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SECTION MAGISTRATURE

ELEMENTS DE CORRECTION

Sujet : Quel est aujourd’hui l’intérêt du principe de la séparation des autorités de poursuite, d’instruction et de jugement ? Topic: What is importance today of the separation of the duties of prosecutor examining magistrate and trial judge?

Compréhension du sujet Le principe de la séparation des autorités de poursuite, d’instruction et de jugement est un principe classique, principe cardinal de la procédure pénale qui devrait être apprécié par l’étudiant de manière globale faisant ainsi preuve d’ouverture d’esprit. La sortie du code de procédure pénale fait relancer le débat sur la question. Au lieu d’interroger l’étudiant sur le code de procédure pénale, les examinateurs ont voulu les interroger sur le retour du juge d’instruction (ce revenant). Quelle est l’opportunité de ce retour alors que les causes qui ont milité pour sa suppression en 1972 sont connues. L’instauration de cette autorité permet-elle un rééquilibrage de la procédure pénale ? Le système accusatoire des pays anglo saxons étant de retour dans la plupart des pays, le retour au juge d’instruction n’est-il pas un retour en arrière ? Le sujet devrait être traité dans un esprit d’ouverture sur le monde.

être traité dans un esprit d’ouverture sur le monde. Introduction - Evolution historique (genèse). - Principe

Introduction

- Evolution historique (genèse).

- Principe de la séparation des fonctions avant 1972.

- Principe de la séparation après 1972 en présentant le contexte du changement. - L’étudiant peut aller jusqu’en 2005 avec le code de procédure pénale.

- L’étudiant peut dans sa présentation faire allusion au CIC ou au

CPO.

- Définition des termes :

* Fonction de poursuite : mise en mouvement de l’action publique

- Choix du mode de saisine ;

- Il s’agit d’une mission confiée au Procureur de la République.

* Fonction d’instruction : rassemblement des éléments à charge et à décharge en vue éventuellement de la phase de jugement :

- Mode de saisine (plainte avec constitution de partie civile, réquisitoire introductif d’instance ;

- C’est une fonction confiée au magistrat instructeur ou à un juge d’instruction ;

* Fonction de jugement : rassemblement des preuves établissant

la culpabilité ou non de la personne poursuivie en vue de la condamnation ou non de celle-ci ;

poursuivie en vue de la condamnation ou non de celle-ci ; C’est une fonction confiée à

C’est une fonction confiée à un juge, au président du Tribunal, à une juridiction de jugement.

-

-

Quel est l’intérêt du principe de la séparation des autorités en

charge de ces différentes missions (les étudiants peuvent reformuler le sujet dans leurs propres termes) ; * L’intérêt est la bonne administration de la justice en vue d’une meilleure protection des droits du justiciable, en d’autres termes, c’est

l’impartialité de la justice pénale qui est en question : Il s’agit en effet de concilier l’impératif de la répression et la nécessité de la protection des libertés individuelles à toutes les étapes du procès pénal.

- Mettre en exergue l’intérêt de cette séparation aujourd’hui avec les

exigences de la protection des droits de l’homme dans le procès pénal (présomption d’innocence, respect des droits de la défense, principe du contradictoire qui sont les éléments fondamentaux du procès équitable, procès équitable).

I- Protection du justiciable comme souci majeur du principe de la séparation des autorités de poursuite, d’instruction et de jugement

A- Intérêt du respect du principe de la séparation avant le jugement des autorités de poursuite et d’instruction

- Présomption d’innocence

- Liberté d’aller et venir

- Respect des droits de la défense.

B- Intérêt du respect du principe de la séparation pendant la phase de jugement

- Respect du contradictoire ;

- Respect du principe de la présomption d’innocence ;

la justice
la
justice

administration

de

- Attitude du juge (neutralité, impartialité, recherche de la preuve) ;

bonne

Indépendance du juge (absence de subordination hiérarchique). NB : L’étudiant peut évoquer les limites.

-

II-

La

comme

autre

principe, intérêt de cette séparation A- Le fonctionnement des organes

- respect de l’indépendance ;

- respect de l’impartialité ;

- respect de célérité ;

- respect de la collégialité ;

- souci d’éviter les erreurs.

B- Limites fonctionnelles et structurelles du principe

- Ouverture sur le droit comparé en évoquant les limites de

l’indépendance, les auteurs de la procédure, etc…

- Appréciation de l’indépendance de la magistrature par rapport aux

autres pouvoirs (l’exécutif dont le chef est le président du conseil supérieur et l’existence du législatif dont certains composent le conseil supérieur de la magistrature ;

- Faculté reconnue au Garde des Sceaux d’arrêter les poursuites à tout stade de la procédure (nolle prosequi) art. 64 du CPP. COMMISSAIRES DE POLICE (Février 2009)

Sujet : Les immunités en droit pénal camerounais.

Eléments de correction

Position du problème : « La loi pénale s'impose à tous ». Telle est la célèbre formule, décelable sous d’autres formes dans la Constitution camerounaise et des textes internationaux, qui est affirmée par le Code pénal en son article premier pour exprimer avec force l’égalité de tous les citoyens devant la loi. C'est pour cela qu'il vise souvent, sans distinction,

toutes les personnes coupables : «

celui qui

quiconque

toutes les personnes coupables : « celui qui quiconque », « ». Suivant la même logique,

», «

».

Suivant la même logique, le Code de procédure pénale, institué par la loi n°2005/007 du 27 juillet 2005, consacre également, sous quelques limites, le principe d'égalité de tous devant la loi qui signifie que tout délinquant, sans considération de sa condition sociale, de sa nationalité ou de son sexe, doit être poursuivi et condamné pour l'infraction qu'il a commise. Et cette égalité doit se manifester à toutes les phases de la procédure. Mais, en raison du statut particulier de certains délinquants, des fonctions qu'ils exercent ou peuvent encore être amenés à exercer, ou simplement, pour des raisons diverses, le législateur camerounais a prévu diverses causes d’impunité qui, tenant à la situation particulière de l'auteur d'une infraction au moment où il commet celle-ci, s'opposent définitivement à toute poursuite. Ces causes d'impunité constituent des immunités qu’un auteur a nettement définies comme, « une sorte de passe-droit, de faveur, qui place telle ou telle personne à l'abri des poursuites pénales quant à tel ou tel type d'infraction ». Il faut donc se garder de confondre les immunités des notions voisines ou autres causes d'impunité que sont :

- les causes subjectives d’irresponsabilité prévues par le Code pénal, c'est-à-dire, les causes de non imputabilité ; cas fortuit et contrainte matérielle (art.77), démence (art.78), intoxication (art.79), minorité (art.80), menace (art.81), crainte révérencielle (art.82); - les causes objectives d'irresponsabilité pénale ou faits justificatifs également prévus par le Code pénal : l'exécution de la loi (art.76), l'obéissance à l’autorité légale (art.83), la légitime défense (art.84), l'état de nécessité (art.86) ; - les faits justificatifs spéciaux, c'est-à-dire, propres à certaines infractions: 286-interventions médicales, 287- intérêt de la victime, 288- activités sportives, 306 - diffamation, 339- exceptions à l'avortement et aux violences sur une femme enceinte, etc. Annonce du plan : (NB : Pas obligatoire) L'analyse minutieuse des immunités permet de relever leur double caractère. Leur bénéfice tient d'une part, au statut professionnel des délinquants (I), et d'autre part, à des paramètres supplémentaires (II).

d'autre part, à des paramètres supplémentaires (II). I- Les délinquants protégés par leur statut professionnel

I- Les délinquants protégés par leur statut professionnel Dans le but de permettre à certains responsables d'accomplir convenablement et sans gêne leur mission, il leur est reconnu le droit d'échapper aux poursuites pénales pour certaines infractions. Peuvent en bénéficier, certains hommes politiques (1) et les diplomates (2). l- Immunités de certains hommes politiques (ne sont pas expressément visées par le Code pénal et ne découlent que de l'économie de certains de ses articles à l’instar par exemple, des articles 127, 153 et des textes spéciaux). a) Immunité du Président de la République et des membres du gouvernement, cf. art. 53 de la Constitution, 127 et 153 du CP b) Immunité parlementaire. Cf. art. 68 CPP, 127 et 306 du CP. 2- immunité diplomatique (également non expressément visée par le Code pénal et ne découle que de l'économie de certains de ses articles et des textes internationaux auxquels le Cameroun a souscrit). V. également art. 127 et 153 CP.

II- Les délinquants protégés par d’autres types d’immunités D'autres catégories de délinquants échappent complètement aux poursuites pénales, soit en raison des liens familiaux: avec la victime (1), soit en considérant le souci d'assurer leur défense devant une juridiction

(2).

1- Les délinquants tirant avantage du lien familial avec la victime : V. art. 172 CP - refus d'innocenter ; art.95 CP - conspiration ; art 100 CP - recel ; art.300 CP - violation de correspondance ; 323 CP - immunités.

2- Les délinquants tirant profit du contexte judiciaire de leurs infractions A titre exceptionnel, le lien avec la justice peut justifier que certaines catégories d’infractions échappent, aux poursuites : on parle alors des immunités judiciaires. V. alinéas 3 et 4 de l'article 306 du Code pénal mettant en évidence deux types d'immunités : l’une relative aux paroles prononcées et les écrits produits devant les juridictions, et l'autre ayant trait aux comptes rendus fidèles et de bonne foi des débats et discours judiciaires, à la seule exclusion des procès en diffamation. NB : Peut également, être évoquée, dans celte rubrique, l'immunité exceptionnelle reconnue aux réfugiés qui est prévue à l’article 8 de la loi n°2005/006 du 27 juillet 2005 portant statut des réfugiés au Cameroun.

27 juillet 2005 portant statut des réfugiés au Cameroun. Sujet : De l'application des règles du

Sujet : De l'application des règles du code pénal camerounais et de celles du droit OHADA aux infractions imputables aux dirigeants des sociétés commerciales. (Magistrature 2003)

I- Correction du sujet L’harmonisation du droit des affaires en Afrique a favorisé l’émergence d’un droit pénal communautaire ayant vocation à sanctionner les agissements répréhensibles des dirigeants sociaux.

Le droit communautaire a donc vocation à régir les comportements délictueux susceptibles de survenir dans les sociétés commerciales. Dans ces conditions, on peut s'interroger sur la mesure et l'opportunité de l’application des règles du code pénal, dès lors que le droit communautaire prime sur la législation interne. A priori, l’on serait tenté de nier l'application du code pénal si l'on s'en tenait au caractère supranational du droit communautaire. Pourtant, l'application du code pénal à des comportements délictueux des dirigeants de certaines sociétés est une réalité, même si celle-ci est sujette à polémique. Cependant, la polémique née des procédures de détournement de deniers publics pendantes devant les juridictions camerounaises est contredite par les dispositions de l’article 916 de l’AUSCGIE qui énoncent :

« le présent Acte Uniforme n'abroge pas les dispositions législatives auxquelles sont assujetties les sociétés soumises à un régime particulier ». De cette disposition découle la conséquence qu'il existe bien un type de sociétés commerciales pour lesquelles les infractions peuvent relever de la législation interne et dans le cas du Cameroun, du code pénal. Ce faisant, il y a bien des hypothèses dans lesquelles le code pénal trouvera à s'appliquer quand bien même on aurait pensé que la législation OHADA avait une portée abrogatoire. C’est la compréhension que suggère le sujet proposé qui comporte donc deux axes d'analyse :

1- Le droit pénal OHADA comme législation de droit commun applicable aux comportements répréhensibles des dirigeants sociaux. 2- Le code pénal comme droit applicable aux sociétés à régime particulier.

droit applicable aux sociétés à régime particulier. II- L’Intérêt du sujet I1 découle de la compréhension

II- L’Intérêt du sujet I1 découle de la compréhension du sujet. Il s'agit de cerner la problématique des sociétés à capitaux publics, commerciales par leur forme, mais dont la sanction des dirigeants est régie par les dispositions du code pénal. Cela passe par l'identification des hypothèses dans

lesquelles le code pénal peut s'appliquer à coté du droit pénal OHADA, alors que la forme de la société inciterait à penser le contraire. L'application du code pénal dans l'hypothèse des sociétés à capitaux publics permet d'établir une comptabilité et non un rapport d'exclusion, entre le droit pénal OHADA et le code pénal, Cette affirmation n'est pas gratuite mais repose sur un fondement juridique qui permet, sans qu'il y ait lieu de polémiquer, d'appliquer le droit interne à des sociétés commerciales à régime particulier en raison notamment de la manière dont les dirigeants sont désignés ou de la provenance de leur financement.

III- Problème juridique Déterminer le régime juridique de la répression des infractions imputables aux dirigeants des sociétés commerciales.

imputables aux dirigeants des sociétés commerciales. IV- Problématique Dans quelle(s) hypothèse(s) peut-on

IV- Problématique Dans quelle(s) hypothèse(s) peut-on appliquer le code pénal camerounais à côté du droit OHADA qui est la législation de principe en matière d’infraction imputables aux dirigeants des sociétés commerciales ?

V- A l’introduction, le candidat devra :

- définir les notions : infractions, sociétés commerciales, dirigeants de sociétés commerciales ;

- évoquer l'autonomie et la primauté du droit pénal, expression de la

souveraineté des Etats ; - préciser que les actes uniformes prévoient les incriminations et laissent la détermination des sanctions aux Etats souverains ;

- faire ressortit que le législateur camerounais par la loi n° 2003/008

du 10 juillet 2003 a repris les incriminations prévues par les actes uniformes et en a déterminé les sanctions ;

- identifier deux types de sociétés commerciales : celles proprement dites et celles à régime particulier ;

- déduire que le régime de la répression des infractions imputables

aux dirigeants des sociétés commerciales en droit camerounais épouse cette configuration duelle : le droit pénal OHADA s'appliquera toutes les fois qu'est en cause un dirigeant social de société commerciale au sens des articles 1 et 4 de l’AUSDCGIE ; le code pénal s'appliquera au dirigeant de la société dite à régime particulier, à l’instar de la société à capitaux publics, auquel seraient reprochés des comportements répréhensibles.

VI- Plans Première suggestion A. Le domaine d'application du droit pénal OHADA 1- Les infractions

*

d'application du droit pénal OHADA 1- Les infractions * Les infractions imputables aux dirigeants sociaux :

Les infractions imputables aux dirigeants sociaux : l’abus de biens

sociaux.

*

Les infractions imputables aux organes de contrôle; l'inobservation

des incompatibilités légales, la diffusion ou la confirmation d'informations mensongères, la non révélation de faits délictueux par le commissaire aux comptes. 2- La répression

* L’exercice de l’action

* Les peines applicables.

B- Le domaine d'application du code pénal 1- L’incrimination de l’article 184 du code pénal. 2- La polémique tirée de la nature des biens.

Deuxième suggestion A. L’application du droit pénal OHADA comme régime de droit commun des infractions des dirigeants sociaux.

1- Les infractions

* Les infractions imputables aux dirigeants sociaux : l'abus de biens

sociaux.

