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HISTOIRES D'HOMMES

de Xavier Durringer

avec

Claudie Caro

mise en scène

Gérard Foucher

Version avec orchestre

Contact: 06 08 94 00 22
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HISTOIRES D'HOMMES

Musique 1 : Je t'aime moi non plus

VOIX OFF 1

Ah comme je les ai aimés mes hommes !


Et comme ils m'ont aimée...
Quelle chance j'ai eu, quel bonheur d'avoir été
tant désirée, tant honorée. Que dire de plus ?
Qu'aimer c'est accepter qu'ils puissent repartir,
accepter de les perdre? Ou rester coûte que
coûte ?
Combien j'en ai vécu des histoires avec eux,
grâce à eux !... Des histoires belles, des histoires
tristes, des histoires drôles !...
3

Elle entre, et sur les premières répliques, elle


ôte son manteau, son écharpe, se sert un
verre...

Ah non, j'ai bien fait... Non non j'ai bien fait...


T'aimes ça, hein ?... T'aimes ça, hein ?... pfff...

T'aimes trop ça, hein que t'aimes ça, t'aimes ça ?


Hein dis-le t'aimes ça ? Oui j'aime bien.
Tu m'aimes ?
Oui je t'aime bien.
Qu'est-ce que je suis pour toi ?
Ben comme une sorte d'ami, j'ai dit.
Mais on baise pas avec un ami ! Je suis pas ton
ami, qu'il a dit.
J'ai dit si t'es un ami et on baise quand même,
voilà on va pas en faire un fromage, je t'aime
bien, t'es un copain quoi, y a pas de problème.
Je m'éclate bien avec toi, mais c'est pas ça.
4

Comment ça c'est pas ça ? Ben c'est pas ça !


Qu'est-ce que ça veut dire c'est pas ça ? Ça VEUT
DIRE que bon avec toi je m'éclate comme devant
un bon film de cul quoi, mais c'est tout, y a pas le
frisson, le petit truc en plus qui fait toute la
différence, je me retiens un peu, je me livre pas,
tu vois... Je te donne le truc, je fais le minimum
pour toi, tu vois, je suis pas dans le rouge, je
contrôle.
Le mec est resté bouche bée, bée, comme un
rond dans sa bouche, les yeux écarquillés comme
s'il avait vu la reine de Saba en vrai.
Je crois qu'il a compris. Il m'a dit, ben ça pour une
claque, c'est une claque, moi qui croyais… Qu'est-
ce que tu croyais ? Ben je croyais que…
Eh ben non, c'est gymnastique, un peu physique
un point c'est tout.
Il m'a dit ça va j'ai compris, n'en rajoute pas. J'ai
rien rajouté. Je me suis rhabillée et je suis sortie.
En marchant dans l'acidité du petit matin, j'ai
pensé. Déjà envie de croiser le prochain, de voir
son sourire, ses mains. J'espère qu'il dira les bons
mots, fera les bons trucs et posera pas de
questions connes.
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CHANSON
Mon petit gars

Qu'est-ce que tu crois mon petit gars, que tout est


rose pour les filles ? Enlève-toi ça tout de suite de
la tête.
Faudrait pouvoir chasser cette couleur des
poupées, des petites robes et de tout ce qui
touche de près ou de loin les petites filles. Plus
jamais de cette couleur. Rien n'est rose, rien. Y a
rien de rose.
Gardons cette couleur pour les bonbons, pour la
guimauve, pour les sucettes, pour la pochette des
Sex Pistols. Jackie était en rose le jour de
l'assassinat de JFK, non ?
Le rose c'est bon pour les robes de vieillesse avec
un vert émeraude en liseré. Tout ça, ça va. C'est
très beau. Tout ça ça va.
Mais plus jamais de rose pour les petites filles !
Jamais.

Vous avez compris ?


6

Il me disait faut que j'arrête de te baiser, je peux


plus penser.
Si je pense à toi, je pense avec mon sexe, avec
mon ventre, c'est ça qui me commande tu
comprends ? Je t'ai dans la tête et c'est pas bon,
je peux plus bosser, je peux plus rien faire.
Je me coupe les cheveux pour te plaire,
Je m'habille comme tu veux,
Je deviens le chien à sa mémère.
Qu'est ce que j'y peux ? Je deviens une moule.
Là c'est pas raisonnable mon garçon de se mettre
dans des états pareils. C'est pas vivable. Relève-
toi ! Redresse-toi, s'il te plaît. C'est pas possible.
Tu peux pas me dire ça à moi. Moi qui suis dans la
culture du bûcheron poète. Tu vois ce que je veux
dire ? le bûcheron ? Le poète.
Dans la culture de l'ours mangeur de miel.
Dans le bourru magnifique.
Dans le dandy rock'n'roll.
Dans le guerrier puceau.
Dans le Casanova qui se met au vert.
Pas dans le chien-moule pleureur. Tu m'as
compris ?
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VOIX OFF 2

Non, tout n'est pas toujours rose bien sûr.


