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Une information du Collectif Isérois pour le Retrait de Base Elèves –

baseeleves@gmail.com

DIRECTEURS, DIRECTRICES : DE TRES


NOMBREUX PARENTS D’ELEVES S’OPPOSENT
A BASE ELEVES

Vous allez suivre une formation à « Base Elèves » et l’IA vous indique que
vous devrez ensuite rentrer les enfants de votre école dans BE sinon vous
risquez des retraits de salaire pour service non fait.
Pourtant la majorité des parents, quand ils sont correctement informés,
refusent le fichage de leur enfant. De nombreux directeurs sont également
réticents face à ce fichage.
Le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Elèves soutient parents et
enseignants dans leur refus de Base Elèves.

Quels dangers voyons-nous dans Base Elèves ?


Base Elèves comporte 59 champs d’informations sur les enfants, déclarés à la
CNIL le 24 déc. 2004,, dont certaines relèvent du secret médical et dont la
plupart sont confidentielles ou très personnelles. Jusqu’à présent, ces
informations restaient dans les écoles, elles seront maintenant communicables à
toutes sortes de services pendant au moins 15 ans.

L’IA nous indique que seuls certains champs relatifs à l’état civil sont
obligatoires. C’est un leurre : on ne mettrait pas en place une telle base de
gestion nationale pour recueillir juste des noms, des téléphones et des adresses qui
n’ont aucune utilité en termes de gestion académique ou nationale : les autres
informations deviendront obligatoires par la suite, dès que la pression des parents et
des enseignants sera retombée.

Base Elèves est une sorte de casier scolaire qui suit l’enfant, l’enferme dans
ses difficultés passées et peut risquer de bloquer son avenir. Il se situe dans la
droite ligne du rapport Bénisti qui pour prévenir les comportements déviants
préconisait la détection des troubles de comportement dès la crêche.
Avec Base Elèves, les enseignants risqueraient de devenir des
« informateurs ». Ils trahiraient la confiance mise en eux par les parents en
communiquant des informations en dehors de l'établissement de l'enfant. Dans le
même temps, la loi de prévention de la délinquance (décret paru le 5 mars 2007)
transforme les missions des enseignants en leur demandant de signaler aux maires
les cas d’absentéisme et introduit la notion de "secret professionnel partagé". Les
données de Base Elèves, qui restaient confidentielles jusqu’à présent, pourront à
terme être communiquées aux autres institutions : le maire, la police, la CAF, les
magistrats et pourront être utilisées à des fins répressives.

Base Elèves est présenté par le ministère comme un logiciel de gestion plus
performant que ceux utilisés jusqu’à présent dans les écoles : ce n’est pas le
cas. Pour effectuer des statistiques ou affecter des moyens, nul besoin d’avoir des
informations nominatives et aussi précises.Un tel outil n’a jamais été demandé par
les équipes enseignantes.

Dernier argument et non des moindres pour nous, c’est un fichage qui se fait
au mépris de l’autorité parentale puisque le Ministère de l’éducation nationale
dit que les parents n’ont pour l’instant pas le droit de s’y opposer.

Rappelons qu’aucun texte de loi, ni décret ni arrêté, n’est à l’origine de ce fichage


généralisé de la population (6,5 millions d’enfants et leurs parents).

Que demandent les parents aux directeurs et directrices ?


Actuellement, des procédures juridiques sont en cours pour obtenir le
retrait de la Base Elèves qui contrevient à de nombreux droits fondamentaux, n’a
fait l’objet d’aucun texte officiel et dénie le droit des parents à s’y opposer. En
attendant pourtant, BE avance à marche forcée en Isère. Le CIRBE a demandé lors
d’une entrevue avec l’Inspecteur d’académie le 11 mars un moratoire sur l’entrée
dans BE en Isère, le temps que les parents « soient correctement informés ». Nous
attendons une réponse écrite à cette demande.

Les directeurs et directrices ont un rôle fondamental à jouer pour retarder


l’entrée dans BE : même s’ils ne rentrent que les noms des enfants, c’est déjà trop
à notre avis, car toutes les autres informations suivront, que les directeurs actuels le
veuillent ou non.

Il nous semble fondamental que les directeurs tiennent compte de l’avis


des parents sur des questions touchant à la vie privée des enfants et des parents
et au secret professionnel, quoi que leur administration leur en dise.

De même l’Inspecteur vous écrit que les motions des conseils d’école n’ont aucune
incidence sur les décisions qu’il prend. Cela n’empêche pas de parler de BE en
conseil d’école et que l’avis des personnes présentes puisse être exprimeré dans
un texte qui laissera une trace.

Nous tenons à préserver des relations de confiance entre enseignants et


parents. Or, ce fichage pourrait avoir des conséquences fortes : parents refusant de
fournir des informations importantes à l’enseignant, parents refusant des mesures
d’aide telles que le RASED de peur que cela laisse une trace dans le fichier et nuise
plus tard à l’enfant …

Nous sommes conscients qu’il est difficile pour les directeurs et directrices de se
soustraire à une injonction forte de leur hiérarchie, mais nous pensons qu’une action
conjointe des parents et des enseignants pourra faire échec à ce fichier.

Le Collectif Isérois pour le retrait de Base Elèves a été créé le 25 janvier 2008. En un mois et
demie, il a déjà été rejoint par 250 parents et enseignants et soutenu par des organisations telles que
la Ligue des Droits de l’Homme et des syndicats d’enseignants. Chaque jour, 20 nouvelles personnes le
contactent. Des collectifs locaux se montent partout en Isère : Vizille, Varces, Saint Egrève, Nord-Isère,
Grésivaudan … Nous travaillons aussi avec d’autres collectifs en France : Aveyron, Ain, Hérault, Puy-de-
Dôme …

Contact : CIRBE : baseeleves@gmail.com


Infos : sites internet LDH Toulon et 38.snuipp.fr

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