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Manuel de gîtologie Version 3.1 Michel Jébrak Université du Québec à Montréal, Département des Sciences

Manuel de gîtologie

Version 3.1

Michel Jébrak

Université du Québec à Montréal, Département des Sciences de la Terre

Copyright © 1996 -

Département des Sciences de la Terre Copyright © 1996 - 2007 Michel Jébrak Dernière mise à

2007 Michel Jébrak

de la Terre Copyright © 1996 - 2007 Michel Jébrak Dernière mise à jour : 07/17/2007

Dernière mise à jour : 07/17/2007 13:24:05

Jébrak Dernière mise à jour : 07/17/2007 13:24:05 jebrak.michel@uqam.ca Sommaire A vant-Propos I NTRODUCTION
Jébrak Dernière mise à jour : 07/17/2007 13:24:05 jebrak.michel@uqam.ca Sommaire A vant-Propos I NTRODUCTION
mise à jour : 07/17/2007 13:24:05 jebrak.michel@uqam.ca Sommaire A vant-Propos I NTRODUCTION 1 .1 Notion de

Sommaire

jour : 07/17/2007 13:24:05 jebrak.michel@uqam.ca Sommaire A vant-Propos I NTRODUCTION 1 .1 Notion de gîte minéral

Avant-Propos

13:24:05 jebrak.michel@uqam.ca Sommaire A vant-Propos I NTRODUCTION 1 .1 Notion de gîte minéral 1 .2

INTRODUCTION

1.1 Notion de gîte minéral

1.2 Métallogénie

1.3 Epoques et provinces métallogéniques

1.4 Méthodes d'étude des gîtes minéraux

1.5 Références

2.
2.

LES GÎTES DU PLUTONISME MAFIQUE ET ULTRAMAFIQUE

2.1 Cadre géologique

2.2 Complexes stratifiés à chrome, cuivre-nicke et platinoïdes

2.3 Komatiites à nickel

2.4 Ophiolites à chrome et platinoïdes

2.5 Anorthosites à titane

2.6 Références

3.
3.

LES GÎTES DU PLUTONO-VOLCANISME ALCALIN

3.1 Cadre géologique

3.2 Carbonatites

3.3 Kimberlites et lamproïtes

3.4 Magmatisme alcalin différencié

3.5 Oxydes de fer à Cu-U-Au-REE

3.6 Références

1

4.
4.

LES GÎTES DU PLUTONISME FELSIQUE

4.1 Cadre géologique

4.2 Pegmatites granitiques

4.3 Coupoles à étain-tungstène

4.4 Episyénite à uranium

4.5 Porphyres à cuivre

4.6 Porphyres à molybdène et à étain

4.7 Gîtes métasomatiques à Cu-Pb-Zn-W

4.8 Références

5.
5.

LES GÎTES DU VOLCANISME AÉRIEN FELSIQUE

5.1 Cadre géologique

5.2 Gisements épithermaux proximaux à cuivre et or

5.3 Gisements épithermaux neutres à or et argent

5.4 Maars et diatrèmes alcalins à or

5.5 Remplacements à or et métaux de base

5.6 Références

.5 Remplacements à or et métaux de base 5 .6 Références 6 . LES GÎTES FILONIENS

6. LES GÎTES FILONIENS DE LA CROÛTE MOYENNE ET

PROFONDE

Cadre géologique6 . LES GÎTES FILONIENS DE LA CROÛTE MOYENNE ET PROFONDE Cisaillements à or Filons à

Cisaillements à orDE LA CROÛTE MOYENNE ET PROFONDE Cadre géologique Filons à Pb-Zn-F-Ba 6 .1 6 .2 6

Filons à Pb-Zn-F-BaMOYENNE ET PROFONDE Cadre géologique Cisaillements à or 6 .1 6 .2 6 .3 Filons à

6.1

6.2

6.3

Filons à petits métauxCisaillements à or Filons à Pb-Zn-F-Ba 6 .1 6 .2 6 .3 Références 6 .4 6

Référencesà Pb-Zn-F-Ba 6 .1 6 .2 6 .3 Filons à petits métaux 6 .4 6 .5

6.4

6.5

7.
7.

LES GÎTES DU VOLCANISME SOUS-MARIN

7.1 Cadre géologique

7.2 Ophiolites à Cu-Zn

7.3 Volcanisme bi-modal à Pb-Zn-Cu

7.4 Gîtes de type sedex

7.5 Références

8.
8.

LES GITES SEDIMENTAIRES

8.1 Cadre géologique

8.2 Formations de fer (BIF)

8.3 Gisements de manganèse

8.4 Références

9.
9.

LES GISEMENTS DIAGÉNÉTIQUES

9.1 Cadre géologique

9.2 Cuivre des pélites

9.3 Grès à Uranium

9.4 Gisements à PbZnF dans les couvertures sédimentaires

9.5 Filons en extension

9.6 Références

sédimentaires 9 .5 Filons en extension 9 .6 Références 1 0. LES GITES D ’ ALTERATION

10. LES GITES DALTERATION

10.1 Cadre géologique

10.2 Gisements de nickel latéritique

2

Gîtes d'or supergèneGîtes de manganèse résiduel Bauxites Références 1 0.3 1 0.4 1 0.5 1 0.6 1

Gîtes de manganèse résiduelGîtes d'or supergène Bauxites Références 1 0.3 1 0.4 1 0.5 1 0.6 1 1. PLACERS

BauxitesGîtes d'or supergène Gîtes de manganèse résiduel Références 1 0.3 1 0.4 1 0.5 1 0.6

Référencesd'or supergène Gîtes de manganèse résiduel Bauxites 1 0.3 1 0.4 1 0.5 1 0.6 1

10.3

10.4

10.5

10.6

résiduel Bauxites Références 1 0.3 1 0.4 1 0.5 1 0.6 1 1. PLACERS ET PALEOPLACERS

11. PLACERS ET PALEOPLACERS

11.1 Cadre géologique

11.2 Placers fluviatiles

11.3 Paléoplacers deltaïques à or

11.4 Sables noirs des placers marins

11.5 Références

Avant-Propos

Les ressources minérales constituent un domaine économique important. L'exploration pour l'or ou le fer a souvent été un des moteurs de l'expansion économique des pays développés au cours du XVII et du XIXème siècle. La diversification des besoins en matières premières minérales s'est faite senti r tout au cours du XXème siècle. Dans les pays les plus développés, l'industrie minière connaît une récession depuis une dizaine d'années, à la fois du fait de la découverte de gisements de plus en plus riches dans les pays du Sud et de contraintes sociales et environnementales de plus en plus marquées. Le recyclage vient maintenant concurrencer la cueillette des métaux. Par contre, dans les pays moins avancés, l'industrie minière reste un des moteurs importants du développement économique, même si elle souffre d'un manque de capitaux et de compétences locaux. La recherche et l'exploitation des ressources minérales connaissent donc de profondes modifications. La gestion de ces ressources non renouvelables devra donc prendre en compte de plus en plus la notion de développement durable.

La formation des géologues dans le domaine des gîtes minéraux reste souvent insuffisante. Ainsi, la spécialisation et le cloisonnement des disciplines qui constituent les Sciences de la Terre tendent à masquer leur intérêt économique et social. Nombre de géologues, dans les pays du Sud comme dans les pays du Nord, ne disposent pas des outils nécessaires à une valorisation de leur connaissance théorique. C'est pourquoi ce manuel de gîtologie a pour objectif de présenter aussi succinctement que possible les principales concentrations minérales. Alors que de nombreux bons manuels en anglais ont paru au cours de ces dernières années, il n'existe pas de livre bon marché présentant les grandes lignes de la géologie des gîtes métallifères.

Le présent document est diffusé sur Internet au format du WEB. Il sagit de notes du cours " Gîtes Métallifères " donné en deuxième année du Baccalauréat en Géologie de l’Université du Québec à Montréal. Le cours ne prétend pas à l’exhaustivité, mais donne un aperçu des principaux types de gisements auxquels les étudiants québécois peuvent être confronté. Nous avons choisi de privilégier les gisements et les publications du monde francophone afin d'être le plus proche de nos lecteurs.

Ces notes ne remplacent pas un ouvrage de synthèse. Les lacunes sont nombreuses et l’auteur sera sensible à toutes les remarques qui pourraient lui être adressées par courrier électronique (jebrak.michel@uqam.ca).

Je remercie enfin Michel Gauthier et tous les étudiants de l’UQAM qui ont suivi ce cours pour leurs commentaires, ainsi que Luc Harnois pour la transformation de ces notes au format HTML.

pour leurs commentaires, ainsi que Luc Harnois pour la transformation de ces notes au format HTML.

1. INTRODUCTION

3

11. Notion de gîte minéral

12. Métallogénie

13. Époques et provinces métallogéniques

14. Méthodes détude des gîtes minéraux

14. Méthodes d ’ étude des gîtes minéraux 1.1 Notion de gîte minéral Les minéraux sont

1.1 Notion de gîte minéral

Les minéraux sont à la base des civilisations: après l'âge de la pierre, l'humanité a toujours cherché à diversifier ses sources de matières premières (cuivre, fer, plus de 80 éléments aujourd'hui). L'étude des gîtes minéraux a justifié l’essor de la géologie. Après les alchimistes du Moyen Âge, les premières études scientifiques sont celles des érudits de la Renaissance en Europe Centrale, en particulier Georg Bauer (1494-1555), dit Agricola. Les travaux ont ensuite suivi les développements de la métallurgie, en particulier en Europe centrale et dans l'Ouest américain.

Un gisement est une concentration minérale exploitable économiquement. Le facteur de concentration correspond au taux d'enrichissement en un élément chimique, c'est à dire au rapport entre sa teneur moyenne d'exploitation et son abondance dans la croûte (clarke). Il n'est pas le même pour tous les métaux (tableau 1.1). On distinguera les concentrations métallifères, où l'on va détruire la structure des minéraux pour en extraire un élément, par exemple la sphalérite pour le zinc, des concentrations de minéraux dits industriels où l'on conserve la structure naturelle tout en l'aménageant, comme c'est le cas pour l'amiante.

