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LE YOGA SANS POSTURES Avant tout, une formule de vie, lune méthode et une possibilité d'approche de la connaissance de soi. Le Yoga sans postures vous permet dinclure dans votre vie quotidienne tun certain aspect du yoga, Le Yoga sans postures s'adresse a tous et & toutes sans restriction aucune de santé, d’age ou de connaissances préalabies, Le Yoga sans postures vous apprendra découvrir votre équilibre et votre respiration naturelle, multiplier votre pouvoir diattention, a rectifier votre attitude face & vous-meme et face a la vie. ‘Aucune « position » corporelle malaisée mais une «disposition d'esprit ». En bret, Juste une attitude Tattitude juste Ml 1) sojsoaa/e cate LP 7 4 epi alge, S716. fl, 20163998 LE LIVRE DE POCHE PRATIQUE Philippe de Méric LE YOGA | SANS Juste une attitude Vattitude juste DU MEME AUTEUR “YOGA POUR CHACUN ABC DU YocA Fe sc atpstons JUDO ET YOGA ae Chares Yercow Eons oe Mere LA GYMNASTIQUE CHINOISE _ Par Edward Maisel Editions MCL. PHILIPPE DE MERIC Offer de Pordre national dy Mérite LE YOGA sans postures Une attitude juste Avant-propos de Yvonne Millerand Préface dui Docteur Hubert Benoit 101902, Libmire Generate Frans Avant-propos Apes la Seconde Guerre. mondiale, hormis. qulgues Fares ini, persone ne connainait le mot ¢ You» “Gein pubhicte faite par le ter mensuelle Hitria qu svi, vers 1990, quil exitalt une Techmique diane preven le ing «dsp age 9 Hatha Yous» eines ‘ombutire i stress grice a des postures el dey eapicatons es ‘ours Gaient dom par correspondance, sous Tauris de Phir sats [at immed Simultanemeat, Laces aden oucdentle de Vos, dans lguale Anna knee des esos pacts ‘Ces dew plonners ae eonient plusieurs reprves_ pour confonte: iets vues ervsageant une amccation deaife | {Eden eiement comp Erp ery coma TyUas monitice sous la direction de Lucien Peer, et reson ‘cai Phlippe de Mire lors debe vies 4 TAcademie “Car homme, tes gant, dune quaranaine dances, ti isu et convergeant tous dans unique Métaphy- sique tradtionnele Tl ose — ce qui est rare — penser par Iui-méme et experimenter ce que ses intuitions révélatrices lui ont montré juste. Avec Thumilité d'un vrai chercheur, il ne pprétend pas avoir pu répondre entitrement encore Ia jile énigme de 1a condition humaine. Mais je V'ap- prouve fort de nous confier dés maintenant état actuel We ses découvertes. Son fivte a pour principal mérite de nous proposer ‘des Evidences relevant de T'ntuition intellectuelle, de ‘elle faculté mentale Ta plus subtile et la plus haute de homme, ’ Préface. 11 De telles évidences sont de nature initiatiques » pour intelligents que nous soyons, nous ne pouvons les per- tevoir que transmises traditionnellement & notre esprit par un autre esprit déja initié. Mais Yora sans postures est, de plus, rédigé d'une plume alerte, en un style simple et attachant : on trou- vvora grand agrément 2 sa lecture en méme temps qu'on. ¥y puisera une nourriture substantielle pour 1a compré= hnension de cet étrange « animal métaphysicien > quiest homme. Docteur Hubert Benoit : Ges pages sont délies. ma fonme, en tomoignae dalection profonde, mon fis pour Paider, un four, dans sa 4 recherche diferente > qui, cependant, Fejoin fa mienne, ames amis, chereheurs de vérité afin ‘wile sachent ge ibérr du Con pour ener dans Tinconnu. En Sappuvant ‘quand méme sur Te Conn ; Introduction Nous nous connsissons déj, ou nous nous rencon- trerons un jour sur le chemin’ de Ia méme recherche. ‘Quvrir ce livre signifie que sccroché par le mot ‘« Yoga », intrigué par le « Sans Postures >, vous avez. aussi parcouru, ou parcourrez les mémes routes, pro- gressé ou hésité sur les mémes sentirs. ‘Vous cherchez une confirmation, une certitude, un procédé... quelque chose enfin qui réponde ou vous aide A répondre aux irritantes ow angoissantes questions du monde vivant : Pourquoi? Comment? dont dépend notre comportement humain. A moins que, plus modes: tement, vous soubaitiez trouver le mayen de vous adap- ter effacement, physiquement et mentalement 2 ce monde, 14 Le yoga sans postures. ‘Avec des fortunes diverses et des moyens différents hous arriverons, tt ou tard, aux mémes carrefours ‘Quelque dissemblables que soient notre culture, notre langue, notre race, le probléme reste le méme. A des degrés divers, cette inquiétude est de tous les temps. Vous seriez surpris, comme je le fus, du nombre de philosophes, de psychologues, d'écrivains et méme simplement dhommes a Ia recherche deux-mémes qui, tun jour ou Tautre, ont plus ou moins courtisé I'Hin- dlouisme, le Taoisme, le Bouddhisme, le Zen, voire VOccultisme. ‘Moins hier, peut-tre, qu’ayjourd'hui ob la Science fn arrive a faire douter de la cohérence cartésienne des lois de Ia. physique. Cet engouement pour Torientalisme, plus qu'une maroite & la mode, souligne te désarroi des pensées devant ln rapidité d'évolution du monde actuel mveffet il y a 60 ans & peine, dans Univers relati- vement stable et structuré de Pépoque, Extréme-Orient, ‘auf pour la bizarreric de son art, ne jouissait pas d'une ‘prande faveur, L’Asie nlinspicait généralement que miéfiance, yoire réprobation, Les expéditions lointsines nlattiraient que les t6tes belées ou les originaux en mal adaptation chez cux et quelques rares personnes plus lairvoyantes soupgonnant déja la richesse des sources ‘extréme-orientales, A quelques exceptions pris, on s'ap~ ppuyait encore sur des valeurs sires = Ia Raison, la Science, Egle, on était croyant, athée ou sceptique favee conviction. A In stite des deux grands confits du sitcle, des ‘eoncepis de base évidents, de mols orellers dogmatiques ont bowsculés sans ménagement. Les fideles du ratio- | # nalisme et du positivisme, solidement retranchés derriére Je rempart rassurant de Ia Raison raisonnante, voient ears premiers bastions investis par los tenants dune’ Philosophie différente. Bergson, entre autres, revalorise [pour tous lIntuition, fonction ‘raditionnellement concé- ddée avec indulgence au sexe féminin. Plus récemment fencore, Ia logique aristotélicienne, fondement de toute line éthique, est attaquée plus ou moins sérieusement Par une certaine Sémantique générale, timide effort de symthise vers une compréhension nouvelle de Ia vie (tris imprégnée de Zen). La science avait espéré organiser un monde raison- rable ; cette science aujourd'hui débouche soudain sur des espaces inconnus. Le noyau de certains « atomes » jusqu’alors sagement insécable et indivisible par défini- tion éiymologique, devient « fissile >, cest-a-dire révele tune propension 2 se « diviser en deux parties de masses approximativement égales ». Cette fission libére une Energie bienfaisante ou destructrce selon usage qu'on fn fait, Voila une « relaxation > imprévue, génératrice espoir, de + mieux vivre» autant que de tension angoissante, La Relativté, ta Physique quantique remettent en question les lols les micux établies. La théorie de la Mécanique ondulatoire, la révision des notions ¢'espace et de temps, d'autres théories encore portent et porte- ont des coups sSvéres & des dogmes jadis indiscutables Méme la fameuse pomme de Newton ' risque de devenir aussi douteuse que le fruit non moins e€lebre qui nous Introduction. 15 1, Le Joumal Le Monde de 9 jut 1964 sgnle aun ofysicen aauiaks Hoyle en mathématicen inden, Nankar, seamen ‘STormuer ue poole theorems 16 Le yoga sans postures. vaut d'étre es tristes héritiers du Paradis perdu, Co” Paradis promis par toutes les révélations nous semble Dien lointain. En revanche, la Psychanalyse en mettant 4 jour les motifs sous-conscients du comportement Tnumain nous ouvre les portes dun Enfer bien réel Celuila, pire que Ia Gehenne biblique parce que nous le portons en nous avant de mourir ‘On se prend a regretter ce bon vieux diable fourchu ‘et cornu qui, en novs incitant au mal, nous faisait quand méme aspirer au bien. Tandis qu'aujourd hui ob le diable S'appelle « Névrose > excuse facile du « refoulement » A éviter, du « complexe > a ne pas révciller autorise des Ticences qui tout compte fait se révalent peu libératrices. Le probltme se complique lorsqu'il s'agit ¢'éducation, (On n’ose plus sévir contre les tendances anarchiques de ‘es chers petits d'hommes. Pour qui se targue de péda- gic enfantine les corrections corporelle sont tr8s sus- Pectes. La « bonne fessée> qui soulageait les nerfs de Yun en calmant les débordements intempestifs de lautro, ddevient la manifestation honteuse de tendances sadiques. Pis encore, ce contact sonore risque, nous dion, éyciller un jour dans fa conscience de la vietime inno- feente (9) des instincts libidineux, des tendances maso- chistes, des gotits pervers ! A tel point que, pour lui éviter le < complexe dt feealé >, un pire accepte de procurer & son fils les sujets dun examen. Ce pére so croyant trés a la page fhe comprendrait sans doute pas les consells de ce maitre Japonais enseignant a ses éleves.que : « Les débuts fnciles préparent les lendemains diticiles. » Nos facultés principales ne peuvent-lles nous sider ? LA RAISON, garde-fou indispensable, certes, se Iniroduetion, 17 ~ févele copendant insulfisante @ nous guider au-del’ du langible, luiméme rela LE SENTIMENT, souvent pris 2 tort pour une soit = disant tuition, nous fait tout bout de champ com Inelte des erreurs regrettables. ‘Quant 3 L'ESPRIT, dans son sens précis de principe de penséeiramortel transcondant la matte, il soppose Aux uns sans aider les autres. En effet, les rationalists, Impéntents le rejetent par défnition comme hyposé- fique ou sans fondement. Les spiritualises, avec ou sans fppartsnance formelle défine,localisent volontirs notre fime au Paradis ou en Enfer, mais Vintgrent diicile- ent dans leur vie intime comme présence récle. Voudrions-nous ailleurs nows fier & nous-mémes que Ja psychanalyse (encore elle!) nous informerat perti- ddement que nos moindres paroles inachevées, nos gestes Isladroistcahissent les sombres abimes de notre cons- lence insuffsaminent éclaicée parla mitre deT 1 des. Eglises de toutes. confessions De leur ce ces refuge tradiionnels, tentant difi- cilement de conciier Science et Religion, ont apparem- rent perdu une grande part de ler auience dantrfois Quicongue, poussé par les eieonstanees ou une erie imiime, regarderat autour de Tui et en wi, ferait les ‘mémes consatatons I semble que le monde ne sot plus explicable & notre feel individuelle et gue nows ne nots comprenions plus nous-méme. Que faite alors? Si nous ne pouvons nous satistare des théories déce~ vantes ou discordantes des philosophes, ni nous appuyer 18 Le yoga sans postures, sans erainte sur les connaissances des scientifiques, plus fou moins confiants en V'avenir de homme ', et si nous ne détenons pas les «Certitudes Admirables* > des Grands Maitres défunts ou trop silencieux, nous pour- rlons fermer les yeux, nous boucher les oreilles et, dans tun repli prudent, attendre que la science nous fournisse lun jour, malgré tout, la solution grice & une « Pilule du Bonheur pour tous >. Ou encore espérer tout aussi pas- sivement que les religions et les philosophies, trouvant n dénominateur commun acceptable, régleront. équite nent leurs éternelles querelles, Malhourcusement, s'il est facile de chasser une ques- tion importune dont la réponse peut étre difiérée, il est plus malaisé de supporter, sans réagir, un état latent de pperplexité face aux immédiates et pénibles réalités quo- tidicnnes. La confusion morale, soulignée par le désarroi mani- feste des esprits, crée'un climat d'inséeurité pour le moins inconfortable, Lorsque cet inconfort devient a ce point angoissant {jue nous ne sommes plus harmonieusement adaptés & Rotre milieu, & notre role dhomme, Pattentisme prudent se mute en la recherche a tout prix d'une solution quelle quelle soit Un scepticisme bien naturel vis-2-vis des affirmations péremptoires des autorités dont nous remettons en ques- tion Vinailibilitétraditionnelle, nous incline & nous tour- ner vers autres horizons. bi monde siemiique hhiméme prend te prom’s pour un en ofer pr ses spokes ae beee We dum ouvuge de Maurice Mose Introduction. 19 Doi Ie succés des revues, des ouvrages tratant du Mystere, de Invisible, du Para. ou du Supra-Normal. Droit Patra pour les sectesseeréts ou non, le recours ullipié aux voyants, voyantes, gurisseurs, mages, dont le commerce n'a jamais été plus florssan Essayez donc, dans une eéunion mondaine ou amicale, de lancer la conversation sur 'Occultisme, les doctrines ques, les guéiseurs, Vous serez stupétits de V'in- térét iecsistble quinspirent ces sujets. Rates seront 20 qui Tauroat pas 61é magnéisés au moins une fois dans leur vic, ou ne connaltront pas Madvesse d'une ‘oyante « extraordinaire », un astrologue réputé, voire dun maitze toujours « authentque ». Cette attrance, taxée dinfantlisme par certains, dénote, diront les autres, que homme normal ne peut se satisfaire unique- rent du bien-étre matériel, quand il Ie posséde ; quill ne peut non plus se contenter des Iéifantes promesses quand il on est déposséd Diauires enfin, affirmeront que ce penchant est un signe, une conséqueace de Pécart entee le perfectionne- ment technique et I'évolution humaine qui salgne péni blement sur les progsés accompli. Ouelles que soient les causes de cette curiosié, elle monire que, pour agir selon sa nature, Thomme esse de saisfaire ses aspirations légtimes : besoin de savoir, besoin de croire pour se sentir étrepleinement. Mais i ne nous sufft plus de recevoir notre savoir, note croyance : nous sommes acculés A une nécesité nou velle = découvrir notre vit Ceux qui par néeessiévitale ou simple inéeét ne peuvent se contenter dattendre que Caltres pensent pour eux, désrent sinon un reméde & leurs maux, tout | 20 Le yoga sans postures ‘au moins des cégles & leur portée. En fin de compte, le probleme réduit & ses vraies dimensions est & la mesure de Pindividu, Si chacune des collules constituant un organisme, ue ce soit celui de "homme ou d'un Fiat, d'une société ‘estreinte ou vaste, ou d’un pays ; si chacune de ces inf- mes particules de vie se comportait harmonicusement et ‘non anarchiquement, Tensemble homme, nation ou pays, serait plus cohérent. Utopie, reverie ! L’homme est mauvals, rien de bon ne peut sortir de cet étre déchu, penseront les éternels fyrincheux. A Vopposé, les doux visionnaires, croyant fencore a la bonté originelle de homme, rejetieront la responsabilité de ses malheurs sur Ta société qui seule déforme sa pureté native. Ne nous égarons pas ! Que homme soit bon ou mauvais, qu'importe | Nous devons faccepter de comprendre que nous n'avons pas & cher cher ailleurs qu’en nous-mémes les origines de nos dif cules. Notre épanouissement individuel est entre nos mains, il dépend de Véquilibre fonetionnel de toutes nos acti- wvités: organiques, psychiques, sprituelles, de notre gou- vernement intime, en un mot de notre mattrise. Ce petit vocable ou cette expression plus personnalisée : « mat- twise de soi » est surtout estimable, admirable chez les fulres, Oa s‘extasie devant un. homme éminent dans son art en disant de lui : « Quelle maitrise! », avec une pointe denvie ou de regret. Cest ailleurs généralement Ii que s'arréte notre appréciation ear nous n’avons que op tendance & nous dérober devant effort. Nous nous libitons bien vite derrire les faciles excuses habituelles ‘que voulez-vous que je fasse? Je n'y peux tien! Je ne Introduction. 21 suis pas libre de disposer de moi-méme, je nai pas le temps, jai une tlle hécédité et enfin, comment faite? Je vous épargne toutes les excellentes raisons qu'on peut trouver. Vous pourriez aussi plus insidieusement Taice remarquer qu'avee sa raison insuffisante, son int tion mal dni, son me inaccessible, Petre humain est bien mal armé pour se conguéti li-méme, Soit! Nous avons reconnu ces éeueils au passage. Si vous étes par- eau 2 un carrefour de votre vie, si vous étes au seuil dix Doute de beaucoup de choses, alors doutez encore lun peu plus. Doutez du Doute lui-méme et essayez le chemin ou la voie que je vous propose. : Cette voie, calle que jai suivie ct que je poursuis foujours, va de Fexplication & application. Bille nfest sans doute pas la seule valable, mais pour- ‘quoi ne mYaccompagneriez-vous pas, amicalement, au Jong de ses détours? Qui sait! Peut-éire trowveroz-vous dos bifurcations pls rapides que vous pouricz 8 vou tour mindiquer ? “Tout ce qui sera exposé dans ce livre résulte d'impré- nations diverses, d'échanges éerits ou oraux aver des faulcurs connus ‘et inconmus, des maitres. moris ou vivanis, Quils soient remerciés, notamment le profes- seur K. von Durckheim’ dont les idées forment le noyau do ce « Yoga sans postures » Bies-vous du voyage? ‘Alors ! commengons ! 1, HARA, Cente vital de Homme, Bion de La Colombe Un yoga dénaturé ou plus naturel ? Un yoga sans postures ressemble 2 un cavalier sans monture. Qu’est done ce yoga privé du support par quel il est connu généralement chez nous ? ‘A vous qui avez des craintes de voir ainsi « votre yyora matinal » amputé de ce que vous pensiez fonda- mental, les postures, je réponds que vous étes mal informés et quiil est’ temps caller plus loin, Et vous qui n’en faites pas encore, qu'attendez-vous un yoga sans postures ? CChercher une position assise stable, s'assouplir les articulations, se renforcer la colonne vertébrale, respiter correctement, tout cela est excellent et extrémement effi- ceace, sur le plan organique et, par voie de conséquence, 24 Le yoga sans postures Reo eee ae offre généreusement la vie ? ship s Oui, sans doute, si votre foi en un Idéal supérieur est Sr eices 8s eine ee recess oe wie aoe nae Dénaturé ow plus naturel. 28 , on doit pouvoie apie sur Pun en teaailant sur fans abandonner “nos occupations habitulles e dans le tumult de la vie (Mais ce travail est incessant, tout progéss'arréte dds "que Fentranement ees. Tl nous faut apprendre & nous urpaser continuslement, la vie est une progression “eonstante, non une fin en $0 Te yor, gui soit physique, psychique ou mystique, fu les trois &la fois, nest pas une cure de santé lime Aequelgves semaines, mais devrait re un mode de vie srmanent pour éireeficace. Te fait de pratiquer régulitrement quelques postures neous permet pas nécessarement de mictx éitiger aos activités famille, sociales, professionnelle. Nos pro- bsmes poychologiques, sls sont moins agus, sven sont pas moins présensst'non ress, Linfisancs dela méthode nest pas en cause, mais absence diane dimen sion : Ia profondeur, Cette absence fait souvent aban- ddonmor& mi-ehemin, Le « Yoga sans postures > répondra a cette carenc. Il ne sagira plus de prouesses extriures mais d'une acquisition intéieure; non dune reuse visible mais dune transformation profonde de ta constitution. I ompliters,stffera les exereices gymniques afin doles rendre plus effcaces et agmentee leur portée, Il pourra peutéte incite les paresseux, ov les timorés, 8 com Iencer leur initiation; mieux encore i aidera Coux qu, Timits par Tage ou les infrmités, rebutés par une eee taine conception du yoga, vouraient copendant ouvir Teurs Fenétres psychiques sur des horizons plus vases, ne seraivce qu’en développant leur intiion. ‘Que me. pardonnent ceux qui, coneewant Te yous 26 Le yoga sans postures comme exclusivement réservé i une activité sacrée, Soffusqueraient-ou trouveraient abusif ou ireévérencieux son emploi dans un but pratique et profane. En vérit, ce nest pas dénaturer son sens profond que de le considérer comme le faisceau réunissant es fac- teurs humains a leur Source primordial. ‘Au reste on peut toujours s'interroger pour savoir oft commence le sacré, et oi s'arréte le profane, Je souhaite quo, conformiste ou non, chacun trouve ici les rappels et les bases utiles & son complet épanouis- soment, Hn Gerivant ces lignes fal pensé pent-etre plus encore ‘tows ceux qui veulent aller plus loin méme tout seuls. Je leur conseille de chercher sans teéve. Is s'apercevront quill est vrai qu'on trouve toujours ‘quelque chose. i, de loin en Join, on constate qu’un concept n'a plus Ja méme valeur qu’au début, qu'importe ! ‘Si la prise choisic par Talpiniste c&de derritre tu, elle ui aura permis cependant de sever plus haut, de Dprogresser vers une autre prise est, en réalité, suivre un rai que la voie soit étroite, elle iment pour cela dénuée d’agrément. Dénaturé ow plus nature. ‘offre souvent plus Oi allons-nous ? ‘Afin déviter des confusions possibles, il. apparait aire de préciser quelques points importants, Les deux syllabes YO-GA expriment, par extension “ anaogique, Nidée union, dintégration individuelle en "ue d'une fusion avec un Principe supérieur, avec 'in- Visible Présence qui est en nous ef hors de nous Elles désignent aussi & fa fois ensemble des moyens mis en cuvre et le résultat cherché, c'est-a-dire T'éveil lune connaissance plus haute, Pour ainsi dire, par le Yoga on est en Yoga, par Punion on est,uni. Un attelage relié par un joug, dirigé prudemment mais @une main ferme, telle est Pimage A retenir. Image @avtant plus juste que notre corps, nos sentiments, nos pensées, forment I'équipage que nous devons conduire A destination, ‘Si Tun dos éléments composant l'ensemble du véhi- cule marche eahin-caha, tire & hue et a dia, le voyage fn est compromis. La parent linguistique et phongtique indo-européenne du terme sanserit Yoga avec les substantifs latin, alle= frangais ; JUGUM, JOCH, YOKE, jfaurais prétéré trouver un synonyme cccidental du mot Yoga, moins rude que Joug, plus 28 Le yopa sans postr. explcite qu’'Union, symbolsant tout ce dont nous avons besoin En occurrence, un mot désignant une voie qui ne arte pas en chemin et conduise & Tévoluion de TMhorame dans son ensemble toa out compte fit, ls procédé que nous allons exa- iinet émanant des Sagesses asiaiques = indiennes, birmanes, japonaises et chinolsts, je malntens ce terme de Yorn Actcllement on en distingve plusieurs sorte, cha une désignée par un terme préisant a. vole svivie + Physique, mentale, mystique, vie paraltle& la tlie orps, tne ou peychisme, et esprit Fn Oceident on connalt surtout Tun des aspects incurs, Vaspect postural da Hatha Yogn ou union par Téuilibre ces forces vitaes, préparant au RAIA YOGA, voie royale ou union par a méditation. Dans son intgralté, cette méthode comporte des degrés pré- cis franchir par étapessuccessves,allant cu respect de Drincipes moraux a la maitese suprasnormale, en pas- ant par Ia maitise organique Voild, tres grossirement, ce qu’est le HATHA YOGA dont Enumeration complete des degrés ex absolument décourageante. Fnoneé wolément, par simplification, le mot Yoga ous-entand toujours un moyen do so tlie 8 un Prin- Cine supreme. En bret, le Yoga est au Yogi ce que la rétle religieuse et ses conséquences sont au moine ome au Basle dune rsligion Reconnaissons que nous sommes assez foin de la Panieée utsce comme slogan publictare, associe & Dénaturé ow pls naturel, — 29 Ale relaxation, ou de eure de