arguments, aussi raisonnables soient-ils, ne reviennent-ils pas à « vider la Croix de son contenu » (ibid. 17) en justifiant notre paresse et nos passions ? Les exploits des martyrs et des ascètes sont des réalités historiques, la gloire et l'ornement de l'Église, et ils ne nous paraissent inacessibles ou exagérés qu'à cause de notre manque de foi et d'amour de Dieu. Il nous est facile d'écouter l'enseignement de l'Évangile, d'assister à la Divine Liturgie, de prier dans notre chambre, mais croyons-nous vraiment que le «Royaume de Dieu ne consiste non en paroles, mais en puissance » (I Cor. IV, 20) et que par la grâce de Dieu, notre nature humaine peut être élevée au-dessus d'elle-même et accomplir des œuvres qui semblent impossibles à ceux qui sont prisonniers de ce monde. La lecture des exploits des saints ne porte au découragement que les orgueilleux qui se confient en leur propre force, pour les humbles elle est une occasion de voir leur propre faiblesse, de pleurer sur leur impuissance et d'implorer le secours de Dieu (1). (1) « Il est tout à

fait déraisonnable celui qui, entendant parler de vertus au-dessus de la nature chez les saints, désespère de lui-même. Tout au contraire, elles t'enseignent excellemment une de ces deux choses: ou bien elles éveillent en toi l'émulation grâce à leur saint courage, ou bien elles se conduisent, au moyen de la trois fois sainte humilité, à un profond mépris de toi-même et à la conscience de ta faiblesse congénitale ». S. Jean Climâque:LÉchel1e Sainte 26, III (trad. P. Placide

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Deseille. « Spiritualité Orientale, 24 », Abbaye de Bellefontaine, 1978, p. 253. Cf. aussi SS. Barsanuphe et Jean de Gaza: Correspondance, lettres 600 et 689, Abbaye de Solesmes, 1971.

Lisons donc la vie des saints en psalmodiant avec David: « Dieu est admirable dans ses saints, lui le Dieu d'Israël » (Ps. 67, 35). Tout comme eux, nous n'avons que notre faiblesse à offrir au Seigneur (II Cor. II, 30). C'est Lui qui agit et nous donne la victoire. Ceux qui sont prisonniers de la vaine gloire de ce monde mettent tout leur soin, nous dit saint Jean Chrysostome, à orner leur demeure de fresques, de peintures et d'objets précieux, de même, en lisant la vie des saints, il nous faut, nous les fils de la résurrection, orner la maison de notre âme du souvenir de leurs souffrances et de leurs exploits, afin de la préparer à recevoir le Christ et être à jamais la demeure du Roi du

Ciel (2). (2) S. Jean Chrysostome: Homélie sur tous les saints martyrs (PG 50,761 CD).

En lisant assidûment la vie des saints, en vivant « avec tous les saints » (Éphésiens 3, 18), en nous promenant chaque jour dans ce jardin spirituel qu'est le Synaxaire, nous trouverons peu à peu certains saints qui attirent davantage notre sympathie, notre émotion, notre affection. Ils deviendront pour nous comme des amis intimes à qui nous aimerons confier nos joies et nos peines, à qui nous demanderons plus spécialement le secours de leurs prières; dont nous aimerons relire souvent la vie, chanter les tropaires et vénérer licône. Ces amis intimes seront pour nous des guides privilégiés sur la route étroite qui nous mène au Christ (cf. Mat. 7, 14) et une puissante consolation. Nous ne sommes pas seuls sur ce chemin et dans ce combat, nous avons avec nous notre Mère, la Toute-Sainte Mère de Dieu, notre ange gardien, le saint dont nous portons le nom et ces quelques amis que nous aurons choisis parmi la grande Assemblée des témoins de l'Agneau. Lorsque nous trébucherons par le péché, ils nous relèveront; lorsque nous serons tentés par le désespoir, ils nous rappeleront qu'avant nous, et plus que nous, ils ont souffert pour le Christ et goûtent désormais à la joie éternelle. Ainsi, sur le chemin rocailleux de cette vie, ces saints amis nous feront voir un peu de la lumière de la Résurrection. Cherchons donc dans les vies des saints ces quelques amis intimes et « avec tous les saints », marchons vers le Christ ! Un jour, un moine doux et simple de l’Athos — un de ceux à qui le Christ a promis la terre en héritage (cf. Mat. 5, 5) — se préparait, comme d'habitude, à prier le saint du jour avec d'abondantes larmes et de nombreuses prosternations. Mais au moment de regarder son calendrier, il constata qu'il l'avait égaré et n'avait plus aucun moyen de savoir quel était le saint du jour. Aussi commença-t-il sa prière en disant: « Saint du jour, intercède pour nous ! » Après quelques instants, le saint apparut devant lui et lui révéla son nom: Lucien (13 sept., 15 oct., 25 oct. ou 7 juil.). Sans guère s'étonner, le bon vieillard compléta donc sa prière par le nom du saint, mais comme il était un peu sourd et n'avait par bien compris le nom, il dit: « Saint Lucillien, intercède pour nous ! » Le saint apparut alors à nouveau et lui dit sur un ton de reproche: « Je ne suis pas Lucillien (cf. 3 juin), mais Lucien » et disparut, laissant le moine continuer paisiblement sa prière. Cette petite anecdote illustre bien quelle familiarité nous devons avoir avec les saints et montre combien ils sont proches de nous, interviennent dans notre vie quotidienne, nous écoutent dans nos prières, nous reprennent dans nos chutes, nous montrent par d'innombrables signes de leur présence que notre vie n'est pas vraiment de ce monde, que nous vivons comme des étrangers et des voyageurs entre le ciel et la terre.

Nous pouvons communiquer quotidiennement avec les saints dans notre vie spirituelle de trois façons: en chantant leurs hymnes et leur office liturgique, en vénérant leur icône et en lisant leur vie dans le synaxaire. S'il est difficile à ceux qui vivent dans le monde de se rendre chaque jour à l'église pour chanter les louanges des saints, tous les chrétiens peuvent cependant chez eux, seuls ou en famille, chanter le tropaire des saints du jour, tous peuvent vénérer leur icône, tous peuvent consacrer quelques instants à lire ou à relire leur vie dans le Synaxaire. Toutefois, la lecture quotidienne de ces résumés de la vie des saints ne nous sera vraiment profitable que si nous les approchons avec les mêmes dispositions que lorsque nous vénérons une icône. Aussi imparfaites soient-elles, les notices du Synaxaire sont en effet dans le domaine du récit ce que sont les icônes dans le domaine de l'image: elles nous rendent le saint présent et peuvent nous apporter autant de grâce que les saintes icônes. Tout dépend de la simplicité de notre cœur. Ainsi, où que nous nous trouvions, quel que soit l'état de notre avancement spirituel, quel que soit notre désir de consacrer notre vie à Dieu, nous trouverons dans le Synaxaire un renouvellement de nos forces et comme un

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avant-goût de la Vie éternelle, où tous les saints danseront avec les Anges autour du trône de Dieu en disant: « Saint, Saint, Saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, Qui était, qui est et qui vient » (Apoc. 4, 8).

LE SYNAXAIRE DANS LA TRADITION DE L'ÉGLISE

Aux premiers temps de la vie de l'Église, lorsque les chrétiens étaient organisés en petites communautés locales qui devaient souvent rester clandestines et cachées par crainte des persécutions, les fêtes liturgiques n'étaient pas aussi nombreuses ni aussi fastueuses qu'aujourd'hui. La vie liturgique était alors centrée sur la célébration hebdomadaire du Jour du Seigneur (dimanche), où tous communiaient aux saints Mystères. On prit également l'habitude d'aller célébrer l'Eucharistie sur la tombe des martyrs de la communauté, le jour anniversaire' de leur «naissance au ciel». Lors de cette réunion (Synàxis),!'évêque du lieu, ou quelque évêque d'une communauté voisine renommée pour son éloquence, prononçait le panégyrique du saint. Lorsqu'on les possédait, on lisait les Actes du procès et de l'exécution du martyr et, plus tard, le récit de ses miracles posthumes pieusement rassemblés en recueil. Chaque église locale avait ainsi son propre calendrier liturgique, appelé «martyrologe». Mais peu à peu le culte de certains saints s'étendit au delà des limites de leur église d'origine: principalement à cause des miracles accomplis par leurs reliques. Celles-ci attiraient les pèlerins et encourageaient d'autres églises à honorer le saint pour jouir de sa protection; surtout si elles avaient pu obtenir quelques fragments de ces saintes reliques. On vit alors apparaître des Martyrologes généraux communs à de grandes régions ecclésiastiques, qui ne supprimèrent pas les Martyrologes locaux, mais se développèrent parallèlement et les absorbèrent progressivement. Avec les luttes contre les hérésies et les nombreux confesseurs de la foi qu'elles suscitèrent, on ajouta aux fêtes des martyrs, celles des saints évêques ou saints prêtres qui offrirent leur vie pour la pureté de la doctrine. Désormais les communautés plus grandes ne pouvaient plus se réunir dans des maisons particulières, c'est pourquoi on construisit de vastes basiliques au-dessus du tombeau des martyrs et l'on prit l'habitude de se réunir non seulement pour la fête du martyr, mais aussi pour les synaxes régulières, hebdomadaires ou même quotidiennes. Au IVe siècle, avec la cessation des persécutions et bientôt la reconnaissance du Christianisme comme religion officielle de f Empire romain, cette évolution liturgique se précipita. On construisit partout des églises splendidement ornées, on développa la poésie liturgique, on institua de nouvelles fêtes: du Seigneur, de la Mère de Dieu, des saints et des martyrs à la renommée universelle. De sorte que chaque jour de l'année fut bientôt occupé par la mémoire d'un ou de plusieurs saints (martyrs, confesseurs, ascètes) locaux ou généraux. La lecture des Actes fut rejetée dans un cadre extra-liturgique et remplacée par les hymnes. On mit désormais davantage l'accent sur l'aspect mystérique et initiatique de l'assemblée liturgique, considérée comme « le ciel sur la terre », l'anticipation en ce monde du Royaume des Cieux, le moment redoutable de la réconciliation de toutes choses dans le Corps du Christ, sous l'espèce des précieux Dons eucharis- tiques. L'aspect universel et cosmique de l'Église prima dès lors sur l'aspect local et fraternel des premiers siècles. C'est pourquoi, pendant toute la période byzantine, le calendrier des saints a constamment tendu à l'unification autour du calendrier de la Grande-Église (Sainte Sophie) à Constan-tinople, sans pour cela jamais perdre sa souplesse et son caractère local. Jusqu'au XV e siècle, par exemple, chaque église et chaque monastère de Constantinople avaient un calendrier propre, mais dont les dates des principaux saints coïncidaient cependant avec le calendrier général. Au VIII e -IX e siècles, l'hérésie iconoclaste, en s'attaquant au culte des saintes images, visait aussi le culte des saints et en général la présence de tout intermédiaire entre nous et Dieu. C'est pourquoi, en réaction, les orthodoxes insistèrent encore davantage sur le culte des saints. Après la liquidation de l'hérésie, on couvrit les églises d'icônes, on écrivit avec ardeur de longues vies des héros de l'Orthodoxie, et on compléta le calendrier et les offices liturgiques. Les saints hymnographes du monastère du Studion (Sts Théodore, Joseph, etc.) donnèrent à nos offices la forme qu'ils ont aujourd'hui et laissèrent dans leurs hymnes, après la 6 e ode du canon des matines, une place réduite pour la lecture d'un résumé de la vie des saints du jour, appelé «Synaxaire», un vestige des premières assemblées liturgiques. Du IX e au XI e siècle, on compléta la rédaction de ces

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courtes notices du Synaxaire, qui sont le plus souvent des résumés de vies longues mises au point par S. Syméon le Métaphraste (X e s.) ou de grands historiens ecclésiastiques (Eusèbe de Césarée,

Les notices du Synaxaire, insérées depuis dans nos Menés, ne

sont donc que des aides-mémoires. Les vies des saints, leurs exploits, leurs miracles étaient diffusés par ailleurs dans les vies plus longues, mais surtout par la tradition orale et populaire, comme on peut le constater aujourd'hui dans les pays orthodoxes. Par la transmission écrite ou orale des actes et miracles des saints, c'est en fait toute la tradition et la culture orthodoxes qui se diffusent de manière vivante et populaire. Par les vies des saints, les fidèles orthodoxes ont appris et apprennent comment se conduire en disciples du Christ en toutes circonstances, quels sont les dogmes et comment défendre et proclamer la Foi, comment faire régner l'« esprit du Christ» en toute situation: dans nos pensées, dans notre comportement moral, dans notre famille, dans notre vie professionnelle; comment lire, comment prier, comment chanter, comment regarder la nature, comment utiliser la technique pour la gloire de Dieu et non pour le service de Satan. Les vies des saints, vivantes dans la tradition de l'Église, ne sont donc pas seulement le guide spirituel dont nous avons parlé plus haut, mais aussi une véritable encyclopédie

orthodoxe (1). (1) P. Justin Popovitch, op. cit.

Elles nous transmettent toutes les connaissances utiles au chrétien: théologie, philosophie, morale, psychologie, histoire civile et histoire de l'Église, géographie ecclésiastique, apologétique, exégèse de l'Écriture Sainte, etc. non pas de manière sècle et académique, mais reflétées de façon simple et concrète dans la vie de personnes qui ont réellement vécu et expérimenté ces vertus et ces connaissances. En fait les vies des saints s'identifient avec la tradition de l'Église, elles sont la tradition elle-même. Aussi, tentons de faire nôtre cette réflexion de saint Nil de la Sora, dont le martyre ascétique et spirituel illustra le destin trinitaire de la Sainte Russie: « Puissions-nous, recevant les Vies des Saints Pères, être pleins de zèle pour leurs actions et avec eux posséder la vie éternelle. En ceci consiste un véritable amour du prochain: inciter sa conscience à aimer Dieu et à garder ses commandements selon ses divines paroles et selon la vie et les enseignements des Saints Pères, pour vivre aussi bien que possible et être sauvés. Si je suis pécheur, misérable et incapable de faire quelque chose de bon, au moins, je souhaite le salut de beaucoup de mes frères » (2). (2) Cité dans G.

A. Maloney, La spiritualité de Nil Sorskij, « Spiritualité orientale »,n°25,Bellefontaine, 1978, p. 88.

Socrate, Sozomène, Théodoret

).

DEUXIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 4: 18-23) Mes chers frères et soeurs:

Dans notre. Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe , nous avons entendu aujourd'hui pendant la Divine Liturgie l histoire, tirée de l'Evangile selon Matthieu, de l'appel des quatre premiers Disciples de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Ces quatre Disciples étaient Simon Pierre, son frère André, et les deux frères Jacques et Jean, fils de Zebedée. Considérons aujourd'hui l'appel du Seigneur qu'il fait à quelques-uns pour Le servir, comme les Apôtres, dans le clergé de Sa Sainte Eglise Comme vous le savez déjà sans doute, dans le clergé de l'Eglise Orthodoxe il y a trois degrés: les éveques, les prêtres, J et les diacres II y a aussi des assistants du clergé, à savoir les sous-diacres et les lecteurs Ceux-ci ont des tâches et des pouvoirs spéciaux dans l'Eglise, mais ils n'appartiennent pas au clergé proprement dit. C'est seulement aux éveques, aux prêtres et aux diacres qu'il est permis de passer par la "Belle Porte", c'est-à-dire la porte centrale de l'iconostase, entre l'autel et le nef d'une église Orthodoxe. Le titre "évêque" vient du mot grec "episkopos", qui veut dire "surveillant". L’évêque surveille l'Eglise locale qui lui est confiée. Il la surveille pour que tout y aille bien, et selon la Sainte Tradition de l'Eglise. Il surveille son Eglise locale pour empêcher que personne ne s'égare. Il la surveille aussi pour la défendre contre les assauts des hérétiques et des autres gens qui veulent nuire à l'Eglise. Chaque èvêque de l'Eglise Orthodoxe reçoit la succession apostolique. Ceci veut dire que tous les premiers éveques furent consacrés par les Saints Apôtres, et ils reçurent des pouvoirs et des

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mandats directement des Apôtres. Ces premiers éveques ont transmis ces pouvoirs à leurs successeurs qu'ils ont consacrés. Ainsi les mêmes pouvoirs que les Apôtres donnèrent aux premiers éveques ont été transmis à tous les éveques de l'Eglise Orthodoxe, jusqu'à nos jours. Chaque évêque doit être consacré par trois autres éveques Orthodoxes, qui possèdent la succession Apostolique Cette règle assure la con-\, tinuité de la succession apostolique; aussi elle montre que l'évêque représente l'Eglise universelle dans son Eglise locale. L Eglise locale sur laquelle l'évêque préside s'appelle un diocèse, un évêché, un archevêché, ou .une mitropole. Dans chaque endroit il ne doit y avoir qu'un seul évêché Orthodoxe. Dans chaque Eglise locale, réunie autour de son évêque, se trouve toute l'Eglise entière universelle, l'Eglise de tous les lieux et de tous les temps. C'est le sens du mot "catholique" pour nous les Orthodoxes, quand nous disons dans le Credo que nous croyons "en l'Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique"; nous confessons que toute l'Eglise universelle est présente eçi chaque Eglise locale autour de son évêque. Dès les premiers siècles de l'époque chrétienne, on a donné un honneur spécial aux évêques de quelques villes pour des raisons historiques Ces-évêques ont le titre de "Patriarche". Anciennement les Patriarches étaient cinq en nombre, à savoir les évêques de Rome (parce qu'elle était l'ancienne capitale de l'Empite Romain), de Constantinople (parce qu'elle était la "Nouvelle Rome", la capitale de l'Empire Romain chrétien), d'Alexandrie (en Egypte), d Antiocheen Syrie, et

de Jérusalem (parce qu'elle est la Ville Sainte, où notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ a été crucifié et est ressuscité). Deux des Patriarches, ceux de Rome et d'Alexandrie, ont de plus l'appelation "Pape", mais cela ne veut pas dire qu'ils sont différents des autres Patriarches. ' Le Patriarche de Constantinople le titre "Patriarche Oecuménique, c'est-à-dire "Patriarche du monde entier,, ^ parce que la ville de Constantinople était la capitale de l'Empire Romain. Quand le Patriarcat de Rome est sortie de la communion avec les autres patriarcats en 1054 la distinction d'être le premier entre tous les évêques Orthodoxes est passée au Patriarche de Constantinople (ville qui de nos jours s'appelle "Istanboul" et se trouve en Turquie). Mais le Patriarche Oecuménique est le premier seulement en honneur. Les Patriarches sont en réalité égaux à tous les autres Eveques de l'Eglise Orthodoxe. Plus tard, quand les Eglises Orthodoxes nationales de Bulgarie,de Roumanie, de Russie

et de Serbie ont été formées, le premier de leurs évêques a reçu le titre "Patriarche"

patriarches nationaux sont eux aussi les "premiers entre les égaux"; leur primauté est seulement une primauté d'honneur. Notre évêque ici au Congo est Son Eminence Mgr. Ignatios, Archevêque (ou Mitropolite) d'Afrique Centrale. Il appartient, comme toute l'Afrique, au Patriarcat d'Alexandrie. Les prêtres aident l évêque dans sa surveillance de l'Eglise locale. C'est pour cette raison qu f ils sont appelés "Spiscopes" J au pluriel au commencement de l'Epitre de Paul aux Philippiens. Mais d'ordinaire dans le Nouveau Testament ils sont appelés par le mot grec: "presvyteri", c'est-à- dire "anciens". Du mot "presvyteros" vient notre mot: "prêtre". Normalement un prêtre est assigné par l'évêque à une partie de son évêché, appelée une "paroisse". Le prêtre de paroisse a la responsabilité, qui lui est donnée par l évêque, d'être le pasteur spirituel des fidèles dans sa paroisse. Les prêtres peuvent célébrer la Divine Liturgie, c'est-à-dire l'Eucharistie, le Mystère du Corps et du Sang de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. Ils dirigent les offices de l'Orthros et des Vêpres, pendant lesquels ils lisent des prières. Ils célèbrent aussi le Baptême, et ils oignent les ûouveau-baptisés avec la sainte huile, appelée le Myron, qui a été déjà consacrée par sept évêques. Les prêtres célèbrent aussi l'Onction des Malades, en bénissant eux-mêmes l'huile pour ce Mystère. Ils célèbrent les Mariages ils confessent les fidèles. Ils peuvent faire la plupart des bénédictions, comme celles de l'eau et des objets. Mais toute ordination du clergé est réservée aux évêques. Ce sont seulement les évêques qui peuvent consacrer un autre évêque, un prêtre ou un diacre. Aussi la consécration du Saint Myron, c'est-à-dire la sainte huile avec laquelle les nouveaux-baptisés sont oints par les prêtres, est fait seulement par sept ou plusieurs évêques ensembles. Mais tout ce que fait le prêtre, ce doit être avec la permission de son évêque Les prêtres doivent enseigner leur troupeau dans la Poi et leur prêcher la Parole de Dieu.

Mais les

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Le nom "diacre" vient du mot grec: "diakonos", qui veut dire: "serviteur". Les diacres sont des serviteurs consacrés pour servir dans l'Eglise. Ils concélèbrent avec l évêque ou les prêtres dans la Divine Liturgie et dans les autres offices de notre Eglise. Ils concélèbrent aussi aux autres Saints Si Mystères de l Eglise (le Baptême, 1'Onction des Malades, et le Mariage). Ils lisent le Saint Evangile pendant la Divine Liturgie. Mais leur fonction liturgique est surtout de conduire les prières' des fidèles. Tous ceux qui ont jamais assisté à un Office de l Eglise Orthodoxe où célébrait un diacre, savent comme il est beau de voir le diacre se. tenir devant les fidèles, en chantant des invitations à prier, comme: "Pour la paix d en-haut et le salut de nos âmes, prions le Seigneur"

ou:"Demandons au Seigneur ce qui est utile à nos âmes, ainsi que la paix du monde". Des hommes mariés peuvent devenir diacre ou prêtre. Normalement la plupart des prêtres de paroisse sont des prêtres mariés. Mais ils doivent être déjà mariés avant leur ordination. Dans l'Eglise Orthodoxe il est interdit à tout évêque, prêtre ou diacre de se marier après l ordination. Les évêques sont choisis seulement des prêtres non-mariés ou des prêtres veufs. A quelques prêtres non-mariés 1'Eglise donne le titre: "archimandrite", et à quelques prêtres mariés elle donne le titre de "protoprêtre", comme titre honorifique. Les archimandrites et les protoprêtres portent une croix suspendue sur la poitrine. Les pouvoirs des évêques et des prêtres ne sont pas leurs propres pouvoirs personnels. Ce sont les pouvoirs de -toute l 1 Eglise, qui sont exercés par l'intermédiaire des évêques et des prêtres. Hors de l'Eglise ces pouvoirs n'existent pas. Aiùsi, si un évêque ou un prêtre quitte la Sainte Eglise Orthodoxe, il ne fonctionne plus en réalité comme évêque ou prêtre. Aussi, les pouvoirs des évêques et des prêtres ne sont pas des pouvoirs magiques. Ils sont exercés par la prière à Dieu pour qu Il accomplisse ce que nous, qui sommes Son Eglise, demandons. Chez nous la consécration des Saints Dons dans la Divine Liturgie, quand le pain et le vin sont changés en le Corps et le Sang de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, est accomplie par la prière de toute l'Eglise. Le prêtre chante à haute voix les paroles du Christ: "Prenez, mangez, Ceci

'" et: "Buvez-en tous, Ceci est Mon Sang." mais la récitation de ces paroles n'est

pas la consécration. Après ces paroles du Christ, le prêtre dit à Dieu: "Nous Te prions et nous Te supplions: envoie Ton Esprit-Saint sur nous et sur les dons ici offerts; » et il bénit les Saints Dons en disant: "et fais de ce pain, le Précieux Corps de Ton Christ; et de ce qui est dans cette Coupe le Précieux Sang de Ton Christ; I en les changeant par Ton Esprit-Saint"?) Tandis que le prêtre prie de cette manière pour la consécration du pain et du vin, les fidèles (ou le choeur pour les fidèles) chantent en même temps: "Nous Te chantons, nous Te bénissons, nous Te rendons grâce, Seigneur, et nous Te prions, ô notre Dieu ». Ainsi chez nous les Orthodoxes la consécration du pain et du. vin est achevée I par la prière de tous, des prêtres et des laïques. Nous ne devons pas envier les membres du clergé, car ils ont une responsabilité très grave. Les laïques seront considér responsables pour leurs propres péchés au jugement dernier; mais les évêques et les prêtres seront responsables pas seulement pour leurs propres péchés, mais aussi pour les péchés de ceux qui ont été commis à leur surveillance. Dans les Vies des Saints, on trouve plusieurs exemples de Saints qui ont refusé d'être ordonnés prêtre ou évêque, ou qui se sont même enfuis pour l'échapper. Mes chers frères et soeurs en Christ, prions ainsi pour notre clergé: pour nos évêques, prêtres et diacres, afin qu'ils accomplissent leur tâche dans l'Eglise, et qu'ils -arrivent, avec nous aussi, au Royaume du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à Qui soit toute gloire, honneur et adoration; maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

est Mon Corps

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TROISIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 6: 22-33) Mes chers frères et soeurs:

Aujourd'hui notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous a fait lire, comme Evangile dans la Divine Liturgie, des instructions de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ comment vivre comme de vrais Chrétiens Ces instructions sont tirés du Discours sur la Montagne, le grand discours qui remplit trois chapitres vers le commencement de l'Evangile selon Matthieu La partie du Discours sur la Montagne que nous avons entendue ce dimanche traite surtout du but de notre vie, ou mieux, de ce que nous mettons comme premier but de notre vie. Nous avons le choix. Nous pouvons mettre le Royaume des Cieux comme premier but, en prenant soin surtout de notre âme et de tout ce qu'elle en a besoin pour sa santé et sa propre vie; ou nous pouvons mettre la vie ici sur la terre comme premier but, en prenant soin surtout pour le corps et ses exigences. L'Evangile d'aujourd'hui commence avec une illustration tirée du corps humain, pour enseigner une réalité spirituelle. Le Seigneur dit: « La lampe du corps, c'est l'oeil. Si donc ton oeil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière. Mais si ton oeil est malade, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ce sera! (Matth. 6:22-23). Le Seigneur vient de parler au sujet du vrai trésor que nous devons amasser, le trésor dans le ciel^le trésor impérissable. Il avait dit: "Là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent. Car où est ton trésor, là aussi sera ton coeur."(Matth. 6:20-21). Nous savons ce qui sent les trésors de ce monde: l'argent, les objets précieux, les grands troupeaux de vaches ou d f autres bêtes, des grandes terres couvrant beaucoup d hectares, des automobiles grandes et rapides, des maisons grandes et chères, des vêtements de grand prix. Toutes ces richesses sont périssables. Même s'ils ne périssent pas, ils peuvent toujours nous être volées. Mais les trésors célestes eux ne périssent pas. Ils ne peuvent non plus être volés. Quels sont les trésors des cieux? Ce sont la joie indescriptible; la gloire brillante et pleine de lumière; l'amour parfait, c'est-à-dire l'amour entre Dieu et nous les hommes; l'immortalité; et l'incorruptibilité. Ce "trésor c'est la participation à la divine Nature, la divinisation par la grâce incréée de Dieu.Car où est ton trésor, .là aussi sera ton coeur." Si nous nous efforçons de nous amasser un trésor dans le Royaume des Cieux, notre coeur, notre volonté et nos pensées seront là aussi. Mais si nous faisons tous nos efforts pour nous amasser des richesses dans ce monde, notre coeur sera lié à ce monde et il ne s'intéressera à Dieu et aux choses de Dieu. Et après la mort, qu'est-ce qui deviendra à un tel coeur? où seront les richesses de ce monde que l'on a amassées dans cette vie? Le Seigneur dit ensuite les paroles avec lesquelles commence l'Evangile de ce dimanche:

"'La lampe du corps, c'est l'oeil. Si donc ton oeil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière. Mais si ton oeil est malade, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Dans notre corps, c'est l'oeil qui voit en faveur du tout le corps. Si l'oeil est dans la lumière, c'est comme si tout le corps est dans la lumière. Si l'oeil est sain, tout le corps voit bien. Mais si l'oeil est malade, il ne voit pas bien, et il ne se profite pas de la lumière. Alors c'est comme si tout le corps se trouve dans les ténèbres et ne voit pas. Si l'oeil est aveugle, tout le corps est aveugle. Un homme aveugle vit toujours dans les ténèbres, parce qu'il ne voit pas avec l'oeil. Il en est de même pour l'esprit de l'homme. "L'oeil" de l'esprit de l'homme, c'est le sens spirituel pour la perception des choses spirituelles. Ce sens spirituel correspond aux cinq sens du corps matériel: la vision, l'odorat, le goût, le toucher et l'ouïe. Mais le sens spirituel ressemble surtout au sens corporel de la vision. Si cet "oeil", l'oeil de l'âme, est sain, toute notre âme est pleine de lumière, de la lumière spirituelle. Mais si l'oeil de notre âme est malade, alors toute l’âme est malade et se trouve dans les ténèbres. Lorsque l oeil de l'âme est malade, l'âme ni ne voit ni ne comprend les choses de l'esprit, et son attention est tirée par les choses de cette vie. C'est alors que l'âme est remplie de ténèbres. La lumière qui est en elle "est ténèbres, et quelles ténèbres ce sera! "Il en est ainsi avec l’homme qui ne cherche que les richesses de ce monde Un tel homme est aveugle.

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La lumière qui est en lui est ténèbres. Le Seigneur continue cette instruction, en disant: "Nul ne peut servi deux maîtres; ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l f un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l Argent." (Matth. 6:24) .Si l'on cherche à ammasser toutes les deux espèces de richesses: celle de ce monde et . I celle du Royaume des Cieux, c'est comme si l'on cherchait à servir deux maîtres. Tous ceux qui sont employés, tous ceux qui travaillent pour quelqu’un d'autre, savent que servir deux maîtres et leur servir également, est une tâche impossible. Ceci est surtout vrai quand les deux maîtres donnent toujours des ordres différents. Ainsi il est impossible de servir Dieu et en même temps de servir Mammon, c'est-à-dire l'esprit de l'argent. Ces deux maîtres donnent toujours des instructions opposées. Dieu nous dit de donner notre argent et nos possessions superflueuses aux pauvres, et ainsi d'amasser des richesses impérissables dans les cieux. Mammon nous dit de retenir tout ce que nous avons pour nous seuls, afin d'amasser des richesses dans ce monde. Comme l'Apôtre Paul a écrit à Saint Timothée, l'Evêque d'Ephèse: "Nous n'avons rien apporté dans le monde et de même nous n'en pouvons rien emporter. Lors donc que nous avons nourriture et vêtement, sachons être satisfaits. Quant à ceux qui veulent amasser des richesses, ils tombent dans la tentation, dans le piège, dans une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux, c'est l'amour de 1'argent (1 Tim. 6:7-10) Ainsi, mes frères et soeurs, il est impossible d'aimer Dieu et en même temps d'aimer l'argent. Notre Seigneur Jésus-Christ continue Son Discours avec les paroles: "Voilà pourquoi Je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez La vie n'est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement?"(Matth.

6:25). Ensuite II nous donne comme exemples les oiseaux: "Ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit." (Matth. 6:26). Ici II ne nous dit pas de vivre comme les oiseaux, en renonçant à toute activité agricole. Il ne nous défend pas de semer, ni de moissonner, ni d’ amasser dans des greniers. Ce que le Seigneur nous dit ici, c'est de ne pas faire de l'acquisition des biens le but de notre existence. Je sais que beaucoup d'entre vous, mes auditeurs, avez un problème réel pour nourrir votre famille pendant toute l'année; je sais que pour beaucoup d'entre vous ceci est un problème très inquiétant. Ces paroles de notre Seigneur vous semblent sans doute très dures, ou au moins impraticables. Mais c'est Dieu le Créateur Qui les a. dites. C'est Dieu Qui a créé le soleil, le monde et toutes les choses qui s ' y trouvent. C'est Dieu Qui a créé les aliments divers, la nourriture pour les hommes et pour les différentes espèces d'animaux, des oiseaux et même des insectes.'C'est Dieu Qui a créé toute la nature visible autour de nous, et c'est Dieu Qui a fait des lois de la-nature, en nous donnant les saisons de l'année, les saisons des pluies et les saisons de la sécheresse, pour assurer la croissance des plantes différentes. Nous appelons ceci la Providence de Dieu. Mais la Providence de Dieu ne s'exprime pas seulement dans

Elle s'exprime aussi par des miracles, par des choses qui ne suivent pas les lois

les lois de la nature

de la nature. Dieu fait des miracles pour aider ceux qui ont foi en Lui. Dans l'Ancien Testament, nous lisons qu'une fois Dieu à donné une sécheresse très sévère aux pays du Moyen Orient à cause des péchés de Son peuple Israël. Cette sécheresse dura trois ans et demi. Pendant cette longue sécheresse, le Prophète Elie est allé à la ville de Sarepta, dans la territoire de Sidon, hors du Royaume d'Israël En arrivant à Sarepta, le Prophète Elie dit à une veuve:

« Apporte-moi donc un morceau de pain!" Elle répondit: "Je n'ai pas de pain cuit'; je n ai qu'une poignée de farine dans une jarre et un peu d'huilB dans une cruche, je suis à ramasser deux bouts de bois, je vais préparer cela pour moi et mon fils, nous mangerons et nous mourrons." Mais Elie lui dit: "Ne crains rien; seulement, prépare-mVen d'abord une petite galette, que tià m'apporteras; tu en feras ensuite pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur: 'La jarre de farine ne s'épuisera, la cruche d'huile ne se videra, jusqu'au jour où le Seigneur enverra la pluie sur la face de la terre.'" Elle alla et fit comme avait dit Elie, et ils mangèrent. La jarre de farine ne s'épuisa pas et la cruche d'huile ne se vida pas, selon la parole que le Seigneur avait dite par Son ministre Elie. La veuve de Sarepta avait toute raison de s'excuser de donner au Prophète Elie à manger Elle aurait bien pu dire qu’il lui était impossible. Mais elle ne s'inquiéta pas du manque total de nourriture qui suivrait son

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hospitalité; ainsi Dieu a fait un grand miracle pour cette veuve vertueuse S'il a agit ainsi pour une païenne, Il fera de même pour nous, qui croyons en Lui Les Vies des Saints sont pleines de tels récits d'interventions miraculeuses de la Providence divine. Ainsi mes chers frères et soeurs, suivons les paroles avec lesquelles le Seigneur conclut l'Evangile d'aujourd'hui: "Cherchez d'abord le Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.(Matth.6:33). Demandons dans nos prières d'abord les choses spirituelles: la rémission de nos péchés, la compréhension des Saintes Ecritures et des autres choses de notre Foi, et surtout la gloire de Dieu Ensuite nous pourrons demander de la nourriture, des vêtements, un toit, et de telles choses, si nous en avons vraiment besoin Que le modèle de notre prière soit toujours le "Notre Père", dans lequel nous demandons premièrement que le Nom de Dieu soit sanctifié, que Son règne vienne, et que Sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel; ensuite nous demandons "notre pain de ce jour", c'est-à-dire ce que nous suffit pour aujourd'hui. A notre Dieu, Qui nous a créés, et Qui nous dispense tout ce qui nous est nécessaire, au Père, Fils et Saint-Esprit, soit toute adoration et action de grâces, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles Amin

QUATRIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH.

8:

5-13)

Mes chers frères et soeurs:

L Evangile aujourd'hui pendant la Divine Liturgie dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, était l'histoire de la guérison du serviteur du Centurion. Les centurions étaient des officiers de l'armée impériale romaine. Ils étaient chacun à la tête de cent soldats, d'où vient leur nom. Ainsi ils correspondaient à peu près à un capitaine dans l'armée contemporaine. Au monde ancien de l'Empire Romain, avant la rébellion des Juifs et la destruction de Jérusalem en l'année 70 après le Christ, il y avait beaucoup de gens, qui n'étaient pas Juifs,-mais qui étaient attirés par la religion juive. Ils l'aimaient à cause de son monothéisme - c'est-à-dire, parce que les Juifs ne croyaient qu'en un seul Dieu, tandis que les païens croyaient en des centaines de dieux. Ils l'aimaient aussi à cause du rejet de l'idolâtrie par la religion juive, tandis que les païens adoraient des statues comme des dieux, en leur offrant des sacrifices et en leur offrant leurs prières. Ces païens qui étaient attirés par la religion juive fréquentaient les synagogues - c'est-à-dire les maisons de prière des Juifs - pour entendre de l'enseignement. Quelques-uns d'entre eux devenaient eux-mêmes des Juifs; ils étaient appelés des "prosélytes", (Vois Actes 2:11) et ils avaient les mêmes droits et obligations que tous ceux qui étaient nés Juifs. Mais la plupart de ces païens qui étaient attirés par le judaïsme ne voulaient pas devenir eux-mêmes des Juifs, parce qu'ils reculaient devant la cérémonie douloureuse de la circoncision et devant l'obligation d'observer toute la Loi de Moïse. Ces gens, bien qu'ils ne devinssent pas des Juifs, croyaient au Dieu des Juifs, ils L'adoraient, et ils Lui adressaient leurs prières. Ils étaient appelés des "adorateurs de Dieu" (Vois Actes 17:4). C'était eux surtout qui recevaient avec joie la prédication de l Apôtre Paul et des autres Apôtres, et qui devenaient les premiers Chrétiens d'entre les païens. Le Centurion dans l'Evangile d'aujourd'hui était un tel "adorateur de Dieu". Il n'était pas devenu lui-même Juif, mais il était attiré par la religion juive. Il avait même bâti une synagogue pour les Juifs, comme nous raconte l'Evangéliste Luc. Parmi les Juifs qu'il connaissait, ce Centurion avait entendu parler de Jésus, comme grand Prédicateur et Thaumaturge Qui était apparu dans le peuple juif. Ainsi, quand son serviteur, qui lui était cher, était près de mourir'(Vois Luc 7:2), il s'est approché de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ pour Le supplier de sauver son serviteur. L'Evangéliste Matthieu nous donne l'impression qu'il vint lui-même supplier le Christ, mais Saint Luc nous dit qu'il "Lui envoya quelques-uns des anciens des Juifs pour Le prier(Luc 7:3) de sauver son serviteur. Puis qu'il était un homme de grande humilité, il se considérait indigne de s'approcher lui-même le Seigneur, surtout parce qu'il n'était pas Juif; ainsi il envoya des

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intermédiaires pour présenter son cas et son besoin au grand Thaumaturge. Il doit en être de même pour nous, quand nous nous approchons de Dieu. Nous devons être conscients de notre indignité, à cause de nos péchés. Ainsi nous employons des intermédiaires pour supplier Dieu en notre faveur. Ces intermédiaires sont: la Mère-de-Dieu, la Sainte Vierge Marie; les Saints Anges; et tous les Saints. Ils ont eux assurance auprès de Dieu, et Dieu se plaît à écouter leurs supplications et à accomplir des miracles par eux. Dieu aime glorifier ceux qui Le glorifient. Comme le Prophète et Roi David a dit dans les Psaumes; " Dieu est admirable dans Ses Saints."(Psaume 67(68):36)" Bien sur, nous pouvons tous nous approcher de Dieu directement. Nous en avons même le devoir de Le

prier directement. Mais notre prière devient plus forte et plus efficace quand elle est accompagnée par les prières de la Mère-de-Dieu et des Saints. Comme Saint Jacques le Frère du Seigneur a écrit:

"La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance."(Jacques 5:16). De plus, quand nous nous •approchons de Dieu d'une manière plus humble, ^conscients que nous sommes indignes, alors

II est plus prêt à nous entendre. Quand nous invoquons l'aide de la Mère-de-Dieu et des Saints, nous

devenons plus conscients de notre propre indignité pour nous approcher de Dieu.

Notre Seigneur Jésus-Christ connaissait déjà l'humilité du Centurion, parce qu'il est Dieu, et

II connaît ce qui est dans le coeur de chacun. Ainsi II accepta la requête des intermédiaires en

faveur du Centurion ; et il fit route avec eux. Il accepta la requête ; parce qu’il connaissait l’ humilité profonde du Centurion te son amour pour la religion et la peuple juifs. Il savait que le Centurion était digne des requêtes que les anciens des Juifs firent en sa faveur. Il en est de même dans notre cas. Dieu demande toujours notre effort aussi et la coo^ération de notre volonte. Il accède aux prières des Saints pour nous, si nous avons une bonne disposition, si nous voulons vraiment Lui obéir, si nous nous repenton vraiment. Sans cette disposition d’ hu,iliti et de repentir, nous prières sont inutiles. Dieu n’ ècoute pas même les prières des Saints en faveur de ceux qui en sont indignes. Il est même arrivé que Dieu défendit au Prophéte Jéremie de prier pour les Juifs, en disant : «N’intercéde pas en faveur de ce peuple, pour son bonheur. Même s’ils jeûnent je n’écouterai pas leur supplication. Que nous priions nous mêmes, ou que nous invoquions les priéres de la Mère de Dieu ou des Saints ; Dieu demande de co opération de notre volonte. Nous ne pouvons pas commetre des péchés en pensant que Dieu nous pardonnera quand nous invoquons les priéres de Sa Mère ou de Ses Saints. Si nous penson comme cela, Dieu ne nous écoutera pas. Il faut prier en esprit de repentir. Quand le Seigneur Jésus Christ était en route vers la maison du Centyrion, celui ci mentra plus clairement son humilité profonde et sa grande foi. Il envoya dire au Christ par des amis:

«Seigneur, je ne mérite pas que Tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot et mon servoteur sera guéri. Car moi, qui ne suis qu’un subalterne, j’ ai sous moi des soldats, et je dis à

l’un: « Va ! et il va ; et à un autre : « Viens ! et il vient, et à mon serviteur : « Fais ceci ! et il le fait. Le Centurion s’etait accoutumé à la vie de l’ armée ; il lui suffisait de prononcer une parole pour que les choses s’ accoplissent. Il commandait, et les soldats au dessous de lui lui obéissient. Lui aussi, il obéissait aux ordres de ses officiers supérieuts. Qinsi il pensait surtout aux commandements. Mais sa foi en Jésus était si grande, qu’ il pensait que Celui-ci pourrait faire des guérisons et chasser des maladies seulement par une parole, même à une distance lointaine de l’ endroit ou se trouvait le malade. Les autres qui cherchaient des guérisons par Lui, considéraient comme nécessaire qu’ il ait un contact physique avec le malade, en lui imposant les mains. Mais le Centurion croyait qu'une seule parole, prononcée loin même de la maison où était son serviteur malade, suffirait. Quand II entendit cela, le Seigneur fut rempli d'admiration, et II dit à ceux qui Le suivaient:

"En vérité Je vous le dis, chez personne Je n'ai trouvé pareille foi en Israël"( Matth. 8:10). Ce païen, cet officier romain, avait plus de foi en Lui que les Juifs, que les membres du peuple de Dieu. Le Christ continua Sa louange du Centurion, en disant ces paroles terribles: "Eh bien! Je vous dis que beaucoup viendront de l'est et de l'ouest prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans

la Royaume des Cieux, tandis que les sujets du Royaume seront jetés dehors, dans les ténèbres."

(Matth. 8:11-12) Mes chers frères et soeurs en Christ, c'est nous, les Chrétiens de l'Eglise Ortho- doxe, qui sommes les vrais sujets du Royaume des Cieux Prenons soin, que nous ne soyons pas

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jetés en dehors du Royaume, tandis que des autres viendront de toutes les parties du monde prendre place au festin. De même que le Centurion, ayons foi en Christ comme en Dieu Tout-Puissant, Qui peut accomplir tout ce qu'il veut par une seule parole, Qui a même créé les cieux et la terre par Sa parole. Soyons toujours prêts à obéir à Ses commandements, même quand ils nous semblent difficiles. Parmi les Prières de Préparation pour la Divine Communion dans notre Sainte Eglise Orthodoxe, il y a deux belles prières de Saint Jean Chrysostome qui commencent avec les mots du Centurion. La première commence ainsi: "Seigneur mon Dieu! Je sais que je ne suis pas digne, ni préparé à ce que Tu entres sous le toii? de mon âme, car je suis entièrement vide et en ruine, et Tu n'as pas en moi un lieu convenable où reposer Ta Tête." La deuxième prière dit: "Maître et Seigneur, je ne mérite pas que Tu entres sous le toit de mon âme: mais puisque Tu veux, comme Ami des hommes, habiter eh moi, je m'approche avec hardiesse." Si le Centurion se considérait indigne que le Seigneur entre dans sa maison, nous nous devons nous considérer comme encore plus indignes que le Seigneur entre dans notre âme et notre corps, sous la forme de Son Corps et Son Sang. Enfin le Seigneur dit au Centurion, par ses amis qu'il avait envoyés: "Qu'il t advienne selon ta foi!" "Et le serviteur fut guéri sur l’heure,"(Matth. 8:13). La puissance de faire la guérison appartient à Dieu, et à Dieu seul. Mais II demande notre co-opération, par notre foi en Lui, notre humilité, notre repentir et notre obéissance. Ainsi II nous guérira de nos maladies du corps et de l âme, et II restaurera en nous Son image et Sa rassemblance, afin que nous prenions place au festin dans le Royaume du Père, du ,Fils et du Saint-Esprit, à Qui soit toute gloire et adoration, maintenant et toujours, et dans les -siècles des siècles. Amin.

