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DROIT_Société Individuelle

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Entreprise individuelle

INTRODUCTION :

L’entreprise est une réalité économique, qui traduit l’initiative d’un ou plusieurs individus en vue de la production de biens ou de services mis à la disposition des autres membres de la société. Elle est publique ou privée. Cette dernière peut se présenter sous deux formes. Soit l’exploitant est une personne physique, et on parle d’entreprise individuelle, soit l’exploitant est un groupe d’individu ou personne morale, dans ce cas, on parle d’entreprise sociale ou sociétaire. Mais, étant donné le niveau économique du pays, qui est encore assez faible, seule l’entreprise individuelle reste majoritaire. Le document suivant traitera plus précisément l’entreprise individuelle. Comment se définit-elle? Quelles sont ses caractéristiques ? Quelles sont les conditions nécessaires et indispensables à sa constitution ? A quel régime juridique est-elle soumise ? Ces axes seront développés dans les différentes parties du devoir.

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Entreprise individuelle

I -PRINCIPALES

CARACTERISTIQUES
1-Définition

L'entreprise individuelle est constituée par une personne physique qui, désirant exercer une activité professionnelle de façon lucrative et indépendante, va se déclarer en tant que commerçant, artisan, agriculteur ou profession libérale. C’est une entreprise qui n'a qu'un seul dirigeant, appelé généralement entrepreneur, et surtout, qui n'a pas de personnalité morale, bien qu'elle soit inscrite au répertoire des métiers et/ou au registre du commerce et des sociétés. L’entrepreneur y a une responsabilité indéfinie.

a) personne physique et entreprise

La personne physique a un statut juridique par les droit objectif qui reconnaît à tous, en principe, des droits (subjectifs), des libertés, des pouvoirs, et qui contraint à des devoirs. Le droit détermine d’abord la situation fondamentale de chaque individu, ce qu’on appelle son état, c’est-à-dire son sexe, la date et le lieu de sa naissance, sa filiation, sa situation matrimoniale, et la date de son décès ; l’ensemble de ces règles contenues dans le code civil, est complété par d’autres qui fixent le nom de chaque individu, et le lieu où l’on peut le situer. Ainsi l’entreprise individuelle relève du droit privé, civil/patrimonial et/ou commercial, mais aussi du droit du travail si l’entrepreneur emploie des salariés, et du droit rural si l’entrepreneur est agriculteur. Mais une telle entreprise relève aussi du droit fiscal (impôt direct et T.V.A), du droit administratif (implantation industrielle, par exemple) et l’entrepreneur est soumis au droit pénal. L’entreprise individuelle n’est pas forcément commerciale, même si elle a pour finalité un profil économique : l’agriculteur, le notaire, le médecin, l’artisan ne sont des commerçants.

b) Formes : Il peut y avoir deux formes d’entreprises individuelles :

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- entreprises dont le chef n’est pas commerçant qui regroupe les agriculteurs, les membres de professions libérales (notaire, avocat, médecin), les artisans - entreprises dont le chef est commerçant

2- Caractéristiques.
a) Caractéristiques générales L'entrepreneur étant une personne physique, plusieurs conséquences découlent directement de ce principe : - la Responsabilité solidaire et indéfinie de l'entrepreneur individuel. -Pas de notion de capital. - Pas de statut interne à rédiger, et globalement, des formalités relativement simplifiées (tant au niveau de la constitution que par la suite). - Exercice de l'activité sans associé. Cela ne signifie pas que entrepreneur soit obligé de travailler seul : il peut embaucher 1 ou plusieurs salariés. - Possibilité de travailler avec son conjoint pour lequel différents statuts peuvent être adoptés (conjoint collaborateur, conjoint salarié), c'est-à-dire qu’il peut faire participer son conjoint à la gestion de l’entreprise en qualité de « conjoint collaborateur » non rémunéré. L'entrepreneur individuel est toujours assujetti au régime social des travailleurs indépendants et ne peut pas être salarié de sa propre entreprise, car il est rémunéré en fonction des résultats de celle-ci. Il peut, par contre, être employeur au même titre qu'une société. b) Avantages L'entrepreneur individuel sera personnellement redevable de l'impôt sur le revenu des personnes physiques, sur le montant des bénéfices imposables réalisés par l'activité indépendante, sans possibilité d'option pour l'impôt sur les sociétés. L'entreprise individuelle peut être mise en société (par exemple pour répondre à des besoins fiscaux ou de transmission de patrimoine, de revente...) ; toutefois, il conviendra de prendre en compte le coût fiscal de cette transformation qui, malgré l'existence de plusieurs régimes de faveur, peut se révéler assez élevé.

