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Claude BOCQUET La traduction juridique | Pour toute information sur notre fonds et les nouveautés dans votre domaine de | spécialisation, consultez notre site web : www. deboeck.com Couverture et maquette intérieure : cerise.be Mise en page : Nathalie Sinagra © Groupe De Boeck s.a., 2008 1” écition De Boeck Université Rue des Minimes 39, B-1000 Bruxelles Tous droits réservés pour tous pays. est interdit, sauf accord préalable et écrit de I'éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque maniére que ce soit. Imprimé en Belgique Dépét légal Bibliotheque nationale, Paris : septembre 2008 ISSN 2030-8914 Bibliotheque royale de Belgique : 2008/0074/312 ISBN : 978-2-8041-5928-3 a traduction juridique fait fobjet depuis quelques années d’un nombre impressionnant de publications, a vrai dire peu connues des traducteurs et des traductologues étrangers a cette spécialité, et pratiquement inconnues des juristes. Le colloque international La traduction juridique : histoire, théorie(s) et pratique, tenu & l'Université de Geneve en 2000, a réuni Alui seul plus de 400 participants, 52 contributeurs, venus de 35 pays, etamené a la publication diActes de 770 pages se référant & une bibliographie de prés de 1000 études. Paimi es trés nombreuses bibliographies sur la traduction juridique que fon trouve sur internet, len ‘est une espagnole, pratiquement exhaustive du point de vue espagnol et trés étendue d'un point de ‘vue général, qui comprend pas moins de 1400 références (Monz6 2008). Méme si, comme on peut Vimaginer, ily a dans de telles références du meilleur comme du pire. ‘Si Université de Geneve a fait la place la plus importante dés les débuts de son Ecole de traduction en 1941 a [a traduction juridique eta la traduction économique au point de s’étre centrée de facon exclusive sur ces disciplines, on a vunaitre ces deux derniéres décennies un peu partout des masters, et autres diplomes spécialisés en traduction juridique. Et nous n’insisterons méme pas ici sur les 350 000 entrées que nous proposent les moteurs de recherche d'internet sur le théme « traduction juridique » (plus de 6 milions avec l'anglais « Legal translation »). ily est bien sdr essentiellement recensé des entreprises offrant leurs services en la matiére, ce qui montre 3 tout le moins importance de la traduction juridique dans la vie des affaires. Mais alors, qu’entend-on par traduction juridique ? Tous ceux pour qui la réponse semble par trop évidente tombent, hélas, dans ce que Bachelard appelait « fopinion », Cest--dire le contraire de la connaissance : « L'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utili, elle s‘interdit de les connaitre. On ne peut rien fonder sur l'opinion : il faut dabord la detruire [...]. esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problemes » (Bachelard 1938 : 14). Quelles sont donc les opinions les plus habituellement ext es sur la traduction juric Que disent en particulier les traductologues eur-mémes, lorsquils ne sont pas spécialistes, et que, ‘malheureusement ils prétendent le devenir facilement ? Quatre opinions semblent étre bien établies ; 1) La traduction juridique est la traduction de tous les textes qui parlent de droit. 2) La traduction juridique se rattache & la traduction technique. 3) La ‘traduction juridique est d’abord affaire de terminologie. 4) La traduction juridique exige surtout une grande précision qui améne souvent au transcodage. Leprésent livre montrera en premier liew quil s'agit a de quatre affirmations aussi erronées les unes que les autres, avant de décrire les fondements de la traduction juridique et la méthode générale quellea construite. Claude Bocquet PROBLEMATIQUE DE LA TRADUCTION JURIDIQUE 1, LE DROIT COMME PHENOMENE ET COMME SCIENCE Pour le grand public, mais aussi pour les tuniversitaires venant de domaines étrangers au droit, aborder le domaine juridique, cest entrer dans un parcours initiatique, mystérieux, quelque peu inquiétant. Et Y'on se débarrasse alors bien souvent de ce sentiment par un mépris de la discipline juridique, réputée « non tellectuelle », surtout parce qu'on s'ingénie 3 ignorer tout de son histoire et des monuments dela pensée quellea produits. Maisil y aaussi a Vorigine de ce malentendu la relation d’embiée ambigué entre le droit et le citoyen. Comme se le demandait le grand juriste allemand Franz Wieacker : « A quoi tient ce préjugé ? Principalement au fait suivant : le juriste doit constamment porter atteinte aux intéréts vitaux de lindividu et cela, contrairement au médecin, il ne le fait pas dans le but manifeste de soigner la personne concernée » (Wieacker 1969: 470). Les juristes euxmémes reconnaissent et affirment quelquefois le caractéve initiatique du droit : est bien souvent le cas des professeurs qui présentent I'introduction au droit aux nouveaux étudiants, Ainsi Jean-Lou's Sourioux, qui fut auteur en 1987 d'une introduction au droit, parm tant d'autres ouvrages d'inttiation, écrit ceci : « Depuis toujours, juridique rime avec initiatique. [...] cest dire que le droit échappe a beaucoup d’individus alors qu'aucun individu n’échappe au droit. Situé en dehors de la culture ordinaire, le phénoméne juridique suscite un sentiment d’étrangeté, voire de défiance chez le plus grand nombre » (Sourioux 1990: 11). Mais le droit est d'abord un phénomene : celui qui veut que chaque collectivité humaine sécréte nécessairement un ensemble de regles de vie sociale régissant les rapports des individus entre eux (droit privg) et des rapports de chaque individu avec la collectivité (droit public), dont la sanction est assurée par cette collectivité elle-méme. Ces régles ont une logique de fonctionnement propre. La régle legale selon laquelle la majorite est fixee a dix- huit ans accomplis, par exemple, est une régle de droit faisant partie de ce phénoméne. Il est bien évident quiune telle régle n'appartient pas a lacatégorie de ce que 'on appelle «les régles scientifiques ». Mais comme tout phénoméne, le droit peut étre observé, défin, et 'on peut ainsien induire des régles générales satisfaisant aux critéres de scientificté. Il est, par exemple, une régle bien connue des juristes, et a laquelle j'2i autrefois consacré ma thse de doctorat, qui veut que Vopposabilité aux tiers soit une caractéristique du droit réel (droit sur une chose). 1! siagit fa d'une ragle scientifique du droit, fondée sur induction de Vobservation et de la définition d'un phénoméne : ce n'est pas une régle de droit et nul ne pourra la trouver énoncée par un quelconque législateur, ily a donc la une ambiguité trop rarement remarquée, et plus rarement encore admise par les praticiens des autres sciences humaines (Bocquet 1978 : 50-51). Ainsi le pas est vite franchi qui fait passer dela ragle de droit a la régle mise en lumiére parla science du droit, confusion qui permet de nier existence de régles scientifiques induites par Fobservation en disant que les régles du droit ont rien de scientifique, en particulier parce quelle sont mélées de volonté humaine. C’est remettre en question le fondement méme des sciences de homme et de la nature. Au XIX* siécle les facultés de droit de langue francaise avaient pris Vhabitude de dire que leurs étudiants faisaient des études dans des facultés de jurisprudence plutot que des facultés de droit pour bien montrer quil ne sagissait pas d'apprendre mécaniquement le contenu du phénoméne que sont les régles de droit, mais bien de maitriser les méthodes de la science juridique qui observe, décrt les phénoménes, en induit des ragles générales, lesquelles régles lui sont alors utiles par retour déductif. Le terme choisi de jurisprudence se fondait sur une phrase dUlpien qui se trouve au début du Digeste : « luris prudentia est divinarum atque humanarum rerum notitia, justi atque iniusti scientia » (Ulpien D.1.1.10.2 « La jurisprudence est la connaissance des choses divines et humaines, la science de ce qui est juste et de ce qui est injuste. ») On a plus tard renoncé a ce terme d’études de jurisprudence a cause sans doute de la polysémie qu’il contenait, a jurisprudence Gant par ailleurs une des sources du droit : Vensemble des régles interprétatives du droit nées de la pratique des tribunaux et de Vadiministration. A noter pourtant que ce terme d'études de jurisprudence a subsisté en Italie, ol il est toujours question de facultés de jurisprudence (Facolta di Giurisprudenza) et la polysémie est pourtant la méme en italien et en francais. ILest important de noter ici que c'est le méme object, celui de distinguer le phénoméne udié de la science qui fétudie, qui a amené dans les années 1970, les spécialistes de la traduction a créer fe mot de « traductologie » pour désambiguiser le mot « traduction » en en réduisant le sens au seul phenomene constitue par l'activité de traduction et par ses produits. Les travaux du colloque international « Qu’est- ce que la traductologie 7», tenu a Arras (France) en 2003, & initiative de Michel Ballard, font bien montré : cest & peu prés a la méme Epoque que sont apparus dans bien des langues de nouveaux termes pour désigner la science qui consiste 3 observer le phénoméne de la traduction en évitant que cette science nouvelle ne porte le nom du