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LA PSYCHIATRIE JUDICIAIRE,

BRANCHE OUBLIEE PAR LA PSYCHIATRIE SOCIALE

Ulrich Kobbe

ABREGE DU DEVELOPPEMENT DES «MESURES D'INTERNEMENT, DE


TRAITEMENT ET DE SECURITE DANS UN HOPITAL PS YCHIATRIQUE» (ART.
63 DU CODE PENAL) EN RFA
«Nous ne savons plus dire le Mal. Nous ne savons plus que proferer
le discours des droits de l'homme, valeur pieuse, faible, inutile, hypo-
crite, qui repose sur une croyance illuminee en l'attraction naturelle du
Bien, sur une idealite des rapports humains (alors qu'il n'existe evidem-
ment de traitement du mal que par le mal). De plus, ce Bien, cette valeur
ideale, est toujours con9u de facon protectionniste, miserabiliste, nega-
tive, reactionnelle. C'est la minimalisation du Mal, prophylactique de la
violence, securite... II n'y a de "droit ä la parole" que si la parole est
con£ue cornme l'expression "libre" d'un individu... Y a-t-il un droit au
desir, un droit ä l'inconscient, un droit ä la jouissance ? Absurde... Le
"droit de vivre" fait vibrer toutes les ämes pieuses, jusqu'ä ce qu'il de-
bouche sur le droit de mourir, oü eclate l'absurdite de tout cela»
(Baudrillard, 1990, pp. 92-93).

Je tenterai l'esquisse d'un element marginal de la psychiatrie


(ouest-)allemande qui n'a subi des reformes que pendant ces dix der-
nieres annees.
C'etait dejä dans les conceptions de Kraepelin, par exemple, en
1899/1900, que Ton favorisait la Separation des criminels deranges et
dangereux qui se trouvaient dans des höpitaux psychiatriques des autres
malades mentaux. C'est-ä-dire que l'on choisissait un chemin ä deux
voies des systemes judiciaires et psychiatriques dans le champ de
l'exclusion de ces individus (von Liszt, 1904-1905 a, b). Dans la psychia-
trie elle-meme, nous trouvons depuis lors une critique fondamentale de
cette double punition, notamment par Bleuler (1904-1905) — cette dis-
cussion n'a toujours pas cesse.
Ce developpement presente aussi un autre aspect: Foucault (1975)
nous montrait d'une fa9on convaincante que les nouveaux systemes de
punition, c'est-ä-dire rinternement ou remprisonnement, visent l'äme de
l'individu et representent une punition beaucoup plus subtile que les

Ulrich Kobbe est psychologue clinicienlpsychotherapeule.


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mesures precedentes. Les delinquants qui souffreut d'une maladie men- RFA, ces institutions sont decentralisees, quelques grands centres prati-
tale, les malfaiteurs malades-malignes, sont soumis ä une collaboration : quent encore un internement centralise. En Nordrhin-Westphalie, oü je
du pouvoir, de la raison, du mythe et de la morale (Strasser, 1984), Ces vis et travaille, nous avons une solution intermediaire mais föderale : le
forces, specialement dans le champ de la psychiatrie judiciaire, essaient territoire de Rhenanie a decentralise sä psychiatrie judiciaire sur quatre
de detourner le delinquant de ses relations symboliques avec l'empire du villes, le territoire de Westphalie, par contre, dispose d'un seul höpital
desordre, du chaos, du Mal et de la nuit. II s'agit d'une nianoeuvre sociale specialise ä Eickelborn.
qui cherche ä mettre au ban Parchai'sme du Mal par la science, ä le dorni- Le developpement tardif commenca, comme dans la psychiatrie ge-
ner ä l'aide de rationalisations (Kobbe, 1991/b). La science judiciaire ela- nerale, par la remise ä neuf des bätiments vieillis et panoptiques. Cette
bore inaintenant une conception du danger qui resulte d'une experience ä action donne d'ailleurs ä penser aux «bätimensonges» ou «monumen-
penser cette conception sans rarchai'sme du Mal, ä l'aide d'une patholo- songes» (Baillon, 1988). En effet, de nouveaux bätiments sont souvent
gisation du delinquant, et ä le decrire cornme malade chaste. trompeurs parce qu'ils ne deternünem absolument pas de nouvelles
Dans Phistoire, ce n'est qu'en 1933 que le gouvernement du Reich conceptions, attitudes ou objectifs de traitement dans rinternement
vota une loi — dejä preparee par les gouvernements antecedents de la (Kobbe, 1988a ; Kammeier, 1990).
