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Memoire Dapalmaebrito(2)

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La Seyne-sur-Mer en promenades
Se promener, un outil d’aménagement du territoire : vers un mode d’emploi
Mirabelle da Palma e Brito 4, rue Ledru Rollin 13150 Tarascon mirabelle.da-palma@wanadoo.fr
Mémoire de DESS/Master 1 Formation Continue Urbanisme et Aménagement du territoire 2003/2007
Président du jury : Sandra Thomann Directeur universitaire : Michel Chiappero Directeur professionnel : Hendrick Sturm
I.A.R. – Institut d’Aménagement Régional Université de Droit, d’économie et des Sciences d’Aix en Provence 3 avenue Robert Schumann - 13628 Cedex 01 Aix en Provence
Merci …
… à tous ceux qui y ont cru, qui en ont ri, … à tous ceux qui ont été proches ou lointains, ponctuels ou constants dans leur aide et soutien.
… à tous ceux qui ont rendu ce parcours universitaire possible et enrichissant.
… à tous les promeneurs de la Seyne-sur-Mer, … à tous les promeneurs d’ici et d’ailleurs.
… à l’expertise in-design de Myriam Malette Moiras – Soleixa Communication
Encouragements … . à tous ceux quI oseront et afñrmeront leurs promenades dans leur temps et espaces professionnels.
Avertissement Les propos et leur agencement n’engagent que l’auteur. L’Institut d’Aménagement Régional n’entend donner aucune approbation, ni improbation aux propos émis dans ce mémoire. Ces propos doivent être considérés comme étant propres à leurs auteurs.
La communication est continuellement animée par une argumentation. Même dans l’information, on défende des idées, une vision des choses. Communiquer, dialoguer, c’est disserter, c’est à dire présenter un point de vue, plaider pour sa conception des choses, réfuter ce qui pourrait ébranler sa position, nuancer son jugement en corrigeant sa thèse en fonctìon des ob]ectìons qµe l'on décoµvre en pcrtìe ]µstìñées. (.) 0ìscµter, disputer, argumenter, c’est le commerce humain, l’échange entre les consciences, la recherche commune du mieux, la tolérance de la différence non violente ; c’est la pratique même de la démocratie. C’est vivre les droits de l’homme. C’est une faculté qui se cultive, et ce que l’on a intérêt à exercer et à développer le plus tôt possible. C’est un art par excellence de l’éducation permanente, qui exige une perpétuelle remise en question de soi. »
6ER6ELY T., NYSENHDLC A., lnformctìon et persµcsìon Ar¤µmenter, Ed. 0e Boeck Université, 1991
SYNTHESE :
LA PROMENADE, UN OUTIL DE CONNAISSANCE DU TERRITOIRE La participation des acteurs, un moyen de connaître le territoire Mots-clés : environnement, urbanisme, aménagement, participation des habitants, souffrance et bien-être psychique, santé, territoires pertinents et territorialisation des actions, le territoire de la Seyne-sur-Mer, le Grand Projet de Ville, la promenade outil de connaissance du territoire. Les questions territoriales à La Seyne-sur-Mer. La Seyne-sur-Mer est une ville de 60 000 habitants, située dans la Région Provence Alpes Côté d’Azur, dans le département du Var (83), entre Six-Fours et Toulon. Son territoire connaît des questions et problèmes occasionnant notamment une perte globale d’attractivité. Son activité économique est structurellement touchée par la fermeture des chantiers navals. Le centre ancien est socialement et physiquement dégradé. Ses territoires ont connu un développement extensif de l’habitat sans attache avec la partie centrale. La voIrIe est sous·dImensIonnée ; la faIblesse des lIaIsons et les dIfñcultés de stationnement posent des problèmes. Les ségrégations sociales et spatiales sont apparentes. La restructuration du quartier Berthe engage nombre d’études et d’actions. Le plan d’occupation des sols n’a pas su accompagner les évolutions de la population seynoise, ni son mode de vie, ni son mode d’occupation de l’espace, et n'a pas permIs de maîtrIser cet étalement urbaIn. Le PA00 de 200J ñxe désormaIs les orientations générales de son développement harmonieux1.
1 Direction de l’Urbanisme et de l’action Foncière de la Seyne-sur-Mer, rapport s de présentation du Plan Local
Politique de la ville Le diagnostic et les orientations du dossier de candidature de la ville de la Seyne- sur·|er (|ars 2000), le premIer rapport DFCECD (juIllet 2000), les ñches de programmation (juillet 2000) et la mise au point du Plan de Redressement de l'DPHL| de la Seyne·sur·|er (approuvé ñn 2000), ont permIs de cadrer les premIers éléments opérationnels du GPV (Grand Projet de Ville). Au cours du deuxième semestre 2000, des projets majeurs du centre ville ont été conñrmés : le CFA (ÌnstItut de PromotIon et de FormatIon aux |étIers de la |er), l'ÌUF| et le |ultIplexe. Les réßexIons développées dans le cadre des réunIons de travail avec les services de la ville (Renouvellement urbain, Urbanisme et Action Foncière, D.S.U., Développement Economique, Services Techniques) et l’OPHLM, ont permis d’approfondir les principes directeurs de renouvellement urbain sur Berthe, pour rompre l’isolement de ce quartier. La commune entend engager trois démarches : l’amélioration des conditions de vie quotidienne, par une gestion sociale de proximité et un développement des services à la population ; une action structurante de transformation du cadre de vie et d’amélioration du fonctionnement de la ville, pour lui redonner de la valeur et une unIté terrItorIale ; l'adaptatIon, la dIversIñcatIon et le renouvellement de l'offre de logements sociaux2. La mission Datar souffrance psychosociale et territoire intervient dans ce contexte.
d’Urbanisme, juin 2003 2 CHEMETOV P. – ORGECO, La Seyne-sur-mer Grand Projet de Ville, Rapport de Synthèse, 28/02/2001
La promenade, un outil de connaissance du territoire.
La marche est une technique du corps partagée par le plus grand nombre. Déclinée sous forme de promenades et de parcours partagés, elle peut être envisagée pour appréhender le territoire autrement qu’à travers une grille fonctionnaliste. Acte simple dégageant une richesse de contenus et relations, la promenade est un outil prospectif, qui place l’individu en relation à lui-même, à l’autre, et à l’espace. Apparaissant au premier regard comme aléatoire, informelle et subjective, la promenade détient sa propre dramaturgie, dont les effets produisent un regard singulier sur le territoire parcouru. Utilisée comme un outil, elle débouche sur la construction d’un savoir sur l’espace, ses usages, ses perceptions, ses vécus, et ses malentendus. Cet outil engendre du lien, de la relation, et très vite des opérations concrètes, à différentes échelles de territoire. Habitants, professionnels, concepteurs, élus, tous ces acteurs « mis en marche » produisent un savoir multiforme, qui constitue un contrepoint intégré aux outils traditionnels de l’urbanisme et des projets de territoire.
PRÉAMBULES DÉAMBULATOIRES
A Marseille en 2001 et en 2003 j’ai partagé des promenades avec des artistes et techniciens des arts de la scène en vue de créer une action artistique. En mars 2003, le projet ne prenaìt pas forme, et au hl des dìscussìons une compètence semblaìt manquer celle de l'archìtecte et ou de l'urbanìste, c'est à dìre celuì quì pourraìt avoìr une vìsìon physìque, technìque et sensìble de la vìlle, aìnsì qu'une vue sur les possìbìlìtès d'ìnterventìon artìstìque par le bìaìs de la vìlle. C'est aìnsì que - plutôt que de faìre appel à ou de chercher à faìre un bìnôme avec un archìtecte ou un urbanìste -, j'aì dècìdè de le devenìr (ou de croìre que je pourraìs le devenìr !!). 0e là à l'entretìen à l'lAR pour ìntèyrer la formatìon contìnue en urbanìsme et aménagement du territoire il n’y a eu qu’un pas. J’ai été admise dans ce «quota» d'ìndìvìdus à prohl « artìstìque ». Parce que « tu avaìs ìnsìstè et que tu avaìs une dèmarche de curìosìtè, un dèfaut ìndìspensable aux urbanìstes » me rèpondra-t-on aujourd’hui. ll m'aura fallu troìs ans pour plonyer dans ce lanyaye et pouvoìr commencer à m'exprìmer dans ses jaryons, après des enseìynements unìversìtaìres, des exercìces et projets collectìfs , un an d'expèrìences professìonnelles pour arrìver au poìnt ou une boucle semble bouclèe , et pour pouvoìr exercer avec prècìsìon mon nouveau mètìer avec ses outìls, en afhrmant une posture et le dèveloppement de l'outìl promenade (quì est celuì là mëme quì m'a menè à cet endroìt). Le travaìl de ce mèmoìre de hn d'ètudes valìdera au mìeux je l'espère, la clôture de la boucle. Le chemìn ne faìt que commencer. Un mèmoìre unìversìtaìre marque une hn de parcours, une ètape accomplìe. Professìonnellement, ce document valìde une posture et ouvre sur l'exercìce d'une profession, d’un métier avec un des outils qu’il me plaît de déployer : la promenade. Ce mèmoìre est l'occasìon de nommer et de dèhnìr cet outìl, aìnsì qu'une mèthodoloyìe, pour pouvoir ensuite en déployer plusieurs utilisations et applications.
Les tentatìons d'aller dans les champs voìsìns de l'urbanìsme sont nombreux avec la promenade, car elle a ses marques dans la sociologie, l’ethnologie, l’art. Le champ de base est bìen l'urbanìsme, mëme sì les ìncursìons chez les voìsìns seront nombreuses. Pour rester ou parler de chez soì, ìl faut à prìorì connaïtre ses « voìsìns », savoìr ce qu'ìls font et comment ils le font. L'unìversìtè seraìt le lìeu d'expèrìmentatìon, de prìse de rìsque, de provocatìon (plus vìs-à-vìs de soì mëme que vìs-à-vìs des autres) : le lìeu de la recherche, des lìmìtes et de leurs dèpassements. La mètaphore de la promenade est puìssante et dèclìnable à souhaìt! L'expèrìence dècrìte dans ce rècìt traìte d'une facette de l'urbanìsme : la partìcìpatìon; celle-cì en rencontrant et en approchant une autre : la conceptìon urbaìne. La prìse en compte de la dimension d’acteurs et usagers est croisée avec celle du décideur et du concepteur quì est plus « classìque et tradìtìonnelle» en urbanìsme et amènayement du territoire. La promenade m’aura permis de traverser cet apprentissage universitaire et professìonnel de l'urbanìsme ; la promenade urbaìne devìendra dans ma pratìque peut ëtre un sìmple outìl maryìnal. Et ce quì restera sera un ètat d'esprìt, une façon de faìre, de mettre en place des outils et des projets ayant pour attention et sujet : l’espace urbaìn et les usayers, en restant bel et bìen dans le champ de l'urbanìsme, maìs tout en côtoyant les champs voisins. Ce mémoire traduit des questions professionnelles que je me pose : la place du travail d'auteur dans une dèmarche professìonnelle, et le choìx de la posture professìonnelle: travaìller en lìbèral î Pour un bureau d'ètudes î En tant que charyèe de mìssìon dans une collectìvìtè terrìtorìale î En tant qu'artìste î Retourner à la culture et aux arts de la scène avec l'approche terrìtorìale î Pour la part volontaìre qu'ìl est possìble d'afhrmer dans tout travaìl, voìlà ou je souhaìteraìs arrìver en hn de mèmoìre, ou du moìns ce que j'aìmeraìs rendre possìble et rèalìsable : èlaborer des hches actìons ou la promenade est un outìl d'amènayement du terrìtoìre: à savoìr de dìaynostìc, de conceptìon, d'opèratìonnel, et nommer les opèratìons et prestatìons ; nommer les compètences nècessaìres à l'utìlìsateur de l'outìl ; ìdentìher les champs voìsìns, les relatìons utìles et nècessaìres, et les prolonyements ; ètablìr des hches pèdayoyìques d'apprentìssaye de l'outìl promenade.
INTRODUCTION
I. Choix du sujet Suite à 15 mois de cours et enseignements, et à une année d’expériences professionnelles dans le « milieu de l’urbanisme », j’ai choisi de réajuster mon sujet de mémoire. J’avais engagé en 2005 des recherches bibliographiques, un répertoire d’expériences et postures professionnelles de ce que j’ai nommé préalablement « l’outil promenade ». Ce travail menait à des pistes épistémologiques et à des questionnements sur ses aspects cognitifs. Par ailleurs, j’ai vécu ma première frustration en tant que consultante : « laisser les « choses · là ·, pour des raIsons pragmatIques, ñnancIeres et polItIques. Comme cela m'avaIt été dIfñcIle, pour moI mëme et pour les personnes avec quI j'aI travaillé et cherché au cours de la mission à la Seyne sur Mer, rédiger un mémoire universitaire est une façon de laisser quelque chose en plus, et peut être de poser plus profondément et avec le recul du « savoir » et du « questionnement » les éléments soulevés et mis en œuvre dans cette démarche. Aussi, la « dimension universitaire » ayant accompagné les deux missions d’Avisen en 2005 (celle des promenades menée par moi-même et celle de l’enquête sur la souffrance psychosocIale menée par AmandIne 7anveggelen), afñrmer par écrIt en une petite centaine de pages, l’apport de cette posture dans une mission d’urbanisme participatif me semble là pour le moins indispensable. Par ailleurs j’espère évidemment donner plus de chances à ce qu’il y ait des suites à cette mission à la Seyne-sur-mer, et qui sait, permettre à d’autres villes de tenter l’expérience de cette démarche encore peu connue, et assez originale, en dépit de sa simplicité et ses usages multiples dans divers champs. Il s’agit bien de mettre à jour une pratique vieille comme le monde disent certains, c’est à dire une pratique de bon sens qui peut et devrait devenir « obligatoire » et
incontournable dans l’exercice de la composition humaine et citoyenne des villes et territoires. Plutôt que des regrets, voici des sujets qui mériteraient d’être traités. J’ai abordé au cours de ces trois années de « composition et gestation » du mémoire ces sujets sans en aboutIr le rendu en «produIt ñnI·. La biographie des promeneurs, la « biographie » des promenades des auteurs -et pratiqueurs de promenades, le narcissisme des promeneurs, est un sujet à part entière. Auquel se relierait bien le pourquoi et le comment ces pratiqueurs se promènent. Sorte de préalable à toute démarche professionnelle utilisant la promenade comme outil. L’épistémologie de la promenade urbaine : l’étude des pratiques, des expériences -et dispositifs de et avec la promenade urbaine, ce qui permettrait de faire avancer la pratique et l’utilisation de la promenade comme outil. Le répertoire des expériences, des expérimentateurs, une veille des ressources -sur la promenade urbaine, ayant pour objectif (et gage !) d’enrichir les pratiques.
Des regrets (quand même !) : Ne pas avoir échangé plus pendant la rédaction de ce mémoire avec les personnes -qui ont joué un rôle dans cette mission, et avec mes directeurs de mémoire. Ce que je n’ai pas lu. - Ceux que je n’ai pas interviewés. - Toutes les promenades des autres que je n’ai pas marchées. - Toutes les promenades que j’ai imaginées (imaginer dans le sens de concevoir, -faire et partager). Tout ce dont je ne parle pas dans ce mémoire : le détail des promenades, des -échanges, les détails du territoire seynois, … les rencontres.
II. Questions, expériences, analyse et réponses
Ce travail prend la forme d’une restitution d’expérience commentée librement. De ce patchwork émergeront des pistes de recherche et d’action, ainsi qu’une méthodologie possible que l’on pourra raccorder aux métiers de l’urbanisme. La « mission promenade » à la Seyne-sur-mer est le fruit d’une démarche intellectuelle et artistique personnelle, qui est elle-même le fruit d’une démarche universitaire lors des études en aménagement du territoire, qui provient elle-même d’une expérience professionnelle dans les arts de la scène, qui s’est inscrite dans l’espace urbain. C’est le récit d’une expérience professionnelle conduite dans la ville de la Seyne-sur- Mer (83). Il s’agit d’une mission en urbanisme participatif, menée en tant que consultante pour l’association Avisen : la mise en place de l’outil promenade au sein d’un projet ñnancé par la 0atar « souffrance psychosocIale et terrItoIre ·. L’intérêt de ce récit (autre que celui du soulagement narcissique) est l’analyse de la promenade comme outil, la pertinence du concept de dramaturgie, la confrontation aux dispositifs de la politique de la ville et de l’aménagement du territoire, pour aboutIr In ñne à la déñnItIon des parametres de l'outIl et de son utIlIsatIon par les urbanistes. De l’expérience, à l’outil, à sa mise en pratique, à l’ébauche d’une méthodologie, le tout en regard avec les compétences de ceux qui exercent le métier d’urbaniste et d’aménageur. Ce récit évoque et ouvre des pistes de recherche, des possibilités d’expérimentations professionnelles dans le champ de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire.
1. En ce qui concerne le mémoire lui-même :
La question est : Comment commencer, faire et terminer un mémoire ? Comment dans un mémoire apporter quelque chose, à soi, aux autres, et pourquoi pas à la connaissance partageable ? L’expérience mise en œuvre pour obtenir la réponse est : De terminer ce mémoire-ci, après en avoir travaillé deux autres, et eu envie d’en faire trois autres. Analyse de l’expérience : Ìntéressante, Inégale, éprouvante pour ce qu'Il en ressort ñnalement. Au travers d'un mémoire, une série de questions professionnelles, intellectuelles, et personnelles !!! avancent, évoluent. Écrire un mémoire est une promenade. Réponse à la question : Le temps pris est le temps nécessaire !
2. En ce qui concerne la mission promenade à la Seyne-sur-Mer
La question est : Comment s’est déroulée cette mission Datar ? comment la promenade urbaine a pris sa forme participative ? comment la promenade s’est mêlée au travail mené depuis deux ans par Avisen à la Seyne-sur-Mer ? pourquoi ne s’est-elle pas prolongée ? qu’est ce qu’il en reste ?
L’expérience mise en œuvre pour obtenir la réponse est : La restitution de l’expérience dans un ordre chronologique, avec un agencement varié des modes de restitution : photos, récits, document de travail, références en urbanisme, sociologie, géographie, références sur la marche et la promenade. Analyse de l’expérience : La restitution sous forme de travail universitaire donne un recul intéressant, et permet de dégager des pistes de travail et des outils applicables et développables dans d’autres missions et sur d’autres territoires. Réponse à la question ? La mission promenade apparaît comme cohérente, comme s’étant adaptée aux circonstances du territoire, aux circonstances des choix, des avancements et des freins présents dans la relation Avisen - ville de la Seyne, et ceux entre la ville de la Seyne et la Politique de la Ville. Le fait que la deuxième année de la mission Datar n’aie pas eu lieu, a évidement arrêté court les possibilités et ambitions de la mission. Néanmoins, il reste des traces et des souvenirs qui permettront peut être que d’autres promenades et approches des usages se développent pendant la rénovation urbaine de Berthe et de l’ensemble de la ville de la Seyne-sur-Mer.
3. En ce qui concerne l’outil promenade
La question est : Se promener est-ce un outil ? un instrument de travail de l’urbaniste ? Que peut-on en faire ? Comment passer de cette pratique à l’instrument ? L’expérience mise en œuvre pour obtenir la réponse est : La mise en œuvre de la mission promenade à La Seyne-sur-Mer.
Analyse de l’expérience : La mission Avisen pour la Datar à la Seyne-sur-Mer a permis de montrer comment un outil pouvait se mettre en place, tout en s’intégrant à d’autres parties de la mission, et en s’intégrant aux territoires, acteurs et dispositifs de la Politique de la ville. Réponse à la question ? Se promener est outil d’aménagement du territoire, un outil participatif. La condition : si professionnellement on le veut bien, de part et d’autre, et si on lui accorde conñance et pérennIté.
,,, &KDPSVGHUpÁH[LRQ
Le cadre de références est l’anthropologie urbaine, l’espace-temps, l’urbanisme et la géographie. Le fait que ce mémoire ait un cadre de référence ne le rend pas pour autant strict et précis dans sa méthodologie, ni dans ses résultats. Mais c’est néanmoins là que l’on peut le situer, mieux le comprendre, mieux le critiquer, et mieux le faire évoluer. J’ai choisi, une seule référence, incontournable encore (en tous cas je partage l’opinion de ceux qui le pensent !) : Marcel Roncayolo. «M. Roncayolo, géographe de formation s’est spécialisé dans les études urbaines, en s’attachant en particulier à analyser les relations entre formes urbaines et sociétés. » 3
Suivent quelques extraits d’un de ses écrits, éclairant sur l’approche anthropologique de la ville : «La Ville et ses territoires ».
3 LAMIZET B., SANSON P., Les langages de la ville, Editions Parenthèses, 1997, p182
Au dos du livre un énoncé de ce qui est développé dans cet ouvrage : « La ville en ses prémices – Ville et population – Les fonctions de la ville – Ville et cµltµre µrbcìne - Morpholo¤ìe et plcn de lc vìlle - 0ìvìsìon socìcle et dìvìsìon fonctionnelle de l’espace urbain – Ville et politique – Représentations et idéologies de la ville – Ville et territoire – La ville, d’aujourd’hui à demain. » 4
0cns l'ìntrodµctìon ìntìtµlée « Comprendre lc vìlle cµ]oµrd'hµì » ìl écrìt : « Lc vìlle est un territoire particulier ou une combinaison de territoires ; elle repose d’autre part, qu’il s’agisse de ses besoins quotidiens, de ses sources d’alimentation et de revenus, de domination ou de services, sur un jeu d’attraction et de rayonnement extérieurs .»5
Lors de cette mission à la Seyne-sur-Mer et pendant toutes les promenades, la trame viaire ancienne et nouvelle émerge et questionne les usages et les projets de rénovation. Et : « S’agit-il alors d’une position de principe « pluridisciplinaire » ? Je crois plutôt à l’impossibilité de séparer espaces et temps, dans leur entrelacement qui fait la ville, les territoires et leur durée relative. Il est bon de rappeler que la ville dépasse ¤énérclement pcr son soµfñe le temps des modes de prodµctìon, même sì elle en porte l'empreìnte(.) 0'cµtre pcrt, les espcces créés, mìs en plcce, ìnterprétés oµ réinterprétés sont le lieu de déploiement nécessaire des actions sociales. Courrons le risque de mal distinguer la part de l’histoire. Les constructions territoriales sont avant tout du temps consolidé. »6
Nous avons pris le risque de mal distinguer les temps de l’espace seynois. Nous en avons même créé une promenade (voir chapitre VI de la partie DEUX).
4 RONCAYOLO M., La Ville et ses territoires, folio essais, 1990 5 Ibid. 6 Ibid.
« Peµt être fcµt ìl cborder cvec plµs de ñnesse µne dìmensìon socìcle, trop longtemps rapportée au système social pris dans son ensemble. L’ethnographie µrbcìne (.) tcrde c ccqµérìr en Eµrope µne forme cµmµlctìve. C'est poµrtcnt à cette échelle que l’on peut saisir aussi bien les aspects informels, peut-être pathologiques, de la territorialité, le contraste entre multi-territorialité et enclavement, les rapports entre proximité physique et distance sociale, la part de la justice sociale qui se règle dans l’organisation urbaine. (.) 0'cµtre pcrt, l'crchìtectµre et l'µrbcnìsme sensìbles c lc foìs cµx vcleµrs de l'crt et c l'efñcccìté des cménc¤ements, troµvent dìfñcìlement leµrs poìnts de rencontre avec les sciences humaines, soit parce que attachés à une conception plastique et à la vieille croyance dans la transparence des formes, soit parce que cventµrés dcns µne déñnìtìon lé¤ìtìmctìon, c prìorì élémentcìre, normctìve et somme toute totalitaire des besoins humains. La discussion quand elle s’enferme entre modernisme et post-modernisme, choix esthétiques qui tendent vers qµelqµe coµronnement « phìlosophìqµe » (et donc µne vocctìon c répondre c lc totclìté socìcle), évoqµe trop pcrfcìtement lc doµble ìnsµfñscnce de réñexìon anthropologique. Analyse trop naïve des besoins et des fonctions, d’un côté, et futilité du design urbain de l’autre. » 7
L'hypothese est de penser et de croIre (et de vérIñer ensuIte ) que « se promener » et « la promenade » dans l’espace urbain permet d’harmoniser ces postures et d’ouvrir ces enfermements. (voir la PARTIE TROIS).
Dans le chapitre 8, intitulé« Représentations et idéologies de la ville » M. Roncayolo écrit à propos des « Représentations, images et pratiques de la ville » :
7 Ibid. pp19-21
« Comment ne pcs ìnverser clors lc réñexìon et chercher lc représentctìon de la ville de cet autre côté, non plus celui des producteurs de l’espace, mais celui de l’habitant du citadin ? Les intentions banales ne sont pas exemptes ; étudier les comportements, les réactions, la perception qu’a la clientèle, c’est une préoccupation professionnelle pour l’architecte ou le spécialiste de marketing, cherchant la meilleure localisation d’un shopping center. »8
C’est le point de départ, la posture principale des missions menées par Avisen.
M. Ronccyolo cìte ensµìte lc référence en lc mctìère : Kevìn Lynch. «En 1ºó0, Kevìn Lynch déñnìt lc qµclìté essentìelle qµ'ìl cttend de lc composìtìon urbaine, la lisibilité, c’est à dire « la facilité avec laquelle les parties de la ville peuvent être visuellement appréhendées, reconnues et organisées selon un schéma cohérent ». Ce point de vue privilégie la clarté des formes physiques, telles qu’elles sont perçues par les habitants. Mais l’habitant n’est pas neutre ; il construit lui-même cette image à l’aide de son expérience et de sa mémoire. L’image de la ville ne tient plus alors d’une conception globale, a priori ; elle est partielle, construite à partir de séquences à lc foìs topo¤rcphìqµes et temporelles (notcmment les séqµences de déplccement), dìfférente et ìné¤clement cmple selon les ¤roµpes. (.) Kevìn Lynch reste µn designer donc du côté des producteurs de l’espace. »9
Dans les descriptions des promenades (Partie DEUX) nous verrons comment nous partons de nos représentations et allons vers la dimension relationnelle dans l’espace public. « L’image publique de la ville se réduit ainsi à une composition de perceptions individuelles dont le contenu reste visuel. La ville-orientation est encore une ville-
8 Ibid. pp176-180 9 Ibid. pp176-180
spectacle. Au delà demeurent entiers les problèmes psychologiques de la perception et l’analyse des conditions sociales des conduites. Le rapport entre représentations et pratiques de la ville assurément déborde le domcìne des ccrtes mentcles (.) ; ces ccrtes mentcles de lc vìlle prennent leµr sens à travers des modes d’habiter, des modèles culturels et non seulement des actes visuels. La représentation de la ville s’inscrit dans une ethnohistoire, aussi bien que dans une critique des idéologies. Elle accorde une large place aux comportements des groupes sociaux, à la manière dont se transmettent ou s’acquièrent les habitudes ; la ville est alors apprentissage, des actes comme des représentations. Elle se préoccupe de l’accumulation des gestes et des rites, ancrés dans l'ìnconscìent. Elle s'ìntéresse cµx ]µstìñcctìons socìcles données de ces prctìqµes, c la valorisation attachée aux lieux, à la combinaison des espaces et des références, à tout ce qu’il y a de mémoire dans la ville. »10
La mission promenade est présentée ici comme une expérience optimiste et ouverte. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas eu de suites objectives à ce jour, alors que la rénovation (démolitions, chantiers, aménagements) avance à grands pas.
« Ce mouvement des dix dernières années qui oppose à la science des urbanistes, à la pensée théorique sur la ville, le jeu des pratiques, des représentations et de l'ìmc¤ìncìre vencnt de l'hcbìtcnt lµì·même.(.) Cette réñexìon ìnvìte sìmplement penser qµe les modes d'hcbìter ne sont pcs le sìmple reñet des ìné¤clìtés oµ même des conñìts socìcµx en tcnt qµe tels ; ìl fcµdrcìt chercher, c trcvers lc ¤rìlle µrbcìne, les manifestations de liberté, les revendications d’autonomie, la construction du collectif ou la défense du privé, en marge des hiérarchies sociales reconnues. Il faudrait à nouveau critiquer la logique du milieu, trop souvent admise par les urbanistes et se demander au contraire comment les groupes sociaux à la fois dans les actes et la pensée, secrètent leur milieu.
10 Ibid. pp176-180
La conservation du patrimoine prend un autre sens si on le rattache à des pratiques réelles. (.) 0cns l'ìmc¤ìncìre des vìlles et des espcces µrbcìns cctµels, dcns lc lectµre trop sìmple des dìvìsìons fonctìonnelles et socìcles le conñìt n'est pcs uniquement entre groupes sociaux ; il n’est pas que frustration ou manifestation d’opulence. On y lit aussi les tensions de l’organisation industrielle, la distorsion entre la mobilité accrue et le désir inverse d’enracinement, l’opposition entre plcnìñcctìon, pro¤rcmmctìon, ordonncncement d'µne pcrt et créctìon, ìdentìté, mouvement de l’autre. C’est bien la remise en question de la ville. » 11
A la Seyne-sur-Mer certains acteurs de la rénovation urbaine sont conscients de ces enjeux. L’étude Chemetoff, comme celle menée par l’agence Ilex en tiennent compte. Nous, consultants pour Avisen, nous en avons tenu compte lors de notre mIssIon. Ìl reste qu'Il est dIfñcIle de dépasser et de fertIlIser les résIstances de certains décideurs, de certains techniciens, et de certaines procédures et modes de ñnancement. Les CUCS de 2007 n'apportent qu'un faIble espoIr.
11 Ibid. pp176-180
V. Démarches et ressources
1. Démarches et ressources
La question des ressources est un point fondamental du mémoire ; celui-ci résulte d'une croIsée de postures et approches, ce quI InduIt des ressources spécIñques et une utilisation particulière des ressources concernant le territoire. La mission a été menée selon la logique d’action et conseil du consultant, qui alterne ici action-analyse-proposition. Elle a été alimentée en amont par une pratique artistique de la promenade et un partage d’expériences d’actions de promeneurs dans dIfférents champs. La réßexIon et recherches unIversItaIre (bIblIographIe, entretiens, rencontres) sur l’épistémologie de la promenade a donné des appuis et renforts au moment des discussions, argumentations et décisions pendant la mission. Trois approches se sont mêlées : celle du consultant, celle de l’artistique et de l’universitaire. Les ressources se multiplient et auront des usages et utilités différentes selon les postures, dont: Concernant la ville de la Seyne-sur-Mer les archives historiques de la Seyne-sur-Mer (photos, cartes, ouvrages), - des entretiens avec des personnes ressources en histoire locale, en histoire -actuelle, en aménagement du territoire, en politique de la ville des entretiens avec des habitants de la ville - les livres traitant de la ville - des documentaires, - des documents d’urbanisme (PLU, contrat de ville, études sur les projets -d’aménagement : projet Paul Chemetov) promenades régulières sur le territoire, en vue d’en observer l’évolution (la part -visible du moins)
Concernant la promenade urbaine :
lecture des ouvrages de référence sur la promenade dans les champs de la -sociologie, la littérature et l’urbanisme collectage d’expériences de promenade dans des champs très vastes : -l’urbanisme, la sociologie, la performance artistique, les arts de la rue, le tourisme, le voyage, la littérature participation à des promenades urbaines, des visites, des performances artistiques - entretiens approfondis avec des « pratiqueurs et concepteurs de promenade -urbaine » création et mise en place d’actions utilisant et produisant des promenades -urbaines.
2. Ressources et outils d’urbanisme
Les cartes Un mémoire en aménagement du territoire ne va pas sans ses cartes ! » nous a-t-on dIt. Cette afñrmatIon semble dIscutable. Est·ce une InjonctIon pédagogIque: Un appel à se poser la question ? Un incontournable, incontestable du métier? L’occasion de rencontrer Mapp info et ses secrets ? L’université étant le lieu d’expériences et de remises en questions, je n’ai pu résister à la tentation de ne pas mettre de cartes dans ce travail et de m’expliquer précisément à ce sujet. La représentation de données sur des cartes était envisagée et envisageable, mais n’a pas été retenue. Cela aurait pu faire l’objet en soi d’un mémoire. Cela aurait rajouté ici, en plus de toutes les autres une sacrée couche de subjectivité ! Une carte est un mode de représentation de données et d’informations. Il y a d’autres modes de représentation, d’explication, de communication d’informations
sur les espaces urbains et leurs échelles : le récit, la photo, le dessin, … la promenade.
Des cartes et des dessins ont fait partie des ressources utilisées au cours de la mission : Carte routière, Carte IGN, cadastre napoléonien, plans des documents d’urbanisme (GPV). Lors de la mission, le dessin sur les cartes ou sur des feuilles blanches, ont fait partie des séances de restitution des promenades Ces séances se faisaient à postériori avec une mise à disposition d’une édition en petit format (6/8 cm) des photos prises pendant la promenade. Il s’agissait là de cartographie participative.
« Ccrte mentcle : expression cartographique d’une représentation subjective de l’espace. Ce concept qui est en même temps un type de document géographique, a rencontré un succès important durant les années 70, en lien avec le courant de la géographie de la perceptìon. Le terme recoµvre troìs sì¤nìñcctìons qµì renvoìent c troìs « réclìtés » différentes. Lc ccrte qµe dessìne c mcìn levée et scns cµcµne cìde extérìeµre (« de mémoìre ») , un être humain à qui l’on demande de représenter un espace qu’il connaît plus ou moìns. (.) Elle est µne représentctìon ìnexccte de l'espcce de référence. Certcìns chercheurs sont d’ailleurs allés jusqu’à calculer la déformation et la distorsion entre l’espace exprimé par la carte mentale et l’espace « objectif » - celui du géographe bien sûr ! La carte serait l’image exacte, la transcription de la représentation mentale de l’espace en question dans l’esprit de la personne qui se livre à l’exercice. 0ébcts : c'est µne chose d'cvoìr µn espcce en tête et d'être ccpcble de le ccrto¤rcphìer c lc demcnde (même mcl) ; c'en est µne cµtre d'cvoìr en tête µne carte mentale, c’est-à-dire de disposer, dans sa mémoire, non seulement des images ou des connaissances d’un espace, mais d’une véritable représentation
cartographique de celui-ci. Les géographes ont élaboré des cartes mentales qui sont des représentations savantes synthétisant la relation à l’espace des personnes enquêtées. » 12
« Ccrte : Représentation fondée sur un langage, caractérisé par la construction d’une image analogique d’un espace. (.) Avec lc ccrte on c µn µnìvers propre, qµì est d'cµtcnt plµs mc¤ìqµe qµ'ìl n’est pas immédiatement accessible mais en même temps, mais en même temps, on l’oublie un peu vite, assez facile à contourner. L’immense majorité de nos contemporains n’a jamais utilisé une carte, y compris dans le cadre de pratiques qµì poµrrcìent, peµt·on penser, être sì¤nìñcctìvement fccìlìtées pcr µn tel µsc¤e : mobilités, choix de localisations, appropriation de réseaux et de territoires. La carte est aujourd’hui à la fois survalorisée et largement ignorée. Le monde de la carte est un domaine à part. (.) Pcrmì les ccrtes les plµs cncìennes on constcte µne hésìtctìon entre les vìsìons en plan et en élévation. Les objets représentés, souvent de manière partiellement ñ¤µrctìve sont vµs de fcce, tcndìs qµe l'ensemble de lc feµìlle cppcrtìent cµ registre de la représentation « à vol d’oiseau ». (.) Lc ccrto¤rcphìe évolµe selon µn doµble moµvement : µne spécìclìsctìon progressive vers un langage proprement cognitif en éliminant les dimensions du mythe et de l'ìmc¤ìncìre et en vclorìscnt les µsc¤es technìqµes : ncvì¤ctìon, manœuvre militaire, gestion administrative et juridique ; une formalisation géométrique et une précision géodésique qui donnent naissance à la cartographie mathématique. (.) 0µrcnt µne lon¤µe pcrtìe de l'hìstoìre occìdentcle de lc ccrto¤rcphìe, s'entremêlent conncìsscnces vérìñcbles et mythes : on conncìt le rôle prodµctìf de différents types d’illusions géographiques et cartographiques dans la découverte de l’Amérique par les Européens.
12 Sous la direction de J. LEVY et M. LUSSAULT , Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Belin 2003
(.) Ccrte et lcn¤c¤e scìentìñqµe. 0µ fcìt de sc doµble spctìclìté, celle dµ référent et celle du langage, la carte se présente comme l’incarnation, comme l’expression concrète de l’objet de la géographie, ce qui ne manque pas de créer des confusions. (.) Cependcnt sì lc ccrte n'est pcs l'espcce, µne ccrte est bìen µn espcce. (.) Profµsìon, crìse et renoµvellement de lc ccrte. Lc ccrte c servì µtìlement d'cµxìlìcìre c plµsìeµrs cctìvìtés hµmcìnes c forte composcnte spctìcle : l’exploration, la guerre, le contrôle étatique et , plus récemment, le choix d’implantations d’entreprises ou la promenade. (.) Ce qµì reste mc¤ìqµe dcns lc ccrto¤rcphìe d'cménc¤ement et d'µrbcnìsme, parfois présentée comme toujours déjà-là par des professionnels ou des décideurs au-dessus de la tête des citoyens, pourrait aussi utilement céder la place à une cartographie participative, outil pour un aménagement partagé. Le chantier de la cartographie est sociétal.»13
«Ccrto¤rcphìe : est µn néolo¤ìsme né c lc ñn dµ XlXeme sìècle poµr désì¤ner lc scìence qµì étµdìe et réclìse les ccrtes ¤éo¤rcphìqµes. Avec le temps, d'cµtres sì¤nìñcctìons ont émer¤é et lc ccrto¤rcphìe est devenµe : - une théorie des actes cognitifs et des technologies par lesquels l’homme réduit la complexité environnementale et s’approprie intellectuellement du monde. · le corpµs d'ìnnombrcbles docµments qµì possèdent des qµclìtés commµnes (en tant qu’ils constituent des images réduites du Monde projetées sur un plan à l’aide d'µn lcn¤c¤e codìñé symbolìqµement) mcìs des formes très dìfférentes (de lc mappemonde aux cartes routières, des topographies aux cartes thématiques, de la feµìlle cµx ctlcs, etc). » 14
13 Ibid. 14 Ibid.
Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004 Al l ons à l a re/découverte de l a Seyne-sur-Mer - 10 novembre 2004
Tables des matières
SYNTHESE
PRÉAMBULES DÉAMBULATOIRES ............................................................9
INTRODUCTION .............................................................................. 10 l. Choìx du sujet ll. Duestìons, expèrìences, analyse et rèponses lll. Champs de rèßexìon V. Démarches et ressources
PARTIE UN : ARRIVER ...................................................................... 22 l . La Seyne-sur-Mer : quelques repères dans son hìstoìre ll. Duartìer ßerthe : prèsentatìons lll. Avìsen : prèsentatìons, buts et mèthode yènèrale. lV. Souffrance psychosocìale et cadre de vìe V. Avìsen et la promenade urbaìne Vl .Comment Avìsen a fertìlìsè la promenade î
PARTIE DEUX : FAIRE........................................................................ 36 l. 0èmarraye de la mìssìon ll. En mìssìon ! : hypothèses et rèalìsatìons lll. Urbanìsme et reprèsentatìons mentales lV. Vers d'autres promenades Vl. 0u projet à la rèalìtè : parcours partayès et la journèe du patrìmoìne Vll. Petìts bìlans, rèalìtès et hns
PARTIE TROIS : PUGILAT POSTURAL et METIERS D’URBANISMES ................... 64 l .Lìste ìncomplète et dèsordonnèe ll. Le mètìer d'urbanìste
CONCLUSIONS ................................................................................ 80 l. Un rècìt en troìs partìes ll . La mìssìon 0atar lll. La promenade un entretìen collectìf à cìel ouvert lll. Comme une hìstoìre jouèe au thèätre de la vìe et de la vìlle lV. L'outìl promenade : allons aìlleurs!
POST-FACE .................................................................................... 89
ANNEXES ...................................................................................... 93 Mots utiles et nécessaires Mots de la dramaturgie
...
L’ouvrage de M. Chiappero 15 sur le dessin d’urbanisme pose ces questions en mettant en avant les fonctions de cet outil. Les fonctions de l’outil d’urbanisme s’organisent comme suit : Parler du même territoire et des grandes fonctions urbaines : diagnostiquer à -différentes échelles ; Révéler les pratiques quotidiennes, les appartenances, les identités ; - Retranscrire les perceptions visuelles d’un territoire, d’un lieu ; - ÌdentIñer des problématIques socIales, économIques ou InstItutIonnelles ; - Débattre des hypothèses de projet avec des scénarios représentés ; - Expliquer le projet et ses enjeux à la population et aux partenaires ; - Désigner les territoires du projet et de l’intervention publique ; - Intégrer les démarches de projet et les procédures de mise en œuvre; - Concevoir et mobiliser autour de schémas-concepts : métaphores des projets -complexes.
Les cartes autant que les dessins seraient porteuses de ces fonctions. La carte propose une vision en deux dimensions, aplatie et synthétique d’une série de données. Elle a le travers de représenter dans l’esprit de grand nombre de professionnels et de destinataires, un support non contestable et porteur de vérité. La question se pose dans ce mémoire sur l’outil promenade de quelle carte y associer. Il en va de même avec le dessin d’urbanisme. Et de la photographie. Ce champ de relation entre outils d’aménagement du territoire reste à exploiter.
