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MICHEL FOUCAULT DITS ET ECRITS 1954-1988 Mm 1976-1979 Eaiton trablie sous ta direction de Dariel Defert of Frangois Ewald cavee La collaboration de Jacques Lagrange nea pb ane crs Ets natal da uf GALLIMARD Tradacere dl tome I Jacquet Guvy sn" 190, 215, 217, 2473 Fabienne Duran Bocassr 1° 189, 221, 272; Annie Guzance: n° 242, 254; Chesian Laz 1 192,257, 238, 250; Ryd NAKAMURA: n° 174, 255, 2715 Mansel (sono: a" 2125" Domingue Revit 9170, 196, 228 © Sains Alein More, Pari 1977, @ © Bins Gallimard, Pans, 1994, ‘ar Je texte 198 © Eaivons Buford, Paris 1977, 11 © Biitins Gallimard, Parr, 1996, ipa le tee #195 © Le Pete sansa, Gres Caic, 1979, °C Bier Galimard Port, 1994, ‘uw lets W236. © Aaivins de Sei, Pris, 1979 «1 © Baltons Gallimard, Pers, 1994, fuer le texte #259. © Blin Geltimard, 194, MAR 1 2 7a07 1976 Une mort inacceptable ne cp > pti at) Aan Mie Comme kia ‘ne ce Pre an 91, pp 122i 1974, Psi Miah, ali Ansi eg aa 4 in opp St ii eae Mea tne ‘pos sre renee oy fines de eee pe bag et ep (Suge Veer Capa Bl stu emit et ‘Sle beau» See pic Ge Alin el Pre ela Noe ans ‘Se Scan Aoi ves i ie Sse eH Sime nas aose Parmi outs ls raisons d'appricer vore texte, cell quelques fits simples, évidens, apparem= ment impossible 4 eflacer, et puis, put secouvrements impecep- tibles, par pesis déplacemens, deformations subepces, le mye tare Saisie. Daas les comans policies, les énigmes sont fire pour fe fialement rGolucs; i ya coue use « heéacae > judi- Gice ~ ec tour A fait quotidicane dans le caine de certains jugs dnstrucion ~ qui fine par bitir une énigme insoluble. Ce ul fabrique du secret, cst parois la décision den haut, mais Cee le plus souvent & la base un subtl boullage, pariulore- ment efface lorsque le coupable, la police, le magistae iste eur et le parquee sont complies. Linsructon, dans ce cs, & ppour foncion de rour recouvrir par ce que les informaticens appellnt le « brit >; ct lorsque viendrs le moment de la dé slon finale ne parviendrone plus & rele habilement dscaice du Icke Foacelt, Dits ef teres 1976 jnge que des cheats», des brats Scheu e& sans prewves, imprademment propagés par une parte civle qu'on dira har imneose, et quil sera tempt enfin de baler par un non-liew 08 ‘une relase bienvenus. L'Bac, la josie, Fedminisration ne fabriquene pas toujours du secret en confsquant la vésc; ils savent discudre le réel dane le documenaie, Un bel exemple patmi coutes les techniques de pouvos me semble en tout cas que vote livte peat nous servir de imodéle, I dent dace la méme mein les deux ebjecifs indepen Sables aux interventions de ce genre: démontrer et déncnce, ana Iypee ee nommee. On a trop rendance a chosit une des deux vies: ow bien on démasque, on empoigne adverse, on donne 4Tennemi un visage et un nom : solution de violence et de cox ge, hitive parfois ec plus symbolique qu’exace. Ou bien on ‘monure que oul a'ese respoasable,sauf grande mécanique de TTEia ou le pourissement gental de la soc: ce sont les voies toujours sires et souvent iautles dela csque abserie. Or vous montces en déail comment Ia machinere foncioane avec des individas qui oat un nom, avec des petites lichets qui ont leat dec leurs auteurs, avec des dsr davancement, des complai= sances, des peur. La justice, il ne faut pas Voublit, marche avec des juges; et les juges, par Vinermédiaie dela justice, inscrivent leur peite médiocreé bien petsoonelle dans le corps, das le emmps la Iibere, la vie et la moe des autres. C'est envers de ce qu'on appelle les risques du métiet. Tele est, par Ia vereu de Trapparel ln grandeur de ces hommes comme nous rus is par viennent 2 fae de grandes injustices anonymes avec de minus cules veleies