1- 1 – Comment analyser la structure

sociale?
TD 2 –
La classification de la
population en catégories
socioprofesssionnelles

Sociologie

I – Classes, stratification et mobilité sociale
Les indications du programme
On présentera les théories des
classes et de la stratification
sociale dans la tradition
sociologique (Marx, Weber) ainsi
que leurs prolongements
contemporains et on s'interrogera
sur leur pertinence pour rendre
compte de la dynamique de la
structuration sociale.
Notions: catégories
socioprofessionnelles
Introduction - Pourquoi une classification
de la population ?
Viser à un savoir scientifique sur la stratification impose le passage obligé par la
construction d’outils, notamment statistiques qui doivent permettre de recueillir et
quantifier des données. La difficulté de l’exercice est attestée par l’existence de
nomenclatures, parfois fort différentes, d’un pays à un autre. Elles doivent résoudre le
double problème d’être opératoire, c’est-à-dire permettre des classements sans ambiguïté,
tout en étant socialement pertinente si on qu’elles aient un intérêt. (…)
Empruntons à Giddens sa conclusion sur la difficulté à construire une classification dans
une société en perpétuelle transformation et pour lui le plus important est de saisir le
processus de formation/effacement des classes sociales. En d’autres termes, il faut se
méfier de la dimension de réification de la réalité sociale que comporte toute classification
ce qui veut dire qu’elle doit être régulièrement revue et mise à jour en tenant compte des
évolutions, c’est ainsi que la nomenclature par PCS devrait sans doute intégrer les
transformations du marché du travail en matière de statut professionnel (précarité, flou de
plus en plus grand entre statut d’indépendant et de salarié).
Source: Rectorat de Clermond-ferrand,ici
Questions:
1. Quel est l’objectif d’une classification en groupes sociaux de la population ?
2. Quelles doivent être ses caractéristiques pour qu’une telle classification pour qu’elle
soit pertinente?
I - La classification des PCS

Le but est de classer l’ensemble de la population
en un nombre restreint de grandes catégories
présentant chacune une certaine homogénéité
sociale
Diapos 5 à 12
Source ;La nomenclature des PCS
www2.cndp.fr/RevueDEES/Documents/Festa
s.pp
A - La logique de construction

 Groupes socioprofessionnels :au nombre de 8 (code à 1 chiffre)

 Catégories socioprofessionnelles : plusieurs dizaines (code à 2
chiffres)

 Professions plusieurs centaines (code à 3 chiffres + une
lettre)





Une nomenclature structurée en trois niveaux emboîtés
une construction arborescente
Exemple : Le groupe «ouvriers»
Groupe 6
Ouvriers
Ouvriers
qualifiés
CSP 61
Ouvriers non
qualifiés
CSP 66
Ouvriers
agricoles
CSP 69


6
69
691b
berger,
garçon d’écurie
aide d’élevage,
trayeur, etc.
Exemple : Le groupe «ouvriers»
1- Les critères retenus par l’Insee

2 bis

Secteur
d’activité ?
3 bis

Nature
du travail ?

3

Qualification ?

2

Statut ?
1

Activité ?
Principaux
critères
Télécharger la PréAO au format pps
2 – La nomenclature


 6 pour les actifs

 2 pour les inactifs




a– Le classement des actifs

Groupe 1 : Agriculteurs exploitants (AE)

Groupe 2 : Artisans, commerçants et chefs d’entreprise (ACCE)

Groupe 3 : Cadres et professions intellectuelles supérieures (CPIS)

Groupe 4 : Professions intermédiaires (PI)

Groupe 5 : Employés (E)

Groupe 6 : Ouvriers (O)
Groupe socio-
professionnel
Critère(s) utilisé(s)
Agriculteurs exploitants
(AE)
Artisans, commerçants et
chefs d’entreprise (ACCE)
Cadres et professions
intellectuelles supérieures
(CPIS)
Professions intermédiaires
(PI)
Employés (E)
Ouvriers (O)
Remplir le tableau suivant
a– Le classement des actifs

 Groupe 7 : Retraités (R)

 Groupe 8 : Autres personnes sans
activité professionnelle (APSAP)
b– Le classement des inactifs
Conclusion- Une double classification
Un rapport demandé à l’IGAS et
au CGAAER par le ministre de
l’Agriculture et le Haut
Commissaire aux solidarités
actives
B – Quelles utilisations ?