* Les infractions imputables aux organes de contrôle: l’inobservation

des de incompatibilités légales, la diffusion ou la confirmation d'informations mensongères, la non révélation des faits délictueux par le commissaire aux comptes.

2- La répression

* L’exercice de l'action.

* Les peines applicables.

B- L’application du code pénal aux dirigeants des sociétés à régime particulier. 1- Critères et fondement possibles de la particularité du régime

La nature ou la provenance des financements de la société / le mode de désignation des dirigeants.

de la société / le mode de désignation des dirigeants. * * La protection de la

*

*

La protection de la fortune publique.

2- La problématique de l'application des dispositions de l'article 184 du code pénal ou de la législation OHADA.

*

La solution légale : l'article 916 de l'AUDSCGIE.

Les solutions judiciaires : (affaire MP et FEICOM, SIC, Crédit Foncier contre dirigeants sociaux et autres jugements de l'année 2008).

*

VII- Conclusion Le candidat devra faire état de la persistance d'une polémique autour de l'application du code pénal aux dirigeants sociaux en dépit de l'existence d’une législation supranationale. Mais il devra relever que l'option du Cameroun d'appliquer le code pénal à certains dirigeants sociaux a un fondement légal. Il devra souligner qu'alors que' la législation communautaire entend protéger l’ordre public sociétaire, la loi nationale se soucie de la protection

de la fortune publique dont le législateur OHADA n'a pas forcément tenu compte. Il devra par conséquent relever qu'il y a une complémentarité entre les deux législations et que cette situation peut durer aussi longtemps que l’Etat aura à apporter des financements à des sociétés, fussent-elles commerciales par leur forme.

SECTION MAGISTRATURE 2004) Sujet : Le choix de la sanction pénale par le juge. Topic: The presiding magistrate’s choice of penalty in criminal matters.

magistrate’s choice of penalty in criminal matters. Eléments de correction Compréhension du sujet : Le choix

Eléments de correction

Compréhension du sujet :

Le choix de la sanction n'est pas antérieur à la déclaration de culpabilité. A cet effet, certains auteurs ont préconisé la césure du procès pénal :

- Le procès de la culpabilité ;

- Le procès de la sanction.

Le candidat averti devrait donc comprendre que dans le cadre du sujet, la culpabilité a été reconnue et il est question de délibérer sur la sanction :

Qu'est ce qui va déterminer le choix du juge pour telle ou telle autre peine? Telle est la problématique.

Introduction Le prononcé de la sanction pénale est l'une des phases les plus importantes du procès pénal :

* Importante pour la société qui voit ainsi traduite dans la décision

du juge, sa réprobation du fait délictuel dont l'auteur est reconnu coupable,

* importante surtout pour le délinquant qui est fixé sur son sort ; la

décision du juge pourra en effet porter atteinte selon les cas, à sa liberté, à sa fortune et à son honorabilité.

II est donc Compréhensible que toute sanction ait pour fondement,

le principe de la légalité. Ce principe signifie en substance que les infractions et les peines y afférentes, doivent être prévues par la loi, C'est dans ce cadre légal, fixé par les articles 18, 19, 20 et 21 du code pénal que le juge devra se mouvoir pour le choix de la peine. Le respect du principe de la légalité ne fait cependant pas du juge, un distributeur automatique des sanctions, ce que le législateur camerounais rappelle fort opportunément à l'article 93 du code pénal en ces termes :

Art. 93 : Choix de la peine « La peine ou la mesure prononcée dans les limites fixées ou autorisées par la loi doit toujours être fonction des circonstances de l'infraction, du danger qu'elle présente pour l'ordre public, de la personnalité du condamné, de ses possibilités de reclassement et des possibilités pratiques d'exécution.» Le juge est donc appelé à effectuer un choix, en vue d'un traitement adéquat du délinquant. Quels sont les éléments ou critères qui guident ce choix ? Telle est la problématique du sujet. Tout choix induisant une « marge de manœuvre », il sera question en d'autres termes, d'examiner à combien de niveaux s'exerce la liberté de choix reconnue au juge dans l'application de la sanction pénale. Mais en tout état de cause, le choix du juge, qu'il s'agisse de la nature ou de la mesure de la sanction, et parce que c'est l'individu qui est jugé et non les faits, sera à chaque fois influencé par la nécessité de concilier les impératifs de la politique criminelle et les exigences de la resocialisation du délinquant.

et les exigences de la resocialisation du délinquant. kalata - Préparation Supérieure Privée aux concours

En ayant de manière constante à l'esprit cette double exigence, l'analyse du sujet portera dans une première partie sur la liberté du juge quant au choix de la nature de la sanction (I) et dans une deuxième partie, sur la liberté du juge quant à la mesure de la sanction pénale (II).

I - La liberté cantonnée (mesurée) du juge quant au choix de la nature de la sanction Le correcteur devrait retrouver dans cette partie, les éléments

d'affirmation de cette liberté (A) et des éléments de relativisation de cette liberté (B). A- Le principe de la liberté

* Dans la rédaction de la plupart des articles du code pénal, laquelle

offre au juge la latitude de choisir entre les peines principales ; Ex : Art. 316 (1) du code pénal « Est puni d'un emprisonnement de 15 jours à 3 ans et d'une amende de 5000 à 100,000 frs ou de l'une de ces deux peines seulement celui qui détruit »

de ces deux peines seulement celui qui détruit » * Par le jeu du pardon judiciaire

*

Par le jeu du pardon judiciaire qui permet au juge de changer la

nature de la peine initialement prévue par la loi. Ex : Art. 92 (2) « Lorsque la loi n'édicte qu'une peine privative de

»

liberté, la juridiction peut y substituer une amende dont le maximum

est de

B- Les limites à la liberté de choix du juge

* L'obligation de ne prononcer que les peines prévues par la loi (art.

17 à 21 du code pénal) ;

* L'interdiction de prononcer les peines accessoires à titre principal ;

* L'interdiction du cumul des peines.

Il- La liberté relativement large du juge quant a la mesure de la sanction En rappelant le rôle de la sanction pénale, le candidat devrait ressortir dans cette partie, les critères subjectifs énoncés par l'art. 93, qui permettent au juge pénal de jouer pleinement son rôle de « clinicien », par

opposition à son homologue statuant en matière civile, davantage considéré comme un «technicien ». Il s'agit notamment de la prise en compte de la personnalité du

délinquant, de l'impact social de l'infraction et de l'applicabilité de la peine. Il y aura lieu de relever cependant que la liberté du juge, même dans ce domaine est légalement encadrée. A- La prise en compte de la personnalité du délinquant

* Le sursis (art. 54) ;

* Les circonstances atténuantes ; art 90 à 92 du code pénal ;

* Les causes d'exonération partielle de responsabilité (excuses atténuantes) art. 77 à 87 du code pénal ;

* Les circonstances aggravantes :

- récidive ;

- âge de la victime ;

aggravantes : - récidive ; - âge de la victime ; - statut du délinquant ;

- statut du délinquant ;

- lien de parenté avec la victime ;

- moyens utilisés pour commettre l'infraction etc.

B- La prise en compte de l'impact social de l'infraction et des possibilités matérielles d'exécution de la peine

* La nature de l'infraction ;

* Le danger que représente l'infraction pour l'ordre public ;

Ex : un faux en écriture publique et authentique ne sera pas traité de la même manière qu'un vol de canard ou encore, le prévenu reconnu

coupable de pratique de sorcellerie n'aura pas le même traitement que celui reconnu coupable de filouterie de boissons ;

* L'applicabilité de la sanction - nécessité de prendre en compte, les aspects pratiques d'exécution de la peine

Ex : - Internement d'un alcoolique alors qu'il n'existe pas d'établissement approprié ;

- Amende faramineuse pour un indigent.

MAGIDTRATURE

Sujet : La conciliation des intérêts de l'individu et de la société dans le rassemblement des preuves en matière pénale

La théorie de la preuve est une matière importante et difficile. Importante, elle l’est pour trois raisons :

D'abord parce que l'absence de preuves conduit le juge à acquitter ; toutes les fois que la culpabilité n'est pas totalement établie, la condamnation ne serait pas justifiée. Ensuite parce que la recherche des preuves s'effectue en fonction de certaines options philosophiques ou morales. Par exemple un système très libéral et respectueux de l'individu conduira à trouver en l’interrogatoire du délinquant, des garanties plus nombreuses qu'un système autoritaire centré essentiellement sur l'intérêt général. Enfin la matière de la preuve est importante par son objet : en effet, la preuve porte non seulement sur les faits et la culpabilité, mais aussi sur la description de la personne du délinquant et on voit là la consécration des idées de l'école de la défense sociale de Marc Ancel. La recherche de la preuve est d'une importance capitale en matière répressive car il y va de la vie, de l'honneur et du patrimoine de la personne poursuivie, mais aussi de l'ordre social. Il faudrait donc, et c'est le but du procès pénal rechercher la vérité la plus exacte possible. Pour des raisons d'efficacité, c'est-à-dire dans le but de réprimer tous les coupables. L’on a préconisé la liberté de preuves. Toutefois, les droits individuels de la personne poursuivie qui bénéficie jusqu'à sa condamnation définitive d'une présomption d'innocence, constituent eux aussi un autre ordre de préoccupations à côté de l'intérêt social. Il apparaît dès lors deux impératifs contradictoires à concilier et c’est l'idéal de la procédure pénale Cette recherche d'équilibre est très perceptible de nos jours dans le rassemblement des preuves. Les nécessités de répression dans l'intérêt de la société sont assurées par le principe de la liberté de preuve (I). Aussi, limite-t-on cette liberté dans l'intérêt de la personne poursuivie (II).

dans l'intérêt de la personne poursuivie (II). kalata - Préparation Supérieure Privée aux concours

I- La protection de l'intérêt général par le principe de la liberté des preuves A- Fondement du principe de la liberté des preuves pénales

- Le but du procès pénal qui est la connaissance la plus exacte de la vérité, plus la formation de l’intime conviction du juge ;

- Les criminels très habiles qui effacent les preuves ;

- Le public qui voudrait voir le délinquant puni pour sa propre sécurité est scandalisé de le voir relaxer pour défaut de preuve.

B- Signification du principe de la liberté des preuves

- La nécessité de la répression penche vers un système inquisitoire

- II est dès lors impérieux d'autoriser la partie poursuivie à user de

toutes les voies et moyens pour établir les faits posés par le délinquant surtout quand celui-ci brouille les preuves.

le délinquant surtout quand celui-ci brouille les preuves. Par différents modes : renseignements écoutes

Par différents modes : renseignements écoutes téléphoniques, les

-

pièces à conviction, les déclarations de la personne poursuivie, celles du témoin, les indices (cette combinaison fonde l'intime conviction du juge).

II- La protection des droits individuels par la limitation de libertés des preuves

A.

L'exclusion de certains modes de preuve

1- la prohibition générale de certains modes de preuves a- L'interdiction de certains modes de preuves anciens On tient compte des concepts de morale sociale. On rejette les preuves attentatoires à la dignité humaine et au respect de la conscience individuelle. b- L'exigence de loyauté dans la recherche de preuves. Pas de preuve arrachée sous le fait de la torture. Interdiction du procureur dans la phase de l'instruction de simuler. Par exemple voix d'un tiers au député pour arracher les aveux.

Avec l'avancée des techniques scientifiques : « interdiction du sérum de vérité» et du pentothal.

2- Interdiction spéciale de certains modes de preuve

B- La légalité de la procédure de rassemblement de preuves 1- Les conditions de rassemblement des preuves.

Exclusion des preuves obtenues par des moyens inadmissibles :

tortures, fraude, tromperie

Pour ce qui est du témoignage, certaines personnes sont frappées d'incompatibilité et/ou d'incapacité sont interdites. Sont également interdites les cas de moindre soupçon d'impartialité.

bref tous les moyens illégaux.

2- Les règles relatives à la procédure de production des preuves. Au cours du procès, la procédure de production des preuves doit respecter les règles fondamentales de l'audience pénale qui sont : la production de tout élément de preuve à tous les juges ayant eux-mêmes participé à l'intégralité de l'audience et la soumission de tout élément au débat contradictoire.

et la soumission de tout élément au débat contradictoire. Sujet : La loi pénale : son

Sujet : La loi pénale : son interprétation et son application dans le temps et dans l'espace. Introduction Le candidat doit rappeler le principe de la légalité des délits et des peines qui a été énoncé pour la première fois dans la Déclaration des droits de l'Homme et des citoyens de 1789. A coté de ces principes, le législateur a posé deux autres principes :

- le principe de la non rétroactivité

- le principe de la territorialité.

A coté de ces principes, il a prévu des atténuations telles que l’interprétation de la loi par le juge, l'universalisation de la répression des certaines infractions imprescriptibles L'interrogation qu'on peut se poser ici est celle de savoir quelles sont les finalités que le législateur recherche ? Le doit pénal est un droit délicat car il traite des droits et libertés des citoyens : s'il est trop souple et laissé

au bon gré du juge, on pourrait craindre qu'il fasse des « constructions intéressées » ; s'il est trop rigide, on pourrait craindre qu'il ne puisse contenir toutes les circonstances d'où la nécessité de canaliser l'application de la loi pénale pour assurer aux citoyens la garanties de leurs droits et libertés.

Plan possible I- Un souci de préserver l’ordre public

A. Le respect du principe de la légalité des délits et des peines

1- L'exposé de la méthode littérale

Né du souci de combattre: l'arbitraire de l'Ancien Régime et le pouvoir des anciens juges : « Les juges des crimes ne peuvent interpréter largement la loi pénale pour la seule raison qu'ils ne sont pas législateur ». BECCARIA. « Le juge ne doit être que la bouche qui prononce les paroles de la loi » MONTESQUIEU. Interprétation stricte de la loi pénale

MONTESQUIEU.  Interprétation stricte de la loi pénale 2- Objectif de la loi pénale. Respect du

2-

Objectif de la loi pénale.

Respect du principe de la légalité des délits et des peines, car ce principe s'impose au juge stricto sensu : « le juge qui refusera de juger sous prétexte du silence, de l'obscurité ou de l'insuffisance de la loi pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice » Art. 4 du code civil.

B- Application spatio-temporelle de la loi pénale

1- Application dans l'espace : le principe de la territorialité La loi de la République s'applique à tout fait commis sur son territoire » Art. 7 al. 1 du code pénal. Toutefois ce principe est mis en échec par :

- Les immunités diplomatiques et consulaires - Les cas où la loi pénale camerounaise connait des infractions commises hors de son territoire.