indivcualsés. Il faue démonterraonnellement les premides, mais en pointe soigneusement les secoades: les juges Michau doivene due appelés par leu nod ‘Vou analyse mone conctéement ce que peut éce Ia eéche avjourdhai d'un inelleuel: tout implemen, le tava dela ‘Erie. Beaucoup, depuis des anaes, se demandenc avanc de pater, ‘ou plutée chechent& démontrer tout en parla gu'ls one 'iolo- Bie «juste >. Mais a vere, ca exit, avec du pouvoir des ees, avec des dangers aus, Ex plutét que de ge lnsser prendre encore lune fois aux débats sur Iidologe, la théoie et la pratique, si la tiche politique de mainenant a tai pas de produit dela vt, de Yobjecerpartvr 08 est possible, d'en faire un poine de réis= tance itéductible? La. éricé nes jamais polkiquement indiferente ou inutile = je nen dais pas autant de la dhe. I ya bien ‘inge ans, Vidl-Naguee qous 2 monet ce qu « pouvat > la vite, Michel Fovconlt, itso trite dans cee affie Aun * o8 lu-mEme sisquie sa vie; tle poids policique de cre vita eé sans doute pls loud dans le ites alors que les pesuntesthories,Songeons aus ce que fle aval ‘dela vse ment récerment par Pierre Goldman ** et son avocat ‘Georges Kicjman, dans uae afar qui elle au ui «politique > Er puis pardonser cee demiéze réflexion; elle vous choguera sans dowte puisgu'l sage de la mort d'un homme : dans vou demonstration sans Iyisme, dang vorre attention presque muerte ‘qu laisse remoner a travers le documents, les cation, les des, Tes alles ee venus suivies& ln tac, lee choses insapporables et Véanglemene disc d'un homme au pied d'un ascenser, ily a _queiguechote de slenicux er de beau“ ete mort d'un mata, qui ‘ful ester anonyme, demeurer, par vous, pou loagtemps, fac ‘eepable. Quelle que soit la décision de ceix gui nous jugent. Les tétes de la politique le tes de a poli Wn, a adi ty Det 976 Les souversins sfavaienr pas de visge, Un roi pouvait couric es routes, se déguiser en cocher et souper a Vauberge. Nal ne Je reconnaisii, suf au hasard d'un écu dans le ceux d'une main. On ‘avait plus alos qu’ remere le fayard dans su beline pour le reconduite jasgu'd son tre Tes ris sexstaiene quen bose, viele forme dela divnisation. (Ou de peti, marque depose sur les monnaies et les piers. Ou de face, enant een pleine majest, sur les sceaux et les otal Sils avaient un ee, des yeux et use main fermée sur le sepee, Céait comme sils avaient une cpuronne : marques et formes Wisibles de lear pouvoir. Leur apparition ne pouvaie re que de Forde de la céemonie. Leu corps eat support d'un etuel; i avait place et premaiteffer dans une magie politique. Il se peut que cous les monargues du monde ~ et sans dati avec exx tous les pes de + Mare Ani, maha Ar, gl 20 ju 1957 2 par led eminem Ea oto se Hts SE cote, oa uf ao Font, Pai, do 1976 ‘Miche Foucants, Dts ex dvisy 1976 famille ~ sient plas ou moins perdu la ste pendant la Révoluton, Mais il semble bien aussi quits y aint pecd leu comps. Dispaat, ce moment, ce mimacle dela ehélogie t de a politique, le roynume inca, le remple matériel de la souverines le sang p= detox, le foye dod rayonnene tous les signer dv pouvoir: Te corps du roi. Natt la foule der figures poliiques. cla diffrence n'est pas seulement que celles sont nombreases et fagaces ec de peu de puissance. Car ily a des dynasties entiées (gui sont passes plus vite ee ont éxé plus feagiles que des chefs de parc. La diféence, cet que les hommes polis ne sone pus fai de la mdm enaiee que les eos; leu Sang a pas Ia méme ‘couleur nile méme pouvoir; leur char aa pas la mEme densie ee s'émer ni les mémes onde ni lee mémes ees, leone un ave corps. Be sls one eux aus profil face, ee ne Sone pour eux que deux manites de monies leut visage ‘La souversneet fnctionnai au sige, a