Tableau 1.1: Concentrations métalliques et facteurs de concentration

élément teneur moyenne teneur facteur de taille des dans la croûte d’exploitation concentration gisements
élément
teneur moyenne
teneur
facteur de
taille des
dans la croûte
d’exploitation
concentration
gisements
continentale
géants (Mt)
Fe
7,4 %
60
%
8
Ti
0,54 %
35
%
65
Ni
0,011 %
3
%
270
>5,8
Pb
16 ppm
10
%
1
250
>1.6
Sn
2,5 ppm
1
%
4
000
>0,25
Au
0,3 ppb
10
g/t (=10 ppm)
30 000
>0,00034

La notion de gisement repose sur une base économique et politique. Ainsi, il y a lieu de prendre en compte plusieurs types de facteurs liés au gisement lui-même, à la structure du marché et à des considérations politiques. La situation géographique (éloignement, coûts de l’énergie et de la main d’’uvre), le mode d'exploitation, les coûts métallurgiques (maille de libération, substances pénalisantes, mode de traitement etc.) sont des facteurs liés au gisement. Les facteurs liés à la structure du marché tel l'existence de monopole, d'oligopole ou une concurrence plus ou moins vive influenceront largement la viabilité d'une exploitation. Les substances minérales jouent également un grand rôle politique et suscitent donc l’intérêt des gouvernements: indépendance énergétique, métaux militairement stratégiques, développement régional et fixation de population, acquisition de monnaie. Les différents métaux présentent donc un intérêt variable dans le temps et dans l'espace.

4

L'étude des gîtes métallifères s'appuie sur un vocabulaire rigoureux. Un gîte est une concentration qui n'est pas toujours exploitable; cette notion va au-delà des tendances immédiates du marché. Un indice est une indication de la présence de minéralisation sans valeur économique; les anglo-saxons utilisent souvent le terme doccurrence, impropre en français. On distingue des unités métallifères à des échelles différentes (Michel et al., 1964). Un corps minéralisé correspond à une continuité des travaux miniers; sa plus grande dimension est généralement inférieure au kilomètre. Un champ correspond à l'assemblage de plusieurs corps; ses dimensions varient de 1 à 10 km. Un district regroupe plusieurs champs; ses dimensions varient de 10 à 100 km. Enfin, une aire ou province métallifère est une vaste zone (au-delà de 100 km) à concentration élevée en gîtes: elle peut prendre la forme d'une ceinture (Routhier, 1980).

Les géologues miniers utilisent des termes précis pour décrire la morphologie des gisements; elle présente une grande importance tant pratique (exploration, exploitation), que pour la détermination des conditions de genèse du gîte. Les principaux termes sont résumés sur la figure 1.1.

Les gîtes minéraux montrent souvent une organisation où alternent les différents minéraux, verticalement ou horizontalement (De Launay, 1900; Spurr, 1907): cette zonalité résulte des variations des conditions de dépôt, synchrones ou non. On observe des zonalités depuis l'échelle régionale jusqu'à celle du corps minéralisé. Emmons (1936) a proposé une zonalité standard basée sur une baisse de la température qui s'applique à de nombreux ensembles hydrothermaux.

qui s'applique à de nombreux ensembles hydrothermaux. 1.2 Métallogénie La métallogénie est à la fois une

1.2 Métallogénie

La métallogénie est à la fois une science fondamentale et une science appliquée. Elle vise à décrire les gîtes minéraux, à comprendre leur mécanisme de formation et à fournir à l'explorateur minier des guides de prospection. Le terme de Gîtologie en désigne la partie descriptive. Laffitte et al. (1965) ont également introduit la notion de métallotecte qui désigne les facteurs conduisant à une concentration et par extension les guides de prospection.

La formation d'une concentration nécessite une source, un transport et un dépôt (Routhier, 1963). Plusieurs conditions doivent être réunies: les éléments et le fluide qui les transporte doivent présenter une mobilité optimale, ce qui dépend notamment de la perméabilité. Il faut disposer de sources d'éléments et d'énergie adaptées. Le volume de fluide doit être suffisant; sa composition doit être adéquate pour permettre un transport; le site du dépôt doit agir comme un entonnoir (Pélissonnier, 1962); enfin, le dépôt doit être conservé durant suffisamment de temps. L'eau constituera l'agent de transport principal des éléments métalliques du fait de son abondance dans la partie superficielle de notre planète: les océans représentent 6% de la masse des continents et la lithosphère contient des minéraux hydratés jusqu'à plus de 40 km de profondeur. Cependant, certains éléments très peu solubles dans l'eau tels le chrome ou le nickel sont mieux concentrés dans des magmas silicatés et formeront alors des concentrations à caractère magmatique.

L'origine des éléments est tantôt familière (locale), tantôt étrangère (Routhier, 1967). Une minéralisation

est syngénétique si elle se met en place en même temps que son encaissant; elle est épigénétique si elle est lui est postérieure. La situation peut être plus ambiguë si la minéralisation est formée au cours de la

diagenèse, ou qu'il n'y a pas un âge, mais des âges

peuvent être distinguées: exogène c'est-à-dire déposé à la surface de la lithosphère, endogène déposé au sein de la lithosphère, supergène déposé dans la zone d'altération météoritique et enfin hypogène déposé sous la zone d'altération météoritique.

Sur le site de dépôt, quatre notions géographiques

Il existe des classes naturelles de gisement, correspondant à certains environnements géologiques et économiques (Kirkham et al., 1995; Eckstrand et al., 1995). Ainsi, les gîtes d'or peuvent être de type placer, de type filon etc. Suivant le critère utilisé, on pourra obtenir des classifications descriptives, pratiques en exploration ou des classifications interprétatives à caractère génétique. On a pu ainsi utiliser

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la substance, la nature de l'encaissant, la morphologie, la température de formation (Lindgren, 1933), le contexte géodynamique (Mitchell et Garson, 1981), les processus génétiques (Routhier, 1967), les relations avec des processus géologiques (Hutchinson, 1982; Guilbert et Park, 1986) ou les types de fluides (Roedder, 1984). La tectonique des plaques forme un cadre où il est intéressant de placer les gisements, mais l’application directe présente parfois des difficultés du fait des différences d'échelle. Nous suivrons ici une démarche pragmatique basée sur la nature des roches associées aux gisements: à chaque lithologie correspondent divers paysages géologiques où se forment les gisements minéraux.

géologiques où se forment les gisements minéraux. 1.3 Époques et provinces métallogéniques La répartition

1.3 Époques et provinces métallogéniques

La répartition des gisements est très anisotrope: ainsi, le bassin sédimentaire du Witwatersrand (Afrique du Sud) a produit plus de moitié de tout l'or du monde depuis 1887 (41 kt; Pretorius, 1991). Un seul gisement, Climax [photos] aux USA a produit 38% de tout le molybdène consommé depuis le début de l'ère industriel. La distribution de la taille des gisements suit souvent une loi fractale (Cox et Singer, 1986). Les gisements géants (superlarge deposits; Laznicka, 1983) jouent un rôle majeur sur le plan économique (Tableau 1.1). De la même manière, on observe des époques particulièrement favorables aux dépôts de certains minerais: la quasi-totalité des gisements de fer rubané est Protérozoïque tandis que la majeure partie des gisements pétroliers provient d'horizons d'âge Crétacé. De nombreux gisements d'or se sont mis en place vers 450 Ma (Ouest américain, URSS, Australie) et 320 Ma (Europe, Tien Shan).

Ces anomalies ont été longtemps inexpliquées. La plupart des métallogénistes ont tenté d'expliquer la formation des gisements minéraux par une succession de processus géologiques ordinaires. Seule une amplitude particulière de ces processus permettraient d'expliquer la formation des très gros gisements. Mais on sait depuis quelques années que le cycle géochimique n'est pas régulier et que la terre a connu des configurations tectoniques et climatiques variées qui ont contrôlé le cycle des métaux. Ainsi, l'absence d'une atmosphère oxydante à l'Archéen permet d'expliquer l'abondance du fer en solution dans les océans et sa précipitation au Protérozoïque. Les périodes de forte production de biomasse et d'amas de sulfures correspondraient à des moments d'activité magmatique et hydrothermale intense au niveau des dorsales océaniques indiquant une tectonique pulsative (Sheridan, 1987; Larson 1991). Si on a considéré autrefois les gisements minéraux comme des monstres indicateurs de processus exceptionnels, il semble maintenant qu'ils constituent des produits ordinaires de l'interface entre géosphère et atmosphère et peuvent traduire des moments singuliers dans l'évolution de notre planète.

moments singuliers dans l'évolution de notre planète. 1.4 Méthodes d ’ étude des gîtes minéraux L

1.4 Méthodes détude des gîtes minéraux

Létude des gîtes minéraux fait appel à lensemble des disciplines des Sciences de la Terre, aussi bien sur le terrain quen laboratoire. Sur le terrain, les principales questions posées sont la nature et la géométrie des minéralisations, leurs relations spatiales avec l’encaissant (conformité ou discordance notamment), l’établissement de chronologie dans une histoire géologique orientée sur la reconstitution des paysages. Il ny a donc pas de méthodes spécifiques, mais un effort vers la mise en oeuvre des méthodes géologiques les plus adaptées. On retiendra toutefois que la cartographie à une échelle détaillée (1/1000 à 1/10 000) constitue presque toujours une étape essentielle.

En laboratoire, les méthodes utilisées devront répondre à des besoins de description détaillée des objets géologiques et miniers et à une compréhension de la genèse des concentrations. La partie descriptive sappuiera en particulier sur une minéralogie détaillée des sulfures (minéragraphie) afin détablir la position des substances économiques et l’évolution des paragenèses minérales. La nature des altérations peut être reconnue par des bilans de masse, basés sur des analyses (majeurs, traces, densité), par les assemblages minéralogiques (Corbett et Leach, 1995), et par des études détaillées des minéraux

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(Meunier et al., 1988). Les relations chronologiques entre minéralisations, altérations et encaissants constitueront également un élément fondamental à éclaircir, en utilisant par exemple les textures de dépôt.

La reconstitution de la genèse des minéralisations portera sur les conditions de dépôt, de transport et la nature de la source des éléments. On devra dabord déterminer l’âge de la minéralisation, par rapport à l’encaissant et à l’évolution géologique, puis dune manière absolue (chronomètres isotopiques). Les conditions de transport et de dépôt pourront être approchées par l’étude des inclusions fluides, les équilibres minéralogiques des minéralisations et des altérations, la géothermométrie isotopique et l’analyse microtectonique. La recherche des sources reste une entreprise difficile, faisant appel à la géochimie des éléments en trace, la pétrologie et la géochimie isotopique. L’élaboration dune synthèse pourra seffectuer au sein dun modèle descriptif (Cox et Singer, 1986) ou dun modèle génétique à caractère systémique exprimant les processus génétiques. La mise au point de guides de prospection et la découverte constituent in fine les éléments décisifs qui permettent de valider les résultats de la recherche.

qui permettent de valider les résultats de la recherche. 1.5 Références Corbett, G.J. et Leach, T.M.