beauté et de jeu- ‘ternelle. le devine Ichahissement du leccur non préven = Mais alors, se ditil, moi qui ne suis intéressé ni Hidéal du moine, on eh saint, trop absolu & mon ni passionné par les objets superBciels de tele te-duv monde ou de Ja scene, dans quelle nouvelle ypse me suisje fourvoyé? Car je recherche surtout Adominer Vanxite, Vangoisse, mes troubles, mes détauts Tank physiques que psychiques, enfin tout ce qui, & des “Mogrés variables, m’emp8che de vivee pleinement m= Calmez ces Iéitimes inquigtudes. out Cabord, @ moins de le vouloir expreseément {et encore!) nous ne doviendrons pas Yogi grice & urtaines pratques, Pas plus que nous ne sommes trans- formés en moine ou religieux parce que nous nous ysnouillons pour price ou méditer. [La raison de nos dificultés d'adaptation physique ov ‘morale & notre miliew intime ou social, tout ce qui nous rive de facheux ou dagréable dépend dune seule Ppetsonne, noire seul compagnon fdele : nows-méme Quisitce done que ce «moi» A qui arrive tant de ‘hoses désagréables ou agréables ? Cesta cette recherche que je vous convie. Je ne yous demande pas de me croite sur parole, je vous fndique une direction ; & vous, si vous le voulez, de Ia suivre et alors de votre plein gré Comment se présente le voyage Description de la voie a suivre Sil west plus question de postures, vous penserez sans dovte ne trouver alors qu'une méthode mentale. ‘Détrompez-vous car, ce méme mental se manifestant par des altitudes ct des gestes, vous aurez quand méme es positions observer. A cela prés qu’elles ne vous "demanderont pas de prouesses acrobatiques, mais seront prises dans vos fagons naturelles, habituelles, de vous tenis. = 32 Le yoga sans postures. Savez-vous que, selon la tradition hindoue, se main- tenir immobile longtemps, sans effort, est un « Asana » ? ‘Ce mot « Asana >, caractéristique des attitudes du. Hatha Yoga, traduit’ communément par « postures », signifierait en réalité + aisé, confortable, stable, agréable > ‘Ceux qui auraient plus ou moins vu ou pratiqué des exercices de Yoga seront sceptiques. Ts oublient, ou ne savent pas, que le but de certaines ontorsions est de permettre au corps de garder une position sans. malaise. Cotte stabilité s‘obtient lorsque les centres do gravité spécifiques coincident ou se superposent sans se contra rier, Co qui est loin d'éire le cas dans notre vie quoti- denne, & en juger par nos propres contorsions pour ‘trouver une position stable lorsque nous nous tepo- sons (?) sur un do nos sidges habituels, ‘La definition que nous donne W'inde dans le « Yoga Sutra Il, 47 (trad, M. Eliade) est trés claire « La posture devient parjaite lorsque Veffort pour ta réaliser disparate, de manidre quil n’y ait plus de mou- wement dans le corps. > I arrive que les éleves novices trés souples de nature, fabandonnent la pratique des « Asanas » parce que sans Jntérét puisquils les prennent sans difficutés (sic) 1 faut bien comprendre, justement, que la méthode nie consisic pas & se satisfaire d'une aisance acquise ot linée, ou se décourager d'une incapacité passagére ov durable, mais a parvenir & réduire Toffort physique inéooiwaire fout en fortifiant le corps ct stabilisant 1a, ponsde . Le voyage et la voie. 33 ats dime lent ou déréplent now attitudes, respiration, notre quire tension-détente if tGtablir un réajustement intéricur harmonisant comportement, nous novs appuierons sur ces trois fs soutenant ensemble humain Wawitude, maintenue par une tension juste, anime le sou Chacun de ees facteurs, bien qu‘indissociables seront jings suceessivement fin de savoir = Pourquoi st comment nous tenir droit, = Pourquoi et comment «ne pas nous relaxer », = Comment respirer, — Comment cultiver Vattention, plante fragile four- Hissant Vadhésif nécessaire pour construire et maintenir hos trois piliers. Pour ce dernier élément nous nous réiérons & une Jechnique peu connue du public, sous cet aspect du ‘moins, car la méthode psychothérapeutique du Dr Vitoz. “semble sen étre fortement inspirée Je veux parler de la préparation & la méditation ouddhique ou SATIPATTHANA VIPASSANA BHAVANA Ces trois mots, irrespectueusement évocateurs d'une ‘eomptine de notre enfance (ams - tram - gram, etc.) ou une magique formule cabalistique, signifient Exercices (BHAVANA) pour établir (PATHANA) Ia conscience de soi (SATI) par une claire perception (VIPASSANA) lus simplement, dans les phases préfiminaires, ces * os 34 Le yoga sans postures. exercices ont pour but de développer une attention’ extraordinairement précise. Les lecteuts avertis de la méthode Vittoz remarque- ront sans doute des similitudes qui ne seront qu'une parenté incertaine, un cousinage a la mode de Bretagne, hon une extrapolation. pris Pétude et la pratique de ces modalités, nous pposséderons les moyens de développement agissant sur Jes deux plans : physique et psychique, pouve ‘ouvrir sur un toisitme, supra-psychique ou spi Bien que vous soyez peut-dtre tenté de passer au ‘chapitre qui yous intéressera lo plus, n'oubliez pas que ‘chaque partic est une fraction du tout. Si noire maintien est défectueux, notre respiration Test aussi. Si nous avons besoin de nous « relaxer », cette détente dépend des éléments précédents, lesquels sont tributaires de notre manque d'attention Comme énoneé dans Tintroduction, nous cheminons de Vexplication & application. Toutefois, comme nous avons plus besoin de procédés que de discussions sur leurs valeurs comparées, celes-ci seront réduites a leur ‘minimum, ‘Vous seul, d'aprés votre propre expérience, pourrez, jger du bien-fondé de ces méthodes qui seront pour ‘yous «les pitons du grimpeur > Le voyage et la vole, 35 Qui suis-je ? want aborder fs citférens « pourquoi» et « com- >. essayons ensemble de débroussiler un terrain encombeé, Ceste-die = qui, en nous, désie que ue chose change et par quel moyen y parvenir’? Personne n’s encore pu apporter une réponse satis~ ante < qui suse? > au « pourquoi suisje? + et fe moins & «qui pense ? > Y parviendeons-nous? Lexpéience vaut dee ten- ‘Vers quelle philosophie obscure, penserez-vous,allons- fous Sire entrainés ? Nous sommes habitucllement mieux informés du onde exiérieur dans lequel nous vivons que de notre monde intérieur. La lutte pour vivre, voire simplement Suibsister, nous impose de parer au plus. pressé “, ne sont-lles pas & notre disposition Constante? Nous pouvons contempler aussi. souvent que nécessaire le curieux et complexe assemblage de notre personnalié. Cependant nous mesurons notre impliissance & nous gouverner adroitement, & nous orienter sagement, 36 Le vo—a sans postures dominer nos passages © 8 vide > dépressifs ou dénouer fnos crispations physiques ou psychiques. Nous croyons onnaitre nos godits, nos tendances, nos aversions, nos réaction, nos facultés, nos défauts. En vérité, nous res fons vn inconnu pour nous-méme. Ti ne sulfit pas d'apprécier nos possibiltés, destimer fos limites pour augmenter les unes en faisant reculer les autres. La notion plus imprécise que sire de nos traits de caractére ou de nos possbilités ne résoud pas nnos problémes, n’atténue pas nos conflts intérieurs. Le comportement de ceux qui disent ou croient se ‘connaftre nest pas probant. Rien dans leur conduite ne témoigne d'une harmonie intérieure, d'un développement quilibré de leurs fonctions. physiques, émotionnelles, intellectucles. La connaissance de soi ne demande pas d'éloquentes Lissertations, mais un état de ucidié, de perception pure ‘ne comportant ni condamnation, ni justification. 11 sagt lune prise de conscience permanente et comprchensive de notre monde intérieur. Comprendre un probleme est en partie le résoudre, En occurrence notre cerveau, pas plus que notre femur, encore moins nos instinets naturels, ne sont sus eeptibles de nous apporter cette compréhension, En outre, les frontiéres de nos possibilités sont impré- tises, Ne diton pas que nous nutilsons qu'une ifime fraction de notre cerveau ? nous faut retrouver le lien invisible qui nous relie A une Source de Connaissance oublige ou négliée. suree A laquelle puisent toutes les philosophies, des pills primitives aux plus évoluées. Cette source étrange, fais réelle, pourrait aussi étce a Vorigine de la simul. * Le vovage et la vote. 37 Ades découvertes par des chercheurs isolés en des diflérenss. Cette Compréhension on Connaissance igre s'acquiert par un éveil spécial de Pattention, Tune observation de nos pensées, de nos sentiments. ‘hos actions, dans un état de calme intérieur. Autre- dit, en vivant consciemment chaque instant de Pour aborder 1a pratique de cette vie consciente, il 6 faut remplir deux conditions — reconnaitre la nécessité d'un complément & la for- Ination rogue pendant et aprés notre enfance ; — trouver une méthode appropriée. Un complément & notre formation estil nécessaire ? Ds notre venue au monde nous sommes dirigés, édu- (qués, dressés par nos parents, notre entourage, nos pro- fesseurs, puis, plus tard, par les circonstances qui se hargent, diton, de nous apprendre & vivre. Si tout se paste bien, si notte destinée se déroule sans fictions insupportables, si nous trouvons toujours une #éponse circonstanciée & nos difficultéS physiques ou ‘morales, nous avangons sur le chemin traeé par les direce tives recues. Nous savons ou croyons savoir vivre, soul= fri et mourir. Mais que viennent a seffacer tes sillons creusés par Péducation on Phabitude, que des boulever- 38 Le yoga sans postures. sements imprévus remettent en question les bases de fotre formation et nous fassent douter de sa valeur, alors s‘affrontent nos intéréts individuels et les rigueurs de Vexistence Liaxiome déja cité « d'abord vivre ensuite philoso- ppher > rest plus aussi évident. Pour vivre, c'est-dire Re pas se comtenter d'exister, nous ne pouvons nous satisfaire uniquement de la recherche du meilleur moyen. de nous tirer d'embarras, ou @augmenter un « bien ire > aux exigences toujours plus grandes. Nous nous interrogeons sur la fagon de concilier nos besoins et fos aspirations par un art de vivre personnel, une philo- sophie pratique. ‘Cet art de vivre ne découle pas d'une évolution natu- relle, mais d'une construction persévérante de l'individu. Contrairement & ce qu'on pourrait croire, on constate {que Phiomme n'est pas un étre accompli mais < une page blanche », a dit J. Rostand. En outre, pendant toute une période, peut-étre pendant toute sa vie, il ne se fait pas luieméme, «il est fait». Chose plus grave, sil ne se per- fectionne pas, il reste inachevé. ‘Tout se passe comme si la Nature le dotait & sa nais- sance d'un systéme complet mais embryonnaire pour Tequel_ une croissance est prévue, un épanouissement Possible. Toutefois, & chacun de nous est lassé le soin utiliser ow non ce potenti. Par ignorance ou par inertie ces vrais pouvoirs restent A Pétat de germes qui s’siolent faute de soins. La for- ation reeue de notre entourage ne nous dispense pas ‘un effort personnel de perfectionnement. Esquiver ce HWayall Wuceroissement c'est se condamner & s‘enliser ‘Le vovage et la vole 39 lune routine sclérosante. Cette assertion ne souffre ie exception : un bourgeon qui m’éelOt pas se Aéuit, désine, un capital qui ne s'aceroit pas Samenise Te plan physiologque, nul ne peut eontester quan ‘le non entretenu s'affaiblit, puis ‘atrophic. Il en {de méme pour nos facile, Liexemple suivant, bien qu'excepionnel, met en i lune part Ia néeessité dune formation de base Ie milieu familial ou social, aut part fa stagna- \voire la rétrogradation des facullés non deve- pees. Ta presse. souvent rapporié Vaventure enfants andonnés ans Ia nature. ou la jungle et retrouvés © Guelgues années plus tard. Ces petits hommes, deve- Ss non des « Tarzan, Maitre de la Fordt >, ot des Mowgli plein de Sagesse >, mais de pavvres enfant “ Toups, au langage inarculé, se trainant sr les genoux Gt es mains, ayant apps dans leur milion social acc deotel a survivre comme des animaux. Reprs en main Dar ine Equipe de médecins et 'éducatours, is se sont févsiés extrémementeifilles & réeupérer, sinon tale ment icréeupérabes pour le monde des. humains On peut amet que cesenfans posséient, comme tovs ls dirs humains, la disponbilité normale de leurs faculéscérébrales, Or, ne pouvant bénficier de acquis, de leurs ain, ils ne surent dépaser le stade de Panic malté et perdirent-méme leurs possbités innées amsioraton, ‘homme niest done pas parfait a naissance, mais perfecibi. Cette porfectibiité clleméme aceroit ou Gscrot suivant usage qu’on en fat 40 Le youu sans postures, ‘Ceci nous améne a la déduction que cette Pensée dont ‘nous sommes si fers, ne s'épanouit que par et avec les ‘autres. En conséquenee, lorsque nous eroyons étre nous- iméme, notre manigre dre ne rellére que Ie savoir et Tes préjugés de notre entourage... Nous risquons fort de Hagin et ne penser qu’en fonction d'idées toutes faites ! Nous ne pensons pas par nous-mémes, mais en quelque sorte nous sommes pensés! Cette constatation qui choquera certains, ne doit pas nous arséter mais au contraire nous donner une raison de plus de nous construire, apprendre vraiment & vivre, de prendre conscience de nous-méme. Pour peu qu'on s’en donne la peine, nous pouvons E:ciller des virtualités insoupgonées. Certains Yogi Pont prouvé en réaisant des prowesses physiques et psy- higues observées et contrblées sans contestation pos- sible. Sans viser & des exploits d'un intérét pratique discutable, nous pouvons, en refusant de nous satistaire une médicerité anémiante, développer nos. capacités| profondes. Or, Ja formation indispensable mais plus ow moins wompléte regue de notre milieu, nimtéresse que nos facultés eérébrales, voire comporeles, mals néglize le plus souvent celle qui fait la liaison avee ensemble des acteurs humains et nous permet une vision diftérente du ‘onile. Vision qui ne serait pas limitée & Vapparence sensible immédiate, mais sétenglrait 4 une dimension plus vaste et plus subtle Choisissons notre itinéraire Les méthodes approprices Les hommes ont depuis toujours cherché les moyens de surmonter les réalités pénibles de leur vie pour aiteindre Ia plénitude de joie a laguelle ils estiment Bire destinés. ‘A chaque époque, quelques-uns ont trouvé un ou plusieurs procédés par lesquels ils sont parvenus & ‘conquérir une liberté plus réclle que celle dont le nom ‘orne les batiments publics. 42 Le yoga sans postures Auirement dit, ees hommes ont aboli leurs contlis intimes et leurs oppositions entre le monde extéricur et leur monde personnel, en lissant jouer en eux une force équilbrante supérieure Sur un autre plan, mais cependant parallle, nous qui uillisons 1a force conciliatrce du Devoir, de Pidéal, ou tout autre concept, nous trouvons, tant que cette force us sufi, un facteur Equlibrant procurant une certaine ration & défaut de Liberté. Se dévouer & une cause, fire cher, proctde de la méme voie Mais, si ctte énergie, ila fos motrice et compense- tree, se revle insfisante, sila cause défendue se révele illsore, si Tete cher disparat, nous nous retrouvons Avec nos antagonismes générateurs de erispations, de spasmes, de blocage Nous recherchons alors un sueeédané de Hiberé dans la detente ou, si vous voulez, dans Ja «relaxation > dlevenue besoin impératf et non conséquenee d'une acti- Nite bien dosée Toutes proportions gardées, en comparant le Sage et homme moderne, nous découvors entre eux une cer- taine similitude : tous deux tontent de se libérer ou se lberent du confit des dualités de leur nature grice 3 tin élément unifcateur. La diffrence réside dans le choix de ce facteur libérateue. Paradoxalement, Phomme moderne sappuie sur des ides abstrates, le Sage sur tne réalité concrete, mais transeendant te simple rai sonmement Comment découveir cette Réalité inébranlable que ‘osisent certains privilgis, afin de Ta substitu 3 nos livers et instables abstractions ? SV eCinit Ie fait du raisonnement tout seul, ity aurait Winéraire et méthodes. 43 que fe probiéme serail rol Or ee « savoir» ‘uniquement le résultat d'une dialectique, done arguments, mais d'une « expérience véewe >, eonséquence ¢Pune pratique constante, Pour Hhsser& ce niveau il nous faut franchir trois stades : ir ressenti Pimpérieux besoin d'un changement ; Hite conscient et certain c'une possibilité nouvelle; Nous mettre en situation d'acquérir et de conserver le prise de conscience Puisque vous lisez ces lignes, on peut supposer dépas- la premiere étape, ‘Quant au second stade, n’avez-vous pas éprouvé par- 26 instants oi! soudain tout paral facile, Evident de até, de simplicité ? Cet état fugit ne provenait pas plement dune ambiance particuligrement heureuse, une joie passagére, mais du silence recueilll de re pensée, de voire cceur, de vos organes et, pendant "cette tréve de votre coutumigre agitation, vous disposiez lune vision différente, Celle-ci est éphémére et tout ‘Seflace laissant la trace dun moment exceptionnel “comme le souvenir d'un Paradis perdu. Si cet érat dime ne fut jamais le votre, méme en féve, autres y sont parvenus d'une fagon durable et ‘ious en ont apporté le témoignage. Nous pouvons tou- jours essayer de leur voie en abordant la trol "sige étape afin de vérfier leurs affirmations dans la mesure de nos moyen. 44 Le yora sans postures Quelle peut bien étre la meilleure méthode ? stil nécessaire et suffisant de nous mortifier en pre~ rant des attitudes corporeles inconfortables ? Faut-il nous retirer du monde, vivre dans un lieu désertique ? Doit-on inlassablement répéter un Nom ou une Phrase saorés? Méditer sur Tide < qu'on n'est pas ce qu'on croit aire > 7 Beaucoup ont esayé des quantités de procédés sem- lables et de plus éiranges encore que je passe sous silence, tous avec des succts tts relatifs, Besueoup ont abandonné en chemin, découragés par les dlficuts. ‘Quelgues-uns ont obtenu vaile que vaille une quiétude 4 domi satisfisanie. Aucun n'a vraiment égalé son Iuéal, parce qu'il ne suit pas de copier un mod, de suivee Ie procédé qui lui a.réussi, En Voccurzence il ne peut y avoir de « prétacporter >, chacun doit etre & Soisméme son propze «talleur >. ‘Aussi n'y atil pas de « recette infallible », de fagon de vivre diférens, de détachement douloureux, mais, ‘pres avoir reconiu la nécessité dun changement et auiis s4 possibilité le trisime stade consste & nous ‘ouvir peu & peu une disposition desprit particuligre PAF un travail intéieur pratique dans noire vie de ch ue jour et non dans une retraite monastique proche 6 lointaine « Arava intSrieur > consiste en exercices particu “lige oaceice choi, doit comprendre, pour ce efi i660 ensemble de prescriptions agissant sur la tota- Minéraie et méthodes. 45 de Nite humain et non seulement sur Yun de ses + Gaotionnel, eérébral, corpore. pourquoi les postures dur Yoga « occidental», ‘bénfiquessoient-lles, ne suisent pas & nous faite er nos limitations autres qu’organiques quand 4¢ confinent & Taspoct exclusivement gymnique. Jexercice ou les exercices, tendent modifier nos wismes haituls, nos pensées, nome comporte- par Glimination naturelle et progressive de nos attudes psychiques et physiques. Gontraizement 2 ee qu'on peut crore, i sagt moins s faire quelque chose de nouveau > que de « déjaire ue chose Wancien ». INe dit-on pas « Nous sommes déja et pour toujours que nous soubaitons éire »? Nous sfavons pas & evens ce que nous sommes mais bien i nous debar- de ce qui voile note pleine compréhension festidire rejter tout ce qui nous fait agie et penser “fix, abandonner les erreurs, les obstructions sur les- | queles nous eeconstrusons sans cesse. Les techniques ou les disciplines valables nvont pas “Wautze bur que de dssoudre les constructions erronées dle notre mental, de nous libérer des obstacles accumu 1é par aos rélexes émovionnels innés ou acquis, m: inadéquats & la réalité. Ces habitudes fautives sont tenaces et solidement ancrées, nous retombons continuellement dans. les tmémes omigres, Wot la nécessité de s'exercer & une Wigilance constante 46 Le yoga sans postures De quoi se compose notre équipage ? Beaucoup d'images, d’analogies, toutes plus ingé- nieuses les unes quo les autres nous sont proposées par les philosophes, les psychologues de tous Jes temps, afin de conerétiser d'une fagon compréhensible & tous notre fonctionnement intérieur. Liallégorie de Vattelage, souvent oitée par des orienta- listes, figure assez justement toutes nos fagons d'étre et de paraitre. Reprenons-ta, telle quelle, en résistant & 1a {entation de moderniser notre carrosse. Non pour en. respecter Je charme désuet, mais pour bien nous souve- hr que les exces de vitesse sont incompatibles avec une progression rationnelle. Jamas Vadage « hitez-vous lentement > ne sera plus vrai, Un bolide dévorant le temps et souvent la vie Saccommoderait mal de sentiers étroits et tortueux. En ‘outre, si la route est déja tracée, il nous faut en redé- ouvrir les jalons effacés ou arrachés, [La sagosse antique comparait le mécanisme complexe de homme & celui d'un véhicole tract, dirigé et com- ‘mandé par des impulsions ow Centres de forces corres- pondant aux différents éléments d'un attelage. La voi lure figurant notre comps, le cheval représentant les ‘sensations alffectives, le cocher symbolisant l'ensemble ties facultés mentales, enfin le voyageur transporté dési a a rate tate Melee équipage. Minéraire et méthodes. 