Sociologie

II – Intégration, conflit, changement social

2.1- Quels liens sociaux dans les sociétés où
s'affirme le primat de l’individu ?

Thème 2 – Les instances
d’intégration assurentelles toujours la cohésion
sociale ?

Le programme officiel
INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES :
On traitera plus particulièrement de l'évolution du rôle des
instances d'intégration (famille, école, travail) dans les sociétés
contemporaines et on se demandera si cette évolution ne remet pas
en cause l'intégration sociale.
Acquis de première : Socialisation,
capital social, sociabilité, anomie,
désaffiliation, disqualification,
réseaux sociaux
NOTIONS : cohésion sociale

Introduction – Une crise des instances
d’intégration ?

Les différentes instances d’intégration et leurs
fonctions

Source: J.F.Freu, CHAP 6 - 61 - B - Les institutions intégratrices (Cours) (2009-2010).pdf

Crise des instances d’intégration sociale et
développement de l’individualisme
Depuis un quart de siècle l’image d'une « société » (comme les sociétés française, nordaméricaine, allemande, japonaise...) vue comme un « système social » organisé, avec un Etat
qui dirige et contrôle des institutions stables (la famille, l'école, l'entreprise et des classes
sociales) aux frontières bien définies... est en train de se dissoudre. La vie sociale apparaît
désormais comme un ensemble disparate, désordonnée, formée de réseaux fluctuants,
d'institutions instables, de groupes sociaux, tribus, communautés composites, aux frontières
floues, où les liens sociaux (famille, travail, politiques) se sont fragilisés. Comme l'écrivent
François Dubet et Danilo Martucelli, « le  déclin  de  l'idée  de  société  ressemble  au 
démembrement d'un monument dont les piliers et les murs se lézardent et s'effritent pierre par 
pierre ».
Et les raisons de cette transformation sont bien connues. Depuis les années 70, la longue
phase de crise économique, le chômage de masse, les bouleversements de la famille, le déclin
de l'Etat, l'individualisme... tous ces phénomènes semblent avoir conduit à un déclin des
anciennes formes d'intégration sociale.
Les sociologues parlent de « désinstitutionnalisation » pour évoquer les transformations de
l'école, de l'entreprise, de la famille. D'institutions stables, régies par des normes et valeurs
sûres et contraignantes, elles sont devenus de simples groupement instables et précaires .
Source/:
Questions:
1.Pourquoi peut-on parler de remise en cause des instances d’intégration? Quelles en sont les explications?

EC2 - Comment a évolué la perception des
français sur l’état de la cohésion sociale ?

EC2 – Quels sont les fondements de la
cohésion sociale ?
Force du lien
communautaire

EC2 – Comment évoluent les
fondements de la cohésion sociale ?

« Fatigue de la compassion »

EC2 – Quels sont les facteurs qui renforcent
la cohésion sociale ?
L’Etat une
place centrale :
École et
protection
sociale
Sans oublier la
famille
Et le tissu
associatif

EC2 – Quels sont les agents qui
contribuent à assurer la cohésion sociale ?

EC2 – Quels sont les facteurs qui
fragilisent la cohésion sociale ?

I - Une crise de la famille ?

Introduction
A l’origine, la politique de la famille est mise en œuvre avec trois objectifs
principaux : favoriser le renouvellement des générations, assurer l’équité entre
les familles et les personnes sans enfants mais aussi perpétuer un modèle
familial fondé sur le mariage. L’Etat cherche à influencer les choix familiaux et
privilégie un modèle familial : une famille stable d’au moins trois enfants où la
mère reste au foyer ("Madame aux petits soins") et le père exerce une activité
salariée ("Monsieur gagne-pain"). Dans le Code de la famille, l’Etat définit le
profil de la famille qu’il veut encourager et se positionne comme une instance
normative à l’égard des familles.
Source : http://www.vie-publique.fr/politiques-publiques/famille/evolutionsinstitution-familiale/
Questions:
1.Pourquoi l’Etat s’intéresse-t-il aux familles ?
2.Quel modèle familial est alors développé ? Pourquoi ?