phénoméne quielle étudie. Ona ainsi eu en anglais « Science CHAPITRE 1 oftranslation » chez Eugene Nida dés 1964, puis « Translation Studies » chez Holmes en 1972. De plus, les Allemands ont assez vite distingué (Obersetzungswissenschaft ‘et Translationswissenschaft, parce quills distinguaient Ubersetzen et Translation, ce dernier terme recouvrant a la fois Ubersetzen, traduction, et Dolmetschen, interprétation (Prunc2001:9), assurant ainsil'interdisciplinarité entre les deux branches (Snell-Homby 1996 18). Cette solution terminologique a été proposée pour la premiére fois en 1973 par Otto Kade de IEcole de Leipzig. deux notions Comme nous l'avons souligné dans notre contribution au colloque organisé par Michel Ballard et intitulé « Qu’est-ce que la traductoiogie », iI aurait été également possible, et peutétre bienvenu, d’accuei en francais, comme cela a été fait en allemand, te terme de « translatologie », a été du terme « traductologie », pour englober « Vinterprétologie ». Cela aurait &é dautant plus justifié qu'avant Robert Estienne en 153 et Etienne Dolet en 1549, on employait en francais le verbe « translater » dans un sens correspondant aux deux verbes modernes de traduire et dinterpréter (Bocquet 2006 24), Mais usage contemporain en a décidé autrement, puisque aujourd'hui le terme « traductologie » lemporte largement dans usage pour designer 2 la fois les études sur ta traduction et sur 'interprétation (Guidére 2008 9-10), constat que nous avions relevé aussi dans lecolloque précité. Le dioit, tout comme la traduction, est attaché & une activité humaine, souvent de nature professionnelle, destinée a utiliser par retour déductif les connaissances acquises par la science pour produire un effet sur le phénoméne. Cette activité professionnelle concréte, méme si elle doit se fonder sur la réflexion de la science correspondante, ne saurait étre qualifiée elle-méme de science, et est la une autre source dambiguité. ily a enfinun dernier obstacle ala connaissance en droit et 8 son épistémologie : la philosophie du droit, vieille démarche bien connue chez les juristes et constituée par un ensemble de jugements de valeur sur tes ragles qui constituent le phénoméne du droit (les Problématique de la traduction juridique bonnes ou les mauvaises lois, le bien fondé des normes qui ont créé le Pacs ou le divorce par consentement mutuel, par exemple). Une telle réflexion ne peut s‘adresser qu’au droit en tant que phénomene et ne concerne en rien le droit en tant que science qui étudie fe phénomane ; elle ne correspond donc pas ce que Ladmiral appelle pour le domaine traductif «latraductosophie s, laquelle seraitle troisieme Echelon au dessus de la traduction (comme « phénoméne ») et de la traductologie (comme « science »). Ce troisiéme échelon correspond auxréflexions philosophiques analoguesa celles que Freud induit de la science psychanalytique (elle-méme induite du « phénomane » qui correspond a sa « pratique ) lorsquil écrit des ouvrages comme Considérations sur la guerre et sur la mort, En résumé, et dupoint de vue tant dutraducteur que du traductologue qui va étre confronté au domaine du droit, il convient détre conscient de cette distinction a faire entre le droit comme phénoméne et le droit comme science observe et décrit ce phénomene, en induit des regles utilisables dans la pratique par retour déductif. 2. LES PREJUGES SUR LE DROIT ET SUR LA TRADUCTION | Sur le plan historique, le Droit, c'est-a-dire le droit en tant que science, est une discipline académique présente dés la création des universités au Moyen-Age, 8 cété de la théologie et de la médecine, mais aussi des arts, lesquels regroupaient 8 la fois ce que nous appellerions aujourd'hui les « Lettres », puisqu'on y enseignait es langues anciennes, fa littérature, "histoire, mais aussi es « Sciences » puisquion y trouvait les mathématiques et ce que nous appellerions aujourd'hui la physique, et la biologie. Cette troisiéme faculté avait, & vrai dice, une fonction plutdt propédeutique et recevait les étudiants débutants qui se préparaient aux trois autres domaines. Le droit enseigné aux origines de Université a fondé sa réflexion sur les monuments de analyse juridique de 'antiquité romaine, dont on trouve fen premier lieu le Digeste de Justinien. Les sciences humaines apparaissent, quant a elles, dons le courant du XIX° siécle dans la foulée du positivisme, et prétendent emprunter leurs méthodes aux sciences de la nature. Ainsi Emile Littré, porte-parole dAuguste Comte, écrit ced «Les sciences ont assujetti a leur méthode et leurs théories espace et le mouvement, le systeme céleste, lesactions physiques des corps, les combinaisons élémentaires des substances et les phénomenes des étres animés. Que leur reste-til a faire pour quelles embrassent tout ? Aentrer enfin dans le domaine des fats sociaux, 2 la limite duquel nous les voyons aujourd'hui parvenues » (Littré 1844 : 359). Auguste Comte n’envisageait 8 vrai dire que histoire comme science humaine susceptible d’étre traitée comme science de la nature, parce quelle était devenue histoire des faits sociaux plutét que des événements, maisil n‘envisageait pas encore une étude synchronique des faits sociaux. Ce n'est qu'un peu plus tard, vers la fin du XIX" siécle avec Emile Durkheim (Les ragles de la méthode sociologique, 1894), que naitra cette sociolagie synchronique, préparant avénement de nouvelles sciences humaines commela science politique. Et alors que naissait parallélement la linguistique avec justement la reconnaissance de sa dimension synchrenique, Saussure avait dabord séparé la linguistique de histoire des langues, ciscipline avec laquelle elle se confondait alors. Dans un tel contexte, le droit, au sens de la discipline qui étudie le phénoméne juridique dans la société, se trouva rapidement en porte 8 faux : il aurait do naturellement étre considéré comme lune de ces sciences humaines, mais le paradoxe tenait au fait qu'il avait un passé et une littérature scientifique aux dimensions par trop colossales (sept siecles décrits des docteurs de Université, des giossateurs, des Pandectistes) pour étre admis dans ce cercle nouveau des sciences humaines alors encore dépourvues de littérature spécifique. La science Latraduction jridi politique, par exemple, tentera a ses débuts de prétendre que fe droit n’est qu'un phénomene entigrement généré par la volonté humaine et ensuite décrit de fagon mécanique et que Cest la science politique qui a justement pour fonction de réfléchir pour la premiere fois sur les tenants et aboutissants des normes de droit. Pour admettre cette position, il fallait 3. LA DIFFICILE APPROCHE DU TEXTE JURIDIQUE | Qu'est-ce qu'un texte juridique ? Un texte qui parle de droit at-on tendance a tépondre intultivement parce que cela semble correspondre au bon sens. Le traducteur ou, dune fagon plus générale, toute personne qui sintéresse aux problémes du langage, du discours, de la langue juridique, ne saurait pourtant se satisfaire d'une telle réponse. En effet, si tout texte qui parle de droit était un texte juridique, alors l'article du quotidien qui expose les bienfaits et les méfaits du Pacs, le texte qui déciit le proces dassises d'un ‘criminel célébre, seraient des textes juridiques. ©r, pour les linguistes comme pour les traducteurs, il manque a de tels textes, qui parlent de politique générale ou décrivent des événements médiatises, les principaux éléments qui constituent la spécificité linguistique et formelle d/un texte juridique A vrai dite, le linguiste et le traducteur sont amenés a renoncer a poser une définition du texte juridique. Dune facon toute pragmatique, ils doivent se contenter d'en énoncer une typologie fondée sur la forme du discours, ou plus précisément sur la logique de ce discours. Une constatation siimpose d’emblée : le droit est luieméme un discours, puisau'l se definit ‘comme l'énoncé d'un ensemble coordonné de normes.llexiste aussi un discours qui est destiné a concrétiser les normes du droit, & les mettre en oeuvre, a les appliquer & des situations imaginaires mais fondées sur leur analogie avec des feits passes (Kalinowski 1974 :197). Dés lors que le droit est un phénomene observable, i existe aussi un discours qui peut le décrre. CHAPITRE 1 passer sous silence deux mille ans de littérature spécialisée, & moins que la science politique ne s‘approprie une bonne partie de la littérature juridique préexistante : Montesquieu serait fort surpris d'apprendre que les politologues considérent aujourd'hui qu’en parlant de droit, il faisait de la science politique sans le savoir. Crest 1a le schéma de base d'une typologie des textes juridiques. ily a ainsi trois types de textes qu'on peut qualifier de juridiques : les textes noratifs, les textes des décisions qui appliquent ces normes, et enfin les textes qui exposent le contenu des régles de droit, ceux que t'on désigne d'une facon toute générale par le terme de doctrine. Cette typologie ne correspond pas exactement & la classification de Comu dans Linguistique juridique (1990) qui distingue : le discours législatit le discours juridictionnel (pp. 335-356) et le discours coutumier (pp. 357-407). Les textes noratifs sont ceux des lois mais aussi de la Constitution, des ordonnances, des ariétés, des