la marque reuse sur le sméeal, sur la pier ou la cee; le eogps du roi se grave. La pol tigue, elle, foncionne & expression : bouche molle ow due, nee arrogant, volguire, obstine, fone déplumé ec but, les visages| Auielle émer montrent, event, erahisent ou cache, Elle marche ‘a Taideur ec Ja mise & nu. Depuis la monarchie de Jui, les figures des hommes politiques one pris eur vol. Danton, Daumier, puis Léandce ont fe lever Ia grande aude des corbesux ‘Un siécle apes les periesjouraau illus, la aioe ae vision oa démultiplié& nouveau la presence physique de "homme Polcique: raison, sins doure, pour laquelle le pottcharge et fedevenu nécesire, Levine en 1960, Witz en 1970. ‘Jhésce placer le portraiccharge dans le woisinage de la carca- tuie. Non pour des rulsons de dignit ou de hitrarchie esthéique ‘Mais parce quils voor, je cris, dans deux directions différentes. Du sage quelle vide, eseree, annule en pare, amine & quelques ropetets formals er rend recnnaisuble par un peie nombee de Signes simples, a caricature va vee le geste, aide, le discour, "événemen, Ia situation He prend le Bonhomme pou le tier hors de Tuieméme et en faire une masionnere. Elle le pitge par Texte rieur. Elle le place sur des wéteaux. Elle eapparente at chee 1a charge, ele, dérobe rout lextseury elle gomme le stua~ tions, ele esquive les parenirs. Tour aucour du visage, elle fae ide. Bs, sur fond de ce ren, elie inteasife, dilate la ee josqu'an pine ext_me od eleva Ia fare éater. Ele fie pater at-dedane routes les convulsions du dehors. Ele la fempliejuqu'as bord de ‘ou ce qui emplit le monde. Une charge, en soaume, eomme on dit Micke Pence, Dts bvts charge d'explosif’> ow encore « charger wn canoa >, Poreat- ‘monde et mappemonde, figure-histoire, te-peuple, ou tease, ow irebaale ‘Mais ce qui a fic le grand porsaicharge, de Grandville ou Daumier jusqu'i mainenant, ce afes pas qu'il wansforme une figure en symbole, ce aes pas qu'il ese de eésumee euce une his toire dans le prestige d'une seule ce. Cese qui fore de la mat~ quer, de a creuser, de Ia eavaller de Vinten, a force inser sur Ses reliefs, dapprofondi Ses eous et ses ombres il parent & Aécouvee qu'elle nes sen, rien autre que ce gui pases lle et tzavers elle en autre que des événements qui easien, des aro- cvs qui stagnent, des meuctes qui se muluplient, des haines qui Sechament, des Oppressons ‘Le desn-charge fine d'imiter le grand porusit 'hisoite : voc dans out son éla homme qui vous gowverne, voici ee grande figure. Il fit comme sil prenait au séceux Chomme polique et ‘comme sil alt cherchee nore destin aa fond de ce ves. Male ne fa pas oublier aus qu'il ext né ge de Laver, de Galle de ln eniologie,Tépoque od lame seat ate os ex bose: epurdez bien ces anles ex es aspects, ter ces eles ce nese pas une Simple envelope, cee a ved méme le acer rend sensible a dloige et a Vail eure aus le poritcharge avi hit des proctés fami lies aux peuslégendaires:Borshommes immense, gros comme le monde, pets 4 tut avalr, monstespanigus. Les poreais-harges sent toujours des ogtes. Grandes Figues, gros tes, cles ‘eormes; lat du pouvot, secre des puissant, applic & dévoree ‘out un ‘peuple La charge foul, fouine, gros et entre dans ce visage comme dans un palais dombee od Se cache la puissance; et au momento ‘on crit quelle va ssc enfin Ténigme ~ qui esil? comment var cil nous manger, ce Minoeute?