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Pierre BELLANGER

BTS ACSE

Une petite exploitation caprine à pérenniser,

afin d’assurer sa transmission.

Session 2009
2
REMERCIEMENTS

Tout d’abord, je souhaite remercier chaleureusement Philippe et Marie Lelong qui ont fait
preuve d’une grande disponibilité et d’une patience à toute épreuve tout au long de mon stage.
Merci à eux pour m’avoir guidé à travers mon étude et pour m’avoir fait partager leur vie
d’éleveurs durant ces trois mois et demi.

Je tiens également à remercier toutes les personnes qui m’ont apporté leur soutien et qui ont
contribué à l’élaboration de mon rapport, et tout particulièrement Maïlys.

3
SOMMAIRE

4
RESUME

L’exploitation agricole dans laquelle j’ai effectué mon stage se trouve à Nouzilly, un
petit village situé dans le département de l’Indre et Loire, à environ 25 km de Tours. C’est un
petit élevage de chèvres laitières de race alpine avec transformation fromagère. Les
exploitants, Monsieur et Madame Lelong, travaillent ensemble au sein de la ferme depuis
trente ans. Celle-ci se compose de 10,5 ha de prairies dont 5 en propriété et d’un troupeau de
42 têtes.
L’environnement de cette exploitation est favorable à son bon développement avec un climat,
un relief et des sols propices aux cultures fourragères sauf lors des années de sécheresse. En
trente ans, l’exploitation n’a pas beaucoup changé de structure et a pourtant atteint une
production fromagère suffisante pour subvenir aux besoins de la famille.
Au niveau des facteurs de production, le matériel et les bâtiments sont utilisés de manière
optimale même si aujourd’hui le matériel est vieillissant. La main d’œuvre est suffisante pour
2UTH et les Lelong ne rencontrent pas de problème de surcharge de travail.
Depuis 2002, l’élevage connaît des difficultés car la production de lait ne cesse de baisser.
L’ensemble du troupeau est touché par le virus du CAEV, ce qui diminue fortement la
rentabilité de l’exploitation. Actuellement, ils ne connaissent pas de problèmes de revenus,
mais des difficultés sont à prévoir dans les prochaines années. La viabilité de l’exploitation est
donc remise en question.
C’est en sécurisant le revenu et en ayant un troupeau indemne de CAEV que l’élevage des
Lelong pourra être pérenne et transmissible après leur retraite. Le projet prévoit
l’agrandissement des bâtiments afin d’accueillir un troupeau plus important, de permettre aux
exploitants d’assurer leurs besoins et de transmettre leur outil de production.

5
INTRODUCTION

Après avoir travaillé dans une exploitation céréalière sur le plateau de la Brie puis, au
sein d’un système arboricole dans le sud-ouest de la France, j’ai souhaité compléter mon
expérience professionnelle par un stage dans un élevage. En effet, l’élevage est partie
intégrante de la formation du BTS ACSE (Analyse et conduite de Système d’Exploitation).
J’ai choisi d’effectuer mon stage de 3 mois et demi dans une petite exploitation de Touraine
afin de participer activement à toutes les tâches que réalise un éleveur, de la traite des chèvres
à la fabrication de fromages. Ce stage a aussi été l’occasion de me familiariser avec un
système de production soucieux de l’environnement et du bien-être animal.

Philippe et Marie Lelong (50 et 49 ans) ont créé leur élevage et travaillent ensemble
sur l’exploitation depuis trente ans. Ils travaillent de façon artisanale et traditionnelle en
transformant eux-mêmes leur production laitière. Le bénéfice agricole de l’exploitation est
soumis au régime du forfait. Actuellement, le troupeau est constitué de 34 chèvres laitières
qui produisent en moyenne 700 litres de lait par an et par chèvre.
Les Petits Champs se situent en Touraine, sur la commune de Nouzilly qui compte un peu
plus de 1200 habitants. La S.A.U est de 10,5 ha et se compose uniquement de surfaces
fourragères.

Dans une première partie, le diagnostic détaillé du fonctionnement de l’exploitation et


de son environnement, nous permettra d’exposer les points forts et les points faibles du
système de production. Dans une seconde partie, nous élaborerons un projet de
développement s’appuyant sur le diagnostic qui permettra de mettre en œuvre des solutions
aux difficultés rencontrées sur l’exploitation.

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PARTIE 1 :
FONCTIONNEMENT ET
DIAGNOSTIC DE
L’EXPLOITATION

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I. UNE PETITE EXPLOITATION CAPRINE QUI A
ÉVOLUÉ LENTEMENT

I.1. 1980-1983 : Installation des Lelong aux Petits Champs


Philippe Lelong est titulaire d’un BTA agricole obtenu en 1977 et a suivi ensuite une
formation de berger pendant 1 an à Montmorillon. En 1980, à l’âge de 21 ans, il décide de
s’installer seul en reprenant une partie de l’exploitation de sa tante. Cette dernière élève des
vaches laitières et arrête son exploitation en 1976. Elle vit à l’époque avec son frère, le père
de Philippe. Aussi met-elle 6,5 ha de prairies à disposition de son neveu Philippe à partir de
1980 et le laisse utiliser son exploitation, située au Petit Moulin. Lors de son installation,
Philippe achète un troupeau de vingt chèvres laitières de race alpine et il commence dès la
première année à faire son fromage de chèvre. L’exploitation est toujours sous le statut
juridique du forfait.
En 1981, sa compagne, Marie, titulaire du baccalauréat, devient stagiaire sur l’exploitation à
21 ans (engagée sous le plan BARRE) puis, s’installe avec lui en tant que conjointe-
exploitante en 1982.
Les débuts de l’exploitation se passent bien puisque chaque année, le chiffre d’affaire
augmente sans pour autant que le troupeau augmente. Les Lelong vendent leurs fromages à
domicile et sur les marchés.
En 1982, les Lelong déménagent et s’installent dans leur ferme actuelle qu’ils louent à leur
voisin châtelain qui possède plus de 1000 hectares boisés ou agricoles aux alentours. La ferme
se situe aux Petits Champs. Ils gardent cependant une partie des champs du Petit Moulin.

I.2. 1984-1995 : Croissance progressive de l’exploitation


Leur exploitation ne cesse de croître entre 1984 et 1994 tant au niveau des bâtiments
qu’au niveau du troupeau. En 1984, les Lelong augmentent leur troupeau de 5-6 chèvres, par
an, jusqu’à avoir un cheptel de 32 bêtes. Ce qui entraîne une hausse de la production de lait et
de fromages. Leur chiffre d’affaire augmente en conséquence. Deux ans plus tard, ils décident
d’agrandir la chèvrerie en réalisant un appentis. La famille Lelong s’agrandit aussi avec les
naissances de leurs deux filles en 1987 et en 1989.
En 1990 ils deviennent propriétaires des Petits Champs pour 60 000 francs et se
marient la même année. Ils louent aussi 4,59 ha qu’ils sèment en prairies. (Fétuque et dactyle).

8
Ils profitent de leurs économies pour acheter une machine à traire et installent la salle de
traite. Celle-ci inaugure un changement important dans le travail de Philippe et Marie
puisqu’ils passent de la traite manuelle à la traite à la machine et diminuent ainsi leur charge
de travail. Au cours de cette année, ils refusent d’entrer dans l’AOC car ils ne se considèrent
pas dans la région du plateau de Sainte Maure et ne veulent pas avoir les contraintes du cahier
des charges. Enfin, ils obtiennent une subvention de la chambre d’agriculture pour renouveler
le matériel de la fromagerie.
En 1992, ils agrandissent leurs terres en achetant un hectare et demi pour 30 000
francs autour de la ferme.

I.3. 1995-2002 : Période de croisière


On peut estimer que l’exploitation des Lelong atteint sa période de croisière entre
1995 et 2002. En effet, c’est au milieu des années 1990 que la taille du troupeau se stabilise à
une trentaine de chèvres. Par la suite, le troupeau fluctuera entre 28 et 35 chèvres et cela en
raison de la mortalité des chèvres, du renouvellement etc. Durant cette période, les Lelong ne
font pas de gros travaux d’agrandissement, mais se contentent d’acheter du petit matériel.
C’est aussi à cette époque vers 1995 et 1996 que le virus CAEV ou arthrite-encéphalite
caprine est détecté dans le troupeau. Malgré le virus, la production de lait reste à peu près
stable jusqu’en 2004 même si la mortalité des chèvres augmente.

I.4. 2003-aujourd’hui : Une exploitation en difficulté


A partir de 2003, leur production laitière baisse de manière importante. En effet, le
virus a évolué et les Lelong doivent faire pratiquer 4 à 5 euthanasies par an qui s’ajoutent à la
mortalité naturelle. La maladie a gagné l’ensemble du troupeau et engendre une baisse de leur
salaire. En 2005, ils agrandissent leur exploitation en achetant 2,2 ha à la tante de Philippe
pour 4500 euros. En 2007, les Lelong effectuent eux-mêmes des travaux d’agrandissement de
l’appentis et achètent un camion-frigo.
L’année 2008 marque une rupture dans la vie de l’exploitation. Le 3 janvier 2008 leur
maison d’habitation brûle entièrement. Ils logent alors dans un mobil home pendant huit mois.
Cet événement bouleverse la vie de famille sans toutefois remettre en question leur travail
dans l’exploitation ni dans les ventes. La même année a lieu un aménagement foncier : toutes

9
les parcelles du Petit Moulin sont échangées contre des parcelles plus proches de leur
exploitation (2,2 ha contre 1,6 ha). Désormais, les Lelong ont un unique site d’exploitation au
lieu de deux ce qui facilite leur travail.

