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Chapitre VII

C HAPITRE

VIII

 

Conclusion

par Gérard DEGOUTTE

Les petits barrages présentent un grand nombre de spécificités à tous les stades : études préalables, conception, réalisation, suivi ultérieur. Si lon voulait être rigoureux, il fau- drait distinguer deux types de spécificités :

les spécificités techniques : par exemple, labsence de galerie de visite pour les petits barrages en terre ou en béton, ou la technique de recreusement du drain vertical mince dun petit barrage en terre ; les spécificités statistiques : par exemple, le fait que les petits barrages soient la pro- priété dun maître douvrage peu spécialisé ou bien le fait quils barrent des petits bas- sins versants en général.

Sans faire cette distinction, voici le rappel des principales spécificités des petits barra- ges, listées en fonction du moment où lon se situe.

LES ÉTUDES GÉOLOGIQUES ET GÉOTECHNIQUES

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Le coût des études préalables n’étant pas complètement proportionnel à la taille de louvrage, il nest pas toujours possible dengager toutes les études géologiques souhai- tables pour les petits barrages. Il peut alors être préférable dabandonner des sites mo- destes alors que, pour de grands barrages, on pourrait prendre les moyens de lever lindétermination.

Dans les cas simples au contraire, il pourra savérer intéressant et économique de regrou- per plusieurs formes de reconnaissance en une seule : par exemple, il est classique de déplacer une pelle hydraulique une seule fois dans le cas dun petit barrage ne présen- tant pas de difficulté géologique ou géotechnique.

C onclusion

CONNAISSANCE DES CRUES

Labsence assez fréquente de stations de mesure sur les petits thalwegs augmente lindé- termination sur la connaissance des débits de crue. Il faut alors tenir compte de cette incertitude dans le choix de la crue de projet. De plus, cette indétermination conduira le concepteur à préférer certains partis techniques :

un déversoir de crue à surface libre, car le gain de capacité est supérieur à celui dun évacuateur en charge, lorsque le plan deau s’élève au-dessus des plus hautes eaux ; un déversoir de grande longueur, car cela diminue limpact de cette indétermination sur la stabilité dun petit barrage poids.

CONCEPTION DES BARRAGES EN TERRE

La technique du drain vertical obtenu en recreusant le remblai à la pelle hydraulique simpose dans le cas des petits barrages ; au contraire, pour les grands barrages, le drain est mis en place couche par couche comme les autres matériaux.

Les ouvrages de vidange sont très généralement des tuyaux préfabriqués assemblés sur le site et non pas des ouvrages en béton armé coffré.

Compte tenu de sa facilité de mise en œuvre, la solution du barrage homogène est classiquement utilisée pour les plus petits des barrages concernés par ce manuel, même

172 si elle conduit à des volumes un peu supérieurs. Elle devient rare pour des barrages de hauteur supérieur à 30 mètres, car loptimisation du projet conduit souvent à utiliser des matériaux de caractéristiques différentes en noyau et en recharge. On privilégie donc la simplicité du profil pour les petits ouvrages, et la performance des différents matériaux pour les moyens ou grands ouvrages : sols argileux pour la fonction étanchéité et sols grossiers pour la fonction stabilisatrice de la recharge.

CONCEPTION DES BARRAGES EN BÉTON

Les petits barrages en béton ne comportent généralement pas de galerie, la limite en hauteur étant de lordre de 15 mètres pour le béton conventionnel et de lordre de 20 à 25 mètres pour le BCR.

Les petits barrages en béton sont rarement drainés dans la masse.

Il est admissible de construire un très petit barrage en béton sur fondation meuble, moyen- nant quelques précautions.

CONCEPTION DE LÉVACUATEUR DE CRUES

Un évacuateur de surface déversant sur une grande longueur est préféré pour faciliter le passage des corps flottants.

Chapitre VIII

L’évacuateur ne comporte pas, si possible, de parties mobiles afin de diminuer les risques de panne et les conséquences dun défaut dentretien : les petits ouvrages nont jamais de gardiens.

SUIVI DE LOUVRAGE

On préfère des appareils dauscultation robustes et de lecture simple. Le rythme de lecture des appareils et celui des visites approfondies doivent être adapté à la taille de louvrage.

Toutes ces dispositions répondent à deux impératifs jamais dissociés : l’économie et la sécurité.

En conclusion, un petit barrage doit rester un ouvrage de conception simple, de réalisation simple, dentretien simple. Mais ce critère de simplicité doit toujours laisser le pas au critère de sécurité : on ne supprimera pas, par exemple, le filtre autour dun drain en matériau grossier pour un argument de simplicité !

Malheureusement, pour le concepteur de petit barrage, simplicité ne veut pas dire facilité ! Il est plutôt plus difficile de concevoir un petit barrage quun grand, car les moyens dinvestigation - en particulier - ne sont pas à l’échelle.

Espérons que ce manuel facilitera le dialogue entre maîtres douvrage, administra- tion, entrepreneurs, bureaux d’étude et aidera à concilier simplicité et sécurité.

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