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1 CONNAISSANCE WET Les grandes questions MM TAN OT OAT UOTE Sommaire Introduction 7 Chapitre 1 Travail, emploi, chémage 9 =~ 6. LE CHOMAGE ET SES EXPLICATIONS . 7. LA PRODUCTIVITE DU TRAVAIL . 12. Le TRAVAIL A LA CHAINE ET SA REMISE EN CAUSE . 13. LES NOUVELLES FORMES D'ORGANISATION DES ENTREPRISES Chapitre 2 Entreprise, marché et croissance économique 37 — 14, Les PME pans UECONOMIE FRANCAISE 15. LA CROISSANCE DES ENTREPRISES ..... 16. LES MUTATIONS SECTORIELLES DANS LES PAYS DEVELOPPES .......... 42 17. VALEUR AJOUTEE ET REPARTITION DES REVENUS PRIMAIRES 24. LA MESURE DE LA CROISSANCE ET DU DEVELOPPEMENT DES EXEMPLES DE SUJETS PORTANT SUR LE CHAPITRE 2......... Chapitre 3 Fluctuations économiques et réle de I'Etat 61 — 25. LES FLUCTUATIONS CYCLIQUES DANS L'ECONOMIE 26. Les cRISES ECONOMIQUES .... 27, LES EXPLICATIONS DE LA CRISE CONTEMPORAINE 28. Les POLITIQUES ECONOMIQUES ... 33. De UETATGENDARME A L'ETAT-PROVIDENCE 78 34, LA REDISTRIBUTION DES REVENUS PAR UETAT PROVIDENCE 80 35. LE SYSTEME FRANGAIS DE PROTECTION SOCIALE . 82 36. Les ENJEUX DE LA PROTECTION SOCIALE 84 37. LES RETRAITES .. wee 86 38. LA RISE DE L'ETAT-PROVIDENCE . 88 39. LE DEVELOPPEMENT DURABLE .. 90 Des EXEMPLES DE SUJETS PORTANT SUR LE CHAPITRE 3 92 Chapitre 4 Questions monétaires et financiéres 93 —, 40. LA MONNAIE.... 94 41. EPARGNE ET PATRIMOINE. . 96 42. LE FINANCEMENT DE LACTIVITE ECONOMIQUE 98 43. LE SYSTEME BANCAIRE EN FRANCE ... 44, LE MARCHE FINANCIER... 45. INFLATION ET DESINFLATION 46. VARIATION DES PRIX ET CONSERVATION DE LA VALEUR . 47. Les Taux D'INTERET 48. Du SysTEME MONETAIRE EUROPEEN A L'EURO . 49, L'EURO : OPPORTUNITE OU CONTRAINTE ? . 50. Le SysTEME MONETAIRE INTERNATIONAL . 51. Les TAUX DE CHANGE ET LEURS DETERMINANTS 52. Les EFFETS DES FLUCTUATIONS DES TAUX DE CHANGE 18 53. Les CRISES FINANCIERES. DEPUIS LES ANNEES QUATRE-VINGT-DIX 120 54, LENDETTEMENT DU TIERS-MONDE 55. LE ROLE DES INSTITUTIONS FINANCIERES INTERNATIONALES DEs EXEMPLES DE SUJETS PORTANT SUR LE CHAPITRE 4 Relations économiques internationales — 56. LA CONSTRUCTION DE L'UNION EUROPEENNE .. 57. Les ENJEUX DE L'IELARGISSEMENT DE L'UNION EUROPEENNE 58. L'EvOLUTION DU COMMERCE MONDIAL ... 59. LA MONDIALISATION ... 60. COMMERCE MONDIAL ET CROISSANCE ECONOMIQUE 61. La BALANCE DES PAIEMENTS . 62. LE COMMERCE INTERNATIONAL ENTRE PROTECTIONNISME ET LIBRE-ECHANGE 63. LES FIRMES MULTINATIONALES . 64. LES DELOCALISATIONS .. 65. LE TIERS-MONDE 66. LES EXPLICATIONS DU SOUS-DEVELOPPEMENT 67. CROISSANCES ECONOMIQUE ET DEMOGRAPHIQUE DANS LES PED . 68. LES STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT . 69. Les PAYS EMERGENTS . 70, La TRANSITION VERS LE MARCHE DES PAYS DE L'EUROPE DE L'EST .. 156 DES EXEMPLES DE SUJETS PORTANT SUR LE CHAPITRE 5. 159 160 Pour BIEN UTILISER CE LIVRE, ET TROUVER LA BONNE REPONSE A VOS QUESTIONS, CONSULTEZ L'INDEX EN FIN D/OUVRAGE INTRODUCTION pays du monde soulévent de nombreuses questions. Les choix qui sont faits pour y faire face sont lourds de conséquences; aussi importe-t-il de comprendre ces transformations, la nature des interrogations qu’elles suscitent, ainsi que les choix qu’elles engendrent. Tel est l'objectif de cet ouvrage qui, en 70 fiches, présente et tente d'expliquer, simplement et clairement, les principales questions économiques du monde contemporain. [ es transformations qui affectent les économies et les soc ss de tous les Un plan détaillé structure chaque fiche qui répond & une question spécifique; il est donc possible d’étudier chaque question indépendamment des autres. Les questions abordées ont néanmoins été regroupées en cing chapitres fédéra- teurs permettant au lecteur d'établir plus facilement les liens entre des pro- blames proches : travail, emploi, chémage; entreprise, marché et