47 fette allégorie, vous et moi, nous pouvons sailer ainsi = jure = Corps ques = INSTINC’ Centre végéiait Besoins al = Emotions = Centre émotit = Impulsions hes = SENTIMENT ; her = Pensée = Cenire intelectual = Cons- ions mentales = RAISON ; Voyageur = Conscience = Centre subtil = Aspi- in de Tame = INTUITION. " Gertains pourraient penser que c'est recourir & une “image bien singuliére lorsque Platon propose plus sim- ss fee opr ci ‘eeur et Ie venire > ou encore lorsqu'an philosophe “Moderne, Paul Diel, enseigne que les motifs de notre omportement sont réis-par Vinsatsfaction ou la satis: faction des besoins organiques du cerveau, de lestomac st du sexe Malgré la valeur de ces deux derniéres formules, Iaintenons, pour le moment, la comparaison avec Tat Ielage. Elle nous offre un schéma facile & suivre, tout en situant les données principales de notre conduite ; des esoins organiques non limités 2 un viscére jus- qu’aux aspirations de Mime non localisables, avec leurs facultés allant de Vinstinet & Vintition, Cette alégorie 48 Le yoga sans postures. illusre parfaitement ('Unité indispensable au jeu harmo- nleux de Vensemble, L'acquisition ou le maintien de cette harmonie sup- pose, non seulement un attelage complet, mais encore que chaque partie en place réponde exactement aux solicitations de son réle particulier, sans empicter sur les autres. Tl en est de méme pour Vhomme dont Péquilibre total sous-entend la cohésion des centres d'énergie et eur cohérence en une hiérarchie de valeurs subotdon- hhant les besoins du corps aux aspirations de I'éme sans lier les impératifs de la raison et du sentiment. De tlle sorte que nos actions, manifestations de Felement subtil (ame) relié & 1a source de connaissance (abst) soit secepés par Tintlc,cnetnes por | omment se présente notre équipage ise en ordre de nos éléments _ | Cette image de Pattelage nous facilitera 1a mise a jour nos imperfections majeures et, de ce fait, Ia possi- je d'y remédier. Un véhicule en bon état, bien entretenu, tiré par un cheval conyenablement attelé et dressé, obéissant a un "coche connaissant son métier, suivant les directives un maitre dont il comprend tes. instructions, voila, certes, un idGal bien simple, Pourtant, répondons-nows toujours a ces conditions ? personnels 50 Le soga sans postures. Outre Péventualité d'un attelage humain dont chaque ‘partic autonome serait mal soignés, qui d’entee nous n'a ‘pas 616 entrainé par les fantaisies du cheval-émotion ou détourné du droit chemin par les erreurs d'un cocher intellect ignorant de sa route et de son réle ? ‘On rencontre, également, deux situations non moins ‘graves et plus insidiouses notre cocher-intellect, fier de la raison qu'il incarne, foutrepassant son réle de pilote, négligeant ou refusant la présence du voyageur-Ame, cumule les fonctions de ppassager et de conducteur ; ‘ou, encore, tout en reconnaissant Vexistence du voya~ fgeur, Ie cocher poursuit sa route sans écouter les aspi- ations de ce dernier, sauf, & la rigueur, quelquefois une oreille distraite, & jours fixes, durant une céré- ‘monie hebdomadaire, dominicale ou autre. Niest-ce pas ce que nous faisons lorsque nous parlons ‘de notre Ame comme d'une tierce personne, en arriére- plan pendant la vie et au « paradis » aprés celle-ci? ‘A ce moment defini, serons-nous avec elle ou sans alle? Mais, oi va le cocher lorsque le voyage est fini Le probleme, semble-til, est singuligrement compli- qué, Cependant, i peut se résoudre en vellant au bon’ Glat de chaque partie du véhiculeshomme et de celui tes liaisons Stablissant les contacts entre chaque facteur. Tle plus souvent, ce que nous croyons étre n'est que expression, nécessaire mais imparfaite, d'une autre Hallé personnelle dont nous ne serions qu'une catica- lie, wie mauvaise traduction ou une esquisse, manifes- fajlon incomplete et déformée, génératrice de non-sens 1 Ale eontresens, Notre équipage et mise en ordre. 51 Ia raison, comme toute autre partie qui régen- ble, trahit sa destination réelle en se substi- Vintuition. Celle-ci commetteait la méme erreur i de s'appuyer sur d'autres facultés, pas « ce sont mes neris, ou mon émotivi pechent de dormir ou de m'entendre avec les ‘ou encore < je n'ai pas assez de connaissances > gniendu : intelligence) dans Vespoir qu'un ami, iment aimable, vous contredise. Essaye. plutot prendre pourquoi votre émotion vous entraine in que vous ne voudriez, pourquoi votre intellect Hut tout résoudre. eeherehe d'un mode de vie, d'une certitude ait nos antagonismes en résorbant nos tensions i extte aspiration A Tunité, sorte d'amorce latente Yoon naturel qui s'ignore. pparaligle sommaire et artificiel : THOMME ~ IELAGE, sil nous approche dune certaine compré- jon, comporte cependant le risque de suggérer V'idée Wironte Wun assemblage momentané de fractions dispa- ates. | Test évident que les Centres de Forces. ci-dessus ‘thumérés sont faussement autonomes, contrairement 2 hague partic composant un véritable attelage et n'ont [pas comme eux dexistence indépendante. Ces Centres ommunsment localisés dans le ventre, le coeur et 1a Pope eateens nei exatrioe ln Vie, Cente militeur unique, qui se diversifie en des apparences jnommées Instinct, Sentiment, Intellect, formant la per- Sonnalité qui doit se fondre en une personne & déve- lopper. ‘Les philosophes ou ceux qui se considérent comme 52 Le yoga sans postures. tels, tmoignent sans doute dune profonde appréciation ides modalité du fonetionnement intérieur de Phomme: (650 traits de caractére on «moi possibles ont été inventoriés) mais ne nous offrent qu’une aide dérisoire ‘Pour nous sortir de nos perplexités. En bref, on pourrait dire que nous savons, & peu de choses prés, comment nous Pensons, mais’ nous ignorons comment nous ‘¢saVons > que nous pensons et comment romédier sans pallatfs, chimiques ou autres, 2 cette ignorance. Eludons cette énigme peut-éwre tout bonnement mal pposée et réduisons le probléme & sa plus simple expres- sion. Il se résume & nous demander 4 quoi obéit notre conduite dans la vie? En n‘observant, je constate que mon comportement répond a un dynamisme inné que je sens en moi et que ‘je erois étre moi » parce qu’ procéde alternativement ‘ou simultanément — de mes besoins organiques instinetifs, — de mes impulsions affectives ct sentimentales, — des constructions mentales de ma raison, — des aspirations Gnigmatiques ou prévises de mon intuition, Mon état passager de joie ou de peine découle alors dle In satisfaction ou de faction de ces nécessités tales Diu point de vue différent, on peut dire que les Noire équipage et mise en ordre, 33 hheureuses ou matheureuses de ma vie dépen- rapports entre : moi et les autres, ‘moi et moi-méme, ‘moi et un facteur transcendant invisible, i ‘ationnellement. apports se traduisent par un attitude naturelle mtrainte, indiquant succinctement : Ie Participation confiante ou une rétraction timo- Wiseyis du monde qui mientoure ; ine acceptation souple ou un refus crisps du flux Qui me pousse A vivre ; ‘Une liaison adéquate ou un désaccord inconciiable le Vesprit et fe matiere. Bs Bi Obese rasuentcenx gui edouterlent de glsee ans Tabi & ta suite de cs parngraphes et cane Mines de se perdre en dhyphéiques approximations, Bs core, natin manietaion tangle doce us Boscom: const tr, los tos. leraives pee us c-desis correspondent Gvotementh ds atitades BR a ose) pote peu que tow lo voulors svee Bess na pectoral wee logue. soy rons, tot veut, os pote de ie Connahoance Crest ainsi que 1" Notre attitude intime positive ou négative vis-A-vis| 54 Le yoga sans postures du Monde s‘exprime par notre fagon de RESPIRER. Par cette fonction organique fondamentale nous commu nions avec la vie en nous et hors de nous. Dans cet ‘échange continue, de notre nalssance & notre mort, nous recovons I’énergie du Monde, l'assimilons et la restituons par nos gestes et nos actes : “'} Notte attitude intime positive ou négative vis-i-vis {du dynamisme inné qui nous pousse & agir, se manifeste par un exc#s ou une insulfisance de tension musculaire, fnerveuse, psychique. De felle sorte que nous aspirons 8 ‘une RELAXATION, solution extreme et précaire & nos hyper ow hypo-contractures ; 3 Notce altitude intime positive ou négative vis-t-vis de TEsprit et de la Maitre, souligne Taccord ou le désaccord entre le Ciel qui nous attire et la Terre qui nous retient et nous soutient. D'une certaine maniére bette altitude, juste ou fausse, se traduit par la POST- ‘TION de notte corps dans Espace. Chacune de ces attitudes présente une opposition ow lun contrasts entre deux poles opposés.inconciliables| fautrement que par un élément stabilisateur ou centre de gravité reliant les extr8mes et les unifiant. ‘Les données principales du probléme sont maintenant ‘Nous savons oft nous allons : 2 la recherche d'une vie pilus riche et vaste que celle de notre monde personnel Airoit ‘Nous soupgonnons ce qui arréte ou limite cette expan- sion Vela actucl de nos pensées, se manifestant par Notre équipage et mise en ordre. 58 tule rive ou relichée & Texebs face au monde Teel nous vivons. fant nous ne nous sommes pas encore mis en “Avant esla nous avons a remédier A chaque défat lice pour remetie ensemble en ordre de marche seul clément susceptible de nous alder pour est le cocher-intelect, uci, Eveilé de sa torpeur, descend de son sgge r abord: la voiture dions notre véhicule L’art de vivre mmence par la fagon _ de se tenir debout De la théorie & Ia pratique Tout ce qui vient du cwur ou de esprit est véeu par favec le corps. Cette phrase n'est pas un axiome “soleonel, mais une constatation toute simple pour qui _ s6figchi un pou. Inversement, nous déduisons de cette évidence que rectifier notre maintien physique, retowver un rythme | respiratoire naturel et personnel, contrler et doser nos 58 Le yoga sans postures tensions physiques et nerveuses au prix d'une attention particulitre favorisera la construction et la croissance de fhotre étre total, Tncidemment, Vallégorie de Vattelage confirme et pré- cise, une fois de plus, la vérité de eertaines assertions de MExtréme-Orient notamment celle, tonnante & premitre ‘yue pour un Occidental, quil n'y a «rien & faire » mais A Superlciels, atificiels et divers, viennent tout modifier et Douleverser, interrompant et perturbant les liaisons avec nos centres énergie, bloguant lexpression de notre ‘moi > profond unique. Tovicfois, ce «Inisser faire » ou « ne pas faire >, loin ‘de signifier un_ abandon pass intense ot une Iucidité permanente, sous-entendant, au préalable, une remise en ordre pour « nous défaire » ‘A vouloir supprimer un défaut corporel ou psychique, fon échoue pénéralement parce que, logiquement, on pense le remplacer par sa qualité correspondante. Ne serait pas plus judicieux, non de substituer par ‘un acte volontaire une chose & une autre, mais de nous placer dans une situation tele qu'on trouve tout naturel de se modifier ? Dans , © G, Jung a éerit: « Les maladies mentales sont const luées par des processus normaux perturbés et exagé- Ws.» Si cela est vrai des maladies mentales, pourquoi fie le serat-ce pas des troubles du caractére et méme de Serinlnes malformations organiques, notamment verté- Se tenir debout. 59 Ces deraires nant, justoment, pour la plupart Jes excts de courbures normales dont la nature 2 8t6 contrarigo. is avons presque tous entendy & un moment de Wie enfantine : « Tiens-toi droit» Cette injonction de sollctude pour note esthéique et notre sant Taroment révéize bien elfcace. Ce n'est que pls devenv adult, qu'on pense. de temps en temps, 8 sr le das, pour retomtber plus souvent encore dans altitudes défectueuses, Mais siaprés avoir rece poston dans la mesure permise par nos Tima: atculaires, nos mauvais pls, nous trouvions une le proche de la. bonne, susceptible déte. pls ble quo la mauvaise, nous la prendrions tut natt- mont ‘A ce moment il n'y surait qu’ leisser fae > le profonde du corps et de Tesprit, Tune étant pression de Pate Nous navons pas & nous force prendre une peiton “physique ov psychique considérée comme bonne pour Totter contre une mauvaise, mais plutdt a laisser la pre- fnire stablic ct se maintenit par application dun “moindre effort conscientréablissant libre TMéme les cas extremes de troubles et malformations Au ressort de la médecine ou de la réédueation médicale henéfcieraient de cette fagon de voi en complément des traitement presets 60 Le yopa sans postures. Quel maintien adopter ? Nous y voici, pensez-vous, nous allons quand méme parler des postures du HATHA YOGA ! Oui, mais pas {out a fait dans le sens od vous Ventendez. Les ASANAS ou positions de ce YOGA ne sinté- sgrent dans notre vie qu’en tant qu’exercices réguliers, mais momentanés, tandis que notre maintien juste ou faux est permanent, Malgré les bienfaits indéniables d'un tenteainement, celuici nécessairement limité une heure toa deux par semaine, ou une demicheure le matin, ne porte ses fruits que lorsquil se PROLONGE DU MA- TIN AU SOIR ET S'INSERE DANS L'ENSEMBLE DE NOTRE VIE QUOTIDIENNE. En dépit de Venthousiasme éprouvé en réussissant Ia PADMASANA (posture assise, dite du Totus) ou de la trop fameuse SHIRSHASANA (6quilibre sur la tte), est peu probable et non soubaitable que les Yogi néo- plies se risquent A utiliser ces poses peu commodes dans les transports en commun ou & Jeur bureau. Pourtant nvaver-vous jamais && frappé par le fait quiaprés avoir étiré vos muscles, assoupli_ vos articula- tions, détendu vos nerfs, calmé vos agitations mentales tt émotionnelles, si, pendant le reste du jour ov de Ia semaine vous reprenez vos crispations, vos tenues défec- Tueuses, vous annulez plus ou moins vite le bénéfice de v0 efforts ? Une plante & qui nous voulons donner une certaine ‘rlentation poursuivra sa croissance primitive sila forme Jinposde west maintenue que quelques instants Se tenir debout, 61 fn est de méme pour nous, lorsque suivant une réduite aux moments passés a son application | teprenons nos conceptions, nos postions fausses apres. fous savons pourtant bien que rien de durable ne slinsiaurer sans Ia constance et la persistance dans A plus forte raison lorsqu'll est question de ; Wépanouir une nouvelle conscience de soi se sant par une nouvelle manitre d'etre, le conscience, embryonnaire au départ, doit en jssant, en sapprofondissant, remplacer les « 650 » usurpant sa place. Paceession au grand jour de cette force intuitive, jée aul second plan par le tumulte de la vie, se par le calme parfait de Tapparence, laissant aux is de notre visage, & nos gestes, 4 nos attitudes, [eur " Mhobilité dexpression avec toutes les nuances du plaisir "U mécontentement, sans affecter la stabilité de notre Gullibre iterieur. “Pour Tinstant notre comportement général. dévoile fins ce calme serein que les conflts opposant nos Aerlances anarchiques. Notre consience une fois sortie $2 forpeur, nous apportra une vision du monde tota- ent eifeente, comme stun « tose cil» se des- sila Malgré te mizoitement chatoyant de cette formule ‘ tvsiome el» no river pas A ces miracles hypersenso- Fils si aénérouerent pres Extrome-Orient, La ve imméatate moins fascinante, mas plus accesible, consis- tera par des. procédés simples 2 rétablir Forde dans cette maison vivante que nous habitons. Parla suit, qui salt? Mai, nous en reparleons. 62 Le yoga sans postures Présontement, le premier miracle consistera a faire de chaque instant de notre vie une joie renouvelée et non lune corvée dont nous cherchons 3 nous libérer par tous les moyens, des meilleurs aux pies. ‘Les plaisis les plus innocents ne deviennent-ils pas ‘des besoins exigeants ? Le charme momentané d'une habile partie de bridge, d'échecs ou autres, Pagrément passager dun spectacle, notamment téiévisé, se défigu- rent en une sorte de vice individuel ou collectif,astrei- {goant pour tous. evant la nécessité toujours plus grande de s'évader de soi, les vacances elles-mémes deviennent tristement bligatoires et ne sont qu'une fuite éperdue de nous- ‘mémes, Il ne nous est plus possible alors de comprendre la signification profonde de antique sagesse chinoise : Powolr miraculeux et merveilleuse activité! Tier de Veau et couper du bois. Chaque acte le plus humble de notre vie n'est plus ressenti par nous comme « ce qui est» : une joie pure, ‘mais comme une punition cosmique incompréhensile. ‘Comment parvenir A cet éiat esprit sans dualité inconeiliable, sans lutte épuisante et stérile ? En commengant par réduire les antagonismes, les confit corporsls, expression matérialisée de nos opposi= tions psychiques en cherchant la voie qui unit les coniraires, Cesta-dice 'équilibre Si nous essayons de faire tenir debout un objet ina nimé, sa base doit tre, en principe, plus large ou plus Jourde que sa partie supérieure ou encore son centre de Jpavilé se simera le plus bas possible, sur axe vertical Jpassunt par le centre de eet objet. La situation se com- Se tenir debout. 63 pour homme qui, articulé des orteils & Ja nuque, ie & volonté cet axe vertical sur lequel se trouve feentre de gravité, suivant T'inelinaison donnée a sa Asa poitrine, & son ventre, c'esta-dire selon sa jominance psychique momentanée ou permanente. i lorsque nous déambulons, le front lourd de Ges mioroses ou profondes, on seulement notre adoptera une attitude + fleur penchée > qui nous feonvexera > le dos, mais aussi modifiera la position, notre centre de gravité, “Tl-en est de méme lorsque, sir de notre importance, noire valeur réclle ou imaginaire, notre front se fessera exagérément, menton pointé en avant, souli- lant la courbure cervical, le ventre proéminent accen- want Fensellure lombairo. Enfin, la sutisance risible des Horses bombs aux ventres trop creusés, perturbe aussi malencontreusement notre équilibre, quoi qu'on en’ pense, en réduisant la base servant de support & V'en- semble. Cependant s'il est exact que les déviations innées ou facquises stigmatisent une tendance physique, ne nous Initons pas de juger sur des apparences ou dé renoncer ‘tout espoir d'amélioration. Une personne qui n’offrirait visibiement aucune malformation et une autre au phy- sique tourmenté peuvent fort bien eacher une pine dor- sale tortueuse pour la premiére et droite pour la seconde. La localisation de ce point «équilibre {du corps n'est pas impérativement lige & un type mor Phologique, mais a Ia position juste ou fausse du eentre do gravilé ‘On peut étre mince ou fort, petit ou grand, qu’on se tienne assis ou debout, si on observe un certain « lasser 64 Le vopa sans postures, faire + les forces de Ia pesanteur se rassembleront 2 la base du vente et de la colonne vertébrale entre la cin- quigme vert@bre lombaire ot un peu au-dessous du nom: bril [3 & 4 em]. Par definition, un centre est un fiw intérieur ot convergent et dod partent certaines forces mécaniques, ‘musculaires, nerveuses, psychiques. De sorte que modi- fier notre centre de_gravité revient 4 TRANSPOSER DUN POINT A UN AUTRE, partiellement ou totale- ment, UNE ENERGIE qui se localisera dans une région ‘du corps ob elle Fanssera ou rétablica Nequilibre de en- semble, Lrextréme sensibilité de notre pensée jointe & la facolté de mobilité de notre organisme font de ce liew central une vraie boule de viFargent répondant & la moindre sollicitation Notre équilibre physique ct psychique, cest-i-dire notre Gtat de stabilité et d'adaptation résulte de la compensation de forces diverses qui se contrebalancent harmonicusemont. Or, cette compensation néoossite dans Ia station debout, comme dans la station assise, les contractions opposées et complémentaires de groupes musculsires. Cet effort d'adaptation, bien que naturel, fest encore accentué par nos altiudes défectueuses habi tuelles ot passages. La recherche inconsciente de la stabilitg, exprimée ‘dans le balaneement d'un pied sur autre, d'une hanche ATrautre, entraine une dépense d'énergie inutile, un état de crispation épuisant. 1 Mees ta distance en centmdtres du nombri au putin Diener cine mstintcs por dour Se tenir debout. 65 tte notion «'équlibre n'est pas nouvelle, pour now, ‘ous en servons automatiquement COMME NOUS IRONS, clestidire « sans y penser» nouveauté consstera prendre conseienee de force et a la maintenir & sa vraie place, celle ienée cidessus en que cct emplacement soit le méme pour tout Thumain et corresponde 2 son centre vital, leu ol se emiblent les forees de son éte, ce centre ne posséde Wenistence formelle précise, ni do coreespondance ique, done pas plus de réalisé physiologique que chakras hindous (centres énergétiques situs le long en avant de la colonne vertébrale) ou In localisation tive : espritéte, sentiment-cour,instinct-vente, Pourtant ausi onglemps que cette boule de vi-argent ne sera pas stabilise et pourra se feagmenter A volonté, nous ne serons pas intégralement unifié. Nous resterons dans état de conti imérieur qui est note lot commun, ‘Aussi Gtrange quelle soit ne sous-stimons pas cette hypothése de travail ant que nous n'avons pu la vérfer ‘ou Vintirmer. Les Japonais nomment ce centre vital HARA, mot qui signifi litralerent « vente > et soulignent ainsi la Situation particule de cee force originele 2 déve- Topper une fagon inébranfabe. Pour eux, toujours, c'est le « ventre qui renferme le eur et Suporte la t8te >. Autrement dit, Ia base corporelle eonstituge par la musculature sous-abdomi- nale et Tes fombes sovtient tout Vésiice, englobant et {gouvernant Pee enter ‘Aprés tout, dans notre langage familier, ne dit-on pas de quelgutun mal A son ase « Gui nest pas dans du latin populaire + assedita, manitre 2 Colte expression plus généralement appli ‘Ia fagon de se tenir dun cavalier s'est étendue A toute personne debout ou tout objet reposant sur tune base ferme. __ Nous avons vu que notre vie intérieure est schéma- tiquement domings par un ou plusieurs centres de forces attractives ou répulsives qui nous creusent 1a poitrine de détresse, nous bombent le torse.prétenticusement, nous affsissent ou nous élévent momentanément. Libé- ons-nous de ces tensions en les coordonnant et en manifestant cet accord par nos attitudes. Pratique de l'attitude debout juste Pour pew que, devant une glace, nous essayions de ‘ectfier notre position nous n’aboutissons qu’ accentuer les défauts existants, ou a nous raidir inconfortablement. ‘Comble de perplenité, si nous artivons & nous tenir a Bau pes droit nous nous sentons intéreurement de travers Porter Ia téte haute, si elle est habituellement pen- cchée, bascule le torse ; redresser les épaules fait sortir Ne ventre ; rentrer le ventre pousser les hanches en arritre.. Cost désespérant | Si vous le voulez bien, prenons Ia description pro- poste par les spécalistes médicaux Se tenir debout 67 « La meilleure position est obtenue en superposant les jambes, le tronc, te cou et ta téte dany wn plan Wéquilibre presque vertical. Ce qui aura Vavantage de répartir de facon harmonieuse Uefiort des muscles, des tendons et des ligaments qui participent au maintien de tet équilibre. Cet effort est ainsi réduit aw minimum. « Liabsence dexcis de contraction est de loin te point essentiel de cette attiude correcte et détendue. Aussi cer équilibre dans un plan vertical ne doit jamais ire obtenu, ni conservé par des efforts de contraction fou de fixation, mais au contraire s'établir et demeurer complérement libre et naturel. L'axe vertical traversant le corps du sommet du erdne jusqu’aw sol doit tomber ‘entre les pieds. Ceucx-ci seront légerement écartés, paral- leles entre eux ou leurs pointes un peu en oblique vers Vextérieur « Les membres inférieurs sont droits, ni fgchis ni récurvés, les genoux, les muscles en légere tension. « Linclinaison du bassin est recifée delle-méme sans exogération de Vefler des muscles abdominaux et des fessiers, ni reldchement ou contracture de ces muscles « Liéquilibre presque vertical rédult au minimum tes courbures de la colonne vertébrale et ne provient pas dune tension corrective mais de la recherche, puis de fa ‘conservation de Uéqullibre. « La sithoueite de Vabdomen décrit une courbe lisse et réguliére sans saillie de muscles comtractés « Les muscles de la cage thoracique sont détendus, de facon 4 éviter une projection artifcielle en avant et en haut ® «La cage thoraciqiue ne doit pas étre surélenée, mais 8 Le yoga sans postures. Ms Teelisaion bose me doit pas non plus proven “ arn ph pve ine accenuaton de la vosure dere Les dates tombe tbrement sans fire portes en Avant oon ere 4 Las tras penton lbrement des épale sous te seul effet de la pesanteur. itp * La poston de taste reste ans tree notre < Loltude out entire do ere dconacta Ein, ¢ ceve aude cond tovt nateoen 3 tne respaton abdominals ete toe ditenson re Mone equ apne son coractive foncsoen naturel». fee 4 Cos memes spécialistes précisent encore que « Latitude considérée comme normale idéale a Grolué au cours des temps (1), Les problemes qu'elle ose ont fait Vobiet, des années durant, des discussions des méidecins comme des spécialistes de la culture phy- sigue. I en a résulté Vabandon d'une attitude rigide, viificielle et néjaste qui reposait sur un dogme pihssion logigite maintenant périmé, Plus tes powmons seront amples, meilleure sera la respiration, correspondant ait fcanon de la beauté : ta poitrine projetée en avant, les paules effacées et le ventre rentré. De nos jours atti. tude tend a-devenir plus tibre, souple, détendue + On devrait ajouter + dlastique Ws Pasooe tak de: Retucaton oneomele tor la Gym fartawe, par H. Hechsher et R. Ellon Merson, cairn” tO” Se tenir dehout. 