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LE LIBRE JOURNAL de la Frapmce Courtotse ; LEcole en... 1906 ! 0 fi i} (Coll. FB Publications) GLes profs dénoncent la «démocratie »! Q Samuel Maréchal persiste : «Ni droite, ni gauche » O Anne Brassié célébre Vincenot O Grec est encore plus givré que d’habitude O Et ADG remet de l’ordre au Pole Sud et dans l‘Himalaya. E § Qu'il me soit pardonné de revenir sur Ie vol de notre fichier. J’y suis contraint. Les faits, d’abord. En décembre 1995, les abonnés du “Libre Jour- nal” regoivent a leur domicile, dont certains mont jamais communi- qué leur adresse qu’a nous, un service du “Quotidien de Pari examen des étiquettes établit qu’elles provien- nent du fichier du “Libre Journal”. Notre imprimeur et rou- teur (qui imprime égale- ment le “Quotidien”) confirme que notre fichier a été volé dans ses locaux. Le directeur du “Quoti- dien” reconnait avoir utilisé Ie fichier du “Libre Journal” que son coursier aurait confondu avec celui du “Quoti- dien” rangé a proximité. I s‘engage a inter- rompre immédiatement cet abus et me propose un “dédommagement” sous forme de publicité. Ce que je refuse. Un mois plus tard, contrairement sa pro- messe, le “Quotidien” continue d’utiliser le fichier du “Libre Jou nal’, adressant méme 4 nos abonnés une “fac- ture” accompagnée ‘une lettre oti il affirme @tre dans les meilleurs termes avec nous et “L’affaire du fichier volé” wétre pas visé par nos accusations. Tout cela appelle une mise au point. accuse le directeur du “Quotidien” et nul autre avoir volé le fichier du “Libre Journal”.Je naccepte ni ses explica- tions, ni ses excuses. Je wai avec Ini aucune relation, aucun com- merce.Je lui demande raison de son acte devant Ia justice parce que je ne peux pas Iais- ser croire que nous avons disposé des adresses de nos abon- nés. A présent, le commen- taire : L’opération de séduc- tion du “Quotidien” a Vendroit de la droite nationale est une trom- perie au bénéfice des pourris de la fausse droite. Ceux qui s‘y prétent commettent une erreur. Je n’ai pas caché, en son temps, mes réserves 4 Végard du “Francais”, pourtant Jancé par des amis mais dont je craignais qu’il vise le lectorat de nos idées : je ne vais pas, — aujourd’hui, approuver une opéra- tion montée par des adversaires et qui risque d’avoir les mémes effets. S. de B. nal sans pour|: autant élargir Vaudience | ! iG ettres de chez nous MENSONGES endant quatorze ans, le premier magistrat de France obligé ses médecins, tous les six mois, a rompre offt- ! fessionnel et, facteur aggra- ant, en mentant pour tromper les Francais. i le Conseil de Vordre des : \édecins ‘a jamais jugé on de réagir aprés cha- une de ces 28 violations lu secret médical, il se ridi- } eulliserait en condamnant fe docteur Gubler pour la 29eme violation, qu’il a faite par égard pour les } Francais en rétablissant la vérité. Surtout quand on pense que le Conseil de ordre Ya jamais condamné le professeur Schwartzenberg, ce trés médiatique maitre a penser, lorsque celui-ci a Et qui, pour la justice austére mais feconde Nous enseignez encor a mourir sans un cri. Debout les Morts, fiers chevaliers de la Revanche ! Debout les Morts, gardiens de la France qui dort! Debout les Morts, réveurs de I’aubé blanche, Qui défendiez le droit contre le poing des forts 1 Debout vous tous | Debout les Morts ! Car c'est vous qui revivez en notre effort. Et quand, vers vos cercueils nos angoisses se penchent, Cest pour nous laisser dire encor Qu’avec nous vous prenez lessor Vers le Ciel aux yeux de pervenche