~ elle éclae de rite et defo. lle ‘regard dan le fond des yeux ers palkoquets qui prtendent regar~ der au fond des néeres i ay a personne, mais un grouillement de mistreex de more; es exbites sone ds crevasses de bomb: les ides sone des suis de barbelés; les embres, des Aaques de sang; Ia bouche, le ci des suppics. Le poreait-harge ext comme In mort. 1 fui ener les figures en décompositon, pour y trouver aon la vant de la vie, mais le plein, le wop-plein de This. Ta carcaute oue avec la grandest, pout la edie de Tetsu «en fire appari la dute ct minuscule visit. Le poriecharge Jove avec In groseur, pour la fee éelare de Vintécieur e rite 1976 Michel Poscealt, Dts et lerity 1976 Vndividu a a'ére plus que apparence dua monde. homme poliique serail le contaice du grand homme? Non pas le eos halen en qui calmine Time du temps, mais celui en qui se pose les déches inavounbles de I univers? Feuille album de Wiaz. On y trouve cet chose eae: a cari> acre etl charge ne sy excuene pas. Elles se cbroiene e alernene. JJeox de la caricature avec la grandeur : Kissinger, star empanachée, ‘tale; il n'a pas bien descend son ecaler. Jeux de poresiecharge avec [énormité : Nixon sour ses dents sat des bombes; le cha Scinille, ses médailes sone des pendus ‘Maisily a plus, Wiue combine a cariatue et a charge selon un équilibee cxeepionne > 'énorme avec le minuscule, Teopable avec le déoire, Gargantua arce Lilipur, le figure dépourance avec Ia marionnee: un villrdeacochyme, sur sa chaise roulance, tend une deride fois la main, demic geste de vie, avidieéulime: (Ces vets le gutor d'un condamaé : Franco, le moribond érangleu. ‘Deux voyous joven au bras de fer: ce soat les deux hommes les plus pussans du monde; Nixon et Beejney mesurent leu forces; de leurs maine serres Tne contre autre ulssene des cadaver aass. Juan Carles sidge avec facut, courenne en tke; son tle jere cone le mur lombee d'un échafsud, Mécanique dela caticae ‘re explosion panique de la charge: onal etme tension ds essa poliique ‘Au tie eadionnel Wias subse le poin, le auage de pons. ‘Comme s le trait incline top, soit au sehématisme de la erie te, soi la gravieé immobile du pore. La nute des pons, cet Ie bruillar, eel forme, mais sans Genie, cert le elit svec let combres e les ceux, mais sane consistance: bonshomes de brume ‘comme ily a des bonshommes de ncige. Le monde endotmi a 1s- Senblé ses bromes pour foemer cs figures de cuchernat: lls sont sans profondeur ai Serer elles ne sont een laure que la rencontre ‘rovisoie des malleus du monde, Le temps les disper, sla char Tee viene avec a lumite Er Cest comme pour marque ce farur que Wiaz a glissé entre Nixon et Brejev, enue Pompidou ec Giscad d'autres visagesdesi- és de la méme fag, rout ples comme eux a se dissiper dans Phis- foire du monde, mais qui sone fis, ceux, avec la brume des ang et les pousstes du soll. Visages de Lowry, de Zapaa ou de Buster Keaton ne faut pus ie de Lamastne qui eefiusit de laser fice jee sais plus quel dessinateu son porti-charge « Ma figure appar- tient d rout le monde, au solell comme au russea, mais ele (Micke Ponce, Dts of beri duiele est. Je ne veus pat la profaner volonsitemene. > It avait ‘compre que Te pidge, ce nese ps Ia laideur qu'on peut der de rout visage, comme un peu de Beauté peut sortie du plus lad. Le pidge, i le senaic, c'est que de son visage homme politique on ne pour rai jamais exrire le solel ni le russea, La politique de la santé au xvut siécle pig gn ee ie i iad sactirnsrtereieten ieee gia esx etn pour comment Une mee pve elbale >, soumie aot mfcnsaes de tnt indele euorts e rcty ue palcar ‘teal pen ppl sur ane store de pure i SE dune clic, det pte fon ns dwt de he Ghee cis der un apport dant ou ded. ese sirpeu myliqos de supose orgie een medeone oer ie ane peg elle tg estos ag ‘Epicure Sonn ne cae el eu oar Snel pets sua pt se decane poet peo Mai outs nau de spp au eal dea nec Ine, un rapper: ngue, padi nga > dns {on foneonemen enemies forme tsp ‘une ee de coon, semen oud on un Ismet scien I la pour une pc eco cage pert collie ‘Ce gue monte en