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LES OSSATURES EN ACIER

1. NOTIONS FONDAMENTALES..................................................................................................................................2
1.1. Quelques notions historiques : ..........................................................................................................................2
1.2. Les principes mécaniques ...................................................................................................................................2
2. LES PRINCIPAUX TYPES D'ORGANISATIONS STRUCTURELLES...................................................................2
2.1. Les systèmes à portiques ou arcs ......................................................................................................................2
2.2. Les systèmes poteaux poutres ...........................................................................................................................3
2.3. Les Structures Spaciales......................................................................................................................................4
3. LES ELEMENTS DE CHARPENTES...........................................................................................................................4
3.1. Les éléments simples :..........................................................................................................................................4
3.2. Les PRS : ................................................................................................................................................................4
3.3. Les Eléménts Plans...............................................................................................................................................4
3.4. Les Structures Tridimensionnelles :...................................................................................................................5
3.5. Eléments divers :...................................................................................................................................................6
4. LES ASSEMBLAGES ....................................................................................................................................................6
4.1. Les assemblages rivetés :....................................................................................................................................6
4.2. Les assemblages boulonnés :.............................................................................................................................7
4.3. Les assemblages soudés :...................................................................................................................................7
4.4. Les assemblages par axe :....................................................................................................................................8
5. LES PLANCHERS SUR BACS ACIER........................................................................................................................9
6. LES PLANCHERS MIXTES .........................................................................................................................................9
7. LE COMPORTEMENT AU FEU................................................................................................................................10
7.1. Généralités ...........................................................................................................................................................10
7.2. Les barrières thermiques....................................................................................................................................10
7.3. Les protections actives......................................................................................................................................11

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1. NOTIONS FONDAMENTALES

1.1. Quelques notions historiques :


L'apparition de l'acier en construction est concomitante au développement de l'industrie de l'acier.

On a donc observé une explosion de l'emploi de l'acier à partir du 19eme siècle au cours duquel les
hauts fourneaux fournissent en quantité importante un produit de relativement bonne qualité.

Quelques dates : - 1884 Le viaduc de Garabit

- 1889 : la tour Eiffel

- 1889 La Galerie des Machines à Paris

- 1890 environ : La reconstruction de Chicago après l'incendie. Mise en oeuvre


des méthodes de protection contre le feu des structures aciers des bâtiments.

- 1929 – 32 : Maison de verre de Pierre Chareau.

- 1976 Le centre Beaubourg.

- 1991 L'aéroport de Stansted par Foster.

1.2. Les principes mécaniques


Le fonctionnement mécanique des ossatures en acier ne diffère en rien, quant aux principes
fondamentaux, du fonctionnemment de n'importe quelle ossature. Les éléments flêchis sont toujours
flêchis, les comprimés, comprimés... etc.

Toutefois, on relèvera que certaines différences de nature de matériaux induisent des différences de
comportement ou de potentiel de fonctionnement.

On notera tout particulièrement :

- L'acier est un matériau homogène et isotrope.

- Sa limite élastique (traction ou compression) est nettement plus élevée que celle du béton. Les
aciers de construction courants ont une limite élastique de 2400 daN/cm² pouvant atteindre 3600
daN/cm².

- Sa densité est élevée (7,6)

- Différents modes d'assemblages sont possibles offrant une grande liberté de conception.

2. LES PRINCIPAUX TYPES D'ORGANISATIONS STRUCTURELLES


On retiendra trois organisations principales ; Les sytèmes à portiques ou arcs, les ossatures poteaux -
poutres et les structures spatiales.

2.1. Les systèmes à portiques ou arcs


Dans ces systèmes structuraux, toutes les charges sont ramenées sur des éléments plans disposés
parallèlement.

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Ces éléments sont, soit des portiques, soit des arcs.

D'une manière générale, lorsqu'il s'agit de porter des planchers, on utilise plus facilement des portiques
qui offrent, par leur traverse, un élément plan et horizontal propice à l'appui des éléments de planchers.

Attention à différencier le type de structure du mode de construction. Un arc peut être constitué d'un profil
simple ou d'un treillis plan ou spacial sans que cela change le principe de son comportement en grand.

Les différents types de portiques vous sont connus. Ils sont répartis en deux groupes; encastrés ou
articulés en pied.