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De plus, les entreprises individuelles bénéficient de dispositions particulières : exonération de la TVA, déclarations fiscales simplifiées, et obligations comptables limitées à la tenue d’un simple cahier pour enregistrer les recettes au jour le jour. C’est ce qu’on appelle l’entreprise individuelle simplifiée ou micro entreprise. c) Inconvénients Pourtant, c’est aussi la structure la plus dangereuse pour un entrepreneur : elle n’offre aucune protection de son patrimoine personnel et ce dernier risque alors de tout perdre dans l’affaire. C’est aussi la moins avantageuse en matière de protection sociale : la prise en charge est beaucoup moins importante qu’en qualité de salarié. De plus, cette structure n’est pas adaptée aux activités vouées à un développement rapide car elle ne permet pas la participation d’autres partenaires : le patrimoine de l’entreprise est limité à celui de l’entrepreneur, ce qui peut constituer une véritable entrave à sa croissance. Enfin, il faut savoir que ce statut a peu de poids auprès des clients et des fournisseurs, et encore moins auprès des banquiers. d) Les restrictions On ne compte plus les restrictions apportées au principe. Pour protéger les consommateurs, des conditions de compétence sont parfois posées ; certaines sont traditionnelles (exigence d’un diplôme pour être pharmacien, coiffeur, etc.) .Une autorisation administrative préalable est de plus en plus souvent imposée, pour des motifs variés : protéger la santé publique (licences des débits de boissons), éviter une concurrence désordonnée (transports routiers), protéger les petits commerçants (ouverture des magasins à grande surface…). Certains monopoles de droit sont réservés à l’Etat (tabac et allumettes, poudres, monnaies, La Poste, chemins de fer …) On insistera seulement sur les restrictions de nature personnelle au droit de devenir commerçant. Celles qui frappent les personnes physiques sont au nombre de cinq : d-1- Les restrictions tenant à l’état civil La capacité commerciale est plus restrictive que la capacité civile : alors que le mineur et le majeur incapable peuvent, directement ou indirectement, accomplir certains actes de la vie civile, ils sont, dans une mesure variable, inaptes à exercer le commerce.

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d-2- Les restrictions tenant à une incompatibilité Certaines personnes exerçant une profession non commerçante ne peuvent pas exercer simultanément une activité commerciale ; elles doivent choisir entre l’une et l’autre, mais ne peuvent pas les cumuler. Il s’agit des : -

fonctionnaires, magistrats et militaires ; officiers publics et ministériels : notaires, huissiers ; auxiliaires de justice : avocats, administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires à la liquidation… membres des professions organisées en ordre : architectes, experts-comptables et comptables agréés…

-

Il s’agit de sauvegarder le prestige de ces professions, et de soustraire leurs membres à certaines tentations. d-3- Les restrictions tenant à la nationalité Depuis 1938, un étranger ne peut exercer de commerce dans un pays que sous condition qu’un ressortissant puisse être commerçant dans l’Etat dont cet étranger est ressortissant. Cette condition est devenue théorique dans la mesure où le pays conclut des traités de réciprocité avec presque tous les Etats du monde. (cf. II-2) d-4- Les restrictions tenant à une déchéance  Les délinquants de droit commun

La loi du 30 août 1947 sur l’assainissement des professions commerciales et industrielles a frappé de la déchéance d’exercer une activité commerciale certains délinquants de droit commun : - Les personnes condamnées à une peine criminelle ; - Les personnes condamnées à la suite d’un délit sur les biens ou d’un délit financier : vol, escroquerie, abus de confiance, chèques sans provisions, infractions économiques…. ; - Les officiers ministériels destitués : notaires, huissiers… Les dirigeants frappés de faillite personnelle

L’expression faillite personnelle désigne une sanction d’ordre professionnel prononcée par le juge, dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire (n°179), à l’encontre d’un commerçant ou d’un dirigeant ayant gravement enfreint les règles et usages du commerce. Cette sanction emporte interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler toute entreprise

