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s ECRETS MERVEILLEUS DE LA MAGIE NATURELLE ET“CABALISTIQUE DU PETIT ALBERT, Traduit exatlement fur COriginal _ dbatire, intitulé ALBERTI PARVI LUCII Libellus de mirabilibus Natura Arcanis. Enrichi des Figures myftérieufes & la manicre de z faire, Nouvelle Edition corrigée & a 1 tein Chex les Hibitiers de Bexiwcos Pipeeee ’ &TEnfeigne d’Agrippa. . M. DCC. LI. ' AVMERTISSEME qwil faus lire... Oici une nouvelle Editi} Livre des merveilleux Secret Perit Albert, connu en Latin fous ta titre ded berti Parvi Lucii Libellus de mirabilibus Nature Arcanis. L’Au- teur 4 qui on I’attribue a¥ant éré un de ces grands Hommes, qui par te Peuple ignorant ont été accufés de Magie;c’étoitautrefoisle fort de tous les grands Efprits qui poflédoient quelque chofe d’extraordinaire dans les. Sciences ,.de.les.traiter:de Ma-. iciens. C’eft peut-€tre par cette rai- on que ce: petit tréfor eft devenu fi. rare 5 parceque les Superttitieux ont . fait {crupule. de s’en ‘fervir , il's’ett- prefque comme perdn : car une Pet- fonne diftinguée dans le monde a eu- la curiofité ( a ce'que !’on affiure’)” den offrir plus de-mille florins pour un feul Exemplaire, encore ne l’a- von pi découvrir que depuis peu dans fa Bibliotheque d’un erés grand Homme, qui I’a bien voulu donner : i ie es Beg Seeverprn eo i ! lHomime de guetre comme le Paci- fique; le Damoifean comme la Jou- vencelle ; la Femme groffe comme Ta Pucelle, & faggpae le bon Con- | ducteur de fa famille, prendront tous . en gté ce que.mes propres expérien- . ces ont éprouve a leur avantage, & pour fatisfaire leurs plus vives incli- nations & leurs plusempreffés defirs, Or, afin de garder quelque ordre méthodique dans ce mien Ouvrage, & de le rendre plus utile & plus agréable, a mes Ledteurs, je diltin- -gnerai: les matieres chacune fépar¢- ment, de peur que le mélange in- difcret n’apporte une confufion em- barraffante-: je veux dire que quand je traitetai , par exemple, des Secrets _ ,de lamour'ou de la guerre , je pro- t poferai tout de faire & fans interrup- tion, ce que je.vondrai donher fur .ces fujets; ou , fi par une liaifon na-' tarelle, je traite ailleurs de quelques: -Secrets qui conviennent 4 l'amour ou a la. guerre, j’en* avertiral mes LeGeurs; en leur indiquant les en- droits ai.ils pourront trouver ces Se crets, A A AW ES Zz zv ~ & que ton deffein réuflifle aufli ar- ‘34 Les Secrets dement que le mien, pat la verca efficace de Scheva. Il faudra nouer ces cheveux en lacs d’amour, en forte oe la bague foit 4-peu-prés en- lacée dans le milieu du lac, & l’atant ‘enveloppé dans I’étoffe de foie , vous la porterez derechef fur votre coeur autres fix jours, & le feptieme jour vous. dégagerez la bague du lac d’a- mour, & ferez en forte de la faire recevoir 4 la perfonne aimée; toute cette opération fe doit faire avant le Soleil levé & A jeun. — Autre pour P Amour. P Our ne rien dire qui choque la bienféance , je ne copierai point ici ce que j'ai li dans un trés habile Mé- decin , touchant la vertu nompareille du {perme ou femence humaine pour induire a l'amour , d’autant que l’ex- “périence: ne s’en peut faire fans vio- ieee la nature qui nous fournit affez -dautres moiens. Avez donc plutét re- ‘cours 4 ’herbe que l’on nomme Enula Campana, dont je donne ici la figure. Ul faut la cueillir a jeun la veille de du Petit Albert. Bg ln S. Jean au mois de Juin, avant le Soleil levé, la faire {écher , réduire en poudre avec de l’ambre gris, & Paiant portte durant neuf jours fur votre cceur , vous tacherez d’en faire avaler a la perfonne dont vous defirez d'etre aime ,.& l’effer fuivra. Le coeur d’Hirondelle, de Colombe , de Paf- fereau , mélé-avec le propre fang de Ia perfonne qut veut fe faire aimer, a le méme effer. Autre pour l’ Amour. On peutauffi réuffir avec beaucoup . de fuccés dans cette entreprife par le _fecours des. Talifmans fatts fous la ~ conftellation de Venus ; je donnerai dans la fuite de ce petit Ouvrage des modeéles gravés en taille-douce des fept Talifmans que l'on péut faire fous les aufpices des fept Planétes , && je parlerai de la maniere méthodique deles faire , & des vertus quiils ren- ferment. : on pourra voir pout le fu- jet que je traite celui de Venus. Ces Talifmans ont été compofés par les plus fages d’enwe les Cabaliftes, & 16 Les Secrets fone dreffés fur des nombres mryfté- ricux , & des figures hieroglifiques convenables aux Planétes d’ot ils ti-‘ rent leurs propriétés 5 ils les ont a pellés les cachets ow les fceaux dbs Planétes, ou céleftes Intelligences. Autre pour £ Amour, IL yale fecret que l'on appelle chez: S Cages Cabaliftiques , Pomme d’a- mour, & il fe pratique en cette ma- niere. Vous irez un Vendredi matin avant Soleil levé dans un Verger frui- tier,&& cueillerez fur un arbre la plus belle Pomme que vous pourrez ; puis vous écrirez avec votre fang fur un petit morceau de papier blanc votre nom & furnom, & en une autre li- gne fuivante, le nom & furnom de Ja perfonne dont vous voulez érre aimé , & vous tacherez d’avoir trois de fes cheveux , que vous joiiidrez avec trois des vitres , qui vous fervi- ~ xont a lier le petit Billet que vous.au- Fez avec un autre, fut lequel il n’y aura que le mot de Scheva , auffi écrit _ de vatte fang, puis vous fendrez la du Petit Albert. Iv Pomme en deux, vous en dterez les pepins , & en leur ‘place: vous y met- trez vos billets li¢s des cheveux , & avec deux petites brochettes pointues de branche de Mirthe verd , vous re- joindrez proprement les deux moitiés de Pomme & la ferez fecher au four, en forre qu'elle devienne dure & fans. humidiré , comme les Pommes-feches. de Caréme ; vous l’envelopperez en- fuite dans des feyilles de Laurier & de Mirthe, & t4cherez de la mettre fous le chever du lit o& couche la perfonne aimée , fans qu'elle s’en ap- pergoive , & en peu de tems elle vous. donnera des marques de fon amour. Autre pour U’ Amour. Iine fuffit pas 4 ’homme de fe faire aimer de la femme paflagérement 8 pour une fois feulemenr , il faut que cela continue & que Pamour foit in- ~ diffoluble 5 8 ‘par ainfi il a befoin @avoir des Sectets pour engager la femme 4 ne point ees ou dimi- ‘Nuer fon amour. Vous prendrez’ done 4 ce fujet la moelle que -vous trou- a8 | Les Secrets’ verez dans le pied gauche d’un Loup,. vous en ferez une efpece de pomma- de avec de l’ambre gris & de la pou- dre de Cipre , vous porterez fur vous . cette pommade , & vous la ferez flai- ret de tems en tems @ la femme ,. qui ‘yous aimera de plus en plus. Autre pour 0 Amour. C Omme il fe pourroit faire que Ia femme fe dégotiteroit de ’homme , “gil n’étoit robufte dans l’a&tion de Venus, il doit fe précautionner non- feulement par les bons alimens , mais encore pat des Secrets que les anciens & modernes Rechercheurs des merveilles de la nature ont éprou- vés. Il faut , difenr-ils ones un beaume de la cendre de ftellion, @huile de millepertuis & de civette , & en oindre le grand doigt du pied gauche & les retns une heure avant que d’entrer au combat, & l’on en ortira avec honneur & fatisfa¢tion de {a Partie. . e du Petit, Albert. - 1 9 ‘Autre pour P Amour. LA Pommade compofée d’oing de jeune Bouc , avec de Pambre gris 8 de la civette , produit le méme effet , _ ‘fi Yon en frotce le gland du membre | ‘viril , car cela produit un chatouille- ment qui donne un merveilleux plai- ‘fir A la femme dans l’adtion du colt. Autre pour [ Amour. ~ S Tle Mari trouve que fa Femme foie de complexion froide , & ne fe plai- ‘fe au déduic, quil lui fafle manger les coutillons d’Oie, & le ventre de _Liévre affaifonnés de fines épices , & de tems en tems des falades ot ily ait beaucoup de roquette , de fatirion & de céleri avec vinaigre rofar. Contre le charme de P Aiguilleste nouce, Nos Anciens affurent que l’oifeau que l’on appelle Pivert, eft un fou- - verain remede contre le fortilége de PAiguillette nouce , fi on le mange _rOti a jeun avec du fel beni... fion o 20 — Les Secrets : refpire la fumée de la dent brilée dun homme mort depuis peu, on ‘fera pareillement délivré du charme. , ’ Le méme effer arrive, fi on met du vif-argent dans un chalumeau de paille ae ou de paille de fro- ment, & que l’on mette ce chalu- ‘meau de paille de froment ou d’avoi- ‘ne fous le chevet du lit of couche celui quieft atteint de ce maléfice... - $i Vhomme & la femme font affligés de ce charme, il faut pour en étre gucris que l'homme piffe 4 rravers de Yanneau nuptial que la femme tien- dra pendant quil piffera. Pour nouer U Aiguillette. ‘A Yezla verge d'un Loup nouvelle- ment tué, & érant proche de la portée . de celui que vous voudrez lier, vous Pappellerez par fon propre nom, & auili-tot qu'il aura répondu, vous lie- rez ladite verge du Loup avec un la- ‘cet de fil blanc , & il fera rendu ft im- ‘puiffant al’acte de Vénus , qu'il ne le feroit pas davantage s'il étoit chacré. De bonnes expériences ont fait con du Petit Albert. 21 noitre que pour remédier , & méme pour empéctier cette efpéce d’enchan- tement, il n’y a qu’a porter un anneau dans lequel foit enchaflé l'oeil droit d'une Belerre. Pour modérer le trop grand deéfir de Vadtion de Vénus-dans la femme. R Bduifez en poudre le membre gé- nical dun ‘Taureau roux, & donnez le poids d’un écu de cette poudre dans un bouillon compofé de veau, de pourpier & de laitue,d la femme trop convoiteufe, & l’on n’en fera plus: importuné , mais au contraire elle aux ra averfion de l’a¢tion vénérienne, -Lontre les aiguillons de la chair a & pour vivre chaflement. | pl Unique les’ aliens’ affaifonnés avet laitue &, pourpier > foient fort utiles pour amortir l’ardeur de la con¢ cupifcence ;_néanmoins comme. on, n’en trosive ‘pas dans toutes les fai- fons , & que'\'on fe pourroit ennuier de cette mangeaille , 4 limitation des Ifraélites qui s’enauierent de la Mane 22 Les Secrets ne du Déferr, la nature a pourvide | plufieurs autres remédes : vous pren= _ drez donc de la poudre d’Agate, que _ vous mettrez dans une bande de lin+ _ ge que l’on aura trempée dans de la. gtailfe de Loup, & l’on ceindra les reins de cette bande en guife de cein- ture; outre cela, l'homme portera fur foi un cceur de Caille male , 8 — la femme celui d’une Caille femelle, - & il aura plus d’effer s'il eft envelop=. pé dans un morceau de peau de Loup. Pour connoitre fi une Fille eff chafte , ou fi elle a été corrompue & a en- gendré. i V Ous prendrez du Jeais ou Jayet 5 que.vous réduirez en poudre impal- pable; vous en ferez prendre le poids dun écu a Ja fille, & fi Ia fille a été corrompue, il lui feta du tout im- offible de retenir fon urine, & il faudra qu'elle piffe incontinent: fi au contraire elle eft chafte, elle retien- dra fon urine plus qu’a lordinaire. ‘ambre jaune ou blanc, dont on Fait des coliérs & des chapelets , pro- du Petit Albert. ay duit la méme épreuve, fi on s’en fert avec la méme préparation que le | Jeais ou Jayet : la femence de Porces laine, la feuille.de Glouteron & la racine réduites en poudre, & don « nées 4 boire dans un bouillon ou au- tre liqueur, fervent fort bien 4 le méme épreuve. Autre pour le méme fujet. - A Yez une aiguillez de fil blanc 3 mefurez avec ce fil la profieur du col de la fille , puis vous doublerez cette. mefure, & vous en ferez tenir les deux ‘bouts 2 la fille avec fes dents, & vous érendrez ladite mefure pour faire paffer fa téte dedans: fi la téce paffe trop aifément , elle eft corrom- pue , fi, elle-ne,paffe-qu’s prine., aflis rez-vous quelle eft Pucelle. Pour réparer le pucelage perdu. PRenee terre-bénite de Venife de- mi-once, un peu de lait..provenant des feuilles d'Afperges, un, quart. d’once de criftal minéral infufe dans un jus de Citron, ou jus de Pruneg . <4 Les Secrets: ‘ vertes, un blanc d’ccuf frais avec un peu de farine d’avoine : de tout cela faites un bolus qui ait un peu de con- Spence & vous le mettrez dans la ¢ a @ y' rurg Gd fille déflorée,aprés|l’avoir feringué avec du lait de Chévre & int de pommade de blanc Rafis. Vous n‘aurez pas pratiqué ce. Secret quatre .ou cing fois , que la fille re- viendra en état de tromper la Ma- trone qui la voudroit vifiter.... L’eau d@Efpargoure diftillée avec-du jus de Citron écant feringuée plufieurs jours -de fuite dans la nature de laefille, produit le méme effet , en oignant la pattie avec pommade,, comme.cft dit ee Pour .empicher que la- femme puifft ' paillardet' avec quelqwin: ~~ (CEux qui font obligés de s'abfenter pour Jong-tems de leur maifon , 8 qui ont des femnies fufpectes & fu- jettés A caution , pourtont , pour leur flitené » prariquer:ce ui fuit. II fauc pfendre un peu des 'cheveux de la femme & les coupér mefhu' comme : pouffiere , ee ll du Petite Albert. 