15 CHIAPPERO M., Dessin d’urbanisme, outil et méthode pour les projets de ville et territoire, ed. Certu, 2002
Les photos
Le terme photo est utilisé ici pour parler de l’image de photographie numérique. Chaque promenade et repérage a été photographIé, prIs en « note · au ñl de la marche, au ñl du regard porté sur l'un ou l'autre objet ou lIeu. C'est rapIde, instantané, et cela permet par la suite de retrouver la promenade, ses pas et regards, ses espace-temps. J’ai choisi de restituer cette continuité dans ce récit, en alignant en bas de la page une sélection des images, montées en « bande d’images ». De page en page, les espaces et les temps se déploient. De page en page, les images racontent les promenades. Les rencontres de contenu et d’image sont essentiellement fortuites. Elles seront pertinentes et non-pertinentes. C’est le libre espace du lecteur. La photo est une restitution possible de la promenade, par suite de la linéarité espace-temps des prises de vue. 1100 photos environ ont été prises et une sélection de 500 envIron ñgure dans ce document. La photo est un outil, une démarche en soi. Je me contente ici de la situer entre deux jalons «le manuel de la photo ratée» de Thomas Lélu16 et « Errance » de Raymond Depardon17 . «Rater des photos est à la portée de tous, mais connaître les conditions techniques nécesscìres c lc reprodµctìon dµ rctc¤e, c'est c dìre de l'cccìdent, est plµs dìfñcìle. (...) Les bonnes photos rctées cµ même tìtre qµe les bonnes photos réµssìes sont rares. Elles résultent d’une technique parfaite, du regard particulier que vous
16 LELU T., Manuel de ma photo ratée, éditions Al Dante, 2004 17 DEPARDON R. , Errance, Editions du Seuil collection Points, 2000
portez sur le monde et les êtres, et d’une très faible part de chance» et concernant la sélection de photos montrées. «Ce ne sont pas des images d’artistes mais des images «artistiques»».
Liste des façons de faire du «raté» «Le boµ¤é · le ñoµ sµr le sµ]et · Le ñoµ + boµ¤é · lc soµs·exposìtìon · lc surexposition - le contre-jour - l’effet grisé - la photo altérée - la photo trouvée - la photo grillée - l’amorce - la photo aléatoire - la road-photo - la photo de loin - l’action-photo - le cadre dans la photo - la photo sans recul - la photo originale - le doigt devant - l’objet interposé - l’objet passant dans le champ - la photo triste - la photo de fête - la photo avec portée - la photo drôle - la photo-absence - la photo ccmoµñc¤e · lc photo confµse · lc photo texte · l'cìr bête · l'enfcnt trìste · lc déformation du sujet – la tête coupée - les yeux rouges - la photo avec gêne »18
Même si elles sont éventuellement « ratées » , ces 1100 prises de vue étaient portées par une qualité de corps et de présence à l’espace et aux autres. Une « qualité » donc dans ces images, sans esthétisation. En toute modestie. Les promeneurs ont fait des prises de vue lors de la promenade 2 . Il s’agissait de porter un regard. La consigne était libre, ouverte. Le promeneur est acteur de son regard. Pour enlever toute prétention plastique des prises de vues. Dans d’autres lieux et aventures j’ai cherché l’incidence de l’état de corps sur la prise de vue, celle des positions du corps pour les prises de vue, et ce que cela pouvait traduire en termes d’usages et appréhension de l’espace.
F. 0epardon est un grand photographe. Je le cIte pour ses réßexIons sur les prIses de vue, et pour ses réßexIons sur l'errance quI est une forme de promenade.
18 LELU T., Manuel de ma photo ratée, éditions Al Dante, 2004
« Errcnce : Aller cc et lc c l'cventµre. Aller de côté et d'cµtre en pcrlcnt des choses. Dµì ne se ñxe pcs, qµì s'é¤cre. Errements : S'é¤crer, fcìre fcµsse roµte, se tromper ltercr · rccìne dµ lctìn médìévcl: voyc¤er, cller droìt son chemìn L’errance c’est une conduite sans but déclaré. »19
Il cite Alexandre Laumonier. « L’errant s’efface, devient silencieux, il se livre à l'expérìence dµ monde(.) Les lìeµx semblent se ressembler de plµs en plµs, toµt est pcrtoµt en même temps, lc sìn¤µlcrìté s'effcce cµ proñt d'µne ¤lobclìsctìon, non plus celle des lieux, mais celle de tous les lieux. L’errance est certainement l'hìstoìre d'µne totclìté recherchée. (..)Ccr l'errcnce n'est nì le voyc¤e nì lc promenade, etc. Mais bien Qu’est ce que je fais là ?» 20
«Jacques Rancière dit qu’une chose est intéressante lorsque la forme naît d’elle- même, et qµ'elle est le prodµìt d'µn cclcµl. (...) Poµr Errcnce ]e me sµìs fcbrìqµé mc propre contrcìnte: le formct en hcµteµr, le ¤rcnd cn¤le, le noìr et blcnc. (...) Plus tard je me suis aperçu que c’était la bonne, parce qu’on pouvait voir mon rapport aux lieux, aux gens, aux choses. » 21
«0cns Errcnce, ìl n'y c pcs de sµ]et. 1e ne défends pcs les pcµvres, ]e ne dénonce pas les riches. Je photographie des nuages, le sol. On voit bien les choses, on voit très très bìen. (...) le premìer thème où ]e me détcche de l'ìntr줵e, dµ sµ]et. lmprovìser. Scns non plµs perdre lc rcìson. (... ) Le mentcl n'est pcs forcément l'errcnce. (...) 1e pense qµe l'errcnt voìt très bìen les choses, ìl n'c pcs perdµ lc raison, il est dans une autre raison. L’errant est très conscient, il voit très bien les paysages, les rainures sur la route, les bornes, la nature. Il ne regarde peut être que certaines choses. » 22
19 DEPARDON R. , Errance, Editions du Seuil collection Points, 2000, p8 20 Ibid. p12 21 Ibid. p58 22 Ibid. p64
«Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir dépassé le temps, le temps classique, celui du photographe, de la photo, le bon moment auquel nous sommes tous sensibles. L’errance a dépassé le phénomène du temps pour donner quelque chose d’unique et d’universel, qui dépasse aussi le problème de l’unité de lieu et de l’unité de temps. Je pensais que l’unité de lieu était l’opposé de l’errance, ce n’est pas vrai. Je crois qµ'on peµt fcìre µne errcnce ñxe, ìmmobìle. Dn peµt être dcns l'errcnce en restcnt toujours dans le même lieu. Il n’est pas nécessaire de bouger.» 23
Les descriptions Décrire les promenades et l’espace urbain est un exercice subjectif et relatif à celui qui le fait. Interminable, inexact, littéraire, technique. Sujet aux milles critiques quel qu’en soit le champ. Inspirateur? … Et inspirant. Les descriptions des promenades dans ce mémoire, ont été faites entre un an et deux ans après, à partir des souvenirs, des photos, et des réminiscences provoquées par les photos. Les promeneurs ont participé à des séances de restitution des promenades. La séance commençait par le récit, lequel était suivi du commentaire des photos. Nous ne citons pas dans ce travail la parole des habitants, des participants. C’est la parole du tiers, ce tiers qui boucle et met en mouvement le triangle des points de vue, des décideurs – des bureaux d’étude –des usagers. La parole de l’usager est comme le gage de la « vérité ». A partir de ces « retours » d’expériences de promenades, nous avons validé des choix et propositions (voir PARTIE DEUX).
23 Ibid. p180
Le livre Décrire la ville : la construction des savoirs urbains dans l’interaction et dans le texte, est une bonne référence sur cette pratique de la description de la ville et des espaces urbains.
« Logiques du parcours. Le parcours constitue un mode privilégié de linéarisation et de mise en perspective de la ville. Il est intéressant de remarquer que l’exploitation de ce mode d’écriture va souvent de pair avec un choix méthodologique qui privilégie une approche dite « micro », et qui caractérise le point de vue éthno¤rcphìqµe - µn poìnt de vµe loccl et non pcs ¤lobcl sµr lc vìlle (A¤ìer, 1ººó).» 24
La déambulation, le regard, la description et la photographie se rejoignent.
« 0µ re¤crd zénìtcl c lc perspectìve dµ promeneµr. Lc fccon dont on rend compte de la ville dépend crucialement du type de regard sur lequel repose son appréhension et son cnclyse. Lorsqµe celµì·cì est cppcremment cbsent, ìl s'ìdentìñe soµvent c µn re¤crd zénìthcl, ñxe , totclìscnt qµì embrcsse lc vìlle dcns sc ¤lobclìté. Ce regard zénital est un modèle de connaissance, qui va de pair avec un point de vue cbstrcìt, d'où toµte trcce de sµb]ectìvìté est neµtrclìsée et qµì ìmpose µn ordre transcendant et une objectivité à la description du monde. Face à ce regard, souvent non-thématisé lorsqu’il revendique sa transparence, d’autres regards ont été développés qui tiennent compte de la part du corps dans la construction empirique des connaissances, du rôle de l’observateur, des perspectives des acteurs. Le regard perspectif du passant, de l’habitant, des usagers de la ville exprime un point de vue qui permet de rendre compte des subjectivités et des intersubjectivités et d’adopter une approche phénoménologique de l’espace urbain. » 25
24 Décrire la ville MONDADA L., Décrire la ville: la construction des savoirs urbains dans l’interaction et dans le texte, Editions Anthropos, collection villes 2000, p49 25 Ibid.
Un récit en trois parties
Dans la partie un Le cadre de la mission d’Avisen à la Seyne-sur-Mer en 2005, sera exposé et commenté : l’ outil d’urbanisme participatif, la souffrance pyscho-sociale, sur les territoire de la Seyne-sur-mer.
Dans la partie deux Seront restituées les repérages et les quatre promenades menées, ainsi que les actions qui ont donné lieu aux pistes de travail envisagées et actions proposées. Seront exposées deux actions menées avec l’outil promenade : l’ébauche d’un diagnostic partagé sur les usages d’un terrain sur lequel se posera l’équipement de la maison de la santé, et une action de promenade collective lors des journées du patrimoine sur l’identité agricole de la cité avant la construction des tours.
Dans la partie trois Le métIer d'urbanIste et l'urbanIsme, sera mIs en regard avec des réßexIons, postures et pratiques de la promenade urbaine : marche, déambulation, dérive, performance, parcours commenté, visite, promenade, repérage.
Conclusion La promenade est un entretien collectif en mouvement dans le temps et l’espace. La promenade s’écrit comme une histoire, une pièce de théâtre, dont les planches sont la ville et ses espaces : on parlera de dramaturgie de la promenade urbaine.

PARTIE UN
ARRIVER ...
Le seuil du chemin. La marche est ouverture a monde. Elle rétablit l’homme dans le sentiment heureux de son existence. Elle plonge dans une forme active de méditation sollicitant une pleine sensorialité. Le recours à la forêt, aux routes ou aux sentiers, ne nous exempte pas de nos responsabilités croissantes envers les désordres du monde, mais il permet de reprendre son soµfñe (.). Lc mcrche est soµvent µn détoµr poµr se rassembler soi.» LE 8RETDN 0., 2000 Elo¤e de lc mcrche, esscìs Métcìlìé
I . La Seyne-sur-Mer : quelques repères dans son histoire
Histoire La Seyne-sur-Mer (en occitan provençal La Sanha de Mar selon la norme classique ou La Sagno de Mar selon la norme mistralienne) est une ville du sud de la France, au bord de la Méditerranée. C’est la deuxième ville du Var et le principal faubourg de Toulon. Ses habitants sont appelés les Seynois. Fondation et origine du nom : La commune de La Seyne est créée en juillet 1657, par lettres patentes du roi Louis XIV, sur un morceau du territoire de la ville de Six-Fours.
La Sagno (en provençal) est le nom tiré des saignes, terres marécageuses qui envahissaient le port de l’époque. La Seyne connut son âge d'or à la ñn du 19eme sIecle et jusqu'en 1920, lorsque le lieu-dit «Tamaris» devint une station climatique hivernale de renommée internationale s’étendant jusqu’aux Sablettes. La Seyne devenait alors La Seyne-sur- Mer. Le 11 avril 1950, par décret du Ministre de l’Intérieur, la commune de La Seyne- sur-Mer fut amputée de la presqu’île de Cépet qui allait devenir le territoire de la commune de Saint-Mandrier-sur-Mer. Elle a dû son développement principalement à l’implantation de constructions navales. Existant depuis plus de deux siècles (l’activité du premier chantier naval seynois est attestée en 1711) ces chantiers navals ont connus une forte expansion au cours de la première moitié du XIXe siècle. C’est durant cette période que s’est développée l’utilisation de la métallurgie dans la construction des bateaux. Ce qui en fait, dès le début du XIXe siècle une activité industrielle potentiellement polluante (utilisation d’hydrocarbures et de métaux). En 1848, les chantiers ont étés agrandis sur plusieurs milliers de m², emploient 1300 personnes et assemblent de nombreux navires. À partir de 1855, c’est la société «Forges et Chantiers de la Méditerranée» (FCM) qui reprend la gestion du site industriel. Cette société connaît alors un fort essor dans la construction des navires, aussi bien civils que militaires. Un rapport des archives de la marine de 1884 désigne les chantiers seynois de la FCM comme les plus importants de France, par leur surface (14,6 ha) et la longueur de leurs quais (près d’1 km). Ils disposent en effet de 10 cales de construction dont la taille permet aux FCM de construire les plus grands bateaux de l’époque. Ces plus grands bateaux sont les paquebots et les cargos transocéaniques qui assurent les liaisons entre l’Europe et le reste du monde. À cette époque, le rapport nous signale un effectif de 2308 hommes. D’autres grands travaux débutent peu avant la première guerre mondiale avec l’installation de deux énormes caissons pour obtenir en 1927 le plus grand bassin du monde. Les FCM conservent ainsi la gestion du site jusqu’en 1966 lors de
leur liquidation. Les chantiers prennent alors le nom de Constructions navales et industrielles de la Méditerranée (CNIM). Comme les autres chantiers français, les CNIM tentèrent de recentrer leurs activités en exploitant des niches technologiques moins exposées à la concurrence internationale, notamment la construction de méthaniers, de barges ßottantes et d'équIpements pour les plates·formes off·shore. Lors de la seconde guerre mondiale, un bombardement entraîne le 29 avril 1944 une destruction partielle des chantiers et du site étudié. Le 17 août 1944, des mines engendrent ensuite une destruction plus importante des chantiers. Cependant, ils sont reconstruits et agrandis dès 1949 pour atteindre 25 hectares et un front de mer de 1 400 mètres. En 1973, à la veille du choc pétrolier, les chantiers de La Seyne sur Mer employaient plus de 5 000 personnes. Après le naufrage de la Normed, résultat de la fusion de France-Dunkerque, des Chantiers navals de La Ciotat et des CNIM, l’établissement de la Seyne-sur-Mer réussit à se reconvertir dans un domaine autre que la construction navale. Crise et reconversion. On peut estimer que le site étudié a connu à partir de ce moment-là une baisse conséquente de son activité jusqu’en 1985 avec la construction du dernIer bateau, ce quI aboutIt en 1989 à la fermeture déñnItIve des chantIers navals seynois. Pour faire face à la crise de ses activités industrielles, la Seyne-sur-Mer devait opérer une réelle reconversIon et dIversIñer ses actIvItés dans d'autres secteurs. AInsI, un vaste programme d’aménagement de la ville est en marche, notamment avec l’inauguration du Parc Fernand Braudel en 1999 par l’ancien maire Maurice Paul et avec l’inauguration du Parc de la navale en 2006 par le maire actuel Arthur Paech. La ville se tourne alors résolument vers le tourisme balnéaire, déjà amorcé au XIXe siècle avec l’aménagement des Sablettes et de Tamaris par Michel Pacha, et le tourisme culturel grâce à la richesse de son patrimoine historique et à la beauté du cadre naturel provençal. Cette histoire seynoise et ses souffrances individuelles et collectives sont évoquées par tout un chacun lorsqu’il s’agit de s’exprimer sur son rapport personnel aux lieux et territoires seynois. L’affaire est sensible. Tout changement y fait écho, en
y incluant par amalgame, la rénovation urbaine de Berthe. L’association Histoire et patrimoine seynois mène des travaux intéressants et sensibles : ses sujets et projets s’orientent vers le relevé des mémoires individuelles et collectives.
Le territoire Les assemblages d’unités différentes sont reliés par la route du littoral, qui sert de lien physique entre les différents espaces. Le territoire est composé par un paysage de croupes et collines qui trament la commune par des coupures vertes et la sépare en deux versants au Nord et au Sud. Les plaines sont : au Nord : Camp Laurent, Berthe, Saint Jean - Au Sud : Tamaris et Mar vivo. - Les collines : Piedardan, Petite Garenne ; Fort Caire, Colle d’Artaud ; colline de -Léry ; colline de Saint Elme. Le massif Sicié, culmine à 358 mètres et plonge dans la mer entre les pointes de -Garde Vieille et du Cap Vieux. Le quartier des plaines : Fabrégas, le Pas de Loup et la Verne. - un littoral séquencé sur 25 kms de côte -
Les espaces à vocation d’habitat sont : le quartier Berthe au Nord, les quartiers collinaires, les quartiers sud et le centre urbain. Au ñl des promenades nous avons constaté que ces terrItoIres sont nommés par les habitants en fonction de l’endroit où ils vivent. Ceux de Berthe appellent leur quartier Berthe, nomment le centre « La Seyne » ou « la Ville », et le sud : « les plages » ou « les bourges ». Les habitants du centre et du sud nomment Berthe par « la cité ».
II. Quartier Berthe : présentations26
Répondre à l’urgence par la modernité : En 1947, à La Seyne, les destructions engendrées par la guerre rendent crucial le problème du logement. Des dizaines de familles ont vu leur habitation réduite en cendres. La 7Ille décIde de créer un Dfñce |unIcIpal d'HL|. Les logements quI vont ëtre construits doivent obéir à de nouvelles règles de confort, d’espace, de commodité. Dès 1954 en effet, les premiers bâtiments sortirent de terre. La cité Berthe proposait à ses habitants l’accès aux attributs de la vie moderne : l’eau, le chauffage, l’électricité. A cette époque, les nouvelles constructions qui s’élèvent sont les plus confortables de toute la ville. Destinés principalement aux familles à reloger après la Guerre, les bâtiments de Berthe s’ouvrent très vite aux ouvriers appelés à travailler sur des chantiers navals renaissants. La cité accueille les premiers travailleurs venus du Maghreb et les premiers rapatriés d’Algérie. En 1965, la moitié des logements construits leur sont ainsi destinés. Harkis et pieds-noirs seront environ 2500 à s’installer d’après le recensement de 1968. Le quartier retrouve ce foisonnement d’identités méditerranéennes qui forment le socle de la population seynoise. La naissance de la ZUP. Jusqu’en 1954, l’actuel quartier Berthe était principalement constitué de champs, jardins, fermes et demeures campagnardes. A cette époque, Berthe n’évoquait que le nom éponyme de la paroisse, Saint-Jean de Berthe. Moutons et chèvres y paissaient librement, entre prés et champs. Seuls quelques agriculteurs et une poignée d’éleveurs avaient construit leurs modestes demeures sur cette vaste terre où prospérait la sagne, ce roseau qui aurait donné son nom à la ville. Les grands programmes de construction débutèrent dès 1959 et l’un des bâtiments
26 Etude du PLU
les plus emblématiques de la cité seynoise vit le jour : la Banane. Añn de coordonner la naIssance de ce nouveau quartIer de vIlle, une ZUP (Zone à UrbanIser par PrIorIté) vIt donc ofñcIellement le jour en 1964. Le programme étaIt extrêmement ambitieux : étaient prévus 7296 logements avec groupes scolaires, un jardin d’enfants, un centre culturel, 135 commerces : un nouveau quartier allait naître . Quarante ans plus tard, Berthe représente 3400 logements, une dizaine d’établissements scolaires, des équipements sportifs, un hôpital intercommunal. « Le rejet de 8erthe est le reßet d'une InsatIsfactIon quant à l'envIronnement du logement et reßete à la foIs des dysfonctIonnements InstItutIonnels et des comportements d’incivilité, propres à générer un sentiment d’abandon et d’insécurité. L’OPHLM de la Seyne est engagé depuis 1999 dans une vaste remise en ordre de sa gestion. Des expériences sont menées pour une relation plus rigoureuse avec les locataires (prévention des impayés, entretien des parties communes, tranquillité du voisinage, …), avec l’objectif de pouvoir les étendre ensuite à l’ensemble du parc de l’OPHLM. La poursuite des efforts pour entretenir, adapter et développer les équipements et services publics sur le quartier permettra également de remettre Berthe en meilleure situation pour répondre aux attentes des ménages. Les projets sont en cours ou déjà réalisés : la rénovation de plusieurs écoles et la construction de nouveaux groupes scolaires - l’agrandissement de la Poste de Berthe, pour améliorer l’accueil du public, - la création d’une bibliothèque – médiathèque de quartier, - la construction d’une salle de fêtes, pour les familles et les associations - la mise à niveau des équipements sportifs, - la construction d’un nouveau commissariat de Police. -
III. Avisen : présentations, buts et méthode générale.
Les contenus de ce chapitre sont issus des dossiers et comptes rendus d’activités de Avisen, rédigés essentiellement par le Dr Philippe Truze, et validés par le conseil d’administration. Avisen = Agence Associative Ville Intégration Santé Environnement
Avisen est une agence associative de santé publique et participative fondée en avrIl 1999, dont la ñnalIté, en coopératIon avec les InstItutIons, les assocIatIons, les personnes concernées et les citoyens, est d’améliorer l’état de santé des populations, qu’elles soient défavorisées à cause de leurs revenus, de leur éducation, de leur origine, de leur âge, de leur habitat. Elle vise donc à améliorer l’accès aux soins, à la prévention, à l’information. Elle vise également à amener les professionnels de santé, les conseillers sociaux, les décideurs législatifs, les personnes d'Inßuence, à amélIorer les systemes de la santé et de protectIon sociale actuels, en les adaptant aux conditions de vie de ces différents publics. La communication et l’information sont parmi les méthodes de prédilection de l’association, de même que les méthodes participatives, qui impliquent les personnes concernées dans le diagnostic et la mise en œuvre des solutions. Les buts et méthodes d’Avisen se déclinent en six points : Formation - Assistance technique et méthodologique – Évaluations - Etudes, enquêtes, et diagnostics santé - Assistance et capitalisation-restitution méthodologique - Information et sensibilisation de larges publics. Les formations sont élaborées à la mesure des demandes exprimées et des besoins constatés. De plus en plus souvent, les sessions de formation sont intégrées avec d’autres actions, dans le cadre d’une réponse globale à une problématique complexe.
Pour la mission promenade nous avons envisagé de mener des actions de formation à l’animation de promenades. Il s’agissait dans un premier temps de donner simplement envie de découvrir sa propre ville, les autres quartiers de sa ville. Donner envie de marcher, de se déplacer en modes doux, gages d’appropriation et d’investissement des espaces. Avisen suit, appuie, et assiste les responsables d’actions et de programmes de santé, quelles que soient leur importance, leur localisation (depuis la micro-action de quartier jusqu’au programme régional et national) et leur nature. Les intervenants d’Avisen (médecins, psychologues, psychosociologues, sociologues, anthropologues, formateurs) analysent les situations de terrain, les rapports et documents produits, organisent des réunions de travail, diagnostiquent les blocages éventuels et prescrivent des solutions (sessions de formation et de perfectionnement, révision Les évaluations sont la marque du statut associatif ; le choix de travailler dans le cadre de projets qui appartiennent à la sensibilité stratégique d’Avisen, et qui sont innovants et susceptibles d’apporter un «plus» à tous ceux qui sont confrontés aux mëmes dIfñcultés. Dutre l'engagement contractuel sur le projet, AvIsen s'estIme lIée par une quasi obligation de résultats, conséquence de l’adhésion aux buts du projet. Les évaluations d’étape sont privilégiées car elles permettent de diagnostiquer les erreurs ou faiblesses à corriger tant qu’il est temps, et les points forts qui sont à approfondir. Ces évaluations sont généralement suivies de recommandations de formation, de perfectionnement, d’assistance technique. Pour la mission promenade ce travail a été mené avec des réunions régulières (voir les chapitres suivants). L’évaluation de la première année de la mission Datar était demandée par la Datar. l’agence est équipée pour mener des enquêtes épidémiologiques, des enquêtes sur la qualité de la vie en relation avec la santé, des études sur les relations entre la santé et ses déterminants sociaux, économiques, culturels. A la demande d’une collectivité territoriale (municipalité, département, regroupement de communes, etc.) Avisen peut effectuer le diagnostic-santé d’un territoire donné (problématiques, besoins, demandes, acteurs, etc.), en croisant les regards des usagers, des professionnels
socio-sanitaires et des institutions. Avec le développement des Ateliers Santé Ville, Avisen a développé un certain savoir faire dans le domaine des enquêtes participatives sur la santé des habitants (des habitants sont recrutés et formés pour participer à l’enquête) et les enquêtes parmi les professionnels de santé d’un territoire. Avisen apporte son expertise aux acteurs de terrain en formalisant les méthodologies utilisées, puis en mettant à contribution ses réseaux pour faire connaître l’initiative en question auprès de ceux qui peuvent la soutenir ou la reproduire. Le cas échéant, l’agence possède la capacité d’organiser un événement régional ou national (colloque) autour d’une nouvelle approche.
AvIsen élabore et suIt la fabrIcatIon de supports d'InformatIon sanItaIre : ñches santé, ñlms vIdéo, cassettes audIo, sItes Internet. Ce travaIl comprend : la valIdatIon scIentIñque du contenu des messages, l'adaptatIon du vocabulaIre et des enchaînements au public ciblé, la réalisation et le suivi de toutes les étapes de la fabrication, et, éventuellement, l’étude de l’impact sur un groupe témoin. Tout au long de la mission, le site internet d’Avisen a été tenu à jour, principalement sur les résultats de l’enquête participative. Un extranet a permis aux différents acteurs du projet d’être informés des comptes rendus et analyses.
IV. Souffrance psychosociale, cadre de vie et rénovation urbaine participative
En octobre 2003, la ville de la Seyne-sur-Mer fait appel Avisen et aux compétences d’ingénierie de projets du Dr Philippe Truze, pour répondre à l’appel d’offre de la Datar sur le thème de : La souffrance psychosociale, le cadre de vie et la rénovation urbaine participative à la Seyne-sur-Mer et dans l’Agglomération Toulonnaise. Les textes ci-après sont extraits de ce dossier, et donnent le cadre à la mission promenade qui sera choisie ultérieurement. Ce dossier présenté à la Datar, a permis de remporter l’appel d’offre. Ce document a été rédigé par le Dr P. Truze. Notons, que la capacité de rédiger ces dossiers avec efñcacIté et résultat, est une réelle compétence, quI s'allIe à une autre réelle compétence de mise en œuvre sur le terrain. Le crItere étaIt d'avoIr un projet soumIs au ñnancement de la PolItIque de la 7Ille, ainsi qu’à celui de la Datar ,en étroite collaboration avec la ville.
Les publics concernés sont les personnes en situation de précarité et de marginalisation. Les mécanismes et méthodes développées par ce projet devraient, à terme, concerner tous les publics, par le truchement des améliorations apportées aux politiques locales de santé. Les porteurs du projet sont la Ville de La Seyne, et son Atelier Santé Ville, associé à Avisen. L’agence associative Avisen est associée depuis 2002 avec la commune de La Seyne et la DDASS du Var pour le développement de la santé dans la Politique de la Ville pour la promotion de la santé, et de la santé mentale ; pour la lutte contre souffrance psychique ; pour le développement social des groupes précarisés par l’accès à la santé et par la participation aux actions de santé, puis aux processus d’aménagement du territoire. Le projet est scandé en trois phases : le regroupement des travailleurs sociaux et des
psychologues, l’implication des habitants (enquête, actions de santé), l’ approche et implication dans les instances de rénovation urbaine, de l’intercommunalité, de l’aménagement du territoire. Certaines actions sont déjà engagées (coordination travailleurs sociaux et psy à La Seyne, préparation d’un questionnaire d’enquête). Chantal Vignal était responsable du lien social et santé au sein du centre municipal de santé. Depuis 2001, elle coordonne l’Atelier Santé Ville. Depuis juillet 2003, elle est directrice du centre médico-social municipal, dans un cadre de refonte profonde de ses objectifs. Les élus en charge sont le Maire de La Seyne, dépositaire de la mission de santé publique que lui conhe lEtat et M. Bousbih. elu delegue a la Politique de la Jille . La hiérarchie en charge à la Ville de La Seyne sont J-L Lafon, directeur général des services, Mme Aubry, directrice des services sociaux de la ville. Les agents DDASS en charge sont Suzanne Guglielmi (directeur), Isabelle Amari et Jeannie Naoumoff en charge du pôle social. Appui technique Avisen: Dr Philippe Truze, consultant en santé et en développement social, en charge du co-pilotage. Les objectifs de développement sont de lutter contre la souffrance psychosociale des personnes en situation précaire, de développer les démarches participatives de proximité, d’introduire les préoccupations de santé publique et de santé mentale dans les instances d’aménagement du territoire et de mieux dehnir la notion de territoire pertinent en sante publique.
La phase 1 traitera de la souffrance psychologique et du milieu socio-sanitaire à La Seyne. Il s’agira de regrouper les travailleurs sociaux, les éducateurs, les psy-quelque-chose, les médecins, autour de la souffrance psychosociale. Il s’agira de connaître les demandes des habitants, les sensibiliser et les mobiliser, par une enquête habitants participative sur le thème de la Souffrance psychique.
Et ce autour dun obiectif concret . la preparation de lenquête habitants (realise en 2003-2004) et mener l’enquête (printemps 2005)
La phase 2 traitera de la demande des habitants, et des relations entre souffrance et cadre de vie. L’exploitation de l’enquête permettra d’élaborer des projets d’action. Ca sera le moment d’approcher des instances d’aménagement de la ZUP, du centre ancien et de Ste Musse. Ces approches ont pour hnalite que la sante soit formellement prise en compte. L’analyse et l’interprétation collective des résultats de l’enquête permettra l’élaboration de projets institutionnels, associatifs et participatifs à partir de l’enquête, avec l’organisation des habitants volontaires.
La phase 3 permettra la formalisation des participations aux instances et actions d’amélioration du cadre de vie. Cette phase dépend du succès de la phase précédente. Cela donnera lieu à la formalisation de la participation des groupes de travail (avec présence d’habitants) aux processus de décision des grands programmes d’aménagement, et à la formalisation de la présence de la « santé » aux instances intercommunales. Ce sera le moment de démarrage des actions concrètes de lutte contre la Souffrance psychique, avec la présence des habitants. Nous pensons travailler de manière informelle avec les aménageurs (les inviter aux groupes de travail. puis se faire inviter aux leurs) et se faire inviter a participer ofhciellement aux instances de décision et d’évaluation des aménageurs (par les élus impliqués dans ASV) Et tout autant avec les instances de lintercommunalite. pour les elements du cadre de vie qui en dépendent (transport, équipements collectifs, loisirs).
Critères de réussite (évaluation) sont la coordination interprofessionnelle, la participation
des habitants, la lutte contre souffrance psychosociale, la présence de la santé mentale dans les instances de la rénovation urbaine de La Seyne , les préconisations et propositions des habitants pris en compte dans les decisions hnales des instances damenagement . D’autres critères seront à élaborer en cours d’action.
Le Comité Technique « Souffrance psychique » de La Seyne regroupe actuellement 20 à 25 acteurs professionnels locaux appartenant : au milieu psy institutionnel, à celui du travail social, de l’éducation nationale, de la santé,... Un objectif concret a été assigné à ce groupe (élaborer le questionnaire de l’enquête participative Souffrance psychique), qui constitue un puissant moyen de fédérer ces corps de métier. Nous espérons au cours de ce projet pouvoir améliorer le décloisonnement entre les techniciens et les politiques : les élus de La Seyne en charge de la Politique de la Ville ou de la santé siègent aux instances stratégiques et participent à certaines réunions des Comités Opérationnels (saturnisme, Souffrance psychique). Nous espérons que l’implication des politiques soit facilitée par la nécessaire réforme que s’impose la Centre Municipal de Santé de La Seyne (Cf. la loi d’avril 2003 sur les centres des santé). L’hôpital de La Seyne est intercommunal (CHITS), cogéré par les deux maires, celui de La Seyne et celui de Toulon. Le Maire de La Seyne – qui est médecin – suit personnellement les problèmes hérités de la municipalité précédente et suscités par l’existence d’une PMI municipale (transférée au CG 83) et d’un Centre Municipal de Soins Médico-dentaire. La santé est devenue un sujet de débat politique. Le CHITS (hôpital intercommunal) est fortement impliqué dans les comités de pilotage des deux ASV, comme dans le projet Souffrance psychique. L’implication d’un hôpital entraîne un regard plus appuyé des politiques locaux.
La démarche participative, l’implication des habitants est le point fort de la démarche ASV. Une enquête participative sur le thème de la Souffrance psychique est en cours de préparation. Les relations entre souffrance et cadre de vie, territoire et rénovation urbaine seront explorées. Tous les outils existent pour une démarche analogue à Toulon. Enquête participative et forum citoven ne sont sans doute pas les seules methodes permettant d’impliquer puis de faire participer les citoyens : l’innovation est à l’ordre du jour (micro scrutins locaux, réunions « Tupperware » animées par des personnes relais, implication des imâms, stands santé et fête de quartier, etc.) La mairie de La Seyne est désireuse de susciter la formation d’associations d’habitants, techniquement encadrées par Avisen. Les actions de ces associations seront très variées, mais auront pour point commun de générer du lien social et de l’estime de soi.
Dans le cadre de lExtranet des Atelier Sante Jille. creation dun espace « proiet Datar ». avec différents niveaux d’accès, dont un niveau pour les partenaires de ce projet. On trouvera sur le site : le calendrier prévu et réel de mise en œuvre, les acteurs, les CR de reunion. le budget et son utilisation. les prochaines etapes. les difhcultes et les succes.
Les facteurs facilitant sont : les projets urbanistiques en cours ou à terme de rénovation, l’implication très active de la DDASS du Var dans les ASV, la démarche participative. Ces projets urbanistiques offrent une fenêtre d’opportunité à l’implication du monde socio-sanitaire dans les processus décisionnels urbanistiques. La DDASS est un moteur entraînant les autres institutions, et crédibilise la démarche participative.
Les facteurs obstacles sont que les démarches participatives de santé et de développement social sont encore expérimentales en France, par opposition aux démarches colbertistes. Les autres obstacles ont trait à la fragmentation des territoires et des intervenants socio sanitaires
en France : les institutions et les collectivités favorisent l’autonomie et non l’interdépendance. Aussi, la démarche collective peut être un obstacle car les moins dynamiques imposent leur rythme aux autres. Lideologie des milieux socio sanitaires est fortement innuencee par les prises de position des partis anti décentralisation. Nous sommes confrontes a la difhculte de programmer les etapes dun proiet impliquant des acteurs n’ayant pas encore développé une culture commune de coordination. Scientihquement. on sait. que les mesures efhcaces se situent en amont de lhospitalisation (prévention, liens sociaux de proximité). A l’arrivée aux urgences il est souvent trop tard. Mais politiquement et médiatiquement, ce débat sera occulté par celui des moyens supplémentaires à affecter aux urgences. L’implication des libéraux dépend des modalités d’organisation des réunions (horaires, durée, cadre). LEducation nationale (par son service de sante) est deia associee a lASJ (programme de prévention du saturnisme). Les médecins scolaires ayant obtenu gain de cause (centralisation), on peut espérer leur participation aux autres travaux de l’Atelier Santé Ville.
V. Avisen et la Promenade urbaine
En septembre 2004, je fais part au Dr Philippe Truze des explorations urbaines et des actions que je mène (à Fos-sur-mer, Port Saint Louis, Marseille et en Chine) ; ainsi que de l’utilisation de la photographie et ses mises en forme en objets manipulables et participatifs : « les jeux d’images » et les « mots utiles et nécessaires ». Pour Avisen c’est le moment où l’enquête participative est presque prête à démarrer, où les partenaires sont mobilisés sur les questions de Souffrance psychosociale, et aussI le moment ou le projet de la |aIson de la Santé est annoncé et ofñcIalIsé. Le document « Jeux d’images et de promenades » que j’avais produit pour deux projets de promenades, servira de base à nos discussions et la conception du projet de promenades participatives pour la mission d’urbanisme participatif prévue pour « le projet Datar » comme nous le nommions. C’est là qu’a commencé ma participation professionnelle avec Avisen.
Le texte ci-dessous accompagnait les rendus de projets de promenades et de lectures d’espaces.
L’outil promenade et l’aménagement du territoire : Jeux d’images et de promenades
La promenade La promenade et la déambulation sont envisagées ici comme un outil. La promenade est un acte physique et artistique. La promenade est utilisée lors de l’analyse de l’urbain et du territoire.
L’image numérique est utilisée comme « rendu » de ces actes, ces temps et ces espaces traversés. La promenade est un lieu de rencontre, un moyen de communication et instrument pédagogique. C’est une rencontre de langages sur l’espace.
Cette recherche s’exerce sur différents terrains : - la théorie et les références - l’artistique : à Marseille, en Chine - l’exercice universitaire : diagnostic des lieux d’intermodalité / projet de tram à Aix - le support de communication et d’échange : les objets « Jeux de promenades » : Port-Saint- Louis, Fos-sur-Mer - écriture et réalisation d’un documentaire sur l’interface ville-port à Marseille, avec Luc Joulé /Image de Ville
Jeux de Promenades Il s’agit d’un travail en cours, renouvelé lors de chaque rencontre de paysage et territoire. Les objets en faisant partie sont des « maquettes », tout en permettant déjà une utilisation de travail sur les territoires urbains, périurbains et naturels. Ils repondent a deux grandes lignes de travail . une vision « hgee » et personnelle (celle de l’auteur) et une utilisation libre et mobile (celle de chacun). Je me promène. Tout le long, je prends des photos. A partir de cette « vraie » déambulation, je fais une sélection d’images, que je recompose en promenades d’images. Ces promenades sont nommées. Elles sont alors des points de depart de questionnement sur le territoire. Elles sont rassemblees sous la forme dun obiet qui devient une promenade dimages. Là intervient la nécessité de la liberté dans le questionnement. C’est ce que permet le jeu de cartes d’images par exemple, avec lequel il est possible de recomposer les promenades, mais surtout d’en créer d’autres.
Aussi, simplement, une ou plusieurs déambulations –parcours –promenades peuvent être créées et partagées dans des objectifs libres ou formels, avec ou sans objectif de résultat et de rendu.
Propositions de travail Quelques propositions ayant trait à l’artistique et à l’analyse du territoire et des ses enjeux - écriture de scénario de documentaire - spatialisation dune hction (roman. hlm) - installations photos et vidéo (exposition) - collaboration avec les architectes et paysagistes, sur les projets d’aménagement - travail de renexion et de recherche sur lurbain - apport « qualitatif » à l’analyse quantitative - outil de concertation - moyen de rencontre et de communication avec les différents partenaires en jeu sur un territoire : les politiciens, les citoyens, les associations, les entreprises - instrument de communication en interne de ces différents partenaires, sur le langage commun, sur la transversalité nécessaire. - travail sur l’image du lieu (communication) - identiher et creer un « discours » sur le territoire. Les projets et objets issus de cette démarche sont déposés et protégés par la loi sur les droits d’auteurs ©mdapalma
Notons la dimension d’auteur créateur, ce qui souligne une conscience et volonté d’acte artistique individuel, néanmoins partageable.Cette posture se retrouve chez un grand nombre de pratiqueurs de la promenade.
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« Les mots utiles et nécessaires : Lexique pour la pratique de la promenade » est un autre travaIl que j'avaIs entamé depuIs troIs ans au ñl des promenades urbaInes faItes et suIvIes seule ou avec d'autres promeneurs ( notamment le travaIl sur le ñlm sur l’interface ville -port avec Luc Joulé).
Cette « idée » est venue, suite à la pratique et le suivit d’un bon nombre de promenades de toutes sortes, où apparaissaient les mêmes mots . Pendant la promenade, après la promenade pour la raconter, et lors du commentaire des photos prises pendant la promenade. S'ajoute à cecI un constat : la dIfñculté de nommer cette pratIque de façon claIre, perceptible et partageable, et le nombre important de confusions (intéressantes) possibles des mots. Pour ceux qui la pratiquent et ceux qui la découvrent. Une des plus belles confusions est le mot Promenade , qui désigne tant le résultat de l’acte de se promener, que l’aménagement urbain servant à se promener, le tracé sur lequel on se promène.
