LA VIE, LA MORT ET L’AU-DELÀ

par
Lisa BOUCHER
906 242 168

Travail
présenté à
Madame Johanne Lessard
dans le cadre du cours
SCR-2200: L’intervention auprès du mourant

Faculté de théologie et de sciences religieuses
Université Laval
10 mars 2010

LA VIE, LA MORT ET L’AU-DELÀ
Lisa Boucher 906-242-168
 

PARTIE I
 
Les questions fondamentales au sujet de la vie, la mort et l'au-delà suscitent une
prise de conscience sur notre existence et nous demandent d’exercer notre habilité de
réflexion. Ce sont des questions importantes puisqu’il est primordial, pour donner un sens
à notre existence, de mieux connaitre qui nous sommes, de tenter de comprendre ce qu’il
advient de nous après notre passage terrestre mais surtout, de manière plus quotidienne,
de savoir où l’on va, d’acquérir une meilleure compréhension du chemin que nous
sommes appelés à parcourir. Il est important d’établir des points de repère, d’obtenir des
explications pour mieux comprendre, l'humain étant intrinsèquement curieux. Nous
sommes portés à déchiffrer les origines, mais aussi les finalités de nos expériences ;
comme espèce, nous n’acceptons que très rarement les flous artistiques, encore moins
cosmiques, à notre égard. 
Pourquoi existons-nous ? Qui sommes-nous ? Comment se forge notre système de
valeurs ? Que signifie la vie ? Que signifie la mort ? Qu'arrive-t-il après notre décès ? Où
va-t-on après ? Pourquoi a-t-on besoin de religions ? Comment donnons-nous un sens à
cette courte fable, à ce souffle négligeable que l’on désigne comme notre vie ?
L'individu choisi pour l'entretien est un homme que je désignerai Steve afin de
préserver son anonymat. C'est un homme de 39 ans. L'entretien a eu lieu dans un
appartement en absence de tout stimulus qui aurait pu être source de distraction. La
séance de question a eu lieu dans le salon, confortablement installé sur le sofa, en soirée,
vers 20h00, lumières tamisées et chandelles pour seul éclairage. Cet entretien a duré
environ 40 minutes.  
Les pensées, croyances et expériences de la vie de Steve illustre que la vie est
courte. Sa conception de la vie s’approche de la pensée : « Nitchéene à savoir qu’avant il
n’y a rien et après il y a rien donc entre-temps il y a un petit bout de souffle qui s’appelle
la vie ». Un « bref passage ». Il croit que la vie est courte et qu’il doit maximiser le temps
que l'on passe sur terre. Son système d'organisation des croyances est moïque: « la vie est
peut-être simplement une façon que l’univers a trouvée pour exprimer sa diversité ». Pour
Steve, la vie n'est pas gouvernée par un Dieu. Clairement, le sujet ne cadre pas dans le
système de croyances objectives traditionnelles religieuses. En fait, Dieu n’existe pas

