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Truffaut ~ 7 LE CAHIER CRITIQUE Bufuel : Belle de Jour par Jean Nerbont Makavejov : UHomme rest pes un ciseau, par ecaues Levy Rouen : La Chasse av lion & Yare. par Syivie Pierre Klein + Cassius le Grand, par Patnck Bensard RUBRIQUES: Courrier des Tecteura Le Conseil des 10 Liste des fms sorts § Perla du 7 jun eu 4 juillet Table des matiéres du numéro 181 ou numéro 192 CAHIERS DU CINEMA. Rovuo monsuolle du Cinéma, Administration Publicité = 76h Para. Comité do. réaction i 7 Jean-Luc Godard, Pierre Kast, Jacques Rlvott, Roger Thérand, Francole Trutfaut. Rédacteura on chef * Jean-Louis Comoll,Jean-Louls ‘Andréa Bureau. Secrétariat : Jacques Bontomps, lean-André Fieschl, Jean seen Pore irectour de la publl- le_cahier des lecteurs Goits et couleurs Diune longue ct possionnante tettre de M. Sokolunvaty, 3, ruc Campagne-P icra, Maris, ces quelques extruits signi- Fiewtife 4 Ce west pos ln mi W'éerire depnis si loagtemps, le temps passe. ou hit par savoir, mais comment rouver le temps. Je views de finir seule- iene votre muméa ile janvier avec. lt hhste des nvillours films ot surtout je viens de vor, pour Te premiére fois, Nuked Kiss, de Samuel, Fuller. Et fai sents iw négessite de mexprimer. ‘Tent abord, pour etre clair, je pense qu'il West pas pesible de parler dhe cin putreitent “ie ela ne Salt pis to argne, sans ire particnliére éitaire, iy a tant 4 dire que cela ng pont” prendre fave Fapparence di désordrs, « D'ahard, & propos de Naked Kiss, Le film de Sarmuel Faller est wn pokme sur owe certaine idée dle Tamour, de Phum ine | yue eckt découle dan Guution, me touche Deawicoup. Le film tle Gard, Dens ew (rois choses suis dalle, Phistaire de It prostitution A ravers i phénoméne social, éloigne au contrsire dim besoin d'amour hamani- tire. Je ne fais pas le reproche & Go- ddyrd Cavrir fait wun doctnientaire, mais je remarqe que la egalté dy phénomcne Sucial lai semble si importante qufil ne je dle € raconter ame oat notre. passif Timnite foreément, pour moi, la "A oppose, Fuller peut aiséiment imaginer nine 2 en transformation. Ainsi, vd Kis, la détresse et le saves taye me sont davantage sensibles car viseérslement subis par im stre partion Tier et qui me tonche profondément. Je roi qulaucan auteur de films n'a osé fire ces seines extrementcnt sensibilisées aiie sont les rapports de In femme et des enfants infirmes, Quin auteur ait’ pur eomuprendre ainsi qu'il fallait montrer gue sa hérehne uvait compris. qi Sayissait ce travailler et non pas de Nenser, mtétonne encore quinze jours aprés. avoir vu le film. Des lors, «Pun regard sans larme, il peut nous monteer som actrice sans un fegard pour Time nit le sexe mais simplement dans Pintéree ix travail et de ce qne Ton. apporte, avec foree, comme tne fringale, dit at temps perdu, «Je woublierai pas now plus ta Son film sons réeompense. ni tendresse TW sawit dun dépare qui nous est-donné comme ine sorte. equitable gn Setlement le combat por b wes auedleld le rachat obtenn. Seulement la beauté de ce qui eantinue, Pas de eri de victoire, rien qe fe In déconce, (..) ‘= Jfai vu ce film dans les pires condi Goits, aur stuia Action, ent 75% de la tion qui social « portéc dn. filin de Godard Samu! son dans 4 salle érait seconde d'un fousrire qui, je Te reconnais, siuténtsa am far et 4 Mie e gue le filus sécou tern certanns spectatents A rire et A se moguer m fil, pais om comprenait sondain est dleueemémes qils,s Gaient mo cn fin de compre, « Ce qui m'smtne A penser ggalement ue Samuel Puller west pas le gargon Yiseitil » que Ton eattend A reneontrer Gar le spectatene qui était IB ce. soir et qi Fait n'est jas Te speciatenr de Uisitme zone, et qu'il est toujours diffi tile avoir Ase mépriser aprés. sire trompé di tom aw tout site ce que Ton 3 wie parfais an début et flim et-qui pow ait surpronace Je considere «i c Noked Kiss ost Te vreinier film ste. Samael Fuller. Pi oi? Parce quil sagit d'un film de orahiste et que cette euvre mn'a donne Fimpression et le souvenir Je eroxs aiid ym toujours dit ic choix Wane histoire, crest parell_ po Nicholas Ray thins mere Wicloine et ne les Contoe de ia time regne dou Foufeur est un moraliste, méme ei est nidiférens, came Nicholas Ray est we Inoraliste parce «ivi proteste depts ton jours de sow ame d'étranger sur In terre Truffaut a raison = seule une cuvre A analyse, et chacune dles 24, photos dune seconde du fil de Samse) Fuller eet belle et est expliqnée pee I stfeante on bien par Tn phnta: qi Ta immédtatement précédge, Des lors, comment pouvoir analyser ee pouvoir de lz mémoire qui m'dtonne tellement chez Fuller. J'ai vw un ton inchange dan host A Tantce du film, pas de filtre: maxique hi d'aceeléraaion bratate. J'ai yw un reeit font se déroide sins rane surprise, sar fe plan de Ta mise en sefne, ont le réve des enfants. qui-marehent senchaine et Apparait sans my sousatitre et sans wn int: finalement, était trés anrtaciens Axie de le sorte, comme il est awa, eu 4 un homme de se contredire et de avoir quit vit le faire, Un pew comme hin jenne homme ile 20 ans qui anton vle'n assurance, que dans dix ans, pere dle famille, iT ne ragontera jamais his: aires tle fees tandis qui decréte qite Walk Disney’ est enmplétement € con». Pus, dix ans ant passé et le wail qui raconte Pinoedtio ot Ia Fée Blewe A see confants parce qiv'l-n bien wit qiie cela allune leur regan vet qe Tene parler autre chose, est fever parler dle rien, © On ne raconte pas un film. Mais on a edit de sige gue Samuel Fuller extrémement bore son aavre, ce aM Te sépare, actuetlement, de Jeansiate Go- dard, gar exemple, qui ne tardera pas spendant Ase trouver bient6t. Je dis ien_« Salorer som eeuvre » ct non prs forcement Ta visualiser, Ja dessiner : et pourtant il est clair que son mnntage est fait avant le tournage pisisque Ton ne gcouvee pas un seul défaur cPclairage dans som fl, jours Tai remargué que, 01 Tes ambres sont bien portées, tise ot plice West jamais nel wis réellement créée en. fonctiul eet dw mouvement, Pourtant, js compromls maintenat que eest Knniter In paride de ce que Ton fait que de penser trop longtemps & Tavanee a To slonmancement de san iécor, de la mén Tagan que cest &tee imité que dene pouvair commencer & rourter que lorsque Te icor a &é planté 3 Matheureusement, je avai Iw anne criviane she Naked Riss, et peab-tire we tour cela a été deja dit» Suiswnt de pertinentes ot discutables re~ Inurgues sur Red Line 7000, La Longue Marche, Le Rideau dichieé, La Prise de pouvoir par Lowis XIV, fe, lous films que mire covrespondant incl en ett Score quis des degres wives, Toutefois Pplusat que dentomer wee Ini wre asses Ssrile Uiscnssion i sopposcraion! gots ft mon cations (en pent penser. far extent Hew tont ens cstintant Naked Kiss, que fe premior film de Fuller est bet ef bien T Shot fesse James (1948) que certain. Son chefatansrn, ow encore que Toppee sition Euller-Godand weenie. cm fin Be comple, quis Lévolution de la notion fe poreonuage dome le cinéma mbuderne.) thon préferous remercier AI, Sokolorsty fonr la tree claire exposition de ses chole Forsonels, of Pasenrer-qne de telles t fron snl por nous. pla peseione bara- Ictre quant fa qualité de nos Tectenrs ‘que tent dhtife reproches ow feici Hons plus ubsiraits ct yéneran Le coin des érudits « Duns lu série « Souvenirs de Mizn= uchi », Yods Yoshiks ionne (= ‘nsro 186) Te roman ézotique et social de Tamura Tuyird # Nikwai no Mon >, quid tradait par Le Portique des Corps «fe tiens A yous signsler quan fla revitrquabie — en seope = cowlesies — bate tre par Sitaaki Riyoviori en 1963 "vil est distri? on Helgiqne: sows le tive ile Barvigre de Chair (Gate of Flee en sya) « MidieMinuit Fantastique » (x2 1g - Juin 1966) a ailleurs publig deus pho= tos du filin et plusieurs autres. de mime fata article, Ini seront consacres tres prvcliaienient. « Ces documents peuvent, je crois, aider A micnx comprendre votre définition de Ih mredle de « Pan-pan Mono», — Roland Lethem, 3, re des Daminieains, Brus tes, Fy rons conscillans de no pas. oublicr Womporter sr les pluges Ii & Table des Manicnce » des 08 191 Wi 180. gui tums fassurera Se réjowiscanfos fueanices, Hone sntile nous éerire plus souvent Merci, — Jean-Andeé VIESCHI, VIENT DE PARAITRE La plus complite des encyclopédies du cinéma TOME 1: DOWJENKO, EISENSTEIN, ANTHOLOGIE DU CINEMA FLAHERTY, GRIFFITH, INCE, rome 2 KORDA, LAUREL et HARDY, MURNAU, OPHULS, SJOSTROM BECKER AENE GILSON (paru en mai 1966). Reece eee Eee TOME 3; De MILLE, FescouRT, COCTEAU CLAUDE BEYLIE LUBITSCH, MIZOGUCHI, MUNK, = ROSSEN, MACK SENNETT, STIL. EPSTEIN PHILIPPE HAUDIQUET LER, STROHEIM, VERTOV 7 (a paraitre en février 1968), FEUILLADE ae Chaque tom FEYDER VICTOR BACHY 301 . Speer ece Seer e ace eee erereeeeer 52 sur papier couché, GREMILLON PIERRE BILLARD En librairie ou & GUITRY JACQUES SICLIER « V’Avant-Scéne », 21, rue Saint-André-des-Arts, LINDER SEAN MITRY Paris-Vi. 6.0.P, Paris 1353.00, © maurici 2 epécimons gratuite de « L'Avant-Scéne du = Cinéma = ot complet aur demande (140 films publiée). Pridre joindre 7 tim. “ sion £030 (peur nes hohe ee dans la nouvelle collection meas Etoawsey laa cpancive pamphlet de PIERRE AJAME vw mx fa eas e (wouBinBuneg 96:08) opel ano y (2908109 99 “@) sosop9ne snowe;p 8u030] pur] ove) suebig © IIB ((usz2¢7 ope) euBewou e| suep Bues ng (peep preweg) puena un, un4uy) 49}, sp opuewos "ynougoL * z (eund preyou) AoBaD wes 0H 2k Gouin Aoupig) wonssrosd opuewep St W ‘Gja2esnr jeneg) euMOY eure enbe¥D * (uas6pur snuBeyy 222%) wyor 426q, 2K elelxjelele|x/elelele * * elejeleleelee e (supiem 26%04) @Beinva (819 veqou) ynu oun anod eisung a e* 204 * x\e | el x/elxle era en (yedieyD eipuy) eeuuoU aA FT * Wiopuesyuag 104}0A) HHd InOH @ BINA (uisig 18 wee] “A 1 “<) 28104 @ SUNOY UA er 2 rr + * oF OE 20PRE (0807 yd980) wapiooy rr f1ane,p JOU RAE 208 ee Oe oa) saan quewinjosqe sion eee QPP ROOF soe * Errand Hon eee unon6y | @ sIon (eupeieng veep) vosuigou ep 99 mG (eH PIOMOH) OpEIOG ‘(ion0y ue) aie) @ uoq ne easeND seBuevep 28 9p ajnnuy @ ‘SNOUVLOD XI0 $30 WaSN00 37 PETIT JOURNAL DU 4 Blond qui jous ie rate. de Stim dane’ - Hollywood Con. teen at Fon congolt_sia6- ment (bien que ce aot sana apport) que le corps. <'Annie Buron au teint do. fruit la fasse chaud. Comme por ol loure on ne connalt, ‘8 por Berard" Fresson, personne {qui eolt dote de la stature Se Johnny Weissmuller et_néan- rmoins. capable’ eppliquer I facette de Tendoullon des jiee au porte, comme al fal aire ‘Alexandra ‘Stawert pour porer une patito robe toute Simple de lainage ver aman de evec de gros boutons de céramique dovée et une geile fen fer forge formant Tempid ‘coment dv. doo, Semi Fray pour mourie le conut Berachs ar aveuglement partien et Marie-France Pisier pour com porter une peau fraiche. of Sorée,_ un parfum dorchidéo Bleue et rose quo lo. gel sys! fait corte de terre et un ere ‘che-eaeur “pitt sede, an pourrait penser, en epprenant fauile viennent de tourner en- 12 un fim le Nouvelle Gridars, quill sagt de = UEcuie des jours = de Bo: th Vian. Et cependant Et cependant et Charlee Be! ‘mont (le godelureau chabro Tien’ &. qui te. tba perverse Bernadette Lafont fit naguére beaucoup de peine) ‘2 chois| ‘pour son premter film cade. Ter un roman ‘aul porte bel et bion ce tive, ce nest essu- « rémant pae pour on conetiter { calque fidélo et inutile mais fen plutat pour a0 liver Tui ssi 2 une. projection e le baits, en atmosphere. blelee fet chauffée, aur un plan. de ogre Sant Fy. sng buen ue ‘aan ear brulte courent selon leo- quele. Anéré. Michelin et son Somplice Belmont Tolegs tout loleir 8 ques Rachut de_profter doa effets feenques. des jeux ce ‘olella sur les robinots et au rai entre. dans ordre depute peu aux stu: dios de Memphis et de venpor — 18. Co petit journal 9 68 rédigh par Jacques Bontempa, Pa: Frick Brion, JeancAndre’ Flee. Tracy ou fa justification du De 1095 8 1955, mises & part quelques "ares. "exceptora, Spencer Tracy ne tourna ev'a Mev. Cat store Mage ‘or de ia fume. du Lion et, dings par Fete Lang, Conway, Fleming, Borzegs, Van Dyk, King. Vieor Clarence Brown Cuior, Keser: George Storey Minne, Thorpe et Capra Tracy 30 fetcows au. gener: ue dune vingtaine de. fims ‘omerquobiee uo lea dfaute ein datributon vendent ac- {Welemert pour In" pupa, Inviabies, Noe Milwavkes (@isconsin-US.A) te Sav 100, une fame iendaive, Spencer Tracy erengage dans {2 Morine pour putciper 3 la Pramiore Gusrre mondiaw ‘ba 1921, joue ay thasie, En 1922, pact pour New York ot rake nolemevent un petit ‘Bie dane A’ Royel Fanden- Mowista ae Wesilie ovlston eaten, isfy ages wii ha go>, aux ebtds d'Ethel Barry. ‘more. 1930 le vol dabuter au mice, + The Last Mi donne le" rélo princios Humphrey Bogart lore plusieurs productions de Te Fox cul se. sont les unes aprés les. autres engloutlos et « Me and My Gals "Walsh. Pius conny eet 20000 Years In Sing Sing = Ge Curtz, ou Tracy est en voyé& la choles dactique our un crime quil rapa Commis «Man's Castle.» (Cour ae ta Zona ») 60 Bor- 2ag@ (1933) lul cone enfin un ‘le do valeur. Dane le style omantique eméricaln. de = Je fun un évadb » et = You only. Tive once 10 in raconte To vio _déseepérée Cun couple Gracy et Lorette Young) de | Go Ig sociers emerie | Ure fin da toute Beauté | fea" révdieit heureux et unis iD aims spat pie af ote ddans_un wagon de marchen- dive, seul hevre de repos quo femblsit_ pouvoir apportor” 3 fe tela. daciasads TAmbrique apres ie krach, Dans le pre- ‘mer fm américain de Fritz Cong, = Fury = Teacy vetrowe wun réle simfaira, en butte & eine dune foule mourtriere ‘qui fat do luv un te ving. ait et que seul sauvera Tamour de. Sylvia Sidney. La meme. année” + San. France G0 -, de Van Dyke, oppose & Glotie Gable at Joanctta. Mac Donald dans le cadre du trem blement de terre de 1906, Conway tur donne comme par- tenalres dong = Uibeled Lady » lean Harlow "et le coup Powel:Loy, ot, en 1987 » Cap- de Victor ‘yedettes de Hollywood, fon iu valant, en plus du uceks, Un Academy” Award Tous lea talents oo la MGM, runta pour Te im (de Howard Hawks “qui Ie produit et en ent le. script’ @. James C Havens. aul en commande ia seconde Equipe, de Fleming ux mais dee otfota ape ian, et conugués 8 cos Seteure comme. savle Ty Mee tro. de Tépoque pouvatt en fourrir: Freddie Bertholomew, Mickey Rooney. Lionel Berry more, Melvyn Douglas, ona Gorreding),” permirart ainsi, non un chof-d uvre, mais un Bur prodult de serie, parte & fous’ les. niveau. The Big Giy + de Borzoge fot de ‘racy un chauffeur de. tox! tune infdalite & la MGM. ‘st tovrne pour Ta Pos un de rmaleurs hime de Honey King, Tovcelont « Staniey and wvingstone =," il person Storey Or ee souvent dune Ges plus belles = sosonde Equipe = du cinéma, eure Silo Brower, ot ea fabux ley et Livingstone, Io pre: mer syant rochers Bloment Te second. et deel rant simplement lrsau't retrouve = Doctor Livingstone. Voresume n «1 take tie wo- mons marque le retour Froty la MGM. sous lo rection de Van “Dyke Bor- Sage et Sternberg. esprit Savertura do. Stamey. Tracy Finearne’ de" rowveat ane s"Nortweet Passage «de king Vidor, sur Tavertwre 8 major Rogers, lutte contre fee" Indiens. ‘Clarence. Brawn Sige pour le premiere fale fioty “dane.” Edieon the Man's, “nouvel” exemple ‘de Fest plonnier. racontant el lee recherches inlassobieo de Thomas. Edison "sur Télect= thes Boom Town de Con- way "oppote do nouveau Fraty 2°Etare Gable “dane le tava Je In conguste tu pe {rote ets Men of “Boys Town » réunit Tracy Rooney our une suite du vieux sue. obs. de. 1938. En, Flomng fat do Tracy Dr Jekyll and Mr. Hyde = Bans entangle Se i MGM. Tracy, devenant Hyde tice ao fara comugutes Go Lane Turner et Ingnd Berg: =O ey ane Me = et en 1938, Borzage le J Fige de nouveau dans, « Mans nequin= eum eétés de loon Crawford, = Test Bilt» de Fleming, bon fim sur Yovis tion le fait périr dans une eatastrophe aérienne et en 1858, toujours. « Boy's Town» (2 Des Hommes sont néo =) de Norman Tourog, Mi vaut gon second Academy Award Dane’ To rele cu Pere Flans gan. qui ‘se dévous 8 Ten fence criminella, Tracy. oppo- 36.8 Mickey Rooney fourni Gait une de on plus brllantes Intorpretations. En 1939, Tracy is Vicar Fain. 138 ‘man, prenait volontalement le Contre-pied des versions pre Eédentee do Robertaon at Ma: moulan an aitant lo sujet lus Intellectualement “que Spocracularement, ol plu Steure scénes disloguées ‘sur ie poworr du Mal. Aprés cet rneormado, Fantastique, Tra ‘oun le dection de. George Stevens, ‘interprete « Women of the Years aux cétés de Sele qui deviendra ga parte: nore delecton, Kethorine Hepburn. Tracy. jeurnalste spot, "y époussit Hepbura, columnist, ef de cette union des deux exteémoa naiseait (en mame temps que Tun des res bons filns de Stevens) Avec Fadaptation de « Tortilla Flot de Steinbeck. Tracy, John Garfield, Hedy Lamare et ‘quelques autres, dant Tamiroft ore cee et Qualen, incarnavent des Spavee, dies deracings, top tues, baineux et enfants, simlables par Io sock En 1943 George Cukor diige Tracy, de nouveau aux ctes Ge Katharne. Hepburn, cane “keeper of the Flame > Fm imeconnu, de "grande. beaute, dang leave! fe Journaliste Tre fy découvre que Modert For Fest. dont il elt éerre la bio graph, wa poo wn ent tin dangereue foscisie Une Bimosphere de mystere. lo perfection do toul-un style fechrigue et un sujet qu rap: pelle «Ombre aun Doute plus (admirable eouple Tracy. Bepours, formaient los la ments, ies plus fascinanta Ge ‘cere couvie, Tune des plus révecies de Cukor. «A Gay names Toes, erorge fan- terse, permet & Tracy, tu Combet de revenir sur terre pour guider To cestin. ¢o la Femme’ quit aimat (rene Dune fi Pour «the. Seventh Grows =. deprés) le romen anne Seghers, Tracy ost Sig6 par Zinnomann. dem 12 pourauite” tperdue "ce Sept evades camp Ge Westhoton aor tes. Nez Seul dee sept hommes, Tracy Schapoe. 