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Note : Prévoir environ cinq heures pour l’étude du présent module. Si vous
disposez de moins de temps, vous pouvez le diviser en deux tranches, la première
tranche s’achevant après la troisième séquence audio.

Module 2: Droit d’auteur

Objectifs

Après avoir étudié ce module, vous saurez :

1. Définir le droit d’auteur et donner des exemples des types d’œuvres


couvertes par le droit d’auteur;

2. Expliquer en 250 mots environ les droits protégés par le droit d’auteur
(droit de reproduction, droit de représentation et d’exécution, droit de
traduction et d’adaptation);

3. Décrire en 250 mots les limitations apportées aux droits cités dans
l’objectif 2;

4. Indiquer la durée générale du droit d’auteur aux termes de la Convention


de Berne, dans l’Union Européenne et aux États-Unis d’Amérique;

5. Expliquer comment on peut acquérir et céder les droits;

6. Énumérer cinq mesures auxquelles on peut recourir pour la sanction des


droits;

7. Relever, dans une étude de cas, les points relatifs au droit d’auteur et
indiquer les parties des traités pertinents applicables à ces points.

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Introduction

Le présent module sur le droit d’auteur expose le type d’objets susceptibles de


protection au titre du droit d’auteur, les droits reconnus au titulaire et le mécanisme
permettant d’en retirer un bénéfice commercial. Une grande partie du droit relatif au
droit d’auteur est similaire dans l’ensemble des pays ayant signé des conventions
internationales et des accords sur le commerce. Toutefois, pour avoir une réponse
certaine à une question touchant au droit d’auteur, il vous faudra consulter la
législation de votre pays. Le présent module fait référence à la Convention de
Berne et à l’Accord sur les ADPIC; ces textes seront expliqués en détail à la fin.
Pour le moment, il vous suffit de savoir qu’il s’agit des deux accords internationaux
les plus importants dans le domaine du droit d’auteur.

Le module explique aussi quels sont les recours que les titulaires du droit
d’auteur peuvent entreprendre en cas d’atteinte à leurs droits. Là encore, ces
recours sont possibles dans la plupart des pays, mais vous devrez toutefois vous
référer à la législation de votre pays pour connaître les modalités de sanction qu’elle
prévoit.

Quel est l’objet du droit d’auteur?

Le droit d’auteur fait partie des droits de propriété intellectuelle, qui


concernent la protection de l’œuvre de l’esprit humain. Le droit d’auteur est le droit
qui protège les œuvres littéraires et artistiques. Il s’agit notamment des écrits, des
œuvres musicales, des œuvres d’art, telles que les œuvres de peinture et de
sculpture, et des œuvres utilisant des techniques informatiques comme par exemple
les programmes d’ordinateur et les bases de données électroniques.

Il faut souligner que le droit d’auteur protège les œuvres, c’est-à-dire


l’expression d’une conception, et non les idées. A titre d’exemple, ne ferait pas
l’objet d’une protection la simple intrigue consistant à relater l’histoire de 2 jeunes
gens qui s’aiment en dépit d’obstacles familiaux ou ayant trait à des différences de
classe sociale. Par contre, si vous mettez cette intrigue générale en forme dans un
synopsis, une nouvelle ou une pièce de théâtre, par exemple, son expression dans
cette nouvelle ou cette pièce ou ce synopsis sera protégée. Ainsi, par exemple, la
fameuse pièce de Shakespeare, Romeo et Juliette serait considérée comme une
expression créative de cette intrigue. Cependant d’autres écrivains pourront créer de
nouvelles œuvres à partir d’une intrigue semblable.

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La Convention de Berne (1886), qui est la plus ancienne des Conventions


internationales régissant le droit d’auteur, s’exprime de la manière suivante, en son
article 2 :

“Les termes “œuvres littéraires et artistiques” comprennent toutes les


productions du domaine littéraire, scientifique et artistique, quel qu’en soit le
mode ou la forme d’expression, telles que : les livres, brochures et autres écrits;
les conférences, allocutions, sermons et autres œuvres de même nature; les
œuvres dramatiques ou dramatico-musicales; les œuvres chorégraphiques et
les pantomimes; les compositions musicales avec ou sans paroles; les œuvres
cinématographiques, auxquelles sont assimilées les œuvres exprimées par un
procédé analogue à la cinématographie; les œuvres de dessin, de peinture,
d’architecture, de sculpture, de gravure, de lithographie; les œuvres
photographiques, auxquelles sont assimilées les œuvres exprimées par un
procédé analogue à la photographie; les œuvres des arts appliqués; les
illustrations, les cartes géographiques; les plans, croquis et ouvrages plastiques
relatifs à la géographie, à la topographie, à l’architecture ou aux sciences. [.....]
Sont protégées comme des œuvres originales, sans préjudice des droits de
l’auteur de l’œuvre originale, les traductions, adaptations, arrangements de
musique et autres transformations d’une œuvre littéraire ou artistique. [.....] Les
recueils d’œuvres littéraires ou artistiques tels que les encyclopédies et
anthologies qui, par le choix ou la disposition des matières, constituent des
créations intellectuelles sont protégées comme telles, sans préjudice des droits
des auteurs sur chacune des œuvres qui font parties de ces recueils”.

Il n’est pas nécessaire que l’œuvre littéraire ou


artistique considérée soit de qualité ou présente
un mérite artistique. Elle doit cependant être
originale. Le sens exact de ce critère varie d’un
pays à l’autre, et c’est souvent la jurisprudence qui
l’a fixé. De façon très générale, on peut dire que
dans les pays de « common law », cette
exigence est très limitée : il faut simplement que
l’œuvre ne soit pas la copie d’une autre œuvre.
Une œuvre serait considérée comme originale dès
lors que dans son élaboration l’auteur aura
manifesté un minimum d’habileté, de travail et de
jugement. Dans les pays de droit civil, les
critères sont souvent plus stricts; il peut être
nécessaire par exemple que l’œuvre porte la
marque de la personnalité de l’auteur. Un effort
créatif est requis de l’auteur, qui exigerait
davantage que simplement de l’habileté, du
jugement ou du travail.

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Deux questions se posent par rapport à cet article :

Est-ce que les œuvres susceptibles d’être protégées en vertu de la Convention


de Berne se limitent à celles qui sont citées dans la liste de l’article 2 ?

La réponse à cette question est négative. La liste contenue à l’article 2 de la


Convention de Berne est purement indicative et non exhaustive. Les œuvres qui y
sont énumérées le sont à titre d’illustrations ou d’exemples. Vous aurez remarqué
que la Convention de Berne spécifie bien que «les termes “œuvres littéraires et
artistiques” comprennent toutes les productions du domaine littéraire, scientifique et
artistique, quel qu’en soit le mode ou la forme d’expression, telles que … ».
L’expression «telles que» ouvre la protection à d’autres formes de création que
celles qui sont énoncées dans la liste. A titre d’exemple, les tribunaux ont jugé, selon
les pays, que pouvaient bénéficier de la protection notamment :

-des lettres missives,

- un guide de divorce,

- une coiffure,

- une décoration florale d’un monument public,

- un spectacle son et lumière,

- des questions d’examen.

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Que veut-on dire par œuvres dérivées ?