69 Les experts rendent ainsi justice @ Pesthétique natu- le de homme et de Ia femme et renoncent aux ano= les spectaculaires et momentanées.des_« Monsieur “Musele ». Ge texte que je vous conseille d'étudier attentivement fait ressortir trois points essentils = équilibre, Ia imoindre tension, Ia respiration abdominale. Cependant, faussi complet soit il lui manque des précisions impor- fantes, une sorte de « mode d'emploi » Tout diabord, si vous avez. une ou plusieurs malfor- ations, celles-ci_ne vous empécheront pas de vous fapprocher de Vidéal, Ensuite si, au contraire, vous étes de ceux qui s'estiment assez bien partugés par la nature, te qui reste & prouver, vous avez quand méme intérét A vous observer. Bien rares, en effet, ceux qui ne teachent pas une petite déviation en ¢ ose » quelcongue, Te charmant cou de eygne de mademoiselle X, Nélé- gante nonchalance de monsieur Y, sont les signatures: dde courbures cervicales ou dorsales laissant présumer ailleurs une ondulation compensatsice. L'vne et Vautre fen s‘accentuant avec [Age prendront des noms savants fet moins simables. De toute maniére, bien ou mal dotés pphysiquement, voici la fagon de procéder pour co qui intéresse notre transformation profonde. Pour trouver la meilleure attitude Les experts, revenant sagement & une meilleure ‘conception, nous donnent 1a ligne générale, en retrou- vant les régles naturelles, valables pour tous. aussi identaux qu'Orientaux. Ces derniers plus portés Teeherche intéricure n'ont jamais completement Perdu le sens de la vraie nature, Sauf, lorquils appli. ‘quent, bien malencontreusement, des doctrines émanant de VOccident ! ‘Apr’s avoir vérifié Ia superposition des. différents Segments corporels : jambes, tone, nuque, tte, il im. Porte en premier lieu de rechercher notre équilibre, Celui-ci est donné par la position exacte du centre de ravité, mieux nommé encore Centre vital. se place au centre du volume corporel limité, en artitre, par la charniére de ta cinquitme lombaire ct Ia Dreniigre verigbre sacrée, en avant, par la parol abdo- finale, 4 3 ou 5 em aurdessous duu nombril. $i yous voulez, il se situe dans le socle formé par le bassin, comprenant le bas des reins, les hanches et la muscula fure sous-abdominale, Il est commandé par eclic-ci, en lip point précis que les Maitres japonais nomment ‘Tanden, au-dessous du nombril et dont nous pouvons ‘mestirer Ia réalité lorsque, plagant nos doigts en pointe s0us le nombril, nous toussons, Ou encore, si, bousculé Par quclquun nous essayons de ne pas tomber, la ontraction musculaire pour résister a la chute se loca lise a ect endroit. -Ayant pris une conscience de ce point d'équilibre de otfe corps, pour une exploration trés simple de notre Personne physique, nous pouvons, a partir de cette onnaissance nouvelle, trouver aisément Vattitude natu. fellement bonne dont dépend notre bien-éire, ment, aul cours de la journée, que ee soit pour Nous détendre ou pour rectifier votre position, tenez- ‘ows debout et, par un effort musculuire souple, étirez Se tenir debouw. 71 colonne veriébrale de bas en haut, comme si vouliez grandir. Vous pouvez vous représenter que is Stes sous une toise et que vous repoussez le curseur Te haut avec le sommet de la téte. Liéquilibre naturel se trouve rétabli sans effort et Pattitude correcte s'en suit. ce Quin. Faur EvireR VY" Ne porter pas le menton en avant, au contaire, fentcez-le contre la gorge pour atténuer la courbure corvicae. 2° Ne soulevez pas les épaules. 3° Ne bombez pas la poitrine, laissez-en les muscles Souples. 4° Ne ercusez pas le ventre, restez bien «assis > sur les hanches. Conseils supplémentaires it fans Uatti- Pour facilter la position juste du bassin, dans Us tude décrite — ci-dessus — les pieds étant placés et sans les bouger, tournez légerement les genoux vers Vextérieur. muscles des Cette torsion méme minime raffermit les ‘euisses et les fessiers favorisant la. bascule du bassin vers avant, diminuant Lensellure lombaite ‘Afia de bien vous accoutumer & cette attitude qui, ‘Le yoga sans postures. ule normale, risque de vous figer, étudiez-la devant lace, Non pour vous désoler dé ne pas posséder Hes courbes dle Vénus, la ligne d’Apolion, ni vous satis- fire d'une agréable similitude, mais afin de placer dans lin axe, méme approximatif, les multiples variations de votre anatomic, Ceci fait, fermez les yeux et par une sorte de voyage intérieur contrdlez les sensations émanant de votre corps, bien plneé, puis rouvrez. les yeux, étirez-vous, pencher- vous en avant, elevez-vous, fermez les yeux a nouveau et relrouvea Ia sensation d’équilibre éprouvée au préa- lable apres correction Ceci fait, contrdlez votre attitude dans votre miroir, et rectifier les erreurs, sans vous laisser abattre par Ia diticulte Ne craignez pas de vous éloigner du Yoga par cette apparente culture physique. La phrase ouvrant ce cha: pire, restée présente 2 votre esprit, vous rassurera ventuellement. Cotte «attitude » debout, aprés étude devant une Blace ou avec une personne bienveillante, fera objet dle votre attention chaque fois que vous le pourrez. Tant que la position n'est pas devenue totalement familie, fe sera un exercice que vous poursuivtez aussi bien dans la position assise que debout L’art de vivre et la fagon _ de se tenir assis De la théorie & la pratique Puisgu'il sagit d'un Yoga, vous aller. peiser avec joie, ou inguiétude, aux diverses fagons de eroiser les jambes, caractéristiques de ces méthodes. Pour ma part, lorsqu’ll y a quelques années je rm’évertuais fort péniblement aux Siddha-Asana, Padma- ‘Asana, Vir-Asana, etc., ma premitre pensée fut de: Togrelter et de m’étonner que les influences successives des Perses, des Macédoniens et d'autres, n’aient pas DAY be pone sans posure Iu imposer & inde un siege pus conforable que fe sal, Lentatnement, la pase aida, je sumontal Tes Obsaces resultant de note fagon de ows ascot me famirsal ac ces Asanas ak noms promt Iau ou poiigues + Posture de Réalsation, & Lom, Uy Hétos uveant sur Galehants perspective, Pour la seule posture de Réalsaton(Sdaha-Asans) le ig textes got la derive, pce ‘le gue Me tos les males et masses do hue do cervead tue maladies pulmonaire des troubles inetinavy at troubles cardnques en pasant par ts mais. t toute sorte de hives, De ple, méme sas te conte Gi suite et eres moyrs, In prague de ct seule posture pendant douze ans, dant le alence et In med tation de Etre supréme, méne au Yoga, c'est-i-dire a TUNION TOTALE, Quant i ta posture du Lotus (Padm-Asana) tet promeses pls bres ne sont ps intaives lle gut FO tes metedis etc eu os enpchoement (Om se demande 4 uel server! les sues Astras of ners ul fon pte igure avec lor blnfais iit tel out oping Il est val qu'une certane «contrac tan du vlan» (Ueiyana Bandi rjeni out per forme age et hi ta vainere la mort evant de tlle merle, on sdmeta.volontes que nes banal fagons de nous ately, aut « uae feds») aus) exhuiquementaménagés soln Eomparées la promese dune bration totale de nes foutances, pusson parte dérvores et wos sg fe Ture de. beqiles pour dnvalie, Cependat dauteniques Mates sont jamais pax Se tenir assis, 18 tiqué la moindre posture spéciale, se contentant de Sasscoit jambes croisées sls étaient orientaux Par ailleurs, si Ia pratique actuelle des Asaiias pro- cure dindéniables avantages physiques et psychiques, fes résultats obtenus ne justifient que timidement les fssurances antiques. Les Sages 'autrefois usaientils gj d'une publicité-choe avant Ia Ietie? Pourquoi ces fittudessemblent-elles moins actives aujourd’hut quihier ? Mise & part la trop facile échappatoire de. préter 2 Orient une propension a Uaflabulation, cet affablisse- ment qualita proviendrait plutot de la perte progres kive et déja ointaine d'une faculté do perception intérieure. ‘Sigcle apres siécle, le sens du mystique set dévalué a favantage du rationalisme, L’affinement de Vintllect hhumain, evolution cependant indispensable, correspon un engourdissement des antennes de ime. De ce fait, THomme devenant de moins en moins capable de ‘captet les messages du Monde invisible devait, pour ne pas perdre tout contact, recourit & des provédés et des Techniques de plus en plus diversifiés, puis aux exp cations discursives émanant de sa Raison. Celle-ci, au fieu de se développer en S'appuyant sur Intuition, Sopposa & elle et fut déifige indiment bien avant 1a Révolation frangaise. Par voie de conséquence, se dégradant lentement mais s®rement, les invocations rtuelles, les symboles sacrés, inéme les postures issues dune recherche prévise et nom de découvertes inopinées, ne représenterent. plus. que ides mots, des figures, des’ gestes sans substance. ‘Ces moyens de contact devenus incompréhensibles se Le yoga sans postures. dénaturérent en de vagues supports auto-hypnotiques, Inalgré leur Energie vibratoire toujours réelle. L'homme Is0l6, au propre comme au figuré, débranché de Ia Cen- Irae cosmique, s'est éloigné de la Source énergétique, ‘Alors, les grandes voies d'approche, mal entretenues, se sont ensablées ou embroussaillées avec le temps, les sontiors de traverse entrecroisés inextricablement, ‘Quelques rares Etres toujours en liaison se eoafinent dans fe silence, craignant Vincomprshension. D'autres en titonnant, retrouvent des pistes effacées quis essaient de suivee sans boussole, & leurs risques et perils I serait vain de se dire > « Moi, je crois & tel Maitre défunt ou vivant, je vais le suivre et Vimiter », ou encore = « Je crois & VefMcacité des exercices preserit, je suis capable de les appliquer comme indiqué par les textes anciens ». Si un Maitre peut nous alder a fous relever d'une chute, nous remettre sur le vrai chemin, il ne fera pas [a route & notre place. Quant aux exerciess ils ne retrouveront leur juste efficacité sans danger qu’aprés notre propre transformation. Aucune adhésion intellectuelle ne remplacera la remise en condition de notre perception. Suivant notre degré disolement 1a reprise de contact sera facile ou difl- eile: chacun de nous étant erés inégalement partagé du Point de vue des possiblités de ce retour aux Sources. Tout notre travail consistera & nous rendre + per méable » en nous débarrassant de nos couches iso- Janes, Aprés cette mise au point nécessaire, nous allons ‘en venir 3 Ja meilleure fagon de nous tenie assis. Bien qui soit trés intéressant d'adopter, si Yon. peut, es postures spéciales du Yoga, ne tombons pas Se tenie assis, 7 dans Verreur de eroire qu’elles sont indispensables, sufit de respecter quelques points principaux: Les Orientaux ont sur nous Tavantage davoir approfondi différemment les problémes qui nous préoceupent, mai ne posstdent cependant pas lexclusivité de la Connai sance, La Vérité emprunte de multiples apparences ou Tangages, elle reste toujours la méme Vérité. L’échange des connaissances entre l'Orient et FOccident peut étre fructueux sous réserve quill reste un éhange et non lune maladroite transposition, ou une servile imitation. Done, si nos articulations restent rebelles au < Lo- tus » tant pis, nous nous en passerons — au reste, méme pour les habitués, cette posture serait malaisément praticable ailleurs que chez soi et seul, limitant Pat fude souhaitée & quelques instants, alors qu'elle doit ‘au contraire se pratiquer aussi souvent que possible. Car si un entrainement régulier est nécessaire au début, se contenter de colui-ci serait insufisant. Ainsi que Véerit K, von Durckheim ; « Toute post tion fausse du corps dénote une position fautive de etre dans son ensemble. » Nous nous devons de nous ‘montrer altentif jusqu’a ce que Vattiude bonne soit devene habituele ‘Comment nous asseoir La plupart du temps, en nous asseyant, nous nous affaiscons sur nous-méme, le dos arrondi appuyé a un ‘dossier ou les coudes reposant lourdement sur un bureaw ‘ou une table, Tl est simple, et plus reposant qu'on ne Le yoga sans postures fe eroit, de nous tenir droit sans raideur superflue ni apparence guindée, Los seules contractions conseilées se situant au- dessous du nombril eta la base de la colonne vertsbrale. Essayons ensemble de wouver attitude juste en Position asise (fig. Ds Asseyez-vous sur le bord ‘une chaise, 1s jambes eroséss en « tilleur >, les. pieds reposant sur le sol par tes, bords enternes; les genous écartés doivent impérative- ment étre «plus bas que les hanches ». Cette position des genoux permet seule le contrdle div centre de gravité, situé au méme endo que dans Ia position debout. La plante des i reposant & plat sur le sol sappuierait trop four- dement, déséquilbrerait ainsi ensemble du cops dont le socle ne serait plus ausi ferme Une fois bien assis, grandisez-vous de bas en hut, des hanehes ala nuque. La région lombaire ct le bas-ventre servant de point dappui. Cette extension de la colonae vertébrale vers le haut ne tend pas la poitrine vers Favant, nti pas en arritre les épaules qui restent Soups, les bras pendant naturellement sans aucune crispa- tion. Les mains sont posées sur les euises, ou sur tune fable sans sy appuyer. Vous favoriserez Pélongation souple dela nuque, en regardant droit devant vous. Late. se ition aussi droite que Te permet voir confor- ‘mation, comme si elle reposait sur une tige acer dont la base serait solidement fixée et Le yoga sans postures. Pextrémité libre ow comme Ja cime d'un arbre dont les racines plongent sous terre. Ne rentrez pas le ventre, laissezle se placer haturellement et maintenez-y une tension corres- pondant & la pulsion dune toux légere ou a une expiration profonde, Vous constaterez que vous pouvez rester ainsi ‘immobile longtemps, sans éprouver le besoin de Observer cette attitude toutes les fois que vous vous ‘asseyez sau Iors d'une réunion amicale ou de travail, fear Vous risqueriez malgré tout de paraitre tendu les premiers temps, avant que vos gestes ne deviennent natures Ventrainement Si observance du mainien correct debout et ass se justi en elleméme par le désie eobtenir wn mei Ieute tenue corporelle, elle ne peut etre considerée comme sufisants. Ainsien esl des postures de Youn prises @ la perfection par ‘un acrobate professionnel et ‘apportant ce demier aucun autre avantage que piysique. Co msitien juste n'est que Te cadre dans lequel Sinsrit un travail a effoctee. Celuict dallurs est extrémement simple, tellement miéme qui risque de Mkcevoir les amature de sensationnel Se tenir assis. 81 ‘Apriés avoir rectiié notre attitude, debout ou assise, Vexercice clef consistera & faire descendre le centre de ‘pravité de la partie supérioure du corps, oll il ae touve: ‘généralement, dans Ia partie inférieure et de Ty main rene Bien que facile & premigre vue, cette transposition @énergie demandera un entralnement, une surveillance ‘constants avant qu'elle no soit totilement instaurée. Ce teenie vital, par notre faute, est, comme nous 'avons vu, tune sorte de «boule de mereure » extrémement sen- sible, A peine nous sentons-nous ancré «en bas », comme soudé au sol, que nous sommes & nouveau aspiré vers le haut, d8s qu’autre chose nous préoccupe. Toute la pratique consistera 1° A lnisser tomber, & détendre les épaules et les bras comme si nous faisions glisser une cape de notre dos. 2° A se laisser expircr Jentement, longuement, silencicusement. Cette expiration _yolontaire videra la poiteine on creusant légerement la région de Vépigastre (creux de Testomac, au~ dessus du nombril et au-dessous de la cage thoracique), 3° Ce rojet de Tair stassocie 8 Timage d'un rassemblement de forces dans le ventre et les reins, tendant, sans les gonfler, les muscles du bas-ventre, mais sans pousser celui-i en avant. inspiration suivant expiration s'accomplira 82 Le yoga sans postures. par une simple action réflexe, tout en gardant ferme la position des hanches et du ventre. Le ‘Passage de l'nspiration a Vexpiration ot inverse- ‘ment, se Tait sans coup ni suspension voloa- taire entre les deux phases, Ia premiére étant de durée plus courte que la seconde. Si vous ées assis, compléiez exercice recherchant bien votre point déquilibre. Oscillez tres légirement d'avant en arrigre, de gaucho & ite, puis dans une immobilité élastique conti- nnuez 4 faire descendre votre « boule de mer cure » au rythme de votre respiration exclusive ‘ment abdominale. CertainsOrientaux, pour accentuer Vimpression d'alourdissement vers le bas, conscillent a leurs disciples d'imaginer une irosse boule de plomb descendant jusqu'au sol 2 travers la poittine et abdomen. Dans le cas éventuel ott vous seriez doté d'un abdo- ‘men un peu trop volumineux & votre gol, ne craignez pas de le voir S‘amplifier par cette pratique. En revanche, vyolre musculature deviendra plus dense, plus tonique De toute manigre c'est une illusion que de croire le dimi- fuer en le rentrant car, dés que vous n'y pensez plus, ‘I reprend son ampleur! Quant & ecux qui redouteraient au contraire de perdre cette ligne difficile & détendre, je leur répite que, développer ce centre de force parii- caulitre me modifie que trés peu le volume du bas- ventre, mais lui fait gagner en formeté. [La recherche, puis Vinstauration de ee eentre de force Ainsi localisé demande comme « attitude» juste une Se tenir assis, 89. cconstante application et non quelques moments fugit Un virtose stentraine des heures durant pour vine loire éphémére ; ne voudriez-vous pas en faire autant pour vowe perfectionnement, pour retrouver un art de: ‘Au débat surtout, il sera nécessaire de réserver une ddemicheure entitre chaque jour & Ventrainement assis et le poursuivre debout et méme en marchant chaque fois que vous y penser. ‘Vous pouvez commencer d’s maintenant tout en lisant cas pages. L'un des avantages de ce procédé réside dans sa diserétion, Il ne demande aucune capacité sf ciale, aimpose pas Visolement autre que cel couper du monde extéricur tout en y vivant, en y participant En outre, peu & peu, vous y prendrez gol. Dis que yous aurea trouvé ot placé voure centre de gravité au milieu du corps, vous vous sentirez libéré de vos cris- pations physigues et psiychiques et dans la partic supé- Fleure du corps vous éprouverez. une sensation de 1ég2- reté annonciatrice d'un nouveau comportement intérieur. 'Ne vous laissez pas influencer par Vapparente ingé- ruité de cet enseignement. Les gens avertis savent que ce n'est pus un enfantilage, mais a base méme d'une irs profonde expérience. ‘Ne craignez. pas non plus de yous laisser entrainer dans un orientalisme opposé fondamentalement & vos ‘concepts. Inclure dans notre mode de vie occidentale cettaines pratiques susceptibles de nous aider, ne nous impose pas «importer des idées trop profondément liges 4 des institutions colturelles inassimilables par nous. Tl west pas, indispensable ni méme souhaitable, de nous 84 Le yoga sans postures. -< indianiser > ou « japoniser », pas plus quill rest hhenreux pour ces peuples de copier nos coutumes ou os théoties. Mais ce serait dommage de nous priver de ‘procédlés intéressant les uns et les autres. Tel quil est expliqué, Vexercice < assis > ou « debout » est immé- diatement utilisable, Cependant, gardez-vous de le consi- ‘dérer comme un « truc > ow une « recctte de bonheur >. TL va bien au-dela. L'augmentation du potentiel santé, du rendement général, premiére conséquence heureuse de cet entrainement, ne doit pas faire oublier le but Principal : ouvrir la porte qui nous sépare de nowe vrai «Moi, développer lembryon de VERITE que nous possédons tous, Cette eroissance ou cette ouverture n'implique expen- dant aucun support doctrinal traditionnel. Que les ori- ines de l'exercice soient hindoues, chinoises ow japo- naises (DHYANA, CH'AN, ZEN) done expression une éthique partculigre, il peut s‘appliquer en tant ue méthode aussi bien au chrétien qu’au musulman ou 4 tout adepte d'avize religion Ce n'est pas non plus un exercice proprement dit spictuel », mais il peut le devenir au méme titre 4qu’on se met & genoux pour price ou simplement parce que cette position nous convient. A ce sujet, je vous signale en passant que si la position assise sur le talons, ortilsallongés, vous agrée, elle peut fort bien remplacet votre chaise lorsque vous vous exercez chez vous. Considérez done cet entrainement comme un moyen de vous mettre en état, en condition, une marche suivre pour UNI VOS FORCES. Vous possédez maintenant le « cade > pour attitude juste et une esquisse » par la recherche de votre Se tenir assis, 8S centre de gravité, nous allons préciser les « tails» Ajouter pour accentuer les contours, enrihit et Here te du portrait final de nous-méme par nous-éine Taide de la Tension contr6lée et surtout de la Respi- ration ‘s Comment se comporte notre cheval Relaxation ou tension contrélée ? ‘A premire vue, proposer un choix entre « Relaxa- tion» et «Tension» méme contrélée, parait aussi absurde que terpiverser entre passivité et activité, 2 moins qu'on ne considére l'une comme la eonséquence de Pautre. Cotte interrogation ambigué va nous permettre de préciser notre vocabulaire, done de clarifier notre pensée. En effet, cette Relaxation, si ardemment recherchée ct consellée aujourd'hui, est-elle vraiment un bienfait dont nous sommes injustement privé ou une malheureuse nécossité? “ Le yora sans postures. Un dosage judicieux et constant de nos activités Taissant alterner une tension juste suivie d'une détente proportionnée préparant & une autro période de tension, semblerait plus souhaitable. Fst-ee done si difficile ? Aussi longtemps que oscillation action-réaction Saccorde avec notre rythme propre, un heureux état quilibre se maintient, mais que viennent & salgrer les apports activité-repos, que s‘accentue I'écart entre les Jmpulsions subies ou élaborées par nous et notre apti- tude dadaptation, alors tout se dérdgle. La combinaison tension-déiente change de nom et de valeur pour devenir hypercontraction ou blocage spas- ‘modique se dénouant bratalement en prostration pasta- gre ou prolongée, ultime soupape de sireté prévue ar ta nature, ‘Ain