La famille transmet à l'enfant, dès son plus jeune âge, le langage et
les codes sociaux les plus élémentaires (apprendre à manger
« correctement » par exemple), mais aussi les valeurs et les normes
qui l'aideront ensuite à développer des relations sociales. Elle joue
donc un rôle important dans la socialisation. Mais elle transmet aussi
bien d'autres choses : du patrimoine économique, culturel, et des liens
affectifs qui, en retour, participent aussi de la socialisation des
individus...
Source: Famille et socialisation , Sciences humaines
Questions:
1.Rappelez la définition de la socialisation
2.En quoi la famille est-elle un agent essentiel de socialisation?

2 – La famille constitue un réseau de solidarité
Les transferts qui circulent entre les générations à la fois sous forme de temps et
d’argent sont très importants dans l’ensemble des pays européens. D’après les
données issues de l’enquête Share menée auprès de personnes de 50 ans et
plus, près de trois enquêtés sur dix sont concernés par des transferts financiers
au cours de l’année et plus de quatre sur dix par des aides en temps. Lorsqu’il
s’agit d’argent, les enquêtés déclarent avoir versé un transfert sept fois plus
souvent qu’ils ne signalent en avoir reçu, tandis que le taux d’aide donnée n’est
guère différent du taux d’aide reçue pour les aides en temps. (…)Il existe des
différences européennes significatives avec des transferts globalement moins
importants dans les pays d’Europe du Sud.
Source : François-Charles Wolff et Claudine Attias-Donfut , Les comportements
de transferts intergénérationnels en Europe, Économie et statistique N° 403404, 2007
Questions:
1.Quels types de transfert peut-on mettre en évidence en Europe ?
2.L’importance des transfert est-il différent selon le type de transfert? , le sens
du transfert? Le pays ?

B - Une remise en cause du modèle familial
traditionnel

1 - Constat

1. Donnez
les
caractéristiques
du
modèle
familial du début
des années 60
2. Pourquoi peut-on
dire qu’il est en
crise?

2- Explications
Les transformations de la famille découleraient du primat de l’affection et de l’autonomisation des
acteurs. L’individu étant de plus en plus attaché à la qualité des relations interpersonnelles, le
fonctionnement familial évoluerait vers davantage de « psychologisation ». L’épanouissement de soi
deviendrait l’objectif de chacun et la vie familiale serait au service de l’identité personnelle. En
somme, l’individu lui-même s’autonomiserait par rapport à la famille, ce qui correspond bien à la
poursuite du processus décrit par Durkheim. En conduisant à la revendication de l’autonomie
personnelle, l’individualisme rendrait ainsi le lien familial plus précaire, plus instable, et par là
même, l’unité familiale plus soumise au contrôle étatique. (…)
L’inspiration durkheimienne est tout aussi présente dans la thèse de la désinstitutionalisation
familiale, dont la première formulation est celle de Roussel, mais le propos est plus inquiet. Les
changements de la famille marqueraient un affaiblissement des normes hier prescrites qui faisaient
de la famille une institution qui s’imposait à tous. Le refus de soumettre sa vie privée à la loi, au
contrôle social, souligne la coupure qui se serait établie entre sphère privée et sphère publique.
Les contemporains survaloriseraient la première au nom de l’épanouissement de soi.
(Source : J.H.Dechaux, « La Nouvelle Société française », Armand Colin, 2001 
1. En quoi l’épanouissement personnel et la montée de l’individualisme fragilisent-t-ils la famille?
2. Expliquez la phrase soulignée

3 – Les conséquences sur l’intégration

Source : IPSOS, Les rapports des
Français avec la famille, Octobre
2011

1. Quelles conséquences a la fragilisation de la
famille ?

3 – Les conséquences sur l’intégration

Source :Cédric Houdré, Nathalie Missègue, Juliette Ponceau , , Inégalités de niveau de vie et pauvreté,
INSEE, Les revenus et le patrimoine des ménages - Édition 2013
Questions:

1.Donnez le mode de lecture des chiffres pointés. Comment expliquez-vous la différence de
chiffres?
2.Quelle relation faites-vous entre pauvreté et type de famille ?

C – Une recomposition de la famille

1 – De nouvelles formes familiales

Source : Un enfant sur dix vit dans une famille recomposée , Insee Première N°1470 - octobre
2013
Questions:
1.Donnez le mode de lecture et de calcul des chiffres pointés.
2.Y a –t-il aujourd’hui un modèle unique de famille ?