croissance économique; fluctuations économiques et rle de I'Etat; questions monétaires et financiéres; relations économiques internationales. Ce livre se veut donc d’abord un outil au service de chacun afin de mieux com- prendre le monde d’aujourd’hui. II s'adresse par conséquent a tous ceux que les problames économiques intéressent et qui souhaitent approfondir leur réflexion sur les enjeux des évolutions actuelles. En particulier, il constituera une aide pré- Cieuse pour les candidats préparant |'épreuve d’économie d'un examen ou d’un concours administratif de catégorie A ou B. Ainsi, outre les connaissances de base que l'ouvrage permet d’acquérir, on trouvera a la fin de chaque théme des exemples de sujets posés a différents concours administratifs. En fin d’ouvrage, un quiz donnera aux lecteurs la possibilité d’évaluer leurs connaissances et dorienter leurs éventuelles révisions en fonction de leurs lacunes. Bertrand Affilé et Christian Gentil TRAVAIL, EMPLOI, CHOMAGE Depuis Ia fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde du travail a connu deux grandes périodes. La premiére correspond aux Trente Glorieuses (1946-1975), marquées par un faible taux de chdmage et une progression sensible du niveau de vie, en contrepartie de la géné- ralisation en France (comme en Europe) d'une organisation du travail contraignante pour les salariés, le taylorisme. La seconde période, qui commence au milieu des années soixante- dix, voit le ralentissement de la croissance, dans un contexte de concurrence internationale exacerbée, qui se traduit par l'augmenta- tion du chémage. Le maintien de celui-ci 4 un niveau élevé, ala fin des années quatre-vingt en particulier, pose question. Parmi les solutions imaginées pour faire diminuer ce chémage de masse, certaines sont d'inspiration libérale comme la baisse du codt du travail, d'autres plus en rupture, comme la réduction du temps de travail. Ainsi, depuis plus de vingt-cing ans, non seulement l’organisation du travail a été repensée, du fait de la crise du modéle taylorien, mais les nouvelles formes d'organisation des entreprises ont eu des effets sur la structure socioprofessionnelle de la population active, qui, par ailleurs, s'est féminisée. Enfin, les entreprises ont transformé leurs modalités de gestion de la main-d’ceeuvre, en les orientant vers la recherche de flexibilité, provoquant une montée de la précarité de emploi. LES GRANDS COURANTS DE L’ANALYSE ECONOMIQUE eet eae ee te eee Me Ree ed en intégrant des mathématiques, toujours dans une optique libérale. Cependant, ee ene ee De marc ae comme celle des années 1970, avec un retour vers le libéralisme. LES CLASSIQUES ET LES NEOCLASSIQUES Les auteurs de ces courants peuvent étre rassembiés selon leurs hypothéses de tra- vail, mais aussi dans une certaine mesure, par une croyance partagée en la suprématie du marché, comme moyen d'information pour la prise de décision. © Les auteurs classiques Atexception de J. S. Mill et de S. de Sismondi, la plupart des auteurs classiques sont plutét des libéraux. En revanche, tous partagent la conviction que la valeur des biens est fixée grace a la quantité de travail que ceux-ci incorporent. En développant souvent une approche littéraire des phénoménes économiques, ils fondent une discipline nou- velle, 'économie politique. C'est ce courant classique qui déve- loppe les bases de |'économie que sont la« main invisible du marché » et la divi- Les hétérodoxes sion du travail (A. Smith), la loi des ren- dements décroissants et l'avantage Les trois grands courants de pensée comparatif (D. Ricardo), la loi des débou- exposes formrie dee oreiiodsiio ved hés (J.