La conséquence du déplacement de l'encastrement est une répartition différente des moments et donc
un déplacement de la matière (l'articulation en pied permet un affinage du pied de béquille). Se sont des
systèmes hyperstatiques.

Il existe des portiques à trois articulations (articulation au centre de la traverse). Cette articulation
supplémentaire ramène le portique dans le domaine isostatique.

Le système à portiques est décliné à l'infini dans la plupart des constructions industrielles.

On peut également construire des portiques à plusieurs étages et à travées multiples. Les ossatures
métalliques d'immeubles sont souvent traitées ainsi.

Le système de portique ou d'arc est autostable dans son plan (il ne nécessite pas de contreventement
dans le plan du portique) mais doit être contreventé transversalement.

Ce contreventement est organisé autour d'une ou plusieurs palées de stabilité et des pannes sablières
(ou autre élément similaire) qui permettent le transit des efforts vers la zone stable.

2.2. Les systèmes poteaux poutres


Il s'agit du système le plus simple dans lequel on appuie directement sur les têtes de porteaux, des
poutres qui reçoivent redirigent les efforts.

Ces bâtiments sont donc constitués d'une structure linéaire verticale recevant, sans encastrement, une
structure linéaire horizontale.

Les éléments horizontaux fonctionnent, de manière générale, suivant un schéma de poutre sur deux
appuis. Ils sont nécessairement plus résistants que leur homologues des portiques qui bénéficient de
l'encastrement sur la béquille (réduction du moment en travée induite par l'effet de l'encastrement aux
appuis).

Par contre, les poteaux sont moins sollicités et ne travaillent qu'en compression (avec la sujétion de
flambement).

Ces structures ne sont stables dans aucune des deux directions horizontales. Elles doivent être
contreventées dans les deux directions.

Elles présentent l'avantage de faciliter les liaisons entre la poutre et le poteau (simple articulation), et
permettent d'obtenir des poteaux fins (pas de moment dans le poteau).

- Exemple : Centre Beaubourg dans lequel les poteaux extérieurs reçoivent les grandes poutres
sur une articulation équilibrée par le tirant vertical via la "gerberette". Ce bâtiment est contreventé par des
X dans les deux directions principales.

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2.3. Les Structures Spaciales
Il s'agit de structures dans lesquelles l'organisation de la matière s'opère dans les trois directions. Le
système d'ossature comprend une certaine quantité de matière organisée de manière à occuper un
volume supérieur à son volume propre. Les caractéristiques géométriques d'inerties sont donc
améliorées par rapport à l'utilisation classique.

Ce type de structures offre des possibilités de franchissements très importants (100 m voire plus) et
permet de gagner de la portée dans les deux directions lors de la mise en oeuvre de nappes. Nous allons
revenir sur ces éléments.

La réalisation des ces structures complexes passe par l'utilisation de sous-ensembles plus simples que
nous appellerons les "éléments de charpentes".

3. LES ELEMENTS DE CHARPENTES


Tous ces éléments peuvent être utilisés simplement ou combinés entre-eux pour former une structure
plus complexe.

3.1. Les éléments simples :


Les ouvrages de charpentes complexes peuvent être réalisés au moyen d'éléments très simples (Tour
Eiffel avec de la cornière).

On trouve, dans le commerce, des éléments préfabriqués regroupés sous l'appellation PCC (profilés
courants du commerce).

Les plus connus sont les profils laminés à chaud dans lesquels on retrouve les célèbres IPE.

De nombreuses formes et dimensions de profilés permettent de traiter un grand nombre de cas


courants.

3.2. Les PRS :


Il s'agit des Profils Reconstitués Soudés obtenus par assemblage par mécano-soudure d'éléments
divers (en général des plats).

Cette technique est employée pour obtenir des profils sortant de la gamme des PCC (très grands I par
exemple), ou des profils présentant une forme particulière (poutre à inertie variable).

Ces PRS peuvent être à âme pleine ou ajourée pour une recherche de gain de poids.

Beaucoup de portiques sont réalisés avec des PRS.

Sujetions principale des PRS : Le voilement et le déversement de l'âme.

Réponse : Epaississement de l'âme

Raidissement par goussets

Raidissement par ondulations.

3.3. Les Eléménts Plans


Il s'agit d'une application directe de la recherche de rigidité en rationnalisant les poids.

