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La Tradition (Paris. 1887) Source gallica.bnf.fr / MuCEM
La Tradition (Paris. 1887) Source gallica.bnf.fr / MuCEM

La Tradition (Paris.

1887)

Source gallica.bnf.fr / MuCEM

La Tradition (Paris. 1887). 1887-1907. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour

La Tradition (Paris. 1887). 1887-1907.

La Tradition (Paris. 1887). 1887-1907. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la

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N°

2.

2e Année.

Prix

du Numéro

:

Un

franc.

des

Contes,

Légendes,

REVUE

Chants,

PARAISSANT

GÉNÉRALE

Usages,

LE

15

DE

Direction

Traditions

CHAQUE

:

et

MOIS

MM,

ÉMILE

BLEMONT

ET HENRY

Aux

bureaux

LIBRAIRIE

3,

PARIS

de

rue

de

la

TRADITION

A.

Médicis,

DUPRET

3.

15

Arts

Février

1888.

populaires

CARNOY

LIVRAISON

DU

15

FEVRIER

1888.

2e

Année.

ÉTUDE

LES ANCIENS

SUR

LES

CHANSONS

CONTEURS.

DU

IV.

VALOIS,

Emprunts

d'après

faits

Gérard

par

La

de

Nerval.

Fontaine

aux

Contes

par

Henry

Carnoy.

ÉTUDE

SUR

LE

DRAC

LÉGENDES

GÉDÉON

DE

DU RHONE.

I.

conte

du

BOURGUIGNONNES.

TOURNEMINE,

11e

partie,

Dors-tu,

Dors-tu,

J.-B.

par

Virville?

par

Bérenger-Féraud.

Charles

Rémond.

Bocage normand,

par

Victor

Brunet.

LÉGENDES

DE

L'ASIE

MINEURE,

par

Jean

Nicolaîdes.

LA

LA

LE

FÊTE

DE

LA

CHANSON

MOULIN

DE

QUI

TÊTE

DE

VEAU,

CARTOUCHE

ET

MOUD

DE

L'AMOUR.

par

Émile

Maison.

SON AUTEUR,

par

A.

Desrousseaux.

par

Rémy

de

Gourmont.

CHANSONS

DES

DEUX

LA

CHANSON

DU

BUGEY,

recueillies

Gabriel

Vicaire.

UN

par

AIR

par

MARION

SU ON POMMI,

MARIETTINIS.

chanson

savoisienne

recueillie

SUR

Aimé

DE

VARIATIONS

Constantin.

RONDE.

de Boccace,

Poésies

de

Jacques

Madeleine.

BALLADE

SONNET,

L'ARRESTET.

POUR

par

Ed.

LES

PETITS

Guinand.

LE

RATEAU.

Salles.

GARÇONS,

— Poésie

poésie

de Raoul.

en dialecte

de

Gineste.

Gascogne

et

traduction

de

LE

MATELOT

DE

LES

CONTES

DE

GROIX,

PARIS

ET

chanson

DE

et mélodie populaires de Paul

PROVENCE,

BIBLIOGRAPHIE,

par

DINER

DE

FÉVRIER

Henry

DE

LA

Carnoy.

TRADITION.

recueillies

par

Arène,

par Émile

Charles

de

Blémont.

Isidore

Sivry.

MM.

COMITÉ

Paul

Emile

Henry

Raoul

Paul

ARÈNE,

BLÉMONT,

CARNOY,

GINESTE,

GINISTY,

Ed.GUINAND,

DE

RÉDACTION

MM.

Charles

Frédéric

Camille

Charles

Gabriel

L'ANCELIN,

ORTOLI,

PELLETAN,

SIVRY,

de

VICAIRE.

LA TRADITION avec

paraît

pression,

Les

Médicis.

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de 32

M.

A. DUPRET,

à 48 pages

d'im-

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L'abonnement

Il

Le

est

compte

volume

de

15

francs

la France

à

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Revue.

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l'étranger.

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des ouvrages

de LA

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TRADITION,

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Lycée

seront

à M. Dupret,

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de Médicis.

etc.

à

lettres,

articles, 33, rue

à M.

ouvrages,

Vavin,

Henry

Carnoy,

fesseur

insérés

Louis-le-Grand,

Paris.

(Les

manuscrits

rendus).

pro-

non

M. Henry de 2 heures

Carnoy

à

se tient

disposition 33, rue Vavin.

