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LE JUDAÏSME ET LE VATICAN

UNE TENTATIVE DE SUBVERSION SPIRITUELLE

Vicomte Léon de Poncins

Cet ouvrage est paru en anglais en 1967 à Londres, chez l’éditeur Briton Publishing Co qui en avait assuré la traduction et a conservé le manuscrit de l’auteur sans vouloir en céder les droits ni le publier en français. Ce texte important par son témoignage historique a donc du être retraduit en français à partir de la traduction anglaise. Nous prions le lecteur de nous excuser des variantes inévitables avec l’original des textes cités d’auteurs d’expression française comme Jules Isaac, Memmi, etc

ORC

Traduction

http://www.a-c-r-f.com

--

2007

Mise en page

Lenculus

Pour la Librairie Excommuniée Numérique Curieux de Lire les USuels

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LÉON DE PONCINS

Il était précédé de l’avant propos suivant :

AVANT PROPOS

Judaïsme et Catholicisme sont-ils irréconciliables ? L’Église a-t-elle injustement stigmatisé le peuple juif pendant 2000 ans ? L’attitude des juifs eux mêmes a-t-elle aggravé le problème plutôt que de l’avoir diminué ? Cette question est venue à l’avant-plan lors du Concile Vatican II lorsque, durant le débat à propos du Schéma sur le Judaïsme, les Pères conciliaires ont été pressés par les puissantes organisations mondiales juives de condamner l’accusation de déicide figurant dans l’Évangile et d’user de leur autorité pour déraciner l’antisémitisme.

A partir d’impeccables témoignages contemporains, juifs pour la plupart, l’auteur L. de

Poncins met en lumière leur rôle extraordinaire et méconnu derrière la scène du Concile. Son chapitre "Comment les juifs ont changé la pensée catholique" est tiré du titre d’un article publié à l’époque par l’un des porte-parole de ces organisations dans le magazine Look. L’auteur fait ici une série d’abondantes citations d’ouvrages juifs presque généralement inconnus, critiquant les Évangiles comme étant la source de l’antisémitisme, et en deuxième partie, là encore à partir de témoignages d’autorités juives reconnues, il dresse un panorama des importantes questions historiques qui se profilent derrière le problème posé par l’existence du Judaïsme à travers les siècles. Voici ce qu’en disait un journal israélien : "Il traite du mouvement œcuménique et du Problème juif, et une part importante de l’ouvrage est consacrée à Jules Isaac et à sa considérable contribution à la révision par l’Église catholique de son attitude envers le Judaïsme". (Recension du journal israélien Kirjat Sepher)

Dédicace

Cet ouvrage est dédié à la mémoire des Pères de l’Église qui édifièrent la Civilisation chrétienne "Un principe vital est de ne jamais déformer la vérité. La vérité est toujours fondamentale pour tous les hommes responsables. Elle doit toujours prévaloir". Pape Jean XXIII "C’est un véritable concours à qui réussira à faire apparaître les juifs plus odieux. Aussi richement varié et pathétique que soit St Jean, l’auteur du quatrième Évangile, la palme revient à Matthieu. D’une main sure, il lança le dard empoisonné qu’on ne pourra plus arracher. Jules Isaac :"Jésus et Israël" p. 483

"Le professeur Isaac, un historien juif français distingué

sa vie à une étude sur les racines religieuses de l’antisémitisme. Il fut reçu en audiences par

consacra les dernières années de

les derniers Papes, Pie XII et Jean XXIII, ce dernier d’une considérable importance et ayant conduit à élaguer certains passages de la liturgie Romaine offensants pour les juifs". Jewish

Chronicle, 29 octobre 1965, p. 14

"

La

source permanente et latente de l’antisémitisme n’est autre que les enseignements de

la

religion chrétienne dans chacune de ses descriptions, avec l’interprétation tendancieuse

traditionnelle des Écritures". Jules Isaac, Jésus et Israël p. 57

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Première PARTIE

l’enseignement du mépris

"La déclaration œcuménique du Concile sur "l’Église et les Non-Chrétiens" déchargeant le peuple juif de l’accusation de culpabilité collective, est un acte d’impudence et de basse politique et une insulte à Dieu "a déclaré la semaine dernière le Dr Eliezer Berkovitz, professeur de philosophie juive à l’université juive américaine de Toronto.

"Il a ajouté que le Christianisme s’était répandu en Europe, non par les Évangiles, mais par l’épée, et que l’esprit œcuménique et de compréhension interreligieuse mis en avant actuellement n’est qu’un artifice de relations publiques". Jewish Chronicle, 28 janvier 1966, p. 17

"La version évangélique du procès de Jésus, telle que présentée par les scribes de l’évêque de Rome comme le grand événement judiciaire du 1 er siècle, est terrifiante par son habileté et dans sa malveillance". D.G. Runes Les Juifs et la Croix, 1965, p. 26

Le difficile et lent processus pour amener à établir de meilleurs rapports entre chrétiens et juifs ne peut prendre effet que par le rejet des stéréotypes et des préjugés et leur remplacement par une réappréciation rationnelle et intelligente.

Il est essentiel de mieux se comprendre mutuellement. Il faut se parler, mais conversation ne signifie pas conversion".

Éditorial du Jewish Chronicle, 27 janvier 1967

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le judaïsme et le vatican

I – La question juive et le concile

Le 19 novembre 1964, les Évêques et Cardinaux rassemblés au Concile à Rome votèrent à une écrasante majorité le Schéma traitant de l’attitude de l’Église envers le Judaïsme.

Le Monde du 27 novembre mentionna les réactions violentes que ce vote avait provoquées parmi les Église d’Orient de rite catholique et dans les États Arabes. L’article se terminait par un post-scriptum du correspondant à Rome du journal, Henri Fesquet, considéré comme la voix du Père Congar, le leader de l’aile progressiste catholique. Fesquet rappelait en préambule que les votes au Conciles sont secrets mais ajoutait : "Quatre-vingt dix-neuf Pères ont voté Non. Mille six cent cinquante et un ont voté Oui, et deux cent quarante-deux : Oui avec réserves. Mais ce n’était qu’un vote provisionnel, et le scrutin final aura lieu à la fin de la quatrième session en 1965. " Dans l’assemblée, les évêques d’Orient sont intervenus en corps, déclarant leur opposition de principe à toute Déclaration sur les Juifs par le Concile. On peut donc en induire que les quatre-vingt-dix Pères qui exprimèrent un vote négatif furent pour la plupart les orientaux".

Voici un passage tiré de la Déclaration sur les Juifs votée par les Pères conciliaires le 20

étant l’héritage que les chrétiens ont reçu des juifs, le saint Concile est

novembre 1964 : "

résolu expressément à instaurer et à recommander la compréhension et l’estime mutuelle, que l’on devra obtenir par le moyen de l’étude théologique et de discussions fraternelles, et, tout comme il désapprouve sévèrement tout mal infligé à tout homme d’où qu’il soit, il déplore de la même manière et condamne la haine et les mauvais traitements (ou vexations) à l’égard des juifs "Chacun devra prendre soin par conséquent de ne pas présenter le peuple juif comme une nation rejetée, que ce soit dans la catéchèse, la prédication de la Parole de Dieu ou dans la conversation courante, tout comme on s’abstiendra de toute parole ou de tout acte qui puisse aliéner les esprits des hommes contre les juifs. Tous devront également prendre soin de ne pas imputer aux juifs de notre époque ce qui fut perpétré lors de la Passion du Christ". (The Tablet, 26 septembre 1964, p. 1094 -Texte révisé, au programme de la 3ème session)

A première vue, ce texte semble conforme à la doctrine permanente de l’Église qui, tout en s’étant efforcée de protéger la communauté chrétienne contre les influences juives, a toujours condamné la persécution des juifs, un fait dont avait témoigné impartialement un écrivain juif, Max I. Dimont : " Papes et princes du Moyen-âge auraient pu éliminer les

Tel

juifs s’ils l’avaient voulu, mais ils ne le voulurent pas

sociales, économiques ou même religieuses, la présence des juifs devenait indésirable, ils étaient bannis, mais on ne les tuait pas. L’Église attribuait à tout être humain une âme, et l’on ne prenait à l’homme sa vie que pour sauver son âme. Ce fut seulement lorsque la religion eut perdu son emprise de crainte sur l’homme que la société occidentale put jouer avec l’idée d’assassiner froidement des millions d’hommes en jugeant qu’il n’y avait pas de place pour eux ". (M. I. Dimont Les Juifs, Dieu et l’Histoire, p. 286)

Lorsque par suite de pressions

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LÉON DE PONCINS

De fait cependant, la motion votée à Rome implique que la majorité des Pères conciliaires sont sérieusement mal informés de la véritable essence du Judaïsme. Il semblerait qu’ils se soient seulement penchés sur l’aspect humanitaire du problème, habilement présenté par les porte-paroles du Judaïsme mondial et par une presse largement favorable aux intérêts juifs.

La vérité, pense-t-on, est qu’un certain nombre d’organisations et de personnalités juives ont épaulé les réformes qui furent proposées au Concile, avec pour objectif de modifier l’attitude de l’Église et son enseignement vénérable sur le Judaïsme : Jules Isaac, Label Katz président des B’nai B’rith, Nahum Goldman le président du Congrès Juif Mondial, etc.

Ces réformes sont très importantes, car elles suggèrent que depuis deux mille ans l’Église s’est trompée, et qu’elle doit faire amende honorable et reconsidérer complètement son attitude envers les juifs.

Parmi le laïcat catholiques, une campagne semblable a été menée par des prélats progressistes, qui en s’appuyant sur le fait historique que le Christianisme est le descendant direct du Judaïsme ont réclamé la tolérance pour les juifs, ce que ces derniers comme on le verra plus loin sont loin de réclamer de leur côté pour les chrétiens. En fait, pour ces deux parties, il s’agissait d’une arme servant à rejeter le Catholicisme traditionnel, considéré comme l’ennemi principal.

Parmi les personnalités juives mentionnées plus haut, il en est une qui joua un rôle vital : c’est l’écrivain Jules Isaac d’Aix en Provence, mort récemment. Il fut longtemps inspecteur général de l’Enseignement public en France, et est l’auteur de manuels d’Histoire. J. Isaac retourna l’opinion du Concile à son avantage, ayant reçu un soutien considérable parmi les évêques progressistes. En fait, il était devenu le principal théoricien et promoteur de la campagne engagée contre les enseignements traditionnels de l’Église.

Voici le fond de sa thèse :

Nous devons en finir une fois pour toutes avec l’antisémitisme, dont l’issue logique a été l’élimination des juifs européens à Auschwitz et autres camps de la mort durant la deuxième guerre mondiale. D’après lui, la forme la plus dangereuse d’antisémitisme est l’antisémitisme chrétien, qui est fondamentalement d’ordre théologique. En effet l’attitude chrétienne envers le Judaïsme s’est fondée depuis toujours sur le récit de la Passion telle que décrite par les Évangélistes et telle que commentée par les Pères de l’Église comme St Jean Chrysostome, St Ambroise, St Augustin, le Pape St Grégoire le Grand, St Agobard primat des Gaules et nombre d’autres.

C’est donc ce fondement théologique de l’antisémitisme chrétien que Jules Isaac cherchait à miner, en mettant en doute la valeur historique des récits Évangéliques et en discréditant les arguments avancés par les Pères de l’Église pour protéger les chrétiens de se laisser influencer par les juifs, accusés de comploter en permanence contre l’ordre chrétien.

Examinons en détail et pas à pas comment Jules Isaac s’y prit pour faire admettre ses vues au Vatican et au cœur du Concile.

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le judaïsme et le vatican

C’est après la disparition de son épouse et de sa fille, mortes en déportation, qu’il consacra les vingt dernières années de sa vie à une étude critique des relations entre Judaïsme et Christianisme et qu’à cette fin il écrivit deux ouvrages importants : Jésus et Israël, publié la première fois en 1946, puis en 1959 ; et Genèse de l’Antisémitisme, publié en 1948 et de nouveau en 1956. Dans ces deux livres, Jules Isaac critique férocement les enseignements chrétiens, les déclarant avoir été la source de l’antisémitisme, et il prêche, ou pour être plus exact, il exige la " purification " et" l’amendement " de ces doctrines bimillénaires. On examinera plus loin ces deux ouvrages ; mais continuons pour l’instant à rappeler le rôle joué par Jules Isaac pour attirer l’attention du Concile sur la Question juive.

Sitôt après la fin de la guerre, il commença d’organiser au plan national et international des réunions, suivies par des sympathisants catholiques favorables à ses arguments. En 1947, après des dialogues judéo-catholiques de ce genre qui avaient compté parmi leurs participants juifs des personnalités comme Edmond Fleg et Samy Lattès, et, parmi les catholiques, Henri Marrou, le R.P. Daniélou, et l’abbé Vieillard du secrétariat de l’Épiscopat, il publia un mémorandum en dix huit points sur " La rectification des enseignements catholiques concernant Israël".

La même année, il fut invité à la Conférence internationale de Seelisberg en Suisse, qui réunit soixante-dix participants appartenant à dix-neuf pays, parmi lesquels le R.P. Calixte Lopinot, le R.P. Demann, le pasteur Freudenberg et le Grand Rabbin Kaplan. Dans sa session plénière, la conférence adopta les " Dix points de Seelisberg" qui suggéraient aux Églises chrétiennes des mesures à adopter pour "purifier" l’enseignement religieux sur les juifs.

Jules Isaac fonda alors la première Association d’amitié judéo-chrétienne, aidé en cela par le Grand Rabbin de France et son adjoint Jacob Kaplan, et les personnalités juives Edmond Fleg et Léon Alghazi, leurs amis catholiques comme Henri Marrou, Jacques Madaule ; Jacques Nantet et leurs amis protestants comme le Pr. Lovski et Jacques Martin. Les statuts de l’Association excluaient toute tentative de conversion réciproque parmi ses membres. Celle-ci fut rapidement suivie de la création d’associations similaires à Aix en Provence, Marseille, Montpellier, Nîmes, Lyon et pour finir à Lille, où Jules Isaac s’assura l’aide d’une religieuse de la Congrégation de Dom Bosco et le soutien du cardinal Liénart. Un peu plus tard, il s’en fonda une autre en Afrique du Nord.

En 1949 il établit le contact avec le clergé de Rome et, par cette entremise, put obtenir une audience privée de Pie XII, devant lequel il plaida en faveur du Judaïsme, demandant au Pape de bien vouloir faire examiner les "Dix points de Seelisberg".

En 1959, il tint une conférence à la Sorbonne sur le thème de la nécessaire révision des enseignements chrétiens au sujet des juifs, et conclut son exposé par un appel au sens de la justice et à l’amour de la vérité du Pape Jean.

Peu après, il rencontra plusieurs prélats de la Curie Romaine, notamment les cardinaux Tisserand, Jullien, Ottaviani, et le cardinal Bea, et le 13 juin 1960 il obtint une audience du Pape, lors de laquelle il demanda de condamner " l’enseignement du mépris", suggérant qu’une sous-commission fût spécialement créée pour étudier cette question.

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Quelques temps après Jules Isaac " apprit avec joie que sa suggestion avait été prise en considération par le Pape et transmise au cardinal Bea pour étude ".

Ce dernier établit un groupe de travail chargé d’étudier les relations entre l’Église et Israël, aboutissant finalement au vote du Concile du 20 novembre 1964.

2 – Jules Isaac et les évangélistes

Examinons maintenant les objections soulevées par Jules Isaac contre les auteurs de l’Évangile, en particulier concernant leur récit de la Passion, et ses objections aux Pères de l ’Église qu’il tient pour responsables de ce qu’il nomme " l’enseignement du mépris", dont apparemment toute la mentalité chrétienne a été imprégnée.

Jules Isaac nie froidement que le récit fourni par les Évangélistes ait une valeur

historique : "L’historien a le droit et le devoir, un droit absolu, de considérer les récits de l’Évangile comme des témoins à charge (contre les juifs), avec l’inconvénient aggravant qu’ils sont les seuls et que tous quatre écrivent sous le même point de vue : on ne possède aucun témoignage juif ou païen pour comparaison ou que l’on puisse mettre en balance. Et la partialité des écrivains Évangélistes n’est nulle part plus évidente et plus flagrante, et l’absence de documentation non-chrétienne nulle part plus déplorable, que pour l’histoire

de la Passion

même préoccupation de réduire à un minimum la responsabilité romaine pour accroître proportionnellement celle des juifs. "Mais en outre, ils ne montrent pas une égale partialité : à cet égard Matthieu est de loin le pire, non seulement pire que Marc ou Luc, mais peut-être même pire que Jean. Est-ce si surprenant ? Il n’y a pas pires adversaires que des frères ennemis : or Matthieu était un juif, fondamentalement un juif, le plus juif des

Évangélistes, et selon une tradition apparemment bien fondée il écrivit en Palestine et pour les Palestiniens, afin de prouver à partir de l’Ancien Testament que Jésus était bien le

Messie prophétisé par les Écritures

quelque avantage ? Nous avons la liberté d’en douter. Il n’est pas surprenant que, des trois écrivains synoptiques, Matthieu le plus partial soit dans son récit de la Passion le plus tendancieux, le plus impartial ou le moins tendancieux étant dans la circonstance Luc, le seul Évangéliste non-juif, le seul gentil d’origine." (Jules Isaac : Jésus et Israël, pp. 428-29)

"Mais n’oublions pas une chose

présence de Pilate, en cette heure unique de l’Histoire qui frappa à jamais l’espèce humaine et qui est pour l’humanité plus lourde de sens qu’aucun autre moment de toute l’histoire du monde, le peuple juif tout entier exprima et revendiqua explicitement pour lui la responsabilité du sang innocent, la responsabilité totale, la responsabilité nationale. Reste à prouver dans quelle mesure les textes, et la réalité dont ceux-ci donnent une indication, cautionnent la terrible gravité d’une telle assertion. (Jules Isaac, ibid. p.478) " L’accusation chrétienne contre Israël, celle de déicide, accusation de meurtre elle-même meurtrière, est la plus grave et la plus injurieuse possible ; c’est aussi la plus injuste.

c’est qu’ils s’accordent tous les quatre à dire que là, en

Mais la cause de la vérité historique en tire-t-elle

Mais il est très frappant de constater que ces écrivains ont tous les quatre la

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le judaïsme et le vatican

" Jésus a été condamné à l’agonie de la Croix, un supplice romain, par Ponce Pilate, le Procurateur romain. " Mais les quatre Évangélistes, pour une fois d’accord entre eux, affirment que Jésus fut livré aux Romains par les Juifs, et que c’est sous la pression irrésistible des Juifs que Pilate, alors qu’il aurait voulu déclarer Jésus innocent, le fit mettre à mort. D’où alors que c’est aux Juifs qu’incombe la responsabilité de ce crime et non aux Romains, simples instruments, et qu’il pèse sur les Juifs avec une force surnaturelle qui les écrase. (Jules Isaac, ibid. p. 567) " A première vue, on est impressionné par l’unanimité de surface du moins des quatre Évangélistes en ce qui concerne le point en question, la responsabilité juive. "Que les Romains aient prononcé une sentence de mort sous la pression des Juifs, les quatre auteurs de l’Évangile en portent ardemment témoignage d’une seule voix. Mais comme leur témoignage est une accusation pleine de prévention et passionnée, circonstancielle et tardive, à franchement parler nous trouvons impossible de l’admettre sans réserve." (Jules Isaac ibid. p.478) " Matthieu est le seul qui releva (XXVII, 24-25) que le Procurateur romain se lava cérémonieusement les mains selon une coutume juive, pour se purifier de la responsabilité du sang innocent qu’on l’obligeait à verser. Il est "

nos enfants ". Marc, Luc et Jean ne savent rien et ne disent rien, ni de la célèbre ablution, ni

aussi le seul à observer que tout le peuple hurla

Que son sang retombe sur nous et sur

de la terrifiante exclamation." (Jules Isaac, ibid., p.481) "La gradation suggestive observée dans la première partie du procès se répète ici encore et est très perceptible de Marc à Matthieu, selon lequel (Matt., XXVII, 24-25) Pilate décide de s’absoudre de toute responsabilité (en se lavant les mains), responsabilité que le peuple juif par contraste prend presque joyeusement sur lui-même. Dans le récit de Luc, Pilate déclare par trois fois Jésus innocent, et clairement veut le relâcher (XXII 14, 15, 16, 20, 22). Jean va plus loin : il

n’hésite pas à prolonger les extraordinaires allées et venues du Procurateur entre le prétoire et l’extérieur : après l’interlude de la flagellation, survient la pitoyable exposition : Voilà l’Homme ; puis c’est encore un dialogue entre Pilate et "les juifs" ; puis c’est l’agitation de Pilate lorsqu’il apprend que Jésus s’est dit être le Fils de Dieu ; ensuite Pilate et Jésus échangent quelques mots ; nouvel effort de Pilate pour relâcher Jésus ; puis chantage des juifs : "Si vous le relâchez, vous n’êtes pas ami de César" (Jean XIX, 12) ; après quoi le vacillant Procurateur abandonne la partie "Alors il le leur livra pour être crucifié".(Jean XIX, 16) "C’est une véritable compétition à qui pourra rendre les Juifs plus haïssables. "Que n’a-t-on pu dire, que n’a-t-on pas dit à partir d’une probabilité historique. Mais c’est une base dangereuse comme je le sais bien : la vérité " peut quelque fois apparaître improbable". Cela m’incline d’autant plus à remarquer que visiblement, dans Matthieu et

dans Jean, l’image de Ponce Pilate excède les bornes de l’improbabilité

"Il est difficile de

croire que le tout-puissant Procurateur dans sa perplexité en ait été réduit à consulter les Juifs ses sujets, et les grands prêtres ses instruments, quant à ce qu’il devait faire du prisonnier Jésus." (Marc XV, 12 ; Matthieu XXVII, 22) " Il est difficile de croire que le boucher de Juifs et de Samaritains ait été soudain envahi de scrupules à propos d’un juif galiléen accusé d’agitation messianique, et se soit abaissé à solliciter la pitié des Juifs pour lui en disant " Qu’a-t-il donc fait ?" (Marc XV, 14 ; Matthieu XXVII, 23) " Il est difficile de croire qu’un mandataire officiel du pouvoir romain ait eu recours au rituel symbolique juif de se laver les mains pour se laver de sa responsabilité, évidemment aux yeux du Dieu

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LÉON DE PONCINS

d’Israël. (Matthieu XXVII, 24) " Il est difficile de croire que le politicien rusé qu’il était se soit résolu ce jour-là à prendre le parti du prophète malchanceux contre l’oligarchie locale, sur laquelle les gouverneurs romains avaient l’habitude de faire reposer leur gouvernement et dont lui-même dépendait, puisque Pilate tenait la Judée par Anne et Caïphe. " Il est difficile de croire que le représentant de Rome, dont le devoir suprême et la tâche étaient de faire respecter la grandeur romaine, fit des allées et venues entre son siège de juge et la rue en l’honneur de quelques juifs dévots rassemblés dehors. "Il est difficile de croire qu’un gouverneur énergique, prêt à répandre le sang pour prévenir toute révolte ou menace de révolte, ait cependant résolu pour plaire à la foule juive de relâcher un agitateur "bien connu ", emprisonné sous inculpation de sédition et de meurtre (et pourquoi donc la crucifixion de Jésus dut-elle suivre la relaxe de Barrabas ?) "Il est difficile de croire que le juge et législateur de la province, apparemment oublieux de sa fonction, ait dit aux grands prêtres ses interlocuteurs " Prenez-le et crucifiez-le vous-mêmes" (Jean XIX, 6). " Il est difficile de croire qu’un païen sceptique ait pu être impressionné par l’accusation lancée contre Jésus par les juifs selon Jean XIX 7-8 qu’il s’est fait lui même Fils de Dieu (ceci au sens chrétien étant aussi incompréhensible à première vue à un païen qu’à un juif ). "Il est difficile de croire qu’un juriste romain, d’esprit si méticuleux, aurait apparemment violé toutes les règles traditionnelles de procédure durant le procès de Jésus. " Mais il est encore plus difficile de croire, mille fois plus difficile encore, qu’une foule de Juifs, " le peuple entier " des juifs patriotes et dévots serait soudain devenu enragé contre Jésus au point d’assiéger Pilate, le romain détesté, et d’exiger que le prophète, suivi avec enthousiasme le jour précédent un homme du peuple, de leur peuple fût crucifié à la manière romaine par des soldats romains ". (Jules Isaac, ibid. pp. 483-4) " Et que dire de la scène historique qui amplifia le contraste entre l’action de Pilate se lavant les mains et les cris de "tout le peuple " des Juifs :" Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants " ? "Nous avons déjà fait référence à ce passage, mais nous sommes loin du compte lorsqu’on considère le mal que cette scène a suscité." (Jules Isaac ibid., p. 489) "Je persiste à maintenir que le geste de Pilate était en contradiction complète avec le déroulement des procès romains ; c’est assez dire. Nous avons le droit de conclure que très probablement ce geste n’a jamais eu réellement lieu. Toute la scène est d’authenticité douteuse, et nous la trouvons en fait d’une longueur exagérée, poussée jusqu’à l’absurde". "La réplique des Juifs "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants " devient certes moins paradoxale lorsqu’on l’associe à d’anciennes traditions et expressions hébraïques. Mais, comme nous l’avons dit, elle est pratiquement aussi incroyable de par son caractère haineux et la rage dont elle se veut l’expression." (Jules Isaac, ibid., pp. 491-92) " Jamais aucun récit n’est apparu aussi évidemment tendancieux, ni le désir d’impressionner qui culmine aux versets 24 et 25, ce qui emporte la conviction de tout esprit ouvert.

