Vous êtes sur la page 1sur 24
LE LIBRE OURNAL de la IFr« DC 019 if i} Jehan Rictus Bois gra par AP. Gallon DECADAIRE Q Bernard Lugan : entretien marocain Q Jehan Rictus : vociférations réactionnaires O Raffard de Brienne : éditeurs, auteurs et huissiers Q Michel de I’Hyerres : nouvelle de la Tradition Q Henri de Fersan : mémoires d’un trappeur Q Nicolas Bonnal : mythologie arthurienne 0 ADG : zoofolies zoophiliques. ERRATUM. PROPITIATOIRE Contrairement a ce que redoute ADG, ce nest pas pour retarder l’échéance du numéro 100 et des libéralités qu’il entrainera nécessairement que le numéro de Ia décade derniére portait le quantitme 90 au lieu de 92. Le Libre Journal est réactionnaire, certes, mais pas au point de marcher a rebrousse- temps. L’explication de cette erreur est ordre informatique (et je suis bien incapable d’en dire plus). C’est donc bien Ie numéro 93 que vous avez entre les mains. Pour les siécles des siécles, la collection du Libre Journal comptera donc deux numéros 90 et pas de 92 du tout, Si quelque libraire peu scrupuleux vous en Propose un, vous saurez qu'il s'agit dun faux grossier. Nos lecteurs voudront bien pardonner cette erreur quin’a pour? excuse que le précédent (célébre) constitué par la série des albums de Gaston Lagaffe. S.de eeccsovcee SAINT-NICOLAS MENACE ? De nombreux lecteurs du Libre Journal vous demandent, jen suis certaine, plus de détail au sujet de l'article “Nouvelles du marigot” ! out vous écrivez que le cardinal Lustiger exigerait expulsion des fidéles de Monseigneur Lefebvre } (dont je suis) de 'église Saint-Nicolas-du- } Chardonnet. Cette nouvelle surprenante correspond-elle ala vérité ou n’estelle qu‘une simple supputation ? Il faudrai que vous donniez trés vite de plus amples détails afin de dissiper notre inquiétude. Si cette information : s'avérait, une lettre de protestation au cardinal Lustiger s‘imposerait, En ce qui me concerne, Je fais célébrer depuis plusieurs années des messes a Saint-Nicolas pour les membres de Lettres de chez nous : ma famille, pour mon mati, le colonel Decatoire, et les fréres d’armes qu’ a laissés en Indochine. L. D. (Paris): Nulle supputation dans cet article. C’est le cardinal qui a avancé un paralléle entre la réticence des autorités 4 mettre un terme a loccupation de Saint-Ambroise Par les Africains et la présence des : fidéles de la Tradition a Saint-Nicolas. Le tribunal vient ailleurs de lui répondre indirectement en entérinant I'expulsion * des Africains au motif ? que leur occupation avait détourné un édifice religieux de son objet. Ce qui n’est évidemment pas un reproche que I'on peut adresser aux fidéles de Monseigneur Lefebvre. ecccvcccoce Quand je lis la lettre de madame A.G. de V. (de Clamart), je suis atterré que certains Frangais se montrent d'une : inculture politique aussi i désespérer, : au premier tour sur le nationalistes francais : alors que, dix ans plus } Résultat : au liew } inique ne nous accorde crasse. C'est & Comment croire encore a De Gaulle, le bradeur, et a Chirac, le complice des avorteurs ? J'ai été consterné de voir deux millions d’électeurs du FN reporter leurs voix grand benét qui, en 1986, n’avait eu de cesse, avant de songer au chémage ou a Yimmigration-invasion, de supprimer la proportionnelle pour interdire toute représentation aux tot, il promettait de donner le droit de vote aux immigrés. Les Frangais ont la mémoire courte ! qu’avec 15 % des voix nous ayons droit & cinquante députés au moins, la loi électorale aucun représentant. Et c'est A nous que les complices de ce systéme prétendent donner des legons de démocratie ? R. D. (Valenciennes) LE LIBRE JOURNAL 139, boulevard de Magenta 75010 Paris ‘Tel. : (1) 42.80.09.83, Fax : (1) 42.80.19.61.. - Directeur : Serge de Beketch -« Lelibre Journal de la France Courtoise » est édité par la Sarl de presse SDB, au capital de 2 000 franes - Principaux associés : Beketch, Fournier = Commission paritaire : ™37 = Dépot Kégal A parution Imprimerie R.P.N Le BlancMesnil Directeur de publication : Daniéle de Beketch ISSN : 1244-2380 ‘Ce numéro contient un encart de 2 pages entre les pages 12 et 13 Abonnement 1 an 600 Frs, a SDB, 139 boulevard de Magenta 75010 Paris 42.80.09.33 Editorial Interdire la vérité won ne s‘y trompe pas : la loi Gayssot, I’arsenal antirévisionniste, la vio- lence de la répression contre les sauveteurs, la multiplication récente, dans la presse aux ordres de la Coterie et a la télévision ou sur les radios, d’articles et de propos assimilant les attaques contre le “politiquement correct” a de la propagande d’extréme droite, tout cela n’a rien de fortuit. De meme, a l’opposé, I’impunité assurée aux insulteurs de la Patrie et de VEglise, l’interdiction faite aux associations de défense de la famille de se pour- voir en justice contre les mercantis de I’avortement, les obstacles systémati- quement opposés aux procédures engagées par I’AGRIF pour défendre les catho- liques et les Frangais contre les agressions racistes, tout cela n’a rien d’une action dispersée. Il existe vraiment un projet visant a imposer par force et coercition le respect de la pensée unique, du “politiquement correct” et a interdire toute contestation de la Vérité Officielle. C’est-a-dire de I’Histoire Estampillée fagon Vidal-Naquet, de la Morale Humanitariste tendance Lévy-Kouchner et de la Science Autorisée méthode Beaulieu-Schwarzenberg. Et ce projet d’une “Nouvelle Inquisition” se développe a l’échelle mondiale. Aux Etats-Unis, Emmanuel Ratier le révéle dans sa lettre confidentielle “Faits et docu- ments”, un élu républicain, Charles Schumer, vient de déposer un projet de loi liberticide. Sous prétexte de protéger “la forme républicaine des institutions”, Schumer veut en fait interdire tout propos et toute publication indiscrets ou toute critique sus- ceptible de porter atteinte au crédit du gouvernement ou des associations proches du pouvoir comme la Trilatérale, le groupe Bilderberg, le Council of Foreign Relations. En France, de telles dispositions existent déja en vue de protéger, par exemple, les activités occultes de la franc-maconnerie athée (Grand Orient) ou juive (B'nai B'rith). Ainsi la Bibliothéque nationale refuse-+t-elle, au mépris de la loi, 'accés des chercheurs aux archives de ces mafias déposées dans ses réserves. Depuis plusieurs années, des officines de gauche inféodées a la Coterie tra- vaillent en France a un projet équivalent a celui présenté aux USA par Schumer et un Gaubert ne fait pas autre chose qu’anticiper son adoption lorsqu’il pro- clame sa détermination d’assassiner financiérement la presse nationale, faute de pouvoir la baillonner également. STALINISME Un agent dela RATP vient d'atve viré de UOrchestre de la Régie ‘par ses gestionnaires cégé- tistes. Motif : lors des gréves de décembre, il avait révédlé dun hebdo les avantages acquis liés son statut. PON VRANZE, Constatation de Patrick Jarreau du “Monde” : “Les idées du Front national séduiseraient davantage mais le vote maugmenterait pas.” Crest séduisateur comme Ioypothese, non ? BONNE QUESTION “La file de SE Lancien prés dent de ta Repu Blique seraitelle désor ‘mais la gardienne de sa ‘mémoire 2” C'est la ques- tion indignée que pose “Le Monde” a la récep- tion d'une lettre de Mazarine PingeotMitter- rand rectifiant une erreur commise par le quotidien du soir. Une fille qui défend ta ‘mémoire de son pire ? Mais c'est le début du fachisme, a ! “REVELATION” Dans leméne | SE article, ce men- songe : “Anne Pingeot, dont Uexistence avait été révélée par la presse en novembre 1994" Par la presse larbine, crest vrai. La presse libre, elle, avait révelé Vexisten- ce de Mazarine, son pré- nom, le nom de sa mére et les circonstances précises de sa naissance depuis 1983 Les lecteurs de la presse libre ont donc dix ans Aavance sur les consom- mateurs de presse serve. Fatfaire des vaches folles est en fait Vaffaire de agriculture folle, Nourrir des ruminants avec les cadavres réduits en poudre d’autres rumi- nants est un crime contre nature si aveuglant que seuls des agrotechno- crates rendus fous par Vidole “progrés” ont pu le perpétrer, Elevage aux hormones, fruits et legumes organo- phosphorés, camps de concentration pour veaux, poulets, canards et cochons relévent de la méme folie. és le début des années 60, conduite par les savants fous que sont les gros caids des grandes surfaces, les industriels de lagro-alimentaire, les banquiers et autres para- nojaques du libre- échange, l'agriculture a fait fausse route. Le syndicalisme paysan a été le complice des cha- rognards mondialistes pour faire de ce grand corps de notre nation le mollusque qu’il est devenu. Décérébré, robo- tisé, électronisé, hypno- tisé par le cyclope bruyant qui trone au centre de chaque foyer. Vagriculture n’était pas seulement le refuge auprés duquel, pendant des millénaires, se sont revivifiés 'ame, la cul- ture, enthousiasme, le courage de ce pays. Le monde rural ne se contentait pas d’étre le sanctuaire ou, 4 chaque Nouvelles Vaches folles ? Non : tragédie, le zombie cita- din allait retrouver ses racines et reconstituer ses forces, tant psy- chiques que physiques. La campagne, pour les hommes du continent européen, c’était une reli gion, un monument sacré. Et chaque église, dans le plus retiré des hameaux, prenait des airs de cathédrale. Vagriculture assurait, par ses nourritures essen- tielles et saines, le fluide vital de notre race. Si, pendant des dizaines de siécles, les Occidentaux ont créé des mondes et bati, aux quatre coins de la planéte, de somp- tueuses civilisations, c’est parce que la science de nos paysans avait su apporter aux corps et aux esprits les richesses et les équilibres alimentaires dont ont toujours été pri- vés les pauvres Africains. La science ? Certes, mais bien encadrée par I’expé- rience et le bon sens. Pas livrée a elle-méme, comme folle, irrespon- sable, totalitaire, tirant vers I’Apocalypse, dans un grand accés de démence, la société dégénérée dans laquelle nous sommes entrappés. Menant a bien cette déli- rante construction : 95 % du territoire abandonnés aux épineux et au béton — ce qui revient au méme — et 5 % aux mécaniciens de la grande culture et aux nouveaux aristos de la bouteille, tandis que l’on creuse la tombe de dizaines de mil- liers de vignerons qui nvont pas la grace dappartenir au cercle parvenu, Ceux-la seront balayés par les milliers hectares de “cépages” sans terroir, plantés de la Californie au Chili et Australie au Maroc. On dit qu’aujourd’hui cer tains responsables FNSEA auraient des états d’ame en voyant Ia direction de ce syndicat d’Etat soute- nir la “grande” culture, industrielle, exportatrice, au détriment des “petits”, réduits a la fonction de cantonniers. Allons donc ! Depuis qua- rante ans, la FNSEA a concouru a l’élimination de trois millions de pay- sans, organisé la défigu- ration monstrueuse du pays, arasé les paysages, cimenté les villages, semé les ruines : cha- teaux, églises, mas, mails, fermes, hameaux, Elle a, la FNSEA, encou- ragé le développement icidaire de la monocul- ; diffusé les tech- niques monstrueuses de reproduction inventées par les savants fous des labos de l'Institut national de la recherche agrono- mique (INRA) ; approuvé la mécanisation a outrance. Et abusé de la chimie la plus polluante que le monde ait connue. La stérilisation des cam- pagnes ? Leur désertifica- tion ? Leur dévitalisa- tion ? C’est oeuvre de la FNSEA et de son appen- dice malfaisant, le Centre du Marigot | | agriculture en folie national des jeunes agri- culteurs, bouillon de contre-culture concocté dans les sacristies bol- cheviques des années 60. Depuis quarante ans, la PISEA a présidé ala des- truction de la société européenne. ‘Au nom d’un progrés fal- lacieux, d’un supposé développement ou du mieux-étre des popula- de notre civilisation. Pendant des