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TRIBUNAL ADMINISTRATIF CLERMONT FERRAND N° 1500221 REPUBLIQUE FRANCAISE Société « Les productions de la plume » M. Dieudonné M’bala M’bala AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS M. Hermitte Juge des référés a Le président du tribunal, Juge des référés Ordonnance du 5 février 2015 Vu la requéte, enregistrée le 4 février 2015 sous le n° 1500221, présentée pour la société «Les productions de la plume », dont le siége social est situé aw 1 rue des Volaillers & saint-Lubin de Ja Haye (28410) et pour M. Dieudonné M’bala M’bala, demeurant Théétre de la main dor, 15 passage de la main d'or & Paris (75011), par Me Verdier, avocat : La société « Les productions de la plume » et M. M’bala M’bala demandent au juge des référés du tribunal : 1°) de suspendre l'arrété du 2 février 2015, par lequel le maire de la commune de Cournon d'Auvergne a interdit le spectacle intitulé « La béte immonde » prévu le 6 février 2015 dans cette commune’; 2°) d’enjoindre au maire de la commune de Cournon d’ Auvergne de laisser se dérouler tout spectacle de M. M’bala M’bala, le 6 février 2015, dans la salle du Zénith de Cournon ; 3°) de mettre la somme de 4 000 euros A la charge de la commune de Cournon d’ Auvergne, au profit de la société « Les productions de la plume » et de M, M’bala M’bala, au titre de Particle L. 761-1 du code de justice administrative : Ils soutiennent que ~ ily a urgence a prendre les mesures demandées, des lors que I’interdiction est intervenue tardivement le 2 février 2015 seulement, alors que la salle de spectacle est réservée depuis le mois de juin 2014, que plusieurs milliers de billets ont déja été commercialisés auprés de personnes qui scraient privées de la manifestation culturelle & laquelle ils souhaitent assister, que ce spectacle est joué Paris depuis le mois de juin 2014 sans qu'il ait &8 nécessaire de linterdire et que interdiction prononcée est a Vorigine d’un préjudice économique important et imminent ; - Vrarrété contesté porte atteinte 4 la liberté d’expression et la liberté du travail, alors qu’aucun risque de troubles & l’ordre public ne peut étre caractérisé en I’espéce dés lors qu’aucun des spectacles qu’ils ont organisés n’a donné lieu des incidents, depuis plus d’ une dizaine d’années, et que Ia configuration des licux ot est implantée la salle de spectacle ne se préte guére a de tels N° 1500221 2 risques ; ~ Parrété attaqué porte atteinte a la liberté d’ expression, a la liberté de réunion et ala liberté Gu travail, trois libertés fondamentales étant donc mises en cause ; ~ aucun trouble grave a ordre public ne peut venir justifier l'interdiction décidée, dés lors qu’aucune condamnation pénale n’est venue sanctionner le contenu d’un des spectacles donnés, que celui programmé ne comporte aucun propos pénalement répréhensible ou de nature & porter atteinte la dignité et que Parrété repose sur la dénaturation de certains faits et une méconnaissance de la présomption @’innocence ; ~ les atteintes aux libertés fondamentales en cause sont graves et manifestement illégales ; ‘Vu Dartété attaqueé ; Vu le mémoire, enregistré le 5 février 2015, présenté pour la commune dé Cournon Auvergne, représentée par son maire en exercice, par Ia Selar] Devés - Martins - Juilles, avocat, qui demande au juge des référés de : 1°) rejeter la requéte ; 2°) mettre une somme de 3 000 euros A la charge des requérants, en application de article L. 761-1 du code de justice administrative ; Elle soutient que : ~ le contenu du spectacle qui doit étre présenté, parfaitement connu, comporte de maniére récurrente des propos antisémites et inflimants a I’égard des personnes de confession juive ou de la communauté juive dans son ensemble et des gestes, tels que celui « de la quenelle », qui incitent ala hhaine et A la discrimination raciale et portent atteinte a la dignité humaine ; -M. M’bala M’balaa fait l'objet de plusieurs condamnations pénales pour des propos portant atteinte a la dignité humaine ; Ie contenu du spectacle programme n’est pas nouveau par rapport & ceux qui ont déja fait Vobjet dinterdictions, ce qui révéle clairement la volonté de P’intéressé de maintenir des propos répréhensibles ; ~ M. M’bala M’bala a publié sur son compte Facebook des propos qui Iui valent d’étre poursuivi en correctionnelle devant le tribunal de grande instance de Paris pour apologie da terrorisme ; - Patteinte a la dignité humaine est done parfaitement caractérisée et justifie l'interdiction prononeée ; - Parrété attaqu¢ tient compte du contexte particulier dans lequel doit se dérouler le spectacle, 4 la suite des événements qui se sont déroulés début janvier 2015 4 Paris, des propos tenus par M. M’bala M’bala