Non, Pilate n’a pas protégé son innocence.

"

Mais à quoi bon insister davantage ? "Le cas est posé devant les yeux de tous les hommes de bonne foi. Et j’ose même dire aussi devant le regard de Dieu". (Jules Isaac, ibid., p. 493)

Non, la foule juive n’a pas hurlé " Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants

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"Par conséquent, la responsabilité totale du peuple juif, de la nation juive et d’Israël dans la condamnation à mort de Jésus est une question de croyance légendaire non basée sur un "

(Jules Isaac, p. 514-15) " Pour maintenir le point de vue

contraire, il faudrait être habité d’une prévention obstinée et fanatique ou avoir une foi aveugle dans une tradition, qui, nous le savons, n’est pas " normale ", et donc ne devrait pas être posée comme règle de pensée même pour les fils les plus dociles de l’Église une tradition en outre infiniment nuisible et meurtrière, et qui, je l’ai dit et le répète, mène à Auschwitz, Auschwitz et autres lieux semblables. Six millions de juifs ont été liquidés uniquement parce qu’ils étaient Juifs, et ceci est la honte non seulement du peuple Allemand mais de tout le Christianisme, parce que sans les siècles d’enseignement, de sermons et de vitupération chrétienne, le message, la propagande et la vitupération hitlérienne n’auraient pas été possibles". (Jules Isaac, ibid., p 508)

fondement historique solide

En bref, dans leur récit de la Passion dorénavant révisé et corrigé par Jules Isaac, les écrivains des Évangiles apparaissent comme un quarteron de menteurs, parmi lesquels

"Il emporte la palme. D’une main sûre, il a décoché le trait

empoisonné que l’on ne pourra plus jamais retirer". (Jules Isaac, ibid. p. 483)

Matthieu est le plus venimeux

3 – Jules Isaac et les Pères de l’église

Comme on vient de le voir, les Évangélistes ont été ainsi réfutés, et Jules Isaac entreprend ensuite d’attaquer les Pères de l’Église qui durant 1500 ans ont codifié la doctrine chrétienne sur le Judaïsme. "Il n’est que trop vrai qu’il exista un fort courant d’antisémitisme dans le monde païen, longtemps avant l’antisémitisme chrétien. " Il n’est que trop vrai que cet antisémitisme produisait quelquefois des conflits sanglants et des pogroms. "Il n’est que trop vrai que sa cause principale était l’exclusivisme et le séparatisme d’Israël, qui était religieux par essence, dicté par Yahvé et les Écritures, et sans lequel le Christianisme à l’évidence n’aurait pu être conçu, puisque c’est à cause de ce séparatisme juif que la foi en Yahvé, la connaissance et le culte du Dieu unique se préservèrent intacts de toute souillure et se transmirent de génération en génération jusqu’à la venue du Christ.

" Mais en quoi ces faits le justifient-il ? " Précisément, puisque c’était un antisémitisme païen, prenant son origine dans un commandement divin, quelle base donne-t-il au Christianisme pour le copier (elle qui en a été elle-même victime tout un temps ?), et, pire encore, pour l’avoir développé jusqu’à un paroxysme de violence, de méchanceté et de haine calomnieuse et meurtrière ?" (Jules Isaac, Jésus et Israël, p. 353) "Ainsi commença à se développer dans la conscience chrétienne (si je peux ainsi parler)le thème du crime, de la fausseté, de l’abomination et de la malédiction d’Israël, un châtiment qui, comme le crime lui même, était collectif, sans appel, incorporant à jamais "Israël charnel", Israël tombé, rejeté, Israël-Judas, Israël-Caïn. Ce thème étroitement entremêlé, sans être pourtant confondu, avec un autre qui devint une thèse doctrinale, celle du Peuple-témoin, choisi par Dieu avait dit le juif St Paul pour sa totale conversion finale, témoin malheureux "pour ses iniquités et pour notre foi " dit St Augustin 350 ans plus tard, portant une marque infligée par Dieu comme Caïn, qui est tout à la fois sa protection et qui lui attire l’exécration du

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monde chrétien". (Jules Isaac, ibid. p.359) "Aucune arme ne s’est montrée plus efficace contre le Judaïsme et ses fidèles que l’enseignement du mépris, forgé principalement par les Pères de l’Église au quatrième siècle, et dans celui-ci nulle thèse n’a été plus dommageable que celle du "peuple déicide". La mentalité chrétienne s’est imprégnée de ces idées jusqu’à la racine de son subconscient. Ne pas reconnaître le fait, c’est vouloir ignorer ou déguiser la source majeure de l’antisémitisme chrétien et le ressort qui a nourri l’opinion populaire. "Mais ce n’est pas cette dernière qui l’a produit, car " l’enseignement du mépris " est une "

création théologique

cet épithète diffamatoire a-t-il fait son apparition, pour être tourné plus tard, oh la merveilleuse découverte, à un usage meurtrier, devenir une marque indélébile, poussant à la fureur et au crime (homicide, génocide) ? Il est impossible d’en définir la date exacte. Mais on peut discerner dans le flot confus des polémiques judéo-chrétiennes le courant principal d’où il est issu. (Jules Isaac : Jésus et Israël, p. 360 ) "Au quatrième siècle, un nouveau pas

fut franchi. Les destinées de l’Église et de l’Empire s’étant unies, toute circonspection fut

écartée, et l’on put hausser le ton de la controverse anti-juive, comme il advint en effet. Il

devint ouvertement abusif

était essentiellement théologique, mais on peut aussi l’appeler "ecclésiastique "ou "clérical". Son fondement était l’accusation de déicide." (Jules Isaac, ibid., p.361) "Meurtrier de Jésus,

le Christ-Messie, meurtrier de l’Homme-Dieu, déicide ! "Une telle accusation lancée contre

de sorte

que, par un mécanisme alternatif ingénieux de sentences doctrinales et d’explosions populaires, était attribué à Dieu ce qui, vu de la sphère terrestre, est assurément le produit de l’incurable vilenie humaine. Cette perversité exploitée de manière variée et habile de siècle en siècle, de génération en génération, devait culminer à Auschwitz, dans les chambres à gaz et les fours crématoires de l’Allemagne nazie." (Jules Isaac, ibid., pp. 351- 52) "Il faut reconnaître le triste fait que presque tous les Pères de l’Église ont apporté leur pierre à cette œuvre de lapidation morale (mais qui ne fut pas sans répercussions matérielles) : St Hilaire de Poitiers, St Jérôme, St Ephrem, St Grégoire de Nysse, St Ambroise et St Épiphane qui était né juif, St Cyrille de Jérusalem et beaucoup d’autres. Mais dans cette illustre cohorte, vénérable à maints autres égards, deux méritent une mention spéciale : le grand orateur grec St Jean Chrysostome (le St Jean bouche d’or), qui se distingue par ses abondantes et truculentes invectives et ses insultes extrêmes, et le grand

tout le peuple juif

"L’antisémitisme chrétien qui commença alors à se développer

(Jules Isaac : Genèse de l’Antisémitisme, p.327) "Déicide". Quand

une accusation capitale, liée au thème du châtiment capital

docteur de la latinité chrétienne, St Augustin, pour la merveilleuse (et dangereuse)habileté qu’il déploya à élaborer une doctrine cohérente". (Jules Isaac, Genèse de l’Antisémitisme,

p.161)

Passons maintenant de cette revue générale des Pères de l’Église, à l’examen des cas particuliers, et citons des passages que l’étude de Jules Isaac a consacrée aux grands docteurs de l’Église.

En 386, St Jean Chrysostome commença à prêcher à Antioche où se trouvait une importante communauté juive. Il débuta par huit homélies contre les juifs, homélies dont le ton "est souvent d’une violence sans égal". " Tous les griefs et toutes les insultes, on les trouve dans St Jean Chrysostome. Il y montre mieux que personne, et souvent avec une violence inégalée atteignant même la grossièreté, la fusion d’éléments de récrimination pris

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le judaïsme et le vatican

à l’antisémitisme populaire et ceux à base spécifiquement théologique, avec l’emploi de textes bibliques, qui sont la marque de l’antisémite chrétien." (Jules Isaac, ibid., p.256) " Disons-le nettement : quelle qu’en ait été l’intention, cet extraordinaire morceau fait d’outrages et de calomnies est une chose révoltante de la part d’un orateur sacré. " Des semences de mépris et de haine comme celles-ci produisent inévitablement leur moisson. On moissonne ce que l’on sème. Se profilant le long des âges, derrière les saints orateurs du quatrième siècle traînant dévotement leurs adversaires dans la boue, je vois l’innombrable légion de théologiens, de prédicateurs chrétiens, d’enseignants et d’écrivains ardents à développer les thèmes percutants du Juif charnel, du Juif lubrique, du Juif cupide, du Juif possédé du démon, le Juif maudit, le Juif meurtrier des prophètes et du Christ, le Juif coupable de déicide tous prenant à leur compte en toute bonne foi de propager ces idées fausses, pernicieuses et fatales ; tous également disposés à admettre avec Chrysostome, comme il s’en suit logiquement, que si le Juif haïssable reçut en partage l’exil, la dispersion, la servitude, la misère et la honte, ce n’était que justice (la Justice de Dieu) : il fallait qu’il paye pour son forfait. "Mais ce ne sont que des figures oratoires, direz-vous aujourd’hui 1600 ans plus tard pour rassurer votre conscience ; c’est bien possible, mais "il faut cependant comprendre" à quoi aboutissent des figures oratoires exprimées par une bouche d’or, reprises en chœur à travers les siècles par des myriades de disciples ; ces figures de style prirent racine et vie de façon virulente ; elle s’incrustèrent dans des millions d’âmes. Qui osera alors croire que l’âme chrétienne en soit libérée aujourd’hui ? Qui peut dire si elle s’en libérera jamais ? Regardez les hideux satiristes, les Streicher nazis, qui succédèrent aux prêcheurs chrétiens ". (Jules Isaac, ibd., pp. 162, 164 -66 )

tout aussi

hostile envers le Judaïsme et les juifs, et tout aussi déterminé à combattre leur influence persistante, pour en protéger les fidèles et leur fournir un stock d’arguments valables à employer dans les controverses avec ces réprouvés obstinés. "Il utilise la même méthode, et son interprétation des Écritures suit un point de vue similaire : longtemps avant la venue du Sauveur, le Judaïsme s’est progressivement corrompu, flétri et desséché ; après la révélation du Christ, il est tombé complètement sous l’inspiration de Satan ; ceux qui auparavant étaient les enfants préférés de Dieu devinrent les enfants du démon.’" (Jules Isaac, ibid. p. 166) " Dans tout cet enseignement véhément qui s’est survécu à travers les siècles et qui

encore de nos jours ose élever sa voix, on ne respecte pas davantage la vérité biblique que la vérité historique". La déplorable crucifixion avec la dispersion sont toutes deux audacieusement utilisées comme des armes cruellement aiguisées, pour mieux toucher à "

(Jules Isaac, ibid. ,p.167). "Mais plus important que tout, est la

mort le vieil Israël

contribution doctrinale spécifique de St Augustin : l’élaboration dans son esprit acéré d’une

thèse opportunément ingénieuse, promise au plus grand succès (théologique), la doctrine

du Peuple-Témoin

" Si les juifs qui refusèrent de croire au Christ continuent néanmoins

d’exister, c’est parce qu’il le faut, que Dieu dans sa sagesse surnaturelle l’a ainsi ordonné ; ils continuent d’exister afin de porter témoignage à la foi chrétienne, ce qu’ils font à la fois par leurs livres saints et par leur dispersion." (Jules Isaac, ibid., p. 168) " Oh, merveilleuse

découverte d’un esprit subtil et inventif : l’étonnante survie du peuple juif ne peut être assignée qu’à un seul objet et une seule raison, témoigner de l’antiquité de la tradition

Moins violent que l’orateur grec, selon Jules Isaac, St Augustin

:

"

est

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LÉON DE PONCINS

biblique et de l’authenticité des textes sacrés sur lesquels se fonde la foi chrétienne ; les juifs, aveugles et charnels, eux-mêmes ne comprennent pas le vrai sens de leurs saintes Écritures, mais ils les préservent jalousement et révérencieusement pour que l’Église s’en serve, vis à vis de laquelle en d’autres termes ils ne sont que des esclaves porte-livre marchant derrière leur maître". Semblablement, la dispersion du peuple juif, sans perdre sa signification de châtiment infligé par Dieu en punition pour la croix du Christ, porte elle-même témoignage, et correspond aux desseins de la Providence, puisqu’elle prouve partout que les juifs continuent d’exister "pour le salut des nations, et non pour le salut de la leur", et donc sert à répandre la foi chrétienne que les juifs persistent à nier.

"Telle est esquissée dans ses grandes lignes la thèse de St Augustin." (Jules Isaac, ibid. pp. 168-169 ) " Il y a un corollaire à ces propositions augustiniennes, un corollaire rendu formidable par ses implications pratiques. Le témoignage que les juifs portent (en faveur de la foi chrétienne) par leur survivance et par leur dispersion, ils doivent aussi le porter par leur ruine. L’efficacité de leur témoignage sera mesuré à la dureté du sort qui leur est réservé

"L’enseignement du mépris", ajoute Jules Isaac," mène au système d’avilissement qui en est la preuve nécessaire." "Dorénavant nous percevons la différence radicale qui sépare le système chrétien d’avilissement de son imitateur moderne nazi aveugle et ignorant, comme ceux qui ignorent leurs milliers de liens profonds : ce dernier n’a été qu’un stade, un stade bref, précédant l’extermination de masse ; le premier au contraire impliquait la survie, mais une survie honteuse dans le mépris et le malheur, ainsi créés pour se prolonger, et blesser et "

(Jules Isaac : ibid. pp. 166-68,

torturer lentement des millions de victimes innocentes

171-72)

A la lecture de paroles aussi audacieusement diffamatoires contre les enseignements de l’Église, on serait tenté de dire que de telles exagérations sont sans valeur. Nous y répondrons quelques pages plus loin. En attendant, ajoute Jules Isaac :

" Examinons avant tout l’enseignement doctrinal de l’Église en cette période du début du Moyen-âge. On n’en trouve pas de plus parfaite expression que dans le chef d’œuvre de St Grégoire le Grand, qui se place à mi-distance entre St Augustin et St Agobard, à la fin du sixième siècle.

Après les Pères de l’Église, aucune autre œuvre ne s’impose avec plus d’attention dans le Christianisme, spécialement dans le Catholicisme occidental. Aucun autre exemple ne pourrait donc être plus décisif, d’autant que ce grand Pape, loin d’être un fanatique, est renommé pour ses remarquables qualités de générosité, d’élévation morale, d’équité et d’humanité. " Grégoire le Grand ne systématisa jamais sa position doctrinale en ce qui

concerne le Judaïsme

mais un théologien catholique, V. Tollier, qui a spécialement et

consciencieusement étudié son œuvre, en a pu en tirer cette conclusion qu’une référence directe aux textes permet de qualifier d’acceptable : " Il envisagea l’histoire de ce peuple comme une énorme erreur, préparée de longue date, commise de sang froid,

rigoureusement punie et devant être un jour effacée par le pardon Divin". Pour avoir traité

; il ne se relèvera de

Dieu " avec la plus noire ingratitude", le peuple élu devint maudit

son sommeil fatal que dans les derniers jours du monde". " Grégoire le Grand ne pouvait

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le judaïsme et le vatican

que suivre la tradition existante, établie fermement par les Pères du quatrième siècle. Mais il faut mettre à son crédit qu’il ne perdit jamais de vue les origines juives de l’Église primitive, ni la vision paulinienne de la réconciliation finale différées par lui (mais pas par St Paul)aux derniers jours du monde ; qu’il ne prit pas part à l’injuste et mortelle accusation de "déicide" ; que bien qu’il ait souligné la culpabilité de la majorité des juifs pour la Passion, il n’oublia cependant jamais complètement la part qu’y avait prise le procurateur Pilate et les Romains ; que ce fut effectivement lui qui formula l’idée éminemment chrétienne qui devait dominer par la suite l’esprit et le cœur de tous les croyants au Christ et qui fut enseignée par le Concile de Trente de l’universelle responsabilité de l’Humanité pécheresse, et qu’enfin la controverse anti-juive dans ses écrits ne dégénéra nulle part en éclats outrageants et vulgaires à l’exemple d’un St Jean Chrysostome. "On en est alors que plus frappé de la stricte sévérité avec laquelle ce grand Pape, noble personnalité, parle du Judaïsme et du peuple juif, et réitère les thèmes essentiellement traditionnels sans vérifier

leurs fondements

à fermer leur esprit aux représentants de Dieu

Ils perdirent l’humilité, et avec elle la

" Ivres d’orgueil (écrit le grand Pape), les juifs ont mis toute leur énergie

compréhension de la vérité". " Comme le quatrième Évangéliste, Grégoire fait sans cesse un emploi abusif du terme les juifs pour attirer l’attention sur la clique des ennemis du Christ, ce qui revient à condamner au mépris et à la haine des fidèles la totalité du peuple juif : ’Les

(Jules Isaac, pp. 289-90) " les plus beaux exemples

La foi d’Israël

au lieu d’être un moyen de

Pour s’élever jusqu’à Dieu, Israël

avait les ailes de la Loi, mais son cœur, qui se traînait dans les profondeurs de la terre, le

retint

l’accepta pas comme plus qu’humain

ne réussit pas à reconnaître le mystère de l’Incarnation. (St Grégoire le Grand, cité par Jules Isaac, ibid., p 289-90)

Jules Isaac continue ainsi : "Ce thème du "peuple charnel" est infiniment dangereux, car il conduit inévitablement au peuple de la " Bête", de "l’Antichrist" et du "démon, "mu

par une haine diabolique contre Dieu et les siens". (ibid. p. 290) "Parce que les cœurs des

la Synagogue est non

seulement rebelle à la foi, mais l’a combattue avec l’épée et a soulevé contre elle les horreurs

d’une persécution sans merci

dans les cœurs des juifs persécuteurs ?

une haine perverse enchaîna les âmes des juifs ; leur aveuglement les a rendus cruels, et leur cruauté les a conduits à une persécution implacable." (St Grégoire le Grand, cité par Jules Isaac, p 290) "Tel est l’enseignement du grand Pape dans son opinion conciliatrice et de nature purement doctrinale, en accord avec son devoir envers l’humanité, la charité chrétienne et le respect de la loi. Telle est son opinion, mais pas forcément celle des autres. Car elle devait laisser dans les cœurs et les esprits médiocres, partout et toujours en majorité, la trace du stigmate ainsi marqué au fer rouge sur le front du peuple juif, de ses crimes, de sa malédiction, de sa perversité satanique. Il n’en faut pas plus aujourd’hui comme à toute époque pour déchaîner la sauvagerie de "la Bête". (Jules Isaac, p. 291)

Plus le Saint Esprit se répandit sur le monde, plus

N’est il pas vrai alors de dire que la Bête a fait son antre

juifs étaient sans foi" dit St Grégoire, "ils ont été soumis au démon

l’épouse, abandonnée alors à son jugement charnel,

Le peuple infidèle comprit seulement l’incarnation de Dieu dans la chair et ne

juifs livrèrent le Christ et l’accusèrent

ne réussirent pas à pousser cette nation vulgaire à servir Dieu avec amour

consistait uniquement à obéir aux préceptes divins à la lettre

sanctification, ceux ci devinrent une source d’orgueil

"

et

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LÉON DE PONCINS

Jules Isaac en vient alors à St Agobard. " Le premier point à noter à propos de St Agobard est que son anti-Judaïsme est essentiellement ecclésiastique et théologique, comme celui des Pères de l’Église ; il ne provient pas de ce que Mr. Simon appelle les veines de

(Jules Isaac ibid., p. 274) " En conflit avec les juifs, St Agobard

en appela directement à l’empereur par deux lettres : De insolentia judeorum (Sur l’insolence des juifs) et De judicis superstitionibus (Sur les superstitions des juifs). " Dans la première, Agobard présente une justification de son attitude et des mesures anti-juives qu’il a prises. Il lui était facile de montrer qu’en dénonçant la perfidia judeorum il ne faisait là qu’obéir aux

préceptes enseignés par les Pères et aux règles établies par l’Église. Ces règles et préceptes, assure-t-il l’empereur, s’accordent avec la raison et la charité : " Puisque les juifs vivent parmi nous, et que l’on ne doit pas les traiter avec malveillance ni porter atteinte à leur vie, à leur santé ni à leur fortune, observons donc la modération prescrite par l’Église, qui "

consiste à se comporter avec prudence et charité envers eux

totalité de son œuvre, qui est basée sur les Pères de l’Église principalement St Ambroise, sur les décisions des Conciles et sur les Écritures, tend à démontrer que les juifs doivent être tenus strictement à part, comme un peuple dont la société est la pire souillure qu’un chrétien puisse subir. Antichrists, fils du démon, "les juifs impies ennemis du fils de Dieu se sont coupés eux-mêmes de la véritable Maison de David, l’Église ; toutes les menaces et malédictions divines se sont accomplies sur la Synagogue de Satan". Rien de nouveau dans tout cela, Agobard répète simplement les formules habituelles, ou rituelles comme on pourrait les appeler, de l’enseignement du mépris : le bannissement des juifs de la Société chrétienne est l’un des chefs d’œuvres de l’avilissement." "A la superstition, les juifs ajoutent, dit St Agobard, le blasphème et la calomnie, et il donne des exemples de récits extravagants de la vie de Jésus répandus parmi les juifs. On sait qu’une détestable tradition juive en ce sens apparut au second siècle, qui fut plus tard consignée par écrit dans les livres du Sepher Toledot Jeschu auquel la version citée par Agobard est apparentée, sinon

absolument identique. Ces libelles méprisants sont tout aussi inqualifiables que les injures multiples lancées par certains orateurs chrétiens contre la Synagogue et la foi juive. Agobard lui même n’en disconvient pas." (Jules Isaac ibid. p. 280)

Jules Isaac conclut par ces mots : "L’attitude d’Agobard ne peut se justifier en mettant en avant les mauvaises actions que les juifs ou certains juifs peuvent avoir commises, et il n’est pas davantage en accord avec "la raison" ou "la sagesse" ou la charité chrétienne" de les traiter en parias, de les dénoncer publiquement comme ennemis de Dieu, d’appeler leurs sanctuaires des synagogues de Satan, et eux-mêmes un peuple maudit, avec lequel tout contact doit être évité comme avec la pire pollution. "Car, je ne cesserai de le répéter, un tel enseignement hurlé sur les toits à des troupeaux de fidèles ignorants et crédules mène, non seulement à une violente injustice, mais à de bien plus odieuses conséquences, à des actes criminels d’homicides et de génocide, à des assassinats de masse et à de monstrueux "pogroms". Il est trop facile de croire ou de faire croire aux gens que les éclats verbaux les plus violents sont inoffensifs, comme s’il n’y avait aucun risque que ces paroles violentes n’amènent des actes violents. Que doit-on blâmer davantage, les blessures de langue ou les coups ? Malgré ses apologistes, "St Agobard" doit porter sa part de responsabilité ". (Jules Isaac, ibid. pp. 284-5)

(Jules Isaac ibid., p 278) " La

l’antisémitisme populaire

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le judaïsme et le vatican

En d’autres termes selon Jules Isaac, les Évangélistes furent des menteurs, St Jean Chrysostome, un théologien délirant et un pamphlétaire grossier, St Augustin emploie son esprit acéré et subtil à falsifier les faits, St Grégoire le Grand inventa "le formidable thème du "peuple charnel" qui a déchaîné la sauvagerie de la Bête contre les juifs à travers l’Histoire", et St Agobard le célèbre primat des Gaules " hurla sur les toits à des troupeaux de fidèles un enseignement qui conduit aux conséquences les plus odieuses, au crime de génocide, aux assassinats de masse et à de monstrueux pogroms "

Tous furent des persécuteurs pleins de haine anti-juive, "vrais précurseurs des Streicher et autres", moralement responsables "d’Auschwitz" et de "six millions de victimes juives".