à la

4

heures,

des lecteurs

de

LA TRADITION

le jeudi

LA

TRADITION

ETUDE SUR

LES CHANSONS DU VALOIS

»

Un des chapitres les plus intéressants des Filles

du Feu (1) de Gérard de

Nerval, est consacré aux chansons et aux légendes du pays de Valois, limi-

trophe de l'ancien gouvernement l'Oise et au sud de l'Aisne.

de Picardie, et correspondant

à

l'est

de

« Chaque fois, dit cet écrivain,

de cette province

chaque fois

du Valois, je

ma pensée se reporte

avec ravisse-

La

maison dé

que

aux souvenirs

ment les chants et les récits qui ont

me rappelle

enfance.

bercé mon

mon oncle était toute pleine de voix mélodieuses, et celles des servantes

qui nous avaient suivis à Paris chantaient tout le jour les ballades joyeu- ses de leur jeunesse, dont malheureusement je ne puis citer les airs. Au-

jourd'hui,

je ne puis

arriver

à les compléter,

car tout cela est profondé-

ment oublié ; le secret en est demeuré dans la tombe des aïeules

»

Gérard de Nerval se plaint ensuite de ce qu'on recueille des chansons

de Bretagne ou d'Aquitaine alors qu'on dédaigne les chants des vieilles provinces où s'est toujours parlée la vieille langue française.

« C'est qu'on n'a jamais voulu admettre dans les livres des vers composés

du ber-

sans souci de la rime,

ger, du marinier,

de la prosodie

qui

et de la syntaxe

la langue

;

du charretier

passe, est

bien la nôtre,

à quelques

élisions près,avec des tournures

douteuses, des mots hasardés, des termi-

naisons et des liaisons de fantaisie, mais elle porte un cachet d'ignorance qui révolte l'homme du monde, bien plus que ne fait le patois. Pourtant

ce langage a ses règles,

fâcheux que des couplets tels que ceux de la célèbre romance: Si j'étais

ou du

moins

ses habitudes

régulières,

et

il

est

hirondelle, soient abandonnés, pour deux ou trois consonnes singulière- ment placées, au répertoire des conclerges et des cuisinières.

« Quoi de plus gracieux

« Si j'étais

et de plus poétique

!

Que je

»

puisse

hirondelle

la belle, J'irais

me reposer.,

pourtant

!

voler,

Sur

votre

sein

« Il faut continuer, il est vrai, par : J'ai s'un coquin de frère, » ou ris- quer un hiatus terrible; mais pourquoi aussi la langue a-t-elle repoussé

ce z si commode, si liant, si séduisant, qui faisait tout le charme du lan-

gage de l'ancien Arlequin, et

en vain de faire passer dans le

« Ce ne serait rien encore, et de légères corrections poésie légère, si pauvre, si peu inspirée, ces charmantes

que la jeunesse dorée du Directoire a tenté'

langage

des salons ?

rendraient

à notre

et naïves produc-

(1) Gérard

de Nerval,

Les

Filles

du Feu;

1 vol.

Paris.

Michel

Lévy.

34

LA

TRADITION

tions

ment

de poètes

modernes

l'olivier

beaux

; mais

la rime, suivant:

Que

vous

charmants,

cette

sévère

rime

francaise,

com

s'arrangerait-elle

fleur

Et

de

vos

du couplet —

yeux

« La

beauté!

avez

aimé,

Que

Charmante aime

coeur

mon

tant,

« La

ingénues,

leurs,

Les

faudra-t-il

quitter?

chanson

»

musique

de cette

se prête

dans ces assonances,

que la poésie

et trouve

toutes

les ressources

admirablement

à ces hardiesses

ménagées

suffisamment

doit

lui

offrir.

»

d'ail-

Ces deux

chansons

ont

comme

un parfum

de

ment

osé les écrire

la plupart

des couplets

ou les imprimer.

sont perdus »

« parce

la

Bible.

Malheureuse-

que personne

n'a jamais

Bien joli

« Enfin

la

aussi,

vous

donc,

qu'à

A

votre

!

«

mort

ce couplet:

voilà

donc,

époux

liée,

Ma

Avec

belle,

un

mariée,

long

fil

Enfin

vous

voilà

d'or

Qui

ne rompt

Les chansons

des soldats

Il

n'y

rien

et des marins

offrent

un genre

dit

dont

particulier,

Gérard

les héroïnes

des filles

de Nerval.

est question

moins

d'amours

merveilleuses

que

ne sont

que des sultanes,

des princesses

:

de renom,

trois

vais-

de jolis

de roi,

« C'est dans

des présidentes,

la

 

comme

dans

de

Bordeaux,

Qu'il

qui

sont

dedans,

cette ballade

ville

matelots

est

arrivé

Vrai

Dieu!

sont

seaux ;Les galants.

