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Déesse Improvisée

Une journée pas comme les autres

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Nina, une jeune femme de 22 ans, avait, comme toutes les femmes, des
passions. Contrairement aux autres filles de son age, le maquillage, la mode,
l’Amour, et d’autres, n’étaient pas ses passions. Bien sur, elle avait des amis,
surtout des garçons, rassemblés par une seule et même passion : les jeux de
rôles. Nina avait une centaine de livres, des figurines, des maquettes, et des
fiches de personnages, tous relatifs aux jeux de rôle qu’elle pratiquait avec ses
amis. Même si ce n’était pas elle qui occupait la fonction de Maître du Jeu, elle
avait acheté les mêmes livres que lui, afin de parfaire son rôle de sorcière. Car
son personnage était une sorcière humaine, aux cheveux rouges lui tombant au
milieu du dos, avec quelques taches de rousseurs, mince et gracile, petite de
taille, des yeux verts et perçants. En fait, c’était la personne représentée dans ce
cadre à côté du bureau. C’était un cadre assez grand, rectangulaire, argenté sous
un certain angle, et dedans la jeune femme bougeait. Elle se tournait et se
regardait. Elle était étrangement vêtue pour le XXI eme siècle : une bure rouge,
brodée en laine et des inscriptions sur le bas de la robe. Sur le bas de la robe
était marqué…

- Nina ! Tu viens ? On va être en retard ! retentit une voix dans la pièce d’à
côté.
- J’arrive, une minute ! répondit Nina en réajustant sa robe de magicienne.
- N’oublie pas tes bourses ! La dernière fois tu les avais oubliées ! Tu les
as ?
- Elles sont sur la table de la cuisine, tu me les prends s’il te plait ? J’en ai
pour deux minutes !
- Heureusement pour nous, on est des mages ! Tu imagines un peu
comment Xavier et Geoffrey doivent avoir du mal ?
- Ils ont toujours leurs grosses armures ?
- Oui, oui ! Ils veulent avoir les leurs ! Même si elles sont trop lourdes !
- Alors qu’on peut leur en prêter sur place, et des légères en plus, ils
préfèrent garder leurs trucs super lourds ?
- Vive les mages ! Tiens voilà tes bourses, mets les à ta ceinture et
maintenant, on y va !

Nina mit sa ceinture sertie de bourses remplies de composants, et ils sortirent.


Son compagnon était un homme du même âge qu’elle, avec le même type de
robe, mais de couleur noire. Et il n’y avait pas d’écriture sur sa robe. Ils se
dirigèrent vers l’arrêt de bus.

Dans le bus, ils attiraient tous les regards, mais ne s’en formalisaient pas. Les
regards qu’ils attiraient n’étaient rien comparés à ceux qui convergèrent sur leur
groupe dès que deux autres hommes s’assirent près d’eux, vêtus d’une lourde
armure, encombrante et bruyante.

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- Salut Xav ! Salut Joe ! s ‘écrièrent ensemble Nina et son ami.
- Bonjour à vous, demoiselle Nina et messire Vincent. répondirent-ils.
- Ne commencez pas ! On n’est pas encore arrivé au GN ! les rabroua Nina.
- Vous avez mis vos affreuses armures ! Les organisateurs étaient prêts à
vous en prêter des légères ! s’écria Vincent.
- Mais on préfère les nôtres ! Elles sont si belles !
- Elles sont affreuses !

Leurs armures n’auraient certainement pas remporté le concours de beauté, mais


elles étaient imposantes et paraissaient réalistes.

- On les a faits nous mêmes ! Vous pourriez être compréhensifs !


- Nous avons cousus nos robes seuls, et elles sont bien plus belles que vos
armures !