1.5 Références

Corbett, G.J. et Leach, T.M. (1995) S.W. Pacific Rim Au/Cu Systems : Structure, Alteration and Mineralization. Short Course n17, MRDU, University of British Columbia, Vancouver, 150 p.

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Eckstrand, O.R., Sinclair, W.D. et Thorpe, R.I. (1995) Géologie des gîtes minéraux du Canada. Volume P -1 de la série Geology of North America, produite par la Geological Society of America dans le cadre du projet Decade of North American Geology (DNAG). Commission Géologique du Canada, Géologie du Canada n8.

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Lindgren, W. (1933) Mineral deposits, 4ème ed., New York: McGraw-Hills, 930 p.

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des roches, un moyen pour caractériser les circulations hydrothermales. Bull. Soc. Geol. France, t. III, n. 5, pp. 971-

979

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118.

Spurr, J. (1907) A theory of ore deposition. Economic Geology. 10: 713-769.

A theory of ore deposition. Economic Geology. 10: 713-769. 2. LES GÎTES DU PLUTONISME MAFIQUE ET

2. LES GÎTES DU PLUTONISME MAFIQUE ET ULTRAMAFIQUE

21. Cadre géologique

22. Complexes stratifiés à chrome et platinoïdes

23. Komatiites à nickel et cuivre

24. Ophiolites à chrome et platinoïdes

25. Anorthosites à titane

à chrome et platinoïdes 25. Anorthosites à titane 2.1 Cadre géologique Les roches basiques et ultramafiques

2.1 Cadre géologique

Les roches basiques et ultramafiques correspondent à un magmatisme à composante mantellique. Le manteau représente 83% en volume de la terre. Il est composé de dunite (olivine), d’hartzburgite (olivine, orthopyroxène, spinel) et de lherzolite (olivine, pyroxène, spinel). Au voisinage de la surface, le manteau devient plus liquide, puis cristallise sous forme de gabbros, basaltes, andésites etc. Les fluides magmatiques sont éventuellement contaminés par du soufre ou par de la silice lors de leur ascension dans la croûte. Trois grands types de magmatisme basique sont distingués: 1) les complexes stratifiés et les basaltes de plateaux, souvent mis en place en contexte continental; 2) le volcanisme effusif Archéen (komatiites) et post-Archéen (ophiolites) mis en place en contexte océanique; et 3) les anorthosites.

Tableau 2.1: Composition des roches mantelliques Olivine Enstatite Diopside Minéral alumineux
Tableau 2.1: Composition des roches mantelliques
Olivine
Enstatite
Diopside
Minéral alumineux

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Lherzolite 60-70% 20% 5-10% 5-10% plagioclase <30 km 3- km <spinelle<75 km grenat 75 km
Lherzolite
60-70%
20%
5-10%
5-10%
plagioclase <30 km
3- km <spinelle<75 km
grenat 75 km
Harzburgite
70-80%
20%
0 - 5%
spinel 5%
Dunite
95%
chromite 5%

La différenciation magmatique préside à la formation de ces roches et conduit à des concentrations primaires d'éléments métalliques compatibles (Whitney et Naldrett, 1989). Les gîtes minéraux se forment par immiscibilité d'un liquide sulfuré -oxydé dans un bain silicaté. Les métaux concernés sont des éléments intermédiaires: principalement le titane, le vanadium, le chrome, le nickel (70% de la production mondiale dans ce groupe), le cuivre (2% mondial) et les platinoïdes (99% mondial). Fer, manganèse, étain, soufre et cobalt constituent parfois des sous-produits, mais ne sont pas économiques à eux seuls.

sous-produits, mais ne sont pas économiques à eux seuls. 2.2 Complexes stratifiés à chrome, cuivre-nickel et

2.2 Complexes stratifiés à chrome, cuivre-nickel et platinoïdes

Les complexes ignés lités sont de vastes plutons stratifiés qui correspondent à plusieurs pulsions magmatiques différenciées, mises en place dans des cratons. Ces complexes apparaissent dans des cratons d’âge Archéen à Protérozoïque inférieur (2 à 2,7 Ga), mais aussi dans des séries plus récentes. Ils sont localisés sur des zones de faille profonde et ont été associés au début du fonctionnement des points chauds. Les mieux connus sont le complexe du Bushweld (RSA), le grand dyke du Zimbabwe, les complexes de Sudbury (Ontario) et de Duluth (Minessota). Un cas particulier est celui des anorthosites différenciées associées à un plume mantellique; le gisement de Voisey Bay au Labrador (Naldrett et al., 1996) est ainsi associé à la base bréchique d’une troctolite Protérozoïque recoupant des gneiss en limite de deux cratons. La production des complexes stratifiés en Cr, Ni, Cu, V et éléments du groupe du platine (EGP) est très importante.

Tableau 2.2

Typ

Nom

District

Pays

Tonnag

Teneu

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2

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2.

   

Afrique du

           

2

Bushweld

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2

Sud

                 
 

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2

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2

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2.

 

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2

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2

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~

~

~

                 
 

2.

                 
                   

2

2

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Québec

Canada

453

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~

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2.

                 

2

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2

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2.

                 

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2

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2.

                 
                   

2

2

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Ontario

Canada

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2.

               

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2

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2

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~

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2.

 

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2

3

Australia

Australie

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18 dépôts

                 
                   

0.07

%

2.

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2

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Québec

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3

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2.

                 
                   

2

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Québec

Canada

22

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0.8

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~

~

                   
 

2.

           

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2

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Canada

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~

~

3

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2.

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2.

   

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2.

                 
                   

2

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14

~

~

~

~

~

                   
 

2.

                 

2

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0.5

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4

~

~

~

~

                   
 

2.

                 
                   

2

4

Chypre

Grèce

~

~

~

~

Crétacé

~

                   

Les plutons présentent une forme caractéristique en lopolite dont les différentes zones plongent à angle faible vers le milieu des lobes. Ils se mettent en place en contexte d’extension et profitent des zones de faiblesses, ce qui peut leur donner une forme allongée (grand dyke du Zimbabwe). On distingue une base ultramafique et une zone intermédiaire mafique. Les niveaux minéralisés à chrome et platinoïdes sont souvent remarquablement continus (200 km), malgré la présence locale de déformations syncristallisations (par exemple Kemi en Finlande; Stowe, 1994). La chromite cristallise avec de l’olivine, de l’orthopyroxène, parfois du plagioclase. Les gisements de platinoïdes (PGE-reef) sont des couches d'une puissance centimétriques à métrique. Des dépressions imprévisibles (pot holes) d'un diamètre variant de 4 à 300 mètres et profondes jusqu'à 60 mètres, affectent les zones platinifères.

Le plus grand complexe du monde, le Bushweld (12 000 km 2 ) est composé de cinq lobes. La séquence magmatique comprend quatre ensembles de puissance kilométrique: une zone inférieure de dunites et de pyroxénites; une zone critique à différentiation magmatique poussée contenant les minéralisations chromifères et à Cu-EGP-Ni; une zone principale à gabbros, norites et anorthosites et une zone supérieure à gabbros, anorthosites et diorites (figure 2.1). On rencontre les chromitites ferrifères dans la zone critique inférieure où elles forment des horizons continus sur plusieurs dizaines de kilomètres, avec une puissance de 2m. Elles produisent 75% du chrome dans le monde. Dans la même zone apparaissent des niveaux métriques à platinoïdes associés soit aux chromitites, soit à des niveaux pegmatoïdes très différenciés (Merensky Reef, UG-2, Platreef). Les sulfures sont peu abondants. Les associations minéralogiques varient suivant les niveaux. Le principal minéral platinifère, la braggite (PtPdNiS), est associé à d'autres minéraux de platine, d'arsenic, de cuivre et d'or. Les faciès anorthositiques situés plus

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haut dans la séquence contiendront des niveaux de magnétite titanifère et vanadifère, comme dans le Complexe du Lac Doré (Chibougamau, Québec). Les chromites sont plus riches en Fe 2+ et s’appauvrissent en Mg2+ et Cr3+ en montant dans la séquence.

Le complexe de Sudbury ne comprend qu’une seule séquence magmatique. Il se serait mis en place suite à la chute d'un astroblème d'un diamètre de 10 km (Dietz, 1964; Pye et al., 1984). C'est la plus grande zone productrice du nickel du monde. Il est composé d'une séquence différenciée de norite quartzifère à la base, puis de gabbros quartzeux et granophyres. La formation sus-jacente riche en clastes a été interprétée comme une brèche de retombée suite à l’impact. L'ensemble est recouvert de shales et de roches détritiques pouvant contenir des gîtes de zinc de type Sedex, dus au développement d’un système hydrothermal pendant moins de 4 Ma après l’impact (Ames et al., 1997). La structure est asymétrique, due à des charriages tardifs (Milkereit et al., 1992). Ce complexe contient des gîtes de Ni-Cu associés à des niveaux de norites à la base du complexe, ou à des dykes dans l’encaissant. Le minerai est massif, disséminé ou bréchique. L'assemblage comprend fer -nickel (pyrrhotine, pentlandite, pyrite) d'une part et cuivre -fer (chalcopyrite, cubanite, bornite) d'autre part. Le quartz est parfois abondant. Les minéralisations pourraient être dérivées de la croûte précambrienne sous-jacente et concentrées du fait de la contamination du magma basique par la croûte continentale riche en soufre.

Les épanchements de basaltes continentaux peuvent être rapprochés de ce type de contexte. On en connaît à toutes les époques en relation avec le fonctionnement de points chauds et des ruptures continentales: trapps du Dekkan, basaltes de la Colombia river (USA) et du Karoo (RSA). Le district de Noril'sk-Talnakh (Oural) est situé dans le plus puissant ensemble de basaltes de plateau de ce type (3,7 km d'épaisseur) d’âge fini-Permien à Trias (250 Ma), à la limite occidentale du craton sibérien (Naldrett, 1989; Lightfoot et Naldrett, 1994). On ne connaît pas de roches acides; les basaltes montrent des compositions variant de tholéiites surtout, à alcalins (10%), avec des équivalents gabbroiques intrusifs. Les empilements volcaniques mesurent jusqu’à 300 m d’épaisseur au cœur, avec des sills de 10-30 m en périphérie. Ils sont généralement appauvris en Ni-Cu-PGE. La minéralisation est massive (5 à 25 m) ou disséminée, avec principalement pyrrhotine, troilite, pentlandite, chalcopyrite, cubanite. La minéralisation disséminée se situe dans les picrites, dans la moitié inférieure des intrusions, en masses centimétriques dans les gabbros ou de manière interstitielle (figure 2.1). Le cuivre se situe dans les sédiments dolomitiques adjacents au minerai massif. Le district de Noril’sk est le deuxième producteur du monde de platinoïdes après le Bushweld.