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pour Steve. Son athéisme, comme il me le définit lui-même, après l’entrevue, « n’est
cependant pas brutal et nihiliste au sens de Marx, Onfray ou Nietzche, mais plus
pédagogique, à la Compte-Sponville ». Pour lui, « c’est l’homme qui a créé Dieu et l’a
fait à son image. » Il poursuit: « Chez les différents monothéismes, à mon avis,
l’anthropomorphisme de Dieu constitue la plus singulière preuve de l’inexistence de
Dieu. C’est la preuve que c’est une création humaine, à une époque où l’homme est
incapable d’imaginer autre chose que la suprématie ou la perfection de sa propre forme ».
Ce n'est pas l'organisation des croyances objectives cosmiques qui l'interpelle non plus. Il
poursuit : « on se fait croire beaucoup de choses avec de petites phrases toutes faites, du
style il n’y a rien qui arrive pour rien… puis tu vas voir, c’est pour le mieux que ça
arrive… on se réconforte beaucoup par rapport a ce que la vie amène ». Dès lors que l’on
poursuit cette avenue, il continue : « Je suis vraiment athée, il n’y pas de destin, il n’y a
pas de Dieu, il n’y pas de force qui gouverne l’existence. » Pas même le schème de
croyances subjectives sociales, croyant en une force unificatrice chez un groupe social
donné, ne trouve écho chez Steve. Il pose un regard plutôt scientifique sur la vie. Sa
conception de la vie prend en partie sa source dans les travaux de Hubert Reeves, auteur
de Poussière d’étoiles : « on n’est pas grand-chose d’autre qu’un amoncèlement d’atomes
avec un objectif […] [Nous sommes] une éructation d'atomes de carbone dans l'univers
!» 
Il est vrai de dire que les critères de sélection des croyances telles l'utilité,
l'expérience et le bon sens, se retrouvent dans l’articulation de la pensée de Steve. Son
histoire en fait foi. « On vit dans un univers assez chaotique et on ne contrôle pas grandchose. » L'art du lâcher-prise et du renoncement à contrôler les divers changements que la
vie engendre requiert une grande capacité d'adaptation.  
L'humain a besoin de sens pour lui permettre d'atteindre son plein potentiel. Pour
Steve, l’importance de la contribution de Maslow est inéluctable. « La vie c'est d'une
simplicité [...] Les besoins sont très facilement identifiables et sont surtout universels [...]
[il s’agit] de trouver quelque chose qui, en plus, va pouvoir te permettre de te réaliser de
développer ton plein potentiel. » Il est clair, pour Steve, que « faire quelque chose » qui
nous plait et par lequel « on se réalise » donne un sens à la vie. L’influence de Maslow
est sans équivoque.  

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Considérant la matière couverte à l’intérieur du cursus de ce cours, et suite aux
propos tenus par le sujet de l’entretien dont je traite ici, je souscris entièrement à la
théorie voulant que le sens que donne l’humain à sa vie se décline selon trois
composantes théoriques distinctes, à savoir les cognitions (pensées, croyances, valeurs);
la motivation (par un objectif, un projet cohérent avec ses valeurs) « Quand tu connais
tes valeurs, tu agis en fonction de tes valeurs. Le sens il est là. », et les émotions
(satisfaction personnelle ou professionnelle, aucun regret, les amis). Durant l’entretien,
Steve a parfaitement couvert ces notions théoriques et, clairement, se gouverne en
fonction de ses valeurs et de ses motivations. 
Steve définit le sens de l’existence en fonction de ses valeurs. Lorsque je lui ai
demandé quelles étaient-elles, il répondit comme suit : « le partage, par exemple la bonté,
la vérité, l’honnêteté, la sagesse l’amour, sont toutes des valeurs qui me définissent […]
si tu es cohérent avec la liste des valeurs qui t’identifient tu es censé […] aspirer à
orienter tes décisions en fonction de tes valeurs [...] Le sens il est là […] Le sens à la vie
est implicite. […] Après cela, le sens de la vie c'est le sens de ce que tu veux bien donner
à ce que tu fais. » « […] Le sens doit venir de l'intérieur, de notre conviction qu'on fait
quelque chose qui est bon. Quelque chose qui est motivé pas nos valeurs […] C'est le
sens qu'on impute à ce qu'on choisit de faire. »  
Je retrouve également dans le discours de Steve l’essentiel des sources de sens,
telles que présentées par Victor Frankle. Il se voit comme un homme engagé dans la vie
par l'action, l'expérience et l'attitude. Il est important de mentionner que le sens que
Steve donne à sa vie corrobore certaines stratégies du maintien du sens de la vie abordées
dans le cadre du cours. L'engagement, l'optimisme et la relecture de vie en sont quelques
exemples. D'ailleurs, Steve a vécu beaucoup de souffrance physique et psychique lors de
multiples épisodes de maladie qui l'ont mené à être hospitalisé à plusieurs reprises, dont
une hospitalisation d'une durée de trois mois et demi, en 1999. Le lien entre la relecture
de vie ou le bilan de vie s'est fait tel que décrit par Steve: « cela t’oblige à réfléchir et il
est possible que la réflexion te mène à dire que finalement et ultimement ce que j’ai fait
pendant tout ce temps-là ce n’est pas pire, ce n’est pas si mal on continue. Mais, pour
moi, ça ne s’est pas passé comme ça.»  
Une grande remise en question s'est alors amorcée. En fait, le système de