-B. Say) ou la substitution capi- fury) coriorsen Se crieroies ee de el eB oay? 0 contradicteurs. En marge, on trouve tal/travail (S. de Sismondi). aussi des auteurs qu'on ne peut clas- ser ensemble que par leur opposition © Le courant néoclassique aux méthodes académiques et leur Eclaté entre des écoles francaise, fecours eux autres solenoas humaines: i on comme l'histoire ou la sociologie. Ainsi, anglaise et autrichienne, ce courant de 1. A. Schumpeter analyse les origines l'analyse économique rassemble des de l'innovation et ses effets sur la auteurs aux méthodes diverses : de croissance; F. Perroux construit une l'approche historique de I’école autri- analyse atypique du cous-développe- chienne au raisonnement a la marge ene ou Peocle — oe la Lec ‘ : 5 ; ion siintéresse aux transformations Géveloppeiavec un cutillage mathema: structurelles, sans négliger |'outil tique conséquent par les Francais et mathématique. les Anglais. Un des points partagés est |'introduc- tion du concept d'utilité qui permet de mesurer la satisfaction des agents économiques. A partir de I'utilité, vont se développer des théories du consommateur, de |entreprise, de I'Etat, avec une approche microéconomique. Le passage au niveau macroécono- mique seffectue par généralisation des résultats microéconomiques, comme dans la loi de I'équilibre général de L. Walras. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. ACTIVITE ET POPULATION ACTIVE Début 2005, la France comptait plus de 28 millions d’actifs, soit environ 1,31 Ree ET Ue Ueda Cee eee Ue ee plus exercant ou cherchant a exercer une activité professionnelle remunérée. LA POPULATION ACTIVE : UNE CONSTRUCTION STATISTIQUE AUX CONTOURS INCERTAINS Dans la notion d’activité, le travail pris en compte est celui qui donne lieu a la création de biens économiques (biens qui ont une valeur mesurée par un prix - production mar- chande - ou un coat - production non marchande). Ainsi, une femme au foyer nest-elle pas considérée comme active, car son activité (le travail domestique) n'est pas rémunérée; il en est de méme pour une personne bénévole dans une association ou pour un étudiant. En revanche, un chémeur est comptabilisé comme actif, car c'est un individu privé d'activité alors quill BNO ay Ca Cl aurait dd en avoir une. De mama, les Re oeniee Mars 2002 | Mars 2005 : ies 2 fen %) fen %) apprentis, les stagiaires sont enre- gistrés comme actifs, a I'instar des Hommes. 626 61,7 personnes a leur compte et évidemn- 15 824 ans 37,2 37.3 ment de l'ensemble des salariés. ep acd ane a4 809 . ‘hag i 30854 ans 94,7 94,3 Aujourd'hui, la frontiére entre 55 464 ans 468 471 Population active et population inac- 65 ans et plus 20 17 tive est plus instable : nombreux Fe ase 493 sont les chomeurs de longue durée 415 424 ans 29,7 29.9 découragés qui basculent dans I'in- 25 429 ans 78,4 78.0 activité. A ropposé, on constate que 30 454 ans 73,1 81,2 dés qu’une reprise économique 55 8 64 ans 37,4 40,2 s'amorce, par effet « d'aspiration », 65 ens et plus og og de nombreuses personnes jusque“a ‘Source : INSEE Premiére, n° 1070, mars 2006. inactives font acte de candidature & SS des postes nouvellement créés. Cela explique pourquoi le taux de flexion du chémage (rapport de la réduction du nombre de ché- meurs au nombre d'emplois créés, multiplié par 100) est systématiquement inférieur 4100 %. LA CROISSANCE DE LA POPULATION ACTIVE © Une croissance irréguliére de !a population active francaise Au cours de la premiére moitié du XX° siécle, le nombre d'actifs stagne. C'est a partir de 1946 que la croissance s'amorce. Mais c'est aprés les années soixante qu'elle s'accé- lére pour commencer a infléchir son rythme a la fin des années quatre-vingt. © Les facteurs de la croissance de la population active Deux grands facteurs expliquent les mouvements quantitatifs de la population active. Le premier est d’ordre démographique; il comprend I'accroissement naturel de la popu- lation en age de travailler (lui-méme influencé par