25 oufli¢re , puis afant induit le mem- Ere vicil avec un peu de bon miel, & jetcé la poudre de cheveux deflus, on procédera a l’adte vénérien avec la femme, & elle aura enfuite un - trés grand dégoiit pour le déduit : fi le Mati veut la faire revenir de ce dégoit, qu'il prenne de {es propres cheveux , qu'il les coupe en pouflié- re, comme ila fait ceux de la fem- me, & aprés avoir oint fon membre viril-avec du miel & de la civerte , & Vavoir foupoudre de fes cheveux il procédera a l’aéte avec contente- ment de la femme. Pour rétablir la peau ridée du ventre des jeunes Femmes apres plufteurs accouchemens. V Ons compoferez une pommade avec de la Térébenthine de Venife , du lait de feuilles d’afperges , du fro- mage blanc de Vache qui foir aigri & du criftal minéral , puis ayant frot- té le ventre avec une petite ¢ponge empreinte de jus de citron, on ap- pliquera un emplatre de ladie pom- 26 Les Secrets. made fur le ventre , & l’on réitérera ce Secret plufieurs fois , & on aur. * contentement. Pour faire voir aux Filles ou Veuves; pendant la nuit, le Mari qu’elles doivent époufer. JL faut qu’elles aient une petite branche de l’arbre que lon appelle Peuplier , qu’eHes la lient d’un ruban de fil blanc avec leurs bas de chauf- fes, & aprés l’avoir mis fous le che- ver. du lic ot elles doivent dormir la nuit , elles fe frotteront les temples avec un peu de fang d’un oifeau que l'on nomme Hupe, & diront en fe couthant l’Oraifon fuivante a l’inten- tion de ce quelles veulent favoir. ORAISON. K Yrios clementiffime , qui Abraham Jervo tuo dedifti uxorem Saram, & fi- Lio ejus obedientiffimo , per admirabile Signum indicafii Rebeccam uxorem: indica mihi ancitle tue quem fim nup- tura virum, per minifterium tuorum | Spirituum Balideth , Affaibi , Abuma- bith, Amen. du Petit Albert, 27 Il faut le matin fuivant lorfquon séveille, fe remettre en Pefprit ce que lon aura eu en fonge durant la | nuit , -& fi en dormant on n’a vu au- cune apparence d’homme, on doit continuer pendant la nuit de trois Vendredis de fuite, & fi la fille n’a point la repréfentation d’thomme du- rant les trois nuits, elle peut croire qu'elle ne fera point marice. Les Veuves peuvent faire cette expérien- ce auffi-bien que les filles , avec cette différence , qu’au lieu que les filles fe couchent du céré du chever, les Veuves fe doivent coucher du céré des pieds du lit en y tranfportant le chever. Pour les Gargons & Hommes veufs qui voudront voir en fonge les Fem- mes qu'ils épouferont. I faut quils aient du corail pulvé- rifé ; de la poudre d’aimant qu’ils dé- laieront enfemble avec du fang de pigeon blanc; ils feront un petit morceau de pate, quils renferme- ront dans une large figne » & aprés i N 28 | Les Secrets Yavoir enveloppée dans un morceau de taffetas bleu, ils la pendront 2 leur col ; & mettront fous le linceul de leur chever une branche de mir- the , diront en fe couchant !’Oraifon ei-devant marquée en changeant feu- Iement ces mots, avec un pew dellebore blanc , & ceux qui mange- ‘gont de ces grains en feront fubite- ment étourdis, en forte quion les pourra prendre 4 la main. ' Autre au méme fisjete S: vous voulez prendre Corneilles & Corbeaux vivans, vous ferez des , du Petit Alber: 35 cotnets de papier fort qui foit gris-. bleu, vous les frotterez en dedans. avec de la glu, & y mettrez quelque: morceau de viande puante pour les ateirer : en force que fourant leur réte dans ces cornets, la glu les.attachera a leurs plumes , & en érant affublés comme d’un capuchon qui leur bou- chera la vie; quand ils vondrone senvoler, ilsne pourront, & il fera facile de les prendre. Autre au méme fujet. 'V Ous pourrez méler de la noix vo- mique dans la mangeaille des oi- feaux , qui auffi-tdt qu’ils en mange- ront tomberont en defaillance, & il fera loifible de les prendre. Pour conferver & multiplier les | Pigeons. S I vous fufpendez en dedans du co- lombier le crane d’un Vieillard ou du lair d’une femme qui alairera une fille de deux ans, affurez-vous que les Pigeons fe plairont dans le colom- bier & y multiplieront abondam- B vj 36 Les Secrets ment , foit parles Errangers qu’ils at- tireront; & tous y vivront paifible- ment & fans rancune. Autre au méme fujet.. —» S! vous avez un grand colombier oll vous fafliez une groffe nourricure © de Pigeons , vous leur préparerez la compofition fuivante pour empécher qu’aucun ne déferte & au. contraire en attirer d’autres ; prenez trente li- yres de miller, trois Fivces de cumin,. cing livres de miel une demie livre de poivrette , autrement Coftus, deux livres de femence d’Agaus-Caftus , cuifez le rout en eau de riviére juf- qu’a la confomption d’icelle , & puis verfez en place trois ou quatre pots de bon vin & environ hurt livres de- vieux ciment bien pulvérifé , vous fe- rez cuire encore cela l’efpace de demie heure a petit feu, & vous ferez une. mafle de toutes ces drogues qui dur- ciront , & vous placerez ladite maffe- dans le milieu du colombier, & vous- ~ ferez en peu de rems dédommagé de: la dépenfe que vous aurez faites ° hk . . du Petie Albre. ~ 37 Autre au mime fujet. Jai Ii dans. les Ecrits d’un ancien Cabalifte, que pour empécher queles: ferpens & d'autres bétes venimeufes: ne viennent molefter de jour ni de nuit les Pigeons, il faut écrire avec du fang de bléreau.au quatre coins du colombier & aux fenétres ce mot Adam , & vous ferez un parfum de ucedane ou pafdane:: on croit que 4 téte-du Loup fufpendue au colom-- bier produit un femblable effec. Autre au mime fujet. LE livre de la Maifon ruftique en- feigne de bonnes pratiques pour bien élever des Pigeons, & Vexpérience. fait connoitre qu’on ne peur Pear rien: ‘donner de meilleur pour les engraif- fer que de la pate de féves fricaffées. avec du cumin: & du miel. Contre l'incommodité que l'on peut: recevoir des. chiens. "V Ous les empécherez d’aboier ime porcunément aprés vous , fi-vous por- tez. fur. vous.le. coeur & les yeux d'un. ‘38 Les Secrets Loup déféchés ; la grande antipathie ui eft entre le Chien & le Loup, cau- e cet effet qui a éré fouvent éprouvé. Autre au méme fujet. C Omme la morfure d’un Chien enragé eft infiniment dangereufe , il eft bon d’avoir de prompts remédes pour fe garantir des fuires funeftes de cette maligne morfure. Vous pilerez donc dela fémence de choux avec du Jaferpirium & de bon vinaigre , vous en ferez un emplatre que vous appli- querez fur la plaie que vous aurez auparavant oint avec huile de beau- me. La racine fraiche d’églantier qui fent bon, étant pilée & appliquée , eft, felon le fentiment de Pline, un prompt reméde contre la morfure des Chiens... De bons Anteurs natura- liftes affurenr , qu’en prenant du poil de la béte enragée & le faifant briler & en boire la cendre mife en bon vin, procure guérifoa ..Les Cancres de Riviére étant bralés durant les jours caniculaires, le quarorze de la Lune, lorfque le Soleil entre dans le + du Petit Albert. 39 figne du Lion , & réduits en poudre, on en donnera une demie dragme dans un bouillon au Patient foir & matin duranrquinze jours , & il gué- rira. Galien affure gue cereméde ne lui a jamais manqué danse befoin... Je confeille pourtant que l'on ne fe fie pas tellement 4 tous ces remedes , que pour eux l’on néglige d’aller fe bai- gner 4 la Mer, qui eft le reméde le plus fir & le plus éprouvé , & Von pourra pratiquer, tous ces petits re- médes durant le chemin. ” Contre Pincommodité que l'on peur recevoir des Loups. SI vous portez fur vous les yeux 8. le coetir coon Dogue qui foit mote par violence , ne craignez pas que le Loup vous approche , ainfi au con- traire, vous le verrez fuir comme un timide Lapin... Si vous fufpendez la queue d'un aay qui air éré tué en carnage , dans la créche ou étable ros ou menu bérail , aucun Loup n’en abordera..- Le méme effet arri- vera pour tout un Village, & aux %40 Les Secrets avenues vous enterrez des pieces de: Loup. :. J'ai 1a dans les Ectits d’un fage Naturalifte , une maniere bien furprenante pour prendre des Loups en grand nombre , voire méme en dépeupler cout un Pais qui en feroit infeéte : il faut fe pourvoir d’une bonne quantité en poiffons, qu’oa appelle Biemi ou Loups matins, en les éventrant on réferve le fang 3 patt, & apres les avoir bien écaillés & netroi¢s, on les pilera dans ua mor- tier avec de la chatr d’Agneau ou de jeune Brebis, & l'on porrera cette compofition dans le canton ot I’on fait que les Loups fone ; on allumera -un grand feu de charbon a l’oppofi- tion du vent, ceft a-dire , que le vent aille du cété oft font les:Loups , afin qu'il chaffe la fumée que fera la compofition de chair && de poiffon que l’or mettra fur les charbons ; la- quelle fumée frappanr l’odorat des Loups ,. les attirera en. cer endroit , kefquels rrouvant cet appas roti, 8 pour peu qu’ils en mangent, en fe~ ront tellement. étourdis qu’ils s’en~ du Petit Albert. " 4t ‘dormiront , & il fera aife de les tuer. Il y a tanc de livres qui font rem- plis de Secrets pour fe garantir des Innommodités des. animaux nuifi- bles , que je ne fuis pas d’avis de _ groffir inutilement ce mien petit tré- ee des merveilles de la nature, de ces fortes de Secrets qui font deve- nus trop communs pout étre ignorés de perfonne. Je pafferai donc a des chofes plus curieufes & qui farisfe- ront d’avantage mes Lecteurs. Contre Vivreffe de vin. Cc Omme l'homme n’a rien de plus eftimable que fa raifon & quil lui arrive fouvent de la perdre par l’ex- cés du vin, il eft convenable de lui donner quelque préfervatif pour s’en gatantir ; quand vous ferez convié 2 -guelques repas oti vous craignez de uccomber a la. douce violence de Bacchus, vous boirez avant que de vous mettre a cable deux cuillerées deau de bétoine & une cuiller¢e de bonne huile d’olive , & vous pourrez boire'du vin en toute fareré... Vous a 42 Les Secrets . prendrez garde que le verre ou la taffe dans quoi on vous fervira a boi- re, ne fente point la farriete ou la rapure d’ongles , car ces deux ingré- diens contribuent beaucoup 4 li- vrefle... Si l’on s’eft laiffé furprendre par le vin, il faut pour Phomme quik | eaveloppe fes génitoires dans un lin- ge qui foic imbibé de fort vinaigre , & que la femme quia fuccombé 2 Vivreffe, mette un femblable linge fur fes cétons , l’un & l’autre revien- dront en leur bon fens. Pour rétablir le Vin gaté. Jai eprouvé plus de cent fois que le vin tournd fe rérablit en la maniere fuivante , fi c’eit vers la faifon des vendanges , & que le raifin commen- ce a mirir, vous en prendrez envi- ron cent groffes grappes des plus ma- res : vous ferez bien nettoler un ton- neau dans lequel vous metrrez deux braffées de coupeaux ou d’éclapes de bon bois , & vous arroferez ces écla- pes du jus de. grapes de raifin que vous prefferez avec la main, & jet- du Petit Albert. 43 terez enfuite toutes les grapes fur les éclapes , & aiant bien refermé le ton- neau & mis en place , vous tirerez 4 clair le vin tourné & le verferez fur ce rapé; il n’y anra pas refté trois jours quil fera beau & bon a boire. Autre au méme fujet. V ous ferez une décoction de fines herbes, favoir une poignée de cha- cune des fuivantes, Marjolaine, Thim , Laurier, Mirthe , Baie de Ge- niévre , deux pelures de Citron & autant d’Orange : vous ferez bien bouillit cela dans vingt pintes d'eau jafqu’d la rédudtion de quinze pintes ou environ , 4 proportion de la gran- deur du tonneau que vous aurez fair nettoier , pour recevoir votre vin tourné , vous laverez bien ledir ton- neau avec la déco¢tion toute bouil- lante & Ven laifferez imbiber , puis, vous y metttez deux braflées de co- peaux ou éclapes que vous arroferez aufli de cette décoétion , vous tirerez le vin rourné a clair, le laifferez re- pofer hyic jours fur ce rapé de co- ‘44 Les Secrets peaux , & il deviendra meilleur qu'il n’étoit avant quil rournae, Autre au méme fujet. J Ai appris du Maitre-d’hétel d’un Prince. Allemand , cette autre manie- re de raccommoder le vin troublé & gacé ; il faut faire fécher au four cin- uante grappes de bon raifin & un demi boiffeau de coquilles d’amandes douces , en forte que ces coquilles foient un peu riffolées, pendant qu’el- les s’accommodent au four, il faut bien battre & fouetter enfemble dou- ze blancs d’ceufs jufqu’a les réduire te{qu’en écume, & les verfer dans fe tonneau ot eft le vin gaté, & le rouler pendant un petit efpace de tems , puis vous jettez dedans les co- uilles d’amandes & les raifins tous chauds & le laiffez repofer hui jours, - & vous aurez de beau & de bon vin.... Quand le vin eft devenu ai- te, on le rétablit avec du.bléd que on fait cuire jufqu’a ce qu'il créve , la mefure ou quantité eft la centieme pattie que contient le tonneau. du Petit Albert. 45 Pour faire promptement d’excellene Vinaigre. IL faut de bon vin fort , dans lequel vous mettrez du poivre long & du levain de pain de Sey qui foit bien aigre; il n’aura pas été expofé fix heures aux gros Soleil ou proche le feu, qu'il fera de fon ufage. ..On peut faire du vinaigre fans vin en cette maniere : alez la charge d’un cheval de poires fauvages , pilez-les ‘bien, & les laiffez fermenter durant trois jours dans un tonneau , puis dus _fant trente jouts vous les arroferez de deux pots d’eau par jour , dans laquelle eau vous aurez fait bouillir du gingembre & du poivre long, au bout de trente jours vous preflerez les poires pilées, & vous aurez de bon vinaigre. Pour faire des V-ns de liqueur. Pastons de Putile au déle@table , & réjouiffons ’homme par d’agréables liqueurs.... Pour faire d’excellens vin grec, fur cent pots de ben vim 46 Les Secrets: fort , vous mélerez la déco¢tion fui- vante : fix livres de bon Sucre, du Gingembre , du Galanga, de la grai- ne dé Paradis , du cloud de Gérofle , de chacun quatre onces, avec deux elures de Citron , vous ferez bouil- ie tout cela dans fix pintes d’eau de fontaine, jufqu’a la diminution de moitié , & aprés avoir clarifie cette compofition , vous la mettrez dans le tonneau ott font les cent pots de bon vin, & vous aurez du vin grec ex- cellent... Pour le vin mufcat, vous prendrez de la Régliffe , du Poli de , de l’Anis , de la Noix ne du Calamus aromaticus , de chacun deux dragmes ; vous pilerez tout cela légerement , & Paiant mis dans ue fac de toile fine , vous le fufpendrez dans un tonneau de vin blanc, en forte que le fac puiffe aller jufqu’a la moitié du tonneau, durant dix ou douze jours, & vous aurez de bon vin mufcat. Sur la quantité de dro- ues fufdites, le tonneau ne doit tre qne d’un muid ou trois anées. .. _ Pour le vin de Malvoifie qui doit fe du Petit Albert. 