L’endroit du décor

Quelques lieux de tournage marquants du cinéma

Martin Gladu

TABLE DES MATIÈRES
Avant-propos
* Le Château de l’Oumède (La piscine, Two for the Road)
* Le Paty (Swimming Pool)
* Château la Canorgue (A Good Year)
* Château Renard (Manon des sources et Jean de Florette)
* Castello degli Schiavi (The Godfather)
* Le Château du Calaoué (Milou en Mai)
* Le Grand Saint Léger (Un dimanche à la campagne)
* Le Mas de Chastelas (La collectionneuse et Je vous aime)
* Château Bodeau (Tous les matins du monde)
* L’écluse de Baugey (Les valseuses)
* La petite maison en face du 40 avenue de Paris à Cucq (Les valseuses)
* La rue Arthur-Honegger à Valence (Les valseuses)
* Le Salon de thé de la Digue, Place du Petit Enfer à Luc-sur-Mer (Les valseuses)
* La Boîte à Tifs à Valence (Les valseuses)
* Les Fauries près d’Hostun (Les valseuses)
* Le Château de la Gaude (ou Pavillon de la Gaude) (Le château de ma mère)
* Les Ursins à Montherod (en Suisse) (Les petites fugues)
* Les étangs de la Dombes (Les enfants du marais)
* Le carrefour de la route Cavaillon et de la route Saint-Rémy à Plan d’Orgon (Heureux qui comme
Ulysse)
* L'Arc de Triomphe de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence (Heureux qui comme
Ulysse)
* Place de la Poste (rue de la Poste) à Roussillon (Heureux qui comme Ulysse)
* Bourne Wood (Farnham, Surrey) (Gladiator)
* Le « Port des Petits Bateaux » de la plage Notre-Dame de l’île de Porquerolles (Pierrot le fou)
* Quai du Menayre à Castelnaudary (Une glace avec deux boules ou je le dis à maman)
* Le chemin en épingle près de la D60 à Lioux, entre les lieux-dit Les Sarrières à l’est et
Gallas à l’ouest (L’été meurtrier)
* Le Parc de la mairie de Pons (La tête en friche)
* Ferme La Contrée de Baudoin au lieu-dit Baudoin à Alluyes (Alexandre le bienheureux)
* L’Espace Lac de Talloires (sur le chemin du Ponton) (Le genou de Claire)
* Curragh Plains, County Kildare (Irlande) (Braveheart)
* Les bords de la River Nevis (près de Fort William en Irlande) (Braveheart)
* Manoir Sainte-Anne dit Château du Guéric et sa chapelle Sainte-Anne (La petite Lili)
* Le Château de Saint-Amé (Bilitis et Le gendarme en balade)
* La ferme Reverdy (Un crime au paradis)
* Château de Lestaubière (Marie Poupée)
* La ferme de Laoueillaou (Le bonheur est dans le pré)
Localisation
Crédits photos
Remerciements
À propos de l’auteur

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AVANT-PROPOS

V’est bien connu, le cinéma s’avère une façon abordable et sécuritaire de voyager.
Évidemment, certains endroits nous plaisent et nous attirent davantage que d’autres : rien de
plus normal.
Or la lourde technique cinématographique maquille, travestit voire, réinvente ces lieux qu’elle
investit le temps de créer sa magie. L’identification des lieux de tournage devient alors un
défi auquel s’attaquent plusieurs cinéphiles entêtés. Ces derniers privilégieront un cinéma
naturaliste abondant en scènes extérieures.
Le présent ouvrage célèbre certains de mes lieux de tournage préférés et l’histoire de leurs
noms. Va sans dire que le choix des lieux, des scènes et des œuvres découle d’une sélection
personnelle. Mon but est de faire découvrir (ou redécouvrir) non seulement les œuvres en
question mais l’origine des noms de lieux qui les ont hébergés le temps de quelques plans.
Ça tourne !

Photo de couverture : Vue aérienne de Saint-Tropez (par Starus). Un nombre incalculable de films
ont été tournés dans cette ville et ses environs, dont L’année des méduses, Les biches, Bilitis, Et Dieu créa la
femme, La piscine, Two for the Road et Les sous-doués en vacances.

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Le Château de l’Oumède
Vue sur l’anse de Bonne Terrasse

Films : La piscine de Jacques Deray et Two for the Road de Stanley Donen
Scène(s) : Toutes les scènes à la villa et toutes celles autour de la piscine

fituée dans le quartier huppé de l’Oumède à Ramatuelle (sur le chemin l’Oumède Nord),

cette maison de maître du 19ième siècle bénéficie d’une protection patrimoniale. Elle est
flanquée du petit chemin rural dit de Val de Limbert. Val de Limbert est un lieu-dit situé près du
quartier de l’Oumède. Certains auteurs ont émis l’hypothèse qu’en 1395 le village de
Ramatuelle, alors situé Val de Limbert, dans un endroit qui porte encore le nom de Villevieille, fut ruiné par Raymond de Turenne puis reconstruit à sa place actuelle. On trouverait
donc au Val de Limbert, près du jas de l'ancien seigneur, les ruines du village que de Turenne
aurait détruit.
L’Oumède est un ruisseau qui coule sur la commune de Ramatuelle. Son nom vient de
l’omeda signifiant l’ormaie. La terminaison –ède provenant du latin etum, un suffixe
couramment utilisé en botanique, confirme cette origine.
La maison offre une vue imprenable sur le massif des Maures et l’anse de Bonne Terrasse.
« Oui, je suis retourné dans cette maison, la Loumède (sic), et j'ai même souhaité l'acheter
tant elle était magnifique. Je ne sais plus pourquoi, mais ça ne s'est pas fait » a dit Alain
Delon. On aurait affirmé à l’émission Bons baisers de la côte d'Azur du 25 décembre 2012 sur
France 5 que son propriétaire était Eddie Barclay. Or ce n’est pas le cas : la villa du célèbre
producteur se trouvait au cap Camarat. L’actuel propriétaire du Château de l’Oumède serait
Théodore Schneider, le directeur général de Breitling SA.
Deray tourne La piscine en 1968 en pleine Affaire Markovic pour laquelle Delon est
entendu. Il réunit le populaire acteur et son ancienne flamme, Romy Schneider. Le tournage
a entretenu la curiosité de la presse à scandale en jouant, bien malencontreusement, sur une
évidente confusion entre les acteurs et les personnages qu'ils incarnaient. De même, le
spectateur pouvait se demander, en assistant à la projection, si réalité et cinéma
n'interféraient pas entre la vie des vedettes et la représentation qu'en donnait le film.

4

Le Paty
Parc naturel régional du Lubéron

Film : Swimming Pool de François Ozon
Scène(s) : Toutes les scènes à la villa et toutes celles autour de la piscine

fi Oppède, près de la route du Four Neuf, se trouve Le Paty, une jolie propriété que l’acteur

américain Robert Burns a habitée pendant près de dix ans. Construite en 1990 avec les
pierres d’une vieille grange jadis située sur la propriété, la maison fait 310 mètres carré et
compte cinq chambres. Le terrain est de 4 hectares, et la piscine fait 16 mètres par 8 mètres.
Spacieuse et confortable, la chambre des maîtres, qui bénéficie d’une large terrasse, fait 26
mètres carré.
Le tournage de Swimming Pool a débuté à la fin du mois de mai 2002. Interrogé sur la
symbolique de la piscine, François Ozon répondit :
J'ai pour ma part souvent filmé l'eau, mais plus souvent l'océan que j'associais à la désinhibition, ou à
une certaine angoisse. Ici, la piscine m'intéresse pour son côté plastique, mais aussi pour l'aspect
« enfermement » de l'eau. Une piscine, contrairement à l'océan, est quelque chose de façonnable, de
maîtrisable. Ici, la piscine est l'espace de Julie. Elle est comme un écran de cinéma, sur lequel on
projette des choses et sur lequel un personnage pénètre. Sarah Morton met beaucoup de temps à
rentrer dans cette piscine : elle ne peut le faire que lorsque Julie devient son inspiration, et lorsque la
piscine est enfin propre.

Variante de l'ancien français patis (ou pati) signifiant pâturage, un paty est un pré mis en
pâture.
Oppède apparaît dès le 11ième siècle. Le toponyme vient vraisemblablement du mot oppidum
(ville fortifiée gauloise, sur un lieu généralement en hauteur), ce qui correspondrait bien au
site d'Oppède-le-Vieux, qui est le vieux village perché d'Oppède.
Swimming Pool est librement inspiré du film La piscine de Jacques Deray (ci-dessus). Le
personnage qu’incarne Ludivine Sagnier avait au départ été imaginé pour un garçon.