Ainsi Jules Isaac dénonce ceci, affirme cela et condamne ces grands docteurs de la Foi, sans essayer d’analyser aucune des raisons qui les conduisirent tous et chacun, avec leur caractère propre et leur origine différente juive, grecque et latine et tous élevés par l’Église à l’Autel, à porter d’aussi lourdes et énergiques accusations contre les juifs.

Il demanda donc ou plutôt insista pour que le Concile :

– Condamne et supprime toute discrimination raciale, religieuse ou nationale à l’égard des juifs ;

– Modifie ou supprime les prières liturgiques concernant les juifs, en particulier le Vendredi Saint ;

– Déclare que les juifs ne sont en aucune manière responsables de la mort du Christ, pour laquelle l’humanité entière est à blâmer ;

– Supprime les passages des Évangélistes relatant la partie cruciale de la Passion, notamment celui de St Matthieu, que Jules Isaac désigne froidement comme un menteur qui a dénaturé la vérité ;

– Déclare que l’Église a toujours été à blâmer pour être demeurée dans un état de

guerre latente qui a persisté deux mille ans entre les juifs, les chrétiens et le reste du monde ;

– Promette que l’Église modifiera définitivement son attitude dans un esprit

d’humilité, de contrition et de pardon à l’égard des juifs, et fera tous les efforts possibles pour réparer le mal qu’elle leur a fait, par la rectification et la purification de

son enseignement traditionnel, comme établi par Jules Isaac.

Malgré l’insolence de cet ultimatum, la virulente dénonciation des Évangélistes et de l’enseignement des Pères de l’Église reposant sur les propres paroles du Christ, Jules Isaac reçut un puissant soutien de la part de prêtres, à Rome même, et de la part de nombreux membres de "l’Amitié judéo-chrétienne".

Le 23 janvier 1965, la quotidien Terre de Provence, publié à Aix, rapporta que Mgr de Provenchères, l’évêque d’Aix, avait fait une allocution devant le groupe d’Amitié Judéo- chrétienne à l’occasion de l’inauguration d’une avenue Jules Isaac qui avait eu lieu le matin même, article d’où sont extraites les lignes qui suivent : "Une foule nombreuse s’était rassemblée dans l’amphithéâtre Zironski pour écouter l’allocution que Mgr de Provenchères devait donner sur le sujet du Décret du Concile sur les relations entre catholiques et non- catholiques" "Le doyen, le Père Palanque, commença par rappeler l’émouvante cérémonie

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LÉON DE PONCINS

qui ce matin avait eu lieu en présence du maire, Mr Mouret, et de Mr Schourski, et de Mr Lunel, président des "Amis de Jules Isaac". Le nom de celui-ci reviendra de nouveau à leurs lèvres à propos de la troisième Session de Vatican II. Mgr de Provenchères fera bénéficier l’auditoire de sa connaissance de première main du sujet par sa participation au Concile.

"Mgr de Provenchères nous dit sa joie à décrire cette expérience, d’autant qu’il trouva le travail du Concile très positif. " Parlant de Jules Isaac, il nous déclara que depuis leur première rencontre en 1945, il avait éprouvé pour lui un profond respect, qui s’était rapidement mué en affection. Le Schéma du Concile est apparu comme une solennelle ratification des points dont ils avaient discuté ensemble. Il eut pour origine une demande que Jules Isaac avait adressée au Vatican, et qui avait été étudiée par plus de deux mille évêques. L’initiative qui a mené à cet événement revient donc à un laïc et à un juif. Mgr de Provenchères fit alors la remarque que les grands événements dans l’Histoire commencent souvent ainsi, avant d’être sanctifiés par la suite ; la rencontre entre Jean XXIII et Jules Isaac avait été un geste à l’adresse de l’Amitié judéo-chrétienne. "Mgr de Provenchères fit alors un récit détaillé du rôle joué par Jules Isaac à Rome durant la préparation du Concile, et le doyen le père Palanque, remerciant ensuite Mgr de Provenchères, souligna le travail accompli par l’évêque pour assurer l’heureuse adoption du schéma".

Pendant que nous sommes ainsi sur le sujet de l’amitié judéo-chrétienne, il est instructif de noter l’ironie hautaine et méprisante avec laquelle Joshua Jehouda, l’un des leaders spirituels du Judaïsme contemporain en parle : " Le terme courant " judéo-chrétien" est une erreur qui a altéré le cours de l’Histoire universelle en jetant la confusion dans l’esprit des hommes, lorsqu’il prétend faire entendre l’origine juive du Christianisme ; car en abolissant les distinctions fondamentales entre le Messianisme juif et le messianisme chrétien, ce terme cherche à assembler deux idées qui sont en opposition radicale. En mettant l’accent exclusif sur l’idée chrétienne au détriment de l’idée juive, il évacue le messianisme monothéiste discipline importante pour tous les plans de la pensée et le réduit à un messianisme purement confessionnel, préoccupé comme le messianisme chrétien du seul salut de l’âme individuelle. " Si le terme judéo-chrétien désigne une origine commune, c’est alors sans aucun doute une idée très dangereuse. Elle est basée sur une "contradictio in adjecto", qui a mené le chemin de l’Histoire sur la mauvaise piste. Il lie d’une seule haleine

deux idées qui sont complètement irréconciliables ; il cherche à démontrer qu’il n’y a pas de différence entre le jour et la nuit, le froid et le chaud ou le noir et le blanc, et donc introduit un élément fatal de confusion, sur la base duquel certains essaient pourtant de bâtir une civilisation. Le Christianisme offre au monde un messianisme limité, qu’il désire imposer

comme seul valide

messianisme historique d’Israël, écrivit " Quant à ce que certaines églises prétendent, que Dieu assuma la nature humaine, je dois dire que cela me semble aussi absurde que de dire "

qu’un cercle a assumé la nature d’un carré Christianisme doit finalement avoir un terme

réclamer comme l’unique héritier d’Israël qui propage l’antisémitisme. Ce scandale doit cesser tôt ou tard ; plus tôt il cessera, plus tôt le monde sera débarrassé du tissu de

Même

Spinoza, qui était pourtant plus éloigné que quiconque du

"L’exclusivisme dogmatique professé par le C’est l’obstination du Christianisme à se

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le judaïsme et le vatican

mensonges derrière lequel se cache l’antisémitisme lui même ". (Joshua Jehouda :

l’Antisémitisme miroir du monde, pp. 135-36)

L’attitude de cet auteur semble claire par ce qui précède, mais illustrons-la davantage :

"La foi chrétienne dérive d’un mythe lié à l’histoire juive, mais qui n’a pas la tradition précise qui s’est transmise dans la Loi transmission à la fois écrite et verbale comme dans le cas d’Israël". (Joshua Jehouda, ibid., p.132) " Néanmoins le Christianisme prétend apporter au monde le " vrai " messianisme. Il cherche à convaincre tous les païens, y compris les juifs. Mais aussi longtemps que persiste le messianisme monothéiste d’Israël et qu’il est

présent, même sans se manifester ouvertement

qu’il est en réalité : une imitation qui s’effondre à la lumière du Messianisme authentique." (Joshua Jehouda, ibid. ,p.155)

C’est le souhait sincère de l’auteur que les chrétiens qui entrent dans les cercles d’Amitié judéo-chrétienne soient profondément versés, non seulement dans les mystères de leur propre croyance, mais aussi de celle du peuple juif, afin qu’ils comprennent leur fondamentale "contradictio in adjecto" et "n’essaient pas ainsi d’assembler deux idées qui sont en opposition radicale".

Cependant lorsque Jules Isaac et ses associés vinrent à Rome, ils évitèrent soigneusement de mentionner ces passages de leurs livres ; ils parlèrent de charité chrétienne, d’unité œcuménique, de filiations bibliques communes, d’amitié judéo- chrétienne, de lutte contre le racisme, du martyre du peuple juif, et leurs efforts furent couronnés de succès, puisque 1 651 Évêques, Cardinaux, Archevêques et Pères conciliaires votèrent la réforme des enseignements catholiques selon les vœux de Jules Isaac, du B’nai B’rith et du Congrès Juif Mondial.

le messianisme chrétien apparaît pour ce

Naturellement, lorsqu’ils vinrent à Rome pour préparer le vote du Concile, Jules Isaac et les leaders des organisations juives ne dirent pas au Pape et aux évêques : "Vos Évangélistes sont une bande de menteurs, "Vos Pères de l’Église sont des pervertisseurs et des tortionnaires, qui ont répandu partout dans le monde la haine du juif et déchaîné la sauvagerie de la Bête "Ils sont les précurseurs de Hitler et de Streicher, et sont véritablement responsables d’Auschwitz et des six millions de morts juifs, victimes des Allemands "

Ces accusations-là, on peut les lire complètes et non abrégées dans les livres de Jules Isaac disponibles dans n’importe quelle librairie, mais apparemment les Pères Conciliaires ne les ont pas lus, pas plus qu’ils n’ont lu les œuvres de Jehouda, de Rabi, de Benamozegh, de Memmi et autres.

Non, Jules Isaac et les leaders des organisations juives n’ont pas dit avec Joshua Jehouda, l’un des maîtres de la pensée juive contemporaine : "Votre monothéisme est un faux monothéisme ; c’est une imitation bâtarde et une version falsifiée du seul vrai monothéisme qui est le monothéisme hébreux, et si le Christianisme ne revient pas à ses sources juives, il sera finalement condamné". (Joshua Jehouda, ibid., pp. 155, 260, 349)

Ils n’ont pas dit avec Benamozegh, l’une des gloires de la pensée juive contemporaine :

"La religion chrétienne est une fausse religion prétendument divine. Son seul espoir de

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LÉON DE PONCINS

salut, comme pour le reste du monde, est de revenir à Israël". (Elie Benamozegh : Israël et l’Humanité).

Ils n’ont pas dit avec Memmi : " Votre religion est un blasphème et une subversion au regard des juifs. Votre Dieu est pour nous le Diable, c’est à dire le symbole et l’essence du mal sur terre ". (Albert Memmi : Portrait d’un juif, pp. 188-89)

Ils n’ont pas dit avec Rabi : "La conversion d’un juif au Christianisme est une trahison et une idolâtrie, car elle implique le blasphème suprême, la croyance en la divinité d’un homme". (Rabi : Anatomie du Judaïsme français, p. 188)

Ils prirent bien soin de ne pas éveiller de craintes à Rome en dévoilant leurs pensées, et ils réussirent à gagner à leur cause un certain nombre de prélats. Tout cela est sans aucun doute une histoire étrange. Il peut s’avérer exact qu’il y ait un certain nombre d’Évêques progressistes, qui, par hostilité envers le Catholicisme traditionnel, soient prêts à utiliser n’importe quelle arme contre lui. Mais il est raisonnable de penser qu’ils ne constituent qu’une minorité.

Comment alors expliquer leur succès ?

Ce succès provient de deux raisons :

Premièrement, une vaste majorité de Pères conciliaires ne sont pas informés du rôle joué par les organisations juives et par Jules Isaac dans la préparation du vote ; ils n’ont pas lu ses livres.

Et deuxièmement, les Pères conciliaires sont en général mal informés sur la Question Juive, et acceptent donc aisément les arguments judaïques, habilement présentés par de formidables débatteurs comme Jules Isaac.

Quoi qu’il en soit, la manœuvre fut menée avec la plus extrême habileté et obtint un plein succès. Le scrutin témoigne du fait.

Mille six cent cinquante et un Pères conciliaires ont considéré la version Jules Isaac de la Passion préférable à celle de St Matthieu.

Mille six cent cinquante et un Évêques, Archevêques et Cardinaux ont admis que les enseignements de St Jean Chrysostome, de St Augustin, de St Grégoire le Grand, de St Ambroise et de St Agobard devront être rectifiés et purifiés conformément aux injonctions de Jules Isaac, dont le " Jésus et Israël" a été qualifié récemment par l’écrivain juif Rabi comme : "l’arme de guerre la plus spécifique contre une doctrine chrétienne particulièrement nocive", cette doctrine qui est précisément celle des Pères de l’Église. (Rabi : Anatomie du Judaïsme français, p.183).

Le changement apporté à la liturgie du Vendredi Saint, avec la suppression entre autres de la prière des Impropères, par 1651 Évêques, revient à admettre que Jules Isaac avait raison lorsqu’il décrivait les Impropères en ces termes : "Il est difficile de dire ce qui frappe davantage, de leur beauté ou de leur iniquité". (Jules Isaac, Genèse de l’Antisémitisme, p. 309) Apparemment, les Évêques ont considéré que l’iniquité de cette prière prévalait sur sa beauté.

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le judaïsme et le vatican

En bref, le vote du 20 novembre 1964, effectué semble-t-il en esprit de charité chrétienne et dans un désir de réconciliation entre Églises et pour l’unité œcuménique, a représenté en fait un pas hors du Christianisme traditionnel.

Après cet exposé de la question complexe de l’amitié judéo-chrétienne chef d’œuvre de Jules Isaac chaudement épaulé par les cardinaux Feltin, Gerlier et Liénart revenons au cœur du sujet, au rôle joué par Jules Isaac et les organisations juives dans le vote du Concile.

Nous avons reproduit les longs extraits de Jules Isaac, parce qu’il est le théoricien et le porte-parole dans cette campagne contre les enseignements chrétiens, mais il n’est pas le seul de son camp. De puissantes organisations comme les B’nai B’rith et le Congrès Juif Mondial ont apporté leur soutien.

Le 19 novembre 1963, le journal Le Monde publiait ce qui suit : "L’organisation internationale juive B’nai B’rith a exprimé le désir d’établir des relations plus étroites avec l’Église Catholique. Elle vient de soumettre au Concile un projet de déclaration affirmant la responsabilité de toute l’humanité dans la mort du Christ. "Selon Mr Label Katz, Président du Conseil International des B’nai B’rith, "Si cette déclaration est acceptée par le Concile, les Communautés juives examineront les voies et moyens de coopérer avec l’Église (Catholique) pour assurer la réalisation de ses objectifs et de ses projets. Cette déclaration a été approuvée par le Comité exécutif du Conseil International, l’organe coordinateur de l’organisation des B’nai B’rith forte de 475 000 membres, qui se répartissent dans quarante deux pays". "Mr Paul Jacob de Mulhouse, président des B’nai B’rith pour l’Europe, a indiqué que l’approbation de la déclaration porterait un coup aux racines de l’antisémitisme dans de nombreux pays européens. " Le rabbin Maurice Eisendrach, président de l’Union des Congrégations Juives en Amérique, a lancé samedi un appel aux 4000 délégués de la quarante septième Assemblée générale du Judaïsme réformé pour qu’ils révisent leur jugement sur le Christianisme et les points de vue erronés sur le Christ".

Des personnalités marquantes, leaders de la pensée juive contemporaine comme Joshua Jehouda dans son livre L’antisémitisme miroir du monde, avaient déjà avancé des arguments semblables quant à la nécessité de réformer et de purifier l’enseignement du

Christianisme : "Le Christianisme refuse obstinément de reconnaître Israël comme son égal

Cette croyance que le Christianisme offre l’achèvement du Judaïsme, c’est à dire

spirituel

son point culminant, et que le Judaïsme a été accompli par le Christianisme, vicie précisément les racines du monothéisme universel, affaiblit le fondement du Christianisme lui-même, et l’expose à une suite de crises. Si le Christianisme veut surmonter sa crise présente, il doit lui même s’élever au monothéisme authentique. L’heure vient où il sera nécessaire de purifier la conscience chrétienne par la doctrine du monothéisme universel." (Joshua Jehouda, ibid. pp. 10-11) "Il est indéniable que l’antisémitisme constitue la maladie chronique du Christianisme. Il faut l’étudier en termes de crise de la civilisation chrétienne, et non pas en terme de qualités ou défauts des juifs, qui n’y ont rien à voir". (Joshua Jehouda, ibid. p 14) "En ce qui concerne l’antisémitisme, c’est l’attitude des chrétiens qui est déterminante, plus que tout le reste. Les juifs n’en sont que les innocentes victimes. (Joshua Jehouda, ibid. p.13) "A travers les siècles, le Christianisme a contracté une dette d’honneur envers Israël. Que cette dette d’honneur soit maintenant due est la

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LÉON DE PONCINS

question implicitement examinée dans ce livre. De la réponse affirmative ou négative dépend l’évolution spirituelle du Christianisme, ou pour parler plus clairement la paix entre les peuples ". (Joshua Jehouda, ibid. p.15)

Joshua Jehouda, Jules Isaac, Bnai Brith, Congrès Juif Mondial : autant d’évidences que le Judaïsme mondial avait préparé depuis des années une campagne concertée, qui a abouti au vote récent du Concile. En réalité, derrière le déguisement d’unité œcuménique, de réconciliation religieuse et autres plausibles prétextes, son objet est la démolition du bastion du Catholicisme traditionnel, que Joshua Jehouda décrit comme "la forteresse décrépite de l’obscurantisme chrétien".

Selon Jehouda, il y a eu précédemment trois tentatives de "rectifier le Christianisme", trois tentatives "visant à purger la conscience chrétienne des miasmes de la haine", trois

tentatives "pour amender les effets suffocants et paralysants de la théologie chrétienne", et "trois brèches ont été ouvertes dans la forteresse décrépite de l’obscurantisme chrétien" c’est à dire que trois stades importants ont été atteints successivement dans l’opération de démolition du Christianisme traditionnel ; ce sont : -la Renaissance ; -La Réforme ; -La Révolution de

1789.

Bien qu’il ne le dise pas en ces termes, cela ressort avec évidence, comme différentes citations serviront à montrer de façon très claire que ce que Jéhouda juge admirable dans ces trois grands mouvements, c’est l’œuvre de déchristianisation à laquelle chacun d’eux a puissamment contribué, chacun dans son genre. "La Renaissance, la Réforme et la

Révolution représentent trois tentatives pour rectifier la mentalité chrétienne en l’accordant

et au fur et à mesure que le

avec le développement progressif de la raison et de la science

Christianisme dogmatique se relâche, les juifs graduellement se libèrent de la contrainte"

Parlant de la Renaissance, il nous avertit que : "Nous pouvons dire que, si la

au bénéfice du monde grec, le

Renaissance n’avait pas été déviée de son cours originel

monde aurait été sans aucun doute unifié par la pensée créatrice de la Kabbale et sa doctrine ". (Joshua Jehouda : L’antisémitisme miroir du monde, p. 168)

Et voici ce qu’il écrit à propos de la Réforme : " Avec la Réforme qui éclata en

(Avant

Allemagne cinquante ans après la Renaissance, l’universalité de l’Église fut détruite

Luther et Calvin) Jean Reuchlin, le disciple de Pic de la Mirandole, ébranla la conscience

Reuchlin se

chrétienne en suggérant dès 1494, que rien ne surpassait la sagesse hébraïque

fit l’avocat d’un retour aux sources juives au même titre qu’aux textes de l’Antiquité. C’est

lui qui eut finalement gain de cause contre le converti Pefferkorn, qui réclamait la

devint

destruction du Talmud. Le nouvel esprit qui devait révolutionner l’Europe entière apparent, en ce qui concerne les juifs et le Talmud.

