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Université d’Angers Mécanique des Fluides

TD
UFR Sciences
L3 - Licence mention Physique-Chimie
S. Chaussedent

6. Similitudes & Maquettes


Ex. 6.1

Une maquette de digue (il s'agit d'une digue "talus"), constituée par un empilement de blocs
de béton ayant chacun la masse m1 = 1 kg, est soumise à la houle produite en laboratoire.
Cette maquette ne subit pas de dommages tant que la hauteur h1 de la houle ne dépasse pas
0,30 m. Quelle devra être la masse minimale m2 des blocs de même béton constituant la digue
prototype pour que celle-ci résiste à une houle géométriquement et hydrodynamiquement
semblable, et pouvant atteindre une hauteur h2 de 6 m ?

Ex. 6.2

On souhaite prévoir la perte de charge régulière ∆Pt /L occasionnée par l’écoulement de l’air à
la vitesse moyenne V dans une conduite de section rectangulaire h x l. Avant de construire le
prototype, on réalise une maquette à l’échelle α=1/10 géométriquement semblable (on res-
pecte le facteur de forme). Le fluide s’écoulant dans la maquette de la conduite est de l’eau.
Dans les deux cas (maquette et prototype) on supposera lisses les parois de la conduite.

l L
1. Donner la liste, en la justifiant, des paramètres nécessaires à la description du problème.
2. Déterminer les produits sans dimension auxquels l’étude peut être ramenée, et en déduire
que la perte de charge régulière peut s’écrire sous la forme :

∆Pt ρV 2
= Φ (h l , Re ) ,
L h
ou toute autre forme équivalente.
3. En plus de respecter le facteur de forme, on s’arrange pour avoir une similitude hydrody-
namique. En déduire le rapport des vitesses de l’air et de l’eau s’écoulant respectivement
dans le prototype et la maquette (donner ce rapport en fonction de α et des masses volumi-
ques et viscosités de l’eau et de l’air).
4. Si on mesure expérimentalement sur la maquette une perte de charge régulière de 7 Pa.m-1
pour un débit de 15 l.s-1, quelle est la perte de charge régulière à laquelle on doit s’attendre
sur le prototype, et pour quel débit d’air ?
A.N. : ρeau = 103 kg.m-1, ρair = 1,2 kg.m-1, µ eau = 10-3 kg.m-1.s-1 et µ air = 1,8.10-5 kg.m-1.s-1.
Université d’Angers Mécanique des Fluides

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UFR Sciences
L3 - Licence mention Physique-Chimie
S. Chaussedent

Ex. 6.3

On souhaite déterminer la force de traînée D exercée par l'écoulement de l'air sur un avion
prototype d'aire frontale S, d'envergure l et susceptible de voler dans l'atmosphère à la vitesse
V de 400 km.h-1. Avant de construire le prototype, on réalise une maquette de l'avion afin de
la tester en soufflerie, ce qui permettra la mesure expérimentale de la force de traînée Dm
exercée par un écoulement de vitesse Vm dans la soufflerie. La maquette est construite à
l'échelle a = 1/10 tout en respectant le facteur de forme, c'est-à-dire que l'on conserve
S m l m2 = S l 2 . L'air sera toujours supposé incompressible.
1. Faire la liste des variables nécessaires à la description du système. Ecrire l'équation aux
dimensions de chacune d'elles et en déduire le nombre de produits Π sans dimension qui
décrivent ce système. Déterminer chacun de ces produits Π.
2. Donner une expression de la force de traînée D qui soit fonction du facteur de forme, du
nombre de Reynolds, et fasse apparaître la masse volumique ρ de l'air, la vitesse V et, soit
l'envergure l, soit l'aire frontale S (on supposera que la masse volumique et la viscosité de
l'air sont les mêmes dans les conditions réelles et en soufflerie).
3. Quelle doit être la vitesse Vm de l'écoulement généré en soufflerie pour respecter la simili-
tude hydrodynamique (ou similitude de Reynolds) ? Le facteur de forme étant également
respecté, quelle relation simple obtient-on entre D et Dm ? La vitesse Vm est-elle compati-
ble avec l'hypothèse d'un fluide incompressible ?
4. Compte tenu des conclusions de la question précédente, on peut contourner l'incompatibi-
lité en jouant sur la masse volumique de l'air utilisé en soufflerie. Considérant l'air comme
un gaz parfait, établir une relation entre la masse volumique ρ et la pression p. En déduire
la pression qu'il est nécessaire de maintenir en soufflerie pour respecter la similitude hy-
drodynamique et se limiter à une vitesse Vm = V.
5. En déduire une nouvelle relation entre D et Dm. Si l'on mesure expérimentalement sur la
maquette une force de traînée Dm = 4,5 N, quelle doit être la puissance minimale de pro-
pulsion développée par le moteur de l'avion prototype pour qu'il puisse voler dans l'at-
mosphère à la vitesse V = 400 km.h-1 ?