« C'est

« Va,

une

dame

ma

servante,

de Bordeaux va me chercher

Qu'est

Un

amoureuse

matelot

pour

d'un

matelot.

m'amuser.

»

G. de Nerval

trois

est repris

pour

une

joyeux

bonne

« Le matelot

ne cite

est

que les deux

plaisante.

monter

a bien

de

de

chanson.

La

la

premiers

vers

cette

un

suite de l'histoire

dame,

La servante

dans

duré.

la

mer

lui

A

ramène

Ils

matelot,

que

la présidente,

jours,trois

fait

nuits son amour

son salon. Mais au bout

et demande

donne

des airs

fait

cent

y font

une collation

Et

de ce temps,

son

écus

congé.

le mate-

La prési-

qui

lot

dente,

matelot

par

par s'assurer s'en va

saillie

son silence, en chantant :

comptés.

L'histoire

président.

le

finit

nouvelles.

gauloise

en s'en

allant,

rencontre

du

« Beau

président,

« Le président,

Je dis,

Monsieur

beau président,

il

lui

répond

le président,

:

Tu

es c

«

Ce que

j'ai

tu

ton

dis,

argent beau matelot

!

»

Qu'il

fait

beau sur

la mer

voguant!

?

»

Maintenant, quis, la ballade

voici

une

autre

Tambour,

chanson

du Valois,

une perle,

un

bijou

:

du Joli

si populaire

par toute

la France

« Un joli

tambour

s'en allait

à la guerre

»

ex

tambour

des gardes sonores

Quelque

vibrer

aux roulements

et les coeurs des belles

!

françaises,

de son tambourin,

sans

doute,

capable

de

faire

les coeurs des guerriers

LA

TRADITION

35

Voici

« Fille

Notre

chansons

que l'armée

du

roi

défile

la

devant

le

roi.

»

incontinent

était

à sa fenêtre

demande

ont

tambour

joli les amoureux

de ces audaces!

en

Mais

mariage!

le

roi,

Au

pays plus pratique

des

:

« Joli

tambour,

tu

n'es pas

assez riche

!

»

Et

le tambour

trois

des gardes

françaises

la

de répondre

gentille,

pour

:

« J'ai

vaisseaux

fines,

dessus

Et

mer

L'un

l'autre

de perles

le troisième

promener

chargé

ma mie!

d'or,

»

roi

n'indique

Le

reste

songeur. pas ce détail

Puis,

:

au

bout

d'un

instant—

Gérard

de

Nerval

« Joli

sire,

est

tambour,

dis-moi

le

roi

d'Angleterre!

Le mariage

encore

refus

notre

;

va se faire

joli

tambour.

sans

Au

quel

»

est ton

doute.

Non

roi

qui

lui

père?

»

point.

offre

Vous

sa fille,

«

ne

il

Mon

père,

connaissez

répond

par

beau

pas

un

«

Dans

mon

fille.

il

en est

laissant

!

le

gentilles

doute

roi,

pays,

»

d'plus

sans

Sire

gardez

d'a-

refuse

bergers.

donc

votre

Et

il

s'en

mour

!

Il

de donner

« Tant

pis

Du soldat

va fièrement,

est vrai

sa fille.

! j'en

Mais

la princesse

est

!

du

différente.

;

Feu

se mourir

Le

roi

aux

que la version

le beau

du Valois

tambour

répond

»

trouverai

de plus

gentilles

Filles

et du marin,

l'auteur

des

passe

Ici — et nous devions nous y attendre — l'inspiration change. Le berger

dans ses chansons

qui sont des rêves

est contemplatif et poète. L'imagination

n'a

rien

à voir

mélancoliques.

«

Au

jardin

de

mon

père,

Vole,

mon

coeur

vole!

Il

y

a

z'un

pommier

doux,

Tout

doux

!

« Trois

princesses

Quel

vole,

populaires.

belles

princesses,

Vole,

dessous.

mon

»

coeur

vole

!

Trois

belles

mon

coeur,

chansons

du

du

Marin,

cercle

charme

des

Sont

dans

doux

nous

couchées

ces adjectifs

! nous

souvient

les

l'an

choix

et Tout

épithètes!