L’emploi par catégories socioprofessionnelles dans l’espace rural
Agriculteurs
exploitants
Artisans,
commerçants
chefs
entreprise
Cadres,
professions
intellectuelles
supérieures
Professions
Inter-
médiaires
Employés Ouvriers Total
Part de
chaque CSP
dans l’emploi
rural

7,4 % 8,0 % 7,0 % 18,9 % 27,1 % 31,5 % 100 %
Part de
l’emploi rural
dans l’emploi
total par CSP

59 % 23 % 7,7 % 13,1 % 16,2 % 22,9 % 17,0 %
1– L’utilité de la classification des PCS
Questions:
1. A priori selon vous , quelle CSP devrait être dominante dans l’emploi rural ? Est-ce le cas ?
2. Donnez le mode de lecture et de calcul des chiffres soulignés
3. Quelle catégorie est la moins représentée en zone rurale?
4. Tous les agriculteurs travaillent-ils dans une zone rurale ?

MBW – CNLE - 26.05. 2010



2- Des migrations qui accentuent le déficit de qualification



Catégorie socioprofessionnelle des migrants (15-64 ans ) dans une zone rurale


CSP des migrants Part dans l’ensemble
Retraités (de moins de 65 ans) 13,2 %
Sans activité professionnelle (non
retraités – dont étudiants)
17,2 %

Ouvriers

16,0 %

Employés

21,2 %

Professions intermédiaires

17,7 %

Cadres sup, professions
intellectuelles
8,8 %
Artisans, commerçants, chefs
d’entreprise
5,0 %
Agriculteurs exploitants 0,8 %
Questions;
1. Quelles sont les
caractéristiques
des migrants dans
les zones rurales?
2. En quoi cela peut-
il expliquer le titre
du rapport ?
1– L’utilité de la classification des PCS
Cet outil s’est avéré précieux pour étudier la structure sociale.
• Il a permis par exemple de mesurer le déclin des
travailleurs indépendants (Groupes 1 et 2)
• L’essor des ouvriers jusqu’en 1975 puis leur déclin
• La progression du nombre de salarié non ouvriers
(employés, PI, cadres)

 L’utilisation des PCS
• facilite la description des pratiques sociales.
• Les inégalités de revenus, de patrimoine, de
consommation ainsi que les différences de modes de vie
sont mieux cernés
1– L’utilité de la classification des PCS
2 – Les limites de la classification des PCS
a – L’existence d’autres critères de différenciation
La remarque est valable pour bien d'autres éléments de la
différenciation sociale, qui n'apparaissent pas au sein des CSP, mais
qui découpent aussi la société et les pratiques sociales: le revenu ou
le diplôme, évidemment, mais aussi l'appartenance ethnique, la
localisation géographique, l'âge ou le patrimoine notamment.

Source : Vincent MARCUS, Louis MAURIN, Les catégories
socioprofessionnelles changent de look, Alternatives Economiques
n° 180 - avril 2000
Questions:
1. Quels autres critères de différenciation structurent la société?

Les élites, ou ce qui en tient lieu, ne sont pas distinguées dans la
nomenclature. Sans entrer dans la discussion de ce concept, on peut
difficilement récuser l’existence de cercles dirigeants dans un
certain nombre de « champs » de la réalité sociale (monde des
affaires, administration publique, université, recherche, arts et
sciences, monde
politique et syndical).
Source : Serge Bosc, Stratification et transformations sociales. La
société française en mutation, collection Circa, Editions Nathan,
1995
Questions:
1. Quel groupe n’apparaît pas dans la nomenclature?
2. En quoi cela pose-t-il un problème ?
a – L’existence d’autres critères de différenciation
Élaborée au tournant des années 1980 et 1990, la nomenclature PCS est-elle encore
pertinente ? Certaines en doutent au vu de l’ampleur des évolutions qu’a connues la société
française depuis 20 ans. De fait, la structure des emplois s’est modifiée, de nouveaux
métiers, de nouveaux champs professionnels sont apparus, (Cf. l’informatique, la
communication), certaines professions ont été reclassées (instituteurs). L’explosion des
emplois dans les services fragilise la nomenclature du groupe « employés » (discordances
grandissantes entre emplois « qualifiés » et « non qualifiés » alors que la nomenclature est
muette sur ce point).
Surtout les transformations majeures du marché du travail ont généré des
clivages transversaux au sein des groupes sociaux: les emplois précaires et le
chômage à répétition concernent des effectifs toujours plus importants, surtout parmi
les jeunes. Le chômage de longue durée affecte durablement certains segments de la
population. D’où des oppositions entre « stables » et « vulnérables », intégrés et
marginalisés dont la nomenclature ne rend pas compte.