GI NQUIEME

DIM ANCHE

DE

MATTHIEU

(MATTH. 8:28-9:1) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Ce dimanche nous avons entendu comme Evangile dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, l'histoire de la guérison des démoniaques gadaréniens par notre Seigneur et Dieu et

Sauveur Jésus-Christ. Cette histoire est racontée par les trois Evangélistes Matthieu, Marc et Luc. Le récit que nous avons entendu aujourd'hui est celui de Saint Matthieu. Notre Seigneur est allé de l'autre côté de la Mer 'de Galilée, c'est-à-dire sur la côte est, au

pays qui était appelé le pays des Gadaréniens, ou des Géraséniens ou des

Evangélistes emploient des noms différents, mais ils évoquent le même pays et le même peuple. Or, cette côté de la Mer de Galilée était habitée surtout par des païens, c'est-à-dire par des gens qui n'étaient pas Juifs. Ceci est montré par l'existence d'un troupeau de porcs. Manger la viande de porcs était chose interdite par la Loi de Moïse dans l'Ancien Testament; ainsi les Juifs n'élevaient pas de troupeaux de porcs. Quand le Seigneur fut arrivé là, 4 deux démoniaques, sortant des tombeaux, vinrent à Sa rencontre, des êtres si sauvages que nul ne pouvait passer par ce chemin."(Matth. 8:23). L’Evangé- liste Matthieu parle ici de deux démoniaques, mais Marc et Luc ne parlent que d'un. Los Pères de l'Eglise expliquent cette différence apparente entre les Evangélistes en disant que ces derniers deux Evangélistes n'écrivaient que de l'un des deux démoniaques qui orait le plus terrible. Saint Marc ajoute plusieurs détails sur ce démoniaque: "Il avait sa demeure dans le tombeaux et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne, car souvent on l'avait lié avec des entraves et avec « des chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les entraves, et personne ne parvenait à le dompter. Et sans cesse, nuit et jour, il était dans les tombeaux et dans les montagnes, 2) poussant des cris et se tailladant avec des cailloux."(Marc 5:3-5). Lorsque les démoniaques virent le Seigneur Jésus-Christ, ils se mirent à crier: "Que nous veux-Tu, Fils de Dieu? Es-Tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps?"(Matth. 8:29). Les démons qui possédaient les deux hommes reconnurent immédiatement l'homme Jésus de Nazareth

Les trois

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comme Fils de Dieu et comme Dieu, et ils prirent peur. Ils adressèrent à Lui à haute voix comme Fils de Dieu, comme faisaient beaucoup d'autres démons quand le Dieu-homme Jésus s'approchait d'eux. Le Seigneur ne Laissait pas les démons témoigner de Sa divinité, et II les menaçait, parce qu'il ne voulait pas avoir les démons comme témoins devant les hommes, L'Apôtre Paul faisait de même Mais les démons, ont vraiment peur du.Seigneur. Ils savent qu'il a le pouvoir de les expulser des hommes et des animaux qu'ils possèdent. Mais ils savent de plus que le Fils de Dieu a le pouvoir de les tourmenter, et qu'il les tourmentera dans l'éternité après le Jugement dernier. C'est pourquoi ils demandèrent: "Es-Tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps?", c'est-à-dire avant le Jugement dernier, à la fin de ce monde, quand Satan et tous les démons iront au châtiment éternel Les Evangélistes Marc et Luc nous racontent que le Christ demanda à l'un des démoniaques son nom. Il Lui répondit: "Légion est mon nom, car nous sommes beaucoup."(Marc 5:9). Or, une légion était un régiment entier dans l'armée impériale romaine, consistant à environ 6 mille hommes. Ainsi ce démoniaque terrible, que craignait tout le monde de ce lieu-là, était possédé par une grande armée de milliers de démens. Après cette révélation de leur grand nombre, qu est-ce qu'ont fait ces démons? "Ils suppliaient Jésus de ne pas leur ordonner de s'en aller dans l'abîme » (Luc 8:31). Cette grande armée de démons, que tout le monde craignait, avait peur d'un seul homme, Jésus-Christ; ils avaient peur de Lui, car II n'est pas seulement homme, mais II est Dieu aussi. Il suffirait qu'il ordonne seulement, et avec une seule parole II pourrait les envoyer tous "dans l'abîme", c'est-à-dire aux enfers. Voyez- vous, chers auditeurs, que les démons, même une armée de milliers des démons, sont impuissants en face de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ? L’Evangéliste Marc continue le récit: "Or, il y avait là sur la montagne, un grand troupeau de porcs en train de paître. Et les esprits impurs supplièrent Jésus, en disant:

'Envoie-nous vers les porcs, que nous y entrions. Il le leur permit"(Marc 5:11-13). Nous avons ici encore une démonstration de l'impuissance des démons. Même si Dieu consent à ne pas encore les envoyer aux enfers avant le Jugement dernier, ils ne peuvent pas cependant aller et entrer où ils veulent. Ils doivent demander la permission à Dieu d'entrer même dans des porcs, qui étaient considérés comme des animaux impurs dans la Loi de Moïse Si la permission de Dieu est nécessaire pour qu'ils entrent dans des animaux, d'autant plus cette permission est-elle nécessaire pour qu'ils entrent dans un être humain. Après avoir reçu cette permission, qu'est-ce que les démons ont fait? "Alors ils sortirent et entrèrent dans les porcs et, du haut de l'escarpement, le troupeau se précipita dans la mer, au nombre d'environ deux mille, et ils se noyèrent dans la mer.'(Marc 5:13). En permettant ceci de s'accomplir, le Seigneur a montré que l'âme d'un seule homme est beaucoup plus chère que la vie de milliers d'animaux. Il a montré aussi combien de dommage les démons pourraient accomplir, s'ils n'étaient pas contraints par Dieu. Pensez, mes chers auditeurs: une telle armée de démons, qui pouvait agiter deux mille porcs et les tuer, habitait un seul homme, pour le posséder! Combien de dommage pouvaient-ils faire à cet homme misérable? combien pouvaient-ils lui nuire, tant à l'âme qu'au corps? Ils avaient fait de lui un terrible fou, craint par tout le monde; mais, comme nous venons de voir, ils ne pouvaient faire plus, parce que Dieu ne les laissait pas. Sans la permission de Dieu, les démons ne peuvent rien faire. Naturellement il y avait des gardiens des porcs, et ils virent tout ce qui s'accomplit• Qu'est- ce qu'ils firent? Ils "prirent la fuite et portèrent la nouvelle à la ville et dans les fermes; et les gens vinrent pour voir qu'est-ce qui s'était passé. Ils arrivent auprès de Jésus et ils voient le démoniaque assis, vêtu et dans son bon sens, lui qui avait eu la Légion, et ils furent saisis de frayeur. Ceux qui avaient été témoins leur racontèrent comment cela s'était passé pour le possédé et ce qui était arrivé aux porcs.(Marc 5:14-16). Vraiment c'était un grand miracle! Un tel fou, que tout le monde craignait, qui avait été possédé par une armée de démons, avait été guéri. Mais la guérison fut violente, si violente qu f un troupeau de deux mille porcs fût détruit. Voici pourquoi les gens furent saisis de frayeur! Ils reconnurent être devantdes forces très puissantes, la force démoniaque et la force divine, qui est bien plus puissante que la force démoniaque. Mais qu'est-ce que ces gens firent? Louèrent-ils le Seigneur? Le remplirent-ils la main de

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dons pour marquer leur gratitude? Non! qu'est-ce qu'ils firent? "Ils Le prièrent de quitter leur territoire r( Matth. 8:34).Ils ne comprirent pas que Jésus-Christ est Dieu Lui-même Ils ne Le considérèrent que comme un maître juif qui voulait leur imposer la Loi de Moïse et des coutumes juives. Ils pensèrent que c'était à cause de cela qu'il avait détruit leurs porcs. Mais celle n'était pas la raison pour laquelle le Seigneur laissa périr les porcs♦ C'est Lui Qui a créé les porcs, ensemble avec tous les autres animaux.', oiseaux, reptiles, poissons et insectes. Et comme le Livre de la Genèse nous l'enseigne, après avoir créé tous les animaux, "Dieu vit que cela était bon(Gen. 1:25).De plus, quand Dieu allait détruire toute chair dur la terre par le déluge, Il ordonna à Noé de construire une arche - c'est-à-dire un grand bateau - en bois, pour sauver sa famille et chaque espèce d'animaux et d'oiseaux. Dieu dit à Noé: "De chaque espèce d'oiseaux, de chaque espèce de bestiaux, de chaque espèce de toutes les bestioles du sol, un couple viendra avec toi pour que tu les gardes en vie."(Gen. 6:20). Ainsi Dieu voulut sauver chaque espèce d'animaux du déluge, les porcs inclus. En outre dans le Nouveau Testament le Seigneur dit: "Rien de ce qui pénètre dû dehors dans l'homme ne peut le rendre impur;" "(Marc 7:18) et l'Evangéliste Marc commente ces paroles: "Ainsi Il déclarait purs tous les alimants (Marc 7:19). Voilà, Dieu ne méprise aucune espèce d'animaux, ni même les porcs; mais un seul être humain, qui a été créé à l'image de Dieu, vaut plus que deux mille animaux de n'importe quelle espèce. Mes chers frères et soeurs, ne soyons pas comme les Gadaréniens ingrats• Ne disons pas à Dieu de quitter notre territoire quand II vient à nous, même s'il semble qu’Il veuille changer notre manière de vie. Non! Acceptons-Le avec bonne volonté et reconnaissance, et laissons-Le changer notre vie de la manière qu'il veut, (c'est ainsi qu'il restaurera Son image en nous, et qu'il ferra de nous des habitants de Son Royaume. A Lui, avec le Père et le Saint-Esprit, soit toute gloire et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

SIXIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 9:1-8) Mes chers frères et soeurs:

Ce dimanche dans l'Eglise Orthodoxe nous entendons le récit? de la guérison d'un paralytique par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Cette histoire a été lue comme Evangile pendant la Divine Liturgie. Ce miracle fut accompli dans la ville de C'apharnatim, au bord de la Mer de Galilée; il est raconté par les deux Evangélistes Matthieu et Marc. Il ne faut pas le confondre avec une autre guérison d un paralytique, accomplie à Jérusalem, qui se trouve dans l'Evangile selon Jean. Cette guérison-là nous l'avons entendue le Quatrième Dimanche de Pâques, dimanche qui est appelé le Dimanche du Paralytique. Non, ce dimanche nous avons entendu raconter une guérison d'un autre paralytique. Cette guérison fut accomplie pendant que le Christ prêchait dans une maison. La foule des gens qui voulaient écouter Sa prédication était si grande qu'elle remplît toute la maison. Comme 1'Evangéliste Marc nous le raconte: "Il s'y rassembla tant de monde qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte, et II leur annonçait la Parole."( Marc 2:2). C'était dans une telle foule que quatre hommes sont venus, en apportant un paralytique étendu sur un lit. Ils avaient foi en Jésus, qu'il eût le pouvoir de guérir même un paralytique, un homme qui ne diffère pas beaucoup d'un mort. Etre paralysé, c'est être presque comme un mort vivant. On ne peut pas marcher, on ne peut même pas bouger. Ces quatre hommes qui portaient le paralytique sont venus, mais ils ne pouvaient pas s'approcher du Seigneur, à cause de la foule grande et dense. Mais qu'est-ce qu'ils ont fait? Ils sont montés sur le toit de la maison, en portant encore le paralytique sur le lit. "Ils défirent le toit au-dessus de l'endroit où Jésus se trouvait et, ayant creusé un trou., ils firent descendre le grabat où gisait le paralytique."(Marc 2:4). Ceci était possible, parce que dans les pays du Moyen-Orient les maisons sont d'ordinaire construites avec un toit plat, entouré par un parapet. Ainsi le toit est presque comme un autre étage au dessus de la maison; mais l'accès autoit se fait normalement par un escalier en dehors de la maison. Ainsi il était

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possible pour les quatre hommes de porter le lit jusqu'au toit et d'y creuser un trou. Mes chers frères et soeurs en Christ, nous sommes comme des paralytiques, des paralytiques en esprit. Nous ne pouvons marcher en esprit pour monter de ce monde-ci aux cieux. Il nous est difficile de prier, et surtout de nous concentrer quand nous prions. Notre âme reste étendue sur la terre, incapable de se lever, incapable de monter en haut vers les cieux/ Nous avons besoin de quelqu'un d'autre pour nous apporter à Dieu. Mais qui peuvent nous porter, nous les paralytiques, vers Dieu? Ce sont la Toute Sainte Mère-de-Dieu et les Saints. Ils peuvent nous porter par leurs prières. Ce sont eux qui ont le droit même de creuser des trous dans la maison où se trouve notre Seigneur, afin de gagner accès auprès de Lui. Comme le Seigneur Jésus-Christ Lui-même a dit:

"Depuis les jours de Jean-Baptiste jusqu'à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et les violents le prennent de force."(Matth. 11:12).Ce sont les Saints qui sont les "violents » . Ce sont les Saints qui forcent une entrée dans le Royaume des Cieux, par leur foi, par leur amour pour Dieu et pour les hommes, par leur humilité, par leur ascèse (ou par leur sang qu'ils ont laissé verser pour le Christ, s'ils sont des Martyrs). Ce sont les Saints qui peuvent nous aider à nous approcher de Dieu. Demandons ainsi l'aide de la Mère-de-Dieu, de notre Saint Patron (dont nous avons le nom) et des autres Saints, dans nos prières. Quand le Seigneur a vu le paralytique et la foi des hommes qui l'avaient apporté, qu'est-ce qu'il a fait? Il dit d'abord au paralytique: "Mon enfant, tes péchés sont remis."(Marc 2:5). Il n'a pas guéri le paralytique tout de suite de l'infirmité misérable de son corps. Premièrement II a guéri les maladies de l'âme du paralytique. Ce n'est pas qu'il ne voulait pas le guérir de la paralysie du corps, mais II voulait nous enseigner que la guerison des maladies de l'âme est plus importante que la guerison des maladies du corps. Nous les Chrétiens Orthodoxes, nous avons dans notre Eglise le Mystère de l'Onction des Malades. Comme l'Apôtre Jacques le Frère du Seigneur écrit dans son Epitre: "Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il appelle les prêtres de l'Eglise et qu'ils prient sur lui après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S'il a commis des péchés, ils lui seront remis." Jacques 5:14-15). Il y a des millions de malades qui ont été guéris dans notre Eglise par le Mystère de l Onction des Malades• Mais le premier profit de ce Mystère est la remission des péchés, la guérison de notre âme C'est pourquoi, quand le prêtre Orthodoxe fait l'Onction chez un malade, il oint tous les Orthodooxes qui y sont présents. Pour la même raison, dans notre Eglise, chaque année, le Grand Mercredi le soir, nous célébrons l'Onction des Malades dans nos églises et tous les Orthodoxes sont oints. Même si nous n'avons pas de maladies du corps, nous sommes tous malades en notre âme, à cause de nos péchés. "Mon enfant, tes«péchés sont remis." Ces. paroles du Seigneur ont provoqué une réaction à la part de quelques-uns d'entre Ses auditeurs. "Or, il y avait là, dans l'assistance, quelques scribes qui pensaient en eux-mêmes: 'Comment celui-là peut-il parler ainsi? Il blasphème! Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul?' (Marc 2:6-7).Les scribes étaient des hommes bien instruits dans la Loi de Moïse Ils avaient en partie raison. Il est vrai que seulement Dieu peut remettre les péchés. Certes, nous devons tous pardonner les uns les autres des péchés que nous commettons les uns envers les autres. Et quand nous allons nous confesser au prêtre, il faut d'abord demander pardon à la part des membres de notre famille et des. gens contre lesquels nous avons commis des péchés; ensuite nous allons au prêtre pour nous confesser. Demander pardon aux gens contre lesquels nous avons commis des péchés n'est pas la même chose que la remission totale des péchés que Dieu nous donne. Ce n'est que Dieu Qui peut réparer le dommage causé à autrui et à nous- mêmes par nos péchés. Ainsi, quand les scribes pensaient: "Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul?" ils avaient raison. Mais quand ils pensaient: "Celui-là blasphème!" ils avaient tort. Si Jésus n'était qu'un homme, ils auraient raison. Mais Jésus-Christ n'est pas seulement homme; Il est tant Dieu qu'homme; Il est le Dieu-homme. Ainsi II n'avait pas blasphémé. Mais le Seigneur Jésus-Christ a connu leurs pensées, car II est Dieu. Comme l'Evangéliste nous raconte: "Aussitôt, se rendant compte intérieurement qu'ils pensaient ainsi en eux-mêmes, Jésus leur dit: 'Pourquoi de telles pensées dans vos coeurs?'"(Marc 2:8). Il a montré qu'il est Dieu; car ce n'est que Dieu Qui connaît les pensées de l'homme. Comme le Prophète Jérémie a écrit: "Le coeur est compliqué plus que tout, et pervers! Qui peut le pénétrer? Moi, le Seigneur, Je scrute S) le

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coeur, Je sonde les reins."(Jér. 17:9-10). Ce n'' est que Dieu Qui connaît les pensées dans le coeur et dans le cerveau de l'homme. Ni les anges ni les démons ne. le peuvent. Mais Dieu révèle parfois « les pensées et les secrets des hommes à quelques hommes saints, surtout à des Pères confesseurs.

Ayant montré par Sa connaissance des pensées qu f Il est Dieu, le Seigneur a donné ensuite encore une démonstration de Sa divinité. Il a demandé aux scribes: "Quel est donc le plus facile, de dire: 'Tes péchés sont remis 1 ou de dire: f Lève-toi et marche'?(Matth. 9:5).En réalité cela est moins difficile. Guérir les maladies de l f âme, c'est une chose plus difficile que guérir les maladies du corps. Mais à nous les hommes, il nous semble plus difficile de dire: "Lève-toi et marche" à un paralytique et le voir s'accomplir, que de dire: "Tes péchés sont remis." Ainsi, pour convaincre les scribes et toute la foule qu'il pouvait faire les.deux choses, Il dit aux scribes: "Eh bien! pour que

lève-toi" -dit-

Il alors au paralytique - "prends ton lit et va-t'en chez toi." (Matth. 9:6). Et qu'est-ce qu'a fait le

paralytique? "Il se leva et s'en alla chez lui."(Matth. 9:7). Par ce miracle, accompli d'une telle

manière, par une seule parole, Jésus-Christ a donné encore une démonstration de Sa divinité, qu'il est vraiment Dieu. En même temps II a démontré qu'il a vraiment le pouvoir de remettre les péchés. La guérison miraculeuse du corps du paralytique était une preuve de la guérison de son âme. Au

lieu de recevoir une seule guérison, celle du corps, le paralytique a bénéficié de deux guérisons, tant

de l'âme que du corps, beaucoup plus que ce qu'il avait demandé.

La foule a compris l'importance de ce miracle. Gomme l'Evangéliste Matthieu nous dit: "A cette vue, les foules furent saisies de crainte et rendirent gloire à Dieu, d'avoir donné un tel pouvoir aux hommes(Matt.3:8). Oui, Dieu a donné un tel pouvoir aux hommes, celui de la remission des péchés, mais plus tard, quand II dit à Ses Apôtres: "Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus." ."(Jean 20:23). Mes chers frères et soeurs en Christ, n'oublions pas la santé de notre âme, aussi quand le corps est malade. Si nous sommes des Chrétiens Orthodoxes, nous devons aller à un prêtre pour nous confesser et recevoir la rémission de nos péchés quand nous en sentons la besoin, et au moins une fois par année. Et quand nous sommes malades de corps, demandons au prêtre de venir chez nous et de nous faire le Mystère de l'Onction des Malades. A notre Dieu, Qui a donné aux hommes dans Son Eglise le pouvoir de la guérison de l'âme

et du corps et de remettre nos péchés, soit toute gloire et action de grâces, maintenant et toujours, et

dans les siècles des siècles. Amin.

vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés,

SEPTIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 9:27-35) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Aujourd'hui nous allons considérer deux guérisons miraculeuses accomplies par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Car ce dimanche notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous a fait entendre pendant la Divine Liturgie l'histoire de la guérison de deux aveugles et d ! un possédé muet. Dans les Quatres Evangiles on nous raconte plusieurs 'histoires àe guérison des aveugles. Nous connaissons tous en outre la guérison de l aveugle-né à Jérusalem racontée par l'Evangéliste Jean, et la guérison de l'aveugle Bartimée à Jéricho, qui se trouve dans l'Evangile selon Marc. La guérison que nous avons entendue aujourd'hui était celle de deux aveugles ensembles, et elle est racontée seulement dans l'Evangile selon Matthieu. Le lieu ne nous est pas donné explicitement,

mais ce miracle fait partie d'un série de miracles accomplis quand le Seigneur se trouvait en Galilée.

A cause de la référence à la maison de Jésus, nous comprenons que c'était à Capharnaum, ville au

bord de la Mer de Galilée, où le Christ s'établit après Son Baptême. (Vois Matth. 4:13). "Comme Jésus s'en allait, deux aveugles Le suivirent, qui criaient: 'Aie pitié de nous. Fils de David!'"(Matth. 9:27). D'où Jésus s'en allait-Il? Il s'en allait de la maison de Jaïre, le chef de la synagogue, dont II vint de ressusciter sa fille de douze ans. Les deux aveugles Le suivirent. Comment pouvaient-ils Le suivre, étant aveugles et ne Le voyant pas? Ils pouvaient Le suivre parce

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qu'il y avait toujours une foule de gens autouj? de Lui, pour-écouter Ses paroles et pour être guéris de leurs maladies. Ainsi les deux aveugles suivaient la foule. Ceci aussi leur était une tâche assez difficile, parce qu'ils ne voyaient pas où ils mettaient leurs pieds, et ils buttaient sur les pierres du chemin. Pour ces deux aveugles, suivre le Seigneur était une tâche très difficile et pénible, une tâche qui demandait beaucoup de résolution. Mais ils étaient résolus, et ils suivirent le Seigneur, en dépis des difficultés et des douleurs. Toute en suivant le Christ, ils criaient: Aie pitié de nous, Fils de David! « Ils désiraient être guéris de leur aveuglement, mais ils n'exprimaient pas directement ce désir. Ils demandaient seulement que le Seigneur ait pitié d'eux:. Ils souhaitaient être guéris, mais ils étaient prêts à accepter quelque bienfait que le Christ leur donne De même, dans les offices de notre Eglise Orthodoxe, à chaque pétition nous disons d'ordinaire: "Seigneur, aie pitié!"; ou en grec: "Kyrie eleison!" Dieu connaît nos besoins, mieux que nous les connaissons nous-mêmes, et II connaît ce qui sera le mieux pour nous, chose qui parfois n'est pas le même que ce que nous désirons. Les deux aveugles appelaient le Seigneur: "Fils de David". Ils montraient ainsi qu'ils croyaient que Jésus était le Christ, le Messie attendu; car il y a des prophéties dans l'Ancien Testament que le Christ, le Messie, serait fils de David, le grand roi et prophète, duquel tous les rois de Judée étaient descendants. Jésus remplit cette prophétie en étant fils adoptif de Joseph, le charpentier de Nazareth, qui était "de la maison et de la lignée de David"( Luc 2:4). "Jésus étant arrivé à la maison, les aveugles L'abordèrent."(Matth. 9:28) La maison de Jésus était une maison à Capharnaum où demeuraient Sa Mère, la Sainte Vierge et Mère-de- DieuMarie, et les frères de Jésus, c'est-à-dire les fils du veuf Joseph, qui furent nés d'un marriage qu'il avait eu avant ses fiançailles à la Sainte Vierge Marie. Les deux aveugles, bien qu'ils ne vissent pas, suivirent le Seigneur même jusqu'à la maison où II demeurait, et ils L'y abordèrent. Vraiment, comme ils ont montré une grande résolution! Le Seigneur dit ensuite aux aveugles: "Croyez-vous que Je puis faire cela?" Il ne dit pas:

"que Je puis vous guérir", ni "que Je puis vous faire voir". Non! Il laissa le bienfait indéterminé, parce que celui-ci allait s'accomplir selon la foi des deux aveugles. Certes, le Christ connaissait ce qu'ils souhaitaient et ce qu'ils Lui demandaient. Il connaissait aussi qu'ils croyait dans leur coeur, parce qu'il est Dieu et II connaît chaque pensée de chacun. Ainsi II dit: • "que Je puis faire cela", en laissant le bienfait inexprimé, pour montrer la foi que les deux aveugles avaient en Lui Ils repondirent: "Oui, Seigneur!" Ils croyaient que le Seigneur Jésus-Christ pouvait "faire cela". Ils croyaient que le Seigneur Jésus-Christ pouvait accomplir ce qu'ils désiraient, qu'il pouvait guérir leur aveuglement. Mais en même temps ils montrèrent par cette réponse que la guérison avait déjà commencé dans leur âme. Car cette fois ils ne L'appelèrent plus "Fils de David 11 , un titre humain, mais: "Seigneur", un titre divin, par lequel on exprimait le Nom divin de Dieu dans l'Ancien Testament. En s'addressant au Christ par ce titre, ils montrèrent que leur âme avait commencé à voir que l'homme Jésus de Nazareth est aussi Dieu. "Alors II leur toucha les yeux en disant: 'Qu'il vous advienne selon votre foi.' Et leurs yeux s'ouvrirent."(Matth. 9:29-30). C'est Dieu Qui fait les miracles. C'est seulement Dieu Qui peut abolir les lois de la nature pour faire des choses qui ne suivent pas les lois de la nature car c'est Lui Qui est le Créateur. Mais II demande toujours notre co-opèration, parce qu'il a fait l'homme selon Son image (Vois Gen. 1:27).Cette co-opération s'accomplit surtout par notre foi, par notre foi en Lui comme en Créateur et comme en Celui Qui aime les hommes.Mais cette co-opération est accomplie aussi par nos efforts, quelques pauvres qu'ils soient. Dans le cas de ces deux aveugles, Dieu a demandé leur résolution et leur patience en Le suivant, malgré les difficultés, jusqu'à l'intérieure de la maison où Il demeurait. Mes chers frères en Christ, parfois il nous arrive que notre vie spirituelle ressemble à la vie de ces deux aveugles«Il nous semble que nous vivons dans les ténèbres, que nous ne voyons rien. Nous n'avons aucune perception de Dieu; il nous semble que nos prières se perdent dans l'espace. Il devient difficile même de croire en Dieu. C'est dans de telles périodes de difficulté que Dieu veut voir notre résolution, notre patience et notre vraie foi Comme les deux aveugles, nous pouvons répéter la Prière de Jésus: "Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur!" Cette

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petite prière a été la prière continuelle de beaucoup des Saints, répétée par eux des milliers de fois chaque jour. Elle est aussi la prière des fidèles Orthodoxes innombrables, tant de laïques que de moines. Répétons ainsi: "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur." Comme les deux aveugles, nous pouvons suivre le «Seigneur en suivant la foule qui se trouve autour de Lui». Si nous restons fidèles à l'Eglise, si nous suivons l'enseignement de la Sainte Eglise Orthodoxe, nous suirons aussi la foule autour du Seigneur, c'est-à-dire les Saints Si nous Le suivons d'une .telle manière, nous arriverons aussi dans la maison où Il demeure, sans le percevoir; et arrivés là, Il nous ouvrira les yeux de notre âme, selon la mesure de notre foi. Tout de suite après ce miracle, on présenta au Christ un possédé muet. C'était un homme possédé d'un démon, de sorte qu'il ne pouvait plus parler Etre muet, c'est une affliction très grave, peut-être même plus grave que celle de l'aveuglement Un muet voit ses compagnons, mais il les voit en vain, parce qu'il ne peut communier avec eux. Les deux aveugles de l'Evangile aujourd'hui, comme plusieurs autres aveugles dans les Evangiles, pouvaient crier d'une-voix forte au Seigneur d'avoir pitié d'eux. Mais un muet peut voir passer le Christ sans être en état de Lui crier, pour attirer Son attention. Ce muet d'aujourd'hui dut être présenté au Seigneur par d'autres gens Bien sûr, le Christ, étant Dieu, entend la prière silencieuse dans le coeur des muets, aussi bien qu'il entend les prières à haute voix des autres Mais attirer l'attention des hommes, c'est une chose très difficile pour un muet. Souvent il voit mais il ne peut rien faire, parce qu il ne peut rien dire. Mais ce muet qui fut présenté au Seigneur fut guéri "Le démon fut expulsé et le muet parla( Matth. 9:33). Il fut libéré de son affliction cruelle. Il pouvait de nouveau parler avec les autres hommes; de plus, il pouvait de nouveau dire la louange de Dieu avec les autres hommes croyants. Car ceci est le but pour lequel Dieu nous a donné la voix, à savoir de Le louer Chaque langue trouve son emploi le plus élevé, le plus sublime et le plus noble, quand elle est employée pour exprimer la louange et l'adoration de Dieu Voici pourquoi dans notre Eglise Orthodoxe on a toujours insisté pour que le culte de Dieu s'accomplisse dans la langue du peuple. Dès les premières siècles, les missions de l'Eglise Orthodoxe parmi des peuples divers ont toujours traduit la Sainte Bible et la Divine

Liturgie et les autres offices de notre Eglise dans la langue du peuple. Il y en a deux .buts pour ce travail de traduction dans l’Eglise Orthodoxe. L un est pour que tout le monde apprenne la.Foi chrétienne Orthodoxe; l'autre but, même plus important, est pour que « toute langue proclame de Jésus-Christ, qu Il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père." (Philipp. 2:11). A Lui, avec le Père et le Saint-Esprit, soit toute louange, gloire et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

HUITIEME DIMANCHE SE MATTHIEU

(MATTH. 14:14-22) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Aujourd'hui je vais parler au sujet d'un grand miracle accompli par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ: celui de la multiplication des cinq pains et des deux poissons pour les cinq mille hommes. Ce miracle est si important qu'il est raconté par tous les quatre Evangélistes. Ce dimanche dans notre Sainte Eglise Orthodoxe nous avons entendu pendant la Divine Liturgie le récit de ce miracle selon le Saint Evangeliste Matthieu. Après avoir entendu la nouvelle de l'exécution de Saint Jean le Baptiste, "Jésus se retira en barque dans un lieu désert, à l'écart. ( Matth. 14:13). Le Seigneur se trouvait alors au bord de la Mer de Galilée. La mort de Son cousin, Jean le Baptiste, qui était aussi Son Précurseur, fut un événement plein de significance pour Lui. Aiâsi II dut se retirer dans un lieu désert, pour y réfléchir et pour prier. Nous, nous devons faire le même quand un événement important arrive dans notre vie ou dans la vie de nos frères. Nous devons nous retirer dans un lieu tranquile pour y réfléchir et prier. Mais qu'est-ce qui est arrivé? Les foules apprirent où s'était retiré le Christ, et ils "quittèrent les villes et partirent à Sa suite, à pied." '' Ils sont même parvenus au lieu désert avant Lui. Comme

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1'Evangeliste Matthieu nous dit: "En débarquant, Il vit une grande foule, et II en eut pitié; et II guérit leurs infirmes." (Matth. 14:14). Ils ammenèrent même des malades en ce lieu désert, où se trouvait le Seigneur; Il eut pitié de la foule, "parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, e£ Il se mit à les instruire longuement."(Marc 6:34). Nous savons tous ce qui devient aux brebis, aux vaches, aux chèvres et aux autres animaux, s'ils n'ont pas de pasteur. Ils errent, ils s'égarent, et parfois quelques-uns des animaux du troupeau errent dans des lieux dangereux. Il en est de même avec nous les humains, sans l'instruction du Christ. Nous sommes aussi comme un troupeau d'animaux sans pasteur. Nous errons partout et parfois nous avons des idées dangereuses sur ce qui nous devons faire. Ainsi le Seigneur instruisit la foule longuement, parce qu'elle en avait besoin Il l'instruisit jusqu'au soir, et II était disposé à continuer cette instruction même pendant la nuit. La foule aussi était disposée à entendre cet enseignement de la bouche de Jésus-Christ. Mais "le soir venu, les Disciples s'approchèrent et Lui dirent: 'L'endroit est désert et l'heure est déjà passée; renvoie donc les foules pour qu'elles aillent dans les villages s'acheter de la nourriture.'"(Matth. 14:15). Les Disciples du Christ s'inquiétèrent pour les besoins matériels de la foule. Ils n'avaient pas encore été complètement illuminés. Cela viendra plus tard, lors de la descente du Saint-Esprit le jour de Pentecôte. Pour le présent leurs pensées et leur soucis étaient encore plus préoccupés des choses de ce monde que des choses du Royaume des Cieux. Le Seigneur comprit leur souci pour la nourriture de la foule, et II l'accepta. Mais II leur apprit de manière miraculeuse que ce problème n'était pas aussi grave qu'ils pensaient, au moins pour ceux qui ont foi en Lui. Il leur répondit: "Donnez-leur vous-mêmes à manger."(Marc 6:37). Ils pensaient que le Seigneur Jésus leur disait, d'aller acheter de la nourriture dans les villages voisins. Ainsi ils Lui dirent: "Faudra-t-il que nous aillons acheter des pains pour deux cent deniers, afin de leur donner à manger?" Remarquons que les Disciples étaient disposés à dépenser beaucoup d'argent, peut-être tout l'argent qu'ils avaient, pour nourrir la grande foule. Nous aussi, nous devons avoir un tel esprit d'amouz pour notre prochain. Mais le Christ ne proposait pas qu'ils aillent acheter de la nourriture. Il leur proposait de nourrir la foule avec la'nourriture qu'ils avaient déjà, quelque peu qu'elle fût. Il reprit: "Combien de pains avez-vous? Allez voir!"(Marc 6:38). Ils allèrent s'informer, et ils Lui dirent ensuite: "Nous n'avons pas plus de cinq pains et de deux poissons."(Luc 9:13). L'Evangéliste Jean le Théologien nous dit que c'était un enfant qui les avait; c'était sa propre nourriture qu'il avait apporté avec lui. Le Disciple André demanda: "Mais qu'est-ce que cela pour tant du monde?"(Jean 6:9).Mais cette petite quantité suffit pour le Seigneur, Lui Qui est le Créateur du monde entier et de toute chose. "'Apportez-les-Moi ici', dit-Il. Et, ayant donné l'ordre de faire étendre les foules sur l'herbe, Il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel et dit la bénédiction; puis, rompant les pains, Il les donna aux Disciples, qui les donnèrent aux foules. Tous mangèrent à satiété, et l'on ramassa le reste des morceaux: douze plein couffins!(Matth. 14:18-20). Le Seigneur prit cette petite offrande du petit garçon L'offrande de chacun est acceptable à Dieu et utile, si elle est donnée avec joie; car, comme l'Apôtre Paul nous enseigne: "Dieu aime qui donne avec joie."(2 Cor. 9:7). Le Christ fit étendre les foules sur l'herbe. Manger étendu, en s'appuyant ( sur le coude gauche, c'était la coutume générale dans le monde ancien autour de la Mer Méditerranée. Il "leva les yeux au ciel." Il adopta une posture de prière, de la prière dirigée vers Dieu le Père. Lui, Qui est aussi parfaitement Dieu, Il pouvait accomplir ce miracle avec une seule parole ou avec une seule geste de la main. Mais Il pria le Père, non pas parce qu'il était nécessaire, mais parce qu'il agit cette fois comme homme, en Sa parfaite humanité. Il agit comme homme, parce qu'il montrait à Ses Disciples des actions qu'ils devraient faire eux aussi. Il "dit la bénédiction." L'Evangéliste Jean écrit qu'il "rendit grâce".(Jean 6:11). -La signification ancienne du mot: "bénédiction" était de bénir Dieu sur une chose, c'est-à-dire de Le louer et de Lui rendre grâce. Ensuite Jésus rompit les pains en morceaux pour être distribués. Après II donna les morceaux à Ses Disciples, et les Disciples les donnèrent aux foules.

Il prit, Il leva les yeux au ciel, Il rendit grâce, Il rompit, et II donna. Ces actions de notre Seigneur, à quoi nous font-elles penser? Ce sont les mêmes actions qu'il fit à la Sainte Cène, le

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Grand Jeudi, au Dernier Repas qu'il eut avec Ses Disciples avant Sa mort. Ce sont les mêmes actions qu'il fit lors de 1’institution de la Sainte Eucharistie, de la Divine Communion de Son Saint et très pur Corps et Sang. Ce sont les mêmes actions que chaque prêtre Orthodoxe fait quand il célèbre la Divine Liturgie. Pourquoi appelons-nous ce Mystère "la Sainte Eucharistie"? Le mot:

"Eucharistie" est un mot grec, qui veut dire: "rendre grâce". Dans la Sainte Eucharistie nous rendons grâce à Dieu le Père pour tout ce qu'il a accompli, dans la création et dans les actions de Son Fils unique dans le corps humain qu'il prit de la Sainte Vierge Christ, chose qui est encore à venir. Nous rendons grâce pour l'Institution du Saint Mystère de la Divine Communion. Le prêtre rend grâce pour tout cela dans une longue prière, tandis que nous chantons. Puis nous chantons cet hymne:

"Nous Te chantons, nous Te bénissons, nous Te rendons grâce, Seigneur, et nous Te prions, ô notre Dieu," J lorsqu'en même temps le prêtre prie Dieu le Père d'envoyer le Saint-Esprit sur nous et sur les dons, en faisant le pain le Précieux Corps de Son Christ, et le vin et 1’eau qui sont dans la Coupe le précieux Sang de Son Christ, en les changeant par Son Saint-Esprit. Plus tard le prêtre romp le Pain Sacré pour Le distribuer aux fidèles. Ainsi ce miracle de la mutiplication des pains fut une indication, une figure du plus grand miracle de la Divine Communion qui allait suivre. Ceci est montré encore plus clairement dans L'Evangile selon Jean, où le récit de la multiplication des pains se trouve au commencement du sixième chapitre. Le reste du sixième chapitre est consacré à l enseignement du Christ sur la Divine Communion, quand II dit: "Qui mange Ma Cîaair et boit Mon Sang a la vie éternelle, et Je le ressusciterai au dernier jour."Dans ce même discours II dit de Lui-même: "Je suis le Pain de Vie. Qui vient à Moi n’aura jamais faim; qui croit en Moi n'aura jamais soif." Lors du miracle de la mutiplication des pains et des poissons "tous mangaient à satiété". Après ce repas miraculeux, personne n'eut faim. Et ceci est arrivé, bien qu'il y eût à manger "bien cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants'. C'est encore plus merveilleux avec la Divine Communion. Elle suffit à satisfaire la faim et la soif spirituell de millions de fidèles. De plus, Lui Qui est le Pain de Vie ne Se dépense jamais. A chaque Divine Liturgie, en rompant le Pain Sacré, qui a été changé au Précieux Corps de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ, le prêtre dit: "Est rompu et partagé l'Agneau de Dieu; rompu, mais non divisé; toujours mangé, mais Mes chers frères et soeurs en Christ: rendons grâce au Christ notre Dieu pour tout ce qu ! Il a fait pour nous, et pour ce Mystère de la Divine Communion Préparons-nous en esprit d'humilité et de repentir à recevoir souvent la Divine Communion âe Son Corps et Sang, et ainsi nous L : aurons demeurant en nous, avec le Père et le Saint-Esprit, un Dieu, à Qui soit toute gloire, action de grâce et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles Amin.

NEUVIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH.

14:22-34)

Mes chers frères et soeurs:

Aujourd'hui nous avons entendu lire encore un miracle de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus Christ. Dans notre Sainte Eglise Orthodoxe, l'Evangile de ce dimanche pendant la Divine Liturgie est le récit de la marche du Seigneur sur les eaux. Cet événement est raconté par les trois Evangelistes Matthieu, Marc et Jean. Dans l'Eglise nous avons entendu ce récit selon Matthieu. Notre Seigneur Jésus-Christ venait de multiplier les cinq pains et les deux poissons, et de nourrir ainsi une foule de cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. A cause de ce miracle, la foule des Juifs voulait Le faire roi, un roi national, pour les libérer de l'Empire Romain. Ils ignoraient que Jésus-Christ est le Roi de tous les cieux et de toute la terre, non pas seulement dâun peuple ou d'une nation. Ils pensaient que le Messie attendu serait un roi comme les rois de ce monde. Ils ignoraient que le Christ, le Messie, serait le Juste Qui souffrirait pour les pécheurs, qu'il serait "l'Agneau de Dieu, Qui ôte le péché du monde.(Jean 1:29). Ils voulaient Le

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faire roi, parce qu'ils avaient mangé du pain en satiété, mais ils ne comprenaient pas quand II leur enseigna sur le vrai Pain, le Pain de la Vie éternelle, qu'il allait donner plus tard, dans le Mystère de la Divine Communion de Son Corps et Son Sang, dans la Divine Liturgie. Pour éviter d'être institué roi par une révolution populaire, et pour s'échapper à cette situation dangereuse, le Seigneur "obligea les Disciples à remonter dans la barque et à Le devancer de l'autre côté."(Matth.14:22). Le miracle de la multiplication des pains avait été accompli dans un lieu désert, au bord de la Mer de Galilée. Apres les avoir envoyés, "Il s'enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul (Jean 6:15), pour y prier Le soir venu, "la barque se trouvait déjà au milieu de la mer, harcelée par les vagues, car le vent était contraire.(Matth. 14:24). La Mer de Galilée est en réalité un lac, et non pas un grand lac comme le Lac Tanganyika et les autres Grands Lacs d'Afrique. Mais quand un vent fort y souffle, il produit des vagues dans l'eau, ce qui le rend difficile de naviguer à la rame. Pour les petites barques, le vent et les vagues sont dangereux, parce qu'ils peuvent remplir la barque d'eau et la faire couler Les Disciples étaient donc au milieu du lac, parmi les vagues, avec un vent contraire Ils s'épuisaient à ramer. "A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux en marchant sur la mer,(Matth. 14:25). Les anciens Romains divisaient la nuit en quatre veilles; "à la quatrième veille de la nuit" veut dire donc environ trois heures avant le lever du soleil, vers trois heures après minuit. Le Seigneur alla vers Ses. Disciples "en marchant sur la mer." Ainsi II montra qu'il est Dieu, le Créateur de l'eau, de la terre de la mer et de toutes les choses. Il est physiquement impossible pour un être humain de marcher sur l'eau, sauf à l'aide de planches ou de bouées. C'est seulement le Créateur de l'eau Qui peut changer la nature de l'eau de sorte qu'il la rende capable de porter un corps humain entier, qui marche verticalement, sans aucune aide artificielle. Le fait que le Christ accomplit ce signe quand il y avait des vagues et un vent fort, souligne Son pouvoir divin. "Quand ils Le virent Qui marchait sur la mer, Les Disciples furent troublés: 'C'est un fantôme, disaient ils, et pris de peur ils se mirent à crier."(Matth. 14:26). Ce qu'ils voyaient, c'était une chose incroyable. Ainsi ils pensaient que ce n'était pas un vrai corps humain qu'ils voyaient marcher sur l eau, mais un fantôme, une apparition. "Mais aussitôt Jésus leur adressa ces mots:

'Rassurez-vous, c'est Moi, n'ayez pas peur.'(Matth. 14:27). C est Moi." Ces mots suffisaient à rassurer les Disciples, et à les calmer. "C'est Moi." La connaissance que c était Jésus, le Christ, le Seigneur, le Maître, Qui était avec eux, chassa toute leur peur et toute leur inquiétude. "C'est Moi. On peut également traduire les mots grecs comme: "Je Suis", une forme du Nom divin, révélé par le Seigneur à Moïse sur le Mont Sinaî: "Je suis Celui Qui Suis."(Exode 3:14). C'était Dieu Qui était avec eux, dans la Personne de Jésus. Il leur démontrait qu'il est également Dieu en marchant sur les vagues.

