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Réducteurs de vitesse à engrenages

par Robert LE BORZEC

Professeur de Construction mécanique à l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers de Lille

1.

Rôle d’un réducteur de vitesse

B 5 640 - 3

2.

Réducteurs élémentaires

5

2.1

Réducteur à engrenage cylindrique extérieur

5

2.2

Réducteur à engrenage cylindrique intérieur

8

2.3

Réducteur à engrenage conique

9

2.4

Réducteur à engrenage spatial

11

3.

Réducteurs élémentaires dérivés

11

3.1

Réducteur à roue intermédiaire (ou à roue parasite)

11

3.2

Réducteur coaxial à arbre intermédiaire

12

3.3

Réducteur épicycloïdal plan élémentaire

13

3.4

Réducteur épicycloïdal sphérique élémentaire

17

4.

Discussion et analyse des caractéristiques des engrenages cylindriques

— 18

5.

Groupement en série de réducteurs élémentaires

19

6.

Groupement en parallèle de réducteurs élémentaires

24

7.

Groupements composés mixtes

28

7.1

Trains épicycloïdaux en série

28

7.2

Trains épicycloïdaux généralisés

29

7.3

Groupements imbriqués

31

7.4

Réducteurs à grand rapport de réduction

34

8.

Conclusion

35

Pour en savoir plus

Doc. B 5 642

D ans cet article, les unités des dimensions linéaires ne sont pas indiquées mais, sauf mention contraire, sont en millimètres.

Le lecteur se reportera utilement à l’article Engrenages. Éléments pratiques de définition, de dessin et de calcul [B 636] dans ce traité.

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B 5 640 1

RÉDUCTEURS DE VITESSE À ENGRENAGES

 

Notations et Symboles

 

Symbole

Définition

Symbole

Définition

B

0

Bâti référentiel

d V 1m , d V 2m

Diamètres primitifs de l’engrenage cylindrique équivalent au conique Rapport global de multiplication ou de réduction

C

m , C s

Couples côté moteur et côté sortie

C

1 , C 2

 

Couples exercés sur le pignon(1), sur la roue (2)

 

i m , i r

 

C

r

Coefficient de rapport de transmission en cylindrique

k

Rapport intermédiaire de transmission

 

m

n , m n0

Modules réels de fonctionnement et de fabrication

C

*

r

 

Coefficient de rapport en cylindrique équivalent au conique

Module d’élasticité longitudinal de l’acier Actions mécaniques entre dentures (normale, tangentielle, axiale, radiale)

m

t , m

 

Modules apparents de fonctionnement et de fabrication Modules de fonctionnement et de fabrication en denture droite

t0

E

a

m, m 0

F n , F t , F a , F r

 
 

r

b

 

Rayon du cylindre de base

F

tm

Composante tangentielle entre dentures au diamètre moyen en conique Grande vitesse Durée probable du mécanisme

u

Rapport de multiplication ou de réduction d’un engrenage

GV

 

v

t

Vitesse linéaire tangentielle

H h , H

v

12

 

Vitesse de glissement de (1) sur (2) Coefficients de déport de denture

K

B

Coefficient de service Coefficient général de calcul en flexion et en pression superficielle

x 1 , x 2 , x 3

K GF , K GH

 

x

ij

Axe coïncidant entre les pièces i et j

α

n , α n0

Angles de pression réels en fonctionnement et au taillage

K

Li

Coefficient d’encombrement linéaire

 

K

S

Coefficient spécial de calcul

α

t , α t0

Angles de pression apparents en fonctionnement et au taillage Angles de pression en fonctionnement et au taillage en denture droite Angles d’hélice aux primitifs de fonctionnement et de taillage Angle d’hélice sur le cylindre de base Angles primitifs de cônes

K

Vi

Coefficient de volume Vitesses angulaires de moteur et de sortie (en tr/min)

N m0 , N s0

 

α,

α 0

 

O

ij

Point coïncidant entre les pièces i et j

β,

β 0

PV

 

Petite vitesse

 

P

Puissance transmise

β b δ 1 , δ 2

 

R

0

Longueur de génératrice d’un engrenage conique

S

V

lat

ol

Surface latérale d’une roue dentée

Volume matière de l’engrenage Nombres de dents des roues (1), (2), (3)

 

ε

α

ε

β

Rapport de conduite apparente

Rapport de recouvrement ou de conduite axiale

Z 1 , Z 2 , Z 3

η

Rendement d’un mécanisme

Z

1 év

 

Nombre de dents évalué du pignon

λ

Rapport de base d’un train épicycloïdal Rayons de courbure sur (1), sur (2) et équivalent en modèle de Hertz Angle des axes