47 boire promptement : fur un tonneau d'un muid ou de trois anées, vous mettrez la compofition fuivante , vous prendrez quatre livres de bon Miel naturel & non fophiftiqué , une dragme de cloud de Gérofle pulveri- fé , autant de Gingembre & de Ma- cis , quatre pintes d’eau de fontaine, vous ferez Pouillir le tout enfemble durant deux heures, & vous aurez, ’ foin de l’écumer exactement ; il fauc que le cloud de Gérofle , le Gingem- bre & le Macis pulvérifé foient liés dans un linge blanc , & quand cette compofition fera faite, vous la met- trez 4 demi tiéde dans le tonneau 8& Ja laifferez repofer huit jours , & vous aurez de bonne Malvoifie... Si vous en voulez faire de plus exquife, vous prendrez une dragme de Mufe & de bois d’Aloés , deux dragmes de Canelle , de graine de Paradis & cloud de Gérofle , avec deux livres de bon Sucre pour la quantité de cent ‘pots de bon vin; le tout bouilli dang quatre pintes d’cap. 4 48 Les Secrets Pour faire en peu de tems de U’Hypocras qui foit excellent. Our quatre pintes de vin vous pre- arerez les drogues qui fuivent , une Fivre de bon a deux onces de bonne Canelle concaffé grofli¢re- ment , une once de graine de Paradis, autant de Cardamomum, & deux tains d’ambre gris des plus exquis 5 Broié au mortier avec Sucre candi 3 vous ferez de toutes ces drogues un firop clair , que vous purifierez en le paffant deux ou trois fois a l’éramine, & vous mélangerez ledit firop avec quatre pintes d’excellent vin, & vous en aurez le meilleur Hypocras que Yon puiffe boire. Pour faire la veritable Eau claireere d’ Arménie , qui ade fe merveilleufes proprietés contre les infirmités due cour, de la tere & de l’eftomac. V ous prendrez fix livres dss plus belles Cerifes griotes que vous pour- rez avoir; aprés en avoir oté la queue & le notau, vous les mettrez au fourneau ae du Petit Albert. 49 fourneau dans une baffine bien nette, - avec une pinte d’eau de fontaine , & les ferez bouillir durant une forte heure , enfuite vous les paflerez a la chauffe ou étamine en lesécrafant, du jus qui en fortira vous en ferez un firop, en y mettanc trois livres de. Sucre fin , quatre onces de Canelle , une once de cloud de Gérofle, une bonne Mufcade , une once de graine de Paradis , une once de Cardamo-. mum , quatre grains de Mufc, au-- tant d’Ambre gris broié au mortier. avec Sucre candi , le tout légerement concaflé , quand le firop fera fait & bien. clarifié, vous le mélerez avec uatre pintes de bonne eau-de-vie a un grand bocal, que vous bou- cherez bien , & I’expoferez au gros Soleil durant quinze jours, & vous aurez d’excellente Eau clairette; le mate qui vous reftera de ces dro- gues , eft bon pour faire de l’Hypo- cras commun, en y ajoiitant du Su- cre, en la maniere que nous avons dit ci-devant. i Cc 5° Les Secrees Pour avoir des Melons doux , fucrés & de bonne odeur. | 'V Ous aurez dela femence de Me- | lon de bonne efpéce , vous lz met- trez infufer duranc deux jours dans un firop qui fera compofé de Fram- boifes, de Canelle , de Cardamo- mum & deux grains de Mefc , &. autant d’Ambre gris; i} faut que le firop.ne foit pas pais & tiéde quand: vous y metren la femence en infa- fion ; il faut que la terre ott vous fe merez foit bien préparée fur une couche de bon famier de cheval , &. avoir grand foin dene les potne trop’ atrofer & de les garantir de phutes trop abondantes ; fi vous étes exact 2° toutes ces chofes, vous aurez des Me- | lons digres de la bouche d'un Roi. Pour avoir de beaux Raifins mirs au Printems, ° cae JL fant: avoir un Cerifier- qui foit planté ‘en efpalier dans une bonne expofition au Soleil & en bon terroir, & qu'un habile Jardinier ente dex- _ _ du Petit Albert. = 5 trement deux ou trois chapons de bonne vigne fur ledit Cerifier , qu’on ait grand foin de te garantir des in- tempéries de la fin de Vhyver & du commencement du printems, qu’on ne lui aces ni te bon fumier , ni- Peau quand il fera néceffaire , & on verra quelque chofe de bien mer- veitleux au tems que les Cerifes font miires, Pour faire croitre & muttplier le | Froment. V Ons prendrez unelivre de fel vé- étal , qui ef compofé artiftement de Fleurs e fouffre, de falpétre & de nitre , les bons Droguiftes ont ce fel; vous le ferez bouillir dans fix pintes d’eau avec deux livres de bon fro- ment nouveau, jufqu’a ce que le fro- ment commence a fe crever; puis vous pafferez cette €ompofition dans un linge fort clair, & vous ferez ren- dre au froment cuit toute Phumidité, aprés vous ferez infufer dans cette li- queur autant que vous pourrez de bon froment durant vingt - quatre es 4 2 ” Les Secrets eures; quand la terre fera bien pré- arée , vous y fémerez ce froment — infufé , 8& aiane faic fécher le marc de la compofition , vous le pulvéri- ferez & le jetterez fur cetreterre , & vous verrez pat experience que le bled que.vous aurez ainfi femé, pro- duira vingt fois autant que le bled commun ; il eft vrai qu’il ne faudroit as faire cela deux fois de fuite dans Ie méme terre; car il en confunte tel- lement la graiffe , qu'elle ne peut pas porter, fi elle n’eft bien fuinées Pour empécher les femailles & moif- fons d'étre gdtées par les bétes. V Ous aurez dix groffes Ecrevitfes que vous mettrez dans un vaiffeau rempli d'eau , & les expoferez au So», leil durant dix jours; puis vous af- per erez avec cette eau les femailles » feront crues, vous les afpergerez au- tres huit jours de fuire, & vous Verrez quw elles profpereront a merveilles , & qu’aucunes bétes, foit Rats , Beletres ou autres , n’en pourront approche. e{pace de huit jours, & quand elles. du Petit Albert. $3 Pour favoir fi les femences feront abone dantes Cannée prochaine, - Orxoaftre donne comme un Secret infaillible pour connottre l’abondan- ce de la moiffon pour l’aninée fuivan- ‘te, de faire ce qui fui. Il faur, en- viron le quinfteme du mois de Juin, preparer un petit canton de terre, a a maniere qu’on la Pacts ordinai- Yement pour étre enfemencée : vous y femerez de toute forte de femence y & a caufe que dans cette faifon la chaleur eft brilante & pourroit nuire a ce que la fémence germe & forte plus commodément ;. & vous obfer- vetez aprés cela laqhelle des femences fera la mieux venue, & aura plus belle apparence dans le tems que la canicule commence a régner fur P’ho-. rifon , car vous ferez averti par cet indice, que l’abondance fera de la femence qui fera la mieux venue , & celles qui n’auront pas profité pat la préparation que vous aurez faite, feront ftériles; ainfi le judicieux La- boureur prendra fur cela fes mefures C iij . 54 Les Secrets pour avoir une abondante moiffon. Autre fur le méme fujet. ‘V 0us obferverez au Printems dans quel état font les Noiers; car s ils paroiffent chargés de feuilJage avec peu de fleurs, iez affaré que la na- ture-fera avare dans la diftribution de fes richeffes : fi au contraire vous voiez yrande abondance de fleuts far Jes Noiers, & que la quantité far~ pafle celle des. feuilles, tirez-en au+ re de ferrilité. Les Anciens ont fait Ie méme pronoftic de ! Amandier. Contre les maladies & autres accidens "qui nuifent a lq vie de l'homme. ig A puanteur eft naturellement con- _ traire a la fanté de Vhomme , & elle eft quelquefois mortelle, témoin ce ee écrit Fiorazentus , qui dit, que l'on prend la craffe du fang humain lorfque les eaux & f{érofités en font . dehors, & qu’aprés lavoir fait {é- cher, fi on ta méle avec du ftorax , & que l'on en briile dans une cham= | i | bre la puanteur qui en ‘exhale eft — du Pew Albert. $3 mortelle, Pour donc étre garanti de ces mortelles infections , je vais pro- pofer un fouverain Antidote qui triomphera de toutes fortes de venins -& poifons. Vous prendrez dans la faifon des feuilles £ Millepertuis, avant qu'il ait jetcé fa fleur, autant que vous en pourrez tenir dans vos deux mains; mentez-les infufer au Soleil dans qua- tre livres d’huile d’olive , durant dix jours; puis vous les expoferez fur le fourneau au bain-marie, dans de eau chaude, 8 vous ef exprimerez le fuc a la prefe , & Je mettrez dans un vaiffeau ou bouteille , ou bocal de verre fort, & quand le Milleper- tuis fera fleuri &° en graine, vous mettrez une poignée de cette femen- ce & de ces Heurs dans ce bocal , & le ferez bouitlir fur le feu, au bain- " marie, Tefpace d'une heure , puis vous y ajotiterez trente Scorpions , une Vipére & une Grenouille verte , dont vous dterez les tétes & les pieds, & aprés les avoir fait encore bouillit un peu de tems, vous y i iaial deux ‘ iv t 46 Les Secrets onces de chacune des drogues f{ui- vantes pilées ou hachées. Racine de Gentiane , de Diétamum blanc, de Ja petite & yrande Fortelle ou fa ra- cine , de la Tormentille , de la Rhu- barbe, du Bol d’Arménie préparé , de bon Thériaque , & un peu d’e- “imeraude pulvérifée. Vous expoferez tout cela au Soleil durant les jours caniculaires, aprés avoir bien bou- che le bocal ; 8¢ enfin vous le met- trez en digeftion. durant trois mois dans du fumier chaud ; & aprés ce tems vous paflerez cette compofition dans un couloir, & la garderez pré- cieufement dans un vale déraim ou de verre fort pour vous en fervir. Lufage eft de s’en frotrer autour du coeur, aux remples, aux narines , flancs & au long de l’épine du dos, & vous éprouverez que c’eft un an- tidote contre toutes fortes de venins: Il eft bon auffi pour guérit les mor- fures des bétes venimeufes. du Petit Albert. 9 Les Talifnans de Paracelfe. LA grande réputation que Paracel- fe ek acquis dans:le monde par fa | profonde fcience , donne beaucoup d’aurorité a ce quil-a laiffé par écrit. Yi affure comme une chofe indubita- bles que & lon fait des Talifmans fuivant la méthode qu'il en donne , tls ptoduiront des effets qui furpren- dront ceux quien feront lexperien- ce, & c’eft ce que j'ai ¢prouvé moi- méme avec grande admiration & un trés heurenx fuccés. Voici donc de quelle. maniere il:en parle. dans fo Archidoxe magique. i _. Perfonne ne peut, fans témérité, xévoquer en donte que les Aftres & Planétes céleftes n’aient des influen- ces dominantes fur tout ce qui eft dans ce. bas Univers; car puifque Eon. voit & que Lon éprouve fenfi- blement que les Plari¢tes dominent, par, leurs influences , fur Phommé wi eft Pimage de Diew & avantagé fe la ratfon ; 4..combier plus forte taifon doit-an croire auieties domi ¥ . - Les Secrets nent & influent fur les méranx 5 fur les pierres , & fur tout ce que la.- nature 8 l’are peuvent produire , puifque coures ces. chofes font moin-- " dres que Ihomme , & plus propres 2 recevoir, fans réfiftance, leurs in- fluences , étant privé de la raifon 8 libre arbicre , & que ?homme a cet avantage qu'il peut fe fervir de ces: chofes matérielles , pour artirer en fa faveur les influences des. Aftres. Mais ce qui ef dignue d’étre fi 8c bien remarqué, c’eft que les. fept Pla- -néres n’influent jamais plus efficace- MENty que: pat Penecemife des fe métaux qui leur font propres; c’s a-dire , qui ont-de lq fimpathie avec: leur fubftance , & 4 ce fujet les fages. Cabaliftes aiant connu par la fubli- me pénétration de leurs fciences , quels fone les métaux Propres awe Planétes ; ils one dérermind For pour: — le Soleil -, au jour du Dimanche ,. Fargent pour la Lune au Landi, le fer pour Mars au Mardi, Ie vif-ar- gent pour Mercure au Mercredi, ’é « taim pour Jupiter au Jendi , le cui- * j Figures des7 Plaf, - I Y _ du Petix Albert: o yre ou Vairain pour Venus att Venn, dredi, & le plomb pour Sacurne aut | Samedi. Sur ce fondement, ous; Sonnetons ici la maniere de faire des Talifenans, que les anciens-Sages ont appellt les {ceaux des Planétes. - Talifman ou Sceaudu Soleil, Ge Talifman doit @tre’ compofé avec l’or le plus exquis & le plus pur, qui ef celui de \’Arabie on d’Hon~ rie ; on en forme une plaque ron- le , bien polie des deux corés 3 & fur un de ces cotés on trace un quarré -eompofé de-fix lignes de chiffres , eft forte que nombrant ces chiffres d’un coin a Yamre, én forme de croix de S. André, on trouve cent onze. Er ce qui eft myftérieux en cela, & dont on doit étre informé , c’elt que tes nombres qui feront marqués dans gous les ‘Talifmans ou Sceaux des - Planétes , font les nombres des gran- _ des Etoiles qui font fous la: domina- tion de chaque Planére , & que Diew - leur attribue comme leurs Sujets , 8¢ eft pour cela que ceux ae font ver ¥ 6e . Les Secrets ———— és dans l’Aftro~ 8 |32 5|37|*5| “llogie » appel- 7th 27128! 38]/3o0!lent les Plané- Toynale6lis/2| ale ou Eroiles rBl2olaztaits lag premieres >» & Tslz9,10 o.24] zfils concluent —|— |} Ide-la qu’ils one 13°135°331 4’ 213 "Mes autres fous leur direction ; pour la diftribution de leurs influences. Sur l'autre coré de la plaque, il faut graver la figure hiéroglifique de la Planéte , qui re- préfente un Roi couronné dans for Tréne roial , cenant de la main droi- te un Sceptre, aiant fur la téte le Soleil & le nom de:Jupiter , & mon- trant avec fon Sceptre un Lion ru- giffant 4 fes pieds. Er afin que cette Opération fe falfe avec exactitude & dans les circonftances convenables , vous ferez graver detx fers bien pro- ptes 4 imprimer fur l’or tour ce que j'aidic ci-deflus , pour ne point perdre le moment favorable de la conftella- tion ; car il faut que l’impreffion fe. afle dans le tems que I’on aura obfer- du Petit Albert. 