Il n'y a généralement pas d'altération aux épontes des complexes. Il existe cependant des modifications très discrètes de la composition des roches magmatiques sous les niveaux minéralisés du fait de la percolation de solution saline.

Ces gisements se forment par un processus de ségrégation magmatique. Il n’y a pas d’enrichissement particulier des magmas primitifs dans les complexes, mais plutôt des processus de ségrégation magmatique efficaces. La formation de la stratification dans ces complexes est attribuée à un phénomène de convection avec diffusion entre différentes chambres magmatiques. Les minéraux peuvent cristalliser simultanément dans différents niveaux magmatiques, se mélanger et cristalliser aux interfaces; des processus de double diffusion, d’expulsion de fluides peu denses dans des niveaux supérieurs par effondrement ont été évoqués (Stowe, 1994). Les concentrations en chrome pourraient être issues du mélange entre un magma d’affinité boninitique (cristallisation précoce d’orthopyroxène et d’olivine) et un magma d’affinité tholéiitique marqué par la cristallisation précoce de feldspaths (Irvine et al., 1983, Hatton, 1989). La chromite ainsi formée s'accumulera par gravité ou par un mécanisme de filtre-presse.

Par ailleurs, la contamination du magma par un soufre issu des roches encaissantes (parfois d’origine évaporitique, comme en Oural) entraînera l'immiscibilité de phases sulfurées (Ni, Pt) qui peuvent cristalliser et se concentrer ensuite par gravité. Une contamination par la silice a un effet comparable. Une chambre magmatique allongée verticalement sera plus efficace pour concentrer les sulfures. Les platinoïdes seront piégés soit chimiquement dans les sulfures, soit mécaniquement dans les chromites. Les niveaux platinifères montrent des signes d'activité hydrothermale et d’une mobilité du chlore.

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Dans un complexe stratifié, on recherchera les niveaux favorables par une analyse pétrographique. On prospectera les concentrations sulfurées cupro-nickélifères par électromagnétisme et par méthode électrique (polarisation provoquée), par la géochimie (sols, arbres) et par la reconnaissance de la violarite. On recherchera les platinoïdes liés aux sulfures à 400-1000 mètres au-dessus de l'apparition des cumulats à plagioclase qui marque une variation importante de la solubilité des sulfures dans la chambre magmatique. Afin de déterminer le potentiel en Pt, on peut déterminer en lithogéochimie quand les sulfures se sont formés à partir de rapport(Cu/Pd, Cu/Pt) et la présence d’un appauvrissement en platinoïdes au-dessus des zones potentielles.

en platinoïdes au-dessus des zones potentielles. 2.3 Komatiites à nickel Les komatiites (de la rivière

2.3 Komatiites à nickel

Les komatiites (de la rivière Komatii, RSA) contiennent une part importante des ressources mondiales en nickel (d'une teneur supérieure à 0,8%) et produisent parfois du cuivre et des platinoïdes. Il s'agit de roches effusives très magnésiennes principalement connues à l'Archéen, formées par fusion partielle de péridotite vers 200 km de profondeur dans un contexte de point chaud. Ce type de gisement a été reconnu dès 1964, sous le nom de type Kambalda [photos] (Australie), ou de gîte des péridotites volcaniques (Duke, 1990).

Les komatiites minéralisées sont limitées aux ceintures de roches vertes d’âge fini-Archéen à Protérozoïque (2,9 à 2,7 Ga) montrant un caractère de rift (Groves et al., 1994). Elles forment des intrusions synvolcaniques, puissante de l'ordre du kilomètre. Elles peuvent passer à des sills différenciés (ultrabasites à la base - péridotite, dunite - gabbro au sommet). Les coulées individuelles de komatiites sont généralement très puissantes (100 m). Voir les exemples de ce type (type 2.3) dans le tableau principal du présent chapitre.

Les amas minéralisés peuvent apparaître à différents niveaux des coulées, mais généralement à la base, dans les premiers termes de l'empilement volcanique, dans des dépressions. L'empilement volcanique présente des variations de faciès très caractéristiques à l'aplomb des minéralisations: disparition des niveaux sédimentaires, apparition de faciès particuliers (harisitiques). Les minéralisations suivent des chenaux correspondant probablement à des tubes de laves. Ils sont puissants de l'ordre du mètre à 10 m, avec une largeur de 50 à 300 m et une longueur de 1000 à 2300 m. La base occupe des dépressions, rarement fermées (pot-hole) dans les volcanites sous-jacentes. Les sulfures sont massifs à la base, disséminés au sommet. On ne connaît pas de stockwerk dans les volcanites sous-jacentes, mais parfois quelques veines minéralisées de remobilisation.

Des lentilles riches en nickel sont également exploitées dans les sills de dunites à intercumulats de chromite et clinopyroxène, à la base des coulées. Plus rarement, la minéralisation est située dans les termes sédimentaires intercoulées ou dans les coulées supérieures. Des formations de fer se développent alors au toit des coulées de dunite - péridotite. Ces roches sont très souvent fortement déformées, ce qui conduit à des reconcentrations tectoniques, par transposition et bourrage dans des charnières souvent synclinales.

La minéralogie des amas comprend pyrrhotine, pentlandite, chalcopyrite, magnétite, pyrite, sphalérite et un peu de carbonates. Les minéraux forment souvent une texture en filet autour des cristaux d'olivine. A Kambalda [photos], l'olivine contient des minéraux riches en éléments du groupe du platine (sperrylite, moncheite).

Les komatiites se forment dans des environnements de plaine de lave, émises par des fissures. Les coulées parcourent vraisemblablement des dizaines de kilomètres. La position des amas dans des dépressions résulterait d'une érosion magmatique ou des jeux de failles syn -volcaniques. La formation de ces gisements fait appel à une origine magmatique directe, avec une sursaturation en soufre du magma avant sa cristallisation. L’origine du soufre est discutée, pouvant provenir d’une contamination

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par la croûte continentale ou par les sédiments déposés entre les coulées, ou d’une saturation lors du refroidissement ou de la décompression du magma. Au delà d’un rapport limite entre les liquides sulfuré et silicaté, des gouttelettes de nickel se séparent, puis se déposent par gravité. La déformation permet localement une augmentation mécanique de la taille de ces gisements.

Le principal guide pour le nickel est la reconnaissance des komatiites, en particulier avec leur structure spinifex: on recherchera les provinces d’âge Archéen supérieur ou au début du Protérozoïque, avec des ceintures de type rift. Au sein des provinces, on cherchera les séquences de komatiites à péridotites. Les komatiites présentent des chromites ferrifères riches en zinc et un appauvrissement en éléments chalcophiles. La plupart des gîtes australiens ont été découverts par leur gossans. Les gisements se regroupent parfois autour de dôme anticlinaux (Kambalda [photos]), mais présentent des tailles très variables. A l'échelle locale, on utilisera la géochimie en roche (Ti, rapport Ni/Cr, déplétion en nickel), la géophysique (magnétisme et électromagnétisme, en particulier polarisation provoquée); les gisements sont généralement dans un niveau de métamorphisme élevé, de faciès amphibolite. Enfin, on observe souvent une absence locale des sédiments, des unités basales très magnésiennes, un contrôle tectonique le long de zones de faiblesse et des creux à la base des coulées.

de zones de faiblesse et des creux à la base des coulées. 2.4 Ophiolites à chrome

2.4 Ophiolites à chrome et platinoïdes

Les ophiolites renferment très souvent des indices de chromites à morphologie complexe, au voisinage du contact manteau supérieur - croûte océanique. On distingue deux types d'ophiolite, les ophiolites lherzolithiques, liées à un manteau appauvri (MORB riche en TiO2) à chromites pauvres en Cr et les ophiolites harzburgitiques associées aux arcs insulaires et aux bassins marginaux, plus pauvres en TiO2 à chromites riches en Cr. Voir les exemples de ce type (type 2.4) dans le tableau principal du présent chapitre.

Les corps de chromite sont irrégulièrement déformés. Ils varient en taille entre 5 et 1200 m de long par 1 à 130 m de puissance, avec des tonnages variant de 10 t à 10 Mt. La chromite est un spinel à composition théorique: Cr2O3FeO, soit 68% Cr2O3. Elle est associée à de l'olivine, des pyroxènes serpentinisés, de la magnétite et des minéraux de Ni (pentlandite). De nombreux remplacements détermineront la qualité des chromites.

Les gisements sont situés dans deux sites: (1) dans des niveaux stratiformes déformés au sein des dunites et (2) sous forme podiforme dans les tectonites mantelliques (Bouladon, 1986).

Les chromites podiformes sont situées dans les dunites des tectonites de base (harzburgites intramantelliques, correspondant à du manteau appauvri): les chromites sont alors de qualité métallurgique (Cr/Fe >1), pauvres en Al, mais parfois enrichies en Pt. Ils occupent des zones de transtension correspondant à des élargissement des ouvertures de conduit magmatique (Leblanc et Nicolas, 1992). Initialement discordants, ils se parallèlisent progressivement avec la déformation ductile (Cassard et al., 1981). Les amas de chromite sont alignés selon la foliation de la masse harzburgitiques, souvent en crayon.

Les chromites stratiformes sont encaissées dans les dunites, à la base des cumulats ultrabasiques, au dessus de l'unité tectonique et donc au dessus du manteau (figure 2.3). Elles sont souvent de type chromite réfractaire (Cr/Fe <1). L’harzburgite est associée avec des dunites, des wehrlites, des pyroxénites, des gabbros et des anorthosites. On observe des restes de structures cumulatives. Les dépôts de chromite ressemblent à ceux des complexes stratifiés, mais dans un contexte tectonique instable, marqué par des arrivées de magmas différenciés et de chromites orbiculaires.

L’origine des chromitites podiformes est associée à des processus magmatiques: fusion partielle incongruente du clinopyroxène dans le manteau, cristallisation fractionnée dans la séquence à cumulats,

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fusion multiple ou cristallisation dans des failles précoces. Dans les tectonites, elles s'accumuleraient soit par une contamination avec l'encaissant, soit sous l'effet d'une phase fluide riche en volatils (CO2, CH4, H2O), à 1000°C et 2-5 Kb, réagissant avec la lave dans les chambres magmatiques situées sous les rides d'accrétion océanique. Les concentrations de chromite se formeraient ensuite par pélitisation et sédimentation dans des conduits magmatiques. La composition des chromites reflère le degré de fusion partielle des péridotites.