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croyances auquel il adhèrerait, avant ces épisodes était plutôt objectifs tendait plus vers le
pôle du traditionnel religieux. L'expérience de la souffrance humaine l'a changé. Il
poursuit:  
« Dans le fond, c'est une collision frontale à cent miles l'heure avec la souffrance, la sienne et celle des
autres qui, ordinairement, ne peu pas laisser un individu normalement constitué sans séquelle, sans
réflexion. [...] cette réflexion m’a permis d’évacuer le concept de Dieu de mon existence, ce qui constituait
à cette époque un pas majeur de mon émancipation à la foi spirituelle philosophique et
intellectuelle. [...] lorsque l’on comprend combien la vie est courte, à ce moment-là qu'il faut que tu prennes
une décision sur comment tu va te gouverner. »  

Cette déclaration concorde avec la position soutenue par Raymond Lemieux [Les
croyances des Québécois, p.13] qui aborde l'expérience des limites auxquelles sont
confrontés ceux qui, devant des épreuves comme celles vécues par Steve, choisissent de
faire leur bilan de vie.  
« On y fait l’expérience des limites qui provoque la désillusion par rapport aux croyances somme toute
naïves de l’adolescence. Qu’elle s’appelle [...] maladie[...]cette expérience des limites impose de redéfinir
sa vision de l’existence. Elle met le sujet en demeure de trier parmi les influences reçues, d’effectuer des
choix personnels. »  

Au sujet de la mort, Steve a une vision plutôt réaliste. Pour lui c'est « La fin des
émissions [...] cela doivent se faire sans regret et sans peur». En contradiction avec les
statistiques puisées dans le recueil (p.66) selon lesquelles 28 % des moins de 55 ans,
c'est-à-dire une personne sur quatre, ont peur de la mort, Steve affirme plutôt que « la
mort, on ne devrait jamais la craindre. Je peux comprendre qu’on ait une appréhension
face à la souffrance de la fin de vie, mais ce n’est pas la même chose que d’avoir peur de
la mort. » Il mentionne que la mort est une finalité qui s’applique à tous également.
Ayant d’ailleurs vécu le décès récent de deux amis, il ajoute: « On va tous, un jour ou
l'autre, y passer et c'était alors rendu leur tour. [...] C’est le moment où, l’amoncèlement
de molécules que nous sommes retourne à un autre état. C'est-à-dire celui de l’électron
libre, celui de poussière d’étoiles ». Sa conception de la mort est plutôt romantique.
 
« Pour moi la mort est tout simplement le point d’orgue, à une symphonie si l’on sut bien se diriger [...] Je
n’ai jamais eu peur de mourir. Même si je l’ai confronté à plusieurs reprises, la mort, dans les dernières
années, c’est en total accord avec ce que je crois. C'est-à-dire que si cela arrive, cela arrive de toute façon.

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Ce n’est pas quelque chose qu’on peut contrôler. » 

 

Concernant l'au-delà, le point de vue du sujet diffère grandement des approches
philosophiques de Platon et de Socrate. L'humain idéalise ce concept et s'y accroche pour
éviter d'avoir peur de l'inconnu qui vient après l'étape de la mortalité. Steve poursuit:
« L’imbécillité humaine est à son comble lorsqu’on essaie de faire croire encore et
toujours à cette vie après la mort. […] Il n’y a pas de vie après la mort, il n’y a pas de
jugement, il n’y aura personne pour évaluer si tu as été bon ou méchant. ». Il poursuit :
« Je ne crois pas au concept de l’âme […] d’un rachat de la vie si tu as été bon », il cite
Victor Hugo pour illustrer cette analogie : « Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu.
Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. À en croire les religions, Dieu est
né rôtisseur. » (Victor Hugo / 1802-1885 / Choses vues / 1887). Toutefois, Steve croit
dans la possibilité scientifique de l’existence de réalités parallèles. « La physique
quantique est rendue à un point où […] elle démontre qu'il peut y avoir probablement des
univers parallèles [...] ». Il est impossible de savoir ce qui nous arrivera au-delà de la
mort. Cette incertitude est génératrice d’anxiété dans une proportion significative
d’individus, tout spécialement au Québec, alors que 60% des Québécois croit dans une
forme de vie après la mort. D’ailleurs, les femmes sont plus sujettes à développer une
crainte relativement à la mort et à ses suites cosmiques. Étrangement, nous continuons de
craindre ce que nous ne sommes pas même en mesure de vérifier. « Platon reconnaît qu'il
est impossible de prouver l'existence d'un au-delà ». [p. 69] 
Telle qu’abordée dans le cours, l’expérience personnelle de Steve face aux deuils
confirme qu’ils forcent une remise en question les schèmes de valeurs et les croyances. Il
dit notamment que les deuils, outre les décès récent de deux de ses amis, furent « [liés] à
ma perte de mobilité. Cela me touchait personnellement et à un niveau très intime. [J’ai
opté pour] une attitude fataliste. C'est ceci ma vie à partir de maintenant. » On retrouve
dans ce témoignage des éléments qui corroborent les étapes du deuil que propose
Élizabth Kübler-Ross. Lors de l'expérience d'hospitalisation de Steve, il s'est trouvé face
à lui-même, son corps altéré irrémédiablement. Il affirme avoir vécu le choc, le déni, la
dépression et l'acceptation. «C'est toujours un choc, mais en même temps cela fait partie