Un lexique est un élément que nous trouvons indispensable dans tout champ et pratique. « Lexìqµe : 0ìctìonncìre sµccìnct d'µne scìence oµ d'µne technìqµe, d'µn domcìne spécìclìsé. ; voìr ¤losscìre.6losscìre : L'ensemble des mots d'µne lcn¤µe, consìdéré abstraitement comme un des éléments formant le code de cette langue. V. vocabulaire, lexicographie, lexicologieEnsemble des mots employés par un écrivain dans ses œuvres. » 27
27 dictionnaire le petit Robert
Les mots et leurs déñnItIons sont une façon sImple d'aborder les questIons de sens et d'InterprétatIon personnelle, collectIve, partageable ou pas. Les magnIñques et terribles imperfections de la communication et des relations humaines en général ! La base du lexIque a été composée avec des dIctIonnaIres de déñnItIons, de synonymes et d’expressions. Ce lexique a été constitué de façon participative, avec des groupes de promeneurs, des personnes ayant une pratique de la promenade urbaine seule ou en groupe, avec ou sans motivations professionnelles, sachant qu’en ce qui concerne les champs professionnels et motifs de la promenade il y a eu tant des artistes, comme des sociologues, des architectes et des urbanistes. Ce lexique serait l’arrivée, l’aboutissement d’un travail sur l’épistémologie de la promenade. Il pourrait faire l’objet d’un ouvrage poético-réaliste, qui serait comme un mode d’emploi à la promenade dans toutes ses formes. Ce lexIque rassemble des déñnItIons de mots utIlIsés pour parler des promenades, pour les restituer ; ainsi que les mots dont on peut et pourrait avoir besoin pour créer une promenade, ou pendant une promenade, ou encore pour la restituer.Deux groupes de mots sont traduits par deux formes différentes : les mots en majuscule et les mots en minuscule. Les MOTS EN MAJUSCULE nomment le type de relations possibles, les postures vécues pendant les promenades. Les mots en minuscule ont une polysémie qui permet de nommer le réel, le vécu et le rêvé. Les mots auraient pu être organisés autrement en fonction de leur catégorie grammaticale par exemple, ou de la fréquence de leur évocation par chacun, par leur taille syllabique et sonore … Ce travail est un outil qui s’adapte aux projets, et qui peut se décliner. Il pourrait faire l’objet de recherches et mises en place des méthodologies et grilles d’analyses précis, mais tel n’est pas le but ici. La présentation de ces mots (en listes continues, horizontales ou verticales, en colonnes ou en texte suivi), crée des effets de sens.
Une croIsée de ces mots, déñnItIons et notIons, produIt ce que l'on pourraIt appeler la dramaturgie d’une promenade, ou du moins les éléments qui permettent de la nommer de façon (prétendons-le) systématique. C’est l’hypothèse qui est soutenue dans cet écrit. L’ordre des mots est ici (presque) alphabétique, pour que cette liste soit consultable. La présentation initiale est en colonnes, ici elles est en ligne. La forme de présentation des mots permet de les questionner dans leur ensemble, en ayant une vue globale. La présentation, la forme créent des rencontres de sens, qui est une dimension non négligeable du mot (que l’on pense exploiter dans le projet éditorial).
ACCORDER - S’ACCORDER – APPREHENDER – BAVARDER - A L ECOUTE – ECOUTER – ENTENDRE – COMPRENDRE – CONNAITRE – COMPREHENSION – DESACCORD – DIVAGUER - EN GROUPE – ENSEMBLE – ENTENTE - ETRE PRESENT - ETRE ABSENT - ETRE LÀ – FERMÉ – INCOMPREHENSION – ISOLEMMENT – ISOLÉ – ISOLER - L UN DEVANT L AUTRE - L’UN DERRIÈRE L‘AUTRE - MARCHER DE PAIR - MARCHER DÉCALLES - MARCHER A PART - MARCHER COTE A COTE - MARCHER BRAS A BRAS - MARCHER A LA QUEU LEU LEU – MECONNAISSANCE – MESENTENTE – OBSERVER – S’OBSERVER – QUESTIONNER - SE QUESTIONNER – PARLER – PARTAGER – REGARDER - SE REGARDER – RELATIONNER - SE RELATIONNER – SENTIR – SEPAREMENT - SE TAIRE – RËVER - SE PROMENER SEUL - SE PROMENER ENSEMBLE - SE PROMENER AVEC - SE PROMENER SANS- S’ELOIGNER - SE RAPPROCHER - SE FERMER
Accéder – Accélérer – Accident – Accidenté – Action – Actif – Allée – Aller – Arpenter - Arpenteur -Arpentage – Attendre – Attente – Arrêt – Arrêter - S’arrêter – Artère – Avancer – Avenue – Aventure – Aventurier - S’aventurer – Balade - Se balader – Balader - Baladeur ? - Borne - Bornage – Boussole – Boulevard – Chaussée – Chausser - Se chausser ? – Chemin – Cheminer – Chercher – Clôture – Clôturer – Commencer – Communication – Communique – Communiquer – Contemplation – Contempler – Cours – Courir - Coureur ? – Création – Créer - Créateur ?- Déambulation – Déambuler – Début – Débuter - Débutant ? – Déplacer – Déplacement – Dérives – Découvrir – Découverte – Direction – Diriger – Distance – Entrée – Entrelacs – Errer – Errance - Erreur ? – Excursion – Expédition - Expédier ? – Fermer – Fermeture – Finir – Flâner – Flânerie – Flâneur – Franchir – Frontière – Générer – Guider – Guide – Haltes – Immobile –Immobilité – Immeuble -Inamovible ? – Impasse – Impossible – Incident – Itinéraire – Jalon –Jalonner – Jalonneur – Jalonnement – Khern – Layon – Lier – Marcher – Marche – Marcheur – Mobilité -Mobile - Meubler – Nomade - No man’s land – Ouvrir – Oser – Parcours – Parcourir - Passer – Passage – Pas – Passif – Pauses – Patauger – Perdre - Se perdre – Pied – Piétiner – Piéton – Piste – Poser - Possible – Promenade - Se promener – Promener – Promeneur – Ralentir – Relier – Retrouver – Route – Routier – Rue – Ruelle – Safari – Seuil – Sentier – Suivre – Sortie – Trace – Trajet – Trajectoire – Transect – Traverser – Traverse – Transit – Transversal – Terminer – Tourisme – Touriste – Trouver – Vaquer – Vacation – Vacance - Vacances ? - Terrain vague – Vadrouille – Visiter – Visite – Visiteur - Voie
Ces mots permettent de questionner la pratique de la promenade, celles-ci et les autres.
VI .Comment Avisen a fertilisé la promenade ?
De ces questionnements et en vue de la mise en place de la mission promenade pour la mission Datar, nous avons créé la promenade accompagnée pour la santé communautaire et l’aménagement du territoire.
Groupe local itinérant dans le système de santé et de l’environnement Description synthétique de la méthode La méthode est inspirée d’une méthode utilise en urbanisme participatif, appelée « déambulation accompagnée » ou « promenade accompagnée ». Elle consiste a . 1. Réunir un groupe, qui peut être composé de : - Des habitants du territoire considéré = méthode princeps - Des professionnels socio-sanitaires du territoire, méthode accessoire comme les suivantes : - Des élus ou des décideurs du territoire - Un mélange de ces différentes catégories. 2. Faire mener ce groupe par un ou deux intervenants familiarisés avec la méthode, dont le rôle sera précisé plus loin 3. Déambuler à l’intérieur du territoire en question - A pied le plus souvent - A pied avec courts trajets en transports collectifs, si cela s’avère pertinent 4. Passer par quelques etapes remarquables qui seront les structures de sante du territoire. - structures publiques (hôpital, centre de PMI, centre d’exploration de l’AM),
- privées (cabinet médical important, centre de radio, etc.) ou - associatives (toute structure associative liée au socio sanitaire) - mutualistes (dispensaires, pharmacies, centres dentaires, centres d’optiques. 5. Entrer a linterieur de ces structures. au moins iusqua lespace daccueil. dattente et d’orientation 6. Traverser des sous territoires proposés par les participants du groupe dans la mesure où ils illustrent les liens entre la santé bonne ou mauvaise) et le milieu : sites bruyants, sites dangereux (accidents), sites pollués, sites encombrés pour les piétons, sites laids, sites associés a la violence urbaine. aux connits de voisinage. 7. Encourager les membres du groupe a exprimer leurs sentiments. renexions. remarques. commentaires, critiques, appréciations positives 8. Entamer des dialogues avec des personnes croisees pendant la deambulation. que ce soit des « quidams » ou des personnes « remarquables » : - Personnels des structures, éducateurs de rue, travailleurs sociaux en déplacement, etc. - Concierges, gestionnaires d’immeubles, agents d’entretien, - Petits notables locaux, porte parole de bandes de jeunes, 9. Documenter et enregistrer ces remarques, critiques, dialogues, au moyen de : - Prise de notes écrites - Enregistrements audio - Enregistrements video 10. Laisser les participants décider du trajet, une fois familiarisés avec les règles de la méthode. 11. Mettre hn a la deambulation et en faire le bilan.
Produits attendus et utilisations possibles Deux sortes d’output sont attendus, les produits « discrets » ou palpables, et les produits immatériels. Les produits discrets suivants sont produits par une déambulation : · La documentation photographique de la deambulation · La documentation audio. les enregistrements audio · La documentation videographique · Les notes brutes prises pendant la deambulation par le ou les meneurs · Les notes retravaillees apres la deambulation Ces produits pourront être utilisés, entre autres, pour les élaborations suivantes : · Une exposition photo · textes. organisee dans un site situe sur le territoire. ou sur un autre territoire confronte aux mêmes difhcultes a priori. · Une soiree hlm video · exposition · Un livre blanc. un livre. un rapport. un communique de presse · Un document destine a servir de base de travail pour des groupes de travail reunissant des professionnels, des habitants, des élus et décideurs · La matiere dune pleniere. tvpe forum habitants. avec les expositions. les hlms en annexe. Les résultats immatériels suivants sont attendus de la démarche : · Letablissement de relations entre differentes categories. susceptibles dêtre exploitees ultérieurement : - entre professionnels et habitants participant à la déambulation - entre les habitants participants - entre « promeneurs » et usagers des structures de santé visitées - entre « promeneurs » et professionnels des structures de santé visités · le sentiment de devenir acteur . en effet. les remarques. commentaires et critiques. qui pourraient être banales en soi, prennent une autre dimension et font sens car : - elles sont formalisées (écrites, enregistrées, remises en forme) - elles sont additionnées à celles des autres participants, leur donnant du volume et du relief.
· La deambulation favorise les relations interpersonnelles. des rendez-vous sont pris pour d’autres formes de travail en commun : - Pour d’autres actions de santé en commun - Pour se grouper en collectif, voire en associations · Un nouvel angle de vue dun environnement parfois quotidien . - La praticabilité et l’accessibilité des structures et des aménagements urbains sont revisités de manière pragmatique, par dessus les discours institutionnels – auto satisfaits le plus souvent – ou les discours politiques – idéologiques le plus souvent.
Cette ñche méthodologIque servIra de base à la réalIsatIon et à la déclInaIson des projets de promenades et à leurs mIses en æuvre, aInsI qu'à la déñnItIon de ma mission de consultante au sein de l’équipe d’Avisen et de ses projets.
Seul e en Seyne, tours, traversées et contours - 28 j anvi er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 Seul e en Seyne, tours, traversées et contours - 28 j anvi er 2005 Seul e en Seyne, tours, traversées et contours - 28 j anvi er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005
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Vers la partie DEUX
« L'espcce est µn doµte : ìl me fcµt scns cesse le mcrqµer, le désì¤ner ; ìl n’est jamais à moi, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la conquête. » Georges Perec, Espèces d’espaces, 1974
La promenade s’ouvre sur des notions réelles et conceptuelles qui ont trait à la géographie, cette drôle de voisine, cousine, copine … de l’urbanisme. Le « Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés »28, est un ouvrage de référence. Il donne des repères et a des effets très libérateurs pour la pensée urbaine. Plus que d’en faire des citations, la liste de mots et de notions choisies témoigne des directions nécessaires d’élargissement de la pensée au cours de cette mission, et au cours de la rédaction de ce mémoire. Des liens y sont posés entre la géographie et l’urbanisme, et leurs remises en questions en ajustements ces dernières années. Acteur – Altérité - Ambiance architecturale et urbaine – Aménagement – Banlieue – Carte - Carte mentale- Cartographie - Chicago, école de – Circulation – Cohérence – Corps – Découverte – Echelle – Entretien – Epistémologie - Espace public - Espace vécu – Ethnométhodologie – Exploration – Friche - Générique (lieu) – Gouvernance – Habiter – Habitat – Image - Imaginaire géographique - Land art – Lieu – Limite- Monde vécu – Parcours – Patrimoine – Paysage – Perception – Pertinence – Quartier – Réalité – Récit – Réel – Relativisme – Représentation - Représentation de l’espace – Rue – Santé - Temps (et espace) – Zut !
28 LEVY J. et LUSSAULT M., sous la direction de, Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Belin 2003
Toutes ces notions ont porté la mise en œuvre de la mission promenade et les échanges que nous avons eu en équipe au sein d’Avisen ; les notions questionnent la pratique de la promenade comme outil participatif.
« Savoir de quoi l’on parle est clairement utile à l’énonciation des problématiques, c l'édìñcctìon des théorìes, c lc constrµctìon des concepts, et c l'or¤cnìsctìon de débats et discussions qui à nos yeux, ont toujours constitué les zones cruciales du trcvcìl scìentìñqµe. » 29
« Bien loin de n’être qu’une simple description de la surface de la terre, la ¤éo¤rcphìe s'cfñrme comme µne vérìtcble scìence socìcle, cttcchée c penser l’espace des sociétés humaines. Elle tente à la fois d’analyser l’organisation des espcces, c toµtes les échelles, les oµtìls de cette or¤cnìsctìon (l'cménc¤ement dµ terrìtoìre en constìtµcnt µn) et lc spctìclìté des ccteµrs, c'est·c·dìre l'ensemble des rapports pratiques de ces acteurs aux espaces. (.) les entrées c forte dìmensìon crìtìqµe, précédées d'µne ìntrodµctìon et complétées pcr µn ìndex sont clcssées en qµctre ccté¤orìes : Théorìes de l'espcce ; Epistémologie de la géographie ; penseurs de l’espace ; champs communs. (.) Le toµt constìtµe µne somme ìndìspenscble c toµs ceµx qµì veµlent cnclyser les espaces complexes des sociétés. En même temps ce dictionnaire montre l’apport de la géographie à la compréhension du Monde contemporain. » 30
29 Ibid. p16 30 Ibid. p16
PARTIE DEUX
... FAIRE ...
« La pratique c’est quand ça marche mais que l’on ne comprend pas. La théorie c’est quand on comprend mais que ça ne marche pas. Soµvent théorìe et prctìqµe se re]oì¤nent : rìen ne mcrche et on ne comprend pas pourquoi »
I. Démarrage de la mission Promenades en récits et en mots : comment et pourquoi ça marche. 1. Rencontre du vendredi 8 octobre 2004
Le vendredi 8 octobre 2004, a lieu une rencontre à la Mairie de la Seyne-Sur-Mer avec Avisen ; les acteurs de la mission Datar sont réunis : le Dr Philippe Truze, Chantal Vignal des ateliers Santé Ville, Mr Laffont de la Direction des Services et de Mme Aubry des Affaires Sociales de la ville de la Seyne, et moi-même représentant l’urbaniste pressenti pour la mission participative. L’outil promenade est proposé ; la maison de la santé est proposée comme l'opératIon quI sera le ñl conducteur du projet. A cette occasIon, les questIons budgétaires et décalages de planning, et aussi la question de la Maison de la Santé ont été posées.
0r P. Truze et moI·mëme présentons l'outIl promenade à partIr de la déñnItIon du métier de l’urbaniste. Ce qui suscite des échanges sur le projet de promenades, sur les urbanistes, et le service d’urbanisme de la ville. Une note synthétise l’intérêt de l’outil : il donne des points de repère de l’urbanisme aux propositions de promenades urbaines. Urbanisme - composition urbaine - planihcation strategique - urbanisme participatif Urbaniste Favoriser la rencontre entre initiative citoyenne et la volonté des élus Construire une pédagogie de la participation Diversiher les themes et formes de participation Clariher ce qui motive la participation Dehnir le temps et lespace (lechelle) de la participation Urbanisme participatif - Information - Consultation - Concertation - Participation Outils de l’urbaniste / l’urbanisme (par lesquels il s’exprime) - documents écrits - dessins - cartes - chiffres - images - parcours Les fonctions de l’outil de l’urbanisme - parler du même territoire et diagnostiquer son fonctionnement à différentes échelles
- révéler les pratiques quotidiennes, les appartenances, les identités - identiher et communiquer les perceptions visuelles dun territoire. dun lieu. dun itineraire - expliquer le projet et ses enjeux à sa population et à ses multiples partenaires - discuter les hypothèses d’aménagement et de - développement - énoncer les territoires privilégiés de l’intervention publique à toutes les échelles - intégrer les procédures et montrer la cohérence de projet - concevoir et mobiliser autour de la territorialité des projets complexes Le parcours partagé (outil choisit) pour : - adaptable, modulable, partageable - acte simple dégageant une richesse de contenus et relations - acte direct de relation : de l’individu à lui-même, de l’individu à l’autre, de l’individu à l’espace / l’univers - permet de travailler dans les trois sphères concernées dans ce projet : professionnels de la santé, habitants, élus Propositions : Parcours partagés avec - les élus, agents territoriaux (des différents niveaux hiérarchiques et services impliqués) - le personnel de la santé - les habitants Etapes . Cartographie participative et dehnition des trois parcours Parcours sur le terrain, éléments de regard, « retour » de l’expérience Parcours partagé et « retour » de l’expérience (cette étape pourra être répétée) Ateliers de « rendu » de ces expériences (aboutissant à un support partageable et communicable) Un ouvrage de référence : L’espace urbain en méthodes, sous la direction de Michèle Grosjean et Jean-Paul Thibault,
collection eupalinos. Editions parentheses. 2001 Pour passer à l’action : - Dehnition du territoire . ses limites . son exterieur. son interieur. ses communications internes et externes - Dehnition de lequipement ou du proiet qui est le pretexte a la demarche - Identihcation des problematiques - Identihcation des acteurs dans les trois milieux . le politique. lhabitant et le professionnel de la santé - Structures partenaires - Calendrier : des actions sur l’espace, des moments de réunion et de décision
2. Promenade du 10 novembre 2004 Cette promenade a été décidée par le Dr P. Truze. Elle fait suite à la réunion en mairie du 8 octobre 2004. Le matin j’avais assisté à une réunion du comité de pilotage pour la révision du questionnaire de l’enquête et mobilisation des habitants-enquêteurs à la maison des services. Je ne connaissais pas le territoire. La mission n’était pas validée, ni signée. Le démarrage était prévu pour le 1er janvier 2005. Cette réunion était l’occasion d’une prise de contact avec les deux personnes de l’atelier santé ville, le comité de pilotage et les habitants enquêteurs. Nous avions envisagé de faire un tour de repérage après le repas. Ceci a pris la forme d’une promenade prévue et formelle, alors que c’était de l’improvisation. Je pense aujourd’hui que ça a été une autre partie de l’entretien d’embauche de
mes services de promenade urbaine pour Avisen. Le 0r. P. Truze a pu mesurer la capacIté de réactIon, de proposItIon, de réßexIon en situation, et d’action. Ces principes de travail serons mis en œuvre et déclinés tout le long de la mission. P. Truze me conñera par la suIte qu'Il n'étaIt pas convaIncu nI certaIn de l'outIl jusqu'à ce jour d’expérience sur le terrain.
La promenade a duré 2 heures 10. 146 photos ont été prises P. Truze avaìt rassemblè deux personnes de l'atelìer santè vìlle (la coordìnatrìce et l'ìnhrmìère), une assìstante socìale, et un jeune ancìen habìtant de la cìtè. Personne ne savaìt trop ce qu'ìl faìsaìt là, l'objectìf du temps à passer ensemble. ll s'ayìssaìt bìen d'une promenade pour la promenade, sans but dèhnì, sans terrìtoìre dèhnì. ll a ètè questìon de façon ìnformelle de dèhnìr les espaces (et les choses) par leur forme, leur contour, leur extèrìeur. Parcourìr l'extèrìeur d'un terrìtoìre, ses frontìères et lìmìtes, son ìntèrìeur, sont autant de façon de le reyarder, de le rencontrer, de chercher à le connaïtre. Nous ètìons au centre mèdìco-socìal dans le centre ancìen (centre vìlle) ; P. Truze a ìnsìstè pour prendre la voiture. ll a fallu le convaìncre de marcher, de ne pas prendre la voìture. Se promener ne peut-ìl pas se faìre en voìture î En quoì est-ce ìmportant de marcher î C'est à dìre d'utìlìser son propre corps, avoìr les pìeds au sol. C'est à dìre se dèplacer la vìtesse maxìmale de son corps î C'est à dìre aller dans des lìeux accessìbles à pìed et corps, à æìl ; ce que d'autres modes de déplacement ne permettent pas toujours.
Nous sommes tout de mëme allès en voìture du CMS à la maìson des servìces (Cermìnal). Le prètexte et la nècessìtè de rèserver une salle pour une prochaìne rèunìon, m'a permìs de vìsìter les lìeux, les couloìrs avec Chantal Vìynal. Elle me prèsente les servìces. Nous reyardons l'accessìbìlìtè tant du poìnt de vue technìque qu'au nìveau du ressentì.
0ans un couloìr ìl y a un panneau avec un plan de la ZUP, ou sont dessìnès les bätìments et équipements. 0u sont nommèes les rues, les bätìments de loyement et de servìces. 0es tracès rouyes ìnforment de travaux. Le terrìtoìre couvert est la cìtè jusqu'au ßoulevard Marèchal Juìn. 0es lèyendes ìndìquent l'opèratìon et le lìeu ; par exemple la restructuratìon du rez-de- chaussèe de la Vìlla Andrìeu, le rèamènayement du square ßobby Sand, la dèmolìtìon du puìts de ßerthe, la rèhabìlìtatìon de ßerthe A et requalìhcatìon des abords. Nous le regardons, et c’est l’occasion d’en savoir un peu plus et d’essayer de me situer dans cet espace. Explìquer un espace à un autre seraìt une occasìon de re-dècouvrìr son terrìtoìre, et de s’en approprier, ou d’en prendre conscience. Ces mécanismes engendrent des rapports d’intelligence au territoire. Nous quìttons la maìson des servìces. Nous partons sur l'avenue Louìs Pìcard. Au bout de cette rue, ìl y a un terraìn vayue, entourè de pìerres, ou l'herbe est verte. Nous empruntons le chemin qui coupe le terrain, un raccourci, un « chemin des éléphants ». Nous reyardons les dèchets au sol, consìdèrons le bon sens de ce tracè. Les pìerres sont là pour èvìter l'ìnvestìssement par des vèhìcules et la vìtesse. Un « classique » dans l’aménagement de certains terrains et espaces dans les cités. Le chemìn mène à l'ècole P. Semard et permet d'arrìver plus vìte (et ayrèablement î) au croìsement quì mène à l'avenue Jean ßarolìnì, et la partìe nord de la cìtè Nous reyardons les abords de l'ècole. Ce terraìn : pourraìt-ìl ëtre une aìre de jeu î Nous arrìvons au croìsement de l'avenue Yìtzahk Rabìn
Là le jeune ancìen habìtant de la cìtè nous parle de cette voìe bus perçue comme une voìe antì-èmeute. C'est la voìe larye du bus en sìte propre, est celle de la lìyne quì relìe la gare au centre ville en passant par la cité. Cette voie est très longue, longe la voie ferrèe et rejoìnt la 063 quì va vers Toulon « par les terres », et le rond poìnt Ceoryes ßeauche quì dessert 0llìoules, l'accès à l'autoroute, la ZAC Jean Monnet, La zone commercìale, l'accès au sud de la Seyne par les terres, l'accès à Sìx fours. Nous nous sommes arrëtès devant l'ancìenne statìon servìce devenue une boulanyerìe, la meìlleure de la cìtè nous dìt son ancìen habìtant.
J’interpelle chacun avec des questions sur le territoire et ce que chacun en sait : de quand date cette transformatìon, pourquoì par quì. Pourquoì les abords sont sì nèylìyès. Y-at-ìl eu des èmeutes î Pourquoì î Duoì et pourquoì î quoì et pourquoì î Nous constatons le dèlaìssement des abords, que ce soìt en revëtement de sol, chemìnements, plantatìons, abords des ìmmeubles. Nous sommes entre la rue Le Corbusìer et l'avenue Jean ßarolìnì. L'usaye du nom des rues est propre à ce rècìt, alors qu'ìl est quasì ìnexìstant pendant la promenade, car nous montrons, poìntons, dèsìynons. Nous n'avons pas besoìn du nom des rues pour nous repérer. Aussi, nous eu avons peu de nécessité de nous repérer vu que nous sommes yuìdès par l'ancìen habìtant quì connaït les lìeux. Le nom des bätìments semble avoìr plus d'ìmportance, aìnsì que le repèraye des èlèments tels que la voìe bus, la voìe ferrée, les directions vers le centre commercial, ou vers le centre de la cité. Les tours servent de repères. On peu s’égare … mais pas pour longtemps.
Nous voyons des rez-de-chaussèe fermès par des yrìlles. 0es ìmmeubles quì semblent dèlabrès. Les couleurs constatera l'assìstante socìale contrìbuent à cela. Nous enyayeons un dèbut de dìscussìon sur la peìnture et le choìx des couleurs, sur ce que l'on voìt de dehors quì ne nous permettraìt à prìorì pas de juyer de l'ìntèrìeur et des conditions de vie.
Sur les questìons d'ìmplìcatìon des habìtants dans l'entretìen des lìeux extèrìeurs , les façades d'ìmmeubles, les lìeux communs et partayès. L'expèrìence de l'assìstante socìale et des deux personnes de l'ASV sont quelque peu contradìctoìres. Maìs chacun hnì par admettre que peu d'èlèments de l'extèrìeur permettent de dèduìre quoì que ce soìt concernant l’intérieur. La couleur pourraìt certaìnement ëtre l'occasìon de retrouver le plaìsìr du reyard pour les yens du quartìer, vìvre dans un bel ìmmeuble. Et pour ceux quì vìennent leur rendre visite. C’est aussi l’occasion d’investir le logement. Nous marchons, parcourons les rues, les espaces publìcs, les places de statìonnement. Nous exprìmons nos avìs sur le manque de qualìtè de ces espaces, de nos poìnts de vue et de nos regards individuels et personnels. Nous sommes témoins d’un accident entre une voiture et une moto. L’occasion de constater la rapìdìtè de l'arrìvèe de la voìture de polìce (. sans doute n'ètaìt elle pas loin). Nous passons au « marchè du ramadan. ll s'ayìt d'une ìnstallatìon ponctuelle, toutes les hns de journèe (avant la rupture du jeüne ), de marchands avec leurs produìts du Mayhreb. Cette ìnstallatìon au cæur de la cìtè donne vìe à cet espace publìc, et rèpond au bon sens des usayes et pratìques de la vìe en socìètè. Nous rencontrons un ayent de l'0PHLM un ayent de l'0PHLM ìntrìyuè par ce dèplacement en yroupe ; nous dìscutons sur la cìtè et sur son mètìer : ìl est charyè de vèrìher l'ètat des cages d’escalier et des parties communes. C’est l’occasion de parler des des appartements murés pour éviter les squatts, de la tour presque vide en attente de démolition. La promenade prend ensuìte une tournure bucolìque, quand nous traversons la pelouse à l'arrìère d'ìmmeubles. Nous passons ensuìte par la cèlèbre ßanane, cet ìmmeuble très lony en courbe, et constatons ses dèlabrements. Nous allons vers l'Hôpìtal. Nous passons par le terraìn ou sera construìte la maìson de la Santè. C'est un champ au mìlìeu de la cìtè. Nous rejoìynons le parc de jeux au bord du boulevard, un retour un peu abrupt dü à l'ìncohèrence sonore de certaìns amènayements.
Nous sommes sur la coupure entre le Nord et le Centre de la vìlle, entre « ßerthe » et « La Seyne ». ßerthe est une appellatìon attrìbuèe à cette cìtè et ce quartìer. C'est aussì le nom de certaìns ìmmeubles. Les autres noms des ìmmeuble sont des façons de nommer les espaces : ßerthe A ß C 0 E, Florèal A ß C 0 E F C H, Cermìnal A ß C 0 E F , Messìdor A ß C 0 E F C H, Praìrìal A ß C . Nous reyaynons la Maìson des Servìces, et concluons yaìement sur comment pourra ëtre la Maìson de la Santè en termes d'accessìbìlìtè rèelle et perçue par ses futurs utìlìsateurs.
II. En mission ! : hypothèses et réalisations
1. Les promenades, les acteurs et les territoires. Au départ de la mission nous établissons un plan de travail, des hypothèses. La mission commence le 15 janvier 2005. La proposition sera vite rattrapée par le réel du terrain, des acteurs et réorganisée avec le bon sens qui émane du réel !
Atelier de parcours partagés à la Seyne-sur-mer / 2005 lAnnee 2005 sera divisee en deux parties. en deux fois six mois. parce que cela permet de hxer deux objectifs de travail avec cette méthode de déambulation partagée : dans un premier temps la prise de contact avec le territoire et les équipements sociaux, dans un deuxième le travail sur la maison de sante. Les operations sont identihees et distinguees.
Cela permet de produire deux événements « montrés » : une déambulation publique partagée et une exposition à deux moments différents : juin et novembre. Ceci illustre, rend public, montre à tous (aux participants, aux observateurs, aux absents) qu’il s’est passé quelque chose. Cela permet de faire un premier bilan, d’envisager des réajustements pour la deuxième étape (même si les objectifs sont bien distincts). Cela permettra de faire des demandes de moyens supplémentaires pour la deuxième étape, ou pour 2006 Enhn cela rendra la demarche communicable (DATAR. Ministere de la Sante) aux colloques et rendez-vous professionnels. Les étapes de l’atelier dans la première partie de l’année de Janvier à Juin peuvent être imaginées comme suit : En ianvier . Cartographie participative et preparation dun parcours avec les travailleurs sociaux. Nous utiliserons en accessoires les jeux de mots de la promenade et réglette d’évaluation chiffrée (la même que celle utilisée pour l’enquête). Les obiectifs de la methodologie consistent en « prohter « de chaque etape de travail des autres champs d’action : enquête participative, comité souffrance psychique, réunions GPV, et aussi des manifestations culturelles et sociales à la Seyne. Il s’agira de présenter à chaque étape de travail, l’objectif de la séance pour l’animateur, les « animés » ; les informations espérées, leur « ré utilisation » directe et indirecte. Il sera important de rappeler les étapes précédentes et les suivantes, pour que la continuité et le sens soient perçus. Chaque étape aura une valeur en soi car il y a toujours le risque des absences, des arrivées en cours de route. L’implication « en binôme » , peut être une réponse à la variabilité des présences , et pourra pallier aux absences et renforcer les motivations et coopérations. La participation à toutes les étapes sera valorisée. Chaque participant aura son carnet de promenades (carnet de bord de latelier). En fonction de la « réussite » de cette action, ce dernier pourra être exposé.
Des expositions seront à prévoir. Nous pourrons envisager d’utiliser les vitrines abandonnées. L’argument auprès des bailleurs : l’occupation de ces lieux par une exposition faite par des « locaux » et ceux qui s’y intéressent, ce qui gage d’une tentative de valorisation de ces lieux « éteints » (ce qui est en général prévu dans les réhabilitations de zup). L’exposition devra être conçue en parties autonomes et mobiles. La mobilité des expositions d’un quartier à un autre serait envisageable et créerait un parcours, et un regard d’un territoire à l’autre. Nous souhaitons que les publics se mélangent, et se rencontrent dans leurs échanges et pratiques, sur leurs territoires. Nous souhaitons travailler avec les publics suivants : les habitants, les travailleurs sociaux, les professionnels de la santé et les élus. Chaque public demande à être approché différemment. Pour chacun les objectifs seront adaptés, car les questions et positions ne sont pas les mêmes. L’adaptabilité de la mission est dans les étapes qui peuvent être grossies ou réduites. C’est une des façons propre à la méthode de parcours partagé. Les prolongements des ateliers sont possibles si la motivation et l’implication des participants existe. Des « devoirs » à faire pour une séance prochaine peuvent être ajoutés comme par exemple : l’habitation rêvée, le parcours de logement, le journal des parcours quotidiens. Ce qu’il restera de ces actions ? Nous ferons l’évaluation à chaque étape d’atelier et veillerons à l’appropriation par chacun de l’acte de se promener, de parcourir un espace en conscience, de s’impliquer dans la vie en société. Nous tenterons d’instaurer des opérations ayant trait à la marche et à la promenade tels « marcher à l’école ». Nous pourrons créer des actions, des « marches vers des équipements », un ASV par exemple ou un autre équipement social ou de la santé. Nous tenterons dinscrire des actions dans et a loccasion de iournees specihques. telles les journées du patrimoine (septembre), la journée des voisins (mai), la journée des enfants, journée des femmes : proposer le parcours composé, comme un parcours de découverte de la
ville avec des regards particuliers. Des liens seront a envisager avec lofhce du Tourisme. avec service le Patrimoine et la Culture de la ville.
2. Réalités : repérages et promenades Les repérages sont habituels et nécessaires dans les démarches artistiques cinématographiques et photographiques. Dans l’aménagement du territoire et l’architecture, les différents corps de métier l‘utilisent : architectes, urbanistes, paysagistes. Une étape indispensable au diagnostic, à la conception. Les repérages sont une étape à priori préliminaire aux promenades partagées avec des acteurs et habitants des lieux. Cette étape peut se faire en groupe, en ignorance partagée. Se promener seul ? Se promener seul avec pour objet le repérage, ne serait-ce pas la chose la plus ennuyeuse ? La solitude, la seule perméabilité aux informations du territoire, sans échanges, en silence? Arpenter le territoire, serait-ce une sorte d’exhaustivité du regard ? C’est une Mission exaspérante, lassante, Mais utile et nécessaire.
Repèraye 1 Seule en Seyne, tours, traversées et contours 28 janvier 2005 (216 prìses de vue)
En voìture. J'aì sìllonnè en voìture le pèrìmètre de la cìtè berthe, ses accès, en cherchant les liens et ruptures avec d’autres quartiers et secteurs de la ville. La ville par la voìture. Les axes de cìrculatìon. Le statut de la voìture dans le quartìer. Mèthode : que peut-on connaïtre de la vìlle en voìture î Due manque-t-on î Peut-on parler de promenade en voìture î La place de la voiture en ville. Le boulevard La voie ferrée. Les bätìments. Connaïtre la vìlle de l'extèrìeur. Les ìmmeubles. Essayer de se repérer. Lìste des axes. Lìste des bätìments. Les chemins. Le lien avec le centre ancien.
Repèraye 2 Reconnaïtre ßerthe 1er février 2005 (148 prìses de vue)
Poser la voìture au parkìny î 0e son sommet, une vue sur la vìlle. A la recherche des poìnts de vue en hauteur dans la vìlle. Les lìeux publìcs le proposent peu. Les ìmmeubles d'habìtatìon ont ces poìnts de vue. Seraìt-ce une qualìtè î Cela permet ìl de rendre l'habìtant expert et connaìsseur du terrìtoìre î Est-ce une bonne questìon î 0u parkìny, le sentìment de pouvoìr connaïtre le terrìtoìre de la vìlle, les lìeux et zones apparentes et celles quì de là sont cachèes. Une vìlle dont on ne peut pas avoìr une vue d'ensemble. Une vìlle quì a ses creux. La cìtè coupèe par le boulevard et le chemìn de fer, ìmposante en hauteur, par la vue qu’elle a sur les autres territoires aménagés et naturels. Je ne suis pas montée dans les tours, je ne suis pas rentrée dans les appartements.
(lnterruptìon : Une rèunìon occupe une partìe de la journèe.)
Je termìne la journèe en allant aux playes, pour repartìr par Sìx Fours : un sentìment curìeux de ne plus ëtre à la Seyne sur Mer, et que ce quartìer de la Seyne est d'avantaye relìè à la commune de Sìx fours.
Repèrayes 3 0'en haut et d'en bas : les toìts, les collìnes et la mer 31 mars 2005 (60 prìses de vue)
Arrìvèe par Sìx Fours. Chercher des points de vue. Les tours de ßerthe. Tenter de s’y retrouver. Prèynance des chemìns, la loyìque de cìrculatìon automobìle est curìeuse, dìfhcìle d'en appréhender les schémas et dessins. La végétation est plus présente. On sait que la mer est proche car nous avons suivit la côte pour arriver. Fìnalement elle n'est pas beaucoup plus proche ou èloìynèe que ßerthe ne l'est de l'eau, maìs là c'est l'eau portuaìre ce quì a un tout autre sens, car un tout autre usaye. Lonyer la cornìche. Contact avec la Seyne patrìmonìale, lìttèraìre, balnèaìre. La Vìlla Tamarìs. La bìblìothèque et les archìves. Pause documentatìon. Les ressources sur l’histoire locale. Les archives, registres, cadastre Napoléonien. Et la rencontre précieuse avec Adeline Luminet, archiviste. Je prends rendez-vous pour consulter les plans. Je prends contact avec l'assocìatìon Hìstoìre et Patrìmoìne Seynoìs. Je rencontre Joséphine Moretti, anciennement enseignante d’histoire. Je repars, lonye la Cornìche, arrìve aux ancìens chantìers, en prohte pour voìr la cìtè î
quì est dans un des terrìtoìres de la polìtìque de la vìlle, et donc terrìtoìre de l'enquëte des habìtants. Ressemblance du bätìt. Le bätìt socìal plus proche des pìns, des collìnes. Les chemìns sont plus apparents. Le bätìment de l'lUFM, de Rèmì Marcìano. ßoìs, sensualìtè, rèsonance avec les bätìments des chantìers. Archìtecture moderne, èquìpement publìc mìtoyen avec une cìtè de loyements socìaux. Ces èlèments seront utìles à la rèßexìon sur la maìson de la santè. Arpentaye en voìture î Je prends les petits chemins, tourne en spirales évolutives vers le centre ancien, entre mer et bätìt. J'arrìve sur le chantìer des chantìers. La terre est battue autour de la porte des chantìers quì est attente de sa rènovatìon. C'est un ìmmense parkìny. Je pose la voiture. Je me promène dans le centre ancien. Une attentìon portèe aux plans de la vìlle posès à l'attentìon des usayers : plan des transports locaux et ìntercommunaux, un plan avec des lumìères pour ìdentìher î les èquìpementsî La connaìssance possìble de la vìlle, les reprèsentatìons cartoyraphìques. Je marche Les accès et transìtìons entre le centre ancìen et ßerthe. Je pars au nord de la cìtè à la recherche des hauteurs. La petìte collìne que se dèverse en chemìnement vers le bas, entre maìsons ou yroupe de maisons. La force de l'ìdentìtè foncìère. 0n la retrouve dès que l'on quìtte les tours et barres. Je vais vers la gare. Le contact avec les lìeux est en lìen avec la dìmensìon bucolìque de la campayne, dans laquelle on n’est pourtant plus.
Je suìs à la frontìère entre la Seyne et Toulon. Je vaìs à la yare. Passe sous le tunnel. Rìen ne semble ëtre faìt pour le pìèton. Je revìens à la route le lony de la voìe ferrèe. Arrët de bus. Je l'attends et le prends. Trajet du bus. C'est une autre façon de se promener : Etre conduìt, ne pas avoìr le choìx du trajet, du temps et rythme. Etre promené. Transport en commun, 0èplacement tourìstìque. Plaìsìr du dèplacement. Le trajet traverse la cité et le centre ville jusqu’au port.
Marcher pour retrouver la voiture et quitter la ville par le Nord.
Promenade 1 0u centre vìlle à ßerthe : hìstoìre et ayrìculture 11 mars 2005 (202 prìses de vue) (202 prìses de vue)
Contexte : Le matìn ètaìt le jour de la rèunìon ìntermèdìaìre des avec les habìtants enquëteurs. J'en avaìs prohtè pur dìre un mot du projet promenades, quì en ètaìt aux repèrayes partayeables en vue de crèer des actìons plus formelles avec cet outìl ultèrìeurement. ll y avaìt une dìzaìne de personnes. ASV et Avìsen ètaìent occupès par l'enquëte. Notons les rèsìstances ou freìns de l'èquìpe. 0e la dìfhcultè de passer à l'actìon, du lony travaìl de sensìbìlìsatìon à la sì sìmple et yratìhante promenade. L'outìl exìste. Ressemble à des pratìques communes à chacun : les trajets quotìdìens, les dèplacements à pìed.
J'avaìs prìs rendez-vous avec Josephìne Morettì. Je luì avaìs proposè que notre rendez- vous, notre rencontre et nos échanges se fassent la forme d’une promenade. ll s'ayìssaìt qu'elle me lìvre ses connaìssances et poìnts de vue sur l'hìstoìre de la Seyne-sur-Mer, sous les dìffèrents poìnts de vue qu'enyayent son hìstoìre personnelle et postures. Josèphìne Morettì est nèe et vìt à la Seyne sur Mer ; elle a enseìynèe l'hìstoìre au collèye ; elle est un membre actìf de l'assocìatìon hìstoìre et patrìmoìne seynoìs ; elle mène des recherches sur les vestiges de l’histoire agricole. Ses différentes couches d’informations seront présentes tout au long de la promenade. Nous avìons rendez-vous en centre vìlle, devant la ßourse du Travaìl, à 14h.