Republique de Weimar — qui donnait une base legale ä l'internement des Ces reformes ne sont plus du tout inspirees par un mouvement pour
delinquants qui avaient commis leurs delits ä cause d'une maladie men- une psychiatrie sociale : celui-ci a presque oublie l'existence de cette
tale. Le 24 novembre 1933 sera votee la «Loi contre les delinquants brauche de la psychiatrie qui ne s'occupe que d'une minorite stigmatisee,
chroniques dangereux et concernant les mesures de securite et de traite- d'une population tabou qui risque de contaminer ceux qui s'en occupent
ment» ; cette loi va etre detoumee par les nazis, par exemple pour sterili- (Freud, 1913 ; Sartre, 1943, pp. 671-672). On ne trouve que de rares in-
ser ces delinquants chroniques ou pour les eliminer. Ce fut autour de ces terventions, comme un colloque tres local, sur la reintegration de ces pa-
annees-Iä qu'une partie du grand Höpital d'Eickelborn en Nordrhin- tients dans la commune (WGSP, 1989).
Westphalie fut reservee ä cette clientele ; c'est l'institution oü je travaille.
A partir de 1949, nous rencontrons, en Allemagne, deux systemes Quelques chiffres demographiques:
extremement differents et compleinentaires ä la fois. En RFA, nous re-
trouvons cette loi de 1933 sous forme de l'article 42 du Code penal, mais
bien evidemment avec les memes structures et institutions dans les sys- nombre de patieras internes dans l'ancienne RFA
temes psychiatriques qu'auparavant. Ce n'est qu'en 1979 qu'une com- annee/date 31.01.67 31.03.84
art. § 42 § 63
mission de PAssemblee föderale a enquet6 sur la Situation de la psychia- n 4.493 2.362
trie en RFA. Cette fameuse enquete modifiait le Systeme psyclüatrique
ouest-allemand, introduisait de nouveaux dispositifs psychosociaux dans nombre de patients internes ä Eickelborn
une psychiatrie sectorisee, etc. Ce fut le ternps d'une reforme des grands annee/date 1965 31.03.82 31.01.86 01.10.87
höpitaux ä la campagne, ainsi que d'un mouvement qui s'organisait dans n 780 271 303 263
une «societe de psychiatrie sociale».
Mais cette reforme ne touche pratiquement pas les institutions de la TABLEAU l.
psychiatrie judiciaire : Penquete sur la Situation de la psychiatrie les
mentionne comme «feu arriere absolu» de la psychiatrie, mais ne prend
pas l'initiative de changer les circonstances de repression, de segregation Concretement, en ce qui concerne PHöpital psychiatrique
ou les traitements inhumains et antitherapeutiques dans ces institutions. d'Eickelborn, c'est le Professeur Wilfried Rasch, directeur de P Institut de
L'esprit de Pepoque donne initiative au secteur de la legislation penale : psychiatrie judiciaire ä PUniversite de Berlin, qui mit au point, en 1983,
la deuxieme reforme du droit penal, en 1975, supprime l'article 42 une expertise dans le Service de Phöpital Rottland qui hebergeait les de"-
(ancienne version) et precise, dans l'article 63 du Code penal, qu'il s'agit linquants presentant des maladies mentales (Rasch, 1983).
maintenant de «mesures de traitement et de securite», et non l'inverse A la suite de cette expertise, on separa ce Service de PHöpital. C'est
qui, jusque-lä, faisait de la securite le but de rinternement. ainsi que, depuis le ler avril 1984, deux institutions autonomes fonction-
Ce n'est que dans les annees 80 que des röformes, souvent modestes, nent ä Eickelborn : un höpital psychiatrique et un centre de psychiatrie
prennent naissance dans les institutions de la psychiatrie judiciaire. Une judiciaire. Ce centre est Charge de Pexecution centralisee de toutes les
des premieres discussions porta sur Peventualitö d'une decentralisation mesures de traitement et de securite dans la circonscription Westphalie du
de ces cliniques. Aujourd'hui, dans la plupart des Länder de l'ancienne Land Nordrhin-Westphalie. 11 s'agit ainsi de la plus grande unite de
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psychiatrie judiciaire en RFA, avec environ 360 paüents qui doivent etre L'independance du centre a necessite la creation d'emplois surtout
soignes, resocialises et pris en Charge. chez les medecins, psychoiogues et travailleurs sociaux, ainsi que les
infirmiers et educateurs specialises. Les chiffres suivants concernent tou-
Les paüents § 63 ancRFA 1988' Eickelborn 19792 Eickelborn 1987-1 jours le meine nombre de 360 malades environ.
