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Penser … pour changer le Cameroun En France, la loi 82- 261 du 21 juillet

Penser

pour changer

le Cameroun

Penser … pour changer le Cameroun En France, la loi 82- 261 du 21 juillet 1982
Penser … pour changer le Cameroun En France, la loi 82- 261 du 21 juillet 1982

En France, la loi 82- 261 du 21 juillet 1982 relative à l'instruction et au jugement des infractions en matière militaire et de sûreté de l'Etat et modifiant les codes de procédure pénale et de justice militaire a

supprimé, en temps de paix, les tribunaux permanents des forces armées ainsi que le Haut tribunal permanent des forces armées. En

revanche, elle a maintenu, pour le temps de guerre, des juridictions militaires.

Depuis l'entrée en vigueur de cette loi, les infractions au code de justice militaire ainsi que les crimes et délits de droit commun commis par les militaires dans l'exécution du service ne relèvent donc plus de la compétence des juridictions militaires, mais de celles des juridictions de droit commun.

Abonnement gratuit au site web : www.enohmeyomesse.net

Correspondance : enoh.meyomesse@gmail.com

Pour labolition de la justice militaire au Cameroun

Linculpation tout récemment de trois journalistes par un juge dins-truction du tribunal militaire est venue reposer la question du maintien de cette justice à savoir la justice militaire dun autre temps au Cameroun. La justice militaire, il importe de le rappeler, est utilisée au Cameroun comme justice politique, qui dit la politique, et non le droit. C’est à celle-ci que sont dirigés, depuis l’indépendance, tous les procès politiques qu’a connus le Cameroun : 1/- le procès du député upéciste Owono Mimboé en 1960, tribunal militaire ; 2/-le procès des quatre députés en 1962, Okala Charles, Eyidi Bebey, Mayi Matip et Mbida André-Marie, tribunal militaire ; 3/- le procès de Mgr Ndongmo et Ouandié Ernest en 1970, tribunal militaire ; 4/- le procès d’Abel Eyinga, la même année, pour s’être porté candidat à l’élection présidentielle contre Ahidjo, tribunal militaire ; 5/- le procès d’Ahidjo, lui-même, en 1983,

tribunal militaire ; 6/- le procès des putschistes de 1984, tribunal militaire ; 7/- le procès d’Ekané Anicet, Yondo Black, Ekwé Henriette, Jean Michel Tekam, en 1990, tribunal militaire ; 8/- le procès Enoh Meyomesse, en 2012, tribunal militaire ; 9/- actuellement, le procès des trois journalistes qui nauraient pas communiqué des informations dont ils disposeraient et qui se rapporteraient à la

« sécurité de lEtat ». Quelle grosse expression !!! Délit de « non délation ». Voilà ce dont ils sont accusés. Bref, on se retrouve en plein dans le régime dAhidjo qui avait transformé les citoyens camerounais en zélés délateurs. Il fallait dénoncer son voisin pour des choses vraies comme fausses, afin dobtenir des promotions dans ladministration publique et la politique

Il faut abolir cette justice dun autre temps.

Faudrait-il rappeler que le Cameroun est actuellement l’un des derniers pays au monde à recourir aux tribunaux militaires pour juger ses citoyens ? Quelle honteuse distinction que celle-là, qui ne fait nullement honneur à notre pays. En France, en Angleterre, en Espagne, en Italie, au Portugal, en Suisse, etc., il y

a longtemps que ces tribunaux ont été abolis. Les tribunaux normaux, c’est-à-dire

civils, sont les seuls à rendre des jugements, y compris pour les questions de violations, par les soldats, de leur règlement. Mieux encore, d’où vient-il que des militaires se mettent à juger des civils, alors que nous ne nous trouvons guère dans un régime militaire ? Est-ce normal ? Cette justice pose du reste un problème anachronique de taille. Dès lors quil existe des tribunaux militaires, une cour d’appel militaire ─ où, sur les quatre

juges déjà, il n’y a plus que deux militaires, le procureur, qui prend ici le nom de

« commissaire du gouvernement », et un assesseur, à savoir un colonel qui vient

faire de la figuration , pourquoi dans le même temps il nexiste guère de Cour suprême militaire ni un Conseil supérieur de la magistrature militaire ? Cela n’a pas de sens ? De même, pourquoi des magistrats militaires et pas des avocats et des huissiers militaires ? Anachronisme. En 1960, cest Jean-Baptiste Mabaya, ministre des Forces Armées, qui avait obtenu la condamnation du député Owono Mimboé. En 1962, ce fut Sadou Daoudou, pour les quatre députés. En 1970, ce fut encore lui pour Ernest Ouandié et Mgr Ngongmo, puis Abel Eyinga. En 1983, ce fut Gilbert Andzé Tsoungui, pour Ahmadou Ahidjo, puis en 1984, pour les putschistes. En 1990, ce fut Mevaa mEboutou, pour Ekané Anicet. En 2012, ce fut Mebe Ngoo pour Enoh

Meyomesse. Cest lui qui vient dobtenir également linculpation des trois journalistes. De Mabaya Jean-Baptiste à Mebe Ngoo, en passant par Andze Tsoungui et Mevaa mEboutou, qui parmi eux est simplement magistrat de formation ?