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Traitement des effluents d’abattoir Les différents procédés d’épuration ISIM Université Montpellier II Sciences
Traitement des effluents d’abattoir Les différents procédés d’épuration ISIM Université Montpellier II Sciences

Traitement des effluents d’abattoir

Les différents procédés d’épuration

ISIM Université Montpellier II Sciences et techniques du Languedoc Place Eugène Bataillon 34095 Montpellier Cedex 5

www.isim.univ-montp2.fr

IDE Aurélien HEIL Basile CHAUSSEE Denis

Décembre 2002

Ce document n'engage que la responsabilité de leurs auteurs

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INTRODUCTION :

On appelle abattoir un établissement où l’on abat et où l’on prépare les animaux destinés à la consommation. Les abattoirs comprennent, en plus de l’abattage, les ateliers de triperie boyauderie et le

vidage des matières stercoraires, qui rejettent à elles seules plus de 50 % de la pollution. La pollution rejetée dépend directement :

- du taux de récupération du sang

- du mode d’évacuation des matières stercoraires

- de l’importance de la triperie boyauderie

- des ateliers annexes (salaison, conserverie…)

En Europe les volumes d’eau rejetés peuvent être estimé à :

- 6 à 9 l par kg de carcasse de bovins (320 à 350 kg)

- 5 à 11 l par kg de carcasse de porcins (80 à 90 kg)

La représentation des charges polluantes est la suivante [1]:

g

par kg de carcasse

Abattoirs

gros

bovins

et

Abattoirs porcins

 

polyvalents

 

DCO

32,3 ± 5,2

27,3 ± 9

DBO5

13,2 ± 2,2

13,2 ± 4,3

Graisses (SEC)

5,2 ± 1.5

 

N

total

1,6 ± 0,3

1,6 ± 0,5

 

MES

11,8 ± 2,5

9,3 ± 3,4

Les effluents de telles usines sont caractéristiques : ils sont globalement bien biodégradables avec une DCO qui peut parfois atteindre 1500 mg d’O2/l.

Pour les abattoirs de volailles [1]:

Volailles

Mesures par kg de carcasse

Volume d’eau usée en l

8,1 ± 0,9

DCO (en g)

21 ± 6

DBO5 (en g)

9,3 ± 2,5

MES (en g)

4,5 ± 1

Le principal problème avec les effluents d’abattoir est le traitement des graisses qui sont en grandes quantités. Le reste de traitement est principalement biologique (sang…) avec des procédés classiques.

Les procédés qui vont suivre sont déjà utilisés dans certains abattoirs. Il en existe de nombreux autres qui pourraient sûrement être utilisés pour cet emploi mais nous n’avons pas développés ces procédés.

Réglementation : l’article 33-4° de l’arrêté du 2 février 1998 relatif aux rejets des usines d’abattoirs stipule que les flux polluants ne doivent pas dépasser 180 g/t de carcasse traitée pour ce qui concerne les Matières En Suspension Totale (MEST) et respectivement 180 g/t et 720 g/t pour ce qui a trait à la DBO5 et à la DCO.

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I. Les prétraitements.

Dans les abattoirs la priorité est donnée aux aménagements internes (recueil des divers restes solides et liquides du à l’abattage des animaux) et à une récupération très poussée du sang. La qualité des prétraitements est essentielle.

a) le dégrillage-tamisage

Une attention particulière est apportée aux opérations de dégrillage et de tamisage en raison de la forte proportion de produits grossiers dans les MES (viandes, graisses, poils, boyaux, paille…)

Le dégrillage est réalisé sur grille droite ou courbe et le tamisage est réalisé sur grille à espacement millimétrique soit sur champ fixe à barreaux ou tôles perforées soit sur un champ mobile sans fin.

Sur le marché les dégrilleurs sont nombreux mais dans le cas des abattoirs il faut privilégier ceux qui ont un système de nettoyage automatique.

Le groupe Andritz GUINARD propose par exemple deux dégrilleurs brevetés très adaptés pour les abattoirs :

-

l’Aqua-Guard. C’est un dégrilleur fin, l’élément filtrant est autonettoyant . il présente une très bonne capacité de filtration et d’extraction de produits, même soumis à de fortes contraintes. L’arrangement des dents de l’Aqua-Guard permet une filtration sur 2 niveaux avec de plus, des sections horizontales sur le bras arrière augmentant le pouvoir de coupure. Un tel dégrilleur de modèle S est capable de remonter plus de 5 tonnes de déchets à l’heure.[2]

-

-

l’Aqua-Screen. Ce dégrilleur est développé sur la base de l’expérience Aqua- Guard. Ici l’écran filtrant est formé de tôles perforées assemblées. Ces tôles sont en inox et présentent l’avantage de filtrer en 3 dimensions à la maille requise.[2]

Un bon dégrillage –tamisage permet d’éliminer 50 à 80 % des MES et 10 à 30 % de la DBO5.

b) le dégraissage

Pour les effluents très chargés il peut être judicieux de placer un système de dégraissage avant le rejet à l’égout et ceci dans le but de protéger le réseau.

Schéma n°1

TURBOFLOT

1 : moteur

immergé

2 :roue

centrifuge

3 : aspiration

d’air

4 :entrée d’air

5 : support

3 : aspiration d’air 4 :entrée d’air 5 : support Degrémont propose un dessableur-dégraisseur circulaire.

Degrémont propose un dessableur-dégraisseur circulaire. L’ouvrage a un diamètre de 3 à 8 mètres et un profondeur de 3 à 5 mètres. Il est équipé d’un aérateur-mélangeur immergé TURBOFLOT placé dans l’axe. Lé mélangeur- aérateur TURBOFLOT comporte un mobile centrifuge de pompage, noyé sous environ 2 mètres d’eau. Le sable collecté au fond est extrait par un émulseur à air. Les graisses flottés en surface sont reprises en continu par un ensemble de raclage rotatif à vitesse lente ; les graisses

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raclées sont essorées par poussée sur un plan incliné à déversoir émergé et chutent ensuite dans une goulotte de collecte.[1]

Le groupe VOR Environnement propose également des dégraisseurs aérés placés avant rejet à l’égout de l’effluent. Ceci entraîne une diminution des coûts d’entretien du réseau et une diminution très importante de la pollution avant rejet. La DCO globale d’un abattoir peut être divisée par 2 après élimination des graisses. Le rendement de leur dégraisseur aéré se situe entre 60 et 70 % selon la nature et la température des rejets graisseux. Un aéroflott (appareil permettant la diffusion de bulles d’air plus ou moins grosses dans un réacteur) permet la production de très fines bulles d’air. Les graisses sont récupérées par un racleur de surface et une goulotte d évacuation permet de recueillir les flottants, oit dans un bac mobile, soit directement dans un sac plastique, évitant ainsi les nuisances insectes et odeurs.

VOR Environnement propose aussi le Flottavor, un aéroflottateur à air dissous particulièrement adapté au traitement des effluents d’abattoir. L’aéroflottation consiste en une séparation physique des particules. Elle se produit grâce à la détente d’une eau appelée « eau blanche ». Cette « eau blanche » est détendu dans le Flottavor est permet une séparation optimale des particules grâce aux fines bulles générées.

L’architecture interne du Flottavor garantit l’élimination maximale de la pollution. En plus de la zone de contact, le Flottavor comporte une zone de tranquillisation et une zone de collecte. Un axe unique entraine à la fois les raclages de fond et de surface.

Après le dégrillage et éventuellement la coagulation/floculation l’effluent est introduit directement dans la zone de flottation où il se mélange à l’eau blanche. Les boues flottées sont raclées puis évacuées vers une goulotte de récupération. Ces boues peuvent être traitées par le réacteur aérobie forte charge Vorax.

L’effluent ainsi traité est évacué vers le réseau d’assainissement ou vers un étage de traitement complémentaire. Une fraction des boues se dépose dans le fond du bassin, où elle sera périodiquement éliminée. Ce procédé est capable de traiter de 1 à 200 m 3 /h selon le type d’effluent traité. Il est possible de réaliser la flottation avec en plus des additifs chimiques.

Les rendements épuratoires sont les suivants [3] :

 

Flottation avec additifs chimiques

Flottation seule

DCO

90

%

40

%

MES

95

%

60

%

Matières grasses

97

%

95

%

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Schéma n°2[3]:

Flottavor

Schéma n°2 [3] : Flottavor Les graisses ainsi séparées doivent encore être traitées. Le bioréacteur VORAX

Les graisses ainsi séparées doivent encore être traitées.

Le bioréacteur VORAX (de VOR Environnement ) est un procédé de dégradation de la pollution par voie biologique aérobie forte charge. Le VORAX (boues activées forte charge) permet de traiter des effluents fortement pollués comme les graisses, les margines, le lactosérum…

Il existe aussi le VORAX Combi qui combine un décanteur intégré en plus du VORAX. Ce procédé un prétraitement avant rejet dans l’égout, il permet un traitement complet grâce à une meilleure oxydation de l’effluent. Il est compact, ne libère pas d’odeur et la consommation électrique est très faible.

Schéma n°3 : montage typique d’un Vorax [3]:

Schéma n°3 : montage typique d’un Vorax [ 3 ] : Le groupe LACAZE propose un

Le groupe LACAZE propose un système d’élimination des déchets graisseux avec valorisation énergétique : le Fat Fuel Burner.

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Ce procédé permet la transformation des déchets hétérogènes graisseux en un combustible homogène et stable (Fat Fuel). La combustion de ce nouveau combustible se fait dans un foyer spécifique (Fat Fuel Burner). Ce procédé permet de plus la valorisation énergétique du pouvoir calorifique du combustible [4].

Principe de fonctionnement :

calorifique du combustible [4]. Principe de fonctionnement : Fat Fuel Burner Controlées par APAVE. En conformité

Fat Fuel Burner

Controlées par APAVE. En conformité avec l’arrêté du 02/02/1998
Controlées par
APAVE.
En conformité avec
l’arrêté du 02/02/1998

Déchets

hétérogènes

graisseux

du 02/02/1998 Déchets hétérogènes graisseux Combustible issu des déchets (Fat Fuel) Fumées Fat Fuel

Combustible issu des déchets (Fat Fuel)

graisseux Combustible issu des déchets (Fat Fuel) Fumées Fat Fuel Burner Auto combusteur ENERGIE Cendres

Fumées

graisseux Combustible issu des déchets (Fat Fuel) Fumées Fat Fuel Burner Auto combusteur ENERGIE Cendres (<

Fat Fuel Burner

Auto combusteur

(Fat Fuel) Fumées Fat Fuel Burner Auto combusteur ENERGIE Cendres (< 1% ) Ce procédé est
(Fat Fuel) Fumées Fat Fuel Burner Auto combusteur ENERGIE Cendres (< 1% ) Ce procédé est
(Fat Fuel) Fumées Fat Fuel Burner Auto combusteur ENERGIE Cendres (< 1% ) Ce procédé est

ENERGIE

Cendres (< 1% )

Ce procédé est particulièrement adapté à l’élimination des graisses venant des abattoirs car il y en a beaucoup. L’énergie récupérée peut servir à la production d’eau chaude ou alors au séchage des boues.

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II.

Les procédés biologiques

a)Aérateurs forte charge

Les aérateurs fortes charges, par leur conception, abaissent significativement la DCO, permettant en aval un traitement classique. Ils peuvent ainsi s'insérer dans un schéma classique de type:

Bassin tampon

dans un schéma classique de type: Bassin tampon aérateur forte charge Boue activée clarificateur Schéma

aérateur forte charge

classique de type: Bassin tampon aérateur forte charge Boue activée clarificateur Schéma n°4 : filière de

Boue activée

de type: Bassin tampon aérateur forte charge Boue activée clarificateur Schéma n°4 : filière de traitement

clarificateur

Schéma n°4 : filière de traitement biologique

tampon aérateur forte charge Boue activée clarificateur Schéma n°4 : filière de traitement biologique Page 7

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schéma n°5 et n°6 : différents types de filières classiques Page 8 sur 22

schéma n°5 et n°6 : différents types de filières classiques

schéma n°5 et n°6 : différents types de filières classiques Page 8 sur 22

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Carbofil de la société Carbofil

Grâce à son hydrodynamisme, le réacteur Carbofil permet un mélange air/effluent optimal. Il

permet pour un faible coût énergétique une épuation efficace.

pour un faible coût énergétique une épuation efficace. Performances: Schéma n°7 : mélange air/effluent dans le

Performances:

Schéma n°7 : mélange air/effluent dans le Carbofil

1)

extraction des boues et de l'effluent traité.

2) arrivée de l'effluent à traiter.

3)

extraction des boues et de l'effluent traité dans le cas d'un fonctionnement discontinu.

Le performances annoncées par le constructeur sont les suivantes

10-15 kg de DCO/m 3 .j

rendement sur la DCO de 80%

rendement sur les graisses 90%

Vor environnement [3]

Vor environnement développe plusieurs types de réacteurs aérobie dont le Vor AB conçu spécialement pour le traitement d'effluents à forte charge organique.

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Schéma n°8 : filière avec réacteur VOR AB Ce réacteur permet le traitement d'effluents graisseux

Schéma n°8 : filière avec réacteur VOR AB

Ce réacteur permet le traitement d'effluents graisseux à forte charge organique en baché.

Les performances ne sont pas disponibles pour ce procédé.

Vor environnement conçoit aussi un dégraisseur aéré qui permet un abattement de 60% sur la DCO pour des effluents graisseux.

abattement de 60% sur la DCO pour des effluents graisseux. Page 10 sur 22 Schéma n°9

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Schéma n°9 : dégraisseur aéré de chez VOR

De fines bulles sont émises grâce à un aéroflot, les graisses sont récupérées et évacuées en surface grâce à un racleur et une goulotte. Le dégraisseur peut être installé en tête de traitement pour éliminer les graisses nuisibles au fonctionnement des procédés non adaptés ou avant un rejet dans le réseau.

b) Procédés anaérobies

Les digesteurs anaérobies permettent un traitement d’effluents à forte charge organique sur des surfaces inférieures à celles utilisées par les procédés aérobies classiques. De plus ce procédé produit des boues beaucoup plus minéralisées et leur quantité est beaucoup plus faible qu’avec des procédés aérobies. Il ne demande pas d’aération. Le biogaz produit peut être valorisé énergétiquement. Par la nature des souches bactériennes anaérobies, ce procédé est adapté aux variations de charge. Cependant l’investissement initial est supérieur à celui d’un procédé aérobie. Enfin l’effluent de sortie peut subir encore un traitement aérobie (faible charge) pour améliorer l’épuration.

Les systèmes de Vor environnement [3]

Vor environnement développe un digesteur à cultures libres (procédé à lit de boue) le Méthavor.

Ce produit utilise le procédé UASB (Upflow Aerobic Sludge Blanket) dans lequel le lit de boue est fluidisé par le courant d’effluent ascendant. Le débit d’alimentation doit donc être relativement constant afin que l’expansion du lit de boue soit stable Performances :

Charge organique : 10-15 kg/m3.j

Rendement sur la DCO : 90

Les systèmes d’Ondéo Degrémont [1]

Degrémont développe 3 types de digesteurs :

- L’Anaflux est un digesteur à cultures fixées sur un support libre dans le réacteur. C’est celui qui accepte les plus grosses charges organiques mais son rendement est moins bon et nécessite un traitement postérieur.

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Schéma n°10 : Réacteur à cultures fixées sur lit fluidisé

n°10 : Réacteur à cultures fixées sur lit fluidisé Performances : (selon constructeur) Charge organique :

Performances : (selon constructeur)

Charge organique : 30-60 kg DCO/m3.j Rendement sur la DCO : 70 à 90 % selon l’effluent à traiter

- L’Analift est un digesteur à culture libre. Par sa conception, où la méthanisation est séparée de la décantation, il permet une intervention sur l’un des procédés sans interrompre le second. Schéma n°11 : Procédé « contact anaérobie »

sur l’un des procédés sans interrompre le second. Schéma n°11 : Procédé « contact anaérobie »

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Performances :

Les performances annoncées par le constructeur sont les suivantes

Charge organique : 10 à 15 kg DCO/m3.j

Rendement sur la DCO : 90%

L’Anapulse est un digesteur à lit de boue basé sur le même principe que le Méthavor. Son avantage est d’intégrer le décanteur dans l’unité améliorant ainsi la compacité du produit. Schéma n°12 : procédé à lit de boues avec alimentation pulsée

n°12 : procédé à lit de boues avec alimentation pulsée Performances : Les performances annoncées par

Performances :

Les performances annoncées par le constructeur sont les suivantes :

Charge organique : 10 à 15 kg/m3.j Rendement sur la DCO : 90%

Les systèmes de Linde [5]

Le digesteur Laran de Linde est un réacteur anaérobie à culture fixée sur un support à travers lequel passe l’effluent à traiter.

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Schéma n°13 : digesteur LARAN du groupe LINDE Performances : Rendement sur la DCO :

Schéma n°13 : digesteur LARAN du groupe LINDE

Performances :

Rendement sur la DCO : 90%

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c) Réacteurs à biomasse fixée : biofiltres

Un prétraitement classique (dégrillage-dégraissage) est tout de même nécessaire au préalable. Les biofiltres sont des réacteurs d’oxydation aérobies dans lesquels la biomasse réalisant l’épuration est fixée sur un support libre ou fixé dans le réacteur. Les procédés à biomasse fixée garantissent une compacité importante et une réponse rapide aux variations de débit. Ils permettent, s’ils sont montés en série, le développement d’une biomasse variée permettant une épuration des produits organiques complexes, difficiles à éliminer. Ces procédés ne sont pas spécifiques au traitement des fortes charges mais permettent grâce à leur résistance aux variations de charges et de débits d’être mieux adaptés aux abattoirs que les procédés à boues activées. Cependant lorsqu’ils fonctionnent sous une charge organique forte, ils ne permettent pas un rendement aussi élevé que les procédés décrits ci-dessus. Ils peuvent par conséquent être suivis d’un traitement d’appoint. De plus les prétraitements doivent être efficace afin de ne pas colmater le biofiltre.

Les systèmes de Cofido [6]

Le biofiltre Cofido est un réacteur à biomasse fixée sur un support, lui même fixe dans le réacteur. Ce système permet un décollement aisé des boues en excès et empêche le colmatage.

Performances : non communiquées

Les systèmes de Hytec industries [7]

Le biofiltre Hytec industrie est un procédé à lit fixe dans le réacteur. Il présente un encombrement faible et est mobile ; il est donc adapté aux petites installations.

Il peut accepter des charges organiques de 15 kg/m3.j avec un rendement d’environ 70%.

Les systèmes d’Ondéo Degrémont [1]

Degrémont développe de nombreux biofiltres à lit fixe ou non. Ils peuvent être adapté aux fortes charges mais comme les biofiltres présentés ci-dessus il sont moins efficaces sous ces charges.

La plupart des constructeurs produisent des biofiltres. Ils devront comme ceux présentés ci- dessus être adaptés aux effluents très concentrés des abattoirs : leur volume ou leur nombre devra être augmenté par rapport au traitement des effluents plus « classiques » tels que les effluents urbains.

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III. Présentation de différents procédés visant à améliorer l’efficacité d’installations d’épuration d’effluent d’abattoir déjà existantes.

a. L’ajout de microorganismes et de substances minérales.

la sélection et la production de

microorganismes permettant un ensemencement de bassin de boues activées. Le choix des

bactéries à utiliser se fait en fonction de la composition des effluents à traiter. Ces ensemencements peuvent se faire dans différentes situations :

- pour un redémarrage rapide d’une station après un choc, un lessivage par exemple.

Certaines

sociétés

sont

spécialisées

dans

- pour une amélioration de la qualité des rejets (DCO, DBO 5 , MES, N, P).

- pour des économies d’énergie électrique liées à l’aération.

- pour une réduction du volume des boues.

- pour une amélioration de la décantation.

L’ajout de substances minérales permet également une amélioration des procédés d’épuration. Nous allons présenter ici différentes sociétés produisant des microorganismes et des substances minérales pouvant être très utiles dans le traitement de effluents d’abattoirs même si ce ne sont pas des traitements spécifiques:

La société LOBIAL. [8]

Cette société propose différents produits visant à une amélioration des traitements des graisses en accélérant leur hydrolyse :

- LOBIFLOR et LOBIRÉSO : Traitement préventif et curatif des canalisation et bacs à graisse. Objectifs : enclencher et accélérer la dégradation des graisses pour un décolmatage durable. LOBIFLOR : dégradation des graisses des bacs LOBIRÉSO : entretien des canalisations. Composition : enzymes et bactéries sous forme liquide. Avantages : diminue le nombre de vidange des bacs à graisse et les curages mécaniques à haute pression des canalisations et colonnes d’eaux usées. Évite les colmatages et élimine les odeurs.

- Le procédé FIXAFLOR-STEP : Traitement préventif et curatif des stations d’épuration. Objectifs : rendre les graisses les graisses assimilables par la biomasse de la station. Composition : bactéries sélectionnées, enzymes, substrats azotés, sources carbonées, oligoéléments, médium de fixation, containers. Avantages : amélioration des rendements de la station. Auto nettoyage du lit bactérie, mais aussi des canalisations et des puits de relevage lorsque ce produit et également utilisé en amont de la station. Amélioration de l’état de santé des boues par une meilleure minéralisation. Meilleure siccité des boues dons économie de floculant. Suppression ou diminution d’ennuis liés aux bulking (bactéries filamenteuses et mousses), aux colmatages et aux odeurs.

Vu les fortes teneurs en graisse dans les effluents d’abattoirs ces traitements peuvent être préconisés.

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La société GAMLEN. [9]

Cette société présente une gamme complète de complexes bactériens et fongiques, de coagulants, de floculants, d’antimousses et d’anti-odeurs. Tous leurs produits visent à améliorer la qualité des rejets et l’amélioration du fonctionnement des différents procédés mis en œuvre. Nous présentons ici deux de leurs produits pouvant être utilisés spécifiquement pour le traitement d’effluents d’abattoirs.

- BIOLEN IS 80+ : traitement des eaux résiduaires contenant des organo-soufrés. Objectifs : Contient des bactéries sélectionnées pour leur aptitude à dégrader les composés organo-soufrés. C’est une solution pour le démarrage ou le renforcement des systèmes biologiques. Composition : bactéries, oligo-éléments, vitamines, acides aminés et nutriments. Action : permet une production enzymatique supérieure à la biomasse endogène, une croissance plus rapide, une dégradation de molécules récalcitrantes. Avantages : permet une amélioration des rendements sur la DCO, la DBO, et les MES, et une stabilisation des rendements épuratoires face aux variations de charge. Aide à la lutte contre les mauvaises odeurs liées aux dérivées soufrés et acides gras volatils, et à la lutte contre le développement des bactéries filamenteuses. Améliore la décantation des boues et permet enfin une diminution des frais de gestion (énergie, transport, floculants, destruction…).

-BIOLEM IG 30+ : traitement des eaux résiduaires des industries agro-alimentaires et d’abattoirs. Objectifs : Traitement des effluents et des odeurs grâce à des bactéries dégradant les graisses et huiles d’origines animales ou végétales. (Démarrage et renforcement des systèmes biologiques). Composition : bactéries, oligo-éléments, vitamines, acides aminés et nutriments. Action : permet une production enzymatique supérieure, une germination plus rapide et la dégradation de molécules récalcitrantes telles les acides gras à longue chaîne. Avantages : permet une amélioration des rendements de la DCO et de la DBO. Permet une réduction des mousses et des écumes en surface des ouvrages (bassin aéré, clarificateur) et la lutte contre le développement des bactéries filamenteuses. Réduit les quantité de boues (réduction du ratio kg MS produites / kg de DBO 5 éliminée), et améliore leur décantation. Amélioration du transfert d’oxygène air/ milieu et milieu/flocs. Diminution des frais de gestion.

La société BACTA-PUR. [10]

Cette société canadienne spécialisée dans le génie écologique propose un produit permettant l’amélioration des processus de dénitrification/ nitrification, le BACTA-PUR

N3000.

Objectif : Permettre les processus de nitrification/dénitrification. Composition : contient des bactéries Nitrosomonas (convertissent l’ammoniac en nitrites) et des Nitrobacters (convertissent les nitrites en nitrates). Action : Assure la présence d’une communauté optimale de souches bactériennes nitrifiantes et dénitrifiantes. Avantages : implantation et rétablissement rapide de l’activité nitrifiante / dénitrifiante. Une des cultures bactérienne la plus concentrée disponible sur le marché : l’application de petites doses régulières suffit.

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Exemple d’utilisation :

Exemple d’utilisation : • La société LUZENAC . [11] Cette société propose un produit, l’AQUATAL T,

La société LUZENAC. [11]

Cette société propose un produit, l’AQUATAL T, visant à fiabiliser et à améliorer les performances des procédés de type boues activées.

Composition : c’est un mélange naturel de phyllosilicates de la famille des talcs (silicate de magnésium hydraté). Il est extrait du gisement de talc de Trimouns dans les Pyrénées Ariégeoises. Action : Augmente la taille des flocs bactériens et permet la fixation et la croissance de bactéries indigènes à sa surface. Avantages : Permet d’éviter les pertes de boues habituellement liées au foisonnement de bactéries filamenteuses, aux boues légères et gonflées, aux problèmes de défloculation ainsi qu’aux surcharges hydrauliques. Permet également de faire face à des variations de charges organiques (cas des abattoirs). Améliore la décantation de manière importante et l’épaississement et la déshydratation des boues.

b. Les aérateurs.

Des aérateurs peuvent être installé dans des bassins de boues activées. Ils

permettent d’augmenter les concentrations en oxygène dissous. Une telle installation présente plusieurs avantages :

- permet une augmentation de la capacité de traitement biologique (écrêtage des pointes ou fonctionnement permanent).

- Réduit l’emprise au sol.

- Stabilise les boues aérobies.

- Améliore la décantation des boues aérobies.

- Réduit les mousses et les odeurs.

- Possibilité de séquençage.

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Le TURBOXAL. [12]

Le TURBOXAL est un système d’oxygénation de surface produit par la société AIR LIQUIDE. Il est conçu pour flotter à la surface des bassins ou des lagunes aérées et est destiné à transférer de l’oxygène par l’intermédiaire d’une turbine auto- aspirante. Il permet la création d’une émulsion oxygène pur / effluents. Des mobiles complémentaires assurent le brassage et la dispersion de l’émulsion dans l’ensemble du bassin. Ce système est particulièrement adapté aux bassins de faible profondeur (3 à 5m) dans lesquels il n’est pas possible d’installer des systèmes immergés supplémentaires. Le rendement de brassage peut atteindre 14000 m 3 /h.

Caractéristiques techniques :

atteindre 14000 m 3 /h. Caractéristiques techniques : Dimensions totales (m) Poids (kg) Energie (kW)

Dimensions totales (m)

Poids (kg)

Energie (kW)

Oxygène (kg/h)

Hauteur

2.2

1120

15à17

20 à 80

Diamètre

2.35

L’aérateur-brasseur CENTROX avec système d’aspiration de mousse procédé FUCHS. [13]

Cet aérateur-brasseur est développé par la société ISMA. Il génère une insufflation d’air par fines bulles et un bon brassage. La mousse générée est aspirée dans un entonnoir afin d’être réduite. Il est composé d’un moteur, d’une roue à aube, d’un entonnoir conique en partie immergé et de 3 ou 4 flotteurs. Ce système produit un brassage intense et le mélange est projeté radialement le long du dispositif de circulation.

Caractéristiques : il existe plusieurs types d’aérateurs dans ce modèle :

 

Puissance

   

Profondeur

 

Type

nominale

(kW)

Rotation (min -1 )

Poids (kg)

d’immersion

(m)

Air injecté

(m

3 /h)

CX-S1

1.5

950

150

0.50

75

CX-S2

2.2

950

160

0.50

110

CX-S3

3.0

960

275

0.60

120

CX-S4

4.0

960

185

0.60

160

CX-S5

5.5

940

295

0.60

220

CX-S7

7.5

970

375

0.60

280

CX-S10

11.0

970

390

0.60

400

CX-S15

15.0

725

520

0.60

540

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Schéma n°14 : fonctionnement du Centrox

Schéma n°14 : fonctionnement du Centrox Page 20 sur 22

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Conclusion :

Les effluents d’abattoirs sont relativement bien biodégradables mais ils présentent une charge organique élevée. Les substances les plus difficile à éliminer sont les graisses celles-ci peuvent êtres séparées dès le début du traitement et traitées séparément par un procédés adapté (digesteur anaérobie, réacteur aérobie forte charge, oxydation thermique…). Elles peuvent aussi être traitées avec le reste de l’effluent grâce à l’ajout d’un réactif adapté. De fréquents dysfonctionnements sont rencontrés car les effluents présentent, au cours des étapes de l’abattage, des variations de charge trop importantes, la présence d’un bassin tampon (qui peut être aéré) en tête de traitement est donc indispensable pour tempérer ces fluctuations. L’épuration de tels effluents est donc effectuée par des procédés biologiques classiques adaptés aux fortes charges organiques. Ainsi la charge peut être abattue grâce à un réacteur aérobie forte charge ou un digesteur anaérobie. Ce procédé est donc introduit dans un schéma « classique » avant un bassin de boues activées ou un biofiltre par exemple. Une unité d’ultra ou nanofiltration peut aussi être installée après les réacteurs fortes charges garantissant la qualité du rejet. Les fortes charges peuvent aussi être traitées grâce à des réactifs améliorant la métabolisation de la matière organique par la biomasse ou bien par l’ajout de floculant permettant la décantation de la matière organique.

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Bibliographie

[1] Mémento Technique Degrémont (www.degrémont.com)

[2] Brochure Andritz Guinard (POLLUTEC 2002) (www.andritz-guinard.com)

[3] Brochure (VORAX-VORAX Combi et Flottavor) VOR Environnement (www.vor.fr) [4] Document Internet du groupe LACAZE, Département des Techniques (Energétiques et Environmentales Performantes (www.lacaze.com) [5] Brochure Linde [6] Plaquette Cofido (POLLUTEC 2002) [7] Plaquette Hytec Industries « bioréacteur compact » (POLLUTEC 2002) [8] LOBIAL, brochure LOBIFLOR et COBIRESO, FIXAFLOR et STER (POLLUTEC

2002)

[9] Brochure GAMLEM [10] Document internet du groupe Bacta-pur (www.bactapur.com) [11] Document internet du groupe Luzenac (www.luzenac.com) [12] Brochure TURBOXAL du groupe Air Liquide [13] Document internet de la société ISMA (www.isma.fr)

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