décrets. De méme, on peut ranger pormi ces textes, au plus bas dela hiérarchiedes rnormes, le raglement o’un immeuble ou méme de la chambre a iessive de cet immeuble, le raglementd’une piscine ouméme des vestiaires de cette piscine. Font également partie de ce type de discours les conditions générales des contrats telles que les édictent les assureurs, les ailleurs, les banquiers, les vendeurs de toute sorte. Tous ces textes relevent de ce que les linguistes appellent le mode performatit (Graegorczyk 1974: 229) Or le discours habituel est au contraire principalement descriptf : lorsque, parodiant Paul Valéry qui tournait les romanciers en dérision, je dis « La marquise sortit & cing heures », je ne fais que décrire une réalité, fat-elle purement fictive. tl en est de méme du journaliste qui décrit un fait divers : « Hier matin, il était 18h40, un camion circulait 3 Problématique de fa traduction juridique VAvenue de la gare, lorsqu'une voiture de tourisme... ». I utilise des mots sélectionnés, tun ensemble de signifiants coordonnés, par lesquels il cherche a appréhender une réalité, un signifié, appartenant au passé. Lorsque Varticle 488 du Code civil nous di majorité est fixée 4 18 ans accomplis », il ne décrit pas une réalité préexistant au discours, lest au contraire le discours qui crée cette réalité nouvelle. Cest parce que larticle 488 du Code dit que la majorité est fixée 8 18 ans accomplis, que celaest vrai ;nous sommes dans le mode performatif. Ce mode est soumis, quant & son langage et son expression, a de multiples régles spécifiques qui sont propres a chaque langue, ct le traducteur sy trouve d’embiée confronté & fun des plus importants problémes de la traduction juridique, dont on voit d'embiée quill ne concerne ni la terminologie ni la phraséologie. La deuxiéme catégorie de textes juridiques est celle qu'on pourrait qualifier de judiciaire ‘ou plutét de juridictionnelle, le terme « judiciaire » ayant en France le sens étroit de « relatif auc tribunaux de ordre judiciaire », Cest-a-dire aux juridictions civiles et pénales et non aux juridictions administratives. Ce sont les decisions des tibunaur, mais aussi les décisions de Fadministration, qui refusent une demande ou y accédent ; ce sont les constats des huissiers, de la police, etc. II n'y a pas 18 un discours relevant du mode performatif, mais bien du mode descriptif, auquel s‘ajoute la confrontation de deux éléments donnés : la ragle et les faits ; il y a développement d'un syllogisme. Le mode diexpression d'un tel discours juridique, tant au niveau lexicologique ‘qu'au niveau syataxique, est soumisd toute une série de ragles et d'usages Ia aussi différents dans chaque langue. La troisieme catégorie de textes juridiques est celle des textes dits de doctrine. Ce sont les textes rédigés par les auteurs juristes qui écrivent surle droit. Ce gente de textes parait a priori plus facile parce qu'll n'est pas li, semble- til, & des usages stricts. En fait, il s'agit dun langage trés complexe, aux multiples facettes, parce qu'il appartient 4 une catégorie infiniment plus floue. ly a, par exemple, des commentaires de lois ou de réglements, qui nécessairement paraphrasent les textes légaux, donc le mode performatif, sans relever eux-mémes de ce mode, et en les rapportant au discours indirect. Il_y a aussi les commentaires d’artéts et de jugements : est la un genre particuliérement. dévelopné dans la doctiine francaise par ceux quel‘on appelleles « arrétistes »;il ya enfin des études de reflexion plus générale, Le regretté Gérard Cornu, & qui analyse linguistique du droit doit tant, et dont origine de la réflexion se situe dans les années de ses travaux consacrés & la rédaction du nouveau Code de procédure civile, ne reconnait pas la doctrine comme un discours juridique, bien que les textes de doctrine correspondent & quatre-vingt-dix pour cent des textes que Yon rencontre dens toute bibliothéque d'une facuté de droit. La perspective de Comu est tout & fait compréhensible sur ce point : les textes de doctrine sont descriptifs dautres textes de nature juridique (ie. les textes normatifs, les textes judiciaires, les textes de réflexion générale et philosophique) mais n’ont pas de spécificité en eux-mémes. La perspective de Cornu est purement linguistique et descriptive, et il a donc parfaitement raison, mais pour le traducteur, la question esttoute différente.lI se trouve en face d'un type de discours sur lequel il doit travailler et qui a une spécificité juridique formelle méme si elle n’est pas toujours évidente. Comu distingue, par contre, un autre type de discours juridique, celui quillappelle le discours coutumier, défini comme « les maximes ot adages du droit » (Comu 1990 : 357). Les traducteurs ne siintéressent que relativement peu a ce type de discours pour des raisons essentiellement pregmatiques : it n'est pas habitue! quon ait a traduire ce genre de discours. Lorsquill rencontre une maxime ou un adage du droit étranger le traducteur est alors amené a en présenter une description et commentaire plus qu‘une tradu Crest dire que le centre méme de notre étude sur la traduction juridique utilisera une présentation en trois dime correspond aux trois types de textes juridiques que doivent reconnaitre les traducteurs. ns, qui La traduction juridique " aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. Problématique de la traduction juridique Le traducteur de textes juridiques va se trouver, contrairement au traducteur de textes techniques, en face d'un texte étranger qui parle diinstitutions comparables mais nonidentiques. I devra donc chercher des analogies. D’un point de vue linguistique, il devra passer par une premiére étape sémasiologique de décryptage, ‘ou de décodage, du texte source. Suivra une deuxiéme étape, de caractére non-linguistique, relevant de la comparaison des institutions sources et des institutions cibles (plutot que de droit comparé au sens strict) faisant appel ‘aux connaissances générales que le traducteur posséde de son droit national. C’est dans cette phase qu’a lieu lessentiel du transfert du sens. Et Cest ld aussi que se produit ce qu’on peut appeler une inflexion du signifié, cest-a-dire une adaptation du contenu méme du message destiné simplement a le rendre perceptible par son destinataire, Vient enfin la troisiéme étape de recryptage, ou de ré-encodage, dans la langue-cible, étape onomasiologique par excellence. Ree telco ey On remarquera que la dernitre étape du recryptage du discours juridique est singuligrement plus facile comparée a d'autres sciences humaines :nous pensons en particulier aux sciences économiques, car nous avons enseigné la traduction des textes économiques 2 partir de lallemand et de italien vers le francais pendant une vingtaine d’années. Historiquement, le discours du droit s'est constitué au Moyen-Age, notamment partir du latin, de facon autonome et sans avoir besoin d'un modéle de discours emprunté a d'autres disciplines. C'est 1a une situation relativement confortable pour les traducteurs. Il ren va pas de méme pour toutes les autres sciences humaines apparues aux XVIlI* et XIX* siecles, telle la sociologie, la science politique et Féconomie. Elles sont nées non pas comme le droit en méme temps que les langues modernes, mais alors que ces langues étaient déja complétement constituées. Elles ont donc da établir leur discours par référence @ un modele plus ancien, celui d'autres disciplines antérieures. Mais chaquelangue, correspondant une culture nationale 3 base géographique. a eu un modéle de discours différent, ce qui s‘explique par des données historiques souvent évidentes, Pour nous en tenir & exemple de la science économique, disons quelle a eu en France comme premiers représentants des dilettantes, dont deux des plus illustres furent des médecins ; Francois Quesnay, le pére de I'Ecole des Physiocrates, et Clément Juglar, dont ont connait l'analyse de la théorie des cycles économiques. Ces auteurs maitrisaient donc parfaitement le discours dune des sciences anciennes de l'Université : la médecine, et c'est ce discours qui leur servit de modéle. Mais au-dela du discours, c'est aussi le modéle de pensée médical qui allait simposer & eux dans leur science économique. économie allait donc avoir pour eux une anatomie, une Physiologie et une pathologie, a laquelle S‘appliqueraient des traitements. Le langage frangais de économie seest ainsi construit par analogie sur celui de la médecine. Deux siécles plus tard, il ne s'est quére éloigné dece modéle initial. Cest le discours que nous rencontrons aujourd'hui encore a toutes les pages tant dans les manuels universitaires que dans les revues économiques de langue francaise. Citons ici quelques exemples que nous avions relevés dans des jounaux en vue d'une communication 8 (Université de Poznan voici quelques années (Bocquet 1998 : 25): « Cette accumulation de paralysie ici et de freinage ld explique la langueur de téconomie mondiale » (Dossiers et Documents du Monde, janvier 1992). « Les Américains ont cherché & redonner du tonus a leur économie. Les marchés du travail se dégradent plus vite quiils n’entrent en convalescence » (Dossiers et Documents du ‘Monde, janvier 1992). « Pays sous perfusion, le Tchad vit de l'aide publique internationale » (l’Hebdo n° 47/92). ridique Latraducti 3 « Létrange maladie des caisses dépargne américaines a pris des allures d'épidémie cette année rendant nécessaire un traitement de choc » (LHebdo nt 47/92) « La convalescence des grandes banques américaines est bel et bien terminée, La baisse des taux leur a permis de se refaire une santé. Deux des plus grandes banques du pays ont &té mises sous perfusion par VFtat Sur un marché japonais en pleine déprime depuis que économie ne croit plus, 4 un rythme inférieur 32.