la natalité et la mortalité) et le solde migratoire. Le second facteur concerne |'évolution des taux d’activité des hommes et des femmes que des variables économiques (la croissance ou la crise), juridique (I'age obli- gatoire de la scolarité) ou sociologiques influencent (voir le tableau ci-dessous). Siles taux élevés de fécondité de I'immédiat aprés-querre ont favorisé l'arrivée d'une population nombreuse sur le marché du travail dés le milieu des années soixante, inver- sement, le ralentissement de la fécondité a partir de 1965 se traduit depuis 1985 par un ralentissement de la croissance de la population active. Cependant, les flux d’entrée sur le marché du travail liés a apport des effectifs des générations nées aprés 1965 restent encore élevés jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix. Entre 1950 et 1975, l'immigra- tion contribue aussi activement a la croissance de la population active. Depuis 1975, \'influence de ce facteur s‘est considérablement réduite. Lévolution des taux d’activité se répercute forcément sur le niveau de la population active : la baisse des taux diactivité ralentit le rythme de croissance de la population active alors que la hausse des taux d'activité la stimule. En France, Mt al les taux d'activité Mars | Janvier | 1” trimestre | 1" trimestre des femmes dans la Répartition | 1975 | 1990 | trimestre | trimestre tranche d’age 25- fen %) | (en %) | 2002 (en %) | 2003 (en %) 55 ans saccroissent Hommes: 72,4 | 644 62,2 61,8 fortement. 15a29ans | 69,3 | 57,7 52,0 51,1 ia a0a4gans | 97,5 | 968 958 | 95,4 Atinverse, les TES ons et plus| 50,9 | 359 379 =| 38,1 taux d’activité des | asa ie as cae pi te 25 fhe [15 828ane | 51.9 | 4a 43,0 43,0 iminuent dans les iso aagens | 566 | 734 79.7 81.9 deux sexes, signe 50 onset plus) 23,7 | 208 25,4 26,4 aun aoe Ensemble 56,7 | 548 54,7 55,0 =| de la durée des 15a29ans | 607 | 548 47,6 47,1 études. 30449 ans | 77,2 | 85,1 87,7 | 886 De méme, les [SO enset plus) 356 | 27.6 31,1 31,7 taux d’activité des plus de 50 ans baissent, au moins jusqu’a la période récente, du fait d'un avancement de I'age de cessation d'activité. Comme ces baisses sont inférieures a la hausse du taux diactivité féminin, la population active augmente fortement des le milieu des années soixante. Aujourd’hui, la croissance de la population active s'explique donc principalement par \apport supplémentaire de main-d'ceuvre féminine. Rien ne parait vouloir s‘opposer a cette tendance dans les années a venir, d’autant que I'affaiblissement du rythme de croissance démographique qui perdure depuis 1975 pourrait entrainer une pénurie de main-d'ceuvre au cours du premier quart du XXII" siécle. INSEE, TEF 2003-2004 L’ACTIVITE PROFESSIONNELLE DES FEMMES En 2005, trois femmes de 25 4 59 ans sur quatre ont un emploi ou en cher- Ce MM CMU Mie ma a era td ee eM CMe Cle a) Pee MTR ele ee LIEVOLUTION DE L'ACTIVITE FEMININE © L'émergence du salariat féminin au XIX° siécle Avant la révolution industrielle, les femmes actives étaient essentiellement des agri- cultrices, conjointes d'agriculteurs participant a la production, ou employées de maison (bonnes), parfois ouvriéres agricoles de facon saisonniére. Au cours du XIX" siécle, le déve- loppement de I'industrie entraine une croissance des besoins en main-c’ceuvre, notam- ment non qualifiée, pour travailler dans les manufactures récemment apparues. Le patronat emploie trés t6t des femmes comme ouvriéres, en les payant avec des salaires plus faibles, considérés comme d’appoint, ce qui permet de faire pression & la baisse sur les colts salariaux masculins (et explique par la méme l'origine d'une fréquente tradition machiste et hostile a |I'activité féminine dans le monde ouvrier). Ainsi, en 1896, prés d'un ouvrier sur trois est une femme. Les femmes sont également présentes