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Chapitre 1

Chapitre 1

NOTIONS

FONDAMENTALES

Sommaire

• L'électricité
• Les formes d'énergies
• Les unités et grandeurs SI
• Les préfixes SI
• Entraînement

Introduction
Le système international, conçu de façon rigoureusement scientifique a pour but que chaque grandeur
physique ne peut se définir que d’une seule manière à l’aide des unités de base.

Dans ce chapitre, nous présentons d’une part le système international d’unités, d’autre part la
production et le transport de l’énergie électrique.

1.1 L'électricité
L'électricité est une forme d'énergie.

Le tableau de la page suivante nous donne un aperçu des différentes formes d'énergies et des multiples
possibilités de transformer une énergie quelconque en une énergie électrique.

En Europe, les énergies hydraulique, nucléaire et chimique sont utilisées au niveau industriel.

Les autres énergies sont soit: expérimentales


impropres aux situations géographiques
impropres aux politiques énergétiques

Ces énergies sont parfois appelées RENOUVELABLES.

L'énergie électrostatique nous mènera, au début, à la découverte de l'électricité et nous permettra de


refaire le chemin des différents usages de l'électricité au cours des siècles.

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Chapitre 1

1.HYDRAULIQUE 2. NUCLEAIRE 3. CHIMIQUE 4. MARITIME 5. SOLAIRE 6. EOLIENNE 7. CINETIQUE 3'. CHIMIQUE 8. LUMINEUSE 9. ELECTRO-
STATIQUE

Energie
stockable Barrage Uranium Pétrole Marée Plomb-zinc
Charbon motrice Cd-nickel
etc.

Energie Rotation Cellule


Au fil de
non Soleil Vent d'un volant photo- Foudre
stockable l'eau
d'inertie voltaïque

Energie
calorifique Réacteur Chaudière Chaudière

Energie Turbine Turbine


mécanique Turbine à Turbine à Turbine Turbine à
PELTON
KAPLAN vapeur vapeur vapeur
FRANCIS

Mot.
Alter p
na o Alternateur Alternateur Alternateur Alternateur Alternateur Alternateur Alternateur
teur m
p
e

Energie
électrique
alternative

pompage

Convertisseur Convertisseur
Redresseur Onduleur Perturbations

Energie
électrique
continue

Tableau des énergies

1.2 Transport
Les réseaux électriques sont utilisés pour transporter l'énergie électrique de la centrale jusqu'à
l'utilisateur. Ils sont composés de lignes, de postes de transformateurs et de postes de couplages.

Vous êtes tous connectés à un réseau électrique appartenant soit à EDF pour la France, ou à un
fournisseur d'énergie (CVE, SEL, SICEL, SEIC, SIN, EEF) pour la Suisse.

Il est bien entendu que tous ces réseaux sont reliés entre eux et portent alors le nom de réseaux
interconnectés. Cette interconnexion touche toute l'Europe.

1.3 Existence de l’électricité


L'énergie électrique, appelée communément électricité, n'est en définitive qu'une énergie secondaire.
Seuls ses effets sont connus. Ils sont de forme:

1. calorifique (radiateur, chauffe-eau, four ménager, etc.)


2. lumineuse (tube fluorescent, télévision, foudre, etc.)
3. magnétique (moteur, téléphone, instrument de mesure, etc.)
4. chimique (pile, accumulateur, etc.)

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Chapitre 1

1.4 Unités et grandeurs SI

Lors de la résolution d'un problème en électrotechnique, nous devons suivre une méthode de travail
rigoureuse pour nous garantir un résultat correct. Pour cela il nous faut utiliser les formules correctes,
les unités correspondantes ainsi que les bonnes valeurs.

Une formule peut être simple ou compliquée, sa compréhension en sera facilitée par une bonne
connaissance des symboles utilisés.

Il existe deux types de symboles :

symbole de l'unité : Il représente l'unité utilisée dans le calcul. Il est écrit soit en majuscules, soit
en minuscules, suivant son origine.

Il se différencie du symbole de la grandeur car il est toujours entouré de crochets

symbole de la grandeur : Il représente la grandeur utilisée. Comme le symbole de l'unité, il est


écrit soit en majuscules, soit en minuscules.

Il n’est jamais entre crochets

s
Prenons comme exemple la formule de la vitesse constante v=
t v :

Elle n'est formée que de symboles de grandeur.


Si nous décomposons cette formule nous pouvons dire pour chaque composant :

v est le symbole de grandeur de la vitesse.

Son unité est le mètre par seconde et le symbole de celle-ci est [m ⋅ s-1]

s est le symbole de grandeur du déplacement

Son unité est le mètre et le symbole de celle-ci est [m]

t est le symbole de grandeur du temps

Son unité est la seconde et le symbole de celle-ci est [s]

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Chapitre 1

Les unités que nous utiliserons sont normalisées et portent le nom de UNITES SI, ce qui signifie
Système International.

Table de quelques symboles et unités SI

GRANDEURS Symboles Symboles UNITES


longueur l [m] mètre
masse m [kg] kilogramme
2
surface A [m ]
force de pesanteur
G [N] newton
poids
mètre par seconde carrée
accélération g [m/s2]
vitesse v [m⋅s-1] mètre par seconde
hauteur h [m] mètre
temps t [s] seconde
fréquence f [Hz] hertz
pression p [Pa] pascal
énergie, travail W [J] joule
puissance P [W] watt
rendement η ( êta ) grandeur sans unité
température θ ( thêta [°C] degrés Celsius
)
température absolue T [K] kelvin
quantité de chaleur Q [J] joule
joule par kilogramme et par
chaleur massique c [J⋅kg-1⋅K-1]
kelvin
intensité du courant I [A] ampère
résistance électrique R [Ω] ohm
conductance G [S] siemens
impédance Z [Ω] ohm
tension électrique U [V] volt
quantité d'électricité Q [C] coulomb
conductivité γ ( gamma [Ω ⋅ m]-1 ohm par mètre
)
résistivité ρ ( rhô ) [Ω ⋅ m] ohm mètre
capacité C [F] farad
inductance L [H] henry
flux magnétique Φ ( phi ) [Wb] weber
induction magnétique B [T] tesla
intensité lumineuse I [cd] candela
éclairement E [lx] lux
flux lumineux Φ ( phi ) [lm] lumen

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Chapitre 1

1.5 Préfixes SI

En technique, nous devons exprimer des mesures avec des unités physiques mal appropriées à notre
domaine, mais normalisées par le système international d'unité SI.

Par exemple, la tension U du réseau électrique peut être composée de plusieurs valeurs, 380000 [V],
125000 [V], ou 20000 [V] et la vitesse d'une moto est donnée en [km ⋅ m-1] , et non pas en [m ⋅ s-1].

Ces nombres sont très longs et ne sont pas représentatifs. Pour des commodités d'emplois, des
préfixes se placent devant l'unité, sans intervalle.

380000 [V] = 380 ⋅ 1000 [V]. Le préfixe qui correspond à 1000 est kilo. Nous pouvons donc écrire 380⋅
kilo [V]. Dans la règle, kilo est symbolisé par la lettre minuscule k.

380000 [V] = 380 [kV]

Afin de pouvoir bien différencier symbole de la grandeur et symbole de l'unité, dans le livre, tous les
symboles des unités sont entre des crochets,.

Tableau des préfixes

Préfixes Symboles Facteur multiplicateur de l’unité Notion scientifique


yotta Y 1 000 000 000 000 000 000 000 000 1024
zetta Z 1 000 000 000 000 000 000 000 1021
exa E 1 000 000 000 000 000 000 1018
peta P 1 000 000 000 000 000 1015
tera T 1 000 000 000 000 1012
giga G 1 000 000 000 109
6
mega M 1 000 000 10
3
kilo k 1 000 10
0
unité 1 10
-3
milli m 0,001 10
-6
micro µ 0,000 001 10
-9
nano n 0,000 000 001 10
-12
pico p 0,000 000 000 001 10
femto f 0,000 000 000 000 001 10-15
atto a 0,000 000 000 000 000 001 10-18
zepto z 0,000 000 000 000 000 000 001 10-21
yocto y 0,000 000 000 000 000 000 000 001 10-24

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Chapitre 1

1.6 Entraînement

1. Donner la définition de l'électricité.

2. Citer les différentes formes d'énergies.

3. Citer les énergies primaires.

4. Comment peut-on constater la présence d'électricité ?

5. Donner le nom de récepteur produisant un effet calorifique.

6. Donner le nom de récepteur produisant un effet chimique.

7. Donner le nom de récepteur produisant un effet lumineux.

8. Donner le nom de récepteur produisant un effet magnétique.

9. Comment distingue-t-on une unité d'une grandeur ?

10. Quelle est la progression utilisée dans la notation scientifique ?

11. Ecrire les valeurs suivantes en puissance de dix et en notation scientifique.

- Un courant de 0.0000593 [A] - Une tension de 15000 [V]

- Une résistance de 27000 [Ω] - Une puissance de 2650000 [W]

- Une fréquence de 32768 [Hz] - Un condensateur de 0.000000015 [F]

12. Ecrire les valeurs suivantes en remplaçant le préfixe par la puissance de dix.

- Une résistance de 3.3 [MΩ] - Une fréquence de 566 [THz]

- Une inductance de 2.8 [µH] - Une quantité d'électricité de 0.16 [aC]

- Un flux magnétique de 53 [mWb] - Une puissance électrique de 40 [GW]

13. Simplifier les valeurs suivantes en utilisant les préfixes.

- Un courant de 320000 [nA] - Une tension de 12.5 ⋅ 105 [mV]

- Une fréquence de 0.000471 [THz] - Une puissance de 48 ⋅ 10-6 [MW]

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Chapitre 2

Chapitre 2
PHYSIQUE

ELECTRIQUE

Sommaire
• L'atome
• Les particules élémentaires
• La conductibilité
• La résistivité
• Entraînement

Introduction
La physique décrit les phénomènes naturels observables dans tous les milieux, que ce soit mécanique,
nucléaire, thermique, cosmique, électriques, ou autre.

Des relations mathématiques permettent de quantifier les phénomènes électriques. Il est important
de ne pas perdre de vue que ces relations mathématiques ne sont que des « outils » qui découlent du
comportement de la matière, donc de l’atome.

L’objectif de ce chapitre est de proposer une approche pragmatique de la physique atomique.

2.1 Les atomes


Les physiciens du début du siècle ont montré que la matière est formée de petites entités appelées
atomes.
autour du noyau, le
NUAGE ELECTRONIQUE au centre, LE NOYAU

Fig. 2.1 L'atome.

Un atome est un ensemble de minuscules grains de matière , appelés particules élémentaires ou


particules fondamentales. Il y a :

les protons Ce sont les constituants du noyau d'où leur nom de


les neutrons nucléons.
Ils tournent autour du noyau et forment le nuage
les électrons
électronique.

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2.2 Particules élémentaires


Les particules se différencient les unes des autres par :
leur masse et leurs charges électriques
Dans le cas de l'électricité, seule leur charge électrique nous intéresse.

Particule symbole charge électrique


+
proton p +1
neutron n 0
électron e- -1

2.3 Le noyau de l'atome


Le noyau de l'atome est formé de : • protons charges électriques positives
• neutrons sans charges électriques (neutre)
Le noyau de l'atome est toujours positif

2.3.1 Nombre atomique Z

Définition : On appelle nombre atomique ou numéro atomique Z, le nombre de protons du noyau.

Les propriétés chimiques, physique et électrique d'un atome Exemples : Hydrogène 1 proton
sont liées au nombre de protons du noyau, qui détermine le Hélium 2 protons
nombre d'électrons du nuage électronique. Carbone 6 protons

2.3.2 Masse atomique A


Définition : On appelle masse atomique ou nombre de masse atomique A le nombre de protons et de
neutrons du noyau.

Remarque : le nombre de neutrons correspond à : A - Z


Exemples :

Numéro Masse Nombre Nombre Nombre


Eléments chimiques atomique atomique de protons de d'électron
Z A neutrons s
Hydrogène 1 1 1 0 1
Hélium 2 4 2 2 2
Carbone 6 12 6 6 6
Cuivre 29 64 29 35 29
Aluminium 13 27 13 14 13
Argent 47 108 47 61 47

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Chapitre 2

2.4 Nuage électronique


Le nuage électronique est formé d'électrons tournant à grande
vitesse autour du noyau selon des trajectoires très complexes.
Nous devons la représentation ci-dessous au physicien danois Niels K L M N O P Q

BOHR ( 1885 - 1962 ).

Les électrons sont répartis sur les couches selon les quantités
suivantes :

K 2 N 32 Fig. 2.2 Le nuage électronique.


L 8 O 50
M 18 P 72 Remarque : On ne connaît actuellement aucun atome assez gros
Q 98 pour que les couches O , P , Q soient remplies au
maximum.

Le nuage électronique est composé d'électrons donc sa charge électrique


est toujours négative.

2.4.1 Couches périphériques

Définition : C'est la couche la plus extrême d'un atome. Ses électrons sont appelés
ELECTRONS PERIPHERIQUES ou ELECTRONS DE VALENCE.

La couche périphérique d'un atome ne peut pas posséder plus de huit électrons.

Conducteurs : 1 à 3 électrons de valence


Les propriétés électriques dépendent des
Semi-conducteurs : 4 électrons de valence
électrons de la couche périphérique.
Isolants : 5 à 8 électrons de valence

conducteurs semi-conducteurs isolants

Fig. 2.3 Représentation des couches périphériques.

Les bons conducteurs ont leur dernière couche incomplète. Ils céderont facilement leurs électrons.

Les isolants ont leur dernière couche saturée ou presque saturée. Ils accepteront peu d'électrons.

Certains matériaux ont autant d'électrons à prendre qu'à donner pour avoir leurs couches saturées. Ces
matériaux portent le nom de semi-conducteurs. Ces matériaux sont des éléments dont la dernière
couche est formée de 4 électrons. Ils sont dits tétravalents. Le silicium et le germanium sont les
semi-conducteurs les plus utilisés.

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2.4.2 Electrons libres


L'atome possède, dans son état normal, autant de protons que d'électrons. Il est électriquement
neutre.

Les électrons, quelle que soit l'orbite sur laquelle ils se situent, sont attirés par les protons du noyau.
En effet, les électrons, de charge négative, sont attirés par les protons de charge positive. La force
d'attraction est fonction du nombre de protons ainsi que de la distance qui les sépare du noyau.

a) Plus le diamètre de l'orbite ( K , L , M , N , etc. ) sur laquelle circulent les électrons est grand,
plus les forces centripètes et d'attractions sont faibles.

b) Si le nombre d'électrons de valence est petit ( plus petit ou égal à 3), la force d'attraction
exercée par les protons sera relativement faible. Ces phénomènes expliquent qu'un électron de la
couche périphérique puisse être attiré par d'autres atomes. On pourra parler d'électron libre.

Définition : On appelle un électron libre, un électron qui n'est plus lié à un atome.

Il y a donc une circulation d'électrons ( circuit ou pas ) ou de charges négatives.

Remarque : A chaque couche électronique correspond un niveau d'énergie bien déterminé appelé bande
d'énergie.

La bande de conduction, dans laquelle se trouvent les électrons libres est située au-delà de la bande de
valence.

Orbites Niveaux Bandes


atomiques énergétiques d'énergies
Bande de
3ème niveau conduction
3ème orbite
Bande de
2ème niveau valence
2ème orbite
1er niveau 2ème bande
1ère orbite
bord du noyau 1ère bande
noyau

Fig. 2.4 Les bandes d'énergie.

2.5 Conductibilité

Définition : Propriété qu'ont les corps ou les milieux de transmettre plus ou moins facilement, d'un
point à un autre de leur masse, la chaleur ou l'électricité.

Les électrons libres, situés dans la bande de conduction, sont dits électrons de conduction.

Exemple : Le cuivre est un des meilleurs conducteurs de l'électricité et il est aussi le plus utilisé. Il
contient environ 86⋅1018 électrons libres par [mm3]. Le nickel et le tungstène contiennent
environ 100 fois moins d'électrons libres par [mm3].

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Chapitre 2

Dans la pratique, chaque matière va pouvoir être classée en fonction de sa facilité à donner des
électrons libres.

Cette propriété est nommée conductibilité électrique. Lorsqu'on la quantifie, on la nomme conductivité.

Pour symboliser cette grandeur, le système international SI a donné la lettre grecque γ (gamma).
Symbole de la grandeur : γ gamma
Pour abréger l'unité, le système SI a admis les symboles
suivants : Symbole de l'unité : [ Ω ⋅ m] −1

Par opposition, nous pouvons quantifier la matière selon sa Symbole de la grandeur :


retenue au passage des électrons libres. Cette propriété porte
le nom de résistivité. Symbole de l'unité : [ Ω ⋅ m]
Le tableau suivant indique le nombre d'électrons libres pour différentes matières. Voir également un
tableau périodique.

Matières Nombre d'électrons Conductivité Résistivité


et symboles chimiques sur la couche périphérique [ Ω ⋅ m] −1
[ Ω ⋅ m]
Cuivre Cu 1 5.71⋅107 1.75⋅10-8
Aluminium Al 3 3.60⋅107 2.78⋅10-8
Argent Ag 1 6.06⋅107 1.65⋅10-8

Les relations mathématiques entre la conductivité et la résistivité sont les suivantes :


1 1 1
conductivité = γ= ρ=
résistivité ρ γ

2.5.1 Usage pratique de la conductivité et de la résistivité


Dans la pratique, les unités de la conductivité
γ et de la résistivité ρ sont mal appropriées. Conductivité Résistivité
En effet, la dimension des fils de cuivre
utilisés sont d'un ordre de grandeur de
Symboles de grandeurs : γ gamma ρ rhô
quelques [mm2].
m é Ω ⋅ mm2 ù
Symboles d'unités : ê Ω ⋅ mm2 ú ê ú
Cela implique que certains formulaires êë m ú
techniques donnent les valeurs de la
conductivité et de la résistivité avec
d'autres unités. Les symboles de grandeurs γ
et ρ ne changeant pas.

Matières m Ω ⋅ mm2
Conductivité ê 2ú
Résistivité ê ú
et symboles chimiques ê Ω ⋅ mm ú ê m ú

Cuivre Cu 5.71⋅101 1.75⋅10-2


Aluminium Al 3.60⋅101 2.78⋅10-2

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2.6 Ion
Définition : On appelle ion, un atome ou un groupe d'atomes ayant perdu ou gagné un ou plusieurs
électrons. L'équilibre des charges n'est donc plus respecté et l'atome n'est plus neutre.
ION POSITIF ou CATION ION NEGATIF ou ANION
atome de Sodium Na atome de Chlore Cl
Z = 11 A = 23 Z = 17 A = 35

+
Na Na Cl Cl -
a perdu un électron a gagné un électron

Fig. 2.5 Cation et anion.

Le passage d'un atome à l'état de ion se nomme ionisation.

2.7 Déplacement des électrons


Un atome chargé négativement (ion négatif) a un excès d'électrons. Un atome chargé positivement (ion
positif) a un manque d'électrons.

Lorsque deux atomes, de charges opposées sont à une certaine distance l'un de l'autre, il y a un
phénomène d'attraction et un courant électrique circule.
+ +
Le courant électronique (sens de passage des électrons) va de -
- - +
+
-
l'atome négatif vers l'atome positif. - - + +
- -
- - + +
+
- - +
Au début de l'étude des phénomènes électriques, il fut convenu
-
- + + +
+
que le courant électrique circulait du + vers le - . Malgré la - - - + + +
-
découverte de la nature de l'électricité et du sens réel des -
-
électrons, le sens conventionnel du courant fut conservé. Il faut -
- - - - - -
donc bien prêter attention aux indications qui suivent.
Fig. 2.6 Le courant
circulation électrique.
des électrons

Sens de déplacement des électrons ou sens électronique : - vers le +

Sens conventionnel du courant + vers le -

2.8 Electronvolt
L'unité d'énergie couramment utilisée en physique des particules n'est pas le joule mais l'électronvolt
eV.

Définition : Un électron, charge d'électricité négative e=1.6⋅10-19 [C], possède une énergie cinétique Wc
de 1 eV quand, en supposant au préalable l'électron immobile dans un champ électrique, il a
parcouru, sous l'influence du champ, l'intervalle séparant 2 points dont la différence de
potentiel est de 1 volt.

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Dans la pratique, on peut dire que 1 eV correspond à l'énergie 1


Energie cinétique Wc = ⋅ m ⋅ v2
acquise par un électron accéléré par une différence de 2
potentiel électrique de 1 [V].
1 électronvolt = 1.6 ⋅10-19 joule

2.9 Vitesse de propagation


La vitesse de la lumière c , dans le vide, est la référence de comparaison des phénomènes physiques.

Nous admettrons après développement que : c = 2.997925 ⋅ 108 [m ⋅ s-1]

c = 300'000 [km ⋅ s-1] ou 3 ⋅ 108 [m ⋅ s-1]

La vitesse de la lumière est admise identique dans le vide et dans l'air.

2.10 Vitesse de l'électron


La vitesse de l'électron est plus faible que celle de la lumière. Elle est de quelques [mm⋅s-1] ou de
quelques milliers de [km⋅s-1] ceci en fonction du milieu dans lequel l'électron circule.
conducteur
- - - - - - - - - - - - - -

déplacement vitesse de propagation


de l'électron
dès qu'un électron entre dans le conducteur,
il en chasse un autre qui en sort.
Fig. 2.7 Déplacement et vitesse de l'électron.

2.11 Formes de dégagement d’énergie


Selon la représentation de Bohr, lorsqu'un électron quitte son orbite pour en rejoindre une autre, ou
qu'il y a un mouvement entre orbites, il y a un dégagement d'énergie.

Cette énergie se présente sous plusieurs formes :

1. Agitation des molécules provoquant un échauffement de la matière appelé énergie calorifique.


2. Un photon, particule se déplaçant à la vitesse de la lumière c (voir théorie d'Einstein), peut
céder de l'énergie à un électron. Si l'énergie acquise par l'électron et la direction dans
laquelle il se déplace lui permettent de changer d'orbite, cette orbite est instable et le retour
de l'électron à sa couche initiale donne un rayon lumineux.
3. Les électrons sont également animés d'une rotation sur eux-mêmes et sur leur orbite. Ce
phénomène s'appelle le spin de l'électron et il est responsable du magnétisme. Dans la plupart
des cas, les électrons sont groupés par paire. L'un tournant dans le sens trigonométrique
(inverse des aiguilles d'une montre) et l'autre tournant dans le sens horaire. La résultante de
ces rotations est nulle.
4. L'effet chimique est une transformation de l'atome. Nous l'étudierons plus tard par ses
applications pratiques.

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Chapitre 2

2.12 Documentaire

Niels BOHR

Physicien danois

Copenhague, 1885 - Copenhague, 1962

Prix Nobel de physique en 1922

A élaboré une théorie de la structure de l'atome intégrant le modèle planétaire de lord Ernest
Rutherford (1871-1937) et le quantum d'action de Max Planck (1858-1947).

A établi le "principe de complémentarité" où un objet quantique peut être décrit, selon les conditions
expérimentales, soit en termes d'ondes, soit en termes de particules.
(Sources : Université Laval, Québec, Canada)

Albert EINSTEIN

Physicien allemand, naturalisé suisse puis américain.

Ulm, 1879 - Pronceton 1955

Prix Nobel de physique en 1921

Créateur de la théorie de la relativité. Il y développe l'idée de l'équivalence entre la masse et l'énergie,


d'où la relation : E = m ⋅ c2 .

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Chapitre 2

2.13 Entraînement
Quelques questions pour résumer la situation :

1. Qu'est-ce qu'un atome ?

2. De quoi se compose un atome ?

3. Qu'est-ce qu'une orbite ?

4. Quel est le nombre de protons d'un atome de zinc ?

5. Enoncer la relation entre la masse atomique et le numéro atomique.

6. Citer le nom des bandes d'énergies.

7. Citer une application de l'argon

8. Pourquoi les électrons périphériques sont-ils les seuls à pouvoir quitter leur orbite ?

9. Comment s'appelle le savant qui a élaboré la théorie de la relativité ?

10. Qu'est-ce que la conductibilité ?

11. Donner le symbole de la grandeur et le symbole de l'unité de la conductivité

12. Qu'est-ce que la résistivité ?

13. Donner le symbole de la grandeur et le symbole de l'unité de la résistivité.

14. Quelle est la relation mathématique entre la conductivité et la résistivité ?

15. Quelle est la touche de votre machine à calculer qui vous permet d'effectuer la conversion entre
γ et ρ ?

16. Donner le nom et la particularité de deux matériaux semi-conducteurs

17. Pourquoi les électrons qui se trouvent sur l'orbite la plus éloignée du noyau s'appellent électrons
libres ?

18. Donner la charge électrique de tous les composants d'un atome.

19. Qu'est-ce qu'un ion ?

20. Le plomb a une résistivité de 22⋅10-8 [Ω⋅m] . Calculer sa conductivité.

21. Rechercher la valeur de la résistivité du platine et l'exprimer sous toutes ses formes.

22. Quel est le meilleur conducteur de l'électricité, et pourquoi ?

23. Quelle sera la conséquence du remplacement d'un conducteur de cuivre par un conducteur
d'aluminium ?

24. Citer le nom de quatre isolants utilisés couramment en électricité.

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Chapitre 3

Chapitre 3
ELECTRICITE
STATIQUE

Sommaire
• Loi des charges
• Charge électrostatique
• Le champ électrique
• Potentiel et différence de potentiel
• Déplacement de charges

Introduction
Dès l'Antiquité, les hommes ont constaté des phénomènes d'électricité statique. Certains corps ont la
propriété de s'électriser par frottement. Ce phénomène est lié à un transfert d'électrons par décharge
(arc).

Dans ce chapitre, nous allons présenter de manière démonstrative les grandeurs essentielles de
l’électrostatique. Pour ceux qui désirent de plus amples informations, il existe une abondante
littérature.

3.1 Loi des charges

L'existence de 2 types de charges différentes


constitue une différence de niveau d'énergie. Ces
charges peuvent être qualifiées de positives ou
négatives.

Nous constatons que:

Les corps porteurs de Les corps porteurs de


+ +
charges de même nom se charges de noms
charge repoussent opposés s'attirent charge
+ -

Une expérience de laboratoire peut démontrer les effets que nous venons de décrire. La petite
boule suspendue sera soit repoussée par une pièce chargée positivement, ou attirée par une autre
pièce chargée négativement.

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Chapitre 3

3.2 Charge électrostatique Q

La charge électrostatique est une quantité d'électricité statique.


Symbole de la grandeur : Q
(à disposition)
Symbole de l'unité : [C] coulomb
La notion de charge étant liée à celle de l'électron, nous pouvons
quantifier cette charge électrostatique Q.

Q = n ⋅ e-

n représente le nombre d'électrons dans une charge

e- représente la charge électrique élémentaire e- = 1.602 ⋅ 10-19 [C]

Le résultat de ces charges électrostatiques a pour effet de Symbole de la grandeur : F


démontrer la présence de forces électrostatiques F .
Symbole de l'unité : [N] newton
Comment se représenter la force électrostatique F ?
peigne

peigne

Lorsque vous vous peignez, vos cheveux Vous avez aussi constaté que tous les
se font attirer par le peigne et se cheveux ne subissent pas les mêmes
dressent. Il y donc bien des forces qui forces électrostatiques.
soulèvent vos cheveux.
Plus vous vous trouvez éloigné du peigne,
Nous constatons aussi que nous plus les forces sont faibles. Non seulement
n'attirons pas de la même manière les la distance est importante, mais également
cheveux du sommet de la tête, que ceux l'angle d'inclinaison du peigne.
proches des oreilles, d'où une notion de
distance.

Pour mieux comprendre les phénomènes électriques, nous les étudierons comme s'il n'y existait qu'une
force F représentative de toutes les forces électrostatiques.

Cette unique force F est notée au moyen d'une flèche sur son symbole de grandeur.

Cette remarque restera valable pour les autres phénomènes étudiés plus en avant dans le cours.

2
Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000
Chapitre 3

3.3 Champ électrique E

Le champ électrique E caractérise l'influence de la charge + +


électrostatique Q sur un plan soumis à une force
électrostatique F.
- -
Le champ électrique est défini par la relation suivante :

Symbole de la grandeur : E
F
E=
Q Symbole de l'unité : [V⋅m-1]

L'exemple précédent montre qu'il existe une influence électrique entre le peigne et les cheveux. C'est
la preuve qu'il règne un certain champ électrique E.

3.4 Potentiel V

Dans le vide ou dans l'air, le champ électrique E


créé par une charge Q présente un potentiel
électrique V

Le potentiel V exprime la quantité de charges Q à


disposition par rapport à une référence.

Symbole de la grandeur : V

Référence Symbole de l'unité : [V] volt

Pour illustrer cette notion de potentiel, comparons-la à une différence d'altitude des nuages. Cette
différence est exprimée par rapport à une référence qui est le niveau de la mer à 0 [m].

3.5 Différence de potentiel

La différence de potentiel est définie comme la présence d'un


A + - B
champ électrique E entre 2 points A et B. Les charges + -
électrostatiques peuvent se déplacer de façon aléatoire en + -
fonction du type de diélectrique (isolant). + -

Plus la quantité de charges sera importante, plus la différence de potentiel électrique sera grande.

Rappel : Une charge positive est représentée par des atomes en manque d'électrons.
Une charge négative est représentée par des atomes avec un excès d'électrons.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 3


Chapitre 3

3.6 Déplacement des charges


A + - B
Le déplacement des charges Q peut se faire sur une + -
trajectoire AB de manière constante dans le temps et ne + -
passant pas sous la référence. + -
charges

Référence

Ce déplacement de charges Q est engendré par un


potentiel électrique V appelé :
POTENTIEL CONTINU

Potentiel continu positif


(au dessus de la référence)
Dans la pratique, on le repère par le symbole suivant :
Potentiel continu négatif
(au dessous de la référence)

CC (Courant Continu en français) ou DC (pour Direct


Current en anglais)

Le déplacement des charges peut se faire de manière différente. Elle peut prendre une forme
SINUSOIDALE, TRIANGULAIRE, ou quelconque.

Cette trajectoire est une fois au dessus de la référence et ensuite en dessous de la référence.

Ce déplacement de charges Q est engendré par un


potentiel électrique V se variant par rapport à la
référence et appelé :

POTENTIEL SINUSOIDAL ALTERNATIF


Potentiel alternatif. Alternativement sur et sous la
référence.

Dans la pratique, on le repère par le symbole suivant :

CA (Courant Alternatif en français) AC (pour Alternative Current en anglais)

4
Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000
Chapitre 3

3.7 Documentaire
Charles de Coulomb

(1736-1806), physicien français.

En 1777 il publie un livre intitulé " La meilleure manière de fabriquer


des aiguilles aimantées ".

Il établit les lois expérimentales et théoriques du magnétisme vers


1779, et de l'électrostatique (1785). Il a notamment introduit les
notions de moment magnétique et de polarisation.

Sir Isaac Newton


(1642 - 1727) physicien, mathématicien et astronome anglais.

On lui doit entre autre : la décomposition de la lumière blanche à l'aide


d'un prisme (1666); la construction du premier télescope (1671); la théorie
de l'attraction universelle (1687); le calcul intégral (1687) en même temps
que Leibniz.

Il déclara à la fin de sa vie : " Je me suis comporté comme un enfant jouant sur le bord de la mer et qui
s'est amusé à chercher de temps en temps un caillou plus poli et un coquillage plus joli qu'à l'ordinaire,
tandis que le grand océan de la vérité s'exposait à moi entièrement inconnu. "

3.8 Entraînement

1. Calculer le nombre d'électrons constituant une charge électrostatique de 100 [C]

2. Citer trois exemples d'électricité statique que l'on rencontre dans la vie courante.

3. Expliquer de façon simple le phénomène de la foudre.

4. Calculer le champ électrique E d'une force F de 10 [N] influencée par une charge électrostatique
de 500 [C] perpendiculaire. (Réponse : 20⋅10-3 [V/m])

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Lois électriques

Chapitre 4
LOIS

ELECTRIQUES

Sommaire
• La tension électrique
• Le courant électrique
• Mesures du courant et de la tension
• Relation entre la tension U et le courant I
• La loi d'Ohm
• Propriété de la résistance électrique
• L'influence de la température sur la résistance
• Le fonctionnement de l'ohmmètre
• La densité de courant

Introduction
Dès l'Antiquité, les hommes ont constaté des phénomènes d'électricité statique. Certains corps ont la
propriété de s'électriser par frottement.

Ce phénomène est lié à un transfert d'électrons par décharge (arc).

Dans ce chapitre, nous allons présenter de manière démonstrative les grandeurs essentielles de
l’électrostatique.

Pour ceux qui désirent de plus amples informations, il existe une abondante littérature.

4.1 Tension électrique U


La tension électrique U représente la différence de potentiel entre le point A et le point B

La relation mathématique est la suivante : UAB = VA - VB

Symbole de la grandeur : U

Symbole de l'unité : [V] volt

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Lois électriques

Reprenons l'exemple des nuages pour nous représenter les tensions U .

Données : nuage A a un potentiel de 1000 [V]


nuage B a un potentiel de 500 [V]
nuage C a un potentiel de -700 [V]

1000 [V] 500 [V]

- 700 [V]

Référence

Les nuages A et B présentent un potentiel positif par rapport à la référence, alors que le nuage C
présente un potentiel négatif.

Il s'agit ici d'un cas pratique lors de la foudre.

Nous allons calculer les tensions électriques (différences de potentiels) présentes entre les nuages.
Les valeurs de la donnée ne nous indiquent que des potentiels par rapport à une référence. Il est
aussi utile de pouvoir calculer les potentiels entre-eux, c'est-à-dire la tension électrique présente
entre les nuages.

B 500 [V]

1000 [V] A
C - 700 [V]

niveau de
référence

Résolution mathématique :

UBA = VB - VA = 500 - 1000 = - 500 [V] polarité négative

UBC = VB - VC = 500 - ( - 700 ) = 1200 [V] polarité positive

UCB = VC - VB = - 700 - 500 = - 1200 [V] polarité négative

Afin de faciliter la compréhension des calculs ci-dessus, nous allons procéder par analogie avec des
situations de la vie courante, où une différence de xxx ( altitude, température, etc. ) est mise en
jeu.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 2


Lois électriques

Dans la suite, nous allons prendre l'altitude comme objet d'étude.

Soit par exemple les lieux géographiques suivants, ainsi que leur altitude :

A : la ville de Lausanne ( bord du lac ) 375 [m]

B : le sommet du Mont Everest : 8848 [m]

C : le niveau de la Mer Morte : - 390 [m]

De manière intuitive nous pouvons dire que la différence d'altitude entre :

Mont Everest et Lausanne est de 8473 [m]

Mont Everest et la Mer Morte est de 9328 [m]

Lausanne et la Mer Morte est de 765 [m]

Les résultats ci-dessus impliquent que nous sachions au départ que le Mont Everest est à une
altitude supérieure de celle de Lausanne, qui est elle-même à une altitude supérieure à celle de la
Mer Morte.

Nous savons aussi que l'altitude de référence 0 [m] est le niveau des océans.

Par contre, si nous désirons une formulation mathématique de cet exercice, il sera nécessaire de
nous doter d'une méthode de travail.

Méthodologie :

Méthode Dans l'exemple

a) fixer le sens et la direction de


l'altitude.
la grandeur considérée

b) poser la référence le niveau des océans


c) poser les valeurs connues les trois altitudes

8848 [m] Everest A


375 [m] Lausanne B
0 [m] référence
-390 [m] Mer Morte C

d) flécher la différence de xxx la différence d'altitude entre


recherchée l'Everest et Lausanne

8848 [m] Everest A


375 [m] Lausanne B

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Lois électriques

Méthode Dans l'exemple


e) ∆h ( Everest - Lausanne ) =

poser l'équation de la hEverest - hLausanne


différence
de ........ ∆hAB = hB - hA

une différence est symbolisée


∆hAB = 8848 - 375 = 8473
par la lettre grecque ∆ (
delta ) [m]

Remarque : Le nombre est positif, ce qui signifie que l'altitude de l'Everest est plus élevée de 8473
[m], par rapport à l'altitude de Lausanne.

Exemple 1

Calculer la différence d'altitude entre la Mer Morte et Lausanne ∆hCA .

∆h Mer Morte - Lausanne , flécher dans le sens Mer Morte - Lausanne.

A
375 [m] Lausanne

0 [m]

-390 [m] Mer Morte C

∆h = ...........
Mer Morte - Lausanne
∆h(Mer Morte - Lausanne) = hMer Morte - hLausanne

∆hCA = hC - hA altitude considérée altitude de

∆hCA = - 390 - 375 = - 765 [m] par rapport à

Remarque : Le nombre est négatif, ce qui signifie que l'altitude de la Mer Morte est moins élevée de
765 [m] par rapport à l'altitude de Lausanne.

Exemple 2 :
∆h(Everest - Mer Morte) = hEverest - hMer Morte

Calculer la différence d'altitude entre le ∆Hbc = hB - hC


sommet de l'Everest et la Mer Morte.
∆hBC = 8848 - ( - 390 ) = 9238 [m]

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Lois électriques

Exemple 3 :

Calculer l'altitude du sommet de l'Aconcagua si celui-ci se trouve 1889 [m] plus bas que le sommet de
l'Everest.

Remarque : Les mots plus bas signifient qu'il faut munir la différence d'altitude d'un signe négatif
∆h = - 1889 [m].

∆h(Aconcagua - Everest) = hAconcague - hEverest

∆hEB = hE - hB

hE = ∆hEB + hB = - 1889 + 8848 = 6959 [m]

4.2 Mesure de la tension U


Dans les applications électriques, nous cherchons à quantifier cette tension UAB en la mesurant.
Cette mesure est effectuée avec un instrument qui porte le nom de VOLTMETRE.

Dans les schémas, le voltmètre se symbolise comme ceci : V

Application pratique du voltmètre :


V
Au moyen d'un voltmètre, il est possible de mesurer la tension électrique
présente entre le conducteur polaire et le neutre des prises électriques. En
Europe, cette tension vaut 230 [V].

Attention ! : lorsque vous utilisez un voltmètre, vous devez toujours vous poser les questions
suivantes :

1. Réfléchir aux gestes que vous allez entreprendre.

2. Quel est le genre de tension U que je mesure ?

3. Choisir la valeur la plus grande de l'échelle du voltmètre.

4. Interpréter la mesure

IL Y A DANGER DE MORT SI VOUS NE PRENEZ PAS DE PRECAUTIONS

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Lois électriques

4.3 Courant électrique I


Le courant électrique I est le débit de charges électriques Q Symbole de la grandeur : I
s'écoulant dans un conducteur.
Symbole de l'unité : [A] ampère

La relation mathématique est la suivante : Q


I=
t
L'analyse dimensionnelle de la relation est la suivante :

Q=I⋅t [C] = [A] ⋅ [s] [C] = [As]

Pour qu'un courant électrique I circule dans un conducteur, il doit obligatoirement exister une
différence de potentiel V entre les extrémités du conducteur. Il faut également que le circuit soit
fermé par une charge. Cette charge peur prendre plusieurs formes, lampes, corps de chauffe,
moteurs, etc.

4.4 Mesure du courant I


Dans les applications électriques, nous cherchons à quantifier ce courant I.
Cette mesure est effectuée avec un instrument qui porte le nom d'AMPEREMETRE

Dans les schémas, l'ampèremètre se symbolise comme ceci : A


Application pratique de l'ampèremètre :

L
A
Dans ce circuit, l'ampèremètre mesure le courant électrique qui
lampe circule dans la lampe.

Attention ! : lorsque vous utilisez un ampèremètre, vous devez toujours vous poser les questions
suivantes :

1. Réfléchir aux gestes que vous allez entreprendre.

2. Quel est le genre de courant I que je mesure ?

3. Choisir la valeur la plus grande de l'échelle de l'ampèremètre.

4. Interpréter la mesure

IL Y A DANGER DE MORT SI VOUS NE PRENEZ PAS DE PRECAUTIONS

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Lois électriques

4.5 Relation entre la tension U et le courant I


Nous remarquons que pour obtenir un courant I, 2 conditions sont nécessaires :

1. Avoir une tension U provenant d'une source quelconque.

2. Avoir un circuit électrique fermé, soit constitué d'un fil conducteur et d'un
récepteur.
fil conducteur

Schéma correspondant aux deux conditions : prise électrique


tension U
récepteur
électrique

fil conducteur

l'ampèremètre,
placé en série
A
Pour mesurer la tension U, nous placerons un
voltmètre en PARALLELE par rapport à la source et
le voltmètre,
V
placé en parallèle
au récepteur, pour déterminer la différence de
potentiels qui existe entre les deux conducteurs.

Pour mesurer le courant I, nous placerons un ampèremètre en SERIE dans le circuit pour mesurer le
passage des charges électriques dans le fil conducteur. Pour que notre mesure puisse être réalisée,
nous devrons interrompre le fil conducteur pour y placer l'ampèremètre.

4.6 Relation mathématique entre la tension U et le courant I


A partir des valeurs mesurées, nous pouvons établir un rapport entre le voltmètre et l'ampèremètre.

Ce rapport est obtenu de la manière suivante :


tension U
opposition faite au passage du courant R =
courant I

Exemple de mesure de courant et de tension. : A


A
Au laboratoire, nous réalisons un montage composé
d'une source de tension (le réseau 230 [V]) de V R1 R2
deux résistances de charge (1[kΩ] et 10 [kΩ]), et
de trois instruments de mesure.

Tableau de mesure :
U [V] I [A] rapport
résistance 1 0 0 ∞
résistance 2 0 0 ∞
résistance 1 230 0.23 1000
résistance 2 230 0.023 10000

constatations : le courant n'est pas identique dans les deux mesures.


La tension reste fixe et ne varie pas.

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Lois électriques

4.7 Représentation graphique


En plus du tableau de mesure, nous pouvons également établir une représentation graphique de nos
résultats.

Un graphique est constitué d'un axe horizontal possédant une origine et une graduation (axe X), et
d'un axe vertical à la même origine mais décalé de 90° (axe Y). L'axe vertical représente le courant
I et l'axe horizontal la tension U. Ce tracé porte le nom de I = f(U).

I
[mA] résistance 1
résistance 2
Dans ce tracé, nous avons relié l'origine
20
aux mesures que nous avons effectuées.
Tous les points de cette droite
10 représentent toutes les possibilités de
fonctionnement du circuit.
U
[V]
50 100 150 200 250

4.8 RESISTANCE R
La résistance électrique R est l'opposition faite au passage du courant électrique I dans un circuit
électrique fermé et soumis à une tension électrique continue U.

La relation mathématique est la suivante : Symbole de la grandeur : R

Symbole de l'unité : [Ω]


U
R=
I

Le symbole graphique de la résistance est:

Exemple : Une lampe est alimentée par une tension de 48 [V]. Dessinez le schéma de ce circuit
avec les appareils de mesures. Calculez la résistance électrique R de la lampe.

I
A
données : U = 48 [V]
R I = 24 [mA]
U V

inconnue : R=?

= 2000 [ Ω ] 2 [ kΩ ]
U 48
Application numérique : R= =
I 24 ⋅ 10 −3

La résistance a une valeur de 2000 [Ω]. Il est plus aisé d'écrire sa valeur en utilisant la notation
scientifique : 2 [kΩ].

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Lois électriques

4.9 Loi d'ohm


La relation vue précédemment s'appelle la loi d'Ohm .

Dans ce cas, elle nous permet de calculer les tensions U à appliquer au montage, en connaissant la
résistance R et le courant I.

Exemple: Un radiateur électrique purement résistif possède une résistance de 23 [Ω]. Le fusible
protégeant les conducteurs est calibré à 10 [A].

Calculez la tension U du montage, et dessinez le schéma du circuit avec les appareils de mesures.

F
A
I données : R = 23 [Ω]
10 [A] I = 10 [A]
R
U
inconnue : U=?
V
23 [Ω=]

Application numérique : U = R ⋅ I = 23 ⋅ 10 = 230 [V]

4.10 CONDUCTANCE G
La conductance G est la facilité qu'a un circuit électrique de laisser passer le courant I lorsqu'une
tension continue U est appliquée.

Symbole de la grandeur : G
La relation mathématique est la suivante : Symbole de l'unité : [S]

1
G=
R

4.11 MESURE DE LA RESISTANCE R


Dans la pratique, il existe un appareil de mesure appelé ohmmètre .

Cet appareil possède une pile (source de tension U continue) et un ampèremètre, dont l'échelle est
graduée en ohm. Sa manipulation demande une attention particulière.

Le symbole graphique de l'ohmmètre est le suivant: Ω

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 9


Lois électriques

4.12 PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE L'OHMMETRE


L'ohmmètre est un appareil de mesure, constitué d'un générateur de tension électrique U (pile),
indépendant du réseau électrique. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire d'interrompre aux
moyens des fusibles ou des disjoncteurs, la tension électrique U du réseau.
Comme la tension électrique U d'une pile est de nature continue, il y a un conflit avec la tension
électrique U du réseau de nature alternative sinusoïdale.

Les symboles graphiques des générateurs de tension U sont :

+ -

générateur de tension pile électrique

L'ohmmètre est équipé d'un micro-ampèremètre.

Schéma équivalent d'un ohmmètre:

µA

U Rx
Le principe de mesure n'est rien d'autre que
l'application de la loi d'Ohm.

Lorsque le circuit est ouvert, la tension électrique U de la pile est présente. Mais le circuit
électrique est ouvert. Donc aucun courant électrique I circule dans le montage.

0 max L'aiguille du micro-ampèremètre est sur le 0 [A].


micro-ampèremètre

Appliquons la loi d'Ohm:

U
R = => si le courant électrique I est proche de 0 [A], cela signifie que la résistance R est
I
grande.

Sur le cadran du micro-ampèremètre, nous placerons une


0
graduation avec l'indication infini grand ∞ [Ω].
ohmmètre

Lorsque le circuit est fermé, la tension électrique U de la pile est toujours présente. Un courant
électrique I circule dans le montage.

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Lois électriques

0 max. L'aiguille du micro-ampèremètre est à fond d'échelle Imax [A].


micro-ampèremètre

Appliquons la loi d'Ohm:

U
R = => si le courant électrique I est grand Imax [A], cela signifie que la résistance R est
I
petite. (nulle)

0 Sur le cadran du micro-ampèremètre, nous placerons une


graduation avec l'indication 0 [Ω].
ohmmètre

Lors d'un changement d'échelle sur l'ohmmètre, il est nécessaire de calibrer à nouveau
le 0 de l'appareil.

Exemple :

Un ohmmètre fourni une tension de 1.5 [V] sur ses bornes. Lorsque l'on effectue une mesure de
résistance, il circule un courant de 3.8 [mA]. Quelle est la valeur de la résistance mesurée ? (
réponse : R = 394.7 [Ω] )

Données : U = 1.5 [V] I = 3.8 [mA] inconnue : R=?

U 15.
application numérique : R= = = 394.73 [ Ω ]
I 38. ⋅ 10 − 3

4.13 PROPRIETE DE LA RESISTANCE R


La résistance électrique R, définie précédemment, est dépendante de 3 paramètres.

• Le premier paramètre est la nature du matériau, c'est-à-dire sa résistivité (rhô) [Ωm].

Exemple pratique:

Un fil de cuivre (conducteur) a une résistivité plus faible qu'un fil de verre qui est un isolant.

MATIERE RESISTIVITE [Ω⋅m] RESISTIVITE [Ω⋅mm2⋅m-1]


cuivre 1.75 ⋅ 10-8 0.0175
aluminium 2.9 ⋅ 10-8 0.029
verre ∞ ∞

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Lois électriques

• Le deuxième paramètre est la longueur l du matériau.

Exemple pratique:

Si nous démontrons expérimentalement, qu'un fil de cuivre de longueur l en [m] (mètre), possède une
résistance électrique R. Si nous doublons la longueur l, la résistance électrique R du fil doublera
aussi.

• Le troisième paramètre est la section A du matériau.

Exemple pratique:

Un réservoir d'eau doit être vidé, au moyen d'un tuyau d'arrosage a un certain diamètre d, donc une
certaine section A exprimée en [m2].

Ce réservoir va mettre un temps t1 pour se vider.


Si nous remplaçons le tuyau d'arrosage par un autre d'un diamètre d plus grand, le réservoir se
videra dans un temps t2 plus petit que t1.

Nous en déduisons que la résistance au passage de l'eau est plus petite avec le tuyau à grand
diamètre.

Electriquement, nous assistons au même phénomène, plus le diamètre d est grand, donc plus la
section A est grande et plus la résistance électrique R est petite. Plus notre conducteur va laisser
passer les électrons de conduction.

On peut considérer que le tube de faible diamètre oppose une grande résistance au passage des
électrons.

On peut considérer que le tube de grand diamètre oppose une faible résistance au passage des
électrons.

Symbole de la grandeur : R
La relation mathématique est la suivante :
Symbole de l'unité : [Ω]
ρ ⋅l
R =
A

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Lois électriques

Analyse dimensionnelle.
Ω ⋅ mm 2
ê ú ⋅ [ m]
ρ⋅l ê m ú
R= [Ω] =
A [mm ] 2

Ω ⋅ mm 2 ⋅ m
Ω ⋅ mm 2
[Ω ] = m Þ [Ω ] = Þ [Ω ] = [Ω ]
mm 2 mm 2

Exemple de calcul :

Une bobine de fil de cuivre mesure 100 [m]. Sachant que le diamètre d du fil mesure
1.38 [mm], calculer la résistance de cette bobine au point de vue électrique.

Données : l = 100 [m] d = 1.38 [mm] => 1.38 ⋅ 10-3 [m]

ρCu = 1.75 ⋅ 10-6 [Ωm]

Inconnue : R=?

ρCu ⋅ l π ⋅d2
Relations : R = A =
A 4

π ⋅d2 π ⋅ ( 1,38 ⋅ 10 −3 ) 2
Application numérique : A= = . ⋅ 10 − 6 [ m 2 ]
= 150
4 4

ρ Cu ⋅ l 1,75 ⋅ 10 −8 ⋅ 100
R= = . [Ω ]
= 117
A , ⋅ 10 − 6
150

Résistance électrique : R = 1.17 [Ω]

4.14 Influence de la température sur les résistances


Une résistance R, parcourue par un courant I pendant un certain temps t, dissipe une énergie
calorifique (Wjoule)

Cette énergie calorifique Wjoule va modifier la valeur de la résistance R.

Pour mieux comprendre ce phénomène, nous allons prendre lampe à


une mesure de la valeur de la résistance R de la lampe à Ω incandescence
température ambiante θ 20 [°C] . (ohmmètre)

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 13


Lois électriques

I
A
Ensuite, nous allons alimenter une lampe d'une puissance de
15 [W], sous différentes tensions U et mesurer le courant I.
U
V

I
A
Cette mesure effectuée, nous ferons varier la tension U aux
bornes de la lampe en y mesurant le courant I.
U
V

Tableau de mesure

Mesure au temps t UAB I Résistance à 20 [°C]


[s] [V] [mA] [Ω]
0 0 0 1.3
10 2 470 1.3
20 4 649 1.3
30 6 813 1.3
40 8 918 1.3
50 10 1057 1.3
60 12 1174 1.3

4.15 Graphique
A partir de ces mesures, nous allons établir un graphique avec le courant I en fonction de la tension
U. Ce graphique est une représentation de l'opposition faite au passage du courant I, donc la
résistance R.
I
[ mA ]
1250

1000

750

500

250

U
0 [V]
2 4 6 8 10 12

Nous constatons que ce n'est pas une droite.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 14


Lois électriques

Appliquons la loi d'Ohm, à chaque point mesuré :

U
U = R⋅I R=
I

Complétons notre tableau:

Mesure au temps t UAB I R à 20 °C R calculée


[s] [V] [mA] [Ω] [Ω]
0 0 0 1.3
10 2 470 1.3 4.25
20 4 649 1.3 6.16
30 6 813 1.3 7.38
40 8 918 1.3 8.71
50 10 1057 1.3 9.46
60 12 1174 1.3 10.22

Nous pouvons dire que la résistance R n'est pas constante.

Que s'est il passé ?

Notre mesure a duré une minute, nous avons appliqué une tension U et un courant I.

C'est donc une énergie W ou écart d'énergie ∆W pendant un écart de temps ∆t.

W = U⋅I⋅∆t

Cette énergie W a été transformée en énergie lumineuse Wlum, mais aussi en énergie calorifique Qlum.

Cette énergie calorifique Q a eu comme effet d'augmenter la température θ aux environs de la


résistance R de la lampe.

Cette résistance R est composée d'une matière à haut point de fusion, cette matière possédant
certaines caractéristiques au point de vue thermique.

4.17 Coefficient de température α


Le coefficient de température α (alpha) est obtenu expérimentalement.

Il est l'expression mathématique se rapprochant le plus


Symbole de la grandeur : α
de la constatation pratique lors d'un échauffement de la
matière. Il peut être positif ou négatif et non linéaire. Symbole de l'unité : [K-1] ou [°C-1]

La valeur α donnée dans les tables est valable pour une température de 20 [°C] .

exemples : αCu = 4 ⋅ 10-3 [K-1] αAl = 4 ⋅ 10-3 [K-1]

αAg = 4 ⋅ 10-3 [K-1] αAu = 4 ⋅ 10-3 [K-1]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 15


Lois électriques

Nous pouvons donc établir une relation de la résistance R, exprimée en fonction de :

• l'augmentation de température θ
• le coefficient de température α
• la valeur initiale de la résistance R

Relation :

R fin = R ini + ∆R

mais cette différence de résistance ∆R est due à la différence de température et aux propriétés
d'échange thermique α de la résistance Rini

R fin = R ini + ( ∆θ ⋅ α ⋅ R ini )

nous pouvons mettre en évidence le terme Rini

{
R fin = R ini ⋅ 1 + ( ∆θ ⋅ α )}
Exemple de notation:

Pour différencier les résistances R, nous noterons la température θ en indice.

{ (
R 100 = R 20 ⋅ 1 + α ⋅ ( θ 100 − θ 20 ) )}
R100 signifie résistance finale à 100 [°C]

R20 signifie résistance initiale à 20 [°C]

Si nous cherchons une des résistances, nous utiliserons Rx qui signifie résistance soit finale soit
initiale à x [°C]

Prenons un exemple:

Une résistance de 42 [Ω] à 20 [°C] est placée dans une chaufferie où il règne une température de 74
[°C] en permanence. En mesurant cette résistance à l'intérieur de la chaufferie, nous trouvons une
valeur de 41.32 [Ω]. Donner le nom de la matière constituant cette résistance.

Données : R20 = 42 [Ω] θini = 20 [°C] R74 = 41.32 [Ω] θfin = 74 [°C]

Inconnue : nom de la matière de la résistance ?

Relation : { }
R fin = R ini ⋅ 1 + ( ∆θ ⋅ α )

Nous devons chercher le nom de la matière. Cela implique qu'il nous faut trouver son coefficient de
température α.
R fin
−1
R
α = ini
∆θ

Remplaçons les indices par notre convention, ainsi que ∆θ :

R 74 41,32
−1 -1
α=
R 20
(θ 74 - θ 20 )
= 42
(74 - 20)
= [
− 3.00 ⋅ 10 − 4 ° C −1 ]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 16


Lois électriques

Nous remarquons que notre coefficient de température α est négatif.

Ce qui signifie que, contrairement à la résistance R de la lampe vue précédemment, la résistance à


chaud est plus petite qu'à température ambiante.

Cherchons dans une tabelle et d'après la valeur du coefficient de température α, le nom de la


matière de la résistance.

Nous trouvons le CARBONE.

4.18 DENSITE DE COURANT J


La densité de courant J est, par définition, le courant électrique I par unité de section A du
conducteur.

Symbole de la grandeur : J

é Aù A
Symbole de l'unité : ê 2ú ê ú
ëm mm 2

I
La relation mathématique est la suivante : J =
A

Dans les métiers de l'électricité, des prescriptions réglementent la manière de réaliser des
installations électriques.

Dans ces prescriptions il est spécifié que les circuits électriques doivent être protégés par un coupe-
surintensité. Ces coupe-surintensité peuvent être des fusibles.

Le fusible fonctionne selon l'effet thermique du courant électrique I. Cet effet thermique repose
sur la densité de courant J. Dans les cours d'installations vous trouverez le principe du fusible.

Point de consigne du fusible Section minimum des densité de courant.


protégeant les conducteurs. conducteurs A
[A] [mm2] ê mm2 ú

10 1.5 6.67
15 2.5 6.00
20 4.0 5.00
25 6.0 4.16

Exemple:

Données : I = 10 [A] A = 1.5 [mm2] Inconnue : J=?

Relation: J =
I
A
=
10
1,5
= 6,67 [ ]
A
mm 2

Remarque: Il est possible de définir la densité de courant J avec des unités non normalisées ( [cm2
ou [mm2] ), comme nous venons de le faire ici.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 17


Lois électriques

4.19 Documentaire

Alessandro Volta physicien italien (1745-1827), professeur à l'université


de Pavie. Inventeur de la pile électrique en 1800.

André Marie Ampère (1775 - 1836), physicien et mathématicien


français. Auteur de travaux en mathématique et en chimie. Inventeur
du galvanomètre, du télégraphe électrique, de l'électroaimant. Il est à
la base du langage moderne sur l'électricité. Théorie de
l'électrodynamique en 1827.

Georg Simon Ohm, physicien allemand (1789 - 1854). Il a découvert en


1827 les lois fondamentales des courants électriques et introduit les
notions de quantité d'électricité et de tension induite.

Werner von Siemens (Allemand 1816-1892 ) a effectué de nombreux


travaux pratiques sur l'utilisation de l'électricité. Il a fondé avec
Johann Georg Halske (1814-1890) la firme Siemens et Halske dont les
activités permirent le développement de la technique des hautes
tensions.

Wilhelm, frère de Werner (1823-1883), naturalisé Anglais mit au


point le four Martin Siemens pour la fabrication de l'acier.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 18


Lois électriques

4.20 Entraînement

1. Donner la définition d'une tension électrique.

2. Donner la différence entre une tension et un potentiel.

3. Comment peut-on mesurer une tension électrique ?

4. Donner la relation qui définit le rapport entre U et I

5. Comment s'appelle et comment se place l'instrument qui sert à mesurer le courant ?

6. Quelle est la relation mathématique entre la conductance et la résistance ?

7. De quelle nationalité est le physicien qui a déterminé les lois sur la résistivité ?

8. Comment s'appelle l'instrument qui permet de mesurer la résistance ?

9. Donner la valeur de la tension d'une batterie de voiture.

10. Dans le circuit de mesure de la résistance, quelle sera l'indication des deux instruments si on
débranche la résistance ?

