n° 1 38 - Octobre 201 4

www.fo38.fr

Photographie : Gabriel Ducrot

Photographie : Gabriel Ducrot

Zoom sur le PSE
p. 3

Succès
chez Main sécurité
p. 1 1

François Gonzalez
"L'ouvrir ne suffit pas"
p. 1 2

E d it o ri a l
Les provocateurs !

Seyssinet-Pariset

Loomis :
FO tient ses promesses

Ne pas faire de promesse en l'air permet à
FO d'être, chez le transporteur de fonds
Loomis, un partenaire social estimé et
écouté, tant des salariés que de la direction.

Acte 1

C’est à l’université d’été du Medef
que le Premier ministre à rendu public son idylle avec le monde économique. "J’aime l’entreprise" déclarait-il fièrement gominé et applaudi à tout rompre par un auditoire conquis.

Acte 2

Passé la crise avec ses "frondeurs"
le Premier ministre demande le
renouvellement de la confiance à
sa majorité parlementaire.

Acte 3

A la veille de la conférence de
presse du Président de la République, des fuites bien orchestrées
distillent les revendications du
Medef… toujours pas satisfaites.
Le patronat rappelle ainsi à son
nouveau héros qu’en amour, seules les preuves valent.

Epilogue

Même si le gouvernement se défend de vouloir toucher ou remettre
en cause le temps de travail ou le
code du travail, l’expérience nous a
appris à rester sur nos gardes.
D’autant que l’insipide conférence
de presse du chef de l’Etat est largement perçue par les commentateurs comme le va-tout libéral
que va jouer dorénavant ce tandem
solidairement embarqué.
Mais combien de temps avant
rupture ? Tout n’estpas sous contrôle, comme l’a montré le couac du
nouveau jeune Ministre de l’économie ne percevant que des illettrés
chez Gad (Entreprise bretonne touchée par une fermeture de site).
Ses promptes et plates excuses
présentées en urgence dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale
ont désamorcé la bombe sociale…
Mais décidément non, la pièce
n’est pas finie !
Jean-Pierre Gilquin,
Secrétaire général.

Sur le site de Seyssinet Loomis emploie 80
salariés, dont 90 % sont adhérents ou sympathisants de FO. Au niveau national, régional, local, FO est majoritaire et les élections de 2015 ne devraient pas changer la
donne. La force de FO c'est aussi de présenter des candidats dans tous les collèges et
d'utiliser toutes les compétences.
Pour Stéphane Nicolas, délégué du personnel
sur Seyssinet et délégué syndical pour la
zone Rhône-Alpes-Auvergne : "Les salariés
ont confiance en nous, les promesses sont
tenues. Si on ne peut pas aboutir on le dit
sans ambiguïté".

"Quand il faut monter au créneau, on y va"

Les délégués, disponibles, répondent toujours, quel que soit le moment. Stéphane
Nicolas le dit : "Le but ce n'est pas de créer
un conflit mais de l'éviter. On veut pérenniser
l'entreprise pour garder notre emploi, mais
quand il faut monter au créneau, on y va."
Chaque heure syndicale utilisée doit-être justifiée auprès des délégués syndicaux centraux. Il est hors de question de prendre des
heures pour rester chez soi.
A Seyssinet, FO aide et accompagne 15 salariés aux prud'hommes pour un problème de
nettoyage des vêtements. Ce nettoyage incombant à l'employeur était supporté par les

Stéphane : "FO chez Loomis, c'est une famille".

employés. Ils ont gagné même si l'employeur
va en cassation pour des raisons stratégiques. Le syndicat les soutiendra jusqu'au
bout. L'employeur a, depuis, mis en place
une carte de lavage pour chaque salarié.
Mais FO a aussi obtenu que tous les convoyeurs passent au maximum de leur coefficient, deux contrats à durée déterminée
seront en décembre transformés en contrats
à durée indéterminée, sans compter les évolutions de postes en interne.