61 vé que le Soleil fera en conjon&ion avec la Lune dans le premier dégré du figne du Lion; & quand la plaque . d'or fera marquée des deux cétés avec les fers fufdits, vous. l’envelopperez promptement dans un linge fin. Ce ’ que je viens de dire des deux fers gtavés., doit pareillement s’enrendre . pour la fabrique: des Talifmans des autres Planétes. Afin-,. comme il eft dit, que l’impreffion s’en faffe dans. . Pinftane favorable: de la Conftella- tion, car. l’on doit favoir que c’eft dans cet inftant que la Planéte répand. & imprime fes bénignes influences fur le Talifman d’une maniere fur- naturelle & toute miftérieufe ; les ptopriétés de ce-Talifman du Soleil _ confiftent en ce que la perfonne qui Je portera avec confiance & révéren- ‘ce, deviendra agréable aux Puiffane. ces de la Terre , aux Rois , aux Prin- ces, aux grands Seigneurs dont on: voudra acquérir la bienveiltance , or abondera en richefles & en honneur ,. & on fera. eftimé de. rout le-monde.. “62 Les Secrets Tatijman ox Sceas de la+Lune. C E Talifman doit écre compofé avec le plus pur argent que l’on pour- ta trouver , dont on fera une plaque tonde bien lie , & d'un coré l'on gravera neuf lignes de chiffres , dont. chacune centiendra le nombre myf- térieux de crois cens foixante-neuf , comme il eft repréfente ci aprés dans. le carré fuivant ,. de l'autre cété de zeros ee 62{13] 13)54] 5 5 By 2213/74 22463 tale] ab 31/72 ]23]55it5 Pee EERE nea 18 42 le abs 67 Sa ee 56|e8|5 Golrils2} 3l44|76 eae cle lata Ia plaque on imprimera l'image hié- roglifique de la Planéte, qui fera une ¢ revérue d'une robe ample & 4 du Petit Albert, 6s Farge,aiant les deux pieds far le miliep d@’un Croiffant tenant un violon dans. fa main droite, & une brillante Eroile fur fa téte , avec ce mot Lune. L'opé-- ratton fe doit faire un Lundidn Prin-- tems, lorfque l'on aura au premier dé> gré du Capricorne ou de Virgo-en af- pect favorable de Jupiter ou deVénus.. Th faudra auffi envelopper le Talifman; dans undfinge blanc, & il fera gran= dement utile pour garantir des mala- dies populaires ;. il préfervera les: Voiageurs des périls & des infultes: des Voleurs , il fera favorable aux Eaboureurs & aux Négocians. . Talifinan ou Sceaude Mars, — CE Talifman doit Sire: formé fur’ une plaque ronde & polie , du meif- leur fer de Carintie, les nombres. Traltol vlool aimyfterieux feront: Xa[toh a]o2]r8 forxante-cing,8 de ache 2 ies autre cété -de ‘la: zilr7iy3] or | laque on formera ; —|\—|—r "lla figure hi¢rogti fie LSP la ee S 81 4125]1 611 2lquirepréfentera un: 64 . Les Secrets _ Soldat armé, tenant deja main gau- . che un bouclier , & de la droice une épé2 nue, atant une Eroile deffus fa téte, avec le nom de Mars. Il fauc que les inftrumens qui ferviront 4 im- - primer ce Talifman,, foient de bon acier trempé, & que l’impreffion fe faffe dans le moment que l’on aura obfervé que la Lune étant. en afpec& benin avec quelqu’autre Plapére fa- vorable, entre au premier dégré du ‘figne du Belier ou du Sagitaire , & il {era méme bon que la plaque du Ta- lifman foit mife au fourneau ardent, afin qu'elle foit plus propre 4 recevoir la gravure des figures myftrieufes 5 & quand elle fera refroidie, on l’en- - veloppera dans usi.taorceau de taffes ~ tas rouge. Ce Talifman aura la pro- pricté de rendre invulnérable' celus ui le portera avec révérence;, ‘il ur nneta une force & une vigueur ex- traordinaire ; il fera vainqueur dans. - les combats ou il affiftera. La Plané- te de Mars influe f& merveilleufe- oe fur ce Talifman , quand il eft ait avec exactipude , que' fi on: Pen du Petit Albert. —~§ 65 terre dans les fondemens d’une For- tereffe , elle devient inexpugnable , & ceux qui en veulent entreprendre Vattaque, font mis facilement en dé- route. Et fion le fabrique lorfque la. conftellation de Mars eft en oppofi- tion avec les Planétes favorables & xétrogrades , il porte malheur par- _ tout oti on le met, & y caufe des dif- fentions , des révoltes & des guerres inteftines; je fai qu'un grand homme @ Etat en fit porter un femblable en Gngleterre > au tems de la révolution e Cromwel. : Falifinan de Mercure, au Mercredi. G E Talifman ‘doit étre formé fur une plaque ronde de Mercure fixé , (je donnerai ci-aprés la maniere de fixer le Mercure pour les Talifmans , comme je Pai éprouvé moi-méme ). Quand la plaque eft faite & polie, on imprime avec les ferremens fur un des cotés, le nombre myftérieux de deux cens foixantes, diftribué en huic lignes , comme on le voit ici repré- fenré. 66 Les Secrees 4|52165] 3h $3;11]10, 56 ence | eee | eee | | 4g5{19]18/48 [22/25 steal afoayes 40126 a7|37136 30 aaa Fsrleistofi Lasieypal ss zat al sleet a stor Et de l'autre céré de la plaque on imprimera la figure hiéroglifique de + P49] E al 52 4tj2sj2al4g, SS ed ed la Planéte de Mercure, qui repré- fentera un Ange aiant des ailes fur le dos & a fes talons, tenant dans la main droite un Caducée en forme de Sceptre , & une Etoile fur fa téte, aveg le nom de Mereure. Il faudra faire Vimpreffion des figures au mo- ment favorable de la conftellation , comme on aura obfervé avant que de commeneer lentreprife : & quand elle {era achevée , on enveloppera le Talifman dans un morceau d’étoffe de foie , de couleur de pourpre, ae acc eee . du Perse ABert, ey Ce*Talifman aura la propriésé de rendre difcret 8& eloquent celui te a avec sévérence, & le dif- poter admirablement 4 étre favant en toutes forces de fciences , & fion fait anfafec ce Taltfman feulement une heure dans un verre de Malvoifie , ik rend la mémoire fi heureufe , qu'on tetient tout avec facilité; il peut mé- ame guérir route forte de fiévre; &, fiion le met fous le chevet du lit, if ocure des fonges wéritables , dans efquels on voit ce que l'on fouhaite -de favoir. - Tali, ifiman de Tapiter C E Talif{man doitérre formé fur une plaque ronde , du plus pur éraim d’Angleterre ; on imprimera far un des cdtés le nombre myftérieux de la Planéte , qui eft trente-quatre diftri- i 3 3) 2 7 2413 fPe en quatre lignes , —|—!—'commeonen voiticila . US _"|difpofition. Et de Vau- - 12|tre coee. laque on sts I 213 mprimera fi gure: - fee m= hiéroglifique dela Plas ! 68 Les Secrets nété, qui fera un homme vétu en Eccléfiaftique, tenant entre fes mains un livre dans lequel il femble lire , 8 au-deffus de fa téte une Etoile bril- lante , avec ce mot Jupiter. On com- meneera 4 imprimer les myftérieufes figures fur la plaque avec les fers , au moment que l'on obferve que Ia conftellation de la Planéte fera favo- sable, la Lune faifant fon entrée dans le premier dégré du figne de la Balance , Jupiter en bon afpect avec- le Soleil ; Popération étant finie, on enveloppera le Talifman dans un morceau d’étoffe de foie, couleur de bleu célefte. Ce Talifman procurera a ceux qui le porteront révéramment, l'amour & la bienveillance de ceux que Pon fouhaitera. Il aura la vertu e multiplier & augmenter les cho- fes avec lefquelles on l’enveloppera, Il rendra fortuné dans te négoce & dans le commerce , & dans'routes les entreprifes 3 il diffipera les chagrins , les foins importuns & les terreus pa- niques, a du Petit Albert. 69 Talifman de Venus , au Vendredi. C E Talifman doit étre formé fuk une plaque ronde de cuivre bien pus. rifié & poli. On imprimera fur un de- fes cdtés le nombre myftérieux de cent feptante-cinq , diftribué en fept lignes , comme il eft ici marqué. 22}er|ssan)solss] al 6[23|48/17!42|11 29| 20] 6l2alqg{18136| 12 [3s 7 3814132 25143) 9137) 1,26|44120 sifsol [sal alarles [Sirs [aol 9 155 Et de l'autre cté de la plaque on imprtimera la figure hiéroglifique de la Planéte , qui fera une Femme laf- civement vétue, aiant proche de fa euiffe droite un Cupidon tenant un _ arg & une fleche enfamimée ,- &. la femme tiendra dans fa main gauche un inftrument de mufique comme » Les Secrets une guittare , & au-deffus de fa tite utre Etoile brillante, avec ce mot Venus. L’impreffion fe fera avec les fers dans le moment que |’on aura prévit que la conftelfation de Vénus fera en bon afpec avec quelque Pla- nete favorable , la Lune ¢tant entrée au premier dégré du figne du Taw reau ou-de Virgo. L’opération érant finie , vous envelop perez le Talafinan dans um morceau - évoffe de foie vet te. Et celui qui portera‘avec révéren- _ cece Talifman , peut s’affurer d’avoir les bonnes graces de tous ceux quil fouhaitera , & d’étre aimé ardem- ment, tant des femmes que des hom- mes : il a auffila verru de réconcilier les inimici¢és mortelles, en faifant -boire quelque liqueur dans laquelle al aura éré mis ; He maniere que l'on devient intimes amis; il rend a induftrieux & fort habile en l'art de mufigue. Talifnan de Saturne, au Samtdis Cc. Talifman doit étre formé fur une plaque ronde, de plomb biea 71 . du Petit’ Albert, affiné & purifié, & on imprimera fur Pan des deux cétés le nombre mytté- rieux de quinze, diftribué en trois lignes , fuivane la difpofition que lon voit ici. 121614] _ Etde Pautre cété de la. t2|¢| 4] 1 oe pent —j|—|—|plaque on imprimera la 171513 ligute hiécoglitique de la f 6 f 118 |Planéte, qui fera un Vieil- i lard barbu y tenant en main une efpéce de pioche , en pof- ture d’un homme qui fouit [a terre ,,- & au-deffus de fa téte une Etoile . avec ce mot Saturne..On commen= mencera limpreffion des figures myf. - tériedfles avec les ferremens au‘ mo« ment que l'on aura prévi que la. conftellation de Saturne eft en afpe& favorable; la Lune entrant dans le premier dégré du figne du Taureau ou du Capricone. Er quand l’opéra- tion fera fie » Vous envelopperez le Talifman dans un morceau d’étoffe de foie noire, S : Ce Talifman eft un grand fecours, premieremefit pour les femmes qui font en mal d’enfantement , car elles € . oy 1 7% Les, Secrets n’y fouffrent prefque point de dou- leur; c'eft ce quia éte éprouvé plu- fieurs fois avec un heureux fucceés, par des Perfonnes de qualité , qui croient fujettes a faire de mauvaifes couches, i multiplie auffi & augmen.- te les chofes avec lefquelles on le met. Si un Cavalier le porte dans & botte gauche, fon cheval ne pourra étre aucunement bleffé. Ila tous les effets contraires 4 ceux-ci, lorf{qu'on le forme dans le tems que la conttel- lation de Saturne eft dans uue fitua- tion funefte, & la Lune rétrograde dans les fignes fufdits. Maniere de faire le Mercure pour en former des plaques a faire les Talifinans. L faut choifir un jour de Mercredi u Printems , ou l’on connoit que la conftellation de Mercure foiten af— - ped benin avec le Soleil & Vénus , & aprés avoir invoque & conjuré les Efprits & Génies directeurs des in- fluences de cette Planétes on tépa- * ‘rera les drogues néceffaires en la ma= , niere du Petit Albert. | 743 niere fuivante. Sel armoniac , Vert- de-gris, Vitriol romain, deux oR- ces de chacun , bien pylvénifé,,. om mettra le tout enfembie. dans, une marmite de fer ou de. fante neuve , avec trois pintes'd’eau de forge , que le tout bouille jufqu’a la rédu@ion, ‘une pinte 3 puis on y jertera deux onces de bon Mercure que I’on re- muera bien avec une efpatule, dur tant que tout bouille enfemble jut ud .ce que ces matieres deviennent Qailles enfuite on les laiffera re- froidir, & on fera-évacuer par filtra- tion le peu d'eau qui reftera,, & on trouvera au fond de la marmite ung pate ou terre grife, que l’on lavera avec de l’eau commune deux ou trois fois , faifant voujours évacuer l'eau par filtration , puis on étendra ladite pate fur une P anche de chéne bien polie,& on la! aifferafécher au Soleil ; aptés quoivon y ajoiitera deux onces -de Terra merita & aurant de. Tutie d’Alexandrie , en: poudre , &-on, mettra Je tout dans un creufer lutcé hermétiquement avec un autre creu- $6 Les Seewets fet 3 €n forte que les dew fembfene né faite qu'un feul vaiffeau fans ou- Wérrate , & que rien ne puiffe s’éva~ poter ‘quand il eft fur le few de rec- sification ; cés deux créufers fe. lut= - tene l'un fur l'autre avec une pate de terre graffe , de la fiente de cheval, de fine poadre de limaille de fer 5 8¢ rt nd faut pas mettre le creufer force. ait foutnean avant que cétte cémpo: fition: quien fait la jotntare foie bient féchée:: Quand te érevfet aura été une hénre at pape ardefrt , or aaamotréra be fea fufqu’d-ce que fe érenter: éd rougiffe A la ceodenad hewre ofi atigerretireta fe feu én foufs fant: tetijours ;’ puts ort Failleta-red Froid le ereufer; ofr le déhivers 8 - Oh ttonveta aut fond fe *Métcare ett’ grenaille , on le recuillerz fafqu’aox plus: petits grains, & on remertra le tout da tts an autre creufer, avec un ¢ p2e dé Borax pour ‘Id’ fondte , ce q@étant fait, vows ‘atrez ‘un tres bea Mereuré Ade ; Bien: ptopte pour’ _ fa pareré 4 former des si Sia & des anneaux myftéri¢ux , qui aiiront het remeey 2 AAAgEYOV VES du Petit Albert. | 4 li propriété de vous attirer les beni= gtres influences dé Fa Plan¢té de Mer cute, pourv qu’olt fait éxact a hee! teavailler fuivane les réples de Part. Pour .confiruiré d'autres