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commerciale ou artisanale et toute personne morale ayant une activité économique. Une série de déchéances y sont également attachées. Le failli se trouve donc pratiquement éliminé de la vie des affaires. Le tribunal peut cependant parfois ne prononcer qu’une simple interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler une ou plusieurs entreprises ou personnes morales déterminées. Toutes ces interdictions et déchéances cessent lorsque le failli a payé ses dettes, ou à la survenance du terme fixé pour leur application. Certains fraudeurs fiscaux

._L’article 1750 du Code général des impôts prévoit que le tribunal correctionnel peut, sur plainte de l’administration fiscale, frapper les fraudeurs fiscaux de la déchéance d’exercer une activité commerciale. Il s’agit d’une mesure de rétorsion analogue au retrait du permis de conduire dont sont également passibles les fraudeurs fiscaux. Ces mesures, qui restaient exceptionnelles jusqu’ à ces dernières années, deviennent plus fréquentes dans la politique de luttes contre la fraude fiscale. d-5- Les restrictions tenant à un engagement Certains contrats contiennent une clause de non-concurrence qui interdit à l’une des parties toutes activités qui détournerait la clientèle de l’autre. Cette clause est usuelle dans les ventes de fonds de commerces ; le vendeur s’engage à ne pas créer un nouveau fonds qui fasse concurrence à celui qu’il vient de vendre ; c’est ce que l’on appelle la clause de non rétablissement. On rencontre également des clauses analogues dans certains contrats de travail, ceux des V.R.P. notamment. Par cette clause de non-concurrence, le salarié s’interdit de s’embaucher dans une maison de concurrents ou d’en créer une lui-même ; l’employeur se prémunit ainsi contre un éventuel détournement de clientèles. Il n’en reste pas moins que ces clauses, qui neutralisent le principe de la liberté du commerce et de l’industrie, doivent avoir une portée limitée à peine d’interdire à quelqu’un d’exercer toute activité professionnelle ; les limitations peuvent se situer à trois niveaux : - Limitation quant à l’activité : une clause ne pourrait interdire toute activité professionnelle ; elle ne peut concerner qu’une activité donnée, celle qui est susceptible de concurrence ; - Limitation dans le temps : on estime qu’au-delà d’un certain temps, la loi de l’oubli rendra improbable la récupération de l’ancienne clientèle ;

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- Limitation dans l’espace : le risque de concurrence varie selon que la clientèle est une clientèle de quartier, une clientèle nationale, voir une clientèle internationale.

II. CONDITIONS

POUR LA CONSTITUTION DE

L’ENTREPRISE INDIVIDUELLE:
1-Capacité Selon le Code de Commerce, seul un majeur, c'est à dire une personne âgée d'au moins dixhuit ans peut être commerçant. Le majeur devra être juridiquement capable d'exercer le commerce (par exemple, le majeur en tutelle ne peut avoir la qualité de commerçant). Une interdiction d'exercer une activité commerciale peut découler de certains textes Exemples : Selon la loi du 30 août 1947, certaines condamnations entraînent l'interdiction d'entreprendre ou de continuer l'exercice d'une profession industrielle ou commerciale. L'exercice de certaines professions peut également entraîner une telle interdiction (fonctionnaire, avocat, expert-comptable...). 2-Nationalité En ce qui concerne les personnes de nationalité étrangère. Elles devront, en règle générale, être titulaires d'une carte de séjour et d'une autorisation Préfectorale d'exercice de l'activité professionnelle. Cette autorisation sera matérialisée par la mention « commerçant étranger » apposée sur le titre de séjour. Toutefois certaines dérogations existent, notamment en ce qui concerne les ressortissants des pays membres de l'Union Européenne ou encore du fait de certaines conventions internationales.