On peut donc remarquer que l’exploitation des Lelong n’a pas subi des changements
radicaux ni au niveau de la taille, ni au niveau du troupeau. Les différents agrandissements et
les achats de terres ou de chèvres s’étalent sur presque 30 ans et ont été faits progressivement
en fonction de la capacité d’investissement. Les Lelong ont adapté petit à petit leur
exploitation mais n’ont pas réalisé de changement majeur dans leur rythme de travail, ni dans
leur manière de travailler. Ils n’ont pas connu non plus de problèmes majeurs lors de leur
installation et de leur croissance. Aujourd’hui, ils doivent faire face à plusieurs difficultés et
notamment la baisse de leur production de lait (environ 20%). A cela s’ajoute un élément
extérieur au fonctionnement de l’élevage mais qui vient tout de même perturber leur
exploitation, la reconstruction de leur maison.

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II.L’EXPLOITATION DANS SON ENVIRONNEMENT
NATUREL

L’exploitation des Lelong se situe près de Tours, dans la région Centre et plus
précisément en Gâtine tourangelle. C’est une région agricole dynamique surtout en ce qui
concerne la production de fromage de chèvre. Nous verrons comment les Lelong ont su tirer
partie des avantages et inconvénients de cet environnement.

II.1. Environnement naturel


II.1.1. Le parcellaire
L’exploitation est située sur un seul site depuis la fin du mois de juillet 2008. Il n’y a
donc plus de contrainte de déplacements fréquents entre les deux sites, ce qui a été le cas
pendant 28 ans. Par ailleurs, depuis 2008, ils sont propriétaires d’une nouvelle parcelle de
1,6ha. Cette dernière terre acquise est de bonne qualité. De plus, une prairie se trouve à
proximité d’une jachère abandonnée ce qui offre un terrain supplémentaire pour faire paître le
troupeau car il y a une grande diversité de la flore (roncier, plantes sauvages) dont les chèvres
sont friandes. L’accès à cette jachère est permis, sans contrainte ni contrepartie.
L’accès sur les terres est facile et adapté à l’élevage car les chèvres ont directement accès à la
nouvelle parcelle depuis leur chèvrerie. La rotation de pâturage se fait plus facilement du fait
de la proximité des terres. La superficie des prairies est en adéquation avec la taille du
troupeau.
Les clôtures autour de toutes les prairies permettent de surveiller plus facilement le troupeau
et de le mettre au pâturage, elles protègent du gibier mais demandent de l’entretien

II.1.2. Les sols


Cinq grands types de sols sont représentés dans le département 1:
- les limons des plateaux (Bournais) : 40 % de la SAU du département
- les perruches : 21 % de la SAU du département
- les argilo-calcaires : 22 % de la SAU du département
- les varennes : 15 % de la SAU du département
- les sables des plateaux : 2 % de la SAU du département

1
Voir le site de la chambre d’agriculture d’Indre et Loire, www.indre-et-loire.chambagri.fr.

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Deux types de sols se retrouvent sur l’exploitation : les Bournais et les perruches. Les
Bournais se situent sur les plateaux et peuvent être de deux types distincts. Tout d’abord, les
Bournais francs sur calcaire peu présents dans le secteur de Nouzilly mais qui sont des sols
très sains, à très bon potentiel et convenant à toutes les productions. Ensuite, les Bournais sur
argile qui se situent sur les plateaux de la Gâtine tourangelle, et représentent le type de sol
dominant du département d’Indre et Loire. Ils sont d’une grande sensibilité à l’eau de pluie
hivernale (battance) et sont perméables avec l’argile présente. Ces terres portent des céréales
et de l’herbe. Quant aux perruches, elles proviennent de l’érosion des Bournais et présentent
une proportion de silex importante. Ces sols portent aussi des céréales et de l’herbe.
Le nord de l’Indre et Loire, tout proche de la Beauce, possèdent des sols de bonne
qualité agronomique et qui ne posent pas de difficultés pour les prairies. En revanche, les
terres « séchantes » peuvent poser des problèmes lors des étés chauds et secs. En effet, cela
entraîne l’achat de fourrage à l’extérieur.
Une seule analyse de sols a été effectuée dans les années 1990 sur les anciennes prairies de
l’exploitation mais qui n’est plus d’actualité. On ne connaît donc pas le potentiel agronomique
de la nouvelle parcelle mais on sait qu’elle a été cultivée chimiquement par un agriculteur
auparavant.

II.1.3. Climat
Par sa position géographique proche de la façade atlantique, l'Indre-et-Loire possède
un climat océanique dégradé qui se caractérise par des températures douces (11°1 de moyenne
sur l'année) et une répartition régulière des précipitations (650 à 700 mm par an). La Loire est
souvent utilisée comme frontière climatique entre le nord et le sud de la France.
Les variations climatiques et des précipitations ont peu d’influence sur les animaux et
donc sur l’exploitation. En revanche, la pluviométrie est assez faible ce qui peut engendrer de
graves situations de sécheresse et poser des difficultés pour l’exploitation à cause du manque
de pâturage.

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Pluie et température 2007-2008 à MONNAIE
Pluie en mm T° en degré

Source : Chambre d’agriculture d’Indre et Loire

II.1.4. Hydrologie et relief


L'Indre-et-Loire est baignée par la Loire, l'Indre et la Vienne, ainsi que par le Cher, et
leurs multiples affluents. Malgré le nombre élevé de cours d’eau, il n’y a pas de source ni de
rivière à proximité de l’exploitation. La topographie du département est assez vallonnée au
sud, alors que le nord est plutôt plat, comme le plateau où se situe l’exploitation.

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II.2. L’environnement socio-économique

Carte de localisation des Petits Champs

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II.2.1. La région Centre : deuxième région caprine française
La région Centre se compose de six départements : le Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre,
L’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret. La richesse essentielle de la région Centre
repose sur la diversité de l'agriculture, de la culture des céréales à l'élevage de chèvres en
passant par l'horticulture ou la viticulture. Selon les sources de la Chambre régionale
d’agriculture du Centre, environ 70 000 actifs travaillent dans la sphère agricole et agro-
alimentaire ce qui représente près de 7% de l’emploi total régional. La région Centre se
compose de 18 régions agricoles différentes : des bassins céréaliers comme dans la Beauce,
des régions de polyculture-élevage, d’autres de viticulture autour de la Loire. Cependant, un
tiers de la SAU régionale est classée en zone défavorisée, ce qui démontre la fragilité de
l’agriculture. On peut différencier dix grandes régions naturelles qui se distinguent par leur
paysage et leur production agricole.
Les régions naturelles de la région Centre

Source :
www.

15
economie-touraine.com
La région Centre compte2 :
- 27 600 exploitations agricoles (84 ha de surface par exploitation),
- 2,32 millions d'ha de SAU,
- rendement moyen en blé tendre : 66 q/ha (idem France),
- 422 000 ha de surface fourragère (dont 59 % de surfaces toujours en herbe),
- 70 000 vaches laitières,
- 201 000 vaches allaitantes,
- 102 000 chèvres,
- 187 établissements agro-alimentaires (entreprise de plus de 20 salariés)
La région produit à elle seule 13 % du lait de chèvre national, se plaçant ainsi en
deuxième position derrière la région Poitou-Charentes et devant la région Rhône-Alpes. Elle
se situe en troisième position pour la taille de son troupeau caprin qui compte 102 000
chèvres. En 2006, la région a produit 9000 tonnes de fromages de chèvre dont 47% en AOC.
L'élevage est également très diversifié : la région Centre compte 5 AOC sur les 11 françaises.
Les fromages de chèvre constituent un fer de lance des productions animales régionales et une
production à forte valeur ajoutée (voir carte des AOC en annexe 1).

II.2.2. L’Indre et Loire, pays du Sainte Maure


En 2007, le département comptait 5158 exploitations agricoles. Elles s’étendent sur
56% du territoire et représentent près de 5% des actifs du département.3 La S.A.U est de 351
926 ha (en 2006) dont plus de 90% sont en terre arables. Le restant correspondant aux
surfaces toujours en herbe ainsi que les vignes et les vergers. Un peu plus d'un quart de la
surface totale du département est occupée par la forêt soit 167 500 ha.
L’agriculture y est diversifiée : un peu d'élevage au nord et au sud, de la polyculture céréalière
sur une large partie du territoire (plateaux), et des cultures spécialisées dans les vallées, vignes
AOC, légumes, fleurs et fruits.
L'agriculture tourangelle connaît les mêmes évolutions que l'ensemble de l'agriculture
nationale et européenne. On assiste à une baisse du nombre d'exploitations et une
augmentation des surfaces moyennes cultivées; et elle développe une politique de sécurité
alimentaire et travaille sur la qualité, notamment pour les produits de "pays" (viticulture AOC
2
Données issues du site internet de la région Centre, www.regioncentre.fr
3
Les données sont issues du site de l’information économique de la Touraine,
www.économie-touraine.com.

16
ou appellation "vin de pays du Val de Loire", fromages AOC de Sainte Maure de Touraine,
développement des labels, "redécouverte" de spécialisations anciennes telles la truffe, la
Géline de Touraine et bien d’autres encore).
Dans la « Gâtine Tourangelle », petite région agricole où se situe l’exploitation des Lelong,
l’activité agricole principale est la polyculture à dominante céréalière. Celle-ci évolue vers
une monoculture céréalière, malgré le potentiel moyen de la plupart des sols, notamment
grâce à de nombreux aménagements fonciers. La région de la Gâtine couvre 1 500 km2 de
plateaux boisés au nord de l’agglomération de Tours. Moins fertile que le sud du département
d’Indre-et-Loire, elle concentre beaucoup de ses activités autour de l’herbage et de l’élevage.

II.2.3. La commune de Nouzilly


Au 1er janvier 2009, on dénombrait 1280 habitants. Le principal employeur de la
commune est l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) situé sur la commune.
Le centre de Nouzilly est spécialisé dans la recherche vétérinaire et zootechnique (493
personnes), il y a aussi quelques artisans. Quand aux agriculteurs, ils sont aux nombres de 15,
dont 5 éleveurs producteurs et 10 installés en polyculture. Ils sont répartis sur plus de 46% de
la surface totale, soit 1 864 ha. La population du village augmente, il y a donc une clientèle
potentielle en augmentation.
Philippe Lelong participe activement à la vie locale de sa commune : il a été Conseiller
municipal pendant six ans puis maire adjoint six autres années, ce qui lui a permis de se faire
des contacts et des relations (même s’il est natif de la commune) et d’avoir plus
d’informations sur l’environnement.