11. Quel est l'avantage de tracer une courbe avec les résultats d'une mesure ?

12. De quoi est composé l'instrument de mesure des résistances ?

13. Que se passe-t-il si la pile de l'ohmmètre est déchargée ?

14. Quelle est l'indication de l'aiguille de l'ohmmètre lorsqu'il mesure un circuit ouvert ?

15. Un ohmmètre mesure un circuit. Sa mesure indique une très faible résistance.
Quel est le courant dans circuit ? (nul, très faible, grand, très grand)

16. Une barre de cuivre possède les dimensions suivantes 100 ⋅ 50 [mm].
Sachant que la barre de cuivre est longue de 3 [dm], calculer sa résistance électrique.

17. La résistance d'une torche de fil de cuivre est de 3.12 [Ω]. A l'aide d'un pied à coulisse, nous
mesurons le diamètre du fil. Le résultat de notre mesure est 4.15 [mm]. Calculer la longueur
de cette torche.

18. Avec un ohmmètre, nous mesurons une bobine de fil d'aluminium. La résistance est de 1450 [mΩ].
La longueur de cette bobine est de 35000 [cm]. Calculer le diamètre du fil d'aluminium.

19. Calculez le courant I d'un circuit alimenté sous une tension U de 0,23 [kV] et dont la résistance R
est 2,23 [Ω].

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 19


Lois électriques

20. Une résistance électrique R est parcourue par un courant de 560 [mA]. Cette résistance est
alimentée par une tension de 230 [V].
Sachant que la résistance électrique R est un fil constitué de graphite, calculer
la longueur du fil, si son diamètre est de 0.15 [cm].

21. Calculer la perte de tension U aux bornes d'un conducteur en cuivre d'un rayon r de 1 [mm],
parcouru par un courant I = 10000 [mA] et reliant une maison à un cabanon de jardin distant de
15000 [cm].

22. Un câble de cuivre, d'une longueur de 1.6 [km], est composé de 2 fils d'un diamètre de 10 [mm].
Ce câble est posé en Sibérie, où il règne une température de -18 [°C]. Calculer la résistance
mesurée à l'ohmmètre.

23. Un câble de cuivre, d'une longueur de 1.6 [km], est composé de 2 fils d'un diamètre de 10 [mm].
Ce câble est posé au Sahara, où il règne une température de 38 [°C]. Calculer la résistance
mesurée à l'ohmmètre.

24. Une résistance de nickel nécessite 2 [A] sous 230[V], après avoir fonctionné pendant une longue
durée. Si l'élévation de température est de 75 [°C] au dessus de la température ambiante de
20 [°C], calculer la valeur de la résistance qu'il faut insérer en série dès l'origine pour limiter le
courant à 2 [A]. (voir tabelle)

25. Une lampe de 100 [W] fonctionne sous 230 [V]. Elle comporte un filament en alliage dont le
coefficient de température vaut α = 0.0055 [°C-1] à 0 [°C]. La température normale de
fonctionnement est de 2000 [°C]. Quel sera le courant qui traversera cette lampe au moment de
son allumage dans une pièce où la température ambiante est de 20 [°C] ?

Réponses : 16. R = 1.05 [µΩ] 17. l = 2.4 [km] 18. d = 3 [mm]


19. I = 103.14 [A] 20. l = 90.7 [m] 21. U = 3.34 [V]
22. R = 0.6 [Ω] 23. R = 0.768 [Ω] 24. R = 1.7 [Ω]
25. I = 5.16 [A]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 20


Circuits électriques simples

Chapitre 5
CIRCUITS ELECTRIQUES

SIMPLES

Sommaire
Circuits électriques
Lois des nœuds et des mailles Kirchhoff
Couplages parallèles, séries
Couplages mixtes
Code des couleurs des résistances
Entraînement

Introduction
Les lois de Kirchhoff sont des outils simples et efficaces pour la résolution des circuits électriques
simples et complexes.

Dans ce chapitre, nous allons présenter les circuits électriques parallèles, séries et mixtes, comme
modèle d'application des lois des mailles et des nœuds. Nous aborderons ces types de montages au
moyen d'exemples simples et de résolutions détaillées.

5.1 Circuits électriques

Dans les installations électriques, les circuits électriques sont constitués de divers éléments.

Le nœud n est le point de convergence de 3 conducteurs ou plus.

La branche b regroupe les éléments situés entre 2 nœuds n et traversés par un même
courant I.

La maille m est formée d'un ensemble de branches parcourues en partant d'un nœud n
pour y revenir, sans passer 2 fois par la même branche.

noeud n
maille m

maille m

noeud n

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 1


Circuits électriques simples

5.2 Loi de Kirchhoff pour les nœuds

Cette loi exprime la conservation des courants au niveau d'un nœud n.

I2
I 1
Cette loi s'exprime comme suit:
I3

La somme des courants au niveau du nœud est égale à


I5 noeud zéro.
I4

Σ In = 0
Traduite mathématiquement par:

Σ (sigma) signifie ou exprime la notion de somme algébrique, compte tenu du sens des courants I.

Le sens convergent (direction extérieur -> nœud) est défini ou décrété comme positif.

I 1 I4

I2 n
I3

Ce schéma nous donne l'équation suivante :

I1 + I2 + (-I3 ) + (-I4 ) = 0

Pour effectuer l'addition des courants, il faut être particulièrement attentif au sens des flèches.

Flèche qui rentre : signe positif Flèche qui sort : signe négatif

5.3 Loi de Kirchhoff pour les mailles

Cette loi exprime la conservation du potentiel électrique (défini à l'aide de 2 points de tension
électrique U) au niveau de la maille. (en l'absence de phénomène induit, comparé à des parasites)
U1
Cette loi s'exprime comme suit:

La somme algébrique des différences de


U5 + U2 potentiel est égale à ZERO, au niveau de
la maille.

U4 U3
Σ Um = 0 Traduite
mathématiquement par :

Le sens horaire est défini comme positif.

Exemple d'équation de la maille 1 du circuit : U1 + U2 + U3 + (-U4) + (-U5) = 0

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Circuits électriques simples

5.4 Application des lois de Kirchhoff

Dans les installations électriques, il est important de maîtriser les lois de Kirchhoff, dans le but de
dimensionner les fusibles ou disjoncteurs protégeant les récepteurs électriques.
F1
L

fusible

Récepteurs

N
sectionneur
de neutre

Dans la pratique, il existe 3 types de couplages de récepteurs. Nous appelons un récepteur, un


appareil électrique transformant l'énergie électrique W en une autre énergie W de type calorifique,
magnétique, lumineuse et chimique.

Les couplages portent le nom de : → parallèle


→ série
→ mixte

5.5 Couplage parallèle

Le couplage parallèle est une association de récepteurs soumis à la même tension électrique U.

En pratique, toutes les prises électriques domestiques possèdent une tension électrique U de 230 [V].

Le schéma électrique d'une installation électrique


comprenant, par exemple, une lampe de chevet, un spot +
lumineux bleu, se dessine ainsi. Récepteurs

Les 2 bornes supérieures sont reliées entre elles (nœud A) B


et les 2 bornes inférieures sont reliées entre elles (nœud B).

Les tensions électriques U à leurs bornes sont égales puisqu'elles sont prises entre les mêmes points
(nœud A et nœud B)

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 3


Circuits électriques simples

5.6 Application de la loi de Kirchhoff des mailles

Σ Utotales = Σ Upartielles

tension électrique Utotale de la prise = 230 [V]

tension électrique Upartielle appliquée aux récepteurs = 230[V]

Application numérique : Utotale = UCD = 230 [V]


Upartielle = UAB = 230 [V]

ceci implique d'après Kirchhoff : UCD = UAB 230 [V] = 230 [V] cqfd

5.7 Application de la loi de Kirchhoff des nœuds

Σ Itotales = Σ Ipartielles

Le schéma possède 2 nœuds appelés A et B.

Au nœud A, le courant électrique I se partage dans les conducteurs électriques formant les
branches.

Au nœud B, les courants de branches I1 et I2 se regroupent.

I total I1 I2
L'application de la loi de Kirchhoff des nœuds
+
se traduit par:
U Récepteurs

- Itotal = I1 + I2
I total

Le courant électrique total Itotal représente la somme algébrique des courants partiels au nœud A.

Exemple d'application numérique:

Une lampe possède une résistance R de 800 [Ω]. La tension électrique U doit être de 230 [V]
(tension nominale).
Un spot lumineux bleu possède une résistance R de 32 [Ω]. La tension électrique U est de 230 [V].

Calculer le courant électrique I circulant dans les conducteurs reliant la prise électrique (source de
tension U) aux récepteurs.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 4


Circuits électriques simples

C A
Données: R1 = 800 [Ω] R2 = 32 [Ω]
I total
U = 230 [V] I1 I2
+

Inconnue: I=? U R1 R2

-
Relations: Σ Utotales = Σ Upartielles I total

D B
U
Σ Itotales = Σ Ipartielles R=
I

En premier, il faut placer des points de repères pour faciliter la résolution du problème.(nœuds,
courant électrique I, tension électrique U)

Nous devons rechercher d'abord les courants I1 et I2 Σ Itotales = Σ Ipartielles

tension électrique Utotale de la prise = 230 [V]

tension électrique Upartielle appliquée aux récepteurs = 230[V]

Utotale = UCD = 230 [V] Upartielle = UAB = 230 [V]

UCD = UAB 230 [V] = 230 [V]

U AB 230
I1 = = = 0,2875 [A]
R1 800

U AB 230
I2 = = = 7,1875 [A]
R2 32

Somme des courants au nœud A

Itotal = I1 + I2 =0,2875 + 7,1875 = 7,475 [A]

Cette méthode de calcul permet de dimensionner les fusibles ou disjoncteurs protégeant les
récepteurs électriques, ainsi que la dimension des conducteurs.

Symbole des fusibles dans les schémas électriques:

Symbole des disjoncteurs dans les schémas électriques:

Dans notre cas, le courant électrique I sera de 10 [A] et les conducteurs de cuivre de 1.5 [mm²].

L F1 F2
disjoncteur
thermique

Récepteurs

N
sectionneur
de neutre

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Circuits électriques simples

5.8 Résistance équivalente Réq d'un montage en parallèle

Dans la pratique, lorsque nous possédons plusieurs récepteurs en parallèle, nous pouvons utiliser
l'ohmmètre pour connaître la résistance équivalente Réq de plusieurs récepteurs.

L'ohmmètre va travailler selon le principe des lois de Kirchhoff, nous allons développer une méthode
de calcul permettant d'obtenir cette résistance équivalente Réq.

A A

U Ω
-

B B

Schéma électrique mesuré à l'ohmmètre. Schéma électrique équivalent obtenu


par lecture du cadran de l'ohmmètre.

Exemple d'application numérique:

La résistance électrique d'un récepteur possède une valeur de 800 [Ω]. La tension électrique U doit
être de 230 [V] (tension nominale).

Un spot lumineux bleu à chaud possède une résistance R de 32 [Ω]. La tension électrique U est de
230 [V].

Le courant électrique I circulant dans les conducteurs reliant la prise électrique (source de tension
U) aux récepteurs est de 7.15 [A].

Calculer la résistance équivalente Réq de ce montage.

Données : R11 = 800 [Ω] R12 = 32 [Ω] U = 230 [V] Itotal = 7.47 [A]

Inconnue : Réq = ?

U
Relations: Σ Utotales = Σ Upartielles Σ Itotales = Σ Ipartielles R=
I

= 30 .77[ Ω]
U U AB 230
Req = = =
I total I total 7.47

Si dans l'énoncé du problème, nous ne possédons pas le courant électrique Itotal , nous allons procéder
de la façon suivante:

Plus la résistance R est grande et plus le courant électrique I passant à travers est petit.

Nous avons étudié la conductance G et nous allons appliquer cette grandeur en disant:

Plus la résistance R est grande, donc plus est petite la conductance G et plus le courant électrique I
passant à travers est petit.

Nous constatons que la conductance G est proportionnelle au courant électrique I

Nous appliquons la loi de Kirchhoff pour les nœuds, mais en l'explicitant à l'aide des conductances G

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 6


Circuits électriques simples

C Itotal A

I1 I2 Gtotal = G1 + G2
+
Gtotal G1 G2
U Sachant que la conductance G est l'inverse de la
- résistance R, nous allons transformer cette
relation:
D B

1 1 1 1
= + Req =
Req R1 R2 1 1
+
R1 R2

Application numérique de l'exemple précédent :

1 1
Req = Req = = 30 .77 [ Ω ]
1 1 1 1
+ +
R1 R2 800 32

5.9 Résistance équivalente Réq d'un montage en parallèle de


plusieurs résistances

Dans la pratique, lorsque nous possédons plusieurs récepteurs en parallèle, nous devons calculer la
résistance équivalente Réq de plusieurs récepteurs, afin de savoir si le disjoncteur placé en amont
des résistances va laisser passer le courant Itotal sans interrompre le circuit.

C Itotal A E

I1 I2 I3

+
Gtotal G1 G2 G3
Gtotal = G1 +G2 +G3
U
-

D B F

Exemple :

Calculer la résistance équivalente Réq de ce montage.

Données : R1 = 800 [Ω] R2 = 32 [Ω] R3 = 15 [Ω] U = 230 [V]

Inconnues : Réq = ? Itotal = ?

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Circuits électriques simples

Sachant que la conductance G est l'inverse de la résistance R, nous allons transformer cette
relation:

1 1 1 1 1
= + + Req =
Req R1 R2 R3 1 1 1
+ +
R1 R2 R3

= 10 .08[ Ω]
1
Application numérique : Req =
1 1 1
+ +
800 32 15

Nous constatons que cette méthode de résolution est applicable dans tous les cas de montage en
parallèle quel que soit le nombre de résistances Rn .

La relation générale est : Gtotal = G1 + G2 + G3 +....+ G3

n
ou selon la notation mathématique : Gtotal = Gi
i=1

Exemple :

Calculons le courant Itotal du montage soumis à une tension U de 230 [V].

U U
Loi d'Ohm : R = I =
I R

= 22.83[ A]
U AB 230
I total = =
Req 10,08

5.10 Couplage série

Le couplage série est une association de récepteurs soumis à la même intensité de courant I.

En pratique, les couplages série sont utilisés dans les installations de cuisinières électriques ou
autres appareils calorifiques tels que radiateurs, chauffe-eau, chaudières.

L'avantage de ce couplage série réside par le fait qu'il est possible de modifier la grandeur du
courant électrique I en fonction des différentes positions des interrupteurs.

Schéma électrique :

R1 R2 R3

Le courant électrique I n'a qu'un seul chemin à travers le circuit électrique.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 8


Circuits électriques simples

5.11 Application de la loi de Kirchhoff des nœuds

ΣIentrant = ΣIsortant

Le courant électrique I est constant dans un circuit série.

La valeur du courant électrique I dépend des valeurs de résistances R composant le circuit.


I entrant au point A = I sortant au point B

5.12 Application de la loi de Kirchhoff des mailles

ΣUtotale = ΣUpartielle

Le schéma possède 2 résistances R parcourues par un courant électrique I.

Sachant qu'une résistance R parcourue par un courant A Itotal


I1
électrique I est l'application de la loi d'Ohm, nous pouvons en
déduire que chaque résistance R possédera une tension R1
électrique U en rapport aux grandeurs électriques R et I.
+

U C

Loi d'Ohm: U=R⋅I - R2

I2
B

L'application de la loi de Kirchhoff des mailles se traduit par :

A Itotal
I1

R1
+
C
UAB= UAC + UCB U
- R2

I2
Exemple d'application numérique : B

Une plaque de cuisinière possède 3 bornes, notées A, C, B

En utilisant un voltmètre, nous mesurons la tension électrique entre les bornes A et C, puis entre C
et B.
U [V]
Un tableau de mesures peut être établi: mesure 1 150
mesure 2 80

Calculer la tension électrique U nominale de cette plaque de cuisinière.

Données : UAC = 150 [V] UCB = 80 [V] Inconnue : Unominale = ?

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 9


Circuits électriques simples

Relation : ΣUtotale = ΣUpartielle


A

R1

U C

R2

B
Schéma électrique

Après avoir placé les repères, nous allons pouvoir résoudre notre problème.

Unominal implique tension électrique totale nécessaire au bon fonctionnement de la plaque de


cuisinière.

Utotale = UAB d'après le schéma

UAB = UAC + UCB => UAB = 150 + 80 = 230 [V]

5.13 Résistance équivalente Réq d'un montage en série

Dans la pratique, lorsque nous possédons plusieurs récepteurs en série, nous pouvons utiliser
l'ohmmètre pour connaître la résistance équivalente Réq de plusieurs récepteurs.

L'ohmmètre va travailler selon le principe des lois de Kirchhoff, nous allons développer une méthode
de calcul permettant d'obtenir cette résistance équivalente Réq.
A A

R1

U C Ω R éq

R2

B B

Schéma électrique mesuré à l'ohmmètre :

Exemple d'application numérique:

Une plaque de cuisinière possède 3 bornes, notées A, C, B. En utilisant un voltmètre, nous mesurons
la tension électrique entre les bornes A et C, puis entre C et B. En plaçant un ampèremètre, nous
mesurons chaque fois un courant de 5.4 [A].

En utilisant un ohmmètre, les mesures donnent 15 [Ω] et 28 [Ω]. Mais nous ne connaissons pas l'ordre
dans lequel ces mesures ont été effectuées.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 10


Circuits électriques simples

Un tableau de mesures peut être établi:

U [V] I [A] R [ Ω]
mesure 1 150 5,4 15 ou 28
mesure 2 80 5,4 15 ou 28

• Calculer la tension électrique U nominale de cette plaque de cuisinière.


• Calculer la résistance équivalente Réq de ce montage.
• Compléter le tableau de mesures en corrigeant les valeurs mesurées à l'ohmmètre par
rapport à l'ordre des mesures.

Données: UAC = 150 [V] UCB = 80 [V]


I1 = 5.4 [A] I2 = 5.4 [A]
R1 = 15 ou 28 [Ω] R2 = 15 ou 28 [Ω]

Inconnue: Unominale = ?

U
Relations: Σ Utotales = Σ Upartielles Σ Itotales = Σ Ipartielles R=
I
A

R1

U C
Schéma électrique R2

B
Après avoir placé les repères, nous allons pouvoir résoudre
notre problème.

Unominale implique tension électrique totale nécessaire au bon fonctionnement de la plaque de


cuisinière.

I1 = I2 implique que nous sommes en présence d'un montage SERIE

Utotale = UAB d'après le schéma UAB = UAC + UCB

Connaissant la tension totale U et le courant I, nous appliquons la loi d'Ohm afin d'obtenir la
résistance équivalente Réq du montage (comme avec un ohmmètre connecté entre A et B du montage).

U totale
Req =
I totale

Application numérique:

UAB = 150 + 80 = 230 [V]

= 42.59[ Ω]
U totale 230
Req = =
I totale 5.4

Nous savons que la loi d'Ohm exprime la relation entre les grandeurs R, I et U.

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Circuits électriques simples

En imbriquant les relations les unes dans les autres, nous pouvons donc substituer les grandeurs U
par le produit R ⋅ I

UAB = UAC + UCB

UAB = (R1 ⋅ I) + (R2 ⋅ I)

Comme le courant électrique I est constant, nous allons exprimer cette relation en mettant le terme
I en évidence.

UAB = (R1 + R2) ⋅ I

Nous cherchons à isoler le terme (R1 + R2), il faut donc diviser par I de chaque côté du signe =.

(R1 + R2 ) ⋅ I
( R1 + R2 )
U AB U AB
= =
I I I

U AB
Le terme est égal à la résistance équivalente du montage car I est le courant électrique Itotal.
I

Nous pouvons donc écrire que, dans un montage série: Réq = R1 + R2

Preuve:

résistance équivalente Réq mesurée à l'aide de l'ohmmètre 42,59 [Ω]

résistance équivalente Réq calculée par loi d'Ohm Réq = R1 + R2 = 15 + 28 = 43 [Ω]

Nos 2 méthodes aboutissent à peu près aux même résultats.

Nous cherchons à présent la valeur de la résistance R1 et R2 en fonction des valeurs à disposition.

Appliquons à nouveau la loi d'Ohm :

UAB = UAC + UCB UAB = ( R1 ⋅ I ) + ( R2 ⋅ I )

= 27 .78[ Ω]
U AC 150
UAC = R1 ⋅ I R1 = =
I 5,4

= 14.81[ Ω]
U CB 80
UCB = R2 ⋅ I R2 = =
I 5,4

Tableau de mesures récapitulatif

U [V] I [A] R mesurée [Ω] R calculée [Ω]


mesure 1 150 5,4 28 27,78
mesure 2 80 5,4 15 14,81
Total 230 5,4 43 42,59

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Circuits électriques simples

5.14 Résistance équivalente Réq d'un montage en série de plusieurs


résistances.
A

R1

U1 B
Dans la pratique, lorsque nous possédons plusieurs
R2
récepteurs en série, nous devons calculer la résistance
équivalente Réq de plusieurs récepteurs, afin de savoir si la C

tension placée en amont des résistances est assez grande R3


pour faire fonctionner le circuit dans des conditions U2 D
normales.
R4

Loi d'Ohm: E

U AE
Le terme est égal à la résistance équivalente du montage car I est le courant électrique Itotal
I

Nous pouvons donc écrire que, dans un montage série:

Réq = R1 + R2 + R3 + R4 +....+ Rn
n
ou selon la notation mathématique : Req = Ri
i=1

Exemple : calculer la résistance équivalente Réq du montage ci-dessus.

Données : R1 = 800 [Ω] R2 = 32 [Ω] R3 = 10 [Ω] R4 = 65 [Ω] UAE = 9 [V]

Inconnues : Réq = ? Itotal = ?

U total
relations : Réq = R1 + R2 + R3 + R4 Req =
I total

Application numérique:

Réq = R1 + R2 + R3 + R4 = 800 + 32 + 10 + 65 = 907 [Ω]

U total
= 0 .01[ A]
9
I total = =
Req 907

Mais cette réponse ne nous satisfait guère. Si nous désirons exécuter le montage et en faire la
preuve par la pratique, l'ampèremètre devra être choisi en fonction du courant I à fond d'échelle. Il
faudra prendre une échelle notée en [mA] car en [A], l'aiguille n'aura que peu de déviation.

Dans la pratique, l'appareil de mesure est construit avec une tolérance, c'est-à-dire une marge
d'erreur.

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Circuits électriques simples

5.15 Couplage mixte

Le couplage mixte est une association de récepteurs soumis pour une partie au même courant I et
pour une autre à la même tension U.

Dans la pratique, le couplage mixte est le plus fréquent dans les installations électriques. Pour
alimenter une maison, une ligne électrique, de résistance R ou de conductance G, est nécessaire.

A son extrémité, des récepteurs sont connectés en parallèle.(cuisinières, radiateurs, lampes, etc.)

I total
C A

G ligne aller I1 I2

G1 G2
U

G ligne retour

D B

Le courant électrique I possède un seul passage de C à A.


Mais de A à B il possède 2 possibilités.

5.16 Application de la loi de Kirchhoff des nœuds

ΣItotal = ΣIpartiel

Le courant électrique Itotal est constant dans un circuit série.

Le courant électrique Itotal se partage au nœud A entre les chemins formant les branches
A - G1 - B (I1) ou A - G2 - B (I2)

La valeur du courant électrique Itotal dépend des valeurs de résistances R ou de conductances G


composant le circuit.

Itotal au point A = Ipartiel au point B

L'application de la loi de Kirchhoff des nœuds se traduit par

Itotal en A = I1 + I2

C'est la preuve que notre couplage est parallèle. I total


C A

G ligne aller I total

Une résistance équivalente RAB peut être calculée.


U Gtotal

G ligne retour
Gtotal= G1 + G2
D B

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Circuits électriques simples

5.17 Application de la loi de Kirchhoff des mailles

ΣUtotale = ΣUpartielle

Le schéma possède 3 résistances R, dont l'une est une résistance équivalente, parcourues par un
courant électrique I. (voir conductance G, inverse de la résistance R)

Sachant qu'une résistance R parcourue par un courant électrique I est l'application de la loi d'Ohm,
nous pouvons en déduire que chaque résistance R possédera une tension électrique U en rapport aux
grandeurs électriques R et I.
U CA
1
Loi d'Ohm: U = R⋅I U= ⋅I I total
C A
G
G ligne aller I total
Schéma électrique:

U Gtotal U AB

UCD = UCA + UAB + UBD


G ligne retour

D U BD B

Exemple d'application numérique:

Un cabanon de jardin est alimenté par un câble électrique de 3x1.5 [mm²]. Nous y branchons 2
radiateurs en parallèle.

A l'aide d'un voltmètre, nous mesurons la tension U au départ du câble et à l'arrivée du câble. Un
ampèremètre est placé sur le circuit et nous indique Itotal

Nous décidons de mesurer le courant I du radiateur 1, ainsi que la tension U à ses bornes.

2 tableaux de mesures peuvent être établis:

Tableau 1 U [V] I [A] Tableau 2 U [V] I [A]


départ 230 25 radiateur 1 220 10
arrivée 220 25

Nous allons calculer la tension U aux bornes du radiateur 2 ainsi que le courant I à travers le
radiateur 2.

Schéma du montage :

C A
A
G ligne aller

U V V Radiateur 1 Radiateur 2
départ arrivée

G ligne retour

D D B

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Circuits électriques simples

Inconnues : UR2 = ? IR2 = ? Uligne = ?

Relations : ΣItotal = ΣIpartiel ΣUtotale = ΣUpartielle

I total
C A

G ligne aller IR1 IR2

Après avoir placé les repères, nous


allons pouvoir résoudre notre problème. U Radiateur 1 Radiateur 2

G ligne retour

D B

Nous pouvons simplifier notre schéma électrique, en considérant la résistance totale du câble

Rtotale ligne = Rligne aller + Rligne retour

car ces 2 résistances sont parcourues par le même courant. Elles sont en SERIE.

UCD = UCA + UAB + UBD

La tension UBD est égale à zéro.

La résistance RBD est égale à 0 [Ω]. Selon la loi d'Ohm : UBD = RBD ⋅ Itotal

Itotal peut être très grand, mais 0 fois Itotal donne 0. UBD = 0 [V] cqfd

UCD = UCA + UAB + UBD UCA = UCD - UAB

Application numérique: UCA = 230 - 220 = 10 [V]

Calculons le courant IR2 à travers le radiateur 2

D'après la relation des nœuds de Kirchhoff en A: Itotal = IR1 + IR"

Cherchons IR2 en isolant ce terme: Itotal - IR1 = IR2 - IR1 + IR2 Itotal - IR1 = IR2

Application numérique: IR2 = 25 - 10 = 15 [A]

Cherchons la tension aux bornes du radiateur 2.

Nous allons placer 2 repères (points E et F) sur le radiateur 2 soit sur la résistance R2
I total
C A

G ligne aller IR1 IR2

U Radiateur 1 Radiateur 2

G ligne retour

D B

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Circuits électriques simples

En appliquant la loi de Kirchhoff des mailles, nous constatons que la résistance R2 est en parallèle
par rapport à R1. I total A
C E

UAB = UEF
G ligne aller IR1 IR2

U
UEF = UAB = 220 [V] Radiateur 1 Radiateur 2

G ligne retour

D B F

5.18 Résistance équivalente Réq d'un montage mixte

Dans la pratique, lorsque nous possédons plusieurs récepteurs, nous pouvons utiliser l'ohmmètre pour
connaître la résistance équivalente Réq de plusieurs récepteurs.

L'ohmmètre va travailler selon le principe des lois de Kirchhoff, nous allons développer une méthode
de calcul permettant d'obtenir cette résistance équivalente Réq

C A C
G ligne aller

Ω Radiateur 1 Radiateur 2 Ω R éq

G ligne retour

D B D
Schéma électrique mesuré à l'ohmmètre Schéma électrique équivalent obtenu par
lecture du cadran de l'ohmmètre :

Exemple d'application numérique:

Un cabanon de jardin est alimenté par un câble électrique de 3x1.5 [mm²] en Cu. Nous y branchons 2
radiateurs en parallèle.

A l'aide d'un ohmmètre, nous mesurons la résistance totale du circuit entre les points C et D. Nous
décidons de mesurer la résistance du radiateur 1 à chaud, ainsi que la résistance du radiateur 2 à
chaud.

Nous savons que la tension U, au début du circuit, sera de 230 [V].

Un tableau de mesures peut être établi :

R [Ω]
Résistance totale 9,2
radiateur 1 14,7
radiateur 2 22

Calculer la longueur du câble installé.

Calculer la tension U aux bornes du radiateur 2, ainsi que le courant I à travers le radiateur 1.

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Circuits électriques simples

I total
C A E

R ligne aller I1 I2

R1 R2
U

R ligne retour

D B F

Données : UCD = 230 [V] RCD = 9.2 [Ω] R1 = 14.7 [Ω] R2 = 22 [Ω]

Inconnues : UEF = ? I1 = ? lcâble = ?

Relations : U =R ⋅I ΣItotal = ΣIpartiel ΣUtotale = ΣUpartielle

Imaginons que nous sommes le courant électrique Itotal et nous suivons son parcours :

Le courant Itotal passe au point C, puis traverse la résistance de ligne aller RCA pour rejoindre le nœud
A. Ce courant total Itotal traversera d'autres éléments du circuit.

C'est donc un couplage de type SERIE.

Au nœud A, le courant I possède 2 chemins, à travers les résistances RAB et REF pour aboutir au
nœud B.

C'est donc un couplage de type PARALLELE.

Au nœud B, les courants partiels I1 et I2 se rejoignent.

Le courant total Itotal traverse alors la résistance de ligne retour RBD pour aboutir au point D.

Nous constatons que nous sommes en présence d'un couplage SERIE.

Cette suite de couplage implique que nous sommes en présence d'un COUPLAGE
MIXTE.

Nous allons simplifier notre schéma en remplaçant les 2 résistances en parallèle par une seule
résistance équivalente RAB .
I total A
C

G ligne aller I total


Calculons RAB selon la méthode de couplage parallèle.
U Gtotal

Gtotal = G1 + G2 + G3 + ... + Gn
G ligne retour

D B
Sachant que la conductance G est l'inverse de la résistance R, nous allons transformer cette relation
dans notre cas en:
1 1 1
= +
R AB R1 R2

= 8 .81[ Ω]
1 1
Application numérique : R AB = =
1 1 1 1
+ +
R1 R2 14 ,7 22

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Circuits électriques simples

Calculons la résistance du câble d'après les relations connues :

Rtotale = R1 + R2 + R3 + ... + Rn RCD = RCA + RAB + RBD

Nous connaissons les valeurs de RCD et RAB

Nous savons aussi que, de par la construction des circuits électriques et en particulier des câbles,
dans la plupart des cas en basse tension (domaine d'application de votre pratique), la résistance du
fil aller RCA est égale à la résistance du fil retour RBD

Hypothèses : RBD = RCA RCD = RCA + RCA + RAB RCD = (2 ⋅ RCA) + RAB

I total C A
La résistance du câble est donc égale à 2⋅RCA .
RCA RBD = R I total
CA

RCD = ( 2 ⋅ RCA ) + RAB


U RAB

RCD = Rcâble + RAB

D B

I total C A
cherchons la résistance du câble :
RCâble = 2 RCA I total

RCD - RAB = Rcâble + RAB - RAB RAB


U

ce qui nous donne

D B
RCD - RAB = Rcâble

Application numérique : Rcâble = 9.2 - 8.81 = 0.39 [Ω]

ρ⋅l
Calculons maintenant la longueur du câble. R=
A

Dans notre cas, le câble est en cuivre, symbole chimique Cu. Un formulaire technique nous donnera la
valeur de la résistivité (rhô).

ρcu ⋅ l Rcâble ⋅ A
Rcâble = l=
A ρcu

0 ,39 ⋅ 1,5 ⋅ 10 −6
Application numérique : l= = 33.26 [ m]
, ⋅ 10 − 8
175

Mais attention, la longueur l est l'image du fil aller et du fil retour.

Rcâble = RCA + RBC = 2 ⋅ RCA

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Circuits électriques simples

I total C A

Construction de la ligne alimentant les récepteurs: R CA I total

longueur fil aller constituant RCA


U R AB
longueur fil retour constituant RBD
R BD
le tout est entouré de thermoplastique constituant un
CABLE électrique. D B

longueur fil aller + longueur fil retour


longueur du câble =
2

Dans notre problème, il nous faudra diviser la longueur totale du fil par 2, pour obtenir la longueur
du câble.
= 16 .63 [ m]
33.3
Application numérique : l=
2

ATTENTION DANGER !
Dans les problèmes où il s'agit de calculer la longueur
d'une ligne ou d'un câble, LISEZ ATTENTIVEMENT votre énoncé...

Cherchons la tension U aux bornes du radiateur 2. C

L'ohmmètre nous a donné une résistance équivalente Réq de 9.2


[Ω]. Ω R éq = R CD

Nous pouvons calculer le courant total Itot du circuit.


D
Appliquons la loi d'Ohm : U = R ⋅ I Schéma électrique équivalent
obtenu à l'aide de l'ohmmètre

U CD 230
U CD = RCD ⋅ I tot I tot = = = 25 [ A]
RCD 9 .2

Connaissant la résistance du câble Rcâble , nous décomposons notre circuit de la façon suivante:

La résistance Rcâble a été calculée précédemment. Rcâble = 0.39 [Ω]

Les résistances Rcâble et RAB sont couplées en série. I total


C A

RCâble = 2 RCA I total

Le courant total Itot est CONSTANT mais provoque une RAB


U
chute de tension aux bornes de la résistance du câble Rcâble

D B
Appliquons la loi d'Ohm aux bornes du câble:

U = R⋅I UCA = Rcâble ⋅ Itot = 0.39 ⋅ 25 = 9.75 [V]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 20


Circuits électriques simples

Appliquons la loi des mailles au circuit: I total


C A

ΣUtotale = ΣUpartielle RCâble = 2 RCA I total

La tension UBD est égale à 0, car la résistance RBD est 0. U RAB

Mathématiquement, 0 fois une valeur quelconque, égale 0.


D B

UCD = UCA + UAB UAB = UCD - UCA = 230 - 9.75 = 221.5 [V]

L'écart entre les 2 méthodes donne 1.25 [V].

Nous obtenons cet écart de la façon suivante:

∆ = valeurméthode 2 - valeurméthode 1

∆ = 221.25 − 220 = 1.25 [V ]

( valeur 1 − valeur 2 )
erreur =
valeur 1

( 221,5 − 220 )
erreur = = 0 .0056
221,25

soit une erreur relative de la mesure de 0.56 % (0.0056 ⋅ 100)

Nous constatons que l'erreur est infiniment petite et que cette erreur peut avoir comme origine
l'imprécision de notre ohmmètre ou l'imprécision de l'arrondi dans nos calculs.

5.19 Code des couleurs des résistances


Dans la pratique, les résistances sont repérées au moyen d'anneaux de couleurs placés autour du
composant.

Exemple de valeur d'une résistance repérée par les couleurs :

argent - rouge - noir - bleu - orange

Méthode: Il faut placer la tolérance en dernier (sens écriture)

orange - bleu - noir - rouge - argent

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Circuits électriques simples

Décomposition de la valeur:

orange - bleu - noir - rouge - argent

+ tolérance
chiffre chiffre chiffre multiplicateur
-

Ce qui nous donne le résultat suivant :

orange - bleu - noir - rouge - argent

+ tolérance
chiffre chiffre chiffre multiplicateur
-

+
3 6 0 1 10 2 10 %
-

de la valeur nominale soit:

360 ⋅ 102 ± 10% de la valeur nominale

36 [kΩ] valeur nominale ± 10%

36 ⋅ 10 3 ⋅ 10
Rmin = 36 ⋅ 10 3 − = 32.4[ kΩ]
100

36 ⋅ 10 3 ⋅ 10
Rmax = 36 ⋅ 10 3 + = 39 .6[ kΩ]
100

Remarque: Il sera nécessaire de consulter un cours d'électronique pour expliquer l'utilité des
séries E6, E12, E24, etc.

Code des couleurs :

couleurs tolérances
noir brun rouge orange jaune brune rouge
0 1 2 3 4 1% 2%

vert bleu violet gris blanc or argent


5 6 7 8 9 5% 10 %

5.20 Documentaire

Gustav Kirchhoff, physicien allemand (1824-1877). Il a formulé les lois qui


portent son nom et qui sont capitales en électricité. Avec Bunsen ils créent
l'analyse spectrale (1859) et découvrent le césium et le nimbium en 1861.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 22


Circuits électriques simples

5.21 Entraînement

1. Citer les différents couplages possibles :

2. Quelle est la différence entre un nœud et une maille ?

3. Donner la relation mathématique de la densité de courant par rapport au courant électrique.

4. Quelle est l'unité normalement utilisée pour la densité de courant ?

5. Compléter les phrases suivantes :

6. Le nœud est le point convergeant de ........ conducteurs ou plus.

7. La branche regroupe les éléments situés entre ..............................................

8. La maille est formée d'un ensemble de ...............................

9. Quelle est la valeur commune dans un montage parallèle ?

10. Dans un montage parallèle composé de deux résistances de même valeur, un courant de 1.5 [A]
circule dans la première résistance.
Quel est le courant dans la seconde résistance ?

11. Citer deux applications courantes des montages parallèles.

12. Dans un montage série composé de 5 résistances, R4 grille à la suite d'une surchauffe.
Quelle est la tension aux bornes de R2 ?

13. Dans un montage parallèle composé de 5 résistances, R4 grille à la suite d'une surchauffe.
Quelle est la tension aux bornes de R2 ?

14. Donnez le nom des différents tronçons du circuit ci-contre.

tronçon AB : A

tronçon ABCA :

tronçon BC :
y
tronçon ACBA : C B
y
Combien y a-t-il de nœuds dans ce schéma ?

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 23


Circuits électriques simples

Exercices :

1. Dans le circuit ci-dessous :


Nommer toutes les mailles, les branches et les nœuds.
Flécher tous les courants et toutes les tensions.
Enoncer toutes les équations de Kirchhoff

R1 R3 R5

R2 R4 R6

R8 R7

2. Calculer la valeur du courant I5 , ci-dessous.


I1 = +10 [A] I2 = -25 [A] I3 = +30 [A] I4 = +15 [A]

3. Calculer la valeur du courant I3 , ci-dessous, et déterminer son sens.


I1 = -10 [µA] I2 = -25 [µA] I4 = +30 [µA] I5 = -10 [µA]

4. Calculer la valeur de la tension U , ci-dessous


U1 = +10 [nV] U2 = +25 [nV] U3 = +30 [pV] U4 = +10 ⋅ 102 [pV]

5. Calculer la valeur de la tension U3 , ci-dessous, et déterminer son sens.


U1 = 10 [nV] U2 = -0.25 [µV] U4 = +30 [nV] U5 = -10 ⋅ 102 [nV]

6. Une résistance de 2 [Ω] est montée en parallèle avec une résistance de 4 [Ω]. La tension aux
bornes de cette combinaison est de 12 [V]. Calculer les courants dans les différentes dérivations
du montage.

7. 2 résistances sont couplées en parallèle. La mesure effectuée, à l'aide de l'ohmmètre, donne 400
[mΩ]. Sachant qu'une résistance est notée 0.6 [Ω], calculer la valeur ohmique de l'autre
résistance.

Réponses : 2. I5 = -30 [A] 3. I3 = +15 [µA] 4. U = 30.03 [nV] 5. U3 = 1.21 [µV]


6. I1 = 6 [A] I2 = 3 [A] 7. R = 1.2 [Ω]

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Circuits électriques simples

8. Calculer la résistance équivalente du montage ci-dessous si:


A

R1 = 10 [Ω] R2 = 4 R1
R3

R2 R3 = 0.2 R1 R4 = 0.75 R1
U D

Calculer la tension UAB du montage,


R1 R4
si UAD = 125 [V]

B
Calculer le courant I dans la résistance R4

9.
R5

A
B
R1 R2 Calculer la résistance équivalente du montage.
R1 = 10 [ Ω ]
R3
R2 = 20 [ Ω ] Calculer la tension UAH du montage.
G
R3 = 25 [ Ω ] D

R4 = 5 [ Ω ] Calculer la tension UGA du montage, si elle est le quart de la tension


R5 = 50 [ Ω ] R4
totale.

I = - 3.5 [A]
E
H

10.
A
Calculer les courants I1 et I2 du montage suivant lorsque :
R3

R1

D
I2 R1 = 100 [Ω] R2 = 200 [Ω]
U

S1 S2
R3 = 10 [Ω] R4 = 200 [Ω]
R2 R4

UAB = 230 [V].


I1

a) l'interrupteur S1 est OUVERT et S2 est OUVERT


b) l'interrupteur S1 est FERME (R = 0 [Ω]) et S2 est OUVERT
c) l'interrupteur S1 est FERME et S2 est FERME (R = 0 [Ω])
d) l'interrupteur S1 est OUVERT et S2 est FERME (R = 0 [Ω])

Réponses : 8. UAB = 147.32 [V] IR4 = 2.97 [A]


9. Réq = 48.75 [Ω] UAH = 170.625 [V] UGA = 42.6 [V]
10. a ) I1 = 1.1 [A] I2 = 547.6 [mA]
b) et c)Lorsque S1 fermé, il y a un court-circuit.
I est limité par la caractéristique du générateur.
d) I1 = 2.09 [A] I2 = 0 [A] car elles sont court-circuitées par S2

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Sources électriques Accumulateurs

Chapitre 7a

SOURCES ELECTRIQUES

Sommaire

• Les sources continues et alternatives


• Caractéristiques des générateurs
• Les accumulateurs
• Entraînement

Introduction

7.1 Les Sources

Dans la pratique, nous avons remarqué que l'énergie électrique est une transformation, non sans
pertes, d'énergie mécanique magnétique, chimique ou lumineuse.

Elle est obtenue à partir de sources d'électricité appelées alternateur ou générateur.

Ces sources peuvent engendrer une tension continue :

Pile chimique Leclanché

Ces piles sont utilisées pour les appareils transportables,


radios, baladeurs, etc.

Elles ne sont pas rechargeables.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 1


Sources électriques Accumulateurs

Panneaux solaires.

Dans cet exemple, les panneaux solaires


fournissent l'énergie nécessaire au
fonctionnement du satellite.

Sur terre, il existe également des


centrales équipées de panneaux solaires
pour fournir de l'énergie électrique.

Accumulateurs.

Le principal avantage des


accumulateurs est d'offrir la
possibilité d'être rechargé.

Les accumulateurs se trouvent sous


différentes formes. Pour les
voitures, comme cette figure, ou du
même format que les piles pour les
appareils transportables.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 2


Sources électriques Accumulateurs

D'autres sources peuvent engendrer une tension alternative :

Dans la majorité des cas, la production et la distribution de l'énergie électrique est faite en tension
alternative. Elle est plus facile à produire et transformer.

Dessin tiré du livre " On a volé l'électricité " de d'Electricité Romande, Lausanne.
 OFEL Lausanne.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 3


Sources électriques Accumulateurs

Dans une centrale nucléaire, l'énergie du réacteur est


transformée en énergie électrique par un alternateur.

La vapeur produite par l'échauffement du réacteur


entraîne une turbine à vapeur qui est reliée mécaniquement
à l'alternateur.

Dessin tiré du livre " On a volé l'électricité " de d'Electricité Romande, Lausanne.
Toutes les illustrations couleurs  OFEL Lausanne.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 4


Sources électriques Accumulateurs

7.2 L'alternateur

Un alternateur est une source d'énergie électrique qui varie dans le temps de façon sinusoïdale.

La turbine entraîne l'alternateur et engendre une différence de potentiel ou tension UAB aux bornes
de son circuit.

U AB

temps

De par sa construction, l'alternateur peut être représenté ~


par une source de tension symbolisée et par une résistance
interne Ri Générateur de tension Résistance interne
alternative

Le schéma équivalent total est :


L1
A
C Bornes L2
Ri
L3
U
~
Borne N
B

Nous étudierons plus en détail les alternateurs au chapitre machines à régime sinusoïdal.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 5


Sources électriques Accumulateurs

7.3 Générateur

Un générateur est une source d'énergie électrique qui est constante dans le temps.

Le générateur engendre une différence de potentiel V ou tension UAB aux bornes de son circuit.
U
AB

temps

Les générateurs sont obtenus à l'aide de l'effet chimique, soit par une pile ou par un accumulateur.
Des panneaux photovoltaïques génèrent une tension U et un courant I par effet photovoltaïque.
(lumière sur plaquette de silicium)

7.4 Pile
potentiel V D borne
positive
Une pile est un générateur manque d' électrons
cathode
d'électricité constitué de 2 matières électriquement
différentes (exemple charbon - zinc)
excès d' électrons
présentant un excès d'électrons et anode
électriquement
un manque d'électrons. borne
potentiel V C négative

Certaines tables de chimie donnent les valeurs d'électropositivité et d'électronégativité des


matières.
- + - +
Cette source de tension est symbolisée :
Générateur idéal de Générateur de tension
tension continue continue

Un électrolyte favorise le passage des électrons entre les 2 matières et provoque ainsi une réaction
chimique.

La pile possède une résistance interne Ri à cause de l'électrolyte.

Le schéma équivalent total est :

borne du circuit
B notée +
Ri

+ D U Récepteur
UDC R
-

C
borne du circuit
notée -

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 6


Sources électriques Accumulateurs

Exemple:

Une pile alimente une lampe. La tension U à la lampe est de 1.5 [V]. Le courant I est de 300 [mA].

Sachant que la résistance interne de la pile est de 1.2 [Ω], calculer la différence de potentiel
engendrée par l'anode et la cathode de la pile.

Dessinons le schéma de cette installation :

I lampe
B
Ri

+ D U lampe
UDC R lampe
-

Données : UBC = 1.5 [V] IL = 300 [mA] 0.3 [A] Ri = 1.2 [Ω]

Inconnue : UDC = ?

Analyse du circuit : nous constatons que nous sommes dans un circuit de

couplage SERIE, car le courant IL possède un seul parcours possible.

Relations : ΣUtotale = ΣUpartielle U=R⋅I

D'après notre schéma, nous pouvons appliquer la loi de Kirchoff.

UDC = UDB + UBC

Nous constatons que la tension UDB représente la chute de tension aux bornes de la résistance
interne de la pile Ri .

En SERIE, le courant I est constant dans tout le circuit.

Remplaçons la tension UDB par la loi d'Ohm.

U DC = ( R i ⋅ I ) + U BC = (12
. ⋅ 0.3) + 15 . [ V]
. = 186

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 7


Sources électriques Accumulateurs

7.5 Tension à vide

Une pile ou un générateur possède une tension à vide U0

Cette tension pourrait être mesurée lorsque le circuit est ouvert et qu'aucun courant I ne circule
dans le circuit.

I lampe
B
Ri

+ D U lampe
UDC R lampe
-

Appliquons les relations connues:

Relations : ΣUtotale = ΣUpartielle U=R⋅I

Si IL = 0 [A], la tension aux bornes de la résistance interne Ri est égale à 0 [V].

U DC = ( R i ⋅ I ) + U BC = (12
. ⋅ 0) + U BC

Nous constatons que la tension UDC représente la tension à vide U0

7.6 Générateur de tension idéal

Nous sommes à circuit ouvert en présence d'un générateur de tension idéal symbolisé de la façon
suivante:

- +
Générateur idéal de
tension continue

Dans la pratique, ce cas n'est pas possible, car la présence de la résistance interne Ri modifie la
tension disponible aux bornes du circuit.

7.7 Générateur de courant


Nous pouvons symboliser un générateur de courant de la façon suivante:

- +
Générateur idéal de
courant continu

Dans la pratique, ce cas n'est pas possible, car la présence de la résistance interne Ri modifie le
courant disponible dans le circuit.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 8


Sources électriques Accumulateurs

7.8 Accumulateur

Un accumulateur est un générateur d'électricité constitué de 2 matières différentes (exemple


cadmium - nickel) présentant un excès d'électrons et un manque d'électrons.

Un électrolyte favorise le passage des électrons entre les 2 matières et provoque ainsi une réaction
chimique.

Son symbole est le même que la pile. Les traitillés signifient qu'il - + - +
peut y avoir plusieurs éléments montés en série.

borne du circuit
B notée +
Le schéma équivalent total est identique à Ri
celui que nous venons d'étudier.
+ D U Récepteur
UDC R
-

C
borne du circuit
notée -

7.8 Couplage des accumulateurs

Les accumulateurs peuvent être couplés idéalement en parallèle et en série

Ce sont les lois de Kirchhoff qui s'appliquent.

7.9 Couplage parallèle


D D2
1
A

U + +
AB UDC U
- - DC

B
C1 C 2

Pour réaliser ce couplage, il faut que les tensions UCD soient les mêmes.

ΣUtotale = ΣUpartielle

UBA = UCD

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 9


Sources électriques Accumulateurs

Exemple:

Quelle est la tension totale de 2 accumulateurs de 4 [V] montés en parallèle ?

Données : UD1C1 = 4 [V] UD2C2 = 4 [V]


D D2
1
A

Inconnue : UAB = ?
U + +
Relations : ΣUtotale = ΣUpartielle
AB UDC U
- - DC

UAB = UCD B
C1 C 2

Application numérique : UAB = 4 [V]

Le couplage parallèle modifie par contre le courant I total, car la loi des nœuds s'applique aussi.

ΣItotal = ΣIpartiel

Itotal = IC1D1 + IC2D2

Exemple :

Quel est le courant total de 2 accumulateurs, montés en parallèle et débitant 1.5 [A] et 4 [A] ?
D D2
1

Données : I1 = 1.5 [A] I2 = 4 [A]


A

Inconnue : Itotal = ? U
AB
+
UDC
+
U
- - DC

Relation : ΣItotal = ΣIpartiel B


C1 C 2

Itotal = I1 + I2

Application numérique : Itotal = 1.5 + 4 = 5.5 [A]

7.10 Couplage série


D
1
A
+
UDC1
-
C1
U
AB D2
+ UDC2
-
B
C2

Ce sont les lois de Kirchhoff qui s'appliquent.

Loi des mailles :

ΣUtotale = ΣUpartielle UBA = UCD1 + UCD2

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 10


Sources électriques Accumulateurs

Exemple :

Quelle est la tension totale de 2 accumulateurs de 4 [V] montés en série ?


D
Données : UCD1 = 4 [V] UCD2 = 4 [V]
1
A
+
UDC1
-
Inconnue : UAB = ?
C1
U
AB D2
+ UDC2
Relation : ΣUtotale = ΣUpartielle -
B
C2

UBA = UCD1 + UCD2

Application numérique : UAB = 4 + 4 = 8 [V]

Dans un couplage série, le courant I total est constant mais limité par la charge du circuit. (loi des
nœuds)

ΣItotal = ΣIpartiel Itotal = IC1D2

Sachant que le courant I est dépendant du temps t et de la quantité de charges électriques Q, nous
pouvons résoudre nos différents exercices.

Exemple:

Quel sera le courant total débité par 2 accumulateurs, montés en série, dont les quantités de charges
électriques Q sont de 500 [C] et de 500 [C], à travers une résistance R de 500 [Ω] pendant 5 [s].
Nous admettrons qu'ils sont pleins à l'instant t0 et vides à l'instant t1 .
Itotal D
1
Données : Q1 = 500 [C] A
+
UQ1
-
Q2 = 500 [C] R = 500 [Ω] U
C1
AB D2

t0 = 0 [s] t1 = 5 [s]
+ UQ2
-
B
Inconnue : Itotal = ? C2

Relation : ΣItotal = ΣIpartiel Qtotale = Q1 = Q2


Q totale
I total =
t

t représente la différence de temps entre l'état plein et l'état vide. C'est un écart (delta) de
temps donc une durée.

∆t = t 2 − t 1 ∆ = 5- 0 = 5[ s]

Application numérique : Qtotale = 500

500
I total = = 100[ A ]
(5 − 0)

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 11


Sources électriques Accumulateurs

7.11 Charge d'un accumulateur


Contrairement à une pile, un accumulateur peut être rechargé. Nous avons la possibilité, une fois
l'accumulateur déchargé, de le recharger par un moyen auxiliaire appelé chargeur.

C'est-à-dire, que nous avons chargé une certaine quantité de charges électrostatiques Q.

Q=n⋅e [C] ou [As]

C'est pour cette raison que, dans la pratique, l'accumulateur possède la caractéristique de quantité
de charge électrostatique à disposition, appelée communément quantité d'électricité Q.

Exemple :

Un accumulateur est noté 42 [Ah] et 1.2 [V].Calculer le nombre d'électrons accumulés dans ce
générateur.

Données : Q = 42 [Ah]
borne +
Ide charge
Ri +
UBC
e- voir tabelle U
+ D

e- => 1.623 ⋅ 10-19 [C]


DC
borne -

Accumulateur Chargeur

Inconnue : n=?

Relation : Q=n⋅e [C] ou [As]

La première démarche consiste à transformer les [Ah] en [As]. Nous savons que nous trouvons 60
fois 1 seconde dans 1 minute, mais il faut 60 minutes pour obtenir 1 heure.

( 1 seconde ⋅ 60 ) = 60 [s] 1 minute ( 1 seconde ⋅ 60 ) ⋅ 60 1 heure

( 1 seconde ⋅ 3600 ) 1 heure

Calculons maintenant la quantité de charges électrostatiques en [As]:

[Ah]
[Ah] = [As] ⋅ 3600 ce qui implique: = [As]
3600

Q
Nous devons ensuite calculer n (nombre d'électrons) Q=n⋅e => n=
e

42 ⋅ 3600
Application numérique : n= = 9.32 ⋅ 10 23 électrons
1,623 ⋅ 10 −19

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 12


Sources électriques Accumulateurs

7.19 Documentaire

C'est en 1882 que Thomas Edison (1847 - 1931) mis en service la


première centrale électrique industrielle à New York. Entraînée
par des turbines à vapeur, chaque génératrice peut alimenter 1000
lampes à incandescence.

1884, mise au point du transformateur des Français Lucien Gaulard


et JD Gibbs, pour la transmission efficace de l'électricité. La
même année, mise en service de la première centrale près de
Nîmes en France.

Michael Faraday (1791 - 1867), chimiste et physicien anglais. Lors de


son apprentissage de relieur, il profite de lire de nombreux ouvrages de
chimie et d'électricité. Ensuite, après avoir été assistant, il devient
professeur de chimie en 1833.

Après ses études sur l'électromagnétisme (1821), il se consacre à


l'électrostatique (1843), et les protection électromagnétiques (cage de
Faraday).

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 13


Les condensateurs

Chapitre 7b

LES CONDENSATEURS

Sommaire

• Les condensateurs
• Charge et décharge des condensateurs
• Constante de temps
• Entraînement

Introduction

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 1


Les condensateurs

7.12 CONDENSATEUR ELECTROLYTIQUE

Définition : un condensateur est un composant constitué par 2 conducteurs parallèles, appelés


armatures séparés sur toute l'étendue de leur surface par un milieu isolant de faible
épaisseur , exprimé par sa rigidité diélectrique εr (epsilon) ou permittivité relative.

Principe :
S
A la fermeture de S, la tension aux bornes du générateur UAB se
transmet aux deux armatures. Pour obtenir le déséquilibre + +
électronique sur les armatures, des charges doivent se déplacer, C
un courant I circule pendant la charge du condensateur.

Le diélectrique n'ayant, par définition, pas d'électrons libres, ceux qui composent le courant I sont
soustraits à l'une des armatures du condensateur et viennent s'accumuler sur l'autre. L'une des
armatures devient positive et l'autre négative.

La différence de potentiel (ddp) engendrée entre les armatures provoque un champ électrique E
dans le diélectrique.

En fonction du temps, une grande quantité de charges va circuler d'une armature à l'autre et
diminuer en fonction de la charge accumulée.
Il est nécessaire de quantifier cette charge accumulée.

courant électrique I = nombre d'électron par secondes, en ampère [A]

charge électrique Q = nombre d'électrons, en coulomb [C]

Relation entre charge et courant

nombre d'électron par secondes ⋅ seconde = nombre d'électrons

I ⋅ t = Q

[A] ⋅ [s] = [C]

Pour un condensateur, le pouvoir d'emmagasiner des Symbole de la grandeur : C


charges s'appelle la capacité.
Symbole de l'unité : [F] farad

Il est symbolisé de la façon suivante : + +

Nous pouvons mesurer que la tension U, entre les armatures, est proportionnelle à la charge
accumulée.

Relation entre la capacité C, la charge Q et la tension U :

C ⋅ U = Q

[F] ⋅ [V] = [C] et également


[A ⋅ s] = [ V]
[ F]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 2


Les condensateurs

Exemple :

La tension U, aux bornes d'un condensateur, s'élève à 230 [V].


La charge accumulée est de 2.4 ⋅ 10-3 [C]. Calculer la capacité C du condensateur.

Données : Q = 2.4 ⋅ 10-3 [C] U = 230 [V] Inconnue : C = ?

Q
Relation : Q = C⋅U C=
U
2.4 ⋅ 10 −3
10.43 [ µF]
Q
Application numérique : C= = 10.43 ⋅ 10 -6
U 230

Nous pouvons aussi donner l'expression de la capacité (d'accumulation) C du condensateur en


fonction des dimensions du condensateur.

• A aire d'une armature en regard de l'autre [m²]

• d épaisseur du diélectrique [m]

• ε0 permittivité du vide, admis de l'air exprimant avec quelle opposition les électrons
passent d'une armature à l'autre dans l'air ou le vide [F ⋅ m-1]

• εr permittivité relative de la matière du diélectrique, exprimant combien de fois


mieux que l'air, le diélectrique s'oppose au passage des électrons.
A
La relation qui définit la capacité est la C = ε 0 ⋅ ε r ⋅ suivante :
d
La capacité du condensateur : C en [F] farad

valeur de la permittivité du vide : ε0 = 8,854 ⋅ 10-12 [F ⋅ m-1]

valeur de la permittivité relative : (selon tabelle) sans unité :

air, vide = 1 papier = 2.3 gutta-percha = 4

isolation plastique câble électrique haute tension (XKT) = 4.2

Exemple :

Un condensateur plan possède les dimensions suivantes :


armatures 5 [cm] de long et 6 [cm] de large, épaisseur du diélectrique 1000 [µm].