Nous sommes partìs avec deux jeunes habìtants de la cìtè èyalement mobìlìsès pour l'enquëte. La promenade a durè 4 heures. Nous avons quìttè le centre ancìen et parcouru la cìtè ßerthe sur bon nombre de ses chemìnements. Ce parcours exhaustìf a ètè yuìdè et commentè par Josephìne Morettì : elle nommaìt les ancìens bätìments, les noms des propriétaires, évoquait les cultures de chaque terrain. Ces descriptions étaient croisées d'èvocatìon de souvenìrs d'enfance et d'adulte, aìnsì que des rèfèrences à sa vìe professionnelle passée en tant qu’enseignante d’histoire au collège. Les deux autres habìtants ont faìt part de leurs vècus et souvenìrs d'enfants et de jeunes adultes.

Promenade 2 Les èquìpements de ßerthe, rencontre de reyards 16 mars 2005 (86 prìses de vue)
J'avaìs prìs rendez-vous avec deux habìtantes partìcìpant à l'enquëte sur la souffrance psychosociale, ainsi qu’avec une assistante sociale. Nous avons parcouru la Cìtè ßerthe en reyardant ses espaces publìcs et ses èquìpements. Le reyard des deux habìtantes, vìvant dans les quartìers sud, ètaìent presque comme celuì de tourìstes attentìves. Elles ètaìent munìes d'appareìls photos, avec la lìbre consìyne de photoyraphìer ce que bon leur semblaìt au cours de cette promenade. Le reyard de l'assìstante socìale, l'èvocatìon des rencontres de habìtants en prècarìtè, a donnè une autre dìmensìon à ce terrìtoìre.
Promenade 3 Centre ancìen : les èquìpements, leur accueìl et accessìbìlìtè 7 avril 2005 (153 prìses de vue)
Cette promenade faìt suìte à la promenade 2. J'avaìs rendez-vous avec une assìstante socìale pour que nous puìssìons faìre le tour des èquìpements socìaux et de santè du centre ancìen. Cecì nous a permìs d'aborder des questìons d'accessìbìlìtè, de la nècessìtè d'ìnformatìon sur ces lìeux en yuìse d'accueìl des usayers en sìtuatìon en yènèral prècaìre. Son expèrìence professìonnelle a nourrì l'approche urbaìne de lecture des lìeux.
A la suìte de ces troìs promenades j'aì rencontrè les sìx personnes sèparement. Après une restìtutìon orale du parcours, chacune a commentè les photos (les mìennes et les leurs) . Ceci nous a permis d’appuyer les propositions que nous avons faites par la suìte à la vìlle.
Promenade 4 Les tays Craffs quì tatouent les terrìtoìres 3 heures 20 mai 2005 (125 prìses de vue) J'aì eu le contact par un jeune seynoìs d'un yraffeur rèputè à la Seyne-sur-Mer et aux alentours. Ce jeune homme de 27ans à l'èpoque travaìllaìt dans un centre socìal de la cité. Je souhaitais qu’il me donne son regard sur le territoire au travers de la pratique du graff et du tag. Nous avons quìttè ßerthe et sommes passès par la voìe ferrèe. Nous avons rejoìnt les grandes surfaces au Nord de la Cité en passant par des terrains vagues. Nous somme re-rentrès dans la cìtè. Nous l'avons arpentèe au yrè des sìtes de yraff et tag. Nous sommes rentrés dans une série de commerces décorés de fresques. Ensuìte, nous sommes partìs en voìture au sud de la vìlle, le lony de la cornìche, là ou ìl ya des sìtes d'apprentìssayes du yraff dans des batìments abandonnès. Nous sommes montès dans les collìnes sur un sìte de rassemblement de yraffeurs, ou les murs de batìments abandonnès sont ìnvestìs d'oeuvres. Nous sommes enhn partìs à Toulon, à l'ouest de la vìlle, voìr des sìtes de yraff. Les ìnformatìons reçues et les èchanyes ont touchè de nombreux sujets : sur sa pratìque d'artìste et pèdayoyue yraffeur, sur les lìeux ìnvestìs de yraffs et tays, sur les seynoìs et la ville, sur la vie dans la cité. Ce graffeur étant très connu des jeunes, tout le parcours dans la cité a été entrecoupé de rencontres et échanges. ll y a une hìerarchìe des lìeux du yraff : ìnterdìts, acceptès, tolèrès; d'apprentìssaye et d'expressìon artìstìque; de communìcatìon mìlìtante (les traìns, les lìeux publìcs); de marquaye : les tays sur les habìtatìons «comme chìen quì pìsse»; des contenus mìlìtants et provocateurs. Sur la cìtè ça ètè l'occasìon de dìscuster des usayes de certaìns lìeux et des besoìns non- entendus de ceux quì y habìtent.
III. Urbanisme et représentations mentales
Abords – Accessibilité - Accession à la propriété - Aire de jeux – Aménagement - Aménagement du territoire – Aménageur - Anthropologie de l’espace – Arbre - Architecte-urbaniste – Banlieue – Barre – Besoins – Béton – Carrefour – Carte - Carte communale - Carte sanitaire – Cartographie - Centre urbain - Centre urbain nouveau - Centres secondaires – Chantier – Chemin – Cité – Classement - Comité ou conseil de quartier - Composition urbaine – Conservation - Contrat de ville - Consommation d’espace - Délégation à la qualité de vie – DIV – Délinquance – Démolition - Dénomination des voies - Densité de logements - Développement social des quartiers – Enquêtes – Environnement – Epistémologie - Equipements collectifs – Espace - Espace public - Espace vert - Ethnologie urbaine – Exclusion - Grand ensemble - Grand Projet de Ville – Habitant – Habitat – Hôpital - Hygiène publique – Ilot - Jardin familial – Logement – Lotissement – Maison - Maître d’ouvrage - Maître d’œuvre – Marché - Marche à pied - Mobilité résidentielle – Moderne - Normes d’habitabilité et de confort – OPAH - Pacte de relance pour la ville – Participation – Patrimoine – Paysage – Photographie – Piéton - Plan d’occupation des sols - Plan local d’urbanisme – Programme – Promenade – Quartier – Rue – Site - Sociologie urbaine – Squatter – Stationnement – Territoire - Tourisme urbain – Trottoir – Urbanisme - Urbanisme opérationnel – Urbaniste - ZUP Ces mots et notions sont extraits du Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement 31; Ils y sont déñnIs et commentés. Au cours de ces promenades et de cette mission, différentes notions de l’aménagement du territoire ont été abordées, croisées, empruntées. La pratique de la promenade nous a mené dans les dimensions personnelles et sensibles certes, mais il s’agit bien d’urbanisme et d’aménagement du territoire.
31 MERLIN P., CHOAY F., Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement, puf, 2005
Ces premIeres promenades se sont mIses en place en proñtant, en se mëlant à la mission de l’enquête participative. Nous avons pensé Amandine Vanvegellen et moi-même, que les représentations mentales de l’espace (en géographie, en urbanisme) étaient le lieu de rencontre conceptuel de nos deux missions. Ces extraits donnent un éclairage set des fondements théoriques à nos deux missions.
Comment la souffrance psychosociale et la promenade se rencontrent ? « L’analyse des représentations mentales n’est pas une branche de la géographie pcrmì d'cµtres . ll s'c¤ìt de l'essence même de lc dìscìplìne. Toµtes les ¤rcndes questions doivent tenir compte de la façon dont les hommes « voient » leur environnement. L’action des sociétés ne peut se concevoir qu’en fonction de cette représentctìon sµb]ectìve, pcrtìcle, ìmc¤ée, chcr¤ée de sì¤nìñcctìons cµltµrelles. Les paysages ne sont en effet qu’un « interface entre espace subjectif et espace ob]ectìf » (Collot , 1º8ó). Aµtrement dìt, les hommes cccordent des vcleµrs cµx lieux et projettent sur l’environnement ce qu’ils sont. L’action humaine s’explique par cette vision du monde déformée, liée à une dimension culturelle. C’est l’apparence des choses qui nous guide. Chaque être possède un champ spatial dans leqµel ìl se déplcce et qµ'ìl percoìt cµ trcvers d'µn ñltre. » 32
« Lc mondìclìsctìon, cvec ce ñot ¤rcndìsscnt d'ìnformctìons qì nos pcrvìent, renforce ce sentiment d’appartenance et de besoin d’ancrage territorial dans un qµcrtìer, µn vìllc¤e, µn « pcys ». (.) (Poµrtcnt) des étµdes sµr lc conncìsscnce des lieux, les motivations ou les degrés de satisfaction d’un groupe social sont indispensables. Cette démarche qui s’apparente au marketing exige du temps et des moyens (.) Comprendre le sens et lc vcleµr qµe l'on cccorde cµx lìeµx c, en déñnìtìve, poµr ob]et de fcìre pro¤resser le bìen·être. » 33
32 PAULET J.-P., 2002, Les représentations mentales en géographie, Anthropos, Paris, p2 33 Ibid. p3
« L’étude de la subjectivité des hommes est indispensable pour comprendre l’organisation de l’espace. » 34
« Le réel nous apparaît sous la forme de représentations cognitives qi varient sµìvcnt les ìndìvìdµs. (.) Les éléments qµì composent µn pcysc¤e peµvent être percµs sépcrés oµ cssocìés. (.) 0cns ces condìtìons, en sìmplìñcnt, plµsìeµrs ccté¤orìes d'observcteµrs se dìstìn¤µent : - ceux qui perçoivent peu d’éléments et peu de relations entre ceux-ci - ceux qui perçoivent beaucoup d’éléments mais font peu de relations · ceµx qµì vont bìen voìr les relctìons fonctìonnelles entre les éléments : le pcysc¤e est « compris » - ceux qui opèrent des associations, mais celles-ci sont fausses !!!!! (.) Lc complexìté des relctìons entre l'homme et son envìronnement, l'ìntercctìon permanente conduisent à souligner l’importance d’une approche à la fois humaniste et culturelle, trop longtemps oubliée au nom d’une « objectivité » qui est-elle même µne ìdéolo¤ìe cµ sens pé]orctìf dµ terme. (.) Les socìétés ne se condµìsent pas de d’une façon logique et cartésienne . (.) Le plµs soµvent le symbole se rcttcche c des réclìtés bìen concrètes ccr le pcssé c mcrqµé les lìeµx. (.) Le symbole repose donc sµr µne réclìté plµs oµ moìns ìmc¤ìnée, ìnterprétée voìre sccrclìsée. (.) Ce lien entre le réel et un certain système de valeurs est essentiellement créé par la culture, l’idéologie qui caractérisent un groupe à un moment donné. » 35
34 ibid. p5 35 Ibid pp9-14
Extrait de lenquête. concernant le territoire. Bien-être. Sante et Environnement a la Sevne sur Mer 2004 - Atelier Sante Jille de la Sevne sur Mer
LOGEMENT / HABITAT 22. Dans quel type de logement vivez-vous? - Cité ou ensemble HLM - Résidence privée - Maison individuelle ancienne (avant 1948) - Maison individuelle recente (apres 1948) - Appartement ancien (avant 1948) - Appartement recent (apres 1948) - Autre (foyer, CHRS...): 23. Etes-vous locataire ou proprietaire de ce logement? 24. Pouvez-vous me citer 3 aspects positifs de votre logement? 25. Pouvez-vous me citer 3 aspects négatifs de votre logement? 26. En fonction de cette reglette. votre logement se situe comme une source de bien-être. de plaisir ou comme source de tracas, de soucis pour vous ? 27. En rapport avec votre logement. avez-vous entame des demarches pour ameliorer la situation ou soulager certaines difhcultes? (Nature des demarches et perception de leur aboutissement
« Chaque individu voit le monde à partir de son corps et il est impossible de comprendre l’action humaine sans connaître les déplacements, la mobilité. Les représentctìons co¤nìtìves doìvent être prctìqµes et µtìles. ( .) Lc perceptìon et les représentations sont donc étroitement liées à la position de l’individu dans l’espace, c ce qµ'ìl fcìt, c sc mobìlìté, cx ob]ectìfs qµì le ¤µìdent. (.) Lc fonctìon qµe l'on cherche à remplir détermine le regard que nous avons sur l’environnement. Il est donc indispensable de toujours partir, dans les analyses de l’espace personnel avant d’envisager l’espace social. » 36
« La distance est une notion relative. La distance « réelle », c’est à dire objective et métrìqµe, c lon¤temps été lc seµle vcleµr µtìlìsée en ¤éo¤rcphìe. (.) lc prìse en compte tardive des mécanismes de la perception et des représentations. Le souci « d'ob]ectìvìté », lc per d'µne confµsìon sµ]et·ob]et (.) 0n trc]et est µn espcce vécµ ; le problème de la distance est le véritable révélateur des goûts, des habitudes, de la vie quotidienne. Le déplacement d’une personne repose sur une combinaison complexe de connaissances objectives et de préférences individuelles. » 37
36 Ibid p20 37 Ibid. p65
Extrait de lenquête. concernant le territoire. Bien-être. Sante et Environnement a la Sevne sur Mer 2004 - Atelier Sante Jille de la Sevne sur Mer
ENJIRONNEMENT 128. Citez 3 aspects positifs de votre environnement (rue, quartier, déplacements, transports en commun, voirie...) 129. Citez 3 aspects négatifs de votre environnement (rue, quartier, déplacements, transports en commun, voirie...) 130. En fonction de cette reglette. votre environnement (rue. quartier) et vos deplacements (transports en commun...), se situent comme une source de bien-être ou une source de soucis, de stress? 131. Quelles sont les démarches administratives ou autres (banque, aide sociale, hôpital) qui provoquent chez vous le plus de stress ou d’anxiété ? 132. Pour quelle(s) raison(s)? (peur d’être mal compris, de ne pas être respecté, de subir des remarques...) 133. Quels seraient vos souhaits pour faciliter ces démarches? (présence d’interprètes, des plates formes de services dans votre quartier, des médiateurs ou accueillants dans les administrations ...) 134. Que pensez-vous de la participation dhabitants aux instances de decisions concernant les transports, la voirie, les aménagements urbains, les services publics... (êtes-vous assez informés?) 135. Seriez-vous intéressé pour y participer ?
« Il est impossible d’analyser les représentations sans faire appel à la notion d’identité. C besoin de statut est inséparable de l’intégration d’un individu dans un groupe et dans un territoire. Un individu a besoin de limites et de ce processus d'cpproprìctìon se trcdµìt pcr des mcrqµes et des bornes ( .) des coqµìlles de l'µnìvers qµotìdìen : pìèce, cppcrtement, rµe, etc. (.) Ce sentìment d'cppcrtencnce fait interférer les échelles, du micro-local au national ou au mondial. (.) 0ne commµncµté de popµlctìons ìmmì¤rées tente de recréer lc où elle se troµve, µn terrìtoìre c'est c dìre ne zone déñnìe pcr « lc qµclìté des relctìons étcblìes cvec lµì (Fìscher 1ºº2) : c'est l'espcce c l 'ìntérìeµr dµqµel on croìt être chez soì ccr on y retroµve µn envìronnement fcmìlìer et reconnµ. (.) lc mondialisation atténue les contrastes entre les lieux mais chaque individu a toujours conscience de faire partie d’une communauté sociale et spatiale qu’il contribue à créer. (.) 0ne socìété constrµìt son envìronnement et celµì·cì, trcnsformé, lµì présente en retour des informations. Cette boucle globale, cette « rétroaction sociale » assure une régulation et renvoie des images aux créateurs. C’est dans cette mesure qu’un groupe reconnaît son territoire c’est à dire l’espace qu’il juge homogène, représentatif, sur lequel il a des pouvoirs. Le problème de la représentation est donc celui des limites et des zones que l’on distingue. (.) L'cdhésìon c des systèmes de vcleµrs et c des mìlìeµx correspond c µn décoµpc¤e spatial .Autour d’un individu, d’un groupe social s’étendent des espaces familiers ou étrangers, proches ou lointains. (.) Le mìlìeµ ¤éo¤rcphìqµe est peµt être le mìroìr « d'µne » socìété, mcìs le sens des lìeµx est très vcrìcble ; 0'cìlleµrs lc notìon d'ìdentìté est soµvent très vc¤µe et la mobilité des peuples ne lie plus toujours les hommes à un territoire. » 38
« Mais surtout, les représentations permettent de mieux évaluer les connaissances, les inadaptations et les échecs de l’aménagement spatial. » 39
38 Ibid. pp130 -132 39 Ibid. p145
IV. Vers d’autres promenades
Suite à cette étape de travail, le 29 avril 05 a lieu une réunion avec Avisen , la Mairie de la Seyne , les affaires sociales, les services d’urbanisme et équipements. L’objet est principalement la maison de la Santé. La proposition pour la suite de la mission promenade est présentée : Les 3 opérations « promenades/parcours-partagés » et les promenades de La maison de la santé. L'objectIf d'AvIsen est la prIse de décIsIon sur les projets añn de pouvoIr établIr un calendrier partagé. Les trois promenades sont découlent des premières promenades et de l’analyse de leurs produits : histoire et patrimoine, parcours pédagogie et citoyenneté et le parcours logistique. Chacun est décliné en 7 points : le résultat, le détail, la réalisation, l’action, les liens nécessaires, les produits possibles en plus du parcours lui-même, les prolongements.
Les 3 promenades-parcours partagés 1. Histoire et patrimoine Résultat : Un parcours histoire et patrimoine sur les territoires de la ZUP Berthe / Centre Ancien contenant le double regard : histoire et actualité. Détail : Un habitant et un historien guident un parcours de 2 à 3 heures et donnent les doubles informations sur le passé et le temps présent, sur les racines et la vie actuelle, sur les territoires traversés.
Un public invité devient marcheur-spectateur ; ils suivent ce parcours, y reçoivent des informations, des contenus, des façons de regarder et appréhender l’espace traversé.
Réalisation : Ateliers de promenade avec des habitants et des historiens et personnes ressource. L’urbaniste travaillera avec ces groupes sur la dramaturgie du parcours. Ateliers de terrain et de cartographie.
Action : Un parcours partagé, réalisé à 3 reprises (1x par jour ; 3 journées choisies).
Liens nécessaires : Avec la direction du patrimoine de la Seyne sur Mer Avec les associations patrimoine et histoire. Avec les chercheurs et personnes ressource sur le passé de la Seyne. Avec le tissu associatif et projets sociaux existant.Avec les services de communication de la Ville.
Produits possible en plus du parcours lui-même : Une carte documentée sur le parcours. Un marquage au sol. Une ou deux éditions festives de ce parcours par an (ex : Journées du Patrimoine, Journée du Voisin) Exposition des documents cartographiques et photographiques dans les vitrines du centre ancien et de la Zup.
Prolongements : Chaque édition de promenade pourra être photographiée par les participants. En mettant a disposition des appareils photo ietables et faisant un relais de regard pose (lun prend une photo, le passe à l’autre, qui prend une photo et le passe à l’autre) Le résultat sera un parcours d’image partagé. La qualité photographique ne sera pas la question principale. Ce résultat photographique pourra être exposé dans les vitrines de la ville, en créant ainsi d’autres parcours qui seront ceux des spectateurs qui regarderont cette exposition urbaine.
2. Parcours pédagogie et citoyenneté Résultat : Un parcours sur les territoires du GPV/ Contrat de Ville contenant le double regard : usager et concepteur.
Détail : Un habitant-usager et un technicien-expert guident un parcours de 2 à 3 heures, et donnent les doubles informations sur les usages voulus et les usages réels des territoires traversés. La voirie, les réseaux, la circulation, les transports en commun, les équipements publics. Un public invité devient usager impliqué, citoyen concerné, au cours de ce parcours où il recevra des informations, recevra des outils de questionnement et de recherche de réponse sur la matérialité du bâtit, de l’espace public, des espaces appropriables.
Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Reconnaî tre Berthe - 1er févri er 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51
...
Réalisation Ateliers de promenade avec des habitants, des ouvriers et techniciens, des concepteurs et experts des équipements publics. L’urbaniste travaillera avec ces groupes sur la dramaturgie du parcours. Ateliers de terrain et de cartographie.
Action : Un parcours partagé, réalisé à 3 reprises (1x par jour ; 3 journées choisies).
Liens nécessaires : Avec l’urbanisme, les équipements et les services techniques Avec le tissu associatif et projets sociaux existant. Avec les services de communication de la Ville.
Produits possible en plus du parcours lui-même : Une carte documentée sur le parcours. Un marquage au sol. Une ou deux éditions festives de ce parcours par an (ex : Journées du Patrimoine, et une journée liée aux corps de métiers du bâtiment) Exposition des documents cartographiques et photographiques sur les chantiers de la ville et dans/hors des équipements concernés lors du parcours.
Prolongements : Chaque édition de promenade pourra être photographiée par les participants. En mettant a disposition des appareils photo ietables et faisant un relais de regard pose (lun prend une photo, le passe à l’autre, qui prend une photo et le passe à l’autre)
Le résultat sera un parcours d’image partagé. La qualité photographique ne sera pas la question principale. Ce résultat photographique pourra être exposé sur les chantiers de la ville et dans/hors des équipements concernés lors du parcours.
3. Parcours logistique Résultat : Un parcours sur deux lignes d’accès à la Maison de la Santé. Un dépliant visuel montrant les différents accès aux différentes échelles de territoire. Détail : Un habitant et un travailleur social-santé guident un parcours de 2 heures sur la question de l’accès à l’équipement de la Maison de la Santé ; ils donnent les doubles informations sur les points de vue des différents usagers-patients et des services de santé d’urgence et de fond qui seront proposés. Un public invité devient usager potentiel en dehors d’une situation d’urgence ou de nécessité, au cours de ce parcours où il recevra des informations, recevra des outils de questionnement sur l’accès aux lieux de prise en charge de la personne au niveau social et santé.
Réalisation Ateliers de promenade avec des habitants, des travailleurs sociaux-psy et médicaux, et les concepteurs de cet équipement. L’urbaniste travaillera avec ces groupes sur la dramaturgie du parcours et les différentes échelles de territoire concernés. Ateliers de terrain et de cartographie. Maquette du dépliant.
Action : Un parcours partagé, réalisé à 3 reprises (1x par jour ; 3 journées choisies).
Liens nécessaires : Avec l’urbanisme, les équipements et les services techniques. Avec le tissu associatif et projets sociaux existant. Avec les services sociaux et médicaux impliqués dans cet équipement. Avec les affaires sociales de la ville.
Produits possible en plus du parcours lui-même : Une carte documentée sur le parcours. Un marquage au sol. Signalétique. Une ou deux éditions festives de ce parcours par an (ex : Journées liées à la santé, à l’enfant, à la femme, au 3ème âge) Editions en lien avec laccueil des primo-arrivants. Exposition des documents cartographiques et photographiques dans dautres equipements des domaines sociaux et de la santé. Prolongements : Chaque édition de promenade pourra être photographiée par les participants. En mettant a disposition des appareils photo ietables et faisant un relais de regard pose (lun prend une photo, le passe à l’autre, qui prend une photo et le passe à l’autre) Le résultat sera un parcours d’image partagé. La qualité photographique ne sera pas la question principale. Ce résultat photographique pourra être exposé.
VI. Du projet à la réalité : parcours partagés
Les promenades de la maison de la santé sera le projet retenu en essais en juin et juillet pour la phase de programmation de la maison de la santé.
Maison de la Santé En guise de prealable au parcours logistique. nous envisageons de faire des ateliers concernant les usages sur et traversant le terrain sur lequel la Maison de la santé va être implantée.
- ce qu’on y fait - comment, pourquoi, quand traverse-t-on ce terrain - ce qu’on aime / n’aime pas (et pourquoi comment) - ce que l’on en dit - ce qu’on y rêverait
Ateliers participatifs pouvant être constitués de déclinaisons en fonction du temps imparti et des délais de la réalisation du cahier des charges de l’équipement Ces paroles, témoignages, photos, cartes (et autres) pourront être utiles lors de la communication pendant le chantier, et aussi lors des actions de communication aux usagers sur l’équipement.
La Maison de la Santé40
Concernée par la Santé Publique, la Ville a en projet la création d’une véritable Maison de la Santé, dont la mission première sera la prévention, sous toutes ses formes. Ce nouvel outil sera l’occasion d’y regrouper des services agissant sur le même thème, comme le Service Communal d’Hygiène et de Santé. Le mode opératoire : l’opération se réalisera en maîtrise d’ouvrage communale, sur un terrain communal. La gestion de l’équipement. La diversité des intervenants qui travailleront dans la maison de la santé (professionnels de santé libéraux, Mutualité Française, services municipaux, commune de Six-Fours-les- Plages pour le CLIC). ainsi que leventualite den elargir le champ au hl de levolution des compétences territoriales et des besoins de santé de la population, impliquent une structure de gestion de l’équipement du type Groupement d’Intérêt Public (GIP). Un lieu d’implantation déterminant : L’îlot en pleine recomposition urbaine est délimité par l’avenue J. Rostand au Nord, le Boulevard Marechal Juin au Sud. lavenue Jules Renard a lEst et lavenue Gramsci a lOuest. La situation du projet conditionne sa lisibilité et son appropriation par le public, donc sa fréquentation. Le lieu dimplantation est situe en plein coeur du quartier Berthe dans un secteur d’équipements structurants (Hôpital, commissariat de police, groupes scolaires Victor Hugo et Malraux/Giono, bibliothèque, CPAM, Maison des Services, Collège Wallon), et à proximité immédiate des habitants. Le site retenu illustre la volonté de la commune d’impulser de la cohérence et de la synergie dans la trame d’équipements publics du quartier. Ce lieu est au carrefour de Berthe. des axes routiers structurants et du centre ville (dans son acceptation élargie). Cette connuence doit favoriser laccessibilite de la Maison de la Sante au public le plus étendu. les habitants du quartier, bien évidemment, mais aussi l’ensemble des habitants de la
40 Pré-programme de construction pour la Maison de la Santé, service d’urbanisme de la ville de la Seyne-sur-Mer
commune pour qui le dipôle Hôpital/Maison de la Santé renforceront en outre l’attractivité et la convivialité des lieux. Les objectifs de la construction de cet équipement sont divers. Il s’agit de : Créer à proximité immédiate de l’hôpital de la Seyne-sur-Mer, un lieu de référence pluridisciplinaire pour les usagers requérant un service de santé et/ou de prévention. Ce lieu sera lisible, emblématique, appropriable, accueillant et assez convivial pour susciter la conhance du public qui pourra v trouver les soins. les conseils et les informations quil espere. Contribuer, par la permanance des soins, à réduire la sur-fréquentation du service des urgences de l’hôpital public. Regrouper. en les requalihant. les services de sante et de prevention de la commune. Favoriser, par la conception même du bâtiment et la mutualisation de certains espaces, la communication entre les services, donc leur mise en synergie. Constituer un pôle de compétences dans les domaines de la santé et de la prévention, capable d’innovation mais aussi d’anticipation des problématiques locales de santé publique. Mettre en oeuvre un lieu stratégique de conduite de crise, capable de mobiliser, le cas échéant, l’ensemble des compétences des services concernés. Dans le cadre de sa volonté d’optimisation des sevices de santé et de prévention de compétence territoriale. et dans celui du Proiet de renouvellement urbain du quartier Berthe. la commune de la Seyne-sur-Mer, projette la construction d’une Maison de la santé. Cet équipement accueillera, en le regroupant et les coordonnant, plusieurs services liés à la santé publique dans ses dimensions soignante, curative et de prévention. Il s’agit donc d’un dispositif innovant et performant, mettant à la disposition du public une équipe pluridisciplinaire de professionnels de la santé et de la prévention, de manière à offrir aux usagers en un lieu unique. un lieu de reference parahtement lisible et identihable. une large gamme de services et de soins, de prévention et de coordination des actions de santé publique locale.
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En septembre 2005, Amandine et moi avons écrit ensemble une note d’étape intitulée : « Ce que nous avons pensé des promenades ». Il traduit les questions et les doutes à ce moment ou l'on doute des suItes de la mIssIon. C'est avant les dIfñcultés conñrmées d'AvIsen, avant le départ forcé d'AmandIne, avant la non·prolongatIon de la mission promenade.
Nous reprenons le contexte, racontons et commentons.
Contexte . du 15 ianvier a la hn mai. ont eu lieu 4 promenades avec des habitants enquêteurs et des professionnels (MIAJ, ASV, Avisen), ainsi qu’ une historienne locale (seynoise).
Le départ du projet dans une période où les habitants étaient fortement mobilisés par l’enquête. Prohter du moment denquête pour faire les premieres etapes . propres de la promenade de s’adapter à une mission de travail. Offre une possibilité de s’adapter au territoire indépendamment de ce qui est vécu sur ce lieu. Travail sur une mise en place de l’outil « promenade » par la démonstration . Ce démarrage a pose des problemes specihques. mais ils ne sont pas evitables. En parallele un travail de reperage par la promenade et de rencontres a ete mene par M. les rencontres on été faites par le biais de contacts perso et en allant aux archives. Dans les promenades il y a un travail de terrain, de cartes et d’histoire. Intérêt de connaître ce qui a été écrit par les différents acteurs, professionnels, associations…connaissance des événements de la vie sociale et culturelle, dans la volonté d’intégrer les promenades dans la
vie du territoire (actions commerçantes, journée de la généalogie, les cirques installés sur les terrains vagues…). Le travail de l’enquête a permis de rencontrer des acteurs proffessionnels et des habitants impliqués. Peut-être vu comme un élément méthodologique du projet, qui s’est répercuté sur l’ensemble du projet. Cela avait des atouts (intérêt, de l’envie, récupération d’un état d’implication des personnes vis à vis de la souffrance psychosociale, d’Avisen et de la Seyne, conscience sociale qui avait ete deia amorcee par les seances de debriehng avant lenquête). Mais aussi inconvénients avec un contexte chargé des éléments néfastes du projet d’enquête (l’usure de certains partenaires). Au début Avisen a «forcé» les habitants à avoir cette conscience sociale, après certains se la sont appropriés et d’autres l’ont rejeté en bloc. Necessite dune dissociation entre les deux proiets. lors du moment de connits qua eu le proiet enquête (consultation des professionnels). Mettre la posture et temps d’écoute dans le contexte des promenades et la sortir du cadre des réunions liées au projet d’enquête.
Pourquoi les gens sont venus ? Il v a eu un cote svmpathie dans un debut. mais pas sufhsant. Autre moteur : l’originalité, l’intrigue que cela procure. Mais également « l’utilisation » de la venue de l’un pour le « vendre » à l’autre. Probleme de positionnement pour nous. et rapport dargent difhcile. Nous sommes pavees pour le projet mais nous demandons à l’habitant de participer bénévolement. Parallèle entre la promenade et la mise en scène : pour la promenade on décide d’un temps qui lui est consacré, d’un retour et d’une heure de retour. A l’intérieur, tout le travail est de mettre un lien entre les promeneurs, et un lien entre les promeneurs et le territoire. M sert de « relais » à tous ces liens, elle s’apparente à un metteur en scène. Mais elle se place très peu en tant que référent, pour M ce qu’elle fait c’est mettre en éveil les sens, elle impulse la dynamique,
le mouvement, la physicalité (les pieds, espace parcouru). Amener les gens à se poser des questions. (questions sur lesquelles M a deia travaille en amont). Identiher la relation entre les promeneurs et le territoire (ils y vivent, y travaillent, ou ne le connaissent pas). Obligation de s’impliquer, M les obligent à mobiliser ce qu’ils savent, à se questionner. La matière à questions c’est ce qu’on voit. Promenade est entrecoupée d’arrêts (sur les espaces clos…) . Prise de note visuelle des remarques et arrêts (photos) L’assistante sociale était gênée des opinions qu’elle avait sur le territoire; en la poussant à en parler, cela lui a permis de mieux accepter ses opinions. Trois semaines après : avec chaque habitant, M a fait un compte-rendu individuel : demande de raconter la promenade, en plus utilisation de plusieurs photos (les arrêts et remarques) et demande de les commenter. Pour hnir demande egalement ce que cela leur susciter. Discussions sur le territoire, l’autre, le bâti et la qualité de vie et donc sur la condition sociale que l’on pourrait avoir dans ce territoire. La question des « il faudrait faire ». Suite aux promenades faites, M a fait une proposition de 3 promenades appelées « promenades- parcours partagés ». 2ème temps : présentation des utilités des promenades. Parmi ces utilités certaines ont été retenues (patrimoine) mais pas par les porteurs du projets, mais d’autre. Par contre, de la part des porteurs nous avons senti démotivation et inertie. 3ème temps : commande : travail en lien avec le projet de la maison de la santé. M a decide de demarrer ce deuxieme volet. Echeance obligee a le faire maintenant. mais cela a été fait sans la connaissance et l’appui de la ville. Provoque des dialogues sur l’outil et le territoire entre les gens qui n’étaient pas au courant (politique et acteurs). Décharge. Lors du questionnement des acteurs (écoles) sur la possibilité d’une participation à long terme (enfant et territoire). la reponse a ete souvent en retour la mehance . sur les questions d’anonymat, et la « peur d’être vu dans les promenades ». Mise en place d’un outil participatif promenade pour toutes les étapes du projet de la
Maison de la Sante . de la conception. de la dehnition des missions.iusqua la livraison de l’équipement et à son investissement par l’équipe. Dans l’idéal, à chaque étape du projet réalisation d’une promenade. Les promenades peuvent se transformer en visite de chantier ou en réunion d’information dans des murs. Important que les différents publics y participent : les gens du quartier, les seynois, les professionnels. Un certain nombre dobiectifs specihques avaient ete assignes a la responsable de cette partie de la mission, urbaniste qui maîtrisait cette méthode. Mais on constatera également que la méthode est assez souple et heuristique pour produire des résultats inattendus.
0ans le bIlan d'étape rendu à la 0atar ñn septembre 2005, les promenades sont présentées comme un projet possible, vraisemblable, réaliste et réalisable.
1 - La Maison de la Santé : usages informels du terrain prévu pour sa construction La question posée était la suivante : des habitants de la ville, et en particulier de la ZUP, utilisaient-ils la parcelle sur laquelle il est prévu de construire la Maison de la Santé pour des usages informels et méconnus des divers responsables ? En effet. la Maison de la Sante visait a faire adherer la population a des actions de sante . si. du fait même de sa construction. elle mettait hn a certaines pratiques sociales. de tout tvpe que ce soit, le projet serait parti d’un mauvais pied. La connaissance de ces usages permettrait au contraire de trouver des solutions de
remplacement, dans le meilleur des cas, et dans le pire, si de telles solutions n’existaient pas ou étaient irréalisables, d’anticiper certaines oppositions et de les comprendre. Donc de s’y préparer. Plusieurs actions de déambulation ainsi que des actions basées sur le même principe, se sont deroulees. qui ont permis didentiher certaines pratiques. Le detail est donne dans une annexe du présent rapport, mais on mentionnera, pour illustrer l’intérêt de cette méthode : · Lorganisation de piques-niques par certains habitants du quartier · La depose deleves de lecole toute proche en prohtant dune entree discrete (lentree principale de l’école se trouvant ailleurs) · Des travaux de reparation de mecanique automobile. en tirant proht des branches solides des trois grands platanes présents sur la parcelle pour y installer des palans, pour la dépose de moteurs. · Certains usages classiques et parfois illicites de tout terrain vague par certains ieunes du quartier
Comme on peut s’en douter, la plupart de ces usages, sont certains remplissent d’évidence des roles sociaux ou economiques signihcatifs. peuvent être demenages ailleurs. voire même ameliores si la volonte municipale est presente. Et on peut egalement imaginer la reaction négative des intéressés et de leur entourage si l’on avait méconnu ce qui se passait sur ce territoire lors de sa transformation en Maison de la Santé. On soulignera également que c’est le caractère participatif de la méthode qui a permis de générer une connaissance qui avait échappé aux institutions (ou : certaines informations étaient connues de certaines institutions, mais n’auraient pas été disponibles pour les promoteurs du projet de Maison de la Santé, ce qui serait revenu au même en pratique). Septembre 2005 : rapport en cours de rédaction, projet réalisé.
2 – L’étude de l’accès des populations précaires à la Maison de la Santé : la Maison de la Santé, comme décrit plus haut, va abriter des structures diverses, et donc accueillir des publics variés, dans des conditions elles aussi très variées : le soir, en urgence, en situation de stress, des personnes en situation d’illettrisme, à pied, avec des berceaux, etc. Autant il est aisé, en théorie, de prévoir les accès en auto (parking) et par les transports en commun (arrêt de bus proche). autant il est plus difhcile danticiper la venue dusagers dont la plupart sont trop pauvres non seulement pour posséder une auto, mais également parfois pour emprunter les bus. La topographie du territoire sur lequel la ZUP a ete construite iustihe limportance de mieux connaître l’usage réel que les habitants font des multiples sentiers et terrains vagues qui serpentent et s’intercalent entre les constructions. De même que l’accessibilité pour les mamans avec enfants et poussettes, les conditions de déplacement et de sécurité la nuit, la signalétique adaptée, etc. Septembre 2005 : en cours de réalisation.
3 – L’accès à d’autres structures de santé depuis la Maison de la Santé : La problématique de l’orientation des usagers précaires ou en souffrance
La plupart des structures qui seront abrités par la Maison de la Santé travailleront en réseau et en « referral », c’est-à-dire qu’elles orienteront souvent les consultants et les participants aux activités vers d’autres structures. Il est relativement facile didentiher la dizaine de structures sociosanitaires vers lesquelles les usagers de la Maison de la Santé seront le plus souvent orientés. Par exemple : certains services de l’hôpital (pédiatrie, gynécologie, psychiatrie, etc.), le centre d’exploration de l’assurance maladie, le CMP, le CMPP, la mairie sociale, la plateforme des services, le centre de PMI, tel ou tel hôpital spécialisé de Toulon, etc.
Certaines de ces structures sont proches (l’hôpital par exemple, mais se déplacer à l’intérieur d’un hôpital n’est pas facile quand on est en situation d’illettrisme et en souffrance psychosociale), d’autres sont relativement ou très éloignées (le centre de l’assurance maladie, à l’autre bout de la rade de Toulon). Or. plus personne ne peut ignorer que faire une orientation efhcace ne peut plus seulement consister à donner un nom et une adresse, ni même accompagnés d’un vague plan de trajet d’autobus. On sait également que les orientations non suivies d’effet constituent autant « d’opportunités manquées » que les études d’épidémiologie rétrospective retrouvent souvent à lorigine de la mortalite et de la morbidite evitables (et on sait que la France afhche les plus mauvais resultats des pavs de lOCDE en ce domaine). On sait enhn que la sante publique française se caractérise par ses inégalités sociales à l’égard de la santé c’est-à-dire que non seulement les statistiques de mortalité évitable sont mauvais mais en outre ils montrent les plus importants écarts entre les classes privilégiées et les groupes précaires. Les professionnels de santé ont donc aujourd’hui à l’égard de l’orientation une quasi obligation de résultats, en dans tous les cas, une obligation de moyens adaptés. Le projet DATAR, par le truchement des déambulations, a tenté d’apporter un élément de solution.
Des descriptifs de trajets illustrés et adaptés aux groupes précaires :
L’objectif est de produire, pour chacun des trajets correspondant à une orientation, un support « accordeon » (de format identique aux mini indicateurs des TER de la SNCF par exemple). illustrant l’ensemble du trajet, depuis la Maison de la Santé jusqu’à la structure cible, les illustrations représentant des repères facilement compréhensibles pour un usager en situation d’illettrisme. Ce trajet illustré pourra être complété par des indications écrites ou des schémas compréhensibles par des populations mieux éduquées.
Mais le choix des repères compréhensibles par des habitants en situation d’illettrisme constitue iustement la difhculte maieure de ce proiet. dont le principe est simple. On commet en effet très facilement l’erreur équivalente à l’ethnocentrisme : le responsable de l’élaboration de ce mini indicateur, même assisté d’un comité de professionnels de l’aide sociale, va avoir nécessairement tendance à prendre son propre système de repères topographiques pour un système « universel » adopté par tout un chacun. Cette erreur se produit à un double niveau : un niveau cognitif (celui qui a été éduqué en France non seulement sait lire a peu pres correctement. mais en outre il a acquis au hl des ans le code de lecture non écrit de la signalétique des villes françaises) ; et un niveau culturel (là où un autochtone aura tendance à prendre pour repère topographique un PMU, une boutique qu’il sait connue de nombreux habitants, etc., un immigré prendra un autre type de système, de repère (un élément de géographie, une mosquée, etc.). Le seul moyen de produire un produit adapté consiste donc à organiser des déambulations avec un échantillon représentatif de la future population utilisatrice du produit, d’effectuer les trajets – type (Maison de la Santé – centre d’examen de l’assurance maladie, par exemple), d’analyser le type de repères topographiques utilisés par les « promeneurs », et de les documenter par des photographies. La réalisation de la série de dépliant (que certains ont déjà surnommé « le GPS manuel »), à partir de ces informations · informations « traditionnelles » (numeros de bus. horaires de la navette maritime qui permet la traversée de la rade, nom et schéma de rues, etc.), n’est plus alors qu’une question pour maquettiste et imprimeurs. Septembre 2005 : conception achevée, réalisation reste à faire.