Actif à tous les niveaux
En 2014, FO a obtenu 0,75% d'augmentation salariale après avoir obtenu 5% échelonnés entre
septembre 2012 et septembre 2013.
Quand FO arrive en réunion les dossiers sont
prêts, tout a été calculé, étudié. Et pour monter
ces dossiers il est fait appel à toutes les compétences.
Les salaires minimum sont au-dessus de la
convention collective et, dernièrement, une prime de risque conventionnelle a été obtenue
pour le personnel d'exploitation.
Métiers à risque et pénibles : un important travail a été fait pour la sécurité, la santé et la
protection des personnes. Les syndicats ont
obtenu :
- un congé de fin d'activité (CFA) : les salariés qui
ont un métier pénible peuvent partir en retraite à
57 ans s’ils ont 20 ans d'activité dans le transport de fonds.
- des équipements spéciaux (valises, fourgons,
sas de sécurité...) qui réduisent et protègent
contre les agressions.

La question

Risques psycho-sociaux

Le PSE n’est plus
ce qu’il était
Le PSE (Plan dit de Sauvegarde de l’emploi)
est obligatoire quand on supprime plus de 10
emplois sur une période de 10 jours dans
une entreprise de plus de 50 salariés. Première différence avec la situation qui prévalait avant la loi de Sécurisation de l’emploi,
entrée en vigueur depuis le 1er juillet 2013 :
l’Etat (Direccte) doit donner son aval… ou se
taire.

PSE... Belle hypocrisie puisque cette loi a…
fait baisser les recours tant les délais sont
devenus serrés, et compliquées les voies à
emprunter.
Ce qui ne veut pas dire qu’il ne fait pas se
battre y compris sur ce terrain. Mais il vaut
mieux être organisés et prendre un avocat.
C’est en effet maintenant la justice administrative – et non plus civile – qui intervient.

Ce PSE doit être signé par une ou plusieurs
organisations syndicales ayant recueilli au
moins 50 % des suffrages exprimés aux dernières élections dans l’entreprise. Mais si les
syndicats ne signent rien, l’employeur envoie
son PSE à l’administration.
La Direccte valide l'accord collectif (délai de
15 jours) ou homologue le document unilatéral (délai de 21 jours) en vérifiant le contenu, la régularité de la procédure et l’existence de procédures de reclassement et d’accompagnement des salariés licenciés.
Si l’administration pointe des irrégularités ou
des lacunes… il est devenu impossible de
faire durer le plaisir puisqu’il est, depuis
juillet 2013, licite de ne retravailler que les
manquements.
Toujours depuis juillet 2013, le PSE doit
prévoir les modalités de suivi du plan.

Résumons : le syndicat peut demander à la
Direccte de reconsidérer son accord… qui est
souvent validé par un silence. Il n’est jamais
mauvais de s’assurer que la Direccte a bien
compris de quoi il retourne !
Si la Direccte confirme, direction le tribunal
adminsitratif. Si ce dernier annule (il a 5
semaines) la décision de la Direccte au motif
que la procédure était irrégulière, les licenciements ne sont pas nuls. Ils le sont si la
décision est annulée au motif que le PSE
était absent ou insuffisant.

Les salariés doivent être informés de la
manière d’introduire des recours contre ce

Pour plus d’infos :
Pierre-Louis Ferretti 06 79 79 10 39.

Dernière minute : La Cour administrative de
Versaille a annulé la validation d'un PSE car
les délégués syndicaux qui ont signé l'accord
n'avaient pas été formellement confirmés
dans leurs mandat après les élections.