II.2.4. Les partenaires locaux et les fournisseurs


L’exploitation des Lelong est bien intégrée dans son environnement local et profite des
agriculteurs et des services des alentours. Par exemple, l’achat des céréales pour les animaux
se fait dans le département auprès des agriculteurs locaux. Philippe va chercher lui-même le
maïs, l'agriculteur dispose d'un petit silo. Les prix sont raisonnables. Pour les féveroles, elles
sont livrées directement par un autre agriculteur Bio. Le cabinet vétérinaire se situe sur la
commune de Châteaux Renault (20 km), le vétérinaire se déplace si besoin au sein de
l’exploitation. Pour la fromagerie, le dispositif d’analyse de lait est joint par courrier, en effet
les prélèvements sont envoyés une fois par mois au laboratoire de Tourraine. La MSA se
trouve à Tours mais ne nécessite pas de déplacements car tous les services sont disponibles
par internet ou téléphone.

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Par contre, les aliments concentrés sont achetés chez un négociant, Monsieur Godet, qui vient
du département voisin et fait une livraison environ tous les deux mois. Ces aliments sont
certifiés pour une agriculture biologique. De la même façon, ils font appel à un engraisseur de
Loches à 50 km de l’exploitation pour l’achat des chevreaux chaque année. Les exploitants
n’ont pas de relation avec la chambre d’agriculture car ils n’ont pas de comptabilité sauf en
cas de demande de subvention (une seule fois en 30 ans). Ils ont peu de contact avec leur
banque car ils n’ont pas de prêt.
Au final, on s’aperçoit que les éleveurs profitent de leur environnement socio-
économique mais qu’ils ont peu de partenaires. Cela leur permet aussi d’éviter de dépendre
d’institutions ou bien de personnes.

II.2.5. Une exploitation autonome vis-à-vis des aides agricoles


L’exploitation des Lelong n’est pas bénéficiaire de beaucoup d’aides agricoles. Elle
possède 10 DPU qui ne sont pas activés. En effet, comme les éleveurs touchent déjà une
prime herbagère (PHAE), ils ne peuvent pas la cumuler avec les DPU, à cause d’une close de
conditionnalité. La prime herbagère favorise le maintien des prairies sur le territoire français.
Pour activer les DPU il leur faudrait louer 10 ha supplémentaires de cultures céréalières.
Cependant, ils disposent tout de même d’une indemnité sècheresse mise en place en 2005,
pour faire face aux aléas climatiques. Ils disposent de 700 € par an pour y faire face. Etant
située en zone non vulnérable, l’exploitation ne peut pas bénéficier des aides ICHN.

En ce qui concerne les obligations réglementaires de la PAC, l’exploitation est peu


soumise aux mesures particulières portant sur l’éco-conditionnalité, en raison d’un troupeau
inférieur à 80 têtes.
- Identification des animaux : port des 2 boucles.
- Environnementale : en ce qui concerne la gestion des effluents d’élevage, il n’y a pas
de contraintes. En effet, système en aire paillée n’a pas besoin d’une gestion
d’effluent spécifique.
- Santé des animaux : profilaxie obligatoire pour la brucellose (contrôle de la DSV)
- Fromagerie : n’ayant pas un très grand quota laitier, la DSV n’impose pas la
récupération des eaux blanches de la traite. Cependant, les Lelong valorisent ces
effluents en les utilisant pour l’arrosage de leur potager ou des arbres fruitiers. Le petit
lait est donné à des clients qui possèdent des volailles ou des cochons en échange
d’œufs frais.

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Actuellement, la production caprine ne fait l’objet d’aucune organisation commune de
marché dans le cadre de la PAC, et les éleveurs caprins bénéficient de très peu d’aides. En
zone de montagne, les éleveurs de chèvres perçoivent une aide directe, la PBC, qui a été
recouplée à 100% en 2006. Prochainement, une aide de 21 euros par tête de chèvre pour les
troupeaux de plus de dix animaux, va sans doute être octroyée aux éleveurs caprins.
Au total, les secteurs ovins et caprins recevront 135 millions d'euros dans le cadre d'une aide
couplée qui leur sera réservée. En tout, 18 % des aides directes reçues par les agriculteurs, soit
1,4 milliards d'euros, seront réaffectés vers l'herbe et les secteurs fragiles à partir de 2010.

Sources : Réseaux d’Elevage, Institut de l’élevage.

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ATOUTS CONTRAINTES

- grand axes routiers - peu de ruisseau et sources abondantes


- région touristique - sécheresse estivale
- climat tempéré - peu de fourrages en été
- température satisfaisante - pression foncière importante
- bonne qualité des terres
- Un seul site : facilite la surveillance
des animaux
- 100 % des terres mécanisables
- proximité grande ville (Tours)
- forte entraide

20
III. ANALYSE DU SYSTÈME OPÉRANT

III.1. Les facteurs de production

III.1.1. Les équipements


 Un matériel vieillissant mais fonctionnel
Il y a peu de renouvellement du matériel. Cela leur impose un entretien régulier et
minutieux et leur permet de conserver plus longtemps leur matériel. En cas de panne, Philippe
essaie de réparer lui-même son matériel afin de minimiser les frais. Il fait parfois appel à des
amis ou connaissances pour les pannes plus importantes. Compte tenu de l’âge de son
matériel, il est parfois difficile de trouver les pièces de remplacement. Les exploitants sont
propriétaires de la majorité de leur matériel. A la période des foins, ils font appel à un
entrepreneur (M. Bordier) pour faucher les prairies. Ils utilisent aussi un broyeur acheté en
commun avec un voisin plusieurs fois en été pour l’entretien des parcelles. D’autres types de
matériel sont empruntés sous forme d’entraide : un voisin éleveur prête son endaineur et
roundballeur aux Lelong en échange de leur tracteur.
Cependant, le matériel est vieillissant même s’il reste fonctionnel et efficace du fait de
son très bon entretien. Le manque de performance du matériel se fait ressentir lors des pannes
qui peuvent être plus fréquentes. L’objectif des exploitants n’est pas cependant de renouveler
entièrement leur matériel en raison de leurs contraintes budgétaires. Ils essaient de conserver
en bon état leur outillage et investissent si besoin est sur un poste dans du matériel d’occasion
en bon état et à moindre coût. Si la nécessité de changer leur matériel se fait moins ressentir
sur cette exploitation, il n’en reste pas moins que cela pose des problèmes.

Type de matériel
• Tracteur John Deere 1640 (52cv)
• Tracteur Massey Ferguson 37 avec fourche frontale avant
• Épandeur à fumier
• Faneur andaineur
• Faucheuse rotative
• Émoussouse
• Cultivateur
• Broyeur à herbe
• Remorque basculante
• Rouleau packer
• Semoir à engrais
• débroussailleuse à dos pour les clôtures

21
 Une optimisation des bâtiments
Il existe un seul bâtiment en vielles pierres plusieurs fois aménagé depuis son
installation. Le bâtiment principal se divise entre :
- la chèvrerie principale
- un parc à boucs et à chevrettes
- la salle de traite et la salle à grain
- l’atelier
- la fromagerie
Il est d’une superficie totale de 220 m 2.

La salle de traite

Les bâtiments sont bien entretenus même s’ils n’ont pas été rénovés. Grâce à l’ouverture
aménagée, la ferme dispose d’une bonne aération. L’espace de la ferme est bien organisé et
rangé ce qui permet une optimisation de la surface (voir les plans des bâtiments existants dans
la partie Projet). Les bâtiments permettent aux chèvres de se mettre à l’abri en cas
d’intempéries tout en les laissant libres de sortir quand elles veulent.

22
Les bâtiments

 Un petit troupeau
Le troupeau se compose de 34 chèvres et 2 boucs de race alpine. Chaque année 6
chevrettes en moyenne sont gardées pour le renouvellement du troupeau. La reproduction du
troupeau se fait de manière naturelle, sans insémination artificielle. Les chevreaux sont
vendus à un engraisseur qui vient les chercher à l’exploitation et les transporte jusqu’à
Loches.

 Prairies
Les Lelong possèdent 10ha de prairies dont 5ha en propriété, et 5,5ha loués au
châtelain sur un seul site. Elles sont de taille suffisante, compte tenu de la taille de
l’exploitation, et ont un bon rendement à l’hectare.

III.1.2. Le travail
La main d’œuvre est de deux UTH, Philippe et Marie. Ils n’ont jamais embauché de
salarié sur l’exploitation, seulement des stagiaires de très courte durée (maximum 15 jours).
Entraide occasionnelle avec le voisin éleveur de vaches.

