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Les compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe Version 1

Les compagnons de

Seïdina Ahmed Tidjani

( )

Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe

Version 1 [Pour impression intégrale]

MAJ Janvier 2011

Ahmed Tidjani ( ) Zaouiya Tidjaniya El Koubra d’Europe Version 1 [Pour impression intégrale] MAJ Janvier
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LE SCEAU DE LA SAINTETE MOHAMEDIENNE

(QU’ALLAH SANCTIFIE SON PRECIEUX SECRET)

Voici, retracée, une infime partie de la vie de Seïdina Ahmed Tidjani ( ).

Un célèbre maître soufi appelé Sidi Mokhtar El Kounty ( ) avait annoncé que le 12ème siècle de l'Hégire ressemblerait à maints égards à l'époque du Prophète ( ), et que c'est à cette époque particulière qu'apparaîtrait le Sceau de la Sainteté Mohammedienne ( ).

SSOONN EENNFFAANNCCEE

C’est en 1737/38 (1150 de l'hégire) et à ‘Ain Madhi, petite ville du désert algérien, que naquit Seïdina Cheikh Ahmed Ibn Mohammed Ibn Mokhtar Tidjani ( ). Il était le fils du très pieux et savant Sidi Mohammed Ibn El Mokhtar Tidjani et de la pure et honorable 'Aïcha ( ). Ils étaient eux-mêmes d'une ascendance comptant de nombreux savants et saints accomplis. On peut citer à titre d'exemple son aïeul au 4 ème degré qui possédait dans sa demeure une pièce lui servant de lieu de retraite spirituelle. Il y était constamment enfermé et personne d'autre que lui n'avait le droit d'y pénétrer. Il avait atteint un certain degré spirituel qui l'obligeait à se voiler le visage, de la salle de contemplation jusqu'à l'arrivée à la mosquée et de la sortie de la mosquée jusqu'au retour dans ce lieu. En effet, ceux qui auraient vu son visage n’auraient pas pu cesser de le contempler ne serait-ce l'instant d'un clin d'œil sous peine d'en mourir, ce qui l'obligea à agir ainsi durant 23 ans.

Seïdina Ahmed Tidjani ( ) était d'ascendance Chérifienne, sa généalogie remontait jusqu'au Prophète ( ), par Seïdina ‘Ali et Fatima via leur fils Hassan ( ), mais il ne le certifia qu'après avoir posé la question au Prophète lui-même ( ) lors d'une vision à l'état de veille. Le Prophète ( ) lui

affirma par trois fois : « Réellement tu es mon fils ». Puis il ajouta : « Ton ascendance par Hassan fils

de ‘Ali est authentique ». Ainsi, c'est dans cet environnement de foi, de science et de sainteté que naquit et grandit Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Sa famille était très attachée au Coran et à la sunna, son père appelait et exhortait les gens au bien, incitant les uns à l'application de la sunna, combattant toute innovation sans craindre, pour Allah ( ) le tort de quiconque, il fut aimé et respecté. Il arrivait à son père de recevoir la visite d'êtres spirituels (rouhaniyêt) venant lui proposer de répondre

à ses besoins, il s'en éloignait et leur disait : « Laissez-moi entre moi et Allah, je ne désire aucune

attache autre que celle d'Allah ». Les gens ne se rendaient chez lui que dans le seul but de se rappeler Allah ( ).

L’éducation du saint enfant fut confiée à Mohamed Ibn Hamou Tidjani ( ) homme illustre et prestigieux (m.1162 H) sous la conduite duquel il mémorisa le texte Coranique en entier, et ce, à l'âge de sept ans. Il apprit ensuite le droit musulman (fiqh) selon l'école de l'Imam Malek ( ) et étudia les différents traités de jurisprudence auprès du Connaissant d'Allah, le savant Sidi Mabrouk ibn Bou'afiya Madaoui Tidjani ( ). Encore très jeune, Seïdina Ahmed Tidjani ( ) se fit remarquer pour son intelligence et sa piété, ainsi que ses vertus et sa modestie. Il était assidu dans ses études et possédait une volonté surprenante. Tout ce qu'il commençait, il le finissait et tout ce qu'il entamait, il le complétait.

Un jour, durant son enfance, alors qu’il sortait de ses cours, il aperçut devant lui une lumière immense qui montait jusqu'au ciel, puis le Prophète ( ) lui apparut et l'encouragea en ces termes :

« Continue, car tu es dans la vérité ». Suite à cet évènement, il partit se réfugier dans la maison de sa tante qui se trouvait à côté de ce lieu. Elle le couvrit et le réconforta tout en lui préparant du pain. Il lui arrivait souvent étant encore jeune enfant, de voir en rêve le tracé de son destin. En effet, il se voyait sur un trône gérant et commandant des multitudes de créatures. Une autre fois, il vit le Prophète ( ) chevauchant un cheval, à 'Aïn madhi et Seïdina ( ) le suivait de très près. Il voulait lui adresser des demandes, mais il préféra attendre que le Prophète ( ) descende de sa monture, pour être plus à l'aise. Lorsque le Prophète ( ) descendit, il se dirigea vers un champ et pria, Seïdina ( ) voulut le rejoindre dans sa prière, mais il ne le rejoignit que dans la deuxième rak'at. Il comprit à travers ce rêve qu'il n'atteindrait son souhait que dans la deuxième partie de sa vie, ce qui était représenté par la deuxième rak'at.

Un événement tragique allait lier le destin de Cheikh Ahmed Tidjani ( ) avec celui du saint Prophète ( ). En l'an 1752/53 (1166 H), alors qu'il n'était âgé que de seize ans, survint la mort de son père et de sa mère, le même jour, à la suite d'une épidémie de peste, ce qui le laissera orphelin. Cela n'entacha pas son moral et il poursuivit avec toujours plus de détermination la suite de ses études.

SSAA QQUUEETTEE

En 1757/58 (1171 H.), alors âgé de 21 ans, il quitte 'Aïn Madhi poussé par une soif incommensurable, pour la ville de Fès, célèbre cité de la science avec notamment sa fameuse Université-Mosquée Qarawiyyin. Cette ville était aussi le lieu de rencontre de grands maîtres et saints que Seïdina Ahmed Tidjani ( ) entreprit de visiter, afin de profiter de leurs enseignements spirituels et de leurs bénédictions (baraka). Chaque jour sa science recueillie auprès des docteurs de l'Université augmentait. Il obtint ainsi tous les diplômes lui conférant le droit d'enseigner l’ensemble

des sciences connues des musulmans de cette époque, mais sa soif ne fut pas étanchée pour autant. Ses efforts, sa crainte d'Allah ( ), sa modestie, son amour pour le vrai et son aversion du faux imposaient le respect de tous.

Un jour il rencontra un Cheikh faisant partie des gens dotés du dévoilement (KACHF) qui l'incita à retourner dans sa ville natale, ce qu'il fit. Sur la route il s'arrêta à diverses Zaouiya et rencontra de nombreux hommes de Dieu. Après 'Aïn Madhi, il se rendit à Abiod sidi Cheikh où il demeura quelque temps auprès de Sidi Cheikh Ben-Eddin ( ) (5 années) puis il partit vers Tlemcen en l'an 1767/68 (1181 H) alors âgé de 31 ans et où il professa plusieurs années. Il y fut aimé et respecté par ses savants pour sa grande science et sa sagesse. À ceux qui l'interrogèrent sur l'identité éventuelle du grand érudit par qui il aurait appris un si large savoir, il leur répondait : « Ce savoir je ne l'ai pas reçu

d'une seule personne, mais de tous ceux que je rencontrais ».

Durant toutes ces années, Cheikh Ahmed Tidjani ( ) s'est affilié à plusieurs voies (6 voies) et a rencontré de grands Wali. Parmi toutes ces voies il y a celle du Pôle Maoulana Taïeb ibn Mohamed ( ) (m.1180), la voie de Sidi Abdelqader Djilani ( ) qu'il prit à Fès, la Tariqa Nassriya qu'il reçut du Wali Sidi Mohamed ibn Abdallah Tazani ( ). Il y eut également la voie du Pôle sidi Ahmed El Habib ibn Mohamed ( ) (m.1165) plus connu sous l'appellation d’El Ghamary Sejelmassi. D'ailleurs, ce grand Pôle, après sa mort, rendit visite à Seïdina Ahmed Tidjani ( ) en songe et lui donna un Nom à évoquer. Il prit aussi du Wali le Malamati Sidi Ahmed Tawachi ( ) (m.1204),

celui-ci lui transmis un Nom et lui dit : « Il te faut la retraite (khalwa), la solitude (El wahda) et le Dhikr et patiente jusqu'à ce qu'Allah t'ouvre, car tu vas avoir une station immense ». Mais cela

n'arrangeait pas Seïdina ( ) alors Sidi Ahmed Tawachi ( ) lui dit : « Attache-toi à ce Dhikr et sois-

y constant sans retraite ni solitude, Allah t'ouvrira dans cette situation ».

Une fois assimilés les enseignements et secrets des grands maîtres qu'il rencontrait et une fois parvenus aux degrés spirituels escomptés, cette soif et ce désir d'Allah ( ) qui l'habitaient le poussaient toujours plus loin. Certains grands saints lui annoncèrent qu'il atteindrait des degrés auxquels il ne s'attendrait pas. Il rencontra ainsi le grand Wali doté du dévoilement Sidi Mohamed ibn El Hassan El Wanjali ( ) (m.1185), qui lui affirma qu'il rejoindrait le degré du grand Cheikh et Pôle de son temps Sidi Abou el Hassan Chadhili ( ) et lui révéla d'autres secrets. Il rencontra aussi à Fès, le Wali Sidi Abdallah ibn Sidi 'Arbi ibn Ahmed de Aouled Ma'an El Andaloussi ( ) (m.1188) qui, après s'être entretenu avec lui, clama par trois fois à Seïdina Ahmed Tidjani ( ) : « Allah saisis

par ta main ! ».

Seïdina ( ) vit également en rêve le grand Wali et Pôle de son temps, le Ghawth Sidi Abou Madian

( ), dans une assemblée où il disait : « Celui qui me donne quelque chose je lui donnerai ce qu'il demande ». Seïdina ( ) lui dit alors : « Je te donne quatre ``Mathaqil`` (unité de poids monétaire) et garantis-moi le Qotbaniya el 'Oudhma ». Il lui répondit : « Oui je te le garantis et tu ne mourras

qu'après l'avoir eu ». Ce qui confirma son rêve c'est qu'une autre fois Seïdina ( ) rencontra un homme connu par le fait qu'il voyait à l'état de veille des entités spirituelles (Rouhani), entités qui l'informaient sur ce qu'il voulait. Seïdina ( ) lui demanda : « J'ai caché quelque chose dans mon cœur, dis-moi ce que c'est ? ». Lorsque l'homme interrogea les Rouhani, ils lui révélèrent que Seïdina Ahmed Tidjani ( ) interroge à propos de la Qotbaniya. L'homme constata une personne mystérieuse à côté des esprits spirituels qui leur dit : « Qui vous a permis d’aborder ce sujet ? ». Ces esprits spirituels (Rouhani) lui répondirent alors : « C'est lui qui interroge sur cela ». La personne

mystérieuse leur dit alors : « Cette Qotbaniya c'est moi qui le lui ai garanti à Tlemcen avant son départ, il ne mourra pas sans l'avoir atteint, alors n'intervenez pas là-dessus ni vous, ni les autres ».

Cette personne n'était autre que Sidi Abou Madian le Ghawth ( ). L'homme qui pouvait parler aux entités spirituelles (Rouhani) n'avait jamais vu Seïdina ( ) auparavant et il ne le connaissait pas.

Après de multiples efforts Seïdina ( ) ressentit le besoin d'accomplir son pèlerinage, ce fut en 1772/73 (1186) alors qu’il était âgé de 36 ans. Durant son voyage il rencontra d'autres grandes personnalités, tel que Sidi Mohamed ibn 'Abderrahman El Azhari ( ) dans la région de Zwawa, près d'Alger, auprès de qui il prit la voie Khalwatiya, puis en arrivant en Tunisie où il rencontra le Wali Sidi Abdsamad Rahaoui ( ). Seïdina ( ) vit le Prophète ( ) en Tunisie qui lui dit : « Invoque

pour obtenir la Connaissance ou ce que tu désires et moi je dirai Amin pour ta demande ». Seïdina

( ) invoqua donc et le Prophète ( ) disait Amin, ensuite le Prophète ( ) a récité la Sourate Wa Douha (Sourate 93) et lorsqu’il arriva au verset qui dit : « Ton Seigneur t’accordera certes ses faveurs et alors tu seras satisfait », le Prophète ( ) fixa Seïdina Ahmed Tidjani ( ) de son noble regard puis termina de réciter la Sourate.

Seïdina Cheikh Ahmed Tidjani ( ) resta une année en Tunisie, entre la ville de Tunis et celle de Sousse. Il y enseigna diverses sciences ainsi que les Hikam d'Ibn 'Ata allah. Devant l'étendue de sa science, l'émir du pays lui envoya un message où il lui demandait de s'installer à Tunis pour y enseigner la noble science et s'occuper des affaires religieuses, mettant pour cela à sa disposition une demeure, un salaire important et la célèbre université de Zaïtouna. Lorsque Seïdina ( ) reçut la lettre de l'émir il se tut. Le lendemain il se sauva et prit le bateau pour Le Caire, en Égypte, avec la ferme intention de rencontrer le célèbre Wali, le Maître majestueux et le Connaissant parfait Sidi Mahmoud El Kourdiou ( ) originaire d'Irak.

Lors de leur première rencontre, celui-ci dit à Seïdina Ahmed Tidjani ( ) : « Tu es aimé auprès

d'Allah dans ce monde ainsi que dans l'au-delà ». Seïdina ( ) lui demanda : « D'où te provient

cela ? ». Sidi Mahmoud El Kourdiou ( ) lui répondit : « D'Allah ! ». Seïdina Ahmed Tidjani ( ) lui

dit alors : « Je t'ai vu alors que j'étais en Tunisie et je t'ai dit : Je suis entièrement en acier. Tu m'as répondu : Oui ! C'est ainsi et je vais transformer ton acier en or ». Lorsque Seïdina ( ) raconta cela,

Sidi Mahmoud ( ) lui répondit : « Oui, c'est comme tu as vu ». Quelques jours plus tard Sidi Mahmoud El Kourdiou ( ) interrogea Seïdina Ahmed Tidjani ( ) sur ses ambitions, ce à quoi

Seïdina ( ) répondit : « J'ambitionne d'accéder au degré des Pôles Suprêmes (El Qotbaniya el 'Oudhma) ». Le célèbre Maître lui affirma alors : « Ô Mon ami ! Le Très-Haut te réserve beaucoup plus que cela ».

Il finit par rejoindre la ville sainte de La Mecque et entra en contact avec ses hommes de Dieu. Là aussi il fit une rencontre des plus capitales, celle du fameux Cheikh Sidi Ahmed Ibn Abdallah El Hindi ( ) à qui il fut interdit de rencontrer quiconque. Il envoya donc une lettre à Seïdina ( ), par l'intermédiaire de son serviteur, dans laquelle il lui annonçait : « Tu es l'héritier de ma science, de mes secrets, de mes dons et de mes lumières ». Lorsqu'il écrivit cela à Seïdina Ahmed Tidjani ( ), Sidi Ahmed ibn Abdallah El Hindi ( ) déclara à son serviteur : « Il est celui que j'attendais et il est

mon héritier ». Ce à quoi son serviteur s'exclama : « Cela fait 18 ans que je suis à ton service et aujourd'hui il est venu un homme débarquant du Maghreb et tu me dis qu'il est ton héritier ». Sidi 'Abdallah El Hindi ( ) lui dévoila alors : « Je n'attendais que lui, et en cela je n'ai aucune part de décision, Allah choisi par sa Miséricorde qui Il veut, si j'avais eu une part de décision j'aurais alors choisi mon fils depuis longtemps ».