Bulletin d'adhésion
Union départementale des syndicats Force Ouvrière de l’Isère
Bourse du Travail - 32, avenue de l’Europe - 38030 Grenoble Cedex 02
tél. 04.76.09.76.36 – mel : udfo.38@laposte.net - site fo : www.fo38.fr
NOM ________________________________________ Prénom _______________________
Profession ___________________________________________ nationalité ______________
Date de naissance ____________ Lieu ____________________________________________
Adresse complète_____________________________________________________________
code postal __________ ville____________________________________________________
Tél. perso.________________ portable_________________ Mel _______________________
Nom de l’entreprise ___________________________________________________________
Adresse _____________________________________________________________________
___________________________________________________ Tél.______________________
Code N.A.F. de l’entreprise __________

(voir sur bulletin de salaire)

Convention collective ____________________

Date d’adhésion _____________________
A remettre à votre responsable syndical ou à adresser à FO ISERE (adresse ci-dessus)

(voir sur bulletin de salaire)

Signature :

Lundi 24 novembre, l’Union départementale FO de l’Isère organise
un colloque sur les risques psychosociaux (RPS), le stress, le burnout.
Autour de Jean-Claude Delgènes,
directeur de Technologia (Cabinet
d’expertise spécialisé notamment
sur les RPS), on comptera d’autres
intervenants.
La participation au colloque se fait
sur inscription au 04 76 09 76 36
ou udfo.38@laposte.net
(repas offert).

Service public

La Confédération FO a réalisé et
fait éditer un livre sur les services
publics de proximité dans les trois
versants de la Fonction publique :
Etat, hôpitaux, collectivités et dans
les organismes sociaux. Toutes les
missions publiques sont abordées,
avec de nombreux exemples locaux chiffrés.
Ce livre doit-être utilisé dans le
cadre des élections professionnelles de la Fonction publique,
mais il intéressera aussi tout citoyen qui souhaite savoir pourquoi
les fondements de notre République ont été considérablement
amputés.

Pour se le procurer :

04 76 09 76 36 ou en librairie (3€).

Abus de contrats précaires

Eurofloat a été condamnée, l’été
dernier, par le Conseil de prud’
hommes de Vienne, à verser entre
18 000 et 33 000 € à chacun des
4 salariés qui enchaînaient, depuis 3 à 6 ans, des contrats de
missions intérimaires (ou contrats
de mises à disposition).

En savoir plus sur

http://www.fo38.fr/?q=node/738

Rhodia

En 2010, FO perdait son siège au
comité d’établissement.
3 ans après, avec 27,59 % des
voix (tous collèges confondus), FO
récupère ce siège titulaire CE et un
siège suppléant. La CGT obtient
47,70 % et 3 élus, la CGC 24,71 et
2 élus.

votre correspondant sur l'Isére :
KLESIA
Coralie OYONARTE
Tel 06 08 56 89 51
coralie.oyonarte@klesia.fr
65, Bd Vivier Merle
69482 LYON Cedex 03

Fonction publique,
aux urnes le 4 décembre,
sur le terrain tous les jours
Chérif Boutafa,
secrétaire du groupement FO 38 des territoriaux :

"Avec les réformes des collectivités territoriales,
mal ficelées, les territoriaux conscients des enjeux pour
les salariés concernés préparent activement
les prochaines élections.
Objectif : défendre les salariés et le Service public".

Philippe Beaufort,
secrétaire départemental
de la Fnec-FP (Fédération nationale de l'Education,
la Culture et la Formation professionnelle) :

"Avec le Pacte de responsabilité et ses 50 milliards
d’euros de réduction des dépenses publiques destinées
à être reversées aux entreprises, le gouvernement poursuit et aggrave l'offensive contre les services publics et
remet en question le statut des personnels."

Philippe Valluit,
secrétaire du Centre hospitalier de Vienne :

"L'élection professionnelle de fin d'année
est très importante pour la représentativité de FO.
Nous porterons bien haut les couleurs de l'organisation, ses revendications.
Et, sur le terrain, chaque jour,
au plus près de chacun,
notre présence est essentielle".

Métropolisation

L’alignement par le bas
de fortes mutualisations.
Un oubli dans ce savant calcul d'énarque
est le coût de fonctionnement ! On ne
réalise pas d'économie si des déplacements importants deviennent nécessaires. Ceci démontre bien la volonté
primaire de réduire les effectifs, pas les
coûts. En effet, avec le concept de super
région, les centres de décision vont
s'éloigner et le service public de proximité va fatalement se dégrader.
FO réclame la conservation de tous les
postes et l'alignement par le haut.