4 Meilleure connaissance des rapports entre souffrance psvchosociale et environnement urbain : Un certain nombre de deambulations « generalistes ». cest-a-dire sans thematique specihque. se sont déroulées sur le territoire de la ville et en particulier de la ZUP.
Ils visaient à faire prendre conscience de différents éléments constitutifs de l’environnement urbain quotidien des habitants, de mieux comprendre en quoi certains de ces éléments participent à la genèse de la souffrance, et à entrevoir des éléments de solutions, dans le cadre de l’important projet de réhabilitation urbaine en cours à La Seyne. Des rapports détaillés étant fournis en annexe, nous ne donnerons ici que quelques éléments synthétiques. Devenir un habitant participant, et ne plus être seulement un « usager » : Le seul fait de faire participer des habitants à une action en rapport avec un important projet, traditionnellement piloté par des « experts », confère à la personne un sentiment de réappropriation partielle sur les facteurs de son quotidien. Il n’est plus traité comme un « usager », un « administré », c’est-à-dire un élément passif, objet des « experts » qui veulent faire son « bien ». Une importante littérature existe sur les rapports entre souffrance et sentiment de désappropriation de son environnement. Les déambulations agissent déjà à ce niveau, et même si leurs résultats n’ont à ce stade qu’un statut consultatif et non décisionnel, c’est un premier pas et un premier élément de prévention voire de prise en charge de la souffrance psychosociale.
Le rapport au passé : déambulations et patrimoine : La ZUP a été construite sur un ancien territoire à vocation agricole (potagers, vignobles, fermes, etc.). Il en reste encore quelques traces dans les interstices de la ZUP. Une déambulation a été organisée avec des historiens locaux connaissant parfaitement ce passé, en compagnie d’habitants de la ZUP, d’origine immigrée pour la plupart. La fonction économique, l’histoire de chaque parcelle a été commentée en traversant la cité.
Cette deambulation a rencontre un succes signihcatif parmi les habitants. On se gardera bien dans le cadre de ce rapport d’émettre des hypothèses sur les raisons de ce succès, mais on constatera que les habitants des ZUP d’origine immigrée souffrent d’un double déracinement : un déracinement par l’histoire familiale, dont les racines sont le plus souvent de l’autre côté de la Méditerranée, et un déracinement secondaire par un habitat et un environnement standardisé qui ne dit rien de ce qu’il s’y passait avant la construction des immeubles. Même les noms des rues ne disent rien du passé du territoire (concernant la ZUP, voici quelques noms de rue et avenues . Rosa Luxembourg. Gagarine. Bobbv Sands). Le succes de cette deambulation a ete tel que la consultante urbaniste dAJISEN a ete directement approchée par les responsables seynois de la journée du patrimoine, et que plusieurs déambulations « historiques » dont prévues dans le cadre du patrimoine.
La compréhension du processus de réhabilitation : Un vaste et ambitieux programme de réhabilitation est sur point d’être engagé à La Seyne. Les responsables politiques de la ville sont en train d’intégrer l’intérêt de faire participer les habitants aux futures modihcations qui vont affecter leur environnement. Les déambulations seront l’un des moyens choisis pour ce travail à la fois pédagogique et susceptible dapporter des elements de renexions aux responsables operationnels de la réhabilitation. Nous donnons ici un seul exemple vécu au cours d’une déambulation : un espace jeu de boules mini parc a été aménagé à proximité du stade. Cet espace est bordé de palmiers. On imagine que c’est plein de bonnes intentions que les aménageurs ont choisi ce type de végétal. Mais pour certains habitants qui participaient à la déambulation, le choix de cet arbre était vécu comme une provocation cynique, car le palmier était assimilé aux villes de riches de la Côte d’Azur… Les éléments restaurateurs de l’équilibre mental de l’environnement :
On a évoqué plus haut, dans le chapitre sur l’enquête sur la souffrance psychosociale et le bien-être, les études existantes relevées dans la littérature spécialisée, concernant les caractéristiques que devrait contenir un environnement pour jouer un rôle restaurateur dans l’équilibre et le bien-être mental. Il est bien évident que les déambulations vont jouer un rôle important dans la déclinaison opérationnelle de ces recommandations pour le moment théoriques.
Nous avons mis la charrue avant ou en même temps que les bœufs… la mission s’est arrêtée ou pas continuée. Peut être avions-nous cru en la charrue avant les bœufs. ..
« Mettre la charrue avant les bœufs » dans le précieux dictionnaire de Cl. Duneton, qui permet de revenir aux sources d’expressions populaires « Je ne cite cette expression que pour mémoire et parce qu’elle paraît être la seule à venir plus ou moins directement du monde du travail – encore que par l’absurde, ou peut être justement à cause de son absurdité. Il faut dire que la charrue est tellement chcr¤ée de symboles (lc pcìx, le trcvcìl, et même le phcllµs qµì fertìlìse lc terre femelle), oµtìl c lc foìs vìr¤ìlìen et bìblìqµe, qµ'elle c toµ]oµrs eµ scns peìne droìt de cìté dcns le lcn¤c¤e. (.) Lc chcrrµe hcrmonìeµsement tìrée pcr les bœufs est depuis toujours l’image même de la logique, de la cause avec son effet ; inverser les éléments engendre l’absurde. Car la forme originale de la locution est mettre lc chcrrµe devcnt les bæµfs. (.) C'est c ccµse de l'cmb줵ïté de devcnt, qui pendant longtemps a voulu dire soit « avant », comme « ci-devant », soit devant , « en fcce », qµe l'on c ñnì pcr ìnterpréter « cvcnt les bæµfs » , et donner c l’expression le sens de faire les choses dans le mauvais ordre, généralement pour vouloir trop se presser. L’idée d’incohérence semble plus forte dans cette phrase d'µn Arrêt d'cmoµr dµ X\ème sìècle : « toµrncnt c chcqµe propos lc chcrrµe contre les bœufs ».41
41 DUNETON Cl., La puce à l’Oreille, Anthologie des expressions populaires avec leur origine, Le livre de Poche, 1990
Vers la PARTIE TROIS
Questions de postures et de ressources
« Marche. Mouvement de l’ensemble du corps dans une direction déterminée, obtenu en lançant en avant et vers le haut, chaque pied alternativement, et en le ramenant en contact avec le sol avant que l'cµtre ne l'cìt qµìtté. (.) Lc mcrche est µne cffcìre d'os, de tendons, de mµscles et d'ìnñµx nerveµx. En µn mot de trcnsfert d'éner¤ìe. Mcìs l'esprìt joue son rôle. » PASCALET Y., Le bonheur en marchant,
La posture devrait être quelque chose à questionner et à objectiver pour toute démarche, que l’on exprime ou pas dans le texte, ou qu’elle apparaisse clairement dans les propos tenus. Cela seraIt comme une psychanalyse ßash professIonnelle et Intellectuelle par rapport au sujet à traiter. Le reproche facile de l’objectivation de ceci en est le narcissisme ; certes, mais sans narcissisme, on ne produit rien. Du narcissisme, nous arrivons à une tentative de modestie, de clarté et de raison sur un sujet. Ce même rapport narcissique nous le retrouvons dans la pratique de la promenade, de la marche, c’est une dimension que l’on retrouve dans les promenades menées à la Seyne sur Mer. Sans individu, sans narcissisme, la promenade, venant du corps individuel ne peut avoir lieu. Cette phrase est triviale. Par contre la nuance serait dans la façon comment de cet acte de soi à soi, on passe de soi à l’autre, et de soi à l’espace. Et là est tout l’enjeu de l’outil me semble t il.
1. Le bonheur en marchant La dimension narcissique est très présente dans les sources et ressources sur la promenade. Le livre d’Yves Pascalet « Le bonheur en marchant » en est un exemple : l’auteur raconte son rapport à la promenade et à la marche, à partir de ses expérIences, en y raccrochant une juste épIstémologIe, des InformatIons scIentIñques et philosophiques. La table des matières illustre cette biographie élargie de soi et la marche, cette approche de l’individu et la marche du corps à l’esprit : « 1. Un pied devant l’autre, 2. Le Jupiter de mon enfance, 3. Les premiers pas, 4. Le chemin de l’école, 5. La marche des origines, 6. L’évolution en marche, 7. A quatre pattes, 8. Ceux qui marchent debout, 9. La mécanique de la marche, 10. La mathématique de la marche, 11. La chimie du plaisir, 12. Marcher c’est la santé, 13. L’innocence d’une drogue, 14. La marche de l’esprit » « La marche est une affaire compliquée et compliquée à la fois. Chacun de nous utilise, pour avancer, les mêmes nerfs, les mêmes tendons, les mêmes muscles, les mêmes os. Mais tout individu possède une façon particulière de se déplacer. Ce qu’on appelle sa « démarche », caractéristique, conditionnée par sa silhouette, sa taille, son poids, sa maigreur ou son embonpoint ; la structure de son squelette ; l’épaisseur de ses membres ; l’importance de son pannicule adipeux ; l’effacement ou l’expansion de son abdomen ; la souplesse de ses articulations. Sans oublier ses postures favorites ; Ses attitudes acquises. Les comportements que lui ont enseigné ses pcrents, l'école, son mìlìeµ socìcl, l'crmée, son µsìne oµ son bµrecµ. (.) Interviennent, aussi, la personnalité de chaque sujet, son caractère, sa réactivité, son hìstoìre psycholo¤ìqµe oµ psychcnclytìqµe. ( .) Entrent encore en ]eµ le stctµt socìcl dµ sµ]et (.) 8ref, lc lìste entìère de ses heµrs et mclheµrs pcssés. (.) 1e tombe dcns cette sorte de bonheµr qµcsì cctcleptìqµe qµì mcrqµe chccµne de mes crrìvées sµr les cìmes, et lc décoµverte des pcnorcmcs qµì s'y relèvent. (.) 1'cì mcrché ]µsqµ'c cette émìnence (.) Poµr sctìsfcìre les centres de récompense de mon encéphale. J’ignore si ma vie a un sens. Mais ma marche a un but. Mettre un pied devant l’autre. Et recommencer jusqu’à ce que joie s’ensuive. »
Le livre prend le ton de la confession intime, à laquelle nous pourrions ou aimerions écrire et dire « moi aussi ». Les contenus concernant la promenade et la marche proprement dite, pourraient-ils avoir de la tenue et de la valeur sans cette explicitation de l’intime ? La question suivante serait : est ce nécessaire ? Utile ? A ceci nous tenterons l’hypothèse : oui, si l’on veut objectiver sa dimension d’outil professionnel, et si l’on veut mettre en valeur (juste valeur ?) une pratique qui s’exerce professionnellement et qui n’est pas légitimée aux regards des uns et des autres, et qui (on s’avance … pourquoi pas) mériterait de l’être, et prendrait de la consistance en l’étant, et pourraIt enñn ëtre soumIse à un rang de questIons d'usages et questIons intellectuelles qui permettraient de la faire évoluer.
2. Récits de vie La promenade a trait au récit de vie. Un récit de vie en mouvement dans l’espace. La quantité de bavardages à chaque promenade, le témoignent. Ces bavardages personnels pourraient laisser qu’il y a une inattention envers le terrain et l’espace urbain. Ils sont au contraire une façon pensosn-nous d’investir le réel. « Un récit de vie est il autre chose qu’une reconstruction subjective de l’expérience vécµe ³ Porte·t·ìl en lµì des contenµs ob]ectìfs ³ Y·c·t·ìl des technìqµes spécìñqµes d’analyse des récits de vie ? Comment passe-t-on des contenus de ces récits à une compréhension sociologique d’un phénomène social ? La perspective ethnosociologique qui a guidé cet ouvrage répond clairement à ces questions. Elle se donne pour objectif d’étudier un fragment particulier de réalité sociohistorique. Le recours au récit de vie comme description, sous forme narrative, de l’expérience vécue l’enrichit d’une dimension diachronique ; celle-ci permet de saisir des logiques d’action dans leur développement biographique, et les
conñ¤µrctìons de rcpports socìcµx dcns leµr développement hìstorìqµe. »42
« Toute expérience de vie comporte une dimension sociale » Cette phrase empruntée à Alfred Schütz résume à elle seule l’esprit dans lequel les récits de vie en tant que témoignages sur l’expérience vécue peuvent être mis au service de la recherche socìolo¤ìqµe. 0cns lc perspectìve ethnosocìolo¤ìqµe, les expérìences vécµes constituent autant de gisements de savoirs qui ne demandent qu’à être exploités au proñt de lc conncìsscnce socìo¤rcphìqµe et socìolo¤ìqµe (8ertcµx 1º80).»43
les trois fonctions du récit de vie pourraient être les trois fonctions de la promenade urbaine : la fonction exploratoire, la fonction analytique et la fonction expressive. Les trois ont fait partie de la mission promenade à la Seyne-sur-Mer. «La fonction exploratoire. Lorsqu’un étudiant ou un chercheur débarque en terrcìn ìnconnµ, son premìer réñexe serc scns doµte de chercher µn oµ plµsìeµrs « informateurs centraux » susceptibles de lui fournir une description d’ensemble de l’objet social étudié. Ces entretiens n’ont pas vocation à être orientés vers la forme de récìts de vìe : ìl s'c¤ìt plµtôt d'entretìens « toµr d'horìzon ». Dn prendrc ¤crde de ne pas oublier que l’horizon de perception dépend entièrement de la position d'où l'on pro]ette le re¤crd. 0e tels ìnformcteµrs donnent des descrìptìons « vµes du centre », et souvent vues d’en haut, c’est à dire d’une position de pouvoir. Ils ont des intérêts à protéger et des représentations de l’objet social à défendre. Il faudra dès que possible rencontrer de simples participants et les interroger sur leur expérience concrète de l’objet social étudié, ce à quoi l’entretien de type « récìts prctìqµes en sìtµctìon » se prête bìen. (...) La fonction analytique. Nourri de l’écoute et de l’analyse des premiers entretiens et des informations recueillies à d’autres sources, le chercheur dispose déjà d’une représentation mentale –certes encore imparfaite –des mécanismes de fonctìonnement de son ob]et d'étµde. (.) lc phcse cnclytìqµe se termìne lorsqµe les entretiens n’apportent plus guère de valeur à la connaissance sociologique de l'ob]et socìcl. (.) Le chercheµr doìt prêter µne cttentìon mcxìmcle c toµt ce qµì
42 BERTAUX D., Les Récits de vie, perspective ethnosociologique, Nathan Université 1997, dos de couverture 43 idem, pp46-50
le surprend, le dérange voir le choque, car ces réactions spontanées constituent cµtcnt de sì¤nes qµe le réel ne correspond pcs c ce qµ'ìl en ìmc¤ìncìt(.) Trcverser lc croûte des pré]µ¤és dµ chercheµr . (.) Sì le chercheµr scìt être cttentìf c ce qui déstabilise ses représentations, il pourrait bien parvenir à un basculement d’hypothèses, à un renversement de perspective qui s’apparenterait à la fameuse rµptµre cvec le sens commµn. (...) La fonction expressive. Certains récits de vie sont tellement chargés de force expressìve qµe le chercheµr serc tenté de les pµblìer. (.) En pµblìcnt µn récìt de vìe in extenso on lui fait remplir non pas une fonction de recherche mais une fonction de commµnìcctìon. (.) Cette fonctìon ne relève pcs dµ toµt de lc même lo¤ìqµe qµe leµrs fonctìons·recherche (explorctoìre et cnclytìqµe). Dans le chapitre « Mise en forme et rédaction » 44sont posées des questions que l’on peut rapporter plus précisément à cette fonction expressive : «la découverte progressive des caractéristiques de l’objet, le fonctionnement de l’objet lui-même, le récit historique qui décrit la genèse de l’objet lui- même, les passages du général au particulier et vice et versa ; une dynamique de développement biographique caractérisant un type particulier de trajectoires. Et aussi la publication d’extraits, la publication in extenso.» Les promenades et les promeneurs comme les récits de vie ne livrent pas d’emblée tous leurs secrets . «0cns ce type d'enqµête, l'cnclyse commence très tôt et se développe parallèlement au recueil de témoignages. Les résultats de l’analyse des premiers entretiens sont non seulement intégrés au modèle en cours de construction, mcìs reprìs dcns le ¤µìde d'entretìen évolµtìf. lls ìnñµencent é¤clement le choìx des personnes c ìntervìewer µltérìeµrement. Enñn, c'est prìncìpclement pcr lc comparaison entre récits de vie que se consolide le modèle. »45
44 ibid. p106-117 45 ibid. p 65
Les trois ordres de réalité vécus se retrouvent tant dans la promenade que dans le récit de vie, tant chez les promeneurs que chez les interviewés : la réalité historico- empirique, la réalité psychique et sémantique, et la réalité discursive du récit (ou de la promenade). « Lc réclìté hìstorìco·empìrìqµe de l'hìstoìre réellement vécµe : pcrcoµrs biographique. Ce parcours inclut la succession des situations objectives du sujet, et la manière dont il les a vécues et agies sur le moment, de même pour les éléments de son parcours. (...)Lc réclìté psychìqµe et sémcntìqµe : constìtµée pcr ce qµe le sµ]et scìt et pense rétrospectìvement de son pcrcoµrs bìo¤rcphìqµe : elle résµlte de lc totclìsctìon subjective que le sujet a fait de ses expériences jusqu’ici. (...) Lc réclìté dìscµrsìve dµ récìt lµì·même tel qµe prodµìt dcns lc relctìon dialogique de l’entretien, correspondant à ce que le sujet veut bien dire de ce qu’il scìt (oµ croìt scvoìr de) et pense de son pcrcoµrs.»46

46 ibid, p68
PARTIE TROIS
... PUGILAT POSTURAL et METIERS D’URBANISMES
La promenade comme libération. Il serait erroné de voir dans la décmbµlctìon µn moµvement ìnnocent.(.) 0cns lc dìclectìqµe de l'oµblì et de la mémoire, la promenade est un lieu et un temps privilégiés à la fois d’oubli de soi, de distraction et de retour sur soi, sur l’origine dans un mouvement d’ascèse, d’épure et de transgression de l’habitude de penser. (.) L'éloì¤nement, dcns lc dìspersìon de lc concentrctìon, rend possìble de nouvelles et inattendues proximités. MDNTAN0DN A., 2000, Socìopoétìqµe de lc promencde, Presses Universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrant, p 94
I. Liste incomplète et désordonnée Nous avons réalisé une liste incomplète et désordonnée des pratiqueurs de promenades, des promeneurs et promenades. Sans pour autant classer, analyser, hiérarchiser ces pratiques, nous pensons que cette liste est une bonne introduction aux métiers de l’urbanisme qui suit. Nous passons donc du narcissisme de la pratique à la pratique du métier de la promenade. Il aurait été intéressant de relier ces promeneurs et promenades à ces métiers. L’exercice demanderait un grand travail de recueil systématique, de compte rendus et d’analyse des pratiques, qu’il n’était pas question de mener dans ce cadre-ci. Cela permettraIt d'aboutIr à des lIens ñns, IntellIgIbles et re·exploItables entre les expériences et les fonctions des métiers de l’urbanisme.
La posture professionnelle est posée par Sophie Caratini dans Les non-dits de l’anthropologie . «Tout texte anthropologique relève d’une expérience vécue de l’altérité, faite d’une rencontre entre sujets appartenant à des cultures différentes. Mais le point de vµe «scìentìñqµe» qµì lé¤ìtìme le stctµt dµ chercheµr de «terrcìn» n'est pcs tcnt lié à son regard prétendument «distancié». Il résulte en réalité d’une négociation perpétuellement incertaine - entre l’ouverture et la fermeture d’esprit.»47
La liste incomplète et désordonnée: Un artiste, un élu : promenades / Lieux Publics : Aubagne, Marseille, Rouen, … - Promenades urbaines / Mairie d’Aubervilliers : Aubervilliers - Lectures de ville/ Lire la Ville: Aubagne, La Valette, Marseille - Quartiers en vues / Karwan : Communauté de Communes d’Ouest Provence - Hendrick Sturm avec ou sans Suzanne Hetzel - Chantal Deyckmin avec Lire la Ville - Nicolas Mesmain et ses fantastiques visites des quartiers de logements collectifs - Les repérages des logements collectifs marseillais construits entre 1945 et 1970 -par Nicolas Mesmain Les repérages des logements collectifs de Toulon Provence Métropole construits -entre 1945 et 1970 par Mirabelle da Palma René Borruey et ses repérages entre terrain et cartographie pour le projet d’Atlas - Luc Joulé, documentarIste, avec |Irabelle da Palma, leurs promenades en ñlm sur -le Port de Marseille Karine Maussière, ses promenades sur les chantiers et non-lieux du dimanche avec -ou sans Mirabelle da Palma Patrick Romieu : les promenades pédagogiques à l’écoute cressoniène des espaces -sonores des villes les promenades vues par les sociologues de l’ULB -
47 CARATINI S., Les non-dits de l’anthropologie, PUF Libelles, 2004
les promenades avec Daniel Guilloux, intervenant à L’IAR - Elizabeth Apprill, géographe, ses promenades avec Hendrick Sturm, et/ou avec -Laurent Malone Laurent Malone et les Stalker à Rome - Stalker à Rome, les incontournables promenades des banlieues et friches -romaines. Yves Clerget à Paris et environs, pour Beaubourg, Promenades Urbaines - Philippe Piron (photographe) : ses promenades et ses belles photos de batiments -et de lieux Stanislas Amand (photographe), ses promenades, enseignements photographiques -et critique de l’esthétique urbaine Christine Breton au service du Patrimoine de la Ville de Marseille - La procession du plasticien belge/ Frac Paca 2003-2004 - Emmanuelle Germain (photographe) et Michèle Jolé (sociologue), l’une avec -l’autre et l’une sans l’autre, et leurs villes invisisbles La Ville Invisible – Marseille , ateliers photo et promenade - Arènes – association – le Festival L’art des Lieux - les balades urbaines de l’AMIEU - les promenades des Robins de Villes (Lyon) - les vIsItes guIdées de |arseIlle par l'ofñce du TourIsme - toutes les visites guidées - les visites de l’ARAU en Belgique - les visites en petit train des territoires et projets d’Euroméditerranée - les promenades littéraires de Sabine Gunter à Marseille - les promenades de Denis à Paris et à Marseille - http://www.banlieuedeparis.org/ - les trois visites des lieux et projets urbains lors des Universités d’Eté des -Urbanistes (Marseille-Aix, Toulouse, etc) la visite clôturant l’université d’Eté des Géographes à Montpellier en 2005 - la promenade- performance de l’âne bleu - l’atelier promenade à l’école d’Art de Toulon dirigé par Hendrick Sturm - les promenades de Marie-Christine Kwick - les journées du Patrimoine et leur plein de promenades et visites -
la journée de marche des seniors - les marchons vers l’écoles, les pedibus, tous les pédibus de la terre - la journée sans voiture - le tour-circuit à vélo et à roller le vendredi soir, à Marseille, à Paris et dans -d’autres villes les voyages, les marches et promenades des touristes - le tourisme expérimental - les randonnées et les découvertes des promeneurs - la marche du braconnier –eur - les promenades vertes - la marche afghane - la promenade virtuelle - la promenade du facteur - les visites et trajets de l’agent immobilier - les promenades, visites et métrages des géomètres du cadastre - les promenades-courses des taxi - les tournées des policiers - les cIrcuIts des InñrmIeres, aIdes·soIgnantes d'un domIcIle à l'autre - les repérages de cinéma - la marche des photographes à la recherche de leurs photos - la marche prière au monastère du Corbusier - la marche des moines manifestants - les manifestations pour le statut des intermittents - les manifestations contre le contrat ??? - les manifestations contre l’incinérateur - la manifestation pour un monde plus écologique à Marseille et sans doute ailleurs -aussi (avant les présidentielles de 2007) la marche blanche (Belgique) - la marche mondiale des femmes - les trajets quotidiens marchés - les trajets quotidiens en bus (comme si on marchait vite, on est transporté) - les trajets qui deviennent une promenade parce qu’on le veut bien - les non-promenades de tous ceux qui devraient avoir l’obligation de se promener -
Ceci ferait matière à un beau et riche répertoire de pratiques, utile et nécessaire à l’avancement de cette pratique et de ses pratiqueurs. J’ai suivi et pris connaissance ces promenades et marches urbaines, le plus souvent en y participant et/ou en menant des entretiens auprès du et des promeneurs.
II. Le métier d’urbaniste
Les contenus de ce chapitre et du suivant sont extraits des contenus et de l’étude communiquée dans une publication de l’OPQU. Celle-ci permet de poser les questions du métier, des savoirs et savoir-faire du métier de l’urbaniste. Y sont mëlés des réßexIons sur l'accessIbIlIté, sur la marche, les pIétons, aInsI qu'à des expériences et projets utilisant la promenade comme medium et outil. L’objectif est de montrer que le lien entre ce métier et cet outil sont pertinents.
Les sept domaines d’activité de l’urbaniste - cités ci-après - nous éclairent sur l'évolutIon et la dIversIñcatIon des Images professIonnelles des urbanIstes : «Homme d’études, il contribue à la connaissance du fait urbain, dans toutes ses dimensions disciplinaires, spatiales et temporelles. Homme de l’art, il sait proposer des dispositifs permettant l’organisation des villes et la mise en œuvre d’opérations d’aménagement pour la structurer. Administrateur urbain, il gère la multiplicité des incidences sur l’espace et sur le fonctionnement urbain des initiatives privées et publiques qui contribuent directement à la formation et au développement des villes.(...) Les domaines d’activité qui constituent le coeur de l’activité de l’urbaniste sont :
la spatialisation des projets de territoire, - la conception urbaine, - la production d’aménagements urbains - la gestion urbaine. -Les domaines où l’urbaniste partage avec d’autres professions : la mise en œuvre de projets territoriaux et urbains, - leur animation et - la production de savoirs. -
Les fonctions, savoirs et savoir-faire des métiers de l’urbanisme . Sont caractérIsés pour chaque ñche métIer la fonctIon que permet ce métIer, la compétence générique qu’implique la fonction, les savoirs et savoir-faire mobilisés ainsi que la nature des produits liés à cette fonction. Les questions que nous nous posons: En quoi l’outil promenade répond à ces fonctions ? En quoi l’outil promenade permet d’accéder aux savoirs ? En quoi l’outil promenade est un nécessaire et utile savoir faire ? En quoi la promenade peut être un produit découlant de cette fonction ?
1 . Domaine « analyse et prospective territoriale » Observation, étude, analyse, évaluation Les activités d’analyse, d’étude ou de veille visent à comprendre les phénomènes µrbcìns et terrìtorìcµx et c foµrnìr les éléments poµr lc strcté¤ìe et l'cctìon. 0cns l’ensemble des champs techniques, sociaux et culturels qui s’attachent à la ville (foncìer éqµìpement, hcbìtct, envìronnement, cctìvìtés, servìces, modes de vìes, ¤éomorpholo¤ìe, pcysc¤e, résecµx de commµnìcctìon, résecµ d'éner¤ìe) ìl s'c¤ìt de rendre intelligible l’ensemble d’informations, nombreuses complexes et imbriquées qui permettent de caractériser un territoire urbain.
Dans ce contexte, le livre de Rachel Thomas sur les trajectoires qui traite de l’accessibilité, nous permet de relier la fonction d’observation et étude de l’urbaniste à la marche, aux déplacements et aux usages des espaces. «L’accessibilité à la ville en question . Aujourd’hui les exigences du piéton sont mµltìples : se déplccer vìte, qµelqµes foìs loìn et dcns µn envìronnement de qµclìté ; combiner parfois temps de transport, temps d’achat et temps de loisir. (.) Dn pcrle d'µne mìse en æµvre systémctìqµe de cette « cccessìbìlìté poµr toµs (.) Les élµs et concepteµrs en focclìscnt leµr dìscoµrs sµr les sìtµctìons d’inaccessibilité dispensent une image négative de la ville. Or celle-ci du fait même de sa complexité et de sa capacité à favoriser la libre circulation des personnes, ne s’avère t elle pas le plus souvent accueillante et hospitalière ? La richesse du monde urbain ne provient-elle pas précisément de sa propension à faire se rencontrer les cìtcdìns oµ les pcsscnts en de mµltìples cìrconstcnces ³ Enñn, en poµsscnt lc lo¤ìqµe de la neutralisation de l’espace public urbain à son terme, ces élus et urbanistes rìsqµent très vìte de s'en¤c¤er dcns µne ìmpcsse : celle de penser qµ'µn espcce pµblìc peµt vìvre et perdµrer scns conñìt.»48
Prospective et diagnostic de territoire Le travail de prospective et de diagnostic engendre des activités d’études, c lc demcnde, sµìvcnt le problème sìn¤µlìer posé (étµdes démo¤rcphìqµes, histoire structure, paysages, réseaux, déplacements, économie, technique et ¤éomorpholo¤ìqµe) Les diagnostiques territoriaux comme la prospective demandent ensuite une approche croisée et transversale des études spécialisées pour aboutir à des scénarios d’évolution. Un autre aspect des activités d’analyse et de diagnostic porte sur les stratégies des acteurs impliqués de près ou de loin sur les territoires considérés, urbains, périurbains, ruraux et naturels.
48 THOMAS R. , Les trajectoires de l’accessibilité, éditions A la Croisée, collection Ambiances, Ambiance dirigée par J-F Augoyard, 2005, p11
«Certcìns socìolo¤µes (Pìerre Scnsot, 1ecn Scmµel 8ordreµìl) et certcìns ¤éo¤rcphes (Mìchel Lµsscµlt) développcnt µne cpproche mìcrosocìolo¤ìqµe de lc mobìlìté urbaine, le terme de mobilité relève d’une « gestion collective des risques de la rencontre cvec les cµtres ». Précìsément lc mobìlìté se déñnìt comme µn système d'cctìons complexe qµì en¤endrent c lc foìs µn déplccement (entendµ comme µn chcn¤ement physìqµe oµ vìrtµel d'emplccement dcns l'espcce) et µne rencontre (oµ dµ moìns µne co·présence cvec cµtrµì). (.) Lc réñexìon sµr l'cccessìbìlìté dµ pìéton c l'espcce pµblìc µrbcìn porte sµr « ces cptìtµdes c crtìcµler cllµre (cµx deµx sens dµ terme), compc¤nìe et lìeµx (évclµés selon le crìtère de leµrs modes d'occµpctìon) ». ll s'c¤ìt d'envìsc¤er clors lc dimension collective et située du déplacement urbain.»49
Cette pensée rencontre les savoirs et savoir-faire de l’urbaniste qui consistent connaître les éléments constitutifs du fonctionnement urbain et des territoires, les organiser, les synthétiser, les rendre transmissibles et utilisables par d’autres en vue d’approches stratégiques (sur les territoires, les espaces et les lieux).
6SDWLDOLVDWLRQ GHVSURMHWVGHWHUULWRLUHHW SODQLÀFDWLRQ VWUDWpJLTXH L’enjeu est la concrétisation des objectifs sociaux et politiques, de stratégies à moyen et lon¤ terme en pro]et de terrìtoìre. Lc plcnìñcctìon c ¤rcnde échelle (ìntercommµncle, nctìoncle, ìnternctìoncle, les pro]ets de développement y comprìs dcns le domcìne de lc polìtìqµe de lc vìlle) et les contrcts de plcn sont cµ cæµr de ce processµs de déñnìtìon des strcté¤ìes et en sont cµtcnt de trcdµctìons opératoires. Il est visé la prévision, la programmation et la répartition spatiale des cctìvìtés (cménc¤ement dµ terrìtoìre) oµ d'µn posìtìonnement strcté¤ìqµe. ll en résµlte des réñexìons sµr les dìsposìtìfs ìnstìtµtìonnels dont lc ñnclìté est de créer les condìtìons cdcptées poµr or¤cnìser l'cctìon (composìtìon des comìtés de pìlotc¤e, déñnìtìon des modclìtés opérctoìres, désì¤nctìon des opércteµrs, ìnstcµrctìon de pcrtencrìcts) vers l'édìñcctìon d'µn pro]et terrìtorìclìsé.
49 ibid, p37
Fachel Thomas expose à la ñn de son ouvrage sur les trajectoIres urbaInes comment penser, organiser et concevoir le déplacement piéton; ce qui rejoint les questions de spatialisation des projets à laquelle il serait bon d’intégrer la richesse de l’expérience cheminatoire ordinaire en milieu urbain. «Comment les sens mais aussi l’émotion que suscite la découverte d’un espace et le cheminement en son sein, participent ils de l’accessibilité ou, peut être devrions noµs dìre de l'hospìtclìté, d'µne vìlle ³ (.) Comment, concrètement, prendre en compte les besoìns spécìñqµes de chccµn poµr cmélìorer les condìtìons de déplacement en ville ? (.) Les ressoµrces oµ obstccles cµ déplccement ne résµltent pcs seµlement d'µne bonne ou mauvaise « ergonomie » de l’aménagement urbain, ni même de l’unique ìmbrìcctìon entre des formes constrµìtes et des phénomènes sensìbles. (.) L'cctìvìté de conñ¤µrctìon, propre cµ pcsscnt, prodµìt des « espèces d'espcces » (Perec, 1º85), sensìbles, non ñ¤és dcns leµr forme et évolµcnt selon les contextes.Cette accessibilité qui n’est plus de l’ordre de l’aménagement urbain, comment pouvons nous la prendre en compte et la mettre en pratique ? Comment autrement dit penser, organiser et concevoir l’espace-temps sensible du déplacement piéton ordìncìre ³ (.) Le trcvcìl se poµrsµìt cµ]oµrd'hµì dcns le ccdre de lc créctìon d'µn outil d’aide à la conception, par la recherche « d’indicateurs « de l’accessibilité à l’espace public urbain qui rendrait compte des dimensions à la fois spatiales, sociales et sensible du problème.»50
Aide et préparation des politiques publiques urbaines et territoriales Les cctìvìtés d'cssìstcnce lìées c cette fonctìon permettent cµx décìdeµrs d'cfñner, de mettre en œuvre et parfois d’engager des actions d’urbanisme et d’affectation d'µsc¤e des sols, mcìs cµssì de r餵lctìon terrìtorìcle dcns des domcìnes spécìñqµes oµ trcnsverscµx (hcbìtct, polìtìqµe des qµcrtìers en dìfñcµlté, envìronnement, mobìlìté, .) (.) L'cssìstcnce cpportée pcr l'µrbcnìste dcns lc déñnìtìon des orientations, des objectifs de développement, des projets de différente natures, des
50 THOMAS R. , Les trajectoires de l’accessibilité, éditions A la Croisée, collection Ambiances, Ambiance dirigée par J-F Augoyard, 2005, p167
partenariats, des réglementations, permet de s’assurer des conséquences spatiales de ces décisions sur le moyen et long terme. Les projets artistiques de Hervé Lelardoux et de son Théâtre de l’Arpenteur, utilisant la promenade comme medium, pourraient servir d’inspiration à l’urbaniste qui travaille à l’aide et à la préparation des politiques publiques urbaines et territoriales. «Wclkmcn. 0epµìs 1ºº8, l'Arpenteµr développe le concept «\ìlle lnvìsìble» : µne démarche consacrée à l’imaginaire urbain, une recherche constante de nouvelles formes théâtrales, d’autres façons d’inscrire le théâtre dans la cité, et de multiples manières de mettre en relation un public avec ses espaces de vie quotidiens. En réinterrogeant le théâtre, c’est le réel que nous interrogeons. Notre scénographie, c’est l’espace urbain à l’état brut ; la ville constitue la matière même de nos spectacles. Par la mise en scène du public dans sa ville, nous la questionnons. (...) Réµssìtes totcles, æµvres belles et poétìqµes, ìntellì¤entes et émoµvcntes, ces troìs spectccles offrent µne réñexìon sensìble et ìntellectµelle pcssìonncnte sµr les rcpports entre \ìlle et Mémoìre, déclìnés soµs plµsìeµrs formes. 0e l'ìmc¤ìnctìon d’une mémoire propre à l’invention de la mémoire de la ville du futur, du public « funambule, entre présence et absence » de Walk Man 1 au public noctambule de Walk Man 3, la mémoire personnelle et collective, inventée ou réelle, se heurte et se marie à la ville fantasmée, vécue et parcourue. Le rapport de chacun à la mémoire et à la ville entre alors dans la composition de l’œuvre, et le public devient partie intégrante d’un spectacle qu’il fait vivre, par ses mouvements, sa perception, ses souvenirs et son imagination. (...) Toµt celc réµnì soµs µne même ìdée : µne cpproche ìntìme de lc vìlle. Cette ìntìmìté est en rµptµre cvec ce qµe ]'cì pµ fcìre cvcnt : ]e trcvcìllcìs dé]c depµìs longtemps au rapport imaginaire à la ville, mais essentiellement sous une forme spectccµlcìre : prendre µn endroìt de lc vìlle et le détoµrner cvec des ìmc¤es fortes, des ñ¤µrcnts, des costµmes. 0epµìs 1ºº8, ]'cì rompµ cvec cette notìon dµ spectccµlcìre, poµr m'ìntéresser c µn spectccµlcìre d'µn cµtre type : celµì qµ'ìl y c dans la tête de chaque individu. La représentation mentale que les gens ont d’une ville produit un imaginaire, qui peut être tout à fait poétique ou surprenant, et
Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Du centre vi l l e à Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 Les équi pements de Berthe, rencontre de regards - 16 mars 2005 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68
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chccµn porte en lµì µne ¤éo¤rcphìe ìntérìeµre de lc vìlle : mon ìdée c donc été de fouiller la ville à travers la tête de chacun. (...) 0e l'ìmportcnce dµ rcpport c lc mcrche, c'est·c·dìre c µne cpproche lente de l'espcce µrbcìn, en résìstcnce c lc vìtesse ccrcctérìstìqµe de lc vìlle. 0cns lc ñônerìe, lc vìlle se dévoìle cµtrement qµe qµcnd on lc pcrcoµrt d'hcbìtµde.»51
2. Domaine Conception urbaine Programmation urbaine Ces fonctions mobilisent des connaissances sur l’histoire et la géographie des lieux, sur les fonctions urbaine, sur les modes de vie et les pratiques sociétales, sur les démarches prospectives, sur les dynamiques politiques et le système d’acteurs, sur les dìsposìtìfs ]µrìdìqµes et ñncncìers. Les dìmensìons temporelles (temps technìqµes de lc mìse en æµvre, temps de décìsìon) font pcrtìe ìnté¤rcnte de lc démcrche. La programmation urbaine implique la mobilisation de nombreuses ingénieries spécialisées en termes de génie urbain, de transport, de stationnement, d'envìronnement (rìsqµes, nµìscnces et pollµtìon), d'hcbìtct et d'cctìvìtés. Ces études sont soit préalables à des projets d’urbanisme et les encadrent, soit s’articulent avec les phases de conception urbaine et d’aménagement des espaces. Elles peµvent des pcrfoìs se lìmìter c µne déñnìtìon qµcntìtctìve (sµrfcces, ob]ectìfs qµcntìtctìfs, ccdrc¤es ñncncìers) et c µn phcsc¤e de réclìsctìon oµ crrìver c des nìvecµx d'élcborctìon très poµssée (pcr exemple dcns lc procédµre des mcrchés de déñnìtìon) et d'étcblìr des schémcs d'or¤cnìsctìon et de plcn mcsse qµì permettent de pcsser cµx phcses de réclìsctìon (cménc¤ement µrbcìn, mcìtrìse d'æµvre crchìtectµrcle, ìn¤énìerìe, espcce pµblìc).