Il transmit ainsi à Seïdina ( ) tout ce qu'il détenait en sciences, secrets et lumières et rendit l'âme après lui avoir confié l'initiation de son fils unique. Il lui annonça également sa rencontre imminente avec le grand saint et Pôle Suprême (Qotb Jami') Sidi Mohamed ibn Abdelkarim Samman ( ) (m.1775). En effet, il le rencontra à Médine. Celui-ci le fit rentrer en retraite 3 jours et lui révéla les secrets et pouvoirs des grands hommes de Dieu. Après Médine L'illuminée et la visite de la tombe du saint Prophète ( ), Seïdina Ahmed Tidjani ( ) rejoignit le Caire. Durant ce nouveau séjour, Sidi Mahmoud El Kourdiou ( ) lui transmit la voie Khalwatiya, en lui délivrant le diplôme d'autorisation afin qu'il initie, éduque et forme ses disciples à cette voie.

FFAATTHH EELL AAKKBBAARR NNAAIISSSSAANNCCEE DDEE LLAA VVOOIIEE

Il rentra enfin au Maghreb, passa et s'arrêta dans certaines villes pour aller ensuite s'isoler dans le désert algérien (départ de Tlemcen en 1196), dans les villages de Chellala (1196 à 1199) et

Boussemghoune (1199 à 1213). C'est justement dans le village de Boussemghoune que Seïdina Ahmed Tidjani ( ) eu sa grande ouverture (FATH EL AKBAR). En effet, alors âgé de 46 ans (1196H) et lors de sa retraite spirituelle, en pleine journée, vint à lui le Prophète Mohammed ( ) à

l’état de veille qui lui annonça : « Je suis désormais ton initiateur, ton Maître, aucun être humain ne prétendra être ton initiateur. Il te faut en conséquence abandonner tout ce que tu as pris de l’ensemble des voies précédemment, personne n'aura de reproche à te faire, car c'est moi qui serai ton intermédiaire auprès d'Allah et aussi ton aide ». Seïdina Ahmed Tidjani ( ) devint donc le

dépositaire de la voie spirituelle du Prophète lui-même ( ), voie qui renferme en elle toutes les autres voies : c'est la Tariqa Ahmediya, Mohamediya, Ibrahimiya, Hanifiya qui renferme des grâces énormes jamais obtenues par toutes les autres voies, tout comme la communauté de Mohammed ( ) bénéficie de grâces qui n'ont jamais été obtenues par toutes les autres communautés avant l'Islam. Les vertus attachées à la voie du Prophète ( ) et à son Khalife Sidi Ahmed Tidjani ( ) sont innombrables.

Ainsi, le Prophète ( ) enseigna son Ouird à Seïdina ( ) et lui dicta les conditions que comportait sa voie. Il lui dit entre autres conseils lui étant personnels : « Maintiens-toi dans cette Tariqa sans te

retirer du monde, ni cesser d’être en relation avec les hommes jusqu'à ce que tu atteignes la station spirituelle qui t'es promise, tout en gardant ton état, sans grande gêne, ni difficulté, ni effort cultuel

excessif, renonce désormais à tous les saints ». Il reçut d'année en année l'initiation directe du Prophète ( ) ainsi que l'ordre et l'autorisation d'appeler les gens à cette voie. S'ensuivit alors une période de propagation qui dura 13 années dans cette région. Les gens affluaient de multiples contrées pour tirer profit de sa Baraka et prendre de ce qui lui avait été confié par le Prophète ( ). Cet ordre religieux allait connaître une expansion considérable en très peu de temps, ce qui attisa la jalousie et l'inquiétude des autorités turques de l'époque. Là encore, le destin de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) allait ressembler une fois de plus à celui du Prophète ( ). Tout comme le Prophète ( ) dut s'exiler de La Mecque à Médine, Seïdina ( ) s’exila de Boussemghoune à Fès (départ d'Abi Semghoune le 17 Rabi'Awwal 1213 ; Arrivée à Fès le 6 Rabi'Thani 1213).

De là-bas, depuis sa demeure, il s'occupa de l'initiation et de l'éducation de ses disciples, leur enseignant et expliquant le Coran et la tradition du Prophète ( ) à des élèves toujours de plus en plus nombreux. Très vite, l’étendue de son savoir particulier, la profondeur de ses enseignements et la manifestation de ses prodiges authentiques vont conquérir toujours de plus en plus de cœurs, parmi lesquels on trouve un nombre impressionnant de savants érudits, de Wali parfaits et de maîtres spirituels. Beaucoup étaient de la noble descendance de notre Prophète Mohammed ( ).

QQOOUUTTBBAANNIIYYAA EELL ''OOUUDDHHMMAA,, Accession au rang suprême de la Sainteté

Ainsi, depuis sa rencontre à Boussemghoune avec l'Envoyé d'Allah ( ), il ne cessa tout au long de ces années de suivre ses enseignements et son éducation au fur et à mesure des évènements, jusqu'au jour tant annoncé, et tant prédit au cours de sa vie où il fut hissé au rang suprême de la Qoutbaniya El 'Oudhma au mois de Mouharam de l'année 1214 (à 'Arafat par le biais d’un prodige). Il atteint alors deux stations uniques dans la hiérarchie spirituelle des saints, celle de la Khatmiya (Le Sceau des saints : il clôture pour toujours les degrés de sainteté) et celle de la Katmiya (Le Pôle caché :

station spirituelle connue seulement d'Allah ( ) et de son Prophète ( ) atteint le 18 du mois de Safar, il est l'intermédiaire spirituel entre les Prophètes ( ) et l'ensemble des Wali ( ). À ce sujet, le poète a dit :

Le message a été clôturé par notre très saint Prophète (BSDL)

Et la sainteté a été clôturée par Cheikh Ahmed Tidjani (RAN)

Ce qu’on veut faire comprendre ici c’est la suprême sainteté unique

Quant au Pôle de la sainteté commune il existera toujours au fil du Temps,

Par la pure faveur de notre Glorieux Seigneur.

Il est ainsi tout en haut de l'échelle de la sainteté et n'a au-dessus de lui que les Prophètes ( ) et les compagnons ( ) de notre généreux Prophète Mohammed ( ). Il est le Pôle caché qui sera dévoilé au jour du Jugement Dernier par une voix qui clamera : « Ô Gens du rassemblement ! Voici votre

guide par lequel vous étiez irrigués depuis le début de la création jusqu’à maintenant ». Seïdina Ahmed Tidjani ( ) a révélé : « Le maître de l'existence ( ) m'a informé de vive voix que je suis le Pôle caché, cela à l'état de veille et non en rêve ». Il a expliqué aussi en ces termes le rôle du Pôle caché : « Tout saint ne boit et n'est abreuvé que de notre océan depuis la création jusqu'au jour où on soufflera sur la Trompe du Jugement dernier ». Il a dit aussi : « Tous les flux qui émanent du Prophète ( ) sont recueillis par les essences des prophètes ( ) et tout ce qui émane et surgit de leurs essences sont recueillies par mon essence et de moi cela se départage sur l’ensemble des créatures depuis le commencement du monde jusqu’au jour où on soufflera sur la Trompe du Jour Dernier, et j’ai des sciences par lesquelles j’ai été particularisé entre le Prophète ( ) et moi sans intermédiaire ».

Ces paroles ont été prononcées dans l'intention de permettre aux disciples de comprendre l'importance et la valeur des grâces qu'Allah ( ) a fournies au détenteur de ce degré spirituel, jamais

atteint par aucun saint, et ainsi d'être reconnaissant envers Allah. Allah ( ) a dit : « [

]

et quant aux

bienfaits de ton Seigneur raconte-les ». C'est à ce même titre que le Prophète ( ) avait dit : « J'étais

déjà prophète alors qu'Adam ( ) était entre l'eau et l'argile ». Le Prophète ( ) avait dit aussi : « Je serai le premier à être ressuscité le jour de la résurrection, je serai l'orateur lorsque les ressuscités seront rassemblés, et l'annonciateur de la bonne nouvelle lorsqu'ils auront perdu espoir. Je détiens la bannière de la louange de Dieu, sans prétention, je serai le premier à demander et à obtenir l'intercession, je serai le premier à frapper à la porte du Paradis et à y être autorisé à entrer, et j'y entrerai avec les croyants pauvres, je suis le plus méritant parmi tous les enfants d'Adam auprès de mon Seigneur, sans prétention ». Seïdina Ahmed Tidjani ( ) avait dit : « Mes deux pieds que voici

sont sur la nuque de chaque Wali ». Sidi Mohamed El Ghali ( ), un éminent compagnon de Seïdina ( ), lui fit remarquer que Sidi Abdelqader Djilani ( ) avait dit une parole similaire, il lui

répondit : « Il avait parfaitement raison, mais il ne parlait que des Wali de son époque, quant à moi, je dis que mes deux pieds que voici n'ont jamais cessé d'être sur la nuque de chaque Wali ». Sidi

Mohamed El Ghali ( ) avait dit au sujet du rôle et du degré de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) : « C'est

par son intermédiaire que tous les saints, sans en avoir conscience, reçoivent l'influx des Prophètes ( ) ».

Seïdina Ahmed Tidjani ( ) quitta ce monde terrestre le jeudi 17 Chawal 1230 à l'âge de 80 ans. Après avoir accompli la prière du Soubh il s'allongea sur le côté, demanda un verre d'eau qu'il but, puis son esprit agrée quitta son corps béni. Il fut enterré dans le jardin qui juxtaposait les murs de la Zaouiya bénie de Fès, par la suite, au fur et à mesure de son agrandissement cette parcelle se vit inclure dans les murs de la Zaouiya (début de la construction à partir de 1215) et depuis son départ la lumière qu'il hérita du Prophète ( ) ne cesse de se propager.

Voici un aperçu du portrait de Seïdina Cheikh Ahmed Tidjani ( ), par le pauvre esclave en Allah, Mohamed El Mansour El Mohieddine Tidjani, qu'Allah le préserve :

Les traits fins de son visage radieux, d'un blanc rosé, son allure princière, bien qu'il soit le plus humble, marquent en lui sa haute lignée. Imitant le prophète Mohammed ( ) dans tous les actes et conditions, sa barbe, filée de poils gris resplendissant, faisait jaillir de lui une lumière mystérieuse. Riche par Dieu, ne demandant rien à personne, il fut honoré de grâce qui faisait qu'il ne comptait que sur Dieu. Il dévoila ce qui est permis et cacha ce qui pouvait perturber l'esprit. Par Taha, son maître et compagnon, tel le soleil et la lune, nul ne pourrait plus séparer ces deux sceaux de la même famille pour l'amour qu'ils avaient pour Lui.

Seïdina Ahmed Tidjani ( ) a dit : « Je n’aime personne avant que nous

Seïdina Ahmed Tidjani ( ) a dit :

« Je n’aime personne avant que nous soit rendu apparent qu’Allah ( ) et son Prophète ( ) l’aiment et je ne me détourne de personne avant que nous soit rendu apparent qu’Allah ( ) et son Prophète ( ) se sont détournés de lui »

LL

aallllaa MMaannnnaannaa

La majdhouba (attirée par Allah) connue Lalla Mannana. Elle fut, qu’Allah lui accorde miséricorde, de ceux dont les pieds étaient enracinés dans le dévoilement (Moukachafa) et son état de ravissement (Jadhb) prenait le dessus sur elle à certains moments.

Souvent, elle se rendait chez Sidi Ahmed ibn Mohamed El Banani ( ). Lorsque celui-ci alla chez elle afin de la consulter sur son désir d’entrer dans la Tariqa, elle l'accueillit avec hospitalité puis lui conseilla de s'empresser de prendre la Tariqa de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Elle lui raconta ses mérites et ce qu’elle avait vécu avec lui. Il a été raconté que lorsque Sidi Banani ( ) voulut la consulter dans son affaire, elle lui dit avant même qu’il ne dise ne serait-ce qu'un mot : « Ô Sidi

Ahmed ! Tu es venu afin de me consulter au sujet de ton engagement dans la voie de Seïdina Ahmed Tidjani, si tu acceptes mon conseil empresse-toi de te soumettre à lui, il est certainement le Sultan. Il m'est arrivé, dit-elle, avec Seïdina Ahmed Tidjani des évènements et je t’en cite un : un jour où j'étais assise chez moi, il m’est venu deux personnes qui m’ont dit : « Lève-toi afin de parler au Sultan », je pensais alors qu’il s'agissait du Sultan Souleïman ». En effet, celui-ci lui envoyait

souvent des messages et de même elle allait souvent le voir, il l'affectionnait particulièrement.

Elle continue : « Je suis donc allée avec eux jusqu’à notre arrivée à la porte d’El Ftouh (une des portes de Fès). Je me suis avancée vers le Sultan et je constatais que ce n’était pas Maoulana Souleïman, mais c'était Seïdina Ahmed Tidjani et je ne le connaissais pas auparavant. Puis le Sultan Sidi Ahmed Tidjani me demanda : « Que penses-tu au sujet de la peste qui a envahi la ville ? Certainement, il ne pouvait que l'envahir vu cette catégorie de gens qui se caractérise par tel et tels faits » et il cita un ensemble d'agissements ». Sidi Ahmed Banani ( ) continu de raconter :

« Lorsqu'elle entendit cela de sa part, elle lui répondit : « Si tous les saints existants n'ont pas pu faire face à ce malheur je suis capable de lever cette calamité des gens ». Il me dit : « Es-tu capable de supporter cela et de l'endurer ? » Elle dit : « Oui ». Il lui ordonna donc de retourner à sa demeure et lorsqu'elle rentra par la porte de la ville elle entendit derrière elle comme une déflagration qui l'avait atteinte. Elle tomba sur son visage et resta ainsi jusqu’à ce que les gens la transportent chez elle. Ceux-ci entendirent le son de la déflagration retentir en elle et, dans cet état, elle criait chaque fois jusqu'à ce qu'Allah décrète l'élévation de cette calamité sur la ville ».

Parmi les évènements qui lui sont arrivés, il y a également qu'au cours de certaines années, les Majadhib (pluriel de Majdhoub) parlèrent souvent des calamités, des épreuves et des changements de situation qui allaient survenir. Sidi Banani ( ), après avoir su que la situation était très grave, fut inspiré de faire une retraite spirituelle dans sa maison. Il invoquait par le nom El Latif avec l'intention d'écarter ce qui était en train de descendre comme malheur et il persista à l'invoquer pendant des jours. Or, un jour alors qu'il faisait son Dhikr, Lalla Mannana ( ) vint dans sa demeure et elle avait souvent l'habitude de le visiter. En entrant chez lui, elle se dirigea sans dire un mot à personne vers le lieu où Sidi Banani ( ) s'était isolé pour accomplir son devoir. Elle lui dit alors, en l'apercevant : « On t'a reconnu Ô Sidi Ahmed Banani ! ». Puis elle retourna d'où elle était venue. Lorsqu’elle revint une autre fois et qu’elle s’entretint avec les gens de la demeure, ils lui

demandèrent : « L’autre jour, tu as fais ceci et cela, et tu n'as parlé à aucun parmi nous, pour quelle raison ? » Alors, elle répondit : « J’ai vu descendre des cieux une calamité sur cette région et il ne restait qu’un empan entre le châtiment et la ville. Et j’ai vu les gens apeurés et pleins de regrets, puis elle cita ce poème :

« Et les vrais hommes ne sont, en vérité, que les vertueux, Hormis eux tous les autres ne sont que des enfants. »

Puis elle continua : « Ensuite, j'ai vu cette calamité s'élever jusqu’à ce que je perde toute trace. J’ai cherché la raison par laquelle ce malheur s'était écarté, mais je n'ai pas pu la connaître ni la déceler, et ce, malgré un effort de recherche (par son dévoilement) considérable. N'ayant pas pu en connaître la raison, j’ai fait les ablutions durant la nuit et j'ai récité des prières sur le Prophète ( ), puis j’ai demandé à Allah ( ) de m'éclaircir sur cette question. Lorsque je me suis endormie, deux anges vinrent à moi. Ils ont pris mes mains et m'ont transportée jusqu'au lieu où s’était isolé Sidi Banani, en train de faire le Dhikr. Quand je me suis réveillée, je suis allée le trouver, j’ai su alors qu’il était la cause de la suppression de cette calamité sur les musulmans, qu’Allah le récompense de ses biens ».