années, ces syndicats véreux ont été les chevaux de Troie grace auxquels fut intro- duit Vennemi qui, en deux générations, allait liquider une société, “Petits paysans*, les Alexis Gourvennec, Michel Debatisse, Fran- cois Guillaume, Christian Jacob ou — encore aujourd’hui Luc Guyau, n’hésitérent pas, pour gagner la grace des puls- sants et la faveur des médias, a trahir le plus sacré : le sang et la terre. La tradition et les morts. Bt, présent, ils incarne- raient la révolte des “petits” contre les “gros” ? Foutaise | Mieux que personne, ils savent qu'il n’y aura bien- tot plus de “petits”. Dans cing ans au plus, la question sera résolue. Faute de ces paysans dont ils furent les fos- soyeurs, Les “petits”, comme ils disent avec mépris, on voit les derniers sur leur tracteur sans cabine, [Le tanke JOURNAL ions, elle a détruit I'ame | béret et veste rapiécés. | jourd’hui, il y a quinze ls ont la soixantaine son- | ans que les paysans amé- née. Et, s‘ils ne détellent | ricains les ont dégringo- pas, c'est qu'il n'y a plus | 1€s. Par centaines de personne derriére eux et | mille, les “petits” farmers quills crévent a l'idée de | ont été exécutés dans tes voir leurs terres laissées 4 | années 80. Asphyxiés, la lande aprés quinze | Tings, balayés, lorsque, sigcles d’activité ininter- | "une aprés l’autre, les nanphe banques rurales furent ‘Alors, les vieux, tes | 2SPirées par la Northern “petits” tiennent. Combat aes Gis gare See perdu | notre Crédit Agricole, Dans dix ans, ine restera Peaeea esi ee | que les trois cent mille | pésormais, les fermiers | “mécaniclens” prévus de | g’hier sont les chauffeurs longue date pour la| de tracteur des nouveaux France, dans les dossiers | sovkhozes. des gnomes de Bruxelles. | Et le monopole absolu de Les électeurs des Guyau, | la viande bovine — de Vasseur et Chirac, les | ’élevage aux hormones domestiques du Nouvel | au bifteck ensaché — Ordre mondial, claquant | appartient aux Belzeberg, des talons aux Injonc- | famille américano-cana- tions tombées d’on ne | diene, comme les Bronf- sait ott et qui leur diront, |™man, empereurs de & chaque automne. | alcool et, comme eux, quelles surfaces ils sont | Mécénes richissimes du autorisés a emblaver et a | Congres juif mondial quelle culture chacun est | (Nous reviendrons nd: dailleurs sur ce sujet qui Fabricants d’aliments a Aaa ee eee haute toxicité, produc- VaERee eS: soe sa teurs de nuisances et de . i Ainsi, tandis qu’a la Pollution, ils bombarde- | psa on brasse du vent ront le sol et pourriront | ¢¢ que Chirac radote sur les eaux avec des poi-| ja vision bucolique d’une sons fournis par les | agriculture traditionnelle conglomérats “délocali- | disparue, I’étau se res- sés” 4 Bophal et ailleurs. | sere sur le paysan Bayer, Hoechst, Dupont, | d’Occident. Rhone-Poulenc continue- | La sinistre globalisation ront de prospérer. Parce | renforce les puissances | que le marché a ses lois. | anonymes qui poussent Et que I’on ne croie pas | au GATT, a l’Organisation que nous peignons les | mondiale du commerce. choses en noir. Ces che- | Et a l’unification total mins de la décadence | taire du monde. que l’agriculture euro- péenne emprunte au- Gilbert Monchanin AUTORISE La ‘pourriture brune” pourra enter librement en France. Quion se rassure, il ne S'agit pas de délivrer des visas aux nostalgiques néo- nazis mais d’autoriser entrée sur le tervitoire ‘national des pommes de terre égyptiennes qui sont ‘frappées de cette maladie de 1a... pomme de terre folle” MOINS GRAVE Motif de cette décision : le boy- cott aurait signi- fié la ruine de Vagriculture depptienne gui exporte quatre cent mille tonnes annuelles de pommes de terre. La ruine de la santé des consommateurs fran- ais est Evidemmeni moins grave Crest évidemment Bruxelles qui a imposé cette décision, FASCISTES ? Information SE Tusage de ceux ui prétendent oir dans te sbomiepions de madame Jany Le Pen dt cause des enfants irakiens tine “toldarié fachisan- te: Vetréme gauche amé ricaine vietide ddr de “briser Vembargo intern tional imposé @ Trak” e ce malré un corrisienens de administration US mena- ant les dirigeants de ce mouvement de sanctions “allant jusqu’8 doze ans de prison lun illion de doltars damende” QUESTION Dans quarante ans, Vextermina- tion des vaches folles seractelle considérée ‘comme un point de bétail de UHistoire et le départ de Paul Boucher de la prési- dence de la Commission des droits de Uomme estelle un effet du boycott ? rns ruance covnrorse page 3 win) ave. 1996 & LAICITE Le sucesseur du consciler dat Paaul Boucher é la téte de la Gomanission des droits de Vhomme, institution chargée de donner au gouvernement des avis sur le respect des libertésfondlamentales vient etre nommé. Cest le président de ta confe- rence épiscopale. Las tenants de la laicité vont devenir enrages RECTIFICATIF iin vuesti le sens de Vécho précédent, Le nowveau président de la Comission des droits de Vhomme n'est pas le président de la confé- rence piscopale mais le pré- sident du consistoire israél te Cedétail ne deorait rien changer tla core des las. RECTIFICATIF (BIS) Verification faite, JE pret plus d'une semai- ne aprés la nomination de Jean Kahn, haute personna- Tité de la communauté israé- lite, 0a tte de a Comemis- sion des droits de Vhomme, aucune association de défen- se dela laicité n'a porté plainte semble que ta tutte contre les cérémonies commémora tives du baptéme de Clovis ‘oceupe tout leur temps. DELICAT Dans “Djazair Zia. cation destinde d “tous es Algériens, quelle que soit la couleur de lear passe- port”, une bande dessinée met en scine un immigré: “Je suis parti d’Algérie une main devant, une main dervié expliquetil. Puis,reuquant tune blonde : “Arvivé en Fran- , pour vivre, j'ai enlevé la main de devant.” ‘endredi 15 mars : Béthune, ville de la loi a lest du Pécos, posséde deux Mel- lick et tout plein de castors. L’un d’entre eux, Franck el Bouichir, assassine “sans motif apparent” deux bébés phoques. A Nantes, une réunion donnée par notre confrére Bernard Lugan est atta- quée par des castors et des pingouins, renforeés par le PS et I’extréme gauche L’aneien ministre Elisabeth Hubert, qui passait par hasard, voit sa voiture endommagée, Bienvenue dans la réalité, loin du monde virtuel des minis- teres. Samedi 16 mars : quatre castors interpellés pour violences et saccages Reims. Un bébé phoque faillit étre brOlé vif dans son bus. Quatre poulets blessés lors affrontements avec 150 castors a Chalon-sur- Sadne. A Paris, un machiniste bébé phoque de la ligne 83 est blessé rue d’Assas Non, ce n’est pas un skin mais un castor qui le frappa. Manifestation contre 1a mosquée, a Paris, organisée par le FN. Mani- festation pour la mosquée, Autres La chronique de Henri le trappeur organisée par l'UNEF, le PS, la LICRA et le MRAP, les Verts et SOS-Racisme. Aprés, ils prétendent dénoncer I’intégrisme isla- mique.. A Ecouen, cing intoxica- tions au gaz lacrymogéne dans un affrontement employés d’une grande surface et animaux a four- ure. A Nancy, le chef d’une bande de castors juniors spécialisée dans le hold-up est écroué. Ila 15 ans. Dimanche 17 mars : encore trois voitures qui brdlent & Reims. Merci les castors... Lundi 18 mars : des ¢: tors et des pingouins ‘ément le trouble dans un centre commercial. Des poulets surviennent et sont accueillis & coups de fusil. Ce n’est pas parce que cela se passe Villeuneuve-la- Garenne qu’ils doivent étre tirés comme des lapins 294 pingouins occupent une église parisienne dans Vespoir d’obtenir le droit de ne plus retourner sur leur banquise. A Longwy, quatre castors juniors ont été mis en exa- men pour trafic de poudre de perlimpinpin, Mardi 19 mars : un bébé phoque conducteur de bus est poignardé par Hassi le castor a Tassin-la-Demi- Lune. ‘Trois belettes de Roumanie ont été arrétées pour vol 20 000 franes de préjudice. Biles sont mineures, | Mercredi 20 mars : un ‘groupe de castors de Fréjus lapide un médecin et des poulets qui portaient secours A un suicidaire ‘A Cuers, un groupe de cas- tors blessent sérieusement un pére de famille bébé- phoque qui venait chercher ses bambins de 2 et 5 ans : les castors se prénomment Romuald, Afid et Moha- med Jeudi 21 mars : Kaabi, castor d’ Ollioules, n’est pas trés futé. Braquer un bébé phoque a visage découvert, ce n'est pas tres malin, surtout pour 7 000 francs... A Roubaix, oi les bébés phoques sont minoritaires, le dernier cinéma de cette ville de 100 000 habitants ferme. Trop de délin- quance. Et les pingouins braient, et les castors... (tiens, c’est quoi le cri du castor ?): “Y a pas d’loisir, y a pas d’plaisir”. Mais oui, od y a du jeune, y a pas d’plai Henri le trappeur Nouvelles La poésie contre le mépris du beau, du bon et du vrai ette année, c'est a M. Ghislain Paternostre de La Mairieu qu’a été attribué le Prix Renais- sance de Poésie 1996 pour “Les Pierres crient” et “Alerte !” Fondé par Michel de Rostolan, le Cercle Renaissance (1) entend “promouvoir une re- naissance des valeurs culturelles, civiques, morales et spirituel- les” ; mission qu'il accomplit en organisant diverses manifestations culturelles, parmi les- quelles V’attribution de prix littéraires ou d’arts plastiques. Ce prix de Poésie a été remis, le mardi 26 mars 1996, par S. B. Alfred Cahen, ambassadeur de Belgique Paris Le vice-président du Cercle Renaissance, Alain du Peloux, a salué Ghislain Paternostre de La Mairieu en ces termes : “Par sa puis- sance d’inspiration, son élan poétique, son style pur et vif, le jeu des mots, des formes et des couleurs, s’adressant & Vesprit, a la vision et au ceur, Ghislain Pater- | leur aptitude pour le beau, le bien et le vrai”. Le poéte, quant a lui, a livré le secret de son wuvre avec ’humble lucidité des grands maitres : “Dans mes textes comme dans mes toiles, derrigre une répulsion mélée de fa cination pour la force violente, se découvre presque toujours un appel a la beauté de Vinnocence”. Les deux plaquettes de nostre de La Mairieu | Poemes sont publiées n’a pas hésité a décrire | ux éditions des Prés, la tragédie de l'homme et de la société livrés, en notre temps, & Virra- tionalité et au mépris de (1) 138, rue de Tocque- ville, 75017 Paris (tél. 4227 48 22). CLA, ee ee. mene stannonce : “Jeune Algérien cexilé cherche femme francaise pour mariage et pls si affi- nités". ‘Mesdames, vous voila préve- LOGIQUE “Les lois Pasqua fabriquent des ‘landestins." C'est Pun des arguments brandis par les imnigrationnistes. Dans le méme genre, on peut dire que, sans les lois contre Vassassinat, ls parricides ne seraient que des orphelins. ae aes Deion meee feed tatie ee et Sot “On s'est apercu qu ils était convert Vislam parce qu'il 4a refusé de manger une cite de pore”. a Dt 2 = cmcontey a pl rere ere Soe enna ee Spee = REVISION Mawvais temps pour les exhibition. nistes de Viner sion. Dans “Le Rose et le Noir’, Frédéric Martel liquide tous les mythes ta mode sur Le sujet. Entre autres, celui de la deportation des inverts dont il démontre que cst un mensonge. RESPONSABILITE Autre révélation imposées aux médias par le lobby homo a jowé, dans Vinformation sur les ori -gines du sida et ses modes de contamination, un réle formidablement ageravant. La prresse n'a pas hésité mentir éhontément pour complaire au lobby. LACHETE Quant dla classe politique, elle a naturellement 6 dune calamiteuse licheté En témoigne le relevé, prublié par le “Figaro”, des tris fortes subventions (plusieurs dizaines de mil- lions) versées par le minis- tere de ta Santé au “Festi- val gay et lesbien”, d “Fré- quence Gaie”, au “Syndi- cat national des entreprises gay", ete CEST BON ? On comprend w pourquoi le proces Barbie n'avait pas fait passer é la ‘moulinette du potitocorrect la fameuse poupée du ‘mame nom. Selon “Le Nouvel Obs” : “La célébre poupée blonde est juive” et porte le prénom d'une “authentique Jewish