Une partie du travail sur l’exploitation est réalisée à la main, à la fois pour des raisons
économiques, et pour des raisons plus personnelles. La petite taille de l’exploitation permet

23
aussi de continuer à fonctionner ainsi car si le travail est conséquent, il reste à échelle
humaine au vu de sa superficie. Au final, même si les exploitants perdent un peu de temps en
réalisant à la main, la mécanisation de l’exploitation reste compliquée du fait de l’organisation
des bâtiments et ne permettrait pas forcément un gain de temps suffisant par rapport à
l’investissement financier à réaliser. En effet, la taille des bâtiments ne permet pas forcément
le passage du tracteur partout. Par ailleurs, Philippe trouve du plaisir à réaliser ce travail
manuellement et le couple reste très attaché à conserver le caractère « authentique » de leur
exploitation. Cependant, cela pourrait devenir une contrainte pesante avec l’âge et l’effort
physique demandé.
Les tâches principales réalisées à la main sont :
- curer la chèvrerie
- installation des clôtures
- pailler
- rangement du stock de paille dans le grenier
- traite pendant 3 semaines/an

La répartition des tâches est très bien organisée et équitable. La conduite générale du
troupeau est gérée par les deux exploitants. Cependant, il existe une répartition des tâches
précise entre Philippe et Marie selon les périodes de l’année. Lorsque la traite est automatisée,
ils attachent ensemble les chèvres au cornadis. Ensuite, Marie s’occupe des trois tours de
traite des chèvres et leur donne les aliments concentrés dans la salle de traite. Philippe lui,
s’occupe de l’alimentation du troupeau en fourrage et de la fabrication des fromages.
L’alimentation du troupeau représente pour Philippe une tâche importante pour lui et
appréciée. Il commence par enlever les refus des auges et dispose le foin. Il soigne aussi les
boucs avant de s’atteler à la fabrication des fromages. Pendant la période des mises bas, Marie
et Philippe travaillent principalement ensemble pour la traite manuelle des chèvres, pour faire
téter les chevreaux et surveiller les mises bas. La production de lait n’a pas encore commencé
donc il n’y a pas de travail à la fromagerie.
Tout au long de l’année, Philippe s’occupe des prairies, notamment de la récolte des foins
avec l’entraide d’autres personnes extérieures (amis, entrepreneur, voisin-éleveur, famille). Il
veille également à l’approvisionnement des fourrages, deux à trois fois par mois, de
l’entretien des clôtures. Le curage de la chèvrerie est réalisé à la main par Philippe, deux fois
par an entièrement et de manière régulière sur une petite partie. Marie gère la prophylaxie des
chèvres. L’entretien général des bâtiments est assuré par les deux conjoints.

24
Au niveau de la vente des fromages : Philippe fait les marchés le samedi et dimanche dans les
communes avoisinantes tandis que Marie fait deux tournées par semaine le mardi et le jeudi
dans les hameaux environnants.

L’emploi du temps est bien organisé et le travail est équitablement réparti dans la
semaine. Le couple d’éleveurs travaille tous les jours de la semaine. Leur travail est organisé
minutieusement : ils répètent les mêmes tâches deux fois par jour (traite, mise en place du foin
etc.), le matin entre 7h30 et 9h et le soir entre 18h et 20h. Le reste de la journée est dédié à
toutes les activités extérieures à la chèvrerie comme l’entretien des bâtiments, les prairies,
mais aussi leur temps libre et la reconstruction de leur maison.

Calendrier annuel :
- Janvier-février : période des mises bas essentiellement. Début de la production de
fromage en février et de la vente à la fin du mois de février.
- Mars à septembre : période de production de fromage et de vente.
- Début du printemps : mise à l’herbe des chèvres
- Juin : période des foins
- Fin septembre à fin décembre : période creuse. Fin de la traite et donc de la production
de fromage, tarissement des chèvres. Période de congés en général.
La période de pointe de travail a lieu pendant les mises bas tandis que la période creuse est en
septembre.

POINTS FORTS POINTS FAIBLES


• Matériel en propriété : disponibilité • Matériel vieillissant : quelques
Matériel • Gros œuvres : ETA, bonne entente. pannes.
• Entraide pour le foin

• Chèvrerie sur le lieu d’habitation


• Pas de mauvaise odeur : bonne
Bâtiments • Stockage des fourrages limité
aération des bâtiments d’élevage
• bâtiments suffisant aux orientations
choisies

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• Entraide
• Bonne organisation des tâches qui
Main d’œuvre
permet un gain de temps au niveau
du travail
• Temps de travail annuel maitrisé

III.2. Les activités

III.2.1.La production animale


Le troupeau se compose d’une trentaine de chèvres laitières chaque année, de race
alpine sur une surface fourragère de 10,5ha. L’ensemble du troupeau correspond à 6,6 UGB
soit un chargement de 0,66 UGB/ha sachant que la valeur UGB pour une chèvre est de 0,2.

Inventaire du troupeau au 1er mars 2008 :


Catégorie Effectif
Primipares 6
Multipares 28
TOTAL chèvres laitières 34
Chevrettes 6
Boucs 2
TOTAL 42

Août novembre janvier février août


saillies gestation (5 mois) mise bas vente de chevreaux

lactation tarissement (2 à 4 mois) lactation (400 à 800 kg de lait)

 La reproduction :
Les saillies s’effectuent à la fin du mois d’août. Le temps de gestation est de 5 mois et
les premières mises bas commencent à la fin du mois de janvier et s’étalent sur 15 jours ou 1
mois selon les années. Cette période est intense en travail car la population de chèvres double
voire triple en quelques semaines.
Le taux de prolificité est de 97% en 2008.

26
L’exploitation possède un seul bouc en général qui est changé tous les quatre ans pour
éviter la consanguinité. Ce dernier est toujours acheté à l’extérieur de leur exploitation, de
race alpine. Depuis 2008, il y a deux boucs sur l’exploitation ce qui permet d’obtenir une
diversité dans le troupeau, notamment au niveau des couleurs.
Le taux de renouvellement des chèvres est faible. Philippe et Marie gardent leurs chèvres le
plus longtemps possible. Il y peu de réforme même lorsque la production de lait baisse.
Attachement sentimental et pas de recherche de rentabilité. Ils gardent en moyenne 6
chevrettes par an pour le renouvellement. En 2008, le taux de renouvellement était de 17%, ce
qui ralentit l’évolution génétique et la productivité du troupeau.
La méthode de reproduction choisie est naturelle : il n’y a pas de sélection du troupeau
hormis les boucs qu’ils veillent à choisir en dehors de l’exploitation et selon leur race. C’est
une méthode de reproduction simplifiée qui ne pose pas de problème mais qui demande une
surveillance accrue : repérer les chaleurs des chèvres, vérifier les saillies, avoir un bouc en
bonne santé. Cette méthode est peu couteuse mais demande un aménagement ; un parc à bouc,
l’alimenter, du temps etc. Par contre, l’évolution génétique est moyenne : un seul type de
bouc ne permet pas de sélectionner et d’améliorer les performances du troupeau. Il existe une
bonne périodicité des saillies et des mises bas.
La reproduction n’est pas un point essentiel pour l’éleveur qui n’est pas porté sur la génétique
ni sur une forte productivité du troupeau (700L/an/chèvre en moyenne). Ils font le choix
d’élever les chevrettes sous la mère.
Ils gardent en moyenne 6 chevrettes pour le renouvellement, le reste des chevreaux est gardé
entre 3 et 8 jours. Ils les font téter matin et soir avec le lait des chèvres. Ensuite, ils sont
vendus à un engraisseur qui vient les chercher une fois par semaine. Le prix de vente est de
4,7 euros. Ce prix est faible car ils pourraient les garder plus longtemps pour les vendre plus
cher. Cependant, cela demande beaucoup de temps de travail, et de quantité de lait pour les
nourrir etc.

 Alimentation
L’alimentation des chèvres est variée à base de fourrages provenant des prairies; de
concentrés de maïs, de féveroles issues de l’agriculture biologique, d’avoine et d’aliments
complémentaires pour les chèvres laitières issus de l’agriculture biologique. Philippe et Marie
sont très attentifs à la qualité des aliments pour assurer la bonne santé et la productivité des
chèvres.
Quantité : 2,5 kg de foin par jour / chèvre

27
Les céréales proviennent des agriculteurs voisins. Les aliments biologiques sont livrés et
viennent d’un grossiste du Loir et Cher. Deux types de rations sont donnés :
- Ration d’hiver : l’ensemble du troupeau reste dans la chèvrerie et reçoit du foin à
volonté lors de la phase d’entretien, soit de luzerne, soit de trèfles soit de graminées.
N’étant pas autonome, il doit en acheter des stocks selon les années, environ 1/3 du
foin total. Les concentrés sont donnés un mois avant les mises bas afin de varier leur
alimentation, démarrer la production de lait, donner des « forces ». Des minéraux sont
mélangés dans le concentré mais aussi des pierres de sel pour l’autorégulation en sel
des chèvres renouvelées tous les deux mois environ.
- Ration d’été : la mise à l’herbe se fait entre le 1er et le 15 juillet. L’exploitant pratique
le pâturage tournant avec une périodicité de quatre semaines environ. Puis, du
concentré est donné pendant la traite. La parcelle en jachère du voisin fait partie de la
rotation et permet de diversifier l’alimentation des chèvres.

Des problèmes d’alimentation apparaissent lors des saisons sèches. Philippe et Marie
sont obligés d’acheter du foin à l’extérieur ce qui a un coût important.
Une partie de l’alimentation est biologique et permet d’offrir une alimentation saine et sans
pesticides. Par contre, les Lelong ont des difficultés à trouver du maïs bio dans la région, ainsi
que certains foins bios.
Depuis septembre 2008, le fournisseur des féveroles a changé car le prix était resté inchangé
malgré la baisse du cours des céréales, Philippe a fini par trouver un autre céréalier qui lui
proposait des féveroles moins chères et BIO.

 Protection sanitaire
En règle générale la protection sanitaire est réalisée par Marie, avec l’aide du
vétérinaire si besoin.
Protection sanitaire obligatoire : prophylaxie pour la brucellose (Contrôle de la DSV)
Protection sanitaire volontaire : analyses coprologiques, une par an, avec recherche de
strongles intestinaux et strongles pulmonaires. Ces analyses sont soit envoyées au vétérinaire
soit envoyées à l’alliance pastorale.
- pour les mises bas : apport en vitamine AD3E, Hépato protecteur à base de plante.
- pour les chevrettes : sevrage anticoccidien
- pour les chèvres : une fois par mois, pendant 5 jours, hépato protecteur à base de
plantes ; une fois par mois, pendant 5 jours un complexe de plantes en prévention du

28
parasitisme ; apport en vitamine, pendant 3 semaines avant les saillies ; en novembre,
un apport en vitamines au moment du déparasitage interne avec un produit chimique
(Ivernectine).
- pour les boucs : apport en vitamine, pendant 3 semaines avant les saillies. En
novembre, un apport en vitamines au moment du déparasitage interne avec un produit
chimique (Ivernectine).
Si besoin des traitements curatifs en homéopathique, naturopathie ou même allopathie sont
pratiqués. La taille des onglons est faite par Philipe deux fois par an.