Force Ouvrière à répondu aux questions techniques et pointues des 150 personnes présentes.

La ruée des agents à une réunion
d'information organisée par FO en janvier
appelait une deuxième réunion. Elle s’est
déroulée le 11 septembre à Grenoble.
Johann Laurency, secrétaire fédéral
FSPS-FO (1) a décrypté les enjeux de la
réforme territoriale pour les salariés des
collectivités locales. L'objectif réel est de
réduire, sous les feux de la Cour des
comptes, la dépense publique via une

mutualisation. L'inégalité de traitement
sur le territoire va s'accentuer par le fait
d'être ou non une métropole générant
des différences importantes pour la qualité des services.
Une mécanique inquiétante est le
coefficient de mutualisation. Celui-ci est
calculé sur les salaires. La dotation des
collectivités sera plus favorable aux
fortes baisses, car elles sous-entendent

FO luttera contre cette soi-disant modernisation de l’action publique territoriale
et réclame son retrait. Dans la droite
ligne de la RGPP(2) signée par le gouvernement français, l'objectif unique est de
réaliser des économies imposées par
l’Europe.
(1) FSPS-FO : Fédération Force ouvrière des
Personnels des Services publics et des Services de
santé.
(2) RGPP : Révision générale des Politiques
publiques.

Education nationale

Salaires bloqués,
conditions de travail dégradées
La politique d'austérité menée par le
gouvernement est une attaque incessante contre le statut des fonctionnaires.
De plus, les salaires sont bloqués pour la
6ème année consécutive.

Dans le 1er degré, la réforme des
rythmes, atteinte à l’égalité républicaine
et au statut des fonctionnaires, est vigoureusement combattue par FO. Tout
comme l’annualisation du temps de travail et la remise en cause du plafond des
24 heures d'enseignement hebdomadaires.
Dans le second degré, c’est contre l'introduction des 1607h annuelles, avec horaires à la carte suivant les établissements, tâches "hors enseignement",
réunions en tous genres... que les
enseignants sont engagés.
Les personnels administratifs sont eux
aussi concernés par les restrictions budgétaires. Un seul exemple : l’instauration
des primes au mérite qui ont donc
individualisé les carrières, les avancements et les traitements.

Dans les Universités : FO combat la mise
en place des communautés d’universités
et d’établissements (COMUE) qui introduisent l’autonomie totale des universités, remettant en question, entre autres,
l’indépendance des enseignants chercheurs et le droit à mutation.
Partout les personnels n’en peuvent

plus. Les conditions de travail sont déplorables dans bon nombre de structures. Il
manque des enseignants devant les
élèves ; de nouvelles fermetures de classes, nombreuses, sont enregistrées et,
partout, il manque des personnels administratifs pour faire fonctionner correctement le système.

Santé

Zoom sur l’hôpital de Vienne
L'hôpital de Vienne est contraint par
l'ARS (Agence régionale de Santé) de se
soumettre à de drastiques économies
prévues par un "contrat de retour à
l'équilibre". Fin septembre un tiers du
personnel (plus de 500 salariés) s'est
mobilisé pour protester contre des
suppressions de postes, la fin des RTT
(réduction du temps de travail) et l’inc-

lusion de la pause déjeuner dans le
temps personnel (hors temps de travail).
L’entrée en vigueur de ce "contrat" est
prévue au 1er novembre. 300 salariés
qui ne sont pas en relation avec les
patients sont déjà sans RTT avec une
application stricte des 35 heures. Une
action judiciaire auprès du tribunal administratif s'est soldée par un échec.