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Le théorème de Huygens nous enseigne que l'inertie d'une section par rapport à un axe quelconque croit
comme le carré de la distance entre l'axe et le CdG de la section. (I = I0 + S x d²)

La Poutre Treillis :

La recherche de l'éloignement de la matière par rapport à l'axe neutre (qui s'exprime, au départ, par la
géométrie du profil en I) amène, en allégeant l'âme du I au concept de la poutre treillis. C'est l'archétype
de la structure plane.

Dans celle-ci, les diagonales et traverses maintiennent de la matière éloignée de l'axe neutre. Les efforts
transitent par les barres, des points d'application, vers les points d'appui. Chaque barre doit donc être
vérifiée par les procédés de calcul des éléments en treillis (le plus connu étant les épures de Crémona).

La ruine de ce type de poutre intervient en général par flambement d'une diagonale, rupture d'un noeud
ou déversement général.

Cette poutre est très rigide dans son plan. Elle ne l'est pas hors du plan.

La forme du treillis détermine la dénomination précise de la poutre (poutre en N Pratt, en V Neuville, en


croix Warren...).

Terminologie : Membrure (basse, haute), Montant, Diagonale (cf lexique)

Suivant l'organisation du treillis, les diagonales et montants travaillent différemment (traction -


compression).

On signale, pour mémoire, la poutre échelle, qui est l'expression la plus simple de la poutre treillis dans
laquelle les montants sont comprimés.

L'essentiel consiste en la recherche d'une inertie maximale avec un poids minimum.

On remarque qu'historiquement, la poutre treillis a été extrêmement utilisée. Cette utilisation a été
facilitée par la maîtrise de la technique d'assemblage par rivets.

3.4. Les Structures Tridimensionnelles :


La poutre tridimensionnelle :

La poutre treillis permet d'obtenir de l'inertie dans un plan, la poutre tridimensionnelle dans deux plans.

Pour répondre à des cas de charges nécessitant une grande raideur dans les deux directions ou pour
permettre d'augmenter l'inertie verticale sans engendrer de déversement, on a développé le concept de
la poutre tridi, qui présente une stabilité parfaite.

La terminologie est la même que pour les poutres planes

Les portées potentielles de ces éléments dépassent 100 m. C'est le symbole de l'architecture hi-tech
des années 70 à 80.

Nappes :

La nappe la plus simple est constituée d'un réseau de poutres simples, disposées en générale de façon
orthogonale et reposant sur des appuis disposés en rives. Lorsque les appuis forment un carré, les
efforts sont également répartis dans la nappe dans les deux directions.

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Pour augmenter la capacité de la nappe, on peut remplacer les poutres simples par des poutres planes
ou tridimensionnelles. On obtient alors une nappe spaciale apte à reprendre des efforts importants dans
toutes les directions.

Le potentiel de franchissement de ces ouvrages atteint facilement 60 à 80 m.

3.5. Eléments divers :


- Gousset

- Platine

- Fourrure

- Sommier cf lexique

4. LES ASSEMBLAGES
On dispose de quatre types d'assemblages :

-1- L'assemblage riveté.

-2- L'assemblage boulonné.

-3- L'assemblage soudé.

-4- L'assemblage par axe.

Il faut noter que la configuration de l'assemblage défini la condition de liaison (encastrement ou


articulation simple ou rotule).

Remarque sur la spécificité des assemblages en construction métallique : Lorsque nous avons évoqué
les ossatures en béton armé, nous n'avons pas isolé la question des assemblages. La technique de
mise en oeuvre du béton armé favorise essentiellement la réalisation d'assemblages rigides et la matière
a tendance à masquer l'organisation mécanique réelle.

Au contraire, la construction métallique impose d'identifier les conditions de liaison entre éléments, ainsi
que l'organisation de ces liaisons dans le cadre du fonctionnement mécanique de la construction.

On retiendra en premier lieu qu'un neud de charpente métallique est pratiquement toujours épuré; c'est à
dire que les divers composants du noeud sont agencés de façon à ce que leurs axes neutres se
rejoignent au "point d'épure du noeud".

Le désépurage des noeuds engendre des contraintes secondaires très néfastes.

