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42 LE SALON) FANTIN-LATOUR ET M. GERVEAX Dans Iarticle, géndral et d'onsemble, quo j'ai consacrd au Salon, je m'étais promis do reyenir sur les ceuyres de ceux-lA parmi les artisiss qui, par la huute conscience ot Jn profondenr do lour talent, s'imposent aux erprits réfldchis, En promitre ligne, re présente M. Fantin-Latour*A travore I'é- cwurante monotonte des salles, pleines du radotage sempitgfrol do Vart, Mooil revient avec Tapaisomg@ qui succddo aux coléres | Légitimes, A la magnétique tolle que le livret du Salon intitule modostement : Autour du iano. Un compositour connu, M. Cha- stan piauo, Ses mains frappent le . Devant Jul-un audileur, vu do profil, écoute assfx A rebours sur sa chalse, 2u dogster de laguelle ses br: Un autre auditour, plus” pensi dans une reverie douce, écoute également, Ademi cachd par deus personnes debout, dont’ une tient en main une cigarette al- lumde. A gaucho du tableau, derridre lo musicien, sont debout aussi trois autres personnages. L’un d'eux qui vient d’entror ja gardé son chapeau sur la tbe. Ce sont des intimes réunis pour causer musique et art. Autapt de figures, autant de por- trails, Fatiguée dos Flours de mai, des Petits orphelins, des Femmes algériennes, dos Antiquaires, des Nymphes do Montmartre et des Aurorce do la barriore «'ltallo, accrochent sans pudeur aux muratiles | pour ta jola du public qui ne vient chercher dans ceite halla que Ja sensation odiouso \dua jolim, YAme r¢ ressalsit, so recuellle ‘devant ca tableau, d'une saveur plcturale forte et déliciouse. Ce qui frappe tout d's Lord, c'est le peu de chariatanisme de I'uu- yre, A une époque oi tout auteur queloon- quo d'un travall dart se croit obligh A jeune de la grosse caisse ot, déguisé en queue rouge, & distriluer lul-méme sos prospectus aus badauds. Fantin-Latour est tn des nome les plus purs de Wart coo- femporain, lout & fait ea debors de cette jmullitude’ de nome qui trodemt & so- combrer lee Nouvelles dad four des jour navx_partsiens, ot qal pe dispaleat entre fax Bye) Wellichera wh plus groe carsce teres Sur tee murs, les klosques et les % L atmgiteenel Kap wis tontate omibus. La vie de l'artiste, arrivé sijourd' La mantioe maturité de 1'Sge et du ta! stest tout entiére ¢ onscrite dans le calme ce L'atelier, ennemie du tapage suspect et des lowanges que 14 camaralerie teinte le plus souvent de vague mystification. Ausoi aalme que son cargotors ét quo 28 vio, a) caine I talent pe rBvtlo sgn labour ine ge, | tral, falt do-serelae et Intense méditation, Ire un-raypn'de Inlumiére retrourde ONG sonk fouss, sane fOvro, le pinooau of Ya magle das malires ancions. es Volld longtemps que M. Fantin-Latour callive on malize..ce-cola de Ja -peinture Mintériour, qui est & la fols du portrait et Sa ser dt la paychologie ot do. Vastlon. |Ause lola que mawsmolre paut romaplan, ; Jeno rouye seal qui qit Su yroupor au- jour d'une tablo, dea poravunages absolu- mont. difMeents d'allure ot qu'uniasent | cepondant une sympathlo inysléfiouse of ue ponsée commune, Hdlas I"los ‘plus fa~ Tousas do sos dolles ont dtd -aobetéas par TAnglotorro. Liexposiiion des Porirails du Mdelo‘nous asnoniré callo, ofi.Aedtd de Mn- (3 notXblond et révour,-A cbté do Baudolatro, vr ot ancerdotal ave son malgro. visego amid ot bloudtre, Aguro lo pointre lul-mnéma ‘en nejgouses manchos do chomiso, ot tonant song 20n Pouca Ja palotto dont il tire ae 8) 4g dingrblos ‘ot do nl largos harmontes.”Colty fnndo, dans to tableau appels : Autour dy ann, artiste attelnt un tol dogré do Por mn quo Ta distingtion pulssanto doy, rsiqtio, fait hurler A c8ts do Il 108 Hotog fotos, palo-mala, par! orchestro bralljard dos colariates avortdn, Tis aujot, chez Fantin-Latour, oat dog plus ahinplos tonjoura; ML sled aux forts da ho polut vouloir donner A co qu'lla font auten Intéedt qua colul qul diane propre mont d’oux-mdmes, Da plus il ost moderna, Tt fontends par lA qu'il ost do Ia vio do fonjourset non do la résurroction mala droite d'un passd précis ot qul ost mort Samais Fantin-Latonr wira tirar do Pomn- bro dos légondes ot des mythologies, spec {rox surannés, apparitions falottes dont chaqno Salon'est encombrs ot dont nous n’avonsmémo plus la force de sourire. Il est bion un peintro de son temps, commo fous les vrais of grands artixtes furent los pointres du four, comme I'a Sté Rembrandt, Inalged nex actnes hibliquer, Rubons, inal grb os donconted do croix, Lonard do iat Vinel, malgré los Viorgos ot los Enfants-Jd- | min, Paul Vérondgn, malgrs los Noces do Cana, Qu'uno fantalslo archarquo nal dans le corvoau dun artiste pour y flourir tn jour ot s'y anor lo lonsomain, on te cougoit, mais IL nest pas adintasiblo me col art no rofléte pias Jos lnagos amblantes Sino se calorn palnt dos impressions res- aentios, I] pout remonter aussi loin quiil Voudra Tor routes povdrensos @u pass, Menvolor aussi haut qua le parloront, ses niles dans to domaine Imnginatif du rave, pourvis que Piuninnité palpits on 80% 1o- Ponstitutions ot vibro on sex Santnisios, Co nest pas habit qui m'importe, cst co wil y a, sous "habit, d'dme dpanouie otde Chair vivanto, Done, parmi los modornes, personne n'est plus osrenticllomont | mo- Horne que M. Fantin-Latour, solt qu'il ras semblo autour du buste do Delacroix des Tittérateurs et des poles, soit qu'il poncho sur un livre, sur ua ddlicst ouvrage do | fonme, une tte blonde que la lumicre 1 Daigno'de rdverio et de nonchalotr, solt | quill dlovo & la Musiqua lo poétique monu- | mont do sos adintrables lithogr aphios. & Rion do plus discret quo Uamoublemoat qui sert do fond A ses tableaux : un fautoull sans los sculptures oi s'accrochent los rayons papillotants qui sédulsont !amatour naif; un mur sans tabloaux, sans. bibelols, sans glaces; pas de draporios éclatantos, aux plis cassia do lumidro ; quolquofols, geulo- mont, se mourant doucoment dans!’ ‘ombre, tun bouquet de Larges flours A qui la sGroté do Ia touche Ialsso leur earacitra dp vie fragile, of oolte fratchour d'improvisation que la nature olle-méme somblo motiro 4 | the créer, Les physlonomles quil anime | guid portent toutes le souci ‘ou I'impression do pensso moderne, Et c'ost on quol il est un grand psycbologue, et c’ast pourquoi Il) eat, en méino temps qu'un peintre magnii- gue des corps, ua éyocatour pulssant des mes. an