3 a mod. Morya Ustoy le sige eneuite dane” « Thiny “Seconds over Tokyo ob incarne te pro- moteur du ‘aid. amos, Doo. Iie" Avoc “sWitout Love = Ge Harold, “Bucauel, Tracy trouve Hepburn et joue ie rble ‘Sun savant. “En 1947" lia Kozan le -dvige avec Hepburn dona = See of Grose ~, Beau rble pour Tracy, Sait” dun + cate, baron ‘Adepté du roman de Sinclair Lewis, = Case. Timberlane » de George Sidney. fate lus un juge qui épouse Lana Tumer e dort la « mosali ces provogue indignation Ge see adversaices «bien pensants -. Nouvelle "his fore de politique avec “State af the’ Union = do Co- pra ou, opposé & dos poll iene sana acrupules, ‘Tracy trouve. aid par Kathar ine Hepburn, la force de les combate, « Edward My Son ~ ‘Un doe fares tres. mauvale films ide Cukor, reffre guere Houreuse- rent, plus amusent est, da rméme Cukor, » Adam's Fb. = (ule proces de lucy Holiday Oppose Tracy 8 94 propre femme Katherine" Hepbure Gane un ce sea rares. roles comiques de époque, Tracy, tenant @ le fin du film, en far aie = Vive le diference. donne eu film comique une de ea" plus belles chutes avec falle ‘de « Some like It Hot = ‘vac ‘« Malaya » de Richard Thorpe, Tracy et lames Ste- wart en eventuriers de for- tune, coat més 8.de sombres feventures dans leo confine Suatques. ‘= Father of the Bride = et « Father’ Litle Di wrdend + tout Tes deur de ‘Mingel, gont les deux volots merié & loan Bennet 2 fille Elabeth Taylor 8 Don {Faylor Films eatiiques et tres mmachante, ob Teaey donne un feet tres cur de TAme- fican Way of Life. » The Peo ble egeine ‘O'Hara > de_loha Sturges, fat de lul un avocat criminal, victime do gon dase de verte. Pat O'Brien, am) denfonce de Tracy, jove Callous un petit rio dans. le film» Pot ‘ond Mike = reunt sous la direction de Cukor. Tracy et Hepburn, tlie champronne an puis Seance, ul manager." En 1982," Brown retrouve Tracy our’ « Plymouth Adventure + Qui raconte odyssée des pé- Terme du Mayflower. Tracy y feet le eaptaine du navire She Actress » réunit Tracy et Cukor, “dBerivant opposition Gun pere (Tracy) & le volome de aa file (lewn Simmons) rive de Faive du thedve. Gane fe “remake do = House of Swergers = ‘ce Mankiewicz, Tracy succide & Robinson et Gest + Broken Lance = de Dry, western efficace qui thent guriout 6 la perfection do Fintarprtation, nelammentcel- le Ge Tracy #4 tren, proprie. tire despotque aus: odteux avec se9 fis quavec. ses fivaue En 1955 «Bad Day of Block Rock'= de Joha Sturges Jul donne un tree beau rel ceil dun homme qui re cherche ‘dane une» petite ourgade un japoneis qui a ate vietine du rectome local (e viclence ‘doe habitants. no peut rien contre Tracy dont Sn se rappelle Ina deux mor on fe oe fi ta Baas GR Gly Pome coax de brovoure, quend 1 mmet KO. Emest Borgnie. et fabrique un" coeitall” pre Molotov ovee ‘do essence tae crvato Minox ve pom fer aur" s'Ihe. Mountain = de Biyry. iaborcuse adapiaven de Troyat, ou Tracy en gulde de Charen est pe conven ant, = The Deak Sot do Wali Lang, 8 quun iter elu de agonner h Teaey Rrpbum comme partenaire Fred. Zinnemann, pula ohn Sturges s'ataquent enauite au = Well Homme et lo Mere Hemingway pour lequl Tracy fs nome Candida 8 omy. "Award. Accabia do freneparences_ hideuses, fim est une. tone. decent cove racy sine heurevone ment "avec on fim. suvant io méconns’ e Last” Horreh © ca Iohn Ford, Campagne slec- torate et mor de Prati Skah fington candiet tux lection, cheted cove de finesse. dine terprtation do. Trecy qu re: trouve "done. Ford. 28. ana tprés cee dtbuts «Inher the Vind = (1950) oat etx to de 'Kewmar Tracy” y_ Jove Fevocat ibéral Hey” Drum ‘mond {en réaté le modble on Gat Clarence Derrow) a étend un jeune professes Sccues Savor répondu Tos ihores “de. Darwin Dane «The Devi at Four Clocks Fun'des" pus mauve ins fe LeFey, Tracy jue un pore srvant ge growaques aver ‘Gree mela eveugle et con ‘ict, ‘Sossee ‘at. Bone ‘een inant, Tracy y meu veka ean borme, Aveo «udgment fs Noremberg sy il retrouve Kamer. iy joe lo uge Hey. ‘wood chogé do loser fen mile de, guore mas M'flow the West was von + de" Pore Marshal et athe ‘ray’ Tava comme narreteur Bon 863. i tourns our ‘Kramer cits a. mad [uo le espitaine CG. Cul ber dont Jerry Le le chapeau et qui, 6 la vail de ea retralte, écide de 99 Iméler 8 une bande do repre Sentonts “de American Way of Life en quéte. d'un trésor. Roréa. co fle, Tracy, grave: ment maiads, ‘sere oblige do folusor plusieurs rSiea. et tl 79 sins remplace deux fol bar Eoward G. Rebine o The Cincinati Kid {Cheyenne Autumn». En 1967, 1! accepts. pour Kramer do jouer eux 6180 de Katha Fine Hepbura +» Guess who'e Coming’ to. Dinner =, histoire Sun couple cont la file ép0u- fe un Noir. Le 10 juin 1967, Te tournage —etent” echevé, ports en terre par Frank St fie. George Cukor,” Sterley Kramer, Jom Ford, Gerson Kanin, James Stewart, William Self et Abe Lostiogel, 309 ‘maneger. lueagu'en 1955, dato de aa brouille aver la MGM. et de son Independance de contrat, Tracy ineama le. per Testion de tout un style do Droduction et fur lillustration Gun des. Glémonts moteura de Ago dor hollywoodien le ctarayetem, — P.B, Rencontre pré-posthume avec Toto, Prince des _comédiens pour plus tard, loreque. Toto fyalt ‘d6j3 un grand poses Cacteur "comique, do =e bots, presque de claws, et faved deja. atteint le sommet ‘st gloire lore de in se: conde guerre mondile, avec See. spectacles mueicoux Jouss ‘en compagnie Anna Magnan Le succka de Toto dans le cl- ‘néma italien oa jamais eu do {allee. Un fim de Toto 8 tou Tours &t6 un produit bien pré- cls. que le public coneommait ‘avec Un pleiair gone mélange, Bane ‘son personnage, i! est portant er une composante réatiste qui Wl a ‘alterner gon activité je des. filme. dont Ml et co-auteur — la pupa — et ea" fime dane’ Tesquele it =r de oi» my Joueit un réle, avec le respect d'un ecteur qui eroit en | suves. Il s'agit 8 principale ment des filme de Pasollt ot dds film de. Roseelint (< Dav'd ibort?»). Les personne {ges do Toto ont toujours do. souche proldtare. ting — de Noples ‘ulte, comme Eduardo do Fi lippe' at bien autres ltaliens Arle étaient done des. uc~ ‘cubes, at dans «Oro th New pol», des persdeutés, comme ane’ + Guerdi © lade», rec une dignité ‘comme dang. eal "(ele Pigeon ») ou farmes de joie > (Moni- ‘mspirat du_méme monde Gans toe podsies et nae chan fons, "qUil considérait evec grend “sérieux, avec “uno Bleine conscience de leur vor spectateure non.tl ddowert encore découvit, 168 ie "de dalectes tant irontires,plutot aificlies passer, ot dea hima comme Yolo Te Moe =, ou «Ei 6 arora, ou. = Mieria”@ no: bite ne par et pour ourant, ses grande ms eux qul "youl Interprétor our leequale i" ecceptat co Fatre pes Te protegoriste, ou Gate ‘peu pave: reotent lea fime de Patol, - Uccalece eo Ueceling=. «La Terra vista Goll tne - (one = Le Ste: he). et « Che cota sono Te svete - (dane » Gepricca te: Manes. enero Ing fle tue Toto avait accepté avec fnthounaamo, of quit consi. bron comme. ton testement Spetuel Pour ‘tes fare. 1 tat conte. 8 un metteut en foene quil extol, quil ap. pelo“ masatro® "lee pre friore joure eur lo plateaus ot But obese mime tes forces physiques. vonnient 8 Tabendonner." Laplace gue la presse ta enna 8 réservée 8 00 mon. IaN8 gut, 0 86 énorma, monteé 8 guel point état ime Le cintma, pourant ne Travan’ pasa: bien trait, ga Faved contain 8 ne tale mmentve de son trés grand mo tier que dans dea onuvres 8 vitee 06 Sem, 1084 nbrelement feciles, 1h Foveit compris, st jl avait vouly tre fuimame "dane les couvres ‘doo autres. miralt beaucoup, dissit de lui ull etait un” acteur. rere parce quintelligant. Et tl Fravalt écrit (ch, « Cahiers » 1178) comme un fiug =. est sine! aul vient de. garder son souvenir, ‘comme ‘dun inetrument cap ble dimproviser “un “concert mervelleux sur une partition médiocre, et désireux. en mméme temps interpreter en fin'Ta perttion Sun metre MP. Cet entetien 0 tb réolied & ome, en juillet dernier, dane le cadre do Fémiesion + Cx nésates de notre temps. Congacrée a Pasailn, Dod Aree Meo Devil sare Sete? ot See Fa Torentation un peu particu: libre de. ces propos. Toto, avec son immonse genuilesse, ¥témeignant mans sur Ter D'suire pert, un fide court extrait ayant’ ete Uline dane Te. montage ete ‘ili -de Témiseion. cette rene contre. peut aire considérée ‘comme inedite Question Comment aver-vous ‘Sonu Peedi? Toto A Teccasion du film. Je cconneieseie tee" foment. et ‘se8 pobmes. que Jepprécie beaucoup, [e savels quil état Fonda nos meilleurs. eer veins, et loraqul ma propose ce Fale: jerais.itéraloment avi,” enthouslasmé. Je ne Conneiseeis as ses flims, sie ‘non par réputation, car Jo ne Yoia quare eu. cinéma, Eouse de ma vue tres Trible Question Qualls. aiait votre Vilon personnel da. person- rage’ que vous deviet inte preter? Toto Pesolini est venu chez ‘ol, at Il ra tout explique A partir doce moment, I ny tat plus ce proiémen part Question Pour vous, ce rae Gtaitll tree different de vos 10 ‘utes Olea? Toto Oui, Javais fait be coup Ge choses superavant, mals jamais dans un registra ‘ussi riche, auasl complet. Un Fle comme. celuida, c'est le plus ‘beau cadeau ‘que Ton Pulsee faire un actour Question Pensez.vous que Notre role dane « Uccellact! = soit un role comique ? Toto Absolument’ pas. Pour snot, ce nest pe®, Un film co. fmique,, méme sid Test" pour Pacolin. Crest une fable, une fable tagicue, avec un’ por sonnage " profondément "nis ‘main, ‘Question « Un uomo umano«, comme on dit dans le film. oto Oui, un vom umans car beaucoup dhommes ne font pae humaine, nos? Question D'apros vous, qu'est- Segui fait rire les gens, en Toto Tout. Ma bouche, mon ez, mes orcilles, mes’ yeux, mmo fagon de perler. de mor cher. Méme dane une situ bon ‘irste, je fas ere, c'est comme a Sie pleure devant {a caméra en racontant une Histovre d'un tragique intense Me Temme mia fait cocu et in’a quite, Je ne mange plve Sepuls. ure semaine, Jo. ne ors plus. un pot. de fleure est somber Ie ae her Fo gisee cove un avtobue ot |e. tbe euis.cooe6 la jambe, few-las gone aevort pies on ux Sone. doute parce cue omiave fe appel 2 one Ceroine.méchancete, ef qui feat compter avec Question Comment expiquer Sour raver Jomsie ait une csrrere. yruiment internat: fale? Toto Por poresce. Je a'aime pas Woveller Perfo, tr mar fee, deme dire que [ourale pu tire mioue que ce ave jal fa, mais voll Question” Pours Uccelice Sous saver pas travallé non piso? oto. Pos vraiment Jetty die jomels mee Blea, Je lie implement le texto at je le estore ma fagon, i me ntre dedana + ot Jo le roa: Gore, crest tour. La cifficute a Sane arrét Par exemple, nove on avec "gulove part ft voudein a dispar tout Tapercevions un psu plus. tard eu sommet” dune Eoline, petite sihoverte gut agtait ‘ou loin, et i faire. deur kilométres pour feloindre, dane Ia. bove, pou river au sommet de Ta col {ine et toumer une autre set ne, tout simplement parce qué tun'moment donne I etait tom: 6 amoureux dun eadrol ‘Question Cela veut dire que marge dimprovisaton slat grende? Foto Improvisation pour mol, poree que lu, i sovalt ce au Noulait i était eur de ul En isant te Tre da im publie par Garzant. on emarque dascer nombreux chengements oto ‘Ou, beaucoup de dialo- gues. de positions, etc. Peso. Tint ime adapter lee. person. rnaggo erte a lo personnalite de Facteur at Jee ney ee « LOr or Rie ‘Mais i faut toujours faire ce qui vout lit St Tecteur ait Mon pourrait faieo gas, i fepend out, outs, ot a mo ‘ment de tourner, On fait & 900, ‘Gee. Question Je pense que pour Yous, e'ttot une chose oboe owvalie? Toto Bah, pour etre franc, oul, parce que dane mes. hime Jusqu'a présent, c'état plutet ‘moi le patron. ‘sans me. ven~ {orl Fel Thabitade cadepter ‘choses 8 mon gré. Avae oto Non. Je suis un ecteur, et pour un acteur, il ne dolt pas y avoir de choses plus Gifctles que autres. Il doit savoir tout faire. Il neat pas question pour lui de ciro = je fais fare. ca, mais pes Ge... Cerne serait pes sérioux. Question = Uccellace! = eat lm’ de gauche, ou de Toto Ah, quelle question | Mol, Je ‘suis -apolitique, un fcteur ne dot pas soccuper Se ces qustions 18, mala jo role que crest un fm plut toe de geuche, Question Piutoe? Tote Out, plutée (ares). Me iro que fe fim ne ‘plat pas. beaucoup aun gone de dele, gull plat moyernement 4 cet Gene for ot daventage ceux do gauche. Mal cbt ne ede a Se crow ni de gaucher Jo Fame, vei Question Pourtan, vous ates Gronetocrate vous Ses orte et vous Wouver normal de Bio uptime couche? Toto Bt slon? Gest mb toe Uacteur dot ere comme ter medecin ‘ou ‘comme. te pratre I dot aller o0 on Tap: Bolle, 0d on © econ de i Etch tédocin Se rend aussi bien” au.chevet. un male do arate quo do gauche. Queeton Geta veut dire Sue" len cineestes’ sont es mroadec oto Non, mae I y 8 un oso de'ge, Enfin, pour mo, rouge ent blane bo noi cost to Question Dans le fm, vous Srer ‘corse sttudoe” ot Sore ‘opprochent dea prone Comques musts: Lore epres Srole mange fe oorescu, wos faporee sir ta roxte, ‘ele Hoque évidomment Chopin. oto Ga fo ne eats pane Cho im eat ft grand, fest im. menee. Chapin cest in tre, mole aus plus modest. Gea ehoses tes aut pewent lee dire, poe mol Ce Gul est wal cast que tous comiguea, “fun moment Gone, retrouvent on pas tua e'momes, ees, is. sont tote, gends Ou peti de le tnbme “anile. Leo cists eo: imiqes ‘sort toujours les 6: tren et fe congue ‘est do Toujours. lene crate pas, per onnellement un ‘comique Srelon ou moderne, Gest wh domaine précs, ngoureus ‘et Gul ne propresoe pas, Voss Savea, Pancha evee mol un prof ge rim comiase, ent. emant moet et fal Wee envio Goleta, Question Guolee sont ee d= Rrences entree facon de teavallor de Possln toll deo autres metturs en ecine, comme Moncey Stara, Mas: trove, te Tero” Checin 9 200 syle ao- Posotet, ‘comment ‘i Stomme Pan foneionnae du cinéma. C'est un poste, et Taiese guider davantege per son inspiration ot en fone Luccellini», c'est de la possle, Question Quiest-ce cue c'est, I podsio? Toto Quelle question | Lo potsie, c'est la potsia, il ny Spas’ Geutre. defniton. Le Poste est poete. Et l'spisode Ge saint Francois, par exer ple, est une potsie a Tints. Figur de la. possie, lee. esr Sons, fea anéares, lee percles Question Que pensez-vous de episode des ‘Chinois 7 Toto A vrai dive, je ne Ua tues bien ‘compris Quertion Oui ‘oto. Et ils ont form, len Chie no ? Alors pourquol iis ne Festent “pes. trangulles (Je res). Mai auils Ge que vous me faites aire Ja 7" (eres). De toute. fagon, ils aont et fain Question Pas du tout, tout pres = Le. Gi cine Toto ‘Gui dit ¢=? Mol ye suis rnapaliain, pas chinole Vous Cconnoissez Naples, le Vésuve Ig mer toujours bieue. Ie cll dlazur, comme le c&te d'Azur, que jaime beousoup euss Er Paris, ah Paria Jo Folmeraie bien’ Biro. Fangal Quiestice que vous étes train de me faire die? Par. lone dautre. chose Question D'eccord Vous avex Gautres’ précisions our lo owaau fim que vous devez faire avec Pasolin'? Toto je asi seulement cue ce sera muet.Pesolin it que fe sera un flim comique, male Je me métie un peu, De toute Fegan, game tonte, parce que ont ee ‘ ourrat donor toute mn me: Sure. Taime jouer da mon vi- Sage, créer’ des emotions. vee. Mais je naime pas me Igor morméme. ‘Question “A port « Uccellac: Gia y atid Ime ave ou “aimiez ? Toto Troe peu, 4 vrai de, Question’ Vous 2103. s6vire, Vous savez, beaucoup gone. siment ce que vous feo. En cherchont bien, vous ne sauver rien Je votre car. fare? Toto Deux ov trais_chas tout de. méme, = Guard! © Tecris. par” exemple, et + LOro di Nopoli. avec lo Sketch “du pazzarelio», Gmouvent. cruel, humain. Ma Je suis peur-evre panial, par ce cua la corde napoliine bce chez ol 1s Nagra et tradute por lean-Ancré Flee cn) Epitaphe pour une douairiére immobile caer perme eneal Dong = Le Pott ot lo Grand da Vougeslave Ziatho Grgic. un bannomme ‘rose et wun Bonhomme vert “se” poursul: vent avec la meme obstina: tion meurtibre” que Mim on “Coyete. Apcéa ter ‘gage de plus on plu of Fonte, sia warrbtent etd ‘mandest = « Quel eet te. mo Sage de tout cect? — I n'y fa pas. de message |» Uguteur lurméme prétend que cette ste. de animation intellectual ipos: ote, A Zegreb peut ‘mote poe dane le reste du ‘monde. Et mime 8 Zagreb (Wow plus. baa) ‘Annecy 67 hésita pendant ‘de pauvres 5 8 deux ‘dimension et Tee plus fas Gioux pomphlets poitico-ms Tephysigues. La plupert du temps, pour faire bonne me sure, on mélangeait Charybde et Scyla Fai longtemps cru, par exem ple, que = Le Mouche », dea Iuotement Yougoslaves Alek Sandor Narko et Viodimie lu: Wrige, état un mervelious Im fantastique, 08 une mou cho ordinaire devenait peu & peu aussi grosse. qu'un bonuf, Sn" bul-doger, ‘un grate-c Sune mantra ths angel ante, “C'etat “inexplicable comme de it belle 2! bonne ference-hevan. Lerequ'é le fn atte bestiols, reprenant “une Simension a notre. échell ertsit bras deasus bras do fous avec Thome ‘identitiett ‘une mouche voles Mon’ Doaheur ® irb sutant que Tinnocence. Pure jni-dbs ouvert en quatre langue dans Uabondente et géns- reuse documentation de Ze Grab-film, Texplicaten fata “Dans "io rapport entre ‘un homme et une mouche, abst: ation fastcieuso. do Che ae transforme Fitable obsession dovient un: vt Ia conscience. Et patat et pate blame, le Blu cerebral vie nant ghcher (0p, meiteures Intend Pour Aonecys tout iavmmonds se erat obge de [buor impor. Rien de Bios. tte eu. ‘cere omens eingeat Ton gro Fe Sisson. dome un grnd ie (oxnauo” aves Sa Senenre et dour fave) fon mmansiscr plana tu) aire dane Leo Coen = aun Gurdon dun proonnar ext Eicete dane une cove, dot ta garden ett hasnbme- ot aut eo. oboun distin ue en cutre por une vio- Teneo maedive et un goct de ebsurde qui lul font rejoin= re loa impasses do Tonto. ATune eth Fautro on pourrait adres fer Ie reproche qu) faleait ‘eutfaut deteater Fimage pet mage ‘sh tout peut erriver, Fion rest intéreseant. Creat“ ndonmoina B Fextréma Pointe ‘do catto Himite que ‘ituent — paradoxalemont Ventabios valnqueure. Aux Jeux: Oiympiques ce anima Won, Tes. leponate ‘riompnent, avec tole hme d'une me chenceté inoule ts Lea Gute do Voit Kuri, - Oxee Murakami eat tel. Tement aspimilé, intggré& Ia vie américaine, qu'il ne pour Fait plus ee faire comprencre Gens une rue. de. Tokyo. En outee, en technique ast plus roche. de fohn Hubley @ue Et" pourtant_ fon passéde une fore incerté, aut Fopparentent aux misanthro- pies nippenes, lain du peasi- mmisme=iitéraire» 000 Complaisent béatoment les futees arimeteure, "Sous le pinceeu “de Murakar ham ‘mea et femmes. ee. divorent ft vomissent comme des ec toplasmea, au yihme de Is ‘eri. prevocsteur ‘Un dégost, profond, une misogynle perd & wraie, ‘done mystérieuse, in cemable, se "retouve dane Ses CEufe. En bon lepo- ele: «Lee ufa du marquis Se Sade. Dene ‘le dessin lindaire. farier”“oux opecte: toured “AOS, », daa coute cupolas Industrie ec Brisgeo, jalit im porte, ql. voli Kur se des Uingue par son rafus de Fes. et do Cexbgtee, teoupeou des port aut ‘onco eter peteton va, enigma: ono "Kurt fava teehee ‘Robtit aucune récompen Tent mou Dans ie ailoge, on élove Furutows est ‘passe totale: tment tapergy avee an ‘s- ‘able '* Gxed Mans cu: dure trois minutes, Goyeagque fate ‘Fun Nome tea do tauroou parm! lea grateciele tu {outa on dire. Ub encore, ee Gown la terour vrei do Ta Sautuee, motion per Ia fo: ination de la mort Lemon: tage ranide (exseué par Yo} Keri ‘uuméme)accentue le wrtesse. dea chongemonts, do Dberspective, comme er lo dos: Sin fron pur blo oo Gi grand onguie. teint “do tole” tureuse. Le vendcoge ra "contnuelement ‘ou sythme. eat ds: to viesee dos me: temorphoses. b Tintéseur du Bion, ek ees trove minutee nt comme une canov. he de. dynamite ebt6, len fomeux + grande Drie no. pesent guére urd “Avda cone. asa = 0 ‘ust Otero ost un banal pom Bhi entmiterste, dont Ta Bémagogie cheneonnisre 0 hantra le publ. coo pot fallen "y" Guortior Latin. A foter qu'un gog eu maine ¥ revtla ‘une’ reminecence. (al facie) dus Av" fous Ge Yo! Dompteur de vages oy you fosieve Orage,” cast “one ‘movture mage par image de Feapnt. nmoresien, praca 4 Un immense ‘chev ‘mca fue, ransformé, 8» Possie =| fn Pégose de for por a der brea Us pauvreté dnapirtion et to René todoin pourault la veine mathématique du maitre avec See paraites at inut adn sare et aad (Gre tre ar a Beri Ts ie ag Gh Sa eater ty tes sur un tangle», tandie av'un Pierre Hébert quintes: Sercie le graitage de pall: Eulo avec ‘un errache-étine Ingituld "« Op Hop =. Cet axer clee oculae tut injstemont sie par un pubke”ventipo= font’ qu! spplaudiasex pour tant _nimporte qual. N'empe che que excellence de + Op Hop = apporte nen, sl ce reat "quelques conjonctuntes Selutsiceo aux yeux dos imbs- Pour na pas me torger une Gtolorable reputation drs bileve, Ie cede Judieuse sutocritque dudit Pierre Hébert: = le crote quo VAnmaton so” mourt. “Et, ‘want de mourir, alle tourne fen road autour de quelques Schemas humanistos uséa jue ud la corde, Apegs Te 16. Wospective aménicaine, le eroi8 que nous ne devrions pes decuter de Ia. pater de Mickey, aia plutst aller Symbolquement “noo powvres gadgets pains de Savon nua fave howe Sno souraitmieur sa, at seus rendre nowemege’ Bc Gur aavve tronnecr Annecy, ib ebironpectve fabulousn Go Certoonoméncain. QU lat San Viner MeCay Tra08) 6 tn Fran Yoshino Technicor tor (ioe), verion doe tard ot log. aine = ‘polntI {igre ie Chuck Tonea. Jono ons pros outer pour ine’ port certain Fel To Gna, ele Switches. Witches © GOR, dont tboa’ Shep Taton’ fa rdce, fone, in rapt donsaent one Te ton b toa ‘ton succonseure. Te’ vactable poese. fast chorchor dane ces" mitomor hoteo olue qvowdiennes ob fon linn te vovourert over tire “tte de oq et os {e prophéteait ly 0 dx one 2 Voptimiste And-é Martin, ele pose, immobile, tele une Sovmriore,Eeoutons encore le sage Pieve Heber = « drat e'aréler, fermer bow fermen dane det alice nodes outer. po ‘examiner fp situation vee ‘meximum de seriewe fly ve oo notre view — MM, Pis"—" teehee consternant du premier long metrage de Woatesian Boroweczyk, + That tue de Monsieur et" Madame Kabel, ‘mente une enslyse Gicsecibe de co curve! hati et les etayerat pits, en leur fournissant un “exemple en: core plus. étendy et mons Poursuite de VAnimation WWollgang (Woolie)Reitherman aohtve = The Jungle. Book = Buroane depute mono Walt Disney” Retherman.” qu _conmenca Somme dessinateur cher Di ney en 1988 et Gur 0 revailé Sur toutes. see production Gepuls = "Snow Write» et ‘Fantasia jusqu’ = Sleeping Beary =: erotaue ia ongue fenton do's lungle Book» Pevaguomen (vee Rodyerd or les eugensoe iisemolorce cae les Tonge" métages animes, + ‘lect ‘une question de dure fe rapport ourée = Sitsin = Un cortoon ee 0-8 7 Minutes peut ee. permette Saire inrosenbiave, mos uand on dipaase ts’ 30 mi mutes, faut une Retoie en filgene, Un supper plus so. tide Cou naagent lea. élane fantasiates "C'est une Ques: tion” de. grove, Je wowve Romper la creatine et vous toret en mnuvace” posture, Gar vour eaves plue gue det SNignattes «La Seconde ra sant Ja longueur de création tat que le simpliets de des. fn gu fate charme dun erwoon de dix mines est te Sinportable aur une heute et +The Jog Bk } ' demic. Imagine: le générique de Pink Panther "en long mmétage | Wels eines Ia «Ril arumation +, une ani Talon fade et naturee, qu Snipe évidemment. beDvcoup Se deosina pour chars moe ement = Usauipe Reitherman comprend Sa personnes dane lo = rogi tre crenton’s cing korvans wcapabies Ga réerne oes aco: ie nowelles possi yesont ou soe Sr enimteure ro: frement ot. fos evo co Rowgh et’ dee anmaux George, Sanders, Phi Far tovle Primo. et une douraine Ge comes ona cessnt- fours "supernaeura™ (+ back: round ortste =) «gun rendent Eecoaame oetinite agreabies ESR Se rectou dea smungue — AN Avec la oartcioation dE mio Sanz comme directeur, le Tes: val gu Tim documeniaire de Bibeo. cornat. en 1981 son Sane un état chronique. de erse, Tol quil sest aoroule fete année pour Ja hutieme fois, le festival n'est quune monifestation ‘de ‘coure por: ee, contormiste ‘dene “ses fambuone, ininteligent dans $05. entbres de sélection, bourgeois dana sa_mentate antiberal dare sa” = polit Ques Drutre part, sl exste 2 Bilbao une idee du lasers: me st culiberaisme assez Bittoresque On ce. serait ve" fonuere ‘passé de. fim, tele gue «Die geatfen von Saint. Traper s, de Gunther Sachs (avec. 12 collaboration anony= sme, diton, de Louis Melle), Propres “cepandant 3 épater Sm bourgeois dole dune men. {alte peowineate auss ‘Qu’ Bilbao. De tei fi fettent en méme temps Sécarter du programme toute Image dune ‘pore vierment revolutionnare. Il'y ut Bi ie fim. cuban = Now =, do Santiago Alvares. cnuvre de. montage rea _sigourouse ot ftficace, ou a! est question du probleme de. discrimination Faciale ave USA. Mars les Faisore qui ont détermine ¢a font quere de ‘appar avec G0 qui constiue Tessentel de fon idéologee. Le" Certamen de Bibao eet one un fostival qu cherche Sreeorter sous de. havies Protections -. Il est agser r@- Vélateur quun de ses. direc: eure vienne. de cecevor lo Séeorstion de FOrdre, daa: belle Ia Cothotque pour soo aetintée. De son edte, Te pur Bic reagit on accord avec caractore dy festival ai lame gon adhesion Ia. plus senile “et _aboutque, “Apres 1953, on. ignora_ Ie. sfflement 8 Bilbao ot seul régna. ap: plaudiscement discret et ben Sieve Uscmirable «Un jew si sim ple. le meilleur film du tes tal" eng doute, fut incom. aréhonsiblement boude par le jury. Avec une parfate cor. Feepondence envve image et To zon.le fim de Gallen Croube tse fait progrebaivement. au fir @ & cena qui ae deve. lopee, forcant fe speciateur & conver = Sans Te jeus. Avec Te ceremonial de Chabiliage nal du youeur, le cercie se ferme de maniére a placer te spectator en son” contre momo. Avec» Un jeu ssi ple, fa seule couvra vraiment moderne cy festvel fut + El fing =, Oscar Valdes, genre de. “éflenon eur le. monde ‘civel de Ta boxe 3 Cuba, en ailigant lee ressources du Ginema direct d'une fagon ‘qu'on pourrait eonsiserer com: ‘he Wee vraie sun involon: {aire canformsme moral ne lo Fédugaltconsidérablement Mais’ les images du comhat ont parm lee. plus dramatl: vee “que nous ait donnees Te cinema sport ‘Ay contreve, Claude Lelouch ‘38 maintient avee. = Pour un ‘mailat jaune » (Miguelch ar- Gent) dane le simple abstras- ton plastique aves recoure fur piue facies effete dbco ratte {= Senntagmergen «| (Miquel. or) de TAllomand Karl AL Haméun, est un film acodsm que at formalste sur le mon se de. prattion te. Per attra une. iebanté Bbstrato qui so degoge dure Steucture “purement oningue fu) annute tout rapport vivant fntre Tes personnes et le de Gor oi ws evoluent Un autre fim ‘alamand, = Die Poletien er Moda =. do Hubert Vase ly. mente” 661ro. mentionne @galement pour Fetficactte ctigue quil anernt sur le Propager ject Scientifique et artist aque de le mode Hien 3. signalor du cote de "Espagne qu se présenta avec des films dun langage 4) correct, guranné et acece- mmique qu'il n'a rien 3 envier 2 celui de wimporte quel a: Ve de TIDHEG. Seulement ‘iMaesteas det Duende » Une étude do. Nadia. Werbs ur fe Mamenco mérte deve fetent par sa sincera. et Fecarome. de moyens dans tun désir de. s'effacer techn Quement en faveur de Téve- ement monte Enfin quelaves dessins animes smteligents, paren fesquels on peut eignaier « Uhomme ch fringe» du Canadien. Charles Mardior'; = Human Z00 >, a jagonaia Yo Kurt: et ed», do. Menuet ut en plus un ae Rov Yop hommage 8 Piewe Etoix tout 2 felt inutile et inopportun Et cleat tout, si nous excep: tong \=Un dimancne été 3 1a Grande Jatte =. Io film hol. landaie de Frans Weisz, 49]8 commonte. par Fieschi dans fon Cerner compte rendu de Tous 1S. Nouveau cinéma 4 Thonon Du 16 au 22 soit prochain, Ja’ Maicon do ta Culture os cette vila une 8. jaerée. au nouveau cinoma. On y verra sL'As de ique =, « Brigite et Brigite = Ses Petites | Macguentes (deuxidme film do Vero Chy- ova, présente en. premore frangaee), + Eclavage mes. «te Dieu Noir et le Diabie blond, «Les Fusile STeguer » (le sublime fm de Roueh toujours inécit ot peut tre encore, inachovd), «Lee Mawvalees Feaquertations + Non. Reconciles », + Les Sane-Eapoir =, = L'Homme au Grane rosé + et, encore ind: Gt," Les Vertoe anabes », fecond Tong métrage "dO Goat. Un tal programme (Gréserté ‘par Michel Delo aye) devent Incter nos fee. teurs de province, qui ae | ment fall voir centaines de i de Fombre, Ueffewes- | mercales en font que gree Piogoent a“ucte ste de rine | laura suves.edaplées. par re i =" Bleecker Sect | i tfareste'ov e'srte dos | Srayor on pariculerFoutewr | fon mewemente paste Grama» “do New York et | Sune cereee® oe ster) ae | ot Sila. Light im August | rayomnoment ge a New Gone: | snimaeure dune cooperative | eee ere wgeances ‘ur | aura pu je cro, dover un | imo, a-neowelgit, lee ho | gui foumit dea fine. = se- ved Gu'ioc ce Gendve, | Soou fim ct = Ase 1 Lay Tavmusion ces | eux sk quelque 4000 soci. Being igaloent «au citaro ao {és damaleurs Dreyer ‘ivés Warhol Kengeth Anger Dreyer Bart son pays, Dreyer 0 dousate. do fst ie plus corms ea ones av conaderd comma un x; | Guo svora Ta quesieapecta. | fen expérimentaue {re ra exploitant four spuotquement danoa i | bine te que parce a fala 'Gadiowe part pour | = Chelsea Girls « ent on gé- | ont sie enmia par las orgaden Haliwwcod sorte ‘we grande: | née ecraiders comme fein | pol ao tage. tes Dancis éisposent dune | ovecso'en France elev Als. | prot dans Tavownon do ce | faite que ceux de sep conie- Ser aol cienasent ure | magne. Avcate fpoque, nave | nema mipedsreaique,, me | Fes] et + Scorpio sing >, omonte, iosttuuon .: ste | Giearsson ‘dole dial Gufiim. | svonrgardeta, Le fm eAnay | > inavguratlon of the Pleasure onsite § placer la doctor, | " s'est donne | Gavantgarde appelb « expan- Un air résigne. =i ase Woe lune mission plus culturelle que | ded cinoma » ou + muxed-me- commerciale + ell Sia environments ose pas do fai thediee, musque ‘et abet Rees ‘Mekas et Rogosin ant | tions. fumineuses sont me de fortes connaissances com- | gée sane cohérence. — A.M ou cinéma, Since SShar “solos ies Sprésertan’ ce mocome. Te Sore gus provscteur et est fat'st peu de hina, Pourgush fea er att ee woot a haere tts Du lve te Nowesu Testerent | Soderberg, Ila ruse adm neg tre prafondémant Gnu. | Ge su ea vemarauble oh Seana Tce poses | fey Tebeene tiled ort Lste metculne, comers Beas mon tition | A a ees So cE cance oe Bind NSS | un rythme naturel ot une ca. vould adapter = Dr. Ging». da nce | nt Hjaimar Soderberg. dont “une | 2onee 80g pea ce Fournl le sujet de » Gertrud « Leuumiuntan toni Cest le prochain film de Mei | Underworld U.S.A. Seterlng! ® Topogue- cate hte pesca Lannée dernlére vayait e'orga- bu dire inloreseante, mais au- | slger le cinema souteraln Tourdnu, Je me domando. americain, “cotte, onnée lee Diauires'derivaine ont égole- | + underground movies = sont Jona Wayne et Michele ‘Carey dane. TET Dorado = Cahiers Vos deux premiers westerns, + Rod River » et = Big Sky », avaient un arriére-plan historique trés important que ‘ont ni = Rio Bravo + ni = El Dorado =... Hawks Le création du = Chilsolm Trail = et exploration du Missouri pour te commerce des fourrures sont des épi- sodes tres célébres de IHistolre des Etats-Unis. Mais le récit de la lutte d'un shénf dans une ville pour sauvegarder | foi et ordre appartiennent aussi cotte Histoire, méme si co n’en est quiune toute petite partie. On peut + conter l'histoire de Scarface et du Dé- partement de le police & Chicago, parce Quelle est trés connue, mais on pour- ralt probablement trouver & T'intérieur de cette histoire un petit épisode tout ‘aussi intéressant & racanter. «El Dora- do > est base sur dea faite et des légendes pas tellement connue dans les livres décole, mais tres célébras ‘chez ceux qui connaissent bien Ouest. IV siingpire de histoire veridique d'un + guamen » qui tira accidentellerment ot tun jeune gargon. Je ne sal sil re- grette de Tavoir tué ou sl pensa sei Tement perdre son prestige pour tiré sur un Jeune gargon au lieu de 8" toquer @ quolquun de plus fort. Co genre de situation fait tout autant partie de I'Histoire. Les mauvais westerns sont eux ol! Ton raconte une pourrait se passer n'importe ol. lis ne Valent rien, lle sont fabriqués, truqués. Cahiers Dans +E! Dorado , vos heros sont diminués physiquement : paralysés ou blesses. Hawka ovais lu l'histoire d'un ehérif qui avait ét6 blessé, qui avait méme perdu quelques doigts, mais qui, & force def forts, était parvenu a se défendre trés bien’ au tir. Cele m’a inspiré pour + El Dorado +. ici. i y @ deux personnages de ce genre, deux amis. Toute Histoire jo YOuest se résume dane Yaventure d'un shérif qui est aidé par un ami; on retrouve cola dans le’ reglement’ de comptes de + O.K. Corral » et dans les histowres de Bat Masterson. Voyez-vous, tun shérif r’était qu'un « gunfighter » Lorsau'il mouralt, le = gunfighter» eul- vant, au lieu de'rester’« gunfighter », devenait shérif Voila comment c'étalt dans ce pays. Dans + Rio Bravo », Lavaig trate du mame genre do sujet ‘Quand J'ai pensé @ = El Dorado =, je Suis allé revoir mon film et je me suis dit : + Aucun des bons ne se fait bles- ser, eh bien, si je les abimais un peu cette fois! = Cahiers Dans vos deux premiers wes- terns, l'espace tonait un’ r6le tres im- portent. Au contraire, dans = Rio Bra- Yo», Vaction se découle dane un espace festreint. Mais, dans = € Dorado » ection ‘se passe d'abord dans de grands especes puis s'enferme & l'inté- leur dune ville. Le film commence comme les deux premiers, et revient & la claustration du troisiem: Hawke Crest exact. Quand on a falt «Red River, avec des milliers de ‘ches, on en a assez, on a envie de ne plus travailler quavec des éires hu- mains. On change : et ainsi de suite avec ies autres films. Et puis, histoire de El Dorado se déroule dans un plus grand laps de temps que «Ric Bravo », 0 tout se passe en deux ou trois jours. La. il s'agit dun homme qui Stest fait tirer deseus et qui quitte le ville une fois remis eur pied. Six mois plus tard il apprend que son meilleur ami a des ennuis, Ml ravient. C'est alors que 'action s@ resserre, et tout se passe fenguite on deux ou trois jours. Si bien quion a pour ainsi dire deux histoires. Voyer-vous, je ne rois pas aux « Nou- velles Vagues +, je ne pense pas quill y ait de cinéma nouveau. J'aimerais bien Que quelquun me monte quelque chose de totalement neuf. Ce que je crois, c'est qu'll y a un nouveau public Qui accepto des histoires qui ne s’en tlennent pas uniquement & des faits réels. = EI Dorado = débute comme une tragédie, puis, quand histoire se con: centre sur les rapports entre les deux hommes, chaque fois que l'on traite de leurs rapports, c'est amusant. D'abord, lis sortent tous les deux avec la méme fille. Et cela fait rire le public. Eneut Ja fille dit quelle emménera Wayne chez elle, et l'autre type lul dit : « Moi Fal un lit qui est plutat dur et inconfor- table, mais chez moi tu n’auras pas de pépine. » Si bien que tous les rapports Sont fondés sur une ironie réciproque: ilg ne se prennent pas au sérieux. Cette ironie augmente de plus en plus, jus- qu’a devenir & la fin franchement comi- que. En tout cas, en Amanque, les, gens ont beaucoup ni. plus qu’a une comésie, Jaime méler les sentiment ft las genres, Cahiers C'est Ia premiare fois que vous ‘employez dans un film deux grendes vedettes masculines en mémo tomps : John Weyne et Robert Mitchum. Hawks Mitchum ot Wayne ont tres bien collé ensemble. lls s'ziment bien, C’était facile pour eux de collaborer, ils se respectalent mutuellement et ils vont Jamais essayé de se voler des scénes. lig avaient de tr8s bons rapports. C'est la premiere fois que je travaillais avec Mitchum et c'est un tres, trés_ bon acteur. Il n'est pas limite, jl peut @ peu prée tout faire. J'evais toujours pensé Quil éteit dréle, quill serait bien dans un rBle comique. Et i me !'a prouvé dans le flim. II est dréle sans se forcer @ etre. Par exemple, quend il reste assis avec son doigt sur le trou de sa Jambe et quil regarde ce trou, eh est vraiment amusant. Seui un grand acteur peut arriver & cela, D'ail- fours, nous comptons faire plusieurs films’ encemble. 1! a é6 trés content. Il ma dit: +Dés que tu auras un bon sujet, tu n’as qu’a agiter un drapeau et Jarriveral, » Il est trés possible que dici un an je Tutiise de nouveau, On s'était dit, avec lui et Wayne, qu'on pourrait continuer & travailler ensemble Jusqu'a ce quils marchent sur des bequilles, dos vraies colles-la | Cahiers Mitchum a le réputation d'étce un acteur trés intelligent ” Hawks ll est extrémement intelligent ‘Aprés avoir travaillé pendant deux jours avec lui, je lui ai dit: « Tu es un drdle de blutfeur!» ll s'est retouné, il & sour et j'ai ajouté : « Tu pretends que tu ne travailies pas et tu ‘aval leur le plus acharné que j'aie jamais rencontré +, alors il a répondu : = Je sais, mais ne lo dis & personne! Ii compose de la musique et écrit des poemes... Un jour j'ai dit ; + On pourrait Chanter 'si_quelqu'un savait jouer du plano», et Mitchum m'a dit :'* Mol je als en jouer. » Alors mon fils @ ajoute «aime pes ga papa, un sherif ne vrait pas jouer du piano. » Cahiers Vous disioz que le dernier plan de «El Dorado = était voulu fran- hement_comique. Hawks C'est trés’ simple. A la fin du film, on Sait que Vintérét du public va aux rapports entre les deux hommes On ne va quand méme pas les montrer dang les bras Tun de autre, alors la meilloure chose & faire c'est’ juste de Jee montrer en train de descondro la rue et de sineulter. Comme ¢a, on sait quills sont emis, On epprend que Wey- ne va rester. Et puisqu'l reste on com- rend qu'll sera avec la file, Si blen que tout se termine heureusement. Cahiers En général vous aimez utiliser, 8 c6t6 dune ou deux vedettes, des acteurs trés jeunes, de nouveaux vi sages... Hawks Oui. Cela ne vous plait pes? C'est une maniére commode d'utliser des jeunes, les plus chevronnés los al- dent, leur font sentir quills sont doves, ‘et ils le sont. Jai dit a John Wayne + Quand tu fois un film tu ne pronds que lee vieux ecteurs de Holiyw: tous tes vieux copains, pourquoi n'en prends-tu pas de nouveaux?» Alors il mma répondu ; + Je ne sais pas s'ils sa- vent jouer ou pas.» Mais mol. jai du plaisir & voir un nouveau visage, une Rowvelle actrice, un nouvel acteur qui bientét deviendront leur tour des vedettes. Et quand la nouvelle actrice deviendra une vedette, alors je me met- tral en quéte d'autres nouveaux visage: Cahiers Est-ce quil est difficile de dir ger en méme temps ces jeunes acteurs et un comédien quia beaucoup de meétier 7 Hawks Pour mol, ce sont tous et seule- ment des acteurs, je ne pense pas aux differences d'age et de metier. Ce qui est tres. difficile, c'est quand on ne rend que des jeunes, parce qu'll leur manque l'expérience, le sens du rythme ft quils ne peuvent pes e'appuyer aur Ie jeu de l'actour chovronné. len'si pas été sotisfait de - Red Line 7000 parce que les actoure étaient tous jeunes et quills étaient un peu paumés. C’était un drole de travail’ de les dirger. Vous ‘avez probablement remarqué que James Caan était bien meilleur dans = El Do- rade» que dans «Red Line». Voyer- vous, lorsque vous avez un trée bon ‘acteur comme Mitchum, comme Wayne, Hi donne un tempo & la ecéne, il impose ‘son rythme. Par exemple, aux répéti- tions, il dissit au nouveau venu + Ecoute, parle un peu plus vite. + Coan suivait son conseil et la scéne rendait mieux. Cela me facilitalt les choses, je n’avais qu'a me caler dans lun fautoull et les laisser faire Cahiera Dans « Red Line 7 000 », il n'y avait pas de personnage ou de couple prédominant, tous les _personnages avaient la méme importance, ce qui est nouveau chez vous. Hawks Jal juste voulu tenter une nou- velle experience, et je ne le referai pas, cela ne me plait pas. On ne dispose pas d'un temps suffisant pour permettre ‘Aux spectoteurs do slintérosser aux ersonnages et faire leur connaissance. Résultat, ils ne connaissent personne, ‘ou du moine seulement superficielle- ment. Mais je pensals que cela pourrait Sire une expérience intéressente et je voulais la tenter. ly a pas mal d'an- nées, nous avons fait un film 4 plux urs histoires, un peu comme «La Ronde ». C’étalt en 1922, 23, je crois. ‘Ah oui, je me aouviens du nom du fil il sappeiait = Bits of Mois. 18 encore, a cette époque. c était une inno- vation ‘et les gens acceptaient @ peu pres n'importe quoi; mais déja, ils aimaient connaltre bien un personnage. Quand on saute d'un type 8 un autre, Buis encore a un autre, cest difficile Kétais incapable de le faire, je ne se- vais pas comment m'y prendre. Cahiers On dit que vous aviez entiére- ment préparé «Underworld» de Von Sternberg Hawke Oui, Fei trevaillé avec Bon Hecht, l'autour, et un nouveau mettour fen acéne, at c'est nous qui avons chois! la distribution. Puis, quelque chose est arrivé av metteur en ecéne, ila fall en trouver un autre, et on a pris Von Sternberg. 1 est venu, tout etait pr peré, tous les roles distribues, et puis. iVen a fait quelque chose d'excellent Vai une tres grande admiration pour lui fn tant que metteur en scdne. Dans «Flo Bravo, j'ai repensé & co film, c'est pour cola que le nom de le fille’ ost «Feathers » comme celle de + Underworld». Elle porte des plumes dens les deux films. juste histoire de Stamuser un peu. Cahiers Un de vos grands amis était Vietor Fleming. I n'est pas du tout connu_ en France sau pour - Gone with the Wind +, Quel genre de per sonnage étoit-ce ? Vous avec lui sur trois films, dit-on ? Hawks Nous avons hablté ensemble pendant 5 ans C’était un caméraman, Ten ei feit un metteur en scene. On se agarreit, on se disputalt tout le temps. Jo l'ai rencontré pendant que je con- coursis dans une course de voitures. Il essaysit de mo doubler et je Tai envoyé dane le fossé. Et il y a eu une photo prise de lul ou il mo faisait un pled-de-nez sane Faire du tout attention © il aliit, Apres a course (je ['al ga: nee), je \'al vu erriver et j'ai pense “il vay avoir de le bagarre. + Et au jieu de cela lla sourl el ma dit + Chapeau! + Alors on ost partis pi dre un verre, on est devenus copains et on a vécu ensemble pendant cing ans. lla feit de tree bons films : + Test Pilot «, « Capizin Courageous at aussi « Aled Dust ll ma jamai ju un style particulier, isons qu'l ne scccupait pas de la préparation de_tous ses. films. Quand il tourna "Gone with the Wind’, il n’aveit pas ouvert fe livre. Il prétendait quit n'aveit pas le temps. On lavait désigné pour mettre en scéne le film, alors itm demandé, ainsi qu’ vingt autres per- sonnes, ce gui nous avait plo ld-dedans. Ensuite il n'a travaillé que sur les cho- sei qui nous aveient intéressés. A la demandé ce qui me semblait Important, et Je lul ai répondu = + Lim portant, Gest que seul Tamour qu'elle Sprouve pour Ja terre de sa plantation empéche la fille d’6tre une putain. » Et Da dit : «Personne ne miavait jamais parle de cela, Pourrais-tu m'écrire quelques scénes 7+ Tai dit : « Bien Sirs, ot jal écrit quelques scénes qu'il 2 tournées. Mais j'ai aussi préparé les Scénarios de = Captain Courageous ». ‘Test Pilot +, « Red Dust » Cahiers Pourquoi ne figurez-vous pas comme scénariste sur les génériques 7 Hawks M'aime me considérer avant tout comme un metteur en scene. Et c'est lune fagon davolr une certaine supé- riorité sur les soenaristes, en ne figue rant pas au générique et en leur di- gant : =Mettez-y done votre nom,» Il y & un nouveau truc aux Etats-Unis maintenant, Au générique on met lo ftom du metteur en scéne au cas pos- ‘sessif, par exemple: + Howard Hawks's *, puis le nom du film. Les scénaristes “se plaignent de cela, ils digent que c'est leur nom & eux qui de- vrait figuter de cette meniere-l&, Cer taing scénarietas sont tbs forts, et si Tun dentre eux est bon au point d pouvoir obtenir cela, trés bien. Mai quand un metteur en scéne écrit une histoire, engage un scénariste, choisit les acteurs et produit le film, pourquoi mettrait-on le nom du scénariste en téte du générique ? Je trouve que son rdle est trés important mais au bout du compte c'est le metteur en scene qui doit faire le film Cahiers Vous aimez travailler avec les mémes ecénaristes, et vous avez beau- Coup utilisé Lee Brackett et Jules Furth- Hawks Oui, ot je m'entendais tree bien avec Furthman. Il a seulement travaillé avec Victor Fleming, Von Stornberg ot moi. C’était un homme trée sarcastique. Lo plupart des gens ne I'simaient pas. Mais moi ca me platsait perce quil fai- seit dire & ea personnages des choses auxquelles d'autres scénaristes raient jamais pensé ov n’auralent jamais fosé penser. Dans = To Have and Have not =, Faulkner est auteur de nom- breutes ecénes, mais le dislogue est de Furthman. Cahiers Et Ben Hecht ? Hawks Ben Hecht et moi, je crois que Rous avons travaillé sur environ sept films, C'est un bon scénariste. Je trouve que le dialogue que Charles McArthur et lui ont écrit pour « Front Page » (en ai felt» His Girl Friday») est 'un des meilleurs dialogues moderes que lon puisse trouver. C'est fou ce qu'll conte- alt de choses nouvelles, brillantes et intéressantes. Cahiers C'est un des films ois Ion parle le plus dens Thistore du cinéma! Hawks Ga, cest un truc que jaime bien, Sion veut privilégier une parti du dialogue, on sjoute 8 cette par début ot une fin, les gens n‘ente Vessenticl. C'est fecile & faire, c'est Juste un truc, et qui est aussi velable finalemenit pour la mise en scéne. Cahiers Comment on étes:vous venu & ler avec Williem Faulkner ? Hawks lusqu’ ce que les + paper backs» alent fait leur apparition. los éerivains ne gagnaient pas beaucoup dargent, Et quand Faulkner était 8 ‘court, il me passait un coup do fil et me demandait : «Tu as du travall pour moi? ~ Et Je répondais: «Bien sur. » Et il ne voulait pas figurer au gene que, Meis quand les - paperbacks » commencérent, et que ses livres oe vendirent en France, en Angleterre et lun peu pertout, il fut trés bien payé. Mala on etalt copains et il aimait sortir favee mol. Parfois, il venalt quand il avait Juste terminé un livre et me disait : = Si fon lait chagser ot parler dune nou- Yelle histoire, » J'ai deux seénarios de lui sur lesquols je n’al jamais travaille. Lun d'eux d'apres un roman russe sur vun loup-garou. Un jour, Je ne sais pas si je le mettrai en scéne, mais je crois que je le produirai parce que c'est une Bonne, histoire, Je le feral tourer par mon fils! Ge quion salt mal aussi, cest que Faulkner a également travaillé sur + Air Force ». Mais, méme aux « Cahiers fon ne peut pas tout savoir, Au fai yous devriez me les anvoyer rég lidrement. C'est impossible pour moi de les acheter dans mon pays (en fran- ais). Je ule tres intéressé par ce quion écrit sur ce que fal fait, En Amérique il n’existe malheureusement pas de revue de ce genre. lly en a Juste une taute nouvelle qui est bonne, mais la plupart des autres sont hor- ribjes. On n'y est intéressé que par les ragots, co que «Liz a fait & Dick» Vous voyez le genre | Pourtant, certains dos nouveaux critiques no sont pas mal du tout, dun genre entiérement diffé- rent. La plupart de ceux qui ont écrit sur *E] Dorado» connaissent le point de vue des Frangais & mon égard et font critiqué le film & partir de ce point de vue, Et lls ne disaient plus seule- ment : +Ce film fera des millers de dollars au box-office», Ils expliquaiont. parlalent de c@ qui était bon, et de ce Qui était mauvais. Ga mest égal_si quelqu'un ait que quelque chose n'est as bon dans un de mes films. D'habi- (suite page 67) a Lenvers de l’Eden Crest bien évidemment non pas comme le double et le recommencement de = Rio Bravo» que se présente « El Do- Fado », mais comme son envers, méme si un semble a l'autre s'ajuster couture par couture. Passé en effet le premier tiers du film, un eutre film commence, que nous croyons déja bien connaltre. Et, de fait, ces personnages. le shénf et son ami, ancien et le nouveau, ne sontils pas freres et doubles du que- tuor de = Rio Bravo»? Les. situations, les caractéres, l'alcoolisme, le décor de prison, Ia lutle contre le gang, ot jus- qu’au savon, autant de redites, pourra on croire si, & ce point de concordance, elles rvavaient valeur de citetions dire tes. Comment savoir en effet sil convient dattribuer de telles coinci- dences au tarissement brusque de imagination des scénaristes ou bien ‘au contraire & la désormais avérée per- fidie hawksienne — & cette ironie dont Cest une des méthodes favorites que de redire éternellement les mémes choses, de reprendre toujours les mé- mes personages, de les placer dans des situations conformes ou desespéremei voisines et dont, en tout cas, la gamme demeure tras rédulte, de jouer sang ‘cesse, par exemple, du premier au der nier film, avec la voix des femmes et la demarche des hommas. Il y aurait une liste a établir, instruc tive sans doute, des répétitions dans Voouvre de Hawks, ou de ce que je répugne a nommer des constantes. Celle-ci, par exemple, qu’ «El Dorado + illustre, ‘de Vinfirmité obligée des héros hawksiens : c'étalt la main qui manquait dans «Tiger Shark », ou le daigt dans «Big Sky», au bien encore tant de myopies de T'esprit, de = Monkey Busi- ness» a = Hatar! |» ; ce sont ici, bequil les, bendages, pansements, les signes extériours dune décrépitude physique fort avancée, et & laquelle paredoxale ment les héros de « El Dorado » doivent le peu, ne disons pes de noblesse ni méme de dignité — vertus et valeurs guere pronées chez Hawks, qui décidé- ment n'est pas le méchant «bon amé- Ficain» avec qui s‘obstine a le confon- dre Cournot —, mais. peut-étre, ce peu de pesanteur humaine sans quoi ils ne alent, puisque les comédies hawk: sionnes’ aiment & rendre proches les bornes de linhumanité et que = El Do- rado + est l'une de ces comedies autant sinon plus quil est western, que pan- ting, avec ou sans béquilles. Mais la liste serait non moins instruc tive, & partir de ces ressemblances, des différences 8 quoi elles donnent jeu 2 partir de ces constantes, des vanan- tes infinies que menage humour hawk- Sen. D'un nombre ts rédult de situa- tons, d'une équipe légére de person- ages, d'un éventail etroit de prable- mes ct d'un lot restreint de procedés Sécriture, tout le génie de Hawks n consiste & combiner cheque fois autre- ment los éléments forcement sembla- bles. Ainsi, dans - El Dorado», les repatitions ‘ne sont que prétextes et amorces aux différences, variations, inversions, fausses porentés et fausses pistes, divergences partir de conver- gences. Pour commencer par le plus mince exemple, la trompette joue un cenain réle dans «Rio Bravo» : du cote des bandits, alle gorne la mise a mort La charge, dans = El Dorado», et du cét6 de la loi. Mois ily 9 aussi Féchange des prisonniers : raté dans + Blo Bravo», et l'on attend done dans EI Dorado» quelque treltrise qui ren- verse semblablement la situation. Or echange s-effectue normalement Mais. la difference essentielle tient au ton des daux films. A la compliité sym- pathique du premier a falt place (et cette mutation, on peut précisement la dater de + Ric Bravo =, chant du cygne de cette fameuse + amitié - entre hom mes qui est le poncif critique le plus insupportable & propos de Hawks : les heros. hawksiens sont solitaires, méme si solidaires ; fe ton des films donc est devenu, aventures ou comédies, de plus fen plus grincant) une sorte de dérision sans pit, d'ailieurs jameis absento tout & fait, méchanceté ou moquerle, de Toure de Hawks. Diune certaine fagon, le western n'a jamais cessé de se dire adieu 2 i méme; détre la nostalgie dun age de Faction dont ine fut Que la memoire et le dire. Déjd + Red River, c’était tout un film qui téchait a le fois deffa- cer et d'accomplir le souvenir de ses premieres minutos, « Rio Brave -, cette nostalgie encore, par leffort maintenue vive contre tous les désespoirs. - El Dorado = est la derniére dtope de cette désescalade : un premier tiers ot les grends espaces, la tragédie, la noblesse et lamitié semblent réunis comme pour une anthologie des defuntes beau- tés du western. Le reste du film, tout concourt at complate en faire la cari cature de cos beautés, valeurs, souve- nirs. Le poeme qui ne quitte pas les lavres de Mississipi dit deja le legende Sloignée de cavaliers @ la conquéte dare-en-ciel — et que penser de ce nouveau cow-boy = qui ne seit pas turer? Les temps ont changé. Invelides, éclopés et perclus, nos «heros » accu. mulent les gaffes, quand ce ne sont pas les traitrises. Je veux blan que l'on voie dans cette déconfiture exaltation de toutes les veleurs guerriares. Mais le ridicule, dans + El Dorado», tue plus definitivement que la Winchester. Et te caus cl sentinenialieme, cee idie de chaque instant, celte rage & rendre au plage la bonne conscience Qui, méme si tout cela dépasse ses intentions (mais comment le savoir ?), permet de ne pas désespérer de Ho- ward Hewks. — Jean-Louis COMOLU A drote : Robert waar +I Dorede= Situation du nouveau cinéma 1 Pesaro on LT par Jean Na i ~ Discours sur le plan séquence ou le cinéma comme viologie de la. réalite par Pier Paolo Pasolini. 3 Rencontre avec Pier Paolo Pasolini par Jean Narboni Ny @ quelque outrecuidance & tenter analyser le mode de fonctionnement dun festival, mais une fois effirmé que ette attitude procéde moins ‘du desir de jouer les juges que du souhsit de Voir Se poursuvre une entreprise indis- pensable, on peut dénombrer des ral gone de trois ordres au recul dimterét dont a souffert, par rapport aux deux ‘années précédentes, le dernier festival de Pesaro : chronologiques, esthétiques et dogmatiques, les dew cetégories jouant dailleurs selon un processus accumulatiF (soustractif, en fait, serait mieux dire). Dans la succession des festivals pri taniers, Pesaro se situe peu apres Hybres et Cannes (& propos duqu nous entendrons exclusivement la Se maine Internationale de la Critique), comme lui axés sur_le = jeune» ov pourtant n’avoir guére soutfert, c'était Seulement grace une conjonction de circonstances bénéfiques. Gabord que les décisions plus a dos sélectioneurs, le surenchere dans Ta course aux nouveaux talents, la volonté effrénde de nouveauté, la peur enfin de laisser échepper le chef-d'cou- re ingonnu, ont rendu les program- mes dlyeres et de Connes plus com- plete. Avec cet ordre troisiéme, Pesaro est désormais appelé 4 compter. D'au- tre part, Ia toute récente géneration de premiers longs métragistes s'est avérée moins faste que la précédente. Dans ordre de l'absolu d'abord, et puisau'l avait moins de bons premiers films Bur le marché cette année, Pesaro ne pouvait qu’en pati. Mais dans l'ordre du relat, cette pénurie a également joue. En effet, et pour autant qu'on Puisse parler de voleur objective d'un film, un jury (et pas seulement un jury, n'importe quel groupe de gen: parviendra plus facilement & 5! dre pour repérer un mauvais film quiun bon. Plus le nombre de bons films aug- mente, plus un jury a de chances (et pas seulement & couse du trop-plein. en laisser échapper. Plus le nombre diminue, plus les mailles de son filet be resserrent, sans compter que — le seul de sélectivité s'absissant_ — méme les films moyens seront pris. Can dernier, "heureux aveuglement de la SAC. permit & Pesaro de récupérer sL'Homme au créne rasé +, « Brigitte et Brigitte + et + Le Revolutionnaire », amplement suffisants & justifer un fes- tival. Cette année, par contre, les cir- constances se oat accumulées contre ui: moins de bons films, et une plus grande lucidité de la SIC. Aussi, la Quas-totalité des films intéressants, Btaitelle déja passée a Cannes, Et c'est ict qu'appersit l'inconvenient dogmatique qui, 8 se poursuivre, ris. que de peser de plus en plus lourd sur Pesaro: le voulant festival du sjeune cinéma », son comité de sélec- tion ne choisit — & de rarissimes ex- ceptions prés, et toujours hots con- cours — que des premiers films. De meme quill y a quelqu'abus @ établir un parailélisme absolu entre la jeu- nese dun film et I'dge de son au- teur ou la volonté quil a de « faire u jeune = cinéma, il semble excessit de limiter cette = jeunesse » & un pre- rier film. Pesaro, vu se position chro- nologique défavorable, ne pourrait que ier 8 accepter les seconds, voire mes longs métr permis par cette année les. films Fodvre et Compton oubliés & la S1LC)). Dons, Pesaro festival de films (par ‘opposition A Pesaro-théorique, tou- jours interessant et axe cette année aur le theme Langage et Idéologic dans le film), valut surtout par Can. nes, Je ne reviendrai done pes sur les filma analysés dans notre dernier nu- rméro, nb sur ceux dHyéres, moins nom- bbreux, dont parla Comolli Dans ordre de linédit, nous edmes grott dabord & une dizaine dheures de projection de + new american ci [nema +, eur lequel je minterdiral de porter ‘un Jugement esthetique, ayant | dG, cheque fois, et pour de sevls mo: tifs physiologiques, allant du. larmoie- | ment aux bourdonnements d'oreilles, quitter trée vite la salle. La consultation d'un épeie recuell des théories new-yor- | kaiges que l'on nous avait remis, revé- lant dans ces couvres la mise en jou dune ingéniosité formelio prodigieuse, des miracles de précision mathémat que, et une élaboration structurale dont la minutie renverrait Boulez et Webern au reng dartistes de la seule intuiti- vite, augmenta chaque fois mes re- mords, sane parvenir toutefois 8 les rendre opérants. La critique attribua son prix ex-caquo 4} = Josef Katus » (mérité) ot Walko- ver (2). Le début est prometteur ; dans lun chantier Pouvriers qui construisent tun pont, on annonce l'arrivée d'un mem- bre du Parti. La curiosité et ta fébrilité sont & leur comble; quand il survient, ‘on so passe de main on main Ia carte C'affilié comme un objet brilant et mys: terieux, et puis tout sombre dans le confusionnisme politique et le pathos démesuré, notamment lors d'une scene d'amour dans une centrale électrique que des courts-circults viennent feradi- slaquement ponctuer. Un teheque, « Ko rec Spra_V Hotelu Ozon» (+ Fin Aout a 'Hetel Ozon =) de lan Schmidt, apres un scénario inconsis- | tent de Pavel luracek, ot l'on voit une dizaine de femmes errer dans la nature pres une explosion tabularasante, puis Feneontrar un homme... mais ll est trop vieux. C'est une sorte de Max Pecas post-atomique, de version involontaire: ment burlesque de Ia » Walkyrie » Enfin, et heureusement, deux ‘lms inté: ressants : d'abord et surtout = In the Country», de Robert Kramer, premier essai cinématographique d'un jeune ro- mancier, admirateur de Resnais. Dreyer et Rivette. C'est en moins bien, plus maladroit, plus reléché. un « Chat dans le sac » US., ou le Vietnam remplace le probleme canadien. Ici, passée la phase d'egressivité du Claude de Gil les Groulk, le gargon est en pleine confusion, inertie et. prostration. Court (1 heure), le film est retenu et crispé Sous les’ dehors d'une extréme dou- eur: par son attention justement pré- Sente et la simplicite de sa narration, Fauteur tui confere la fragilté, puis la tension dont sont victimes ‘ses deux - ot uniques - protagonistes. Enfin, « Puss och Kram de Jonas Cor- un couple jeune et riche nell (Suéde) (ui, homme daffeires, elle, mannequin) héberge un ami boheme aux ambitions artistiques avortées. Il s‘ensuit une suc- algres-douces sur tion, de la perver- sité et de ta jalousie, parsemée de gags inégaux, dune poussiére d'évé- ements adroitement captés. Le film Penche du céte des premiers de Broca, fen_mieux, avec une nette vocation « morale + au sens rohmerien du terme (ce que Cornell, récemment de passage & Paris et admiratour de « La Collec- tionneuse » nous confirmait). Signalone que les qualités dévoilantas de Langlois font permis aux spectateurs de la Ciné- mathéque de bénélicier d'un tres beau et chaste plan de nu de la protegoniste Agneta Ekmanner dont — si Ton en ceroit les bruits qui coureient pendant le Festival —. les austéres censeurs pésa- réens, enjoignant 8 Cornell de l'encrer, ‘nous avaiont Injustement privés. — Jean NARBONI. Bien qu'occupé & poursuivre & Rome le toumage d° + CEdipe-Rol_» commencé 2u Maroc, Pier Paolo Pasolini avai tenu, cette année encore, a atre présent & Pesaro, Son séjour de trols heures au Festival lui permit de nous accorder un bref entretien et do prononcer une communicstion (nous les’ publions tous deux), la communication se placant dans le cadre du débat theorlque auquel cheque année le Festival reserve une large part de ses programmes. Entre~ tien et communication confirment au- Jourd'hul Pasolini comme Tun des rares Gineastes actuels @ tentor de s'appuyer sur acquis des - sciences modernea + pour cerner au plus prés sa propre activité créatrice, procédant par un double mouvernent intultiF et réflexif de plus en plus strictement équilibré. Nous frappent également aujourdhul — et malgré d'indeniables differences — les parentes multiples qui unissent Pa- solini 3 un homme comme Cocteau. Il y aurait par exemple — et cela débor- Gerait lacgement le cadre de cette Introduction — & rapprocher son texte (surtout dans sa deuxieme moitié) de ce que penseit et déclerait Cocteau du cinéma comme pouvoir unique de saisir sla mort cu travail ». Tous les films de Cocteau (sans compter diévi- dentes similitudes plastiques) pourraiont illustrer ce que Pasolini dit du film com- me + mise a mort » oli auteur joverait le rdle dorganisateur conscient et ter- afi8 de sa propre destruction Quant aux propositions de Pasolini con- qui fait pour instant défaut, méme en tant que “notion (les _sémiologues. étudient toujours des objets bien distincrs et définis, qui sont les différents langages existents, quils soient ou non constit de signes; mais ils rvont pas encore découvert que la sémologic est la science descriptive de la réalité). Ce langage — je Mei dit, toujours met = coincide, en ce qui concerne I'hom- ‘me, avec T'action humaine, homme, en effet, s'exprime avant tout par son’ac- tion — = action » n’étant pas pris dans une pure acception pragmatique —. parce que c'est par elle quil modifie la réalité et influe sur Tesprit, Mais son ‘action manque d'unité, ou de sens, tant quielle n'est pas accomplie, achevée. Tant que Lénine vivait, Te langage de son action était encore en partie indé- chiffrable, parce que cette action restait encore possible, et donc modifiable par déventuelles actions ultérieures. Ainsi, i longtemps quill y a un futur, crest: A-dire aussi longtemps quil subsiste tune inconnue, homme reste inoxprimé. ‘On peut rencontrer par exemple le cas d'un homme honnéte qui, @ soixante Une telle action condamnable modifie toutes ses actions passées ot Ie fait apparaitre different de ce quill a toujours été. Tant que je ‘ne serai pas mort, personne ne pourra @tre certain de me connaitre vraiment, Crest-d-dire de pouvoir donner un sens mon action, qui reste done. en tant que moment linguistique, mai déchif- frable. West donc absolument nécessaire de mourir, parce que, tant que nous som- ‘mes en vie. nous manguons de sens. et que le langage de notre vie (au moyen duguel nous nous exprimons et auquel done nous etiribuons la plus grande Importance) reste intraduisible: un choos de possibilités, une recherche de rapports et de significations incessante, sans solution de continuité. La mort ac- comalit un fulgurant montage de notre vie. Cresta-dire qu'elle choisit les mo- ments vraiment significatifs de cette vie (qui ne sont alors plus mocifiables par Favanement d'autres moments possibles, ‘antagonisies ou incohérents). et les met bout 6 bout, en faisant de notre pré- sent, infini, instable et incertain — ot par conséquent linguistiquement non descriptible —, un passé clair. stable, Sir — et par conséquent parfaitement descriptible linguistiquement (dans le cadre précisément d'une Sémiologi Générale). C'est donc grace a la mort que notre vie nous ser & nous expri- Le montage opére donc sur te matérieu du film (constitue par des fragments soit 18s longs, soit infinitésimaux, de plans-sequence qui sont autant de pos- Bibles = subjectives » infinies) co que la mort opére sur Ia vie Angi le film peut Gre defin: comme + un mot sans langue +. En foit, les divers films, pour étre compris, ce nest pas au cinéma mais & la réalté elle- j mame quils doivent renvoyer. (il est clair qu’en disant cela je postule, com- mo mon habitude. identification du cinema et de la réalité, et done que la sémiologie du cinéma ne devrait tre au'un chapitre de la Sémiologie Géné- role de lo réolité.) Qu'apparaisse dans un film, par exem- Ble, fe plan d'un gargon aux cheveux nolrs et bouclés, aux yeux noirs et feurs, le visage couvert d'acné, la gorge un pau enfiée comme celle dun hyperthyroidien, une expression de drb- erie et de gaicté émanant de lensem- ble = ce plan dun film renvoie-til & un pacte social fait de symboles tel que ‘serait le cinéma s'il était défini par ane Togie avec la + langue +7 Certes, il renvale & un pacte social, mais ce pac: te social, n'étant pas symbolique, ne distingue en fait pas de la réalite, c'est- adie du véritable Ninetto Davoli, en chair et en os, que montre ce plan. Nous avons déja dans notre téte une sorta de = Code de la Réalite » (c'est- B-dire do cette Sémiologie Générale en purssance dont jo parie), et c'est grace 8 ce cade, inexprimé ot inconscient, qui nous fait’ comprendre la. réall hous comprencns aussi les di films. Pour tout dire, c'est de la ma- nlare (a plus simple et la plus élémen- taire que dans les films nous recon- naisaons la réalité, car elle s'adresse & nous a travers eux comme elle le fait tous lea jours dans la vie Un personage, au cinema, comme & tout ‘moment de la réalité, nous parie par les signes — ou ayn de son action. Ces si fen chapitres, pourraient etre: 1) le langage de ia présence physique : 2) Je langage du comportement; 3) le Tangage de la langue écrite-pariée. Mais tous, ils sont synthetisés par le langage de Vaction, qui établit les relations entre nous et l¢ monde object. Dans une Sémiologe Générale de la réalité, cha- cun do ces chapitres. devrait natural ment étre enauite subdiviss on un nom bre variable de paragraphos. C'est la une tache que j'ai leissée de cété de- Duis longtemps, Je me limiterai_ done Seulement & faire observer que cest le second paragraphe, intitulé = Langege du Comportement +, qui serait le plus intéressant et le plus complet. devrait lumeme @tre divisé en deux autres paragraphes : = langage du comporte- ment gonéral » (qui rassemblerait tous es comportoments enseignes par Tédu- cation dans uno societs codificatrice). ft ~ langage du comportement spéci que + (qui servirait & s'exprimer dans des situations socisles particuliéres et rs de certains moments — que je qualifiersl dargotiques — de ces situa- tions). Reprenons exemple de cet acteur aux boucles noires dont je parlais tout & Fheure = le langage de son comporte- ment général nous indique immédiate ment — & travers la série de ses actes, de ses expressions, de ses percles — ses coordonnées historiques, ethniques et sociales. Mais le langage de son comportement spécifique précise ces coordonnées de la fagon la plus con- créte (de méme que dialecte ot argot précisent de fagon concrete la langue). Le langage du comportement spécifique est done en substance constitué per une série de rituels dont Marchétype eppar- tient au monde naturel ou animal paon faisant la roue, coq chantant cha- que fois aprés le coit, fleurs montrant leurs couleurs @ une saison donnée. Le langage du monde, en somme, est subs- tantiellement un spectacle. Dans le cas d'une rixe, le gargon bouclé que nous avons pris en exemple ne falllirat 2 aucune des attitudes requises par le code populaire : des premiéres répli- ques dites avec l'expression perticu- ligre de quelqu’un qui n’entend pas bien, aux premigres menaces proférées comme avec pitié pour l'advers Jusqu'aux premiers coups frappés contre lg poitrine de l'autre avec les deux mains ouvertes et les paumes en avant. A partir de ces divers rituela du lan- gage du comportement spécifique, on fen arrive insensiblement aux divers ri- tuels conscients : on passe ainsi des rites qui sont magiques et arci a ceux qui sont établis par les regles de la bonne &ducation et des bonnes mé niéres de la bourgeoisie contemporaine, | Puis, toujours insensiblement, on en | arrive aux différents langages ‘humains | symboliques mais dépourvus de signes: langages dans lesquels, pour s’expri- 10 propre corps, ‘cérémonies reli danses, les partiennent 8 ces ty figuratife ot vi- vants. Il en va de méme pour le cinéma. En attendant d'esquisser les grandes lignes de ma « Sémiologie Générale », je voudrais men tenir ici, encore une |} fois, &@ montrar comment la Sémiologie Générale pourrait étre en méme temps Sémiologie du Langage de la Réalité et Sémiologie du Langage du Cinéma. Pour passer de l'une a Vautre, il n'est besoin de tenir compte que d'un élé- ment supplémentaire : la reproduction audio-visuelle. Sur les modalités d'une | telle reproduction — qui recrée au ciné- ma les mémes caractéristiques linguis- tiques que celles de la vie considérée ‘comme langage —, on pourrait fonder une grammaire du ‘cinéma. En d'autres occasions, je me suis justement occupé de cela. II faut noter ici — et c'est te point le plus important de ces réfiexions ce tcomment, sil ny 3, sémiologique- ment, aucune diférence entre le temps de Ia vie et le temps du cinéma cont déré. comme reproduction de fa vie — fen co sens quil est un plan-séquence infin —, ily @ gu contraire une difé- rence fondamentale entre le toms ce ig vie et le temps des diferente films Prenons un plan-séquence & l'état pur cestavdire ie. reproduction -sudion Suelle, réaligée selon un angle de vision Subject, d'un fragment de la. succe: Sion ifinie des. choses et actes qu me. serait éventvellement possible de Feproduire. "Un tol. plan-séquence & Tetat pur aorait constitue par une ouito extrémement ennuyeuse ‘de faite at ‘actions insignifiants. Ce qui m’arrive et mapparait en cing minutes de ma vie Geviendrait. projete sur un écran, quel- ue chose de tolalement inintgressant d'une insignifiance et Gune futllté.eb- Solues. Dans fa reaite, cette insignifian- ce ne se manifesta pas & mot parce ‘que mon corps est vivant et parce que 208 cing minutes sont les cing minutes 4 solloque vital dela realité avec ell mame. Notre. hypothétique plan-séquence pur met done en évidence, en la représen- tant, Tinsignifiance de la vie en tant ue’ vie. Mais. 2 travers. cet hypothe que plan-séquence pur. /apprends éga- loment — avec la méme précision que celle dos experiences de laboratoi la proposition fondamentale. oxpri- ar quoique chose dinsigniiant Se suis =, ou bin = lly 8 =, OU bien tout simploment = éire Mois ce + ire » estll naturel’? Non, tl ne me semble pas quil fe soit. I! me semble, eu contraire, que crest Id chase prodigiouse, mystérieuee, et en tout cas absolument non-naturelie. Or, le plen-séquence, stant donné les caracténstiques que J'ai décrites, de- jent, dans les films de fiction, te mo- ment le plus + naturaiste » du récit inématographique. Un homme gifle une femme, puis monte dans une voiture prend la route de la mer... Si je place lune caméra et un magnétophone 1a ou ourrait se trouver un témoin en chair ie et en 0s, misérabloment naturaliste, filme toute la scene dane 6a continuite comme si elle était vue et entendue par Tul, Jusqu’a ce que la voiture disperaisse du c6té POstie, Pour cette scéne qui se déroule devent mes yeux comme pour sa reproduction, Ia proposition fondamentale dominanie est : = tout cela est +. (Toutafois, do méme que je ne suis pas indifférent devant la réali- 18, je ne reste pas non plus indifférent devant la reproduction de la réalité. Et ulsque devant le film mon jugement se référe au Code de la Réalité, je eproduls en moi @ peu prés les mémes Sentiments que si je vivais ces falts matériellement) Puiaqua le clnéme ne pourra jamais se dispenser de tals plans-séquence, mé- me tr8s courts, étant donné quill s’agit toujours de reproduire Ia réalité, il est accusé de nsturalisme. Mais la peur du raturaliome est (du moins on ce qui conceme le cinéma) une pour do ce Qui est, de I"étant. C'est-d-dire en défi- nitive la peur du manque de neturel de ce qui est, la peur de lambiguitd terri ble de la réelité, ambigulté due au fait que la réalté est fondée sur une écul- voque : le feit que le temps eat passé. la dimension de passé du temps. Ii s‘agit donc de bien plus que de natu- ralieme| Faire du cinéma, ceet écrire ‘sur du papier qui brite 1 Pour comprendre 00 qu'est fe natura. ligme du cinéma, prenons un exemple extréme — qui se présento (ou est présenté) comme un exemple de cinéma d'avant-garde. Dans les caves du New York du + new american cinema », on projette dea plans-aéquence qui durent plusieurs heures (celui d'un homme qui dort, par exemple). Volla donc du ciné- mo a l'état pur (comme je I'ai dit plu- sigurs fois & propos du plan-séquence) fen tant que tel, en tant que représen- tation de lo réalité vue sous un seul angle, ce cinéma est subjectif, et dans un. sens follement naturaliste. parce qu'avant tout il reproduit de cette réa- I méme le temps naturel. Culturelle: ment, le nouveau cinéma est une consé- quence du né sme + Il tent de Tui son culte du document et du vrai. Mais alors que le néo-réalisme s'adonnait avec optimisme, bon sens et bonho- mie & ce culte de la réalité en em- ployant des séries de plans-séquence épendants les une des autres, le nou- yeau cinéma renverse les choses : con culte exespéré do la résiité et los in- terminables plans-s8quence qu'll_om- plole font en sorte que sa proposition fondamentele n'est plus : « ce qui est Insignifiant, est», mais devient: + ce Qui est, est Insignifiant ». Mals cette Insignifiance est ressentie avec une telle fage et une telle couleur quello finit par agresser le spectateur et, en méme 2" temps que lui, son idée de Fordre, son humain et existentiel amour pour ce qui est. Le bref. sensé, mesuré, naturel et aimable plan-séquence du néo-réalisme nous donne le plaisir de reconnaltre ta réalité que nous vivons tous les jours fet nous la fait gouter, au moyen dune ‘confrontation esthetique, en Fopposant ‘ux conventions académiques. En re- venche, le long, insensé, démesure, monstrveux et silencieux plan-sequence du = new cinema + nous fait prendre fen horreur la réalité, par une confronte- tion esthétique ou il s'oppose cette fois au_néo-éalisme consideré lui-méme Comme une académisation du vivre. Pratiquement donc, |a diférence entre Vie réelle et vie reproduite — c'este- ire entre réalite et cinéma — est une question de rythme temporel, Meis c'est également par une difference dane les temps que s’établit la difference entre vie et cinéma. La durée d'un plan, ou le rythme de la succession des plans, changent fe valeur dun film, le font eppartenir & une école, & une époque, 4 une Idéologie plutét qu’a une autre | Si''on considére, de plus, quill est pos- sible dans le fllm de fiction de creer Hillusion du plan-séquence par le mon- tage luiméme, la valeur du plan-sé- ‘quence devient encore plus idéale : elle ‘est celle du véritable choix d'un monde ‘Alors que, en fait, le plen-séquence authentiqus reproduit telle quelle uno action réelle, et en épouse la tempo- ralité, le temps propre, le plan-séquence simulé (c'est lui que V'on rencontre le plus souvent. d'ailleurs, dans fa majeure partie des films néo-réalistes, et c'est ul aussi qu'emploie constemment le cinéma naturaliste typique de la con vention commerciale) imite l'action réel- fe correspondante en on reproduisant les différents traits, mais les recouds enguite ensemble dana une temporalite ui les falsifio en Feignant le naturel. Les montages du nouveau cinéma ont 2 contraire pour premiére caractérist que de manifester clalrement la falsifi- cation du temps réel (ou bien, dans le cas des étemnels plans-séquence du = new cinema » dont je parlais, de manifester son exaspération par Tin version de ta valeur de T'ineignifiant) Los auteurs du nouveau cinéma ontils rason? Qu encore, dane une couve le tomps réel doitil étre resolument détrult, et cette destruction doitelle Sire élément premier et le plus mani- feste du style, dans la mesure od’ elle Interdit complétement au spectateur lik lusion de la succession chronologique des actions dans ie temps, telle quialle 8e renconive toujours dans les narra- tions et les fables, aussi bien anciennes que nouvelles 7 here Bee ee Fre A mon avis, les auteurs du nouveau ‘cingma_ne meurent pas assez dano leurs couvres = ils s'y agitent, ils s'y ontorsionnent, ou mieux, ils y agoni- sent, mals ils’ n'y meurent pas. C'est Pourquoi leurs ceuvres restent les. té: moignages d'une soulfrance quant phenoméne du temps dans ce quil a d'absurde, et, en ce sens, on ne peut es considérer et les comprendre que comme des actes de vie En definitive, la peur du naturalieme retient & Tintérieur des limites du do cument, ot la subjectivité, poussée jus- Qu’au point de produire’ ou bien dec plans-séquence infinis — qui épouvan- tent le spectateur par I'insignifiance de sa réalité — ou bien une cuvre de montage qui pour le spectateur detruit Millusion de la continuité dans le temps de sa réalité, finit par devenir ia pure subjectivite des documents psycholog ques. Méme dans la page de littéra- ture ia plus avant-gardiste, et apparem- ment indéchiffrable, ily @ evocation ‘une quelconque réalite ou de la réa- lité tout court. On n'éohappe pas & la réalité, parce qu'elle se parle & elle meme ‘et que nous sommes @ lintérieur de son enceinte. D'une page evant- aerdiste illisible — comme dune si ‘quence cinématographique qui exaspe- rerait le temps au point de nous éter Filusion de" revivre a travers. Tul la réalte —, Il y 2 toujours une réalte Gui reson et sexprime = cest celle | Ge autour, qui, @ vavers son. propre texte, exprime sa misére psycholagique, | ses calculs fittéraires, 2a noble ou igno: | ble névrose petite-bourgeoise | Je dois redire quune vie, avec toutes | ‘ses actions, n'est déchiffrable vraiment | et entiérement au'aprés la mort = alors. les: temps se resserrent. se regroupent et linsignfiant tombe, rejeté. Alors la proposition fondamentale de la vie n'est | plus seulement :« étve », et son naturel Gevient done a la fols Un faux object! ft un faux Idéal. Celvl qui fait un plan- Sequence pour menifester Thorreur de Finsignifiance dela vie commet une erreur égale ot contraire 8 celui qui fait un plan-sequence pour montrer la oésie de cette insignifince. La. cont fuite de fa vie, eu moment de la mort . Bien sir, c'est une chose difficile & dire avant de tourer et plus encore je crois, quand on est fen ain de tourer. Aprés, c'est autre chose, La différence profonde entre + CEdipe ft mes autres films, c'est quil est auto- biagraphique. alors que les autres ne Fetaient pas ou T'étaient moins. Ou du moins I'étaient presque inconsciemment, indirectement, Dans + CEdipe =, jer conte l'histoire de mon propre complexe d'Edipe. Le petit garcon du prologue, C'est mol. gon pére c'est mon pére, an- len officier d'infenterie, et le mére, une itutrice, c'est ma propre mere. Je raconte ma vie. mythifi6e, bien str, ren- due pique par la légende d'dipe. Mais, étant le plus autoblographique de mes ‘films, « Edipe» est celui que je considere avec le plus d'objectivite et do détachement, car sil est vrai que je raconte une oxpérience _personnelle, Crest une expérience terminée et qui ne rvintéresse pratiquement plus. Elle mn: téresse du moing en tant qu'élément de connaissance, de réflexion, de contem- plation. Au fond de moi, eile n'est plus vivante, violente. Ce n'est plua une lutte ni’ un drame, Alors que dans mes fllms précédents, 'effrontais des probl mes violemment vivant en moi, Icl, Je traite un sujet qui s'est éloigné de mai Gala donner peut-étre & mon film un plus grand = esthétiome Fespére, un recul humorist fait’ moins dans les autres. Cahiers D'aprés ce que vous miavez dit, il semble que votre position vis-i- vis de Histoire soit & lopposé de celle de Rossellini. La beaut de ses films historiques vient de ce quils semblent etre le reportage de quelau'un qui se serait trouvé sur les ligux mémes de Traction, et au moment de cette action. IV plonge complétement dans l'événe- ment et Histoire. Vous, vous Ie laissez fen quelque sorte venir 2 vous, vous proposez une lecture moderne des évé- ements. Rossellini refuse Freud, votre film au contraire sera l'histoire d'CEdipe acontée, ue, interprétée par quelqu'un ‘qui accepte Freud Pagolini Vous avez raison. Sans doute, i Rossellini avait réalise - CEdipe =, au: rait-ll complétement plongé dane |'His- toire, sans y ajouter une interprétation postérieure, Cependent, co que nous avons en commun, lui et moi, c'est quelque chose comme le patrimcine de tout un moment de la culture italienne et peut-étre européenne. Et de Histoire ausel, cest-a-dire la Résistance et le néo-réalisme, La différence entre nous, crest que Rossellini est surtout un ar: iste profondément intuitf, tandis que moi, je méla — queiquefois de fagon ‘maladroite ou incomplete '—, Tintuition at la culture. Cahiers Quel parti pris avez-vous adop- té en ce Gui concerne les costumes, les dacors, la reconstitution 7 Pasolini Cele a été facile. Jel voulu re- présenter le mythe d'Cdipe, c'est-é-dlre quelque chose se situant en dehors de Histoire, Selon mol, i est aussi loin de Sophocle que de nous. Dés lors un probleme de reconstitution veritebie- ment historique ne se posalt plus. Lihis- tolre d'Gdipe est un fait metahistori- ‘que, Et dans co cas, métahistoriquo cor- respond en fait a préhistorique. Pour Jes costumes, j'ai donc eu recours & des images préhistoriques. I'ei consulté des livres sur la vie des Perses et des Azteques, ainsi que sur celle des tribus africaines d'aujourd'hui, qui, elles aust, sont mythiquement structurées. Les décors, Je suls allé les trouver au Ma- roe. Cahiers Et le probléme de 1a langue, du texte de Sophocle 7 Pasolini Cela s'ect passé comme avec + L’Evangile =. J'si traduit Sophocle, et naturellement je I'ai adapté au langage moderne. Quant la diction, elle sera ple et moderne comme pour = LEvangile ». (Propos recueillis au magnétophone per Jean Narboni et trax dults de italien par M. Di Veitimo) SEREY SHOLGHSRT ET LE GHREGPERATEDH WILLY MURAMT (A DHOIE) »TOUPNAGE OE « Le DEPART Lentratien qui sult a été réalisé en Bel- gique, au debut du tournege par Sko- limowski de son quatriéme long métr je, « Le Départ ». Un premier entrotien (Cahiors, ne 177) et ¢@ déclaration du ne 182 nous aveient révélé un auteur d'une concision au moins égale & celle des dialogues de ses films. ll s'exprime ici plus Tonguement sur ses préoccu- ations théariques. Cahiers Comment concever-vous la distance qu'il semble y avoir ent + Barriera > et vos deux films préc: dents. « Rysopis » et « Walkover » Jerzy Skolimowski le me ronds compte, bien’ entendu, do ia différence stylisti- que qui existe entre + Barriera » ot mes deux autres films. Je cals méme exaotement dou elle vient, C'est que, dans « Barriera =, pour la promiére fois, je ne joue pas moiméme. Je me suis trouvé d'un seul cété de la camére, et j'ai pu me concentrer sur ce seui cote, au lew de chonger sans cesse de place de part et dautre de la camera, Je n’avais done pas la méme approche du film, puisque je pouvais le volr tout entier du cété de lobjecti, observer, le juger de cet unique point de vue. D'oi i'accent que jai pu mettre sur sa visualisation. Cahiers | semble que vous. insistez sur aspect = visual » do = Barrera - comme si vos deux precédents films Btalent moins « visuels =. A quol répond chez vous le cOté tranché de cette dif ference? Skolimowski |i faudrait, pour le dire, que utilise une formviation qui impli que une terminologie plus proche da celle des critiques que de la mienne. Mais s'll me faut entreprendre lexamen critique de mes propres films, je dirai que Jes deux premiers avaient’ un style Gu'on pourrait qualifier de réaliste — ou méme de naturaliste-poétique. Car Ty filmais la materialite de faits objecti~ vemant vus — des décors, des exié- reurs authentiques, des vues tres réel- es de la Pologne — dont j'utlisais ta présence pour les soumetire a une cer taine préparation personnelle. En revanohe, dans = Barriera -, jevais tellement de temps pour tout examiner jendant la préparation du film, les répétitions, le tournage, que j'ai pu constamment fixer_mon’ attention sur Vextérieur, chose que, jusqu'alors, Je rravais encore jamal pu faire. Dée ; irgmon edivnce eras — fe Passages See tte mame bale san etter pane Tees'slus qrunde. Diou W senturess MOLLE, Sowent ce quo nove voyons sur Hécfen Fer pas Tonegievarent pur at stops Soe fhe oe See crcoes at Se PMMA eon frie prove, Sunt a Iho Teorsction dune. réaite” spectral ae em ay ‘existe pasen fot seulement, ce quil y a dans = Barrera» se trouvalt deja dans les deux autres, et « Barriera -, de ca point de vue, est un pralongement, ul radicalisation de ta vision quils conte- le décor réel vous per- a mettait déja de déboucher sur une vision personnelle — disons postique, et de méme, les intrusions de la possie en tant que telle, avec les poémes dits par le transistor (instrument qui, d'all- leurs, vous permettait de conserver une justification réaliste) annoncaient déja cette suite de poémes materialises que constitue = Barriera = Skolimowski Je crois quil serait bon que je donne ici quelques exemples concrets pour illustrer la différence en- wwe «Barrera» et mes autres films. Dans «Barrieras, ily @ par exemple cette scéne ou Iés gens courent dans |e décor d'une ville Imagineire, ce genre de choses qui narrivalt jamais dens mes filme précédents. De co point do vue, o'était pout-étre Ia, au fond, une sorta de compensation et pratiquement de recompense, que je m'accordeis en Schange du fait que je m’abstensis de jouer. Diailleurs, du simple fait que, our la premiére fois, je me suis fait construire un décor (dans le genre de eet enorme tonneau tout recouvert Intérieuremant de miroirs, avec un pratl- cable au milieu, sur loquel so tenait la caméra, qui pouvait tourner en méme temps que les gens couraient, et en sens inverse), de ce simple fait, j'aban donnais. évidemment le réalisme : tl nly fa.aucune rue, aucun décor qui ressem- ble @ cela, ni en Pologne ni en aucun autre pays, Mais, en méme temps, il ‘se orée une certaine vision postique de foules qui se ruent on ne salt trop vers ol, pour on ne sait trop quelies mystérieuses raisons, et cette vision subjective a quelque chose de commun avec la vérité objective. Je pense que cela illustre bien la différence entre = Barriera = et mes autres films. Cabiers Vous aver parlé tout & rheure do ces « vues trée réelles de la Polo- gne+ qui eervalent de cadre & votre Vision personnelle, Il me semble aussi qu'on voit dans vos films, & partir de ce réalisme premier, quelque chose de Te réalité humaine, sociale, de le Polo- gne, réalité vis-d-vis de laquelle vous brenez peut-étre parfois une certaine distance, un recul presque critique. Skollmowski Je dois avouer que je suls patriote, bien que ce ne soit peut-étre as tellement a a mode... Je n'ai au- feune raison pour ragarder d'un ceil torve la réalité polonaise. Co que je montre dans mes films, c'est Justement eette = polonité- de co qui se passe dans nos rues, de ce qui se passe dans nos cerveaux, mais cela, Je le souligne, n'est nullement une position naturaliste, car cette réalité se trans- mue malgré tout en une vision trés personnelie des problemes et des affa res polonaises. Ce que je montre peut évidemment évelller des sentiments aussi bien p08 tifs que negatifs. Jespere en tout ces tre parvenu au moins & cecl: montrer a Pologne est un peys peu ordi- ‘et ce saul résultat se situe dejé du o6té posltit de le barnere. Je pense que les problémes que je montre, qui sont les nétres, et qui pour les autres peuvent, bien sir, poraitre exotiques, je pense que ce sont Ib des problémes Veritables, En ce sens, ce que je mets dens mes fils ne reléve pas de I'ima- ination, et Jajoute que fal vis-a-vis de Ges choses un point de vue tout ce guil y @ de plus sérieux. Done, si je dépose sous ce que je dépeins la signa- ture de mes pensées et de ma vision propres, je suls par contre aussi élol- gné quil se peut de leisser entrer l&- dedans quelque moquerie que ce soit. Cela n'exclut pas que je me permette de temps en temps un point de vue plus léger — et c'est [a pratiquement line question de forme at de présenta- tion moderne de la pensée — car je ne veux nullement faire Téquivelent dune legon de philo & Université, je veux faire un film qui doit choquer, qui doit faire réfléchir, qui doit aussi, un peu. amuser, Cahiers I! ne s'agit pas dune critique en ragie, solt de Ia Pologne, soit de telle ou telle forme de société, simpl ment, on peut so demandor sil nly a as chez vous une certaine forme do haute ironie — ou humour — qui d'eil- leurs fait bien partie de toute une tra- dition poloneise... Skollmowski Je maintions co que jal dit tout & Theure, mais jejoute que je re nie absolument pas qu'il m‘arrive de traitor parfols avec ironie nos affaires, ce qui n’implique pas la moindre mo- guerie. Cela souligng, il est vrai que les Potonais ont une certaine tendance & ice d'euxmémes (ce gui n'est sans doute pas la caractéristique principale des autres peuples que vous conneis- sez), sans que cela ait rien & voir pour autant avec la moquerie proprement dite. Cahiers Entre autres réalités polonaises gue vous reflétez, ily a la voiture. Je veux parler de la position (role, situa signification) de l'auto dans un nombre da films, et surtout les Jusque dans «Le Coureau dane l'eau» dont vous étiez scénariste. Skolimowski Le fait de posséder une voiture en Pologne est une singularica- tion particulidre de la Propriété. entendu, les gens ee divisent, de ce point de vue, entre ceux qui possedent beaucoup, ceux qui possédent quelque chose. et ceux qui ne possédent rien u presque rien. Mon étudiant de + Bar Fiera», comme le gargon du « Couteau dans l'eau» sont des @tras qui ne pos- sédent rien pour le raison que, étant donné leur -Age, ils n’ont encore pu atteindra & rien. C'est une chose tout & feit naturelle chez eux par consé- quont que cette soif de posséder, ot le fait que objet de leur desir soit justement l'outo. est sane nu! doute lyplaue et trda révélotour. Cor un gar- gon dune vingtaine d'années ne réve pas encore & une villa, ne réve pes encore & un lit & deux places — Il est encore en état de dormir n'importe ou dans un coin en cas de besoin, il est encore en état de passer une Ou plu- sieurs quits de vacances couché dans une étable. Néanmoins, le désir de pos- seder une volture constitue chez [ul quelque chose de normal, et c'est une réflexion sensde que de voir dans cette soif de la voiture le trait commun qui lie evolution de ces Jeunes garcons, celul du = Couteau dana eau + et I'étudiant de + Barriera ». Je pense aussi que c traits communs ne viennent pas p accident. J'ai dilleurs fait jover, a le réle dun des camarades de la mei son des étudiants, le heros du = Cou- teeu dans eau «, Zygmunt Melanowicz Gi était alors blond, maintenant il est brun, et il 2 vill): c'est celui qui fait souvent des réflexions sur + notre gé- nération...» Cahiers Je pense ici & votre style de dialogue — ‘dont Roman Polanski nous avait fort élogieusement parlé au cours de lentretien qu'il nous 8 accordé (cf. = Cahiers », ne 175) Skolimowski Il_mest _extrémement agréable que Roman Polanski se soit exprimé avec tant de bienveillance, jutant plus agréable que je le sais singére et que je suis en mesure de préciser qu'il entre beaucoup de mo- destie dans son attitude. Car cette mathode d'écriture des dialogues, nous avons mise au point ensemble, at je peux ladessus dire de lui ce quill a dit de moi. Comme i a pas mal parié de cela, Jo r’ai pas grand-chose ajou- ter, eauf cect: que ce qui nous a parti- . culigrement oidé, c'est le fait que tous les deux, chacun’notra tour, nous avons tenu successivement tous ies réles du film. Dans la mesure 0 nous sommes tous les deux — je l'espére — des ac- teurs corrects, nous avons eu 18 un excellant moyen de vérifier qué les textes que nous allions soumettre aux facteurs pouvaient effectivement étre dits par des acteurs. Si quelque chose allait pas, cela devenait tbs visible ‘au moment oU la scéne se concrétiait, ‘et c'était peut-étre la le moyen le plus efficace pour enlever tout ce qui éteit inutile, pour qu'il ne reste plus que le strict minimum de mots; pour que, & partir de 3, ce soit Tacteur qui puisse Bouter tout ce qui aurdole le dialogue ce quil y @ dedans et ce quil y a des- sous, les sous-entendus, les implica tions, et toutes les sautes de esprit, do la pensée ou de Thumeur Car ii n'est pas possible d'éviter que lacteur ne prenne & la lettre le texte. Que co texte, dono, contienne lessontial, ot no contienne que lessentiol. Si lesser tle! est bien compris, le reste pourra s'y ajouter. De toute facon, tout doit sur gi d'une Fagan naturelle de. parier, et ‘que lacteur donne le ens exact ov quil fesse une erreur quelque pert, tout s‘intégrera dans ce naturel de expression. Par contre, quand vous avez un trop- plein de texte, ga déborde. Car cela Fevient proposer & T'actour un ordre Qui n'est pas naturel. Alors i devient bavard, cer.au lieu d'aller dans le sens de le condensation, i suit le pente de écoulement, ot il fait aller les choses vers une dogradation progressive. Je ne crois pes que co soit bon. Cahiers En somme: tout ce qui, doit tre dans le dialogue s'y trouve effecti- vement, mais @ Tétat c'amorce, d'es- quisse, de tentation pourrait-on dire. Skolimoweki Effectivemont, et pour qu’on me comprenne bien : il ne s'agit as par exemple d'éviter systématique- ment de dire des choses idiotes, mals Il faut que ces idicties ou ces banslités soient dites de fagon ramassée, il faut que la formulation de ce dialogue se présente comme un échange du genre : «Alors, quest-ce quill y a? — Rien I.» Ainsi en va-til souvent dans Ja vie des questions inutiles, des. é- ponses Inutiles... Par contre, il ne faut Bao que cot Achange sonne par exer. comme : Eh bien alors, com Gr va chee vous? Quoi de nout? et Ge que ca se mainlient?...» avec une réponse du genre : + Oui, pas mal, merci beaucoup, ga a lair de se main: tenir @ peu pres...» Cahiers En méme temps, vous n’hésitez as, dans vos dialogues (comme dans vos’ décors, dont nous pariions tout & Theure). & décoller de la réalité. Ainst, tout se passe comme si ces poémes que nous entendions dans = Walkover » au transistor formaient, dans + Barrie- re», la matiére méme dun certain nom- bre ‘de scenes. ‘Skolimowski Je dois avouer que te dia- logue de + Barriera+ a été le moins conirélé de tous ceux que j'ai faits, cor ce film a réellement été improvise. Yai deja évoqué en d'autres occesions la facon dont ce film 2 été abordé, et C'est vrai + Harrivels tous les jours sur Ie plateau avec une simple esquisse de fa situation et de la fagon dont la scéne allait se dérouler. Les acteurs n’étaient encore en possession daucun texte @erit, mals au moment o nous nous réunissions tous pour le tourna présentais lidée directrice de la scéne, ‘et nous essayions, avec les acteurs, de la formuler sous forme d’échange. Mon Ingérence dans le processus avait es- sentiellement pour but & ce moment-la de satisfalre mon besoin meniaque de raccourcissement des textes, Souvent, ous nous écoutions sur un magnéto- phone, comme nous faisons maintenant (auf que la, matheureusement, Je ne pourrai pas corriger mes textes), et. sur Jos lieux de tournage, jenregistreis toutes lee repétitions des actours. Pon. dant qu'on inctallait les lumiéres et quien faisait les essais techniques, Fécoutels de mon cété l'enregistrement que Je faisais mettre en méme temps par écrit, et je revoyais le texte pour farrer tout ce qui était Inutile. De cette facon. les acteurs bénéficieient d'une version raccourcie de nos propositions communes, Evidemment, cette ingérence de ma part se prolongeait pendant le tournage Broprement dit, de scene en scéne et méme de prise on pri¢o, et il arrivait Parfois que la derniére prise soit plus 36 courte de moltié que la premiére. Cela ne veut pas dire que je gardals force- ment la derniére dans le montage final ‘ear pour le choix définitif, beaucoup de falgons entraiant en jeu Cakiers ly a donc la, 8 fa fois, impro visation et préparation extrémes. Skolimowski Oul, et je dois préciser ‘aussi que pendant les premieres répé- titiong, au moment ob nous étions en train de donner forme au dialogue, les acteurs n'etsient pas las seuls @ sy escayer : javais sur la bande enre- gistreuse les voix de toute léquipe. Pour moi, Jessayais de tenir compte toutes les expressions, de toutes les formulations présentées et je continuais dajouter d'autres propositions 8 partir desquelles le texte pouvait continuer de s'élaborer, de demandes en répon- ses, d'échange en echange. Ainsi for- miong-nozs une sorte de + brain trust», dou allait sort, a la longue, la redac- tion finale. Cahiers La construction de « Barrier sous forme de scénes — ou sketches, pourrait-on dire —, me semble perti er, sous un certain angle. de esprit de certains spectacles thédiraux moder- ‘Skolimowski avoue que cela me cho- que, car je nai jamais vu de rapport ‘entre le théatre ‘et mon film, Je me rends bien compte que ce film repré Sente une sorte de structure en mosai- ‘que, mais si je mets ces petites plerres les unes & cOté des autres, clest Jus- tement pour obtenir @ la fin un tableau diensemble, car ia vision complete du film, on Ia la fia—ou pas du tout De 2 point de vue, le possibilité subsiste que cette vision ne soit pas pergue a la fin, ou le soit de fagon. ambi ue. C'est précisément ce que je vou- fais. Mais de toute fagon, les éléments de ce puzzle, ces petits cailloux qui 88 groupent en masaique, Il me semble quils n'ont pas grand.chose de commun avec le théatre. Car la forme meme du film, la fagon évidente. frap- ante, dont il utilise le caractere fil mique des choses, les déplacements de Ja caméra qui donnent des effets pure- ment visuels erées epécialement pour ce film, tout ceci est surement éloigné 3 tel point du thédtre que je ne vois pas du tout comment ¢a pourrait m'y faire penser, Mais je serais tres int resaé si vous voulez ma dire exact ment ce qua vous aviez en téte Cahiora Jo n’avais pac du tout en tate lune question de technique. Je ne vou- leis eurtout pas dire que Tun des deux arts était en soi supérieur & l'autre. Je veux dire simplement que le film me semble embrasser ou rejcindre cer- taines matigres et certaines formes modernes de récit — entre eutres théa- trales. Et si j'ai pensé au théatre, c'est quion a 8, comme au cinéma, un art du visuel et du dialogue. Ce ne serait dallleurs pas la pramiére fois quil leur arriverait 4 tous deux de se croiser Skolimowski Mais dans cette question, ft sans juger que la technique d'un de ces deux arts soit supérieure ou infé- eure & l'autre, il n’en reste pas moins qu'on peut faire entrar cette technique en ligne do compte, tlle quelle est et pour'ee qu'elle est. Et la jo ne vis en de commun entre la” technique thedtrale et la technique. cinématogr phique. ll me semble que pour vous la fechnique theétrale est plus pure que la technique cinématographique » olors je ne peux pas prendre co. que vous me dites “comme un compliment. De toute fagan, mo, je ne vois absolument ren de commun entre ces deux choses. Cahiere Mais Te fait de citer le theatre rrimpliquait absolument (pas pour moi Un jugement de valour, St surtout pas negatit Skolimowski Moi, en vérté, jo ne vois rien de commun entre cinéma et thes tre. Prenons. des exemples concrets. Je imagine pas la possibilté de montrer au thedtre, comme jai fait dens_mon film, un gargon qui, assis sur une v lige, effectue un. saut sur un tremplin de Ski, je ne vois pas non plus la pos- sibilté’ de montrer la course do la foule dans le tornmeey aux miroirs, i les Voyages en tramway. Ces tramways Sortant de leur garage et entrant dans ia’ blancheur ‘de Tespace. ce sont Ia autant d'elements typiquement cinémex tographiques. Bien Sor. le construction Ge ces dpisodes, de ceite mosaiaue, se compose aussi ‘bien de morceaux de Bislogues que d'images. typiquement cindmatographiques, et tout” cela 9e fixe avec. [a musique, et s'ordonne 2ussi perfois. comme on ordonne une Musique. Queest-ce que tout cela o de commun avec le thedtre ? Cahiers 11 n'est pas question de spéci- ficite. mais de ta fagon dont des arts aifferonts peuvent tendre a exprimer es choses parentes, & Tintérieur d'un exprit commun ot parfols — acciden- tolloment et secondairoment — ée toch- higues ‘plus ou moins. proches. Vous ajouter ‘des cailloux 8 dautres cal four. dites-vous. Certains de ces ca Joux peuvent ressortir plus que d'autres 2 certaines disciplines... Skolimowski A ce moments, jo ne pense pos qu'on puisse parier 3 pro- pos de mon film uniquement de théa- tre. Je pense que la prose contem- poraine itive la méme construction, et {a poésie contemporaine est une ad tion ai vision qui met fen jeu bien plus d'éléments qu'on ne royal av début. Cast pourquoi la Comparaison avec le théétre ma cho- quée car on pouvait aussi bien faire a comparaison avec Ja peinture ou la sculpture modernes. Cahiers Ici Je prends un exemple : ta facon dont sopérent dans + Barriera certains changements de décor. devant lesquels on ne peut pas ne pas por ser au thedtre, car ils sont littéralemont des «changements @ wes. Ains! le décor de le place toute noire, dont la lumiére des bougies fait surgir peu a peu tous les éléments ; facades des maisons, fenétres, personnages... Cela dit, je suis bien d'accord que c'est et de toute évidence — du cinem Skolimowski Je pense que le cinéma. fest un conglomérat de tous les arts. Crest un truisme, mais c'est vrai. Mais il mest tres difficile maintenant de voir clairement quelle forme d'art pouvalt sur le moment m'inepirer. Les bougies qui eallument sur un fond noir, il est possible que ce soit un offet qu'on pourrait voir au théétre. Néanmoins, , re que cette influence du théstre R’est pas consciente, parce que j'ai 8go: lement profité inconsciemment de 'archi tecture ou ide la sculpture (car finale- ment ce sont les formes plastiques qui ‘ont infiuencé), parce que |'si béné-" ficlé dinfiuences diverses et souter~ raines qul_m‘ont amené & déboucher , dens une réalité tout autre, on ne peut finalement privilégier aucune dientre elles. Et pour moi je ne privilégierai pas Tinfluence théatrale, je le souligne. parce que cele sonne toujours de fe ‘gon douteuge quand on dit du cinéma quion y sent l'infiuence du méme du plus grand thédtre. En outre, Y a aussi cet autre facteur : le atyle de jeu des acteurs. Les acteurs do theatre, comme on le salt, n‘ont rien & voir avec les acteurs de cinéma. Cahiers Quoi quill en solt, je pense que vous seréz d'accord si je dis que, quels {que aoient les éléments qui entrent en Jev, ils 80 combinent dans vos films pour donner naissance & quelque chose autre et de profendément neuf. Skollmowski Ovi, mais il faut quand méme que nous nous entendions pour tacher délucider nos difficultés. D'un point de we théorique, on pourrait trouver dans la genése méme de le construction de T'eeuvre, quelques an Tagies entre = Ba de théstre, Seulement, dans gon essence est la manifestation dune convention, c'est la convention do lartifice, & savoir que les messieurs- dames acteurs jouent quelque chose dstiné ux messiours-dames specta- feurs. Il y 9 la scéno, le rampo et ies fauteullo d'orchestre. Et Il y a disjone- tion entre ce qui n'est pas vrei (conven- tion) dont on joue, et ceux pour qui en joue : spectateurs Mais le cinéma, surtout de 16 ta plus réeliste quill sttelgnalt autrefois, le cinéma, sous cette forme. e supprimé cette barride quil y avait entre Io spectacle (ce qui se passalt sur I'écran) et le public. Les gens venaient pour eroire 8 ce quills voyalent sur 'écran, pour vivre de veals drames, pour voir Se veaies guerres, de vraies amours, de vrales morte. Or ce genre de réalisme est absent de mas films. On y trouve par contre une certaine convention artificielle, dont Je ‘suis bien conscient : c'est cela qui peut theatre. peut-atre faire penser au Neanmoine ; cette convention ar fest souvent troublée, et consci trouble, par ces morceaux de vérite, de réalisme, qui sont nécessaires au cinéma — sinon les films cesseraient tre des filma, Ainsi, tout cela nous améne & cette route qui va ver ta destruction de la convention cinéma- tographique. Mois si ce processus peut nous amener & quelque chose qui peut faire parfois penser & [a convention théatrale. on ne doit pas pour autant stengager dans le pur thédtre, car & ce momentla, ja le répéte, le cinéma cesse deve du cinema. Mais je vais prendre quelques exem- ples concrets pour illustrer cela. Dans * Barriere =, lo fille, aprés avoir essayé de rompre’ avec son travail, boit de Yeau dans une auberge, et elle bolt pendant trés longtemps, et devant ello passe le tramway. Cela c'est le vérité, éaliste et tangible. Or cette fille qui bolt (at elle bolt une eau qui peut étre bien celle qui coule des autres robl- nets) est cette méme fille qui a été tout & Theure meprisée. une fille qui pourrait trés bien méme fondre en formes (et toute eau qui covle pourrait auss| blon participer des larmes do atte fille). Done, d'un point de vue Fealiste, cette file qui boit de leau parce av'elle a self (ot qul est aussl tine fille qui parlait pour dire des cho- 505 inutiles), devient le centre d'un cer- tain nombre delémonts, tous réalistes sion les prend séparément, mais qui $e groupent pour donner naissance & lune métaphore — exactement : une mataphore de l'eau courente. Or, juste anrés, cette métaphore se trouve placte dans un autre contexte & partir du mo- ment od la file s'endor. Et 1 il sa peese quelaue chase d'incroyable qul be situe a [a frontigre durée! et du rave (auelaue chose qui peut énalement servir d’oxemple et qul me fournire mon deuxidme) : cette fille se réveille dans Te cabinet dun médecin et alle © une conversation tout ce quil y a de plus réelle avec ce médecin & aui elle ra- conte des choses tout & falt normale: Cette conversation se termine par une sorta de rupture, un accent de tris- tesse, quand le médecin, aprés cette conversation, montre son vrai visage Ghomme seatimentalement enaaaé vi B-vie de cotte fille. Et quand la fille sort, alors entre de nouveau la vision subjective de cette m&me fille aul porte ‘sur gon doe aon tabloau avec Ia arande lettre E, et elle ve parmi les tramways ul devant elle lui ouvrent un passace, comme feraient des nuaaes. par exam: ple, ou des vaques sur un fleuve, Voila une autre image poétiaue et mé- taphorique, qul n'a rien & voir avec la Verité. pulsaua Ia fila @ 66 rédulte au symbole de la lettre E, et les tramways réduits au symbole ‘d'un abime qui stente‘ouvre pour lui laisser passane Cahiers Pour en terminer maintenant avec mos comparaisons : on pourrait aussi bien prendre pour point de repére, outre la peinture et la sculpture, la musique moderne. ‘Skolimowski L&, Je suis d'accord. Cahiers Si vous étes c'accord avec le jon musicale, pourquoi ne étes-vous pas avec la comperaison theatrale 7 ‘Skolimowski Parce que Je préfére la musique au théatre... bien que je rime pas tellement la musique ato- ale. Done, si nous devons formuler tout cola eur exemple de la musique, imaginone la chose suivante : nous metions un disque de Bach. Nous en- tendons cette merveilleuse musique de Bach qui, dans notre comparaison, va figurer le réalisme. La-dessus, faisons passer la vitesse de 33 8 78 tours. Nous n’avons plus alors de musique do Bach, 8 proprement parler, bien que nous ayons un substrat qui reste tou- Jours du Bach. Revenons a 93 tours voici de nouveau Bach — comme dans la vie. le crois que la comparaison suffi Mais pour en revenir & ce que jo disais tout a 'heure, Je pense que je devrais. plutét dire, non pas quo je n’aime pas fa musique atonal, mals tout simple- ment que je préfére la musique tradi- tionnelie — ce qui ne vout pas. dire que je méconnaisse la valeur de la musique contemporaine. Et si jentends Te nom de Strawinsky, c'est toujours pour moi une musique traditionnelle, et lune musique que Jaime beaucoup. Sim= plement, je me révolte parfols contre ce ‘qui est moderne, contre ce qui ve par trop dana le sena de la vague... Et 1a iy a par exemple cette musique trés Ja mode qui me parait tellement invér fiable, tellement haserdeuse — comme le tachisme en peinture, comme ce bruitage insignifiant quion rencontre & tout bout do champ dans les films pseudo-modernes. Cela mo fait penser 8 ces filme de I’ + Underground Mo- que j'ai vu dens un petit festival londres. A part quelques valeurs i tSressentes, ces films se composaient de n'importe quol, et on pouvait aussi bien voir des kilometres entiers de bobines qui ne montralent rien d'autre que des zigzags et des croix... sauf a nous laisser entrevolr, parfois, un vk age. Voila des choses qui, vraiment, ne signifient rien, et il faut protester contre tout ce broulllage dans autant plus que perfois les gens ide tiflent ce que nous essayons de ‘avec ce genre de cinéma qu'on appelle Vevant-garde, Cahiers II y @ quelques mois, Kazan nous a longuement et trés. pertinem- ment parlé de ce fameux = Underground Movie» (cf. « Cahiers», n° 184).. Skolimewski Ou', seulement je demande avec inguiétude ‘ce que Kazan a bien pu penser de nous, parce que tous les escaliers ménent sous la terre, et pout- Btre que coux que nous avons emprun- tée nous ont menés un petit peu au- dessous du niveau de la mer. Cahiers Ne pensez-vous pas ue !a voie qui nous a menés 8 « Barriers = Fest pas sans rapport avec celle qui & mené Fellini & Giulietta» ou Bero- man = Toutes ses femmes » ‘Skolimowski Non, je ne vois pas. Mais (oulte page 70). » La remontée W’ Orphée + Le Barriére + se diferencia des deux remiers filme de Skolmowski en ceci Gabord que son auteur nen est pas Facteur principe! Cette - absence de laveu_méme de Skolimowski, se repercute sur la conception, la struc- ture et la forme du film. Car ce n'est pas Une absence pure et simple : pour Ren étre pas linterpréte, Skolimowski rest pes moins le personnage principal de son film, Au contraire de + Ryso- pis + et « Walkover +, ou il étalt actour au double sens du terme : celui cui joue et celui qui agit (interprete ot le personnage). Il n'est plus ici que celui ‘qui est jous. Et ce sont ses actions qui Sont interpratées par une sorte de dou- ble de lui-mémo dont, dés lors, I! est non seulement le créatour mais tout autant le spectateur. Skolimowski dens + La Barriére + ee projette et se regarde agir. Cesta-dire Guil se tient au dehors de cet agir qui pourtant est lui, est en lui. Vis-d-vis Erections ‘qui cette fois ne sont pas directement mais indirectement subies per iui, Il observe done un certain ecu! ; celui & la fois et inséparablement de la conscience et du songe, de co redoublement de soi quest la lucidité et de co dedoublement qu’est le réve. Le premier effet de cette situation réel- lement ambigue de l'auteur par reoport 2 Tenuyre (ello, miroir non pas de lui mais de son image : double Jou de feflets), est limportence que revét te fegard (visions et mirages : tous spec- facles qui font du film avant tout un délire visuel). Davantage que dans + Pysopis et + Welkover +, ol Ceétaient les déplacements physiques, les gestes, las paroles (« La Bartiére = est un film peu bevard), les corps et lee bocnas matérielles du monde. bref. espace, et non seulement sa_percep- tion mafs surtout ¢a possession physi- que, ‘qui menaient le recit, ici. tout est donné comme vu a travers un re- gard deja — qui serait & le limite Fécran lui-meme. Vu au second degré en quelque sorte : les personnages fegardes regardant eux-mémes ce qui fee entoure ou les separa, L'espace nest plus. alors seulement milieu frais spectacle. lui-mame, Plus seule- ment cadre, meis tableau ; écran donc. tly avait dans = Walkover » déja ce phénomene (a implications. stylistiques et dramatiquas) de la mue perpétuelle un espace fluide, plastique, instable. tel que ce ne seraient plus les person: ages qui se deplaceraient dans le dé- cor mais celui-ci qui. mouvant, se derovlereit autour de personages sem- blant_ du coup immobiles. Mais +» La Barnére_- porte @ son comble cette illusion ¢optique dont la conséquence est que les personnages semblent moins vivre leurs aventures qu assister f leur déroulement (dou, aussi, le ton misamer_mi-fataliste du film, Morbiteaire total qui semble régir Tenchainement des fats ou le hasard méme des ren- contres et qui évoque dés lors — la Togique da la poésie retrouvée — la main du classique Destin), moins par- courir espace ‘qu’étre portés par Comme sil n’étaient (c8 que de toute fagon ils sont) que des refiets, jouets de la lumiére et de 'ombre Celles-ci, deilieurs, organisent (blancs et noirs) la plupart des scenes (bougies Sallumant toutes dans la nult, pétales Gcletant de blancheur _envahissant T'écren}. Par leurs contrastes d'une part paar les changements @ vue de l'espace Seutre part, les perspectives spatiales, les proportions et les distences sont constamment et en tous sens = faus. sées > (dans le garage des trams, les premiers et seconds plans s'inversent plusieurs fois, des zooms ou travel- fings libérent brusquement espace ou le rétréclosent = quand, au debut du film, les étudiants tombent, et quand te heros, eceroché 8 un mur, tente de saisir une ole). Ainsi, sens quil soit jamais nécessalre 8 Skolimowski de faire intervanir flashbacks ou images mentales, ni aucun procédé typique de Ta représentation du réve au cinéma. tout sa passe comme si la dimension réaliste de - Le Barriére » n’etait autre que onirisme. ‘Metamorphoses de espace et jeux deo lanes et des noirs suffisent @ abolir les constantes spatio-temporelles qui Fondent dans la perception du specta- teur le réaliome cinématographique — ft cela, sans que les composentes de ce réalisme soient jamais altérées ou Sétrvites par truquege ou déchronolo- gle : la seule variation incessante des données élémentaires de l'image figu- rative (proche et lointain, clair et som- bre, net et flov, lent et rapide) suffit & faire celle-ci litéralement décoller_ de ce quelle représente et lui confére qualité et force oniriques. Oniriques et pourtant naturelles. Paralldlement et conjointement & cette saturation de la forme par la démult plication des regards et loscilletion des Spectacles, se prodult une véritable saturation de la narration par les sym- Boles qu’elle charrie. « La Barriére » en effet ne dit quiune seule chose : la Résurrection ; mais elle la dit de toutes les fagons possibles. Exolicitement par exemple : + reppelle-tei qu'un jour tu mourras et ne ressusciteras pas». dit prophetiquement au héros, dans le ouvelle boite de nuit, - homme qui 2 changé de vie > et qui distribue le Journal « Vie nouvelle », dont se coif- feront, un peu plus tard, les anciens combattants....On voit comment | boles e’ajoutent les uns aux autre cascades, En chaque scéne, non pas un objet a propos de *La Barricre’ une phrase, un personage ou une six tuation, mais plu: ‘sinon tous, pren- nent en charge la ‘symbolisation du theme régurrectionnel. fl y @ done plu sleurs niveaux, plusieurs sortes de sym- oles, conjugués dans un ensemble compiexe et vivant : l'on passe par exemple du niveau des situations et contextes (veille de Paques, fin des études, début dans la vie, ‘veille de mariage, nouveau départ. musique fait daAlieluia, ete.) @ celui du contenu mé- fe de cheque scéne (voiles otés aux tates de certs empaillées, voiture 4 pouilléa de sa housse comme d'un o: on, affiches — montrant le visage de ‘Skolimowski — qui invitent & « donner on sang pour seuver une vie nouvel Te =, ete), et de celui-ci 8 celui encore do organisation mime de la ligne dramatique du film, articulé en deux parties symétriques. L'une, recherche de la femme par Thomme et leur ren- ‘contre; Teutre, leur séparation et la recherche de homme par le femme. Entre les deux, culmination du réve dans une césure qui le redouble et le fait renchérir sur lui-méme : la + mort » du heros (qui glisse sur un toboggan et. pantin desarticule, s'écrase, avec sa Volise et son sabre) Pareille abondence des symboles fait Quils ne sont plus simplement des or- ementatione de le ligne narrative, deo fioritures de T'éeriture. Au contreire, ile gouvernant strictement [itinéraire des perconnages (la + descente aux En- fers - du heros, ¢a remontée dans une ‘sorte de Paredia, quand son jeu de clés [ui ouvre successivement le porte du ‘garage ou Vetted une laguar et celle, Utime, d'une serve ol les pétales l'en- sevelissent; puis, sa + résurrection » Quand il réappareit, plaqué sur la vitre avant du tram conduit par Ihéroine) : ils deviennent las relais obliges de la narration, ce par quol le film progresse Gt los événements s‘enchainent, signi- fient, se répondent dans un perpétuel change métaphorique, Pour la pre- miere fois peut-Btre dans l'histoire du c! néma, on ne passe d'une scéne 2 la sui- vante que par nécessité métephorique. La premiere foie ? Non : il y avait Coc- teau. Etrangement, dans ce labyrinthe des égaroments que semble étre + Lo Barriere =, c'est en offet le rapport & Cocteau mais il ne devrait pas déplaire 8 ce genie médiumnique do rvavoir agi ‘que par personne — Godard en Io currence — interposée sur le devenir du cinéma moderne). et non souloment & son emploi du symbole mais aussi 2 ses thames privilégiés (doubles et re- Cherche de so! dane autre, itinéraire initiauque, matérialisation des hentises, ete}, creat le rapport 4 Cocteau qui peut servir de table forientation, Jeen-Louis COMOLLI. “ Moins par moins égale plus a propos du * Dépar 1. tly @ dans «Le Depart» une scene ou Jean-Pierre Léaud et son compli lui aussi garcon-coiffeur, se font passer pour un maharadjah et son secrétaire. On comprend assez vite qui s'agit d'une supercherie (rires) mais it est dif ficile de ne pas croire — ne sereit-ce que quelques secondes — 8 lexistence dudit maharedjeh. Ces quelques secon- des sont peut-atre tout art de Skali- ‘mowski : un homme qui raconterait mer- vellleusement des histoires et qui les achéverait avec un fin gourire en moquant Ja credullté de son auditoire. De quel prix serait la dérision ai elle ne s'accompagnait pas dun art ou ‘moins égal 2 rendre les choses = pleu- sibles +? Coux qui se moquent de leur propre parole doivent diabord etre de beaux parleurs. Sinon... 2. Dans «Le Départ », un jeune brux lois reve de participer & un rallye automobile. Comme Il be doit (constante ‘skolimowskienne), une fille plus calme et plus agée que lui devient, sans ral- 80n apparente, sa complice et sa com- Pagne. Aprés une journée épuisante (discussions, marchandages, bagarres. tentative de viol, travail, reneontres, etc). le héros loue une chambre d/ho- tel. Le lendemain matin, il est réveillé par le bruit des voitures qui paseent ne s'est pas révaillé, il a manque le depart. Co qui est trés fort dans cette hi C'est qu’d aucun moment on age cette fin alors qu'en toute logique, c'est la seule possible. Lors- qu'on arrive a la derniére scéne, on se dit «bien sor...», mais c'est trop tard. Dans « Le Départ’s, Skolimowski a donc encore mioux dissimulé les ficelles de Son histoire que dans les films précé- dents. Il prouve par le qu'il peut reussir 8 peu prés nlimporte quoi, par exemple un film commercial. 3. En méme temps, «Le Départ+ est Un film pour rien, me «La Barriéres, ‘moins souverain que «Walkovers. li y a & cele plusicurs raisons, toutes secondaires : dialogues ‘moing soignés (Skolimowski ne parle pas belgo). photo (Kurant) un peu sale, ete. Il faut prendre ce film pour un exercice de style et y déceler les ris- ques de l'art pour Mart. Par ailleurs, il serait malséant de reprocher @ Skoli- mowski son trop-plein de talent. tla le droit de faire un ou deux films sur Ia lancée de « Walkover =, vu limportence et la beauté de ce dernier film. 4 Les personages de Skolimowski Sont dautant plus obstinés, lies 8 une idee fixe, que le monde ne cesse de se dérober @ leur contact. lis ne peuvent vivre que dans ettente d'un evénement Important, dune épreuve decisive, tou- tes choses qui werrivent jamais ov qui arrivent mal. Ne subsiste qu'une fré- nésie d'autant plus intense qu'elle est rigoureusement entropique. ll ne saureit 2 y avoir de point final, de legon défini- tive, par contre toutes les parodies sont permises C'est que le provisoire est seule réalité. le seule valeur et peut- tre la demnigre. Certiudes fuyantes, Points de repére méconnaissables (de- Quisés), le monde continue sur se lan- Cée mals quelque chose (mais quo: 7) est pas a sa place. Ca naturel mémo fest suspect : c'est un réve dont le ré- veur salt déja qu'il va finir blent6t. Mo- mente ou tout est suspendu, provisoire, Inachevé (dont Gombrowicz dit quills sont le recherche — provisoire — de