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MÉDAILLES INÉDITES,

OU

nouvnumwmxœ nxrmqnz'ms,

PUBLIËES

PAR M. DU MERSÀN,

DU CABINET DES MÉDAILLES DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE.

CHEZ

HAUTEUR,

PARIS.

RU}Ë NEUVE—DES—PETITS—CBAMPS, N" le.

1852.

A

T. E. MIONNET ,

CHEVALIER DE LA LÉGION—D-HONNEUR,

MEMBRE

DE

L’INSTITUT

ROYAL

DE

FRANCE,

DANS L’ACADÊMIE DES

INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES

CONSERVATEUR

ADJOINT

DU CABINET DES MÉDAILLES ET

ANTIQUES

; I

.DE' M BJ.BâI0THÈ(w.? ROYALE ;_

nzs acmtmns

DE ROME, DE FLOBÉNGÊÎ DE. COR'ÎO‘NE,

DE

g

;.--

LIVOUBNE,

DE VOLTERRA,

DE MARSEILLE, ETC., ETC.;

L'UN

DES

nomma

DE

LA mmnsnunqun;

QUI,

PAR

SES

TRAVAUX

CONSTANS,

NA CESSÉ D’ÊTRE UTILE

AUX PROGRÈS DE CETTE SCIENCE ;

HOMMAGE

DE

ET

SON

DE

COLLÈGÜE

SON

AMI,

DU MERSAN.

DÉCEMBRE

MDCCCXXXII.

—-————_——_—

MÉDAILLE INÉDITE

_

.

_

,

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:

DE LILE DE

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«/0 . Ê:ynIu.

1ÏI4/a (7/0

(/0 . Va IInn /nr .

INEDITE,-_ D'ARGENT,

DE

LILE DE SGYBOS (l).

Tête de Thésée, barhue, casquée, à gauche.

.

.

,

Revers. ZKÏPO-- Bouclier échancré, auprès duquel est une -épée .: armes.d'Achille.

,

-

A3

2.

' on na point encore publié de médailles de

(I) Cet article fait partie d’un ouvrage intitulé Numäsfimfiqtœ

homr.ri

‘I

ue, dont les

matériaux sont

P

rêts

de

P

uis lon

5

-tem

P

s

,

et

que

je

publierai

par

chapitres.

Je

donnerai

incessamment

celui

d’Homère ,

,

,

q

ui

formera

la

p

remière

livraison : mais

,,

l’intél‘êt

q

ue

présente cette médaille inédite, ma déterminé rémenl.

à

la publier sépa

lîle

de

Serres

.8

(i) :

il

serait

singulier qu’il

n’eût point existé de monnaies de cette île, qui

fut célèbre malgré son

très-anciennement habitée par des Pélages et des Cariens. Achille y fut envoyé par Thétis sa

1%:(.î'm_twévitezhäa‘eràfweraflÆ.äâmvait

peu d’étendue.

Elle fut

été prédit au

siège de Troie. Il se

cacha

sous

des habits de fille à la cour de Lycomèdes , qui

étaitroi de céttèîleÏÎ.

C’est là qu’Ulysse_,

.":-iÎ

travesti

Î

'

en

'I.i

marchand ,

découvrit par

ruse lia—jeune guerrier ,

en

lui

présentant des armes.

Une autre tradition disait, que Théséçl,ifils

‘1.:

U'_;

, s’était retiré

d’Égée, obligé de {fuir

à

Scyros, pour y

prendrepossession .dellquel

què-ë ‘tè.i‘res , héritage de ses

ancêtres ,

et

que

.Lycomè.des ,. feignant- de ym.1loirv les lui anon

trer , le conduisit sur

une

hauteur d’où

il

le

précipita.' Pluta1‘qære Âvaoonte .Jeux foiswe>fait ,

'9

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Cette

:

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île, l’une (les

.::.

(Ïÿclades, est situee 21 Test

«

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,

.

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de‘lah‘heæ—

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salie, dont elle est siipa

longueixi|surl iieulx. dàÏâiêelili Elle .iior.te_ xi1aîriliæhiænl'le .1iiim de

È.nt-.l‘îlel Àd"Eubéii O: allé a'cînq' liiäi1es (Ïe

smno.

'

‘J

_ 9

d’abord dans la

celle dejC_imon.

vie

de Thésée, ensuite

dans

Lorsque ce

général athénien

se fut emparé

de Scyros , qui était habitée par des Dolopes (1.)

-dontil punit les pirateries en les chassanti de

cette île , les Athéniens y envoyèrent une colm

“Allïjtk

"-MAN.