out ale ile, est un process & oat ces edeeoppement un uch ie sous one de ‘gatiespt Teneo naan peso qlee des ineventos mcrae gules, i cose ue dene Asin dela pu dines er ds al, Fengence ne tenes feet ene ur Team, edges epeuiquiedvduls fection elcome mot een. tibqu Gnttemenr entmiquc) uc calloqu single bel tv plac prope de pe edesbe du se alee pet 1. CE RemetG, A Hit Po Hl, New York, M.D. Palos, 958, 1996 Michel Feuceult, Diese trite 1976 pas Exe dsocée de Forganiscon, la méme époque, d'une poli tique de a santé e une prise en consideration des maladies comme probléme politique er éaznomique, qui se pose aux clleivcs quills doivencesayer de résoudze au niveau de leurs décsons ensemble. Médecine «privé » ee médecine « socialite > relevent, dans leur appa réiproque et dan lear opposition, d'une sracgic lobule. Iya sans doute pas de socdeé qui ne mete en euvre une Certain « noio-poitique >. Le xvu siéle ea pas invent, Mai i Tui peste de nouvelles gles, et suroueil' fae passer un niveau AF analyse explicit ec concereée ellen avai jamais conn jusqueli (On ene aloes moins dans ge de la médecine sociale que dans celui de la nowo-poliique reflechie. 2, I ne faut pas sieuer dans les seuls appareils dat le ple Aniaive, ef oeganisron cede contle de cere noso-polsque. I 4 existe en fit des politiques mulples de santé et des moyens livers de prise en charge des problémes médicux: groupes reli- sgieux (imporeance considéable, par exemple, des Quakers ex des divers mouvernenss du Dissenc en Anglerre); asociations de Secours et de benfisance (depuis les bureaux de prose jusqu'eux Sits de philanchropes qui foacionnent un peu comme ofganes de Ia survllance quexeree une case sociale prvilégide sor les ‘vires pls démanies et par li méme poreuss de dange calli, soc savantes, les academies da Xv sel oa Les soc de sa tistque du débue du ux sécleesaiene d'oganiser un savoir global ‘ex quaniable des phinoménes de morbidité. La sant, la maladie comme fait de groupe et de population sont problématises au xvi sidcle 4 partie dinstnces molkples par pore auxquelles "Bar lu-méme joue des eles divers. Ili asive dlieerveni direc temen ls distibutons gratuites de medicaments se sont pours vies ca France, avec une ampleur variable de Louis XIV Louis XVE Tl ui ative de mente en place des omganismes de Consultation e informacion (le Collegium sanitaire de Prose date de 1685; la Socideé royale de médecine est fondée en France en 1776). II artve aus d'chouer dans ses projets d'organisation médicale autriuie (le Code de saneé labore par Mal ex acepe pat "Bleceue palatn en 1800 fr jamais applique) Il ai asve ass eee Tobjer de sollications asxquelles il résie. a problémaiscion de la noso-poliique au xvuf siéle ne er Auic don pas une intervention uriforme de fae das la pratique dela médecine, mais ponte emergence, en des pines multiples du ‘comps social, de In santé et de In maladie comme problémes qui Ademandeae d'une maniee ou dane wate une pie en charge calle Mickel Fecoult, Dito trite tive, La noso-policique, plus que le eésltat d'une initiative veri ‘ale, pparatt au xv sigcle comme un probleme d origines et & Glireions multiples: la sane de rous comme urgence pour tous; eat de sancé d'use population comme object géaéel Te ese le plus marquane de ceue « nosopolique > dont le soud teaver In socidet frangaise ~ et européenne ~ au xv side est sans doute le déplacement des problémes de sane par rapport taux rechaiques de asistance Schématiquement, on pet dite que, juga’ ln fn du sv side, Jes pss en charge collectives de la Imuladie se fiat & cavers Fasssance aux pauvics, lly a des ‘exceptions, bien sir: les eéglemens a applique en temps d'epide- mi, les mesures qu'on prenat dans les villes