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L'armée française accusée d'aider les forces

rwandaises
16 février 1993

Un porte-parole de l'Organisation de l'unité africaine, cité par Reuter, a accusé les troupes
françaises de participer aux combats aux côtés de l'armée gouvernementale rwandaise. «Les
troupes françaises ont bombardé les positions rebelles au sud de Ruhengeri», a notamment
déclaré le représentant de l'OUA, membre d'une mission militaire internationale chargée de
faire respecter le cessez-le-feu bilatéral signé l'an dernier à Arusha, en Tanzanie. «Les troupes
françaises sont stationnées à Nyakinama, à quelque 80 kilomètres de la capitale Kigali», a
précisé le porte-parole. Un second témoignage, émanant d'un proche du gouvernement
rwandais, affirme pour sa part que les troupes françaises ont bombardé des positions rebelles
avec «des armements sophistiqués». Le porte-parole du Quai d'Orsay a aussitôt démenti ces
informations qualifiant à'«intoxication» et de «mauvaisefoi» les accusations portées contre l'ar
mée française. Les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) - qui recrute dans la minorité
tutsi opposée à l'ethnie majoritaire hutu, au pouvoir - ont lancé la semaine dernière une
offensive contre l'armée rwandaise dans le nord du pays. Hier, alors que les combats se
poursuivaient à trente kilomètres de la capitale, Kigali, le gouvernement rwandais a décidé
d'une trêve d'une semaine à partir de lundi minuit et appelé le FPR à un cessez-le-feu.
D'après AFP, Reuter