Photographie : Gabriel Ducrot

Ajoutons qu’il existe, à plus long terme,
un risque de rapprochement avec les
Hospices civils de Lyon. C'est dans ce
contexte que se dérouleront les prochaines élections.
Philippe Valluit, responsable syndical, indique que l'équipe FO fera campagne en
portant les revendications nationales de
la fédération FO : abandon du gel du
point d'indice, évolution des carrières, reconnaissance des professions, maintien
de tous les postes, budgets pour fonctionner...
Très important, souligne Philippe est la
présence quotidienne de l’équipe FO
auprès des personnels. En contact permanent avec les agents en difficulté, elle
les écoute et défend.
Conséquence de ce travail continu, FO
est l’organisation qui présente le plus de
listes dans les commissions paritaires.
Ce n’est pas anodin : là se décide la
carrière de chacun des agents.

Télécharger les brochures pour les
élections : http://www.fosps.com/lesbrochures-professionnellestelechargeables-pour-les-elections/

La Poste

Défendre l'emploi et les services
Ils sont 4000 en Isère, pour moitié
fonctionnaires et pour l’autre moitié relevant de contrats de droit privé. Facteurs,
guichetiers, conseillers bancaires… Bref,
postiers.
4000 mais de moins en moins nombreux au fil du temps. De réorganisation
en réorganisation, la destruction des emplois est une longue histoire à La Poste.
"Productivité, chez nous, signifie suppression d’emplois", traduit Marie-Laure
Potier, secrétaire départementale du
syndicat FO de La Poste. "A chaque réorganisation, 1 emploi sur 10 passe à la
trappe", enchaîne-t-elle.
On ferme des bureaux. On casse des
organisations et lourd est le poids des
dégradations des conditions de travail.
On maintient les postiers à des niveaux
de salaire trop bas (environ 1100 € nets
mensuels pour un facteur débutant,
1500 € en fin de carrière).
Mais les postiers et leurs collègues non
fonctionnaires résistent, de plus en plus.
Sans grand mouvement national mais
site par site, posant forcément la ques-

tion d’un mouvement national qui mettrait un terme à une logique imbécile de
destruction de l’emploi et du service
public.
FO, cet été, a dit non à un projet d’accord
présenté par la direction. "Il nous était

dit, grosso modo, qu’il n’y aurait pas de
PSE (Plan de sauvegarde de l’Emploi)
mais qu’il nous faudrait gober un certain
nombre de choses", résume Hervé
Lorido, membre du bureau du syndicat.
Comme cela, les choses sont claires !

Police

Trouver des solutions

"Faire la liste de ce qui ne va pas, tout le
monde sait le faire. Proposer des solutions en se mettant autour de la table en
connaissant les dossiers jusque dans les
détails ; en apportant des solutions y
compris techniques… Beaucoup moins
de monde le fait. Nous le faisons", récapitule Daniel Chomette, leader isérois
d’Unité Police.
Il dit aussi : "La manière dont sont traités
les fonctionnaires en général est désastreuse : gel du point d’indice, réforme de
la retraite, conséquences sur les effectifs
de longues années de restrictions budgéraires…"

Être franc et honnête
Les policiers le savent mieux que
personne pour être en première ligne,
24/24 heures et tous les jours sans exception, sur le thème, ô combien sensible, de la sécurité des citoyens. "Il manque, à Vienne, 6 fonctionnaires pour
atteindre ne serait-ce que l’effectif de
référence, lui-même en deça des besoins
réels. Nous pourrions tout aussi bien
citer Bourgoin ou Voiron. Il arrive régulièrement que la police soit obligée de
reculer ou intervienne dans des conditions contraires aux règles de sécurité

des agents", ajoute le syndicaliste.
Le cahier revendicatif, l’équipe qui l’entoure (70 % des suffrages en Isère en
2010) la détaillerait sans difficulté : grille
indiciaire, valorisation des acquis de l’expérience (VAE) pour les adjoints de sécurité, (ex-emplois jeunes, défense des
policiers devant les tribunaux, soutien
sur le terrain médical, propositions d’activités de loisirs.