%» (LHebdo n° 47/92) « Vanatomie de {économie réelle de notre pays nous échappe au plan du fonctionnement de ses organes et de ses cellules » (L’Hebdo 47/92). « Le prix du lait amputé dans la douleur » (UHebdon’ 47/92), «Aquandun Paracelse de 'analyse économique suisse pour autopsierla dépouille de la demigre haute conjoncture, un docteur és éonomies qui nous indique la cure pour les années a venir » (UHebdon* 47/92). On excusera cette demitre métaphore filée, qui procéde & une autopsie avant de réaliser une cure... En Allemagne, la science économique est née dans le protongement de la science du droit, parce quelle fut d'abord lapanage des juristes de Ecole historique. Leur modéle de discours a donc été celui de autre discipline historique de Université : le droit. Das la fin du XIX" siécle et jusqu'a aujourd'hui, les économistes allemands | 5, LA FONCTION DU DROIT COMPARE | EN TRADUC Las juristes ont Phabitude de pratiquer ce que Von appelle le droit comparé. La méthode consiste essentiellement a étudier des institutions analogues appartenant a plusieurs systémes de droit et, au travers de jugements de valeur portant sur le contenu de ces régles de droit ainsi mises en regard, a élaborer pour un pays donné, celui dont par hypothése on CHAPITRE 1 raisonnent en termes de loi, de loi naturelle, de dérogations et de sanctions. En ttalie, les premiers économistes ne furent pas des scientifiques, ni des universitaires, ce furent des praticiens : les marchands et es banquiers lombards. Ils ont laissé a Azienda Italia ("Entreprise Italie) un discours économique essentiellement fondé surcelui de la comptabilité commerciale. Mais (influence francaise a été trés forte sur les économistes italiens, qui ont adopté par la suite le discours médical, Lediscours économique italienpourrait donc étre qualfié de mercantilo-médical. On comprend ainsi le nature des problémes que rencontrent les traducteurs des textes économiques, et qui rvont rien a voir avec les problémes de la traduction ju les traducteurs de textes juridiques doivent infléchir le signifié lui-méme dans la deuxieme phase du processus de traduction, il n’en va pes de méme en traduction économique oi: le probleme se pose au niveau du signifié le traducteur doit maitriser les modéles de discours et savoir faire passer son texte d'un modele juridique @ un modele medical lorsquil traduit d'allemand en francais et d'un modéle mercantilo-médical a un modéle purement médical lorsqu'l traduit ditalien en francais. A cet égard, le probleme est dautant plus épineux que le jeu métaphorique des modeles de discours est devenuavec lessiécles un jeude métaphores mortes, de formules idiomatiques, dans lequel lesspécialistes refusentde voir autre chose quiune pure terminologie technique. Aussi, rien ne les agace plus que d'entendre parler de modéle de discours ou demétaphores étrangeres 8 leur science. ue. Si TION JURIDIQUE. cherche & améliorer les institutions (on se situe donc au niveau du phénomene juridique et non a celui dela science qui étude), a créer un systéme meilleur a celui qul est alors le sien. Cette démarche n’a bien sir prion aucun sens en matiére de traduction juridique. C'est dire que si l'on parle ici de droit comparé, le Problématique de la traduction juridique sens du terme est voilé : il s'agit de mettre en relation des institutions analogues du pays de langue-source et du pays de langue-cible pour déterminerles éléments du discours de langue- cible qui pourront étre utilisés pour exprimer le discours source, que ce soit au niveau de la terminologie, de la phraséologie ou dun discours global. Pour ne prendre ici quun exemple, au niveau plement —phiaséologique, si ce n'est urement terminologique ilexiste en Allemagne tune juridiction appelée lOberlandesgericht. Cettains dictionnaires bilingues, décodant chacun des trois éléments composant le terme, en font le « Tribunal régional supérieur ». Une telle solution est complétement absurde pour le juriste francais non-germaniste car elle contient trois informations fausses, que la prise en compte du droit comparé, ou plutét de la comparaison des droits, aurait pu éviter. Eneffet, le systeme judiciaire allemand connait des tribunaux civils de premiére instance : V'Amtgericht pour les petites affaires et le Landgericht pour les affaires plus importantes. Contre les décisions de ces tribunaux de premiere instance, il est possible d’en appeler a l'Oberlandesgericht. Les analogies avec le systeme judiciaire francais, sont évidentes, qui posséde en premiére instance le Tribunal diinstance pour les petites affaires, et le Tribunal de grande instance pour les affaires plus importantes. l est possible d’en appeler contre les jugements des tribunaux de grande instance et de certains jugements des tribunaux dinstance a la Cour d’appel. Cest dire que I'Oberlandesgericht n'est rien d’autre qu'une Cour d'appel. Parler & un juriste francais de « Tribunal régional supérieur », est le mettie trois fois dans erreur. L’Oberlandesgericht n‘est pas un tribunal mais tune cour, en cela quil ne juge pas en premiére instance. II n’a rien de « supérieur » : le préfixe Ober est justifié par le fait quil intervient en appel. Quant au Landes, présent dans le terme allemand, il vise & indiquer quill existe en principe une telle juridiction par land ; le traduire par l'adjectif « régional » est inexact et donne au demeurant une information dépourvue de sens pour lecteur frangais d'un arrét d'appel. 6. LA TERMINOLOGIE ET LA PHRASEOLOGIE JURIDIQUES COMPAREES Nous avons tenté de démontrer d’entrée de jeu que, contrairement a un avis généralement répandu, la traduction juridique ne se réduit pas une question de terminologie et de phraséologie comparées. Cela étant, le droit, comme toute discipline, scientifique ou non, de science exacte ou de science humaine, agénéré dans chaque langue, dans chaque culture, dans chaque pays, une terminologie et une phraséologie propres. Dés lors, la traduction juridique doit aussi assurer le passage entre ces éléments des diverses langues. Et Von remarquera que la terminologie et la phraséologie sont les seuls éléments communs aux trois types de textes que nous avons reconnus comme juridiques. Voila qui nous améne a traiter tant de la documentation existante en matiére de dictionnaires et de banques de données terminologiques que de la maniére dont de tels instruments peuvent étre utilsés et surtout ccomplétés par la pratique au quotidien, Cement tet oetcaue ies Sill nest pas honteux pour le podte de se servir dun dictionnaire des rimes, il en va de méme de I'usage des dictionnaires ou des banques de terminologie monolingues ou bilingues par les juristes et par les traducteurs. La difficulté tient par contre a la pertinence du choix du dictionnaire. Un dictionnaire bien fait vise un public déterminé et un usage particulier et ne cherche pas & tout faire en méme temps. Cest une banalité de dire qu'un ionnaire encyclopédique n’a rien & voir avec un dictionnaire de langue. Plus fine et moins évidente apparemment pour certains 5 aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. Problématique de la traduction juridique la classification de Fontanier (Les Figures du discours, 1821/1977) permet le plus souvent d'attribuer un nom. Il existe bien des termes purement juridiques, Cest-adire qu’on ne rencontre nulle part ailleurs en dehors du domaine juridique : en frangais, par exemple, Femphytéose, lintimé, la licitation, fa litispendance, la pollicitation, ta banqueroute, le de cujus (hereditate agitur). Il existe aussi des ensembles phraséologiques spécifiques au langage des juristes : le relais carcéral, amplification de la demande, la collocation des créanciers. lI existe enfin des termes qui sont parailleurs des mots ordinaires dans le langage courant, mais qui prennent en droit une valeur de terminologie dure : par ‘exemple, les alliés ou encore l'acceptation ; de méme que des formulations telles que :agir en justice, se porter partie civile Parfois, un discours entier est le symbole d'une institution juridique. Par exemple : « De tout quoi jai dressé le présent procés-verbal de constat que jai signifié et laissé copie en t8te des présentes oii étant et parlant a... ».Cest fa une formulation typique des anciens constats dhuissiers, employée couramment jusqu’a la fin des années 1970. Deplus les formules de certaines oishistoriques ‘ont un sens conventionnel admis dans le mifieu juridique indépendamment du sens qu’elles semblent porter. Ainsi l'article 1305 du code civil affirme ced: « La simple lésion donne lieu a la rescision en faveur du mineur non émancipé, contre toutes sortes de conventions, Le mineur n'est pas restituable pour cause de lésion lorsqu’elle résulte d’un