suite a ces événements mais également du niveau Walerte du plan Vigipirate, des voix qui se sont élevées contre ce spectacle et des tags qui ont été réalisés dans la nuit du 21 au 22 janvier 2015 sur le territoire de la commune de Cournon d’ Auvergne et visant explicitement les communautés juives et musulmanes ; ~ les requérants ne peuvent utilement invoquer qu’aucun trouble a lordre public n’a eu lieu lors des précédentes représentations du spectacle, dés lors que le contexte est radicalement différent ; - la configuration des lieux od doit se tenir le spectacle rend le maintien de la sécurité impossible ; ~ le Conseil d’Etat a validé de précédentes interdictions concemant le spectacle intitulé « le ‘mur », le spectacle interdit par l'arrété attaqué comportant également des propos antisémites ; N° 1900221 7 ‘Vu les autres piéces du dossier ; ‘Vu le code général des collectivités territoriales ; Vu le code de justice administrative ; Aprés avoir convoqué & une audience publiqu ~ Me Verdier, pour les requérants ; ~ la commune de Cournon d’ Auvergne ; Apris avoir, lors de l'audience publique du 5 février 2015, a 14 heures 30, présenté son rapport et entendu : ~ Me Verdier et Me Joly, pour les requérants, qui ont repris et développé leurs écritures ; ~ Me Martins Da Silva, pour la commune de Cournon d’ Auvergne, qui a également repris et développé ses écritures ; Aprés avoir prononeé, a issue de l’audience 4 15 heures 30, la cloture de instruction ; ‘Sur l'application des dispositions de article L. 521-2 du code de justice administrative : 1. Considérant qu’aux termes de Particle L, 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par Uurgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires & la sauvegarde d'une liberté fondamentale d laquelle une personne morale de droit public ow un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans Vexercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » et quiaux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées auct articles L. 521-1 et L, 521-2, de les modifier ou d'y ‘mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de Uneure de Vaudience publique (...)> ; qu’enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : « La requéte visant au prononeé de mesures d'urgence doit (..) justifier de l'urgence de l'affaire » : 2. Considérant que pour justifier de l'existence dune situation d”urgence au sens de article L, 521-2 du code de justice administrative, la société « Les productions de la plume » et M. M’bala M’bala soutiennent que la salle du Zénith de Coumon d’ Auvergne dans laquelle doit étre donné le spectacle interdit par le maire de cette commune, par l’arrété du 2 février 2015 attaqué, est réservée depuis le mois de juin 2014, que les billets ont été commercialisés et que linterdiction de ce spectacle quelques jours seulement avant la date & laquelle il est programmé, soit le 6 février 2015, est de nature a priver les personnes qui ont acheté un billet de pouvoir y assister et leur imposerait de procéder auremboursement de ces billets, ce qui aurait des conséquences économiques importantes : que, cu égard a objet de ’arrété du 2 février 2015 contesté, qui interdit un spectacle quatre jours seulement avant la date prévue pour sa tenue et est ainsi susceptible de porter une atteinte grave a la liberté d’expression, qu’il ne serait plus possible de préserver efficacement apres la date prévue pour ce spectacle, et aux conséquences, notamment financiéres, de cette interdiction, la condition @urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, doit étre regardée comme établie ; { i | NP 1500221 4 3. Considérant que interdiction prononeée par le maire de la commune de Coumon d’Auvergne est de nature & mettre en cause, notamment, la liberté d'expression et la liberté de réunion, qui sont des libertés fondamentales au sens des dispositions précitées ; 4. Considérant que le respect de la dignité humaine est une des composantes de Pordre public ; que antorité investie du pouvoir de police municipale peut, méme en absence de circonstances locales particuliéres, interdire un spectacle qui, pour l'essentiel, porte atteinte a la dignité humaine ; 5. Considérant que, pour fonder son arrété, pris dans l’exercice de ses pouvoirs de police générale, le maire de la commune de Cournon d’ Auvergne @ pris en compte certains propos que M. M’bala M’bala tient dans ses spectacles et en particulier dans celui qui fait objet de interdiction en cause, qu’il qualifie d’antisémites, considére comme une incitation als haine et la discrimination raciale envers les personnes de confession juive et done pénalement réptéhensibles et Portant également une atteinte grave au respect de valeurs et de principes, tels