51 internet : Walkman - théâtre de l’arpenteur
Lors de la mission à la Seyne-sur-Mer l’expérience de la programmation de la Maison de la Santé est un bon exemple de cette tentative. Dans l’ouvrage que nous avons déjà cité, Rachel Thomas aborde les cheminements piétons sous l’aspect des variations du pas, mutations de l’attention, et parle de la nécessité de l’observation prolongée des pratiques quotidiennes des citadins dans l’espace public. «Ceci révèle davantage la pluralité des manières d’accéder à la ville et d’y cheminer.. Pour un même piéton et dans la dynamique temporelle d’un même trajet, le parcours peut successivement se décliner en course rapide, simple traversée, en déambulation ou encore en séjour. (.) ll s'c¤ìt d'cµtre pcrt de penser lc dìmensìon perceptìve et expressìve de ces déplccements pìétons : lc mcrche µrbcìne, soµs toµtes ses formes, sollìcìte l’attention perceptive et le corps du passant. Ainsi chaque sens mis en jeu « constrµìt l'espcce et le temps c sc fccon » (Aµ¤oycrd 1ºº8). ll donne clors cµ piéton la liberté d’accéder et d’appréhender l’espace urbain différemment selon les contextes. 0e lc même mcnìère, les ccpccìtés d'expressìvìté dµ corps sont cµ ¤ré des pcs exccerbées : selon l'cllµre ìndµìte pcr le lìeµ, le pìed cccroche le sol, glisse ou se pose avec délicatesse sur les pavés ; le buste lui, se déporte ou pénètre l'ctmosphère poµr cller de l'cvcnt ; les membres sµpérìeµrs opèrent (oµ non) certcìns moµvements de bclcncìer et rétcblìssent cìnsì µn éqµìlìbre pcrfoìs défaillant. A chaque fois, les corps dansent, se taisent, sautent et tressautent, favorisant la naissance d’un rythme commun de la perception et l’adoption des modes de déplacement pluriels. Ces variations de la marche dépendraient, cependcnt, de lc qµclìté des mìlìeµx cmbìcnts qµì les ìndµìsent : lc présence oµ l’absence de la foule, la prégnance de tel ou tel environnement sensible et les caractéristiques construites et aménagées des lieux favoriseraient l’émergence d’un certcìn type de déplccement. ll y cµrcìt clors, dcns cette réñexìon sµr l'cccessìbìlìté de la ville, une détermination contextuelle et environnementale des manières de cheminer à faire valoir.»52
52 THOMAS R. , Les trajectoires de l’accessibilité, éditions A la Croisée, collection Ambiances, Ambiance dirigée par J-F Augoyard, 2005, p59
Composition spatiale La composition urbaine, le plan et le projet de territoire sont préalables à la prodµctìon d'opérctìons µrbcìnes : lc conceptìon de toµt espcce pµblìc s'ìnsère dcns µne forme ¤lobcle qµ'ìl ìmporte de déñnìr cµ nìvecµ fonctìonnel et formel. Cela implique d’avoir une culture urbanistique, une connaissance des territoires et un sens des dynamiques sociétales. Les savoirs, la démarche de connaissance et de conception qui s’attachent à l’urbain et au paysage s’avèrent par certains aspects similaires. Aµ trcvers de ce trcvcìl de conceptìon s'étcblìt le lìen entre deµx en]eµx : le terrìtoìre et lc mctérìclìsctìon des pro]ets : c scvoìr, µne trcnsìtìon entre des déterminants économiques, géographiques, sociaux, politiques, culturels et la réalisation formelle, spatiale d’une portion de territoire que l’on vise à transformer. Rachel Thomas parle de la recevabilité de la notion de handicap, abordant ainsi l’expertise sensible de l’espace traversé : «La circulation piétonnière ne relève pas du degré zéro de la socialité. La promencde µrbcìne qµ'elle soìt sìmple ñônerìe oµ ccte commercìcl, met des anonymes en relation et modèle l’accès du citadin à l’environnement. Elle engendre alors nécessairement des formes d’appropriation, de procédures de régulation du trcñc, d'orìentctìon des trc]ectoìres et d'évìtement des personnes. (.) Les travaux de l’interactionnisme symbolique révèlent ainsi, par la métaphore de la mise en scène, l’importance des formes d’apparaître dans cette gestion de la co·présence cfr 6offmcn) (.) Ce type de vìsìbìlìté repose sµr deµx prìncìpes : Le respect de l’anonymat des citadins et l’absence de contrôle du regard d’autrui. Il dépend à la fois du contexte dans lequel le patient se situe, du contrôle qu’autrui exerce sur lui mais également des orientations visuelles qui prédominent dans le lìeµ. 6offmcn dìstìn¤µe cìnsì deµx sortes d'en¤c¤ements poµr le pìéton : µn engagement au sein de la situation qui permet d’accéder à autrui et d’agir en fonction de lui ; un engagement au sein de la situation qui permet d’ajuster sa condµìte selon le contexte envìronnementcl. (.) 0cns lc sìtµctìon d'ìntercctìon se constrµìsent et s'échcn¤ent c lc foìs troìs ìnformctìons : sµr soì·même, sµr cµtrµì et sµr l'cctìon.(.) L'ensemble de compétences perceptìves et expressìves dµ pcsscnt
ordinaire s’actualise en fonction des caractéristiques environnementales dans lesquelles l’action prend place. Le déplacement, une mise en jeu du corps et de l’attention (.) 6offmcn, dcns le modèle d'cnclyse drcmctµr¤ìqµe, déñnìt cìnsì, c trcvers les métaphores de la mise en scène et du cadrage, les conditions spatio-visuelles de l’exposition, la diversité des compétences visuelles du passant.»53
3. Domaine «production d’opérations» La mise en œuvre d’opérations urbaine et d’aménagement est une activité de montage vise à rendre opératoire les orientations de la maîtrise d’ouvrage. Cela commence par l’élaboration des processus de production du projet urbain ou de l’opération. Elle précìse les pcrtencrìcts ñncncìer oµ technìqµe, propose lc strcté¤ìe poµr ctteìndre les ob]ectìfs donnés, lc hìércrchìe des phcses de prodµctìon (temps, produits, modes de fabrication, étapes de décision, de validation, de concertation Elle demande d’assurer l’animation et la mobilisation de plusieurs intervenants, technìqµes, socìcµx et polìtìqµes. Elle s'cppµìe sµr des étµdes (opportµnìté foncìères, ñncncìères, polìtìqµes, pro¤rcmmctìon, fcìscbìlìté, etc.) crµcìcles poµr précìser l'µsc¤e fµtµr des terrìtoìres.0es étµdes de fcìscbìlìté µrbcìnes et technìqµes déboµchent sµr lc mìse en æµvre de procédµres : concertctìon préclcble, 0P0, PL0, ZAC et sµr µne pré·pro¤rcmmctìon. Nous évoquons ci-après des notions de psychologie de la santé : G-N Fischer développe une approche liant l’environnement et la santé. Cette approche nous semble être un complément indispensable à l’approche technique de la production d’opérations urbaines. Cette approche permet de trouver d’autres intérêts encore à la promenade urbaine, telle que nous avons tenté de la mettre en place à la Seyne- sur-Mer.
53 THOMAS R. , Les trajectoires de l’accessibilité, éditions A la Croisée, collection Ambiances, Ambiance dirigée par J-F Augoyard, 2005, pp49-50
«Les psychologues de l’environnement entendent prévenir les problèmes de santé physique et mentale en étudiant les impacts de certaines conditions envìronnementcles, en ìdentìñcnt les fccteµrs de rìsqµe, les stresseµrs environnementaux, les aménagements mal conçus ou la dégradation de l’environnement. Ils s’intéressent aussi à la promotion de la santé en cherchant à établir les caractéristiques environnementales protectrices ou favorables à la santé. (...) Lc con¤rµence personne·envìronnement se rcpporte cµ de¤ré d'cdéqµctìon entre les besoins biologiques, comportementaux et socioculturels des gens, et les ressources environnementales qui leur sont disponibles. Cette adéquation est un déterminant majeur du bien-être. La congruence suppose un environnement qui apporte une information pertinente, qui offre un choix et qui facilite les efforts des usagers pour y accomplir leurs activités.» FIscher aborde la questIon de l'envIronnement défavorable à la santé et IdentIñe les stresseurs environnementaux. «Le modèle du stress permet d’expliquer les effets négatifs des caractéristiques envìronnementcles sµr lc scnté (brµìt, entcssement, cctcstrophe.). ll permet également de prendre en compte la notion de « contrôle » dans l’interaction personne–environnement. L’exposition chronique aux stresseurs incontrôlables, tels l’entassement et le bruit, semble diminuer les attentes de possibilités de contrôle et cµ¤menter lc résì¤nctìon ccqµìse (qµì s'cssocìe c l'hµmeµr dépressìve, la maladie, la sur-stimulation du système nerveux parasympathique et la diminution de lc réponse ìmmµnìtcìre). Enñn, ìl permet de comprendre poµrqµoì certcìnes personnes sont plus fragiles aux effets néfastes des stresseurs environnementaux. Le stress survient lorsqu’il y a un déséquilibre entre les exigences environnementales et les capacités de réponse de l’organisme. Les gens soumis chroniquement à des stresseurs multiples seraient plus à risque lorsqu’ils sont exposés à un stresseur spécìñqµe.»54
54 FISCHER G-N, Traité de psychologie de la santé, éditions Dunod
4. Domaine Gestion Territoriale
Gestion du droit des sols A l'ìnterfcce de nombreµx ccteµrs (le ¤rcnd pµblìc, les opércteµrs), lc ¤estìon des droits des sols acquiert un statut plus stratégique. Elle est conçue de plus en plus comme un support d’un urbanisme de projet régulé et non plµs comme µne norme c cpplìqµer. Alors qµe les rè¤les ñxcìent les ob]ectìfs et les manières de les atteindre, la tendance est dorénavant de privilégier les objectifs et d’encourager les acteurs privés et publics à trouver les modalités de réclìsctìon (les moyens) les plµs efñcìents poµr lc collectìvìté et l'ensemble des intervenants. Les gestionnaires de ma règle sont aussi mobilisés lors de l’élaboration des règlements, et dans cette fonction, la gestion des sols se croise avec celle de la plcnìñcctìon. Les scvoìrs et scvoìr·fcìre sont entre cµtres : scvoìr cpprécìer et évclµer les relations esthétiques entre projet et environnement; réaliser le transfert des plans et des règlements sur des outils informatisés ; la résolution des contentieux ; ¤érer cµ qµotìdìen des orìentctìons strcté¤ìqµes : cµtorìsctìons de constrµìre et droit du sol ; l’application des orientations stratégiques ; la gestion d’opportunités d'opérctìons et de pro]ets ; mobìlìser les servìces pµblìcs ìmplìqµés : déchets, voirie, transport, circulation, entretien, espaces verts. Les produits de cette fonction prennent la forme de note et d’avis, projets de délìbérctìon, toµs les prodµìts de l'cssìstcnce et dµ conseìl (pµblìc, prìvé) sµr des projets de construction, architecture et des opérations d’urbanisme. Et aussi l'ìnstrµctìon et les cµtorìsctìons d'µtìlìsctìon et d'occµpctìon des sols : certìñccts d’urbanisme, permis de construire et de démolir, permis de lotir. L’expérience et le groupe de travail des Stalker semble éloignée des produits qu’engendre cette fonction de l’urbaniste. Néanmoins ses expériences sont très inspiratrices et formatrices pour les savoirs et savoir-faire nécessaires. Stalker est un groupe de professionnels de la ville fondé en 1993 à Rome.
Ce groupe a développé une réßexIon sur le terrItoIre urbaIn en pratIquant des « dérives urbaines », véritables traversées des creux de la ville. Sous le terme de « territoires actuels », ils envisagent une perception de l’espace qui engage autant le corps (la marche, le franchissement ou le contournement des obstacles) que l’esprit (la mémoire des lieux traversés, la perception de leur utilisation sauvage). «Stclker trcverse c pìeds les Terrìtoìres Actµels : c'est le seµl moyen d'exìster sans médiations dans ces lieux, pour participer de leurs dynamiques. Une forme de recherche nomcde tendµe vers lc conncìsscnce pcr lc trcversée, scns rì¤ìdìñer, homolo¤µer oµ déñnìr l'ob]et de lc recherche poµr ne pcs entrcver son devenìr. Trcverser est poµr noµs µn ccte créctìf, ìl sì¤nìñe créer µn système de relctìons cµ sein de la juxtaposition chaotique des temps et des espaces qui caractérisent les Terrìtoìres Actµels. Trcverser sì¤nìñe composer en µn µnìqµe pcrcoµrs co¤nìtìf les contradictions criantes qui animent ces lieux à la recherche d’harmonies inouïes. Trcverser et fcìre trcverser, ìndµìre c lc perceptìon de l'cctµel cñn d'en dìffµser lc conscience, tout en en sauvegardant le sens contre les banalisations du langage.»55
Un descriptif du projet «Walking Napoli» nous donne des éléments concrets. «Chaque jour pendant 5 jours, une marche documentée est réalisée selon un processµs déñnì lc veìlle. Chcqµe ]oµr µne mcqµette de lìvre est édìtée cvec les images ainsi produites. Une sorte d’éloge de la lenteur et du détail. Une étude ccrto¤rcphìée de l'espcce µrbcìn. Trcverser, mcrcher lentement chcqµe ]oµr, déñnìr chaque jour une nouvelle posture, une nouvelle trajectoire. Remonter les quais de la gare à contre courant à l’arrivée d’un train de banlieue qui amène les travailleurs des banlieues de Naples au centre ville et, le soir, suivre ces mêmes passagers qui regagnent leur domicile ; prendre le bus et photographier de l’arrière du bus la vìlle qµì s'enfµìt ; photo¤rcphìer le pcssc¤e des mcrcheµrs en µn poìnt ñxe sµr µne trajectoire de migration quotidienne ; marcher une journée dans un micro territoire et en relever les détails.
55 site internet des stalker
A lc ñn de chcqµe ]oµrnée de trcversée, µn lìvre µnìqµe est édìté cµ formct AJ en coµleµr dìrectement d'cprès les ñchìers nµmérìqµes et selon les prìncìpes de maquette mis au point pour la totalité du travail photographique de Laurent Malone.»56
Gestion des opérations et de la politique de la ville
0cns lc fonctìon de ¤estìon des opérctìons et de lc polìtìqµe de lc vìlle ìl y c plµsìeµrs chcmps d'cpplìcctìon : lc restrµctµrctìon oµ lc créctìon de pcrtìes de terrìtoìres (qµcrtìers), le développement économìqµe et lc polìtìqµe de lc vìlle, les opérctìons de développement économìqµe (ìndµstrìe, commerce, toµrìsme) . Ces projets sont accompagnés pour s’inscrire au mieux dans un territoire. L’implantation et la gestion des services aux entreprises comme aux usagers (télécommµnìcctìon, restcµrctìon, hôtellerìe, servìces bcnccìres et ñncncìers, loìsìrs), l'ìnsertìon µrbcìne, lc prìse en compte des fonctìonnclìtés d'cménc¤ement propres c ces opérctìons (trcnsport des personnes et des mcrchcndìses, espcces pµblìcìtcìres), recoµpent locclement des en]eµx terrìtorìcµx qµ'ìl ìmporte de contrôler ( !!). La politique de la ville a initié puis progressivement professionnalisé ce type d’activité de médiation dans un territoire donné. Ce qui implique de mettre en œuvre, dans le cadre balisé et régulièrement renouvelé des politiques de la ville, une démarche permanente de connaissance et d’analyse des territoires.
La maison des projets urbains d’Aubervilliers illustre bien cette fonction de l’urbaniste, avec l’utilisation de la promenade urbaine.
56 site internet des stalker
«0ne ìnìtìctìve ìnnovcnte : les bclcdes µrbcìnes, µn oµtìl cµ servìce de lc démcrche de concertation d’Aubervilliers. C’est dans le cadre du contrat de ville et de la révision du Plan Local d’Urbanisme, que la Maison des Projets Urbains et d’aménagement de la ville d’Aubervilliers organise des visites de terrain avec des habitants volontaires, des élus et des techniciens des services de la ville et communautaires depuis 2003. Ces balades urbaines s’organisent à Aubervilliers, en s’enrichissant continuellement, depuis l’opération « Cité d’Eté » en 2001.
L’objectif est d’instaurer un dialogue constructif entre habitants, élus et techniciens cµtoµr de leµr vìlle : son hìstoìre, son évolµtìon et sc constrµctìon. Dµtre le renforcement des liens entre les différents acteurs de la ville, ces balades urbaines ont donc clcìrement µne vocctìon pédc¤o¤ìqµe : en dìrectìon des hcbìtcnts poµr améliorer les projets urbains, et le processus de démocratie participative. Son objectif premier est un croisement des savoirs entre services, élus, habitants par la mobilisation et la compréhension des projets sur le terrain. ll sµscìte é¤clement µne réñexìon sµr les formes et les sµpports de sollìcìtctìon des hcbìtcnts. 0es horcìres et des dµrées cdcptées, des moyens de déplccements dìversìñés, µne recherche de convìvìclìté poµr qµe toµs se sentent concernés et participent, sont en effet des éléments essentiels des balades. Ils concourent à l’élargissement de l’échelle de la participation des habitants. L’évaluation du dispositif se fait par les habitants, les élus, les intervenants et les chcr¤és de mìssìon de lc mcìson des pro]ets. 0e plµs, les élµs font l'ob]et d'µn qµestìonncìre spécìñqµe. 0ne réµnìon de pcrtc¤e des résµltcts et des enseì¤nements de cette démarche est également organisée avec les différents partenaires. Indéniablement, ce travail sur le terrain permet d’en appréhender les contraintes, cìnsì qµe lc réñexìon cµ qµotìdìen des élµs et des servìces cssocìés c l'élcborctìon et à la réalisation des projets urbains. L’implication des habitants par ces balades est double. Elle réside autant dans leur capacité à associer la population « marginalisée » des structures de démocratie participative « classiques », que dans l’appropriation d’une compréhension globale du quartier, de la ville et de la structure intercommunale, par une mise
en perspective cohérente de la multidimentionnalité des mutations du territoire urbain. Cette double nature de l’adhésion des habitants explique en grande partie les bons résultats du taux de participation, tout type d’acteurs confondu.»57
5. Domaine «Mise en œuvre des projets territoriaux et urbains»
Coordination et animation Toute production territoriale se prête particulièrement à l’approche de réseau avec la mise en œuvre d’actions et d’opérations qui croisent différents niveaux communaux et intercommunaux, qui exigent un partage du projet avec de multiples pcrtencìres (coclìtìon d'ccteµrs pµblìcs et prìvés) et lc mìse en plcce d'µne concertation avec les habitants.
Management par projet La mise en œuvre d’opérations ou d’études complexes nécessite le pilotage de productions multiples relevant de différents maîtres d’ouvrage, décideurs ou donneurs d’ordre ; c’est davantage le savoir-faire du management transversal qui doit être mobilisé. Plcnìñcctìon, pro¤rcmmctìon des mìssìons et tôches, c]µstements, « reportìn¤ », évclµctìon, ìnnovctìon ìnstìtµtìonnelle font pcrtìe des mìssìons conñées cµx pìlotes de ces études, projets ou opérations complexes. Le savoir technique autant que les dynamiques relationnelles font partie du bagage indispensable de ces urbanistes.
57 GUERIN A., JARRY P., Dossier de présentation et de bilan de la «Maison des Projets Urbains et d’Aménagement, Aubervilliers, 2004
La mission repérages dirigée par Maud Le Floc’h dans plusieurs villes en France utilise la promenade urbaine. Cette mission est un exemple de ce qui pourrait (devrait) faire partie des attributions des urbanistes en charge des coordination, animation et du management de projets urbains. «Lc recherche·cctìon proposée pcr Mìssìon Repérc¤e(s) offre cette lìberté, non pas de changer de perspective, mais de renouveler la perception de la ville. En ouvrant à la rencontre voulue et préparée par chacun d’eux mais aléatoire dans son résµltct, entre n(e) élµ(e) et µn(e) crtìste, c'est lc vìlle elle·même qµì s'ìnvìte c lc rencontre. Seuls comptent l’itinéraire et l’échange qui franchissent des contraintes matérielles et réglementaires et transforment la déambulation en questionnement continu. L’itinérance choisie comme moyen d’appréhension de la ville permet de la poursuivre comme une interrogation en se laissant soi-même questionner et surprendre. Il en ressort des manques, des possibles ou des rêves car dans ce mode de perception de la ville, ce n’est pas ce que l’on veut y voir qui s’impose mais ce que la ville révèle d’elle-même. (.) ll est vrcì qµe lc péré¤rìnctìon donne toµte sc plcce c l'espcce pµblìc, c'est c dìre de rencontre pcr excellence (.) Lc méthode est empìrìqµe (.) et dµ fcìt cµssì de la subjectivité des choix de parcours et de lieux. (.) Sorte de poìntìllé qµe soµlì¤nent les crrêts sµr ìmc¤e , photos prìses sµr le pcrcoµrs et les cnnotctìons personnelles. (. ) Cette plcce lcìssée c lc sµb]ectìvìté est ìntéresscnte ccr elle contrìbµe c donner « corps » c lc lectµre de lc vìlle. (.) 0cns ces dìfférentes décmbµlctìons toµt ne se prête pcs cµ même de¤ré d'cnclyse, certes, mais l’ensemble rendu en images, en mots et en plans offre une seconde opportunité au chercheur sur la ville qui est cette restitution. Car cette seconde étape donne lieu au parcours métaphorique de la ville. (.) Lc vìlle ìcì n'est pcs ìmc¤ìncìre, elle est bìen l'ob]et d'µne forme concrète de recherche qui incite à la revisiter comme lieu et comme source de liens.»58
Le protocole de l’expérience est le suivant :
58 sous la direction de LE FLOC’H M., Mission Repérage, UN élu, un artiste, rencontres itinérances pour une approche sensible de la ville, éditions l’Entretemps, 2006, pp9-10
« Walk and Talk. Pour réussir la délicate entreprise de mettre en contact deux personnes qui ne se connaissent pas et qui sont porteuses de deux univers disjoints, l’idée d’une traversée de territoire s’est imposée. Le déplacement à deux est le mode le plus opérant pour fabriquer une relation éprouvée, un lâcher prise, pour aiguiser la perception et l’expression personnelle de chacun et favoriser le cheminement d’une relation dialectique. Comme une navigation il s’élabore par des déplacements dans la ville, pensés ou improvisés. En cela, il rejoint la logique d’une navigation géographique hypertexte. (µne sìtµctìon µrbcìne oµvre sµr µne pensée, qµì provoqµe µn déplccement, qµì amène une observation, une conversation puis un nouveau déplacement, puis une ìdée, µn fcntcsme)»59
La production de traces comme règle du jeu : «L'crtìste et l'élµ ont poµr mìssìon de récolter cµ ñl de lc trcversée µne sérìe de mémos, traces des pensées du moment. Pour cela ils disposent d’un appareil photo ]etcble, d'µn ccrnet de bord et d'µn plcn de lc vìlle. lls doìvent restìtµer en ñn de mìssìon : 10 photos lé¤endées, 10 ìmpressìons : sentìments décoµvertes remcrqµes qµestìons, 10 hypothèses : ìdées fcntcsmes ñctìons. Cette somme de textes brefs, de clichés, sans ordre, ni cohérence à priori, constitue la matière de la rencontre, de ce qu’elle a fait apparaître, et de ce qu’elle permet d’entrevoir.»60
6. Domaine «Animation de projets territoriaux et urbains» Communication – promotion (.) Toµs les docµments (plcns, chcrtes, esqµìsses, docµments d'cnclyse) devìennent des ob]ets de commµnìcctìon. 0n trcvcìl spécìñqµe de modélìsctìon et de sìmµlctìons des opérctìons µrbcìnes, des pro]ets, des cctìons, est conñé c des spécìclìstes. Le développement des oµtìls ìnformctìqµes cmplìñe ce phénomène.
59 ibid., p17 60 idem, p 17
Ces stratégies de communication ont deux enjeux. L’un est de vendre la ville, du régional à l’international, pour la rendre attractive aux investisseurs et entrepreneurs. Il est plus intense s’il faut contrer des images négatives de villes industrielles en déshérence ou des villes peu dynamiques. L’autre est de considérer que cette communication s’adresse aussi à la société locale en vue de l’adhésion de la population au changement, et de la gestion des inconvénients politiques de toute transformation des territoires. Les promenades d’Yves Clerget pour Beaubourg et pour l’institut français d’architecture sont un exemple d’actions de promenade répondant aux fonctions de communication et de promotion de l’urbaniste. Yves Clerget s’accompagne d’architectes, d’urbanistes, d’universitaires, et de personnes complétant et documantant les promenades. Yves Clerget a mené un cycle de promenades à Marseille, Hyères, Toulon et la Seyne- sur-Mer sur l’architecture du Corbusier, la villa Noailles et la rade de Toulon en juillet 2005. Je suis intervenue dans la partie seynoise pour présenter le territoire et la façon dont il pouvait être nommé (à partir des contenus de la mission promenade pour Avisen). «Promencdes µrbcìnes «1ecn Noµvel» : 0n pro¤rcmme de promencdes en compc¤nìe d’architectes et d’universitaires. 1ecn Noµvel c 8ezons et c Rµeìl : lo¤ements et mcìson de retrcìte, µne promencde de 3 heures samedi 8 décembre 2005 de 14h30 à 17h30. Lc résìdence HLM Chrìstophe·Colomb c 8ezons (1ºº0·1ººJ) est en rµptµre cvec lc conceptìon hcbìtµelle dµ lo¤ement socìcl : recherche ¤énéreµse de sµrfcce cµ·delc des normes HLM, utilisation de produits de l’industrie, patio central, coursives extérieures. Néogothique, la maison de retraite Cognac-Jay à Rueil est métamorphosée par une extension symétrique qui, par le jeu des contrastes, devient un véritable miroir- diamant à la transparence solide. Suit la promenade concernant La Fondation Cartier de Jean Nouvel, le boulevard Raspail et Montparnasse un samedi 26 janvier 2006 de 14h30 à 17h30. Au 20e siècle, la conception des ateliers d’artistes, des lieux de divertissements et des équipements culturels ouvre le champ à de nombreuses innovations architecturales.
Face aux différents réglements et programmes, diverses formes de réponses crchìtectµrcles voìent le ]oµr : type d'clì¤nements, retrcìts, trcìtement de l’angle, bow-windows, dessins de façades et organisation interne. Ce cadre général ìntrodµìt c lc vìsìte de lc Fondctìon Ccrtìer de 1ecn Noµvel (1ºº5) qµì, entre cµtres, renouvelle toutes ces questions et problématiques. Et poµr ñnìr ce cycle lc troìsìème promencde : 0n mµsée de lc pµblìcìté très dìscret. Muséographie de Jean Nouvel, le samedi 16 février 2006 de 14h30 à 17h30. Vingt - cinq ans après sa création, le musée de la Publicité, abrité derrière les épaisses façades du Louvre, fait peau neuve. Comment l’architecte Jean Nouvel, connµ poµr ses clìns d'oeìl c l'cfñche et ses fcccdes ìmc¤ées, c·t·ìl répondµ c ce programme d’architecture intérieure ?»61
Par le biais de l’architecture, une quantité d’autres questions de l’espace urbain sont abordées.
Concertation-participation L’élaboration et la conception d’actions urbaines, territoriales et spatiales, ne se restreignent pas au cercle des décideurs et des professionnels. Une appropriation collective plus intensive des connaissances fait entrer dans le jeu la population ou des groupes de pression, venant en concurrence – complémentarité avec les professionnels. Le volontarisme des collectivités locales dans l’aménagement urbain, le rapport prìvìlé¤ìé de l'élµ loccl cvec le cìtoyen (qµe n'cvcìt pcs l'Etct), les prctìqµes contestataires d’associations, le rôle de la presse plus autonome et critique, expliquent le renouveau de la concertation. Con]µ¤µée c des évolµtìons socìétcles qµì lc lé¤ìtìment (préoccµpctìons envìronnementclìstes, exì¤ences qµclìtctìves des µsc¤ers, débcts sµr lc cìtoyenneté),
61 internet : promenades urbaines / Yves Cerget
elle fait l’objet d’un regain d’engouement. La décentralisation des décisions, faisant de la proximité une vertu retrouvée, plus récemment, les Lois Solidarité et Renoµvellement µrbcìn et 0émocrctìe de proxìmìté (poµr les ¤rcnds pro]ets), redéñnìssent de fccon cctìve lc plcce des hcbìtcnts dcns lc décìsìon µrbcìne. Nous citons en guise d’expérience de promenade participative individuelle ou collective, la démarche de tourisme expérimental. Derrière l’humour, il y a une vraie proposition de voyage et de rencontrer des territoires, très inspirant pour la conception de projets de concertation et participation. «Le toµrìsme expérìmentcl échcppe c lc déñnìtìon. ll peµt cependcnt être cpproxìmctìvement déñnì comme µne fccon cmµscnte de voyc¤er, poµr lcqµelle la méthodologie du voyage est claire mais la destination parfois inconnue. Toutes les destinations – de l’îlot de circulation à l’îlot tropical et de la piste de ski à la piste cyclable – sont égales face au tourisme expérimental. Il peut se prctìqµer c domìcìle comme c l'étrcn¤er et ne reqµìert pcs de réserves ñncncìères ìmportcntes. ll ne peµt en revcnche se concevoìr scns µn esprìt cventµreµx. (...) «Ce qui caractérise le tourisme expérimental c’est justement d’être une forme de tourisme sous contraintes. Mais paradoxalement ces contraintes procurent souvent un incomparable sentiment de liberté et rendent plus disponible aux surprises du voyage. Elles ouvrent quelquefois de nouveaux horizons. Certaines formules comme l’aléatourisme ou le monopolytourisme qui font beaucoup appel au hasard condµìsent c voyc¤er µn, deµx, troìs ]oµrs. scns cvoìr c prendre lc moìndre décision. C’est une expérience beaucoup plus rare et surprenante qu’il n’y paraît.» 62
Les conseils adressés aux voyageurs voulant se lancer dans le tourisme expérimental sont de surtout de se faire plaisir et ne pas hésiter à inventer ses propres règles du jeu ; de s’amuser et de ne pas avoir peur de pousser les expériences plus loin. L’important est d’être libre de garder le sens du jeu et de bousculer les règles et les énoncés quand il semble bon. Le tourisme expérimental ne requiert pas un grand équipement : un dé peut être
62 www.latourex.org
utile mais une pièce de monnaie pour tirer à pile ou face fera aussi bien l’affaire. Partir avec un vélo pliable que l’on peut facilement emporter dans les trains, métros, trams, bus et offre une liberté et une mobilité accrues dans les déplacements urbains. «Une bonne ouverture d’esprit est la seule composante essentielle, même si un solide crédit de miles acquis en tant que voyageur fréquent auprès d’une compagnie aérienne s’avérera sans conteste utile pour réaliser certaines des expériences les plus exotiques. Quoi qu’il en soit, toutes les expériences de ce livre, y compris les plµs loìntcìnes, peµvent être cdcptées c lc vìlle où voµs résìdez. L'cr¤ent, poµr µne fois, ne compte pas.»63
ll est dìfñcìle de dìre sì le toµrìsme expérìmentcl est promìs c µn brìllcnt cvenìr. «C’est un peu comme explorer une ville selon les règles du tourisme alternatif ou de l'cléctoµrìsme : voµs ne scvez pcs d'cvcnce où celc vc mener mcìs c'est ñnclement une question tout à fait secondaire.»64
7. Domaine Production des savoirs Recherche fondamentale et appliquée. Lc conncìsscnce scìentìñqµe de lc vìlle, de l'µrbcìn, des terrìtoìres et des méthodes d’intervention alimente en savoirs critiques ce milieu professionnel. La production de connaissances et le travail de théorisation de la recherche fondamentale concernent les sciences humaines, les sciences de l’ingénieur, de plus en plus les sciences de la terre. Cette activité savante vise la théorie des territoires, des espaces, des lieux, et l’analyse de leurs transformations au travers des sciences de l’action. Mouvement d’une science de la ville et des territoires, que certains ont qµclìñé cµtrefoìs d'µrbcnolo¤ìe.
63 ibid 64 ibid
«0cns cette perspectìve (celle de lc socìolo¤ìe de l'cctìon) le terme mobìlìté renvoie au processus physique par lequel le piéton se déplace, change de lieu et à cette forme d’urbanité qui le conduit à vivre en public. Le recours à la problématique des ambiances architecturales et urbaines offre une piste complémentaire. Outre la question du rapport entre agir et percevoir, elle met à ]oµr lc nctµre ìnter sensorìelle de l'expérìence µrbcìne : toµt déplccement dcns l’espace public engage les sens du passant. Plus que la seule modalité visuelle, c’est donc la combinaison entre eux des sens qui permet au passant de percevoir l’espace et d’agir en son sein.»65
Enseignement et formation Le travail des pédagogues, la recherche fondamentale et l’expérience des professionnels contribuent directement à structurer l’enseignement et la formation des nouveaux professionnels dans le cadre de formations pratiques ou plus théoriques, initiales ou continues. La multiplication des diplômes et des cursus a dìversìñé l'offre de formctìon.
Lucius Burkhardt est à la fois l’inventeur de la promenadologie et un pédagogue. Concernant la mission seynoise nous rattachons cette vision et dispositif au projet que nous avIons de former des habItants à la promenade, añn qu'Ils puIssent en créer et mener sur leurs territoires. «À la lecture de certains textes littéraires descriptifs, on s’aperçoit, par exemple, que l’orientation fait défaut; est-ce au nord? au sud?, etc. Chacun a une imagination; si un paysage est décrit dans un roman, l’un verra des collines, tandis que l’autre, à partir des mêmes mots mais avec sa propre imagination, verra des montagnes.
65 THOMAS R. , Les trajectoires de l’accessibilité, éditions A la Croisée, collection Ambiances, Ambiance dirigée par J-F Augoyard, 2005, p14
C'étcìt très ìntéresscnt d'étµdìer ce qµe trcnsporte le lcn¤c¤e. 0e lc, ]'cì commencé à faire des expériences, exécutées comme des interventions. J’ai lancé mes promenades. L’une m’a emmené vers un champ abandonné par l’armée. Il avait servi de terrain d’exercices pour les chars; en le traversant, j’y lisais un texte du capitaine Cook lorsqu’il était à Tahiti, comme si c’était la description de l’endroit où ]e me troµvcìs. Cc collcìt cssez bìen! C’est ce que j’ai appelé la «promenadologie». Elle s’est développée et s’est dirigée contre la production d’images. J’ai dit que les images n’étaient pas tellement claires. Nous percevons les paysages à travers la promenade. La promenadologie montre qµe lc perceptìon est µne cddìtìon crtìñcìelle de choses retroµvées, qµì se mêlent à des choses que l’on connaît déjà à travers des prospectus, des publicités, des photographies familiales, etc. Cela se dirige, par exemple, contre une protection de la nature qui fabrique des images. C’est également le rapport entre le moyen de transport utilisé et la perception du paysage. Voyager en train, avec le billet à prendre, nous oblige à choisir une station. L'ìnventìon dµ chemìn de fer cµ XlXe sìècle c trcnsformé notre perceptìon en direction de la carte postale illustrée. Autrefois, si les vacances duraient deux semaines, huit jours étaient réservés au voyage et les huit autres au séjour; c’était une autre perception, et du temps et de l’espace. L’automobile a rétabli la promenade sous la forme d’une illusion. Les endroits traversés au cours d’une excursion sont si hétérogènes les uns par rapport aux autres qu’il ne peut se former aucune image. Le bois de Fontainebleau, c’est encore une image; la Bourgogne, c'est trop: l'cµtomobìlìste revìent de son excµrsìon de mcµvcìse hµmeµr en dìscnt: «Lc 8oµr¤o¤ne n'est plµs ce qµ'elle étcìt. (...) 1'cì fcìt deµx promencdes cvec les étudiants de l’École polytechnique de Turin. Une de la ville vers la campagne — la promencde normcle -, et µne cµtre dcns lc «pérìphérìe» où c chcqµe trcversée d’autoroute, on ne savait pas si on allait trouver une usine, un lieu abandonné, ou un asile de vieillards... À chaque fois, on a dû expliquer pourquoi cela pouvait être ici.»66
66 interview trouvée sur internet .Propos recueillis à Paris, par Thierry Paquot, le 23 avril 1998, de Lucius Burkhardt
Diffusion et vulgarisation
Les activités de vulgarisation et de diffusion d’une culture urbaine, de l’espace, des territoires, par les revues spécialisées et par la presse grand public. Elles prennent la forme d’une présentation de situations, d’opérations, d’expérimentations qui informent le milieu sur les bonnes pratiques ou sur les limites d’interventions. Un de ses objectifs est aussi de faire de la pédagogie et de communiquer sur la profession. Nous pensons que les moyens de diffusion et de vulgarisation évoqués ici sont bien classiques et politiquement corrects, ce qui veut souvent dire démocratiquement incomplets et partiels. Nous évoquons donc ici une forme de promenade posant bien autrement les questions de diffusion et de vulgarisation : la manifestation. Nous pourrIons la compléter de la déñnItIon de l'émeute maIs cela mene à des terraIns glissants. «Manifestation. Une manifestation est un acte politique collectif, qui se trcdµìt notcmment pcr µn déñlé de protestctìon, qµì peµt cvoìr dìfférents bµts : l'cmélìorctìon des condìtìons de vìe, soµvent c l'cppel des syndìccts, lc protestation contre une loi, un décret, une réforme, la protestation contre une fermeture d’usine ou contre des licenciements abusifs, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie , la manifestation pour la paix et/ou contre la guerre.»67
67 www.wikipedia.fr
Vers les conclusions : Métier, savoir, savoir-faire, outil
Au vu de cette déclinaison des métiers de l’urbaniste, croisée à des références en matière de promenade urbaine, nous aboutissons à la conclusion que les fonctions de l’outil d’urbanisme68 sont bel et bien applicables à l’outil promenade : la promenade / se promener permet de parler du même territoire et des grandes -fonctions urbaines : diagnostiquer à différentes échelles la promenade / se promener permet de révéler les pratiques quotidiennes, les -appartenances, les identités la promenade / se promener permet de retranscrire les perceptions visuelles d’un -territoire, d’un lieu la promenade / se promener permet d'IdentIñer des problématIques socIales, -économiques ou institutionnelles la promenade / se promener permet de débattre des hypothèses de projet avec -des scénarios représentés la promenade / se promener permet d’expliquer le projet et ses enjeux à la -population et aux partenaires la promenade / se promener permet de désigner les territoires du projet et de -l’intervention publique la promenade / se promener d’intégrer les démarches de projet et les procédures -de mise en œuvre la promenade / se promener de concevoir et mobiliser autour de schémas- -concepts et appréhender les métaphores des projets complexes.
68 CHIAPPERO M. , le dessin d’urbanisme
0uelques déñnItIons pour nous repérer et débattre de la pratIque de la promenade.69
Le métIer de la promenade seraIt à déñnIr. Le métier de promeneur et de promeneuse. «Métier Un métier est une activité humaine, le plus souvent à but lucratif. C’est aussi un savoir-faire acquis et, lorsque le métier le permet, une amélioration de ce savoir. L’exercice d’un métier est fréquemment précédé d’un apprentissage. On exerce souvent un seul métier à la fois, mais celui-ci peut être plus ou moins spécialisé. 0cns lc fonctìon pµblìqµe, le cµmµl d'cctìvìtés est ìnterdìt oµ ré¤lementé. Les métiers demandent des durées d’apprentissage variées ; ce facteur, plus ou moins lié à la loi de l’offre et de la demande, détermine, en partie, leur rémunération. 0e plµs en plµs de personnes exercent plµsìeµrs métìers sµccessìvement pendcnt leur vie. Contrairement au travail, avoir un métier n’implique pas forcément sa pratique. En outre, la législation française du travail prévoit l’activité salariée à temps partiel (mì·temps, 1/2 oµ 1/4 de temps...) et dìvers modes d'ìnterrµptìon en dehors des con¤és cnnµels (cnnée scbbctìqµe, con¤é formctìon...). Dn exerce son métìer, soìt lìbrement (freelcnce, professìon lìbércle, crtìstes), soìt comme entrepreneµr (chef d'entreprìse, commerccnt, c¤rìcµlteµr), soìt comme salarié, dans ce cas, soit dans le secteur privé, soit dans le secteur public (fonctìonncìres et, pcr cssìmìlctìon, élµs) L'exercìce de certcìns métìer est ré¤lementé (condìtìons de dìplômes, concoµrs d'cccès, cchct d'µne chcr¤e oµ d'µne pctente, etc.).»
69 déñnItIons extraItes de www.wIkIpedIa.fr
Savoir se promener. Savoir faire de la promenade. Savoir être promeneur, promeneuse. Connaître la promenade. «Savoir Le scvoìr est déñnì hcbìtµellement comme µn ensemble de conncìsscnces oµ d’aptitudes reproductibles, acquises par l’étude ou l’expérience. En français, le terme de savoir a un sens qui ne coïncide pas exactement avec celui de connaissances alors que l’anglais, par exemple, utilise knowledge dans tous les cas. Ce décalage trouve d’ailleurs une origine très ancienne puisque le mot provient du latin sapere, verbe qui employé intransitivement indiquait une entité qui possédait une saveur. Il n’y avait donc alors pas de référence au moindre processus cognitif. Ce n’est qu’au Moyen Âge qu’émergea le sens actuel après avoir transité pcr µne forme ñ¤µrée désì¤ncnt µne personne en qµelqµe sorte « ìnformée ». A partir de cette époque, le fait de savoir fut considéré comme une attestation ou garantie de sagesse, association qu’on retrouve de nos jours sous la forme de la confusion traditionnelle entre le savoir et l’intelligence ; des oppositions telles que « tête bien pleine » et « tête bien faite » rappelant que les choses ne sont pas si simples.»
Le savoir-faire de la promenade Le savoir-faire se promener Le savoir-être promeneur, promeneuse. «Savoir-faire Le savoir-faire est la connaissance des moyens qui permettent l’accomplissement d’une tâche. Le terme équivalent anglais know-how est assez régulièrement utilisé dans la littérature technique et économique. Le savoir-faire est différent des autres savoirs comme la connaissance car il peut être directement appliqué à une tâche. Le savoir-faire en résolution de problèmes est différent de la connaissance sur la résolution des problèmes. Par exemple,
dans certains systèmes législatifs, le savoir-faire est considéré comme propriété intellectuelle de la société, et peut être transféré quand la société est achetée. Une des limitations du savoir-faire est sa dépendance à un travail ; ainsi il tend à être moins général que la connaissance. Un des avantages du savoir-faire est qu’il peut impliquer plus de dimensions, comme l’expérience manuelle, l’entraînement à résoudre des problèmes, la compréhension des lìmìtes d'µne solµtìon spécìñqµe. Aìnsì, le scvoìr·fcìre peµt fréqµemment éclipser la théorie.»