Le troupeau connaît peu de problèmes de santé bénins. Cependant, depuis 1989, le


virus du CAEV ou arthrite encéphalite caprine a été détecté au sein du troupeau. C’est une
maladie virale de la chèvre entraînant une encéphalite chez les animaux de moins de 4 mois
et, chez les animaux plus âgés, des arthrites, des mammites et plus rarement, des pneumonies
chroniques. Le virus de l’arthrite-encéphalite caprine appartient à la même famille que celui
du virus de l'immunodéficience chez l’humain (VIH) qui entraîne le SIDA. L'infection par le
CAEV persiste tout au long de la vie de l'animal. Celui-ci est incapable d'éliminer le virus, qui
s'intègre dans les cellules de son système immunitaire.

Principaux symptômes et conséquences de l’infection


Les arthrites atteignent surtout le carpe et se manifestent par l’apparition d’une boiterie
progressive accompagnée d’un gonflement articulaire et d’une arthrite chronique. Au fur et à
mesure du temps, les boitements s'aggravent et paralysent l'animal. D’ailleurs on donne
souvent le nom de « gros genoux », au virus du CAEV. Les inflammations des mamelles ou
les mammites apparaissent sous deux formes : une forme aiguë principalement chez les
primipares qui apparaît au bout de quelques jours voire quelques semaines ; une forme
chronique avec durcissement de la mamelle. Ces mammites ne modifient pas l’apparence du
lait mais entraînent une baisse de la lactation (principalement un déséquilibre des mamelles).

Transmission du CAEV
La contamination des chevreaux ne s’effectue pas in utero lors de la naissance mais
par le léchage, l’ingestion de lait et de colostrum contenant le virus. Les adultes s’infectent
entre eux lors de la traite par les manchons trayeurs contaminés et par contact avec le sang
infecté (blessure). Ainsi, tout le troupeau est rapidement contaminé.

29
Protocoles d’assainissement
Il faut savoir qu’aucun traitement spécifique n’existe pour soigner cette maladie.
Cependant il existe depuis 1994 un programme de lutte officiel en France. Il est basé sur 5
protocoles différents adaptés au taux d’infection initial du troupeau et qui sont présentés dans
le tableau ci-dessous :
Protocole I II III IV V
Niveau de plus de 10 % de l'effectif moins de 10 Absence de
contaminat % contaminati
ion du de l’effectif on
troupeau
Programm Maîtrise Assainissem Assainissem Assainissem Maintien de
e de ent par ent par ent par la
de lutte l'apparitio diminution reconstitutio élimination qualification
n des de la n d'un des infectés
signes contaminati troupeau
cliniques on
Maître Professionnels (GDS) Etat (DDSV) :
d'Oeuvre Contrôle Sanitaire Officiel
Qualificatio Aucune Présumé
n indemne
puis
Officielleme
nt indemne
Source : Groupement de défense sanitaire du Rhône-Alpes. www.gds38. asso.fr

Au vu de ce tableau, le troupeau des Lelong répond aux protocoles I, II et III car plus
de 10% de l’effectif est contaminé par le virus. Les pertes de lactation et la réforme anticipée
des animaux malades sont inévitables. Elles entraînent de graves conséquences économiques
pour les élevages. Le seul moyen radical de vaincre ce virus serait d’éradiquer le troupeau.

Forces et faiblesses du système de production animal


POINTS FORTS POINTS FAIBLES
- Bien être animal - Virus du CAEV
- Quota laitier en baisse

30
III.2.2.La production végétale
Toutes les prairies sont naturelles. Le système fourrager est sans engrais azotés, grâce
aux légumineuses qui fixent l'azote de l'air sur leurs racines. Les prairies reçoivent 10 tonnes
de fumier à l'hectare et pas un seul gramme d'engrais azoté. Le Ray Gras permet une pousse
rapide de la prairie et offre une bonne récolte dès la première année. La dactyle, la fétuque et
la fléole permettent un mélange varié afin qu'une d'entre elles se développe convenablement
et enfin le trèfle fixe l'azote. De plus, la mise à l'herbe permet d’enrichir la ration par la variété
et la multiplicité des herbes pâturées.
Itinéraire de la nouvelle prairie : 1 h 66

Culture précédente Blé (ancien propriétaire de la parcelle)


Préparation du sol Un passage de dent (chiseul) : 79,68 €
Variété Ray Gras Anglais 20 kg

Dactyl 10 kg

Fétuque des prés 5 kg

Fléole 5 kg

Trèfle violet 5 kg

Trèfle blanc 5 kg
Semis 30 kg/ ha : 96,28 €

Fumure Compost : 10 tonnes/ha


Politique de désherbage et traitements Aucune
Récolte Mai Juin
Rendements MS 6 à 9 t/ha
Destination de la récolte Autoconsommation

Forces et faiblesses du système de production fourragère


POINTS FORTS POINTS FAIBLES
- entraide sur les chantiers - prairies vieillissantes
- charge culturale peu couteuse - rendement parfois insuffisant : lié au
climat et au manque d’intrant

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III.2.3. Activités de transformation et de commercialisation
 La transformation
La fabrication des fromages de chèvre se fait en 5 grandes étapes : le caillage du lait,
le moulage du caillé, l’égouttage, le salage, et l’affinage.
1. Le caillage du lait
Après la collecte, le lait de chèvre peut être utilisé cru ou pasteurisé, c'est-à-dire chauffé
pendant 30 secondes à 74°C. Le lait est ensuite additionné de ferments lactiques, utilisés
depuis toujours pour fabriquer fromages et yaourts. Pour permettre la lente coagulation du lait
( pendant 24 heures,) on y ajoute également un peu de présure. Le caillé solide est constitué
de caséines (grosses molécules de protéines de lait) et de matières grasses. Le « petit lait » ou
sérum s’écoule spontanément. Une petite partie seulement est réutilisée lors de l’emprésurage.
2. Le moulage du caillé
La forme du fromage dépend du moule utilisé. C’est à ce stade que l’aspect final du fromage
se décide. Traditionnellement effectué à la louche, mais aussi aujourd’hui de façon
mécanique, le moulage s’effectue souvent dans de petits récipients perforés aux formes
diverses, les faisselles.
3. L’égouttage du fromage
Cette étape, qui dure environ 24h, joue un rôle très important, notamment dans la qualité de
conservation du fromage. L’égouttage permet d’évacuer le reste du « petit lait » contenu dans
le caillé et s’effectue dans un lieu tempéré et sec.
4. Le salage
Habituellement, le sel est déposé « à la volée » sur les fromages moulés. Essentiel pour
relever le goût du chèvre, le sel empêche la prolifération de micro-organismes. Après le
moulage, les fromages peuvent également être saupoudrés d’une fine poudre de cendres de
charbon de bois, issue le plus souvent du chêne.
5. L’affinage
L’affinage s’effectue sur des clayettes disposées dans une pièce fraîche dont la température
est maintenue à 10/11°C. Cette cave ou réserve bien ventilée, avec 80% d’humidité, est
appelée le hâloir. Les fromages sont alors régulièrement retournés à la main. Le caillé devient
peu à peu une pâte qui, en fonction des flores d’affinage utilisées, se recouvre d’une fine
croute de couleur blanche, jaune ou brune. L’air ambiant dans le hâloir a une influence non
négligeable sur la saveur des fromages. Le fromager ou l’affineur apprécie leur maturation au
toucher, au coup d’œil, à l’odorat et au goût.

32
 La Commercialisation
La commercialisation des fromages se fait désormais selon trois réseaux de
distribution. Auparavant, la vente se faisait sur les marchés et à domicile. Au fil des années,
avec l’agrandissement de leur clientèle, Philippe et Marie ont du changer leur mode de
commercialisation afin d’éviter que les visites des clients à domicile ne perturbent trop leur
travail et leur vie familiale. Ils ont donc décidé de mettre en place des tournées afin de
satisfaire la demande des clients les plus proches.

1. La vente sur les marchés est le principal moyen de distribution. Il représente 70%
de leur chiffre d’affaire. De mi-février à mi-septembre, Philippe vend ses fromages sur le
marché de Nouzilly le samedi, puis sur le marché de Langennerie le dimanche. Ces deux
marchés sont situés à moins de 10 km,à une position stratégique, de part et d’autre de
l’exploitation. Ce sont de petits marchés locaux composés de 3 stands mais qui permettent à
Philippe de vendre sa production entière. Ceci s’explique notamment par l’attachement
culturel de la population locale au fromage de chèvre, mais aussi du renom de l’AOC Sainte
Maure. Ainsi, Philippe et Marie n’ont pas de difficultés à écouler leur production de fromages
sur les marchés. Au contraire, depuis deux ans, ils ont du mal à satisfaire toute la demande
d’une part, à cause du développement de leur clientèle et d’autre part, à cause de la
diminution de leur production.
La vente sur les marchés les oblige à organiser leur travail différemment le samedi et le
dimanche. En effet, Philippe doit effectuer le travail dans la fromagerie avant de partir au
marché entre 8h30 et 9h . Ceci l’oblige à se lever plus tôt. Même si le rythme de travail est un
peu contraignant, Philippe apprécie les marchés pour le contact qu’il crée avec la clientèle.

2. Le deuxième mode de commercialisation se fait à domicile. Les Lelong ont


toujours utilisé ce type de vente. Une partie de la clientèle vient directement à la ferme, en
effet beaucoup de leurs clients aiment venir chercher leurs fromages au sein de l’exploitation,.
Durant la période des mises bas tout particulièrement, les gens viennent en famille acheter les
fromages et en profitent pour visiter l’exploitation et montrer à leurs enfants les chevreaux.

3. Les tournées : deux fois par semaine Marie effectue des tournées aux alentours du
village. Cela concerne principalement les personnes âgées et les proches. Ces tournées sont
très appréciées par leur clientèle. Les tournées ne sont pas très rentables, juste quelques clients
par ci par là.