Calculer la capacité C si on admet un diélectrique constitué par de l'air.

Calculer la capacité C si on admet un diélectrique constitué par du papier.

Données : armatures 5 x 6 [cm] épaisseur d = 1000 [µm] 1 [mm]

diélectriques : air εr = 1 papier εr = 2.6

A
Relations : A = longueur ⋅ largeur C = ε0 ⋅εr ⋅
d

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 3


Les condensateurs

Application numérique :

A = longueur ⋅ largeur = 5 ⋅ 10 −2 ⋅ 6 ⋅ 10 −2 = 3 ⋅ 10 −3 m 2 [ ]
A 3 ⋅ 10 − 3
C = ε0 ⋅ εr ⋅ = 8.854 ⋅ 10 −12 ⋅ 1 ⋅ = 26.56 ⋅ 10 −12 [ F] 26.56 [ pF]
d 1 ⋅ 10 − 3

A 3 ⋅ 10 − 3
C = ε0 ⋅ εr ⋅ = 8.854 ⋅ 10 −12 ⋅ 2.3 ⋅ = 61.11 ⋅ 10 −12 [ F] 61.11 [ pF]
d 1 ⋅ 10 − 3

Résultats : capacité avec de l'air comme diélectrique 26.56 [pF]

capacité avec un diélectrique en papier 61.11 [pF]

7.13 Couplages des condensateurs

Dans la pratique, il est possible de coupler des condensateurs en parallèle ou en série.

+ + +
Couplage parallèle
C1 C2
Le couplage parallèle de condensateurs a comme influence de
changer la capacité équivalente Céq vue par le générateur.

Cette capacité équivalente Céq est constituée d'un condensateur + + +


possédant de nouvelles dimensions.
C éq
Comme nous connaissons la relation :

en [ F]
A
C = ε0 ⋅ εr ⋅
d

Nous constatons que si l'aire des armatures A augmente, la capacité C va augmenter aussi, les autres
paramètres ne se modifiant pas.

Exemple:

Un condensateur plan possède des armatures de 5 [cm] de long et 6 [cm] de large l'épaisseur du
diélectrique est de 1 [mm]. Nous lui en plaçons un autre, de mêmes dimensions, en parallèle.

Calculer la capacité C équivalente, si l'on admet un diélectrique constitué par du gutta-percha.

Données : armatures 5 x 6 [cm] épaisseur d = 1 [mm]

diélectrique : gutta-percha εr = 4
A
Relations : A = longueur ⋅ largeur C = ε0 ⋅εr ⋅
d

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Les condensateurs

Application numérique :

A = longueur ⋅ largeur = 5 ⋅ 10 −2 ⋅ 6 ⋅ 10 −2 = 3 ⋅ 10 −3 m 2 [ ]
A 3 ⋅ 10 −3
C = ε0 ⋅ εr ⋅ = 8.854 ⋅ 10 −12 ⋅ 4 ⋅ = 106.25 ⋅ 10 −12 [ F] 106.25 [ pF]
d 1 ⋅ 10 − 3

Sachant que les deux condensateurs sont en parallèle et qu'ils ont les mêmes dimensions, nous
pouvons doubler la surface

A 6 ⋅ 10 −3
C = ε0 ⋅ εr ⋅ = 8.854 ⋅ 10 −12 ⋅ 4 ⋅ = 212.48 ⋅ 10 −12 [ F] 212.50 [ pF]
d 1 ⋅ 10 − 3

Résultats : capacité totale des deux condensateurs en parallèle = 212.50 [pF]

Nous pouvons donc déduire que la capacité équivalente Céq d'un montage de condensateurs, en
parallèle, est égale à la somme des capacités des condensateurs.

n
Céq = C1 + C2 +...+ Cn ou en notation algébrique : C eq = Ci
i =1

Couplage série +

C1 +
Le couplage série de condensateurs a comme influence de changer la
capacité équivalente Céq vue par le générateur. +

C2

Cette capacité équivalente Céq est constituée d'un condensateur + +


possédant de nouvelles dimensions. C éq

Comme nous connaissons la relation :

en [ F]
A
C = ε0 ⋅ εr ⋅
d

Nous constatons que si la distance d entre les armatures augmente, la capacité C va diminuer, les
autres paramètres ne se modifiant pas.

Exemple :

Un condensateur plan possède des armatures de 5 [cm] de long et 6 [cm] de large, l'épaisseur du
diélectrique est de 2 [mm]

Nous lui en plaçons un autre, de mêmes dimensions, en série.


Calculer la capacité C équivalente, si l'on admet un diélectrique constitué par du gutta-percha.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 5


Les condensateurs

Données : armatures 5 x 6 [cm] épaisseur d = 2 [mm]

diélectrique : gutta-percha εr = 4

A
Relations : A = longueur ⋅ largeur C = ε0 ⋅εr ⋅
d

Application numérique :

A = longueur ⋅ largeur = 5 ⋅ 10 −2 ⋅ 6 ⋅ 10 −2 = 3 ⋅ 10 −3 m 2 [ ]
A 3 ⋅ 10 − 3
C = ε0 ⋅ εr ⋅ = 8.854 ⋅ 10 −12 ⋅ 4 ⋅ = 53.12 ⋅ 10 −12 [ F] 53.12 [ pF]
d 2 ⋅ 10 − 3

Sachant que les deux condensateurs sont en série et qu'ils ont les mêmes dimensions, nous devons
multiplier la distance par deux.

A 3 ⋅ 10 −3
C éq = ε 0 ⋅ ε r ⋅ = 8.854 ⋅ 10 −12 ⋅ 4 ⋅ = 26.56 −12 [ F] 26.56 [ pF]
d 4 ⋅ 10 − 3

Résultat : capacité totale des deux condensateurs en = 26.56 [pF]

Nous pouvons donc déduire que la capacité équivalente Céq d'un montage de condensateurs, en série,
est plus petite que la plus petite capacité des condensateurs.

A l'aide des lois de Kirchhoff, nous pouvons démontrer cette diminution de capacité.

Relations : ΣUtotale = ΣUpartielle

C ⋅ U = Q en [C] coulomb

Loi de Kirchhoff : UCD = UDE + UEC

Q DC
Loi de Kirchhoff remplacée par la relation : Q=U⋅C U DC =
Ceq

Q DE Q EC
mais nous pouvons aussi dire: U DE = et U EC =
C DE C EC

Remplaçons maintenant la relation : UDC = UDE + UEC D


+
par la relation obtenue à l'aide des charges électriques Q: C DE
Q DC Q DE Q EC +
= + E
C eq C DE C EC
+
C EC
Ecrivons autrement cette relation en mettant en évidence les capacités
C:
C
Q DC 1 1
= Q DE ⋅ + Q EC ⋅
C éq C DE C EC

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 6


Les condensateurs

Nous admettrons, dans notre démonstration, que les capacités C sont les mêmes:

Q DC
= ( Q DE + Q EC ) ⋅ ç
1
⋅ 2÷
C eq C DE

Mais QDE + QEC peuvent être remplacés par QDC (loi de Kirchhoff)

Q DC
= ( Q DC ) ⋅ ç
1
⋅ 2÷
C eq C DE

Simplifions cette relation par QDC de chaque côté du signe = :

Q DC æ 1 ö æ 1 ö
= ( Q DC ) ⋅ ç
1
⋅ 2÷ Þ =ç ⋅ 2÷
C eq è C DE C éq è C DE

Comme nous avons admis que CDE = CEC , réécrivons notre relation:

1 1 1
= +
C éq C DE C EC

Nous pouvons en tirer une relation générale, pour des couplages série à plusieurs éléments:

1
C éq =
1 1 1
+ +...+
C1 C 2 Cn

1
ou selon la notation algébrique : C éq = n
1
i =1
Ci

7.14 Constante de temps τ (tau)

Dans un circuit série RC en série, sous une tension constante, nous remarquons au moyen d'un
oscilloscope (écran télévision permettant de visualiser une tension électrique U) que le condensateur
C se charge de façon non linéaire.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 7


Les condensateurs

Il est assez facile de comparer le condensateur C à un "réservoir d'eau".

Au début de la charge, la tension aux bornes du condensateur est faible. C'est comme un bassin
d'accumulation d'une centrale hydroélectrique. La quantité d'eau à turbiner est faible.

Au temps t0 correspondant au début de la charge 0%. Le condensateur d'est pas chargé, il n'a
accumulé aucune charge électrique.
+

Les charges électrostatiques ou électrons vont se répartir entre les 2 armatures. Le courant
électrique I est limité par la résistance R en série dans le circuit, comme nous le voyons dans la
figure du haut de la page.
Pour le bassin d'accumulation, l'eau va s'engouffrer facilement à l'intérieur et elle n'est limitée que
par la dimension des conduites qui l'amènent au bassin.
Le temps t1 correspond à une charge partielle 63% par rapport au temps t0 où le condensateur
n'était pas chargé.
+

Le temps t2 correspond à une charge partielle 87%, toujours par rapport au temps t0.
+

Nous considérerons dans la technique, qu'il faut 5 fois la constante de temps τ pour pouvoir
considérer le condensateur C comme chargé à 100 %.
Analogie au temps t5 correspondant à une charge partielle 99.9% :
+

Cette analogie s'arrête là, car dans la pratique, le condensateur C ne se charge


pas de façon linéaire, mais de façon exponentielle. (voir courbe obtenue à l'aide de
l'oscilloscope)

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 8


Les condensateurs

7.15 Courbe de charge d'un condensateur

Nous avons placer un appareil de mesure (oscilloscope) aux bornes de la résistance R pour mesurer la
tension UR

Nous pouvons en déduire par la loi d'ohm que cette courbe représente la courbe du courant I dans le
circuit.

Relation: U=R⋅I
UR
nous cherchons le courant I en divisant de chaque I charge =
R
côté du signe = par R

Cette dernière relation nous permet de calculer le courant de charge dans le condensateur, puisque
les deux éléments sont montés en série, le courant dans la résistance est identique au courant dans
le condensateur.

L'oscilloscope peut également nous montrer la forme du courant de charge.

La première trace (A) de l'oscilloscope montre la forme du courant dans le circuit et la seconde
trace (B) indique la tension aux bornes du condensateur.

Nous remarquons que les tangentes à l'origine des tensions et des courants coupent les asymptotes
au temps correspondant au produit de la résistance R en ohm et de la capacité C en farad.

τ=R⋅C

[s] = [Ω] ⋅ [F] τ en secondes

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 9


Les condensateurs

Exemple :

Déterminer la constante de temps d'un circuit série dont la résistance R vaut 22 [MΩ] et la capacité
C 47 [pF].

Données : R = 22 [MΩ] C = 47 [pF]

Relations : τ=R⋅C

Application numérique :

τ = R⋅C Þ τ = 22 ⋅ 10 6 ⋅ 47 ⋅ 10 −12 = 1034


. ⋅ 10 −3 [ s] Þ 1034
. [ ms]

7.16 Décharge d'un condensateur.

Les mêmes développements peuvent être appliqués pour la décharge d'un condensateur C comme
pour sa charge.

Au début de la décharge, la tension aux bornes du condensateur est grande. C'est comme un bassin
d'accumulation d'une centrale hydroélectrique. La quantité d'eau à turbiner est grande.

Analogie au temps t0 correspondant au début de la décharge 100%

Condensateur Bassin d'accumulation


+

Analogie au temps t1 correspondant à une charge partielle 37%.


+

Analogie au temps t2 correspondant à une charge partielle 13%.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 10


Les condensateurs

Nous considérerons dans la technique qu'il faut 5 fois la constante de temps τ. pour pouvoir
considérer le condensateur C comme déchargé à 100 %.

Analogie au temps t correspondant à une charge partielle 0.2%


+

Cette analogie s'arrête là, car dans la pratique, le condensateur C ne se décharge pas de
façon linéaire, mais de façon exponentielle. (voir la courbe obtenue à l'aide de
l'oscilloscope)

7.17 Courbe de décharge d'un condensateur

Nous avons placé un appareil de mesure (oscilloscope) aux bornes du condensateur pour mesurer la
tension UC

Nous pouvons également tracer la courbe de décharge UC = f(t)


U [V]

100

90
décharge d'un condensateur dans une résistance
80

70

60

50

40

30

20

10

t [s]
0

0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5 5.5 6

Nous remarquons que les tangentes à l'origine des tensions et des courants coupent les asymptotes
au temps correspondant au produit de la résistance R en ohm et de la capacité C en farad.

C'est comme pour la charge du condensateur. τ=R⋅C


[s] = [Ω] ⋅ [F]

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Les condensateurs

7.18 Tension de claquage

Lorsque la tension U entre les armatures augmente, le champ électrique E dans l'isolant augmente
ainsi que la force F à laquelle sont soumis les électrons. Lorsque cette force F est supérieure, elle
provoque la ionisation de certains atomes. Les électrons libérés, soumis au champ électrique E , sont
accélérés et peuvent, en percutant d'autres atomes, provoquer leur ionisation et ainsi de suite.

Ce phénomène d'avalanche est appelé: courant I de claquage du condensateur.

L'isolant devient conducteur et le condensateur se décharge.

Il y a désamorçage lorsque la tension descend au-dessous d'un certain seuil.

Principales caractéristiques :

Capacité nominale:

• valeur de la capacité en farad [F] pour laquelle le condensateur a été conçu.

Tolérance:

• écart admissible sur la valeur nominale, elle n'a pas d'unité mais s'exprime en %.

Tension nominale:

• valeur de la tension continue qui peut en courant continu être appliquée au condensateur en
régime permanent.

7.19 Documentaire

C'est en 1882 que Thomas Edison (1847 - 1931) mis en service la


première centrale électrique industrielle à New York. Entraînée par des
turbines à vapeur, chaque génératrice peut alimenter 1000 lampes à
incandescence.

1884, mise au point du transformateur des Français Lucien Gaulard et JD


Gibbs, pour la transmission efficace de l'électricité. La même année, mise
en service de la première centrale près de Nîmes en France.

Michael Faraday (1791 - 1867), chimiste et physicien anglais. Lors de


son apprentissage de relieur, il profite de lire de nombreux ouvrages de
chimie et d'électricité. Ensuite, après avoir été assistant, il devient
professeur de chimie en 1833.

Après ses études sur l'électromagnétisme (1821), il se consacre à


l'électrostatique (1843), et les protection électromagnétiques (cage
de Faraday).

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Chapitre 8

Chapitre 8
PUISSANCE , ENERGIE

EFFET CALORIFIQUE , RENDEMENT

Sommaire

• La puissance et l'énergie électrique


• Effet Joule
• Les pertes par transformation d'énergie
• Rendement des installations électriques
• Effets calorifiques
• Exercices

8.1 La puissance
Définition : la puissance P est le produit de la tension U et du courant I, à chaque instant.

P= U⋅I

Symbole de la grandeur : P

Symbole de l'unité : [W] watt

Elle exprime la quantité de courant I transformé en chaleur ou en une autre énergie, dans les
éléments d'un montage alimenté en régime continu.

Remarque :

Cette puissance P peut être mesurée avec un voltmètre et un ampèremètre en courant continu. Elle
peut être aussi mesurée à l'aide d'un wattmètre.

Schémas:

+ +
V Récepteur Récepteur
- -

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Chapitre 8

Exemple 1 :

Une lampe est connectée à un réseau de tension U continue. Les indications des différents appareils
de mesures donnent: I = 500 [mA] U = 10 [V]

Calculer la puissance P de la lampe.

Données : I = 500 [mA] U = 10 [V]

Relation : P=U⋅I

Résolution : P = U⋅I P = 10 ⋅ 0.5 = 5 [ W]

P U I

Représenter graphiquement la puissance P à


l'aide de U et I en fonction du temps:
U

P f(t) et U f(t) I f(t)


I

temps

Exemple 2 :

Une résistance R dissipe une puissance de 1.2 [kW]. Sachant que cette résistance R est parcourue
par un courant I de 3.54 [A], calculer la résistance.

Données : P = 1.2 [kW] I = 3.54 [A] Inconnue : R = ?

Schéma :

+
Récepteur
-

Relation : P=U⋅I (1) U=R⋅I (2)

Analyse :

Nous connaissons le courant I et la puissance P. Nous devons chercher la résistance R.


Remplaçons la grandeur I inconnue de la relation (1) par la relation (2):

P
Nous obtenons la relation suivante: R=
I2

P 1200
Application numérique: R= = = 96.76 [ Ω]
I2 ( 354
. )
2

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Chapitre 8

8.2 ENERGIE ELECTRIQUE


Un conducteur parcouru par un courant I s'échauffe
I
A

Pour que ce conducteur s'échauffe, une source de +

tension U doit fournir de l'énergie électrique W, qui U


-
se transforme en énergie calorifique. Récepteur

Symbole de la grandeur : W

Symbole de l'unité : [J] joule

ENERGIE ELECTRIQUE ---------> ENERGIE CALORIFIQUE

Wélectrique => Wcalorifique

Relation ou loi de Joule : W = R ⋅ I2 ⋅ t

Le produit de ( R ⋅ I2 ) peut être remplacé par la puissance P.(voir la loi d'ohm et la relation de la
puissance 4.20)

W = P⋅t

Analyse dimensionnelle: 1 [J] = 1 [W] ⋅ 1 [s]

L'énergie électrique s'exprime également en watt seconde [Ws].

1 [J] = 1 [Ws]

Dans les milieux électriques, on parle en unité courante de kilowattheure.

Comment arrive-t-on à cette unité ?

En une minute, il y a 60 secondes 60 ⋅ 1 [J] = 1 [W] ⋅ 1 minute

En une heure, il y a 60 minutes 60 ⋅ 60 ⋅ 1 [J] = 1 [W] ⋅ 1 heure

Le préfixe "kilo" signifie 1000 1000 ⋅ 3600 ⋅ 1 [J] = 1 [kWh]

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Chapitre 8

8.3 Pertes par effet Joule PJ


Ces pertes représentent l'expression de l'énergie calorifique dissipée par le conducteur soumis au
passage du courant I, pendant un temps t.

W R ⋅ I2 [ Ws] = W
PJ = = [ ]
t t [ s]
Nous constatons que les pertes par effet Joule sont proportionnelles au carré du courant I.

Exemple :

Une résistance R dissipe une puissance de 1.2 [kW].


Sachant que cette résistance R est parcourue par un courant I de 3.54 [A], calculer l'énergie
électrique consommée pendant 1 heure 12 minutes 27 secondes.

Données : P = 1.2 [kW] I = 3.54 [A]


Inconnue : W=?
Schéma:
I
A

+
U
-
Récepteur

Relation : W = P⋅t
Analyse : Il nous faut transformer les heures, minutes, secondes en une unité qui peut être soit
des heures, soit des secondes.
Choisissons de tout ramener en secondes :

1 heure = 60 ⋅ 60 ⋅ 1 [s]= 3600 [s]


+ 12 minutes = 12 ⋅ 60 ⋅ 1 [s]= 720 [s]
+ 27 secondes = 27 ⋅ 1 [s] = 27 [s]
4347 [s]

Application numérique : W = 1200 ⋅ 4347 = 5.22 ⋅ 106 [Ws]


Cette réponse n'est pas dans une unité appropriée à l'électricité.
Il nous faut donner l'énergie en [kWh]. Comme c'est le cas pour la facture d'énergie électrique
envoyée par le distributeur.
Nous savons que : 3600000 [J] = 3.6 ⋅ 106 [Ws] = 1 [kWh]

Il nous faut donc diviser l'énergie W par 3.6 ⋅ 106 pour pouvoir l'exprimer en [kWh].

3,6 ⋅ 10 6 [ Ws]
1 [ kWh]
3,6 ⋅ 10 6

5,22 ⋅ 10 6
Résultat : W= . [ kWh]
= 145
3,6 ⋅ 10 6

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Chapitre 8

8.4 PERTES PAR TRANSFORMATION D'ENERGIE


Dans les exemples précédents, nous avons admis que toute l'énergie électrique Wél était
transformée en énergie calorifique Wcal .

Représentons-nous cette transformation d'énergie :

Wélectrique Wcalorifique

Dans la pratique, aucun système de transformation d'énergie ne s'effectue sans pertes.

Une lampe électrique transforme un courant et une tension, pendant un certain temps, en une source
d'énergie lumineuse. La lampe éclaire mais vous chauffe les mains aussi. Cet échauffement est une
énergie hors du spectre lumineux, appelée INFRAROUGE. Elle représente dans notre cas l'énergie
perdue.

Wélectrique Wlumineuse

Wperdue

L'énergie W perdue est obtenue selon une relation proche des lois de Kirchhoff:

Wtotale Wutilisée

Wperdue

Wtotale = Wpartielle utilisée + Wpartielle perdue

D'un terme plus général: ΣWabsorbée = ΣWutile + ΣWperdue

Ces mots peuvent être modifiés à votre guise.

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Chapitre 8

Exemple :

Une lampe absorbe un courant de 10 [A] et une tension de 48 [V] pendant 2 heures.
Sachant que la température du local est montée de 2 [°C], ce qui est l'équivalent d'un radiateur
d'une puissance de 200 [W] connecté.

Calculer l'énergie électrique transformée en effet lumineux.

Données : U = 48 [V] I = 10 [A] t = 2 [h] P = 200 [W]

Wélectrique Wlumineuse

Wcalorifique

Inconnue : Wlumineuse = ?

relations :

ΣWabsorbée = ΣWutile + ΣWperdue

W = P⋅t P = U⋅I

Energie électrique à disposition du réseau électrique :

Wabsorbée = P ⋅ t remplaçons P par U et I Wabsorbée = U ⋅ I ⋅ t

Wabsorbée = Wutile + Wperdue

Wperdue représente l'énergie calorifique non transformée en lumière.

Wperdue = P ⋅ t remplaçons P par U et I

isolons Wutiles en soustrayant Wperdue de chaque côté du signe =

Wabsorbée - Wperdue = Wutile

A l'aide des relations , nous obtenons:

(U ⋅ I ⋅ t) - (Pradiateur ⋅ t) = Wutile

mettons en évidence t pour avoir moins de touches de calculatrice à actionner, donc moins de risques
d'erreur:

{(U ⋅ I) - Pradiateur } ⋅ I = Wutile Wutiles = Wlumineuse

Application numérique:

Wlumineuse = {(48 ⋅ 10) - 200} ⋅ 2 = 560 [Wh] = 0.56 [kWh]

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Chapitre 8

8.5 Rendement
Il existe aussi la possibilité de mentionner le rapport entre l'énergie Wabsorbée et l'énergie Wutile

Symbole de la grandeur : η

Symbole de l'unité : aucun

Ce rapport est appelé le rendement η (êta). Sa valeur ne peut pas être plus grande que 1 car il y a
toujours des pertes.

Wà disposition rendement
Wà disposition Wdisponible

Wpertes

Wutile
η=
Wabsorbée

Exemple :

Un radiateur consomme une énergie électrique W de 2 [kWh].


Le rendement de ce radiateur est de 0.9.

Calculer l'énergie dissipée dans le local.

Données : Wabsorbée = 2 [kWh] η = 0.9

Inconnue : Wutile = ?

Wutile
Relation : η=
Wabsorbée

Cherchons à isoler Wutile en multipliant de chaque côté du signe égal par Wabsorbée

η ⋅ Wabsorbée = Wutile

Application numérique :

Wutile = 0.9 ⋅ 2 = 1.8 [kWh]

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Chapitre 8

8.6 Applications du rendement


La notion de rendement peut être appliquée aux autres grandeurs que l'énergie W.

Nous pouvons l'utiliser avec des puissances par exemple.

Wutile
t Putile
η= =
Wabsorbée Pabsorbée
t

Une lampe consomme une énergie de 0.96 [kWh] en 2 heures. Sachant que la température θ du local
est montée de 2 [°C], c'est comme si un radiateur d'une puissance de 200 [W] avait fonctionné.

Calculer le rendement de cette lampe.

Données : Wabsorbée = 0.96 [kWh] t = 2 [h] P = 200 [W]

Inconnue : η=?

Wà disposition rendement
Wà disposition

Wlumineuse disponible

Wcalorifique

Relations :

ΣWabsorbée = ΣWutile + ΣWperdue

W = P⋅t

Putile
η=
Pabsorbée

Cherchons la puissance P absorbée par la lampe :

W
W = P⋅t P = P=
t

Cherchons la puissance utile de la lampe :

Wabsorbée
Pdisponible = − Ppertes
t

Cherchons le rendement :

Wabsorbée 0.96
− Ppertes − 0.2
η= t = 2 = 0.58 58 %
Wabsorbée 0.96
t 2

Il faut bien prendre garde à utiliser des unités UNIFORMES.


Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 8
Chapitre 8

Nous pouvons aussi trouver la notion de rendement dans d'autres domaines que l'électricité, par
exemple en mécanique. Mais nous pouvons aussi trouver des combinaisons de conversion d'énergie
mécanique Wméc en énergie électrique Wél

Prenons l'exemple d'une centrale hydroélectrique. La centrale de Verbois (près de Genève) possède
une turbine KAPLAN et un alternateur, dont les rendements sont les suivants:

ηturbine = 0.92 ηalternateur = 0.95

Calculons le rendement global de cette centrale:

Données : ηturbine = 0.92 ηalternateur = 0.95 Inconnue : ηglobal = ?

Analyse :

Ene rgie mé c a nique


ou prima ire

PERTES Turbine

P ERTES Alte rna te ur

Ene rgie é le c trique


ou s e conda ire

La partie 1 représente la totalité d'énergie primaire (hydraulique) de la rivière, soit l'entier de la


rivière 1. Cette valeur de 1 n'est pas très représentative, lorsque l'on parle, nous aimons exprimer
cette valeur en pour-cent, soit:

1 100
totalité = 1 = = soit 100 %
1 100

La partie 2 représente les pertes dues à l'opération de turbinage.


Dans notre cas, le rendement de la turbine ηturbine est de 0.92 ce qui implique :

Wutile = Wabsorbée - Wutile


turbine avant turbinage après turbinage

Wutile
Nous avons aussi vu que η =
Wabsorbée

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 9


Chapitre 8

donc, en remplaçant par cette relation, nous obtenons:

Wperdue turbine = 1 - (1 ⋅ 0.92) ou Wperdue turbine = 1 - 0.92 Wperdue turbine = 100% - 92%

Wperdue turbine = 8% Wperdue turbine = 0.08

Ene rgie mé ca nique


ou prima ire 1 ou 100 %

0.92
ou Turbine
92 % PERTES 0.08 ou 8 %

P ERTES Alte rna te ur

Ene rgie é le ctrique


ou s econda ire

La partie 3 représente l'énergie Wturbinée à disposition pour entraîner l'alternateur.

Soit le 92% ou 0.92 de l'énergie primaire de la rivière.

La partie 4 représente les pertes dues aux composants électriques de l'alternateur, aux vibrations
mécaniques et autres.

Dans notre cas, le rendement de l'alternateur ηalternateur est de 0.95 ce qui implique:

Wperdue = Wabsorbée - Wdisponible


alternateur avant l'alternateur après l'alternateur

Wutile
Nous avons aussi vu que η =
Wabsorbée

donc en remplaçant par cette relation, nous obtenons:

Wperdue alternateur = (0.92 de 1) - (0.95 de 0.92) (92% de 100%) - (95% de 92%)

Wperdue alternateur = (0.92 ⋅ 1) - (0.95 ⋅ 0.92) 0.92 - (0.95 ⋅ 0.92)

Wperdue alternateur = 0.92 - ( 0.874 ) 0.05

Wperdue alternateur = 4.6%

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Chapitre 8

Ene rgie méc a nique


ou prima ire 1 ou 100 %

0.92
ou Turbine
92 % PERTES 0.08 ou 8 %
0 .9 2
ou
92 %

P ERTES Alte rna te ur


0.05 ou 4.6 %

Ene rgie é le ctrique


ou s econda ire
0.87 ou 87.4 %

La partie 5 représente l'énergie secondaire W disponible.

Dans notre cas, il s'agit de l'énergie électrique Wél

Nous pouvons exprimer cette énergie secondaire Wél directement par rapport
à l'énergie primaire Wméc

Wprimaire ⋅ ηturbine = Wutile

Ene rgie mé c a nique


ou prima ire 1 ou 100 %

0.92
ou Turbine
92 % PERTES 0.08 ou 8 %

P ERTES Alte rna te ur

Ene rgie é le c trique


ou s econda ire
0.87 ou 87.4 %

Nous sommes au point 3 de notre représentation.

Mais cette énergie Wutile est en fait l'énergie sortie de la turbine

Wabsorbée entrée alternateur

Wutile = Wabsorbée

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Chapitre 8

En appliquant une nouvelle fois la relation du rendement, nous obtenons pour l'énergie secondaire Wél :

Wabsorbée ⋅ ηalternateur = Wsecondaire


Remplaçons l'énergie Wabsorbée :

(Wprimaire ⋅ ηturbine) ⋅ ηalternateur = Wsecondaire

Nous sommes au point 5 de notre représentation.

Comme nous cherchons le rendement global, il nous faut chercher à isoler les rendements en divisant
de chaque côté du signe = par Wprimaire

Wsec ondaire mécanique


η turbine ⋅ ηalternateur =
Wprimaire mécanique

Wsec ondaire mécanique


Mais le terme = ηglobal
Wprimaire mécanique

Ene rgie mé c a nique


ou primaire 1 ou 100 %

0.92
ou Turbine
92 % P ERTES 0.08 ou 8 %

P ERTES Alte rna te ur


0.05 ou 4.6 %

Ene rgie é le ctrique


ou se condaire
0.87 ou 87.4 %

Nous pouvons donc écrire :

ηturbine ⋅ ηalternateur = ηglobal

Application numérique : ηglobal = 0.92 ⋅ 0.95 => 0.87

ou exprimé en pour-cent : ηglobal = 0.87 ⋅ 100 => 87.4%

Selon notre développement, nous pouvons donner une loi générale lorsqu'il y a association de
rendements:

ηtotal = η1 ⋅ η2 ⋅ .... ⋅ ηn

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Chapitre 8

8.7 EFFETS CALORIFIQUES


La transformation d'énergie électrique Wél en une énergie calorifique Wcal est couramment utilisée.

Dans les installations électriques, nous trouvons une quantité impressionnante d'appareils
domestiques réalisant cette transformation. Par exemples :

 cuisinières
 fours
 radiateurs pour le chauffage des locaux
 chaudière pour le chauffage d'un liquide
 chauffe-eau pour l'eau sanitaire
 lampe à incandescence

Tous ces exemples sont des applications contrôlables par l'homme.


Ils sont, de ce fait, utiles.

Nous pouvons dire ceci par opposition à l'effet Joule qui, lui, n'est pas contrôlé par l'homme mais par
des lois spécifiques aux matières utilisées. (chapitre 4.21)

Pour pouvoir équiper vos maisons de ces appareils, il a bien fallu les dimensionner.

Comme nous sommes dans un domaine d'application des lois électriques, nous allons différencier
l'énergie calorifique Wcal par un autre symbole de grandeur.

8.8 Energie calorifique


L'énergie transformée en énergie calorifique est symbolisée de la façon suivante:

Symbole de la grandeur : Q

Symbole de l'unité : [J] joule

Wélectrique Q

Wperdue

Dans un transfert d'énergie, il y a toujours des pertes.

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Chapitre 8

Cas s e role
A d' e a u
R

Une cuisinière électrique doit chauffer de l'eau dans une casserole. Le but est de pouvoir calculer
l'énergie nécessaire pour faire bouillir cette eau.

Phase 1

La tension électrique U appliquée aux bornes de la résistance R provoque le passage d'un courant
électrique I.
U=R⋅I
Phase 2

Ce circuit provoque une puissance électrique P,

P=U⋅I
Phase 3

qui, appliquée pendant un certain temps, engendre une énergie électrique Wél .

Wél = P ⋅ t
Phase 4

Mais ce transfert d'énergie se réalise avec un certain rendement η dû aux pertes par effet Joule
(conducteurs).

Wél - Wjoules = Q
Phase 5

Cette énergie calorifique Q doit être transmise à l'élément à chauffer qui peut être soit un liquide,
soit un solide.

Ce transfert se fait avec un certain rendement η.


Qabsorbée ⋅ η = Qutile
Phase 6

L'élément à chauffer va aussi avoir certaines réactions. Ces réactions seront dépendantes de:
 la masse m de l'élément (solide, liquide, composition)
 sa facilité de stocker l'échauffement appelé chaleur massique c
 sa température θ finale désirée
 sa température θ initiale

La relation qui lie les différents éléments que nous venons de citer est la suivante :

Q = m ⋅ c ⋅ ∆θ

∆θ = θ initiale − θ finale ( ∆ delta écart )

Il est nécessaire de disposer d'une tabelle pour connaître les différentes chaleurs massiques c des
matières utilisées.

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Chapitre 8

8.9 Masse
Nous rappelons que la masse d'un corps est donnée par rapport à un étalon de platine iridié
pratiquement cylindrique égal à 1 [dm3 ] d'eau à une température de 4 [°C]

Symbole de la grandeur : m

Symbole de l'unité : [kg] kilogramme

8.10 Chaleur massique


La chaleur massique c exprime la facilité qu'a un corps de stocker de la chaleur.

Cette chaleur massique c n'est constante que dans des gammes de températures bien définies (voir
tabelle)

Symbole de la grandeur : c

Symbole de l'unité : [J⋅kg-1⋅°C-1]

8.11 Température
La température exprime l'écart d'échauffement d'un corps par rapport à un point fixe de référence
où il n'y a plus d'agitation des atomes (ou molécules).

Ce point fixe est la température absolue, soit le "zéro absolu"

Symbole de la grandeur : T

Symbole de l'unité : [K] kelvin

Le "zéro absolu" se situe à -273.16 [°C] ou 0 [K].

C'est l'unité légale de la norme SI (Système International d'unités).

Dans nos applications pratiques, nous travaillerons avec une température θ, exprimée en degrés
centigrades ou celsius.

Cette unité ayant été obtenue en divisant en 100 parties égales un thermomètre mesurant de la glace
fondante (admis 0°C) et de l'eau bouillante (admis 100°C) sous une pression p constante de 760 [mm]
Hg (Hg est le symbole chimique du mercure)

Symbole de la grandeur : θ thêta

Symbole de l'unité : [°C] degré Celsius

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Chapitre 8

8.12 Exemple pratique :


Nous désirons chauffer 4 [l] d'eau, prise au réseau d'eau à 14[°C], pour l'amener à ébullition
(100 [°C]). Nous disposons d'un corps de chauffe électrique de 400 [W]. Son rendement est de 97%.

Calculer le temps nécessaire pour faire bouillir ce liquide.

Données : P = 400 [W] quantité d'eau = 4 [l]

θinitiale = 14 [°C] θfinale = 100 [°C] η = 97% ou 0.97

Inconnue : t=?

Relations : Q = m ⋅ c ⋅ ( θ finale − θ initiale ) W = P⋅t Q utile = Q absorbée ⋅ η

Analyse : Nous devons chercher la masse d'eau à chauffer.

[ ]
1[ l] = 1 dm3 1[ kg] meau = 4[ kg]

Calculons l'énergie calorifique Qeau nécessaire pour chauffer l'eau:

Q eau = m ⋅ c ⋅ ∆θ

Wélectrique
Cherchons l'énergie calorifique Qcorps de chauffe : = Q eau
Q corps de
chauffe
Qcorps de chauffe ⋅ η = Qeau

Qeau
Qcorps de chauffe =
η
pertes

Cherchons l'énergie électrique Wél appliquée au corps de chauffe:

Wél = Qcorps de chauffe

Cherchons le temps t de chauffe:

Wél
Wél = P ⋅ t t=
P

Remplaçons Wél par le développement effectué:

Q eau m eau * c *(θ finale − θ initiale )


η η
t = =
P P

Application numérique :

4 ⋅ 4183 ⋅ (100 − 14)

= 3708.64 [ s] 1.03 [ h]
0,97
t=
400

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Chapitre 8

8.13 Documentaire

James Watt ingénieur mécanicien écossais (1736-1819). Après avoir étudié


la fabrication des instruments de mesures chez un opticien, il s'établit à
son compte en 1757. Ensuite, il est nommé fabricant d'instrument pour
l'université de Glasgow, où il est amené à réparer la machine à vapeur de
Newcomen que personne ne savait faire fonctionner correctement. En la
réparant, il en étudie le fonctionnement et s'aperçoit qu'il y a une grande
perte de vapeur donc d'énergie. Cela l'amène à en améliorer le
fonctionnement.

Tous ces perfectionnements lui permettent d'obtenir un brevet de fabrication en 1769. Il fonde
l'entreprise Boulton et Watt et commercialise ses machines à vapeur dès 1780.

James Prescott Joule, physicien anglais (1818-1889). Il est d'abord


directeur d'une fabrique de bière, avant de se consacrer à la science.

En 1841, il formule les lois qui portent son nom et démontrent que
l'énergie électrique transformée en énergie calorifique dans un
conducteur, est proportionnelle à sa résistance R, au temps t et au
carré du courant I.

Léopold Nobili, physicien italien (1787 - 1835). Inventeur du


galvanomètre astatique, formé de deux aiguilles aimantées de pôles
opposés, permettant de mettre au point les premiers galvanomètres,
instruments de mesure du courant électrique.

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Chapitre 8

8.14 Exercices
1. Quels sont les instruments nécessaires pour mesurer la puissance électrique ?

2. Donner toutes les relations qui définissent la puissance P

3. Comment peut-on déceler la puissance dissipée dans une résistance ?

4. Donner la puissance d'un grille-pain, d'un téléviseur, d'une voiture de sport

5. Où trouve-t-on l'indication de la puissance d'un moteur électrique ?

6. Citer deux exemples de pertes par effet Joule :

7. A part la chaleur, citer les autres effets de l'électricité :

8. Un ordinateur a-t-il des pertes par effet Joule ? Si oui, où se produisent-elles ?

9. Sur les aliments que nous achetons, certaines valeurs sont indiquées en joules.
Est-ce normal et pourquoi ?

10. Où se trouvent les pertes lorsque l'on chauffe de l'eau dans une casserole ?

11. Pourquoi utilise-t-on de l'huile plutôt que de l'eau dans les radiateurs à accumulation ?

12. De l'eau est chauffée de 20 [°C] à 80 [°C]. Que vaut la différence de température en Kelvin ?

13. En quels matériaux sont construits les corps de chauffe ?

14. Calculer la dépense d'énergie électrique d'un radiateur parcouru par un courant de 6.5 [A],
soumis à une tension de 230 [V], de 22 heures à 6 heures et de 16 heures à 17 heures 45.

15. Une lampe consomme une énergie de 7.6 [MJ]. Sachant que la tension de service est de 48 [V]
et que sa résistance à chaud est de 0.87 [kΩ], calculer le temps de fonctionnement de cette
lampe en heures, minutes et secondes.

16. Pour chauffer un local, un radiateur de 4 [kW] est installé. Sachant qu'il faut 3,5 minutes pour
augmenter la température du local de 1 [K], calculer la puissance d'un radiateur additionnel
pour diminuer ce temps de chauffe de 100 [s].

17. Le rendement global de la Grande-Dixence est de 0.83. Calculer le rendement de l'alternateur


si le rendement de la turbine est de 88%.

18. Nous posons, sur une plaque de cuisinière électrique, une casserole en aluminium de 200 [g]
contenant 2 [l] d'eau à 15 [°C]. Nous désirons porter cette eau à 80 [°C] en 3.2 minutes. Nous
admettons que 20% de l'énergie est dissipée en pure perte. Calculer la puissance électrique
nécessaire pour chauffer cette eau.

19. Nous portons, de 12 [°C] à 98 [°C], 1 [l] d'eau. Quelle est l'énergie mécanique si le rendement
du groupe turbine-alternateur est de 83%, le rendement du réseau électrique de 89% et le
rendement de la bouilloire de 0.67 ?
Réponses : 12. Une différence de 1 [K] 1 [°C], donc ∆T = 60 [K]
13 Chrome-nickel, manganine, constantan
14. W = 14.576 [kWh] ou 52.47 [MJ]
15. t = 33 jours 5 h 9 ' 51 '' 16. P2 = 8.4 [kW]
17. η = 94.32 % 18. P = 2891.4 [W]
19. W = 641.87 [J

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 18


Chapitre 8

20. Un corps de chauffe met 45 minutes 12 [s] pour chauffer une plaque de fonte de 340 [°C].
Cette plaque a une dimension de 20 ⋅ 10 ⋅ 40 [cm].
Pour alimenter ce corps de chauffe de 860 [mΩ], un courant de 75 [A] est nécessaire. Calculer
le rendement de cette installation de chauffage.

21. Calculer la puissance dissipée par les résistances R1 , R2


, R3, sachant que la tension du montage UAB est de 230 A
R2
[V].

Tableau des résistances : R1


R3

R1 = R2 = 330 [Ω] C

R3 = R4 = 470 [Ω] R5 R4

R5 = 860 [Ω] B

22. La centrale de Mauvoisin fournit au réseau une énergie de 3.6 [TWh] par jour. La quantité
d'énergie primaire se monte à 4.2 ⋅ 106 [MWh]. Calculer le rendement de la centrale.

23. Un alternateur de 0.4 [kW] (tension alternative) alimente un moteur possédant un rendement
de 0.74. Ce moteur entraîne mécaniquement un générateur pour obtenir une tension continue
de 60 [V]. Sur le générateur, une plaquette signalétique (carte d'identité de l'appareil) indique
I max = 4.1 [A].

Calculer le rendement du générateur. (à I maximum)


Calculer le rendement global. (moteur et alternateur)

24. Une locomotive électrique nécessite une puissance de 3000 [kW]. Le courant arrive par la
caténaire (résistance 3 [Ω]) et repart par les rails (résistance 200000 [µΩ]). La tension aux
bornes de la locomotive doit être de 12 [kV].

Calculer le rendement de cette installation. De quelle nature sont les pertes ?

Réponses : 20. W = 10.56 [MJ] , P = 3.895 [kW] . Pél = 4.838 [kW] , η = 80.5 %
21. PR1 = 30.3 [W] , PR2 = 5.15 [W] , PR3 = 7.34 [W]
22. η = 85.7 %
23. ηgénérateur = 83.1 % , ηglobal = 61.5 %
24. η = 93.75 % , pertes par effet Joule.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 19


Chapitre 8b

Chapitre 8b

EFFET CALORIFIQUE

ENERGIE CALORIFIQUE

Sommaire

• Effets calorifiques
• Energie calorifique
• Exercices

8.7 EFFETS CALORIFIQUES

La transformation d'énergie électrique Wél en une énergie calorifique Wcal est couramment utilisée.

Dans les installations électriques, nous trouvons une quantité impressionnante d'appareils
domestiques réalisant cette transformation. Par exemples :

 cuisinières
 fours
 radiateurs pour le chauffage des locaux
 chaudière pour le chauffage d'un liquide
 chauffe-eau pour l'eau sanitaire
 lampe à incandescence

Tous ces exemples sont des applications contrôlables par l'homme.


Ils sont, de ce fait, utiles.

Nous pouvons dire ceci par opposition à l'effet Joule qui, lui, n'est pas contrôlé par l'homme mais par
des lois spécifiques aux matières utilisées. (chapitre 4.21)

Pour pouvoir équiper vos maisons de ces appareils, il a bien fallu les dimensionner.

Comme nous sommes dans un domaine d'application des lois électriques, nous allons différencier
l'énergie calorifique Wcal par un autre symbole de grandeur.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 1


Chapitre 8b

8.8 Energie calorifique


L'énergie transformée en énergie calorifique est symbolisée de la façon suivante:

Symbole de la grandeur : Q

Symbole de l'unité : [J] joule

Wélectrique Q

Wperdue

Dans un transfert d'énergie, il y a toujours des pertes.

Cas s e role
A d' e a u
R

Une cuisinière électrique doit chauffer de l'eau dans une casserole. Le but est de pouvoir calculer
l'énergie nécessaire pour faire bouillir cette eau.

Phase 1

La tension électrique U appliquée aux bornes de la résistance R provoque le passage d'un courant
électrique I.
U=R⋅I
Phase 2

Ce circuit provoque une puissance électrique P,

P=U⋅I
Phase 3

qui, appliquée pendant un certain temps, engendre une énergie électrique Wél .

Wél = P ⋅ t
Phase 4

Mais ce transfert d'énergie se réalise avec un certain rendement η dû aux pertes par effet Joule
(conducteurs).

Wél - Wjoules = Q

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 2


Chapitre 8b

Phase 5

Cette énergie calorifique Q doit être transmise à l'élément à chauffer qui peut être soit un liquide,
soit un solide.

Ce transfert se fait avec un certain rendement η.


Qabsorbée ⋅ η = Qutile
Phase 6

L'élément à chauffer va aussi avoir certaines réactions. Ces réactions seront dépendantes de:

 la masse m de l'élément (solide, liquide, composition)


 sa facilité de stocker l'échauffement appelé chaleur massique c
 sa température θ finale désirée
 sa température θ initiale

La relation qui lie les différents éléments que nous venons de citer est la suivante :

Q = m ⋅ c ⋅ ∆θ

∆θ = θ initiale − θ finale ( ∆ delta écart )

Il est nécessaire de disposer d'une tabelle pour connaître les différentes chaleurs massiques c des
matières utilisées.

8.9 Masse
Nous rappelons que la masse d'un corps est donnée par rapport à un étalon de platine iridié
pratiquement cylindrique égal à 1 [dm3 ] d'eau à une température de 4 [°C]

Symbole de la grandeur : m

Symbole de l'unité : [kg] kilogramme

8.10 Chaleur massique


La chaleur massique c exprime la facilité qu'a un corps de stocker de la chaleur.

Cette chaleur massique c n'est constante que dans des gammes de températures bien définies (voir
tabelle)

Symbole de la grandeur : c

Symbole de l'unité : [J⋅kg-1⋅°C-1]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 3


Chapitre 8b

8.11 Température
La température exprime l'écart d'échauffement d'un corps par rapport à un point fixe de référence
où il n'y a plus d'agitation des atomes (ou molécules).

Ce point fixe est la température absolue, soit le "zéro absolu"

Symbole de la grandeur : T

Symbole de l'unité : [K] kelvin

Le "zéro absolu" se situe à -273.16 [°C] ou 0 [K].

C'est l'unité légale de la norme SI (Système International d'unités).

Dans nos applications pratiques, nous travaillerons avec une température θ, exprimée en degrés
centigrades ou celsius.

Cette unité ayant été obtenue en divisant en 100 parties égales un thermomètre mesurant de la glace
fondante (admis 0°C) et de l'eau bouillante (admis 100°C) sous une pression p constante de 760 [mm]
Hg (Hg est le symbole chimique du mercure)

Symbole de la grandeur : θ thêta

Symbole de l'unité : [°C] degré Celsius

8.12 Exemple pratique :


Nous désirons chauffer 4 [l] d'eau, prise au réseau d'eau à 14[°C], pour l'amener à ébullition
(100 [°C]). Nous disposons d'un corps de chauffe électrique de 400 [W]. Son rendement est de 97%.

Calculer le temps nécessaire pour faire bouillir ce liquide.

Données : P = 400 [W] quantité d'eau = 4 [l]

θinitiale = 14 [°C] θfinale = 100 [°C] η = 97% ou 0.97

Inconnue : t=?

Relations : Q = m ⋅ c ⋅ ( θ finale − θ initiale ) W = P⋅t Q utile = Q absorbée ⋅ η

Analyse : Nous devons chercher la masse d'eau à chauffer.

[ ]
1[ l] = 1 dm3 1[ kg] meau = 4[ kg]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 4


Chapitre 8b

Calculons l'énergie calorifique Qeau nécessaire pour chauffer l'eau:

Q eau = m ⋅ c ⋅ ∆θ

Wélectrique
Cherchons l'énergie calorifique Qcorps de chauffe : = Q eau
Q corps de
chauffe
Qcorps de chauffe ⋅ η = Qeau

Qeau
Qcorps de chauffe =
η
pertes

Cherchons l'énergie électrique Wél appliquée au corps de chauffe:

Wél = Qcorps de chauffe

Cherchons le temps t de chauffe:

Wél
Wél = P ⋅ t t=
P

Remplaçons Wél par le développement effectué:

Q eau m eau * c *(θ finale − θ initiale )


η η
t = =
P P

Application numérique :

4 ⋅ 4183 ⋅ (100 − 14)

= 3708.64 [ s] 1.03 [ h]
0,97
t=
400

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 5


Chapitre 8b

8.13 Documentaire

James Watt ingénieur mécanicien écossais (1736-1819). Après avoir étudié


la fabrication des instruments de mesures chez un opticien, il s'établit à
son compte en 1757. Ensuite, il est nommé fabricant d'instrument pour
l'université de Glasgow, où il est amené à réparer la machine à vapeur de
Newcomen que personne ne savait faire fonctionner correctement. En la
réparant, il en étudie le fonctionnement et s'aperçoit qu'il y a une grande
perte de vapeur donc d'énergie. Cela l'amène à en améliorer le
fonctionnement.

Tous ces perfectionnements lui permettent d'obtenir un brevet de fabrication en 1769. Il fonde
l'entreprise Boulton et Watt et commercialise ses machines à vapeur dès 1780.

James Prescott Joule, physicien anglais (1818-1889). Il est d'abord


directeur d'une fabrique de bière, avant de se consacrer à la science.

En 1841, il formule les lois qui portent son nom et démontrent que
l'énergie électrique transformée en énergie calorifique dans un
conducteur, est proportionnelle à sa résistance R, au temps t et au
carré du courant I.

Léopold Nobili, physicien italien (1787 - 1835). Inventeur du


galvanomètre astatique, formé de deux aiguilles aimantées de pôles
opposés, permettant de mettre au point les premiers galvanomètres,
instruments de mesure du courant électrique.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 6


Chapitre 8b

8.14 Exercices

1. De l'eau est chauffée de 20 [°C] à 80 [°C]. Que vaut la différence de température en Kelvin ?

2. En quels matériaux sont construits les corps de chauffe ?

3. Pour chauffer un local, un radiateur de 4 [kW] est installé. Sachant qu'il faut 3,5 minutes pour
augmenter la température du local de 1 [K], calculer la puissance d'un radiateur additionnel
pour diminuer ce temps de chauffe de 100 [s].

4. Nous posons, sur une plaque de cuisinière électrique, une casserole en aluminium de 200 [g]
contenant 2 [l] d'eau à 15 [°C]. Nous désirons porter cette eau à 80 [°C] en 3.2 minutes. Nous
admettons que 20% de l'énergie est dissipée en pure perte. Calculer la puissance électrique
nécessaire pour chauffer cette eau.

5. Nous portons, de 12 [°C] à 98 [°C], 1 [l] d'eau. Quelle est l'énergie mécanique si le rendement
du groupe turbine-alternateur est de 83%, le rendement du réseau électrique de 89% et le
rendement de la bouilloire de 0.67 ?

Réponses : 1. Une différence de 1 [K] 1 [°C], donc ∆T = 60 [K]


2 Chrome-nickel, manganine, constantan
3. P2 = 8.4 [kW]
4. P = 2891.4 [W]
5. W = 641.87 [J]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 7


Magnétisme

Chapitre 9

Sommaire
• Les effets magnétiques et leurs utilisations
• Coordonnées rectangulaires et polaires
• Rappels trigonométriques
• Entraînement

Introduction
L'homme, depuis ses débuts sur terre, a cherché à se diriger. Le repérage d'une direction
peut se faire à l'aide des astres, en repérant par exemple l'étoile polaire qui nous indique
le Nord, mais ce système ne fonctionne que la nuit. Si il fait jour, il est possible de
s'orienter à l'aide du soleil et en connaissant l'heure de la journée. Ainsi, la direction du
Sud peut être obtenue. Malheureusement, si le ciel est couvert de nuages, ni le soleil ni
l'étoile polaire ne seront visible, ce qui rendra toute orientation impossible. D'autre part,
ces deux solutions ne sont valables qu'en plein air, il est impossible de les utiliser dans
des locaux fermés.

Electrotechnique/15.04.98 1
Magnétisme

La seule possibilité fiable d'orientation est


LA BOUSSOLE. Elle vous permet de
trouver la direction du Nord en tout temps et
en tout lieux, mis à part lorsque l'on se trouve
au dessus des pôles magnétiques terrestres.

Cet instrument simple utilise les phénomènes magnétiques. Une des pointes de son
aiguille nous indique le direction du Nord. Comme pour le courant électrique, il a été
décidé par convention que la pointe de l'aiguille indiquerait le Nord, alors que cela ne
correspond pas à la réalité, comme le sens conventionnel du courant électrique qui lui
ne correspond pas au sens de déplacement des électrons.

Dans ce chapitre, nous allons montrer l'importance de ces phénomènes que nous
utilisons tous les jours, sans même nous en rendre compte.

Un peu d'histoire :

C'est 600 ans av. J.C. que l'on signale pour la première fois les propriétés d'un
pierre trouvée en Magnésie et appelée magnétite. On constatait qu'elle attirait
les pierres de même espèce ainsi que le fer. C'est Platon qui a démontré que
cette propriété se transmettait au fer. L'application des aiguilles aimantées
pour la navigation est attribuée aux arabes au 11ème siècle.

La première définition des pôles et des lois sur l'attraction et la répulsion sont
dues à un scientifique du 13ème siècle, mais c'est Coulomb qui à réellement
commencé l'étude de la quantification du magnétisme. Ensuite, un grand
nombre de scientifiques, Gauss, Ampère, Faraday, Curie, et d'autres encore se
sont attachés à l'étude des effets magnétiques et à leur relation avec
l'électricité. Ces études continuent encore maintenant, et nous ne sommes
certainement pas au bout des découvertes.

Electrotechnique/15.04.98 2
Magnétisme

9.1 Les effets magnétiques et leurs utilisations :


En électrotechnique, les applications des effets magnétiques sont parmi les plus vitales
pour l'industrie. Les alternateurs, les moteurs, les protections contre les perturbations
extérieures (cage de Faraday). Nous portons tous sur nous des accessoires utilisant les
effets magnétiques.
Malheureusement, si nous voulons étudier de façon complète les effets magnétiques, il
nous faut abandonner les représentation sur un seul plan. Pour une étude correcte, il
nous faudra utiliser des représentations vectorielles. Pour introduire plus facilement ces
nouvelles notions, nous utiliserons un carte de géographie.

9.2 Utilisation des coordonnées et positionnement par rapport à une


carte de géographie :
La carte ci-dessous est à l'échelle 50 millième. Les quadrillages nous donnent les 4
points cardinaux. En haut le Nord, en bas le Sud, à gauche l'Ouest et à droite l'Est.
Chaque quadrillage est repéré par des coordonnées par rapport à une référence. Nous
pouvons situer un lieu sur la carte au moyen de ses coordonnées horizontale x et
verticale y .
Rechercher sur cette carte la position du village de Bassins (place du village).
Marquer la position au moyen d'un crayon de couleur et relever ses coordonnées x et y.

Coordonnées du village de Bassins : [ 507.5 ; 146.5 ]

Electrotechnique/15.04.98 3
Magnétisme

L'utilisation de la carte et de la boussole nous permet également de donner la direction


d'un lieu A par rapport à un lieu B. Nous utiliserons la direction du pôle Nord comme
référence pour cet exemple.
A 4.1 [km] à vol d'oiseau du village de Bassins, se trouve un chalet d'alpage. Quel est le
nom de ce chalet ?
Méthode de recherche : Prendre un compas et tracer un cercle de rayon égal à la distance, c'est-à-dire
4.1 [km] .Attention, sur une carte au 50 millième, un centimètre vaut 500 [m] .
Le rayon de notre cercle devra donc être le suivant :

1 cm 2 cm 4 cm 6 cm 8 cm carte
500 m 1000 m 2000 m 3000 m 4000 m réalité

Une fois le cercle tracé, il ne nous reste plus qu'à parcourir sa circonférence pour
trouver l'endroit où se trouve ce chalet. Cette façon de faire est fastidieuse et
imprécise. Il nous manque encore quelque chose pour parfaire notre technique.

Il nous faut absolument fixer une position de référence et déterminer l'endroit recherché
au moyen d'un angle par rapport à cette position de référence.

Par exemple l'étoile Polaire ou la position du soleil peuvent être utilisés comme
référence. Dans notre cas, il sera plus simple de prendre le Nord comme axe de
référence. Nous déterminerons ensuite la position du chalet que nous recherchons au
moyen d'un angle par rapport au Nord.

L'angle sera appelé ARGUMENT et indiqué par la lettre grecque alpha α . La longueur
du rayon de notre cercle sera appelée rayon vecteur et nous pourrons la tracer entre le
point de départ (place du village de Bassins) et le chalet que nous recherchons.

Indication suivante, le chalet se trouve à 60 ° par rapport au Nord que nous utilisons
comme référence.

Mais cela ne nous suffit pas, nous avons en effet deux possibilités : Prendre l'angle de
60 ° vers la gauche de la carte, ou le prendre vers la droite. Encore une fois, notre
méthode n'est pas complète. Nous devons encore donner une direction à notre angle.

Une convention définit la direction à prendre.


Il s'agit du sens inverse de rotation des aiguilles d'une montre.
Pour nous faciliter le travail, nous utiliserons toujours ce sens de
rotation.

Une fois tous ces points mis au clair, nous pouvons enfin récapituler et rechercher notre
chalet :
Elle doit se trouver à 60 ° vers la gauche par rapport à l'axe Nord. Au moyen d'un
rapporteur, nous allons tracer une axe (rayon vecteur) à 60 °, et notre chalet devra se
trouver à l'intersection du rayon vecteur et du cercle que nous avons déjà tracé.

Electrotechnique/15.04.98 4
Magnétisme

Notre chalet est localisé, il s'agit de : La Dunanche


Sa position par rapport au village de Bassins est : [ 504.5 ; 148 ]
Pour déterminer sa position, nous avons utilisé le Nord comme référence,
nous appellerons donc ceci des coordonnées polaires
Les coordonnées polaires sont notées de la façon suivante :
Module et argument soit 8.2 [km] , 60 °

9.3 Retour à l'exemple de la carte de géographie :


Plaçons sur la carte un arc de cercle (r = 8.2 [cm])., passant par le chalet de la
Dunanche, et dont l'origine est le village de Bassins La référence est donnée par rapport
à l'axe des x et non par rapport au pôle Nord comme nous l'avions fait précédemment.