Princess”. Et cest bon pour nous, ca? CHAPEAU Dans ta derniére rafle de ta Légion 'Honneur. André Lajoinie ! Sul titre de glove de cet él ‘marchais d’endosser la res ponsabilité de Veffondrement du PC. Lajoinie a été déco- résurle contingent du Ministére de Vintéricur. Voi- 1a trois décennies, ce genre de faveur lui aurait valu d'etre chassé du Parti comme lic Autres Nouvelles La lecon de Saint-Ambroise difice néo-gothique situé A deux pas du fmétro, entre le bou- levard Voltaire et l’avenue Parmentier, l’église Saint- Ambroise est un point stratégique au cour de ce Xle arrondissement & la fois populaire et bour- geois. C'est 1a, on le sait, que pendant la “semaine de Vantiracisme”, des meneurs ont réuni des immigrés possédant des logements mais démunis de titre de séjour. Selon le curé de Saint- Ambroise : “Prés de trois cents Africains de l'Ouest, dont une centaine de femmes et d’enfants, ont 616 amenés depuis toute I'Tle-de-France. Pour la plupart en situation irrégu- ligre, on leur a fait croire que cette action leur per- mettrait d’obtenir des. papiers des pouvoirs publics”. Laffaire a été montée de facon suffisamment exem- plaire pour que I’on y revienne. La chose a été soigneuse- ment préparée, on I’a dit. De méme, la complicité des médias est évidente. Des V’intrusion des occu- pants, journaux, radios et télévisions se mobilisaient et expulsion allait donner lieu A une longue série articles condamnant Vinhumanité d'une higrar- chie catholique en rupture avec la tradition asilaire de l'Eglise et dénongant de prétendues violences poli- citres. Pourtant, l’expulsion était justifiée, Par I’évidence de la provocation, d’abord : contre la grille de I’église, une banderole rouge et des affiches “signaient” I'opé- | ration au nom du MRAP, | de “Droits devant”, du SCALP, DAL, de I Abbé Pierre et de Mgr Gaillot. A V'intérieur, des militants dextréme gauche interdi- saient les conversations “privées” entre occupants et visiteurs et la réalisation de photos ou de vidéos non approuvées et don- naient leurs instructions par le truchement d’un Africain, vétu d'une tunique et coiffé d’une calotte brodée qui les tra- duisait dans leur langue & intention des occupants Par les exigences de Vhygigne — publique, ensuite. Dans I’église, des Africaines en boubou, bébé sanglé dans le dos et enfants en bas Age dans les jambes, étaient vautrées par terre, sur des matelas groupés autour des cha- pelles et des confession- naux, dans un désordre et une saleté indescriptibles. Détritus et excréments jonchaient le sol, graffitis obscénes ou blasphéma- toires souillaient les murs La dispersion a-t-elle été un échee pour les meneurs ? Pas du tout. Le bilan poli- tique est plus que positif pour la coterie immigra- tionniste : I'Eglise catho- lique a été déconsidérée dans les médias, la police até une fois de plus atta- quée mais, surtout, la démonstration a été faite a grand bruit qu’en France des immigrés clandestins peuvent se livrer 4 un acte illégal en bande consti- tuée, en toute impunité et avec la protection des tri- bunaux. Dans le méme temps, sous les objectifs des caméras, la police allemande a infligé une correction fort dissuasive & des agitateurs kurdes tentant de passer illégalement la frontiére germano-belge. Les candidats & 'immigra- tion en Europe savent désormais qu’en France, elle est sans risque. N’en doutons pas, la nou- velle est déja connue dans Ie plus éloigné des douars du Mali. Et c’est ainsi... a direction de ce prude décadaire refusant avec une rare opinia- freté, qui puise ses racines dans a pruderie ta plus judéo-chrétienne, que je vous entretienne des meurs sexuelles des Sambias de Nouvelle- Guinée (enyoi discret sous pli fermé & tout lecteur qui m’enverra un joli timbre pour la collection de ma fille Camille qui vit a Nouméa) ou méme de celles des Inuits en compagnie du doc- teur Alka Schweitzer (méme punition, méme motif philatélique que ci-haut), c'est done sur les animaux que je vais ‘mee pencher pour quelques numéros qui nous emméneront bien jusqu'au 100, pour peu qu'on ne revienne pas en arritre comme la décade derniére. (Précision utile : te tact et le bon godt ne seront peut-étre pas toujours au ren- dez-vous. Eloignez les enfants sen- sibles, les beaux-péres mordus et les cousins pauvres. Pour les désabonne- ments, s'adresser 3 la gérante). Pour tout ce qui est de la bébéte qui ‘monte, nous commencerons par les canidés, autant dire quasiment les chienneries. Puis, nous aborderons les félins, ensuite les oiseaux, puis les équi- dés, enfin les coccinelles, les coqueci- ‘grues, les ornithorynques, les omnicars et, si Dieu nous préte vie en méme temps qu’un petit million lourd, nous ‘nous occuperons tn peu salacement de la blatte et du decker. Cee anitnnconeme ale your dic les canidés (et non les khanidés, réservés & L’Evénement du jeudi).. Sait-on que, parmi toutes les espéces mammiféres que ce vieux poiyrot incestueux de Noé (*) embarqua dans son grand barlu non-ponté, scules 3 % d'entre elles pratiquent la monogamie la plus stricte ct j’ai le regret de consta- ter que je ne fais pas partie du lot ? Bt que les canidés, en revanche, en sont comme des fous ? Cela tient-il immense os pénien qui est contenu 5 dans leur petite zigounette et qui leur vaut la considération de madame par ADG $ Amours bestiales (1) Déclaration d intentions générales - Os pénien des canidés - Grandeur consécutive des chacals $ Azor ou de toute autre demoiselle en collage, ou bien a la délimitation de leur territoire par des jets durine bien sentis et des dépots de trainées, toujours est-il que, du minuscule fennec des sables au gros lycaon, le canidé est fidele et ne va jamais courir goguette avec une créature de passage. Mais ce sont les chacals (& ne pas confondre avec les chacaux qui, eux, exhalent des parfums képiteux) qui emportent la palme de la fidélité & leur gonzesse. On donne I’exemple de couples qui sont restés unis jusqu’a huit années, autant dire toute leur vie car le chacal ne fait pas de vieux os. Leurs rites amoureux sont charmants : com- ‘mengant par un toilettage minutieux et réciproque (ce qu'on appelle des gros canins), ils se poursuivent par une Jongue séance de vocalises gutturales et Le ter JOURNAL page 9 N°93 DU 11 AvEL 1996 ‘monotones (destinées & tenir les voisins au courant de l’avancée des choses) mais se singularisent surtout par un curieux comportement que les scienti- fiques du N’Gorongoro (Tanzanie) ~ entre autres - ont baptisé du terme de “séquence-T”. Juste avant l'accouple- ‘ment, le male vient poser son museau sur le milieu du dos de sa compagne, celle-ci formant la barre horizontale du “7”, le male constituant Ia barre verti cale, Affection, tendresse ? Nul ne le sait mais tous les chacals, qu’ils soient d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie ou de I'Europe du Sud-Est agissent ainsi et respectent Ia geste, 6 combien émou- | vante, de la “séquence-T”. Comme tous les canidés (sauf le lycaon), les chacals restent collés apres | P’éjaculation et la “soudure” peut durer | plusieurs dizaines de minutes pendant | Tesquelles ils demeurent cul-d-cul, lair un peu niais d’un couple surpris par Virruption dun commissaire de police dans une chambre meublée, et méme le passage d'une gazelle de Thomson ou d'un grand rabbin des bois (il y a des chacals en Israél) ne saurait les désem- boiter. La femelle ne permet que deux ou trois accouplements par jour, le reste du temps elle tricote des mitaines et se plaint de migraines. Ses chaleurs durent tune huitaine de jours et, durant les trois mois qui suivent, avant la mise bas, le male la nourrit en régurgitant la viande ou, faute de mieux, la charogne qu’il avait avalée peu de temps auparavant. D’oi on peut en conclure que non seu- Jement Ie chacal est une espace de péli- can, mais aussi qu’l est gentil et grand. (A suivre) (*) Pour la dipsomanie, je suis str, pour l'inceste, un peu moins, mais j ne raterai jamais l'occasion de difia. mer un zigoto qui avait oublié \) Popossum a terre. Carnets S t ra tég par Pierre Monnier Inévitable, Depuis quinze ans, par Henri de Fersan fe Front national tend la main la droite. La droite éructe, Moyen-Orient hurle, injurie et calomnie le demande aux électeurs du Front de voter pour elle, Done, e crise dynas- | est a Khaled City, ville les électeurs duu Front laissent ltique en Arabie | artificielle prés de la fron- s tomber la droite. Les dirigeants aoudite et le | tiére irakienne. de la droite pleurent et sindi- ||| retour sur le trone des | Le matériel de 'armée de Rachidis pouraient mod | terre est moderne, géné- fier profondément l’équi- | ralement américain ow ne sais pas de spectacle plus | | bre d'une région placée | francais, et constamment sain, d'un eomique plus révon- | | SOUS la coupe de la Pax | renouvele : les Saoudiens fortant, que celui d’un mon-| | Americana. L‘Arabie | alignent 1 055 chars de sieur recevant de main de|} | Saoudite est un vaste | combats, soit 315 ‘maitre une beigne qu'il avait || désert sous-peuplé, qui | Abrams (le top mondial), Ca eye s’étend entre la mer | 290 AMX-30 frangais et Rouge et le golfe Per- | 450 M-60 américains et sique sur 2,3 millions de | 1 200 chars légers. L’Ara- km2, La population y est | bie Saoudite n’étant de 18,6 millions d’habi- | qu’un immense désert, tants, dont 51 % d'immi- | son armée est équipée cest de latrahison ; quand vest | | grés, exploités et sans | de 1 850 véhicules blin- Mitterrand, c’est le sens de ||| droits, principalement | dés de type M-113 et Pan- eee des Pakistanais et des | hard. Sur le plan de | Indiens. L’Arabie Saou. | '’artillerie, elle est équi- brioche apris le passage de | | dite est premier produc: | pée d’au moins 1 200 ‘apie. le Cvédit Lyonnais n'a | t€Ur mondial de pétrole | canons et de 10 rampes rien fait d’autre que ce que} | depuis 1a chute de | de missiles chinois CSS- ‘Tapie lui-méme a fait pendant} | 'URSS, et occupe un | 2, livrés sans leurs tétes vingt ans, Du rachat entre- | | rang tres honorable dans | nucléaires. Du moins le prise & un franc Punité, la production du gaz | dit-on... La marine, scin- Tapie pleure. Hest comme le} | naturel. Plus étonnant, | dée en deux flottes Gacter Verna de Pasnol “| elle est également pro- | (Ouest et Est, soit mer utres, je ne peux pas m'y| | dusteur d’aluminium et... | Rouge et golfe), est taki de bié | neuve mais jamais entre- “ Malgré sa faible popula: | tenue, faute d’ingénieurs Tai un petit point de désaccord ||| tion, l’Arabie Saoudite est | compétents, ce qui fait Ia avec mon ami Serge de||| une puissance militaire | jole de nos arsenaux, car Beketch. _||| de premier plan, grace | les Saoudiens rempla- ans etauxsalauds qui!) aux pétrodollars. Ses | cent plutot qu’lls ne répa- nous calomnient dit < Vous || forces armées sont fortes | rent... Elle est forte d'un | salaude », Moi, je pense qu'il | @ 105 000 hommes et | régiment de 3 000 faut étre plus précis. Ge sone | | Fegroupent trois brigades | Marines, de quatre fré- des cons, I'y aun peu de tout; | | blindées, cinq brigades | gates lance-missiles de des gros cons, des sales cons, || mécanisées, une brigade | type Madina (frangaises), des vrais cons, des petits cons... | aéroportée, le régiment | quatre autres de type Ga simplifie, ga gagne du) | de 1a Garde royale, 8 | Badr (américaines), neuf temps... On dit simplement. | | batailions d’artillerie, | patrouilleurs lance- par exemple : « Tais-toi, Cam- 1) sous te commandement | siles, quatre navires badélis, un vilain con. ». [Eon = du sultan Ibn Saoud, | amphibies, deux navires dont le quartier général | de ravitaillement en mer (extraite de la « philo- sophie dle Gourteline... ») : Je Dans le dernier film «qui lui est cconsaoré, Nixon est accusé de En achetant une “Adidas” en Les Front. Aprés quoi, elle pétromonarchies en péril (II) et un