Les gisements de chromites ophiolitiques apparaissent plutôt dans les ophiolites harzburgitiques (Ohnenstetter, 1985). Leur prospection régionale repose donc sur une bonne stratigraphie des ophiolites (dunite sous les gabbros). La prospection des volantes est le plus souvent fructueuse (Oman), ou la prospection alluvionnaire. On a utilisé également le contenu en chrome de la racine du genévrier yougoslave. A l'échelle plus locale, on observe des modifications structurales au voisinage des corps minéralisés qui peuvent présenter une position en échelon. En géophysique, on peut utiliser la magnétométrie.

En géophysique, on peut utiliser la magnétométrie. 2.5 Anorthosites à Titane Les massifs d’anorthosite -

2.5 Anorthosites à Titane

Les massifs d’anorthosite - diorite ferrifères occupent des socles fortement métamorphisés, déformés. Ils sont litées et peuvent contenir des niveaux contenant plus de 90% de plagioclase calcique (andésite - labrador), avec des concentrations en ilménite, magnétite, hématite, ulvospinel et un peu de rutile, accessoirement des minéraux de V, Cr, P. On distingue deux types d'anorthosites: (1) des anorthosites à labradorite à titano-magnétite, ou magnéto-ilménite, avec une gangue de labradorite, olivine, pyroxène, apatite, formant souvent des horizons disséminés dans les mangérites; (2) des anorthosites à andésine, type Adirondack, avec hémo-ilménite magnésienne, pauvre en apatite, souvent massives et discordantes, qui pourraient être dues à une contamination crustale (Force, 1991).

Les phases ultimes de ces plutons montrent parfois des assemblages à topaze, microcline -albite, avec des micas riches en Li et F. Des minéralisations en Sn-Be-Zn-Pb-Cu leur sont associées, telles les skarns à étain de Pitkaranta (URSS). Les gisements peuvent être associés à des ferrodiorites ou dans des anorthosites. Dans les ferrodiorites, l’ilménite forment des niveaux concordants. L’ilménite apparaît entre les cumulats de pyroxènes ou d’olivine. Les constituants accessoires comprennent de la magnétite, des sulfures de Ni-Co, de l’apatite, de l’hercynite et des zircons. La nelsonite est un faciès particulier à ilménite et apatite, occupant des corps souvent discordants.

Les gîtes de titane constituent des corps tabulaires, d'une puissance de l'ordre de quelques dizaines de mètres et un diamètre de l'ordre du kilomètre. Les roches riches en ilménite forment également des dykes tardifs recoupant les anorthosites. La taille des gîtes est de l'ordre de 1 à 300 Mt, exceptionnellement 1 Gt, avec 32-45% Fe, 10-45% TiO2, V <0,2%. Au Québec, le gisement du Lac Tio est un des six gisements du district du Lac Allard, découvert en 1946. Il a produit plus de 40 Mt et représente 19% des besoins mondiaux. Le minerai est constitué par des cristaux centimétriques d’ilménite (75%) et d’hématite (25%), avec un teneur de 32 à 36% TiO2. Les gisements norvégiens de Tellnes et Storgangen représentent 12% des besoins mondiaux (19,5 Mt de production, 40 Mt de réserves, 18,5% TiO2)

La formation de ces anorthosites a été reliée à une isolation thermique du manteau au Protérozoïque. La rupture du grand continent Protérozoïque s'accompagne entre 1790 à 1340 Ma d'un abondant volcano- plutonisme bimodal, avec des granites à texture Rapakiwi, des gabbros et des anorthosites. Ce magmatisme dessine une vaste ceinture s'étendant de l'Ukraine à l'Arizona. Force (1991) suggère deux modes de concentration en titane, l’un orthomagmatique, l’autre par métasomatisme, du à une contamination du magma par des roches encaissantes riches en titane. Dans le premier cas, la formation des gisements serait associée à la formation d’un magma titané immiscible à des températures inférieures à 1000°C. Un système de filtre-presse ou une sédimentation cristalline (forte densité du

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magma titané) lors de l'intrusion de l'anorthosite permettrait une concentration supplémentaire. Ce processus est comparable au processus d’immiscibilité des magmas sulfurés dans les gisements de nickel et cuivre. Ces gisement se mettraient en place vers 13-22 km de profondeur.

On prospectera ces gisements de titane dans les zones différenciées des grandes intrusions anorthositiques. L'utilisation des minéraux lourds (ilménite, magnétite) permet de tracer les indices. La gravimétrie permet de différencier des zones plus denses dans les anorthosites. Le magnétisme est un bon outil.

dans les anorthosites. Le magnétisme est un bon outil. 2.6 Références Ames, D.E., Watkinson, D.H., Parrish,

2.6 Références

Ames, D.E., Watkinson, D.H., Parrish, R.R., Gibson, H.L. (1997) U/Pb geochronology indicates major hydrothermal system induced by Paleoproterozoic Sudbury impact event. GAC-MAC, Ottawa, p. A2

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with magmas. Reviews in Economic Geology, vol. 4, 250 p. 3. LES GÎTES DU PLUTONO-VOLCANISME ALCALIN

3. LES GÎTES DU PLUTONO-VOLCANISME ALCALIN

31. Cadre géologique

32. Carbonatites

33. Kimberlites et lamproïtes à diamants

34. Magmatisme alcalin à Sn-Nb-Ta

35. Oxydes de fer à Cu-U-Au-REE

alcalin à Sn-Nb-Ta 35. Oxydes de fer à Cu-U-Au-REE 3.1 Cadre géologique Le magmatisme alcalin traverse

3.1 Cadre géologique

Le magmatisme alcalin traverse la croûte continentale; il est issu de la différenciation du manteau en profondeur. Il s'agit d'un milieu de haute pression et de haute température riche en CO 2. La subduction de la croûte océanique l'enrichi en eau et en carbone. Le magmatisme apparaît au niveau de points chauds ou de plumes mantelliques (hot spot) dans un contexte anorogénique. Un environnement distensif permet le passage direct du magma mantellique vers la surface. L'interaction de ce magma avec la croûte produira des roches hybrides (roches sub-alcalines, fénites). En surface, les fortes concentrations primaires en éléments incompatibles pourront être encore enrichies par l'intempérisme.

Plusieurs grandes associations ont conduit à des gisements économiques:

Les carbonatites sont composées à plus de 50% de calcite (ou sövites) et/ou de dolomite, avec de l'apatite, de la magnétite et des minéraux accessoires. Elles produisent du niobium, sous forme de pyrochlore et des terres rares. Elles peuvent être enrichies en Fe, Sr, Ti, Mo, Ta, U, Cu, Zn, vermiculite et platinoïdes;

Les kimberlites sont des diatrèmes de péridotite alcaline porphyrique, à olivine corrodée, phlogopite, ilménite magnésienne et grenat pyrope, dans une matrice fine. Elles produisent 50% du diamant dans le monde, le reste provenant d'alluvions;

Les granites alcalins à Sn-Nb-Ta-P des complexes annulaires et leurs pegmatites associées;

Les oxydes de fer à Cu-U-Au-(REE) associés à des plutons Rapakiwi ou à un volcanisme alcalin.

Tableau 3.1

Typ

Nom

District

Pays

Tonnag

Teneu

Substan

Autre

Age

Divers

e

     

e

r

ce

substan

encaissant

 
 

TV Mt

 

principa

ce

 
 

le

 

16

 

3.

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3

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1

Dongar

~

~

~

                 
 

3.

                 
                   

3

1

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~

Brésil

460

3

Nb2O7

~

~

~

                   
           

6.8

ct/t

       

Western

40 M carats

3.

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c.

Protérozoiq

3

Australi

61

~

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1

e

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ue

   

a

   

rat

 
   

ct/t)

     
   
 

3.

                 
                   

3

1

Cargill

Ontario

Canada

~

~

PO4

~

~

~

                   
 

3.

   

Afrique

 

11.2 M

       

3

Jwaneng

~

~

c.

~

~

130

$/carat

1

du Sud

carats

diamant

             
 

3.

   

Afrique

 

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3

Kimberley

~

~

c.

~

~

110

$/ct

1

du Sud

carats

diamant

             
 

3.

Mountain

Californi

             

3

USA

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Ox RE

     

1

Pass

 

8.86

~

~

~

 

e

             
 

3.

   

Afrique

 

1.4

M

       

3

Namdeb

   

c.

   

320

$/carat

1

~

du Sud

~

carats

diamant

~

~

             
 

3.

Niobec St

               

3

Québec

Canada

38.5

0.7

 

Nb2O6

     

1

Honoré

~

~

~

                 
 

3.

                 
                   

3

1

Oka

Québec

Canada

25.6

0.44

Nb2O5

~

Crétacé

~

                   
 

3.

                 

3

Okurusu

 

Kenya

   

CaF2

     

1

~

~

~

~

~

~

                   
                   

U. Ni.

3.

Afrique

magnétite.

3

Palabora

~

1200

0.59

Cu

P2O5

~

baddalaye ite.

1

du Sud

               

Vermiculite

   

(réserve 1995)

 

3.

Strange

 

Labrad

     

2.99%

 

0.29% Nb.

3

~

50

0.38

Y

~

1

Lake

or

Zr

0.076% Be

           
 

3.

White

Colorad

           

sur 1.6 Gt à

             

3

1

Earth

 

USA

41.8

13.2

TiO2

~

~

10.9 % TiO2

 

o

           
               

6.2%

   

3.

             

oxydes

   

3

5

Bayan Obo

~

Chine

20

35

Fe

~

~

             

de REE

   
 
 

3.

                 
                   

3

5

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~

Chili

1000

50

Fe

~

~

~

                   
 

3.

Grنngesbe

               

3

 

Suède

400

55

 

Fe

     

5

~

~

~

~

 

rg

               
 

3.

Igarape

Amazon

         

Protérozoiq

 

3

Brésil

~

~

Cu

Au

~

5

Bahia

ie

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3.

                 

3

Iron Knob

 

USA

126

61

 

Fe

     

5

~

~

~

~

                   
 

3.

Kirunavaar

             

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~

Suède

2600

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Fe

~

~

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3

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~

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~

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17

 

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3.

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Protérozoiq

3

Australi

2000

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1.6% Cu

0.06% U-3O8

5

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e

ue

 

a

         
       
 

3.