Mes chers frères et soeurs, quand nous nous trouvons au milieu des dangers, des afflictions ou des difficultés, nous pouvons crier au Seigneur de venir à notre aide. La méthode la plus simple de faire cela, c'est d'employer le Prière de Jésus, en répétant: "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur." Voici une prière simple mais efficace, que des Saints de notre Eglise et des fidèles innombrables ont utilisée pendant les siècles. Nous devons employer cette prière avec foi en Dieu, mais aussi avec patience, en la répétant un grand nombre de fois. Et pendant la quatrième veille de la nuit, à l'heure où les dangers et les difficultés semblent être les plus grands, à l'heure où nous ne l'attendons pas, d'une manière inattendue, le Seigneur peut venir à nous, pour nous rassurer par Sa présence invisible, et pour nous aider. La partie du récit qui suit, se trouve seulement dans la version de l’Evangéliste Matthieu. Après avoir été rassuré par les mots du Seigneur: "C'est Moi", l'Apôtre Pierre Lui répondit:

"Seigneur, si c'est bien Toi, donne-moi l'ordre de venir à Toi sur les eaux.(Matth. 14:28). C'est Pierre qui était surtout le Disciple de la Poi. C'est Pierre qui était toujours le premier parmi les Disciples à montrer sa foi en Jésus, en cherchant à accomplir de grands exploits. C'est Pierre qui était le premier d'entre les Disciples à confesser que Jésus est "le Christ, le Pils du Dieu vivant."( Matth. 16:16). C’est pourquoi Pierre devint le chef des Apôtres après la Pentecôte dans l Eglise primitive des premiers chapitres des Actes des Apôtres, en ce qui concerne la vie pratique de l'Eglise. Mais cette dignité de chef appartenut à Pierre personnellement, non pas à aucun de ses

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successeurs» De plus, cette dignité de chef ne le mettait pas au dessus des autres Apôtres en ce qui concerne leurs pouvoirs apostoliques. C'est à cause de leurs très grands exploits que nous appelons les deux Apôtres Pierre et Paul les deux "Sommets des Apôtres" dans notre Sainte Eglise Orthodoxe. Ainsi ce fut Pierre l'homme de Foi, Pierre l'impulsif, qui voulut se promener sur la mer avec le Seigneur "'Viens!' dit Jésus. Et Pierre, descendant de la barque, se mit à marcher sur les eaux en venant vers Jésus."(Matth, 14:29). Par sa foi au Seigneur, Pierre, qui n'était qu'homme, commença à agir comme un être divin, aidé par la puissance divine du Dieu-homme Jésus-Christ. Pierre, lui aussi, accomplit ce qui est impossible à l'homme, en marchant sur l'eau. Voici un avant-goût de la promesse du Seigneur, qu'il allait faire à Ses Apôtres après le Saint-Cène: Celui qui croit en Moi fera, lui aussi, les oeuvres que Je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que Je vais au Père (Jean 14:12). Agissant en Christ, c'est-à-dire dans la Sainte Eglise, qui est Son Corps, et avec la vraie foi en Dieu, les hommes peuvent accomplir des actions divines. Dans l'Eglise, nous les hommes devenons des fils adoptifs de Dieu, nous devenons aussi dieu par grâce Mais quand Pierre marcha sur l'eau, il n'était encore qu'un Disciple. C'était avant la Pentecôte. Ainsi était-il encore imparfait. Il n'était pas encore en état d'accomplir de grands miracles. Ainsi, "voyant la violence du vent, il prit peur et, commençant à couler, il s'écria:

'Seigneur, sauve-moi!' Aussitôt Jésus tendit la main et le saisit, en lui disant: 'Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?'(Matth.14:30-31). Pour accomplir de grands exploits en Dieu, il est nécessaire d'avoir foi en Lui. Il faut avoir foi pour commencer, mais il faut aussi maintenir cette foi en Dieu pour continuer l'exploit et pour l'achever. Avoir de grande foi au commencement, cela ne suffit pas. Il faut tenir la foi jusqu'à la fin. Mes chers frères et soeurs en Christ, notre vie chrétienne est comme un voyage, un voyage sur la mer vers le Royaume des Cieux. Pendant ce voyage nous rencontrons beaucoup de tempêtes autour de nous. Parfois ces tempêtes viennent du monde, causées par des hommes; parfois elles sont causées par les démons, par l'intermédiaire des hommes ou des autres créatures, comme des animaux sauvages. Quand les difficultés de la vie chrétienne nous paraissent comme une tempête, qui menace de nous submerger, nous devons toujours nous souvenir que cette tempête des difficultés et des événements ne peut arriver sans la permission de Dieu. Dieu les laisse nous arriver, afin que nous gagnons une couronne plus splendide dans Son Royaume Ainsi il faut toujours avoir foi en Dieu, et quand nous sommes entourés par des difficultés, nous devons crier comme Pierre: "Seigneur, sauve-moi! 11 et II viendra à notre aide. A Dieu le Tout-Puissant, Celui Qui aime les hommes , le Père, le Fils et le Saint-Esprit, soit toute gloire et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles Amin.

DIXIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 17:14-23) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Aujourd'hui nous allons considérer l'histoire de la guérison d un démoniaque épileptique par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ Cette histoire est lue ce dimanche dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, comme Evangile de la Divine Liturgie. Ce miracle est raconté par les trois Evangélistes Matthieu, Marc et Luc. Aujourd'hui on lit le récit de Matthieu, et le Quatrième Dimanche de Carême on lit le récit du même miracle par l'Evangéliste Marc. Ainsi nous l'entendons deux fois chaque année Cet événement est arrivé après la Transfiguration . de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ sur le Mont Thabor, devant les trois Disciples choisis: Pierre, Jacques et Jean. "Son visage resplendit comme le soleil, et Ses vêtements devinrent éblouissants comme la lumière"(Matth. 17:2). Il Se montra un peu à Ses Disciples comme II est en réalité, éclatant des Energies divines incréées. Il ne Se révéla qu'un peu, parce que les Disciples n'étaient pas encore en état de voir plus splendidement Sa gloire, sans être aveuglés et brûlés par les Energies divines Ainsi II laissa

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resplendir Son visage "comme le soleil", mais pas plus que le soleil. En réalité, le visage de Jésus- Christ est mille fois plus éclatant que le soleil. Après la Transfiguration, le Seigneur descendit de la montagne avec les trois Disciples. C'était le lendemain de la Transfiguration, comme l'Evangéliste Luc nous raconte. "En rejoignant les Disciples, ils virent une foule nombreuse qui les entourait et des scribes qui discutaient avec eux.(Marc9:14). Quand le Christ et les trois Disciples qui furent présents à Sa Transfiguration rejoignèrent les autres Disciples, qu'ils avaient laissés au bas du Mont Thabor, ils les trouvèrent au milieu d'une grande foule, en discutant avec des scribes, c'est-à-dire des légistes juifs, des experts dans la Loi de Moïse «Et II leur demanda: 'De quoi discutez-vous avec eux? (Marc 9:16). Etant Dieu, notre Seigneur. Jésus-Christ savait déjà ce que les autres Disciples faisaient, et II connaissait déjà la raison pourquoi ils discutaient avec les légistes. Mais II voulut qu'ils le disent eux-mêmes. Dieu agit très souvent de cette façon. Bien qu'il connaisse toutes nos actions, toutes nos paroles et toutes nos pensées, mieux que nous les connaissons nous-mêmes, Il veut que nous les Lui disons. Quand nous nous confessons à Dieu de nos péchés devant un prêtre, dans le Sacement du Repentir, nous ne disons rien au Seigneur qu'il ne connaît pas déjà. Lui, Il sait très bien si nous nous confessons de tous nos péchés, et aussi si nous nous en confessons d'une manière juste, en reconnaissant notre propre responsabilité et culpabilité. Mais II veut que nous nous en confessons nous-mêmes. Ce ne fut pas un des Disciples qui Lui répondit Ce fut "quelqu'un de la foule"(Marc 9:17), comme nous dit l'Evangéliste Marc. Mais ce ne fut pas n'importe qui dans la foule. Ce fut l'homme lui-même qui avait fourni la cause de la discussion» Il dit au Christ: "Maître, je T'ai amené mon fils, qui a un esprit muet. Quand il s'empare de lui, il le projette à terre il écume, grince des dents et devient raide. Et j'ai demandé à Tes Disciples de l'expulser, et ils n'en ont pas été capables."(Marc 9:17-18). Le fils de cet homme était épileptique. Il avait une maladie de l'esprit avec les symptômes que son père décrivait. Ces symptômes étaient ceux d'un démoniaque, de quelqu'un possédé par un démon qui voulait sa destruction. Nous pouvons sentir une grande sympathie pour ce pauvre père. Quel chagrin avait-il, de voir son fils possédé par un tel démon! Mais le Seigneur ne montra pas de sympathie pour cet homme. Au contraire II lui reprocha, et à Ses Disciples aussi, leur manque de foi. S'ils avaient de vraie foi en Lui, ils auraient déjà expulsé le démon du garçon. Il leur dit: ."Engeance incrédule, jusquès à quand serai-Je parmi vous? Jusques à quand devrai-Je vous supporter? Amenez-le Moi."(Marc 9:19). Mes chers auditeurs, je me demande, combien de fois le Seigneur dit-Il cela à notre sujet? "Engeance incrédule, jusqu'à quand devrai-Je vous supporter?" Car nous, nous sommes aussi une génération incrédule, plus incrédule même que les Juifs de cette époque-là. Mais le Christ, même en reprochant aux hommes leur incrédulité, montre en même temps Son amour pour nous tous. Il donna l'ordre de Lui amener le garçon èpileptique. Et ils le Lui amenèrent. Sitôt qu'il vit Jésus, l'esprit secoua violemment l'enfant, qui tomba à terre et il s'y roulait en écumant"(Marc 9:20). En face du Dieu-homme Jésus-Christ, les démons font toujours des manifestations violentes. Ils connaissent leur propre impuissance devant Lui, mais ils veulent paraître encore aux hommes comme s'ils étaient puissants. Le Seigneur ni ne s'inquiéta ni ne se hâta. Il n'agit pas tout de suite, parce que ce n'était pas nécessaire. Au lieu d'agir, Il demanda plus de détails au père. Il lui demanda: "Combien de temps y a-t-il que cela lui arrive?" (Marc 9:21).Le Seigneur Jésus-Christ n'ignorait pas cela, parce qu'il est Dieu et II connaît tout. Mais II voulait que tout le monde apprît l'histoire de ce malade par la bouche du père de l'èpileptique. Le père Lui répondit: "Depuis son enfance; et souvent il l'a jeté soit dans le feu, soit dans l'eau pour le faire périr. Mais si Tu peux quelquechose, viens à notre aide, par pitié pour nous."(Marc 9:21-22). Le père finit par un cri d'angoisse, presque de désespoir. Il avait entendu parler de Jésus de Nazareth comme un grand guérisseur et thaumaturge, mais il ne comprenait pas encore que cet homme Jésus est Dieu en personne. Il doutait si ce grand guérisseur pouvait guérir même un cas aussi grave d'épilepsie. Ainsi il prononça les mots hésitants: "si Tu peux."

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demande toujours foi en Lui comme en Dieu de la part de ceux pour lesquels II fait des . miracles. La signification des mots du Seigneur est, qu'il pourrait aider le père, s'il croyait vraiment en Lui. "Aussitôt le père de l'enfant s'écria: 'Je crois! Viens en aide à mon peu de foi! ( Marc 9:24). Il croyait un peu, sans quoi il n'aurait pas amené son enfant à Jésus pour être guéri. Mais sa foi était pauvre. Après le reproche du Christ, il . était conscient de son manque de foi; il était conscient de plus que c'était son manque de foi qui empêchait la guérison de son enfant. Mes chers frères et soeurs, notre foi aussi je crois viens en alue a mon peu de foi. " "Jésus, voyant les gens qui affluaient, menaça l'esprit impur en lui disant: 'Esprit muet et

sourd, Je te l'ordonne, sors de lui et n'y rentre plus. Le Seigneur, voyant la foule qui affluaient, décida que le moment était arrivé pour guérir l'enfant. Il ne le fit pas parce qu'il était pressé par la foule. Dieu n'agit pas ainsi. Dieu ne se hâte jamais. Il ne Se laisse pas être influencé, même par une foule. Dieu sait toujours exactement à quel moment il faut agir. Ici, Il agit au moment qui fut le plus plus propice, tant pour l'enfant que pour son père, et aussi pour les Disciples : et pour la foule qui regardait. Ainsi "le démon sortit de l enfant, qui de ce moment fut guéri." Les Disciples voulaient savoir, pourquoi ils n f avaient pu guérir l'enfant eux-mêmes, comme ils avaient déjà guéri d'autres démoniaques. Ils s'approchèrent du Christ en particulier et Lui demandèrent: "Pourquoi nous autres n'avons-nous pu l'expulser?" Le Seigneur leur en donna deux raisons: "Parce que vous avez peu de foi", leur dit-Il. En reprochant aux Juifs comme une "engeance incrédule", Il avait inclu Ses Disciples dans ce reproche. Mais il y avait une autre raison. Il leur répondit aussi: "Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et le jeûne." Il y a beaucoup de

démons qui ne sortent que par la prière et le jeûne. Il y a beaucoup

d'autres maladies de l'âma qui

ne se guérissent que par la prière et le jeûne. Tous les deux sont nécessaires, tant le jeûne que la prière. Employés ensemble, ils constituent un remède très efficace pour les maladies de l'âme. Les carêmes de notre Sainte Eglise Orthodoxe, surtout le Grand Carême avant le Pâques, sont de grandes opp8rtunités-pour la guérison des maladies de notre âme, pour vaincre les désirs forts de notre chair, et pour guérir les blessures causées par nos péchés. Ainsi notre âme peut être guérie: par la prière et de Dieu la Puissance divine, qui peut guérir toute chose. A notre Dieu: le" Père, le Fils et le Saint-Esprit, soit toute gloire et puissance, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

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ONZIEME

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DIMANCHE

DE

MATTHIEU

(MATTH. 18:23-35) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Aujourd'hui nous allons considérer une parabole de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus- Christ: la Parabole du Débiteur impitoyable. C'est cette parabole que nous avons entendue lire ce dimanche comme Evangile dans la Divine Liturgie dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe. L'occasion de cette parabole fut une question posée par le Disciple Pierre: "Seigneur,, combien de fois devrai-je pardonner les offenses que me fera mon frère? Irai-je jusqu'à sept fois?( Matth. 18:21). C'était une question très humaine. Quand quelqu'un pèche souvent contre nous, ou quand quelqu'unnous ennuie souvent, il nous semble que lui pardonner sept fois montre beaucoup de patience de notre part. Certes, le Seigneur Lui-même avait dit à une autre reprise: "Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s'il se repent, remets-lui. Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi, en disant: f Je me repens', tu lui pardonneras.(Luc 17:3-4). Mais même sept fois par jour ne suffit pas pour le vrai Chrétien. A la question de Pierre, le Christ répondit: "Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixant-dix fois sept fois (Matth. 18:22), c'est-à-dire jusqu'à un nombre incalculable de fois. Ensuite le Seigneur expliqua ceci par une parabole, celle du Débiteur impitoyable, que nous avons entendue lire dans l'Eglise aujourd'hui. Il commença: "A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs." Qui est ce roi? C'est Dieu. Qui sont Ses serviteurs?(Matth. 18:23). e sont nous-mêmes; c'est toute l'humanité. Et quelles comptes le Roi voulut-Il régler? Ce sont les comptes de nos péchés qui font de nous des débiteurs envers Dieu. Nous sommes comme des débiteurs qui doivent donner à Dieu de la satisfaction pour tous leurs péchés contre Lui employait des talents d'or. Ainsi une dette de dix mille talents était égale à environ quatre cent mille kilogrammes d or. Une telle somme d'argent est équivalent à des milliards de Zaïres aujourd'hui, même à des milliards de dollars. C était une dette qui ne pouvait pas être payée. Il en est de même avec nos péchés contre Dieu. Ils nous devienne une dette qui ne peut se payer. Les dettes des hommes envers Dieu ne peuvent être affranchies que par ce qui est au delà de tout prix, le Sang Précieux de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. "Cet homme n'ayant pas de quoi rendre, le Maître donna l'ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants, et tous ses biens, et d'acquitter ainsi la dette. Le serviteur alors se jeta à Ses pieds et il s'y tenait prosterné en disant: Consens-moi un délai, et je Te rendrai tout.' Apitoyé, le Maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. Vendre le serviteur, cela veut dire ici le livrer aux anges, pour le punir après sa mort par les tourments, à commencer par ceux de l'ïïadès, finalement par ceux des Enfers. Le serviteur demanda au Maître d'attendre quelque temps, en Lui promettant de rendre tout. Il se trompait. Il ne pourrait jamais rendre toute la dette, même s'il vivait encore mille années. Mais le Maître eu pitié de lui et lui remit sa dette. Dieu fait de même pour nous, si nous nous repentons de nos péchés. Dieu veut nous pardonner nos dettes si grandes et inestimables, si nous le Lui demandons avec du repentir. Mais après avoir été pardonné d'une si grande dette, qu'est-ce que ce serviteur fit? "Il rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers; il le prit à la. gorge et le serrait jusqu'à l'étrangler, en lui disant: 'Rends tout ce que tu dois." Or, le denier était une pièce de monnaie en argent, de circulation commun». Souvenons-nous que dans une autre parabole du Seigneur, le propriétaire d'une vigne donna un denier à ceux qui travaillèrent une journée dans mais ne pas trop grand de sorte qu'elle ne pût pas se payer. En tout cas, entre les deux dettes, celle de dix mille talents et celle de cent deniers, il n'y a pas de comparaison. Il en est de même avec nos péchés. Les péchés d'autrui à notre égard nous semblent souvent très graves; mais ils ne sont rien en comparaison avec nos péchés contre Dieu. Le compagnon du serviteur était naturellement un autre être humain, n'importe . lequel. Qu'est-ce qu'il fit? Il "se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant: 'Consens moi un délai, et je te rendrai. (Matth. 18:29). II fit le même que le serviteur avait fait devant'le Maître, en employant les

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mêmes mots. Mais il y avait une différence. S'il avait un délai assez long, le compagnon pourrait rendre la dette. Mais est-ce que le serviteur pardonna à son compagnon? Non! "Au contraire, il s'en alla le faire jeter en prison, en attendant qu'il eût remboursé son dû.(Matth. 18:30). Quand nous ne pardonnons pas les péchés de nos compagnons contre nous, c'est comme si nous les envoyons en prison, pour y être punis. Qu’ est-ce que fit le Maître de ce serviteur ingrat et impitoyable? Il "le fit venir et lui dit:

'Serviteur méchant, toute cette somme que tu Me devais, Je t'en ai fait remise,, parce que tu M'as supplié; ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme Moi J'ai eu pitié de toi?' Et dans Son courroux son Maître le livra aux tortionnaires, en attendant qu'il eût remboursé tout son dû."(Matth. 18:32-34). C'est-à-dire, le Maître livra le serviteur impitoyable aux tourments des Enfers, parce qu'il n'avait pas pardonné à son compagnon. Après avoir raconté cette parabole, le Christ finit par donner un avis à tous: "C'est ainsi que vous traitera auasi Mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du coeur." (Matth. 18:35). Mes chers frères et soeurs, cette parabole doît nous procurer une sainte crainte. Nous y voyons que le pardon.de nos péchés que nous recevons de Dieu est conditionnel. Le pardon de Dieu ne sera effectif pour nous que si nous pardonnons à notre tour à nos compagnons les péchés qu'ils ont commis contre nous. Mais si nous ne pardonnons pas à nos compagnons, Dieu nous rappelera le pardon qu'il nous a donné, et II nous traitera comme coupables de nos péchés contre Lui. et à nos confrères de travail; nous devons aussi pardonner aux étrangers, et même à nos ennemis, leurs péchés qu'ils " commettent contre nous. Mais chers frères et soeurs en Christ, rappelons-nous les mots dans l'Oraison Dominicale, le "Notre Père": "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés." En demandant ainsi à Dieu, nous Lui prions de nous pardonner seulement si nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Si nous ne pardonnons pas à autrui, c'est en effet que nous demandons à Dieu de ne pas nous pardonner nos péchés contre Lui. Il y avait une fois deux amis: Saprikios, un prêtre, et Nikiphore, un laïque. Mais le diable changea l'amitié de Saprikios en haine. Nikiphore, qui était un homme très vertueux, demanda de nombreuses fois à Saprikios de lui pardonner, mais celui-ci refusait toujours. Alors la persécution contre les Chrétiens recommença, et les idolâtres prirent le prêtre Saprikios. Ils le soumirent à des tortures variées, afin de le faire nier sa foi, mais Saprikios les supporta courageusement toutes. Nikiphore, qui était présent à ses supplices, implorait à plusieures reprises le martyr de lui pardonner et de le bénir, mais Saprikios refusait encore. Enfin les idolâtres, ayant compris qu'ils s'arriveraient à rien contre Saprikios par les tortures, donnèrent l'ordre le le décapiter. Tandis que Saprikios attendait son exécution, Nikiphore alla le voir en prison, baisa ses blessures et, se prosternant devant lui, implora avec des larmes Saprikios de lui pardonner. Saprikios refusa encore, même à cette dernière opportunité. Ensuite la grâce de Dieu l'abandonna. Quand il fut emmené pour être exécuté, il fut rempli de peur. Il renia le Christ et se dit? prêt à offrir des sacrifices aux idoles. Nikiphore, qui était présent, fut rempli de chagrin à cette chute. Il implora Saprikios de reprendre courage, de confesser encore en cette vie. Nikiphore se confessa Chrétien, et demanda de mourir au lieu de Saprikios. Il fut décapité tout de suite. Ainsi le Saint Martyr Nikiphore gagna lui-même la couronne du martyre, facilement, dans un bref espace du temps, sans être soumis aux supplices; tandis que Saprikios, qui ne voulait pas pardonner, ne gagna rien des tortures qu'il avait supportées pour le nom du Christ. Le Saint Martyr Nikiphore est commémoré dans notre Sainte Eglise Orthodoxe chaque année, le 9 février. Ainsi, mes chers frères et soeurs en Christ, pardonnons toujours à autrui, afin que,nous soyons pardonnes nous-mêmes par Dieu: le Père, le Fils et le Saint-Esprit, à Qui soit toute gloire et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

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DOUZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 19:16-26) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Aujourd'hui dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous avons entendu 1 ! épisode du Jeune Homme Riche comme Evangile pendant la Divine Liturgie, Un jeune homme riche s'approcha de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ, en Lui demandant: "Maître, que dois-je faire de bon pour posséder la vie éternelle? » Le Seigneur lui répondit: "Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements, et II lui cita quelques-uns d’ entre les Dix Commandements de l'Ancien Testament, et le commandement sommaire qui se trouve dans le Livre du Lévitique: Tu aimeras ton prochain comme toi-même."-'' Le Jeune Homme Riche connaissait déjà ces commandements, et il les observait. Mais il sentait qu'il lui manquait encore quelquechose. Il dit à Jésus: "Tout cela, je l'ai gardé; que me manque-t-il encore?" Le Seigneur lui répondit: "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes; donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor aux cieux; puis viens, suis-Moi." Voici la perfection chrétienne: aimer Dieu de telle sorte que nous soyons prêts à abandonner tout ce que nous avons et tout ce que nous connaissons: nos biens, notre famille, notre patrie, notre métier; et que nous soyons prêts à suivre Dieu, en Le considérant comme plus désirable que n'importe quelle chose de cette vie. Mes chers frères et soeurs en Christ, vers la fin du troisième siècle après le Christ il y avait un jeune homme en Egypte, qui entendit ce passage de l'Evangile lu dans l'Eglise, Ce jeune homme égyptien, qui s'appelait Antoine, fut si inspiré et ému par cette parole du Seigneur Jésus-Christ, qu'il vendit toutes ses possessions, il distribua tout son argent aux pauvres, et il s'en alla pour vivre tout seul dans les déserts d'Egypte, cherchant à vivre seulement avec Dieu et pour Dieu. Il demeura renommé, et ainsi il attirait des disciples, qui venaient devenir moines eux aussi dans les déserts d'Egypte, sous sa direction. Bien qu'il ne fût pas un homme instruit, il acquit une grande sagesse, donnée par Dieu, de sorte que même des philosophes venaient le consulter. Cet homme, Saint Antoine le Grand, est commémoré par la Sainte Eglise Orthodoxe chaque année, le 17 janvier. Bien qu'il y eût d'autres moines avant lui, Saint Antoine est honoré comme le Père par excellence du monachisme chrétien, parce que le grand mouvement monastique a commencé avec lui. Suivant l’exemple de Saint Antoine, des milliers d'hommes allèrent dans les déserts d'Egypte pour y devenir moines. Ils venaient de toutes les parties de l'Empire Romain. Après ce grand fleurissement au quatrième siècle en Egypte, le monachisme se répandit dans d'autres pays:

au Mont Sacré du Sinai, en Palestine, en Syrie et en Mésopotamie (qui maintenant s'appelle Irak), en Asie Mineure (qui de nos jours s'appelle la Turquie), en Grèce et en Europe occidentale. Dans les siècles qui suivirent, le monachisme se répandit dans tous les pays qui acceptèrent la Foi chrétienne Orthodoxe. En Grèce il y a une presqu'île consacrée au monachisme, celle du Mont Athos. En cette presqu'île, qui est considérée comme possession spéciale de la Sainte Vierge Marie, la Mère-de- Dieu, ; environ 1500 moines vivent en vingt monastères et dans de petites maisons nombreuses, appelées des "cellules » ou des "cabanes". L'entrée des femmes dans cette presqu'île est interdite. Le Mont Athos est maintenant le centre le plus important du monachisme Orthodoxe. Les femmes ont aussi leur place dans la vie monastique dès le commencement. De nos jours il y a beaucoup de monastères féminins en Grèce, en Serbie et en Roumanie. Qu'est-ce que le monachisme? L'état monastique -disons plutôt, la vie monastique est caractérisé en générale par trois choses: la virginité, la non-possession, et l'obéissance. Aux yeux du peuple, la Caractéristique la. plus remarquable du moine est qu'il renonce au mariage. Il faut bien comprendre, qu'il ne le fait pas parce qu f il regarde le mariage comme une mauvaise chose. Au contraire! Dans notre Sainte Eglise Orthodoxe, le mariage est considéré comme un Mystère très Saint. Dans nulle autre église le mariage n'est aussi beau et important que chez nous les

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Orthodoxes. C'est seulement dans notre Eglise que les époux sont couronnés pendant l'office du mariage. Mais, bien que le mariage soit une chose sainte et vénérable, la virginité dans l'état monastique est encore plus sainte et vénérable. Le mariage est une institution de ce monde. Après la fin du monde, le mariage disparaîtra. Mais dans le monde qui viendra, dans les cieux, tous vivront dans la virginité comme les Saints Anges. C'est ce que notre Seigneur Jésus-Christ nous enseigne dans l'Evangile, dans Sa réponse aux Sadduceens. Or, les Sadduceens étaient une secte juive qui ne croyait pas en la résurrection commune des morts. Des Sadduceens posèrent une question au Seigneur, en Lui racontant l'histoire d'une femme qui avait été mariée à sept hommes; ils demandèrent duquel des sept serait-elle la femme à la résurrection des morts. Le Christ leur répondit: "A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme, ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel,"(Matth. 22:30). La virginité consacrée est ainsi une imitation de la vie des Anges et un avant-goût du monde à venir. De plus, comme l'Apôtre Paul écrit dans sa Première Epitre aux Corinthiens: "L'homme qui n'est pas marié a souci des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur. Celui qui est marié a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à sa femme; et le voilà partagé. De même la femme sans mari, comme la jeune fille, a souci des affaires du Seigneur; elle cherche à être sainte de corps et d'esprit. Celle qui s'est mariée a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à son mari." (1 Cor. 7:32-34). Par le mot: "virginité", nous comprenons ici un état de l'esprit plus qu'un état physique du corps. Des’hommes et des femmes veufs ou mariés peuvent eux aussi devenir moines; ainsi ils achèvent leur vie dans la virginité. La virginité n'est pas une chose négative; elle ne consiste pas à seulement rester célibataire. Non! la virginité est quelquechose de positif, c'est une consécration à Dieu.

La deuxième caractéristique de la vie monastique est la non-possession. Celle-ci n'est pas la même que la pauvreté. Bien sûr, un degré de pauvreté y est inclus, parce que le moine renonce à toute chose superflue; il se contente des choses nécessaires pour la vie. Ainsi il peux chercner exclusivement les affaira du Seigneur. La non-possession veut dire aussi que les moines possèdent tous leurs biens en commun. Nul ne peut dire que quelquechose est "la mienne"; toute chose appartient au monastère ou à la fraternité dans son ensemble. C'est comme la vie traditionelle de la campagne, chez nous les Africains. Mais en disant que rien n'est sien, le moine renonce aussi à sa propre volonté. Il vit dans l'obéissance totale: surtout dans l'obéissance à son père spirituel ou à son supérieur, mais aussi dans l'obéissance à toute la communauté monastique à laquelle il appartient. Il imite ainsi le Seigneur Jésus-Christ, Qui dit: "Je suis descendu du ciel pour faire non pas Ma volonté, mais la volonté de Celui Qui M'a envoyé." De plus, comme l'Apôtre Paul écrit,aux Philippiens: "Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus: Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui L'égalait à Dieu. Mais II S'anéantit Lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, Il S'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix!" "Obéissant jusqu'à la mort": c'est cela que promet le moine à sa profession monastique. Celui qui veut devenir moine, est sousmis à une période d'épreuve, d’ordinaire au moins de trois années, pour vérifier sa vocation monastique et sa compatibilité à la fraternité où il veut devenir moine. Pendant cette période il est appelé "novice". Si à la fin de son noviciat il veut encore devenir moine, et si la fraternité le considère comme acceptable, il fait sa profession monastique. Il fait alors voeux: premièrement, de renoncer au monde et à ce qui s'y trouve; deuxièmement, de rester dans le monastère, ainsi que dans l'ascèse (c'est-à-dire la vie de jeûne, de vigile et de la prière); troisièmement, d'observer jusqu'à la mort l'obéissance la vie monastique pour le royaume des cieux; et cinquièmement, de se garder dans la virginité, la tempérance et la piété. Ces voeux sont permanents, pour toute la vie Ainsi un homme marié peut devenir moine, mais un moine ne peut jamais se marier. Ensuite, après ces voeux, on coupe les cheveux du nouveau-moine en forme d'une croix. Ses

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cheveux coupés sont gardés au-dessous de la Sainte Table dans le Sanctuaire, comme signe et sacrement de l'offrande de soi-même. En même temps il reçoit un nouveau nom, et ensuite il est vêtu avec les vêtements monastiques, dont le îplus important est une sorte de tablier, porté sur la poitrine, brodé avec une croix et des lettres grecques Ceci est appelé le "skhima" ou le "schème » du moine. Il est aussi nommé l'habit angélique". Ceux qui le portent, sont appelés des moines "mégaloschèmes", ou des moines "du grand habit » . Il y a aussi un petit schème, qui constitue une concession pour les moines qui vivent et travaillent dans le monde, surtout pour des moines qui sont prêtres. Les moines du- n petit habit » , ou les moines "microschèmes", ne font pas le premier voeu de renoncer au monde .J Mais sauf cette exception, le monachisme Orthodoxe a toujours cherché les endroits moins habités ou mêmes inhabités, comme les grands déserts de sable en Afrique du Nord et en Asie, dans les forêts ou dans les montagnes. La vocation du moine est de se séparer du monde pour consacrer sa vie à Dieu. Il vil? une vie dirigée entièrement vers Dieu, en Le louant dans les offices et en Le priant dans la solitude. Son travail est surtout la prière: la prière pour soi-même, pour toute l'Eglise, pour le monde entier, et pour toute l'humanité, vivante et morte. Voici pourquoi le monachisme Orthodoxe est moins apparent que le monachisme catholique romain; mais il est un monachisme plus traditionnel et plus intense. Mes chers frères et soeurs en Christ, prions le Seigneur qu'il appelle aussi des Zaïrois, hommes et femmes, à se consacrer à Lui dans la vie monastique. A notre Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, soit toute gloire, louange et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

TREIZIEME DIMANCHE JE MATTHIEU

(MATTH. 21:33-42) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Ce dimanche nous allons considérer une parabole prononcée par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ, celle des Vignerons Homicides. C'est cette histoire qui a été lue aujourd'hui dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, comme Evangile pendant la Divine Liturgie. Le Seigneur prononça cette parabole pendant les derniers jours avant Sa Passion et Sa Crucifixion. Il la raconta dans le Temple à Jérusalem, en présence des grands prêtres, des anciens du peuple juif et des Pharisiens, qui étaient Ses ennemis et qui voulaient Le faire mourir. Cette parabole était surtout dirigée contre eux. Le Christ commença ainsi: « Un homme était propriétaire, et il planta une vigne; il l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tou\; puis il la loua à des vignerons et partit pour l'étranger.(Matth. 21:33). Qui -est "l'homme propriétaire" dans cette parabole? C'est Dieu, Qui est le Créateur et le vrai Propriétaire de tout l'Univers, et de toute chose qui s'y trouve. Comme le Roi et Prophète David a écrit dans le 23ième Psaume: "La terre est au Seigneur, et tout ce qu'elle contient." ( Psaume 23(24):1 et 1 Cor. 10:26). Le Propriétaire planta une vigne. Mes chers auditeurs, la plupart d'entre vous n'avez jamais vu de vigne. C'est une plante assez cultivée dans les pays autour de la Mer Méditerranée et dans beaucoup d'autres pays du monde. Une vigne n'est pas un arbre ferme, qui se tient debout. Elle est une espèce de plante grimpante, comme nous en connaissons beaucoup dans les pays tropicaux, comme le nôtre. Elle a une tige, jointe aux radices, mais de cette tige il y a beaucoup de branches, qui sont de longues vrilles qui s'étendent horizontalement et qui grimpent verticalement. De ces vrilles pendent les fruits de figure du peuple d'Israël. Sortant d'une tige, le Patriarche Jacob, il s'étendit d'abord en 12 branches (les douze tribus) et ensuite en d'autres branches nombreuses (les familles) Mais toute la vigne était jointe à la tige et aux radices; de même tout le peuple d'Israël était joint au Seigneur par l'Alliance. Dans le 79ième Psaume, la nation d'Israël est décrite comme une vigne: "D'Egypte Tu as transporté une vigne, Tu as chassé les nations et Tu l'as plantée. Tu as été un guide devant elle sur le chemin; Tu as planté ses racines, et elle a rempli la terre. De plus, quand

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le Prophète Isaîe voulut montrer aux Juifs leur situation pécheresse et stérile,il employa l'image

d'une vigne qui ne produisit pas de bons raisins: "Que je chante a mon ami le chant de sea- mon ami

Eh bien! la vigne du

Seigneur des Armées, c'est la maison d'Israël, et les gens de Juda en sont le plant choisi." ' Le Christ a employé cette même figure dans le Nouveau Testament, comme une figure de Son Eglise: "Je suis

le Vrai Cep, et Mon Père est le

Moi, comme Moi en lui, porte beaucoup de fruit; car hors de Moi vous ne pouvez rien faire. Les branches de la vigne, les sarments du cep, restent en vie tant qu'ils soient joints au cep. Toute la plante est animée par la sève qui y coule, comme un corps par le sang. Le jus des raisins est même appelé leur sang. Ainsi ce n'était pas par hasard que notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ a employé du vin comme moyen pour nous faire participer à Son Sang dans le Mystère de la Divine Com- munion, . dans lequel le Vin est changé d'une manière inexplicable en Sang du Christ, tout en restant encore vraiment Vin. "Il la loua à des vignerons." Qui étaient les vignerons dans la Parabole, auxquels la vigne était louée par Dieu? C'étaient les chefs du peuple d'Israël: d'abord les juges, ensuite les rois, et finalement les grands prêtres. Propriétaire envoya Ses serviteurs. C'est-à-dire, Dieu envoya Ses serviteurs les Prophètes, Il les envoya pour percevoir les fruits de la vigne, qui Lui revenaient comme Propriétaire. Quels sont ces fruits? Ce sont les fruits de l'obéissance à Dieu par l'observation de Ses commandements et la pratique de bonnes actions. Ce sont aussi les fruits de l'adoration qui est due à Dieu. Mais qu'ont fait les vignerons? Ils "se saisirent de Ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, et lapidèrent un troisième. De nouveau, Il envoya d'autres serviteurs, plus nombreux que les premiers, et ils les traitèrent de même."(Matth.21:35-36). Dieu envoya Ses serviteurs les Prophètes à Son peuple Israël, mais il ne les écoutait pas. Surtout les chefs du peuple ne voulaient pas écouter les Prophètes, et ils essayaient de les faire taire. Ils menacèrent les uns, comme Amos. Amasias, le prêtre de Béthel, lui dit: "Va-t-en d'ici, voyant;; fuis au pays de Juda; mange là ton pain et fais-y le prophète. Mais à Béthel cesse de pro-phétiser; car c'est un sanctuaire royal, un temple du royaume."(Amos 7:12-13). On disait que Béthel était un sanctuaire de Dieu. Mais on ne voulait pas y écouter les vraies paroles de Dieu. On ne voulait qu'entendre ce qui plaisait au roi. Des autres Prophètes, comme Jérémie, furent mis en prison. Les dignitaires, "furieux contre Jérémie, le frappèrent et le mirent au cachot, au domicile de Yehonatân, le secrétaire, qu'on avait transformé en prison. Ainsi Jérémie fut mis dans un souterrain voûté. Et il y resta longtemps.(Jér. 44(37):15-16). Des autres Prophètes furent tués. Le Prophète Isaîe fut scié en deux pendant la règne du roi idolâtre de Judée Manassé. Un cas semblable est celui du Prophète Zacîiarie, le fils du prêtre 'Yehoyada, qui "se tint debout devant le peuple et dit: 'Ainsi parle Dieu. Pourquoi transgressez-vous les commandements de Seigneur sans aboutir à rien? Parce que vous avez abandonné le Seigneur, Il vous abandonne. ' Ils se liguèrent alors contre lui et sur l'ordre du roi Joas le lapidèrent sur le parvis du Temple du Seigneur."(2 Chroniques 24:20-21). Leur envoyer Ses Prophètes, c'était une grande honneur que Dieu faisait au peuple Israël. Mais le peuple d'Israël, suttout les rois et les aristocrates, ne les acceptaient pas, et ils leur faisaient violence. Qu'est-ce que le Propriétaire de la vigne fit alors? "Finalement, Il leur envoya Son Fils, en Se disant: 'Ils auront des égards pour Mon Fils.(Matth. 21:37). Dieu envoya Son Fils. C'était encore une dernière opportunité pour les Juifs. Même s'ils n'avaient pas accepté les Prophètes, peut-être ils accepteraient le Fils de Dieu, Qui. vint en les enseignant "en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes"(Matth.7:29) , et Qui fit parmi eux "des oeuvres que nul autre n'a faites.(Jean 15:24). Mais est-ce que les vignerons acceptèrent le Fils du Propriétaire? Non! "En voyant le Fils, ils se dirent pardevers eux: 'Voici l'Héritier: allons-y! tuons-Le, que nous ayons Son héritage. 1 Et, Le saisissant, ils Le jetèrent hors de la vigne et Le tuèrent."(Matth. 21:38-39). Les grands prêtres et les autres chefs du peuple juif enviaient Jésus-Christ, et ils voulaient Le tuer. En prononçant cette parabole, quelques jours avant Sa Passion, le Seigneur prophétisait Sa propre mort de la main des grands prêtres et des chefs des Juifs.

pour sa vigne

Il en espérait des raisins, mais elle lui donna de

Je suis le Cep; vous êtes les sarments. Qui demeure en

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Après avoir raconté cette parabole, le Christ demanda à Ses auditeurs; "'Lors donc que reviendra le Maître de la vigne, que fera-t-Il à ces vignerons-là?' Ils Lui répondirent: 'Il fera misérablement périr ces misérables, et II louera la vigne à d'autres vignerons, qui en livreront les fruits en temps voulu.'(Matth. 21:40-41). Voici ce que Dieu fit au peuple juif. Même après leur meurtre de Son Fils sur la Croix, Il leur donna encore une dernière chance pour se repentir, par la prédication des Saints Apôtres. Comme l'Apôtre Jacques le Frère-du-Seigneur, le premier Patriarche de Jérusalem, dit à l'Apôtre Paul: "Tu vois, frère, combien de milliers de Juifs ont embrassé la Foi (Actes:21:20). Mais ces Chrétiens juifs n'étaient qu'une petite fraction du peuple juif, et ils étaient persécutés par les autres Juifs. Enfin, après le meurtre de Saint Jacques le Frère-du-Seigneur par les Juifs, Dieu laissa venir le général romain Tite, fils de l'Empereur Vespasien, en l'année 70 après le Christ, environ 40 années après la Crucifixion du Christ. Tite fit la guerre contre les Juifs pour les soumettre, en les tuant et les expulsant. Enfin il détruisit le Temple de Jérusalem. Alors la vieille religion juive, celle de l'Ancienne Alliance, avec toutes ses sacrifices d'animaux, fut finalement terminée. La vraie continuation de l'Ancien Alliance est devenu l'Eglise du Christ, dans la Nouvelle Alliance. Au lieu des rois et des grands, prêtres des hébreux, ce sont les évêques et les prêtres chrétiens qui sont devenus les vignerons de la Vigne de Dieu. Mes chers frères et soeurs en Christ, quand nous entendons parler de l'infidélité du peuple juif, au lieu de le condamner, nous devons avoir crainte, de peur que nous ne devenions aussi infidèles à Dieu. Surtout, quand un prêtre de notre Eglise, ou n importe quelle autre personne, nous fait voir nos fautes, ou même nous en accuse, nous devons l'écouter avec humilité et gratitude, en acceptant ses paroles comme celles d'un Prophète de Dieu. Si nous haïssons ceux qui nous disent nos fautes, nous serons comme les vignerons homicides de la Parabole, qui chassèrent ou même tuèrent les Prophètes et enfin tuèrent le Fils de Dieu. Ne soyons pas comme eux, mais 'prions Dieu de nous corriger de nos fautes et de nos péchés, afin que nous devenions héritiers de Son Royaume, le Royaume du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à Qui soit toute adoration et gloire, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

QUATORZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 22: 2-14) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Ce dimanche l'Evangile de la Divine Liturgie dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, est la Parabole du Festin Nuptial, dans l'Evangile selon Matthieu. Cette parabole prononcée par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ, nous parle de l'appel de Dieu aux païens, c'est-à-dire aux non-Juifs, et aussi de la préparation qu'il faut faire avant recevoir la Divine Communion. Le Christ commence la Parabole ainsi: "Il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui fit un festin de noces pour son fils."(Matth. 22:2). Qui est le roi? C'est Dieu le Père. Et Qui est Son Fils? C'est Dieu le Fils, notre Seigneur Jésus-Christ. Quelles sont les noces? Les noces sont l'union du Christ avec Son Eglise, qui est Son Epouse. Comme l'Apôtre Paul écrit aux Ephésiens au sujet du mariiage: n Ce mystère - c'est-à-dire le Mystère du Mariage chrétien - est de grande portée; je veux dire qu'il s'applique au Christ et à l'Eglise."(Ephés. 5:32). Dans l'Eglise Orthodoxe, le mariage d'un homme chrétien avec sa femme chrétienne est une image, une icône, de l'union du Christ avec Son Eglise. Dans le dernier livre du Nouveau Testament, l'Apocalypse de l'Apôtre Jean le Théologien, c'est la Ville Sainte, la Nouvelle Jérusalem, qui est "l'Epouse de l'Agneau"(Apoc. 21:9), c'est-à-dire l'Epouse du Christ. Or, la Nouvelle Jérusalem est aussi une figure de l'Eglise: de l'Eglise triomphale et resplendissante dans les cieux après la Résurrection Commune et le Jugement Dernier. Comme chaque parent, le Roi dans cette Parabole célèbre les noces de Son Enfant par un festin. C'est une coutume presque universelle, que l'on trouve chez nous et aussi chez les anciens peuples, soit Juifs soit païens. De plus, quand c'est un roi qui célèbre les noces, le festin devint un banquet sumptueux et très joyeux. Mais quand ce Roi est Dieu Lui-même, le Roi des rois et

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Seigneur des seigneurs,(1 Tim. 6:15), le Créateur des Cieux et de la terre, quel banquet merveilleux ce festin nuptial doit-il être! Que nous parvenions tous à ce festin! Mais il y a quelquechose d’encore-plus merveilleux Dieu nous accorde déjà un avant-goût, une participation en partie à ce festin, Où? Dans la Divine Communion, dans la participation du Saint et Tout-Pur Corps et Sang de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. Ayant préparé le festin nuptial, le Roi. de la Parabole appela les invités "Il envoya Ses serviteurs convier . les invités à la noce, mais eux ne voulaient pas venir. De nouveau, Il envoya d'autres serviteurs avec mission de dire aux invités: 'Voyez,. J ai apprêté Mon banquet, Mes taureaux et Mes bêtes grasses ont été égorgés, tout est prêt, venez aux noces.'(Matth. 22:3-4). Qui est-ce qui sont les invités? En premier lieu, les invités au festin de Dieu étaient le peuple Hébreu. Ce sont eux que Dieu avait choisis d'abord pour être Son peuple. Et qui sont les serviteurs que le Roi envoya? Ce sont les Prophètes, qui parlaient du salut qui viendrait; et enfin ce sont les Apôtres, qui parlaient du salut qui est venu. Mais les Hébreux, les Juifs, sauf quelques exceptions, n acceptèrent pas l'invitation de Dieu. "Eux, n'en ayant cure, s'en allèrent, qui à son champ, qui à son commerce.(Matth. 22:5). Ils s'intéressaient plus aux choses de ce monde qu'aux choses des Cieux. L'Evangéliste Luc, en racontant cette Parabole, nous donne quelques exemples des réponses de ces invités ingrats: Le premier Lui dit: J'ai acheté une terre et il me faut aller le voir; je T'en prie, tiens- moi pour excusé. 1 Un autre dit: J’ai acheté cinq paires de boeufs et je pars les essayer; je T'en prie, tiens-moi pour excusé. 1 Un autre dit: Je viens de me marier, et pour cette raison je ne puis venir. (Luc 14:18-20). Mes chers frères et soeurs, malheureusement nous entendons ces excuses de nos jours encore, non pas maintenant chez les Juifs, mais chez les Chrétiens, même chez nous les Chrétiens Orthodoxes. Nous l'entendons de la part des Chrétiens qui ont perdu la ferveur qu'ils avaient au commencement, quand ils sont devenus Chrétiens Orthodoxes. Ils commencent en se contentant d'assister seulement à la Divine Liturgie, sans recevoir la Divine Communion, en disant qu'ils sont trop occupés pour prier et pour se préparer. Ensuite ils se disent être trop occupés avec leur travail pour assister aux offices de l'Eglise. Ainsi ils finissent en se séparant complètement de l Eglise. Leur état est alors pire que celle de quelqu'un qui a refusé de croire à l'Evangile; : car ceux-là, après avoir goûté du festin de Dieu, l f ont rejeté. Qu'est-ce que fit alors le Roi dans cette Parabole? "Il dit à Ses serviteurs: 'La noce est prête, mais las invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux départs des chemins, et conviez aux noces tous ceux que vous pourrez trouver. ' Ces serviteurs s en allèrent par les chemins, ramassèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle; de noce fut remplie de convives. (Matth. 22:8-10).Quand les Juifs, les premiers invités, avaient rejeté l'invitation au festin du Royaume des Cieux, Dieu envoya Ses serviteurs les Apôtres par les chemins, c'est-à-dire dans le monde entier, pour ramasser tous ceux qu'ils trouvèrent, c'est-à-dire tous ceux qui acceptèrent l'invitation du Roi Ils ramassèrent- tant les mauvais que " les bons, parce que le Festin du Royaume, la Divine Communion, est offert à tous, s'ils s'y approchent avec du repentir; car Dieu est miséricordieux, et "veut que tous les hommes soient sauvés'et parviennent à la connaissance de la Vérité.(1 Tim. 2:4). Ainsi "la salle de noce fut remplie de convives" elle fut remplie parles païens, qui acceptèrent l'invitation de Dieu après que les Juifs l'avaient refusée. Mais cette salle de noce n'est pas comme les bâtiments de ce monde. Même quand elle est remplie, il y a encore de place pour d'autres, même pour des milliers, pour des millions de gens encore. Nous, nous aussi pouvons devenir des "Egaux-aux-Apôtres » , en communiquant aux membres de notre famille, à nos voisins et aux personnes de notre connaissance, cette invitation merveilleuse, de prendre part au Festin de Dieu.