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3- Incompatibilités Il existe des professions et des mandats dont l’exercice est incompatible avec l’activité de commerçant. Tel est le cas des fonctionnaires, des officiers Ministériels, des avocats, des commissaires aux comptes, des experts comptables, des notaires, des architectes etc. NB : Dans certaines professions dites réglementées l’entrepreneur individuel doit, en outre, remplir des conditions spécifiques notamment d’aptitude professionnelle. 4-Les capitaux Les capitaux nécessaires à la création de l'entreprise individuelle sont constitués par l'apport personnel de l'entrepreneur ; en effet il n'existe pas de notion de capital social dans l'entreprise individuelle. Comme il n’y a pas de notion de « capital social minimal » dans l’entreprise individuelle, les fonds que doivent apporter correspondent aux besoins qu’on a évalués au cours de l’étude financière. Certaines entreprises individuelles pourront donc être constituées avec très peu de fonds propres ; d’autres nécessiteront de réaliser des investissements et /ou de prévoir un fonds de roulement plus important. Il est à noter que l’entrepreneur doit observer des règles de gestion afin de ne pas dépenser beaucoup d’argent, et répondre à tous les problèmes que peut se heurter l’entreprise. Concernant le régime fiscal, l’entreprise individuelle et l’entrepreneur sont les mêmes. Les bénéfices réalisés par l’entrepreneur entreront dans sa déclaration de revenu personnel et seront imposés à l’impôt sur le revenu de la catégorie des : - Bénéfices Individuels et Commerciaux (BIC), si l’activité est commerciale ou artisanale. - Bénéfices Non Commerciaux (BNC), si l’activité est libérale. Le taux d’imposition dépend de l’importance des revenus du foyer fiscal, toutes catégories confondues. Il existe 2 régimes de détermination de bénéfice imposable :

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- Régime de la micro entreprise dans lequel les frais professionnels sont évalués de manière forfaitaire. - Régime de bénéfice réel dans lequel le bénéfice imposable est déterminé par l’entrepreneur lui-même ou entre dans la comptabilité. Le régime social dépend de celui des Travailleurs Non Salariés (TNS). Soulignons que la création d’une entreprise individuelle nécessite une Immatriculation auprès du centre de formalité de l’entreprise dont relève votre activité Les prélèvements effectués au cours de l’année pour les besoins personnels seront intégrés dans les bénéfices imposables. 5- Siège social ou Domiciliation Depuis la loi du 1er août 2003, les personnes physiques tenues de s'immatriculer au RCS, et qui ne disposent pas d’établissement, pourront déclarer l’adresse de leur domicile comme adresse de leur entreprise. Ils pourront y exercer une activité, sans limitation de durée, dès lors qu'aucune disposition législative ou stipulations contractuelles ne s'y oppose. En cas de dispositions législatives ou de stipulations contraires, la personne physique peut installer le siège à son domicile mais pour une durée ne pouvant : - ni excéder cinq ans à compter de la création (au lieu de deux ans auparavant), -ni dépasser le terme légal, contractuel ou judiciaire de l'occupation des locaux. De plus, la personne physique devra notifier par écrit au bailleur, au syndicat de la copropriété ou au représentant de l'ensemble immobilier de son intention d'user de la faculté prévue par la loi. Comme auparavant, ce document accompagnera la demande d'immatriculation. Cette disposition est applicable aux entreprises immatriculées au RCS à la date de la promulgation de la loi. En principe, l’adresse d’une entreprise individuelle est celle du local commercial (bail commercial, bail de courte durée) dans lequel l’activité est exercée. Cependant, il faut noter que, depuis cette loi, l'entrepreneur individuel ne peut pas recourir à une société de domiciliation. 6- Création d’une entreprise individuelle

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a) Création à partir d’un contrat EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) Une entreprise individuelle peut découler d’une EURL ; certes, des commerçants individuels ayant une dette professionnelle peuvent soustraire ses patrimoines familiaux à l’action de ses créanciers en créant une société selon la loi du 11Juillet 1985.Une entreprise individuelle peut se fondre à une société mais elle devient un sujet de droit autonome. En ce sens, l’associé unique, personne physique, ne perd la qualité de commerçant au regard du droit commercial, en payant des impôts sur les bénéfices industriels et commerciaux réalisés par l’EURL. Autrement dit, il est comme un commerçant individuel pour le droit fiscal et le droit social. b) Transmission des entreprises individuelles par voie de donation-partage Beaucoup de transformations sont apportées à la transmission des entreprises individuelles aux personnes les plus aptes à les diriger. La donation-partage est le fait qu’un ascendant donne ses biens présents à ses héritiers et les partage entre eux. Désormais, d’autres personnes peuvent en être bénéficiaires tels les membres de la famille du donateur, tiers qui n’ont aucun lien de parenté avec lui. Selon la loi 1988 article1075, on laisse le chef de l’entreprise transmettre son entreprise à la personne qu’il pense être qualifiée pour le succéder; mais des conditions se posent : -il faut que le donateur ait deux enfants ou descendants pour la donation-partage -il faut que cette donation-partage porte à l’exclusion toute entreprise exploitée sous forme sociale c'est-à-dire qu’elle porte sur l’entreprise individuelle à caractère industriel, commercial, artisanal, agricole ou libéral. - il faut que l’entreprise englobe les corporels et incorporels à l’exploitation, y compris les immeubles