Talifmans. _ avec lvs caratteres que les anciens _ Cabalifies ont appropries. aux sept. Planétes, : 7 i : ON fé fervira des Plaques de mé- me metal ‘dont on a parle ci-devant, & om commencera Popération aux Hearts & miomens convenables aux benignes influences ; fur un cdtd de la plaque on imprimera etr forme de catré les earatttres qui font marqués ci-apres , Ceft ¥ favoir pour’ le Soleil ceux que Fon trouvera a la prémiere ligne. Pour fa Lune’ ceux que lor trouveta a feconde ligne. Pour Mars céux qué Fon crouvera & fa trbifieme ligné. ‘Pout Mercute’ ceux qué lon trotiverd 4 la‘qiattitie figne. Pour Jupiter ceux qué Por trouveta a la cinquiéme ligne. Pour Venus ceux que‘ l’on trouvera 4 Ia fixieme ligne. Pour Saturne ceux quel’on trouvera. | D ij 76 Les Secrets aia feptieme ligne. On pourra gra- ver fur l'autre revers de la plaque les . mémes figures hiéroglifiques dont. nous:avons parlé, & on ¢prouvera- de merveilleux effets. Je ne doure point que fi ce mien Livre tombe és mains de gens de petit efprit & de peu de favoir, ils ne le taxent de fuperftiticux , parcequ’ils s’imagine- _ ront que les admirables merveilles? . dont je traite, fe font par le minif-_ tere des mauvais efprits , car difent- ils; comment peut-on comprendre’ > . L s quune plaque de métal chargée de uelques cara&téres & figures , opere es chofes qui furpaffent les forces, ordinaires de la nature : j'argumen- terois volontiers contre ces fortes de perfonnes & leur dirois; vous croiez _ donc.que les mauvais Efprits peu- vent faire ces chofes qui furpafenc Vordre ordinaire de la mature > Mais: pourquoi ne croiez-vous pas donc- ue Ie Créateur de l’Univers foir af-. ez puiffant pour avoir imprimé dans les Créatures des fecrers dont les ref- forts ne fe remuent que de telle ou du Petit Albert. = 77 télle maniere , pourquoi faites-vous difficuké--de‘teconnoitre que celui qui x dofné:a:Paimante la vertu: fe- crette d'attirér a foi une maffe pes fante de fer d’un lieu 4 un autre, eft affez puiffane pour donner aux Af- tres, qui font des Créatures infinis. ment plus parfaires que Paimant, & que rout ce qu'il y a'de plus pré- ‘ eleux-fur la terre y des propridtés & des vertus ‘fecretes qui furpaffent la _portée de nos efprits , d’autant plus que ces Aftres font régies par des In- telligences céleftes qui reglent leurs mouvemens ? : . Mais quelle difficulté pent-on faire de croire que de certains caractéres ou de certaines figures rangées fur une plaque de métal , puiffent pro- duire quelque effet furprenant , puif- ue l'on croit & que l’on voit évi- emment qe dans Faimant de certai- nes petites parties de. matieres {ph¢- Fiques , acues ou triangulaires ran- gées dans la nature dans un certaity ordre, produifent de fi admirables effets, non-feulement d’attirer une D ny 78 : fas Secrets male de fer, mais de tourner tou- jours l’ajguille des Bouflales. du cocé de l’Etoule Polaize &. de régler les quedsans.au Solel, bee, Je youdrois encore demander a ees perfonnes fcrupuleufes , pourquoi’ dans la Suiffe & au Pais des Suéves , ou il y a grand nombre de Serpens a caufe des montagnes , pourquos ces Serpens entendent-ils le Gree & craignent-ils fi fore la vertu efficace de ces tris mots Ofy, Ofve, Ofy, quiils bouchent promptementc une de leurs ereilles avec le bous de leur queue., & abouchent l’autre contre Ja terre 5 afin de ne pas enrendre. ces parales qui les rendent immobiles & toys ftu- éGés , & incapables de nuire aux ommes ; fi l'on me dit que c’eft la nature qui ptoduit en eux cer inf- ting, poarquo is nature fera-r’elle moins ingénijeufe dans les autres creatures? Keen, Je révolrerai pewt- étre bien des. gens contre moi, fi je dis qu'il y a des créatures dans les quatre élémens qui ng font ni de purs animaux , nb Ny du Petit Albert. 9 des, bovsmes , quoiqu’ils.en-aient la figuse && le zaifonnemenc, fans.en. avow. l'ame rarfonnable . Le célebré Paracelfe en parle encore plus claire> ment, eo difanr que ces peuples des ~ dlémens ne {oar point delat @A- dam., quoiqu’ils pasoiffens de véti- tables hommes; amis que cet uv genre & une efpece de ceéacure toa- jours différente de la nose. Porphi- re, enchériffant fur Paracelfe , dic que non-feylemenz ces eréatures font raifonnables , mais. méme qu'elles adorent & reconnoiffent Dieu ' par, - un culge de religion ; 8& pour preuve de fon dire , al capporte une, Orai- fon eés fublime & trés myftérieufe d'une de ces créatures qa habirent dans l’élément du feu, fous le nom de Salamandtes, pout étre que je ferai plaifir a mes Lecteurs de leur. en donner une copie, qui fera utile dans Ia fuire, Oraifon des Salamandres. Ditrortet , Eeernel , Ineffable & Sa- gré Pere de. coutes chofes , qui cft_ porté D iv fo. . Les Secrets _ Sur le Chariot roulant fans ceffe des mondes qui:tournent toujours ; Domi- nateur. des Campagnes Ethéréennes , on éff le créne deta puiffance , du haut duquel tes yeux redoutables décou- vrent tout, & tes fainces oreilles écou- tent toute 3 exauce tes Enfans que tw as aimés dis la naiffance des fiecles 5 cer ta durte, grande & éternelle Majefté refptendit an-deffus du Monde & du Ciel des Exiles. Fu es élevé fur elles, 6 feu ctincelant., & tu 8 allu- mes & t’entretiens. toi-méme par ta pro~ pre fplendeur , & it fort de ton effin- ee deq ruiffeaux itarriffables de lu- mieres gut nourriffent ton Efprit infi-. . ni. Cet Efprit produit toutes chofes, & fait ce tréfor indpuifable de maticre qui ne peut manquer a la genération gu il environne toujours a caufe dex formes fans nombre dont elle eft en- aeinte & dont tu Las remplie au com- mencement. De cet Efpris tirent auffé. feur origine ces Rois tres faints qué. Jone debout autour de ton tréne & qui’ compofene ta Cour ; 6 Pere univerfel @ unique, 6 Pere des Bienheureus di Petit Albert. —— B¥ mortels & immortels ! Tu as créé ert particulier des patiences qui forit mer- veilleufement femblables aton éternelle penfee & a ton effence adorable. Tu des as établis fupérieurs aux Anges qui. annoncent au monde tes volontés. Enfin , tu nous a-eréés ane troifteme | forte de Souverains dans les Elémens. Notre continuel exercice eft de te louer & d’adorer tes defirs, Nous brilons dit _ defir de te pofféder. O Pere! O Mere y - fa plus undre des Meres-! O exem- plaire admirable des fentimens.& dela terdreffe des Meres ! O Fils , la fleur de tous les Fils !' O' forme de toutes Les formes | Ame, Efprit, Harmonie & nombre de toutes chofes , conferve- nous & nous fois propice. Amen. *. Or, vous ceux d’enrre les ancient Philofophes & les. moderries ‘de nog derniers fiécles ,-qui ont été petfua- dés que les quatre Elémens. font peus lés de créarure raifonmables , les: iftribuent en: cette maniere. ‘L’Elé+ ment du feu eft: habirés par les Sala-- manutes ; FElémenr de Pair eft’ ha- biré. par les Sylphes ; as de: ¥ gx hes, Secrets Peau eft habigé par les Nymphes , 35. [Elément de la terre eft habiré pax Jes Gnomes op Pigmées. Etilscroient | ane ces créarures ant éxé faites par le Créaccus , pour rendge des fervices importang aux Hommes , & les py bit Tee is font rébelles 4 fes vor Jontés. On prétend que ces gréatures ey traardinaires font d’une nacre fpiri- tuelle, aon pas d'une fpititwalixe qui exclne toute matiere ; mais-d'wne {pk situalisé qui n’admer pour fondement fab@antiel’ qu'une matiese infini; . ment délide , & ayrane imperceptible que lair ; 8 fur ce principe » les fa- ges Cabaliges » qui ont bien conau la nature de-ces créatures Cléngnc taires , ont dit elles ont fgr taytes guuces qualités celles de Vagahice: & de la pénéreabilixé, ep fore quien yn mament elles penvent vent dg fort loin au-fecours. des, hommes qui ont befoin de leus. miniftere , & peuvent -pénétcer fans fraction les endroits of lee kamames font ¢ Renu es - es Gy | | | du Petit Albert. 33 Pour ce qui regarde leurs mepurs., ces Peuples fone fort réglés fudggoe les loix de la nature, grands Enne- mis des hommes qui vivent dans le déréglemest & contre Jes lunweres de la raifon, Ex ceft fur ce principe ~ que les fages Cabalifes , qua ont onné des enfeignemeng pour par- venir 4 la découverte des myfteres dé la Philofophie. occulte , ongyrecem- mandé fur route chofe , aux Secbeurs de cette fublime Science, de vinra en gens de bien, exemes de toute impureté, de toute débanche & de vout ce qui s’écarte de la-droite rai- fon , d’autant que les plus grandes merveilles qui dependent de la Scien- ce occulte , s’opérent par le minifte- -re de ces Peuples ¢lementaires qui font comme les canaux , ou pour mieux dire, les ¢cpmomes des in- fluences bénignes des Aftres. . Dans les fiecles paffés ,, of Von: viz: voit dans une plus, grande modgaa-, tion des paffions & aveg aroins de corruption de la nacyre, ces Peuples: . Cémentaites avoient beauconp plus vj %4 Les Secrets de fréquentation avec les hommes quardans nos derniers ficcles & on y voioit des prodiges qui donnoient de Yadmiration , parcequ’ils fembloient outrepaffer lordre naturel, mais ft ta corruption de Ia nature ne regnoit, Pignorance y éroit firgrande, que la la plipare des hommes attribyojenr a magie ou diablerie, prefque tout. ee qui f faifoic par le miniftere de: ces Peuples élémentaires; Celt ce que Fon. peut voir dans les Capitulaires de. Charlemagne, & dans les Or- donhances qui furent faites fous le regnes de-Pepin , & les merveilles dont les. Hiftoires de’ ces anciens- tems fone mention , paffent maintes nant pour-des Contes de Fées. Je ren~ voie aux favans Ecrits de Paracelfe ceux de mes-Leéteurs qui voudront: étre inftruics plus 4 fond de ces Peu- les élémentaires , &-des commerces- fecrets quw'ils: ont avec: les hommes.. Ceux qui ont voiagé dans les Pais” Seprentrionaux & furtout dans la La- ponie , ne petivent pas: ignorer les- fervices que les Gnomes: y- rendent : . _ du Petit Albert. | 85 aux Habitans de ces régions, foir pour les garantit des périls,. en les avertiffant lorfqu’tls travaillenc , des. prochains éboulemens de terre, foit: en leur faifane connoitte les endroits: ott les mines font plus abondantes en: précieux. métaux. Ees Lapons font. ff fort: habirués? aux fréquentes apparitions des Gno- mes , que bien loin d’en étre effraiés, ils s‘actriftent lorfqu’ils ne paroiffent’ _ pointe qnand. ils: travaillent dans les Minieres »-parceque c’eft une marque- que ces Mines font ftériles en mé- taux , quand.les Gnomes n’y font pas: Feur réfidence : & c’eft une créance- populaire que. le Createurtes a.com-. mis 4 la garde des tréfors fouterrains;. ’ 8 qu’ils ont la faculeé de les difpens. fer comme bon leur femble. ‘Ceux qui font occupés a ta décous verte des Mines d’or & d'argent , ob-- fervent quelques cérémonies. pour fe- -concilier la: bienveillance. des Gno~ mes, afin quiils ne leur foient. pas: contraires dans leurs entreprifes 5 Vexpérience. leur a. appris quiils fe. 86 “‘™ Les Secrets plaifenc fore aux parfums , & c’eft pour cela que les fages Cabaliftes en ent ordonné de propres 4 chaque jour de la femaine par rapport aux fept Planétes , & que comme je fai pat experience que plufieurs perfon~ nes ont réwli a la découverte des. tréfors par le moien des parfyms , je veux bien, en faveur de mes Lec- teurs , donner ici la vraie maniere de kes faire, afin quils puiffent érre agrcables aux Gnomes. gardiens des tréfors. Car il faut favoir que de tou- tes les créatures qui habicent dans les quatre Elémens., il n’y en a poine qui foient plus ingénieufes. a nuire ow a faire du a aux hommes, {uivane les fujets qu'on leur en-donne. Parfum du Dimanche , fous les auf~ , pices du Solel. "Tous les Parfums fe doivent faire dans un petit rechaud de terre neu- v¢ , far du, charbon de bois de con- drier on, de laurier. Pour briler le . Parfuoy, if doit étre allamé du few gac For, fair expres. avec le caillow du Pesit. Albert. s+ dun petic fafil, il eft bon méme d’obferver que le caillou , la méche 5 Falumette & la bougie foient neufs ,’ & quils n’aient jamais fervi 4 aucun ufage profane , car les Gnomes font extremement difficiles » & peu de: chofes les itrire. On préparera donc pour le Parfum da Dimanche les. drogues faivantes ; fayoir la quatries me partie d’une once de Safran, au-- tant de: bois d’Alogs, autanr de, bois de Baume, autant de graine de Laus ier, gutanr de clouds de. Gérofle , aurant de. Mirthe , autant de. bo.) En- eens, un grain de Mufe , un rain @’Ambre gris ; il faur pulvérifer & mélanger. enfemble routes ces dro- gues , & vous en formerez de petits. grains avec un peu de gomme Adra- ant dans de l'eau rofe, & quand. us feront bien fees, vons vous em fervirez dans l’occafion , en les jet- tant trois a trois fur les. charbonsar- o 33 Les Secrets Parfum du Lundi, fous les aufpices Lune. : Ce Parfum doit étre formé des dro- gues fuivantes. Veus prendrez une ~ téce de grenouille verte, les prunel- les des yeux d'un Taureau blanc , de ka graine de pavor blanc , ‘de I’Encens le plus exquis , comme Storax , Ben- join ou Oliban, avec un peu:¢e Cane phre, pulvcrifez. coures. ces drogues: & les. mélez enfemble , puis vous en. formerez une pate avec da fang d’une jeune Oie ou d’une Tourterelle , & ' de cette pate vous formerez.de petits grains, pour vous en fetvir trois 4 trois quand. ils. ferons bien. fecs. Parfum pour le Mardi , fous les auf- : pices. de Mars. CE Parfum doit étre compofé d’Eu- forbe , de Bdellion , de Sel armoniac, de tacines.d’Ellebore ,de poudre de- pierre d’Aimant , & d'un peu de fleur de Souffre , vous pulvériferez le tout enfemble, 8 ferez une: pate avec dz fang de Chat noir & de la cervelle de : du Petit Albert, — 89. Corbeau , & de cette pare vous. en formerez ces grains pour vous en fers vir trois a trois dans tes occafions. Parfum du Mercredi fous les aufpices de Mercure, ~ i Cr Parfum doit étre compofé de graine de Fréne , de bois d’Aloés, de fon Storax , de Benjoin , de poudre d’ Azur , de bouts de plumes de‘Paon- Vous pulvériferez & incorporerez ces: drogues avec du fang d’Hirondelle & un peu de cervelle de Cerf, vous, | en ferez une pate, & de cette pate, | vous en formerez de petirs grains , our vous en fervir trois 4 trois dans Fes oceafions , quand ils feront fecs.. Parfum dw Vendredi fous les aufpices: - de Venus, CE Parfum doit étre dé Mule, Ambre gris, de bois d’Alots, de Rofes. feches » de Corail rouge : pul- vérifez toutes ces drogues , & les in- corporez enfemble avec du fang de Colombe ou de Tourterelle, & de la cervelle de deux ou trais Paffe- go Les Secrets . reaux, vousen ferez une pate, & de cette pate vous formerez de petits grains pour vous en fervir trois 3 trots dans les occafions , quand ils {eront bien fecs. _ Parfum du Samedi fous les aufpiges od de Saturnes — ae CE Parfum doit ge compofé dé graine de Pavot noir, de graine de Juffiane , de racine de Mandragore , de poudte d’Aimant & de bonne Mit- the. Vous pulvériferez bien routes ces dtogues , & les incorporerez en- femble avec du fang de Chauve-fou- ris & de la cervelle de Char noir, vous en ferez une’ pate , & de cette pate vous formerez de petits grains , pour vous en fervic trois 2 trois, dans les: occafions , quand ils feront bien fecs. . Nous avons dit, avant que de donner la maniere de fajre ces Pat- fums , que les Gnomes font , de tou tes les Créatures qui habitent les qua- tre Elémens , les plus ingénieufes @ faire du bien ou a nuire aux hom: du Petit Atbert. gt mes.,° fuivant les fujers’qu’on leur en donne ; celt pourquoi ceux qui travaillent aux minéraux’ ow 4 la re~ cherche des ‘Trefors , écant prevenus de cela, fone tout cé qu’ils peuvent fe les rendre agréables , & fe récautionnent autant qu’ils peuvent contre les effets de leur indignation ; & Vexpérience a fait connoitre plu- fieurs fois que la Vervaine & le Lau- rier font d’un bon ufage pour empé- cher que les Gnomes ne nuifent au- travail de ceux qui font occupés chercher fous terre les tréfors.. Voici de quelle maniere Jamblic & Arba- tel en parlent dans leurs Secrets ca- baliftiqnes. a i Loriqae par les indices naturels ou furnaturels , c’eft-2-dire, par la révé- lation faite en fonge , vous ferez bien _ affuré de Pendroit of il y aura un tré- for : vous ferez fur cet endrait le par- fum propre au jour auquel vous vou- . drez commencer 2 fouir la terre , uis vous planterea 4 main droite une Pranche e Laurier verd , & 2 main gauche une branche. de Vervaine , 6 9% renee LOS Secrets vous ferez Pouverture de [a terre en~ tre ces deux branches , & quand vous aurez fair un ereax de toute votre hauteur , vcus ferez de ces.deux bran; ches une couronne, que yous entou- rerez autour de votre chapeau ou bon- net; & au-deflus de certe couronne yous attacherez le Talifman dont je vais donner ici Je modele. Si on eft plufieurs, il faut que chacun ait une couronne de méme- ; a! On le peur faire fur une ué. Vétaim fit &e bien purifié au fue & heure de Jupiter; le théme du Cieb étant dans une heureufe fituation , on y formeta d’un cété la figure de la fortune comme elle eft ici repréfen- tée, & de l'autre cété ces paroles en os cafateres; OMOUZIN ALBOMATATOS. Et fil’on eft plufieurs jours 4 tra- vailler avane que.d'arriver 4.l’endroir — ott eft le teéfor , on renouvellera cha- que jour le parfum qui fera propre qu jour, comme nous l’avons expliqué ci-devant; ces précautions feront cau- fe que les Gnomes , Gardiens du wé- ‘ sabe AMOUZIN ALBOMATATOS re Google i + a du Petit Albert. 93 for , ne feront point nuifibles , & mé- me vous aideront :dans vos entrepri- fes ; c’eft une. preuve dont j’ai été ré~ moin oculaire avec un heureux fuccés dans le vienx Chaceaw'd’Orviéte. Jai parlé ci-devant des Indices na- turels par lefquels on peut faire la dé- couverte des tréfors , .& je m’expli- ue plus netcement. Paracelfe, dans n traité de la Philofophie occulte , ~ page 489, dit que pour avoir des in- dices certains des lieux ou il y a des tréfors & des richefles cachées, il. faut obferver les endroits ob durant lq nuit:des fpectres:ou fantémes ap- paroiffent:, ou quelqn’autre chofe extraordinaire qui épouvante les Paf- fans &-ceux qui habitent dans ces: - lieux , -8 particuliérement la. nuit du Vendredi an Samedi ,-fi l'on y’ voit des fenx volans, des tumultes. & deg fracas . ou quelqu’autre chofe femblable’;, on peut former ane cons jeGure raifonnable , qu'il: y a.:dans ces lieux quelque eréfor cache Mais l'homme prudent .n’en de- meutera pas-la : il faut fe.donner: de _@ 4 Les Secrets garde d’étte furpris par le rapp d'ausrai , 8 fur-touc de cerca gucufailles , ow petites feaielertal! qui fur des vidons chiatiques , ex- gagent les honnétes gens 2 des re, cherches inuriles. HH ne fawe donc sengager dans ces fortes de recher- ches que fur le rémoignage de gens qui ne foient point fufpects , c’eft-2- dite y.qui.aient dela probicé 8 qut foiens diun efpric, folide 5 Gx il fete encore plus fur: dexpérimenter foi-méme ces.fotves de vifions en fai fanc réfidence far bes-tieux. > . H ne faut pouctanripas ablolamen r: ceux gni:sus font cep fortes de rapports, mais ew examiner pra demerit hes.circonftances; eat je fuis témoin que fi on avait voulu croire | Philippe d’Ornato , Ghiturgien Ma jor dela petite garnifon da vidux Chi vreau! PUrvidre 7 piauroie népligt | Lencreprife que! For; poufla 2 bout - aveoun hetronx {accdss:cdt , comine il étoit grand pazleur. & affez perfua- Gif dans ce qu'il difoit, id rournoiren tidicwle. ce gas Ton: sapportoit dey du Petit Altere. “95 pparitions que piufieurs Domefti- es & Soldats avoient eu dans le eu ot le rréfor fut trouvé. ° Celui qui voudra s’appliquer 2 Ia ‘echerché dun tréfor prétendu ca- shé, doit examiner la qualité dulieu, © non-feulement par fa fituation pré« fence de cé lieu , mais par rapport 4 ce que les anciennes Hiftoires en di- fent; car on doit remarquer qu'il y a de deux fortes de tréfors cachés. La ptemtiere forte eft de Por & de l’are Bent qui a été formé dans les entrail- és de la terre par la vertu métallique des Aftres & du terrein ow ik eftcLa feconde forte eft de l’or & de Vargent monnoié ou mis en cuvtes d’orfé~ vrerie ; & quia éré dépofé en terre pout divertes raifons, comme de guierres , de peftes & autres ; & c'et ce que le chafte rechercheur de tréfors doit examiner en confidérant fi ces titconftancés conviennent au liew dont il eft queftien. Ces fortes de ttéfors d’or, d'argent monnoié, && de vaiffelle d'orfévrerie fe trouvent ordinairement dans les débris & ma= Les Secrets - fures des aficiennes maifons de qua liré & Chateaux, ou proche de vieil- Jes Eglifes ou Chapelles ruinées. Er les Gnomes ne prennent point pof- feffion de ces fortes de tréfors , i ce n’eft que volontairement ceux qui les dépofent & enfouiffent dans les lieux fouterrains, ne les y invitent que pac la vertu des Parfums & Talifmans faits a ce fujet, &'en cette conjonc- ture , il faut les en dépofféder par de plus forts: Parfums & Talifmans , comme nous avons dit} ceux que l’on forme.fous les aufpices de la Lune & de Saturne , 1a Lune entrant dans les fignes du Taureau , du Capricorne ou de fa Vierge font les plus efficaces. ” Il faut fur. rout que ceux qui font -vecupés 4 cette recherche ne s’épou- vanrent pas; car il ne manque pas d’arriver affez ordingirement que les Gnomes, Gardiens des tréfors , fafci- hent Pimagination des Travailleurs pat'des repréfentations & vifions hi- deufes , miais cé font des contes de borines gens du tems paflé, de dire quils étranglent ou tuent ceux qui = _ approchent au,Pein Albert. 97, apptochent.des tréfors, qui font en leur garde, & fi quelques-pns fone morts dans les cavités fouterraines en, faifant la recherche; cela eft pept-ttre arrivé ou par l'infertign de ces lieux , ou par l'imprudenge des Travaitleurs qui n’apputent pas folidemnent les en- droits qu’ils creufent quand ils font enfevelis fous les ruines. C’eft un ba- eas de dire qu'il faut garder un profond filence-en creufant : au-con- ‘traire c’eft le moyen de s'¢pouvanter lus facilement ‘par les:imaginations antaftiques ;.of peut dong. ans {oru- pule parler des chofes indifférentes ; ou meme chanter , pourvi qu’on ne dife rien de diflolu & d'impur’ qui puufle irriter les efprits. . Sien avangant le travail on entend plus de bruit-qu’auparavant , que l’on ne s’epouvante.pas , mais que l’on re- -double les parfums, & que quelqu’un de la Compagnie récite 4 haute voix V’Oraifon des Salamandres que j'ai donnée ci-devant , & ce feta le moien d’empécher que les efprits n’empor- tent plus loin le tréfor, fe ee ate - - N gS. Led-Seeres rentifs aux myftérieufes patoles que Fon récitera, &-pour lors on doit te- doubler vigoureufement le travail, je _ ne disrien qui n’ait éré¢prouvé en ma réfence avec fuccés; l¢ petic livre de Penchiridion eft bon dans tes’ occa- fions 4 caufe de fes myftérieufes Orai- fons. oe Il eft arrivé quelquefois que’ les Gnomes ont tranfmue les méraux pre- cieux'en‘des matieres' viles & abjec- tes , ‘8 ont trompé les ignoraris qut" n’écoiént pas informés de leurs fubti- Jités , mais le fage & prudent’ Fof- foieur , qui trouvera dans les entrail- Jes de la terre de ces fortes de matié- res, qui naturellement n’y doivent pas etre, les recueillera 8 1’éprou- vera au feu compof¢ de.bois de Lau- fier, dé Fougete & de Vetvaine ; I¢ charme fe diffipant par ce moien, les métaux retourneront en leur premie- re nature 3 un figne affez ordinaire de * ces tranfmutations fanraftiques , c’eft lorfque l'on trouve.ces matieres viles " & fordides-dans des vaiffeaux ou de tetre cuite , on de pierre taillée , ou du Petit Albert, 9 airain , & pour lors il ne faut pas les négliger, mais les. éprouver au fou comme je viensde dire... °° «.: - » Je finirai par cetre matiere avec le feeret que donne Cardan-pour con- noitre file rréfor eft dans le lieu ot Yon creufe ; il dit qu’il faut avoit une gtoffe chandelle compofée de fuif hu- main & qu'elle foit enclavée dans un morceau de bois de coudrier fair en la maniere qui eft repréfentée ‘dans la figure fuivante ; & fila chandelle , UI écant allumée dans le liew fouterrain, y fait beaucoup de bruit en pécillane avec éclat, c’elt une marque qu’ily a un tréfor en ce lieu, & plus on appto- chera du tréfor , plus la chandelle pé. tillera, & enfin elle séreindra quand 4), 100 . Les. Secrets on fera tout-a-faic proche; il faue avoir d'autres chandelles dans des lanternes, afin de ne: pas demeurer fans lamieres. Quand ona des raifons folides pour ctoire-que ce font des ef- prits des hommes déefunt qui gardent les tréfors sil eft bon d’avoit des cier- ges bénis au lieu de chandeiles com-. ‘Younes, & les conjurer.de la part de Dieu, de déclarer fi Yon peur faire _ quelque chofe pour les mettre en liew _de bon repos , & il ne-faudia jamais manquer d’exécuter ce quils auront . demandé. ' Tromperie de la Mandragore artificielle. 3 Ly ades Suborneurs du peuple qui, abufant de la crédulité-& fimplicité des bonnes gens, fe mertenten grand crédit pat des tours de foupleffe , qui en appatence ont quelque chofe de furnaturel : de ce genre eft la Man- ~ dragore artificielle avec laquelle ils contrefont les Oracles divins; com- me je paffois par Lille en Flandres, je fus invité par un de mes Amis a I’ac- du Petit Albért. 1o% compagne’ chez une vieille femme qui fe méloit de ce badinage & qui paffoir pour une grande Devinerefle , 8&8 je decouvris {a fourberie, qui ne pouvoit étre long-tems cachée qu’a . un peuple auffi groffier que font les Flamands. Cette Vieille nous condui- fit dans un petit Cabinet obfcur,éclai- ré feulement d’une lampe, ala lueur de Jaquelle on voioit fur une table couverte d'une nape, une efpece de petite ftatue ou poupée affife fur un trépied , giant le bras gauche étendu, tenant de la méme main gauche une petite cordelerte de foie fore déliée , au bout de laquelle pendoit une peti- re mouche de fer bien poli, & au def- fus.il y avoit un verre de fougere , en forte que la mouche pendoit dans le _verre environ la hauteur de deux doigts. Er le myftere- de la Vieille confiftoit 4 commander a la Mandra- gore de frapper la mouche contre le verre pour rendre témoignage de ce ue Pon vouloit {cavoir. La Vieille difoit , par exemple , je te commande, Mandragore 20 nom ij $02 Ees Secrets de celuid qui tu dois obéir, que f - Monfieur un Tel doit étre heureux dans le voiage qu'il va faire , tu faffes frapper trois fois la mouche contre le verre, & en-difant les dernieres paro- les , elle approchoit fa main a une pe- tite diftance, empoignant un petit baton qui foutenoit fa main élevée a. peu prés 4 la hauteur de la mouche ufpendue, qui ne manquoit point de frapper lestrois coups contre le. verre, quoique Ja’ Vieille: ne touchat en au- cune fagon a la ffatue, ni a la corde- Tette., ni dla mouche = ce qui éronnoit ceux qui ne favoient pas la minaude- rie dont elle ufoit. Et afin de duper les gens par la diverfité de fes Ora- cles, elle défendoit 4 la Mandragore de faire frapper la mouche contre le verre, fitelle ou telle chofe devoirou © ne devoit pas arriver ; par exemple ». je te défens , Mandragore , au nom de celui 4 qui-du dois obéir, que tu ne faffes point frapper la mouclie contre le verre, fi Monfeur un Tel doit mou- rir avant fafemme, & mettant la main en la méme pofture que j'aidic . du-PeitAdbert. 