33
 Contrôle sanitaire
Tous les mois une analyse de lait est faite et envoyée au laboratoire de Touraine, afin de
s’assurer qu’aucune bactérie n’est présente dans leurs fromages. En supplément, les
exploitants effectuent, deux fois par an des autos-contrôle plus poussés :
• fromages frais : recherche de staphylocoques Aureus.
• fromages affinés : recherche de salmonelle et de listeria monocytogènes.
• prélèvement de surface (plan de travail) : recherche les antéro bactéries, tel que la
« Escherichia coli ».

POINTS FORTS POINTS FAIBLES

− Proximité des marchés, ce qui limite les − Tournées de petites tailles, perte de
frais de déplacements. temps

− Fortes affluences sur les marchés, − Clientèle à la maison tous les jours de la
premier poste de vente. semaine, pas de répit.

III.2.4.Les services
De temps à autre, l’école du village fait venir une classe de primaire, ils reçoivent
aussi des jeunes venus d’un centre de loisir, cela équivaut aux fermes pédagogiques. Ils le font
gracieusement, en effet ils ne reçoivent aucune rémunération financière en contre partie.

34
IV. ANALYSE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

IV.1. Analyse économique

IV.1.1. La comptabilité de trésorerie


La comptabilité « de trésorerie » consiste à enregistrer les recettes au moment de leur
encaissement et les dépenses au moment de leur paiement. En effet, les Lelongs ont choisit ce
mode de comptabilité, qui est le plus approprié, par rapport à leur exploitation. Ils sont sous le
régime du forfait, en effet les exploitants dont la moyenne des recettes calculées sur les deux
années précédentes n'excède pas 76 300 € TTC sont soumis au régime fiscal du " forfait ".
Ils peuvent alors tenir une simple comptabilité de trésorerie qui enregistrera les recettes
effectivement perçues et les dépenses réellement payées et sont dispensés d'établir
annuellement un bilan et un compte de résultat.
Leurs obligations comptables sont ainsi limitées à la tenue d'un livre journal des
recettes mentionnant le détail des recettes perçues dans l'année (sommes perçues, date, forme
de versement) et l'identité des clients.
Compte tenu de la taille de l’exploitation, elle n’a pas besoin de disposer d’une comptabilité
d’engagement.

IV.1.2. La marge brute de l’atelier caprin


Selon les normes du secteur, en élevage fromager, la marge brute représente au moins
72% du produit de l’atelier. En 2008 la marge brute s’élevait à 79% du produit :
PRODUITS CHARGES OPERATIONNELLES
Fromages de chèvre 38 582 Charges alimentaires
Chevreaux 290 Achat aliment (concentrés et minéraux) 5 269
Autres produits (primes) 704 Frais d’élevage 479
Charges SFP (engrais) 59
Frais vétérinaire 346
Transformation
Présure, ferment, eau électricité et 2 089
commercialisation
Total produits 39 576 Total charges 8 242

Marge brute de l'atelier caprin 31 334


Marge brute / chèvre (42) 746

35
La marge brute est un critère essentiel pour l’analyse des résultats de l’atelier. Il
traduit la position qu’occupe l’exploitation entre le marché des produits finis (clients) et le
marché des matières premières (fournisseurs). Ainsi la marge brute élevée dégagée par
l'atelier traduit la maitrise de ses coûts d'achat de marchandise et de fixation de son prix. Pour
maximiser cette marge diverses stratégies sont possibles que nous verrons plus loin dans le
projet comme la maximisation du produit ou la réduction des charges.
Dans notre cas, la marge est surtout liée aux charges et notamment au coût de
l’alimentation du troupeau. L’intégralité du lait produit est transformée en fromage et possède
donc une valeur ajoutée importante. De plus, l’exploitation n’est pas dépendante du cours du
lait ce qui confirme le fait que la marge est avant tout conditionnée par les charges.

IV.1.3. Analyse des charges opérationnelles


Le coût alimentaire représente à lui seul la moitié des charges opérationnelles. Les
achats de concentrés constituent l’essentiel des charges alimentaires soit plus de 70 % d’entre
elles. Cependant, on remarque que la part des aliments dans les dépenses a augmenté depuis
2005 avec l’augmentation du prix des céréales. On aurait pu s’attendre à une baisse
significative sur l’exercice précédent avec la chute des cours céréaliers, mais les agriculteurs
ont maintenu leurs prix et les négociants qui vendent les granulés ont subi une hausse de leurs
charges, notamment de gasoil, ce qui n’a pas permis une baisse des prix.
Les charges de la surface fourragère sont quant à elles très faibles, car très peu
d’intrants sont mis en terre. Toutefois, les charges peuvent être augmentées occasionnellement
par l’achat important de fourrages, lors des mauvaises années dû aux sécheresses.

Le second poste le plus important des charges opérationnelles concerne les charges de
transformation (ferment, présure, eau, énergie, petits matériels) et les charges de
commercialisation (déplacement, emballages, étiquettes). Ce poste de charge est relativement
fixe d’une année sur l’autre, au alentour de 2000 euros.

IV.1.4. Analyse des charges de structure


Les charges de structure représentent en moyenne 15% du produit de l’exploitation
excepté en 2007 où elles ont largement augmenté. Ce pourcentage de charges est très faible.
En effet la moyenne du secteur indique des charges à hauteur de 45% du produit brut. Ceci
s’explique à l’absence de charges liées à l’investissement.

36
Les cotisations sociales représentent les charges de structure les plus importantes de
l’exploitation, soit en moyenne plus d’un quart des charges totales. Ces dernières années elles
sont stabilisées aux alentours de 25%.
Le poste mécanisation s’avère être le troisième poste de dépenses, soit 10% en 2008. Il
peut vite représenter une charge importante dès lors que des pannes se produisent ou que le
matériel doit être renouvelé. Par exemple, en 2007 les Lelong ont du acheter un nouveau
camion frigorifique ce qui a engendré des charges importantes cette année là (4 500 euros).
En 2008, le poste matériel atteint seulement 1 000 euros.

Néanmoins, le poste matériel est facilement optimisé, en effet il n’a pas besoin d’un
parc matériel de haute performance. De plus, l’entraide fonctionne plutôt bien avec l’un de ses
voisins. Pour autant, les Petits Champs et son voisin sont des éleveurs isolés dans une zone
céréalière.

Le reste des charges de structure ne dépassent pas 10% et sont de nature variée : eau,
électricité, carburant, impôts, assurance. Elles sont stables au fil des années. Le faible montant
des charges de structures est du aussi en partie à l’absence de charges salariales.

Tableau des charges de structures


2006 2007 2008
Carburant 274 32 463
lubrifiant 51
Entretien réparation 95 358 615
Achat camion 4500
Total mécanisation 420 4890 1078
Fermages et taxes
foncières 515 793 818
Cotisations sociales 3348 3373 3551
Assurances 954 932 976
TOTAL 5237 9988 6423

37
IV.1.5. La rentabilité économique de l’exploitation

COMPTE DE RESULTAT 2008


Charges Produits
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Achats d'approvisionnements 9 068 Vente de produits transformés
38
582 Fromages
Impôts, taxes et versements assimilés 818 Vente de produits animaux
290 Chevreaux
Charges externes
Services extérieurs (assurrances) 976 Indemnités et subvention d'exploitation
Autres services extérieurs (PTT) 250 704 Prime à l'herbe
Charges sociales 3 551
39
RESULTAT D'EXPLOITATION 14 663 576
RESULTAT D'EXERCICE
(BENEFICE) 24 913

IV.1.6. Le revenu
Le revenu est composé de la différence entre les dépenses et les recettes. Les recettes
dépendent essentiellement de la vente des fromages (97%), des primes (2%) et enfin de la
vente des chevreaux (1%). De plus, M. et Mme Lelong ont perçu des aides sociales jusqu’en
2007 car ils avaient deux enfants à charge. Ces allocations familiales pouvaient représenter
jusqu’à 10% du produit suivant les années.

38
Depuis 1994, le salaire mensuel net dégagé pour le couple a augmenté. Toutefois, on
peut repérer des périodes où leur salaire a baissé : en 1995 ; en 2007.
En 1994, l’exploitation enregistre une baisse de leur production de fromages. De plus, les
salaires des deux années précédentes étaient plus importants du fait de la vente de matériel.
Une baisse des ventes explique aussi la diminution de leur salaire moyen en 2000. En
revanche, en 2007 on assiste à une perte de salaire importante qui s’explique par l’achat d’un
camion frigorifique. On peut dire que l’évolution du salaire moyen mensuel varie beaucoup
en fonction de leurs ventes et de leurs charges. Il est adapté chaque année.

Malgré quelques baisses, on remarque une forte augmentation de leur salaire depuis
2002, qui est du au passage à l’euro. Les fromages sont passés de 11 Francs à 1,80 €, soit
11,80 Francs. Cette augmentation du prix de vente a su compenser la baisse de leur
production laitière (2003). Ces deux années restent exceptionnelles puisqu’ils parviennent à
presque 40 000 euros de recette dans l’année. Ils n’ont pas profité de cette augmentation pour
investir dans leur exploitation mais ont préféré garder leur mode de fonctionnement actuel.

La dernière augmentation du prix de vente date de l’année dernière les fromages sont
passées à 1,90€. Cette hausse compense de nouveau la baisse de leur production. Ainsi la
stratégie était de compenser un effet volume négatif par un effet prix.
Calcul de l’EBE
2006 2007 2008

Marge brute de l'atelier caprin 29790 28142 29576

Total charges de structures 5237 9988 6423

EBE 24553 18154 23153

L'EBE est égal au résultat d'exploitation car il n'y a ni de dotation aux amortissements
ni de provision propre d'une comptabilité d'engagement et non de trésorerie. Par ailleurs, il
n’y a pas de notion de résultat financier car aucun emprunt n’est en cours actuellement.

 Quelle est la rentabilité économique de l’exploitation ?