1 – De nouvelles formes familiales

Mariages et Pacs1 entre 1999 et 2010

Questions:
1.Périodisez l’évolution du nombre de mariages et du nombre de PACS,
2.Pourquoi peut-on dire que l’objectif du PACS n’a pas été atteint?

2 – Un attachement à la famille

Source : IPSOS, Les rapports des
Français avec la famille, Octobre
2011

1. Les français sont-ils attachés à la
famille?
2. L’âge
influe-t-il
sur
cet
attachement ?

2 – Un attachement à la famille

Source : IPSOS, Les rapports des
Français avec la famille, Octobre
2011

1. Quelle est la place de
la famille dans les
valeurs des français ?
2. L’âge influe-t-il sur
cet attachement ?

2 – Un attachement à la famille

S'il y a un désir de mariage, c'est parce qu'il apporte quelque chose de plus. Le sens premier de
cette journée à nulle autre pareille permet à la plupart des couples de sceller leur engagement
et de le marquer symboliquement. (…)
Le mariage s'inscrit dans une tradition où l'union a toujours été envisagée entre un homme et
une femme, si bien qu'on peut être surpris que les homosexuels réclament de pouvoir se marier.
Mais leur demande confirme à mon sens la force symbolique du mariage et démontre
qu'il reste attractif.
Si le projet de loi du mariage pour tous est voté, ce sera une rupture. Mais je suis certain que
l'institution du mariage tiendra bon. On constate que l'instauration du Pacs, il y a dix ans, n'a
pas amoindri sa cote. Pas plus que les divorces n'ont altéré son image. Il s'agit d'un
engagement marqué par un moment exceptionnel : c'est un signe d'une force incomparable.
Source: Jean-Claude Kaufmann, : "Le mariage religieux donne du sens à la démarche du
couple« , Le Pèlerin, 23/12/2012
Questions:
1.Quels sont les apports pratiques et symboliques du mariage ?
2.Expliquez la phrase soulignée

Conclusion
La crise de la famille est un autre facteur évoqué pour soutenir la thèse de la crise du lien social.
Depuis trente ans, la montée des divorces, des unions libres, des familles monoparentales et du nombre
de personnes vivant seules indique indiscutablement une fragilisation des liens. Faut-il en déduire un
déclin général des liens familiaux ? Rien n'est moins sûr. Deux processus contradictoires se
développent parallèlement. Si les liens institutionnels ont tendance à se dissoudre, l'entraide et la
solidarité se portent bien. S'il y a bien affaiblissement du cadre institutionnel du mariage (les mariages
et unions sont plus instables), on assiste parallèlement à un resserrement de certains liens. Ainsi, si le
nombre des familles monoparentales a fortement augmenté, 80 % des enfants concernés vivent
alternativement avec les deux parents. Les enfants de divorcés cohabitent moins avec leurs parents,
mais communiquent beaucoup plus avec eux.
Dans les couples aussi, on se voit moins, mais on se parle plus. Les sociologues de la famille
soulignent tous le même phénomène : la vie en commun est partagée entre le souci de préserver un
temps et un espace à soi, et en même temps, de partager des moments forts de vie en commun. Comme
ces couples qui quittent la maison et vont au restaurant pour être « ensemble » pendant un moment
privilégié.
Source: Lien social. Crise et recomposition
Questions:
1.Peut-on parler de crise de de la famille ?
2. Quelles sont les caractéristiques des nouvelles formes familiales?

II – Une crise de l’école ?

A - Le rôle intégrateur de l’école

1 - Le rôle traditionnel de l’école : la
transmission d’une culture commune
La première dimension de l'intégration républicaine (Jules Ferry) était de
l'ordre de la citoyenneté et de la nation. L'école républicaine était portée par le
projet politique de fonder la République. Elle devait apprendre aux enfants
les valeurs des Lumières et de la patrie. [...]L'école intégrait les citoyens
dans la mesure où elle avait pour tâche d'affaiblir les particularismes et
les langues locales. Bref, elle intégrait les enfants parce qu'elle devait
intégrer la société française elle-même.
Source : F. Dubet, « L’exclusion scolaire: quelles solutions? », S. Paugam (dir.)
L'Exclusion,: l'état des savoirs, La Découverte, 1996
Questions:
1.Quelles étaient les caractéristiques de la société française au milieu du XIX°
siècle ?
2.Quel est l’objectif de l’école de Jules Ferry ?
3.Quelles sont les valeurs véhiculées ?