Ces refains,

souvent

Vole,

retrouvons

bien

dans

les

Il

avons

surtout

d'une

chanson,

l'un

doux

Le

retour

concerts

que nous

Saint-Simon,

plus

entendue

dernier

dans

ce Tout

des

chanson

:

dans

laquelle

! avait

un

pénétrants

« Beau

Surtout

« Beau

matelot

au

revient

vida

de guerre,

:

verre,

dernier

couplet

son

matelot

— Tout

Tout

tout

en pleurant,

S'en

fut

rejoindre

son

doux

doux

régiment

!

!

»

!

Sans

remercier,

Tout

doux

!

»

36.

LA

TRADITION

ils

Les

poètes

pas aller

capables

plus

loin?

de donner

de si

Voici

ce qu'en

ravissantes

pense

chansons, de Nerval:

ne pouvaient

Gérard

«

Est-ce

manque

manque

donc

la vraie

poésie,

est-ce

la

et

soif

mélancolique des chants

Non,

descendue

et

du

de

l'idéal

dignes

qui

d'ê-

mais

niveau

siècle

si

à ce peuple

à ceux

qu'en

foule

pour

comprendre

produire et de l'Angleterre? n'est

jamais'

du

XVIIe

tre

il

de la grande n'auraient

comparés est arrivé

leurs

bouquets

de l'Allemagne

certes;

au

XVIIIe

France

; les

la littérature

poètes

académiques de telles

pas plus

odes,

Pourtant

que les paysans

fugitives,

n'eussent

à tous

belles

compris

leurs

inspirations,

admiré

gourmées.

épitres

et leurs

encore

poésies la chanson

si incolores,

citer

des

vais

que je l'admiration

comparons

qui

à Chloris

faisaient

vers ce temps

ces

compagnies.

« Quand

et

femme

chagrin.

est

« Allez,

Jean

Renaud

«

Bonjour,

accouchée

d'un

ma

mère,

allez

de

la

ma

petit.

guerre

mère.

»

devant;

revint,

Bonjour,

Faites-mol

blanc

tende

«

Et

;

Mais

pas

!

»

quand

faites

ce

fut

le dresser

vers

le

si

bas,

minuit,

Que

Jean

Il

en

mon

revint

fils

dresser

ma

un

femme

Renaud

a

triste

!

Ta

beau

ne

lit

l'en-

rendu

l'esprit.

« Ah

— Ma

« Ah

! dites,

ma

fille,

ce sont

! dites,

ma

mère,

ma

les enfants,

mère,

ma

mie,

Qui

mie,

Ce

que

j'entends

se plaignent

du

Ce que

j'entends

pleurer de dents.»

ici

mal

?

clouer

ici

?

Ma

«

fille,

Ah

Ma

«

fille,

Mais

ainsi

décédé.

c'est

le charpentier,

! dites,

ma

mère,

c'est

la procession,

dites,

ma

mère,

! je

ne puis

Qui

raccommode

Ce que

le

le plancher chanter

maison

!

»

ma

mie,

Qui

fait

j'entends

de

la

ici?

est

tour

ma

le

mie,

cacher;

Pourquoi C'est

donc

pleurez-vous

qui

? Hélas »

Jean

Renaud

«

Ma

Et

l'enfant

mère!

dites

que

!

l'espace

»

au

y

fossoyeux,—

soit

si

grand,

Qu'il

fasse

Qu'on

la

y

fosse

pour

renferme

deux,

aussi

Cette

ballade

de Jean

Renaud

des plus

mot,

amateurs

donnera-t-il,

belles

du

Romancero

permette

qu'on

nous

de poésie

une

populaire,—

avec le concours

Sivry,

ce Romancero

ne

le ce dera

en rien

français aux autres

ou

du

français.

simple

roi

Renaud

est,

certainement,

Et

puisque

parenthèse.

nous

Quand

employons

donc

un

de

une

ce

nos

Gabriel

Vicaire,

en

Emile

Blémont

ami

d'un

musicien

nous

comme

avons

Mais,

notre

la

qui,

ferme

Romanceros?

passons.

. nous

Charles

de

conviction,

Cette

naissions

version

de

la

façon

bute

d'une

de

Gérard

ballade

du

épique

:

de

Nerval

n'est

roi

Renaud

ou

pas la

Ernaud.

plus

jolie

que

nous

surtout,

Une d'elles

con-

dé-

«

Le

grand

Renaud,

qui

mains.

fils

Sa mère

»

Renaud.

de guerre

revient,

est dans

sa chambre

Tenant

en

haut,

ses tripes

A

vu

entre

venir

ses

son

LA

TRADITION

37

Sa mère lui annonce la naissance de son fils,

et Renaud répond :

« Ni de ma femme,

ni

de mon fils,

Je ne saurais

me réjouir

!