Source : Serge BOSC, Stratification et classes sociales, Armand Colin, 2008
Questions:
1. Quelles transformations rendent la classification des PCS caduque aujourd’hui?
b – Une classification en partie inadaptée
aujourd’hui
Les CSP sont l'objet d'une critique plus radicale. Pour une sociologie que l'on peut
qualifier de postmoderne, notre société est de moins en moins structurée et divisée
en groupes sociaux. Michel Maffesoli voit ainsi venir le "temps des tribus" , des
groupes qui rassemblent les individus à travers des réseaux qui se forment par
affinités et expériences individuelles. Les forums sur Internet forment l'archétype
de ces réseaux. Dans cette perspective, l'affaiblissement des normes collectives et
des contraintes du groupe aboutirait à une société d'individus atomisés: les CSP
n'auraient plus beaucoup de sens. Cette société postmoderne se caractériserait par
une immense couche moyenne salariée -au point que cette dénomination perdrait
toute signification: plus personne n'est moyen si tout le monde l'est…
Source : Vincent MARCUS, Louis MAURIN, Les catégories
socioprofessionnelles changent de look, Alternatives Economiques n° 180 - avril
2000
Questions:
1. En quoi le « temps des tribus » remet-il en cause la nomenclature des PCS ?


b – Une classification en partie inadaptée
aujourd’hui
II – La classification européenne
(pour les plus motivés)
John Goldthrope
Introduction - Pourquoi une classification
européenne ?
A :
La Commission européenne a commandé à partir du milieu des années 90, alors que
l’harmonisation des statistiques sociales s’intensifie, une série d’études sur la possibilité
d’élaborer une nomenclature socio-économique européenne. Pendant la période 1996-
2004, chercheurs et statisticiens, français et britanniques pour la plupart, rivalisent d’expertise
et de propositions.
Source: Cécile Brousse*, INSEE 2008

B :
Le chantier est crucial. Cet outil européen est en effet indispensable pour mieux comprendre
comment fonctionnent nos sociétés, quels sont les différents clivages entre les groupes
sociaux, de l'école aux revenus en passant par l'emploi, dans quelle mesure ces sociétés se
ressemblent ou se différencient. Mais l'exercice est aussi délicat car il s'agit de mettre
d'accord des chercheurs issus de cultures statistiques très différentes selon les pays.
Source: Louis Maurin ,Alternatives Economiques n° 240 - octobre 2005
Questions:
1. Pourquoi la Commission européenne souhaite-t-elle une nomenclature commune?
2. Quelles sont alors les difficultés d’une telle démarche ?




A : La nouvelle classification, réalisée au Royaume-Uni, ressemble à la
nomenclature britannique, qui s'inspire des schémas développés par les sociologues
Robert Eriskon et John Goldthrope . Les deux principaux critères utilisés sont la
propriété des moyens de production, mais surtout le type de relations de travail entre
le salarié et son employeur (autonomie, capacité de décision, etc.).
Source: Louis Maurin ,Alternatives Economiques n° 240 - octobre 2005
B:
Selon le schéma de classes de Goldthorpe, les comportements sociaux s’expliquent
par la position des individus sur le marché du travail et pour les salariés, en
particulier, par le type de relation qui les unit à leur employeur.
Parmi les salariés, le type de relation va d’une subordination strictement définie
dans le contrat de travail, à des relations beaucoup plus souples et informelles
laissant une large autonomie au salarié.
Source: Cécile Brousse*, INSEE 2008
Questions :
1. Quels sont les facteurs à la base de la nomenclature? Quel est le plus important?
2. Quelles peuvent être les deux formes de relation du travail ?
A– Une nomenclature d’inspiration britannique :
La classification de Goldthorpe
A – La classification de Goldthorpe
Diapos 20 à 24 Source: lycees.ac-rouen.fr/flaubert/spip/.../representations_classes.pp..