"Un syndicalisme prenant en compte le
policier dans son environnement. Une
action franche et honnête, indépendante
de l’administration et du gouvernement
quelle que soit sa couleur. Si nous ne
gagnons pas toujours, nous disons toujours pourquoi", a conclu Daniel Chomette. Il aurait pu ajouter qu’Unité Police
sait ce que sont les valeurs républicaines et le rôle essentiel des policiers
pour imposer leur respect.

Préfecture

Personnels pressurés,
citoyens malmenés
désormais plus que 300 à Grenoble.

Toutes les missions touchées
Toutes les missions de la préfecture ont
été touchées : les personnels assurant
l’accueil du grand public (documents
officiels) vivent une surcharge de travail
permanente.
Les délais s’allongent pour les usagers
dans l’attente aux guichets comme dans
le traitement des dossiers.
La préfecture de l’Isère souffre elle aussi
d’importantes réductions de moyens.
Frédéric Saulo, secrétaire de section du
syndicat FO préfecture précise que, depuis 1999, une cinquantaine de postes
ont été supprimés ou que des agents
n’ont pas été remplacés. Ils ne sont

La polyvalence et les surcharges touchent aussi les contrôles des actes des
collectivités locales. Le risque ici, en plus
du stress et de la pression qui augmente, est que l’Etat ne réalise plus sa
mission de contrôle des actes publics et
que les collectivités locales (mairies, départements, régions) commettent, volon-

tairement ou involontairement, des infractions aux lois ou au code de la concurrence, ou ne dérapent budgétairement.
Du pain béni pour qui l’a compris…
Enfin les missions du préfet (maintien de
l’ordre public, respect de la réglementation…) souffrent aussi du rabotage
exigé par Bruxelles et les gouvernements
successifs pour réduire la dépense publique.
Lors des élections de fin d’année,
l’équipe FO (aujourd’hui majoritaire à
près de 50 %) rappellera la nécessité de
remettre des effectifs localement. Avant,
pendant et après les élections, elle continuera à mettre tout en œuvre pour réduire les effets des mutulisations et
externalisations de services qui pressent
les salariés et dévastent l’égalité républcaine sur le territoire.

Transports
Le Comité fédéral national des
Transports, instance de direction
de la Fédération des transports,
s’est réuni du 30 septembre au 2
octobre à Grenoble.
Environ 70 responsables de syndicats de toutes les branches du
secteur, venus de tous les départements, ont fait le bilan des
actions menées depuis deux ans
et ont préparé les deux prochaines années.
Que ce soit dans le transport
urbain,
les
routiers,
les
ambulanciers,
etc.,
les
problèmatiques
dans
ces
secteurs ont été traitées.
Le secrétaire confédéral JeanClaude Mailly a assisté à une partie des travaux. Il a rencontré, à la
demande de ce dernier, le maire
de Grenoble à cette occasion.

Isère

L'Afoc avec les locataires
Gisèle Desbiolles, militante de l’Afoc (Association FO consommateurs) a fait montre de
pugnacité pour régler un différend entre un
locataire et une agence immobilière. L’Afoc a
obtenu gain de cause.
Pour cette agence immobilière grenobloise, la
famille d’une locataire décédée était redevable des arriérés de la défunte tout comme
de la facture établie lors de l’état des lieux.
Pourtant ces dettes ne s’expliquaient pas : la
défunte était en règle et l’immeuble vétuste a
été vendu, depuis, pour non-conformité.

des parties que l’agence immobilière a fini
par annuler la dette.
Six mois d’harcèlement, de souffrance pour
une famille démunie, cela relève fortement de
l’abus de faiblesse !

Afoc : 04 76 09 97 76
Permanences mardi et mercredi de 14 à 17H
à la Bourse du Travail,
32 avenue de l’Europe à Grenoble

La défunte était une personne handicapée,
inapte à travailler et ne vivait que des allocations. L’Afoc est là pour aider tous les
consommateurs, en particulier les plus fragiles et les plus en difficulté. Cette famille
était totalement démunie. Alors que les héritiers avaient renoncé à la succession de la
défunte, l’agence immobilière continuait à
leur réclamer de l’argent.
Pour régler le différend avec l’agence, l’Afoc a
fini par saisir la Direction départementale de
Conciliation des Rapports locatifs. Ce n’est
que deux jours avant la date de convocation

Gisèle Desbiolles en consultation lors d'une permanence.