La recherche de l'épure confère aux noeuds de charpente leur caractère soigné et expressif, quelle que
soit la technique d'assemblage utilisée.

4.1. Les assemblages rivetés :


Le rivet est une pièce métallique constituée d'un corps (le collet) et d'une tête qui est mise en place dans
un percement et dont l'extrémité est ensuite matée du coté opposé à la tête afin de relier deux pièces
ayant un contact plan.

L'effet de liaison s'opère du fait de l'impossibilité de la tête du rivet ou de la partie matée de passer à
travers le trou. Par ailleurs, le matage du rivet induit un effet de serrement qui plaque les deux pièces à
relier l'une contre l'autre.

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Ce type de liaison a été longtemps le seul moyen d'assemblage disponible avant l'apparition de la
boulonnerie de haute qualité et de la soudure.

On notera que la méthode de mise en oeuvre rend difficile la réalisation d'encastrement.

Compte tenu des diamètres maxima pouvant être mis en oeuvre et de la relativement faible force de
serrage développée par chaque rivet, les assemblages comptent un nombre important de rivets, ce qui
confère un aspect particulier à ces ouvrages.

Aujourd'hui, le rivetage n'est plus utilisé en dehors de la restauration des ouvrages anciens ou dans le
cadre d'une utlisation à des fins esthétiques.

4.2. Les assemblages boulonnés :


C'est un des deux modes d'assemblage modernes qui sont universellement utilisés de nos jours.

Constitution d'un boulon :

- Vis, Ecrou, Rondelle.

La boulonnerie est devenue très performante dans la deuxième moitié du 20 eme siècle, notamment
avec l'apparition des boulons "H.R." (haute résistance). Ce sont des boulons qui possèdent des
caractéristiques mécaniques élevées permettant un serrage efficace. Ce serrage provoque, à l'intérieur
de l'assemblage, un état de précontrainte (tension dans le boulon, pression entre les pièces reliées).

L'effort de serrage induit par les boulons est suffisamment important pour générer des forces de
frottement entre les pièces serrées. Ces forces de frottement s'opposent aux efforts de glissement entre
les deux pièces. Le cisaillement est, dans ce cadre, repris, non pas par le boulon, mais par le frottement
entre les deux pièces.

Ce fonctionnement autorise la mise en oeuvre d'assemblages entre pièces très fortement sollicitées.
Des efforts de plusieurs dizaines de tonnes transitent dans les assemblages boulonnés.

L'assemblage boulonné est aisément mis en oeuvre sur chantier et facilite la fabrication en atelier des
éléments d'ossature. Il convient parfaitement bien aux éléments prévus pour être démontables, mais les
assemblages boulonnés ne sont pas considérés comme provisoires et interviennent également dans les
structures définitives.

On notera que ce type d'assemblage est aisément contrôlable (par clé dynamométrique).

Enfin, les assemblages boulonnés ont un comportement favorable en cas de sollicitations de type
sismique. L'elasticité de ces assemblages évite en partie la concentration des contraintes aux noeuds.
L'étude du comportement de la structure sous sollicitation sismique prend en compte de nombreux
facteurs parmis lesquels on trouve le facteur d'élasticité aux noeuds qui varie suivant le mode
d'assemblage retenu (rigidité maximum avec la soudure, meilleures élasticité avec le boulonnage).

L'organisation spaciale des noeuds impose de prendre des dispositions favorisant la mise en oeuvre. En
particulier, il est souvent intéressant de reporter les éléments d'assemblage à quelque distance de
l'épure du noeud. On réalise dans ce cas une "pièce de noeud" comportant des départs vers les barres
qui doivent arriver au noeud -des moignons-. Ces moignons portent en bout des platines de liaison sur
lesquelles on fixera les éléments de structure.

4.3. Les assemblages soudés :


La soudure s'est généralisée il y relativement peu de temps pour deux raisons principales :

. Son utlisation nécessite une source électrique puissante et régulière

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. Les aciers doivent avoir une composition chimique permettant la soudure, ce qui n'était pas le cas des
aciers anciens.

La méthode de soudure permet de constituer un assemblage par continuité de matière. En effet, la


soudure consiste en la mise en place, par élévation de température, d'un bain de métal en fusion qui
s'unit aux pièces à relier. L'échauffement est obtenu par création d'un arc électrique entre une électrode
métallique et les pièces à souder.