Elle l'envisage à trois niveaux :

* La compétence personnelle peut justifier la compétence de la loi camerounaise alors que l'infraction présente un caractère d'extranéité : le lien de rattachement peut être ici la nationalité de la victime ou celle de l'auteur. La nature des infractions, indépendamment de la nationalité des auteurs ou du lieu de commissions, l'infraction (atteintes contre la sûreté de l’Etat, contrefaçon du sceau de l’Etat ) * La compétence universelle des tribunaux camerounais en raison soit des crimes qui touchent à l'essence même de l'humanité, ou qui est par les conventions internationales tells que celle de la Haye de 1970 sur la capture illicite des aéronefs, ou celle de Montréal de 1971 sur la sûreté de l'aviation civile

Montréal de 1971 sur la sûreté de l'aviation civile 2- L'application de la loi pénale dans

2-

L'application de la loi pénale dans le temps

II existe plusieurs principes d'application de la loi pénale dans le temps. - principe de la non rétroactivité des lois pénales plus sévères application des lois pénales plus douces et de forme

II- Un souci de tenir compte de révolution sociale A- Pour une fonction resocialisatrice de la justice : le réalisme judiciaire Evoquer la marge de liberté reconnue au juge en vue d'interpréter la loi pénale en tenant compte de la psychologie du délinquant, ou de l’émergence des infractions nouvelles en raison de l'évolution des sociétés et des mœurs….

B- Internationalisation de la répression : la volonté de protéger la nation toute entière 1- Imprescriptibilité de certaines infractions 2- Emergence des tribunaux internationaux

Sujet : L'égalité des armes dans le procès pénale

I- La matérialisation du principe de l'égalité des armes dans le procès pénal

A. Les droits généraux reconnus à toute personne poursuivie

dans un procès pénal 1- Les prérogatives hérités du droit anglais Sont dans la loi N°2005/007 du 27 juillet 2005. 2- La demande de liberté provisoire 3- Le droit de récusation du juge et l'usage des voies de recours

B- L'apport des principes directeurs du procès pénal 1- Le principe de la présomption d'innocence

2- Les principes directeurs de la phase de jugement : les avantages du système accusatoire

la phase de jugement : les avantages du système accusatoire Principe de publicité : c'est d'une

Principe de publicité : c'est d'une garantie à la fois pour le juge et pour l'inculpé. Voir loi N°2005/007 du 27 juillet 2005.

-

- principe du contradictoire

- Principe de l'intime conviction du juge

3- L'obligation faite au juge de motiver sa décision.

II- Les impératifs de la sauvegarde de l’ordre public : causes

de l’effritement des droits et libertés de la personne poursuivie dans le procès pénal

A. Les effets néfastes du système inquisitoire sur les droits

de la personne poursuivie

- Le stade de l’enquête préliminaire

Ici les officiers de police judiciaire ont des pouvoirs accrus, notamment les gardes à vue. B- Les procédures résultant de certaines pratiques procédurales

1- La suspicion légitime et les délits de presse 2- La relativité d'un apport commis d'office.

- Les injustices liées à un système indemnitaire lacunaire en cas de relaxe ou d'acquittement.

Epreuve de Droit Pénal

Sujet : Amnistie, prescription et grâce.

Eléments de correction Introduction

- Rappel : la loi pénale s'applique à tous

- L’infraction à la loi pénale doit faire l'objet de poursuites pénales et son auteur, sanctionné :

- La loi a cependant prévu des obstacles, soit aux poursuites, soit à

l'exécution de la sanction : l'amnistie, la prescription et la grâce en font partie

L’amnistie et la prescription peuvent opérer soit comme obstacles

et la prescription peuvent opérer soit comme obstacles - aux poursuites, soit comme obstacles à l'exécution

-

aux poursuites, soit comme obstacles à l'exécution de la sanction. Mais au regard du libellé du sujet qui met ces trois notions côte-à-

côte dans une perspective de comparaison, il sied de les analyser comme mode d'extinction de la sanction ;

-

Leur traitement dans le premier livre du Code pénal au rang des

causes qui font obstacle à l'exécution des peines le commande également ;

- Le problème juridique à résoudre sera d'en faire une comparaison

qui fera ressortir dans un premier temps leur caractéristique commune :

elles sont l’expression du pardon pénal, et dans un second leurs particularités qui s'apprécieront dans l’étendue de ce pardon.

I- Amnistie-prescription et grâce : expression du pardon

pénal A- le fondement juridique

1- Amnistie et prescription : fondement légal - Loi d'amnistie - art. 73 du Code pénal

- art. 67 du code pénal

2-

Grâce

:

fondement

constitutionnel,

exercice

par

le

Président

de

la

République

en

vertu

de

son

pouvoir

discrétionnaire.

- c'est un acte de gouvernement insusceptible de recours

B- Les modalités 1- Amnistie et prescription : pardon de plein droit

- aucune action du bénéficiaire n'est prévue par la loi

- rappeler les délais de prescription de la peine

- rappeler les cas de suspension et d'interruption

2- La grâce : pardon sollicité ou provoqué

- le principe : le recours du condamné

- l'exception : l'initiative de l'autorité investie du pouvoir de gracier

- cas des recours instruits pour les condamnés à mort

- cas des recours instruits pour les condamnés à mort II- La manifestation de ce pardon

II- La manifestation de ce pardon

A- Amnistie : pardon avec effacement de la sanction 1- Le principe

l'amnistie efface la condamnation et met fin à toute peine principale et accessoire et à toute mesure de sûreté 2- les exceptions La survie de :

-

- certaines mesures de sûreté (internement dans une maison de santé et fermeture de l'établissement) - les intérêts civils

- les frais dus au trésor si la décision est devenue définitive

- les amendes, frais et confiscation déjà versés au trésor public.

'

B- Prescription et grâce. : Extinction sans effacement de la sanction 1- La prescription

- Le principe : une fois la prescription acquise, la peine ne peut plus être exécutée, même sur la demande du condamné ;

- ce principe n'admet pas d'exception

- le pardon s'étend aux peines accessoires et aux mesures de sûreté

qui l’accompagnent

- la sanction est oubliée mais pas effacée ; c'est son exécution qui est empêchée.

2- La grâce (art. 66 du Code pénal)

- commutation ou remise partielle ou totale, conditionnelle ou non de la peine ;

- elle peut s'étendre aux mesures de sûreté et aux obligations de la

probation mais elle n'efface pas la sanction ;

- comme pour l'amnistie, les intérêts civils et les frais déjà versés au trésor public lui survivent.

et les frais déjà versés au trésor public lui survivent. MAGISTRATURE (2007) Sujet : Comparez les

MAGISTRATURE (2007) Sujet : Comparez les infractions relatives aux atteintes à la vie. Topic: Compare offences connected with death.

Elements de correction Introduction La vie est une valeur sociale universellement protégée, soit par les

législations internationales, soit par les législations nationales. A ce titre, nous pouvons citer :

- l'art. 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948 ;

- l'art. 4 de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des

Peuples ;

- le préambule de la constitution du 18 janvier 1996, révisée en

2008.

C'est pour cela que le droit à la vie fait partie du « noyau dur » des droits fondamentaux que les Etats sont tenus de respecter en toutes circonstances, même en cas de conflits ou de troubles.

Fort de cette législation, le code pénal érige en infractions toutes les atteintes relatives à la vie (Voir art. 275, 276, 270, 289 et 338). Comparer ces infractions revient à mettre en exergue le critère déterminant de distinction qui est l'élément intentionnel, aussi bien en ce qui concerne la qualification de l’infraction que la détermination de la sanction. L'intérêt de ce sujet se révèle à plusieurs niveaux. Il s'agit en premier lieu de la protection de la vie qui se traduit par la répression de l'avortement et la réticence à autoriser l'euthanasie. La seconde préoccupation qui se dégage de ce sujet est la préservation de l'espèce humaine avec notamment l'imprescriptibilité de certaines infractions telles que les crimes contre l'humanité et le crime de génocide. Une troisième préoccupation qui est transversale aux deux premières est la préservation de la famille qui justifie « l'énervement de la répression » chaque fois qu'il est porté atteinte à la vie d'un membre de la famille au sens des art. 350 et 351 du CP :

Plan I- L'Element intentionnel : critère de qualification de l'infraction A- Les atteintes volontaires (meurtre, assassinat) 1- Dol général : intention de commettre l'infraction en ayant conscience de violer la loi pénale. 2- Dol spécial : intention délibérée d'atteindre le résultat prohibé par la loi pénale (la mort). 3- Dol aggravé : prise en compte de la qualité des protagonistes (auteur et victime). Ex: avortement, infanticide, parricide, homicide sur un enfant.

avortement, infanticide, parricide, homicide sur un enfant. B - Les atteintes involontaires 1- Le principe :

B - Les atteintes involontaires 1- Le principe :

L'absence d'intention de donner la mort. 2- Les comportements blâmables ou fautifs (sans être assimilés à l'intention coupable, ils constituent un facteur déterminant de l'homicide) ex : art. 290(1), 289(3).

Il s'agit d'une indiscipline (imprudence, négligence ou mise en danger délibérée) s'analysant comme le non respect d'une certaine discipline sociale. Ex: Homicides involontaires consécutifs à des activités dangereuses, ou à la conduite d'un véhicule en état d'ébriété.

II- L'Élément intentionnel :

répression

critère

déterminant dans

la

A - Dans le choix de la Sanction

1. L'élément intentionnel : circonstance aggravante de la sanction.

2. L'absence de l'élément intentionnel : atténuation ou effacement

de la sanction.

B - Dans le choix de la juridiction compétente

1- Chambre criminelle du TGI pour les crimes après information judiciaire 2- Chambre correctionnelle pour les délits 3- Juridiction pénale universelle : crimes contre l'humanité et crimes de génocide.

PLAN ALTERNATIF
PLAN ALTERNATIF

I- Une variété de fondements dans l'incrimination (influence sur la nature de l'infraction)

A

1- Atteintes volontaires 2- atteintes involontaires

- Prise en compte de l'élément intentionnel

B- Prise en compte de la qualité des protagonistes (auteurs et victimes)

II -Régime de la répression calqué sur un critère commun :

l'élément intentionnel

A - Choix de la juridiction

B - Choix de la sanction

NB : tous les éléments contenus dans le premier plan devraient se retrouver dans le plan alternatif.

Sujet : La contrainte par corps dans le cadre de la procédure pénale Introduction Montesquieu dans son ouvrage intitulé De l’esprit des lois consacre le principe de la séparation des pouvoirs en affirmant que, le pouvoir doit arrêter le pouvoir. Ainsi, chaque pouvoir a son domaine d'expression propre. C'est notamment le cas du pouvoir judiciaire qui est chargé de résoudre les litiges en disant le droit. Mais comme le dit un adage populaire, il ne suffit pas de rendre les décisions, encore faut-il les exécuter. C'est dans cette logique que le législateur camerounais, aidé en cela par de nombreuses décisions inexécutées, par des lenteurs judiciaires et par la corruption du personnel de la justice et dans un souci d'atteindre certains objectifs parmi lesquels : l'exécution rapide des décisions de justice, le recouvrement des amendes dès le prononcé de la décision, a adopté la loi n°2005/007 du 27 juillet 2005 portant Code de procédure pénale camerounais. Il a ainsi consacré parmi tant d'autres moyens permettant d'atteindre ces objectifs la contrainte par corps au titre III intitulé Des condamnations pécuniaires, au chapitre II de la contrainte par corps en ses articles 557 et suivants. La contrainte par corps est donc une voie d'exécution, une mesure qui vise à obliger le condamné à exécuter les condamnations pécuniaires ou à effectuer les restitutions ordonnées par une juridiction répressive (article 557 du Code de procédure pénale). L'étude de cette notion soulève le problème juridique de la pertinence de la contrainte par corps au regard des objectifs du Code de procédure pénale. Autrement dit quel est le bien fondé de cette notion dans le système judiciaire camerounais ? Mieux encore la contrainte par corps respecte-t-elle les droits de l'homme dans son application ? Le problème posé par le sujet est d'une importance capitale notamment sur le plan juridique, politique et socio-économique. Il est également important de noter la différence entre la contrainte par corps et l'astreinte en matière civile ; car si la première permet l'incarcération du

civile ; car si la première permet l'incarcération du kalata - Préparation Supérieure Privée aux concours

condamné aux fins de paiement, la seconde condamne celui qui perd le

procès ou le débiteur à verser une certaine somme d'argent correspondant

à chaque jour de retard dans l'inexécution de son obligation. Pour une

meilleure compréhension de cette notion, nous étudierons dans une première partie le régime juridique de la contrainte par corps dans le Code de procédure pénale camerounais (I) et la contrainte par corps comme une institution qui dévoile des limites à la modernité du Code de procédure pénale (II).

I- Le régime juridique de la contrainte par corps dans le code de procédure pénale camerounais II sera question dans cette partie de faire une étude exégétique de la contrainte par corps c'est-à-dire de faire comprendre, d'expliquer les dispositions sur la contrainte par corps dans le Code de procédure pénale (CPP) camerounais. Ainsi examinerons-nous les personnes assujetties à la contrainte par corps et celles bénéficiant des immunités (A) avant d'envisager la durée et les effets de la contrainte par corps (B).

la durée et les effets de la contrainte par corps (B). A- Les personnes assujetties à

A- Les personnes assujetties à la contrainte par corps et les immunités La lecture des articles 558, 559, 561 et 566 du CPP fait ressortir les personnes susceptibles d'être contraintes par corps. En principe ne peut être contraint par corps que le délinquant reconnu coupable d'une infraction à la loi pénale (crime, délit ou

contravention) et condamné par une décision de justice à payer à l'Etat ou

à la partie civile des amendes, dépens et/ou des dommages intérêts. Le

condamné peut donc être détenu ou non. Le Code de procédure pénale apporte une précision quant à la contrainte par corps à l’encontre du mari et de sa femme. En effet l'article 566 du CPP dispose que « la contrainte par corps ne peut être exercée simultanément contre le mari et la femme, même pour le recouvrement des sommes afférentes à des condamnations différentes». En d'autres termes, les époux ne peuvent subir la contrainte par corps qu'à des périodes différentes. Assurément un tel aménagement

se justifie par le souci du législateur de protéger l'intérêt de la famille et surtout des enfants. Car que deviendrait une progéniture dont les parents se retrouvent tous en prison ? En outre la caution qui se porte garant du paiement de la dette du débiteur peut subir la contrainte par corps en lieu et place du condamné si dans les 2 mois de la signature de l’engagement, elle ne s'exécute pas (article 561 alinéa 2 a et CS arrêt n°26/P du 30 novembre 1971). Ici on peut percevoir que la contrainte par corps bien que n'étant pas une peine reste tout de même la conséquence directe d'une condamnation pénale. A ce titre, elle doit obéir au principe de la personnalité de la peine. Mais tel n'est pas le cas dans la mesure où la caution qui n'a été condamnée pour aucune peine, est portée à subir la contrainte par corps. Nul doute cette contrainte par corps à son égard sanctionne sa défaillance à respecter son engagement. Comme quoi se porter garant d'une dette est une chose mais en payer le montant en est une autre. Concernant les immunités elles peuvent être provisoires ou définitives c'est-à-dire que l'exercice de la contrainte par corps est momentanément suspendu ou alors totalement inopérant. C'est ainsi qu'on peut remettre dans cette catégorie les époux condamnés aux dépens. En effet, s'ils ne peuvent subir la contrainte par corps simultanément, cela signifie que son exercice est tout simplement différé pour l'un des époux. En outre la contrainte par corps est inopérante à l'encontre de la partie civile, des femmes enceintes, des personnes âgées de moins de 18 ans et de plus de 60 ans au moment de l'exécution. Il faut noter que le cas de la partie civile n'est pas expressément prévu par le CPP, mais par extension complémentaire et interprétation du premier texte qui a réglementé la contrainte corps au Cameroun à savoir la loi du 22 juillet 1867 modifiée par celle n°58-203 du 26 décembre 1958, la partie civile condamnée aux dépens (bien que gagnante au procès mais ayant intenté des poursuites inutiles et vexatoires) verra le recouvrement de ses dépens que suivant les règles du droit privé (les saisies) et jamais ne peut être contrainte par corps.

(les saisies) et jamais ne peut être contrainte par corps. kalata - Préparation Supérieure Privée aux

De même le civilement responsable, l'assureur de responsabilité et les étrangers ne peuvent être contrains par corps (article 569 du CPP ; CS arrêt n°132/P du 30 avril 1963 et loi du 22 juillet 1867 ; ordonnance fédérale n° 2 du 1 er octobre 1962).

B- La durée et les effets de la contrainte par corps Cette durée varie en fonction des amendes et frais de justice dus à l'Etat, ou des dommages intérêts dus à la partie civile. Généralement il ressort de l'article 564 alinéa 1 du Code de procédure pénale que la durée de la contrainte par corps lorsque l'Etat est créancier, est plus longue et va de 20 jours à 5 ans suivant le montant de la dette. Ainsi par exemple elle sera de 12 mois pour les sommes supérieures à 200 000 francs et n'excédant pas 400 000 francs. Lorsque la partie civile est créancière les durées de la contrainte par corps prévues à l'alinéa premier de l'article 564 sont réduites de moitié. Il est difficile de comprendre cette discrimination, cette sévérité d'un coté et la souplesse de l'autre. Sur les effets de la contrainte par corps, ils se résument au régime des condamnés de droit commun qui est celui des personnes détenues en vertu de la contrainte par corps ; à la non libération du condamné qui a subi la contrainte par corps et n'a toujours pas payé sa dette et au fait que la contrainte par corps ne peut être exercée deux fois pour la même créance. Après avoir examiné le régime juridique de la contrainte par corps quelle appréciation, quelle évaluation au regard du CPP et de la pratique pouvons nous faire de cette institution ?

et de la pratique pouvons nous faire de cette institution ? II - La contrainte par

II - La contrainte par corps : une limite a la modernité du code de procédure pénale

II s'agira dans cette partie de montrer les limites de la contrainte par corps à travers la violation des règles du procès équitable (A) et les atteintes aux droits du condamné (B). A- la violation des règles du procès équitable Cette violation est perceptible à travers le principe du double degré de juridiction. En effet l'article 453 du Code de procédure pénale dispose que « l'appel suspend l'exécution du jugement. Toutefois, les titres de détention continuent de produire leurs effets et la provision accordée à la partie civile conformément à l'article 392(1) est versée à celle-ci. » D'un autre coté l'article 558 alinéa 2 b dispose qu'«en cas de condamnations pécuniaires au profit de l’Etat, un mandat d'incarcération est immédiatement établi au prononcé de la décision et transmis pour exécution au Ministère public. » Cela signifie que les amendes et frais de justice dus à l'Etat doivent être suspendus et la contrainte par corps également, elle qui n'est qu'une suite de la non exécution de la condamnation pécuniaire. Car comment contraindre par corps une personne pour une décision qui n'est pas encore irrévocable ? Or le délai d'appel de 10 jours, 20 jours ou 3 mois suivant les cas peut profiter au condamné en lui permettant de proposer une caution, d'hypothéquer ses biens, de faire appel ou de demander les délais de grâce. Ce même délai d'appel permettrait au juge d'examiner la situation du condamné sur la meilleure option de règlement de sa dette. On pourrait bien procéder aux saisies et ne pas faire exécuter la contrainte par corps afin de faire prévaloir l'idée selon laquelle la liberté est le principe et la détention l'exception ; principe manifeste de la sauvegarde des libertés individuelles. Par ailleurs comment comprendre qu'on puisse confier l'exécution de la contrainte par corps au procureur de la république (article 558 alinéa 2b), partie principale au procès contre le prévenu, violant ainsi le principe de la séparation des fonctions de justice répressive et surtout pouvant laisser libre cour à la partialité du procureur de la république. Or en droit comparé français c'est le juge de l'application des peines qui décide de l'emprisonnement du condamné par un jugement rendu après débat contradictoire insusceptible d'appel (Frédéric Desportes, Francis Le

insusceptible d'appel (Frédéric Desportes, Francis Le kalata - Préparation Supérieure Privée aux concours

Gunehec, droit pénal général, 13 ene édition, Paris Economica 2006 P 1045). Par transposition de cette solution en droit camerounais, un juge du siège qui n'a pas eu connaissance de l'affaire peut jouer le rôle de juge de l'application de la contrainte par corps. Par ailleurs il semble comme une incongruité entre les dispositions de l'article 561 alinéa 1 a du Code de procédure pénale et la volonté du législateur pénal camerounais de réduire les lenteurs judiciaires, mieux de voir les décisions de justice exécutées dans de plus bref délais. Il serait plus judicieux de confier l'examen de la caution à la même juridiction ayant statué sur le fond (cas où l'affaire est jugée au Tribunal de Grande Instance) ou alors confier cet examen au juge ayant connu de l'affaire et statué sur le fond comme cela semble être le cas en matière de caution pendant l'information judicaire, où le juge d'instruction lui-même statue sur la caution proposée par l'inculpé.

statue sur la caution proposée par l'inculpé. B- la contrainte par corps : une institution attentatoire

B- la contrainte par corps : une institution attentatoire aux droits du condamné La contrainte par corps dans le Code de procédure pénale semble porter atteinte aux droits du condamné de par sa sévérité, son assimilation à la peine d'emprisonnement et à la répartition inégalitaire et injuste du pécule. Premièrement la durée de la contrainte par corps varie de 20 jours à 5 ans suivant le montant de la dette pécuniaire (article 564 du Code de procédure pénale). Par-exemple la contrainte par corps est de 20 jours pour les sommes n'excédant pas 10 000 francs et 5 ans pour les sommes supérieures à 5 millions. Or en droit comparé français, la durée maximale de la « contrainte judiciaire » est comprise entre 20 jours et 3 mois étant entendu qu'elle ne peut être applicable pour les montants inférieurs à 2000 euros. En matière de trafic de stupéfiants, lorsque le montant de l’amende prononcée excède 100 000 euros, la durée de la contrainte par corps peut atteindre 1 an.

On s'interroge sur une telle sévérité pour un Code qui se veut pourtant protecteur des droits de l'homme à la lecture de ses principaux objectifs. De même alors qu'en France la « contrainte judiciaire » dont la durée est plus longue (1 an) s'applique particulièrement à l’encontre des trafiquants de stupéfiants, au Cameroun, la contrainte par corps ne tient pas compte de la qualité de l’infracteur. C'est ainsi qu'elle peut s'appliquer indifféremment à toute personne condamnée à une peine pécuniaire en cas de non exécution de celle-ci. En outre l'individu qui croit avoir purgé la peine d'emprisonnement est surpris de son maintien en détention sur le fondement de l'article 558 alinéa 1 au terme duquel : « lorsque que la contrainte par corps concerne une personne déjà incarcérée ou détenue elle est exécutée à l'expiration de la peine d'emprisonnement, à moins que cette personne ne fournisse une caution garantissant le paiement des condamnations pécuniaires dans les deux mois de l'engagement ». Deuxièmement il est surprenant que la personne incarcérée pour un défaut de paiement d'une amende par exemple soit soumise au même régime que les condamnés de droit commun (article 570 Code de procédure pénale). Pourtant au cours de cette incarcération le débiteur est astreint au travail. Nous pensons qu'il serait juste qu'il soit soumis au régime de la détention provisoire c'est-à-dire exempt de travail. Quand bien même il serait astreint au travail ne gagnerait-on pas à verser la totalité du produit de ce travail au recouvrement de sa dette? On a l'impression qu'en reversant les 2/3 de ce produit au Trésor public (article 53 du décret n°92 /052 du 27 mars 1992 portant régime pénitentiaire au Cameroun), l'Etat se rend coupable d'un paiement indu ou d'un enrichissement sans cause. Cette situation n'est pas loin du phénomène que décrivaient Merle et Vitu à propos des amendes lorsqu'ils pensaient que «l'Etat s'enrichirait sur la délinquance de ses citoyens.» Chose immorale et inéquitable.

de ses citoyens.» Chose immorale et inéquitable. Conclusion kalata - Préparation Supérieure Privée aux

Conclusion

Au regard du régime juridique de la contrainte par corps tel que vu ci-dessus et de l'appréciation qui en est faite, peut-on au terme de ce travail affirmer que la contrainte par corps a amélioré le recouvrement des amendes et frais de justice dès le prononcé de la décision ? La réponse à une telle question ne peut être qu’ambiguë. Dans un premier temps on pense que l'objectif du législateur n'est pas atteint dans la mesure où certains délinquants convaincus de leur condamnation ne se présenteront pas à l'audience de peur d'y être arrêtés. Et quand bien même ils se présenteraient, la contrainte par corps est impuissante face à leur insolvabilité naturelle. Dans un second temps si le législateur peut atteindre son objectif, on se demande à quel prix peut-il l'atteindre? Assurément au prix de la violation des droits humains qu'il est censé protéger.

violation des droits humains qu'il est censé protéger. MAGISTRATURE (2007) Sujet : Les innovations du Code

MAGISTRATURE (2007) Sujet : Les innovations du Code de Procédure Pénale camerounais en matière de protection des droits et libertés individuels. Topic: Innovations in the Cameroon Criminal Procedure Code in matters relating to the protection of individual rights and freedoms.

Éléments de correction Propos introductifs - La vie harmonieuse et paisible en société (théâtre de conflit d'intérêts permanents) a un prix, elle s'obtient au bout de sacrifices et efforts consistants soutenus par des procédés diversifiés ; - L'un de ces procédés est législatif, en ce sens que les pouvoirs publics doivent édicter un corps de règles qui prévoit le permis et le défendu, ainsi que les sanctions encourues en cas d'infraction. Il s'agit du droit pénal, qui participe de la sécurité juridique (principe de la légalité criminelle -- CESARE BECCARIA, des délits et des peines) ; - Le droit répressif est constitué de deux grands ensembles :

* le droit répressif de fond, contenu dans le Code Pénal (lois n° 65/LF/24 du 12 novembre 1965 et 67/LF/01 du 12 juin 1967, portant Institution du Code Pénal, et toutes les modifications subséquentes), et dans certaines lois particulières (code de la route, les actes uniformes OHADA, les règlements CEMAC). * Le droit répressif de forme, encore appelé procédure pénale, qui

permet de mettre en œuvre ou d'appliquer le droit répressif de fond. Il est contenu dans un code de procédure pénale.

- Après l'indépendance, le Cameroun a hérité des lois de procédure pénale de ses colonisateurs,

* CPO pour l'ex-Cameroun occidental ;

* CIC pour l'ex-Cameroun oriental.

- Ces 02 textes ont été abrogés par la loi n° 2005/007 du 27 juillet

2005 portant code de procédure pénale, entrée en vigueur le 1 er janvier

2007.

Ce code de 747 articles, divisé en 06 livres est un long processus (plus de 25 ans de préparation).

est un long processus (plus de 25 ans de préparation). - L'objectif des pouvoirs publics à

-

L'objectif des pouvoirs publics à travers ce code est de :

-

* harmoniser la procédure pénale sur l'ensemble du territoire national ;

*

* Moderniser la procédure pénale camerounaise en prenant

adapter la procédure pénale au contexte camerounais ;

notamment en compte la problématique des droits de l'homme plus que jamais d'actualité dans le monde entier.

à plusieurs instruments internationaux

Le Cameroun est partie

relatifs aux droits de l'homme.

• DUDH du 10 décembre 1948 ;

• Les pactes internationaux de 1966 ;

• La CEDEF du 18 décembre 1979 ;

• La CDE de l989;

• La Convention contre la torture du 10 décembre 1984 ;

• La CADHP du 27 juin 1981 etc.

Sur les plans internes et internationaux, 03 constances marquent les droits de l'homme :

•une multiplication des droits de l'homme (que certains auteurs n'hésitent pas à classer en générations à mesure qu'on en crée) ; • les violations constantes des droits de l'homme ; • la prolifération des textes protecteurs des droits de l'homme. Le Cameroun a donc eu l'occasion, à travers le CPP, de se positionner sur le plan interne quant au degré de protection à accorder aux droits de l'homme, parce que la matière répressive est une des multiples occasions au cours desquelles on peut porter atteinte à ces droits.

Par rapport aux textes antérieurs, les critiques sont unanimes pour dire que le législateur camerounais a innové en matière de protection des droits et libertés individuels, reconnus au suspect, au mis en cause à l'inculpé, au prévenu et à l'accusé, suivant la phase où on se situe.

et à l'accusé, suivant la phase où on se situe. Problématique juridique : Quelles sont ces

Problématique juridique : Quelles sont ces innovations ? Intérêt du devoir : Evaluation et appréciation de l'œuvre législative en termes de prise en compte et de la protection des droits et libertés individuels.

Plan possible En adoptant une logique explicative simple, le candidat peut montrer que les innovations en matière de protection de droits des personnes poursuivies dans le CPP tournent autour de la consécration explicite de multiples droits et libertés (I) et du renforcement de leur garantie en terme.

I- La consécration explicite de multiples droits et libertés individuels par le CPP A- Les droits et libertés d'ordre substantiel - L'encadrement rigoureux de la privation de liberté

* la limitation des délais de privation de liberté (GAV, DP, contrainte par corps) ;

* la limitation des autorités habilitées à restreindre la liberté ;

* la multiplication des mesures palliatives à la privation de la liberté (la surveillance judiciaire art. 246 et Svts CPP).

- Les droits innombrables protégeant la défense (garder le silence,

assistance d'un conseil

- correspondance/,.) ;

Des

droits

)

;

fondamentaux

(visite,

soins

médicaux,

- La sacralisation de la présomption d'innocence (art. 8 CPP) ;

- Exemption de certaines personnes de la CPC.

B - Les droits et libertés d'ordre processuel

- la séparation des fonctions répressives avec le retour à l'institution

d'un juge d'instruction magistrat du siège (art, 142 et suivants du CPP) ;

magistrat du siège (art, 142 et suivants du CPP) ; la clarification de la procédure de

la clarification de la procédure de poursuite et de jugement des mineurs (art. 700 et suivants du CPP) ;

-

- l'instauration de la procédure en libération immédiate (habeas corpus) art. 584 et suivants CPP;

les possibles demandes de mise en liberté (avec ou sans caution) art. 222 et suivants CPP ;

-

- les actions en nullité des actes ;

- l'instauration d'une CCI (art. 272 CPP) ;

- le droit au renvoi en cours de procédure de FD (art. 300 CPP) ;

- la clarification des options de défense.

II- Le renforcement des garanties des droits et libertés individuels A- Par la diversification des sanctions en cas d'atteinte 1- La sanction des actes de procédure attentatoires aux droits et libertés individuels

- La nullité d'ordre public ou absolue :

* en cas d'atteinte aux droits de la défense ; * en cas d'atteinte à un principe d'ordre public art 3 CPP.

- La nullité relative (art 4 CPP)

2-La sanction des auteurs des atteintes aux droits et libertés individuels

- La responsabilité pénale (sanctions pénales) ;

- La responsabilité civile (sanctions civiles) ;

- La responsabilité administrative (consécration de l'indemnisation pour garde à vue ou détention abusive).

B- Par le renforcement de certaines garanties d'impartialité du juge •l'encadrement rigoureux de la production des preuves à l'audience ; •La généralisation du système accusatoire ; •Une meilleure réglementation du droit de « refuser son juge »; •L'interdiction faite au Juge d'instruction de connaître comme Juge de jugement d'une procédure par lui instruite ; etc. Au total, il se dégage de la lecture du CPP camerounais que le législateur a eu à cœur de protéger les droits et libertés individuels. Reste à compter sur les acteurs de la chaîne pénale pour une mise en œuvre efficiente de ce dispositif.

pénale pour une mise en œuvre efficiente de ce dispositif. Consignes de correction Il est rappelé

Consignes de correction Il est rappelé aux correcteurs que le plan ci-dessus dégagé est un consensus minimum sur les éléments qui devraient être retrouvés dans un devoir. Il n'y aura donc pas lieu de censurer une organisation différente d'idées qui présenterait par exemple dans une première partie les innovations à la phase préparatoire du procès pénal et dans la seconde, celles consacrées à la phase du jugement. De même, un plan qui présenterait dans un premier mouvement, les innovations tendant à assurer le respect d'un procès équitable et qui mettrait l'accent sur une innovation majeure dans un deuxième, (le retour du Juge d'instruction et ses conséquences ou la justice pour mineurs par exemple) ne devra pas être censuré.

L'essentiel sera de s'assurer que le candidat s'est approprié les principales innovations du Code touchant aux droits et libertés individuels et qu'il est capable de les restituer dans une organisation rigoureuse d'idées.

SECTION « GREFFES » CORRIGE-TYPE

Sujet : La protection des droits de l'Homme dans un procès pénal. Le procès-pénal se déroule en phases

- la phase de police judiciaire ou d’enquête préliminaire

- la phase de poursuite et d'instruction

- la phase de jugement

de poursuite et d'instruction - la phase de jugement •L'Etat garantit à tous les citoyens de

•L'Etat garantit à tous les citoyens de l'un et de l'autre sexe les

droits et libertés énumérés dans la constitution du 18 janvier 1996 révisée en 2008, inspirés de la déclaration universelle des droits de l'Homme de

1948.

• Mais si la liberté et la sécurité sont garanties à chaque individu, elles le sont dans le strict respect des droits d'autrui et de l'intérêt supérieur de l'Etat. •Les importants droits individuels qui intéressent l'action judiciaire,

et qui doivent faire l'objet d'une grande attention lors du procès pénal sont

:

- la liberté d'aller et venir

- l'inviolabilité du domicile et de la propriété.

- le strict respect de la légalité dans le cadre des arrestations et des détentions.

- le droit à la vie et à l’intégrité physique et morale.

Aussi quelles sont les garanties accordées par les lois règlements et jurisprudence aux mis en cause devant.

I - Les phases des police judiciaire et de Poursuite.

II- Les phases d'Instruction et de Jugement.

Les garanties accordées aux mis en cause dans les phases d'enquête et de poursuite Lorsqu'une infraction a été commise, elle est portée à la connaissance de la police judicaire (Police + Gendarmerie) qui mène les enquêtes préliminaires ou de flagrance. Le ministère public est informé et saisi par voie de procès-verbal. Il saisit à son tour les juridictions compétentes par citation directe ou après avoir ouvert une information. En quoi la Police Judiciaire et la Poursuite sont tenues de respecter les droits des mis en cause.

A- Les garanties des suspects et des témoins lors de l'enquête judiciaire. La mission de la Police Judiciaire est de rechercher les infractions, d'en rassembler d’en déférer les auteurs aux tribunaux chargés de les punir. Avant de déférer les présumés voleurs, les Officiers de Police ont un certain nombre d'actes à accomplir au cours desquels ils doivent respecter les droits des individus. Deux sortes d'enquêtes dites préliminaires et de flagrant délit sont diligentées sous l’impulsion et le contrôle du ministère public.

sous l’impulsion et le contrôle du ministère public. 1- En enquête préliminaire La loi n°58/203 du

1- En enquête préliminaire La loi n°58/203 du 24/12/1958 puis le CPP a consacré la légalité de l'enquête préliminaire. Mais cette enquête ne confient aucun pouvoir collectif aux Officiers de Police. Les citoyens peuvent ne pas déférer avec convocation reçues, refuser de répondre aux questions posées ; ne pas ouvrir leur porte aux perquisitions. La garde à vue seule échappe à ce caractère et permet d'obliger l'individu visé à demeurer à la disposition des enquêteurs, s'il existe des indices graves et concordants.

a) La garde à vue et ses garanties légales

Elle est un droit de la Police Judiciaire pour les nécessités de l'enquête préliminaire pour une durée de 24 h.

- Elle doit être décidée par un Officier de Police, le Procureur de la République contrôle son exécution et peut autoriser sa prolongation.

- Les preuves des conditions du bon déroulement de la garde à vue

exigent que l’Officier de Police Judiciaire mentionne sur le procès-verbal:

les motifs, les jours et heures du début, et de la cessation de la mesure ; la durée des interrogatoires et des repos. La garde à vu peut conduire à l'arrestation;

b) L'arrestation En dehors des maudits de justice, l'arrestation n'est autorisée qu'en cas d'infraction flagrante. Mais en enquête préliminaire l'Officier de Police Judiciaire doit

préliminaire l'Officier de Police Judiciaire doit déférer au Procureur de la République l'individu sur

déférer au Procureur de la République l'individu sur qui on a découvert les indices graves et concordants de nature à prouver son inculpation et résultant par exemple d'aveux ou de témoignages accablants. Enfin, les perquisitions domiciliaires et saisies de pièces à conviction ne s'accomplissent qu'avec le consentement exprès de la personne chez qui l'opération a lieu. 2) - En enquête de flagrance La procédure pénale donne à l'OPJ le droit de coercition, de perquisitionner et de saisir, au besoin en employant la force : à la différence de l'enquête préliminaire, l'enquête de flagrance exclut l'exigence d'un consentement des personnes intéressées. Mais on trouve des exigences destinés à protéger les droits individuels et l'intimité des personnes visées.

- les lieux et le temps des perquisitions sont fixés : le temps légal est

défini. - la présence de la personne chez qui l'on agit, ou de son représentant, ou de deux témoins est exigée. Pour établir la rectitude des recherches, les intéressés signent tous dans le procès-verbal des opérations.

Le droit de prendre connaissance des papiers et documents est

réservé exclusivement à l'enquêteur et aux personnes requises.

- La présentation des objets saisis pour reconnaissance à la

personne soupçonnée est exigée. Les déclarations des personnes entendues sont portées sur un P.V. qu'elles relisent complètent par des observations, signent ou refusent de signer. Le parquet est saisi et exerce la poursuite.

B) Les garanties lors de la poursuite Les juridictions d'Instruction et de Jugement ne peuvent pas se saisir

elles-mêmes ni exercer l'action publique. Ce rôle est dévolu au Ministère public et à certaines administrations publiques.

II

faut donc analyser le rôle du Ministère public dans la mise en

donc analyser le rôle du Ministère public dans la mise en mouvement et l’exercice des poursuites

mouvement et l’exercice des poursuites dans le strict respect des droits et libertés des individus. Le Ministère public remplit la vocation des fonctions d'accusation qui présente deux aspects :

- le principe de légalité des poursuites c'est-à-dire qu’il est imposé au Procureur de la République de poursuivre toute infraction dont il est informé quelle qu'en soit la gravité. - le principe de l'opportunité des poursuites, on laisse au parquet la

liberté de donner la suite qu'il veut à l'affaire portée à sa connaissance. Au vu des éléments que lui fournit l'enquête de Police Judiciaire le Procureur de la République prend une décision sur la suite à donner à l'affaire.

- s'il estime de poursuivre il met l'action publique en mouvement.

Soit en fexant ouvrir une information par le Magistrat instructeur (en cas de crime ou le mineur)

- soit en usant la citation directe

- dans le cas contraire il classe l'affaire sans suite. Des motifs de classement sont variables •les faits mentionnés ne constituent une infraction •les faits sont prescrits ou au amnistiés

• les infractions sont trop minimes • l'auteur est un délinquant primaire •il a été impossible de découvrir les auteurs Même à ce niveau le Procureur veille aux respects des libertés individuelles lors de la détention provisoire.

II - Les garanties accordées aux inculpés pendant l'instruction et le jugement A- Garantie des droits de l'inculpé devant le magistrat instructeur L'inculpation constitue une étape importante dans le déroulement de l'instruction préparatoire. Mais le Magistrat Instructeur doit veiller sur la liberté individuelle, l'inviolabilité des domiciles et les correspondances, la propriété des biens qui peuvent faire l'objet d'atteintes graves, ainsi que le droit à la défense de l'inculpé; 1- Personnalités du premier interrogatoire Les garanties importantes dont bénéficie l'inculpé à l'instruction sont

:

- les régies qui entourent l'interrogatoire de première comparution ; - son assistance ou sa représentation aux perquisitions et aux suivies.

ou sa représentation aux perquisitions et aux suivies. a) L'interrogatoire sur première comparution *

a)

L'interrogatoire sur première comparution

* L'inculpé est informé des raisons de sa convocation de son arrestation et du droit de se défendre, immédiatement. * L'exposé des charges est une formalité fondamentale, qui s'impose à peine de nullité * Le droit de ne faire aucune déclaration, et de ne parler qu'en présence de son avocat. * On avertit l'intéressé sur le droit de se faire assister par un conseil.

b)

Formalités des Actes ultérieures de l'instruction

 

Les

droits

à

la

défense sont garantis

par plusieurs

sortes

de

prérogatives reconnues au conseil.

* La libre communication de l'avocat avec le détenu (art. 302 cic)

* La convocation aux interrogatoires et confrontation

* L'accès de l'avocat au dossier de la procédure et la notification des

ordonnances juridictionnelles. Enfin à propos des perquisitions et suivies, les règles destinées à sauvegarder les libertés individuelles et les droits de la défense qu'on a exposées à propos des infractions flagrantes trouvent à s'appliquer à l'instruction.

B/ Les garanties de l'inculpé devant les juridictions de jugement La procédure d'audience ou la procédure d'instruction définitive a pour but la *************oduction des preuves et leur dissension publique et contradictoire. •Les parties produisent les preuves combattent en présence de leur ************ défense. •Le droit est donné à chaque partie privée d'être assisté d'un défenseur. Cette assistance est obligatoire en cas de crime. •Le délinquant et la partie civile indigents peuvent demander la désignation d'un avocat d'office ou solliciter l'assistance judiciaire. •La liberté de parole devant la juridiction de jugement est garantie par l'impunité des prononcés (pas d'action en diffamation, injure ou outrage. •Les parties peuvent récuser les juges •Le double degré de juridiction et la collégialité reposent sur l'idée d'une meilleure justice car dit-on que juge unique, juge inique. •L'inculpé jouit de la présomption d'innocence

•L'inculpé jouit de la présomption d'innocence Conclusion Nul homme ne peut être accusé, arrêté détenu

Conclusion

Nul

homme ne peut

être accusé, arrêté détenu que dans les

déterminés par la loi et selon les formes qu'elle a proscrite. Au Cameroun.

DIVISION JUDICIAIRE CYCLE A 2010 ADMINISTRATEURS DE GREFFE

Sujet : Le juge et la peine au Cameroun Topic: The Judge and sentence in Cameroon

Éléments de correction Propos introductif Dans sa configuration classique, le système de justice pénale oppose, d'un côté, la société et la victime lésées par l'infraction, et, de l'autre, le délinquant, devant un arbitre impartial: le juge. Celui-ci doit, en cas de culpabilité établie, prononcer contre la personne poursuivie, une peine.

La peine, synonyme de sanction, apparaît donc comme la mesure pénale prononcée par un juge dans un jugement, en répression d'un comportement fautif pénalement réprimé. Largement entendue, la notion de peine recouvre toutes les sanctions pénales, incluant aussi bien les peines principales (peine de mort, d’emprisonnement ou d'amende) que les peines accessoires (déchéance, publication du Jugement, fermeture d'établissement, confiscation) et mesures de sûreté (interdiction d'exercice d'une profession, internement dans une maison de santé, surveillance et assistance post-pénales De quelle mesure dispose le juge pour fixer la peine dans chaque espèce qui lui est soumise ? Selon quel critère choisira-t-il d'appliquer tel type de peine au détriment de telle autre ? Et lorsqu'il aura choisi la nature de la peine à infliger, qu'est-ce qui guidera la décision sur le quantum de la sanction ? La question est d'importance. Elle est en effet au cœur de la problématique, cruciale en pénologie, de la conciliation entre le besoin d'expiation éprouvé par le corps social et la nécessité de proportionner la peine à la personnalité de l'individu. Elle invite également à examiner la part de liberté du juge, et ses incidences possibles sur le principe fondamental de l'égalité des citoyens face à la loi. Autrefois en effet, la fixation de la peine était abandonnée à l'entière discrétion du juge, seule étant réglementée l'administration de la preuve

seule étant réglementée l'administration de la preuve kalata - Préparation Supérieure Privée aux concours

judiciaire : «Les peines sont arbitraires en ce royaume», disait un adage dans le droit coutumier. Au Cameroun par contre, la question du choix de la peine est innervée par l'article 93 du code pénal, ainsi libellé : »La peine ou la mesure prononcée dans les limites fixées ou autorisées par la loi doit toujours être fonction des circonstances de l'infraction, du danger qu'elle présente pour l'ordre public, de la personnalité du condamné, de ses possibilités de reclassement et des possibilités pratiques d'exécution ». Il ressort de ce texte que le juge camerounais demeure libre dans la détermination de la sanction pénale (I). Cette liberté n'est cependant pas synonyme d'arbitraire ; elle est encadrée dans des limites fixées par la loi (II).

I. Le juge fixe librement la peine Le prononcé d'une peine en répression d'un comportement antisocial satisfait à la fois une fonction sociale et une fonction individuelle. D'une part, la peine vise à réparer - au moins symboliquement - le trouble social causé par le délinquant, et à prévenir l'imitation au moyen de l'intimidation. D'autre part, la peine a un objectif de prévention spéciale de la récidive en ce qu'elle tend non seulement à châtier le délinquant, mais aussi à le réinsérer dans la société. Sous ce dernier rapport, il importe de laisser au juge la faculté de choisir, dans chaque espèce, la sanction qui lui paraît la mieux appropriée en fonction de l'acte posé par le délinquant, de son tempérament et de ses chances de réinsertion ; on parle alors du principe, devenu essentiel en droit pénal, de personnalisation ou d'individualisation de la sanction.

personnalisation ou d'individualisation de la sanction. A. Le principe de l'individualisation de la peine -

A. Le principe de l'individualisation de la peine - Conceptualisé à la fin du XIXe siècle par Raymond SALEILLES ; - L'individualisation, encore appelée par évolution terminologique personnalisation de la sanction, consiste à prononcer et à faire exécuter une peine que l'on a adaptée à la personne à l’encontre de laquelle elle est prononcée ;

- S’oppose au système de peines fixes, issu d'une application

rigoriste du principe de légalité des peines. Sous couleur de lutter contre l'arbitraire des juges sous l'Ancien Régime, le système des peines fixes

avait instauré une véritable dictature de la loi, ravalant le juge au rôle de distributeur de peines fixes ;

- Individualisation de la peine comme outil-indispensable à la

réinsertion, afin de limiter l'effet désocialisant de la peine ; - Le juge, garant des libertés individuelles.

B- Les modalités de l'individualisation de la peine

1- Le juge choisit la nature de la peine (choix de la peine principale et/ou de la peine accessoire). 2- Le juge choisit le quantum et les modalités de la peine (durée de l'emprisonnement ou montant de l'amende, peine ferme ou peine assortie du sursis, sursis simple ou sursis avec mise à l'épreuve, jeu des circonstances atténuantes, modalité de l'exécution de la peine de mort).

modalité de l'exécution de la peine de mort). II- Dans les limites légalement édictées A- Le

II- Dans les limites légalement édictées A- Le juge ne peut appliquer une peine non prévue par la loi Art 17 CP : « Les peines et les mesures sont fixées par la loi et ne sont prononcées qu'à raison des infractions légalement prévues ». Le principe de la légalité criminelle fait donc prohibition au juge d'inventer une peine qui lui semble adéquate ; il doit se contenter de celles prévues par la loi.

B- Le juge ne peut prononcer une peine en dehors du quantum fixé par la loi - Le juge ne peut prononcer une peine inférieure au minimum légal

(sauf circonstances ou excuses atténuantes), ni une peine supérieure au maximum légal ;

- Lorsque le juge reconnaît des circonstances atténuantes, ou

lorsque le condamné bénéficie d'une excuse atténuante, la peine doit

nécessairement être fixée en deçà du minimum légal, sous peine de violation de la loi ;

- Le sursis ne peut être accordé pour une période inférieure à trois

ans ou supérieure à cinq ans, ni lorsque la peine d'emprisonnement prononcée excède cinq ans (art 54 CP).

En guise de conclusion On peut déplorer que le juge, qui doit choisir la peine en fonction « de la personnalité du condamné, de ses possibilités de reclassement et des possibilités pratiques d'exécution », soit tenu à l'écart du processus d'exécution de la sanction. Personnalisée lors de son prononcé, la peine devrait aussi l'être au cours de son exécution. La resocialisation voulue du condamné est un processus évolutif, et non un fait instantané. Il ne fait pas de doute que la sanction pénale gagnerait en utilité si, tout au long de son exécution, le juge avait la faculté ou mieux l'obligation de suivre l'évolution du condamné afin de réviser ou supprimer, en fonction des progrès accomplis par l'assujetti, les mesures prononcées.

accomplis par l'assujetti, les mesures prononcées. Sujet : Les droits de la victime dans le procès

Sujet : Les droits de la victime dans le procès pénal au Cameroun. Topic: The rights of the victim in criminal matters in Cameroon.

(GREFFES B 2007)

Corrigé type Consignes de correction Le correcteur devrait avoir constant à l'esprit, le niveau théorique des candidats c'est à dire le Baccalauréat. Toutefois, il devra rechercher dans l'un quelconque des plans proposés, la manière de poser le problème de droit, qui émerge du sujet. En tout état de cause, le candidat moyen devrait pouvoir restituer les éléments ci-après :

- la définition de l'infraction ;

- la définition du procès pénal ;

- la présentation des protagonistes du procès pénal (dont la victime) ;

- les enjeux du procès pénal ;

- les droits de la victime ;

- le droit classique à la réparation ;

- le droit résiduel sur la mise en mouvement et le contrôle de

l’action publique. Le candidat qui en plus de ces éléments jettera un regard critique quant à la consistance de ces droits au regard des évolutions récente du droit du procès pénal en tira un plus grand bénéfice.

Introduction La procédure pénale se définit comme l'ensemble des règles qui régissent la constatation des infractions, la recherche tant des preuves que des acteurs, ainsi que le jugement de ceux-ci. Ainsi entendu, le procès pénal commence en réalité au stade de l'enquête et aboutit au jugement, après une information judiciaire éventuelle.

au jugement, après une information judiciaire éventuelle. Le procès pénal met face à face l'Etat et

Le procès pénal met face à face l'Etat et un suspect présumé innocent, de telle sorte qu'il doit faire l'équilibre entre le droit à la sûreté et le droit à la sécurité. Dans la configuration classique du procès pénal, la victime de l'infraction voit sa place réduite à celle de simple participant au procès, l'Etat substituant à elle pour agir par l'intermédiaire de ses officiers du Ministère Public. Mais au début du XX e siècle, la victime a fait irruption sur la scène pénale, à travers l’arrêt Laurent-Atthalin (Crim. 8 déc. 1906, Bull. n°113) par lequel la Cour de cassation affirme clairement que la victime ne saurait être privée de son pouvoir pénal par le Parquet. Le législateur n'a donné aucune définition de la victime, depuis le code d'Instruction criminelle et même dans le code de procédure pénale. Dans son acception communément admise, le terme est synonyme de partie lésée, de plaignant, de personne ayant subi un préjudice ou ayant personnellement souffert du dommage causé par l'infraction.

Loin d'être infléchie, l'évolution tendant à reconnaître à la victime une place croissante dans le procès pénal s'est, au contraire, consolidée, de sorte que celle-ci bénéficie de prérogatives lui conférant un véritable statut. En France, il a même été institué, par décret du 13 novembre 2007, un juge délégué aux victimes (JUDEVI), lui a effectivement pris ses fonctions le 02 janvier 2008. Semblablement, le code de procédure pénale reconnaît à la victime des prérogatives nouvelles dans la conduite du procès pénal. Quels sont, précisément, les droits que la victime tient de son statut clans le procès pénal ? Comment ces droits sont-ils exercés ou mis en œuvre ? La réponse judiciaire correspond-elle aux attentes des victimes ? La réponse à ces interrogations permettra de mesurer l'impact juridique et concret des prérogatives reconnues aux victimes. S'il est certain, à cet égard, que la victime a vu sa place véritablement consacrée dans le procès pénal (I), l’on ne peut, en revanche, manquer de se demander si l’on n'assiste pas, du fait de l'accroissement des prérogatives de la victime tendant à placer celle-ci au cœur du système de justice pénale, à une dénaturation, ou à tout le moins un détournement de la fonction du procès pénal (II).

un détournement de la fonction du procès pénal (II). I- La consécration de la place de

I- La consécration de la place de la victime dans le procès

pénal A- Le droit traditionnel de la victime : le droit à la réparation du dommage né de l’infraction 1- Consécration législative + intérêt 2- Modalités de mise en œuvre.

B- Les prérogatives de la victime quant à la marche de l’action publique 1- Droit à la mise en mouvement de l’action publique - Hypothèses générales (CD, PCPC)

- Hypothèses spéciales dans lesquelles la plainte de la victime est

un préalable à la poursuite (violation de domicile, diffamation, injures, adultère) 2- Droit exorbitant à l'arrêt du cours de l'action publique Autrefois limité à quelques infractions touchant à l’intimité (adultère, injures, et diffamation notamment), le droit pour la victime de mettre un terme aux poursuites déjà engagées a été généralisé, sous certaines conditions, à toutes les hypothèses dans lesquelles l'action publique aura été mise on mouvement par la partie lésée (art. 62 CPP).

II- Vers un détournement de la fonction du procès pénal

A- Entre répression et réparation : le procès pénal à la recherche de sa fonction

Les «abus de droit» des victimes et l'influence

B-

Les «abus de droit» des victimes et l'influence B- pernicieuse des médias - essor de la

pernicieuse des médias - essor de la victimologie - de l'usage par la victime de ses prérogatives comme moyen de chantage

Conclusion Indispensable contrepoids au pouvoir d'opportunité du Ministère public, la participation de la partie civile à la procédure pénale contribue à la manifestation de la vérité et à l'appréciation de la sanction que la juridiction prononcera. Sur le plan civil, la possibilité de recourir au juge pénal ouvre à la partie civile une voie procédurale rapide et peu coûteuse qui lui assure une réparation satisfaisante. Mais surtout, le procès pénal contribue, en la canalisant, à cette action vindicative qui est souvent, pour la partie civile, aussi réparatrice que l'indemnisation accordée.

Plan B I- Un droit mesuré : le droit à réparation de la victime A- L'économie de la technique de constitution de partie civile devant le juge répressif

B- Les modalités de mise en œuvre du droit à indemnisation de la victime. II- Un droit exorbitant : le pouvoir pénal de la victime A- le pouvoir de mettre en mouvement l'action publique

B. le pouvoir d'arrêter les poursuites

Plan C I- Les droits de la victime dans la phase préparatoire du procès pénal A- Des droits embryonnaires au stade de l'enquête préliminaire B- Des droits renforcés à l'information judiciaire

II- les droits de la victime dans la phase décisoire du procès

pénal

de la victime dans la phase décisoire du procès pénal A- La place de la victime

A- La place de la victime dans la conduite du procès

1-

2- Droit à réparation du préjudice par le juge répressif B- Le droit à l'exécution du jugement et aux voies de recours

Prérogatives de la victime dans la conduite de l'action publique

SECTION GREFFE Sujet : L'exécution des décisions de justice en matière pénale au Cameroun. Éléments de correction Compréhension du sujet Quelques questions principales peuvent aider le candidat à peaufiner sa démarche :

- Quelles sont les décisions susceptibles d'exécution en matière pénale ?

- Comment sont-elles exécutées ?

- Quelles sont les pièces d'exécution ?

- L'exécution de la peine de mort (peine capitale) est-elle effective au Cameroun ?

- Quelles sont les autorités qui interviennent dans l'exécution des décisions de justice? - Quel est l'effet des décisions de condamnation sur le casier judiciaire du condamné ? Ces questions poussent le candidat à s'interroger sur le cadre juridique de l'exécution des décisions de justice au Cameroun. Ce cadre est essentiellement fixé par la loi n° 2005/007 du 27 juillet 2005 portant code de procédure pénale, et le code pénal notamment en ce qui concerne certains aspects de l'exécution (cas de la peine de mort, cas de la femme mariée condamnée en même temps que son mari, cas de la femme enceinte, exécution des peines accessoires et des mesures de sûreté, ordre d'exécution des peines, etc.).

Introduction La procédure pénale peut être définie comme l'ensemble des règles qui gouvernent la poursuite et la répression des infractions à la loi pénale. Dans tout Etat de droit, ces règles constituent la garantie de la protection des droits et libertés individuelles et de la paix sociale. Mais si la personne poursuivie pénalement bénéficie des garanties légales jusqu'à sa déclaration de culpabilité et même jusqu'à l'intervention de la décision définitive, la victime de l'infraction et la société dont l'ordre public a été troublé par l'infraction ont intérêt à s'assurer de l'exécution des décisions rendues. En effet, la justice n'aurait aucun sens si les décisions rendues par les juridictions ne pouvaient être exécutées. Cette exécution en matière pénale est d'une importance capitale en ce sens qu'elle peut aboutir à l'élimination physique d'un délinquant condamné à la peine capitale. De là naît la controverse au niveau international entre le maintien ou la suppression de cette peine dont l'exécution n'a jamais manqué de susciter des émois dans l'esprit du public, surtout qu'elle intervient après épuisement de toutes les voies de recours, à un moment où la société a oublié le trouble social causé par l'infraction réprimée. La question de l'exécution des décisions de justice en matière pénale au Cameroun est encadrée par deux textes fondamentaux :

au Cameroun est encadrée par deux textes fondamentaux : kalata - Préparation Supérieure Privée aux concours

- La loi n° 2005/007 du 27 juillet 2005 portant code de procédure pénale. Le Livre V de ce code relatif à la matière se décline en quatre Titres qui traitent respectivement des dispositions générales (Titre I), de l'incarcération (Titre II), des condamnations pécuniaires (Titre III), et du casier judiciaire (Titre IV). - Le code pénal. Les articles 22 et 23 traitent des conditions préalables à l'exécution de la peine de mort et l'exécution elle-même. Les articles 27, 28 et 29 traitent respectivement du début de la peine, du calcul de la peine, et de la séparation des mineurs. Les articles 31 et 32 traitent de l'application des déchéances. Les articles 33, 34 et 35 traitent de la publication du jugement, de la fermeture de l'établissement et de la confiscation du corpus delicti. L'exécution de la relégation est prévue à l'article 37. Le contrôle des mesures de surveillance et d'assistance post pénales est prévu par l'article 40 du code. Au cas où plusieurs peines sont prononcées contre un condamné, l'ordre d'exécution est déterminé par l'article 52 du code pénal. L'article 53 du code traite de la déduction de la détention préventive sur la peine privative de liberté, etc. Cette nomenclature atteste de l'importance que le législateur camerounais a accordée à l'exécution des peines. Mais pour aborder la question traitée, il convient de s'interroger sur ce qu'on entend par décision de justice en matière pénale. Prosaïquement, il s'agira d'un acte juridictionnel pris par un magistrat de siège, pour apporter une solution à un litige à caractère répressif soumis à sa compétence, ou pour ordonner des mesures exécutoires. Les décisions susceptibles d'exécution en matière pénale sont donc les jugements et arrêts avant dire droit (ADD) ou au fond, et les ordonnances du juge d'instruction. Les jugements et arrêts au fond peuvent être des décisions de condamnation, d'acquittement ou de relaxe. Quant aux jugements et arrêts ADD, ils ordonnent des mesures d'instruction ou statuent sur la liberté de la personne poursuivie. Les ordonnances du juge d'instruction peuvent porter soit sur la clôture de l'information judiciaire, soit sur les mesures d'instruction, soit sur la communication du dossier de procédure au ministère public, soit sur la

du dossier de procédure au ministère public, soit sur la kalata - Préparation Supérieure Privée aux

mise en liberté ou non de la personne poursuivie, etc. Par ailleurs, il convient de noter que l'exécution peut également porter sur une ordonnance rendue par le président du tribunal de grande instance du lieu d'arrestation ou de détention d'une personne illégalement détenue, en application de l'article 584 du CPP (procédure d'Habeas corpus). On peut ainsi constater que l'exécution des décisions de justice en matière pénale au Cameroun ne saurait se limiter aux jugements et arrêts. Par ailleurs, le code de procédure pénale indique à l'article 545 les autorités chargées de l'exécution : «(1) Les Présidents des cours et tribunaux doivent s'assurer de l'exécution des décisions et ordres de leurs juridictions. (2) Les ordres et décisions judiciaires d'arrestation, de détention ou de mise en liberté sont immédiatement exécutoires, à la diligence du parquet qui les transmet directement aux autorités chargées de leur exécution. (3) Le Ministère Public et les parties poursuivent chacun en ce qui le concerne, l'exécution des décisions devenues irrévocables ». Enfin, aux termes de l'article 574 du CPP, «lorsqu'une juridiction répressive camerounaise a prononcé une condamnation ou une mesure de

».
».

sûreté, le Greffier en Chef de cette juridiction transcrit le dispositif de la décision sur une fiche appelée «fiche de casier judiciaire » établie en cinq

(5) exemplaires

On le voit, compte tenu de l'importance des éléments de l'analyse, plusieurs approches peuvent être adoptées par les candidats. Nous en proposons deux principales.