Nous constatons que l'angle α entre notre axe x et la Dunanche a augmenté de 90 °.


Sa valeur est maintenant de 150 °. Nous nous trouvons dans le second quadrant.

l'angle α vaut : angle Dunanche par rapport au Nord + 90 ° ⇒ 60 ° + 90 ° = 150 °

Electrotechnique/15.04.98 5
Magnétisme

9.4 Coordonnées rectangulaires :


Nous remarquons qu'il est aussi possible d'indiquer la Dunanche par rapport à un
déplacement sur l'axe des x, ceci, par rapport à notre référence du village de Bassins,
soit 7.2 [cm] . Mais attention, le point de référence qui est le village de Bassins
constitue notre point zéro. Si nous nous déplaçons vers la droite, nous allons dans une
direction positive, si par contre nous nous dirigeons vers la gauche, nous allons dans
une direction négative. Nous faisons de la même manière que lorsque nous indiquons
l'heure, une minute avant huit heure il est huit heure moins une, et une minute après huit
heure, il est huit heure plus une minute.

Nous allons donc indiquer la position de la Dunanche de la façon suivante


x = - 7.2 [cm] et y = + 4.1 [cm]
Il s'agit de coordonnées rectangulaires que nous noterons comme ceci :
{ - 7.2 [cm] ; 4.1 [cm] }

9.5 Cercle trigonométrique, ou cercle orienté :

II I

α
0 0

III IV

L'opération de tracer un cercle de rayon 1 Le module peut faire une révolution de 360 °,
autour d'un point de référence et à un axe mais il peut aussi faire plusieurs tours.
de référence nous amène au cercle
trigonométrique.

Le cercle trigonométrique peut être séparé en plusieurs quadrants notés en chiffre romains de I à IV.
Nous utiliserons toujours notre convention pour le sens de rotation, soit le sens inverse des aiguilles
d'une montre (sens trigonométrique). Pour séparer ces quadrants, nous allons tracer deux axes, un
axe horizontal (x) et un axe vertical (y).

Electrotechnique/15.04.98 6
Magnétisme

Exemple :

Dans ce cercle, nous avons tracé deux modules. 45°


Le premier avec un argument de 45 ° 0
-45°
et le second avec un angle de -45 ° .

Constatations :

• Nous constatons que leur module, ou intensité du vecteur sont les mêmes.

• Par contre leurs sens sont les mêmes par rapport à la référence.

• Mais leurs directions sont différentes.

• Il est très important de se rappeler de ces termes :


intensité, sens et direction

• Ce sont eux qui définissent les vecteurs.

9.6 Cercle trigonométrique :


Dans la pratique, le fait d'avoir projeté le module avec son argument, par rapport à un axe vertical ou horizontal, peut se
faire à l'aide des fonctions trigonométriques appelées

sinus et cosinus
Le module représente l'amplitude du rayon vecteur du cercle et l'argument la phase ou
l'angle qui le sépare de l'axe des x.

9.7 Fonction sinus : y

sin α
La fonction sinus symbolisée par sin est la projection sur α
l'axe y du cercle trigonométrique du module et de son x
argument.

Electrotechnique/15.04.98 7
Magnétisme
y

9.8 Fonction cosinus :


La fonction cosinus, symbolisée par cos, est la projection sur α
l'axe x du cercle trigonométrique du module et de son x
argument. cos α

9.9 Relations : y

opp. ⇒ côté opposé à l'angle α

adj. ⇒ côté adjacent à l'angle α formant un angle droit hyp.


opp.
α
avec le côté opposé
x
adj
hyp. ⇒ module

α ⇒ angle ou argument
opp adj opp
sinα = cos α = tgα =
hyp hyp adj

9.10 Rappel de quelques définitions trigonométriques


Les représentations vectorielles que nous venons de faire sur le carte comportent toutes
un angle droit (90 °) entre l'axe des x et l'axe des y. Nous pouvons donc l'assimiler à un
triangle rectangle dont l'hypoténuse serait représentée par le module.
Pythagore ( philosophe et mathématicien grec 500 av. J.-C. ) a démontré que
l'hypoténuse d'un triangle rectangle, élevée au carré, est égale à la somme des côtés
élevés au carré.

Cette démonstration se traduit hyp.


opp.
mathématiquement par :
α

adj.
2 2 2
hypothénuse = côté opposé + côté adjacent

Si nous appliquons ce théorème au


cercle trigonométrique dont le module module
sinus
m vaut 1, nous arrivons à la relation
α
suivante :
cosinus

hypothénuse2 = côté opposé2 + côté adjacent2

module2 = (module ⋅ sin α)2 + (module ⋅ cos α)2

Electrotechnique/15.04.98 8
Magnétisme

Nous pouvons simplifier cette formule en divisant chaque côté de l'égalité par la valeur
" module2 "

mod ule2
=
(mod ule ⋅ sin α)2 + (mod ule ⋅ cos α)2
mod ule2 mod ule2

ce qui implique : 1 = sin2 α + cos2 α

Dimensions d'un triangle rectangle :

a ⇒ côté opposé à l'angle α β


c
b ⇒ côté adjacent à l'angle α h a

α
c ⇒ hypoténuse
b
h ⇒ hauteur

la somme des angle est toujours égale à 180 °

a⋅b A⋅2
Aire du triangle rectangle : A = hauteur =
2 c

Pour d'autres compléments, il sera nécessaire de consulter un formulaire


technique.

9.11 Entraînement

1. Comment s'appelle le rayon du cercle dans une représentation vectorielle ?


2. En combien de quadrants est décomposé le cercle trigonométrique ?
3. Quelle est la différence entre une valeur lue sur l'axe des x dans le
premier quadrant et une valeur lue sur l'axe des x du troisième quadrant ?
4. Quel est le sens de rotation du module ?
5. Donner quelques exemples d'accessoires quotidiens utilisant
les effets magnétiques :
6. Qu'est-ce qu'une coordonnée polaire ?
7. Qu'est-ce qu'une coordonnée rectangulaire ?
8. Qu'obtient-on en divisant le cosinus d'un angle par le sinus du même angle ?
Effectuer un développement littéral et sans utiliser la calculatrice.
9. Qu'obtient-on en divisant le sinus d'un angle par le cosinus du même angle ?
Effectuer un développement littéral et sans utiliser la calculatrice.

Electrotechnique/15.04.98 9
Magnétisme

10. Calculer la valeur ou les valeurs manquante(s) dans les énoncés suivants sans
utiliser le théorème de Pythagore

α = 56° module = 17.5 [cm] adj. = ? opp. = ?

adj. = - 66 [cm] opp. = - 58 [cm] α=? hyp. = ?

α = 135° opp. = 22 [cm] adj. = ? hyp. = ?

adj. = - 35 [cm] module = 47 [cm] α=? opp. = ?

11. Un observateur couché sur le sol voit la Tour Eiffel sous un angle de 16.66 °.
A quelle distance se trouve-t-il de la Tour, sachant qu'elle mesure 300 [m]
de hauteur ?

12. Une route rectiligne longue de 2.5 [km] s'élève d'un angle de 22°14'. Quelle est la
distance parcourue à vol d'oiseau et quelle est la différence d’altitude effectuée ?

13. Calculer la distance entre Lausanne et la centrale nucléaire de Mühleberg, si notre


référence (Lausanne-Ouchy) est située à [538 ; 151].
La situation de la centrale nucléaire est donnée par le couple [587 ; 201]
La carte que nous utilisons est à l'échelle 1 : 100'000.

Compléter le tableau suivant : (longueurs en [cm)

α cosα β sinβ a b c A h
1 24°40' 0.908 65.33 0.908 5 10.9 12 27.25 4.54
2 0.876 15
3 12°30' 18
4 0.136 25
5 58 16
6 0.27 25
7 27°44’ 10
8 13.5 30
9 53.16 20

Réponses :

10. adj. = 7.78 [cm] opp. = 14.51 [cm] α = 41.3 [°] hyp. = -87.8 [cm]
adj. = -22 [cm] hyp. = -31.1 [cm] α = 138.1 [°] opp. = 31.3 [cm]

11. distance = 1002.5 [m] 12. distance = 2.31 [km] altitude = 945.81 [m]

13 distance = 140 [km]

Electrotechnique/15.04.98 10
¨ Instruments de mesure

Chapitre 9a

LES DIFFERENTS TYPES

D'INSTRUMENTS DE MESURE

Sommaire

• Le multimètre
• L'oscilloscope
• Le fréquencemètre
• le wattmètre
• Le cosphimètre
• Le générateur de fonctions
• Le traceur de Bodes

Les instruments de mesure :

Dans ce cours, nous ferons souvent appel à des mesures effectuées au laboratoire. Pour bien
comprendre ces mesures et en interpréter les résultats, il est impératif de bien connaître les
instruments utilisés.

Dans les pages qui suivent, nous allons en décrire le fonctionnement et l'utilisation des instruments
de laboratoire le plus souvent utilisés en électrotechnique.

Le multimètre :
Le multimètre est le plus connu et le plus utilisé des instruments de mesure. Il permet de mesurer
des tensions et des courants en continu et en alternatif.

La position ohmmètre permet de mesurer des résistances ainsi que la résistance ohmique des
circuits ou des autres éléments.

Les multimètres récents affichent les résultats des mesures avec des nombres (digits) qui
apparaissent sur un écran (display).

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 1


¨ Instruments de mesure

Les anciens modèles de multimètres sont équipés d'une aiguille mobile. Ce sont des instruments à
cadre mobile. L'aiguille se déplace sur une échelle graduée et sa position nous indique la valeur
mesurée.

Certains multimètres possèdent également une position qui permet de mesurer des affaiblissements
ou de gains. Il s'agit de rapports de niveaux de tension exprimés en décibels dB.

V A Ω
Symboles de schéma :

voltmètre ampèremètre ohmmètre

L'oscilloscope :

Comme les téléviseurs, l'oscilloscope est équipé d'un écran sur lequel il affiche la forme de la tension
présente sur son entrée. La plupart des oscilloscopes sont équipés de deux entrées et ils permettent
de visualiser deux tensions simultanément.

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¨ Instruments de mesure

Remarque : L'oscilloscope ne peut mesurer que des tensions. Sa résistance interne est
très grande (> 1 [MΩ] ) et il n'est pas possible de mesurer un courant sans
réaliser un montage spécial.

Lors de l'utilisation d'un oscilloscope à deux entrées, il faut


être très attentif au raccordement. En effet, les communs
des deux entrées sont reliés ensemble et cela pourrait
provoquer un court-circuit.

L'oscilloscope est un instrument de mesure très pratique et capable de


mesurer toutes les formes de tensions.

oscilloscope
Il est composé des éléments de commande suivants :

la vitesse de balayage
forme de la tension
du spot sur l'écran
sur une entrée
correspond au temps par division
masse pour la mesure
écran divisions verticales pour la tension commune aux deux entrées

le déclencheur
permet de stabiliser
la trace sur l'écran

la sensibilité de l'entrée
correspond à la tension
par division sur l'écran

divisions horizontales pour le temps

entrée A entrée B

sélection de l'entrée
en alternatif CA ou en continu CC

Avec un peu de pratique, l'oscilloscope devient très rapidement un


instrument pratique pour effectuer toutes les mesures de tensions.

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¨ Instruments de mesure

Les oscilloscopes se présentent de différentes façons. Suivant leur utilisation, ils sont équipés d'une
ou de deux traces.

Ci-dessus, un modèle d'oscilloscope double traces. Il permet de mesurer des fréquences jusqu'à
60 [MHz] et ses commandes sont électroniques.

Il existe maintenant des analyseurs de spectre


portable qui ressemblent à un multimètre.

Leur affichage permet d'indiquer la valeur de la


tension ou du courant mesuré, et il visualise
également la forme du signal.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 4


¨ Instruments de mesure

Le fréquencemètre :

Il existe plusieurs modèles différents de fréquencemètres, suivant la f


mesure désirée.

fréquencemètre

• Electronique : La fréquence est affichée sur un écran, comme pour le


multimètre numérique. Certains multimètres possèdent une
position de mesure de la fréquence.

• Mécanique : Des lamelles de tailles différentes sont mises en vibration. Les


lamelles vont se mettre en vibration en fonction de leur longueur
et la fréquence mesurée. Ces instruments sont utilisés dans les
tableaux électriques pour mesurer la fréquence du réseau.

Fréquencemètre numé-
rique. Son affichage
permet une lecture
aisée de la valeur de la
fréquence.

Ces instruments sont


également appelés
compteur car ils
permettent de
mesurer des durées
d'impulsions

Fréquencemètre mécanique à lamelles.

La lecture de la fréquence s'effectue de la manière suivante. Les lamelles sont montées sur un
électroaimant et sont soumises au champ magnétique alternatif. Elles se mettent en vibration et
oscillent plus ou moins fortement en fonction de leur longueur.

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¨ Instruments de mesure

Le wattmètre :
La mesure de la puissance peut être effectuée par un instrument simple. Il affiche le résultat du
produit de la tension par le courant en tenant compte du déphasage entre les deux valeurs. Ces
instruments sont utilisés pour les tableaux électriques ou pour certaines mesures spéciales.

wattmètre

Le cosphimètre :
Instrument complémentaire au voltmètre et à l'ampèremètre pour les mesures
en alternatif. Le cosphimètre est utilisé pour contrôler le facteur de puissance
d'une installation ou d'un récepteur. ϕ

Suivant la position de l'aiguille, il est possible de déterminer si le récepteur ou cosphimétre


l'installation a un comportement inductif ou capacitif.

Remarque : le wattmètre et le cosphimètre existent également en version numérique. Leur


lecture en est facilitée et plus directe.

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¨ Instruments de mesure

Le générateur de fonctions :

Le générateur de fonctions est particulièrement utilisé au


laboratoire. Il permet de générer des signaux de formes
différentes, sinusoïdale, triangulaire et carrée.

~
générateur générateur générateur
sinusoïdal triangulaire carré

Il permet de simuler et d'effectuer des mesures sur des circuits électriques ou électroniques avec
des tensions faibles.

Le traceur de Bode :

Le traceur de Bode est un instrument peu courant. Il est utilisé pour visualiser des courbes de
tensions ou de phases. Il se raccorde à l'entrée et à la sortie du circuit à mesurer et trace la courbe
de la modification de la tension ou de la phase entre l'entrée et la sortie.

Le traceur de Bode est très utile pour déterminer les caractéristiques d'un amplificateur, d'un
filtre ou d'une ligne de transmission.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 7


¨ Instruments de mesure

Questionnaire

1. Quelle précaution faut-il prendre avant de faire une mesure avec un ohmmètre ?

2. Que peut-on mesurer avec un multimètre sur la position dB ?

3. Citer deux avantages d'un multimètre numérique par rapport à un instrument à aiguille ?

4. Quel est l'avantage de l'oscilloscope par rapport au multimètre ?

5. Pourquoi n'est-il pas possible de mesurer un courant avec un oscilloscope ?

6. Combien de fils faut-il raccorder pour faire une mesure avec un wattmètre et pourquoi ?

7. Dessiner ci-dessous un schéma électrique comportant un moteur branché sur le réseau.


Raccorder les instruments pour mesurer la tension, le courant, la puissance, la fréquence,
le déphasage et la forme de la tension sur le moteur.

Exercices

1. La base de temps (ou vitesse de balayage) est réglée sur 250 [µs ⋅ cm-1]. Une tension
alternative sinusoïdale est visualisée avec une échelle de 20 [V ⋅ cm-1]. Le cycle complet
s'étend sur 4 [cm].

Calculer : la fréquence de cette tension.

la tension de crête du signal dont l'amplitude est de 5.6 divisions.

la tension efficace du signal.

3. Une tension U sinusoïdale alternative de 230 [V] 50 [Hz] est mesurée à l'aide d'un
oscilloscope.

Quelle devra être la vitesse de balayage pour obtenir deux cycles complets sur l'écran
possédant 10 divisions ?

Quelle sera l'échelle de l'amplitude, si celle-ci mesure 6.4 divisions ?

4. Une tension U carrée alternative de 230 [V] 50 [Hz] est mesurée à l'aide d'un oscilloscope.

Quelle devra être la vitesse de balayage pour obtenir deux cycles complets sur l'écran
possédant 10 divisions ?

Quelle sera l'échelle de l'amplitude, si celle-ci mesure 6.4 divisions ?

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche / septembre 2000 8


¨ Instruments de mesure

5. Une tension U triangulaire alternative de 230 [V] 50 [Hz] est mesurée à l'aide d'un
oscilloscope.

Quelle devra être la vitesse de balayage pour obtenir deux cycles complets sur l'écran
possédant 10 divisions ?

Quelle sera l'échelle de l'amplitude, si celle-ci mesure 6.4 divisions ?

6. Une tension U sinusoïdale alternative de 230 [V] 50 [Hz] est mesurée à l'aide d'un
oscilloscope.

Quelle devra être la vitesse de balayage pour obtenir trois cycles complets sur l'écran
possédant 10 divisions ?

Quelle sera l'échelle de l'amplitude, si celle-ci mesure 3.2 divisions ?

Calculer la valeur de la tension U après :


1 division
4 divisions
6.8 divisions
7.5 divisions

Solutions :

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Matériaux et propriétés magnétiques

Chapitre 10a

Matériaux et propriétés magnétiques

Sommaire
• Les matériaux magnétiques
• Champ magnétique et lignes de force
• Champ d’induction et flux
• Bobine avec et sans noyau magnétique
• Effet Hall
• Forces électromagnétiques
• Cycle d’Hystérésis
• Exercices

Introduction
Tout comme le courant électrique, nous ne pouvons que constater les effets du magnétisme.
Nous ne pouvons pas voir les lignes de force qui existent autour d'un aimant. Les propriétés
magnétiques de certains matériaux sont dues à la rotation des électrons sur eux-mêmes
dans l'atome.

Ce phénomène est appelé SPIN.

Les matériaux magnétiques sont classés en trois catégories.

1. Matériaux ferromagnétiques : Ils peuvent être fortement magnétisés.


Leur aimantation persiste plus ou moins
lorsque le champ magnétisant est supprimé.

Exemples : Fer , Nickel , Acier , Cobalt

2. Matériaux paramagnétiques : Ils s'aimantent faiblement dans le sens du


champ magnétisant. Leur aimantation cesse
dès que le champ magnétisant est supprimé.

Exemples : Aluminium , Platine , Manganèse

3. Matériaux diamagnétiques : Ils s'aimantent faiblement dans le sens opposé


au champ magnétisant. Leur aimantation cesse
dès que le champ magnétisant est supprimé.

Exemples : Cuivre , Zinc , Or , Argent

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 1


Matériaux et propriétés magnétiques

Pour expliquer ces différents types d'aimantation, il faut considérer le moment magnétique
de chaque atome et celui d'une parcelle de corps comprenant un grand nombre d'atomes.

Le moment magnétique atomique résulte des Mo

mouvements des électrons qui gravitent autour du


noyau et qui en même temps tournent sur eux- ω

mêmes.

La rotation de l'électron sur lui-même, Spin,


!
provoque un moment magnétique M s .
e-
Ms

La rotation de l'électron e- , charge électrique


négative, autour du noyau provoque un moment
!
magnétique Mo .

Dans un atome, ces différents moments magnétiques se composent pour donner le

! ! !
Moment magnétique atomique Ma = Σ Mo + Ms

!
Pour les matériaux diamagnétiques, ce moment M a est nul. Pour les matériaux
paramagnétiques, il n'est pas nul, mais les moments de l'ensemble des atomes est nul.

Pour les matériaux ferromagnétiques, des parcelles de matières appelées domaines de


!
Weiss, ont un moment magnétique M a non-nul. Mais, en l'absence de champ magnétique
extérieur, l'ensemble des moments de ces parcelles s'annulent les uns les autres.

en présence d'un champ magnétisant extérieur, le corps s'aimante et toutes les parcelles
de ce corps présentent un moment magnétique. L'aimantation ainsi obtenue dépend de la
nature du corps.

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Matériaux et propriétés magnétiques

Bd
Les matériaux diamagnétiques s'aimantent [T]

proportionnellement au champ dans lequel ils [A/m]


H
sont placés, mais en sens inverse.

Le rapport entre la valeur de l'aimantation du


corps et celle du champ qui le produit est
faible

Bp
Les matériaux paramagnétiques présentent [T]

une aimantation proportionnelle au champ dans


lequel ils sont placés, et de même sens.

Le rapport entre la valeur de l'aimantation du


corps et celle du champ qui le produit est
faible H
[A/m]

Bf
[B]
Les matériaux ferromagnétiques sont capables
de s'aimanter de manière beaucoup plus forte.

Leur aimantation est de même sens que le


champ inducteur, mais elle n'est pas
proportionnelle. Elle croît avec le champ
H
inducteur et tend vers une limite. [A/m]

Les matériaux que nous allons étudier font partie de la dernière


catégorie. Ce sont eux qui sont utilisés pour toutes les
applications magnétiques en électrotechnique.

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Matériaux et propriétés magnétiques

10.1 Les aimants permanents


Les aimants permanents ont d'abord été élaborés à partir d'acier ou de chrome-cobalt.
Vers 1935, on a commencé à étudier des alliages de fer-aluminium, nickel, cobalt et cuivre.
Ces alliages fondus ou frittés sont connus sous le nom de ticonal ou alnico. En 1951, on a
utilisé les ferrites de baryum et de strontium. Actuellement les alliages ticonal et ferrites
sont employés couramment et sont les deux types de matériaux à aimants permanents les
plus utilisés.

Avec les matériaux modernes, la désaimantation due au vieillissement ou à l'action d'un


champ magnétique (pas trop intense), peut être considérée comme négligeable. Cette
propriété permet d'ailleurs de réaliser des aimants présentant des pôles de nom contraires
très proche les uns des autres. Ces différentes propriétés ont permis d'abandonner les
forme classiques d'aimants permanents en fer à cheval ou en long barreau. Il est
maintenant possible de réaliser des aimants de formes diverses et très pratiques.

Dans les appareils de mesures électriques (galvanomètres, ampèremètres et voltmètres), ils


ont permis notamment une grande amélioration de la sensibilité et de la fiabilité. Dans
certains moteurs et certains générateurs (alternateurs de voitures, dynamos, magnétos), ils
sont employés à la place d'électroaimants. On les emploie aussi en électronique pour les
haut-parleurs et les microphones.

Barreau non aimanté Barreau aimanté

plaque supérieure

pièce polaire

aimant permanent
en Ferroxdure
plaque inférieure

Pierre de Magnésie Aimant permanent pour haut-parleur

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Matériaux et propriétés magnétiques

10.2 Champs magnétiques


Dans la région autour d'un aimant permanent, il existe un champ magnétique que l'on peut
représenter au moyen de lignes de force magnétique semblables aux lignes de force
électrique.

Contrairement aux lignes de force électrique, les lignes de force magnétique ne partent
d'aucun point et n'arrivent à aucun point; elles se présentent plutôt sous forme de boucles.

N S a

Les lignes de force vont du pôle nord au pôle sud, à l'extérieur du barreau aimanté, et du
pôle sud au pôle Nord à l'intérieur. Elles sont également espacées et symétriquement
distribuées autour du barreau.

Les lignes de force occupent la plus petite aire possible et leur longueur interpolaire est
minimale. La force du champ magnétique d'une région quelconque dépend directement du
nombre de ligne de force par aire unitaire. Dans la figure ci-dessus, l'intensité du champ
est deux fois plus grande au point a par rapport au point b, alors que les deux aires sont
identiques.

10.3 Intensité du champ magnétique :


"
L'intensité du champ magnétique H présente les mêmes caractéristiques que le champ
!
électrique E.
!
Par analogie au champ électrique
E , nous constatons que lors
!
de leur déplacement les charges électrostatiques Q Q Q
!
provoquent une force électromagnétique F capable d'attirer
les aiguilles d'une boussole.

Symbole de la grandeur : H

 A
Symbole de l'unité : [ A ⋅ m-1 ] ou  m 

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Matériaux et propriétés magnétiques

10.4 Potentiel magnétique Θ :


"
Dans le vide ou dans l'air, l'intensité du champ magnétique H est une source de courant et
peut être définie par la notion de potentiel magnétique.

Symbole de la grandeur : Θ

Symbole de l'unité : [A]

Pour imaginer cette notion de potentiel, comparons-la au débit des voitures sur une
autoroute à trois pistes.

Chaque piste est un tube de circulation routière possédant sur une longueur bien définie un
nombre de voitures différent à cause des différentes vitesses. Nous pouvons donc la
comparer à un certain potentiel de passage de voitures.

Départ Arrivée

Piste rapide

Piste normale
Piste lente

Début du comptage Fin du comptage

distance parcourue

10.4 Différence de potentiel magnétique :


La différence de potentiel magnétique est définie comme la présence d'une intensité de
"
champ magnétique H entre les points A et B. Les charges se déplaçant dans l'air avec une
certaine facilité.

ΘA − ΘB
Relation : HAB =
d ΘA ΘB

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 6


Matériaux et propriétés magnétiques

10.4 Lignes de force ou lignes d'induction :


!
Les lignes d'induction ou lignes de force représentent les vecteurs du champ d'induction B
influençant l'espace.

10.5 Spectre magnétique :

Le spectre magnétique représente L'ENSEMBLE des lignes de force.

N N S S

Ces lignes de force sont issues d'un pôle admis par convention pôle Nord,
perpendiculairement à l'aire A, passant dans un milieu pouvant être l'espace ou autre, pour
se refermer à un autre pôle admis par convention Sud.

Chaque ligne de force se referme obligatoirement. Comme pour le courant


électrique I, elle circule en circuit fermé.

Ce qui implique une ligne de force circulant du pôle Sud au pôle Nord à l'intérieur de
l'élément constituant le générateur de champ d'induction B. Ce générateur peut être un
aimant permanent, un électroaimant ou un courant passant dans un conducteur.

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Matériaux et propriétés magnétiques

10.6 Exemples de spectres magnétiques

Nord

Sud

Champ magnétique d'un aimant permanent Champ magnétique terrestre

En minuscule :
N
s
Pôles magnétiques de la Terre. La boussole s'oriente vers
ces pôles.

Nous constatons également que les pôles magnétiques sont


inversés par rapport aux pôles géographiques.

En Majuscule :

Pôles géographiques de la Terre. Ils correspondent à l'axe


n de rotation terrestre et sont décalés d'environ 15 ° par
S rapport aux pôles magnétiques.

10.7 Comportement des lignes de forces :

verre
Lorsqu'un objet non-
magnétique est placé dans
les lignes de force
magnétique, il n'y a aucune
modification. Les lignes
N N S S traversent l'objet sans
changer de trajectoires.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 8


Matériaux et propriétés magnétiques

fer doux
N

N N S S

Si l'objet placé dans les lignes de force a des propriétés magnétiques, les lignes de force
seront déviées. Un pôle Nord et un pôle sud vont apparaître sur les côtés de l'objet.

fer doux Cette particularité est utilisée pour protéger


certains appareils sensibles au champ magnétique.
radio
Dans notre exemple, le récepteur radio se trouve
protégé des perturbations magnétiques
extérieures par un blindage en fer doux.

10.8 Perméabilité du vide µ0 ( mu zéro ):

Les matériaux magnétiques laissent passer les lignes de force avec une certaine facilité. Ils
sont caractérisés par une perméabilité relative. La perméabilité relative est symbolisée par
la lettre grecque µ (mu). Elle représente la facilité avec laquelle les lignes de force
magnétiques peuvent s'établir dans le matériau. Pour l'air, elle a été définie
expérimentalement, et représente une référence.

Symbole de la grandeur : µ0

 Wb 
Symbole de l'unité :  A ⋅ m  ou [ V ⋅ s ⋅ A-1 ⋅ m-1 ]

Tous les matériaux ont une perméabilité. Même s'il ne s'agit pas de matériaux magnétiques,
comme le vide par exemple. L'air se comporte de façon identique au vide. Sa perméabilité
est symbolisée par µ0 et elle est donnée par la relation suivante :

µ 0 = 4 ⋅ π ⋅ 10 −7 [ V ⋅ s ⋅ A −1 ⋅ m −1 ]

. ⋅ 10−6
µ 0 = 125 [ V ⋅ s ⋅ A −1 ⋅ m −1 ]

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Matériaux et propriétés magnétiques

10.9 Perméabilité relative µr


La perméabilité relative est la valeur dont il faut tenir compte lorsque nous introduisons un
noyau dans une bobine. Pour les matériaux non-magnétique elle a été admise comme 1,
puisque ces matériaux ne facilitent pas le passage des lignes de force.

Par contre, il n'est pas possible de faire pareil avec les matériaux magnétiques. Ils ont tous
un comportement différent en fonction de leur composition. C'est pourquoi leur
perméabilité à été appelée perméabilité relative. Elle est symbolisée par µr .Elle qualifie la
facilité avec laquelle les charges magnétiques peuvent se déplacer dans le matériau.

La valeur de µr varie fortement d'un matériau à un autre. Le tableau ci-dessous donne


quelques valeurs indicatives. Pour certains matériaux, la valeur de µr est comprise entre un
minimum et un maximum. Nous verrons plus tard que la perméabilité relative dépend de la
!
valeur de l'induction B .

Symbole de la grandeur : µr
Il n'y a pas d'unité

10.10 Tableau de la perméabilité des principaux matériaux


magnétiques
Matériau Composition Perméabilité relative Utilisation
µr

relais,
Fer Armco Fer pur 10'000
électroaimant

Acier 40'000 à inductances


Si à 3 %
Hypersyl 50'000 transformateurs

blindages
Mumétal 70'000 à
Ni à 80 % magnétiques
Permalloy C 130'000
relais rapides
tôles pour
Acier au cobalt
Co à 35 - 50 % 3'500 petites machines
Permendur V
tournantes
!
Relation entre l'intensité du champ magnétique H , la perméabilité de l'air µ0 et la
perméabilité relative µr .

Les charges Q se déplaçant dans un tube magnétique avec une certaine vitesse provoquent
!
une force électromagnétique F.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 10


Matériaux et propriétés magnétiques

!
Cette force est liée à la matière du tube magnétique et à l'intensité du champ magnétique H.
F
= µ 0 ⋅ µr ⋅ H
Q⋅v
F !
Le quotient est appelé champ d'induction magnétique B
Q⋅v

Nous obtenons donc la relation suivante, en admettant la perpendicularité entre les


vecteurs :
B = µ0 ⋅ µ r ⋅ H

10.11 Champ d'induction magnétique B :

Au voisinage des aimants permanents et des conducteurs de courant électrique, c'est-à-


dire à proximité des charges électriques en mouvement, l'espace se trouve modifié par un
champ d'induction magnétique.

Symbole de la grandeur : B

Symbole de l'unité : [T] tesla

Une induction de 1 tesla correspond à un flux magnétique de 1 weber pour une surface de 1 [m2]

Une fois de plus, l'induction ne peut être mise en évidence que par ses effets.

Valeurs moyennes du champ d'induction magnétique B

Terre 0.3 [µT] électroaimant 0.1 à >1 [T]

Soleil 5 [mT] aimant à > 10 [T]


supraconducteur

B
Pour décrire les propriétés de l'espace, il faut donner un
!
caractère vectoriel à la grandeurLa force B.
!
électromagnétique F , exercée sur les charges électriques, B
peut être caractérisée par un vecteur représentant un
I
ensemble forces électromagnétiques élémentaires.

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Matériaux et propriétés magnétiques

Une bobine de grande longueur et comportant un grand nombre de spires circulaires


jointives est appelée un solénoïde. Lorsqu'un courant électrique traverse cette bobine, une
induction B est produite. Le champ magnétique à l'intérieur du solénoïde est presque
uniforme, ce qui représente un avantage.

10.12 Propriétés du champ d'induction B :

Dès qu'un courant traverse un conducteur, des lignes de force magnétiques s'établissent
autour de lui. On peut définir la DIRECTION des lignes d'induction comme circulaire par
rapport au conducteur parcouru par le courant I.

Le SENS des lignes de forces est défini par plusieurs règles. Celle de la main droite, du
tire-bouchon, ou celle de la vis.

Dans les dessins, nous trouverons toujours le courant dans les conducteurs représenté de la
même manière. Elle se rapporte à la règle de la vis. Lorsque le courant pénètre dans le
conducteur, on voit la tête de la vis, nous dessinerons donc une croix. Lorsque le courant
sort du conducteur, nous verrons la pointe de la vis et nous dessinerons un point.

Le point indique La croix indique


que le courant sort que le courant entre
du conducteur. dans le conducteur.

La flèche donne le La flèche donne le


sens des lignes de force sens des lignes de force

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Matériaux et propriétés magnétiques

Dans le cas de la règle de la main droite, le pouce indique le sens du courant et les doigts le
sens des lignes de force.

Règle du tire-bouchon Règles de la main droite

Règle de la vis.

10.13 Champ d'induction d'une bobine dans l'air (sans noyau) :

Soit une bobine parcourue par un courant électrique. Des lignes de force magnétique vont
être crées par le passage du courant et une induction B va apparaître.

L'induction B sera égale à :

B = µ0 ⋅ H en tesla [T]

Dans notre cas, le champ H représente les ampères-tours par mètre de la bobine.

N ⇒ nombre de spire de la bobine (sans unité)

N ⋅I A 
I ⇒ intensité du courant dans la bobine [A] H=  m 
l

l ⇒ longueur de la bobine [m]

Remarque : Ce calcul n'est valable que pour une bobine longue avec une seule couche de
spires.

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Matériaux et propriétés magnétiques

10.14 Champ d'induction d'une bobine avec noyau

Comme nous l'avons vu au chapitre des propriétés magnétiques, les matériaux magnétiques
concentrent les lignes de force. Si nous reprenons la bobine précédente et que nous plaçons
un noyau, l'induction augmentera.

La perméabilité relative µr du noyau va définir l'augmentation de l'induction.

L'induction B sera égale à : B = µ0 ⋅ µr ⋅ H en tesla [T]

Comme pour la bobine sans noyau, le champ H


représente les ampères-tours par mètre de la
bobine.

Remarque : L'augmentation du courant I va provoquer une augmentation de l'induction


B, mais jusqu'à une valeur limite. Cette valeur est déterminée par les
caractéristiques du noyau et provient de sa saturation.

10.15 Flux magnétique Φ : (phi)

Le flux magnétique Φ quantifie le nombre de lignes de force d'un champ d'induction B,


traversant l'aire A d'une matière.

Symbole de la grandeur : Φ

Symbole de l'unité : [Wb] weber

Le flux d'induction magnétique Φ représente le produit de l'induction magnétique B pour


une aire A bien délimitée.

Cette aire peut être oblique ou, dans notre cas, perpendiculaire au champ d'induction B.

Relation : Φ = B ⋅ A ⋅ cos α [Wb]

B ⇒ induction magnétique [T] A ⇒ aire de l'aimant [m2] α ⇒ angle d'inclinaison [°]

Par analogie avec la population humaine, nous pouvons dire que :

• la densité de population en nombre de personne par [km2] peut être


comparée au champ d'induction magnétique B.

• La population, quant à elle, peut être comparée au flux d'induction


magnétique Φ

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Matériaux et propriétés magnétiques

10.16 Comparaison entre l'induction B


et le flux magnétique Φ :
Le flux magnétique Φ quantifie le nombre de lignes de force d'un champ d'induction B pour
une surface donnée.

Cet aimant mesure 3 [cm] de côté, ce qui


représente une surface totale de 9 [cm2]

Dans chaque compartiment de 1 [cm] de côté se


trouvent 9 lignes de force magnétique de 1
[µWb] chacune.

Comme nous l'avons vu, l'induction magnétique B est donnée pour une surface de 1 [m2].
donc si nous désirons connaître l'induction pour un compartiment, il faut procéder au calcul
suivant :

Le flux Φ pour un compartiment correspond au nombre de lignes de force présentent soit :


9 [µWb]

Φ 9 ⋅ 10 −6
Induction B pour un compartiment ⇒ B= = −4
= 90 ⋅ 10−3 [T] ⇒ 90 [mT]
A 1⋅ 10

Exemple :

Le flux magnétique engendré par une bobine dans l'air est de 1.5 [µWb] .

Cette bobine dont le diamètre vaut 8 [mm], est composée de 350 spires réparties en une
seule couche sur une longueur utile de 8 [cm]

1. Calculer le courant la traversant.

2. Calculer la valeur du courant si l'on introduit un noyau magnétique dont la


perméabilité vaut 4700.

Données :

Φ = 1.5 [µWb] N = 350 spires d = 8 ⋅ 10-3 [m2] l = 8 ⋅ 10-2 [m]


 Wb 
µr = 1 µ0 = 1.25 ⋅ 10-6 
 A ⋅ m 

Inconnue : I=?

Relations :

N⋅I N ⋅I
Φ = B ⋅ A ⋅ cos α B = µ0 ⋅ µr ⋅ H H= B = µ0 ⋅ µr ⋅
l l

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 15


Matériaux et propriétés magnétiques

Pour notre calcul, nous admettrons la perpendicularité, il n'est donc pas nécessaire de tenir
compte de l'angle α .

Nous recherchons I, et nous pouvons remplacer dans la première formule B par sa valeur

N ⋅I
Φ = µ0 ⋅ µr ⋅ ⋅A
l

Ensuite, il faut transformer la formule pour isoler le courant I :

Φ⋅l
I=
µ0 ⋅ µr ⋅ N ⋅ A

Application numérique :

A=
π ⋅d2
=
π ⋅ 8 ⋅ 10 -3 ( )2 = 50.26 ⋅ 10 -6 [m2 ]
4 4

Φ⋅l 1.5 ⋅ 10 -6 ⋅ 8 ⋅ 10−2


I = = = 5.46 [A]
µ0 ⋅ µr ⋅ N ⋅ A . ⋅ 10− 6 ⋅ 1 ⋅ 350 ⋅ 50.26 ⋅ 10− 6
125

Calcul du courant avec un noyau :

Φ⋅l 1.5 ⋅ 10 -6 ⋅ 8 ⋅ 10−2


I = = = 1.16 [mA]
µ0 ⋅ µr ⋅ N ⋅ A . ⋅ 10− 6 ⋅ 4700 ⋅ 350 ⋅ 50.26 ⋅ 10− 6
125

10.17 Perméance Λ : (lambda)

La perméance Λ exprime avec quelle facilité les charges peuvent passer à travers la
matière, en fonction du flux magnétique Φ par rapport à la différence de potentiel
magnétique θ.

Φ
Relation : Λ=
θA − θB

Symbole de la grandeur : Λ lambda

Symbole de l'unité : [ H ] henry

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 16


Matériaux et propriétés magnétiques

10.18 Réluctance ℜ :

La réluctance ℜ exprime l'opposition faite au passage des charges électriques dans un


circuit magnétique constitué par la matière. Nous parlons parfois de résistance magnétique.
Elle est l'inverse de la perméance. (Voir analogie avec la conductance G).

1
Relation : ℜ=
Λ

Symbole de la grandeur : ℜ

Symbole de l'unité : [H-1]

10.19 Limite du flux magnétique Φ:

Le flux d'induction Φ a certaines limites physiques. La matière ne peut pas indéfiniment


laisser passer facilement les charges Q.

C'est, par analogie, comme une autoroute. Elle peut avoir des limites physiques propres à
ses dimensions. S'il y a plus de voiture que possible, nous disons que l'autoroute est
SATUREE. En magnétisme, le phénomène de saturation existe aussi.

Les limites de la saturation sont données par les caractéristiques du circuit magnétique.

10.22 Effet Hall :

En 1879, E. H. Hall a observé qu’une faible tension était engendrée à travers un conducteur
parcouru par un courant et placé dans un champ magnétique externe. Cette tension était
très faible avec des conducteurs classiques et cet effet fut peu utilisé.

Avec le développement des semi-conducteurs, des valeurs plus élevées de tensions de Hall
peuvent être engendrées. Comme matériau semi-conducteur, il est souvent fait usage de
l’arséniure d’indium (In As).

Un élément de In As, placé dans un champ magnétique, peut engendrer une tension Hall de
60 [mV] lorsque l’induction vaut 1 [T] et qu’il est parcouru par un courant de 100 [mA] .

Le flux appliqué doit être perpendiculaire à la direction du courant. Lorsque le courant


circule dans le sens longitudinal du conducteur, la tension engendrée est développée au
travers de la largeur.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 17


Matériaux et propriétés magnétiques

La valeur de la tension Hall UH est directement proportionnelle à la valeur de la densité de


l’induction magnétique B. Cela signifie qu’il est possible de mesurer la valeur de l’induction B
par l’intermédiaire de la tension Hall UH .

Principe :

Un conducteur contenant n charges


!
v libres e- est traversé par un courant I .
n e-
o Supposons que tous les électrons se
!
déplacent avec une vitesse v uniforme.

Le nombre n de charges électriques e-


passant durant le temps t à travers
l'aire A vaut :
I
Q
= neAv
t

Mais un delta Q sur un delta I est un courant électrique I.

N
Plongeons ce conducteur dans un champ d'induction magnétique
!
B.

!
Les électrons circulant à la vitesse v dans le conducteur sont
!
déviés par la force électromagnétique F . S

UH
B

v
A1 Les différentes lois du
e o magnétisme font apparaître une
F dissymétrie dans la répartition
+ des charges entre les faces A1 et
A2 A 2.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 18


Matériaux et propriétés magnétiques

Cette dissymétrie provoque une différence de potentiel, appelée tension de Hall UH


! !
proportionnelle au champ d'induction B et au courant I , dans le conducteur.
! !
La tension de Hall UH est donc une combinaison de lois d'électrostatique F = q⋅E
! ! !
et de magnétisme F = q⋅v x B

En les combinant, nous obtenons :

I ⋅ B ⋅ sin α
UH = Cette tension de Hall est exprimée en volt [V].
n⋅ d ⋅ q

Exemple d'utilisation :

Ce circuit représente l'asservissement du moteur de cabestan d'un magnétoscope. Pour


assurer une bonne qualité d'image, la position du moteur doit être connue en permanence.

Pour effectuer ce contrôle, des petits capteurs à effet Hall (H1 - H2 - H3) sont placés sous
le rotor du moteur.

En fonction de la rotation du moteur, ils sont soumis à des champs magnétiques variables.
Des tensions Hall sont ainsi produites et transmises au circuit de contrôle de la position
(Position Signal Process). Ce dernier fournira les informations nécessaires au circuit de
commande du moteur (motor drive) pour ajuster sa position.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 19


Matériaux et propriétés magnétiques

10.23 Attraction et répulsion des aimants :

Lorsque nous mettons en présence deux champs magnétiques, il se produit des forces,
comme nous allons l'étudier dans un prochain chapitre. Ces forces apparaissent aussi entre
des aimants, suivant le sens de leurs pôles. Nous constatons soit une attraction soit une
répulsion entre les aimants, comme le montrent les exemples ci-dessous.

N S N S

Les lignes de force sont dans le même sens.


Les pôles des aimants sont opposés.

Il se produit une attraction entre les deux aimants.

S N N S

Les lignes de force sont dans un sens opposé.


Les pôles des aimants sont dans le même sens.

Il se produit une répulsion entre les deux aimants.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 20


Matériaux et propriétés magnétiques

10.24 Force électromagnétique F :

Les champs magnétiques sont produits par des aimants permanents et des charges en
déplacement. Ces champs, à leur tour, exercent des forces sur d'autres aimants
permanents et sur des charges en mouvement.
!
La force magnétique sur une charge Q se déplaçant à une vitesse v dans un champ
!
magnétique B est :

loi de Coulomb appliquée par analogie ! ! !


F = Qv × B [N]
au magnétisme.

Cette loi deviendra la loi de Laplace.

Q charge électrique en [As]


v vitesse de déplacement en [m ⋅ s-1]

déplacement l
nous savons que Q = I ⋅ t et que v= =
temps t

!  l !
nous pouvons donc écrire F = (I ⋅ t) ⋅  × B
 t

par simplification, nous pouvons obtenir la loi suivante :


! ! !
∆F = I ∆ l × B produit vectoriel !

Unités utilisées :

force F newton [N] B induction tesla [T]

courant I ampère [A] longueur l mètre [m]

Démonstration :
Lorsque nous faisons circuler un courant électrique dans deux conducteurs parallèles, des
lignes de force s'établissent autour des conducteurs. Nous avons vu qu'il est possible de
définir les sens des ces lignes de forces au moyen de règles simples (par exemple celle de la
main droite).
I

I
Dans cet exemple, la force obtenue par les deux conducteurs déplace l'aiguille de la
boussole placée entre eux.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 21


Matériaux et propriétés magnétiques

10.25 Influence du courant dans les conducteurs :

Il est bien entendu que la relation est donnée par rapport à une référence que nous
!
admettrons 0. Mais nous devons savoir qu'il existe un champ d'induction magnétique B
partout dans l'espace.
!
Nous mesurerons toujours un écart de force électromagnétique F pour un certain écart de
longueur l
! ! !
Nous retrouvons la relation : F = Il × B produit vectoriel !
! !
Dans notre cas, le vecteur B et le vecteur courant I constitue un plan :

lI
!
Nous constatons que la force électromagnétique F représente l'ensemble de toutes les
! !
forces que subit la longueur l perpendiculaire au champ d'induction B .

Pour matérialiser cette relation, nous plaçons 2 conducteurs rectilignes en parallèle,


distants de quelques centimètres.

Pour bien comprendre les différentes étapes de


l'expérience, nous faisons circuler le courant dans le
conducteur de droite.

Nous remarquons que d'après la règle du tire-


bouchon, il règne un champ d'induction magnétique
!
B autour du conducteur. Comme ! défini par le
spectre magnétique, le vecteur B nous donne le nom
des pôles.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 22


Matériaux et propriétés magnétiques

I I

La deuxième phase consiste à faire


circuler un courant I dans le second
conducteur.

La longueur l du conducteur de droite et


!
l'induction B du conducteur de gauche
forment un plan vertical.

Dans le même temps, le courant I


circulant à l'intérieur du conducteur de
droite fait régner un champ d'induction
!
magnétique B sur le conducteur
gauche, selon la règle du tire-bouchon.

Constatations :

!
Les deux conducteurs font régner un champ d'induction magnétique B égal et opposé.

Les deux conducteurs peuvent être assimilés à 2 aimants dont les pôles sont contraires.

Les deux conducteurs se rapprochent l'un de l'autre.

Nous pouvons déduire de cette expérience la conclusion suivante :

Les pôles de nom opposé s'attirent

Les pôles de même nom se repoussent

attraction répulsion

Il en va de même pour les conducteurs entre eux, et pour les aimants


permanents.

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Matériaux et propriétés magnétiques

10.26 Règle des trois doigts de la main droite :

Cette règle est utilisée pour déterminer le sens de la force sur un conducteur
parcouru par un courant électrique et placé dans un champ d'induction magnétique.

L'index indique le sens du courant I


(Index ⇒ Intensité)

Le majeur indique le sens de l'induction B


(Majeur ⇒ Magnétisme)

Le majeur et l'index forment un plan dont


l'angle est naturellement de 90 °.

Le pouce indique le sens de la force


électromagnétique F (Pouce ⇒ pousser).

Le pouce est naturellement à 90 ° par rapport au plan formé par I et B.

10.27 Règle de la main gauche :

Il en existe également une pour la main gauche !

Elle nous donne les mêmes indications que la loi de la main droite.

L'extrémité des doigts


représente la sens du
courant I.

La paume de la main est


tournée de telle façon que
les lignes d'induction y
pénètrent, ou que le pôle
Nord soit situé en face.

Le pouce indique la direction de la force électromagnétique F

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 24


Matériaux et propriétés magnétiques

10.28 Schéma des lignes d'induction :

Le dessin ci-dessous indique le sens des lignes de force de l'aimant, ainsi que le sens de
déplacement du conducteur, sachant que la courant y pénètre.

10.29 Votre règle personnelle :

Nous rencontrons parfois des règles qui sont appelées différemment ( règle de l'auto-stop,
par exemple ). C'est en général une règle dérivée des trois précédentes. Elles peuvent être
pour l'élève une méthode intuitive correspondant mieux à sa façon de résonner.

Ces règles nous permettent de représenter le phénomène électromagnétique. Il faut


maintenant le quantifier.
!
Nous pouvons dire que la force électromagnétique F est proportionnelle à ces différentes
valeurs :

• à la longueur utile l du conducteur


!
• à l'induction B moyenne perpendiculaire au conducteur

• au courant I circulant dans le conducteur

Pour modifier le produit vectoriel en produit scalaire, il suffit de prendre en considération


!
la perpendicularité existant entre le plan formé de l'induction B et de la longueur l.

Cette perpendicularité (90 °) se traduit par la valeur du sinus de l'angle Θ.


! ! !
F = B × Il produit vectoriel

Dans ce cas particulier, nous admettons la perpendicularité (90 °) entre les grandeurs, ce
qui nous donne :

F = B ⋅ I ⋅ l ⋅ sin Θ mais nous savons que le sin de 90 ° vaut 1

Nous pourrons donc admettre la relation suivante :

F = B⋅ I ⋅l exprimée en newton [N]

Il est bien clair que l'angle Θ ne vaut pas toujours 90 °.


Il faut donc toujours y prêter attention !

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 25


Matériaux et propriétés magnétiques

10.30 Exercices

Qu'appelle-t-on lignes de force ?

Comment peut-on définir le sens des lignes de force magnétique ?

Qu'est-ce que le spectre magnétique ?

Qu'est-ce que le Spin de l'électron ?

Donner deux noms de matériaux pour chaque classe de matériaux magnétique.

Peut-on comparer le potentiel magnétique au potentiel électrique ?

Compléter les figures ci-dessous en dessinant les lignes de force magnétique :

Ecrire la relation qui définit le flux magnétique Φ

Quelle est la différence entre l'induction B et le flux Φ ?

Qu'exprime-t-on au moyen de la perméance ?

A quoi peut-on comparer la perméance ?

Quel est l'avantage de placer un noyau magnétique au centre d'une bobine ?

Effectuer le développer littéral qui permet de justifier votre réponse.

Quelle est la valeur de la perméabilité du vide (ou de l'air) ?

Dans la règle de la main droite, quelle est la signification des doigts ?

Que désigne le mot SPIN ?

Que se passe-t-il si le courant augmente dans une bobine dont le noyau est à saturation ?

Qu'est-ce que l'induction rémanente ?

Comment s'appelle le champ qu'il faut opposer pour annuler l'induction rémanente ?

Pourquoi le cycle d'hystérésis n'est-il pas identique pour tous les matériaux ?

Quel est l'effet du noyau dans une bobine ?

Dessiner le cycle d'hystérésis pour une tôle de transformateur :

Dessiner le cycle d'hystérésis d'un aimant permanent :

Justifiez vos réponses pour les deux courbes précédentes.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 26


Matériaux et propriétés magnétiques

1. Un courant de 3 [A] traverse une bobine de 500 spires.


Combien de spires devrait avoir une bobine pour obtenir le même champ
d'induction si le courant passe à 900 [mA] ?

2. Une bobine sans noyau présente une induction de 1.5 [T]. elle est composée de
1000 spires et parcourue par un courant de 2 [A].

a) Quel sera le nombre de spires si nous utilisons un noyau


de perméabilité µr = 200 ?

b) Quel sera le courant dans la bobine si nous conservons le même


nombre de spires mais que nous utilisons un noyau de µr = 300 ?

3. Avec un fil de cuivre d'une longueur de 150 [m] et d'un diamètre de 500 [µm] ,
nous réalisons une bobine sans noyau de 200 spires jointives. Elle est raccordée
sur une tension continue de 1.5 [V].
!
Calculer l'induction B et la longueur de cette bobine.

4. Nous considérons un anneau de rayon intérieur de 3 [cm] et un rayon extérieur de 4


[cm]. Nous trouvons dans cet anneau, un entrefer d'une longueur de 1 [mm]. Cet
anneau est placé dans l'air (voir tabelle). Calculer le champ d'induction dans
l'entrefer si :

Afer = 6 [cm2] Aair = 8 [cm2] (à cause de la dispersion)

µr = 1000 N = 100 I = 1 [A]

Calculer la valeur du courant si l'on voulait obtenir le même champ d'induction dans un
entrefer 10 fois plus grand. Attention aux unités de longueur et d'aire !

5. Un fluxmètre, placé avec un angle d'inclinaison de 42° par rapport à un aimant


permanent en TICONAL, indique une valeur de [100 µWb] dans un milieu qui
est de l'air.

L'aimant a les dimensions


suivantes :

N S longueur L = 10 [cm]
largeur l = 1 [cm]
hauteur h = 5 [mm]

Calculer le champ d'induction magnétique B de l'aimant.

6. On réalise une bobine à spires jointives à une seule couche sur un support non
magnétique d'un diamètre de 5 [cm]. Le fil a une longueur de 160 [m]
et une section de 1 [mm2] .Elle est raccordée sur une source de tension de 6 [V].

Calculer l'intensité du champ magnétique de cette bobine.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 27


Matériaux et propriétés magnétiques

7. Tracer sur une feuille quadrillée la courbe d'aimantation du matériau dont les
caractéristiques sont les suivantes :

H 39 117 195 312 585 780 975 [A/m]


B 90 254 400 540 690 730 750 [mT]

8. Calculer la perméabilité relative du matériau pour plusieurs points de la courbe


et établir une constatation.

9. Calculer la force à laquelle est soumis un conducteur parcouru par un courant de


20 [A] lorsqu'il est placé dans l'entrefer d'un électroaimant où règne une induction
de 1.5[T].

Le côté de l'électroaimant est de 14 [cm], et on admet la perpendicularité des


lignes de force.

10. Calculer la longueur l des conducteurs de la planchette de démonstration des


forces électromagnétiques, sachant qu'un dynamomètre (appareil de mesure
des forces) indique 10 [N].

Un ampèremètre mesure un courant de 80 [A] et un fluxmètre nous donne


10 [µWb]. Le diamètre de l'aire est de 4 [mm]. Cette expérience est réalisée dans
un milieu qui est l'air, avec des grandeurs perpendiculaires les unes aux autres.

F
11. Compléter le dessin en indiquant soit : A) C) N S
la direction du déplacement du conducteur,
le sens du courant qui le parcoure,
ou le pôle de l'aimant
B) S N D) S N

12. Tracer l'allure d'un matériau donnant les valeurs suivantes lors d'un essai
en laboratoire :

H 39 117 195 312 585 780 975 [A/m]


B 0.09 0.254 0.40 0.54 0.69 0.73 0.75 [T]

Calculer la perméabilité relative de ce matériau.

13. On désire obtenir une induction de 1.5 [T] dans un tore magnétique fermé en fer,
dont le diamètre moyen est de 30 [cm].
Quel doit-être le nombre de spires si le courant est de 6 [A]
et la perméabilité relative de 1040 ?

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 28


Matériaux et propriétés magnétiques

14. Pour avoir une induction de 1.2 [T] dans une bobine à noyau magnétique
en fer doux, il faut un champ de 550 [A⋅m-1].

Il faut 11400 [A⋅m-1] pour obtenir la même induction dans une bobine avec
un noyau en fonte.

Calculer la perméabilité relative des deux matériaux.

15. Une bobine de 1 [m] de longueur comporte 2500 spires et elle est parcourue
par un courant de 4 [A] .
Calculer l'intensité du champ et l'induction magnétique à l'intérieur de la bobine.

16. Nous reprenons la même bobine pour essayer différents matériaux magnétiques.
Que va devenir l'induction si nous utilisons des noyaux de perméabilité suivante ?

a) 150 b) 20000 c) bois d) cuivre

Réponses :

1. N = 1667 spires

2. N = 5 spires I = 6.67 [mA]

3. long. = 23.87 [cm] B = 280.5 [µT]

4. B = 569 [µT] I = 10 [A]

5. B = 2.69 [T]

8. 1899 [A/m]

9. 4.2 [N]

10. l = 15.7 [cm]

11. A) Nord - Sud B) il monte C) il descend D) le courant sort du conducteur

13. N = 180 spires

15. Fer µr = 1736 fonte µr = 84

15. H = 10'000 [A/m] B = 12.56 [mT]

16. a) B = 1.875 [T] b) B = 250 [T] c) et d) matériaux non magnétiques µr = 1

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Cycle d'hystérésis

Chapitre 10b

Cycle d'hystérésis

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 1


Cycle d'hystérésis

10.30 Introduction :

Pour exprimer la saturation du noyau magnétique, nous allons procéder à une expérience.
Augmenter l'intensité de champ magnétique H et calculer l'induction B d'une bobine avec
noyau.

Récapitulation des relations importantes

Formules Unités Noms

 V ⋅ s  A   V ⋅ s Champ d'induction
B = µ 0 ⋅ µr ⋅ H [T] =  m ⋅ A  ⋅  m  =   magnétique
 m2 

Φ = B ⋅ A ⋅ cos α [Wb] = [T] ⋅ [ m2 ] Flux magnétique

F = B⋅ I ⋅l [ N] = [T] ⋅ [A ] ⋅ [ m] Force
électromagnétique

Cette expérience est réalisée au moyen d'une bobine , ou inductance L , raccordée sur une
source de tension de polarité variable.

Schéma électrique :

A
+

- bobine
L
+

La bobine est constituée de 150 spires de fil de cuivre, bobinées autour d'un noyau
magnétique d'une longueur l de 15 [cm] et sa résistance ohmique vaut 25 [Ω] . Le noyau a
été choisi dans la catégorie des matériaux magnétique (voir introduction de ce chapitre).

Cette bobine est raccordée sur deux sources de tension continue et le potentiomètre nous
permet de varier la tension aux bornes de la bobine entre + 100 [V] et - 100[V].

Pour bien comprendre le déroulement de l'expérience, nous l'avons décomposée en 5 phases


successives. A chaque phase, nous étudierons l'évolution de l'induction magnétique ainsi que
le comportement du noyau de notre bobine.

Pour chaque phase, un tableau de mesure nous permettra de tracer la courbe d'aimantation.

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Cycle d'hystérésis

10.31 Phase 1 :
En faisant varier la tension U de 0 à 100 [V] ,le courant va augmenter ainsi que le champ
d'induction magnétique B.

Au départ, nous pouvons nous représenter cet état comme une multitude de petits aimants
ayant pris une orientation quelconque et dont l'augmentation d'un champ magnétique
extérieur va faire varier la position.