                 

3

Pea Ridge

Missouri

USA

136

56

Fe

     

5

~

~

~

                   
                3.2 Carbonatites Les complexes de carbonatites comportent

3.2 Carbonatites

Les complexes de carbonatites comportent des ijolites, des malignites, des pyroxénites et des roches à carbonates abondants; ces dernières se présentent généralement en dykes ou en petites intrusions et se rencontrent presque exclusivement dans les ijolites-malignites et les roches associées.

On distingue des sövites, à calcite dominante et des beforsites, à dolomite. Pyrochlore, colombite, tantalite, bastnaesite, apatite, feldspaths alcalins sont souvent présents. Le phosphore et le fer (sous forme de magnétite et d’hématite) sont souvent abondants. Par rapport aux roches sédimentaires, les carbonatites sont donc enrichies en Nb, Zr, Ti, U, Th, Sr et terres rares légères. Elles sont exploitées pour le niobium, le fer, parfois le titane (perovskite-leucoxène). Les carbonatites à pyroxène de type Palabora constitue un troisième type plus rare et contiennent des minéralisations à magnétite, olivine, apatite, phlogopite.

Les carbonatites sont souvent situées dans des zones de faille ou au cœur de complexes alcalins. Leur forme est plus ou moins circulaires à elliptiques (figure 3.1). Le cœur et la base des pipes sont constitués de carbonates plus ferrifères. Les coulées de carbonatites sont plus rares. La minéralisation occupe généralement un croissant à la périphérie des pipes et peut former des corps tabulaires puissants de 50 m. Les carbonatites sont souvent entourées d’une zone d'altération, ou fénitisation, qui obscurcit les contacts. La fénitisation est une désilicification accompagnée d'un développement d'aegyrine, de riebeckite et de feldspaths alcalins. Elles sont potassiques, mais leur composition dépendent également de la nature des roches encaissantes. La zonalité des altérations est marquée par un métasomatisme potassique au sommet et des altérations plus sodiques en profondeur. Les halos de fénites peuvent s'étendre jusqu'à 4 km autour de l'intrusion

Une altération tropicale supergène pourra jouer un rôle important, en permettant un enrichissement résiduel. Ce type est bien connu au Brésil, à Araxa, où la riche minéralisation primaire en niobium devient un minerai meuble exploitable en carrière.

Les carbonatites se formeraient dans un contexte d'extension et de dôme lithosphérique. Deux hypothèses ont été proposées pour expliquer la genèse de magma aussi particulier, soit la cristallisation fractionnée de magmas alcalins riches en CO2, soit la séparation d'un magma à composition néphélinitique en deux magmas carbonaté et silicaté, lors d'un abaissement de la température. Au cours de la remontée, la baisse de la pression provoquerait une séparation de fluides riches en volatils et en CO2. L'enrichissement en éléments économiques (Nb, F) se produit souvent au cours de processus d'altération hydrothermal post-magmatique. L’interaction avec des fluides météoritiques permet le dépôt sur le site de mélange (Palmer et Williams-Jones, 1996).

Du fait de leur chimisme qui favorise l'altération de surface, les carbonatites affleurent peu et sont souvent marquées par des lacs circulaires. Elles sont souvent situées à l'intersection de linéaments. Les meilleures méthodes de prospection sont la radiométrie et le magnétisme aéroporté. La prospection géochimique des carbonatites par le Zn, Pb, Ba, TR, U, Th a également donné des résultats. Une trentaine de carbonatites sur les plus de 300 connues ont présenté une importance commerciale.

des résultats. Une trentaine de carbonatites sur les plus de 300 connues ont présenté une importance

18

3.3 Kimberlites et lamproïtes

Les kimberlites sont des roches ultramafiques potassiques, riches en éléments volatiles. Elles contiennent toujours de l'olivine, accompagnée suivant le cas, par de la monticellite (olivine calcique Ca2SiO4), la phlogopite, le diopside, serpentine ou calcite, avec des minéraux mineurs (apatite, grenat, magnétite, diamant). Les teneurs en diamants sont très faibles et varient de 0,5 à 5 carats/tonne (1 carat = 0,2 g); la proportion de diamants gemme varie de 5 à 15% (Bardet, 1976).

Les kimberlites sont situées dans les anciens cratons, ou archons (>2,7 Ma, Clifford, 1966) possédant une quille lithosphérique, mais sont d’un âge de mise en place plus récent, souvent Crétacé. Il en existe également dans les socles du Protérozoïque (district de Kenieba, Mali). Elles forment des essaims de 10 à 40 corps; en surface se développe un diatrème d'un diamètre inférieur au kilomètre; les kimberlites ont été suivies jusqu'à plus de 2500 m de profondeur, avec une baisse des teneurs. A la base, elles passent à des dykes stériles (figure 3.2) (Hawthorne, 1975).

Les lamproïtes sont des lamprophyres à olivine, leucite et phlogopite, sans plagioclases, hyperpotassiques (Michel, 1988), donc plus felsiques que les kimberlites. Le cratère est plus évasé que celui des kimberlites. Elles sont connues surtout en bordure de craton des Kimberley, W. Australia (Boxer et Jaques, 1990) avec le pipe précambrien d’Argyle [photos], le plus important du monde (tableau 3.1) et des teneurs de 0,5 ct/t dans les alluvions (10% du gîte). On connaît exceptionnellement des diamants en dehors des environnements cratoniques (New South Wales).

Les kimberlites sont généralement fortement altérées; en surface, l'olivine est remplacée par des serpentines. Des faciès de bordure plus oxydés sont fréquents.

Les diamants sont des xénolithes issus des racines mantelliques des blocs cratoniques (Haggerty, 1986). Ils se forment directement au sein du magma silicaté, soit des péridotites (900-1300°C et 45-60 Kb), soit des éclogites (1500°C, 300 km de profondeur), dans des environnements réduits. La source du carbone serait la croûte océanique serpentinisée et subductée (Kesson et Ringwood, 1989). Les magmas kimberlitiques se formeraient par fusion partielle soit de certaines lherzolites à grenat à la limite du manteau inférieur et supérieur (400-640 km), soit de péridotites mantelliques enrichies en potassium à la base de la lithosphère (lamproïtes)(Kirkley et al., 1992). Le magma devait se déplacer rapidement pour transporter les fragments par fluidalisation et éviter la résorption du diamant (7 à 20 m/s). A la rencontre avec une nappe phréatique, le magma explose et forme un diatrème, avec un maar en surface.

La prospection s'effectue en plusieurs étapes. A l’échelle régionale, on prospectera les zones à lithosphère anormalement épaisses, avec des zones de faille marquées en télédétection ou en géophysique. Les pipes de kimberlite présentent une signature magnétique qui peut être confondue avec celle des gabbros et électromagnétiques. En géochimie, on utilise les minéraux indicateurs tels la chromite, le grenat pyrope, la geikielite (ilménite magnésienne), le diopside chromifère, le spinel chromifère ou les micro-diamants, prélevés en alluvions, dans des zones de déflation, voire dans sols ou les dépôts glacigènes. On peut aussi utiliser ces minéraux pour prévoir la teneur en diamant des kimberlites (Jennings, 1995). Argyle [photos] a ainsi été directement découvert à partir d'une prospection alluvionnaire du diamant à une maille de 5 km, avec des échantillons de 40 kg traités pour en extraire les minéraux lourds (d>2,9). Une kimberlite sur dix est diamantifère, une sur cent est économique. L’évaluation initiale d’une kimberlite repose sur une pétrographie détaillée et de gros échantillonnages (150 t) prélevés par puits et analysés dans des centres spécialisés.

Le marché du diamant est très particulier; il existe près de 3000 catégories de diamant, depuis des diamants industriels (2$/carat) jusqu'à des gemmes de grande qualité (65 000 $/carat). La compagni e De Beers a le quasi-monopole de la distribution avec 70% du marché en valeur (1996). Le marché industriel est comparable en valeur à celui de la joaillerie.

avec 70% du marché en valeur (1996). Le marché industriel est comparable en valeur à celui

19

3.4 Magmatisme alcalin différencié

Le magmatisme alcalin peut se présenter sous forme de pluton, souvent zoné, où naissent des concentrations métallifères liées à la différenciation alcaline. Il apparaît dans des contextes d'extension intracontinentale: zone de rift, plume mantellique: on les retrouve par exemple associés aux Montérégiennes - White Mountains ((Québec, Nouvelle Angleterre), ou le long du rift Est-africain, ou sur la suture de la Bénoué (Bonin, 1982). Le magmatisme alcalin varie suivant le degré de différenciation ou de contamination et la profondeur de mise en place. On peut distinguer deux grands pôles (Semenov, 1974; Meloux, 1986):

des syénites néphéliniques à Zr, Nb, respectivement sous forme de zircon, pyrochlore (Miask) ou à sodalite, riches en terres rares, U, Nb (Ilimaussaq au Groenland, Lovozero en Russie). Elles peuvent contenir exceptionnellement de grandes quantités de phosphate (urtite de Khibini, Russie);

des granites alcalins et leurs pegmatites: granites à biotite à Nb-Ta-Sn de Jos (Nigéria), pegmatites à Fe, Ba, Ce, Y de Mountain Pass (Californie), à bastnaésite, yttrium de Strange Lake (Labrador), hématite et fluorine de Mongolie, de Poços de Calda (Brésil), ou granites à albite - riebeckite de zircon, d'apatite et niobium. Ces granites peuvent s’aligner le long de grandes structures crustales en extension (1600 km au Nigéria) et semblent en liaison avec les horsts du soubassement précambrien.

Les plutons se présentent sous forme de complexes annulaires ou de corps massifs avec un cœur felsique et une marge plus mafique. La suite magmatique va des gabbros alcalins aux granites. On observe souvent des xénolithes et des roof pendants, avec des septum courbes de roches encaissantes, en relation avec le fonctionnement d’une caldeira d’un diamètre variant de 10 à 25 km. Les gîtes d'étain sont associés aux coupoles de granites à biotite tardifs, avec des processus d'albitisations post-magmatiques. La cassitérite primaire est disséminée, sans veine de quartz. De fortes zonalités apparaissent. Sur le plan économique, outre l'étain, on a produit au Nigeria du Pb-Zn, U, Nb, Th et REE. Mo peut être associé. L'étain est exploité sous forme de cassitérite presque exclusivement dans les alluvions et les éluvions (Imeokpana, 1985). Des gisements comparables d'étain d'âge Protérozoïque existent au Missouri (Monts St François, avec W, Nb, U) et Rondônia (Brésil). Au voisinage de la surface, les plutons peuvent passer à des intrusions subvolcaniques ou a des extrusions, parfois minéralisées en or et en uranium (chapitres 5.4. et 6.2).