de prévenir cette exteémité on a recours entre temps & tous les palliatfs fournis par la médecine et Ia science, Tune des solutions proposées est le retour A zéro de Ia Relaxation, alors qu'une auto-surveillance appropriée aurait pu éviter estte démesure, Pour confirmer co choix entre Relaxation et Tension contrélée, recourons non pas & un antique savoir, mais plus modestement au dictionnaire. Celui-ci nous prévise que la relaxation, ow relichement, désigne qabord en Jangege juridique Vaction de remettre un prisonnier en liberté ; puis en langage physiologique état de disten- sion caractérisé par «le relachement du tonus muscu- Jaire, permettant d'obtenir une sensation de repos et la récupération de la force musculaire affaiblic par la fatigue >. Ce méme ouvrage, en loceurrence le Larousse encyelopédique, énonce ensuite que «les méthades de relaxation fondées sur un entrainement régulier tendent Notre cheval, 89 ‘4 modifier indirectement le psychisme des sujets qui s'y soumettraient. Elles sont utilisées dans le traitement des individus bypertendus ». Voici de précieuses informations. Mais, poursuivons notre lecture et consultons Ia bibliographie, Nous trouvons énumérés sept ouvrages dont les trois premiers Sfappuient sur la culture physique et incidemment le ‘Yoga, les quatre autres se rattachent a la médecine psy- chosomatique. Cela nous confirme la position réelle de la Relaxation qui se situerait ainsi davantage dans Torbe ‘médical, en tant que traitement exceptionnel et passager et non comme une régle de vie enviable, Une autre constatation, pour le moins curiouse, dévoule de la date de parution de ces ouvrages dont le plus ancien ne remonte pas au-deld de 1956! ‘Apparemment, il y a dix ans A peine, nous ne savions pas nous relaxer ou bien nous n'en avions pas ‘encore besoin, Exception faite, toutefois, pour les Alle mands qui, plus heureux ou malheureux que nous, possédaient depuis 1925 le « Training Autogine > de S. H, Schultz, méthode d'silleurs trés proche des tech- niques yoguiques. ‘Que penser et conclure de tout cela ? Tout d'abord, que le sens et I'usage du mot relaxa- jon s'est étendu assez. récemment afin de renforcer Vidée de détente, de délassement, devenue insufisante Sans doute parce que se détendre n'impose aucune méthode éirange. Peutéire aussi que la singuliére for- tune de ce terme quasiment inusité il y a quelques lustre, hors des sp ‘encore!) provient d'une pi ‘anglais «to relax > signifiant précisément détendre, 80 Le yoga sans postures. desserrer, rlicher. En conséquence Textension de sens “du verbe francais, relaxer, a nécessité comme son frére anglais Vusage de Ia forme pronominale inconnue jusqueli. De sorte que «se reposer > étant jugé trop faible, alors on « se relaxe » Défions-nous quand méme de Yemploi abusif de ce demi-anglcisme, car malgré sa reconnaissance officielle rolative, un pidge insidieux subsiste : le substantif| «relaxe > garde encore son exclusive signification jusi- digue. Ainsi, lorsque eroyant étre dans le ton, il nous vien- rail a Vidée de conseiller & quelqu'un « d'étre relaxe >, cela supposerait en plus dune faute de syntaxe, le souhait qu'une décision de tribunal le tienne quitte d'un délit éventuel. Ou alors, disons-le franchement en anglais, Dans cette langue en effet pas de confusion pos- sible, un individu peut @tre «relaxed» et un accusé ou « discharged >. A moins que, glissant encore <'un-eran dans analogie juridique, nous nous corsidérions comme prisonnier de nous-méme. Dans ce es, notre: Centre vital retrouvé, faisant office de tribu- fal, nous libére de nos crampes. psychiques ou phy- siques, dues & notre moi parasitaire. En fait, cette comparaison exprime une vérité : notre état de libéra- tion, «quire retrouvé, n’estil pas en une certaine ‘mesure fonction du procts qui oppose nos tendances Intimes et les contraintes de la vie au tribunal de notre Pardonnez-moi ces considérations que vous pouver, iuger pédantes, Si vous ne les admettez pas tout a fait, elles Yous permettront au moins de sourire d'une offre publicitaire vantant les mérites d'un produit ou d'un Notre cheval, 91 ustensile « relaxe » et vous feront éviter un non-sens srammatical De cette incursion vers la linguistique, il ressort prin= cipalement qu'un traitement médical limité aux individus hhypertendus semble étre devenu un fait social Pourtant, Ie besoin de détente a toujours existé Dailleurs Pangoisse, Vanxiété, le dégoat de la vie, ne sont pas un monopole exclusif des temps modernes. Autrefois on « portait son coeur en échatpe >, aujour- hui, la psychanalyse, dépostisant nos états d'dme, les rattache des «complexes ». La «maladie de lan- gueur > dont souffraient les romantiques, pourrait aujourd'hui s'appeler « dépression nerveuse > Nous ne sommes, ni ne serons tous atteints par ce nouveau. «mal du siécle », sorte de peste mentale envahissante, mais nous sommes tous susceptibles de Fatre un jour. Du moins, les technologues du psychisme individuel ct collectif nous le laissent-ls entendre. Mal- hheureusement, connaitre les sources probables, sociales ou personnels, de cette menace, ne nous en met pas a Vabri. Aussi stil indispensable, augurant le danger, de le prévenir par une ¢ vigilance intérieure constante », Cette raison justifierait & elle seule la référence & accorder & une tension contrélée vitalisante, plutdt qu’ un relachement anémiant imposé par notre négl gence, En outre, malgré notre désir, nous ne pouvons modi- fier le monde tel quitl est et qui se fait avec nous ou sans. nous. Que univers soit en pleine évolution ou compléte décadence, cela ne change rien & notre pro- bléme personnel. Au moins, pouvons-nous acquérir une attitude différente qui nous réconcilie avee Tui et nous 92 Le yoga sans postures. fasse Vaccepler en nous acceptant nous-méme et nous role & ce monde sans qu'il nous enchaine. ‘Cest sans doute, en partie, en recherchant les moyens dde so prémunir contre ce péril que Thomme moderne, fuyant de son mieux les spécialités neuroleptiques ou hhypnotiques de la chimiothérapie, est tourné vers VOrient et ses mystéres pour s‘enquérir de ce qui don- nit certains cette sérénité intéricure, cette force dont nous semblons démunis. Assurément, les diverses. techniques orientales ont apporté et apportent & notre anxiété un dérivatif appré- able, mais tant que nous nous contenterons d'y trouver lune satisfaction limitée a Tobjectif restreint dela Relaxation, toutes ces méthodes proches ou. lointaines des Yogas ne seront que des palliatfs procurant un bien- tre superficiel et momentané. Les Yozi de toutes tendances, de toutes origines, sont jamais visé & Ia quigtude physique et psychique, ‘mais éprouvé eslle-ci en recherchant le contact avec une Force supérieure. ‘Aucune forme de Yoga, méme gymnique, n'a &é congue en vue de la Relaxation, mals pour réunir toutes les Conditions favorables & la naissance et Ia croissance une disposition esprit particultre modifiant notre altitude face & la vic (cristentielle) favorisant lexpres- sion d'une plus grande vie (essentielle) dont nous devons témoigner. Notre cheval, 93 Cette fagon de voir éelaire Ia question posée en téte de ce chapitre et situe & leur place respective ; tension contrOlée et relaxation. Cette demire ne sera pas un état auguel on aspire, mais un moyen accessoire pour «laisser faire en nous Ja force bloquée par nos contractures physiques, ner= veuses, mentales, émotionnelles ». Ainsi, non seulement cette definition est conforme au but réel visé par Tunique posture de total abandon, qui suit on précbde des exer- ices de tension yogiques, mais encore Vexplique et la justi appellation particuligrement déprimante de « pos- ture du cadavre > (SHAVASANA) qui désigne cette attitude, Evoquant de sombres_mortfcations, s‘inter- pret plus clairement. Sl ne sagissait que dune deon- traction musculaire on pourrait se demander en effet quel stade cadavérique atteindre pour étre aussi « lache et lourd qu'un linge mouillé» En réalité, s'il est question par cet exercice de bien se détendre physiquement, ce n'est qu'un premier palier en we de «ter» en nous toutes vellétés de tensions fssues de nos «moi» parasitaires souciewx de leur Importance usurpée, véritables générateurs de nos angoisses 1La signification profonde de cette posture indique implicitement que nous devons « mourir & nous-méme >, Cest-dire angantir en nous, au moins momentanément, les causes mémes de nos blocages : nos préjugés, nos ‘concepts roils, nos appréhensions, os hantises, en ‘nous laissant fondre dans un ensemble plus vaste’ que jpotre moi limité. Ce n’est que lorsque notre « moi-intl- Ject-sentimentinstinct » sera dissous dans notre &tre Le yoga sans. postures. Yéritable que nous obtiendrons vraiment une détente salutare Le premier effet appréciable, mais cependant secon- dire de cette détente totale, sera une augmentation de noire vitalité et de notre santé. Il est rare que les prat quants dépascent le stade du relachement des membres fet de quelques groupes musculaires avant de s'assoupir pour se réveller rafratchis physiquement, sans doute, mais hélas! préts & retrouver toutes les sources de tensions nécessitant A nouveau le recours & cette attitude funébre. Exercons-nous a la détente Aprés avoir remis la relaxation & la place qui est la sienne, celle d'une méthode thérapeutique, il peut étre utile de nous entrainer & la décontraction. Nous allons, pour nous exercer méthodiquement, recourir dabord & cette posture dont nous comprenons ‘mieux, maintenant, pourquoi elle porte un nom sinistre ! Liattiuude a 6té souvent exposée en détail et vous la connissez assez pour qu’une description rapide suffise yous rafraichir la mémoire. Débarrassez-vous de toute contrainte vestimen- taire ; défaites col, cravate, ou soutien-gorge, sgaine. Etendez-vous de tout votre long sur une surface plane et dure. Une planche, un tapis pasé Notre cheval, 95 & méme le sol, [a moquette de votre chambre, lune couverture jetée sur le parquet font pasfal tement votre affaire. Evitez le lit, le divan, trop Vous étes allongé sur le dos, sans raideur, le cou et la téte dans le prolongement du corps, les talons disjoints et les pointes des pieds sou- piles tournées. vers Voxtéricur. Certaines per- sonnes se trouvent bien de séparer franchement les jambes. Les bras sont le long du corps, les ppaumes des mains tournées sans effort vers le hhaut, et les doigts détendus, cesteadire légére- ment repliés. Pour éviter toutes fausses positions, serrez 1ége- rement le menton contre le cou, pour que la téte ne se renverse pas en arriére, élirez vos jambes partir des hanches pour diminuer la ‘cambrure des reins, puis relachez doucement ‘eelte extension. Pour trouver V'atitude la plus confortable, sou- lagez, au besoin, une tension excessive des régions cambrées en glissant sous 1a nuque, les reins, et méme les genoux, un coussin ou une Une fois bien install, ot assuré qu’on ne vous dérangera pas, commencez I'exercice, facile en ‘apparence mais plus difficile qu’on ne pense & 8ussir vraiment Laissez-vous aller sans vous inguiéter de véri- Le yoga sans postures fier votre état de décontraction musculaice, Inter- disez-vous tout mouvement, abandonnez-vous & Timmobilité Si une envie de vous gratter, ou un tressaille- ment yous taquinent prene7 patience. Tl s'agit une manifestation de nervosité qui va s‘apaiser. ‘Si vous vous laissez surprendre et faites des estes, il faudra tout recommencer. Approfondissez la premiére sensation de détente ‘générale obtenue en passant en revue succes Sivement les différentes. partics du corps, afin ly pourchasser toute sensation ou contraction ef relicher toute erispation notamment du visage, de la nugue et du cou. Détendez de méme Ja langue. Aussi bizarre que cela vous paraisse, Ja décontraction de ce corps charnu comprenant dix-sept muscles capables de développer, parait- il, une force de 40 kg, commando la’ détente ‘générale selon les Yogi. Sans vous assoupir et fencore moins vous endormir, maintenez cette sorte d'inconsistance générale. Laissez-vous respirer par les narines librement sans contrainte en insistant quelque peu cepen- dant sur expiration, comme lorsque vous pous- sez un soupir de soulagement. “Maintenez. cette attitude détendue le temps prévu ppar vous au préalable, dix minutes ou plus, et Tevenez. de cot état de «mort apparente » en inspirant amplement, en étirant Ientement les Notre cheval, 97 membres, 1a colonne vertébrale avant de vous telever doucoment. Quelques explications Cotte fagon dTenvisager Ia Relaxation différe un peu de celle dont on nous parle, sinon par Vaspect, tout au moins par le but proche ou lointain mais toujours 3 envisager, douvrir le chemin menant la Force qu'on. nous dit résider en nous. Cette voie est obstruée par les couches, méandres, neeuds psychiques eréés par nos réactions face aux Contraintes imposées par la vie. Durant cell ‘nous n'avons pas trouvé le Centre vital, équil forme extérieure et notre vie intérieure, nos réponses aux récossités diverses, aux épreuves, aux exigences dadap- tation aux situations ne sont que des impulsions plus ou moins adéquates. Nous savons que ces impulsions main- tionnent un état de tension dégénérant en crispations physiques et psychiques dificile & dénouer. ‘Cor oxercice, dépassant Ia détente musculaire et ner- veuse superfcelles nous procure une détente intérieure cen général peu compatible avec nos réactions naturelles auto-défense, ‘homme d'aujourd’hui, & Timage de son ancétre des cayernes toujours sur le qui-vive pour défendre sa per- sonne, ses biens, sa vie, adopte comme le primitif une position de refus, de protection, pour se prémunir contre les coups du sort. Cette position de défiance instaure des tensions dues & F'incertitude de nos connaissances, de nos 98 Le yoga sans postures. possbiltés, de nos possessions ; en revanche la détente Wisie éveillera une confiance en soi, affermie par une conscience de soi plus vaste dans le silence de nos sensations. Appeloas momentanément Ia biologie & notre aide our micux nous convainere. Cette science nous confirme dabord, ce que nous savons, que la pensée aboutit a des actes moteurs dont les plus importants sont la parole et Yécriture. Comme i, du cerveau centrale électrique, émansit un courant circulant le long des nerfs et agissant sur les muscles. Voila une quasi-banalité du niveau des connaissances smentaires. Ce qui 'est moins et recoupe les connais> sances des Maltres anciens c'est d'avoir constaté que 1° Se rappeler ou imaginer un acte volontaire, sans le réaliser, améne dans notre organisme une modification, ‘mais moins intense, que celle qui accompagnait le mou- vemnent, Autrement dit cela signifc, par exemple, qu'une ppenséo dIagressivité, de craints, méme réprimée, crispe [gérement nos poings, nos épaules, ete. Cette possibilité est aussi utilsée dans le Yoga gymnique et petmet de Imaitriser des postures répulées impossibles. 2° Un relichement complet des muscles supprime ce phénoméne électrique (Docteur Chauchard, Le Moteur vivant) onc, en réalisant pleinement Ia ¢ Posture du Cada- wre >, cest-i-dite en ne la bornant pas & un délasso- ‘ment corporel, nous nous dégageons «< corps et Ame > des manifestations anarchiques de notre psychisme. A tel point que, nos circuits nerveux ainsi déconnectés, nous risquons de glisser doucement dans état crépusculaire Nowe cheval. 99 une vague réverie d’ou Pon s'évelle reposé, mais non autre >. "Ne confondons pas cette attitude de détente avec un laisser-aller nonchalant de nos pensées et de nos émo- tions. Apprendre a se défaire de co qui constiue notre personnalité habituelle sous-entend et impose sinon un effort soutenu tout au moins une éoute, une attention insistante pour nous isoler des bruits du monde extérieur ct intéricur, nous rapprocher de fa voie ténue émanant du plus profond de nous-méme. De ce centre de gravité de notte véritable Moi s‘épanouira, un jour, une source énergie insoupgonnse, eréatrice d'une forme nouvelle La prise de conscience de ce qui se passe en nous & cette occasion se répercutera dans notre conduite, modi- fiant orientation premidre de notre pensée et de notte activité ‘Nous ne pouvons plus étre tout a fait semblable & ce aque nous croyions éxre lorsqu'l nous arrive de découvrir certains éléments oubliés ou méconnus déterminant notre comportement. Notre fagon de voir les éires, d'envisager les événements et Jes choses n’6tant plus [a méme, nous nous ouvrirons plus chaleureusement au licu de nous r6tracter. La pour de la maladie, de la souffrance, de ta pauvreté, de la viillesse, de la mort, bref Ia grande peur de nous perdre, se dissout dans une confiance nouvelle 2s que nous nous sentons balgnés et portés par une Puissance inconnue jusqu'alors, Bien que cette expérience singuliére soit véridique, «lle peut sembler exagérée a qui ne La pas encore éprou- ye ou a cru Vobtenit, Toutefois parvenir & ce dernier stade ne dépend pas uniquement, comme vous devez bien vous en douter, de Vattitude en question, mais de 100 Le yoga sans postures. ensemble dex techniques expends ii Tel quel, ost (Raises renowelautant de fo et ass longtemps fhe now le permetet nos oerupaions, dévole non oso inutls. Ne sera gue pou ela i ext Gh Souhalable des adoonee. Ne vous come ne vous despises anépouves pas rapidement ne sensation inobliale et ert acu coma ansenan avec Te Sui. Nonastement i eat aul fase de se umer que do te ascouager, mals enone on 86 Aa pas sas Senta Val Homme gut oppose & THomme Noo- Notre personne acts west encore qian mass sols ser lau ou erusue de ce wot. Un masque arbre legal se cache un Tndvida, on nojan inde Gh, wecovert ds coaces sucesies de nos x95 Sisco drs Lesumbl de stimens dss par Featon come le sonacts avec fs anes, conse tite forme apparent ot se anit ar des. sts Erahinan os Pesos et earcéran nore existence prope oud considrons. talent cet _« Personne > comine notte seule ral, sor quelle West peure Gone tagado cerrelagulle ueguum dure fete qEPSspnmer Soton une ornate snon erhodoxe, ey talon proposte par lespsehologus allemand Matte {Pamonne' signer somet, resonne? a8 tives d latin Por = a ars, soar, sooner, Cte imerprénion en eau bien une aie ct ne coed pas, tag” praise cole du masgue au Uavers dgusl on rane. Tnaviuaié, ou la consciene ne existence per Notre cheval, 101 eulitre,estae de se manifester dans et par la personn Iie: some os ate physiguc, mena, Gta, onerétsant cote sensation dre quelqu'un. Malheureusement, la plupart du temps cette person alité qui fait notre charme et notre originalté, alex- prime pas nose Etec véritable. Sinon pourquoi le fait de tenter de remplacer une habitude considérée comme facheuse par une autte jugée meileure, altére- raitil désagrésblement notre comportement ? A peine esayons-nous de voir un défau:, de supprimer une manie, qvapparait 8 leur place une icitabilté, une insa- © tisfaction, voire une sorte d’anxiété latente ou manifeste Gue nous constatons ou que notre entourage nous fait ‘ompiaisamment remarques. ‘Si notre Bure réel, notre conscience pouvaits'exprimer librement, le faux pli accidentel de notre personnalité Seflacerait sans difficulé, mais notre envelope indivi- duclle devenue carapace s'oppose 4 toute modification, ‘Aussi semble-til préférable, au lieu de substituer un trait dde caraciére & un autre, un relichement & une contrac- tuce, apprendre & laisser se manifester notre vraie nature en lui déblayant le passage. Cette Nature dotée d'une énergie bloquée dans les impasses de notre structure personnelle, fagonnera une nouvelle forme personnelle plus adéquate & som expres- sion en efflagant du méme coup les déformations. Encore lune fois, comme pour I'attitude juste, essayons de nous placer dans une situation telle qu'l sera tout naturel de nous modifier. On nous T'a assez répété, nous le savons parfaitement : il faut réagir, nous dominer, nous mattri= ser, etc., mals comment faire ? f ‘Nous ne possédons qu'une conscience passagire, frac- OT sc pce Iona, de nos contacurs physiques ov morals au tient lle von encore cones, Nous 208 ee prendre par Cinsiiestsions abl devin gions on campes. 00 bin encore, 2 pele meme gous retté quelque chose, face une ide, qe eomzetimene a fause nature revent a galop cb nou chal vembal s Le cheval et son cocher Comment ne pas nous relaxer Considéré a juste titre comme accidentel, usage de Ja relaxation se limitera & sa destination réelle : celle dune cure médicale momentange ou d'un entrainement personnel passager, Dans ce dernier cas, elle nous aidera A repérer nos crispations, leurs points d'élection et nous incitera 8 les dénouer en profondeur en favorisant un Giat de réceptivité, de perméabilité. ‘Nous ferons un grand pas vers ta compréhension, de noussméme en reconnaissant nos fausses personna- lités comme étant & Morigine de nos contractions, qui 104 Le yoga sans postures obstruent le libre passage d'une personne encore fneonnue. Ceci ne se comprend que lors dune tréve de nos ‘confits pendant le silence de nos muscles, de nos nerfs, de nos pensées. ‘Nous nous approchons de la solution chaque fois que ous ueceptons lucidement, ct cela sams nous résigner achement, ou sans nous révolter inutilement, nl recher~ cher un dérivati, une échappatoire dans une occupation, lune distraction ow méme un travail, Encore faut-il que cette acceptation ne soit pas momentanée et reflete une nouvelle fagon de vivre. TLa victoire est rarement définitve, elle impose une vigilance de Tattention, fruit du contréle de soi, non plus un relachement incompatible avec Tactvité ‘La relaxation s‘intercalera dans notre programme les premiers temps, mais jamais au détriment ou a ta place de Ia tension contrélée. Le contréle des tensions ssassrer de note éat de conzacton tle ow exasé= coo ne nsocoite pas de Tongues explication, mais une Seaton inteure reptée. Aussi, ne vous atendez aor erie un plan de frei a subre méthoique- et ulus qvun plan, aust bon sie, risque de rg ifciement a note vie ot ere quun cadre sagreop lage, on ne pelt, en Torcurence, {ouver se ailurescsetives quen soe-méme. ce Youn west pa une nouvelle dsciptine remplagant Ne pas se relaxer. 