événement casuel et imprévu ». Cela signifie que les mineurs ne peuvent conclute valablement des contrats sans faccord deeurs parents ou de leur représentant légal. Cotte terminologie, cette phraséologie et ce discours codés, qui peuvent paraitre parfois étranges au traducteur, sont propres & chaque culture juridique, c'est-a-dire a chaque langue : les correspondances sont rares et le plus souvent aléatoires Nous nous contenterans ici d'un seul exemple, qui concerne le francais et I'allemand. Le verbe allemand beiwohnen, employe dans le droit de la filiation (correspondant au verbe cohabiter, existant dans 'ancien texte du Code civil ainsi que dans la traduction francaise du Code civil suisse) ne signifie pas «habiter avec » et n'a aucun rapport avec ridée d'habitation. Cohabiter comme belwohnen veulent dire « avoir une relation sexuelle ». En conséquence, lorsque le § 1600, alinéa 2 du BGB affirme : « Es wird vermutet, da® das Kind von dem Mann gezeugt ist, welcher der Mutter wahrend der Empfangniszeit beigewohnt hat», il est possible de traduire, en ayant recours au méme codage pudique en allemand et en francais, par : « Il est présumé que lenfant a été engendié par 'homme qui a cohabité avec sa mére pendant la période de conception ». Cela signifie précisément quil est présumé que enfant a été engendré par I'homme qui a eu tune relation sexuelle avec sa mere. Limportant sur le plan juridique est done de se rappeler que cette formule ne signifie pas, contrairement & ce que pourrait croire le lecteur non informé, quill est nécessaire pour attribuer la patemité de démontrer que, pendant une période donnée, la mére a partagé le logement de homme en question. II suffit de prouver qu'elle 2 eu une fois une relation sexuelle avec tui Les conventions sémantiques qui portent sur le sens de ensemble d'une norme sont plus symptomatiques encore. La majorité des normes du droit des obligations, par exemple, sont ainsi rédigées qu‘elles affirment qu‘une personne (le débiteur) «a robligation de...». En réalité, une telle obligation rvexiste jamais dans Fabstra, La formule veut dire quune autre personne (le créancier), sous réserve encore que les intéressés n’aient pas convenu ensemble du contraire, a le droit de sadresser aux autorités Judiciaires pour obtenir, et la encore certaines conditions, que le débiteur désigne par la loi soit condamné a payer ce que celle-ci prévoit en pareil cas. La séalité, percue au travers de ce que Comu appelle, quant a lui, un message d 7 (Comu 1990 : 232), est ainsi bien différente de ce que pourrait croire le traducteur non-initié. Par exemple, lorsque le § 437 du BGB affirme : « Der Verkaufer einer Forderung oder eines sonstigen Rechts haftet fr den rechtlichen Bestand der Forderung oder des Rechtes », il est possible de le rendre par: « Le vendeur d'une ciéance ou d'un droit répond de existence Juridique de cette créance ou de ce droit. » 7. TRADUCTION JURIDIQUE ET LANGUES DE SPECIALITE Des querelies de théorie jurdico-linguistique se sont développées, surtout en Allemagne et en. France, sur la nature de fa langue du droit ou du langage juridique : fe droit n’est-i rien d'autre ‘qu'un langage, un signifiant sans signifié ? Nul praticien de la traduction des textes juridiques ne peut ignorer tes recherches et les. publications particuliérement abondantes sur un sujet si lié a sa profession et sur lequel experience pratique lul permet 3 coup sor de se faire une idée personnelle. En France, mais plus encore en Allemagne, la problematique du langage juridique est devenue un champ de réflexion fondamental dis le début des années 1970, a une époaue, dépassée aujourd'hui il est vrai, ol les sciences du langage avaient tendance dominer les sciences humaines en général. ll nest sans doute pas exagéré de dire que si, dans les années 1950-60, la science du droit était a la remorque de a sociologie, presque totalement oubliée par les juristes du fait de lévolution des idées,iln’a plus été possible dés les années 1970 de patler de droit sans connaitre la linguistique et sans s'y référer. D’ailleurs, Sourioux dans son Introduction au droit (1987, rééd. 1990) opte pour cette formule et propose denseigner te droit sur la base des régles de la linguistique puisquil n’en est qu‘un cas d’application. Au-dela de la question classique de la spécificité de la langue du droit, langue de spécialité reconnue, nombre d’auteurs ont progressivement admis 'idée que le droit devait étre analysé luiméme comme un simple langage, un ensemble de signes linguistiques CHAPITRE 1 Cela signifie seulement qu’en cas de non- existence de cette créance ou de ce droit, acheteur pourra, sil le désire et pour peu que tien dautre n’ait été convenu préalablement entre les parties, s‘adresser au juge pour faire condamner ie vendeur a l'indemniser. et non linguistiques coordonnés, comme un signifiant autonome recouvrant « souplement = Un signifié. quiserait un cenaintype de relations sociales. Le drott, en tant que langage, devrait étve analysé dans une démarche sémiologique et ses signes linguistiques décryptés au travers des régles d'une sémantique propre. C'est idée que Yon rencontre en Allemagne chez des auteurs comme Emst Joachim Lange (1970) ou Waldemar Schrekenberger (1978). En France, est Henri Batiffol, lintemationaliste (1972), ‘quia été Tun des premiers poserle probléme de la spécificité du langage juridique en ces termes dans la perspective contemporaine, lors d'une célebre conférence de 1972. C’est en 1974 que le CNRS publie, sous la direction de Michel Viley, ouvrage collectif de premiére importance Le Langage du Droit, qui dev. contribuer attirer attention du milieu des Juristes sur les questions linguistiques Depuis tors, deux auteurs, Jean-Louis Sourioux, professeur de droit civil, et Pierre Lerat, professeur de linguistique, n’ont cessé de publier, ensemble, des études sur le sujet : Le langage du croit (1975), Veuphémisme dans la législation récente (1983), Le vocabulaire Juridique (1984), Ces recherches ont pris une importance telle ue les Presses universitaires de France ont publié, en juillet 1987, un nouveau manuel élémentaite dintroduction au Droit, destin aux éiudiants débutants, dont la rédaction a Justement été confiée 3 Jean-Louis Sourioux, qui présente le droit comme un pur langage dans étude duquel le futur praticien ne peut entrer qu’au travers des schémas de {a linguistique Problématique de fa traduction juridique et de la sémiologie/sémiotique. Le premier chapitre de ce livre siintitule diailleurs « Les signes du droit», Il est divisé en deux sections : signes linguistiqueset signes extralinguistiques, ces demiers étant définis comme « objets avertisseurs», et divisésen « signes d'identité » ‘et « signaux de délimitation de I'espace ou de circulation dans espace ». Le second chapitre est consacré aux instruments-symboles du droit : auteur distingue la balance et le glaive d'une part, et la régle de droit diautre part. II sagit 1a d'une analyse autrefois tout a fait inimaginable, au temps de [introduction au droit des Frbres Mazeaud, centrée sur la distinction entre le droit et la morale, ou celle de Jean Carbonnier, fleuron de la pensée des années 1960, dominée par la sociologie et la sciencepolitique. Nousevonstenté,dansun bret atticle de 1988, de faire une synthése montrant les conséquences de cette problématique sur la traduction juridique (Bocquet 1988). En 1990, au moment of paraissait la deuxiéme édition augmentée de I'Introduction au droit de Sourioux, Gérard Cornu, alors professeur de droit civil & Paris ll, Université de Droit, déconomie et de Sciences Sociales, publiait sa Linguistique juridique (1990), ouvrage qui constitue une somme en la matiére apres vingt ans de recherche frangaise en linguistique du droit. De son cété, Sourioux est arrivé ala linguistique juridique par une réflexion théorique sur la nature du droit et de son langage, elle-méme fruit de la contestation de la sociologie et de Hinterrogation épistémologique sur le pourquoi de la réfiexion juridique des années 1970. ‘praticien de la égislation ». Chargé voict une trentained’annéas parleGouvernementfrangais de rédiger le Nouveau Code de Procédure civile (NCPC), ta &t8 amené, dans un premier temps, &refaire le Vocabulaire juridique ¢'Henti Capitant, par dans les années 1930, & la téte d'une équipe de chercheurs of I'on retrouve notamment Sourioux et Lerat. Ce vocabulaire juridique fait actuellement autorité en matiére de terminologie juri francaise. Cornu sest apercu que labord Purement terminologique n‘était pas suffisant, dot sa magistiale Linguistique juridique. Le traducteur de textes juridiques ne saurait aujourd'hui se passer de cet ouvrage qui a révolutionné la réflexion en la matiére. fl est le fruit de la réflexion d’un praticien de la rédaction juridique et legislative ; i présente ‘aussi lavantage, contrairement 2 d’autres ouvrages, dioffrir des solutions pratiques pour exprimer des idées juridiques, trés utiles pourla traduction comme pour la rédaction originale. il tion Latradu 20 8. FAITES LE POINT Le droit est un phénomeéne social, qui correspond a existence dans toute société humaine d'un systéme de régles de ‘comportement dont le respect est assure parla sanction de lasociété. Le droitest aussila