on tremblent dimmenses points d'or. L’auteur de ces vers est né a Chateauroux, vingt- sept ans plus tot. Devenu orphelin dans sa petite enfance, trés pauvre, Charles Compodonico se tue littéralement au travail et emporte, pendant | toute sa scolarité, les prix d’excellence. Premier a l’école Normale, premier a Saint-Cloud, il est encore classé premier au professorat. Il a vingt-deux ans ! Il passe un an en Angleterre, six mois a Florence, quelques mois en Belgique, puis en Allemagne, et rentre en. France pour enseigner a Parthenay puis a La Rochelle. En 1912, l’armée Venvoie a Sofia, en Bulgarie, comme chargé d’Affaires culturelles Crest la qu'il apprend la déclaration de guerre. Il exige aussitot d’étre envoyé au front et participe aux premiers combats. Sergent aux batailles de la Marne et de l’Aisne, il est rapidement promu sous-lieutenant, puis lieutenant au 123éme d'infanterie. Le 7 mai 1916, il recoit une premiere citation “Officier d’une énergie et d'un — courage éprouvés. Le 7 mai, a été enseveli dans un abri, Dégagé 4 grand peine, a aussitot parcouru le front de sa section sous un bombardement d’une extréme violence, organisant avec le plus grand calme le sauvetage de quelques- uns des hommes ensevelis sous les éboulements. Désigné quelques jours plus tard pour prendre le commandement d‘une compagnie, a_ pris immédiatement un ascendant considérable sur ses hommes.” De ce __gargon exceptionnel, son ami Pierre Thibault écrira : “J'ai vécu dans son intimité depuis son entrée a I’école Normale, jusqu’a ses derniers moments ot Jai eu le triste bonheur d’occuper une de ses demiéres pensées, et je puis dire qu’ll n’y eut pas dame plus élevée que Ia sienne. Je ne vois pas de vertus qui ant qui aimait les cathédrales Jui fussent inconnues : tempérance, modestie, reconnaissance, maitrise de — soi, générosité.”” On trouvera peut-étre convenu cet hommage posthume. Pourtant Charles Compodonico témoigna, par sa mort, qu'il était digne des grands maitres de Vantiquité dont il se réclamait souvent. Le 18 juin 1916, alors qu'll visite les tranchées de premiére ligne dont il a la garde au Four de Paris, une balle I’atteint au coté gauche, qui ressort au flanc droit, faisant éclater le foie. On le transporte a Sainte-Menehould, dans une école de garcons transformée en hopital de fortune: Les médecins constatent que homme est vigoureux et espérent le sauver en pratiquant une laparotomie. Mais on ne parvient pas a le réchauffer. Lentement, le lieutenant Charles Compodonico se dans la mort. Il est parfaitement calme, totalement lucide. Son marade __ Bertin, inspecteur primaire, qui assiste a ses derniers moments, écrira a ses amis : “Il s‘est, a tout instant, bien’ rendu compte de son état et s’est vu mourir.” Terrible angoisse, dira notre siécle oi la mort est une chose que I’on cache quand on exhibe les pires obscénités. Eh bien, non. Compodonico fait Vadmiration de tout le personnel de I’hopital. “Il montre un courage extraordinaire”, répéteront tous ceux qui ’ont accompagné. Comme on lui propose un prétre pour l’assister, cet agnostique répond posément qu'il “a refait le tour de ses idées et qu'il ny voit rien a changer”. En consé- quence, demande-t-il, “je souhaite que I’on me laisse tranquille de ce coté-la et que I’on me fasse des obséques sans appareil religieux”. Pourtant, il n’y a dans cette attitude aucun sectarisme, aucune arrogance, aucune intention méchante : comme I’aumonier, informé de cette disposition d’esprit, se tient discrétement a Vécart sans vouloir indisposer le mourant par