Diagnostic n % n % n %
Le personnel en!984 en 1991
Psychose endogene 719 36,5 90 28,8 43 14,8
ICD 295. 296, 297 Medecins 3 14
Desordre cerebral 131 6,6 53 17,0 22 7,6 Infirmiers/educateurs «111 269
ICD 290-294, 310 Psychoiogues 7 22
Deviation sexuelle 144 7,3 15 4,8 30 10,3 Pedagogues - 1
ICD 302 Sociologues - 1
Toxicomanie 85 4,3 9 2,9 39 13,4 9 12
Travailleurs sociaux
ICD 3Ü3, 304
Educateurs specialises 7 3
Derangement de 325 16,5 145 46,5 92 31,6
personnalite, ne- Institute urs - 4
vro.se Therapeules d'education physique 1 3
ICD 300, 301,309, Ergotheiapeutes - 3
312 Employes dans l'ergotherapie 7 15
Arrieration mentale 569 28,8 (219) —_ 4 65 22,3
ICD 317-319
TABLEAU 4.
Paüents en etude 1973 100,0 312 100,0 2024 100,0
Population totale 2362 .
326 263 .... Cette augmentation du nombre des employes mit fin aux mesures
1. Leygraf, 1988. d'urgence qui engendraient un climat antitherapeuüque et conduisaient ä
2. Schumami, 19X7. la segregaüon des paüents. Elle nous permit de developper des idees dans
3. Westf. Arbeitskreis «Maßregelvollzug». 1991 ; Kobbe, 199W.
4. multiple denombreinenl. un but therapeuüque, de les discuter et d'en realiser une certaine part
TABLEAU 2. (Kobbe, 19880, c, 1989). Bien sür, il existe encore des structures sclero-
sees dans l'Institution, et je m'indigne assez souvent contre des attitudes
de desinteret ou contre des mesures de discipline. Par ailleurs, nous
Les paüents § 63 anc. RFA 1988' Eickelborn 19792 Eickelborn 19873
sommes contraints, par une «loi concernant les mesures privatives de li-
berte dans un höpital psychiatrique», de 1984, et un decret sur l'applica-
Delits n % n % n % tion de cette loi, de 1986, de garantir aux paüents internes leurs droits et
Actes de violence 767 38,9 100 32,1 64 31,7 de respecter leur individualite, leur refus de cooperer, etc. Ces garanties
Delits sexuels 528 26,7 89 28,5 70 34,6 legales sont, ä mon avis, tres importantes pour les paüents et pour les
Delils contre la 412 20,9 90 28,8 38 18,8 membres d'equipes ; en effet, une transgression est immediatement punie
proprieU: par une commission des reclamaüons consütuee par le parlement du land.
Incendies 213 10,8 29 9,3 29 14,4 Ce developpement de structures plus therapeuüques se concentre :
volontaires — sur l'introduction de plans de traitement et de reinserüon, de forma-
Autres delits 53 2,7 4 1,3 1 0,5 tions scolaires qui contiennent aussi un programme d'alphab^üsaüon, des
Patients en etude 19734 100,0 312 100,0 202 100,0 therapies par le travail plus professionnalistes ;
Population totale 2362 —- 326 .._ 263 .... — sur la creation d'unites de soins plus petites que les Services tradition-
1. Leygraf, 1988.
nels et parallelement d'une atmosphere therapeutique ;
2. Schumann, 1987. — sur le developpement de sociotherapies et de psychotherapies indivi-
3. Westf. Arbeitskreis «Maßregelvollzug», 1991 ; Kobbe, 199U. duelles adaptees aux besoins de notre clientele tres particuliere (Kobbe,
4. multiple denombrement.
1991a).
TABLEAU 3.