Un autre aspect important de l’article 2 de la Convention de Berne consiste


dans la protection qu’il accorde à ce qu’il est convenu d’appeler les «œuvres
dérivées ». Il s’agit d’œuvres qui sont issues d’autres œuvres qui leur sont
antérieures. Comme exemples d’œuvres dérivées, on pourra citer :

- les traductions ;

- les adaptations, comme par exemple un scénario de film tiré d’un roman ;

- les arrangements de musique, comme par exemple une version orchestrale


d’une œuvre initialement conçue pour piano ;

- toute forme de modification d’une œuvre, telle une version abrégée d’un
roman ;

- les compilations d’œuvres littéraires et artistiques, comme les encyclopédies


et anthologies. Pour cette catégorie d’œuvres, l’originalité consiste dans la
sélection et l’arrangement des matières qui composent la compilation.

Il importe de souligner que l’auteur d’une œuvre dérivée devrait s’assurer que
les droits de l’auteur sur l’œuvre initiale ont été respectés, avant de se lancer dans
son projet (par exemple une traduction). Ainsi l’auteur qui envisagerait de traduire un
roman dans une autre langue devrait obtenir une autorisation, à cet effet, de l’auteur
du roman à traduire. Une traduction effectuée sans autorisation l’exposerait à une
poursuite en violation de droit d’auteur.

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Séquence audio n° 1 : Quelles sortes d’objets peuvent être protégés


par le droit d’auteur?

Le droit d’auteur protège les œuvres littéraires et artistiques, comme l’indique le


titre de la Convention de Berne. Ces deux notions doivent être prises dans un
sens très large. Le terme “littéraires”, par exemple, ne s’applique pas
uniquement aux romans, aux poèmes ou aux nouvelles : il peut aussi
s’appliquer au manuel d’entretien d’une voiture, voire à des objets écrits qui ne
sont pas censés être à la portée de tous, tels que des programmes
d’ordinateur. La clé de cette expression réside en fait dans le mot “œuvres”.
Cela signifie que l’expression – l’expression par un être humain – est le facteur
déterminant. Donc, si j’envisage de peindre un “coucher de soleil sur la mer”,
n’importe qui d’autre peut avoir la même idée, puisque ce n’est pas l’idée qui
est protégée. Mais lorsque je réalise effectivement une peinture représentant
un “coucher de soleil sur la mer”, l’œuvre elle-même constitue une expression,
qui est protégée.

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Question d'auto-évaluation
QAE 1: Quelle œuvre intellectuelle importante, mentionnée dans
l’enregistrement audio, ne figure pas dans la liste "des œuvres
littéraires et artistiques" de la Convention de Berne?

Écrivez votre réponse ici:

Cliquez ici pour voir la réponse.

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QAE 1 Réponse :

L’omission la plus importante par rapport à l’énumération que vous venez d’entendre
est celle des programmes d’ordinateur. Ceux-ci sont des produits de la créativité
intellectuelle et sont considérés comme des œuvres. Ce qu’il faut retenir, c’est que
l’énumération figurant dans la Convention de Berne ne prétend pas être complète et
exhaustive. Elle sert uniquement à illustrer la nature des œuvres littéraires et
artistiques. Un autre genre d’œuvre de création récente, non mentionné dans
l’article 2 de la Convention de Berne, mais qui de toute évidence fait partie des
créations “dans le domaine littéraire, scientifique et artistique”, est l’œuvre
multimédia. Même si aucune définition juridique acceptable n’a encore été fixée, on
s’accorde à penser que la combinaison originale de son, de texte et d’images sous
forme numérique, rendue accessible par un programme d’ordinateur, constitue une
expression suffisamment originale pour justifier la protection des productions
multimédias dans le cadre du droit d’auteur.

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Quels sont les droits couverts par le droit d’auteur ?

Dans l’introduction du cours, il a été dit que ce qui caractérise avant tout le
droit de propriété est que son titulaire peut utiliser son bien de façon exclusive, c’est-
à-dire comme il le souhaite, et qu’aucune autre personne ne peut légitimement
l'utiliser sans l’autorisation du titulaire. L’expression “comme il le souhaite” ne signifie
pas, bien évidemment, que le propriétaire peut user de son bien sans se soucier des
droits et des intérêts légitimes d’autres personnes. Ainsi, le propriétaire d’une voiture
peut l’utiliser “comme il le souhaite”, mais cela ne veut pas dire qu’il a le droit de
conduire sa voiture imprudemment et de mettre en danger la vie d’autrui, ni qu’il peut
ignorer le code de la route. Le droit d’auteur est une branche de la propriété
intellectuelle. Le titulaire du droit d’auteur sur une œuvre protégée peut utiliser
l’œuvre comme il le souhaite, et peut interdire à autrui de l’utiliser sans son
autorisation. Ainsi, les droits accordés par les législations nationales au
titulaire du droit d’auteur sur une œuvre protégée sont généralement des droits
exclusifs : le titulaire a le droit d’autoriser une autre personne à faire usage de
l’œuvre, sous réserve des droits reconnus à des tiers.

Il y a deux types de droits couverts par le droit d’auteur : le droit patrimonial,


qui permet au titulaire de recevoir une rémunération à raison de l’utilisation de son
œuvre par d’autres, et le droit moral, qui permet à l’auteur de prendre certaines
mesures pour préserver le lien personnel existant entre lui-même et son œuvre. La
séquence audio qui suit vous présente les différents types de droit patrimonial.

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Séquence audio n° 2 : De quels droits jouit le titulaire du droit


d’auteur?

Le titulaire du droit d’auteur jouit d’un éventail de droits différents qui sont régis
en partie par la Convention de Berne, dans laquelle sont définis des droits
minimums, et en partie par la législation nationale, qui étend souvent la portée
de ces droits. Traditionnellement, et d’un point de vue historique, le droit de
reproduction constitue la pierre angulaire du système, comme en témoigne
d’ailleurs le mot anglais « copyright ». Le droit de reproduction est, par
exemple, applicable à la reproduction de livres – ainsi qu’à la réalisation de
photocopies – mais également à des méthodes plus modernes de reproduction,
telles que l’enregistrement sur bande et la reproduction de tels enregistrements.
Il est applicable au stockage d’œuvres dans les mémoires d’ordinateur et, bien
entendu, à la reproduction de programmes d’ordinateur sur disquettes, sur
disques compacts ROM, ou sur disques compacts ROM réinscriptibles.

Le droit d’interprétation et d’exécution est également un droit chargé d’une


longue histoire. Vous interprétez ou vous exécutez une œuvre lorsque vous
jouez un air ou lorsque vous interprétez une pièce de théâtre; au fil des ans, ce
droit a donné naissance à un certain nombre d’autres droits, tels que le droit
de radiodiffusion etle droit de communication au public , ce dernier étant
parfois défini différemment d’une législation nationale à l’autre : tantôt la
radiodiffusion fait partie de la communication au public, tantôt ces deux notions
sont parallèles, mais, en règle générale, tous les types de communication sont
couverts par ce droit, la radiodiffusion ne constituant qu’un type de
communication, et la distribution par câble ou par Internet, par exemple, en
constituant un autre.

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Question d'auto-évaluation

QAE 2 : Quels sont les deux types de droits mentionnés dans la séquence?
Donner un exemple de chacun de ces droits.

Écrivez votre réponse ici:

Cliquez ici pour voir la réponse.