science qui étudie ce phénoméne, appelé autrefois jurisprudence, qui décrit ce phénomene et en induit des regles, d'ou la confusion frequente faite entre tes régles de droit, qui relévent du phénomene observé, et n’ont donc rien de scientifique, et les regles dégagées par la science juridique. Letraductourde textes juridiques doit donc étre conscientde ce fait, qui débouche sur une autre question beaucoup plus ardue pour lui, sil n’a pas lui-méme de formation juridique compléte, ce qui au demeurant n’est pas indispensable quiest-ce qu'un texte juridique 7 Ce n’est, en tout cas, pas simplement un texte qui parle de droit, Si tel était le cas, on pourrait appliquer le meme principe aux textes relevant de Plimporte quelle matiére et les treductions seraient toutes des traductions spécialisées dont la spécialisation serait au demeurant purement terminologique. Cela ne permettrait as de fonder une méthode spécifique pour la traduction juridique, En réalité, le traducteur, dans la perspective qui est la sienne, doit pouvoir se passer d'une CHAPITRE 1 definition du textejuridique. Il doit parcontre se fonder sur une typologie des textes qualfiables de « juridiques » du point de vue qui est le sien. I existe ainsi trois types de textes qui peuvent tre qualifiés de < juridiques » au sens de la juritraductologie, quills parient directement de droit ou non. Le premier type est celui des textes qui relévent du mode performatif, cest-a-dire ot! fénoncé crée la réaiité au lieu de la décrire comme dans lemode descriptif: Cest le cas des textes de loi, des reglements, des contrats, etc. Le deuxiéme type est celui des textes qui relevent du mode syllogistique, c’est-é-dire oti Venoncé consiste a confronter des régles fa réalté : Cest le cas de toutes les décisions, jugements, dispositions administratives, voire énoncés de decisions individuelles de chacun. Le troisiéme type est celui des textes qui relevent du mode descriptif, mais dont la particularité est de décrire les deux premiers types de textes qualifiés de juridiques. Cela recouvre immense domaine de ce que les juristes appeltent la doctrine. Le préalable pour le traducteur juridique est la maitrise comparée de ces tois types de discours dans sa langue-source et dans sa langue-cible. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. 24 Mais ils ordonnent aussi négativement, c’est-- dire en interdisant. Exerpl «ll est interdit 'admetire les jeunes travailleurs de moins de dix-huit ans au servicedesappareils vapeur soumis aux prescriptions du décret du 2avril 1946 portant réglement sur les appareils a vapeur autres que ceux placés 8 bord des bateaux. > (ert. R. 234-15 du Code du travail) Dans les deux cas cités, nous avons affaire & des normes de droit public, c'est-a-dire a de veritables ordres sanctionnés par une punition. D'un point devue linguistique; ils se distinguent mal des ordres du droit privé. Exemples: «Le propriétaire du sol qui a fait des cons. tructions, plantations et ouvrages avec des ‘matériaux qui ne lui appartenaient pas, doit en payerla valeur estimée ala date du paiement...» (art, $54 du Code civil, «Il proprietario, il cui fondo @ circondato da fondi altrui, e che non ha uscita sulla via pubblica né pud procurarsela senza eccessivo dispendio o disagio, ha diritto di ottenere il passaggio sul fondo vicino per la coltivazione il conveniente uso del proprio fondo. » (art. 1051, comma 1, CC. Gitons, & fe d'exemple, un autre article en frangais et en italien « Tout fait quelconque de homme qui cause @autrui un dommage oblige celui par la faute duguel il est arrivé a le réparer. » (art. 1382 du Code civil. Qualunque fattodoloso 0 colposo, che cagiona ad altri un danno ingiusto, obbliga colui che ha commesso il fatto a risarcire ildanno. » Dans ces deux exemples, il ne s/agit pas d'un ‘ordre véritable, mais d'une prérogative donnée a un tiers dont on ne parle pas. Lorsque Varticle 1382 (en francais) dit que celui qui cause un dommage @ autrui doit le réparer, cela signifie seulement que la victime pourra, éventuellement, si elle le désire et si toutes les conditions légales sont remplies, obtenir CHAPITRE 2 du juge quill oblige l'auteur du fait en cause & réparer le dommage quill lui a fait subir. A ce sujet, Sourioux distingue, dans |'introduction au drole (1987/1980 : 29-32), les « propositions normatives de comportement » et les « pro- Positions normatives d'objectifs ». Le francais, comme Italien, disposent de plusieurs possibilités d'expression ; soit ils emplcient Vindicatif présent, ce qui constitue la formule la plus claire et la plus élégante, soit 'ndicatif futur dans un usage plus ancien correspondant a [a pratique fa plus habituelle au temps du Code civil de 1804, Ils peuvent également employer la formule « doit » ou la formule « est tenu (oblige) de », mais d'autres possibilités existent dans les textes. Exemples : « Pendant le mariage, le pire et la mére exercent en commun leur autorite. » (art. 451, al. 1" du Code civil dans sa version issue de la loi n°70-459 du 4 juin 1970). « Le tuteur administre et agit en cette qualité, du jour de sa nomination si elle a été faite en sa présence... » (art. 451, al. 1% du Code civil dans sa version issue de la lol n” 64-1230 du 14 décembre 1964), « Le tuteur prendra soin de la personne du mineur et le représentera dans tous les actes Civils... » (art. 450, al. 1" du Code civil issu de la méme loi de 19641 « Le juge doit toujours apprécier les contes- tations qui lui sont soumises au jour de la signification de lacte extrajudiciaire. Le bénéficiaire du droit de reprise prévu au présent aiticle est tenu de mettre a 1a disposition du locataire ou de loccupant dont il reprend le local, le logement qui, le cas échéant, pourrait tre rendu vacant par lexercice de ce droit. Le bénéficiaite du droit de reprise devra notifier & son propristaire action quill exerce...» (art. 19, al. 5, 6 et 7 dela Loi du 1* septembre 1948 sur Jes baux dhabitation et a usage professionnel) Lapossibilité d'employer indicatifprésent tout comme lefutur) pour donner des ordires est une consequence ultime du caractere pesformatif du discours législatif. Disant qu'une certaine personne fait quelque chose, le législateur ne Vers une méthode de traduction juridique décrit pas activité de cette personne, mais considére que cette action existe simplement parce quill le veut. A cet égard, un exemple particuliérement frappant peut étre relevé parla ‘comparaisen entre un texte francais qui pousse a Vextréme cette possibilité d'user du présent impératif du mode performatif et un texte italien qui exprime une norme équivalente par des moyens plus classiques, étant entendu que italien use beaucoup moins volontiers que le frangais du présent impératif. La lol italienne n° 392 du 27 juillet 1978 portant réglementation des locations d‘immeubles urbains (Legge 27 luglio 1978, n° 392 Disciplina delle locazioni di immobili urbani), tout comme {a loi frangsise, aujourd'hui abrogée, n° 82-526 du 22 Juin 1982 relative au droits et obligations des locataires et des bailleurs, dite « Loi Quillot », visent l'une et autre a protéger les locataires. l'une des méthodes choisies pour ce faire a consisté a imposer une durée minimum du bail. Valinga 1” de Fart, 1" de fa ol italienne ditdone : « La durata della locazione avente per oggetto immobili urbani per uso di abitazione non pud essere inferiorea quattro anni. Se le parti hanno determinato una durata inferiore © hanno convenuto una locazione senza determinazione di tempo la durata si intende convenuta per quattro anni.» « La durée de la location portant sur des immeubles urbains 3 usage d'habitation ne peut étre inférieure & quatre ans. Si les parties ‘ont convenues d'une durée inférieure, ou n‘ont pas fixé cette durée, [a location est réputée conclue pour quatre ans. » La Loi Quillot dit simplement a son article 4 « Le contrat de location est conclu pour une durée au moins égale a six ans a compter de sa date deffet. » Le lecteur non averti et habitué au discours descriptif aura tendance a se demander : « Et que se passe-t-il si le contrat prévoit une durée Inférieure asix ans ?». Cest précsémenta cette question que répond la deuxiéme phrase de la disposition italienne, Quant au léaislateur francais, il a jugé inutile de préciser cela, car lorsqu'l dit que le contrat est conclu pour une durée au moins égale & six ans, il ne décrit pas un contrat en constatant un fait : son affirmation suffit 3 elle seule a faire que tout contrat de location ait cette durée minimum, Néanmoins,le législateur francais, comme nous Vavons vu, utilise aussi les autres marques de Vordre (doit, devra, étre tenu / obligé de...) Tant en italien qu'en frangais, ces formules sont en principe interchangeables, mais on doit considérer que Findicatif futur en frangais a un caractére plutdt archaisant ; certains auteurs considérent que l'emploi de lindicatif futur pour donner des ordres doit étre réservé au cas ow le verbe a pour sujet une autorité publique. Une telle pratique serait sans doute souhaitable pour faciliter la compréhension générale de ce type diordre, mais les exemples présentés ci-dessus montrent qu'un tel usage n'est pas toujours attesté, lIs‘ensuit que le raducteurnest nullementtenu de choisir en francais