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des choses que l'on ne contrôle pas. »  

 

PARTIE II
Avant l'entretien, je sentais un certain malaise face aux questions sur les thèmes
de la vie, la mort et de l'au-delà, car elles confrontent les croyances et systèmes de
pensées, les valeurs les plus fondamentales chez la personne avec laquelle l'entretien fut
effectué. Ces questions sont par nature délicates, car elles sortent du registre des
questions communes et demandent une introspection véritable au sujet de l’entretien.
Était-il possible qu’un tel entretien suscite de la nervosité chez mon sujet ? Un certain
malaise, sachant combien les Québécois ont peur de la mort ? Je ne peux m’empêcher de
penser que, si cette crainte se confirme chez mon sujet, alors il devient plus que probable
qu’un malaise pourrait l’empêcher de répondre avec toute la franchise dont j’ai besoin
aux fins de ce travail. Cela dit, au plan physique, j'ai moi-même ressenti un peu de
nervosité. Étrangement, la possibilité d’un sujet fermé et moins volubile à cause de la
nature de l’entrevue me faisait frémir. Crainte injustifiée, mais combien réelle! Et que
dire des réponses ; comment allais-je réagir devant une inéluctable confrontation entre les
éléments de réponse de mon sujet et mes propres valeurs, mes propres convictions ?  
Lors de l'entretien, je me suis sentie plutôt à l'aise au fur et à mesure que les
réponses filaient. Comment dire ? L’aisance de mon sujet à répondre aux questions les
plus coriaces et plus délicates me déconcerta au début, mais finit par m’encourager à
pousser plus loin. En réalité, il fit la grande majorité du travail. Très vite, je suis passée
de l’état d’intervieweuse à un état d’écoute active. On prend vite goût à ce genre de
discussion lorsque l’échange est authentique. Je ne saurais dire pourquoi, mais l’aisance
du sujet me força à confronter doucement, sans heurt, mes propres convictions. Sans pour
autant me faire changer d’avis, la perspective fort différente du sujet sur ces questions
fondamentales me permit de cerner plus clairement mes convictions et aussi, de manière
non négligeable, me permit de faire des liens avec la matière couverte durant le cours. 
Après l'entretien, au plan physique j'ai ressenti un certain calme. Au plan
émotionnel, l’anxiété préalablement anticipée ne s’est jamais manifestée. Je crois qu’au
départ, mes appréhensions étaient justifiées, mais qu’elles ne pouvaient l’être par après,
compte tenu de la fluidité du déroulement de l’entretien. Un sentiment de paix et de

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sérénité s’est installé. 