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QAE 2 Réponse :

Les deux droits mentionnés sont les suivants :

le droit de reproduction – par exemple, le droit d’autoriser la photocopie,


l’impression d’un texte ou la copie de cassettes;

le droit de représentation ou d’exécution – par exemple, le droit d’interpréter


une œuvre, telle qu’une chanson, et le droit de communiquer l’œuvre au public et
de procéder à sa radiodiffusion.

Un autre groupe de droits importants, non mentionné dans la séquence audio, porte sur la
traduction et l'adaptation.

Tous ces droits seront examinés plus en détail dans les trois sections suivantes.

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Droit de reproduction

Le droit qu’a le titulaire du droit d’auteur d’interdire à une autre personne de


faire des copies de son œuvre est le plus fondamental des droits regroupés sous le
nom de droit d’auteur. Par exemple, la réalisation de copies d’une œuvre protégée
est l’acte qu’accomplit un éditeur qui souhaite diffuser des copies d’une œuvre
constituée d’un texte au public, soit sous forme de textes imprimés, soit par des
moyens électroniques comme un CD-ROM. De même, le droit d’un producteur de
phonogrammes de fabriquer et de distribuer des disques contenant des
interprétations ou exécutions enregistrées d’œuvres musicales se fonde en partie sur
l’autorisation donnée par les compositeurs de ces œuvres de reproduire leurs
compositions dans l’enregistrement. Par conséquent, le droit de maîtriser l’acte de
reproduction est le fondement juridique de nombreuses formes d’exploitation des
œuvres protégées.

Les législations nationales reconnaissent d’autres droits en sus du droit


fondamental de reproduction. Par exemple, certaines législations prévoient le droit
d’autoriser la distribution de copies de l’œuvre; de toute évidence, le droit de
reproduction n’aurait qu’une faible valeur économique si le titulaire du droit d’auteur
ne pouvait autoriser la distribution des copies faites avec son consentement. Le droit
de distribution est généralement épuisé après la première vente (ou transfert de
propriété) de la copie, réalisée avec l’autorisation du titulaire des droits. Cela signifie
qu’une fois que le titulaire du droit d’auteur a vendu (ou cédé d’une autre façon) son
titre de propriété sur une copie d’une œuvre donnée, le propriétaire de la copie peut
en disposer sans autre permission du titulaire du droit d’auteur, la donner ou même
la revendre.

Toutefois, en ce qui concerne la location de ces exemplaires, un nombre


croissant de législations nationales sur le droit d’auteur, de même que l’Accord sur
les ADPIC, ont reconnu un droit séparé applicable aux programmes d’ordinateur, aux
œuvres audiovisuelles et aux phonogrammes. Le droit de location se justifie par le
fait que les progrès techniques ont rendu la reproduction de ce type d’œuvres très
facile; on a observé dans certains pays, que les clients des fournisseurs de location
effectuaient des copies et que par conséquent le droit de maîtriser les pratiques de
location était indispensable à la sauvegarde du droit de reproduction du titulaire du
droit d’auteur. Enfin, certaines législations sur le droit d’auteur prévoient un droit de
maîtriser l’importation des exemplaires, afin d’éviter l’érosion du principe de
territorialité du droit d’auteur; en effet, les intérêts économiques du titulaire du droit
d’auteur seraient en danger si celui-ci ne pouvait exercer ses droits concernant la
reproduction et la distribution sur une base territoriale.

Certains actes de reproduction d’une œuvre constituent des exceptions à la


règle générale, dans la mesure où l’autorisation de l’auteur oudu titulaire des droits
n’est pas requise; on parle alors de “limitations” apportées aux droits. Ainsi, de
nombreuses législations nationales autorisent traditionnellement les individus à
effectuer des copies unitaires de l’œuvre à des fins privées, personnelles et non
commerciales. L’arrivée des techniques numériques, qui crée la possibilité
d’effectuer des copies de grande qualité pratiquement impossible à distinguer de
l’original (et qui se substituent donc parfaitement à l’acquisition des exemplaires

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autorisés ou à un accès légitime à ces exemplaires), a remis en question le caractère


justifié de cette limitation du droit de reproduction.

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Droits de représentation publique, de radiodiffusion et de communication au


public

Généralement, les législations nationales considèrent comme représentation


publique toute interprétation ou exécution d’une œuvre dans un lieu où le public
est présent ou pourrait être présent, ou en un lieu non ouvert au public, mais
où se trouve réuni un nombre conséquent de personnes extérieures au cercle
de famille et à son entourage proche.

En vertu du droit de représentation, l’auteur ou l’autre titulaire du droit d’auteur


peut autoriser l’exécution ou interprétation d’une œuvre, par exemple la
représentation d’une pièce dans un théâtre ou l’exécution d’une symphonie par un
orchestre dans une salle de concert. La représentation publique comprend
également l’exécution au moyen de l’enregistrement; ainsi, les œuvres musicales
constituées par des phonogrammes sont considérées comme exécutées en public
lorsque ces phonogrammes sont mis en lecture sur un équipement amplificateur
dans des lieux tels qu’une discothèque, un aéronef ou un centre commercial.

Le droit de radiodiffusion désigne l’émission par un moyen de


communication sans fil à destination d’un public se trouvant à portée du signal,
disposant d’un matériel permettant la réception de sons ou d’images et de sons, qu’il
s’agisse de signaux de radio, de télévision ou de satellite.

Lorsqu’une œuvre est communiquée au public, un signal est diffusé par fil
ou par câble, signal qui ne peut être reçu que par des personnes ayant accès à
l’équipement relié au système de fil ou de câble.

Aux termes de la Convention de Berne, les titulaires du droit d’auteur ont le


droit exclusif d’autoriser la représentation publique, la radiodiffusion et la
communication au public de leurs œuvres. Dans certaines législations nationales, le
droit exclusif de l’auteur ou du titulaire des droits à autoriser la radiodiffusion, est
remplacé, dans certaines circonstances, par un droit à une rémunération équitable.
Cette restriction au droit de radiodiffusion est toutefois de moins en moins fréquente.

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Droits de traduction et d’adaptation

Pour pouvoir traduire ou adapter une œuvre protégée par le droit d’auteur, il
faut également avoir reçu l’autorisation du titulaire des droits. La traduction désigne
l’expression d’une œuvre dans une langue autre que celle de la version originale.
L’adaptation est généralement comprise comme la modification d’une œuvre en vue
de créer une autre œuvre, ce qui est le cas par exemple quand on adapte un roman
pour en faire un film, ou la modification d’une œuvre pour permettre des conditions
d’exploitation différentes; par exemple, un manuel prévu à l’origine pour
l’enseignement supérieur peut être adapté à l’intention d’élèves d’un niveau moins
élevé.

Les traductions et les adaptations sont des œuvres protégées par le droit
d’auteur. C’est pourquoi, afin de reproduire et publier une traduction ou une
adaptation, on doit obtenir l’autorisation du titulaire du droit d’auteur sur l’original et
du titulaire du droit d’auteur sur la traduction ou l’adaptation.

Les droits patrimoniaux du type mentionné ci-dessus peuvent être transférés


ou cédés à d’autres titulaires, généralement en contrepartie d’une rémunération
forfaitaire ou d’une redevance, suivant la destination de l’œuvre. Au contraire, le
deuxième type de droits, le droit moral, ne peut jamais être transféré. Le droit moral
demeure à l’auteur de l’œuvre.

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Voici maintenant une séquence audio qui va vous expliquer le droit moral.