"Le Roi entra alors pour examiner

les convives, et II aperçut là un homme qui ne portait pas la tenue de noce. 'Mon ami, lui dit-Il, 'comment es-tu entré ici sans avoir une tenue de noce?'(Matth. 22:11-12). A première vue, cette accusation nous semble injuste. Peut-être le convive était un homme pauvre, qui n'avait pu acheter une tenue de noce. Mais liEvangéliste nous dit qu'il "resta muet. (Matth. 22:12). Il ne pouvait pas s'excuser. Pourquoi? Il ne pouvait pas s'excuser parce que la coutume à cette époque-là était de

Mais cette Parabole finit par un avertissement

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donner une tenue à 1' invité aux noc©s quand il entrait dans la salle. Dans cette Parabole, la tenue de noce est la robe du Baptême, ou mieux, le Baptême lui-même, avec l'Onction de l'Huile Sainte, appelée le Saint Myron, qui suit immédiatement le Baptême Orthodoxe. Personne n'est admis à la Divine Communion dans l'Eglise 1 Orthodoxe sans être baptisé et être oint avec le Saint Myron Mais aussi, ceux qui sont déjà des Chrétiens Orthodoxes, eux ils ont sali leur tenue de noce par leurs péchés. Eux, il faut d'abord qu: ils, lavent leur tenue de noce, en allant à un prêtre Orthodoxe pour se confesser et recevoir, l'absolution de leurs péchés. C'est ainsi qu'ils se revêtent de leur tenue de noce. Même si l'on n'a pas de péché grave, il faut en tout cas se préparer par la prière. Pendant la nuit avant la réception de la Divine Communion on doit prier plus que d'ordinaire. De plus, il faut s'abstenir de toute nourriture et de toute boisson (même de-l'eau) à partir du soir précédent, ou au moins à partir de minuit. Si possible, on jeûne aussi; au moins on ne mange pas de viande au repas le soir précédent. Qu'est-ce que le Roi dans la Parabole fit au convive qui ne portait pas de tenue de noce, c'est-à-dire, qui ne . s'était pas préparé? "Alors le Roi dit aux valets: ' Jetez-le, pieds et poings liés, dehors, dams les ténèbres; là seront les pleurs et les grincements de dents.(Matth. 22:13 13) Les valets du Roi, ce sont les Saints Anges; et les ténèbres extérieures, c'est l'Enfer, privé de la Lumière de Dieu. Cette Parabole a inspiré des hymnes de notre Eglise Parmi les plus beaux est celui-ci, qui est chanté pendant la Grande Semaine, avant le Pâques: « Ta chambre, je la vois, ô mon Sauveur, toute illuminée, et je n'ai pas l'habit nuptial pour y entrer et jouir de Ta clarté: illumine le vêtement de mon âme, Donneur-de-Lumière, et sauve-moi » Un autre hymne semblable est recité par le prêtre avant communier, à chaque célébration de la Divine Liturgie: «Comment entrerai-je, indigne que je suis, dans les splendeurs de Tes Saints? Si j'ose pénétrer dans la salle des noces, mon vêtement m'accuse, car il n'est pas nuptial et, m’enchaînant, les Anges me chasseront. Lave donc, Seigneur, les souillures de mon âme et sauve- moi, Toi Qui aimes les hommes." Mes chers frères et soeurs en Christ, efforçons-nous toujours de nous préparer soigneusement chaque fois que nous -recevons le Très-Saint Corps et le Très-Saint Sang de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ, afin que nous soyons admis au festin de Ses noces, dans Son Royaume, le Royaume du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à Qui soit toute gloire, louange et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

QUINZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH.

22:35-46)

Mes chers frères et soeurs:

Dans l'Evangile de la Divine Liturgie aujourd'hui dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous avons entendu les Deux Grands Commandements, prononcés par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ Quelques jours avant Sa Passion, Crucifixion, Mort et Résurrection, le Christ enseignait dans le Temple à Jérusalem. Les Pharisiens, qui étaient des Juifs qui se vantaient d'une observance très stricte de la Loi de Moïse, haïssaient le Seigneur, parce qu'il dénonçait l'hypocrisie et la vanité de leur vertu, dont ils étaient fiers. Ainsi ils voulaient Le surprendre en parole, afin de pouvoir L'accuser, soit devant le Grand-Prêtre Juif comme hérétique, soit devant le Gouverneur romain comme instigateur de révolution. "Ils se réunirent en groupe, et l'un d'eux Lui demanda pour L'embarrasser: 'Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi?'(Matth. 22:34-36). C'était un piège-Si le Christ répondait en donnant un commandement au-delà de la Loi de Moïse, ou qui ne se trouve pas dans l'Ancien Testament, ils pourraient L'accuser comme hérétique. Mais s'il prononçait un des commandements de l'Ancien Testament, ils pourraient L'accuser de mépriser les autres commandements. Mais les Pharisiens ignoraient que l'homme Jésus de Nazareth était aussi Dieu. Ils ignoraient

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qu'il était le même Seigneur Qui avait donné la Loi à Moïse au Mont Sinaï. Ils ignoraient que Jésus était le même Seigneur au nom cLuQuel parlaient les Prophètes de l'Ancien Testament, en disant:

"Ainsi parle le Seigneur." Ils ignoraient que la Loi de Moïse n'était qu'une étape dans le plan de Dieu pour le salut de l'humanité, et qu'elle devait être remplie et remplacée par la Loi de l'Evangile, qui est plus profonde et plus spirituelle. Mais le Christ, Qui avait donné la Loi Lui-même à Moïse, savait bien éviter le piège des Pharisiens. Il répondit en citant le grand commandement donné dans le sixième chapitre du Livre du Deutéronome: "Ecoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.( Marc 12:29-30 et Deut. 6:4-5). Tout notre devoir envers Dieu est contenu dans ce commandement. Si on examine ce qu'il contient, on observe deux choses. Premièrement, c'est un commandement d'aimer Il faut aimer Dieu. Il faut L'aimer comme notre Créateur Il faut L'aimer comme notre Père, Qui dans Sa providence nous donne tout ce qui nous est nécessaire pour notre vie. Il faut L'aimer comme notre Maître, Qui nous apprend les voies de Sa volonté. Il faut L'aimer surtout comme notre Sauveur, Qui nous a sauvé dans l'Incarnation du Fils de Dieu en devenant homme comme nous; dans Sa Passion et Crucifixion pour nous, du Juste pour les injustes; dans Sa Résurrection et Son Ascension en nous donnant une vie nouvelle, une divinisation, une participation de la Nature Divine; et dans la Descente du Saint-Esprit Qui nous illumine et Qui nous sanctifie. Deuxièmement, c'est un commandement d aimer Dieu sans réserve, de L'aimer de toute notre coeur, de toute notre âme, de tout notre esprit, et de toute notre force. La nature humaine est une nature composite; nous sommes composés d'un corps comme les animaux, et d'une âme comme les anges. Nous avons un esprit raisonnable, et nous avons un coeur avec sa propre volonté. Dans la Sainte Bible, le coeur de l'homme est regardé comme la siège de sa volonté; et les Pères de l'Eglise nous disent que c'est surtout notre volonté qui est l'image de Dieu en nous. Ainsi il n'y a aucun constituent de la nature humaine qui est exclu du commandement d'aimer Dieu. Nous devons L'aimer avec toute notre volonté, avec toute notre âme, avec toute notre pensée, et avec tout notre corps.

Les Saints Pères de notre Eglise Orthodoxe nous enseignent qu'il y a trois degrés dans la vie spirituelle du Chrétien. Le premier est celui de l'esclave; le deuxième est celui de l'ouvrier salarié; et le troisième est celui du fils. L'esclave observe les ordres de son maître parce qu'il a peur de lui. L'esclave est motivé par la peur d'être puni. De même, le Chrétien au premier degré accompli les commandements de Dieu et de l Eglise, parce qu'il a peur d'être condamné pendant toute l'éternité aux souffrances de l'Enfer.M’ouvrier salarié obéit les ordres de son maître parce qu'il ne veut pas perdre sa récompense. De même, le Chrétien au deuxième degré observe les commandements de Dieu et de l'Eglise> parce qu'il veui? ainsi gagner le Royaume des Cieux. Mais le fils suit les ordres de son père parce qu'il l'aime et veut lui plaire. De même, le Chrétien au troisième degré accomplit les commandements de Dieu et de l'Eglise, parce qu'il aime Dieu et veut Lui plaire. Il est motivé par son amour pour Dieu. Mes chers auditeurs, tous ces-trois degrés sont acceptables par Dieu. Dieu, "Qui veut que tous les hommes, soient sauvés", (1 Tim. 2:4), accepte tous ceux qui se tournent vers Lui, même s! ils sont comme des esclaves, en craignant les châtiments; Dieu les accepte même s'ils sont comme des ouvriers, voulant leur récompense. Dans les Evangiles il y a beaucoup d'endroits où le Seigneur menace les pécheurs des châtiments éternels, pour les détourner de leur voie mauvaise. Il y a aussi beaucoup de passages où II fait promesse d'une récompense dans Son Royaume, pour nous inciter à l'accomplissement de la vertu et des bonnes actions. La perfection chrétienne cependant est simplement d'aimer Dieu, mais non pas par crainte; car comme l'Apôtre et Evangéliste Jean le Théologien écrit dans sa Première Epitre: "Il n'y a pas de crainte dans l'amour; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas consommé en amour."(1 Jean 4:18). Le Chrétien au troisième degré, quand il pèche, est rempli de chagrin: non pas parce qu'il sera puni, non pas parce qu'il perdra sa récompense, mais parce qu'il a offensé Celui Qu'il aime comme Père. A celui qui aime vraiment Dieu, la connaissance de L'avoir

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offensé est plus douloureuse à son âme que n'importe quelle punition. Le plus grand exemple d'amour de Dieu est celui des Saints Martyrs, qui se donnèrent aux souffrances terribles et à la mort à cause de leur amour de Dieu. Comme le Seigneur Lui-même a dit: "Il net pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis."(Jean 15:13). Le Christ a donne Sa vie pour nous. Les Saints Martyrs donnèrent leur vie pour Dieu, parce qu'ils L'aimèrent (Voici pourquoi les Saints Martyrs ont toujours été regardés avec beaucoup d'honneur dans notre Eglise Orthodoxe , dès les premiers siècles jusqu'à nos jours. Ainsi le premier et le plus grand commandement est ceci: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force." A ce grand commandement, le Christ ajouta ensuite un deuxième, en disant: "Le second lui est semblable: 'Tu aimeras ton prochain comme toi-même.(Matth. 22:39). Ce commandement est une citation qui vient du dix-neuvième chapitre du Lévitique. Ce commandement est aussi un commandement d aimer. Il faut aimer notre prochain autant que nous aimons nous-mêmes. Nous devons le traiter comme nous voulons être traités nous-mêmes. Nous devons faire à notre prochain ce que nous désirerions qu'il fît pour nous, si nous étions dans le même état que lui. Il'faut aimer tout homme, parce que tout homme est fait à l'image de Dieu. Qui est notre prochain? Naturellement, les membres de notre famille et les autres habitants de notre village sont nos prochains. Aussi nos compagnons de travail sont nos prochains. Il faut les aimer tous. Nos compagnons de voyage, dans le même autobus ou train ou avion, eux aussi sont nos prochains; il faut les aimer comme nous-mêmes. Mais aussi nos ennemis, et tous les gens avec lesquels nous avons de mauvaises relations, eux aussi sont nos prochains. Il faut que nous les aimions, eux aussi, comme nous-mêmes. Nous devons prier pour eux et leur faire du bien. Comme le Seigneur a dit: "Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent.( Luc 6:27-28). Il y avait un très grand Docteur de l'Eglise, qui est appelé Saint Maxime le Confesseur. Il est appelé "le Confesseur" à cause des souffrances terribles qu'il reçut des hérétiques à cause de sa défense de la Foi Orthodoxe. Ils le coupèrent même la main droite et la langue, pour l'empêcher d'écrire et de proclamer la vérité. Mais cet homme saint, qui connaissait si bien la haine et l'ihhumanité des hommes, écrit 400 paragraphes (appelées "chapitres") sur l'amour. Dans une de ces chapitres il dit: "Bienheureux 1'homme, qui peut aimer tout homme également."(8) A', 17).Dans une autre il écrit: "Ainsi celui qui est de bonne disposition et sans tendance à pécher, aime tous les hommes également."( A', 25). Comme deux grands exemples d'amour pour le prochain, nous avons le Prophète Moïse et l'Apôtre Paul, et leur amour envers leurs compatriotes, les Hébreux. Moïse avait fait sortir le peuple hébreu d'un esclavage cruel en Egypte; mais les Israélites restaient très ingrats, et à plusieures reprises ils voulaient le tuer avec des pierres. Mais Moïse pria le Seigneur en disant: "S'il Te plaisait, pardonne leur péché! Sinon, efface-moi de grâce, du livre que Tu as écrit"(Exode 32:32). - c'est-à-dire, du livre où sont écrits les noms des sauvés. De même l'Apôtre Paul, que les Juifs haïssaient et essayaient à plusieures reprises de tuer, et qui avait reçu cinq fois des Juifs trente-neuf coups de.fouet, lui Paul écrit dans son Epitre aux Romains: "Je souhaiterais d'être moi-même anathème, séparé du Christ, pour mes frères, ceux de ma race selon la chair, eux qui sont Israélites." (Rom. 9:3-4 12). L'Apôtre Paul voudrait être envoyé lui-même aux Enfers, s'il pouvait de cette façon sauver les Hébreux. Voici.le sommet de l'amour pour le prochain - même pour les ennemis. Ainsi, mes chers frères et soeurs en Christ, nous avons ces deux grands commandements:

"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force;" et: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Prions Dieu d'implanter l'amour en nous, l'amour pour Lui et l'amour pour tous les hommes, afin que nous aussi, nous devenions semblables à Lui, et qu'il demeure en nous. Car, comme l'Apôtre et Evangéliste Jean le Théologien écrit dans sa Première Epitre: "Dieu est Amour celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui."( 1 Jean 4:16). Ainsi nous deviendrons vraiment des "participants de la Nature divine"(2 Pierre 1:4), et nous serons comme des rois dans le Royaume de Dieu; que nous y arrivions tous, par la grâce et l'aide de notre Dieu: du Père et du Fils et du Saint-Esprit, à Qui soit toute gloire,

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amour et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

SEIZIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 25:1^-30) Mes chères frères et soeurs en Christ:

Aujourd'hui nous allons considérer encore une parabole prononcée par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Car dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, l'Evangile pendant

la Divine Liturgie de ce dimanche est la Parabole des Talents.

Cette parabole se trouve dans l'Evangile selon Matthieu Il y a une autre parabole dans l'Evangile de Luc, appelée la Parabole des Mines, qui rassemble beaucoup à la Parabole des Talents, mais elles ont aussi des différences importantes. La Parabole des Talents fut prononcée par le Seigneuf pendant les derniers jours avant Sa Passion, Crucifixion, Mort et Résuurection. Il la prononça à Ses Disciples comme partie de Son enseignement au sujet de Son Deuxième Avènement en gloire et le Jugement Dernier de toute l'humanité; Il leur dit que le Royaume des Cieux "est comme un homme qui, partant pour l'étranger, appela Ses serviteurs et leur confia sa fortune."(Matth. 25:14). Qui est cet homme? C'est le Seigneur Lui-même. En réalité II ne partit pas pour l'étranger. Il rentra à Son Ascension dans Sa propre domicile, avec le Père et le Saint-Esprit dans le Royaume des Cieux, que comme Dieu II n'avait jamais quittée. Mais comme homme, parce que Jésus-Christ le Dieu-homme est parfaitement Dieu et parfaitement homme, Il partit par Son Ascension vers un état étranger pour l'homme, où nul homme n'avait jamais été avant. Lors de Son Ascension Il a fait entrer la nature humaine pour la

première fois dans les Cieux, et II l'a divinisée, en la faisant asseoir sur le Trône à la droite de Dieu

le Père.

Qui sont Ses serviteurs? Ce sont nous-mêmes. Chacun de nous est un serviteur de Dieu. C'est à nous qu'il confia Sa fortune. A l'un II remit cinq talents, deux à un autre, un seul à un troisième; à chacun selon ses capacités."( 2) Matth. 25:15). Qu'est-ce qu'un talent? Le talent était un mesure de poids dans l'antique empire romain, égale à environ quarante kilogrammes. On employait le talent aussi comme mesure de monnaie,

significant un talent d'or. Mais dans cette Parabole les "talents" ne signifient pas de l'argent, mais des dons spirituels. C'est à cause de cette Parabole que le mot: "talent" a acquis le sens qu'il a dans la langue d'aujourd'hui: une aptitude, une supériorité naturelle ou acquise pour faire une chose. Par exemple, quand quelqu'un peut chanter bien ou peut jouer bien d'un instrument musical, on dit .qu'il

a un talent pour la musique. Ainsi le Seigneur remet à Ses serviteurs des abilités différentes. Il

donne par exemple à l'un l'abilité pour les mathématiques, à un autre l'abilité d'écrire bien, à un autre l'abilité de sculpter le bois, et à un autre II donne un corps fort qui peut faire du travail dur. Mais aussi II remet des dons spirituels variés. L'Apôtre Paul parle de ces dons spirituels, qui sont appelés "charismes 1 ', dans sa Première Epitre aux Corinthiens. "A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun. A l'un, c'est une parole de sagesse qui est donnée par l'Esprit; à tel autre une parole de science, selon ce même Esprit; à un autre la foi, dans ce même Esprit; à tel autre, le don de guérir, dans cet. unique Esprit; à tel autre la puissance d'opérer des miracles; à tel autre la prophétie; à tel autre le discernement des esprits; à un autre les diversités de langues, a tel autre le don de les interpréter. Mais tout cela, c'est le seul et même Esprit Qui l'opère, distribuant Ses dons à chacun en particulier comme Il l'entend.(1 Cor. 12:7-11). Saint Paul dit ici

que c'est le Saint-Esprit Qui distribue lés dons spirituels; mais il n'y a pas de différence entre lui et l'Evangéliste Matthieu, parce que l'activité et l'opération de Dieu est toujours l'activité de toutes les Trois Personnes, chaque Personne Divine ayant Son propre rôle dans cette seule activité. Remarquons que l'Apôtre souligne que les dons de l'Esprit sont remis à chacun "en vue du bien commun." Ils ne sont pas donnés à personne pour l'enrichir lui seul comme individu, non plus pour

le bien seulement de sa propre famille. Le même Saint Apôtre écrit de plus à ce sujet dans on Epitre aux Ephésiens. Ici il parle du

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Christ comme le Donneur des charismes: "C'est Lui encore Qui a donné aux uns 'être Apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, organisant ainsi les saints pour l'oeuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ."(Ephés. 4:11-12).Le Corps du Christ, comme l Apôtre Paul écrit dans la même Epitre, est l'Eglise, Les charismes et les vocations différentes que nous recevons de Dieu, ils sont pour la construction de l Eglise, c ? est-à- dire de nous tous. Les uns sont appelés .par Dieu à devenir des évêques; ils sont assez peu nombreux. Plusieurs sont appelés à devenir des prêtres ou des diacres. Des autres sont appelés à servir Dieu et Son Eglise comme catéchistes, des autres comme chanteurs. Quelques-uns sont appelés par Dieu à devenir des moines et des moniales. Des autres reçoivent des abilités variées par lesquelles ils gagnent une salaire élevée, pour qu ils aident financièrement 1 Eglise et les pauvres. Des autres sont appelés à l'ouvre très responsable de nourrir des enfants, dans une famille chrétienne. Tous ces dons, et beaucoup d'autres en plus, sont nécessaires pour la vie de l'Eglise. Il n'y.a personne qui n'a une rôle spéciale à jouer dans l'Eglise. Remarquons dans la Parabole des Talents, que ces dons spirituels ne sont pas donnés également à chacun, mais aux uns de plus, aux autres de moins. Les talents sont donnés aussi à degrés différents, "à chacun selon ses capacités". C'est Dieu, le Créateur de chaque homme, Qui sait ce qui est la vraie capacité de chacun pour recevoir et utiliser bien des dons spirituels. Continuons maintenant la Parabole. "Après un long délai, le Maître de ces serviteurs arrive, et II règle Ses comptes avec eux.(Matth. 25:19). "Après un long délai": cela veut dire au Deuxième Avènement, à la fin du monde. "Il règle Ses comptes"; c'est-à-dire, Il nous jugera au Jugement Dernier, comment nous aurons utilisé les dons qu'il nous a remis. A cause de ce Jugement, mes chers auditeurs, il ne faut jamais envier quelqu'un qui a reçu plus de dons spirituels que nous- mêmes, ou des dons qui semblent d'avoir plus d'honneur (comme la sacerdoce) que les nôtres. Car au Jugement Dernier, comme le Seigneur Lui-même a dit dans l'Evangile: "A qui on aura donné beaucoup, il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup, on réclamera davantage." ( Luc 12:48). Regardons maintenant ce qu'avaient fait les serviteurs avec les talents qui leur avaient été confiés. "Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança et présenta cinq autres talents;•'Seigneur,' dit- il, Tu m'as confié cinq talents: voici cinq autres talents que j'ai gagnés.(Matth. 25:20). Et le Maître lui repondit: "C'est bien, serviteur bon et fiele, en peu de chose tu as été fidèle, sur beaucoup Je t'établirai; entre dans la joie de ton Seigneur."(Matth. 25:21).Ensuite celui qui avait reçu deux talents s'avança; lui, il n'avait gagné que deux autres. "'Seigneur,' dit-il, Tu m'as confié deux talents:

voici deux autres talents que j'ai gagnés.'(Matth. 25:22). Mais qu'est-ce que son Maître lui répondit? Il lui répondit avec les mêmes paroles que celles qu'il avait dites au premier serviteur: "C'est bien, serviteur bon et fidèle, en peu de chose tu as été fidèle, sur beaucoup Je t'établirai; entre dans la joie de ton Seigneur.(Matth. 25:23). Remarquons que les dons confiés à ces deux serviteurs étaient différents; mais la récompense et la louange sont les mêmes. Pour recevoir cette réponse et cette recompense, le premier serviteur dut gagner cinq talents de plus, parce qu'il avait commencé avec cinq talents Mais le deuxiè-me, qui n'avait commencé qu'avec deux talents, ne dut en produire que deux autres. Ceux parmi vous, mes auditeurs, qui connaissent l'arithmétique, vous direz que tous les deux serviteurs avaient fait produire leurs talents cent pourcent. Mais le troisième serviteur, qui n'avait reçu qu'un talent, qu'est-ce qu'il en avait fait? Lui, il

n i en avait rien fait. "Il s'en alla faire un trou en terre et enfouit l'argent de son Maître.(Matth. 25:18). Et quest-ce que celui dit au retour du Maître? Il dit: "Seigneur, j'ai appris à Te connaître pour un homme âpre au gain: Tu moisormes où Tu n'as point semé, et Tu ramasses où Tu n'as rien répandu. Ainsi, pris de peur, je suis allé enfouir Ton talent dans la terre: le voici, Tu as Ton bien."( Matth. 25:24-25). Qu'est-ce que répondit le Maître à cela? Fut-Il content de recevoir entièrement le talent qu'il avait confié? Pas du tout! Il dit à ce serviteur: "Serviteur mauvais et paresseux! Tu savais que Je moissonne où Je n ai pas semé et que Je ramasse où Je n'ai rien répandu. Eh bien! tu aurais dû placer Mon argent chez les banquiers, et à Mon retour J'aurais recouvré Mon bien avec un intérêt. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. Et ce propre à rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres. » (Matth. 25:26-28,30 ).

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Ainsi le. serviteur qui n'avait pas employé le don spirituel confié par Dieu, ce serviteur fut jeté par les anges au dehors du Royaume de Dieu, c'est-à-dire, il fut envoyé aux Enfers. Mais vous demanderez: Comment pouvons-nous faire produire- les dons spirituels que Dieu nous a confiés? Mes chers frères et soeurs, nous faisons multiplier les talents que Dieu nous a donnés quand nous les employons, quand nous les employons dans la manière,.voulue par Dieu La meilleure illustration de ceci est donnée "dans un hymne très beau de notre Sainte Eglise Orthodoxe, un hymne que nous chantons chaque année le Grand Mardi, c'est-à-dire le Mardi avant le Saint Pâques:

"Venez, fidèles, travaillons avec zèle pour le Seigneur, car II confie Sa richesse à Ses serviteurs; et de la grâce que chacun multiplie le talent! que l'un procure la sagesse en faisant le bien, que l'autre assure le service d'illuminer, que le fidèle partage la science avec les non-initiés, qu'un autre partage son bien avec les indigents! Ainsi nous ferons multiplier le trésor en dépôt, et de la grâce nous serons les fidèles intendants,devenant dignes de la joie du Seigneur: ô Christ notre Dieu, veuille nous l'accorder, dans Ta bonté pour les hommes. Prions donc que Dieu nous donne la grâcepour faire multiplier les dons qu'il nous a confiés, afin que nous aussi entrions- dans la joie de notre Seigneur, dans Son Royaume, le Royaume du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à Qui soit toute gloire et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

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DIX-SEPTIEME DIMANCHE DE MATTHIEU

(MATTH. 15:21-28) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Ce dimanche nous avons entendu l'histoire de la guérison de la fille d'une Cananéenne par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ Cette histoire a été lue comme Evangile de la Divine Liturgie dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, Qu'est-ce qu'un Cananéen? Les Cananéens étaient parmi lès premiers habitants de Palestine, avant l'arrivée des Hébreux, qui étaient sortis d'Egypte. A cause de leur idolâtrie et des péchés terribles et nombreux qui en étaient la conséquence, le Seigneur fit déposséder les sept nations qui habitaient Palestine, en la donnant en possession aux Hébreux. Ceux-ci tuèrent beaucoup d'entre les premiers habitants, et ils soumirent les autres en esclavage. Les Cananéens habitaient surtout les régions côtières, au bord de la Mer Méditérrannée. Ils étaient considérés par les Hébreux comme une race maudite. "Jésus Se .retira dans la région de Tyr et de Sidon." Tyr et Sidon (Matth. 15:21), étaient de grands ports, au nord-ouest de la Palestine, dans le pays qui de nos jours s'appelle le Liban. Le Seigneur Se retira dans cette région pour échapper aux foules qui Le suivaient et Le pressaient en Galilée, mais aussi pour éviter les Pharisiens et les légistes juifs, avec lesquels II venait de disputer♦ Ils cherchaient à Le tuer, surtout parce qu'il les avait blâmés de leurs fautes Pour cette raison, comme l'Evangéliste Marc nous le raconte, "Etant entré dans une maison, Il ne voulait pas que personne le sût."(Marc 7:24). Mais le Seigneur, le Dieu-homme Jésus-Christ, ne resta pas longtemps caché. "Car aussitôt une femme, dont la petite fille était possédée d'un esprit impur, entendit parler de Lui et vint se jeter à Ses pieds."(Marc 7:25). Cette femme était Cananéenne, habitante de cette région. "Elle se mit à Lui crier: 'Aie pitié de moi, Seigneur, Pils de David: ma fille est fort malmenée par un démon. (Matth. 15:22). Elle avait entendu parler de Jésus. Elle avait entendu parler du grand Guérisseur et Thaumaturge. Elle croyait qu'il pourrait guérir sa fille à elle aussi, s Il le voulait. Ainsi elle s'approcha de Lui avec grande foi, en implorant Son aide. Mais est-ce que le Seigneur accorda sa requête? Non! "Il ne lui répondit pas un mot. "(Matth. 15:23). Pourquoi fit-ll ainsi? Comme nous verrons, c'était pour montrer à Ses Disciples et à tout le monde la grande vertu de cette femme. Il voulait qu'elle persiste à crier et à L'implorer, pour montrer sa patience et sa force d'âme. Dieu fait souvent ainsi. Nous en lisons beaucoup d'exemples dans les vies des Saints. Il le fait de temps en temps à nous aussi, pour montrer notre persévérence ou pour exposer notre manque de persévérence. Les Disciples du Seigneur furent ennuyés par cette femme. Ils s'approchèrent du Christ et ils "-Le sollicitaient: 'Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris.'("(Matth. 15:23). Ici nous nous rappelons de la Parabole du Juge inique et la Veuve importune, qui se trouve dans l'Evangile selon Luc. Dans cette Parabole le Juge inique se dit: "Comme cette veuve m'importune, je vais lui faire justice, pour qu'elle ne vienne pas sans fin me rompre la tête."(Luc 18:5). Le Seigneur prononça cette Parabole pour montrer qu'il faut "toujours prier sans jamais se lasser.( Luc 18:1). Mais ici II ne fait rien pour la Cananéenne, bien qu'elle L'ennuie et Ses Disciples aussi. De plus, Il répondit aux Disciples: "Je n'ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d'Israël."(Matth. 15:24). Qu'est-ce que cela? Est-ce que le Fils de Dieu, Qui jugera tout le monde au Jugement Dernier à la fin de ce monde, est-ce qu'il est devenu plus inique que le Juge inique de la Parabole, qu'il prononça Lui-même? Est-ce que Dieu le Créateur de tous les hommes du monde, et Qui aime tant le monde qu'il prît un corps et une âme humains et Se livrât pour tous ceux qui croyeraient en Lui, est-ce que Dieu est devenu raciste? Est-ce que Dieu veut limiter la salut aux Hébreux et nous exclure, nous qui ne sommes pas Juifs? Pas du tout! Le Christ fit ainsi pour corriger Ses Disciples de la prétention juive traditionnelle. Les Hébreux étaient le peuple choisi de Dieu dans l'Ancien Testament, mais dams le Nouveau Testament le peuple choisi appartient; à toutes les nations du monde. Mais avant

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d'envoyer Ses Apôtres à toutes les nations, il fallait d'abord leur apprendre et les convaincre de se défaire de cette prétention juive traditionnelle, que le Seigneur était Dieu des Hébreux exclusivement. C'était pour cette raison qu'il dit: Je n'ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d'Israël", pour Se faire corriger par la bouche de cette femme Cananéenne. Cette femme courageuse n'accepta pas cette réponse de Jésus-Christ. Elle ,r se tenait prosternée devant Lui en disant: 'Seigneur, viens à mon secours!(Matth. 15:25). Le Christ la réfusa encore. De plus, Il lui répondit d'une façon très humiliante, . en lui disant: "Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens."(Matth. 15:26). Il appela ainsi les Israélites des "enfants" c'est-à-dire des êtres humains -et les Cananéens et les autres païens des "petits chiens". Est-ce qu'il pensait vraiment ainsi, Lui Qui avait fait l'homme à Son image et l'avait met au dessus de tous les autres créatures de la terre? Pensait-Il vraiment ainsi, Celui Qui aime les hommes, et Qui Se dit plus tard par Son Apôtre Paul d'être "Dieu notre Sauveur, Lui Qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité"( Tim. 2:3-4). llll Pas du tout! Comme je viens déjà de le dire, le Christ S'exprima ainsi pour montrer la grande vertu de cette femme et pour corriger des idées juives qu'avaient Ses Disciples. En entendant cette réponse insultante de la bouche du Christ, cette femme merveilleuse ne se fâcha pas. Elle ne perdit pas courage. Au contraire, elle montra sa grande humilité. Au lieu de nier être un "petit chien", elle utilisa cette description humiliante comme raison d'être aidé par le Seigneur. Elle reprit: "De grâce, Seigneur, aussi bien les petits chiens mangent-ils les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres." (Matth. 15:27). Eh bien! si se Maître juif l'appelait un "petit chien", elle pourrait encore demander d'être traitée comme un petit chien. Elle se montra ainsi d'avoir la même humilité que les grands Saints. Les Saints se croient toujours être indignes des faveurs que Dieu leur accorde. Ils se sentent indignes, car ils sont conscients premièrement de la différence infinie entre le Créateur et chaque créature; de plus ils sont conscients d'être pécheurs. Dans l'Ancien Testament, le grand Roi et Prophète David, qui composa la plupart des Psaumes, s'exporimait d'une telle humble façon. Quand il n'était pas encore roi et était chassé par le roi envieux Saûl, David dit à Saûl: "Après qui le Roi d'Israël s'est-il mis en campagne, après qui cours- tu? Après un chien crevé, après une simple puce!"(1 Royaumes (1 Samuel) 24:15). Et aussi dans le Psaume vingt^-et-un, un Psaume prophétique qui parle clairement de la Crucifixion du Christ, ce même David dit: "Moi, je suis un ver et non un homme, l'opprobre des hommes et le rebut du peuple" (Psaume 21 (22):7). Ainsi le Seigneur révéla la grande vertu de cette femme Cananéenne, Il mit en évidence d'abord sa persévérance et son courage, et aussi sa foi en Lui. Ensuite II fit apparaître sa grande humilité. En même temps, Il apprit à Ses Disciples, par la bouche de cette femme, que les païens, ceux qui n f étaient pas Juifs, eux aussi pouvaient implorer et invoquer le secours du Seigneur. "Alors Jésus lui répondit: 'O femme, grande est ta foi! Qu'il t'’advienne selon ton désir! Et de ce moment sa fille fut guérie."(16) Matth.15:28). Mes chers frères et soeurs en Christ, imitons cette femme Cananéenne. Ne lassons-nous pas de prier Dieu, surtout quand II ne répond pas tout de suite à notre requête. Plus nous L'implorons avec foi, patience et persévérance, et plus Il nous louera, comme II loua cette femme, et plus grande se sera la gloire dont II nous revêtira dans Son Royaume. Mais prions toujours en esprit d'humilité, en nous croyant indignes de toute faveur de la part de Dieu; car le créature n'a pas de droits envers son Créateur, et surtout le pécheur n'a aucun droit devant son Juge. Ainsi, c'est quand nous nous en croyons vraiment indignes, nous serons prêts pour entrer dans Son Royaume. Que dans ce Royaume nous arrivions tous, par la grâce et la miséricorde de notre Dieu, du Père et du Fils et du Saint- Esprit, à Qui soit toute gloire, honneur et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles» Amin.

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DIMANCHE 1ER DE LUC

(LUC 5:1-11) Mes chers frères et soeurs:

Dans notre Eglise, l'Eglise Orthodoxe, nous avons écouté aujourd’hui dans l'Evangile pendant la Divine Liturgie, le récit par Saint Luc de l f appel des premiers disciples du Seigneur Jésus Il avait déjà commencé Son ministère de prédication et de guérison en Galilée, et déjà il y avait de grandes foules qui Le pressaient pour écouter Son enseignement et pour être guéris de leur maladies Un jour II s'est trouvé à la ville de Bethsaîda,au bord de la mer . de Galilée (Saint Luc appelle cette mer le lac Genésareth, ce qui. est un autre nom pour le même lac) Ce jour-là le Seigneur Jésus . était pressé par la foule, et pour leur parler mieux II est monté dans une barque de pêcheurs qui était là sur le bord du lac. Il a prié le propriétaire de la barque de s'éloigner un peu du rivage et ainsi II est devenu visible à tous. Puis II s'est assis dans la barque, parce que chez les Juifs la posture traditionnelle de le seigneur était d'être assis; ils n'enseignaient pas debout, comme est la coutume chez nous les Africains. Ainsi le Seigneur a parlé à la foule et leur a enseigné. Qu'est-ce qu'il leur a ^ enseigné? Ici au commencement de Son ministère II annonçait surtout la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, que le Royaume de Dieu était en train de venir. De cette action du Christ nous apprenons le suivant. Si nous voulons apprendre les choses de notre foi Chrétienne Orthodoxe, si nous voulons écouter des paroles concernant le Royaume de Dieu, c'est une chose très louable. Mais cependant il ne faut pas surcharger nos prêtres et nos autres enseignants de la foi comme une foule Cela leur rendra plus difficile de nous parler. Non; il faut leur donner l'opportunité de se tirer à part et de se calmer avant qu'ils nous parlent. Aussi il faut souvent leur donner l'opportunité de se préparer, surtout par la prière, parfois en regardant dans des livres. Si nous leur donnons de telles opportunités, nous apprendrons et nous gagnerons beaucoup plus de leur enseignement. La barque de pêcheurs dans laquelle le Seigneur est monté n'était pas seulement une barque qu'il a choisie par hasard Dieu ne fait jamais rien par hasard. Toutes les choses, tous les événements

dans notre vie, qui semblent s'arriver par hasard ont en réalité "la main de Dieu 1 ', c'est-à-dire le plan divin, derrière eux. Dieu a un plan, un but, pour chacun de nous, et II conduit les événements dans notre vie et dans la vie de ceux qui sont i autour de nous pour réaliser ce plan. Nous appelons ceci la Providence Divine. La barque que le Seigneur Jésus a choisie appartenait à Simon, le Disciple qui recevrait plus tard le nom Pierre et qui deviendrait le premier d'entre les Apôtres. Son frère André était l’un des disciples de Jean-Baptiste, et ce dernier lui avait montré le Christ en disant: "Voici l'Agneau de Dieu"( Jean 1:36). Le lendemain André avait trouvé son frère Simon et l'avait amené à Jésus. Ils ne

sont pas devenus aussitôt des disciples de Jésus, '"

mais ils sont rentrés chez eux en Galilée et ont

continué d'exercer leur métier de pêcheur. Ainsi les deux frères connaissaient déjà un peu le Seigneur et ils Lui était déjà connus. C'est de même avec chacun de nous. Bien que nous ne connaissons pas le Christ notre Dieu avant de devenir des Chrétiens, au moins avant de devenir officiellement des catéchumènes, en beaucoup de cas nous avons entendu quelquechose de Lui ou nous avons écouté quand quelqu'un a fait mention de Lui. Mais toujours II nous connait déjà, dès le jour de notre naissance. Il nous connaissait même avant notre naissance, quand nous étions encore dans le sein de notre mère. Dieu nous connaissait déjà avant notre conception, quand nous n'existions pas encore. Chaque bébé qui est né, est né avec l'accord de Dieu. Quand le Seigneur Jésus avait fini de parler, Il a dit à Simon: "Avance en eau profonde, et lâchez vos filets pour la pêche.(Luc 5:4). " Comme nous avons déjà dit, ce n'était pas par hasard que le Christ a choisi la barque de Simon. Il l'a employée pour enseigner la foule, et maintenant II voulait l'employer pour quelquechose de plus, pour faire un miracle Il n'a pas demandé retourner au rivage. Au lieu de cela, Il a demandé à Simon d'avancer plus loin du rivage et de lâcher les filets pour la pêche. Simon a repondu: "Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur Ta parole je vais lâcher les filets.(Luc 5:5). Regardons l'humilité et l'obéissance de Simon. Lui, il

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était pêcheur et expérimenté dans la pêche. Jésus, Lui était le fils d'un charpentier de Nazareth, une ville qui n'était pas au bord d'un lac ou d'un fleuve, et II ne s'occupait pas de la pêche. De plus Simon avait déjà essayé toute la nuit de prendre des poissons mais vainement. Il savait déjà qu'il n'y avait pas là de poissons ou que les conditions n'étaient pas bonnes pour la pêche. De plus il était fatigué. Il aurait pu dire avec raison: "Maître, Tu es sans doute un grand docteur religieux, Tu sais tant de choses sur le Royaume de Dieu. Mais Tu n es pas pêcheur, la pêche n f est pas Ton métier. J'en sais plus que Toi au sujet de la pêche. Et je Te dis, il n'y a pas de poissons ici aujourd'hui Je le sais, parce que nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre. De

plus, maintenant je suis fatigué." Simon aurait pu dire tout cela, mais il ne l'a pas dit. Au lieu de cela il a dit: "Mais sur Ta parole je vais lâcher les filets." Bien qu'il pensât que ce serait encore inutile, il était prêt à obéir à l'ordre du Seigneur. Voici l'esprit dans lequel il faut obéir aux commandements de Dieu et aussi aux commandements de nos supérieurs dans l'Eglise. Même quand il hous semble inutile, même quand on nous demande de faire quelquechose que nous savons mieux que lui d r être presque impossible, si nous le faisons en obéissance, à cause du Christ, Dieu rencompensera notre obéissance. Parfois II en rencompense par un miracle, mais pas toujours. Souvent II en rencompense d'une manière inattendue. Mais II demande notre obéissance avec humilité. Voiei la co-opératàon que Dieu attend de nous. C'est quand nous essayons de faire l'impossible en obéissant que Dieu fait des miracles. Et voilà ce qui s'est passé cette fois, dans l'histoire racontée dans l'Evangile d'aujourd'hui. Simon et ses compagnons dans la barque ne croyaient pas qu'ils prendraient quoique ce soit. Mais ils ont obéi à la parole du Seigneur"." "L’ayant donc fait, ils prirent une grande quantité de poissons, et leurs filets se rompaient. Ils firent signe alors à leurs associés, Jacques et Jean les fils de Zébédée, qui était dans un autre barque, de venir à leur aide. Ceux-ci vinrent et on remplit les deux barques, au point qu'elles enfonçaient." (Luc 5:6-7). Ce résultat était tout à fait inattendu; il était contraire aux conditions naturelles. Pour ça il était reconnaissable comme un miracle. Pourquoi le Seigneur a- t-Il fait ce miracle? Ce n'était pas parce qu'il voulait manger des poissons. Pour cela un peu de poissons suffiraient. Ce n'était pas parce qu'il voulait donner à toute la foule des poissons pour manger. Plus tard II allait nourrir une grande foule de cinq mille hommes, et de femmes et d'enfants de plus, avec seulement cinq pains et deux poissons. Ce n'était pas pour enrichir Simon et ses associés en vendant les poissons sur le marché. Le Seigneur Jésus enseignait à tous à ne pas chercher les richesses de ce monde. Non; Il a fait ce miracle pour convaincre Simon et les autres de devenir Ses disciple, et aussi comme une illustration, une parabole, de comment ils travailleraient plus tard.