Cette noble dame a assisté à l'enterrement de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Trois jours avant son décès, elle informa le Fqih Sidi Banani ( ) ainsi que certains méritants, de la mort du Sultan après deux ou trois jours. Lorsque parvint l'enterrement de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) on lui demanda :

« Ne nous avais-tu pas dit que le Sultan allait mourir ? » Elle répondit : « Oui, et c’est bien lui le

Sultan ». Seïdina Ahmed Tidjani ( ) lui envoyait certains de ses compagnons qui l'interrogeaient dans certaines situations, elle les informait sur la vérité de ces situations. Elle est décédée après la mort de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), peu de temps après lui. Son tombeau est à côté des pressoirs se situant près de la route principale, dans une mosquée en ruine, dans la ville de Fès.

Quant à Sidi Banani ( ), après avoir consulté Lalla Mannana ( ) il s'empressa vers ce grand bien et prit de Seïdina, la Tariqa Mohammediya. Seïdina Ahmed Tidjani ( ) le rapprochait toujours vers lui depuis qu’il avait pris la Tariqa et il questionnait à son sujet s'il ne le voyait pas auprès des frères. Il ( ) appréciait ses paroles et ses discussions et lorsqu’il était dans un état de resserrement (Qabdh) il le faisait appeler et il discutait avec lui. Seïdina ( ) lui disait : « Que disent les exégètes au sujet de tels et tels versets ? » Et il lui répondait sur les dires des exégètes. Seïdina Ahmed Tidjani ( ) lui certifiait les paroles de certains et en réfutaient d’autres qui s'écartaient de l'exactitude et il justifiait la véracité de ses propos à travers des preuves révélées et logiques. Seïdina Ahmed Tidjani ( ) lui

disait : « Voilà le but des dires des chercheurs parmi les savants de la science extérieure, mais quant

au sens profond du verset c'est ceci et cela ». Il parlait avec lui au sujet des nobles paroles prophétiques avec la même performance.

Le Fqih Banani ( ) ne quittait Seïdina Ahmed Tidjani ( ) qu’avec un savoir qui éblouit la raison et que ne peuvent saisir que ceux doués d’une grande science. Parmi les caractéristiques de Sidi Banani ( ), c'est sa grande capacité de mémorisation. En effet, il ne connaissait pas l'expérience de l'oubli tant Allah ( ) lui a donné l'enracinement et la perfection de la mémoire. Seïdina Ahmed Tidjani ( ) s’adressait à lui par le terme de Maître et quand il parlait avec lui, il suscitait l'étonnement de l'audition devant sa compréhension des propos de Seïdina ( ).

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aaïïddaatt SSaaffiiyyaa LLoouubbaaddaatt

La sainte et vertueuse aux prodiges éclairants, la Majdhouba connue, Saïdat Loubadat ( ). Parmi les évènements étranges rapportés à son sujet il y a que lorsqu’elle était saisie par ses états, elle sortait au marché et parlait le langage des Majdhoub puis elle se rendait à la ruine où plus tard serait construite la Zaouiya bénie. Ensuite, elle collait son oreille en bougeant sa tête et en interpellant les passants en

ces termes : « Venez écouter « Lê ilêha ila Allah », « Lê ilêha ila Allah » ! » Cette dame majestueuse

était célèbre pour ses nombreux prodiges et ses dévoilements, il était fréquent lorsqu’elle subissait ses états qu’elle sortit de la ville.

Le Wali vertueux Sidi Ibn Lahboub ( ) a raconté qu’une fois il l’a vu sortir de la ville en marchant rapidement et en pleurant abondamment jusqu’à ce qu’elle rencontra le Wali Sidi Hafidh ben

‘Adwa ( ) qui l’interpella en ces termes : « Que t’arrive-t-il ? Tu as renversé ce monde sur tes épaules par ces pleurs et ces lamentations. » Elle lui répondit : « Et comment ne pleurerais-je pas

alors que la nuit passée j’ai vu trois anges qui descendirent du ciel et qui restèrent sur terre jusqu’à l’aube. L’un d’entre eux a alors saisi la pudeur et il s’en alla avec, le second a saisi la bénédiction et il s’en alla avec, puis le troisième a voulu se saisir du Qoran mais il ne put le faire alors il le laissa. » Le Wali lui dit alors : « Ne te mêles pas de cela, Allah est Celui qui fait et qui choisit et le serviteur n’a

pas de choix à faire dans Sa Volonté. » Elle avait six enfants et tous prirent la Tariqa de Seïdina Ahmed Tidjani ( ).

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iiddii ''AAbbbbaass CChhaarraaïïbbii

Le savant pieux, le connaissant Abou Ahmed Sidi 'Abbas Charaïbi ( ) prit la Tariqa des mains mêmes de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Il but à son bassin jusqu'à devancer ses contemporains.

La raison qui l’incita à prendre la Tariqa Mohammediya est la suivante : Le sultan Maoulana Souleïman, qu'Allah sanctifie son âme au Paradis, avait pour coutume de réunir en sa présence des savants majestueux, les sommités de son époque, en vue de l'évocation et de l'enseignement de la science ainsi que la lecture des exégèses. Parmi ces savants se trouvait notamment Sidi 'Abbas Charaïbi ( ) qui était un de ceux qui récitaient. À son arrivée à Fès, Seïdina Ahmed Tidjani ( ) fut convié à cette noble assise. Il se retrouva donc présent au sein de cette assemblée. Ce jour-là, il s'agissait du commentaire de la sourate An-NAS et à cette occasion un Cheikh se nommant Taïeb ibn Kirane commença à en en faire l’exégèse, eu égard à son rang élevé dans le domaine de la science apparente et livresque. Il fut d’ailleurs tellement éloquent sur le sujet qu’il pensait que personne n'égalerait le niveau de son interprétation, chose que pensaient également plusieurs autres membres de cette assemblée.

Après son intervention devant cette noble assise, le Sultan se tourna vers Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et lui demanda : « Que dit le Cheikh sur ces versets ? ». Seïdina ( ) commença donc à s’exprimer sur le sujet tout en exposant des arguments logiques et scripturaires jusqu'à parvenir précisément au point que le savant Taïeb ibn Kirane avait si bien détaillé, lui qui pensait encore à ce moment-là que personne ne serait en mesure d’égaler son exégèse. Seïdina Ahmed Tidjani ( ) parvenait cependant sur ce point précis et stipula à cet instant l’inexactitude de cette exégèse et qu’il ne pouvait pas alors être pris en considération par les gens doués de compréhension. Le Cheikh en

question lui dit alors, tout en haussant le ton : « Me contredirais-tu alors que je tiens cela de tel et tel commentateur ? ». Seïdina ( ) lui répondit : « Ces propos ne tendent pas à te viser

personnellement, mais ils s’adressent plutôt à ces commentateurs en question, ne soit pas tel celui qui, quelle que soit la charge qu'on lui donne, la prend sans regarder son contenu ».

Par la suite, Seïdina Ahmed Tidjani ( ) clarifia indubitablement l’aspect réel de cette exégèse par le biais d’arguments logiques et scripturaires au point que la vérité se manifesta sans conteste à tous ceux qui étaient encore sceptiques. En effet, la vérité apparut et le faux disparut et tout le monde pouvait le confirmer. Les gens de l'assemblée déclamèrent : « Par Allah ! C'est bien cela la vérité éclatante ». Cet évènement se déroula en présence du roi, et lorsque finalement l'assemblée se dispersa en témoignant de la gratitude envers Seïdina ( ) et sans tarir d'éloges à son égard, le Sultan

s'adressa alors aux gens restant en leur disant : « Vous connaissez le degré de Sidi Ahmed Tidjani et sa majesté dans la science apparente, sachez qu'en ce qui concerne la science cachée, il en est à la fois le père, la mère et leurs enfants, quel en est votre avis ? ». Ils répondirent : « Ces paroles sont vraies, la vérité s'est manifestée sans mensonge et la réalité s'est éclaircie pour tout le monde ».

Depuis ce jour, le savant Taïeb ibn Kirane tint rancune dans son cœur, qu'Allah lui pardonne ainsi qu’à nous tous. Quant à notre personnage, Sidi 'Abbas Charaïbi ( ), il se rendit le lendemain auprès de Seïdina ( ) pour lui demander dou’a et afin qu'il lui pardonne son manquement dans le domaine de l’adeb, car en son for intérieur et dans sa poitrine, son âme (Nefs) était en faveur de son Cheikh, Taïeb ibn Kirane. Il lui raconta également ce qui s’était déroulé après son départ de l'assemblée, lui avouant que, selon l'état respectif des gens, certains faisaient son éloge tandis que d'autres l'injuriaient. Suite à cet incident justement, il fit un rêve la veille où il se voyait en train de discuter avec des gens de Dieu au sujet de l'affaire se rapportant à Seïdina Ahmed Tidjani ( ), il racontait ce qui se déroula entre lui et ce groupe. Ces hommes dirent alors à Sidi 'Abbas Charaïbi ( ) : « Ô mon

frère, n'as-tu pas entendu la parole de Dieu qui dit : « Ô vous qui croyez ! Ne soyez pas comme ceux qui ont offensé Moussa. Allah l'a déclaré innocent de leurs accusations, car il était honorable auprès d'Allah » (Sourate 33 Al-Ahzab, verset 69), c'est ainsi qu'est l'état de Seïdina Ahmed Tidjani

avec ces gens-là » et il se réveilla. Sidi 'Abbas Charaïbi ( ) demanda l'autorisation à Seïdina Ahmed Tidjani ( ) de prendre cette Tariqa. Seïdina acquiesça et invoqua l'ouverture pour lui.

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iiddii AAbbbbaass CChhaarrqqaawwii

Le Wali parfait, le Connaissant relié au cœur sain et à la grâce immense, le majestueux Mouqadem Abou ‘Abdallah Sidi ‘Abbas Charqawi ( ), une élite parmi les compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Seïdina Cheikh l’autorisa, de son vivant, à transmettre la noble Tariqa Mohammediya

à tous ceux qui la réclameraient et il accomplit son rôle de la meilleure manière. Il faisait également partie des neuf personnes qui furent choisies afin de réciter des formules de protection, conformément à l’ordre que reçut Seïdina Ahmed Tidjani ( ) de la part du Prophète ( ).

Avant son entrée dans la Tariqa, il exerçait la profession de témoin instrumentaire agrégé dans les témoignages. Lorsqu’il prit la Tariqa, Seïdina ( ) lui ordonna d’abandonner cette profession (en raison de l’étendue de la corruption qui y sévissait) et il lui dit : « Sois porteur ou marchand de

charbon, mais surtout ne t’approche pas de cette fonction ». Comme suite à cet ordre, notre

personnage délaissa sa charge, mais il ne parvenait pas à trouver un autre métier qui lui aurait permis de subvenir à ses besoins. Il se rendit donc auprès de Seïdina ( ) afin qu’il l’autorise à réintégrer son métier d’origine. Il se plaignit à lui en disant : « Ô mon maître, regarde ma situation ». Seïdina lui

répondit : « Retourne chez toi et restes-y, ta subsistance t’y rejoindra ». Et depuis, chaque mois, il

recevait ce qui pouvait lui suffire en quantité de grains, de nourriture et autres besoins provenant de la part de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Seïdina ( ) ordonnait également à certains de ses compagnons de visiter notre personnage chez lui et on rapporte à son sujet des faits extraordinaires. Le grand Wali Moulay Mohamed Ben Abi Nasr El ‘Alawi ( ) avait affirmé après le décès de notre

personnage : « Sidi ‘Abbas Charqawi était l’un des Wali foudroyants parmi les grands ». Il est mort

aveugle après le décès de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et parmi les propos qu’il a laissés il y a : « Trois

choses permettent de diriger la raison d’une personne et son aspiration : son Messager ( ), ses paroles et sa conduite ».

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iiddii AAbbddaallllaahh SSoouuffii

Le majestueux Mouqadem, aux caractères nobles, Abou Mohamed Sidi ‘Abdallah Soufi ( ) faisait partie des Mouqadem méritants de la Tariqa et de ceux qui furent désignés par Seïdina ( ) pour transmettre cette Tariqa Mohammediya. Il était honoré et respecté auprès de Seïdina ainsi qu’auprès de l’ensemble des compagnons, et ce, du vivant de Seïdina ( ) comme après sa mort, cela jusqu’à son décès dans la ville de Souf, en Algérie. Voici une lettre écrite par le grand Wali Sidi Mahmoud Tounsi ( ) à l’adresse des disciples résidants dans la ville de Souf, lettre dans laquelle il dément formellement une rumeur mensongère qui se propagea au sujet du soi-disant décès de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) :

« À l’ensemble de nos aimés et de nos amis, compagnons de Seïdina dans la ville de Souf, à l’ensemble, je vous adresse une salutation complète, globale, parfaite et absolue de la part de celui qui vous écrit, le pauvre serviteur en Allah, prisonnier de ses péchés, Mahmoud Tounsi, ensuite : Si

vous vous interrogez au sujet de notre guide, l’essence de la vérité parmi ses serviteurs, notre maître Ahmed ibn Mohamed Tidjani, qu’Allah nous abreuve, et vous aussi, de son océan par les plus grands récipients, sachez qu’il se porte pour le mieux, lui, ainsi que ses enfants, ses serviteurs et Sidi Mohamed ibn Mechri. Quant à ce qu’ont propagé les sots de cette époque, méprisables et répugnants, concernant la prétendue mort de l’esprit des particuliers, le cœur des incomparables, il s’agit là d’un mensonge, d’une falsification et d’une diffamation et nullement autre chose. Certes le maître de l’existence ( ) l’a informé par une promesse véridique en laquelle il n’y a rien à redire, qu’il passera le reste de sa vie dans la Qotbaniya et c’est un total de quatre-vingts années qu’il vivra durant lesquelles certains réussiront par ses mains tandis que d’autres perdront et il déverse son irrigation sur l’ensemble de l’existence comme cela a été évoqué. Les entêtés subiront les conséquences de leurs agissements et ce qu’ils en récolteront personne ne pourra s’y opposer, car certes Allah possède des anges scribes qui inscrivent tout ce qui survient comme paroles et actes pour chaque créature, soit en bien soit en mal. L’auteur du bien en sera récompensé quant aux autres ils seront punis à tel point que les opposants à ce maître diront : « Ô malheur à moi, que j’eusse été un cochon plutôt qu’un opposant ! »…

En effet, Seïdina Ahmed Tidjani ( ) a vécu au total quatre-vingts années, car il naquit en 1150 de l’Hégire et décéda en 1230.