Séquence audio n° 3 : Que recouvre exactement la notion de droit


moral?

Les droits que l’on vient d’évoquer sont appelés droits patrimoniaux. Le droit
moral est différent : il se compose de deux éléments, le premier étant le droit à
la paternité. Il s’agit du droit de revendiquer la qualité d’auteur d’une œuvre et
de voir cette paternité reconnue. Fondamentalement, il s’agit du droit de voir
votre nom mentionné, par exemple, en cas de reproduction de votre œuvre. Si
vous avez écrit un livre, vous avez alors le droit, en vertu de la loi, de voir votre
nom mentionné en qualité d’auteur, ainsi que d’être cité lorsque l’œuvre est
utilisée, du moins dans des limites raisonnables. Dans une discothèque, on ne
peut pas demander au disc-jockey d’annoncer pour chaque morceau qu’il
passe, le nom du compositeur, de l’auteur, de l’adaptateur, etc.; ce droit ne va
évidemment pas aussi loin mais si vous jouez une œuvre dans un concert – un
concert classique ou de musique moderne – le compositeur a tout à fait le droit
de voir son nom mentionné dans le programme. C’est de toute évidence
conforme à la pratique pour des œuvres plus importantes, telles que celles qui
sont jouées dans des théâtres ou des salles de concert; en effet il est
obligatoire, en principe et quelle que soit l’œuvre, de mentionner l’auteur. C’est
également vrai, dans certains cas, mais non systématiquement, de la
radiodiffusion. Là encore, l’importance relative des détails mentionnés relève
de la législation nationale et dépend souvent de la pratique ou des précédents.

Le droit moral est le droit au respect, c’est-à-dire, le droit de s’opposer à la


déformation ou à l’utilisation de l’œuvre dans des contextes susceptibles de
porter préjudice à l’honneur ou à la réputation littéraire et artistique de l’auteur.
L’auteur peut, par exemple, s’opposer à l’utilisation de son œuvre dans un
contexte pornographique, si l’œuvre n’est pas, par nature, pornographique. Il
peut aussi s’opposer à une déformation de l’œuvre susceptible de porter
atteinte à son intégrité culturelle ou artistique.

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Question d'auto-évaluation

QAE 3: Supposons que vous soyez devenu un artiste connu du fait d’une
œuvre d’art de renommée internationale reconnue comme ayant
contribué à la préservation de la nature, et que vous découvriez par
la suite que cette œuvre est utilisée de façon dénigrante et sans
votre autorisation par un groupe qui supporte les organismes
génétiquement modifiés, que feriez-vous ?

Écrivez votre réponse ici:

Cliquez ici pour voir la réponse.

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QAE 3 Réponse :

Si vous avez conservé les droits patrimoniaux correspondants, vous pouvez interdire
l’utilisation de l’œuvre au titre de ces droits. Si vous avez transféré ces droits
préalablement à cette utilisation non autorisée, vous pouvez sans doute vous
opposer à l’utilisation de l’œuvre en invoquant le droit moral touchant au droit au
respect de l’œuvre.

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Vous devez maintenant savoir quel type d’œuvres littéraires et artistiques sont
couvertes par le droit d’auteur et quels sont les droits du titulaire du droit d’auteur.
Vous vous demandez peut-être comment l’auteur acquiert le droit d’auteur sur son
œuvre. C’est ce que va vous exposer la séquence audio suivante.

Séquence audio n° 4 : Pouvez-vous me dire comment s’acquiert le


droit d’auteur?

Bien sûr, en réalité, c’est très simple. Il n’y a rien de particulier à faire, puisque,
en vertu de la Convention de Berne, il n’y a aucune formalité à accomplir.
Foncièrement, votre œuvre est protégée du simple fait que vous l’ayez créée.
Cela étant, en vertu de certaines législations nationales, notamment dans les
pays de « common law », l’œuvre doit être fixée avant de pouvoir être protégée.

Qu’entendez-vous exactement par ‘fixée’?

Écrite ou enregistrée. Vous ne devez pas forcément l’enregistrer vous-même :


si vous composez une mélodie, que vous la fredonnez par hasard dans la rue
et que je m’arrange pour l’enregistrer, on considérera qu’elle a été fixée. Cela
signifie aussi qu’elle est protégée, de sorte que si j’utilise l’enregistrement de
cette mélodie, pour le reproduire par exemple, je porte atteinte à votre droit
d’auteur. En réalité la différence n’est pas si importante que cela; il s’agit pour
l’essentiel de déterminer quel type de preuve vous aurez besoin de produire
devant un tribunal dans les très rares cas d’œuvres qui ne sont pas fixées de
façon normale, telles que les numéros de danse. De nos jours, vous pouvez
fixer un numéro de danse sur vidéo et même utiliser une forme spéciale
d’écriture pour en fixer la chorégraphie, mais ce genre de chose ne s’est pas
encore développé de manière tout à fait adéquate. Il pourrait y avoir un
problème si vous affirmez que vous avez créé un numéro de danse et que
quelqu’un en a fait une comédie. Le juge pourrait alors vous demander de
produire une preuve de l’existence de votre œuvre. Si elle n’a pas été fixée
sous une forme matérielle, il s’avérera difficile de produire une telle preuve.
Dans les pays de droit civil, l’œuvre est généralement protégée à partir du
moment de sa création. De sorte que, si vous composez un poème même sans
le mettre par écrit, il est protégé. Bien entendu, il vous appartiendrait de
prouver que vous avez bien créé le poème, ou encore de démontrer la façon
dont vous l’avez composé. En vertu du common law, en revanche, il faudrait
que vous l’ayez fixé d’une façon ou d’une autre, c’est-à-dire que vous l’ayez
écrit ou enregistré sur bande.

Existe-t-il des endroits dans le monde où l’on doit accomplir des formalités pour
obtenir le droit d’auteur?

Dans les pays parties à la Convention de Berne, les titulaires de droits ou les
auteurs étrangers, originaires d’autres pays parties à la Convention de Berne,
ont droit à une protection, en vertu de la convention, sans aucune formalité, de
sorte qu’il n’est pas nécessaire de procéder à un enregistrement. Certains pays
imposent des formalités à leurs propres citoyens, ce qu’ils sont en droit de faire

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étant donné que les conventions internationales ne régissent que la façon dont
sont traités les citoyens étrangers. En principe, un pays peut traiter ses propres
ressortissants comme il l’entend, de sorte que, aux États-Unis d’Amérique, par
exemple, il y a depuis longtemps des conditions à remplir qui consistent, d’une
part, à enregistrer l’œuvre auprès du Bureau du droit d’auteur, qui fait partie de
la Librairie du Congrès, et d’autre part, à revendiquer le droit d’auteur, au
moyen d’un avis concernant les droits réservés, de la lettre “c” entourée d’un
cercle, que vous avez probablement déjà vue sur bon nombre de livres, suivie
de l’année de la première publication.

Ces éléments sont particulièrement importants pour les œuvres américaines. Il


est donc nécessaire, pour ces œuvres, de tenir compte des exigences
spécifiques des États-Unis d’Amérique; de plus, les œuvres étrangères
peuvent obtenir une protection qui va au-delà de celle prévue par la Convention
de Berne; en conséquence, il peut valoir la peine, pour certaines œuvres
considérées comme revêtant un intérêt particulier pour le marché américain, de
se renseigner sur les conditions d’enregistrement définies par ce pays. Quoi
qu’il en soit, la protection existe d’emblée, de sorte que, en pratique, il n’est pas
nécessaire de faire quoi que ce soit, et cela s’applique d’ailleurs à tous les pays
parties à la Convention de Berne.