Z

* , Z

1

*

Nombres de dents fictifs de l’engrenage cylindrique à denture droite équivalent au cylindrique hélicoïdal et au conique à denture droite ou spirale

 

2

ρ 1 , ρ 2 , ρ eq

   

Σ 0

 

a

0

Entraxe d’un engrenage

σ

0

Critère de résistance à la racine Contrainte limite en fatigue à la flexion Contrainte limite en fatigue à la pression superficielle

b

Longueur de denture Diamètres primitifs de fonctionnement Diamètres primitifs de taillage

σ F · lim

 

d 1 , d 2 , d 3

σ H · lim

d 01 , d 02 , d 03

d

a

Diamètre de tête

 

σ

H

Contrainte maximale en pression superficielle, modèle de Hertz

d

b

Diamètre de base

 

d

f

Diamètre de pied Diamètres primitifs moyens en coniques

 

ψ

 

Coefficient de longueur d’un pignon Vitesses angulaires de moteur et de sortie

d 1m , d 2m

ω m0 , ω s0

   

0

Critère de résistance superficielle

 
 

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1. Rôle d’un réducteur de vitesse

Une transmission de puissance est installée entre un moteur et une machine à commander. Un moteur à vitesse de fonctionnement unique et à couple nominal unique est utilisé, dans la majorité des cas, qu’il soit électrique, thermique, hydraulique ou pneumatique, car c’est la solution éco- nomiquement acceptable. Ces deux caractéristiques évoluent entre deux valeurs voisines : vitesse en charge (N m0 ± ∆N m0 ), couple en charge (C m ± ∆C m ), les variations acceptées se situant entre 2 % et 10 % suivant le type de moteur et le rendement énergétique souhaité.

La machine à commander fonctionne en général à vitesse et à couple uniques dits caractéristiques d’utilisation : (N s0 ± ∆N s0 ), (C s ± ∆C s ), avec des variations de l’ordre de 2 % à 20 %. Il est donc nécessaire d’adapter les caractéristiques du moteur à celles de la machine et pour cela l’élément d’adaptation entre moteur et machine est un réducteur de vitesse ou un multiplica- teur de vitesse de rapport i constant. Il se nomme aussi réducteur de couple ou multiplicateur de couple de rapport constant i avec, si l’on admet un rendement unité :

— réducteur

— multiplicateur i m = |N s0 |/|N m0 | = |C m |/|C s | = Cte i m > 1

i r = |N m0 |/|N s0 | = |C s |/|C m | = Cte

i r > 1

Le réducteur et le multiplicateur étant deux mécanismes réci- proques, seul le réducteur sera étudié par la suite.

Différents types de transmissions existent : mécaniques, hydrau- liques, pneumatiques, électriques, etc. Parmi les transmissions mécaniques, on rencontre les roues de friction, les poulies et courroies, les roues dentées et chaînes et les engrenages, utilisables suivant les critères de fonctionnement imposés (articles spécialisés dans ce traité). L’engrenage est la solution la plus répandue :

— il assure une sécurité cinématique, car il ne peut pas se produire de glissement ;

— la résistance aux efforts est très importante avec une très

bonne fiabilité ;

— la puissance transmise par unité de masse est la plus forte

obtenue parmi toutes les solutions : avec plus de précision, en engre- nage réalisé avec des aciers de cémentation, trempe et rectification, il est possible d’évaluer le rapport du couple de sortie (petite

vitesse PV) en réducteur de vitesse à la masse de l’ensemble à des valeurs de l’ordre de 15 à 40 N · m/ kg ;

— l’encombrement est très réduit ;

— le rendement mécanique est très voisin de l’unité dans le cas

d’une bonne fabrication (η = 0,96 à 0,99) ;

— le prix est très variable suivant la précision demandée, il est

en général élevé. Le cahier des charges d’un réducteur doit être établi avec précision, la puissance à transmettre n’étant qu’un élément parmi les autres. Le rapport de transmission apparaît soit cinématiquement avec la vitesse d’entrée et la vitesse de sortie, soit statiquement avec le couple d’entrée et le couple de sortie et le rendement espéré. La

RÉDUCTEURS DE VITESSE À ENGRENAGES

géométrie imposée est à décrire : axes parallèles, axes concourants perpendiculaires ou d’angle quelconque, axes orthogonaux, axes concentriques ou position quelconque. L’environnement est à carac- tériser tant au point de vue chimique qu’au point de vue physique. Fiabilité, sécurité, maintenance sont à préciser. Le maintien de l’appareil est à définir : maintien rigide par semelle liée au bâti, liée au moteur ou montée articulée ou flottante sur l’axe du moteur ou l’axe lié au bâti.