D Quelle était la réaction de Simon, en voyant ce miracle? "Il tomba aux genoux de

Jésus, en disant: 'Eloigne-Toi de moi, Seigneur, car je suis un pécheur!(Luc 5:8). En face du miracle, en face de cette démonstration de la puissance divine de Jésus. Simon est devenu conscient de ses péchés; qu'il était pécheur Il est tombé devant Lui et il l'appelle Seigneur, Lui accordant, des honneurs divins Il a demandé même que Jésus s'éloigne de. j lui, parce qu'il ne pouvamt supporter de se tenir, homme plein ! de péchés comme il se sentait, devant la sainteté et la puissance divine du Christ, dont il avait commencé à prendre consciense. Voilà la vraie réaction en face des miracles: le vrai Chrétien j devient conscient de ses péchés De même que le Prophète Isaïe, quand il a eu une vision de Dieu sur Sa trône t entouré des Séraphin., | il a dit:

"Malheur à moi, je suis perdu, car je suis un homme, aux lèvres impures." (Isaïe 6:5). Dieu le voulait comme cela, tant dans le cas de Simon que dans le cas d'Isaîe. Il voulait

qu'ils prennent conscience de leurs péchés; ensuite II les a appelés: Isaïe pour devenir Son Prophète, et Simon pour devenir Son Apôtre. Il en est toujours comme celaPour devenir serviteur de Dieu, surtout pour devenir prêtre ou diacre ou catéchiste, il faut être conscient que l'on en est indigne et que l'on en est incapable par ses propres forces C'est seulement comme cela qu'on peut devenir vraiment un instrument de Dieu dans Son Eglise, comme les Prophètes et les Apôtres.

Ensuite le Seigneur a dit à Simon: "Rassure-toi; désormais ce sont des hommes que tu

prendras. (Luc 5:10). Comme lui et ses associés prenaient des poissons dans le passé, ils allaient prendre des hommes dans le futur. Mais il y a une petite différence. Quand on prend les poissons,

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ils meurrent; mais le mot employé ici par le Seigneur pour "prendre" les hommes est un mot dans la langue grecque qui veut dire les prendre vivants, les capturer, comme on prendre des animaux sauvages pour les dompter et les utiliser.

Ce miracle avec les poissons a montré encore une chose aux futurs Apôtres. Il leur a montré

qu'ils allaient passer des moments où ils travailleront beaucoup mais sans succès. Ils prêcheront beaucoup dans un lieu, mais sans faire des conversions. Ils se fatigueront beaucoup. Cela leur semblera comme les nuits ou ils travaillaient à la pêche sans rien prendre. Mais ensuite, quand tout effort aura semblé inutile, ils allaient recevoir l’ordre de Dieu d'essayer encore une fois. C'est alors

qu ils prendront beaucoup de convertis, comme un miracle de Dieu, comme la grande quantité de

poissons dans le miracle d'aujourd'hui. La pêche divine, dans laquelle on capture les hommes pour Dieu, demande toute notre force; mais c'est en réalité Dieu Lui-même Qui prend chaque homme, chaque converti, dans nos fileis.

A Lui le Tout-Puissant, l'Un Dieu en Trinité: Père, Fils et Saint-Esprit, soient- toute

adoration et louange, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin

DIMANCHE DEUXIEME DE LUC

(LUC 6:31-36) Mes chers frères et soeurs:

Le Dimanche passé nous avons lu dans notre Eglise Orthodoxe le récit d un miracle: le grand coup de filet que notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ a fait comme signe, quand Il a appelé Ses premiers Disciples pour Le suivre. Aujourd'hui à la Divine Liturgie nous ne lisons pas le récit d'un miracle, mais un passage sur l'enseignement du Seigneur. Cet enseignement que nous lisons aujourd'hui est très pratique, et doit s'appliquer dans notre vie quotidienne Tant dans l'Evangile selon Matthieu que dans l'Evangile selon Luc, nous lisons, pas loin du commencement de l'Evangile, un grand discours du Seigneur Jésus dans lequel II nous a donné beaucoup d'instructions sur la vie pratique chrétienne. Dans l'Evangile selon Matthieu II donne ce discours sur une montagne Ainsi il nous est connu comme le Discours sur la Montagne. Dans l'Evangile selon Luc il y a un discours semblable, mais il est prêché sur une plaine. Ainsi il est appelé le Discours sur la Plaine «C'est de ce Discours sur la Plaine que vient la partie de l'Evangile qui est lue aujourd'hui. Naturellement, le Seigneur a donné le même enseignement, pas une seule fois mais plusieures fois, aux lieux différents où II a prêché. C’est pour cela que nous trouvons souvent dans les Quatre Evangiles presque le même enseignement donné à des occasions différentes. Les paroles que nous lisons aujourd'hui commencent avec un commandement qui est connu comme La Règle d'Or: "Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le sembla- l blement pour eux.(Luc 6:31). Cette règle est comme un guide qui peut diriger la plupart de nos actions et de nos relations avec autrui dans notre vie quotidienne. Elle est applicable dans notre famille envers nos voisins du village ou dans la ville, tant aux gens d'une même tribu qu'aux gens d'autres tribus, tant aux Chrétiens qu'à ceux qui ne sont pas Chrétiens. "Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le semblablement pour eux." Vous voyez un étranger qui a faim, qui est affaibli de la faim; qu'est-ce qu'il faut faire? Si vous étiez dans la même condition que lui, qu'est-ce que vous voudriez? Bien sûr, vous voudriez que les autres vous donnent de la nourriture, quelquechose à manger, bien que vous leur soyez étranger. Voila ! vous, faites de même maintenant pour cet étranger. Dans notre société africaine on nous a appris dès notre enfance à faire comme cela. 'Maintenant je vous donne un autre exemple Quelqu'un avec qui vous n'avex pas de relations amicales se trouve dans l'embarras, et il vous demande de l'aider. Qu'est-ce qu'il faut faire? Peut- être vous vous souvenez d'occasions où cette personne ou un autre membre de la même tribu que lui, a refusé de vous aider. Peut-être vous vous souvenez d'autres occasions où il vous a fait du tort. Peut-être il vous avait menacé, même il voua avait frappé. Qu'est-ce qu'il lui faut faire maintenant?

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On est tenté même d'exploiter son embarras, et de lui rendre le tort qu'il vous a fait d'autrefois, ou

que d'autres membres de sa tribu ont fait aux vôtres. Mais

situation que lui maintenant, qu'est-ce que vous voudriez? Vous voudriez qu'il vous aide, même s'il

est membre d'une autre tribu, même s'il appartient à vos ennemis traditionnels. Et réfléchissez un

Aujourd'hui c'est lui qui se trouve dans l'embarras. Peut-être un jour prochain ce sera vous

qui serez dans l'embarras et lui qui sera en position de vous aider Si vous refusez de l'aider

maintenant, il vous fera de même dans le futur. Si vous vous vengez sur lui maintenant, il voudra: : /

si vous l'aidez maintenant, si vous remettez toute pensée de

vengeance, il sera frappé et ému par votre générosité, n'est-ce pas? Dans le futur peut-être vous rendra-t-il du bien. Voici maintenant l'occasion de changer votre enmité en amitié. Voyez-vous, mes chers frères et soers, que des réflexions d'un point de vue purement humaine nous enseignent que cette Règle d'Or nous conduit à faire du bien à nos ennemis? Mais dans la lecture de l'Evangile d'aujourd'hui, le Christ nous donne des raisons plus élevées. Il faut aider nos ennemis dans leur indigence, il faut refuser de se venger sur eux, afin de chercher la perfection chrétienne. Faire du bien à nos amis, à nos voisins du même village, aux autres membres de la même tribu, c'est une vertu, bien sûr, mais pas une grande vertu, pas une vertu spécifiquement chrétienne. Faire du bien aux autres gens afin de recevoir du bien de leur part dans le futur, c'est de bonne conduite, mais ce n'est pas une vertu spécifiquement chrétienne Ceux qui ne sont pas Chrétiens, même des malfaiteurs, font de même. Le Seigneur Jésus dit cela dans les paroles qui suivent la Règle d'Or: "Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on? Même les pécheurs en font autant.(Luc 6:32-33), nous voulons être de bons Chrétiens, il faut faire mieux que les pécheurs. Si les pécheurs aiment les membres de leur famille et leurs amis, nous devons faire plus. Nous devons aimer les étrangers et les inconnus. Mais nous devons aussi aimer nos ennemis Nous venons de voir que la Règle d'Or: "Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le semblablement pour eux", que cette règle nous enseigne de faire du bien à tout le monde, même à nps ennemis, afin de recevoir du bien de tout la monde, même de nos ennemis. Cela rassemble à un prêt. Si nous faisons du bien à quelqu'un aujourd'hui, peut-être il nous fera du bien demain, même s'il est notre ennemi. Mais la perfection chrétienne, en appliquant cette même Règle d Or, va au delà de cela. La perfection chrétienne ne se contente pas de faire du bien maintenant afin de recevoir du bien à la part des autres gens demain. Nous les Chrétiens ne devons pas faire du bien comme un prêt aux autres, dont nous attendons être récompensés par un bien futur. Le Seigneur Jésus nous dit: "Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs pour en recevoir 1 ' équivalent. (Luc 6:34). Maintenant l'enseignement du Christ nous devient plus difficile. Il est toujours plus difficile de faire un don que de faire un prêt. Surtout si nous sommes des gens pauvres. Si quelqu'un nous demande de l'argent ou de la nourriture aujourd'hui, nous pouvons lui en donner, mais puis nous n'aurons rien nous-mêmes demain ou après-demain. En de tels cas il nous semble plus préférable de faire un prêt que de faire un don. Nous voulons attendre que l'autre nous rendra le même. Il en va de même avec les bonnes actions. Si nous aidons quelqu'un aujourd'hui, nous attendons qu'il nous aide plus tard d'une manière ou l'autre. Mais nous hésitons d'aider quelqu'un si nous le connaissons comme un homme dur, qui n'aide jamais les autres. Mais la perfection chrétienne demande que nous donnions, plus qu'elle demande que nous prêtions» Elle demande que nous prêtions sans rien attendre que l'autre nous récompense. Comme le Seigneur nous dit: "Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtezpans rien attendre en retour•" Ensuite Il donne deux raisons pour faire comme cela:

se venger sur vous dans le futur. Mais

si vous vous trouviez dans la même

peu:

"Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car II est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. (Luc 6:35). Mais II nous promet une récompense si nous prêtons sans rien attendre en retour. Il nous donnera Lui-même cette, récompense, peut-être encore dans cette vie-ci, par les mains de quelqu'un d'autre, mais surtout après notre mort, quand nous aurons quitté cette vie. Comme le sage roi Salomon a dit dans le livre des Proverbes: "Qui fait la charité au pauvre prête à Dieu.(Prov. 19:17).

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Donner quelquechose à un pauvre, c'est prêter cette chose à Dieu. Et quand nous prêtons à 'Dieu, nous recevrons la Sécompense plus tard, dans le Royaume des Cieux. Cette récompense sera bien . plus que la valeur du prêt que nous avons fait, et meilleure sans pareil. C'est Dieu qui nous récompensera avec intérêt, avec un intérêt bien plus grand et bien meilleur qu'aucun banquier sur la terre. Dans la Divine Liturgie de Saint Basile, le prêtre prie pour "ceux qui se souviennent des pauvres" comme suivant: "Récompense-leur avec Tes dons spirituels riches et célestes; donne-leur en échange des biens de la terre des biens du ciel; en échange des biens temporels des bien éternelles; en échange des biens périssables, des biens impérissables." Oui, quand nous donnons aux pauvres, nous pouvons attendre une récompense; mais nous n'attendons pas que les mêmes personnes qui reçoivent nous le rendent. Nous attendons une meilleure récompense, celle que Dieu nous donnera plus tard, dans Son Royaume. L'autre raison que le Seignaur nous donne pour faire du bien et pour prêter à nos ennemis et aux pauvres qui ne ^pourroofr rien nous rendre en retour, est celle-ci: nous serons "les fils du Très- Haut". Nous serons imitateurs de Dieji. Dieu nous donne toutes les choses que nous recevons dans cette vie, et II le fait sans distinguer entre les bons gens et les méchants. Il donne à ceux qui Le remercient et aussi à ceux qui sont ingrats, qui se plaignent au lieu de Lui rendre grâces. Nous, nous devons faire de même. La perfection chrétienne attend que nous donnions à ceux qui nous font la requête, sans demander s'ils sont vraiment, pauvres, sans demander s'ils sont de bons gens ou des méchants. Pour atteindre à la perfection chrétienne, il faut donner également à ceux qui sont reconnaissants et qui nous remercient, et à ceux qui sant ingrats et qui ne nous remercient jamais. Il faut donner également à nos amis et à nos ennemis, à ceux qui nous aiment et à ceux qui nous haïssent. Voilà la perfection chrétienne en cette chose. Nous donnons surtout parce que nous '"'. aimons Dieu et parce que nous voulons faire Sa volonté, en agissait comme Lui. "Montrez-vous miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. 1( 6) Luc 6:56). L'Evangile d'aujourd'hui finit avec ces paroles; de notre Seigneur. Ils nous rappellent la béatitude du commencement du Discours sur la Montagne: "Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.(Matth. 5:7). Nous sommes tous des pécheurs, nous sommes tous indignes des biens que Dieu notre Père nous donne. C'est pour cela que dans les offices de notre Sainte Eglise Orthodoxe, après chaque requête nous demandons la miséricorde de Dieu: "Kyrie eleïsonî" "Seigneur, aie pitié!" Mes chers frères, et soeurs, soyons nous aussi miséricurdr ieux envers tout le monde, pour exprimer ainsi notre reconnaissance envers Dieu pour tous les biens qu'il nous donne; et II nous récompensera dans Son Royaume éternel. A Lui soit toute gloire action de grâce et adoration, au Père,, au Fils et au Saint-Esprit maintenant, toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

DIMANCHE TROISIEME DE LUC

(LUC 7:11-16) Mes chers frères et soeurs:

Aujourd'hui dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous avons écouté le récit dans l'Evangile d'un miracle de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. Et c'est un miracle spécial; ce n'est pas une guérison, mais quelquechose de plus merveilleuse: la résurrection d'un mort. Or, notre Seigneur Jésus-Christ, pendant Son ministère sur terre avant Sa Crucifixion et Sa Résurrection, a ressuscité beaucoup de morts. Quand Son Précurseur, Saint Jean-Baptiste, était en prison, il a envoyé ses disciples au Christ pour Lui demander: "Es-Tu Celui Qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?" Jésus leur a répondu: "Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez:les aveugles voient et les boiteux marchent , les lépreux sont guéris et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres"(Matth. 11:3-5). De cette réponse, nous apprenons que le Seigneur Jésus ressuscitait beaucoup de morts, comme II faisait beaucoup de guérisons. Mais il n'y a que trois résurrections de morts dont les détails nous sont racontés dans les quatre Evangiles. Nous connaissons la résurrection de la fille de Jaïre, la

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réssurrection de fils d'une veuve à Nain, et . la résurrection de Lazare à Bethanie. Tous ces trois cas sont différents. La résurrection de la fille de Jaïre s'est accomplie peu de temps après la mort. Celle à Naîn était plus tardive, quand on était déjà en route pour enterrer le corps du défunt. La plus merveilleuse était celle de Lazare; celle-ci s'est accomplie le quatrième jour après la mort. Mais les autres deux résurrections sont elles aussi miraculeuses. C'est l'histoire de celle à Naîn que notre Eglise nous lit aujourd'hui; cette histoire est racontée seulement dans l'Evangile selon Luc. Naîn est une petite ville dans la région de Galilée, au pied du Mont Thabor, la montagne où le Seigneur S'est transfiguré Quand Jésus était arrivé près da la porte de cette ville, Il a rencontré une procession funéraire. On portait un mort, un jeune homme, pour l'enterrer. Ce jeune homme était le fils unique de sa mère, qui était veuve. C'est toujours une cause de chagrin quand on perd quelqu'un très proche, surtout quand il s'agit de la mort d'un fils ou d'une fille. Et quand on est veuve c'estencore plus triste, parce qu'on a déjà perdu son époux Mais en plus de ce chagrin, cette veuve avait encore un problème, un grave problème. Le défunt était son fils unique, et maintenant " elle se trouvait abandonnée, sans protecteur et sans quelqu'un de proche qui puisse pourvoir aux nécessités de la vie. La situation des veuves était très difficile dans la société juive ancienne. Mais à sa vue, le Seigneur a eu pitié d'elle. Il savait: déjà tous les détails. Il savait qu'elle était veuve et que le mort était son fils unique. Il savait toute sa situation difficile parce qu'il est Dieu et II sait tout détail, tout besoin et tout problème de chacun de nous. Quand nous prions, soit pour nous-même soit pour d'autres, il n'est pas nécessaire de raconter à Dieu tous nos besoins en détail. Dieu sait nos vrais besoins mieux que nous-mêmes. C'est pour cela que notre Eglise, en priant pour le monde et pour ses gens, emploie surtout des pétitions très simples, comme "Seigneur aie pitié", ou "Souviens-Toi", comme a fait le Bon Larron qui était crucifié avec le Seigneur Jésus. Certes, nous pouvons faire de longues prières si nous le voulons.Mais pour nous les Orthodoxes, la méthode la plis utilisée est de commémorer les noms devant Dieu; et quand nous prions pour des autres Orthodoxes, nous pouvons donner leur nom au prêtre, avec une offrande, pour être commémoré par lui pendant la préparation de la Divine Liturgie. Or, le Seigneur a eu pitié de cette veuve. Il lui a dit de ne pas pleurer. Puis II s'est approché du cercueil et II l’a touché. Les porteurs du cercueil se sont arrêtés. Ils ont vu que ce Maître religieux voulait faire quelquechose, mais ils ne savaient pas ce qu'il allait faire. Puis le Seigneur Jésus s'est addressé au mort, en disant: "Jeune homme, Je te l'ordonne lève-toi."(Luc 7:1). Il a parlé au mort comme s'il parlait à un vivant. Il lui a ordonné de se lever. Et qu'est-ce qui est arrivé? Le mort s'est mis sur son séant et il a commencé à parler. Il a obéi au commandement de Jésus, parce que Celui-ci est le Seigneuxr de tous, des vivants et des morts. flJest pour démontrer ceci que le Seigheur a fait ce miracle avec une seule parole. Il n'a pas touché le mort du tout. Il l'a ressuscité seulement en lui ordonnant. Le jeune homme ressuscité se mit à parler. Il a parlé pour montrer qu il était vraiment rentré en vie. Quand un bébé est né, on attend toujours son premier cri. C'est là le signe qu'il est vraiment vivant. Il en est de même ici. Le jeune homme a parlé pour montrer qu'il était vraiment vivant, et vivant comme une personne humaine, qui parlait comme un être raisonnable. Si le mort se bougeait seulement, ou s'il se bougeait en poussant des cris, ce ne serait pas un homme entier qui était ressuscité mais une espèce d'animal. Mais en parlant avec des paroles raison nables, il a démontré qu'il était ressuscité comme un vrai être humain. En voyant ce miracle, tous étaient saisis de crainte. La résurrection d'un mort est un miracle bien plus grand que la guérison d'un malade ou d'un boiteau. Tout le monde craint la mort. La mort nous est un grand mystère. Voir quelqu'un rentré, en vie après avoir été mort, voilà quelquechose qui nous remplit de crainte, de la crainte que nous devons avoir devant la puissance de Dieu. De plus, ces gens-là à Nain vivaient avant la Résurrection du Christ, avant Sa victoire sur la mort par la mort. Ils ne savaient pas ce qui allait arriver. Nous les Chrétiens, et surtout" nous les Chrétiens Orthodoxes, nous ne devons pas craindre la mort elle-même, parce que nous croyons que le Christ notre Dieu a vaincu la mort dans Sa Résurrection. Mais nous devons avoir de crainte pour le jugement qui suivra la mort. Après la mort il n'y aura pas d'occasion de se repentir. Il faut se souvenir toujours de ce jugement juste et terrible que nous subirons après notre mort. Si nous nous

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souvenons toujours de ce jugement il nous devient bien plus facile de résister aux tentations de pécher.

Ainsi tpus étaient saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant: "Un grand prophète a surgi parmi nous et Dieu a visité Son peuple.(Luc 7:16). A cause de ce miracle, les habitants de Naîn reconnaissaient le Seigneur Jésus comme un grand prophète. Dans le passé, deux grands prophètes ont accompli de tels miracles. Le Prophète Elie l'a fait une fois, avec le fils de la veuve de Sarepta. Le Prophète Elisée l'a fait deux fois, une fois avec le fils de la femme Shunamite, et une fois après sa mort quand un homme mort était placé dans son tombeau, sur ses saintes reliques.

Ainsi les Juifs de l'époque du Christ pensaient qu'il était un grand Prophète, comme Elie et Elisée Ils ne comprenaient? pas qu Il était plus d un Prophète, qu'il était Dieu-même, Lui Qui avait envoyé les Prophètes et Qui avait parlé par eux. Les habitants de Naïn n'ont pas remarqué la grande différence entre la manière par laquelle s 1 étaient accomplies les résurrections par les Prophètes Elie et Elisée, et celle employée par le Christ Ceux-là l'avaient toujours faite par contact avec le corps du mort. Le Christ l a faite sans contact, seulement par une parole ». Les Prophètes Elie et Elisée (quand ce dernier était encore en vien ont prié avant accomplir ce miracle, en implorant la miséricorde et l'aide de Dieu. Le Seigneur Jésus n'avait pas besoin de telle prière, parce qu'il était Dieu lui-même, le Seigneur des vivants et-des morts; Il a fait cette résurrection par une seule parole, par un commandement. Les trois résurrections des morts faites par le Christ qui nous sont racontées dans les Evangiles nous confirment dans notre foi en la résurrection générale des morts à la fin du monde. Mais elles ne sont pas la même chose que la résurrection générale. Dans les trois cas dans les Evangiles, tous les trois ressuscites sont revenus à la vie, à la même vie mortelle qu'ils l'avaient vécue auparavant, et il leur a fallu mourir encore une deuxième fois La résurrection générale des morts à la fin du monde sera différente, d'un ordre plus merveilleux. Elle sera comme la Résurrection du Christ-même. Nous serons ressuscites avec un corps spirituel, un corps transfiguré, qui ne mourra jamais. "Bien-aimés", écrit l'Apôtre et Evangéliste Jean le Théologien dans sa Première Epitre, "ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation, nous Lui serons semblables, parce que nous Le verrons tel qu'il est."(I Jean 3:2). Comme l'Apôtre Paul a écrit aux Corinthiens: "Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils? Avec quel corps reviennent-ils? Ce que tu sèmes, toi, ne reprend vie, s'il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps à venir, mais un grain tout nu, du blé, par exemple, ou quelque autre

semence; et Dieu lui donne un corps à son gré, à chaque semence un corps

va-t-il de la résurrection des morts: on sème de la corruption, il ressuscite de l'incorruption; on sème

Ainsi en

de l'ignominie, il ressuscite de la gloire; on sème de la faiblesse, il ressuscite de la force. (I Cor. 15:35-38, 42-43). Quand nous mourrons, nous serons placés dans la terre comme des semences. Et plus tard, à la fin du monde, Dieu nous ressuscitera comme des plantes qui auront poussées à pantin des semences de nos corps. Mes chers frères et soeurs, que cette résurrection générale soit pour nous tous une résurrection de gloire avec tous les Saints et les Justes, par la grâce et la miséricorde de notre Dieu:

du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à Qui sont toute louange et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles Amin.

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DIMANCHE QUATRIEME DE LUC

(LUC 8:5-15) Mes chers frères et soeurs:

Pendant la Divine Liturgie aujourd'hui dans notre Eglise, l'Eglise Sainte Orthodoxe, nous avons écouté comme Evangile la parabole du Semeur, la première de toutes les paraboles que notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ nous a données. Qu'est-ce qu'une parabole? Le mot "parabole" est un mot grec qui signifie "comparaison" Dans les paraboles des Evangiles le Seigneur Jésus fait comprendre quelque mystère du Royaume de Dieu en faisant" une comparaison parfois avec quelquechose de bien connu dans la vie quotidienne de Ses audi teurs: un fermier qui sème, une femme qui fait du pain, des hommes qui pèchent, et beaucoup d'autres. Parfois II fait une comparaison avec une histoire, comme celle de l'Enfant Prodigue de l'Homme Riche et de Lazare, ou des Dix Vierges, et comme beaucoup d'autres qui sont bien connues de chacun qui lit souvent les Quatre Evangiles. Ces comparaisons nous donné une illustration d'une vérité concernant le Royaume de Dieu. Pourquoi le Seigneur a-t-Il employé des paraboles dans Son enseignement? Ce n'était pas pour expliquer des aspects du Royaume de Dieu. Au contraire, c'était pour les voiler. Comme le Christ Lui-même a dit à Ses Disciples dans l’Evangile lu aujourd'hui, "les autres n'ont que des paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre." Pour ceux qui ne intéressent pas aux choses spirituelles, les paraboles de Jésus ne sont que de petites histoires; ils n'ont pas d'autre ' signification. Les mystères du Royaume de Dieu leur sont incompréhensibles, parce qu'ils ne veulent pas ouvrir leur esprit pour les comprendre.(Luc 8:10). Mais pour nous qui croyons, les paraboles du Seigneur sont pleines de sens. Les paraboles sont surtout pour les initiés, pour les illuminés, pour ceux qui ont été instruits dans les mystères de la foi Chrétienne Orthodoxe pour ceux qui ont été catéchumènes ou qui ont été instruits quand ils étaient enfants. Mes frères et mes soeurs, voyons maintenant la parabole du Semeur. La scène décrite était une scène bien connue aux auditeurs: un cultivateur qui semait de la semence. A cette époque-là, on semait en se promenant dans les champ et en jetant la semence avec la main autour de soi dans toutes les directions. On ne plaçait pas la semence soigneusement dans des sillons préparés, comme nous savons faire aujourd'hui. Non; on jetait la semence partout. Et naturellement, toute la semence n'est pas tombée dans la bonne terre, mais une grande quantité est tombée ailleurs: une partie hors du champ, au bord du chemin une partie sur un rocher; et une autre partie parmi les épines. Mais il y a une autre partie qui est tombée dans la bonne terre. Qu'est-ce qui est devenu avec ces parties de la semence? Celle qui est tombée au bord du chemin n'avait aucune chance à croître. Elle est tombée dans la poussière, les gens et les animaux l'ont foulée aux pieds et les oiseaux l'ont mangée. La partie qui est tombée sur le rocher est allée un peu mieux. Elle a poussé d'abod; mais plus tard elle s'est desséchée faute d'humidité. Les plantes sur le rocher n'avaient pas de racine; ainsi elles ne pouvaient pas durer. La partie qui est tombée parmi les épines a eu des racines et avait de l'humidité. Mais les épines et les autres mauvaises herbes ont poussé avec la bonne semence et ont étouffé les bonnes plantes. Mais la partie qui est tombée sur la bonne terre, elle a poussé et à donné du fruit au centuple. Voilà la parabole. Elle décrit une scène assez simple Pour ceux qui l'ont écoutée pour la première fois, la seule leçon qu'ils en peuvent tirer est que les méthodes modernes de semer sont meilleures que les anciennes. Mais ce n'était pas pour cela que le Seigneur Jésus a dit cette parabole. Non, Il l'a dite pour enseigner quelquechose concernant le Royaume de Dieu. Mais après l'avoir dite, Il a crié: "Entende, qui a des oreilles pour entendre!"(Luc 8:8), ne parlait pas ici des oreilles physiques, des oreilles du corps, mais des oreilles de l'âme. Ceux qui ont des oreilles de l'âme pour entendre et comprendre les choses de l'esprit, qu'ils entendent! La foule ne comprenait pas cette parabole; les Disciples de Jésus non plus. C'était la première parabole que leur Maître avait dite, et ils n'étaient pas accoutumés encore à entendre des

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paraboles. Ainsi le Seigneur les a tirés à part et leur a expliqué cette parabole plus tard. Heureusement, les Evangélistes nous ont écrit tant l'explication que la parabole. Regardons maintenant la signification de la parabole du Semeur. La semence, c'est la parole de Dieu. Il y a d'autres paraboles du Christ où la parole de Dieu est illustrée par la semence. Si nous avons lu les Evangiles, nous connaissons aussi la parabole de l’Ivraie et la parabole du Grain de Sénevé. Le Royaume de Dieu est quelquechose qui croît; ainsi il est très bien représenté par la semence. La partie de la semence qui est tombée au bord du chemin est la parole qui est entendue

mais n'a pas été acceptée par les auditeurs. Le diable vient tout de suite, "et il "enlève la Parole de leur coeur, de peur qu'ils ne croient et ne soient sauvés"(Luc 8:12). Luc 8:13lll.La volonté de Dieu,

c ! est notre sanctification (I Thess.4:3)

veut "que tous les hommes soient sauvés et parviennent à

Il

la

connaissance de la vérité".(I Tim- 2:4). Mais II demande toujours notre coopération dans ce salut

et

dans cette sanctification. Il ne nous contraint pas. Malheureusement nous sommes très souvent

comme la poussière au bord du chemin. En recevant la Parole de Dieu, en écoutant des paraboles sur des choses spirituelles, nous ne lui donnons pas la possibilité de s'enraciner dans notre coeuj?. Nous la laissons enlever par le diable. Nous ne sommes pas comme sol préparé, mais nous sommes devenus très durs. La semence qui tombe sur nous ne peut pas pénétrer dans notre coeur. Il faut d abord nous amollir, il faut briser notre propre volonté dure. Ensuite nous serons plus réceptifs à la Parole de Dieu. La partie de la semence qui est tombée sur le rocher, où il y a peu de sol, est la parole qui est reçue mais qui ne prend pas racine chez les auditeurs. "Ils ne croient que pour un moment, et à l'heure de l'épreuve ils font défection(Luc. 8:13). Des gens comme ceux semblent être amollis à la surface, mais dans le coeur ils sont encore très durs, comme des rochers. Au commencementals reçoivent la Parole de Dieu avec joie et avec enthousiasme, mais cela ne dure pas longtemps.

Aussitôt que la foi chrétienne ou la vie chrétienne leur occasionne des incon-véniences ou des difficultés, ils abandonnent l'Eglise et la foi chrétienne. Ils sont prêts d'être Chrétiens jusqu'à ce que l'on leur demande quelquechose à cause de la foi. Les uns ne veulent pas prier beaucoup, des autres ne veulent pas être moqués par des incroyants. La Parole de Dieu ne peut pas s'enraciner en eux, et elle ne peut pousser non plus à cause du manque d'humidité sur le rocher, c'est-à-dire du manque de

la grâce que le Saint-Esprit amène en nous. Mes frères et mes soeurs, il faut nous examiner, il faut

regarder dans notre coeur, de peur que nous ne soyons comme ces gens-là. Il faut se demander, aimons-nous vraiment le Christ notre Dieu? Sommes-nous prêts à supporter ou à souffrir beaucoup de choses pour Lui? Sommes-nous prêts à supporter à cause de Lui des épreuves, de la fatigue, des moqueries, peut-être la haine des autres, et peut-être même la persécution? Sommes-nous disposés à mourir pour l amour de Lui, si II nous le demande? prions que la joie et l'enthousiasme avec lesquels nous avons reçu la foi chrétienne s'enracine en nous. La troisième partie de la semence est tombée dans les épines. Les gens qui sont pleins de

soucis de cette vie, qui cherchent la richesse ou qui aijnent les plaisirs de ce monde sont comme du sol qui est plein d'épines La Parole de Dieu, des paroles sur la vie spirituelle, peuvent s'enraciner en eux et peuvent commencer à croître, mais ces racines et ces plantes ne sont pas durables. Elles sont étouffées. Les gens qui ont leur souci, leur attention surtout dans les choses de ce monde, ou qui ont les richesses et les plaisirs de ce monde comme premier-but, étouffent toute vie spirituelle qui a pu commencer dans leur coeur. Si nous aimons tant aller aux parties de bière ou aux jeux de football que nous le préférions au lieu d'aller à l'Eglise, nous étouffons la vie spirituelle qui a commencé en nous. Souvent, cependant, les soucis de cette vie nous semblent être justifiés, surtout pour les mères qui doivent faire tant de choses à la maison et dans les champs pour leur mari et leurs enfants. C'est

le même pour les pères qui doivent chercher de l'argent pour payer l'éducation de leurs enfants, ou

même pour les nourrir et les vêter. Ces derniers soucis sont de bons soucis et nécessaires, mais il. ne

faut pas qu'ils étouffent notre vie spirituelle. Au contraire; si nous mettons toujours la vie spirituelle

et notre devoir envers Dieu comme premier but, nous trouverons que les soucis pour notre famille

deviennent moindres et parfois que Dieu les résoud Lui-même pour nous. Comme le Seigneur Jésus

a dit: "Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et Sa justice, et tout cela vous sera donné par

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surcroît."'(Matth. 6:33). La dernière partie de la semence est tombée dans la bonne terre. Là elle s'est enracinée, elle a trouvé l'humidité et la nourriture, et il avait pas beaucoup d'épines qui puissent l'étouffer. Là, dans la bonne terre, la Parole de Dieu a poussé et a donné du fruit. La bonne terre c'est les gens qui sont prêts à écouter et à accepter la Parole de Dieu, qui ont vraiment de l'amour pour Dieu, de sorte qu ils soient prêts à supporter inconvéniences, moqueries et même les souffrances pour Lui, et qui mettent leur vie spirituelle comme premier but, avant même les soucis pour leur famille. Ce sont eux qui donnent du fruit, le fruit de bonnes oeuvres pour Dieu et Son Eglise, et de bonnes oeuirres pour les autres gens autour d'eux: la famille, les voisins, les indigents et les malades Les autres Evangélistes, Matthieu et Marc, ajoutent qu'il y a des différences parmi ces gen, ces bons Chrétiens qui sont comme de bonne terre: "ils portent du fruit, trente, soixante ou cent pour un."(Marc 4:20). Comme il y a des catégories de ceux qui sont comme mauvaise terre, où la Parole de Dieu ne pousse pas, il y a aussi des degrés différents chez qui la Parole de Dieu s'enracine et pousse, comme Dieu leur fait appel et leur donne la capacité. Mes frères et mes soeurs, prions que nous soyons toujours comme la bonne terre et que nous fassions pousser de bons fruits autant que Dieu nous le demande Rendons-Lui gloire et adoration^ au Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Arnin.

DIMANCHE CINQUIEME

DE LUC

(LUC

16:

19-31)

Mes chers frères et soeurs:

Aujourd'hui notre Mère, l'Eglise Sainte Orthodoxe, nous lit la parabole du Mauvais Riche et du Pauvre Lazare. C'est une histoire pleine de sens pour nous, et qui nous enseigne beaucoup, surtout au sujet des richesses et de la pauvreté. "Il y avait un homme riche qui s'habillait de pourpre et de lin fin." Dans l'antiquité c'était seulement les rois et les gens très importants ou très riches qui portaient des vêtements qui étaient teints de pourpre. C'était le même avec le lin fin, qui coûtait- très cher, même plus cher qu'aujourd'hui. A cette époque-là on utilisait le lin pas seulement pour les draps de lit ou de table, mais aussi pour les vêtements. Cet homme riche s'habillait donc de pourpre et de lin fin, et "chaque jour il faisait brillante chère" (Luc 16:19). 3). Quand les gens gagnent les richesses de ce monde, ils veulent les montrer à tout le monde, pour attirer l'envie des autres. Ils veulent que tout le monde voie qu'ils s'habillent de vêtements chers, qu'ils ont une maison grande et pleine des conforts modems, qu'ils ont une auto grande ou rapide, et qu'ils mangent et boivent des aliments chers. Ils veulent surtout montrer qu'ils possèdent et qu'ils utilisent des choses luxueuses, importées d'Amérique ou d'Europe. "Et un pauvre, du nom de Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d'ulcères."(Luc 16:20). Près des riches il y a toujours des pauvres, surtout dans les pays moins développés, comme le nôtre. Leur condition est souvent très misérable, comme celle du pauvre Lazare dans cette histoire. Il vivait près de cet homme très riche, mais il n'avait pas de toit pour s'abriter, il n'avait pas assez de nourriture pour manger, il n avait pas assez de vêtements pour se couvrir. L'Evangeliste Luc nous dit: "Il aurait bien voulu se rassasier de ce que tombait de la table du riche. Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères.(Luc 16:21). Il aurait voulu manger des choses que le riche re-jettait, mais personne ne les lui donnait. Il avait besoin de médicaments et de bandages, mais il n'y avait personne qui ne le soignât; au lieu du soin médical, les chiens l'ennuyaient en léchant ses ulcères. Mais ce qui était le plus insupportable pour le pauvre Lazare était l'inhumanité du riche, à la porte duquel il gisait. Il voyait très souvent, presque chaque jour, cet homme qui possédait beaucoup plus que le nécessaire pour vivre, qui portait des vêtements superflus, qui avait plus de nourriture qu'il pouvait manger," mais qui ne lui donnait jamais rien. Or, le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham."(Luc 16:22). Le pauvre Lazare mourut; pour lui, qui n'avait jamais joué des biens de cette vie, mais qui avait eu

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toujours une vie pleine de souffrances, la mort n'était pas quelquechose à craindre, mais un repos. Ensuite il fut emporté par les anges. Lui qui avait les chiens pour compagnons sur la terre, fut emporté par les anges 'après sa mort. Ceux qui vivent en déshonneur dans cette vie seront honorés par Dieu dans la vie prochaine. Il fut emporté dans le sein d'Abraham. Cette expression: "le sein d'Abraham" veut dire l'état des âmes des défunts bienheureux, de ceux qui attendent la résurrection générale des morts à la fin du monde pour entrer dans la plénitude du Royaume des Cieux. Le patriarche Abraham, qui vivait plus de deux mille ans avant la naissance du Christ, était l'ancêtre commun de tout le peuple des Hébreux. C'était à lui que Dieu avait dit: "En toi seront bénies toutes les nations."(Gai. 3:6). Les vrais fils d'Abraham ne sont pas les fils selon la chair, c'est-à-dire les Juifs, mais les fils selon l'esprit, c'est-à-dire nous les Chrétiens. Ainsi, être dans le sein d'Abraham, cela veut dire être fils d'Abraham, appartenir au nombre des bienheureux. Et ces bienheureux viennent de toutes les nations, selon la prophétie, pas seulement d'une nation ou d'une race. Nous prions pour les morts en demandant que Dieu leur "donne de repos dans le sein d Abraham"• L'Evangéliste continue l'histoire: "Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Dans le séjour des morts, en proie aux tourments, il leva les yeux et vit de loin Abraham et Lazare en son sein."(Luc 16:22-23). La mort vient également pour tout le monde, aux riches et aux pauvres. Mais ce qui arrive après la mort n'est pas égal pour tout le monde. Chacun reçoit selon ce qu'il mérite, selon la disposition de l'âme. Aprèe la mort, en attendant la résurrection générale de tous les morts et le dernier jugement, l'âme jouit d'un avant-goût, d'une anticipation de ce qu'elle recevra après le jugement dernier. Les justes comme le pauvre Lazare, reçoivent un avant-goût des cieux, dans le sein d'Abraham, ou (pour l'exprimer un peu différemment) dans le Paradis. Mais les injustes, comme le riche de notre histoire, reçoivent un avant-goût des tourments de l'enfer dans le séjour des morts, c'est-à-dire (comme on le dit autrement) dans le Royaume de l'Hadès. Dans les tourments le riche "leva ces yeux et vit de loin Abraham et Lazare en son sein" Il reconnut Lazare Il l'avait vu presque chaque jour gisant à sa porte. Pendant cette vie, c'est Lazare qui voyait de loin le riche dans son confort. Maintenant les rôles sont échangés. C'est le riche qui voit de loin Lazare dans le confort des -justes, chose qui ajoute à ses propres tourments. En voyant Abraham riche s'écrie: "Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de sa doigt pour me refraîchir la langue, car je suis à la torture dans ces flammes.(Luc 16:24). Lui qui n'avait jamais eu de pitié de Lazare pendant la vie sur la terre, il demande maintenant de recevoir la miséricorde par la main de Lazare. Et quelle miséricorde! Lui qui buvait des vins et d'autres boissons recherchées jusqu'à l'ivresse pendant sa vie sur terre, il n'avait jamais offert même une goutte d'eau à Lazare. Mais maintenant il demande que Lazare lui apporte une goutte d'eau. Seulement une goutte d'eau lui serait une très grande consolation dans ses tourments; mais elle lui est refusée. Abraham lui répond: "Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux; maintenant donc il trouve ici consolation, et toi, tu es à la torture." (Luc 16:25). Voyez-vous, il s'adresse à Abraham comme "Père Abraham" et Abraham se lui addresse comme son enfant? mais cela n'aide pas ce riche inhumain Il en sera de même pour nous, si nous ne sommes pas miséricordieux pour les pauvres. Nous serons aussi placés dans les tourments de l'Hadès, bien que nous soyons Chrétiens, si nous n'avons pas d'amour pour les indigents. "Tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux." Nous pouvons tous attendre des biens et des maux. Nous attendons des biens comme venant de l'amour de Dieu, pas comme de nos propres droits. Bien sûr, chacun a ses droits envers les autres, des droite de vivre et des droits de recevoir de la justice; on les appelle les droits humains. Mais nous n'avons pas de tels droits envers Dieu. Nous sommes tous Ses créatures, Lui seul est le Créateur Et la créature n a aucun droit devant son Créateur Tous les biens que nous recevons de Dieu sont des dons, des bénédictions, des grâces, des signes concrets de Son amour pour nous Ses créatures. Mais nous devons attendre aussi des maux, surtout à cause de nos péchés. Personne d'entre nous n'est sans péché. Si nous ne recevons pas de maux pendant cette vie sur la terre^ nous en pouvons être sûrs que nous recevrons des maux après notre mort, dans l'éternité. Et qu'est-ce qui est préférable? des maux pendant cette vie ou àes maux dans l'éternité? Les maux de cette vie, comme

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la pauvreté, les maladies, les déceptions dans notre vie, ils ne sont que des maux temporaires. Ainsi ils sont bien plus préférables que les maux dans l'autre vie». Pour cela, nous devons remercier Dieu pour les maux que nous recevons dans cette vie, parce qu'il est bien plus préférable de les recevoir maintenant qu'après la mort. C'est comme avec les médicaments. Il y a des médicaments qui ont un goût très amer, mais nous savons que si nous les buvons maintenant, nous serons guéris de notre maladie; si nous ne les avalons pas maintenant, nous ne serons pas guéris et nous souffrirons bien plus de notre maladie. De même, il y a d'autres médicaments qui piquent beaucoup si nous les appliquons sur une blessure ; mais nous savons que si nous mettons un tel médicament sur une blessure, elle'sera guérie; si nous ne le plaçons pas sur la blessure, elle pourra s'infecter et nous procurer une douleur insupportable* C'est la même chose avec les maux de cette vie. Nous devons les regarder comme des médicaments que nous recevons de Dieu, afin de nous guérir de nos maladies spirituelles et de nos blessures spirituelles, qui sont causées par nos péchés On peut se demander, pourquoi y a-t-il de telles différences dans ce monde entre les riches et les pauvres? Pourquoi Dieu ne fait-Il pas vivre tout le monde dans l'égalité? On peut se demander ceci aussi à l'égard de beaucoup d'autres choses, pas seulement à l'égard des richesses. Pourquoi Dieu donne-t-Il aux uns un corps fort et aux autres un corps faible? Pourqur fait-Il les uns habiles et les autres stupides? Premièrement, il faut se souvenir que nous les créatures humaines ne pouvons pas comprendre toutes les choses de la sagesse et la providence de Dieu. "Que Ses décrets sont insondables et Ses voies incompréhensibles!" cpmme s'écrie l'Apôtre Paul. ' Mais nous devons être sûrs que Dieu nous aime tous également, bien qu'il ne nous traite pas tous également dans cette vie Il nous crée avec des différences afin que les forts et les habiles aident les faibles et les inhabiles et les malades. Dieu fait les uns riches et les autres pauvres, selon Saint Jean Chrysostome et d'autres Saints Pères de l'Eglise, afin que les riches donnent des aumônes et que les pauvres pratiquent la patience. Ce n'était pas à cause de ses richesses que le riche de notre histoire a été envoyé dans les tourments, mais à cause de son manque de miséricorde, son manque d'amour pour les autres. Egalement, ce n'était pas à cause de sa pauvreté que Lazare a été emmené au sein d'Abraham, mais à cause de sa patience, parce qu'il a supporté toute sa condition misérable sans Jamais blâmer Dieu pour cela. Mes chers frères et soeurs, supportons aussi avec patience toutes nos difficultés et faiblesses, afin que nous aussi arrivions à l'état bienheureux des justes, par la grâce de notre Dieu: du Père, du Fils et du Saint-Esprit; à Qui soit toute adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin .

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DIMANCHE SIXIEME DE LUC

(LUC 8:26-39) Mes chers frères et soeurs:

Aujourd'hui notre Eglise, l'Eglise Sainte Orthodoxe, lit pendant la Divine Liturgie l'histoire de la guérison du démoniaque gérasénien par notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. Nous avons déjà écouté cette histoire il y a quelques mois, comme elle est racontée par l Evangéliste Matthieu; aujourd'hui nous lisons la même histoire dans la version de l Evangéliste Luc Ainsi les détails de cette histoire doivent être déjà connus à la plupart de mes Ainsi je vais maintenant me concentrer sur un détail très important de cette histoire, c'est le suivant: Les démons supplièrent Jésus de leur permettre d'entrer dans les porcs.( Luc 8:32). "Nous voyons ici la grande impuissance des démons en face de Dieu. Bien que le démoniaque gérasénien fût possédé par une légion de démons c'est-à-dire, par tout un régiment - cette grande armée de démons a du demander la permission au Seigneur Jésus pour entrer dans les porcs. Toute une armée de démons ne pouvait rien faire sans la permission de Dieu. S'ils doivent avoir la permission pour entrer dans des animaux, d'autant plus cette permission est-elle nécessaire pour qu'ils entrent dans un être humain. Voyez-vous, mes chers frères et soeurs, que les démons n'ont aucun pouvoir sur nous, si Dieu ne le leur donne pas? Voyez-vous que les démons ne peuvent rien nous faire sans la permission de Dieu? Ainsi les démons ne peuvent pas nous nuire sans que Dieu y consente. De même, les magiciens qui pensent avoir des pouvoirs sur les démons pour faire du mal aux autres gens, en réalité eux aussi, ils n'ont aucun pouvoir ni sur les démons ni sur d'autres êtres humains, sans le consentement de Dieu. Mais on peut demander, s'il en est vraiment ainsi, pourquoi Dieu laisse-t-Il les démons avoir encore pouvoir sur les hommes? Pourquoi laisse-t-Il les démons nuire aux hommes? Pourquoi leur donne-t-Il la permission de faire mal aux hommes, ou de leur posséder? Il y a deux raisons principales, pourquoi Dieu permet aux démons de posséder ou de nuire aux hommes. La première raison leur correction. Par exemple, parmi les premiers Chrétiens de la ville de Corinthe en Grèce il y avait un grand pécheur, un adultère qui vivait avec la femme de son

père. L’Apôtre Paul a écrit aux Chrétiens de Corinthe sur ce cas avec ces paroles: "Il faut qu'au nom

avec la puissance de notre Seigneur Jésus, et que cet

du Seigneur Jésus nous nous assemblions,

individu soit livré à Satan pour la perte de sa chair, afin que l esprit soit sauvé au Jour du Seigneur." (I Cor. 5:4-5). On ne nous dit pas exactement ce que veulent dire les mots: "livré à Satan". Peut- être ce,pécheur a été possédé par un démon; peut-être on a laissé des démons le troubler avec des maladies ou par des malheurs. Mais en tout cas nous voyons de cette histoire que l'Apôtre Paul avait en pouvoir de Dieu pour livrer quelqu'un à Satan afin qu'il soit puni dans cette vie, et avec une telle punition de lui faire se repentir et de se corriger de son grand péché, et ainsi d'échapper à la punition éternelle en Enfer, Nous voyons en même temps qu'une Eglise locale, dans la personne de son Evêque, avait aussi ce pouvoir. Celle-ci était une punition très lourde, mais elle était demandée par un péché très grave dont le pécheur ne s'était pas repenti. Plus tard l'Apôtre Paul a mis fin à cette punition. Dans sa Deuxième Epitre aux Corinthiens il a écrit: "C'est assez pour cet homme du châtiment infligé par la majorité, en sorte qu'il vaut mieux au contraire lui pardonner et l'encourager, de peur que ce malheureux ne vienne à sombrer dans une peine excessive. (II Cor. 2:6-7). Ainsi nous voyons que l'Eglise a aussi le pouvoir de faire cesser une telle punition La deuxième raison, pourquoi Dieu permet aux démons de faire du mal aux hommes, est pour leur salut et pour leur glorification. Le meilleur exemple de ceci est celui de Job, dans l'Ancien Testament. Job était un homme très riche et puissant, un descendant d'Abraham, qui vivait au pays très sec entre la Palestine et l'Arabie. Mais surtout il était un homme très juste. Il était si juste que Dieu a dit sa louange devant les Anges, en disant: "Il n'a point son pareil sur la terre: un homme intègre et droit, qui craint Dieu et se garde du mal!" (Job 1:8). Mais Satan, le diable, qui ne connait

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pas le coeur de l'homme mais qui peut le juger seulement de l'extérieur, a répondu: "Est-ce pour rien que Job craint Dieu? N’as-Tu pas dressé une haie devant lui, devant sa maison et son domaine alentour? Tu as béni toutes ses entreprises, ses troupeaux pullulent dans le pays. Mais étends la

main et touche à ses biens; je Te jure qu'il Te maudira en face!" 5 ' Dieu a répondu à .Satan en disant:

"Soit! tous ses bien sont en ton pouvoir. Evite seulement de porter la main sur lui, Remarquons que Satan ne pouvait rien faire à Job sans la permission de Dieu, et seulement dans les limites que Dieu

a fixéen. Ensuite le diable a fait des choses terribles à Job. Il l'a fait perdre en un seul jour tous ses

boeufs, tous ses ânti» tous ses brebis, tous ses chameaux, et enfin tous ses enfants. Et qu'est-ce que Job a-dit? Il dit: "Nu, je suis sorti du sein maternel; nu j'y retournerai. Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris: que le nom du Seigneur soit béni!"'' Pour cela le Seigneur a loué Job encore une fois devait tous les anges. Mais le diable, Satan,

a riposté: "Peau pour peum Tout-ce que l'homme possède, il l'abandonne pour sauver sa vie! Hais étends la main, touche à ses os et à sa chair; je Te jure qu'il Te maudira en face!(Job 2:4-5). Soit!" dit le Seigneur à Satan, "dispose de lui, mais respecte pourtant sa vie.(Job 2:6). Ensuite le diable a afîligé Job d'un ulcère malin, depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. C'était avec la permission du Seigneur, et seulement avec la permission de Seigneur, que Satan a pu faire cela. De plus, il ne pouvait pas tuer Job, parcsque Dieu l'avait défendu. Mais Job, qu'est-ce qu'il a dit cette fois? Il dit: "Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur?" (Job 2:10). Job a souffert beaucoup pendant longtemps, sans comprendre pourquoi, car il se savait être innocent. Mais il a supporté tout avec patience, de sorte qu'il est devenu un symbole de patience pendant tous les siècles. A la fin, le Seigneur lui est apparu, et II a restauré la situation de Job, mieux auparavant. Mais, le plus important, c'est que Job brille maintenant de gloire parmi les plus grands Saints de l'Eglise. (Nous le commémorons le 6 mai.) Sans les maux terribles qui lui sont arrivés, sa très grande vertu ne serait jamais devenue apparente. Le diable est ainsi devenu une aide puissante dans la glorificqtion de Job mais malgré lui, parce qu'il ne le voulait point! Hors de ces deux raisons principales - pour la correction des hommes pécheurs et pour la glorification des hommes saints - il y a d’autres raisons semblables pourquoi Dieu laisse encore les démons attaquer et tenter les gens. Une raison est pour leur faire apprendre et reconnaître la vertu,

C est en étant tenté de faire le mal que nous apprenons choisir consciemment le bien.

Une autre raison liée à cette dernière est pour que nous ayons 1'occasion de pratiquer la vertu et de faire le bien. Dans les jeux athlétiques ou les autres sports, on doit s'exercer beaucoup si l'on veut devenir un bon concurrent; et pour pratiquer les sports il faut toujours avoir un opposant. Continuons un peu avec cette illustration (ou parabole) des sports, car celle-ci a été employée par beaucoup d'écrivains chrétiens, commençant avec l'Apôtre Paul. Dans les jeux athlétiques et dans les partis de boxe, comment devient-on champion? On devient champion

seulement si l'on affronte des opposants renommés et redoutables, et si on les vainc. De même dans la vie chrétienne qui est en réalité le combat le plus grand, le plus grave et le plus mortel de tous, on vainc seulement en affrontant un adversaire; on devient champion seulement en luttant contre des opposants habiles et redoutables. Qui sont les "champions" dans la vie chrétienne? Ce sont les Saints. Dieu fait de Ses Saints des champions, en les faisant lutter contre les démons. Les démons peuvent nuire aux hommes, si Dieu le permet. Ils peuvent tenter les hommes au péché et à des choses mauvaises. Mais ils ne peuvent pas forcer les hommes de pécher; ils ont toujours besoin du consentement des hommes à leurs suggestions mauvaises. Les démons suggèrent, mais il reste toujours le choix aux hommes de pécher ou non. Ainsi, mes frères et mes soeurs, voyez-vous que les démons ne peuvent rien faire sans la permission de Dieu? De plus, quand ils nous nuisent, Dieu lé permet pour notre bien, afin de nous faire nous repentir ou afin de nous donner plus de gloire. Aussi, les démons ne peuvent nous forcer

à pécher. Cela dépend toujours à notre volonté. "Résistez au diable et il fuira de vous",(Jac. 4:7), comme nous écrit Saint Jacques le Frère du Seigneur. Ainsi nous ne devons pas avoir peur des démons. Bien moins, il ne faut pas avoir peur des magiciens et des sorciens. Ceux-ci

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pensent qu'ils ont le pouvoir d'employer des démons pour nuire aux gens. En réalité c'est euxmêmes qui se sont vendus aux démons et sont l’instrument des démons. Bien sûr, il faut toujours avoir soin de ne pas se laisser tromper par les démons Ils nous sont des adversaires très habiles ettrès expérimentés. "Soyez sobres, veillez. Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant 121 qui dévorer. Résister-lui, fermes dans la foi», comme nous écrit l'Apôtre Pierre dans sa Première Epitre. Si nous essayons d'opposer au diable avec nos propres forces, nous perdrons, et nous deviendrons ses victimes. Mais si nous invoquons l'aide dé Dieu quand nous sommes troublés par des démons et quand nous sommes tentés par eux de commettre des péchés, nous pourrons les vaincre. Environ deux cent années après le Christ, il y avait un grand magicien et sorcier, qui s'appelait Cyprien. Celui-ci n'est pas le même que le Saint Cyprien qui est devenu Evêque de Carthage en Afrique du Nord, un grand Docteur de l'Eglise et un Martyr pour Christ. Cyprien le sorcier était quelqu'un d'autre. Il était parmi les plus grands sorciers de tous les temps, et il avait acquis une connaissance très grande des arts de la magie. Il était allé à la ville d'Antioche pas la grande Antioche en Syrie, mais l'autre Antioche, en Pisidie en Asie-Mineure, où l'Apôtre Paul a prêché une homélie dans la synagogue; nous pouvons lire cette homélie dans le chapitre 13 des Actes des Apôtres.Ce magicien Cyprien s'était rendu à Antioche en Pisidie, où il devint amoureux d'une jeune fille, qui s'appelait Justine. Or, Justine était Chrétienne, et elle s'était vouée de rester vierge pendant toute sa vie à cause de son amour pour le Christ. Cyprien fit appel à l ! aide des démons, en employant tous ses arts magiques, pour persuader la vierge Justine de se marier avec lui». Justine senti cette forte tentation, et elle a comprit qu'elle venait des démons, sans en comprendre la raison exacte. Elle priait le Christ de lui donner la force de résister à cette tentation. Enfin les démons sont revenus enragés à Cyprien, en disant: "Nous avons été vaincus par une jeune fille. Mais nous nous vengerons de toi* Tu penses que tu nous as sous ta puissance, mais en réalité c'est toi qui es devenu notre serviteur, notre esclave. Tu es tout à fait sous notre puissance, et nous t'emmènerons à la perdition," Cyprien était très chagriné d'entendre cela, et il comprit que tous ses arts magiques n'étaient qu'une espèce de tromperie de soi-même. Mais il n'a pas désespéré Il ne se croyait pas tout à fait perdu, car il connaissait quelqu'un plus puissant que les démons. La jeune fille Justine s'était montrée plus forte que tous les démons qu'il avait employés. Ainsi il alla vers Justine et f se prosternant à ses pieds, il lui confessa tout, en demandant son pardon et son aide. Justine lui parla du Christ, et l’ammena à l’évêque de la ville pour le faire catéchumène et pour l'instruire "dans la foi. Cyprien brûla tous ses livres de magie, qui avaient une très grande valeur et ensuite il fut baptisé Chrétien. Plus tard il est devenu lui-même évêque d’Antioche. Cyprien et la vierge Justine furent martyrisés pour le Christ pendant la persécution de cette époque. Ils commémorés ensembles par notre Eglise chaque année le 2 Octobre Saints Cyprien et Justine sont surtout invoqués par les Chrétiens Orthodoxes pour leur défendre contre la magie et la sorcellerie. Mes chers frères et soeurs, quand nous sommes tentés par les démons, ou quand quelqu'un emploie de la magie contre nous, prions à notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ et invoquons l'aide de Sa Mère Toute Sainte et de Ses Saints; et chassons les démons au nom de la Très Sainte Trinité: Père, Fils et Saint-Esprit, à Qui soit toute adoration et toute puissance, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

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DIMANCHE SEPTIEME DE LUC

(LUC 8:41-56) Mes chers frères et soeurs:

Aujourd'hui dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous avons entendu pendant le Divine Liturgie une lecture du Saint Evangile qui contient deux miracles. Ces deux miracles sont la guérison d'une femme qui avait un flux de sang et la résurrection de la fille deJaïre. C'est Jaïre qui s'est approché le premier de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ/ Jaïre était le chef de la synagogue d'une ville au bord de la Mer de Galilée. La synagogue est la maison de prière pour les Juifs, où ils s'assemblent sourtout le jour de Sabbat, c'est-à-dire le Samedi, pour lire la Loi de Moïselet les Prophètes de l'Ancien Testament, et pour écouter des sermones qui expliquent les Saintes Ecritures. Il y avait des chefs de synagogue, surtout eux qui appartenaient au parti religieux des Pharisiens, qui étaient des ennemis du Seigneur Jésus, et qui s'indignaient quand II faisait des guérisons le jour de Sabbat. Jaïre n'était pas un de ces chefs de synagogue. Il avait lui une grande foi en Jésus comme guérisseur. Ainsi, quand sa fille unique, âgée d'environ douze ans, était si malade qu'elle mourût, il est allé au Seigneur Jésus et il est tombé à Ses pieds, en Le suppliant de venir chez lui. Parce que Jaïre avait une telle foi en Lui, le Christ a agréé à sa requête et II l'a accompagné Mais quand le centurion romain, qui avait une foi encore plus grande, Lui a demandé de ne dire qu'une parole et cela suffiserait pour guérir son serviteur, Jésus a guéri le serviteur par une parole seulement. Il fait à chacun selon sa foi, ou mieux, selon sa capacité de croire. Pour ceux qui ont une foi très forte, Il fait de grands miracles, mais de sorte qu'ils soient presque inaperçus. Pour ceux qui ont moindre foi, Dieu fait de moindres miracles, mais d'une manière plus apparente. Or, tandis que le Seigneur accompagnait Jaïre, Il était entouré et pressé par de grandes foules de gens, qui Le serraient à L'étouffer. Tout le monde voulait voir ce grand guérisseur et docteur, les uns pour Lui demander de guérir un malade ou un boîteux, les autres pour écouter Son enseignement. Parmi cette foule il y avait une femme qui était atteinte d'un flux de sang depuis douze années Elle avait dépensé tout son avoir chez les médecins, sans qu'ils l'aient pu guérir. Au contraire, elle avait "beaucoup souffert à cause de ces médecins. Sa maladie était un flux du sang de menstruation, qui ne s'arrêtait pas. La Loi de Moïse était très sévère dans un tel cas. On la regardait comme impure, et chaque chose ou personne qu'elle touchait, devenait aussi impure. Il lui était défendu de prendre part à la pâque juive et à tout autre sacrifice du culte juif. Elle était traitée comme une lépreuse, exclue de la vie commune des Juifs. Mais dans cette grande foule personne ne la remarquait. Tout le monde regardait le Christ ou cherchait à Le voir. On n'aperçait pas qu'une femme impure, que l'on ne devait pas toucher, était au milieu de la foule. Ainsi elle a pu s'approcher du Seigneur Jésus par derrière sans être observée. Elle n'osait pas Lui demander ouvertement de la guérir, parce qu ! elle avait peur d'être reconnue comme une femme impure. Mais elle avait foi en Lui, une grande foi. Cette femme qui avait été désappointée par beaucoup de médecins avait foi qu'elle pouvait être guérie par le Christ. Mais elle ne croyait pas seulement qu'il pouvait la guérir. Elle croyait qu'il suffît de toucher Ses vêtements pour être guérie. De plus - en signe encore plus grand de la foi de cette femme elle ne cherchait pas à toucher ou prendre tout un vêtement du Seigneur, mais seulement à toucher la frange de Son manteau. Elle a fait cela, et à l'instant même son flux de sang s'arrêta, et elle fut ainsi guérie.(Luc

8:44).

Mais elle n'avait pu le faire sans être observée. Certes, personne de la foule ne l'avait remarquée, ni les Disciples du Seigneur non plus. Mais le Christ Lui-même le savait, parce qu'il est Dieu, et rien n'échappe de Son observation. Il savait bien qui avait touché Son manteiau et pourquoi, mais II voulait qu'elle se découvre elle-même. Ainsi II a agi comme s'il ne savait pas qui L'avait touché, et II a demandé: "Qui M'a touché?"(Luc 8:45). Pierre et les autres Disciples ont regardé cette question comme inutile, comme impossible de recevoir une réponse. Parmi une telle foule, naturellement des gens Le toucheraient, sans le vouloir, même sans le savoir. Ainsi ils ont dit:

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"Maître, ce sont les foules qui Te pressent et T'écrasent." Mais le Seigneur Jésus leur a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'un attouchement ordinaire, par hasard par quelqu'un dans la foule. Il dit:

"Quelqu'un M'a touché; J'ai senti qu'une force était sortie de Moi." Cet attouchement avait été un attouchement de foi, un attouchement qui avait attiré l énergie divine, présente toute entièrement dans Dieu le Fils. La femme, qui était encore près, a entendu tout cela, comme le Seigneur Jésus le voulait. Ainsi elle a compris qu'elle n'avait pu Lui échapper, et elle se savait découverte. Elle est venue toute tremblante et s'est jetée aux pieds du Seigneur. Elle a raconté "devant tout le monde pour quelle raison elle L avait touché, et comment elle avait été guérie instantanément."( Luc 8:47). 4) Luc 8:47 5) Elle, qui ne voulait pas être observée, a maintenant pris courage, et dans sa gratitude elle s'est révélée devant tous. Elle a raconté à tout le monde qu'elle avait été impure et intouchable, et comment elle avait été guérie. Le Christ lui dit: "Ma fille, ta foi t'a sauvée; va en paix. (Luc 8:48)"Ta foi t'a sauvée"; pourquoi a-t-Il dit cela? Nous venons de voir que c'était Son pouvoir, l'Energie divine qui est sortie de Lui, qui avait guéri cette femme. Pourquoi dit-Il maintenant que la guérison a été accomplie par la foi de la femme? Est-ce qu'il nie qu'il est le guérisseur? Pas du tout! Il ne le nie pas. Mais IIloue cette femme en reconnaissant sa foi. Cette guérison, comme t'eus les autres miracles du Seigneur, a été accomplie par une co-opération, une co-opération entre Dieu et l'homme. Et ce que Dieu demande dans cette co-opération de la parte de l'homme est sa foi en Lui. Bien sûr, la guérison a été faite par l'Energie divine; et sans l'Energie divine rien n'aurait pu arriver. Mais en même temps Dieu demande la co-opération humaine comme élément indispensable pour accomplir des miracles. Dans cette co-opération divine-humaine, la contribution divine est beaucoup plus grande au delà de toute comparaison avec la contribution humaine. Bien sûr, s'il le voulait, Dieu pourrait toujours faire des miracles sans aucune co-opération humaine; et la foi humaine seulement, sans l'Energie divine, ne peut accomplir rien de bon. Mais Dieu veut comme nécessaire cette contribution petite de la part de nous. "Ta foi t'a sauvée"; le Christ a dit le même à beaucoup d'autres qu'il a guéris dans l'Evangile, pour montrer la nécessité de notre foi. Mais c'est toujours Son Energie divine qui a la.part la plus grande.

La grande foi de cette femme hémoorroisse a toujours inspiré les fidèles dans l'Eglise Orthodoxe. Il y a des prières très belles qui sont employées pour la préparation pour la Divine Communion, pour recevoir le Corps et le Sang du Christ Dans une de ces prières nous disons:

"Reçois-moi, moi qui m'approche de Toi et qui Te touche, comme l'hémoroïsse; celle-ci, ayant "

touché le bord de Ton vêtement, reçut immédiatement la guérison

Aussi, beaucoup de femmes se

sont accoutumées de toucher le bord des vêtements du prêtre ou du diacre, quand ils font les Entrées .avec l'Evangile et avec les saints dons pendant la Divine Liturgie. Quand nous nous approchons de la Sainte Calice pour recevoir le Corps et le Sang du Christ, nous sommes tous, les hommes et les femmes, dans notre impureté, comme cette femme dans l'Evangile. Mais nous sommas plus impurs qu'elle, car elle avait une impureté physique, mais nous sommes dans l'impureté et la mauvaise odeur de nos péchés. Et nous ne cherchons pas seulement à toucher le bord du vêtement du Seigneur, mais de Le recevoir entièrement, tout Son Corps et Son Sang, Comme II nous est miséricordieux, en permettant cela! Le Seigneur Jésus parlait encore avec la femme qu’l avait guérie, quand quelqu'un est arrivé de chez Jaïre, le chef de la synagogue. Il lui dit: "Ta fille est morte à présent; ne dérange plus le Maître."(Luc 8:49). Ce messager n'avait qu'une foi limitée: il croyait qu'une guérison était possible, mais il croyait qu'après la mort le Seigneur ne pouvait faire rien. Mais le Christ dit à Jaire: "Ne crains pas; un acte de foi seulement, et elle sera sauvée; (Luc 8:50); Il a demandé de la foi à la part de Jaïre. Cette foi demandée s'exprimait en ne renvoyant pas le Seigneur Jésus, mais en croyant qu'il pouvait encore faire quelquechose. Jaïre a montré de telle foi, en laissant le Seigneur l'accompagner encore. Quand le Christ est arrivé à la maison de Jaïre, Il n'a laissé personne entrer avec Lui, sauf le père et la mère de l'enfant et les trois Disciples Pierre, Jean et Jacques. Ces trois Disciples étaient les choisis entre les Douze, et ce sont. eux seuls qui ont été présents à d'autres moments très mystérieux dans l'Evangile: à la Transfiguration sur le Mont Thabor, et quand Jésus

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priait dans le Jardin à Geth-seraani. C'étaient ces trois Disciples aussi qui ont été choisis pour être témoins de la résurrection qu'il allait accomplir, un miracle beaucoup plus grand que n'importe quelle guçrison. Quand II est arrivé, il y avait déjà beaucoup de gens chez Jaïre qui pleuraient et se lamentaient sur sa fille morte. C'étaient des membres de famille, mais aussi des pleureurs professionels, que les Juifs de cette époque-là engageaient pour se lamenter aux funérailles. Le Christ, Lui Qui est la Résurrection et la Vie, a dit aux gens: "Ne pleurez pas, elle n'est pas morte, elle dort."; Il a dit le même après la mort de Lazare, parce que pour nous les Ghrétiens la mort est comme un sommeil. Mais ici Il ne voulait pas montrer ce miracle encore à tout le monde; car tout le monde Lui demanderait de ressusciter leur membres de famille morts. Ainsi pour le présent il serait mieux si le monde croyait que la fille de Jaîre dormait, dans un sommeil très profond. Les pleureurs se moquèrent de Jésus, sachant bien qu'elle était morte. Ils pensaient que la remarque du Christ n'était que pour amollir le chagrin des parents. Mais le Christ, Qui a pouvoir sur tous les morts et les vivants, a mis tous les pleureurs dehors, en laissant seulement Ses cinq témoins choisis avec Lui. Ensuite II a pria la main de l'enfant en lui disant: "Enfant, lève-toi!" et à l'instant même elle se leva. ^ Puis II ordonna que l'on donne quelquechose à manger à la fille, comme signe qu'elle avait été vraiment ressuscitée. De même le Seigneur Jésus, comme épreuve de Sa propre Résurrection, a mangé un morceau de poisson et du miel devant Ses Disciples. Mais à Jaïre et sa femme Il a prescrit "de ne dire à personne ce qui s'était passé,"pour la raison que nous venons de voir. Mes chers frères et soeurs, ayons de la foi en notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ comme la Résurrection et la Vie et le Repos. Croyons que nos défiants sont dans Ses mains et qu'ils ressusciteront en Lui dans la resuurection générale à la fin du monde. Qu'il aie pitié d'eux et de nous, et qu'il nous fasse tous membres de Son Royaume, le Royaume du Père et du Fils et du Saint- Esprit, à Qui soit toute louange et gloire et adoration, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amin.

DIMANCHE HUITIEME DE LUC

(LUC 10:

25-37)

Mes chers frères et soeurs:

Notre mère, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous lit aujourd'hui la Parabole du Bon Samaritain. Cette parabole doit nous enseigner beaucoup, comme je vais vous montrer A qui cette parabole était-elle addressée? Notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ l'a dite à un légiste. Or, les légistes juifs étaient les experts dans la Loi de Moïse, qui savaient bien interpréter et appliquer toute la Loi. qui est contenue dans les cinq premiers livres de l Ancien Testament: la Genèse, l Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. Ce légiste a demandé au Seigneur Jésus: "Maître, que dois-je faire pour avoir en partage la vie éternelle?" Voici une question que nous devons tous nous poser Mais ce légiste juif ne l'a pas posée sincèrement. Il l’a demandée pour embarrasser le Seigneur. S'il répondait en donnant quelquechose au delà de la Loi de Moïse, le légiste pourrait L'accuser d'être hérétique (aux yeux des Juifs). Mais si le Seigneur Jésus répondait seulement en donnant quelques préceptes de l Ancien Testament, le légiste pourrait L'accuser de mépriser les lois qu'il n'avait pas données dans Sa réponse; ou il pourrait L'accuser de ne donner aucun enseignement que les légistes juifs ne donnaient pas eux-mêmes. Mais le Seigneur savait bien éviter ce piège. Il a demandé au légiste de répondre lui-même, sur la base de la Loi de Moïse. Et celui-ci a répondu en donnant le Résumé de la Loi: les deux grande commandements qui contiennent tout notre devoir : , envers Dieu et envers les hommes. Le premier commandement vient du livre Deutéronome, et dit: "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit." Le deuxième commandement vient du livre Lévitique, et dit le suivant: "Tu aimeras ton prochain comme toi- même. Le Christ Lui-même utilisait ce Résumé de la Loi dans Son propre enseignement. Il faut que nous apprenions et connaissions bien ces deux grands commandements. Après cette réponse, le Seigneur Jésus dit au légiste: " Tu as répondu juste; fais cela et tu vivras." Mais nous savons tous qu'il est très difficile d'accomplir ces deux commandements, qui demandent un niveau élevé de la

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perfection Sans l'aide de Dieu, nous ne pouvons jamais l es accomplir. Le légiste lui aussi le savait, et il voulait se justifier, en prétendant observer ces deux commandements. A cette fin, il voulait faire une distinction entre les hommes, en diaant que les uns étaient ses prochains et les autres non Ainsi il a demandé à Jésus: "Et qui est mon prochain?"Le Seignmir n'a pas répondu directement à cette question, mais avec une histoire, celle que nous appelons la Parabole du Bon Samaritain Il dit: "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre, par hasard, descendait par ce chemin; il le vit, prit l'autre côté de la route et passa. Pareillement un lévite, sur- venant en ce lieu, le vit, prit l'autre côté de la route et passa. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut touché de compassion. Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le conduisit à l'hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l'hôtelier, en disant: 'Aie soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, c'est moi qui le paierai lors de mon retour'." Qui étaient ces trois hommes qui virent l'homme blessé? Le prêtre était un chef et un guide du peuple juif, un homme bien respectable. Le lévite était un assistant des prêtres, quelqu'un comme un diacre dans notre Eglise. Les lévites étaient tous membres de la tribu de Lévi; les prêtres juifs appartenaient eux aussi à la tribu de Lévi, mais dans cette tribu les prêtres étaient seulement les descendants d'Aaron, le frère de Moïse. Mais le Samaritain n'était pas Juif. Il était descendant des gens que les empereurs Assyriens avaient installés, sept cent années avant le Christ dans la ville de Samarie, au nord de Jérusalem, au lieu des dix tribus des Hébreux qui y vivaient Les. Samaritains avaient adopté le culte du Seigneur, du Dieu des Hébreux, mais les Juifs les regardaient comme des hérétiques et ils les haïssaient. D'ordinairement les Juifs et les Samaritains n'avaient pas de relations les uns avec les autres. Après avoir raconté cette histoire, le Christ a demandé au légiste: "Lequel de ces trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands? légiste a du admettre que c'était le Samaritain, c'est-à-dire l'hérétique, l’homme haï, qui s est montré le prochain de l'homme blessé Avec beaucoup de répugnance il a répondu: Celui-là qui a practiqué la miséricorde à son égard." ^ Voyez-vous qu'il n'a pas employé le mot "Samaritain" dans sa réponse? Mais tout-le- même il a du malgré lui admettre qu'un Samaritain pouvait être son prochain "Et Jésus lui dit: 'Va, et toi aussi, fais de même». Il dit la même chose à nous aussi: "Allez, vous aussi, faites de même." Par cette parabole, Il nous enseigne à faire du bien à tout le monde, à aider quiconque est dans le besoin, indé pendamment de sa race, de sa tribu f de sa religion; soit qu’il est notre ami soit qu'il est notre ennemi, qu'importe s'il esti un homme bon ou mauvais. Par cette parabole le Christ nous enseigne d'une manière vivante ce qu'il nous apprend ailleurs dans l'Evangile: "Montrez-vous miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux». Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. Voilà, chers frères et soeurs, nous apprenons beaucoup de l'histoire du Bon Samaritain, que nous avons entendue pendant la Divine Liturgie aujourd'hui. Mais les Saints Pères de l'Eglise nous ont donné encore une autre interprétation de cette parabole, une interprétation plus profonde. Je vais vous donner maintenant cette explication de la Parabole du Bon Samaritain. "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho." Qui est-ce qui est cet homme? Il n’a pas de nom. Le Seigneur ne nous dit non plus s'il est Juif ou non. Il n'a pas de nom et il n'a pas de nationalité, parce qu'il représente toute l’humani té. Et qu'est-ce qu'il faisait? Il "descendait de Jérusalem à Jéricho". Il descendait de Jérusalem, c’est-à-dire, de la Ville Sainte, de la ville où se trouvait le culte de Dieu, de la ville qui est un symbole de la Nouvelle Jérusalem, la ville céleste dans le Royaume de Dieu, qui sera révélée après la fin du monde. Il descendait de la ville qui serait sanctifiée par la Passion et la Résurrection de notre Sauveur Jésus-Christ. Il descendait de l'état béni dans lequel Dieu l'avait placé et l'avait appelé. Il descendait à Jéricho. Or, Jéricho se trouve dans la vallée du Jourdain, qui est une vallée très profonde, comme la Vallée de Pente en Afrique. Jéricho est la ville la plus basse du monde entier. Elle est encore plus basse que le niveau de la Mer Méditerranée et de l'Océan Indien. Elle était un ville maudite. Quand les Hébreux sont entrés en Palestine pour la conquérir, ils ont détruit entièrement Jéricho; puis le commandant et chef des Hébreux, Josué (ou Jésus-Navi, comme il s'appelle dans l'Ancien Testament grec) fit prononcer ce

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serment devant le Seigneur: "Maudit soit l'homme qui se présentera pour rebâtir cette ville!" Près de Jéricho se trouve la Mer Morte, un grand lac où l'eau a tant de sel qu'aucun poisson ne peut y vivre. Ainsi cet homme, c'est-à-dire l'humanité, descendait de l'état béni, d'un état élevé, à un état maudit, un état très bas, un état très proche de La mort. "Il tomba au milieu de brigands. "Qui est-ce qui sont les brigands? Ce sont les démons "Après l'avoir dépouillé et roué de coups, ils s'en allèrent, le laissant à demi mort." Les démons ont dépouillé l'homme du vêtement que Dieu lui avait donné, de la ressemblance à Dieu. Ils l'ont roué de coups en le tentant et le faisant pécher, et ils l'ont laissé à demi mort. Pourquoi "à demi" mort? Ils l'ont laissé encore vivant, mais l'âme ils l'ont tuée en la séparant de Dieu. Voilà la condition de l'humanité avant l'avènement du Christ: blessée, dépouillée et à demi morte. "Un prêtre descendait par ce chemin." Qui est le prêtre? C'est Moïse, le premier prêtre juif, qui avait installé comme prêtres son frère Aaron et ses fils. C'est Moïse, le Législateur, lui qui avait donné la Loi de Dieu au peuple Hébreu "Il prit l'autre côté de la route et passa." Pourquoi? Parce qu'il ne pouvait aidé cet homme. La Loi elle-même ne pouvait pas guérir l'humanité de sa condition misérable. Au contraire, elle le condamnait De plus, Moïse lui-même descendait sur la même route, de Jérusalem à Jéricho. Lui, il était aussi homme, et dans le même état que tous les autres. "Pareillement un Lévite, survenant en ce lieu, prit l'autre côté et passa." Qui est, ce Lévite? C'est un prophète, le Prophète Isaïe, le plus grand de tous les Prophètes de l'Ancien Testament, comme représentant tous les Prophètes. Lui non plus, il ne pouvait aider l'humanité. Lui aussi il descendait sur la même route Lui, il parlait du salut qui venait, mais pour l'instant il ne pouvait rien faire.

"Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut touché de compassion." Qui est-ce qui est ce Samaritain? C'est le Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu Lui- même. Lui, Il était appelé "Samaritain » par les Juifs pour L insulter. Ils Lui ont dit: » Tu es un Samaritain et un démon Te possède.' Mais ce Bon Samaritain ne venait pas de Samarie mais de Marie, la Sainte Vierge et Mère de Dieu. "était-en voyage", c'est-à-dire II descendait par la même route de décadence que toute l'humanité, non pas par nécessité mais de Sa propre volonté, pour aider l'humanité, parce qu'il la "vit et fut touché de compassion". A cause de cette compassion pour l'humanité décadente et à demi'morte, Il s'est incarné, c'est-à-dire Il a pris notre chair, un corps et une âme comme nous. Il "versa de l'huile et du vin" sur les plaies de l'homme. Il le guérit par les Saints Mystères, les sacrements de l'Eglise, par l'Huile du Saint Myron de la Chrismation que nous les Orthodoxes recevons à notre baptême, et par le Vin qui est Son Sang, joint à Son Corps dans la Divine Communion. Il "le chargea sur Sa propre monture", c'est-à-dire II le porta Lui-même» Il "le conduisit à l'hôtellerie et prit soin de lui". L'hôtellerie, c'est la Sainte Eglise Le Christ prend soin de nous dans Son Eglise. "Le lendemain, Il tira deux deniers, les donna à l'hôtelier, en disant: 'Aie soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, c'est Moi Qui le paierai lors de Mon retour. Qui est l'hôtelier? C'est l'Apôtre Paul, comme représantant tous les Apôtres, et tous les Evêques et Prêtres de l'Eglise. C'est à eux, nos pasteurs, que le Christ a confié l'humanité. Et qu'est-ce qui sont ces deux deniers? Ce sont les Saintes Ecritures et la Sainte Tradition, que Dieu a confiées à l'Eglise pour le salut de l'homme. Et c'est Dieu Lui-même Qui récompensera Ses serviteurs pour ce qu'ils ont dépensé pour Lui dans l'Eglise. Il les récompensera à Son retour, c'est-à-dire à Son retour en gloire à la fin du monde. A Lui, le vrai Bon Samaritain, le Dieu de miséricorde et de compassion, soient toute gloire, adoration et action de grâces, avec Son Père Eternel et Son Toussaint, Bon et Vivifiant Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

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DIMANCHE NEUVIEME DE LUC

(LUC 12:16-21) Mes chers frères et soeurs:

L'Evangile que nous avons entendu aujourd'hui dans notre Église, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous raconte l'histoire du Riche Insensé. Cette parabole nous fait souvenir de la vanité des richesses de ce monde. Pourquoi notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ a-t-Il prononcé cette parabole? C'était parce que quelqu'un dans la foule Lui avait dit: "Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. Il avait droit L'héritage que les deux frères avaient reçu de leur père défunt appartenait à tous les deux Mais l'un avait pris tout pour lui-même, en ne laissant rien pour l'autre. Celui-ci a.demandé au Seigneur Jésus, au grand Maître et Docteur de la justice, de dire à son frère injuste de lui donner la portion à laquelle il avait droit. Mais qu'est-ce que le Christ, Lui Qui est le Soleil de Justice""', a répondu? Il lui répondit: "Mon ami, qui M'a établi pour' être votre juge ou régler vos partages?"II a refusé de juger entre ces deux frères, Lui Qui sera le Juge de tous les hommes à la fin du monde. Pourquoi a-t-Il refusé? Il a refusé de juger et d'utiliser Son influence pour corriger une injustice dans ce cas, parce qu'il savait que ce frère injure avait de la cupidité dans son coeur pour les richesses de ce monde. Lui Oui est Dieu et Qui connaît ce qui est dans le coeur de chacun, Il savait que ce lui serait plus profitable d'être dépourvu de l'héritage qui était le sien par droit. Ce lui serait profitable pour la santé de son âme, qui désirait trop les biens de ce monde, plus qu'il en avait besoin.