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Question d'auto-évaluation

QAE 4: Imaginez que vous soyez ressortissant de l’un des pays qui ont
signé la Convention de Berne et que vous créiez une œuvre littéraire.
Quelles démarches devez-vous entreprendre pour acquérir un droit
d’auteur sur votre œuvre?

Écrivez votre réponse ici:

Cliquez ici pour voir la réponse.

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QAE 4 Réponse :

Dans la pratique, c’est très facile : il n’y a rien à faire. La Convention de Berne est
fondée sur le principe de l’absence de formalités; la création vaut protection.

Dans la plupart des pays de "common law", la fixation est une condition : une
œuvre doit être écrite ou enregistrée. À titre d’exemple, les ballets faisaient autrefois
l’objet d’une notation chorégraphique; aujourd’hui ils sont souvent simplement
enregistrés sur vidéo.

Dans les pays de droit civil, les œuvres sont protégées à partir du moment où elles
ont été créées, ce qui bien entendu pose le problème de la preuve de la création
devant un tribunal. Il convient de noter, cependant, que la législation nationale peut
imposer des formalités aux fins de la protection de ses propres ressortissants. Dans
les pays signataires de la Convention de Berne, tous les étrangers titulaires de
droits, qui sont des ressortissants d’autres États signataires de cette convention,
bénéficient d’une protection sans que celle-ci soit subordonnée à aucune formalité
(pas d’enregistrement).

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Cession ou Transfert du droit d’auteur

Beaucoup d’œuvres protégées par le droit d’auteur nécessitent pour leur


production et distribution subséquente la mise en place de ressources humaines
qualifiées et de moyens financiers suffisants. Des activités telles que l’édition de
livres, la production de phonogrammes ou de films, sont généralement exercées par
des entreprises spécialisées, et non par les auteurs eux-mêmes. Généralement les
auteurs et créateurs cèdent leurs droits à ces entreprises au moyen de contrats, et
ce, en retour d’une contrepartie. La contrepartie peut prendre plusieurs formes : il
pourrait s’agir d’une somme forfaitaire ou bien d’un pourcentage des revenus
provenant de l’exploitation de l’œuvre.

La cession peut porter sur tout ou partie des droits économiques. A titre
d’exemple, l’auteur d’un roman écrit en anglais pourrait céder à un éditeur l’ensemble
des droits de reproduction, de distribution, de traduction et d’adaptation qu’il détient
sur l’œuvre. Mais l’auteur pourrait choisir d’agir autrement. Il pourrait décider de
subdiviser les droits qu’il détient entre plusieurs personnes. Ainsi il pourrait céder
uniquement ses droits de reproduction et de distribution de ce roman en langue
anglaise à un éditeur. Et il pourrait céder ses droits de traduction et de publication du
roman en langue française, arabe ou russe à trois autres éditeurs. Par ailleurs, il lui
est possible de céder ses droits d’adaptation cinématographique sur ce même roman
(ou ses droits d’adaptation sous forme d’opéra ou de pièce de théâtre) à d’autres
personnes.

La cession peut porter sur un temps précis et un territoire déterminé, comme


elle pourrait s’étendre à la totalité de la durée du droit d’auteur et au territoire
mondial. Ainsi, le titulaire du droit d’auteur pourrait céder à autrui ses droits de
publier son roman, uniquement aux États-Unis et pour une durée de 20 ans. Mais il
pourrait aussi décider de céder le droit de publication de ce même roman, partout au
monde, et pour la durée du droit d’auteur. Les combinaisons peuvent être
extrêmement variées et la portée de la cession dépendra en fin de compte de
l’accord des parties.

Comme nous venons de le voir, la cession comporte pour l’auteur des


conséquences sérieuses. En effet le cessionnaire (c’est à dire la personne en faveur
de qui la cession a été faite) se trouve légalement investi des droits qui lui ont été
cédés par voie contractuelle. De ce fait, il devient le nouveau titulaire ou propriétaire
de ces droits et sera juridiquement considéré comme tel. Il est donc important que
l’auteur soit bien informé des conséquences de cette opération. C’est la raison pour
laquelle plusieurs législations nationales contiennent des dispositions qui
assujettissent la validité des cessions à la condition qu’elles soient faites par écrit, et
que cet écrit soit signé par l’auteur-cédant ou en son nom. De telles conditions visent
à s’assurer que l’auteur sera adéquatement renseigné sur la portée de la cession
qu’il a consentie, tant en ce qui concerne l’étendue des droits dont il se dessaisit, que
le prix et les modalités dont est assortie la cession.

WIPO/OMPI
25

Vous pouvez ensuite vous poser la question suivante : une fois que j’ai acquis
un droit d’auteur sur une œuvre, pendant combien de temps suis-je protégé ?

Séquence audio n° 5 : Combien de temps dure la protection au titre du


droit d’auteur?

En principe, la durée est définie par la législation nationale, mais, en vertu de


la Convention de Berne, elle doit être au minimum de 50 ans. La durée est
calculée à compter de la fin de l’année du décès de l’auteur, ce qui sur le
plan légal présente un avantage pratique : il n’est pas nécessaire de
connaître la date précise de son décès, il suffit d’en connaître l’année.
Cependant, au cours des dernières années, on a observé une tendance à
prolonger cette protection. Au sein de l’Union européenne et pour les pays
de la zone économique européenne, la durée de la protection est désormais
de 70 ans à compter de la fin de l’année au cours de laquelle l’auteur est
décédé, et cette même durée de protection de 70 ans a été incorporée dans
la législation américaine. On observe donc une tendance manifeste à faire
passer la protection de 50 à 70 ans.

Veuillez noter cependant qu’il existe des cas où la Convention de Berne


prévoit une durée de protection inférieure aux 50 ans post mortem. Il en est
ainsi pour les œuvres photographiques ainsi que pour les œuvres des arts
appliqués, pour lesquelles la durée de protection minimum est de 25 ans à
partir de la réalisation de l’œuvre.

WIPO/OMPI
26

Question d'auto-évaluation

QAE 5: Quelle est la durée minimale de la protection du droit d’auteur prévue


par la Convention de Berne? Dans quelle mesure a-t-elle évolué?

Écrivez votre réponse ici:

Cliquez ici pour voir la réponse.

WIPO/OMPI
27

QAE 5 Réponse :

La durée minimale de la protection prévue par la Convention de Berne est de 50 ans


à compter du décès de l’auteur. Elle a été prolongée par certains pays, tels que les
États membres de l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, à 70 ans à
compter du décès de l’auteur. Mais comme cela a été mentionné précédemment, la
durée de protection est, dans certains cas, inférieure à 50 ans à compter du décès
de l’auteur.

WIPO/OMPI
28

Le moment est maintenant venu d’examiner quelques-unes des limitations


courantes des droits d’auteur prévues par certaines législations nationales.