105 Fh Bice rs am ors pe a eae activité la plus intense comme dans le calme (et non en ieee pee ee ad Beare ote oe ee eee moins de soucis, commencez maintenant i ee a proment jugé le plus favorable. sae See os ron 4 « employer ou tuer » le temps. La persévérance Pratique Insc dann votre jours gut ina we courte sae, ‘ing minutes pendant lesguelles ass oo ob antis Ou maf apr sv cade 106 Le yoga sans postures, AU selon Je ges indiquées av chapire $ vous ervere votre dat de detente ou de tnson dea te ma Par exemple, ence moment, qual et vor atitude? Si vous és ass. Vous tener peutdire wire dex doit, mais comment ? Par un see deepal co acre? Vol ue fens in, bandon mals ne vous affahsce pas en avant, grandarervoe ch Pan tant des hanches. x Quelle force meter-vous dans vos mains? Tste ce ui faut, ou un peu Gop? Avez-vous es jambes crosses? Pourquo te pied libre ge balancetil? Comment st vous tasge’ Rese frogné ou détendu? Froncczvous lee souls? Cela naugmentera pas ote face de concentration, Si vos ees debou Comment s pai le pois da corps? Sur un pied plus que sur Peuue? Sur i ois on les talons? Ealser co pls sur toute le sules Dortante des ped, es genous tends san Tadeun Vous verre comme on peut int rstor longs detout ‘sans fatigue. erm Lorsque vous marches. Comment ombent vos. au les, vos bras? Sontis soups et ore ou thes? Tenez-vous Tate droite ste le minimum de (oe? Lorsque vous des en voiture. La postion de a ite est importante, Qui a pas sete no tension dots lourese de la mugue on cendusant? Eile proven dla posion du menton projets en avant eam ron voxe I vole plus Tin, intgchisant Ta nugue, See eg Teme le menion eonge la gorge, ln mugue saonges Sipprinant este gine Ne pas se relaxer. 107 ‘Crest assommant cette surveillance | ‘Qui vous fait dire cola? Le cocher-intellect ? Non ! Le cheval-émotion ? Non plus! ou plutét si, un certain’ aspect de voire raison ou de votre émotion, celui du rei périssable qui se sent surveillé et se défend comme il peut contre Vintrusion dangereuse une force qui va limiter son influence. ‘A premiére vue, effectivement, ce contréle parait péniblement astreignant, jusqu’a ce qu'il devienne natu- rel. Mais peu a peu, on prend got & cette investigation intéricure car elle nous fait découvrir un nouveau seas de Texisience. On découvre un état de présence, de isponibilité, une fagon d'étre 1a, de vivre le moment présent qui sinstaure graduellement. et nous manque si nous le perdons. De méme, nous ne poovons plus supporter un dos aflalssé, si nous avons trouvé Ia juste tension qui le ‘maintionne droit confortablement. Hormis es cas pathologiques, une rapide accoutu- mance nous rend capable de constater nos tensions inu= tiles ou dépassant la mesure, ct d'y remédier. Si nous serrons les poings, nous les desserrons aussi! Pourquoi ne pas en faire autant de tel groupe muscu- faire du visage, de la nuque, des épaules, du ventre, des jambes, des pieds, méme et surtout en pleine activité Il n'est que de vouloir nous surveiller pour que nlle part n’apparaisse un surcroft de tension, du lever au coucher, assis ou marchant, travaillant ou nous repo- sant Entre autres conséquences, nous nous sentons moins fatigué par cette 6eonomie d'une énergie que nous pro- diguions.inutlement. L'équilibre dynamique tension- 108 Le yoga sans postures. ‘étente rétabli, ta récupération s'effecte d'elle-méime. Voure vie intéricure en bénéficiera, comme si les contractions inutles, et mémes utiles, lempéchaient de slexercer normalement. A. ce sujet, une expérience clas- Sique peut vous en convaincre. Essayez de résoudre un. calcul mental tout en soulevant un poids de 40 ke ou plus selon votre force. Choisissez un poids et un calcul nécessitant toute votre attention museulaire et mentale, Par exemple, soulevez un meuble de votre appartement cn additionnant deux nombres a deux ou trois chiffres fy bien vous élevez Tun et butez sur autre, ow bien vous résolvez celui-ci mais ne bougez pas dun pouce ccluisla. Les deux efforts sont incompatibles, psychisme ft muscle s‘opposant, mais relacher les seconds favorise la tension du premier. Par ailleurs, doser nos efforts consiste & évaluer avee exactitude fa force nécessaire. Ainsi ne vous est-il pas artivé de saisir avec top de vigueur un récipient vide {que vous croyiez plein ? De poser lourdement votre pied sur_une marche d'oscalice imaginaire ? Economiser votre potienti! musculaire et nerveux va dde pair avec la suppression de toute rémanence tenso- rielle ou résidu de tension apres un geste, en pourchas- sant les petites crispations subsistantes partout ob vous pouvez en trouver. Si, moralement parlant, s‘oubliersoi-méme est recom- ‘mandable, ne pas perdre le contact, étre conscient de soi a chaque moment, nous fait vivre de la téte aux piieds et nous donne entigrement a notre tiche, Parfaitement disponible, corps, Ame, esprit, vous ne réagissez plus par tranches indépendantes ou succes- sives: intellectuelles, motives, instinctives, mais avec Ne pas se relaver, 100 tune concentration totale de tout vowre éire dans une hharmonie complete. La plupart du temps vous pensez, parlez, travallez, vez. dans une semi-somnolence de vos facullés avec ppourtant la certiude d'8tre éveillé. Pour peu que vous fentrepreniez patiemment et sinctrement ceite prise de onscience, yous constaterez votre erreur. Pour Vinstant, vyotte seul travail consiste & défaire toutes les surten- sions, ot qu'elles se trouvent, principalement celles des Spaules, de In nuque et de € rassembler > ces forces inemployées dans la région abdominale déja définic cchapitre 3, 18 od elles s‘annuleront en tant que pertur- bations et resteront comme une force 4 votre disposition, Cette notion originale, absente de la plupart des iméthodes de Relaxation, procéde de Tidée suivante aprés avoit dénoué une surtension et reldiché ta contrac- tute, il ne faut pas abandonner estte énergie disponible mais la mettre en réserve. Comme si vous rassembliz ‘un courant d’énerglé pour le Iaisser couler dans fe point de réunion sous-ombilical que les Japonais nomment TANDEN et les taoistes chinois TAN TIEN, Ce der= hier signifie < le champ ot planter le TAN », séerétion subtle conférant Vimmortalité et des pouvoirs suma- wees, Vous devez penser que nous revoild en plein délite ! Rassurez-vous et ne vous embuller pas ly a peu de hance pour que vous ou moi obtenions un tel sueeés, tout moins sur le plan du monde tangible. Cepen- dant, mis 2 part Caimable tendance affabulatrice des Extreme-orientaux ov notre difficulté a transerire exacte~ ment le chinois en langue européenne, Vexpérience con- 110 Le yoga sans postures. firme sinon totalement, au moins partcllement, cette Gtonnante assertion, Les Yogi hindous ont démontré et démontrent ‘encore a maitrise de cette curieuse force qu'ils appellent PRANA, correspondant & ce que les Chinois nommaient CHT ou substance immatérielle de la vigueur et de la vitalité. Les uns et les autres localisent le centre de cette force & peu prés au méme endroit du corps. Nos bio- logisies parlent de phénoméne électro-megnétique et Nous-méme ne sentons-nous pas sourdre en nous, d'un, ‘centre mal localisé, les réactions aux solicitations agréa- bles ou pénibles de la vie? ‘Ainsi, chaque fois que vous surprenez une contraction superflue, imaginez-la se dénouant au cours de l'expi- raifon et se rassemblant & la fin de celle, dans le centre de gravité Répondons aux évntels erupt qu! esindralent un ndtlsisme série, redouterafent a valoruation de Shonss de méliore inset au deen de tctes sh isan plas inportnts, ou encore appréhederien a ertede tout naturel, de tone sponses dase ese Sie de ete observation des (en objections judiewcs en apparece tmoignent des premiers ou des dernier sutaut de. wane mol apparent ou, SurMoi, alu sus Toque se ‘issinee tte eel. pafond >, Si vous persvérer dns cote chasse aux tenon nue tes, ous lbéeez alors une spontanet aulhntque non ele dun faux personage, = + Ne pas se relaxer. 111 Gone bier de sos SHEPHERD n exquisse de ce que vous verrer plus tard lors de V6 de attention, mais elle vous y prépare Donner plus de détails serait inutile pour le moment. Vous devez vous-méme rechercher, trouver, pourchasser Ies tensions et les manifestations, ob qu’eles se trouvent. Se discipiner dans les petites choses permet de venir 4 bout des grandes plus strement que Tinverse, On n'a pas tous les jours & prendre de graves décisions, mais la Imalirise de soi nécessaire dans ees cas se prépare et se fortifie dans les actes prétendus négligeables. En outre, prévenir les plus légers acc’s de nervosité, impatience (autant de tensions nerveuses et muscu- Iaires) est une tiche moins insignifiante qu'il ne para. Save7-vous si tele expression de votre visage, tel mot ‘désagréable Hiché dans un instant de mauvaise humeur, tel geste maladroit anodin, ne seront pas a Vorigine de faits importants, de mésententes profondes, quiaucune ‘excuse ni regrets ne pourront effacer ? Une attitude intérieure et extérieure détendue, gagnée ace & une vigilance calme et sans préjugés, permettra aborder une situation imprévue de maniére correcte et ide s'y adapter sans perturber votre systéme nerveux. Ce niest donc pas Une irrationnelle liberté La respiration De son premier eri A son dernier soupir, selon son ge, son sexe, son état de santé physique et psychique, Vetre humain respire sans interruption de dix a trente fois par minut. > 4 Par cet éhange il participe intimement au milieu dans lequel il vit, La posibilité méme daccélérer, de ralentir, de doser, voire d'interrompre cet échange n'este clle pas surprenante? De toutes nos fonctions dites végétatves, parce qu/assurant Fentretien de ta vie, au rmiéme titre que Ia digestion ou Ia circulation, c'est fa seule que notre volonté contiéle de la sorte HA Le yoga sans postures. Ne yous stes-vous jamais demandé pourquoi cette fonction, plus exigeante encore que T'alimentation, et hiaturellement inconsciente, spontanée, s'accommode Etre parton concen ct dépendate denote volonts ? Apparemment, rien ne s'opposait & ce qu'elle restit tuniguement instinctive, s'accordant systématiquement aux besoins de Vorganisme. Ainsi le rythme, amplitude, la durée et les intervalles s‘adaptent au travail mus- sculaire, comme aux variations d'altiude ou d'élément. Tout se passerait sans hourt si les attitudes défec- tueuses, les contractions désordonnées, les émotions mal dominées ne déréglaient pas équilibre tension-détente. Cette faculté de modifier volontairement la respiration Parait une anomalie face & 1a compléte impossibilité influer volontairement sur telle autee activité ou séeré- tion organique. Ce relatit mais indniable pouvoir que nous possédons sur Vacte te plus important de notre vie serait en liberté morale ? ‘A cette question, les Yogi répondent par Maffic- ‘mative 2 tel point que, selon eux, respirer c'est permettre a VEsprit de dominer la matidre en sexprimant & tra- vers elle et par elle Cette croyance explique et justi la richesse, ta varigté des exercices respiratoires enselgnés dans tous les Youas. Vivre consiste, tant organiquement que psychique- ment, & prendre quelque chose du monde extérieur, & transformer cc quelque chose par T'assimilation et le restituer sous forme de réalisation coneréte, ' La respiration, AS. Comme la vie, dont elle est la flamme, la respiration procide de trois temps 1 Inspirer ou prendre, acquétir, recevoit. 2° Retenir ou assimiler, digérer, transformer. 3° Expirer ou restituer, réaliser, agi. [Le deuxitme temps : retenir, se confond généralement vec la fin du premier et le début du second, mais nen est pas moins réel, Crest celui-ci qu’accentuent les Yogi hindous pendant leur entrainement, en revanche Jes Yogi chinois et japonais semblent insister plus spé- cialement sur le trosiéme temps : Pexpiration, pour par- vonir en fin de compte au méme résulta. "Nous reconnaissons volontiers que cette fonction éta- bit une liaison entre le monde extéricur et Ie monde imtérieur, entre la vie de relation et la vie véxétative, mais nous hésitons & admetire demblée qu'elle puisse dominer l'une et autre. Pourtant les conclusions tinées des observations du corps médical, recoupent et confir= ment les découvertes empiziques des Yost Faisons done une courte incursion dans le domaine des spécialistes et notons leurs constatations. Effete de la respiration ‘Le profane ignore In plupart du temps les multiples 6percussions de Pacte respiratoire sur les diverses fonc- tions du corps. A la rigueur, il congoit que le mouve- 116 Le yoga sans postures. ment sangvin est li & la respiration par le double réle des poumons : Pappel @'airinspiratoireecineide avec un appel de sang dans les eapilaires tapssant les alvéoles pulmonaires, le rejet Cait vicié expiratote renvoie le sang frais dans le corps ; mais on imagine mal le pro- cessus chimique cxistant au niveau des eellues du corps qui absorbent les cléments nutwits et énergétiques de véhiculés par le sang et renvoient au pounion les déchets guzeux produits par Vactvité des organes Tits schématiquement, voici comme cela se passe 4 Faller, le sang de la veine pulmonaire ct des arteres (Gauf Pertére pulmonaire réservée au retour) transporte dians tous les tissus et cellules du corps les éléments de Yair inspiré, pris dans les alvéoles pulmonaies. ‘Au retour, par Vartee pulmonaire ot les veines (saut la veine pulmonsire utilise & Taller) ce méme sang charrie les produits de combustion de Poxygene (01) qui se dégageant en. anhydride carbonique (CO,). sont expulsés par Yexpraton, Cette description succinete du mécanisme respiratoire nous donne une idée sufsante do V'interdépendance des fonctions corporelle. Ces rapporis peuvent se trouver fausiés par une insuffsance ou un excis de rythme de Ja ventilation pulmonaire Les physiologistes estiment que Voir inspiré séjourner de dix & vingt secondes dans les alvéoles pul- rmonaires pour permettre un change optimum des carps g2zevx. La ventilation de nos poumoas est trop souvent insufisante; elle est parfois réduite & la moiié de nos besoins réels, et elle et, de plus, es variable, Certain alvéoles sont sous-ventilés, d'autres sur-ventiés | La respiration AN) Nos poumons sont faits de 750 millions dialvéoles et ée leur fonctionement dépend un éveniail impressioil fant de fonctions vitales. Notamment, cet échange gazeux ininterrompu régularise Téquilibre humoral ot nerveux, favorise la combustion des déchets organiques, stimule la nutrition des cellules, assure en quantité et qualité équilibre des globules rouges. ‘Si Yon ne peut guérir cous les troubles organiques ou fonctionnels par la seule respiration, tout au moins, celle-ci une fois corrigée favorise le retour & la santé fen préparant le terrain Bien que les positions debout, assise, couchée, modi- fient famplitude du rythme physiologique, son temps formal se mesure sur une expiration deux fois plus Tongue que linspiration, Malgré In durée inégale des ddoux phases, le volume de gaz inhalé et exhalé est pra- tiquement le méme. On admet que par nature la phase expiratoire dure deux tiers de plus que inspiration. ‘Nous retrouverons cette cadence dans les disciplines des Yogi de toute origine. observance inconsciente de cette cadence naturelle pendant 'acivité quotidienne expliquerait, au moins en. partic, la santé florissanta, la forme insolente de certains izes qui ne s'adonnent & aucun exercice particulier. Plus communément, ceite mesure innée ne se retrouve que dans le calme du sommeil 18 Le yoga sans postures On est tenté d'envisager une réponse alfirmative en fonstatant les possibiltés du Yogi sur son organisme et son psychisme par le moyen de la respiration. Celui- ci, en virluose, fait varier artficiellement les. divers temps et modes de son soule, ct posséde, grice a cette maitrise, un veritable arsenal. Mais, qui dit arsenal sous- entend armes; or, une arme maladroitement mani Put se retourner contre son utilisateur, doi les déboi- Fes de quelques Yogi néophytes. Les recherches ‘médicales sur Traction d'une respiration systématique- ‘ment conduite se résument dans la conclusion unanime suivante Lapport régulier Woxygene on quantité sulfisante, V’élimination continue et convenable de gaz earbonique ident puissamment & prévenir et combattre de nom- ‘breux troubles fonctionnels nerveux, organiques, psy- chiques, en raison notamment de Métroite liaison de Vacte respiratoire avec la circulation du sang. Le profane admettra.volontiers qu'une respi appropriée agisse sur les fonctions digestives par le bras- sage profond des organes qu'elle provoque, mais Veffet sur Ia eireulation lui paraitra plus obscur, Cependant, le souffle et le sang, tous deux symboles de vie et de mort, sont indéniablement solidaires. Si nous savons que ta digestion et 1a circulation échappent & notre volomté, en revanche l'une et Nautre obéissent & la respiration. Cette dépendance permet & certains. bate La respiration. 19. Jeurs, singeant les Yogi, de faire eroire au public quills trréront les battements de leur cceur, en xéalié ils ne font que les ralentir 4 Yextréme, performance impression= fnante, certes, mais d'une utiité pratique contestable. Plus séricusement, les études faites, tant & Pétranger fqu’en France, démontrent le r6le positif de la ventilation pulmonaire dans In lutte constante de organise Thumain pour conserver son équilibre acido-basique. Précisons ici que V'acidose, ou excts acide dans le sang, accompagne généralement la fin de la vie orga- nique. En effet, es variations de cet équilibre acidité- alealinité du sang, aussi fables qu'elles soient, répissent Ia vie ou Ia mort, Cette constante se maintient grice & lune réserve alcaline saturant les acides en excts ou feneore grice A une faculté du sang de rétablir Ia balance vitale par la présence de substances. < tam= ‘pons > Si cette notion chimique n'est pas trés claire pour le ‘grand public, elle ne lui est cependant pas totalement incomnue. On trouve souvent sur les produits de beauté fu d'hygiéne la notation pH suivie d'un chiffre indiquant le potentiel (p) hydrogéne (EH) précisant le degré dc ité ou ¢'alcalinité d'une solution. Un pH = 7 est heute, tl celui de eau pure. Le pH du sang normal, Iégbrement alcalin, varie de 7,35 8 7,40. Progressons quelques instants encore sur ce terrain rébarbatif, nous n’en avons plus pour trés longtemps. Cotte donnée va vous permetire de comprendre beat coup de choses essentielles. La réaction du sang normal se présente done comme Iégérement basique, mais par suite de divers éiéments perturbateury, elle peut devenir soit trop alcaline, le chiffre du pH augmente alors, soit 120 Le yoga sans. postures au contraire virer & T'cidité et le chiffre du pH dimi- nuera. ‘Au-dessous de 7, la solution est acide, au-dessus de 7, elle est alcaline. La variation la plus facheuse pour Tire fhumain se fait souvent dans le sens de Vacidité ow aci- dose. Il y a deux formes d'acides en excds : gazeux ou ‘non gazeux. Les premiers s“liminent par les poumons, les seconds par les reins, soulignant Timportance de la ventilation pulmonaire et de l'élimination rénale Certains troubles sont en rapport avec les variations du pH ou de la réserve alcaline; ainsi en est-il de la fatigue musculaire aprés un effort; de V'insufisance Aépatique, de Vhyperacidité gastrique, du diabéte, de Femphyseme, des néphrites, des infections aigués, des choes opératoires ou traumatiques, du jeine, de Vinani- tion, des allergies, et jen passe sans doute. Ts corres- pondent & un pH trop acide ou inférieur & 7. A Topposé, le pH est trop alcalin ou supérieur 47 dans les états anxiewx, les maladies fébriles, les spasmes, I'6plepsie, la tétanie, te Nallons pas plus loin, nous entrerions dans un domaine moins simple qu’il ne parait, Rappelons-nous seulement que divers troubles ou malaises provoquent. ‘ou sont & Vorigine d'une insullsance ou d'un exc’s do pH. Lorganisme essuie de compenser ce déséquilibre avec Jes moyens du bord : le premier étant la respi- ration. Biicctivement un exeds d'acidité gazeuse se résorbe par Vexpiration prolongée rejetant le COs acide; en fevanche, une insuffisance acide peut ire compensée par une inspiration prolongée et maintenue en inhalant Voxygéne de Vai La respiration, V4 ‘A un autre point de vue, saver-vous pourquol nous ‘uffequons dans une atmosphére ou un bain trop chaud ? Parce que la chaleur humide freine assimilation de: Voxygéne dont nous avons encore plus besoin & ce: moment. En respirant un sir trop chaud, on provoque’ 4 la longue une déperdition d'oxygine et une oxygéna- tion insuffisante non compenséo par une récupération correspondante, Ainsi, les habitants occasionnels des ppays chauds souffrent dhypertrophie du foie, non seu- Tement en raison d'un abus d’alcool éventuel, mais du travail accru de cette glande luttant contre Vinsufisance ‘de combustion de chaleur interne ou congestion. ‘Dans les pays froids, Ja température du corps diminue autant par le climat que par la réduction des échanges respiratoires. De méme en estil lorsque nous nous rofroidissons pendant une séance de décontraction qui ralentit noire rythme respiratoire ou inversement lorsque sous le coup de fouet de la douche froide nous éprou- ‘ons le besoin dinspiter profondément, pour augmenter Fapport d'O, on rétablissant Ia réserve de chaleur Dans la lutte contre le froid ou le chaud, la respira- tion permet & Vorgenisme de maintenir sa chaleur nor- male. Enfin autre avantage A retenir du dosage alterné oxygene et de gaz carbonique, il permet de maigrir comme de faire grossir. Point n'est besoin den chercher bien loin la raison. Loxygine est un comburant, cest-i-dire un corps per- ‘mettant la combustion d'un autre corps, mais incombus- tible Iuiméme ; le COs est le produit des déchets de cette combustion Dans le cas de Mobise, In graisse superflue, consé- {quence de son alimentation, de son manque d'effort phy- 122 Le yoga sans postures. sigue, un déreglement glandulaire, empéche de respirer et inversement, par Suite de la respiration insuf- fisante, ses muscles slenrobent de graisse. Sil est capa- bile de supporter des efforts gymniques, il augmentera sa puissance musculaire mais risque de ne pas maigrir pour autant En revanche, certains exercices lents avec respiration adéquate telles les postures (Asanas) du Yoga hindou peuvent, au prix d'un effort minime, mats prolongé, réta- blir son équilibre morphologique. Dans le cas de la gymnastique rapide des méthodes occidentales, Toxy- ane absorbé est consommé par le muscle : c'est une épense d'énergie. Dans le deuxitme cas, celui d'une sgymnastique lente, le muscle nayant pas besoin de se ésintoxiquer, Voxygine inspiré est utilisé pour brdler les graisses, fortitier les organes d'élimination : c'est ‘une augmentation d'énergie. Les Yogi disent : « Aprés un exorcice reposez-vous afin que Ia force dégagée ne se localise pas dans les muscles mais dans les organes », d'une fagon différente fon retrouve a méme idée de répartition énergétique sur ‘un point particulier: Cette recherche de Iéconomie de force, ce dosage des efforts, convient aussi aux personnes trop minces qui ne ‘maigriront pas davantage en s'exergant mais sétofferont si besoin est sous réserve qu’ellesutilisent Ie rythme res- piratoire leur convenant. On pourrait poursuivre et approfondir encore I'ému- imération des effets de la respiration, mais il sufisat ict de nous assurer que nos connaissances oecidentales cor- roborent les intuitions des Yogi Ces témoignages cchoisis parmi les plus frappants. nous fournissent une La respiration, 129 preuve suffisante en ce qui concerne aspect mécanique et chimique ainsi que psychique par solidarié avec Vorganique. ‘Les Yogi vont beaucoup plus loin avec la notion de ‘Prana > ou Force vitale universelle dont la présence, felon eux, conditionne 1a manifestation de toute vie hhumaine, animale et végétale. ‘Acceptée sans hésitations par les uns, réfutée avec iépris par les autres, considérée comme douteuse pour beaucoup, cette notion nécessite une mise au point orien- tant pratiquement notre attiude. Essayons ensemble d'y voir plus clair. Prana et Pranayama énergie universelle et sa maitrise par le souffle Le Prana et ce qu'on en salt Nous évoguions Je « Prana > au chapitre précédent. Si ce terme est spécifique des doctrines. hindoues, le principe vital qu'il désigne n'est pas un concept apparte- nant exclusivement 2 linde. On retrouve cette idée, non seulement dans les } E i : £ 126 Le soga sans postures grandes traditions asiatiques chinoises et japonaises sous ides noms différents, mais ailleurs aussi. ‘Les doctrines métaphysiques de I'Antiquité euro- péenne, de Pythagore 2 Aristote en passant par Platon, de méme que, de nos jours, la théorie biologique du rovitalisme, prolongation du vitalisme du xviii” siecle, nen ronieraient pas les données. 