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iiddii AAbbddeell AAddhhiimm EEll AAllaammii

L’honorable savant, le plus parfait des méritants aux sciences abondantes et au degré illustre, le vénérable Chérif, Sidi Abdel ‘Adhim El ‘Alami ( ). Ce maître, qu’Allah lui fasse miséricorde, faisait partie des savants renommés de la Tariqa, parmi ceux qui s’abreuvèrent de connaissances émanant de Seïdina ( ) par le récipient de la Réalité. Ils ont puisé de sa niche les lumières et ont extrait dans ses diverses sciences les plus éclatantes et les plus illuminées. Seïdina Ahmed Tidjani ( ) l’aimait et lui rendait hommage, de plus, il lui demanda d’enseigner le Moukhtasar Khalil à ses deux nobles enfants, pleines lunes illuminées, Sidi Mohammed El Kebir et Sidi Mohammed El Habib ( ).

Notre personnage demanda à Seïdina ( ) : « Ô mon maître, indiquez-moi le moment le plus approprié à leur enseignement afin que je me présente à eux ». Seïdina ( ) lui répondit : « C’est plutôt toi qui es le plus en droit de choisir, et le moment, et l’endroit qui te conviennent pour y enseigner, car on se doit d’aller vers la science et non pas au contraire de la faire venir ». Notre

personnage se conforma à cette recommandation jusqu’au décès de Seïdina ( ).

On rapporte que les frères lui demandèrent d’enseigner la noble science, dans la Zaouiya bénie, après la mort de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et il accepta leur requête. Cependant, alors qu’il s’apprêtait à débuter le premier cours et qu’à cette occasion les gens l’honorèrent, il se leva soudain précipitamment et franchit la porte en s’enfuyant, comme si quelqu’un le poursuivait. Il jura solennellement de ne plus jamais retourner à la Zaouiya en vue d’y enseigner. Tout cela était dû à ce qui venait de se dérouler entre Seïdina ( ) et lui. En effet, il vit Seïdina le fixer du regard depuis son tombeau et il l’entendit le réprimander pour avoir pris la place d’honneur, devant le Mihrab, d’une manière ostentatoire, comme le font la plupart des enseignants. Il sortit précipitamment de la Zaouiya bénie, fuyant à la fois sa propre personne et ses agissements, se conformant ainsi à la bienséance requise.

Par la suite, il déconseilla fortement toute réunion qui comprendrait des cercles d’enseignements au sein de la noble Zaouiya. Cela est permis seulement à ceux qui délaissent tout faste, parmi ceux qu’Allah a préservés des maladies de l’âme et qui ne tirent aucun sentiment de supériorité quant au fait d’enseigner à autrui. Ils ne font aucun reproche à ceux qui ne prennent pas place à leurs assises d’enseignement, ni à ceux qui opposent une objection sur un point de ce même enseignement, et ce, qu’ils aient tort ou raison. De plus, ils ne se considèrent point comme savant parmi l’ensemble des frères, ni ne recherchent au milieu d’eux des marques distinctives de respect, de vénération, de révérence et d’honneur. Ils ne se considèrent pas non plus comme étant les plus en droit de leur enseigner ni ne regardent de haut ceux qui les ont devancés. Ils n’éprouvent également aucun ressentiment envers ceux qui les concurrencent dans l’enseignement, dans l’Imamat de la prière ou dans la direction de la Wadhifa, se considérant comme leur égal. Quant à celui qui décèle en lui le moindre ressentiment à l’égard de celui qui agirait conformément à lui à sa place, alors celui-là est en grand danger. C’est également pour toutes ces raisons que le grand Wali Moulay Mohamed ben Abi Nasr El ‘Alawi ( ) mettait fortement en garde contre l’accomplissement de l’enseignement au sein de la Zaouiya et il proférait des paroles très dures à cet égard. Pour illustrer ce cas, voici l’évènement survenu au Connaissant Moulay Ahmed ‘Abdelaoui ( ).

De grands hommes de la Tariqa se réunissaient fréquemment avec les frères devant le Mihrab de la Zaouiya bénie afin de procéder à la lecture du livre Djawahirou-l-Ma’ani. Celui qui était en charge de cela et qui avait une place d’honneur devant le Mihrab était Sidi Hajj Mohamed Kanoun. Il était le seul à enseigner et personne ne le concurrençait dans le domaine de l’enseignement, ni dans la direction de la prière. Cela était justifié, car Allah ( ) l’avait gratifié d’une connaissance et d’une mémoire éblouissante. Un jour Moulay Ahmed ( ) assistait justement à l’une de ces assises où affluaient des gens de toute part pour venir écouter la lecture du livre mentionné. Sidi Kanoun avait le privilège d’être en face de l’auditoire comme nous venons de le mentionner. Il répétait les

propos de Seïdina ( ) de telle manière que cela pouvait indiquer et laisser paraître avec conviction qu’il avait réussi face à son auditoire. Moulay Ahmed ( ) s’adressa alors à lui en disant : « Les

paroles de Seïdina ( ) sont bien au-dessus de tout ce que tu pourras en dire et seuls les savants peuvent les comprendre ; or tu n’es point savant ». Lorsqu’il l’entendit dire qu’il n’était point

savant, le Fqih changea complètement d’attitude et ne put se maîtriser devant son assemblée, il répliqua violemment en proférant du mal de lui et en dénonçant son ignorance, mais Moulay Ahmed ( ) n’en fut point affecté, il se contenta simplement de lui dire : « Le signe qui montre que

tu n’es point savant est ton attitude alors que tu te tiens face au tombeau de Seïdina ( ), et que tu es

vu et entendu par lui ». Le cercle se dispersa et un groupe parmi ceux qui avaient une affinité avec le Fqih en question se forma et s’opposa à Moulay Ahmed ( ), s’écartant de lui, éprouvant de la colère à son encontre, allant même jusqu’à délier leur langue contre lui. Cependant, Moulay Ahmed ( ) resta imperturbable jusqu’à ce que ses opposants furent témoins du soutien d’Allah contre eux.

En effet, l’ensemble des personnes du groupe qui s’en était pris à lui fut atteint d’un mal. Parmi les savants ayant participé à cette affaire se trouvait Sidi ‘Alal ibn Chaqroune et suite à cet évènement, il fut atteint d’une maladie qui allait engendrer sa mort. On le visita et tous ceux qui étaient informés de son malheur s’apitoyèrent sur son sort tandis que Moulay Ahmed ‘Abdelaoui ( ) n’était pas au courant. Lorsque sa maladie s’aggrava Sidi ‘Alal informa ses amis qu’il avait eu une vision où le

Prophète ( ) lui disait : « Tu m’as causé du tort en t’en prenant à ‘Abdelaoui ». Sidi ‘Alal leur

demanda d’aller le supplier de venir le voir afin qu’il implore son pardon et il lui fit don du livre Djawahirou-l-Ma’ani. Moulay Ahmed ‘Abdelaoui ( ) se présenta à lui et Sidi ‘Alal ibn Chaqroune ( ) s’en réjouit fortement, il s’humilia alors auprès de lui, le suppliant de lui pardonner. Il l’informa par ailleurs de ce que le Prophète ( ) avait affirmé à son sujet. Moulay Ahmed fut saisi d’un état et lui dit : « Je te pardonne pour le Prophète ( ) » Sidi ‘Alal ibn Chaqroune ( ) fut considérablement apaisé après avoir été intensément affligé et mourut peu de temps après.

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iiddii HHaajjjj AAbbddeellmmaajjiidd BBoouuhhllaall eett ssoonn ffrrèèrree HHaajjjj MMoouuttii

Les deux aimés, méritants et Connaissants, les deux lunes éclatantes, les Wali célèbres Sidi Hajj Abdelmajid Bouhlal et Sidi Hajj Mou’ti ( ). Seïdina Ahmed Tidjani ( ) les aimait d’un amour particulier et aimait également tous leurs proches. Seïdina ( ) avait déclaré à leur sujet : « Les

enfants Bouhlal font partie de nos aimés dans ce monde et dans l’autre ». Il avait également affirmé à nos deux personnages : « Vous faites partie de mes compagnons, avec ou sans le Ouird ».

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iiddii AAbbddeellQQaaddeerr iibbnn AAbbddeell MMaalleekk EEll IIddrriissssii

L’homme aux mérites bénis, le Connaissant relié d’origine chérifienne, Abou Abdallah Sidi Abdelqader ibn Abdel Malek El Idrissi ( ) originaire de Khott El Jerid (situé dans le sud de la Tunisie). Il faisait partie des plus méritants parmi l’élite des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et des plus grands parmi ceux qui eurent l’Ouverture dans cette Tariqa Mohammediya. Il faisait également partie des quatre personnes qui fondèrent le village de ‘Aliya. Sidi Ahmed ‘Abdelaoui ( ) a rapporté que depuis le jour où notre personnage mourut et où il fut enterré dans le cimetière proche de ‘Aliya, on ne cesse d’entendre le soir, la récitation de l’oraison du Wadhifa. Cela est un fait reconnu par tous les habitants de cette région.

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iiddii AAbbddeellwwaahhaabb BBaanniissss llaavveeuuggllee

Le connaissant parfait, le pieux wali, le maître 'Abdelwahab Baniss ( ). Il comptait parmi l'élite des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et parmi ceux qui eurent l'Ouverture au point que

Seïdina ( ) lui déclara : « Tu es pour moi ce qu’Ibn Oum Maktoum (célèbre compagnon du Prophète qui était également atteint de cécité) était pour le Prophète ( ) ». Il était très attaché à sa

religion qu’il préservait avec empressement, s’affairant à recueillir le bien avec effort, détermination et persévérance. Il était aveugle, mais il voyait par l'œil du cœur. C’était d’ailleurs lui qui avait entendu des esprits se présenter mutuellement leurs condoléances à la mort de Seïdina Cheikh ( ). En effet, il revenait de la prière du Soubh, prière qu’il avait effectuée dans une mosquée voisine de la demeure de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et, alors qu'il marchait le long de la route, il entendit ces esprits se parler entre eux. À ce sujet, il raconte : « Lorsque j'entendis cela, je voulus en avoir le

cœur net, je me rendis donc dans la maison de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), je constatais alors que son esprit béni venait juste de quitter son corps ».

Parmi les propos que l'on a rapportés de lui on y trouve le suivant : « J'ai entendu Seïdina ( ) dire :

« Lorsque vous constatez que quelqu'un possède sur lui du tabac alors qu'il se trouve dans

l'assemblée du Wadhifa, faites-le sortir » ». Il a été relaté par Sidi 'Arbi ibn Sa-ih ( ) que notre

personnage lui a dit : « L'autorisation de Mouqadem que m’attribua Seïdina ( ) relative à la transmission du Ouird est conditionnée par le fait qu'il m’est interdit de le donner au consommateur de ces impuretés tant par voie nasale ou orale, qu’en fumant ». Le Mouqadem Sidi

Taïeb Sefîani ( ) a rapporté également qu'il avait lu le titre de Mouqadem ainsi que la condition de

transmission de Sidi ‘Abdelwahab Baniss ( ), à peu près en ces termes : « Il ne doit pas donner le

Ouird au consommateur de ces impuretés, tant par voie nasale, orale qu’en fumant, et cela, aussi bien pour l'utilisation du hachisch que celui du tabac et de l’opium. Par contre, il peut le transmettre à celui qui absorbe des breuvages enivrants, car celui-là il est possible d’espérer son repentir tandis que la plupart des autres ne se repentent pas de leurs méfaits ». Sidi Taïeb Sefîani ( ) a pareillement raconté : « J'ai vu que cette condition, relative à la transmission des oraisons, lui était exceptionnelle sauf pour le cas de Sidi Ibrahim Riyahi ( ) qui, lui non plus, ne donnait pas la Tariqa à un consommateur de tabac ».

On rapporte que le Mouqadem Sidi Taïeb Sefîani ( ), lorsqu’il se rendit en Tunisie pour quelques affaires, fut convié par des frères. Certaines personnes présentes dans l’assemblée firent l’éloge de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et de la Tariqa, aspirant à y accéder, ils déclarèrent : « Le savant Sidi

Ibrahim Riyahi nous a défendu l’entrée dans la Tariqa du fait que l’on consomme et fume du tabac, il a émis la condition d’abandonner cela pour pouvoir y accéder, mais nous n’arrivons pas à arrêter ». Sidi Taïeb ( ) leur dit alors : « Si vous êtes déterminés à prendre cette Tariqa alors je vous la transmets, et ce, même si vous faites usage du tabac ». Il leur transmit la noble voie et ils eurent

une joie immense. Puis, en sortant de la maison, ils jetèrent leurs allumettes en s’exclamant : « Il ny

a aucun bien dans ces choses qui ont empêché certains Mouqadem de nous transmettre la Tariqa ».

Ils firent alors le serment solennel à Allah ( ) de ne plus jamais en consommer.

Il a été rapporté par ailleurs que le Chérif Sidi Moussa ibn Ma’zouz ( ) excluait personnellement de l’assemblée du Wadhifa toute personne possédant du tabac sur elle. Seïdina Ahmed Tidjani ( )

déclara à propos du tabac : « La consommation du tabac est interdite (haram) et cette interdiction a pour origine la parole du Prophète ( ) qui dit : « Tout ce qui provoque un état de faiblesse est interdit ». Or le tabac est pris en compte dans ce hadith en raison de l’état d’accoutumance qu’il

entraîne ». Seïdina ( ) a dit aussi à une certaine occasion : « Celui qui ne se repent pas de sa

consommation (on parle ici du tabac et des autres substances similaires) ne mourra pas de la meilleure fin ».

Sidi Hajj Abdelawahhab ibn El Ahmar ( ) a rapporté qu’un des serviteurs de Seïdina ( ) fut un jour atteint d’une grave maladie. Alors qu’il se trouvait à l’agonie, il proférera des paroles vulgaires sans que sa langue ne parvienne à prononcer l’attestation de foi malgré le fait qu’elle lui soit pourtant répétée. Les frères s’étonnèrent de ce fait et certains déclarèrent : « Mais comment cela

peut arriver à son serviteur alors que Seïdina est en vie ? ». Ils allèrent trouver Seïdina Ahmed

Tidjani ( ) et lui rapportèrent l’incident, Seïdina ( ) leur dit : « Interrogez sa femme sur ce quil faisait ! ». Lorsqu’ils l’interrogèrent, elle se mit alors à décrire ses nombreuses qualités religieuses, sa

fermeté dans l’obéissance à son Seigneur ( ) mis à part le fait qu’il consommait du tabac. Seïdina Ahmed Tidjani ( ) leur affirma, après qu’on lui ait rapporté ses propos : « Cest à cause de ces

herbes répugnantes, allez le voir et demandez-lui de se repentir auprès d’Allah ». Ils se rendirent

donc auprès de ce serviteur et lui rapportèrent les paroles de Seïdina ( ). Il se repentit et put enfin prononcer la formule d’attestation de foi avant que son esprit ne quitte son corps.

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iiddii HHaajjjj AAbbddeellwwaahhhhaabb iibbnn EEll AAhhmmaarr

Le Mouqadem qui a eu la sainteté la plus élevée, le détenteur de la bénédiction qui porta assistance à de nombreuses créatures, celui qui n'a plus goûté à la saveur du sommeil depuis qu'il a été séparé de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) jusqu’à son décès, Sidi Hajj Abdelwahhab ben Taouadi ( ) plus connu sous l’appellation d’Ibn El Ahmar. Ce maître, qu'Allah lui fasse miséricorde, faisait partie de l'élite des compagnons de Seïdina ( ) et de ceux qui l’accompagnaient régulièrement, qu'il soit résidant ou en voyage, jusqu'à parvenir au summum des désirs. Il faisait partie des dix compagnons à qui le Prophète ( ) avait garanti la Grande Ouverture (Fathou-l-Akbar) comme l'avait mentionné Seïdina Ahmed Tidjani ( ). En effet, il fut questionné à leur propos lorsqu’ils eurent accompli une importante mission : « Seront-ils récompensés pour cela ? ». Seïdina Ahmed Tidjani ( ) a

répondu : « Le Prophète ( ) leur a garanti la Grande Ouverture ».