yatch royal pouvant étre converti en navire hopital ou de transport. Laviation saoudienne est forte de 295 avions, dont 98 F-15 (les meilleurs), 66 Tornado (excellents), 70 F°5 (un peu anciens) et 5 Awacs. Parmi les forces auxi. liaires, on compte la Garde nationale, ou Garde blanche, du prince Abdallah : 57 000 hommes, auxquels s‘ajoutent 20 000 guer- riers tribaux mob) sables. Elle est forte de deux brigades mécani- sées, de six brigades d'infanterie et d’un escar dron de cavalerie de cérémonie. Elle compte 1 427 véhicules blindés, au moins 70 piéces Wartillerle, et négocie avec Euromissile achat de missiles antichars Milan. A cela s’ajoutent 55 batterles antlaé- riennes, 10 500 gardes- frontiéres et 4 500 gardes-cotes. De plus, une brigade de 7 000 hommes composée de soldats d’Oman, des Emi- rats Arabes unis, du Koweit, du Qatar et de Bahrein sont stationnés en Arabie, ainsi qu'une escadre aérienne franco- américano-britannique. Henri de FERSAN Le journal de Séraphin Grigneux «Homme de lettres» par Daniel Raffard de Brienne Le 28 mars 1996 On parle beaucoup des vaches folles anglaises. Je ne m’étais pas trop intéressé a I’affaire en ses débuts, car j‘avais cru que l'on commen- tait ainsi, sans excés d’élégance, les extrava- gances tapageuses de ces dames de Ia familie royale. La télévision ma détrompé. J’y ai assisté au spectacle de princes et princesses honorablement, connus. qui se livraient sans retenue a de pénibles exhibitions, jetant dans tous les sens des membres qu’ils eussent da tenir pudiquement rassemblés au contact du sol. C’est a ces choses-la que l'on mesure la décadence de nos voisins d’outre- Manche, certes réputés pour leur originalité, mais donnés naguére en exemple de dignité et de modestie. Le triste tableau de ces gesticulations incontro- lées a immédiatement orienté ma pensée vers notre Chirac. Je me rap- pelal alors que le prési- dent s’était plu a lon- guement flaner au Salon de I’Agriculture. 11 y pouvait flatter des croupes qui n’étaient ni rétives ni complai- santes. Il n'y trouvait qu‘interlocuteurs de son niveau ; “Meuh I" faisait l'un ; “ca, c’est un cheval !” commen- tait le président avec compétence. Mais, je me le demande, notre grand agité n’aurait-l pas contacté a ce Salon la maladie des vaches folles ? Je frémis a Vidée qu'il faudra peut étre 'envoyer a l’équar- rissage ou I’incinérer dans la cour de I'Ely- sée. Le ler avril 1996 Que ce soit derriére les guichets, a la télévision ou dans les films, nos contemporains ont perdu leur visage. On ne leur voit plus qu’un profil reflétant les lueurs contorsionnant ridiculement sur des claviers. L’homme sou- mis a la machine ne dialogue plus qu’avec elle. Bt il ne lit plus, réduisant a la misére les honnétes tra- vailleurs du livre. Crest ce que m’expll- quait tout a l'heure un éditeur a qui j’étais venu réclamer mes droits d’auteur. “Quels droits ? Je ne vends plus rien”, me dit cet homme de bien en lais- sant couler de grosses larmes qui manquérent d’éteindre son visage. “sven suis réduit”, ajouta-il dans un san- glot, "4 fumer les cigares que l'on m’offre pour me remercier dabriter dans mes pla- cards les réserves de champagne que vous Le unne JOURNAL page 21 voyez 1a.” Et il se mit a pleurer de plus belle pendant que je me reti- rai sur la pointe des pieds. Le coeur serré, je laissai discrétement un billet de 100 francs sur la cheminée. Cet éditeur tient ses bureaux dans un immense building et je remarquai qu’il avait oté sa plaque de leur porte, dans I'espoir de décourager les recherches des créan- ciers. J’en croisai néan- moins, errant dans le labyrinthe des couloirs, deux ou trois qui s‘obs- tinaient a tenter de le débusquer. L’un d’eux avait installé son sac de couchage sur un palier pour y passer Ia nuit et faisait frire une paire de saucisses sur la moquette. Un autre, moins prévoyant, se trainait sur les coudes, le visage blafard et mal rasé ; en me voyant, il gémit : “A boire ” J’avais connu ce genre de situation dans mes débuts. J’habitais alors au fond d’un couloir et, pour échapper a mes créanciers je me cachais aux “toilettes”. S'il arrivait que l'un d’eux vint néanmoins secouer le battant, je criais de la voix de faus- set propre a la pudeur angoissée : “Y a quelqu’un Sous mon béret par Joseph Grec Le mot et la chose Comme dans le ughy, les croni- queurs du “Libre Journal” ont droit & se faire remplacer une ou duis fois par an, Place ax chanoine Lataignant de Paris (XVIle sible), L.Gree Madame, quel est votre mot Era lemot, et su la chose ? On yous adit souvent le mot (On vous fait souvent la chose, Ainsi de a chose ot du mot Voous pouvez dire quelque chose, Exje gagerais que le mot Vos plat beancoup moins que ka chose. Pour moi, voici quel est mon mot sur le mot, et sur la chose Tavouerai que [aime le mot, Tavouerai que jaime la chose. Mais, c'est la chose avee Ie mor, Mais, cst le mot avec la chose, Autrement, la chose et le mot ‘Ames yeux seraient peu de choses, Jecrois méme, en faveur du mot Pouvoirajouter quelque cose jose qui donne ast mot avantage sur la chose ‘est qu'on peut dite encore le mat Alors qu'on ne fait pls la chose, Et, pour peu que vale le mor, Mon Diew, cest toujours quelque chose ! Del je conelus que le mot Dot étre mis avant la chose, Qu ne faut ajouter au mot Quanta que Ton pet quelque Et que, pour le jour ole mot Viendra seul, hélas, sans la chose, U fat se server le mot Po ler de la chose, Poe vous, je cruis qu’avee le mot Vous voyer toujours autre chose, Vous ditss si gaiement le mot, Vous méritez si bien la cose, ‘Que, pour vous, la chose etle mot Doivent dre la méme ches. vous aver pas dit Je mot ‘Qu’on est déj prt dla chose Mais quand je vous dis que le mot Doit tre mis avant la chose, Vous dever me roi Bien pew con Eh bien, voici mon dernier Ex sur le mot et sur la cose Madame, passe Et je vous passers Lattaignane (1697) Chanoine (1) & Paris Traditions Un sociologue parle Baudrillard tient deux fois par J= tune chronique dans le quoti- dien de gauche “Libération” dont le directeur est Serge July, lequel a effectué tout le parcours entre Vextréme gauche et le “Sidcle” (qui fédére la haute magonnerie frangaise) ainsi que la Fondation Saint-Simon, influente association du centre gauche, c’est-d-dire du gros argent qui se pare des plumes de la charité ! Le journal “Libération”, devenu un gouffre financier, ayant perdu son indépendance, est passé sous la coupe de Jérome Seydoux, maitre d’un empire économique, ce qui fait dire & Henry Coston : “On fonde un journal pour défendre ses idées et on aban- donne ses idées pour défendre le jour- nal...” Ce préambule était nécessaire pour aborder I’excellent article de Jean Baudrillard intitulé “Le mondial et Vuniverset” paru le 18 mars dernier et qui ne fait que confirmer I’ 6tonnant “vide de la démocratie” qui constitue le sujet de nos précédents entretiens. Le concept de démocratie : gouverne- ment par le peuple, est I’une des com- posantes de “I’universel”, “qui com- prend toute chose, qui a le caractére de généralité abstraite” (Littré), convergence de doctrines laiques qui se sont peu & peu substituées & uni- versalisme chrétien, remplagant Dieu (théocentrisme) par l'homme (anthro- pocentrisme), dont sont issues la Révolution de 1789 comme la révolu- tion dans I’Eglise du concile Vati- can I (1962-1965). Jean Baudrillard écrit done : “... nous ‘mourrons de la perte de toute singula- rité, de l’extermination de toutes nos valeurs, ce qui est une male mort... pour nous, le miroir de P’universel Moakeer est brisé...” pour en venir Mais c’est peut-Gtre une chance car, dans les fragments de ce miroir brisé de 'universel, toutes les singularités resurgissent... Mais ce serait une erreur fondamentale... que de condamner sans appel tous ces sur sauts comme —_populistes, archaiques...” Nous sommes stupéfaits, sans voix... mais heureusement non sans stylo ! Dans ce journal capitalo-gauchard, ce distingué sociologue, Jean Bau- drillard, publie un article que ne désa- vouerait pas et méme publierait volontiers “Identité”, ’excellente revue doctrinale du Front national sous la signature de Jean-Marie Le Pen! Car la “singularité”, c’est bien Viden- tité frangaise, la “male mort” de la patrie n’est autre que la décadence, “populistes”, c'est, trés exactement dans ce méme terme, un argument ‘majeur du FN dont I’électorat est pré- cisément populaire. Mais je réve, je délire ! Un grand quo- tidien de gauche révéle, avoue que LA PENSEE DE GAUCHE N’EXISTE. PAS, qu’elle est un vent, une fumée, une apparence, qu’elle n’est, ce que nous disions déja de la modernité, qu’un “esprit”, done quelque chose qui n’existe pas matériellement mais, en réalité, dans un autre domaine, invisible celui-a : Ie suraturel ‘Ce qui n’empéche pas la gauche de Serge July comme la droite fricarde du protestant Jéréme Seydoux de constituer matériellement une puis- sance, une domination médiatique dont le but est la conquéte du pouvoir et de l’argent, rien de plus et rien de moins, D’oi la présence de Serge July au “Sidcle”, sitge du véritable pouvoir | en France, et de Jéréme Seydoux, le | richissime financier-propriétaire de “Libération”. | Mais comment cela a-t-il pu se pro- | duire, comment avons-nous pu connaitre deux siécles d’hégémonie républicaine fondée sur un vide sidé- ral ? Simplement, ce qui n’est pas rien, par une falsification du sens des mots qui, selon les experts, aura commencé avec la philosophic nomi- naliste de Guillaume d’Occam (1), ds le Moyen Age et la décadence de Ja scolastique pendant la Renaissance, laquelle a vécu un déclin de la pensée, de la méme fagon que les “Lumires” constituérent une dégénérescence de Vintelligence (2), René Descartes en téte ! Car nous allons de surprise en sur- prise : ce sont les humanistes de la Renaissance qui ont inventé le terme de “Moyen Age” (en 1640, selon le Petit Robert), afin d’orgueilleusement mépriser I'époque qui avait précédé que I’on qualifie encore maintenant “d obscurantiste” alors qu’elle était le temps le plus gai, le plus lumineux, le plus intelligent, le plus viril et, enfin, 1c plus saint de la civilisation occiden- tale... Ce n’est pas pour rien que Régine Pernoud intitula son grand livre “Lumiéres du Moyen Age” (Grasset). Merci, monsieur Baudrillard, d’avoir si bien édifié vos lecteurs. (1) Upinsky + OELL (2) Marcel de Corte : “L'Intell gence en péril de mort, DISMAS. “La Téte coupée, Michel de !' HYERRES Document Pour comprendre ce qu’ est Internet, le réseau mondial de communication informatique n quelques mois se sont multipliées, en France, les entreprises qui proposent aux particuliers un acces au “cybermonde” d’ Internet. Der- rigre ce sigle, un réseau informa- tique reliant, via les télécommuni- cations, les ordinateurs du monde entier. Le “cybernaute” (utilisateur d’Internet) dispose du “e-mail”, courrier électronique qui permet d’envoyer messages et images & Vautre bout du monde pour un cott dérisoire ; des “news groups”, forums internationaux od les chercheurs peuvent confronter leurs connaissances, sans frontiéres nationales, ni contréle des textes transmis, et du “web”, gigantesque bibliothéque donnant aceas 2 des textes disper- sés dans le monde. Mais ce réseau élaboré pour des échanges rapides d’informations scientifiques a rapidement vu son utilisation modifiée. D’abord, le courrier électronique a permis aux insurgés zapatistes du Chiapas de transmettre des informations sur leur situation sans la censure des autorités mexicaines, puis le lobby anti- francais a diffusé ses pétitions contre les essais nucléaires. Les messageries gratuites o¥ la liberté d’ expression est totale ont 66 “squattées” par des groupes de pression pronant libéralisation des drogues et comportements déviants : Les pédophiles, par exemple, dif- fusent leurs immondices sous couvert d’un anonymat accordé par un serveur finlandais qui four- nit un pseudonyme... Face & cet étalage, I’Etat allemand a réagi en astreignant les sociétés d’accés & censurer certains pro- pos. Les abominations des porno- graphes ont ainsi opportunément permis de baillonner les révision nistes... Les Etats-Unis tentent de suivre mais ce projet est attaqué par les défenseurs de la liberté de Vexpression pour incompatibilité avec le Premier Amendement. Quelles que soient les barriéres, cependant, il suffit l'utilisateur de se connecter sur un pays oi la censure ne régne pas pour accéder aux messageries interdites. En France, le “web” est occupé par les mouvements antinatio- naux. Le lobby homosexuel dispose de pages ob s’expriment ses délires pornographiques, d’un service de petites annonces et, bientét, d'un service de vente de livres, vidéos et autres matériels, Une associa tion, “Homosexualité et Socia~ lisme”, s’exprime aux frais du contribuable sur des pages payées par I’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm a un chargé de tra- vaux dirigés. Ces malades proclament leur sou- tien a Gaillot-évéque, tout en dénongant “I’Eglise unie, romaine et apostolique”. Gaillot, lui, a son “diocése virtuel”, Parténia, ot il raconte ses démélés avec le Pape, et vend son livre, évidemment ! Egalement sur Internet, I’hebdo des pores, “Charlie Hebdo”, dif- fuse une pétition réclamant la dis- solution du Front national et un appel du vieux Cavanna & consti- tuer des commandos de bouffeurs de curés qui iraient interrompre les messes. Le SCALP, groupuscule terro- tiste, et l'Union des étudiants juifs de France détaillent leurs attaques contre les patriotes. Les sectes trouvent 1a un lieu de pro- pagande idéal. Enfin, le réseau, quoique fondé sur la gratuité des services, subit I’assaut des mer- cantis qui voient Ia le moyen de vendre leurs produits dans le monde entier a l'aide de cata- logues informatiques. Dans ce dépotoir, deux sites sor- tent du lot : - “Christus Rex” met a la dispo- sition des lecteurs la Bible et les encycliques du Pape en plusieurs langues — “Vlaams Block” permet de connaitre le mouvement nationa- liste flamand tel qu’il est réelle- ment, et non comme le présentent Jes médias. Le Front national sui- yra bientét. Mais Internet restera 4 l'image virtuelle de la sinistre réalité qu’il préfigure : cosmopolite, avili et uniforme. Michaé] LACROIX Le une Jrmt ae ta Prune courane page 18.5590 11am 1996 vues le presse Une ouverture se profile MARQUE PAR RIEN, + Mais, comme toutes les ‘mesures similaires prises par Ie gouvernement, celles-ci restent marquées par air de Vepoque, qui est a la parci- monic. « Gérard Dupuy, Libération, 21 mars. (CERVELLE GRILLES, + Carla violence scolaire n'est pas seulement le fait de quelques intrus de mauvaise réputation : elle passe les gilles dans a téte des éléves, plus souvent redouteée que pratiquée. » Gérard Dupuy, Libération, 21 mars, PAVILLON DE COMPLAI- SANCE * André Rossinot, sans Cconcourir pour la victoire, a | reprs lenseigne du centre et tend une oreille secourable & | tous les mécontents. « Cécile Chambraud, Le Monde, 13 mars. COMPLIQUE: " Le carcan du plan de sauve- La Tribune Desfossés, 22 mars, SON INEXISTENCE NOUS MANQUE, + La littérature américaine existetelle ? On serait tenté de repondre non, vu sa diver- Les tnrockuptibles, mars ‘TOUT JUSTE, AUGUSTE ! «+ TLest temps que Toubon et Debré accordent les violons de la Justice et de la Police. « Claude Imbert, Le Foint, 50 mars. 'SON ABSENCE PARADOXALE NOUS MANQUE + Le grand paradoxe propos. de la sexualité est que le ‘Christ r’en a rien dit, « Christian Makarian, Le Point, 30 mars, Un inédit de Jehan Rictus (1867-1933) « Lindépendance se paie avec du sang » te des pauvres ‘gens, militant anar- chiste devenn came- lot du Roi, Jehan Rictus, que Léon Blois appelait “le dernier écrivain catho- lique”, est un homme selon notre cceur, C’est dire combien nous a réjouis la découverte d’une lettre privée et inédite que Pauteur des “Soliloques du pauvre” écrivait & un ami en 1925. Il avait cinquante- huit ans. Et le texte a des accents d’une trop bra- lante actualité pour que nous n’en fassions pas pro- fiter nos lecteurs. Tn’y a pas de progrés moral dans I’espéce humaine s'ily a des progrés matériels indiscutables. Les progrés matériels sont & double tranchant et se retour- nent contre l’espéce (par exemple les avions). Lhomme est identique &tui- méme & travers l’espace et le temps. IIn’a pas changé, Il a Jes mémes passions et vio- ences qu’aux ges quater- naires, mais accrus encore, si c'est possible, par le grouillement et I’augmenta- tion de la population du globe. Ce qui méne le monde, c’est le ventre et le bas-ventre, Il faut manger avant tout. Le développe- ment de l'automobile néces- site des mines de fer et des sources de pétrole. Voila les Anglais préts 3 se battre avec les Tures pour s'assurer des sources pétroliféres de Mos- soul, Et cela ne finira jamais, Crest la Loi de dévoration qui mane les espaces... On ne peut changer les lois fon- damentales de la vie qui sont Ja lutte et le combat, On la retrouve dans les foréts, cette Joi, dans tes champs de bIé, dans l’organisme humain (combats de cellules) et, dans la nature, toutes les espéces sont armées pour Vattaque et la défense. Test stupide de nier cela. Ce sont des faits contre lesquels aucune “société des nations” ne pourra rien, Ty aun vieil adage qui dit “Qui terre a, guerre a”. Com- bien exact ! C’est magni- fique dans sa bridvets. Pai pas mal voyagé et je me suis rendu compte de la dif- férence de point de vue qui sépare les Frangais des autres peuples. Le Francais, dans sa candeur, se dit et se répéte : “Joccupe une des terres les plus belles et les plus fécondes de la planéte. En travaillant, j'éléve ma famille, je me procure du bon vin, du bon pain, de beaux fruits. Et le reste... Qu’on me laisse travailler et prospérer en paix. Je n’en ‘veux pas aux autres peuples, moi ! I’ai assez prouvé, en me mettant en République, que je ne voulais plus de guerre, plus de conguéte. Je suis content de ce que j'ai, En 1914, par le recul de dix kilomatres, l’ai-je assez montré que je ne veux plus de guerre ? J’ai presque, autant dire, renoncé & 1'Alsace-Lorraine. Je voulais Ja paix, la paix & tout prix. Bt voil& qu’on m’a fait 1a guerre ? Je ne comprends plus puisque moi je ne veux que la paix.” Pas une minute le Francais ne se doute de la convoitise furieuse des autres peuples. Plus nombreux, plus prolifé- rants et moins favorisés du point de vue du climat et de la fécondité des terres. Ah vaches ! disent les autres peuples... Vous étes contents, et nous, nous ne le sommes pas. Nous voulons bouffer, avec nos chiées de mémes, et vous allez voir ce que vous allez prendre !... Alors, que faire ? Subir Vassaut ou le prévenir ? Se laisser égorger comme des moutons ? Licher la Cham- pagne et le reste, reculer jusqu’a Toulouse ? Ou plus loin encore? Jamais un pacifiste n’a eu le courage de me répondre. I] n’y a pas d’autre probleme : ou se défendre ou se laisser égorger et dépouiller. Tele regrette mais c’est ainsi. Ty a encore une vieille loi que j'ai vu confirmer en Corse par l'histoire de ce pays : “L'indépendance se paie avec du sang.” Pour qu’on ne nous attaque pas, il faut étre fort, C’est le seul moyen d’étre tranquille Jehan Rictus Arthuriennes éritable mythologie de 'Occident chrétien, V P’épopée arthurienne demeure pour la civili- sation occidentale un événement fondamental. Mélant un fond celtique et un fond biblique & des sources grecques et chrétiennes, elle a donné nais- sance A nos archétypes de civilisation valeresque, la femme aimée, la lutte du bien et du mal. le héros che- Notre culture vit des mythes arthuriens. Pas un livre, pas un film d’amour ou d’aventures qui ne plonge ses racines dans cet imaginaire. Depuis des années, Nicolas Bonnal se consaere A cet immense sujet. Le Libre Journal est fier d’oftrir a ses lecteurs occasion d’un premier regard sur le livre qu'il s’appréte a publier. Galehot le Titan déchu alehot est un des chevaliers les plus injustement oubliés des récits arthu- riens. Le plus grand des guerriers que croise Lancelot est aussi son meilleur ami. Il renoncera & tout pour lui Sur le point de I’emporter sur Arthur, Galehot renonce a la supré- matie universelle. Car il aime Lan- celot d’un amour aussi fort que celui que I’on éprouve pour une femme ; “Il court le prendre entre ses bras, il lui baise la bouche et les yeux, le réconforte avec dou- ceur...” (Lancelot en prose). Sa mort sera I’expiation de son amitié hypertrophiée bien plus que de son orgueil de conquérant “Lobjet de sa passion deviendra Vinstrument de la vengeance divine et de sa mort” (J. Frappier, Histoire, mythes et symboles). Proche d’Achille et de Patrocle, d’Homere plus que de I’univers chrétien, Galehot est habité par de mauvaises prémonitions : “Il a pleinement conscience du fait que sa passion, ressentie d’abord comme une source de joie, puis comme une source de mort, est une forme de la fatalité” (Ibid.). Amoureux maudit, comme Tristan, il accepte la défaite dés le com- mencement de sa passion. Il aide Lancelot & conquérir la reine Gue- nivre, se compromet aux yeux du monde et aussi du destin, du Fatum, pour satisfaire l’objet trop humain d’une quéte, dont il ne reti- rera que souffrance et dé-goat de vivre. IL est méme possible que Lancelot ait 6€ le déclencheur d'une crise graye si I’on admet que I’ Amour passionné est une voie de I’auto- destruction, I’Autre étant prétexte d'un suicide moral et intellectuel plutot qu’objet d’une passion sans limites A la fin de sa vie, aprés I’écroule- ment de son chateau “L'Orgueilleuse Emprise”, Galehot confie & son ami : “Je suis le che- valier qui a eu le plus de chance au monde... je ne puis espérer en avoir plus que je n’en ai eue. Dieu a tant fait pour moi dans le passé qu'il a comblé mes désirs ; homme comblé n’a plus rien & ‘gagner, il ne peut que perdre et me voici entré dans ma perte”. Celui qui a aspiré a devenir le “monarque universel”, le Grand Monarque, est un Titan déchu. Avec une résignation surhumaine, Galehot admet son heure venue : “1 est celui qui, osant franchir des frontiéres interdites 4 l’homme, a su regarder en face et sans trembler le terme de sa vie” (Frappier). Le grand seigneur se sait soumis & un caractére cyclothymique trés marqué par la dépression : “Un mal qui me détruit s’est insinué dans mon coeur ; j’en ai perdu le boire, le manger et le repos, et jignore son origine. Je pense seulement qu’il m’a pris a la suite d'une frayeur récente et je ne sais pas bien lequel de ces maux a donné naissance & autre, ow la frayeur & la maladie, ou la maladie a la frayeur”... Galehot se laisse mourir de déses- poir : “Le cceur s’est crevé dans sa poitrine et il reste mort, a terre, les mains étendues, le visage tourné vers le ciel et la téte vers I’Orient”, source de I’origine. Comme Tristan, il meurt de croire que ’étre aimé est mort, “L’me enténébrée, le seigneur des Loin- taines Tles... c&de alors 4 un désen- chantement hautain, a un spleen généreux - variété de cette akédia, ce dégoit de vivre, que le Moyen ‘Age considérait comme un péché majeur” (Frappier, op. cit.). Les derniers aristocrates de la litté- rature, René de Chateaubriand, Oberman de Senancour, renoue- ront avec ce péché quelques sidcles plus tard, quand la Révolution consacrera I’écroulement de 1’ édi- fice millénaire de I’ aristocratic. A Galehot suceédera l’increvable “dernier homme” défini par Nietzsche, l'homme moderne. Nicolas Bonnal Entretien courtois Bernard Lugan: «L’exception marocaine» e retour d’un long périple au cours duquel il a séjourné une fois de plus au Maroc, le professeur Bernard Lugan nous parle de ce pays qu’il chérit plus qu’un autre. Le Libre Journal : Vous parlez souvent d’exception marocaine. Qu’est-ce & dire? Bernard Lugan : Sur