5

Château la Canorgue
Parc naturel régional du Lubéron

Film : A Good Year de Ridley Scott
Scène(s) : Toutes les scènes au château et toutes celles dans le vignoble

_a Siroque de l’oncle Henry (Albert Finney) est en réalité le Château la Canorgue. Situé sur

la Route du Pont Julien à Bonnieux, le domaine doit son nom aux nombreuses canalisations
souterraines, ou mines, que les Romains avaient construites pour capter l’eau. Ces anciennes
mines d'eau sont toujours utilisées pour la captation et le transport d'eau vers le château et
ses jardins où l'on peut admirer de superbes fontaines aux sculptures de Neptune et de
dauphins.
Le domaine a vraisemblablement été la propriété des Méry de la Canorgue, une famille noble
originaire d’Italie établie à Bonnieux vers le début du 16ième siècle. C’est d’ailleurs le pape
Benoît XIV qui érigea en titre de comté le fief de la Canorgue en 1747. Les actuels
propriétaires du domaine sont Jean-Pierre et Nathalie Margan, la cinquième génération de
cette famille de vignerons à posséder le Château. Jean-Pierre Margan est d’ailleurs le premier
dans la région à avoir obtenu une certification en agriculture biologique.
En provençal, canonge (ou canorgue) signifie « chanoine; désoeuvré, mendiant » et canorga
« chanoinie ». Une première attestation provient de Nîmes, cannonegue (1175), plus tard
canorgue à Avignon, Toulouse, Albi, etc. toujours avec le sens de chanoine. Le chanoine avait
droit jadis à des revenus de certaines terres qu’on lui payait annuellement. Dans le sud
Aveyron, on utilisait le mot canourgues pour désigner les Gitans ou Romanichels (sans doute
dans le sens de fainéants, sens qui serait dérivé de chanoine).
Bonnieux est cité en 1103 sous le nom de Castrum Bonils.
Résident du Lubéron depuis plusieurs années comme son ami Peter Mayle (qui a écris A
Good Year), Ridley Scott a été débouté par le tribunal administratif de Nîmes en 2010.
Dérangé par ses voisins aviculteurs, le réputé cinéaste tentait de bloquer plusieurs projets
autorisés par la commune d’Oppède concernant leur ferme.

6

Château Renard
La Sainte-Beaume

Film : Manon des sources et Jean de Florette de Claude Berri
Scène(s) : Toutes les scènes aux Romarins

Tu sud du minuscule village de Riboux, au lieu-dit Château Renard, se trouve la bastide

des Romarins du film de Berri. Or ne cherchez pas Riboux au générique. « Nous avions
expressément demandé qu’il n’y figure pas! explique la mairesse Suzanne Arnaud. Nous
avons été contactés un an avant le tournage. L’équipe du film demandait l’autorisation de
planter des oliviers. » Ils sont restés neuf mois à Château Renard, le temps de voir passer les
quatre saisons.
En plus du passage des saisons, la nature sauvage, les grands espaces et les paysages vierges
font de Riboux un endroit des plus attirant pour les randonneurs. Notons également que la
région, qui regorge en cavités de tout genre, offre plusieurs sites de spéléologie.
On retrace l’origine de Riboux dans les anciennes chartes à Tribols (1037), Ribuls (1081),
Ribulus (1096), Ribols (1150), et Ribolis (1399). Son étymologie renverrait au latin ripula
(petite rive). Le torrent de Cuque « découle des montagnes de Cuges et arrose le bassin du
terroir. Il prend sa source au-dessous du Saint-Pilon, passe à Riboux et parcours deux
myriamètres dans le territoire de Cuges, » nous apprends le Dictionnaire topographique de
l'arrondissement de Marseille de Jean Anselme Bernard Mortreuil.
Sur la carte de Cassini, la bastide porte le nom de Jas de la Renardière, ce qui laisse croire que
son origine tient davantage à la présence de l’animal que d’un ancien propriétaire dénommé
Renard.
Accessible que par une seule route, Riboux est une des plus petites communes de France
en terme de démographie (34 habitants en 2011). Elle est accrochée au versant sud du Massif
de la Sainte-Beaume. La bastide, elle, est située à 420 mètres d’altitude.

7

Castello degli Schiavi
La Riviera di Taormina

Film : The Godfather de Francis Ford Coppola
Scène(s) : Résidences de Don Tommasino et de Vito Corleone. Meurtre d’Appollonia.

_e

Château des Esclaves se dresse parmi les orangeraies odorantes de la Riviera di
Taormina. Il est situé sur la Strada Provinciale 71i (ou Via Balada). Ceinturée de hauts murs, la
villa se trouve en fait près de la réserve naturelle de Fiumefreddo di Sicilia et de la ville de
Taormina. Construit par le réputé architecte sicilien Giovanni Battista Vaccarini entre 1750
et 1756 comme résidence d’été du prince de Palagonia, Francesco Ferdinando Gravina,
l’édifice est typique du baroque rural sicilien. Son actuel propriétaire, Franco Platania, est un
descendant de la grande famille noble des Gravina Cruillas.
Certains opinent que le nom du château viendrait des deux statues prisonnières de son
enceinte, alors que d’autres l’attribuent plutôt à une mauvaise prononciation de sa
dénomination originale, « Casteddu di Scavi », dans le dialecte sicilien.
En ce qui a trait au nom de la commune de Fiumefreddo di Sicilia, celui-ci signifie rivière
froide, une référence aux neiges de l’Etna qui viennent refroidir les courants de la rivière
Fiumefreddo.
La légende veut que la petite chapelle près du château ait été construite suite aux raids
des pirates qui ont kidnappé les anciens propriétaires, Dr Gaetano et Rosalia Palmieri. Dr
Palmieri aurait sauvé le jeune fils du prince de Palagonia atteint d’une maladie grave. En
guise de remerciement, le prince lui aurait donné un lopin de terre sur lequel le gentil docteur
fit construire un palace. Sauf qu’un jour des pirates débarquèrent et kidnappèrent le couple
Palmieri. Avant que les pirates ne puissent rejoindre leur bateau, ils furent interceptés par un
groupe de jeunes villageois qui les libéra.

8

Le Château du Calaoué
Le Savès

Film : Milou en Mai de Louis Malle
Scène(s) : Toutes les scènes au château

fi Saint-Lizier-du-Planté, au carrefour de la D176 et de la D222, se trouve le Château du
Calaoué, propriété de la famille de Bon depuis plusieurs générations. Bâti en 1620 par
Alexandre de Bon, seigneur de Savignac-le-Roy et avocat au Parlement de Toulouse, le
château est une merveille en briques rose toulousaine et en pierres. En 1781, on y construit la
salle de l'An IX et l'Orangerie (par Louis Joseph de Bon et terminées par son frère Louis
Léonard de Bon, Écuyer du Roi d'Espagne et reconnu par le Roi de France Premier Marquis
de Bon). Puis, en 1824, ce dernier ordonne la construction de la chapelle Savignac del Rey
située à 500 mètres de l'allée du château.

La famille de Bon a figuré au capitoulat. Elle a donné deux chevaliers à l'ordre de Malte en
1741 et en 1750 et un conseiller au parlement de Toulouse de 1749 à 1753. La noblesse de
Bon, qui a entretenu pendant plusieurs années le château des comtes de Comminges à L’Isleen-Dodon, était intimement liée à celle des Castillon de Saint-Victor.
Saint-Lizier-du-Planté, autrefois Saint-Jean-du-Planté, était un paréage entre le Roi de France
et les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem.
L’origine du nom Calaoué est difficile à retracer. Il pourrait venir du bas latin caballarius
(chevalier) ou du gascon cauat (cheval), lequel serait issu du latin caballu.
Le toponyme Lizier est une variante du nom commun lisier. Il doit son nom à Nathan le
fourchu, un désormais célèbre pirate qui se fit jeter par-dessus bord par son équipage avec
un coffre attaché autour du cou. En effet, le malheureux avait avalé la clé du coffre pour ne
pas avoir à partager l’or qu’il y contenait. Alors qu'il se noyait, une baleine qui chassait l'avala
par inadvertance. Nathan, qui s’était accroché à la glotte de l'animal, ne fut délivré que
quelques jours plus tard par des baleiniers. Désireux de récupérer son or, il se fit ouvrir le
ventre pour récupérer la clé, et lorsque cela fut fait, il décida de le faire manger par une
dizaine de cochons du Planté en pensant les racheter ultérieurement de leur propriétaire. Or
lorsque Nathan ouvrit les cochons, il n'y trouva pas une once du précieux métal. Au
printemps, quand les paysans épanchèrent le lisier des bêtes, ils y trouvèrent l’or. Et c’est de
là que la commune prendra son nom.

9

Le Grand Saint Léger
Calme et sérénité
Film : Un dimanche à la campagne de Bertrand Tavernier
Scène(s) : Toutes les scènes à la villa