celle des formules qui est la plus proche de la formule italienne quill doit traduire, c'est-a-dire celle dans laquelle le verbe dovere correspond au verbe devoir et essere tenuto correspond a étre tenu (obligé) de. Le traducteur doit, au contraire, faire preuve de finesse dans l'emploi des formutes francaises exprimant Vordre du législateur adressé tant au citoyen qua un organe public pour délimiter sa fonction. lI devra tenir compte en particulier du fait que le francais tend te plus souvent 8 adopter le solution fa plus simple et la plus courte en falsant un usage important de la technique du présent impératif du mode performatif. Ainsi, par exemple, est parfoitement possible de traduire : «Il debitere € il creditore devono comportarsi secondo le regole della correttezza. » (art.1175 CC.) parla phrase francaise: « Le débiteur et le créancier se ‘comportent selon les régles de la bonne foi. » ‘Autre exemple de traduction entre Italien et le francais : « Chiunque cagiona danno ad altri nello svolgimento di un attivita pericolosa, per sua 2B 26 natura o per la natura dei mezzi adoperati, & tenuto al risarcimento se non prova di avere adottato tutte le misure idonee a evitere i anno. »(art.2050 CC). «Toute personne qui occasionne un dommage a autrul en exercant une activité dangereuse, par sa nature ou per les moyens employés, répare ce dommage si elle ne prouve avoir pris toutes les mesures propres 4 léviter.» Prenons des exemples concernant le couple allemand francais: Pour donner des ordres, I'allemand emploie les formules hat... zu ou ist verpflichtet, le verbe muB, quelquefois Vauxiliaire de mode soll, et, exceptionnellement, I'indicatf présent, d'une facon qui reste souvent ambigué. Exemple: «Der Verkéufer hat einen Mangel der verkauften Sache nicht zu vertreten, wenn die Sache auf Grund eines Pfandrechts in ffentlicher Versteigerung unter der Bezeichnung als Pfand verkauft wird, »(§ 461 BG8). « Der Schuldner ist verpflichtet, die Leistung 50 zu bewirken, wie Treu und Glauben mit Riicksicht auf Verkehrssitte es erfordem. » (§ 242 BGB). «Die Anfechtung muf in den Fallen der §§ 119, 120 ohne schuldhaftes Zgem (unverziiglich) erfolgen, nachdem der Anfechtungsberechtigte von dem Anfechtungsgrunde Kenntnis erlangt hat.» (8 121, Abs. 1 BGB). « Gin Beamter oder Religionsdiener, der nach den Landesgesetzen einer besonderen Erlaubnis zur Ubernahme einer Vormundschaft bedarf, soll nicht ohne die vorgeschriebene Erlaubnis zum Vormunde bestellt werden. » (8 1784 Abs. 1 GB), Comme lorsqu'il traduit @ partir de italien, le traducteur frangais qui traduit & partir de Yallemand nest nullement tenu de choisir en francais celle des formules qui est a plus proche de la formulation de la langue dorigine, Cesta-dire quill n'est pas contraint de rendre nécessairement I'indicatif présent allemand por Vindicatif présent frangais, ni le verbe mssen parleverbe «devoir»,nil'expression verpflichtet CHAPITRE 2 sein par l'expression « étre tenu (obligé) de ». On notera au passage que expression « avoir a faire quelque chose » existe en francais, mais quelle vest pas usitée en droit, Le traducteur doit, au contraire faire preuve de finesse dans femploi des formules frangeises exprimant ordre du législateur adressé tant au citoyen qu’ un organe public pour délimiter sa fonction. II devra tenir compte en particulier du fait que le francais tend le plus souvent a adopter la solution la plus simple et la plus courte. Ainsi, par exemple, est-il parfaitement possible de traduire le § 242 du BOB de la ‘maniére suivante « Der Schuldner ist verpflichtet, die Leistung so 2u bewirken, wie Treu und Glauben mit Riicksicht auf die Verkehrssitte es erfordern. » «Ledébiteurfournitsa prestation conformément 8 ce qu’exige la bonne foi eu égard aux usages des affaires. » ‘Ou encore le § 442 du BGB: « Bestreitet der Verkaufer den vom Kauter geltend gemachten Mangel im Rechte, so hat der Kaufer den Mangel zu beweisen. » « Lacheteur doit (devia) apporter la preuve de Vexistence du défaut juridique si le vendeur en. conteste lexistence. » Delasorte ja formule aveclindicatifprésentsera préférée dans les propositions principales ou indépendantes. Le verbe devoir ou expression étre tenu de seront généralement nécessaires dans les subordonnées, particuligrement dans les propositions hypothético-temporelies. Exemple :le § 302 8GB: « Hat der Schuldner die Nutzungen eines Gegenstandes heraus-~zugeben oder zu ersetzen, so beschrankt sich seine Verpflichtung wahrend des Verzugs des Glaubigers auf die Nutzungen, welche erzieht. » «Stle débiteur doit (esttenu de} restituer ou (de) remplacer les profits d'un objet, son obligation se limite, pendant fa durée de la demeure du créancier, aux profits quill en retire, » aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. 30 pénal spécial. En effet, il dispose désormais de deux solutions : soit la formule traditionnelle désignant la personne de Vauteur de l'acte au futur antérieur et la peine comminatoire au futur, soit I'acte et la peine comminatoire au présent. Il serait tout & fait hors de propos de créer une troisiéme formule. Ainsi pour l'article 575 du Code pénal italien : « Chiunque cagiona la morte di un uomo @ unito con la reclusione non inferiore ad anni ventuno. » (art. 575 du Code penal italien). llest possible de traduire cet articleen reprenant le rédaction dassique de lancien Code pénal : «Quiconque auracausé la mort d'une personne sera puni d'une peine de réclusion de vingt et un ans au moins. » « Celui qui aura causé la mort d'une personne sera puni d'une peine de réclusion de vingt et Un ans au moins. » Mais le traducteur peut également restructurer la phrase selon le mode de rédaction du nouveau Code pénal « Le fait de causer la mort d'une personne est puni d'une peine de réclusion de vingt et un On peut faire les mémes recommendations concernant le § 112 du Code pénal allemand : « Wer einen Menschen tatet, ohne Marder 2u sein, wird als Totschlager mit Freiheitsstrafe nicht unter finf Jahren bestraft. » (StrGB § 112) «Celui qui aura donné la mort a un autre étre humain sans remplir les conditions légales de Vassassinat sera, en tant que meurtries, puni de ‘ang ans de réclusion au moins. » On peut encore traduire de la maniére suivante « Wer einen Menschen totet, ohne Mérder zu sein, wird als Totschliger mit Fretheitsstrafe nicht unter fiinf Jahren bestraft. » (StrGB § 12). CHAPITRE 2 « Le fait de donner la mort un autre étre humain sans remplir les conditions légales de Vassassinat est, en tant que meurtre, puni de cing ans de réclusion au moins. » Enfin, le nouveau Code pénal francais de 1992, suivant en cela une régle générale qui depuis lors s'est appliquée a tous les codes nouveaux, apporte une autre nouveauté formelle. Ses articles ne sont pas numérotés, comme toutes les autres lois frangaises existant jusqu‘ic, de facon continue et arbitraire. Le numéro de chaque article est ainsi constitué que le premier chiffre correspond au numéro du livre, le deuxiéme a celui du titre et le troisiéme & celui du chapitte ; suit un trait d'union qui rattache ces trois premiers numéros au numéro d'ordre de article dans le chapitre. Ainsi par exemple, « Art. 223-1 » signifie quil s'agit du premier article du troisiéme chapitre du deuxiéme titre du deuxiéme livre du Code. oe ed Suid Nous avons vu que, pour des raisons de pure logique, il existe essentiellement trois formes de textes, ou plutét de phrases dans un texte normatif : la phrase impérative, la phrase définitoire et la phrase de principe I nven reste pas moins que deux de ces éléments peuvent étie réunis : la definition des circonstances dans lesquelles un ordre est donné dans une subordonnée, et ordre exprimé dans la principale : cest justement la structure de I'hypothétique. L’hypothétique est Une des formes syntaxiques les plus largement employées dans les textes normatifs Comparons trois usages : allemand, lefrangais, Italien, 15.1. usage allemand Lallemand législatif connait un usage assez strict pour exprimer I'hypothétique. Lorsque Vhypothétique est directement subordonnée la principale, elle prend presque toujours la formeavecle verbe au début dela subordonnée, laprincipate commencant par le mot «So»: « Ist der Umfang der fur eine Leistung versprochenen Gegenleistung nicht bestimmt, Vers une méthode de traduction juridique so steht die Bestimmung im Zweifel demjenigen Telle zu, welcher die Gegenleistung zu fordern hat.» (§ 139 BGB) Uemploi dela conjonction «wenn »,quelquefois « soweit », est réservé aux cas oi il sagit d'une seconde hypothétique « Ist ein Tell eines Rechtsgeschafts nichtig, so ist das ganze Rechtsgeschift nichtig, wenn nicht anzunehmen ist, da es auch ohne den niichtigen Teil vorgenommen sein wiirde. » (5 139 BGB). Cet emploi concerne aussi les cas ott Vhypothétique est la subordonnée d'une autre subordonnée ; dans ce dernier cas, les conjonctions « wenn » et « soweit » sont ‘employées indistinctement «Der Verkauferist verpflichtet, dem Kaufer Uber die den verkauften Gegenstand betreffenden rechtlichen Verhaitnisse, insbesondere im Falle des Verkaufs eines Grundstiicks Uber die Grenze, Gerechtsame und Lasten, die nétige Auskunft zu ertei-len und ihm die zum Beweise des Rechtes dienenden Urkunden, soweit sie sich in seinem Besiwze befinden, auszuliefern, » (§ 444, erster Satz BGB). La technique de allemand a done ici un caractere de linguistique mécanique sans référence & des éléments de sémantique. 