Résultat d’exploitation/Actif économique (= BFR + actif immobilisé). Comme l’exploitation
n’a pas les éléments d’actifs (immobilisations corporelles, incorporelles ou financières), il est
impossible d’évaluer la rentabilité économique au sens propre du terme. Cependant,
l’exploitation se caractérise par une rentabilité économique assez importante car les

39
exploitants n’ont pas d’annuités, leurs prélèvements privés sont faibles et raisonnés en
fonction de leur mode de vie.

Au final, les charges opérationnelles sont importantes. Leurs principales charges


correspondent à l’alimentation des animaux qui dépend essentiellement des aléas climatiques
qui leur permettent ou non de satisfaire aux besoins alimentaires de leur troupeau.
L’ajustement de ces charges ne peut pas se faire sur les aliments. Les résultats économiques
de l’exploitation étudiée sont plutôt cohérents du fait de leur mode atypique de
fonctionnement économique et de production. Même si l’efficacité économique pourrait être
améliorée, la cohérence du système permet aux Lelong de conserver une certaine marge de
manœuvre afin de pallier aux aléas qui peuvent survenir.

IV.2. Analyse financière

Dans ce type de comptabilité on considère que la capacité d’autofinancement


correspond au résultat net. Bien entendu, un retraitement sur ce résultat est à effectuer. Les
prélèvements sur l’année sont en moyenne à hauteur de 1 700 € par mois.

Résultat
net 24 913

Annuités Marge de
Prélèvements sécurité
0€ privés 4 513 €
20 400 €

La situation financière de l’exploitation, se fait bien souvent par le calcul et l’analyse


des ratios du bilan. Cependant, les éléments d’actifs étant inexistant il est impossible pour moi
de l’évaluer précisément Toujours est-il, la situation financière de l’exploitation a toujours été
saine depuis trente ans.
L’incendie de leur maison a eu pour effet « positif » l’obtention d’une somme d’argent
importante liée à l’assurance. Cette somme a permis non seulement d’investir dans la

40
reconstruction de leur maison, mais aussi d’investir une partie dans leur exploitation agricole
et ainsi de répartir les investissements sur le long terme. Et ce, d’autant plus qu’ils n’ont plus
besoin de reconstruire une maison pour une famille de quatre personnes étant donné que leurs
filles ne vivent plus chez eux. Ce qui leur laisse une marge de manœuvre financière
intéressante.

IV.2.1. Le chiffre d’affaire

41
V.CONCLUSION DIAGNOSTIC GLOBAL
ATOUTS CONTRAINTES

Matériels • Matériel en propriété :


disponibilité • Matériel vieillissant le plus
• Gros œuvres : ETA, bonne souvent : quelques panne.
entente. •
• Entraide pour le foin
• Chèvrerie sur le lieu
d’habitation
• Pas de mauvaise odeur : • Stockage des fourrages distant
Bâtiments bonne aération des bâtiments •
d’élevage
• bâtiments suffisant aux
orientations choisies
• Entraide
• Bonne organisation des
Main d’œuvre tâches qui permet un gain de
temps au niveau du travail •
• Temps de travail annuel
maitrisé

Troupeau • Valeur génétique intéressante • Virus du CAEV

• Une partie de l’exploitation


est en fermage
Foncier • Parcellaires regroupés
• Terre ayant un bon potentiel
agronomique

42
Environnement

ATOUTS CONTRAINTES

- grand axes routiers - peu de ruisseau et sources abondantes


- région touristique - sécheresse estivale
- climat tempéré - peu de fourrages en été
- température satisfaisante - pression foncière importante
- bonne qualité des terres
- Un seul site : facilite la surveillance
des animaux
- 100 % des terres mécanisables
- proximité grande ville (Tours)
- forte entraide

43
S’organiser pour dégager du
temps libre pour être en Dégager un revenu Conserver un certain mode de travail manuel, en
famille/amis et les travaux suffisant pour les accord avec une définition particulière de la Assurer le bien-
d’aménagement dans la maison besoins de la paysannerie, tout en améliorant leurs performances être des animaux
suite à l’incendie. famille

A B D
C F
Répartir le travail E
Limiter Avoir des
pour gagner en Valoriser les Disposer d’un matériel suffisant Réduire les coûts de
l’utilisation bâtiments
efficacité/performan et disponible sans trop investir mécanisation
produits des intrants fonctionnels et en
ce financièrement bon état de surface
B. Vente
sur F. 1982
A. 1981 C.
B. marché déménagement
rejoint Transformatio F. 1986
Installation s et location
par son n fromagères agrandisse
Philippe en A, F. des « Petits
épouse ment de la
1980 Installation Champs»
chèvrerie
salle de
A. Saillies
traite 1992
naturelles A.
Installation
C. Assolement clôture F. Parcs à
100% prairie boucs
A. Chevrettes
A. F. Arrêt
élevées sous
du libre A. Pâturages
la mère
service tournants A.
Croisières :
34 chèvres F. 2007 auto-
D. 1993 D. Achat construction
Achat camionnette agrandissement
tracteur marché D. 1990 de l’appentis
d’occasion achat des
D. Récupération « Petits
de matériel Champs »
d’occasion
45
PARTIE 2 : ETUDE DU PROJET
VI. PROJET

VI.1. Problématique
• Afin de justifier le choix de ce projet, revenons sur les points clefs du diagnostic
présenté précédemment. Les points faibles dépendent directement des pratiques de
l’exploitant. Points faibles hiérarchisés du plus important au moins grave.
- Troupeau touché par le virus du CAEV d’où une production laitière en baisse.
Pérennité de l’exploitation difficile avec le virus.
- Faible trésorerie.
- Matériel vieillissant.
- Prairies vieillissantes à renouveler.
- Rendements des fourrages variables liés aux aléas climatiques
- Pas d’optimisation de la surface des bâtiments (ex : les cornadis prenant plus de place
car les chèvres ne sont pas écornés)

• Finalités de la famille
- S’organiser pour dégager du temps libre pour être en famille/amis et les travaux
d’aménagement dans la maison suite à l’incendie.

- Conserver un certain mode de travail manuel, en accord avec une définition


particulière de la paysannerie, tout en améliorant leurs performances

- dégager un revenu suffisant pour les besoins de la famille


- assurer le bien-être des animaux

• Menaces et opportunités

Menaces Opportunités
Augmentation des prix des céréales Fromages fermiers ayant le « vent en
Transmission de l’exploitation impossible poupe », bons débouchés car changements
« mise au norme » couteuse. dans les habitudes de consommation
PAC en faveur des éleveurs
Lait de chèvre recherché, dynamisme de la
filière caprine qui a un fort potentiel

Problématique : Comment pérenniser l’exploitation afin de faciliter sa transmission ?

47
VI.2. Pistes possibles
- Augmentation de la SAU (location ou achat de terres)
- Augmentation du troupeau avec deux possibilités : soit écorner tout le troupeau et
donc plus de place pour mettre plus de chèvres dans les bâtiments ; soit construire
agrandir le bâtiment existant.
- Abattre le troupeau et le renouveler entièrement pour avoir un troupeau sain
- Passage au bio.

L’élevage de Philipe et Marie est un modèle extensif dont les pratiques agricoles sont
proches de celles de l’agriculture biologique. La conversion de l’exploitation des Lelong à
l’agriculture biologique aurait pu être un projet ayant pour objectif principal l’augmentation
du prix de vente des fromages grâce à l’acquisition du label bio. L’obtention du label bio
aurait aussi permis aux Lelong d’obtenir des aides de l’Union européenne afin de mettre en
place le changement. Pourtant, ce projet n’a pas été retenu principalement car l’agriculture
biologique est déjà bien ancrée chez les Lelong. En effet, ce projet n’aurait pas entraîné de
changement dans le travail des éleveurs, et peu dans l’alimentation des animaux. L’élevage de
Philippe et Marie est déjà pratiquement bio et la conversion n’aurait pas apporté de plus value
vraiment intéressante pour le futur de l’exploitation au vu des nombreux points faibles. De
plus, il n’est pas sûr qu’ils puissent vendre leurs fromages plus chers vu leur clientèle. Enfin,
nous disposons de faibles données économiques pour la mise en place de ce projet. Le
passage au bio ne fait pas partie d’une de leurs finalités étant donné qu’ils travaillent déjà de
cette façon.
L’accès au foncier étant très difficile (peu de terres libérables, forte concurrence…)
l’augmentation de la part cultivée n’est pas envisageable.

Piste retenue
En revanche, pour l’augmentation du troupeau, celle-ci reste possible et permettrait non
seulement une meilleure rentabilité mais aussi une pérennité certaine, avec la possibilité de
retransmettre l’exploitation.
→ Agrandissement du troupeau + agrandissement du bâtiment existant + aménagement de
l’ancien bâtiment en salle de traite.

48
La modification de l’aménagement de la chèvrerie existante, sans pour autant agrandir, ne
serait pas judicieuse. En effet les conditions de travail, seront plus contraignantes, du fait
d’une surface restreinte même si les éleveurs décidaient d’écorner le troupeau.

VI.3. Mise en place du projet

Etapes chronologiques :
- Nécessite la demande d’un permis de construire → délai de 3 mois, ainsi que les
demandes de subventions.
- Agrandissement du bâtiment existant (cf. annexe n°3) = 57,5 m2
Les recommandations minimales sont :
Une surface aire paillé entre 1,50 et 2 m2, l’agrandissement permettra une surface d’environ
2,4 m2.
Une longueur d’auge comprise entre 0,35 et 0,40m elle serait de 0,5m.
Enfin, il est préférable d’avoir une largeur du couloir de distribution d’au moins 4 m afin de
permettre le passage du tracteur

- Agrandissement de la fromagerie.
- Déplacement du quai de traite, parc à boucs, salle à grains, stockage fourrage
- La plupart des aménagements seront faites en auto-construction, ce qui permet de
limiter les coûts de main d’œuvre.
- Demande de financements auprès des banques et de la Chambre d’agriculture pour
obtenir des aides.
- Achat de chèvres, 20 supplémentaires. Acheter dans un élevage indemne de CAEVet
d’un bouc pour la reproduction du nouveau troupeau.
Coût : 200€/chèvre = 4 000€
- Achat de petits matériels pour la fromagerie (faisselles, bacs, …). =
- Dès la première année, une dizaine de chèvres seront reformées ; Le renouvellement
sera fait sur le second lot qui est indemne de CAEV.