que la dignité humaine et la tradition républicaine, ainsi que le geste et le chant dits « de la quenelle », autant d’éléments qui, selon cette autorité, caractérisent un trouble a l’ordre public ; 6. Considérant toutefois qu’il ne résulte pas de Vinstruction que le spectacle dont Ia programmation est prévuc le 6 février 2015, intitulé « la béte immonde » ainsi que cela ressort des termes mémes de la requéte présentée par la société « Les productions de la plume » et M. M’bala M’bala, reposerait totalement ou en grande partie sur des propos ou une gestuelle, notamment & travers le geste dit « de la quenelle », qui seraient de nature a porter atteinte a la dignité humaine, les ‘tois extraits de propos tenus dans ce spectacle qui sont eités dans arrété attaqué, s'ils apparaissent comme particuliérement regrettables, ne représentant que quelques courts instants et ne pouvant étre regardés, en l'état de I’instruction, comme caractérisant, pour ’essentiel, le contenu de ce spectacle ; 7. Considérant que l'exercice de la liberté d’expression est une condition de la démocratic et Pune des garanties du respect des autres droits et libertés ; qu’il appartient cependant aux autorités chargées de la police administrative de prendre les mesures nécessaires & Pexercice de la liberté de réunion ; qu'il appartient ainsi notamment lautorité investie du pouvoir de police municipale de prendre toute mesure destinée & prévenir une atteinte l’ordre public ; que toutefois les atteintes portées, pour des exigences d’ordre public, a l'exercice de ces libertés fondamentales doivent étre nécessaires, adaptées et proportionnées ; 8, Considérant que le maire de la commune de Coumon d’ Auvergne s'est également fondé sur le contexte particulier dans lequel doit se tenir ce spectacle, caractérisé par les « tragiques événements qui se sont déroulés sur le territoire frangais les 07, 08 ct 09 janvier 2015», Pune des Victimes étant originaire de Ia région, mais aussi sur Pouverture d’une enquéte a lencontre de ‘M. M’bala M’bala pour « apologie du terrorisme » et sur Ja mobilisation constatée lors de la «marche républicaine » organisée a Clermont-Ferrand & la suite des événements du début du mois de janvier 2015 ; qu’en outre, le maire a également relevé dans son arrété que, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2015, des tags ont été réalisés sur le territoire de la commune « ditigés contre les communautés juives et musulmanes» et de «nature a attiser la haine, la violence et les discriminations tant raciales que religieuses », et fait état de « voix qui se sont élevées contre la tenue de ce spectacle laissant craindre des incidents pouvant étre violents s'il était maintenu » ; qu’enfin, le maire précise, toujours dans son arrété, que la mobilisation des forces de Pordre dans le cadre du plan Vigipirate ne permettrait pas de disposer des moyens lui permettant de faire face, par des mesures appropriées, & d’éventuels dangers pour l’ordre public créés parla tenue de ce spectacle, son | | | | N° 1500221 : interdiction constituant la seule mesure de nature a assurer le maintien de l’ordre public ; 9. Considérant que ledit spectacle, ce qui n’est pas contesté en défense, est joué a Paris réguliérement depuis plusieurs mois, et n’a pas suscité de troubles a l’ordre public ; que les propos rapportés ne caractérisent pas directement et clairement une incitation & lahaine oua ’antisémitisme susceptible d’étre pénalement sanctionnée ; que, de plus, siM. M’bala M’bala a fait l'objet, depuis plusieurs années, de procédures pénales pour des propos qu’il a tenus et si plusieurs condamnations Iui ont été infligées & ce ttre, il n’en résulte pas pour autant que cette circonstance, delle seuile, serait susceptible de justifier larrété attaqué, en l'absence d’ éléments permettant de penser quelle pourrait avoir une incidence sur le déroulement du spectacle dont Pinterdiction a été décidée et sur existence d’un risque de troubles a l'ordre public sy rapportant ; qu’en outte, il ne résulte pas davantage de ’instruction que la tenue du spectacle intitulé « la béte immonde » serait de nature & créer un risque de troubles & I’ordre public compte tenn d’un contexte national et local particulier, 8s lors, d'une part, que les événements du mois de janvier 2015 auxquels se réfere le maire de la commune de Cournon d’ Auvergne dans son arrété et la mobilisation qui s’en est suivie ne sont pas de nature & eux seuls a justfier interdiction du spectacle en cause en laissant penser qu’um risque particulier de troubles & l’ordre public résulterait du fait de la seule tenue de ce spectacle dans un tel contexte et que, d’autre part, les deux seuls éléments avancés par le maire relatifs & un risque de