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Cette enumeration ne contient, i! est vrai, rien d'extraordinaire ou ou bien eleve du patient (Westf. Arbeitskreis «Maßregelvollzug», 1991 :
d'exceptionnel ; mais s'il est facile de faire des projets ou de construire Kobbe, 1989ö, 1990«, b ; 199 W).
une nouvelie Institution, il est cependant beaucoup plus difficile de Cette recherche nous a egalement montre — et prouve — qu'il y
vouloir transformer les routines, les attitudes, les structures sclerosees et avait en effet un changement dans les attitudes et le Schema de jugement
les prejuges de toute une Institution. En 1984, j'ai travaill^ dans une des therapeutes de notre Institution (Kobbe, \99ld) : nous trouvons, de
-Institution modele pour de jeunes toxicomaries en placement judiciaire 1985 ä 1987, un remarquable echange de paradigme dans les criteres pour
(art. 64 du Code penal). La nous avons essaye de realiser l'idee d'une le jugement:
Psychotherapie institutionneiie et d'un travail qtii donnait !a primaute ä la — du danger represente par les patients ;
Psychotherapie, justement dans cette psychiatrie judiciaire. Par — de la gravite de leur maladie ou trouble psychique ;
experience, je sais combien de courage et d'energie coütent ces efforts-lä, — de leur comportement generai;
et comment peut ou doit echouer un tel modele d'avant-garde (Kobbe, autant de questions oü n'existent pas des criteres obligatoires d'analyse et
1989a), pour lesqueis un changement d'opinion se manifeste plus tot.
Tout progres et toute orientation psychotherapeutiques dans ces insti- Toutefois, ce resultat n'est certainernent pas repr6sentatif de toute la
tutions total(itair)es imposent des autocritiques quant ä notre contröle psychiatrie judiciaire dans l'ancienne RFA : on trouve e~galement des
psychotherapeutique et ä la conversion du Mal dans l'autre, interne et qui conceptions pretendues «modernes», qui se veulent «progressives», rnais
risque d'etre «soigne» chez lui suppleant ä notre place (Kobbe, 19910). qui soulignent la discipline et l'adaptation du patient comme moyen et
Dans quel sens nos impulsions destructrices sont-elles proportion- objectif d'un «traitement de criminalite» (Müller-Isberner, 1990(7, b), soit
neiles aux siennes ? Comment peut-on se confronter et se rapprocher de qui presentent un Schema mental rappelant les methodes martyrisantes du
telles quantites primitives de destructivite, haine, fureur et perversion ? traitement moral d'autrefois. Cependant, il faut bien avouer que des
Quelles sont les tentations narcissiques qui risquent de nous envahir ? conceptions d'education et des procedures disciplinaires persistent dans
Quels soins et. quelle preparation subissent ces malfaiteurs malades-ma- d'autres institutions semblables en Allemagne, et que ce caractöre anti-
lignes de ia pait de nos dispositifs psychiatriques specialises constitues therapeutique d'internement avec une longue privation de liberte prevaut
par la societe exclusivement pour eux ? Quelle fascinätion ses malades et evidemment plus ou moins dans toute Institution totalitaire.
malfaiteurs exercent-ils pour les «archeologues de l'äme» (therapeutes Jusqu'ici il n'etait question que des «mesures de traitement et de se-
psychanalytiques), ainsi que pour les «psychotechniciens behavioristes» curite» en vigueur dans l'ancienne RFA. En ce qui concerne l'autre Al-
qui modifient le comportement ? D'oü vient la motivation pour ces thera- lemagne, l'ancienne RDA, eile avait egalement, a partir de 1949, une loi
peutes ? Quelles autres abnegation et/ou Süffisance deformee, sadomaso- qui suivait la legislation ante'cedente du Reich. En 1969, les «mesures de
chiste, ont des psychologues ou psychiatres qui s'engagent de cette ma- securite et de traitement» est-allemandes, n'ötant plus prevues dans le
niere pour une minorite diffamee dans et par la psychiatrie generale ? Code penal de la RDA, etaient substituees par un internernent sur la base
Quand l'effet repressif de l'institution cesse-t-il sous l'effet d'une d'un placement d'office. En depit de ce truquage id6ologique, nous avons
therapie totale ? Par ailleurs, quand va-t-elle involontairement elever son du nous rendre compte, apres l'/iAwc/j/M/Jd'affiliation) de la RDA, qu'il
caractere totalitaire au rang de puissance en devenant elle-rnerne une ter- existait dans l'autre Allemagne une psychiatrie judiciaire affreuse, inhu-
reur en forme de «psycho-terreur-pie» (Duncker, 1988 ; Kobbe, 1989a ; maine, arbitraire et dont le «Stasi» — le Service de la sürete interieure de
199 Iß)? l'Etat est-allemand — abusait largement. Tout recernment, quatre mdde-
Pour en revenir ä Ia pratique concrete dans le centre de psychiatrie cins-chefs ouest-allemands (Beine et al., 1991) ont fait l'effort de publier
judiciaire d'Eickelborn : nous avons pu realiser un travail de recherche, et de denoncer ce scandale : ils fönt part, ä la stupefaction generale, de
avec l'Universite de Bielefeld, sur nos criteres de decision dans les me- leucotomies, d'operations stereo-taxiques chez des patients psychotiques,
sures d'assouplissement de l'internement. Nous etions partis de l'expe- ainsi que de castrations radiologiques chez des femmes arrierees men-
rience et du doute que les anciens criteres de bonne conduite ou tales ! C'est donc rnaintenant que nous nous trouvons confrontes ä
d'adaptation des clients aux attentes institutionrielles determinaient en- l'ombre refoulee ou dissociee (Kobbe, 1991c) de notre propre pratique en
core inconsciemment les pratiques. Le programme de recherche interdis- psychiatrie judiciaire.