Sidi Hajj Abdelwahhab ( ) était l'armoire des secrets de Seïdina ( ) ainsi que celui du Khalife Sidi Hajj ‘Ali Harazim Berada ( ). D'ailleurs, Seïdina Ahmed Tidjani ( ) lui avait ordonné de voyager avec l'immense Khalife lorsqu’il partit pour le Hijez (en Arabie). Ainsi, il l'a accompagné jusqu’à son décès à Badr aux alentours de 1218 de l'Hégire, dans ce lieu où notre Maître et Prophète ( ) eut la grande victoire. Sidi Hajj Abdelwahhab ( ) l'y enterra puis repartit pour Fès en ayant obtenu son agrément. Il était d’un cœur sain, cheminant dans le chemin de la religion par sa voie la plus droite, il s'empressait d’accomplir les bonnes œuvres jusqu’à parvenir au meilleur de son intention, il aimait le bien pour tous en raison de sa poitrine saine, loin des maladies de la passion. On rapporte qu’il a

dit : « La Tariqa Tidjaniya a trois fondements qui en sont son noyau et son secret : L’amour constant envers la famille du Prophète ( ) ; Effectuer ses prières à l’heure ; L’abondance des prières

sur le Prophète ( ) ». Parmi toutes les œuvres dont il recommandait l'accomplissement, il y a Salât

Tasbih. Il disait à ce sujet : « J’aurais aimé que tous les compagnons l’accomplissent ».

Il se distinguait par des dons particuliers que lui octroyait Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Parmi les prodiges de Sidi Hajj Abdelwahhab ( ), il y a le fait qu’il voyait souvent le Prophète ( ) en rêve. Une fois, il raconta à certains de ses proches qui l’avaient interrogé à ce sujet, la chose suivante : il

avait vu le Prophète ( ) avec Abou Bakr et ‘Omar ( ), tandis que Sidi Hajj Abdelwahhab les rejoignait. Le Prophète ( ) se tourna alors vers ses deux compagnons ( ) et leur dit : « Écrivez son nom sur votre liste des compagnons », tout en désignant Sidi Hajj Abdelwahhab ( ). Cette vision confirme et corrobore la parole rapportée par Seïdina Ahmed Tidjani ( ) : « Le Maître de

l'existence ( ) m’a dit : « Tes compagnons sont mes compagnons et tes disciples sont mes

disciples » ». Sidi Hajj Abdelwahhab ibn El Ahmar ( ) s'installait souvent près du noble Mihrab de la Zaouiya bénie, après la mort de Seïdina ( ) pour y faire son Dhikr. Un jour justement, alors qu’il était occupé à accomplir son Ouird comme à son habitude, il vit Seïdina Ahmed Tidjani ( ) sortir de sa tombe et se diriger vers lui. Il lui dit : « Lève-toi ! ». Il se leva, fit deux ou trois pas en sa compagnie et voilà que le Prophète ( ) apparut. Suite à cette apparition Seïdina ( ) lui dit : « Te voilà avec ton Prophète ». Sidi Hajj Abdelwahhab ( ) tout en pleurant embrassa la main du Prophète ( ), il sortit ensuite de son état d'absence et se retrouva de nouveau assis dans son emplacement initial.

Parmi les prodiges démontrant son parfait pouvoir de gérance sur les choses (Tasrif), il y a ceci :

Tandis que Sidi Hajj Abdelwahhab ( ) accompagnait une caravane qui transportait les biens de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), des voleurs surgirent et s’emparèrent entièrement du butin de la caravane. Face à cette agression Sidi Hajj Abdelwahhab ( ) mit en garde les voleurs en leur disant :

« Ô gens ! Craignez Allah, cette caravane appartient au Wali d'Allah Sidi Ahmed Tidjani ». Ils répondirent : « Et alors ! On ne le connaît pas et on ne renoncerait pas, même s’il fallait que vous

mouriez ou que l'on meure ». Ils pointèrent leurs armes et s'emparèrent de tous les biens. À ce moment-là, ils ressentirent une lourdeur qui s'emparait de tout leur corps et qui les étouffait, les rendant impuissants à tel point qu’ils ne pouvaient même plus marcher, comme si la terre les absorbait insensiblement. Face à cette situation, les voleurs s’écrièrent : « Oh Gens ! Venez et

reprenez vos biens, libérez-nous de ce malheur !». Sidi Hajj Abdelwahhab ben Taouadi ( ) leur dit : « Nous vous avions prévenu, ces biens appartiennent à Sidi Ahmed Tidjani et maintenant repentez-vous auprès d’Allah pour ce que vous venez de faire ou bien vous courrez à la perdition ».

Ils se repentirent auprès d’Allah ( ) et rendirent tous les biens qu’ils venaient de dérober. Ensuite, ils accompagnèrent la caravane et se dirigèrent chez Seïdina ( ) où ils prirent la Tariqa Mohammediya tirant ainsi profit de sa baraka. Ils sont ainsi repartis dans leur pays, repentis de leurs méfaits, attachés désormais à la corde de la guidance alors qu'autrefois leur tribu était connue comme un centre de désordre. Tout cela s’est déroulé par la cause de Sidi Hajj Abdelwahhab ( ) et grâce à la force spirituelle élevée de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). À sa mort le célèbre Fqih

Mohamed Kensoussi ( ) a clamé : « Les secrets de la Tariqa sont morts avec sa mort ».

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iiddii AAbbddeellwwaahhaabb TTaazzii EEll FFeessii

Il était contemplé par Seïdina Ahmed Tidjani ( ) par un regard d’agrément tout au long de sa vie, et ce, jusqu’à sa mort. Il faisait constamment la prière à l’heure et dans la Zaouiya bénie sauf en cas d’empêchement extrême. Chaque fois qu’il lui arrivait de devoir faire sa prière en dehors de la Zaouiya, il venait ensuite accomplir le même nombre de prières, mais en surérogatoire (Nawafil). Il accomplissait beaucoup de prières dans ce lieu béni, car il avait la certitude qu’elles y étaient

acceptées comme l’a affirmé Seïdina ( ) : « La prière dans notre Zaouiya est acceptée sans aucun

doute » Il habitait dans une demeure située à la rue Taouil et sur le chemin menant à la Zaouiya, il y avait constamment une meute de chiens qui circulait la nuit et qui, s’ils n’étaient pas gardés, nuisait aux passants. Notre personnage ne ratait jamais la prière du Soubh à la Zaouiya et il sortait de chez lui une heure avant la prière afin de pouvoir s’y rendre. Tous les jours, en sortant de chez lui, il trouvait un chien en face de sa demeure comme s’il guettait sa sortie et il se mettait à le suivre. Lorsqu’il rencontrait la meute de chiens en question, ce chien-là les affrontait férocement au point qu’ils l’entouraient. Ainsi, Sidi Abdelwahab ( ) pouvait traverser et parvenir à la Zaouiya sain et sauf. Cela se déroulait pareillement tous les jours et il ne savait pas d’où provenait ce chien. Il se pouvait cependant que cela ait été un Rouhani qui eut la responsabilité de le protéger par l’ordre de Seïdina ( ) en raison de la sincérité de son intention.

Notre personnage était très clément envers les pauvres, cherchant à les réjouir, il accomplissait du bien envers le lointain et le proche, en public comme en secret. On rapporte qu’une femme après avoir perdu son mari, se retrouva seule avec quatre filles. Elle était certaine qu’elle-même et ses quatre filles allaient être confrontées à la misère, car personne ne voudrait assumer une telle responsabilité et elle s’attrista de cette situation. Notre personnage entendit parler d’elle. Il la demanda en mariage et prit un grand soin de ses filles, qu’Allah lui fasse miséricorde.

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iiddii AAbbddeellwwaahhiidd BBoouugghhaallyy

Le majestueux Mouqadem, le guide parfait à la bénédiction fulgurante, le Chérif honorable Abou Mohamed Sidi Abdelwahid Boughaly, l’une des élites dont on a attesté la détention de la Grande Ouverture. Il préservait avec une grande assiduité sa religion et on ne le trouvait qu’en train d’évoquer ou de prier, consacré à accomplir ses cinq prières à la Zaouiya bénie, mettant toute son énergie à profiter des actes de bienfaisance, cheminant dans la Tariqa par son sentier le plus droit et il était recherché pour tous les besoins. Notre personnage était agité par une grande crainte de son

Seigneur, il était vite saisi par l’état au moment de l’évocation, son état était une exhortation pour les gens et ses propos une orientation vers Allah ( ).

Il a creusé deux tombes pour lui-même et il s'est promis avec le bien-aimé de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), le détenteur de l'immense Ouverture Sidi Mahmoud Tounsi ( ), que celui des deux qui décéderait le premier serait enterré dans l'une des tombes puis le suivant dans l'autre. Ainsi, lorsque Sidi Mahmoud ( ) décéda, il fût enterré dans l'une et notre personnage fût enterré par la suite dans l'autre. Ils furent enterrés ensemble dans le même tombeau. Dans leur caveau, sur leurs recommandations, furent enterrés un groupe d'entre les compagnons. Parmi eux il y a le majestueux Mouqadem Sidi Abdelwahhab Ibn El Ahmar ( ) qui est situé au niveau de leurs pieds et devant eux il y a Sidi Moussa ibn Ma’zouz ( ), il y a aussi Mohamed Ibn Ghazi ( ) et d'autres, qu'Allah leur fasse miséricorde.

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iiddii HHaajjjj AAbbddeerraahhmmaann BBeerraaddaa

Il est le pieux, l'évocateur, le reconnaissant aux œuvres bienfaisantes et aux mérites abondants, Sidi Hajj 'Abderahman Berada ( ). Il fait partie de l'élite des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), célèbre pour sa grande Connaissance d'Allah ( ). Il avait une place importante auprès de Seïdina ( ) à tel point qu'il ne l'appelait que par le terme de « Maître ». Il était obèse et éprouvait des difficultés à plier ses jambes lorsqu'il était assis. Lors de sa première assise avec Seïdina ( ) après avoir pris la Tariqa, il allongea un pied à cause de sa corpulence. Seïdina ( ) lui dit : « Discipline-

toi, mon pauvre ». Sidi Hajj 'Abderahman Berada ( ) répondit : « Mon maître, en vérité, j'ai honte, car je n'arrive pas à m'asseoir convenablement comme vous le voyez ; je vous demande donc pardon ». Seïdina ( ) ajouta : « On doit se discipliner en présence des Chouyoukh, car même si je te pardonne, la station quant à elle ne pardonne pas à celui qui lui manque de respect ». Depuis ce

jour, Sidi Hajj 'Abderahman Berada ( ) suivit à la lettre la discipline qui convient en présence des grands Chouyoukh, malgré le désagrément qu'il subissait.

On rapporte d’ailleurs à ce sujet que deux Connaissants vêtus de vieux habits furent aperçus par des enfants ; l'un d’entre eux jeta une pierre qui atteignit la jambe de l'un des Connaissants. Au moment où la pierre atteignit l'homme, l'enfant responsable de ce geste mourut sur-le-champ. Son

compagnon se tourna vers lui et lui demanda : « Mais quel est donc cet excès de bouillonnement intérieur qui a causé la mort de cet enfant ? ». Le Connaissant répondit alors : « Par Allah ! Mon cœur n'a pas été touché par cet acte, mais la station (Martabat) ne pardonne pas à celui qui lui

manque de respect ». C'est pour cette raison que les guides du droit chemin, qu'Allah sanctifie leurs

secrets, et conformément à la Loi Mohammadienne, affirment que celui qui veut être préservé dans ce bas monde et dans l'autre, doit prendre garde à ne mépriser aucune créature d'Allah ( ).

Un jour, alors que Sidi Hajj 'Abderahman Berada ( ) lisait un ouvrage de Cha'rani ( ), voilà qu'il ressentit en lui un excès de valeur à son égard, presque au point de rompre la relation qui lie le disciple à son cheikh. Il n’avait pas pris conscience de cela jusqu'au moment où Seïdina ( ) apparut à ses côtés miraculeusement et lui signifia : « Qu'est-ce donc que cela ? Es-tu Cha'rani ou Tidjani ? ». Sidi Hajj 'Abderahman Berada ( ) entièrement confus répondit alors : « Mon maître, je me repens auprès d'Allah ». Cet évènement se déroula alors que Seïdina ( ) se trouvait dans le désert tandis que son disciple était à Fès. Cela fait partie des prodiges de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et cela montre sa bienveillance à l'égard de Sidi 'Abderahman ( ) ainsi que son omniprésence auprès de son disciple, et cela où qu'il soit. C'est précisément à ce sujet et dans ce sens que Sidi Ahmed Kalabanani ( ) nous a transmis les paroles qui vont suivre, propos qui furent relatés à Seïdina ( ) concernant le Connaissant en Allah, notre maître 'Abdelkader Jilani ( ). Le grand maître s’exprima sur sa protection et sa bienveillance vis-à-vis de son disciple, en sa présence

comme en son absence en déclarant : « Mon compagnon, lorsqu’il s’apprête à dormir, j'étends au- dessus de lui mon aile et je le recouvre par une autre ». Lorsque Seïdina Ahmed Tidjani ( ) entendit cette parole, il déclara : « Quant à moi, je ne délaisse jamais mon compagnon ne serait-ce l'instant d'un clin d'œil ».

Un jour, en Égypte, le fils de Sidi Hajj 'Abderahman Berada ( ) traversa une rue et aperçut dans une Zaouiya un groupe d’hommes effectuant le Dhikr. Cela l'attira, il entra à l’intérieur et s'assit en leur compagnie, en dépit du fait qu’il ne s’agissait pas de Tidjani. Sans en être conscient, il s'assoupit et vit Seïdina ( ) qui lui faisait le reproche suivant : « Que fais-tu ô untel ? Félicitation pour ton nouveau cheikh ! » Il se réveilla angoissé et terrorisé et s'enfuit en courant.

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iiddii AAbbddrraahhmmaann CChhiinngguuiittii

Le maître incontesté parmi les Chouyoukh des sciences de la réflexion et de la transmission, il avait les pieds fermement enracinés dans les connaissances des fondements juridiques et ses branches (Oussoul El Fiqh), Abou Yazid Abdrahman ibn Ahmed Chinguiti, descendant d’Abou Bakr Siddiq ( ). Cet homme majestueux faisait partie des élites aux grands mérites parmi les compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Il le connut avant qu’il ne soit entièrement manifesté et tira ainsi de sa niche des lumières particulières avant celles qui furent générales. Il écrivit des poèmes élogieux sur Seïdina ( ) dont certains, concernant le mérite des oraisons, sont retranscrits dans Djawahirou-l-

Ma’ani. Il était un imam érudit dans plusieurs sciences. Il enseignait d’ailleurs à Fès et tous les nobles de son époque traversaient la ville à pied afin d’assister à son assise. De sa main surgirent d’éminents personnages. Sidi Abderahman Chinguiti, que Dieu sanctifie son âme, avant d’être affilié à Seïdina Ahmed Tidjani ( ) était considéré comme un individu très particulier. Il lui était reconnu un rang élevé, car il détenait la science qui caractérise les grands Connaissants parmi les gens au dévoilement authentique.

