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Lettre ouverte à la direction du collège l'Estaque.

Depuis,quelques temps beaucoup de réflexions m'arrivent sur la direction de notre collège.


Mais, il est coutume dans l'éducation nationale d'éviter de parler des sujets qui fâchent afin de
ménager tout le monde.

Je me sens depuis quelques temps, très mal à cause de cela, car je suis une personne franche qui
aime dire le fond de ma pensée en particulier dans mon métier devant les élèves.

Jusqu'à présent, nous n'avons jamais chercher à discréditer la direction de l'établissement dans ce
mouvement mais plutôt essayer de défendre les moyens pour notre cher collège, pourtant qu'elles
sont nombreuses les réactions "off" en aparté.

Je crois qu'il est temps d'étaler à la vue de tout le monde, les problèmes dans notre collège.
Non pas pour pointer du doigt des personnes mais pour crever l'abscès et faire avancer le collège
ensemble dans une même direction de réussite. Car je pense qu'une grande partie de la
cristallisation de notre lutte est dûe à certaines prises de positions de la direction.

Je tiens à signaler que je m'exprime à mon nom personnel et que je suis prêt à assumer les paroles
qui vont être énoncé sur dans cette présente lettre.

Tout d'abord j'aimerais revenir si vous le permettez sur la lettre envoyé aux parents en début de
mouvement : http://www.scribd.com/doc/28921487/lettreparentsdoc

Voici la première tentative de déstabilisation de la part de la direction.

Comment peut-on nier que le collège l'Estaque ne rencontre pas de difficultés cette année, déjà ?

Je vous donne un premier exemple, rapport de l'exercice incendie du 8 octobre 2009, signé par la
principale et la gestionnaire.
« Une importante bousculade a été constatée à la sortie des salles de classes et dans les escaliers
ainsi qu'au point de rassemblement ».

Au lieu d'accuser les professeur de mal gérer les élèves , personne n' a pensé que les couloirs,
notamment celui du premier étage était peut être trop étroit, vu les conditions de sur-effectif dans
lesquelles nous sommes ?

Je repense au manque de surveillants dans l'établissement, n'a t'on jamais pensé que cela peut
expliquer le « vol » organisé par les élèves de tous les caches interrupteurs du collège et cela à de
multiples reprises jusqu'à celui devant la portes des principales ?
Je pense aussi à une surveillante qui est venue un jour de grève nous dire « quand je suis seule dans
la cours pour surveiller 600 élèves j'ai peur de ce qui peut arriver car je serais incapable d'y faire
face toute seule ».

Va t'on attendre qu'un événement grave se produise au collège pour réfléchir à tout cela?

Et pourtant, cet événement grave au collège a déjà eu lieu cette année.


J'aimerais revenir sur l'odieuse agression de la principale adjointe et ses enfants qui ont été victimes
et qui a profondément choqué les parents et les professeurs: cliquer ici pour voir le lien de l'article
de la Provence.

Je pense que la négation des problèmes est partie de là, dès la publication de l'article un démentie
partiel a été envoyé par mail. Toute la communauté éducative était prête a soutenir Mme Delboulbe
ainsi que de nombreux parents. Mais à la rentrée, on nous a fait comprendre qu'il ne fallait pas faire
« de vagues ».
Et au final, cet événement est passé quasi inaperçu à l'extérieur mais a causé de profonds dommages
à l'intérieur au niveau des personnes de l'équipe éducative et des élèves.
Pourquoi ce dénie constant de la réalité ?

Pour des questions de carrières et de notations ? Non, je ne pense pas.


La direction a cru faire ce qu'il y avait de mieux pour éviter que les années suivantes la frange de la
population favorisée du quartier ne se détourne de ce collège.

Et là, on rentre dans un deuxième problème très important dans notre collège, le clivage entretenu
entre personnes issues de milieux favorisées et ceux défavorisés.
Je pense que ce ressenti dans la différence de traitement est souvent le terreau de la montée de la
violence latente lors de la convocation de parents d'élèves qui posent de gros problèmes de
discipline.
D'ailleurs les CPE subissent et supportent de plus en plus mal cette situation.