ciplinaire se concentrait sur ces mesures d'assouplissement relatives ä Nous nous trouvons au seuil d'une discussion sur l'avenir, sur les
l'internement, et permettait de constater que ces decisions dependent chances et les dangers de ces placements judiciaires dans des unites ou
d'une consideration de caractere individuel et therapeutique et non plus Services psychiatriques specialises — discussion qui fut vive et apre ä la
de la satisfaction que l'on avait autrefois pour le comportement discipline fin du siecle dernier (Amon, 1896 ; Sander, 1886, 1904-1905 ; Flügge,
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1904-1905 ; Aschaffenburg, 1912) et qui ne fut que rarement reprise ces FLÜGGE. 1904-1905. «Einiges aus der Abteilung für irre Verbrecher in Düren». Mschr-
derniers temps par quelques critiques (Moser, 1971). Ce n'est que depuis krim. l, pp. 349-357.
peil que des psychologues, psychiatres, parfois aussi des infirmiers, ont FOUCAULT, M. 1975. Surveiller et punir. La naissance de laprison. Gallimard, Paris.
ouvert une discussion controverse"e sur le sens, la realite concrete et FREUD, S. 1913. «Das Tabu und die Ambivalenz der Gefühlsregung», in : FREUD, S.
l'6thique de ces mesures specialisees et speciales (Kobbe, 1991«, b). Totem und Tabu. Einige Übereinstimmungen im Seelenleben der Wilden und der Neu-
Mais nous ne cornptons plus sur les partisans d'une psychiatrie sociale : rotiker. Fischer Taschenbuch Verlag, Frankfurt, 1974, pp. 26-80.
Finzen constatait dejä, en 1987, que le consentement des groupes sociaux GESETZ ÜBER DEN VOLLZUG FREIHE1TSENTZ1EHENDER MAßNAHMEN IN EINEM
qui luttent pour une reforme de la psychiatrie s'est d6compose, et que PSYCHIATRISCHEN KRANKENHAUS UND EINER ENTZIEHUNGSANSTALT
nous vivons dans une societe postmoderne qui compte — il est vrai — un (MAßREGEL V OLLZUGSGESETZ - MRVG) [loi concernant les mesures privatives de li-
courant ecologique dans le monde «psy», mais cette «niche verte» risque berte dans un höpital psychiatrique ou dans un etablissement de dösintoxication]. Düs-
de devenir une sortie partielle en forme de «nouvelle bonhomie». Cette seldorf, le 18 decembre 1984.
societe postmoderne est de moins en moins disposee ä se charger des KAMMEIER, H. 1990. «Schöner Sichern = sicherer Bessern ? Einige Anmerkungen zürn
provocations du moderne, et favorise des Solutions de Simulation. C'est Maßregelvollzug anläßlich der Neubauten in Düren, Berlin und Hamburg»./? & P. 8, l,
un trait que nous observons actuellement dans l'etude des problemes in- pp. 2-14.
terallemands, et nous sommes sürement suffisamment avertis pour ne pas
nous laisser masquer la vue par le simulacre de Solutions que nous offre KOBBE, U. I988a. «Critique de la revue "Bauwelt" 78/22 (juin 1987) avec le titre : ""wie
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