Un jour il lui survint l’événement suivant avec l’un de ses élèves nommé Sidi Sba’i, qui plus tard prendra la Tariqa de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Ce dernier poursuivait ses études auprès de Sidi Abdrahman Chinguiti ( ) dans la grande mosquée située sur les hauteurs de Fès. Lors d’un de ses cours donc, Seïdina Ahmed Tidjani ( ) entra auprès d’eux en étant accompagné de quelques compagnons. Il se dirigea vers un pilier de la mosquée afin d’y accomplir la prière de salutation (Tahhiyêt el Masjid). Sidi Abdrahman ( ) en observant Seïdina ( ) cessa d’être attentif à son cours et à son auditoire. Constatant que Seïdina Ahmed Tidjani ( ) avait clôturé sa prière, il interrompit sa lecture et s’adressa à ses élèves en leur disant : « Levez-vous afin que lon tire profit de la bénédiction de ce Cheikh ». Ils s’empressèrent d’obéir à leur maître en pensant néanmoins que Seïdina ( ) ne pouvait atteindre le degré de leur Cheikh en fait de science et d’œuvres. Sidi Abdrahman ( ) s’assit avec bienséance et décence et sollicita de la part de Seïdina ( ) une pieuse invocation en sa faveur et en faveur de ses élèves. Seïdina acquiesça puis Sidi Abdrahman l’interrogea à propos de certaines questions qui le préoccupaient. Seïdina ( ) lui répondit de manière claire et évidente puis il lui enjoignit de retourner à son cours.

Lorsque Seïdina Ahmed Tidjani ( ) se retira, Sidi Abdrahman continua et termina son enseignement. Sidi Sba’i, son élève, lui dit alors : « Ô Sidi, je jure par Dieu que l’on t’a pris comme

maître et que l’on s’est abstenu de considérer tout autre que toi, en raison de notre certitude qu’il n’y a personne de plus savant que toi dans l’ensemble du Maroc, puis voila que tu te lèves pour cet homme originaire du désert, à l’allure de bédouin, qui se sert la tête avec un fil fabriqué en poil de chameau et qu’en plus de cela tu l’interroges en t’inclinant devant ses réponses ! ». Sidi Abdrahman ( ) lui répondit : « Tais-toi ! Ô mon enfant, je jure par Allah, Celui en dehors duquel il n’y a point de divinité, que je ne connais pas sur cette Terre un plus grand savant que lui ». Cet événement fut

la cause de l’attachement de Sidi Sba’i envers Seïdina ( ) à tel point qu’il s’affilia à sa voie.

On rapporte le récit suivant sur la cause ayant provoqué la maladie de sidi Abdrahman ( ), maladie qui allait engendrer sa mort : un habitant de Fès l’invita en compagnie d’érudits et d’éminents personnages, ils passèrent la nuit chez leur hôte et y évoquèrent le cas des Saints contemporains à leur époque. Un individu se permit de critiquer Seïdina Ahmed Tidjani ( ) tandis que parmi les

gens présents certains le soutinrent dans ses propos. Or Sidi Abdrahman ( ), bien qu’ayant la juste réplique à leurs critiques, s’abstint de leur répondre. Il fut alors pris par un état de somnolence et vit Seïdina Ahmed Tidjani ( ) qui le saisit et s’envola dans les airs tout en le réprimandant par ces

paroles : « Pourquoi n’as-tu pas répondu ? Et que fais-tu ici ? » Il se réveilla effrayé par cette vision

et ressentit une douleur en lui. Ce fut la cause de la maladie qui engendra sa mort. Au terme de sa vie, il raconta son histoire dans le dessein de mettre en garde ses frères et coreligionnaires et dans l’intention de les informer sur le rang et le degré élevé de Seïdina Ahmed Tidjani ( ).

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iiddii AAbbddssaalleemm AAbboouu TTaalleebb

Le détenteur des qualités agréées, au comportement louable et pur, la source des secrets, des connaissances et des dons sacrés Seigneuriaux, le chérif d'origine, l’homme majestueux Abou 'Abdallah Sidi 'Abdsalem Abou Taleb ( ). Il comptait parmi l'élite des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et faisait partie des anciens qui eurent le privilège de l'accompagner depuis son apparition, qui ont puisé de sa niche la lumière jusqu’à voir apparaître l'ouverture éclatante, il avait une station de sainteté solide.

Le Mouqadem Sidi Taïeb Sefiani ( ) et beaucoup d'autres, ont rapporté qu’un homme pieux effectuait couramment sa prière au sein de la Mosquée Andalous à Fès. Une nuit, il rêva qu'il se rendait dans cette mosquée et sur la route il aperçut soudain une source d’où s’écoulait du lait. Il s'étonna de cette vision et un homme apparut devant lui à qui il demanda : « Je te demande par

Allah de m'expliquer l'origine de cette source ». L'homme lui répondit : « Suis-la et entre dans le jardin d'où elle provient, car elle s'écoule d'un tombeau où est enterré un grand saint ». Ainsi, il la

suivit, entra dans le jardin et finit par trouver l’origine de sa provenance. Lorsqu’il se réveilla, il se rendit à l'endroit précis de son rêve, mais n’y trouva pas de tombeau. Or, quelques jours après, Sidi 'Abdsalem ( ) mourut, on pria sur lui à la Mosquée Andalous et on le ramena dans ce jardin. L'homme qui avait fait ce rêve se mit à les suivre et constata qu'ils l'enterrèrent exactement à l'endroit de son rêve. Sa sainteté fut ainsi confirmée par ce rêve authentique. Chaque vendredi, Sidi Taïeb Sefiani ( ) le visitait et constatait l'effet bénéfique que produisaient ces visites. Un jour il réprimanda un vagabond en train d'uriner sur la tombe : « Ne crains-tu donc pas Allah en salissant

et en profanant ce tombeau ? » Le vagabond répondit : « De quoi te mêles-tu ? » Tout en levant sa

main en signe de révolte ; celle-ci resta paralysée, il subit de grands dommages qui engendrèrent sa mort.

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iiddii AAbbddssaalleemm ZZaammoouurrii

Le juriste Abou Mohamed Sidi Abdsalem Zamouri prit la Tariqa de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Il puisa un grand profit par l’amour qu’il lui portait et par sa grâce il parvint au-delà de ce qu’il pouvait espérer. Tandis qu’il se trouvait emprisonné à Marrakech par le gouverneur de l’époque, il écrivit un poème élogieux à Seïdina ( ). Face à cette situation désobligeante, il désirait ainsi obtenir le secours d’Allah ( ) à travers la bénédiction qu’Il accordait à Seïdina Ahmed Tidjani ( ). En effet, peu de temps après son invocation sa liberté lui fut rendue.

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iiddii AAhhmmeedd AAbbddeellaaoouuii

Le connaissant en Allah, le célèbre Wali détenteur de nombreuses qualités et aux prodiges apparents, Sidi Moulay Ahmed ‘Abdelaoui ( ). Il est né deux mois avant la mort de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et passa toute son enfance dans sa maison. Au septième jour de sa naissance, de nombreux compagnons illustres étaient présents et parmi eux le Pôle Sidi Hajj ‘Ali Tamacini ( ). Le jour même de sa naissance est venu à son père l'esprit du célèbre Wali, le grand connaissant, aux états étranges et aux prodiges étonnants, le compagnon de Seïdina ( ), le Chérif Sidi Abou-l-

Hassan Chtioui ( ) qui lui a dit : « C'est mon fils et celui qui en doute qu'il craigne alors pour lui-

même ». Ensuite il est reparti comme il était venu sans que l'on sache par où il avait pu passer et il s'est avéré qu'il n'était venu que pour faire cette annonce et afin de mettre l'accent sur le mérite de notre personnage. Il a été éduqué au sein de la sainteté, protégé par l'attention immense des proches et des lointains. Sidi Mohamed El Habib ( ) le considérait comme un frère, un ami, un aimé et un compagnon. Sidi Ahmed 'Abdelaoui ( ) était le coffre de ses secrets et son compagnon dans chaque assemblée, de jour comme de nuit, jusqu'à la mort du fils de Seïdina ( ) qui fut satisfait de lui. Il avait une relation privilégiée avec lui.

Parmi ce qui a été rapporté à ce sujet il y a ce récit qu'il raconte lui-même : « Une fois j'étais en

train d'appendre certains écrits sur la grammaire lorsque notre maître Sidi Mohamed El Habib ( ) m'aperçut et me dit : « Laisse donc cela et lis plutôt ce qui te sera profitable ». J'ai laissé cette lecture afin de me conformer à ce commandement. Puis, un autre jour, alors que j'étais assis avec lui il me dit : « Ô Sidi Ahmed ! J'ai certaines oraisons cachées qui appartiennent à Seïdina et il n'est permis à personne d'autre que moi de les voir. Or j'aurais aimé les évoquer, mais j'ai peur de faire des fautes. Je voudrais apprendre la grammaire et on se doit d'apprendre le Alfiya ». Dès lors, j'écrivais tous les

jours dix vers et je les apprenais tandis que Sidi Mohamed El Habib ( ) n'écrivait que quatre vers. Lorsque j'atteignis la porte concernant les prépositions, je jetai un œil sur son ardoise et constatai avec étonnement qu'il était arrivé à la fin du Alfîya, je lui dis alors : « Ô Sidi ! Comment cela se fait-il ? » Il me répondit : « Je ne suis pas comme toi à dormir toute la nuit, je ne dors qu'une heure et ensuite je m'occupe de ce qui me concerne ». Ensuite, on s'occupait de la réciter auprès du savant Sidi Ahmed ibn 'Achour ( ) et ce, jusqu'à sa mort ».

Sidi Ahmed ‘Abdelaoui ( ) rapporte aussi que les ennemis avaient envoyé à Sidi Mohamed El Habib ( ) une lettre dont le contenu était le suivant : « Tu dois venir à Alger pour que l'on profite

de ta bénédiction ». Après avoir ouvert de ses mains ce courrier, il pénétra dans le jardin et me demanda de le suivre ensuite, il donna l'ordre à un serviteur de fermer la porte et de ne laisser personne entrer. Lorsque nous fûmes assis, il me dit par allusion : « Ô Ahmed ! L'ânesse vient d'accoucher ». Je lui dis alors : « Qu'est-ce qu'il y a ? » Et il me raconta puis me dit : « Réponds-lui et dis-lui que je ne viendrai jamais le voir et si je le dérange dans ce pays, alors la terre de Dieu est vaste ». Par la suite, je le laissais et il était habituel que je dîne avec lui le soir sauf ce soir-là précisément, car j'étais soucieux par rapport à toute cette affaire. Le jour d'après, il m'envoya chercher et lorsque j'arrivais vers lui, un des serviteurs me demanda : « Pourquoi n'es-tu pas venu hier pour dîner, le fils de Seïdina n'a rien mangé jusqu'à maintenant et je n'en connais pas la cause ». Puis lorsque je vins à sa rencontre il me dit ( ) : « Je demande à Allah de ne jamais me faire voir le visage des chrétiens (c'est-à-dire les colonisateurs) et de ne jamais recevoir une lettre

d'eux ». Il ne s'est pas passé quatre jours qu'Allah ( ) lui reprit son âme bénie.

Sidi Ahmed ‘Abdelaoui ( ) a dit également : « Lors de la mort de Sidi Mohamed El Habib ( ), il

laissa des enfants en bas âge et j'ai eu peur de perdre les secrets de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Je me suis donc entretenu avec quelques particuliers à ce sujet, ensuite nous nous sommes dirigés vers la demeure de Sidi Mohamed El Habib ( ) et nous demandâmes la permission à sa fille aînée d'aller dans la pièce où était entreposé le coffret. Elle nous le permit et après être entré, j'ouvris le coffret béni et j’y trouvais trois rangées pleines de livrets. La première chose que j'aperçus fut une carte différente des autres feuillets de ces livrets, qui était posée au-dessus. Je la pris et je l’ai lu, tout en remarquant l'écriture de Sidi Mohamed El Habib ( ) : « Que celui qui a pris cette feuille sache qu'il s'agit là des Livrets Cachés (Kounache Maktoum) qui contiennent ce qu'il y a entre Seïdina notre père et le Prophète ( ). Ils n'ont été écrits que par notre père et l'intermédiaire Sidi Mohammed ibn ‘Arabi ainsi que le khalife Sidi 'Ali Harazim, et je vous mets en garde de le lire et de le montrer aux savants (fouqaha), car ce serait la cause de votre perte et la leur ». Après avoir lu cette carte, je la laissai tomber d'entre mes mains et j'aperçus le bout d'une feuille de ce livret, car l'œil est vicieux. Il était écrit dessus : « Sache que ce Ouird immense est pour les gens de la grande

félicité, ceux qui sont sortis du cercle de la flatterie et de l'égoïsme ». Alors, j'ai dissimulé ce que j'avais vu et j’ai refermé le coffret, obéissant à l'ordre ».

Un savant entendit parler de ces livrets et déclara : « Les livres ont été faits pour être lus ! » Ensuite, il partit vers le coffret, l'ouvrit, prit quelque chose et le lut. Or, il ne s'était pas passé deux jours, qu'il devint aveugle et dix jours après son acte il succomba d'une forte fièvre. Désormais ce coffret est fermé jusqu'à maintenant et ne sera ouvert que par l'Imam attendu, et Allah Seul est Savant sur la vérité.

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iiddii AAhhmmeedd BBaanniissss

Il est l'imam œuvrant, le dévot scrupuleux, le pieux ascète, le cheikh Ahmed Baniss ( ). Il comptait parmi les élites des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), celle qui a bu dans son bassin. Il avait un grand amour pour Seïdina ( ) et lui demandait souvent de lui montrer le Prophète ( ) en état de veille ou en sommeil et Seïdina le lui avait promis.

Il a été rapporté que Sidi Ahmed Baniss ( ) tomba gravement malade durant la vie de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et un jour il s'est évanoui si longuement que sa famille croyait qu'il était mort et se mit à le pleurer. Mais d'un seul coup, il se réveilla et leur dit : « Pourquoi pleurez-vous ? Je suis

sain et sauf et je ne mourrai pas maintenant. Je me suis vu devant Seïdina Ahmed Tidjani dans la Zaouïa bénie (à Fès), il m’a pris par la main et m'a emmené devant le Prophète ( ). Puis Seïdina a dit au Prophète ( ) : « Ô ! Messager d'Allah, celui-là est mon compagnon et il a demandé à te rencontrer ». Le Prophète ( ) sourit et posa sa noble main sur mon épaule en me disant : « Tout va bien pour toi désormais et lorsque ce sera le moment, nous t'enverrons chercher ». À ces mots, la

tristesse de sa famille se transforma en joie et bonheur. Il vécut après cela plusieurs années et décéda, qu'Allah lui fasse miséricorde, en ayant obtenu ce qu'il avait demandé à Seïdina Ahmed Tidjani ( ).

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iiddii AAhhmmeedd BBeennoouunnaahh

Le majestueux, le pieux, le parfait détenteur de la force spirituelle élevée et au caractère de grande valeur, notre maître Ahmed Benounah ( ). Il recherchait les hommes saints quelles que soient leurs stations de façon à tirer avantage de leurs bénédictions et demeurer en leurs compagnies. Il avait récolté d'eux beaucoup d'évocations particulières et d'oraisons. Lorsqu'il rencontra Seïdina Ahmed Tidjani ( ), il l'aima intensément et rechercha à obtenir son amour et sa compassion. De ce fait, il

ne le quitta que très rarement. Il renouvelait souvent sa demande d'autorisation pour qu'il lui transmette le noble Ouird, mais à chaque fois Seïdina Ahmed Tidjani ( ) lui répondait : « À

condition que tu délaisses tout ce que tu as récolté comme oraisons des maîtres ». Mais son Nefs ne

cédait pas en cela.