Tableau de mesure :

U [V] R [Ω] I [A] N l [m] H [A/m] µ0 µr B [T]

0 25 0 150 0.15 0 1.25⋅10-6 200 0


20 25 0.8 150 0.15 800 1.25⋅10-6 200 0.2
40 25 1.6 150 0.15 1600 1.25⋅10-6 180 0.36
60 25 2.4 150 0.15 2400 1.25⋅10-6 145 0.435
80 25 3.2 150 0.15 3200 1.25⋅10-6 112 0.448
100 25 4 150 0.15 4000 1.25⋅10-6 90 0.45

Nous parlerons de SATURATION, au moment où l'augmentation de l'intensité de champ


magnétique H ne modifie plus le champ d'induction magnétique B.

L'orientation de ces petits aimants ne se fait pas de façon linéaire, mais de façon
exponentielle, comme pour la charge du condensateur.

Nous pouvons tracer un diagramme du champ d'induction magnétique B en fonction de


l'intensité du champ magnétique B = f (H).

B
[mT]

500

400

300

200

100

H
[A/m]
1000 2000 3000 4000

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Cycle d'hystérésis

10.31 Phase 2 :
En faisant varier la tension U de 100 [V] à 0 [V] , nous constatons que le champ d'induction
magnétique B décroît, mais lorsque le courant est à 0, le noyau conserve un certain champ
d'induction magnétique B.
Nous pouvons nous représenter cet état comme
une multitude de petits aimants conservant tous
la même orientation et dont la diminution d'un
champ magnétique extérieur ne modifie plus les
positions.

Remarque : Pour cette phase ainsi que les suivantes, il n'est plus possible d'utiliser les
valeurs issues de calculs. Les résultats ne sont plus identiques en raison de
l'induction rémanente et des caractéristiques du noyau.
Les valeurs d'induction doivent être mesurées et mises en évidence au
moyen d'un instrument de mesure tel qu'un teslamètre.

Tableau de mesure :
U [V] H [A/m] B [mT]
100 4000 450
80 3200 450
60 2400 450
40 1600 440
20 800 380
0 0 250

Nous parlerons de rémanence au moment où la diminution de l'intensité du champ


magnétique H ne modifie plus le champ d'induction magnétique B.

L'orientation de ces petits aimants ne se fait pas de façon linéaire, mais de façon
exponentielle, comme pour la décharge du condensateur.

Nous pouvons tracer un diagramme du champ d'induction magnétique B en fonction du


champ magnétique B = f (H)

B
[mT]

500

400

300

200

100

H
[A/m]
1000 2000 3000 4000

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Cycle d'hystérésis

Le point constitué du champ d'induction magnétique B et de l'axe des y, représentant


l'induction rémanente Br , pour une intensité du champ magnétique H à la valeur 0.

Symbole de la grandeur : Br

Symbole de l'unité : [T] tesla

Comme son nom l'indique, il s'agit de l'induction qui subsiste dans le noyau, due à
l'orientation des particules magnétiques.

Application pratique :

Du tournevis aimanté à tous les supports magnétiques d'information comme les cassettes
vidéo ou les disquettes d'ordinateur.

Ce champ d'induction magnétique rémanente peut être modifié par la température (point de
Curie) . En effet, la température modifie la disposition des petits aimants constituant les
matériaux magnétiques. Cette application est utilisée pour les mini-disques audio et les
supports magnéto-optiques. Elle n'est pas applicable aux tournevis ou aux cassettes vidéo
pour les démagnétiser ! ! !

La méthode la plus simple pour désaimanter votre tournevis sera de le soumettre à un


champ magnétique de polarité variable et dont l'intensité diminue lentement.

Exemple :

Cette façon de faire est utilisée pour


démagnétiser les tubes image des
téléviseurs couleur. En effet, le
balayage de l'écran par le faisceau
d'électrons est commandé par un
champ magnétique. Si ce champ vient à
être perturbé par l'aimantation
rémanente d'une pièce métallique,
l'image va perdre de sa qualité les
couleurs seront faussées.

C'est pour cela qu'avant la mise en service d'un téléviseur couleur, il faut toujours le
démagnétiser. Cette opération est effectuée au moyen d'une bobine que l'on éloigne
régulièrement de l'écran. L'effet du champ magnétique décroissant va démagnétiser le
tube image.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 5


Cycle d'hystérésis

10.32 Phase 3 :

En faisant varier la tension U de 0 [V] à - 100 [V] , nous constatons que le champ
d'induction magnétique B passe à la valeur zéro.

Cette valeur est obtenue au moment où les petits


aimants se trouvent soumis à une certaine
intensité de champ magnétique H provoquant une
orientation quelconque des éléments.

Tableau de mesure :

U [V] H [A/m] B [mT]


0 0 250
-20 -800 100
-25 -1000 0.00

Nous pouvons tracer le diagramme du champ d'induction magnétique B en fonction de


l'intensité du champ magnétique B = f (H).

B
[mT]
500

400

300

200

100

H
[A/m]
-4000 -3000 -2000 -1000 1000 2000 3000 4000

Nous parlons de CHAMP COERCITIF Hc au moment où le champ d'induction magnétique B


est nul.

Symbole de la grandeur : Hc

A 
Symbole de l'unité :  m 

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Cycle d'hystérésis

Nous avons supprimé le champ d'induction magnétique B . En continuant de varier la tension


de la valeur du champ coercitif Hc à - 100 [V] , nous constatons que le champ d'induction
magnétique B ne varie plus à partir d'une certaine valeur.

Nous pouvons représenter cet état comme une


multitude de petits aimants ayant pris tous la
même orientation et dont l'augmentation d'un
champ magnétique extérieur ne modifie plus les
positions.

Tableau de mesure :

U [V] H [A/m] B [mT]


-25 -1000 0.00
-40 -1600 -150
-60 -2400 -325
-80 -3200 -425
-100 -4000 -450

Nous pouvons tracer le diagramme du champ d'induction magnétique B en fonction de


l'intensité du champ magnétique B = f (H).

B
[mT]
500

400

300

200

100

H
4000 3000 2000 1000 1000 2000 3000 4000 [A/m]
100

200

300

400

500

Nous parlerons de SATURATION, au moment où l'augmentation de l'intensité du champ


magnétique H ne modifie plus le champ d'induction magnétique B.

Nous sommes dans la situation inverse à celle de la première phase de notre expérience.

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Cycle d'hystérésis

10.33 Phase 4 :

En faisant varier la tension U de -100 à 0[V] , nous constatons que le champ d'induction
magnétique B décroît. Mais lorsque le courant est à zéro le noyau conserve un certain
champ d'induction magnétique B .

Nous pouvons nous représenter cet état


comme une multitude de petits aimants
conservant tous la même orientation et dont la
diminution d'un champ magnétique extérieur ne
modifie plus les positions.

Tableau de mesure :
U [V] H [A/m] B [mT]
-100 -4000 -450
-80 -3200 -450
-60 -2400 -450
-40 -1600 -440
-20 -800 -380
0 0 -250

Nous parlerons de REMANENCE au moment où la diminution de l'intensité du champ


magnétique H ne modifie plus le champ d'induction magnétique B.

Nous sommes dans la situation inverse que lors de la phase 2 de notre expérience.

Nous pouvons tracer le diagramme du champ d'induction magnétique B en fonction de


l'intensité du champ magnétique B = f (H).

B
[mT]
500

400

300

200

100

H
4000 3000 2000 1000 1000 2000 3000 4000 [A/m]
100

200

300

400

500

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 8


Cycle d'hystérésis

10.34 Phase 5 :
En faisant varier la tension U de 0 à 100 [V] , nous constatons que le champ d'induction
magnétique B passe par la valeur zéro.

Cette valeur est obtenue au moment où les petits


aimants se trouvent soumis à une certaine
intensité de champ magnétique H provoquant une
orientation quelconque des éléments.

Tableau de mesure :
U [V] H [A/m] B [mT]
0 0 -250
20 800 -100
40 1600 150
60 2400 325
80 3200 425
100 4000 450

Nous parlerons de CHAMP COERCITIF au moment où le champ d'induction magnétique B


est nul.

Nous sommes dans la situation inverse que lors de la phase 3 de notre expérience.

Nous pouvons tracer le diagramme du champ d'induction magnétique B en fonction de


l'intensité du champ magnétique B = f (H).

B
[mT]
500

400

300

200

100

H
4000 3000 2000 1000 1000 2000 3000 4000 [A/m]
100

200

300

400

500

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 9


Cycle d'hystérésis

10.35 Récapitulation :
Dans la dernière phase, nous avons supprimé le champ d'induction magnétique B. En
continuant à élever la tension U jusqu'à 100 [V], nous constatons que le champ d'induction
magnétique B ne varie plus à partir d'une certaine valeur.

La dernière courbe que nous venons de tracer représente le cycle d'hystérésis complet du
noyau de notre bobine. Le cycle d'hystérésis est toujours symétrique, l'orientation des
particules magnétiques élémentaire étant identique dans les deux sens.

Chaque matière possède une propre courbe d'Hystérésis, qui détermine ses
caractéristiques et définit son application.

10.36 Energie W d'hystérésis :

L'orientation des petits aimants, changeant lors de chaque phase du cycle d'hystérésis
conduit à un échauffement de la matière. Cet échauffement va provoquer une perte
d'énergie W qui sera, suivant les applications, très gênante.

Exemples de courbes d'Hystérésis :

Hc ⇒ 1 division ⇒ 10 [A/m] Hc ⇒ 1 division ⇒ 1 [A/m]

Matière peu sensible aux Matière sensible aux perturbations


perturbations externes. externes.

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Cycle d'hystérésis

10.37 Entraînement

1. Tracer sur une feuille quadrillée la courbe d'aimantation du matériau dont les
caractéristiques sont les suivantes :

H 39 117 195 312 585 780 975 [A/m]


B 90 254 400 540 690 730 750 [mT]

2. Calculer la perméabilité relative du matériau pour plusieurs points de la courbe


et établir une constatation.

3. Calculer la force à laquelle est soumis un conducteur parcouru par un courant de


20 [A] lorsqu'il est placé dans l'entrefer d'un électroaimant où règne une induction
de 1.5[T].

Le côté de l'électroaimant est de 14 [cm], et on admet la perpendicularité des


lignes de force.

4. Calculer la longueur l des conducteurs de la planchette de démonstration des


forces électromagnétiques, sachant qu'un dynamomètre (appareil de mesure
des forces) indique 10 [N].

Un ampèremètre mesure un courant de 80 [A] et un fluxmètre nous donne


10 [µWb]. Le diamètre de l'aire est de 4 [mm]. Cette expérience est réalisée dans
un milieu qui est l'air, avec des grandeurs perpendiculaires les unes aux autres.

F
5. Compléter le dessin en indiquant soit : A) C) N S
la direction du déplacement du conducteur,
le sens du courant qui le parcoure,
ou le pôle de l'aimant
B) S N D) S N

6. Tracer l'allure d'un matériau donnant les valeurs suivantes lors d'un essai
en laboratoire :

H 39 117 195 312 585 780 975 [A/m]


B 0.09 0.254 0.40 0.54 0.69 0.73 0.75 [T]

Calculer la perméabilité relative de ce matériau.

7. On désire obtenir une induction de 1.5 [T] dans un tore magnétique fermé en fer,
dont le diamètre moyen est de 30 [cm].
Quel doit-être le nombre de spires si le courant est de 6 [A]
et la perméabilité relative de 1040 ?

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /septembre 2000 11


Cycle d'hystérésis

8. Tracer le cycle d'hystérésis d'un matériau donnant les valeurs suivantes lors
d'un essai en laboratoire :

H 39 117 195 312 585 780 975 [A/m]


B 0.09 0.254 0.40 0.54 0.69 0.73 0.75 [T]

H 975 780 585 312 195 117 39 [A/m]


B 0.75 0.74 0.70 0.68 0.64 0.60 0.55 [T]

H -39 -117 -195 -312 -585 -780 -975 [A/m]


B 0.40 0.254 -0.40 -0.60 -0.69 -0.73 -0.75 [T]

Vous savez que le cycle d'Hystérésis est symétrique.


Donner le champ d'induction rémanent.
Donner l'intensité du champ magnétique coercitif.

9. Pour avoir une induction de 1.2 [T] dans une bobine à noyau magnétique
en fer doux, il faut un champ de 550 [A⋅m-1].

Il faut 11400 [A⋅m-1] pour obtenir la même induction dans une bobine avec
un noyau en fonte.

Calculer la perméabilité relative des deux matériaux.

10. Une bobine de 1 [m] de longueur comporte 2500 spires et elle est parcourue
par un courant de 4 [A] .
Calculer l'intensité du champ et l'induction magnétique à l'intérieur de la bobine.

11. Nous reprenons la même bobine pour essayer différents matériaux magnétiques.
Que va devenir l'induction si nous utilisons des noyaux de perméabilité suivante ?

a) 150 b) 20000 c) bois d) cuivre

Réponses :

2. 1899 [A/m] 3. 4.2 [N] 4. l = 15.7 [cm]


5. A) Nord - Sud B) il monte C) il descend D) le courant sort du conducteur
7. N = 180 spires
9. Fer µr = 1736 fonte µr = 84
10. H = 10'000 [A/m] B = 12.56 [mT]
11. a) B = 1.875 [T] b) B = 250 [T] c) et d) matériaux non magnétiques µr = 1

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Inductance

Chapitre 11

Sommaire
• Tension induite
• Inductance L
• Self induction
• Les courants de Foucault
• Réduction des courants Foucault
• Entraînement

Introduction

11. Magnétisme :

L'homme, depuis ses débuts sur terre, a cherché à se diriger. Le repérage d'une direction
peut se faire à l'aide des astres, en repérant par exemple l'étoile polaire qui nous indique le
Nord, mais ce système ne fonctionne que la nuit. S'il fait jour, il est possible de

11.1 Tension induite Ui :

Les découvertes de Faraday énoncent le principe suivant :

N
Le déplacement d'un
conducteur dans un
champ d'induction B fait I
apparaître une tension
induite Ui aux bornes de S µA
ce conducteur.

déplacement

Le micro-ampèremètre est branché aux bornes des deux tiges conductrices. Lorsque nous
déplaçons le conducteur dans un champ magnétique uniforme, le micro-ampèremètre dévie.

Le courant induit a un sens tel qu'il tend à s'opposer à la cause qui lui a donné naissance.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 1


Inductance

Pour déterminer le sens du courant dans le


conducteur, nous utilisons la main gauche.

Gauche - Générateur

Le pouce correspond au déplacement v

L'index correspond au sens du courant I

Le majeur correspond à l'induction B

Le micro-ampèremètre est branché aux bornes des deux tiges conductrices. Lorsque nous
déplaçons le conducteur dans un champ magnétique uniforme, l'aiguille du micro-
ampèremètre dévie.

Si nous admettons un déplacement de la barre selon l'axe des x positif ( v ) , la barre est le
siège d'une tension induite Ui opposée.

La force F s'oppose au mouvement v . Le sens de la force F s'obtient avec les règles vues
précédemment.

F v

I B

La relation nous permettant d'obtenir la valeur de la tension induite Ui est la suivante :

∆Φ
Ui = −
∆t

En pratique, cette variation de flux d'induction ∆Φ (delta phi) est obtenue par un
déplacement l relatif d'un élément rectiligne du circuit par rapport au champ magnétique
B inducteur.

Cette tension induite Ui est donnée par la relation vectorielle suivante :

Ui = − B × lv

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 2


Inductance

Les grandeurs B , l I et v sont souvent perpendiculaires entre elles, ce qui donne un sin
θ = 1. D'où le produit scalaire admis :

Ui = B ⋅ l ⋅ v

Cette disposition implique la présence de la plus grande tension induite Ui. Comme pour la
tension électrique U , la tension induite Ui est exprimée en volt [V].

Si pour une raison ou pour une autre, B , l ou v ne sont pas perpendiculaires entre elles, nous
multiplierons par le sinus des angles appropriés.

Exemple :

S V

déplacement

Un aimant permanent replié, en TICONAL, possède une induction de 0.4 [T].

Nous déplaçons un conducteur long de 20 [cm] dans l'espace formé par l'aimant. Cet espace
mesure 50 [cm] , et le déplacement est effectué de façon rectiligne durant 20 [s] .

Calculer la tension induite Ui

Les grandeurs sont considérées perpendiculaires.

Données : l = 20 [ cm ] laimant = 50 [cm] t = 20 [s] B = 20 [T]

Relation : Ui = − B × lv

Puisque nous avons admis la perpendicularité, nous pouvons utiliser la relation suivante :

Ui = − B ⋅ l ⋅ v

Le signe - devant le symbole de l'induction B ne nous est pas utile ici. Elle nous indique le
sens de la tension Ui , mais nous ne voulons ici que la quantifier. C'est ce que nous appelons
parfois la valeur absolue d'un nombre. Nous ne tenons pas compte de son signe, nous notons
alors :

Ui = − B ⋅ l ⋅ v Ui

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 3


Inductance

Application numérique :

d 0.5 m
Calcul de la vitesse v : v= = = 25 ⋅ 10 -3 ê ú
t 20 s

Ui = − B ⋅ l ⋅ v = 20 ⋅ 0.2 ⋅ 25 ⋅ 10−3 = - 100 [mV]

Valeur absolue : Ui = 100 [mV]

11.2 Inductance L :
Dans le circuit que nous venons de calculer, nous possédons une tension induite Ui . Cela
signifie que nous avons un circuit électriquement fermé.

Schéma :

L V

Le conducteur est une source de tension induite Ui que l'on mesure aux bornes du voltmètre
de grande résistance.

Il s'agit d'une application de la loi d'Ohm !

Nous pouvons admettre que la tension induite Ui est égale au produit du courant induit Ii
circulant pendant un certain temps t , et de l'inductance L.
(caractéristique du montage à laisser passer les lignes de force).

Cette grandeur porte le nom de perméance Λ pour le circuit magnétique. Mais nous
sommes dans un circuit mélangeant le magnétisme et l'électricité.

Nous lui donnerons donc le nom d'inductance.

Symbole de la grandeur : L

Symbole de l'unité : [ H ] henry

En utilisant cette nouvelle notion, nous pouvons écrire la relation suivante :

I
Ui = −L⋅
t

tension induite Ui [V] inductance L [H]

courant I [A] temps t [s]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 4


Inductance

Dans les schémas électriques, nous symboliserons l'inductance pure L des façons suivantes :

bobine L inductance pure L inductance pure L


avec noyau avec noyau sans noyau

Remarque : le trait au-dessus de la bobine représente le noyau.

11.3 Self-induction :

C'est le physicien russe Heinrich Lenz (1804-1865) qui fit la découverte du sens des
courants induits appelée loi de Lenz.

Loi selon de Lenz s'énonce comme suit :

Le courant induit a un sens tel que ses effets s'opposent


à la cause qui lui a donné naissance.

Plus simplement, le courant induit tend à s'opposer au


flux inducteur.

Nous constatons, par expérience, qu'une bobine parcourue par un courant électrique I
provoque un flux magnétique Φ . C'est la bobine elle-même qui génère une tension induite Ui
pendant le temps t ou un courant I la traverse. Selon l'application de la relation que nous
venons d'étudier plus haut :

I
Ui = −L⋅ en volt [V]
t

Pour effectuer notre expérience et nos mesures, nous réalisons le montage suivant :

trace A

2000 [Ω] s
o
100 [mH] n trace B
d
e

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 5


Inductance

La bobine possède certaines caractéristiques magnétiques dont nous mesurons les


conséquences électriques. Pour notre mesure nous utilisons une bobine qui a une inductance
L de 100 [mH] . Cette bobine est utilisée, en électrotechnique, pour obtenir des flux
magnétiques Φ importants qu'il ne nous est pas possible d'obtenir à l'aide d'aimants
permanents.

Au moyen de l'oscilloscope (voir la description des instruments de laboratoire, au début de


ce cours), nous mesurerons la présence d'une tension induite Ui aux bornes de la bobine.
Cette tension induite sera présente lorsqu'un courant I la traversera. Nous allons procéder
pas à pas à l'interprétation de l'expérience.

11.4 Phase 1 :
Lors de la mise en circulation des électrons, il y a dans le circuit une variation de courant I
qui dure un certain temps t.

Avec l’oscilloscope il n’est possible de mesurer un courant. Pour obtenir sa forme, nous
mesurons la tension aux bornes de la résistance de 2 [kΩ].

Le courant est proportionnel à la tension aux bornes de la résistance et par simple


application de la loi d’Ohm, il est facile de le calculer. Pour cela, il faut connaître la valeur
de la résistance ce qui est le cas dans notre mesure.

Courbe du courant :

Courbe de la tension induite :

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Inductance

Cette courbe nous montre la forme de la tension aux bornes de la bobine. Les pointes
représentent la tension induite par la bobine. Ce phénomène s’appelle la self induction.

Nous constatons que la tension induite Ui aux bornes est opposée au passage du courant I .
Le courant I augmente de 0 à la valeur maximum. La tension induite Ui va de 0 à moins la
valeur maximum.

Le signe négatif est bien la signification et la preuve de la loi de Lenz.

11.5 Phase 2 :
Notre bobine est toujours parcourue par un courant I constant. La variation de courant I
est donc nulle.

Aucune tension induite Ui n'est mesurée par l'oscilloscope, et il nous montre l'image
suivante :

Si la variation du courant I est nulle, la tension induite Ui est également nulle, car :

0
U i = −100 ⋅ 10 − 3 ⋅ 0 [V]
t

11.6 Phase 3 :
Après un certain temps de fonctionnement, nous interrompons le courant I dans la bobine.
Cela a comme influence de faire varier le courant pendant un certain temps. Le courant I
passe de la valeur maximum à la valeur 0.

Courbe du courant :

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Inductance

Courbe de la tension induite :

11.7 Interprétation de la mesure :


Nous constatons que la tension induite Ui aux bornes de la bobine est opposée à celle de la
source de tension. Le courant I diminue de la valeur maximum à 0.

La tension induite Ui va de 0 à une valeur maximum. Le signe négatif est bien la signification
de la loi de Lenz. De cette expérience, nous pouvons énoncer la règle de la self-induction
qui, de façon générale, est la suivante :

La self-induction apparaît dans un circuit composé


d'inductances, et parcouru par un courant I variable et tend à
s'opposer à ces variations

La présence d'un noyau et la forme de la bobine influencent le phénomène de self-induction.

L'étude complète des différentes bobines sort du cadre de ce cours. Pour de plus amples
informations, il sera nécessaire de consulter un cours de physique.

Nous constatons, comme pour le condensateur, que la bobine possède aussi une constante
de temps τ (tau).
L
Cette constante de temps τ est donnée par le rapport de τ=
R
ρ ⋅l
La résistance R est donnée par les caractéristiques du circuit. Rappel : R=
A

Résultats de la mesure de notre montage sur un temps plus long

La courbe A représente le courant dans le montage.

La courbe B représente la tension induit Ui aux bornes de la bobine.

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Inductance

11.8 Les courants de Foucault

Expérience du pendule de Foucault (doc. dictionnaire encyclopédique Larousse 1986)

Lorsque des pièces métalliques


conductrices sont plongées dans des
champs magnétiques variables, ou
lorsqu'elles sont elles-mêmes en
mouvement dans un champ fixe, cela a
pour effet d'induire dans ces pièces des
courants parasites appelés :

Courants de Foucault

Ils ont des effets gênants comme celui d'échauffer les conducteurs par effet Joule.

11.9 Expérience, pour démontrer la présence des courants


de Foucault.
Un pendule oscille autour d'un axe
horizontal, le disque de cuivre passe dans
l'entrefer de l'électroaimant. Il s'agit
d'un aimant constitué d'une bobine
parcourue par un courant I .

En traversant l'entrefer, ce disque coupe


donc les lignes d'un champ magnétique de
direction horizontale.

En l'absence de champ d'induction


magnétique B, le pendule oscille librement,
sans amortissement notable, car seul le
frottement de l'air le freine légèrement.
S
Lorsque nous fermons l'interrupteur S, le + -
disque est très rapidement freiné.

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Inductance

LORSQUE LE DISQUE METALLIQUE COUPE LES LIGNES DE FORCE


MAGNETIQUE H, DES COURANTS PRENNENT NAISSANCE DANS LA
MASSE CONDUCTRICE. ON LES APPELLE COURANTS DE FOUCAULT.

En effet, le mouvement du disque à la vitesse v dans l'entrefer provoque l'apparition d'une


tension induite Ui .

 Ui  = B ⋅ l ⋅ v

Cette tension induite Ui prend naissance dans un conducteur et entraîne la circulation de


courants électriques qui peuvent être très intenses. selon la loi de Lenz. Les interactions
mécaniques qui découlent de la circulation des courants, s'opposent au mouvement qui leur
donne naissance.

Il y a freinage. Il y a également échauffement par effet Joule.

Dans la même expérience, nous remplaçons


le disque plein par un disque dans lequel
nous avons pratiqué des entailles.

Nous constatons que lors de la fermeture


du commutateur S, le freinage du pendule
est beaucoup moins efficace car les
courants de Foucault sont, eux, moins
intenses.

S
+ -

Remarques :

Les trajets suivis par les courants de Foucault dans la matière métallique
sont indéterminés.

Dans certains cas, nous employons des tôles pour allonger le circuit, afin
d'augmenter la résistance électrique R et ainsi diminuer le courant I.

Les courants de Foucault peuvent être utiles pour réaliser des ralentisseurs
pour les poids lourds, ou dans les compteurs d'énergie.

11.10 Réduction des courants de Foucault :


Les courants de Foucault peuvent être nuisibles, provocant des échauffements des tôles
des machines électriques, comme nous le verrons dans le chapitre sur les machines à
courant alternatif sinusoïdal et les transformateurs.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 10


Inductance

Nous remédions à ces effets en construisant des noyaux au moyen d'empilement de tôles
minces séparées par un vernis isolant.

tôle

rivets de
fixation

Ces tôles sont rivetées ensemble, et sont isolées électriquement entre-elles. Les courants
induits sont ainsi de plus faible intensité.

B B

tôle tôles fines


massive isolées

Exemple de courants de Foucault dans le noyau d'un transformateur

courants de Foucault

flux des courants de Foucault

flux produit par le courant


dans la bobine inductrice

Pour limiter les courants de Foucault et les pertes par effet Joule qui en découlent, les
noyaux des transformateurs sont constitués de tôles isolées entre-elles, comme le montre
l'exemple ci-dessous :

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Inductance

11.8 Documentaire
Nikola Tesla (1856-1943). Ingénieur électricien et inventeur
yougoslave. Après ses études d'ingénieur à Budapest, il s'installe
à New York en 1887 pour fonder une entreprise de construction
d'alternateur. On lui doit la réalisation du premier moteur
asynchrone et l'invention des courants polyphasés, et du
montage en étoile. En 1889 il étudia les circuits à hautes
fréquences et imagina le coulage de deux circuits par induction
mutuelle. Ces études menèrent à la mise au point des premiers
générateurs industriels d'ondes hertziennes.

James Clerk Maxwell (1831-1879). Physicien écossais. Professeur au


King's College de Londres jusqu'en 1865. Il démontre en 1860 qu'à une
même température, l'énergie cinétique moyenne des molécules ne
dépend pas de leur nature. C'est dans le cadre de cette théorie qu'il
introduit le fameux "démon de Maxwell". Disciple de Faraday, il crée
en 1862 le concept de "déplacement" et de "courant de déplacement
apparaissant dans les diélectriques soumis à un champ électrique.
Après de longues années d'élaboration, il donne les équations
générales du champ électromagnétique.

Joseph Henry (1797-1878). Ingénieur et professeur d'université


américain. Il améliora les électroaimants, en enroulant une
deuxième couche de spires sur la première. Il développa en 1831
une première forme de télégraphe avec une ligne de 1 kilomètre et
demi. Ses travaux sur l'induction électromagnétique furent menés
parallèlement à ceux de Faraday. Il est surtout connu pour sa
découverte en 1832 de l'auto induction et de l'extracourant.

Wilhelm Eduard Weber. Physicien allemand (1804-1891). Il étudie


d'abord les phénomènes d'acoustique, la polarisation des ondes
sonores et la compensation de température des tuyaux d'orgues. Avec
Gauss, il réalise en 1833, d'après les indications d'Ampère, un
télégraphe électrique. En 1846, il donne la loi fondamentale
concernant les forces exercées par les particules électrisées en
mouvement.

Heinrich Friedrich Lenz (1804-1865). Physicien russe. Il fut recteur de l'Académie de Saint-
Pétersbourg. Il est connu pour sa découverte de la loi donnant le sens des courants induits, la Loi
de Lenz. Il observa en 1835 l'accroissement de la résistance électrique des métaux avec la
température et étudia l'effet Peltier.

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Inductance

Léon Foucault, physicien français (1819-1868), est le type même


du scientifique autodidacte. Il commença des études de
médecine avant de se diriger vers la physique. Durant quelques
temps, il rédige un feuilleton scientifique dans un journal. Ses
premières études se penchent sur la détermination de la vitesse
de la lumière dans différents milieux tels que l'air ou le vide.
C'est vers 1850 qu'il donne l'explication de la théorie d'Arago
sur le magnétisme de rotation. Ce qui le conduira à définir les
courants induits dans les masses métalliques.

Ces courants sont appelés Courants de Foucault.

En 1851, il met en évidence la rotation de la terre au moyen d'un pendule. Il s'agit d'une
expérience passionnante que l'on peut voir depuis peu à Neuchâtel. Ses études sur le
pendule l'amènent au développement du gyroscope et à la réalisation de divers types de
télescopes.

11.9 Entraînement

1. Qu'appelle-t-on tension induite ?

2. Quelles sont les conditions pour obtenir une tension induite ?

3. Qui a démontré le phénomène de tension induite ?

4. Que se passe-t-il si les lignes de force de l'aimant ne sont plus perpendiculaires au


conducteur ?

5. Définir en quelques mots la loi de Lenz

6. Dessiner les symboles d'une bobine pure et d'une bobine comportant une certaine
résistance.

7. Quelle précaution faut-il prendre pour protéger un circuit comportant une bobine et
éliminer la surtension crée par la self-induction ?

8. Comment se produisent les pertes par courants de Foucault?

9. Les courants de Foucault se produisent-ils dans une pièce en aluminium, et pourquoi ?

10. Les courants de Foucault se produisent-ils dans une pièce en PVC ? (justifiez votre
réponses).

11. Peut-on mesurer un courant de Foucault à l'aide d'un ampèremètre ? (justifiez votre
réponses).

12. Pourquoi a-t-on moins de courants de Foucault dans un noyau de tôles feuilletées ?

13. Citer quelques exemples d'utilisation des courants de Foucault :

14. Quelles sont les conséquences des pertes par effet Joule ?

15. Donner quelques exemples où il est important de limiter les pertes par effet Joule.
(Pas forcément des exemples en magnétisme)

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 13


Inductance

1. Une bobine possède au total 90 [m] de conducteur soumis à l'induction.


Ces conducteurs se déplacent à la vitesse de 0.8 [m⋅s-1] dans un champ magnétique de
0.2 [T].
Calculer la tension induite aux bornes de la bobine.

2. Dans un champ magnétique de 1.2 [T], 125 conducteurs de 20 [cm] sont réunis en
série. Leur déplacement s'effectue à la vitesse de 7.5 [m⋅s-1].
Quelle est la tension induite ?

3. L'induit d'une génératrice engendre une tension de 44 [V]. Les conducteurs ont une
longueur de 11.4 [m] dont seulement le 85 % sont soumis au champ magnétique dans
lequel ils se déplacent à la vitesse de 21.6 [km⋅h-1].
Déterminer l'induction magnétique.

4. Le rotor inducteur d'un alternateur engendre 1.15 [T] et tourne à la vitesse de 46.8
[km⋅h-1].
La bobine statorique est composée d'une certaine longueur de fil conducteur dont
seulement le 80 % sont induits. La tension induite aux bornes de la bobine est de
2511.6 [V]
Quelle est la longueur totale du fil de la bobine statorique ?

5. Un bobine de 5 [mH] et de résistance R supposée nulle est parcourue par un courant


de 0.5 [A].
Sachant que le courant s'annule en 10 [ms], calculer la valeur de la tension induite
obtenue aux bornes de la bobine.
Que se passe-t-il si le courant s'annule brusquement et non pas progressivement ?

Réponses : 1. Ui = -14.4 [V] 2. Ui = -225 [V] 3. B = 756.8 [T] l = 210 [m]


5. Ui = -250 [mV] si le courant s'annule brusquement, Ui va augmenter

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 14


Techniques de mesures

Chapitre 12

Sommaire
• Force, moment et couple
• Instruments à cadre mobile
• Extension des gammes de mesures
• Etude du schéma d’un multimètre analogique
• Instruments électrodynamiques
• Instruments ferromagnétiques
• Instruments électrostatiques et à induction
• Mesure en pont de Wheatstone
• Instruments de mesure numériques
• Etude du schéma d’un multimètre numérique
• Erreur de mesure relative et absolue
• Symboles des instruments de mesure
• Entraînement

Introduction
Les relations étudiées dans le chapitre traitant du magnétisme nous permettent d'étudier
le principe de fonctionnement des appareils de mesure.

Dans une première partie, nous traiterons des


appareils dits analogiques, et ensuite nous
aborderons les instruments numériques.
0 100

Les appareils analogiques sont équipés d'une aiguille


qui indique sur une échelle graduée la valeur de la
grandeur mesurée.

L'étude débutera par les notions de moment et de couple.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 1


Techniques de mesures

12.1 Moment

Le moment M est, par définition, le produit vectoriel d'une force F (électromagnétique


par exemple) appliquée au bout d'un vecteur r depuis un point d'application A.

M=Fxr Produit vectoriel ! ( M = F cross r )

F
α Symbole de la grandeur : M
r
Symbole de l'unité : [Nm]

A
Nous pouvons exprimer ce produit
vectoriel dans un cas particulier
comme :
point d'application
M = F ⋅ r ⋅ cos α
Nous admettrons que le produit de (r ⋅ cosα) représente le bras de levier de la force F.
Ce bras de levier est perpendiculaire à la force F.

12.2 Couple :

Définition : Deux forces, qui ont une même grandeur mais des directions opposées
et dont les lignes d'action sont différentes, constituent un couple.

Dans le cas de l'instrument à cadre mobile, le fil de torsion ou les ressorts spiraux créent
un moment de réaction proportionnel à l'angle de torsion α, ceci afin de revenir à zéro à la
fin de la mesure, et d'éviter que l'aiguille parte systématiquement en butée (couple
antagoniste).

Les forces produites par la bobine mobile et le ressort de rappel constituent un couple. Les
couples n'exercent aucune force résultante sur l'aiguille. Par contre, ils exercent un
moment résultant non nul. La valeur du moment résultant est indépendante du choix du
point à partir duquel il est mesuré.

Les moments de forces permettent de déterminer la condition d'équilibre de rotation de


l'aiguille.

Remarque importante :

Avant de procéder à une mesure, il est important de contrôler la


position de l'aiguille à zéro. Si ce n'est pas le cas, il faut ajuster la
position au moyen du réglage repéré par ce symbole.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 2


Techniques de mesures

Dans la pratique, pour éviter que le champ d'induction B puisse être perpendiculaire au
cadre mobile, les noyaux et l'aimant sont construits avec une forme particulière.

Par cette forme, les lignes de force sont concentrées sur le cadre mobile diminuant la
dispersion du flux Φ.

12.3 Instrument à cadre mobile :

Les instruments de mesure à courant continu sont généralement pourvus d'un équipement à
cadre mobile.

Ce cadre mobile utilise la force électromagnétique F que subit une bobine


ou un conducteur parcouru par un courant I et placé dans un champ d'induction B.

Symbole général des instruments à cadre mobile :

C'est la relation de Laplace qui est utilisée :

F = B × Il Produit vectoriel ! (prononcer B cross Il


Vue d'ensemble d'un appareil à cadre mobile :

1) Aimant permanent générateur d'un champ d'induction B


2) Noyau en fer doux pour guider les lignes de force de l'aimant permanent

3) Noyau en fer doux pour guider les lignes de force de la bobine siège du courant I mesuré

4) Bobine complète à cadre mobile dans laquelle circule le courant I mesuré

5) Cadre en aluminium, support de la bobine

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 3


Techniques de mesures

12.4 Principe de fonctionnement :

Le courant à mesurer passe par les enroulements d'une bobine ou cadre mobile suspendu
entre les pôles d'un aimant.

Fil assurant l'amenée


F du courant I et la
suspension du cadre,
ainsi que le moment
b mécanique de torsion
dans les appareils
I L S simples.
Fc
F
c I B
Pôle Nord Dans les appareils un
Pôle Su d
peu plus performants,
ce sont des ressorts
en spirales qui
N assurent le moment de
F rappel.

Nous voyons que sur les côtés du cadre, parallèles aux lignes de forces du champ
H
d'induction B , les forces électromagnétiques F se compensent.
H
Par contre, sur les faces du cadre, perpendiculaire au champ d'induction B, les forces
électromagnétiques F constituent un couple de forces.

Vue de dessus :

B
b I
Fc

Pôle Nord Pôle Su d


Fc
I

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 4


Techniques de mesures

12.5 Utilisation de l'instrument à cadre mobile :


Cet instrument ne peut s'utiliser qu'en courant continu ou stable, car le sens des lignes de
force de l'aimant ne doit pas changer en fonction du courant mesuré.

Lors de la mesure, il faut être attentif à la polarité, car si le courant I engendre une force
H
électromagnétique F inverse du champ d'induction B , l'aiguille va taper la butée, se
déformer et ne plus indiquer précisément les mesures futures.

Le symbole pour indiquer le genre de courant à mesuré est :

Avec ce principe, nous ne pouvons mesurer que des courants électriques I . Pour la mesure
de tension U , on mesure le courant qui traverse l'appareil à cadre mobile raccordé en
parallèle. La lecture de la valeur de ce courant est faite sur une échelle graduée en tension.
Pour que cette mesure soit correcte et ne modifie pas les caractéristiques du circuit, la
résistance interne de l'instrument doit être très grande.

Ce principe de mesure est identique pour tous les appareils de mesure analogique, à
l'exception de l'instrument électrostatique.

Etude :

Un appareil de mesure parcouru par un courant I de 1 [A] provoque un moment M maximum.


Ce moment M est obtenu par le bras de levier r que constitue le cadre mobile et par une
force électromagnétique F . Cette force électromagnétique F est proportionnelle au
courant I , à la longueur l, et au champ d'induction B . Soit les relations suivantes :

M = F ×r F = B × Il
Comme nous admettons la perpendicularité entre B et l , nous pouvons écrire le produit
scalaire :
M = r ⋅ B⋅ I ⋅l

Remarque : Ceci nous amène trop loin dans l'étude des circuits magnétiques et nous
nous contenterons du principe. Par contre, électriquement, il est
nécessaire d'étudier le circuit de l'appareil de mesure.

Schéma de l'appareil de mesure dans le circuit électrique :

Ri

cadre mobile

récepteur

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 5


Techniques de mesures

Exemple :

Un appareil à cadre mobile présente une résistance de 100 [Ω]. Nous désirons mesurer un
courant de 1 [A]. L'aiguille se trouve à fond d'échelle lorsqu'un courant de 10 [mA] circule
dans l'appareil.

Nous savons que l'appareil de mesure supporte un courant maximum Imax de 10 [mA].

Le courant maximum Imes mesuré sera de 1 [A].

Ceci implique que nous devons réaliser un passage de courant I ailleurs que dans l'organe de
mesure. Nous exécuterons un pont mis en parallèle sur les bornes de l'instrument.

1 [A] Ri
10 [mA]

10 [mA]
cadre mobile
990 [mA] 990 [mA]

R shunt
1 [A]
1 [A]

récepteur

Le point de passage du courant s'appelle un SHUNT.

12.6 Dimensionnement du Shunt :


Appliquons les lois de Kirchhoff et d'Ohm :

ΣI totaux = ΣI partiels U = R⋅I I total = Iinstrument + I shunt

Comme nous sommes en parallèle, la tension Uinstrument est égale à la tension Ushunt .

U instrument = U shunt

Remplaçons par la loi d'Ohm :

Rinstrument ⋅ I instrument = R shunt ⋅ I shunt

Cherchons les inconnues que sont Ishunt et Rshunt

⋅I
Rinstrument ⋅ Iinstrument = Rshunt ⋅ ( I total − Iinstrument )
R
Rshunt = instrument instrument
I total − Iinstrument

Application numérique :
100 ⋅ 10 ⋅ 10−3
Rshunt = = 1.01 [ Ω]
(1 − 10 ⋅ 10−3)
Remarque : Si nous désirons obtenir une autre valeur à fond d'échelle, nous
remplacerons ce shunt par un shunt d'une autre valeur.

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Techniques de mesures

Exemple pratique :

Nous disposons d'un organe de mesure à cadre mobile dont les caractéristiques sont les
suivantes :

Courant maximum : 4.7 [mA] Tension aux bornes : 700 [mV]

Cet instrument doit être utilisé pour la mesure de courants de différentes intensités. Pour
cela il faut prévoir 3 extensions de mesure pour les valeurs suivantes :

I1 = 50 [mA] I2 = 660 [mA] I3 = 1250 [mA]

Dessiner le schéma électrique de l'instrument complet, équipé de tous les éléments


nécessaires pour effectuer les mesures désirées.

Calculer les valeurs des résistances shunt.

R ⋅I
Relation : Rshunt = instrument instrument
I total − Iinstrument

Schéma électrique de l'instrument :

4.7 [mA] Ri

4.7 [mA]
cadre mobile

50 [mA]
45.3 [mA]

R shunt 1
660 [mA]
655.3 [mA]

R shunt 2
1250 [mA]
1245.3 [mA]

R shunt 3

récepteur

Le courant maximum admissible dans le cadre mobile est de 4.7 [mA]. Il faut donc dévier le
courant supérieur à cette valeur. Cette déviation est effectuée au moyen de la résistance
shunt placée en parallèle aux bornes du cadre mobile.

Pour simplifier les calculs, nous utilisons 3 résistances shunt, une pour chaque gamme de
mesure, bien que ce ne soit pas toujours le cas dans la pratique.

Les valeurs inscrites sur les interrupteurs indiquent les gammes de mesure et non les
courants les traversant.

Avant de commencer le calcul des résistances shunt, nous devons déterminer la valeur de la
résistance interne du cadre mobile.

U instrument 700 ⋅ 10−3


Rinst = = = 148.94 [ Ω ]
Iinstrument 4.7 ⋅ 10− 3

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Techniques de mesures

Calcul des résistances shunt :

R ⋅I 148.94 ⋅ 4.7 ⋅ 10−3


Rshunt1 = instrument instrument = = 15.45 [ Ω ]
I total − Iinstrument 50 ⋅ 10− 3 − 4.7 ⋅ 10− 3

R ⋅I 148.94 ⋅ 4.7 ⋅ 10−3


Rshunt 2 = instrument instrument = = 1.07 [ Ω ]
I total − Iinstrument 660 ⋅ 10− 3 − 4.7 ⋅ 10− 3

Rinstrument ⋅ Iinstrument 148.94 ⋅ 4.7 ⋅ 10−3


Rshunt 3 = = = 562 [mΩ ]
I total − Iinstrument 1250 ⋅ 10− 3 − 4.7 ⋅ 10− 3

12.7 Utilisation de l'instrument à cadre mobile en voltmètre :


Dans la pratique, nous désirons également mesurer des tensions U à l'aide d'un cadre
mobile.

R aditionnelle Ri

cadre mobile

URa Uinstrument

+ -

Utotal

Dans ce cas, la résistance est placée en série et elle se nomme Radditionnelle

Nous savons que l'appareil de mesure supporte, de par sa construction, un courant I de 10


[mA] et que sa résistance interne Ri est de 100 [Ω] .

La tension U maximum que nous désirons mesurer est de 300 [V].

Ceci implique que nous devons réaliser un réducteur de tension U en plaçant une résistance
additionnelle en série.

12.8 Dimensionnement de la résistance additionnelle


Appliquons les lois de Kirchhoff et d'Ohm :

ΣU totale = ΣU partielles U = R⋅I U instrument = Rinstrument ⋅ Iinstrument


U total = U instrument + U Radditionnelle

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 8


Techniques de mesures

Comme nous sommes en série, le courant Iinstrument est égal au courant IRadditionnelle .

Nous abrégeons de la manière suivante : Iinstr = I Radd


Remplaçons par la loi d'Ohm et cherchons l'inconnue qu'est Radd
U totale − ( Rinstr ⋅ Iinstr )
U totale = ( Rinstr ⋅ Iinstr ) + ( Radd ⋅ Iinstr ) Radd =
Iinstr
Application numérique :

Radd =
(
300 − 100 ⋅ 10 ⋅ 10−3 ) = 29.9 [ kΩ]
10 ⋅ 10− 3
Remarque : Si nous désirons obtenir une autre valeur à fond d'échelle, nous
remplacerons cette résistance additionnelle par une résistance d'une autre
valeur.

12.9 Schéma d'un multimètre :


Le multimètre est un ampèremètre que l'on peut également utiliser comme voltmètre. Le
choix de la mesure s'effectue au moyen d'un commutateur qui raccorde soit une résistance
shunt pour une mesure de courant, soit une résistance additionnelle pour une mesure de
tension.

A gauche du schéma se trouvent les deux bornes de connexion de l'instrument. La borne COM
(commun) est directement reliée au cadre mobile. L'autre borne A V Ω est reliée au
commutateur de fonction. En bas à droite un commutateur à trois positions détermine le genre
de tension/courant mesuré, soit AC ou DC. La position de droite place l'instrument en position
de mesure ohmique. Pour cet instrument, le cadre mobile a une déviation complète avec un
courant de 36 [µA].

En haut du schéma se trouve le commutateur qui va définir la gamme de mesure ainsi que le
genre de mesure effectuée.

Contacts 1 à 7 Contacts 8 à 11 : Contacts 12 à 18 :

mesures de courants mesures ohmiques mesures de tensions

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 9


Techniques de mesures

12.10 Résistance interne des instruments de mesure


Nous avons démontré, au moyen de nos exemples, que :

un ampèremètre doit posséder une petite résistance interne

un voltmètre doit posséder une grande résistance interne

Remarque : Les résistances additionnelles ou shunt ont une certaine tolérance. Plus la
tolérance est petite et moins l'erreur de mesure sera grande. Le circuit
magnétique influence aussi cette qualité de la mesure.

12.11 Instrument de mesure électrodynamique :

Dans l'instrument de mesure à cadre mobile, nous avons étudié que le champ d'induction B
était dû à la présence d'un aimant permanent.

Comme nous l'avons vu en magnétisme, il est possible de remplacer l'aimant permanent par
une bobine traversée par un courant.

Cet instrument devient alors un appareil de mesure électrodynamique. La technologie de cet


appareil en fait un instrument moins sensible et plus robuste que l'appareil à cadre mobile.

Vue d'ensemble :

Symbole de l'instrument :

1) bobine de champ d'induction B

2) noyau en fer doux pour guider


les lignes de force de la bobine

3) bobine complète à cadre mobile


dans laquelle circule le courant
I mesuré

4) amortisseur supplémentaire
travaillant comme le fil de
torsion

Principe de fonctionnement :

Le courant à mesurer passe par les enroulements d'une bobine (3) ou cadre mobile suspendu
H
entre les pôles d'un noyau supportant la bobine (2) générant le champ d'induction B.
La suite du fonctionnement est la même que pour l'instrument à cadre mobile.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 10


Techniques de mesures

12.12 Utilisation de l'instrument de mesure électrodynamique


Cet instrument de mesure permet de mesurer des courants continus ou des courants
H
alternatifs. Le champ d'induction B de la bobine est parcouru par un courant I dépendant
du courant I mesuré. Ce qui n'était pas le cas de l'aimant permanent.

Le symbole est, pour indiquer le genre de courant mesuré :

12.13 Wattmètre électrodynamique :


Nous avons étudié l'instrument de mesure électrodynamique capable de mesurer une
tension U ou un courant I.

Dans la pratique, il est nécessaire de mesurer la puissance P. La puissance P est le produit


de la tension u et du courant i à chaque instant .

Son symbole est :

Vue d'ensemble :

4 1) bobine de champ d'induction B dépendant


du courant I mesuré

2) noyau en fer doux pour guider les lignes


' de force de la bobine courant (pas
f1
dessiné)
f

' 1 3) bobine complète à cadre mobile dans


f
laquelle circule le courant I dépendant de
3 la tension U mesurée, engendrant un
champ d'induction B
f1
i B
4) amortisseur supplémentaire travaillant
i
comme le fil de torsion

12.14 Principe de fonctionnement :


Le courant à mesurer passe par les enroulements de la bobine fixe provoquant un champ
H
d'induction B , repéré BI , impliquant une force électromagnétique FI .
Le courant I circule dans la bobine mobile, est l'image de la tension U mesurée. Ce courant
H
I engendre un champ d'induction B dépendant de la tension U et repéré par BU. Une force
électromagnétique FU se manifeste.

Ces 2 forces électromagnétiques provoquent un moment M. Ce qui a comme conséquence


de déplacer l'aiguille de l'instrument de mesure.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 11


Techniques de mesures

12.15 Utilisation du wattmètre électrodynamique :


Cet instrument est surtout utilisé comme wattmètre. Une bobine est utilisée pour la mesure
du courant et l'autre pour la mesure de la tension. La déviation de l'aiguille dépend non
seulement du flux magnétique des deux bobines mais également du déphasage entre U et I.

Nous mesurons donc : P = U ⋅ I ⋅ cosϕ

Remarque : La notion de puissance active P est abordée dans le chapitre traitant des
puissances en régime alternatif sinusoïdal.

12.16 Schémas d'utilisation du wattmètre électrodynamique:


Comme nous venons de le voir, ce type d'appareil est généralement utilisé comme
wattmètre, mais il est également possible de l'utiliser comme varmètre (indication de la
puissance réactive). Pour cela, il suffit de créer un déphasage de 90 [°] de la bobine de
tension. Le déphasage est créé soit par une inductance, soit une capacité.

Les schémas ci-dessous montrent les différents montages possibles.

wattmètre

Mesure de la puissance active

La bobine mobile est utilisée


~ Z
pour la tension et la bobine de
champ comme bobine de
courant.

L
varmètre

Mesure de la puissance réactive

Une inductance L est montée en


série avec la bobine de la tension.
~ R Z
Cette inductance provoque un
déphasage de 90 [°]

ampèremètre

Mesure du courant

~ Z Les deux bobines sont montées


en série. Elles sont parcourues
par le même courant.

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Techniques de mesures

voltmètre

Mesure de la tension

Les deux bobines sont montées


~ Z
en série, mais le courant de la
charge ne les traverse pas.

12.17 Instrument de mesure ferromagnétique ou à fer doux :


Dans l'instrument de mesure électrodynamique, nous avons vu que le champ d'induction
H H
B était dû à la présence d'une bobine, siège du champ d'induction B. Le moment M
était obtenu par l'intermédiaire d'une bobine sur un cadre mobile.

Comme nous avons vu en magnétisme, il est possible de remplacer cette bobine de cadre
mobile par un noyau de fer doux.

Le fer doux possédant une certaine perméabilité relative µr

Cet instrument devient alors un appareil de mesure ferromagnétique.

Son symbole est :

Vue d'ensemble :

1) raccordement de la bobine de champ


d'induction B

2) bobine de champ d'induction B

3) noyau en fer doux influencé par les lignes


de force de la bobine

4) amortisseur supplémentaire travaillant


comme le fil de torsion (tube fermé)

5) ailette de l'amortisseur

Principe de fonctionnement :

Le courant à mesurer passe par les enroulements d'une bobine générant le champ
H
d'induction B.
Les lignes de force vont passer dans l'air. Elles provoquent une aimantation à l 'intérieur
de cette bobine.

Les matériaux ferromagnétiques ont la propriété de rassembler et de canaliser les


lignes de force qui entrent ou sortent perpendiculairement au matériau.

Nous pouvons dire que le flux magnétique Φ est constant à travers toutes les aires d'un
même tube de champ.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 13


Techniques de mesures

H
Calculons le champ d'induction B dans la bobine. Quand les N spires, entourant le milieu
où se trouve le noyau en fer doux, sont parcourues par un courant électrique I, nous
pouvons dire que le noyau ferromagnétique canalise les lignes de force.

Dans l'air, nous pouvons dire que :

Bair = µ0 ⋅ Hair

Dans le fer, nous pouvons dire que :

B fer = µ0 ⋅ µr ⋅ H fer

D'après la conservation du flux magnétique Φ :

Φ = Bair ⋅ Aair = B fer ⋅ A fer

Nous pouvons démontrer, comme Ampère l'avait fait, que l'intensité du champ magnétique
H
H est dépendante du courant électrique I générateur du champ d'induction B et de la
H
longueur l soumise aux lignes de force du champ d'induction B.

I N nombre de spires
1 1 1
air fer air

12.18 Loi d'Ampère :


Nous pouvons énoncer la loi d'Ampère de la façon suivante :

N ⋅ I = Hair ⋅ I air + H fer ⋅ I fer

Si nous admettons la perpendicularité, nous obtenons la relation suivante, à l'aide des


autres relations :

B
Nous savons que B = µ0 ⋅ µr ⋅ H que nous transformons H =
µ0 ⋅ µr
B
remplaçons H par
µ0 ⋅ µr

Bair B fer
N ⋅I = ⋅ I air + ⋅I
µ0 ⋅ µr µ0 ⋅ µr fer
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Techniques de mesures

Φ
Nous savons que B=
A
Φ
remplaçons B par
A
Φ Φ
N ⋅I = ⋅ I air + ⋅I
µ0 ⋅ µr ⋅ Aair µ0 ⋅ µr ⋅ A fer fer

Comme le flux magnétique Φ est constant, nous allons effectuer une mise en évidence
par Φ :

I air I fer
N ⋅ I = çç + ÷ ⋅Φ
µ0 ⋅ µr ⋅ Aair µ0 ⋅ µr ⋅ A fer ÷

I air I fer
Le terme ç + ÷ exprime l'opposition faite au passage des
ç µ ⋅µ ⋅ A µ ⋅ µ ⋅ A ÷
0 r air 0 r fer
lignes de force. Ce terme peut être remplacé par la réluctance magnétique ℜ.

Loi : N⋅I = ℜ⋅Φ

Son symbole de grandeur est :


NI
Son symbole d'unité est : [A]

Remarque : Cette grandeur est parfois appelée la SOLENATION ou excitation , dont


le symbole de grandeur est symbolisé par la lettre grecque téta : θ

Cette expression évoque des relations rencontrées pour un circuit électrique :

U = R ⋅ I dans le cas ou R = R1 + R2 + .....+ Rn

et surtout, avec la relation de la résistance, en fonction de la résistivité, de la longueur,


et de l'aire du fil
ρ⋅l
R=
A
Dans notre cas et en magnétisme, la réluctance nous est donnée

I air I fer
ℜ = çç + ÷
µ0 ⋅ µr ⋅ Aair µ0 ⋅ µr ⋅ A fer ÷

Nous constatons que nous pouvons adopter les mêmes démarches théoriques entre le
magnétisme et l'électrotechnique, avec une fois une source de tension et l'autre fois une
source de courant.

La suite du fonctionnement est la même que pour l'instrument à cadre mobile ou pour
l'instrument électrodynamique.

Au passage du courant de mesure I, la bobine magnétise le noyau en fer doux et l'attire,


provoquant ainsi un moment M sur l'aiguille.

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Techniques de mesures

12.19 Utilisation de l'instrument de mesure ferromagnétique


L'instrument de mesure ferromagnétique permet de mesurer des courants continus ou
des courants variant dans le temps. Le champ d'induction B de la bobine est parcouru
par un courant I dépendant du courant I mesuré. Ce qui n'était pas le cas de l'aimant
permanent.

Cet instrument de mesure est plus robuste que celui à cadre mobile (pas de fils
d'alimentation de l'organe mobile).

12.20 Instrument électrostatique :


Son principe est celui du condensateur à plaque, une des plaques étant mobile. En appliquant
une tension sur les deux plaques, on les charges différemment. Un champ électrostatique
est ainsi créé entre les plaques, de sorte qu'une force d'attraction s'établit entre elles.
Cette force dépend de la tension mesurée.

Le sens de la déviation de l'aiguille


est toujours le même. Il est possible
de mesurer des tensions jusqu'à 500
[kV], pour des fréquences maximums
de 100 [Hz] .

Symbole :

12.21 Instrument à lame vibrante :

Ce type d'appareil est utilisé


comme fréquencemètre. Il est
constitué de lames d'acier dont la
fréquence de résonance est
différente pour chacune d'elles.
Soumises à un champ magnétique
variable, la lame qui entrera en
résonance se mettra à vibrer.

L'affichage est une fenêtre graduée


au travers de laquelle on peut voir
quelle est la lame, ou quelles sont les
lames, qui vibrent.

Symbole :

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 16


Techniques de mesures

12.22 Instrument de mesure à induction :


Il existe des wattmètres à induction, mais ce type d'appareil est plus connu sous le nom de
compteur d'énergie. Il utilise le principe du moteur asynchrone à rotor à cage. Il est
constitué de deux bobines (une première pour le courant et une seconde pour la tension),
d'un disque en aluminium et d'un intégrateur mécanique (engrenage à vis qui entraîne
l'affichage).

Les bobines A et B induisent des


courants de Foucault dans le disque
C. Ces derniers induisent à leur tour
un flux magnétique induit. Il s'ensuit
la création d'une force sur le
conducteur (partie du disque
parcourue par les courants de
Foucault) et d'un couple sur le
disque, qui entre en rotation.

Le couple de freinage est en rapport


avec la vitesse de rotation du disque.
Il est donné par un aimant permanent
D engendrant le même type de
réaction que décrit ci-dessus.

Symbole :

Les compteurs d'énergie ont tous une constante c [kWh-1] qui indique le nombre de tours
que doit faire le disque pour une consommation d'énergie électrique de 1 [kWh].

On peut calculer la puissance d'un récepteur en calculant le temps t [s] que met le disque
pour faire un certain nombre de tours a .

Exemple :

Un compteur a une constante c qui vaut 75 [kWh-1] et l'appareil qui est raccordé à ses
bornes fait tourner le disque de 3 tours en une minute.

Quelle est la puissance du récepteur ?