Ces granites présentent souvent des caractères communs: (1) des rhyolites extrusives; (2) des ring dykes et cone-sheet de porphyres quartzeux postérieurs aux rhyolites, indiquant une subsidence en chaudron; (3) des granites à riebéckite -biotite finissant par une bordure de granite à albite. Ces granites correspondraient au type A par leur caractère alumineux et hyper-alcalins.

Un cas particulier est offert par le complexe stratifié de la presqu’île de Kola (Russie) (figure 3.3 [photos]). Il s'agit de syénites néphéliniques contenant des couches peu pentées de plusieurs centaines de mètres d'apatite magmatique qui constitue la principale ressource en phosphate de la Russie: la production a dépassé 4 Gt de minerai, soit 600Mt de P2O5 (Jébrak et Sustrac, 1985).

minerai, soit 600Mt de P 2 O 5 (Jébrak et Sustrac, 1985). 4. LES GÎTES DU

4. LES GÎTES DU PLUTONISME FELSIQUE

41. Cadre géologique

42. Pegmatites granitiques

20

43. Coupoles à étain - tungstène

44. Episyénite à uranium

45. Porphyres à cuivre

46. Porphyres à molybdène et à étain

47. Tactites à Cu-Pb-Zn-W

à molybdène et à étain 47. Tactites à Cu-Pb-Zn-W 4.1 Cadre géologique La majeure partie des

4.1 Cadre géologique

La majeure partie des systèmes hydrothermaux actuels est associée au volcano-plutonisme, en particulier dans les zones de collision (Elder, 1981). Les systèmes fossiles ont produit de nombreuses concentrations métallifères en relation avec des intrusifs qui ont donc été longtemps considérés comme les vecteurs métallogéniques les plus importants. Ils concernent la plupart des métaux de base et précieux.

Les granites naissent à différents niveaux de la croûte. Suivant le matériel initial, on peut distinguer quatre grands types de source, selon la classification alphabétique:

4.1: Grands lignées granitiques et métaux associés (inspiré de Pitcher, 1983)

source S I M A (chapitre 3) matériel Sédimentaire Ignée Mantellique Alcalin contexte chaîne de
source
S
I
M
A (chapitre 3)
matériel
Sédimentaire
Ignée
Mantellique
Alcalin
contexte
chaîne de collision
cordillère (zones
rift océanique
Rift continental
de subduction)
Nature
Leucomonzogranites
tonalite, diorite à
monzonite
porphyrique
Plagiogranite,
gabbro
Granite Rapakiwi,
syénite, anorthosite
Volcanisme
Rhyolite
andésite et dacite
Basaltes et
associé
andésites
Volcanisme bimodal à
dominante felsique
Contexte
Réducteur
Oxydant
Oxydant
Métaux
Sn, W, Mo, F, U
(granophile)
Cu, Pb, Zn, Au,
Ag, Mo,
Au, Cu
associés
Fe, Cu, REE, Au, Nb,
Sn, Ta, F
Profondeur
5-12 km
3-9 km
5 km

Un granite mobilise deux types de fluides. Au cours de sa différenciation depuis les termes dioritiques vers des termes plus acides, le magma expulse des fluides directement associés à l'évolution des intrusions. Les gisements de Sn-W-Mo associés sont désignés sous le nom de gîte de type départ acide. Par ailleurs, des fluides d'origine plus variée, parfois météoritiques, sont mis en mouvement convectif dans l'encaissant par la chaleur du pluton (Norton, 1984). On leur a associé certains gisements porphyriques. Dans les deux cas, la masse de fluide mobilisé est inférieure ou égale à celle du pluton (Elder, 1981); les fluides présenteront un contenu en éléments métalliques très variables, empruntés aux roches encaissantes ou issus du magma lui-même (Tableau 4.2). Les granites issus de fusion crustale pourront hériter des métaux déjà concentrés dans leur environnement. Le transport aura lieu sous forme de complexes chlorurés, sulfurés ou organiques. Une augmentation du contenu en soufre s’observe généralement avec la baisse de température. Le dépôt peut s'effectuer selon plusieurs mécanismes: un refroidissement, une baisse de pression pouvant entraîner une ébullition, un mélange avec d'autres

21

fluides, ou un effet de réaction avec des roches. Si la perméabilité est plus faible, le refroidissement présentera un caractère conductif.

Tableau 4.2.: Compositions de fluides inspirés d'après Phillips et Powell (1993)

 

Salinité

Volatils

°C

redox

Pression

Chapitre

Au Archéen Sédiments Witwatersrand Épithermal acide Épithermal neutre Épithermal alcalin Mercure Carlin Cu-Au Telfer Tennant Creek Porphyre Au Pb-Zn-Cu Porphyre Cu Chypre Kuroko Amas (sud-ibérique) MVT Grès Cu Autres Porphyre Mo Sn-Ag W skarn Cu-Au skarn Sn-W greisens U discordance Rössing Filons Sb Pb-Zn cisaillement F-Ba cisaillement U-REE alcalin

 

Bas

CO 2

300-400

chlor-pyr

 

6.2

Bas

CO 2 , CH 4

300-400

chlor-pyr

 

6.2

Bas

300-400

chlor-pyr

 

Variable

200-300

<0,2 Kb

5.2

Faible

50-350

chlor-pyr

 

5.3

0-10%

<2m CO 2

150-320

<0,5 Kb

5.4

Fort

CO 2 , N 2 , CH 4

100-150

12-16 MPa

7.4

Bas (<10%)

CO 2 , H 2 S

180-300

0,3-1 Kb

5.5

   

très fort

CO 2 , CH 4

250-450

très fort

300-400

magn-hem

très fort

300->550

4.5

 
       
 

Très fort

250->450

 

4.5

 

Eau de mer

270-350

 

7.2

 

> = eau

CO 2

150-350

   

7.3

Très fort

200-400

7.3

 

Très fort

 

100-200

Oxydant

 

9.4

Très fort

150

Oxydant

9.3

 

Variable

300-700

1

Kb

4.6

Très fort

400

4.6

 

Fort

450->600

>2 Kb (200 MPa)

4.7

Très fort

300-700

20-200 MPa

4.7

Très fort

N2, CH4

400-600

0,5-0,6 Kb

4.3

Très fort

150-220

5

km

9.2

Très fort

<200

4.2

 

Moyen (2-10 %)

CO 2

300-150

réducteur

 

6.4

 

Fort

200-100

1-3 Kb

6.3

 

très fort

<200

< 1 Kb

6.3

très fort

400

 

3.5

Force exprimée par rapport à l'eau de mer

Les gisements associés au magmatisme acide s'inscrivent très souvent au sein de zonalité régionale qui fossilise l'évolution en température, Eh, pH et - ou la composition chimique des circulations

22

hydrothermales. Les métaux sont plus ou moins mobilisés selon la température. On distingue ainsi des métaux déposés à températures élevées (>300°C: Sn, W, Mo), à température moyenne (Cu, Zn, Ni, Co) et à relativement basses températures (100-200°C: Pb, Hg, U, Ba, F). Certains métaux, tels Au et Sb, paraissent mobiles à des températures variées. La nature des minéraux peut également dessiner une zonalité pour un même élément, avec par exemple pour l'étain cassitérite à haute température et stannite à plus basse température, ou l'évolution des espèces du fer (magnétite / pyrrhotine / pyrite /marcasite). Il peut apparaître des perturbations dans ces schémas de zonalité, en particulier par télescopage entre différentes pulsations hydrothermales.

La présentation morphologique des gisements associés aux intrusions est très variée: pegmatites, greisens, filons, ou porphyres. Elle dépend de la perméabilité de l'encaissant et des intrusions au moment de la circulation des fluides.

et des intrusions au moment de la circulation des fluides. 4.2 Pegmatites granitiques Les pegmatites sont

4.2 Pegmatites granitiques

Les pegmatites sont des roches magmatiques silicatées à gros grains (Jahns, 1955). Elles correspondent aux produits de fin de cristallisation des magmas riches en éléments volatils: H 2O, CO2, F, Cl, B. On les rencontre en association avec divers types de magmatisme, mais les plus fréquentes sont associées aux roches felsiques. On ne traitera ici que des pegmatites granitiques (Cerny, 1982).

Une pegmatite commune est composée de quartz, feldspaths et micas. Mais de nombreux minéraux apparaissent et peuvent contenir des substances économiques utilisées en haute technologie: Be (métal ultra-léger), Li (métal plus léger que l'eau, piles), Nb (supraconducteur) et Ta (inaltérable et opaque aux radiations). Les principaux minéraux sont la molybdénite, le spodumène, la pétalite, l’amblygonite, la columbite et la tantalite, la pollucite (Cs), des minéraux d’uranium, de thorium et de terres rares. On exploite aussi les pegmatites pour leurs constituants principaux: les feldspaths pour la céramique, les micas comme isolants, le quartz pour son caractère piézo-électrique. Enfin, les pegmatites peuvent contenir toutes sortes de gemmes, en particulier des béryls (= émeraude, aigue-marine), des topazes et des saphirs.

Les pegmatites sont associées aux intrusions acides, généralement à moyenne et forte profondeur. On peut en distinguer quatre types principaux selon leur profondeur de formation (Ginsburg et al., 1979; Cerny, 1990):

des pegmatites abyssales (>11 km), c'est à dire des mobilisats et des leucosomes anatectiques dans des terrains au faciès amphibolite ou granulite, encaissées par des schistes à sillimanite et disthène; elles sont riches en Ca, Ba, Sr, Mg, Fe, mais sans intérêt économique.

des pegmatites profondes (7-11 km) à micas, conformes à la foliation, rarement minéralisées, mais pouvant produire des feldspaths et de la muscovite. On les a parfois considérés comme d'origine métamorphique, caractérisées par un métamorphisme haute pression, encaissées par des schistes à almandin et disthène; elles peuvent contenir Th, U, Nb-Ta, Zr, Ti

des pegmatites de profondeur moyenne (3,5-7 km), de basse pression, avec des terres rares et des minéralisations en éléments lithophiles (Li, Rb, Cs, Be, Ta, Sn, W), encaissées par des schistes à cordiérite - andalousite (série d'Abukuma) et associées à des granites allochtones. On peut distinguer de nombreux sous-types en fonction de la minéralogie (terres rares, béryl, albite - spodumène, albite ou complexe; elles sont riches aussi en Tl, Nb, Ga, Ge, F, B et P.

des pegmatites miarolitiques, associées aux coupoles épizonales à subvolcaniques (1,5 à 3,5 km) dans des zones faiblement métamorphiques; elles sont associées à la partie sommitale de

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plutons épizonaux; elles contiennent du quartz piézo-électrique, béryl et topaze, de la fluorine de qualité optique.