dans des métiers socialement étiquetés comme féminins : infirmiéres (succédant aux religieuses), institutrices (dans les écoles de filles) ou employées de bureau dans les activités de services en expansion, accompagnant le dévelop- pement de l'industrie. En 1911, prés de 47,3 % des femmes de 25 4 54 ans sont actives, soit I'équivalent du taux d'activité féminin pour cette tranche d'ages dans les années soixante- dix! Avec la progression du niveau de vie de la classe ouvriére, l'activité feminine « par nécessité de survie » devient moins fréquente : les ouvriers calquent leur comportement sur celui des petits bourgeois, chez qui I'inactivité feminine est un signe extérieur de richesse. TAUX D/ACTIVITE PAR TRANCHE D'AGE DE 1975 A 2005 Fences 85 2 ----15-21ans 25-49 ans - - _ 50 ans ot plus Ensemble Note : taux d'activité en mars de chaque année, saut celles du recensement (janvier en 1990 et 1999), jusqu'en 200), taux ) LES MUTATIONS SECTORIELLES DANS LES PAYS DEVELOPPES eM Mel MCC MAT aC) Go répartition de la population active par secteurs d’activité s’est modifiée en PCM MUM CU CM Com teste it Ms om CML) soe Aujourd’hui, c’est le secteur tertiaire qui y prédomine. LES SECTEURS D‘ACTIVITE © Le secteur primaire Pour |'économiste britannique Colin Clark, le secteur primaire regroupe les activités d'exploitation des richesses naturelles (agriculture, sylviculture, péche, mines...). Jean Fourastié fonde, lui, son analyse sur la rapidité du progrés technique, mesuré par les gains de productivité (voir fiche 7). Ceux-ci y étant moyens, le secteur primaire est alors le sec- teur du progrés technique modéré, ce qui conduit a en exclure les activités extractives (mines et charbonnages), marquées par des gains de productivité élevés. © Le secteur secondaire ll regroupe les activités industrielles, Cest-a-dire de « transformation continue sur une grande échelle de matiéres pre- miéres en produits transportables » pour Clark. Cette définition exclut le BTP (bati- ment-travaux publics), alors que pour Fourastié, le BTP est un secteur ol la forte valeur ajoutée permet des gains de pro- ductivité qui peuvent étre élevés et com- parés a ceux de l'industrie. Mais les deux économistes s'accordent pour ne pas clas- ser l'artisanat dans le secteur secondaire, du fait de la petite taille des sociétés. Branche et secteur On ne doit pas confondre les notions de branche et de secteur d'activité. La branche regroupe des unités de produc- tion fabriquant le méme produit. Au sens de lINSEE, un secteur rassemble des entreprises dont un méme produit occupe une majorité du chiffre d'affaires. Lorsqu’on évoque les trois grands sec- teurs d'activité (primaire, secondaire, tertiaire), on adopte encore une autre approche fondée sur la nature des pro- duits fabriqués. © Le secteur tertiaire Pour Clark, cest le secteur des services qui produit des biens immatériels. Selon Fourastié, le tertiaire est marqué par un progrés technique lent, avec de faibles gains de productivité. Comme ses activités sont fondées sur le travail, toute augmentation de la pro- duction nécessite un accroissement des effectifs, si bien que les gains de productivité sont structurellement faibles. Il conviendrait plut6t de parler de troisiéme secteur, qui recevrait les activités que I'on n’a pas pu classer dans les autres. Quoi de commun en effet entre un petit commerce, une grande compagnie d’assurances ou la SNCF? De plus, certaines activi- tés de services connaissent aujourd'hui des gains de productivité élevés grace a l'outil infor- matique. Certains évoquent alors un secteur quaternaire, qui correspondrait aux activités de services a forts gains de productivité (télécommunications, médias électroniques...). LES MUTATIONS SECTORIELLES © Le déversement de I’agriculture vers l'industrie Décrit par David Ricardo