[−] ⋅ [s]
a ⋅ 3600 3 ⋅ 3600 [ kW ] =
P= = = 2.4 [kW] 1
c⋅t 75 ⋅ 60 ê kWh ú ⋅ [ s ]

a 3 [−]
P= = = 2.4 [kW] [ kW ] =
c ⋅ t 75 ⋅ 0.01667 1
ê kWh ú ⋅ [ h ]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 17


Techniques de mesures

12.23 Mesure au moyen d'un instrument à cadres croisés :


Dans la pratique, nous utilisons des appareils à cadres croisés pour des ohmmètres, pour
l'indication de la position de vannes ou des mesures de températures.

Cet instrument est un appareil de mesure de type électrodynamique. Il est muni d'un
équipement à cadre mobile constitué de 2 bobines en croix liées à l'organe mobile.

L'échelle est graduée en fonction de la nature de la mesure, soit par exemple en [Ω] ou
OUVERT / FERME ou [°C]

Symbole :
Vue d'ensemble :

1. bobine complète à cadre


mobile dans laquelle
1 circule le courant I
mesuré du circuit de la
°C thermistance
+ -
2. Bobine complète à cadre
2 R
mobile dans laquelle
circule le courant I
Sonde de
température mesuré du circuit de la
résistance de réglage

Principe de fonctionnement :

Le courant à mesurer passe par les enroulements d'une bobine ou cadre mobile suspendu
H
entre les pôles d'un noyau supportant la bobine générant le champ d'induction B de la
thermistance. Si ce courant est nul, la bobine de réglage va influencer le cadre mobile.
L'aiguille va se trouver dans une certaine position. Cette position est donnée par le réglage
du couple M engendré par le courant circulant dans la résistance .

Lorsque le courant I1 circulant dans la thermistance I1 I2


°C
est égal au courant de réglage I2 , le couple M
résultant des deux courants s'annule.

I2
Si le courant circulant I1 dans la thermistance est plus
°C
grand que le courant de réglage I2 , le couple M
résultant fera dévier l'aiguille dans une certaine I1
position.

Cet instrument est appelé parfois :

appareil de mesure de quotients

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 18


Techniques de mesures

Le terme quotient signifie réellement que, quelle que soit la grandeur mesurée
(température, position, résistance, etc.), nous mesurons toujours un courant I par rapport à
une tension U dans un circuit. Ce courant provoque un champ d'induction B . Nous comparons
un deuxième champ d'induction à ce premier champ d'induction B. Ce champ d'induction B
est provoqué par un courant I par rapport à une tension U.

12.24 Mesure d'autres grandeurs non électriques :


Toutes les grandeurs non électriques, tels l'humidité, la pression, le débit de liquide, les
niveaux de remplissage ou la surveillance de phénomènes de combustion (analyse de gaz), les
phénomènes électrochimiques, les rayonnements radioactifs, etc., requièrent des sondes
adéquates appelées aussi capteurs.

Le marché propose des capteurs pouvant mesurer les grandeurs selon le principe du
montage en pont, mais aussi par l'intermédiaire d'amplificateurs de mesure.

Principe :

Une résistance variable de type PTC est alimentée par un courant de référence I0 .

Ce courant I0 engendre une tension de référence sur un amplificateur de mesure.

Si la résistance varie, la tension varie aussi aux bornes de l'amplificateur de mesure selon
la loi d'Ohm.

U = RPTC ⋅ I 0

Les variations sont tellement + 24 [V] Capteur thermométrique de type PTC


petites qu'il est nécessaire
d'agrandir cette variation,
d'où le nom d'amplificateur. + PTC
PT100
-
Une tension d'alimentation U,I,R
est nécessaire pour alimenter
le pont de mesure. I entre 0 et 20 [mA]

Les signaux traités peuvent


alors être utilisés à des fins
+
de commande, de réglage ou Signal de sortie vers le régulateu
de surveillance. ou l'organe de commande

- ( traitement des signaux )

- 24 [V]

ATTENTION DANGER !!!

Dans la pratique, faites bien attention à ne pas appliquer une tension


d'alimentation trop grande aux bornes des capteurs.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 19


Techniques de mesures

12.25 Mesure en pont de Wheatstone:


Dans la pratique, nous utilisons le pont de Wheatstone pour effectuer des mesures de
températures aux moyens de résistances à coefficient de température α positif ou négatif,
abrégée PTC ou NTC (en anglais Positive Température Coefficient ou Negative Temperature
Coefficient).

Ces résistances sont parfois appelées


thermistances et sont symbolisées de la
façon suivante en norme CEI : NTC

Matière des thermistances :

Les thermistances sont construites à base de matières semi-conductrices. La caractéristique


des semi-conducteurs est de posséder 4 électrons périphériques. Voir le chapitre de
physique électrique dans le volume 1 du cours d'électrotechnique.

Rappel : Un bon conducteur possède peu d'électrons périphériques.


Un semi-conducteur en possède 4.
Un isolant à sa couche périphérique saturée.

conducteurs semi-conducteurs isolants

12.26 Pont de Wheatstone:


Nous allons, par un pont de résistances connues et inconnues, ainsi qu'avec un instrument à
cadre mobile très sensible, chercher la valeur de la résistance R variant avec la température θ.

Schéma électrique :

B
A
Nous retombons dans les différentes lois
électriques étudiées précédemment. (Loi
R1 R3
d'Ohm et lois de Kirchhoff).

C D
Les tensions sont proportionnelles aux
résistances, le montage en pont est
R2 R NTC équilibré lorsque la différence de tension
UCD est nulle.

F
E

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 20


Techniques de mesures

Exemple :

Données :

R1 = 60 [Ω] R2 = 40 [Ω] R3 = 105 [Ω] RNTC 25 = 70 [Ω] UAF = 12 [V]

Inconnue :

UCD = ?

Relations :

U = R⋅I ΣI total = ΣI partiels ΣU total = ΣU partielles

Nous sommes dans un couplage mixte.

U AB = R AB ⋅ I tot = 0 ⋅ I tot = 0 [ V ] = U EF
ce qui implique que :

U AF = U AB + U BC + U CF + U EF = 0 + U BC + U CF + 0 = U BF
mais aussi, puisque nous sommes en parallèle :

U AF = U AB + U BD + U DF + U EF = 0 + U BD + U DF + 0 = U BF
Calculons la tension UBC

Nous allons faire une proportion. En effet, nous avons un couplage série, ce qui implique que
le courant IBC est constant.

La tension UBC est proportionnelle aux résistances de la branche BE.

Le courant IBF dépend de la résistance équivalente RRF.

RBC = R1 + R2
Appliquons la loi d'Ohm :
U BC = I BC ⋅ RBC que nous pouvons écrire :

U BC = I BF ⋅ RRC mais IBE s'obtient par :

U BE R
U BC = ⋅R ou: U BC = U BE ⋅ BC
RBE BC RBE

Cette relation est parfois donnée sous le nom de diviseur de tension. Mais ce n'est pas une
nouveauté, c'est la loi d'Ohm et les lois de
Kirchhoff. R
U CE = U BE ⋅ CE
Par cette méthode, nous pouvons obtenir la RBE
tension UCE

Nous pouvons, toujours par cette méthode, R


donner les autres tensions de notre pont de
U BD = U BE ⋅ BD
RBE
Wheatstone (puisque nous avons un couplage
parallèle et ensuite série).
R
et pour la résistance de la thermistance U DE = U BE ⋅ NTC 25
RBE

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 21


Techniques de mesures

Comme nous devons chercher la tension UCD, appliquons Kirchhoff et comparons les potentiels
en C et D par rapport à une référence qui est notre point B.
U CD = VC − VD
Application numérique :
R 60
U BC = U BE ⋅ BC = 12 ⋅ = 7.2 [V]
RBE ( 60 + 40 )
RCE 40
U CE = U BE ⋅ = 12 ⋅ = 4.8 [V]
RBE ( 60 + 40 )
RBD 105
U BD = U BE ⋅ = 12 ⋅ = 7.2 [V]
RBE (105 +70 )
RNTC25 ° 70
U DE = U BE ⋅ = 12 ⋅ = 4.8 [V]
RBE ( 105 +70 )
U CD = VC − VD = 7.2 − 7.2 = 0 [V]

Remarque : Il n'y a pas de différence de potentiel électrique entre les points C et D par
rapport au point B. Si nous avions pris comme référence le point E, nous
obtiendrons le même résultat.

U CD = VC − VD = 4.8 − 4.8 = 0 [V]

Comme nous avons utilisé une thermistance, nous allons étudier le cas du pont de Wheatstone
lorsque la température θ diminue, ce qui a comme conséquence d'augmenter la valeur de la
thermistance selon la loi :

(
R−10° = R25° ⋅ 1 + α (θ−10° − θ25° ) )
Sachant que le coefficient de température α de cette thermistance est de -0.020408 [°C-
1], calculons notre tension U .
CD

Calculons la valeur de thermistance selon les données précédentes.

R−10° = 70 ⋅ (1 + −0.02408( − 10 − 25) ) = 120.00 [ Ω ]

Passons directement à l'application numérique de notre pont de Wheatstone avec la nouvelle


valeur de thermistance :
RBC 60
U BC = U BE ⋅ = 12 ⋅ = 7.2 [V ]
RBE ( 60 + 40 )
R 40
U CE = U BE ⋅ CE = 12 ⋅ = 4.8 [V ]
RBE ( 60 + 40 )
Ces valeurs ne se trouvent pas modifiées par la thermistance, et constituent une référence.
RBD 105
U BD = U BE ⋅ = 12 ⋅ = 5.6 [V ]
RBE ( 105 + 120 )
R NTC25 ° 120
U DE = U BE ⋅ = 12 ⋅ = 6.4 [V ]
RBE ( 105 + 120 )
U CD = U BC − U BD = 7.2 − 5.6 = 1.6 [V]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 22


Techniques de mesures

Remarque : il y a une différence de potentiel électrique entre les points C et D par


rapport au point B.

Ce qui implique que notre instrument de mesure va, selon les lois du
magnétisme vues auparavant, indiquer cette tension U par une déviation de
l'aiguille.

Un courant I de mesure va circuler du point C à D.

B
A

R1 R3

Imes
7.2 [V] C D 5.6 [V]

R2 R NTC

F
E

Si nous avions pris comme référence le point E, nous obtiendrions le résultat suivant :

U CD = VC − VD = 4.8 − 6.4 = - 1.6 [V]


B
A

R1 R3

Imes
4.8 [V] C D 6.4 [V]

R2 R NTC

F
E

12.27 Interprétation des résultats :


• Premièrement, il ne faut pas oublier que l'instrument de mesure possède une
résistance interne Rint.

• Ceci a comme effet de modifier le genre du couplage. Il n'est plus parallèle et série,
mais un peu plus compliqué.

• Une méthode de calcul différente doit être adoptée et s'appelle transformation d'un
couplage de résistances en forme de triangle pour être ramenée à une représentation
irréelle en forme d'étoile.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 23


Techniques de mesures

Triangle :

B
A
R1 R3

R1 R3

R int
R2 ' R NTC '
C D

R2 R NTC

R int '
F
E

Triangle Etoile (purement imaginaire) :

RNTC ⋅ R2
Rint ' =
Rint + R2 + RNTC

Rint ⋅ RNTC
RNTC' =
Rin t + R2 + RNTC

Cette résolution mathématique sort du cadre de notre cours. La relation est la suivante, mais
nous ne la développerons pas.

Rint ⋅ R2
R2' =
Rint + R2 + RNTC

Nous nous contenterons d'admettre que le point de Wheatstone a une différence de


potentiel aux bornes de l'instrument de mesure, dont seule la valeur absolue nous importe.

Dans le cas de la mesure de la thermistance, cette tension UCD est une représentation de la
température θ.

Aux points C et D, nous pouvons placer sur l'instrument de mesure une échelle graduée en
[°C] ou encore placer un amplificateur de mesure donnant l'ordre de commander la mise en
fonction d'un radiateur électrique.

C• •D

Dans la pratique, la mesure de la température ne se fait pas à côté du pont de mesure. Il


faut donc compenser l'influence des variations de la température ambiante et surtout il faut
tenir compte de la résistance des fils qui relient la sonde au système de mesure. Nous
utilisons des montages particuliers et des résistances d'équilibrage spéciales.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 24


Techniques de mesures

Sonde en raccordement à 3 fils (sonde = thermistance)

Bornes appareils
(n° correspondant
à VS 1000)

Sonde

Pont de mesure avec


3 système de mesure
(VS 1000 et appareil)
Fils vers la sonde
4

I constant env. 1/mA

Schéma équivalent :

Cu = résistance des fils


de connexion

4
Cu
1 Cu

Cu
3

Nous constatons que la longueur du fil est prise en considération. N'oublions pas la relation :
ρCu ⋅ l
R=
A

12.28 Autre application du pont de Wheatstone:

Le montage en pont est utilisé pour la mesure de précision des résistances.

Nous avons vu qu'il y a une B


condition particulière d'équilibre.
Cette condition est donnée par
une tension nulle entre C et D. R1 R3

C'est un peu comme les plateaux +


d'une balance. C D
-
Le pont de mesure est équipé de 2 R2 R inconnue
résistances connues R1 et R3 et
d'une résistance réglable R2 plus
l'instrument de mesure.
E

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 25


Techniques de mesures

Cette condition d'équilibre est obtenue lorsque le courant Imes est de 0.

Appliquons les lois de Kirchhoff :

ΣI total = ΣI partiels

I mes = ( I R1 − I R 2 ) + ( I R 3 − I Rinconnue ) = 0 [A]

Ceci implique que


R1 ⋅ I R1 = R3 ⋅ I R 3 et R2 ⋅ I R1 = Rinconnue ⋅ I R 3

en divisant membre à membre, nous obtenons

R1 R3
=
R2 Rinc
d'où :
R3
Rinc = ⋅ R2
R1

Dans la pratique, certains ponts sont construits au moyen de résistances linéaires remplaçant
R1 et R2.
B

( R 1) R3

+
D
-
( R 2)
R inconnue

Comme la résistance R est fonction de :

ρCu ⋅ l
R=
A
Lorsque nous avons une tension nulle UCD, nous pouvons dire que, par la construction de la
résistance linéaire, l'aire A et la résistivité ρ sont constantes :

( R1 ) ( 2
⋅ R )
R3
Rinc =

R3 ρ ⋅ l
Rinc = ⋅ Cu 2
ρCu ⋅ l1 A
A
ce qui implique :
R3
Rinc = ⋅ l
l1 2

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 26


Techniques de mesures

12.29 Instruments de mesure numériques:


Les instruments de mesures numériques sont constitués d'éléments électroniques et les
valeurs mesurées sont affichées au moyen de chiffres.

Le principal avantage des instruments de mesure numériques est d'éliminer les erreurs de
lecture dues à l'imprécision de la lecture.

analogique numérique

0 100

avec une aiguille avec un affichage (display)

12.30 Définition du terme numérique :

Nous donnons le nom de NUMERIQUE, à un appareil, pouvant représenter par un NOMBRE la


grandeur mesurée.

Attention ! Il ne faut pas confondre !

4 est un chiffre, mais 1456 est un nombre composé de 4 chiffres.

Le chiffre est au nombre ce que la lettre est au mot !

12.31 Définition du terme digital:

Le terme de DIGITAL vient d'un anglicisme ayant comme synonyme BINAIRE (2 états). Il
est donc erroné de parler d'appareil de mesures à affichage digital.

Dans la pratique, les catalogues d'appareils de mesures entretiennent cette erreur en


parlant d'affichage à 4.5 digits, à 4 digits, ou 3.5 digits.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 27


Techniques de mesures

Exemples : a

Le digit est défini comme une composition de 7 segments f b


g
notés par les lettres a à g et pouvant donner l'illusion de
voir un chiffre.

e c

Remarque : Le terme digit est également utilisé pour


définir un mot de 4 bits servant à d
commander ce type d'affichage.
a

f b
Le demi-digit est défini comme une composition de 2 g

segments notés b et c pouvant donner l'illusion de voir


un 1 ou rien.
e c

12.32 Symboles et indications spéciales des instruments


numériques :
Les principaux symboles des instruments numériques sont identiques à ceux des instruments
analogiques. Ils possèdent généralement une sélection automatique de la gamme de mesure,
avec parfois la possibilité de passer en manuel pour des mesures particulières.

Contrairement aux instruments analogiques, la classe de précision ainsi que les symboles ne
figurent pas sur l'instrument. Le triangle avec le point d'exclamation indique que les
caractéristiques se trouvent dans la documentation jointe avec l'instrument.

Exemples de caractéristiques :

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 28


Techniques de mesures

Caractéristiques d'un instrument de mesure numérique:

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 29


Techniques de mesures

12.33 Schéma d'un instrument de mesure numérique :

Description du fonctionnement :
Cet instrument est composé de 3 affichages (display) commandés par un circuit intégré
(IC2) et par 5 transistors T1 à T5. Le premier circuit intégré IC1 effectue la conversion de
la valeur analogique mesurée en une valeur numérique destinée à être affichée.
L'IC1 reçoit la valeur analogique (tension) sur ses bornes 10 et 11. La méthode utilisée pour
mesurer cette valeur est celle de la comparaison. Le circuit intégré fournit une valeur de
référence (connue de lui) et il la compare avec la tension présente sur son entrée
(inconnue). Si cette comparaison ne montre pas une égalité, le circuit intégré augmente sa
valeur de référence et il effectue une nouvelle comparaison. Il va procéder comme cela
jusqu'à ce que les deux valeurs comparées soient égales. Cette méthode permet au circuit
intégré de déterminer avec précision la valeur de la tension présente sur ses bornes
d'entrées.
Une fois cette valeur définie, IC1 donne une valeur numérique au résultat de sa
comparaison. Cette valeur numérique est présente sous la forme d'un mot de 4 bits sur les
bornes 2, 1, 15, et 16. IC2 reçoit cette numérique et il la décode pour commander les
affichages 7 segments.
Nous constatons que les 3 affichages sont montés en parallèle. Cela devrait poser un
problème, car tous les segments de même noms devraient s'allumer simultanément. Ce n'est
pas le cas car nous avons à faire à un mode d'affichage multiplexé.
IC1, qui fournit les valeurs numériques de la tension mesurée, commande également le
display sur lequel cette valeur doit être affichée. Cette commande est réalisée au moyen
des bornes 4, 3 et 5. Les transistors T1, T2 et T3 commandent l'alimentation des
affichages. Lorsque IC1 donne une valeur qui doit être affichée par le premier display, il va
commander son alimentation par l'intermédiaire de sa borne 4 et du transistor T1.
Avec ce type d'affichage multiplexé, les displays s'allument l'un après l'autre. Il n'y a
jamais deux affichages allumés simultanément. La vitesse d'allumage est assez rapide pour
que notre œil ne puisse pas percevoir cet effet (voir la définition de la persistance
rétinienne dans le chapitre courant alternatif sinusoïdal). L'affichage multiplexé permet
également d'économiser de l'énergie puisqu'il n'y a qu'un seul affichage allumé. Cette
caractéristique est importante pour les instruments portables qui fonctionnent sur piles.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 30


Techniques de mesures

12.34 Symboles des instruments de mesures :

Dispositif de
Instrument pour mesure à bobine à
courant continu cadre tournant
avec aimant
Dispositif de
Instrument pour mesure à bobine à
courant alternatif cadre tournant
avec redresseur
Dispositif de
Instrument pour
mesure à bobine à
courant continu et
cadre tournant
alternatif
avec
Instrument pour
Dispositif de
courant triphasé
mesure à quotients
équipé d'un
à bobine à cadre
dispositif de
Instrument pour
courant triphasé Dispositif de
équipé de deux mesure à aimant
dispositifs de rotatif
Instrument pour
Dispositif de
courant triphasé
mesure
équipé de trois
électromagnétique,
dispositifs de

Position d'emploi Dispositif de


verticale mesure
électrodynamique
Dispositif de
Position d'emploi
mesure
horizontale
électrodynamique
position d'emploi
Dispositif de
oblique, avec
mesure de
donnée de l'angle
quotients
d'inclinaison
Tension d'essai Dispositif de
sans valeur 500 mesure de
[V] quotients
électrodynamique

Dispositif de mise à Dispositif de


zéro de l'aiguille mesure à induction

Dispositif de
Classe de précision mesure bimétal

Dispositif de Dispositif de
mesure à vibration mesure
électrostatique

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 31


Techniques de mesures

12.35 Erreur absolue des instruments de mesures :


Les appareils de mesure analogique possèdent tous une CLASSE DE PRECISION. Cette
indication se trouve, en général, sur l'appareil ou dans le catalogue, sous la forme suivante:

0.1 ou 0.2 ou 1 ou 2 ou 2.5

ou s'il n'y a pas d'indication cela implique 5.

Cette indication doit être interprétée de la façon suivante:

+ ou - 2.5 pour cent, de la valeur à fond d'échelle

Soit mathématiquement:

valeur absolue = valeur fond d'échelle ± tolérance

Exemple:

A fond d'échelle, nous pouvons mesurer une valeur de 100 [mA].

Valeur maximum indiquée par l'appareil de mesure:

valeur max absolue = valeur fond d'échelle + tolérance

valeur max absolue = 100 + (0.025 ⋅ 100) = 102.5 [mA]

Ceci correspond donc au courant I réel pouvant circuler dans le montage lorsque
l'ampèremètre indique 100 [mA].

Valeur minimum indiquée par l'appareil de mesure:

valeur min absolue = valeur fond d'échelle - tolérance

valeur min absolue = 100 - (0.025 ⋅ 100) = 97.5 [ mA]

Ceci correspond donc au courant I réel pouvant circuler dans le montage lorsque
l'ampèremètre indique 100 [mA].

12.36 Erreur relative d'un instrument de mesure:

L'erreur absolue, de 2.5 [mA] dans notre cas, modifie la valeur lue au moyen de l'appareil.

Si nous mesurons une grandeur à mi-cadran, l'écart entre la valeur lue et la valeur pouvant
circuler dans le circuit modifie la précision de la mesure.

mesure réelle = valeur lue ± erreur absolue

Exemple:

valeur lue = 10 [mA] (à mi-cadran)

erreur absolue = 2.5 % de 100 [mA]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 32


Techniques de mesures

Relation:
mesure réelle = valeur lue ± erreur absolue

erreur absolue = valeur fond d'échelle ⋅ tolérance

Application numérique:
erreur absolue = 100 ⋅ 0.025 = 2.5 [ mA]

mesure max. réelle = 10 + 2.5 = 12.5 [ mA]

mesure min. réelle = 10 - 2.5 = 7.5 [ mA]


Calcul d'erreur :
( valeur 1 - valeur 2) 10 -7.5
erreur = = 0.25
valeur 1 10
soit une erreur relative de la mesure de 25 % (0.25 ⋅ 100%).

Nous constatons donc, qu'avec notre appareil de mesure, nous avons intérêt à modifier
l'échelle afin que l'aiguille s'approche du fond d'échelle sans la dépasser pour ne pas forcer
sur la butée.
Echelle choisie : 10 [mA]

Lorsque l'aiguille est à fond d'échelle,


l'erreur relative de la mesure se rapprochera
de la valeur de l'erreur absolue. C'est donc
dans cette zone que l'erreur sera la plus
petite.

Ce qui implique une erreur de la valeur absolue


de l'appareil soit dans notre cas 2.5%.

Lors de mesures avec un instrument à affichage à aiguille, Il faut également prendre garde à
l'erreur de parallaxe, voir page suivante.

12.37 Erreur de parallaxe :

La parallaxe est une source d'erreur et de


manque de précision de la lecture faite par
l'utilisateur de l'appareil de mesure. Selon
votre position par rapport à l'appareil, vous
interprétez différemment la mesure.

Pour éviter cette erreur, les appareils de


mesure à aiguille sont munis d'un miroir.
Pour obtenir une bonne lecture, votre œil miroir
doit voir l'aiguille et son reflet dans un
même alignement par rapport à l'échelle.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 33


Techniques de mesures

12.38 Classe de précision des instruments numériques :


La résistance interne des instruments de mesure numériques est beaucoup plus grande que
celle des appareils analogiques, et elle est fixe, quelle que soit la gamme de mesure
sélectionnée. L'erreur induite lors des mesures ne sera importante que pour les circuits à très
grande impédance.

L'erreur de mesure des instruments numériques est de deux types.

1. Erreur dépendante de l'électronique de l'instrument

2. Erreur dépendante du nombre de mesures effectuées pour la conversion


analogique/numérique.

L'erreur est généralement donnée en % de la lecture ± une constante exprimée en unités ou en


digits. Certains fabricants donnent l'erreur en % de l'échelle ± la constante. Cette façon de
faire cache généralement la mauvaise qualité de l'appareil.

L'erreur constante (que nous donnerons en "digits") indique de combien le chiffre binaire de
poids le plus faible peu être faux. Le chiffre de poids le plus faible représente la résolution de
l'appareil.

Exemple : pour une échelle de 100 [mV] et 2000 points de mesure, la résolution sera de
0.1 [mV] .

12.39 Exemples de calculs d'erreurs des instruments numériques

1.Nous mesurons une tension de 50 [mV] sur l'échelle 100 [mV].


L'instrument effectue 2000 points de mesure.

Caractéristiques : 0.1 % de la lecture et ± 0.5 digits. 1 digit = 0.1 [mV]

50 ⋅ 10−3 ⋅ 01
.
Erreur de lecture : = 50 ⋅ 10− 6 [V] 50 [ µV] 0.5 digits.
100

100 ⋅ 10−3
Erreur de constante : = 50 ⋅ 10− 6 [V] 50 [ µV] 0.5 digits.
2000

Dans notre cas, la précision est de ± 0.5 digits, soit au total 1 digit, ce qui donne une erreur de
100 [µV] .

Erreur totale = somme des erreurs :

50 ⋅ 10−6 + 50 ⋅ 10−6 = 100 ⋅ 10−6 100 [ µV]


Cette erreur de 100 [µV] correspond à 1 digit.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 34


Techniques de mesures

2.Nous mesurons une tension de 50 [mV] sur l'échelle 150 [mV].


L'instrument effectue 2000 points de mesure.

Caractéristiques : 0.2 % de la lecture et ± 0.1 % de l'étendue de mesure.

50 ⋅ 10−3 ⋅ 0.2
Erreur de lecture : = 100 ⋅ 10− 6 [V] 100 [ µV]
100
. ⋅ 200
01
Erreur de constante : = 200 ⋅ 10− 6 [V] 200 [ µV]
100
Erreur totale = somme des erreurs

100 ⋅ 10−6 + 200 ⋅ 10−6 = 300 ⋅ 10−6 [V] 300 [ µV]

Cette erreur de 300 [µV] correspond à 3 digits.

3.Nous mesurons une tension de 50 [mV] sur l'échelle 200 [mV].


L'instrument effectue 2000 points de mesure.

Caractéristiques : 0.1 % et ± 1 digit.

. ⋅ 200
01
Erreur de lecture : = 200 ⋅ 10− 6 [V] 200 [ µV]
100

200 ⋅ 10−3
Erreur de constante : = 100 ⋅ 10− 6 [V] 100 [ µV]
2000
Cette erreur de 100 [µV] correspond à un digit. Dans notre cas, la précision est de ± 3 digits,
soit au total 3 digits, ce qui donne une erreur de constante de 300 [µV] .

Erreur totale = somme des erreurs :

200 ⋅ 10−6 + 100 ⋅ 10−6 = 300 ⋅ 10−6 300 [ µV]


Cette erreur de 300 [µV] correspond à 3 digits.

12.40 Dispositifs d'essais des instruments de mesure


En principe tous les appareils de mesure ont été testés.

Il est très important de respecter les directives de service de l'instrument avant toute
utilisation.

Chaque appareil possède une indication de tension d'essai.

Cette tension est notée au moyen d'une étoile à 5 branches avec


l'indication de la tension U en [kV].

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 35


Techniques de mesures

Exemple :

Un multimètre porte l'indication suivante :

Que signifie ceci ?

Cela signifie que l'appareil a été testé avec une tension de 1 [kV] entre ses bornes, sans que
l'appareil n'explose ou ne se casse mécaniquement.

Remarques : Cela ne signifie pas que votre appareil pourra mesurer la valeur de la tension
d'essai.

L'étoile, sans indication à l'intérieur, signifie que la tension d'essai est de 500 [V].

Certains appareils possèdent aussi un triangle avec un point


d'exclamation.

Cette indication peut signifier que cet appareil nécessite des précautions particulières ou une
utilisation particulière (choix des bornes ou tension et courant maximum).

Cette indication peut aussi signifier que l'appareil de mesure possède à l'intérieur des
composants électriques ne supportant pas des charges électrostatiques. Ces charges peuvent
être présentes lors d'un démontage de l'appareil de mesure (voir appareil de mesure
numérique).

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 36


Techniques de mesures

12.41 Entraînement
1. Nous disposons d'un cadre mobile aux caractéristiques suivantes :

Ri = 22 [Ω] Ui = 87 [mV]

Nous désirons l'utiliser pour mesurer des courants de 100 [mA] 500 [mA] et 2 [A]
Dessiner le schéma électrique de l'instrument.
Calculer les valeurs des Rshunt à intégrer dans l'instrument.

2. Nous disposons d'un instrument à cadre mobile aux caractéristiques identiques


que celui de l'exemple précédent.
Dessiner le schéma électrique pour réaliser un instrument capable de mesurer
les tensions suivantes :

150 [V] 250 [V] 300 [V] 500 [V] 1000 [V]

Calculer les valeurs des Radditionnelle à intégrer dans l'instrument.

3. Un cadre mobile a les caractéristiques suivantes : Ri = 36 [Ω] Ii = 1.86 [mA]


Nous désirons l'utiliser pour mesurer des tensions de 100 [mV] 500 [mV] et 2 [V]
Calculer les valeurs des résistances additionnelles.

4. Nous disposons de deux instruments identiques qui permettent de mesurer


un courant maximum de 10 [A] et une tension maximum de 100 [V].
Nous désirons les utiliser pour mesurer un courant de 28 [A] et une tension de 230 [V]

Proposer une solution pour chaque instrument.


Dessiner les deux schémas électriques.
Calculer les valeurs des éléments à ajouter.

6. Calculer la valeur de la résistance inconnue, sachant que, pour obtenir la valeur


nulle sur le pont de Wheatstone suivant :

La tension U est de 12 [V], les résistances


sont les suivantes : R1 R2
+
R1 = 12 [Ω]R2 = 1.2 [Ω]
-
R3 = 4 [Ω] Rinconnue R3

7. Un instrument de mesure de classe 2.5 possède une échelle graduée de 0 à 5.


Calculer l'erreur absolue lorsque le commutateur est sur la position 250 [V] AC .

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 37


Techniques de mesures

8. Quatre mesures sont faites au moyen de 2 appareils à affichage numérique.


Un appareil possède 3.5 digits et l'autre 4.5 digits.
Indiquer quelles sont les valeurs affichées selon l'exemple de la première mesure.

a) Première mesure effectuée : 104.96 [V]

1 0 5 . 0 1 0 4 . 9 6

3.5 digits 4.5 digit

b) seconde mesure U = 768.43 [V]

c) troisième mesure U = 1104.93 [V]

d) quatrième mesure U = 1.1247 [V]

9. Un instrument de mesure de classe 2.5 possède une échelle graduée de 0 à 5.


Calculer l'erreur absolue lorsque le commutateur est sur la position 250 [V] AC .

Réponses :

1 . Résistances shunt pour chaque plage de mesure.


Iinst = 3.95 [mA] Rshunt 100 = 905.82 [mΩ] Rshunt500 = 175.38 [mΩ] Rshunt2 = 43.58 [mΩ]

2. Résistances additionnelles en série. Ra150 = 14.9 [kΩ] Ra250 = 10 [kΩ]


Ra300 = 5 [kΩ] Ra500 = 20 [kΩ] Ra1000 = 50 [kΩ]

3. Résistances additionnelles en série. Ra100 = 17.76 [Ω] Ra500 = 215.05 [Ω] Ra2 = 806.45 [Ω]

4. Rinst = 10 [Ω] Rshunt = 5.55 [Ω] Radd = 13 [Ω]

6. Rinconnue = 46.8 [Ω] 7. Erreur absolue = ± 6.25 [V]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 38


Régime alternatif sinusoïdal

Chapitre 13

Régime alternatif sinusoïdal

Sommaire
• Définitions des valeurs de courants alternatifs
• Production d’une tension alternative
• Valeurs de crête, moyenne et efficace
• Représentations temporelles et vectorielles des signaux alternatifs
• Addition de signaux en phase et déphasés

Introduction

13. Généralités et définitions :

Tout courant ou tension peut se U,I

représenter dans des systèmes [V]


[A] U
d'axes i = f (t) pour les courants et
u =f (t) pour les tensions, dans I

lesquelles i et u représentent une t


valeur instantanée (valeur à un [ms]

instant donné).

i = f (t) ou u = f (t) sont des représentations temporelles, puisque, dans le premier


cas, il s'agit de représenter le courant i en fonction du temps t, et dans le second la
tension u en fonction du temps t. De façon plus générale, représenter une grandeur
en fonction du temps.

Il existe plusieurs types de courants ou de tensions pour lesquels nous pouvons tracer ces
représentations :

Remarque : L'utilisation d'une minuscule pour i ou pour u indique qu'il s'agit d'une valeur
instantanée, c'est à dire, la valeur du courant ou de la tension à un instant
donné. La courbe résultante représente l’ensemble des valeurs instantanées.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 1


Régime alternatif sinusoïdal

13.1 Formes de courants :


Courants continus DC Courants alternatifs AC
[A] i [A] i

i1 i2 i3 i4 i1
i2 t3 t4
t1 t2 t3 t4 t t1 t2 i3 i4 t
[s] [s]

La valeur et le sens du courant


La valeur et le sens du courant
instantané
instantané changent
ne changent pas.
i1 ≠ i2 ≠ i3 ≠ i4
i1 = i2 = i3 = i4

courant pulsé : courant alternatif triangulaire:


[A] i [A] i

i1 i1
i2 i3 i4 i2 t3 t4
t1 t2 t3 t4 t t1 t2 i3 t
[s] [s]
i4

Seule la valeur du courant


La valeur et le sens du courant
instantané change.
instantané changent.
Son sens est toujours le même.
i1 ≠ i2 ≠ i3 ≠ i4
i1 ≠ i2 ≠ i3 ≠ i4

courant pulsé : courant alternatif carré :


i [A] i
[A]

i1 i2
t1 t2 t3 t4 t3 t4
t t
i2 t1 t2 [s]
i1 i3 [s]
i4 i3 i4

Seule la valeur instantanée du


Seul le sens du courant instantané
courant change.
change mais pas sa valeur.
Son sens est toujours le même.
i1 = i2 et i3 = i4 mais i2 ≠ i4
i1 ≠ i2 ≠ i3 ≠ i4

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 2


Régime alternatif sinusoïdal

courant ondulé : courant alternatif sinusoïdal :


i
[A] i [A]

I DC
i1 i3 i4
i2

t1 t2 t3 t4 t 0 t
[s] [s]

La valeur instantanée du
courant change, mais La valeur instantanée du courant
n'atteint plus la valeur 0. change périodiquement de sens et de
IDC en traitillé correspond à la valeur
valeur moyenne des i

13.2 Définitions :
Forme d'onde :
Représentation graphique d'une grandeur, telle que i ou u, en fonction d'une certaine
variable comme le temps.

Exemples de formes d’ondes : ondulée , carrée , sinusoïdale , rectangulaire

Valeur instantanée :
Valeur d'une forme d'onde à un instant donné. Elle se note par une lettre minuscule.

Exemples de notation : i,u,s

Amplitude de crête :
Valeur maximum positive ou négative que prend une forme d'onde. Elle se note avec un
circonflexe sur le symbole de grandeur.

Exemples de notation : Î.Û

Amplitude peak to peak , crête à creux :


Valeur maximum d'une forme d'onde mesurée de sa valeur maximum positive à sa valeur
maximum négative. Elle peut se noter de plusieurs manières.

Exemples de notation :: Upp , Ipp , Ucc , Icc , U , I

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 3


Régime alternatif sinusoïdal

Forme d'onde périodique :


Forme d'onde qui se reproduit à intervalles réguliers dans le temps.

Période :
Intervalle de temps pendant lequel une forme d'onde périodique se reproduit. La période se
mesure entre deux points identiques de la forme d'onde, soit sur le flanc montant, soit sur
le flanc descendant. Son symbole de grandeur est T et son unité s’exprime en [s].

Alternance :
Durée d'une demi-période. L'alternance est soit positive, soit négative.

Fréquence :
1
Nombre de périodes par seconde. Elle se note f et s'exprime en hertz [Hz]. f=
T

Exemples :
i
[A]
max. max.

I I
i
t
-I i [s]

T max. max.
période ou cycle
T alternance alternance
positive négative
période ou cycle

13.3 Radian :
Définition : Un radian équivaut à l'angle qui, ayant son sommet au centre d'un cercle,
intercepte sur la circonférence de ce cercle un arc d'une longueur égale à
celle du rayon du cercle.

Le cercle trigonométrique est sans unité et son rayon vaut


1.

L'angle dessiné représente 1 radian.


r r

ϕ
Circonférence c = 2 ⋅ π ⋅ r
r
c=π⋅d

Dans le cercle trigonométrique le rayon vaut 1 :

r =1 donc c = 2⋅π

donc : 360 ° = 2⋅π [rad]

π [rad] = 180 °

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 4


Régime alternatif sinusoïdal

Pour déterminer la correspondance d'un radian en degrés, il faut effectuer le


développement suivant :

360 180
360 = 2π 1 radian = = 1 [rad] = 57.2 [° ]
2π π

Pour les conversions, nous utiliserons :

π
conversion de degrés en radians x [rad] = ⋅ n [ °] x représente la valeur
180
recherchée

[ °] ⋅ n [ rad]
180
conversion de radians en degrés x = n représente le nombre connu
π

13.4 Représentation temporelle de la rotation du rayon vecteur:


90°
π
2
ω

3
4
2
5
1
180° 6 0 360°
t
π 12 2π
[s]
7
11
8 10
9

270° 90° 180° 270° 360° 90° 180° 270° 360°


3π π 3π π 3π
π 2π π 2π
2 2 2 2 2

Remarque : l'axe horizontal représente l'angle du vecteur tournant, à un moment donné,


défini soit en degré, soit en radian.

13.5 Vitesse angulaire ou pulsation ω (oméga)


La vitesse angulaire, appelée également pulsation, définit le nombre de radians effectués
par seconde par le rayon vecteur tournant à l'intérieur du cercle.

s
formule générale de la vitesse : v= v vitesse s distance t temps
t
Dans l'application au cercle trigonométrique :

la distance s est remplacée par la circonférence du cercle 2πr


et comme le rayon vaut 1, c = 2π

le temps t est remplacé par la période T

la vitesse v est remplacée par la vitesse angulaire ω

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 5


Régime alternatif sinusoïdal

Nous arrivons au développement suivant :


2π 1 2π
ω= et comme T = nous obtenons ω=
T f 1
f
ce qui donne : ω = 2 ⋅ π ⋅ f

rad é 1ù
ω ê s ú ou ê s ú
ë

é 1ù é rad ù
pulsation ω ê ú vitesse angulaire ω ê ú
ës ë s

13.6 Valeur instantanée :


I
ω [A]

α
t
t1
[s]

∆t T

i = sin de l'angle

en appliquant les relations de trigonométrie nous pouvons dire :

i
sin α = i = I ⋅ sin α
I formule 1

Le vecteur tourne à la vitesse constante ω . Le temps nécessaire pour parcourir 2 π [rad]


est une période T. Il est donc possible de poser un rapport permettant de calculer l'angle
parcouru durant une différence de temps ∆t séparant l'origine 0 du temps t1 .

2⋅π α 2⋅π⋅t rad ⋅ s


T
=
t
α=
T
[rad] = ê s ú
2⋅π
Nous savons que =ω
T

donc : α=ω⋅t formule 2

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 6


Régime alternatif sinusoïdal

Plaçons la formule 2 dans la formule 1 :

i = I ⋅ sin(ω ⋅ t + k ⋅ 2π ) [A] valable pour les composantes courants

 ⋅ sin(ω ⋅ t + k ⋅ 2π )
u=U [V] valable pour les composantes tensions

Remarques :Le rayon vecteur peut tourner plusieurs fois


autour de son axe avec le facteur 2kπ .
Nous savons que 2π = 360 ° , ce qui implique
que 2kπ = k ⋅ 360 °
Le facteur k représente le nombre (entier) de tours
effectué par le rayon vecteur dans le cercle.

Exemple :
α = π + 2kπ 180° + (1 ⋅ 360) = 540° avec k = 1
α = π + 2kπ 180° + (2 ⋅ 360) = 900° avec k = 2

13.7 Production d’une tension alternative sinusoïdale

Il existe plusieurs manières de produire


des signaux de forme sinusoïdale,
suivant l’application à laquelle ils sont
destinés.

Dans les appareils électroniques, les


signaux sinusoïdaux sont produits par
des circuits oscillants électroniques, ou
par des générateurs de fonctions. Les
circuits oscillants feront l’objet d’une
étude ultérieure.

La puissance fournie par ce genre de générateur est très faible et ne convient pas pour
alimenter une installation. Si nous désirons utiliser l'énergie fournie pour allumer une lampe
ou faire tourner un moteur, il faut utiliser un autre genre de générateur. Pour cela, il est
fait appel aux lois du magnétisme.

En effet, lorsqu'une inductance est soumise à un champ magnétique extérieur variable, elle
produit une tension induite Ui à ses bornes. La valeur de cette tension Ui dépend des
caractéristiques de l'inductance (nombre de spires, perméabilité du noyau) et de celles du
champ magnétique.

∆Φ
Rappel : Ui = − U i = −B ⋅ l ⋅ v
∆t
m
Ui [V] Φ [Wb] Φ [V ⋅ s] t [s] B [T] l [m] v ê ú
s

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 7


Régime alternatif sinusoïdal

13.8 Démonstration du fonctionnement :

Deux bobines sont branchées en série et raccordées à un voltmètre.

Lorsque l'aimant placé au centre des bobines se met à


tourner, une tension induite Ui apparaît aux bornes des
bobines.
Sud

Cette tension est alternative car les deux bobines sont


alternativement soumises au champ magnétique du pôle
Nord

Nord et du pôle sud de l'aimant. Les variations des lignes


de forces de sens opposés produisent des tensions induites
de sens opposés.

- +

Avec ce genre de montage, nous produisons une tension


alternative sinusoïdale. Les centrales de production d’énergie électrique sont équipées de
génératrices qui fonctionnent selon le même principe, mais les générateurs sont de taille
plus importante et ils sont appelés ALTERNATEURS.

Ces sont les alternateurs


qui produisent la tension
présente aux prises
électriques.

Dans les centrales électriques, les alternateurs sont reliés mécaniquement à des turbines.
Dans le cas de centrales hydrauliques, les turbines sont entraînées par l'eau accumulée par
des barrages dans des lacs artificiels, ou par l'eau des rivières. Dans les centrales
thermiques, les turbines sont entraînées par la vapeur.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 8


Régime alternatif sinusoïdal

13.9 Principe de fonctionnement d'un alternateur :

Un aimant permanent appelé ROTOR tourne


au centre d’une carcasse.

Dans cette carcasse est logée une bobine


appelée STATOR

Par le passage de l’aimant près de la bobine,


une tension de forme sinusoïdale est
produite.

Dans les centrales, l’aimant est remplacé par


un électroaimant pour obtenir une puissance
supérieure.

Fonctionnement électrique :

Cette représentation montre la forme de


tension présente aux bornes de la bobine en
fonction de la position du rotor.

13.10 Valeur efficace :


Cette valeur de courant ou de tension est définie par comparaison avec le courant ou la
tension continue.

Définition : La valeur efficace caractérise un courant non continu qui produit le même
travail qu'un courant continu, dans la même charge et durant le même
intervalle de temps. La valeur efficace de ce courant sera alors la même que
celle du courant continu.

La valeur efficace de la tension correspond à la même définition.

Exemple : Un récipient contient 5 litres d'eau. Nous désirons en augmenter la


température de 20 [°C] au moyen d'une résistance

Lorsqu'elle est parcourue par un courant électrique, la résistance


chauffe et transmet son énergie au liquide.

Pour notre exemple nous allons faire deux fois l'expérience.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 9


Régime alternatif sinusoïdal

1. La résistance alimentée par une tension continue DC

2. La résistance alimentée par une tension alternative AC

Pour tirer une conclusion et étudier le résultat, nous mesurons


le courant dans la résistance, pour les deux cas.

Expérience :

S1

~
DC AC
A
°C

résistance

Relations :

Pour faire les calculs, nous utiliserons la formule générale de la puissance.

P = U⋅I
Dans notre montage, nous connaissons I et R. Le développement de la formule de la
puissance donne la relation suivante :

P = U⋅I U = R⋅I P = R⋅I⋅I P = R ⋅ I2

[W] = [V] ⋅ [A] [V] = [Ω] ⋅ [A] [W] = [Ω] ⋅ [A] ⋅ [A]

Pour calculer l'énergie W, il faut tenir compte de la puissance dissipée en fonction du temps t .

W = P ⋅ t [J] et P = R ⋅ I2 [W] W = R ⋅ I2 ⋅ t [J]

[J] = [W] ⋅ [s] [W] = [Ω] ⋅[A]2 [J] = [Ω] ⋅ [A]2 ⋅ [s]

Dans nos deux expériences, nous mesurons la puissance instantanée dissipée dans la
résistance.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 10


Régime alternatif sinusoïdal

Tableaux de mesure :

Circuit en courant continu


temps résistance i instantané i2 puissance
[ms] [Ω] [A] [A] [W]
0.00 10.00 5.00 25.00 250.00
2.00 10.00 5.00 25.00 250.00
4.00 10.00 5.00 25.00 250.00
6.00 10.00 5.00 25.00 250.00
8.00 10.00 5.00 25.00 250.00
10.00 10.00 5.00 25.00 250.00
12.00 10.00 5.00 25.00 250.00
14.00 10.00 5.00 25.00 250.00
16.00 10.00 5.00 25.00 250.00
18.00 10.00 5.00 25.00 250.00
20.00 10.00 0.00 0.00 0.00

Circuit en courant alternatif


temps résistance I crête i instantané i2 puissance
2
[ms] [Ω] [A] [A] [A] [W]
0.00 10.00 7.07 7.07 50.00 500.00
2.00 10.00 7.07 5.72 32.73 327.25
4.00 10.00 7.07 2.19 4.77 47.75
6.00 10.00 7.07 -2.19 4.77 47.75
8.00 10.00 7.07 -5.72 32.73 327.25
10.00 10.00 7.07 -7.07 50.00 500.00
12.00 10.00 7.07 -5.72 32.73 327.25
14.00 10.00 7.07 -2.19 4.77 47.75
16.00 10.00 7.07 2.19 4.77 47.75
18.00 10.00 7.07 5.72 32.73 327.25
20.00 10.00 7.07 7.07 50.00 500.00

Constatations :

Dans le montage en DC, la puissance dissipée est la même à chaque instant, le courant
instantané ne change pas.

Dans le montage en AC, la puissance dissipée n'est pas constante et sa valeur maximum vaut
le double que pour le montage en DC. Le courant instantané varie.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 11


Régime alternatif sinusoïdal

Traçons les courbes de nos deux mesures :

p,i

[W] [A]
250 10 p

200 8

150 6
i
100 4

50 2

t
[s]
p,i

[W] [A]
500 10

p
400 8

300 6

200 4

100 2

0 t
[ms]

La puissance instantanée p est le produit de R ⋅ i2 .

Remarque : Puisque le courant est élevé au carré, la puissance est toujours positive, même
lorsque le courant instantané est négatif.

Dans le circuit continu, la puissance est constante, alors que pour le circuit alternatif, la
puissance varie, elle n'est pas constante. Leurs valeurs ne sont par identiques.

p p
[W] [W]

500 500
p
400 400

300 300
p
200 200

100 100

t 0 t
[s] [s]

L'aire représente le produit de la puissance P par


le temps t ce qui correspond au travail W.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 12


Régime alternatif sinusoïdal

Pour comparer le travail en continu au travail en alternatif, nous allons découper l'aire du
travail alternatif de la manière suivante :

p p
[W] [W]

500 500
a1 a2 a1 a2
b b p
400 400

300 300
p
200 200 a1 b a2
100 100

t 0 t
[s] [s]

Constatation importante : L'aire résultante est la même en AC et en DC.

La surface b est deux fois plus grande que la surface a. La surface plus foncée représente
le travail. Nous constatons que les parties de puissances instantanées qui dépassent du
rectangle plus foncé sont égales à l'addition des trois surfaces (a1 + b + a2).

Si nous ne tenons compte que des surfaces de nos diagrammes, la surface totale manquante
correspond à (a1 + b + a2) , elle est comblée par les deux surfaces (b) .

Nous pouvons en déduire : I 2


P = R ⋅ I eff 2 P= R⋅
2
Simplifions notre égalité en éliminant la valeur de R puisqu'elle est commune :

I 2 I 2
R ⋅ I eff 2 = R⋅ I eff 2 =
2 2

I 2 I I
I eff 2 = I eff 2 = I eff =
2 2 2

Après notre transformation, nous obtenons les relations suivantes :

I
I eff = et I = I eff ⋅ 2
2

Les relations pour la tension sont identiques à celles du courant :

U
U eff = et U = U eff ⋅ 2
2

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 13


Régime alternatif sinusoïdal

Exemple :

A quel angle en degrés correspond le rapport entre la valeur de crête et la valeur efficace
d'un courant ?

Relations :

I
I eff = I = I eff ⋅ 2 i = Iˆ ⋅ sin(ωt )
2
Nous cherchons à déterminer quel est l'angle α à l'instant t où le courant instantané i a la
même valeur que le courant efficace I .

Nous pouvons dire qu'à cet instant , i=I et I = I ⋅ sin( ωt )

I I
I eff = 2 =
2 I eff

remplaçons Ieff par


I
I eff = I ⋅ sin( ωt) 2= 
I ⋅ sin( ωt)
I est éliminé par simplification :
1
2=
sin( ωt )
L'angle α que nous recherchons est donné par le sin(ωt)

1 1
sin( ωt ) = α = sin −1 ç ÷ = 45 [ ° ]
2 2

Remarques : Pour connaître l'angle, il faut appliquer une des fonctions suivantes :

arcsin , invsin , sin-1


Le nom de la fonction dépend du modèle de machine à calculer. Si la machine est en degrés,
l'angle affiché sera en degrés, si la machine est en radians, l'angle affiché sera en radians.

L'angle α correspondant à la valeur efficace d'une tension ou d'un courant est de :


π π
[rad] 45 [ ° ] ou 2 kπ + [rad] 2 k 180 + 45 [ ° ]
4 4

L’indice eff n’est pas utile, en effet, lorsque nous rencontrons une valeur alternative
marquée U ou I , sans autres précisions, il s’agira toujours d'une valeur efficace.

Remarque : Dans les documents techniques, nous trouvons souvent l'indication RMS
mentionnée à côté de certaines valeurs. Cette abréviation se rapporte à la
valeur efficace de la tension, du courant ou de la puissance.

RMS signifie Root (racine) Mean (moyenne) Square (carrée)

Il est fait référence à la valeur efficace, déterminée par la racine carrée de la moyenne
des valeurs instantanées (moyenne géométrique).

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 14


Régime alternatif sinusoïdal

Exemple :

Si nous reprenons la représentation avec le cercle trigonométrique, nous constatons que la


tension efficace correspond à la valeur instantanée de la tension à un angle de 45 °.

1
opp u 2 0.707
sin α = sinα =  = = = 0.707 α = 45o
hyp U 1 1
ω u
[V]

u
α
t
[s]

13.11 Expérience sur la valeur efficace et la fréquence :


Une expérience simple à réaliser nous permet de visualiser la différence entre les valeurs
de crête et efficace d'un courant alternatif.

Schéma :

Deux lampes de caractéristiques identiques sont raccordées sur deux alimentations.

Le générateur de gauche fournit une tension alternative sinusoïdale AC de 10 [V] et d'une


fréquence de 50 [Hz] .

Le générateur de droite fournit une tension continue DC d'une valeur de 10 [V] .

Les deux générateurs fournissent des tensions de même valeur, comme nous l'indiquent les
deux voltmètres.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 15


Régime alternatif sinusoïdal

Première expérience : Valeur de crête d'une tension alternative AC.

Si nous observons les deux lampes, nous ne constatons aucune différences de luminosité. Il
s'agit d'une confirmation de la théorie étudiée précédemment.

Un oscilloscope est également branché sur les deux lampes. Il nous montre la forme des
deux tensions. Nous constatons clairement que la valeur de la tension alternative AC est
périodiquement plus élevée que la valeur de la tension continue DC. La trace B (tension DC)
coupe la trace A (tension AC) à la valeur efficace de la tension alternative. La valeur
maximum située au-dessus de la trace B représente la valeur de crête de la tension
alternative.

Nous constatons ici que pour obtenir une luminosité identique sur les deux lampes, la valeur
de crête de la tension AC doit être supérieure à la valeur DC. Pour mieux observer le
passage par la valeur de crête, il suffit de diminuer la fréquence du générateur AC. Par
exemple. Pour une fréquence de 1 [Hz] il est possible d'observer la lampe s'allumer et
s'éteindre. Lorsque la tension atteint sa valeur de crête, la lampe AC émet plus de lumière
que la lampe DC.

Seconde expérience : Papillotement d'une lampe alimentée en AC

Pour voir les objets, nous utilisons naturellement nos yeux. Nous possédons deux yeux. Ils
nous permettent de distinguer le relief et de reconstituer une image en trois dimensions.
Par analogie, nos oreilles nous permettent de distinguer la provenance des sons. Pour la vue
comme pour l'ouïe, notre cerveau reçoit deux signaux différents provenant de l'œil gauche
et de l'œil droit, soit de l'oreille gauche et l'oreille droite. Ces informations différentes
permettent à notre cerveau de reconstituer le relief d'un objet pour la vue, ou la
provenance d'un son pour l’ouïe. Notre œil est très complexe. Pour simplifier notre
explication nous ne parlerons que de trois parties importantes :
L'iris Elle joue le rôle de l'obturateur de
l'appareil de photo. Elle se ferme si
la lumière est violente, ou elle
IRIS

s'ouvre si la lumière est faible.


CRISTALLIN

Le cristallin Il joue le rôle de la lentille de


focalisation. Il règle la netteté de
l'image sur la rétine. Par effet RETINE

optique, il inverse l'image dirigée NERF OPTIQUE

sur la rétine.

La rétine Elle reçoit l'image et la convertit en signaux électriques qui seront dirigés par
le nerf optique vers les centres de la vue, à l'arrière du cerveau. La rétine est
composée de deux éléments différents, sensibles soit à la luminosité de l'objet,
soit à la couleur de l'objet. Œil humain est 120 fois moins sensible aux couleurs
qu'à la luminosité des objets.
Lorsque nous observons un objet, son image reste "fixée" un instant sur la rétine. Si l'objet
est trop lumineux, l'image persiste plusieurs secondes. Il s'agit de la persistance
rétinienne. Cette dernière permet de lier les images entre elles; elle est à la base des
normes de télévision et de cinéma. Lorsque nous regardons un film au cinéma ou à la
télévision, nous ne percevons pas le passage d'une image à l'autre. L'image reste "fixée" un
instant sur la rétine.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 16


Régime alternatif sinusoïdal

Retour à notre expérience :

Pour constater l'effet de la persistance rétinienne, nous allons faire varier la fréquence du
générateur alternatif. Lorsque la fréquence est très basse (quelques Hertz) nous voyons
très facilement la lampe s'allumer et s'éteindre. En augmentant la fréquence, la lampe se
met à clignoter puis à papilloter. A partir d'une certaine fréquence, nous ne pouvons plus
voir la lampe s'allumer et s'éteindre. En effet, notre rétine "lie" les allumages successifs
de la lampe.

A partir d'une certaine fréquence, ce n'est plus la rétine que fait effet de lien, mais le
filament de la lampe. Il n'a tout simplement plus le temps de refroidir, et donc de
s'éteindre ! Le réseau électrique fournit une fréquence de 50 [Hz]. Avec cette fréquence,
nous ne percevons pas le papillotement.

13.12 Valeur moyenne :


Il s'agit de la moyenne arithmétique des tensions ou des courants instantanés pris sur une
seule alternance.

U u + u2 + u3 + u4 + u5
U moy = 1
[V]
n
Par développement, nous arrivons à la
relation suivante :
t 2 
[s] U moy = ⋅U = 0.636 ⋅ U
t1 t2 t3 t4 t5 π
Pour expliquer la notion de tension
moyenne Um, prenons le signal suivant :

u u
[V]

10

t t
t t t t
1 2 1 2

u + u2 + .....+ un
Reprenons la formule énoncée plus haut : U moy = 1
n
Valeurs mesurées :
u1 = 2.2 [V] u2 = 2.8 [V] u3 = 3.2 [V] u4 = 5.5 [V] u5 = 8.2 [V]
u6 = 9.8 [V] u7 = 9.7 [V] u8 = 8.2 [V] u9 = 4.7 [V] u10 = 3.9 [V]
Application numérique :

2.2 + 2.8 + 3.2 + 55


. + 8.2 + 9.8 + 9.7 + 8.2 + 4.7 + 3.9
U moy = = 5.82 [V]
10
Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 17
Régime alternatif sinusoïdal

13.13 Tension moyenne d'une période:


En appliquant les principes étudiés précédemment, il est possible de calculer la tension
moyenne d'une période T d'un signal sinusoïdal.

u
[V]
2

0 a
[°]
-1

-2
90 180 270 360 450 540 630 720

Nous ne ferons pas le développement complet, mais comme la valeur moyenne de


l'alternance positive est égale à la valeur moyenne absolue de l'alternance négative, nous en
déduirons que la tension moyenne d'une période d'un signal alternatif sinusoïdal est nulle.

Tableau récapitulatif :

u signal U U eff
m
[V]

carré
t 0 U max
[s] symétrique

u
[V]

carré U max U max


t positif
[s] 2 2
u
[V]

alternatif U max
t 0
[s] sinusoïdal
2

u
[V]

pulsé U max U max


t
[s] redressement p 2
simple alternance
u
[V]
pulsé
2 ×U max U max
t redressement
[s] p 2
double alternance

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 18


Régime alternatif sinusoïdal

13.15 Facteur de forme :

Dans certains types d'appareils de mesure, il est nécessaire de connaître le rapport entre
la tension efficace U et la tension moyenne Um

Certains multimètres avec les symboles AC / DC mesurent un signal alternatif en le


redressant au moyen de diodes montées en pont de Greatz.