1 - Le rôle traditionnel de l’école : la
transmission d’une culture commune
L’école républicaine, ouverte sur le monde, est un espace de rencontre avec les savoirs, le
creuset des repères sociaux, le lieu d'appropriation et de partage des valeurs de la République
: liberté, égalité, fraternité, laïcité, sureté. [...]
Dans le système complexe dans lequel elle prend place, trois éléments interdépendants
contribuent à faire de l'école républicaine un espace d'intégration sociale :
1- Une école de proximité, de voisinage, de village, de quartier pour le niveau primaire ;
2 - Une école qui accueille tous les élèves où ne se pose pas la question du recrutement, du
niveau social des élèves accueillis, de leur nationalité, de leur culture d'origine, de leurs
caractéristiques physiques ou intellectuelles ;
3 - Une école qui, par la transmission des connaissances, contribue à l'appropriation des
valeurs et des codes du vivre ensemble» dans une société organisée; et prépare à l'entrée dans
la vie sociale et professionnelle.
(Source : Haut Conseil à l'intégration, Les Défis de l'intégration à l'école, Rapport au Premier
ministre pour l’année 2010)
Questions:
1.Pourquoi l’école est-elle un lieu d’intégration?

2 –La préparation à la vie active
Seule école, parce que destinée à forger l'unité idéologique de la nation, l'école
primaire de Jules Ferry n'était pourtant pas l'école de tous. Une autre école
existait, qui demeure payante quand celle-là devient gratuite, et qui accueille les
enfants des classes supérieures de la société: l'enseignement secondaire. (…)
L'enseignement primaire ne constitue donc pas un premier niveau par lequel tous les
enfants passeraient. C'est un enseignement autonome, qui débouche sur la vie
active, et Jules Ferry se préoccupe d'ailleurs d'aménager ce débouché en
développant les écoles primaires supérieures et les écoles manuelles d'apprentissage
(arrêté du 15 janvier 1881, loi du Il décembre 1880 et décret du 31 juillet 1881).
D'où l'extrême ambition des programmes de l'école primaire: il s'agit d'armer les
enfants du peuple pour la vie entière . Ce qu'ils n'auraient pas appris à l'école
primaire, ils ne l'apprendraient jamais.
Source : A.Prost, Quand l‘école de Jules Ferry est-elle morte?
Questions:
1.Expliquez la phrase soulignée
2.Quelles sont les fonctions de l’école ?

3–Une école méritocratique
L'école républicaine se voyait attribuer une forte capacité d'intégration parce
qu'elle n'intervenait pas sur les destins sociaux, sinon de manière positive en
offrant des chances aux meilleurs. Face au capitalisme, l'école républicaine
pouvait sembler juste, même aux yeux de ceux qui étaient condamnés à la seule
école élémentaire. Elle n'excluait personne et semblait reconnaître les talents
exceptionnels. […] La preuve de la justice scolaire était que les meilleurs d'entre
eux pouvaient se soustraire à ce destin, grâce à l'école. Le personnage du boursier
suffisait à prouver la réalité de la justice de l'école républicaine.
Source : F. Dubet, « L’exclusion scolaire: quelles solutions? », S. Paugam (dir.)
L'Exclusion,: l'état des savoirs, La Découverte, 1996
Questions:
1.Quelles valeurs développe l’école?
2.Quelle conception de l’école est mise en avant dans l’école républicaine ?