1.52. Lusage francais Pour ce qui est de l'usage francais, on notera d’emblée un élément important de logique du langage, qui n’est pas perceptible en allemand pour des raisons liées a la structure de la langue. En effet, dans le mode descriptif, « les propositions temporelles sont introduites par une conjonction (ou une locution conjonctive) de temps indiquant que le fait exprimé par la principale est, relativement au fait subordonné, soit antérieur, [...], soit simultané... » (Grévisse 1980 : 1332). Sur le plan sémantique, existence d'une condition de temps correspond donc a noncé d'une hypothése déterminée. Crest dire que, dans le discours deseriptif, la n temporelle, exprimée en francais par les conjonctions « quand» et « lorsque», et fa proposition hypothétique, exprimée par la conjonction « si », ont souvent un sens tras voisin, mais qui n’est jamais tout a fait le meme. Ainsi, lorsque je demande & un ami qui part en voyage de me téléphoner a son arrivée, je dis: « Lorsque (quand) tu arriveras destination, téléphone-moi_». Supposons maintenant que je lui cise : « Si tu arrives & destination, téléphone-moi » : il s'agirait [a d'une phrase inquiétante laissant entendre quill se pourrait bien qu'll r’atrive jamais a destination, pour une quelconque raison (accident, détournement, enlévement, etc). Le francais dispose donc, contrairement & allemand, d'un systéme complet permettant de distinguer la proposition hypothétique de la proposition temporelle. En ce qui concerne hypothétique, il dispose méme, par le jeu de emploi des modes et des temps du verbe et de la principale et de la subordonnée, de toute une palette d’expressions de la dimension plus ‘ou moins réelle de Ihypothese : hypothese pure et simple avec des indicatifs présents, potentiels ou irréels avec lindicatif imparfait dans la subordonnée, et le conditionnel présent dans la principale (Grévisse 1980 : 1372-1374). allemand ne dispose d’aucun moyen pour distinguer la proposition temporelle de la proposition hypothétique : «Wenn du ankommst, ruf mich an» et« Kommst du an, so ruf mich an » signiffent aussi bien « Si tu arrives, téléphone-moi » que « Lorsque tu arriveras, téléphonemoi, » Dans le mode performatif, on le sait, c'est Vénoncé de la phrase qui crée la réalité, Ainsi, lorsque cette phrase crée la réalité sous aspect d'une norme, elle peut aussi définir les conditions factuelles de son application, qui se placeront nécessairement dans {'avenir : das lors, ces conditions correspondent & I'énoncé de faits futurs et incertains, qui sont aussi bien hypothétiques que temporels. C'est dire que dans la perspective du discours performatif, la subordonnée hypothétique et fa subordonnée temporelle recouvrent la méme idée. Cette constatationa une conséquence trésimportante en francais : contrairement & ce qui se passe dans le mode descriptif, les conjonctions «lorsque, quandet si» ont exactement le méme 3 ridique 32 sens dans le mode performatif, méme si Cornu (1991 : 286) semble en douter. Exemples « Si Vacheteur ne paye pas le prik, le vendeur peut demander Ia résolution de la vente. » (art. 1654 du Code civil). «Lorsque les facultés mentales sont altérées par une maladie, une infirmitéou un affaiblissement da a Wage, i! est pourvu aux intéréts de la personne par l'un des régimes de protection prévus aux chapitres suivants. » (art. 490, al. 1" du Code civil. «Quand on établit une servitude, on est censé accorder tout ce qui est nécessaire pour en user. » (art. 696, al. 1 du Code civil. Il serait aussi parfaitement possible de dire : « Quand Tacheteur ne paye pas... », « Si les facultés mentales sont altérées...», « Lorsqu’on établit une servitude... », etc. A noter enfin que lorsque deux propositions hypothético-temporelles. sont coordonnées, il est possible diintroduire la seconde par la conjonction « que ». Lorsque cette conjonction reprend la conjonction « si », le second verbe est obligatoirement au subjorctif. Exemple : «Si lacheteur n’est évincé que d'une partie de le chose, et qu'elle soit de telle conséquence, felativement au tout, que lacquéreur n’edt point acheté sans la partie dont ila été évincé, il peut faire résiler la vente. » (art. 1636 du Code civib. Le traducteur francais des textes juridiques allemands bénéficie ainsi d'une certain latitude dans le choix des formutes propres A traduire Ihypothético-temporelle, mais ce choix devra étre largement inspiré de considérations desthétique et de stylistique, comme fillustrent les analyses de Cornu (1991 : 284-287) concernant 'emploi de « lorsque, quand » et ssi», CHAPITRE 2 1.53. usage italien Lusage italien ne différe guére, quant a lui, de usage francais en ce qui concerne l'emploi des conjonctions exprimant le temps ou M"hypothése. En cela, les deux langues francaise et italienne ont conservé la structure du latin, dont elles sont issues. Exernpl « Art, 109 Celebrazione in un comune diverso : Quando vi @ necessita 0 convenienza di celebrare il matrimonio in un comune diverso de quello indicato neliart. 106, Vufficiale dello stato civile, trascorso il termine stabilito nel primo comma del’art. 99, richiede per iscritto Vuffciale del luogo dove il matrimonio si deve celebrare [..® « Art. 110 Celebrazione fuori della casa comunale: Se uno degli sposi, per infermita © per altro impedimento giustficato all ufficio dello stato Civile, & nellmpossibilita di recarsi alla casa comunale, l'ufficiale si trasferisce col segretario nel Iuogo in cui si trova lo sposa impedito, e ivi alla presenza di quattro testimoni, procede alla celebrazione del matrimonio secondo Vart. 107. » Le traducteur francais des textes normatifs italiens n'est nullement obligé de traduire « se» par « si» et « quando » par «lorsque » ou « quand ». li peut se laisser guider par des considerations purement stylistiques. On notera enfin quen francais, lorsque deux propositions hypothético-temporelles sont coordonnées, il est possible d'introduire la seconde par la conjonction « que » Lorsque fa conjonction que reprend la conjonction « si », le second verbe est obligatoirement au subjonctif. Exemple cité « Sil'acheteur n'est évincé que...» Le traducteur frangais devra_ done impérativement reprendre cetie structure dans ses traductions, aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached 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INTRODUCTION. 5 ‘CHAPITRE 1 PROBLEMATIQUE DE LA TRADUCTION JURIDIOUE 1. Le droit comme phénomeéne et comme science. 7 2. Les préjugés sure droit et sur la traduction $ 3.La difficile approche du texte juridique 10 4. Traduction juridique et traductologie juridique. 42 z Teiflutilicaacs Nevis > : 4.2. Un modéle de discours pour traduire les textes économiques. 13 5. La fonction du droit comparé en traduction juridique 14 6. La terminologie et la phraséologie juridiques comparées 15 6.1. Les dictionnaires et les banques de données terminologiques 15 62. Les conventions sémantiques comparées 16 7. Traduction juridique et lanues de spécialité 18 8. Faites le point 20 9. Pour aller plus loin 21 0 Tasted es chnnalsances es ee VERS UNE METHODE DE TRADUCTION JURIDIQUE 1. Traduire dans le discours performatif et ses modalités 23 1.1. Les quatre modalités de la norme écrite 23 Agisttedes Mihir 1.3. Les textes de principe 27 1.4. Le cas particulier des ordres du droit pénal spécial 28 1.5. L’hypothétique dans les textes normatifs 30 1.5.1 L'usage allemand 30 1.5.2 usage francais 31 1.5.3 Vusage italien 32 2. Etude comparée des formules consacrées dans les textes législatifs 33 2.1. Les adjectifs et les pronoms indéfinis 33 2.2. Analogie et exclusion 36 23. Les conséquences syntaxiques du mode performatif 39 24. Les usages de présentation législative 43 25. Le langage direct et 'a contrario 4S 2.6. Exemples de traductions francaises de lois allemandes et italiennes 46 3, Traduire dans le mode syllogistique 52 3.1. La formule syllogistique universelle. 52 3.2. Les présentations concordantes 53 3.2.1 Le "chapeau" 53 3.2.2 Liste des textes et nom des parties 53 3.3. Les présentations divergentes dans chaque culture 54 33.1 Laprésentation allemande 54 3.3.2 La présentation francaise 54 La traduction juridique CTO PU domaine complexe de la traduction juridique, devenue a ae Cee I Re ag Coie oe LES Coen se aR eR aR ec aoe et précise les modes de traduction juridique telle Og ei ens a Ce ee MU eC ee a ia et les différences entre systémes juridiques sont un défi UU cA es aS ‘seul élément de complexité dans ce type de traduction. ee USC mau mn Co a se ce ee mn De Uae ma MC Go ae CU ae ie me cat Li od DR OM come Poe cricketer ee Pee RLS Ree Gg dans ses différentes langues de travail ae mmm CN auld Ce ee eee mtd Daeg Luna ied aaa) quia fait ses preuves. UO eae Cel aR os PSG r yea Chea cee ‘tout en offrant au traducteur un bagage cognitif solide, Ce aT Cea aN AN | 782804 159283 | ee ages es tars directeur du département eC ag traduction. Entre 1977 et 1990, een ‘fédéral de justice et de police SU Red iene Muse Ld Due ns Se Ray MC uC Cee et) etd Fe Tan ome ne eae aa Er ISBN 978-2-8041-5928-3 www.deboeck.com