La qualité du métal d'apport est toujours supérieure à celle des aciers à souder.

La technique de soudure est riche de nombreux détails (type et dimensions des cordons, organisation du
joint, qualité du métal d'apport...) et permet des interventions efficaces dans la quasi-totalité des cas.

La soudure se pratique préférentiellement en atelier, avec du matériel lourd (soudure semi-automatique)


permettant la réalisation de cordons très réguliers et de qualité parfaite.

Elle peut également se pratiquer sur chantier au moyen de postes légers. Les conditions de mise en
oeuvre étant moins bonnes, le risque de malfaçon est plus important. Au titre des malfaçons les plus
courantes, on relèvera les points suivants :

. Effet de "collage" par défaut de soudure en profondeur (mauvaise distance électrode - métal).
Dans ce cas, les pièces semblent fixées, mais la liaison n'est pas une liaison à coeur, c'est un simple
collage qui n'offre aucune résistance.

. Effet de bullage du cordon (inclusion de laitier dans le cordon).

. Mauvais état de surface des pièces à souder (présence de corps gras).

. Baguettes défectueuses (baguettes humides ou trop vielles, inadéquation entre le métal d'apport
et le métal des pièces à souder...)

Contrôle :

Le contrôle des soudures s'effectue par radiographie. Il est très performant, mais relativement onéreux.
L'aspect visuel d'une soudure ne renseigne que très partiellement sur la qualité réelle de la soudure. Il
convient, pour en apprécier la qualité, de conduire une auscultation en profondeur pour déterminer le
niveau de liaison à coeur.

A noter qu'une soudure ne se meule jamais.

On retiendra, en première approximation, qu'un cordon de soudure de taille classique (4 mm) reliant deux
pièces et subissant une traction, présente une résistance de l'ordre de 1000 à 1500 daN/cm linéaire de
cordon.

Cette valeur illustre les capacités mécaniques très élevées de la soudure.

La soudure entre deux pièces est une des solutions pour obtenir un encastrement.

- Aspect sismique : Comme on l'a déjà évoqué, l'assemblage soudé, du fait de sa rigidité,
présente une réaction aux sollicitations sismiques qui n'est pas favorable. Le coefficient d'amortissement
dans le cas des soudures est en effet plus faible que pour des assemblages boulonnés.

4.4. Les assemblages par axe :


On l'a vu, l'ossature métallique favorise l'expression des concepts fondamentaux de la statique. On
observe très fréquemment des constructions qui expriment de façon explicite, par exemple, le
cheminement des efforts dans les contreventements (on pense notamment aux X de contreventement

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du centre Beaubourg). Au niveau des assemblages, cette remarque prend une dimension toute
particulière. Le traitement des différentes conditions d'appui amène à des formes adaptées qui favorisent
la lecture de l'organisation mécanique. A ce titre, l'assemblage par axe est une illustration parfaite de
l'expression de la réalité mécanique.

L'assemblage par axe est la parfaite expression de l'articulation.


Terminologie : - Axe
- Goupille
- Flasque
- Cadenne cf lexique
On remarquera que l'axe travaille en cisaillement pur dans la mesure où les flasques de la cadenne sont
suffisamment rapprochés pour éviter la flexion dans l'axe.

L'assemblage par axe permet un montage aisé. Il se décline à toutes les échelles et autorise le passage
de fortes charges.

5. LES PLANCHERS SUR BACS ACIER


Il s'agit du mode de plancher le plus couramment associé aux ossatures métalliques. Le principe est de
réunir, dans un seul produit, les fonctions de coffrage et d'armature de dalle (un peu à l’instar de la
prédalle).

On utilise une tôle largement nervurée et garnie de reliefs qui assurent l'adhérence entre le béton et la
tôle, et l'on coule une dalle collaborante sur la tôle. Le couple acier béton joue de manière traditionnelle,
mais avec l'acier situé en dehors de la dalle.

Ces planchers ont un sens de portée unique, donné par la direction des ondes (sens parrallèle aux
ondes). Les deux rives latérales ne sont pas sollicitées.

Les épaisseurs courantes de ces dalles sont comprises entre 11 et 20 cm pour des portées de 2,5 à 4,5
m environ et des charges pouvant atteindre 1000 daN/m².