'Ne cherchons pas plus loin, de erainte de nous empé- trer dans une querelle de mots et didées peu construc~ tive, Aussi n’ai-je pas Vintention, ni les capacités de trancher le débat. Définir fe Prana reviendrait & définir la cause de Ia vie, rien que cela! Reconnaissons qu'actucllement le probléme reste entier. [Les recherches biologiques modernes ne recueillent pas Papprobation unanime, diviseraient plutot les uns et Tes autres, chacun restant sur sa position avec une égale Donne foi "A moins qu'un jour on ne parvienne 4 isoler un ‘tément énergétique encore inconnu analogue @ la déf- nition du Prana, co qui ne serait pas impossible. ‘A tout prendre, cette éventualité se rapprocherait, plus de la réalité que les tentatives d'identification avec tun des gaz rares compasant air que nous respiroms, les vitamines que nous absorbons, ou toute autre sorte de tituant chimique solide, liquide ou gazeux. Car ces sments, bien qu'animés par lui, ne sont pas le Prana, Mattrise par le soullle De quol s'agitil donc? Les Yogi considérant "Univers, autant dans sa tota- que dans ses parties consttuantes, comme un orga hisme vivant, le Prana serait un concept inhérent & cette représentation particule du Cosmos. Voila dsj wne fagon de voir sur laquelle tous ne ‘peuvent svaccorder Diaprés Mopinion des Maitres du Yoga, le monde physique perceptible par nos sens serait doublé d'un fondle «semi matériel et fluide » se présentant sous deux aspects : 1° Colui dune « substance qui, sans étre matiére au fens ol ous concevons ce mot habituellement, serait ependant équivalente >. Cette définition, pour le moins ambigué ne nous renseigne guére, méme en admettant Ta difficulté de transcriro précisément ce que des mots he peuvent exprimer qu’approximativement. Voyons le deuxieme aspect. 2° Cette sorte de + presque-substance » serait & la fois tune force en puissance et une Energie’ en action, Une force animant tout ce qui vit, des véxélaux aux étres ‘humains en passant par les animaux, les insectes et les ‘micro-organisms. Ceci, plus accesible & notre raison, n'explique pour= tant rion’ Tout av plus constatons-nous Un fat, au mieox tne facuté dela matice placée dans des crconstanes favorables la vie 128 Le yoga sans postures. Une auire particularité du Prana justife le paralléle sinon Pidentité de cette force avec toute énesgie électro- ‘magnétique, ou autre, présentant une polarité positive et négative. En effet, la foree pranique ainsi véhiculée par des supports divers, mais existant cependant indépen- ‘damment d'eux, possSderait aussi une charge positive et ‘une charge négative. ‘Toujours selon les Yogi, Vétre vivant serait cons: titué d'un comps pranique en quelque sorte engainé dans le comps physique. Ce corps subiil capte et répartt le Prana suivant les besoins du corps physique, récepteur grossier, qui ne pourrait vivre sans cette énergie. ‘Comme le corps physique, ce corps pranique @ te pouvoir ¢'assimiler et de désassimiler par intermédiaire de conducteurs spéciaux nommés Nadis (eux-mémes positifs et négatis) approvisionnant des centres accumu- Tateurs, wansformateurs et distributeurs appelés| CHAKRAS. (Ces conducteurs et ces centres, homologues des réseaux et plexus nerveux, mais non analogues a ceux-ci, voient leurs propristés de conduction amoindries, atro- phiges ow augmentées au méme titre que le systéme nerveux placé dans des conditions défectueuses ot pro: pcos, ‘Tout se passe comme s'il sagissait un fluide, disons Gleciro-magnétique, auquel T'Hindow attribue la qualité de « vivant > Cette demnidre précision exceptée, Ia comparaison avec une force électrique, bien que peu postique, reste possible. Aisi notre vie, comme notre santé, seraient soumises Maitrise par le souffle, 129 faux variations de voltage, ampérage et révistance dun ‘mystérioux accumulateur. ‘Autrement dit, nous sommes tributaires des trois fac- feurs suivants : I La différence de potentiel entre les forces dun ‘courant positif et négatif s‘opposant et se complétant Cette notion est & In base de ta pratique du HAC+) THA(—) Yoga, recherche de Uéquilibre statique et dynamique, ainsi que de la médecine chinoise ou acu- puncture ; IL Lintensité du débit de cette énergie ou degré plus ‘ou moins grand de puissance, activité dont nous dispo- ‘sons physiquement et psychiquement ; IIT, La capacité de réaction de résistance aux causes le destruction, des organes distributeurs 4’énergie, Cot « traduits & tort par « respiration et discipline +. Peut-re aussi parce que discipliner Ia ros- ration est fun des moyens principaux de cette tech- nique. En réalité, c'est non soulement prendre Ia fin pour le moyen, mais encore restreindre hitivement ce dernier. Yama ou Ayama signifie plus exactement : éclosion, développement, extension, dob Tidée daccroissement parla maitise de la force énergstique du Principe Vital. Si Fair ambiant est un véhicule important de cette force, rvoublions pas que celle-ci se wouve aussi dans tout ce qui nous fait vivre, les aliments comme les bois- sons, voire méme, pourquoi pas, dans les échanges didées, Ne vous est-il pas arrivé de vous sentir réconfort, j Mattrise par le souffle rechargé par une parole positive d'encouragement ou a ‘contraire puisé par une pensée négative, de colle, @envie, ete, démoralisé par une remarque désagréable ? ‘Tout acte, tout effort volontaire ou non, psychique, musculaire ou nerveux, émanent de cette énergie qui ppuise principalement mais non uniquement sa source dans V'acte respiratoire De sorte que chaque geste, chaque parole étant une ‘expression di Prana nous faisons du « Pranayama > en dosant nos tensions, en coordonnant nos efforts (cha~ pire 7) aussi bien qu’en respirant correctement. ‘Nous avons Vaccord des milieux médicaux sur Yim ‘portance thérapeutique de cette fonction bien utilisée, cela doit sufire & surmonter vos demiares hésitations. Test vrai que quelques-uns, & la suite de la lecture ouvrages sur les Yogas, se sont adonnés, sans résultats ‘appréciables, 8 do consciencieux exercices. La raison de ‘ces échecs réside moins dans le manque de persévérance ddes pratiquants que dans Ia contrainte volontaire impo~ sée, comme dans la recherche de latitude correcte (cha- pitres 5 et 6). Foroee actfciellement notre cadence respiratoire n'est pas une bonne solution. Dans le meilleur des cas, om Tessent aprés Fexercice une sensation fugitive dacerois sement de bien-ttre et quand cette cuphorie se dissipe, Yon se décourage. Quelques autres, plus chanceux, trou vyent demblée le rythme qui leur convient, mais ne semblent pas pour autant s'épanouir autrement que phiy= siquement ou psychiquement. Les plus défavorisés se éréglent dangereusement quand ils ne commettent pas ides erreurs physiologiques sérieuses, ‘Rien n’est plus inefficace, voire risqué, que de s'im- 132 Le yoga sans postures Doser des exercices ne correspondant ni & nos possibi- Iités ni A nos besoin. Supposez que, vous trouvant en haute altitude, vous vouliez, fort de Votre autonomie respiratoire, remédier A oppression due a la difiérence de pression atmosphé- rigue, sans attendre que vos poumons d’homme de Ia plaine s'adaptent & ces nouvelles conditions, le résultat risque d'étre déplorable, car vous contraignez les réflexes natures Le cas est identique lorsque sous préiexte de se dominer on veut s'imposer des rythmes anormaux pro- ‘voquant des contractions, des spasmes engendrant inst Gicusement des habitudes difciles 2 corriger par Ia suite Les rétentions d'sir prolongées, bien que soulageant le caur et favorisant U'élimination rénale rencontzent ppour ces raisons, chez les médecins, une méfiance justi- fiée ou une prévention totale dans ls cas d'emphystme, @asthme, de maladies pulmonaires en évolution. es rétentions de soulfle, poumons pleins, se retrou- ‘vent fréquemment dans les techniques des Yogi his ous. Elles sont trés tentantes pour le néophyte mais, outre la. progression minutieuse recommandée et fré- ‘quemment négligée pour les aborder, il faut tenir compte que ces procédés svadressent & des étres différents des Gceidentaux, tant physiquement que psychiquement et, surtout, méta-psychiquement. Ts caractérisent notam- ‘ment une attitude face & Vexistence diffiilement compa- tible avec une vie active. Les techniques du Pranayama, on moyen @accumuler le Prana par la respiration, répondent aux aspirations ‘un solitaire contemplatif qui se replie sur lui-méme, se Maitrise par te soullle, 199 ferme au contact du monde terresire pour souvilt sir lauizes horizons et non aux névessités de POccidental Juttant pour vivee Nombreux sont ceux qui, & la suite de respirations de ce genre, reconnaissent avoir éprouvé une sens: de désintéressement, de détachement, dindifférence, ‘agréable sans doute, mais dangereusement improductive TI n'est pas déraisonnable de penser que les types taciaox, les habitudes partculitres, les modes de vie, es climats, expliquent les variéiés respiratoires. On fadmetira alors la sagesse des mises en garde réitérées fn ce qui concerne Tabus et le mauvais emploi de ces techniques. La tradition hindoue s‘adresse & des individus dont Valimentation essonticllement végétarienne augmente 1a tendance alcaline du pH sanguin ; retenir le souffle d'une fagon prolongée ne fait que rétablir Méquilibre acide. Mener une existence trop sédentaire augmente Valca~ Tose ct il sen suit quill est utile, sinon nécessaire, de établir la dose normale Cacidité par une respiration acidifiante ou par une longue période de jedne qui aci- ifie Vorganisme ou encore par une alimentation riche fen acides (cure de yoghourt, de petitlait, dont les pH respects oscillent entre 4 et 5,82). Le libre jeu de Pedaptation naturelle non contrariée élimine Pacide en’ Nous avons vu que Vacidose est un phénoméne accompagnant la fin de la vie, toutefois une acidifica- tion est parfois utile ct bienfuisante; elle fait méme par= tie de arsenal médical de cures thermales. D'autre par, le jedine acidifiant nettoie et régénére Porganisme intoxi- qué dalcalose, éclaircit 1a pensée ; mais Ia prudence 134 Le yoga sans. postures. conselle d'obéir aux directives médicales appropriées| ct d'éviter toute fantaisic trop personnelle souvent ‘malencontreuse. De méme si vous Ges végétarien convainca, ou, sGdentaire par obligation, ne concluez pas hativement que les rétentions de soullle seraient nécessairement salutaires, En défiitive, nous voici bien perplexe pour adopter tune rgle positive conciliant importance de 'acte res- Piratoire et le danger des écucils énumérés. En réalité 1a difficult réside plus dans la méthode & choisir que dans une divergence fondamentale d'opi- Faisons le point Sommairement posé le probléme se présente alnst : AP Physiologiquement, 1a respiration naturelle instinc~ tive, déclenchée par un influx nerveux automatique, par- faitement au point, régle Téquilibre de nos fonctions vitales. Chez un sujet sain, ces facteurs essenticls cscillent autour dune constante, comme un pendule autour de son axe, Cette constante, cependant relative, subit des modifcations incessantes suivant Vadaptation a Tactivité, au repos, a la chaleur, a Vatmosphére, & Valtitude, a Yalimentation... mais se iGtablit aussitot que les influences modificatrices ne jouent plus. Tout serait parfait ou presque si nous laissions cuvrer cette fe Sagesse du corps >, mals. Mattrise par te soul, 198 2° Psychiquement, notre nature 'homme veut que par ‘un ordre émanant d'une zone spéciale du cerveal, nots fayons la possibilité de modifier instantanément le rythme et lampleur de la respiration. Une émotion, une peur... nous < coupant le soufle », la colére, Tangoisse, Tinguiétede, a joie elle-méme ou la réflexion profonde. alentissent ou aceélerent Vappel et le rejet de Tair, pperturbent de ce fait le pendule régulateur du CO, et ddu pH. Ces phénoménes psychiques peuvent étre pastas {gers ou durables, allant de I'Smotion fugitive & 1a psy hose ou a la névrose plus persistantes, eréant des trou- Dies physiologiques dTorigine psychique, influengant définitivement le rythme inital 3° Supra-psychiquement (de supra : au-dessus de 5 plus explicito que : spiritellement), Lioetroi de cette liberté respiratoire a strement une raison Wire autre que celle de manifester plus ou moins anarchiquement nos états difime. Cotte faculté aussi génante qu’utlle qui diffé rencie Phomme de l'animal, Iui permet de progresser et de s'épanovir, et V'améne non seulement & dominer les Jimitations de son existence, mais encore ct surtout & participer & une vie toujours plus vaste dont le souile est expression, Le Yogi se sert de ce soufle, ainsi revalorisé, pour devenir le maitre incontesté de sa propre nature. Par le ‘méme moyen, nous pouvons aceéder 3 I'état, sinon de ‘esuper-man >, mais Thomme total dans son unité retrouvée ou conquise. Mais, direz-vous, nous rencontrons tous les jours ‘dans toutes les catégories sociales des tres qui, sans avoir jamais entendu parler de techniques respiratoires, 136 Le yoga sans postures. ‘se portent et se comportent apparemment sans histoires, fen Sabandonnant 2 Yautomatisme inné de leur respi- ration. Assurément, oui. et nous sommes fous plus ou moins dans ce cas, Aun moment donné de notre existence, Cotte condition, considérée comme enviable lorsqu'onT'a perdue ou suffsante quand on la posstde, reste confor- fable tant que les circonstances m'imposent pas des problémes graves & résoudre, ou bien tant que notre vyéhicule ne bute pas sur un obstacle infranchissable par la seule aide du cocher-intellec. Un aitclage en bon ordre de marche, dirigé par un cacher habile, auquel cependant manquerait le contact Permanent avec le voyageur, peut fort bien pour- Suivre sa route ainsi a Iongueur de vie. Mais, que Ia bonne ordonnance de lensemble vienne & se détériorer, Ja cobésion partielle primitive se révélera insuffisante. Le cocher ne saura plus oli donner de la ¢ Raison », il réparera la voiture-corps, soignera tant bien que mal le cheval-émotion mas... s¢ trompera de chemin ov ne reconnaitra plus sa route, En nous faisant participer & la vie, le soufle tisse tun lien subtil unissant ensemble humain : physique, psychique, supra-psychique. Cet ensemble se développe ‘ou s'atrophie au rythme de sa respiration, au gré de nos attitudes physiques et mentales. L'équilibre fonctionne! total de Feive devrait se fonder sur une cohésion hiérar- chisée redonnant & [intuition la place qui lui revient, en union avec Fintellect, pour diriger 1'émotion, force motrice accordée & la circulation harmonieuse du flux vital respiratoire. Retrouver ou maintenir cet équilibre complexe serait Maitrise par te souile, tune tche presque impossible sans un organe de liaison Gui soit apte 2 réunir des principes aufonomes par fnition : le physique avec ses besoins organiques: Yitaux et sa connaissance sensorille du monde sensible jimmésiat; le psychique : par son aptitude & concevoir ft 2 rationaliser 1a connaissance, & créer A partir de Pinformation ; enfin, le supra-psychique : dont les capa- cités transcendent les données du réel et de Ia raison. Pour harmoniser en nous ces tendances, que nous Eprouvons souvent comme incompaiibles, pour atteindre Ja vérité, nous avons A notre disposition Ia liberté de [prendre ‘conscience de notre rythme respiratoire, la liberté de nous débarrasser de nos tensions inutile, 1a liberté de nous accorder ainsi avec le « rythme fonda~ ‘mental de Ia vie s. ‘Le chemin est de ce fait tracé, du palpable organique A Limpalpable « spirituel > mous rentrerons en posses- sion de notre pleine liberté comme le prisonnier de ce conte hindou : Un jeune homme se trouvait emprisonné au dernier tage d'une haute tour. Sa flancée enduisit d'une goutte ide miel les comes d'un scarabée, attacha un fil de soie A one de ses pattes et plaga la bestiole en bas de la tour, Le scarabée cheminant lentement le tong de la ‘muraille pour atteiadse le miel toujours insaisissable par= vint ainsi A la lucarne du capt. Aw bout du fil de soie, la belle avait noué une cordelette plus épaisse, puis une corde dont se saisit le prisomnier pour regigner sa Tiberté Le fl de sole, la cordelete, 1a corde, figurent In mai- trise progressive du soutfle qui nous affranchit de nos’ Jimitations et nous relic & une inépuisable souree de force. il Avant de les prendre examinons les guides de notre attelage Comment respirons-nous ? Maintenant que votre attention est attirée sur Time portance de Tacte respiratoire, vous étes poutéire convaineu, tenté dexpérimenter par vOus-méme j ot bien, tout au contraire, rétcent en raison des réserves avaneées, . Ne nous laissons pas prendre au piggt d'un facheux 140 Le yoga sans postures. travers trop répandu. Combien d'ouvrages décrivent les techniques yogiques, en vanteat Texcellence pout, aus- sit6t, en déconseiller Ia pratique sous prétexte qu’elles sont dangereuses en raison méme de leur eficacté ! Cos autours insistent encore sur la agcessité d'un ‘Maire quis signalent, bien sir, comme presque impos- sible A trouver en Occident. Pourquoi, dans ce cas, Dublier ces techniques hors de notre portée, sinon pour hous faire sentir davantage notce ignorance? Par ailleurs, c'est faire exagérément confiance a la sagesse du lecteur et compter sans Faiguillon de sa curio- sit6 ou sa soif de connaissance, On sait bien, cepen- dant, que les spectacles < interdits aux moins de 418 ans » attirent les uns sans repousser les autres sufi- samment Ioin, Pour en revenir au Pranayama respiratoire, malgeé Jes avis contraires et peut-ttre & cause deux, on se risque & essayer. Au mieux, on échoue, ou bien on ne réussit que partellement : au pire, on obtient des résul- tats opposés aux espoirs earessés, De toute fagon, la méthode est injustement discréditée Quelle est done la régle a suivre pour obtenir de la respiration qu’elle remplisse son réle de médiatrice entre opacité et la lumitre ? Ne devrions-nous pas savoir respirer comme on marche? Il se trouve que cette comparaison est mal choisie, puisque Yexemple des enfants perdus dans la jungle nous prouve que nous ne savons pas marcher naturellement ». Sans doute, parce quill n'était pas dans notre nature» de nous tenir debout, En effet, aprds des spécialistes, notre colonne veriébrale n’a pas G6 faite pour que nous nous tenions sur deux pieds. Comment respironsnous 1 Le Créateue auraitilfagonné Adam pour gull mache b ‘quatre pattes ? Postion dans laquelle Adam et Eve pou= ‘alent re nus sans en avoir ni connaissance ni honte. Lorgueil et le serpent aidant, Mhomme se mit debout et pit slors connaisance de sa nucité! Cette remarque fh passant ext livrée 8 vos sourires ou A vos méditations Tl est en tout eas probable que la station debout est tune conguéte de Ihomme. Or, une conquéte se conserve fe consolidant ses bases, en occurrence en respestant Templacement da centre de gravis; lequel centre, ‘omme nous Tavons vu, est souligné par une tension sous-abdominale favorisée par Vexpiration ‘Mais, nous faudraitil progresser & quatre pates pour respecter notte « nature»? Bien que cette atitude fasse parte des méthodes de rééducation de la colonne vertébrale, il_ne sera pas nécessaire de retourner & nos possibles mais lointaines ‘tigines. Cependant, si nous vivions comme nos fréres fnférieurs, nous n'aurions plus, sous prétexte esthé- tique, & novs préoceuper de renter le ventre qui epren- Gait sa. place normale, ibérant Je principal muscle respisatoir : le diaphragm ‘Celu-ci se présente sous Taspect une vaste cloison ‘usculo-tendineuse en forme de votte allongés, sépa- rant la eavité thoracique de fa eavité abdominal. 'A Tinspiraton, eette cloison se « contracte», trant Je sommet du déme vers le bas, un peti comme souvre tun paraplui, 'A Texpiration, le diaphragme se < détend », comme le porapluie se referme. On a souvent dit quil existat une respiration masce- Ting et une respiration féminine, La premitre plus tho- 142 Le yoga sans postures racique, Vautre, plus abdominale. A vrai dire, pour cette dernitre, comme Tabdomen ne posséde aucun ‘organe respiratoire, c'est le diaphragme, piston invisible, ‘qui se manifeste, i Vinspiration, par un mouvement de poussée vers le bas, doit résulte une ondulation de la paroi abdominale, Quant ala respiration dite thoracique parce que n'intéressant apparemment que le thorax, elle nie devrait que compléter la premiére, non la remplacer,, sauf exception. Un sujet normal, quel que soit son sexe, doit avoir une respiration diaphragmatique, qui se poursuivea par tune phase plus ou moins thoracique selon le besoin air exigé par Veffort. ‘Le type de respiration exclusivement ou & prédomi- nance thoracique s‘observe chez Thomme en cas d'in- suffsance respiratoire due & des altitudes défectucuses ‘ou au manque d'exorcice ; chez la femme, elle pouvait aulrefois étze la conséquence du port des vEtements tres setrés & la taille, Chez la femme enceinte la respiration fst thoracique, condition normale & ce moment. ‘A un. certain stade de Ia gestation, en effet, tes ruseles respizatoires thoraciques doivent suppléer natu- sellement au mouvement limité du diaphragme. ‘Une tclle incapacité momentanée, ou accidentelle (maladie), peut devenir unc insuifisance habituelle & laquelle on se doit do remédier. La 1oi physiologique de la respiration diaphragmatique s'applique & tout sujet sain, homme ou femme, et s'accorde avec cs que nous savons de 'équiibre psychologique, puisque les centres de gravité physique et psychique se localisent au méme fendroit, Des que nous abandonnons ou perdons ce point de ralliement des forces, nous décentrons notre Comment respironsnous Gquilibre général. Lors d'un effort musculaire, Ninspii tion partant du diaphragme rayonne naturellement vers Je thorax si besoin est, De leur c6té, les manifestations psyehiques mobilisent souvent exclusivement la. partie Supérieure thoracique, y instaurant un élat de tension, déplacant le centre de gravité. ‘Chacun de nos états mentaux détermine un rythme respiratoire particulier, méme pendant le repos physique. ‘Ains, le soul d'une personne indolente différe de celui dum individu agité ou crispé. Lianxieux ne respire pas comme un apathique. On a observé que si le dé pprimé expirait plus Jenfement qu’un individu: normal, Pexcité inspirait plus longuement. Tenter d'imposer aux nerveux, par un acte de volonté, tune expiration profonde et Iente, conseiller & tune durée moindre de cette phase, serait contraindre ‘vainement la. aature momentanée propre & chacun. Les chances de suecés durables seraient aussi minces que si Pon tentait de redresser, par des injonctions réitérées, tun dos qui se votite, Comme dans le maintien correct du corps, pour retrouver une respiration naturelle, juste, fon ne peut se satisfaire d'exercices répétés chaque jour A instants réguliers. Le mauvais pli se reprend des qu'on. ny pense plus et on ne peut simposer d'y penser tout fe temps. Il faut pluxét nous.rendre capable de gogner Par nous-méme cette cadence idéale et changer nos nauvaises habitudes, parce qu'on ne peut plus supporter Vineoafort ressent. 