en 1817, ce phénoméne débute lors de la révolution industrielle. | sagit du mécanisme par leque! des emplois disparaissent dans un secteur diactivité du fait des gains de productivité, alors que de nouveaux emplois apparaissent dans le secteur générateur du progrés technique. Ainsi, la mécanisation dans l'agriculture a entrainé des gains de productivité —_—___— —______ élevés et la diminution | du nombre d’ouvriers | agricoles. Cependant, la | 10}... mise au point, la fabrica- | Services aux entreprises ailleurs, a consomma- tion alimentaire progres- sant moins vite que le | 90 revenu (la premiére loi a d'Engel), le rythme de croissance de la produc- PESEPEIESESEELS tion agricole a été vite aie dépassé par les gains de productivité, d’ol une réduction des effectifs employés dans le secteur primaire. tion et 'entretien des | 130) : Ensemble i i - des services machines agricoles ont | yp) Lineker permis la création dem- | ; plois dans l'industrie. Par | 110} ean | particuliers r/sripppisommaire/rap-serv-050705e.pat © La tertiairisation La croissance du secteur tertiaire semble accompagner celle de |'industrie : toute aug- mentation de la production industrielle provoque une hausse du volume de marchandises transportées, donc stimule les activités de transport, daffrétage, d’assurance et commer- ciales. Comme ces activités de services traditionnels sont a faibles gains de productivité, un accroissement de activité entraine mécaniquement une augmentation des effectifs. A par- tir des années soixante et soixante-dix, la croissance du secteur tertiaire saccélére, Ce sont d'abord les services non marchands qui connaissent une augmentation rapide de leurs effectifs : le baby-boom entretient des besoins importants dans les activités liées a I'en- fance, puis a la formation. De plus, Clark estimait que la « troisiéme loi d'Engel » permettait de comprendre cette évolution : la part des dépenses consacrées a la santé, l'éducation, la culture s'accroit plus vite que le revenu. Cet argument explique la croissance du tertiaire marchand. Pour la forte croissance des services marchands aux entreprises, dautres argu- ments doivent étre mobilisés. Certains y voient !approfondissement d'une division du tra- vail accompagnant les mutations technologiques. D’autres insistent sur les difficultés économiques rencontrées depuis un quart de siécle qui rendent la concurrence plus vive. Dés lors, les entreprises industrielles peuvent avoir intérét a confier les taches non immé- diatement liées a la production (entretien, recrutement, comptabilité...) 4 des prestataires de services. Ce mécanisme appelé externalisation leur permet de gagner en compétitivité. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. aa You have either reached a page that is unavailable for viewing or reached your viewing limit for this book. y f:3) LA FORMATION DU CAPITAL PAR L’INVESTISSEMENT CR mee eT ay De em eM laces Meese Cells tal. Et son accumulation, c’est-a-dire l'augmentation du stock de capital obtenue par l'investissement, constitue un objectif essentiel en systéme capitaliste. CAPITAL ET INVESTISSEMENT © Les multiples formes du capital La notion de capital renvoie d'abord a une dimension financiére : il sagit de l'ensemble des ressources dont dispose un agent et qui sont engagées pour faire fonctionner une entreprise. Une partie de ce capital est constituée des différents apports effectués par les associés : est le capital social. Le compiément correspond a des capitaux empruntés. La deuxiéme dimension de la notion de capital est physique; il s‘agit du capital technique (ou « capital fixe »), c'est-&-dire de l'ensemble des moyens matériels durables, qui peuvent @tre utilisés plusieurs fois au cours du processus de production. On y trouve les biens d’équi- pement (terrains, batiments, machines...), mais