une approche intempestive, Compodonico invite 4 venir et méme a revenir “pour causer”. Le 20 juin, a sept heures © du matin, Charles Compodonico expire “ayant conservé son sang-froid jusqu’au bout, ne s’éiant pas laissé tromper par les bonnes assurances qu’on lui donnait sur son cas et regardant la mort bien en face sans Je moindte effroi ; il est ‘mort en vrai stoicien et nous a tous émerveillés par son superbe courage”, admira Vinfirmier qui avait accompagné dans ses derniers instants. Cet infirmier était un prétre. Parmi les deux cents poemes que laissa cet homme qui ne croyait pas au Ciel, les plus beaux sont consacrés a la cathédrale de Reims. vidéo «LABIGORNE, ‘CAPORAL DE FRANCE » Fil de Robert Daréne, avec Francois Perier Les salles de cinéma des années cinquante projetaient des films que les spectaieurs pouvaient ‘ir en famille, le samedi soir ‘ou le dimanche apris-midi, Ces réalisations sans prétention wavaient qu'une seule mission : divertir le public grdiced des histoires d'amour, Waventures, ou de cape et épie. “La Bigorne”™ ‘appartient & ce dernier genre et son seénario présente quelques ‘analogies avec ‘Fanfan la Tulipe”. Aux cétis de Frangois Periet, nous retrouvons avec (plaisir Jean Carmet, Robert Hirsh et Charles Moulin, le berger de “La Femme du boulanger”. Divertissant. (Distribution : Film Office.) « SANG NOIR » Film de Doug Mc Henry, avec Peres Wilber Dans le quarter noir d'une ville americaine, deux fires suivent des chemins differents es la mort violent de leur ere, Vun d'entre eux sombrant ddans ta délinguance, Cette réalisation desse le comstat lucide d'une Amengue qui, ‘hague jour, sert de plus en Fede tof ac bose Line bonne realisation servie ar d'excllenis interprtes. (Distribution : Polygram Video.) « LES HORS-LA-LLOI DU ‘MARIAGE » Film de Paolo et Vittorio Taviani et Valentino Orsini, ‘avec Ugo Tognazzi Inéditen salle en France ce im tation turnd en 1963 et fonsitué de cing shacks ats serene dio Interdit cate Gog dans Berens tie Ciro rbot un ben jl ininols nce empel Ugo Tognasl ait dea un talentiewx combi. Une curist C’est a lire Vincenot, le Druide souriant par Anne Brassié dimanche, les bains douches, a Paris. Les vacances en Creuse et en Bourgogne, la sagesse des grands-parents, Ila mort et l’enterrement de la mére, puis du pére, portés en terre par les fils, La personnalité d’Henri Vincenot apparait plus riche encore, débordante de dons artistiques, de gaicté et d’énergie. Sa fille a, par ailleurs, un style merveilleux du a une personnalité trés forte. Des parents tels que les siens ne pouvaient pondrent un enfant trés différent d’eux- memes. lly a dans ce livre tout ce que nous aimons. L’amour de la amuz chantait « Le bonheur ‘etre planté profond en terre, et nourri de profond, comme un arbre avec ses racines ». La fille d’Henri — Vincenot reprend ce chant et, par son existence meme et _—sa démarche, prouve la réalité et la vérité de ce bonheur. Elle aussi est écrivain. Ce récit de sa jeunesse est un hommage a son pére et a sa mére et a une certaine maniére de vivre. Les scénes défilent, superbes et profondes, les naissances, les promenades, le terre: « ..Mon pére eut pour le Massif Central, coeur intouché, noeud vital de notre pays, une vénération impressionnante. Il aimait la Bourgogne, certes, mais sans chauvinisme : “Qui aime sa région aime le monde entier ou n’aime rien du tout”. » « LA VIE SECRETE DE LASZLO, COMTE DRACULA » de Roderick Anscombe Presses de la Cité, 125 F. Coucou, le revoila, Vimmortel voivode, cette fois sous les traits Wun jeune