144 Le yora sans postures. Ne dites pas «Je ne sais pas respirer » Notre corps posséde une fendance innée & se remettre fen ordre ds qu'on ui en laisse 1a possbilité, Notam- ‘ment, il sait tds bien cospirer suivant ses besoins et sa capacité. ‘Sauf dans les cas relevant de Ia méslecine (et encore !), nous rencontrons en nous une aide imprévue ds que ‘nous compeenions pourquoi nous respirons peut-Stre mal. ‘Aussi ne devrait-on pas dire < je ne sais pas respi- ror > mais plut6t «je ne veux pas bien respirer >, ‘Nous connaissons le responsable du désordre respi- ratoire, notre psychisme qui, par ses réactions émotion- nelles, ses pours, ses angoisses passagéres ou perma- nentes, stoppose & la sagesse instinctive du corps. ‘Comment voulez-vous que le cocher se fasse obsir de son cheval si le systéme de commande, guides, rénes, ‘ids sont eoninielenent mms pares abot de 18 route Retrouver une respiration naturelle, c'est au préalable prendre conscience d'un acte généralement inconscient, puis veiller & ce que rien ne vienne perturber son fonc- onnement, [No croyer pas cela impossible 2 réaliser seul. Commencez. par vous observer dans différentes cir- ‘constanees, au repos, pendant effort, en parlant... Notez les variations de votre cadence respiratoire, ses saccades, ses irrégulartés, sa localisation (base, milieu ou partic supérieure du thorax), Observez cele sans tien modifier volontairement. © au travers de votre fagon ‘Comment respirons-nous Chague tension, dod qu'elle vienne, appelle une “détente préparant ia tension suivante. Cette alternance joue aussi bien sur le méme plan dTactivit (physique ou Psyehique) que d'va plan 2 un autre Normalement, activité et repos, se suecédent et se superposent suivant un rythme régulie. Un exemple tiré du foactionnement de nos muscles conflime cette réciprocité tension-détente sur 1e plan physique. TLorsque nous contractons notre biceps (actvit), le triceps muscle antagoniste se détend (passivité). Inverse- Tent, un travail efieace du ticeps ne peut se faire que Pendant Je repos du. biceps. Lactivité normale d'un froupe musculaire correspond A la non-activité du groupe oppose. ‘Un autre exemple, basé sur Vinteraction du comps et ‘du psychisme, nous” est fourni par la « déeontraction totale >, corollaire d'une vigilance mentale constant, Hieilance sans laquelle les groupes musculaires se remet- tiaient en éat de tension. La méme alternance simpose lors du travail de intellect conscient pour que sexprime Vntuition, faculté fléente, mais complémentaie, ‘Tele étude approfondie, tlle recherche scientifique ou travuil_de création, me portent souvent leurs fruits qu’en abandonnant, pour un temps, [a tension intellos= fuelle nécessaire au début afin de lasser libre cours au teavail de Fintition ‘On a souvent constaté qu'une découverte fortuite <écoulat, non seulement dun effort antérieur conscient, mais aussi dione phase inconsciente de détente de Tintllect. 146 Le yoga sans postures. ‘Les étudiants connaissent, quelguefois & leur détri- ment, co phénoméne qui leur fait trouver, en rentrant cchez eux, la solution sur laquelle ils ont buté. Autre- ment dit, lorsque se relachent leurs tensions cérébrales et motives. «Le relichement sur un plan favorise Pactivité sur un autre. » Si Pacte essentiel de notre vie, la respiration, obéissait Ja méme loi @alternance, cela nous aiderait & micux utiliser cette fragile iberté De fait, il favére qu pphysiquement, Vinspiration est une contraction suivie ‘par la décontraction de Vexpiration, sur Je plan psychique, & cette méme inspiration, travail ‘musculaire, correspond une détente au niveau mental. De sorte que, maintenir les poumons pleins, volon- tirement, ou ne pas les vider suflsamment, c'est conser- yer une tension physique favorisant Ia vacuité du mental. Ce detnier point, recherché apparemment par le ‘Yogi hindou, n’est peut-tre pas soubhaitable pour 'Oc- cidental trop hypertendu de nature et qui a désappris la détente. Diaprts les statistiques actuels, sila Tongévité moyenne dans Je monde occidental yévalue & environ 65 ans, ce qui est un suects si Yon pense aux 25 ans. dlespoir do vie pour les pays sous-développés, en revan- che nous avons le fAcheux privilege du record des affections mentales, des tensions nerveuses, des maladies ccardio-vasculaires, rares dans ces poys. ‘A Vopposé de cette contraction inspiratoire, Pexpi- ration, détente physique, suppose un travail psychique. Cette curieuse alternance se vérifie notamment dans Comment respironenous? 1A action de parler. Ne vous étes-vous jamais aperg que parole, acte psychique, ne slexprimait que lors de expiration, phase de détente ? Tnversement, nous profitons d'une pause silencieuse de Ia voix et, de ce fait, du psychisme, pour inspirer nouveau. A toute tension doit succéder une détente correspon- dante, Ta plupart du temps, nous ne respectons jamais suffi ‘sammont cet équilibre, aussi bien dans notre fagon de vivre que dans notre maniére de respirer. ~ Liexeés de tension musculaize, nerveuse, psychique, fest alors suivi d'un besoin excessif de relachement, une recherche de libration A tout prix, ce que nous avons déja reconau lors de la tension controlée (chap. 8%. Quant 2 la respiration, le soupir de soulagement souli- ‘gnant la fin d'une période de contraction Emotionnelle fu physique, exprime éloquemment cette méme nécessité de détente. Prenons le temps d’expirer pour ne pas avoir & soupirer ‘Lrexpérience directe et indirecte nous incite & choisir ‘une régle respiratoire satisfasant 4 plusieurs impératifs. Elle devra : 1° Offcir un maximum d'efficacité pour un minimum inconvénients ; 148 Le yoga sans postures. 2° Bire accessible A tout individu désireux de pro- presser ; 3° Eire susceptible de Sappliquer & chaque instant de Sa vie, et pas seulement 2 des périodes d6terminées dans la journée, comme c'est le cas dans le Pranayama hindou. De toutes les manitres de respirer envisagées par homme, tant pour s’améliorer physiquement, que pour tenter de se dépasser et de se fondre dans une vie plus large, Ja seule qui réponde A ces exigences nous est donnée par les techniques d'approche de Tillumination ouddhique. Tout au moins, pour ce qu'on peut en connaitre d'aprés les avis des Occidentaux ayant vécu cette experience, Rien ne remplagant la connaissance acquise en Sexergant personnellement, passons au stade de Iexpé- rience, Corriger pour laisser faire Sans doute, comme indiqué plus haut, vous &tes-vous observé et avez-vous constaté que votre respiration était plus ou moins réguliére, profonde, superficielle, que sa localisation intéressait la partie supérieure ou médiane du thorax, ou encore gonfait le venire, voire méme ‘mobilisat suocessivement cas trois secteurs, selon ce qui a G6 crit dans autres ouvrages sur la respiration tovale, Quolles qu'ai t G6 vos remarques, nlessayer pas fe de modifier votre fagon de respirer, méme dan ‘e8 oli elle ne correspondrait pas au point de depart agmatique ou abdominal souhaitable. Prenez Vattinde assise décrito chapitre 7 : 1a nugue, dos, los reins sur une méme verticale, les épaules et bras souples. __ Sans penser & auire chose qu’a laisser sort Vair par rez, expires sans bruit, done lentement et profondé- , le coxps immobile, Cette expiration compléte ie, attendez que Vinspiration se produise d'elle- , Sans effort aspiration profonde. Continuez ainsi voire gré, mais cette fois essayez de corriger youre ration en la faisant partir du ventre, La plupart du temps, lorsqu’on nous dit Wexpirer, fo commence par inspirer, craignant de manguer de Souflle. Sachez, ou rappelez-vous, que les poumons ne se vident jamais complétement. Méme en forgant Pexpi- ation, il restera au moins un demi-litre d’air résiducl, ‘yous ne risquez done pas de trop expires, Lors de co rejet d'air, les cOtes s'aflaisent ot le ventre se contracte en se creusant plus ou moins. La, jntervient une modification importante. Que nous soyons mince ou doté d'un embonpoint envahissant, crewser ou entrer abdomen a pour conséquence de bomber le forse, nous avons vu que cela décalait notre centre de fgravité, Insistons & nouveau sur le fait que maintenir "une tension sous-abdominale & Vissue de Vexpiration ne i Simific pas gonfler le ventre en Ie poussant en avant Comment respirons-nois La bonne position se trouve dans In difiérence entre Jes deux extrémes du ventre creux et du ventre gonflé, " ctest-t-dire placé naturellement comme lorsque nous n'y ppensons pas. Puis on y maintient Ia force nécessaire 150 Le yoga sans postures [pour repousser le bout des doigts enfoneés en pointe sous le nombril. L’habitude et Vexercice aidant, cette tension se garde sans difficulté tout en respirant et en ‘Toutes circonstances. Cette tension n'est autre que la manifestation tangible du centre de gravité vital retrouvé et souligné par la respiration. Ce centro ou « liou intériour oit convergent et dod partent nos forces », suivant Ia défintion déja employée (chap. 2) est le seul endroit du corps ob toutes nos contractures, crispations, raidissements divers, tant physiques que psychiques, non seulement se dis- solvent mais se transforment en énergie nouvelle. Bien quil n'y ait pas liew de renier systématique- ‘ment toutes les cadences respiratoires enscignées dans les HATHA et RAJA YOGA, il savere préférable, en occurrence, de respecter ou de retrouver notre rythme Physiologique se révélant « dans une expiration double, voire triple, da temps d'inspiration ». Cette proportion ne prévise aucune durée particuligre, elle indique seule- ‘ment un rythme dont Yétendue est Iaissée & Tappré- ciation de chacun de nous, parce qu'elle dépend de notre capacits et de notre état de repos ou d'activité. Nous nous conformons ainsi aux directives des maitres japo- nals disant « un court instant suffit pour M'inspiration, mais T'expiration doit étre de longue durée ». Voila quine ressemble guére i ce quion nous a ‘toujours appris. Pourtant cela correspond, non seulement une réaction naturelle, mais & une impéricuse nécessité Comment respironsnaua® 181 Lexpiration lente, méme si elle n'est pas profonde, ue Vorganisme et nous détend. Nettoyons nos poumons, purifions notre sang en fant l'sir usé. Expicons pour nous décontracter et jenir nos soupirs d'épuisement, soupape de sireté jus par le nature pour nous libérer des excés de n et faciliter une inspiration sans effort. Ne Iaissons pas s’accumuler une charge corrosive ot Jive de toxines physiologiques et psychiques en t de celte faculté & notre portée utilisable par sans aucun. danger. No répétez plus « je ne sais pas respirer >, mais jg ne sais pas expirer », ce que nous allons envisager intonant. Lachons les rénes pour mieux les reprendre Apprenons a expirer ‘Quoi qu'on pense, notre inspiration est moins souvent défectueuse qu'on ne eroit. En réalité elle est méme _généralement ., sinon nous passerions notre lemps a biillee. Linspiration se déclenche delle-méme, ‘aussi n'estil pas besoin, sauf pour des raisons de réédu- ‘eation, de respecter « volontairement » les trois phases ‘lassiques de la respiration ‘orale du HATHA YOGA, fou de Ta culture physique. ‘Chez un individu sain, aprés une expiration eompl&te, 154 Le yoga sans postures. 2s phases se succédent avec plus ou moins c'ampleur suivant la nécessité, sans qu'il ait & y réfléchir. ‘Nous pouvons le constater aissment lorsque, aprés avoir rejeté le maximum d'air, nous attendons quelques instants que se manifeste Ia soit Pair nouveau. Inspirer profondément, lorsque nous suffoquons par ‘mangue de souffle 4 la suite d'un offort, d'une marche rapide, d'une course ou quoi que ce soit Pautre, ne ‘nous rend pas plus vite notre haleine perdue. Le secret du second souffle réside dans le rejet d'air profond et répété, déplacant Je centre de gravité per- ‘mettant une inspiration naturelle non forcée. Quant a Pexpiration, elle favorise I'limination des toxines diverses déversées dans le sang par Teffort, la sédentarité, insuffisance fonctionnelle hépatique “ou rénale. Essayez, & Poceasion, eo procédé, vatiante pour débu- tant de la < contraction vers le haut > (Uddiyana anda), technique du Hatha Yoga Debout, ou assis, expirez par le nez profondément, chassez bien Pair des poumons ; lorsque vous croirez ne plus pouvoir expirer, pincez-vous le nez entre le ppouce et Tindex et faites deux ou trois tentatives ins- piration en écartant es c6tes, sans luisser pénétrer Vair ni par la bouche maintonue fermés, ni par le nee, Aprts ces fausses inspirations, sans reprendre haleine, lichez vos narines et expirez encore un peu. ‘Toujours sans reprendre de souffle, pincea les natines A nouveau et recommencez deux ou trois inspirations simulées, expirez encore une fois et enfin laissez pénétrer Yair normalement, Apprenons & expirer. 155 On peut ainsi rejeter de Pair trois ou quatre fois fans inspire Recommencez plusieurs fois le cycle complet Cette pratique, grice A sa fausse inspiration qui pelle le sang aux poumons, décongestionne et désin- jue. Elle permet d'apprendre & mancuvrer le iaphragme, et de rééduquer ainsi sa fonction, Tl est possible de vérifier son pouvoir désintoxicant wun cas non préva par Tes maitres yogi : celui verre d'alcool superfiu qui fait tourner Ia téte. Aprés quelques minutes Si tole est la fagon orthodoxe de procéder, quelques commentaires sont eependant nécessaires, 4 Comme Ia plupart des exervices respiratoires: des Yogi, Tattiude requise habituelle serait Pune de leurs postures assises. Cependant ce n'est pas une obligation. Nous pouvons fort bien nous asseoir sur un sidge queleongue ou méme nous tenir debout 2 La courte suspension de souffle finale, poumons piles (cing a dix secondes) se justifie pour remédier & ‘une alcalinisation excessive du pH sanguin, oceasionnant tun léger vertige. ¥ Pour cette raison, une expiration ainsi foreée parait ‘conire-indiquée pour les gons prédisposés & un exces dialoalinité, entre autres, sclon le Larousse médical « Toute personne souffrant diinfection urinaire, de pphosphaturie, de maladies fébriles, de ttanie, de spas- ‘mophilie, d’pilepsie.. >. Toutefois, rassurez-vous ; ne vous précipitez pas chez votre médesin, vous risqueriez. Etre accueilli un peu ironiquement! Il suffit d'étre prudent et de surveiller vos réactions. 4° Commences. par trois expirations — inspirations suc- ‘cessives — ot puis « gerdoz > le souffle cing seconde. ‘Augmentez d'une respiration chaque jour pour arciver ‘aux vingt fois indiquées et « gardez » alors le souffle dix A quinze sccondes, Puis respirez normalement et recom- mencez deux a trois fois le cycle complet. A i Apprenons a explrer, 1ST Si Texercice, mme progressif, vous fatigue ou 4 le Imalaises éventuels persistent, contentez-vous dexplti= tions non rapides, répéiées deux ou trois fois et « gar dez.» le souffle un peu plus longtemps, sans exagération. Nora. Intentionnellement, le verbe « garder > est souliené pour insister sur sa signification, diférente de elle du verbe « retenir » qui pourrait éire utilisé mats possede le sens de contrainte et non de limitation indé= terminée. Lorsauil sagira de suspension respiratoire poumons plein: ou vides, il est préférable de < se surveiler > synonyme de garder et non « s‘empécher de», corres- ypondant de retenir. On « garde > son soulfte, comme on f garde » un ami, ou quelai’un, ce qui revient a dire {gui existe un agrément réciproque ; alors que le verbe €retenir » comporte une idée de conirainte, qui implique tune résistance @ vaincre. {6 Pour permettre un meilleur dégagement des narines, expiration peut aussi se faire tant6t par une narine ou par autre en les bouchant alternativement avec un doigt appuyé sur la cloison nasae. 7 Bien que le moment Ie plus favorable pour pro- der & cotte pratique soit le matin au moment de Ia toilette, occasionnellement on peut y recourir dans Ia journée, si nous sommes essoufllé aprés un effort, @ En sven cfd Tinpitation ne deviendra ume aft fation profonde et freee elle soccédera temps fa ft Vexpration, Cette « respiration en soulflet > fait partie pour le 158. Le yoga sans. postures. Yooi des sites de purification interne. Elle offre de nombreux avantages, out Ie nettoyage des voies resp ratoires favorisant la résistance au efroidissement, elle pposséde Ia réputation de vivifer et fortiier Forganisme. Dans le cas oi: pour des raisons do santé elle ne pourrait étre ulisée, comme lle a pour but de réédu- ‘quer expiration, vous pouvez la remplacer parla simple lecture a haute voix d'un texte, dune pice de poésic, sui une expiration prolongée, ou des voealises de chant. ‘Au demeurant, tous e2ux qui emploieraient plus ou ‘moins répuligement ces exercices, comme ceux qui en seraient empéchés, se doivent de profiter de toute occa- sion pour alloager leur souffle, Ainsi, en marchaat, apres avoir pris une rapide inspiration sur un ou deux as, oxptez sur plusieurs pas, selon votre allure, votre possibiite. ‘On peut de la méme fagon monter des escaliers ou tne pente ride. Plus généralement encore, chaque fois aque Yous ypensez et surtout chague fois que vous senfez monter en vous fa tension d'une iritation, d'un souci, une crainte petite ou grande, at lieu do repren- re votre soufle,« dégonilez » votre angoisse en lissant profondément sori sir de vox poumons, dtendez-vous en vous faissant porter par Ie soul. Peu A peu, au liew de respirer seize & vingt fois par minute, on arrive & seulement cing a dix fos, cadence suiflsante & Tétat normal. Cest sans doute ceite notion économie qu'ont youl nous transmetire les Sages hhindous en enseignant & leurs disciples que chacan ne Aisposait an cours de sa vie terresue que d'un nombre limité de respirations. Apprenons & expirer, 159 Respirer hitiverient écourterait nos jours en épuisant vite notre capital-vie. ‘Qui pourra nous dire que cette image nla quiune ir de symbole sans application pratique ? La respi- mn courte et haletante de nos amis Tes chiens et les seraitelle l'une des explications de leur vie sept js plus rapide que la notre ? La longévité d'autres a ‘proviendeait-lle en partie du moins de leur respi- fon moins fréquente ? ‘Quelle que soit la réponse 2 cette question, nous ons expérimenter pour Vinstant, sinon la longévité, au moins Te calme ct la santé procurés par une Plusieurs fois i a &é conseillé d’attendre que Te besoin dlair déclenche Vinspiration, Certains ont pu croire qu'il Sagissait 18 d'un moyen technique ayant pour but de favorisor [a respiration, Fn réalté, ce nest pas un art fice adroit, mais le respect d'une phase que chacun de ‘nous peut observer sur lulsméme, Ftant assis-ou étendu pour faciliter un calme propice ‘A cet examen intéricur on constate, aprés avoir laisse sortir Tair des poumons, Vexistence d'une période de ‘panse plus ou moins longue. Cette pause n'est pas une rétention et ne doit pas Je devenir, ele souligne le passage naturel de la détente cexpiratoire 2 la tension inspiratoire, Parfois cest une véritable découverte intime que cette 160 Le yoga sans pastures, lbs suspension de soufle pendant laquelle ona plus ene exper davantage et pas encore besoin insist 4é). Pour in premibre fois on pergoit que Ta tension Fase ®abore au cours d'un liter pis conan Tassons-nous aller eux de cette vague sep Tatra elle rsiue de nous emporter vers des horizons insonpgonnés. Lécho de cete onde & sence apaisnt © propage sures tos plans: corpors, mena et supa mental modifant pea peu notre comportement, Encore feudrail 4 Tavent ne pus negliger ce moment de détene dyaamisante, en tevenant aysit 4 uno respiration & deox tempo fiutée par des tigage icgalirs, dune inspiration courte ou Tongue, sivis lune expiration insufisant Ceite maitre commune de resiter locas te soue dans la zone de tension thoracique relayant I jeu supe Acel ou nul du diaphragine inete ou tend Bien qu‘au début du moins, il svi utile patois our des. parsones tts netweuses de ponctuer ets Courte suspension en Faccentantvolontarment le nots 4 paragraphe 5 resto applicable is. Tne convent pas de ¢reenr > le Soule mais de le laser ale au plus bas de 5a course pour fate place &Tinspiation sunt Apri avoir resent Tallégement que nous procure cette suspension naturelle di sole, nos ne. pouvons lus ne’ pas reebur. Mais plus encore qu'on tiene, ect césure onfrme a nate oltre Ia lige courbe, ceabit Hondulation fuetuante «expiration, pause inspiation > témoignant de Paco’ « tesiondéente >, ‘Au conta, les dents de sie doa respiration & deux temps, géaratrce de soup, de billements spor, Apprenons & expirer. 161 3s, mnifestnt sur Ie panpylgue now lcages ot nes des pans paychiga et fleet qui seep on ‘eno cacontnues dane Tonge at val qu, aoxmalrent,et ports pr Fone fer, sen" ouve aor ntrrom, bach, epee Contarement 2 ce que préconent presque {0 es age sur es pratique yogues, compe mon TAB du Voge ta valeur de chau petode no sera Chie sjténatiguement, sia oseioneloment Ainsi an but on conlera le temps. Eau ea ot la dre de aspiration ed expiaton af Meni e de reife le rapors des deux phases ue a proportion soubate cet oben, ae es pane On se rapele que Tenpirton se prolong deux fois Pocconse que Dion Gate dees, come ove inlemedaie, powant sendre st ine Sus seconde selon Tacit, le rpos ou Tam repiatete. Got fagon de procer snpprine toute tndance 4 competition, La tentation de fie mieux In pro> ne fo» fant pas an raison ee, a plot Moine grande capac thorsigue ante plu en lige Ge compre, pas ls que Pat de sane 00 Tags |_Atimine ice qu er moye ean dane ces pags ele veepistion inline A Tac “travail sur nous-méme que suggére cette manitre de Esiérr Ie Yorn Cela las toute bert &chacun de poue en sale ou cher 51 es methovessemblale eb pro} pant ls efels Cane ance Fale Tove ce get of