- il faut enfin que les personnes autres que les descendants ne se voient attribuer que la propriété ou la jouissance de ces biens-là en totalité ou en partie.

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Des mesures ont été prises pour que la donation se fasse assez tôt: réduction de 25% sur le droit de mutation si le donateur est âgé de 65ans et de 15% s’il est âgé entre 65 et 75ans, le paiement du droit peut être différé pour 5ans et peut être fractionné sur une période de 10ans.

III- FORMALITES

DE CONSTITUTION

1- Formalités à remplir par le biais du Centre de Formalités des Entreprises

(CFE)
Le CFE de la Direction des Impôts permet d’effectuer l’ensemble des formalités d’immatriculation, de modification ou de cessation d’activité. a) Formalités juridiques L'entreprise individuelle doit être immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés tenu par le Greffe du Tribunal de Commerce territorialement compétent, c'est à dire du lieu du principal établissement ou à défaut lieu du domicile ou de la commune de rattachement Une déclaration d’immatriculation doit être faite auprès du Centre de formalités des entreprises compétentes, un mois avant le début ou au plus tard dans les quinze jours suivant le début d’activité. Le CFE délivre alors gratuitement un récépissé de dépôt de dossier de création d’entreprise portant la mention « en attente d’immatriculation ». A l'appui de cette demande, plusieurs pièces devront être déposées, notamment des pièces relatives à l'identité du demandeur, à son régime matrimonial (le mariage devant, en effet, faire l'objet de publicité au Registre du Commerce et des Sociétés), à l'activité et à l'établissement (pour la liste complète des pièces nécessaires, se reporter à la fiche correspondante). Muni de ces documents, le créateur peut ensuite accomplir, sous sa seule responsabilité, les démarches préalables et nécessaires à l’exercice de son activité.

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Dès la réception du dossier, le greffier procède à l’immatriculation dans le délai d’un jour franc ouvrable. À défaut, il doit informer par écrit le demandeur des motifs qui s’opposent à son inscription. Une fois l’immatriculation enregistrée, le greffe envoie au commerçant 4 extraits complets de déclaration. Les frais d’inscription sont réglés au moment du dépôt de la demande au CFE accompagnée des pièces justificatives. L'immatriculation a un caractère personnel et principal ; une personne physique ne peut ainsi être immatriculée plusieurs fois et avoir plusieurs numéros. b) Formalités fiscales Toujours par l’intermédiaire du CFE, une déclaration d’existence doit être déposée auprès du centre des impôts dont dépend la direction de l’entreprise. c) Formalités sociales Les formalités sociales concernent essentiellement l’affiliation au régime de Protection sociale des commerçants. Cette affiliation est effectuée par le CFE Auprès des divers organismes, (caisse de maladie régionale pour l’assurance maladie maternité) En cas d’embauche de personnel, d’autres formalités sont à accomplir par exemple: Une déclaration de première embauche auprès de l’inspection du travail. 2- Formalités à accomplir en dehors du CFE a) Constitution d’un dossier à la Poste Le dossier postal permet de retirer le courrier et les mandats libellés au nom de l’enseigne ou du nom commercial de l’entreprise individuelle. Cette formalité n’est donc pas nécessaire si l’activité est exercée sous le nom personnel du commerçant. b) Ouverture d’un compte bancaire

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Avant le début de son activité, le commerçant doit ouvrir un compte bancaire auprès d’une banque, d'un établissement de crédit ou de la Poste. À ce titre, un extrait K bis ainsi qu'un spécimen de la signature de chacune des personnes ayant le pouvoir de faire fonctionner le compte sera demandé. c) Adhésion à un régime facultatif de protection sociale complémentaire Ces régimes sont proposés par les caisses gérant les régimes légaux de retraite, par les compagnies d’assurance et par les mutuelles. Ils peuvent couvrir, outre la retraite, la prévoyance complémentaire et l’assurance chômage.

IV- REGIME

JURIDIQUE :

Le statut fiscal
a) L’impôt avantage l’entreprise individuelle à sa création On verra que la mise en société suppose des apports ; le transfert de propriété qui en résulte est frappé par un impôt : ce sont les droits d’enregistrement, ou précisément ici les droits d’apport. En revanche, aucun droit d’enregistrement n’est dû à la création d’une entreprise individuelle puisque, faute de personnalité morale et donc de patrimoine, il n’est pas possible de lui transférer la propriété des biens que l’on affecte à son exploitation. b) L’impôt peut la pénaliser au moment de la transmission Il n’y a pas de pénalisation pour les petites entreprises, celles dont le prix de vente se situe autour de 300 000F. Que l’on vende en effet un fonds de commerce ou des parts de société, il faut acquitter des droits d’enregistrement. Le taux est de 4.80% pour les parts de société. Il est à peu près du même ordre pour les entreprises individuelles dont le prix n’excède pas 300 000F, grâce au jeu d’un abattement. Mais mieux vaut exploiter un gros commerce sous forme de société qu’en son nom personnel. Plus la valeur du fonds est importante, plus la pénalisation de la formule individuelle est importante. Quant au transfert de propriété des entreprises exploitées sous forme de S.A., il échappe à tout droit d’enregistrement.

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Par comparaison, la formule individuelle est donc en pratique toujours pénalisée. c) L’impôt est neutre pendant son fonctionnement Lorsque le montant de l’impôt ne varie pas en fonction de la forme juridique de l’entreprise, il est sans incidence sur le choix de celle-ci : on dit qu’il est neutre. C’est le cas, d’abord, de la T.V.A. et de la taxe professionnelle , car ces deux impôts ne dépendent que de l’activité exercée, et non pas de la forme juridique adoptée. C’est le cas, également, pour l’essentiel, de l’impôt sur le revenu du chef d’entreprise. Quelque soit la forme juridique choisie, ce dernier bénéficie dans tous les cas d’un même abattement de 20%. Cet abattement a été pendant longtemps réservé aux salariés, parmi lesquels il faut ranger les dirigeants de société. Aujourd’hui, l’entrepreneur individuel en profite également, selon que :

Il faut savoir, d’abord, que l’entreprise individuelle n’a pas plus de personnalité fiscale qu’elle n’a de personnalité juridique

Le seul contribuable est le commerçant lui-même, et les bénéfices sont imposés en son nom dans le cadre de l’impôt sur le revenu, en même temps que ses autres revenus Ils sont imposés dans une catégorie appelée « bénéfices industriels et commerciaux « (B.I.C.) lorsqu’il s’agit d’un commerçant, d’un industriel ou d’un artisan. Trois régimes d’évaluation existent, selon la taille de l’entreprise :

- le régime du forfait, qui est celui de droit commun de la petite entreprise individuelle. Le forfait de bénéfice et de T.V.A. est d’évalué par le service des impôts et vaut pour deux ans ; - le régime du réel simplifié, obligatoire à partir d’un certain seuil d’importance, oblige à déposer des déclarations périodiques de chiffre d’affaires. Un régime dit super simplifié a également été institué ; - le régime du réel normal, obligatoire pour les grandes entreprises, imposent des sujétions comptables beaucoup plus lourdes.

V- LA

SITUATION DE L’ENTREPRENEUR INDIVIDUEL

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1- Sur le plan de la couverture sociale L'entrepreneur individuel est obligatoirement placé sous le régime social des travailleurs indépendants, il peut cotiser à un ensemble de caisses complémentaires (prévoyance, vieillesse, chômage...) et déduire corrélativement lesdites cotisations complémentaires de son revenu professionnel imposable. Pour plus d'explications sur ce régime (fonctionnement, coûts, date de paiement, prestations en nature,... L'entrepreneur individuel peut cependant cumuler son statut avec celui de salarié pour le compte d'un autre employeur, sous réserve que soient effectuées plusieurs vérifications (absence de toute clause contenue dans le contrat le liant en tant que salarié à son employeur et restreignant ou interdisant cette possibilité de cumul, ne pas exercer une activité incompatible avec l'exercice d'une activité commerciale - voir précisions ci avant - absence de concurrence ; dans tous les cas un conseil éclairé sera indispensable). 2- Sur le plan de la fiscalité L'entreprise individuelle étant une personne physique déclarée pour l'exercice d'une activité professionnelle, les revenus tirés de ladite activité vont être soumis à l'impôt sur le revenu des personnes physiques établi au nom de l'entrepreneur individuel. Il est rappelé que l'impôt sur le revenu va prendre en compte la notion de foyer fiscal et par la même les ressources imposables et les charges déductibles de ce foyer. Les revenus d'une activité professionnelle commerciale seront déclarés dans la catégorie des B.I.C (Bénéfices Industriels et Commerciaux). Plusieurs régimes d'impositions peuvent exister dans ce cadre : micro entreprise, forfait, réel simplifié, réel normal, entraînant des obligations comptables et des règles de détermination du bénéfice imposable différentes. Les prélèvements effectués par l'entrepreneur individuel ne sont pas déductibles des résultats imposables de l'entreprise, et les déficits peuvent, en règle générale, être déduits des autres revenus du foyer fiscal. L'entrepreneur individuel ne peut pas opter pour une autre formule d'imposition (en l'occurrence l'impôt sur les sociétés).

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Il est enfin rappelé que l'IRPP (Impôt sur le revenu des personnes physiques) est un impôt progressif comprenant plusieurs tranches d'impositions. Dans tous les cas, lors du choix, le critère fiscal devra être étudié avec attention, en prenant en compte, pour l'impôt sur le revenu, la composition exacte et l'ensemble des revenus et charges du foyer fiscal.

VI-

ETUDE DE CAS

Les agriculteurs et les artisans affectent certains de leurs bien a leur activité économique spécifique et concluent des contrats dans le cadre de cette activité : on parle « d’entreprise agricole ou artisanale ». 1-Les agriculteurs :
Les chefs d’entreprises agricoles (fermier ou propriétaire exploitant) ne sont pas commerçants. L’agriculteur, au lieu de vendre directement ses produits, les faisait élaborer et transformer dans une entreprise lui appartenant, et a fortiori, il achetait les produits d’autres agriculteurs pour les transformer avec les siens.

L’agriculture n’est pas une opération commerciale mais une opération civile. L’agriculteur vend, mais ne vend pas après avoir acheté.

2- Les artisans a) Définition L’artisan est une personne qui exerce elle-même à titre principal ou secondaire, de manière habituelle et indépendante, une profession manuelle, qui justifie d’une qualité professionnelle, qui n’emploie pas plus de 10 salariés et qui est immatriculée au répertoire des métiers. b) Nature de l’activité -Sont artisanales les entreprises qui ont une activité de production, de transformation, de réparation ou de prestation de service -Peuvent être artisans :les boulangers, bouchers, pâtissiers, charcutiers, traiteurs, charpentiers, couvreurs, ébénistes, électriciens, plombier, modistes, chapeliers, chauffeurs de taxi, coiffeurs, esthéticiens, photographes, horlogers, etc.…

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-Sont ,par contre, exclues et ne peuvent pas faire l’objet d’une immatriculation au répertoire des métiers, les activités suivantes : la production de combustibles, minéraux et cokéfaction, l’extraction et la préparation du minerai ; l’hôtellerie et la restauration ; les transports ; les activité médicales, paramédicale ;les activités récréatives, culturelles, sportives (sauf cinéma, théâtre, marionnettes, activités commerciales, activités à caractère spécifiquement intellectuel, arts plastiques) c) Caractères juridiques de la profession L’activité peut être exercée sous une forme sédentaire (boutique, magasin, atelier, chantier), foraine ou ambiante. Mais l’artisan doit exercer cette activité de manière habituelle, à titre principal ou secondaire, mais non occasionnellement. Pour relever du secteur des métiers, l’artisan doit aussi assurer son activité de façon indépendante et non pas subordonnée. L’autonomie du travail est une caractéristique importante de l’activité artisanale. Elle se distingue en cela de l’activité de l’ouvrier qui travaille à domicile mais pour le compte et sous la dépendance économique d’une entreprise commerciale (ou autre) qui lui a confié le travail. L’artisan exerce en toute indépendance pour une clientèle qui lui est propre. L’artisan, d’autre part, est un professionnel qui ne doit pas employer plus de 10 salariés. Toutefois, ne sont pas compris au nombre des salariés : le conjoint, les ascendants, descendants, collatéraux, alliés ; les apprentis ; les handicapés, les associés qui participent à la gestion de la société. L’artisan doit, enfin, justifier de qualités professionnelles. Seuls les titulaires du certificat d’artisan, ou d’un diplôme équivalent reconnu, pourront exercer un métier de l’artisanat. La personne qui demande son immatriculation au répertoire des métiers doit joindre à son dossier la justification de ce diplôme. d) Attribution du titre d’artisan Le titre d’artisan ou de maître artisan est accordé ou refusé par une commission des qualifications qui fonctionne auprès de chaque chambre de métiers. La commission tient compte de la qualification, de la moralité et de la dignité professionnelle de la personne concernée et lui délivre, le cas échéant, un diplôme qui mentionne le métier pour lequel la qualification a été reconnue.

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Quant à la qualification professionnelle, le titre d’artisan est conféré aux responsables des entreprises immatriculées au répertoire des métiers, qui justifient d’une certaine qualification et prennent part eux-mêmes à ’exécution du travail. L’artisan ne peut en effet pas être seulement un donneur d’ordre, il doit lui-même participé à l’activité artisanale. Le titre de maître artisan peut être attribué à celui qui est compétent pour obtenir le titre d’artisan, et qui possède une culture et une qualification professionnelle supérieures. Pour obtenir le titre d’artisan ou de maître artisan, il faut remplir des conditions de moralité et de dignité professionnelle : ne pas avoir fait l’objet de certaines condamnations pénales, ne pas adopter vis-à-vis de la clientèle des comportements répréhensibles… 3- Le commerçant L’article 1 du Code de commerce dispose que « sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle.» Le commerçant est donc quelqu’un qui accomplit des actes de commerce dans le cadre de son activité professionnelle, de façon habituelle et indépendante.

L’activité qu’assure le commerçant ne doit pas être occasionnelle. Il doit l’exercer à titre de profession, c’est-à-dire de manière habituelle, dans le but de se procurer des revenus et de subvenir à ses besoins. Néanmoins, la profession habituelle peut être une seconde profession exercée en marge de la profession principale. Le commerçant doit, enfin, accomplir son activité de manière indépendante, c’est-à-dire en assumer lui-même les risques et en retirer lui-même les profits. Par exemple, un vendeur dans un magasin n’est pas un commerçant. Ce n’est pas le fait matériel de vendre qui confère la qualité de commerçant mais le fait de prendre les profits et assumer les risques de l’activité commerciale.

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CONCLUSION :
Les deux tiers des entreprises qui se créent chaque année sont des entreprises individuelles. Le succès de cette formule tient au fait que c’est la structure la plus simple et la plus économique à créer et qu’elle offre une totale indépendance au créateur. Pourtant, c’est aussi la structure la plus dangereuse pour un entrepreneur En théorie, ce statut ne concerne que trois activités : les commerçants, les artisans et les professions libérales. C’est pourquoi l’entrepreneur individuel sera obligatoirement classé dans l’une de ces catégories par l’organisme qui va enregistrer sa demande d’immatriculation. Si l’entreprise exerce plusieurs activités appartenant à des catégories différentes, elle sera classée en fonction de l’activité déclarée comme principale.

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Entreprise individuelle

ANNEXE :
Tableau récapitulatif : OBJETS Capital total minimum Capital total à débloquer Nombre d’associés Statut juridique ENTREPRISE INDIVIDUELLE Aucun Aucun Entrepreneur seul Travailleurs indépendants, travailleurs non salariés Avantages Inconvénients Le plus simple, pas de capital minimum -Entrepreneur individuel est indéfiniment responsables sur ses biens propres -un banquier ou un fournisseur pourra faire vendre ses biens propres s’il ne peut plus payer Direction Responsabilité Entrepreneur Illimitée

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Entreprise individuelle

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