le conti- nent afticain, cette exception est historique, religieuse et institutionnelle, mais ces trois éléments, qui sont étroi- tement liés, dépendent du fait monarchique. En Afrique, ot I'Etat-nation est ineonnu, le Maroc consti- tue un cas & part. Ce pays existe depuis 788. Quand Hugues Capet est élu roi de France en 987, I’Etat maro- cain a déja un sidcle d’exis- tence ! La seconde exception tient au fait que le Maroc est dirigé par un “commandeur des croyants” puisque les Alaouites descendent du pro- phéte Mohammed. La troisiéme exception maro- caine est la clé de voate de Vensemble ; il s'agit du fait monarchique qui, seul, per- met la durée, la continuité, la permanence dans l'action, Ce que Mohammed V n'a pas eu Je temps de faire, Hassan IT ’a réalisé et son fils fera de méme lorsque les temps seront venus, L.J. : Vous opposez Vhis- toire millénaire du Maroc & celle de l’Algérie que vous présentez comme une créa- tion coloniale frangaise... B.L. : Le Maroc est une nation millénaire. La nation algérienne —qu’on le veuille ou non — n’existe pas. Ses populations ne se trouvérent jamais unies face & un ennemi commun. L’ Algérie est multiple ; c’est la France Jacobine qui en fut un cadre administratif, une “facon” Etat L.J. : Pays berbere, le Maroc a été arabisé. De quelle maniére ? BLL. : C'est durant le régne de Dioclétien que s'amorga le grand repli romain (284- 305). Quand 1’ Empire romain dis- parait, les populations de Yancienne Tingitane, aban- données & elles-mémes, ne verront passer ni les Van- dales, ni les Byzantins et conserveront donc intactes toutes leurs particularités jusqu’a 'islamisation du Ville siécle. Les Arabes sont arrivés au Maroc en trois vagues : les conquérants aux VIe- Villle sigcles, les Beni Hillal au XIle sidcle et les Beni Magill aux XIlle-X1Ve. Avant Vislamisation, les tribus ber- beres n'ont jamais été unies, n’ont A aucun moment constitué une nation, Pas de lien fédérateur entre elles. Méme si, a plusieurs reprises, elles résistérent aux conquérants étrangers. Si une identité berbare a existé, il n'y cut ni Etat ni nation ber- Lhistoire du Maroc débuta avec I'islamisation qui, en plus de permettre la eréation dun noyau d’Btat, introdui- sit la langue arabe, langue du culte et bientot instrument de ‘communication et de culture. Si le Maroc fut rapidement islamisé, il ne fut cependant que tardivement arabisé et nous sommes, Ia encore, en présence d'une grande carac- {6ristique marocaine, Le fondateur de 1a nation ‘marocaine, Idriss Ter, consti tua un Btat indépendant des deux grands poles du monde musulman qu’étaient alors Bagdad et Cordoue. En sa descendance, I’unité natio~ nale entre les deux compo- santes humaines du Maroc fut symboliquement et char- nellement scellée puisqu’il épousa Kenza, la fille a'Ishag, le chef des Berbéres ‘Awarba qui vivaient dans la région de Oualili (Volubilis) Selon vous, Vislam serait plus profondément ancré au Maroc qu’en Algérie, N’est-ce pas 1 un paradoxe ? BLL. : L’Algérie n’était pas islamiste, tandis qu’au Maroc islam a toujours été le pilier national renforeé par le “‘ché- rifisme” de son souverain descendant du prophéte. LiAlgérie a été romanisée, puis christianisée en profon- deur, Pas le Maroc, Moins romanisé, moins christianisé que les anciennes provinces romaines de l’est du Maghreb, 1e Maroc ber- bre est passé du paganisme a islam sans hésitation. La différence est notable avec les mondes berbéres duu reste de I’ Afrique du Nord, surtout ceux de I’actuelle Algérie, 00 nous avons des exemples de nombreuses apostasies. OU nous savons que, plus ou moins clandes- tin, le christianisme s’est maintenu durant plusieurs sidcles, Au Maroc, rien de tel car, 4 l'exception des villes en partie romanisées puis christianisées, le pays était demeuré berbére et paien, Lt Lt JOUNNAL te ta France Courtotee page 16 N93 DU 11 AvRIL 1996 oS lus important encore et, une fois de plus a la différence de T’Algérie et de 1a Tunisie, les Berbéres marocains n’ont pas participé aux grandes insur- rections anti-islamiques de Qusayla et de la Kahina. Deux expéditions ont suffi pour que I'islam y soit intro- duit, accepté et jamais plus remis en question, Certes, il y eut des résistances locales contre Ugba ben Nafi el Fehri et Musa, mais @ aucun ‘moment il n'y eut de sould vement général. L.J. : Mais les Berbéres marocains se soulevérent pourtant contre les conqué- rants arabes dans les années 730-740, BLL. : Les Berbéres maro- cains avaient accepté Iisla- ‘misation ; ils se souleverent, en effet, avec violence quelques années plus tard contre la présence arabe mais, au nom de I’islam et ‘sans jamais remettre en ques- tion leur nouvelle religion. Ce soulévement fonde ailleurs la nation marocaine par la rupture qu’il provoque avec l’Orient ; intégré & T'Empire omeyyade en 708, il sien est en effet séparé dés 740. Le prétexte de la rupture fut religieux : l'adoption de Whérésie kharijite et non Vapostasie apporte bien la preuve de la solidité, de la réalité de la conversion des Berbares a islam. La cause profonde de la révolte fut un sentiment de perte d’indépendance face au pouvoir des califes et de leurs représentants arabes installés au Maroc. Avec I’unité religieuse isla- mique, et pour la premiére fois dans histoire de la région, l'anarchie berbére se trouva “canaliste”. Ce monde fortement individua- lisé, séparé en de nombreuses tribus figres de leur autono- mie, de vallée a vallée, va, avec l'islam, connaitre une unité par la cohésion reli- gieuse ainsi créée entre les tribus. Le Maroc millénaire est bien fils de Vislam, L.J.: Une fois de plus, vous opposez Maroc et Algérie... BLL. ; Oui, carl n’y eut rien de tel en Algérie, ob isla misme radical est largement la compensation d'un peuple frustré ayant conscience qu'il ne constitue pas une nation authentique et qui pense avoir trouvé dans la forme la plus figée de la religion musulmane un dérivatif ses humiliations. C’est en ce sens que Ia situation est explosive car, le pays étant sans bases réelles, sans racines histo- riques et nationales, les mol- lahs algériens ont bati a force de démagogie, par le poi- gnard et les bombes, un islam idéal, révolutionnaire, désin- carné mais sanguinaire et totalement idéologique. Face A lui, le Laicisme militaro- socialiste qui tient lieu de philosophic de survie aux profiteurs du régime est condamné 2 la fuite en avant. L.J. : Peut-on véritable- ment soutenir, comme vous Ie faites, que le Maroc fut la victime des partages colo- niaux et que I’Algérie aurait été favorisée A ses dépens ? BLL, : C’est tout & fait artifi- ciellement que la France a territorialement favorisé I'Algérie lorsqu’il s'est agi de fixer les fronti@res saha- riennes. L'Algérie était alors territoire francais. Pas le Maroc. Dans ces conditions, P Algérie, création politique frangaise, recut la plus grande partie du Sahara sur lequel, et par définition, elle n’avait exercé aucune souve- raineté par le passé. L.J. : Pourquoi dites-vous que l’Algérie n’est pré- sente au Sahara que depuis 1962? B.L. : Tout simplement parce que I’Algéric nait cette année-la. Auparavant, V’Algérie n'a jamais existé, L.J. : Mais oft voyez-vous que la France a favorisé VAlgérie aux dépens du Maroc ? B.L. : La loi du 24 décembre 1902 donna nais- sance aux “Territoires du Sud”, c’est-d-dire au Sahara frangais, ayant leur budget et leur administration dis- tinets de ceux de I'Algérie, La loi du 20 septembre 1947 relative au statut de VAlgérie supprima cette entité administrative, mais la loi du 10 janvier 1957 créa !OCRS (Organisation commune des régions saha- riennes, qui englobait les régions sahariennes sous autorité frangaise). Longtemps, la France ne reconnut pas les droits poli- tiques de I’ Algérie sur le Sahara alors que le GPRA (Gouvernement provisoire algérien) _ considér: Vensemble des régions sahariennes frangaises comme faisant partie de la future Algérie indépen- dante. Tout changea le 5 septembre 1961 quand, lors une conférence de presse, le général De Gaulle parla pour la premiére fois du “caractére algérien du Sahara”. L’Algérie se posera désormais en héri- tigre territoriale de la France, alors que le Maroc se voyait amputé territoria- lement au profit de I'Btat algérien venu au monde le ler juillet 1962, c’est-d-dire douze cents ans aprés sa propre naissance... C'est dans ces conditions que Tindouf, ville indubita- blement marocaine, a été attribuée AT’ Algérie, L.J. : Vous faites souvent référence au maréchal Lyautey. En quoi son action fut-elle a ce point importante pour le Maroc ? B.L. : Parce que Lyautey, qui n’était ni un jacobin ni un universaliste, savait que V’éducation “a la Fran- aise” n’allait pas, selon sa formule, “transformer les petits Marocains en descen- dants de Vercingétorix”. Il avait compris qu’au Maroc il était en présence d’un vieil Etat, d'une vieille civi- lisation et que le protectorat n°était pas la départementa- lisation. II savait qu’a la dif- férence de I’ Algérie, créa- tion _ administrative francaise, le Maroc avait son histoire, qu’il fallait préserver. Son obsession était de ne pas “algériani- ser” le Maroc. Il était done respectueux a 'extréme de ses institutions, “Nous sommes ici chez eux” avait-il coutume de dire. Sa mission était claire aider "Etat marocain a se reconstruire tout en fran- chissant le cap de la moder- nité, mais sans rien aban- donner de son ame, Tout autre que lui eft cherché & “franciser” (“2 jacobiniser") le Maroc, Lyautey fut donc en place au bon moment. “L’Afrique Réelle” a consa- cré un numéro spécial a Vexception marocaine (BP n° 6, 03140 CHARROUX). Video VELL LE MYS- TERE Film de Jeremy Kagan, avec Martin Sheen «ROS Liaffaire le Roswell a fait plus une fois les chow gras de la presse tt sensations, Dernitre- ‘ment, Jacques Pradel, qui fut it sya bien longtemps un bon jour- ‘naliste, a produit une cassette préventant la pseudo-antopsic ‘d'un prétendu extraterrestre, Les gous ne manquant pas, les producteurs de cette fumisterie se sont rempli les poches. Le film, interprété par Martin ‘Sheen, lui, ne nous fait pas prendre dee vessies pour des Tantornes puisqu'il s'agit dune fiction ne prétendant pas étre ‘autre chose. Les amateurs dit genre appréieront (Polygram Vidéo.) « SIX DEGRES DE SEPA- RATION » Film de Fred Seepisi, avee Stockard Channing ‘Comment réagiriez-vo jeune homme sonnait a votre porte, s’annongant comme un fami de votre fils et aflirmant tre Ia progéni vederte di grand éeran ? Doté ‘une bonne dose de snobisme, Te couple Kittredge aceueille ce vvisitour et ira de surprise en surprise, Adaptation d'une pier & stccts de Broadway, ce film subsil ravira les spectateurs férus de camédies de qu (MGM /UA Home Vidéo.) « DUNE» Film de Dayid Lynch, avec Kyle Mac Lachlan Les films ie science-fiction sont [éscion ot peu dentro eux acei= dent au rang de réalisations ‘cultes. “Dune” appartient & ‘cette catégorie enviée et c'est |justice. Scénaria de qualité, interprétation grandiose, effets spéciaus et décors remar- quables, tout est exeeptionriel dans cette production due an talent de Davie Lynch, L'un des ‘meilleurs réalisateurs contem- porains. A voir-et a revoir (Caumont Columbia.) C’est a lire Le professeur Heguebure est ici et 1a. Michel Perrin I’a rencontré yofils perdus est un ‘ouvrage révisionniste au plein sens du terme. Crest-a-dire qu’il révise I'his- toire au moyen du texte (Cavez-vous un texte 7” deman- dait obsessionnellement Fustel) pour lui faire dire la vérité, qui est au mensonge ce que Persil est a la redéposition. Profils perdus est, comme son nom I'indique, une série de profils, de portraits littéraires, de croguis de personnalités aux qualités et aux talents divers. ‘On y apprend des choses con: dérables. Que l’oncle Bareau, vétu de whipcord moutarde et chaussé de bottines & musique, avait perdi la foi comme on perd