J'ai plutôt une vision positive de la vie. Je crois fermement qu'elle nous donne ce
dont nous avons besoin en fonction de nos objectifs. Elle est ce que l'on en fait. Nos
pensées, nos croyances sont forgées par nos expériences de vie, par la transmission d’un
certain héritage familial, par exposition à différentes conceptions de l’expérience
humaine et par introspection. Son sens est implicite. Le sens de la vie ne vient pas des
cieux; ne viens pas des autres ni de conférences ou de lectures philosophiques. Le sens
est maintenu selon nos valeurs qui gouvernent nos pensées, nos croyances et ultimement
nos actions.  
Quant à l’au-delà, dans la philosophie du bouddhisme Nichiren, tout sur terre est
unificateur. À notre décès, notre corps servira à quelque chose. L’âme quittera le corps et
le corps servira à nourrir diverses bactéries et asticots, poursuivant ainsi la chaine
alimentaire, perpétuant ainsi la vie. Selon moi, c’est ainsi que la vie devient éternelle. La
vie éternelle, c’est de la roue de la vie dont la mort en fait entièrement partie.
PARTIE III 
Cet exercice m'a permis de faire une réflexion sur mes propres systèmes de
croyances, de valeurs. Nos convictions et nos valeurs donnent un sens à notre vie.
L'entretien m’a fait découvrir d'autant plus que nos valeurs sont propres à soi. Elles se
forgent par nos expériences de vie, par nos interactions avec notre entourage.

La

confrontation de mes propres valeurs et convictions avec celles des autres engendre
souvent de l’incompréhension et suscite parfois de la frustration. Les perceptions
individuelles varient grandement en fonction des systèmes de croyances et des valeurs de
chacun. Durant le cours de mes études et, si possible, dans le cadre de ma vie
professionnelle, j’aimerais poursuivre cet objectif qui consisterait à mieux comprendre
comment se forgent ces systèmes de croyances afin de permettre une intervention
personnalisée et mieux adaptée aux besoins de mes patients. Je vise le doctorat en
psychologie, en recherche et intervention. Dès lors, cet aspect de la matière m’interpelle
grandement et trouve toute sa pertinence dans l’objet de mes recherches, à savoir
l’intervention auprès des endeuillés, des gens en fin de vie, et en gériatrie. Une approche
doctorale pourrait être l’homologation des types de prise en charge et des outils de

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validation des échelles de valeurs et des systèmes de croyances lors d’intervention auprès
de différentes clientèles. En termes simples, j’aimerais découvrir s’il est important de
tenir compte des croyances des gens lors d’une intervention psychologique en fin de vie
et, si oui, valider et/ou développer des outils afin d’adapter les interventions en fonction
des systèmes de croyances des patients. Par atelier, formations, questionnaires pour
mieux connaître le client devant soi ? Je l’ignore. Je dois explorer cette question
davantage.  
Cependant, selon mon hypothèse, de tels outils pourraient vraisemblablement
minimiser les frustrations engendrées par les confrontations inutiles entre les différentes
croyances, entre le thérapeute, le client et la famille. Peut-être y aurait-il une possibilité
de développer des outils qui permettraient de mieux comprendre les perceptions sur
lesquelles les gens appuient leurs croyances.  
À court terme, mon rôle consiste à m’informer et à acquérir les connaissances les
plus à jour. De plus, agir avec respect envers les différentes clientèles et les gens qui
m’entourent et, tout en demeurant tolérante face aux différences, vivre en fonction de
mon système de valeur. Je respecte déjà les valeurs et les croyances des autres, malgré
qu'elles soient parfois contraires aux miennes. Il m’est d’avis que la grande variété des
expériences auxquelles nous sommes confrontés nécessite le savoir, le savoir-être et le
savoir-faire afin d'éviter une confrontation inutile et, de ce fait, un inéluctable manque de
considération. La vie et le sens qu'on lui donne est propres à chacun et nous et mérite
notre respect.  
En terminant, la vie, la mort et l'au-delà demeureront déterminés par notre
parcours unique, leurs perceptions forgées par nos croyances, leurs significations gravées
par l’entremise de nos interactions quotidiennes. Chacun s’approprie son propre système
de croyances et son intégration se fait par apprentissage, que sa source soit familiale ou
bien sociale (du groupe d’appartenance), ou par « osmose », c’est-à-dire par induction,
par proximité. La fragilité de notre condition nous oblige à entamer un questionnement
sur le sens de notre existence. Pour plusieurs, cette définition du sens ne viendra que
lorsque confrontés à une épreuve déchirante, poussant l’individu à se lancer dans un bilan
de vie et, du coup, soulevant les inévitables interrogations dont il fut ici question. Mais

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quelles sont les « bonnes réponses » ? Existent-t-elles ? Doit-on réellement trouver ces
réponses ? Pourquoi ? L'humain ne pourrait-il pas, selon ses croyances, ses valeurs, faire
du mieux qu'il peut avec le peu de temps qu'il a ?