Arrivés au point de ralliement, à l’entrée d’une forêt, Xav et Joe faisaient un


bruit incessant, et attiraient bien des regards. Après un rappel des règles, des
groupes furent formés, et Nina et Vincent prirent congés de leurs bruyants amis.
Dans le groupe des sorciers du clan lunaire, il n’y avait que Nina, Vincent et
trois autres personnes étranges aux robes peu criantes de vérité.
Ils étaient drôles avec leurs robes vertes et bleues, et le dernier en avait même
une de toutes les couleurs. Et aucun n’avait de bourses de composants.
Nina et Vincent se regardèrent, un sourire aux lèvres. Nina exposa sa stratégie,
prenant directement le commandement : établir une base, la protéger de sorts de
défense et envoyer deux éclaireurs. Après le choix d’une petite butte comme
base, ils lancèrent leurs sorts de protections.

- Abracadabra ! S’écria le garçon à la robe multicolore.


- Tiripili, Turupulu, Tirititi, Turututu ! crièrent les deux en verts et bleus.
- Prête moi ta force et ton pouvoir, que ce lieu soit protégé, ta volonté, la
mienne, nos pouvoirs, que cela soit faits. Ast taraskia krinamia, Ast
taraskia krimania ! dit-elle d’une voix calme et profonde, tout en jetant
des pétales de roses autour d’elle.

Les autres affichaient un regard étonnant. Etonnée, elle l’était en tout cas,
lorsqu‘elle les vit tous s’écrouler à terre.

- Ce sort est censé endormir les ennemis qui s’approchent, pas vous ! Allez,
relevez-vous, personne ne vous a vu ! Vous n’aurez pas de pénalités, je ne
dirais rien ! Allez ! s’époumonait elle en s’inquiétant. Pourquoi ne vous
relevez vous pas ?

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Dans sa détresse, une voix étrange s’éleva :

- Ils ne peuvent pas. déclara-t-elle.


- Qui me parle ? Où êtes-vous ? Pourquoi vous cachez vous ?
- Mince ! Le cornu soit damné !
- Hein ?
- Je ne peux… Bref, tu ne peux pas me voir !
- Et pourquoi ? Qui êtes-vous ? Où êtes-vous ? Et pourquoi ne se relèvent
ils pas ?
- Doucement ! Je vais répondre à toutes tes questions. Je suis invisible, tu
ne peux donc pas me voir ! Je suis une créature venue d’un monde
parallèle, assimilable à ton monde. Je suis juste devant ton nez, et ils ne se
relèvent pas car tu les as endormis, ce sera plus facile comme ça.

Elle avait écouté tout ça la bouche ouverte, et elle restait sans voix. Puis elle
demanda tout de même :

- Comment les ai-je endormis ? Je leur ai dit que c’était un sort qui
endormait seulement les ennemis !
- Faux ! Il endort tous ceux qui se trouvent dans un rayon de 15 mètres en
dehors du cercle de pétale. D’ailleurs ta prononciation était pas mal dans
le genre !
- Je ne comprends rien ! Ah ! J’ai compris ! C’est pour la caméra cachée ?
- Qu’est-ce que la caméra cachée ? Une sorte de cornu invisible ?
- Vous vous moquez de moi ! C’est une machine pas un monstre !
- Ils connaissent tes machines dans les royaumes où tu évolues ?
- Non mais…
- Eh bien ! Pourquoi me prends-tu la tête ? Peut-être s’est il trompé… finit
il à voix basse.
- Qui donc s’est trompé ?
- L’Oracle ! C’est lui qui m’envoie te chercher ! Bon... Allons-y !
- Je n’irais nulle part avec vous ! On me cherchera et la police vous
retrouvera !
- Personne ne te cherchera, puisqu’ils ne se souviendront pas de toi. Tu
seras effacé de la mémoire de toutes les personnes que tu connaissais !
- Mais …
- Pas le temps ! Tu n’as pas le choix allons y !
- Mais pourquoi moi ? Et où ? Et comment ?
- Tu verras bien ! Allez !