Limitations des droits

Au sens strict, la première limitation est l’exclusion de certaines catégories


d’œuvres de la protection conférée par le droit d’auteur. Dans certains pays, comme
vous le savez, les œuvres sont exclues de la protection si elles ne sont pas fixées
sous une forme tangible; ainsi, une œuvre chorégraphique ne sera protégée que
lorsque les mouvements auront été écrits dans une notation chorégraphique ou
enregistrés sur bande vidéo. En outre, dans certains pays (mais pas dans tous), les
textes de lois, les décisions de justice et les décisions administratives sont exclus de
la protection par le droit d’auteur.

La seconde catégorie de limitation des droits des auteurs et autres titulaires


de droits d’auteur concerne des actes d’exploitation spécifiques, nécessitant
normalement l’autorisation du titulaire des droits, mais qui peuvent, dans certaines
conditions fixées par la loi, être accomplis sans cette autorisation. On distingue deux
grands types de limitations dans cette catégorie :

1) les utilisations libres, qui constituent des actes d’exploitation


d’œuvres, qui peuvent être accomplis sans autorisation et sans
obligation de verser un dédommagement au titulaire des droits en
contrepartie de l’utilisation;

2) les licences non volontaires, en vertu desquelles les actes


d’exploitation peuvent être accomplis sans autorisation, mais avec
l’obligation de verser un dédommagement au titulaire des droits.

Les exemples de libre utilisation couvrent les citations tirées d’une œuvre
protégée, à condition que la source de la citation, y compris le nom de l’auteur, soit
mentionnée et que la citation soit conforme aux bons usages; l’utilisation d’œuvres à
titre d’illustration aux fins de l’enseignement; et l’utilisation d’œuvres aux fins
d’informations de presse. En ce qui concerne le droit de reproduction, la Convention
de Berne prévoit une règle générale plutôt que des limitations explicitement
détaillées : l’alinéa 2 de l’article 9 dispose que les États membres peuvent prévoir la
reproduction libre dans “certains cas spéciaux” lorsque ces actes ne portent pas
atteinte à l’exploitation normale de l’œuvre, ni ne causent un préjudice injustifié aux
intérêts légitimes de l’auteur. Ainsi qu’il est mentionné plus haut, de nombreux textes
de loi contiennent des dispositions autorisant la reproduction d’une œuvre à des fins
exclusivement personnelles, privées ou non commerciales. Cependant, la facilité et
la qualité avec lesquelles il est possible de réaliser cette reproduction à des fins
personnelles, grâce à l’enregistrement sonore ou vidéo et au progrès technique
récent, ont conduit certains pays à réduire le champ d’application de telles
dispositions. Dans certains systèmes juridiques, la reproduction est autorisée mais il
est aussi prévu un mécanisme de dédommagement des titulaires de droits au titre du
préjudice économique subi sous la forme du paiement d’une taxe sur la vente des
cassettes vierges et des magnétophones.

WIPO/OMPI
29

Outre les utilisations libres prévues par les législations nationales, certains
pays reconnaissent dans leurs textes de loi la notion d’usage loyal ou d’acte loyal,
qui permet d’utiliser une œuvre sans l’autorisation du titulaire des droits, mais compte
tenu de l’un des facteurs suivants : nature et but de l’utilisation, y compris l’utilisation
à des fins commerciales; nature de l’œuvre utilisée; portion de l’œuvre utilisée par
rapport à l’ensemble de l’œuvre et l’incidence probable de cette utilisation sur la
valeur marchande potentielle de l’œuvre.

WIPO/OMPI
30

Ainsi qu’il est mentionné plus haut, les licences non volontaires permettent
d’utiliser une œuvre, dans certains cas, sans l’autorisation du titulaire des droits
mais, par l’effet de la loi, un dédommagement doit être versé au titre de l’utilisation.
On parle de licences “non volontaires” parce qu’elles sont autorisées par la loi et ne
résultent pas de l’exercice, par le titulaire du droit d’auteur, de son droit exclusif à
autoriser certains actes. Les licences non volontaires apparaissent généralement
lorsque est mise au point une nouvelle technique de divulgation d’œuvres auprès du
public et que le législateur national craint que les titulaires de droits empêchent le
développement de cette nouvelle technique en refusant d’autoriser l’utilisation de
leurs œuvres. On retrouve cette idée dans la Convention de Berne, qui reconnaît
deux formes de licences non volontaires aux fins, d’une part, de la reproduction
mécanique des œuvres musicales et, d’autre part, de la radiodiffusion. Cependant, il
convient de noter que le bien-fondé des licences non volontaires est de plus en plus
souvent remis en question car il existe aujourd’hui des solutions de rechange
efficaces permettant de rendre les œuvres accessibles au public, notamment les
autorisations délivrées par les titulaires de droits et la gestion collective des droits.

Quelle que soit la situation dans votre pays, il est inévitable que des cas
d’atteinte au droit d’auteur se produisent : il est donc important d’examiner les
différents moyens de défense du titulaire du droit d’auteur.

WIPO/OMPI
31

Défense des droits

La Convention de Berne contient quelques dispositions relatives aux moyens


de faire respecter les droits, mais les nouvelles normes nationales et internationales
de sanction ont évolué de manière spectaculaire au cours des dernières années,
principalement pour deux raisons. La première est la rapidité avec laquelle évoluent
les techniques permettant de créer ou d’utiliser (avec ou sans autorisation) du
matériel protégé, et notamment les techniques numériques qui rendent possible, à
l’échelle mondiale, la transmission et la copie parfaite de toute “information” existant
sous forme numérique, y compris les œuvres protégées par le droit d’auteur. La
seconde raison est le rôle de plus en plus important que joue, au niveau
économique, la circulation, dans le cadre du commerce international, des biens et
des services protégés par des droits de propriété intellectuelle; autrement dit, le
commerce des produits comprenant des droits de propriété intellectuelle est
désormais un commerce mondial en pleine expansion. L’Accord sur les ADPIC, qui
comporte des dispositions détaillées relatives aux moyens de faire respecter les
droits, prouve largement l’existence de ce nouveau lien entre la propriété
intellectuelle et le commerce. Les paragraphes qui suivent résument quelques unes
des dispositions sur la sanction des droits figurant dans des textes de loi nationaux
récents; ces dispositions peuvent être classées comme suit : mesures
conservatoires ou provisoires; mesures correctives civiles; sanctions pénales;
mesures à la frontière; mesures, recours et sanctions concernant les utilisations
abusives de dispositifs techniques.

Les mesures conservatoires ou provisoires visent à atteindre deux


objectifs : premièrement, empêcher les atteintes à des droits, notamment empêcher
l’introduction de marchandises portant atteinte à des droits dans les circuits
commerciaux, y compris les marchandises importées après leur dédouanement;
deuxièmement, sauvegarderles éléments de preuve pertinents relatifs à une atteinte
alléguée. Ainsi, les autorités judiciaires de certains pays peuvent être habilitées à
ordonner l’application de mesures provisoires sans notification préalable à l’auteur
présumé de l’atteinte. Ainsi, ce dernier n’a pas le temps de déplacer le matériel
supposé porter atteinte à des droits. Les mesures provisoires les plus courantes
sont la perquisition (dans les locaux de l’auteur présumé de l’atteinte) et la saisie des
marchandises en cause, de l’équipement utilisé pour fabriquer celles-ci ainsi que de
tous les documents pertinents et autres dossiers relatifs aux activités commerciales
présumées porter atteinte à des droits de propriété intellectuelle.