un parapluie et que, trop jeune en 70, trop vieux en 14 et mort en 40, i connut trois guerres qu’il ne fit pas. Que Roland Cailleux fut le médecin de Gide (ce qui n’est pas a l'avantage du premier puisque le second est mort) mais qu’il se rattrapa en écri- vant “A moi-méme inconnu”, dont la qualité de chef-d'ceuvre est avérée pat I'absenice de prix littgraire. Que Jean-Christophe Averty savait par cur “Un Beau ‘Tenébrewx” de Julien Gracq (ce qui ne fut pas & l'avantage @ Averty puisqu’il a été viré de latéle). Que Pierre Reverdy était un prophéte approximatif (en 1942, il se trompa de trois mois fen annongant la fin de la guerre pour aott 45...). ‘Que les géniteurs de Cami, ani- mateur du concours des funé- railles les plus amusantes, Vavaient dissuadé de devenir torero mais le laissérent jouer les begues de théétre. Enfin, que la locution “nou- veaux pauvres” fut inventée non par Mitterrand-président mais, cinquante ans plus tot, par Michel Perrin. Le texte produit & I’appui de cette assertion est incontes- table. II s‘agit d’une chanson que Madeleine Robinson créa pour tne station de TSF mar- seillaise au printemps 1941. Elle disait ceci : Le comps nour de pois chiches Et les pieds chaussés de vent Nous sommes les anciens riches Nouveaux Pauvres d’a pré- sent. Perrin, le plus fieffé menteur de son temps (par opposition & sa grand-mere qui, soutient-i 4 la mode erétoise, ne mentait jamais) le serait resté sila camarde ne V’avait ravi avec une hate déplorable et I’active complicité d’un cycliste erra- tique. On doit cependant le croire lorsqu’il assure que ce texte fut enregistré grace & Pappui de Blaise Cendrars, Ce dernier, ayant rencontré Perrin, écrivit & son ami Paul Gilson, éditeur de musique, le mot de recommandation sui- vant : “Je t’adresse mon ami Michel Perrin, auteur des plus belles chansons d’aujourd’hui. ‘Tu me diras merci...” Perrin précise que Cendrars avait jamais Iu le moindre de ses couplets, C’est ce qui rend a chose croyable. I inventa également le profes- seur Heguebure dont le Libre Journal, a fait maintes fois mention, Quelques mauvais plaisants soutiennent que le professeur Heguebure n'a jamais existé Profils perdus leur inflige un braché, 89 F franco. Pour bourgeois, ren- tiers et créatures + relié, grand papier, numéroté, 160 F franco, L'auteur, absent de Paris, ne dédicace pas. 15 Use JOURNAL ae a France Gourteice page 18 $93 DU 11 AVL 1996 & "RE-LOOKEZ' VOTRE LILI EN GAULTIER) B jour. Lili revient onne surprise pour les amateurs de bande dessinée : la célébre Lili, créée voila un demi-s Gérard, a trouvé une nouvelle jeunesse cle par Alexandre grace A deux jeunes femmes, Anne Chatel, journaliste dessinatrice, et Florence Cre- moux, journaliste et Liliophile de choc. | Sous leurs plumes, l’espiégle jeune fille et sa vieille copine Dondon font leur entrée ; dans le monde de Ja mode 4 l’occasion d’un i défilé de Jean-Paul Gaultier. C’est charmant et frais comme au premier Ed Vent d’ Ouest. « LE QUETEUR DE MEMOIRE » de Pierre Jakez Helias Editions Pocket, 348 p. La civilisation bretonne n’a rien a voir avec Bécassine et Pierre Jakez Helias restera Vimmortel auteur du “Che- val d’Orgueil”. “Le Quéteur de Mémoire” nous entraine sur ses pas a la recherche des conteurs, héritiers des légendes celtes. Poésie et merveilleux bercent @ Jamais Vceuvre de ce grand écrivain. « LOUIS XI. LETTRES CHOISIES » Editions le Livre de Poche, 565 p. La collection Lettres gothi- ques nous permet de dé- couvrir des merveilles de lit- térature moyenageuse a un format et un prix des plus attractifs. Louis XI fut pro- bablement un de nos plus grands rois et les images dEpinal qui ne voient en lui que le créateur des “fillettes” l’ont bien mal jugé, Sa correspondance nous permet d’apprécier son génie de la politique et de la diplomatie. Un ouvrage de référence. « CAMBACERES » de Pierre-Frangois Pinaud Editions Perrin, 265 p., 135 F. Les politiciens de la Révolu- tion périrent pour la plupart soit sur la guillotine, soit dans loubli. Jean-Jacques Régis Cambacérés non seu- lement survécut a la tour- mente mais, aprés avoir rédigé le Code civil et recu les honneurs de I'Empire, mourut en 1824 dans la peau d’un duc de la Restau- ration. Ce portrait d’un homme aux multiples facettes est tout simplement Ppassionnant. « LES VOILA, QUEL BONHEUR ! » de Annie Saumont Editions Pocket, 154 p. Peu d’auteurs s’essayent a la nouvelle, tant ce genre est difficile et peu commer- cial, Annie Saumont est de ces rares écrivains qui manient ce style avec un rare bonheur. Ce nouveau recuell a recu en 1994 le prix Renaissance de la Nou- velle et ravira les lecteurs les plus difficiles. Ue unte Joona: mira reanes counrorse page 19 soso 11 av 19% B Fidéle au poste LA « QUESTION AFR » : DROITE NATIONALE ET SERIE TELEVISEE mi les graves débats qui agitent la droite nationale, provoquant parfois fissures et ruptures, a depuis peu surgi la “ques- tion AFR”. Soulevée dans Présent par Caroline Par- mentier, la “question AFR” se résume a un choix : est- on pour ou contre “Aux Frontiéres du réel”, série américano-télévisuelle racontant les aventures de Fox Mulder et Dana Scully, deux détectives du FBI (un male tendance Kreutzfeld et une femelle tendance Jacob) que leur hiérarchie a écartés en les chargeant d’élucider des affaires inex- tricables et baignées de mystére ? Exemple : cet auteur de romans, policier-journaliste alopécique, voit, chaque samedi soir, son minuscule studio envahi par des pachydermes incarnats. Est- ce dai a une descente d’extra-terrestres ou a la proximité d’un centre tal- mudique ? Mulder et Scully interrogent le distributeur Nicolas du coin. Ces enquétes occupent, chaque samedi soir, trois , heures d’antenne sur M6, la petite chaine qui monte. Caroline Parmentier a pris la téte des pro-AFR. Elle revendique sinon I’adhésion du moins le soutien de Mathilde Cruz, de National Hebdo dont les liens avec Frangois Brigneau sont la fable de tout le Landernau nationaliste. Or, a la stupeur générale, un lobby anti-AFR s’est créé a Présent méme. Disons-le : ce n’est pas sans tristesse que nous voyons, une fois de plus, la presse nationale se déchirer alors que tout appelle a la récon- ciliation. Faudratil attendre longtemps encore pour que les journalistes de la droite patriote se décident a prendre enfin la seule déci- sion de sagesse et de bon sens qui s‘impose (et qui permettrait aux lecteurs de faire des économies) : s‘unir pour publier un seul titre a Ia fois, quotidien du soir et du matin, hebdoma- daire, décadaire, bimen- suel, mensuel, bimestriel, trimestriel, annuel et a périodicité variable, don- nant pleinement Ia parole a toutes les nuances de la famille, depuis I’ethno-diffé- rencialisme Odinique (ten- dance de Benoist-Eléments) jusqu’au légitimisme tradi- tionaliste rallié (tendance Hamich-FIL), en passant par Ja droite républicaine Nico- laite (tendance Nouyrigat- Pére tranquille), sans oublier le révisionnisme Du- casso-Rimbalducien (ten- dance Faurisson-Gazette des tribunaux), le tricolo- risme mono-fanionique impérial serbolchevicocide (tendance Holeindre recti- fiée Sanders) ? Quoi qu’il en soit, au sein méme de Présent, bastion pro-AFR, la réaction anti-AFR reléve la téte et se cherche des appuis hors les murs ! La preuve : dans un récent numéro de Présent, madame Smits (pseudo- nyme a I’évidence !) somme le Libre Journal, en la per- sonne de son directeur, de se décider : est-il pour ou contre AFR? Je répondrai d’abord, non sans une certaine irritation, que l’on ne m/a pas attendu. La ligne AFR du été tra- cée par ADG dans un précé- dent “Fidéle au poste”. Sans consulter la base, ni le Lene Janata te trance Cnurttee page 80 9 BU 11 Av 196. G5 conseil éditorial, ADG (dont je signale a son lecteur qu'il écrit désormais aussi dans Rivarol ot, d’ailleurs, je ne sache pas que lon ait tranché la “question AFR", Soit dit sans blesser per- sonne, nous avons connu Camille-Marie Galic moins timo- rée dans le choix de sa ligne éditoriale...), ADG, donc, a réglé la "question AFR” au Libre Jour- nal. Il est contre, On peut regretter cette initiative qui manifeste un regrettable mépris du centralisme démo- cratique mais le fait est la. Nous n’y reviendrons pas, de crainte de provoquer de nou- velles tensions au sein d’une équipe déja fragilisée par la “question millénariste” (le troi- siéme millénaire commencera+t- il le ler janvier 2000 ou le ler janvier 2001 ?), par la “question Panpan” (“panpan Varbi” est-il le chant des zouaves ou des tirailleurs séné- galais ?), par la “question lunettes” (of as-tu mis mes lunettes ? Je t’ai pourtant dit cent fois de ne pas y toucher) et par la “question argent” (est-ce qu’on va un jour toucher des piges, oui ou non, a la fin ?). Quant a moi, j’ai quelque scru- pule a me prononcer. D’abord, parce que je ne veux pas accroitre les dissensions au sein de la famille. Ensuite, parce que je n‘ai jamais pu dépasser le générique de début de cette série sans m/abimer dans le sommeil. Cependant, je lis, sous la plume de Jeanne Smits, que le lobby anti se refuse a regarder cette série “pour influencé”. Cette méthode me plait. Trop souvent, en effet, les convic- tions les plus solidement ancrées s’en vont a la dérive parce que leurs détenteurs ont voulu frotter leurs a-priori a la réalité. On en connait dont les certi- tudes se sont brisées sur les écueils de la verification expéri- mentale. Tel qui croyait, ayant lu Marco Polo, que les indigenes de Zam- bie avaient des tétes de chien est revenu militant antiraciste d’un voyage sur les lieux. Tel autre, convaincu que Fodé Sylla avait un os dans le nez, a fini par convenir que Le Gallou fils méritait une forte amende pour n’avoir pas mis d’os dans son vain. Bt que dire de ceux qui, pour avoir voulu réviser cer- taines chambres, se sont retrou- vés dans d’autres ? (Alors, celle- 1a, si vous la comprenez, je vous paie des dommages et intéréts !) Donc, mon parti est pris : je serai toujours au coté de ceux qui condamnent sans jugement. Comme Jeanne Smits et les siens, je ne regarde pas “AFR” de crainte que le spectacle ne me contraigne a rectifier un a priori défavorable fondé sur le fait que cette série est étran- geére. Je suis, en effet, de ceux qui ont fait leur le principe immor- tel du juge Roy Bean (la loi a Youest du Pecos) : “Pendons-le d’abord, on le jugera plus tard” S.deB. ne pas étre Sans Portée MONSIEUR MAC | tpleuvait sur Sanvic. Je remontais le temps, "était | 12-haut prés de I’église que jfallais. On la voit bien depuis le bassin du Roi od les grands bateaux viennent mourir. Le Havre, porte océane,.. le ‘vent, la plu, le froid, tout me revenait en larges bouffées et Dumarchey, et ses chansons pour accordéon. Merveilleux poémes mis en musique par V. Marceau, qui surgissaient cen ribambelles. Quel beau parcours, monsieur | Mac... depuis Ie collége de | Nevers d’ot il éerivit un jour, <étant en quatrieme, & I’Aris- tide Bruand, le priant de le recevoir & Montmartre et de {ui facliter acces & la poésie. Léhomme au grand chapeau lui répondit et conseifla la patience... Si bien que quelques années plus tards, études bouclées, notre éleve ‘étu revenait & Paris, rencon- trait Bruand et se voyait confier, pour débuter, Pillus- tration des “petits formats” de ses chansons, imprimés juste .c6té, sur les Boulevards, Crest peut-étre pour cela que ce soir, 4 Sanvic, ga toume un | peu dans ma téte;j’étais vena chercher... fortune (2) et j'ai terminé la nuit dans un café du port ob j’ai demandé a Vaccordéoniste de me rejouer Te tout, comme ga lui venait. Ona fini trés tard ! est beau I’accordéon avec ses airs tristes et tendres, mélés de longs gargouille- ments, comme disait Carco, mais je n’avais pas ce soir de compagne & prendre au bon moment pour I*héroine un roman... Sai bu des bieres. On a chanté 11 pleuvra toujours sur San- vie... et surles chevaux de bois de ma mémoire. CINEMA « Nixon » de Oliver Stone Cette comédie dramatique américaine en couleurs est, sur plus de trois heures, un fotsonnant portrait du pré- sident Richard Nixon. Le réalisateur duu controversé “J.