L’Oracle

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Nina ouvrit les yeux sur ce qui ressemblait à un observatoire astronomique,
enfin ca y ressemblerait si les observatoires avaient des murs transparents et
étaient situés dans l’espace. Essayant de reprendre ses esprits, elle se leva et
appela son étrange compagnon invisible, sans réponse. Elle décida donc de
s’aventurer plus loin dans cette salle étrange.
En y regardant de plus près, Nina s’aperçut que c’était plus un dôme qu’une
salle, et les murs, le plafond et le sol étaient constitués d’étoiles.
En s’approchant d’un des murs, elle remarqua qu’il changeait d’apparence,
comme si une scène se déroulait devant ses yeux. Des hommes étaient répartis
en deux groupes, tous en robes. Les uns étaient noirs comme la nuit et les autres
blancs comme la neige, et se disputaient violemment. Nina ne pouvait pas
entendre ce qu’ils disaient, mais avant d’y voir plus clair, certains membres des
deux groupes partirent ensembles, en arrachant leurs robes. Puis la scène
s’effaça et le mur redevint ce qu’il était : un ensemble d’étoiles, plus belles les
unes que les autres.

- Mais qu’est-ce que c’est que cet endroit ? s’interrogea Nina.


- Il a bien des noms, mais le plus commun est le panthéon. lui répondit une
voix claire, mais puissante.
- Qui... Qui me parle ??
Elle était affolée et avait depuis longtemps abandonné la possibilité de
comprendre quoi que ce soit, quand les étoiles formant la salle s’illuminèrent, et
apparut comme par magie plusieurs trônes. Trois sièges, magnifiques,
semblables mais en même temps totalement différents. Celui de gauche était
d’un noir ébène, un homme en robe noir était assis dessus, très beau, jeune, qui
la dévisager d’un air mystérieux. Celui de droite était son inverse, en marbre
blanc, lumineux, il servait de siège à un homme tout de blanc vêtus, sa robe
immaculée rayonnait de lumière et on aurait dit le frère jumeau de son opposé.
Logique, se dit Nina sans savoir pourquoi.

Le siège du milieu était vide, et intriguait fortement Nina. Il semblait dans une
autre dimension, apparaissant vaguement, puis disparaissant, comme s’il n’était
pas vraiment là tout en l’étant un peu. On aurait dit qu’il hésiter à venir prendre
place dans la pièce. Les deux hommes le regardaient aussi d’un air effrayé chez
l’homme en noir, et espérant pour l’homme de lumière.

Puis leur attention retourna sur Nina, qui rougit, certaine que c’étaient des
personnes influentes, très importantes, sans savoir d’où lui venait cette certitude.
Ils inspiraient un respect peu commun, un charisme imposant émanait d’eux.

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- Bienvenue Naïa, nous t’attendions depuis longtemps. déclara l’homme en
blanc.
- Mais qui êtes vous ? Et je m’appelle Nina, pas Na… euh, pas comme
vous dîtes !
L’homme parut étonné, mais continua.

- Nous manquons à tous nos devoirs. On m’appelle Justarius et voici


Natherian. As-tu fait bon voyage ?
- Mais on est où ? Si c’est une rançon que vous voulez, je ne possède rien !
- Une rançon ? Mais qu’en ferions-nous ? C’est toi que nous voulons, toi et
l’espoir que tu apporteras à notre monde.
- Je ne comprends rien… Ramenez-moi dans la forêt, je ne dirais rien à la
police je le jure !
- Nous ne pouvons pas te ramener, ta véritable place est ici, parmi nous.
- Je… J’exige des explications, en quoi ma place est ici ?

Natherian, qui n’avait soufflé mot depuis le départ regarda Justarius avant de
parler.

- Mon frère, ne serait-ce pas mieux de lui expliquer ce que l’Oracle nous a
dit ? Qu’on en finisse !
- Tu as raison. Naïa, tu es ici par volonté de l’Oracle qui nous a dévoilé ta
véritable cachette. Tu étais perdue depuis si longtemps, et nous t’avons
enfin trouvée !
- Hein ? Je n’étais pas perdue, je faisais un jeu de rôle dans la nature ! Ce
sont mes parents qui vous ont fait me chercher ? Et c’est quoi cette
histoire d’Oracle ?
- Tu... Tu ne comprends toujours pas ?
- On perd notre temps ! s’énerva Natherian.
- Ouais, on perd notre temps ! Alors maintenant ramenez moi chez moi !
- Laisse-moi t’expliquer, ouvre ton esprit et regarde.