Le Seigneur Jésus a ensuite averti toute la foule qui était présente contre cette grave maladie spirituelle. Il leur a dit: "Gardez-vous avec soin de toute cupidité, car au sein même de l'abondance, la vie d'un homme n'est pas assurée par ses biens. "La vie d'un homme n'est pas assurée par ses biens." Tout le monde pense, surtout les pauvres, que si 1' on a une abondance de richesses, qu'on pourra vivre dans l'insouciance et que la vie sera assurée, c 1 est-à-dire qu on n'aura pas de besoins. Mais cette pensée est loin de la vérité. Comme le Seigneur nous dit: "La vie d'un homme n'est pas assurée par ses biens." Puis II explique ceci avec l'aide d'une parabole. "Il y avait un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté." Beaucoup d'entre nous pouvons envier cet homme. Il n'était pas seulement riche, mais aussi ses terres avaient beaucoup rapporté. Un pauvre n'a que peu de terres; mais si ses terres petites rapportent bien, il en est content. Un riche a beaucoup de terres; si ses terres grandes et nombreuses ne rapportent pas bien, cela ne le met pas en indigence. Mais si les terres nombreuses d'un riche rapportent beaucoup, quelles richesses reçoit-il II doit être doublement reconnaissant envers Dieu, Lui Qui lui a donné de telles richesses. Mais l'homme riche de cette parabole, était-il content? Pas du tout. Ses richesses lui donnaient des problèmes, elles lui occasionaient du souci. "Il se demendait en lui-même: 'Que vais- je faire? car je n'ai pas où loger ma récolte'." Cet homme riche qui avaient des soucis n'est pas une exception. Il est toujours comme cela avec les richesses de ce monde. Au lieu de nous apporter du contentement, leur abondance nous fait toujours du souci. D'autant plus de richesses, d'autant plus de soucis. Cet homme avait ce problème: où mettre sa récolte? Il avait d'autres problèmes en plus:- comment protéger ses richesses contre les voleurs? comment préserver les biens périssables, comme les produits agricoles? pouvait-il avoir confiance en ses ouvriers et ses autres employés? quand et où faut-il vendre pour obtenir les meilleurs prix et les profits les plus grands? Car les gens riches ne sont jamais contents avec leurs richesses. Ils en veulent toujours plus. Les richesses de ce monde créent un désir chez leurs possesseurs d'en avoir plus. Ce désir devient une cupidité, qui est une maladie spirituelle très sévère. L'homme avare a toujours iaim et soif d'en avoir plus. Il n'est jamais content. C'est poiir cela que l'Apôtre Paul a écrit à son disciple Saint Timothée: "Lors donc que nous avons nourriture et vêtement, sachons être satisfaits.' Si cet homme riche dans, la parabole était un bon Chrétien, il n'aurait pas de problème à cause de sa récolte abondante. Il ne voudrait pas le tenir, mais il donnerait aux pauvres tout ce qui

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lui fût superflu au delà de ses propres besoins. Voilà pourquoi Dieu laisse quelques-uns devenir très riches; c'est pour les mettre à l'épreuve, s'ils utilisent leurs richesses d'une manière bonne, en les partageant avec les indigents. Et s'ils donnent aux pauvres, Dieu leur repaiera dans l'éternité, en les récompensant avec les biens impérissables et éternelles de Son Royaume, des biens ayant une valeur infinement plus grande que celle des biens terrestres qu'ils donnent aux pauvres. Comme le sage roi Salomon dit dans le livre des Proverbes: "Qui fait la charité au pauvre prête au Seigneur, Lequel paiera le bienfait de retour." Mais cet homme riche de la parabole n'était pas un bon Chrétien. Il ne pensait pas comme cela. Il n'avait aucun souci pour les pauvres. Il ne pensait qu'à lui-même, comment devenir encore plus riche. Et quelle est la solution qu'il a trouvée de sa problème? C'était la suivante: il se dit:

"Voici ce que je vais faire: je vais abattre mes greniers, j'en construirai de plus grands, j'y serrerai tout mon blé et mes biens, et je dirai à mon âme: 'Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois, fais la fête.'' Il pensait seulement comment garder la récolte superflue pour lui-même et comment cesser de travailler, en vivant une vie de repos et de luxe. L'insensé, il avait oublié que les produits de la récolte sont périssables, comme tous les biens de ce monde. L'insensé, il imaginait qu'il pourrait cesser de travailler et rester content avec l'abondance des biens qu'il avait acquis. Mais en réalité, il ne pourrait jamais cesser de travailler et de se faire de souci à cause de ses biens. Comme un homme ivre, il aurait toujours soif d'acquérir plus de richesses. Comme un homme ivre, qui plus il boit, plus il a soif; de même les gens riches, plus de biens ils acquièrent, plus veulent-ils encore acquérir Cet homme riche ne pourrait jamais rester content avec les biens qu'il possédait déjà. Mais cet homme riche insensé, il a oublié quelquechose d'autre: la mort. La mort prend tous les hommes, les fiches et les pauvres, à tous les âges de la vie humaine. Personne ne peut jamais être sûr qu'il ne mourra pas aujourd'hui Nous le voyons de nos propres yeux. Dans les villes surtout, il y a beaucoup de gens qui meurent dans les accidents de la circulation. Dans la campagne il y a toujours les serpents ou des animaux sauvages qui peuvent nous tuer Et partout il y a des. maladies. Quand nous nous levons chaque matin, nous ne savons pas si nous vivrons encore le soir. Quand nous nous couchons chaque nuit, nous ne savons pas si nous verrons la lumière du lendemain. Ainsi il faut toujours être prêt pour la mort. Il faut toujours prendre soin de son âme, de sorte que celle-ci soit prête à quitter notre corps et de se présenter devant Dieu comme Juge Il faut toujours soigner que nous n’avons pas de péchés dont nous ne nous sommes pas confessés, ou au moins, dont nous ne nous sommes pas repentis. Si nous avons- offensé quelqu'un, il faut toujours aller lui demander pardon. De même, si quelqu'un nous a offensé, il faut toujours lui pardonner aussitôt que possible dans notre coeur. Comme l'Apôtre Paul a écrit aux Ephésiens "Que le soleil ne se couche pas sur votre colère." Cela veut dire que nous devons pardonner tous ceux qui ont commis des péchés contre nous avant le coucher du soleil. Car nous ne savons pas si nous serons encore en vie demain; et si nous nous présentons devant Dieu pour être jugés, sans pardonner dans notre coeur à tous les autres gens qui nous ont offensés, Dieu ne nous pardonnera pas nos propres péchés. Cet homme riche de la parabole,, il ne pensait pas à la mort. Tout son souci était pour son corps, pour les choses de cette vie. Il n'avait pas de souci pour l'âme, pour les choses après cette vie. Ainsi lui qui avait amassé tant de richesses matérielles, il avait dépourvu son âme de toute richesse spirituelle. Surtout il n'avait pas de miséricorde pour les pauvres. Qu'est-ce qui est la fin de cette histoire? Dieu lui dit: "Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l'aura?" Ce que l'homme riche avait oublié, ce dont il n'avait pas tenu compte, cela arriva. Il mourra, quand il ne l'attendit pas. Il mourra sans avoir d'autre occasion de distribuer ses richesses parmi les pauvres. Il mourra sans avoir d'autre opportunité de se repentir pendant cette vie. Dieu l'avait mis à l'épreuve, et il a failli. Le Seigneur Jésus a fait cette dernière observation à son sujet: "Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui- même, au lieu de s enrichir en vue de Dieu." Mes frères et mes soeurs, dans notre société traditionelle africaine, nous n'amassons pas de richesses pour nous-mêmes comme individus ou comme petites groupes. Nous regardons les biens matériels comme appartenants au village ou à la famille étendue. Ceci est quelquechose de très

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bonne, qui nous protège de l'avarice et de la cupidité de l'homme riche insensé de la parabole. Mais quand quelqu'un va à la ville et trouve un bon emploi, par exemple sur les mines ou dans le gouvernement, ou s'il devient un commerçant habile, il est toujours tenté de tenir toutes ses richesses nouvellement gagnées pour soi-même ou pour sa femme et ses propres enfants. Il faut toujours nous garder contre cette tendence. N'oublions jamais la Parabole du Riche Insensé, et souvenons-nous toujours que nous mourrons un jour, peut-être demain dans un accident. Soignons pour notre âme, en amassant des richesses spirituelles, surtout en donnant des aumônes aux pauvres. Ainsi nous deviendrons acceptables dans le Royaume de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ, à Qui soit toute adoration et louange, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

DIMANCHE DIXIEME DE LUC

(LUC 13: 10-17) Mes chers frères et soeurs:

Dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous avons entendu aujourd'hui le récit d une guérison par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ. C'est la guérison d'une femme courbée. Le Seigneur "enseignait dans une synagogue le jour du sabbat. Le jour du sabbat-est le septième jour de la semaine, c'est-à-dire le samedi. Pour les Juifs le jour du sabbat est un jour saint, un jour de repos, pendant lequel tout travail est interdit. La raison de cela se trouve dans le récit de la création du monde, au commencement de la Genèse, le premier Livre de la Sainte Bible: "Dieu conclut au septième jour l'ouvrage qu'il avait fait et, au septième jour, Il chôma, après tout l'ouvrage qu'il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car II avait alors chômé après tout Son ouvrage de création." Nous les Chrétiens, nous n'observons pas le samedi, le septième jour de la semaine, comme jour de repos consacré à Dieu, mais nous avons le dimanche comme notre jour de congé et notre jour consacré à Dieu chaque semaine. Pourquoi? C'est parce que notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ est ressuscité des morts le premier jour de la semaine, c'est-à-dire le dimanche. Surtout dans notre Eglise, l'Eglise Orthodoxe, le dimanche est un jour de rejouissance, de rejouissance dans la Résurrection, quand nous allons à l'Eglise pour remercier Dieu et pour Le louer. Mais le dimanche n'est pas seulement le premier jour de la semaine. On peut le considérer aussi comme un huitième jour de la semaine, le jour qui suit le sabbat. L'Ancien Testament fut une très grande étappe dans le plan de Dieu pour le salut de l'humanité, mais c'était une étappe temporaire. L'Ancien Testament était toujours une préfiguration, une image donnée par avance^ de la perfection qui viendrait dans le Nouveau Testament. Ainsi le repos du sabbat était une figure du vrai repos qui est venu plus tard, et qui viendra encore. Comme l'Apôtre Paul a écrit dans son Epitre aux Hébreux: "Il y a un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu," Ce vrai repos de sabbat a déjà commencé avec la Résurrection de notre Seigneur, mais il s accomplira finalement dans la résurrection générale de tous les morts à la fin du monde, quand l'âge futur sera le vrai repos éternel pour le peuple de Dieu. Mais comme l'Ancien Testament est passé au Nouveau Testament, ainsi le repos du septième jour est passé au repos du huitième jour; et au lieu du samedi, nous les Chrétiens avons le dimanche comme notre jour consacré à Dieu chaque semaine. "Il enseignait dans une synagogue le jour du sabbat" La synagogue est une maison de prière pour les Juifs, où ils s •assemblent surtout le jour du sabbat, pour chanter des psaumes, pour entendre des lectures de l'Ancien Testament, et pour écouter des homélies. Le Seigneur Jésus avait coutume d 1 aller à la synagogue le jour du sabbat pour y donner Son enseignement. "Justement il y avait là une femme possédée depuis dix-huit ans d'un esprit qui la rendait infirme; elle était toute courbée et ne pouvait absolument pas se redresser." ' Quelle infirmité terrible! d'être tout courbé, toujours regardant en bas, d être incapable de regarder en haut, vers le ciel! Ce n'était qu'avec grande difficulté qu'elle pouvait voir le visage des autres gens. Elle" était condamnée de rester dans cette posture très humiliante. De plus, elle souffrait de cette infirmité depuis dix-huit ans. Voilà une très longue durée qui rendait cette infirmité encore pire. Mais cette

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femme n'avait pas perdu toute patience. Malgré cette infirmité terrible pendant tant d'années, elle venait encore à la synagogue pour louer Dieu et pour être instruite dans la Loi de Dieu. "Jésus, la voyant, l'interpella et lui dit: 'Femme, te voilà délivrée de ton infirmité'; puis II lui imposa les mains. Et, à l'instant même, elle se redressa et elle glorifiait Dieu." Le Christ lui a eu pitié et II l'a guérie. Il l'a délivrée de cette infirmité causée par un démon. Il l'a fait se redresser; Il l'a fait se tenir debout comme un être humain normal. Elle, qui se tenait et se promenait pendant dix- huit années comme un animal, avait retrouvé un des traits caractéristiques physiques les plus signicatifs de l'être humain: elle se tenait debout. Les Pères de l'Eglise nous enseignent que Dieu a créé l'homme de sorte qu'il se tienne debout, parce qu'il a été créé comme chef de la création; les animaux ont été créés avec une posture humiliante, sur les quatre pattes, pour marquer leur position inférieure à l'homme. Cette femme avait maintenant retrouvé la dignité supérieure de l homme, "Et elle glorifiait Dieu." L'homme se distingue des animaux en ayant une volonté libre, un propre esprit libre et une pensée libre et logique. Dieu lui en a fait don surtout pour qu'il aime Dieu de sa propre volonté et qu'il Le loue avec sa volonté, son esprit et sa pensée. Mes chers frèreset soeurs, nous avons la même infirmité qu'avait cette femme. Nous sommes tous courbés et nous regardons vers le bas. Et beaucoup d entre nous souffrons de cette infirmité depuis plus de dix-huit ans, depuis plus longtemps encore que cette femme. De plus, notre infirmité est pire que la sienne. Elle, elle était courbée de corps; son infirmité était physique. Nous, nous sommes;courbés de l'âme. Notre âme est liée par le diable de sorte qu'elle regarde presque toujours en bas, vers la terre Nous nous occupons trop des choses de cette vie, surtout des choses matérielles. Si nous voulions être de vrais humains, le regard de notre âme, c'est-à-dire notre pensée et nos désirs, devrait être dirigé surtout en haut, vers Dieu et vers Son Royaume. Avoir le regard de l'âme surtout vers le bas, avoir nos désirs dirigés surtout vers les choses terrestres, les choses de cette vie, c'est plus caractéristique des animaux que des hommes. "Qu'est-ce que l'homme, pour que Tu T'en souviennes, et le fils de l'homme, pour que Tu le visites? Tu l'as abaissé un peu au-dessous des anges, puis Tu l'as couronné de gloire et d'honneur. " L'Eglise chante ces mots dans le Huitième Psaume; et l'Apôtre Paul les a cités dans son Epitre aux Hébreux, en parlant du Christ. Dieu a abaissé l'homme un peu au-dessous des anges, parce qu'il l'a créé avec un corps. Les anges n'ont pas de corps matériel; notre corps est quelquechose que nous avons de commun avec les animaux. Mais par l'Ascension du Christ Dieu a couronné l'homme de gloire et d'honneur. De plus, c'est une personne humaine, celle de la Théotokos (Mzazi-Mungru) la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, qui a été exaltée au dessus des anges et au dessus de chaque autre créature. Comme nous lui chantons très souvent pendant les Offices de notre Sainte Eglise Orthodoxe: "Plus vénérable que les Chérubins, et incomparablement plus glorieuse, que les Séraphims, toi qui sans corruption as enfanté Dieu le Verbe, toi qui es vraiment Mère de Dieu, nous te magnifions"'' Au commencement "Dieu créa l'homme, à Son image II le créa." Ensuite II lui dit:

"Dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. Voyez-vous, mes chers frères et soeurs, que Dieu créa l homme plus élevé que les animaux? qu'il créa l'homme pour dominer sur les animaux? Si nous ne dominons pas maintenant sur tous les animaux et les oiseaux, c est à cause de nos péchés. Dieu créa l'homme à Son image ne créa ni aucun animal ni aucun oiseau à Son image Les animaux n'ont pas de volonté libre, ils n'ont pas de pensée comme nous Puis, finalement, dans l'Ascension du Christ, Dieu a fait de l'homme quelquechose d'encore plus merveilleux; Il a exalté l'humanité au dessus de toute autre créature, même au dessus des Chérubins et des Séraphins, les merveilleuses créatures plus élevés encore que les anges, qui entourent Dieu aux cieux, en Le louant continuellement Mais Dieu n'en reste pas là Il créa l'homme pour le diviniser, pour le faire fils de Dieu par adoption et dieu par grâce. Il nous a donné la possibilité et la vocation de devenir "participants de la divine nature", comme l'Apôtre Pierre a écrit dans sa Deuxième Epitre Dieu est devenu homme, en prenant un corps humain et une âme humaine, pour que l'homme devienne dieu. Saint Athanase d'Alexandrie et beaucoup d'autres Pères de l'Eglise nous enseignent cela. Mes frères et mes soeurs, nous sommes entourés de gens qui croient encore que les esprits

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des hommes défunts habitent dans des animaux et des oiseaux Ceux qui croient cela sont en grande erreur. Partout dans le monde, chez presque chaque peuple, la religion chrétienne a du chasser de telles croyances erronées, et des croyances encore pires. Chez beaucoup de peuples on croit encore que quelques animaux ou oiseaux sont des dieux. Les Egyptiens de l'antiquité croyaient même que les souris étaient des dieux. Mais nous, nous venons de voir que la religion chrétienne nous donne une doctrine plus élevée de l'homme. Nous savons que l'homme est beaucoup plus élevé que n'importe quel animal ou oiseau. Nous n'honorons pas nos ancêtres si nous croyons que leurs esprits habitent dans des aigres ou des hiboux, ou même dans des grands animaux comme l'éléphant ou le lion. Nous, nous croyons que leurs esprits attendent la résurrection générale de tous les morts à la fin de ce monde. De plus, nous les Chrétiens Orthodoxes, nous croyons que l'homme est destiné à participer à la nature divine, à être divinisé, et à régner avec Dieu. Qu'il nous accorde, par Sa grâce et Son amour des hommes, de parvenir tous à cette béatitude sans fin, Lui Qui est béni dans les siècles des siècles. Amin.

DIMANCHE ONZIEME DE LUC (DIMANCHE DES SAINTS ANCETRES)

11-17 DECEMBRE (LUC 14-: 16-24) Mes chers frères et soeurs:

La Grande Fête de Noël s approche, c'est-à-dire de la Naissance dans le chair de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Aujourd'hui, quand il n'y a que deux dimanches avant cette Grande Fête, notre" Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, fait la commémoration de tous les ancêtres du Christ dans le peuple juif. Ainsi ce dimanche s'apelle "le Dimanche des Saints Ancêtres » . Aujourd'hui nous commémorons beaucoup de Saints de l'Ancien Testament, à partir du Patriarche Abraham, le Père de tout le peuple hébreu, et les Patriarches Isaac et Jacob, par le Roi et Prophète David (qui a composé les Psaumes), jusqu'à Saint Joseph, le Fiancé de la sainte Vierge et Mère de Dieu Marie. Nous considérons ces personnages"'grands' et justes de l'Ancien Testament comme Saints de notre Eglise Orthodoxe, parce qu'il y a une continuité entre l'Ancien Testament et le Nouveau Testament. Les promesses données dans l'Ancien Testament sont réalisées dans le Nouveau Testament. Le Peuple de Dieu de l'Ancien Testament est devenu le Peuple de Dieu du Nouveau Testament, c'est-à-dire l'Eglise. Dans l'Ancien Testament, le Peuple de Dieu était limité au peuple hébreu et à tous ceux qui se joignaient au peuple hébreu par la rite de la circoncision, en se conformant à la Loi de Moîse. Mais au commencement Dieu avait promis à Abraham: "En toi seront bénies toutes les nations. Cette vision universelle d'un Peuple de Dieu dans le futur qui inclurait toutes les nations, restait toujours présente dans l'Ancien Testament, et elle était souvent exprimée dans les Psaumes, et les Prophéties d'Isaïe et les autres Prophètes. Elle se réalise dans le Nouveau Testament, après la descende du Saint-Esprit sur les Apôtres le jour de Pentecôte, et elle se réalise encore de nos jours, par les missions dans notre pays et dans d'autres pays. Ainsi l'Eglise Chrétienne Orthodoxe est le vrai successeur du Peuple de Dieu de l'ancien Testament, parce qu'il y a une continuité historique à partir des Patriarches et Prophètes de l'Ancien Testament, par les Apôtres et les premiers Chrétiens, jusqu'à nous, les Orthodoxes d'aujourd'hui. La religion juive qui existe encore de nos jours n'est pas le vrai successeur de l'Ancien Testament, bien que les Juifs prient en hébreu et essaient d'observer la Loi de Moïse. La plupart du peuple juif a rejeté le Christ et a rejeté ainsi sa propre vocation et les promesses de l'Ancien Testament. La Vierge Marie, qui a fait naître Dieu le Fils quand Il est devenu homme en prenant un corps humain et une âme humaine, la Vierge Marie était une jeune Juive. Pour la faire protéger, on l'avait donnée à un veuf vieillard, qui s'appelait Joseph. Celui-ci ne s'est pas marié avec la Vierge Marie, parce qu'elle avait été consacrée comme Vierge à Dieu dès son enfance, mais il'a seulement été fiancé avec elle. Ainsi il est appelé Joseph le Fiancé par les Chrétiens Orthodoxes. Il avait déjà

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des enfants par son premier mariage; ces enfants sont les "frères de Jésus" que l'on trouve dans les Evangiles. L'aîné entre eux, Saint Jacques le Frère du Seigneur (qui est aussi appelé "Frère de Dieu" par nous les Orthodoxes) est devenu plus tard le premier Archevêque de Jérusalem, et il est mort

comme martyr pour le Christ, tué par les Juifs. Or ce vieillard Joseph était descendant de la famille royale des Juifs, c'est-à-dire des descendants du grand Roi David. Ceci est démontré dans les Evangiles par les deux géné- alogies,l'une par Saint Matthieu et l'autre par Saint Luc. Bien qu'il appartînt à la famille royale, il était un homme assez pauvre et humble. Il travaillait comme charpentier dans la petite ville de Nazareth. Les Juifs attendaient tous leur Messie. Le mot "Messie" est un mot hébreu qui veut dire "l'Oint". Il est traduit en grec par le mot "Christos" d'où vient notre mot "le Christ". Selon des prophéties de l'Ancien Testament les Juifs attendaient que le Messie serait un descendant de la ligne royale de David et des autres rois de Judée. Mais ils attendaient un grand roi comme le Roi David, qui les délivrerait de la soumission à l'Empire Romain. Ils attendaient le Messie comme un roi de ce monde et comme un roi très nationaliste. Ainsi, quand le Seigneur Jésus leur a posé la question:

"Quelle est votre opinion au sujet du Christ? De qui est-il fils?", ils ont répondu: "De David". Le Seigneur Jésus les a corrigés en citant des mots que le Roi David avait écrit lui-même dans les Psaumes; Il leur a demandé:

"Comment donc, David parlant sous l'inspiration du Saint-Esprit appelle-t-il le Christ Seigneur 1 dans ce texte: Le-Seigneur a dit à mon Seigneur: Siège à Ma droite jusqu'à ce que J aie mis Tes ennemis dessous Tes pieds 1 ? Si David l'appelle 'Seigneur', comment donc est-il son fils?" ' Notre Seigneur a dit cela aux Juifs dans la foule pour corriger leur idée limitée du Christ; Il leur enseignait l'origine divine du Christ. Mais en même temps, il a beaucoup de prophéties dans l'Ancien Testament qui disent que le Messie attendu viendrait des descendants du roi David. C est le même Seigneur, Dieu le Fils, Qui a dit ces prophéties-là par la bouche de Ses-Saints Prophètes Aussi le Dimanche des Rameaux les foules Lui criaient: "Hosanna au fils de David!" Mais ces prophéties de l'Ancien Testament, comment étaient-elles réalisées? Elles étaient réalisées de cette façon. Quand Dieu le Fils a été né comme Christ, comme Messie, avec un corps humain et une âme humaine, Il avait Saint Joseph le Fiancé comme protecteur pour Lui et Sa Mère, c'est-à-dire comme père adoptif. Il est devenu membre de la famille de Joseph par adoption; ainsi comme fils adoptif II était compté parmi les fils de Joseph, c'est-à-dire parmi les descendants de David. De plus, ceci fut reconnu par un acte civil: Dieu a disposé les événements de l'histoire, de sorte qu'il y eût alors un rencensement dans l'Empire Romain aux jours-mêmes autour de Sa

Naissance. "Et tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph, lui aussi,

Judée, à la ville de David, appelée Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David,- afin de s'y faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte." Ainsi le Seigneur Jésus, Qui a été né lorsque Joseph et Marie étaient à Bethléem pour se faire inscrire, Lui II a été inscrit aussi comme fils de Joseph. Nous les Africains nous connaissons très bien cette affaire de l'adoption des enfants; on le trouve très souvent chez nous. Et comme chez nous un fils adoptif est compté parmi les fils de son père adoptif, mais il est énuméré après les fils naturels de ce père qui étaient nés avant qu'il fût adopté, c'était le même chez les Hébreux. Le Seigneur Jésus, Dieu le Fils, est devenu fils adoptif de Joseph, et ainsi II était compté parmi les fils de Joseph, mais avec une position après celle de Jacques, de Jude, de Simon et des autres fils de Joseph. C'est d'une telle façon que le Christ est devenu fils de David: par adoption pourrait y faire objection, en disant "que Joseph n'était pas pleinement le mari de la Vierge Marie, mais seulement son fiancé, son protecteur. Mais selon la Loi de Moïse, une fille fiancée était regardée comme appartenant déjà à son fiancéi Si quelqu'un avait des relations avec une jeune fille qui était fiancée à un autre homme, on le regardait comme adultère. De plus, Joseph a été assigné comme fiancé de la Sainte Vierge pour être son protecteur. Ainsi, s'il le voulait ou non, il est devenu le protecteur du Christ aussi, dé Dieu Qui était fait homme. Mais il a accompli cette responsabilité avec toute diligence, en obéissant aux ordres d'un ange, comme nous le lisons dans le deuxième chapitre; de l'Evangile selon Matthieu. C'est pour protéger l'Enfant Jésus qu'il a fuit en Egypte, prenant avec lui

monta en

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la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus, bien que ce fût un trajet assez long et difficile, surtout pour un vieillard, à travers le désert. C'était pour protéger l'Enfant Jésus qu'il est rentré quelques années plus tard en Palestine, par la même route. Et c'était pour protéger l'Enfant Jésus qu'il ne s'est pas établi dans la ville de ses ancêtres, c'est-à-dire à Bethléem, mais plus loin, à Nazareth en Galilée. Ainsi Dieu le Fils, Qui est par nature Fils de Dieu le Père, Dieu le Fils est devenu par adoption fils de David et ainsi Fils de l'homme. Il a eu deux naissances. Sa première naissance était hors du temps et avant tout temps, avant toutes les siècles, sans mère de Dieu le Père. Sa deuxième naissance était dans le temps, sans père, de la Vierge Marie. Pourquoi a-t-Il eu cette deuxième naissance, avec une âme et un corps humains, ce que nous allons célébrer à la fin de ce mois décembre? Lui Qui est par nature Fils de Dieu et par adoption fils de David II est devenu homme afin que nous, qui sommes par nature les fils de l'homme, afin que nous devenions par adoption des fils de Dieu. Comme l'Apôtre Paul écrit aux Galatiens: "Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya Son Fils, né d'une femme, né sujet de la loi, afin de nous conférer l'adoption filiale. Et la preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos coeurs l'Esprit de Son Fils Qui crie:

'Abba, Pèrel' "5) C'est comme des fils par adoption que nous pouvons dire la prière: "Notre Père Mais il j a encore plus que cela Dieu le Fils est par nature Dieu, est devenu homme, afin que nous, qui par nature des hommes, nous devenions dieu par grâce, que nous devenions "participants de la divine nature » , Comme Saint Àthanase le Grand, Saint Irénée de Lyon et beaucoup d’autres Pères de notre Sainte Eglise Orthodoxe ont écrit: "Dieu est devenu homme, afin que les hommes deviennent dieu." Mes chers frères et soeurs, remercions à Dieu pour tout ce qu Il a fait pour nous en devenant homme comme nous par Son grand amour pour nous, bien que nous soyons des pécheurs. Rendons grâce à Lui et à Son Père Eternel et à Son Esprit Toussaint Bon et Vivifiant, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

DIMANCHE DOUZIEME DE LUC

(DIMANCHE DES DIX LEPREUX)

(LUC 17: 12-19) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Aujourd'hui dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous avons entendu tirée de l'Evangile selon Luc l histoire des Dix Lépreux qui ont été guéris par notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ, Nous connaissons tous," ce qu'est la lèpre C'était une maladie très commune et très crainte partout dans l'antiquité, et elle se trouve encore de nos jours dans notre pays. A Kolwezi par exemple, il y a une léproserie. Sans doute quelques-uns parmi vous, mes auditeurs, ont vu un lépreux; et certes beaucoup d'entre vous ont entendu des manifestations de cette maladie terrible. Les lépreux perdent leurs cheveux et leurs sourcils; ils perdent aussi leurs doigts des mains et des pieds; leurs membres deviennent tordus; quelques-uns d'entre eux deviennent aveugles. On les condamne à vivre à part, séparés des autres hommes, afin d'éviter la propagation de cette maladie, qui se propage par le contact physique avec un lépreux. Dans l'ancien Testament il y a des stipulations sévères au sujet de la lèpre. Deux longs chapitres y sont entièrement consacrés dans le livre du Lévitique. Les lépreux étaient obligés de vivre au dehors des villes et des villages, exposés sans toit à la chaleur du jour et au froid de la nuit. Leurs vêtements devaient être déchirés. Ils étaient obligés de crier "Impur! Impur!" quand les autres gens s'approchaient d'eux, afin de les avertir. Les prêtres juifs étaient les juges dans les cas de la lèpre. C'étaient eux qui regardaient les cas soupçonnés et les prononçaient comme lépreux. Et quand un lépreux avait été guéri (ou plutôt, quand la lèpre était terminée), il devait se présenter devant un prêtre et offrir un sacrifice. Or, le Seigneur Jésus passait aux confins de la Samarie et de la Galilée. Lorsqu'il arriva près d'un village, Il rencontra dix lépreux. Ils se tenaient à distance, parafe qu'il leur était défendu de s'approcher d'autres gens. Ils crièrent à voix élevée: "Jésus, Maître, aie pitié de nous!" Leur prière

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était très simple. Ils n'ont pas demandé quelquechose en détail, même leur guérison. Certes ils avaient entendu parler du Seigneur Jésus. Ils avaient aussi entendu parler des guérisons qu'il avait faites à. d'autres lépreux. C'est pour cela qu'ils se sont adressés à Lui par Son nom, car ils L'avaient reconnu. Mais leur demande était très simple: "Jésus, Maître, aie pitié de nous!" Ils ont demandé avec la foi en Lui. Ils ne croyaient pas seulement que le Christ pouvait les guérir, mais aussi ils étaient prêts à recevoir tout signe de miséricorde qu'il leur accorderait, comme une grande bénédiction. C'est avec une telle foi que nous devons prier Dieu. Nous devons croire qu'il Lui est possible de faire toute -chose, mais aussi il faut être prêt d'accepter tout ce qu'il nous accorde, comme le meilleur pour nous; il faut être prêt d'accepter Sa volonté, sans condition. C'est pour cela que dans notre Sainte Eglise Orthodoxe, en priant pour nos besoins et pour les besoins du monde entier, nous employons dans nos offices la pétition très simple: "Seigneur, aie pitié!" "Kyrie, eleison!" Il y a une prière très simple qui rassemble à cette prière des dix lépreux. Elle s'appelle la Prière de Jésus, et elle est très employée par nous les Chrétiens Orthodoxes. Les mots de cette prière sont: "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur." Comme les dix lépreux, nous invoquons le Seigneur par Son nom, Jésus, le nom qu'il a pris en devenant homme, et qui veut dire "Sauveur". En invoquant ce nom, les Saints Apôtres et beaucoup d'autres Saints dans l'histoire de l'Eglise ont accompli des milliers de miracles. "Car il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel il nous faille être sauvés." Dans notre Eglise Orthodoxe, tous les moines et beaucoup de laïques emploient la Prière de Jésus: "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur." Ils la répètent beaucoup de fois: cent fois ou deux cent fois, ou mille fois, ou encore plus, chaque jour. Il y en a même des Chrétiens Orthodoxes qui répètent cette prère continuellement, toute la journée et toute la nuit, même quand ils dorment. Pour compter combien de fois on dit la Prière de Jésus, les Chrétiens Orthodoxes emploient une espèce de chapelet en laine, contenant d'ordinaire cent noeuds. Ce chapelet s'appelle en grec un "komvoskhini". Le Seigneur a répondu à la demande des dix lépreux. Mais II ne les a pas guéris tout de suite Il leur a seulement commander d'aller se montrer aux prêtres. Bien sûr, cela voulait dire qu'il allait les guérir, parce que le lépreux allait se montrer au prêtre pour établir qu'il avait été guéri, et pour recevoir la permission officielle derentrer dans la société Mais en leur disant cela, le Christ leur a demandé d'avoir foi en Lui, de croire qu'ils seraient guéris. Les dix lépreux ont obéi à Son ordre, et ils se sont mis en route vers les prêtres, bien qu'ils ne fussent pas encore guéris. Et comme recompense de leur obéissance à l'ordre du Seigneur, pendant qu'ils allaient vers les prêtres ils furent guéris. "L'un d'entre eux, voyant qu'il avait été guéri, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix et se jeta aux pieds de Jésus, le viaage contre terre, en Le remerciant. Celui-là a reconnu qu'un grand miracle a été accompli en lui, car à cette époque-là la lèpre était considérée comme incurable. Ce lépreux qui venait d'être guéri, a été rempli de gratitude pour ce qui avait été accompli en lui et pour Celui Qui l'avait accompli. Pour l'instant il avait abandonné la route vers les prêtres; la reconnaissance officielle de sa guérison pouvait attendre à plus tard. Maintenant son premier souci était de remercier Jésus pour ce miracle et de glorifier Dieu pour ce qui avait été accompli. Devant le Seigneur Jésus il a exprimé sa reconnaissance en se jetant à Ses pieds, le visage contre terre. Or, cet homme n'était pas Juif. Il était Samaritain. Les Samaritains étaient des étrangers, non pas des Hébreux. Ils avaient presque la même religion que les Juifs, mais les Juifs regardaient les Samaritains comme des hérétiques, et ils évitaient toute relation avec eux. C'était un Samaritain qui est revenu pour remercier le Christ et pour rendre gloire à Dieu. Les autres neuf lépreux, qui étaient des Juifs, après leur guérison se sont remia en route vers les prêtres pour recevoir la reconnaissance officielle. Bien sûr, cette reconnaissance officielle était quelquechose de très désirable, après avoir été bannis de la société et du peuple de Dieu pour un si long temps. Mais ils devaient d'abord rendre grâces et gloire à Dieu Qui les avait guéris. Le Seigneur a remarqué Lui-même leur conduite, en demandant: "Les neuf autres, où sont-ils? Il ne s'est trouvé pour revenir rendre gloire à Dieu que cet étranger! Mes frères et mes soeurs, soyons toujours reconnaissants à Dieu pour tout ce qu'il a fait pour

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nous. Rendons-Lui grâces chaque jour pour toutes les grandes choses qu'il a faites pour toute l'humanité: pour notre création; pour Son Incarnation, en devenant homme comme nous; pour Sa Crucifixion; pour Sa Résurrection; pour Son Ascension; pour le don du Saint-Esprit; pour Son Eglise; et pour la Sainte Tradition Orthodoxe. Rendons-Lui grâces aussi pour tous les bienfaits qu'il nous a donnés personnellement ou a notre famille; surtout pour nous avoir conduits à la 1 vraie Foi; pour notre Baptême;' pour notre onction avec le Saint Myron, l'Huile Sainte; pour la rémission de nos péchés; pour toutes les fois que nous avons reçu les Saints Mystères de Son ;•. Corps et de Son Sang; et pour les guérisons et touts les autres fit-bienfaits que nous avons reçus. Nous les Orthodoxes devons être plus reconnaissants que les autres Chrétiens, car nous avons il reçu plus qu'eux. Prenons soin que le Seigneur ne dise pas de nous: "Où est’il? Qu'il ne dise pas que seulement les étrangers, c'est-à-dire les hétérodoxes, les Chrétiens qui n'appartiennent pas à la Sainte Eglise Orthodoxe, que c'est seulement eux qui aient rendu gloire à Dieu pour les bienfaits reçus.

Mes frères et mes soeurs, pensons aussi à nos frères malheureux les lépreux. Prions pour eux et pour leur guéri-son. Donnons des aumônes selon notre possibilité aux lépreux qui nous sont connus ou aux léproseries. Chaque don, même s'il n'est qu'un peu de manioque ou de maïs ou d'une autre nourriture, ou un vêtement que nous ne portons plus, chaque don, soit-pil grand ou petit, sera accepté par eux avec beaucoup de reconnaissance. Et c'est Dieu Qui nous récompensera pour de telles actes d'amour. Surtout, ne craignons pas les lépreux. De nos jours nous savons que cette maladie n'est pas si terrible que l'on pensait jadis. Elle ne se propage pas facilement, moins facile ment que la grippe. La lèpre se propage d'une personne à l autre seulement par le contact physique avec un lépreux. Même tous les lépreux ne sont pas contagieux; cas ceux qui ont subi quelques mois de la thérapie avec des médicaments, ne peuvent pas transmettre la lèpre à d'autres personnes. Un jour quelqu'un a demandé à un vieu moine dans les déserts d'Egypte: "Mon Père, qu'est- ce que l'amour?" Il lui a repondu: L amour; c'est quand tu es prêt déchanger ton corps sain pour le corps déformé d'un lépreux, afin qu'il ait le tien et toi le sien. Mes frères et mes soeurs, nous sommes tous comme des lépreux dans notre âme, à cause de nos péchés. Notre âme est devenue déformée et très laide devant Dieu et Ses anges. Notre âme, comme un lépreux, a perdu le sens du toucher, et nous sommes devenus insensibles aux choses spirituelles. Dans une prière de Saint Jean Chrysostome que nous lisons pour nous préparer pour la Divine Communion, nous disons: "De même que Tu as bien voulu entrer et manger avec des pécheurs dans la maison de Simon le Lépreux, daigne entrer dans la maison de mon âme, lépreuse et pécheresse." Prions donc à Dieu, qu'il guérisse la lèpre de notre âme. A notre Dieu, Qui nous aime et nous guérit: le Père, le Fils et le Saint-Esprit, soient toutes grâces et gloire et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

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DIMANCHE TREIZIEME DE LUC

(LUC 18:18-27) Mes chers frères et soeurs en Christ:

L'Evangile que nous avons entendu aujourd'hui dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, est l'épisode du jeune Homme riche. Il était tiré de l'Evangile selon Luc, mais il se trouve aussi dans les Evangiles selon Matthieu et Marc. Un jeune homme riche s'est approché de notre Seigneur Jésus-Christ en Lui demandant': . "Bon Maître, que me faut-il faire pour avoir en partage la vie éternelle?" La question de ce jeune

homme était sincère; il ne voulait pas embarrasser le Seigneur Jésus, comme le voulait le légiste qui

a demandé presque la même question et qui a reçu comme réponse la Parabole du Bon Samaritain.

Non; ce jeune homme était sincère; et comme l’Evangéliste Marc nous raconte, il accourut et il fléchit le genou devant Jésus. D'abord notre Seigneur lui a fait une remarque sur la manière de s'addresser à Lui, en L'appelant: "Bon Maître » . Le Christ lui dit: "Pourquoi M'appelles-tu bon? Nul n'est bon que Dieu seul."Certains ont mal compris cette remarque, et disent que Jésus a ainsi nié qu'il est Dieu. Mais en réalité c'est le contraire. Le Seigneur n'a pas nié qu'il est bon, non plus qu'il est Dieu. Il a fait seulement l'observation au jeune homme qu'il Lui avait donné un titre qui appartient à Dieu et à

Dieu seul. Si nous ne croyions pas que Jésus était bon, qu'il était tout à fait bon, et qu'il était le seul qui est entièrement bon, nous devrions rejetter tout l'Evangile et toute la religion chrétienne, comme l'oeuvre d'un imposteur. Mais si nous acceptons que Jésus est bon et tout à fait bon, il faut croire ainsi qu'il est Dieu. Le Seigneur a continué Sa réponse au jeune homme: "Tu connais les commandements: 'Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte"pas de faux témoignage; honore ton père et ta mère.'Beaucoup d'entre vous, chers auditeurs, reconnaissez ici les Dix Commandements que Dieu à donné à Moïse dans l'Ancien Testament sur le Mont Sinaï. Ces Dix Commandements forment la base de toute la Loi de Moïse. Et comme notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ a montré dans le Discours sur la Montagne, ces Dix Commandements, interprêtés plus strictement et plus profondément, appartiennent aussi à la Loi de l'Evangile. Les quatre premiers de ces Dix Commandements parlent de notre devoir envers Dieu, et les six autres de notre devoir envers les hommes. Nous pouvons rémarquer ici que le Seigneur n ! a cité que cinq de ces derniers six commandements dans Sa réponse au jeune riche. Il a omis exprès le dernier des Dix Commandements: "Tu ne convoiteras pas. Le jeune homme riche a répondu: "Tout cela, je l'ai gardé dès ma jeunesse." IIcherchait vraiment et sincèrement à, trouver la vie éternelle. Il s'était appliqué à garder les commandements de Dieu, comme ils étaient exprimés dans la Loi de Moïse, dans l'Ancien Testament. Et en grand mesure, il y avait réussi. S'il ne les avait pas gardé, le Seigneur, Qui connaît le coeur et toute l'histoire de chacun, parce qu'il est Dieu, le Seigneur aurait dit à ce jeune homme: Tu ments." Mais

Il n'a pas dis cela. Il a accepté cette réponse.

Mais ce jeune homme riche, bien qu'il ait pu répondre qu'il avait gardé tous ces commandements envers ses prochains, il sentait qu'il lui manquait encore quelquechose. Il sentait dans son coeur qu'il ne suffisait pas de garder ces commandements de l'Ancien Testament pour trouver la vie éternelle. L’Evangéliste Matthieu nous dit qu'il a ajouté à se réponse: "Que me manque-t-il encore?"' C'était pour cela qu'il était venu demander au Seigneur ce qu'il devait faire. Il se sentait encore manquer de quelque-chose. Le Christ a reconnu cette disposition sincère du jeune homme. Il a reconnu que celui-ci avait soif pour les choses de l'esprit. Et comme nous dit l'Evangéliste Marc, "Jésus fixa sur lui Son regard et l f aima." Maintenant le jeune homme était prêt pour recevoir la réponse pleine du Christ à sa question originelle: "Que me faut-il faire pour avoir en partage la vie éternelle?" Maintenant le Seigneur lui répondit: "Une chose encore te fait défaut. Vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor aux cieux; puis viens, suis-Moi." Voici la perfection chrétienne: se

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dérober de toute chose qui nous attache à cette vie, pour gagner le Royaume des Cieux. Il faut surtout se détacher des richesses, des choses matérielles, car celles-ci lient très souvent leurs possesseurs à cette vie, et elles les empêchent de gagner la vie éternelle. Si nous attachons une grande pierre aux pieds d'un oiseau, il ne pourra pas voler vers le haut. De même, si nous replissons un avion avec trop de chargement, £1 ne pourra décoller. C'est le même, avec notre âme. Si elle est attachée à de grandes richesses ou à beaucoup d'autres choses matérielles, elle ne peut pas monter vers les cieux, car elle ne s'occupe pas assez de choses spirituelles. Voyez-vous pourquoi lé Seigneur a omis le commandement: "Tu ne convoiteras pas n , dans' Sa première réponse au jeune homme riche? Certes, le commandement se réfère à la convoitise des biens du prochain. Mais si l'on l'interprète à la lumière de l'Evangile, ce commandement interdit toute forme de convoitise, tout désir d'acquérir pour soi-même plus que le nécessaire. Le commandement: Tu ne convoiteras pas" nous défend la convoitise à l'égard des choses que nous possédons déjà, surtout l'attachement aux richesses matérielles. Car en réalité, nous ne possédons rien. Comme l'Apôtre Paul a écrit à son fils spirituel, Saint Timothee: "Car nous n'avons rien apporté dans le monde et de même nous n'en pouvons rien emporter Lors donc que nous avons nourriture et vêtement, sachons être -satisfaits." Chaque chose que nous avons nous est prêtée par Dieu pour notre usage; et au jugement dernier nous devrons rendre compte à Dieu de ce que nous aurons fait avec toutes les choses matérielles qui nous étaient prêtées par Lui. Dans notre société traditionelle des villages, nous cpmprenons ceci jusqu'à un certain point. Nos possessions n'appartiennent pas à nous-mêmes comme aux individus, mais à toute notre famille ou à tout le village. Mais dans les villes on est plus tenté de regarder-des choses comme appartenant à soi-même et non pas aux autres membres de famille. Aussi, quand on a un bon travail avec un salaire suffisant, on est tenté d’ammasser des richesses pour soi-même. De plus, c'est cette passion de la convoitise qui amène beaucoup de gens, surtout les jeunes gens dans les villes, à devenir des voleurs. Qu'est-ce que le jeune homme riche dans l'Evangile a fait, quand il a entendu cette réponse du Seigneur? Il est devenu très triste, parce qu'il avait de grands biens, et il s'en est allé. Quand le Christ lui a offert la vie éternelle et un trésor aux cieux, il les a refusés. Il a préféré garder les biens et les richesses temporaires de ce monde plutôt que d'acquérir la vie éternelle et les richesses éternelles du Royaume de Dieu. Il en est ainsi avec les biens" de ce monde. Ils sont comme un grand poids qui nous empêche de monter vers le Royaume des Cieux. Ils détournent notre regard de sorte que nous ne cherchions pas les choses éternelles mais seulement les choses temporaires de ce monde, de cette vie assez courte sur la terre. Quand le Christ a vu cette triste réaction du jeune homme riche, Il dit: "Comme il' est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu! Oui, il est -plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu!" ' Or, un chameau est un grand animal, plus grand qu'un boeuf, qui est employé pour porter des hommes et des marchandises à travers des grands déserts d'Afrique et d'Asie. Il est tout à fait impossible de faire passer un chameau par un trou d'aiguille. Ainsi il est impossible pour un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu. Certes, il y a beaucoup de gens riches qui ont été sauvés. Quelques-uns d'entre eux sont devenus des Saints de l'Eglise. Mais ceux-ci étaient des gens riches qui se sont dépouillés de toutes leurs richesses, en les distribuant aux pauvres et (très souvent) en devenant des moines; ou ils vivaient comme s'ils n'étaient pas riches, en employant leurs richesses entièrement pour aider les pauvres et les indigents, pour construire des églises ou des monastères, ou pour fonder et aider des hôpitaux et des écoles. Comme le Seigneur a dit dans la première des Béatitudes, au commencement de Son Discours sur la Montagne: "Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux." Être pauvre, n'avoir pas de possessions, c'est une grande aide pour entrer dans le Royaume de Dieu. Etre riche, avoir beaucoup de possessions, voici un obstacle, qui peut nous empêcher d'atteindre le Royaume de Dieu. Mais il dépend surtout de notre disposition: si nous sommes pauvres en esprit, c'est-à-dire si nous ne sommes pas avides des richesses matérielles. "Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu." Ceux qui ont entendu ces paroles de notre Seigneur étaient étonnés. Ils ont

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demandé: "Mais alors, qui peut être sauvé?"Jésus leur a répondu: "Ce qui est impossible pour les hommes est posible pour Dieu. Vraimemeent ; tout est posible pour Dieu. Aussi, que nous soyons ou pauvres, notre salut est tout à fait impossible sans l’ aide de Dieu. C’est àDieu que revient la grande part, c’ est Lui Qui est le véritable auteur de notre salut. Mais il demande notre co-opération, surtout de notre volonté. Il nous laisse le choix entre les richesses de ce monde et les richesses de Son Royaume. Mes chers fréres et soeurs, je sais qur la plurart d’ entre vous, mes auditeurs, êtes des gens pauvres. Je sais que beaucoup d’ entre vous avez de grande difficulté à trouver les choces nécessaires pour votre famille. Mais sachez pourtant qu’ il ne faut pas convoiter les richesses. Cherchons d’ abord le Royaume de Dieu, et les choses nécessaires pour cette vie nous seront donées. Ayons foi en la providence de Dieu et en Son amour pour nous. C’ est pour nous que le Christ notre Dieu est devenu pauvre, en devenant homme et un homme pauvre, afin de nous enrichir avec les biens de Son Royaume. A Lui soit toute gloire et adoration, avec le Père et le Saint Esprit, maintenant et toujours ; et dans les siècles des siècles. Amin :

DIMANCHE QUATORZIEME DE LUC

(LUC 18:35-43) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Notre Mère, la Sainte Eglise Orthodoxe, nous a donné comme lecture aujourd'hui l'histoire de la guérison d'un aveugle par notre Seigneur et Dietf et Sauveur Jésus-Christ. Or, dans les quatres Evangiles, il y a plusieurs histoires de guérisons miraculeuses d'aveugles par notre Seigneur. Celle que nous lisons aujourd'hui, comme Evangile pendant la Divine Liturgie est le récit de l'Evangéliste Luc de la guérison d'un aveugle quand le Christ entrait dans la ville de Jéricho. Les deux Evangélistes Matthieu et Marc racontent presque la même histoire, mais ils disent que c'était quand Jésus sortait de Jéricho. De plus, Saint Matthieu parle de la guérison de deux aveugles, mais Saint Marc, comme Saint Luc, ne parle que d'un aveugle, dont il donne le nom: Bartimée, c'est-à-dire: "Fils de Timéè". Peut-être s'agit-il de la même guérison dans les trois récits évangéliques; peut-être s'agit-il de deux ou de trois guérisons distinctes. Cela n'est pas très important. Ce qui a fait une grande impression sur ceux qui étaient présents, c'était la guérison de l'aveugle (ou les guérisons des aveugles), et les témoins pouvaient encore en parler des dixaines d'années plus tard, quand les Evangiles ont été écrits. Ainsi tous ces trois Evangélistes nous ont donné un rapport très vivant de cet événement (ou de ces événements); et des petits détails, quels que si Jésus entrait dans ou sortait de Jéricho, ne sont pas importants. Regardons maintenant le récit de Saint Luc. "Comme Jésus approchait de Jéricho,, jin aveugle était assis au bord du chemin et mendiait." Le Seigneur était en route de Galilée vers Jérusalem, dans Son dernier voyage avant Sa Passion, Sa Mort et Sa Résurrection. La montée de Jéricho à Jérusalem allait être la dernière étape de ce voyage. "Un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait." A cette époque-là, mendier était la seule chose qu'un aveugle pouvait faire, s'il n'avait pas de membres de sa famille qui pouvaient l'aider. Dans notre pays aujourd'hui il en est de même pour beaucoup d'aveugles, surtout dans les villes. Il faut avoir beaucoup de sympathie et d'amour pour de tels malheureux. "Entendant marcher la foule, il demanda ce que cela signifiait." Le Seigneur Jésus était toujours accompagné par des foules, par des gens qui voulaient voir des miracles ou entendre Son enseignement. Surtout pendant ce dernier voyage Il était suivi des foules, parce qu'ils Le considéraient comme un Messie qui les délivrerait de la soumission à l'Empire Romain et rétablirait le royaume juif "On annonça que c'était Jésus le Nazaréen Qui passait par là Jésus le Nazaréen" était le nom par lequel le Seigneur était connu de tous. Le nom de Jésus n'était pas un nom très rare chez les Juifs. C'est la forme greque du nom hébreu Josué. Pour distinguer notre Seigneur des autres qui avaient le nom Jésus, on L'appelait "Jésus le Nazaréen", parce qu'il avait grandi dans la petite ville de Nazaret en Galilée. L'aveugle avait entendu parler de Jésus le Nazaréen. Il avait entendu qu'il était un grand prophète, mais aussi un grand guérisseur et thaumaturge, Qui avait déjà guéri même des aveugles,

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en leur rendant la vue. Il s'écria pour attirer Son attention et être ainsi guéri par Lui. Pour attirer l'attention de Jésus, il a employé un titre honorifique, le plus honorifique qu'il savait Lui donner:

"Jésus, Fils de David, aie pitié de moi!" Tout le monde connait Jésus comme fils de Joseph, le

charpentier de Nazareth, bien qu'ils ignorassent que Jésus n'était que le fils adoptif de Joseph. Ils savaient aussi que Joseph était descendant de David, le grand roi hébreu, qui vivait plus de mille ans avant la naissance du Christ, et qui était aussi prophète. C'est David qui a composé la plupart du Livre des Psaumes. Ainsi, cet aveugle criait d'une voix forte: "Fils de David, aie pitié de moi!" Les gens qui précédaient le Christ dans la foule qui passait, lui disaient de se taire et le rabrouaient pour lui imposer silence; et ceux qui se tenaient près de lui, au bord du chemin, et attendaient de voir Jésus, faisaient de même. Il en fut d e même avec des autres aveugles qui ont été guéris par le Christ. Les autres gens leur disaient de se taire et de ne pas demander Sa pitié. Ils considéraient qu'un aveugle est quelqu'un sans importance, et même comme quelqu'un de maudit. Mais l'aveugle ne se laissait pas décourager par cela, et il criait plus fort: '"Fils de David, aie pitié de moi. Pour notre Seigneur et Dieu personne n'est sans importance, personne n'est exclu de Son amour, même le plus humblemendiant aveugle. "Jésus S arrêta donc et ordonna de le Lui

I conduire. Lui II aurait entendu l aveugle, même s'il n avait pas de voix parce que Dieu entend

surtout les cris de notre coeur. Il ordonna qu’on Lui amène l aveugle, parce que celui-ci ne voyait pas pour s approcher lui-même du Seigneur. Nous, nous devons faire le même. Nous devons toujours être prêts à aider volontiers les aveugles, les vieillards et les autres gens qui ont des difficultés pour marchés. Mais aussi nous les Chrétiens Orthodoxes, nous devons aider ceux qui sont aveugles dans leur âme, qui ne peuvent pas encore voir la vérité. Il faut les amener auSeigneur, comme on a du amener 1’aveugle dans l’Evangile, parce qu'ils ne voient pas pour trouver la route eux-mêmes. Nous devons leur parler du Christ notre Dieu, de Sa Résurrection et des autres grands Mystères de l'Evangile, de notre Sainte Eglise Orthodoxe, de son enseignement"et de la beauté de son culte. Quand on a amené l'aveugle à Jésus, Il lui demandas Que veux-tu que Je fasse pour toi? II savait déjà ce que l’aveugle voulait, parce que Lui, Qui est Dieu, sait ce qui est dans le coeur et dans les pensées de chacun. Mais II voulait que l'aveugle exprime sa foi en Lui devant tout le monde. C’est pour cela qu'il lui demanda: "Que veux-tu que Je fasse poui? toi?" L'aveugle répondit: "Seigneur, que je voie!" Voilà! il exprima ainsi sa grande foi. "Que je voie!" Celle-là n'est pas une requête ordinaire, une requête simple. Il demandait un miracle, un grand

miracle. Et il croyait que le Seigneur était en état de le faire. Il faut remarquer ici que l'aveugle avait déjà commencé à voir dans son âme. Il avait changé sa manière de s'addresser à Jésus." Maintenant

il ne L'appelle plus "Fils de David", mais "Seigneur."