Je vais vous donner deux exemples pour étayer mes affirmations.

Tout d'abord, des délégués de parents d'élèves du collège ont rapporté lors de conseils de classe en
quatrième que la direction préconisait à certains de mettre leur enfants en difficultés dans le
privé.
Pouvez-vous contester cela et si non sur quelle argumentation ?

Ensuite, j'aimerais revenir sur le dispositif de la fameuse « 407 » qui a regroupée les élèves les plus
pénibles et plus en difficultés de cinquième. J'ai été personnellement très affecté par cette classe que
j'avais énormément de mal à gérer l'année où mes filles étaient en très bas age (3 mois et 1 an et
demi). J'ai du gérer cette classe en la partageant avec un autre professeur de mathématiques, j'ai
voulu enseigner le calcul sans baisser le niveau d'exigence alors que l'autre professeur (plus au
collège depuis) les faisait « dessiner » en salle informatique. Comment voulez-vous avancer ainsi ?
Et oui, ce ne sont pas les classes européennes que l'on partage mais bien les classes d'élèves en
échec ! Et il a fallu couvrir leurs problèmes, j'avais même à l'époque était convoqué par la
principale précédente pour me « taire » lors du conseil. Cette classe a épuisé plus d'un professeur et
au final quasiment toute la classe avait disparu (ré-orientation et surtout conseils de discipline à
profusion) à la fin de troisième. Pas étonnant ensuite que les résultats au brevet de l'année
précédente soient bons !

Et cela d'amener une réflexion sur l'année prochaine, s'il y a des classes à partager en
mathématiques, comme cela risque d'arriver. Quelles classes seront concernées ?

Maintenant, on peut comprendre pourquoi vous ne comprenez pas le départ du mouvement de lutte.
Car les premiers parents à réagir fortement ont été des parents ne faisant pas partis des catégories
sociales les plus élevées. Des parents que, l'on ne voit jamais aux réunions traditionnelles...
Est-ce une raison pour les mépriser et ne pas entendre leur désarroi , sur une situation plus que
préoccupante au collège ?

Vous avez par votre lettre tenté justement de les discréditer vis à vis des autres et cela n'a pas
marché, je pense par une méconnaissance profonde du tissu social Estaquéen.
Vous avez refusé de voir ce qu'il se passait le soir sous vos fenêtres devant le parvis du collège trop
concentrées sur le travail quotidien, harassant, que vous menez pour le bien du collège et que l'on ne
peut nier.
Des personnes aux cultures et milieux sociaux différents se sont réunis, pour se parler pour se
comprendre, pour s'accepter, pour se fédérer.
Vous nous avez toujours reproché de ne pas assez rencontrer les parents, je peux vous dire que les
profs impliqués n'ont jamais rencontré autant de parents que lors de ce mouvement et compris ce
qui n'allait pas.

Et je pense d'ailleurs, que celui-ci quoiqu'il advienne aura fait plus comprendre les parents et les
profs que 20 ans de réunions parents-profs . Cette lutte commune forte a crée des liens indéfectibles
qui perdureront pour les années à venir. Les professeurs venaient spontanément rester le soir pour
l'ambiance régnant. Enfin la mixité sociale a un sens. Je me rappelle des paroles d'un professeur
délaissant sa femme pour venir à ses soirées: « c'est comme si je suis amoureux, je ne pense plus
qu'à notre lutte commune.»

Le malheur pour tous c'est que de votre côté vous avez continué de nous discréditer, vous ne savez
pas que l'on faisait des réunions d'information pour le mouvement le soir en réunissant plus de
parents que pour des réunions au collège. En ce sens, vous avez minimisé l'impact de l'opération
« collège mort ».

Des instituteurs nous ont même rapportés que vous minimisez et ridiculisez le mouvement de lutte.
Est-ce vrai ?

Après tout cela, comment aurions nous pu être entendu hier après midi car je suppose que vous avez
du avoir le même discours depuis le début avec vos supérieurs hiérarchiques.

Enfin j'aimerais revenir sur un troisième problème de plus en plus grandissant au collège : le
manque de compréhension entre la direction et les professeurs et leur manque de soutien.