Sans qu’un mot de plus ne soit dit, Nina se vit se disputer avec d’autres
personnes, dont Justarius et Natherian et disparaitre dans une flopée d’étoile.
C’était elle, mais sans en avoir l’apparence, elle ne comprenait toujours pas et
Justarius le ressentit aussitôt.

- Tu es des nôtres, Naïa, mais lors de ta venue au monde, l’Œil a déclaré


que ton rôle ne viendrait que plus tard, beaucoup plus tard ! Tu l’as mal
pris et tu t’es enfuie !

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- Je ne comprends rien ? Vous êtes fous ? Je ne me suis jamais enfuie, je
suis venu au monde en 1985 et jamais aucun Œil n’a jamais voulu
contrôler mon destin ! Ma mère à la limite, et encore, elle n’a pas réussi !
- Justarius, ne vois-tu pas qu’elle n’a aucun souvenir de sa vie passée ?
Naïa s’est réincarné en elle, et elle ne le sait même pas ! Et c’est censé
être le seul espoir de la Magie ? Qu’on soit maudits !
- Peut-être… songea Justarius. Naïa, que sais-tu de la magie ?
- Euh… Ben dans nos jeux de rôles, on lance des sorts, on invoque la
magie, et on se marre bien, mais c’est pour s’amuser ! Ce n’est pas réel !
- Dans ton monde peut-être, mais ici, c’est plus que réel. Vois-tu je
représente la magie communément appelé magie blanche, et Natherian
représente la magie noire. La scène que tu as aperçue plus tôt représente le
commencement de la Guerre des Mages, qui est en train de nous épuiser
mon frère et moi.
- Alors… Vous êtes des Dieux ?
- Effectivement, et toi aussi Naïa. Ne t’es jamais tu demandé d’où te venais
ton intelligence, ta beauté et ta passion pour la Magie ? L’Oracle nous l’a
révélé, tu es celle qui doit mettre fin à cette Guerre !

Nina était abasourdie, ne savait pas quoi dire. Justarius attendait patiemment une
réponse tandis que Natherian soupirait.

- Je crois qu’il y a une erreur là, je suis une femme comme une autre, et ma
passion pour la Magie est une passion comme les autres, je ne suis pas la
seule !! Et je ne comprends pas comment je pourrais mettre fin à votre
Guerre débile ! Vous êtes des Dieux, faites tomber des éclairs et réglez
tout ca !
- Ce n’est pas aussi simple. Vois-tu, les personnes douées pour la Magie
puisent leur puissance dans notre énergie et le savoir qu’ils ont
accumulés ! Et notre énergie se reconstitue grâces au culte qu’ils nous
vouent ! Mais depuis que les Renégats ont rejetés notre culte, tous les
sorts qu’ils lancent nous épuisent, et cette énergie ne nous ait pas rendue !
A cause de leurs agissements, la Magie dans son intégralité est menacée
de disparaitre. Ce qui serait un drame aussi bien pour nous, que pour ce
monde.
- Mais je ne suis pas de ce monde ! Je viens de la Terre !
- On va faire simple, car ca m’énerve là ! dit Natherian. Notre sœur Naïa
s’est enfuie dans ton monde, monde jumeau du nôtre, il y a de cela près de
vingt mille de tes années. Les légendes concernant les licornes, les
dragons, et la magie dans sa généralité, viennent de notre monde, ils n’ont
jamais existé dans ton monde ! Elle a apparemment abandonnée son
immortalité pour s’incarné dans des humains au fil des années ! Mais tu es
arrivée, regroupant toutes ses qualités et ses dons ! Et tu es censé prendre

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ta place parmi nous, afin que les Renégats te vouent un culte et qu’ils
arrêtent de précipiter la fin de la Magie ! C’est plus clair la ?
- Euh… Oui. Mais je dois faire quoi ?
- Déjà nous allons te rendre ta mémoire pour que tu comprennes le monde
qui est le notre, et il te faudra retrouver tes pleins pouvoirs qui t’ont été
enlevés lors de ta fuite. Pour cela, tu devras aller trouver l’Oracle.