L’outil se promener L’outil promenade L’outil du promeneur, de la promeneuse «Outil 0n oµtìl est µn ob]et ñnclìsé µtìlìsé pcr µn être vìvcnt dcns le bµt d'cµ¤menter son efñcccìté nctµrelle dcns l'cctìon. Cette cµ¤mentctìon se trcdµìt pcr lc sìmplìñcctìon des cctìons entreprìses, pcr µne plµs ¤rcnde rentcbìlìsctìon de ces actions, ou par l’accès à des actions impossibles sans cet outil. L’outil peut être compris comme un prolongement du corps, un intermédiaire d'cctìon, voìre comme µne prothèse dcns le sens où ìl remplcce (oµ même crée) µn membre ou un organe . Pour Michel Serres, l’homme est un animal despécialisé et l’outil qui prolongera sa main le spécialise particulièrement. Toutefois, le langage courant limite de façon assez peu précise le terme d’outil c des ob]ets répondcnt c cette déñnìtìon en fonctìon : de lc tcìlle, dµ de¤ré d’automatisation, du domaine d’application. Le terme oµtìl peµt donc dìfñcìlement s'µtìlìser poµr déñnìr µne ccté¤orìe technique précise.»
CONCLUSIONS
« 0n des moteµrs de lc promencde est µne certcìne forme de cµrìosìté : l’ouverture sur le monde, la découverte, mais si on peut avoir un but de promencde, ce bµt n'est qµe le prétexte. (...) Cette cµrìosìté est oµverte, non détermìnée, ré¤ìe pcr µne espèce d'cttentìon ñottcnte s'exerccnt dcns le jeu du connu et de l’inconnu, du familier que le regard rend neuf, du plaisir de la rencontre insolite.» MDNTAN0DN A., 2000, Socìopoétìqµe de lc promencde, Presses Universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrant
I. Un récit en trois parties Ce récIt nous a sItué les enjeux de ce mémoIre de ñn d'études dans le cadre d'un parcours personnel et professionnel. Dans la Partie UN le territoire a été présenté, ainsi que l’association Avisen et ses méthodes de participation . La mission Datar a été elle aussi, présentée telle qu’elle a été envisagée dans les champs de la santé communautaire, de l’aménagement du territoire et de la politique de la ville. Nous avons vu comment la pratique de la promenade est passé d’un statut personnel et expérimental à un outil participatif en analyse et conception urbaine. Dans la Partie DEUX, nous avons suivi les repérages et les promenades, insérées dans le déroulement de souffrance psycho-sociale d’Avisen à la Seyne-sur-Mer. Nous avons vu comment cette pratique se situe bel et bien dans le champs de l’urbanisme tout en restant ouverte à d’autres champs tels la psycho-sociologie et la psycho- géographie.
Nous sommes ainsi amenés à des questionnements de posture et d’épistémologie, car la promenade et se promener allie les dimensions narcissiques, individuelles, corporelles et les dimensions professionnelles possibles, allant de l’artistique à l’universitaire, en passant par la technicité de l’action professionnelle. Dans la Partie TROIS nous traversons les métiers de l’urbaniste, en croisant et rattachant ses fonctIons à des réßexIons sur la promenade urbaIne par ceux et sur ceux qui ont marqué la pratique depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Ces tentatives de liens bouclent la boucle de la promenade comme outil de l’aménageur et de l’aménagement.
II . La mission Datar 1. Cadre de la mission promenade La première étape de la « mission promenade » menée par Avisen s’est déroulée de janvier à septembre 2005, à la Seyne-sur-Mer, dans le cadre d’un appel à projet de la 0atar. Cette mIssIon s'est placée et déñnIe en relatIon avec : l'enquëte partIcIpatIve sur la souffrance psychosociale, avec les missions de l’Atelier Santé Ville, et sur la programmation de l’équipement de santé publique, La maison de la Santé. Les territoires investis et explorés ont été ceux en contrat de ville, notamment la ZUP Berthe.
Les objectifs des missions Avisen pour le projet Datar en quatre points : L’environnement comme déterminant de la souffrance psychosociale. Il -s’agissait d’étudier dans quelle mesure l’environnement (en particulier dans sa dimension « urbanistique » et aménagement du territoire) participait à la souffrance psychosociale des populations, en particulier celles qui vivent dans les quartiers en contrat de ville ou en GPV, sachant que cette souffrance psychosociale se développe rapidement parmi cette population.
L’environnement « restaurateur » du bien-être. En corollaire, étudier quels -types d’environnement (naturel ou aménagé) peuvent devenir « réparateurs » ou « restaurateurs » du bien-être et de l’équilibre mental, chez les personnes et les groupes atteints par cette souffrance (dans ses formes les plus modérées, ne nécessitant pas encore le recours aux professionnels de la psychiatrie). Les méthodologies de participation des habitants aux processus urbanistiques. -ÌdentIñcatIon des méthodes permettant d'Instaurer ou d'amélIorer la partIcIpatIon d’habitants aux processus de décision, de mise en œuvre et d’évaluation de grands projets de réhabIlItatIon ou de requalIñcatIon urbaIne. Du : comment faIre en sorte que l’opinion des gens soit intégrée dans les décisions affectant leur environnement quotidien ? La terrItorIalIsatIon de la santé : pour redevenIr efñcace, la santé publIque -française doit redécouvrir le caractère territorial à la fois du diagnostic, de la concertation, de la mise en œuvre et de l’évaluation des priorités de santé publique. Mais comment mettre en œuvre pratiquement cette approche territoriale de la santé ? Le projet se devait d’explorer également cette dimension de l’aménagement territorial.
2 .Description synthétique de la méthode de promenade La méthode « déambulation ou promenade accompagnée » consiste à : Réunir un groupe, composé de : des habitants du territoire considéré, des -professionnels socio-sanitaires du territoire, des élus ou des décideurs du territoire ; un mélange de ces différentes catégories ; et faire mener ce groupe par un ou deux intervenants familiarisés avec la méthode. Déambuler à l’intérieur du territoire en question : à pied le plus souvent, avec de -courts trajets en transports collectifs, si cela s’avère pertinent. Passer par quelques étapes remarquables ; pour une déambulation dans le cadre -du diagnostic santé d’un territoire : des structures publiques (hôpital, centre de PMI), privées (cabinet médical important, centre de radio), associatives (liée au
socio-sanitaire), et mutualistes (dispensaires, pharmacies, centres dentaires, centres d’optiques). Les « structures remarquables » dépendront de la thématique dans laquelle la déambulation s’inscrit. Dn peut également élaborer des déambulatIons sans thématIque spécIñque, avec des parcours plus généralistes. Entrer à l’intérieur de ces structures, au moins jusqu’à l’espace d’accueil, -d’attente et d’orientation. Traverser des sous territoires proposés par les participants du groupe dans la mesure où ils illustrent les liens entre la santé (bonne ou mauvaise) et le milieu : sites bruyants, sites dangereux (accidents), sites pollués, sites encombrés pour les piétons, sites laids, sites associés à la violence urbaine, aux conßIts de voIsInage. Encourager les membres du groupe à exprImer leurs sentIments, réßexIons, -remarques, commentaires, critiques, appréciations positives, etc. Entamer des dialogues avec des personnes croisées pendant la déambulation, -que ce soit des « quidams » ou des personnes « remarquables » : Personnels des structures, éducateurs de rue, travailleurs sociaux en déplacement ; Concierges, gestionnaires d’immeubles, agents d’entretien ; Notables locaux, chef de bandes de jeunes. Documenter et enregistrer ces remarques, critiques, dialogues, au moyen de : -prise de notes écrites et enregistrements audio et vidéo. Laisser les participants décider du trajet, une fois familiarisés avec les règles de -la méthode. |ettre ñn à la déambulatIon et en faIre le bIlan. -
3. Produits attendus et utilisations possibles Les produits discrets de la déambulation : la documentation photographique, audio, vidéo, de la déambulation ; les notes brutes prises pendant cet espace temps par le ou les meneurs ; les notes retravaillées après la déambulation.
Ces produits pourront être utilisés, pour les élaborations suivantes : - Une exposition photo, vidéo et textes, organisée dans un site situé sur le -terrItoIre, ou sur un autre terrItoIre confronté aux mëmes dIfñcultés à prIorI. Un document destiné à servir de base de travail pour des groupes de travail -réunissant des professionnels, des habitants, des élus et décideurs. La matIere d'une plénIere, type forum habItants, avec les exposItIons, les ñlms en -annexe. La création d’un parcours sur le patrimoine contemporain, les savoir-faire de « -réalisateurs de la ville » doublée de la dimension d’usager.
Les résultats immatériels de la déambulation : L’établissement de relations entre différentes catégories, susceptibles d’être exploitées ultérieurement : entre professionnels et habitants participant à la déambulation ; entre les habitants participants, entre « promeneurs » et usagers des structures de santé visitées ; entre « promeneurs » et professionnels des structures de santé visités Le sentiment de devenir acteur : en effet, les remarques, commentaires et critiques, qui pourraient être banales en soi, prennent une autre dimension et font sens car elles sont formalisées (écrites, enregistrées, remises en forme) et sont additionnées à celles des autres participants, leur donnant du volume et du relief. La déambulation favorise les relations interpersonnelles ; des rendez-vous sont pris pour d’autres formes de travail en commun : pour d’autres actions de santé en commun, pour se grouper en collectif, voire en associations. Un nouvel angle de vue d’un environnement parfois quotidien : la praticabilité et l’accessibilité des structures et des aménagements urbains sont revisités de manière pragmatique, par dessus les discours institutionnels ou politiques.
4. Perspectives : promenades et promeneurs en nombre La mission promenade en arrive à la phase de développement après ses neufs mois d’expérimentation d’actions participatives. Les actions de promenades devront mobiliser un plus large public, et se greffer à deux projets : la programmation de la Maison de la Santé, et les démolitions et réaménagements sur la ZUP (programme ANRU). La mIssIon n'a pas été poursuIvIe pour des motIfs ofñcIels de co·ñnancement, pour le motIf des dIfñcultés ñnancIeres d'AvIsen sur la deuxIeme partIe de l'année 2005. La solution trouvée pour la deuxième partie de la mission Datar, a été un vraissemblable recentrage sur les missions de formation que pouvait mener le meneur du projet, le Dr P. truze.
III. La promenade un entretien collectif à ciel ouvert
Au terme de ces réßexIons, nous afñrmons l'hypothese que la promenade est un entretien à ciel ouvert. A l'appuI de cette afñrmatIon, nous nous appuyons sur un certaIn nombre de références d’un ouvrage concernant l’entretien collectif 70 . Ces réßexIons sont facilement transposables à la promenade-outil.
«Comme toute méthode, celle de l’entretien collectif doit être rapportée à la stratégie de recherche dans laquelle on l’utilise. Par stratégie de recherche on entend non n thème, mais bien un objet de recherche construit comme tel, cµtrement qµ'µne qµestìon ìnscrìte dcns µn débct scìentìñqµe et cssocìée c µn terrain, à partir duquel sera constitué un matériau empirique.
70 DUSCHENE S., HAEGEL F., 2004, L’enquête et ses méthodes, L’entretien collectif, Sociologie Nathan Université
Par méthode, on entend une technique portant non seulement sur le recueil mais également sur l’analyse de données. (…) Pour l’entretien collectif la tâche n’est pcs fccìle dcns lc mesµre où l'cppellctìon recoµvre, en fcìt µne ¤rcnde dìversìté d’usages. Comme toute méthode d’entretien, elle peut être utilisée de façon plus ou moins directive, plus ou moins contextualisée, contradictoire ou compréhensive, pro]ectìve oµ cr¤µmentctìve, etc. (.) ll peµt ìmplìqµer dìverses modclìtés de constìtµtìon dµ ¤roµpe : plµs oµ moìns nombreµx, se conncìtre oµ non, se ressembler ou non, être réunis pour discuter seulement ou prendre une décision.»71
«Le qµclìñcctìf de « collectìf » est moìns exì¤ecnt qµe celµì de « ¤roµpe ». L'ìdée de groupe suppose qu’au delà du cadre ponctuel des personnes interrogées qu’il s’agisse de relations effectives ou d’une forme quelconque « d’identité », fondée sur l’expérience commune. Or si les entretiens collectifs peuvent effectivement concerner des groupes au sens sociologique du terme, ils peuvent également rassembler des personnes qui ont peu de choses en commun.»72
«Ce type de recherche a permis de montrer que certains changements s’opèrent plµs fccìlement en ¤roµpe qµ'c l'échelle ìndìvìdµelle, dcns lc mesµre où l'µn des principales sources de la résistance au changement est la peur de s’écarter des normes collectìves : ìl fcµt donc, poµr permettre le chcn¤ement, ìntervenìr cµ niveau même du groupe plutôt qu’à celui de ses membres. Forte de cette idée la « recherche-action » a développé des interventions sur des groupes réels composés de personnes susceptibles d’initier des changements.»73
« En France, la pratique de l’entretien collectif est en effet nettement plus mcrqµée pcr l'empreìnte de lc psycholo¤ìe socìcle. (.) Les « petìts ¤roµpes » constitués non plus seulement en objet mais en outils de recherche, sont utilisés à lc foìs dcns µne perspectìve psychosocìolo¤ìqµe et psychcnclytìqµe. (.) L'entretìen collectif est une méthode permettant de saisir du sens partagé, voire du consensus.
71 ibid., p5 72 ibid., p8 73 ibid., p12
0es µtìlìsctìons plµs récentes trcìtent des sµ]ets conñìctµels.»74
«(.) le soµcì de trcvcìller dcns le ccdre de ¤roµpes restreìnts réµnìs sµr µne lon¤µe dµrée (plµsìeµrs moìs) de prìvìlé¤ìer l'cctìon sµr ces ¤roµpes pcr l'cµto·cnclyse et enñn, de mettre l'cccent sµr lc dìmensìon conñìctµelle. Pour ses promoteurs l’intervention sociologique est en effet plus qu’une technique d’entretien collectif ; elle est à la fois une pratique et ne théorie sociologiques. 0éñnìe comme µne « cctìon de socìolo¤µe poµr fcìre cppcrcìtre les rcpports socìcµx et en fcìre l'ob]et prìncìpcl de son cnclyse (Toµrcìne 1ºZ8) elle ne se donne pcs comme but principal de recueillir des informations o de produire des connaissances, mais d’agir sur la réalité sociale. Il s’agit d’accroitre par l’auto-analyse la capacité d’action historique du groupe et au-delà, du mouvement social qu’il incarne. Ces objectifs apparentent l’intervention sociologique au travail inspiré par la psychanalyse.»75
Nous faisons le lien ici avec la dimension volontaire dans les projets participatifs, de la part des commanditaires, des meneurs d’actions et des participants. Utile et nécessaire? «Le groupe se doit d’être tourné vers le mouvement social dans lequel il s’inscrit et il incarne. Le niveau d’analyse n’est ni le l’individu, ni le groupe, ni l’organisation, mcìs bìen lc réclìté hìstorìqµe. (.) Lc confrontctìon dµ ¤roµpe cvec des ccteµrs représentant des points de vue différents et souvent opposés au sien, sous le regard du chercheur qui tend dans cette étape de l’enquête, à renforcer le groupe face aux autres interlocuteurs, est une étape décisive dans le déclenchement du travail d’auto-analyse.»76
Nous avons pu constater ces réactions lors de certaines promenades.
74 ibid. p14 75 ibid p15 76 ibid p16
« On recourt à cette méthode pour étudier le fonctionnement des groupes ou pour recueillir des données produites dans un cadre collectif. Les travaux qui s’intéressent au groupe en tant que tel sont nombreux. Certains y voient la particule élémentaire de la société tandis que d’autres les prennent plutôt pour une sorte de ñ¤µre métonymìqµe de celle·cì.(.) A l'µn des boµts : les expérìences menées cvec de petìts ¤roµpes dcns µne perspective psychanalytique ou psychologique. La recherche est alors centrée sur la question même des relations entre les participants. A l'cµtre boµt : le focµsed ìntervìew mené dcns le ccdre collectìf (.) lc qµestìon de la dynamique de groupe n’est non seulement pas posée, mais elle est considérée comme µne entrcve c lc ñcbìlìté de lc méthode. Lc posìtìon étcnt de ne pcs assimiler l’entretien collectif à une somme d’entretiens individuels. »77
Toutes ces questions se posent dans la mise en place d’un projet de promenades tel celui que nous avons mené à La Seyne-sur-Mer. « Trois pôles l’observation, l’expérimentation et l’intervention. Ce triangle est une résultante d’une double tension, entre l’expérimentation – entendue comme le fait d'cssµmer le ccrcctère crtìñcìel de lc sìtµctìon d'enqµête - et lc qµête dµ nctµrel, d’une part ; et l’expérimentation –comprise cette fois comme le fait d’assumer lc spécìclìsctìon et lc neµtrclìté polìtìqµe dµ trcvcìl scìentìñqµe.· et le désìr de changer la réalité d’autre part. (...) Lc posìtìon d'observcteµr fortµìt prodµìt, elle très peµ de résµltcts. (.) Le résultat est extrêmement frustrant, fait de longs temps d’attente, de sentiment que rien ne se passe jamais et que lorsqu’une discussion s’amorce, la saisie –notes ou enregistrement – est à peine possible. Au total l’analyse ne porte le plus souvent, que sr quelques bribes de conversation glanées après des heures d’observation.Les utilisateurs d’entretien collectif tentés par le naturalisme sont essentiellement condits à recréer, autant que faire se peut, les conditions naturelles de conversation. Le groupe est alors constitué d’interconnaissance, on parle de groupes naturels.
77 ibid. p18-19
Et la conduite d’entretien vis à susciter un type de conversation le plus spontané possible. 0'cµtres prctìcìens revendìqµent cµ contrcìre lc mìse en æµvre de sìtµctìons « constrµìtes » oµ « crtìñcìelle » et prìvìlé¤ìent les observctìons recµeìllìes en « laboratoire «. (.) Assµmer le ccrcctère constrµìt de l'ìntercctìon c l'orì¤ìne dµ dìscoµrs qµ'on cherche à analyser ne conduit pas directement à adopter une posture réelle d’expérimentation mais s’en approche. (...) L'cnclyse se consccre prìncìpclement c explìqµer les relctìons entre les effets cttendµs et effets observés.(.) ll s'c¤ìt d'cìder les pcrtìcìpcnts c troµver les moyens de prendre en main leur destinée. Ces travaux sont donc le plus souvent assimilables à des « recherche-action » et supposent sinon une demande, du moins l’adhésion des participants au projet. Une autre caractéristique des travaux conduits dans une perspective sociologique est la profondeur du travail engagé qui se déploie dans la durée et suppose un fort engagement du chercheurs. Ce dernier place au cœur de ses préoccupations l’étude de la subjectivité et de l’expérience vécue. »78
Nous avons IdentIñé et travaIllé avec cette dImensIon personnelle, que ce soIt celle des consultants d’Avisen ou celle des participants aux promenades. Nous en avons fait des appuis de la méthode, nous avons travaillé avec cette part d’intime de soi qui permet d’investir et de porter plus loin et plus intensément un projet professionnel et un projet participatif. C’est ce qui nous a permis de dégager nos affects de la mission professionnelle quand cela était nécessaire (ça l’est!!). Il n’en reste pas moins que le fait mêmed’avoir écriyt moi-même ce mémoire sur ce sujet, me situe dès le départ dans ce champ de questionnement. «Loin du laboratoire, l’entretien de ce type revendique la plongée dans les hìstoìres vécµes. (.) ll n'est pcs qµestìon ìcì de dìstìn¤µer lc phcse de recµeìl
78 ibid.p20-23
des observctìons de celle de leµr cnclyse.(.) Lc socìolo¤ìe clìnìqµe s'ìnspìre et mobilise largement l’interprétation psychanalytique. Elle se situe à la croisée de l’analyse du psychique et du social en tentant de mettre à jour les manières dont les déterminants sociaux et psychiques interagissent à l’échelle individuelle, au niveau de l’inconscient en particulier. (…) L’entretien collectif conjugué ici à la méthode des récits de vie est utilisé comme un outil de travail du sujet sur sa propre histoire, trcvcìl d'cµtcnt plµs efñccce pcrce qµe soµmìse cµ re¤crd et c l'ìnterprétctìon de l'ensemble dµ ¤roµpe. (.) A. 8ocl µtìlìse le théôtre comme moyen de conncìsscnce et de transformation de la réalité intérieure, relationnelle et sociale. Il rend le public actif et lui propose d’explorer de mettre en scène, d’analyser pour se donner les moyens de la transformer, la réalité qu’ils affrontent au quotidien.»79
Nous verrons ci-après combien la métaphore du théâtre nous semble pertinente, et combien elle nous semble adaptée à l’outil promenade. « L’autre domaine dans lequel l’entretien collectif a acquis ses lettres de noblesse est celµì de lc scnté pµblìqµe, et plµs ¤énérclement des rìsqµes. (.) le développement de cette méthode en sociologie de la santé et dans les études démographiques est une conséquence de son utilisation dans la recherche appliquée dcns le secteµr socìcl. (.) L'ìdée selon lcqµelle les ¤ens cµrcìent plµs de dìfñcµltés à parler de sujets intimes ou sensibles en groupe que dans une relation face à face peut sembler à priori convaincante. Pourtant de nombreux chercheurs anglo-saxons défendent le point de vue inverse. Ils considèrent que cette méthode est particulièrement adaptée pour aborder des sujets sensibles, pour étudier des populations stigmatisées, voire simplement mìnorìtcìres.(.) Poµr les personnes ccrcctérìsées pcr µne même expérìence, µn espace commun est créé; cela facilite l’échange des points de vue et contribue par l’entrainement à la divulgation de pratiques ou d’opinions généralement tenues sous silence.
79 ibid. p24
D’en haut et d’en bas : l es toi ts, l es col l i nes et l a mer - 31 mars 2005 D’en haut et d’en bas : l es toi ts, l es col l i nes et l a mer - 31 mars 2005 D’en haut et d’en bas : l es toi ts, l es col l i nes et l a mer - 31 mars 2005 D’en haut et d’en bas : l es toi ts, l es col l i nes et l a mer - 31 mars 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85
...
(...) L'entretìen en ¤roµpe rédµìt le contrôle exercé pcr l'enqµêteµr et ìntrodµìt µn transfert de son pouvoir vers le groupe. (.) lnterro¤ées en ¤roµpe, ces personnes ccqµìèrent µne ìnñµence sµr lc déñnìtìon des questions pertinentes et sur la logique de la discussion qui leur échapperait si elles étaient interrogées individuellement. Cet effet libérateur de la méthode est d’ailleurs revendiqué plus largement.»80
Toutes ces réßexIons et analyses, à propos de l'entretIen collectIf, nous conñrment la pertinence du lien entre les promenades et l’enquête menées par Avisen. La promenade est ici un entretien à ciel ouvert, une rencontre des espaces et temps personnels et intimes, menant à une possible construction collective et partagée des espaces de vie.
III. Comme une histoire jouée au théâtre de la vie et de la ville Nous osons un deuxième saut : la promenade urbaine se construirait comme une pièce de théâtre, comme une histoire qui se joue devant des spectateurs. Nous nous sommes appuiés sur le traité écrit par Yves Lavandier sur La Dramaturgie qui est consacré aux mécanismes du récit. « Le mot drcmctµr¤ìe vìent dµ ¤rec drcmc qµì sì¤nìñe cctìon. Lc drcmctµr¤ìe est donc, poµr prendre lc déñnìtìon d'Arìstote, l'ìmìtctìon et lc représentctìon d'µne action humaine. Cette imitation peut être présentée au théâtre, à l’opéra, au cìnémc, c lc télévìsìon, en bcnde dessìnée où l'cctìon est vµe entendµe, et lµe. Lc drcmctµr¤ìe est donc µn crt (.) C'est µne pcrtìe qµì se ]oµe c deµx : cµteµr et récepteµr, cvec l'ccteµr·personnc¤e comme ìntermédìcìre. (.) Sì lc drcmctµr¤ìe permet c lc foìs de s'exprìmer et de commµnìqµer, elle est µn lcn¤c¤e(.) : scvoìr comment le public reçoit et perçoit une œuvre. Elle est régie par une grammaire, des règles.
80 ibid p30-32
(...) 6rcmmcìre : ensemble des rè¤les c sµìvre poµr pcrler et écrìre correctement une langue. ; Ensemble de structures qui permettent de produire tous les énoncés appartenant à une langue ; étude systématique des éléments constitutifs d’une langue.»81
Les mots utiles et nécessaires à la construction des promenades seraient ceux du récit, de la dramaturgie. Ci-dessous une énumération : Accroche - Acte / acte - Acte logistique - Action - Activité - Adaptation - Annonce - AntagonIste - ArIstotélIcIen - ArtIñcIel · 8Ible · Effet boule de neIge · CaractérIsatIon - Chute - Climax - Climax médian - Comédie – Comique - Comique de répétition · ConßIt · ContInuIté dIaloguée · ContInuIté non·dIaloguée · Contraste .· Coup de théâtre - Crescendo - Crise - Deus ex machina - Deuxième acte - Diabolicus ex machina - Dialogues - Didascalie - Double take - Dramatiser, dramatisation – Drama – Dramaturgie - Drame – Effet – Ellipse - Epique - Episode - Evolution - Exploitation - Exposition - Fantastique - Fausse piste - Feuilleton - Flashback · Structure fractale · Cenre · Happy end · Hareng rouge · Héros · ÌdentIñcatIon conceptuelle · ÌdentIñcatIon émotIonnelle · ÌncIdent déclencheur - ÌnstallatIon - Ironie - Ironie dramatique – Mélodrame - Moyen – Musical - Mystère – Naturaliste - Nœud dramatique – Objectif - Objectif local - Obstacle - Obstacle interne - Obstacle externe - Obstacle local - Paiement - Personnage - Personnage principal – Poétique - Premier acte – Prémisses - Préparation – Protagoniste - Protagoniste local - Question dramatique - Question ironique - Quiproquo - Réaction à retardement - Récepteur - Remake - Réponse dramatique – Résolution - Running gag – Scénario - Scène à faire - Scène ou scène dramatique - Scène logistique - Scène obligatoire – Scrimmage - Séquence - Sérial - Série – Sérieux - Sous-intrigue - Sous-objectif - Sous-titre - Spectaculaire - Squelette - Suite - Suite de scènes - Surprise - Suspense – Symbolique - Synopsis - Téléphone - Topper – Tragédie - Traitement – Triade - Troisième acte – Unité - Unité de lieu - Unité de temps - Urgence - Victime de l’ironie dramatique - Voix off
81 LAVANDIER Y., La Dramaturgie , Editions Le Clown & l’Enfant,1994
IV . L’outil promenade : allons ailleurs!
Ancrer l’outil promenade dans le réel de la pratique des métiers de l’urbanisme. Un outil s’intègre dans une activité, répond à des fonctions, demande des compétences chez l’utilisateur, s’intègre à d’autres savoir-faire, et contribue à engendrer les produits . La promenade est bien un outil. Et de l’outil nous passerons pour terminer ce récit, aux références qui permettent d’ouvrir le débat sur l’outil , la convivialité et le tiers- paysage.
« L’outil et l’Homme 0epµìs qµ'ìls vìvent, en ¤roµpe, pµìs en socìété, les hµmcìns se sont pcrtc¤és les tâches et donc spécialisés en fonction souvent de leurs aptitudes naturelles ou des besoins du moment. Cette organisation a permis à l’humanité de conserver, de divulguer, et donc de faire évoluer les techniques de fabrication des outils. L’outil est un moyen qui permet à son utilisateur un rapprochement avec son désir. Noµs sommes pcssés des oµtìls qµì sont µn rcpprochement de nos moµvements (lc mcssµe, le lcser, etc.), c des oµtìls cµtomctìsés poµvcnt fonctìonner scns lc présence de l'Homme (les robots, les mcchìnes·oµtìls, oµ les ordìncteµrs) prolon¤ecnt cìnsì notre volonté. Vu que le plaisir provoque un apaisement en nous, l’accomplissement de celui- cì est fccìlìté pcr l'oµtìl. Aìnsì, l'Dµtìl Sµprême sercìt celµì qµì c l'extrême : « ferait ce que l’on voudrait en appuyant juste sur une touche ». Cette volonté d’accomplissement liée au désir est un principe qui a fait la force de l’Homo sapiens et sans doute ses ancêtres. »82
82 www. wikipédia.fr
Ìvan ÌlItch, penseur de l'écologIe polItIque et une ñgure symbolIque de la crItIque de la société industrielle, nous permet de passer de la notion d’outil à la convivialité pour terminer sur l’incontournable manifeste du Tiers paysage du jardinier pamphlétaire qu’est Gilles Clément. «Y. lllìtch est l'ìnventeµr dµ concept de monopole rcdìccl : lorsqµ'µn moyen technìqµe est oµ semble trop efñccce, ìl crée µn monopole et empêche l'cccès aux moyens plus lents, comme les autoroutes vis-à-vis de la marche à pied pcr exemple. (...)Lc prìncìpcle notìon ìllìchìenne est le concept de lc contre· prodµctìvìté, qµì décrìt µn phénomène embcrrcsscnt : lorsqµ'elles ctteì¤nent µn seµìl crìtìqµe (et sont en sìtµctìon de monopole) les ¤rcndes ìnstìtµtìons de nos sociétés modernes industrielles s’érigent parfois sans le savoir en obstacles à leur propre fonctìonnement : lc médecìne nµìt c lc scnté (tµcnt lc mclcdìe pcrfoìs cµ détrìment de lc scnté dµ pctìent), le trcnsport et lc vìtesse font perdre dµ temps, l’école abêtit, les communications deviennent si denses et si envahissantes que plus personne n’écoute ou ne se fait entendre. (...) Penseµr de l'écolo¤ìe polìtìqµe, ìl lµttc contre le système cµtomobìle et toµs les moyens de transports trop rapides qu’il jugeait aliénants et illusoires. Il avait par exemple calculé qu’en prenant en compte le temps moyen passé à travailler pour acquérir une automobile et faire face aux frais qui y sont liés et non seulement le temps passé à conduire celle-ci, la vitesse du bolide était de 6 km/h. En effet, un Américain consacrait en moyenne, durant les années 1970, 1600 heures par an pour sa voiture et ne parcourait que 10000 kilomètres durant l’année [1]. Illich était aussi contre nos systèmes de santé et l’école obligatoire, qu’il considérait comme outils non-conviviaux. (...) ll trcvcìllc c créer des pìstes vers d'cµtres possìbìlìtés, qµì s'exprìment selon lui par un retour à des outils conviviaux, qu’il oppose aux machines. L’outil accepte plusieurs utilisations, parfois détournées du sens original, et donc l’expression libre de celui qui l’utilise. Avec une machine l’homme devient serviteur, son rôle se limitant désormais à faire fonctionner une machine construite dans un but précis.»83
83 www.wikipedia.fr
Le tres humanIste manIfeste du tIers paysage, en ouverture et ñn! Chacune des phrases qui suit peut être (devrait être!) envisagée sur le mode interrogatif : ainsi soit-il ! «Instruire l’esprit du non-faire comme on instruit celui du faire - Elever l’indécision à hauteur politique. La mettre en balance avec le pouvoir. - Imaginer le projet comme un espace comprenant des réserves et des questions -posées. Considérer le non-aménagement comme un principe vital par lequel tout -aménagement se voit traversé des éclairs de la vie. Approcher la diversité avec étonnement. - Sur l’étendue Considérer l’accroissement des espaces de Tiers paysage issus de l’aménagement -comme le contrepoint nécessaire à l’aménagement proprement dit. Prìvìlé¤ìer lc créctìon d'espcces de Tìers pcysc¤e de ¤rcnde dìmensìon cñn de -couvrir l’étendue des esapces capables d’y vivre et de s’y produire. Prévoir le couplage des délaissés aux réserves pour constituer des territoires de -continuité biologique. Sur le caractère Regarder le brassage planétaire –mécanique inhérente au Tiers paysage – comme -un moteur de l’évolution. Enseigner les moteurs de l’évolutions comme on enseigne les langues, les -sciences, les arts. Instruire l’usager des précautions nécessaires à la manipulation et à -l’exploitation des êtres dont il dépend. La fragilité du système tient à la nature des pratiques et au nombre. Sur le statut Envisager la dimension planétaire - Protéger la déréglementation morale, sociale et politique du Tiers paysage. -
Présenter le Tiers paysage, fragment indécidé du Jardin planétaire, non comme -un bien patrimonial, mais comme un espace commun du futur. Sur les enjeux Maintenir ou augmenter la diversité par une pratique consentie du non- -aménagement. En¤c¤er µn processµs de reqµclìñcctìon des sµbstrcts cµtorìscnt lc vìe - cìr, sol, -ecµ - en modìñcnt les prctìqµes pérìphérìqµes cµx espcces de Tìers pcysc¤e cñn de ne pcs en cltérer lc dyncmìqµe et poµr en espérer l'ìnñµence. Etablir une politique territoriale visant à ne pas diminuer les portions existantes -de Tiers Paysage et même à les augmenter Sur la mobilité et l’évolution Favoriser les dynamiques d’échange entre les milieux anthropisés et le Tiers -paysage. Orienter le jeu des échanges fonciers, des réafectations et des dispositifs de -lìcìsons entre les pôles d'cctìvìté. 0essìner µn mcìllc¤e dµ terrìtoìre lcr¤e et perméable. Créer autant de portes que nécessaire à la communication entre eux. - Sur l’échelle - Mettre à disposition les outils nécessaires à l’appréhension du Tiers paysage. - Rendre accessible les images satellites, les images microscopiques. - Favoriser la reconnaissance à l’échelle habituelle du regard. Apprendre à nommer -les êtres. Sur la représentation et les limites Considérer les limites comme une épaisseur et non comme un trait. - Envisager la marge comme un territoire d’investigation des richesses à la -rencontre de milieux différents. Tenter l’imprécision et la profondeur comme mode de représentation du Tiers -paysage.
Sur le rapport au temps Effacer les échéances administratives, politiques, gestionnaires du territoire. - Ne pcs cttendre : constcter cµ ]oµr le ]oµr. - Offrir au Tiers paysage la possibilité de se déployer selon un processus évolutif -inconstant, par la réinterprétation quotidienne des conditions changeantes du milieu. Sur le rapport à la société Hisser l’improductivité à hauteur de politique - Valoriser la croissance et le développement biologiques par opposition à la -croissance et au développement économiques Ménager les sites frappés de croyance comme indispensable territoire d’errement -de l’esprit. Sur le rapport à la culture Inverser le regard porté sur le paysage en Occident. - Conférer au Tiers paysage le rôle matriciel d’un paysage global en devenir. - 0éclcrer le terrìtoìre dµ Tìers pcysc¤e lìeµ prìvìlé¤ìé de l'ìntellì¤ence bìolo¤ìqµe -: cptìtµde c se réìnventer constcmment. Confronter l’hypothèse aux autres cultures planétaires, en particulier celles dont -les fondements reposent sur un lien fusionnel entre l’homme et la nature.»84
Peut on être urbaniste, pratiquer l’aménagement du territoire sans engagement ? sans convictions ? Peut avoir des convictions sans s’être posé de questions de soi à soi au préalable ? pour ensuite s’en poser de soi à l’autre et de soi au monde ? Qu’il y ait des gens plus passifs et moins en questions que d’autres est un fait Que l’engagement soit néanmoins une nécessité en est une autre …
84 CLEMENT G., Manifeste du Tiers Paysage, collection « L’Autre Fable », editions Sujet/Objet, 2004
POST-FACE
Le texte cì-dessous est extraìt d'un spectacle dont le texte a ètè èdìtè. Si j’avais fait / du faire / pu faire un spectacle autour et avec la marche j’aurais aimé faìre celuì-là, en faìre un comme celuì-là. La marche comme mètaphore de la relatìon, c'est maynìhque !
« Mode d’emploi Un danseur-vìdèaste, Jean-Mìchel Ayìus (ìl habìte à Parìs). Une comèdìenne ècrìvaìne, Laurence Vìelle (elle habìte ßruxelles) Un spectacle ou s'allìent danse, texte, ìmaye et musìque. Le parcours Une marche d'un moìs entre ßruxelles et Parìs, 600 kìlomètres ; Le trajet se faìt surtout le lony des canaux, ensuìte en France, Nous faisons un détour vers la côte marine (Cap Crìs-Nez, ßouloyne), pour revenìr vers Parìs. Le temps de la marche Un temps ètìrable, rèìtèrable. Une marche en plusìeurs temps. Chaque foìs, reprendre le chemìn ou nous l'avons laìssè. 1er temps : du 26 juìllet au 15 aoüt 2005, ensuìte en septembre et une troisième période au printemps.
Le dernìer jour de marche, c'est le 14 juìllet 2006. Equipement Sac à dos, carnet pour ècrìre, camèra, Enregistreur pour garder traces des rencontres… Un bloy ou chaque jour, nous racontons notre marche : http://www.etatdemarche.net »
« Etat de marche – Etape 0 0n peut ëtre assìs on peut ëtre debout. On peut rester sur place , on peut ëtre en mouvement. On peut rester sur place en étant assis, ou rester sur place en ètant debout. 0n peut ëtre en mouvement pour avancer, 0u ëtre en mouvement pour bouyer sur place. On peut avancer en étant assis, 0n peut avancer en ètant debout. On peut avancer assis lentement, 0n peut avancer assìs à très yrande vìtesse. 0n peut avancer debout sans bouyer les pìeds,
0n peut avancer debout en marchant. Tout homme vèrìtable respìre par les talons, A dit Tchouang Tseu. On peut marcher vite, on peut marcher doucement. On peut marcher avec des chaussures, A l'ìntèrìeur ou à l'extèrìeur, tout nu ou habìllè. 0n peut marcher avec un sac à dos, un sac à maìn ou sans sac. 0n peut marcher seul ou accompayne, avec un but ou sans but, Avec un domìcìle hxe ou sans domìcìle hxe, avec des Papìers ou sans papìers, avec une carte ou sans carte, en Etant joìynable avec un portable ou sans ëtre joìynable sans portable. On peut marcher en prenant le chemin le plus court entre 0eux poìnts ou en prenant le chemìn le plus lony entre deux poìnts. 0n peut marcher pour ßäner, 0n peut marcher pour rëver, On peut marcher pour rire, On peut marcher pour pleurer, On peut marcher pour prier, On peut marcher pour parler, On peut marcher pour chanter, On peut marcher pour danser,
On peut marcher pour marcher, On peut marcher pour rien. Duand je suìs morte, je ne marche pas. Duand je marche, je ne suìs pas morte. Duand je marche, je dèhe l'attractìon terrestre : Entre deux pas je ßotte un tout petìt moment, c'est vraì. (.)