Le principe de ces dalles offre une grande facilité de mise en oeuvre (en dehors des sujétions
d'étaiement) et en permet l'utilisation dans de nombreux cas. Les découpes sont aisées et la
manutention des bacs est facile.

On notera que, très rapidement, l'espacement des porteurs conduit à l'apparition d'une sensation
d'élasiticité parfois désagréable, et que, d'une manière générale, on préfère rapprocher les éléments
supports et en diminuer la taille unitaire, ce qui permet d'éviter l'aparition de ce phénomène.

Dans ces planchers, comme pour des planchers bois, on parlera de solives pour les poutres
perpendiculaires au sens de portée.

Remarque sur le positionnement des bacs sur les solives : Dans le cas ou les solives sont des IPE ou
des H, afin de gagner en épaisseur, on peut positionner le bac sur un profil-cale installé dans la hauteur
de l'âme du profil. La cale est appuyée sur l'aile basse et la hauteur est choisie pour amener la surface
brut de dalle de plancher au niveau souhaité. Une partie de la hauteur du profil de solive est ainsi noyée
dans la dalle. Cette organisation interdit par contre la prise en compte d'une continuité sur appui dans le
calcul des dalles.

6. LES PLANCHERS MIXTES


La recherche de raideur et de résistance à conduit à associer deux matériaux dans la constitution d'un
plancher. Le plancher sur bac collaborant est le premier pas dans ce domaine. Il s'agit simplement de la
mise en oeuvre des principes de base de la RDM dans la recherche de l'inertie maximum dans le cadre
d'une configuration donnée. On est ainsi parvenu au concept de "planchers connectés".

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Ces planchers sont constitués d'une dalle liée à son ossature support par des connecteurs. La
solidarisation des deux groupes d'éléments permet de considérer la totalité du montage comme un profil
unique, et de ce fait d'augmenter considérablement l'inertie de l'ensemble (application du théorème de
Huygens).

Toute la difficulté réside dans le calcul des connecteurs et des contraintes engendrées par la liaison
dans la dalle de béton (il s'agit de contrainte de cisaillement pur).

La méthode est très efficace et permet, en première approximation, de gagner au moins une classe sur
le dimensionnement des profils de support (par exemple de passer de solives en IPE 300 à IPE 270).
Ceci représente un gain géométrique (épaisseur du plancher) mais surtout un gain de poids.

On notera que cette technique a été exportée aux planchers sur ossature bois et qu'elle offre de grandes
possibilités dans le cadre de la rénovation.

7. LE COMPORTEMENT AU FEU

7.1. Généralités
Il s'agit bien évidemment du principal problème à régler dans le cadre de l'utilisation de l'acier dans la
construction. On a vu que l'acier perd ses propriétés mécaniques lorsqu'on le chauffe. Il convient donc
de préserver les pièces de structure de l'élévation de température.

Deux pistes sont explorées :

- Réalisation d'une barrière entre les pièces acier et les sources potentielles.

- Protection active avec, dans certain cas, amélioration de la détection et de l'information des
personnes.

7.2. Les barrières thermiques


La coupure thermique est obtenue par mise en oeuvre d'un matériau non thermiquement conducteur
entre le lieu de l'échauffement et la pièce à protéger.

7.2.1. La peinture intumescente


Il s'agit du premier degré de protection. On applique, sur la pièce à protéger, une peinture ayant des
propriétés de réflexion de la chaleur. Cette peinture retarde, un peu, l'élévation de la température de la
pièce en acier.

Les stabilités au feu escomptées avec la peinture intumescente sont de l'ordre du quart d'heure, et, de
plus en plus, cette technique est abandonnée du fait de sa faible efficacité, et surtout du caractère
aléatoire de celle-ci.

7.2.2. Le flocage
Solution très fréquemment adoptée, le flocage consiste en la projection, sur les pièces métalliques, d'un
matériau fibreux (autrefois chargé en amiante et aujourd'hui remplacé par un matériau dépourvu
d'amiante) qui isole thermiquement la pièce métallique.

Cette projection se fait à la lance (propulsion à l'air). Elle est rapide et relativement peu onéreuse.

Les degrés de stabilité au feu obtenus atteignent 2 heures. Les entreprises de flocage délivrent des
certificats après réalisation de la protection qui garantissent au concepteur l'efficacité de la protection.

