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33. CHRONIQUES PARISIENKES Leafristesse de ML. Boulanger M. Boulapger¥artiste peintre et pro- fessour & I'Ecole des beaux-arts, vient de. publier un manifesto, uno profession de foi, un discours de distribution de prix, une déclaration ministérielle, ce quo Von voudra sous forme de lettre « & nos Jéves ». Co manifests est manifestement ; curicux, en cesens qu'il exprime claire ment, par des phrases — ct non plus | par des votes secrets dans les jurys — Vadoration de toute une coterie pour sainte Routiue, la sainto la plus feéo de tout le calendrier académique, ct les haines porsistantes contro les -tondances indépendantes de quolques artistes. 11 faut voir avec quol mépris M. Bou- anger traite les pauvres diables qui, on dépit de tonto pudeur, osent abandon- ner les traditions glogicus:s ot les le- cons définitives de PKcole, pour rep senter les choses ot Irs éres qu’ils voicnt et tels qu'ils les voient. Poindre des hommes avec lours vétements modernes, Jos arbros avec leurs feuilles moderies, fet maisons aveelours fazades modernes, Io soleil avec sa lumitre moderne, n'est- ce point Jo dernier mot de l'impuissan- co, do Vimpertinence ct du mauvais gout? ‘M, Boulanger n'a jamais roncontré dans la nature que dos Romaines et des Grecques on carton ot: on péplum, do- hout mur des péristyloy do tomplas ou bien assises sur dos colonnos dé mar- | bro tronquéos, un luth & la main. Co | qu'il volt journollemont au fond dos | hots ot le long de nos rues les plus frd- quentéos, co sont des nymphos toutos nos qut'so mfront on Voau dos sources, ot dos honskodmos ornés do casquos, | ayco : loves’ mollots, nus, quadrillés: do | bandolettes’ ot lours. bras: tondus quo tormine un bouclier, ;Naturellonont il} a’étonne quo chacun ne vole pas:da-ménio | fagon.quo lule-sic,'o4 Siz set ral Alusas ceriont-il- avoe uno. gyandj trlatesie, quio Ja ‘princlpalo cause’ do la décadonge' ot nous sommos tonsbés, vlont do cq quo les paintres. nb’ solgaont | plus: see saben dat ot do--luttes §; qu’lle,ont “Iai: 0 ‘mantle d’hab) ut par Gedgnatge jpar ibotioll at doldogurae tos cublact hod pl reo i propres, ca bal eats is. trbvepe | 8 des vioux pratesn 4 ae ut, 06. qui est! Lo soul moyen'dé tomédior 4 Io, décadonco ot do'rondro: ajl'art gnl- ¥anisd sos anoions at magnifiques presti- _ Bes. Gardez=vous do Poriginalit, dit-il- foriginalité ost fillo do la paresso ot de. Vignorance, Copier les mailras servilo-, ment, voilA oft sont le travail. et lo an-| voir. jui devint notaire.’ II copiait les billots de banque si exacte- ment quil gta impossible de recon- naitre les vrais dos faux, Lui-méme se trompa, ot un jour, pour payer son tor- j me, ae servit des biflots qu'il avait co- pigs, Oo to miten prison.°Bf, Boulanger Pett sans douto médaillé, © | Evidomment, M. Boulanger ‘est. un brave homme, et do plus un homme vaincu. On ne fait pas dea ‘tableaux comme les sions par fanfaronuade, et on u'expriino point de pareilles opinions pour lo soul plaisie d’emettro wn parn- doxe, — qui ne serait pas deile d’ail- leurs. Crest done avoc une grande ‘loyauté, jo me plais A lo constater, quo ico vieux professoyr oxposo es doctrines de'l'arL infécond et servile, ot qu’il-appolle sur In-génération d’artistos qui’sucstdo & la sionne, le triompho ternal do I'éter- nolo médiocrité. I Ino faut point s'en Gonner, il no faut point surtout s'en alarmer. Cos idgos rétrogrades, c2s aveu- gloments que ne désille aucund lumitre, cos plaintes radoteusos do’ professetrs momifiés, on face d’inspivations jnqui tes of tourmentées. vers un’ idéil nox: yoatt, ne sont point: nuisibles,' autant qu’on Io croit, a-la direction do'l’art ni 2 ses destinéos.souveraiues. lls! peuvent | triompher dans les jurysdu Salon, Mais | que faitcela aujourd'hui ? Le Salon n'a plus Vimporance qu'il avait autrefois, et sa (yrannie émous- séo ol ses ostracismes ridiculisés ne font | plus peur & personne. Las expositions indépendantes, de toute attache offi- cielle, libres de ‘toute coterie, - tendent chaque jour & a0 multiplir, Tivraut & Is discussion los noms honnis,: les au- vres repoussées, vulgarisant les efforts, habituant Ie public & micux jager. & comprendre toutes les divorsites de Vart, toutes ses’ formes de création qui se cherchent att milicu des tilonnements, des exagéralions et des incohérenses, avant de 6c fixcr définitivement dant Ia pérfoction ou de tomber dans Vimpuis- sance. Ces expositiotis particlles ont donné.un coup morte! aut Salon, et le. temps n'est pas éloigué ou cette inslitn- » tion tombera, comme beaucoup dautres, sous le poids do ses fautos, ot ajissi, ious lo poids du temps, A qui rien np!résiate, pas mame la routine, pas méuig la diocrits, | Les doctrines de M. Boulanger n'ont aucune action, aucune influence, bonne ou mauyaise sur les howmes;! il faut quil en soit” bien convainen,) 11 peut Gorite dos lettres, entasser voluines ‘sur volumes et prononcor tous ‘Ies |discoui qwil voudra, lettres, volumes otdiscours n'améteront’ aucun changement dans Ja disposition des esprits qu'il veut frap- per. Il no fora pas que ces idées don- nent du talent & coux quien manquent, ou bien qu’elles enlayent le'géuia A co quien ont! as S SP) oe aa i ae de eee a dessi tee