Les mesures correctives civiles permettent de dédommager le titulaire des


droits de la perte économique subie du fait de l’atteinte, en général sous la forme
d’indemnités pécuniaires, et constituent des mesures efficaces propres à éviter toute
atteinte ultérieure car elles incluent une ordonnance judiciaire visant à détruire les
marchandises incriminées ainsi que le matériel et les instruments ayant
principalement servi à les produire; lorsqu’il y a un risque que les actes portant
atteinte à ces droits se poursuivent, le tribunal peut aussi prononcer des injonctions
de ne pas faire, étant entendu qu’en cas de manquement, l’auteur de l’atteinte sera
condamné au paiement d’une amende.

WIPO/OMPI
32

Les sanctions pénales ont pour objet de punir les personnes qui ont
volontairement commis, à une échelle commerciale, des actes de piraterie dans le
domaine du droit d’auteur et des droits connexes, et comme les mesures correctives
civiles, de prévenir toute atteinte ultérieure. Elles prennent la forme d’amendes
importantes, ou de condamnations à des peines de prison en rapport avec le niveau
des peines appliquées pour des délits de gravité correspondante, notamment en cas
de récidives. La prévention comprend des ordonnances de saisie, de confiscation ou
de destruction des marchandises incriminées ainsi que du matériel et des
instruments ayant principalement servi à commettre l’infraction.

WIPO/OMPI
33

Les mesures à la frontière diffèrent des mesures de sanction des droits


susmentionnées en ce sens qu’elles supposent une action de la part des douanes
plutôt que des autorités judiciaires. Les mesures à la frontière permettent au titulaire
des droits de faire appel aux autorités judiciaires ou administratives afin d’obtenir la
suspension par les douanes de la mise en circulation des marchandises dont on
soupçonne qu’elles portent atteinte au droit d’auteur. La suspension de la mise en
circulation vise à donner au titulaire des droits un délai raisonnable pour
entreprendre des poursuites judiciaires contre l’auteur présumé de l’atteinte, sans
qu’il courre le risque de voir les marchandises se fondre dans le marché après leur
dédouanement. Le titulaire des droits doit généralement fournir des éléments de
preuve pour convaincre les autorités douanières qu’il est présumé y avoir atteinte,
une description détaillée des marchandises afin qu’elles puissent être reconnues et
une caution pour indemniser l’importateur, le propriétaire des marchandises et les
autorités douanières pour le cas où les marchandises s’avéreraient ne pas porter
atteinte aux droits d’auteur.

La dernière catégorie de dispositions relatives au respect des droits, devenue


très importante depuis l’apparition des techniques numériques, englobe les
mesures, recours et sanctions concernant les utilisations abusives de moyens
techniques. Dans certains cas, les systèmes dits “de protection contre la copie ou
la reproduction” ou “de régulation de la copie” constituent le seul moyen pratique
d’empêcher les copies; ces systèmes comportent des dispositifs techniques qui
empêchent complètement la réalisation de copies ou appauvrissent la qualité de
celles-ci de manière à les rendre inutilisables. Des dispositifs techniques sont
également utilisés pour empêcher la réception de programmes télévisés
commerciaux cryptés, sauf avec des décodeurs. Cependant, il est techniquement
possible de fabriquer des dispositifs permettant de contourner les systèmes de
protection contre la copie ou la reproduction ainsi que les systèmes de régulation de
la copie et les systèmes de cryptage. La théorie qui sous-tend les dispositions sur
l’utilisation abusive de ce type de dispositifs est que leur fabrication, importation ou
distribution devraient être considérées comme des atteintes au droit d’auteur et être
sanctionnées au même titre que d’autres violations.

WIPO/OMPI
34

Accords internationaux relatifs au droit d’auteur

Veuillez écouter la séquence audio ci-après, qui décrit les principaux accords
internationaux dans le domaine du droit d’auteur.

Séquence audio n° 6 : Quels sont les principales conventions


internationales ou les principaux traités
internationaux qui régissent le droit d’auteur?

Le premier traité est la Convention de Berne pour la protection des œuvres


littéraires et artistiques. Elle date de 1886 mais elle a été révisée plusieurs fois,
environ tous les 20 ans. La dernière révision a été adoptée à Paris en 1971.

La Convention de Berne traite de la protection du droit d’auteur. Elle est fondée


sur des principes tels que le traitement national, selon lequel aucune
discrimination ne peut être exercée, en vertu de la législation nationale, à
l’encontre d’œuvres originaires d’autres pays parties à la convention. Elle
définit des normes de protection minimales très importantes qui doivent être
respectées par les législations nationales, même si, bien entendu, ces
dernières peuvent aller au-delà de ces normes, et définit divers autres
principes.

L’Accord sur les ADPIC a été adopté récemment. L’Accord sur les Aspects des
Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce est l’un des
accords qui découlent des négociations commerciales du cycle d’Uruguay. Il
est administré par l’Organisation mondiale du commerce.

Entre autres choses, l’Accord sur les ADPIC renvoie aux dispositions de fond
de la Convention de Berne, tout en laissant de côté le droit moral, qui n’est pas
considéré comme touchant au commerce. Pour se conformer à l’Accord sur les
ADPIC, les pays doivent d’abord se conformer aux dispositions de la
Convention de Berne. Ils sont ensuite tenus de respecter un certain nombre de
normes de protection supplémentaires introduites par le traité de l'OMPI sur le
droit d'auteur (WCT) dont les principales concernent de nouvelles formes de
création (programmes d'ordinateur, et bases de données originales) et de
nouvelles formes d'exploitation (droit de location).

WIPO/OMPI
35

Les pays qui ont adhéré à l’Accord sur les ADPIC, ou qui l’ont ratifié, doivent
donc aussi appliquer la Convention de Berne (même si l’article 6bis de cette
convention, relatif au droit moral, est expressément exclu de l’Accord sur les ADPIC
car il ne concerne pas le commerce en raison du caractère inaliénable du droit
moral); par ailleurs, le WCT tente de régler certains aspects du droit d’auteur liés
aux nouvelles technologies.

WIPO/OMPI
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Le WCT, le plus récent accord international qui vise à protéger le droit


d'auteur, a été l'aboutissement d'une conférence diplomatique en décembre
1996.Ce traité répondait au besoin de protéger les œuvres pouvant être transmises
par des moyens numériques, y compris par l’Internet. La matière devant être
protégée au titre du droit d’auteur par le WCT englobe les programmes d’ordinateur,
quelque soit le mode ou la forme de leur expression, et les compilations de données
ou d’autres éléments, (bases de données) sous toutes leurs formes, qui, par le choix
ou la disposition des matières, constituent des créations intellectuelles. Les droits
qui reviennent aux auteurs regroupent les droits qui ont été préalablement cités, à
savoir les droits de distribution, de location, et de communication au public où il est
clair que le droit de communication au public couvre la transmission des œuvres à
travers des réseaux numériques comme l'Internet. Il est aussi spécifié que le droit de
reproduction, tel qu’énoncé dans la Convention de Berne, s’applique pleinement
dans le contexte de l’environnement numérique. Ainsi le stockage d’une œuvre sous
forme numérique dans un support électronique (par exemple dans une mémoire
d’ordinateur) constitue une reproduction de cette œuvre. Ces droits sont, comme il
se doit, soumis à certaines limitations et donnent lieu à des exceptions.

___________________________________________________________________

(NOTE : lors de cette conférence, un autre traité a été conclu, à savoir le


Traité de l’OMPI sur les interprétations et exécutions et les phonogrammes (WPPT).
Il est présenté dans le module relatif aux droits connexes).