P0RTRAlTS (.) Du'est-ce quì se passeraìt sì nous voyayìons sans carte, juste en demandant : « Monsìeur, Parìs, c'est par ou s'ìl vous plaìt î En passant par ßouloyne-sur-Mer, c'est par ou Mademoìselle î ». Souvent on nous ìndìque la voìe la plus rapìde, la natìonale, la dèpartementale, parfoìs mëme l'autoroute. C'est un mìracle quand, entre deux vìllayes, nous suivons un chemin de terre. Ca me faìt penser à la vìe, à ma vìe. Le matìn j'ouvre les yeux et j'ètablìs une cartoyraphìe de la journèe. Une lìste. Souvent, je n'arrìve pas à m'y tenìr. Souvent, j'oublìe de la mentìonner aux autres. Je commence à suìvre ma lìste ìntèrìeure, sans en parler. Ca crèe des remue-mènayes. Parfoìs je me demande : « est-ce qu'on pourraìt vìvre avec juste une dìrectìon yènèrale et pas après pas, rèajuster sa route î ll me semble qu'ìl y a toujours quelque chose d'ìndìcìble qu'ìl faut suìvre toujours, qu'on aìt une carte ou pas. Pour ça, ìl ne faut pas que j’aille trop vite, ni que je prévoie tout. Je sais qu’il faut que quelque chose change. Pour le moment je suìs celle quì tìent la carte. Les cartes ce sont mes aìles. »
« La ville en poésie
La poésie c’est comme une ville. 0n s'y promène à travers les mots comme à travers les rues, ìl y a des ìmayes pleìn les vìtrìnes, on rencontre des yens, des autos, des arbres, parfoìs des anìmaux. Une ville c’est comme une poésie. Pour bätìr une vìlle, ìl a fallu des mìllìons de pìerres, des tonnes de bèton et des kìlomètres de fer, ìl a fallu du temps, le travaìl de beaucoup d'hommes et de femmes, de la peìne et de la joìe. Tout est restè cachè dans le bèton et dans les pìerres. Toute cette vìe, quand on reyarde bìen, quand on ècoute bìen, on l'entend, la vìe des vìlles. Pour bätìr un poème, ìl a fallu ajuster des lettres et des mots, des sons et des rythmes, ìl a fallu combìner les couleurs et les odeurs, et la vìe des yens quì passent, et les autos qui roulent, et les pigeons qui roucoulent, et les enfants qui grandissent, il a fallu faire chanter ensemble les mots quì se taìsaìent tout seuls. 0ans la vìlle des poèmes, les boutìques offrent des paysayes fabuleux, les fenëtres reyardent tous leurs yeux, les voìtures bondìssent, les nèons clìynent de l'æìl, les mots jaìllìssent comme des tours quì chantent, et les statues font la causette d'un socle à l’autre. La poésie court les rues. Elle nous prend par la main et nous courons avec elle, les images dansent dans les vìtrìnes, les afhches s'anìment, le soìr tout s'ìllumìne, et dans la nuìt la vìlle appareìlle et nous emmène, comme un yrand vaìsseau balancè à travers les espaces ou rëvent les étoiles. »
ANNEXES
Mots utiles et nécessaires Mots de la dramaturgie
MOTS UTILES ET NECESSAIRES
1. ETRE ABSENT . Absent . Hors de sa demeure. non present. Distrait. Etre . exister 2. ACCORDER . Mettre daccord , octrover , consentir. admettre , mettre au même ton les cordes dun instrument ou divers instruments ensemble 3. SACCORDER . Se mettre daccord 4. APPREHENDER . Saisir , craindre 5. BAJARDER . Parler abondamment de choses oiseuses , parler indiscretement 6. COMPRENDRE . Contenir , saisir par lesprit. Connaitre. Se presenter 7. COMPREHENSION . Faculte ou action de comprendre. Bienveillance. 8. CONNAITRE . Avoir lidee. la notion dune personne ou dune chose. Entretenir des relations avec quelquun. Savoir. Avoir une grand pratique de. Etre competent pour iuger Avoir de la compétence en tel domaine. 9. DESACCORD . Manque daccord dans les sons. Mesintelligence. 10. L UN DEJANT L AUTRE . Devant . en face de. en avant de. En presence de. Partie anterieure Un : premier, seul, unique. Qui n’admet pas de division. Qui n’est point multiple. Une personne. Un certain, un quelconque. Une unité. Autre : distinct, différent, second 11. LUN DERRIERE LAUTRE . Derriere . en arriere de. apres. a l suite de. De lautre cote. Partie postérieure d’un objet. Un : premier, seul, unique. Qui n’admet pas de division. Qui n’est point multiple. Une personne. Un certain, un quelconque. Une unité. Autre : distinct, différent, second 12. DIJAGUER . Deraisonner . delirer. 13. A L ECOUTE . Ecoute . endroit dou lon peut ecouter , être aux aguets 14. ECOUTER . Prêter loreille pour entendre , tenir compte de , accueillir. exaucer , ceder. obeir
15. ENTENDRE . Percevoir par le sens de louìe , ecouter , recevoir le temoignage. Exaucer. Assister à l’audition de. Comprendre. Vouloir dire. ; Prendre bien, ne pas se fâcher. Vouloir. Laisser croire . Acquiescer à ce qui est juste.<se comprendre, se mettre d’accord. Se habile en. Se comprendre. 16. ENSEMBLE . Lun avec lautre. en même temps. Reunion de personnes. de choses qui forment un tout. Unité, harmonie. 17. ENTENTE . Accord. Parvenir a une entente. Bonne intelligence ? Convention. accord. 18. EN GROUPE . Ensemble de personnes ou de choses assemblees. Ensemble de personnes avant les mêmes opinions. 19. SELOIGNER . Eloigner . mettre loin de . Accroitre la distance apparente. Accroitre lespace de temps du moment present. Ecarter de soi. 20. SE FERMER . Fermer . boucher une ouverture. Enclore. Empêcher lacces. Clore. Rapprocher deux parties écartées. Fermer la marche/ marcher le dernier 21. FERME . Insensible. inaccessible a , ou il est difhcile dacceder 22. INCOMPREHENSION . Incapacite de comprendre . dêtre compris 23. ISOLEMENT . Etat dune personne isolee 24. ISOLE . Separe. peu frequente. Individuel. pris a part. 25. ISOLER . Separer des obiets environnants. Mettre a lecart des autres hommes. Considerer a part. 26. ETRE LA La . en cet endroit . en cette situation (par opposition a un endroit ou lon est) Etre . exister 27. MARCHER DE PAIR Marcher . changer de place en deplacant ses pieds. avancer. Fonctionner. Prosperer. Tendre progressivement. Consentir. Croire naìvement. De pair . XXXXX 28. MARCHER DECALES . Marcher . changer de place en deplacant ses pieds. avancer. Fonctionner. Prosperer. Tendre progressivement. Consentir. Croire naìvement. Decales . XXXX 29. MARCHER A PART Marcher . changer de place en deplacant ses pieds. avancer.Fonctionner. Prosperer. Tendre progressivement. Consentir. Croire naìvement. A part . XXXXXX 30. MARCHER COTE A COTE Marcher . changer de place en deplacant ses pieds. avancer. Fonctionner. Prosperer. Tendre progressivement. Consentir. Croire naìvement. Cote a cote . XX 31. MARCHER BRAS A BRAS Marcher . changer de place en deplacant ses pieds. avancer. Fonctionner.
Prosperer. Tendre progressivement. Consentir. Croire naìvement. Bras a bras . XX 32. MARCHER A LA QUEU LEU LEU Marcher . changer de place en deplacant ses pieds. avancer. Fonctionner. Prosperer. Tendre progressivement. Consentir. Croire naìvement. Queue leu leu : l’un derrière l’autre 33. MECONNAISSANCE Action de méconnaître : ne pas estimer une choses à sa juste valeur. 34. MESENTENTE . Mauvais rapports entre eux ou plusieurs personnes. 35. OBSERJER . Suivre les prescriptions dune regle. Considerer avec attention. Epier. Remarquer. 36. SOBSERJER . Etre circonspect. Sepier reciproquement. 37. PARLER . Exprime sa pensee par la parole.. Prononcer des mots. Sexprimer. Traiter. discourir. User d’une langue. Traiter. Action, manière de parler. Dialecte, langue propre à une région. 38. PARTAGER . Diviser en parts. Posseder avec dautres. . Prendre part a. Etre du même avis. Separer. 39. ETRE PRESENT . Etre . exister Present . qui est dans le lieu dont on parle dans le temps actuel. Que l’on tient, que l’on montre. Le temps actuel. 40. SE PROMENER SEUL . Promener . conduire en divers lieux pour un motif quelconque. Porter. diriger de côté et d’autre. Se promener : aller d’un endroit à un autre pour se distraire, se délasser. Seul : sans compagnon. A l’exclusion de tout autre. Sans aide. Simple. 41. SE PROMENER ENSEMBLE . Promener . conduire en divers lieux pour un motif quelconque. Porter. diriger de côté et d’autre. Se promener : aller d’un endroit à un autre pour se distraire, se délasser. Ensemble . Lun avec lautre. en même temps. Reunion de personnes. de choses qui forment un tout. Unite. harmonie. 42. SE PROMENER AJEC . Promener . conduire en divers lieux pour un motif quelconque. Porter. diriger de côté et d’autre. Se promener : aller d’un endroit à un autre pour se distraire, se délasser. Avec : en même temps que. En compagnie de. Envers. Malgre. sauf. 43. SE PROMENER SANS . Promener . conduire en divers lieux pour un motif quelconque. Porter. diriger de côté et d’autre. Se promener : aller d’un endroit à un autre pour se distraire, se délasser. Sans : qui marque la privation, l’exclusion 44. QUESTIONNER . interroger 45. SE QUESTIONNER . Sinterroger
46. REGARDER . Porter la vue sur. Etre tourne vers. Donner attention a. Ne depenser quavec regret. Nagir quapres renexion. 47. SE REGARDER . Etre en face lun de lautre. 48. RELATIONNER . Relation . rapport. correspondance. Personne avec laquelle on est en rapport 49. SE RELATIONNER . Relation . rapport. correspondance. Personne avec laquelle on est en rapport 50. SENTIR . Eprouver une impression phvsique ou morale. Comprendre. Flairer. Exhaler une odeur. Avoir une saveur particulière. Toucher. Révéler, dénoter. 51. SEPAREMENT . Separe . isole dun tout. dun groupe Separer . disioindre les parties dun tout. Etre place entre. Eloigner lun de lautre. Se quitter mutuellement. 52. SE RAPPROCHER . Rapprocher . approcher de nouveau. Mettre. faire venir plus pres. Disposer a la conhance. a lunion. Reconcilier. Comparer. 53. RËJER . Faire des rêves. Etre distrait . pense dune maniere vague.Dire des choses deraisonnables. Songer à , méditer sur. Voir en rêve. Désirer vivement 54. SE TAIRE . Taire . ne pas dire. ne pas parler de. Se taire . garder le silence. 1. Accéder : Avoir accès dans un lieu, arriver, parvenir. 2. Accélérer : Accroître la vitesse. Hâter. 3. Accident . Evenement fortuit. souvent facheux. 4. Accidente . Jarie dans ses aspects. mouvemente. Agite. inegal. Jictime dun accident. 5. Actif : Qui agit. Vif, laborieux 6. Action . Manifestation dune energie. Mouvement. occupation. Chose que lon fait. Evenement. 7. Allée : Passage étroit .Chemin bordé d’arbres. Allées et venues, trajets effectués en tous sens par une ou plusieurs personnes 8. Aller . Se mouvoir dun lieu dans un autre . conduire. Marcher. avancer. Saiuster. Etrez sur le point de. Se porter. 9. Arpenter . Mesurer la superhcie des terres. Parcourir a grands pas. 10. Arpenteur : Professionnel chargé d’effectuer des relèvements de terrains et des calculs de surface.
11. Arpentage : 12. Attendre : Rester dans un lieu jusqu’à ce qu’arrive quelqu’un, quelque chose. Différer. Compter sur, prévoir. 13. Arrêt : Action d’arrêter ou de s’arrêter. Cessation, interruption. 14. Arrêter . Empêcher davancer. Interrompre le fonctionnement de. Apprehender. emprisonner. Fixer. Déterminer. Interrompre. 15. S’arrêter : S’immobiliser 16. Artère : Vaisseau qui conduit le sang du cœur vers la périphérie et les organes. Grande voie de communication. 17. Attente . Temps pendant lequel on attend. Esperance. prevision. 18 Avancer : Porter en avant. Payer par anticipation. Hâter. Mettre en avant. Aller en avant. Aller trop vite. Sortir de l’alignement. Faire des progrès, approcher du terme. 19. Aventure . Evenement inopine. fortuit. surprenant. Entreprise extraordinaire. A laventure . sans dessein arrêté, par hasard. 20. Aventurier : Qui court les aventures, qui vit d’intrigues 21. S’aventurer : Hasarder, risquer 22. Avenue : Large voie, en général plantée d’arbres. Ce qui conduit à un but. 23. Balade . Promenade 24. Se balader . Se promener. 25. Balader 26. Baladeur ? Baladeuse . lampe mobile 27. Bornage . Limitation des terres par des bornes. Cabotage. 28. Borne . Pierre ou marque destinee a indiquer un repere. a reserver un emplacement. a barrer un passage. Kilomètre. Ce qui forme la limite d’un pouvoir, d’une époque. 29. Boussole . Cadran dont laiguille aimantee. se tourne vers le nord. Perdre la boussole : perdre la tête
30. Boulevard . Large voie de circulation urbaine 31. Chaussée : Partie de la voie publique aménagée pour la circulation. 32. Chausser : Mettre des chaussures 33. Se chausser ? 34. Chemin . Joie. terrain prepare pour aller dun lieu a un autre. Joie de communication quelconque. itinéraire. 35. Cheminer : Aller, marcher. Progresser régulièrement. 36. Chercher : S’efforcer de trouver une chose. S’efforcer de , en général. 37. Cloture . Enceinte de murailles. de haies. etc. Action de fermer. clore. Fermeture. Derniere seance. Partie d’un monastère où ne peuvent pénétrer les personnes étrangères. 38. Clôturer : Fermer par une clôture. 39. Commencer . Entreprendre. attaquer. entamer. Se mettre a. Debuter. 40. Communication . Action de communiquer. Avis. renseignement. Moven de ionction. Conversation téléphonique. 41. Communique XXXXXXXXXX 42. Communiquer . Transmettre. être en relation. 43. Contemplation . Action de contempler. Meditation profonde. 44. Contempler . Considerer attentivement. 45. Cour . Espace clos de murs ou de batiments. Nom des tribunaux superieurs. Residence dun souverain, son conseil, son entourage. 46. Coureur ? Sportif qui pratique la course. Personne qui cherche les aventures amoureuses. 47. Courir . Aller. se mouvoir ra pidement. Prendre part a une epreuve de course. Secouler. Circuler. se propager. Poursuivre a la course. Parcourir. frequenter. rechercher. Etre expose a. 48. Creation . Action de creer. Ensemble du monde cree. êtres vivants et choses. Ouvre creee. Fait de jouer le premier un rôle, de monter une pièce pour la première fois.
49. Creer . Tirer du neant. Engendrer. Inventer. Fonder. constituer. Susciter. Faire une creation. 50. Créateur ?: Qui crée, inventeur 51. Deambulation . XXXXX 52. Déambuler : Se promener 53. Début : Commencement. Premiers pas dans une carrière. 54. Debuter . Commencer a occuper un poste. a iouer un role. a agir. 55. Debutant ?. XXXXXXX 56. Découvrir : Oter ce qui couvrait. Trouver ce qui était inconnu, ignoré. Commencer à apercevoir. Faire une découverte. S’éclaircir. Ôter son chapeau. 57. Découverte : Action de découvrir ce qui était inconnu, ignoré. A la découverte : dans le but d’explorer, de découvrir. 58. Déplacement : Action de déplacer, de se déplacer 59. Déplacer : Changer une chose de place. Donner une autre direction. Changer un fonctionnaire de résidence. ( !!!). 60. Dérive : Déplacement incontrôlé d’un véhicule. Pour une personne : se laisser aller. Pour une entreprise : ne plus être dirigée. Gouvernail de direction d’un avion. 61. Direction :Action de diriger. Conduite, administration. Fonction de directeur, son bureau. Orientation. Mécanisme permettant de diriger un véhicule. 62. Diriger : Conduire, mener, guider. Commander. 63. Distance : Intervalle qui sépare deux points. Différence. Tenir à distance : ne pas laisser approcher. 64. Entree . Action dentrer. Acces. endroit par ou on entre. Ouverture de certains obiets. Jestibule dun appartement. Début. 65. Entrelacs . XXXXXX Ornement compose de motifs entrelaces formant une suite continue. 66. Errance XXXX Errant . nomade. sans demeure hxe. 67. Errer . Aller ca et la a laventure. Se tromper. 68. Erreur ?. Opinion fausse. Fausse doctrine. Faute. Meprise. Erreurs . dereglements.
69. Excursion . Jovage dagrement ou detude fait dans une region. 70. Expedier ?. Envover. Congedier. Faire dire rapidement. 71. Expedition . Action dexpedier. Chose expediee. Entreprise militaire faite hors du pavs. Entreprise d’exploration. 72. Fermer . Boucher une ouverture. Enclore. Empêcher lacces. Clore. Rapprocher deux parties ecartees. Fermer la marche : marcher le dernier/ Fermer boutique : cesser son commerce. 73. Fermeture : Ce qui sert à fermer. Action, moment de fermer. 74. Finir . Limiter. Mettre hn a. Achever. Mettre la derniere main. Avoir une certaine hn. Arriver a son terme. Mourir. Se débarrasser de . 75. Flâner : Se promener sans but. Perdre son temps. 76. Flanerie . Action de naner. 77. Flaneur. naneuse . Qui nane. 78. Franchir : Sauter, traverser. Surmonter. 79. Frontière : Limite qui sépare deux états. Toute sorte de limité ; bornes. 80. Generer XXXXXXXXX 81. Guider : Accompagner pour montrer le chemin. Diriger la marche de . Montrer la voie à . Mener. Faire agir. 82. Guide : Qui accompagne pour montrer le chemin. Qui donne des conseils. Ouvrage comprenant des renseignements classés sur tel ou tel sujet. 83. Halte : Moment d’arrêt pendant une marche. Petite station. Lieu établit pour l’arrêt d’une marche, d’un train, d’un car. Interjection pour commander de s’arrêter. Halte-là : arrêtez, cessez, en voilà assez ! 84. Immobile . Qui ne se meut pas. Ferme. inebranlable. 85. Immobilite . Etat de ce qui ne se meut point. qui est stationnaire. 86. Immeuble . Grand batiment urbain de plusieurs etages. Biens qui ne peuvent être deplaces comme les terrains. 88. Impasse : Voie sans issue. Situation sans issue.
89. Impossible . Qui ne peut être. qui ne peut se faire. Tres difhcile. Bizarre. extravagant. Non supportable. Ce qui est presque impossible. Au cas très peu probable. 87. Inamovible ?: Qui ne peut être destitué. Dont on ne peut être destitué. 90. Incident . Accessoire. occasionnel. Qui survient au cours dun fait principal. dune affaire. Evenement de peu d’importance qui survient au cours d’un fait principal ; 91. Itinéraire : Route à suivre 92. Jalon : Piquet servant à établir des aligenements, à marquer des distances. Indications préliminaires, points de repère. 93. Jalonner : Planter des jalons pour un indiquer un tracé. 94. Jalonneur ? . XXX 95. Jalonnement : Action de jalonner. 96. Khern . XXXXXXXXXXXXXXXXXX 97. Layon : Sentier pratiqué dans les tirés. Tiré : taillis bas permettant la chasse au fusil. 98. Lier . Attacher. ioindre. Epaissir. Contracter. entrer en. Unir. 98 bis Lieu . Endroit. seiour. pavs. Place. rang. Avoir lieu . arriver saccomplir.. Il v a lieu de . il est opportun de. avoir lieu de : avoir des raisons pour. Tenir lieu de : remplacer. Donner lieu : fournir l’occasion. Lieux communs : idées générales. Au lieu de : en place de . Au lieu que : tandis que. 99. Marche: Action de marcher . Façon de marcher. Distance d’un lieu à un autre. Chacune des surfaces planes sur les quelles on pose le pied pour monter ou pour descendre un escalier. Mouvement qu’éxécute un corps d’armée pour se déplacer. Mouvement régulier , réglé, d’un corps, d’un mécanisme. Cortège, dehle. Musique destinee a regler le pas. Figuratif . cours. developpement. 100. Marcher : Changer de place en déplaçant ses pieds, avancer. Fonctionner. Prospérer. Tendre progressivement. Consentir. croire naìvement. 101. Marcheur, marcheuse. Personne qui aime la marche à pied 102. Mobilité : Facilité à se mouvoir. Facilité à changer d’expression. Inconstance, instabilité. 103. Mobile : Qui se meut. Qui peut être mû. Changeant. Corps en mouvement ; Force motrice. Cause qui fait agir.
104. Meubler . Garnir de meubles. Orner. Meuble . qui peut être deplace. 105. Nomade . Qui na point dhabitation hxe. 106. No mans land . XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX 108. Oser : Avoir la hardiesse, le courage de . 107. Ouvrir . Defaire la fermeture. Ecarter. Percer. Commencer. 110. Parcourir . Suivre. visiter dans toute son etendue ou dans tous les sens. Examiner rapidement. 109. Parcours : Chemin que suit un véhicule, une eau courante, etc. Trajet. 113. Pas : Mouvement des pieds pour se déplacer. Marche en avant, progrès. Trace du pied sur le sol. Manière de marcher. Longueur d’un pas. Allure la plus lente du cheval. Seuil de porte, marche. 112. Passage : Action de passer. Lieu par où l’on passe.. Le moment où l’on passe. Traversée, voyage sur mer. Droit de payé pour une traversée. Droit de passer sur la propriété d’autrui. Galerie couverte où ne passent que les pietons. Transition. Endroit dun ouvrage. 111. Passer : Aller d’un lieu à un autre. Traverser. Devenir. Disparaître. Transmettre. Introduire. Filtrer, tamiser. Depasser . tamiser. Depasser. devancer. Emplover. subir. Omettre. Pardonner. Exceder. 114. Passif . Qui subit laction sans agir.. Forme que prend le verbe quand il exprime une action subie par le sujet. 115. Pause : Suspension momentanée d’une action. Silence équivalent à une mesure. 116. Patauger : Piétiner dans une matière détrempée. S’embarrasser dans un raisonnement. 117. Perdre . Cesser davoir. Avoir le desavantage.. Corrompre. ne pas prohter de. Abandonner. Etre separe par la mort. Egarer. 118. Se perdre : S’égarer. Disparaître. Se débaucher. Cesser d’être en vogue. 119. Pied . Extremite de la iambe. qui sert pour marcher. Partie inferieure. Arbre. plante. Ancienne mesure. 120. Piétiner : Fouler avce les pieds. Remuer vivement les pieds. 121. Piéton : Celui qui va à pied. 122. Piste : Trace que laisse un animal, une personne après son passage. Terrain sur lequel courent les chevaux.. les cvclistes. Chemin rudimentaire. sommairement amenage. Bande de terrain dun aerodrome
sur laquelle les avions décollent ou atterrissent. 123. Poser . Placer. mettre. Installer. Etablir. Inscrire. mettre en valeur. Adresser. Prendre une attitude. Viser à l’effet par son attitude prétentieuse. 124. Possible . Qui peut être. qui peut se faire. Ce que lon peut. 125. Promenade : Action de se promener. Lieu où l’on se promène. 126. Se promener : Aller d’un endroit à un autre pour se distraire, se délasser. 127. Promener : Conduire en divers lieux pour un motif quelconque. Porter, diriger de côté et d’autre. 128. Promeneur, promeneuse. Qui se promène. 129. Ralentir : Rendre plus lent. Aller plus lentement. 130. Relier : Lier de nouveau. Réunir, rattacher. 131. Retrouver . XXXXXXXXXXXX Trouver . decouvrir apres recherche. Rencontrer par hasard. Decouvrir. inventer. Eprouver. sentir. Estimer. Se rencontrer. Etre dans un endroit. Il se trouve que . Le hasard fait que. 132. Route : Voie carrossable pour aller d’un endroit à un autre. Direction qu’on suit. Changer de route, se mettre en route.. Cheminer, se transporter ailleurs. 133. Routier : Cycliste qui court sur les routes. Conducteur d’un camion. 134. Rue . Chemin borde de maisons. dans les villes. Courir les rues . être connu de tous. 135. Ruelle . Petite rue etroite. Espace entre le lit et le mur. 136. Safari . En afrique noire. expedition de chasse. 138. Sentier : Chemin étroit. 137. Seuil : Pierre ou traverse de bois au bas de l’ouverture d’une porte. Couloir de basses terres qui fait communiquer deux regions. Entre elles et qui ser de voie de passage. Debut . au seuil de la vie. 140. Sortie . Action de sortir.issue. endroit pour sortir. Effort des assieges pour repousser les assiegeants. Algarade, emportement. Réplique inattendue. Mise en vente. 139. Suivre : Aller, venir après. Accompagner. Courir après. Observer, épier. Longer, marcher dans. Ecouter avec attention. Jenir a la suite. Sattacher a. Pratiquer. Aller a la suite. Resulter. Se succeder. s’enchaîner.
147. Terminer . Achever. hnir. 148. Tourisme . Action de vovager par agrement. 149. Touriste . Personne qui vovage pour son agrement. 141. Trace . Empreinte. vestige du passage dun homme ou dun animal. Cicatrice. marque qui reste dune chose. Quantité minime. Impression dans l’esprit, la mémoire. 143. Traiectoire . Ligne que decrit un proiectile lance par une arme. 142. Traiet . Espace a parcourir ou chemin parcouru. 144. Transect . XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXx 145. Transit . Faculte de faire passer des marchandises a travers un etat. sans paver les droits dentree. 146. Transversal . Dispose en travers. Ligne coupant en travers. 143. Traverser . Passer au travers. dun cote a lautre. Penetrer de part en part. Se presenter a lesprit d’une façon inopinée et fugitive. 144. Traverse . Chemin plus direct que la route ordinaire. Chacune des pieces de bois sur lesquelles les rails sont établis. Obstacles, revers. 150. Trouver . Trouver . decouvrir apres recherche. Rencontrer par hasard. Decouvrir. inventer. Eprouver. sentir. Estimer. Se rencontrer. Etre dans un endroit. Il se trouve que . Le hasard fait que. 151. Vacation : temps consacré à l’examen d’une affaire par la personne qui en a été chargée. Rémunération de ce temps. 152. Vacance : état d’une place, d’une charge vacante. Vacant : vide, non-occupé 153. Vacances : période de fermeture des écoles et des universités. Période de congé pour les travailleurs de toute catégorie. 154. Terrain vague . Jague/ sans precision. mal determine. Ce qui est imprecis. mal dehni. Terrain vague : Terrain à proximité d’une agglomération, et qui n’est ni cultivé, ni construit. 155. Jadrouille . Promenade sans but dehni 156. Vaquer :Cesser pour un temps ses fonctions. Vaquer à : s’appliquer à 157. Jisiter . Aller voir par civilite. par devoir. par plaisir. Examiner. inspecter en detail.
158. Visite : action d’aller voir quelqu’un chez lui. Fait d’aller voir quelque chose. Personne qui fait une visite. Examen approfondi ou inspection methodique de quelque chose. 159. Visiteur : qui visite 160. Voie : route, chemin. Mode de transport. Moyen employé. Route, rue, chemin.
Dramaturgie
1. Accroche . næud dramatique connictuel et non-resolu. place a la hn dune æuvre ou dune partie d’œuvre et destiné à susciter chez le spectateur l’envie de connaître la suite. 2. Acte / acte dramatique : l’une des 3 parties narratives d’une unité dramatique (scène, séquence, episode. æuvre). Se dehnit par rapport a lobiectif du protagoniste. 3 .Acte logistique : partie importante d’une pièce de théâtre , répondant à des considérations théoriques ou pratiques (changement de temps ou de décors). 4. Action . ensemble des tentaives dun protagoniste pour atteindre son obiectif. En general. laction se confond avec le deuxième acte, sauf quand l’unité d’action n’est pas respectée ou quand l’action n’est pas respectée ou quand l’action est relancée par un coup de théâtre au début du 3ème acte. 5. Activite . geste signihant ou ensemble des gestes signihants. v compris le ieu de lacteur. 6. Adaptation : opération de transformation d’un récit ou de documents divers en une continuité dialoguée. 7. Annonce : préparation consistant à rendre une information prévisible, et agréablement perçue comme telle par le spectateur. 8. Antagoniste :personnage possédant un seul objectif et constituant la seule source d’obstacle externe pour le protagoniste. L’antagoniste peut opérer à un niveau local. Assez souvent, une scène contient un antagoniste. 9. Bible . document regroupant tous les elements recurrents (premisses. personnages. decors. themes. situations, etc) d’une série télévisée. 10. Effet boule de neige . combinaison dun crescendo et dune evolution. 11. Caractérisation : art de créer des personnages. La caractérisation ne consiste pas uniquement à concevoir les personnages mais aussi à mettre leur personnalité en scène. 12. Chute . næud dramatique place a la hn dune æuvre et pouvant designer. selon les cas. un climax. une accroche ou un coup de théâtre.
13. Climax . le næud dramatique qui conclut le deuxieme acte et apporte la reponse dramatique. En general cest aussi le næud dramatique le plus intense de læuvre. cest a dire le plus connictuel et/ ou le plus spectaculaire. 14. Climax median . næud dramatique fort. situe a peu pres au milieu du 2eme acte. et donnant a laction une coloration nouvelle sans toutefois la conclure. 15. Comédie : traitement moqueur, destiné à créer le rire chez le spectateur. 16. Comique de répétition : effet comique dont le principe consiste à répéter un élément 17. Connit . situation creee par lopposition entre un obiectif et un obstacle. et generatrice demotion pour celui qui la vit comme pour le spectateur , Facteur didentihcation puissant. 18. Continuite dialoguee . læuvre dramatique elle-même. Elle comprend in extenso. tout ce quon verra et entendra de signihant sur scene ou a lecran. Svnonvme de piece. livret ou scenario. 19. Continuité non-dialoguée : plan d’une œuvre dramatique, constitué d’une suite de scènes détaillées. 20. Contraste : juxtaposition spatiale ou temporelle de deux éléments dramatiques ou de deux sentiments, l’un faisant ressortir l’autre. Le contraste est souvent créé par la préparation. 21. Coup de théâtre : nœud dramatique, surprenant pour le spectateur. 22. Crescendo : principe de construction consistant à mettre sur la route du protagoniste des obstacles et des connits dintensite croissante. 23. Crise : le moment de déséquilibre qui précède directement le climax, l’ultime instant où la réponse dramatique est encore incertaine. Notion confuse et, à mon avis, peu utile pour l’auteur. 24. Deus ex machina . toute aide ou solution surgie de nulle part (de lauteur ') et facilitant la vie du protagoniste. Par extension, toute facilité. 25. 2ème acte : tout ce qui se passe pendant que le protagoniste essaie d’atteindre son objectif. 26. Diabolicus ex machina . tout obstacle gratuit et non iustihe. 27. Dialogues : paroles émises par les personnages d’une œuvre dramatique. Inclut le monologue, le commentaire, l’apparté, la voix off. 28. Didascalie : indication scénique dans une pièce de théâtre, équivalent des descriptions dans un scénario. Par extension, tout ce qui n’est pas dit par les personnages. 29. Double take : réaction à retardement.
30. Dramatiser, dramatisation : opération qui consiste à mettre du suspense dans une situation, à donner à un ou des personnages un objectif et des obstacles bien dosés. 31. Drama : représentation visuelle et ou auditive d’une action humaine. Les médium du drama sont donc le théâtre, l’opéra, le cinéma, la télévision, et dans une moindre mesure, la radio et la bande dessinée. Au sens large, le drama est une action humaine mettant en jeu un objectif, des obstacles et un résultat incertain.Dans ce sens , le drama est le principal moteur de la vie 32. Dramaturgie. technique du drama. Egalement svnonvme de drama. 33. Drame : œuvre dramatique, au sens de conçue pour être représentée et non de grave, tragique, terrible. Utilisé parfois comme synonyme de drame sérieux, par opposition à comédie. 34. Effet . utilisation signihante de limage ou du son. 35. Ellipse . omission svntaxique. On distingue lellipse temporelle. qui signihe . du temps a passe. de l’ellipse narrative, qui permet au spectateur d’imaginer une information narrative nouvelle. 36. Théâtre épique : s’opposant au théâtre classique, privilégie : l’intellect par rapport à l’émotion, la distanciation par rapport a lidentihcation. lartihciel par rapport au veridique. la iuxtaposition d’éléments par rapport au développement d’une intrigue. 37. Episode . lune des æuvres composant une serie , 38. Evolution . principe de construction consistant a creer un enchainement logique entre les parties successives de l’œuvre. 39. Exposition . narration dun evenement passe present ou futur 40. Fausse piste . preparation destinee a egarer le spectateur. en general pour amener une surprise. parfois pour créer un contraste. 41. Feuilleton . serie televisee a decors et personnages recurrents. et a episode non bouclee. 42. Flashback . un retour en arriere dans le recit (montre. et non pas raconte) 43. Structure fractale . principe selon lequel toutes les parties (scenes. sequence. acte. episode. etc) quelle que soit son échelle, contiennent le même motif de base. 44. Genre . categories dæuvres. Les criteres categoriels peuvent être de plusieurs natures. 45. Happv end . hn heureuse. qui nest pas svstematiquement equivalent a une reponse dramatique positive, ni à l’atteinte ou pas de l’objectif par le protagoniste.
46. Hareng rouge . fausse piste 47. Heros . designe le personnage principal dune æuvre. le protagoniste ou le protagoniste sil est heroìque. 48. Histoire / recit . oppose a recit (intrigue) , histoire une succession chronologique de faits se rapportant au même suiet , recit . la mise en ordre arbitraire et specihque des faits dune histoire. La même histoire peut donc connaître plusieurs récits différents. Fable : désigne tantôt l’histoire, tantôt le récit. 49. Identihcation conceptuelle . processus par lequel le spectateur eprouve de la svmpathie pour un personnage, se confond avec lui par la pensée, comprend ce qu’il ressent. 50. Identihcation emotionnelle . processus par lequel le spectateur eprouve de lempathie pour un personnage, se confond avec lui par l’émotion, ressent ce qu’il ressent. 51. Incident déclencheur : nœud dramatique situé dans le premier acte et qui, directement ou non, determine un ou des personnages a dehnir un obiectif pour toute la duree de lunite dramatique (scene. séquence, épisode ou œuvre) 52. Ironie : dans le langage courant, procédé qui consiste à dire autre chose (souvent le contraire) de ce qu’on veut faire entendre. 53. Ironie dramatique : procédé qui consiste à donner au spectateur une information qu’au moins l’un des personnages ; trois phases : installation, exploitation, résolution. 54. Ironie dramatique diffuse . dans laquelle le spectateur sent au lieu de sait quelque chose que les personnages ignorent ; vient du recul que tout spectateur possède sur les personnages d’une œuvre dramatique. 55. Mélodrame : genre dramatique caractérisé par l’accumulation d’obstacles externes. 56. Moyen : moyen utilisé par le protagoniste (local ou général) pour atteindre son objectif. Si ce moyen est difhcile a atteindre. il devient un sous-obiectif. 57. Mystère : procédé qui consiste à faire comprendre au spectateur qu’il ignore une ou plusieurs informations. 58. Nœud dramatique : information ou événement qui altère la course du protagoniste et fait avancer l’action. Temps dramatique : quand le nœud dramatique est petit. 59. Objectif : but, désir, volonté qu’un personnage cherche à atteindre ou satisfaire. L’objectif d’une
œuvre / objectif général est la volonté du protagoniste qui rencontre et suscite le plus d’obstacles. 60. Objectif local : objectif faisant l’objet d’une scène dramatique. 61. Obstacle : élément (objet, personnage, hasard, sentiment, etc) qui s’oppose à un objectif, ce qui produit du connit. 62. Obstacle interne : caractéristique d’un personnage (la plupart du temps psychologique) constituant une source d’obstacle pour lui même. 63. Obstacle externe : obstacle n’ayant rien à voir avec le personnage qui est néanmoins responsable, directement ou pas. 64. Obstacle externe dorigine interne . obstacle exterieur a un personnage qui en est neanmoins responsable, directement ou pas. 65. Obstacle local : obstacle s’opposant à objectif local 66. Paiement : moment où un élément (objet, dialogue, geste, effet, situation, etc) prend un sens particulier., dû à la préparation.. 67. Personnage . être humain hctif. Par extension. toute entite (animal. obiet. etc) possedant hctivement un objectif. 68. Personnage principal : personnage correspondant au sujet d’une œuvre dramatique. Ne coincide pas toujours avec le protagoniste. 69. 1er acte : tout ce qui se passe avant que l’objectif du protagoniste soit perçu par le spectateur. 70. Prémisses : point de départ d’une histoire, incluant souvent la carctérisation du ou des personnages principaux et l’incident déclencheur. 71. Préparation : opération consistant à rendre logique, vraisemblable ou prévisible une information ou un evenement. Egalement premiere partie de cette operation (la deuxieme etant le paiement) . La préparation est étroitement liée à la syntaxe dramaturgique. 72. Protagoniste . personnage dune æuvre dramatique qui vit le plus de connit. 73. Protagoniste local . personnage dune scene qui vit le plus de connit. 74. Question dramatique . le protagoniste atteindra-t-il son obiectif ? Cette question est creee dans lesprit du spectateur a la hn du premier acte. Elle engendre le suspens. 75. Question ironique : la victime de l’ironie dramatique découvrira-t-elle ce qu’elle ignore et comment ?
76. Quiproquo . ironie dramatique double. Selon les dehnitions. le quiproquo peut être simplement synonyme d’ironie dramatique. 77. Réaction à retardement : effet qui consiste à mettre un certain temps à réagir devant une situation anormale. 78. Récepteur : personne à qui s’adresse l’œuvre d’art ; en dramaturgie on parle de spectateur ou de public. 79. Remake : nouvelle version d’une œuvre existante 80. Réponse dramatique : réponse à la question dramatique. Trois cas sont possibles : oui , non ou pas de réponse. 81. Running gag : un gag qui court tout au long d’une scène ou d’une œuvre. Sa répétition peut être stricte ou altérée. 82. Scenario . recit destine a être hlme ou dessine. On dit aussi « continuite dialoguee ». cest la maquette . Au sens large, désigne le plan d’un récit ou même d’un événement réel. 83. Scène à faire : toute scène ou moment attendu par le spectateur, qui en éprouve une certaine gratihcation. , cest une forme de paiement. 84. Scene ou scene dramatique . partie dune æuvre dramatique presentant une action locale , peut se dérouler dans plusieurs décors différents, donc comprendre plusieurs scènes logistiques. 85. Scene logistique . courte partie dehnie par les changements de decor. de temps ou de personnages. Dans un scénario 86. Scène obligatoire : résolution d’une ironie dramatique, c’est à dire moment où la victime d’une ironie dramatique est enhn mise au courant de ce quelle ignorait. La scene obligatoire est une forme particuliere de scène à faire., la plus attendue de toutes. 87. scrimmage : m^lée ou bousculade, désignant une scène dans laquelle tous les personnages d’une œuvre se retrouvent logiquement pour conclure leurs problèmes respectifs. 88. séquence : groupe de scène réunies par le même sous objectif 89. serial . hlm a episodes. presentes a intervalle rapproche. 90. Série : ensemble d’œuvres possédant des éléments communs, souvent des personnages, ou un thème. Série thématique : série dont l’élément commun est un thème, un ton ou un sujet
Centre anci en : l es équi pements, l eur accuei l et l ’accessi bi l i té - 7 avri l 2005 Les tags et l es graffs tatouent l es terri toi res - 20 mai 2005 Les tags et l es graffs tatouent l es terri toi res - 20 mai 2005 Les tags et l es graffs tatouent l es terri toi res - 20 mai 2005 Les tags et l es graffs tatouent l es terri toi res - 20 mai 2005 Les tags et l es graffs tatouent l es terri toi res - 20 mai 2005 Les tags et l es graffs tatouent l es terri toi res - 20 mai 2005 Les tags et l es graffs tatouent l es terri toi res - 20 mai 2005 Les tags et l es graffs tatouent l es terri toi res - 20 mai 2005 Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102
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91. Sous-intrigue : action secondaire, possédant comme toute action son trio protagoniste / objectif / obstacles, le protagoniste étant, la plupart du temps, différent de celui de l’intrigue principale. La sous- intrigue est censée générer, plus ou moins indirectement, des obstacles pour l’action principale. 92. Sous-objectif : objectif semi-local, utilisé par le protagoniste pour atteindre son objectif général 93. Sous-titre : traduction approximative des dialogues, imprimées sur les versions originales 94. Spectaculaire . tout ce qui distrait ou fascine par sa rarete , en impose au regard. a lecoute. a lidee , sensationnel 95. Squelette : plan d’une œuvre dramatique comprenant la nature du protagoniste, de son objectif et de ses obstacles, la réponse dramatique, la structure en trois actes, les personnages importants et les principaux nœuds dramatiques 96. Suite : : œuvre succédant à une autre œuvre dont elle prolonge l’histoire. 97. Suite de scènes : plan d’une œuvre dramatique, constitué d’une suite de scènes réduites à l’essentiel. 98. Surprise : procédé qui consiste à donner au spectateur une information à laquelle il ne s’attendait pas. Appelé coup de théâtre quand la surprise est de taille. 99. Suspense : attente angoissée, génératrice d’anxiété, vécue par le spectateur et créée par l’incertitude de la réponse dramatique, appelé aussi tension. 100. Synopsis : résumé d’une œuvre dramatique respectant l’ordre du récit 101. Téléphone : préparation involontaire consistant à rendre une information prévisible, et désagréablement perçue comme telle par le spectateur 102. Topper : élément dramatiuqe, le plus souvent court et drôle qui exploite une scène ou une action en la couronnant, une sorte de cerise sur le gateau. 103. Tragédie : genre dramatique caractérisé par deux éléments : un ou plusieurs obstacles internes (défauts tragiques), et l’exercice du libre arbitre du protagoniste. 104. Traitement . maniere de traiter un suiet . serieux. comique. naturaliste ou fantastique. realiste ou artihciel. poetique. musical. svmbolique. aristotelicien ou epique. notions qui ne sont pas incompatibles. 105. Triade : groupe de trois éléments (personnages, situations, scènes gestes, dialogues, images) ayant des points communs et formant souvent un tout. La triade joue un rôle fondamental (mais non magique) dans la vie des êtres humains et en dramaturgie.
106. Troisième acte : tout ce qui se passe après que le protagoniste a atteint ou abandonné son objectif. 107. Unité : caractère de ce qui est unique ; s’applique à différentes notions : le ton, le style, le genre, le thème, le traitement, la caractérisation, la cohrénce des personnages, de l’action , du lieu, du temps. 108. Unité de lieu : principe selon lequel l’action doit se dérouler dans un seul lieu 109. Unité de temps : principe selon lequel l’action doit se dérouler dans un laps de temps restreint 110. Urgence : sentiment créé par l’association du suspense et du manque de temps 111. Victime de l’ironie dramatique : personnage ignorant une information connue du spectateur 112. Voix off : dialogue prononcé par un personnage qui n’apparaît pas sur scène ou sur l’écran au moment où il parle ; commentaire général, dialogue hors-champ.
Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 Regards partagés sur l e terrai n de l a future Mai son de l a Santé - j ui n/j ui l l et 2005 Patri moi ne : l es tours et l ’hi stoi re agri col e de Berthe - 18 septembre 2005 Fi n. 103 104 105 106

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