Pests, es quatan- ‘ines qui éseneimpostes dan certains grands ports consent des formes de médicalsition autorite qui aeaient pas or siquement lies aux techniques de asistance. Mais, hors de crs cs limes, a médecine eneende ex exerefe comme «sevice > a'éait jumais que Tune des comporantes des «socoure >. Elle # adresse & Ta catégoie s importance, malgeé indecision de ss fronts, des « pauvees malades >. Economiquement, cee médecine-sevice Eat pour Teseniel asturée par det fondacions de chaste, Ins Fonaellemen, elle wit cxerce dan le cae d organisations (rel- Biewses ou lagues) qui se proposaient des fins maltpls:distibu- ton de aouriure, de vtements,enteien des enfants abandoants, ‘ducati dlemenaie et proslyisme moral, ouverure d'telies et Fouvroin, érentullement surveillance et Sanctions des éléments cinsables > ou € tubes > (les bureaux des hOpitaux avaien, ‘dans ls vile, jriicion sor ler vagabonds et les mendints le bureaux de parcsse e les sociéés de chat se donnaiene aussi tuts explicvement, unre de désonciacon des « mauvais sjes >). Du poine de woe technique, la part prise pa la thrapeurique dans le foneonaement des héptau & ge dassique aie limite, pat rappor I'ede mare et pat eeppore& Tencadremene adminis ‘tani. Dans la figure da « pau nécesieux >, qui mérite "hosp talisaion, Ia maladie sYéaic que l'un des” dlémenss dans un ‘ensemble qu comprenitausi bien Vinfiemiet age, imposible cde wouver du avail, absence de soins. La série maladie-sevices rmédicaus-dhrapeuigue occupe une place limite ce rarement auto rome dans la politique et économie complexe des < secure > ‘Premier phéaomine &releverau cours da Xv" ile: Ia disloce= tion progressive des procédtes mites e polyvalentes de Tani tance. Ce démuntélement sopize ou plutei exe exigé (cr il ne ‘ommencera 2 deveair effect que tard dans le idle) partir da 1976 Miche Foucsle, its et krts 1976 rtexamnen glnéral du mode d'avesissemene e de capcalsacion : a Dratque des «fondatons > qui immobilsene des sommes impor- tances et dont les revenus serven 4 enteeni ds oisifs qui peuvent tins demneurer hors ds ccuits de production est eriguée par les ‘Eenomistes ex pa les adminitaceus. I s'opzeégalemene parr dian quadillage plus sere de la populaion ec des distinctions ‘quon exni deablicente le difentes categories de malheareux stuxquels¢adreaie confunément Ia chaste dan i lente rau on des starus tradtionnels, le « pauvre > est Pun des premiers 2 Sefacer et 4 faze place & toute une sie de distinctions fonc- Sonnelles (les bons er les mauvais paves, ls ois volontires et les chémeusinvolonates; ceux qui peuvent fire un cecin travail ceux qui ne le peuvent pas). Une analyse de Voisivet ~ de es Conditions ec de set effets ~ tena se subseeuer ala sacrisation un peu globale da « pauvre >. Analyse gu, das la pratique, se peo- ose pour cbjcif au mieux de rendre la pauvecé utile en a fant sur lappareil de production, au pte dalleger le plus posible poids qu'elle fai peser sur le este dela socée: comment mere a frail les pauvees« valides >, comment les wansformer en main- Poeuvre utile; mais aust comment assuer 'autofinancement par lex moins eches de lear propte maladie ede lear incapacié transi ‘sire ou definitive de eavaller; 08 encore comment rene reneabes ‘coure era long erme les depenses qu'on engage pout l'nsraction| es enfants abandonaes ce pour ls cxpelns. Se desine ans eoute ‘une décomposton uit de le pauvee, 0 commence & appa tafe le problime spécique de la maladie des pauves dans son appore avec ls impéraifs de rail ta need a producion ‘Mais il faue noer ausi un autre processus, plus général que ‘alu, ec qui fen ex pas le imple développement. Ces appati- tion dela sane et du bien-re physique de a population en