.

_

nie.

Alors

Cimon

ne

négligea rien

pour

(113;—

couvrir le tombeau de Thésée; car un oracle

avait ordonné aux

Athéniens

de

rapporter à

Athènes

les

ossemens

de

ce

héros, et de lui

rendre un

culte :

mais il était difficile dedé

couvrir

l’endroit où il avait été

enterré, Pen

dant que l’on

cherchait de tous côtés ,Cimon

vit

un

aigle qui becqnetait un

monticule

et qui tâchait de l’entr’ouvrir avec

Soit

‘1

uil

Clûll

à

iratioIæ

une

ins

ses

serres.

divine

soit

a.

l

Les Dolo

P

en étaient des peu

P

Iesdc

la

Thessalie,

P

atrie d‘Aèhille.

.

Didyme, dans

ses

scholies

sur l’0dys5ée , liv. XI. v. 508 , dit que/wçfi.u\

Sc_yms fut une ville

de

la Dolopz.t. Nic. Gerbellius (De Græcïà,

l

lib. I,

p.

29 ) répète la même chose. Didyme a

commis une erreur,\,

ou bien il a voulu dire que lîle de Scyros était au

pouvoir des Dolo--.

)Or

m4.ä‘-n

,,

pes qui -l’habitaient.

(2) Ou Tumu/us. Une

'i

.

petite

émmence de

.

terre

I

A‘>\= a #75. s.«-‘«À

i

-

est souvent

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,ÿ,mm

l

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:seule marque a laquelle on

reconnms&e les tombeauxdes anciens. /."a

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quil voulut proter de cet incident,.il fit fouil

.

l

1

1îuu.

.

In 1

-W,_m

ler dans cet

dun

endroit , et on y

fort

grand homme avec

trouva

la

tombe

la pointe dune

Slnnce de bronze et une épée (i).

- .Ces restes furent .transportés à

Athènes

et

n

.placés au milieu de

la ville, prés du gymnase,

.etÎ le tombeau de Thésée devint un lieu d’asilc.

Pausanias décrit le temple qui fut élevé aùmême

èn.dt‘0.it (2)

'« .Près du gymnase , dit-il , est le temple de

« Thésée , dan.slequel sont les peintures sui

'« vantes : Le combat des Àthénie'ns contre les

«

Amazones, le.

combat des Centaures

et

des

« Lapithes, dans lequel Thésée tue un Cen

:« taureJetc.i etcih> Toutes lesOaventures de

4Thésée y sont représentées. Pausanias finit ce

chapitre

en

disant

que le

peu; après .la

bataille

de

temple fut.

Marathon ,

élevé

lors

duej,,Cinion,iayant vengé la mort de Thésée en

(1) On trouve presque toujours, dans les tombeaux des.guarriers,

des épées et d’autres armes.

(a) Pausanias, lib. l, cap. XVII.

:

l'[—

saccageant -l’ile de Scyros , t transpor-teir ses os

à Athènes.

.

Les ruines du temple. de Thésée se voient en

-core

- Cest à lîle

de Scyros que je crois pouvoir

.attribuerla.jolie petite médaille dàrgènt dont j'ai donné la description

- La tête casquée pourrait être celle de Lyco

ine-a’es, roi de Scyros; mais d’après ce que je viens

de dire de Thése-e, je pense que c’est Plutôt celle de ce héros , et que le bouclier et lépée'du

revers sont les armes d’Achille.

Les habitons de Scyros devaient avoir conservé
_

unsouvenirdu séjour de ces deux héros dans leur

île

,

et ce peut être environ un

siècle après Ci

(I) Le Roi. Ruines

de la Gr.èct, tom. 1, p.

18.

(2) Cette médaille dargent; de six lignes de diamètre, a été appor

te-e

en

France

par

M.

Suis , voyageur

anglais

qui

a

parcouru le

Levant, et particulièrement la Syrie, soccupant d‘histoire naturelle.

Il a eu dans ses voyages l’occasion de trouver et d-acquérir quelques

médailles parmi lesquelles se trouvait celle

que

je décris.

J'eus le

bonheur d’en faire faire l’acquisition au CabinetdeFrance, au mois de

mai 1830, en choisissant dans une grande quantité de médailles com

munes qu’avait ramassées ce voyageur.

mon ,

cette

12

à peu près 400 ans avant notre

ère ,' que

monnaie a

été frappée. Cette époque est

celle Part commençait à fleurir , et notre mé—

daille est dun fort bon style.

Le

type

du

revers

rappelle celui des

dailles de Salamz‘ne , où l'on voit un bouclier :et

une épée disposés de la même manière

M. Bréndsted , dans son V o Juge en Grâce (a),

.a suivi la première opinion du savant Sestini (3)

relativement au

type

des

médailles de . Sala

mine (4)., sur lesquelles il voit le bouclier et lépée

dAjax , fils de Télamon.

(i) Voyez ma Description des médailles de la col/celion defl-u

111. Allier de Hauleroche, j'ai indiqué ce type comme. représen

tant les armes d’Achille.

(a) Liv.

II, p.

309. Note B.

l

(3) Lellere numismatiche, tom. V,,p. l.

7

(4) Tête de Diane. Revers :AAA. (rétrograde ) Revers. Bouclier

d’Ajax ,ps_ur lequel est gravée une épée.

.

'

,lutre semblable. Revers. Bouclier, dans le champ lépée dAjax.

.

.

Sestini, Tom. V,

pag.

.31.

_Têtéd’fÀppl-lpu à droite (rectifiez et mettez tête de Diane, selon

. Sestini

Reqers. 2AA4. Bouclier sur lequel est l’épée dAchille.

.

l“Cabinet de

Allier de l—lauterochei illlionncl , Descr.

Tomî Il,

pag.14{).

_ ,.3

Ajax le Télamonien avait un culte dans

cette

île, les Salaxixiniens lui avaient bâti un temple

était'placée sa statue de bois d'ébène , et ils cé— lébraient tous-les ans en son honneur une fête nommée Aïanties. Il y a beaucoup de tradi

tions relatives aux armes dAjax (I) : cependant

Sestini luimême est revenu sur sa première idée dans la continuation de ses Lettres numis

matiques (2), où il rapporte le passage de Pau—

sanias sur la tradition des armes d’Achille.

Tête de femme à droite (Diane Munichz.a ), les cheveux retrous

se.s et

formant

une

touffe sur la tête. Revers. ZAAAMINI. Bouclier

bœotien échancré :dessous, une

pas. 605, pl. XVIII, 7.

En décrivant cette dernière

épée. Jllionnet, suppl. Tom. Il],

médaille de Salamine , on

a employé

l‘expreasicn bouclier bœotïen: mais quoique cette forme oblongue

et échancrée soit celle du bouclier de la Bœotie , nous remarquerons

qnelle se

retrouve

sur

des

monumens

d’autres

contrées , puisque

nous la voyons sur des médailles de Salamine, de Scyros. quelle est

encore celle des boucliers anciles représentés sur les médailles de la

famille LI'cinîa (V. More] et Vaillant , Ille-daf/Ies consulaires romai

nes) et sur celle de la famille Cornu/i012: où ce bouclier échancrè est

pértéparla .lunon Lanuw.na. (lbz-d.)

-

-

" (I) M. Brondstéd les a savamment discutées.

""(a)‘l‘om. Il, pag. 38.

Cette

tradition

14

disait

_

quaprès le

naufrage

d’Ulysse, les armes d’Aehille avaient été portées

par les ots au tombeau d’Ajax. On sait qu’après

la

mort d’Achille, Ajax disputa ces armes

à

Ulysse qui l’emporta sur lui par son éloquence,

et que, dans un accès de fureur, il se perça lui—

même de son

épée. La tradition vengeait. ainsi

Ajax de l’injustice des Grecs.

.

Au surplus ,

voici

une

médaille

de

île de

Scyros qui na nul rapport à Ajax, et qui nous.

offre le même

type que les médailles de

Sala

mine.; l’analogie des deux monumén.s-peut, selon;

moi, déterminer

le

sujet

.représententi,limäh

’I,W7

et je pense que la tradition des armesd’Achillel

doit prévaloir.

u

~

.l

;.

.

.

~,

Quant à l’inscription .z.urroflà-dër‘nière' let—

tpe lnanque_;—céldoitétre

Quoiqu’qn trouve plus

ou-

_ Ml- .l

'

communément,.sduifies

médailles antiques, le nom du peuple.qäecclui

de la ville ou de la contrée, nous avons'plusieu.rs

exemples du nom de la ville au nominatif‘ëur les

médailles de Naples , de Gelas , d’Agrigente, de

Sybaris, de Siris ,

de

Ségeste, de Catane-, de

.—--

1.‘)—

Nysa, de Terina,deCallatia, de Ces, et.sur beau

coup

dautres. Daille.urs, suDle.s médailles—les

plus anciennes, .où, l’on ne voit Ibrdinairement

qn€

desinitiäleà,

il serait

difficile

d’aflirmer

que:iion ' ‘eut ,ÿoulu thet-tre; plntôt_le nom des

queucelui de la .yille,; et de savoir

habitans

quelle pourrait être la terminaison du mot.