médecin qui, en 1866, tombe éperdument amoureux de la jolie Nichole (sic). ‘assion funeste, car la mignonne le dédaigne et, afin de la séduire, le pauvre garcon va suivre les sulfureux conseils d’un certain Lothar von Pick, gentilhomme autrichien des plus étranges, lequel ne tardera point a Ventrainer dans des abies infernaux ot ’érotisme, Valeool et d'autres choses innommables le happeront. Le noble Hongrois échappera-t-il, néanmoins, au mal absolu ? Un roman original, inattendu, en totale rupture avec la tradition “draculienne”, mais que n’eit peut- étre point ‘apprécié Braham Stocker. Curieux. « LA DUCHESSE DU MAINE » de Martial Debriffe Editions de L'Encre, 149 F. Petite-fille du Grand Condé, femme de Monseigneur le due du ‘Maine, fils légitimé de Louis XIV et la marquise de de Madame La gaieté : lisons ce « récit du réveil de la Mon pére nous racontait que, dans sa Montespan, cette princesse est peu connue du public. Elle mérite pourtant de l’étre : sa vie, que raconte ici un jeune et’ tres talentueux historien, présente un rare intérét. _Anne-Louise, Bénédicte de Bourbon-Condé fut, tour a tour ou simultanément, protectrice des Arts et des Lettres et comploteuse acharnée. Elle recut en son chiteau de Sceaux les plus illustres esprits de la premiére moitié du XVIle siécle ; elle voulut, d’accord avec Philippe V d’Espagne, déposer le Regent Philippe d’Orléans... Personnage “vrai”, Ia duchesse du Maine semble parfois sortir droit dun roman, D’ailleurs, Alexandre Dumas, dans “Le Chevalier d’Harmental”, brosse delle un Portiait assez proche de la vérité. ine belle biographie. « CUISINE SANGLANTE » de Minette Walters Pocket, 349 p. Une jeune fille obése est emprisonnée pour avoir tué et dépecé sa mere et sa sceur. Devant écrire un livre sur ce fait divers, tune jeune femme va étre amenée a la cotoyer et découvrira que la vérité n'est pas forcément celle que Pon croit. Un excellent roman des basses. deuxiémes policier écrit par une Anglaise de grand talent. « DOLORES CLAIRBORNE » DE Stephen King Pocket, 324 p. Le nom de Stephen King fait presque immédiatement penser a des romans d’épouvante et il est vrai que cet Américain en a écrit de particuliérement angoissants, Avec ‘Dolores Clairborne”, méme si le frisson existe, il n’est pas le theme essentiel de cette histoire contant la vie d’une femme de ménage s’étant Stgnée aux quatre veines pour ses enfants, en dépit dun mari alcoolique et violent. Le jour de Véclipse sera aussi celui des réglements de comptes. Tout simplement palpitant. « AGATHA CHRISTIE TOME 9 : LES ANNES 1949-1953 » Le Masque, 1 214 p. Les Editions du Masque continuent avec bonheur de rééditer les ceuvres d’Agatha Christie et ce neuviéme volume, composé de six romans, nous permet de retrouver, dans une nouvelle traduction, ses deux héros favoris, a savoir Miss Marple et Hercule Poirot. De grands moments en perspective. corps, de la mordre a belles dents et d’avoir petite famille par le jeunesse, lorsqu’il « Pour cela, Samson du nerf ». pére: « “Du nerf, chantait| a la leur avait appris a C’est I’esprit de Garcons 1” Pour mes cathédrale Saint- sourire. Le fa diéze famille qui est chanté fréres comme pour moi, c’était le rituel déclencheur du réflexe conditionné : ventre rentré, torse bombé, téte dégagée. “Eh bien | Voyez-moi Bénigne de Dijon, Joseph Samson, le maitre tant aimé, tui avait appris a sourire pour Chanter juste. Henri, qui ne pouvait pas monter au fa lai léger. » donné sans sourire était faux. Avec le sourire, il était juste, « Véritable Socrate poétique de mon