Il a été rapporté à son sujet qu'il passa une nuit bénie durant laquelle il a accompli tous les Aourad qu'il possédait, puis il demanda à Allah ( ) de lui montrer la station de Seïdina ( ). Au cours de son sommeil, il vit en rêve Seïdina Ahmed Tidjani ( ) qui grandissait de plus en plus jusqu'à atteindre une dimension immense couvrant ainsi l'horizon. Sidi Ahmed Benounah ( ) s'accrocha à sa main tant il en fut impressionné, et ce, jusqu'à son réveil. Puis il se leva d'un bond, partit à la majestueuse Zaouiya bénie et demanda où trouver Seïdina ( ). On lui indiqua l'endroit où il était et Sidi Ahmed Benounah ( ) rentra alors chez lui pour préparer à manger puis il alla le rejoindre. Pendant ce temps, Seïdina ( ) discutait avec ses compagnons jusqu’au moment où il leur a dit :

« Que l'un de vous parte chercher l'un de nos amis qui est à mi-chemin, car il ne sait pas où l'on se

trouve ». L'un d'entre eux se leva donc et revint avec Sidi Ahmed Benounah ( ). Après s'être assis et quelque peu reposé, ce dernier voulut lui raconter sa vision devant cette assemblée bénie, mais avant qu'il en ait eu l’occasion, Seïdina Ahmed Tidjani ( ) tourna la tête vers lui et raconta son histoire à tous ses compagnons sans dévoiler toutefois qu'il s'agissait de ce personnage.

Il dit : « II y avait un homme qui a tenu compagnie à plusieurs maîtres et a pris d'eux de nombreuses oraisons. Par la suite, il voulut prendre la Tariqa d'un Cheikh qu'il avait rencontré, mais ce dernier ne le lui accorda qu'à condition qu'il abandonne toutes les autres oraisons. Or cet homme ne le voulut pas. Puis il demanda à Allah de lui montrer la station de ce Cheikh en question et il le vit qui dépassait l'horizon. À son réveil, il alla vers ce Cheikh pour prendre son Ouird en acceptant sa condition. Il le trouva assis auprès de ses compagnons et le Cheikh en question lui autorisa avant même qu'il puisse lui raconter sa vision. Il le menaça même de ne raconter cette vision à quiconque sous peine d'en mourir ».

Ensuite, Seïdina Ahmed Tidjani ( ) se tourna vers Sidi Ahmed Benounah ( ) et l'autorisa pour le noble Ouird. Notre personnage avait compris ce que Seïdina ( ) voulait lui dire et il garda son secret jusqu'à la mort de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Plus tard, il contracta une maladie qui devait entraîner sa mort et lorsqu'il constata qu'il était arrivé aux derniers instants de sa vie, il raconta son histoire à toutes les personnes présentes et s'éteignit, qu'Allah lui fasse miséricorde.

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iiddii MMoouullaayy AAhhmmeedd BBoouukkiillii

Le connaissant en Allah, la haute bénédiction, le noble Chérif, Moulay Ahmed Boukili connu sous l’appellation de Sebtari ( ). Il fait partie des élites parmi les compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), de ceux qui ont atteint leur but et qui ont entreposé leurs Nefs entre ses mains en son absence comme en sa présence. Grâce à la pureté de leurs intentions, ils ont abandonné tout ce qui peut être cause de rupture, d’opposition et de détournement envers les Chouyoukh. Moulay Ahmed a pris cette Tariqa Mohammediya des mains de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) jusqu’à ce qu’il ait atteint l’Ouverture (Fath). Malgré cela, il se voilait à travers l’ombre de la simplicité s’occupant de son métier de cordonnier comme le commun des gens.

Il a été rapporté que lors de son décès, ses enfants ont demandé au Mouqadem l’autorisation pour l’enterrer dans la Zaouiya bénie. Mais il le leur a interdit en raison de la parole de Seïdina ( ), qui a

dit : « Celui qu’on enterrera dans la Zaouiya sera au Feu ». Il les en informa et il raconte lui-même :

« On était un groupe de frères dans la Zaouiya bénie et moi j’étais en train de parler avec les enfants de Sidi Ahmed Boukili ( ) jusqu’au moment où certains frères me dirent : « Ô Mouqadem ! Regarde l’agissement étrange de cet oiseau qui n’arrête pas de rentrer et sortir de la Zaouiya, il nous montre cet emplacement ». C’était un endroit situé à côté de la noble Zaouiya. On l’observait entrer et sortir et les enfants du pieux défunt regardaient avec étonnement l’étrange apparence de cet oiseau. Nous fumes alors unanime pour l’enterrer dans le lieu indiqué par l’oiseau et je prends Allah comme témoin que j’ai vu, de mes deux yeux que voici, les lumières sortir de sa tombe ». Ce

lieu se trouve dans la cour de la mosquée El Khotba proche de la Zaouiya bénie.

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iiddii AAhhmmeedd DDaabbiizzaahh

Parmi eux le célèbre savant en hadith (Mouhadith), le grand érudit, aux mérites abondants, Abou- l-Abbas Sidi Ahmed Dabizah le Chérif ‘Alaoui ( ). Il faisait partie des savants œuvrant et des Wali parfaits. Il comptait, auprès de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), parmi ses aimés particuliers qui étaient couverts de son regard d’attention. C’est à lui que Seïdina ( ) adressa sa fameuse parole : « Ceci ne

concerne pas la famille du Prophète ( ) ».

En effet, cela était en rapport avec le prodige accordé à Seïdina Ahmed Tidjani ( ) sur le fait que celui qui le verrait le lundi et le vendredi entrerait au Paradis sans jugement et sans châtiment. Or une fois, notre personnage partit visiter Seïdina ( ) au cours justement de l’un de ces deux jours, il

s’assit en sa présence et prolongea son regard sur lui puis il lui demanda : « Ô Seïdina ! Quel jour sommes-nous aujourd’hui ? » Comprenant l’allusion faite par notre personnage, le visage de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) brilla et il eût de la retenue en raison de l’immense respect qu’il éprouvait pour la famille du Prophète ( ), il lui répondit alors en voulant l’honorer : « Ceci ne concerne pas la famille du Prophète ( ) ». Voici donc ce que récoltent ceux dotés de véracité et d’amour envers les gens d’Allah. Sidi Ahmed Dabizah ( ) qui était caractérisé d’une science vaste et d’une lignée pure, par son amour et sa recherche de la bénédiction, a été gratifié de l’attestation du Pôle lui confirmant son rang de Chérif avec tout ce que cela comporte comme valeur et mérite.

Seïdina Ahmed Tidjani ( ) reçut ce prodige et cette grâce immense dans le fait qu’entreront au paradis ceux qui le verront ces jours-là; il le reçut directement du Prophète ( ) et en ces nobles

termes : « Par la Puissance de mon Seigneur ! Le lundi et le vendredi, je ne te quitte pas un instant du Fajr au Maghreb et avec moi il y a 7 anges. Et tous ceux qui te verront durant ces deux jours, les 7 anges inscriront leurs noms sur un panneau en or et ils seront considérés alors comme des gens du Paradis et j’en serai témoin. Excède dans la prière sur moi pendant ces deux jours. Chaque prière que tu prieras sur moi je l’entendrais et je te répondrais et il en est ainsi pour chacune de tes œuvres qui me sont alors exposées et Salem ».

Sidi ‘Arbi ibn Sa-ih ( ) explique dans le Boughia : « En fait, en ce qui concerne l’information

donnée par Seïdina Ahmed Tidjani ( ) sur la garantie du Prophète ( ), c'est-à-dire que tous ceux qui le verront entreront au Paradis sans jugement et sans châtiment, cela est valable que ce soit aussi bien durant ces deux jours cités ou tout autre qu’eux. Ainsi, la garantie du Prophète ( ), attachée à sa vision, lui a été donnée à la fois de manière générale, mais aussi de manière particulière en ce qui concerne ces deux jours et il ne fait pas de doute qu’en ces deux jours particuliers il y a alors un surplus de mérites, car la promesse fut précédée d’un serment.

Ce qui montre encore ce supplément de mérites pour les deux jours désignés, c’est le fait que les anges inscrivent le nom de celui qui l’a regardé sur un panneau en or alors que cela n’est pas mentionné pour les autres jours. En conclusion, la vision de Seïdina ( ) chaque jour est une cause pour entrer au Paradis sans jugement et sans châtiment et c’est un prodige qu’Allah lui a accordé. Il est rapporté par ses compagnons ayant atteint l’ouverture que la particularité de ces deux jours, pour celui qui l’a vu, ne concerne que ceux qui ont été devancés dans la science d’Allah comme étant parmi les gens de la félicité, ce seront ceux-ci qui pourront le voir et le mécréant entre dans ceci. Ainsi, il n’y a que celui qui doit finir dans le bonheur qui pourra le voir, quel qu’il soit, si un mécréant le voit au cours d’un de ces deux jours il clôtura sa vie dans la foi, mais pour le musulman cela lui est possible dans la vision de tous les jours ». Fin de citation

Parmi les éléments qui illustrent ce fait, il a été rapporté de l’élite des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) qu’un juif cousait un habit pour Seïdina, quelques compagnons se sont alors assis en sa présence et ils ont discuté entre eux au sujet de ce prodige. Le juif a entendu toute leur discussion sans qu’ils ne s’en rendent compte et il fit en sorte de terminer sa couture durant l’un des deux jours en question, le lundi ou le vendredi. Ensuite, il demanda au responsable de pouvoir montrer lui-même à Seïdina ( ) son travail, lui évoquant qu’il désirait lui demander de pieuses invocations (Dou’a). Le responsable se concerta avec Seïdina ( ) lui exposant le désir du couturier et il l’autorisa. L’homme entra donc et s’assit près de lui en posant longuement son regard sur son

visage, ensuite il lui dit : « Ô Sidi ! Voilà que j’ai regardé ton visage alors que nous sommes tel

jour ! » Seïdina Ahmed Tidjani ( ) invoqua pour lui et ils se séparèrent. Le couturier retourna à sa vie et ensuite, après la mort de Seïdina ( ) il s’avéra qu’il mourut certes musulman s’étant converti à l’Islam, certifiant ainsi la garantie du Prophète ( ) fortifiée par son serment.

Il a été rapporté que le grand Wali Moulay Mohamed ben Abi Nasr El ‘Alawi ( ), passa dans la rue Charabiline de la ville de Fès. Lorsqu’il arriva à la rue Zaqaq Rouh, il trouva Seïdina ( ) debout là, les gens des quatre chemins le regardant en passant. Il resta auprès de lui jusqu'au moment où il partit puis il l’accompagna jusqu'à sa demeure. Ensuite il lui demanda : « Ô Sidi ! Quelle est la cause

pour laquelle tu es resté si longtemps debout à cet endroit ? » Seïdina ( ) lui dit : « Il m’a été dit de la Sainte Présence Divine (Hadra Ilahiya) : « Sors vers mes serviteurs à mon image, celui qui t’a vu, il m’a vu » ».

Remarque : « À mon image » signifie « À l’image de l’attribut de Ma miséricorde » comme il est dit aussi dans le hadith : « Allah créa Adam à son image » c’est-à-dire en lui déléguant l’attribut de la vie, de l’ouïe, de la vue et de la parole. En effet Allah – Glorifié et Exalté – est exempt de toute

image et description, Allah dit : « […] Il n’y a rien qui Lui ressemble ; et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant » (Sourate 42 Choura, verset 11)

Il faut savoir que cette particularité concernant la vision de Seïdina ( ) ne concerne que ceux qui ne lui causent pas de tort et qui n’ont pas de mauvaises pensées à son sujet. Ce qui appuie la nécessité d’y croire et de ne point s’opposer pour pouvoir profiter de ce prodige, est contenu dans

le récit rapporté par l’auteur de Rimah : « Un sultan visita la tombe d’Abou Yazid Bistami ( ) et demanda : « Y a-t-il quelqu’un qui a connu et rencontré Abou Yazid ? » On lui désigna alors un homme âgé qui était présent non loin de là, le Sultan lui demanda : « As-tu entendu quelques-uns de ses propos ? » Il répondit : « Oui en effet, il a dit : « Celui qui m’a vu, le feu ne le touchera pas » ». Le Sultan fut étonné et lui dit : « Comment Abou Yazid a-t-il pu dire cela alors qu’Abou

Jahal a vu le Prophète ( ) et pourtant le feu le brûlera ? ». Ce cheikh expliqua au sultan : « Abou Jahal n’a pas vu le Messager d’Allah ( ), il a vu l’orphelin d’Abou Taleb. S’il avait vu le Messager d’Allah ( ) le feu ne l’aurait pas brûlé ». Le sultan fut étonné par sa réponse. C’est à dire qu’en fait il ne l’a pas vu avec respect, honneur et croyance qu’il est le Messager d’Allah ( ). Car, s’il l’avait vu avec ce regard, le feu ne l’aurait pas brûlé, mais il l’a regardé avec mépris et la croyance qu’il n’est que l’orphelin d’Abou Taleb. Or cette vision ne lui a été d’aucun profit »

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iiddii AAhhmmeedd DDaaddoouucchh EEll MMoouussssaaoouuii SSeemmgghhoouunnii

Sidi Ahmed Dadouch ( ) faisait partie des aimés de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et de ceux qui avaient pris la Tariqa auprès de lui, dès son début. Il éprouvait pour Seïdina un amour sincère en sa présence comme en son absence et n’hésitait pas à renier ses détracteurs. Il était fermement attaché à la corde de cette Tariqa et il accomplissait ses oraisons avec lesquelles il dépensait ses nuits et ses jours.

Il visitait souvent Seïdina Ahmed Tidjani ( ) en effectuant le déplacement du village de Aouled Moussa à ‘Aïn Madhi, même si les habitants de son village le critiquaient pour cette raison. Un jour, ceux qui s’acharnaient contre lui allèrent le dénoncer auprès de quelques personnes qui avaient déposé chez lui une partie de leurs récoltes. Ils affirmèrent que notre personnage les avait consommés, ce qui poussa ces derniers à venir réclamer leurs dépôts. Or, il en avait presque consommé l’intégralité, mais dans l’intention d’un emprunt qu’il aurait restitué au moment de la récolte. En effet, il était persuadé que les gens lui avaient donné l’autorisation d’en faire usage, mais voilà qu’à présent, ils lui demandaient expressément de leur restituer leurs biens. Face à ces circonstances, il partit voir Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et l’informa sur sa fâcheuse situation. Seïdina lui remit alors quelques cailloux en lui ordonnant de les mettre dans la récolte. Il devait après ça peser le poids de l’ensemble de ce qui était en dépôt chez lui, tout ceci sans la présence de quiconque, et enfin, il ne devait plus accepter de les reprendre. C’est ainsi qu’il exécuta les recommandations de Seïdina Ahmed Tidjani ( ), puis il rendit l’intégralité des dépôts. Les dénigreurs furent surpris de constater qu’il n’avait rien consommé et ils se sont dit : « Mais de quoi

se nourrissait-il alors ? ».

Les propriétaires des dépôts reconnurent que les dénonciateurs n’étaient que des menteurs et ils demandèrent à Sidi Ahmed Dadouch ( ) de reprendre leurs biens chez lui, mais il refusa. Après cela, il se rendit chez Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et le trouva en compagnie de quelques-uns de ses

compagnons. Il commença alors à danser en signe de joie devant ce prodige qui venait de lui arriver, ce qui provoqua un sourire à Seïdina ( ) et à ses compagnons ( ). Certains frères l’interrogèrent au sujet de ce qui s’était passé, il leur répondit : « Javais limpression que la récolte

augmentait quand je la déposais sur la balance, alors que je ne déposais pas grand-chose ! ».