Parlons clair, pourquoi vous voulez partager le poste de certaines personnes ? Parce qu'elles ont
rencontrées des difficultés ?. Que le professeur qui n'a pas eu des problèmes dans certaines classes,
lève le doigt ! Vous croyez qu'en partageant leur poste cela leur fera gagner en autorité au sein de
l'établissement ?

Dans cet établissement, ce sont les professeurs établis qui ont le plus d'expérience qui sont le plus
soutenus alors que cela devrait être l'inverse. Ceci est à mon avis à rapprocher de la politique sur
les élèves en difficulté prononcé précédemment. Cela me rappelle mes débuts au collège quand
j'étais encore tout jeune stagiaire en 2000.

Vous devez je suppose vous demander sans arrêt pourquoi les professeurs ne s'impliquent pas plus
au collège pour résoudre les problèmes rencontrées.

Tout d'abord, si certains ont une âme de sacrifice et de don de soi au collège pour résorber le
manque de moyen, ce n'est pas le cas de tous personnellement j'estime que ma vie personnelle doit
être aussi préservée. Cette année j'ai deux heures supplémentaires au collège, étant père de deux
enfants en bas âge, je finis toutes mes semaines complètement crevé et je suis très loin d'être le seul
dans ce cas. Vous comprendrez maintenant mon implication dans ce mouvement, de plus je peux
vous assurer dès maintenant que pour l'année prochaine, je ne prendrais pas d'heures
supplémentaires.

Ensuite, il y a un manque de reconnaissance énorme dans l'éducation nationale et cela va en


grandissant.
Je vous donne encore un exemple personnel, en 2003 j'ai fait un voyage en Corse avec les élèves à
cette occasion j'avais réalisé à l'époque un film qui m'a pris toute les vacances pour le faire. En le
posant sur le bureau du principal de l'époque pas un regard ou un message de félicitation, je me
demande même s'il avait regardé un jour le Cd...
Je m'étais juré de plus m'investir beaucoup dans tout ce qui était informatique pour le collège.
Vous comprenez mieux pourquoi je me préoccupe peu de la tenue du site officiel alors que j'estime
avoir les capacités pour le faire comme le montre ce présent blog.

Cette année, après la rencontre avec la Principale j'avais décidé de présenter un projet scientifique
très novateur, au collège sur les mondes virtuels : http://www.scribd.com/doc/27533779/Opensim-
Et-Education
Ce projet, a été déjà lu en France par près de 400 personnes et appréciés par beaucoup de
formateurs TICE voyant une nouvelle façon d'enseigner tout à fait novatrice. Des Masters en
ingéniérie pédagogique multimédia (deuxième année) sont même venues le voir sur le net.

Mais quand je vois le discrédit que l'on porte sur moi par mail et en copie à tous les professeurs
pour avoir simplement dénoncé les intimidations qu'ont subi les élèves pour la journée de mercredi,
je me dis tout simplement que la direction ne mérite pas de recevoir un quelconque bénéfice de la
part de sa hiérarchie de ce projet qui a pour but de faire prendre conscience aux élèves de leur
potentiel scientifique. Je me chargerais de le faire connaître aux élèves par le biais d'internet sur leur
temps libre.

Voilà je pense avoir fait le tour de tout ce qui me tenait à coeur. Je pense qu'il est encore temps pour
la direction de comprendre ses erreurs et de faire un pas vers nous afin de défendre nos intêrets
communs. Il faut arrêter de vouloir diviser tout le temps car à la fin on se trouve seul est isolé. De
plus, le collège risque d'en subir les conséquences.

Pour certains vous allez dire que ce qui se passe ici est dramatique et indigne d'un collège mais
sachez qu'il y a des situations bien pire que la notre malheureusement, cela vous montre le quotidien
d'un établissement qui fonctionne plutôt bien. La preuve tous les élèves aux alentours veulent venir
chez nous. Imaginez ce qui peut se passer dans les autres et vous comprendrez qu'il est important de
se mobiliser pour l'éducation qui est en grand péril.

M. Simao, Professeur de mathématiques au collège l'Estaque