Ces instruments universels mesurent la valeur moyenne du signal redressé et ils indiquent
1.111 fois cette valeur.

Cette valeur de 1.111 se nomme facteur de forme et peut être calculée de la manière
suivante :

U
facteur de forme =
Um
Pour déterminer la valeur du facteur de forme, nous utilisons les relations suivantes :

2U
Um = ) U = U ⋅ 2
π
En remplaçant Û par sa valeur, nous obtenons :

U ⋅ 2 ⋅2
Um =
π
U
Nous cherchons à isoler la valeur du facteur de forme soit :
Um

Pour isoler le facteur de forme, il faut : • diviser de chaque côté de l'égalité par Um
• diviser de chaque côté par 2 ⋅ 2
• multiplier de chaque côté par π

U ⋅ 2 ⋅2 Um ⋅ π U ⋅ 2 ⋅2⋅π π U
Um = = =
π Um ⋅ 2 ⋅ 2 Um ⋅ π ⋅ 2 ⋅ 2 2 ⋅ 2 Um

Nous obtenons ainsi la relation suivante :


U π
facteur de forme = = = 1.111
Um 2 ⋅2

Ce facteur n'est applicable qu'en présence d'un signal sinusoïdal parfait et symétrique.

Dans la vie pratique, il est très souvent fait appel à des convertisseurs de fréquences pour
commander des appareils. Ces convertisseurs ont pour effet de créer une nouvelle forme
du signal alternatif.

Les signaux présents à la sortie de ces convertisseurs ne sont plus des sinusoïdes parfaites
et le facteur de forme tel que nous venons de l'étudier n'est plus valable.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 19


Régime alternatif sinusoïdal

Lors de la mesure sur des appareils commandés par des convertisseurs, Il faut être
attentif car la valeur affichée par l'instrument de mesure ne sera pas forcément correcte.

En télévision, la tension de commande du transformateur de très haute tension, présente


sur le collecteur du transistor de commande, ne peut pas être mesurée avec un voltmètre,
car la présence d'impulsions non sinusoïdales de fortes amplitudes fausse le fonctionnement
de l'instrument de mesure.

De même que pour les appareils commandés par des convertisseurs de fréquence,
l'oscilloscope est le seul instrument capable d'effectuer une mesure correcte.
L'oscilloscope nous montre la forme réelle du signal. Dans cet exemple, nous constatons que
la tension indiquée par le voltmètre n'est pas identique à celle de l'oscilloscope.

13.16 Relation de phase entre signaux de même fréquence :


Dans un circuit alimenté en courant alternatif, il est possible que le courant et la tension ne
soient pas en phase. On peut également trouver des circuits dans lesquels convergent
plusieurs courants ou plusieurs tensions différentes et déphasées.

Dans ces cas, on parle de tensions ou de courants déphasés.


Ientrant
Le courant entrant Ie est
I1 I2 égal au courant sortant Is .

I e = I1 + I 2
Récepteur 1 Récepteur 2

Suivant les caractéristiques


des deux récepteurs, les
courants I1 et I2 peuvent ne
Isortant
pas être en phase.

I e = I1 + I 2 somme vectorielle

I e ≠ I1 + I 2 somme mathématique
Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 20
Régime alternatif sinusoïdal

1. avance de phase

ω
i = I ⋅ sin( ω ⋅ t + ϕ )
I
[A]

Dans ce cas, le courant I1


(trait gras) est en avance
ϕ
[s] t de phase par rapport au
ϕ
[°]
courant I2 (trait fin).
ϕ L’angle ϕ détermine
l’avance de phase et il est
l'angle ϕ correspond au déphasage entre les deux courbes
I1 I2 positif.

2. retard de phase
ω I
[A]
i = I ⋅ sin( ω ⋅ t + ( −ϕ ))
Dans ce cas, le courant I1
[s] (trait gras) est en retard
t

ϕ [°]
ϕ de phase par rapport au
courant I2 (trait fin).
L’angle ϕ détermine le
I2 I1
retard de phase et il est
ϕ
négatif
l'angle ϕ correspond au déphasage entre les deux courbes

13.17. Représentations vectorielles de signaux déphasés,


de même fréquence
Les exemples que nous venons de voir utilisent des représentations temporelles pour
mettre en évidence les déphasages. Il est également possible d’utiliser un diagramme
vectoriel pour ces représentations.

Le diagramme vectoriel est plus simple à établir que la représentation temporelle, c’est
pourquoi il est généralement utilisé.

ω I
[A]

ϕ
[s]
t
α
[°]

ϕ I2 I1

Pour tracer notre représentation vectorielle, nous devons choisir un instant donné. Dans
notre premier exemple, le diagramme vectoriel est tracé à l'instant t0 , soit au début de la
représentation temporelle ci-dessus. L'instant pour lequel est tracé un diagramme vectoriel
n'est pas important car le déphasage est constant dans le temps.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 21


Régime alternatif sinusoïdal

Pour différencier la valeur vectorielle, elle est notée surmontée par une flèche, c'est à dire
I 1 . Par simplification, le premier vecteur I 1 est tracé à l'horizontale. Ensuite, nous
dessinons le courant I 2 en fonction de son angle de déphasage.

I2
Le courant I2 est en avance sur I1 ω

L’angle ϕ détermine le déphasage.


I1 = courant dans le récepteur 1
ϕ
I2 = courant dans le récepteur 2
I1

ω
I1
ϕ
Le courant I2 est en retard sur I1
I1 = courant dans le récepteur 1

L’angle ϕ détermine le déphasage. I2 = courant dans le récepteur 2

I2

13.18 Calcul du déphasage :

Dans la plupart des cas, le déphasage est exprimé en degrés. Il existe plusieurs méthodes
pour le calculer.

méthode directe

u
[V]
360 ⋅ t
ϕ= ϕ [° ]
T

0 t
[s]
2π ⋅ t
ϕ= ϕ [rad]
T

t T

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 22


Régime alternatif sinusoïdal

méthode par Lissajous

méthode du sinus méthode du sinus méthode de la tangente

a b

b
a
b a

a a α a
sin α = sin α = tanç ÷ =
b b 2 b

Pour ces deux mesures, il est nécessaire d'utiliser l'oscilloscope avec une déviation XY pour
obtenir la figure de Lissajous. Cette notion est abordée lors de l'étude de l'oscilloscope.

Pour connaître l'angle, il faut appliquer une des fonctions suivantes :

arcsin , invsin , sin-1

Le nom de la fonction dépend du modèle de machine à calculer. Si la machine est en degrés,


l'angle affiché sera en degrés, si la machine est en radians, l'angle affiché sera en radians.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 23


Régime alternatif sinusoïdal

13.19 Addition de tensions ou de courants déphasés de


même fréquence:
Reprenons le schéma précédent. Dans ce circuit, les courants I1 et I2 ne sont pas en phase.
Si nous désirons déterminer la valeur du courant total, il est nécessaire de procéder à
l’addition des deux courants. Pour procéder à cette addition, nous pouvons utiliser une
représentation soit temporelle, soit vectorielle.

Ientrant

I1 I2

Récepteur 1 Récepteur 2

Isortant

13.20 Représentation temporelle :


i
[A] I1

i1 i2 I2
i3
i4
Irésultant
i1 i2 i3 i4
t
t1 t2 t3 t4 [s]

Il faut mesurer plusieurs valeurs instantanées des courants i1 et i2 et de les additionner. En


reliant les points, nous obtenons une courbe représentant le courant résultant dans le
circuit. Cette méthode a pour principal avantage de nous montrer la forme du courant
résultant obtenu, ainsi que toutes les valeurs du courant instantané.

Dans la majorité des exercices, cette représentation n’est pas utile, car seules les valeurs
efficaces et le déphasage nous intéressent. Nous utilisons alors une représentation
vectorielle, plus simple et plus rapide.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 24


Régime alternatif sinusoïdal

13.21 Représentation vectorielle :


Reprenons le circuit composé de deux récepteurs dans lesquels circulent des courants
déphasés I 1 et I2 .
I2
ω

I1 = courant dans le récepteur 1

I2 = courant dans le récepteur 2


ϕ
I1
Le courant I 2 est en avance sur I 1 . L’angle ϕ détermine le déphasage.

L’addition vectorielle nous donne le résultat suivant :

ω
I2 I1+ I2

Ir
I1 = courant dans le récepteur 1

ϕ I2 = courant dans le récepteur 2


α
Ir = courant résultant dans le circuit
I1 Ir = I entrant = I sortant

ϕ déphasage entre I 1 et I 2 . α déphasage entre I r et l’axe d’origine.

Exemple pour un courant I 2 en retard par rapport au courant I 1 :

ω
I1

ϕ α
I1 = courant dans le récepteur 1
Ir I2 = courant dans le récepteur 2

I2 Ir = courant résultant dans le circuit

ϕ déphasage entre I 1 et I 2 . α déphasage entre I r et l’axe d’origine.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 25


Régime alternatif sinusoïdal

13.22 Exercices

1. Quel est le genre de courant ou de tension affiché par les multimètres universels ?

2. Quels sont les symboles d'unités et de grandeurs utilisés pour définir la période
et la fréquence ?

3. Une mesure en tension à l'intérieur d'un appareil nous donne une valeur de 46.8 [V].
Quelles sont les valeurs, moyenne, de crête et efficace de cette tension ?

4. Quelles sont les valeurs, efficace, de crête et moyenne de la tension aux bornes
d'une batterie de voiture ?

5. Un fer à souder de 60 [W] est raccordé soit sur une tension continue soit sur
une tension alternative de même valeur efficace. Dans quel cas le courant sera-t-il
le plus important ?

6. Une mesure effectuée à l'oscilloscope donne une déviation verticale de la trace de 5 [cm].
Réglages de l'oscilloscope : X : 1 [cm] 0.2 [ms] Y : 1 [cm] 500 [mV]
Donner toutes les valeurs calculables avec ces indications

7. Définir la pulsation.

8. Calculer la période pour les fréquences suivantes : 16 2/3 [Hz] ; 50 [Hz] ; 100.1 [MHz]

9. A combien de radians un angle de 135 ° correspond-il ?


10. Quelle est la fréquence de papillotement d'une lampe à incandescence branchée
sur le réseau alternatif aux USA ?

11. Une tension alternative sinusoïdale de 3 [V] engendre un déplacement de 32 [mm]


sur la trace d'un oscilloscope. Quel déplacement provoquera une tension de 11 [V] ?

12. Une tension alternative sinusoïdale a une valeur de 60 [V] 75 ° après le début
de la période. Calculer la valeur efficace de cette tension.

13. Calculer la vitesse angulaire d'un courant alternatif sinusoïdal d'une fréquence de 36 [kHz]

14. Une tension alternative est mesurée à l'aide d'un oscilloscope. Sur l'écran,
sa période mesure 45 [mm] avec un balayage réglé sur 2 [ms] par [cm].
Calculer la fréquence de ce signal.

Réponses :

1. valeur efficace 2. période T en secondes [s] , fréquence f en Hertz [Hz]


3. Û = 66.18 [V] , U = 46.8 [V] Um = 42.1 [V]
4. Une batterie de voiture fourni une tension continue
5. Le courant sera identique dans les deux cas, car IDC = Ieff
6.U = 1.59 [V] , Um = 1.43 [V]
7. Vitesse angulaire ω , elle définit la vitesse de rotation du rayon vecteur.
8. 16 2/3 [Hz] 60 [ms] , 50 [Hz] 20 [ms] , 100.1 [MHz] 9.99 [ns] 9. 2.356 [rad]
10 f = 60 [Hz] papillotement 120 fois par secondes 11. 117.33 [mm] 12. U = 43.92 [V]
13. ω = 2.26 [rad ⋅ s-1] 14. T = 9 [ms] f = 111.11 [Hz]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 26


Régime alternatif sinusoïdal

Exercices :

1. Pour tous les axes, indiquer le symbole de la grandeur et le symbole de l'unité.

100

50

-50

-100
90 180 270 360

a) Dessiner sur le même graphique une courbe sinusoïdale sans déphasage,


de même fréquence avec U = 30 [V] .

b) Marquer avec un point bleu le maximum positif des deux courbes.

c) Quelle est la différence de tension entre le maximum positif des deux courbes ?

d) Quelle est la différence angulaire (axe des X) entre la courbe A et la courbe B ?

e) Dessiner le diagramme vectoriel représentant la valeur efficace des deux courbes.

2. Compléter s’il y a lieu les axes


(symboles d’unité et de grandeur) 2

Repérer la période, l’alternance 1

positive et l’alternance négative.


0
Quelle est la valeur de la tension
pour : 90 ° et 210 ° -1

Quels sont les angles pour une


-2
tension de : 0.5 [V] et - 0.7 [V] 90 180 270 360

3. Convertir les angles suivants soit en radians, soit en degrés :.

135 ° 1.45 [rad] 360 ° 7.66 [rad] 425 ° 6.28 [rad]

4. Calculer les valeurs de courants et de tensions instantanées avec les données suivantes :

Î = 1.8 [A] f = 1 [kHz] t = 600 [µs] i=?


 = 60 [V] f = 100 [Hz]
U t = 5 [ms] u=?
 = 52 [V]
U u = 45 [V] t = 20 [ms] f=?
Î = 2.5 [A]i = 680 [mA] t = 1400 [µs] f=

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 27


Régime alternatif sinusoïdal

5. Une installation d'éclairage composée de 7 lampes montées en parallèle et d'une puissance


de 25 [W] chacune. En cas de panne une alimentation de secours est mise en fonction pour
éviter une coupure dans l'éclairage. L'alimentation de secours fonctionne avec des 4
batteries 12 [V] montées en série. Calculer les courants efficaces et de crête dans les
deux cas.

6. Compléter le tableau suivant :

Fréquence Pulsation Période Durée de l’alternance


f préfixes puissances
[s]

50
0.5
10
2 [µs] 2 ⋅ 10-6 [s]
417
125
2 [ns]
1000
0.04 [s] 4 ⋅ 10-2 [s]

7. Un circuit est composé de deux récepteurs branchés en série.


Les valeurs mesurées sont les suivantes :
U1 = 50 [V] U2 = 30 [V] ϕ = 70 °
Tracer le diagramme vectoriel et déterminer Ucircuit ainsi que l’angle de déphasage
par rapport à U1.

8. Un circuit est composé de trois récepteurs branchés en série.


Les valeurs mesurées sont les suivantes :
U1 = 50 [V] U2 = 100 [V] U3 = 75 [V]
angle U1 U2 = 90 ° angle U1 U3 = - 45 °
Tracer le diagramme vectoriel et déterminer Ualim ainsi que l’angle de déphasage
par rapport à U1 .

9. Un circuit est composé de trois récepteurs branchés parallèle.


Les valeurs mesurées sont les suivantes :
I1 = 2.5 [A] I2 = 1500 [mA] I3 = 750 [mA]
angle I1 I2 = - 90 ° angle I2 I3 = 135 °
Tracer le diagramme vectoriel et déterminer Ialimentation ainsi que l’angle
de déphasage avec I3.

Réponses : 3. 135[°] 2.35[rad] 1.45 [rad] 83.08 [°] 360 [°] 6.28 [rad]
7.66 [rad] 438.89 [°] 425 [°[ 7.41 [rad] 6.28 [rad] 360 [°]
4. i = 118 [mA] u = 3.3 [V] f = 476.9 [Hz] f = 1794.3 [Hz]
5. Icrête = 5.16 [A] Iefficace = 3.65 [A] IDC = 3.65 [A]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 28


Circuits résistifs et réactifs

Chapitre 14

Circuits résistifs et réactifs

Sommaire
• Eléments résistifs et réactifs
• Comportement d’une résistance en régime alternatif sinusoïdal
• Comportement d’un condensateur en régime alternatif sinusoïdal
• Comportement d’une inductance en régime alternatif sinusoïdal
• Entraînement

Introduction

U,I

[V]
[A] U
I
I

U U R1 t
~ R1
[ms]

U,I

[V]
I [A]

U Uc t
~ 0
[ms]
U

U,I

[V]
[A]
I

U UL 0 t
~ [ms]
U

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 1


Circuits résistifs et réactifs

14 Définition des éléments résistifs et réactifs :


Différents éléments composent les circuits électriques, en régime continu comme en régime
alternatif. Nous trouvons principalement des résistances, des capacités (condensateurs) et
des inductances (bobines). Ces trois genres d’éléments ne se comportent pas de la même façon
en régime continu ou en régime alternatif. Dans ce chapitre, nous allons étudier les
différentes possibilités de couplage de ces éléments ainsi que leurs différents
comportements.

14.1 Résistance :
Une résistance peut être fabriquée selon plusieurs méthodes. Dans les circuits électroniques
de petite puissance, elle est de petite taille et généralement à film métallique ou à couche de
carbone. En électricité basse tension (< 1000 [V] ) et dans les circuits de puissance, elle est
réalisée au moyen d'un fil conducteur qui est souvent enroulé sur un support (résistance
bobinée). La longueur ainsi que les caractéristiques du fil utilisé détermineront la valeur et la
puissance de la résistance.
ρ⋅ l
Rappel : R= [Ω]
A
Nous avons étudié trois possibilités de raccordement de résistances :

en série - en parallèle - mixte

Ces notions ont déjà été étudiées et il n’est pas utile de les aborder à nouveau. Nous nous
contenterons de récapituler les notions de base ainsi que les formules importantes pour ces
montages :
R1
I Montage série

UR1 UR1 + UR2 + UR3 - U = 0 V


U U R2 R2
I = IR1 = IR2 = IR3
UR3
Réqu = R1 + R2 + R3
R3
Montage parallèle
I
U = UR1 = UR2 = UR3

I = IR1 + IR2 + IR3


U R1 R2 R3
1
Réqu =
1 1 1
IR1 IR2 I R3
+ +
R1 R2 R3
R2 IR2 R4
I
Montage mixte.
IR4
UR2 UR4 Le calcul d’un tel circuit dépend
U UR1 R1 UR3 R3 UR5 R5 de sa complexité. Il est
nécessaire d’utiliser les formules
IR1 IR3 IR5 des montages série et parallèle.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 2


Circuits résistifs et réactifs

14.2 Comportement d’une résistance :

Une des principales caractéristiques des résistances est de se comporter de la même manière
quel que soit le genre de tension qui lui est appliquée.

I I

+
U U R1 R1 U U R1
~ R1

Représentations temporelles :

U,I U,I

[V] U [V]
[A] [A] U

I
I

t t
[ms] [ms]

Représentations vectorielles :

I U I U

Constatations :

• Il n’y a pas de différence de comportement entre le circuit alimenté par la source


continue et celui alimenté par la source alternative.

• Une résistance idéale ne provoque aucun déphasage entre le courant et la tension.

• La valeur de la résistance idéale ne dépend pas de la valeur de la fréquence.

• Suivant sa technologie de construction, la résistance peut se comporter différemment


par rapport au cas idéal que nous venons d'étudier.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 3


Circuits résistifs et réactifs

14.3 Capacité :

Un condensateur peut être fabriqué selon plusieurs méthodes, ce qui définira sa forme et sa
valeur. Dans les circuits électroniques, sa taille doit être la plus petite possible. La taille du
condensateur est fortement dépendante de sa valeur (sa capacité).

Il est composé de deux armatures ou deux surfaces conductrices placées l’une en face de
l’autre et séparées par un isolant. La qualité de l’isolant, la distance entre les armatures et la
surface des armatures vont déterminer la capacité du condensateur.

A
Rappel : C = ε0 ⋅ εr ⋅ [F]
d

C = capacité en farad [F]

ε0 = permittivité du vide ou de l’air [F ⋅ m-1] εr = permittivité de l’isolant [-]


A = surface des armatures [m2] d = distance entre les armatures [m]

Comme pour les résistances, il y a trois raccordements possibles :

en série - en parallèle - mixte

Montage série

C1
C2 1
Céq =
1 1 1
C3 + +
C1 C2 C3

Montage parallèle

C3
Céq = C1 + C2 + C3
C1 C2

Montage mixte.
C2 C4
Le calcul d’un tel circuit
dépend de sa complexité. Il
C1 C3 C5 est nécessaire d’utiliser les
formules des montages série
C6
et parallèle.

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Circuits résistifs et réactifs

14.4 Comportement du condensateur :


La caractéristique du condensateur est d’avoir un comportement différent en régime continu
et en régime alternatif.
I I

+
U Uc U Uc
~
-

Représentations temporelles :

U,I U,I

[V] U [V]
[A] [A]

t 0 t
[ms] [ms]
U

Représentations vectorielles :

I ω

U
U

Constatations :

• Il y a une importante différence de comportement entre le circuit alimenté par une


source continue et celui alimenté par une source alternative.

• Avec la source continue, il n’y a pas de courant. Le condensateur étant composé


d’armatures séparées par un isolant, les électrons ne peuvent pas circuler.

• Avec la source alternative il y a un courant qui représente un échange de charges


entre les armatures.

• Le courant est en avance de 90 ° par rapport à la tension.

• La valeur du courant dépend de la capacité du condensateur, ainsi que de


la fréquence et de la tension du générateur.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 5


Circuits résistifs et réactifs

14.5 Fonctionnement d’un condensateur en courant continu :


A l’enclenchement, le condensateur est déchargé et il se comporte comme un réservoir vide.
Dans ce cas, il faut d’abord faire circuler un courant avant qu’une tension n'apparaisse aux
bornes des armatures.

La charge du condensateur n’est pas linéaire, mais exponentielle. Au fur et à mesure de la


charge du condensateur, le courant de charge diminue. A la fin de la charge, il n’y aura plus de
courant, mais une tension maximum sur les armatures du condensateur. Ce phénomène explique
la raison pour laquelle le condensateur ne conduit pas lorsqu’il est raccordé sur une source de
tension continue.

Il est simple de constater que


I
lorsque le condensateur sera
U R U − UC
+ UR complètement chargé, il n'y aura plus I= =
U Uc
de chute de tension aux bornes de la R R
-
résistance. Cela signifie que la valeur
du courant sera tombée à zéro.

Pour que le cycle de charge se reproduise, il faut que le condensateur se décharge. C’est ce qui
se passe lorsque le condensateur est raccordé à une source de tension alternative. Dans ce
cas, le condensateur répétera les cycles de charges / décharges et un courant s’installera en
permanence dans le circuit, mais aucun courant ne traverse le condensateur puisque ses
armatures sont séparées par un isolant (diélectrique).

Il est clair que le courant dans le condensateur va dépendre de la capacité du condensateur et


de la fréquence du générateur (rapidité du cycle de charge/décharge) et de la tension du
générateur.

trace A L’oscilloscope ci-


courant contre nous montre la
forme du courant et
de la tension sur un
trace B condensateur lors de
tension charges et décharges
successives en
tension continue.

Nous constatons que le courant atteint rapidement une valeur maximum, alors que la tension
arrive en retard par rapport au courant.

14.6 Inductance :
Une inductance est généralement composée de fil enroulé autour d’un noyau. Le fil n’est pas
forcément magnétique et les bobines sont souvent réalisées avec du fil de cuivre. Les
caractéristiques du noyau dépendent de l’utilisation de la bobine. Le matériau utilisé doit être
magnétique et il sera choisi par rapport à son cycle d’hystérésis. Les bobines de faible
inductance peuvent être fabriquées sans noyau. En raison des différentes caractéristiques des
noyaux, la taille de la bobine n'est pas forcément en rapport avec sa valeur.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 6


Circuits résistifs et réactifs

N2 ⋅ µr ⋅ A
Rappel : L = [H]
l

L = inductance [H] N = nombre de spires [-]

µr = perméabilité du noyau [-] A = section du noyau [m2]

l = longueur du noyau [m]

Comme pour les condensateurs, il existe trois possibilités de raccordement :

en série - en parallèle - mixte

Dans les exemples ci-dessous, il n’y a pas d’influence magnétique entre les
bobines, sinon il faut tenir compte du facteur de couplage.

L1

Montage série

L2

Léq = L1 + L2 + L3
L3

Montage parallèle

1
Léq =
L1 L2 L3
1 1 1
+ +
L1 L2 L3

L2 L4
Montage mixte.

Le calcul d’un tel circuit dépend de


L1
sa complexité. Il est nécessaire
L3 L5

d’utiliser les formules des


L6
montages séries et parallèles.

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Circuits résistifs et réactifs

14.7 Comportement d’une inductance :


La caractéristique de la bobine est d’avoir un comportement différent en régime continu ou en
régime alternatif.

I I

+
U UL U UL
~
-

Représentations temporelles :

U,I U,I

[V] I [V]
[A] [A]

t 0 t
[ms] [ms]
U

Représentations vectorielles :

U I U ω

Constatations :

• Il y a une importante différence de comportement entre le circuit alimenté par


une source continue et celui alimenté par une source alternative.

• Avec la source continue, le courant est limité par la résistance du fil qui
compose la bobine. Le courant est généralement très grand car la résistance
du fil est petite.

• La loi de Lenz définit que la variation de la tension induite est toujours opposée
à la variation de la tension qui l'a crée. Ce qui explique que le courant est en
retard de 90 ° par rapport à la tension.

• La valeur du courant dépend de l’inductance de la bobine, de la résistance de


son fil, de la fréquence et de la tension du générateur.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /octobre 2000 8


Circuits résistifs et réactifs

Lors du raccordement d'une inductance dans un circuit alternatif, le courant est en retard de
90 ° par rapport à la tension.

A chaque changement de polarité aux bornes de la bobine, le même phénomène de self


induction se reproduit et le courant est constamment en retard par rapport à la tension.

L’oscilloscope ci-dessous nous montre la forme du courant et de la tension sur une inductance.

trace B
tension

trace A
courant

Nous constatons que la représentation du courant et de la tension ont un sens opposé.


Il s’agit de l’effet de self induction.

14.8 Exercices

1. Plusieurs condensateurs sont raccordés en série. Ils ont les valeurs suivantes :

C1 = 10 [nF] C2 = 22 [nF] C3 = 47 [nF] C4 = 5600 [pF] C5 = 0.010 [µF]

Donner l’ordre de grandeur de la capacité équivalente et effectuer ensuite le calcul

2. Les mêmes condensateurs sont raccordés en parallèle. Calculer la capacité équivalente.

L2 82 pF

3. Calculer la valeur équivalente 150 mH C2

des montages ci-contre. 47 pF 68 pF


: 55 mH L1 100 mH L3
C1 C3

4. Plusieurs bobines sont raccordées en série. Elles ont les valeurs suivantes :
C1 = 10 [mH] C2 = 220 [mH] C3 = 50 [mH] C4 = 5600 [µH] C5 = 0.010 [H]

Donner l’ordre de grandeur de l’inductance équivalente et effectuer ensuite le calcul

5. Les mêmes bobines sont raccordées en parallèle. Calculer l’inductance équivalente.

Réponses : 1. C = 2.24 [nF] 2. 94.6 [nF]


3. C = 84 [nF] L = 45.08 [mH] 4. 295.6 [mH]
5. 2.48 [mH]

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Circuits RLC séries

Chapitre 15a

Circuits RLC séries

Sommaire

• Montage série en courant alternatif


• Circuit électrique
• Impédance Z
• Mesure d’un circuit RLC série en régime alternatif sinusoïdal
• Calcul des réactances et de l’impédance
• Tracé temporel du comportement des éléments du circuit
• Tensions aux bornes des éléments du circuit
• Représentations temporelles et vectorielles
• Formules de calcul
• Résonance série
• Exercices

Introduction

15 Montage série en courant alternatif :

Dans la pratique, les circuits sont généralement composés des éléments que nous venons
d'étudier, montés soit en série, soit en parallèle.

Pour étudier le comportement des éléments et celui du montage complet, nous allons réaliser
une mesure. Les résultats de cette mesure nous permettrons d'effectuer des constatations
sur le comportement du circuit et des éléments qui le composent. Avant cela, il est nécessaire
de définir les termes utilisés.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 1


Circuits RLC séries

15.1 Circuit électrique


Lorsqu'un circuit électrique est alimenté par un régime alternatif sinusoïdal, les récepteurs
peuvent être de n'importe quel type. Tous les récepteurs peuvent représenter un couplage
mixte, composé de résistances R et/ou de condensateurs C et/ou d'inductances L.


La source d'alimentation ne voit en définitive qu'un seul récepteur appelé :

impédance

dont la particularité est de tenir compte du déphasage entre la tension u et le courant i.

15.2.Impédance

L'impédance Z est le quotient de la tension U et du courant I, dans un montage alimenté en


régime sinusoïdal alternatif, en tenant compte de l'angle de déphasage entre les grandeurs
U et I.

U
Z= avec φ = α - β
Ι

Elle exprime l'opposition faite au passage du courant I à travers les éléments composant le
circuit, ainsi que le déphasage appelé φ (phi) provoqué par ces éléments entre la tension U et le
courant I.

Son symbole de grandeur : Z

Son symbole d'unité : [Ω] ohm

Cette impédance Z est une valeur imaginaire. Il n'existe pas d'appareil appelé
IMPEDANCEMETRE capable de mesurer n'importe quelle impédance.

Seuls un voltmètre, un ampèremètre, un cos φ-mètre et la relation mathématique permettent


de la calculer.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 2


Circuits RLC séries

Schéma :

Exemple :

Un moteur électrique est connecté au réseau 230 [V] alternatif 50 [Hz].

Les indications des différents appareils de mesures donnent :

I = 4.5 [A] cos = 0.8 inductif

Calculer l'impédance Z du moteur.

Données :

I = 4.5 [A] U = 230 [V] cos = 0.8 inductif f = 50 [Hz]

Inconnue : Z=?

U
Relation : Z=
Ι

Application numérique :

230
Z = ⇒ 51.11 [Ω] 36.87 °
4.5

15.3 Représentation symbolique de l'impédance Z

L'impédance Z est une association de résistance R et d'inductance L. Soit les deux types de
consommateurs d'énergie électrique (voir tableau récapitulatif page ).

R L

De cette représentation, nous pouvons mesurer la résistance R du moteur., à l'aide d'un


ohmmètre et en déconnectant le moteur du réseau.

Un ohmmètre alimente avec une tension continue le moteur.


Le phénomène de self ou d'induction ne se manifeste pas en régime constant.

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Circuits RLC séries

15.4 Mesure d’un circuit RLC série raccordé à une source alternative
But de la mesure :

Mesurer les valeurs des tensions sur les éléments, le courant dans le circuit. Calculer la valeur
de la résistance, des réactances et de l’impédance.

Les instruments raccordés dans notre circuit ne permettent que la mesure des tensions et du
courant.

Pour obtenir les valeurs de la résistance, des réactances et de l’impédance, il faut effectuer
des calculs.

15.5 Schéma électrique :

mA
R L

~ C
V

CH 1 CH 2

R = 560 [Ω] L = 150 [mH] C = 3.3 [µF]

15.6 Schéma de la mesure :

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 4


Circuits RLC séries

15.7 Calcul des réactances et de l’impédance :

Nos éléments sont montés en série, le courant est identique dans tout le circuit. Nous pouvons
utiliser la loi d’Ohm pour déterminer les valeurs qui ne peuvent être mesurées par les
instruments.

Relations :
U UR UC UL
Z= R= XC = XL =
I I I I

Z [Ω] défini l’impédance totale du circuit et représente sa valeur ohmique.

XC [Ω] défini la réactance capacitive et représente la valeur ohmique qu’oppose le


condensateur au passage du courant.

XL [Ω] défini la réactance inductive et représente la valeur ohmique qu’oppose la bobine


au passage du courant.

R [Ω] représente la valeur ohmique qu’oppose la résistance au passage du courant.

15.8 Tableau des valeurs mesurées et calculées :

f [Hz] i [mA] Z [Ω] UR [V] R [Ω] UL [V] XL [ Ω ] UC [V] XC [ Ω ]


50 9.3 1074.86 5.21 560 0.44 47.12 8.97 964.58
100 14.68 681.30 8.22 560 1.38 94.25 7.08 482.29
200 17.78 562.47 9.96 560 3.35 188.50 4.29 241.14
226 17.86 560.00 9.99 560 3.80 213.40 3.81 213.40
300 17.45 573.13 9.77 560 4.93 282.74 2.81 160.76
400 16.24 615.91 9.09 560 6.12 376.99 1.96 120.57
500 14.84 673.84 8.31 560 9.99 471.24 1.43 96.46
600 13.50 740.89 7.56 560 7.63 565.49 1.09 80.38
700 12.28 814.06 6.88 560 8.10 659.73 0.85 68.90
800 11.22 891.52 6.28 560 8.46 753.98 0.68 60.29
900 10.29 972.14 5.76 560 8.73 848.23 0.55 53.59
1000 9.48 1055.12 5.31 560 8.93 942.48 0.46 48.23
2000 5.15 1943.28 2.88 560 9.70 1884.96 0.12 24.11
3000 3.49 2866.59 1.95 560 9.86 2827.43 0.06 16.08
4000 2.63 3799.35 1.47 560 9.92 3769.91 0.03 12.06
5000 2.11 4735.97 1.18 560 9.95 4712.39 0.02 9.65

Remarque : La mesure a été effectuée avec une tension constante de 10 [V] au générateur.

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Circuits RLC séries

Constatations :

• La valeur de la résistance ne varie pas en fonction de la fréquence

• La valeur du courant est maximale à la fréquence de 226 [Hz]

• L’addition arithmétique ou algébrique des tensions sur les trois éléments


ne correspond pas à la tension aux bornes du circuit.

• L’impédance est inversement proportionnelle au courant et sa valeur


est minimale à la fréquence de 226 [Hz].

• La réactance d’induction XL augmente en fonction de la fréquence

• La réactance capacitive XC diminue en fonction de la fréquence

• A la fréquence de 226 [Hz] les deux réactances ont une valeur identique

• A la fréquence de 226 [Hz] l’impédance à la même valeur que la résistance.

• Lorsque XC = XL le circuit est dit en "résonance" et l'impédance Z vaut R.


La fréquence à laquelle ces conditions sont remplies s'appelle fréquence de résonance fo

Pour notre circuit fo = 226 [Hz]

15.9 Courbes :
Courbes du courant, de l’impédance et de la résistance.
I
[mA]
18

16

14

12

10

0 f
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 [kHz]

Z
[Ω]

2500

2000

1500

1000

500

0 f
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 [kHz]

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Circuits RLC séries

R
[Ω]

2500

2000

1500

1000

500

0 f
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 [kHz]

Remarques :

• La pointe de courant est effectivement présente lorsque l’impédance est minimum.

• L’impédance est grande pour les fréquences basses, ensuite elle diminue pour
atteindre la valeur de R et après, elle augmente.

• L’impédance est égale à R pour une fréquence de 226 [Hz].

• La valeur de la résistance ne varie pas.

15.10 Comportement des éléments réactifs :


XL
[Ω]

2500

2000

1500

1000

500

0 f
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 [kHz]

Courbe de la réactance inductive en fonction de la fréquence


Xc
[Ω]

2500

2000

1500

1000

500

0 f
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 [kHz]

Courbe de la réactance capacitive en fonction de la fréquence

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Circuits RLC séries

Z
[Ω]

2500

2000

1500

1000

500

0 f
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 [kHz]

Courbe de l'impédance en fonction de la fréquence

Remarques :

• La réactance inductive augmente linéairement en fonction de la fréquence.

• La réactance capacitive diminue rapidement en fonction de la fréquence .

• L’impédance est grande pour les fréquences basses et pour les fréquences élevées.

• Pour ce montage, l'impédance est minimum à la fréquence de 226 [Hz] .

• L’impédance tend vers la courbe de XC jusqu’à 226 [Hz], ensuite tend vers la courbe de
XL .

Pour confirmer nos constatations, nous pouvons placer les 4 courbes sur le même diagramme.

Z X L Xc R
[Ω]

2500

2000

Z
XL
1500

1000

R
500

Xc
0 f
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 [kHz]

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Circuits RLC séries

15.11 Formules de calcul :

Réactance inductive XL

Nous avons constaté que la réactance inductive est proportionnelle à la fréquence. Nous
pouvons déjà écrire :
X L = ...... ⋅ L

Il nous manque la valeur comportant la fréquence. Cette valeur est représentée par la
pulsation ω.

Notre formule sera la suivante : XL = ω ⋅ L [Ω]

 rad 
La pulsation est égale à : ω = 2 ⋅π ⋅ f  s 
 

Remplaçons ω par sa valeur : XL = 2 ⋅π ⋅ f ⋅ L [Ω]

Réactance capacitive XC

La réactance capacitive est inversement proportionnelle à la fréquence. Nous pouvons déjà


écrire :
1
XC =
...... ⋅ C

Il nous manque la valeur comportant la fréquence. Cette valeur est représentée par la
pulsation ω.

1
Notre formule sera la suivante : XC = [Ω]
ω ⋅ C

1
Remplaçons ω par sa valeur : XC = [Ω]
2 ⋅π ⋅ f ⋅C

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Circuits RLC séries

15.12 Tensions sur les éléments du circuit :

Reprenons le tableau des valeurs de notre circuit.

f [Hz] i [mA] UR [V] UL [V] UC [V]


50 9.30 5.21 0.44 8.97
100 14.68 8.22 1.38 7.08
200 17.78 9.96 3.35 4.29
226 17.86 9.99 3.80 3.81
300 17.45 9.77 4.93 2.81
400 16.24 9.09 6.12 1.96
500 14.84 8.31 9.99 1.43
600 13.50 7.56 7.63 1.09
700 12.28 6.88 8.10 0.85
800 11.22 6.28 8.46 0.68
900 10.29 5.76 8.73 0.55
1000 9.48 5.31 8.93 0.46
2000 5.15 2.88 9.70 0.12
3000 3.49 1.95 9.86 0.06
4000 2.63 1.47 9.92 0.03
5000 2.11 1.18 9.95 0.02

Constatations :

• La tension aux bornes de la résistance augmente jusqu’à la fréquence de 226 [Hz] et


ensuite elle diminue.

• La tension aux bornes de la bobine augmente avec la fréquence.

• La tension aux bornes du condensateur diminue avec la fréquence.

• A la fréquence de 226 [Hz] la tension aux bornes de la bobine et égale à celle aux
bornes du condensateur.

• A la fréquence ce 226 [Hz] la tension aux bornes de la résistance est égale à la tension
aux bornes du circuit.

• Si nous additionnons arithmétiquement les tensions aux bornes des trois éléments, ceci
pour n’importe quelle fréquence, nous obtenons toujours une valeur supérieure à la
tension totale présente aux bornes du circuit.

La dernière constatation est très importante. Elle est la conséquence des déphasages entre
les tensions présentes aux bornes des éléments.

Pour représenter ces tensions et ces déphasages, il est nécessaire de tracer soit une
représentation temporelle, soit un diagramme vectoriel. Nous appliquerons les principes
étudiés lors de l’analyse du comportement des éléments en circuit alternatif sinusoïdal.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 10


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15.13 Représentations temporelles et vectorielles :

Notre circuit est composé de trois éléments montés en série. Chaque élément est parcouru par
un courant identique et il provoque une chute de tension à ses bornes. Cette tension est
proportionnelle à la réactance ou à la résistance des éléments.

Nous pouvons représenter 5 valeurs :

I Utot (UZ) UR UC UL

15.14 Représentations temporelles :


UL UC UR UZ I
[V] [mA]
10

UC
8 I
UL
6 UZ
UR

0 t
[ms]
-2

-4

-6

-8
Le courant est représenté à titre indicatif
-10

Sur ce tracé nous trouvons représentés toutes les tensions ainsi que le courant, mais il n’est
pas aisé d’interpréter ce genre de représentation.

Nous pouvons toutefois faire quelques constatations :

• Cette représentation est réalisée pour une fréquence de 500 [Hz]. Elle n’est valable
que pour cette fréquence.

• Dans le circuit série, le courant est utilisé comme référence car il est commun à tous
les éléments.

• La tension UR aux bornes de la résistance est en phase avec le courant.

• La tension UC aux bornes du condensateur est en retard de 90° par rapport au courant.

• La tension UL aux bornes de la bobine est en avance de 90° par rapport au courant.

• Les tensions UC et UL sont déphasées de 180 °.

• La tension UZ aux bornes du circuit est en avance par rapport au courant.

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Circuits RLC séries

Représentations temporelles pour différentes fréquences :


UL UC UR U I
Z

[V] [mA]
10 UC
I
UL
8 UZ
UR
6

0 t
[ms]
-2

-4

-6
La valeur du courant est représentée à titre indicative
-8

-10

Mesures effectuées à une fréquence de 150 [Hz] . UC est plus grand que UL .
UZ est en retard par rapport au courant.

UL UC UR U
Z I

[V] [mA]
UC
10 I
UL
8 UZ
UR

0 t
[ms]
-2

-4

-6
La valeur du courant est représentée à titre indicative
-8

-10

Mesures effectuées à la fréquence de résonance de 226 [Hz] . UC et UL ont la même valeur.


UZ , UR et I sont en phase.

UL UC UR U I
Z

[V] [mA]
UC
10 I
UL
8 UZ
UR

0 t
[ms]
-2

-4

-6
La valeur du courant est représentée à titre indicative
-8

-10

Mesures effectuées à une fréquence de 300 [Hz] . UC est plus petit que UL .
UZ est en avance par rapport au courant.

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Circuits RLC séries

Constatations :

• La tension UR est constamment en phase avec le courant, indépendamment


de la fréquence.

• Les tensions UC et UL varient d'amplitude en fonction de la fréquence,


mais leurs déphasages restent constants par rapport à UR

• La tension UZ est en retard par rapport au courant pour les fréquences basses,
et en avance pour les fréquences hautes.

• A la fréquence de 226 [Hz] , appelée fréquence de résonance,


les tensions UR et UZ sont en phase avec le courant et elles ont la même valeur.

Les représentations temporelles sont peu pratiques à tracer et à utiliser pour les calculs.

C’est pour cela que les représentations vectorielles sont plus généralement utilisées pour
calculer et étudier les circuits en alternatif sinusoïdal.

15.15 Diagramme vectoriel :

Dans le circuit série, le courant est commun à tous les éléments. Il nous servira de référence
pour le diagramme. Dans le circuit parallèle, c’est la tension qui est commune aux éléments et
c’est elle qui sert de référence. Dans les deux cas, il s'agit d'un choix arbitraire.

f = 500 [Hz] I = 14.84 [mA] UZ = 10 [V] UR = 8.31 [V] UC = 1.43 [mV] UL = 9.99 [mV]

ω
UL
UC

UZ

UC UR I

Remarques :

• La position des vecteurs est déterminée par le déphasage entre les tensions.

• La longueur des vecteurs correspond à la valeur des tensions présente


sur les éléments.

• Les déphasages entre les tensions apparaissent plus clairement sur le diagramme.

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Circuits RLC séries

Conclusions de la mesure :

• Dans un circuit RLC série raccordé sur une source de tension alternative sinusoïdale, le
courant est commun à tous les éléments.

• Les réactances capacitive et inductive varient en fonction de la fréquence.

• Pour une certaine valeur de fréquence appelée fréquence de résonance, le courant est
maximum. Sa valeur est limitée par les résistances du circuit.

• L’addition arithmétique des tensions partielles donne une valeur plus grande que celle de la
tension totale aux bornes du circuit.

• Les tensions aux bornes du condensateur et de la bobine sont déphasées de 90 [°] par
rapport à la référence.

• La tension aux bornes de la résistance est en phase avec le courant.

• Pour les fréquences en dessous de f0 , la tension d’entrée est en retard par rapport au
courant. Dans ce cas le circuit a un comportement CAPACITIF.

• Pour les fréquences en dessus de f0 , la tension d’entrée est en avance par rapport au
courant. Dans ce cas le circuit a un comportement INDUCTIF.

• La fréquence à laquelle UC et UL ont la même valeur s’appelle

FREQUENCE DE RESONANCE.

f < f0 f = f0 f > f0
UL
ω ω ω
UC
UL

UL
UZ
UC

UR UZ ϕ
I I

UR UR I
ϕ

UZ
UC

UC
UL

UC

Fréquence de résonance
Fréquence basse Fréquence haute
UL = UC
U L < UC U L > UC
UZ = UR
UZ en retard sur I UZ en avance sur I
déphasage nul
Circuit CAPACITIF Circuit INDUCTIF
Circuit RESISTIF

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Circuits RLC séries

15.16 Relations :
Le diagramme vectoriel nous permet de déterminer les relations utiles pour le calcul des
circuits RLC série.
UL
ω
UC

UZ

UR I

UC

Les tensions UC et UL sont opposées de 180°. Lorsque nous les additionnons, nous obtenons une
tension résultante appelée tension de réactances UX .Cette tension est obtenue de la manière
suivante :
! ! !
U X = U L − UC lorsque le circuit est inductif
! ! !
U X = U L − UC = 0 à la fréquence de résonance le circuit est résistif
! ! !
U X = UC − U L lorsque le circuit est capacitif
! ! !
Lorsque l'on additionne géométriquement Ux , UR et UZ on obtient un triangle rectangle. Pour
obtenir une de ces trois valeurs ou l’angle de déphasage, nous utilisons les relations de
Pythagore et celles de la trigonométrie.

Pythagore :
ω ω

UX UZ X Z

ϕ ϕ

UR I R I

U Z = U R2 + U X 2 U Z = U R 2 + ( U L − U C )2 UR = UZ 2 − UX 2 U X = U Z 2 − U R2

Trigonométrie :
UR U 
cos ϕ = ϕ = cos−1 R 
UZ  UZ 
Pythagore :

Z= R2 + X 2 Z= R 2 + ( X L − X C )2 R = Z2 − X 2 X = Z 2 − R2

X = XL − XC ou X = XC − X L

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Circuits RLC séries

15.17 Développement chiffré :


Un circuit RLC série est composé des éléments suivants :

R = 180 [Ω] L = 15 [mH] C = 15 [nF]

Il est raccordé sur un générateur dont la fréquence est de 12 [kHz] et la tension de sortie
de 20 [V].

Calculer toutes les tensions ainsi que l’angle de déphasage entre le courant et la tension.

Calculs des réactances :

XL = 2 ⋅ π ⋅ f ⋅ L = 2 ⋅ π ⋅ 12 ⋅ 10 3 ⋅ 15 ⋅ 10 −3 = 1131 [Ω]

1 1
XC = = = 884.2 [ Ω ]
2 ⋅π ⋅ f ⋅ C 2 ⋅ π ⋅ 12 ⋅ 103 ⋅ 15 ⋅ 10− 9

Calcul de l’impédance :

R2 + ( X L − X C ) 1802 + (1131 − 884.2)2 = 305.44 [ Ω ]


2
Z= =

Calcul du courant :

U 20
I= = = 65.47 [mA]
Z 305.44

Calcul de l’angle de déphasage :

 R  180 
ϕ = cos−1  = cos −1  = 5389
. [° ]
 Z  305.44 

Vérification du calcul :

U   1178
. 
ϕ = cos−1 R  = cos −1  = 53.91 [ ° ]
 UZ   20 

Calculs des tensions :

UR = R ⋅ I = 180 ⋅ 65.47 ⋅ 10 -3 = 1178


. [V]

UC = XC ⋅ I = 884.2 ⋅ 65.47 ⋅ 10 -3 = 57.9 [V]

UL = XL ⋅ I = 1131 ⋅ 65.47 ⋅ 10 -3 = 74.05 [V]

Vérification des calculs :

U Z = U R 2 + (U L − U C ) . 2 + (74.05 − 57.92)2 = 20 [V]


2
= 1178

Ce calcul nous permet de contrôler l’exactitude des tensions sur les éléments.
UZ doit correspondre à la tension fournie par le générateur soit 20 [V].

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 16


Circuits RLC séries

15.18 Résonance série :


! !
Pour une certaine valeur de fréquence à l'entrée du circuit, les tensions UC et UL ont la même
! !
valeur. Comme nous l'avons vu, UC et UL sont déphasées de 180 °, ce qui implique que
lorsqu'elles sont égales, il y a un échange total d'énergie entre le condensateur et la bobine.

Lorsque cette condition est remplie, cette fréquence est appelée :

fréquence de résonance fo .
Selon la loi d’Ohm, la tension aux bornes du condensateur et de la bobine sont proportionnelles
au courant et à la réactance de l’élément.

UC = X C ⋅ I et UL = XL ⋅ I
! !
Le courant étant commun pour les deux éléments, lorsque les deux tensions UC et UL sont
identiques, les deux réactances ont également la même valeur.

Nous pouvons en déduire qu’à la fréquence de résonance :

UL = -UC ⇒ XL = -XC remarques : le signe - indique le déphasage

Recherche de la fréquence de résonance fo :

Pour obtenir la résonance dans un circuit RLC, il faut que XC = XL

1
XC = X L ⇒ = 2 ⋅ π ⋅ fo ⋅ L
2 ⋅ π ⋅ fo ⋅ C

1 1 1
f o2 = ⇒ f o2 = ⇒ fo =
2 ⋅π ⋅ L ⋅2 ⋅π ⋅C 4 ⋅π ⋅ L ⋅ C
2
4 ⋅π ⋅ L ⋅ C
2

1
fo =
2 ⋅π ⋅ L ⋅ C
Cette formule s’appelle formule de Thomson et elle permet de définir la fréquence de
résonance fo d’un circuit RLC.

Exemple :

Calculer la fréquence de résonance du montage du circuit de mesure ainsi que pour celui de
l’exercice de la page précédente.

L = 150 [mH] C = 3.3 [µF] fo = ?

1 1
fo = = = 226.21 [Hz]
2 ⋅π ⋅ L ⋅ C 2 ⋅ π ⋅ 150 ⋅ 10 -3
⋅ 3.3 ⋅ 10 −6

L = 15 [mH] C = 15 [nF] fo = ?

1 1
fo = = = 10.61 [kHz]
2 ⋅π ⋅ L ⋅ C 2 ⋅ π ⋅ 15 ⋅ 10 -3 ⋅ 15 ⋅ 10− 9

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Circuits RLC séries

15.25 Exercices

1. Une inductance a une valeur de 0.8 [H] . Calculer sa réactance pour les réseaux suivants

a) CFF b) CVE c) USA

2. Calculer le courant qui circule dans une inductance de 32 [mH] si elle est raccordée
à un générateur de tension alternatif de 50 [V] / 400 [Hz] .

3. Calculer la réactance inductive d'une bobine de 3.8 [H] lorsqu'elle fonctionne


sur un réseau dont la fréquence est de 50 [Hz] .

4. Une bobine a une réactance de 475 [Ω] et elle est raccordée à un générateur
dont la fréquence est de 200 [Hz] . Calculer l'inductance de la bobine.

5. Une bobine de 3.19 [H] est raccordée dans un circuit alternatif. En fonctionnement,
sa réactance vaut 16 [kΩ]. Calculer la fréquence du circuit.

6. Quelle est la capacité d'un condensateur si sa réactance vaut 42.5 [Ω] pour une
fréquence de 2.5 [kHz] ?

7. Un filtre possède un condensateur de 10 [nF]. Calculer sa réactance pour une


fréquence de 208 [kHz].

8. Quelle est la fréquence d'un circuit dans lequel est branché un condensateur
de 4 [µF] dont la réactance vaut 796 [Ω] ?

9. Un circuit est composé d'une bobine idéale de 4.75 [mH] . Il fonctionne à une
fréquence de 175 [kHz] et avec une tension de 50 [V]. Calculer le courant dans le circuit.

10. Un condensateur est raccordé en série dans une installation d'éclairage de secours de
75 [W] . Quel sera le courant dans le condensateur si les batteries fournissent
une tension de 12 [V] ?

11. Un condensateur est traversé par un courant de 78 [mA]. Calculer la valeur


du condensateur si l'alimentation fourni une tension de 100 [V] / 50 [Hz] .

12. Un condensateur est raccordé sur une source alternative de 50 [Hz]. Il est parcouru
par un courant de 500 [mA] . Quel sera le courant si la fréquence de la source quadruple ?

Réponses : 1. 83.78 [Ω] - 251.33 [Ω] - 301.6 [Ω] 2. 621.7 [mA] 3. 1193.8 [Ω]
4. 378 [mH] 5. 798.27 [Hz] 6. 1.5 [µF] 7. 6.5 [Ω]
8. 50 [Hz] 9. 9.57 [mA]
10. 0 [mA] , pas de courant continu dans un condensateur.
Les alimentations de secours fonctionnent avec des batteries DC
11. 2.48 [µF] 12. 4 fois plus grand

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Circuits RLC séries

13. Un circuit bouchon est composé d’une bobine de 10 [mH] et d’un condensateur de
10.8 [µF]. Sa fréquence de résonance est de 485 [Hz]. Nous désirons utiliser ce filtre
pour une fréquence de 317 [Hz] en modifiant soit le condensateur, soit l’inductance.
Calculer la valeur des éléments dans les deux cas.

14. Un circuit RLC série est composé d’une résistance de 15 [Ω] , d’une bobine de 260 [mH]
et d’un condensateur de 2.5 [µF]. Il est raccordé sur une source alternative de 60 [V].
Calculer la fréquence de résonance du montage ainsi que le courant pour fo

15. Un circuit RLC série est composé d’une résistance de 1500 [Ω] , d’une bobine de 150 [mH]
et d’un condensateur. Sa fréquence de résonance vaut fo = 2.5 [kHz]. Il est raccordé
sur une source alternative de 50 [V].Calculer la valeur du condensateur.
Calculer toutes les tensions sur les éléments pour une fréquence de 4.5 [kHz].

16. Un circuit est composé d'un condensateur de 4.7 [nF] et d'une résistance de 2.2 [kΩ].
Il est raccordé sur un générateur de fréquence réglé sur 15.4 [kHz] et dont la tension
de sortie est fixe et vaut 5 [V].

Dessiner le schéma du circuit et flécher toutes les valeurs.


Tracer le diagramme vectoriel

Calculer :

L'impédance du circuit
Les tensions sur les deux éléments.
Le courant total et l'angle de déphasage
Calculer l'atténuation du circuit en dB pour la fréquence indiquée,
si la sortie se trouve sur le condensateur.

17. Un circuit RL série comporte une résistance de 10 [kΩ] et il fonctionne à une fréquence.
Un courant de 405 [µA] et une tension de 1.96 [V] sont est mesurés sur la bobine pour
un signal de 3.5 [MHz]. Calculer la valeur de la bobine ainsi que la valeur de la tension
à l'entrée du circuit

XL = 4.827 [kΩ] L = 220 [µH] Z = 11.1 [kΩ] Ue = 4.5 [V]

18. Un circuit RLC a les caractéristiques suivantes pour sa fréquence de résonance :


L = 15 [mH] - C = 470 [nF] - UL = 10 [V] - Gu à fo = - 3 dB
Dessiner le schéma du circuit et flécher toutes les valeurs.
Tracer le diagramme vectoriel pour les fréquences de 1 [kHz] et de 3 [kHz].
Calculer ( pour les deux fréquences ) : Ue - UR - UL - UC - Z - I - fo

Réponses : 13. 25.21 [µF] - 23.34 [mH] 14. 197.4 [Hz] 4 [A]
15. C = 27 [nF] Z = 3.29 [kΩ] I = 15.2 [mA] UR = 22.79 [V] UC = 19.9 [V] UL = 64.46 [V]
16. Z = 3.11 [kΩ] I = 1.6 [mA] UR = 3.54 [V] UC = 3.54 [V] ϕ = -45 [°] Au = -3 dB
17. XL = 4.827 [kΩ] L = 220 [µH] Z = 11.1 [kΩ] Ue = 4.5 [V]
18.
Pour f = 1 kHz : XL = 94.24 [Ω] XC = 338.6 [Ω] Z = 350.55 [Ω] I = 40.23 [mA] ϕ = -44.2 [°]
Ue = 14.1 [V] UR = 10.11 [V] UC = 13.6 [V] UL = 3.79 [V]
Pour f = 3 kHz : XL = 282.74 [Ω] XC = 112.87 [Ω] Z = 303.36 [Ω] I = 46.5 [mA] ϕ = 34.1[°]
Ue = 14.1 [V] UR = 11.7 [V] UC = 5.25 [V] UL = 13.14 [V]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 19


Circuits RLC séries

19. Un moteur est raccordé sur une génératrice 400 [V] 100 [Hz] . La mesure à
l'ohmmètre indique une résistance de 36 [Ω] . Un courant de 4 [A] circule dans le moteur.
Calculer la valeur de la bobine, toutes les tensions et l'angle de déphasage

20. Une inductance de 800 [mH] est montée en série avec une résistance de 1.5 [kΩ] .
Le montage est raccordé sur une source de tension de 150 [V] / 200 [Hz].
Calculer l’impédance, le courant, toutes les tensions et l'angle de déphasage
Tracer le diagramme vectoriel sur une feuille séparée.

21. Une lampe est montée en série avec un condensateur de 10 [µF] . On mesure une tension de
63.66 [V] aux bornes du condensateur lorsque le circuit est raccordé sur un réseau 50 [Hz].
Calculer l’impédance, la résistance de la lampe, le courant, la tension sur la lampe,
et l'angle de déphasage. Tracer le diagramme vectoriel sur une feuille séparée.

22. Une inductance du 100 [mH] , un condensateur de 700 [nF] et une résistance de 50 [Ω]
sont montés en série. Ils sont raccordés sur une source de tension alternative de 60 [V]
dont la fréquence vaut 500 [Hz].
Calculer l’impédance, le courant, toutes les tensions et l'angle de déphasage.
Tracer le diagramme vectoriel sur une feuille séparée.

23. Une résistance bobinée a une inductance de 450 [mH] . Un courant de 650 [mA]
la traverse lorsqu’elle est raccordée sur une tension alternative de 230 [V] 50 [Hz].
Calculer la valeur de la résistance, l’impédance, les tensions et l'angle de déphasage
Dessiner le schéma, flécher toutes les valeurs et tracer le diagramme vectoriel
sur une feuille séparée.

24. Lorsqu'une bobine est parcourue par un courant continu, nous mesurons 2.5 [A],
alors que lorsqu'elle est raccordée sur une source alternative sinusoïdale d'une fréquence
de 150 [Hz] le courant vaut 850 [mA] . Les deux tensions sont comparables et la valeur
de crête de la tension alternative vaut 15 V.
Calculer l’impédance, la résistance de l'inductance , la valeur de l'inductance, et l'angle de
déphasage

25. Un circuit RC série est utilisé comme filtre de tonalité dans un appareil audio.
Il est composé d'une résistance de 330 [Ω] et d'un condensateur.
La tension à l'entrée du filtre est de 1.5 [V] .
La tension de sortie est prise sur le condensateur.
Calculer la valeur du condensateur pour une atténuation de 35 % à 1 [kHz] , l’impédance , le
courant, et l'angle de déphasage pour cette même fréquence.