_

Parmi

les .Cyolades, même ,

dont. lîle; de

Scyros fait partie , je citerai, comme,ln’ofi‘rauf,

que des initiales sur des

AM0 ; ' Anaphe ,

médailles , Amorgœ,

ANA., ANA«I>; Carthæa,villej, de

lîle

de

Céos,

KAP@A,

KAPBAI;

Cimolis,,

K—[MOAIl;,

Sicinos, ZIKI. Qui doncpourrait assurer quà ces

époques primitives, ces initiales n’indiqnaient

pas simplement le nom

de la ville ou

du pays,

comme nous

venons de

dire quon le

trouve en

entier sur plusieurs autres médailles?

D’autres

en

avons

exemples seraient superflus.

cependant

à

l’appui de notre

Nous

opi

nion, dont nous ne citerons que quelques-uns :

c’est

celui de villes

les deux

cas

se

rencon

trent; comme à Thèbes(1), nouslisons sur

(I) Mï0nnm‘ , Descr. , tom

Il, pag.

109 et

I Io.

unemédaille seau, et

.6

_

sur

une

autre

oÊnamnf

La légende la plus conforme à notre explica

tion , et qui offre le plus d’analogie1avee notre

médaille, c’est celle de l’île de'Zàcynthe,

nous lisons zsxmèaor, deZac_ynthe, comme -je

pense qu’on

Scyros.

peut

voir sur celle-ci

~

de

zmmor,

ÏCelte médaille est d’autant .plus intéressante,

que .les monumens .nùmisma-tiqnes ‘relatifs à

Achille sont trèspeu nombreux; je les réuni— rai dans. le chapitre de la Numismatique home-

rique consacré à ce hérô-s.-

-'

MÉDAILLE INÊDITE, D’ARGENT,

I>n

GLANUM.

le.dalÏ/r

do

1.flan un: .

\r;g&jgm nm.r.

MÉDAILLE INEDITE, D'ARGENT,

ANCIENNE

DE

GLANUM,

4

VILLE

DE

LA

GAULE

NARBONNAISE

Tête juvénile , couronnée de lauriers, à gauche.

Revers. Taureau

courant

à

gauche:

dessous, I‘AANIKQN.

Audessus un monogramme. composé

des

lettres IIN.

Le

tout dans'une couronne de lauriers trèseffacée.

La légende

I'AANIKCN

AR.

3.

indique une monnaie

(I) Cette médaille ma été confiée en

1828 par

feu M.

le

marquis

de la Goy, amateur distingué , et possesseur d’une très-belle collccÏ

des

habitans

_20——.

de Glanum.

Les lettres un

nof

frent pas d’interprétation probable.

A cinq lieues d’Arles , dans l’ancien pays des Salyes , il est certain quil y a eu une ville que

les Romains ont appelée Glanum(r), en lui don

nant le surnom de Liw'i. Ce Livius , qui nous est

inconnu, était peut-être le fondateur de cette

colonie.

La

ville de

Glanum

n’a aucune

célé

brité dans l’histoire, et nous ignorerions la place

quelle a

la table

occupée, si l’itinéraire dAntonin et

Théodosienne publiée

par Peutinger

n’en faisaient pas mention. On peut penser que

tion de médailles consulaires , qui ma permis

à cette époque de la

dessiner.

Elle appartient aujourd’hui à M.

le marquis Roger de la

Goy,

qui a hérité du goût de

son père pour la numismatique, et à

qui l'on doit un essai sur

les médailles de Cunobelz‘nus, roi de la

Grande-Bretagne, publié en 1826 à Aix, dont j'ai rendu compte dans

la Beau: Encyclope-äùyue, tom. XXXI, p, 220.

La médaille de Glanum

offre un double intérêt dans les mains de

M.de la Goy, qui habite une propriété située

dans le

territoire de

cette ancienne ville, maintenant SaintRemy, près d’Arles.

(l) Millin, Voyage dans le 1lIidi de la France, tom. III, p. 393,

dit que cette ville s’appelait probablement Gkm avant que les Bo mains ne lui donnnssent le nom de Glanum; mais il ignorait quelle

pouvait avoir une origine grecque.

cette

ville

a

—.2[.———

été renversée

pendant

l’invasion

des peuples qui ont ravagé Arles et dévasté la

Provence.