4 - La construction des individus.
Au cours des années passées à l’école maternelle, les enfants élaborent des réseaux amicaux
complexes et partagent avec leurs pairs des codes culturels bien spécifiques. Ces réseaux
affiliatifs n’échappant pas aux normes sociales, les enfants développent bien souvent une
culture marquée par les rôles de sexe véhiculés au sein de la socialisation de genre familiale
et scolaire. Si bien que, progressivement, avec la mise en place de la ségrégation sexuée, filles
et garçons forment deux groupes distincts aux fonctionnements très différents (…)
De nombreuses études se sont intéressées aux relations entre pairs à l’école maternelle. Elles ont
toutes pu montrer que dès le plus jeune âge les enfants se divisent en groupes de sexe et
préfèrent les jeux conformes à leur sexe d’appartenance. Cette tendance augmente
progressivement au cours des années passées à l’école maternelle, pour atteindre un pic de
rigidité vers 4-5 ans. Ceci amène les enfants, surtout les garçons, à repousser (critique, abandon
de jeu, ou encore détournement de l’attention) ceux qui ne se conduisent pas de façon conforme
aux rôles de sexe en vigueur
Source : Yoan MIEYAA, Véronique ROUYER, Genre, Identité sexuée et émergence de cultures
enfantines différenciées à l’école maternelle, 2010
Questions:
1.Expliquez la phrase soulignée

B - Une remise en cause du rôle de l’école en
tant qu’instance d’intégration ?

1- L’école assure-t-elle une culture commune ?
Pour Vincent Peillon, il s’agit de la "première rentrée du changement". (…) Il souhaite instituer des
cours de "morale laïque" dès la rentrée 2013. Explications.
Qu’entendez-vous par "morale laïque"?
La morale laïque c’est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c’est aussi des devoirs
autant que des droits, des vertus, et surtout des valeurs. Je souhaite pour l’école française un
enseignement qui inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondée sur les idées
d’humanité et de raison. La république porte une exigence de raison et de justice. La capacité de
raisonner, de critiquer, de douter, tout cela doit s’apprendre à l’école. Le redressement de la France doit
être un redressement matériel mais aussi intellectuel et moral.
Quelles sont ces valeurs communes?
Lorsque le président de la République dit devant le monument de Jules Ferry faire de l’école la priorité,
il dit à la société qu’un certain nombre de valeurs sont plus importantes que d’autres : la connaissance, le
dévouement, la solidarité, plutôt que les valeurs de l’argent, de la concurrence, de l’égoïsme… Nous
devons également porter et défendre l’égalité des garçons et des filles. Une société et une école qui
n’enseignent pas ces valeurs s’effondrent. Il faut assumer que l’école exerce un pouvoir spirituel dans la
société.
Source: Interview de V.Peillon, le JDD,01/09/2012
Questions:
1.Quel doit être le rôle de l’école aujourd’hui?
2.Quelles sont les valeurs véhiculées?

1- L’école assure-t-elle une culture commune ?
Après le mariage gay, sus à la "théorie du genre" ! La Manif pour tous appelle les parents à
rejoindre des comités "vigilance gender" dans les établissements scolaires. "Parents ! 
Attention ! L'école va inciter votre enfant dès 6 ans à choisir sa future orientation sexuelle !"
avertissait, lors la rentrée, un collectif de parents devant une école de Pau. En cause, un
programme d'éducation à l'égalité entre les sexes, l'ABCD de l'égalité, qui doit être
expérimenté dans dix académies à partir de janvier 2014.
Dès décembre 2012, des députés de droite réclamaient la création d'une commission
d'enquête sur la diffusion de la "théorie  du  genre",  un  "bouleversement  de  notre  contrat 
social", selon Xavier Breton (UMP). Selon cette "théorie", "rien ne distinguerait un homme 
de genre féminin d'une femme" ou "une femme de genre masculin d'un homme", poursuivait
M. Breton.
Source : Gaëlle Dupont La "théorie du genre", nouvel ennemi de l'ordre "naturel » , LE
MONDE,14.09.2013
Questions:
1.Comment le Ministère de l’Education Nationale souhaite-t-il assurer l’égalité fillesgarçons ?
2.Ce projet est-il accepté par tous ?