troubles a lordre public sur Ie territoire de sa commune, soit ne sont pas davantage de nature & établir un tel risque en relation avec le spectacle en cause, s’agissant des tags qui auraient été constatés au matin du 22 janvicr 2015, lesquels ne sont pas en rapport direct et certain avec ledit spectacle, soitne permettent pas d’identifier un risque précis et particulier d’atteinte a Pordre public, ’agissant de opposition a la tenue dudit spectacle qui s"est manifestée, les piéces produits par la commune de Cournon d’ Auvergne al’appui de ses écritures, constituées principalement de courriers ‘et messages de personnes demandant au maire d’interdire le spectacle de M. M'bala M’bala ou soutenant cette autorité aprés qu'elle a pris l’arrété attaqué, ne comportant pas d’élément permettant @'établir Pexistence d’un risque de troubles a l’ordre public, en rapport avec la tenue du spectacle en cause ; qu’enfin, et contrairement & ce que soutiennent, le maire de la commune de Coumon @ Auvergne dans son arrété et la commune dans son mémoire en défense, il n’est pas non plus établi que l interdiction prononcée serait a seule mesure propre a prévenir tout risque de troubles 'ordre public en relation avec le spectacle programmé ou de son fait, impossibilité de prendre les dispositions permettant d’assurer la sécurité des personnes dans le cadre de ce spectacle n’étant pas avérée, ni du fait de la configuration des lieux, le Zénith de Coumon accueillant de fréquentes ‘manifestations générant un afilux de personnes souvent trés largement supérieur au 1 600 personnes attendues lors du spectacle de M, M’bala M’bala, ni du fait d’un risque identifié de menace & ordre Public, qui ne résulte pas de instruction; que, dés lors, les motifs de Tarrété attaqué, pris individuellement ou ensemble, ne sont pas de nature & fonder Iégalement |’interdiction prononeée ; 10. Considérant qu’il résulte de ce qui précéde, qu’en décidant "interdiction du spectacle intitulé « la béte immonde », le maire de la commune de Cournon a porté une atteinte grave et ‘manifestement illégale a la liberté d’ expression et a la liberté de réunion ; que, par suite, ily a lieu de suspendre Pexécution de cet arrété ; 11, Considérant que si les requérants demandent au juge des référés d’ordonner au maire de Ja commune de Cournon d’Auvergne de laisser se dérouler « tout spectacle de Dieudonné M’bala M’bala le 6 février 2015 a la salle du Zénith de Coumon », il n’y a lieu de faire droit a une telle demande qu’en ce qui conceme le spectacle dont les requerants ont indiqué, dans leur écritures et lors de Paudience, qu’il était celui programmé a cette date, intitulé « la béte immonde », et non s‘agissant d'un quelconque autre spectacle de M. M’bala M’bala, dés lors que Parrété dont Vannulation est prononeée par la présente ordonnance ne tend a interdire que ce spectacle ; Ne 1500221 6 Sur l'epplication des dispositions de I’article L. 761-1 du code de justice administrative : 12, Considérant que, dans les circonstances de l’espéce, il n’y a pas lieu de mettre la charge de la commune de Cournon d” Auvergne une somme en remboursement des frais non compris dans Jes dépens que les requérants ont exposés dans le cadre de la présente instance ; que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle ce que les requérants, quin’ont pas la qualité de parties perdantes dans la présente instance, versent & la commune de Coumon Auvergne la somme qu’elle demande en remboursement des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés ; ORDONNE Articl le 1" : L’exécution de I’arrété du 2 février 2015, par lequel le maire de la commune de Coumnon d'Auvergne a interdit Je spectacle de M. M’bala M’bala intitulé « La béte immonde » prévu le 6 février 2015 dans cette commune est suspendue. Article 2 : 11 est enjoint au maire de la commune de Cournon d’ Auvergne de laisser se dérouler, le 6 fevrier 2015, dans la salle du Zénith de Cournon, le spectacle de M. M’bala M’bala, intitulé « la béte immonde ». Article 3 : Le surplus des conclusions présentées pat les parties est rejeté. 4 : La présente ordonnance sera notifiée A la société « Les productions de la plume», M. Dieudonné M’bala M’bala et & la commune de Cournon d’ Auvergne. Copie en sera adressée pour information an préfet du Puy-de-Déme et au procureur de la République prés le tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand. Fait a Clermont-Ferrand, le 5 février 2015, Le président du tribunal, Juge des réffré G. HE} LaRépublique mande et ordonne au préfet du Puy-de-Déme en ce qui le concerne et & tous huissiers de justice A ce requis en ce qui conceme les voies de droit commun, conte les parties privées, de pourvoir a lexécution de la présente décision.