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iiddii HHaajjjj AAhhmmeedd DDjjaawwiiyyeedd TTaannjjii

Cet homme fait partie des hommes de Dieu passionnés dans l’amour de notre maître Mohammed ( ). Il était, avant sa rencontre avec Seïdina Ahmed Tidjani ( ), à la recherche de celui qui lui prendrait la main dans le cheminement. Très engagé dans le désir d’atteindre ses demandes, il était vêtu du costume du disciple qui s’abandonne à son maître. Chaque fois qu’il entendait parler d’un Cheikh d’entre les Chouyoukh, il voyageait vers lui pour le rencontrer et prendre de lui jusqu’à ce qu’il entendit parler de la présence de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) à Fès.

Il quitta alors la région de Tanja pour voyager vers lui. Il arriva à Fès un vendredi au zénith (zawwal) et il entra à la mosquée Qarawiyyine pour accomplir le Djoumou’a. Il se dirigea vers le mihrab et trouva une place libre au premier rang, proche d’un endroit où était préparé comme une sorte de tapis. Il fit la prière du salut à la mosquée à côté de cette place en question, puis Seïdina Ahmed Tidjani ( ) vint et pria sur cette place préparée pour lui. Notre personnage fut pris d’un état intense qui lui était étranger. Il n’avait jamais vu Seïdina ( ) auparavant, ni ne le connaissait. Lorsque notre personnage eut terminé sa prière, son état persista. Ni il ne leva la tête, ni il ne se tourna vers Seïdina Ahmed Tidjani ( ) en raison de ce qu’il avait comme crainte révérencielle majestueuse. Ensuite Seïdina ( ), après avoir clôturé sa prière, commença à réciter le Coran de son début et il le clôtura au moment où les gens commencèrent à attendre la sortie du sermonnaire.

Notre personnage a écouté la lecture de son début à sa fin en étant sûr de ce qu’il avait entendu et il fut très étonné de cette lecture entière accomplie en si peu de temps. Il s’est dit en lui-même que c’était ce qu’il recherchait et c’était le premier prodige de Seïdina auquel il assista. Puis, lorsque le sermon et la prière furent clôturés, les gens vinrent saluer et visiter Seïdina Ahmed Tidjani ( ) comme c’était leur habitude lorsqu’ils le voyaient. Sidi Ahmed Djawiyed ( ) interrogea les gens sur l’identité de ce Cheikh qu’ils venaient ainsi visiter et ils lui répondirent qu’il s’agissait là de Cheikh Tidjani ( ). Il s’avança alors vers lui avec un adeb parfait et se présenta à lui, le suppliant de l’accepter parmi ses disciples. Et, sur le champ, il a pris la Tariqa s’abreuvant de son océan, il retourna dans sa région, triomphant d’avoir désormais atteint son souhait.

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iiddii AAhhmmeedd iibbnn AAbbddrraahhmmaann SSeemmgghhoouunnii

Le Wali parfait, le connaissant relié doté de la majestueuse bénédiction, Sidi Ahmed ibn Abdrahmane Semghouni ( ), l’une des élites parmi les compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Il était caractérisé par une aspiration élevée et il était très considéré au sein des élites comme du commun. Il a été rapporté que lorsque notre personnage a rencontré l’immense Khalife Sidi Hajj ‘Ali Tamacini ( ) à Boussemghoume, il lui a évoqué le cas des enfants de Seïdina Ahmed Tidjani

( ) jusqu'à ce qu’il lui dise : « Je pense que personne ne pourra les ramener de Fès, car il ne désire point en sortir pour se rendre dans le désert, sauf par le biais d’un secret. » Sidi Hajj ‘Ali ( ) lui dit alors : « Je vais les ramener par le biais d’un secret et tu le constateras de toi-même. »

Il se rendit donc à Fès et y trouva les enfants de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) lassés et tracassés par l’évènement survenu avec le fils du Sultan et ils étaient fort désireux de s’en aller. Or, les compagnons de Seïdina ( ) qui vivaient à Fès lui déclarèrent qu’ils ne laisseraient jamais partir les enfants de Seïdina Ahmed Tidjani avec lui. La situation paraissait donc sans issue au point que la seule solution fut de porter cette affaire au prince de l’époque Maoulana Sultan Souleïman, qu’Allah sanctifie son âme au Paradis. Une fois devant lui, les disciples de Fès argumentèrent en disant : « Les

enfants de Seïdina Ahmed Tidjani sont nés à Fès (en fait, seul Sidi Mohamed El Habib y est né) et c’est le lieu où ils sont installés, ils ne doivent pas en sortir. » Seïdina Hajj ‘Ali ( ) dit alors : « Leur origine est de ‘Aïn Madhi et leur irrigation ne se trouve pas dans cette ville, mais elle est dans le

désert. » faisant allusion à la parole de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) qui avait dit : « Il n’y a que le

désert qui convienne à mes garçons, ils s’y assainiront et y vivront. » Le verdict trancha en faveur de

Sidi Hajj ‘Ali ( ) mais à la condition toutefois que les enfants de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) désirent effectivement voyager. La situation s’apaisa et s’arrangea entre Sidi Hajj ‘Ali ( ) et les disciples.

Parmi les propos qu’ils s’échangèrent, ils lui demandèrent : « Nous aimerions que tu nous informes

sur l’identité de celui d’entre les membres de cette Tariqa Mohammediya qui est apparu conformément à la parole de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) qui avait dit : « Il y a certain d’entre mes compagnons que, si on rassemblait l’ensemble des Pôles de cette communauté, on ne pourrait les peser devant l’étendue d’un seul cheveu de leurs océans. » et il a dit que l’un d’entre eux est apparu et qu’il est de père et de mère Fèsi (originaire de Fès) mais sans pourtant le nommer, le dissimulant entièrement. » Sidi Hajj ‘Ali ( ) leur dit : « Mais que feriez-vous donc avec lui si vous le voyez ? » Ils répondirent : « Nous l’honorerions et nous nous conformerions à ses ordres. » Il leur demanda :

« N’est-ce pas qu’il ne serait qu’un serviteur de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et de ses enfants ?! » Ils dirent : « Oui, en effet. » Il leur dit alors : « Il vous suffit alors d’honorer les enfants de Seïdina Ahmed Tidjani et de vous conformer à leurs ordres en priorité, vu ce que cela implique comme observance des commandements de Seïdina Ahmed Tidjani. Or ses enfants vous ordonnent de renoncer à votre opposition hostile au sujet de leur voyage si vous désirez réellement l’agrément

d’Allah par la satisfaction de Seïdina ( ). » C’est à cet instant que les disciples abandonnèrent leurs contestations pour ce départ. Sidi Hajj ‘Ali ( ) put ainsi partir avec les enfants de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) laissant derrière eux les yeux des disciples en pleurs, leurs cœurs consumés par cette séparation. Les gens restèrent ébahis devant ce départ, car ils étaient convaincus de son impossibilité.

Cet événement laisse entrevoir deux faits particuliers : Le premier est que Seïdina Ahmed Tidjani ( ) avait informé que seul le désert conviendrait à ses garçons, qu’ils s’y assainiront et y vivrons, quant aux filles il n’y a que la ville qui leur conviendrait. Il est rapporté dans El Ifadat-l- Ahmediya que la cause de ses propos est qu’une personne proposa sa fille pour Sidi Mohamed El Habib ( ), alors Seïdina Ahmed Tidjani ( ) s’excusa en lui déclarant ces propos-là et il ne s’est pas écoulé une année qu’ils s’y sont effectivement rendus. Le second est que Sidi Hajj ‘Ali ( ) avait affirmé à Sidi Ahmed ibn Abdrahman Semghouni ( ) qu’il allait ramener les enfants de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) dans le désert par le biais d’un secret et c’est ce qui s’est déroulé.

Remarque : Sidi Arbi ben Sa-ih ( ) fut interrogé sur cette personne originaire de Fès dont a parlé

Seïdina Ahmed Tidjani ( ). Il répondit : « Par cette insinuation, il ne veut pas désigner la ville de Fès mais il insinue en fait par la mère la Tariqa et par le père l’esprit de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) »

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iiddii MMoouullaayy AAhhmmeedd iibbnn AAbbddssaalleemm EEll FFiillaallyy

Le grand Connaissant, le célèbre Wali aux nombreux prodiges et aux caractères nobles, le Chérif authentique Moulay Ahmed ibn Abdsalem El Filaly ( ). Ce maître faisait partie de l’élite des élites des compagnons de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) qui l’aimait d’un amour particulier que tous lui enviaient. Il faisait partie d’un de ceux qui subirent le tort du savant Sidi Mohamed ibn Mechri ( ). Ce dernier, se fiant à son propre degré, s’est laissé illusionner face à leur degré et il a voulu agir contre eux et ainsi est survenu ce qui est survenu.

Seïdina Ahmed Tidjani ( ) dut ordonner à Sidi Hajj Ali Harazime ( ) d’intercéder auprès du Prophète ( ) par l’intermédiaire de Seïdina Ibrahim ( ) afin que le Fqih Sidi Mohamed ibn

Mechri ( ) soit pardonné pour ce qui est arrivé. La vision qu’eut Sidi Hajj Ali Harazime ( ) confirma cela. En effet, il vit le Prophète ( ) sous une coupole verte et rayonnante de lumière et parmi ceux qui se trouvaient en sa compagnie, il y avait Seïdina Ibrahim ( ). Celui-ci en l’apercevant sut sa requête et il s’avança alors vers le Prophète ( ) et intercéda en faveur de Sidi Mohamed ibn Mechri. Le Prophète ( ) se plia à son intercession tout en lui disant : « Si tu nétais pas mon père je ne lui aurais pas pardonné ». Ensuite, il ordonna qu’il quitte le pays où il se trouvait avec mansuétude et douceur et ainsi jusqu’à la fin de la scène, car cette vision est longue et nous n’avons rapporté qu’une partie. Moulay Ahmed ibn Abdsalem El Filaly ( ) est enterré en Tunisie, qu’Allah lui fasse miséricorde.

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iiddii AAhhmmeedd iibbnn AAcchhoouurr SSeemmgghhoouunnii

Le savant dont la renommée s’est propagée à l’ensemble des contrées, l’homme à la poitrine de laquelle ont émergé les sources des secrets, Abou-l-‘Abbas Sidi Ahmed ibn ‘Achour Semghouni ( ). Ce maître majestueux était très aimé auprès de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et ce, malgré son jeune âge. Son père faisait partie des proches particuliers de Seïdina ( ). À la mort du père de notre personnage, sa mère l’emmena à Seïdina ( ) afin qu’il invoque en sa faveur et il était alors un jeune enfant. Seïdina Ahmed Tidjani ( ) invoqua en sa faveur puis il crachota dans sa bouche et depuis lorsqu’il parlait ses auditeurs espéraient que plus jamais il ne se taise en raison de ce qu’Allah faisait surgir sur sa langue comme sagesse Seigneuriale et connaissance subtile.

Il était une source de savoir et un Kaouthar où pouvaient s’abreuver les élites et le commun. Le fils de Seïdina ( ), Sidi Mohammed El Habib ( ) le respectait énormément et il a appris diverses sciences auprès de lui. De plus, à l’époque de l’oppression de la gent injuste envers les gens de cette région, il lui demanda de composer des vers afin de les réciter après l’accomplissement de la Wadhifa et depuis c’est ce qui est récité dans ces régions. Lorsque les ennemis s’emparèrent du pays, ils envoyèrent une lettre à Sidi Ahmed ibn ‘Achour ( ) afin de l’inviter à venir enseigner la science à Alger alors que bien entendu leur objectif était de l’emprisonner. Il fut très inquiet et il répondit au gouverneur d’Alger par un refus, celui-ci lui renvoya alors un courrier lui demandant de demeurer où il était pour l’enseignement de la noble science comme à son habitude, mais en revanche il devrait désormais payer un fort tribut. Notre personnage n’accepta pas cette injustice et en fut irrité, il décida alors de fuir en direction de la ville de Figuig, il ne se passa qu’un court moment avant qu’il ne meure comme Exilé dans la voie d’Allah.

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iiddii AAhhmmeedd iibbnn AAssaakkeerr EEll DDjjaazzaa--iirrii

Le détenteur de la grande maîtrise, à la station élevée, Abou-l-Abbas Sidi Ahmed ibn 'Asaker El Djaza'iri ( ). Ce maître était immergé dans l'amour de Seïdina ( ) qui l'aimait aussi vu son sincère et complet amour.

Il a été rapporté que notre personnage demandait souvent à Seïdina Ahmed Tidjani ( ) de lui garantir l'acquisition de la station identique à celle du grand et célèbre connaissant, le wali Abou Zayd Sidi Abdrahman ( ), mais Seïdina ( ) le mettait en garde contre cela. Or un jour il accepta sa

requête en lui disant : « Tu auras cela, mais à une condition, c'est que tu acceptes les épreuves de sa

station ». Il lui répondit : « Ô mon maître certes j'accepte cela ». Conformément au décret d'Allah, il survint des évènements entre les Turcs et lui, évènements qui aboutirent à son exécution. Au cours d’une période durant laquelle il visita Seïdina ( ) à Fès, il rencontrât également la célèbre Majdhouba Lalla Mannana ( ). Lors de cette entrevue, elle lui dévoila en premier lieu son nom puis elle lui raconta d'autres choses jusqu'à lui dire : « Le mal te viendra dans ton jardin ». Or il s'avéra qu'en retournant à Alger, les Turcs passèrent dans son jardin et trouvèrent quelque chose qui les poussa à le tuer par erreur, qu'Allah lui fasse Miséricorde.

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iiddii AAhhmmeedd iibbnn IIssmmaaiill EEll LLaagghhoouuaattii

Le juriste, le savant détenteur de la clairvoyance et de l'âme vertueuse, Sidi Chérif Ahmed ibn Isma'il El Laghouati ( ). Il était aimé par Seïdina Ahmed Tidjani ( ) qui faisait souvent son éloge.

Parmi les évènements que l’on rapporte sur lui, il y a qu’un jour avant le fajr il se trouvait dans l'ancienne mosquée de Laghouat et il lisait discrètement le Qor'an. À ses côtés se trouvait le compagnon de Seïdina, Sidi 'Issa Charraz ( ) qui faisait du Dhikr. Soudain, ce dernier vit le

Prophète ( ) qui lui dit : « Dis à Ahmed ibn Isma'il qu'il élève sa voix en récitant le Qor'an ». Sidi

'Issa Charraz ( ) se dirigea alors vers Sidi Ahmed ibn Isma'il El Laghouati ( ) et l'informa de ce que le Prophète ( ) venait de lui ordonner. Notre personnage commença donc à lire le Qor'an à voix haute conformément à l'ordre noble et sa récitation semblait être une flûte parmi les flûtes de Seïdina Daoud ( ).

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iiddii AAhhmmeedd iibbnn KKiirraannee

Le méritant, l’évocateur, le reconnaissant Abou-l-Abbas Sidi Ahmed ibn Kirane ( ). Il était parmi les aimés et les proches de Seïdina ( ) et il faisait partie des Connaissants et des évocateurs abondants d’Allah. Il était un de ceux qui accomplissaient l’Adhan dans la Zaouiya à l’approche de la mort de Seïdina Ahmed Tidjani ( ) et même après. Seïdina lui avait dit : « Tous ceux qui

verront ton visage entreront au Paradis et de même pour ceux qui verront ceux qui t’ont vu ». Il

s’asseyait fréquemment à la porte de la Zaouiya et il disait : « Regardez mon visage afin que vous

réussissiez, certes mon maître m’a dit ceci et cela ».

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iiddii AAhhmmeedd iibbnn MMaaaammaarr LLaagghhoouuaattii