Isère

Main sécurité :
FO à la première place
Pas mécontent de ses dernières élections,
Abdel ! Dans la sécurité humaine (les vigiles
pour faire simple), le travail syndical est
difficile. Les salariés sont éparpillés sur de
nombreux sites, ont des horaires variables et
sont rarement tous présents. Abdel passe
donc des journées entières sur la route pour
aller voir quelques salariés.

Par ailleurs, ces derniers sont parfois transférés d'une société à une autre en fonction
des marchés remportés ou perdus. Dans ce
cas, le bénéfice des accords d'entreprise est
perdu. Le turn-over rend difficile le développement des relations entre salariés et élus.

Au Comité d'entreprise, regroupant une
région Rhône-Alpes-Auvergne, FO a la majorité absolue au comité d’entreprise et le
CHSCT est 100 % Force ouvrière...
Avec de tels résultats, FO ne peut pas décevoir et les élus n’en ont pas l'intention, continuant le développement syndical et démontrant une fois de plus que FO représente et
défend tous les salariés.

Une équipe qui en veut !
Tout ceci n'a pas empêché l'équipe de se
mettre au travail et de contribuer au succès
national. Force ouvrière se retrouve premier
syndicat de la société, avec 36 % des suffrages. Localement, les délégués du personnel sont élus sur Grenoble et FO a 2 élus
dans l'encadrement.

Abdel Mahir, DS et élu CE, entouré d'une partie des élus de Grenoble :
Jean-Pierre Bridoux (gauche, DP) et Fouad Boualita (droite, DP et
CHSCT).

Grenoble

Clinique des Eaux-Claires :
une équipe renouvelée

A la clinique des Eaux-Claires (Groupe hospitalier mutualiste), le travail et la persévérance
ont permis à FO de devenir majoritaire aux
élections de 2013, devançant ainsi la CGT,
historiquement implantée dans l’entreprise.
Thierry Carron et Patricia Soldano, investis
depuis longtemps, ont pris la tête d’une nouvelle équipe constituée de nombreux jeunes.
"Nous avons réussi à former une équipe où
tous les âges et tous les corps de métiers
sont représentés", détaillent-ils.
Aussitôt élue, l’équipe a obtenu de nombreuses avancées sociales : prime de spécifi-

Aenova

cité, maintien des effectifs, reconnaissance
de niveaux de diplômes…
"Les salariés ont pris le réflexe : dès qu’il y a
un problème, c’est à nous que l’on fait appel
pour aller sur le terrain", constatent les deux
syndicalistes. Ce sont ainsi plus de 300 heures que les élus FO consacrent à informer, assister et aider les salariés.
L’équipe s’est donnée un nouvel objectif : la
mise en place d’un site Internet parce que :
"Cela permettrait à l’ensemble des salariés
de connaître leurs droits, d’accéder à de
nombreuses informations juridiques".
Ce sentiment d’utilité auprès de tout un
établissement a donné l’envie aux jeunes de
s’investir d’avantage. Le fait de voir les choses évoluer, de dialoguer à nouveau, a pris le
dessus sur la peur de se syndiquer.
Thierry et Patricia sont là pour les soutenir et
les épauler. Grâce aux formations dispensées
par l’UD et à l’expérience acquise sur le
terrain, ils se préparent à prendre la relève et
pensent déjà aux prochaines élections de
2015, espérant dépasser le score de 2013.

L’équipe FO d’Aenova, site de fabrication de produits pharmaceutiques implanté à Saint-QuentinFallavier, est à la bataille contre un
PSE (Plan dit de sauvegarde de
l’Emploi) visant à détruire une trentaine de postes. Elle l’est aussi
pour sauver durablement le site.
L’avenir d’une centaine de salariés
est en jeu et les deux industriels
présents dans ce dossier (Aenova
et SkyePharma) en font bien peu
de cas.
A la demande de FO, une table
ronde est programmée par le
sous-préfet le 14 octobre. Sur le
terrain, FO organise avec méthode
et rigueur le combat contre le PSE.