-F. K" (qui relatait, d'une facon partisane et broutllonne, Yassassinat du président Kennedy), en ppartant du fameux scandale du Water- gate, évoque avec une évidente sym- athie la vie cahotique de l'un des plus grands hommes d'Etat des USA. Crest aussi une lecon de “démocra- tie’ : un chef d’Etat remarquable est forcé a ta démission par deux petits joumaleux qui ont monté en épingle ‘une pauvre erreur de parcours durant une campagne électorale... Un lable cambriolage devient, par la grace de médiocres pisse-copies, un drame biblique qui prive la plus grande puissance du monde de homme qui avait reussi 'apaisement avec 'URSS et avec la Chine.. Liintérét du film est de nous montrer la complexité d'un étre humain, au fond, comme les autres, mais doué d'un formidable sens politique. Nous sulvons un Nixon, de Venfance triste mais pas malheureuse au départ triomphalement géné de la Maison- Blanche. est roublard, combinard, dissimula- teur, grossler, généreux et furteuse- ‘ment amoureuix de son épouse. L’autre aspect remarquable de Yeeuvre de Stone, c'est la promenade, exploration plutot, des coulisses de la Malson-Blanche. Tour & tour, on est temifé, séduit, agacé. Dans ce beau décor, tout est déshumanisé, frold, robotique. Lorsque l'on songe que les ‘marionnettes qui naviguent dans les couloirs de ce navire sont clles- mémes les marionnettistes de quelques guignols qui gérent le monde... ‘Anthony Hopkins est un Richard Nixon fascinant de resemblance. Il est visi- blement incamation de la jubilation de I’acteur exercant son art au Paroxysme. Son épouse, patiente et lucide, Pat Nixon, est servie par Joan Allen, talentueuse actrice de theatre titulalre des plus hautes récompenses ‘américaines. On ne peut citer toute la distribution mals elle est & 'égal des deux interprétes précités. Une men- tion cependant pour Paul Sorvino, qui Incarne avec brio Henry Kissinger. Homme-orchestre d'Hollywood, Paul Sorvino sait tout faire : livres, musiques, décors... Il est aussi le papa de Mira Sorvino, l'une des comé- diennes de “Maudite Aphrodite”, de Woody Allen. Ce Nixon est a voir! Olmetta Balades SAUMUR par OLMETTA Voici une jolie balade qui peut se réaliser sur deux jours. Si vous partez de Paris, vous pouvez approcher de Saumur par Vautoroute mais surtout les bords de Loire. Saumur offre le plaisir de la promenade a pied. On ne saurait recommander particu: liérement un magasin plus qu’un autre, un restaurant plus qu‘un autre, Ils sont tous mieux que bien. L'important, c’est de découvrir le beau chateau édifié au XiVe siécle qui domine la charmante cité aux toits d’ardoise bleue, Puis, vous visiterez ce Temple du Cheval, a la réputation mondiale, I’Ecole nationale déquitation fondée en 1768 pour recevoir le corps des Carabiniers de Monsieur, frére du Roi, Ce haut lieu de ’équitation est entiérement a la gloire d’Equus. Tout est ici discipline, élégance austére et harmonie. Si vous vous aventurez dans la région soit le 11 mai soit le 6 juillet, vous pourrez pas ser une soirée de réve (les hotels de la région sont charmants et abordables dans Vensemble). En effet, ces soirs-la le Cadre noir de I’Ecole nationale 4’équitation de ‘Saumur se produit en gala. Je vous suggére trés fort d’assister a rune de ces éblouls- santes représentations au cours de laquelle vous apprécierez la maitrise a la fois des hommes et des chevaux, dans le grand manége qui n‘a d’égal que celui de Vienne... Longtemps vous reverez ce bal- let que sont devenus des exercices de manége sophistiqués. Pour le lendemain, je vous propose, a quelques kilometres de Saumur, la visite d'une caverne sculptée, dans le petit village de Dénézé-sous-Doué. Ce Ileu étonnant, découvert depuis les années cinquante, était le siége des réunions secrétes d’une confrérie de tailleurs de pierres. Non loin de 1a, il faut voir le mystérieux village tro- glodyte de Louresse-Rochemenier, qui ét habité encore ily a une cinquantaine dannées. Choisissez dans la région une champignon- niére ot vous vous régalerez de “gall pettes” (gros champignon dont le chapeau est utilisé comme un fond de pizza). Apres déjeuner, visitez ses galeries impression- nantes dont vous apprécierez la fraicheur si vous vous baladez en é : Surle chemin du retour, arrétez-vous Ussé pour visiter son chateau, le plus méconnu des bords de la Loire, qui fut sou- vent la résidence de Balzac. Renseignements : Syndicat d’initiative de Saumur (Minitel). THEATRE « Monsieur de Saint-Futile » de Frangoise Dorin Mais qu’artivetil donc au cher Jean- Claude Brialy ? Il se bat courageuse- ‘ment pour maintenir dans sa belle salle des “Bouffes-Parisiens" un théatre divertissant de qualité et voici qu'il ‘monte et interpréte un mauvals vau- devil. Mais qu’arrive+iI done a lébloutssante Frrangolse Dorin qui a signe cette lour aude histoire ? Pas facile de vouloir “faire du Feydeau, Résumons cette abracadabrante aventure. Monsieur de SaintFutile (Jean-Claude Brialy), directeur de theatre et acteur & la mode (nous sommes 4 la Belle Epoque), aime les femmes, mariées de préférence... Pour les rassurer, mais surtout pour éviter la colére des maris Jaloux, il-se fait passer pour homo- sexuel... Le cocu et la “tante” sont des sources Inépulsables pour les auteurs fen panne de muse... Bien entendu, i exige de ses collaborateurs une atti tude équivoque, ou sans équivoque, C'est comme on vous. Ce sujet déja mince est servi par des dialogues pauvres d'inspiration mais riches de vulgarité dans lesquels 1a fameuse technique du “comique de répétition” confine ici au radotage. Pantalonnades graveleuses, situations absurdes et sans drolerie se succé- dent, mollement orchestrées par le ‘melteur en scene Jean-Luc Moreau qui fa pas réussi a sauver grand-chose de cette mauvaise tambouille servie dans tun beau décor de Pace. Mais un décor ne fait pas une soirée de théatre.. Madame Dorin a cru devoir introduire (on nous pardonnera cette facilité) Mar- cel Proust dans action, Nous avons «done droit — on auralt gagn€ le patt — “Proust ma chére"..., etc. Dire que I'on ne rit pas par instants serait malhonnéte. Brialy se déméne et s‘amuse visiblement dans un person- rhage quill connait bien. Toute la distri bution est parfaitement a 'unisson. C'est beaucoup de réels talents comiques dissipés pour peu, voire rien # Vauteur et son Interpréte princi pal sont sulfisamment fins et lucides pour se rendre compte quis ont mis cote de la plaque. Francoise Dorin, exépouse de feu Jean Poiret, devait probablement faire un syndrome de “La Cage aux folles’. Maintenant, je pense qu’elle est vachement guérie. Nous attendons dans la sérénité sa prochaine piéce, celle d'aujourd hui se noyant dans une ceuvre jusqu’alors éblouissante... Théatre des Bouffes-Parisiens 42.96 60 24. ometta Un _jour La rancon de Saint-Louis fe de la Marche ; Gauthi is: Philippe, comte de Me ‘Aux envoyés de Taran Shah, Ie sultan Le Libre Journal sera présent ala Xv journée d’Amitié francaise Célébrons ae baptéme de Clovis Samedi 13 avril | 1996 Palais de la Mutualité Rencontrez journalistes et * chroniqueurs du Libre Journal 24, rue Saint-Victor, 75005 PARIS prix d’entrée : 85 F Mes bien chers freres. Les stigmates ue des clous et de igmates, Le Ressus- par accident, ni par nest pas de Iui-méme| de la lance, voir les souvenir permanent Ie corps du Christ unite iscité, il porte cerueilé, il ltuelles et mor Quasimodo genité infants. des enfants nouveaux: (comme} La Grande Guerre Contre la « rumeur infame », I’héroisme des aumO6niers Varriére du front, lés di tractions les plus sofdides juettent les soldats et ce ne sont pas la élucubrations de romanciers en mal de sensation- nel, Toujours soucieux des ames, les auméniers s‘intéressent a ces périodes de détente et organisent des pieces de théatre, des tours de chansons comiques et patrio- tiques, des conférences dialo- guées, du cinéma, de la musique. On lit beaucoup et les auméniers constituent de véritables biblio- théques. L’abbé Fillon, en décembre 1917, a réuni mille deux cents ouvrages. Mais c'est auprés des blessés et des mourants séparés de leur famille que le role de l'aumonier prend sa dimension la plus émouvante. L'abbé Fouchard raconte : “Je sentirai toujours sur ma joue leurs derniers baisers sanglants oli passait toute leur ame ; car ({étais pour eux tous les absents : pére, mére, épouse, fiancée ; ils me disaient tout, comme:a ces étres aimés que je personni malgré moi, avec quelle émo- tion I" Et le pére Lenoir : “Le soldat Rolin me passe son bras autour du cou et, comme tout le haut de son visage est enveloppé, je lembrasse picusement sur ses lévres décolorées comme on baise le crucifix ou les reliques des saints.” Les aumoniers prennent en charge des obligations que les officiers n‘ont pas toujours le (3) temps d’accomplir : dresser la liste des morts des régiments, noter l’emplace- ment des sépultures, écrire aux familles pour annoncer les décés. L’aumonier préche au soldat V'acceptation des sacrifices impo- sés par la guerre, lui assure que, réconcilié avec Dieu, les portes du ciel ne pourront que lui étre ouvertes. II I’exhorte a se battre pour Ja France, contre I’Alle- magne responsable de la guerre et de toutes ses horreurs. Sa devise pourrait étre celle de Vabbé Choimet : “Dieu, la France, les ames’. Malgré. ces dévouements, le fort courant anticlérical exprimé dés le début de la guerre se mani- feste encore. Le pape, le clergé, les catholiques sont accusés d’avoir voulu la guerre, d’en avoir provoqué le déclenchement et d’en favoriser la poursuite. C’est ce que les catholiques appelle- ront la “rumeur infame”. A cette rumeur s‘ajoute la calom- nie ; la trés magonnique (déja) Dépéche de Toulouse du 15 fevrier 1916 défie n’importe quel poilu d’avoir vu un prétre ou un millionaire dans les tranchées. La reponse a ce parl imbécile est dans le Livre d’or du clergé et des congrégations : sur les 750 aumoniers mentionnés, 345 rece- vront la croix de la Légion d’hon- neur et, parmi eux, 528 a titre de chevalier ; 17,5 % mourront au feu (le pourcentage des hommes mobilisés est de 16,6 %). Dvailleurs, de nombreux témoi- gnages font I’éloge des aumo- niers, Celui-ci laisse d’ “universels regrets” ; celuia était “adoré des poilus et des chefs”... L’abbé Gabriel Sane, sénégalais, était “tres aimé des Tirailleurs”. Bien que entravée par les mes- quineries d’une hiérarchie infes- tée par les Loges, I’action des aumOniers est bien réelle et reconnue de tous. Les soldats redécouvrent les prétres qu’ils ne connaissaient plus. Les souffrances et les dan- gers vécus en commun imposent des relations nouvelles entre clergé et population mobilisée. Les hommes qui ont vu les aumo- niers se dévouer pour eux ne peuvent plus les considérer comme avant la guerre et accep- ter la poursuite de la politique anticléricale des débuts de la Ile. Clemenceau lui-méme le recon- naitra : “Il serait monstrueux de chasser de nouveau, la guerre ter- minée, les gens aux soins des- quels on a été trop heureux de confier nos nombreux blessés, qui sans eux, trop souvent, n’en auraient recu aucun. La sépara- tion, la loi sur les associations, dans leur forme actuelle tout au moins, constituent de lourdes fautes.” Grace au comportement magni- fique des aumoniers, ’Auménerie militaire, au statut encore bien imparfait, vera ses bases s’éta- blir véritablement a partir de la premiére guerre mondiale. Les trois articles consacrés aux auméniers de la Grande Guerre sont dus 4 Monsieur Paul Wild- mer qui en a tiré la substance d'une étude de mademoiselle Genevieve Coudray, étudiante a l'Institut St Pie X. arse,

Vous aimerez peut-être aussi