Mais on est cependant stupéfait de voir qu’il y eut autant d’antisémites chez les protestants que chez les catholiques". En bref conclut Yehouda : "Le Réforme marque la révolte contre l’Église Catholique, laquelle est elle-même une révolte contre la Religion d’Israël". (Josha Jehouda, ibid. pp. 169-172)

Quant à la Révolution française : "La troisième tentative de modifier la position chrétienne, après que la Réforme ait raté l’unification, eut lieu sous la dynamique de la

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le judaïsme et le vatican

Révolution Française

chrétiens. Ouvertement antireligieuse, cette Révolution se poursuit sous l’influence du communisme russe, continuant d’apporter une puissante contribution à la

déchristianisation du monde chrétien". (Joshua Jehouda, ibid. pp. 170-172)

Finalement l’œuvre de "rectification de la mentalité chrétienne" fut couronnée par Karl Marx et Nietzsche : "Au XIX ème siècle, deux nouvelles tentatives furent faites pour purifier la mentalité du monde chrétien, l’une par Marx et l’autre par Nietzsche ". (Joshua Jehouda, ibid. p. 187)

Aussi "la profonde signification de l’Histoire qui demeure inaltérée à chaque époque est celle d’une lutte ouverte ou voilée entre les forces qui travaillent à l’avancement de l’Humanité et celles qui s’accrochent aux intérêts coagulés, obstinément déterminées à les maintenir à l’existence, au détriment de ce qui doit advenir". (J. Jehouda, ibid., p. 186)

Au regard de ces penseurs, les réformes proposées par le Concile devaient donc représenter un nouveau stade dans l’abandon, le renoncement et la destruction du Catholicisme traditionnel. Nous attestons là, en fait, une nouvelle bataille dans la confrontation millénaire entre juifs et chrétiens.

Jehouda, Rabi, Benamozegh et Memmi décrivent celle-ci en ces termes : "Le

Cette

croyance que le Christianisme offre l’achèvement du Judaïsme c’est à dire son point culminant, et que le Judaïsme a été accompli par le Christianisme, vicie précisément les

racines du monothéisme universel, affaiblit le fondement du Christianisme lui-même, et

l’expose à une suite de crises. Si le Christianisme veut surmonter sa crise présente, il doit lui-même s’élever au monothéisme authentique. L’heure vient où il sera nécessaire de purifier la conscience chrétienne par la doctrine du monothéisme universel. (Joshua Jehouda, pp. 1011) " L’antisémitisme chrétien, tout en se proclamant lui-même messianique, prétend aussi remplacer le messianisme d’Israël par la foi en un Dieu crucifié, qui doit assurer le salut des âmes de tous les fidèles. En rabaissant le messianisme juif au niveau d’un paganisme, le Christianisme tend à convertir tous les juifs à une forme réduite

de messianisme

Christianisme apparaît pour ce qu’il est en réalité : une imitation, qui s’effondre

persiste

à la lumière du messianisme authentique

(et)l’antisémitisme persistera aussi longtemps

Mais aussi longtemps que le messianisme monothéiste d’Israël

Christianisme refuse obstinément de reconnaître Israël comme son égal spirituel

qui marqua le début de l’athéisme dans l’histoire des peuples

le

que le Christianisme refusera d’affronter son problème réel, que l’on peut faire remonter à sa trahison du messianisme monothéiste." (Joshua Jehouda, ibid. pp. 154-160)

Et ceci encore : "C’est l’obstination du Christianisme à se réclamer comme l’unique héritier d’Israël qui propage l’antisémitisme. Ce scandale doit cesser tôt ou tard ; et plus tôt il cessera, plus tôt le monde sera débarrassé du tissu de mensonges derrière lequel se cache l’antisémitisme lui-même ". (Joshua Jehouda, ibid. p 136)

Écoutons maintenant Elie Benamozegh, l’un des maîtres de la pensée juive actuelle : " Si le Christianisme consent à se réformer sur l’idéal hébreu, il sera pour toujours la vraie religion des peuples gentils". (Elie Benamozegh, Israël et l’Humanité, p. 18) " La religion de l’avenir doit être basée sur une religion positive et traditionnelle, investie du mystérieux prestige de l’antiquité. Mais de toutes les religions anciennes, le Judaïsme est unique à

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LÉON DE PONCINS

proclamer posséder un idéal religieux valable pour toute l’Humanité (car) l’œuvre du

Christianisme n’est qu’une copie qu’il faut placer en regard de l’original

(le Judaïsme)qui est la mère indisputée (du Christianisme ), il est la religion la plus

ancienne qui est aussi destinée à devenir la plus moderne. "A l’opposé du Christianisme

et afin de remplacer une autorité

proclamant son infaillibilité et qui ne commence qu’à l’an Un de l’Ère chrétienne ou de

l’Hégire,

son origine de l’Histoire de l’homme sur terre, ne finira qu’avec lui". (Elie Benamozegh, ibid. pp. 34-35) "La réconciliation rêvée par les premiers chrétiens comme une condition de la Parousie ou venue finale de Jésus, le retour des juifs au sein de l’Église sans lequel, comme en sont d’accord toutes les communions chrétiennes, l’œuvre de la Rédemption est incomplète, ce retour, nous disons qu’il aura lieu, non pas en vérité comme on l’attend, mais de la seule manière authentique, logique et durable possible, et par dessus tout la seule qui pourra être bénéficiaire à la race humaine. Ce sera une réunion de la religion hébraïque avec les autres émanées d’elle, et, selon le dernier des Prophètes et la Lumière des Voyants, comme les docteurs nomment Malachie, ce sera "le retour du cœur des enfants à leurs Pères". (Elie Benamozegh, ibid. p. 48)

Rabi ajoute ceci :"Il y a, dit-il, une irrémédiable différence entre juifs et chrétiens. Elle est relative à Jésus. En admettant son existence comme un fait historique, pour un juif il n’a jamais été Dieu ni le Fils de Dieu. La plus extrême concession que les juifs puissent faire a été exprimée par Joseph Klauzner, suivant lequel Jésus, qui, dit-il, n’était ni le Messie, ni un Prophète, ni un donneur de loi, ni fondateur de religion, ni tanna, ni rabbin, ni pharisien, est considéré par la nation juive comme un grand moraliste et un grand artiste dans

l’emploi des paraboles

mysticisme, le Livre des Moralités de Jésus deviendra l’un des plus précieux joyaux de la littérature juive de tous les temps". (Rabi :Anatomie du Judaïsme français, p. 104) " Quelquefois, j’imagine le dernier survivant des Juifs debout devant son Créateur au dernier des siècles, comme il est écrit dans le Talmud : " Le juif lié par son serment, demeure debout depuis le Sinaï ". Qu’est-ce que, suivant mon imagination, ce dernier juif, qui aura survécu aux outrages de l’Histoire et aux tentations du monde, qu’est-ce qu’il dira pour justifier sa résistance à l’usure du temps et aux pressions des hommes ? Je l’entends dire : " Je ne crois pas en la divinité de Jésus". Il est tout à fait compréhensible qu’un chrétien soit scandalisé d’une telle profession de foi. Mais ne sommes-nous pas scandalisés par la profession de foi du chrétien ? " Pour nous, dit-il, la conversion au Christianisme est nécessairement idolâtrique, parce qu’elle implique le suprême blasphème, la croyance en la divinité d’un homme." (Rabi, ibid. p. 188)

Le jour où il lui sera fait justice de ses histoires de miracles et de

une autre infaillibilité beaucoup plus importante devra être trouvée, qui, tirant

avec sa prétention à une origine divine et à l’infaillibilité

puisque c’est lui

Tout ce qui précède a été écrit au cours des dix dernières années.

Mais revenons deux mille ans en arrière et relisons le récit de la Passion. " Ceux qui avaient arrêté Jésus le conduisirent chez Caïphe, le Grand Prêtre, où s’étaient rassemblés les

Scribes et les Anciens du peuple

Cependant les Princes des prêtres, les Anciens et tout le Conseil

cherchaient un faux témoignage contre Jésus afin de le faire mourir, mais n’en trouvaient point :

malgré que plusieurs faux témoins se fussent présentés, ils n’en trouvaient aucun. Enfin il en vint

– 25 –

le judaïsme et le vatican

deux qui dirent :" Cet homme a dit :"je puis détruire le Temple de Dieu et le rebâtir en trois jours". Alors le Grand Prêtre se levant dit à Jésus :" Ne réponds-tu rien à ce que ces hommes déposent contre toi ? Mais Jésus gardait le silence. Et le Grand Prêtre reprit la parole et lui dit " Je t’adjure par le Dieu Vivant de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu ?" Jésus lui répondit :" Tu l’as dit ; de plus je vous le dis, désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel". Alors le Grand prêtre déchira ses vêtements en disant :"Il a blasphémé ! Qu’avons nous encore besoin de témoins ? Vous venez d’entendre son blasphème, que vous en semble ?" Ils répondirent :" Il mérite la mort". (Évangile selon St Matthieu XXVI, 56-66)

St Luc décrit le procès de Jésus comme suit. Jésus est interrogé par le chef des prêtres devant les scribes et les anciens : ils lui demandèrent : "Es-tu le Christ ? Réponds-nous ? Il leur dit alors : "Si je vous le dis, vous ne me croirez pas, et si je vous interroge, vous ne me répondrez pas et vous ne me relâcherez pas. Désormais le Fils de l’homme siégera à la droite de la puissance de Dieu". "Alors, ils dirent tous :"Tu es donc le Fils de Dieu ?" Il leur répondit : "Vous le dites, Je le suis". Et ils dirent : "Qu’avons-nous encore besoin de témoignage ! Nous l’avons entendu de sa bouche". (Luc XXII 6771)

Le récit de St Marc est très semblable à celui de St Matthieu.

Après deux mille ans, la situation l’opposition inflexible entre juifs et chrétiens demeure inchangée.

En conclusion, il n’est sans doute pas déplacé de relater ici un événement étrange survenu récemment, qui met en cause l’avocat Hans Deutsch, membre important et respecté de la communauté juive d’Allemagne. C’est lui qui était intervenu auprès de Paul VI, pour soutenir la thèse de Jules Isaac qui amena le vote du Concile. Le 3 novembre 1964, un coup de tonnerre éclata dans un ciel serein. Hans Deutsch fut arrêté à Bonn et inculpé d’avoir escroqué le gouvernement Allemand.

Quatre jours plus tard, le quotidien Le Monde publiait le compte-rendu suivant :

"ARRESTATION DE HANS DEUSTCH QUI JOUA UN RÔLE IMPORTANT DANS LA DEMANDE D’INDEMNISATION DUE AUX VICTIMES DU NAZISME :

L’arrestation à Bonn du Pr. Hans Deutsch le 3 novembre apparaît avoir suscité une vive réaction à Berne, à Vienne et dans d’autres centres concernés par l’indemnisation

La nouvelle en a été annoncée le 4 novembre

par un porte-parole du Ministère Public de la République Fédérale à Bonn. Le Pr. Deutsch est accusé d’avoir détourné près de 35 millions de DM, et d’avoir incité des tiers à faire de

fausses déclarations. " La personnalité du Pr. Deutsch et les circonstances de son arrestation

jettent une lumière trouble dans une affaire destinée à faire sensation

d’origine autrichienne. Il quitta Vienne après l’Anschluss pour la Palestine, d’où il revint après guerre en Europe. Étant avocat, il entreprit de lutter en faveur de la restitution des biens juifs confisqués par les Allemands, en particulier ceux de la branche autrichienne de la famille Rotschild. Ses revenus professionnels lui permirent d’acquérir une fortune personnelle considérable que d’heureux investissements augmentèrent encore, ce qui lui permit de consacrer des dons importants en faveur du mécénat artistique.

Mr Deutsch est

allemande des victimes juives du Nazisme

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LÉON DE PONCINS

Le professeur avait été reçu en audience par le Pape Paul VI, dont il avait demandé l’aide dans un appel à combattre tous ceux dont les préjugés enveniment les relations entre juifs et chrétiens. Le Pape accepta de donner son soutien à ce projet qui avait été inspiré par l’exemple de Jules Isaac. L’accusation portée contre lui a stupéfié la ville de Vienne, où de nombreux cercles ont exprimé leur sympathie pour Mr Deutsch du fait de ses activités culturelles. D’après certains rapports, le Pr. Deutsch était en Allemagne pour y discuter les moyens d’obtenir un maximum d’indemnités au profit des victimes juives du nazisme ".

Après la publication de l’article du Monde, Paris-Presse de son côté publia deux articles les 8 et 13 novembre, dont voici quelques extraits : "La collection Hatvany l’une des plus

belles collections de peintures en Europe est la cause de la chute de l’avocat juif autrichien,

le Pr. Hans Deutsch, qui est accusé d’avoir abusivement reçu plusieurs millions de DM au

titre des victimes des pillages nazis. L’ancien chef SS., Haupsturmfuhrer Frederick Wilke, reconverti maintenant en fabricant de pantalons à Francfort, l’a rejoint en prison à Bonn. C’est son faux témoignage qui aurait permis à l’avocat de monter l’escroquerie dont il est

accusé. "Le baron Hatvany, "le roi du sucre" en Hongrie, avait rassemblé une collection de huit cents tableaux de maîtres, comprenant des Rembrandts, des Goyas et des Degas. Celle-

ci disparut pendant la guerre. Le baron mourut en 1958, et ses trois filles demandèrent au

Pr. Deutsch d’en obtenir l’indemnisation auprès du Gouvernement de Bonn. Mais on n’avait pas la preuve que cette collection avait été volée par les Nazis. C’est là qu’intervint

Wilke. Il avait affirmé devant la Commission d’enquête que les tableaux avaient été enlevés par le général SS. Pfieffer Wiekdenbruch et emportés en Bavière. Le gouvernement de Bonn ne pouvait donc que payer l’indemnisation. Après de longues discussions, les dommages dus aux héritiers Hatvany furent fixés à 35.000.000 de D M. Deutsch reçut séance tenante la moitié de la somme. Plus tard on découvrit que la collection avait bien été

volée, mais pas par les Nazis, en réalité par les Russes en 1944. Et c’est pourquoi Deutsch avait été arrêté à son arrivée à Bonn la semaine dernière, lorsqu’il était venu toucher le solde des 35 millions de DM. C’est peut-être le plus parfait escroc du siècle. L’affaire Deutsch est maintenant entre les mains des experts enquêteurs. Des chimistes et des graphologues examinent attentivement chaque élément du volumineux dossier que le professeur venait de remettre. " Les premières investigations indiquent que le professeur avait déjà dépensé 20 millions de DM dans la préparation du dossier, car les faux qu’il a produits et les attestations mensongères de témoins sont de véritables chefs d’œuvres". Si nos soupçons s’avèrent correctement fondés", a déclaré un homme de loi très lié au Ministère Public de Bonn, "l’affaire Deutsch aura été l’une des plus gigantesques escroqueries jamais commises en Allemagne. "Pour l’instant Hans Deutsch n’a rien perdu de son assurance : "Toute ma vie, a-t-il déclaré, témoigne pour moi. Mes interventions pour la défense du peuple d’Israël, mes fondations de mécénat littéraire en faveur d’écoles, et ma lutte pour une meilleure compréhension entre juifs et chrétiens, sans compter le reste tout cela n’est pas imaginaire.

Je peux prouver, a-t-il ajouté, que ma vie entière s’est passée au service de grandes causes"

"Mais donnait-il de la main gauche ce qu’il recevait de la main droite ? Mr Hyde était-il associé au Dr Jekyll ou bien le Docteur n’était-il qu’une couverture pour Mr Hyde ?"

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2 ÈME PARTIE

le problème des juifs au cours des âges

"Ce n’est pas par accident que les juifs sont devenus les précurseurs et les producteurs de nombre de révolutions de la pensée et de l’esprit" Lord Sieff, Vice président du Congrès Juif Mondial, dans son article : "Signification de la survie", paru dans le Jewish Chronicle du 22 juillet 1966.

4 – la compexité du problème juif

Dès que l’on aborde l’examen du problème juif, on rencontre une difficulté majeure :

son extrême complexité.

Les juifs ne sont pas seulement les adeptes d’une religion ; en dépit de leur dispersion ils appartiennent à une communauté distincte, dans laquelle les facteurs de race, de religion et de nationalité sont si étroitement imbriqués qu’il est impossible de les démêler.

Mais il faut prendre garde à ne pas se méprendre sur ces termes, car en ce qui concerne les juifs ils véhiculent un sens complètement différent de celui qu’on leur attribue dans le langage courant. Plus précisément, disons que la définition de la race juive ne correspond pas à la définition usuelle du terme race, que celle de la religion juive n’a aucune similitude avec aucune autre religion, et que le concept de nation juive est inapplicable à toute autre nation et sans aucun précédent dans l’histoire du monde.

En outre, les juifs rendent confuses les réalités du problème en adoptant des arguments ambigus, et dans le même temps, de nombreux juifs occupent des positions éminentes et de responsabilité dans les sociétés des nations où ils ont pénétré.

Ceci explique pourquoi les juifs sont obstinément et fanatiquement opposés à une mise en discussion en pleine lumière de la Question juive.

Dans son ouvrage devenu classique The Hapsburg Monarchy, écrit avant la première guerre mondiale, Henry Wickham Steed, une personnalité remarquablement bien informée, examinant ce point écrivait : "Leur idéal semble être le maintien de l’influence juive internationale comme un véritable imperium in imperiis. Leur dissimulation est

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le judaïsme et le vatican

devenue comme une seconde nature, et ils déplorent et combattent obstinément toute tendance à poser franchement à la face du monde la Question juive sur la base de son bilan". (H.W. Steed : The Hapsburg Monarchy, p. 179)

Nous essaierons ici d’esquisser la difficulté et la complexité du problème en nous référant aux auteurs les mieux informés sur la question. " La question juive est universelle et insaisissable. Elle ne peut en vérité s’exprimer en termes de religion, de nationalité, ni de race. Les juifs eux-mêmes semblent destinés à tellement soulever les passions de ceux avec lesquels ils entrent en contact que l’impartialité à leur égard est rare. Quelques juifs même considèrent le simple fait de reconnaître l’existence d’une Question juive comme un aveu d’antisémitisme. "On peut cependant affirmer en toute certitude qu’aucune autre question

ne mérite d’être étudiée plus objectivement

secteurs insoupçonnés de la vie nationale et internationale, et elle influence en bien ou en mal la marche de la civilisation. La principale difficulté est de trouver une base de départ d’où l’approcher, un lieu propice assez élevée pour permettre d’embrasser de la vue ses innombrables ramifications. Est-elle une question de race ou de religion ? C’est les deux et davantage. Est-ce une question d’économie, de finances, de commerce international ? C’est tout cela, et quelque chose de plus. Est-ce que les particularités qui constituent à la fois la force et la faiblesse des juifs sont un résultat de la persécution religieuse, ou bien les juifs ont-ils été persécutés à cause de ces caractères qui les auraient rendus odieux aux peuples qui les avaient accueillis ? C’est le vieux problème : qui de la poule ou des œufs a l’antériorité généalogique." (H.W. Steed, ibid. pp. 145-6)

Plus récemment, le docteur Roudinesco a pu écrire : "La destinée du peuple juif apparaît à l’historien comme un phénomène paradoxal, incroyable et presque incompréhensible. Elle est unique et sans équivalent dans l’histoire de l’humanité". (Dr A. Roudinesco : Le Malheur d’Israël, p.7) " Dans son ensemble, l’histoire du peuple juif est unique et sans exemple dans le monde. Même aujourd’hui, elle est une énigme insoluble pour les sociologues, les philosophes et les historiens. Chaque culture est originale, mais la culture juive, produit de l’histoire juive, est absolument exceptionnelle". (Daniel Pasmanik : Qu’est-ce que le Judaïsme ?, p. 83)

"Le peuple juif, seul parmi les peuples du monde, a subsisté pendant deux mille ans sans une patrie historique, sans un État, sans pays, sans économie normale, sans pouvoir centralisé cœrcitif ; pendant de nombreux siècles il a été ridiculisé par les autres nations, il a souffert sous leurs mains humiliations et persécution, et malgré tout cela il s’est conservé intact. A coup sur, c’est l’une des grandes énigmes qui ne peut s’expliquer que par la thèse du Peuple élu. "Savoir s’il demeurera toujours ainsi, c’est une autre question. Pour notre part, nous sommes convaincus que les valeurs nationales ne peuvent être préservées indéfiniment sans dignité nationale. L’avenir peut seul apporter une réponse décisive à cette question". (Daniel Pasmanik, ibid. p.73) " Le peuple d’Israël a une place particulière dans l’Histoire, car il est en même temps religion et nation, et ces deux facteurs sont absolument inséparables, ce qui n’est le cas d’aucun autre peuple. A l’évidence Israël est une race, mais pas au sens biologique du terme comme le prétendent les racistes, mais dans un sens éthique et historique." (Joshua Jehouda : L’Antisémitisme, miroir du monde, p. 209)

Elle revêt cent formes diverses, touche des

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LÉON DE PONCINS

Dans son livre sur le Judaïsme en Palestine, le R. P. Bonsirven, S.J. insiste sur l’aspect

racial de la religion juive : " Le nationalisme juif

forme d’une religion nationale, ou plus exactement sous la forme d’une religion raciale. Cette expression semble dépourvue de sens, reliant deux termes et concepts rigoureusement opposés l’un à l’autre : le concept de religion, par nature supranational et universel, et celui de nation et de race, qui inclut l’exclusivisme. Tel est le paradoxe fondamental, constitutif, que recèle le Judaïsme ". (R.P. Bonsirven,

existe, ardent et sans compromis, sous la

S.J. : Le Judaïsme palestinien au temps de Jésus-Christ)

Nahum Goldmann, président de l’Organisation Sioniste Mondiale déclara en 1961 :

"Il est tout à fait indésirable de définir le peuple juif comme une communauté de race ou religieuse, ou comme une entité culturelle ou nationale. Son histoire unique a créé un phénomène collectif unique, pour lequel aucun des termes utilisés dans les différentes langues pour décrire les groupes humains n’est applicable. Ce qui compte, c’est ceci : un juif se pense comme une partie intégrante du Judaïsme, quelle que soit la manière dont il puisse décrire le peuple juif." (cité par Rabi, dans Anatomie du Judaïsme français, p. 304)

Finalement, deux écrivains non-juifs, l’un Suisse et indépendant, et l’autre, J. Madaule sympathisant du peuple juif, considèrent ensemble que l’unité du peuple hébreu provient moins d’une idée de race, de nation ou de religion que pour l’essentiel de traditions religieuses communes : "La différence entre le Judaïsme et toute autre religion contemporaine n’est pas une question de degré, c’est une différence d’espèce et de nature fondamentale et paradoxale. Il ne s’agit pas d’une religion nationale mais d’une nationalité religieuse ". (G. Batault : Le Problème juif, p. 69) " Quelle est la nature exacte de la nationalité juive ? D’un coté, on ne peut la désigner comme étant de nature purement religieuse, puisqu’un grand nombre de juifs ne pratiquent plus leur religion et que d’autre part les autres religions ne suscitent aucun attribut de nationalité quel qu’il soit. Mais si la religion et la nationalité étaient aussi parfaitement distinctes chez les juifs que chez les autres, comment alors expliquer leur étrange nationalité sans attache à aucun territoire ? Au contraire des autres, elle repose sur un passé commun, sur des traditions communes qui sont d’origine religieuse." (J. Madaule : Les Juifs et le monde actuel, p. 153)

S’il fallait une preuve supplémentaire de la complexité du problème juif, on la remarquerait dans la difficulté à définir légalement un juif. Obligés d’énoncer une telle définition, ni Hitler, ni le gouvernement de Vichy, ni même le gouvernement israélien n’ont réussi à élaborer une définition claire et satisfaisante.

Selon la Loi du Retour, loi fondamentale du nouvel État juif promulguée à Tel-Aviv en 1948, Israël donna libre accès au pays à tous les juifs de la Diaspora, quelle que fût leur origine. Ceci fait, et aussitôt, ce gouvernement dut travailler à une définition légale quant à qui est, ou n’est pas, un juif. Incapable de trouver une formule légale qui prît en compte les trois facteurs de race, de religion et de nationalité, le gouvernement de Tel-Aviv fut obligé d’avoir recours au critère religieux. Un juif est quelqu’un qui appartient à une communauté de religion juive ou de traditions religieuses juives, et qui n’est pas converti à une autre religion. Mais on n’est pas même obligé d’être croyant : "Le Judaïsme actuel ne s’identifie

pas avec la pratique religieuse. On peut être juif et considéré comme tel

en partageant

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le judaïsme et le vatican

rien moins que la foi juive et notamment le monothéisme juif". (J. Madaule, ibid. p. 107) "La législation d’Israël est donc basée sur l’intolérance religieuse la plus stricte. Effectivement, la conversion à une autre religion, tout particulièrement au Christianisme, exclut automatiquement de la communauté juive. Un juif chrétien ou un juif musulman ne peut pas bénéficier de la Loi du retour sans naturalisation préalable, tout comme n’importe quel autre étranger.

Ceci fut confirmé en décembre 1952 dans un jugement solennel de la Haute Cour d’Israël, lorsqu’elle refusa les pleins droits de la citoyenneté israélienne à un juif converti au Christianisme, le Père Daniel, qui avait longtemps vécu en Israël et qui voulait être considéré comme israélien. En dépit des services reconnus qu’il avait rendu à l’État, le père Daniel ne fut pas dispensé des formalités de la naturalisation applicables en Israël aux non- juifs. En d’autres termes, parce qu’il était chrétien, il n’eut pas droit à bénéficier de la Loi du Retour qu’il avait invoquée". (Jacques Madaule, ibid. pp. 65-66)

C’est exactement comme si un protestant anglais converti au Catholicisme cessait par là d’être anglais.

Dans un article paru dans Aspects de la France du 21 janvier 1965, Xavier Vallat cite un exemple non moins typique : "Peut-être pensez-vous qu’il est facile pour un demi-juif de devenir citoyen israélien. Détrompez-vous. Le cas de Mme Rita Eitani conseillère municipale de Nazareth est instructif. Son père était un juif polonais et fut victime des Nazis. Sa mère était une Allemande catholique, mais qui ne fit pas baptiser sa fille. C’est pour cette raison que le ministre de l’Intérieur, Mr Moshe Shapiro, demanda à Mme Eitani de rendre son passeport israélien, du fait qu’elle n’était pas juive selon les termes de la loi, qui stipule qu’un enfant né d’une mère non-juive n’est pas considéré comme juif, sauf s’il se convertit au Judaïsme.

"Il est étrange qu’Israël applique de façon aussi rigoureuse le mode même de discrimination au sujet duquel il reprocha le Statut civil des juifs en France sous le gouvernement de Vichy comme étant l’abomination de la désolation."

Aussi paradoxal que cela paraisse, Israël, État laïc essentiellement constitué d’athées et de libre-penseurs, est fondé en matière de loi sur des concepts théologiques et des institutions de nature religieuse.

De plus, non seulement l’hébreu, langue sacrée est devenu la langue officielle, tout

comme la Bible a été désignée comme le livre national, mais un grand nombre de pratiques religieuses ont été sauvegardées : "Quand vous voyez un chandelier à sept branches dans un kibboutz du Mapam, autrement dit appartenant à un parti de l’aile gauche socialiste qui professe l’athéisme, on vous dit qu’il s’agit d’un symbole national. Durant le temps pascal, il est impossible en Israël d’obtenir du pain sans levain. C’est comme si, dans un pays où le Catholicisme serait la religion dominante les restaurants ne pouvaient servir que de la viande le vendredi. Mais si par hasard vous allumez une cigarette le jour du sabbat après le repas dans la salle à manger de l’hôtel King David à Jérusalem, le serveur vous invitera

discrètement à l’éteindre de crainte d’offenser quelqu’un dans la salle

autorisés à fumer le jour du sabbat. (J. Madaule : Les Juifs et le Monde actuel, pp. 68-69)

Les juifs ne sont pas

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LÉON DE PONCINS

Pour finir, la Loi du Retour ne reconnaît pas le mariage civil, le divorce civil ni les funérailles civiles. Tout ce qui du point de vue du statut concerne l’individu est du ressort de la législation interne de chaque croyance. État laïque pratiquant l’intolérance religieuse, Israël, qui se prétend aussi une démocratie, est cependant l’un des États les plus consciemment racistes du monde. Les mariages mixtes y sont interdits : "Les mariages mixtes entre juifs et non-juifs ne sont pas possibles dans le nouvel État d’Israël, de par la loi promulguée le 28 août 1953". (F. Lowski : Antisémitisme et mystère d’Israël, p. 116)

Ce en quoi la législation israélienne est la simple ratification de la position du Consistoire rabbinique : "La Conférence des Rabbins européens qui s’est tenue en 1966 en Grande Bretagne adopta la motion suivante : Nous considérons qu’il est de notre solennel devoir de mettre en garde les Communautés et chacun des fils et des filles du peuple juif contre le terrible danger des mariages mixtes, qui détruisent l’intégrité du peuple juif et mettent en pièces la vie familiale". (Rabi : Anatomie du Judaïsme français, pp. 259-60)

Dans l’État d’Israël, la mort elle même n’apporte pas la paix : "L’époux non-juif ne peut pas être enterré dans le cimetière juif aux cotés de sa femme : sauf dans le cas du converti, une place ne peut être donnée ni vendue dans un cimetière juif pour une personne non-juive " "En décembre 1957, Aaron Steinberg, un enfant de sept ans d’immigrés récents, mourut à Pardes Hanna en Israël. Son père était juif, sa mère chrétienne. Suivant la loi rabbinique l’enfant né d’une union exogame prend la religion de sa mère, alors que selon le droit Canon, l’enfant prend la religion du père. Ceci eut pour résultat que les parents se virent refuser à la fois le cimetière catholique et le cimetière juif à Pardess Hanna. Bien qu’il n’y ait que des cimetières religieux en Israël, une petite place fut trouvée, mais à l’extérieur de l’enceinte du cimetière." (Rabi, ibid. pp. 261-75)

C’est le même esprit racial de la Loi du Retour qui en 1948 fit renvoyer 900 000 arabes de Palestine en Jordanie.

Enfin, le procès Eichmann a créé un précédent légal qui risque bien de produire de graves conséquences à long terme.

A la fin de la seconde guerre mondiale, en compensation des dommages causés aux juifs allemands et étrangers, l’Allemagne fut condamnée à payer à l’État d’Israël une indemnité s’élevant (initialement)à 2. 000.000 de DM par an, et ces paiements, qui ont été effectués ponctuellement, ont fourni une contribution considérable au budget d’Israël 1 .

1 NDT : En mars 1965, Le Monde avait signalé qu’à l’expiration de l’accord de réparations conclu entre la République Fédérale et Israël pour les dommages causés aux juifs, le gouvernement de Bonn aura versé un montant total de 336.168 000 £, (soit 4.140 millions de francs français). En plus, Israël aura reçu de l’Allemagne des biens et équipements pour une valeur de 2.880 millions de francs (175.392.000 £). A quoi s’ajoutait encore le paiement par la R.F.A. d’indemnités à titre personnel aux victimes individuelles juives. Ces montants ont été ensuite considérablement réévalués. Et il est instructif d’apprendre à quoi d’éminentes "victimes du Nazisme" ont employé les indemnités compensatrices versées par la R.F.A. : début septembre 1999, l’hebdomadaire Rivarol signala le récent décès d’Ignaz Bubis, le chef de la Communauté juive d’Allemagne, et ses obsèques à Jérusalem qui avaient donné lieu à un incident, un juif ayant par protestation maculé le cercueil du défunt, accusant ce haut responsable de la Communauté juive de spéculation

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le judaïsme et le vatican

En 1960, Adolf Eichmann, citoyen allemand qui s’était réfugié en Argentine, fut kidnappé par des agents secrets israéliens en violation de la législation de ce pays et fut amené à comparaître devant une Cour israélienne pour des crimes commis dans l’exercice de sa charge contre des juifs allemands et étrangers. Il fut condamné à mort et exécuté. En s’octroyant ainsi le doit d’appliquer la loi israélienne à un Allemand, pour des crimes commis en Allemagne et qui relevaient légalement des cours de justice de son pays, l’État d’Israël a créé là un grave précédent.

Comme Mr Raymond Geouffre de la Pradelle, juriste international réputé, l’a exposé dans Le Figaro en juin 1960 : "La poursuite par les Alliés (de criminels de guerre), qui commença dès le lendemain de la fin de la guerre, était basée sur l’Accord de Londres du 8 août 1945 et la Déclaration de Moscou du 30 octobre 1943, à laquelle l’Accord de Londres fait référence. "Le principe alors posé est que les criminels de guerre doivent être renvoyés dans le pays où ils ont commis leurs crimes. En outre, le Statut de Londres du 8 août 1945 a mis en place une Cour Militaire Internationale habilitée à juger les crimes ne relevant pas d’un lieu géographique précis". Le Statut de Londres fut promulgué par les Alliés après qu’ils eurent reçu le pouvoir d’exercer la souveraineté allemande que contenait la reddition inconditionnelle, qui leur fut transmise le 8 mai 1945 par le chef du Gouvernement du Reich, l’amiral Doenitz. "Aucun document international n’autorise l’État d’Israël à juger un citoyen étranger à qui sont imputés des crimes contre l’Humanité et des crimes de guerre,

immobilière éhontée pour avoir consacré les dommages et réparations reçus du Gouvernement Fédéral à acquérir des blocs de maisons à Francfort, à les raser et à construire à la place des immeubles de rapport ainsi

que plusieurs Eros-Centers dont il s’était réservé la propriété de l’un d’eux, source de sa considérable fortune :

nouvel exemple donc de la politique bimillénaire juive de subversion-destruction des sociétés goïm par le vice

et la spéculation

strictement selon le "droit du sang", cela pendant que les lobbies juifs imposent aux États occidentaux d’appliquer le droit du sol en faveur de tout étranger qui a réussi à s’introduire légalement ou clandestinement, qui devient ainsi bénéficiaire, outre du droit du sol en question, de diverses aides des États et dorénavant de la "discrimination positive" imposée par le Droit européen en faveur des minorités ! ! ! Enfin, comme l’ont montré l’affaire Eichmann comme les affaires Pinochet et Papon, les "crimes réputés contre l’Humanité " (en réalité contre les juifs) dont la qualification comme crime ne relève que de la seule appréciation des juifs sont désormais imprescriptibles et les présumés coupables extradables dans le monde entier où qu’ils se soient, cela pendant que les terroristes juifs et les juifs escrocs et criminels inculpés de délits graves dans les pays où ils résident, éventuellement informés de leur risque d’inculpation, peuvent s’enfuir en Israël où ils demeureront à l’abri de toute extradition et poursuite, comme l’affaire Flatto-Sharon et tant d’autres l’ont montré. Tel est l’un des aspects de la situation mondiale depuis 1945. Ainsi les pires vrais criminels contre l’Humanité, comme un Pol-Pot qui dirigea l’assassinat du tiers de la population cambodgienne au titre de "l’idée communiste" (deux à trois millions de personnes) jouissent de la totale protection du Nouvel Ordre Mondial (juif !) en pouvant aller se faire soigner aux USA et en repartir librement, à l’opposé d’un malheureux Pinochet qui sauva son pays du Communisme en le purgeant de quelques centaines de terroristes prêts à tuer. De même, les autorités de la Communauté européenne, kislings des juifs, en cette fin de 1999 poussent des cris d’indignation à l’annonce de la condamnation à mort par la Justice turque du chef terroriste Okalan coupable de trente mille morts turcs, et laissent planer la menace et le chantage que les gouvernants turcs, s’ils font exécuter la sentence, risquent fort un jour d’être inculpés de "crime contre l’humanité" contre Ocalan, tout comme Pinochet et pour la même raison d’élimination de terroristes judéo-communistes, d’où la qualification pour eux seuls du crime !.

Par ailleurs, on a noté plus haut que la nationalité israélienne est attribuée par l’Etat Juif

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LÉON DE PONCINS

lorsque ces crimes ont été commis à l’étranger. D’autant plus qu’à l’époque où ces crimes ont été commis, il n’était pas question que les victimes fussent de nationalité israélienne, puisque l’État d’Israël n’était pas encore créé. " l’État d’Israël est un État souverain. A l’intérieur des limites de la zone sous sa juridiction, Israël s’il le désire peut s’attribuer tout pouvoir juridictionnel qu’il jugera approprié. Mais la loi en question viole les principes généraux de loi et la règle internationale que la compétence de juger des crimes de caractère principalement international est elle-même internationale, puisqu’en l’espèce les faits criminels ayant été commis en Allemagne à une époque où la loi allemande les autorisait, ils ne constituent des crimes qu’en regard de la loi internationale ".

Ainsi, à la fois dans le cas des indemnités payées par le gouvernement de Bonn et dans celui du procès Eichmann, c’est l’État d’Israël qui s’est présenté comme le seul représentant qualifié de la Communauté juive dans le monde et comme l’État souverain de toute la population juive du monde. Rien ne peut illustrer plus clairement l’étroitesse des liens qui relient l’État d’Israël aux juifs de la diaspora, et leur ambiguïté.

Les juifs se sont toujours prétendus des citoyens loyaux des pays où ils résident. Mais comme on vient de le voir par ce qui précède, les indemnités de réparations et le procès Eichmann prouvent au contraire que les juifs restent des étrangers dans les pays qui les reçoivent, et qu’ils se considèrent juridiquement responsables, non pas devant ces pays, mais devant l’État d’Israël.

5 – la loi mosaïque et le talmud

Quand on parle de la religion juive, on pense généralement à la Loi mosaïque (ou Pentateuque) codifiée dans la Torah. Le Christianisme ne peut avoir aucune animosité ni méfiance en regard du Pentateuque, qui est l’un de ses livres sacrés. Il considère seulement que la Loi mosaïque a été transcendée ou dépassée par les préceptes supérieurs de l’Évangile ; entre l’un et l’autre il y a consanguinité et continuité, mais pas d’opposition fondamentale. "Bien que les rouleaux de la Torah aient été souvent foulés aux pieds par des foules hurlantes vandalisant les synagogues ou brûlés avec les synagogues elles mêmes, de tels actes ne furent jamais autorisés par l’Église, ni la Torah jamais condamnée officiellement. Si le Judaïsme fut insulté comme étant un blasphème, si des juifs furent tués comme incroyants, la Torah en elle-même fut considérée avec respect, car c’était la Loi de Dieu. Comme le dit un Pape :"Nous respectons et honorons la Loi, car elle fut donnée à nos pères par le Dieu Tout Puissant, par l’intermédiaire de Moïse. Mais nous condamnons votre religion et votre fausse interprétation de la Loi". (M. I. Dimont, Les Juifs, Dieu et l’Histoire, p. 240)

Mais si certains juifs sont restés encore fidèles à la tradition et à la Torah, la majorité d’entre eux l’a depuis longtemps abandonnée en faveur du Talmud, qui est une collection de commentaires de la Loi produits par les pharisiens et les rabbins entre le second et le cinquième siècle après le Christ. Beaucoup sont devenus complètement agnostiques. Écoutons ce que Wickham Steed et aussi d’éminents penseurs juifs ont à dire sur cette

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le judaïsme et le vatican

question : "Les Sadducéens luttèrent pendant des siècles contre la tendance à enfermer le Judaïsme dans un corset isolant de préceptes et de commentaires, mais la chute de Jérusalem décida définitivement en faveur des pharisiens, qui multiplièrent alors tellement les commentaires de la Loi qu’une codification devint indispensable. Un code dénommé Mishna (doctrine) fut élaboré. De génération en génération, les commentaires de la Mishna s’accrurent à leur tour jusqu’à ce que leur volume devint ingérable. Là encore une codification devint indispensable. Vers le milieu du cinquième siècle après le Christ, un code de la Mishna fut réalisé en Palestine et un second vers la fin du même siècle à Babylone. Les deux furent appelés "Talmud"(c’est à dire recherche ou investigation). Mais si le Talmud Palestinien ne joua qu’un rôle insignifiant dans la vie ultérieure des juifs, le Talmud Babylonien fut, lui, considéré comme un trésor national. Il est resté "Le Livre" pour les juifs orthodoxes. Il remplace la Torah comme étant la fontaine de toute sagesse et le guide de la vie quotidienne dans tous ses détails. Le Talmud, en dépit de son caractère de commentaire d’autres commentaires à propos d’une Loi d’origine incertaine, n’a pas seulement préservé la Nation Juive, mais l’a rendue imbue d’un esprit pharisien, et l’a séparée, peut-être pour toujours, du courant principal de la culture humaine". (H. W. Steed : The Hapsburg Monarchy, p. 164-5)

Bernard Lazare confirme cette analyse : "On peut dire que le pur Mosaïsme, purifié et agrandi par Isaïe, Jérémie et Ezéchiel, élargi et généralisé par les Judéo-hellénistes aurait amené Israël au Christianisme, s’il n’y avait pas eu l’Esraïsme, le Pharisaïsme et le Talmudisme qui retinrent la masse des juifs dans les liens de la stricte observance et les

"Comme on ne pouvait proscrire Le Livre, on le diminua, on

le rendit tributaire du Talmud ; les docteurs déclarèrent : " la Loi est de l’eau, la Mishna est

étroites pratiques rituelles

du vin", et la lecture de la Bible fut considérée moins profitable, moins utile au salut que "

(Bernard Lazare : L’Antisémitisme, p. 17) "Ce n’est qu’après tout cela

que les rabbins triomphèrent enfin. Ils étaient arrivés à leur but. Ils avaient retranché Israël de la communauté des peuples ; ils en avaient fait un solitaire farouche ; rebelle à toute loi, hostile à toute fraternité, fermé à toute idée belle, noble ou généreuse ; ils en avaient fait une nation misérable et petite, aigrie par l’isolement, abêtie par une éducation étroite, démoralisée et corrompue par un injustifiable orgueil. "Avec cette transformation de l’esprit juif, avec la victoire des docteurs sectaires, coïncide le commencement des persécutions officielles. Jusqu’à cette époque, il n’y avait guère eu que des explosions locales de haine, mais non des vexations systématiques. Avec le triomphe des Rabbinites, on voit naître les ghettos ; les expulsions et les massacres commencent. Les juifs veulent vivre à part ; on se sépare d’eux. Ils détestent l’esprit des nations parmi lesquelles ils vivent : les nations les chassent. Ils brûlent le Moré on brûle leur Talmud, et on les brûle eux mêmes". (Bernard

celle de la Mischna

Lazare, p. 18-19)

Dans son livre Le Malheur d’Israël, le docteur A. Roudinesco montre que le Judaïsme des Prophètes, d’esprit universel, devait aboutir au Christianisme, et que celui de la Loi fondé sur le Talmud devait dévier et finalement s’en séparer : "L’orthodoxie moderne n’est pas la religion de la Bible et des prophètes. C’est une religion post-biblique ou talmudique, construite par les pharisiens et les docteurs de la Loi entre le second et le cinquième siècle

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LÉON DE PONCINS

après Jésus-Christ, pour préserver la petite minorité de juifs qui n’avaient pas suivi le Christ et consommer la rupture définitive d’avec le Christianisme triomphant. "Le Judaïsme universel, messianique des Prophètes se termina avec Jésus et conquit le monde sous sa forme chrétienne. "Le Judaïsme légal et national retint son Dieu de manière exclusive dans sa communauté élue, pour laquelle le Judaïsme avait lutté pour la préserver des dangers toujours menaçants. Il repose sur une interprétation des textes bibliques selon des traditions orales non révélées, appelées Mischna, Gemara, Halaka et Hagada. Cette collection, connue sous l’appellation de Talmud, fut d’abord imaginée à Jérusalem à la fin du second siècle et ensuite complétée à Babylone durant le cinquième siècle. Les deux Talmuds consistent en onze volumes in-octavo représentant vingt fois la taille de la Bible ". (Dr A. Roudinesco, Le Malheur d’Israël, pp. 114-115) "Cette collection imposante de travaux rabbiniques a élevé un rempart de lois autour du Judaïsme et l’a marqué de la rigidité et de l’immobilisme qui le distinguent encore aujourd’hui. "C’est là, dans sa religion, que l’on doit rechercher tous les éléments qui sont spécifiquement juifs. Issue de ces pratiques rigides et particulières, sa religion isole le juif et lui confère le caractère de former une sorte de colonie étrangère, unique en son genre, vivant au milieu des autres nations. Malgré l’hétérogénéité qui prévaut, l’auto-éducation et l’absence de tout prosélytisme ont finalement créé une sorte de type ethnique par un processus de sélection. "Contrastant avec la religion révélée par Abraham et légiférée par Moïse reposant sur un Dieu national, se dresse la religion des Prophètes inspirée par un Dieu universel, juste et bon. Avec les Prophètes, l’idée de moralité pénètre et s’incorpore à leur religion. Nécessairement le Dieu national était égoïste ; il était sans pitié " car il châtiait les péchés des pères sur leurs enfants et encore sur les enfants de leurs enfants jusqu’à la quatrième génération " (Exode XXXIV, 7). Il ordonna à Moïse et Josué de détruire sans pitié les autres peuples et de ne pas chercher à les convertir. Avec les prophètes apparaît pour la première fois dans l’histoire de l’humanité l’idée de fraternité universelle." (Dr A. Roudinesco, p. 125-6) "A partir de l’année 725 avant notre ère, Isaïe, Amos, Osée, Michée, le Deutéro-Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel créèrent une nouvelle religion d’une élévation spirituelle et morale inconnue avant eux. C’est grâce à eux que Yahvé devint un Dieu universel ; et c’est aussi grâce à eux qu’Israël garda le culte du Dieu unique. Ils sauvèrent à la fois le Judaïsme et le monothéisme. Il faut lire les Prophètes pour découvrir jusqu’à quel point le peuple juif était allé loin dans l’idolâtrie. Ce peuple incirconcis dans son cœur et à la nuque raide retournait à ses idoles comme le chien à ses vomissements. Ce n’est pas sans raison que la mémoire des multiples veaux d’or a survécu à travers les âges. Les leaders en donnèrent l’exemple : Salomon, en dépit de sa sagesse proverbiale, adora Astarté et Milcom et édifia un temple à Chamosh et à Moloch en face de Jérusalem (Rois XI, 5). C’est Jéroboam qui le premier éleva des veaux d’or, cinq cents ans après celui d’Aaron ; et Tertullien dit que les juifs ne pratiquaient la circoncision que pour réprimer leur tendance à l’idolâtrie et pour faire se ressouvenir du vrai Dieu. Les faux dieux du roi Manassé étaient adorés dans le Temple même, qui était devenu un véritable Panthéon. Sans les prophètes, la foi en Yahvé aurait peut-être bien sombré". (Dr A. Roudinesco, p. 126-127)

La substitution du Talmud à la Torah eut deux conséquences, qui n’ont jamais cessé de peser lourdement sur les destinées du peuple juif à travers les siècles.

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le judaïsme et le vatican

La première est qu’elle exacerba l’exclusivisme religieux juif, qui se développa dès lors de plus en plus sous une forme nationale et politique, comme F. Fejtö le montre très clairement dans son ouvrage Dieu et son juif" : "Vous êtes avant tout le peuple jaloux. Voilà

"C’est vous qui

avez demandé à Dieu de ne pas s’occuper des autres peuples, de répudier tous ses autres enfants. "Tout ou rien fut votre devise, mais ce n’était pas la sienne. Enfants tyranniques,

vous vouliez l’avoir pour vous seuls. Au prétexte de faire de lui votre seul Seigneur, votre seul Maître, votre seul Roi, vous avez sans cesse travaillé à le rabaisser de plus en plus à votre niveau pour le dominer, en faire l’esclave et l’instrument de votre expansion nationale

Pour le

dire très simplement, vous vouliez être comme lui, vous substituer à lui, prendre sa place. Pas moins ! "L’idée de partager Dieu avec d’autres vous était inadmissible. Tout aussi insupportable vous était l’idée de votre inégalité, de votre infériorité par rapport à lui. Pourquoi devrait-il tout avoir et vous rien ? Pourquoi devrait-il être, lui, tout puissant, et vous impuissants ? Pourquoi peut-il vous prendre tout ce qui vous appartient s’il lui plaît :

épouses, mère, sœurs, filles, troupeaux, terres, et vous ne pouvoir que vous incliner devant

l’expression de sa volonté ? C’est injuste, vous écriez-vous. Ce n’est pas une alliance entre

"Et alors surgit dans

égaux, c’est de l’esclavage. Ce n’est pas un contrat, c’est une dictature

"Rien ne pouvait être moins généreux et plus possessif que votre amour de Dieu

votre loyauté et en même temps votre déloyauté, voilà votre malédiction

votre âme, depuis les profondeurs de la conscience collective, la zone où nul homme n’ose s’aventurer la nuit venue, ce rêve monstrueux, inavouable, de le faire disparaître d’une manière ou d’une autre et de vous substituer à lui, d’être Dieu. "Vous n’avez pas été longs à

vous transformer d’Adam en Caïn et à tuer Abel le meilleur d’entre vous, celui dont

l’offrande avait été acceptée

les juifs persistent obstinément à s’emparer de ce Dieu pour leur usage, et d’exclure tout les "

autres de l’Alliance

Bernard Lazare n’est pas moins explicite : "Sans la Loi, sans Israël pour la pratiquer, le monde ne serait pas, Dieu le ferait rentrer au néant ; et le monde ne connaîtra le bonheur que lorsqu’il sera soumis à l’empire universel de cette Loi, c’est à dire à l’empire des juifs. Par conséquent, le peuple juif est le peuple choisi par Dieu comme le dépositaire de ses

"Tout en proclamant l’existence d’un seul Dieu de l’univers,

(F. Fetjö : Dieu et son Juif, pp. 104-109)

volontés

; il est le seul peuple avec qui la Divinité ait fait un pacte ; il est l’élu du

Seigneur

" Israël est placé sous l’œil même de Jéhovah ; il est le fils préféré de l’Éternel,

celui qui a seul droit à son amour, à sa bienveillance, à sa protection spéciale ; et les autres sont placés au dessous des Hébreux ; ils n’ont droit que par pitié à la munificence divine,

puisque seules les âmes des juifs descendent du premier homme. Les biens qui sont délégués aux nations appartiennent en réalité à Israël. "Cette foi en leur prédestination, à leur élection, développa chez les juifs un immense orgueil. Ils en vinrent à regarder les non-juifs avec mépris et souvent avec haine, quand il se mêla à ces raisons théologiques des raisons patriotiques." (Bernard Lazare : L’Antisémitisme, pp. 13-14)

La deuxième conséquence du passage de la Torah au Talmud est tout aussi importante : contrairement à une opinion qui fausse complètement l’éclairage du problème des relations entre Judaïsme et Christianisme, les deux croyances depuis cette date ne reposent plus sur un même livre. C’est pourquoi ils sont devenus de plus en plus étrangers l’un à l’autre. "Le Christianisme ne peut pas être appelé "une petite secte juive qui a eu du

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succès", comme les rabbins le prétendent. Le Christianisme dans toute sa pureté et sa grandeur a accompli le Judaïsme et, en le dénationalisant, l’a rendu universel et humain conformément aux souhaits des Prophètes. Jésus, l’homme de Dieu, incomparable et sans égal, aurait pu être accepté comme le Messie en accord avec l’eschatologie et le messianisme d’Israël. Est-ce aux juifs de se plaindre si les chrétiens ont reconnu Dieu lui-même en ce fils d’Israël ? Pendant deux mille ans le Judaïsme avait contenu en esprit la semence du Christianisme. Déjà les prophéties avaient donné le signe d’un Christianisme en gestation. La naissance de l’enfant n’était plus qu’une question de temps. Ayant rejeté son propre rejeton, le Judaïsme se replia sur lui même, dans un isolement morose, fier et stérile. Il abandonna tout prosélytisme, et se posa comme la religion nationale d’une petite fraction du peuple juif. "Aussi paradoxal que cela puisse paraître à la fois aux chrétiens et aux juifs, c’est dans le Christianisme que la vraie religion d’Israël s’est réalisée. "Le juif moderne pratique une religion qui est postérieure à la contribution évangélique, établie par les docteurs de la Loi sur une Bible interprétée à la veille de la Révélation. Alors que le Judaïsme des Prophètes s’était enrichi du message de Jésus, le Judaïsme des rabbins sombra dans le Talmud. (Dr A. Roudinesco, Le Malheur d’Israël, p.140)

"Le Judaïsme de la Diaspora, le Judaïsme hellénique comme on l’appelait, qui représentait les neuf-dixièmes des juifs de l’Empire, libéré de la contrainte de la circoncision, dénationalisé, ouvert d’esprit et réceptif, disparut au cours du cinquième siècle environ, probablement par fusion avec le Christianisme. Étant éloigné de Jérusalem, il ne fut pas sérieusement affecté par les catastrophes des années 70 et 113. Une fois disparue la foi officielle de Jérusalem, les juifs de Palestine considérèrent les juifs de la Dispersion comme suspects au plan de la stricte orthodoxie. La rupture entre le Judaïsme de la Diaspora et le Judaïsme rabbinique fut l’œuvre des scribes, des docteurs de la Loi et des pharisiens. Dès le deuxième siècle, les rabbins de Babylone et ceux de Galilée élaborèrent un code religieux, politique et social connu sous le nom de Talmud. Ce livre réglait la vie des israélites dans un esprit différent de celui des Prophètes et de la Bible. "Si de sérieuses

divergences avaient existé entre l’Ancien et le Nouveau testament, les chrétiens n’auraient pas gardé les deux textes l’un à la suite de l’autre. Ayant refusé l’Évangile, les rabbins furent obligés de réinterpréter le texte de la vieille Bible. Ils firent ce travail au moyen de traditions orales plus ou moins homogènes avec les anciens textes : ce fut la Mishna et la Ghemara. Le résultat de cette compilation a été une nouvelle Bible ; l’ancienne demeure avec les chrétiens. Le Talmud est constitué de onze épais volumes. Ce livre pernicieux et en grande partie inintelligible, triste naufrage du Judaïsme des Prophètes, n’enrichit pas l’esprit humain (Salomon Reinach). Le but du Talmud était de préserver ce qui restait d’Israël d’une absorption par la Chrétienté… L’ancien trésor spirituel des Prophètes avait été

"Alors même qu’Origène, Clément d’Alexandrie, St Jérôme

et St Augustin enrichissaient le Christianisme, le Judaïsme s’appauvrissait par le Talmud.

abandonné par les Rabbinites

"Avoir imposé les idéaux du Talmud à la nouvelle branche du Judaïsme a été la calamité du peuple juif jusqu’à ce jour." (Dr A. Roudinesco, ibid. pp. 25-26)

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le judaïsme et le vatican

6 – les marranes

L’appartenance à l’Église catholique ne repose pas sur la race : c’est seulement une question de foi religieuse. Aux yeux de l’Église, un juif converti est un chrétien qui partage la totalité des privilèges de l’appartenance à l’Église. "Le baptême confère l’appartenance à la communauté chrétienne sans restriction d’aucune sorte. La conversion des juifs non seulement était souhaitée, mais elle était activement recherchée. Une fois convertis, ils étaient reçus avec joie ; la conversion mettait fin à toute ségrégation. Aujourd’hui en revanche, le juif n’est plus ni désiré ni recherché ; l’antisémitisme national et racial est beaucoup plus discriminatoire." (Dr A. Roudinesco : Le Malheur d’Israël, pp. 42-43)

"Ayant reconnu dans chaque nation certaines caractéristiques fermement définies, le nationalisme moderne a refusé de considérer les juifs sous tout autre éclairage que celui d’un étranger dans le pays, un cosmopolite apatride. Aucune distinction n’est faite entre le juif assimilé et le juif conscient de ses traditions nationales. L’antisémitisme moderne est plus illogique que celui du Moyen-âge qui reposait sur des objections religieuses indiscutables, et non sur des hypothèses sans preuves et des idées nébuleuses. "Et le juif est d’autant plus rejeté en tant qu’étranger que le nationalisme recèle la haine des étrangers." (Dr A. Roudinesco, ibid. p. 76)

L’attitude chrétienne à l’époque médiévale est bien résumée dans cet appel aux juifs de l’évêque de Clermont-Ferrand, St Avit, que nous reproduisons ci dessous : "Restez avec nous et vivez comme nous, ou bien partez aussi vite que possible. Rendez-nous cette terre sur laquelle vous êtes des étrangers ; épargnez-nous votre présence ici, ou bien si vous voulez rester, partagez notre foi". (F Lovsky : Antisémitisme et Mystère d’Israël, p 182)

Les juifs qui ne voulurent pas partir et qui obstinément résistèrent à la conversion répliquèrent par le recours aux méthodes clandestines qui entraînèrent une grande amertume et un profond malaise. La pratique du marranisme, qui se développa beaucoup en Espagne, envenima durablement les relations entre juifs et non-juifs.

Massoutié, un auteur qui a consacré deux ouvrages très intéressants à l’étude de ce problème juif, fait cette remarque : "Le Judaïsme a réagi aux autres religions de bien des manières différentes, mais sa réaction la plus extraordinaire est sans aucun doute ce que l’on peut appeler le phénomène de marranisme. Voici ce que Werner Sombart a cru devoir écrire à ce sujet (p. 385) : "L’augmentation soudaine du nombre de conversions prétendues de juifs, au paganisme, à la religion islamique ou au Christianisme est un phénomène si extraordinaire, un événement si unique dans l’histoire de l’humanité que l’on ne peut manquer d’en être stupéfait et abasourdi chaque fois qu’on l’étudie ".

(L. Massoutié : Judaïsme et Hitlérisme, pp. 97-99) " Les marranes étaient des juifs espagnols en apparence convertis au Christianisme. Ce fut à partir de 1391, et, d’après Graetz, à la suite de persécutions religieuses, que de nombreux juifs d’Espagne décidèrent d’adopter la Foi catholique. Il n’y avait rien de nouveau dans cette démarche ; car, longtemps avant eux, leurs ancêtres de la dispersion avaient déjà eu recours à la même ruse pour échapper à la persécution religieuse ou pour des motifs de simple avantage matériel ". (L Massoutié, ibid., pp. 97-99) " Quoi qu’il en fût, les marranes tout en pratiquant

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LÉON DE PONCINS

ostensiblement le Catholicisme continuèrent à suivre en secret les rites du Judaïsme auquel ils étaient restés profondément attachés. Le peuple espagnol ne se laissa pas duper quant à la sincérité des croyances religieuses des nouveaux chrétiens. Avec de bonnes raisons, les Espagnols se méfiaient et les appelaient Marranos, ce qui signifie "maudits, damnés " ou en langage populaire " cochons ". Un aspect extraordinaire de cette situation, que j’avoue ne pas arriver à comprendre, est que les marranes ne se contentèrent pas de se soumettre avec zèle à l’autorité de l’Église : ils allèrent beaucoup plus loin et poursuivirent leur feinte jusqu’aux extrêmes limites. C’est ainsi que beaucoup d’entre eux, tant des hommes que des femmes, n’hésitèrent pas à entrer dans les ordres religieux ce que rien ne les obligeait à faire et devinrent moines et nonnes. Bien plus, des marranes devinrent prêtres et même évêques. Si des historiens juifs eux mêmes ne l’avaient révélé, nous pourrions difficilement le croire.

"On comprend alors la colère du peuple espagnol lorsqu’on le découvrit : c’est à la suite de cette découverte que l’Inquisition espagnole fut organisée." (L. Massoutié, ibid. pp. 100-101) "La lutte entre l’Inquisition et les marranes dura dans l’ombre plusieurs siècles, une bataille sans équivalent et sans exemple, nous dit Graetz, au cours de laquelle toutes les techniques de tromperie et d’obstination dans le dessein furent employées pour faire face à la cruauté des accusateurs." (L. Massoutié, ibid. pp. 103-105)

Le Protestantisme eut aussi ses marranes. Des juifs en secret furent également nombreux au XVII ème siècle parmi les réfugiés protestants au moment de la révocation de l’Edit de Nantes, dit Werner Sombart. En Allemagne par exemple, on peut compter comme marrane protestant le célèbre poète Henri Heine. Aussi étonnant que cela paraisse, c’est en tant que tels que Graetz évoque Heine et son coreligionnaire Louis Boerne, tous deux convertis au protestantisme. Voici une citation d’un passage de son "Histoire des Juifs " ou "Geschichte der Juden ", volume XI, p. 368, qui fut omis dans la traduction française de Moïse Bloch : "Ils n’avaient divorcé du Judaïsme que superficiellement, comme des combattants qui revêtent l’armure et les couleurs de leur ennemi, afin de l’abattre et de le détruire plus commodément. Que penser d’un tel comportement de la part de l’auteur sensible d’Intermezzo et de l’écrivain plein de gaieté des Reisebilder". (L. Massoutié, ibid. pp. 103-105) "Dans un passage de son Histoire des Juifs, Graetz parle des marranes espagnols et portugais qui, derrière le masque du Christianisme et sous l’habit du moine, chérissaient jalousement la flamme sacrée de leur religion ancestrale et minaient dans le même temps les fondements de la puissante monarchie catholique. "S’il n’est que raisonnable pour un juif de ne pas abandonner sa religion et de préserver la foi de sa race et de ses ancêtres en secret, tout en se comportant comme un citoyen loyal dans sa terre d’adoption, il est incompréhensible qu’il prenne avantage de sa citoyenneté française ou allemande par exemple pour miner les institutions et les coutumes de sa nouvelle patrie, en d’autres termes pour tout bouleverser. Si le juif moderne entreprenait de faire au niveau national ce que firent les anciens marranes en matière de religion, cela conduirait Israël à des désastres sans nombre. Les nations modernes irritées d’un tel comportement plongeraient dans un

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le judaïsme et le vatican

antisémitisme sauvage, et il s’élèverait automatiquement une Inquisition nouvelle, de nature à coup sur différente, mais peut-être beaucoup plus terrible que celle de Torquemada 2

" A mon avis, si Israël veut éviter les pires catastrophes, il est de son intérêt d’agir à découvert. Malheureusement, la dissimulation lui est une seconde nature, ce que même les auteurs les plus pro-Sémites comme Anatole Leroy-Beaulieu se trouvent forcés d’admettre." (L. Massoutié, ibid. pp. 114-115)

7 – l’assimilation

L’attitude moderne officielle en Occident à l’égard des juifs repose sur l’assertion qu’ils sont des citoyens loyaux des pays dans lesquels ils vivent, et qu’ils s’assimilent complètement à leur entourage. Un juif allemand, français ou anglais est considéré comme un Allemand, un Français ou un Anglais de religion israélite. Mais en réalité le juif ne s’assimile pas, ou sinon très lentement et avec de grandes difficultés. Tous les spécialistes qui ont étudié cet aspect du problème, qu’ils soient juifs ou pas, sont unanimes sur ce point, du moins lorsqu’ils sont de bonne foi, car l’attitude des leaders du Judaïsme est pleine d’ambiguïté. D’un côté, ils demandent pour leur propre peuple les pleins droits de la citoyenneté, mais en même temps ils font tous leurs efforts pour préserver leurs traits spécifiques et l’intégrité juive.

Le vrai principe d’assimilation et son corollaire les mariages mixtes sont tenus pour également suspects dans les deux camps. Beaucoup d’occidentaux sont farouchement opposés au métissage par introduction de sang juif dans leur race.

La conclusion de Wickham Steed et celle du rabbin Alfred Nossig ne sont pas faites pour calmer les appréhensions : "Que les juifs aient une remarquable aptitude à s’adapter extérieurement à leur environnement est incontestable, mais il reste à voir si, avec toute leur souplesse et leur tenace volonté tendue vers son objet immédiat, ils sont capables de s’adapter à l’intérieur d’eux-mêmes. L’expérience et l’observation, maintenant sur plus de vingt et un ans, en France, en Allemagne, en Italie et en Autriche-Hongrie, m’inclinent à répondre à cette question par la négative. (H.W. Steed : The Hapsburg Monarchy, p.170) " L’intensité du caractère de la race juive est telle que les tendances morales juives persisteront pendant des générations dans les familles non-juives dans lesquelles du sang juif s’est un jour mêlé. Ce caractère pourra être productif de beauté et de génie, tout comme il pourra aussi apporter le dérangement mental, si courant dans les familles juives de la meilleure classe." (H.W. Steed, ibid. p. 168)

Le rabbin Nossig, d’accord avec cette opinion, écrivit : "On peut parler d’une

les plus petites gouttes de sang juif influencent

les caractères spirituel des familles pour des générations." (A. Nossig : Integrales Judentum)

judaïsation biologique du monde civilisé

2 NDT : Cette réflexion nous laisse aujourd’hui rêveurs

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LÉON DE PONCINS

L’écrivain juif américain Ludwig Lewisohn est, s’il est possible, encore plus précis :

"Vint la Révolution française, et graduellement, très graduellement et sporadiquement, les portes du ghetto s’ouvrirent. Le mépris, la servitude, les lois restrictives, les taxes spéciales restèrent. La citoyenneté ne fut pas accordée aux juifs d’Angleterre avant 1832, et aux juifs d’Allemagne avant 1847. Mais ce geste et d’autres semblables ailleurs, avant ou après ces dates, plus ou moins sincères, furent censés être à même d’oblitérer l’existence historique, la conscience de soi et l’expérience d’un peuple qui avait existé en tant que peuple depuis trois millénaires. "C’était l’erreur des gentils ; c’est l’erreur du malheureux assimilationniste. Lui et les gentils semi-bienveillants sont trompés par le caractère unique de la nation juive. La nation s’identifie avec un territoire, des armées, un pouvoir.

L’existence ininterrompue des juifs depuis la captivité de Babylone jusqu’à la Révolution française, sur une période d’environ deux mille trois cents ans, prouve qu’il existe une nation sans les attributs classiques de la nation. " Comme tous les autres peuples, les Anglais, les Allemands, les Français, les Juifs sont un mélange de races. De même que le sang celte, saxon, latin et pré-aryen, ou encore, selon un autre mode de différenciation, le nordique, l’alpin et le méditerranéen se retrouvent dans ces mêmes peuples, les juifs au cours de leur histoire formidablement longue ont subi le mélange des races. Le processus historique prime la question de races et modèle les peuples par des forces qui échappent à notre connaissance. Les juifs diffèrent entre eux aussi franchement qu’un Allemand du Tyrol d’un habitant du Schleswig, qu’un Provencal d’un Normand, un Créole d’un natif du Vermont. Ils restent juifs, de même que ceux-ci, malgré leurs différences de types et de

contrées, demeurent des Allemands, des Français ou des Américains. Une tendance profonde et permanente vers une norme extérieure ou intérieure, un type, un assemblage de caractères, subsiste. Partout où cette évidente réalité n’est pas enrayée artificiellement, elle est plus puissante que jamais. Les derniers marranes subsistant en Espagne, ouvertement espagnols et catholiques pendant plus de plus de quatre siècle, ont fait une demande auprès du Grand Rabbinat de Jérusalem en vue d’une réintégration officielle au sein du peuple

juif

dans la chaîne éternelle de la causalité

juive ni lire un livre juif, mais dans le caractère essentiel de toutes ses passions aussi bien

que de toutes ses actions, il reste juif

est impossible. Elle est impossible parce que le juif ne peut changer son caractère national ;

il ne peut pas, même s’il le désire, s’abandonner lui-même, pas plus qu’aucun autre peuple

ne peut le faire

se tourner ? Il est juif. Il demeure un juif. La majorité a découvert le fait, comme elle le fait toujours, tôt ou tard. Il le découvre aussi. Les gentils et les juifs s’aperçoivent qu’il n’y a pas

d’issue. Tous les deux crurent à une issue. Il n’y en a aucune. Aucune ibid. p. 41)

Aussi, plus récemment le Dr Roudinesco écrit-il : "La lutte contre l’antisémitisme devrait être encouragée au niveau religieux. Mais le monde est-il encore assez chrétien pour entendre un tel message ? Le sentiment religieux s’est maintenu dans un certains nombre de pays comme l’Espagne, l’Irlande, le Canada et l’Italie par exemple, où il n’y a que peu de juifs. Malheureusement le problème juif a depuis longtemps dépassé la sphère religieuse, et

(Ludwig Lewisohn : Israël, pp. 33-35) "L’assimilation serait le miracle, la rupture

notre

juif assimilé peut ne jamais avoir une pensée

(Ludwig Lewisohn, ibid. p.36 ) " Non, l’assimilation

(Ludwig Lewisohn, ibid. p. 38-39) " Que doit-il faire ? Vers quoi doit-il

(Ludwig Lewisohn,

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le judaïsme et le vatican

l’antisémitisme nationaliste et raciste repose sur des fondements bien plus difficiles à ébranler. Là encore, l’union au niveau religieux est vue avec une très grande suspicion par la Synagogue, qui craint toujours les conversions." (Dr A. Roudinesco, Le Malheur d’Israël, p. 190) " L’émancipation légale et l’assimilation ont échoué. Les juifs allemands furent les plus assimilés parmi les juifs du monde, et ce fut pourtant en Allemagne que la furie antisémite se porta aux extrêmes. "Le problème de l’assimilation est un problème complexe. Est-elle même possible ou compatible avec le maintien d’une religion et d’une tradition dont le caractère est à la fois national et séparatiste ? Les opinions varient beaucoup là dessus parmi les juifs eux-mêmes. Il y a finalement certains cas qui défient toute classification. L’assimilation n’a pas désarmé l’antisémitisme. Les juifs assimilés sont encore moins tolérés que les autres. C’est l’échec total de l’assimilation qui a ouvert la voie au Sionisme." (Dr A. Roudinesco, ibid., p. 191)

En Russie soviétique, l’assimilation a complètement échoué, malgré l’intense propagande émise par les partis d’extrême-gauche que seul le marxisme pouvait fournir une solution définitive au problème de l’antisémitisme dans le monde. Ceci avait été affirmé, entre autres par Jean-Paul Sartre, dans un ouvrage d’une indicible médiocrité intitulé "Réflexions sur la Question Juive" où il écrivit : "L’antisémitisme est une représentation mythique bourgeoise de la lutte des classes ; dans une société sans classes il ne pourrait pas exister. Il n’y a pas de place pour lui dans une société dont les membres sont tous interdépendants, puisqu’ils sont tous engagés dans la même entreprise. Il présente un certain lien mystique entre l’homme et ses " biens", qui est un produit du système actuel de propriété. Aussi, dans une société sans classes fondée sur la propriété collective des instruments de travail, l’homme libéré des tromperies de ce monde sera capable de se dévouer à sa tâche qui est de faire naître le règne de l’humanité, et l’antisémitisme n’aura plus aucun sens, il sera coupé de ses racines". (Jean-Paul Sartre, op. cit., pp. 183-84)

En réalité il ne s’est rien passé de tel comme Fejtö le reconnaît dans son ouvrage "Les Juifs et l’Antisémitisme dans les Pays Communistes ", où il publie la lettre suivante envoyée par un juif de Moscou à un journal de New-York, à propos du Festival de Moscou : "La théorie que plaident ceux qui croient en l’assimilation (des gens qui sont, soit des fous, soit malhonnêtes), théorie selon laquelle les vieilles traditions juives sont mortes et enterrées et les juifs se sont complètement mélangés avec les Russes au plus grand bénéfice des deux parties et donc n’ont plus besoin de leur culture propre, a explosé comme un ballon

surgonflé, bien qu’en vérité personne ne douta jamais qu’il s’agissait d’une proposition douteuse. " Les juifs sont-ils satisfaits de la culture russe dont ils peuvent jouir librement et à volonté ? Aujourd’hui, sans crainte d’un démenti, on peut répondre : Non. Les aspirations à l’art juif, à la musique juive et à la langue juive n’ont pas été étouffées par vingt années d’assimilation forcée. Ce besoin se manifeste par le désir de voir et d’entendre la délégation israélienne, de recevoir un petit souvenir d’Israël, une fleur, un emblème, un

" Si vous demandez à un juif quelles seront les

conséquences du festival, nul doute qu’il ne vous réponde que des représailles sont prévisibles, même si l’on reste incertain de la forme qu’elle prendront. Ils tremblent à la pensée de faire des imprudences, et cependant les juifs se rassemblent partout où les

ticket, un paquet de cigarettes

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LÉON DE PONCINS

concerts sont prévus, attirés par une force qui surgit de tout cœur humain ; c’est l’appel de leur propre culture. (F. Fejtö, ibid. p. 225)

Lors d’une conférence de Fejtö à Bruxelles sur le sujet en 1958, une jeune dans l’assistance se leva et déclara : "L’assimilation ou en d’autres termes l’intégration dans la communauté socialiste sur la base de l’égalité parfaite devient de plus en plus difficile sinon même impossible. L’assimilation est un échec ; dès le départ c’était un objectif impossible à réaliser ; le communisme ne devait pas être plus capable de l’imposer que le libéralisme

bourgeois ; le seul salut des juifs réside en Israël, dans le retour à la tradition judaïque, dans

la Terre Promise, dans la reconstruction de la " nation 3 (F. Fejtö, ibid. p. 253)

Cet échec est d’autant plus remarquable que le régime soviétique tient son succès initial de révolutionnaires internationaux juifs ; et que les leaders juifs ont été les maîtres de la Russie jusqu’à ce que Staline et ses successeurs les aient éliminés des positions clés qu’ils détenaient.

Une fatalité aussi inexorable qu’une tunique de Nessus semble coller au peuple hébreux : maîtres dans l’art de la révolution, du soulèvement et de la destruction,, ils sont impuissants à créer.

Elie Faure dépeint ce trait de manière frappante : "La mission historique des juifs a été clairement définie, peut-être à jamais. Ils seront le facteur principal de toutes les époques apocalyptiques, comme ce fut le cas à la fin du monde antique, et comme ce l’est à l’époque du monde chrétien où nous vivons. A ces instants, les juifs seront toujours à l’avant-plan, à la fois pour détruire le vieil édifice et pour marquer le terrain et les matériaux de la nouvelle structure qui doit le remplacer. C’est ce dynamisme qui est la marque de leur grandeur et, doit-on peut-être aussi l’admettre, de leur visible impuissance. " Le juif détruit toutes les anciennes illusions, et lorsqu’il prend plus qu’un autre une part majeure à établir la nouvelle illusion par exemple comme un St Paul dans le passé ou aujourd’hui un Karl Marx précisément à cause de son éternelle soif de vérité qui survit toujours aux résultats des batailles politiques ou religieuses, il a pour destin d’introduire le ver qui la taraudera elle- même à son tour. Le patriarche qui dans l’Antiquité accepta de guider la conscience humaine vers la Terre promise à travers les pâles étendues du savoir n’est pas prêt à déposer son formidable fardeau." (Elie Faure : La Question Juive vue par vingt-six éminentes personnalités, p. 97)

Dans un autre passage ; cet érudit juif émet cette conclusion : "Malgré des raisons d’espérer qu’il a accumulées en silence, le juif pourrait-il être regardé autrement que comme un destructeur ; armé du doute corrosif qu’Israël a toujours opposé à l’idéalisme sentimental de l’Europe depuis l’époque des Grecs ?" (Elie Faure, ibid. p. 91)

Le Sionisme serait-il alors la solution ?

3 NDT : Le judéo-maçon Fejtö se livre là à une opération type de désinformation : ce que le communisme juif a tenté en URSS, ce fut la déchristianisation complète et la déculturation des Russes, et non l’assimilation des juifs, qui n’a jamais eu lieu !

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le judaïsme et le vatican

Non, répond le Dr Roudinesco : "Le refuge national de Palestine ne résoud pas le problème juif. Il représente en réalité un nouveau danger pour le Judaïsme. Il est un cruel désappointement à l’idéalisme des juifs libéraux qui, depuis Moses Mendelssohn, ont fait de

si nombreuses tentatives d’assimilation, de même que pour tous les juifs qui ont versé leur sang sur les champs de bataille, en témoignage loyal à leurs patries d’adoption. " Après avoir lutté contre le nationalisme et le racisme, les juifs se proclament en Israël une nation et une race à part. Le Sionisme triomphant renforce ainsi tout ce que le nationalisme moderne et l’antisémitisme raciste ont édifié au siècle dernier. C’est la plus grande erreur commise par le Judaïsme depuis le refus du Christ. Dès lors, tout juif sera crédité d’un pays dans lequel il pourra être renvoyé sans pouvoir élever la moindre protestation valide. Affirmer que la Terre Sainte est leur vraie patrie est d’autant plus illogique que, comme le montre l’Histoire, c’est à peine si un juif sur dix peut prétendre descendre de juifs palestiniens, et que depuis les âges les plus lointains, la Terre Promise n’a abrité qu’une petite fraction de la population juive du monde. S’il n’avait été question que d’une patrie spirituelle, Jérusalem aurait pu représenter pour le croyant ce que le Vatican de Rome représente pour les catholiques. " Le gouvernement israélien s’est constitué le protecteur des juifs du monde entier. Il attaqua la légation de Tchécoslovaquie lors du procès Slanski. Il manifesta devant

les bâtiments des Américains en faveur des Rosenberg

citoyens juifs vivant hors de ses étroites frontières sans les avoir consultés et même contre leur volonté. Il pratique une politique de discrimination raciale à l’encontre des 150.000 Arabes vivant en Israël, assignés à résider dans une zone spéciale contrairement aux stipulations de la Déclaration Balfour qui avait posé que les droits des communautés non- juives vivant en Palestine ne devaient en aucune façon être violés. " La solution sioniste ne résoud aucune des difficultés du problème juif ; il inflige une énorme blessure au Judaïsme de la dispersion, et il apporte de l’eau au moulin de l’antisémitisme" (Dr A. Roudinesco, Le Malheur d’Israël, pp. 182-185) "L’avenir du petit État (juif) de Palestine nous laisse interdit. Tout historien sait que la Terre Sainte est le point le plus névralgique du globe. Ce fut là que survinrent les pires drames de l’humanité. Tous les empires se sont battus entre eux pour les Lieux saints. La Croix et le Croissant s’y sont affrontés pendant des siècles. Les croisés y vinrent et y laissèrent leurs ossements, et seuls les marchands vénitiens en tirèrent un avantage. Les plus grandes puissances du monde ont les yeux sur cette bande de terre, dans laquelle convergent les routes commerciales et stratégiques les plus importantes du monde au milieu des champs pétrolifères les plus chaudement disputés." (Dr A. Roudinesco, ibid. p. 185) " La question juive ne se borne pas à être d’ordre moral, c’est un problème social et politique aux répercussions infinies. L’affaire Dreyfus déchira et affaiblit la France. Sans l’antisémitisme, Hitler n’aurait pas triomphé en Allemagne, et la seconde guerre mondiale qui a coûté la vie à soixante millions d’hommes aurait pu être évitée. " Contre toute attente, l’émancipation légale, l’assimilation et le sang juif répandu sur les champs de bataille se sont avérés inefficaces. L’antisémitisme a persisté et s’est intensifié. "La destinée d’Israël demeure scellée dans le malheur." (Dr A. Roudinesco, ibid., p.177)

Il affirme ses droits sur tous les

En pratique, et malgré de nobles professions de foi démocratique, l’assimilation tombe dans des difficultés pratiquement insurmontables. Mais en plus, les leaders spirituels du

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LÉON DE PONCINS

Judaïsme mondial s’opposent furieusement à tout type d’essai d’assimilation quel qu’il soit :

intégration nationale, mariages mixtes, conversion

C’est pourquoi dans son livre "Qu’est-ce que le Judaïsme ", le Dr Pasmanik écrivit :

"On doit choisir entre la vie et la mort. La mort, c’est l’assimilation consciente, systématique et délibérée. Mais un peuple entier ne se décidera jamais à proclamer la mort comme son objectif vital. Tout spécialement quand il sait que ses valeurs nationales ont préservé sa vitalité ". (Dr Pasmanik, op cit. p. 97)

Dans une étude récente sur l’antisémitisme, Joshua Jehouda est également catégorique : "L’assimilation a mené au suicide collectif d’Israël. Elle a fait du peuple juif, pour employer l’expression d’André Spire, une poussière d’individus, indubitablement destinée à s’évanouir, même sans les coups massifs de l’antisémitisme. Si le Sionisme politique qui est apparu en réaction de l’antisémitisme n’avait pas réveillé la vieille nostalgie messianique d’Israël, le Judaïsme émancipé aurait disparu dans l’anonymat parmi les peuples. Une fois encore, le messianisme que le peuple juif véhicule dans son cœur l’a sauvé d’un désastre total. L’assimilation est le processus graduel qui détache les juifs du patrimoine spirituel d’Israël. Elle provient d’une fausse interprétation de la Révolution française, qui donna aux juifs la dignité humaine sans abolir l’ostracisme vis à vis de la doctrine religieuse du Judaïsme." (Jehouda, Antisémitisme, miroir du monde, p. 255)

Ajoutons encore ceci : "La Conférence des Rabbins européens qui s’est tenue en 1960 en Grande Bretagne a approuvé la motion suivante : "Nous considérons qu’il est de notre solennel devoir d’avertir nos Communautés et chacun des fils et des filles du peuple juif du terrible danger des mariages mixtes qui détruisent l’intégrité du peuple juif et font éclater la vie familiale juive". (cité par Rabi dans Anatomie du Judaïsme français, pp. 259-60)

Ce refus de l’assimilation s’étend à tous les détails de la vie quotidienne, comme l’a dit Jacques Madaule, le président des Amitiés Judéo-Chrétiennes Internationales : "Un juif peut adopter le vêtement et la langue du peuple parmi lequel il est dispersé, mais seulement à la condition qu’il demeure juif dans son cœur et ne renonce pas aux mystérieuses particularités qui les distinguent des autres hommes". (J. Madaule : Les Juifs et le monde actuel, p. 23)

En mars 1964, le Dr Goldmann, président de l’Organisation Sioniste Mondiale attira lui aussi l’attention des délégués du congrès de son organisation sur les dangers de l’assimilation.

En témoignait l’article suivant d’André Scemama paru dans Le Monde :"Jérusalem le 17 mars. Lundi, le Dr Nahum Goldmann a fait son premier discours à Jérusalem en qualité de citoyen d’Israël. On remarquera que l’homme qui pendant des années a présidé aux destinées du mouvement Sioniste mondial venait la semaine précédente d’acquérir la nationalité israélienne comme un quelconque immigrant, en atterrissant à l’aéroport de Tel-Aviv. Lundi, il a ouvert la première session du Comité d’Action Sioniste, la sous- commission de l’Organisation Sioniste Mondiale. Il insista une fois encore sur le fait que le plus grave danger qui menaçait le peuple juif en tant que tel aujourd’hui n’était plus, ni l’antisémitisme ni la discrimination économique, mais le libéralisme de notre époque qui

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le judaïsme et le vatican

permet aux juifs de s’assimiler au milieu dans lequel ils vivent. "Depuis que nous avons quitté les ghettos et les mellah, l’assimilation est un danger immense" a déclaré le Dr Goldmann

En décembre 1964, se tint de nouveau à Jérusalem un Congrès de l’Organisation Sioniste Mondiale, le vingt-sixième. Cette fois encore, le Dr Goldmann mit en garde l’auditoire contre les dangers de l’assimilation. Voici quelques extraits de l’article que lui consacrait André Scemama l’envoyé spécial du Monde :"Jérusalem, le 31 décembre. L’Organisation Sioniste mondiale qui a donné naissance à l’État d’Israël tient actuellement son vingt-sixième Congrès à Jérusalem ; cinq cent quarante délégués représentants les

Fédérations Sionistes de trente et un pays s’y sont rassemblés. "

demi de juifs vivant en Israël, environ treize millions sont dispersés dans les diverses

Le côté étrange de cette réunion est que 350 des

540 délégués sont des Sionistes qui n’ont pas voulu vivre en Israël. "

leaders sionistes n’est plus comme avant d’attirer en Israël les juifs de la Dispersion, mais de

préserver l’existence de leur personnalité juive qui risque de s’évanouir dans le confort d’un exil considéré comme trop libéral. Dans son discours d’ouverture, le Dr Nahum Goldmann, président de l’Organisation Sioniste Mondiale, a évoqué le danger en ces termes : "Nous vivons à une époque où beaucoup des nôtres, les jeunes en particulier, sont menacés par un processus de désintégration, non pas sous l’influence d’une théorie ou d’une idéologie délibérée, mais par leur vie quotidienne et le manque d’une foi capable de maintenir vivante leur conscience juive et d’informer chacun de ce pourquoi il doit rester juif. Si ce processus n’est pas stoppé, il représentera un danger plus grand pour la pérennité de l’existence juive que la persécution, l’Inquisition, les pogroms et l’extermination ne l’ont été dans le passé". (Le Monde, 1er janvier 1965) 4

communautés à travers le monde ". "

Face aux deux millions et

Le réel souci des

8 – un état dans l’état

Par leur refus de se convertir, et ne pouvant réellement pas s’assimiler ou ne le voulant pas, les juifs, considérés globalement où qu’ils vivent en tant que minorité dans le cœur des nations, constituent un État dans l’État, un "véritable Imperium in imperiis" comme Wickham Steed l’a décrit dans The Hapsburg Monarchy (p.179), et cela même lorsqu’ils jouissent de tous les droits de la citoyenneté : "Ce n’est pas d’aujourd’hui seulement, mais depuis le début de leur existence que les Juifs ont été considérés comme un corps étranger, une épine dans la chair de l’humanité. Au cours de milliers d’années, il a été aussi impossible de les éliminer par les méthodes brutales que de les assimiler par la gentillesse". (Mémorandum de la Commission théologique de l’Œuvre Évangélique Suisse, octobre 1938,

4 N.D.T. : Rien n’a changé trente-cinq ans après : Laure Amoyal, présidente de l’Union Européenne des Étudiants juifs, présentant la prochaine Université d’été de son organisation dans Actualité Juive du 10 juin 1999 (citée par l’hebdomadaire Rivarol du 18 juin), écrivait que l’U.E.E.J. "souhaite devenir une organisation leader dans le combat contre l’assimilation"

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LÉON DE PONCINS

cité par Jules Isaac dans Genèse de l’Antisémitisme, p. 29) "Les juifs de la Diaspora, bien que dispersés sur trois continents et dans trois civilisations, ne représentèrent qu’un seul peuple, lié par une religion, une langue et une loi. Ils s’étaient organisés comme un "État dans les États" avec la permission des divers gouvernements gentils des pays où ils vivaient." (Max I. Dimont : Les Juifs, Dieu et l’Histoire,p 262)

Par conséquent, incapable de s’enraciner, Israël vit au milieu des peuples comme un étranger, et le Judaïsme qu’il professe le sépare du monde par sa religion, son nationalisme et ses traditions : "Ainsi, du fait de son propre nationalisme, le Judaïsme se coupe lui-même du monde extérieur. Il crée automatiquement sa propre culture et son ghetto ethnique. C’est bien pourquoi il est impossible d’être juif et citoyen d’une autre nation en même temps. On ne peut pas prier " l’an prochain à Jérusalem" et cependant rester à Londres ou ailleurs". (A. Koestler cité par J. Jehouda, in L’Antisémitisme, Miroir du Monde, p. 268)

Nous allons donner trois exemples concrets tirés de points d’histoire très différents, montrant la détermination des juifs à vivre à part parmi les nations : Ouvrons d’abord la Bible au Livre d’Esther. La scène a lieu au Vème siècle avant Jésus-Christ. Au chapitre XIII, 4 -5, on lit la lettre envoyée par le roi Artaxerxes (Assuérus) à tous ses gouverneurs de

provinces :

Amam " m’a dit qu’il y a un peuple disséminé dans le monde entier qui

refuse toutes les lois et agit contre les coutumes de toutes les nations, méprisant en permanence les ordres des rois, et qui viole dans son opposition la concorde de toutes les nations"

Dans son livre Antisémitisme et Mystère d’Israël, F. Lovski cite le même passage d’après la Bible de Jérusalem : "Amam nous dénonça comme un peuple rebelle, répandu parmi toutes les tribus du monde, en opposition à toutes les nations en raison de nos lois, et méprisant constamment les ordres royaux jusqu’à devenir un obstacle au gouvernement

pour lequel il était responsable à la satisfaction générale ". Et il poursuit, toujours d’après la Bible : "Considérant que le dit peuple, unique en son genre, est partout en conflit avec le reste de l’humanité, qu’il diffère du reste du monde par un système de lois étrangères, qu’il est hostile à nos intérêts, et commet les pires crimes jusqu’au point de menacer la stabilité de notre royaume ; pour toutes ces raisons nous ordonnons que toutes ces personnes (juives

) soient exterminées radicalement

puissent de ce fait être assurées " (Livre d’Esther, XIII 4-7) "Inutile de faire de longs

la stabilité et la tranquillité de l’État

Et

afin que

commentaires ajoute Lovsky , n’avons-nous pas entendu des paroles semblables et lu les mêmes explications il y a moins de vingt ans ". (F. Lovsky, op. cit., p. 97)

Avançons de mille ans dans l’Histoire jusqu’aux temps mérovingiens. St Avit évêque de Clermont-Ferrand dit aux juifs : "Demeurez avec nous et vivez comme nous, ou bien partez aussi vite que possible. Rendez-nous nos terres dans lesquelles vous êtres des étrangers ; libérez-nous de votre contact, ou bien si vous restez ici, partagez notre foi." (F. Lovsky, ibid. p. 182)

Faisons un nouveau bond de mille cinq cents ans jusqu’à la Russie soviétique. La patrie de l’internationalisme marxiste, à la naissance de laquelle la race juive joua un rôle si important : la Russie soviétique elle-même ne peut tolérer cette forme de particularisme nationaliste qui camoufle en réalité un internationalisme rival, réclamant d’échapper aux

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le judaïsme et le vatican

lois soviétiques : "L’État totalitaire est particulièrement "allergique" à tout lien international ou toute pensée de ce type échappant à son contrôle. C’est pourquoi les leaders soviétiques estiment absolument inadmissible que les juifs de l’URSS, qu’ils soient assimilés ou non, se sentent unis avec les juifs étrangers, et que ces juifs étrangers croient avoir le droit de demander des explications au gouvernement soviétique sur la manière dont leurs coreligionnaires soviétiques sont traités.

"Les deux principales causes de la politique anti-juive depuis Staline n’ont pas été éliminées : "Primo il y a toujours une tendance à considérer le juif comme un nationaliste étranger dans toutes les républiques qui constituent l’Union soviétique tout en feignant de croire qu’il a été assimilé. "Et en second lieu, une atmosphère de suspicion entoure les juifs soviétiques, tout spécialement du fait de leurs liens affectifs avec Israël et le reste du Judaïsme mondial". (F. Fejtö : Les Juifs et l’Antisémitisme, pp. 31 et 263)

Si l’on peut se baser sur ce qu’affirme Fejtö, et ses remarques se fondent sur diverses évidences publiées dans l’ouvrage cité, on réalise que bien que la Constitution soviétique ne soit pas explicitement antisémite, dans la pratique l’URSS applique aux juifs un statut qui tend de plus en plus à ressembler à celui que les monarchies chrétiennes avaient habituellement imposé en Europe, avec cependant cette différence que la discrimination était alors presque exclusivement religieuse, et qu’elle est dorénavant à la fois raciale, culturelle et nationale : raciale, par le fait de la désignation "Juif" apposée sur le passeport et la carte d’identité des individus ; culturelle par le fait que certaines des universités sont fermées aux juifs, et nationale en vertu du fait qu’il est difficile aux juifs d’obtenir de hauts postes de responsabilité. 5

Parallèlement à cette discrimination, il existe une tension croissante en Russie et dans les pays satellites entre la population autochtone et les juifs, qui y sont considérés comme des étrangers.

L’intégration a donc jusqu’ici complètement échoué dans la mère patrie du Socialisme ; les juifs refusent de s’assimiler, et ils ne se sont pas installés dans le Birobidjan,

5 NDT : Fetjö a été trompé ou cherche à tromper : en URSS et dans les satellites, la mention "juif" sur le

passeport signifiait précisément "citoyen de la race supérieure", bénéficiant de droits et priorités déniés aux non-juifs. Ces derniers n’avaient que le droit de travailler. En outre, il affirme impudemment une chose démentie par les faits, et il est surprenant que L. de Poncins s’y soit laissé prendre. Avec Staline, juif lui-même comme l’indiquait son nom Djougashvili, originaire de Djou, île abri de juifs au large de l’Iran, Staline entouré de juifs et marié à une juive, les juifs possédaient la haute main sur le pouvoir et la haute administration, le Parti et l’Armée soviétique, qu’ils gardent toujours aujourd’hui, ayant organisé eux-mêmes au début des années 90 la théâtrale "disparition du Communisme", ou transfert aux personnalités juives du régime de la propriété directe du pouvoir et des richesses nationales, en conservant la main sur l’appareil d’Etat, les membres des Chambres élues, les nouvelles structures économiques, banques et grandes entreprises

et bien entendu les médias ! ! ! "L’antijudaisme" de Staline ne fut qu’une querelle entre juifs. Voir les

privées

listes des ministres et hautes personnalités juives soviétiques d’après guerre dans le livre "Plot against the Church" de Maurice Pinay (version française "2000 ans de Complots contre l’Eglise"). Le malheureux peuple russe réduit à la misère n’est pas dupe, d’où le profond antisémitisme latent. La réalité du mal de vivre juif est plus simple : les juifs se sentent mal partout, même en Israël lorsqu’ils y sont ! C’est pourquoi ils en émigrent.

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LÉON DE PONCINS

la province de Mongolie du Nord que leur avait offert Lénine. D’autre part, la Russie soviétique ne semble pas vouloir leur permettre d’émigrer en Israël, que les juifs s’accordent de plus en plus à accepter comme leur patrie culturelle.

Ainsi sur une période de deux mille cinq cents ans, sous différentes races, différentes coutumes, différentes attitudes et différentes religions, sous le paganisme perse, sous le Catholicisme du Moyen-âge, comme sous l’État totalitaire antichrétien du vingtième siècle, le Problème Juif demeure à ce jour identique dans sa forme, depuis le début de la dispersion d’Israël parmi les nations.

Étranger parmi les peuples, résistant à la conversion et à l’assimilation, constituant un État dans l’État, le juif infatigablement s’applique à judaïser les nations.

Dans son livre Les Juifs et le monde actuel, Jacques Madaule montre que Luther au début de la Réforme commença par défendre les juifs, mais qu’il ne fut pas long à changer d’attitude à leur égard, car dit-il : "Ce n’était pas les juifs qui devenaient protestants, mais les protestants qui se judaïsaient". (J. Madaule, p. 171)

Karl Marx va même plus loin et explique : " Le juif s’émancipa à la manière juive, non seulement en se rendant maîtres du marché de l’argent, mais parce que, à cause de lui et par lui, l’argent est devenu une puissance mondiale et que l’esprit pratique juif a été adopté par les peuples chrétiens. Les juifs se sont libérés en proportion et au fur et à mesure que les chrétiens sont devenus juifs.

C’est ainsi qu’ils contribuèrent considérablement à faire de l’argent le moyen, la mesure et la fin de toute l’activité humaine". (Marx, cité par Salluste dans : Les origines secrètes du Bolchevisme, p. 285)

Pour Alfred Nossig, les juifs ont une mission historique à remplir : " La Communauté juive est davantage qu’un peuple au sens politique et moderne du terme. Elle est la

La

conception de nos ancêtres était, non pas de fonder un groupe humain, mais un ordre

mondial destiné à guider l’humanité

Gesta naturae per Judeos, c’est la formule de notre

dépositaire d’une mission historique mondiale, je dirais même une mission cosmique

histoire. Et l’heure approche de son accomplissement." (A. Nossig : Integrales Judentum, pp. 1-5 )

Par ailleurs Elie Faure sur le même sujet a écrit : " Il faut qu’ils aient raison tôt ou tard, envers et contre tous les hommes. Tard s’il le faut, et dans l’ombre et le silence, pourvu que le triomphe, un triomphe insatiable, soit au bout. Tard ?, n’importe ! A la fin extrême des temps." (Elie Faure : La Question Juive, p.82)

les

Max I. Dimont conclut son ouvrage Les Juifs, Dieu et l’Histoire en ces termes : "

deux tiers du monde civilisé sont déjà gouvernés par les idées de juifs Moïse, Jésus, Paul, Spinoza, Marx, Freud, Enstein". (op. cit. p. 419)

Nous ferons seulement la distinction qu’ils ont eux niée et continuent à nier quant au Christ, d’avec Marx, Freud et Einstein.

Le juif, bien souvent, ne retient que l’aspect purement temporel des promesses de l’Alliance et des Prophètes, aspect qui a formé son éducation, même s’il est agnostique, et

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le judaïsme et le vatican

qui l’encourage à poursuivre la jouissance immédiate du bonheur terrestre. C’est pourquoi l’Église a appelé "charnel" le caractère d’Israël, opposé au caractère spirituel du Christianisme. Cette interprétation quasi-exclusivement charnelle de l’Alliance dressa la Synagogue contre l’Église depuis le début. "Les plus anciennes formes du Judaïsme ne savent rien de l’autre monde. C’est pourquoi le bonheur comme le malheur ne peuvent être que de ce monde-ci. Lorsque Dieu désire punir ou récompenser, c’est durant le cours de la vie de l’homme qu’Il doit le faire. Le juste par conséquent est prospère ici-bas, et ici-bas le mauvais souffre sa peine". (Werner Sombart : Le Juif et le Capitalisme moderne, pp. 214- 215) " L’idéal du monothéisme hébreux est le bonheur des hommes sur cette terre. La Bible ne parle jamais de vie future, et l’on sait combien peu de valeur les héros d’Homère attachaient à l’Hadès. Dans les deux cas, il s’agit de réaliser le bonheur sur terre : pour le "

premier par la justice et la fraternité ; pour les second par la beauté et la liberté

Pasmanik : Qu’est-ce que le Judaïsme, pp. 18-29) " L’au-delà n’existe pas en tant que tel " nous dit Elie Faure." Quoi qu’on ait pu dire, Israël n’a jamais cru en l’au-delà, sauf juste à son déclin, et peut être aussi au sein du Cabbalisme ésotérique réservé à quelques initiés. Israël y pensa-t-il même jamais ? Tout est naturel dans le monde, Dieu compris, qui devient finalement l’Esprit. Le pacte d’Alliance est un contrat bilatéral, absolument précis et positif. Si le juif obéit, le monde deviendra son empire. C’est d’ailleurs sa manière d’agir. Il prête à gros intérêts. Israël est farouchement réaliste. C’est ici-bas qu’il veut une récompense pour ceux qui mènent une vie bonne et la punition pour ceux qui suivent des voies mauvaises. Aucun de ses grands prophètes ne diverge sur ce point. Elie, Isaïe, Jérémie et Ezéchiel réclament avec colère la Justice de Dieu sur la terre, et si elle ne descend pas, c’est que l’homme ne le mérite pas. Il fallut de la part de St Paul un véritable tour de prestidigitation pour la reporter après la mort". (Elie Faure : La Question Juive, pp. 83-84) "La philosophie

ayant devant lui un certain nombre d’années qui lui étaient allouées, il

voulait en profiter, et il demandait, non pas une récompense morale, mais des plaisirs matériels pour embellir et rendre confortable son existence. Comme il n’y avait pas de paradis, il ne pouvait escompter que des faveurs tangibles de Dieu en retour de sa fidélité et

de sa piété ; non pas de vagues promesses, bonnes pour ceux qui cherchent l’au-delà, mais "

des résultats tangibles produisant un surcroît de fortune et de bien-être L’Antisémitisme, pp. 278-79)

Convaincu d’être le peuple élu destiné à posséder le monde entier comme un empire où implanter son idéal de vie, le peuple juif rêve d’un règne terrestre, dans lequel les juifs dirigeront la vie sociale, économique et politique des nations. Et pendant que le Christianisme dispense son message spirituel universel à tous les peuples, tout en respectant leurs traditions légitimes, le Judaïsme cherche à s’imposer comme la seule norme et à réduire le monde aux valeurs juives, comme l’a si bien montré Georges Batault dans le texte suivant : "Essentiellement inadaptés, et dans une certaine mesure inadaptables dans la nation à laquelle ils appartiennent légalement, les juifs tendent instinctivement et fatalement à réformer et à transformer les institutions nationales, de manière à se les adapter aussi parfaitement que possible à eux-mêmes et aux fins qu’ils poursuivent ; des fins d’abord pratiques, mais ensuite et surtout messianiques. L’objectif impérial final, nonobstant les essais et échecs, demeure encore et toujours le triomphe d’Israël et son règne sur un monde

(Bernard Lazare :

du juif était simple

(Dr

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LÉON DE PONCINS

soumis et pacifié : c’est la prophétie d’Isaïe interprétée à la lettre

innée pour tout ce qui tend à désintégrer et dissoudre les sociétés traditionnelles, les nations et les pays. "Les juifs ont un amour et un sens de l’humanité, comprise comme un agrégat d’individus abstraits et aussi semblables entre eux que possible, délivrés de la routine de la tradition et libérés des " chaînes" du passé, nus et déracinés, disponibles alors comme matériaux humains pour les entreprises des grands architectes du futur, qui construiront enfin, sur les principes de la Raison et de la Justice, la Cité messianique sur laquelle Israël régnera. "La puissance des juifs est en proportion inverse de celle des États qui les reçoivent, et c’est pourquoi instinctivement ils travaillent à ruiner la puissance de l’État, jusqu’à ce qu’ils arrivent à le rendre esclave et le dominer." (Georges Batault : Israël contre les Nations,

"Ils ont une sympathie

pp. 107-109 et 75)

Le messianisme juif qui se prétend d’esprit universel, n’est en fait, montre Batault, qu’une forme déguisée d’impérialisme : "L’universalisme se confond ici d’une manière absolue avec l’impérialisme : l’idéal qu’on propose c’est le panisraélisme, le panjudaïsme. Dans ce sens, on pourrait soutenir que le pangermanisme, par exemple, qui visait à soumettre le monde " pour son plus grand bien ", aux idéaux de la Kultur, est lui-aussi une doctrine à tendance universaliste. Mais cet universalisme-là, je le répète, c’est purement et simplement un impérialisme politique, social et religieux." (Georges Batault : Le Problème Juif, p. 133)

Pour bien s’en assurer, continue Batault, il suffit de suivre le guide de la description des temps messianiques selon le Deutéro-Isaïe, par Isidore Loeb : "Les nations se réuniront pour aller porter leurs hommages au peuple de Dieu : toute la fortune des nations passera au peuple juif, elles marcheront derrière le peuple juif dans les chaînes comme des captifs et se prosterneront devant lui ; leurs rois élèveront ses fils, et leurs princesses seront les nourrices de ses enfants. Les juifs commanderont aux nations ; ils convoqueront des peuples qu’ils ne connaissent même pas, et les peuples qui ne les connaissent pas accourront vers eux. Les richesses de la mer et la fortune des nations viendront d’elles mêmes aux juifs. Le "

littérature des pauvres dans la Bible ; pp. 219-20) "Quant au résultat final de la révolution

peuple et le royaume qui ne serviront pas Israël seront détruits

(Isidore Loeb : La

messianique, ce sera toujours le même : Dieu renversera les nations et les rois et fera triompher Israël et son Roi : les nations se convertiront au Judaïsme et obéiront à la Loi, ou bien elles seront détruites, et les juifs seront les maîtres du monde. " Le rêve internationaliste du juif est l’unification du monde par la loi juive sous la direction et la

domination du peuple sacerdotal

Loeb, comme MM. Darmesteter, Salomon Reinach ou Bernard Lazare et tant d’autres de considérer cette conception comme celle de la fraternité universelle." (G. Batault : Le

Problème Juif, pp. 133-35)

Imbus de ce rôle messianique, ils sont néanmoins incapables d’imposer leur volonté ouvertement sur les vieilles nations chrétiennes. On ne peut les ranger avec les chevaliers de la chevalerie médiévale, avec les Du Guesclin, Saint Louis, Saint François d’Assise ou Richard Cœur-de-Lion. Pourtant dans certains domaines, ils possèdent d’exceptionnelles qualités et capacités, comme le montre ce passage remarquable : "Leur impitoyable puissance d’analyse dit Elie Faure et leur irrésistible sarcasme ont agi comme du vitriol. "De

un impérialisme généralisé. Cela n’empêche pas M.

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le judaïsme et le vatican

Maïmonides à Charlie Chaplin, la trace est facile à suivre, bien que la circulation de l’esprit juif soit, pour ainsi dire, éthérée, et que sa puissance de désintégration n’a été perçue

qu’après son passage

tous sens à l’intérieur de nous-mêmes de prodigieuses avenues, qui ont renversé les cloisons de l’édifice classique gréco-latin et catholique, au sein duquel le doute ardent de l’âme juive avait attendu cinq ou six siècles le moment opportun pour cette démolition. "Car il est un fait remarquable : c’est semble-t-il son rôle d’agent de scepticisme, qui a le premier émergé du complet silence qui enveloppait l’action de l’esprit juif au Moyen-âge, un silence que vinrent rompre quelques voix à partir de la Renaissance et que couvre aujourd’hui un puissant tumulte. Perdus dans les profondeurs de la masse des sociétés chrétiennes occidentales, qu’auraient donc pu faire d’autre les juifs, réduits en outre au silence pendant quinze siècles, sinon nier dans les limites et au sein de la hiérarchie imposée par ces sociétés nier le Christianisme par Montaigne, le cartésianisme par Spinoza, le capitalisme par Marx, le newtonisme par Einstein, et si l’on veut le kantisme par Freud dans l’attente que de cette négation même apparaisse petit à petit un nouvel édifice profondément marqué par un intellect depuis toujours formé à détourner le surnaturel de l’horizon de l’homme, et à rechercher, parmi les ruines de la moralité et de l’immoralité, les matériaux et les moyens d’un nouveau spiritualisme ? Malgré les raisons d’espoir qu’il accumula en silence, le juif pouvait-il être considéré autrement que comme un destructeur, armé du doute corrosif avec lequel Israël s’est toujours opposé à l’idéalisme sentimental de l’Europe depuis l’époque des Grecs ?

" Freud, Einstein, Marcel Proust et Charlie Chaplin ont ouvert en

En vérité, ils ont tout mis en question à nouveau : métaphysique, psychologie, "

(Elie Faure : La Question Juive, p. 90) " La mission

historique du juif a été clairement définie, peut-être pour tous les temps. Il sera le facteur principal de toute époque apocalyptique, comme il le fut à la fin de l’ancien monde et comme il l’est aujourd’hui, en la fin du monde chrétien que nous vivons. A ces moments là, les juifs seront toujours à l’avant-plan, à la fois pour ruiner le vieil édifice et pour marquer le terrain et les matériaux de la nouvelle structure qui doit le remplacer. C’est cette qualité dynamique qui est la marque de leur extraordinaire grandeur et, peut-être aussi comme on doit l’admettre, de leur visible impuissance. "Le juif détruit toutes les illusions anciennes, et, s’il prend comme St Paul primitivement, ou Karl Marx aujourd’hui une part plus grande que tout autre à la construction de la nouvelle illusion, précisément en raison de son éternelle soif de vérité qui survit à l’issue de toutes les batailles politiques ou religieuses, son destin est d’introduire dans cette illusion nouvelle le ver rongeur qui la minera à son tour. Le patriarche qui dans les temps anciens accepta de conduire la conscience humaine à travers les lumineuses étendues de la connaissance n’est pas prêt à déposer son formidable fardeau." (Elie Faure, ibid. p.97 )

physique, biologie, les passions

9 – l’antisémitisme

Il peut sembler paradoxal à première vue que le peuple qui le premier répandit l’idée du Dieu unique d’où procède le Christianisme, et qui dans son histoire en tant que "

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LÉON DE PONCINS

Peuple de Dieu" compta tant de prophètes et d’hommes remarquables, ait fait l’objet d’un tel rejet permanent et général, et même de haine, connu sous le terme d’antisémitisme.

Tout au long de l’histoire de la confrontation du Judaïsme et du Christianisme, les juifs n’ont pas manqué d’attribuer au Christianisme la responsabilité de cette attitude. "L’antisémitisme chrétien", comme nous dit Jules Isaac, "du fait qu’il est soutenu par l’Église, porte un caractère officiel, systématique et cohérent, que l’antisémitisme païen

antérieur n’a jamais eu. Il repose sur la théologie, et est nourri par elle

de l’antisémitisme païen, qui prend invariablement la forme d’une réaction spontanée, par exception seulement bien organisée et commandée, en ce qu’il poursuit un objectif très précis celui de rendre les juifs haïssables et il doit ses succès dans cette réalisation d’un plan d’action qui s’est avéré infiniment plus dommageable que celui de l’antisémitisme païen."

(Jules Isaac : Genèse de l’Antisémitisme, p. 129)

C’est également l’opinion de Joshua Jehouda qui écrit : "C’est la revendication chrétienne obstinée à être le seul héritier d’Israël qui propage l’antisémitisme. Ce scandale doit cesser tôt ou tard ; plus tôt ce sera, plus tôt le monde sera débarrassé du tissu de mensonges sous lequel l’antisémitisme se cache." (Joshua Jehouda, L’Antisémitisme, Miroir du monde, p. 136)

Cependant pour ceux d’entre nous qui essaient de comprendre le Problème juif dans toute sa complexité à travers les âges, il serait vain de tenter de le réduire à une vue aussi simpliste, partiale et méprisante, car tous les historiens, qu’ils soient juifs ou non, s’accordent sur le fait que l’antisémitisme existait bien longtemps avant le Christianisme.

Aussi le Dr Roudinesco a-t-il pu écrire : "La haine du juif est très ancienne ; elle est apparue avant l’ère chrétienne, aussitôt que les israélites entrèrent en contact avec les autres peuples. L’anti-judaisme a fleuri sous tous les climats et à toutes les époques ; c’est le seul phénomène historique qui a résisté à l’usure du temps. " Le terme anti-Sémitisme est moderne et a une connotation éthique".(A. Roudinesco : Le Malheur d’Israël, p. 11) "L’antisémitisme remonte à bien avant le Christianisme" dit le célèbre anthropologue français Vacher de Lapouge, et "quand on considère qu’il existait au moins quinze siècles avant l’ère actuelle, il est difficile de considérer l’agonie du Christ comme l’unique cause de "

la haine dont ils (les juifs)ont été l’objet de la part des chrétiens

Sélections sociales, cours professé à l’université de Montpellier, 1888-89, pp. 465-67)

Effectivement nombre de sociologues considèrent que d’autres causes, inhérentes aux caractères des hébreux eux mêmes, sont à l’origine du phénomène de l’antisémitisme. C’est ce que démontrent les deux auteurs juifs Bernard Lazare et Elie Faure : "Une opinion aussi universelle que l’antisémitisme, ayant fleuri dans tous les lieux et dans tous temps, avant l’ère chrétienne et après, à Alexandrie, à Rome, à Antioche, en Arabie et en Perse, dans l’Europe du Moyen-âge et dans l’Europe moderne, en un mot dans toutes les parties du monde où il y a eu et où il y a des juifs, il m’a semblé, qu’une telle opinion ne pouvait être le résultat d’une fantaisie ou d’un caprice perpétuel, mais qu’il devait y avoir à son éclosion et à sa permanence des raisons profondes et sérieuses". (Bernard Lazare : L’Antisémitisme, préface)

(Vacher de Lapouge : Les

"Il diffère encore

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le judaïsme et le vatican

Partout où s’installèrent les juifs, après avoir cessé d’être une nation disposée à défendre sa liberté et son indépendance, on observe le développement de l’antisémitisme ou plutôt de l’anti-judaïsme, car le terme antisémitisme est un terme inadéquat, qui n’a que de

"Si cette hostilité, cette répugnance envers les juifs n’était

apparue qu’une seule fois, en un seul pays, il serait facile d’attribuer ce sentiment à des causes seulement locales. Mais cette race a été un objet de haine pour toutes les nations dans lesquelles elle a pu s’installer. Étant donné que les ennemis des juifs appartiennent à diverses races, se situèrent sur des territoires très éloignés les uns des autres, gouvernés sous

des lois différentes et par des principes opposés, n’ayant pas les mêmes coutumes et étant d’esprits différents, ne pouvant donc à l’évidence avoir un même jugement sur un sujet quelconque, il s’en suit que les causes générales de l’antisémitisme ont nécessairement du toujours provenir d’Israël lui-même, et non de ceux qui s’opposèrent à lui." (Bernard Lazare, ibid. p. 78) " Quelles vertus ou quels vices ont-ils valu à Israël cette inimitié universelle ? Pourquoi fut-il maltraité et haï identiquement et tour à tour par les habitants d’Alexandrie, par les Romains, par les Perses et les Arabes, par les Turcs et par les nations chrétiennes ? Parce que partout, jusqu’à ce jour compris, le juif est un être asocial.

" Pourquoi fut-il asocial ? Parce qu’il fut intolérant, et que son intolérance était à la fois politique et religieuse, ou plutôt parce qu’il tenait fermement à son propre système politique et à son culte religieux, à sa loi." (ibid. p. 9) " La persécution antisémite, écrit Elie Faure, n’a jamais cessé. Elle provient de causes extérieures et pas seulement, comme trop souvent allégué, de l’action théocratique, de l’accusation qui précéda les juifs partout qu’ils avaient crucifié le Dieu qu’ils avaient donné à l’Europe et dont ils ne voulaient pas. Ils sont possédés par une angoisse éternelle, qui les aliène des autres peuples de la terre ; ils bouleversent leurs habitudes, dévastent leurs voies les plus éprouvées, et disloquent leurs

"Leur angoisse s’exprime par une insatisfaction constante,

une récrimination obstinée, dans un besoin de convaincre qui les torture comme une démangeaison et ne leur fut donné que lorsqu’ils ne purent prétendre à la domination politique, et dans l’agitation intellectuelle, et par conséquent, ils ont été amenés à tout critiquer, à juger de tout, à médire de tout, ce qui automatiquement leur a attiré la double tyrannie de la persécution et de l’exil. Ceci ne date pas d’hier. Et cela ne date pas du Christ. Ils avaient tant exaspéré les Égyptiens qu’ils ont dur fuir en masse l’Égypte. Tant fatigué les Perses que ceux-ci les ont encouragés à rentrer chez eux. Les Romains, que n’intéressaient pas les problèmes moraux et dont la ferme tolérance assurait partout la paix religieuse, ont étouffé dans le sang de leurs gorges tranchées leurs réclamations furieuses et leurs anathèmes rageurs. Pilate leur a livré le Christ pour se débarrasser d’eux. " Disons le mot : ils ont embêté tout le monde. Mais là peut-être est leur grandeur. Ils ont refusé le silence et de se

structures morales anciennes

nos jours sa raison d’être

perdre dans les marais de la torpeur. Ils ont partout porté une obstination invincible à nier le milieu, que traînés de captivité en captivité, renvoyés d’exil en exil, cet entourage leur ait été imposé ou bien qu’ils l’aient choisi eux-mêmes librement. Et cette obstination ne finira

pas, j’imagine, avant la disparition du dernier d’entre eux

que, depuis les temps les plus reculés jusqu’aujourd’hui, les juifs aient éveillé partout une

hostilité franche ou voilée, qui s’est exprimée pratiquement à tous les degrés, depuis

Il n’est donc pas surprenant

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LÉON DE PONCINS

l’antisémitisme purement spéculatif, jusqu’aux massacres les plus atroces Question Juive)

Renan, que l’on peut difficilement décrire comme un homme habité d’un " complexe chrétien" ou comme mentalement dérangé en termes de psychiatrie moderne comme ce serait apparemment le cas selon Joshua Jehouda de tous ceux qui n’admirent pas le peuple