aussi les équipements collectifs a la disposi- tion des agents et sans lesquels aucune activité productive ne pourrait 6tre mise en ceuvre. Dautres moyens durables sont également utilisés a des fins productives sans présenter un aspect matériel : il s‘agit du capital immatériel formé par exemple des brevets, des logiciels... Certains y ajoutent le capital humain et le capital technique. La derniére forme de capital, le capital circulant, comprend les moyens matériels et immatériels que les unités de "i f production utilisent et qu'il faut renouveler Le capital humain @ chaque étape du processus de production (électricité, les matiéres premiéres ou la ll designe les dépenses pour |'éducation, réparation du photocopieur par exemple). redicm ace be idiitesesmamcand de meximiser leurs revenus. La notion © Les flux de capital: de capital humain a été développée par linvestissement Gary Becker, prix Nobel d'économie en Sommairement, on peut définir l'inves- 1992. tissement comme une dépense devant tre récupérée sur une période supérieure a l'année, Pour un ménage, elle correspond seulement a l'achat de biens immobiliers. Pour une entreprise, cette dépense porte sur des biens de production quis‘ajoutent 8 un stock de capital existant ou le remplacent. Le processus d'investissement correspondant a un flux d'entrée de capital fixe nouveau est donc a l'origine de l'accumulation de ce capital. Mais pour que celle-ci ait lieu, il faut que les flux d’entrée de capital soient supérieurs aux flux de sortie, cest-a-dire aux déclassements du capital existant. En effet, le stock de capital se trouve déprécié avec le temps. Cette perte de valeur du capital est prise en compte par I'amortissement. Du coup, on mesure |'investis- sement net comme la différence entre l'investissement brut (désigné par la Comptabilité nationale par lexpression « formation brute de capital fixe [FBCF] ») et 'amortissement. LIINVESTISSEMENT DES ENTREPRISES FRANCAISES © Linvestissement financier et l'investissement productif On distingue deux formes traditionnelles d'investissement des entreprises : I'investisse- ment financier et l'investissement productif. Le choix entre l'un ou l'autre varie selon la conjoncture économique et la stratégie des firmes. L'investissement financier est le proces- sus qui permet une croissance externe. Ce processus, appelé « concentration », est en plein essor (voir fiche 15). L'investissement productif se réalise par la mise en place de nou- veaux matériels, de nouvelles usines. Sa mesure par le taux d'investissement (rapport de la FBCF a la VA en %) laisse apparaitre une lente diminution depuis de nombreuses années en France. Cet investissement peut prendre des formes diverses : investissement de renouvelle- ment (remplacement du matériel usagé), mais surtout investissement de capacité ou de productivité. Les investissements de productivité ont pour but de rationaliser l'outil de pro- duction et de réduire les codts par l'utilisation d'un matériel plus performant. A inverse, Vobjectif d'un investissement de capacité est diaccrottre les capacités de production pour faire face 4 une forte demande anticipée. © L'investissement immatériel Les dépenses de recherche et développement, de formation, de mercatique et de logi- ciels jusqu'en 1999) forment I'investissement immatériel. Celui-ci occupe une place de plus en plus grande dans les stratégies de croissance des entreprises, car il conditionne leur compétitivité. En effet, d'une part ces dépenses améliorent l'efficacité du systéme produc- tif; dautre part, elles sont a l'origine des innovations qui permettent de conquérir de nou- veaux marchés. Depuis 1999, la réforme de la Comptabilité nationale a intégré les achats de logiciels et ceux de la prospection miniére dans les investissements matériels.