2 –L’école permet-elle toujours l’accès à
l’emploi ?
Source : L'état de l'École : L'état de l'École :
30 indicateurs sur le système éducatif
français
Statistiques - publications annuelles numéro 23, octobre 2013

Questions :
1.Donnez le mode de lecture et
calcul du chiffre pointé
2.Mesurez les inégalités de taux
chômage selon de diplôme en 1978
3.Périodisez l’évolution des taux
chômage
4.Mesurez les inégalités de taux
chômage selon de diplôme en 2012
5.Comment a évolué l’influence
diplôme sur le taux de chômage?

de
de
de
de
du

3 –Une école méritocratique ?
Comment expliquez-vous le découplage entre notre société et notre école ?
Notre école s'est construite sur un modèle d'élitisme pour tous, associé à une assez forte
ségrégation entre établissements, et au sein d'une société qui s'est fait une « religion » du
diplôme.
Pour tenir son modèle d'élitisme, elle trie ses élèves : les enfants des classes populaires, plus
de la moitié de la population, ont dix fois moins de chances d'entrer dans les classes
préparatoires que ceux des catégories supérieures qui sont 15 % de la population.
Regroupés dans les « bons établissements », les très bons élèves sont tirés vers le haut ;
regroupés dans les établissements les plus faibles, les moins bons élèves sont, eux, tirés vers le
bas. Ce mécanisme a été encore accentué par l'ouverture des dérogations à la carte scolaire
depuis 2008. Pour couronner le tout, vient s'ajouter une course aux diplômes qui accroît les
effets des inégalités sociales sur les inégalités scolaires, les plus favorisés ayant intérêt à durcir
une sélection qui leur est si favorable.
Source : François Dubet : « Lorsqu'on attend tout de l'école, elle se sacralise et se paralyse »,
Le Monde du 26 août 2010
1.Quels sont les effets pervers développés par le modèle scolaire français ?

3 –Une perte de sens de l’école?
A:
Pourquoi, en France plus qu'ailleurs, ces inégalités scolaires se transforment-elles presque automatiquement
en inégalités sociales ?
Parce que plus qu'ailleurs on associe le bon diplôme et le bon emploi. Ce qui ne vaut que pour une partie
des élèves et induit un surinvestissement de l'école en termes compétitifs par les familles les plus cultivées.
On finit par aller à l'école pour y décrocher un bon diplôme avant que d'y aller pour s'ouvrir à la
connaissance.
Source : François Dubet : « Lorsqu'on attend tout de l'école, elle se sacralise et se paralyse », Le Monde du
26 août 2010
B:
Pour les mêmes raisons, et aussi du fait d’un chômage croissant, on assiste à un durcissement de la
concurrence pour les emplois, qui fait apparaître la réussite scolaire comme un enjeu décisif. Ceci nourrit
dans la jeunesse une inquiétude de plus en plus forte, bien plus forte que dans les pays voisins. Il est
probable également que ces évolutions nourrissent chez les élèves un utilitarisme croissant assorti d’une
perte de sens des apprentissages. Il est tout aussi probable que la souffrance de ce que Dubet appelle les «
vaincus » du système sort bien aiguisée de ces évolutions.
Source / M Duru-Bellat,in O Gallland et Y Lemel (dir.), La société française, A Colin, coll. Sociétales, 2011
(3Ème édition)
Questions:
1.Que recherchent aujourd’hui les jeunes et leur famille dans l’école?
2.En quoi cela pose-t-il problème ?

Conclusion

On pourrait multiplier les exemples qui attestent d'un maintien ou parfois d'un
renouveau des liens sociaux. C'est ainsi le cas des fréquences des contacts sociaux et
des relations interpersonnelles qui, contrairement à une idée reçue, ne déclinent pas.
Inversement, il n'est pas question de nier l'évidence des phénomènes de
« désinstitutionnalisation » qui affectent le travail ou la famille. Mais, comme le
souligne Henri Mendras, la notion de « lien social » est très ambiguë et vague.
L'expression agrège des réalités très différentes : les types de solidarité, la sociabilité,
les formes de contrat (contrat de travail, de mariage), la participation à la vie
collective. Il n'est pas assuré que tout converge vers une direction unique. Les liens
sociaux connaissent parallèlement des processus de décomposition et de
recomposition, de fragilisation et de renouveau, de délitement et de régénérescence.
Et le thème lancinant de la « crise » ne rend pas compte de cette dynamique
incessante de destruction créatrice.
Source: Lien social. Crise et recomposition
Questions:
1. Expliquez la phrase soulignée

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