Ni le grand Roi et Prophète David ni aucun de ses descendants n'avaient jamais ouvert les yeux d'un aveugle. Le fils de David, le grand Roi Salomon, était renommé dans le monde entier pour sa

grande sagesse; mais il n'a jamais fait aucun miracle. Parmi tous les descendants de David, c'est seulement le Roi Ezéchias qui a fait un miracle, et c'était pour lui-même. Comme signe qu il serait guéri d'une maladie mortelle, il a demandé que l'ombre du soleil recule de dix degrés, ce qui fut accompli. Mais ce miracle n'était accompli qu'avec l'aide du

Prophète Isaïe; c'est le Roi Ezéchias qui l'a choisi seulement, comme signe. Ainsi, faire des miracles

n f était pas le fait de-quelqu'un qui était seulement fils de David. En demandant: "Seigneur, que je

voie!" l'aveugle a montré qu'il croyait que Jésus le Nazaréen était plus que fils de David. Or, le titre "Seigneur", en grec "Kyrios", était le titre avec lequel on s’addressait à Dieu. Les Juifs considéraient le nom de Dieu, Yahvé: "Je suis" Celui Qui Suis" ou: "Celui Qui Est", ils le considéraient comme trop saint pour être prononcé par une bouche humaine Ainsi partout où ce nom se trouvait dans les Saintes Ecritures de l'Ancien Testament, ils y substituaient le nom: "Le Seigneur". Et quand l'Ancien Testament fut traduit en grec par soixante-dix traducteurs, le mot "Kyrios", c'est-à-dire "Seigneur", a été employé partout, pour traduire le Nom divin. Nous les Chrétiens n'avons pas de telles limitations. Sur les saintes icônes de notre Seigneur Jésus-Christ 1© Nom divin est toujours écrit en lettres grecques autour de Sa tête: "O ON", c'est-à-dire "Celui Qui

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Est".

Quand II reçut cette réponse pleine de foi de l'aveugle, Jésus lui dit: "Vois; ta foi t'a sauvé," Et à l'instant même il recouvra la vue, et il Le suivait en glorifiant Dieu "Ta foi t'a sauvé." C'est ce que le Christ disait très souvent à ceux qu'il guérissait. Certes, c'est Dieu Lui-même Qui accomplit la guérison, surtout une guérison miraculeuse. La foi elle seule ne peut faire rien. Nous devons avoir de la foi en quelqu'un ou en quelquechose qui puisse accomplir ce que nous demandons. Ainsi c'est en Dieu qu'il faut croire pour obtenir une guérison miraculeuse, non pas en les, esprits de nos ancêtres ou des animaux. Mais Dieu demande toujours notre co-opération; et cette co-opération qu'il demande de notre part, c'est surtout notre foi en Lui. Dans cette co-opération entre Dieu et nous, c'est Dieu Qui accomplit le miracle, c'est Dieu Qui accomplit des choses grandes et merveilleuses. Mais quant à nous, c'est notre foi que nous offrons dans cette co-opération. Ainsi le Christ dit à l'aveugle guéri: "Ta foi t'a sauvé." Et le Seigneur et l'aveugle lui-même, tous les deux l'ont sauvé: le Seigneur parce qu'il est Dieu et le Tout-Puissant; l'aveugle par sa foi. "Il Le suivait en glorifiant Dieu." Nous ne pouvons suivre vraiment le Christ que quand les yeux de notre âme sont ouverts, pour Le voir et pour voir ce qui est Sa volonté pour nous C'est seulement quand les yeux de notre âme sont ouverts que nous pouvons vraiment glorifier Dieu, "en esprit et en vérité". Nous, qui sommes amenés par Dieu à la foi Orthodoxe, à la vraie Foi, nous pouvons Le glorifier en vérité, parce que les yeux de notre âme sont déjà ouverts Prions qu'ils soient ouverts de plus en plus, afin que nous glorifions Dieu de plus en plus en vérité, comme Père, Pils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin

DIMANCHE QUINZIEME DE LUC

DIMANCHE DE ZACCHEE

(LUC 19:1-10) Mes chers frères et soeurs:

L'Evangile que nous avons entendu aujourd'hui pendant la Divine Liturgie dans notre Eglise, la Sainte Eglise Orthodoxe, c est l'histoire de Zacchée. C'est seulement l’evangéliste Luc qui raconte cet événement, arrivé dans la ville de Jéricho, quand notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ était en route vers Jérusalem, afin d'y mourir et d'y ressusciter à cause de nous "Survint un homme du nom de Zacchée; c'était un chef de publicains, et qui était riche." Qui est-ce qui étaient les publicains? Dans l'empire romain, les Romains imposaient de grands impôts sur les peuples soumis. Mais pour percevoir ces impôts, ils n'employaient pas des fontionnaires du gouvernement comme percepteurs des contributions directes, comme faisaient jadis les Belges dans notre pays. Les Romains y employaient des indigènes, qui se chargeaient de fournir au gouvernement romain une somme de contributions, qu'ils ramassaient eux-mêmes du peuple. Ces percepteurs s'appelaient en latin "publicani", d'où vient notre mot: "publicains » . C'était une espèce d'entreprise privée, parce que les publicains ne recevaient pas une salaire fixe, mais ils vivaient des contributions qu'ils percevaient. Ils faisaient payer beaucoup plus d'argent qu'était nécessaire de donner aux Romains, et ainsi ils devenaient riches. Les publicains étaient haïs par leurs compatriotes (en ce cas tous les autres Juifs), et ils étaient regardés comme traitres de leur peuple. Mais on n'osait pas. leur nuire, parce qu'ils étaient protégés par les Romains. Zacchée était un chef de publicains. Ainsi il était encore pire que les autres et plus haïs que les autres. Il . était un homme dur, et il aimait l'argent. Il avait accepté de faire un métier qui le rendait odieux à tous les autres Juifs, pour devenir riche. Mais il cherchait à voir Oui était Jésus." ' Bien qti'il ne fût pas un Juif pratiquant, bien qu'il ne fût pas un homme religieux, il avait entendu parler de Jésus de Nazareth, ce grand prophète, ce docteur et ce thaumaturge. Maintenant que Jésus traversait sa ville, Zacchée voulait Le voir. Il était brûlant de curiosité. Car il avait encore en lui une lueur d'amour de Dieu, une étincelle de feu qui n'était pas encore tout-à fait éteinte, bien qu'il eût pratiquement renoncé à la religion juive, afin de devenir riche.

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Mais il ne pouvait Le voir à cause de la foule, car il était petit de taille. Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, Qui devait passer là Zacchée était un homme petit de corps, plus petit que la plupart des hommes. Ainsi dans la foule qui -attendait le Seigneur, il ne pouvait rien voir de ce qui passait dans la rue. Donc il est monté sur un arbre au bord de la rue pour voir Jésus quand II passerait là. Zacchée nous enseigne quelquechose ici. Souvent dans la vie quotidienne, surtout dans la vie quotidienne des villes, il nous semble que Dieu soit loin de nous. Nous ne Le voyons pas. Nous sommes entourés par une foule de soucis qui nous empêchent de voir Dieu. Nous sommes aussi entourés par une foule de gens qui appellent notre attention, soit dans notre travail, soit dans notre famille, soit dans des discussions Quand nous sommes entourés comme cela, qu'est-ce qu'il faut faire? Nous devons nous tirer à part comme Zacchée, et monter en haut pour voir au dessus de tous les soucis et de tous les gens qui nous entourent et qui nous empêchent de voir Dieu. Comment montons-nous en haut? Nous montons en haut en assistant aux offices de notre Eglise, par la prière que nous faisons en famille ou tout seuls, et par la lecture de la Sainte Bible ou des prières et des hymnes de l'Eglise. "Arrivé en cet? endroit, Jésus leva les yeux et lui dit: Zacchée, descends vite, car il Me faut aujourd'hui demeurer chez toi.'" Le Seigneur, comme Dieu, savait que Zacchée était dans l'arbre. Il savait son nom, et qu'est-ce qu'il était. Il savait aussi tout ce qui était dans le coeur de Zacchée, parce que c'est Dieu, et Dieu seulement, Qui sait ce qui est dans le coeur de chacun. Il savait que "Zacchée avait encore une lueur d'amour de Dieu en lui, qui n'était pas encore éteinte, et qui pouvait être rallumée. Ainsi le Seigneur Jésus-Christ, "Dieu notre Sauveur, Lui Qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, Il a regardé enha^ut vers l'arbre et II a dit à Zacchée qu'il voulait loger chez lui ce jour-là. Quelle nouvelle surprenante! C'était surprenant pour Zacchée, premièrement parce que Jésus savait son nom, bien qu'il ne l ! eût jamais rencontré; mais ce qui était surtout surprenant, c'est qu'il ne s'attendait pas à ce que Jésus veuille loger chez lui ou même entrer dans sa maison. Le grand Prophète, le Maître, .voulait loger chez lui, l'homme odieux à tout le monde, qui avait pratiquement renoncé à la religion! Mais si ce grand Prophète entrait dans sa maison, qu'est-ce qu'il ferait? Sans doute II le réprimanderait sur sa manière de vie, surtout sur la façon dont il avait amassé" se,s richesses. Ainsi nous aurions comprendre pourquoi Zacchée aît réfusé d'accepter Jésus dans sa maison. Mais qu'est-ce qu'il a fait? "Il descendit vite et il. Le reçut avec joie » Zacchée n'a pas seulement obéi à l'ordre du Seigneur, à cette intervention dans sa vie privée; mais il a obéi avec joie. Un miracle a été accompli. Cet homme endurci, qui avait été prêt à s'éloigner de la religion afin de s'enrichir, cet homme est devenu quelqu'un qui cherche Dieu L'homme dur qui ramassait tant d'argent de ses compatriotes pour soi-même, cet homme est devenu hospitalier, et il reçoit avec joie un prophète chez lui. Mais les autres gens, en voyant que le Seigneur S'étaitoffert à loger chez un chef de publicains, restèrent surpris. Il ne leur plaisait pas que Jésus aille demeurer chez cet homme que tout monde haïssait. Aussi ils étaient stupéfaits qu'un grand prophète (tel qu'ils regardaient Jésus) ait choisi de loger chez un tel homme, pécheur publique et hors de l'Eglise juive, au lieu de loger chez un chef de la synagogue, ou chez n'importe quel autre qui aurait été considéré par tout le monde comme homme juste et digne de recevoir un prophète sous son toit. Ainsi ils murmuraient et disaient: "Il est allé loger chez un pécheur!" Mais Zacchée a mis fin à cette critique. Il a témoigné de son changement de coeur devant tout le monde. Il a dit au Seigneur devant tous: "Oui, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je lui rendrai le quadruple."; Lui qui exploitait sas compatriotes tant les pauvres que les riches, cet homme est devenu un ami des pauvres. L’ homme qui avait été avare et cupide, il a résolu de donner la moitié de ses biens aux pauvres. La Loi de Moïse demandait que chaque Juif donnât la dîme, c 1 est-rà-dire la dixième partie, de ses biens ou de ses revenus pour les prêtres et les diacres et les dépenses de l’église, et pour les pauvres, les veuves et les orphelins Mais Zacchée était disposé à donner la moitié de ses biens aux pauvres Bien sûr, l'autre moitié qui lui.resterait serait assez grande, parce qu'il était un homme riche; mais c'est un fait constaté que les riches sont d'ordinaire moins disposés à donner une petite fraction de

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leurs biens que les pauvres à en donner une grande partie De plus, il a promis à rendre le quadruple à chacun auquel il avait fait tort. Ceci était prescrit dans la Loi de Moïse, dans le livre Exode. Sans doute Zacchée en tant que publicain avait fait tort à .beaucoup de gens. Leur rendre le quadruple lui coûterait beaucoup d'argent. Mais il était prêt- à le faire et aussi à remplir les prescriptions de la Loi De plus, il a dit cela devant une foule de témoins Il n'aurait pas pu abandonner ses promesses plus tard. Zacchée a vraiment montré qu'il était devenu un autre homme, un pécheur qui s'était repenti. Car le mot grec pour "repentir", le mot: "rnetanya" ^ veut dire littéralement un "changement de coeur" ou un "changement d'esprit". Celui qui se repent vraiment de ses péchés devient un autre homme, avec une volonté changée, qui ne veut plus commettre les mêmes péchés. Zacchée a montré qu'il s'était vraiment repenti, qu'il avait changé de coeur, changé de volonté. Et c était une seule action du Christ qui avait accompli cela, un seul regard vers Zacchée dans l'arbre et une seule parole inattendue. Ensuite, après ces promesses de. la part de Zacchée, le Seigneur a dit, aussi devant tout le monde: "Aujourd'hui cette maison a reçu le salut, parce que celui-là aussi est un fils d'Abraham. Car le Fils de l'homme est venu chercher et en sauver ce qui était perdu. "Cette maison", c’est-a-dire la maison, la famille de Zacchée, ,"a reçu le salut". La maison de Zacchée a vraiment reçu le salut. Elle a reçu le Salut en personne, parce que c'est le Christ Lui-même Qui est notre Salut, c'est Lui Qui est le Salut de tout homme. Hors de Lui il n'y a pas de salut. La maison de Zacchée a reçu le salut, parce qu'elle a reçu le Christ avec repentir et avec joi. Si elle n'avait pas reçu le Christ avec joie et repentir, mais à contre-coeur, ou même avec répugnance ou antagonisme, cette maison ne L'aurait pas reçu comme son Salut mais comme sa condamnation Tout dépend de notre disposition, dans quel esprit nous recevons le Seigneur. Si nous Le recevons volontiers, en esprit de joie et de repentir, II nous est notre Salut; Mais si nous Le recevons avec antagonisme, sans esprit de joie, sans esprit de repentir, au lieu de notre Salut II devient notre condamnation. Mais quand Le recevons-nous chez nous? Nous Le recevons chez nous, dans la maison qui est notre âme, chaque fois que nous recevons les Saints Mystères de Son Corps et Son Sang, dans la Divine Communion. Mes chers frères'et soeurs en Christ, nous aussi, que nous recevions le Seigneur chez nous dans notre âme, avec le vrai repentir, afin qu'il nous soit notre Salut. A Lui soit toute gloire, adoration et action de grâces, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

DIMANCHE DU PUBLICAIN ET DU PHARISIEN

(LUC 18:10-14) Mes chers frères et soeurs en Christ:

Encore trois semaines, et nous commencerons le Grand Carême, qui est notre préparation pour le Pâques, pour la grande commémoration de la Passion, la Mort sur la Croix, l'Enterrement et la Résurrection de notre Seigneur et Dieu et Sauyeur Jésus-Christ, Pendant ces trois semaines qui viennent, notre Mère la Sainte Eglise Orthodoxe nous prépare pour le Grand Carême, surtout en évoquant une disposition de "repentir dans notre âme. Cette préparation commence aujourd'hui, quand nous entendons lire dans l'Evangile de la Divine Liturgie la Parabole du Publicain et du Pharisien. C est pour cette raison que nous appelons ce dimanche le Dimanche du Publicain et du

Pharisien.

Cette parabole nous enseigne beaucoup sur la prière. Elle nous montre comment il ne faut pas prier autant que comme il faut prier. Elle nous montre surtout l'importance de l humilité et la nature terrible de l'orgueil. Deux hommes montèrent au Temple pour prier; l'un était pharisien, l'autre publicain. Nous qui avons lu l'Evangile, nous avons déjà une idée' des pharisiens et des publicains. Quand nous entendons parler des "pharisiens", nous pensons aux ennemis du Seigneur, qu'il a condamnés à plusieures reprises. Quand nous entendons parler des "publicains", nous pensons è ceux qui ont accepté la prédication du Christ et de Son précurseur Jean le Baptiste, et se sont repentis. Mais aux oreilles des auditeurs de Jésus quand II prononçait cette parabole, une idée tout à fait contraire était évoquée. Aux yeux des Juifs, les pharisiens étaient de très bonnes gens, les

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meilleur f Juifs et un exemple à suivre pour tous les autres. Ils étaient la partie (appelée secte) la plus stricte dans la religion juive; ils aspiraient à une observance très stricte de la Loi de Moïse, et même au-delà de la Loi de Moïse, en maintenant aussi des coutumes et des traditions qui n'étaient pas dans l'Ancien Testament, mais dans des autres livres, que l'on appelait le Talmoud. Les pharisiens étaient assidus à la pratique religieuse. Ils jeûnaient souvent, ils donnaient beaucoup d'aumônes, et ils priaient souvent avec de longues prières. Ils avaient une grande croyance dans la résurrection des morts qui allait arriver dans le futur. Leurs adversaires les sadducéens ne croyaient pas à la résurrection des morts, L'Apôtre Paul, quand il comparut en jugement devant le conseil juif, s’écria: "Frères, je suis, moi, pharisien, fils de pharisiens. "Parmi les Juifs de l'antiquité, on pouvait être fier d'être un pharisien. Mais, comme le Seigneur a exposé dans l'Evangile, la piété des pharisiens était presque tout à fait extérieure, limitée aux observances extérieures de la Loi de Moïse, et des traditions des Rabbis. L'autre de ces deux gens était publicain. Nous avons entendu récemment, le Dimanche de Zacchée, ce qu'étaient les publicains. Ils étaient des percepteurs d'impôts au profit de l'Empire Romain. Ils ne recevaient pas de salaire fixe, mais ils vivaient des contributions qu'ils ramassaient eux-mêmes du peuple. Beaucoup d'entre eux faisaient payer des contributions très excessives, et ainsi ils devenaient riches. Ils étaient; haïs par leurs compatriotes. Les publicains juifs étaient regardés comme traîtres tant de leur religion que de leur peuple. Dans les Evangiles les publicains sont très souvent mentionnés en liaison avec les prostituées, comme exemples des pires pécheurs, car tous les deux se vendaient pour gagner de l'argent. Ainsi aux yeux des auditeurs de cette parabole, un pharisien était quelqu'un de très bon, mais un publicain était un très grand pécheur. «Le Pharisien, la tête haute, priait ainsi en lui-même: 'Mon Dieu, je Te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus » Le Pharisien priait la tête haute. Il croyait qu’il" pouvait s'approcher de Dieu avec audace, à cause de toutes ses observances religieuses. Voici sa première faute. Nul homme ne peut s'approcher de Dieu en se confiant en ses actes. Le Seigneur a dit Lui-même: "Quand vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites: 'Nous sommes de pauvres serviteurs; nous n'avons fait que ce que nous devions. Mêmes les anges se tiennent avec tremblement devant Dieu; combien nous les hommes, qui sommes tous pécheurs, devons donc nous approcher de Dieu avec plus de tremblement qu'eux! Le Pharisien priait en disant en lui-même: "Mon Dieu, je Te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes." Bien sûr, il faut toujours rendre grâce à Dieu pour toutes les faveurs que nous avons reçues, tant pour Ses faveurs à toute l'humanité que pour les faveurs qu’Il nous a montrées personellement. Nous devons Lui rendre grâce pour les faveurs qu’il a accordées à nous et pas à tout le monde; mais en même temps, il faut toujours nous souvenir qu’à cause de ces faveurs spéciales, nous avons plus de responsabilité devant Dieu, car Il a dit dans l'Evangile: «A oui on aura confié beaucoup, on réclamera davantage. Par exemple, si Dieu nous a donné un esprit.très habile, de sorte que nous ayons surpassé les autres élèves s l'école et nous ayons reçu une meilleure éducation que. la plupart de nos compatriotes, nous devons rendre grâce à Dieu pour cette faveur; mais en même temps il faut nous souvenir qu'il faut employer cette habilité et cette bonne éducation non pas seulement pour nous enrichir nous-mêmes, mais surtout pour aider les autres hommes. Le Pharisien renda grâce à Dieu de ce qu'il n'était pas comme les autres hommes. Il voulait être mieux qu'eux et toujours mieux qu'eux. Il priait dans un esprit de la compétition et de la lutte contre les autres. Au lieu d'aimer tout le monde, il était rempli d'envie, parce qu'il ne voulait pas que quelqu'un d'autre soit mieux que lui-même. Il se réjouissait que les autres étaient pires que lui (comme il se l'imaginait). Voici la preuve de l'esprit d'orgueil. Nous les Chrétiens Orthodoxes, nous avons reçu une très grande faveur de Lieu, en ce qu'il nous a appelés à devenir des membres de la Vraie Eglise, qu'il nous a amenés à la plénitude de la vérité. Il n'a pas accordé cette faveur à tout le monde, pour des ra\sons que nous les-hommes ne pouvons pas comprendre. Hais en"même temps il faut nous souvenir toujours qu'il demandera plus de nous que de ceux qui ne sont pas des Chrétiens Orthodoxes. Il ne faut pas être fier d'être mieux que les autres hommes. De plus, nous ne devons pas vouloir être toujours privilégiés comme cela au

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dessus des autres gens en ce qui concerne la Vraie Foi. Mous devons dire comme l'Apôtre Paul, quand il fut mis en jugement devant le gouverneur romain et le roi Agrippa: "Puisse Dieu faire que non seulement toi, mais encore tous- ceux qui m'écoutent | aujourd'hui vous deveniez tels que je sui- s moi-même, à l'exception des chaines que voici. » Dans sa prière le Pharisien a accusé et a condamné les autres hommes. Il a dit qu'ils étaient rapaces, injustes, ou adultères. Il a mentionné le Publicain avec beaucoup de mépris, en le considérant comme pire que tous les autres En faisant; comme cela, le Pharisien sefaisait juge. Il se mit à la place de Dieu. Voici l'orgueil, le péché qui a fait expulser l'ange Lucifer des cieux, en le changeant d'un ange au diable. Tous ceux qui condamnent les autres, même pour des péchés- ouverts, sont eux-mêmes de très grands pécheurs. Je ne parle pas ici des chefs de tribu, des juges civils, ou même des agents de police, qui sont placés dans notre société pour maintenir la justice. Comme l'Apôtre Paul a écrit aux Romains: "Il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles

L'autorité est un instrument de Dieu pour te conduire au

bien. Nos chefs, nos juges et nos agents de police ont une responsabilité très grave, et il faut prier pour eux. Mais nous les autres, nous ne devons pas nous comporter comme si nous étions aussi des juges, en condamnant les autres, ni avec nos paroles ni dans notre coeur. "Le Publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant: Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! » Le Publicain de la parabole se savait être pécheur, et il se comportait comme en étant conscient. Au lieu de s'approcher de Dieu avec audace, il s'approchait en tremblement et en esprit d'humilité. Au lieu de condamner les autres, il se .condamnait d'être pécheur. Il ne demandait pas de devenir mieux que les autres hommes, il demandait seulement que Dieu ait pitié de lui. "Dieu, aie pitié du pécheur que je suis!" La Prière du Publicain est souvent employé dans l'Eglise Orthodoxe. Beau-coup de prêtres la disent avant les moments les plus solennels de la Divine Liturgie, comme avant la Consécration et avant recevoir la Divine Communion du Corps et du Sang du Seigneur. Tous les fidèles peuvent faire le même. Mais chez nous les Orthodoxes la Prère du Publicain est surtout employée dans la forme connue comme la Prière de Jésus: "Seigneur Jésus- Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur! » Des fidèles innombrables: des prêtres, des moines et des laïques, dis-ent cette prière simple, en la répétant des centaines ou des milliers de fois chaque .jour. A la fin de cette parabole le Seigneur a fait cette observation: «Je vous le dis, ce dernier - c' est-à-dire le Publicain - descendit chez lui justifié, l'autre non. Car tout homme qui s élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé. Le Pharisien a perdu toute sa vertu et toute récompense pour ses bonnes actions et pour son zèle pour Dieu, parce qu’il était plein d'orgueil et priait en esprit d'orgueil Mes chers frères et soeurs, imitons les bonnes actions et le zèle du Pharisien, mais fuyons son orgueil. Comme le Publicain, comptons-nous toujours comme plus pécheurs que tous les autres gens, et demandons que Dieu ait pitié de nous pécheurs. Ainsi nous gagnerons le Royaume de Dieu, par 'la grâce et l'aide et le pouvoir de Dieu: Père, Fils et Saint-Esprit, à Qui soit toute gloire et adoration, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amin.

qui existent sont constituées par

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DIMANCHE DU FILS PRODIGUE

(LUC 15:

11-52)

Mes chers frères et soeurs en Christ:

Dans deux semaines nous commencerons le Grand Carême, Notre Mère la Sainte Eglise Orthodoxe nous prépare pour le Grand Carême pendant ces semaines, en nous appelant à un esprit d'humilité et de repentir. Le dimanche passé nous avons vu, dans la Parabole du Publicain et du Pharisien, l'importance suprême de l’humilité. Aujourd'hui nous entendons comme Saint Evangile de la Divine Liturgie l'histoire du Fils Prodigue, lecture qui nous enseigne l'importance du repentir et la nature du vrai repentir. Un homme avait deux fils Le plus jeune dit à son père: Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.' Et le père partagea son bien. Le père 11 dans cette parabole est Dieu. Le fils le plus jeune représent toute l'humanité, Les deux fils étaient appelés à devenir pleinement des fils de Dieu et à devenir eux-mêmes dieu, "participants de la Divine Rature". Mais au commencement ils n'avaient pas reçu tout leur héritage. Ils devaient d'abord grandir et se montrer de bons fils. Mais le fils le plus jeune a demandé sa part de l'héritage en avance, de trop bonne -heure. Le père leur partagea son bien." Dieu a donne des dons, des pouvoirs et des capacités à l humanité, bien qu'il sût par avance que l'homme ferait un mauvais usage de ces dons. Il en est de même 'avec nous personnelle ment. Dieu nous accorde très souvent ce que nous Lui demandons, bien que nous n'y soyons pas encore prêts, bien que nous en aillons faire de mauvais usage. Pourquoi Dieu agit-Il ainsi? Il nous accorde nos demandes, même des mauvaises demandes, parce qu'il respecte la liberté qu'il nous a donnée. Aussi, Il nous accorde souvent nos mauvaises demandes pour éviter des résultats encore pires, parce qu'il sait' que, ingrats comme nous sommes, nous sommes remplis de chagrin, nous boudons.et nous nous plaignons contre Dieu, quand nous ne recevons pas tout ce que nous voulons. Il nous laisse apprendre par nos propres fautes. "Peu de jours après, le plus jeune fils, rassemblant tout son avoir, partit pour un pays lointain et y dissipa son bien dans une vie de prodigue. » L’homme ne voulait pas rester" chez Lieu son Père comme fils. Il voulait affirmer son indépendance, en faisant ce qu'il voulait lui-même avec tous les biens que Dieu lui avait donnés. Il partit de son état près de Dieu, et il alla vers un pays lointain, c'est-à-dire, il s éloigna de Dieu, ne voulant pas avoir Dieu proche de lui, pour régler ses actions et l'enseigner. "Il y dissipa son bien dans une vie de prodigue." L'homme en s éloignant de Dieu fait de mauvais usage des biens que Dieu lui a donnés, tant des biens de l esprit que des biens matériels. Surtout, il suit les désirs de la chair, se livrant à l'ivresse et à la prostitution. Il emploie les talents et les capacités dont Dieu l'a muni, pour lui-même seulement, contre ses voisins, surtout contre ceux qui sont plus faibles que lui Il vit plus comme-un animal que comme un homme, en ne vivant que pour les choses de la chair, les choses de cette vie sur la terre, en luttant contre tous les autres hommes, comme unebête sauvage dans la brousse. Il vit pis qu'une bête, il vit comme un démon, parce qu'il emploie le cerveau et 1’esprit que Dieu lui a donnés pour lutter habilement contre les autres, et même pour perpétrer des péchés et des crimes. "Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint en ce pays et il commença à sentir la privation. Si quelqutun dépense tout son argent dans une vie corrompue, avec des boissons et des prostituées, il arrivera bien sûr à l ! état où il n'a plus d'argent, et il se sentira pauvre. Mais avec les choses de l'esprit, la pauvreté se fait sentir aussi. Les plaisirs de ce monde, surtout les péchés, ne donne qu'une satisfaction temporaire et limitée. Surtout, plus on en jouit, moindre est la satisfaction qu'ils donnent. Par exemple, le premier bock de bière peut nous donner beaucoup de plaisir; mais si nous continuons à boire, chaque nouveau bock de bière ajoutera moins à la satisfaction que nous avons déjà reçue. Ainsi, si l'homme cherche la satisfaction seulement dans les péchés ou dans les plaisirs de cette vie, son esprit se sentira de moins en moins satisfait par ces plaisirs et de plus en plus pauvre et mécontenta "Il alla se mettre au service d'un des habitants de la contrée, qui l'envoya dans ses champs garder les cochons. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeraient les

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cochons, mais personne ne lui en donnait." Il se mit "au service d'un des habitants de la contrée". Il se mit au service des démons. Les démons employaient pour garder les cochons dans les champs. Or, les Juifs regardent le cochon comme un animal très impur. Il leur est interdit de manger tout produit de la viande des cochons. Le fils le plus jeune de la Parabole était envoyé au service des cochons. Il avait si faim, qu'il voulait manger la nourriture que mangeaient les cochons > mais il ne la recevait même pas. Il se sentait vivre en état d'impurite, parmi des gens impurs, avec un appétit vorace comme des cochons. Il sentait la faim pour les plaisirs impurs, mais il n'en pouvait plus jouir. Une vie de péché conduit l'homme à un état comme celui des cochons, un état qui ne donne aucune satisfaction à 1 esprit. "Rentrant alors en lui-même, il se dit: Combien de journaliers de mons père ont du pain en abondance, et moi je suis ici à mourir de faim! Je veux partir, retourner vers mon père et lui dire:

"Père, j'ai péché contre le Ciel et contre toi; je ne mérite plus d'être appelé ton fils, traite-moi comme l'un de tes journaliers." "Rentrant-alors en lui-même » : Le Fils Prodigue a commencé à

réfléchir sur l'état de son âme. Il savait qu'il se trouvait dans une condition misérable au service du

Il se souvenait de la vie heureuse qu'il avait connue chez son père, une vie qui était plus

satisfaisante pour mêmes les ouvriers que la vie qu'il menait dans le pays lointain. En voulant vivre en indépendance, il avait fini par devenir esclave d'un patron très dur. Il voulait retourner vers son père pour vivre encore près de lui, dans son foyer. Mais il savait qu'il avait péché contre son père. Il ne se sentait plus digne d'être accepté dans la maison de son père, et il sentait être désormais indigne de la situation de fils. Aussi, il résolut de ne pas demander d'être .rétabli dans la situation qu'il avait jadis. Il se jeterait aux pieds de son père, en reconnaissant qu'il avait péché contre lui et en se confiant à sa miséricorde. Il ne demanderait que d'être ? accepté et d'être employé comme un ouvrier. Voici le vrai repentir! L'homme se reconnaît pécheur, il reconnaît avoir péché contre Dieu et contre les autres hommes. Il est devenu conscient de son état misérable de ■ pécheur. Il comprend qu'il s'est mis au service des démons. Il soupire après la vie près de Dieu. Hais il sait qu'il est indigne de la situation privilégiée qu'il-avait auparavant. Il veut se jeter devant Dieu, en confessant ses péchés, en ne se confiant qu'à la miséricorde de Dieu, et en demandant d'être accepté, même dans une position plus basse et moins priviégiée que celle qu'il avait au commencement Nous connaissons tous la différence entre un fils et un ouvrier. Le fils est un habitant permanent de la maison; l ouvrier se trouve dans la maison tant qu'il y a du travail pour lui, dont il est capable. L’ouvrier peut être mis à la porte même pour une petite, faute, mais le fils n'est jamais expulsé sauf pour une querelle sévère et insoluble entre lui et son père. L'ouvrier ne reçoit que ses gages déterminés; le fils partage les richesses du père. Ce que le Fils Prodigue était prêt à demander, lui serait une grande humiliation. Mais il voulait l'accepter, comme prix de sa réadmission chez son père. Ceci montre un autre élément du'repentir: l'esprit d'humilité. Nous l'avons vu en grande mesure le dimanche passé dans la personne du Publicain. Nous le voyons aujourd'hui encore une fois chez le Fils Prodigue. "Il partit donc et s'en retourna vers son père. Le retour du pécheur repentant vers son Dieu doit être tant spirituel que physique. En esprit il doit faire ses adieux à toute la manière pécheresse de vivre qu'il menait, et tourner le regard de son âme et de sa volonté vers Dieu, en Le cherchant et Le priant. Physiquement il doit se rendre è l'Eglise, à la Maison de Dieu et au Peuple de Dieu, pour y être réconcilié. Se réconcilier avec l'Eglise, c'est se réconcilier avec Dieu. Le Seigneur a promit à Ses Apôtres: n En vérité Je vous le dis: tout ce que vous lierez sur;la terre aura été tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre aura été tenu au ciel pour délié." On cherche le pardon de l'Eglise comme étant le pardon de Dieu. Et le pardon de l'Eglise est donné au moyen de ses prêtres. Ainsi, le pécheur repentant doit chercher dans l'Eglise un prêtre qui est autorisé comme père-confesseur, pour se confesser par lui devant Dieu, et pour se réconcilier par le prêtre avec Dieu et avec Son Eglise. "Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut touché de compassion; il courut se jeter à son cou et l'embrassa longuement," ''Son père 1’aperçut comme il était encore loin. Dieu, Qui connaît tout ce qui arrive dans le coeur de l homme, Dieu aperçoit même les premiers mouvements

diable

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du coeur gui retourne à Lui. Il attend toujours un tel mouvement du coeur chez le pécheur, et II 3e rejouit toujours quand II le voit. Comme II a dit par la bouche de Son Prophète Ezéchiel:

"Prendrais-Je donc plaisir à la mort du méchant, et non pas plutôt à le voir de détourner de sa conduite et vivre?" En réalité, Dieu n'est pas "touché de compassion"; celle-ci est une expression appliquable aux hommes, mais non pas à Dieu, Qui ne Se change jamais. Dieu est toujours plein de compassion pour nous, bien que nous soyons pécheurs. Il veut toujours nous pardonner, mais II attend q_ue nous le demandions avec sincérité. "Le fils alors lui dit: 'Père, j ai péché contre le Ciel et contre toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils." Voici le vrai repentir! Quand il vit la compassion et la miséricorde- de son père, le Fils Prodigue s'en sent encore indigne. Il reste dans l'esprit d'humilité. "Mais le père dit à ses serviteurs: Vite, apportez la plus belle robe et l'en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chassures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé! » La "plus belle robe", c'est la rpbe que nous recevons à notre baptême. Après s'être confessé avec - repentir, c'est comme nous nous revêtions de nouveau de la robe du baptême. L'anneau au doigt, voici une signe d'autorité, une signe que le Fils Prodigue avait été reçu encore une fois comme fils dans la maison de son père. "Mangeons et festoyons": après sa réconciliation avec Dieu et l'Eglise, le pécheur repentant est admis au repas de festin, qui est le Divine Communion du Corps et du Sang de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. Le pécheur qui se repent "était mort et il est revenu à la vie":

son âme a été morte dans ses péchés, mais son retour à Dieu et à l'Eglise avec repentir redonne la vie à son âme. Mes chers frères et soeurs, nous nous sommes tous éloignés de Dieu notre Père, dans nos péchés. Employons le Grand Carême qui vient pour retourner vers Lui avec repentir, car II est miséricordieux et II aime l'humanité; à Lui soit toute honneur, puissance et adoration, avec Son Fils Unique et Son Très-Saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles» Amin.

DIMANCHE

DU

JUGEMENT

DERNIER

DIMANCHE

D'APOKREO

(MATTH.25:31-46)

Mes chers frères et soeurs:

Dans huit jours le Grand Carême va commencer. Aujourd'hui pour nous préparer au Grand Carême, notre Mère la Sainte Eglise Orthodoxe nous lit pendant la Divine Liturgie la description du Jugement Dernier qui se trouve dans l Evangile selon Matthieu Les deux dimanches passés nous avons vu, dans les Paraboles f du Publicain et du Pharisien,et du Fils Prodigue, 1 ! importance dé l'humilité et du repentir. Ce: dimanche nous voyons le jugement terrible qui attend ceux qui ne se repententpas avec humilité. A la fin de ce monde "le soleil s'obscurira, la lune perdra son éclat, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Et alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l homme; et alors toutes les races de la terre se frapperont la poitrine; et l'on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire. Qu'est-ce que "le signe du Fils de l'homme"? C'est la Croix. On verra la signe de la Croix dans le ciel, comme signe de l'avènement de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ• Cette fois Il ne viendra pas en toute humilité,, d'une manière cachée, comme Il est venu la première fois, dans une grotte à Bethléem. Non! cette fois II viendra "avec puissance et grand gloire". Il viendra comme "Fils de l'homme", c'est-à-dire comme-'homme,- avec toute la nature humaine qu'il a revêtue. Mais en même temps II apparaîtra comme Dieu, en gloire terrible, éclatant d'une lumière intense, plus brillant que le soleil de midi. Il viendra "sur les nuées du ciel", de la même façon qu'il est monté au ciel à Son Ascension-mais cette fois II sera visible à tout le monde. "Quand le Fils de l'homme viendra dans Sa gloire, escorte de tous les anges, alors II prendra

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place sur Son trône de gloire. Alors le Jugement Dernier commencera. Ce sera un jugement terrible et redoubtable, mais tout à fait juste, plus juste que n'importe quel jugement donné dans les cours de justice de ce monde. Comme l'Apôtre et Evangéliste Jean le Théologien nous le décrit dans l'Apocalypse: Je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône; on ouvrit les livres, puis un autre livre, celui de la vie; alors, les morts furent jugés d après le contenu des livres, chacun selon ses oeuvres. Et la mer rendit les morts qu'elle gardait, la Mort et l'Hadès rendirent les morts qu'ils perdaient, et chacun fut jugé selon ses oeuvres. Ainsi, tous les morts ressusciteront pour être jugés. Toutes nos oeuvres, toutes nos paroles, toutes nos pensées seront écrites dans ces livres-là. Rien ne

sera caché, tout sera exposé, tout sera connu à tout le monde. La justice du jugement sera reconnue par tous . En prononçant ce jugement, le Seigneur "séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs.Il placera les brebis à Sa droite, et les boucs à Sa gauche. Les "brebis" ici signifient les justes, et les boucs les injustes. "Alors le Roi dira à ceux de droite: Venez, les bénis de Mon Père, recevez en héritage le Royaume que vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car J'ai eu faim et vous M'avez donné à manger, J'ai eu soif et vous M avez donné à boire, J'étais un étranger et vous M'avez accueilli, nu et vous M'avez vêtu, malade et vous M'avez visité, prisonnier et vous êtes venus Me voir."Nous reconnaissons ici des oeuvres simples de la bonté et de l'hospitalité que nos coutumes traditionnelles africaines attendent que nous fassions. N'oublions jamais ces coutumes de I