PREMIERE APPROCHE En principe, une décision est exécutoire lorsqu'elle n'est plus susceptible de voies de recours. L'analyse des dispositions du code de procédure pénale montre que ce principe constitue plutôt l'exception (II), l'exécution immédiate étant devenue la règle (I).

I- Le principe de l'exécution immédiate des décisions de justice en matière pénale A- Les décisions relatives à la situation pénale de la personne poursuivie 1- Les mesures privatives de liberté

- Les mandats de justice sont exécutoires sur toute l'étendue du

territoire national et demeurent exécutoires sauf leur retrait par le magistrat compétent (art. 27 du CPP).

- les ordres et décisions judiciaires d'arrestation, de détention sont

immédiatement exécutoires, à la diligence du parquet qui les transmet aux autorités chargées de leur exécution (art. 545 (2) du CPP). Les pièces d.'exécutions sont délivrées par le greffe de la juridiction ayant rendu la

décision exécutoire (CS, ÇA, TGI, TPI). Il est institué au greffe et au parquet de chaque juridiction, un registre d'exécution des décisions de justice (art. 546 CPP).

L'OPJ chargé de l'exécution d'un mandat d'arrêt ne peut à cette fin

d'un mandat d'arrêt ne peut à cette fin - s'introduire dans une résidence avant six(6) heures

-

s'introduire dans une résidence avant six(6) heures et après dix-huit (18) heures (art. 23 CPP). - Les mesures privatives de liberté s'exécutent dans l'ordre chronologique de la notification des titres de détention au condamné (art. 52 du code pénal) - Les peines accessoires ainsi que l'internement dans une maison de santé sont immédiatement applicables alors que les autres mesures de sûreté le sont dès l'expiration de la peine principale ou de sa suspension (art. 52 du code pénal).

- Le calcul de la peine et le principe de la séparation des mineurs sont prévus par les articles 28 et 29 du code pénal.

2- Les mesures ordonnant la mise en liberté Toute décision ordonnant la mise en liberté de la personne poursuivie ou toute décision renvoyant l'accusé ou le prévenu des fins de la poursuite sans peine ni dépens, est immédiatement exécutoire nonobstant toutes voies de recours. Il en est ainsi : des jugements ou

arrêts ADD ordonnant la mise en liberté provisoire ; des jugements ou arrêts prononçant l'acquittement ou la relaxe de la personne poursuivie; des ordonnances; de main levée d'office du mandat de détention provisoire ou des ordonnances de mise en liberté provisoire avec ou sans caution rendues par le juge d'instruction ; des ordonnances de libération immédiate rendues par le président du TGI en vertu de l'article 584 du CPP.

Dans tous ces cas, la personne poursuivie est immédiatement mise en liberté. Les mandats d'arrêt décernés avant la décision cessent de courir. Les mesures conservatoires (saisies, blocage des comptes bancaires) sont levées d'office par le juge.

B- Les décisions concernant les condamnations pécuniaires au profit de l'Etat

les condamnations pécuniaires au profit de l'Etat - Les amendes et frais de justice sont payés

-

Les amendes et frais de justice sont payés au greffier en chef de la

juridiction qui a rendu la décision. Ce paiement se fait sur quittance extraite d'un carnet à souches {art. 556 CPP).

-

Pour garantir le paiement des condamnations pécuniaires au profit

de l'Etat un mandat d'incarcération est immédiatement établi au prononcé de la décision et transmis pour exécution au Ministère public.

Noter que l'exécution de la contrainte par corps (CPC) n'éteint pas la dette de l'Etat qui peut toujours, en cas de non paiement, utiliser les modes civils d'exécution (saisis des biens meubles et immeubles du condamné).

-

Il- Les tempéraments au principe de l'exécution immédiate

des décisions de justice en matière pénale A- L'exécution de la peine capitale et des sentences étrangères La condamnation à la peine capitale ne peut être exécutée qu'après épuisement de toutes les voies de recours. Il en est de même des sentences étrangères. On retrouve ici le principe traditionnel posé par l'article 547 du CPP.

1 - La peine de mort a- Conditions préalables

Elles sont prévues par l'article 22 du code pénal :

- Toute condamnation à mort est soumise au Président de la République en vue de l'exercice de son droit de grâce ;

- Tant qu'il n'a pas été statué par le Président de la République sur la grâce du condamné, aucune condamnation à mort ne peut recevoir exécution ;

- La femme enceinte ne subit la peine de mort qu'après son

accouchement ;

- Aucune exécution ne peut avoir lieu les dimanches et jours fériés.

b- Exécution

avoir lieu les dimanches et jours fériés. b- Exécution L'exécution des condamnations à mort est régie

L'exécution des condamnations à mort est régie par l'article 23 du code pénal.

Le condamné à mort est exécuté par fusillade ou pendaison suivant

-

ce qui est décidé par l'arrêt portant condamnation. L'exécution est

publique, sauf s'il en est autrement décidé par la décision de rejet du recours en grâce ;

Les corps des suppliciés sont remis à leurs familles si elles les

-

réclament; à charge pour elles de les faire inhumer sans aucun appareil ;

- Le procès-verbal d'exécution et éventuellement un communiqué officiel peuvent seuls être publiés dans la presse ;

- Le décret n° 66/DF/237 du 24 mai 1966 fixe les modalités d'application de l'article 23 du code pénal.

C- L'exécution des condamnations civiles et des peines accessoires 1- Les condamnations civiles a- Exigence d'une décision définitive Les condamnations civiles ne peuvent être exécutées que lorsque la décision est devenue définitive.

L'article 556 (3) du CPP précise que «Les intérêts civils sont recouvrés à la diligence de la partie intéressée à compter du lendemain du jour où la décision est devenue irrévocable ». La partie civile devra alors se faire délivrer par le greffe de la juridiction compétente la Grosse du jugement ou de l'arrêt devenu exécutoire. b- Mise en œuvre de la CPC ou des mesures civiles d'exécution Lorsque la décision est devenue définitive, la partie civile peut utiliser les modes civils d'exécution (saisie des biens meubles et immeubles du condamné). Elle peut également faire contraindre par corps le condamné à lui payer son dû. Mais cette deuxième voie ne s'ouvre que si elle n'a pas pu être payée. L'article 558 (c) du CPP dispose à cet effet qu'« en cas de condamnation au profit de la partie civile, et lorsque la décision est devenue définitive, un mandat d'incarcération est établi à la requête de cette partie civile, si elle n'a pas encore été désintéressée ».

si elle n'a pas encore été désintéressée ». 2- Les peines accessoires II s'agit des déchéances,

2- Les peines accessoires II s'agit des déchéances, de la publication du jugement, de la fermeture d'établissement, et de la confiscation du corpus delicti. L'application de ces peines exige une décision définitive. Leur exécution obéit au régime fixé par les articles 30 à 35 du code pénal. En cas de confiscation, les biens concernés sont reversés aux services des domaines en vue de leur vente aux enchères publiques. Si la destruction du corpus delicti est ordonnée, elle peut se faire par tous les moyens y compris l'incinération.

DEUXIEME APPROCHE

I- L'exécution des décisions affectant la situation pénale de la personne poursuivie A- La peine de mort et les sentences étrangères B- Les décisions emportant peine d'emprisonnement C- Les décisions d'acquittement et de relaxe

II - L'exécution des condamnations pécuniaires et des peines accessoires A- Les condamnations aux amendes et frais de justice B- Les condamnations aux dommages - intérêts C- Les peines accessoires

Sujet : La protection de la fortune privée dans le Code pénal camerounais Introduction Issu de la loi N° 67/LF/l du 12 juin 1967, telle que subséquemment modifiée, le Code pénal camerounais est constitué de deux livres dont le second, qui forme le droit pénal spécial, énumère un certain nombre de comportements interdits, assortis de sanctions correspondantes. L'objectif ainsi visé est de parvenir à une préservation des valeurs sociales jugées dignes d'être protégées. Au rang de ces valeurs, figure la fortune privée. Par opposition à la chose publique, la fortune privée renvoie à l'ensemble des ressources ou des moyens d'existence d'une personne. Elle englobe, dans cette acception, l'ensemble des biens, meubles et immeubles, présents et à venir, tout autant que les droits, évaluables en argent. La fortune privée est alors synonymique d'actif du patrimoine d'un particulier, personne physique ou morale. Comment le Code pénal camerounais organise-t-il la protection de la fortune privée et du droit de propriété qui s'y attache ? Cette protection est-elle suffisante ? La question est d'importance, le droit de propriété privée ayant été constitutionnalisé depuis la révision constitutionnelle de 1996. Comme droit fondamental, le droit de propriété mérite, aujourd'hui plus que hier, une protection et une sanction conséquentes. Par ailleurs, et au regard de ce que les atteintes à la fortune privée sont réprimées par divers autres textes en marge du Code pénal la question comporte un enjeu réel de

marge du Code pénal la question comporte un enjeu réel de kalata - Préparation Supérieure Privée

sécurité juridique, celle-ci reposant en tout premier lieu sur la lisibilité de la norme. A l'observation, il apparaît que le Code pénal camerounais a édicté de nombreuses incriminations tendant à punir les atteintes illicites à la fortune individuelle (I). Les différentes infractions ainsi envisagées sont chacune assorties de sanctions appropriées (II).

I- Nomenclature des incriminations protectrices de la fortune privée A. Les appropriations frauduleuses 1- Vol

- Le vol en général est puni par les art 318 al. 1(a), et 320 CP pour le vol aggravé.

-

Vols spéciaux : art 319 al. 1 (énergie), al. 2 (vol d'usage) et al. 3

: art 319 al. 1 (énergie), al. 2 (vol d'usage) et al. 3 (vol d'une chose

(vol d'une chose perdue). Notons que l'utilisation frauduleuse de l'énergie électrique est punie par la loi N° 98/022 du 24 déc. 1998 régissant le secteur de l'électricité. 2- Détournements Abus de confiance (art 318 al. 1 (b) et 321 CP) Détournement d'un bien saisi (art 190 CP) ou gagé (art 319 al. 4CP) Organisation frauduleuse de l'insolvabilité et banqueroute (art 331

-336CP)

3- Escroquerie

- Escroquerie proprement dite (art 318 al. 1 (c) et 321 CP

- Délits apparentés à l'escroquerie : filouteries (art 322 CP), ventes

prohibées (art 326 CP), usure (art 325 CP), appel irrégulier à la générosité

publique, que la loi N° 83/2 du 28 septembre 1983 punit par renvoi à l'escroquerie. Immunités: art 323 CP

B- Les autres formes d'atteinte aux biens privés

1- Recel (art 100 et 324 CP) 2- Destructions

- Sans danger pour les personnes (art 316 CP)

- Dangereuses pour les personnes (art 227 CP : incendie et destruction ; art 228 al 2-b CP: activités dangereuses)

- De bornes et de clôtures (art 317 CP)

3- Atteintes aux droits incorporels: propriété artistique (art 327 CP), brevet d'invention (art 328 CP), dessins et modèles industriels (art 329 CP), marques de fabrique ou de commerce (art 330 CP). Noter que ces articles sont dépourvus de tout intérêt pratique, abrogés pour l'essentiel par des textes particuliers nationaux (ex : loi relative au droit d'auteur et aux droits voisins du droit d'auteur) et même communautaires (ex : Accord de Bangui, en matière de propriété intellectuelle), lesquels comportent des dispositions pénales sanctionnatrices des contrefaçons et autres exploitations illicites.

des contrefaçons et autres exploitations illicites. II- Régime de la répression des atteintes aux biens

II-

Régime de la répression des atteintes aux biens privés

A-

1- Quantum de l'emprisonnement et/ou de l'amende 2- Effet des circonstances atténuantes

Peines principales

B- Peines accessoires

1-

Ex

Publication du jugement

:

en

cas de condamnation pour usure (art 325 CP) ou

de

contrefaçon d'une œuvre de l'esprit (art 327 - 330 CP) 2- Confiscations

a. Confiscation de l'objet du délit

b. Confiscation des instruments de contrefaçon

Plan alternatif Partant du double constat que les sanctions prévues par le code pénal ne présentent pas d'originalité qui mérite que l'on s'y attarde, d'une part, et que le tableau de la répression des atteintes aux biens est contrasté selon que l'on envisage les biens mobiliers ou les immeubles,

d'autre part, le candidat peut, dans une perspective plus élaborée, adopter la démarche suivante :

I- Une protection satisfaisante des biens meubles A. Protection des biens meubles corporels 1- Sanction des appropriations frauduleuses 2- Sanction des autres formes d'atteintes B- Protection des meubles incorporels

II- Une protection inachevée de la propriété immobilière

privée A- Une protection limitée des biens immobiliers par le code pénal

1- Protection de l’immeuble contre la destruction

a.

1- Protection de l’immeuble contre la destruction a. Destruction ne présentant pas de danger pour les

Destruction ne présentant pas de danger pour les personnes

(article 316 CP)

b.

Destruction dangereuse pour les personnes (art 227 CP : incendie

et destruction ; art 228 al 2-b CP: activités dangereuses) 2. Protection de l'immeuble par prohibition de la destruction des bornes ou des clôtures (article 317 CP).

B- Un nécessaire recours aux textes particuliers

1- Diversité des incriminations protectrices des biens immobiliers privés

a. Incrimination des atteintes juridiques à la propriété immobilière

privée (sanction des cessions ou locations sans qualité de l'immeuble

d'autrui : art 8 Ordonnance N o 74-01 du 06 juillet 1974, telle que modifiée)

b. Incrimination des atteintes matérielles à la propriété immobilière

privée (empiétement, occupation ou maintien sur le fonds d'autrui :

Loi N° 80-22 du 14 juillet 1980, modifiée) 2- Originalité des sanctions

a. Peines principales (emprisonnement et/ou amende)

matérielle

(déguerpissement de l'occupant à ses frais ; accession au profit du propriétaire, sans indemnité pour l'occupant - problèmes de coordination entre la loi pénale et l'article 555 C. civ. sur ce point).

b.

