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RE PEE nat « CES MESSIEURS » ET LA CENSURE = _ On's‘imagine, volontiers, au tapage quil m si vaillamment que M. Brieux, ’honnéte Brieux,”~ est'le seul auteur dramatique dont les piéces eee aient été, soient et %eront interdites par la Ce’ sure. Eh bien! il n’est pas le seul. Si extraor- dinaire, si inconvenant que cela puisse parattre & M. Brieux, il doit en prendre son parti, il y en a d'autres. Il y ‘a, par exemple, M. Georges Ancey pour ne citer que lui, aujourd’hui... Et, bien quil ne parle pas, a tout bout de champ, de rénover, de fond en‘comble, la société, bien que soixante _. reporters ne songent pas 4 se réunir en ae pour le saluer a Varrivée du train de Berlin, . M. Georges Ancey me semble un dramaturge d’une autre envergure et — l’honnéte Brieux me par- donne! — d’une autre portée sociale que le pres=) tigiews et actif auteur des Avartés... J’ajouterais - aussi, d’une autre signification littéraire, si cela pouvait venir en discussion. Mais il ya longtemps que VhonnétBrieux a, spontanément, honnéte- ment, et parce qu'il ne pouvait faire autrement, « CES MESSIEURS » ET LA CENSURE Que ? yenoncé A toute espéce de littérature pour la carriére plus noble et moins difficile de l’apos- tolat... On ne peut pas tout, avoir... “Donc, la Censure a interdit: Ces Messieurs, ; pidce en cing actes de M. Georges Ancey... Or, 4 comme M. Ancey n’a pas Je génie de l’apostolat, a se contente de vivre silencieusement, dans . son coin, en écrivant des wuvres fortes et belles, od ne donne point de 9 4 41, des consul- — comme il _yexatoire, arbitraire n’a indigné personne, 18 ‘me inquiété personne... On a mentionn@e : ent, on a enregistré cet acte de défe A publicaine en deux lignes succinctes, sans le © ‘moindre commentaire, dans un coin perdu des § ". journaux... Et ¢’a été tout!... Bae | \ Yee Et que pouvait-il arriver d’autre, alors que _‘Vhonnéte Brieux tenait la scéne et les scenes, et ; Jes journaux et la rue, et les dispensaires et. les académies, et les bureaux de nourrices, et les | Parlements, et les fifres, les tambours, les grosses — gaisses, ef jusquau pacifique M. Trarieux, qui. “ne parlait, pour venger Voffense faite & pre de rien moins que de lancer contre M. Roujon, ennemi de la science et de Vhygitne publique, toutes les troupes de la Ligue des Droits: de YHomme... : 4 Il se passa des choses véritable et qui donnent, quoi qu’on dise, Re parisienne... 2% - On vint interviewer M. Georges Ancey. ment délicieuses | du prix a la view 258 GENS DE THEATRE reporters s’enallérent, bourrés de documents, et Von vit, le lendemain, dans les journaux d’infor- mation, d’énormes articles, couronnés de titres gras et de sous-titres sensationnels : Nouvel explait de la Censure. © Ces Messteurs » Georges Ancey protest ‘Likowmme'et TBerivain 9 Le Prétre au théétre Le Thédire au Vetican ? ' Ctrt@uses révélations Quelna faire Antoine? Et dans ces articles, intentionnellement cons2- erés & Georges Ancey, et A Ces Messieurs! par une sorte de miraculeuse eiirrésistiblesuggestion, il ‘n’était, d'un bout a Vautre, question que de =~ Vhonaéte Brieux et des Avariés... On vint intetviewer Antoine qui devait repré: _-senter, sur son théatre, la pitce de M. G ge ~“Ancey. Et ce brave Antoine, aprés de fougue déclarations, d’un ordre général, contre la Cen- sure, ne parlait, lui aussi, quede l’honnéte Brieux et-des Avariés... Ces Messieurs, fit Georges Ancey, n’existaient pas, p’existaient plus. Et il se trowvait, toujours, par hasard, que l’honnéte Brieux fat : réellerent présent aux interviews, qu'il fit dans le téléphoge, dans le graphophone, dans le phono- graphe, ou encore qu'il animat de sa présence astrale les boiseries, les fauteuils, les tiroirs, les