_a commune de Villers-en-Arthies est composée d’un village et de cinq hameaux : les
Mares, Villeneuve, le Tremblay, la Goulée et Chaudray et d’une extension au lieu-dit Saint
Léger.
Dès 768, Villare est mentionnée dans une charte de Pépin le Bref. En 1060, on signale une
chapelle et une ferme au milieu des bois sous le vocable de Saint Léger des Bois.
Puis, en 1157, Villerium apparaît dans les textes des archevêques et du pape. Hugues,
archevêque de Rouen, accorde la chapelle de Saint Léger avec « dîmes, bénéfices et revenus »
aux Bénédictins qui dépendent de l'abbaye de Saint Germain des Prés. En 1384, dans les
biens de cette abbaye, on trouve : « À St Ligier en Artie, un prioré où il y a un prieur religieux
et un de nos compagnons, une maison toute détruite par les guerres (celle de 100 ans), séant
auprès des boiz… » Jusqu'au début du 20ième siècle, dans les registres de l'État civil, on citait
les écarts du Petit et du Grand St Léger, des Cavières, de la Grenouillère, du Clos du Bois, le
hameau du Grand Chemin et la Maison des Bois.
En ce qui a trait au Grand Saint Léger, celui-ci est mentionné dès 768 à titre de prieuré
dépendant de l’abbaye de Saint-Denis. Il était cité sous « Villare mansos duo » (Villers deux
maisons).
Jean Rochefort relate l’histoire de ce lieu empreint de calme et de sérénité :
Le prieuré ne fut pas toujours habité en permanence par les religieux. Les bâtiments mal entretenus
étaient dans un état lamentable au 17ième siècle. Pourtant en 1658, Dom Bernard Audebert, prieur, les
bailla à ferme pour 9 ans, à Jean Doute, laboureur à Villers. Le preneur s’engageait « à faire sa
résidence lesdits lieux baillés, à payer les dîmes, les taxes extraordinaires du Clergé de France, à
fournir 500 livres tournois par an … à faire célébrer chaque dimanche une messe basse dans la
chapelle. »
Une fois ou deux l’an, deux religieux venaient inspecter le prieuré. Le fermier devait les
héberger une huitaine de jours ‘’avec leurs domestiques et leurs chevaux.
Le dénombrement du 20 mai 1768 présentait un ensemble en piteux état : « une chapelle
négligée depuis longtemps (…) une ferme composée d’un corps de logis, d’une grange, de plusieurs
toits à porcs, d’une étable, d’un fournil. » L’acte se terminait par la remarque suivante : « Il n’y a pas
de terres fortes, le sol est spongieux et graveleux. »
En 1789, le 8 février, le tout est loué pour 1 000 livres par an au sieur Sarrazin, laboureur à
Chaussy. Il n’en jouira pas longtemps. La Bastille est prise le 14 juillet 1789. À la Révolution, le
prieuré est liquidé en deux lots.
Le 8 février 1791, 4 arpents, au lieu-dit Les Hautes Comptées, furent vendus pour 525 livres à René
Le Roy, greffier de la municipalité de Mantes, pour Étienne Pinel à Vétheuil. Le 8 septembre 1791,

10

« un corps de ferme, circonstances et dépendances avec une chapelle, enclavé dans 11 arpents de
petites bruyères et de méchants bois, et 75 perches de jardin furent adjugés à Jacques Bailly,
marchand de chevaux à Vétheuil. » Ainsi finit ce prieuré.
Aux alentours de l’année 1830, il y eut une sucrerie au Grand St Léger. J’ai eu entre les mains
des factures (1829-1830) de la Raffinerie de Villers – Lieu-dit St Léger – près et par Magny (Seine et
Oise). Le sucre était vendu sous forme de pains de 5 à 6 kg.
Sur la matrice cadastrale de 1823, au folio 375, M. Roger de Villers Alexandre, comte de
Villers, est le propriétaire.

Le peintre François Rivoire (1842-1919) a habité cette grande résidence de style NouvelleOrléans durant plusieurs années. Le hameau dans lequel est située la maison comportait jadis
un prieuré relevant de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, lequel fut détruit au cours de la
Révolution.
Saint Léger fut canonisé par un concile d’évêques en 681. Il était l’évêque d’Autun. Saint
Léger ou Léger d'Autun ou Léodegard (en latin Leodegarius) est la francisation du germanique
Leudgari, de leud (peuple, gens) et gari (lance).

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Le Mas de Chastelas
Les plages de Gassin

Film : La collectionneuse d’Éric Rohmer et Je vous aime de Claude Berri
Scène(s) : Toutes les scènes à la villa

fitué dans le quartier Bertaud à Gassin, le Mas était relié jadis à la seigneurie de Bertaud,

dont la trace remonte au 14ième siècle. À la suite du morcellement des 300 hectares de l’ancien
domaine du Seigneur de Bertaud, Gérard Racine et Dominique Sulitzer rachetaient en 1967
la magnanerie du 18ième siècle et un parc de 3 hectares. Convertit en hôtel, l’établissement
ouvrit ses portes au public en 1967 et devint rapidement le lieu de séjour de prédilection des
têtes d’affiche du cinéma, du théâtre, de la chanson et de la littérature. Il compte aujourd’hui
parmi les premiers hôtels de luxe de Saint-Tropez.
Surplombant les vignobles du domaine de Bertaud Bélieu et au milieu du parc complanté
d’un platane centenaire, de chênes, d’eucalyptus, de mimosas et d’arbres de Judée, cette
bâtisse provençale du 18ième siècle propose l’atmosphère de charme de ses sols en vieille terre
cuite jusqu’aux plafonds à poutres et chevrons apparents.
Le domaine a été tour à tour la propriété de François de Castellane, marquis de Grimaud et
de Saint-Juers, de Jean Antiboul, lieutenant en l'Amirauté de Fréjus, de Marie Louise
Philomène Thaneron de Bertaud (épouse de Joseph Jules Maurice Pessonneaux du Puget)
ainsi que de Louis de Pessonneaux du Puget (1866-1937) et de son beau-frère Norbert
Janmot (1867-1941). Ce dernier, qui était Chevalier de la Légion d’honneur en 1920, le
vendra à la Société Française des torpilles Whitehead pour s’installer dans le Mas qu’il transformera
pour y accueillir ses amis peintres et écrivains, dont l’illustre Colette. Mort sans descendance,
le Mas est vendu en 1943 à Claude et Louise Lemaître qui l’occuperont jusqu'en 1966 avant
de le vendre au couple Racine-Sulitzer, qui à leur tour s’en sépareront en 1992 au profit des
propriétaires actuels, les Pujos.
Mas, du latin mansus, signifie le lieu où l’on séjourne, la maison. Chastelas signifie château. Le
toponyme Gassin, pour sa part, viendrait de Guardia Sinus, signifiant le gardien du golfe.
Rohmer entretenait une correspondance avec des ornithologues qui le renseignèrent sur
les oiseaux du sud à faire entendre dans le film.

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Château Bodeau
Lieu historique

Film : Tous les matins du monde d’Alain Corneau
Scène(s) : Toutes les scènes chez Monsieur de Sainte-Colombe

fi deux kilomètres de Rougnat, au lieu-dit Le Courtioux, sur les bords du Cher, se dresse

Château Bodeau, une forteresse du 15ième siècle dotée d’un pont-levis et de deux tours à
mâchicoulis. Ce château était autrefois une des cinq places-fortes qui défendaient la frontière
entre Chambon-sur-Voueize et Auzances. Il a appartenu en partie et alternativement aux
Bochard, aux Jomat et aux Ligondès. Le chanteur lyrique d’origine belge José van Dam et
son épouse Christiane Dumont en seront les heureux propriétaires jusqu’en 2012, année où
ils le vendront aux sœurs Weber (Stephanie et Susannah) qui oeuvrent à convertir ses 200
acres en sanctuaire animal.
La famille de Châteaubodeau, qui porte le nom patronymique de Bochard, est originaire de
Châteaubodeau. En 1500, Jean Bochard et son épouse, Anne de Jomat, étaient co-seigneurs
du fief et du château. En 1534, Gabriel de Châteaubodeau, religieux de l'ordre de SainteRadegonde, tuteur des enfants mineurs de son frère Gilbert, vendit la terre et le château à
François de Ligondès, mari de sa nièce, Jeanne de Châteaubodeau. Les de Châteaubodeau
furent maintenus nobles en 1667. La branche aînée de cette famille s’est éteinte à la fin du
18ième siècle.
François de Ligondès était gouverneur de la ville de Carignan en Piémont et lieutenant pour
le roi. Il épousa Jeanne de Château-Bodeau le 11 mai 1523, fille de Gilbert de ChâteauBodeau. Sébastien du Ligondès, fils du précédent, épousa Gabrielle de Jomat le 10 avril 1570,
fille de Jacques de Jomat, seigneur en partie de Château-Bodeau. Il reçut plusieurs
gratifications. Jacques du Ligondès, fils du précédent, se distingua en qualité d’officier
supérieur de cavalerie. Il avait l’estime particulière du roi Henri IV. Puis vint son célèbre fils,
Gaspard, qui habita la forteresse avec sa famille. Il fut décoré plusieurs fois durant son
illustre carrière militaire. Son propre fils, Jacques, hérita du titre de marquis de ChâteauBodeau, puis, François, et enfin le fils de ce dernier, George, qui se fixa au château afin de se
livrer à l’éducation chevaline. La seigneurie de Château-Bodeau appartenait encore en 1789 à
la famille de Ligondès.
Bodeau serait un diminutif de Baud (du bas latin baldus).

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L’écluse de Baugey
Le canal de Bourgogne

Film : Les valseuses de Bertrand Blier
Scène(s) : Toutes les scènes au canal

ñrigées sur le canal de Bourgogne, entre Pont d’Ouche et Veuvey-sur-Ouche, l’écluse de
Baugey (numéro 21) et sa maison éclusière charment par leur simplicité. L’ensemble est situé
sur la rue Larrey Dupont, près de la Combe Peugeot. Le hameau Ferme de Baugé se trouve à
proximité.

La source de Baugey alimente le bief 22 de Veuvey. Un bief est une section, en général
artificialisée, d'un cours d'eau ou d'un canal entre deux écluses, deux chutes d'eau ou deux
rapides.
Selon Origine et formation des noms de lieu d’Hippolyte Cocheris, baugium, qui signifie hutte, serait
à l’origine des toponymes Baugey, Baugé et Baugy.
Baugey fut aussi le nom d’une ancienne seigneurie en Bourgogne.

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La petite maison en face du 40 avenue de Paris à Cucq
Stella-Plage

Film : Les valseuses de Bertrand Blier
Scène(s) : Chez Jacqueline

ae la cherchez plus, elle est là la maison de Jacqueline (Isabelle Huppert), à deux pas de la
plage, bien cachée dans les dunes.