enfance, il dans ce livre sur tous les modes et tous les tons. Esprit qui demeure bien aprés la mort des parents parce que ce qu’ils m’a ont semé renait a ces beaux petits diéze sans le appris, dit encore chaque nouvelle gars 1” Et avec le manquer d’un quart Claudine Vincenot, saison et — sur sourire en bouche | de ton, parvenait qu’avec amour, plusieurs générations. Car mes parents cependant a donner enthousiasme et avaient pris ce parti des fa resplendissants_fantaisie cette « Le Maitre du dés leurs fiancailles : sourire, toujours sourire pour vivre juste. dans la Missa Papae Marcelli de Palestrina, ainsi que tous ses camarades de pupitre la peine charogne de vie vaut d’étre vécue : il suffit de la prendre a bras-le- bonheur, mon pére, Henri Vincenot », Claudine Vincenot (Anne Carriére.Ed.). a main molle de M. Teignardier tremblait un eu en portant a ses levres grasses le traditionnel verre de Picon-biere que lui tendait Marcel Kébir, le gérant du bistrot “Le Kabyle téléphonique”. La_neige tombait sur Paris et grisonnait les trottoirs. La veille, une pluie verglacante _ av: affranchi plus de cols du fémur que de rubiconds. Et rubicond, M. Teignardier Pétait. Comme la lune. Son petit cercle familier bien resserré autour de lui par le froid, l’oeil de Pécran de télé fixement allumé au-dessus du comptoir, il pérorait tandis que Vimage muette et convenante de Julien Lepers, cravaté d’arlequin, s’agitait autour de notre igloo. - Tel que vous me voyez, disaitiil, je suis allé un jour en vacances. Avec madame Teignardier. Vous ne connaissez pas madame Teignardier ? Un cerveau. Elle trouve toutes les réponses de la “Famille en or”, intelligente pire qu’un ordinateur... et aussi chaleureuse au lit. Gela, c’est moi qui l’avais complété pour —_ avoir rencontré Mme Teignardier dans le quartier : séche, le regard d’étain, air aussi Meacsgor LLE LIBRE JOURNAL ete fer France Gote Fidéle par LES VACANCES DE pieux qu’une palissade, je Pavais entendu demander au poissonnier, d’une voix de faucille, si son thon du vendredi serait plus frais que celui. de la semaine précédente. On sentait que cette femme considérait avoir été mise sur terre pour en baver, en faire baver aux autres, uniquement pour mériter son paradis et préparer celui de son prochain. - On était partis en car, poursuivait le rubicond mari de la pieuse harpie et tout de suite, j’avais protesté biscotte le conducteur du car était une femme, comme je vous le dis, une chauffeuse ! Les femmes devant Pautocuiseur, pas dans Vautocar, j’avais hurlé pour faire rire les autres de la paroisse. Mais bref, c’est pour dire qu’aussitét arrivés a Photel de Patatracles-Flots oi on avait pris ville et giature, fromage et dessert, alors que madame courait découvrir la téte du curé qu’elle allait persécuter pendant trois semaines, j’exigeais de Vhételier qu’il installe un poste de télé dans la chambre. Huit heures d’autocar conduit par une gonzesse a regarder paisser des vaches, errer des paysans dans les friches et tomber un coucher de soleil mal cadré, ¢a vous met Veil en transe et P’oeil il a besoin d'images un peu fraiches, type mangas ou météo de Julot- Pété. Moyennant supplément sous forme de priéres gratuites pour l’aubergiste, jravais eu satisfaction, tiré le rideau de la chambre sur le spectacle émollient de océan A marée basse et pu enfin tranquillement regarder “Fa si la chanter” tandis que médame revenait ravie de sa quéte du curé : c’était un brave homme et elle allait pouvoir lui apprendre a dire sa messe... A Vinstigation du poissonnier présent