De nombreux constructeurs proposent leurs gammes de fabrication assorties des conditions de montage, de réglage et d’entretien [Doc. 5 642]. Si l’on ne trouve pas cependant en cata- logue la transmission souhaitée, une étude particulière s’impose dont les principaux éléments sont proposés dans cet article.

Dans une première partie, les réducteurs élémentaires seront étudiés en détail. Le réducteur élémentaire ou train d’engrenage est l’ensemble de base nommé engrenage composé d’un pignon (petite roue), d’une roue (grande roue dentée) et d’un carter ou bâti. Suivant la géométrie des axes, il s’agit :

— de l’engrenage cylindrique extérieur en géométrie de paral-

lélisme ;

— de l’engrenage cylindrique intérieur en géométrie de paral- lélisme ;

— de l’engrenage conique en géométrie de concourance des

axes ;

— de l’engrenage spatial (cylindrique, roue et vis, hypoïde, etc.) en géométrie quelconque.

Ensuite seront présentés les réducteurs élémentaires dérivés : une ou plusieurs roues dentées intermédiaires ou un arbre intermédiaire interviennent pour compléter les réducteurs élémentaires dans le but d’obtenir une géométrie particulière (entraxe important en géo- métrie parallèle, géométrie de concentricité, etc.) ou une cinéma- tique choisie (rapport entier, sens de rotation, etc.) :

— utilisation d’une roue intermédiaire ou roue parasite en cylin- drique extérieur ;

— utilisation d’une ou plusieurs roues intermédiaires en cylin- drique intérieur ;

— utilisation d’un arbre intermédiaire en réducteur coaxial ;

— utilisation de roues et arbres intermédiaires en train épi- cycloïdal cylindrique ou conique.

Enfin, les solutions précédentes ne permettant pas de dépasser des rapports de transmission de 8 à 20 et imposant des encombre- ments importants et des masses très élevées, des groupements de réducteurs élémentaires interviendront :

— groupement en série pour obtenir des rapports importants (jusqu’à 6 000 à 8 000) ;

— groupement en parallèle pour réduire l’encombrement, le

volume et la masse ;

— groupement composé associant l’obtention de rapports impor-

tants et une réduction des dimensions et des volumes. Le tableau 1 regroupe l’ensemble des caractéristiques principales de ces différentes familles.

(0)

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RÉDUCTEURS DE VITESSE À ENGRENAGES

 

Tableau 1 – Réducteurs et multiplicateurs de vitesse caractéristiques

 
 
   
 
 

Réducteurs élémentaires

 
 
 
 
 
 

Engrenage extérieur :

Engrenage intérieur :

Engrenage conique :

Engrenage spatial :

vitesses de sens contraire u 6 à 8 v t 100 à 150 m/s η = 0,98 à 0,96

vitesses de même sens u 6 à 8 v t 10 à 25 m/s η = 0,98 à 0,96

u 6 à 8 v t 10 à 25 m/s η = 0,98 à 0,95

u jusqu’à 100 à 200

η réduit = 0,95 à 0,5

 

Réducteurs élémentaires dérivés

 
 
 
 
 
 

Engrenages extérieurs avec roue intermédiaire :

Arbre intermédiaire d’axe x i :

Train épicycloïdal cylindrique :

Train épicycloïdal sphérique :

a 0 peut être important vitesses de même sens

géométrie de concentricité

axe x i intermédiaire avec satellite (s)

à engrenages coniques et à axe(s) x i intermédiaire(s)

 

Groupements de réducteurs élémentaires

 
 

Groupements en série

Groupement en parallèle

  Géométrie de concentricité
 
  Géométrie de concentricité

Géométrie de concentricité

i 8 à 12

Géométrie de parallélisme

η = 0,96 à 0,98

Groupements composés

Groupements composés

Géométrie d’angularité

Géométrie d’angularité Géométrie de concentricité

Géométrie de concentricité

i

5 000 à 10 000

nombre de trains n = 2 à 5
nombre de trains n = 2 à 5

nombre de trains n = 2 à 5

η

= 0,98 à 0,92

Géométrie de concentricité

 

Géométrie d’angularité et de concentricité

Géométrie d’angularité et de concentricité Géométrie de perpendicularité et de concentricité

Géométrie de perpendicularité et de concentricité

i

5 000 à 10 000

rapport

i 6 000 à 8 000

nombre de trains n = 2 à 5

nombre de trains n de 2 à 6

 

η

= 0,98 à 0,90

rendement η = 0,96 à 0,90

 

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RÉDUCTEURS DE VITESSE À ENGRENAGES

2. Réducteurs élémentaires

Les réducteurs élémentaires sont les éléments de base les plus simples formés d’un engrenage unique (pignon et roue) avec les guidages et le maintien de contact assurés par un carter ; ils sont caractérisés par leur géométrie et leur cinématique (figure 1 ) :

(

O

10

géométrie et leur cinématique (figure 1 ) : ( O 10 , x 10 ) ,

, x

10

),

(

O

20

, x

20

)

avec a 0 entraxe linéaire,

Σ 0

position angulaire,

=

(

a

0

, Σ

0

)

l’indice 0 signifiant simplement : par rapport au référentiel :

ω = 10 ω 10 x 10 ω = 20 ω 20 x 20 rapport
ω
=
10
ω 10
x 10
ω
=
20
ω 20
x 20
rapport i =
ω 10 /ω 20

2.1 Réducteur à engrenage cylindrique extérieur

Étude générale des caractéristiques principales du réduc- teur . Le réducteur à engrenage cylindrique extérieur (figure 2 ) convient à une géométrie de parallélisme entre l’arbre d’entrée et l’arbre de sortie :

Σ 0 = 0

et

a 0 = Cte

Les sens des rotations N m0 et N s0 sont opposés. Les surfaces primitives ou axoïdes sont des cylindres de révolution de diamètres d 1 et d 2 tangents extérieurement. La denture est nor- malisée, profil ISO en hélicoïdes développables, de section appa- rente en développante de cercle (article Engrenages [B 636]), denture droite ou denture hélicoïdale. Les caractéristiques de définitions de l’engrenage sont le module m n0 , l’angle d’hélice β 0 , les nombres de dents Z 1 et Z 2 , les coefficients de déports de dentures x 1 et x 2 , la longueur de roues b , et l’entraxe a 0 . Ces éléments sont à déterminer en fonction du cahier des charges comprenant essentiellement la puissance à transmettre P (kW) ou le couple de sortie en petite vitesse (PV) : C s (N · m), les vitesses nominales ( N m0 ) et ( N s0 ± ∆ N s0 ), le coefficient de service K B et la durée espérée de fonctionnement H (h).

K B et la durée espérée de fonctionnement H (h). Figure 1 – Réducteur élémentaire :

Figure 1 – Réducteur élémentaire : géométrie et cinématique

Le comportement, en résistance des matériaux, est géré par les deux relations ISO pour la résistance en pression superficielle, défi- nie dans l’étude dynamique de l’article Engrenages [B 636] :

Z H Z E Z ε Z β

F

t

------------

bd

1

--------------- K A K V K Hβ K Hα 1/2

u + 1

u

σ H lim Z N Z L Z R Z V Z W

et pour la résistance à la rupture à la racine, définies dans l’étude

dynamique de l’article Engrenages [B 636] :

F

t

-----------------

bm

n0

Y Fa Y Sa Y ε Y β

(

K A K

V

K Fβ K Fα

)

σ F lim Y ST Y NT Y δ rel T Y R rel T Y X

Ces relations, trop complexes en avant-projet, peuvent s’écrire sous forme simplifiée :

avec

et

avec

avec

F t (N)

F

t

F t

0 bd 1

0

=

u

---------------

u + 1

----------------------------

K

Z

P

K αβ

Z

V

V

K B

2

2

(

σ

H lim

) 2

----------------------------------------

Z E Z H Z ε Z β

2

2

2

2

σ 0 bm n0

----------------------------

K αβ

1

K

V

K B

σ

0

=

σ F lim Y ST Y

------------------------------------

Y Sa Y Fa Y ε Y β

Y = Y δ rel T Y R rel T Y X

composante tangentielle transmise,

(1)

(2)

(3)

(4)

b

(mm)

longueur de roues dentées,

m

n0 (mm)

module normal de taillage,

d 1 (mm)

u rapport de réduction : u = N 10 / N 20 = d 2 / d 1 ,

K V

K B

/Z

diamètre primitif de fonctionnement du pignon,

facteur dynamique de vitesse,

ou

à ( K A / Y NT ),

facteur de répartition des charges sur les dents, correspondant à ( K H β K H α ) ou ( K F β K F α ),

facteur de service correspondant à

(

K A

2

N

)

K αβ

Z V

Z P

facteur de film d’huile, facteur de rugosité correspondant à ( Z L Z R Z W ),

les différents facteurs Z E , Z H , Z ε , Z β et Y ST , Y δ relT , Y R relT , Y X ,

Y Sa , Y Fa , Y ε , Y β étant tous définis dans l’article Engrenages [B 636].

étant tous définis dans l’article Engrenages [B 636]. Figure 2 – Réducteur à engrenage cylindrique extérieur

Figure 2 – Réducteur à engrenage cylindrique extérieur

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique

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RÉDUCTEURS DE VITESSE À ENGRENAGES

Il faut remarquer que les deux équations de résistance (1) et (3) font intervenir les dimensions b, d 1 et m n0 ainsi que le nombre de dents du pignon Z 1 tel que d 1 = mZ 1 . L’équation (3) caractérise le risque de ruine par cassure de dents et l’équation (1) caractérise un risque d’écaillage superficiel ou de piqûres. Dans le but d’éviter des dommages importants dus à une cassure de dents, il est préférable d’obtenir un écaillage superficiel générateur de bruit avant d’atteindre la cassure à la racine, ce qui permet d’écrire :

0 bd 1

aboutissant à :

Z 1

<

2

u

Z P Z V

2

--------------- ------------------------------ <

u + 1

K αβ K V K B

σ

0

----------

0

u + 1

1

--------------- --------------------

u

Z P Z V

2

2

σ 0 bm n0

1

------------------------------

K

αβ K V K B

ou

Z

1 <

Z 1 max

(5)

Cette inéquation limitera le choix du nombre de dents à envisager pour le pignon. Il ne reste plus, en prédétermination, que l’inéquation (1) de résistance à la pression superficielle dans laquelle la composante tangentielle F t peut être remplacée par 2C 1 /d 1 avec C 1 (en N · mm) couple sur le pignon et d 1 diamètre primitif du pignon :

2C 1

0 d 1 2 b

u

Z P Z V

2

2

--------------- ------------------------------

u + 1

K αβ K V K B

(6)

Deux dimensions interviennent ici : d 1 et b. Il est donc possible de calculer b si l’on connaît d 1 ou de déterminer d 1 si b est connu. Dans le cas général d’un avant-projet, aucune des deux dimen- sions n’est connue mais, comme elles correspondent à un seul élément, le pignon, il est possible d’adopter un rapport de propor- tions entre b et d 1 ; ce sera le coefficient de longueur tel que :

b = ψd 1 . Ainsi, une seule inconnue est conservée, le diamètre du pignon d 1 , déterminé par l’inéquation :

d

1

--------------------------------------------------- 1/3

2C 1 K αβ K V K B

0

ψ

u

--------------- Z

2

P

Z

2

V

(7)

u + 1

ψ est de l’ordre de 1, variant entre 0,2 et 1,5 suivant les matériaux

utilisés et le type de construction adoptée (0,2 à 0,4 en boîtes de vitesses, matériaux de haute résistance, et 1,2 à 1,5 en réducteurs, matériaux de faible résistance). Ainsi, à partir des relations (5) et (7), l’avant-projet peut se dérouler normalement.

Un choix de matériaux avec traitements à cœur et en surface, une décision sur la précision à adopter et sur la forme de la denture (droite ou oblique) permettent d’évaluer les deux critères de résistance 0 et σ 0 . Les valeurs des contraintes limites σ H · lim en pression superfi- cielle et σ F · lim en flexion à la racine sont données dans les figures de l’article Engrenages [B 636] donnant les facteurs C 5 et C B6 , avec :

C

5

L’ évaluation de

=

0

------------------- 2

σ H lim

Z E

et C B6

=

σ F lim Y ST

fait intervenir, d’après la relation (2) :

0,35E a

--------------------

==

2

Z E étant le facteur d’élasticité ;

Z

2

E

0,35 × 210 000

------------------------------------------

2

=

36 750 N/mm 2

Z

2

H

2

cos

β b

= -------------------------------------

α t

sin

α t

cos

Z H étant le facteur géométrique (article Engrenages [B 636]) ; il est possible d’évaluer β b # β 0 , angle d’hélice défini à partir du choix du rapport de recouvrement : ε β = 1 ou 2 ou 3 (entier si possible) :

tan

β 0

=

ε β

pas apparent

---------------------------------------- =

b

ε β

πm t

---------------

b

avec

b = ψd 1

et

d 1 = m t Z 1

soit tan β 0 = ε β π /ψ Z 1 . Il faut s’imposer une valeur de ψ (voisin de 1)

et une valeur de Z 1 (20 à 40).

α t l’angle apparent de fonctionnement est, en général, supérieur

à 20 o : 21 à 22 o en denture droite et 21 à 25 o en denture hélicoïdale ;

2

Z ε

ε α

= -----------------

4

3

en denture droite ;

Z

2

ε

=

1/ε α

en denture hélicoïdale, pour des dentures très chargées (contraintes proches de la limite admise) et de bonne précision (supérieure à IT 9),

; il faut choisir un rapport de conduite apparente

(ε α = 1,4 à 1,8) ;

sinon

Z

2

ε

=

1

Z

2

β

=

cos β

avec β 0 déjà évalué précédemment (β 0 # β).

L’ évaluation de

Y ST = 2,1 facteur de concentration de contrainte de l’engrenage

0

fait intervenir, d’après la relation (4) :

de référence en essais ;

Y facteur fonction de la dimension, de la rugosité, de la sen-

sibilité à l’entaille correspondant au facteur C B 7 = Y = Y δ relT Y R relT Y X

(article Engrenages [B 636]) ;

Y Sa et Y Fa facteurs de concentration de contrainte et de coef-

ficient de forme ISO correspondant au facteur C B4 = 1/Y Fa Y Sa (article Engrenages [B 636]) ;

Y ε = 0,25 + (0,75 /ε α ) facteur de conduite avec les valeurs de la

conduite apparente évaluées précédemment ; Y β = 1 – (ε β β 0 /120) facteur d’inclinaison pour

Y β 0,75 .

β

0

30 o

avec

Deux évaluations rapides s’avèrent possibles :

— le

nombre

maximal

de

dents

du

pignon

Z 1 max

par

la

relation (5) dans laquelle σ 0 , 0 , u sont connus.

Z

2

P

est

choisi

d’où

suivant

la

le

type

de

finition

de

la

correspondance

avec

le

Z P = Z L Z R Z W

C 6 = (Z L Z R Z W ) 2 (article Engrenages [B 636]).

denture

facteur

Z

2

V est évalué suivant la vitesse du pignon, avec la correspon-

1

dance

à ce stade. Par sécurité, le nombre de dents sera de l’ordre de :

C

3

=

Z

V

/K

V

(article Engrenages [B 636]) ; on prend

Z

V

=

2

2

Z 1év

0,8 à 0,9Z

1 max

(év pour évalué)

— le diamètre du pignon d 1 par la relation (7) avec C 1 (N · mm) couple sur l’arbre du pignon :

C 1 = P /ω 10 , K V

inverse du facteur C B3 , Kαβ inverse du facteur

cor-

, ces trois facteurs étant définis

C B 5 et Z

2

V

respondant au facteur

dans l’étude dynamique de l’article Engrenages [B 636].

C

3

=

Z

V

/ K V

2

ψ est choisi entre 0,7 et 1,2, valeurs inversement proportionnelles

à la résistance superficielle σ H · lim .

Un bouclage sur les valeurs de K αβ , pour définir d 1 év (d 1 évalué).

2

Z V

et K V est souhaitable

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RÉDUCTEURS DE VITESSE À ENGRENAGES

Quelques décisions interviennent.

Si aucune obligation de fabrication n’impose l’angle d’hélice β 0 , Z 1 étant connu, la relation vue précédemment est à utiliser :

tan β 0 = ε β π / ψ Z 1 ; β 0 est arrondi à l’unité ou au 1/10 supérieur, d’où le choix de β 0 .

La valeur du module normal m n0 de l’outil est issue de la relation :

d 1 = m n0 Z 1 / cos β 0

soit

m n0 # d 1 év cos β 0 / Z 1 év

m n0 est à choisir dans les séries normalisées ISO (article Engre- nages [B 636]). La décision sur le nombre de dents Z 1 est issue de :

Z 1 # d 1 év cos β 0 / m n0

Z 1 étant nécessairement un entier inférieur à Z 1max . Enfin, le nombre de dents de la roue Z 2 est donné par :

Z 2 = Z 1 N 10 /( N 20 ± ∆ N 20 )

Ce choix est assorti de plusieurs conditions : Z 2 est un entier, premier avec Z 1 pour assurer un bon rodage et réduire le risque de vibrations. On évitera un nombre premier absolu s’il est supérieur à une certaine limite dépendant du matériel de fabrication ; géné- ralement, cette limite est de l’ordre de 100 dents pour un matériel économique classique.

Si l’entraxe a 0 n’est pas imposé , ce qui représente le cas

général, deux solutions se présentent quant au choix de cet entraxe et cela dans l’optique du renforcement des dents :

— un entraxe arrondi au millimètre est décidé ; il se situe dans la fourchette suivante :

a 0 = [ m n0 ( Z 1 + Z 2 )/2 cos β 0 ] + (0 à 2 m n0 ) (8)

et les coefficients de déports de dentures x 1 et x 2 seront adaptés par la suite ;

— des déports sont choisis, de coefficients x 1 et x 2 , à partir des

éléments définis dans l’article Engrenages [B 636] et l’entraxe sera adapté avec précision (en général x 1 > 0 et x 2 > 0).

Les déports de dentures caractérisés par les coefficients x 1 et x 2

sont choisis, d’une part, pour assurer un engrènement sans jeu pour un entraxe donné a 0 et, d’autre part, pour équilibrer la denture soit en glissements relatifs (article Engrenages [B 636] ), soit en produits d’usure, soit en rapport de glissement aux extrémités du segment de conduite apparente.

Les éléments d’analyse (article Engrenages [B 636]) sont issus de la fabrication :

m n0 , β 0 , α n0 = 20 o

m n0 = m t0 cos β 0

tan α n0 = tan α t0 cos β 0

tan β b = tan β 0 cos α t0

l’entraxe a 0 étant fixé :

2a 0

---------------------------

+

(

=

m t

Z

2

)

et

m

t

cos

α

t

=

m t0

cos

(

Z

1

2 tan

α

Z 2

t0

)

α n0

dα t

(

Z

1

x

1

+

x 2

)

=

(

invα

t

invα

t0

)

+

----------------------------

(9)

On rappelle que inv α = tan α α. L’équilibrage des produits d’usure (σ H v 12 ) A = (σ H v 12 ) B aux extré- mités du segment de conduite apparente se simplifie aisément car la vitesse de glissement est proportionnelle à la position du point de contact par rapport au centre instantané de rotation I (article Engrenages [B 636]) :

(v 12 ) A = ω 12 |IA|

(v 12 ) B = ω 12 |IB|

La pression superficielle est proportionnelle à l’inverse du rayon équivalent (1/ρ eq ) 1/2 , ce rayon équivalent en relation de Hertz étant défini par :

1

------------------

) M

(

ρ eq

=

1

-----

2

cos

β b

cos

β b

--------------------- + ---------------------

T 1 M

T 2 M

(

T

1

M

+

T

2

M) cos

β b

= ----------------------------------------------------------

=

(

T

2

1

(

T

T

1

M) T

(

2

2

) cos

β b

M)

-----------------------------------------

M)

2

(

T

1

M) T

(

2

(article Engrenages [B 636]) qui, exprimé en A ou en B, devient :

(

ρ eq

) A

2

(

T

1

A)

(

T

2

A)

= ----------------------------------------

)

(

T

T

β

cos

1

2

b

et

(

ρ eq

) B

2

(

T

1

B)

(

T

2

B)

= ----------------------------------------

(

T

1

T

2

) cos

β b

(10)

Il est souhaitable que l’on obtienne les deux tests t égaux (ce qui correspond à égaliser les glissements relatifs maximaux) :

t A

=

IA/ ρ

(

eq

)

1/2

A

et

t

B

= IB/ (

ρ eq

1/2 à moins de 5 % près

) B

Ce calcul impose l’analyse de la conduite apparente pour x 1 et x 2 fixés, donc un bouclage ou un calcul itératif, le calcul direct de x 1 et x 2 , n’étant pas possible.

Il ne reste plus qu’à adapter la longueur de roues dentées b à toutes les autres caractéristiques. Le diamètre de fonctionnement est calculable : d 1 = m t Z 1 , et la composante tangentielle vaut F t = 2C 1 /d 1 . Le critère de résistance superficielle 0 peut être actualisé puisque α t et β b sont connus, ainsi que ε α et β de fonctionnement (tan β b = tan β cos α t ). Il est alors possible de déterminer, à partir de la relation (1) :

b

K αβ

F t K V K B

------------ --------------------------------------------------------------------------

/

0 d 1 [ Z 2

(

Z

1

+

Z 2

)]Z

P

Z

V

2

2

(11)

) est possible et permet de

choisir la longueur b ; une vérification s’impose quant au rapport

de recouvrement

Exemple numérique d’un réducteur transmettant une puis- sance de 100 kW avec une vitesse motrice N 10 = 2 100 tr/min, une vitesse de sortie N 20 = 500 tr/min ± 3 %, un coefficient de service K B = 1,4 et une durée H = 40 000 h (la durée étant très importante, les coefficients Z N et Y NT ont la valeur asymptotique de la courbe de Wöhler égale à 1). Un acier allié de cémentation 20 MC 5 est choisi, il a pour caractéristiques : σ H · lim = 1 400 N/mm 2 , σ F · lim = 400 N/mm 2 qualité ISO 6. L’évaluation des critères de résistance permet d’obtenir, avec une denture hélicoïdale :

Un bouclage sur K αβ (inverse de

ε β 1

.

C

B5

(1 400 ) 2

----------------------------------------------------------------------------------------------

36 750 × 5,44 × 0,625 × 0,98

0

=

=

16 N/mm 2

avec

soit

pour

tan

β 0

π

= ---------------------------

0,8 × 20

 

β 0 = 12 o

ψ = 0,8,

Z 1 = 20

et

ε β = 1

α t évalué à 23 o

et

=

400 × 2,1 × 1 4,14 × 0,72 × 0,9

--------------------------------------------------------

ε α év = 1,6

=

σ 0

310 N/mm 2

avec Y = 1, et (Y Sa Y Fa ) correspondant, a priori, à Z 0 = 30 et x 0 = + 0,4 [1] β 0 = 12 o et ε α = 1,6.

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B 5 640 7

RÉDUCTEURS DE VITESSE À ENGRENAGES

Le rapport de réduction vaut u = 2 100/500 = 4,2 et le coefficient

de rapport C r = u /(u + 1) = 0,81 :

d’où

Z

2

P

=

1 (rectification du pignon et de la roue) et Z

Z 1max

310

= ------------------------------------------------------ = 24

16 × 0,81 × 1 × 1

2

V

= 1

avec une sécurité de 10 à 20 %, Z 1év = 19 à 22.

Avec une vitesse d’entrée ω 10 = 220 rd/s, un couple moteur

C 1 = 455 N · m, l’évaluation du diamètre du pignon est telle que :

d

3

2 × 455

×

10

3

× 1,25 × 1,2 × 1,4

1 = ------------------------------------------------------------------------------------------------------

16 × 0,8 × 0,81 × 1 × 1

d’où d 1 = 57, avec le choix de K αβ = 1,25 ;

Le bouclage est possible puisque v t = 6,3 m/s, b # 45 et Z 1 # 18, ce qui permet d’obtenir :

Z

2

V

=

1

et K V = 1,2.

C

3

=

Z

2

V

/K

V

= 0,88

[1]

K αβ = 1/0,8 = 1,25

d’où d 1 = 56.

Les décisions suivantes interviennent à partir de Z 1 év = 19 à 22 et d 1év = 56 :

β 0 = 13 o

m n0 = 3, Z 1 = 18, Z 2 = 77

(avec ψ = 0,8, Z 1 choisi = 19 et

et

ε β = 1)

N s0 = 2 100 × 18/77 = 491 tr/min (inclus dans 500 ± 15)

a 0 = 150 mm

L’étude de l’adaptation permet de calculer :

α t0 = 20,483

m t0 = 3,078 9

m t = 3,157 9

α t = 24,028 6

x 1 + x 2 = 1,357

β b = 12,204

β = 13,322

avec x 1 = 0,600 et x 2 = 0,757, les dentures sont équilibrées avec ε α = 1,46.

Il ne reste plus que le calcul de la longueur b, avec :

d 1 = 56,84

et

si K αβ = 1,23,

F t = 16 010 N

Z

2

H

=

5,26

Z

2

ε

= 0,68

b

--------------

K αβ

b 45

0 = 15,4 N/mm 2

16 010 × 1,4

-------------------------------------------------------------------------------------------------

15,4

×

56,84 ×

0,81

×

1

×

0,88

=

, ce qui permet d’assurer ε β =1.

2

Z β

36

=

0,97

Les caractéristiques de fabrication du réducteur sont alors :

— module m n0 = 3

— angle d’hélice β 0 = 13 o

— pignon : Z 1 = 18, x 1 = + 0,6

— roue : Z 2 = 77, x 2 = + 0,757

— entraxe a 0 = 150 mm

— longueur de denture b = 45

2.2 Réducteur à engrenage cylindrique intérieur

La géométrie est encore de parallélisme entre l’arbre d’entrée et l’arbre de sortie : Σ 0 = 0 et a 0 = Cte (figure 3 ). Les sens de rotation sont les mêmes.

Cte (figure 3 ). Les sens de rotation sont les mêmes. Figure 3 – Réducteur à

Figure 3 – Réducteur à engrenage cylindrique intérieur

Le même type de denture normalisée ISO est utilisé mais les sur- faces primitives sont des cylindres de révolution de diamètre d 1 et d 2 tangents intérieurement. L’encombrement général est réduit par rapport à la solution précédente mais le pignon, en général, est en porte à faux, ce qui interviendra sur le coefficient de portée des dentures sous forme, par exemple, d’un coefficient spécial K S = 0,9.

Les éléments nouveaux, différents de ceux vus précédemment,

sont :

— la relation d’entraxe :

a 0 = ( d 2 d 1 )/2 = m t ( Z 2 Z 1 )/2

connaissant les caractéristiques β 0 , m n0 , Z 1 , Z 2 , x 1 , x 2 , a 0 ;

— le coefficient de rapport :

C r = u /( u – 1)

avec

u = d 2 / d 1 = Z 2 / Z 1 = N 10 / N 20

car le contact entre dentures est de nature convexo-concave ;

— la relation définissant les coefficients de déports sous la forme :

(

x

2

x

1

)

=

(

inv α

a

0

t

=

inv α

m

n0

t0

(

) (

Z 2

---------------------------------------

Z

2

Z

1

Z

)

2 cos

β

0

1

)/2

tan

α

n0

avec α n0