général ‘comme I'un des objec esentels du pouvoir polique. Ine agi ple li du soutien dune ange pariclirement fragile rouble ce ppereurbatice ~ dela population, mais dela manitre don on peut lever Le ve de santé du corps socal dans son ensemble. Les livers appareils de pouvoir one d prendre en charge les «comps > ‘00 pas simplemene pour exger deux le service du sang ou pout les protege cone les ennemis, non pas simplement pour assure les chimenss ow omorquer les redevances, mais pour les sider, 1 besoin les contrendse, & garantie leu santé, Limperaif de santé sdevoit de chacun et objecif tel En prenanua pea de ecu on pourat dire que depuis le fond da Moyen Age, le pouvoir exert rudconnellemene deve grandes [Michel Foucantt, Ditto vtr fonctions: elle del guerre ex dela paix, qu'il assure pa le mono- pole dffclement acquis des armes, elle de I arbicage des lies et cde la puniion des dlc, qu'il suc par le conetle des fonctions jdiiites. Pas tutti. Aces fonction se jouée, depuis la la ‘du Moyen Age, celle du msintin de Forde et de organisation de Teacichissement. Or voila qu’apparae au xva sce une fonction owrelle: 'aménagerent de I sodéré comme milieu de bien ere physique, de santé opsimale ede ongévite, Lexercice de ces trois AernieresFoncons (td, enrichise mene, sant esc assuré moins par ‘un apparel! unique que par un ensemble de rplemens ex d'nsu- sions muleples qui preanent au ava stl le aor généique de “police >. Ce qu'on appellera jusgu's a Ba de "Ancien Régime la police, ce nes pas, ou pas seulement, Tinsiation police; cese ensemble des mécinismes par lesquels sone assur Forde, a cose sce canalise des riches et les conditions de maintien del santé ‘en génal >: le Trait de La Mare *~ grande chart ds fonctions ae policed Mepoque dassique ~ et & ce sujet significa Les onze tubriques selon lesqullesil clase les acivités de polices épartsent faclemene selon ces cris grandes directions: respect de In eégle- mentation économique (circulation des marchandises, peocédés de fabricasion, obligations des gens de mésie, soit ene eux, soit & gard de lear cinele); respect des mesures donde (surveillance es individus dangereux, chase aux vagabonds et éventudllement aux mendiants,poursuite des criminels);respee des rele générales Phypitne (velit a quale des dearées mises en vente approve Slonnement en ex le propeté des rues). "Au moment ob les procures mines de Yassistance sont teompostes et décantées, et ob se découpe dans sa specie économique le peobléme de Ia maladie des pauves, a saneé et Je bien-ie physique des populations appaaissene comme un objecf| politique que la «police > du comps social doit assure & ce des ‘gulatons économiques ee des cntaintes de lerdre. 'imporance Scudaine prise parla médecine au xvi side a son point orgine dod se colsent une nouvelle économie géntal dela sane. La nou- velle aosorplitique iserie la question spécifque dela maladie des pws dans le probleme ginteal de Insane des populations; et tlle se déplace ds contexte feoit des secours de chai & la forme plus geaale dune « police médicale >, avec ses contrants et ses Servis. Les textes de T. Raut Madicinzce Paley Onduang ta Mee ON. Tri ae le pl, Pas, Ja Ci, 1705. 