Cucq est composé de trois entités géographiques : le village de Cucq, le hameau de Trépied
et la station balnéaire de Stella-Plage, où Blier a d’ailleurs tourné d’autres plans pour Les
valseuses.
À sa fondation, le village était situé sur une dune, un monticule quelconque. L’origine de
l’oronyme viendrait donc du préceltique signifiant hauteur, colline. Cela dit, son origine
pourrait aussi venir du latin cuc (ou cucque) signifiant lieu fortifié.
Quant au toponyme Stella-Plage, il fait évidemment référence à la forme étoilée (stella signifie
étoile en latin) de son plan urbain radioconcentrique, dont la conception – par l'architecte
parisien Charles Plumet – remonte à 1914.
Blier reviendra à Stella-Plage en 2005 pour y filmer Monica Belluci dans Combien tu
m'aimes ?

15

La rue Arthur-Honegger à Valence
Valence, ville ancienne

Film : Les valseuses de Bertrand Blier
Scène(s) : La virée en chariot

_a scène mémorable de la virée en chariot qui ouvre le film s’est déroulée sur la rue Arthur-

Honegger à Valence. Mais, mesdames, sachez que vous n’avez rien à craindre à y circuler; les
Valentinois veillent sur vous. Que tous les zazous, petits voyous et autres fauteurs de trouble
soient prévenus : si vous êtes pris en flagrant délit à troubler la paix, on vous rasera le crâne
(à La Boîte à Tifs, cela va de soi).
En apparence anodine, la réplique « Si tu leur faisais une coupe de cheveux à ces zazous ! »
est en fait un clin d’œil au décret vichyste qui ordonnait la récupération des cheveux pour la
confection de pantoufles. Anti-conformistes de nature, ces jeunes gens que l’on appelait les
zazous désobéissaient en gardant les cheveux longs.
Arthur Honegger (1892-1955), qui n’avait rien d’un zazou, est un compositeur suisse ayant
fait partie du groupe des Six. Plusieurs hodonymes avoisinants commémorent des
compositeurs de musique sérieuse (Reynaldo Hahn, Franz Liszt, Giuseppe Verdi, etc.)
Colonie romaine sous Jules César, Valencia, qui signifie la vaillante ou la vigoureuse en latin,
sera plus tard connue sous le nom de Valença en occitan.
Qualifiés d’ingérables par Blier, Miou-Miou, Patrick Dewaere et Gérard Depardieu
donnent du fil a retorde au réalisateur, agissant dans la vie comme dans le film. Ils sont
effectivement plusieurs à avoir rapporté que le trio infernal prenait souvent la poudre
d’escampette pour aller faire la fête. Miou-Miou, qui était l’amoureuse de Dewaere à
l’époque, affirmera d’ailleurs quelques années plus tard : « Dans ce film, je ne suis pas une
comédienne interprétant un rôle, je suis moi (…) J’ai connu cette vie aventureuse. »

16

Le Salon de thé de la Digue, Place du Petit Enfer à Luc-sur-Mer
Sword Beach

Film : Les valseuses de Bertrand Blier
Scène(s) : Festin d’huîtres au restaurant

\l n’y a que Bertrand Blier pour écrire un texte sur la ménopause d’une ex-détenue. Cette
scène des plus singulières a été filmée Place du Petit Enfer à Luc-sur-Mer, plus précisément au
très chaleureux Salon de thé de la Digue.
La paroisse à laquelle appartient Luc-sur-Mer s’est jadis vue contrainte de constituer un
cimetière protestant. Celui-ci fut établi à mi-chemin du village et du bord de mer. Après la
révocation de l'Édit de Nantes – qui mit fin aux guerres de religions –, ce lieu fut surnommé
le Petit Enfer. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il sera délivré le 7 juin 1944 par la 41st
Royal Marine Commando.
Le nom de la localité est attesté sous la forme Lu en 1077 et serait issu de l’ancien français luc
(bois), attesté sous la forme luz, terme issu du latin lucus, de même sens.
Étonnement, Patrick Dewaere ne sera recruté que la veille du premier jour de tournage.
Comme l’acteur, Blier croyait que le rôle de Pierrot ne correspondait pas à son tempérament.
Gérard Depardieu, quant à lui, était à ce point convaincu qu’il se présentait quotidiennement
dans les bureaux de production parisiens pour exprimer sa motivation à obtenir le rôle.
Enfin, c’est grâce à Jeanne Moreau que Les valseuses a pu voir le jour : le casting de la célèbre
actrice est venu rassuré les investisseurs, qui ont débloqué l'argent manquant pour produire
le film.

17

La Boîte à Tifs à Valence
Valence, ville ancienne

Film : Les valseuses de Bertrand Blier
Scène(s) : Pierrot et Jean-Claude déambulent. Marie-Ange se prend un pruneau dans la jambe

Wevenu une sorte de lieu culte depuis la sortie du film, le 26 rue de Biberach à Valence est

immanquable grâce à sa large enseigne circulaire de couleur rouge vif. Avis aux intéressés, de
charmantes shampouineuses aux doigts de fées y prodiguent toujours leurs bons soins.
Toponyme à consonance germanique, Biberach signifie l’eau du castor. Biberach (du latin
Biberacum) est une ville d’Allemagne. Biber signifie castor en allemand. Le Biber est une rivière
à la frontière de la Suisse et de l’Allemagne.
Tifs est tiré de l’argot (cheveux).
Blier a tourné d’autres scènes sur cette rue, notamment celle où Pierrot (Patrick
Dewaere) et Jean-Claude (Gérard Depardieu) « empruntent » la DS du propriétaire du salon
de coiffure le temps de leur balade du dimanche.

18

Les Fauries près d’Hostun
La vallée d’Hostun

Film : Les valseuses de Bertrand Blier
Scène(s) : Petit déjeuner interrompu par les gendarmes

Weux gendarmes sur des bécanes et il n’en fallait pas plus pour que nos deux larrons en

cavale déguerpissent à la vitesse de l’éclair. L’enseigne commerciale Café A. Didier que l’on
entrevoit dans le film n’a pas été inventée pour les fins du film : un café-bar tenu par la
famille Didier s’y trouvait naguère.
Campé en pleine campagne normande, le lieu-dit Les Fauries se trouve sur la D532.
Fauries est un toponyme dérivé de l’ancien français faure (forgeron), désignant soit le lieu où
se trouve une forge, soit le domaine appartenant à un dénommé Faure. Faurie est une forme
romane issue du latin fabrica.
Blier a dû réécrire la fin du film jugée trop sombre par les distributeurs américains (dans
le scénario original, la DS dans laquelle roulent les trois personnages principaux percute
violemment un rocher).

19

Le Château de la Gaude (ou Pavillon de la Gaude)
Bagatelle

Film : Le château de ma mère d’Yves Robert
Scène(s) : Chez l’ancien colonel

fituée

à Aix-en-Provence, au lieu-dit Capéou, dans le quartier des Pinchinats, cette
luxueuse résidence est le château du noble balafré dans le film de Robert. L'ensemble des
façades et toitures du château, la chapelle, la terrasse avec ses motifs décoratifs, le parc à la
française (qui porte le joli nom de Bagatelle), y compris les fontaines, les bassins et tous les
éléments sculptés qui le décorent font tous partie d’un arrêt datant de 1963.
Le château a appartenu à l’évêque de Namur, Charles-François-Joseph Pisani de la Gaude
(1743-1826). Il tient son nom du père de ce dernier, Joseph-César de Pizani, seigneur de la
Gaude (un petit village près de Vence), du Puget et de Saint-Vincent du Var. Obligé
d'émigrer pendant les premières années de la révolution pour sauver ses jours, CharlesFrançois-Joseph rentra en France sous le consulat de Bonaparte qui le transféra à l'évêché de
Namur, le 5 février 1804.
Le domaine a également été la propriété successive des de Lubières et des Arlatan de Lauris.
Le marquis d'Arlatan était à la tête d'une grosse fortune qui n'était patrimoniale
qu'en partie. Cela lui permit d’acheter la propriété en 1813. Pisani la rénova en 1750, puis la
famille Lubières en prit possession. Après divers propriétaires, le domaine, qui était alors à
l’abandon, fut acquis en 1938 par le baron de Vitrolles qui restaura le château et le
jardin avant de céder l’ensemble au neveu de Shimon Pères (qui, depuis, s'est tué dans un
accident). Il a ensuite été repris par le propriétaire d'un laboratoire pharmaceutique.
Le réséda des teinturiers, la gaude était utilisée pour sa belle couleur jaune.
Quelques mois avant sa nomination à l’évêché de Namur par le Premier Consul
Bonaparte, Monseigneur Pisani de la Gaude est sans fortune : tous ses biens ont été
confisqués et mis sous séquestre. En dépouillant de ses biens Monseigneur Pisani, la
Révolution avait déshonoré celui qui jusque-là avait servi l'Église et la France comme évêque
de Vence. Ainsi, pour Pisani, c'était à tout le moins un point d'honneur que de réclamer un
retour rapide de ses biens confisqués, ou du moins une partie d'entre eux. Habile
négociateur, il obtint gain de cause…et le poste d’évêque de Namur en prime.