49
50
VI.4. Financement du projet
Terrassement 1 100

Fondation, maçonnerie 3 000

Kit (charpente, bardage, couverture,


portes, visserie…) 7 500

Electricité 320

Adduction 350

Cornadis 300

Chèvres 4 000

Equipement fromagerie 200

Montant total de l’investissement 16 770

Subvention 6 708

Emprunts 10 062

Le projet est financé à 60% ou 50% par l’emprunt et à 40% ou 50% par les
subventions provenant de divers acteurs : l’Etat et le Conseil Régional.

Emprunts
15 000 € à 4% sur 12 ans
Anuités de 131,33/mois
Coût totale de l’emprunt = 3 911,52 €

Subventions
Plan de modernisation des bâtiments d’élevages

51
Le projet sur l’exploitation de Monsieur et Madame Lelong nous amène à la catégorie
B, à savoir : les investissements des demandeurs non jeunes agriculteurs concernant le
logement des bovins, ovins, caprins.
Un projet relève de la catégorie « logement » dès lors qu’au moins 60% des coûts sont liés au
logement. Sont éligibles les projets de construction d’un bâtiment neuf, d’extension ou de
rénovation d’un bâtiment existant. Les investissements éligibles doivent contribuer à
améliorer le niveau global des résultats d’exploitation.

 Conditions d’obtention et montant de la subvention.


Auto-construction : la main-d'œuvre est prise en compte dans le calcul de la subvention dans
la limite de 50% du montant des matériaux nécessaires à ces travaux. Cependant, les travaux
d'électricité, de couverture, de charpente ou qui concernent le poste de gestion des effluents ne
sont pas pris en charge.

Éléments favorables Éléments défavorables


Produits en plus Produits en moins
- Marge brutes (746x20)= 14 920 €

Charges en moins Charges en plus


- emprunts (131,33/mois)= 1 575,96 €

- cotisations MSA = 2 984 €

14 920 € 4 560 €
Variations du résultat + 10 360 €

Ancien Résultat
net 24 913 €

Nouveau
résultat net

35273 €

Prélèvements Marge de
Annuités
La marge brute de référence est celle de 2008.privés sécurité
1 576 €
22 000 € 11 697 €
52
Augmentation des ventes fromages et de chevreaux
Augmentation des frais d’alimentation et d’élevage. Pour autant, les prix des concentrés
pourront être tirés vers le bas, grâce aux quantités d’achat plus importantes.

VI.5. Conséquences
La mise en place du projet a des conséquences sur l’organisation du travail et la qualité de vie,
dans divers domaines :
Alimentation
- Les bottes rondes pourront être déroulées dans le couloir d’alimentation, la distribution
du foin sera plus facile.
- Il sera possible de curer toute la chèvrerie au tracteur
Salle de traite
- La désinfection du poste de traite après chaque passage du second lot indemne de
CAEV sera nécessaire.
Générales
- La conservation d’un élevage à taille humaine est rendu possible par le maintien du
nombre d’UTH. En contrepartie, la surcharge de travail engendré par l’augmentation
du troupeau est certaine. Toutefois elle offre des avantages dans l’organisation des
tâches et vient compenser cette surcharge.
Financières
- Très faible endettement de l’exploitation
- Rentabilité améliorée.
Conséquences juridiques et fiscales
- Pas de changement, le tout est de ne pas dépasser un chiffre d’affaire, à hauteur de
73000€ pour rester sous le régime du forfait et de maintenir un troupeau inférieur à 80
chèvres afin de pour ne pas engendrer des mises aux normes trop importantes.

VI.6. Risques encourus

Le risque majeur reste celui d’une contamination du second lot de chèvres par le virus du
CAEV.

53
CONCLUSION

Dans le cadre de l’étude de l’exploitation caprine de Monsieur et Madame Lelong, la


réflexion s’est structurée autour de la dimension pérenne de l’exploitation, afin d’en faciliter
la transmission.
Dans cette optique, les solutions étudiées au cours du développement se sont focalisées sur
l’extension du bâti au sein de l’exploitation des Lelong, notamment en envisageant
l’agrandissement du bâtiment existant et aussi l’aménagement de l’ancienne salle de traite. En
outre, une optimisation de la gestion du troupeau, par sa séparation en deux lots distincts ainsi
que son agrandissement par l’achat de nouvelles bêtes, constitueraient des solutions concrètes
à apporter à cette exploitation pour en assurer le caractère pérenne dans son avenir.
Enfin ce projet convient parfaitement aux attentes des deux exploitants. Les résultats obtenus
d’un point de vue technique sont satisfaisants, le troupeau ne pourrait en tirer que du bien être
et cette étude permettrait aux exploitants de continuer la fabrication de produits du terroir et
de qualité.

54
ANNEXES

Annexe 1 : Carte des AOC dans la région Centre

55
Annexe 2 : Contrôle laitier 2006
mise- CONT CONT ran
bas CONT 01 CONT 02 03 CONT 04 05 Nbre LACTATION g

15-mars 17-mai 11-juil 12-sept 11-nov jours

1 MILK 16.04 3,15 2,85 1,85 1,3 259 474 31

2 MUSCADE 26.01 3,05 2,75 2,7 2,35 1,65 289 723 13

3 NAÏADE 25.01 3,3 2,65 2,55 1,75 0,9 290 647 19

4 NOUGATINE 15.02 2,6 2,5 2,1 1,4 229 492 29

5 NUANCE 14.02 3,65 3,9 3,55 2,55 1,85 270 837 10

6 OMBRE 29.05 4,4 3,05 2,45 190 594 23

7 OPALE 24.01 3,75 4,15 180 711 15

8 PAPAYE 28.01 4,45 3,4 2,5 1,55 0,5 282 699 16

9 PEPITE 18.02 4,5 4,7 3,75 2,45 2,15 266 934 5

10 PIROUETTE 16.02 3,95 2,95 2,2 1,45 228 601 22

11 RASTA 16.02 4,95 4,65 3,3 2 0,8 268 842 9

12 ROSEE 17.02 4,5 5 4,25 2,75 1,25 267 948 4

13 SILOË 24.02 3,7 4,5 3,4 1,7 0,5 260 718 14

14 SPIRALE 20.02 3,5 4,3 3,85 3,3 1,7 264 879 6

15 SQUAW 21.02 3,4 4,45 3,9 1,8 1,05 263 767,96 12

16 TEQUILLA 24.02 4,2 5,1 4,75 3,75 3 260 1081,6 3

17 TZIGANE 16.02 3,2 3,3 2,85 2,25 228 661 18

18 UHLAN 15.02 4,45 3,3 2,15 0,75 0,5 257 573 24

19 USHUAÏA 29.01 3,75 3,7 3,3 2,6 1,8 285 864 7

20 UTOPIA 24.01 4,9 4,05 4,25 3,75 1,9 311 1172,47 2

21 UZNAM 22.04 2,8 3,05 2,3 1,6 203 495 28

22 VERDURETTE 30.01 3,6 3,2 3,55 2,2 1,65 285 809 11

23 VERVEINE 26.01 2,65 2,7 2,65 1,9 1,3 289 647 19

24 VITAMINE 27.01 4,45 4,4 4 2,45 2,35 338 1193 1

25 VOYAGE 25.01 3,1 3,75 3,25 2,45 1,6 300 849 8

26 VOYELLE 29.01 3,15 2,85 2,75 1,9 1,5 286 694,98 17

27 ABSINTHE 23.02 2,55 2,95 2,4 1,7 1,35 261 572 25

56
28 ACACIA 15.02 2,55 2,7 2,5 1,45 0,95 269 546 26

29 ALUNA 19.02 2,45 2,35 2,1 1,5 0,85 265 490 30

30 AQUARELLE 21.02 2,05 2,8 2,6 2,25 2,1 263 621 21


31 ARNICA 20.02 1,65 2,4 2,3 2 1,4 265 517 27

MULTIPARES: 19907 /26 = 765 litres

PRIMIPARES: 2745 /5 549 litres

TROUPEAU: 22652 /31 = 730 litres

57
Annexe 3 : Plan des bâtiments existants

58
BIBLIOGRAPHIE

Articles

« Des indicateurs pour analyser les résultats de l'exploitation caprine », in L'Egide, n°23, juin
2001. http://www.crdc.fr/pdf_legide/indicateurs.pdf

Sites Internet

Chambre régionale d'agriculture du Centre, www.centre.chambagri.fr

Chambre d'agriculture d'Indre et Loire, www.indre-et-loire.chambagri.fr

Centre de Ressources de Documentation Caprine, www.crdc.fr

Groupements de défense sanitaire, www.gds38. asso.fr

Direction Départementale de l’Agriculture et de la Foret d’Indre et Loire,


www.ddaf37.agriculture.gouv.fr

59
LEXIQUE

Ha: hectare

SAU: Surface Agricole Utile

UTH: Unité de Travail Humain

Q : quintaux

Cv : chevaux

AOC: Appellation d’Origine contrôlées

DPU: Droits à Paiement Unique

PAC: Politique Agricole Commune

DSV: Direction des Services Vétérinaires

PBC: Prime à la Brebis et à la Chèvre

UGB: Unité de Gros Bétail

ICHN: Indemnités Compensatoires de Handicaps Naturels

PHAE: Prime Herbagère AgroEnvironnementale

T: tonne

MS: Matière Sèche

EBE: Excédent Brut d’Exploitation

BFR: Besoin en Fond de Roulement

CAEV : Arthrite Encéphalite Caprine à Virus

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