Nina, enfin Naïa de son véritable nom, avait accepté cette histoire étrange et
comprenait enfin pourquoi elle ne s’était jamais vraiment sentie chez elle sur la
Terre.

- Et où se trouve-t-il ? Je claque des doigts et je me retrouve devant lui ?


- Non, répondit Justarius, visiblement amusé, personne ne peut trouver
l’Oracle sans le chercher. Les seules fois où nous l’avons vu, c’était dans
nos rêves. Tout ce que je peux t’indiquer c’est qu’il est sur Berranyca.
Nous allons t’envoyer sur Berranyca et il te faudra entreprendre un long
voyage pour le trouver. Il est évident que tu ne dois pas dévoiler ta
véritable identité aux Berranyciens, et que tes pouvoirs magiques seront
limités jusqu'à ce que tu retrouves ta véritable force. Maintenant,
approche.

Alors que Naïa approchait de Justarius, le trône du milieu brillait plus


intensément, comme voulant prendre véritablement place dans la pièce et quitter
son état fantomatique. Justarius tendit sa main et la mit sur le front de Naïa, qui
se sentit totalement épuisée, puis soudainement en pleine forme. Elle comprenait
maintenant que tout ce qu’elle avait entendu et pris pour une histoire de fou
jusqu'à présent était vrai et qu’il fallait que l’ordre soit rétabli ! Après un clin
d’œil de Justarius et un rictus de Natherian, elle ferma les yeux en se jurant de
trouver cet Oracle.

Berranyca

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Naïa se réveilla à l’aurore, le ciel était embrasé de mille feux, rien dans sa
mémoire n’égalait ce spectacle. Le ciel, d’un azur pur, se fondait au firmament
avec les reflets rouges et orangés du soleil levant. Mais ce qui relevait ce
spectacle au statut d’unique, c’était ce vert flamboyant qui provenait de… D’un
autre soleil ? Une énorme émeraude lumineuse dans le ciel ? Impossible cela ne
pouvait exister !! Puis tout lui revient en tête, elle n’était pas sur la Terre, mais
sur Berranyca… Que de changements ! Il fallait qu’elle s’habitue à ce que
l’impossible devienne normal.

Elle se releva difficilement, courbaturée comme endolorie par une nuit passée
par terre. Ce qu’elle avait visiblement fait, à en voir le tapis de feuille qui lui
avait servi de lit pour la nuit. Debout, elle se sentie mue par une volonté
inflexible : il lui fallait trouver l’Oracle ! Oui, mais comment ? Sa volonté
vacilla. Par où débuter ? Il était évident qu’en allant voir le premier venu et en
lui demandant son chemin, si elle lui parlait d’Oracle, elle se heurterait à un mur
d’incompréhension…

- Je fais quoi maintenant ? hurla-t-elle à l’intention des frères divins.


- Pas la peine de crier, je ne suis pas sourd ! lui répondit une voix familière.
- Hein ? Qui est là ? Montrez-vous !
- Je suis là, à côté de toi !

En se retournant, elle aperçut celui qui l’avait embarqué dans cette folle
aventure. Une sorte de diablotin, à la peau jaune verdâtre, qui voletait si près
d’elle qu’elle en sursauta. Ses yeux bleus étincelants rappelaient le ciel, purs,
mais effrayants tant cela jurait avec son corps difforme ! Une intelligence
malsaine se lisait dans ses yeux et un rictus lui déformait continuellement le
visage.

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