Mesures

accessoires

en

cas

d'atteinte

Conclusion II est aisé de constater que le code pénal camerounais n'assure que de façon incomplète, la protection de la fortune privée. C'est en effet dans des textes particuliers qu'il faut rechercher l'essentiel tant des incriminations que des sanctions, lorsque l'on envisage les atteintes irrégulières à la fortune immobilière. Les textes protégeant la fortune mobilière sont, quant à eux, des plus épars, disséminés dans le code pénal lui-même et dans de nombreuses lois particulières. L'édifice mérite donc d'être revisité, à la faveur de la refonte annoncée du code pénal. Pour apporter clarté et cohérence à la matière, la réforme devrait s'orienter vers deux directions :

la réforme devrait s'orienter vers deux directions : - empruntant à la codification à droit constant,

- empruntant à la codification à droit constant, d'abord, elle s'attèlerait à regrouper, sous un même chapitre, les différentes infractions existantes et protectrices des biens ; - faisant œuvre de codification réelle, ensuite, la réforme s'attacherait à cerner les nouvelles formes de criminalité difficiles à saisir sous le prisme des incriminations classiques, à l'instar de l'intrusion illicite dans les systèmes de traitement automatisé de données, en même temps qu'elle s'emploierait à gommer certaines disparités ostensibles, à l'exemple de celle qui existe actuellement entre l'escroquerie de l'article 318 alinéa l(c) du code pénal, sévèrement réprimée, et l'escroquerie foncière, pour laquelle la mansuétude du législateur laisse d'autant plus songeur que ce délit est porteur périls grandissants pour la paix sociale./.

à

camerounais. Topic : Breach of integrity in the Cameroon criminal law.

Sujet :

Les

infractions

la

probité

en

droit

pénal

Eléments de correction L,'infraction est une action ou une omission que la société interdit sous la menace d'une sanction pénale. En d'autres termes l’infraction est un comportement antisocial prévu et réprimé par la loi. La probité n'est pas un terme juridique. Le Petit Larousse définit la probité comme le caractère d’une personne probe, l'observation rigoureuse des principes de la justice et de la morale. La probité renvoie à la droiture, l'intégrité, l’équité et la justice. Ces valeurs constituent le socle de toute société humaine. Aussi, le législateur pénal camerounais a-t-il pris soin de prévoir et de réprimer toute atteinte à la probité. Tel qu'il est libellé, le sujet recouvre alors l'ensemble de la législation pénale. Le livre 2 du Code Pénal et les autres textes de nature pénale constituent le socle du travail du candidat. II lui appartient de relever les spécificités de la réaction sociale contre les atteintes à la probité. Une simple énumération des infractions ne suffit pas, le candidat devant faire un effort d’analyse. A l'heure de la bonne gouvernance, la protection de la probité est un enjeu capital aussi bien pour l’intérêt général que pour les intérêts privés. La crédibilité de la nation au plan international dépend aussi de sa capacité à lutter contre toutes atteintes à la probité.

capacité à lutter contre toutes atteintes à la probité. Introduction Le sujet étant vaste, le candidat

Introduction Le sujet étant vaste, le candidat devra opérer une délimitation de son champ d’étude. Apporter une justification de ce choix. Il pourra par exemple relever que ces infractions touchent davantage l’agent public en raison du « pacte de fidélité et de loyauté » qui le lie à l’Etat. Plusieurs approches sont possibles. Le candidat pourrait, en se fondant sur l’activité de l'heure, choisir le plan suivant :

I- Les atteintes à la probité qui touchent l’intérêt général A- Les atteintes à la moralité publique

faux

publique, faux certificat médical, déclarations mensongères…

Corruption

électorale,

concussion,

favoritisme,

en

écriture

B- Les atteintes à l’économie publique Détournement de deniers publics, corruption, insister sur la lutte contre la corruption, intérêt dans un acte Le candidat devra ici réfléchir sur l’efficacité de la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics, relever par exemple les limites de la répression (incapacité à récupérer les sommes détournées) au Cameroun. La non internalisation de l’infraction d’enrichissement illicite par la Convention contre la corruption ratifiée par le Cameroun (cette infraction est constituée lorsque le niveau d’enrichissement et le standing de vie du fonctionnaire contraste avec ses avoirs légitimes).

vie du fonctionnaire contraste avec ses avoirs légitimes). II- Les atteintes à la probité qui touchent

II- Les atteintes à la probité qui touchent les intérêts privés. A- Les atteintes à la confiance Abus de blanc seing, violation de secret professionnel, abus de biens sociaux, délit d'initier, banqueroute frauduleux, tromperie envers les associés. B- Les atteintes à la fortune Vol, escroquerie, abus de confiance.

Sujet : Le déclin du principe de la légalité criminelle

Introduction 1- Aucune incrimination ni aucune peine ne peuvent exister sans avoir été prévues par un texte émanant des pouvoirs publics et prévenant les citoyens de ce qu’ils ne peuvent pas faire sans encourir les sanctions pénales. 2- Fondements : garantie contre l’arbitraire des pouvoirs publics, ou du juge, garantie pour la défense de l’intérêt social.

3- Evolution du principe : Adopté par tous les pays et énoncé dans les déclarations des droits de l’homme et du citoyen. Il a été adopté par le législateur camerounais art. 17 du code pénal et constamment réaffirmé dans les différentes constitutions. Les critiques dont le principe a fait l’objet dès son adoption : école de la défense sociale, qui rejetait l’incrimination, école positiviste qui préconisait des assouplissements à travers des circonstances atténuantes. Marc ANCEL mais qui y voit une garantie de bonne administration de la justice. Les critiques les plus acerbes proviennent des criminologues. La problématique : le principe subit de plus en plus d’assauts au point où on se demande ce qu’il en reste. On constate qu’il y a déclin. Le déclin est évident lorsqu’on observe le comportement du législateur (I) et du juge (II) face à la complexité du phénomène criminel.

effacement du législateur
effacement
du
législateur

matière

d’incrimination A- Délégation des pouvoirs au profit de l’exécutif et du législateur communautaire 1- Au niveau national. Art. 28 de la constitution (ordonnances) 2- Au niveau international : les traités et actes uniformes. (Incrimination sans sanction).

I-

Relatif

en

B- Rédaction imprécise des textes 1- La technique des incriminations larges et vagues : Les délits ouverts : (art. 228 du code pénal : activités dangereuses, 247 du code pénal : préparatif dangereux art. 24, fausses nouvelles 251, sorcellerie etc. infraction économique, art. 222 et suivants, infractions économiques art. 357 exigence abusive de la loi.

2- Les incriminations sans sanction.

II- L’accroissement des pouvoirs du juge. A- Le pouvoir d’interprétation du juge 1- Les interprétations téléologiques (autorisées)

2- Les interprétations analogiques (interdites)

B- Les techniques d’individualisation de la peine 1- La correctionnalisation 2- La contraventionnalisation.

CYCLE MAGISTRATURE

Sujet : La présomption d’innocence Topic : The culprit is considerer innocent until found guide. Discuss.

Introduction La présomption d’innocence signifie que tout individu est présumé innocent tant que sa culpabilité n’est pas établie avec certitude par un tribunal compétent, impartial et dans les délais raisonnables. Le principe de la présomption d’innocence découle de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Au Cameroun, il a un fondement constitutionnel et apparait comme l’un des corollaires du principe de la légalité des délits et des peines. Le respect d’un tel principe participe d’une bonne administration de la justice et du respect des droits de l’Homme. Le sujet sur la présomption d’innocence revient à évaluer le chemin parcouru par le principe constitutionnel dans ses différentes consécrations par les tribunaux répressifs. En d’autres termes, il est question de mesurer la valeur actuelle du principe au regard des différentes mutations du droit criminel éprouvé par le perfectionnement de la criminalité tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale. Cette valeur ne s’apprécie que par rapport aux droits de la défense (I) et à a déclaration de culpabilité (II).

la défense (I) et à a déclaration de culpabilité (II). I- Une garantie fondamentale du respect

I- Une garantie fondamentale du respect et des droits de la défense

A- La charge de la preuve incombe à la partie poursuivante

1- La preuve imposée au demandeur : (actori incumbit probativo)

- légalité de la répression

- absence de prescription de l’infraction

- transformation des soupçons en certitude

2- Le doute profite à l’accusé (indubio proreo)

- Le droit favorable équivalent d’une preuve positive de la culpabilité

- Le doute défavorable.

B- Le renversement de la charge de la preuve ou la

contribution de la personne poursuivie à la recherche de la vérité judiciaire 1- L’admission des présomptions de fait ou de droit institutionnel en matière pénale

de fait ou de droit institutionnel en matière pénale - Les infractions « matérielles » 2—Le

-

Les infractions « matérielles »

2—Le principe rens in excipiendo fit actor - Les causes de non-responsabilité : contrainte, légitime défense, état de nécessité, la règle non bis in idem, l’exceptio veritatis.

II- Un gage d’une culpabilité légalement établie A- La responsabilité personnelle 1- Le principe : Nul n’est responsable que de son propre fait. 2- Restriction a- La responsabilité pour fait d’autrui ex : Le directeur de publication (loi portant sur la communication) b- La présomption de responsabilité ex : l’employeur.

B- Le principe de la personnalité des peines 1- Le principe : Une peine ne peut être subie par une autre personne que le coupable. 2- La dépersonnalité des peines pécunières. Ex : Les amendes prononcées contre le civilement responsable.

COMMISSAIRE DE POLICE 2009 Sujet : Le retour du Juge d’instruction dans la procédure pénale camerounaise consacre-t-il le déclin du Procureur de la République ?

Eléments de correction Compréhension du sujet Le sujet proposé aux candidats pose le problème des rôles respectifs du juge d’instruction et du procureur de la République au Cameroun, dans une perspective de comparaison en termes de prérogatives et de pouvoirs dans la direction de la procédure pénale. Le candidat avisé devrait donc rappeler que le Cameroun est parti du Juge d’instruction au juge d’Instruction pour reprendre l’expression du Magistrat Emmanuel NDJGRE. Juge d’instruction sous l’empire du Code d’instruction criminelle

(CIC)

Magistrat instructeur depuis 1972 Juge d’instruction avec l’avènement du Code de Procédure pénale, objet de la loi n°2005/007 du 27 juillet 2005. Au cours de la période 1972-2005, le magistrat instructeur (le Procureur de la République ; cumule les fonctions de poursuite et d’instruction, devenant ainsi, selon l’expression du professer Anoukaha « le Janvs de la scène pénale camerounaise ». Cette concentration de fonctions signifie également concentration de pouvoirs ou de prérogatives, ce qui fait du Procureur de la République dans ce contexte, le magistrat le plus puissant, surtout au regard des libertés individuelles. * Il décide de l’arrestation, * Décide de la privation de liberté sans véritable contrôle transversal, * Instruit et apprécie l’opportunité et le moment du renvoie de l’inculpé devant le juge de jugement.

du renvoie de l’inculpé devant le juge de jugement. kalata - Préparation Supérieure Privée aux concours

d’instruction dans ce contexte en tant

qu’institution autonome sonne-t-il le glas de la toute puissance du Procureur de la République ou marque-il l’affaiblissement de celui-ci ? Tel est le problème juridique soumis à la réflexion des candidats

Le

retour

du

juge

Annonce du plan Le candidat avisé devrait pouvoir relever qu’en déchargeant le Procureur de la fonction d’instruction, le législateur a diminué ses attributions et ses prérogatives (I). Mais cette diminution d’attributions et prérogatives ne saurait être considérée comme la déchéance de l’institution qu’est le Procureur de la République.

Articulation du plan I- Le retour du Juge d’instruction consacre la perte par le Procureur de la République de la fonction d’instruction et des prérogatives qui s’y attachent 1- Le juge d’instruction, Juge de l’opportunité de l’ouverture de l’information judiciaire

de l’ouverture de l’information judiciaire Il n’est pas lié par le réquisitoire du PR,

Il n’est pas lié par le réquisitoire du PR, c'est-à-dire qu’il peut soit décider d’ouvrir l’information (ordonnance à fins d’informer) soit de s’abstenir ordonnance ce refus d’informer. 2- Le Juge d’instruction a la direction de l’information judiciaire

* Il juge de l’opportunité des actes à poser

* Mène l’information judiciaire

* Clôture en toute indépendance l’information (il n’est pas lié par le réquisitoire définitif du Procureur).

B- Le juge d’instruction, nouveau Juge de liberté en matière d’information judiciaire 1- Le juge d’instruction détient le pouvoir de restreindre la liberté de l’inculpé

* Rappeler les conditions de détention et les délais

- Il a le pouvoir de mettre fin à la mesure de privation de liberté

* Apprécie notamment les demandes de mise en liberté avec ou sans caution

* Peut lever d’office le mandat de détention provisoire.

II- Mais la perte de certaines prérogatives n’alterne pas en

substance la prééminence du procureur de la République sur la scène pénale A- La conservation de l’opportunité des poursuites 1- Le Procureur de la République initie les poursuites :

* Le juge d’instruction ne se saisie pas ; il est saisi.

2- Le Procureur de la République conserve le pouvoir de classer sans

suite.

* Signification du classement sans suite

classer sans suite. * Signification du classement sans suite * Modalités du classement sans suite *

* Modalités du classement sans suite

* Condition de la reprise éventuelle des poursuites.

B- L’exercice du contrôle sur l’action publique 1- Devant le juge d’instruction

* droit de réquisition et de communication des dossiers.

* droit de participation au déroulement de l’information judiciaire

droit d’exercice des voies de recours contre les ordonnances du juge d’instruction 2- Devant le juge de jugement.

*

* exercice de l’action publique

* principale partie au procès pénal

Conclusion Elle est facultative dans une dissertation juridique Mais elle sera appréciée le cas le plus échéant en fonction de l’option choisie par le candidat.

Consigne d’écriture

Le sujet convie à une réflexion critique personnelle sur la place de deux institutions fondamentales dans la procédure pénale. Il va sans dire que la force des arguments sera déterminante pour la défense de la position prise par le candidat. En tout état de cause, il est attendu du candidat qu’il conduise sa pensée de manière cohérente et ordonnée, en s’appuyant sur des arguments de fait et de droit. Il sera hautement apprécié que le candidat souligne que la répartition des fonctions entre les différents organes judiciaires n’a pas été faite pour élever un des organes au détriment des autres. En séparant les fonctions de poursuite et d’instruction et en confiant cette dernière fonction au Juge d’instruction, le législateur a recherché la complémentarité dans la diversité et parfois la contradiction, pour assurer une bonne administration de la justice et une meilleure protection des droits des justiciables. Le candidat qui aura bâti son plan autour de cette préoccupation du législateur ne devra pas être pénalisé.

du législateur ne devra pas être pénalisé. kalata - Préparation Supérieure Privée aux concours