Deux monumens

subsistent encore

sur l’em«

placement que cette ville a

occupé. Lun est

un mausolée et lautre un arc de triomphe, dont

on

trouvera

une

gravure

et

une

description

détaillée

dans le Voyage du Midi de la France

par Millin

Un

aquéduc

souterrain

qui

existe

encore

s'étend depuis Saint—Remy , bourg qui a

placé Glanum, jusqu’ä Arles.

rem—

Le monument le plus curieux qui soit relatif

à la ville de Glanum, est une inscription que

l’on conserve dans la maison commune ,

et qui

est la seule où l’on ait retrouvé le nom de cette

ville. Cette inscription, qui a

été publiée par

Caylus (a), est d’autant plus intéressante à rapi

procher de notre

médaille, quelle porte

de

même; le nom

des habitans de Glanum, GLAA

.NICOrum;

mais

elle

est

en

langue latine,

(I) Tom. 11I, pag. 393 et suiv., pl. LXIII, g.

I

et 2.

(a) Recueil d'Ant/quftës , tom. VlI, pag. 263.

tandis

que

grecque et

_22_

la

légende de

notre

porte

r

AANIK.QN.

médaille, est

Aucun monument navait pu faire assigner,

jusquà présent, à cette ville une origine grec

que} mais notre médaille, qui porte une inscrip

tion en

cette

langue, peut lever les doutes

à-?

cet égard.

les folies mé—

dailles de Marseille , dont l'origine phocéenne

se reconnaît à l’art qui les fait briller au milieu

Elle rappelle par son

travail

de

toutes

Gaule.

celles que

lon frappait alors dans la

Ce pays était encore barbare , lorsque vers la

60e olympiade, cinq cent quarante ans avant

notre ère, les Phocéens d’Ionie , fuyant la tyran

nie du

gouverneur

que leur avait imposé Cy

rus, transplantèrent dans la Gaule la civilisation

de la

Grèce. fondèrent Marseille , et il ny-_ a

,

~,

“.

Ils

nul doute

que

cette

colonie croissante ne. se renferma

autour-

pas dans son

enceinte, sans répandre

d’elle

quelques

établissemens

dont

l’un

put

être la ville

de Glanum. Le nom de cette ville

est

cité

Méla.

23

pari 'Ptolémée ,

Pline

et

Pomponius

Revenons à la description de notre médaille.

Elle est d’argent , et elle a sept lignes (le dia

mètre.

La tête présente le caractère d’Hercule jeune.

Le

taureau

du revers

est

dans un

mouvement

qui rappelle celui de quelques belles médailles de laThessalie : sa course a quelque chose de er,

son poitrail est large, il ne baisse pas la tété

comme

le

taureau

appelé comupète (cornupe

tans ), qui frappe la terre de sa corne ; mais il

a

lair dêtre

ennemi.

prêt à attaquer ou à recevoir

un

Le taureau est un

type d'autant plus conve

nable pour les médailles de ce pays , que depuis

un temps très-reculé on a nourri, dans le comté

dArles, des taureaux et des boeufs. Encore au

jqurdhui , dans un

territoire

appelé Plan du

grand

bourg, on en laisse paître en liberté un

nombre , dans lequel chaque propriétaire peut

reconnaître

les siens au

moyen

dune

marque

qu’on leur imprime.

Cette

opération diflici1e

24

.2.

et périlleuse donne lieu a des fêtes qui sont ap

pelées fie/‘rades, auxquelles on se rend de trèSd

loin, et pour lesquelles on se Prépare long-temps

d’avance.

M.

Millin

tion

curieuse de

ces

a

donné

fêtes

dans

une-

un

descripa

opuscule

intitulé : Comparaison des hippocentaures et

des taurocatapsïes de la Thessah.e avec les boua

viers et les jèrrades de la Camargue (i).

Les médailles de Marseille nous offrent aussi

le taureau et le bœuf, celui-ci marchant paisi

blement, l’autre bondissant et frappant la terre

de sa corne.

Le

tantôt

taureau ,

tantôt symbole de la force,

emblème de l'agriculture, convient à

ces fertiles contrées ; mais sur notre

médaille,

sa

forme

et

sa

position

rappellent les

arts

de la Grèce ,et semblent nous apporter la preuve que Glanum, comme Marseille , a pris

son origine dans les nombreuses migrations des

Ioniens.

(l) JlIagasin encyclopédique, aoiit 1803;

MÉDAILLE DE BRONZE

DE

MA‘DY’I‘US.

1{r.d’Iu.lIm

de Iat{yt<