103 fa mouch2 ne frappoit point contre le verter 02 Se Voici en qaoi tonfiftoic rout larti- fice dela Vidille, dont je m’appsrtcus aprés l’avoir examing un pei, .ettenr tivement ; la mouche de fer qui croit fufpendwe dans le verre au-bouride le cordelerte de foie ¢rant fort legere & bien aimantée; quand Ia Vieille vour Joit qu'elle frappat contre le verre,elle _mettoit 4 un de fes doigts une bagues © dans laquelle éair enchaffé un affez gtos morceau d’excellent aimant , de maniere que la vertu. magnétique de ha pierre ;-mostoit.enx mouvement la mouche aimansée , 8 lui fifoit frap- pet autane’ de; coups -qu’¢lle vouldi contre le xexre 3:8 lorfqu’elle. vouloi ue la mouche.ne frappat plus ; elle Stoit de fon doigsla bague fans qu’on s’en appercut. Ceux qui crotent d'in- telligence avec elle 8 qui. lui tacti+ roieng des pratiques,-avoient foin dé s'informes_adroitement, des :affaires de ceux qu’ils luiamenoiciit, & ainft on étoit facilement dupée. _ ~ E iii. 104 + Les Secrets Sa te ita eee Wao Autre tromperit parla tite de. , ey LL Avidied de -gapner de Pargent eft une vraie tyrannie dans le coeur de Phomme, qui-le rend ingénieux juf- a la profanation deschofes faintes; Ye Pots arciety avor-bien raifon dé | fe plaindre’en bes terates. Muri facra famnes ,” gaid'non mortalia~ peitire | copis. 2. ee feet ate Je-dis cela 4 foccafion d’une autre fupercherie que j'ai vit pratiquer a ces | fortes de gene dont je viens de parler. _ Ils avoient difpoféune:tuble carréds parane de i¢ing -coldninés 5 une 2 chique ebin’ fx iifie- dats Ie milieu 5 celle du thiliew ceodunt gros tuiau de carton épais peint ‘eh‘bois, ta table étoit percée a loppéfite de ce ruiair; & un baflin de cuiveeaufli percé éroit amis:far le trrou-dela table, 8 dans 1é baflin ¢coat-unte.ererde S. Jean','-de Os catton ,“péinté en naturel’, qui eroit creufée,atant fa bouche ouvertes Y avoit un porte-voix qui paffoit'a travers le plancher de la chambre qui du Petit “Albert: ‘109 Eroit au-deffous du cabinet od tout cet attirail éroit dreflé’, & ce porte- voix-abouriffoit au col de cetre téte ; de maniere qu’une perfonne parlant par l’organe de ce porte-voix de la chambre d’en bas, fe faifoit entendre diftinctement dans le cabinet , par la bouche de S. Jean. Ainfi le prétendu Devin ou Devinereffe, affetant de’ faire quelque cérémonie fuperftitieu- fe pour infatuer ceux qui venoient ~ confulter cette téte, il la conjuroit au nom de S. Jean de répondre fur ce. ue l’on vouloit favoit & propofoit la difficulee d'une voix affez haute pour tre entendu de la chambre de def- fous pat la perfonne qui devoit faire la réponfe par le porte-voix , étant inf- : truita peu prés de ce quildevoitdire.. . _Subtilités naturelles qui ont quelque chofe qui donne de l’admiration. 'V Oici la manierede faire un cierge’ . Magique, au moien duquel celui qué le tiendra allumé paroitra fans téte. Vous prendrez la peau dont le Ser- pent seft SS aa » ¥ ¥10 Ees: Secrets de l'orpiment, de la poix grecque;, du reupontique:,. de la cire vierge &: du fang d’un ane; vous broierez: tou- tes ces chofes enfemble , & vous les-; mettrez bouillir 4 petit fen- durant trois ou quatre heures dans.un vieur. chaudron plein d’eau de marais; puis les laiffancrefroidir, vous {éparerez la. maffe de vos drogues d’avec lean, & vous en compoferez.un cierge dontle - lumignon fera de plufieurs: fils d’un: Pinceul of un Mort aura été enfeveli,, & quiconque allumera ce cierge en: fera éclairé &.paroitra fans tére.. Autre fur-le mime fujet.. SI vous voulez que tous ceux quis feront dans. une: chambre ‘paroiffent: en forme de grands: Eléphans-ou de: _ Chevaux ,. vous ferez un parfum en: cette maniere+ it faut broter de I’Al-- kekenge avee de la graifle de-Dau-- phin > & en former de petits grains ». le la-grofeur-de grains de citron 5. puis vous aurez-de la fiente:d’une va- che qui ne nourtiffé point de veau; . vous ferez, bien fécher cette fiente , en ( du Petit Albert. lak forte qu'on puiffe en faire du feu 5. vous aurez le diverriffemene que vous fouhaiterez , pourva que la chanibre foit fi bien clofe , que la fumée n’en ppuilfe fortir que par la porte. __,, Autre fur le méme fujet. P Our -faire paroitee une: chansbre pleine. de ferpens & dautres figures qui, donnent de la terreur, vou3-y allumerez une lampe qui foit garnie- de ce qui {uit : prenez dela graiffe: Wun. Serpent noir , avec la. derniere: 7 108 | Fes Sécvets | say quill aura quitréé , ‘Yous ferex: illig cette praiffe & cette peau avec de-lx-vervaine dans un chaudron ot tvous.auites mis deux pots d’éau de for- ge, &au- bout d’un quart dtheure- vous tirerez le. chaudron de deffus le feu , & vous coulerez cette compofi- zion dans un morceau delinceul qui _ ewiefervs dun Mort, vous laifferer Yeftoidir la ¢ompofition:, 8 vous Sterez avec une cuilliere la graiffe qui-fera congelée furl’eau 3 puis vous ferex un. lumignon avec des fils de linceul mortuaire , & alant mis dans le fond de la lampe la: peau: bouillie- du Serpent ,, vous-affuterez le lumi-. Bron av -gtaiffe » & quand la. ampe féra allumée ‘avéc de ’huile: d’ambre:, vous aurez un fpectacle hi- deux de'Serpens qui épouvanteront "ceux qui ne faurpnt pas le fecret de cette lampe, Autre au méme sujet. J’Ai éprotivé én Flandres leffer d’ie ne lampe pour délivrer de l’importan croaflement des Grenouilles , & pour _ au Petit Albert. 109 ‘Beurimpofer fubitement filence , c’é- toit dans lé Chateau du fieur Tillé- “mont , dont ‘les foflés. ¢roient ft rem- -plis. de ces ceiardés infectes , quel’on ‘avoit peine de repofer la nuit. Nous: ‘fimes. fordre de la cite: blanchie aw: Soleil avec de la'graiffe de Crocodil- ‘Tey qui eft a péu prés comme de Phui- -le de baleine, & je crois méme: que: ‘cette huile auroit le méme efferque la graifle de Crocodille ,- qui eft affez rare en ce pals ; nous gatnimes une- lampe de cette compofition:, avec un affez. gros lumignon,. & elle ne fut pas fi-rot-allumée & pofée fur te bord. du foff , ‘que les-grenouilles ceffererit leur croaflement..- - _ , De la Main dé gloire done fe fervent les-Scelerats Valeurs-, pour entrer , dans les maifons. de nuit: fans. em- péchement... ; : Pavone que’ je-n’ai jamais éprouvé" ‘Fe fecret de la- main de gloire , mats: jai-aflifté trois'fois aujugement déf- nitif de certains Scélérats qui confef- rent a: la.cortnre:s. sétre fervis dele v19, | Les Secreeg Main de" gtdite dans “lesvols“qrils * avoient faits ,.8& comme dansTinter= rogatoire, on leus demanda ce que: e’étoit , & comme ils Payoiens eue , & quel en éroit l'ufage;- ils repondi- rent premierement , que l’ufage de la. Main. de gloire. étoit de ftupéfier & _ rendre immobiles.ceux 4 qui on la. -préfencoit,. en forte quils ne pou- - voient.-nom plus. branler' que s‘ils étoient: morts ; fecondement que c’é-- toit 12. main ‘d'un Pendu ; troifieme- ment: qu'il falloic la. préparer en la. maniere.fuiyante : on prend la main droite ou.la gauche d'un -Pendu. ex- -pofé fur les grands chemins , on l’en- veloppe dans un’ morceau: de drap mortuaire , dans-lequel on la prefle bien pour lui faire rendre le peu. de. fang-qui pourroit étrerefté, puis on Ja mer dans un-vafe de terre avec du. zimat ,.du falpécre ,.du:fel &. du poi- — -vre long, le:tour bien pulvérifé; on Aa laiffe duranx v5; jours.dans ce pot 5. puis’ Fatant: tirée:,, om Fexpofe’ ax ‘grand: Soleil de la Canicule,, jafqu’d: @c quelle. foit.devenue: bien. féche-,, © la Main de Glotre sy —— dt: Petir Alberts ¥FE & file Soleil ne fuffic pas , on lamet: dans un four qui foic chauffé avec de: la fougere & de la vervaine ; puisl’on: compofe.une efpece de chandelle avec: dela graiffle de Pendw, de cire vier- e & du fifamede.Laponie , & lon: e fert de cette. Main de gloire com-. ‘me d’un chandelier pour y tenir-cette- handelle allumée-,. &.dans tous-les: lieux ott lon-va avec'ce funefte inf trument, ceux qui y:font-demeurene: immobiles; & fur ce qu'on leur de- manda s’il n’yavoit point de remede~ pour fe garantirde-ce preftige , ils di-- rent que:la Main de gloire devenoit: fans effet , & que les Voleurs ne pour-- roient s‘en fervir fi on frottoit le feuil: de la porte de.la-maifon ,.ou: les aus tres endroits par ow ils peuvent entrer: avec un onguent: compofé de fiel de: chat noir ,. de: graiffe ie poale blan-. che & du fang-de.chouetre, & quik falloit ‘que cette confection fit .faite- le.tems dela Canicule; - \ & 1 Sx2 ses Secrets ‘Autre pour rendre un homme ou fem- | me infenfible a la torture , en forte qu'on ne pourra rien tirer de leur confeffion. A\ Propos de ce que je viens de dire de la déclaration que les -Scélérats avoient fait érant cxpotes ala gtne: C' je rapporterai par le dérail de ce que Lm aa Steut Bamberge fameut Juge Criminel d’Oxfort. I m’a dit qu'il avoit affifté plufieurs fois au Ju- - gement criminel de certains Scelerats: . queon ne pouvoit prefque pas.con- vaincre que par leur dépofition , at- tendu que leurs: crimes ‘avoient été commis fi fecrétement & avec de tel- les précautions, qu’om ne leur pou- voit produire fuffifans. Témoins quoiqu’il yeit de fortes préfomprions contre eux , & que:ces- gens fe fioient “fi fore a des fecrets. qu’ils avoient , de fe tendre:infenfibles la gene, quills fe conftituoient volontairement pri- fonniers pour fe purger de-ces préten- tues préfomptions. Il y en a qui fe fervent de certaines paroles pronon- _ dit Perit Albert. Try ‘eées A-voix ball , & d’aurtes de petirs billers qu’ils cachenit en quelque par- tie de leur corps.’ Voici trois Vers 4qwils protioricent dans le tems qu'on tes applique ala gtiie. ts -) Imparibus meritis tria pendant cor +) pord ramis. -' a. ‘ Difmas & Geflas in. medio éft Divi- na PoteRas, iil. _< Difmas damnatur , Geflas ad aftra ' Levatur. ~. Voici @autres paroles qu’ils pto+ noncent lor{quils font aétuellement appliqué 4 la tortute: Comme le lait ade la bénoite'y glorieufe Vierge Marie @ été doux-& fouef ad Notre Seigneur Fefus-Chrift , ainft cette torture & core de foient douces & foueves a mes mem- bres. Le premier , que je reconnus fe fervir de ces fortes de charmes , nous -furprit par fa conftance qui étoit au- ‘defluside nature; car aprés la premiere iferce de la séne qu’on lai eutdonné , il parur dormir auffi cranquillement que s'il efit écé dans-un bon lit, fans ¥tg Les Secrees — fe lamenter , plaindre,, ni-crier » & |. quand, on eut continué la ferre deus | ow rrois fois, 1} demeura immobile | comme ne ftatue de marbre , ce qui nous fit foupgonner qu'il éroit muni- de quelqu’enchanremene , & pour en étre éclairci, on le fir dépouiller nud comme la main , & aprés wne exacte recherche , on ne trouya aurre chofe fur lui qu’un petie papier of: éroit lz figure de trois Rois, avec ces paroles fur le revers : Belle Etoile , gui as* délivré les Mages de la perfécution d@ Hérode , délivre-moi de tout tour- ment. Ce papier étoit fourré dans fo oreille gauch 3.OC 5 quoiqu’ors lui eit &té ce papier, il ne laiffa pas d’étre s ou au moins de paroitre infenfible aux toutmens , patceque lofqu’on lui appliquoir , il pronongoit a voix bafle entre fes dents certaines paroles qu'on - me pouvoit entendre diftin@emenc ; & comme il perfévéra ¢onftamment ; dans Ia négation ,.on fut obligé dele Fenvoiet en: prifon jufqwa_ce: qu’on eut quelques plus fortes preuves con- ate lui. On dit que Jon. peut faire a : N _ dt Petis Albert, 1¥g eeffer l’effet de ces paroles myftérieu- ffes en prononcatt quelques. verfets de l’Ecriture Sainte ow des Heures Canoniales ; comme font les fuivans, Mon caur a proferé chofe bonne, je dirai toutes mes adtions au Roi & lus déclarerai mes ceuvres. Le Seigneur ou- yrira mes lévres , & ma bouche annon- ecra véritée. Que la méchanc: té du Pé- cheur foit confondue , tu perdras , Sei- _ gneur, tous ceux qui difent le men- Jonge. Onguent par le moien duquel on pene s"expofer dans le feu fans éere brilé. ILy a plufieurs fiecles que la cou- tume éroit de recevoir les Criminels ‘A prouver leur innocence par l’expé- rience du feu; mais foit que Von ait eonfideré que cette maniere d’agir ne fit pas légitime » patceque c’éroit en quelque fagon renter Dieu fur l'inno- cence des perfonnes aceufées : foit auffi que l’on ait reconnu qu'il pou- ‘voit y avoir de la fraude dans ces: ‘épreuves , la coutume ena été enti¢- rement abolie. En effet on avoit trour y16 Les Secrets | vé, dés ce tems-la, le moien de fuf pendre l’adtiviré du feu, fuivant ce qu’en difent les anciens Hiftoriens, Et voici ce que j'ai recueilli de plus vraifemblable ; il faut faire un on- guent compofé de fuc bifmauve , de glaire d’cuf frais}, de ae d'une erbe que l’on appelle fpylion , ou herbe ae Pucee ay eee en | poudre du fyc de taifort , bien pi- er & métler rout cela enfemble , s’en frotter par tout le corps, fi on veut faire l’épreuve entiere , ou les mains feulement , fi Yon-ne veut éprouver ' ‘Te feu,qu’en cette partie , & Fon laif- feta, fécher cet oignement , & on