A– Une nomenclature d’inspiration britannique :
La classification de Goldthorpe
Diapos 18 à Source: lycees.ac-rouen.fr/flaubert/spip/.../representations_classes.pp..

A– Une nomenclature d’inspiration britannique :
La classification de Goldthorpe
A– Une nomenclature d’inspiration britannique :
La classification de Goldthorpe
Le schéma à 7 classes de John Goldthorpe
Contrairement à la nomenclature française des PCS (Professions
et catégories socioprofessionnelles) élaborée à partir des
catégories empruntées aux conventions collectives et au statut de
la Fonction publique, ESeC s’appuie sur un cadre théorique et
revendiqué, connu sous le nom de « schéma de classes de
Goldthorpe »
Source: Cécile Brousse*, INSEE 2008
Questions:
1. Quelles différences de logiques obsverve-t-on entre la
classification de l’INSEE et celle de Goldthorpe?
B - Différences entre les 2 schémas
EGP

 fondement théorique:
employeurs/employé,
type de contrat et de
relation à l’emploi
 2 versions : 11 ou 7
classes, voire 3 ou 5
classes

CSP

 pas de fondement
théorique réel.
Fondement historique
et pratique

 version très détaillée :
PCS en 489 postes

B - Différences entre les 2 schémas
L'un des points forts de cette nomenclature est de rassembler ouvriers et
employés peu qualifiés, qui partagent souvent des modes de vie communs.
Source: Louis Maurin Alternatives Economiques n° 240 - octobre 2005
Questions:
1. Quelles sont les différences entre les deux nomenclatures ?

B - Différences entre les 2 schémas
Conclusion
"I l s'agit d'une réponse technique pas complètement satisfaisante à un problème
réel: on ne peut comparer les sociétés européennes aujourd'hui, du fait de
l'absence de nomenclature, mais aussi du fait des difficultés d'accès aux données",
analyse Louis Chauvel, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris. L'un des
points forts de cette nomenclature est de rassembler ouvriers et employés peu
qualifiés, qui partagent souvent des modes de vie communs. "En l'état, c'est plutôt un
outil de synthèse qu'une véritable classification des relations d'emploi, pour
lesquelles on manque de critères objectifs d'appréciation. En outre, le clivage public-
privé n'est pas utilisé", complète Dominique Goux, de l'Insee, qui a participé aux
travaux. Cette nouvelle version est maintenant en phase de test par les différents
instituts nationaux.

Source: Louis Maurin Alternatives Economiques n° 240 - octobre 2005
Questions:
1. Quels ont les apports de cette nomenclature européenne? Les limites?
2. Expliquez la phrase soulignée.


Conclusion
A partir de 2007, les institutions de statistiques nationales ont eu à évaluer cette nomenclature
ESEC. Les critiques ont été nombreuses : par exemple, ESEC serait mal adaptée aux pays du
sud de l’Europe, où le critère de la relation d’emploi serait moins important que la distinction
entre indépendants et salariés. Ou encore, le projet aurait vocation à proposer une grille
universelle, mais en réalité il serait très « idiosyncratique »… à la société britannique. Pour
d’autres chercheurs, on ne parvient pas à valider empiriquement la théorie de la relation
d’emploi… Les critiques formulées par l’INSEE et la DARES portaient aussi sur l’absence de
considérations en termes de pratiques culturelles ou de modes de consommation. Ensuite, on
peut montrer que les relations d’emploi ne sont pas stables dans le temps, en particulier la
catégorie de « superviseur » distinguée par la nomenclature ESEC est soumise à une très forte
mobilité, ce qui pose problème pour la considérer comme une catégorie en soi. Dans un autre
registre, Thibault de Saint-Pol a montré que la nomenclature est très peu heuristique pour
analyser les pratiques culturelles. Enfin, l’INSEE s’est beaucoup intéressé à la réception de la
nomenclature par le grand public, en partant d’un étonnement suscité par le fait que les intitulés
de la nomenclature diffèrent dans la version pour les chercheurs et dans la version pour le
grand public. Une enquête sur 4000 personnes a montré que 17% des enquêtés ne parviennent
pas à s’identifier à une catégorie
Source: http://pierremerckle.fr/2011/10/qui-a-fait-disparaitre-les-classes-sociales/ (2011)
Questions:
1. Quels sont les critiques opérées à l’encontre de cette nomenclature européenne?

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