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On notera deux difficultés dans l'utilisation du flocage :

- Esthétique. Ce procédé n'est valable que dans les parties cachées (sauf à créer un élément de
masquage spécifique.

- Durabilité de la protection, surtout dans le cadre des interventions des corps d'états de second
oeuvre (plombier, electricien...) qui endommagent très fréquemment la couche en réalisant leurs propres
travaux.

On signalera également au même titre, la protection par application de plâtre, directement sur la pièce à
proteger. Cette technique, très employée avant l'apparittion du flocage, est en perte de vitesse
actuellement. Elle présente l'avantage d'offrir une excellente durabilité de la protection.

7.2.3. L'encoffrement
Il s'agit d'une déclinaison de la technique d'isolement par barrière. On réalise cet isolement par mise en
oeuvre d'un coffre en matériaux non-conducteurs. En général, on utilise des plaques de plâtre sur carton
spéciales, offrant un degré coupe feu (placoflam par exemple).

Les détails de mise en oeuvre doivent satisfaire à quelques exigences, notamment en ce qui concerne
les accessoires de montage des plaques qui ne doivent pas constituer des ponts thermiques (agraphes
"clipfeu").

Une variante de ce principe est offerte par les faux plafonds coupe-feu qui, par nature, constituent une
barrière entre les éléments situés au-dessus et le local inférieur.

7.2.4. Variante du flocage, les systèmes de projection de matériaux spéciaux


Il s'agit de la mise en oeuvre d'une gangue de protection des éléments sensibles par projection d'un
produit spécial à base de fibres de céramique (kaowool), masqué ensuite par un habillage séparé de la
guange par une lame d'air. Ce système a été développé par Foster à la Hong Kong Bank, et une variante
(doublage des poteaux par une gangue de Glass Renforced Cement) a été mise en oeuvre sur le
chantier de l'aéroport du Kansaï (R. Piano). Sur ces réalisations, on se reportera aux publications
d'études de ces ouvrages.

7.2.5. Le cas particulier des planchers sur bacs collaborants


La stabilité au feu du plancher sur bacs métalliques collaborants peut être obtenue (sous réserve de
l'accord du fabriquant) par mise en oeuvre d'un ferraillage secondaire suffisamment éloigné de la face
inférieure des bacs pour être protégé par l'enrobage béton. Ce ferraillage est donc surabondant en
configuration normale (hors sinistre) et prend le relais du bac lors de sa disparition durant le sinistre. Un
calcul spécifique "à chaud" doit être conduit pour déterminer la position et la section d'acier à rajouter
pour obtenir la stabilité souhaitée. Cette disposition est particulièrement intéressante car elle dispense du
flocage systématique de la sous-face des bacs (inesthétique et relativement onéreux) ou du doublage
par faux plafond coupe feu (cher).

7.3. Les protections actives

Le sprinklage
Le principe du sprinklage est de refroidir les pièces à protéger par projection, lors de l'incendie, d'eau
sous pression afin de créer une athmosphère humide qui abaisse la température.

Les sprinklers sont répartis sur toute la surface à protéger au rythme de 1/10 m² environ. Ils sont
constitués d'un orifice avec collerette de dispersion. L'orifice est bouché en période normale par une
ampoule remplie de liquide thermodilatable qui éclate, sans aucune intervention, lors de l'élévation de la

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température. Le réseau d'alimentation est prévu pour fonctionner de façon autonome sans recours au
co²urant électrique. Le réseau est alimenté par une ou plusieurs bâches qui distribuent l'eau de façon
gravitaire et maintiennent une pression permanente dans les tuyaux.

On est familiarisé avec ce système qui est très largement employé dans les ERP.

On notera toutefois, à la lumière de l’analyse des causes de l’effondrement des Twins Towers, que lors
de sinistres impliquant des hydrocarbures, la projection d’eau n’est pas une réponse judicieuse.

7.3.1. La Détection Incendie


Dans certains cas, la mise en place d'une détection incendie peut suffire à la protection du public. Il
s'agit, entre autres, de certaines charpentes de couverture. Toutefois, cette solution ne peut être
envisagée que dans des cas bien précis dont l'énumération ne rentre pas dans le cadre du présent
cours.

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