Un homme, c'est un peu comme une loterie, un
gros lot, un gros nounours qu'on gagne à la fête.
Ça fait plaisir quand on le gagne, mais après on
sait plus trop quoi en faire.
Mais pour être heureux qu'est-ce qui vaut mieux,
être seul ou être deux ?
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9

La nuit je ne dors pas. J'aurais dû faire bonne


sœur pour me lever pour la prière, mais j'aime
trop l'amour même avec un petit a minuscule
aaaahh. La nuit je ne dors pas, je trinque, je
trinque à moi, sublime, je valdingue m'écrouler
dans le canapé, je me laisse aller aux
programmes délicieux de la nuit, je veux dire les
programmes télé, très chouettes, pas
dérangeants, faciles à comprendre tout va bien,
on est dans une drôle de merde, passons. Je fume
un peu, remets un coussin, drôle d'effort, bien
caler le coussin comme il faut, je plaisante pas,
c'est des années de pratique, des nuits entières
pour bien le caler d'un coup, légèrement bombé
dans le coin parfait du canapé, contre le boudin
mou. Je m'allonge moitié Grecque moitié Romaine
complètement explosée, lutteuse au repos. Je me
love. J'aime bien dire love. Je me love dans ma
nuisette dentelle mauve. Je file d'histoires en
visages, d'infos en rediffusion, des animaux à
l'histoire de l'homme, je trinque, je trinque. Je ne
dors pas. J'ai les paupières en plomb qui tombent
et se relèvent comme un obturateur d'appareil
photo clic-clac. Où en est le monde chérie, où j'en
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suis moi dans tout ça, qu'est-ce que je comprends


de tout ça ? Pas grand-chose ou si peu. Dormir
n'arrangera rien.
Faut que je me motive, trouver les objectifs,
qu'est-ce qui me plairait bien de faire, voyons
voyons, cherchons, cherchons, c'est mauvais
signe déjà si on cherche, ça accroche pas
d'entrée, c'est pas clair.
Je remets le coussin en place, n'y arrive pas tout
de suite, deux trois essais, merde ce coussin, un
coup de zap et je reste bloquée sur une série
allemande, ça bouge pas trop, pas mal, les voix
françaises sont rigolotes, je regarde les arrière-
plans, le décor, le jeu, les mains de l'acteur, je
cherche les ombres.
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J'allume la radio en même temps. Une émission


sur le jazz et des voix américaines traduites par
une voix grave et joyeuse en français, une
interview, des éclats de rire. Je suis avec eux
explosée dans le canapé cuir. Commence la
musique. Je zappe sur des animaux sauvages. Un
buffle noir dans les herbes hautes. Le batteur est
génial. Ça siffle de joie dans le public, c'est live.
Envie de téléphoner à quelqu'un, je me ressers un
verre de Frascati, j'adore la couleur rivière glacée
transparente. Envie de me baigner dans une
baignoire naturelle de Frascati, entre les rochers
chauffés par le soleil.
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J'ouvre mon petit carnet d'adresses, ça y est je


suis dans la dynamique, mais qui appeler à quatre
heures moins le quart du matin sans déranger ?
La vie est mal faite, on devrait aussi dormir de
jour, à tour de rôle, pour pas laisser tout seuls les
insomniaques. Et nous sommes plus nombreux
qu'on le croit. Je vais niaquer l'insomnie comme
dirait Paul. Je passe en revue tous les noms. Pas le
souvenir qu'il soit insomniaque celui-là. Peut-être
à l'étranger, l'Italie, aah l'Italie. L'Italie n'est pas
aussi décalée que ça. D'ailleurs y a pas de
décalage, peut-être une heure. Au Liban, aah le
Liban. Mais ils sont décalés dans quel sens les
Libanais ? Est-ce hier ou demain ? Trop tard pour
chercher, faut que je trouve un ami américain,
pas facile à cette heure-ci, ça doit être moins neuf
à Los Angeles, ça devrait aller question horaire,
qui je pourrais bien emmerder ? Le problème c'est
que je connais personne là-bas. Changement de
décor, je passe à la cuisine dire bonjour dans le
frigo, bonjour petites salades et pots de yaourts,
bonjour une petite bière. Et hop une petite bière
Gold. De l'or dans l'estomac.
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Mes voisins dorment depuis bien longtemps. Sauf


une fenêtre dans l'immeuble d'en face. Au
cinquième. Compagnon de nuit cette fenêtre et je
sais pas ce qui se cache derrière, toujours
allumée la nuit comme une veilleuse jusqu'au
matin. Comme moi.
Je m'allonge un peu, le lit est frais, tout autour
rien n'est en place, faudra ranger un peu. Dois
aller dîner demain soir, chez des amis, très chics.
Des musiciens. Peut-être un homme nouveau,
avec des mots nouveaux et des gestes nouveaux,
tout tout nouveau.
Faudrait que je range, prévoir sa venue
hypothétique. Horreur d'aller chez les hommes.
D'ailleurs les hommes que je rencontre, on ne
peut jamais aller chez eux. À croire que les
hommes intéressants n'ont pas de chez eux. C'est
devenu une règle et je pose pas de questions. Les
hommes mariés adorent passer pour des
célibataires tout en sachant que vous savez, pas
compliqué à comprendre. Ils viennent mes
hommes ici comme au fumoir, se détendre
quelques heures, parfois un bout de nuit. Je
m'ennuie pas. Je ne m'ennuie pas.
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J'entends au loin les dernières ou les premières