Renaud meurt.

»

« Et

l'esprit.

quand

»

ce fut

vers

les minuit,

Le

grand

Renaud

rendit

La jeune sur les bruits

femme

sa mère, comme dans la chanson du Valois,

Puis

:

interroge

qui frappent

son oreille.

« Ah!

dites moi, ma mère, ma mie, Quelle robe mettrai-je

d'hui

? Mettez le blanc,

!

mettez le gris,

choisir

»

Mettez

le noir

pour

aujour-

mieux

« Ah

! dites

moi,

ma mère, ma mie,

Ce que ce noir-là

signifie?

Toute femme qui relève d'un

« Quand

s'sont

écriés

elle fut

:

«

dans

Voilà

fils, Du drap

de sa mort

Trois

roi,

doit se r'vêtir.

p'tils

les champs la femme

entrée, de ce grand

garçons

enterra

Qu'on

»

hier à trois heures.

»

La jeune

Et

sur

femme

un

ton

comprend,

dolent

cette fois, mélodie

la

la triste

vérité :

de

ces deux derniers

couplets

change. « Renaud,

des morts !

»

Renaud,

mon réconfort,

— Te voilà

donc au rang

« Elle

se fit

dire trois messes ;

A la seconde elle communia

; A

A la première

la troisième

elle se confesse; »

elle expira.

Cette ballade

n'est-elle

pas parfaite?

« Cela ne le cède en rien aux plus

touchantes

ballades allemandes;

de détail qni manquait

aussi à la

il n'y manque qu'une certaine de Lénore

légende primitive

exécution et à celle

du Roi des Aulnes, avant Goëthe et Burger. »

Gérard de Nerval cite également la Complainte

de France

de Saint-Nicolas,

la

Tradition.

po-

de la France, et dont nous avons donné deux

encore dans le nord

pulaire versions dans nos Légendes

(1) et dans

« Il

était

champs.»

trois

petits

enfants,

Qui s'en

allaient

glaner

aux

A l'un des dîners de Ma Mère l'Oye,

complainte sur un air très curieux,

Voici

maintenant

la

ballade

:

Le

par

roy

nous avons entendu chanter

Brueyre.

M. Loys

cette

Loys

est sur

son Pont,

connue

encore sous le nom de Ballade

du comte Jean.

La version

de Gérard

de Nerval

nous

paraît

relativement

moderne.

Sous ce nom de La Belle lsambourg, ce thème était connu au XVIe. siè- cle. M. Gabriel Vicaire a publié dernièrement cette version ; Mélusine en a donné également plusieurs variantes. La chanson entendue par Gérard

de Nerval est certainement la plus curieuse au point de vue musical.

(1) Henry Carnoy, Les Légendes de France,

Paris, Quantin, 1886.

38

LA

TRADITION

« C'est comme

un

chant

pas conservé

sons vaguement

la seconde

le sujet.

Voici

le commencement

Rolland

:

d'église

croisé

par de la ballade,

partie

»

un

dont

de la chanson,

d'après

chant

de

pourtant

la version

guerre

nous

n'a

on

connais-

;

de M. Eugène

Il

Le

lui

roi

Loys

est sur

ses ponts,

Tenant

sa fille

défend

jamais

d'aimer,

Le

beau

Léon,

franc

dans

son

cavalier.

giron

»

Défense

inutile.

La jeune

princesse

résiste.

Et

:

«

Le

roi

appelle

Elle

fut

sept

»

Au

bout

de sept

«

Bonjour,

ma

il

va?

J'ai

 

!

»

mon

« Hélas!

?

son

ans

ans,

fille,

les

père,

:

cette

vient

« Que l'on

tour,

mette

en prison

lui

!

dit

ma

fille

»

garçon

dans

le

roi

— Sans

que

personne

!

Et

à

mon

le

six

bonjour.

mal

des vers

donner

la visiter.

va

comment

?

« Hélas

père,

bien

vous

côté

pieds

pourris

dans

les fers,

mangé

me

les

n'auriez-vous

au

pas,

Qu'il

sous

un

à

peu

Cinq

Je les donn'rais

géôlier,

me desserre

pieds

!

»

Le

vieux

voici

venir

roi,

toujours

le beau Léon

tenant

: