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Pret) ga 7 rT 7 aca ee oS Nuls\e2e = VENERGIE DELAVIE 4 ELLE TIENT DANS UNE GOUTTE D’EAU 5 LA NOUVELLE BOMBE DEMOGRAPHIQUE ie GREFFE D’UTERUS > LA MATERNITE BOULEVERSEE > ET POURQUOI PAS LES HOMMES LES CITADINES NISSAN. VOUS ALLEZ LES AIMER SANS Tgtyacttl sa) frat NISSAN MICRA A «= SYSTEME DE NAVIGATION NISSANCONNECT 2.0() (2) “sreenenorowneencoe” . A900 € + SYSTEME DOUVERTURE ET DE DEMARRAGE ‘SANS CLE “INTELLIGENT KEY") ELE xeel te uileh (1) Equipemesits disponibles de série ou en option ot sur certaines versions (sauf Visia). Réservez votre essai-sur nissan.fr Innover autrement. 2) Pri 07/01/2015 de la Nissan MICRA Visa 1.2L 80 anrés deduction de 3 160 € deremiss”. 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Par quel méca- nnisme la matitre inerte vient-elle & s‘animer? La question hante les es- prits depuis toujours, Bt c’est sans grand succés que de nombreuses hypothéses ont été formulées pour ovor un pou du voile qui continue dentourer cet épais mystére. Mais en voici une nouvelle & le- quelle, curiensement, personne n’avait pensé, Bt qui fait dire aux scientifiques qu’lls tionnont probe- blement enfin une pidce essontielle du puzzle, La clé du mystore? Elle pourrait tenir dans une goutte d'eau. Dans n'importo laquelle des gouttos d'eau dont regorge notre planete. 1 suffisait juste de bien les regarder. Voyoz cote minuscule flaque d'eau accrochée au capot de votre voiture aprés Vaverse, Observez cette petite bille transhucide dépo- sée aux premiéres heures du jour sur cette feuille tondre, Curieux, non? Si ces gouttes d’eau ne s'écoulent pas, si elles conservent Tur intégrité,c’est en raison d’une forco qui s'exerco & lour surface. Une foree dont on sait aujourd'hui qu'elle pousse les éléments les plus simplos contonus dans cos gouttos a sfassembler entre eux pour for mer des structures plus complexes. Fabriquer du compliquéa partir du plus simple? Le vivant ne fait pas autro chose... Demain, des hommes “enceints” ? Le premier enfant né d’une mere ayant bénéficié d'une grefie d’uté rus a vu lo jour en Suddo on sop- tembre demir. 11 est le fruit dune longue épopée scientifique et dune prouesso médicalo do nature & don- ner de Fespoir aux femmes privées de cot organe nécessaire & la mater nité, Si'exploita été mondialement salué, il souléve une redoutable quostion curieusemont restée dans Vombre:me tele opération pourrait. elle ire réalisée sur un homme? La réponse, plutot déroutanto, ost oui. Oni, un homme pourrait tamber “en- coint” grice 4 cotte technique. Stupé- fiant! Meme si les médecins a ori gine de cette premiére s'empressent ajoutor qu’lls se Mintordiront pour des raisons déontologiques. Possible, défaut d’Stre souhaitable ou légale, cotto porspoctive fait volor on éclat nos représentations de la matemité ot de la reproduction, FEVRIER | 2015 SV) 5 S O mma 1 re Février 2015 N° 1169 L’ENERGIE DE LA VIE ELLE TIENT DANS UNE GOUTTE D’EAU 6 Syl FEVAIER | 2015 SCIENCEs:VIE 8 Forum Science &découvertes Actus 60 Paisoanttvopcioge Aous Grigine de ia Suture: te choe nl eres. Lleau de la comete visite par Rosetia a été ec analysée: elle est unique; Comment cai hhumain peut voir les infrarouges. 20 Environnement Le gaz de schiste américain risque de faire un flop; les éruptions volcaniques atténuent le réchauffement climatiave... 26 Médecine Un virus a le don de maintenir en vie les ‘nourones; comment le tabac augmente le risque de cancer masoutin 28 Technos En onisant la, les images 30 flottent toutes -seules; le parade aux batteries qui surchautent Science & société 30 70 % des Frangais se déciarent pessimistes Ce que cache cette déprime collective 34 La mémoire de eau refait surface Pourquoi I"hypothdse ne convaine toujours pas 36 Echec de "accord sur le nucléaire iranien Les coulisses d'une expertise sans fin 37 Apple se lance dans le paiement ‘sans contact La démateérialisation de l'argent désinhibe les pulsions d'achat 38 Pics de pollution Peut-on comparer pollution et tabagisme passif? Ala Une 42 ENERGIE DE LA VIE: elle tient dans une goutte d'eau 44 Une expérience qui fera date 48 Ainsi a pu naitre la vie 54 La grande révolution des microgouttes 66 Microbiologie Bactéries, virus, champignons: vous ne verrez plus votre maison comme avant 72 Démograchie La bombe démographique Science &techniques 78 chiuraie Utérus greffé: exploit qui bouleverse la maternité 84 Transport Dossier spéctal “voiture autonome” 8 Motours de recherche Etvoiel quils lagendent les images 102 Terrorisme Le défi des bombes improvisées Science &futur 106 LEurope fait coup double avec Ariane 6; Je crousement d'un canal gigantesque au Nicaragua; des flotteurs pour transformer les vagues en électricit8; un escenseur & \évtation vertical et horizontal; un jardin public souterrain verra le jour & New York; des robots vigiles surveilent le campus calfornion de Microsoft... Culture science 114 Bon a savoir 116 Questions/Réponses 120 A voir / a lire 124 Technofolies 128 Wy a... 40 ans: la conférence d’Asilomar sur les manipulations génétiques. FEVRIER | 2015 SM 7 Forum Moro! adroseo: vos couriers: saulootcurs™mondedon fr Médecines alternatives: la science ne convainc pas tout le monde En lisant votre dossier, une S Y argument est ré- MV guliérement avan- réfeexion me vient a esprit: comment expiquer que | par certains défenseurs de Fon peut soigner certains | Vhoméopathie: Vefficacits troubles chez un chien de cette dernire ne peut pas avec qudlques granules | sorésumor aun effet placebo, d'oméopathie, alors que | puisqu'elleest efficace chez cet anima ne ‘eit pas ia dit | animal et le bébé! ference enire ces granules | Le probléme, c'est que etune trandise donnée | cot argument sous-entend par son maitre? Méme_ cconstat avec les Débés, Alain Rabo, Cusy 74) que Telfet placebo serait inexistant chez. 'un comme chez autre, Or, depuis aS lan aH M3 Vass des décennies, plusiours expérionces scientifiques ont démontsé le contraire. Le conditionnement joue bbébes. Un jeune enfant habi- tué a ressontir un soulage- ment de sa douleur aprés la prise d'un médicament aura tendance a répondre de la méme fagon aprés Vadmi- nistration d'un remade ho- unrOle essentiel dans Foffet placebo, y compris chez les Cace. Pnarmacien depuis 40 ans, je suis choqué par votre article sur |homéo- pathie. Elle soigne immédiatement, létat général samélore. Si tant de gens lutlisent, cest bien parce que cest effi- is ne sor Jean-Frangois Vézin, \nisnet méopathique. Sans compter que los ttentes du sognant, du parent, du maftre... peuvent conduire ces der niers a surinterpréter los ef- fots d'un remade sur le com- portement del'enfant ou de animal, Reste que les données sclontifiquos sur Poflicacité de’homéopathie chez Vani- mal ou le jeune enfant sont insuffisantes pour affirmor que rhoméopathie est plus efficace qu'un placebo chez ces deux populations. t pas idiots. A quand un débat sur Ia fin de la dissuasion nucléaire frangaise? Dans len? 1167 de décembre, vous présentez le Laser Mé~ gajoule comme “fa nouvelle arme de lssuasion nuckare’. ‘Soulignons que la France est, avec la Russe, Etat le pius, arc-bouté sur cette dissuasion, quand bien méme les ar- uments stratégiques la ustifiant ne sont plus valables. Certains pays siinterrogent ouvertement, comme la Gran- de-Bretagne, qui ouvnita le débat en 2016. Et en France?” Nous avons pourtant signé le traité de non-proliération, qui comporte un engagement de désarmement nuciéaire. 6B. Nolan, ancien drecter ce stu des autos Bes ce dense rationale Une salle de concert a lacoustique sur mesure Dans votre article sur la grande salle de la Philharmonie, qui ouvre ses Portes a Paris, vous la comparez avec quelques grandes salles européen- nes. Vous auriez pu citer la Sala Sao. Paulo, construite dans une gare toujours en activité, dont le plafond, composé de 15 éléments en bois de 7,5 t chacun réglables en hauteur, permet de faire varier le volume de la salle de 12000 m? @ 28000 m®. Le chef d’orchestre adapte ainsi libre- ment Ia configuration du plafond & lacoustique qu'il recherche. «Jean-Claude Cron Colt, teat Rendements en baisse: Pagriculture bio pointée du doigt Dans votre article “Rende- ments aaricoles: La grande panne’ (S8V n° 1168, p. 98), vous avez oubiié un élé- ment qui fait stagner le ren- ‘dement national moyen du Ie : le dévetoppement de agriculture biologique. En 2014, sonrendement nétat ‘que de 31 uintaux par Aexpliquer la stagnation des rendements dans une poignée de pays réputés tis favorables & Pagricul- ture bio, comme la Fi lande, In Suisse ou le Do- nemark, Néanmoins, en Franco, cotto agriculture organique ne peut avoir qu'une influence infime: hectare en raison de la elle concene moins de 4 % roulle jaune, Le bié conven- | des surfaces cultivées. La ‘ionndl, raité aux‘ongici- | stagnation des rendements des, niena pas été atfecté. | depuis une quinzaine d’an- nées est bel et bien relevée dans YHoxagono sur los parcelles conventionnelles ~ et la bonne sécolte en blé tendre de 2014 ne change rien & cette tendance. Francis Howe, internet S: Votre remarque AV ost intérossante, En offt, cet argument a dja 6té avaneS pour tenter Le febulewx sj auKe gate Naa SE LANCE ENFIN et ea aes départs qui commengalent & faire tache de la part Cee ie ce le eee eee ea eee eae fin dans la construction du plus grand télescope ‘du monde! S8V, en 2010, présentalt en détall es plans et objectifs de cette machine a faire de l'as- Dee ee ae ud ere ue eels Tacae ote urea ec) ee Len i iad Ce ue eo eae CT eee eee eure Cee Se eee eee Poets a eo a) Cte eke onal Cr eee Rete depuis cing ans entrée (avec 300 milions), joue Pee OMe sie ce eae en ae Cee ee ue eee oe ee eat tet are! Da eed et nee eee ut nes ‘Avec une ambition & la baisse: un syst8me optique Dee saa eee ge EEA Cee ee ec nei Pienaar 85 2018 SMI Forum PENURIE DE RADIO-ISOTOPES : LA GRANDE CACOPHONIE SV% direction du VCE a souhaité réagir (ci-contre) & notre chronique sur la pénurie de radio-isotopes atten- due dans les années & ve~ nir (voir n? 1167, p. 36). Pour comprendre, il faut savoir que 'Autorité de sreté nucléaire (ASN) a préconisé cot 616 Parrét du réactour de recherche Osiris, an plus tard le 31 décembre 2015. Une décision actée ensuite par le gouvernement fra sais, En cause principa- lement, des faiblesses dans Pétanchéité de en- ceinte de confinement de ce réacteur démarré en 1966. Or, cet appareil du GEA — dédié a Vorigine a Pétude des matériaux — géndre environ 10 % dela production mondiale de technétium-99, un radio- ‘\émont massivomant utili ‘dans limagerie médicale pour des diagnostics en cancérologie, neurologic, cardiologie, etc. Seuls nouf réactours dans lo monde assurent actuelle- ment cette fabrication, A plusiours reprises, on 2007-2008 et en 2010, les smédecins ont travailléavec des quantités restreintes de technétium. Et a court terme, un sécioux risquo do pémurie se dessine: outre la fermeture d’Osiris, Punité canadienne NRU devrait fermer en 2016 et le réac~ tour belge BR2 subir une Jongue opération demain- 10 ISyi FEVRIER | 2016 UTP eerie ees Suite & votre article intitulé "La pénurie de radio-isotopes n‘aurait jamais dd avoir lieu!” le CEA tient a faire part de la réalité des faits concernant sa gestion de la fermeture du réacteur Osits, pro- gtammée fin 2015. Contrairerent & ce quiavangait 'ar- ticle, le CEA a rapidement informé ses autortés de tutele des risques de pénurie de téohnétium-28 que pourrait entrainer la fermeture du réacteur. Aprés avoir informé oralement les pou- voirs pubis, ilies a alertés par écrit en 2009, puis en 2011, Les premigres exi- ‘gences de renforcement de la sOreté exprimées par 'Autorité de soreté nucléaire nécessitalent plusieurs ‘années de travaux impiquant une indis- ponibilié du réacteur durant la période de pénurie potential (2016-2018). LASN a poss in fine de nouvelles tenanes de dix-huit mois. En attendant Vouverture vors 2020 d’un nouveau réacteur du CEA, le Jules Horowitz, & Cadarache, Pourtrancher ce dilemme entre sireté nucléaire et sant6 publique, le gouver- nement a demandé avis, notamment, de "inspection générale dos affaires socia- les. Laquelle « fourni un rapport quia conduit 'Etat a décider Varrét d’Osi- ris. Que dit ce rapport? Impossible de le savoir on détail: le document est res- téconfidentiel. Vraisembla- bloment, dos alternatives sont envisagées comme le recours au tallium-201, Viode-123 ou la tomo- dinquiéter gmphie par émission de positons. Lesreprésentants Ei do la médocino nucléairo se veulent d’ailleurs assez rassurants, Pourautant, c@ risque de pénurie continue Car dans un avis publié Je 18 février 2014, Aca- démie nationale de méde- cino avait signalé quo lo technétium n’avait encun substitut dans six indica- tions majeures, comme la détection du ganglion sen- tinolle avant Jo traitement chirungical du cancer du sein (55000 examens par an), larocherche d’ombotio pulmonaire chez la femme encelnte, la scintigraphie rénale et la plupart des conditions pour permettre le fonction- ‘nement en toute sOreté du réacteur sur lacite période. Le CEA les a acceptées ot a solicits arbitrage du gowverne- ment au vu des cotits suppiémentaires = quelques dizaines de milions euros ~ & prendre en compte. Le gou- vernement a souhaité évaluer la réalite du risque de pénure en consultant Académie de médecine puis en solic!- tant finspection générale de ladiminis- tration de Tenseignement supériour et de la recherche et colle des affaires sociales, Au vu de leurs conclusions, ila status et confimé sa demande de fer- meture du réacteur, fin 2015, Le CEAa pris acte de cette décision ot a lancé les procédures correspondantes, tout en veilant & satisaire au mieux les besoins dos patients jusquia fin 2015. Beard Bier, ecriisrateugéera cy CEA scintigraphies de V'enfant stant sur “les consé- quences graves pour les dizaines de milliers de pa- tients qui ne pourralent pas benéficier de ces examens”, Certains craignent dares ct dgja un scandale sani- ‘aire, d'une nature com- parable a Vaffaire du sang, contaminé, Et critiquent vertement la rigidité de YASN qui, lui, s’en tient a son statut de gendarme intransigeant de V'atome... Entro discours fébrilos et rassurants, polémiques internes et rapports inac- cossibles, c2 sujot sensible souléve aujourd’hni une gzande confusion. Un dos- sier suivre. Le fm Europa Report, de Sebastian Cordero, est sort on jarwier 2014, EURUPA REPO pias Nees Uresuoratonas ape _A\MONDADORI FRANCE PRESDENT: Eneto Maus [REDACTION Serr On 254s MatgugeCEDE {er 0146484648 Fov-01 45484867 FE mat-erenetireresta ‘recraReLarenucion Neth Ves, ‘aa ce Crs Boot etucraa cs Hone te eure Anos (gare Bul ton, Fargas lasagne ‘Neene Drazen ‘elie Ga acu sx, Carire Tete résech ‘ox oruoame Maen ack) reucrans fsa Anan Bors Bala, Nats Fo, Vict Nt, rie Racer Sere CHEML BC EICTON ean Lie Gi Foro Foto ‘Serene con one er Che a Nate Saad Curr (8 magus, Flatbed Caries Ame Ly (hel sre pret, Jupiter. ‘stele Hennoon rel ain E Mien DIRECTION-EDITION ‘een Crsin DIFFUSION ear Cotes Gubaut erect amin, Say Sas fesse ct.son mae) MARKETING ‘Sava Bae esses matting Mile Gaeta ten, Natale Garr banner) PuBLiciTé ‘et Cay (rooms execu, Cras saet racos vou ‘mers tes Atocbs et Stee, Vane Cirenn kere ce tice forty) ral bse arose ‘deetendbs, vkte Chese stata ‘Sigh Gil gigas Gna ‘Sia Fa one emo, Raeamg Quand Europe inspire le cinéma Jai beaucoup apprécié votre article sur Europe. Je recom- mande aux lecteurs le film peu connu Europa Report, qui raconte les premiers pas de Vhomme sur ce satellite de Thomas Fael,ntemet Nous avons nous aussi repéré SV eo film, dont Vaffiche (ci-contre) trOne dans notre salle de rédaction. Et nous no sommes pas les souls! L'un des spécia- listes du syst8me jovien que nous avons in- torrogé nous I’a recommandé en précisant que, malgré son budget réduit, il offrait une vision trds réaliste des paysages ot de co que pourrait étre une mission vers Europe. Ane ScheChaubre pts swan) Grande Beare: Atlewcpe TD (isedo@pitiane cm — ‘4020 792) 00, ‘lunar: Puteuepe Mic (efoerapisiarpecon 43 o8 2850; Sus: Pubropo Lausmro (Ptosusamedatteurpe con tout 21323310 Espaoe:Pbiode Masia (Piomatiotpibin-gestones {age 91 12830) FABRICATION Shara Gack, Mirela Mien FINANCE MANAGER, Gulla Ze DDEPARTEMENT INTERNATIONAL Nithide one Boren, Mele ume Fence Sige toa, we Fane Oy 52383 Nonraige Cees Game Pere. Mince Far SS IMPRIMEUR&.COCRA— RUE NeISSV0co6 860 OVS 7997. dated a 12 rues: 4280 6 {an Tanumaee + 48: 5280€ Dep ga Yor 2018 1 ssuaggys cues Par ghne: 01 6 8 8 5 Pace ‘SRE AROANEVENTS SOENCE 8 VE (51273. ZrO EVELKCHDD 9 Parinee apr resem drs re ang: aneeoeeva Pr vais tere ore: wrutiomnersg. con ate Ut Caacsos , "aL x0 983-310 tray) 4077260010 angi. Suse Ege, 02260 64 90 traezintsuseoQedgrag.c Bagel Beljao, 70 233.04 rnin bonieesgrun.: ‘Rates oye: rous cous ANOS ABONNES Porte respond rgb vce abort race be mT Adena rd lefty arlene es Courents Les re pres eee bos srt emunoute ac crv Fess argnshes le cactinent ine SAV stepson ree es formas postfire eben ot (aes oudertcaon cane cae ij Lesnarusots anaes sat es res |ANos LECTEURS reNSHEOENS Parco: Feeoo cry 2588 Meroe Caer Parral-eevidrs® rrencadoa Sihefosetnes Are Tek o1 44a a3 Pe OC ny Sa teas ey res Petey ce roa ake LEAU DE LA COMETE VISITEE PAR ROSETTA EST UNIQUE ‘est fait! Les physicien ont analysé l'eau de la combte 67? Churyumov- uerasimenko, Elle est dif- férente non seulement de a terrestre mais aussi de celle des comates de la mémo famille, issuos do ceinture de Kuiper! Le spoctrombtre do masso Ro embarqué a bord de nde Rosotta, a livré sos cap- terdes molécules d'eau dé- ‘gazées par la comet, de compter combien étaient composées d'atomes d’hy drogine (au noyau formé d'un unique proton), et combien de deutérium (isotope do Vhydrogono pour 1900 atomos d’hye pique de 0,053% (contre 0,0155% pour Veau ter restro), difiérent de ce qui 1 6té mosuré dans d’aut combtes. “Cela confirme fa de diversité de cos ¢ jets, explique Nicolas Biver, spécialiste des comites & Pobservatoire de Meudon. n’en trouve pas doux de composition identique, méomol sage a donc sans cosse remodelé le laire, Bt nos o finitivement pas formés suite & un bom- if de co: rds comme les Yont long- tomps pons6, La sourca de nos rividres est bien le iol, mais plutét du c6té dos astéroides. BR. actus LE DISQUE DE PHAISTOS COMMENCE ENFIN, A ETRE DECRYPTE Depuis sa 4 ya 106 ans en Créte dans femme attendant un en- tun polais en ruine, le petit fant au recto et une femme disque d’argile de Phais- tout juste mére au verso — tos, uniquo en son genre, forme pouvant égaloment est resté une énigme pour étre une déesse. Référence los générations d’épigra- possible a la déosse do la phistes qui Vont étudié. fertilité du panthéon mi- Mais apris six ans do tra- noon, lo texte sorait alors vail, Gareth Owens, lin- une priére a cette divinité guisto & I'Institut techno- majoure. Solon los cher- logique de Créte, et John cheurs, 90% de Ia face A Coleman, professeur on du disque pourraient dé- phonétique a Oxford, pro- sormais étre interpréte posent enfin un début de sans que la langue utilisée traduction de’écriture syl- ot écrituren’en soient pour labique qui couvre ses deux autant connues. Une an- faces depuis 3700 ans. nonceandacieuse~cen’est Dans ses 242 signes (dont _ pas la premidre fois que des = 45 différents) orgonisés en experts ponsent avoirrésolu [PTAA orto, i] faisant ri 61 groupes de 287 signes, Vailaire—maisquiintigue [Freee ils auraiont idontifié 3 mots los spécialistos. en Piero La curiosité est source de plaisir pour le cerveau Pourquoi retenons-nous mieux las informations qui nous intéressent’? Lorsque notre curiosité est stimu- 160, los interactions entre hippocampe ~ région cls e la mémorisation —et le circuit neuronal de la récompanse - qui procure du plaisir- augmentent. Crest ce qu’a montré 'équipe de Matthias Gruber, de Université de California & Davis, aprés avoir scanné le cerveau de volontaires par IRM fonctionnelie. Avis, ‘aux enseignants: une fois cet état c&rébral teint, toute information sera mieux mémorisée! Mm. WwhWwhn GG 14 Isvi Preuve est faite que I’ceil humain peut parfois voir les infrarouges Des témoignages épars lattestaient mais personne ne lexpli- {quait il arrive que fel humain pergoive des rayonnements infrarouges (hors du spectre de la lumiére visible). Une équipe do Tuniversité Case Western Reserve de Cleveland (Etats-Unis) vient de découvrir que si seuls les photons du visible possadent V'énergie nécessaire pour stimuler une cellule rétinienne, deux photons infrarouges absorbés simultanément en sont aussi capables. Cest aprés avoir eux-mémes pergu des “flashs verts en utilisant un laser pulsé infrarouge que les chercheurs se sont interrogés. La largeur du spectre visible est déterminge par les propriéiés du rétinal, une molécule abritée par les cellules pho. toréceptrices de la rétine. Lorsqu'elle est heurtée par un photon de longueur d'onde de 400 8 800 nm environ (dans le visible, donc], ele change de conformation, ce qui déclenche le signal nerveux. Les scientifiques ont alors cherohé a savoir sile rétinal ouvait étre excité par des photons de plus faible énergie, tels ceux du proche infrarouge (de 900 8 1 200 nm) : oui, sis sont doux ala fois ! Le phénoméne a dailours plus de chance de se produire avec des lasers pulsés, denses en photons. AD. En observagt des cellules de la rétine, ey pec tas Cees Cd ews FEVRIER | 2015 (SyI 8 i a i é : i : s 3 g ie : PLANCK REVELE LA DYNAMIQUE == DE L'UNIVERS PRIMORDIAL La collaboration interna: tionale Planck vient de li- vrer, grice au satellite lancé en 2009, la premidre carte complete de la dynamique de la matire dans Univers quand, agé de 380000 ans, ce n’était encore qu'une io do particules bra- Conclusion: le big bang est confirmé dans sa version la plus simplo. Les structures du cosmos ont bien émengé de fluctuations quentiques de tinées jusqu’a des échelles macroscopiques. De méme, le modéle standard de la physique des particules est conforté, avec trois sortes de neutrinos. Cela n’exclut pas d’éventuels neutrinos “exotiques” invoqués pour donner du corps & l’énig matique “matidre noire”, qui compte pour plus d'un quart dans lo contenu du Cosmos. Mais “cette possi- bilité est désormais en voie extinction", résume Jean- Loup Puget, responsable de instrument principal de Planck a "Institut d’astro- physique spatial d’Orsay. Enfin, 'anomalie récem- ment mise en 6vidence par le télescope spatial AMS-2 ne peut pas étre la trac d’hypothétiques WIMPS, dautros particules candi- dates a la matidre noire. Planck consacre done lo triomphe do la phy. que connue, tout en ver- rouillant un peu plus l'un des plus grands mystares de PUnivers, Mo Il existait encore des volcans sur la Lune au temps des dinosaures En observant 70 régions lunaires constituées de coulées de roches basaltiques a I'aide de la sonde de la Nasa Lunar Reconnaissance Orbiter, une équipe de luniversité d’Avizona, (Etats-Unis) et de institut de planétologie de Munster (Alle~ Magne) a pu établirleur age. Surprise : nombre d'entre elles se sont formes ily a moins de 100 milions d'années. La plus jeune est méme née d'une éruption ily a 18 milions d'années! ‘Tout cela alors que les spécialistes penseient notre satelite inerte depuis eu moins 1 miliard d'années. eer rd ia Sa Le gymnote traque aussi ses proies a l’électricité Kenneth Catania, biologiste 2 I'université Vanderbilt (Etats- Unis), vient de montrer que le gymnote, ou anguille élec- trique, qui vit en Amérique du Sud, produit des décharges pour repérer sa proie, Lorsquil est en chasse, le gymnote émet en effet périodiquement une série de deux ou trois décharges de haut voltage (usqu’a 600 V), qul induisent & distance la contraction involontaire des neurones moteurs (et donc des muscles) de sa proie; ce mouvement ia trahit. Sensult alors une longue salve de décharges quila para- lysent, 'empéchant de fur fattaque mortelie. oH. [ESAICOLLABORATIONPLAUGAALA MILLE DESCHENES NAGNDFARZONA STATEUNN. KATANA actus (4505 pore Sorted ay or] Ce yas ee Cy ee) eam réagit & cette Pu) ony UNE LANGUE PERDUE RESTE GRAVEE DANS LA MEMOIRE Le corvean garde en mé- Chor les fillos adoptées ot moire la langue maternelle chez celles parlant toujours @'un nourrisson, méme silo chinois, los mémos zones Venfant cesse ce Vutiliser. du cerveau se sont activées, Crst co qu’ont montré dos “Pour cos deux groupes, chercheurs canadiens en les sons chinois sont inter. analysant par IRM fonc- prétés comme un langage, tionnelle le cerveau de alors qu’ils ont été trai- 48 jouncs fillos entre 9 ot tés comme une séquence 17 ans. Elles ont 6t6 répar- de sons chez les franco- ties en trois groupes: les phones", explique Lara francophones, les bilin- Pierce, promiare auteur de gues chinois-frangais, et étude. Selon la scienti- colles néesdans une famille fique, “Ie cerveau a besoin chinoise puis adoptées d'un certain temps pour (vers 13 mois en moyenne) eréer des schémes neuro- et ne parlant plus que le naux, mais une fois qu’ils frangais. Les chercheurs sont établis, ils restent Jeur ont fait écouter du stables”, Voila qui souligne chinois ot ont onrogistré les importance dos promires réponses de leur cerveau, expériences de vie. MS. 18 Is FEVAIER | 2018 Dréle de science boivent salement, C'est qu’ils sont carnivores Si Rex met de feau partout en se désal- ‘érant, n’en blamez pas la pauvre bate: régime alimentaire ot dynamique des fluides en sont responsables. En effet, ‘comme camivore, le chien posséde des joues largement fondues: utiles pour ‘chaser, elles empécnent en revanche toute succion... Rex doit done procéder autrement, at Sunghwan Jung, de la Vir- ginia Tech (Etats-Unis), a voulu savoir ‘comment. Une maute de canidés a été solicitée, et des caméres installées dans leur gamollo d'eau afin de suivre, sous 8 angles différents, opération, quia ensuite été modélisée. Fréquence de lapement, aéométrie de la langue et taille ‘des animaux ont ainsi été analysés. I Savere que tout est attaire ce langue. Rex commence par lancer la sienne avec force et longuaur vers la surface de eau (d'ott inondatior), tout en Venrou- lant dorsalement. Cette subtiité permet ‘une large section de la face ventrale de Tappendice buccal d'entrer en contact avec le liquide, qu'll emporte avec lui en remontant dans une eccéleration faram- nouse (6 g)). So crée alors une colonne ‘eau quo la force dinertis projetta vers la. queue de 'animal, qui intercepte Un procédé des plus technique! en. Brsat 74 (0) <)> IR eRe NOUVELLE PEUGEOLS508-GT —— ADOPTEZUESPRIT-GT — Moteur 1,6L THP 205 A RU NAO) DRIVER SPORT Moteur 2,0L BlueHDi 180 ch SPORT PACK ts nn CC eerie Ce ea ane er eon NOUVELLE PEUGEOT 308 GT MOTION & EMOTION de Asie). A peine 11 % des terres Cee et ed ay pet tae eee COCs Orie cere taty Peretti ses Vortoceran ery See eee eet oe Unis, 'Amérique du Sud et le nord de oe eer ne Pe all ZONES AFRIQUE Rated ey ae Cio Deu Ce Ce os Cees Pg Cen Pee ed ficie totale des zones Ro es ee EU 5 SOOM ROC FEVRIER | 2015 gyn 21 Crost un sérioux avartisso- nit & Pégard de Peupho- rio américaino sur Vavenir des gaz de schiste qui vient d’tro émis par Tad Pazok et son équipe, de Puni- versité du Texas, & Aus- tin, Lagence de "énergie américaine (BLA) prévoit en effet une hausse de la production jusqu’en 2040, suivi dun plateau dan moins vingt ans. Mais cette vision se fonde sur des estimations g6ologiques trds fragiles, indiquent les chercheurs texans, dont le travail mi- nutieux fait objet d’éloges méme au sein de V’indus- trie pétrolire, Pazek et ses colldgues se sont en effet LE GAZ DE SCHISTE AMERICAIN RISQUE DE FAIRE UN FLOP contrés sur les quatro méga- sgisements qui aujourd’hi assuront los doux tiors do la production américaine, Jes subdivisant on unités de 2,6 km* dont ils s’effor- cent ensuite de définir le potentiel. Avec une préci- sion vingt fois supérieure & celle de VEIA. Résultat? Pour ces quatre grands gisements, les g6olo- ‘gues prévolent que la pro- Guction plafonnera en 2020 puis chutera sévérement; ils avertissent en outre qu'il est {rds improbable que d'autres gisements prennent le re- live, et s'attendent a un pic de production national dans Ja décennie & venir, suivi d'un déclin rapide. vs. | Lorsqu’ils sont chassés, les loups © se reproduisent davantage © Des chercheurs canadiens ont comparé l'état physiologique + d'une population de loups chassée, qui vit dans des espaces couverts de Pest du pays, avec celui d'une population septentrio- nale libre de tout dérangement. A partir d'échantilons de poils, is ont constaté que les premiers ant une concentration plus élevée en cortisol hormone du stress), mais aussi en hormone stércide, lige al'activité reproductrice. Ce qui suggére que les loups chas- és se reproduisent davantage ; et au'avec plus de portées & éle- ‘ Ver, ils infigent sans doute plus de dégats aux troupeaux. YS. J a Se) Cou ut tad schiste seralent beaucoup De cee ec milliards d’euros (Crest le cotit pour 2012 de la pollution atmos- phérique industrielle en Europe (morts préma- ‘urées, jours de travail perdus, rendement, agricoles réduits, dégats aux batiments, ‘dépenses de santé). La moitié est imputable 4147 établissements, soit 1 % du total, situés ‘surtout en Allemagne et en Europe de l'Est. Sila hausse du thermométre marque le pas, c’est en partie grace aux éruptions Alors que les émissions de gaz carbonique s’accroissent plus vite que Jamais, le réchautfement climatique ‘a sembié ralentir depuis I'an 2000, Une équipe internationale a trouvé une partie de explication les particules issues des “petites” éruptions voloa- niques seraient en cause. Ce type eruptions — telle celle du célebre vol- can islandal Eyjadll en 2010 — serait A origine d'un refroidissement d la planate de 0,05 &0,12 °C, en réfiéchis- sant lalumire solaire, Ces gouttes et poussiéres auraient en effet échappé ux satelites d’observation, en se répariissant dans une couche atmos- phérique situde entre 10 et 15 kllo metres, ol la vapeur d'eau géne los instruments. L FEVRIER ys. 2015 |SMi 23 WSU RER- MRA ANTONE a 2 5 & eT Ts d vous dire! ra Réchautfement Sateen la limite des 2°C — planctons, qui attirent ne doit pas virer oan a obsession OCEANOGRAPHIE Adix mois de la conférence Paris Climat_ 2015, objectif est sur toutes les evres: ON SAIT COMMENT Sealants ences SE FORMENT LES eae “ 7 dustriolle. Deux degrés, deux dearés, ‘OASIS OCEANIQUES' ee anaes chifreest en passe de deveririe nombre Co sont dos “oasis” aqua- se situe entre 100 et 500 m, dordu imal. Attention, danger! Car cet tiques, des jlots de vie devientalors plus profonde. object poltique—trés lovable — n'a pas de préservée dans les ooéans Et ce sont ces ereux qu, signfication scientfique particulére. Ges menacés par le réchauffe- concentrant les planctons, 2°C ne correspondent a aucun point de meat, concentrant planc- _attirent ensuite poissons et bascule identifié: s'en tenir 4 1,9 °C ne tons, poissons et oiseaux oiseaux.” La biomasse des serait pas sans effets graves, atteindre les marins. A l'aide de me- planctons y augmente ainsi 2,1 °C re promet pas non plus ener sur sures acoustiques au large de 150 %, celle des pois- Terre. Surtout, cette température moyenne de V'Amérique du Sud, sons de 950%! On sup- Sesurfece n'est pas fornément ia meetin des chercheurs franco- posait que ces oasis étaient laplus pertinente de état de santé clima- péruviens ont pu observer dues & des mouvements de tique dea planéte. Les climatologues pour la premitre fois com- masses d'eau de dizaines abl faxadeaosera euttecionert fourbilons ot lr ondos son ptt Sx tle rolacoripeentp i caoneead 6 uy humaines. Contenu énergétique des. marines déforment verti- de quelques centaines de cooéans, mais aussi niveau des mers, sur calement la couche d’eau mbtres & quelques kilo- face eaivele dea calottee polatee, taneur superficielle, explique Ar- mbes. Or, le changement enCO, del'atmosphére... Ces signaux naud Bertrand, de IRD, climatique tend a réduire vitauxniont certes pas la tranche simolicté a Séte, La limite entre la lataille des turbulences: de des ceux dagrés Celalus, compréhen- zone oxygénée— propice quoi diminuerlenombroct sioles parles décideurs, Meis ce ne serat Ja vie-et non oxygénée, qui l'ampleur de ces oasis. EC. pas une raison pour les négiiger. VN. 24 Isvi FEVRIER! 2018 INFOS JL 1| MAISON DU CAFE Grice av sovoiefoire et la passion de ses experts, 'Or signe une offre inédite de cofés instantanés. 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UN VIRUS A LE DON DE MAINTENIR EN VIE LES NEURONES Bornavirns, ce virns au ne pas penser a la possi- nom oxotique est peut-bire bilité de détourner cette Pune des futures solutions protéine pour préserver contre les maladies neuro- les cerveaux de personnes dégénératives. Crest en tout touchées par des maladios cas ce que laisse entendre neuro-dégénératives? Les tune étude francaise. Des cherchours ont donc mis chercheurs de l"inserm et au point un petit peptide du GNRS qui travaillent dérivé de cote protéine sur ce virus responsable de qu’ils ont administré par troubles comportementaux voie intranasale @ des sou chezI’animal ont découvert ris alleintes d'une maladie do fagon tout a fait fortuito proche do Parkinson. Le quil force les neurones dans traitement a réduit de prés osquols il so nicho a ros- do 50 % la dégénéresconco ler en vie pour garantir sa_neuronale. Les chercheurs, propre survio. Un offot dil qui ont également élucidéo a une protéine virale appe- mode d’action du peptide, éo X, Sitdt quo la protéino travaillont maintenant sur issue du virus est inactive, son impact sur Vorganisme Jes neurones dégéntrent entier pour évaluer son po- rapidement et le virus est tentiel thérapeutique chez alors éliming, Comment ‘homme. AR . La toxine du tétanos révéle de belles Si Yon sait quo la nouro- gones, “ des molécules qui toxine tétanique s’attaque A maintiennent Ja structure la jonction dos nourones ot des tissus vivants, et qui des muscles, le mécanisme peuvent pénétrer @ I'inlé précis restait inconmu, Une riour des cellules”, salon 6quipe de University Col- Giampietro Schiavo. En se logo London (Grande- Mant aux nidogdnos 1 et 2, Bretagne) a découvert présents aux jonctions neu- quelatoxinesefixe —romusculaires, la toxine em- sur les nido- prunte, ni vue ni connue, lostriaium tetand inspire les cher ccheurs pour de nou- eaux traitement @ des neurones, QA AG En détruisant le chromosome Y, le tabac augmente le risque de cancer masculin Le tabac provoque la disparition du chromosome Y chez les hommes! Les généticiens estiment tenir a explication a la plus grande fréquence des cancers chez le sexe masculin, en particulier coux aul sont favorisés par la fumée de cigarette. Une découverte Gétonante faite par des chercheurs suédo's, épaulés par des chercheurs britanniques et américains, qui ont analysé TADN des collulos du sang de plus do. 6000 hommes ainsi que leur mode de vie. iis ont ‘trouvé que les fumeurs ont trois fois plus de celiules totalement dépourvues de chromosomes Y que les non-fumeurs, ou que les ex-fumeurs! “Nous avons 6t6 trés surpris d'observer un tel effet, rapporte Lars Forsberg, du département d'immunolosie, génétiaue ct pathologie de 'université d’Uppsala (Sudde), qui a mené étude. On savait déja que lage falt disparaitre Jes chromosomes Y, et que cela augmente les risques de développer un cancer, Pour la premiére fols, on constate que le tabac a une forte influence ‘sur cette mutation.” Pour quelle raison perdre le chromosome Y est-il dangereux? Caiti-ci contien- drait des gdnes & l'aide desquels les collules immuni- tales peuvent supprimer les cellules tumorales. En le erdant, que ce scit 4 cause de 'age ou du tabac, les rel ey hommes seraiont moins armés contre le cancer, Fe. Ped CO atu Seog So >SPUPHINE, vertus cachées Jour voio d’acots pour péné- trer dans les neu porspoctives thérapoutiques Jo tétanos on bloquant la s'inspiror du passage clan- destin de la toxine pour dé- ones, Deux a 2 Ey /\ Sut ce cariotype, on voit que De Se PASERSFLGOSHOS-D,DUMAUNSERVE livrer des traitements ciblés dans les neurones. CH. sv 27 actus EN IONISANT LAIR, LES IMAGES 3D PEUVENT FLOTTER TOUTES SEULES Projeter des messages on relief dans l’air, on savait soin d’un support, tol quo du brouillard, pour servir d'écran. Lentropriso japo- naise Aerial Burton vient @inventor un nouveau pro- cédé laser qui va beancoup plus loin: il pormot tout simplement de se passer cu support do projection, Le principe? Des pulsations lasers dans la fréquence de Vinfrarouge (1 kHz) sont introduites dans un appa- reil qui les réfléchit ot Tes focalise vers des points pré- cis du ciel. En ces points, Jes molécules de Pair sont, ionisses, ca qui émet un 28 |svi flash de lumidre visible. Mais ces flashes étant de courte durée, ils devront Gtre renouvelés rapidement ‘ot on permanencs afin quo Vensemble des points des- sino dans 'air uno imago, mobile ou non, suffisam- mont longtemps. Co dis- positif offre d'intéressantes porspoctives, comme colle par exemple, d'afficher des ‘messages aérions pour aler- ter les populations en cas de catastrophe naturelle imminente. Il permettrait ainsi d'indiquer, en des- sinant dans le ciel une fleche géante, une direc- tion a suivre pour échap- per a un sinistre (incendie, tsunami...) sr. ea Coes ante NO aoa Gracy De ea ded Sea Coa i POM 3,/0m ona iF escaladée en 90 secondes par un chercheur de ‘70 kg sur une parol vitrée toute lisse, Son secret: des gants dont la ‘surface mime la structure adhérente des pattes d’un gecko. Congus par une équipe de université Stanford (Etats-Unis), ils sont garnis, ‘de 24 zones contenant de fines tamelles micrométriques de plas- tique siicond, reliées par des tendons artificiels, Grace & cette struc- ‘ure biomimétiquo, iis adhérent parfaftement au verre tout en restant de taille modeste. Ce controle de "adhérence sur paroi lisse pourrait ‘tre ule dans les domaines militaire et aéronautique, ap MECANIQUI Un systéme de transmission qui ne s’use jamais Les engrenages des systemes de transmission mécanique — tole la botte de vitasses de nos voltures ~ ont un défaut: is s'usent sous It fet des frottements, Pour paler cet inconvénient, des chercheurs de luniversité Carios Il de Madrid ont mis au point un systéme ma- Mes coordonnées piece (CODE AVANTAGE:321 844 (am. ve Came Nem mrs sess alae es vie ST TOD eal Grevaare > Mode do palement {Cive ons mon eneavs banca ou postal fore de SCIENCE. VIE Je régle par carte bancaire achat) Lie (ule régie en 1 fois la totalité de ma cammende (ide ragie en 3 fois sans frais (8 partir de 998 d'ax Carte bancaire N° Expire fin: LL LL Date et sigretare obigatores Cryptogramme scénarios décrivant forigine prés des minéraux de la cra réactions ¢ the Qu concentration des molecules organique récanisme déc giner une novela risloire Coe ee SE L’ENERGIE DE LA VIE ELLE TIENT DANS UNE GOUTTE D’EAU C'est par hasard que des chimistes ont découvert le phéno- mene: en insérant dans une goutte d’eau deux molécules les, celles-ci ont rapidement formé des molécules com- plexes... sans la moindre intervention extérieure ! Par la seule force de la “tension de surface” qui, au sein d’une goutte, incite toutes molécules a se lier entre elles. Une découverte majeure car elle offre enfin un scénario crédible a l’apparition de la vie: les réactions initiées dans les gouttes auraient pu se propager sur la Terre primitive, notamment via les nuages. Qu’y a-t-il & lintérieur d’une goutte ? Il y a l’énergie de la vie. Une énergie que les scientifiques cherchent maintenant a maitriser. .. een gee aera wae) eae TU eT age ime ee Cty expérience menée a I'université de Strasbourg est toute simple: il s‘agissait de mesurer, au sein EE a irae ee cera ti pe aaa Hea PSC Ogu ao an rte sg eC ec {oute attente, le résultat a été spectaculaire: tres vite, toutes les gouttes se sont illuminées! UT neu ee es te i ee ne a eu Pour la premiere fois, un processus naturel permet d'exoliquer, sans intervention extérieure, PR ert ee ee eee ne A nu ay Puls bl aye oS fa puce mi aie inti rere er Piette Leen w ey Uva dala Cen Pred Se Re ee ‘des molécules plus comy Snr een Ce oul Piet Ce eed détruites par des molécules d'eau, i} Le mélange obtenu est cassé COO Ono Le mélange s’engage dans la buse, un goulot ee cake Lived deux jets Pi meer 434 micrométres de diametre se forment. Coe aaa lay aateirs Cee cy CU Cy ‘se sont d’un coup formées eee a ed Panera formé 45 fois plus d'imines que ne ee mt ate re blage de ces molécules complexes. PS Ue Eg Pe ad Tuc Piece ae Cece) Ce Ue duites. La réaction a été brutale- ees FEVRIER | 2015 gyi 45 ALAUNE Pee e iy — _— ‘a4 al Pray Cre : OI Sd = 2 PP aS Ug ~s PINES OCT Pe Ce et er peso ests Os erie uence ry ay) el a Pee aa il akg a Pome nd Perna eau ne SOME a rae PS ea Se ee Toe tay Bee eee cee ted Tu CT ud Water ecm la tension de surface CTT CEM UTE) ory Cee UAC a Se UCC gum, hc Fe Uo ue MU uo) Deepali) eran ¥ ‘omment tout etl com- mencé? = Comment de turbulents ZB pulent ‘tomes ontuils pu s'assagir pour so stabilisor en molécules? Grico a quelle force mystérieuse ces petits grumeaux de matiére ont-ils pu se Concentrer jusqu’a se voir contraints de former de gigantesques édifices? Et par quel miracle ces constructions moléculaires sont-elles parvenues a s’entendre pour assembler une machinorio complexo? En un mot: comment, dans un monde de chimie, la biologie est-elle apparue? Ceest a cette question parm les plus cruciales qu'une équipe de physi- ciens et de chimistes réunis autour d’Andrew Griffiths, & luniversité de Strasbourg, apporte aujourd’hui une réponse... d’une simplicité to nanto: tout aurait commoncé fl y a environ 4 milliards d’années, dans Jes embruns s’élevant au-dessus de Ja houle de Vocéan primitif, ot dans Jes muages en altitude de ’atmosphre originelle, L’énengle qui a déclenché le grand processus viendrait de simples petites enceintes d'eau: les gouttes soraiont I’étincelle de la vie. Difficile a imaginer? Tl suffit pour tant d’observer une feuille, un jour do pluio, pour comprendro que cos petites perles liquides recélent une énergie Fantastique. Comment expli- quer sinon qu’elles ne s’étalent pas? UN PHENOMENE POURTANT BANAL! Lorigine de cette énergie est en fait connue depuis plus de dewx cents ans. Tout so joue sur Ja paroi do la goutto. Les molécules d'eau qui la constituent ne pouvant établir de liaison avec Pex- ‘ériour, elles concentrent leur énergie surleurs voisines, avec lesquelles elles so liont plus fortemont. Cola orée uno tension sur toute la surface qui com- prime le volume en une sphire. Cotto forca intéricure somblo infime: Pénergie d’une petite goutte d’um centimetre carré de surface corres- pond a celle quil faut déployer pour lever un grain de sable d'un dixiéme 48 I Svi FEVRIER! 2018 UNE DECOUVERTE QUI ECLAIRE LETAPE CLE DE LAPPARITION DE LA VIE La complexifcation dela matiére, des atomes aux molécules prébiotiques (qui ont rendu possible "apparition dela vie) et enfin aux cellule (untés de base des organismes vivants) nécessite S etapes. En tabriquant des moiécules complexes, les gouttes coivent avoir jou un rBle crucial dans ce processus. de millimétre. C'est pourtant elle qui permet aux molécules d’eau de la goutte de rester solidaires. Crest encore elle qui fait remonter les liquides sur Jes parois ou qui soutiont le poids des monstiques, leur offrant le pouvoir de ‘marcher sur l'eau... Bt co phénoméno & la fois banal ot merveillenx pourrait aussi fournir énergie vitale tant recherchée. Car Vénigme de Vapparition de la vie tourne autour de la question de Vénergio. Lexistence, sur Terre, do structures aussi complexes qu'un or ganisme vivant est méme un affront aux lois de la thermodynamiquo, la science des transferts d’énergie. La deuxidme do cos lois le stipule Ventropie (le degré de désordre d'un systéme) ne peut qu’augmenter. Les eau Eu Apartird'une certaine CSL unary Pi SO Seay Doe etd Ce cere monoxyde de carbone, eau... substances ont tondanco & so diluer, les assemblages a se casser. “La nature pousse les choses d. demeurer inertes plutét qu’engendrer des systemes complexes”, décrit Kepa Ruiz-Mirazo, spécialiste de chimie prébiotique & Yuniversits du Pays basque (Espagne). ‘Mais alors comment, ici-bas, les milliards de milliards de milliards @Patomes qui nous constituent ont-ils pu s‘organiser pour former une struc- ture dotée de telles qualités de cohé- sion, de reproduction et d’évolution? Pag Ce ay soient réunies (milieu réduc- PT aa SLL) Curt een Ue Sree Cec Pas do probléme pour le promfor stade de In complexification molé- cculaire: la transformation des atomes Ghydrogeme, carbone, oxygene, azote) ‘ea molécules chimiques simples (1,0, CO,, NH) est une affairo régléo par la cchimio élémentaire. Mais ensuite? La question occupe a plein temps E dos bataillons de biologistos ot debio- § chimistes depuis quien 1953, Stanley Miller parvint & fabriquer des acides aminés dans un tube essa soumis 8 des décharges électriques. 3 ey r chimiques se forment organiques s'agrégent prébiotiques naissent prennent vie Le célébre biologiste américain pen- salt avolr franchi l’étape clé qui méne du monde de la chimie vers le monde de la biologie — avec les 22 types dif- {éronts de cos composés d’azoto, il est possible de fabriquer tons les orga- nismes vivant sur Terr. La réponse somblait done se dessi- ner: la vie aurait vaincu entropic en tirant de I"énergie de la chaleur d'une soupe tidde secouée par les éclairs — poche d’eau, mare, lac ou océan. Des molécules arganiquos simples s'y s0- raient spontanément formées avant de s‘agglomérer en structures plus com- plexes, qui ont envahi le globe. Sauf que depuis, los biochimistes s0 sont rondu compte que cotte étape n’était pas le point clé de Phistoire: les acides aminés se révélent en défini- tive relativement factles & synthétiser G Des molécules dans la nature — on en trouve mémo dans les conditions “invivables” de espace, les météorites en témoignent. *Nul doute que Philae et Rosetta en trouveront sur la cométe Tehouri, ajoute Robert Pascal, chimistea VTnsti- tut des biomolécules de 'tmniversité de Montpellier. D&s qu'on a du carbone, de Fazote, do 'hydrogane et de Voxy- gene, ca marche!” La vraie difficulté se situe en réalité a Pétape suivante: Pagrégation de cos briques élémentaires les unes avec Des dizaines de mécanismes entrent en jeu pour passer Peet eee eee ttc Pree cais les autres, pour former des molécules des containes de fois plus grosses ot complexes, comme les protéines ou les nucléotides (voir V'inlographie ci- dossous). Co sont elles les véritablos molécules prébiotiques. Les spécialistes sont parfois parve- ‘nus en fabriquer quelques spécimens en 2008, le biochimiste anglais John Sutherland a par exemple réussi 8 synthétiser des nucléotides (voir S&V n° 1203, p. 20). Mais ce qui peut fonctionner dans un tube a essai reste, dans la nature, difficilo & imaginor. Car c'est la que Ja thermodynamique pose son veto. “Pour construire un scénario réaliste de formation de ces molécules prébio- tiques, il faut trouver des processus qui aménent le systéme hors de I’équi- libre”, conclut Kepa Ruiz-Mirazo, Dey Pordus dans lour mare d'eau tiddo, i les acides aminés ont-ils pu trou- ver la force de s'unir? Quelque chose a forcément di déplacer les réactions. Quelque chose... mais quoi? Les Diochimistes invoquent des milioux particuliers. Comme les pores nano- métriques des roches, qui, en sélec- tionnant los moléculos on fonction de Jeur forme, auraient initié des réactions chiniques. Ou bien les argiles prés des sources hydrothermales, dont les fouil- lets hydratés feraient office de FEVRIER | 2015 SMI 49 LES BIOCHIMISTES ETAIENT DANS L'IMPASSE Des acides aminés (en bas) fabrigués par Miller en 1953 aux nucléatides de Suther: land en 2009 (dr), nombre de biomals ‘cules ont été synthétisées en laboratoire. ‘Sauf que personne ne voyait comment ccola aurat pu se passer dans la nature, rofuge et de catalysour... Ou encore les rivages: le va-et-vient de Peau concen- trerait des réactifs,initiant le proces- sus. “On sent depuis quelques années que la solution du probleme thermo- dynamique est d'aller chercher au niveau des imerfaces entre deux mi- Jieux”, explique Kepa Ruiz-Mirazo. Cost la qu’intorviennont los physi- ciens ot les chimistes de Strasbourg. Qui n’en reviennent toujours pas La géométrie de la goutte suffit a elle seule & expliquer 1 l'accélération des réactions etre tombés, par hasard, sur un mé&- canisme aussi simple. ‘Au dépatt, ils étaient bien loin de ces questions originelles. Ces spéctalistes de la microfluidique, dont les disposi- lifs permettent de produire et de mai- trisor dos containos de gouttos de taille réciso (entre 1 et 100 micromatres), souhaitaient juste mettre a profit leur découverte d'une réaction chimique dont le produit est fluorescent, mais pas les éactifs (lire Vinterview), “Les produits fluorescents nous intéressent tout particuliérement IER | 2018 ‘parce qu'ils sont repérables et quan- tifiables facilement, sans analyse chimique, explique Ali Fallah-Araghi, qui a réalisé l'expérionce. 1! suffit de mesurer la lumiére.” La réaction en question est simplis- elle met en jon deux petites molécules organiques semblables aux acidos aminés, un aldéhydo ot uno amine, qui s'allient pour former une molécule plus complexe — une imine fluoresconte — ainsi qu'une mo- Iéoule d'eau, disposi tif expérimen- tal no lest pas moins: il suffit CVinjecter les réactifs dans une puce microfluidique, un minuscule circuit hydraulique qui fabrique des gouttes, puis do suivre au microscope, via Vémission de lumidre, la production imines [voir 'inlographie pp. 44-45) Sauf que, surpriso: au liou de dovoir traquer Ia faible lueur de quelques imines, comme ils s'y attendaient, ils voiont los gouttes se mottre 8 briller intensément. Cette réaction normale- ment défavorable ~ assembler Vald6- hyde et Yamine demande beaucoup plus d’énengie que la réaction inverse, cassor imino avec une moléculo d'eau —se révéle efficace! Intrigués, les chercheurs décident de reproduire l'expétience, mais en chan- geant la concentration, la taille des goutes... et ils s'apergoivent que non seulement la réaction est bel et bien favorisée, mais qu'elle devient méme do plus on plus efficace 2 mesure que le diamétre des gouttes diminue Stagirait-il d'un biais expérimental ? Non! Vérifications faites, cotto accél6- ration n'est pas due a une banale dif- Sérence de pression ou 8 un échange avec Vhuile qui sert ici de botte de Petri... La g6oméizie de la goutte est soule en cause. “Nous avons alors travaillé a expli- quer le processus en combinant les concepts theemodynamiques des réac- tions chimiques dans la goutte el, sur tout, en modélisant interaction entre Jes molécules et la surface”, détaille Carlos Marques, membre de équipe. TOUT SE JOUE ALA SURFACE Car il n'y a finalement qu'une seule différonco ontre un liquide ot uno goutte: sa surface. Et comme va l'cb- server 'équipe, c'est bien 18 que ré- side la clé du phénoméne. Dans les ‘microgouttes, la tension dégagée par aa Roltie/ig-Mel-M MV eMpl Nels pas notre sujet a’étude Coen a-c ind Ja surface devient dominante, au point de réussir a attirer les atomes des mo- Iécules daldéhyde et amine, quis'y acerochent momentanément, “Une fois que les molécules sont ac- srochées, elles n’évoluent plus dans un espace d trois dimensions, comme 8 c'est le cas au coeur de la goutte, mai § dans un espace & deux dimensions, £ décrit Jean-Christophe Baret, physi- 2 cien & l'université de Bordeaux et & 8 Institut Max-Planck de Géttingen, TveHESOLcE WTA E quia participéa Pétude. Filles ont donc 3 moins de chemin a parcourir pour se gant cos deux types d'acides aminés 3 fusionner en une molécule plus com- 3 ploxo boaucoup plus souvent quiilsno Vauraient fait dans une “soupe’” Et ce, sans V'ajout @’aucune subs- tance, sans la stimulation d’aucun ayonnement extérieur... “Bt sans 8 avoir besoin d'invoquer un me znisme pour coneentror les molécules § réactives, ajoute Jean-Christophe @ Baret. Cola marche tout seul, et tout le § temps. Les forces en jeu s'appliquent $ a toutes les molécules.” 3 Cost a la force essentielle de, 2 catto pisto: les gouttes sont des oF OCEANOCRAN muon Cyanine metnetl PC One ac eae enter) Sed Re Oo eer ratte nae eee) Pa mec oe Pe eed tout notre projet de départ. Tout Dee corns Pee eas Rorrene Me Cne croc road Cree Cece Coat allions fairo do la chimio combina- toire dans des microgouttes, c'est- a-dire étudier différentes réactions Cee eect cs Prete ene ero Ea See ee Cone eT See anc ness saree ions tant eet tates Bree en erate tees avons tout de suite vu que la réac- Perera tees ey taille dos gouttos diminuait, plus Bees ot erent Poneman seas aed Cee as me sats SAV: Quelle a 6t6 a principale dt- comic See ened a fallu plus d’un an pour confir- Pos eeu nn Baea pee eee are ica Prec rem cec os Nee cn Rr ad ene Cecurcn tee Soot Sarno! molécules ne réagissaient pas avec vermis cate eaa cy Cee Co Bes cet ye ncted Cree Ree cat Eee eta Te ead eer ed Perec men EL eetom Scare Cesc en nce PrrG Cn ecto cn tg autant entrer dans des considé- ee eee ay fait, n'avait rion do trivial. Carlos Marques, qui s'est chargé de cette Gtape, a choist de modéliser les vitesses d’accrochage et de décro- pretences erat aa) avcélérateurs de réactions universels, LA VIE SERAIT NEE DANS LES NUAGES Crest le nouveau seénao des origines: au geé des turbulences de l'atmosphre, es gouttelettes des nuages (carte) auraient fet lisé la Tere primitive (globe). Contrairement aux pores des roches ou aux argiles, elles ne favorisent pas uniquement cortaines molécules. Les chercheurs pourraient mettre n’im- porte quelle substance dans leur creu- sot, elle serait entratnée dans le méme processus de complexification! Voici done que le plus banal des objets recéle une énergie inespérée, capable d’assombler la matidre. Les microgouttes se névolent ailleurs étre des laboratoires chimiques naturels si efficaces que leur manipulation de plus en plus précise promet d'innom- brables applications, certains y voyant méme uno révolution technologique en cours (lire Particle pp. 54-58). Comme le formule froidement la conclusion de l'article publié il y a quelques mois, co mécanisme “peut aider & comprendre pourquoi, en dé- pit d'une thermodynamique défavo- rable pour les réactions chimiques, un niveau suffisant de synthése prébio- tique a été atteint pour permettre d des systemes de s'autorépliquer, d’évoluer, KEPA RUIZ-MIRAZO ‘Spécialiste de chimie Prébictique a Tuniversité du Pays basque C'est la premiere fois qu’on observe ¢a : la goulte déplace et la vie d’apparaitre”, |'équilibre thermodynamique eae la vie aurait pu naftre dos “Crest irs intéressant, agit Grégoire Danger, spécialisto on chimio pretbio- tique & Puniversité d’AixMarseille. Cest simple, général, cela ne néces- FOBEST PASCAL site aucune condition particuliére...” Chimiste a tin “Crest la premidre fois que I’on voit es biomo¥écules de précisément l'action d'une interface Uunwversité de Montpelier | Si Jes réactions chimiques, ajoute Kepa Ruiz-Mirazo. Ft cela ne montre Ce processus a la surface pas soulement une accélération de la Ce processus a la surtac ‘action La paroi dela goute diplace uttes pourrait FEDONALE | 1équiibre thermodynaique!” an Lihypothase était dans Tair. De- questions essentie puis quelques années, différents des go ade spécialistes de Vorigine de la vie ont entrepris d’étudier le comportement do minuscules gouttes d'eau enro- bbées d'acides gras qui peuvent se for- mer spontanément dans l'eau, et ont ‘obsorvé dos augmentations locales de concentration de molécules. “Mais 4] manquait observation précise et Ja description physique d’un effet thermodynamique lié @ Ia surface”, préciso Kepa Ruiz-Mirazo, UN NOUVEAU SCENARIO DES ORIGINES La découverte strasbourgooiso tombe & « pointnommé, a momentoit la grande 2 communauté des biochimistes qui & planchent sur Vorigine de la vie, en pleine émulation, ses fixé un nou © voau programma: prendre tout le bos- § tiaire dos réactions chimiques ot les 8 molt en compétition pour voir les- § quollos pourraient avoir 6t6 assez ra- & pies et efficaces pour faire la balance. 2 En somme, ils tontent d'appliquer les 8 principes de1’évolution darwinienne, 3 avant méme l'émexgence du vivant... Les gouttes, presque des cellules “Elles croissent, se divisent, se reproduisent, sont capables de Be need ee ee tree ee Meee en ee ety de physique et de chimie industrielles de Paris, Autant de caractéris- tiques du vivant!” Lidée est toute récente, mals elle commence & faire des émules: puisque les gouttes micrométriques ont a peu de chose prés les dimensions d'une cellule, que leur paroi souple et perméable Ee cme ie ee eeu eel) CE nc te on cal Tote ee tC ge dee Rea a eee ee ea en ee eg ek Loe el aon 6volution? “On regard s'll est possible de fabriquer des systémes Be seme ener see cycles qui s‘autoalimentent", précise le chercheur. Certains, comme eae eee a ane Meu to Oe ee ene aC exemple) dans des vésicules, de petites enceintes d'eau délimitées par une parol d'acides gras. Les goutles s"mposent comme de par- fates protocellules. Quant & savoir si les premiéres cellules auralent pu étre des gouttes... “Je n’en ai aucune idée, répond Andrew a ee ar ee Lae “Comment apporter de Véner- gie @ des systemes de molécules chimiques? Comment des systemes s‘organisent-ils pour se maintenir loin de léquilibre thermodynamique? Do plus en plus de spécialistes com- mencent & penser que ces questions sont essentielles. Et ce processus d la surjace des gouttes pourrait jouer un réle important dans le grand schéma”, conclut Robort Pascal. Un nouveau soénario des origines se dessine: embruns, nuages ou méme gouttolottes d'eau enrobses d’huilo dans la mer auraient fabriqué les molécules prébiotiques. Chargés de leurs molécules complexes, oes in- nombrables et microscopiques labo- ratoires auraient onsuite été le sidge d'un processus de sélection, permet- tant a certaines molécules chimiques de s'imposor progrossivement.. jusqu’@ changer la composition du monde. Et permettant a I'étape sui- vante, la formation d'un premier proto-organisme, de s'enclencher. Reste a quantifier précisément, dans des conditions réelles, Vimpact de la découverte: le nombre ot la durée de vie des gouttes sont-ils capables de déclencher une dynamique? Reste ‘aussi Ja coupler & d'autres processus. “Dans atmosphere, la goutte peut descendre, monter, subir des gradients de température ou de radiation... liste Andrew Griffiths. Tout cela peut contribuer d favoriser les réactions.” La balle est dans le camp des bio- cchimistes qui reproduisent les condi- tions do la Terre primitive. A oux de dire si, iy a4 milliards d’années, les, ‘ombruns étaient capables de sortir la cchimie de son impasse stérile pour la faire entrer dans le monde complexe do la biologie. Si T’étincelle originelle est née dans Ie brouillard des nuages archaiques. Si c'est une petite goutte qui. finalement, a fait déborder le vase. Pour Vheure, c'est elle qui offre un mécanismo plausible pormottant expliquer, in fine, comment nous ‘en sommes arrivés 18 FEVRIER | 2015 SMI 53 LA GOUTTE REVOLUTIONNE LES “BIOTECHS” Médecine, agroalimentaire... Lénergie des gouttes recéle d’innombrables possibilités. Or, les ingénieurs en biotechnologies ont aujourd ‘hui les outils de leurs ambitions. La révolution microfluidique est en marche. La goutte s'est révélée. Alors quo los biochimistes réalisent tout juste que les forces qui s’expri- ment & sa surface sont capables de forger les molécules complexes néces- saires ala vie (lire Particle précédent), les ingéniours, eux, révent depuis quinze ans de recueillir et d'exploiter cette extraordinaire énergie. Btils sont aujourd'hui en passe d'y parvenir, Non seulement ces banales enceintes d'oau do quelques micrombtr0s de dia- mitre pourraient avoir fourni | celle indispensable ala vie, mais elles sont on train do s'imposor comme lo composant de base des biotechno- logies. A tel point que de plus en plus de spécialistes évoquent une révoln- tion microfluidique, en médecine, en ingSniorio, on agroalimontaire... COMME DES PUCES ELECTRONIQUES Dos dizainos ot dos dizaines do start-up secréent. Les chercheurs abandonnent toute prudence. Tous veulent partager Jour enthousiasme, décrire leurs pro- jets, populariser leurs techniques. Quant au nombre do laboratoires do rocherche spécialisés: Harvard, 2 recole polytechnique, le Massach- 2 sots Institute of Technology (MIT), 2 Oxford, Puniversité de ‘Twente aux 3 Pays-Bas... Pas une des plus presti- 2 gicuses institutions mondiales qui 3 ait son “équipe microfluidique" 84 SMI FEVRIERI 2016 Une revue scientifique, Lab on a Chip (“laboratoire sur puee”), a mémo 6 créée pour absorber le monceau do publications qui tombent chaque ‘mois sur le sujet. A Paris, un institut spécialement dédié ala technique, re- groupant 165 cherchours do 14 labors- toires, vient d’étre inaugur. Les promesses sont ébouriffantes. A Véchelle de quelques dizeines de micrométres, les fluides sont sous controle, Et dans cos éprouvettes idéales se révélent les plus infimes phénoménes biologiques et chimiques. Plus besoin de pipotto et autre varrerio, Plus de temps d’attente. Tout se passe ans Vintimité d'un bloc de plastique de quelques centimetres carrés sur le- quel est gravé un circuit hydreulique miniaturo, qui intdgro toutes les fonc- tions du laboratoire de chimie: une puce, comme en microélectronique, & coci prés qu’ello transporte un liquide, et non um courant d’électrons. “I suffit d'une puce microfluidique ct d'un microscope. Une goutte peut Gire scindée en 10000, et chaque microgoutte est Iéquivalent d'une fiole dont on conirdle tons les paro- :métres avec une trés grande fiabilité” résume Pierre-Thomnas Brun, qui tre- vaille sur le sujet au MIT. De quoi dire adieu aux bottes de Petri... et faire pousser des cel- ules une une dans des sphres Mos eM COC ue ty Cae emu {outtes d'une vingtaine de micrométres Crore Pe MU meee aie PC Ta PW gc Cu ue a od avons débuté des tests sur des gouttes Cec 4 Snes ci Jiquides qui miment le corps humain pour tester |'impact de médicaments. “Avec les méthodes classiques, il faut plusieurs mois pour tester 100000 s0- Jécules sur une lignée de cellules, ox- plique Ali Fallah-Araghi, spécialiste du sujet chez Novozymes, leader mon- dial des enzymes. En travaillant on pa- ralléle sur des millions de gouttes, on peut désormais interroger des millions de composés... en quelques heures!” DES APPLICATIONS TOUS AZIMUTS De quoi réaliser, aussi, des tests ultra- rapides sur uno goutte de sang. “On peut fabriquer de petits laboratoires transportables, & bas coat, pour tester sur place Ie lait des vaches, diagnos tiquer une maladie chez un patient... On a besoin de moins de solvant et de moins d'échantillons, et cela peut fonctionner pour tout type d'analyse", préciso Mario-Caroline Jullien, cher- cheuse a l'ESPCI (Paris). Ou bien détecter les plus infimes mutations de collules cancérousos. Fa- briquer des érmulsions et des mousses avec une précision micrométrique. Et mémo encapsuler des substances chimiques, des médicaments ou des ar0mos ot on commandor la Libération (oir photos)... “Accélérer la produc tion de médicaments, les procédés do Vindustrie agroalimentairo, do la chimie, de la cosmétique”, complete Charles Baroud, chercheur a I'Ecole polytechnique. “Fabriquer de now- veaux matériaux, analyser l'eau, rochorcher des polluants dans Vat- mosphere", liste Florent Malloggi, spécialiste du sujet au CEA (Saclay). “ly a quinze ans, lorsqu‘on a com- mencé a produire en série des gouttes 3 nanomeétriques, la microfluidique était consée changer le monde... puis rien B ne s'est passé. Mais c'est aujourd'hui s analyse dos pionniors do cotte technique a I'ESPCL Car le chomin a 6t6 long ot difficile. D'abord, lorsque le principe méme do cotte nouvelle scionce a émoxyé 2 dans les années 1980, les phy- & sicions ont peiné pour mettre au EVRIER | 2018 56 18) En forgant des microgouttes & se percuter, Nicolas Bremond et son équipe de ESPCI Oued ‘cassent pours'unir, générant des réactions ‘en cascade sur toute la ligne de gouttes. Objectif: mettre au point une technique per- TOU ee ment homogénes. “Plus fa talle des gouttes est homogéne, plus les moussas et les émul- Ss ae oO °o °o °o eo (s) a ‘AYuniversité de Strasbourg, équipe de Peete cd fabriquer des milliors de gouttes contenant Pe Letras eMC ‘normales (en rouge) de celles atteintes de mutations (en vert), “Notre technique a per- ee ed PT eae OE) Ce een Lene ee Ree CeCe Ct Cee uc red ue een O Ls ‘ses collaborateurs ont tasté efficacité d'une PU cure ecu 7500 cellules dans des gouttes d'un nanolitre ‘chacune, ils ont constitué autant de micro- réactours dans lesquols ils ont déversé diffé- Ce eee ey de rouge) afin ¢’étudier leur efficacité (en Reece > point les microcanaux, micropompes, microvalves et autres micromélan- .geurs nécessaires @ leurs circuits. Inspirés parla microélectronique, ils ‘ont d'abord congu des puces micro- fluidiques en gravant des galeties de silictum grace a la ithographie, Mais Jeur production était trés coateuse... LEMARCHE EXPLOSE Ta fallu attendre 1998 pour que le physicien américain George White- sides, a Harvard, congoive une puce ‘en polymare qui réglait le problame, et dont la transparence offrait en prime Ja possibilité de suivre en direct, avec ‘un simple microscope optique, tout ce ‘qui se passait dans le microcireuit. La machine a gouttes parfaite était née. “Crest la que ga s'est emballé, se rap- pelle Marie-Caroline Jullien. Dans la foulée, les laboratoires ont travaillé sur tous les outils associés: mélan- geurs, séparateurs, générateurs de sgoutles,.. On acru que c’élait gagné.” ‘Mais c’était oublior qu’a 'échollo du micromatre, tout change, & commen- cer par la physique. “Par exemple, lorsque deux jets entrent en contact, ils coulent en paralléle, sans former Pour convaincre l'industrie, la microfluidique va devoir revoir ses couts a la baisse de tourbillon”, précise Marie-Caroline Jullion, Ia falhus‘attolor la modélisa- tion des phénoménes de diffusion, des échanges aux interfaces... “Bt, surtout, ‘trouver une nouvelle manibre de poser Jes problémes, ajoute Charles Baroud. En chimie, on travaille avec des pi- ettes pour chaque réactif et on ana- lyse les réactions; en microfluidique, on divise les échantillons en dizaines de milliers de gouttes ct on compte: il a done fallu de nouveaux concepts, et les mathématiques qui vont avec.” ‘Tous les problames ne sont pas rés0- lus. Ainsi, les spécialistes avouent ne pas encore bien comprendre Fimpact, des substances qu'ils utilisent pour 58 ISvi FEVRIER! 2016 Les nanogouttes aussi deploient une énergie insoupgonnée Pe eu ep nay Ne ee eee eee ere enc CT eee ue eed diametre, soft 100 fois plus fins que ceux des puces microfluidiques. Et en 2013, Lydéric Bocquet (université de Lyon et institut Néel de Grenoble) a méme fait circuler des fluides a l'intérieur de nanotubes de ee Meu aR ee Ta) A oe et ue LL ee acy Tea ee ee) eed ete a ee Mace) Cee ee ie eC neta! Pe er ie ee ets Seer hee ae ee Be ey deere eu ek Lae vaux. Mals pour instant, on ne comprend pas blen leurs caractéris- Cee en Ret eae ee Ue esc jouer avec la tension de surface des gouttes. Et doivent encore miniaturi- sor los pousso-pipottos, cos dispositifs qui propulsent les fluides dans leurs microcanaux... Enfin, les codts vont devoir baisser pour convaincre l'in- Gustrie de modifier ses procédés. “Il existe défa tune puce micro- fluidique vendue 40 dollars pour mesurer le taux de glucose a partir d'un échantillon de sang, précise Patrick Tabeling, di- rectour do V'Institut Pierre-Gillos-de- Gennes (Paris). Il faudrait réduire co prix d'un facteur 5 ou 10 pour passer dune production de masse et la géné- raliser d tous les hépitowx.” Mais aujourd’hui, la communauté des microfluidistes so dit préte. Et Vindustrie réceptive. Méme si elles se font encore discrdtes, 1 se murmure que de grosses entreprises comme LOréal, Michelin, Saint-Gobain ou Unilever commencent & constituer des 6quipes. Le British Council esti- mait on 2014 lo marché 2 6 milliards de dollars, et table sur une augmenta- tion de 15 & 20 % cette année. “Nous disposons d'asser de mé- thodes de fabrication of de composants pour appliquor la microfludique & la résolution de problémes, et non plus seulement a démonstation de prin- cipes’, conclut George Whitesides En 2001, Technological Review, la rovuo du MIT, prédisait quo la micro- fMuidique ellait changer le monde dans année, Parions, nous, qu'elle s'était Juste trompéo do quinzo ans! Lya4milliands années, la nature, Ja promfdre, auralt forgé dans des gouttes les molécules complexes n6- cessaires Ala vie. Aprds avolr observ ces microenceintes liquides, réfléchi 8 lours propristés, calculé leur com- postement ot fabriqué des spécimens parmilliers, Yhomme sn est inspiré. Naturelle ou artficielle, la goutte est on train d’8tz reconnue comme le a- boretoire chimique ultime. La source universe d’énergio vitae. Ale: les derigres publications scien | igus sures mirogcuttes; un ou wage ui faite point sures dai recherches sur rgine de lave’ ‘vai sas vidéos des mrogcuts & sligiant das leu couls. Ls XG Seong HOmo ERECTUS old i * ENIAC Niel , DE LA LUNE essa ar dents de scie est erated SOC Cag ed Pre Coe aCe Parana deters See cs Se i Cede recy Sree RTE er ay sont nets, précis: e tracé Sc eon Cece iae Salta a Laat See SS OUD Dou Pier Teg Homo erectus sur cette ere ers eR ae CE Ceca Coa a en St ae See Oat ca oy le coquillage pour le manger. Seat RARMertes paléoanthropologie Origine de la culture Lechoc Erectus Décidément, Sapiens n’a pas tout inven- _ Onaveccettenouvelle décou- * a 4 verte, voici que nous remantons té.,. Un coquillage retrouvé & Java il y@ 300000 ans avant apparition 120 ans le prouve: le plus vieux dessin —_ 4 Sapiens, 200000 ans avant . ‘Neandertal! Soit une autre are connu de homme est I'ceuvre C'ETectuS | de note histoire, et pourtant dgja a Yaube de notre huma- nilé... Et c'est donc par Brectus que cello-ci se sorait manifostée pour la premidre fois! “Ce genre de découverte Lyaune sorte de vertige 4 archéologuo a l'université do montre la plasticité cérébrale tomber sur une chose dont Bordeaux, bien qu'il ait parti- de cet homining, souligne l'ar- on n'imaginait pas qu'elle cipé l'étude de ce coquillage. _chéologue bordelais, Elle est de existe... Par exemple, une Les nouvelles de ce gente nature a changer nos idées sur petite gravure tracéesurunco- se succédent pourtant depuis son potentiel cognitif...” quillage il y aun demi-mi quelques mois: on septembre Surtout, “cette idée que d’années parun Homo erectus dernier, a premidre gravure at- l'homme serait deverm homme, en Indonésie. tribuée & Neandertal était dé- avec toutes ses capacilés, & un “Taiencore du malay croire”, voiléo (voir SEV ne 1166); un moment précis, c’est la néga- avoue Francesco d’Errico, mois plus tard, c'était au tour _ tion de/’évolution , pointe Jean- de la plus ancienne peinture Jacques Hublin, paléoanthro- Par Emilie Rauscher de Sapiens (n° 1167) pologue a institut Max-Planck Te Alors, qu’est-ce qui différe (Allemagne). Tous nos compar ici? Pourquol un tel émot? —_tements, ou presque, existent d Homo erectus est apparu ily a prés de 2 milions dannées en Airique, continent quill @ quitté pour coloniser la majorité de IEurasie, Chasseur et artisan Crest que, pour Neandertal, un degré de complexité diffé- latrowvaille de 40000 ans était rent chez nos prédécesseurs”. attondus. Quant a la pointuro A V’étemnolle antienne de de Sapiens, elle aussi vieillede apparition de la culture il y a 40000 ans en Europe, chez efficace, il maitrisait le feu et devait posséder une forme simple de communication, Ila dsparu tly 2 300000 ans en Asie, oi fut remplacd entre autres | 4° parDenisova et les prédécesseursde Neandertal, | gironculturel. Onestici enter” Sapiens, s'opposent donc cos sain cognitif coanu, découvertes qui reculent et FEVRIER | 2015 Swi 61 & SAiFertes » paléoanthropologie \, décalent “nos” innovations. 540000 ans.L'analysedusillon ot n’avait plus qu’& ouvir le“ 7 La gravure géométrique née etdesonusureparmicroscopie coquillage pourle manger. de la main d’Brectus il y a électroniqueetrugosimétrie 3D De plus, le bord dun Pseu- 500000 ans on ost aujourd’hui confirme son ancionneté. Et dodon a été talllé ala manitre Je plus parfait exemple. laisse penser qu’il a été creusé d'un silex, ce quien ‘ait le plus On comprend done que avecune dent de requin. ancien coquillage transformé lorsque V'archéologue Jose- “La gravure devait beau- en outileonnu. phine Joordens (université de coup plus ressortir quand le Leyde, Pays-Bas) a réalisé ce coquillage éiait frais, souligne UN POTENTIEL ENFIN RECONNU sur quoi elle était tombée, elle Francesco d'Erico. était alors “Le faitqu’un coquillage puisse a procédé avec une extréme recouvert d'une couche orga- _ étre considéré @ la fois comme prudonco—sadécouvertoadété nique brun-noir qu’Eroctus nourriture, outil et support soumise a sept années d’ana- a entamée jusqu’a la couche pour un marquage montre lyses avant d’étre publi¢e. sous-jacente, blanche, De telle Je potentie! d'Erectus - sans compter la tradition qu'il devait Y avoir derrire”,estime Fran Trinil: de la découverte Se teen d Erectus a celle de Sa CUItUre ——enune fois cher Sapiens: Erec- Par une pirouette de ’histoire, le site de Trinil, sur lilo tus on avait déja les prémicos. de Java (Indonésie), ou vient d’étre dévoilée la gravure “Son cerveau était déja.assez d’Erectus, est aussi celui o fut découvert Erectus grand, je ne suis done pas to- lui-méme il y a 120 ans! En 1891, l'anatomiste Eugéne talement surpris - bien qu’on Dubois quitte les Pays-Bas pour ce bout du monde afin ait jamais eu la preuve de tels 4 @'y trouverle “chainon manguant” entre homme et les _comportamonts,indlquo Joan- ‘singes (orang-outan, notamment) - chainon dont on Jacques Hublin. Toutefois, la ‘sait désormais qu’ll n'existe pas. Dubois met au jour une question n'est pas seulement calotte crnienne et un fémur hors norme et les attribue de savoir si un comportement une nouvelle espéce, Pithecanthropus erectus, re- exitat ou non, mais était nommée depuis Homo erectus, qui était a l'6poque le fréquent et ce qu'il signifiait,” second “humain non humain” connu aprés Neandertal. Francesco d’Errico ne doute pas que d'autres objets sortiront Diontot de Yanonymat, témoins En 2007, Joordens travaille sorte qu'il voyait son dessin d'une autre origine, plus loin- sur la collection réunie par blanc sur fond sombre. taine, de la culture humaine, Eugine Dubois & Java dans les Si personne ne se risque a “Lémergence des innovations, années 1890, cellel8 méme qui imaginer les motivations de des capacités de plus en plus Jui pormit do découvrir l'exis- 'autour do la gravure, chacun complexes de homme, c'est tence d’Erectus (ire Yencadré). staccorde @ y voir un geste vo- une histaire en dents de scie, Aumilieudesdents de requins lontaire. “Une grande attention avec des hauts et des bas, note fossiles ct des 166 mollusques a été portée au tracé: Ie trait Yarchéologuo. Uno histoire qui Pseudodon vides, une coquille est fin, unique, précis. auteur remonte désormais 4 Erectus.” attire le regard: photographie maftrisait son geste, qui plus _Jusqu'od les prochaines sous lumigrorasante,elle laisse est sur une surface courbe’, découvertes pourront-elles apparaftre un fin zigzagdeScm détaille Francescod'Ertico. encore Ja faire remonter? sur 2,blanc surfond blanc, de- Sans compter que V'analyso Un domi-million d'annéos, ‘mouréjusqu’alors inapercu. des coquillagesaréguliarement record a battro. Le motif est trop particulier révélé un trou au niveau du pour Otro naturel... Larchéo- muscle antériour pormettantau. Aire (en anglais): la ie logue néerlandaise lance aus- mollusque de contr6ler ’ouver publication avec d'autres sitOt une série do tests. ture do sa coquille. D'un coup images et son analyse SavoIR La datation pormet d'estimer de dent de requin bien placé, dans la revue Natue. PLUS quelacoquilleaentre450000et Erectus sectionnait ce muscle, 62 Mi FEVAIER | 2018 SAP JEISAENSE & SViWertes minéralogie Lune Le caillou des origines. Lamétéorite tombée & Novato le 17 octobre 2012 aentin livré son secret: ce fragment de roche arraché ala Tere ily a4,472 millards d'années est le premier temoin de la naissance de la Lune! Par Mathilde Fontez a chute a eu lieu le 17 octobre 2012. Si la trafnée qu'elle a laissée dans le ciel n'a pas fait Ia une des journaux mondiaux,ollea tout deméme fait celle des quotidiens locaux. Une chance! Car c'est aprds ‘avoir Iu son journal du matin qu'une habitante de la ville do Novato, pros de San Fran- cisco, s'est mise & fouiller au- tour de son garage... et qu'elle Va trouvéo: uno météorite do 62 grammes, noircie par son entrée dans atmosphere, La Lune serait née pou de temps aprés le systtma solaire de impact d'un corps de la taille de Mars qui serait venu percuter la Jeune Terre. Voila le sé. nario. Encore débattu ily a deux ans, lest confirmé au|ourd hui par les analyses des échantilons lunaires et les modBles dynamiques, méme si cer- tains détails — en particulier la date — restent flous, mpeg Los équipes do Potor Jonnis- ens et de Qing-zhu Yin, spé- Gialistos des météorites & la ‘Nasa ot & Tuniversité de Cali- fornie, ont ensuite pris le relais. De témoignage en témoignage, ils ont recueilli six fragments. Bt, coup de chance, décou- vert que le caillou était passé devant les caméras du pro- gramme CAMS do la Nasa qui, toute l'année, cartographie la trajectoire des météores. “ost trés rare de disposer a 1a fois d’échantillons et de la trajectoire précise”, explique Frédéric Moynier, géochimiste 8 1'Ecole normale supérieure doLyon, Pendant deux ans, les frag- ments de roche ont 616 cassés, brdlés, comprossés, soumis & des champs magnétiques pour faire parler la météorite de Novato, Et aujourd'hui, ga y est: pour Peter Jenniskens et Qing-zhu Yin, ce qu’elle révale, est ni plus ni moins le secret do Ja naissance do la Lune! Gonerdtement, il s'agit de ce que les spécielistes appellent ‘uno “chondrite”, un morcoau dastéroide le plus banal qui solt, provenant de la ceinture centre Mars et Jupiter. Pour étre précis, elle appartient & la fax mille du groupe L, qui gravite ‘au milieu de cette ceinture, Surtout, elle recile des apa- titos, dos grains do phosphate de calcium, qui ont un im- ‘mense intérét pour les minéra- logistes: ils contiennent en ef- fet de l'uranium, un matériau radioactif qui so désintdgre au fil des millénaires pour for- mer du plomb. “En mesurant Ja quantité de plomb, on peut connaitre la date d laquelle Ja météorite s'est solidifi¢e”, ox- plique Frédéric Moynier, Bt donc, lui donner un ge... FEVRIER | 2015 SMI 63 Kailvertes > minéralosie la fallu prés ce deux ans aux ‘chercheurs pour reconstituer Ihistoire de la météorite depuis sa chute, le 17 octobre 2012, jusqua sa naissance... ly a 4,472 miliards dannées. Ou plutat des ages. Car se- Jon les chercheurs, Novato en a trois. Ses roches ont en offet 66 chautiées puis refroidies 4 uois reprises. Elle a done subi trois grands chocs qui ra- content avec précision son his- toire. “Cost un cas d’école!”, s‘enthousiasme Qing-zhu Yin. Le dernier choc remonte & 9 millions dannées: “Gest sans doute @ ce moment-la que la météorite a été arrachée 4 son orbite et qu'elle a entamé sa chute vers la Terre”, précise Peter Jenniskens, Le deuxitme s'est produit il y 479 millions d’annéos:a cotte date, les astronomes savent que quelque chose s'est produit dans la cointure dastéroidos qui a provoqué de multiples impacts. “On avait déja vu cet ge dans d'autres météorites et on a retrouvé des fossiles sur Terre qui prouvent qu'il ya ou alors une intense pluie de mé iéores”, précise Qing-zhu Yin. Resto lo promior choc. Los analyses ont révélé que Novato afondu ily... 4,472 milliards 64 svi années. Un age anormal ‘ment jeune pour une météo- rite, “La plupart des chondrites datent de plus de 4,56 mil- Tiards d’années, cequi coincide avec Ja formation du systéme solaire, explique Audrey Bou- vier, cosmochimiste l'univer- é Western Ontario (Canada). Les roches de Novato se sont donc solidifiées 100 millions années plus tard.” Or, 100 millions d’années pris sa formation, lo systtmo solaire a justement subi son plus gros cataclysm: la ‘Terre a gardé la trace A QING-ZHU YIN 7 ion dont Les meteorites sont tombées Youest de la bale de ‘San Francisco. Les radars météa qui les ont détectées ‘ont permis de délimiter une zone de toulles précis. (Davis, Et Unis) est entrée en collision avec une plandte do la taille do Mars, donnant naissance & la Lune. So pourrait-il que la petite meét6orite ait gardé Ia marque de ce fameux événement? Et quiello ait fondu a causo do la chaleur dégagée parla collision quia fagonné la Lune? “Les modéles montrent que le choc a expulsé de grandes (quantités de roches dans toutes les directions:au moins 5 % de Ja masse actuelle de la Terre!, oxplique Qing-zhu Yin. 1 est tres probable qu'une partie se soit stabilisée dans Ja ceinture astérotdes...” Les cherchours fen sont convaincus, la date ins- crite dan la météorite Novato nest pas une coincidence: elle est Pun de ces débris Les ranges brilantes dues @ la fragmentation de la météorite dans le ciel (Féunies ici sur une image) ont été captées par les cameras de la Nasa De quoi calculerprécisément sa trajectoire et reconsttuer son ortte. Et elle raconte done une his- toiro qui ost aussi la notre, sur Terre, avec is eurait gagné la Vastéroides ot elle 16 une vie paisible et Girculaire 4 milliards d’annéos durant, avant d’étre bousculée Adeuxreprises... et queson or bite détraquée la retourne fina- Jement a 'envoyeur, ELLE AIDERAA DATER LE CHOG Pour la premiere fois, un mor- coau do la collision originolle g a done peut-étre été trouvé. Un § morceau qui permetirait d'en = détorminor la dato préciso, 8 au million d’années prés, et @ ainsi de mettre un point final 2 a Vhistoire de la naissance de 2 la Lune, ce chapitre scienti- fique qui occupe les a nomos dopuis des années (voir Science & Vie n°1129, p. 108 et n?4154, p. 8), Reste a dter le “pout-6tre” en trouvant la trace de Vimpact géant dans d'autres météorites, Cor un unique échantillon ne saurait suffire. “I! faut voir si d'autres chondrites choquées ont cet dge, renchérit Audrey Bouvier. Tant qu’on n'a pas autre prouve, il est difficile dire siir que cetle météorite est pas simplement le résul- tat d'tme banale collision entre astéroides dans la ceinture.” Co pourrait n’étre qu’uno question de jours. Car demx spécialistes, William Bottke de Pumiversité Boulder (Etats Unis) et Timothy Swindle de Les chercheurs ont décowvert si fragments, Deux entre eux, compresses, brlés et soums a des champs magnétiques, ont évélé au microscope électronique «quis recelaient de ia roche fondue, dont a composition permet de deter es chocs subis parla météort, Puniversité d’Arizona, ont re- pris les analysos d’uno tron: taine de météorites deja recen- sées poury chercher la trace de la collision cataclysmique... ct peinent a garder confidentiels Jours résultats & paraftro on dé- but d’année, “Je ne pewx vous cen dire plus avant que nos ré- sultats sofent publiés... mais oni, on retrouve des traces de impact dans d'autres météo- rites”, lache William Bottke. Voila pourquoi Peter Jennis- kens ot Qing-zhu Yin sont si sins de leur coup. Sirs @’avoir —Ayoir: la vidéo mis la main sur le premier té- moin de la naissance do notre ‘Terre ot de sa kine. Stirs avoir trouvé, les premiers, un res- capé du plus grand cataclysme Novato. du systdme solaire, fragments de FEVRIER | 2015 Swi 63 eae moe & Prcesces iio Olo)g(— SAV IROS oaemsocmoacne Vous ne verrez , plus votre maiso! comme avant Tapis, meubles, cuisine, vécés.. Dans une maison grouillent des millards de microbes. Oul, mais ce sont les nétres et ils nous préservent des agents pathogénes ! Tel est létonnant résultat d'une étude qui a scanné le microbiome d'un habitat. De quoi revoir notre idée du sal ae) CO eae et qu nou ent ind & découwertes » microbiologie 68 svi Févall ‘expérience aura duré Chaque jour, une vinglaine de tifiques amatours volontaires” ont effectué des prélavements dans leur logement. Heure par houre, chacun a promoné de Coton-Tige humides sur les poignéos do porte, les inter- ruptours, la table de lacuisino, la cuvette des toilettes, le sol De quoi collector dos milliors d’échantillons qui ont tous été minutieusement étiquetés, Une premiare, puisque diem n’avalent jamais fait 'ob- Pourquoi tant d'efforts? Pour jusqu’a présont, les scienti- jet d’études approfondies. mener & bien le Home Micro- fiques s’étaient toujours con- _ Certes, quelques cas particu- biome Project (“projet micro- contrés sur los hopitaux liers, comme los télécomman- biote domestique”).Pilotée par ct autres Hieux od la pré- des ou les téléphones, avaient une équipe de luniversité de sence d’agents infectieux est bien été passés au crible, mais & Chicago, cotto exploration ost _rodoutéo; la ot Vobjectif est lo échelle d'une maison ou d'un la plus compléte jamais entre- plus souvent la stériité—c’est-_appartement tout entier, per- prise sur 'environnement do- a-dire l'absence compléte de _sonno n’aurait pu répondre aS mostique et le monde micro microbes. A V'inverse, les ba- ces trois questions simples: ot E bien qui le peuple. nals microbes de notre quoti- sont exactement les microbes? a 2016 Jargon, Le microblote correspond & "ensemble des espéces micro biennes qui peu- lent un microbiome, soit un espace bien défini loca- isation, PH, température). D'od viennent-ils? Quelle est our naturo? La relative ignorance da monde invisible, alors que nous y sommes quotidiennement plongés, n’étant pas sans.consé- quence: elle incite depuis le XX sidele et los découvertes de Pasteur a percevoir notre envi ronnement comme uno menace diffuse, venue de Vextérieur... Autour de nous grouillent les microbes, justifiant dos reglos hygiene fondées sur Pusage de détergents ot d'eau de Javel depuis plus d'un sitele. DES GEYSERS MIGROBIENS Or, surprise! Les conclusions du Home Microbiome Pro- joct, piloté par Jack Gilbert, de Argonne National Laboratory (université de Chicago), vien- nent prendre Vexact contro- pied de ces a priori négatifs Non que les microbes sofent moins nombreux qu’on ne le croirait: l'abondance de notre univers microbion domos- tique est eu contraire phéno- ménale! Les mesures montrent que chaque centimetre carn’ de nos maisons est recouvert de centaines de milliers de bac- téries, le groupe le plus large- ment prédominant, mais aussi do champignons ot do virus. Surtout, l'étude révele que Yorigine de cot univers mi- crobion... c’est nous. Telle est une des découvertes les plus sidérantes de cette étude: loin otro menacés par Vextérieur, nos logements nous reflétent parfaitement. La signature mi- crobienne de chaque maison peut sans ambiguité dtre ratta- chée ses occupants, et méme, pour Fessentiel, & leur peau. faut ici savoir quo le concept de “signature microbienne” date d'une dizaine d’années, lorsque Jes scientifiques ont découvert que chaque tre hu- ‘main porte sur sa poau un mé- lange spécifique de bactéries appartenant & quelque 600 es- pboos différontes. Une fauno propre @ chacun, unique, ré- sultat & la fois de nos genes et de notre histoire microbienne personnelle: rencontres, mala- dies, mode do vie... Dio’ Vidée de Véquipe de Jack Gilbert de demander aux participants d'offectucr aussi des prélévements & la surface de leur propre peau pour les comparer avec les échantillons sécupérés sur les meubles, les sols ou les objets de leur foyer. Le verdict a surpris les cher. chours, tellement chaque parti- cipant, mémo on parfaite santé, sfest révélé 8tre une inépuisa- ble fontaine microbienne inondant tout sur son pas- sage. Chacun projetant autour de lui, sans discontinuer, une née de quelque 15 millions de ‘micro-organismes par heure! “Crest plus que les chiens ou Jes chats, commente Jack Gil- bert, car nous sommes l'une des trés rares especes de mam- iniferes & peau nue, dont ’épi- derme se renouvelle du coup tres activement.” Un seul toucher sur une surface hu- mide transfére plus d’un mil- lion de bactéries. Si '6quipo do Jack Gilbert « ‘que ce geyser microbien ccaractérise et identifie les habi- tants, olloa aussi soulignéé que Ja faune microbierme n'est pas fixée une fois pour toutes; au contraire: elle évolue. DES MICROBIOTES FAMILIAUX “Notre étude a montré que le fait de vivre ensemble fait converger nos signatures bac- tériennes qui, dans une méme famille, deviennent tres ho- mogenes, note Jack Gilbert. Bt quand iy aun chien dans cotte famille, ses membres se rapprochent microbiologique- ment, sans doute parce que Jes caresses ot les léchages de animal transférent des micro- onganismes...” Si Yempreinte de chacun reste unique, elle tend tout de méme a se rapprocher de cellos dos autres habitants, ‘Et méme pas besoin de lien familial, Une simplo cohabi- tation suffit 4 étre un puissant facteur de convergence des microbiotes, les colocataires acquérant manifestement des populations ontidres de mi- robes les ums des autres. Lun des participants de lexpé- rience, un étudiant qui lowait une chambre dans Vapparte- ‘ment d’un couple, s‘est ainst avéré tres proche microbiolo- sgiquement de ses hotes. FEVRIER | 2015 SMI 69 & a Viiiertes microbiologie ry “Do plus, comme nous nous étions arrangés pour échan- tillonner aussi des familles qui déménageaient, nous avons constaté que Ja vitesse a la- quelle nous apposons notre signature sur le lieu de vie est incroyablement élevée, s’émer- voillo Jack Gilbert, Aw bout d'une heure, on peut voir que quelqu'un de nouveau est ar- rivé dans un logement. Vingt- quatre heures aprés, c'est 70 Is yi FEVRIER | 2015 comme s'il avait toujours véeu 1a... Du point de vue microbien s‘entend.” Lexpérience a mém duite pour 'un des participants ‘dans uno chambro d’hotel, avec le méme résultat. Ceite importance de 'occu- pant du logomont, I'étudo la démontre comme aucune ne Vavait fait jusqu'ici. Souli- gnant un fait essentiel: notre extraordinaire productivité microbienne se déploie dans ‘un environnement bati d’ot, décennie apres décennie, nous avons éliming toute source de micro-organismos autre que DES MICROBES NECESSAIRES Les villes sfagrandissent, se goudronnont au point do rendre impossible tout contact avec le terre; les matériaux (carrolago, vorro, alliagos...) deviennent de plus en plus stériles; les techniques de net- toyage et les produits ména- gers sont sans cesse plus per- formants, Résultat, 80 a 85 % des microbes des maisons mo- demes sont d'origine humaine. Qu’on déduire pour notro santé? Que s'cbstiner stéril- # ser tout bout de champ notre habitat ne sorait pas si béné- fique. Au contraire, z Dans une étude parue en novembre 2014, le chercheur Scott Kelley, de 'université de Californie, San Diego, a mon- 116, en échantillonnant des toi- lettes publiques, qu’apr’s une désinfection A ’eau de Javel, les microbes digestif et génitaux, qui contiennent de nombreux pathogenes, dominaient la fauno du sol avec des concen- trations dépassent 100000 par ‘centimetre carré, Mais lorsque, pou & pen, les bactéries cuta- nées sont revenues, au bout de ‘quatre a cing houres elles ont formé un tapis microbien inof- fensif qui a littéralement sub- morgé les pathogbnos, moins aptes a résister au desséche- ‘ment et & la lumiére, “Nous ne savons pas encore ce qu’est un environnement microbien optimal, et nous ne savons pas non phis comment Je favoriser, indique honnd- tomont Jack Gilbort. Mais on voit bien que les individus ma- Jades présentent presque sys- tématiquement un microbiote appauvri et dominé par un petit nombre d'especes oppor- tunistes proliférantes. Tandis qu’énormément de données suggdrent qu'une faune micro- bienne abondante et diversifise a des effets protecteurs.” Pourdenombroux cherchours la Legon est claire: en temps ‘normal, c’est davantage de bac- t6ries qu’il faut dans nos mai- sons pour neutraliser les patho- ‘ginos prisemts — ot non moins. DIVERSIFIER SON MICROBIOME Cortes, ors scientifiques ne contestent pas qu’en cas d’at- taque par une bactérie dange- reuse, ou bien autour d'un pa- tient immuntitairement affaibli, il puisse 6tre utile do stérilisor radicalement Penvironnement. ‘Mais dans la vie normale, ils estiment avec Jack Gilbert que, “sur le plan sanitaire, on de- vruit pouvoir passer avec pro- fit environ 600, le nombre d'espices de bactéries actuel- Iement présentes dans nos maisons, @ 4000 ou 5000 es- pooes différentes”, Autrement dit, augmenter la diversité des apports bactériens et ne pas comptor uniquement sur notre pean pour alimenter la faume microbienne de nos maisons (voir l’encadré ci-contre). Comme le déclarait récem- ‘ment Julia Segre, de Agence américaine de la santé, ou- teure d’un article récent dans Scionce consacré a l'effot posi- tif des microbes de la peau sur notre syst®me immunitaire, “les gens mangent des yogourts parce qu'ils ont intégré que les microbes du tube digestif leur procurent un bénéfice, mais ils continuent a désinfecter leur peau et stérliser lours mains. Pourtant les microbes cutanés procurent aussi un bénéfice!” En effet, méme si Jack Gilbert reconnait que “I‘hygiéne est Ging pistes pour mieux vivre avec les microbes chez soi ‘Avoir un ou des animaux de compagnie. Les chiens, en particulier, ont des effets bénéfiques documentés au niveau de la prévention de l'allergio chez l'enfant. Ils rapportent dans le logement de nombreux microbes inoffensifs. Mettre des plantes dans toutes les piéces. Ce sont des étres vivants qui favorisent la biodiversité microbienne. Les sols dans lesquels elles poussent constituent également un habitat fertile, Ouvrir les tenétres tous les jours. Non pour “tuer les microbes”, comme on lentend parfois, mais pour faire entrer a faune microbienne en suspension dans atmosphere. Laver raisonnablement, sans désinfec- ter, Garder sa maison propre n'est évidem- ‘ment pas critiquable, mais les désinfec- tants puissants souvent utilisés @ tour de bras sont inutiles, voire nocifs. Laver régu- ligrement au savon suffit, y compris pour les sanitaires. Multiplier les tapis. Ce sont des habitats trés riches pour les “bons microbes". Vinvention qui au cours du dernier sidcle a sauvé lo plus de vies humaines”, pour Julia ‘Segre et lui, ce nouveau para- igme favorable aux microbes finira par simposer. Sans romottre on cause los ‘mesures d’hygiéne auxquelles de nombreuses populations dos pays pauvres n'ont pas encore accés (sanitaires, eau potable...), une nouvelle génération de chercheurs est désormais décidée & montrer quo le culto actuel de la stéri- Iit6 est, dans notre environne- ment quotidien, & la fois vain ot nocif. Et déterminée & cher- cherun meilleur équilibre avec comonde de! invisible que peu ‘pou, enfin, elle nous aide & discorner. Avoir: des ani- mations 3D des microbiomes omestiques. ae Aconsulter: les publications sur savour lesujet. PLus FEVRIER | 2018 18¥1 7H MBiivertes > démosraphie Cer (a taille des pays est proportionnelle & leur p +5008 +1000 % (Ey +2002 +500% [my +508 +200% (my +252 +60% Tia 02125% 9 -2080% Bombe — demographique #5 - e“péril jaune” mena- e pourrait L2!== bidonvilles infinis... Une di- zaine de milliards de Terriens promis & la famine... Cos an- nonces alarmistes, aux relents parfois naus¢abonds, se Les experts de lONU ont révisé leurs prévisions de — {faire partic d’un passé croissance de la population mondiale. Loin de se La famouse bombe P—P pour SOR Z 4 population -, promise parl'éco- stabiliser a 96 miliards en 2050 comme brevu, elle Togue Paul Ehrlich & le fin des pourrait croitre, dopée par l'Afrique, jusqu’a 11 mil- annéos 1960, paraissait bel ot bien désamorcée, Depuis plus liards en 2100! La querelle de chiffres est ouverte. d'une décennie, les ae phes ontretiennent I’idée Par Vincent Nouyrigat d'une paisible stabilisation de 2016 ro ag easy roy La population du continent africain iée par 4 fn 2100, selon Ja populati dlale pets (amples tm “Les experls s'accordent t population mondiale apr’s —comptera it mil experts s‘accordent tous jymmmaem 2050, autour de 9.4 10 milliards lens crabtants sur les prévisions en 2050, ce ahabitants (contre7 miiards avec une population autour | La planéte est jours hul Mais voila quo les exports aujourd'hu), et de 9,5 milliards, car ja plupart | habitée par 7,2 milliards de VONU viennent de réviser VAffquepésera. des humains qui vivront dans | Chhumains, raison de Jeurs prévisions! Is anticipent esque autant UE 35 ans sont déja nés, et on peut | 53 habitants oar kilometre désormais uno croissancodela 'AS®.LeNera stir sans trop d’arrours lo | Ca’. Ent les naissances ‘valseret meme ede naissanreset de de. | l28 d8ces, cetle popula population mondiale tout an etn car mute ‘ 7 tion augmente d'environ Jong du xxr site. La vitesse Ge qpiiemepngg 2 dans cetintervalle souliane | ey je ba daugmontation des effectifS le pis peu GillesPison, de "insti nation | aollmont Mh sinfléchirait, certs, mais sans nal d'études démographiques. | Trang atic un 2g@ Me pouvoir s'annuler ~ tel un Lo vrai sujet de recherche | diane 29 ans, une es06- Paquebot emporté par son concerne horizon 2100.” rance de vie moyenne de élan, “Nos nouveaux calculs Les démographes onusiens, | prds de 70 ans et une fé- montront qu'il y a trés peu de assistés d’universitairos amé- | concité de 2,5 entants par _, chances pour que la population ricains, ont détaillé lent résul- | femme. Le taux de morta~ § se stabilise d'ici 2100”, ache tat cet automne dans la revue | ité infantile global est de § Patrick Gerland, chercheur on Science: la plandte comptera | 37 pour‘ 000. 3 démographie a 'ONU. probablement prés de 11 mil- FEVRIER | 2015 SMI 73 KEBGertes > démosraphie ‘me Le scénario de ’ONU versus celui de PIIASA Filey Les prévisions varient selon le taux de fécondité antcipé. Ainsi, au Nige- tia, YONU prévoit 914 milions dhabitants en 2100, contre 576 millions Pour Institut international d'analyse des systemes appliqués (VASA). it Pputaton en mien) 2 Population (en milons) Chine ards d'individus & la fin du 4000 2050 XXE® siécle.., et non 9 ou Tee eee. Evolution de la population mondiale ‘montaires quill faudrait d’oros et déja prendre en compte dans les études sur le réchaul- foment climatique, Vacs & rait compter 914 millions d’ha- Peau, l'alimentation, ’énergie, bitants! Avec pris d'un milliard los grandes infrastructures. ete. 649g go do citoyons, co modeste torri- —— _ Plus frappant: selon ces nou- voaux calculs, le Nigeria pour- Population (en ilins) | . Cette fois-ci, Asie n'y est igerig toine du golfe de Guinée rivali- pes pour grand-chose, La serait alors avec la Chine pour Chine, encore sous le coup le titre de deuxiéme pays le de sa politique de enfant population mondiale change- plus peuplé du monde, der unique, sera moins pouplée ait alors profondémont: plus riére lindo. A poino croyable quaujourd’hui. d'un habitant sur trois serait alors qu’au début des années Le moteur de cette nouvelle africain la fin du sidcle. 2000, les mémes experts de expansion humaine sositueon —_Plusiours pays aujourd'hui I'ONU n'imaginaient guoro ‘Afrique. Ce continent, pour- marginaux, comme la Tanza- plus de 300 millions de Nigé- tant en proie aux pires épidé- nie, la République démocra-rians 8 la fin du site. mics, devrait voir ses effectifs _tique du Gongo, le Niger, 'Ou- Quaduplr dei 82100, pour ganda ow Ethiopie cevraient MSEAUKNORMES BAYESIENNES atteindre 4,2 milliards 'indi- passor lo cap des 200 millions Los raisons do co reviroment? vidus. Le portrait-robot de la d’habitants, D'abord, les experts de l'ONU ont rassemblé de nouvelles données sur lo terrain: ainsi, sur la derniére décennie, le taux de fécondité de 15 pays PATRICK GERLAND africains serait en fait plus Demograpne, Glevé que ce qui avait été Organisation des nations unies mosuré jusqu'lct. A ce jour, 29 pays dépassent en Afrique Vindice de 5 enfants par Nos nouveaux calculs monirent qui! femme: ot lo Nigora oftcho & toujours un indice de fécon- § ya peu ae chance que la population ats des. 2 Y ‘Surtout, cos nouveaux résul- mondiale se stabilise d'icl@ 2700 tats sont tiés un changement & 74 |$yi FEVBIER! 2016 Faits & chiffres Depuis 1981, FON assure ie aécompte dela population mon- ciale. Dés 1954, ses dérnogra- hes tentent une projection 2 50ans, Magstiia (ou réussta nso lente, eu prévi- son de 6,3 mil liards d'hu- mains en 2000 savéra quesipartate (6,1 en réalt Cas calcul sont régulérement rast; la oro- chain révision aura leu en ui. radical de méthode de calcul Jusqu’a présent, YONU so fon- dait sur Vexpertise d’une poi- ‘gnée de démographes chargés dimaginer Vavenir de la nata- Iité et de la mortalité de tel ow tel pays. Aussi talentuewx quills soient, leur jugement recelait tune part de subjectivité et d’ar- bitraire. “Les projections dé- ‘mographiques sont souvent le reflet des grandes peurs du mo- ment”, remarquo Gilles Pison. ‘Aux croyences personnelles joutait aussi un grand flou: Ja marge d’'incertitudes autour de ce scEnario subjectif était brutaloment définie en ajoutant ouretranchant un demi-enfant par femme pour ensemble des pays do la plandte sur le sidclo 8 venir. Liétendue des possibles devient alors immense et perd tout intéret. “Nous avons revu ces métho- des dignos du XIX sidcle, tranche Patrick Gerland. Nous construisons maintenant des trajectoires probabilistes de fécondité et de mortalité.” Comme dans tant d'autres domaines scientifiques, los démographes de 'ONU se sont convertis auxstatistiques dites “bayésiennes”, qui per- mettent de faire évoluer les ‘modelos on fonction des mul- tiples données expérimen- tales recueillies (voir notre dossier dans SeV n°1142, p. 48). “Nourrie d'informa- tions comme les limites de la progression de espérance de vie, [histoire du pays analysé ot d’autres pays du monde aux caractéristiques similaires, celte approche nous permet de simuler l'ensemble des {futurs potentiels d’un pays”, confirme le démographe. ‘Ainsi, la dynamique future des pays d'Afrique subsaha- rienne s‘appuie sur les trajec- toires passées de pays d’Amé- rique du Sud ot ¢’Asie, qui ont déj2 connu leur transition émographique. Cesta-dire le passage d'un régimo do fortes natalité et mortalité une société de faibles natalité et mortalité, BATAILLE DE METHODOLOGIE Ges prédictions onusiennes sont dffciles & avaler pour cer- tains démographes. Quelques jours aprés la parution de ces travaux, Institut internatio- nal d’analyse des systémes ap- pliqués (ASA) livrait un tout autro pronostic: d’aprds oot éminent institut autrichien, la population mondiale devrait attoindro un pic vors 2070, & 9.4 milliards d’habitants, avant de décliner doucement, pour tomber @ 9 milliards en 2100, La méthode est ici tes différonte. Au liou do pures statistiques, l'IASA s’appuie sur V'analyse d’un groupe de 850 cherchours a travers lo ‘monde. Des universitaires qui aecordent une grande impor- tance au niveau d’éducation des populations. “Apris ge yoyroana Rasponsable du progarme population mondiae aMIASA (Autriche) Nos moaéles tiennent, eux, comple du niveau d'éducation des femmes, moieur de la baisse de la téconalte ct le sexo, le niveau d’éduca- tion est le critére observable Je plus puissant d'une popu- lation, conditionnant fertilité cet mortalité, jstifie Wolfgang Lutz, responsable du_pro- gramme population mondiale a YHASA. augmentation du ni- veau d’éducation des femmes ‘est le moteur principal de la baisse de Ja fécondité.” ‘inflation continuo, 11 mil- Viards d’humains dont prés un milliard de Nigérians se- Jon VONU, La baisse assuré, 9 milliards de Tertiens, avec ‘moins de 600 millions de Ni- gérians d’aprés VASA. ‘Quel destin attend au juste Yhumanits? “Les simulations statistiques de PONU sont trés sensibles aux tendances de dé- part”, persifle Wolfgang Lutz. “Il est vrai qu'un petit écart FEVRIER | 2015 I$MI_75 KIA Fertes »> démographie \, sur la fécondité peut avoir des ” effets multiplicateurs considé- ables au fil des générations, aboutissant & des résultats gi- gantesques, reconnait Patrick Gerland. En meme temps, MASA introduit une nouvelle dimension d incesttude en ten- tant d’anticiper Pévolution du niveau d'éducation sur la foi des objectifs des grands pro- grammes officials.” cela va conduire d une baisse du niveau de fécondité”. Une baisse, oui, mais quelle vitesse? Coux qui avaiont pa- rie il y a quelques années sur une forte chute, comparable celles observées en Amé- Tique latine ou en Asie, en sont pour leurs frais, “Les tra- jectoires et le rythme de cette transition peuvent éire trés différents selon les cultures et Combien serons-nous en 2300? Plusieurs démographes se sont essayés a cette prévi- sion on ne peut plus périlleuse. Les experts de 'ONU ont méme prodult, ily a dix ans, un rapport de 250 pages sur la question. Verdict: en 2300, la planéte devrait compter environ... 9 milliards d'habitants, soit autant qu’en 2050. ‘Sachant que les progrés de l'espérance de vie mondiale estimée entre 87 et 106 ans en 2300) ont peu d'influence surla croissance démographique. Faut-il croire a cette prévision? Si elle ne paraft pas insensée, cette projection touchant au xxiv» siécle dépend lourdement des hypo- theses de départ sur le taux de fécondité: que le monde se dirige vers le standard européen de 1,5 enfant par ferme, et nous ne serions plus que 1 miliard en 2300; 2,5 enfants par femme, comme le Sud-Est asiatique, nous méneraient a... plus de 77 milliards. Les deux groupes de cher ccheurs se déchirent en ce mo- ment sur le futur visage de Afrique. Ce continent consti- tuo assurément la plus grande source d'incertitude. Les si- ‘gnaux d'un début de transition démographiquo tardont & appa- raitre de fagon claire. D’autant que les registres d'état civil sont souvent de pidtre qualité, cet que les enquétes de terrain manquent. Spécialiste do la dynamique des populations & YIASA, Sergei Scherbov in- sisto pourtant sur o fat quo “Ia moitié des jeunes Nigérianes de 20-24 ans ont regu une éduca- tion secondaire, dew fois plus que la génération précédente: 76 \SMi FEVRIER | 2018 les économies, signale David Coleman, professeur de dé- mographie a Oxford. Prédire le calendrier d'une transition do fécondité a toujours été trés difficile.” ‘QUEL MODELE DE TRANSITION? IL faut dire que la transition dé- ‘mographique est le fruit d'inte- actions entre niveau d’éduica- tion, age au mariage, intervalle centre les naissances, disponi- bilité de moyens de contra- ception modemes, conditions politiques ot économiques... Un jeu subtil dont émergent parfois de grosses surprises. ‘A Vimage de I'iran: on moins de trente ans, ce pays est passé de sept enfants par femme & deux. “Si ces quelques cas 7 extrémes interpellent, la pro- babilité pour quo la plupart des pays d’Afrique subsaha- “/, rlenne connaissent lexpé- rience de 'Iran est statistique” ment infime”, tranche Patrick Gerland, Selon YONU, l'arrét de Ja croissance de la popu- Jation africaine au cours du Rotrouvez Vincent Nouyrigat Le lunai 28 janvier 20n-22h xx0 sidclo domandorait une baisse de la fertilité sans pré- ‘eédent connu. Pour Pinstant, les ingrédients d'un tel exploit ne sont pas éu- nis. “Beaucoup de dirigeants africains ne semblent pas en- core convaincus de Vintérét de / Jimiter les maissances”, observe Gilles Pison. Dans ces pays, le ‘quart des demandes de contra- ception n’est pas rempli, et ce tauxn’évolue plus depuis vingt ‘ans. On est loin des grands pro- grammes volontaristes de plan- ning familial chinois, S'il est déja trop tard pour influer sur le niveau de popu- lation mondiale de 2050, lo champ des possibles reste ou- vert a I'échéance 2100. Le Ni- goria n'est pas absolument con- damné a vivre un début de 200 sidcle sous une densité de population infernale, proche de celle du Bangladesh actuel. “Par le passé, ce genre de ‘projection apocalyptique avait servi de signal d'alerte aux autorités de pays en voie de développement, releve David Coleman. Lorsgu’elles sont entendues, les prévisions de LONU peuvent se falsifier delles-mémes.” ‘Une maniére de désamorcer Ja bombe P. Aconsulior: les doux ey études concurtentes sur SAVOR lapopulation en 2100. PLus Ee N4 BORAGE Tt ah MU =15 18) Rg ca ri Prelsciae ny oe — yd aU Rgn Tce Peau etarair! Fintérieurdu ventre de sa ee rem ed Brite PE an Greffe d’utérus L’exploit qui bouleverse la maternité En Suéde, une greffe d'utérus a permis pour la premiére fois de donner la vie. Or, la prouesse pourrait 6tre repro- duite chez un homme! Méme si cela reste théorique. eae ry en Turqu supa Septembre 2014 : pra d'un bébé dont ia mere a regu une grefte Re efiiiGues Win uF © bébé s'appelle Vin- cont. Il est n6 en sep- tembre demiera'ho- pital universitaire de Goteborg, en Suede. Il est en pleine santé et rien ne permet de lo distinguer des autres nourrissons. Pourtant, sa naissance est le fruit d'uno 6pop6o sciontifique et médicale: Vincent est le pre mier humain né d’un utérus transplanté, La matrice natu- relle dans laquelle il s'est dé velopp6 pendant do longs mois était bien située dans le ventre 80 Isyi FEVRIER | 2015 ~~ obstétrique de samare biologique... maisil _ Vinoentestné par s‘agissait d'un organe prélové — oésarienne & héptal sur une donneuse, de Goteborg au mois Jamais auparavant des ‘septembre anrés chirurgions n’étaiont parve- 21serainas de nus a réaliser pareille greffe 5%: viable, qui permotte 2 un uts- 63 mare ngg rus réimplanté d’accomplir ssa mission premi@re: assurer —(yndrome de Rok lo développement d'un potit —tansky), a regu une tre humain. ree dutéris: une Cotte prowesse répond & une —opération qua curé domande de fermmes nées sans cgheues pou elle utérus, une malformation qui (hot), dx heures touche 1 femme sur 4500 Pou'la donneuse, dans le monde, ou qui ont MATS BRANNSTROM Ooetétcion, a drrigs k groffe a "nopital unvorsitaire Ge Goteoorg (Suece) Le greffon est est destin lemporaire puisque est de permetire la grossesse sans utérusrivagin a seule utllité victimes d'une ablation pour raison médicale. Pour elles, Ja transplantation représente le soul espoir de porter un enfant. Mais le plus surprenant dans cette greffe d’un organe synonyme de matomits, cost qu’aucune structure purement “f6minine” ne s'est n6vélée in- dispensable son bon déroule- ‘ment. En théorie, done, Vutérus pourrait Otro transplants choz n’importe qui, pourvu que son corps puisse accueillir le vo- Tumo nécossaire au dévoloppe- ment d'un fentus. Une femme évidemment... mais également un homme. De quoi bousculer Jadéfinition méme de grossesse et de maternité, Bt dissocier pour le premigre fois reproduc- tion et comps des femmes. FAIRE UNE PLACE A'ORGANE Pour comprendre, revenons 8 sur los détails do l'opération @ réalisée sur la mére de Vincent. 3 Pour des raisons congéni- 3 tales, Ia joune femmo ost néo 5 sans utérus ni vagin. Quant & 2 la donnouso, c'est une amie do Ja famille égée d'une soixan. & laine d'années, bien entendu 2 volontaire, ménopausée ct im- 8 mnunologiquement compatible § avec le mare. % Oivost la différence avec les © wansplantations cardiaques ou pulmonaires? Il ne s'agit pas ici d'une greffe de rempla- cement. Non, il faut créer, pour no pas dire “inventor”, une place pour cet organe et Ini trouver Jes meilleurs points de raccordement avec Panatomie de la receveuse. Ainsi les chirurgiens n’ont- ils cu dautre choix que de relier l'utérus a des artéres et dos veinos dont co n’est pas la fonction naturelle. occurrence, le greffon est connecté aux vaisseaux iliaques externes qui assurent la circulation vers les membres inférieurs), comme dans le cas d'une transplantation rénale, FEVRIER c15 svi 81 Sk RiRGues obstétrique mais de fagon bilatérale”, d6- taille Mats Brinnstrém, qui a dirigé la grefie. Autro prouosso technique: Vencrage de Vutérus dans le corps. Il lui faut répondre & des contraintes physiques ex- ‘rémes, puisquil s'agit du seul organe capable de multiplier son volume par 1000 en a peine neuf mois. Léquipe a choisi do rolier la matrico non soule- ment aux ligaments du bassin, ‘mais aussi aux tissus alentour, comme ceux de la vessie. Pour Limiter les risques d’atfaisso- ‘ment, une fixation supplémen- tairea été effectue sur le vagin (econstitué quelques années ‘uparavant pour assurer une vie sexuelle @ la jeune femme). En revanche, les chirurgions vont pas encore travaillé sur les connexions nerveuses de organo, Ce n'est cortes pas un point vital, mais sans raccorde- ment sensoriel du greffon, ane ouse n'a pu “ressentir” les mouvements du foetus de Pin- \riour, Lutérus était comme “anesthés Voila pour la transplantation, t pour la grossoss0? Los mé- decins ont attendu un an. Le temps de vérifier que le traite- ‘ment antirejt était bien suppor- (et le grefion bien implanté, 82 Igyi FEVAIER | 2015 Vint le moment décisif: 'im- plantation d'un embryon obt nu par fécondation in vitro dun ovule do a recovouso par un spermatozoide de son conjoint. La grossesse, sous ts haute surveillance, s'est dérou- ge normalement jusqu’a l’arri- vée de Vincent, 31 semaines et 5 jours plus tard. Prématurément done, car un début do pré-sclampsio (com- plication grave avec hyper- tension} a imposé d'interrom- pro la grossesse. Mis partccela, tout s'est déroulé parfaitement. Lenfant va bien, UNHOMME“ENGEINT” 2 Lonthousiasme est tel que Mats Brannstrém se dit prét renouveler l'expérionce... chez la méme femme: “Le greffon est destiné & étre temporaire, puisque sa seule utilité est de permettre une grossesse. Nous allons examiner la patiente et décider si on le laisse en place pour tenter une seconde gros- sosse d'ici quelques moi Pareil exploit est-il envisa- sgeeble avec un homme? Pour la naissanco, lo recours a Ta o6sa- rienne permettrait aisément de se passer des voies naturelles. EtT'implantation de 'embryon? “Il faudrait le faire sans passer aKa ay 3 QU’UN HOMME PUISSE Ue see 1 Pd TE Prec ae erat) orc Ecsta ued Cece rcs Pra eema y OES) circulation vers les mem- bres inférieurs) de 'homme. Peay Poe gin er RO a eo poids devient considé- ed cea ee, eu Cs eu PLAT ae ar la voto vaginale, co qui ost techniquement réalisable”, explique Jacques Belayla, chercheur au département dobstétrique-gynécologie de Yuniversité de Montréal. Con- crétement, il s'agirait d’opérer ‘une incision dans la paroi abdo- minale, puis directoment dans Yutéms. Ce qui se pratique trés rarement sur des femmes, avec un taux d'échoe élews. Concernant environnement hormonal, poursuit Jacques Ba- layla, “il foudrait évidemment apporter une supplémentation hormonale féminine pendant Jes premiéres semaines, mais ‘pas forcément plus longtemps. En effet, la grossesse pourrait 6tre autosuffisante sur le plan ‘hormonal par la suite: Ie pla- centa sécréte tout ce qui est né cessaire au maintien de Ja ges- tation”. Aburissant!Le premier homme “enceint” n’aurait donc plus rion d'une chimiro... PAS ALORDRE DU JOUR En wialit6, cos r6ponses so fon dent sur des connaissances ap- profondies de Vorganisme de Ja ferme enceinte — et non de Vhomme. Jacques Balayla re- connatt donc que la posstbilité de voir un jour un futur pére “enceint” reste actuellement ‘puroment théorique. En effet, il n'est pas question, 3 acourttemme, de se penchersur 3 te sujet. Toutes les rochorchos 3 menées jusqu'ici chez les animaux n’ont impliqué que des femelles.Iln’empéche. “La sgroffe est techniquement réali- sable, Méme sice n'est pas dans ce but que nous travaillons, il faut s'attendre d des de- mandes d’hommes, surtout de transsexuels”, confirme Yves Aubard, chof du sorvice de gy- nécologie au CHU de Limoges, dont ’équipe est 'une des rares dans le monde a s'appréter & réaliser une série de grefies uté- rinos, dds cotte annés. Reste que, en 2012, avant méme que I’équipe suédoise se lanco dans sa promidro tenta- tive, La Fédération internatio- nale de gynécologie et d’obs- tétrique a pris les devants en adoplant une liste restrictive Mt) Peels CO Ts) Og eon ees introduit dans Putérus via Port Pree aye freer Cut Peery Cece rer ae tr Prete ce Pe ey ces pet ea Beco a Dee EL cco } ee DET ee Pee CAT tion chirurgicale parfaite- anucuasstorsac ee on erat} Pre rus Popo iS do crittros déontologiques, Le médecin canadien a partici- péa leur élaboration: “Nous y ‘précisons que la receveuse doit tre de sexe génétique féminin Co qui exclut done les homunes et les transsexuels, la seule rai- son étant absence d'études animales... Toute tentative en Ja matiére serait non conforme Ja déontologie", poursuit Ali: fa publ cation de Mats De toute fagon, Ia groffe Brannstrom d'utérus appliquée aux seules ——@t son équipe; fommes est déja critiquée. Trop les orteres chere, trop risquée pourla mere adoptés oar et, bien sti, pourle fetus, sou —_la Fédération mis Q.un traitement immuno- —_interralialene suppresseur continu... Le débat de gynéico fous: sur le promior homme capable Fonfanter tout seul n'est donc pas encore a ordre du jour. @-Science F & automobile a 1m a alll Dossier spéEcial telat a AUTONOME Un concept dui arrive 2 maturité.... eee p. 86 Comment électronique prend le contréle ..... p. ca Les points forts dela conduite automatisée.... p. 9 IFoo (-) {f-Meialele)(-Well(s-\> fercoeceee eee ee fone Les fonctions actuellement disponibles |...» y : un conducteupuisse reprende la main & tout momen rwvention de Vienne (1968), inculation en effet quiun lucteur dait avoir en perma: at Royaume-Unisuivront bientdt S&RiRGues > automobile LE CONCEPT D’AUTOMATISATION DE LA PANU} [2010 Vawe 7908 Mercedes lance le régulatour toca de distance, qui complate le régu- price aes 7939 Oldsmobile eter de viosse Piston pitons avec frei- lance en série nage d'urgenco la premiére trans- f2dde Cmoen commarcetes ct automatique: ; Europe Falerte de franchissement mission automa- alge pepe involontaire de ligne (AFIL). 2018 Los pro- 2005 Vowvo lance le premier sys- mieres voitures: Le teme qui alecte de la présence d'un |! | | capabies de wéhicule dans angle moet (BLIS) gorer toutes seules vitesse ot 1958 La Chrysler [2006 La Toyota Prus Westla direction dans les Imperial est doiée du | | premiére voiture & proposer un emboutellages premier régulatour de| | systdme do stationnement somi- sont commorcia- vitosso de Histoire automatique. lisbes. Jost 9 heures du matin ot Ie trafic est t8s dense sur Vautoroute qui encorcle Yagglomération, De lon- gues files de voitures s’étirent 2 faible vitesse. Sur le tableau de bord, un voyant vert en forme de volant vient de 'allumer. lest temps de laisser l'ordinateur de bord prondro le controle: les piods quittent les pédales, les mains se posent sur les genoux... et avoituro gardo la méme allure que le trafic. Le volant tourne tout seul pour maintenir la voiture dans safile, distance raisonnable des motos qui se slissont ontre los véhicules. Reconnaissons-le: les pre- mires minutes en conduite automatique dans cotto Mor- cedes Classe S, que Science & Vie a pu essayer, ne se font pas sans une cottaine appréhen- sion. Lordinateur de bord ne 86 ISvi FEVRIER! 2015 ‘va-til pas faire une fausse ma- neeuvre et emboutirle véhicule qui viont do freinor dovant? Eh bien non. Sachant que cette voiture — qui sait aussi se garor soulo ~ ropasso la main ‘an conducteur dés qu'elle dé- ‘passe 30 km/h, Bt que I’élec- ‘ronique pilote sans a-coup. Si bien que, trés vite, on respire ‘ot quo 90 laissor conduiro de- vient de plus en plus naturel De nombreux conducteurs pourront d’aillours on jugor dans les prochains mois: piu- sieurs véhicules capables de prouosses similaires arrivent sur le marché. Cost que le révolution de Ja voiture autonome est en marche... pied au plancher. En ‘uno potite dizaino d’années, los technologies sont passées du laboratoire ala chaussée. Avec, ‘au premier chef, des lidars cou- plés de puissants calculatours analysant a route en temps réel (voir pages suivantes) 1 faut diro qu’univorsités ot constracteurs ont rivalisé de prototypes, notamment pour participor au Darpa Challenge, um concours technologique dédié & la voiture autonome Tancé en 2004. “L2MILLIONDE KM SANS ACCIDENT Mais ce sont indéniablement les progr’s enregistrés par Google avec ses propres proto- types qui ont donné une im- pulsion décisive. Le géant de I'Internet a pro- gressé si vite qu'il se hisse aujourd’hui au plus haut des cing niveaux d’automatisi tion répertoriés par la NHTSA, Yéquivalont américain do la Sécurité routiére. ‘Au niveau 0, le conducteur 3 st on permanence on charge $ de la conduite. 5 =A -SLASCMENSINES PRESSE oot CONDUITE ARRIVE A MATURITE PC ei PoE) yL0Pl Auniveau 1, quasi généralisé dans la production automo- bile actuelle, un ou plusieurs contriles sont gérés parla voi- ture (correcteur électronique de trajoctoiro, régulateur de vitesse...), mais le conducteur reste seul mattre & bord, ‘Au niveau 2, la voiture contréle deux fonctions auto- ‘matis6os simultanément, par exemple le régulateur de vi- esse adaplatif et aide au maintion dans la voio, commo cette Mercedes Classe 5. ‘Une voiture qui atteint le ni- veau 8 peut, elle, conduire de fagon autonome dans la plu- ppart dos circonstances, mais lo conducteur est parfois amené reprendre la main (pour cer- tains dépassements ou croiso- ments): c'est ce que visent pour I'instant les construc- teurs, et c'est le niveau de la plupart des prototypes testés 2014, avril Los vol- tures autonomes de Google ont cumuié un total do - 41,13 milion de Kelo- 2015 Systeme métres sans un seul Somme ee stationnement 100 % auto- nome, déclen- 2014, octobre Une ché par Audi RS7 sans per- smartphone. sonne @ bord bousie un tour du circuit 2016 Premiers d'Hockenheim avec | | modaies commer- la célérité d'un pllote || ciaux capables de professionnel et une | | rouler sur autorou- pointe de vitesse a te sans intervention 240 km/h, du conducteur. par Google, qui conservent toujours un conducteur. Enfin, au niveau 4, la voiture peut se déplacer sans person- ne & bord, Volant et pédales sont accossoires, C'est cot ultime niveau ~ sur certains parcours, et jusqu’8 40 ken/h— qu’a atteint la demnidre des Google Car présentée au prin- tomps 2014. Le socret de cette performan- ce? Lexpérience accumulée 2020 Pramiers madéles commerciaux autono- mes dans la circulation quotidienne et sur auto- route, jusqu’a 60 km/h, [2035-2040 Dans le monde, 75 % des voitures seront autonomes (d'eprés Navigant Research, IEEE). [2060 Les véhicules autonomes roprésenteront 75 % du trafic (d'aprés Fehr & Peers). avec les prototypes de niveau 3—qui ont couvert plus do 1,2 million de kilomdtros sans enuser d'accident sur des parcours toujours plus variés. “Notre logiciel sait @ présont détecter des centaines d’ob- jets distinets simultanément, deétaille Chris Urmson, chef de. Vingénierie pour la conduite autonome chez Google: des piétons, un autobus, un pan- zneau tenu par un policier, un —> CHRIS URMSON Chet de ringénirie pour Conduite autonome chez Google La Google Car détecte des centalnes d'objets en méme temps: panneaux, bus, pigions, cyclistes, policiers. FEVRIER | 2015 SMI 87 Pert Ce Nee ee eT ea ee eel PREND LE CONTROLE DE LA VOITURE Cr TE Ty OUR ele Ae RCs ‘itué & Pariére du véhicul, la “corveau” Sess ete oun eet a ae Ce een > automobile eg BT iat Pog ure Aaa, | Setaseat Seer Du Cc a Pte de ‘nance de la caméra, du lidar et des Ree eee eee CL ce ‘rajectoire au tracé de la route, aux Cet ene ec Pour freiner: il s'immisce Cee o a ad utp (un correcteur de tralectoie (ESP), qui freine les roves séparément pour ee ay ite sett clas cee ioe To CoG ee CS IT rg Corea C LT eta Tie Culateur qui régle injection de carbu- Pree ey COC ened CO Ra tes POCO eo ie eC) Pee ees uric reg Cc se PE ee cad Dean) La ete ee] BOTS eal ed intl LLordinateur connat a postion deta vok- errr as ns GPS, Fodométre, la centrale & Inert). Les comebres ery Fryar Pte ern ky ‘de quelques centimétres jusqu’a 500 m. Portée: 50 4 500 m. Elles et arriére eC cucu mei Solan An ger (caméra intrieure),recoft des infor- USO, panneaux et feux de AC ‘signalisation, mais aussi pié- Lary epee td Pe ae Ea See he ae Ce eu te aa ‘mentées par les constructeurs. Peru Ee eu tag Ee iy COE ens Poe sa Ceres Carney Pree ese rs ag ‘temps mais ne détecte ni les ees yet MUTATE Pein aeahn ing rc Caméra oe) rétroviseur Cees du moteur LE ery poco Pr To re eee Cr a Peas direction assistée od Cee RE Pet koa RON a) Crue oe ee & or ging onto. GONDUITE: LES 4 POINTS FORTS DE gement de direction.” A la clé: une sensibilité acorue aux imprévus do la route... sur laquelle les cons- tructeurs automobiles tra- vaillent également d’arrache- pied. L’association et l'amé- oration des technologies qui équipent les systémes d'aide a la conduite de leurs modéles du commerce (radars, captours a ultrasons, caméras infrarou- ges...) rendent leurs prototy- pes capables de so repérer, de détecter obstacles et mouve- ments, d'anticiper, accélérer, froiner, changer de direction... Parfois mieux qu'un conduc- tour, aussi chovronné soit-il (oir ci-contre). Les laboratoires universitai- res aussi voient grand: & Ann Arbor, 'université du Michi- gan est, par exemple, en train @achever la construction rechiniques automobile = ay FNC asa NASHASHIBI Directeur de cho 3 institut national de recheran informatique’ en automatique l ordinate feur de bor 0 ge vite que le conducte en moins d'une se 90 Isl FEVAIER | 2015