voitures et la voiture-balai, le bruit des bennes
comme le marchand de sable, on sable la route et
moi le champagne. Je vois des montagnes. Et mon
amour qui danse seul le sirtaki sur un bateau
magique, une clope au bec, une coupe de cristal à
la main, torse nu, magnifique. Je me rapproche
lentement de lui. Il me prend dans ses bras. Le
clapotis des vagues. Rideau.
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VOIX OFF 3

Oui, j'en ai connu des hommes... les amours


d'enfance, les amours d'adolescence...
Il y a ceux qui passent, il y a ceux qui restent, et
puis il y a ceux qui ne reviennent pas...
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CHANSON
Comme avant

Pour tous ceux partis un peu trop tôt Je dis Qu'il


est plus facile de s'en aller Que de rester là sans
dire un mot Et de t'imaginer Toi nageant là-haut
En fixant les étoiles Rêver du jour béni Des deux
côtés du voile Pour toujours réunis
Et on recommencera tout comme avant Tout
comme au début Et on prendra le temps
Comme avant Comme avant
Et on recommencera Tout comme avant du début
Et à deux on s'en ira Faire nos premiers pas émus
Comme deux enfants Adolescents
Devenir grands Deux amants
Comme avant Comme avant

Pour tous ceux partis un peu trop tôt Je dis Qu'il


est plus facile de s'en aller Que de rester là sans
dire un mot Et de t'imaginer
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La nuit je traîne dans les bars de nuit comme une


âme en peine. Petit papillon, du bleu sur les
paupières. J'aime traîner seule. Prendre un
tabouret au bar face aux bouteilles. J'aime la
musique, la musique des bars et les gens qui s'y
retrouvent, c'est un cercle, un petit monde,
comme on dirait mon quartier, c'est un village.
J'ai rencontré un jeune type, Tristan. Déjà le
prénom ça fait de la peine. Il savait pas où dormir,
très gentil. Un peu curieux mais très gentil, les
yeux noirs en amande, magnifique. J'ai payé les
consommations et j'ai quitté ma place comme on
quitte une table de casino après avoir perdu en
disant bonsoir… Il m'a dit sur le trottoir qu'il ne
savait pas où dormir et qu'on lui avait volé son
portefeuille gare du Nord. Il m'a raccompagnée
jusqu'à chez moi, je l'ai fait monter. M'a fait
l'amour. Pas fait ça à ce point-là depuis
longtemps. Enfin bref. Un fauve sur une gazelle.
En trois jours, il m'a vidé mon mini-bar, toutes les
bouteilles les unes après les autres sans aucun
complexe cognac, gin, vodka, champagne. Il avait
sans arrêt mal aux dents, il m'a vidé ma boîte à
pharmacie, cachets alcool.
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Il arrêtait pas de fumer. Je lui ai passé de l'argent


pour s'acheter une cartouche et des médicaments
et de l'alcool.
Il est parti toute la journée, à croire que le bureau
de tabac, pharmacie, supérette étaient fermés. Il
est revenu le soir sans cartouche, sans
médicaments, sans alcool, sans rien. Il m'a
embrouillée avec une histoire sans queue ni tête.
Qu'il était passé voir sa mère, très malade, et qu'il
lui avait donné l'argent, qu'elle était dans le
besoin dans un hosto de banlieue, qu'elle en avait
plus pour très longtemps, et qu'il fallait lui payer
les soins et une jeune infirmière au black pour la
nuit, je l'ai cru. Il s'enfermait dans la salle de bain
pendant des heures à croire qu'il avait des
douches chaudes à rattraper.
Tous les jours je lui donnais de l'argent pour faire
les courses et tous les jours il passait voir sa
mère. Sa mère avait besoin de plus en plus
d'argent, de plus en plus malade, c'est la fin
disait-il.
C'est incroyable ce que les mourants ont besoin
d'argent. À croire qu'il faut qu'ils économisent
pour payer un droit de passage. L'entrée du
paradis aurait-elle un prix exorbitant ?
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Dans la poubelle de la salle de bains, j'ai trouvé


en la vidant, du coton avec du sang et de petites
insulines, pas souvenir qu'il m'ait dit qu'il était
diabétique celui-là.
Le petit jeu a duré trois mois. J'avais un petit
bronze, une danseuse, signé, disparue la petite
danseuse en tournée. Quelques bagues aussi,
parties en fumée et le collier de ma grand-mère,
évanoui dans la nature. Je commençais à en avoir
marre de sa mère. Je lui ai demandé si je pouvais
passer la voir. Il m'a dit, elle vient d'être
transférée dans le Sud, à Beaucaire. Qu'elle serait
mieux là-bas, qu'elle aurait une chambre avec
vue sur les mimosas. Il s'est mis à pleurer, à
pleurer doucement. Je lui ai passé de l'argent pour
qu'il puisse aller la voir dans le Sud.
Il est reparti trois jours. Je lui ai passé, bonne
poire, mon portable pour qu'il puisse appeler. Pas
de nouvelles. Bon pas de nouvelle, bonne
nouvelle. Je me méfie des dictons.
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En rentrant il m'a dit qu'il avait perdu mon


portable dans le train. Je me suis un peu énervée,
il l'a mal pris. Il m'a dit de quoi tu t'inquiètes, je
vais t'en racheter un de portable, même un mieux
qu'il m'a dit et je te rembourserai tout, qu'est ce
que tu crois, tu me prends pour une salope ? J'ai
dit non non, il a continué en me disant, c'est pas
parce que je suis dans une mauvaise passe que je
suis devenu aveugle, je vois bien tout ce que tu
fais pour moi, qu'est-ce tu crois ? Mais ce qui me
fait de la peine, c'est que tu commences à douter
de moi, si si je le vois bien, tu doutes, c'est ta
danseuse en bronze c'est ça, tu crois que c'est
moi ? Je l'ai pas touchée ta danseuse. Je lui avais
rien demandé.
Je savais plus comment faire pour m'en
débarrasser de c't'oiseau-là. Des gens ont
commencé à appeler sur ma ligne fixe, à toutes
les heures de la nuit. Je m'en fous je dors pas la
nuit mais quand même, faut pas pousser. Ils ont
commencé à débarquer à la maison en une lente
procession de paumés. Il avait fait son petit nid de
guêpes chez moi.
Son petit QG.
21

Quand j'ai commencé à réagir, il était trop tard. Il


m'a dit comment veux-tu que je trouve du
boulot ? Je lui ai répondu, ça m'étonnerait que ces
gens qui montent chez moi vont te donner du
boulot. Il m'a dit si, dans une boîte de nuit, j'ai
trouvé un boulot de barman, qu'est-ce que tu
crois ? Faut bien que je te rembourse, t'es
tellement près de tes sous. T'es pas tellement
rock'n'roll. Je lui ai dit, arrête de te foutre de ma
gueule, j'en ai rien à foutre que tu me
rembourses, tu vois la porte, tu la prends et on
est quittes monsieur Tristan le roi du rock'n'roll. Il
m'a dit quittes de quoi ? Tu veux me foutre à la
porte et me quitter. Je lui ai dit oui, j'ai envie que
tu partes. Il m'a dit ça marche pas comme ça, il
m'a traité de pute et a commencé à fouiller dans
mon bureau, je lui ai dit d'arrêter de fouiller, il m'a
dit qu'il avait perdu son briquet et que j'arrête de
l'emmerder, je l'ai retourné par la manche et il
m'a retourné un gifle, il a cassé mes lunettes à
verres fumés, je me suis retrouvée sur le parquet,
j'ai pris deux coups de pieds, un dans la poitrine,
l'autre dans la cuisse. J'ai hurlé, il m'a agrippée et
secouée, j'ai essayé de me débattre, il m'a mis un
coup de poing dans la gueule. J'ai entendu la
porte claquer.
22

J'ai appelé une amie en rampant. Je me suis fait


casser la gueule. Je me suis fait casser la gueule.
Le toubib à l'hôpital m'a donné un mois d'arrêt de
travail, ça me sert à rien je travaille pas. Un mois
d'arrêt, moi qui suis à l'arrêt du matin au soir, ça
m'a fait rire, mais je pouvais pas trop, j'avais le
coin de la bouche qui rejoignait l'œil. Un drôle de
tableau. J'ai changé toutes les serrures dans la
journée et mon numéro de téléphone.
J'ai pas osé appeler les flics. Un vieux fond de
culpabilité, je sais pas pourquoi c'est con, mais j'ai
pas osé. Peur de leurs questions, peur d'une
esquisse de sourire, peur de leurs doutes. Peur du
vous l'avez peut-être un peu cherché aussi, c'est
jamais tout blanc tout noir tout ça, je les imagine
déjà se projetant avec leurs femmes à eux. Enfin
bref, j'ai pas appelé les flics.
Une semaine après, il est revenu frapper à la
porte avec un ami à lui, un grand black tout
maigre l'air sympa. Je les voyais derrière la porte,
déformés. Il s'excusait, me disait qu'il était
salement dans la merde et que je le laisse dormir
juste une nuit dans le canapé. M'a parlé de sa
mère, qu'elle était morte, s'est mis à pleurer. Il
m'a demandé pardon, s'est excusé.
23

J'ai pas cédé. J'ai pensé à Harpic gel triple action,


assainit, nettoie, parfume. Comme un ordre dans
ma tête.
J'ai mis de la musique, La Somnambula de Bellini
et je me suis fait couler un bain avec des huiles
essentielles en attendant que ça s'arrête de taper
et de parler derrière la porte.
J'aime le bel canto.
Orchestre
24

CHANSON
La fée Clochette

La fée clochette se fait un shoot


Et dans ses yeux, des étincelles.
J'ai juste un sac une paire de boots
Et dans mon dos deux grandes ailes.

Deux grandes ailes de libellule


Pour voleter au firmament.
Maman, je te vois dans la foule
Et ton visage étincelant.

C'est le petit air de la junkie


La petite chanson à deux grammes jour
Je fais la pute, je m'appelle Candy
Pour trois cents balles je te fais l'amour.

Je suis la fée clochette d'un soir


Dormant debout sur les talons.
Et dans la nuit, et dans le noir
Brille une étoile sous les cartons.

Que tout est froid, que tout est gris


Mon sang ma peau sont tout glacés.
Je n'ai plus d'hommes et plus d'amis,
Je dors contre moi toute enlacée.
25

C'est le petit air de la junkie


La petite chanson à deux grammes jour
Je fais la pute, je m'appelle Candy
Pour trois cents balles je te fais l'amour.
26

VOIX OFF 4

On cherche, on hésite, on se laisse séduire, on


séduit. Et puis un jour, ou un soir, on rencontre le
bon. On gagne le gros lot. Et l'histoire commence,
le premier baiser, le compte à rebours, le bonheur
peut continuer... à condition de savoir le faire
durer...
C'est pas toujours facile.
27

Alors je lui ai dit comme ça, toi mon gars tu vas


cracher au bassinet, tu vas cracher. Je vais te
mettre les poches comme des fontaines. Il m'a
regardée livide le mec. Sur son visage il avait cinq
ans et demi et on venait de lui voler son bicloune
à roulettes. Puis il a fait un drôle de rictus genre
où j'ai bien pu mettre ma hache, tu vois le style,
des yeux de fou, hééé Jack, Jack, là il faisait bien
plus vieux que son âge, la bonne cinquantaine,
une bête rouge toute poilue m'a hurlé dessus en
frappant la porte de la salle de bains… Je lui ai dit,
tu peux crier tout ce que tu voudras, vociférer
- j'aime bien les mots stylés dans les
engueulades, c'est énervant - tu peux bien
gueuler et casser la porte, ça t'empêchera pas de
raquer pauv'connard. M'a tapé dessus, j'ai pris
une droite plongeante - il a un poing plus large
que ma tête - c'est pour décrire l'animal. C'est un
peu un ours quoi. Quand il se lève sur ses pattes
arrière c'est impressionnant. Et ça aime le miel
ces petites bêtes-là ?
28

Il voulait plus que je sorte. Sauf pour aller faire les


commissions, il disait. J'aime pas tes manières, tes
façons de mater, à droite à gauche devant
derrière. C'est pas une gonzesse que j'ai, c'est un
gyrophare, ma parole t'es en détresse ou quoi
pour clignoter à ce point-là ?
J'aime pas comment tu regardes, j'aime pas
quand tu souris à tous ces connards, ces abrutis.
Je veux plus que tu fumes, je veux plus que tu
boives. J'aime pas comment tu marches en te
trémoussant comme ça, on dirait que tu veux
qu'ils te sentent le cul à des kilomètres, pourquoi
que tu te parfumes autant ? Je veux plus que tu te
maquilles en rouge, arrête tes brushings, ça me
rend fou. Je veux plus que tu sortes voir tes
copines à ricaner comme des connes, à vous
raconter des histoires de cul et à dessiner la
forme de nos bites sur des nappes en papier, je
veux plus que tu travailles, je gagne assez pour
deux, pour trois pour quatre pour cinq, si tu vois
ce que je veux dire ? Une maison bien tenue c'est
un métier. Putain je suis devenue maboule ou
quoi ?
Qu'est-ce qui fait qu'on se barre pas tout de suite
dans la foulée ? Pourquoi on reste encore pour
essayer, qu'est-ce qui nous retient ?
29

Je vais pas rester une infirmière toute ma vie, à


me coltiner un malade chronique, un crétin pareil,
ouh là là là là faut pas que je m'enferme, faut que
j'aille voir un psy, une SOS girl, une toubib,
quelqu'un qui sait ce qu'y faut faire, qu'a étudié
là-dessus, sur le phénomène.
Qui s'y connaît en couple, qui connaît la question
jusqu'au bout des ongles, qui se frotte à ça toute
la journée. La première question que j'ai envie de
lui poser à la psy, c'est : ça va vous, dans votre
couple, à la maison tout va bien ? Et vous avez
quelqu'un pour le ménage ? Je veux dire avec
votre homme au lit y a pas de problèmes ? Y a
pas d'usure, je veux dire ça va, il vous fait rire ? Il
vous étonne, je veux dire tout va bien ? Il vous
respecte, vous laisse vivre ? Je sais pas pourquoi
mais j'ai une de ces envies de la miner cette psy,
de lui casser le moral, de me la ruiner, de lui
pourrir sa soirée. J'en peux plus putain de ce mec,
j'en peux plus, j'en pleux pus. Je n'en pleux plus.
Merde. Je n'en peux plus !
30

Me regarde plus comme ça, me parle plus comme


ça. J'ai essayé eh oui je te jure que j'ai essayé,
tous les compromis, toutes les conneries tu vois.
Mais ça marche plus, ça marche plus. Oublie-moi
s'il te plaît. On a passé de bons moments, des
mois entiers de bonheur. J'ai été heureuse comme
jamais, mais là tu vois, ça fait des années que je
rigole plus. Alors il vaut mieux pour nous, pour toi
pour moi qu'on arrête les frais, ça va nulle part, ça
stagne, ça devient pas beau, ça pue, vaut mieux
qu'on se sépare avant que ça devienne carrément
glauque et dégueulasse. Je veux vivre d'autres
choses que ce que je vis tu comprends, là je vis
plus, je patine, je fais du sur-place, je régresse. Je
ris plus, on sort plus, on se parle plus. C'est quoi la
prochaine étape ? Moi je veux pas connaître ça
une autre fois, j'ai déjà donné. C'est bon, je
connais, très peu pour moi. Merci. Bon ça a tenu
pas mal déjà, mais là faut savoir dire stop. Stop.
C'est bon, ça me fatigue d'expliquer encore et
toujours la même chose.
Je m'arrête. Il m'a dit, je crois qu'il serait temps
qu'on se prenne une petite semaine en
31

Sardaigne. Fais ton sac, on part ce soir. J'ai fait


non non et je l'ai suivi. Je suis partie une semaine
avec lui. Et c'était merveilleux.
32

CHANSON
Les Murmures

Juste des murmures. Des murmures et encore des


murmures mon amour, mon amour.
Chaque fois comme une dernière fois, comme des
instants volés, tu repartiras au petit matin sombre
et délicieux.
Juste des murmures. Des murmures et encore des
murmures mon amour, mon amour.
Ne t'inquiète plus. Tu as laissé ton manteau, ton
portefeuille et les photos dans l'entrée, ta carte
de crédit Gold, ton ceinturon et tes chaussures,
ton pantalon et ta voiture au coin de la rue.
33

Ton caleçon est perdu dans les couvertures, tes


chaussettes ont atterri contre le mur. Pour ta
chemise, ne t'inquiète pas je recoudrai le bouton.
J'ai acheté ton champagne préféré, Le Krug est au
frais. Mes heures avec toi sont flexibles,
détendues, extensibles. Je ne demanderai rien, on
ne parlera presque pas, pas d'explication, pas le
temps. Pas de questions. Surtout plus de
questions. Les questions tuent les couples. Tous
les couples, légitimes ou pas.
Juste des murmures. Des murmures et encore des
murmures mon amour, mon amour.
Et c'est à moi qu'il pense quand il rentre chez lui.
34

CHANSON
Notre couple ressemble

Notre couple ressemble à deux scieurs de bois,


chacun d'un côté, un qui pousse, l'autre qui tire,
l'un donne, l'autre reçoit et l'amour diminue,
éclate en petits bouts, de petites échardes, de la
sciure, voilà ce qu'y reste, un paquet de sciure à
mettre en double couche dans la litière.
Et un arbre qui va tomber.
35

Est-ce que je t'ai déjà trompé ? Quelle question de


fou !
Il y en a qui ne manquent pas d'air. Et je me
comprends. J'arrête pas de dire ça, que je me
comprends. On n'est jamais si bien servi que par
soi-même.
Je ne me suis jamais trompée.
Je suis fidèle à mes principes, à mes convictions.
Dans la Bible la notion d'infidélité c'est la pensée,
je vais pas m'empêcher de croiser des hommes,
je vais pas marcher les yeux sur mes chaussures.
Est-ce qu'embrasser quelqu'un sur la bouche tout
tendrement c'est tromper ?
Il me disait sucer n'est pas tromper comme
souffler n'est pas jouer. Blow job. Drôle de truc.
Ce n'est pas tellement tromper si nos corps se
cherchent dans le noir. Si ma jambe glisse entre
les siennes. Si ma main se met à trembloter, si
mon coeur se serre et mon ventre se dénoue et
joue du grelot.
Est-ce que je t'ai déjà trompé ? Quelle question de
fou !
Que veux-tu que je te dise mon amour ? Tu es
tellement touchant.
36

Qu'est-ce que tu crois ?


Jamais. Jamais tu le sauras.
37

VOIX OFF 5

Finalement, avec le temps qui passe, on finit par


comprendre que pour être bien avec un autre, il
suffit d'être bien avec soi-même.
38

Tu veux que je te dise, il est pas attentif. Il croit


que ça y est, que c'est gagné, que je suis sa
chose, sa panthère noire qu'il trimballe, s'il
pouvait me mettre une laisse sans être ridicule je
te jure qu'il le ferait.
Je deviens une bête de foire qu'il trimballe de
place en place comme un montreur d'ours. Il
m'habille mal, me déshabille mal, me couvre de
bijoux, des manteaux de fourrure que je déteste.
Non pas pour les petites bêtes, mais pour les
mites. La fourrure on a toujours peur que ça se
décompose et porter de la décomposition sur les
épaules me dégoûte au plus profond. ?a doit être
pour ça que tous les manteaux de fourrure puent
le parfum, c'est pour masquer l'odeur de la
charogne. Il m'achète des talons hauts pour jouer
les bécasses. Il la veut grande sa femme quitte à
la coller sur des échasses. Faut qu'on la voie,
cliquetant, clopin-clopant, une cigarette au bec
rechercher désespérément les toilettes pour se
refaire une petite beauté. J'ai bu un peu plus que
de raisonnable, pauv' con. C'est pas moi, je vous
jure que c'est pas moi. C'est pas moi que je vois
dans la glace, merde c'est pas vrai, je suis
permanentée. Je suis foutue. J'ai de la laque et les
39

cheveux comme de la barbe à papa. C'est pas


moi, à deux doigts de me faire tirer les peaux.
Qu'est-ce qui s'est passé, à quel moment j'ai
lâché le truc ? Moi comme un clown, du rouge
plein la bouche. C'est pas moi, faut que j'arrête
tout ça. C'est pas moi. Moi j'ai quinze ans et je
cours toute nue sur la plage en jouant avec les
vagues.
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CHANSON
Tango

Tango, et le temps passe...

Il faudrait une petite musique, un genre doux à


l'ancienne,
Un truc un peu guimauve qui colle aux dents
juste ce qu'y faut pour être dedans.
Et te dire, te souffler, te montrer comment.
Charmeuse de serpents, lécheuse de venin
contorsionniste sur un claquement de doigts
baiseuse automatique je viens sur toi
cambrure assassine, magnifique vagin
bombe glacée, brûlante
souffle aquatique
bascule électrique
et ma voix tremblante
aspirante qui te dit :
viens.
41

Je ne suis pas bonne pour toi. Tu ne sais pas me


prendre. Je suis ta perte, ta mauvaise donne. Tu
sais pas me parler, tu me connais pas en fait. Tu
crois me connaître mais tu me connais pas. Tu
sais pas comment je fonctionne. Tu sais rien de
rien. Voilà ce que je lui ai dit et il a tout pris dans
la gueule. Il a dit mais… Et je lui ai dit y a pas de
mais qui tienne, je t'ai dit ce que j'avais à te dire,
un point c'est tout.
T'en fais ce que tu veux moi je m'en fous. Je me
casse d'ici. Je te regarde et ça me déprime. Je vois
que ça évolue pas dans le bon sens. Il m'a dit ça
involue, j'ai dit involue si tu veux, si ça peut te
faire plaisir ça involue, mais tu m'as très bien
comprise. Faut toujours que t'en rajoutes pour me
faire passer pour une conne. Ben t'as raison avec
toi j'involue, j'arrive même plus à parler, à trouver
les mots et à avoir les idées claires. Il est temps
que je me casse ! Il m'a dit pour que tu retrouves
ton vocabulaire ! J'ai dit pauvre con si tu crois être
drôle, t'es pitoyable. Arrête ton petit jeu avec moi
qu'il a dit. J'ai dit je joue pas moi ! C'est ça que
t'as pas compris. Si je commence à comprendre
qu'il a dit, alors casse-toi ! Casse-toi ! Qu'est-ce
42

que t'attends qu'il m'a dit en ouvrant la porte


alors j'ai dit, j'attends que tu sortes pour faire mes
affaires. Et il est sorti. J'ai fait mes affaires. Et
voilà, et voilà je suis là avec mes deux grosses
valises. J'ai deux heures à attendre pour prendre
le train. Je me traîne sur les quais en faisant de la
buée avec la bouche. Je suis comme une
malheureuse, une fille perdue des pays de l'Est.
C'est mon côté solidarité afghano-albanaise. C'est
marrant, j'ai une vision de ce que je fais comme si
c'était pas moi. Je me dédouble. Je le quitte. Je
quitte mon tchum comme ils disent au Québec. Je
quitte mon gros nounours.
Dans le glacé, j'ai commencé à comprendre que
je venais de faire une grosse connerie et qu'il
serait peut-être l'heure de rappeler à la maison.
43

CHANSON
J'ai fixé l'écran

J'ai fixé l'écran. Je l'ai r'gardé nager un peu.


Il m'a dit c'est une fille. J'ai dit merci monsieur.
J'ai pleuré dans la rue. J'étais seule en rentrant.
J'ai pris deux trois cachets. J'ai refumé un peu.
Il est rentré bourré. Et m'a dit où t'étais ?
Partie me promener, prendre un peu de soleil.
C'est demain ton gynéco, on va enfin savoir ?
Non c'était ce matin. Putain de merde qu'il a fait.
Pourquoi j'ai oublié, alors dis-moi, alors
C'est une fille. Une fille merci mon dieu qu'il a dit.
Il a sauté de partout. Rappelé tous ses potes
Est reparti aussi sec. J'ai regardé la télé.
Vidé tout mon frigo, retournée au salon.
J'ai fumé un pétard très long, tout vert tout doux.
En attendant qu'il vienne s'endormir contre moi.
C'est mon grand amour, mon bonhomme et ma
raison.
44

Orchestre
45

VOIX OFF 6

Jeune fille, épouse, maîtresse, forte ou fragile,


amoureuse ou querelleuse, j'ai joué tous les
personnages, j'ai tenu tous les rôles.
J'embrasse, je chasse, je fuis ou je séduis,
j'attaque et je me défends.
Et je suis encore là, bien là, et pour longtemps.
46

MUSICALE

J'ai tout essayé


de la rousse à la blonde platine,
du noir corbeau japonais à la blonde vénitienne,
du court au long en passant par les boucles,
de la frange à la mèche folle,
Du chignon à la baguette de tambour
Il y a beaucoup trop de femmes en moi pour
rester avec un seul homme .
Trop d'histoires à vivre ailleurs. Trop de
personnages à découvrir. Trop de nouveaux
paysages qui me tendent les bras. Trop de trop
pour cette vie-là.
Allons mesdames, brûlons élégamment.
47

MUSICALE

Je suis un tube digestif. Une bouche, un cul.


J'absorbe et je renvoie, point barre. Je ne m'en
sers pas autrement vous voyez. Je suis un peu un
serpent. Je digère, je passe ma vie à digérer. C'est
la vie du rampant. Animal à sang froid qui
s'enroule dans les draps. Je tue par étouffement.
Puis je digère en dormant. Je passe des semaines
à dormir sur mes cadavres. Puis je ressors de mon
trou, je me faufile dans les soirées nocturnes, je
file dans tous les bars pour trouver le rat poilu, il
est là, je le vois dans son coin, dans l'ombre, je
vois ses deux petits yeux brillants. Il fixe le flux
des croupes sous les néons. Il est là le gros rat
poilu, sa queue rose qui se raidit et claque. Il est
là à grignoter des cacahuètes. Il est là qui se
frotte le nez dans le champagne. Il est là
tranquille à passer derrière les banquettes l'air de
rien. Et moi je suis là immobile dans un coin,
postée sur sa route, il va passer là devant moi, me
flairer, il va y aller dans ma gueule, il va tomber
droit dans mes yeux, fixe devant, le regard tendu,
comme deux rayons et il va venir le gros rat
tournicoter autour de moi, aller et venir comme
un fou maladroit, il va venir par petites touches, il
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passe et repasse, s'arrête, repasse, tourne et


s'arrête, regarde, repart pour revenir après. Il est
sorti prendre l'air, moi je ne bouge pas, j'attends à
ma place, enroulée prête à me détendre. Et le rat
revient, un peu déçu, doutant, il se rapproche, il
vient vers moi, il ouvre la bouche et sur sa
respiration, j'attaque et clac, clac, clac. Je l'aspire,
je l'avale.
49

CHANSON
La femme boa

Je suis la femme boa


Qui boit, qui boit, qui boit,
Et j'entends ton coeur tout bas
Qui bat, qui bat, qui bat.
Je glisse entre tes doigts,
Je m'enroule dans tes bras,
Tout autour de ton cou
Je suis la femme boa
J'entends ton coeur tout bas
Qui bat qui bat qui bat
Et je viens délicieuse
Boire le lait chaud
Froide et silencieuse
Je suis la femme boa
Qui boit qui boit qui boit
Et j'entends ton coeur tout bas
Qui bat qui bat qui bat.
Retiens-moi encore
Détendue près de toi
À glisser sur ton corps
Je suis la femme boa
Et j'entends ton coeur tout bas
Qui bat qui bat qui bat
50

Je te serre plus fort


L'amour dans mes anneaux
Pour une mise à mort
Je suis la femme boa
Et j'entends ton coeur qui bat
Tout bas tout bas tout bas…
51

FINAL

Faut pas se tromper de soleil. Faut pas se gourer


d'amour.
Vivre dans l'ombre d'un homme.
Je veux bien. Ne vous trompez pas.
C'est dans l'ombre et la nuit que brillent les plus
beaux soleils.
Pour refaire l'histoire du monde, il faut juste être
deux.
Je reviendrai, je ne sais pas encore sous quelle
forme, mais je reviendrai.
Dit-elle.
52

Voix Off 1 2
Il me disait comme un leitmotiv (T'aimes trop ça)
3
Chanson Mon petit gars 5
Il me disait faut que j'arrête de te baiser 6
Voix Off 2 7
La nuit je ne dors pas 8
Voix Off 3 12
Chanson Comme avant 13
La nuit je traîne dans les bars de nuit (Tristan)14
Chanson La fée clochette 19
Voix Off 4 21
Alors je lui ai dit comme ça 22
Me regarde plus comme ça 25
Chanson Juste des murmures 26
Chanson Notre couple ressemble 27
Est-ce que je t'ai déjà trompé 28
Voix Off 5 29
Tu veux que je te dise 30
Chanson Tango 31
Je ne suis pas bonne pour toi 32
Chanson J'ai fixé l'écran 34
Voix Off 6 35
Musicale J'ai tout essayé 36
Musicale Je suis un tube digestif 37
Chanson Je suis la femme boa 38
Final Faut pas se tromper de soleil 40

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