Il ne semble pas exister d'époque métallogénique particulière pour les pegmatites: on peut citer par

exemple les pegmatites des granites hyperalumineux fini - Archéens en Abitibi (Preissac-Lacorne à Li,Mo,Be), celles du milieu du Protérozoïque dans le Grenville (U, Th, Mo, de Mont Laurier), ou les pegmatites associés aux leucogranites de la chaîne hercynienne de l’Europe. Li, Cs et Ta sont associés à

des intrusions de type S, tandis que Nb, Y, F et REE ont des affinités alcalines.

La morphologie des corps pegmatitiques dépend de nombreux facteurs: la profondeur de mise en place,

le contexte structural, la compétence de l'encaissant. Elles forment généralement des corps de petites

dimensions (x 100 m) à l'exception de quelques monstres tels les pegmatites à terres rares de Tanco (Manitoba), de Bikita (Zimbabwe), ou de Greenbushes (42 Mt à 2,93% LiO2, Australie). Leur morphologie est souvent complexe, en pipes, amas, ou lentilles (figure 4.1). A Bikita, la zone à pollucite

mesure 150 m de long; à Tanco, il existe de nombreux corps podiformes de 1 à 2 m de diamètre, le plus gros mesurant 175 x 75 x 12 m.

Leur mise en place est contrôlée par des zones de fractures; elles sont souvent plus abondantes dans les encaissants compétents recoupées par des failles majeures qui peuvent être marquées par des ruptures sédimentaires ou des grabens. Dans les pegmatites profondes on rencontre des pegmatites en selles, conforment à l'encaissant, des fentes de tension, des zones d'ombres de pression.

Les pegmatites montrent une grande variété en minéraux rares principalement des silicates, des phosphates et des oxydes. L'organisation des pegmatites cristallisées dans des fentes de tension suit un schéma assez rigoureux. Elles sont généralement zonées, avec quartz, feldspath, muscovite, quartz et tourmaline en cristaux fins aux épontes, puis une zone à grain moyen à quartz mica et feldspaths, une zone à minéraux économiques pouvant dépasser parfois le mètre (spodumène, amblygonite, pétalite) et enfin au cœur du quartz grossier (Cameron et al., 1949). Cette zonalité peut être perturbée par des mouvements syntectoniques, en cisaillement durant le remplissage (et par des remplacements métasomatiques tardifs, en particulier l'albitisation des feldspaths potassiques. La différenciation est marquée par des variations du contenu en éléments rares (Nb, Ta, Cs, Rb, Th, Zr, U) et par les variations de certains minéraux typomorphes: la tourmaline, verte et rose, le béryl, d'abord jaune, puis incolore, puis rose en cristaux plats.

A l'échelle régionale, les pegmatites s'organisent souvent selon une zonation autour de granite, avec des

concentrations de plus en plus différenciées en s’éloignant du granite (Varlamoff, 1961). Cette zonalité est mieux marquée dans le sens vertical que dans le sens horizontal. On a ainsi construit une séquence générale avec, du cœur vers la périphérie, des associations à (1) magnétite - biotite; (2) plagioclase - microcline; (3) microcline - albite; (4) minéralisation à Li, Rb; (5) albite - spodumène, parfois minéralisée en Be, Ta, Sn; (6) quartz à béryl, cassitérite et wolframite. Au sein d'une telle zonalité, les pegmatites à Ta sont associées à des zones de grandes complexités texturales et paragénétiques, avec une augmentation du fractionnement géochimique et une baisse du niveau métamorphique des roches encaissantes. Par ailleurs, certaines pegmatites sont associées à la rencontre d’éléments généralement

distincts dans la croûte: les pegmatites à émeraude (un béryl vert à Cr) de Bolivie sont dues à la rencontre d’un magma granitique évolué riche en béryllium et de roches ultramafiques.

La base de la croûte continentale est réputée pauvre en minéralisations économiques. Il s’agit en effet d’une zone de lessivage où les roches expulsent leurs éléments volatiles et des éléments associés. Le seul type de minéralisations reconnues correspond à des concentrations en uranium associées à des fronts de migmatisation. On connaît des gîtes de ce type en Namibie (Rössing) et au Québec (Johan Beetz Bay). Le gisement de Rössing est situé dans la chaîne Damara âgée du Précambrien supérieur Les roches sédimentaires carbonatées et volcaniques sont fortement métamorphisées et migmatisés et sont recoupées par un essaim de dykes d’alaskites et de pegmatites à uranium. Le gisement présenterait des teneurs de 350 ppm U3O8, avec des réserves de 135 kt de U3O8. L’uraninite est à grain très fin et est

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associée à de la biotite et du zircon. Une altération secondaire à uranophane, torbernite, carnotite et gummite s’observe près de la surface et pourrait être responsable de l’enrichissement. Les corps minéralisés sont laminaires et parallèles aux migmatites. L’uranium serait extrait des roches encaissantes par anatexie, puis enrichi par réduction due à l’assimilation de roches basiques.

La formation des pegmatites est principalement due à la différenciation magmatique. Cependant, il existe tous les intermédiaires entre des pegmatites correspondant à des mobilisations métamorphiques de l'encaissant (leucosomes) et des cristallisations fractionnées de magma silicaté. Dans les deux cas, la cristallisation en système quasi-fermé permet de concentrer les éléments en trace qui deviennent presque majeurs dans les fluides résiduels, souvent hypersalins. Toutefois, les fluides associés aux pegmatites à Li-Cs-Ta sont de faible salinité (4% eq. NaCl). La taille parfois énorme des cristaux serait due au caractère dépolymérisé des magmas, devenant peu visqueux et permettant une forte mobilité des éléments. On observe parfois des intrusions successives de magma, de plus en plus différenciés. Les pegmatites sont parfois issues de fluides complexes, mettant en œuvre un métasomatisme hydrothermal tardif: ainsi, dans le gisement de Tanco (Manitoba) coexistent des fluides à hydrocarbures issus de la dévolatilisation de sédiments graphiteux et des fluides magmatiques (Thomas et Spooner, 1990). Ce processus de transport du magma est vraisemblablement rapide, de l'ordre du millier d'années (Clemens et Mawer, 1992).

En exploration régionale (Trueman et Cerny, 1982), l'une des meilleures approches est la géochimie des sédiments de ruisseaux, en particulier les fractions lourdes, mécaniquement résistantes. La recherche des granites fertiles consiste à rechercher des intrusions souvent leucocrates, de taille moyenne à petite (<150 km2) post-orogéniques sur des zones de faiblesse. Rb, Li (>25 ppm), Cs et B forment des halos de dispersion primaire autour des corps de pegmatites. Les indicateurs géochimiques permettent une typologie : Mg/Li (<100) dans les muscovites, Li, Rb, Cs, K/Rb dans les feldspaths, Na, Li et Cs dans les béryls, Mg/Fe/Mn dans les grenats. A l'échelle locale, on utilisera les zonalités, les critères paragénétiques, le typomorphisme des minéraux: ainsi l'apatite bleue est indicatrice de minéralisation en Be, Nb-Ta; le spodumène vert columnaire est limité aux pegmatites à lithium; les tourmalines sont noires dans les zones stériles, bleu vert dans les zones albitisées à Sn-Nb-Ta, roses (elbaites) dans les pegmatites à Li, Cs, Rb. Li, Be, Sn dans les muscovites et le Cs dans les feldspaths potassiques peuvent donner des indications sur le potentiel métallique. Le rapport K/Cs et la teneur en Na permettent de classer les différents types.

Les pegmatites n'ont généralement pas de bonne réponse géophysique; la gravité a été utilisée à Tanco, le magnétisme et l'électromagnétisme sont des indicateurs indirects.

et l'électromagnétisme sont des indicateurs indirects. 4.3 Coupoles à étain - tungstène Les coupoles à étain

4.3 Coupoles à étain - tungstène

Les coupoles à étain - tungstène sont associées à des plutons fini-orogéniques mis en place à faible profondeur (2-4 km, parfois plus). On utilise le terme de gîte de type granophile. Elles apparaissent dans trois types de contexte:

(1) associées à des granites tardi-orogéniques leucocrates à deux micas, à caractère crustal marqué, rattachés au type S, riches en minéraux hydroxylés (muscovite) et enrichis en éléments lithophiles tels Nb-Ta, Li, Be, P, F; les tailles varient de 1-5 Mt à 1% Sn à 15 à 80 Mt à 0,2-0,3% Sn; des filons de quartz à wolframite leur sont souvent associés. L'Europe centrale (Altenberg en Allemagne), la Cornouailles [photos] (rôle historique), Penasquiera (Portugal) ou Montbelleux (Massif armoricain, France) constituent des exemples classiques de ce type de gisement; ils ont également été décrits en Australie (Aberfoyle et Taronga) et au Japon (Akenobe);

(2) associées à des granites anorogéniques annulaires alcalins (voir chapitre 3.4);

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(3) avec des intrusions subvolcaniques de type bolivien, avec cassitérite et de nombreux minéraux d'étain, quartz, pyrite, marcasite. Ces gisements sont connus dans les Andes (Oruro, Potosi, Cerro Rico et Chorolque, Bolivie). Leur taille très importante (100-1000 Mt à 0,2% Sn) a conduit à la désigner parfois sous le nom de porphyre à étain (voir chapitre 4.6).

En 1973, les coupoles fournissaient environ 50% de la production d'étain, le reste provenant surtout de placers.

Tableau 4.3

Typ

Nom

District

Pays

Tonnag

Teneu

Substanc

Autre

Age

Divers

 

e

     

e

 

r

e

substanc

encaissant

 
 

TV Mt

 

principal

e

 
 

e

 
 

4.

 

Erzgebirg

Allemagn

 

200 kt

       

4

Altenberg

~

Sn

~

~

~

3

e

e

Sn

 
             
 

4.

       

12

kt

       

4

Borralha

 

Portugal

 

WO3

     

3

~

~

WO3

~

~

~

                 
 

4.

 

Grande-

 

3

Mt

       
             

4

3

~

Bretagne

~

Sn

 

~

~

Carbonifère

~

             
 

4.

Enguialès.

Massif

   

10

kt

       

4