WIPO/OMPI
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Question d'auto-évaluation

QAE 6 : Que couvre le “WCT”?

Écrivez votre réponse ici:

Cliquez ici pour voir la réponse.

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QAE 6 Réponse :

La raison d'être du WCT réside dans la nécessité de trouver des solutions adéquates
aux problèmes soulevés par les développements économiques, sociaux, culturels et
technologiques. Plus particulièrement, s'est fait sentir le besoin de protéger les
œuvres littéraires et artistiques transmises via l'Internet.
Le WCT étend la protection du droit d'auteur aux expressions et en exclut les idées,
procédures, méthodes de fonctionnement ou concepts mathématiques en tant que
tels. Les auteurs d’œuvres couvertes par le WCT jouissent aussi des droits de
distribution, de location commerciale et de communication au public.

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39

Le module sur le droit d’auteur arrive à sa fin. À titre de conclusion, veuillez


écouter l’extrait audio ci-après, qui traite de l’importance de la législation sur le droit
d’auteur dans les pays en développement.

Quels sont les avantages qui découlent pour les pays en développement de la
protection du droit d’auteur ?

Les avantages sont tant culturels qu’économiques ; il ne faudrait pas oublier


que le droit d’auteur est aussi lié à la culture. Dans tous les pays en
développement, il y a de très fortes communautés artistiques. Aucun peuple
sur terre ne manque de créativité et il est clair que s’il n’existait pas de
protection au titre du droit d’auteur, la communauté artistique risquerait d’être
escroquée et de ne pas pouvoir tirer profit de ses efforts. Désormais, le
concept d’œuvres littéraires et artistiques est entendu dans un sens très large
et intéresse non seulement la communauté culturelle et artistique stricto sensu
mais aussi l’industrie des techniques de l’information ou, de manière plus
spécifique, l’industrie des programmes d’ordinateur.

Des sommes considérables peuvent être investies dans la réalisation d’un


programme d’ordinateur, d’un film ou d’un programme télévisuel. Mais si dès
lors qu’une copie est en circulation elle peut être reproduite à l’infini par tout un
chacun, le potentiel économique inhérent à l’œuvre disparaît : il n’y aurait plus,
de la sorte, d’incitation à créer ou investir dans ce domaine.
Ceci serait de nature à décourager les activités de création, et la production
culturelle nationale risquerait d’en souffrir.

On pourrait répondre à cela qu’il suffirait de protéger les œuvres locales, mais il
ne devrait pas en résulter qu’il faille nécessairement étendre la protection aux
œuvres étrangères. L’on éviterait ainsi de favoriser les sorties de capitaux, qui
peuvent s’avérer problématiques ou coûteuses pour les pays en
développement.

Ce raisonnement est dangereux, et pourrait se révéler à courte vue. Il existe


des arguments très sérieux qui pourraient être invoqués en faveur d’une
protection des œuvres au niveau international.

Tout d’abord, si la protection devait être limitée aux œuvres locales ou


nationales, les œuvres étrangères pourraient circuler sur le marché local sans
qu’aucun paiement ne soit versé au titre du droit d’auteur dont elles font l’objet.
Ces œuvres seraient écoulées sur le marché local à des coûts très bas, dont
profiteraient certes les consommateurs et acquéreurs de biens culturels. Mais
cette pratique aurait des effets nocifs sur le marché des produits culturels
locaux, qui se trouveraient en concurrence avec des œuvres d’origine étrangère
offertes à des prix attrayants. Le danger serait que dans ces conditions les
consommateurs optent pour l’achat de produits étrangers au détriment de
produits locaux. La culture nationale, qu’il s’agisse de l’industrie de la musique,
de l’édition ou autres, pourrait ainsi en pâtir.

WIPO/OMPI
40

Mais aussi, et surtout, on ne saurait suffisamment souligner les avantages que


tirent les artistes et créateurs en général, qu’il soient issus de pays en
développement ou non, de la protection accordée à leurs œuvres à l’étranger.
Les marchés locaux sont parfois limités et il est important pour les créateurs de
pouvoir profiter des revenus générés par l’exploitation de leurs œuvres à
l’étranger. De nos jours, et grâce aux nouveaux moyens de communication, les
œuvres sont écoutées, lues et regardées non seulement dans le pays où elles
ont été créées, mais aussi ailleurs. Le phénomène est tel que dans bien des
cas les revenus engendrés par l’exploitation d’une œuvre à l’étranger
dépassent de manière substantielle ceux qui proviennent de son exploitation
sur le marché local ou national. On peut observer ce phénomène de manière
courante dans le domaine de la musique, des programmes de télévision, des
logiciels, des films, des livres, etc. La protection accordée à l’étranger est donc
très importante pour les auteurs et créateurs. Et à cet égard force est de
constater qu’un artiste provenant d’un pays déterminé ne sera
vraisemblablement pas protégé à l’étranger si les auteurs et créateurs
étrangers ne le sont pas non plus dans leurs propres pays.

WIPO/OMPI
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Résumé

Ce module a traité de la structure générale du droit d’auteur et a donné une


vue d’ensemble des éléments suivants :

1) “œuvres littéraires et artistiques” protégées par le droit d’auteur;

2) droits accordés au titulaire du droit d’auteur;

3) modes d’acquisition et de transfert du droit d’auteur;

4) durée de la protection ;

5) limitations de ces droits;

6) moyens de faire respecter ces droits ;

7) traités internationaux relatifs au droit d’auteur.

La Convention de Berne énumère de manière suffisamment exhaustive les


“œuvres littéraires et artistiques” pour que celles- ci comprennent “toutes les
productions du domaine littéraire, scientifique et artistique, quel qu’en soit le mode ou
la forme d’expression”. Cette large expression englobe toute œuvre d’auteur
originale, quelque soit son mérite artistique ou littéraire.

Le titulaire du droit d’auteur sur une œuvre protégée peut utiliser l’œuvre
comme il le souhaite, et empêcher tout tiers de l’utiliser sans son autorisation. Ainsi,
puisque le détenteur des droits peut interdire à autrui d’agir contre ses intérêts, ces
droits sont considérés comme des “droits exclusifs”. Le droit d’auteur englobe deux
autres types de droits : les droits patrimoniaux et le droit moral. L’expression droits
patrimoniaux recouvre plusieurs droits et limitations, qui peuvent être cédés par le
détenteur original. Le droit moral appartient toujours au titulaire d’origine, que les
droits patrimoniaux aient été transférés ou non.

Outre les catégories d’œuvres mentionnées ci-dessus, un nouveau type


d’œuvre est apparu, qui est couvert par le droit d’auteur. Il s’agit de l’œuvre
multimédia, et bien qu’il n’existe aucune définition juridique, on s’accorde à penser
qu’une combinaison de sons, de textes et d’images sous forme numérique,
accessible par l’intermédiaire d’un programme d’ordinateur, peut être considérée
comme l’expression originale d’un auteur et est donc couverte par le droit d’auteur.

WIPO/OMPI
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Textes législatifs :

• Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques


(uniquement disponible en anglais)

• Accord sur les ADPIC

• Traité de l'OMPI sur les interprétations et exécutions et les phonogrammes


(WPPT)

• Traité de l'OMPI sur le droit d'auteur (WCT)

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