Otis

Le 6 octobre, le syndicat FO d’Otis
a tenu une réunion d’information
des techniciens de l’agence de
Grenoble, à la bourse du travail. Le
délégué syndical, Farid Mahboubi,
a informé les salariés sur l’évolution des conditions et travail et la
nouvelle organisation au sein de
l’entreprise.

Georges Toquet
Le 8 septembre était inaugurée, à
l’Union locale (UL) FO de Voiron, la
salle Georges Toquet qui fut très
longtemps secrétaire de cette UL.
Ses enfants, présents, ont "accueilli avec plaisir cette décision
témoignant de l’énergie que de
Georges avait investie dans ce
lieu. "

De gauche à droite : Anne-Marie et Serge,
enfants de Georges, Jean-Pierre Gilquin,
secrétaire de l'UD.

François Gonzalez

"Le syndicalisme pour ses richesses"
Le décor, d’abord : François Gonzalez, 51
ans, est délégué central adjoint du groupe Decaux… où FO assure le secrétariat
du comité d’entreprise pour avoir obtenu
l’intégralité des voix des élus tout en
étant arrivé en troisième position aux dernières élections. Une sorte d’hommage
du vice à la vertu !
Il est aussi partout, à Lyon, Paris et plus
encore auprès de chacun des salariés
rhônalpins parce que : "Pourquoi le syndicalisme ? Pour les richesses".
Les richesses ? "Quand tu fais du syndicalisme, c’est parce que tu aimes le
contact. Ou alors, c’est que tu le fais pour
ta gueule. Je suis beaucoup sur le terrain. Tu te rends compte que les personnes souffrent dans leur coin, sans savoir,
sans se défendre, sans oser".
Lui ose. Il avait pourtant pris une ferme
décision, voici 22 ans, en entrant chez
Decaux : "Me tenir tranquille, la fermer,
me calmer. Il y avait les enfants…" Mais
la tension lui est montée. "Je ne suis pas
en colère mais l’injustice, c’est non".

"Attention : l’ouvrir ne suffit pas"
Les entreprises sans syndicat, il connaissait avait de rentrer chez Decaux : "De 20
à 30 ans, j’avais été dans des boîtes où
l’on était bien exploités. Pas de délégué,
rien. Ils faisaient ce qu’ils voulaient de
nous. Tous ces gens qui font carrière sur
notre dos, vraiment…" Là, il avait expérimenté la défense de ses droits et de
ceux de ses collègues, sans syndicat.
Pas terrible.

François Gonzalez : « Quand FO prend un dossier, elle le prend et va jusqu’au bout ».

Chez Decaux, François Gonzalez adhère
à la CGT, cherche son délégué longtemps
avant de le trouver, prend le mors aux
dents, fait adhérer des collègues et "vire
les vendus". Cela, c’était fait.
Les réunions centrales ont ceci de bon
qu’elles permettent de voir comment travaille chaque syndicat. "Là, j’ai vu FO et
son délégué. Un gars qui parlait et agissait". François Gonzalez a pris la roue et
fait aujourd’hui la course en tête.
Et alors ? "On peut gagner. Avec FO, pratiquement tout le temps ! Attention : l’ouvrir ne suffit pas. Il faut être informé,

formé". C’est aussi cela que lui a apporté
FO : les savoirs utiles pour se battre.
La vie lui a appris une autre vérité : "Un
employeur, pour faire fonctionner son
entreprise, a besoin du syndicat. Sinon,
comment s’apercevrait-il de ce qui ne va
pas et qui va nuire ? Le père Decaux était
contre le syndicat. Mais il y en a toujours
eu".
Une condition, cependant, doit être
remplie : "Pas de délégué maison". Un
délégué FO, version François Gonzalez,
c’est mieux.

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