1976 Michel Foncanlt, Dts et kets 1978 (1764), e surat le gd ouwage de JP. Fanke: Ste ner relnichen Play son expresion laps cob de xe anomacon Te supore de cee ensfoation? On pee die en gs qi sagt de peervion e Tenaeen et de conservation de “Hace de eta». Mate sie dooe le probleme ei pls geil Sercene’wbemblibiemene es fice Eenonc-pliigrs de Faecumulton ds hommes. Le prandepounée demographigue de Ocuden europea a cour dt ee, lees def cor donner cde Fete an déeoppemens de Fear de produc ios Fugen de comuler pr ex meaner de poo ls Saja elo sens fon appa la «poplaon > ~ ve 3 ‘arable de'nombre, de rpurticon spl o8 concoggus, d Iongtvic ec de sé ~ non arlement comme pcm thea, tras comi bjt cde urellance unl, dnervenions OPE tasons noir, ee. Sxque le po dune wechologe de in population: evimaons demorephiquc, all dea pyemide deren de dite epirincs de ie ds tux de mobi, fade le gu ora ee par appr i ava cron des Shee ele de population, divers incaions a mage e {itr développemene de Téucaton et de la eration ro- fesionele’ Dan xe emerble de pobre, le = compe Ae indvds er cops des poplaons~ appari potcur de no" fells vanables: non pts implement er oo nombre, Suis Saves, ches cu pues, lider ou ivaie, vigour ov {ble tas plo ov mes uti, plo ov mcns separ nvesemens enables, yan pon moi de chances de “ies de mrt on de maladie pls os moiecpabes 'pprevesage ‘kate Les was blogic dune poplaon device de tnentspeinents pou tne gest Covomigu, ei nee ‘Tongrer autour deur un dpi got aire pa seulement tear tsjesement, mas Ik myo conan de let le ‘On pau comprente pa de Ih plsers carci de Ia sotopaligue da i side. Te ge dane a mite de lef, Ba probleme des eens» (sete de lee sombre ds maine Eta por aaalkemoralie) suse le probe de Fetnince> (Ceriie de a susie age’ ge ade, des RONEN ede a ae he Paley Ong ent Ui 176 Saree Geo iden muir aan, Maan Mickel Roncalt, its ot teres conditions physiques et économiques de cere survie, des investi ‘ments nécssites et sufisancs pour que Ia ptiode de développe- ‘ment devienne ule, bref, de organisation de cee « phase > gui Ge pegue comme dle fois spéciique et finalist). Ine sage plus Seulement de produire un nombre opal denfas, mas de gle convenablemene cet fge de la ve ‘On codife alors selon de nouvelles rgles ~ x for précises ~ les telaion des parents et des enfants, Demeurent bien st, et avec peu Faleération, les rappors de soumission et le syame des signes Auils exigent. Mais ils doivent ee invests désrmais par tout un ensemble ebligations qui +imposee 4 la fois aux paren eaux enfans: oblgnions dordre physique Goins, contac, hygiée, peo- pret, prosimicé attentive; allicement des enfans par les més; Soud dun habllemene sun exerices physiques pour assure le bon Aéveloppemene de Torganisme: corps 4 cxps permanent e& conta ‘goane des adultes avec les enfanes. La famille ne doe plus xe seule ‘ment wn réseau de relations qui sinsert de ce fae dans un sau Social, dans un jstime de parené, dans un mécansme de transmis: lon des bien, Elle doit deveni un mili physique dene, sau, ‘Permanent, cotins, qui enveloppe, maincen et favorse le corps de Tene. lle prend alors une figuee matrielle en se découpane selon tune readve pls éroite; elle organise comme lenrourage proche de Venfan elle tend a devenir pour lui un cadre immedi de sur- vie et d'évolution. Ce qui entne un effec de reserrement, oo di ‘moins une intensicason des éléments et des clasions qui consti ‘went la file erie (le groupe parens-eafanss) Ce qui enzafne sss un cerain renversement des axes Te lien conjugal e ert plas Seolemese (ni méme peut-iceen premier lie) &éablic la joncion| enue deux asceadancrs, mais 4 organise ce qui servira de matrice individ adule. Sans douee elle sere roujout 4 donaer suited deux lignées, donc & produie de la descendance, mais auss 2 fabsiquer dans es meilleurs conditions possibles un ére humain parvenaned Téza de marutt. La «conjgalicé» nouvelle, cet plusée celle qui joint les parent tls enfants, La famille ~ spparsl Grit et locais deformation ~ se soldi a incéier de a grande et tadtionnelle familleallianc. Ee, en méme vemps, la santé ~ au premier rang, la sancé des enfnes~ devine 'un des objecif les ples coneaignanss de la famille Le eecangle parents-enfanes doe deveni une sore