20

Les Ursins à Montherod (en Suisse)
La campagne vaudoise

Film : Les petites fugues d’Yves Yersin
Scène(s) : Toutes les scènes à la ferme
« Chez nous, il n'y a que de belles images » disait Gilbert Wahlen, dont la famille s'est occupé
des Ursins pendant 53 ans. Et il a raison ! Les images bucoliques qu’a su capter le réalisateur
Yves Yersin respirent l’air de la campagne...et tout ce qui vient avec.
Toutes les scènes à la ferme où travaille ce bon vieux Pipe (Michel Robin) ont été tournées
aux Ursins. Une trentaine de personnes y sont restées plus d'un mois pour tourner les
extérieurs. Les scènes en intérieur ont eu lieu à Chavornay.
Le domaine a été la propriété de la famille de Morsier de 1709 à 2003. C’est DanielAlexandre (1712-1803), fils de Jean-François, lieutenant de Mons, qui y construisit la ferme
et la maison. Le bâtiment principal a été reconstruit par ses petits-enfants vers 1832. En
1837, la ferme appartient à l'hoirie de Jean-Alexandre de Morsier (1748-1832). Son fils Frank
de Morsier (Marc-François, 1803-1890) agrandit le bâtiment par un corps transversal au
nord-ouest. En 1890, suite au décès de Frank et à un arrangement de famille, Adolphe de
Morsier (1838-1896) hérite de la propriété. C'est son fils Gaston (1869-1935) qui crée les
chambres mansardées en 1909. Le domaine passe ensuite aux mains d'Alexandre de Morsier
(1905-1988) avant d’être vendu en 2003.
Ursin est un prénom masculin. Il vient du latin Ursinus signifiant ours.
On peut admirer sur les lieux une pierre à écuelle datant de 3 000 à 800 ans avant JésusChrist.

21

Les étangs de la Dombes
La Dombes et le Bugey

Film : Les enfants du marais de Jean Becker
Scène(s) : Toutes les scènes chez Garris et Riton

_’Ain abonde en paysages luxuriants. Le plus vivant d’entre eux est certainement celui que

constituent les étangs de la Dombes. Essentiels à la faune et la flore de la région du même
nom, les étangs font de ce patrimoine humide un des plus appréciés des visiteurs…surtout
s’ils sont adeptes de la pêche à la grenouille.
L’étymologie du mot Dombes est controversée. Pour certains, ce nom viendrait d’un nom
germanique Tumpel ou Dumpel ou Dumphfel signifiant étang, pour d’autres il viendrait plutôt
de Dumus signifiant buisson. Quoi qu’il en soit, le toponyme apparaît au 7ième siècle sous la
forme de « Terra de Dumbis », d'où le « s » final.
Les étangs sont de conception humaine : ils ont été creusés en majeure partie par des
moines Bénédictins et Chartreux. Le premier témoignage indiscutable de la présence des
étangs en Dombes remonte à 1230, date à laquelle la charte de fondation de la Chartreuse de
Poleteins fait état d’un étang donné par Marguerite de Beaujeu qui l’avait fait construire.

22

Le carrefour de la route Cavaillon et de la route Saint-Rémy à Plan
d’Orgon
Scène mémorable

Film : Heureux qui comme Ulysse d’Henri Colpi
Scène(s) : Le gendarme s’impatiente

Th, la fameuse scène du gendarme et son képi ! Une véritable pièce d’anthologie. Elle a été
tournée à Plan d’Orgon, plus précisément au carrefour des routes Cavaillon et Saint-Rémy. Ces
deux villages sont également représentés dans d’autres plans du film, tout comme le sont La
Camargue, le Bac de Barcarin à Salin-de-Giraud, les Baux-de-Provence, les arènes d’Arles,
Fontvieille et La Crau.
Le toponyme Plan est assez commun en France. Il désigne, en provençal, une plaine ou un
plateau, surtout un plateau calcaire sec.
La forme la plus ancienne (attestée en 1114) est de Orgono, qui représente Orgus, un
anthroponyme gaulois, et le suffixe -onem.
Ne cherchez pas Le Flamant Rose sur le coin de la rue, il est 100 mètres plus loin.

23

L'Arc de Triomphe de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence
Lieu historique

Film : Heureux qui comme Ulysse d’Henri Colpi
Scène(s) : Pause déjeuner pain et saucisson

Vlassé monument historique, l’arc municipal de Glanum se dresse sur la commune de

Saint-Rémy-de-Provence. Il fait 12,5 mètres de longueur, 5,5 mètres de largeur et 8,6 mètres
de hauteur. D’influence grecque, sa construction par les Romains se voulait une célébration
de la chute de Marseille. Avec le cénotaphe de Glanum, voisin de quelques mètres, il forme
ce que les locaux appellent communément « les Antiques ». Le cénotaphe rend hommage à
des Gaulois de grande famille – les fameux Julii – qui avaient gagné la citoyenneté romaine
par leur service dans l’armée de Jules César. Il porte la dédicace « à leurs parents de la part de
Sextius, Lucius, Marcus, fils de Caïus, de la famille des Julii. »
La fondation de la ville de Glanum remonte au Premier Âge du Fer, avec un aménagement
de pente au-dessus d'une source sacrée que l'on suppose avoir été très tôt un lieu de culte
associé au dieu de l’eau, Glan (ou Glanis).
On écrit le nom de la commune Sant Romieg de Provença en provençal selon la norme
classique et Sant Roumié di Prouvènço selon la norme mistralienne.
Le film a été un échec financier lors de sa sortie.

24

Place de la Poste (rue de la Poste) à Roussillon
Scène mémorable

Film : Heureux qui comme Ulysse d’Henri Colpi
Scène(s) : Chez Firmin et Mathilde
« Nous sommes tous fait de la même matière » s’écriait Antonin (Fernandel) chez le
maréchal-ferrant. Cette scène mémorable chez ce brave Firmin (Lucien Barjon) nous permet
de mieux comprendre la complexité du personnage et sa décision de contrevenir aux ordres
de son patron. Le local en question est situé Place de la Poste sur la rue de la Poste (devant l’Office
de tourisme). Le petit balcon en fer forgé d’où apparaît Mathilde (Hélène Tossy) y est toujours.
Comme la majorité des constructions de la région, la couleur rosé du recouvrement extérieur
de la maison provient du pigment naturel de l’ocre, abondante sur la commune et ses
environs. Ce ton chaud et vibrant donne un cachet des plus singulier à l’architecture de ces
modestes demeures.
Le toponyme Roussillon vient de Ruscino, un oppidum romain à deux kilomètres à l'est de
Perpignan. La commune est citée en 989 sous de Rossillione. On l’écrit Rossilhon en
provençal selon la norme classique et Roussihoun selon la norme mistralienne.
Samuel Becket, qui était engagé dans la Résistance, se réfugia à Roussillon en 1942. Le
célèbre dramaturge irlandais y écrivit son roman Watt. L'association La Maison Samuel-Beckett
a d’ailleurs aménagé une maison d'écrivain dans la villa du chemin de la Bergère qu'a occupée
Beckett durant la guerre.

25

Bourne Wood (Farnham, Surrey)
Scène mémorable

Film : Gladiator de Ridley Scott
Scène(s) : Bataille contre les barbares

duelle entrée en matière choc que la scène d’ouverture de Gladiator ! Le sol humide, les
chevaux de bataille, les machines de guerre d’époque, la forêt lugubre, les hordes barbares.
La table est mise pour un affrontement historique dont l’issue sera le contrôle de cette
contrée nordique appelée Germania.
Le théâtre de cette bataille sanglante, c’est Bourne Wood dans le Surrey, un boisé composé
principalement de pin sylvestre et de bouleau blanc. Depuis 1999, l’endroit est devenu un
lieu de tournage très prisé des cinéastes. La décision de la Forestry Commission de qualifier le
site de "nationally strategic film industry resource" n’a certainement pas nuie.
Le boisé de Bourne tient son nom des torrents saisonniers de la rivière Wey, lesquels sont
connus localement sous l’hydronyme The Bourne. L’étymologie du mot bourne renvoie
d’ailleurs au domaine aquatique.
Bourne Wood fait partie de la Alice Holt Forest. Nul de sait si Scott connaissait
l’existence d’une importante fabrique de céramique sous l’ère romaine au moment de choisir
ce site comme lieu de tournage.

26

Le « Port des Petits Bateaux » de la plage Notre-Dame de l’île de
Porquerolles
Archipel des îles d’Hyères

Film : Pierrot le fou de Jean-Michel Godard
Scène(s) : Toutes les scènes à la plage de galets

carsemée de hauts fonds et pourvue d'une petite jetée dés le début du 18

ième

siècle, cette
anse enchanteresse est désignée du nom charmant de « Port des petits bateaux » sur la carte
de Cassini. Elle servait autrefois de point de débarquement aux annexes des flottes de
passage, pour faire aiguade. Il y a maintenant les ruines d'un petit débarcadère, qui était en
service au début du 20ième siècle et qui était jadis utilisé par la garnison militaire. En
remontant de quelques mètres, on trouve « la maison de Pierrot le fou », un ancien bâtiment
militaire qui marquait, fin 19ième siècle, l'entrée d’un champ de tir pour la marine.
Amédée Aufauvre a cru retrouver l’origine du nésonyme dans la désinence gallo-romaine olla
(poterie). Le nom de Port-Olles, devenu Porquerolles au fil du temps, se justifierait par les
nombreuses découvertes faites dans l’île de poteries diverses. D’autres croient plutôt que le
nom vient des porcs sauvages (sangliers), qui autrefois étaient nombreux dans les halliers de
l’île.
Vers 1890, le propriétaire de l'île, Jean De Roussen, a été exproprié de l'extrémité est de
l'île afin que l’on y construise le champ de tir.

27

Quai du Menayre à Castelnaudary
Le canal du Midi

Film : Une glace avec deux boules ou je le dis à maman de Christian Lara
Scène(s) : Vanessa et Lolo gambadent sur les rives du canal

Xn 1982, le réalisateur Christian Lara tourna une très courte mais très belle scène où ses

deux héroïnes gambadent sur la rive d’un cours d’eau bordé d’arbres matures. Ce cours d’eau
paisible, c’est le canal du Midi. Avec le canal de Bourgogne (voir Les valseuses ci-dessus), il est
un des plus jolis cours d’eau artificiels de France.
D'abord nommé « canal royal en Languedoc », les révolutionnaires le rebaptisèrent « canal du
Midi » en 1789. Inscrit sur la liste du patrimoine de l’humanité de l'UNESCO, cet œuvre de
Pierre-Paul Riquet est aussi surnommé « canal des Deux-Mers », car il fournit une voie
navigable de l'océan Atlantique à la mer Méditerranée.
Selon le Lexique roman ou Dictionnaire de la langue des Troubadours de François Just Marie
Raynouard, un menayre (ou menaire ou menador) est un conducteur, un meneur. Cette
définition est confirmée par le Dictionnaire d’étymologie daco-romane d’Alexandre de Cihac.
Quant au nom de la commune de Castelnaudary, celui-ci tient dans une contraction de deux
mots, le premier d’origine occitane, castèlnoù, signifiant château nouveau, et le second
d’origine basque, harri, signifiant pierre.

28

Le chemin en épingle près de la D60 à Lioux, entre les lieux-dit Les
Sarrières à l’est et Gallas à l’ouest
La falaise de la Madeleine

Film : L’été meurtrier de Jean Becker
Scène(s) : Pause cigarette cycliste

Vomment ne pas être pris d’émotions devant ce paysage du Midi dans lequel Mickey
(François Cluzet), en danseuse sur son vélo, rejoint Éliane (Isabelle Adjani) qui déambule sur
un petit chemin. En arrière-plan se dresse la majestueuse falaise de la Madeleine, longue de 7
kilomètres et d'une hauteur de 80 mètres.
La Toponymie générale de la France d’Ernest Nègre donne un historique exhaustif du toponyme :
Lioux est cité en 960 sous la forme Leuca, puis Leux au 12ième siècle, Lueux en 1277 et enfin
Lhieous vers 1350. Son origine tient dans l’anthroponyme gaulois, Leucus, lequel sousentend sa forme plurielle, Leucis (terris), qui signifie « aux terres de Leucus ».
Leuca signifie brillant ou clair en gaulois. On le rencontre dans le nom de tribu des Leuques
et dans l'épithète gauloise de Mars Leucotius.
Les cigales que l’on entend dans le film ont été ajoutées au mixage.

29

Le Parc de la mairie de Pons
Scène mémorable

Film : La tête en friche de Jean Becker
Scène(s) : Toutes les scènes au parc

Vomme ils sont touchants, ces chers Germain (Gérard Depardieu) et Margueritte (Gisèle

Casadesus), assis sur leur banc de parc à compter les pigeons. Ces derniers sont les heureux
résidents du Parc de la mairie de Pons, nommé ainsi à cause de sa proximité avec la mairie de
ladite ville.
Beaucoup de choses ont été écrites sur l’origine de nom de la ville de Pons :
D'un accord général, le nom de la ville serait tout simplement issu du bas latin Pontes, signifiant les
ponts. En fait, l'origine du nom de la ville découlerait simplement de sa fonction de passage sur la
Seugne. À l'origine, les ponts qui enjambaient la Seugne et ses nombreux bras de rivière durent être
des constructions en bois, composées soit de madriers, soit de rondins juxtaposés, afin de faciliter le
passage des charrettes, comme cela se pratiquait habituellement dans des régions de marais. Ces
constructions en bois se nommaient alors pontis, terme d'origine latine qui a donné le mot actuel. Le
nom de la localité est attesté au début de l'époque médiévale sous les formes latinisées de Pontus,
ensuite durant le Moyen-Âge Pontem, Ponto (début du 12ième siècle), puis Pontz au 14ième siècle. (Source :
Wikipedia)

M.A. Gautier, dans Statistique du département de la Charente-Inférieure, livre les détails de l’origine
du toponyme en relevant qu'« Aelius Pontius, petit-fils du grand Pompée, en a jeté les
fondements, et lui a donné son nom ». On aurait d’ailleurs fait la découverte d'une colonne
romaine dans la ville sur laquelle était gravée : « AELIVS PONTIVS NEPOS
POM.MAG.TVML. », signifiant « Aelius Pontius, petit-fils du grand Pompée, a fait élever ce
tertre ou tombeau. »
Depuis les années 1950, la ville de Pons a pour surnom la « cité des biscuits ».

30

Ferme La Contrée de Baudoin à Alluyes
La Beauce

Film : Alexandre le bienheureux d’Yves Robert
Scène(s) : Toutes les scènes à la ferme

V’est bien connu, la campagne ce n’est pas fait pour les fainéants. Dure, dure, la vie de

fermier…Le film est en fait une visite au Pays de Cocagne d’Alexandre, ce Beauceron
devenu veuf dont l’unique souci est d’honorer les Sénèque, Russell, Moustaki, Lafargue,
Stevenson et tous les autres qui font l’apologie de la paresse et de l’oisiveté au grand dam de
ses amis et voisins.
Le « grenier de la France », la Beauce est réputée pour ses cultures céréalières et la richesse de
ses sols, lesquels sont composés de limons déposés là lors de l’ère glaciaire. Ce qui est
cependant moins connu, c’est que la Beauce dispose de la source en eau souterraine la plus
étendue d’Europe. En effet, sa vaste nappe phréatique, qui s’étend sur six départements, est
la seconde en importance (en terme de réserves) après celle de la Plaine du Rhin.
La dénomination latine Avallocium fut imposée par les Romains vers 450. Puis, on la rebaptisa
Avallovicus. Nous trouvons dans les anciennes chartes du Moyen-Âge Aluia (en 1070) et Aloya
(en 1300), qui signifient chemin couvert ou chemin de ronde d’une place fortifiée. Des
manuscrits postérieurs lui donnent le nom de Sancta Maria de Alluveis (terrain d’alluvion).
Pour sa part, Baudoin (ou Baudouin) vient du latin Balduinus, qui est un diminutif de Baldus.
Le Loir, un cours d’eau de 317,4 kilomètres de longueur qui traverse 98 communes
réparties sur quatre départements, passe à quelques mètres de la ferme.

31

L’Espace Lac de Talloires (sur le chemin du Ponton)
Panorama du Lac d’Annecy

Film : Le genou de Claire d’Éric Rohmer
Scène(s) : Toutes les scènes à la maison de Madame Walter et celles sur la rive du lac

hne averse en fin d’après-midi. Une rotule aguichante. Une main d’homme, celle de
Jérôme (Jean-Claude Brialy), se pose doucement sur le genou de Claire (Laurence de
Monaghan), qui pleure. Rohmer à son meilleur.

La maison du film – qui depuis a été convertie en restaurant – a une histoire des plus
singulière.
L’État Français ne lui permettant pas de recevoir des étudiants français à son école,
l’éducateur américain Donald MacJannet décide d’amener ses propres étudiants en France.
C’est ainsi que le Camp MacJannet verra le jour. Jouissants d’un panorama à couper le souffle,
les camps L’Aiglon (pour les garçons) et Alouette (pour les filles) deviennent rapidement un
succès. Or le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale impose un arrêt des activités :
MacJannet décide de mandater les Quakers à l’entretien des lieux. Ces derniers convertiront
temporairement les bâtiments en camp de réfugiés. Le Camp MacJannet rouvrira ses portes
aux jeunes si tôt la guerre terminée.
L’étymologie du toponyme Talloires est obscure. Cela dit, on trouve dans les archives
plusieurs étymons : Talgurium (en 867), Talgeria (en 879), Talgariam (en 916), Tallueriis (en
1016), Talueriis (en 1031), et Tallueriarum (en 1344). Le nom est d´origine inconnue, peut
être un mot d'origine celtique signifiant tourné vers la lune.
Talloires serait la villa nommée Talgurium qui apparaît dans un diplôme de Lothaire II, roi de
Lorraine et arrière-petit-fils de Charlemagne, du 17 janvier 867, date à laquelle il la cède à son
épouse Tietdberge.
La filiale française de la société bostonienne Gillette a loué pendant plusieurs années les
bâtiments du Camp MacJannet durant la saison morte afin de fournir aux athlètes olympiques
un lieu où s’entraîner. Se faisant, elle souhaitait que la présence d’athlètes beaux et en santé,
et surtout rasés de près, allait motiver les jeunes français à se procurer leurs produits. Elle
achètera la propriété en 1963 pour plus tard la convertir en “Center for the Study of Human
Ecology.”

32

Curragh Plains, County Kildare (Irlande)
Scène mémorable

Film : Braveheart de Mel Gibson
Scène(s) : Recréation de la bataille du pont de Stirling
“Every man dies. Not every man really lives (...) They may take our lives. But they will never
take our freedom!” Grandiose. Tout comme la plaine de plus de 5 000 miles acres qu’est The
Curragh, laquelle bénéficie de sa propre loi, la Curragh of Kildare Act de 1969. L’endroit est
reconnu pour trois types d’activités : l’entraînement militaire, l’entraînement hippique et le
pacage des moutons.
Curragh vient de l’irlandais currach (17ième siècle) signifiant marais (ou tourbière) en mannois.
Les scènes tournées à Curragh Plains recréent la bataille du pont de Stirling du 11 septembre
1297, bataille importante en ce qu’elle permettra à William Wallace de rallier derrière lui la
noblesse dans la Première Guerre d’indépendance de l’Écosse.
Le ministre irlandais de la culture de l’époque, Michael D Higgins, aurait convaincu
Gibson de tourner son film en Irlande en lui garantissant des incitatifs financiers et de
nombreux figurants.

33

Les bords de la River Nevis (près de Fort William en Irlande)
Lieu énigmatique

Film : Braveheart de Mel Gibson
Scène(s) : Fête du mariage. Fermette des Wallace.

clusieurs scènes ont été filmées en ce lieu énigmatique. Il se situe sur les bords de la rivière
Nevis, laquelle coule dans la vallée nommée Glen Nevis, près de la ville de Fort William.
Bien que plusieurs constructions aient été ajoutées au décor naturel pour le tournage, la
beauté du lieu n’en demeure pas moins sauvage et mystique. En plus de Braveheart, on y a
tourné les films Highlander, Harry Potter et Rob Roy.

Nevis vient de Nibheis, qui se traduit par malicieux ou venimeux. Or il existe une autre
interprétation : Beinn Nibheis serait un dérivé de l’oronyme beinn nèamh-bhathais. Nèamh
signifie nuages ou cieux, et bhathais dessus de la tête. Selon cette interprétation, Ben Nevis se
traduirait donc par « la montagne avec la tête dans les nuages ».

34

Manoir Sainte-Anne dit Château du Guéric et sa chapelle Sainte-Anne
L’Île aux Moines

Film : La petite Lili de Claude Miller
Scène(s) : Toute les scènes à L’Espérance

_a propriété du Guéric – située au lieu-dit du même nom et constituée d’un enclos, d’un

jardin, d’une chapelle, d’une fontaine de dévotion et d’une charreterie – est mentionnée en
1532. Elle appartenait alors à Louise de Quélen (ou Quelan) et Olivier d'Arradon, seigneur
de Kerran (ou Kerdréan) en Arradon. En 1534, Jehan de Quélen la vend à Jehan de
Cambout. La propriété sera ensuite acquise en 1669 par Henry Daviers, un riche marchand
de Vannes. Les familles reliées à ce dernier, les Daviers (via sa fille Olive qui épousa
Grégoire Guillo du Bodan en 1678), les Lauzer de Larmor (via Antoine Louis Marie Lauzer
de Larmor qui épousa, en 1782, Marie Françoise Guillo du Bodan, fille de Jean Vincent II
Guillo du Bodan) et les Guillo Du Bodan, en seront copropriétaires jusqu'à la Révolution, se
partageant l'indivision. Les derniers Guillo Du Bodan n’en seront propriétaires qu’en 1846.
L’un d’eux, Joseph-Ange Guillo Du Bodan (1693-1755) s’est enrichi dans la traite des Noirs.
Reconstruit à la fin du 18ième siècle, Le Guéric a connu cinq propriétaires successifs depuis la
mort du député Charles Guillo Du Bodan en 1897 dont Fernand Payen, bâtonnier de Paris
et l'un des trois défenseurs du maréchal Pétain. Les actuels propriétaires (depuis 1969) sont
Marc et Isabelle Bigot.
Julien Danielo nous rapporte la vie professionnelle d’un des membres de la famille Guillo du
Bodan :
L’avocat Grégoire Guillo Dubodan (1648-1716) s’installe sur le port [de Vannes] à la fin du 17ième
siècle et destine deux de ses enfants à une carrière négociante. Jean-Baptiste Guillo Dubodan (16791718) est l’aîné de la famille. Il commence sa carrière en 1705, il pratique l’armement, correspond
avec des négociants installés à Bordeaux, Nantes, Amsterdam et Cadix. C’est l’un des rares négociants
à posséder l’ouvrage de référence de Savary sur Le parfait négociant, il a connaissance des nouvelles
méthodes de comptabilité et de paiement tels la lettre de change et le livre de compte à partie double.
Il emploie de jeunes commis en recevant en pension des enfants issus d’autres familles négociantes
comme Mathieu Morice. En même temps, il acquiert quelques charges honorifiques en tant que
marguillier de la fabrique St Patern. Lui aussi se constitue un réseau de sociabilité par des mariages
arrangés, notamment avec la famille Lauzer de Larmor avec qui il possède la terre et la maison du
Guéric en l’Île-Aux-Moines. Celle-ci est reconstruite à la fin du XVIIIième siècle.

La construction de la chapelle Sainte-Anne remonte à la fin du 17ième siècle. C’est dans celleci que l’aspirant cinéaste Julien (Robinson Stévenin) fait la projection de son film. Elle
comprend : un choeur augmenté d'une abside au 19ième siècle, un bénitier vasque, une
fontaine du début du 19ième siècle et des communs construits vers 1800, rallongés vers le sud
au milieu du 19ième siècle. Un petit chemin, la Voie communale du bourg à la Pointe de Brouel,
termine son tracée devant la porte de la chapelle.
Bien qu’aucun indice sérieux n’indique qu’ils s’y soient installés (en raison des raids vikings),
l’Île aux Moines tient son nom des moines de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, lesquels
reçurent cette terre en 854 du roi de Bretagne Erispoë. « Il fit ce don en déposant son gant

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dans la main de l’abbé Conwoion, à l’endroit appelé Cancell, » nous apprend la charte
numéro 70 du cartulaire. À cette époque, le nésonyme était Crialeis (croix courte).
Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom d'Isle-duMorbihan. Son nom breton est Enez Manac’h (île au moine).
Du germanique waran (protection) et rik (chef, roi), Guéric est étymologiquement « celui qui
protège son chef ». En ce sens, l’ancien manoir de Payen porte bien son nom !
Le château a accueilli dans l’entre deux guerres plusieurs membres du Conseil de la 3ième
république.

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Le Château de Saint-Amé
Film culte

Film : Bilitis de David Hamilton et Le gendarme en balade de Jean Girault
Scène(s) : Toutes les scènes à la résidence des jeunes filles

_e Château de Saint-Amé est une somptueuse demeure de quinze chambres faisant partie
du patrimoine historique et culturel de la commune de Ramatuelle. Sa superficie totale est de
40 775 m2 (1 170 m2 habitable et 39 605 m2 jardin). Elle a été édifiée en 1917 sur les ordres de
Victor Larue, le fondateur des Brasseries et Glacières de l’Indochine et de Sabeco. La maison Larue
Frères a débuté à Saigon vers 1875 avec une petite fabrique de glace qui, peu à peu, est
devenue l'une des affaires les plus importantes de la colonie : production de 12 à 18 tonnes
par jour et vente à un prix de 0,06$ le kilogramme. En plus de fournir la glace sur les navires
français, Larue Frères produisait des boissons gazeuses.

Passionné de botanique, Victor Larue fit installer dans le vaste parc des serres, des fabriques
de jardin, des roseraies, des pièces d’eau ainsi qu’une grande pergola. En 1938, le domaine de
45 hectares est racheté au neveu et héritier de Larue, monsieur Palanque, par une famille
d’origine libanaise, les Nehmé, qui y construisirent une grande volière. Après une trentaine
d’années d’abandon, à partir de 1969, lorsque la famille Nehmé s’en sépare au profit d’un
promoteur immobilier grenoblois, la propriété fait ensuite l’objet d’une restauration
complète. La rénovation des vitraux intérieurs sera alors confiée à l’artiste italien Carlo
Roccella.
Amé de Remiremont (560-628) était un moine bénédictin, un mystique et un ermite.
David Hamilton habite la même maison (vieille de plus de 800 ans) sur les hauteurs de
Ramatuelle depuis 1962.

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La ferme Reverdy
La France des campagnes

Film : Un crime au paradis de Jean Becker
Scène(s) : Toutes les scènes à la ferme

Vlassée monument historique, la ferme Reverdy est située au hameau de Tyr, à Saint-

Julien-sur-Bibost. Elle porte le nom de ses anciens propriétaires, les Reverdy, qui l’ont
habitée durant 170 ans. En effet, la ferme a été la propriété de cette digne famille
d’agriculteurs durant quatre générations. Le dernier Reverdy, Adrien, est décédé en 1987. Il
l'a léguée à des associations caritatives qui l'ont à leur tour vendue à une SCI, actuellement
propriétaire.
Voici la description qu’en donne la base de données Mérimée :
Grande ferme à cour fermée caractéristique de la région nord des monts du Lyonnais, dont l'intérêt
est encore accru par la présence d'un décor intérieur remarquablement préservé. La maison
d'habitation fait face à l'écurie et à la grange. Au nord-est se trouve le pressoir. Le plus ancien
document mentionnant la maison date de 1540. Au 17ième siècle, trois propriétés sont réunies pour
n'en former qu'une. D'importants travaux sont entrepris vers 1822-1823. Le décor peint, intérieur et
extérieur, les boiseries, permettent de mieux comprendre la vie des habitants.

Tyr est nommé Theria dans Le cartulaire de l’abbaye de Savigny (1853). Au cours de la
Révolution, Saint-Julien-sur-Bibost est renommé provisoirement Le Fruitier-sur-Bibost.
Un crime au paradis est une nouvelle version de La poison de Sacha Guitry, qui était le film
de chevet de l’acteur Jacques Villeret.

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Château de Lestaubière (dit Château neuf)
Superbe résidence de luxe

Film : Marie Poupée de Joël Séria
Scène(s) : Chez Claude

_'armorial du Périgord attribue à la famille Loreilhe les fiefs de Lestaubière, de La Font, de

La Vaysse et des Cabannes. Les Loreilhe de Lestaubière apparaissent en ce lieu au cours du
17ième siècle. Jacques Loreilhe en est le seigneur en 1784. Au début du 19ième siècle, Anne
Loreilhe, fille de Pierre Élie Loreilhe et de Suzanne Sanfourche, hérite du domaine. Son
époux, Jean Briand, qui réside au lieu des Briands, l'échange en 1819 à Marie Sanfourche,
veuve Loreilhe (elle avait épousé Jacques Barthélémy Loreilhe de Lestaubière en 1769),
contre des terres à Vélines. Le domaine comprend alors : une maison de maître, une
boulangerie, une cour, un jardin, un bâtiment pour Colon, une grange, une étable, des terres
bois et le Moulin de Lestaubière. Cette ancienne demeure se présente sous la forme d'un
corps de logis encadré par deux élégantes tourelles carrées sur lesquelles se greffent deux
ailes en retour. Une grande galerie couverte d'une toiture supportée par une colonnade longe
le corps de logis principal. En 1962, le tènement de Lestaubière appartient à François
Dubois, juge de Beauregard, et son frère Joseph, tous deux héritiers des Loreilhe.
La famille Canésie, alliée aux Loreilhe (Pierre Canésie était le fils de George Canésie et de
Marie Elisabeth Méré Loreilhe de Lestaubière), fit élever à la fin du 19ième siècle le château
neuf de Lestaubière sur la commune de Douville. Son architecture néoclassique – qualifiée
de « faux Napoléon » dans le film – est particulièrement représentative de cette époque.
Outre sa qualité de nom d’habitat, l’origine de Lestaubière demeure toutefois nébuleuse.
Les Loreilhe étaient protestants.

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La ferme de Laoueillaou
La France des campagnes

Film : Le bonheur est dans le pré d’Étienne Chatiliez
Scène(s) : Toutes les scènes à la ferme

_e Laoueillaou fait son cinéma. En effet, c’est dans ce lieu champêtre que Francis (Michel
Serrault) trouvera le bonheur auprès de sa seconde famille.

Située au lieu-dit du même nom, cette ferme de la commune de Biran a de quoi rendre
heureux l’homme le plus blasé. Elle en a tellement qu’on aurait le goût de tout plaquer et de
s’y installer pour faire l’élevage des canards. Et que dire du panorama, ces vastes champs, ces
prés bucoliques et ces boisés luxuriants que sont la Coume de Biran et Pétarot. C’est à
couper le souffle !
Laoueillaou (ou laoueillau) signifie brebis en patois gascon. Selon Bénédicte et Jean-Jacques
Fénié, Biran viendrait du patronyme latin Burus, suivi du suffixe -anum, qui fut
vraisemblablement le propriétaire du domaine situé en ce lieu à l'époque gallo-romaine.

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LOCALISATION
* Le Château de l’Oumède, Ramatuelle, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Var, Draguignan,
Saint-Tropez
* Le Paty, Oppède, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Vaucluse, Apt, Bonnieux
* Château la Canorgue, Bonnieux, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Vaucluse, Apt, Bonnieux
* Château Renard, Riboux, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Var, Toulon, Le Beausset
* Castello degli Schiavi, Fiumefreddo di Sicilia, Sicile, Catane
* Le Château du Calaoué, Saint-Lizier-du-Panté, Midi-Pyrénées, Gers, Auch, Lombez
* Le Grand Saint Léger, Villers-en-Arthies, Île-de-France, Val d’Oise, Pontoise, Magny-enVexin
* Le Mas de Chastelas, Gassin, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Var, Draguignan, SaintTropez
* Château Bodeau, Rougnat, Limousin, Creuse, Aubusson, Auzances
* L’écluse de Baugey, Veuvey-sur-Ouche, Bourgogne, Côte d’Or, Beaune, Bligny-surOuche
* La petite maison en face du 40 avenue de Paris à Cucq, Nord, Pas-de-Calais,
Montreuil, Montreuil
* La rue Arthur-Honegger à Valence, Rhône-Alpes, Drôme, Valence
* Le Salon de thé de la Digue, Place du Petit Enfer à Luc-sur-Mer, Basse Normandie,
Calvados, Caen, Douvres-la-Délivrande
* La Boîte à Tifs à Valence, Rhône-Alpes, Drôme, Valence
* Les Fauries, Hostun, Rhône-Alpes, Drôme, Valence, Bourg-de-Péage
* Le Château de la Gaude (ou Pavillon de la Gaude), Aix-en-Provence, Provence-AlpesCôte d’Azur, Bouches-du-Rhônes, Aix-en-provence
* Les Ursins à Montherod, Vaud, Morges
* Les étangs de la Dombes, Rhône-Alpes, Ain
* Le carrefour de la route Cavaillon et de la route Saint-Rémy à Plan d’Orgon,
Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bouches-du-Rhônes, Arles, Plan d’Orgon
* L'Arc de Triomphe de Glanum à Saint-Rémy-de-Provence, Provence-Alpes-Côte
d’Azur, Bouches-du-Rhônes, Arles, Saint-Rémy-de-Provence
* Place de la Poste (rue de la Poste) à Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur,
Vaucluse, Apt, Gordes
* Bourne Wood, Farnham, Surrey, Royaume-Uni
* Le « Port des Petits Bateaux » de la plage Notre-Dame de l’île de Porquerolles,
Provence-Alpes-Côte d’Azur, Var, Hyères
* Quai du Menayre à Castelnaudary, Languedoc-Roussillon, Aude, Carcassonne
* Le chemin en épingle près de la D60 à Lioux, entre les lieux-dit Les Sarrières à l’est
et Gallas à l’ouest, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Vaucluse, Apt, Gordes
* Le Parc de la mairie de Pons, Poitou-Charentes, Charente-Maritime, Saintes, Pons
* Ferme La Contrée de Baudoin au lieu-dit Baudoin à Alluyes, Centre, Eure-et-Loir,
Châteaudun, Bonneval
* L’Espace Lac de Talloires, Rhônes-Alpes, Haute-Savoie, Annecy, Annecy-le-Vieux
* Curragh Plains, County Kildare, Irlande
* Les bords de la River Nevis (près de Fort William), Irlande
* Manoir Sainte-Anne dit Château du Guéric et sa chapelle Sainte-Anne, Île aux
Moines, Bretagne, Morbihan, Vannes

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* Le Château de Saint-Amé, Ramatuelle, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Var, Draguignan,
Saint-Tropez
* La ferme Reverdy, Saint-Julien-sur-Bibost, Rhônes-Alpes, Rhone, Lyon, L’Arbresle
* Château de Lestaubière, Douville, Aquitaine, Dordogne, Bergerac, Villamblard
* La ferme de Laoueillaou, Biran, Midi-Pyrénées, Gers, Auch, Jegun

Crédits photos (en ordre d’apparence) : Société Nouvelle de Cinématographie/Tritone
Cinematografica,
Nytimes.com,
themakeuptraveller.blogspot.com,
Tazbahn,
Panoramio.com, zankyou.fr, rodorando.over-blog.com, chastelas.com, delcampe.net, Google
Street View, Panane Urbex Street Team, C.A.P.A.C./SN Prodis/Universal Pictures France,
Calvados-tourisme.com, C.A.P.A.C./SN Prodis/Universal Pictures France, Google Street
View, Gaumont/Productions de la Guéville/TF1 Films/Centre National de la
Cinématographie, Film et Vidéo Collectif SA/Filmkollektiv Zurich/France 3/Les Films
2000/Société Suisse de Radiodiffusion et Télévision, France 3 Cinéma/Films Christian
Fechner/Rhone-AlpsFilms/Union Générale Cinématographique, Cité Films/Gafer/Terra
Film Producktion, Cité Films/Gafer/Terra Film Producktion, Google Street View, Ben
Gamble, Films George de Beauregard/Rome Paris/ Société Nouvelle de
Cinématographie/TF1
Films
Production,
ICE3/K.J.B.
Prod./France
3
Cinéma/StudioCanal/DD Prod., Les Films de la Colombe/Productions de la
Guéville/Madeleine Films, dca.lib.tufts.edu, Icon Productions/Ladd Company,
aboutfortwilliam.com, fr.topic-topos.com, montecarlo-realestate.com, le-lyonnais.org,
Europa-hollidays.com, Canal+/Téléma.

Remerciements : Fabrice pour son super site web (www.l2tc.com), Tazbahn pour son œil
de lynx et Stéphane Aleixandre pour le titre de cet ouvrage.

À propos de l’auteur
Spécialiste de l’édition musicale et ancien musicien professionnel, Martin Gladu est
également traducteur, rédacteur et recherchiste pigiste. Ses propres recherches examinent la
notion de compétence discursive spécialisée, soit l’usage de terminologies et de stratégies
discursives idiomatiques à certaines communautés éducatives et professionnelles.

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