Réponses :

19. UR =144 [V] UL = 373.18 [V] L = 148.5 [mH] cosϕ = 0.36 ϕ = 68.9 [°]
20. Z = 1805.73 [Ω] , I = 83.07 [mA] , UR = 124.61 [V] , UL = 83.76 [V] , ϕ = 33.83 [°]
21. Z = 1150 [Ω] , RL = 1105 [Ω] , UR = 221.01 [V] , I=200 [mA] , ϕ = 16.07 [°]
22. Z = 149.2 [Ω] , I = 402.15 [mA] , UR = 20.11 [V] , UC = 182.87 [V] , UL = 126.34 [V] , ϕ = 70.42 [°]
23. Z = 353.85 [Ω] , UR = 210.85 [V] , UL = 91.9 [V] , ϕ = 23.55 [°]
24. Z = 12.47 [Ω] , RL = 4.24 [Ω] , L = 12.45 [mH] , ϕ = 70.12 [°]
25. Z = 434.24 [Ω] , I = 3.45 [mA] , UR = 1.14 [V] , UC = 975 [mV] ,C = 564 [nF] , ϕ = 40.54 [°]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 20


Circuits RL et RC séries

Chapitre 15b

Circuits RL et RC séries

Sommaire

• Circuits RL et RC série
• Exemples de calculs pratiques
• Exercices

Introduction

15 Montage série en courant alternatif :

Dans la pratique, les circuits sont généralement composés des éléments que nous venons
d'étudier, montés soit en série, soit en parallèle.

Pour étudier le comportement des éléments et celui du montage complet, nous allons réaliser
une mesure. Les résultats de cette mesure nous permettrons d'effectuer des constatations
sur le comportement du circuit et des éléments qui le composent. Avant cela, il est nécessaire
de définir les termes utilisés.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 1


Circuits RL et RC séries

15.19 Circuit RL et RC série :

Dans la pratique, nous rencontrons souvent des circuits composés que d'un élément réactif et
d'une résistance. Par exemple, les moteurs, composés d'enroulements réalisés avec du fil de
cuivre, peuvent être représentés par une résistance montée en série avec une inductance. La
résistance représente la valeur résistive du fil de cuivre, et l'inductance représente la bobine
réalisée avec le fil de cuivre. D'autres exemples peuvent également être rencontrés :

ballast pour tubes fluorescents, transformateurs,

Les récepteurs capacitifs sont plus rares, mais ils peuvent également être rencontrés.

En électronique, les circuits RC et RL série sont très couramment utilisés. Dans les
amplificateurs, ils servent à filtrer certaines fréquences (égaliseur, contrôle de tonalité). Il
en est de même en télévision et dans toutes les autres applications électroniques. Les filtres
RC et RL sont utilisés dans les colonnes haut-parleurs pour aiguiller les fréquences sur les
haut-parleurs. En effet, le HP de basses ne doit recevoir que les fréquences basses, le HP
médium que les fréquences moyennes et le HP aiguës que les fréquences élevées. Les
caractéristiques d'une colonne dépendent en grande partie de la qualité des filtres utilisés et
les concepteurs comme M. Jean Maurer à Aubonne y consacrent beaucoup de temps et
d'énergie.

Pour ces circuits, les méthodes de calculs sont les mêmes que pour les circuits RLC. Nous
allons les reprendre et les appliquer aux circuits RC et RL.

15.20 Circuit RL série :

I R

UR
U UL
L
~

Ce schéma symbolise un moteur. Comme nous l'avons vu plus haut, la résistance R représente le
fil de cuivre et l'inductance L la bobine que constitue le fil.

Dans les appareils électroniques, ce genre de montage est souvent rencontré. Il est utilisé
pour filtrer certaines fréquences par exemple dans les colonnes sonores.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 2


Circuits RL et RC séries

15.21 Diagramme vectoriel d'un circuit RL série :


ω
UL
UZ

UR I

Il s'agit d'un circuit série et nous avons utilisé le courant comme référence car il est commun
!
aux deux éléments. Une résistance ne provoque pas de déphasage et sa tension UR est en
!
phase avec le courant. Dans l'inductance, la tension UL est en avance de 90 ° par rapport au
!
courant. La tension U aux bornes du circuit est la résultante de l'addition vectorielle des
! !
tensions UR et UL .

Pour trouver cette résultante, nous pouvons également appliquer les relations de Pythagore.

U Z = U R 2 + U L2

La notion d'impédance est également utilisée avec ce circuit.

Rappel : XL = 2 ⋅π ⋅ f ⋅ L Z= R2 + X L2

L'angle de déphasage est déterminé de la manière suivante :

R UR  R U 
cos ϕ = = ⇒ ϕ = cos−1  = cos−1 R 
Z UZ  Z  UZ 

Exemple :

Un circuit série composé d'une résistance de 220 [Ω] et d'une inductance 150 [mH]. Il est
raccordé sur une source de tension de 100 [V] dont la fréquence est de 160 [Hz].

Calculer l'impédance, toutes les tensions, le courant et l'angle de déphasage.

Données : R = 220 [Ω] L = 150 [mH]. UZ = 100 [V] f= 160 [Hz].

Inconnues : Z UR UL I ϕ

Relations : U = U R2 + U L2 XL = 2 ⋅π ⋅ f ⋅ L Z= R2 + X L2

 R U 
ϕ = cos−1  = cos−1 R 
 Z  UZ 

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 3


Circuits RL et RC séries

Résolution :

Calcul de la réactance inductive :

X L = 2 ⋅π ⋅ f ⋅ L X L = 2 ⋅ π ⋅ 160 ⋅ 150 ⋅ 10−3 = 150.8 [ Ω ]

Calcul de l'impédance :

Z= R2 + X L2 Z = 220 2 + 150.82 = 266.72 [ Ω ]

Calcul du courant :

UZ 100
I = = = 375 [mA]
Z 266.72

Calcul des tensions :

U R = R ⋅ I = 220 ⋅ 375 ⋅ 10−3 = 82.48 [V]

U L = X L ⋅ I = 150.8 ⋅ 375 ⋅ 10−3 = 56.54 [V]

Contrôle du calcul des tensions :

U = U R2 + U L2 = 82.48 2 + 56.542 = 100 [V]

Calcul du déphasage :

 R  220 
ϕ = cos−1  = cos−1  = 34.43 °
 Z  266.72 

U   84.48 
cos −1 R  = cos-1   = 32.34 °
 UZ   100 

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 4


Circuits RL et RC séries

15.22 Circuit RC série :


I R

UR
U UC
~ C

Ce genre de circuit est plutôt rencontré dans les appareils électroniques pour filtrer certaines
fréquences. En électricité, les condensateurs sont utilisés pour corriger les déphasages
provoqués par les récepteurs inductifs (moteurs, ballast TL, etc.) .

Suivant le montage, il est possible de trouver des condensateurs en série avec une résistance.
Pour réaliser des adaptations en tension en introduisant un condensateur en série avec une
charge résistive (réducteur de tension). Ce montage peut également être réalisé au moyen
d’une bobine montée en série avec la charge résistive. Les circuits RC réducteurs de tension
sont plus souvent utilisés car les condensateurs sont en général de plus petite taille et d'un
coût plus bas.

15.23 Diagramme vectoriel d'un circuit RC série :


UR I ω
ϕ

UZ
UC

Comme pour le montage RL série et nous avons utilisé le courant comme référence car il est
!
commun aux deux éléments. Une résistance ne provoque pas de déphasage et sa tension UR est
!
en phase avec le courant. Dans l'inductance, la tension UC est en retard de 90 ° par rapport au
!
courant. La tension U aux bornes du circuit est la résultante de l'addition vectorielle des
! !
tensions UR et UC .

Pour trouver cette résultante, nous pouvons également appliquer les relations de Pythagore.

U Z = U R2 + UC2

La notion d'impédance est également utilisée avec ce circuit.

1
Rappel : XC = Z= R2 + X C2
2 ⋅π ⋅ f ⋅C
L'angle de déphasage est déterminé de la manière suivante :

R UR  R U 
cos ϕ = = ⇒ ϕ = cos−1  = cos−1 R 
Z UZ  Z  UZ 

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Circuits RL et RC séries

15.24 Applications pratiques :


Tableau électrique :

Un tableau électrique est équipé de lampes à incandescence 24 [V] / 5 [W] . A la suite d'une
modification du tableau, une nouvelle tension d'alimentation de 48 [V] doit être utilisée pour
les lampes. En raison de leur nombre, il n'est pas possible de changer les lampes.

Pour diminuer la tension sur les lampes, nous désirons utiliser des condensateurs. Calculer la
valeur du condensateur à monter en série avec les lampes.

Schéma :

UC
C

U
~ U
~
U lampe

tension d'alimentation = 24 [V] tension d'alimentation = 48 [V]

Données : Ualim2 = 48 [V] f = 50 [Hz] Ulampe = 24 [V] Plampe = 5 [W]

Inconnue : C

UZ 1
Relations : U Z = U R2 + U C2 P = U Z ⋅ I ⋅ cos ϕ Z= XC =
I 2 ⋅π ⋅ f ⋅C
Remarque : La lampe représente un récepteur ohmique. Elle ne provoque pas de déphasage
entre le courant et la tension. Nous pouvons l'assimiler à une résistance montée
en série avec le condensateur.

Calcul du courant dans la lampe :

P 5
P = U Z ⋅ I ⋅ cos ϕ ⇒ I= = = 208.33 [mA]
U Z ⋅ cos⋅ ϕ 24 ⋅ 1
Calcul de la tension sur le condensateur :

U Z = U R2 + UC 2 ⇒ U C = U 2 − U R 2 = 482 − 242 = 41.57 [V]

Calcul de la réactance capacitive :

UC 41.57
XC = = = 199.53 [ Ω ]
I 208.33 ⋅ 10 -3
Calcul du condensateur :

1 1 1
XC = ⇒ C= = = 15.95 [ µF]
2 ⋅π ⋅ f ⋅ C 2 ⋅ π ⋅ f ⋅ X C 2 ⋅ π ⋅ 50 ⋅ 199.53
Remarque : Il est possible d'obtenir le même résultat en remplaçant le condensateur par
une inductance.

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Circuits RL et RC séries

Sèche cheveux :

Un sèche cheveux est raccordé sur le réseau 230 [V] 50 [Hz]. Le corps de chauffe a une
puissance de 1 [kW], un courant de 350 [mA] circule dans le moteur et un condensateur est
raccordé en parallèle sur l'ensemble pour corriger le déphasage provoqué par l'inductance du
moteur. Le courant mesuré sur le condensateur vaut 300 [mA].

Les angles de déphasages sont les suivants : ϕC = 66 ° ϕL = 75 °

Calculer : la valeur de la résistance du corps de chauffe, les valeurs de l'inductance et du


condensateur,

Schéma :

I
Rc RL

R
U
~
C L

Ic IRchauffe
IL

RC représente la résistance série du condensateur et RL la résistance série de l'inductance.

Remarque : Pour simplifier notre étude, nous considérons séparément les circuits séries.

Etude du circuit RC série :

Données : U = 230 [V] f = 50 [Hz] IC = 300 [mA] ϕC = 66 °

Inconnues : Z RC C

R U 1
Relations : Z= R2 + X C 2 cos ϕ = Z= XC =
Z I 2 ⋅π ⋅ f ⋅C

Calcul de l'impédance :

U 230
Z RC = = = 766.67[Ω]
I 0.3
Calcul de la résistance :

RC
cos ϕ = ⇒ R C = Z RC ⋅ cosϕ = 766.67 ⋅ cos 66 = 311.83 [ Ω ]
Z RC

Calcul de la réactance du condensateur :

Z RC = RC 2 + X C 2 ⇒ X C = Z C 2 − RC 2 = 766.66 2 − 31183
. 2 = 700.38 [ Ω ]

Calcul de la valeur du condensateur :

1 1 1
XC = ⇒ C= = = 4.55 [ µF]
2 ⋅π ⋅ f ⋅C 2 ⋅ π ⋅ f ⋅ X C 2 ⋅ π ⋅ 50 ⋅ 700.38

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Circuits RL et RC séries

Etude du circuit RL série :

Données : U = 230 [V] f = 50 [Hz] IL = 350 [mA] ϕ = 75 °

Inconnues : Z RL L

R U
Relations : Z= R2 + X L2 cos ϕ = Z= XL = 2 ⋅π ⋅ f ⋅ L
Z I

Calcul de l'impédance :

U 230
Z RL = = = 657.14 [ Ω ]
I 0.35

Calcul de la résistance :

R
cos ϕ = ⇒ R = Z RL ⋅ cosϕ = 657.14 ⋅ cos 75 = 170.01 [ Ω ]
Z RL

Calcul de la réactance de l'inductance :

Z= R2 + X L2 ⇒ X L = Z 2 − R 2 = 657.142 − 170.012 = 634.75 [ Ω ]

Calcul de la valeur de l'inductance :

XL 634.75
X L = 2⋅π ⋅ f ⋅ L ⇒ L= = = 2.02 [H]
2 ⋅ π ⋅ f 2 ⋅ π ⋅ 50

Calcul de la résistance du corps de chauffe :

Données : UR = 230 [V] f = 50 [Hz] P = 1 [kW]

Inconnues : Rchauffe

P
Relations : P = R ⋅ I2 ⇒ R = 2
I

Calcul de la résistance :

U2 U2 230 2
P= ⇒ R= = = 52.9 [ Ω ]
R P 1000

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Circuits RL et RC séries

Exemple :

Un circuit série composé d'une résistance de 120 [Ω] et d'un condensateur de 15 [µF] . Il est
raccordé sur une source de tension de 100 [V] dont la fréquence est de 60 [Hz].

Calculer l'impédance, toutes les tensions, le courant et l'angle de déphasage.

Données : R = 120 [Ω] C = 15 [µF] U = 100 [V] f= 60 [Hz].

Inconnues : Z UR UC I ϕ

1
Relations : U = U R2 + UC2 XC = Z= R2 + X C2
2 ⋅π ⋅ f ⋅C

 R U 
ϕ = cos−1  = cos−1 R 
 Z  UZ 

Résolution :

Calcul de la réactance capacitive :

1 1
XC = XC = = 176.84 [ Ω ]
2 ⋅π ⋅ f ⋅ C 2 ⋅ π ⋅ 60 ⋅ 15 ⋅ 10− 6

Calcul de l'impédance :

Z= R2 + X C2 Z = 120 2 + 176.842 = 213.71 [ Ω ]

Calcul du courant :

UZ 100
I = = = 468 [mA]
Z 213.71
Calcul du déphasage :

 R  120 
ϕ = cos−1  = cos−1  = 55.84 °
 Z  213.71

U   5616
. 
ϕ = cos −1 R  = cos-1   = 55.84 °
 UZ   100 

Calcul des tensions :

U R = R ⋅ I = 120 ⋅ 468 ⋅ 10−3 = 5616


. [V ]

U C = X C ⋅ I = 176.84 ⋅ 468 ⋅ 10−3 = 82.76 [V]

Contrôle du calcul des tensions :

U = U R2 + U C2 = 56.16 2 + 82..762 = 100 [V]

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Circuits RL et RC séries

15.25 Exercices

1. Une inductance a une valeur de 0.8 [H] . Calculer sa réactance pour les réseaux suivants

a) CFF b) CVE c) USA

2. Calculer le courant qui circule dans une inductance de 32 [mH] si elle est raccordée
à un générateur de tension alternatif de 50 [V] / 400 [Hz] .

3. Calculer la réactance inductive d'une bobine de 3.8 [H] lorsqu'elle fonctionne


sur un réseau dont la fréquence est de 50 [Hz] .

4. Une bobine a une réactance de 475 [Ω] et elle est raccordée à un générateur
dont la fréquence est de 200 [Hz] . Calculer l'inductance de la bobine.

5. Une bobine de 3.19 [H] est raccordée dans un circuit alternatif. En fonctionnement,
sa réactance vaut 16 [kΩ]. Calculer la fréquence du circuit.

6. Quelle est la capacité d'un condensateur si sa réactance vaut 42.5 [Ω] pour une
fréquence de 2.5 [kHz] ?

7. Un filtre possède un condensateur de 10 [nF]. Calculer sa réactance pour une


fréquence de 208 [kHz].

8. Quelle est la fréquence d'un circuit dans lequel est branché un condensateur
de 4 [µF] dont la réactance vaut 796 [Ω] ?

9. Un circuit est composé d'une bobine idéale de 4.75 [mH] . Il fonctionne à une
fréquence de 175 [kHz] et avec une tension de 50 [V]. Calculer le courant dans le circuit.

10. Un condensateur est raccordé en série dans une installation d'éclairage de secours de
75 [W] . Quel sera le courant dans le condensateur si les batteries fournissent
une tension de 12 [V] ?

11. Un condensateur est traversé par un courant de 78 [mA]. Calculer la valeur


du condensateur si l'alimentation fourni une tension de 100 [V] / 50 [Hz] .

12. Un condensateur est raccordé sur une source alternative de 50 [Hz]. Il est parcouru
par un courant de 500 [mA] . Quel sera le courant si la fréquence de la source quadruple ?

Réponses : 1. 83.78 [Ω] - 251.33 [Ω] - 301.6 [Ω] 2. 621.7 [mA] 3. 1193.8 [Ω]
4. 378 [mH] 5. 798.27 [Hz] 6. 1.5 [µF] 7. 6.5 [Ω]
8. 50 [Hz] 9. 9.57 [mA]
10. 0 [mA] , pas de courant continu dans un condensateur.
Les alimentations de secours fonctionnent avec des batteries DC
11. 2.48 [µF] 12. 4 fois plus grand

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Circuits RL et RC séries

13. Un circuit bouchon est composé d’une bobine de 10 [mH] et d’un condensateur de
10.8 [µF]. Sa fréquence de résonance est de 485 [Hz]. Nous désirons utiliser ce filtre
pour une fréquence de 317 [Hz] en modifiant soit le condensateur, soit l’inductance.
Calculer la valeur des éléments dans les deux cas.

14. Un circuit RLC série est composé d’une résistance de 15 [Ω] , d’une bobine de 260 [mH]
et d’un condensateur de 2.5 [µF]. Il est raccordé sur une source alternative de 60 [V].
Calculer la fréquence de résonance du montage ainsi que le courant pour fo

15. Un circuit RLC série est composé d’une résistance de 1500 [Ω] , d’une bobine de 150 [mH]
et d’un condensateur. Sa fréquence de résonance vaut fo = 2.5 [kHz]. Il est raccordé
sur une source alternative de 50 [V].Calculer la valeur du condensateur.
Calculer toutes les tensions sur les éléments pour une fréquence de 4.5 [kHz].

16. Un circuit est composé d'un condensateur de 4.7 [nF] et d'une résistance de 2.2 [kΩ].
Il est raccordé sur un générateur de fréquence réglé sur 15.4 [kHz] et dont la tension
de sortie est fixe et vaut 5 [V].

Dessiner le schéma du circuit et flécher toutes les valeurs.


Tracer le diagramme vectoriel

Calculer :
L'impédance du circuit
Les tensions sur les deux éléments.
Le courant total et l'angle de déphasage
Calculer l'atténuation du circuit en dB pour la fréquence indiquée,
si la sortie se trouve sur le condensateur.

17. Un circuit RL série comporte une résistance de 10 [kΩ] et il fonctionne à une fréquence.
Un courant de 405 [µA] et une tension de 1.96 [V] sont est mesurés sur la bobine pour
un signal de 3.5 [MHz]. Calculer la valeur de la bobine ainsi que la valeur de la tension
à l'entrée du circuit

XL = 4.827 [kΩ] L = 220 [µH] Z = 11.1 [kΩ] Ue = 4.5 [V]

18. Un circuit RLC a les caractéristiques suivantes pour sa fréquence de résonance :


L = 15 [mH] - C = 470 [nF] - UL = 10 [V] - Gu à fo = - 3 dB
Dessiner le schéma du circuit et flécher toutes les valeurs.
Tracer le diagramme vectoriel pour les fréquences de 1 [kHz] et de 3 [kHz].
Calculer ( pour les deux fréquences ) : Ue - UR - UL - UC - Z - I - fo

Réponses : 13. 25.21 [µF] - 23.34 [mH] 14. 197.4 [Hz] 4 [A]
15. C = 27 [nF] Z = 3.29 [kΩ] I = 15.2 [mA] UR = 22.79 [V] UC = 19.9 [V] UL = 64.46 [V]
16. Z = 3.11 [kΩ] I = 1.6 [mA] UR = 3.54 [V] UC = 3.54 [V] ϕ = -45 [°] Au = -3 dB
17. XL = 4.827 [kΩ] L = 220 [µH] Z = 11.1 [kΩ] Ue = 4.5 [V]
18.
Pour f = 1 kHz : XL = 94.24 [Ω] XC = 338.6 [Ω] Z = 350.55 [Ω] I = 40.23 [mA] ϕ = -44.2 [°]
Ue = 14.1 [V] UR = 10.11 [V] UC = 13.6 [V] UL = 3.79 [V]
Pour f = 3 kHz : XL = 282.74 [Ω] XC = 112.87 [Ω] Z = 303.36 [Ω] I = 46.5 [mA] ϕ = 34.1[°]
Ue = 14.1 [V] UR = 11.7 [V] UC = 5.25 [V] UL = 13.14 [V]

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Circuits RL et RC séries

19. Un moteur est raccordé sur une génératrice 400 [V] 100 [Hz] . La mesure à
l'ohmmètre indique une résistance de 36 [Ω] . Un courant de 4 [A] circule dans le moteur.
Calculer la valeur de la bobine, toutes les tensions et l'angle de déphasage

20. Une inductance de 800 [mH] est montée en série avec une résistance de 1.5 [kΩ] .
Le montage est raccordé sur une source de tension de 150 [V] / 200 [Hz].
Calculer l’impédance, le courant, toutes les tensions et l'angle de déphasage
Tracer le diagramme vectoriel sur une feuille séparée.

21. Une lampe est montée en série avec un condensateur de 10 [µF] . On mesure une tension de
63.66 [V] aux bornes du condensateur lorsque le circuit est raccordé sur un réseau 50 [Hz].
Calculer l’impédance, la résistance de la lampe, le courant, la tension sur la lampe,
et l'angle de déphasage. Tracer le diagramme vectoriel sur une feuille séparée.

22. Une inductance du 100 [mH] , un condensateur de 700 [nF] et une résistance de 50 [Ω]
sont montés en série. Ils sont raccordés sur une source de tension alternative de 60 [V]
dont la fréquence vaut 500 [Hz].
Calculer l’impédance, le courant, toutes les tensions et l'angle de déphasage.
Tracer le diagramme vectoriel sur une feuille séparée.

23. Une résistance bobinée a une inductance de 450 [mH] . Un courant de 650 [mA]
la traverse lorsqu’elle est raccordée sur une tension alternative de 230 [V] 50 [Hz].
Calculer la valeur de la résistance, l’impédance, les tensions et l'angle de déphasage
Dessiner le schéma, flécher toutes les valeurs et tracer le diagramme vectoriel
sur une feuille séparée.

24. Lorsqu'une bobine est parcourue par un courant continu, nous mesurons 2.5 [A],
alors que lorsqu'elle est raccordée sur une source alternative sinusoïdale d'une fréquence
de 150 [Hz] le courant vaut 850 [mA] . Les deux tensions sont comparables et la valeur
de crête de la tension alternative vaut 15 V.
Calculer l’impédance, la résistance de l'inductance , la valeur de l'inductance, et l'angle de
déphasage

25. Un circuit RC série est utilisé comme filtre de tonalité dans un appareil audio.
Il est composé d'une résistance de 330 [Ω] et d'un condensateur.
La tension à l'entrée du filtre est de 1.5 [V] .
La tension de sortie est prise sur le condensateur.
Calculer la valeur du condensateur pour une atténuation de 35 % à 1 [kHz] , l’impédance , le
courant, et l'angle de déphasage pour cette même fréquence.

Réponses :

19. UR =144 [V] UL = 373.18 [V] L = 148.5 [mH] cosϕ = 0.36 ϕ = 68.9 [°]
20. Z = 1805.73 [Ω] , I = 83.07 [mA] , UR = 124.61 [V] , UL = 83.76 [V] , ϕ = 33.83 [°]
21. Z = 1150 [Ω] , RL = 1105 [Ω] , UR = 221.01 [V] , I=200 [mA] , ϕ = 16.07 [°]
22. Z = 149.2 [Ω] , I = 402.15 [mA] , UR = 20.11 [V] , UC = 182.87 [V] , UL = 126.34 [V] , ϕ = 70.42 [°]
23. Z = 353.85 [Ω] , UR = 210.85 [V] , UL = 91.9 [V] , ϕ = 23.55 [°]
24. Z = 12.47 [Ω] , RL = 4.24 [Ω] , L = 12.45 [mH] , ϕ = 70.12 [°]
25. Z = 434.24 [Ω] , I = 3.45 [mA] , UR = 1.14 [V] , UC = 975 [mV] ,C = 564 [nF] , ϕ = 40.54 [°]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 12


Régime impulsionnel

Chapitre 15 c
Circuits RL et RC
en régime impulsionnel

Sommaire

• Circuits en régime impulsionnel


• Signal impulsionnel
• Mesure d'un circuit RC en régime impulsionnel
• Application pratique
• Etude du circuit RC en régime impulsionnel
• Analyse du circuit
• Mesure du temps de charge du condensateur
• Constante de temps du circuit RL
• Exercices

Introduction

Circuits en régime impulsionnel :

Dans l'étude que nous venons de faire sur les circuits RC et RL, la source de signal
générait une forme alternative sinusoïdale. Dans certains cas, ce signal peut avoir une
autre forme.

En régime sinusoïdal alternatif, nous parlons de signal analogique, car la valeur de la


tension ou du courant varie constamment et toutes ses valeurs successives sont
différentes.

En régime impulsionnel, le signal de la source n'a que deux états :

pas de tension 0 [V] tension présente x [V]

Nous pouvons faire une analogie avec les signaux numériques dans lesquels il n'existe que
deux états :

état bas 0 état haut 1

Les ordinateurs fonctionnent selon ce principe. Soit l'information numérique est


absente, soir elle est présente. Cette information porte de nom de "bit".

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 1


Régime impulsionnel

Le "bit" tout seul n'est utilisé que pour les cas simples où il peut permettre de
commander l'enclenchement et le déclenchement d'un appareil ou de détecter la
présence ou l'absence d'une tension.

Pour pouvoir accomplir des tâches plus complexes, un ordinateur a besoin de travailler
avec des informations plus importantes. C'est pourquoi des mots appelés "bytes" ou
"octets" sont formés avec des groupes de 8 "bits". Avec les nouvelles technologies, des
mots de 16, 32, ou 64 "bits" sont utilisés. Plus la longueur du mot est grande, plus la
vitesse d’exécution sera rapide, l'ordinateur pourra effectuer des tâches plus
complexes.

L'étude des signaux numériques (digitaux) est très complexe et elle ne fait pas partie de
notre sujet. Pour plus de détails, il est nécessaire de consulter la monstrueuse
littérature disponible dans ce domaine.

Signal impulsionnel :
Comme pour les signaux alternatifs sinusoïdaux, il est possible de déterminer la
fréquence d'un signal impulsionnel.
U U
[V] [V]

t t
[s] [s]

T T

U
[V]
En régime impulsionnel dont la durée des cycles
n'est pas identique, nous parlons de cycles
asymétriques. La fréquence ne change pas, mais le
temps durant lequel l'impulsion est présente n'est
t
plus égal au temps durant lequel elle est à [s]

zéro. T
U
[V]

Cette caractéristique s'appelle le rapport cyclique.


Elle est utilisée dans les téléviseurs pour ajuster
les réglages du son, lumière, etc. et également dans
certains variateurs de lumière. En effet, dans ces t
cas particuliers, nous travaillons avec la tension [s]

moyenne du signal.
T

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 2


Régime impulsionnel

Cette moyenne est obtenue en mesurant la valeur de la tension, le temps durant lequel
elle est présente, et le temps durant lequel elle est absente.

U U
[V] [V]

Um
Um
t t
[s] [s]

T T

Nous obtenons alors une tension continue variable dépendante du rapport cyclique qui
permettra d'effectuer la commande de la fonction désirée.

Le circuit utilisé pour convertir ces impulsions à rapport cyclique variable en tension
continue variable se nomme intégrateur. Il peut être composé soit d'une résistance et
d'un condensateur, soit d'une bobine et d'une résistance. Il sera possible de définir la
tension de sortie en calculant la valeur des éléments.

Ce circuit exécute une opération mathématique appelée "intégration d'une fonction". La


tension de sortie représente la somme des charges élémentaires emmagasinées dans le
condensateur par unité de capacité, ce qui exprime l'intégrale de la tension aux bornes
du condensateur.

Mesure d'un circuit RC en régime impulsionnel

Pour réaliser la mesure, nous disposons une résistance et un condensateur montés en


filtre passe-bas. Le générateur fourni une tension continue carrée. L'oscilloscope
permet de visualiser la forme de la tension à l'entrée et à la sortie du circuit. Un
multimètre est placé à la sortie pour confirmer la valeur de la tension continue à la
sortie du filtre.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 3


Régime impulsionnel

Résultats de la mesure :

Le générateur fourni un signal carré avec un rapport cyclique de 50 %. Nous constatons


qu'à la sortie du filtre, la tension est plane et correspond au 50 % de la tension du
générateur.

Si nous varions le rapport cyclique, sans modifier la tension du générateur, la tension


continue aux bornes du condensateur varie. Plus le rapport cyclique est grand, plus la
tension est grande et inversement.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 4


Régime impulsionnel

Application pratique :

Ce circuit intégré contrôle les fonctions de volume sonore, luminosité, contraste et


saturation dans un téléviseur couleur. Il reçoit les informations numériques du
processeur par le point 7. Après un traitement complexe, et une mise en mémoire, nous
trouvons des générateurs de signaux à rapport cyclique variables. La conversion signal
carré tension continue variable est effectuée dans le dernier bloc au moyen des
condensateurs raccordés aux sorties à gauche de l'IC. Les valeurs de tensions sont
indiquées. On distingue facilement le filtre RC au point 9, pour le contrôle du volume
sonore.

Mesure du circuit RL en régime impulsionnel :

Nous obtenons les mêmes résultats avec un circuit RL. Cette fois, les positions de la
bobine et de la résistance sont inversées. Ce croisement est dû au comportement
inverse de la bobine et du condensateur,

Les oscillogrammes sont identiques aux résultats obtenus avec le circuit RC

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Régime impulsionnel

Etude du circuit RC en régime impulsionnel :


CH2

générateur R

+
CH1 CH3
C
-

Le générateur fournit une tension carrée continue positive. Trois traces d'oscilloscope
sont placées dans le circuit.

• CH1 tension du générateur


• CH2 tension aux bornes de la résistance
(proportionnelle au courant dans le circuit)
• CH3 tension aux bornes du condensateur
Oscillogrammes

0DC

0DC

0DC

Constatations :
• la tension à l'entrée du circuit a une forme carré.
• la tension aux bornes de la résistance est positive lors du flanc montant
et négative lors du flanc descendant.
Cette tension représente le courant dans le circuit.
• la tension aux bornes du condensateur met un certain temps pour arriver
au maximum.
• la tension aux bornes du condensateur a une forme exponentielle.
• lorsque le condensateur est complètement chargé, il n'y a plus de courant
dans le circuit.

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Régime impulsionnel

Analyse du circuit :
générateur I R R
générateur I

+ UR + UR
Uc C Uc C
- -

Le générateur ne fournit pas de tension,


Le générateur fournit une tension et un
sa sortie est à 0 [V], et un courant de
courant de charge circule dans le circuit.
décharge circule dans le circuit.

C'est à cause de la charge et de la décharge que le courant s'inverse dans le circuit.

Courbe de charge du condensateur :


Uc
[V]
10

t
[s]

On constate sur cette courbe que la tension UC met un certain temps pour arriver au
maximum, sans pour autant y parvenir.

Le temps de charge dépend du produit R ⋅ C. Ce temps est déterminé par la constante de


temps τ exprimée en secondes.

τ = R⋅ C

On peut démontrer cette formule par une analyse dimensionnelle :

U [ V] [ V] [ V] ⋅ [s] Q [C] [ V] ⋅ [s] ⋅ [ C] = s


R= = = = C= = τ= []
I [ A] [C] [C] U [ V] [C] [V]
[s]

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 7


Régime impulsionnel

Mesure du temps de charge du condensateur :


Uc Ic
[V] [A] Uc Ic
10

t
τ τ τ τ τ
[s]

A la charge, la constante de temps τ indique le temps qu'il faut au condensateur C pour


se charger au 63 % de la tension de charge.

Le courant de charge qui a diminué de 63 % après un τ .

τ
Durant le suivant, le condensateur se charge du 63 % de la valeur de tension restante,
et ainsi de suite.

Le tableau ci-dessous indique les différentes valeur de la tension et du courant de


charge en fonction de la constante de temps τ.

τ [s] UC % IC %

1/10 9.5 90.5


1/5 18 82
1/2 39.4 60.6
1 63.2 36.8
2 86.46 13.54
3 95 5
4 98.2 1.8
5 99.3 0.7
10 99.99 0.01

Remarque : Dans la pratique, nous admettons que le condensateur est complètement

chargé après 5 τ.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 8


Régime impulsionnel

Constante de temps du circuit RL :


L L
générateur I générateur I

+ UL UL
+
UR R UR R
- -

Le générateur fournit une tension et un Le générateur ne fournit pas de tension,


courant circule dans le circuit. Par effet sa sortie est à 0 [V], et la bobine restitue
de self-induction, la bobine s'oppose au son énergie en inversant la polarité à ses
passage du courant. bornes.

Par la loi de Lenz et l'opposition de la tension induite, le courant s'inverse dans le


circuit.

Courbe de la tension sur la résistance :


Uc
[V]
10

t
[s]

On constate sur cette courbe que la tension UR met un certain temps pour arriver au
maximum, sans pour autant y parvenir.

Ce temps dépend de la division de L par R. Ce temps est déterminé par la constante de


temps τ exprimée en secondes.

L
τ=
R
On peut démontrer cette formule par une analyse dimensionnelle :

[ V] ⋅ [ s ]
U [ V] Ui ⋅ ∆t [ V] ⋅ [s] [ A] = [V ] ⋅ [ s] ⋅ [ A] = s
[]
L
R= = L= = τ= =
I [ A] ∆I [ A] R [ V] [ A] [ V]
[ A]

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Régime impulsionnel

Comparaison des circuits RC et RL en régime impulsionnel :

Circuit intégrateur :

Circuit différenciateur :

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 10


Régime impulsionnel

Exercice :

Un circuit intégrateur est composé d'une résistance de 820 [Ω] et d'un condensateur.
La charge complète du condensateur est atteinte après 90.2 [µs]

Calculer la valeur du condensateur.

Déterminer tau sur la courbe ci-dessous

Tracer tous les tau.

Dessiner les schémas des deux montages possibles:

Calculer la valeur des éléments en utilisant une résistance de 470 [Ω] dans les deux
circuits
U

1
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0 t
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 [µ s]

Les mesures sur un circuit ont donné les résultats montrés ci-dessous.

Calculer : la valeur de l'élément manquant. R = 1 [kΩ].


la tension et la fréquence du générateur.
le courant maximum dans le circuit.

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Régime impulsionnel

Les mesures sur un circuit ont donné les résultats montrés ci-dessous.

Calculer : la valeur de l'élément manquant R = 6.8 [kΩ].


la tension et la fréquence du générateur.
le courant maximum dans le circuit.

Un circuit intégrateur RC est composé d'une résistance de 2.2 [kΩ] et d'un


condensateur de 56 [nF] . Il est raccordé sur un générateur qui fournit un signal carré
de 15[V] d'amplitude.

Dessiner le schéma du circuit.

Tracer les courbes de charge du condensateur et de courant dans le circuit.

Quel va être le comportement du circuit si la fréquence du générateur vaut 1 [kHz] ?

Quelle est la fréquence maximum de fonctionnement du circuit ?

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Circuits RL et RC parallèles

Chapitre 16b

Circuits RLC parallèles

Sommaire

• Montage parallèle en courant alternatif


• Conductance, admittance et suceptance
• Impédance Z
• Circuit RL et RC parallèles
• Circuits bouchons
• Exercices

Introduction

Circuits RC et RL parallèle

A l'inverse des circuits série, les circuits parallèles présentent une grande impédance pour la
fréquence de résonance.

Lors de l'étude des circuits de résistances en parallèle, nous avons utilisé la conductance G
pour déterminer la résistance équivalente du circuit. Cette méthode nous permet de simplifier
les calculs et de mieux en comprendre le comportement.

Conductance, admittance et susceptance

Contrairement aux circuits séries, dans les circuits parallèles, la tension est commune à tous
les éléments et le courant est réparti dans les différentes branches du circuit.

Pour déterminer la conductance totale d'un circuit parallèle, nous additionnons les
conductances de chacune des branches. La résistance équivalente du circuit sera égale à
l'inverse de la conductance totale. Cette méthode simplifie les calculs et nous pouvons
l'appliquer aux circuits RC, RL et RLC parallèle.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 1


Circuits RL et RC parallèles

Nous parlons de :

Conductance G :

facilité qu'a une résistance (ou un ensemble de résistances)


[S]
1
G=
de laisser passer le courant lorsqu'une tension lui est R
appliquée.

Susceptance B :
[S ]
1
BL =
XL
facilité qu'a un élément réactif (ou un ensemble de
réactances) à laisser passer le courant lorsqu'une tension
[S]
1
alternative lui est appliquée. BC =
XC
Admittance Y :

facilité qu'a un circuit composé d'éléments résistifs et


[S]
1
réactifs à laisser passer le courant lorsqu'une tension Y=
alternative lui est appliquée, en tenant compte du déphasage Z
entre U et I.

Remarque : G, B et Y s'expriment en siemens [S]

Circuits RL parallèle
Soit un circuit composé d'une résistance et d'une bobine:

I
IL IR

U UL L R UR
~

Pour mieux comprendre le comportement de ce circuit, il est indispensable de tracer le


diagramme vectoriel. Comme nous sommes en parallèle, la valeur commune à tous les
éléments est la tension et nous l'utiliserons comme référence pour le diagramme (il
s'agit d'un choix arbitraire) .

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 2


Circuits RL et RC parallèles

IR U

IZ
IL

Constations :

• la résistance ne déphase pas le courant IR

• la bobine provoque un retard de 90 [°] du courant IL par rapport à la tension.

• le courant total Iz est en retard par rapport à la tension.

Par analogie nous pouvons tracer le diagramme suivant :

ω
Le courant étant inversement proportionnel à
G la résistance et à la réactance, nous devons
U
utiliser la conductance G et la susceptance B.
ϕ
Le vecteur résultant du diagramme
Y correspond à l'admittance Y du circuit.
BL

Relations :

ω ω

IR U G U

ϕ ϕ

IZ Y
BL
IL

Par Pythagore :

I z = I R2 + I L2 Y = G 2 + BL 2

Nous savons que :

Uz UR UL 1 1 1
Iz = IR = IL = Y= G= BL =
Z R ω⋅L Z R ω⋅L

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 3


Circuits RL et RC parallèles

Nous pouvons donc écrire :

U z2 U R2 U L2 1 1 1
= + = +
Z2 R2 ω 2 ⋅ L2 Z 2
R 2
ω ⋅ L2
2

La tension est commune sur les éléments:

1 1 1 1 1 1
= + = +
Z 2 R 2 ω 2 ⋅ L2 Z 2 R 2 ω 2 ⋅ L2

La formule finale de l'impédance est :

1 1
Z= Z=
1 1 11
+ +
R2 X L2 R2 X L2

Calcul de l'angle de déphasage :

I G
cos ϕ = R cos ϕ =
Iz Y

1
Z
cos ϕ = R cos ϕ =
1 R
Z

IR G Z
ϕ = cos −1 ç ÷ ϕ = cos−1ç ÷ ϕ = cos −1ç ÷
Iz Y R

Exemple
Un circuit est composé d'une résistance de 220 [Ω] et d'une bobine de 150[mH]. Il est
raccordé sur une source de 100 [V] dont la fréquence est de 160 [Hz]

Calculer l'impédance, tous les courants ainsi que l'angle de déphasage.

Données : R = 220 [Ω] L = 150 [mH] U = 100 [V] f = 160 [Hz]

Inconnues : Z I IR IL ϕ

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Circuits RL et RC parallèles

1 1 1
Relations : G= BL = Y = G 2 + BL 2 Z=
R ω⋅L 1
1
+
R2 X L2
UR UL
IR = IL = I z = I R2 + I L2
R ω⋅L

IR æ Zö
ϕ = cos −1ç ÷ ϕ = cos −1ç ÷
I èR

Diagrammes vectoriels :

ω ω

IR U G U

ϕ ϕ

I =I z Y
B
IL

Calcul de la conductance et de la susceptance :

1 1 1 1
G= = = 4.54 [mS] BL = = = 6.63 [mS]
R 220 ω ⋅ L 2 ⋅ π ⋅ 160 ⋅ 150 ⋅ 10− 3

Calcul de l'admittance :

Y = G 2 + BL 2 = ( 4.54 ⋅ 10− 3 )2 + ( 6.63 ⋅ 10− 3 )2 = 8.037 [mS]

Calcul de l'impédance :

1 1
Z= = = 124.43 [ Ω ]
Y 8.037 ⋅ 10− 3

Vérification du résultat :

1 1
Z= = = 124.38 [ Ω ]
1 1 1 1
+ +
R2 X L2 2202 (2 ⋅ π ⋅ 160 ⋅ 150 ⋅ 10−3)2
Calcul du courant total :

U 100
IZ = = = 803.67 [mA] I Z = U ⋅ Y = 100 ⋅ 8.037 ⋅ 10−3 = 803.7 [mA]
Z 124.43

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Circuits RL et RC parallèles

Calcul des courants IR et IL :

U R 100 UL 100
IR = = = 454.55 [mA] IL = = = 663.15 [mA]
R 220 ω ⋅ L 2 ⋅ π ⋅ 160 ⋅ 150 ⋅ 10− 3

Vérification du calcul des courants :

I= I R 2 + I L 2 = ( 454.55 ⋅ 10− 3 )2 + ( 66315


. ⋅ 10− 3 )2 = 803.97 [mA]

Calcul de l'angle de déphasage

IR æ 454.55 ⋅ 10− 3 ö
ϕ = cos−1ç ÷ = cos−1çç ÷
− 3 ÷ = 55.56 [ ° ]
I è 803.67 ⋅ 10

Z æ 124.43ö
ϕ = cos−1ç ÷ = cos−1ç ÷ = 55.56 [ ° ]
R è 220

Circuits RC parallèle :

Soit un circuit composé d'une résistance et d'un condensateur :

I
IC IR

U UC C R UR
~

Pour mieux comprendre le comportement de ce circuit, il est indispensable de tracer le


diagramme vectoriel. Comme nous sommes en parallèle, la valeur commune à tous les éléments
est la tension et nous l'utiliserons comme référence pour le diagramme (il s'agit d'un choix
arbitraire) .

IC
I

IR U

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 6


Circuits RL et RC parallèles

Constations :

• la résistance ne déphase pas le courant IR

• le condensateur provoque une avance de 90 [°] du courant IL par rapport à la tension.

• le courant total Iz est en avance par rapport à la tension.

Par analogie nous pouvons tracer le diagramme suivant :

ω Le courant étant inversement


BC proportionnel à la résistance et à la
Y réactance, nous devons utiliser la
conductance G et la susceptance B.
ϕ
Le vecteur résultant du diagramme
G U correspond à l'admittance Y du circuit.

Relations :
ω
ω
IC BC
Iz Y

ϕ ϕ

IR U G U

Par Pythagore

I z = I R2 + IC2 Y = G 2 + BC 2

Nous savons que :

Uz UR UC 1 1 1
Iz = IR = IC = = UC ⋅ ω ⋅ C Y= G= BC = = ω ⋅C
Z R 1 Z R 1
ω ⋅C ω ⋅C
Nous pouvons donc écrire :

U z2 U R2 1 1 1 1
2 + UC ⋅ (ω ⋅ C ) + ( ω ⋅ C )2
2
2 = 2
2
= 2
+ = 2
Z R Z R 1 R
( ω ⋅ C )2

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 7


Circuits RL et RC parallèles

La tension est commune sur les éléments:

1 1 1 1
2 = 2 + ( ω ⋅ C )2 2 = 2 + ( ω ⋅ C )2
Z R Z R

La formule finale de l'impédance est :

1 1
Z= Z=
1 1
2 + ( ω ⋅ C )2 + ( ω ⋅ C )2
R R2

Calcul de l'angle de déphasage :

I G
cos ϕ = R cos ϕ =
Iz Y
1
Z
cos ϕ = R cos ϕ =
1 R
Z
G Z
ϕ = cos−1ç
IR
÷ ϕ = cos−1ç ÷ ϕ = cos−1ç ÷
Iz Y R

Exemple
Un circuit est composé d'une résistance de 220 [Ω] et d'un condensateur de 6.8 [µF]. Il est
raccordé sur une source de 100 [V] dont la fréquence est de 160 [Hz]

Calculer l'impédance, tous les courants ainsi que l'angle de déphasage.

Données : R = 220 [Ω] C = 10 [µF] U = 100 [V] f = 160 [Hz]

Inconnues : Z I IR IC ϕ

1 1 1
Relations : G= BC = = ω ⋅C Y = G 2 + BC 2 Z=
R 1 1
ω ⋅C 2 + ( ω ⋅ C )2
R
UR UC
IR = IC = = UC ⋅ ω ⋅ C I z = I R2 + IC2
R 1
ω ⋅C

æI ö æ Zö
ϕ = cos−1ç R ÷ ϕ = cos−1ç ÷
è Iz èR

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Circuits RL et RC parallèles

Diagrammes vectoriels :

ω
ω
IC I =I z BC
Y

ϕ ϕ

IR U G U

Calcul de la conductance et de la susceptance :

1 1
G= = = 4.54 [mS] BC = ω ⋅ C = 2 ⋅ π ⋅ 160 ⋅ 6.8 ⋅ 10−6 = 6.84 [mS]
R 220

Calcul de l'admittance :

Y = G 2 + BC 2 = ( 4.54 ⋅ 10− 3 )2 + ( 6.84 ⋅ 10− 3 )2 = 8.21 [mS]

Calcul de l'impédance :

1 1
Z= = = 121.81 [ Ω ]
Y 8.21 ⋅ 10− 3

Vérification du résultat :

1 1
Z= = = 121.81 [ Ω ]
1 1 −6 2
+ω ⋅C2 2
+ ( 2 ⋅ π ⋅ 160 ) ⋅ ( 6.8 ⋅ 10
2
)
R2 2202
Calcul du courant total :

Uz 100
IZ = = = 820.96 [mA] I Z = U ⋅ Y = 100 ⋅ 8.21 ⋅ 10−3 = 821 [mA]
Z 12181
.
Calcul des courants IR et IL :

U 100
IR = = = 454.55 [mA] I C = U ⋅ ω ⋅ C = 100 ⋅ 2 ⋅ ω ⋅ 160 ⋅ 6.8 ⋅ 10−6 = 683.61 [mA]
R 220
Vérification du calcul des courants :

I= I R 2 + I L 2 = ( 454.55 ⋅ 10− 3 )2 + ( 663.61 ⋅ 10− 3 )2 = 820.93 [ mA]

Calcul de l'angle de déphasage

æI ö æ 454.55 ⋅ 10− 3 ö
ϕ = cos−1ç R ÷ = cos−1çç ÷
− 3 ÷ = 56.38 [ ° ]
è I è 820.96 ⋅ 10

Z æ 12181
. ö
ϕ = cos−1ç ÷ = cos−1ç ÷ = 56.38 [ ° ]
R è 220

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 9


Circuits RL et RC parallèles

Circuits bouchons
Les circuits RLC parallèle, sont souvent appelés circuits bouchons, car ils présentent une
grande impédance pour fo et ils "empêchent" les signaux à cette fréquence d'accéder à une
partie de circuit.

En électronique, les circuits bouchons sont utilisés pour "trier" différentes fréquences dans
les chaînes audio (égaliser) ou dans les téléviseurs couleur (séparation des fréquences son,
chrominance et luminance). En électricité, les circuits bouchons sont utilisés dans les
télécommandes centralisées pour éviter une dispersion des fréquences pilotes sur le réseau.

Caractéristiques d'un circuit bouchon :

N
[dB]

Pour mieux comprendre le fonctionnement des circuits bouchons, il est pratique de réaliser
une mesure au laboratoire.

Le traceur de Bode nous permet de visualiser la tension de sortie du filtre bouchon en


fonction de la fréquence du générateur.

Nous constatons que pour une certaine fréquence, le circuit oppose une grande impédance, ce
qui crée la forte atténuation au milieu de la courbe.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 10


Circuits RL et RC parallèles

Etude du circuit bouchon RLC parallèle :


ω ω

IC BC

IR G U
ϕ U ϕ
I =Iz Y
IC BC

IL BL

Remarque : Cette démonstration est réalisée avec un circuit à comportement inductif. Ce


choix est arbitraire et la théorie qui est applicable à n'importe quel circuit RLC
parallèle,

Par Pythagore

I z = I R 2 + ( I L − I C )2 Y = G 2 + ( BL − BC )2

Nous savons que :

U U 1 1
I= IR = Y= G=
Z R Z R
U 1
IC = U ⋅ ω ⋅ C IL = BC = ω ⋅ C BL =
ω⋅L ω⋅L
Nous pouvons donc écrire :

U R2 U2
U R2 1 1 1
ç − U 2 ⋅ ( ω ⋅ C )2 ÷÷ ç 2÷
= 2 +ç = + 2 − (ω ⋅ C )
Z 2
R (ω ⋅ L )2
Z 2
R 2
(ω ⋅ L )

La tension est commune sur les éléments:

1 1 æ 1 ö 1 1 æ 1 ö
ç 2÷ ç 2÷
2 = 2 + 2 − (ω ⋅ C ) 2 = 2 + 2 − (ω ⋅ C )
Z R è (ω ⋅ L ) Z R è (ω ⋅ L )

La formule finale de l'impédance est :

1 1
Z= Z=
1 1 1 æ 1 ö
ç 2÷ ç 2÷
+ 2 − (ω ⋅ C ) + − ( ω ⋅ C )
R 2
(ω ⋅ L ) R 2 è ( ω ⋅ L )2

Calcul de l'angle de déphasage :

I G Z
cos ϕ = R cos ϕ = cos ϕ =
Iz Y R

IR G Z
ϕ = cos−1ç ÷ ϕ = cos−1ç ÷ ϕ = cos−1ç ÷
Iz Y R

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Circuits RL et RC parallèles

Exemple
Un circuit bouchon doit être intégré dans un appareil pour empêcher une fréquence de
38 [kHz] de perturber son fonctionnement. Pour réaliser ce filtre, une résistance de 56 [kΩ] ,
un condensateur de 4.7 [nF] et une bobine de 3 [mH] sont montés en parallèle. La tension
présente à cet endroit est de 2.2 [V].
Calculer l'impédance du circuit bouchon, tous les courants ainsi que l'angle de déphasage pour
la fréquence de 30 [kHz].

Données : R = 56 [kΩ] L = 3 [mH] C = 4.7 [nF] UZ = 2.2 [V] f = 38 [kHz]

Inconnues : Z I IR IC IL ϕ

Relations :
UZ UR UL
I= IR = IC = U C ⋅ ω ⋅ C IL =
Z R ω⋅L
1 1 1
Y= G= BC = ω ⋅ C BL =
Z R ω⋅L

I z = I R 2 + ( I L − I C )2 Y = G 2 + ( BL − BC )2

1 IR G
Z= ϕ = cos−1ç ÷ ϕ = cos−1ç ÷
1 1 Iz Y
+ç − ( ω ⋅ C )2 ÷
R 2
( ω ⋅ L )2

Calcul de la conductance et des susceptances :


1 1
G= = = 17.86 [ µS] BC = ω ⋅ C = 2 ⋅ π ⋅ 38 ⋅ 103 ⋅ 4.7 ⋅ 10−9 = 1.12 [mS]
R 56 ⋅ 103
1 1
BL = = = 1.39 [mS]
ω ⋅ L 2 ⋅ π ⋅ 3 ⋅ 10− 3
Calcul de l'admittance :

Y = G 2 + ( BL − BC ) = ( 17.86 ⋅ 10− 6 )2 + ( 139


. ⋅ 10− 3 − 112
. ⋅ 10− 3 )2 = 270.6 [ µS]
2

Calcul de l'impédance :
1 1
Z= = = 3.696 [kΩ ]
Y 270.6 ⋅ 10− 6

Vérification du résultat : (pour simplifier le calcul, nous utilisons XC et XL


1 1 1 1
XC = = = 892.86 [ Ω ] XL = = = 719.42 [ Ω ]
. ⋅ 10− 3
BC 112 BL 1.39 ⋅ 10− 3
1 1
Z= = = 3.965 [kΩ ]
2 1
1 1 1
+ç − ÷ æ 1 ö
2
1 ö2
2 XC X L æ 1
R ç ÷ +ç − ÷
è 56 ⋅ 103 è 892.86 719.42

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 12


Circuits RL et RC parallèles

Calcul du courant total :

Uz 2.2
IZ = = = 595.32 [ µA] I Z = U ⋅ Y = 2.2 ⋅ 270.6 ⋅ 10−6 = 595.32 [ µA]
Z 3965

Calcul des courants IR , IC et IL :

= 39.29 [ µA]
UR 2.2
IR = = I C = U C ⋅ ω ⋅ C = 2.2 ⋅ 2 ⋅ ω ⋅ 38 ⋅ 103 ⋅ 4.7 ⋅ 10−9 = 2.47 [mA]
R 56 ⋅ 10 ⋅ 3

UL 2.2
IL = = = 3.07 [mA]
ω ⋅ L 2 ⋅ π ⋅ 38 ⋅ 103 ⋅ 3 ⋅ 10− 3

Vérification du calcul des courants :

I R 2 + ( I C − I L ) = ( 39.29 ⋅ 10− 6 )2 + ( 2.47 ⋅ 10− 3 − 3.07 ⋅ 10− 3 )2 = 601.28 [ µA]


2
Iz =

Calcul de l'angle de déphasage

æ −6 ö
−1 I R −1ç 39.29 ⋅ 10 ÷
ϕ = cos ç ÷ = cos ç − 6 ÷ = 86.21 [ ° ]
Iz è 595.32 ⋅ 10

Z æ 3965 ö
ϕ = cos−1ç ÷ = cos−1ç ÷ = 85.94 [ ° ]
R è 56 ⋅ 103

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 13


Circuits RL et RC parallèles

Entraînement

1. Qu'est-ce qu'un circuit bouchon ?

2. Qu'est-ce que l'interconnexion et pourquoi est-elle réalisée ?

3. De quoi se compose un circuit bouchon ?

4. Que faut-il pour que nous obtenions la condition de résonance ?

5. Quel est le genre de couplage d'un circuit bouchon ?

6. Dessinez la courbe de l'impédance en fonction de la fréquence pour un circuit parallèle

7. Quel est le genre de couplage d'un point d'injection ?

8. Dessinez la courbe de l'impédance en fonction de la fréquence pour un circuit série.

1. Un circuit est composé d'une résistance de 1.5 [kΩ] , d'un condensateur de 560 [nF] et
d'une bobine de 1.25 [µH] montés en parallèle et raccordés sur un générateur dont la
fréquence vaut 18 [kHz] .Calculer la conductance, les susceptances des trois éléments

2. Une bobine et une résistance sont montées en parallèle sur un générateur 130 [V]
50 [Hz]. Pour les éléments, nous connaissons les valeurs suivantes :

R = 15 [Ω] et XL = 10 [Ω]

Tracer le diagramme vectoriel et calculer les valeurs de la bobine, de l'impédance, de


la conductance, de la susceptance, ainsi que tous les courants et l'angle de déphasage.

3. Un condensateur et une résistance sont montés en parallèle sur un générateur 130 [V]
/ 50 [Hz]. Pour les éléments, nous connaissons les valeurs suivantes :

R = 15 [Ω] et XC = 22 [Ω]

Tracer le diagramme vectoriel et calculer la valeur du condensateur, de l'impédance,


de la conductance, de la susceptance, ainsi que tous les courants et l'angle de déphasage.

4. Une source de tension de 60 [V] alimente un circuit parallèle constitué


d'un condensateur de 2.5 [µF] et d'une bobine dont l'inductance et la résistance
sont respectivement, 260 [mH] et 15 [Ω].

Calculer la fréquence de résonance du circuit.

Electrotechnique /  Editions de la Dunanche /novembre 2000 14


Circuits RL et RC parallèles

5. Calculer pour quelle fréquence de résonance est dimensionné un récepteur de TC dont


le montage du circuit RLC série est composé des éléments suivants :.

R = 4 [Ω] L = 45 [mH] C = 16 [µF].

Calculer la tension que devra supporter la capacité si le courant de télécommande est de


400 [mA].

6. Un circuit bouchon d'un distributeur doit être installé provisoirement sur un


autre réseau. Ses caractéristiques sont : XL = 20 [Ω] fo = 317 [Hz]

Quelles solutions proposez-vous ?

7. Montrer par le calcul et le diagramme vectoriel, si le circuit proposé est


en résonance pour la fréquence donnée.

L = 150 [mH]
L
Rb = 5 [Ω]
C

R b C = 6000 [pF]

f = 50 [Hz]

8. Calculer les courant circulant dans les différents composants du circuit de l'exercice 7,
à 50 [Hz], à 1000 [Hz], à 0 [Hz] et à la fréquence de résonance fo , si le courant
IC = 829.4 [µA] à 100 [Hz].

5. Montrer par le calcul et le diagramme vectoriel, si le circuit proposé est en résonance


pour la fréquence donnée.

Rb = 5 [Ω] C = 6000 [pF]


Rb L C
f = 50 [Hz] L = 150 [mH]

Réponses : 1. G = 666.67 [µS] BC