s‘oindra de rechef jufqu’a trois fois, & enfuite on pourra hardiment fou- tenir l’épreuve du feu, fans crainte den étre endommagé. © j It qj Pour Peau ardente qui fere a un inf nité de grandes opdrations.. V 0us prendrez d’un puiffant vin vieux , fort en couleur & violent, & fur deux pintes vous mettrez en in- fufion un caillou de bonne chaux vive , du Petit Albert, 7 Au pois de demi livre ou environ ; warante ogces de foufire vif , autant e bon tartre de Montpellier, autanr de fel commun ; & ‘tout ‘cela érant pilé & mélé enfemble dans un bon alembic bien lurté, vous diftillerez 2 petit feu jufqu’a trois fois votte ean ardente , que vous conferverez pour votre ufage dans un bocal de verre forts quelques-uns fe contentent’ dé diftitler de la ferpentine infufée dang du vin & de la chaux Nive | Pour faire le terrible feu Grégeoiss . E feu eft fi violent , quil brile tour ce 2 ae il eft appliqué fans qu'il puiffe tre éteint:; ‘fi ce n’eft avec de f’'urine, du fort vinaigte , ow du fable. On le compofe avec du fouffre vif, du tartre, dela farcocole; de la picole , du fel comman recuit , du pentreole-& de l’huile commune ; on fait bien bouillir routes ces dro- pues enfemble , jufqu’a ce qu'il con- ume un morceau de toile qu’on jet~ _tera dedans; ille faut remuer avec une patule de fer, & ilne faut pag ‘ , & 118 - Les Secrets ” sexpofer 4 faire cette compofition dans une chambre, mais dans une cour ; car file feu y prenoit , on fe- _ goit bien embarraffé de l’éteindre. _ ') Pour avoir la Paix. J E quitte ces matieres violentes pour dire un mot de la Paix. J’ai 1a dans le. tras. curieux livre des Secrets du Roi. Jean d’Arragon, que fi- aucun dans le mois de’ Septembre , atant obfervé le tems nae Soleil eft en- tré au figne de la Vierge, a foin de cueillir ae la fleur de Souci, qui a été appellée par les Anciens , Epoufe du Soleil , & fi on lenveloppe de- eos des feuilles de Laurier avec une dent de loup , perfonne ne pourra pariet mal de celui qui les portera fur ui, & vivra dans une profonde pai & tranquillice avec tout le monde. Autre fur le mime fujet. On yoit dans un vieux Mémoire de l’Hiftoire de France fous le regne _ de Charles VIL, que ce Prince, érant _ sans une extréme confternation de du Petit Albcre. t19 woir fon Roiaume accablé de guerre, eut recours a un faint Hermite pour fe recommander a fes prieres, le {aint Homme lui donna une Image de Vés ‘ronique, comme on la voit ici repré- fentée , avec la fuivante Otaifon qu'il. avoit écrite fut le revets de l'Image , de fa main; affurant que s‘il la por- toit dévotement , & récitoit tous les jours la fufdite Oraifon, fes affaires fe rétabliroient de bien en mieux cé qui arriva effectivement fort peu dé cems apres , dune maniere que !’on peut dire miraculenfe, par le fervice que lui rendit 1a Pucelle d’Orléans. Et c'eft ce qui a donné occafion a la dévotion que plufieurs perfonnes ont de-porter cette Image & de récites cette Oraifon. : ("Pax Domini noftri Jefu-Chriftt fit Jemper mecum ; per virtutem Helia Prophete , cum poteftate & efficacia Faciei Domini noftri Salvatoris , & dilettiffime Matris ejus fanite Marie Virginis:: & per caput fantti Joannis Bapiifte , & per duodecim Apoftolos , & per quatuor Evangeliflas, & per. wee. bes Seorers” 2 y fanttos omnes, Martires Dei, Confeffores Virgines , Viduas Archangelos, An- gelos 5 & omnes, denique celeftes Hit» rarthas, AM, i ti :. Secréts de la Jarretier pour Les. Sb Korageurs ‘V0us cueillerez de P’herbe quel’on appelle armoife , dans le tems que le sefeil fait fon entrée aw premier de- 5G du, figne du Capricorne ;; v8us La aiffergz,un peu fécher a lonaibre ; & en:feréz des jarretieres.ayec la peau d'un jéune. Lievre’, celt ta dire ’ qu’aiant coupé la peau du Liévre en courrojes de la largeur de deux pon- ces , vous en ferez wn redouble, dans deguel vous coudrez ladité herbe , ¢ les porterez aux jambes : il n’y a point de cheval qui puiffe fuivre long-rems uri homme de pied , qui eft muni ee ces jatretieres. Si vous faites piffer fur vos jambes une jeune fille. Viet- ge avant, le Soleil levé, non-feuk- ment yous ferez foulagé de. la lafficu- de du jour précédent , mais auffi vous © ferez ce méme jour beaucoup plus de | ° chemin | we em S du Petit Albert. 12Y -ehemin qu’d yotre ordinaire , fans vous laffer. Obfervez le rems.que lz Lune fera en conjonction avec Mer- eure ,. & l’obfervarion fera -encore meilleure, fielle fe fait yn Mercredi du Printems , puis vous prendrez un amorceau.de.cuir de peau d’un jeune Eoup , dont vous ferez deux jarretie- tes’, fur lefquelles vous écrirez avec votre fang les paroles fuivantes. 4bu- maith cados ambulavit in fortitudine cibi illius ; & vous ferez étonné de la viteffe avec laquelle vous chemi- netez, étant muni de ces jarretieres 2 vos jambes. De peur que l’écriture rie s’efface , il fera bon de doubler la jarretiere d’un: padoue de fil blanc du été de lécriture. Ty a encore une manicre de faire la jarretiere que j'ai 1a dans un vieux Manufcrit de lettres gothiques , en-voici la recette. Vous aurez les chevewx d’un Larron pendu, defquels vous ferez des treffes , dont vous formerez -des jarretieres , que vous coudrez entre deux toiles , de: telle couleur'qu'il vous plaira; vous les atcacherez aux jambes de derriere F 22 Les Secrets © dun jeane Poulain , puis.en te for- gant de marcher:en reculant environ vingt pas, vous direz les paroles fui: wantes , ficut .ambulat Dominus Sa- baoth fuper pennas ventorum , ficut _ ambulabo fuper serram, & vous laif- Serez échapper le Poulain 8 le ferex coutir a perte dhaleine,.& vous yous fervirez avec plaifir de-ces jarretieres. " Secret du.Bdton du bon Voiageur. V Ous cueillerez le lendemain de la “Touffaints une forte branche de Su- yeau, dont vous ferez un baron que ‘yous approprieter a votre mode 5 yous le,creuferez en Stant la-mouelle qui eft dedans,, aptés avoir garni le bout .d’en-bas d'une virole de fer; vous mettrez au fond du baton les -deux yeux d’un jeune Loup, la langue &lecceur d’un Chien, trois Lézards — verts,troiscesursd’ Hirondelles, 8 que ‘rout céla foit féché au Soleil entre deux papiers, les aiant auparavant — foupoudrez de fine poudre de Salpe- tre , .8& vous mettrez par-deffus tout «ela dans le baton fept feuilles de du Petit Albert. 123 Vervaine , cueillies la veille de Saine Jean- Baptifte , avec une pierre de di- _verfes couleurs , que vous tronverez dans le nid de la Hupe , & vous bou- cherez le hauc du baton avec une pomme de bouis , ou rele autre ma- tiere que vous voudrez, & foiez -affuré que ce baton vous garantira des périls & incemmodités qui ne. farviennent que trop ordinairement -aux Voiageurs , foit de la part des ‘Brigands, des Bétes féroces, Chiens -enragés & Bétes venimeufes ; il vous procurera auffi la bienveillance de ceux chez qui vous logerez. Secret pour faire faire aun Cheval plus de chemin en une heure qu'un autre n'en pourra faire en huit heures. V Ous mélerez dans T’avoine da “Cheval une poignée de l’herbe appel- ‘Iée-Satirion , que vous hacherez bien ‘menue , vous oindrez le haut de fes quatre jambes en-deffous du ventre avec de la graifle de Cerf, & quand vous ferez monté deffus prét d partir y vous lui tournerez la técé i cété du ¥ 124. Les Secrets Soleil levant, & vous penchane fur * fon oreille gauche, vous prononcerez trois fois 4 voix baffe les paroles fui- vantes , & vous partirez auffitét. Ga/- pard , Melchior , Merchifard. Jajotte 4 ceci, que fivous{ufpendez au col du Cheval les groffes dents d'un Loup qui aura été tué en courant , le Che- val ne fera pas fatigué de fa courfe. ' Pour rendre doux un Cheval qui ef . Surieux, : “ION trouve de petites pierres ron- des & verdatres aux pieds du Mont Sénis , qui ont telle vertu, que fi vons en mettez une dans chaque oreille ‘an Cheval furieux , & que vous ferriez fes oreilles avec la main, le Cheval deviendra doux & traitable , en forte que non-feulement on le montera facilement, mais le Maré- chal le ferrera fans qu'il regimbe au- cunement. Le Taureau furieux & in- dompté fe peut apprivoifer, fi ont le lie a un figuier & qu’on Ini fafle pren: dre fa nourrirure durant quelque tems dous cet arbre: On en vient’ auf 4 dy Petit Albert. Irg Bout , ‘fi on lie avec de l’écorce de fureau , la jambe droite du Taureay au-deffous du genou. - Pour faire tomber un Cheval comme " -$'td dtoit mort. ‘V Ons aurez une: langue de ferpent que vous envelopperez de cire vier- ge» & vous la-mettrez dans l’oreille gauche d'un Cheval , il tombera par terrecomme sil éroit mort; & re ; que vous laurez dtée , il fe relévera plus gaillard qu'il n’étoitauparavant;. H ne faut pourtanr pas le laiffer long- tems , de peur que cela ne nuife.au- €heval.. a Pour fe rendre invifible par le moien @unannea. ° : ON rapporte du fameux Gigez , qu'il parvine au Tréne de la Lydie par le mofen d’un anneau magique , ul le rendantinvifible , lui donna la. haciicé de commetrre adultere avec da Reine & de tuer le Roi. Les fages Cabaliftes nous ont laiffé la méthode Je. fabriquer des meee qui aient: ij, m6 Les Secrets: pareillement la vertu de l’invifibilicé: Il faut entreprendre cette opération importante un four de Mercredi du. Princems fous les aufpices de Mercu- re, lorfque l’on connoitra que cette Planerte fera en conjonction avec une des autres Planettes favorables , com- me la Lune, Jupiter, Venus ou le Soleil, & aiant de bon Mercure fixé. & bien purifié , on-em formera-une- groffe bague qui puiffe entrer facile- ment dans le doigt du miliew de la main : on-y enchaffera dans le chaton. une petite pierre quel’on trouve dans. le nid de la. Hupe , & l’on gravera au-- tour de. la bague: les paroles. fuivan-. tes , Jefus paffane t par le. miliex: deux , t-s°en alloit t, puis aiant po- fé cette bague fur une plaque de Mer-. cure fixe, laquelle-fera faite en for= me de petite palette , on fera le Pare fum de-Mercure comme il eft: mar- gue ci-devant., & on expofera trois is.de fuite la bague fur la palette dans la.fumée du parfam., & l’aiant enveloppé dans. un morceau de taffe- tas de la couleur convenable ala Plag du Perit Alber. ‘vay’ siere’, on le portera dans le nid de la Flupe d’ot on a'tiré la pierre , ont la: laiffera darant neuf jours, & quand: on la tirera , on feraencore-le Parfum: comme la premiere fois ; puis on la- gardera: precieufement dans une pe- tice boete’ faire avec du mercure-fixé’ pour s’en fervir dans les occafions. La maniere de s’en fervir n’eft autre que: de mettre cette bague 4 fon doigt en: tournant la’ pierre en dehors de la . main’, & elle.a-la verti de tellement fafciner les:yeux des Affiftans, que Lon eft en leur préfence fans-étre vi. Et quand on veut étre vi, il faut tourner la pierre en-dedans de la main & fermer la mairi en forme de’ poing... Porphirius & Jamblic, Pierre - d:Abano & fon Maitre Aptippa’, fous tiennent qu’un anneau fabriqué en la: maniere dont’on voit ici la figure re- préfenté, ala méme vertu & proprié-- té. Il faut prendre des poiles qui font au-deflus de la réte de la furienfe hié- ne.,-onen fait de petites treffes ,avec lefquelles on fabtique l’anneau com- me on le yoit ici... 8 on le porte pas ij’ 428 reillement dans le nid dela Hupe du- rant neuf jours, & l’on fait les Par- fums comme il a été dit précédem- ment fous les aufpices de Mercure , ; ons’en fert de méme que de celui qui eft fait avec du Mercure » excepté qu’on Véte abfolumenr du doigt quand en ne veut pas étre invifible. Pour n’étre point trompe & fafcind par lAnneau d “inviftbilité, Comme il n’y-a point de poifon dans la nature qui ait fon antidote, la fage providence du Créateur aiant fait toutes chofes avec poids & mefu- te, ne permit point ae preftige guj du. Petit Albert; ray n’ait fon remede. Si l’on.veut donc fe. ptécautionner contre l’effer de l’an- nean cabaliftique de Mercure, on au- ra une bague compofée.en la maniere fuivante. On formera une anneau avec du plomb affiné & bien purgé en la fagon qu’on I’a expliqué a Pendroit ci-devant ot l’on a parlé des Talif= mans, des nombres myftérieux , des Planetes,, & dans le chaton de cette bague de plomb, on enchaffera un cil de jeune Bélette qui n’aura porté des Petits qu'une fois, & fur le con- tour de la bague , on gravera les pa- roles fuivantes,. apparuit Dominus. Simoni. La fabrique de cette bague fe: fera un jour de Samedi ,-lorfque lon: connoitra que Saturne fera en oppofi- tion avec Mercure; on fera trois fois: le Parfum:du Samedi , on enveloppe- a la bague dans un: motceau ‘de lin- ceul mortuaire , & on l’enterrera daris: un Cimettere , on le laiffera pendant: neuf jours, puis. J’aiant retiré, on: fera trois fois-le Parfum .de Saturne 5, clon s’en fervitas Ceux qui ont in-- sroncé.cet aoe ae eee Cans fuer LW 330° Les Secrets les principes de l’antipathie , qui’ fe trouve entre les matieres qui compo- fent ces deux anneaux , qui ont des effets fi oppofés ; en effet 1] n’y.a rien de plus antipathique 4 la hiéne , que da Bélerte : & Saturne eft prefque tou- jours rétrogradé a Mercure, ou quand ils fe rencontrent dans le domicile de quelques-uns. des Signes du Zodia- que , c’eft toujours un. afpegt funefte: & de mauvaife augure.. Pour faire d autres anneaux my fléri¢ux- fous les aufpices des fept Planettes qui attirent leurs influences & ceux. qui les portent., Onafa poféci-devanr que chaque- .Planere.a Ee meétail affecté & appro-