qui, chaque fois que Von évoquait ~~ Mme Teignardier, sentait des frissons de haine craintive lui parcourir la colonne vertébrale, une nouvelle tournée fut votée a Yunanimité. “Questions pour un champion” était terminé et un mannezingue muet A Pallure roblotique vantait en une minute un livre qu'il avait fallu une année pour écrire. - Le lendemain matin, soleil, reprit M. Teignardier et, cette fois-ci, ce fut au tour de Marcel Kébir de frémir : la notion de soleil rappelait a chaque fois a M. Teignardier l’Algérie et les trente mois au poste ADG M. TEIGNARDIER qu'il y avait accomplis et se terminait généralement par un “sale bougnoule” bien senti. Mais la neige amortit les effets trop cuisants du coup de soleil remembrant et M. Teignardier était trop occupé par Patatrac- les-Flots pour donner dans le djebel. soleil et, comme par un fait exprés, la mer était basse. Santé. Plus rien a voir et pendant que madame Teignardier courait matines, je tirai les rideaux pour mieux voi les objets présentés a “Télé- shopping”. Dans ce temps-la, Cétait M. Bellemare qui faisait le postiche, je me demande bien pourquoi ils ont remplacé par Ie professeur Cabrol, le copain au professeur Schwartzennegger quia tant fait pour le cancer... - Contre ! voulusje corriger. - Pour, insista M. Teignardier en me regardant dun air suspicieux, vous n’avez pas lu les journaux ? C’était done M. Bellemare, un bel homme selon Mme Teignardier, un cerveau @aprés moi : transformer un poste de télévision en vendeur de la Samaritaine, c'est plus fort que d’intéresser les foules au match Madelin-Léotard. Il vous donnait envie d’acheter méme des choses utiles, M. Bellemare et on sentait bien que comme a Vépoque de “Vous étes formidable”, en passant sa télé- commande, on ceuvrait pour une grande cause. Le Cabrol, la, tout professeur qu’il est, je le renifle moins, a peine si j’ai fait Yacquisition d'une ménagére en 0s poli et d’un acre de pelouse artificielle en un mois. La neige tombait fort et une soudaine bourrasque laissait entendre qu’elle aussi voulait entrer dans le rade surchauffé et enfumé. Le journal télévisé régional se déroulait tel ’ane privé de son mais aux minois basanés défilant le majeur dressé devant un professeur agonisant, crucifié a son tableau noir, on pouvait comprendre qu'il s’agissait des violences & Pécole. - Pendant trois semaines, conclut M. Teignardier, j’ai pas décollé de hotel, sauf pour aller acheter “Télé-Z” afin de raconter les histoires dréles, le soir a la pension. Jai regardé la télé tout le temps, maniére qu’ils croient pas que je les avais pas a l’eil, méme en vacances. Madame Teignardier qui squattait le presbytére me tenait au courant du récent ulcére du curé, Les autres de la paroisse, ils sont allés a la plage tous les jours. Total, ils ont été piqués par des méduses et leurs bonnes femmes ont attrapé des coups de soleil. Tiens, ga me fait penser & mon service militaire... Ressers-nous donc un coup, sale bougnoule ! Sans Portée Fantachetique ‘Madame Berlioz ! Powve--vous faire un peu de silence, vous et ‘votre entourage ? Je sais que vous tes pres de vos soues mais tout de meme... Quand ces animaux auront fini leur carnaval, je pourra’ peut-étre commencer ma symphonie ! “Fantastique ! Crest fantastique ! Mais travaillee done !” it invariablement madame Bertioz, ‘avec son accent irlandais tandis nw elle vaquait @ ses occupations, ee ee sise en haut de la cote, d gauche de la route. = C'est curieux ; parlons-nous bien dela mae, me disai un tourste ‘anglais, je fa voyais plutée (ereanonan